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Dossier de Presse

La séquestration carbone

Licence professionnelle MEEDD

Laura PRADEL
Jeanne BLANCHARD
Alexandre THERON
Maxime GALLESIO
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SOMMAIRE
DESCRIPTION DU PROJET........................................................................................................................... 3
LES ENJEUX DU PROJET.............................................................................................................................. 4

ENJEU « CARBONE »..................................................................................................................................... 5
Empreinte écologique............................................................................................................................. 5
Problématique carbone........................................................................................................................... 7
Label Bas-Carbone............................................................................................................................... 11
Crédit carbone....................................................................................................................................... 13
ENJEU « BIODIVERSITÉ »............................................................................................................................. 15
Ecologie du paysage............................................................................................................................. 15
ENJEU « ADAPTATION AU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ».............................................................................16
Agroécologie......................................................................................................................................... 16
ENJEU « PÉDAGOGIQUE »............................................................................................................................ 18
Projet pédagogique............................................................................................................................... 18
Implication diverse des filières.............................................................................................................. 19

PROJET DE REBOISEMENT........................................................................................................................ 20

Mise en œuvre du projet....................................................................................................................... 21


Sylviculture............................................................................................................................................ 23
Zone du reboisement............................................................................................................................ 24
Les essences........................................................................................................................................ 25

LES PARTENAIRES...................................................................................................................................... 28
ANNEXE 1 : POINTS FORTS DES ESSENCES........................................................................................... 30
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DESCRIPTION DU PROJET
L’exploitation de Bellegarde qui est un support pédagogique de l'EPL
Agricole d'Albi Fonlabour, a entamé une modification de ses pratiques
culturales en intégrant une démarche cohérente vers l'agroécologie.

La ferme a déjà replanté des haies, remis son troupeau de vaches en


pâture, intégré et validé des couverts végétaux sur les cultures, elle veut
maintenant trouver une place aux surfaces forestières dont elle a la charge.

Un nouveau partenariat vient d'être mis en œuvre avec les professionnels


de la forêt (le Centre Régional de la Propriété Forestière, et la Coopérative
Forestière Alliance Bois) pour replanter une forêt dans le cadre d'un contrat
de Compensation Carbone avec une entreprise ayant des implantations
locales : Le Réseau La Poste.
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LES ENJEUX DU PROJET


Ce projet propose une solution d'implantation de forêts, intégrées à une filière
professionnelle tout en protégeant la biodiversité grâce à un partenariat Bas Carbone.
Les agriculteurs disposent de terres peu valorisées par la production agricole. Ces terres
sont laissées en friches. Sans entretien et sans investissement, un hectare de friche va
mettre du temps à installer une végétation capable de fixer le carbone. Planter une forêt
enrichie avec des essences plus adaptées valorisera ses potentialités de captage du
carbone, et la sylviculture raisonnée permettra d'obtenir des bois de qualité.

En suivant une sylviculture raisonnée (voir paragraphe « Sylviculture »), nous


comptons produire un bois capable d'être utilisé dans des filières de construction pour
garantir un stockage de ce carbone sur une durée plus longue. Sans intervention de
sylviculture, les arbres ont de grandes chances de finir en bois énergie. Or, le bois énergie
est utilisé pour le chauffage, il est donc brûlé et rejette du carbone dans l’atmosphère.

C'est sur ces bases que le Réseau La Poste a engagé une démarche volontaire
pour compenser ses émissions de CO2 et accepte de financer les investissements
nécessaires à la mise en place du peuplement forestier sur Bellegarde.
Une évaluation sera faite dans 5 ans pour valider les potentialités de cette forêt à fixer le
carbone. Mais ce n’est que dans 30 ans que nous pourrons récolter les fruits de ce projet.
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Enjeu « Carbone »
Empreinte écologique
L’empreinte écologique mesure les impacts des besoins et des déchets de l’humanité.
Toutes les activités de l’Homme utilisent des ressources de la Terre, ce qui veut dire que
tout le monde est concerné, chacun à un effort à faire. La Terre nous fournit la nourriture,
l’énergie nécessaire pour faire rouler les voitures, nous éclairer, etc. La consommation de
ces ressources est appelée « empreinte écologique ». Elle est mesurée en hectares par
personne et par an.
Chaque terrien dispose en moyenne de 2,1 hectares/an. Mais dans les pays riches,
on en consomme beaucoup plus. Un Français utilise 5,6 hectares.

Tableau montrant l’empreinte écologique par continent et par pays :

Source : https://local.attac.org/attac92/IMG/pdf/2-empreinte_ecologique.pdf

Actuellement, une seule planète ne suffit pas


à nous apporter toutes les ressources
nécessaires à notre bon développement.
Chaque année, nous atteignons « le jour du
dépassement » de plus en plus tôt. Ce jour
symbolise le moment de l’année où ont été
consommées les ressources que le Terre
peut renouveler en un an.

Une fois ce « jour de dépassement »


atteint, nous vivons sur nos réserves mais
elles sont limitées. De ce fait, nous abimons
l'avenir pour les générations futures.
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Voici un schéma montrant le nombre de planète dont nous aurions besoin si nous
vivions comme les habitants des pays suivants :
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Problématique carbone
Tous les scientifiques sont d’accord pour dire qu’il y a un réchauffement climatique.
L’objectif d’ici 2050 est donc de capter un maximum de carbone en mettant en places des
actions et ainsi d’atteindre la neutralité carbone en 2050 (d’après la loi relative à l’énergie
et au climat). Plusieurs problématiques se distingue donc : la problématique sur la
neutralité carbone et celle sur la séquestration carbone.

La neutralité carbone, pour une entreprise ou un état, est le fait de compenser toutes ses
émissions de GES et de carbone. Elle passe par deux étapes, la réduction et la
compensation.

La réduction est le fait de faire des efforts pour diminuer ses émissions de carbone.
Par exemple, pour le réseau La Poste, des efforts ont été faits au niveau de leur véhicules,
la plupart d’entre eux sont des véhicules propres. La réduction de l’empreinte carbone est
également possible à l’échelle humaine. Le transport, l’un des plus gros postes
d’émission, peut changer en privilégiant le covoiturage mais aussi les transports en
communs qui sont déjà bien implantés.

Malgré tous les efforts des entreprises et des individus de ne plus émettre de
carbone, il est très difficile d’atteindre cet objectif. Il existe donc la compensation carbone.

La compensation carbone n’est pas obligatoire. Elle est conseillée pour les états
signataires du protocole de Kyoto. Les entreprises qui n'ont pas pu réduire suffisamment
l'impact de leur activité sur l'environnement, ont l'obligation d'obtenir des crédits carbones
suffisants pour compenser ces émissions en surplus.
Il existe 2 types de compensation carbone. Il y a la démarche obligatoire qui passe par les
« crédit carbone » et il y a la démarche volontaire, où une entreprise choisit de financer un
projet de compensation carbone volontairement.
La compensation carbone volontaire comprend 3 étapes les voici :

Source : https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/compensation-volontaire-demarches-et-
limites-7402.pdf
8

Comme le montre ce schéma de l’ADEME, avant de faire de la compensation


carbone les entreprises doivent chercher à réduire leurs GES. La compensation et les
crédits carbone sont accessibles uniquement lorsque la réduction d’émissions n’est pas
assez importante.

Au niveau mondial, les chiffres montrent que l’engagement parait de plus en plus
important puisque de nombreuses entreprises s’inscrivent dans cette démarche de
compensation carbone volontaire. Ainsi, en 2017, il y avait 200 entreprises et
organisations en France, qui participaient à la compensation carbone. En effet, c’est un
moyen pour une entreprise de mettre en place une politique RSE (Responsabilité
Sociétale des Entreprises) rigoureuse et innovante et de se préparer à une réglementation
appelant surement à se durcir dans le futur.

Ainsi, le projet de compensation carbone de la ferme de Bellegarde illustre bien la


démarche volontaire. La Poste finance volontairement le reboisement de 3 ha de friches
de la ferme de Bellegarde pour compenser ses émissions de gaz à effet de serre.

L’ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) met à disposition


des solutions faciles pour réduire et compenser. C'est dans ce contexte qu’elle présente
cinq bonnes pratiques pour le développement d'une compensation carbone utile, sincère
et fiable :
 Faire et rendre public un bilan des émissions GES, réductions et compensations
 Choisir des projets de compensation labellisés
 Privilégier des projets présentant des approches « développement durable »
 Définir une juste combinaison de projets soutenus sur le sol national et de projets
soutenus à l'international
 Communiquer de manière responsable

Actuellement, le taux de CO2 dans l’atmosphère atteint un record. Il y a plus de 415


parties par million de CO2 dans l'atmosphère de la Terre. La conséquence d’un tel taux et
de son augmentation constante sera la disparition de toute végétation sur Terre. Il ne
s’agira plus que d’une planète aride, desséchée et toxique. Actuellement, le taux de
carbone crée de nombreux soucis sur Terre comme les incendies en Australie,
l’augmentation accrue de la température et les disparitions de beaucoup d’espèces
animales. C’est pourquoi des actions pour lutter contre cette hausse se multiplient. Parmi
elles, la notion de séquestration carbone émerge. Cette notion se base sur le principe de
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captage du carbone par les arbres. La séquestration carbone est donc le fait de capter et
de stocker du carbone de l’atmosphère dans des puits de carbone (notamment par les
océans, les sols et les forêts) à long terme, par le biais de processus physiques et
biologiques comme la photosynthèse.
La plantation d'une forêt permet d'intégrer ces terres aux problématiques de
réchauffement climatique par l'installation d'arbres de qualité et de stocker du CO2 pour
compenser les émissions de l'entreprise prenant en charge les frais de plantation.

Le territoire de la France métropolitaine est recouvert à 31% de forêt. La forêt


Française permet de lutter contre le réchauffement climatique de par son importance sur
le territoire. La séquestration carbone permettrait de valoriser les forêts privées tout en
s’adaptant au changement climatique à venir. L’arbre et la forêt ont un rôle essentiel dans
la compensation carbone. Un arbre nouvellement planté stocke entre 10 et 50 kg de
CO2/an (avec une moyenne de 20-30kg/an pour la plupart des arbres), soit une moyenne
de 25kg de CO2 stocké par an et par arbre (d’après https://youmatter.world/fr/). Ainsi une
forêt entière permet de capter une grande quantité de carbone, ce qui n’est pas
négligeable dans le contexte actuel. De plus, un mètre cube de bois séquestre environ 1
tonne équivalente de CO2.

La séquestration carbone se produit déjà naturellement grâce à la biodiversité, comme le


montre ce schéma :

Source : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr
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Ce schéma nous montre que la séquestration carbone se fait de manière naturelle


grâce à la biodiversité. Il n’explique que ce qui se passe dans la forêt ( in situ) sans
prendre en compte le bois d’œuvre créé après ( ex situ). La bonne gestion des forêts
permet une bonne diversité et donc une bonne séquestration du carbone. Ce schéma met
également en évidence la place de la société, qui est un facteur pour le changement
climatique mais qui peut également réduire ses impacts et même accentuer la
séquestration carbone.

Mais pour accélérer ce processus, nous devons aider la biodiversité en replantant


des forêts pour augmenter cette séquestration carbone, comme le montre ce schéma :

Source : https://www.forestopic.com
Ce schéma nous montre de façon très simplifiée le principe de la séquestration
carbone. Toutes activités humaines, notamment les industries, émettent des gaz à effet de
serre et du carbone contribuant au réchauffement climatique. Les arbres, eux permettent
de capter ce carbone et ainsi diminuer le réchauffement climatique.
Depuis l’accord de Paris, les entreprises ne peuvent pas émettre autant de CO2 qu’elles
le souhaitent, cependant elles peuvent effectuer une compensation carbone. Pour cela il
leur suffit de payer afin de reboiser une friche par exemple, cela s’appelle la compensation
carbone.

Dans ce cadre, le principe de partenariat « gagnant-gagnant » est important. Les


propriétaires de forêts établissent un partenariat avec des entreprises locales pour planter
des forêts fixatrices de carbone. C’est le principe de « Je plante, Tu compenses ». Le
financement par la Poste pour le reboisement de friches sur la ferme de Bellegarde illustre
bien ce principe. La forêt pourra être utilisée en tant que bois d’œuvre dans plusieurs
années par la ferme et la Poste compense ses émissions de gaz à effet de serre par ce
financement.
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Label Bas-Carbone
Le CNPF se veut pionnier dans la réalisation de projets carbone forestiers. Il déploie
son expertise en réponse à trois attentes :
• Faire connaître le rôle des forêts pour atténuer le changement climatique ;
• Proposer des projets carbones à des entreprises engagées dans une démarche de
développement durable ou de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) ;
• Permettre à des propriétaires de concrétiser des projets forestiers qui n’auraient
pas vu le jour sans l’apport de ces financements innovants

De ce fait, le CNPF, avec l’aide de ses partenaires, a fait émerger un cadre pour la
compensation volontaire de l’empreinte carbone dans le secteur forestier notamment par
le label Bas-Carbone. Ce label national a notamment été agréé par le ministre de la
Transition écologique et solidaire. Il a été créé le 28/11/2018 par un décret et un arrêté. Il
est opérationnel depuis avril 2019, c’est donc un label encore peu connu. Le CNPF a
rédigé trois premières méthodes forestières annexées au label :
 Le reboisement de terres agricoles ou de friches embroussaillées
 La reconstitution de forêts dégradées par des tempêtes, incendies, dépérissement
intense
 La conversion de taillis bien venants en futaies sur souches

Le Label bas-carbone permet d’accompagner la transition écologique à l’échelon


territorial puisqu’il offre des perspectives de financement à des projets locaux qui
réduisent les émissions de gaz à effet de serre, en récompensant les comportements
allant au-delà des pratiques usuelles.
Sur une base volontaire, des collectivités, des entreprises, et même des citoyens, sont
prêts à rémunérer des actions bénéfiques pour le climat, pour compenser leurs émissions
résiduelles par exemple. Pour s’engager, ces potentiels financeurs souhaitent que les
projets assurent bien une compensation carbone. Le Label bas-carbone reconnaît donc
cette compensation et offre aux financeurs une garantie sur l’efficacité du financement et
sur la qualité environnementale.

Pour bénéficier du Label bas-carbone, les projets doivent se référer à une méthode


approuvée au préalable par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Les
méthodes précisent, pour un type de projets donné, comment le scénario de
référence doit être déterminé et comment les réductions d'émissions associées aux
projets sont calculées.
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Les réductions d’émissions permises par les projets, bénéficiant du Label bas-carbone et
correspondant à une amélioration de la situation actuelle définie par le scénario de
référence, sont ensuite reconnues à la suite d’une vérification par un tiers indépendant et
de leur financement. Une fois reconnues, ces réductions d'émissions sont inscrites sur le
registre dédié : pour chaque réduction d’émission il est ainsi possible de connaître le
porteur de projet ou le mandataire ainsi que le(s) financeur(s) du projet.

L’entreprise La Poste veut compenser ses émissions de CO2 en finançant un


reboisement en partenariat avec la Ferme de Bellegarde.
L’action est bénéfique pour la ferme, elle met à disposition une zone de 3 hectares
auparavant en friche pour être planter. Au bout de 30 ans, les arbres pourront être
récupérés pour être transformés en bois d’œuvre pour l’industrie. La Poste quant à elle,
compense une partie de ces émissions en finançant ce projet. On retrouve le principe
« gagnant-gagnant ». Ce projet est donc certifié « Label Bas-Carbone » dans le cadre de
la compensation volontaire en faveur de l’empreinte carbone.

Source : https://www.cnpf.fr/
Ce schéma du CNPF montre l’évolution de la séquestration de carbone dans une
forêt lorsqu’elle est naturelle et sans entretien (courbe bleue), et lorsqu’elle est entretenue
et réfléchie par l’homme (courbe verte). La forêt gérée durablement aura tendance à
capter plus de carbone que la forêt naturelle. Sur 60 ans, en moyenne 165 tonnes de CO2
par hectare seront captées en plus, par la forêt gérée, par rapport à la forêt naturelle. Ce
schéma montre donc l’importance de gérer et d’entretenir une forêt durablement et ainsi
permettre la séquestration de carbone.
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Crédit carbone
Au niveau mondial, la politique de compensation carbone est un sujet de discorde.
La COP 21 contextualise ces crédits carbones. La COP 21 est une conférence sur le
climat qui regroupe 195 pays et l’Union Européenne. Elle s’est déroulée du 30 Novembre
2015 au 11 Décembre 2015 à Paris. Son enjeu principal est l’augmentation maximale de
2°C, de la température globale, d’ici 2050. Cet enjeu est à respecter par tous les pays
participants même si ce n’est pas obligatoire, c’est un engagement important pour les
états. Dans cette COP 21, on met en évidence l’accord de Paris. Signé le 12 Décembre
2015, il oblige les états engagés à respecter le -2°C et à viser les 1,5°C de réchauffement
uniquement.
Le 4 Novembre 2016, l’accord de Paris rentre en vigueur. La COP 22 à Marrakech
(du 7 au 18 Novembre 2016) met en avant l’application de la COP 21 et la révision des
engagements de chaque partie tous les 5 ans.

Ainsi, l’article 6 de l’accord de Paris, mis en place à l’issue de la COP 21, organise
la possibilité de remplir ses obligations de réduction d’émission de gaz à effet de serre par
des crédits carbone, comme le faisait le protocole de Kyoto. 

Un crédit de carbone équivaut à l’émission d’une tonne de dioxyde de carbone. Il


permet à son détenteur d’émettre davantage de gaz à effet de serre (par rapport au taux
en vigueur fixé par le protocole de Kyoto). Ces crédits sont attribués aux Etats ou aux
entreprises qui participent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cette mise
en place est censée aider les pays signataires à respecter leurs engagements vis-à-vis du
protocole de Kyoto. L’attribution de ces crédits s’articule autour de plusieurs mécanismes.
Le principal mécanisme est la collaboration entre les pays industrialisés et les pays en
voie de développement, soit le Mécanisme de Développement Propre (MDP). Il permet
l’obtention de « crédits carbone » en contrepartie d’un financement d’un projet de
réduction de gaz à effet de serre.

Lors de la COP 21, la Russie est au centre d’un débat, en effet c’est un pays
développé qui est le 4ième émetteur de CO2 dans le monde. Prenant place dans cette
coopérative dont le but est de fixer des objectifs de réduction de gaz à effet de serre. La
Russie est un pays qui dispose de beaucoup de ressources comme le pétrole et le gaz
naturel et qui utilise principalement des énergies fossiles. Elle a accepté de réduire ces
émissions de CO2 de 25 à 30 % seulement par rapport à l’année 1990. Or, à la suite de la
chute de l’URSS, beaucoup d’industries ont fermé et la Russie a donc déjà diminué ces
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émissions de 30%. De plus, ce territoire compte sur ses grandes forêts pour stocker les
gaz à effet de serre et ainsi obéir aux objectifs fixés par la COP 21. Ce pays illustre donc
parfaitement les limites de la COP 21 puisque les chiffres se basent sur l’année 1990 et
non pas sur l’évolution actuelle.
Dans le pays du Nord et du Sud, le constat est le même. Tous ces pays du monde
ont vu leurs émissions de CO2 augmenter de 1990 à 2016, sauf les pays de l’Europe qui
ont réduit leurs émissions.

Source : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
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Enjeu « Biodiversité »
Ecologie du paysage
Le paysage est défini comme étant un système écologique où les interactions entre
les éléments déterminent les conditions de vie. L’écologie du paysage est le fait
d’assembler les différents éléments du paysage, structurer et organiser les processus
écologiques qui s’y déroulent. Elle permet donc l'étude des relations entre la structure et
l’organisation des paysages ainsi que les processus écologiques qui s'y déroulent. Elle
développe des concepts et des méthodes d'aménagement et de gestion des territoires.
L’écologie du paysage permet de mettre en évidence le rôle des corridors écologiques
pour le maintien de la biodiversité, ainsi que le rôle des bosquets, qui sont tous deux des
réserves de biodiversité.

Les corridors sont des éléments paysagers linéaires qui permettent la dispersion
d’espèces animales ou végétales entre deux habitats, au sein d’un environnement plus ou
moins hostile. Ces corridors sont des haies entre deux bosquets ou un ruisseau entre
deux étangs par exemple. Ils servent notamment à sauvegarder, tant la connectivité
spatiale que la connectivité biologique naturelle de la flore ou de la faune. Il est donc
important de connaitre correctement les espèces qui sont dans les friches et espaces de
reboisement. Les habitats des individus menacés et les richesses des lieux doivent être
sauvegardés lors du reboisement pour servir de supports à une biodiversité et à un
fonctionnement écologique équilibré.

Or, de nombreux blaireaux sont présents dans la zone à reboiser, il faut donc les
préserver en maintenant les corridors déjà existants et en leur créant de nouveaux
espaces pour que ces derniers puissent aller et venir dans leurs habitats. Ces réseaux de
corridors sont donc très importants pour la faune afin de permettre leur survie. Pour
préserver cette espèce, certains arbres n’ont pas été enlevés et la zone autour de son
habitat a été totalement préservé.
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Enjeu « Adaptation au réchauffement


climatique »
Agroécologie
Depuis 2015, l’exploitation s’est engagée dans une réflexion globale sur son
système de production. Le nouveau système intègre les valeurs de l’agroécologie pour
réduire son impact environnemental et tendre vers de l’agroforesterie. En effet, différents
moyens ont été privilégiés :
 La mise en place de couverts végétaux pour limiter l’érosion des sols et simplifier le
travail du sol sans labour
• La plantation de 400 mètres de haie par an pour protéger les animaux et les
cultures du vent ainsi que d’amener de la biodiversité
• La plantation d’arbres sur des parcelles cultivées (agroforesterie) pour limiter
l’érosion, et pouvoir stocker du carbone
• La mise en place d’un verger

Toutes ces démarches en cours recomposent le paysage en multipliant les niches de


biodiversité et en améliorant la gestion des flux (carbone, azote, eau, corridor). Lors du
reboisement, nous touchons aux friches mais nous replantons des arbres, ce qui assure
un habitat idéal pour les espèces animales.

L’agroécologie désigne les pratiques agricoles qui lient l’agronomie, science de


l’agriculture, et l’écologie, science de l’environnement. Développer une démarche
agroécologique, c’est adopter des pratiques qui tiennent compte des équilibres de la
nature et des services qu’elle rend. Pour cela, il faut réduire les ressources externes
utilisées par l’exploitant, comme les pesticides, les engrais et même les carburants.
Chaque exploitant doit adapter son exploitation et son territoire avec un ensemble de
pratiques pour tendre vers une approche agroécologique. Il n'y a pas d'uniformité dans
ses pratiques, mais la certification Haute Valeur Environnementale (HVE) témoigne très
généralement elle aussi d'une telle démarche. Son cahier des charges impose deux
grands indicateurs de l’agroécologie. Il faut une part maximale de 30% d’intrants dans le
chiffre d’affaires de l’exploitation et un minimum de 10% de surfaces agricoles composées
d’éléments paysagers accueillant de la biodiversité (haies, mares, forêts). La ferme
Bellegarde ne possède pas cette certification mais elle est en démarche pour obtenir ce
label. Ainsi, l‘augmentation du pâturage, la mise en place des couverts, la plantation de
haie, l’agroforesterie et la gestion de l’eau sont autant de pratiques qui participent à cette
démarche. La demande de cette certification va démarrer en Mars 2020.
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Dans ce nouveau système, nous retrouvons aussi les valeurs de l’agroforesterie.


Cette pratique est un mode d’exploitation des terres agricoles associant des arbres et des
cultures ou de l'élevage. En réalisant le projet de reboisement, la ferme Bellegarde
continue sa démarche d’agroforesterie. En effet, la ferme veut optimiser ses différentes
terres afin de reboiser un maximum de surface, comme avec la plantation de haie qui est
en cours, et, avec ce projet.  La forêt permet de réduire le réchauffement climatique en
captant du carbone. Utiliser les arbres d'une forêt en bois d’œuvre ne provoquera pas sa
disparition si cette pratique est réaliser intelligemment et respectueuse de la forêt. Une
exploitation forestière responsable et durable (assurant un équilibre entre les fonctions
écologique, sociale et économique) est donc capitale. La ferme de Bellegarde s’inscrit
dans cet esprit et ce projet est la continuité directe de l’agroforesterie déjà bien implantée
dans cette ferme pédagogique.
Dans les années qui suivent la plantation, un entretien sera nécessaire pour
accompagner la bonne croissance des essences (le nettoyage autours des arbres par
exemple). Ces opérations seront conduites en partenariat avec Alliance Forêt bois.
Ce projet de reforestation s’inscrit dans le long terme et il faudra attendre 5 ans après la
plantation avant de calculer et valider ou non la réussite du projet et donc de la
compensation carbone attendue.
La place de la forêt dans la biodiversité est majeure. En effet, elle abrite de
nombreuses espèces vivantes qu’elle protège. Une forêt de petite surface (jusqu’à 300
hectares) peut accueillir plus de 5 000 espèces différentes. Une grande forêt quant-à-elle
(de plusieurs milliers d’hectares) peut accueillir plus de 10 000 espèces différentes. La
faune forestière est composée à plus de 90% d’insectes qui sont essentiels au bon
développement de la forêt.

En s'engageant dans une démarche d'agroécologie, l'exploitation de Bellegarde


multiplie le maillage écologique pour augmenter cette biodiversité. Dans ce paysage en
reconstruction, la plantation d'espèces adaptées en forêt va augmenter la capacité à
stocker le carbone sans diminuer la capacité d'accueil de la biodiversité. Par un
investissement adapté, les 3 hectares plantés vont pouvoir fixer 500 tonnes de carbone
supplémentaire. Cette quantité de carbone va entrer dans le dispositif Bas Carbone
reconnaissant ainsi les efforts faits par l'entreprise pour compenser ses émissions.
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Enjeu « Pédagogique »
Projet pédagogique
La filière STAV (Filière Science et Technique de l'Agronomie et du Vivant, option
Aménagement et Valorisation de l'Espace) a été initiée par une démarche pédagogique et
professionnelle grâce à un enseignant détaché pour dynamiser la mise en œuvre d'une
démarche d'agroécologie sur l'exploitation.

Depuis 2017, les parcelles forestières et de friches de 13 ha de la ferme de


Bellegarde servent de support pédagogique à la découverte de l'aménagement forestier
avec les élèves de premières STAV (option Aménagement et Valorisation des Espaces)
en partenariat avec Mr Pascal Mathieu du CRPF.

En 2018, l'appui de Mr Bertrand-Trouvé, responsable du projet d'Agroécologie sur


l'exploitation de Bellegarde, permet de s'interroger sur la valorisation des forêts. Les
élèves d'Albi Fonlabour sont associés aux étudiants en BTS Gestion Forestières de St
Amans Soult pour faire l'inventaire des peuplements et évaluer les potentialités des
parcelles pouvant être plantées.

Depuis 2018, sur la base des études faites et par le biais du CNPF (Centre National
de la Propriété Forestière), un projet de plantation est proposé au réseau La Poste qui en
accepte le financement.

En parallèle, il a été décidé de transformer une parcelle de futaie régulière (arbres


de même âge) en futaie irrégulière (âges et essences différents) par des travaux
d'éclaircie en 2019 et une replantation par bouquets prévue en 2020-2021.

Depuis 2019, la plantation de 3 hectares de forêt avec des partenaires


professionnels locaux et les élèves du lycée d'Albi Fonlabour, St Amans Soult et La Roque
(Rodez) a été mise en place.
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Implication diverse des filières


La plantation sera assurée par deux types de personnes qui ont participé au projet :
 Les professionnels :
o La filière STAV (Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant) du
lycée Fonlabour (Abli) et du lycée La Roque (Rodez)
o La filière Bac PRO Apprentis du Paysage
o La filière BTS Gestion Forestière
 Les citoyens :
o Les élèves du lycée Fonlabour (toutes les classes)
o Les éco-délégués des autres lycées
o Etudiant du l’INU Champollion

Des opérations d'entretien seront nécessaires pour accompagner la croissance des


jeunes plants durant les premières années. Elles seront conduites en partenariat avec la
coopérative Alliance Forêt bois. La réussite de cette plantation devra être évaluée après 5
ans afin de valider la compensation carbone prévue.
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PROJET DE REBOISEMENT
La ferme de Bellegarde est un établissement Agro-environnemental public. Elle est
utilisée comme support pédagogique par le lycée agricole de Fonlabour à Albi.
L’exploitation recouvre une surface agricole utile de 156 ha et emploie trois salariés à
plein temps. Elle possède un troupeau de vaches laitières (de race Prim’holstein) et
produit 540 000 litres par an pour 60 vaches. La ferme cultive aussi des céréales, des
oléo-protéagineux et du maïs semence. La moitié de cette production est vendue, l’autre
moitié est utilisée pour l’alimentation des vaches. Le site est le support de plusieurs
projets innovants comme le traitement des effluents d’élevage, les collections et essais sur
les productions végétales ou encore la conduite du troupeau. L’exploitation s’est lancée
dans un programme de changement de pratiques. La transition de l’élevage bovins-lait
vers du pâturage, la diversification des productions (comme du poulet de chair ou des
protéagineux), mais aussi la diversification des techniques culturales (comme le semis
direct sous couverts ou la mise en place de méteils), la mise en œuvre de parcelles en
agroforesterie, et la plantation de haies doivent permettre d’assurer une transition de
l’exploitation vers une certaine durabilité.
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Mise en œuvre du projet


Ce projet consiste à une plantation de 1100 plants par hectare avec une interligne
de 4 m et un espacement des plants sur la ligne de 2,2 m. Pour la protection des arbres, il
y aura la présence d’un filet de 60 cm pour chaque résineux et un filet de 1,2 m pour
chaque feuillus. Les 1100 plants à l’hectare ont été choisi afin d’assurer 900 plants à
l’hectare dans 5 ans.
L’enjeux d’une diversification des essences dans une forêt permet d’éviter la
problématique sanitaire et ainsi de sauvegarder une forêt saine. Quand de grands
espaces sont consacrés à la même essence, toute la plantation est gravement exposée.
Si jamais des insectes ou une maladie surgissent, toute la plantation risque d’être
endommagée, ce qui, n’est généralement pas le cas si l’on plante diverses variétés. Nous
pouvons prendre comme exemple la chenille légionnaire qui est apparue en Afrique et qui
a ravagé les cultures céréalières du sud de l’Afrique, en 2017. Donc le but de cette
plantation a été de sélectionner une diversité relativement variée d’essences adaptées au
milieu dont 8 essences de feuillus et 2 de résineux.

Dans le contexte actuel de l’agriculture, de nombreux agriculteurs sont tentés par le


boisement des terres agricoles. Au 1er juillet 2011, il y avait 733 projets touchant le secteur
agricole qui avaient été enregistrés par un label de compensation carbone, soit 14 % des
projets tous secteurs confondus. De plus, dans le domaine environnemental et paysager,
les plantations de haies, d’alignements et de bosquets prennent de plus en plus
d’importance. Enfin, la récolte de bois de chauffage et la confection de piquets permettent
une certaine pluriactivité des agriculteurs qui mériteraient d’être mieux accompagnés.

Du fait de l’espace qu’elle occupe et des milieux et espèces qu’elle abrite, la


gestion des forêts privées intègre assez naturellement trois dimensions :
• La dimension économique par la production de bois et d’autres produits,
• La dimension environnementale par la préservation de la nature et de la
biodiversité,
• La dimension sociale par l’accueil du public.

La forêt joue donc souvent un rôle important de protection du milieu rural en termes
de conservation des sols, de protection contre l’érosion ou contre les inondations. Le
paysage rural fut le fruit de l’activité humaine : les paysages sont ouverts lorsque
l’agriculture demeure et fermés lorsque la forêt s’étend. Les forêts privées ont
naturellement accueilli les promeneurs depuis toujours. Mais depuis quelques années, la
22

demande et les pressions locales, notamment aux abords des villes, sont beaucoup plus
fortes. Des actions en faveur de l’accueil du public sont dorénavant utiles et peuvent être
contractualisées avec les propriétaires qui le souhaitent. Ces relations deviennent parfois
difficiles, souvent par manque de communication. Même si le projet est financé,
l’agriculteur doit le mettre en place et donc développer son activité pour réussir à planter la
forêt, ne pas perdre des essences au fur et à mesure du temps, mais aussi réussir à
l’exploiter tout en la sauvegardant.

Ce projet est un bon exemple pour les agriculteurs alentours. En effet, la ferme
s’inscrit dans une agriculture raisonnée avec l’utilisation d’un maximum de produits
locaux, provenant des autres agriculteurs albigeois. De plus, le fait que le projet soit
financé par des entreprises, la ferme ne retire que des bénéfices de cette expérience. En
effet, la ferme met juste à disposition des friches non-entretenues, mais profites des
bénéfices futurs (gain si revente du bois d’œuvre). La ferme représente un modèle pour
les autres agriculteurs. De plus, le fait de faire participer les élèves au reboisement permet
aussi de montrer aux agriculteurs de demain qu’une agriculture durable et raisonnée est
possible et pas forcément compliquée à mettre en place.
23

Sylviculture
La sylviculture est, d’après l’ONF, l’ensemble des techniques permettant la création
et l'exploitation rationnelle des forêts tout en assurant leur conservation et leur
régénération.
C’est-à-dire que la forêt est développée, gérée et valorisée pour en obtenir un bénéfice
économique mais aussi certains services profitables à la société (dans une approche de
forêt dite multifonctionnelle).

Lorsque la forêt est gérée de manière durable, on dit que la sylviculture est durable.
Pour répondre à cette problématique, le sylviculteur gère la forêt durablement pour la
génération actuelle mais aussi pour les générations futures. Celles-ci pourront en retirer
durablement des bienfaits ou des produits comme le bois, sans en dégrader le capital.
Actuellement on parle de gestion durable des forêts lorsque la forêt n’est pas surexploitée.
Mais aussi lorsqu’il y a une préservation ou restauration comme c’est le cas pour la ferme
Bellegarde. La forêt étant restaurée afin de stocker du carbone, le bois ne pourra pas être
brulé et sera donc du bois d’œuvre. D’autres projets existent où la forêt permet de
construire des maisons et des meubles.

Maison en bois Meuble en bois


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Zone du reboisement
La ferme de Bellegarde pratique une agriculture raisonnée et responsable. De plus,
elle dispose de friches non-entretenues et non-exploitées. Elle a donc décidé de les
utiliser pour effectuer de la séquestration carbone grâce au reboisement de ces friches.
Un plan de masse de reboisement a été dessiné :

Source :Plan _des_travaux
_Ferme_de_ Bellegarde
Nous
retrouvons un terrain

principalement composé de schistes et d’argiles à graviers. Les substrats de cette région


sont assez variés, mais les formations schisteuses sont les plus abondantes.
Le climat est d’influence atlantique. On peut le caractériser par des contraintes
limitées en ce qui concerne l’alimentation en eau. La pluviosité est importante, de 900 à 1
300 mm d’eau assez régulièrement répartis dans l’année. Le mois de Juillet est le plus
sec, des orages font généralement remonter le niveau en août.
Les arbres sont plantés sur un terrain en pente, ce qui nous permet de retrouver un
sol plus riche en bas et un sol plus pauvre en haut. De ce fait, les essences sont plantées
en fonction de leurs caractéristiques. Sur la partie haute, nous retrouvons l’Alisier torminal,
le Tilleul à grandes feuilles, le Micocoulier, le Chêne Sessile, le Cèdre de l’Atlas et le Pin
maritime. Sur la partie basse, nous retrouvons le Merisier commun, le Tilleul à grandes
feuilles, le Cormier, le Chêne Rouge d’Amérique et le Noyer Noir d’Amérique.

Le reboisement de ces parcelles en friche à un double objectif : la capture du


carbone par la production de bois d’œuvre et la préservation de la biodiversité en
implantant un mélange d’essences adaptées.
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Les essences
Le projet consiste en un boisement de dix essences avec huit feuillus et deux
résineux sur un espace de 3 hectares. Ces essences ont été choisies en fonction des
enjeux visés par le projet (capacité de stockage, rendement).

Voici les dix essences retenues dans le projet :


o Les essences sur le sol bas (sol riche)  :
 Chêne Rouge d’Amérique (5,6%), Quercus rubra
Il existe encore peu de peuplements de cette essence exotique
parvenus à maturité, mais celle-ci semble s’être bien adaptée au
secteur. Sa frugalité et la qualité de son bois en font une essence
intéressante pour le reboisement. Il donne un bois d’œuvre connu et
apprécié dans la région. C’est un feuillu assez rustique pouvant
donner d’excellents résultats sur des sols acides. 
 Noyer Noir d’Amérique (5,6%), Juglans nigra
Le noyer noir d’Amérique, d’introduction récente, fait preuve d’une
croissance plus rapide mais il présente des exigences stationnelles
supérieures. Il demande en effet des sols épais et frais, on limitera
donc son implantation aux terrains alluviaux ou colluviaux. Les
plantations de noyers sont à encourager dans toutes les bonnes
stations de basse altitude, y compris hors forêt : haies, bordures,
talus. La gestion de ces essences est très exigeante et demande une bonne technicité, en
particulier pour les indispensables tailles de formation et d’élagages qui s’étalent au
minimum sur une dizaine d’années. La lutte contre la concurrence herbacée est
également profitable au bon développement du noyer.
 Cormier (5,6%) Sorbus domestica
Tolérant la sécheresse, les Cormiers domestiques sont de petits arbres
rustiques qui produisent un bois de grande valeur encore peu connu de
beaucoup de propriétaires.
Craignant la concurrence, ils ont besoin d’être très précocement mis en
lumière puis régulièrement favorisés lors des éclaircies. Ils peuvent produire
un bois d’ébénisterie de haute qualité
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 Merisier commun (5,6%), Prunus avium


Les merisiers sont en général disséminés. Il vaut mieux les exploiter assez
tôt pour éviter une dépréciation du bois. Ce sont des espèces intéressantes
à réserver aux terrains riches. Le merisier étant exigeant en lumière, il
gagne à être éclairci très tôt.

o Les essences sur le sol haut (sol sec)  :


 Cèdre de l’Atlas (14,4%), Cedrus atlantica
Cette essence, d’introduction assez récente, est prometteuse,
notamment sur les schistes, jusqu’à 800 m d’altitude environ où elle
peut être une alternative à l’épicéa commun en stations sèches.
Les peuplements en place ont des croissances très satisfaisantes.
Le cèdre tire avantage de sylvicultures intensives.
Bien qu’encore peu utilisé dans cette région, le bois de cèdre est
apprécié en menuiserie fine et en ameublement. Son bois est durable et odorant.
 Pin maritime (14,4%), Pinus pinaster
Essence à croissance très rapide donnant naturellement de
bons résultats (appréciée en menuiserie). Il s'agit d'une
espèce calcifuge, avide de lumière et de chaleur.  Elle est
déjà présente dans les forêts de Bellegarde et donne de bon
résultat.
La durée de rotation de cette essence ne devrait pas
dépasser 60 à 80 ans. La sylviculture en mélange est un mode de gestion intéressant.
 Chêne Sessile (14,4%), Quercus petraea
Les chênes (en général) sont les essences les plus
importantes en surface. Schématiquement, le chêne
pédonculé se cantonne aux bas-fonds plus frais, tandis
que le chêne sessile est plus plastique. La qualité du bois est
extrêmement variable, les chênes s’hybridant facilement
entre eux, de telle sorte qu’il est souvent difficile de
déterminer avec exactitude la variété rencontrée. Le chêne sessile produit de belles
grumes, surtout en bas de versant. Ils doivent être abrités car les billes de pied sont
parfois dépréciées par la gélivure.
 Alisier torminal (7,2%), Sorbus
torminalis
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Tolérant la sécheresse, l’Alisier torminal est un petit arbre rustique qui produit un bois de
grande valeur encore peu connu de beaucoup de propriétaires.
Craignant la concurrence, il a besoin d’être très précocement mis en lumière puis
régulièrement favorisés lors des éclaircies. Ils peuvent produire un bois d’ébénisterie de
haute qualité.
 Micocoulier (7,2%), Celtis
Le micocoulier de Provence se plaît en plein soleil. Il aime
les sols profonds, riches, bien drainés et plutôt frais mais il
tolère très bien les sols pauvres et superficiels. Son bois
souple et dur s'adapte à de nombreux usages. Cette
essence fait partie des pionnières recherchées pour
s'adapter au changement climatique.

o Une essence adaptée au sol riche et sec


 Tilleul à grandes feuilles (20%), Tilia platyphyllos
Il se trouve généralement sur des sols frais, humides,
profonds, argilo-siliceux, bien drainés. Dans une station
adaptée, et une sylviculture spécifique (élagage ou
d’éclaircies sélectives au profit des meilleurs arbres), il
donne un bois de bonnes qualités techniques et esthétiques.
C’est un bois tendre, facile à travailler et très homogène. Il
convient bien pour la production de placage (fines feuilles
utilisées pour couvrir les meubles de haut de gamme) et il est particulièrement apprécié en
sculpture.

Il y a des essences classiques utilisées pour le reboisement, adaptées à la zone de


friches comme le pin maritime, le cèdre, le tilleul, le chêne sessile et le chêne rouge
d’Amérique. Elles sont enrichies avec des essences plus nobles (noyer noir, merisier,
alisier, cormier) et d'autres susceptibles de mieux répondre aux changements climatiques
attendus (micocoulier).
Ces essences ont été choisies en fonction de leurs caractéristiques mais aussi pour
leurs points forts. (Annexe 1).
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LES PARTENAIRES
Le projet fait intervenir différents partenaires :

 Le CNPF : avec Olivier GLEIZES qui est ingénieur forestier Développement &
Innovation
Le Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) est l’établissement public en charge
du développement de la gestion durable des forêts privées.
Au sein du projet, le CNPF donne les indications à respecter, ainsi, ils demandent à ce
que ce projet rentre dans une labellisation PEFC (Programme for the Endorsement of
Forest Certification schemes).

 Le CRPF Occitanie : avec Pascal Mathieu et Magali Maviel qui sont des
technicien(ne)s animateurs
Les missions du Centre Régional de la Propriété Forestière Occitanie (CRPF Occitanie)
sont d’orienter et de développer la gestion des bois, forêts et terrains à boiser des
propriétaires privés de la région.
Dans le cadre du projet, ils accompagnent la ferme en étroite relation avec le chef de

projet.

• Coopérative Alliance Forêt bois : avec des intervenants de Forestarn


Leader national dans la production et la mobilisation de ressources forestières, au service
de ses adhérents, pour le développement de la filière.
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 Le Lycée Fonlabour : avec Serge TOUZANE qui est le chef d’exploitation de la


ferme Bellegarde, Jean-Pierre ESTIVALS, Claude BRU, Jean-Noël BERTRAND-
TROUVE qui sont des professeurs agricoles
Le lycée Fonlabour est un lycée agricole, d'enseignement général
technologique et professionnel.
C’est le lycée lui-même qui coordonne le projet, les professeurs
agricoles cités ci-dessus en sont les responsables.

 L’Institut National Universitaire Champollion : Licence Maîtrise de l'énergie,


électricité et développement durable avec Vincent ROUSVAL qui est professeur
universitaire
Nous sommes élèves dans cette filière, des nouvelles énergies et du
développement durable. Nous sommes formés à être les futurs acteurs
compétents dans la transition énergétique et écologique.
Nous sommes impliqués dans ce projet, dans le domaine de la
communication et la vulgarisation du projet, afin que le projet devienne
important et compris par tout le monde.
Notre licence est intégrée au sein du projet. Notre groupe y participe en
réalisant la partie communication, valorisation et vulgarisation du projet.

 La Poste
La Poste est une société anonyme française principalement présente en tant qu'opérateur
de services postaux (courrier, colis et express), banque, assurance, mais également dans
une moindre mesure en tant qu'opérateur de téléphonie mobile, fournisseur de services
numériques et de solutions commerce, commerce en ligne (marketing, logistique) et
collecte et vente de données.
La poste est le principal financeur du projet. Ce financement est dû à une compensation
carbone, c'est à dire, qu’elle doit réaliser des financements d'actions internes ou externes
de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour compenser ses propres rejets de
carbone. C'est ainsi que ce projet de reforestation a vu le jour.
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ANNEXE 1 : POINTS FORTS DES


ESSENCES
 Chêne Rouge d’Amérique (5,6%), Quercus rubra : C’est un arbre à
croissance rapide, avec une très grande longévité (plus de 100ans). Très rustique
(T° mini : -15°) et qui a très peu de maladies graves.

 Noyer Noir d’Amérique (5,6%),Juglans nigra  : De croissance rapide et


avec une très grande longévité (200 ans et plus). Il s'accommode relativement bien
avec d’autres végétaux, et il est très accommodant en matière de climat. Très
apprécié par la biodiversité animale à cause de ces fruits.

 Cèdre de l’Atlas (14,4%), Cedrus atlantica : Il a un système racinaire


puissant et profond, a une bonne résistance à la sécheresse, rustique jusqu'à
-23°C. Il résiste bien aux maladies. Apprécié par les insectes saproxylophages
(organismes qui ne consomment que le bois mort en décomposition) car les arbres
laissent du bois mort aux sols.

 Pin maritime (14,4%), Pinus pinaster  : Nécessite un climat tempéré,


craint les grands froids mais résiste aux maladies. Il est très apprécié par les
insectes saproxylophages car ils laissent du bois mort aux sols.

 Chêne Sessile (14,4%), Quercus petraea : Supporte les sécheresses, a


peu de besoins et est résistant aux maladies.

 Alisier torminal (7,2%), Sorbus torminalis et Cormier (5,6%),


Sorbus domestica : Pour l’Alisier il a une croissance assez lente, sa longévité
dépasse rarement 100 ans, il s’adapte à divers types de sols et surtout est très
résistant aux maladies. Il est très apprécié des oiseaux. Pour le Cormier, il a une
très grande longévité (+ de 500 ans). Il n’a pas d’exigences particulières en matière
de sol et supporte les sécheresses estivales.
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 Merisier commun (5,6%), Prunus avium  : C’est un arbre très rustique


jusqu'à -34 °C. Tolérant à tous types de sol et c’est un atout car il est très apprécié
par la biodiversité animale grâce à ces fruits.

 Tilleul à grandes feuilles (20%), Tilia platyphyllos : Arbre très


rustique et résistant jusqu'à -20 °C. Capable de vivre 500 à 1000 ans, très tolérant
sur les types de sols et résistant aux maladies.

 Micocoulier (7,2%), Celtis : Il tolère très bien les sols pauvres et superficiels,
a une longévité remarquable. Il est peu sujet aux maladies, il résiste à la
sécheresse, à la pollution et aux embruns. Résiste jusqu’à -13°C.