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Questions économie monétaire et financière

1- Définition, nature et fonctions de la monnaie


I-L’appréhension de la monnaie

Le mot monnaie vient du latin « moneta » du nom de la déesse Juno Moneta qui avertissait le
peuple romain des dangers et le conseillait.

La monnaie est un bien privé puisqu’elle fait l’objet d’une offre et d’une demande et que sa
détention à un prix mais c’est aussi un bien public, collectif, car sa circulation et la préservation de
sa valeur sont essentielles au bon fonctionnement des échanges et donc à la bonne marche de
l’économie.

Au XVIIe siècle, les mercantilistes considéraient que la quantité de monnaie en circulation dans
l’économie était le signe de la richesse du pays. A la fin du XVIIIe les Classiques affirment qu’il n’y
a rien de plus insignifiant que la monnaie, ils sont rejoins par les néo classiques au XIXe.

Que ce soit Adam Smith, David Ricardo, Jean Baptiste Say ils réduisaient son rôle à celui d’un
simple intermédiaire des échanges, sans influence qui se révélait neutre. C’était la conception de
la neutralité monétaire.

C’est à la fin du XIXe que les travaux de l’école autrichienne et ceux de John Maynard Keynes du
XXe ont permis de démontrer son importance dans l’économie et l’inter connexion des sphères
réelles et monétaire de l’économie. Cette approche est intégrationniste puisqu’elle considère que
les phénomènes économiques sont fondamentalement monétaires.

Si la monnaie est un simple intermédiaire d’échange elle ne peut servir qu’à répondre au besoin de
paiement or si elle est un bien elle peut faire l’objet d’une offre et d’une demande. Les Classiques
et les Marginalistes considèrent la monnaie comme un simple moyen de paiement qui facilite les
échanges et permet d’éviter le troc.

Les néo-classiques et les monétaristes considèrent qu’elle est un bien quelconque qui produit des
services en tant qu’instrument de paiement, sans jouer aucun rôle dans l’économie, c’est un
élément de richesse.

Les Keynésiens considèrent la monnaie comme un bien spécifique en raison de sa liquidité


parfaite. L’actif monétaire est le seul pouvant être convertit en tous les autres actifs. La monnaie
fait donc l’objet d’une demande spécifique, son pouvoir sur l’économie est fondamental.

Elle est également un construit sociale puisqu’elle dépend de l’adhésion et de la confiance que lui
porte les utilisateurs, elle est un facteur de cohésion social.

Elle est un bien collectif dont la disponibilité, la circulation et la préservation de la valeur sont
indispensables au bon fonctionnement des échanges, elle a donc un rôle fondateur de la cohésion
sociale puisqu’elle rend possible la socialisation des agents économiques dans la société
marchande.

La monnaie est dite fiduciaire puisqu’elle repose sur la confiance qu’on lui accorde, chacun
l’accepte parce que tout le monde l’accepte.
Dans la situation d’un système financier hiérarchisé c’est la Banque centrale qui est garante de la
monnaie.
II-Définition et nature de la monnaie

Il y a une définition usuelle et juridique de la monnaie :

« La monnaie est un moyen de paiement dont le pouvoir libératoire est immédiat et incontesté au
sein d’un espace monétaire donné ».

La monnaie circule dans l’économie lors du processus de production en induisant une répartition
des revenus entre les agents économiques. Ce pouvoir libératoire est général puisque la monnaie
est toujours utilisée dans le processus d’échange.

La monnaie est un instrument d’échange universel car c’est le seul objet échangeable
instantanément contre n’importe quel autre objet et cela sans aucun coût de transaction.

La monnaie est un actif et un passif. Un actif pour les agents non financier qui la détiennent sous
forme de billet de banque, pièces, ou sous forme de compte de dépôt à vue. Elle est un passif, une
dette pour les banques qui la créent et la gèrent. Les comptes de dépôt à vue des agents non
financiers s’inscrivent dans le passif des banques.

Les billets de banque, tout comme la monnaie centrale, sont également une dette pour la banque
centrale qui les met en circulation.

III-Les fonctions de la monnaie

Elle en a 3 :

- Une unité de compte, un étalon de valeur de tous les autres biens


- Un intermédiaire des échanges, qui permet à tous les détenteurs de monnaie de pouvoir
acquérir n’importe quel autre bien ou service
- Une réserve de valeur, qui permet de conserver sa richesse dans le temps et de constituer une
encaisse pour effectuer des échanges ultérieurs

A-La monnaie comme unité de compte

Elle permet de comparer la valeur des grandeurs économiques car chacune d’elles est exprimée
en langage commun : le nombre d’unité de monnaie.

B-La monnaie comme intermédiaire des échanges

Elle possède une fonction de transaction qui a permis de supprimer le troc et conduit au
développement des échanges et donc la production qui a permis l’émergence d’une économie
monétaire.

La monnaie est un équivalent général dans les transactions car elle est acceptée de tous en
échange de n’importe quel bien ou service, sans délai ni coût.

Pour circuler dans l’économie elle suppose un support concret qui peut prendre deux formes. La
monnaie manuelle, ou monnaie centrale, qui se présente sous forme de billets ou de pièces. Il
existe aussi la monnaie scripturale ou monnaie bancaire, représentée par les comptes de dépôts à
vue des ANF.

C-La monnaie comme réserve de valeur

Cette fonction ne fait pas l’unanimité parmi les économistes. La monnaie peut être conserver pour
des achats futurs, c’est une encaisse oisive, c’est à dire qu’une quantité d’argent est retirée du
circuit économique, il y a thésaurisation.
Pour les Classiques, cette fonction n’a pas lieu d’être. Pour les Keynésiens l monnaie thésaurisée
permet de prévenir les aléas du futur. Elle semble nocive car elle crée un déséquilibre entre l’offre
et la demande.
2- Les formes de la monnaie et des instruments de paiement

La monnaie a un pouvoir libératoire : lorsque l’on règle un achat elle éteint sans délai la dette
auprès du vendeur. Pour qu’il y ait libération il faut qu’il y ait consensus sur sa valeur et son
pouvoir. En revanche les supports importent peu puisqu’ils n’ont pas cessés de se dématérialiser.

A-Les monnaies marchandises

Ce sont les premières formes de monnaie que l’on retrouve au 6e millénaire avant Jésus Christ. Il
s’agit par exemple du coquillage ou de la barre de sel. Elle peut également être utilisée dans une
économie de troc pendant la guerre.

B-Les monnaies métalliques

Sous la forme de pièces, elle s’impose rapidement en raison de ses qualités intrinsèques, les
métaux sont divisibles, faciles à transporter et inaltérables.

Elle peut être pesée lorsqu’il est nécessaire de la peser à chaque transaction.

Elle peut être comptée, si le métal est préalablement fractionné en morceau ayant un poids défini.

Enfin elle peut être frappée lorsque le poids et le titre du métal sont garantis par une autorité
souveraine, par le biais d’une effigie ou d’un symbole apposé sur les pièces.

Toute pièce de monnaie est qualifiée de monnaie divisionnaire.

C-La monnaie papier

Elle va remplacer progressivement la monnaie métallique, c’est une étape majeure du processus
de dématérialisation de la monnaie.

C’est en 1661 en Suède que les premiers billets de banque furent émis. Bien que certains
historiens rapportent que les premiers billets circulaient en Chine sous la dynastie Tang (618-907)

Cette transition s’est faite en plusieurs étapes :

- Première étape : les certificats d’or étaient des billets émis par les orfèvres ou les banquiers, qui
remplaçaient les lingots d’or pour faciliter le transport de liquidités. Ces certificats vont être
acceptés en raison de la confiance accordée à leur émetteur. Limités aux transactions
commerciales importantes, ils sont assortis d’une promesse d’être échangés sans formalité
contre de l’or.

- Deuxième étape : l’arrivée des billets de banque privée au cours du XVIIe siècle. Les
banquiers commencent à mettre en circulation plus de certificats que ce qu’ils détiennent
réellement en or, pour répondre au escompte de commerce. Cette initiative est attribuée à
Palmstruch en 1656 et ce serait les orfèvres Londoniens Fragile et Schmidt qui auraient eu
l’idée de fractionner les billets en petites coupures de sommes rondes

- Troisième étape : les billets de Banque Centrale. Au XIXe la banque d’émission Banque
centrale obtient le monopole de l’émission de billet. Cette exclusivité est donnée à la banque de
France en 1803 pour Paris et 1848 pour toute la France.
L’émission de cette monnaie « légale » est strictement réglementée par l’Etat. Selon l’école de
la « circulation » la quantité émise de billets doit être égale à l’encaissement d’or détenu par la
Banque centrale. L’école de la « banque » qui prône l‘émission de billet en fonction du besoin
économique.
D-La monnaie scripturale

C’est la dernière étape du processus de dématérialisation. La monnaie scripturale est une écriture,
une inscription au crédit d’un compte à vues, immédiatement disponible sur les fichiers
informatiques des banques émettrices.

La monnaie manuelle circule de la main à la main, ce sont les billets de la Banque Centrale, les
pièces ou monnaie divisionnaires du Trésor Public. Ils ne deviennent monnaie que lorsqu’il y a
monétisation : la BC les met en circulation dans l’économie en les cédant aux banques pour
satisfaire les besoins des ANF.

La monnaie scripturale, elle, circule lors des paiements par un simple jeu d’écriture. Cette monnaie
scripturale est une monnaie bancaire car elle est constituée par les soldes créditeurs des comptes
de dépôts à vues des ANF.

Les principaux instruments de circulation de cette monnaie sont : les chèques, les virements, les
avis de prélèvement et les cartes de paiement. Cette monnaie peut aussi être centrale, elle est
alors constituée par les soldes créditeurs des comptes courants des intermédiaires financiers
auprès de la BC. Cette monnaie est donc révélatrice de la hiérarchie du système bancaire entre la
BC et les banques ordinaires.

E-La monnaie électronique

Sa valeur monétaire est stockée électroniquement lors de la réception de fonds, et elle sert à
payer des transactions. Elle peut prendre la forme d’une carte cadeaux, carte prépayée, porte-
monnaie électronique, cyber argent.
3- Le développement des monnaies alternatives

Le développement des monnaies alternatives

A côté des formes de monnaie que nous utilisons fréquemment, on assiste au développement de
monnaies complémentaires qu’on qualifie aussi de monnaies locales et depuis la crise de 2007 ( la
fameuse crise des subprimes, on a aussi assisté à une contestation du système qui a été
accompagnée par l’émergence de monnaies virtuelles qu’on qualifie de «crypto- monnaies ».

Le renouveau des monnaies locales

On assiste depuis une trentaine d’années à la création et au développement des systèmes


d’échanges locaux (SEL). Ces derniers sont apparus en amérique du nord dans les années 1980,
au Canada pour être plus précis avant d’arriver sur notre territoire dans les années 1990.

Ils permettent d’instaurer des échanges à l’aide d’un instrument monétaire alternatif qui ne dépend
pas de l’Etat. Ces monnaies , vous le comprenez bien, n’ont pas de cours légal mais elles peuvent
être convertis en monnaie nationale avec laquelle elles cohabitent. Ce sont donc des monnaies
complémentaires , émises en contrepartie d’un dépôt de monnaie nationale.

Elles peuvent prendre la forme de monnaies locales associatives ( dans le cadre du projet SOL par
exemple) et leur utilisation est limitée à un espace délimité avec l’idée qu’elles doivent être
dépensées. Leur finalité n’est pas la thésaurisation.

Pour les utiliser il faut que les professionnels qui les acceptent adhérent à ce système et
respectent une charte des valeurs partagée aussi par leurs détenteurs.

Elles ont souvent vocation à défendre une vision alternative du fonctionnement de l’économie d’où
leur caractère un peu contestataire parfois puisqu’on va mettre en avant l’absence de spéculation
et la volonté de mettre en place une économie au service de l’homme. Ces monnaies ne sont pas
négligées par le législateur qui les prend en compte via les lois régissant l’économie sociale et
solidaire.

Sachez par exemple qu’elles ont été introduites par la loi du 31 juillet 2014 dans le code monétaire
et financier, ce qui illustre bien la volonté de contrôle du législateur qui est attentif à leur
encadrement et à leur utilisation , afin de déterminer si les émetteurs de ces monnaies ne
deviendraient pas par une trop grande activité des prestataires de service de paiement.
4-Les politiques monétaires Keynésiennes et monétaristes

I-La politique monétaire d’inspiration Keynésienne

A-Les principes

La justification de la politique économique Keynésienne est le constat d’une incapacité des


marchés réguler l’économie et à l’amener au plein emploi. L’équilibre du sous-emploi est la norme,
l’équilibre des marchandises est compatible avec du chômage, car la création d’emploi est
inférieure à la population active disponible pour travailler.

Dans ce cadre là la seule solution pour résorber le chômage est que l’Etat intervienne par une
politique de relance de la demande qui se compose d’une politique budgétaire et d’une politique
monétaire.

La politique budgétaire consiste à agir sur le budget de l’Etat pour augmenter les dépenses
publiques et/ ou réduire les recettes publiques, son efficacité est lente. La politique monétaire en
revanche peut permettre d’être plus réactif puisqu’une politique monétaire expansionniste consiste
à agir sur la monnaie par une baisse des taux d’intérêts.

B-Le contenu de la politique monétaire de relance Keynésienne

Selon la relation causale Keynésienne, la baisse du taux d’intérêt, induit une hausse de la
demande de crédit des entreprises pour leurs investissements mais aussi des ménages pour leurs
investissement mais aussi des ménages pour leurs investissements en logement et leurs
dépenses de consommation, il va donc résulter une hausse de la production et de la production
d’emploi.

II-La politique monétaire d’inspiration Monétariste

A-Les principes

C’est la seule politique monétaire acceptée par la logique néoclassique.

Les monétaristes refusent tout intervention de l’Etat dans l’économie puisque la flexibilité des prix
est supposée assurer automatiquement l’équilibre sur les marchés.

Cette politique monétaire se veut structurale, elle cherche à maitriser et prévenir l’inflation en
neutralisant l’influence déstabilisatrice de l’offre de monnaie. Elle repose sur la théorie quantitative
de monnaie, l’excès de création de monnaie par la BC et les banques ordinaires est responsable
de l’inflation
B-Le contenu de la politique monétaire restrictive monétariste

1-Politique monétaire quantitative

L’offre de monnaie est considérée comme instable en raison du comportement arbitraire des
autorités monétaires. C’est pour ça que la politique monétaire doit être gérée par une BC
indépendante du pouvoir politique.

Le taux d’intérêt est considéré comme un prix qui en tant que variable d’ajustement permet
d’obtenir l’équilibre entre l’offre et la demande de monnaie. Puisque le taux d’intérêt ne peut être
un instrument d’action, la variation de la quantité de monnaie est le seul moyen d’agir sur les prix
en général et sur les taux d’intérêts en particuliers.

2-Politique monétaire active

Politique monétaire active de réduction de l’inflation qui impose une réduction de la création de
monnaie centrale qui entraine une hausse du taux d’intérêt et une baisse de la demande de crédit.

3-Aspect politique monétaire préventive

Politique monétaire de maitrise des prix qui consiste à décider de nomes de croissance de la
masse monétaire en fonction de la prévision de croissance du PIB réel. La quantité de monnaie
doit évoluer au rythme de la croissance économique.

Prévision du taux de croissance du PIB + Taux d’inflation = norme de croissance de la masse


monétaire
5-La comparaison des politiques monétaires de la BCE et de la FED

I-La politique monétaire américaine

Les USA et la zone euro ont des priorités économiques différentes. Les USA ont une politique
monétaire plus agressive, ils n’hésitent pas à avoir recours à de grande variation de taux selon les
circonstances.

Leur politique monétaire est surtout utilisée pour soutenir l’économie et non pour lutter contre
l’inflation. Pour la zone euro la priorité est de lutter contre l’inflation. Depuis le 1er janvier 1990
l’euro système assume la responsabilité de la politique monétaire unique de la zone.

Le traité de Maastricht a fixé à la BCE l’objectif principal de garantir la stabilité des prix. Elle se
traduit par une hausse de l’indice des prix à la consommation à moyen terme qui doit être inférieur
mais proche de 2%. Elle est également soucieuse de préserver le pouvoir d’achat pour des raisons
historique. L’Union européenne a encore en mémoire l’hyper inflation allemande de 1923.

L’excès de création monétaire avait été à l’origine de cette crise contrairement aux Etats-Unis ou
c’est la crise de 1930 qui a entrainé la paralysie de la sphère politique et privée.

II-La politique monétaire de la zone euro

Des tensions inflationnistes sont apparues en 1999, 2001 et 2007. La BCE avait réagi en
augmentant son taux directeur. Cela prouve bien que son objectif, au moins jusqu’en 2010, était
l’inflation.

A partir de mai 2010 la BCE a décidé d’acheter des titres de dettes émis par des pays de a zone
euro comme la Grèce, le Portugal ou l’Irlande. Puis cette intervention s’est étendue aux PIGS, bien
que le financement des Etats par la BCE fussent interdit par le traité de Maastricht.
6-Les banques

A-Les origines de la banque

La banque est le principal intermédiaire financier, elles gèrent la monnaie, collectent l’épargne, et
disposent d’un pouvoir de création monétaire par l’octroi de crédits aux ménage et aux entreprises.

Rappel historique :

Au 4ème millénaire avant JC en Mésopotamie, dans les temples, les prêtres avaient la capacité de
recevoir en dépôt des excédents de récolte, ils prêtaient ces semences à ceux qui en manquait.
C’est la naissance du contrat du prêt. Il fallait déjà trouver une personne de confiance pour assurer
le dépôt de récolte.

Puis est apparue la monnaie, l’essor des techniques bancaires va aller de pair avec celui des
échanges. Le Code d’Hammurabi qui date de 1800 avant JC illustre les prémices de certaines
activités ce rapprochant de l’activité bancaire.

La chute de l’Empire romain marque un coup d’arrêt au développement des opérations bancaires.
Ce sont les croisades du 11ème siècle qui vont permettre de favoriser les échanges commerciaux
ainsi que l’émergence du droit du commerce, les foires et le christianisme.

La banque française au XVIIIe siècle était spécialisée dans la gestion de dépôt. Ce processus de
spécialisation va s’atténuer au début du XXe siècle. La révolution industrielle va s’accompagner
d’un retour à la croissance jusqu’aux années 1920.

A ce moment plusieurs grandes banques de dépôt vont se lancer dans un modèle mixte en
combinant activités traditionnelles et banque d’affaire. C’est ce qui va les mener à de nombreuses
pertes au moment du krach boursier de 1929 suivi de la crise des années 30.

En France c’est la loi bancaire de 1945 qui va séparer les activités de dépôt des activités de crédit.
Il faut attendre les réformes Debré de 1966/1967 pour assister à une déspécialisation de l’activité
bancaire française.

La période des trente glorieuses va s’éteindre brutalement avec le choc pétrolier de 1974. Dès la
première moitié de 1980 les politiques vont décider de moderniser l’économie française dans tous
les secteurs clés.

La loi bancaire de 1984 va alors être essentielle, inspiré par le principe d’universalisme que les
réformes Debré ont fait émerger, elle instaure une banque universelle sous le vocable
d’établissement de crédit.
B- Les fonctions de la banque

Les banques ont un rôle central dans l’intermédiation bancaire, ce sont des établissements
financiers qui collectent le dépôt de leur client, qui disposent du monopole de paiement et qui
assurent la distribution aux ménages et aux entreprises.

D’une certaine façon elle facilite la circulation de monnaie grâce aux instruments de paiement
qu’elles fournissent, indirectement elles participent à la croissance du volume des échanges

Les banques doivent assurer la liquidité en garantissant au client la possibilité de récupérer


rapidement leur moyen de paiement. Donc la banque va centraliser les moyens de paiement ce
qui va lui permettre d’accorder des crédits à d’autres emprunteurs pour financer des projets
d’investissement sur une longue période. La banque assume ce qu’on appel un risque de liquidité.

Elles sont également soumises au risque de crédit, il peut y avoir un défaut de remboursement qui
engendre des pertes financières. Donc pour le réduire les banques collecte de l’information sur
leurs clients.

Le principal pouvoir de la banque reste la création de monnaie. Chaque fois qu’une banque
accorde un crédit, la quantité de monnaie en circulation dans l’économie augmente. Et lorsqu’il y a
un remboursement de crédit il y a destruction monétaire.

L’économiste Joseph Schumpeter voyait dans le crédit bancaire une impulsion indispensable à la
mise en oeuvre de l’innovation technologique et donc une création de gain de productivité et de
croissance .

B-La distinction banque spécialisée/banque universelle

Il existe plusieurs modèles bancaires, traditionnellement on distingue deux types : la banque de


détails et la banque d’investissement.

La banque de détail est dédiée à une clientèle de particuliers de petites et moyennes entreprises
qui n’ont pas la possibilité d’emprunter directement sur les marchés financiers. Elle peut également
être dédiée aux collectivités locales, aux associations, auxquelles elle va proposer des produits
d’épargne, de l’assurance et des services classiques.

La banque d’investissement ou de financement va s’adresser plutôt aux grandes entreprises. Elles


sont souvent sollicités pour les opérations de fusion et d’acquisition, pour les augmentation de
capital, l’émission d’action, courtage en valeurs mobilières.

La France contrairement aux Etats Unis qui ont fait le choix des banques spécialisées en 1933, et
l’Europe ont consacré le principe de la banque universelle. Depuis 1999 les grands groupes
d’affaires américain ont pu mettre un terme à leur spécialisation.
Les exemples mettent en avant les avantages de la banque universelle. D’abord elle permet de
disposer de ressources à court terme via les dépôts des clients, des particuliers, des entreprises
sur leur compte à vue.

Ensuite elle offre de nombreux métiers capables d’attirer des salariées diplômés à fort potentiel en
raison des évolutions de carrières.

Ces banques ont l’inconvénient d’être plus fragiles, elles peuvent être touchées lorsque leurs
activités de marché enregistrent de lourdes pertes. Elles font alors prendre un risque aux dépôts
des épargnants.

A force de diversifier leur activité, elles diversifient également les risques. Ce qui obligerait les
Etats à intervenir pour éviter la faillite « Too big to fail ».

C’est l’inconvénient qui a été touché du doigt pendant la crise des Subprimes. L’État français a
soutenu le système bancaire en prenant une participation au capital des banques.

C-La transformation du secteur bancaire

On assiste à une transformation du système bancaire depuis une vingtaine d’années.

Le Gramm-Leach Act de 1999 autorise officiellement les grands groupes du secteur bancaire
américain à développer les activités financières sur les marchés financiers.

A une période de montée des cours boursiers, les banques ont cherché à réaliser des gains de
productivité et à renforcer leur pouvoir de marché.

On a donc assister dans les années 90/2000 à l’émergence d’une concentration dans le secteur
bancaire et à la naissance de gigantesque groupes mondiaux. Ce mouvement a été relativement
plus limité en Europe à cause des différences culturelles.

L’industrie bancaire mondiale est devenue en 1990 un secteur oligopolistique : forme de marché
dans lequel un très petit nombre d’entreprises ont le monopole de l’offre d’une marchandise ou
d’un service et son ainsi soustraites au régime de libre concurrence.

Le secteur bancaire a une lourde part de responsabilité dans le choc que fut la crise financière de
2007/2008. Pour faire face à leurs engagements et pour restaurer leurs marges, les banques ont
dû à la fois augmenter leur fonds propres et vendre des actifs risqués ce qui a accéléré la chute
des marchés boursiers.

C’est donc une crise de l’économie virtuelle qui a été transmise à l’économie réelle. Ce qui a
provoqué une chute de la demande, donc chute de la croissance économique qui conduit à une
remontée du chômage.
7-L’émergence de nouveaux intermédiaires financiers

A-La montée en puissance des investisseurs institutionnels

Ces investisseurs institutionnels regroupent :

- Les compagnies d’assurances : elles sont historiquement les premières à avoir géré l’épargne
des ménages placée sur les marchés financiers en prévision des remboursement à effectuer.

- Les fonds de pension : ce sont des organismes qui gèrent l’épargne des ménages et les
cotisations des employeurs dans le cadre des systèmes de retraite par capitalisation. Qui est un
système où chaque individu épargne pour sa retraite. Ces fonds sont devenus les premiers
investisseurs institutionnels.

- Les fonds mutuels : sont des gestionnaires de portefeuilles collectifs constitués d’actions et
d’obligations. Elles jouent un rôle d’intermédiaire être les marchés financiers et les clients. En
France les principaux sont les Organismes de Placement Collectif à Valeurs Mobilières
(OPCVM)

Les investisseurs institutionnels définissent des critères de rentabilité élevé, ils pèsent souvent
directement sur la stratégie des société. Ils ont donc une importance dans le financement et dans
l’orientation de l’économie. La concentration de l’épargne par le biais de ces investisseurs
institutionnels a renforcé la force de frappe financière des actionnaires. Il y a donc une
concurrence des places financières qui s’est mise en place.

Tout cela incite les États à un abaissement de leur fiscalité sur les produits d’épargne et à une
modernisation de leurs marchés financiers pour attirer les investisseurs.Ces investisseurs ont donc
une place de plus en plus importante dans le financement, et certains critique cette dérive.

En effet quand on gère la retraite d’un salarié, il faut que cette épargne soit rentable, il y a donc
une pression à la rentabilité financière, et une pression à la réduction des coûts salariaux, donc à
la destruction d’emplois. Un autre effet pervers est que les société ont parfois acheté leurs propres
actions pour faire grimper la demande.

Ces investisseurs peuvent déstabiliser le capitalisme classique, ils peuvent entrer dans le capital
d’entreprises nationales et avoir une action déstabilisante. Ils ont souvent été accusé d’être
responsables de l’instabilité du système financier.

Leur montée en puissance a permis de diversifier les modalités de placement de l’épargne des
ménages, d’abaisser le coût des placements et d’en accroitre le rendement. Elle a permis de
moraliser ou de mettre sous contrôle les équipes dirigeantes des sociétés cotées qui sont
désormais au service de la création de valeurs pour les actionnaires. Cette montée favorise
l’émergence d’une démocratie de l’actionnariat.
B-Les fonds spéculatifs

Ils sont vraiment apparus dans les médias, il y a une dizaine d’années. La crise financière de 2008
a conduit à se poser des questions sur les dérives de ces pratiques. Le problème est que ces
fonds ont très souvent une structure juridique particulière, et sont domiciliés dans des paradis
fiscaux.

Les fonds spéculatifs misent sur un fort effet de levier par le biais de fond empruntés auprès
d’intermédiaires financiers, des clients, des particuliers fortunés, qui complètent des capitaux qui
leur sont confiés par des banques. Ces fonds spéculatifs interviennent sur les marchés
traditionnels, actions, obligations, marchés de matières premières, produits complexes. Leur
stratégie s’appuie sur un changement fréquent de la composition de leur portefeuille.

Ces fonds ont pour finalité la rentabilité, ils se caractérisent également par le très haut niveau des
rémunérations. Ces fonds sont souvent associés à l’économie de casino, c’est à dire, celle où la
spéculation l’emporte sur l’investissement productif.

C-Les fonds de private equity

C’est un acteur qui connait une forte montée en puissance depuis les années 2000 et qui connait
un essor jusqu’à la crise financière de 2008. On l’appel également le capital investissement, il
consiste pour des fonds spécialisés à investir dans des entreprises en principe non cotées en
bourse en misant sur l’effet de levier dans le cadre du recours à la technique du LBO.

LBO est un acronyme qui signifie levage by out c’est un montage de structure juridique et
financière qui vont être en mesure de lever un volume important de capitaux par endettement.
Grâce à ce capital il va y avoir une prise de contrôle des sociétés par ces fonds d’investissements,
avec souvent une vente d’une partie des actifs, réduction de la masse salariale, et un changement
de direction.

Tout cela pour accroitre la rentabilité financière de l’entreprise puisqu’on a acheté en s’endettant,
on souhaite revendre l’entreprise avec une plus-value.Dans un contexte de taux d’intérêts bas on
va avoir un contexte favorable à l’effet de levier.

D-Les fonds souverains

Ces fonds sont centrés sur du long terme, ils cherchent à maintenir dans le temps la valeur de
leurs actifs. Ce sont des fonds d’investissement contrôlés par les Etats en capacité de financement
et qui sont désireux d’investir à long terme leurs réserves de change. Exemple : les pays
exportateur de pétrole.

Beaucoup ont émis des réserves sur leur activité, par exemple il y a eu une entrée au capital de
certaines banques américaines très prestigieuse. Cette entrée alimente le débat sur le fait que ces
fonds pourraient menacer la domination économique des puissances occidentales.
Mais puisque le but de ces fonds reste les investissements à long terme il y a un facteur de
stabilité du système financier mondial.Ces fonds rachètent parfois les bons du Trésor, ils rachètent
les dettes nationales, ils assurent le niveau de vie dans le pays.

8-L’histoire de la banque de France

A-La période 1800-1848

Tout système financier moderne est hiérarchisé et la banque centrale en est la clé de voute, en
France c’était la Banque de France.

La BF a été créée en 1800 comme banque privée, elle passe sous le contrôle de l’État en 1806
mais elle restera indépendante des pouvoir publics jusqu’en 1993.

Elle est donc créée le 18 janvier 1800 par Napoléon Bonaparte avec pour objectif de favoriser la
reprise de l’activité économique. Elle a pour mission d’émettre des billets payables en contrepartie
de l’escompte de commerce. Elle obtient en 1803 le privilège exclusif de l’émission de billets.

A cette époque les français avaient peu confiance en la monnaie papier, ils avaient été échaudés
par les assignats émis pour financer la révolution française. C’est pour leur redonner confiance
que l’émission de billets de banque a été confié à une banque indépendante de l’Etat.

La BF est alors une société par actions, dont une partie est détenue par le Premier Consul et son
entourage. Les 200 actionnaires les plus importants constituent l’AG qui désigne le conseil général
de la banque, composé de 15 régents, et le comité central qui est composé de 300 soeurs pour en
surveiller la gestion.

En 1806 l’Empereur décide de remplacer le comité central par le gouverneur et deux sous-
gouverneur nommés par lui.

Le décret du 16 janvier 1808 promulgue les statuts fondamentaux de la BF qui régissent les
opérations de la banque jusqu’en 1936.

La BF détient le monopole de l’émission de billets pour l’ensemble du territoire en 1848 jusqu’en


1945.
B-La période 1848-1936

Cette période se caractérise par un développement de l’activité dans trois directions :

- L’implantation de la BF se développe en Province et le nombre de comptoirs d’escompte va


considérablement augmenter. Ce qui va entrainer un accroissement de sa clientèle qui ouvre
des comptes et dépose des titres. Il va donc y avoir une politique délibérée de taux d’intérêt et
modéré avec un accomplissement des conditions d’accès à l’escompte, un élargissement des
avances sur titre.

- Il y a une volonté de stabiliser la valeur du franc, la BF va donc prendre une part active au
maintien de sa valeur. Dans le système de l’étalon d’or elle achetait et elle vendait de l’or à taux
fixe pour maintenir la parité or/franc. En 1926 elle devient officiellement chargé de l’intervention
d’intervenir sur le marché des changes pour stabiliser le cours du franc face aux devises
étrangères.

- Les relations entre la BF et l’État sont particulières en raison du privilège d’émission de billets.
Elle assure gratuitement certains service pour l’État comme le service des comptables du trésor
public. Elle doit également consentir des avances de trésorerie à l’État.

Il y a donc 3 directions : les concours à l’économie, la stabilité de la valeur du franc et les concours
à l’État.

C-La réforme de 1936 et la nationalisation du 2 décembre 1945

La réforme du 24 juillet 1936 va marquer une plus grande emprise de l’État. C’est le gouvernement
du Front Populaire qui est au pouvoir, et il estime que le statut juridique de droit privé de la BF est
contraire à l’intérêt général.

Bien que leur tentative de nationalisation es échouée, la réforme des statuts donne à l’État les
moyens d’intervenir dans la gestion de la banque, dans l’AG. Elle est désormais ouverte à tous les
actionnaires.

Puis la nationalisation du 2 décembre 1945 décidée par le Général De Gaulle. Le capital de la BF


est transféré à l’État le 1 janvier 1946, les anciens actionnaires sont indemnisés en recevant des
obligations.

La BF reçoit une mission de service public qui est de mettre en oeuvre la politique monétaire
décidée par le gouvernement.

D-Le chemin de l’indépendance

Dans la seconde moitié du XXe il y a une volonté d’émancipation, d’échapper à la tutelle de l’État.

La refonte des statuts de janvier 1973 qui veut rajeunir le statut de 1936 devenu caduc sur certains
points et incomplet. Il n’y avait donc pas de transformation majeure avec cette refonte.
Le statuts des gouverneurs est inchangé, le conseil général voit ses prérogatives renforcées.

Il va y avoir un conseiller élu par le personnel et un censeur qui est le représentant du ministère de
l’économie. La BF a désormais la mission de veiller sur la monnaie et le crédit.

La réforme du 4 décembre 1993 va ouvrir une première brèche. L’objectif de cette réforme est de
rendre la BF indépendante du pouvoir politique. On suppose que le gouvernement est incapable
de lutter efficacement contre l’inflation. Alors qu’une banque centrale serait plus apte et plus
crédible pour lutter contre l’inflation.

L’indépendance des banques centrales était implicitement comprise dans le traité de Maastricht de
1992.

Ce nouveau statut va faire de la BF le 1er janvier 1994 une banque centrale indépendante. Les
organes sont au nombre de trois :

- Le gouverneur et les deux sous-gouverneurs sont désormais nommées pour 6 ans en CM

- Le conseil de politique monétaire comprend le gouverneur et les deux sous-gouverneurs et 6


membres choisis pour leur compétence en CM pour une durée de 9 ans

- Le conseil général comprend les membres du conseil de politique monétaire, il y a un censeur


représentant unique de l’État et des représentants du personnel.

Le pouvoir va appartenir au gouverneur dont l’indépendance est affirmée. Il est désormais interdit
à la banque de France d’autoriser des découverts ou d’accorder tout autre type de crédit au trésor
public.

Il lui est également interdit d’acheter directement des titres de la dette publique. Désormais la
mission fondamentale de la BF est de définir et mettre en oeuvre la politique monétaire appropriée
pour assurer la stabilité des prix.

E-L’intégration de la Banque de France au SBCE et la soumission à la BCE

L’application du traité de Maastricht a débouché sur la création en 1998 du système européen de


banques centrales (SEBC). Le SEBC comprend la BCE créée à cet effet et toutes les autres
banques centrales nationales.

En 1998 il y a 14 BCN participantes. Aujourd’hui il y en a 28, il n’est pas indispensable d’avoir


adopté l’euro pour participer au SEBC.

La troisième phase mise en place par le traité de Maastricht est l’instauration de la monnaie
unique. Trois pays refusent : le RU, la Suède, le Danemark.
9-Le marché obligataire

Il se distingue du marché d’actions en raison raison des titres que l’on va trouver sur ce marché.

1-Les obligations

Ce sont comme des titres de créances négociables à échéance (TCN), la plus part des oblg sont à
taux fixes. Lorsque c’est une oblg standard on va percevoir périodiquemt une rémunérat° appelée
un coupon.

Le taux de coupon correspond au rapport entre l’intérêt versé et le montant d’émission. Ce taux
dépend des conditions des marchés, il varie selon la monnaie d’émission, la durée du prêt, et
selon le risque présenté par l’émetteur.

L’émetteur peut faire l’objet d’une notation qui fera varier la rémunération qu’il devra proposer pour
attirer les investisseurs. Plus la note est faible (risque de défaut élevé) plus la rémunération du titre
risque d’être élevée. Si un État est fortement endetté ou instable politiquement, la note sera plus
faible et elle pourra faire l’objet de dégradations. Pour un investisseur étranger, si la monnaie
d’émission est différente de la sienne il s’expose a un risque de change. Les titres ont certaines
caractéristiques son taux reste le même tout au long de la période de détention, il défini le taux
d’intérêt nominal de l’obligation. Le titre émis équivaut à un contrat de prêt.

Le taux de coupon ne correspond pas forcément au taux de rendement de l’obligation, ce dernier


va dépendre de la différence de prix de revente de l’obligation et son prix d’achat. Ce n’est que
lorsque l’obligation est détenue jusqu’à l’échéante et qu’elle n’inclut ni prime de remboursement ni
prime d’émission que le taux d’intérêt nominal va coïncider avec son taux de rendement.

2-Les émetteurs

Le développement des marchés d’obligations est largement lié à l’endettement des administrations
publiques à partir du 19e siècle puis celui des compagnies ferroviaires. Dans les années 80 le
refinancement des dettes étatiques a eu un fort impact de croissance sur ces marchés.

Aujourd’hui les principaux émetteurs de titres obligataires sont les administrations pub des pays
développés et les sociétés financières c’est à dire les grandes banques. l’État, et les adm pub sont
des émetteurs très actif sur le marché obligataire. La crise n’a pas été défavorable aux emprunts
publics puisque les titres émis par les États sont jugés comme étant des valeurs sures. Les
émissions pub étaient une sorte de valeur refuge, donc les banques ont largement investit dans les
titres de dette publique.

Mais à partir de 2010 il y a une certaine inquiétude des investisseurs quant à la solvabilité des
PIIGS. Leurs notes ce sont dégradées ce qui a créée un genre de bulle spéculative.

La crise financière a révélé la crise de la dette souveraine. Ce sont donc les banques de la zone
euro qui se sont retrouvées en difficulté puisqu’elle détenaient beaucoup d’obligations. Les
investisseurs ont donc céder les actions bancaires où moment ou il aurait fallut en acheter.
10-Le marché des actions

1-Les caractéristiques du marché des actions

C’est le plus célèbre, c’est ici que l’on échange des actions, on l’appel également la bourse des
valeurs

Une action est un titre de propriété sur l’entreprise qui l’a émise, le détenteur de l’action devient
propriétaire d’une partie du capital social d’une entreprise. L’action n’est pas remboursable, elle
confère certains droits, notamment le droit aux bénéfices, un droit de propriété.

La rémunération qui va être versée aux actionnaires est donc variable, elle est appelée dividende
car elle provient d’une division des bénéfices. Les actionnaires ne se répartissent pas l’intégralité
des bénéfices. L’entreprise peut choisir de mettre en provision une partie de ces bénéfices pour
investir ou recapitaliser, ou verser sous forme d’intéressement aux salariés.

Le taux de rentabilité d’une action est mesurée par le rapport entre l’investissement initial et les
gains réalisés par l’investisseur. Les gains dépendent également de lapsus value ou la moins-
value réalisée lorsque l’action est revendue.

La détention d’une action confère aussi un droit de vote normalement à l’AG des actionnaires et un
droit à l’actif net résiduel de la société. En cas de faillite de la société l’actionnaire peut perdre
l’intégralité de sa mise, toutefois sa perte ne va pas aller au delà de son apport initial en raison
d’une clause limitative de responsabilité.

Les actions sont introduite sur le marché primaire puis elles sont revendues sur le marché
secondaire. Le bon fonctionnement du marché secondaire va être essentiel à la liquidité et
l’attractivité des titres actions. Il faut que le marché soit liquide : c’est à dire avoir la possibilité d’y
trouver une contrepartie à la vente ou à l’achat.

C’est donc le marché secondaire qui fait la liquidité de l’action.

Le marché des actions est essentiel au financement de certain type d’entreprises, notamment celle
des secteurs innovants. Elles ne pourront pas trouver de financement au près des banques
traditionnel, elles vont donc émettre des actions et augmenter leur capital.

2-Les conditions d’accès au marché boursier

En théorie toutes les entreprises y ont accès, la taille de l’entreprise reste un facteur limitant. En
2005 Eurolist a été créée, puis Alternent en 2006 qui sont dédiées aux PME. Avant la cotation des
entreprises se faisait sur la bourse de Paris en distinguant 3 compartiments selon la taille de
l’entreprise.
Depuis la cotation se fait sur une liste unique : Eurolist rebaptisée Euronext en 2008. On distingue
les « blue chip » capitalisation supérieure à 1 milliard d€, « mid-cap » entre 150 millions et 1
milliard, et les « small-cap » inférieures à 150 millions.

Les 25 plus importantes capitalisations boursières en actions françaises d’Euronext Paris en 2014
représentaient environ 1100 milliards.

A côté il y a Alternext qui cherche à promouvoir la cotation des PME. Il y a à côté les actions non
cotées qui s’échange sur un marché de gré à gré. Il s’agit d’un marché non réglementé.

Pour s’introduire en bourse une société doit faire appel à un prestataire de service en
investissement (PSI). Ce dernier va avoir le rôle d’un conseiller, notamment pour les démarches
auprès des autorités de marché.

3-La détermination d’un indice boursier

Un indice boursier sert à mesurer l’évolution d’une marché, il est construit à partir d’une sélection
de valeur. Le principal indice boursier de Paris c’est le CAC40.

C’est l’américain Charles Dow, futur fondateur de Wall-Street journal qui avait été le premier à
préconiser de mesurer les performances globales du marché boursier grâce à un indicateur. Son
idée a pris forme le 3 juillet 1884 avec ce qui allait devenir l’indice Dow Jones.

Le CAC40 a été créé en 1987. L’acronyme signe Cotation Assistée en Continu

4-L’attractivité du marché boursier

Le CAC40 se porte plutôt bien depuis le dernier semestre 2014 ce qui révèle une attractivité du
marché boursier. Sur le marché boursier on retrouve trois types d’investisseurs : les investisseurs
privés, institutionnels, et étrangers.

Les investisseurs privés vont se répartir entre les ménages qui épargnent et les entreprises. Les
investissements fait par les ménages sont souvent indirects, via des placements financiers réalisés
par des intermédiaires financiers.

Les placements en action restent tout de même les plus rentables. Ce n’est d’ailleurs qu’à la
condition générale de détenir des actions sur une période d’au moins 15 ans qu’on peut espérer
gagner d’avantage d’argent qu’avec n’importe quel autre actif sur les marchés.

En général les français vont privilégier l’intermédiation avec des produits d’épargne collectifs
(assurance vie)

Les investisseurs institutionnels constituent à côté des banques le groupe le plus important sur les
marchés financiers. Les sociétés d’investissement à capital variable, les fonds de pensions, les
compagnies d’assurance, peuvent placer sur les marchés, les fonds qu’ils vont collecter auprès
des ménages.
L’émergence des investisseurs étrangers, rassemblent les investisseurs privés non résidents, et
les acteur institutionnels d’envergure internationale permet de parler de l’attractivité des marchés.

Plus de la moitié des entreprises du CAC40 sont détenus par des investisseurs étrangers.
11-La spécificité des marchés dérivés

A-Les caractéristiques des marchés dérivés

Ces marchés permettent d’effectuer des opérations à terme sur une gamme de « sous-jacent » qui
peuvent être des devises, des actions etc.

Ces marchés ont pour fonction de couvrir le risque sur les marchés de risque, sur les marchés de
couverture.

N n’échange pas seulement des titres sur des marchés financiers, mais également les risques qui
vont avec, par exemple que le cours baisse.

On distingue 3 grandes catégories de contrats à terme dans le cadre des marchés dérivés:

- Les futurs : contrat à terme ferme

- Les options : contrats plus flexibles qui, en échange du versement d’une prime au vendeur de
l’option

- Les swaps : permettent d’échanger des dettes à taux fixe contre des dettes à taux variable

B-Le développement des produits financiers

La variété des sous-jacents et l’infinité de combinaison dont ile peuvent faire l’objet vont accentuer
la complexité de ces produits.C’est ce qui fait que les marchés dérivés sont devenus très
spéculatif. Ils étaient censés protégés les agents économiques des risques de variations des
actifs, de devise, de matière première.

Il y a un inconvénient à ces marchés qui reste la spéculation et la déconnection avec la sphère


réelle. Ils ont connus un développement très important depuis les années 80, ce sont les contre-
adoptions qui se sont développées le plus rapidement. Ils ont été créés pour la plus part dans les
années 70. Ces contrats à terme avaient donc permis de gérer les risques auxquels étaient
exposés les agents économiques.

La gestion des risques doit normalement s’opérer par un transfert, pour qu’un agent puisse
transférer son risque sur un autre, il faut aussi que cet agent ait un risque parfaitement symétrique
assumé, sinon il accepte un risque et tombe dans la spéculation. La couverture des uns va être
facilitée par la spéculation des autres. C’est pour cela que ces marchés originellement créés pour
diluer les risques sont devenus des espaces de spéculation.
La crise n’a pas réguler cette spéculation, au contraire on a assisté à un développement des
produits dérivés. Il y a donc une forme de dérèglementation, et comme les produits dérivés en sont
souvent la conséquence, ils vont être adossés à un sous-jacent dont la variation du cours va avoir
un impact sur le rendement du produit.

C’est comme ça qu’on a vu émerger un certain nombre de produits comme les CDS (Credit
Default Swaps) ; c’est une sorte d’assurance qui va permettre au créancier, en échange du
versement d’une prime annuelle, de se protéger contre les risques de défaillance de son débiteur.

C’est donc un produit dérivé puisque le sous-jacent est un crédit qui va être accordé à un agent
économique. Ces nouveaux produits ont connu un essor considérable dans les années 2000
puisque les banques avaient trouvé le moyen de limiter les risque de leur crédit en s’en
débarrassant.

Cette faculté de transfert a déborder la politique de crédit, lorsque le risque de défaut des
emprunteurs apparaissait faible le prix du risque de défaut s’est envolé, il y a donc eu une forte
volatilité des prix des CDS. A cela a suivi l’effondrement des marchés.

Cela illustre les problèmes majeurs liés aux produits dérivés:

- Ces produits s’échangent pour une très grande part sur des marchés de gré à gré il n’y a donc
pas de vrai contrôle suffisant.

- Un autre problème est la négociabilité de ces produits, on peux acheter un CDS sans être ni
créancier ni débiteur c’est ce qu’on appel un CDS nu, interdit depuis 2012 dans la zone euro.
12—Les origines de la crise des subprimes

§1-Les origines de la crise des subprimes

A-L’existence d’une bulle immobilière

Une bulle immobilière s’était créée au début des années 2000 suite à l’éclatement de la bulle
interne. Suite aux attentats du 11 septembre une politique monétaire facilitant l’abondance de
liquidité va être adoptée notamment par Alan Greespan qui dirigeait la FED des EU. Et cela va
favoriser l’accès au marché immobilier et donc favoriser la croissance du marché immobilier qui va
devenir dans les années 2000 la locomotive de la croissance économique.

Cela va entrainer une hausse des prix de l’immobilier de 2001 à 2007-2008 dans la plus part des
pays européens et anglo-saxons.

B-Les facteurs de la bulle immobilière

- Une abondance de crédits accordés aux ménages :

Cette abondance avait été rendue possible par la politique monétaire de taux d’intérêts bas.

Les taux directeurs des banques baissent fortement en 2001 pour relancer la croissance
économique. Ils resteront bas jusqu’en 2005. Ce qui a pour conséquence un (sur)endettement des
ménages.

Pour financer les crédits immobiliers accordés aux ménages, les banques ont utilisé les
ressources financières provenant aussi de l’épargne mondiale.

Pour accroitre leur volume de crédits elles ont utilisé la technique de la titrisation des crédits
hypothécaires. C’est à dire transformer une créance bancaire en titre obligataire qui devient
négociable sur le marché financier.

Lorsque la créance est titrisée elle sort du bilan de la banque, et le risque de non-remboursement
de la dette est transféré à d’autres agents économiques. Ce qui permet à la banque d’échappé à la
réglementation prudentielle qui impose un ratio entre les crédits t les fonds propres.

C’est ce qui a conduit à un surendettement des banques.

- Une ample épargne mondiale

Très importante depuis 2002, elle est liée aux économies émergentes comme la Chine et des pays
exportateur de pétrole.

Ces pays excédentaires, échaudés par les diverses crises des années 90, conservent leur devises
étrangères dans les pays développées, en les plaçant dans des placements sans risque.

- La spécificité de l’endettement anglo-saxon et des crédits hypothécaires subprimes aux EU :


En France la capacité d’un ménage à emprunter dépend de ses revenus, alors que dans les pays
anglo-saxons c’est le prix du logement (garantie). D’où le recours fréquent aux crédits immobiliers
garantis par un hypothèque sur le logement acquis.

A défaut du paiement de la dette, le créancier, peut saisir le bien san démarche judiciaire
complexe. Dans l’hypothèse d’une hausse du prix du logement les ménages peuvent faire une
nouvelle demande de crédit.

Normalement une banque apprécie le risque de défaillance de l’emprunteur et elle accorde des
crédits primes aux ménages ayant de bonnes garanties de remboursement. Les crédits subprimes
sont accordés à des ménages dont le risque de défaillance est élevé, justifiant ainsi es taux
élevés.

On a même parlé de crédit ninja quand ces emprunteurs n’avaient no income, no job, no asset
(capital). Le calcul des établissements de crédits spécialisés dans les crédits à risque se fonde sur
l’hypothèse ou le prix de l’immobilier continue de monter. En cas de défaut ils récupéraient un bien
dont la valeur était supérieur au prix initial.

Les taux d’intérêts et conditions de remboursement étaient obscurs. Dans un premier les
mensualités étaient faibles puis elles s’alourdissaient.

- La titrisation des crédits

C’est une technique financière qui permet de transformer un titre de créance en titre négociable
sur les marchés de capitaux.

La banque vend le risque qui n’entre plus dans ses comptes. Une société créée à cet effet rachète
leurs créances, laquelle va émettre des titres financiers pour les vendre sur le marché financier
primaire.

Ce phénomène a débuté dans les années 70 quand les pouvoirs publics décident d’encourager
l’accès à la propriété des ménages américains. Encouragé par les deux principales agences
Fannie Mae et Freddie Mac qui inventent la titrisation en rendant liquide des crédits immobiliers.

Les obligations qu’elles produisent sont considérées comme aussi sûres que les bons du trésor
avec une rentabilité plus élevée.

Dans les années 90 les opérations vont se modifier en profondeur, d’une part les intermédiaires
financiers privés décident de pratiquer la titrisation.

C’est le cas notamment des banques d’affaires américaines qui se spécialisent dans la titrisation
des crédits subprimes en dehors de la garantie des deux agences. La gamme e produit titrisés
s’élargit. Elle devient de plus en plus sophistiquée, elle peut porter sur un portefeuille composite de
diverses catégories d’actifs.
Ces produits sont dit structurés car une hiérarchie est introduite entre diverses tranches de titres
émis.

Par exemple les CDO (collateralised debt obligation) : une banque va être à l’origine de la
titrisation en détenant un portefeuille de crédits, ces crédits sont regroupés, mis en pool, ils sont
sortis de l’actif du bilan de la banque pour être logés dans un véhicule. Le véhicule va émettre un
CDO qui se présente comme un feuilleté avec des tranches hiérarchisées selon leur niveau de
risque, niveau de rentabilité.

Les notes attribuées par les agences de notation aux différentes tranches sont justifiées par le
principe dit de subordination. En cas de détérioration des revenus du pool, en raison d’un défaut
de paiement, les tranches inférieurs subissent d’abord les pertes, ce qui permet de protéger les
tranches supérieures.

Les agences de notation accordent aux tranches supérieures d’un CDO, une note AAA, équivalent
à un placement sans risque, alors qu’il est en partie adossé à un crédit subprimes.

Finalement ces tranches de CDO vont être achetées par des investisseurs dans le monde entier.
L’objectif était de profiter de l’effet de levier imputable au fait que la rentabilité du CDO était très
supérieure au coût de cet endettement, représenté par le taux d’intérêt à court-terme.

Les banques en se débarrassant de ces crédits pouvait augmenter leur capacité maximale de
proposition de crédit.

C-L’éclatement de la bulle immobilière

1-Les causes de l’éclatement de la bulle

En 2005 craignant une surchauffe de l’économie américaine, la FED double son taux d’intérêt
directeur qui entraine un ralentissement des prix débouchant sur une stabilité des prix en 2007.

On assiste à une hausse des défaillances et des saisies immobilières. Cette hausse de taux a
deux conséquences : une augmentation des défauts de remboursement et des saisies
immobilières donc une hausse de l’offre de logement.

2-La transformation de la crise des subprimes en crise bancaire

La baisse des prix de l’immobilier et la multiplication des défaillances vont avoir pour effet de voir
les banques récupérer des actifs dévalués impliquant donc des pertes financières.

Les produits dérivés adossés sur les créances titrées sont tellement contaminés que les agences
de notation vont déclasser les produits titrisés. Tous les investisseurs vont chercher à se
débarrasser de leurs titres avec pour effet l’effondrement de leur prix mais surtout l’illiquidité des
créances titrisés qui étaient devenus de moins en moins liquides.
Les actifs titrisés vont être qualifiés d’actifs toxiques. Les banques sont obligées de conserver ces
actifs pour éviter de perdre en crédibilité et risquer un effondrement de la totalité des créances
titrisés.

C’est ce processus de réintermédiation des actifs logés hors bilan qui fait que la crise va devenir
une crise bancaire, il va en résulter une dépréciation de la valeur des titres à l’actif du bilan des
banques qui entraine une baisse de fonds propres pouvant conduire à la faillite.

Les banques n’ont pas d’autres choix que de s’adosses aux économies émergentes et aux
monarchies pétrolières qui disposent d’un surplus d’épargne considérables.

Malgré leur intervention il va y avoir une crise du refinancement interbancaire. La méfiance est
généralisée entre banques, elles connaissent malheur exposition aux risques et encore moins
celle des autres.

C’est ce qui a entrainé une forte hausse des taux d’intérêts et un blocage du marché interbancaire
: la crise va devenir systémique car les crédits sont menacés, les opérations bancaires sont
menacées.
13-Les tentatives d’endiguement et d’explication de la crise de
subprimes

Comme la crise devient systémique il va y avoir des interventions publiques, elles vont chercher à
endiguer la crise soit en tentant d’aider les ménages américains, soit en réduisant les taux
d’intérêts directeurs.

A-L’aide aux ménages américains

Un plan Bush va chercher à limiter les dégâts en décidant de geler les taux d’intérêts pour des
crédits subprimes à taux variable.

B-La politique monétaire des taux d’intérêts directeurs

La FED va baisser son taux d’intérêt directeur pour réduire le cout de refinancement bancaire, et
réduire le cout des crédits. Elle sera suivie par plusieurs banques centrales notamment la BCE.

C-L’intervention des banques centrales sur le marché interbancaire

Les banques centrales vont souvent intervenir en tant que prêteur de dernier ressort. En accordant
aux banques des prix au jour le jour ou à très court terme, elles vont créer de la monnaie centrale
nécessaire au refinancement.

Malgré ces mesures l’inquiétude demeurait sur les actifs toxiques toujours présents dans les bilans
bancaires. On ne connaissait as leur importance on redoutait la chute d’une grande banque, ou
une crise économique généralisée.
14-Le séisme de l’automne 2008

On va d’abord assister à un effondrement des bourses et des banques au premier semestre 2008.

A-La crise de solvabilité des banques

Certains fonds d’investissement sont contraints de vendre leurs portefeuilles de titres parce qu’ils
ont besoin de liquidité pour rembourser leur endettement. Dès le début de l’année des banques
vont annoncer des pertes colossales.

B-La crise de liquidité des banques

Pour compenser les pertes subies dans les crédits subprimes les banques sont obligées de les
provisionner en cherchant des fonds propres. Les banques vont rechercher des fonds sur les
marchés notamment dans les augmentation de capital.

Les économies émergentes et les monarchies pétrolières continuent de financer.

C-Les interventions des États insuffisantes

Les États doivent intervenir même au royaume des anti-interventionnistes, le RU. On assiste à la
nationalisation de la banque Northern Rock.

Aux EU on craint la faillite de The Bear Stearns Compagnies alors la banque JP Morgan va la
racheter. C’est là le plan de sauvetage imaginé par la FED et le trésor.

C-Le séisme de l’automne 2008

1-La faillite de la banque Lehman Brothers

La faillite est annoncée le 15 septembre 2008. On savait que Merill Lynch et LB étaient au bord de
la faillite, il y a deux repreneurs potentiels. La Bank of America s’intéresse à Merill Lynch, Henry
Paulson secrétaire d’État au Trésor agis pour cette reprise.

Il semblerait que Barclays s’intéresse à LB, les négociations sont laborieuses. Il ne manquait plus
que des garanties pour procéder au rachat, mais le chancelier britannique refuse de les accorder.
Paulson refuse également il annonce la fin des négociations et demande à LB de placer la banque
sous le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.

Le lundi 15 septembre 2008 est annoncé la faillite officielle. Pourquoi Paulson n’a pas pu ou voulu
sauver LB ?

- Elle aurait été sacrifiée pour des raisons idéologiques. On a avancé qu’il était contre
l’intervention de l’État dans l’économie générale. Il estime que c’est aux actionnaires d’assumer
les risques de mauvaise gestion d’entreprise.
- LB aurait été fusillé pour l’exemple. Le Trésor et la FED veulent mettre les banques face à leur
responsabilité, elles ne sauraient prendre impunément des risques excessifs.

- La sous-estimations des risques économiques.

Cette faillite entraine une perte de confiance généralisée.

2-La nationalisation de fait de l’assureur AIG

Le groupe American International Group voit sa note dégradée et est donc nationalisé de fait. Le
16 septembre à l’ouverture de la bourse leur action s’écroule. Le risque de systématisation de la
crise était trop important pour ne pas secourir AIG, les plus grands groupes américains s’étaient
assurés chez eux, notamment pour la faillite de LB.

3-Le sauvetage de Fannie Mae et Freddie Mac

L’administration américaine avait du intervenir pour sauver FM et FM deux géants du


refinancement hypothécaire qui sont les milliers du marché des crédits immobiliers.

Ils ont contribué à la crise des subprimes en titrisant massivement les créances hypothécaires
rachetées aux banques

Depuis l’été 2007 l’administration américaine les a poussé à garantir et racheter toujours plus de
prêts. On a estimé qu’ils en détenait 45%. L’accroissement des défaut de paiement les a empêché
de rembourser leur propre dette.

Le trésor est autorisé à leur acheter leurs titres de dettes et éventuellement et des actions.

La première solution de Paulson est d’envisager la faillite de FM et FM mais c’est impossible ça


risquerait d’entrainer l’effondrent du crédit immobilier américain.

La 2ème solution, préférée par Paulson, une recapitalisation. Elle est impossible car les sommes à
obtenir sont astronomiques et une émission d’actions risque d’être un échec.

La 3ème solution c’est la mise sous tutelle publique, le mot nationalisation n’est jamais prononcé.
Le 8 septembre Paulson annonce le placement sous tutelle publique. Ce n’est pas vraiment une
nationalisation puisqu’elles restent cotées en bourse, mais c’est une nationalisation de fait.
15-L’intervention des États pour sauver le système bancaire

A-Le premier plan Paulson

Le secrétaire d’état Paulson annonce le 10 septembre un plan : le TARP (Troubled Asset Relief
Program). La somme de 700 milliards de $ doit être débloquée pour que le Trésor puisse racheter
les actifs toxiques. En échange, il détiendra des actions dans les banques. Le plan sera financé
par l’émission des bons du Trésor sur les marchés financiers internationaux.

Ce plan sera accueilli froidement par le Congrès, mais il sera adopté après de légères
modifications.Le 25 novembre il propose un deuxième plan, il propose 800 milliards pour soulager
les banques des actifs mobilier toxiques.

B-Le plan de soutien britannique du 9 octobre 2008

Ce plan est adopté le 9 octobre 2008. Gordon Brown élabore le premier article d’un plan de
sauvetage qu’il propose comme un modèle aux autres pays. Il comporte 3 dimensions :

- Le déblocage du marché de refinancement interbancaire de deux manières avec l’apport de


liquidités illimités par la banque centrale et l’échange des liquidités contre les bons du Trésor

- Un déblocage du financement à moyen terme des entreprises

- La recapitalisation des banques importantes et saines qui abouti à une nationalisation partielle

C-Le plan d’action du G7 à Washington du 10 octobre 2008

Les ministres de l’économie ou des finances de l’Allemagne, Canada, France, Grande-Bretagne,


Italie, Japon vont adopter un plan d’action. Il comprend 5 objectifs, recapitalisation, acquisition
d’actions bancaires, nationalisation partielle etc.

D-Le plan d’action de l’Eurogroupe à Paris le 12 octobre 2008

Après le G7 Sarkozy convoque une réunion d’urgence de l’Eurogroupe pour définir un plan
d’action conjoint qui s’inspirerait du plan d’action britannique.

L’Eurogroupe adopte un plan en 3 volets :

- L’État doit garantir les prêts interbancaires

- l’État doit recapitaliser les banques

- La BCE acceptera d’offre des liquidités centrales aux banques

Le 13 octobre le plan de sauvetage en France et en Allemagne sont annoncés et repose sur 2


points :
- La société de refinancement de l’économie française (SFEF)

- La Société de prise de participation de l’État (SPPE)

La SFEF est détenue à 66% par les banques à 34% par l’État, elle est chargée d’emprunter sur les
marchés internationaux des capitaux pour prêter aux banques à court et moyen terme en
contrepartie d’actifs de bonne qualité.

La SPPE aide à la recapitalisation des banques à hauteur de 40 milliards, elle va emprunter sur les
marchés internationaux et prendre des participation au capital des banques
16-L’intervention des banques centrales

A-L’action traditionnelle des banques centrales sur les taux d’intérêts directeurs

Pour faire baisser le cout du crédit afin de lutter contre la dévaluation accélérée de l’économie, les
banques vont procéder à une baisse exceptionnelle de leurs taux directeurs.

La FED va le diminuer jusqu’à arriver à 0% le 16 décembre 2008

B-Les mesures non conventionnelles de la FED

La FED va inaugurer une vraie révolution dans la politique monétaire, elle rachète directement sur
les marchés des titres de dettes. Elle finance ces achats par de la création de monnaie centrale.
Elle achète énormément de bon du Trésor pour faire baisser lestais d’intérêts longs sur le marché
obligataire.

C-La détente quantitative ou « quantitative easing »

Il y a là une opération de monétisation du déficit budgétaire qui est loin d’être orthodoxe. Cette
politique monétaire dite aussi assouplissement quantitative consiste à augmenter la création de
monnaie centrale.

Elle est dite active quand la banque centrale crée cette monnaie centrale par des achats directs
des titres sur des marchés obligataires, elle est pratiquée par la FED et la banque d’Angleterre

Elle est dite passive quand la banque centrale prête massivement aux banques et que ces
liquidités centrales créées amènent la banque à aborder des crédits aux ANF, cette dernière est
pratiquée par la BCE

Pour conclure :

Cette crise des surprise s’est transformée en véritable crise financière, qui s’est transformée en
crise économique entaillant une récession. Au début 2009 un consensus se dégage sur la
légitimité d’une politique budgétaire de relance. L’unanimité se créée autour de l’intervention de
l’État
17-La crise de la dette souveraine

A-La crise des dettes souveraines dans la zone euro

La crise financière a mis les Etats à contribution à double titre, l’organisation des plans de
sauvetage, et la crise sur les comptes de finances publiques.

Puisqu’il y a eu un ralentissement de l’activité économique, il y a une diminution des recettes


fiscales due à la contraction de l’activité et à l’augmentation des dépenses liées aux sauvetages, et
à la hausse du chômage.

B-L’adoption de plans de sauvetages et d’austérité budgétaire en Europe

La difficile mise en place du plan de sauvetage de la Grèce a permis de poser un diagnostique.

La crise de la dette grecque avait éclaté en 2000 verra une mise en place de plan de sauvetage de
110 milliard prêté par les États membres en 2013 en contrepartie de réformes destinées à assainir
les finances publiques du pays. Les ministres européens des finances vont mettre en place en
mai 2010 un « mécanisme européen de stabilisation financières » couvrant tous les États jusqu’en
2013.

Un fonds européen de stabilité financière (FEDF) va être créé. Il se finance en émettant des
obligations garanties par les États les plus solides de la zone euro. En 2011 il est décidé que le
fonds peut agir sur le marché primaire.

La BCE de son côté accepte d’acheter des titres de dettes des États. Tout cela va être achevé par
la mise en place de plan de rigueur budgétaire. Pour les spécialistes ça risque d’avoir des effets
très restrictifs sur la croissance.

Cette crise a deux origines :

- Le manque de synchronisation des politiques budgétaires

- Un manque de synchronisation de plans de sauvetages

Cette crise n’a pas totalement disparu, certains pays de la zone euro sont toujours sous
surveillance.

L’un des effets de cette crise est d’imposer des mesures d’austérité. Les États imposent des règles
plus dures pour rassurer les marchés financiers. Pendant l’été 2011 un assainissement draconien
des finances publiques va être réaffirmé. On instaure une obligation constitutionnelle qui limit le
déficit structurel à 0,5 du PIB. Des sanctions automatiques sont prévues en cas de déficit
supérieur à 3% du PIB.

L’objectif de tous ces plans est de réduire le niveau trop élevé de dépenses publiques et vont
s’accompagner de quelques hausses de recettes fiscales.
18-La crise du capitalisme financiarisé et dérégulé

La révolution conservatrice des années 80 a mis en place un capitalisme financier libéral supposé
apporter croissance économique et richesse. L’arrivée au pouvoir de Tatcher en 1979 et de
Reagan marque la mise en pratique de la révolution conservatrice néo-libérale.

Les politiques Keynésiennes et l’intervention de l’État sont accusés d’être la cause de la crise
économique de 1973. La déréglamentation généralisée sur tus les marchés au niveau international
est supposé être la solution. Dans le domaine financier c’est la dérégulation de grande ampleur
pour organiser la concurrence et l’ouverture des frontières pour les capitaux.

Les théoriciens de la régulation comme Michel Aglietta et Robert Boyer souligne le fait que la
croissance de l’après-guerre reposait sur une négociation collective qui avait permis la liaison forte
entre gains de productivité et croissance des bas salaires. Ce régime de croissance a subi un
essoufflement dans les années 70. La déréglementation des années 80 conjuguée à la
désinflation mondiale a ouvert la voie à nouvelle gouvernance du capitalisme mettant en avant la
valeur actionnariale.

Ce régime de gouvernance a remis en cause la gouvernance partenariale antérieur ce qui a affaibli


la négociation collective des salaires et a transformé l’entreprise en une collection d’actifs. Les
objectifs des dirigeants sont devenus les mêmes que ceux des actionnaires. Un autre effet pervers
de la financiarisation de l’économie à outrance est la més-allocation des talents dans les
différentes branches productives. Les diplômés des grandes écoles et universités sont d’avantage
attirés par les hauts salaires.Certaines thèses affirment qu’il s’agit d’une crise du capitalisme
patrimonial financiarisé néo-libéral. La théorie des marchés financiers efficients a permis une
croissance fantastique du secteur financier.

Désormais, la sphère financière domine tous les choix : le marché des actions définit la norme de
rentabilité exigée, le marché des changes détermine la valeur de l’euro, le marché des dettes
souveraines impose la rigueur budgétaire aux États. Tant que la théorie de l’efficience des
marchés financiers ne sera pas remise en cause les politiques de régulation resteront sans effet.
Frédéric Lordon dans « Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières » de novembre
2008 indique qu’il sait d’une crise de capitalisme de dérèglementation à dominante financière.
L’instabilité est au coeur de la finance libéralisée pour trois raisons :

- La concurrence alliée à la cupidité implique le mutisme : ça se traduit par un aveuglement au


risque et un emballement collectif

- L’innovation conduit à l’aventurisme : les nouveaux produits financiers conduisent à un déni


imaginaire des risques.
- La mesure du risque ex ante est impossible : les mouvements collectifs sur les marchés étant
indéterminables, il y a une incertitude radicale non probalisable par des modèles
mathématiques.
19-La régulation du shadow banking

L’existence du secteur bancaire parallèle fantôme a favorisé la crise financière.

Le shadow banking est l’ensemble des activités de type bancaires conduites en dehors du secteur
bancaire traditionnel des banques commerciales : banques d’investissement, fond
d’investissement, hedge funds, fonds monétaires, fonds commun de créances ou autres véhicule
de titrisation.

Le shadow banking regroupe toutes les entités financières ayant participé à la chaine
d’intermédiation reliant les banques à leurs clients. De nombreuses entités comme les hedge
funds avaient favorisé le développement de techniques de transfert de risques. Ils avaient été de
gros acheteurs de risques, et avaient par conséquent favorisé l’essor des produits structurés dans
lesquels ils avaient beaucoup investi.

Il faut tout de même souligner que 30% des hedge funds ont disparu sans soutien direct des
autorités publiques : ils ont été victimes de la crise.
20-Les modes alternatifs de financement : le financement participatif

Les modes alternatifs de financement : le financement participatif

Les plateformes de crowdfunding

Ces dernières années, on a vu se développer de nouvelles techniques de financement faisant


appel au public comme le crowfunding, financement par la foule ou financement participatif.

Ces techniques se développent à une vitesse rapide grâce au développement des nouvelles
technologies.
En effet il faut lier cette croissance au développement d’internet mais aussi au développement de
nouveaux modes de partage liés à l’économie collaborative.

Ces techniques font appel à la levée de fonds auprès du public, et même si cette technique existait
déjà sous la forme d’appel au public via la souscription, elle a pris de nouvelles formes et connait
un succès croissant. Sachez pour l’anecdote que l’un des cas les plus célèbres de crowfunding
public fut celui de la statue de la liberté en 1885.

Le crowfunding est en général défini comme le fait d’obtenir des fonds auprès d’un large public
pour financer un projet via une plateforme sur internet.

Ce secteur a fait l’objet récemment de mesures législatives en France via l’ordonnance du 30 mai
2014 et via le décret du 14 décembre 2015 qui sont venus fixer le régime de ce financement en
permettant aux collectivités locales d’accéder à cette catégorie de financement.

Vous vous doutez bien que toutes ces plateformes devront adopté un statut règlementé ou non en
fonction de la nature du financement proposé, de la forme du financement proposé, qui peut
prendre la forme de dons, d’investissements ou de prêts.

Si le financement participatif s’effectue sous forme de prêts ou de don, dans ce cas, les contrats
de prêt accordés renverront à une contrepartie monétaire, un intérêt, qui aura la particularité d’être
un taux qui sera d’un montant inférieur à ceux proposés par les banques.

Ils peuvent même être nuls dans certains cas s’ils visent par exemple à financer des projets dans
les pays en développement et dans ce cas de figure, on peut effectivement en conclure qu’on se
rapproche de la microfinance qui connait aussi un vrai essor en France.

Sachez que dans ce cadre, en cas de prêt, seule une plateforme immatriculée auprès de l’ORIAS
(registre unique des intermédiaires financiers en assurance banque et finance) comme
intermédiaire en financement participatif (IFP) et agrée peut les réaliser.

C’est ce secteur des prêts qui a connu le plus fort développement ces dernières années avec
quasiment une croissance de 100 pour cent depuis 4 ans.
Si ce financement prend la forme d’un don, dans ce cas , l’immatriculation n’est pas obligatoire.

Ici, un porteur de projet , que ce soit un individu ou une institution, va solliciter le public pour
financer ce projet , sans proposer de contrepartie.

A côté de ce financement participatif sous forme de prêts ou de dons, il existe un financement


participatif sous forme de titres financiers.

La logique ici n’est plus la même car ce sont des opérations de financement d’investissement
relatives à des offres de titres de capital et de titres de créance, réalisés par des professionnels en
investissement.

Dans ce cadre, la plateforme doit être agrée, domiciliée en France et adhérer à une association
professionnelle agrée par l’AMF ou bien elle peut choisir le statut de PSI (prestataire en services
d’investissement.

Il faut souligner que ces dernières plateforme visant un financement sous forme de titres financiers
concernent surtout la création d’entreprises ou leur développement. On peut donc les comparer à
de nouvelles formes de capital risque ou de capital développement selon les situations, selon les
demandes et l’investisseur aura en contrepartie du capital apporté un titre de créances ou bien une
part de la société .

Ces nouveaux acteurs du financement , avec ces nouvelles techniques, viennent bien évidemment
bousculer les traditionnels acteurs du financement de l’économie même si les montants débloqués
par ces réseaux sont loin des montants des crédits débloqués par ces acteurs traditionnels.

Toutefois la logique solidaire , alternative de ces financements les distingue de la logique de


rendement des acteurs traditionnels.