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Extrait de la publication

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LA TAILLE DES
ARBRES FRUITIERS

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LA TAILLE DES
ARBRES FRUITIERS

Guy Langlais
Jean Richard

97-B, Montée des Bouleaux,


Saint-Constant, Qc, Canada, J5A 1A9
Tél. : 450 638-3338
Téléc. : 450 638-4338
Internet : www.broquet.qc.ca
Courriel : info@broquet.qc.ca
Extrait de la publication
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives
nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Langlais, Guy
La taille des arbres fruitiers
Nouv. éd.
ISBN 978-2-89654-848-4
1. Arbres fruitiers - Taille. 2. Pommier - Taille.
I. Richard, Jean, 1918- . II. Titre.
SB359.5.L35 2011 634’.0442 C2010-942122-1

Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du


Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour nos
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ment du Québec : Programme de crédit d’impôt pour l’édition de
livres – la Société de développement des entreprises culturelles
(SODEC).

Copyright © Ottawa 2013 Broquet inc.


Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec
1er trimestre 2013

Révision : Denis Poulet, Diane Martin


Conception graphique : Nancy Lépine
Conversion numérique : Nancy Lépine
Éditeur : Antoine Broquet

ISBN 978-2-89654-848-4

Tous droits de traduction totale ou par­tielle réservés pour tous les


pays. La reproduction d’un extrait quelconque de ce livre, par quelque
procédé que ce soit, tant électronique que mécanique, en particulier
par photocopie, est interdite sans l’autorisation écrite de l’éditeur.

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Table des matières
Avant-propos 7

Introduction à la taille
des arbres fruitiers 9
Notions de physiologie végétale 11
L’influence de la lumière 11
La compétition entre les branches 13
Des formes hautement productives 14
Formes pyramidale 15
Forme en gobelet 15
L’alimentation des bourgeons par la sève 16
Action-réaction 16
L’équilibre bois-fruits 17
Le renouvellement des branches 18

Quelques termes et définitions 20
Coupe d’une branche 22
Cicatrisation des plaies 22
Méthode de raccourcissement
d’une branche 25
Le meilleur moment de l’année
pour tailler les arbres fruitiers 27
Impact de la taille ou réaction de l’arbre 29

La taille des pommiers 31


Taille de formation 32
Taille d’entretien et de fructification 40
Les types de fructification 40
Le principe ABC 42

Extrait de la publication a5
Optimisation de la production 46
Barrage de sève 46
Courbure des rameaux 47
Pincement des tiges en vert 48
Renouvellement sur un bourgeon fixe 48
Qualité des bourgeons à fruits 48
Pommiers nains tuteurés 51
Taille suisse 52
Rajeunir un vieil arbre 52
Nouvel équilibre 53
Bon coup d’œil 55
Couper les branches fortes au profit
des plus faibles 56
Taille radicale 58
Réaction des bourgeons dormants 58
Réaction spectaculaire 59
Traitement des gourmands 60
Taille d’été 61
Arbre trop fourni 61
Branches trop basses 62
Pas besoin de support pour les branches 62
Importance de la taille 63
En connaître davantage 63

La taille des poiriers,
pruniers et cerisiers 65
La taille des poiriers 67
La taille des pruniers 71
La taille des cerisiers 77

Crédits photographiques et figures 78

6a Extrait de la publication
Avant-propos

Il y a quelques années, à la demande de Jean


Richard, j’ai effectué la mise à jour du livre Arbres
et arbustes fruitiers, Production écologique des fruits et
petits fruits. Monsieur Richard ayant été mon men-
tor en matière de taille des arbres fruitiers, ce fut
un plaisir de collaborer avec lui. J’ai beaucoup aimé
cette expérience d’écriture, au point de récidiver
aujourd’hui avec un ouvrage portant sur la taille des
arbres fruitiers. Ce livre fournit les principales infor-
mations et notions techniques sur la taille de forma-
tion et de fructification des pommiers, poiriers, pru-
niers et cerisiers. De plus, j’y explique les principes de
la taille de transformation des vieux pommiers, tels
qu’ils sont pratiqués par Jean Richard.

Je souhaite que cet ouvrage vous apporte de nou-


velles connaissances des arbres que vous aimez et
que vous puissiez cultiver le respect que pratiquait
Jean Richard à leur endroit.

Guy Langlais

Extrait de la publication a7
Introduction à la taille
des arbres fruitiers

Extrait de la publication
10 a Extrait de la publication
Introduction à la taille
des arbres fruitiers
Notions de physiologie végétale
Faut-il absolument tailler les arbres fruitiers ? Dans des
conditions de production libre et sans intervention humaine,
les arbres fruitiers adoptent une forme naturelle pro­pre
à l’espèce. Les branches portant les fruits sont fré­quem­
ment plus arquées et portent de nombreux fruits, le plus
souvent de petit calibre. De plus, leur production est
souvent bisannuelle.

La taille permet aux producteurs et arboriculteurs de tra­


vailler en harmonie avec l’arbre, de remédier aux incon­
vé­nients et de favoriser la santé et la productivité. La
taille bien comprise est soumise aux règles de physio­logie
végétale. Ces notions doivent donc être bien intégrées et
maîtrisées par l’arboriculteur. En voici les principales.

L’influence de la lumière
La lumière nourrit l’arbre (photosynthèse), dirige la ramure,
induit la floraison et assure le mûrissement des fruits. La
lumière est la base même de la productivité des arbres frui­
tiers. La taille facilitera la pénétration de la lumière à travers
l’arbre, favorisera un meilleur positionnement des branches
par rapport à la lumière solaire et assurera un mûrissement
plus uniforme des fruits.

Extrait de la publication a 11
12 a
La compétition entre les branches
Chez l’arbre, toutes les branches sont
en compétition les unes avec les autres.
C’est pourquoi les branches de la cime, qui
sont toujours les mieux éclairées, attirent
plus de sève nourricière. Par conséquent,
le développement des branches les plus
hautes et les plus éloignées se fait au
détri­ment des plus basses ; ces dernières
sèchent et meurent progressivement.
Ce phénomène naturel, que l’on appelle
« auto-élagage », représente une perte
de pro­duc­tivité fruitière importante.
L’arbre âgé et laissé à lui-même en est
un bel exemple (photo 1). Pour contrer
ce phénomène, il est nécessaire de diri­
ger l’arbre vers des formes plus pro­
ductives qui inverseront ce phénomène
de vieillissement et qui permettront d’opti­
miser la qualité de la production tout en
facilitant la récolte.

photo 1

Extrait de la publication a 13
photo 2

Des formes hautement productives


Deux formes favorisent le­développement équi­libré et
augmentent la productivité en fruits : la forme pyramidale
et la forme en gobelet. La forme pyramidale est indiquée
pour certains des cultivars de pommiers et de poiriers,
alors que la forme en gobelet convient mieux aux pruniers
et aux cerisiers (photo 2). Par la taille, on peut donner ces
formes aux arbres fruitiers.

14 a Extrait de la publication
Forme pyramidale
Comme dans toute pyramide, le sommet, c’est-à-dire le
point le plus haut, doit être centré par rapport à la base.
Évidemment, les branches supérieures doivent être plus
courtes que les branches du bas. Cette forme permet aux
rayons solaires d’atteindre toute la cime de l’arbre et de
maintenir une production uniforme de haut en bas (figure 1).

FIGURE 1
Représentation
schématique de la
concentration des
fruits sur un arbre
Zone productive Zone productive avant la taille en
(bonne) (mauvaise) pyramide et après.

Forme en gobelet
De son côté, la forme en gobelet s’applique bien aux
pruniers et aux cerisiers (photo 3), ainsi qu’aux cultivars
de pommiers ayant peu ou pas d’axe vertical (tronc
central bien défini). Le
principe de base consiste
à enlever la tige centrale
de l’arbre afin de laisser
pénétrer les rayons
solaires profondément
jusqu’au centre de l’arbre.
Cette méthode est décrite
dans le chapitre traitant de
la taille des pruniers. photo 3

a 15
L’alimentation des bourgeons par la sève
Il existe deux types de sève, soit la sève brute et la sève
élaborée. En fait, il ne s’agit que d’une seule sève, mais
qui a subi tout au long de son parcours une trans­for­ma­
tion importante. La sève brute est montante et est com­
posée principalement d’eau et de minéraux qui favorisent
surtout le développement végétatif (tiges et feuillage).
La sève élaborée est ainsi nommée après son passage
dans les feuilles. Elle se retrouve alors chargée d’éléments
nutritifs élaborés lors de la photosynthèse, incluant des
hydrates de carbone (sucre). Ces derniers seront mis en
réserve principalement dans les racines de la plante. La
sève élaborée favorise la transformation des bourgeons
végétatifs en bourgeons floraux.

C’est l’équilibre des forces montantes et descendantes


qui permet d’atteindre l’équilibre bois-fruits. L’équilibre
de ces forces se retrouve partout, dans toutes les pha­ses
de développement et de production de l’arbre. C’est
pourquoi l’arbre réagit toujours à la taille. La com­pré­hen­
sion de cet équilibre est l’élément le plus important dans
l’application de la taille, car elle permet de connaître la
réaction de l’arbre.

Action-réaction
La réaction de l’arbre est une résultante positive qui
démontre que l’arbre réagit bien et qu’il est vigoureux.
Pour comprendre ce phénomène, il faut de nouveau
étendre nos connaissances en matière de physiologie
végétale.

L’arbre est pour ainsi dire partagé en deux parties : la


partie souterraine et la partie aérienne. La première
est constituée de racines, qui prélèvent la nourriture

16 a Extrait de la publication
de l’arbre dans le sol. Les racines mettent aussi en
réserve les sucres synthétisés par la photosynthèse. Ces
sucres serviront principalement comme énergie de départ
au printemps suivant (débourrement). La partie aérienne,
elle, est constituée par le tronc, les branches et la cime.
L’équilibre entre ces deux parties est parfait. En effet, la
partie souterraine est physiquement proportionnelle à la
partie aérienne et assure les besoins nutritifs de l’arbre. Si
l’on diminue la partie aérienne, il s’ensuit un déséquilibre
que l’arbre tentera de rétablir de façon naturelle en déve­
loppant de nouvelles structures ligneuses (nouvelles tiges).
La taille bien appliquée assurera une réaction équilibrée
de l’arbre.

L’équilibre bois-fruits
Le bourgeon à fruit est issu d’une transformation d’un
bourgeon à bois. C’est en fait l’équilibre des énergies
montantes et descendantes qui permet l’induction des
bour­geons. Le simple développement vertical ou horizon­
tal des branches fruitières peut influencer l’équilibre des
forces et favoriser une production excessive de bois ou
de fruits. En effet, les branches fortement orientées à
la verticale, très vigoureuses et turgescentes, possèdent
peu ou pas de bourgeons floraux, alors que les branches
davantage à l’horizontale ont tendance à produire plus de
bourgeons à fruits. À la limite, les branches trop vigou­
reu­ses pourraient ne jamais se mettre à produire de fruits,
alors que les secondes, trop arquées vers le bas et à faible
croissance, produiraient de grandes quantités de fruits
de petit calibre et insipides. L’équilibre est atteint par
les branches ayant un angle d’environ 45 degrés, ce qui
favorise à la fois la croissance végétale et la production de
bourgeons à fruits. Par ce processus naturel, les branches
ayant atteint l’équilibre finissent par se ramifier et se

Extrait de la publication a 17
76 a
La taille des cerisiers
Les cerisiers appartiennent au genre Prunus comme les
pruniers. Bien qu’ils possèdent plusieurs des caracté­ris­
tiques des pruniers, la taille diffère quelque peu. D’abord,
les arbres sont plus vigoureux et possèdent une struc­ture
plus souple. Les branches secondaires chargées de bour­
geons à fruits sont nombreuses et légèrement arquées
vers le bas. L’arbre adulte est, comme le prunier, très pro­
ductif et très sensible au nodule noir. Par conséquent, il
est préférable d’exécuter une taille en forme de gobelet
après la floraison. Par contre, il n’est pas recommandé de
rabattre les branches de la cime comme chez le prunier,
car la taille augmente la rigidité des branches, qui devien­
nent alors cassantes. Une simple éclaircie favorisant la
pénétration de la lumière suffit à maintenir la santé et la
productivité de l’arbre, car les cerisiers donnent des fruits
en quantité… tout naturellement.

a 77
Extrait de la publication