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DNB blanc / Collège Michel de MONTAIGNE

mars 2020

FRANÇAIS

Grammaire et compétences linguistiques


Compréhension et compétences d’interprétation

Série générale

Durée de l’épreuve : 1h10 50 points

Dès que le sujet vous est remis, assurez-vous qu’il est complet.
Ce sujet comporte 4 pages numérotées de la page 1/4 à la page 4/4.

Le candidat rend sa copie et veille à conserver ce sujet


en support pour l’épreuve de rédaction.

L’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite.


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A. Texte littéraire

Dans Chagrin d’école, Daniel PENNAC parle de son rapport à l’école, de l’élève qu’il a été
et du professeur de français qu’il est devenu.

1 La haine et le besoin d’affection m’avaient pris tout ensemble dès mes premiers
échecs. Il s’agissait d’amadouer1 l’ogre scolaire. Tout faire pour qu’il ne me dévore pas le
cœur. Collaborer, par exemple, au cadeau d’anniversaire de ce professeur de sixième qui,
pourtant, notait mes dictées négativement : « Moins 38, Pennacchioni2, la température est
5 de plus en plus basse ! » Me creuser la tête pour choisir ce qui ferait vraiment plaisir à ce
salaud, organiser la quête parmi les élèves et fournir moi-même le complément, vu que le
prix de l’affreuse merveille dépassait le montant de la cagnotte.
Il y avait des coffres-forts dans les maisons bourgeoises de l’époque. J’entrepris de
crocheter3 celui de mes parents pour participer au cadeau de mon tortionnaire. C’était un
10 de ces petits coffres sombres et trapus, où dorment les secrets de famille. Une clef, une
molette à chiffres, une autre à lettres. Je savais où mes parents rangeaient la clef mais il
me fallut plusieurs nuits pour trouver la combinaison. Molette, clef, porte close. Molette,
clef, porte close. Porte close. Porte close. On se dit qu’on n’y arrivera jamais. Et voilà que
soudain, déclic, la porte s’ouvre ! On en reste sidéré. Une porte ouverte sur le monde
15 secret des adultes. Secrets bien sages en l’occurrence : quelques obligations4, je suppose,
des emprunts russes4 qui dormaient là en espérant leur résurrection, le pistolet
d’ordonnance5 d’un grand-oncle, dont le chargeur était plein mais dont on avait limé le
percuteur, et de l’argent aussi, pas beaucoup, quelques billets, d’où je prélevai la dîme6
nécessaire au financement du cadeau.
20 Voler pour acheter l’affection des adultes... Ce n’était pas exactement du vol et ça
n’acheta évidemment aucune affection. Le pot aux roses fut découvert lorsque, durant
cette même année, j’offris à ma mère un de ces affreux jardins japonais qui étaient alors à
la mode et qui coûtaient les yeux de la tête.
L’événement eut trois conséquences : ma mère pleura (ce qui était rare), persuadée
25 d’avoir mis au monde un perceur de coffres (le seul domaine où son dernier-né manifestait
une indiscutable précocité), on me mit en pension, et ma vie durant je fus incapable de
faucher quoi que ce soit, même quand le vol devint culturellement à la mode chez les
jeunes gens de ma génération.

Daniel PENNAC, Chagrin d’école, 2007

1 - amadouer : séduire.
2 - Pennacchioni : véritable nom de PENNAC.
3 - crocheter : ouvrir une porte avec un crochet, forcer une porte.
4 - obligations, emprunts russes : placements financiers.
5 - ordonnance : grade militaire.
6 - dîme : comparaison à l’impôt du Moyen-Âge.
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B. Image

Robert DOISNEAU, La Pendule, Paris,1957

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Travail sur le texte littéraire et sur l’image (50 points)

Les réponses doivent être entièrement rédigées.

Grammaire et compétences linguistiques (19 points)

1. « la porte s’ouvre » (l. 14) ; « je suppose » (l. 15) :


a) Précisez, pour chaque verbe, son mode et son temps. (1 point)
b) Quelle est la valeur de chaque verbe ? Justifiez votre réponse. (2 points)

2. « indiscutable » (l. 26) : décomposez ce mot et donnez sa signification. (2 points)

3. a) Relevez deux expansions du nom « jardins » (l. 22) de nature (ou classe) grammaticale
différente. (2 points)
b) Précisez la classe grammaticale de chaque expansion relevée. (2 points)

4. Réécrivez le passage suivant au présent de l’indicatif et en remplaçant la première


personne du singulier par la première personne du pluriel. Vous ferez toutes les
modifications nécessaires. (10 points)
L’événement eut trois conséquences : ma mère pleura, on me mit en pension, et je fus incapable
de faucher quoi que ce soit, même quand le vol devint culturellement à la mode chez les jeunes
gens de ma génération.

Compréhension et compétences d’interprétation (31 points)


5. À quel genre ce texte appartient-il ? Justifiez votre réponse avec deux éléments. (3 points)

6. a) Quel est le point de vue utilisé par le narrateur ? Justifiez votre réponse. (2 points)
b) Que savez-vous sur le narrateur (type d’élève, classe sociale...) ? Justifiez votre
réponse en citant le texte. (4 points)

7. Lignes 1 à 19 :
a) Que pouvez-vous dire de la relation professeur-élève ? Justifiez votre analyse en
relevant quatre groupes nominaux qui désignent le professeur. (3 points)
b) Identifiez une figure de style parmi ces groupes nominaux. (1 point)

8. Quels sentiments poussent le narrateur enfant à commettre un vol ? Justifiez votre réponse
en citant le texte. (3 points)

9. Lignes 8 à 15 : relevez et nommez deux procédés d’écriture qui mettent en évidence le


suspense et la satisfaction lors de l’ouverture du coffre. (3 points)

10. Expliquez en quoi cet épisode a pu être formateur pour le narrateur. Vous répondrez dans
un paragraphe argumenté et construit. (6 points)

11. Quels liens pouvez-vous établir entre la photographie de Robert DOISNEAU et le texte de
Daniel PENNAC ? Développez votre réponse en vous appuyant sur des éléments
d’analyse précis. (6 points)
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mars 2020

FRANÇAIS

Dictée

Série générale

Durée de l’épreuve : 20 min 10 points

Rappel : le candidat compose sur la même copie que l’épreuve de « grammaire et


compétences linguistiques - compréhension et compétences d’interprétation ».

L’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite.


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Dictée (10 points)

Lors de la dictée, on procédera successivement :


1) à une lecture préalable, lente et bien articulée du texte en marquant les liaisons ;
2) à la dictée effective du texte par groupes de mots, en précisant la ponctuation, en
marquant nettement les liaisons et en indiquant clairement les retours à la ligne ;
3) à la relecture, sans préciser cette fois-ci la ponctuation mais en marquant toujours les
liaisons.

On demandera aux candidats d’écrire une ligne sur deux.

On ne répondra pas aux questions éventuelles des candidats après la relecture du texte ; ils en
seront avertis avant cette relecture.

On laissera le temps restant pour que les élèves relisent leur dictée (ou éventuellement finissent
les questions).

Avant de commencer la dictée, on inscrira au tableau de manière lisible par l’ensemble des
candidats :
- Tarin
- Daniel PENNAC, Chagrin d’école, 2007

Bouleversée par mon cambriolage familial, ma mère était allée demander conseil au
directeur de mon collège, un personnage affublé d’un gros nez rassurant (les élèves l’appelaient
Tarin). Me jugeant plus anxieux et chétif que dangereux, Tarin préconisa l’éloignement et le grand
air. Un séjour en altitude me remplumerait. Un pensionnat de montagne, oui, c’était la solution.
Ne vous inquiétez pas, chère madame, vous n’êtes pas la mère d’un grand voleur mais d’un petit
rêveur auquel on se doit de donner le sens des réalités.
La question de savoir si je fus « heureux » au pensionnat est assez secondaire. Disons
que l’état de pensionnaire me fut infiniment plus supportable que celui d’externe.

Daniel PENNAC, Chagrin d’école, 2007

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mars 2020

FRANÇAIS

Dictée aménagée

Série générale

Durée de l’épreuve : 20 min 10 points

Dès que le sujet vous est remis, assurez-vous qu’il est complet.
Ce sujet comporte 3 pages numérotées de la page 1/3 à la page 3/3.

L’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite.


Page 1 sur 3
Dictée aménagée (10 points)

Le candidat répond directement sur le sujet qui doit être remis en fin d’épreuve.
Le sujet sera agrafé à l’intérieur de la copie.

Vous complèterez ce texte en écoutant le texte lu par le professeur et en recopiant sur les
pointillés un des mots proposés au-dessus de chaque ligne.

Bouleversée
Bouleversé
Bouleverser

………………………………… par mon cambriolage familial, ma mère était

demandé
demander
demandait

allée ………………………………… conseil au directeur de mon collège, un personnage affublé

nez

nés

d’un gros ………………………………… rassurant (les élèves l’appelaient Tarin). Me jugeant plus

anxieus préconisas
anxieu préconisa
anxieux préconisât

………………………………… et chétif que dangereux, Tarin …………………………………

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remplumerais
remplumeré
remplumerait

l’éloignement et le grand air. Un séjour en altitude me ………………………………… Un

inquiétait
inquiétez
inquiéter

pensionnat de montagne, oui, c’était la solution. Ne vous ………………………………… pas,

chère
chair
cher

………………………………… madame, vous n’êtes pas la mère d’un grand voleur mais d’un petit

auxquels
auquelle
auquel

rêveur ………………………………… on se doit de donner le sens des réalités.

ai
est
et

La question de savoir si je fus « heureux » au pensionnat …………………………………

assez secondaire. Disons que l’état de pensionnaire me fut infiniment plus supportable que celui

d’externe.

Daniel PENNAC, Chagrin d’école, 2007

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DNB blanc / Collège Michel de MONTAIGNE

mars 2020

FRANÇAIS

Rédaction

Série générale

Durée de l’épreuve : 1h30 40 points

Dès que le sujet vous est remis, assurez-vous qu’il est complet.
Ce sujet comporte 2 pages numérotées de la page 1/2 à la page 2/2.

Les candidats doivent composer, pour cette partie, sur une copie distincte.

L’utilisation du dictionnaire est autorisée.


L’utilisation de la calculatrice est interdite.
Page 1 sur 2
Rédaction (40 points)

Sujet d’imagination

« Le pot aux roses fut découvert lorsque, durant cette même année, j’offris à ma mère un de ces
affreux jardins japonais... »
Racontez la suite : les parents se rendent compte des vols commis par le narrateur.
La fin de votre récit devra tenir compte des conséquences évoquées dans le dernier paragraphe
du texte étudié.

Vous insérerez, dans votre récit, le dialogue qui a lieu entre les parents et le narrateur.

Sujet de réflexion

« Voler pour acheter l’affection des adultes... »


Le narrateur cherche à attirer l’attention de son professeur en volant de l’argent pour lui faire un
cadeau.
Selon vous, le regard des autres est-il important pour se construire, pour grandir ?

Vous développerez votre point de vue en prenant appui sur des exemples précis, issus de votre
culture personnelle et des œuvres étudiées lors de votre scolarité.

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AIDE À LA CORRECTION :
ÉLÉMENTS DE RÉPONSE & BARÈME

Travail sur le texte littéraire et sur l’image (50 points)

Grammaire et compétences linguistiques (19 points)

1. « la porte s’ouvre » (l. 14) ; « je suppose » (l. 15) :


a) Précisez, pour chaque verbe, son mode et son temps. (1 point)
Corrigé : Il s’agit du présent de l’indicatif pour les deux verbes.
Barème : mode (0,25 x 2), temps (0,25 x 2) = 1 point

b) Quelle est la valeur de chaque verbe ? Justifiez votre réponse. (2 points)


Corrigé : Le premier verbe, « s’ouvre », est au présent de narration ; cela permet de rendre
la scène racontée plus vivante et dynamique, bien que l’action se situe dans le passé. Le
deuxième verbe, « suppose », a une valeur d’énonciation ou d’actualité ; il renvoie au moment
où le narrateur-auteur écrit, contrairement au présent de narration.
Barème : valeur du temps (0,5 x 2), justification (0,5 x 2) = 2 points

2. « indiscutable » (l. 26) : décomposez ce mot et donnez sa signification. (2 points)


Corrigé : Le mot « indiscutable » est composé du préfixe négatif/privatif « in- », du
radical/de la racine « -discut- » (du verbe « discuter ») et du suffixe de possibilité « -
(a)ble ». La signification de ce mot est la suivante : qui ne peut pas être discuté, qui ne peut
être contesté.
Remarques : On attendra, a minima, les mots préfixe, radical/racine et suffixe dans le
découpage du mot, sans toutefois pénaliser l’absence de sens pour chacun de ces éléments.
Barème : préfixe (0,5), radical (0,5), suffixe (0,5), sens (0,5) = 2 points

3. a) Relevez deux expansions du nom « jardins » (l. 22) de nature (ou classe) grammaticale
différente. (2 points)
Corrigé : Le mot « jardins » est caractérisé par plusieurs expansions du nom. On peut
relever : « affreux » (l. 22), « japonais » (l. 22), « qui étaient alors à la mode » (l. 22-23) et
« qui coûtaient les yeux de la tête » (l. 23).
Barème : 1 point pour chaque expansion relevée, de nature différente = 2 points

b) Précisez la classe grammaticale de chaque expansion relevée. (2 points)


Corrigé : « affreux » (l. 22) et « japonais » (l. 22) sont des adjectifs qualificatifs (épithètes
liées de jardins) ; « qui étaient alors à la mode » (l. 22-23) et « qui coûtaient les yeux de la
tête » (l. 23) sont des propositions subordonnées relatives (compléments de l’antécédent
jardins).
Barème : 1 point pour chaque classe grammaticale = 2 points
Page 1 sur 8
4. Réécrivez le passage suivant au présent de l’indicatif et en remplaçant la première
personne du singulier par la première personne du pluriel. Vous ferez toutes les
modifications nécessaires. (10 points)
L’événement eut trois conséquences : ma mère pleura, on me mit en pension, et je fus incapable
de faucher quoi que ce soit, même quand le vol devint culturellement à la mode chez les jeunes
gens de ma génération.
Corrigé : L’événement a trois conséquences : notre mère pleure, on nous met en pension, et
nous sommes incapables de faucher quoi que ce soit, même quand le vol devient
culturellement à la mode chez les jeunes gens de notre génération.
Barème : 1 point pour chaque modification = 10 points [-0,5 par erreur de copie ou
modification en trop, -0,5 pour deux erreurs de ponctuation et/ou d’accent]

Compréhension et compétences d’interprétation (31 points)


5. À quel genre ce texte appartient-il ? Justifiez votre réponse avec deux éléments. (3 points)
Corrigé : Ce texte appartient au genre du récit autobiographique car le narrateur raconte
une expérience de vie à la première personne : « La haine et le besoin d’affection m’avaient
pris tout ensemble dès mes premiers échecs. » (l. 1-2) On peut identifier un pronom
personnel de la première personne (« m’ ») et un déterminant possessif également de la
première personne (« mes »). D’autre part, on peut comprendre qu’il s’agit d’une réelle
autobiographie où le narrateur est effectivement l’auteur : l’auteur s’appelle PENNAC et
dans le texte, nous entendons le professeur appeler le narrateur « Pennacchioni » (l. 4).
Barème : récit autobiographique (1), 2 citations (2) = 3 points

6. a) Quel est le point de vue utilisé par le narrateur ? Justifiez votre réponse. (2 points)
Corrigé : Le narrateur adopte un point de vue interne car il écrit à la première personne du
singulier (« mes premiers échecs », l. 1-2 ; « pour qu’il ne me dévore pas le cœur », l. 2-3...),
exprime ses sentiments personnels (« la haine et le besoin d’affection m’avaient pris », l. 1)
et raconte une aventure qu’il a vécue.
Barème : point de vue interne (1), justification (1) = 2 points

b) Que savez-vous sur le narrateur (type d’élève, classe sociale...) ? Justifiez votre
réponse en citant le texte. (4 points)
Corrigé : Le narrateur s’appelle Daniel PENNAC et son professeur l’appelait parfois
« Pennacchioni » (l. 4). Ce n’est pas un élève qui réussit sa scolarité : « dès mes premiers
échecs » (l. 1-2). Par exemple, il n’avait pas de bons résultats en dictée : « notait mes dictées
négativement : "Moins 38" » (l. 4). Ses parents appartiennent à la catégorie sociale de la
bourgeoisie : « Il y avait des coffres-forts dans les maisons bourgeoises de l’époque.
J’entrepris de crocheter celui de mes parents ». (l. 8-9). Cependant, ils ne sont pas
forcément très riches : « de l’argent aussi, pas beaucoup, quelques billets » (l. 18). Il raconte
des souvenirs de sa classe de sixième. On sait grâce à l’introduction, au chapeau qu’adulte, il
est devenu professeur de français. À la fin du texte, on comprend qu’il est parti en pension
pour poursuivre sa scolarité.
Remarques : Pour rédiger la réponse, ne pas faire une liste d’informations, mais prendre le
temps d’expliquer sa réponse et de la justifier par des citations du texte.
Barème : 2 éléments/informations (2), 2 citations (2) = 4 points
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7. Lignes 1 à 19 :
a) Que pouvez-vous dire de la relation professeur-élève ? Justifiez votre analyse en
relevant quatre groupes nominaux qui désignent le professeur. (3 points)
Corrigé : Les quatre groupes nominaux qui désignent le professeur, « L’ogre scolaire » (l. 2),
« ce professeur de sixième » (l. 3), « ce salaud » (l. 5-6), « mon tortionnaire » (l. 9), nous
font comprendre la haine que le narrateur éprouve envers son professeur : il emploie une
insulte pour le désigner (« ce salaud », l. 5-6). L’évocation de « l’ogre » ou du « tortionnaire »
laissent apparaître la souffrance et le sentiment d’injustice que le narrateur a pu ressentir
dans sa scolarité, dans son rapport à l’enseignant. Il considère l’enseignant comme un ennemi.
Ces reprises nominales apparaissent dans le texte comme une gradation vers un personnage
de plus en plus horrible, terrifiant.
Remarques : Attention, un groupe nominal ne comporte pas de verbe conjugué, sinon on
l’appelle un groupe verbal. Le groupe nominal a pour noyau un nom, il peut être accompagné
d’un déterminant, d’un adjectif, éventuellement d’un adverbe. Quand on demande dans la
consigne de ne relever qu’un groupe nominal, il ne faut pas relever une phrase complète.
« L’affreuse merveille » (l. 7) ne désigne pas le professeur mais le cadeau qu’il veut lui offrir.
C’est une figure de style ; un oxymore (moyen par lequel on désigne quelqu’un ou quelque
chose en juxtaposant deux termes opposés, contraires).
Barème : idée (0,5), explication de l’idée (0,5), 0,5 par groupe nominal relevé = 3 points

b) Identifiez une figure de style parmi ces groupes nominaux. (1 point)


Corrigé : « L’ogre scolaire » (l. 2) ou « mon tortionnaire » (l. 9) sont des métaphores utilisées
pour désigner le professeur. Elles donnent une image péjorative de l’enseignant. On peut
aussi comprendre « l’ogre scolaire » comme la représentation du système scolaire vu par le
narrateur-élève : un système / un professeur qui l’effraie, qui lui fait peur et qui peut le
dévorer, l’anéantir, le torturer.
Barème : figure de style (0,5), image péjorative (0,5) = 1 point

8. Quels sentiments poussent le narrateur enfant à commettre un vol ? Justifiez votre réponse
en citant le texte. (3 points)
Corrigé : « Le besoin d’affection » (l. 1) est à l’origine de la décision du vol par le narrateur-
enfant. Comme il ne réussit pas à l’école, il se sent obligé de tout faire pour « amadouer l’ogre
scolaire » (l. 2), le séduire et « collaborer » (l. 3). Il le dit explicitement à la ligne 20 : « Voler
pour acheter l’affection des adultes ». On peut aussi repérer la détermination qui anime le
personnage : il s’investit dans l’achat du cadeau : « fournir moi-même le complément » (l. 6).
Cette détermination va le conduire au vol et se lit aussi dans le récit de la recherche de la
combinaison du coffre. Un sentiment de peur apparaît également. « Tout faire pour qu’il ne
me dévore pas le cœur » (l. 2-3) et donc le personnage va voler afin de séduire,
« d’amadouer » (l. 2) « [s]on tortionnaire » (l. 9). Enfin, la « haine » (l. 1) envers son
enseignant, cristallisée à travers l’expression vulgaire « ce salaud » (l. 5-6), pousse aussi le
petit PENNAC à la faute.
Barème : 2 sentiments (2), citations/explications (1) = 3 points

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9. Lignes 8 à 15 : relevez et nommez deux procédés d’écriture qui mettent en évidence le
suspense et la satisfaction lors de l’ouverture du coffre. (3 points)
Corrigé : Plusieurs procédés d’écriture accentuent le suspense et la satisfaction lors de
l’ouverture du coffre :
- les répétitions (« porte close » est répété quatre fois, en deux lignes, l. 12-13) ;
- les phrases nominales (« Une clef, une molette à chiffres, une autre à lettres. », l. 10-
11) ;
- le contraste entre la phrase déclarative « On se dit qu’on n’y arrivera jamais. » (l. 13) qui
laisse penser que le narrateur baisse les bras, enchaînant tout de suite avec la phrase
exclamative « Et voilà que soudain, déclic, la porte s’ouvre ! » (l. 13-14) ;
- le rythme, ternaire puis binaire (3/3/2/2), qui s’accélère : « Molette, clef, porte close.
Molette, clef, porte close. Porte close. Porte close. » (l. 12-13) ;
- l’onomatopée « déclic » (l. 14) qui imite le bruit du déblocage tant attendu de la porte ;
- le présentatif « voilà » (l. 13) introduisant une tournure emphatique ;
- l’adverbe « soudain » (l. 14) qui « déverrouille » la situation ;
- le présent de narration qui rend l’action plus vivante et la dynamise (« la porte s’ouvre »,
l. 14) ;
- l’adjectif « sidéré » (l. 14) qui montre une grande surprise, une stupéfaction ;
- la ponctuation (les virgules retardent et isolent le mot « déclic »).
Barème : 2 procédés (2), explication/justification (1) = 3 points

10. Expliquez en quoi cet épisode a pu être formateur pour le narrateur. Vous répondrez dans
un paragraphe argumenté et construit. (6 points)
Corrigé : Cet épisode fut formateur pour le narrateur pour plusieurs raisons.
- le narrateur a été marqué par cet événement et puni par ses parents (« on me mit en
pension », l. 26) et écrit qu’il n’a plus jamais recommencé à voler (« incapable de faucher
quoi que ce soit », l. 26-27) ;
- le vol peut entraîner des conséquences néfastes pour les personnes que l’on aime (« ma
mère pleura (ce qui était rare) », l. 24) ;
- le narrateur a compris que l’affection, notamment celle des adultes, ne pouvait pas
s’acheter et que commettre un vol ou autres mauvaises actions pour faire plaisir n’était
pas une bonne solution (« Voler pour acheter l’affection des adultes... Ce n’était pas
exactement du vol et ça n’acheta évidemment aucune affection. », l. 20-21) ;
- le narrateur, stigmatisé comme cancre dans le système scolaire, réalise ici, avec une
certaine incrédulité, qu’il est capable d’ouvrir un coffre (l. 13-14), et que, même s’il ne
tentera plus jamais cette expérience, il est porteur d’une autre forme d’intelligence que
celle liée à l’école ;
Le narrateur étant devenu professeur de français (voir introduction) :
- cela nous laisse penser qu’il a sûrement trouvé d’autres « solutions » pour se construire
professionnellement... ;
- il sait que certains élèves peuvent échouer dans les matières scolaires (comme lui) mais
ils doivent être encouragés, car le « besoin d’affection » ou du moins de reconnaissance,
s’il n’est pas assouvi, peut devenir de la « haine ».
Barème : 3 arguments (3), explication/justification (3) = 6 points
Page 4 sur 8
11. Quels liens pouvez-vous établir entre la photographie de Robert DOISNEAU et le texte de
Daniel PENNAC ? Développez votre réponse en vous appuyant sur des éléments
d’analyse précis. (6 points)
Corrigé : Les liens que l’on peut établir entre la photographie de Robert DOISNEAU et le
texte de Daniel PENNAC sont :
- le thème de l’école ;
- la rigueur, la sévérité (l’attitude rigide de l’enfant au premier plan), l’austérité de
l’ambiance de classe ;
- la solitude dans la classe (les élèves sont isolés, séparés ; notion de groupe absente) ;
- l’ennui (le regard de l’élève du fond de la classe vers la pendule), la difficulté de
s’intéresser au cours ;
- la peur (l’enfant a les yeux écarquillés, le regard fixé en direction du professeur) ;
- l’absence de dynamisme, d’épanouissement dans l’image (la position statique des élèves,
ils ne sont pas actifs ; les élèves écoutent et n’écrivent pas) à mettre en parallèle avec le
rejet du narrateur du texte et la haine qu’il éprouve pour son professeur qui le rabaisse,
l’humilie devant toute la classe.
Barème : 3 éléments attendus (3), explication des éléments (3) = 6 points

Dictée (10 points)

Corrigé :
Bouleversée par mon cambriolage familial, ma mère était allée demander conseil au
directeur de mon collège, un personnage affublé d’un gros nez rassurant (les élèves
l’appelaient Tarin). Me jugeant plus anxieux et chétif que dangereux, Tarin préconisa
l’éloignement et le grand air. Un séjour en altitude me remplumerait. Un pensionnat de
montagne, oui, c’était la solution. Ne vous inquiétez pas, chère madame, vous n’êtes pas la
mère d’un grand voleur mais d’un petit rêveur auquel on se doit de donner le sens des réalités.
La question de savoir si je fus « heureux » au pensionnat est assez secondaire. Disons
que l’état de pensionnaire me fut infiniment plus supportable que celui d’externe.
Daniel PENNAC, Chagrin d’école, 2007
Remarques : Si plusieurs erreurs sont commises sur le même mot, on ne pénalisera que la
plus grave. Une erreur répétée sur un même mot ne sera pénalisée qu’une seule fois.
Barème : -1 point pour les erreurs grammaticales
Barème : -0,5 point pour les erreurs lexicales
Barème : -0,5 point pour quatre erreurs de ponctuation, majuscule, trait d’union ou accent

Dictée aménagée (10 points)

Corrigé : Confer ci-dessus.


Remarques : Les mots doivent être recopiés. On ne comptera pas de point si le mot est
seulement entouré ou mal recopié.
Barème : 1 point par bonne réponse = 10 points
Page 5 sur 8
Rédaction (40 points)

Sujet d’imagination

« Le pot aux roses fut découvert lorsque, durant cette même année, j’offris à ma mère un de ces
affreux jardins japonais... »
Racontez la suite : les parents se rendent compte des vols commis par le narrateur.
La fin de votre récit devra tenir compte des conséquences évoquées dans le dernier paragraphe
du texte étudié.

Vous insérerez, dans votre récit, le dialogue qui a lieu entre les parents et le narrateur.

Remarques : Le dialogue :
- paroles rapportées au discours direct : quand on pose des questions, ne pas oublier
d’inverser le sujet : Où vas-tu ?
- les guillemets ou les tirets mais pas les deux en même temps
- deux points et à la ligne
Identifier les critères d’évaluation (ce qui est sous-entendu, implicite) :
- narrateur à la première personne puisque c’est une autobiographie
- dans le texte étudié : passé simple ; les élèves le transforment parfois en passé composé
- comprendre que le dialogue attendu est en discours direct et non indirect
Il était possible de s’aider de la dictée : c’est le directeur du collège, Tarin, qui propose
la pension. C’est lors de cette discussion que cette décision est prise.
Où commence le récit ? Les parents ont des doutes après le cadeau trop cher offert à la
mère : là est le point de départ attendu.
Attention aux anachronismes.
Barème : Hors sujet : pas plus de 14/40. Moins de 200 mots / 30 lignes / 1 page et
demie : pas plus de 20/40. Tableau des critères :
Récit de la découverte du vol par les parents /10
Présence du dialogue et respect de la présentation (ponctuation, verbes de
/6
parole...)
Prise en compte des informations du texte (narrateur intérieur, caractère du
/8
personnage, contexte, temps employés...) + conséquences évoquées
Cohérence et richesse du texte, de l’expression /6
Maîtrise de la langue (orthographe, conjugaison, syntaxe, ponctuation) /10
TOTAL /40

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Sujet de réflexion

« Voler pour acheter l’affection des adultes... »


Le narrateur cherche à attirer l’attention de son professeur en volant de l’argent pour lui faire un
cadeau.
Selon vous, le regard des autres est-il important pour se construire, pour grandir ?

Vous développerez votre point de vue en prenant appui sur des exemples précis, issus de votre
culture personnelle et des œuvres étudiées lors de votre scolarité.

Corrigé :
I - Point de vue / thèse : Oui, le regard des autres est important pour se construire.
• Argument  : car l’enfant a besoin d’un regard positif pour se sentir confiant et
dépasser ses limites, et faire plaisir à ses parents.
Exemple : dans le film Les Quatre Cents coups de François TRUFFAUT, il est difficile pour
Antoine DOISNEL de se construire car sa mère ne le regarde pas (scène du miroir quand
elle l’envoie chercher de la farine). Après un conflit, elle prend finalement le temps de poser
son regard sur lui et discute avec lui : il lit un livre (La recherche de l’absolu de BALZAC) et
cite l’auteur dans une rédaction en espérant avoir une bonne note et faire plaisir à sa mère.
• Argument ‚ : car le regard des autres nous permet de nous corriger.
Exemple : dans le film Persépolis de Marjane SATRAPI, le regard de la grand-mère la
rassure lors de son divorce et elle arrête de se culpabiliser. Lors d’une autre scène, le regard
de sa grand-mère lui fait prendre conscience qu’elle n’a été ni respectueuse ni juste quand
elle a provoqué l’arrestation du jeune garçon alors qu’elle attendait dans la rue en étant
maquillée et qu’elle risquait elle-même une arrestation.
• Argument ƒ : car le regard de l’autre permet de se libérer de la solitude, d’un poids,
d’un secret trop lourd à porter. Se sentir soutenu. Ne pas être seul dans la difficulté.
Exemple : dans la nouvelle, La dernière Mission de Super Météor, c’est parce qu’Erwan sent
le regard confiant d’Arthur qu’il ose révéler le secret de la mort de son frère. Il y a d’ailleurs
une mise en abîme des regards, puisqu’on peut dire qu’Arthur se sent aussi sous la protection
du regard de son jeu, de son robot : Super Météor veille sur lui jusqu’à ce qu’il quitte
l’enfance.
II - Point de vue / thèse : Non, il ne faut pas tenir compte du regard des autres.
• Argument  : car tenir compte du regard des autres peut nous enfermer dans leurs
préjugés.
Exemple : dans le court-métrage Petite Blonde de Émilie AUSSEL, une jeune fille blanche,
à Marseille, est rejetée par une bande de jeunes la prend pour une « bourgeoise ». Elle
persiste et continue de fréquenter ces adolescents jusqu’à ce qu’elle construise une histoire
d’amour avec l’un d’eux. Sa détermination aura permis de créer des liens et de dépasser les
préjugés sur l’origine des autres. Elle n’aura pas cédé aux préjugés.
• Argument ‚ : car sinon on peut être enfermé dans leurs règles morales.
Exemple : dans le film d’animation, court métrage Beach flags de Sarah SAIDAN, la jeune
fille ne tient pas compte du regard de ses parents : elle refuse et échappe au mariage forcé
et réalise son rêve : participer à la compétition pour le sauvetage et gagner la course.
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• Argument ƒ : être capable de réaliser un acte de résistance face aux lois sociales
qui oppressent ou enferment.
Exemple : dans le film Hors jeu de Jafar PANAHI, les jeunes filles se déguisent en garçon
pour aller voir un match de foot et ne tiennent pas compte de l’avis défavorable de leur
famille et de l’interdiction sociale. Certaines le font par goût du sport, du jeu, mais l’une
d’entre elles le fait en hommage à un ami décédé lors d’un match plusieurs années auparavant.
Quelles que soient leurs raisons, elles ne répondent pas à l’image qu’on attend d’elles : qu’elles
restent à la maison, qu’elles ne connaissent pas le plaisir du jeu, du stade, qu’elles ne réalisent
pas un rêve personnel. Elles se construisent en opposition au regard des autres pour faire
valoir leur liberté.
• Argument „ : se plier au regard des autres peut nous conduire à réaliser des actes
injustifiables.
Exemple : dans Chagrin d’école, Daniel PENNAC raconte qu’il ira jusqu’à voler ses parents
pour acheter un cadeau à son professeur et ainsi tenter de l’amadouer. Ainsi, au lieu de
gagner la faveur des adultes, il sera sanctionné et éloigné des siens en pension. Il n’aura pas
réussi à obtenir l’affection qu’il désirait tant et dont il avait besoin pour se construire.
Remarques : Attention aux maladresses : s’adresser au lecteur-correcteur pour le
convaincre, lui demander son avis, lui donner des conseils... On valorisera les copies dans
lesquelles le plan est annoncé en introduction et/ou il y a une ouverture en conclusion ; dans
le cas contraire, on ne pénalisera pas.
Barème : Hors sujet : pas plus de 14/40. Moins de 200 mots / 30 lignes / 1 page et
demie : pas plus de 20/40. Tableau des critères :
Choix précis d’un seul point de vue, une seule prise de position ; cohérence de
/4
la réflexion
Composition du devoir :
- introduction (thème, sujet, point de vue adopté, annonce du plan) /4
- 3 arguments clairs, développés et cohérents /6
- 1 exemple pertinent et développé par argument (culture personnelle et
/6
œuvres étudiées)
- conclusion (rappel des arguments, ouverture) /4
Mots de liaison : connecteurs logiques et temporels pertinents /4
Présentation de la copie : paragraphes, alinéas... /2
Maîtrise de la langue (orthographe, conjugaison, syntaxe, ponctuation) /10
TOTAL /40

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Collez cette partie en en-tête de votre copie. Inscrivez uniquement votre numéro de candidat.
NE RIEN ÉCRIRE ICI. Numéro de candidat :

1. Questions /50 COMPÉTENCES ÉVALUÉES


Construire les notions permettant l’analyse et la
a) de grammaire /19 production des textes et des discours.
I F S TB
Élaborer une interprétation de textes littéraires.
b) de compréhension /31
I F S TB

Consolider l’orthographe lexicale et grammaticale.


2. Dictée /10 I F S TB
Exploiter les principales fonctions de l’écrit. (sujet
d’imagination)
I F S TB
3. Rédaction /40
Passer du recours intuitif à l’argumentation à un usage
plus maîtrisé. (sujet de réflexion)
I F S TB
TOTAL /100

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1. Questions /50 COMPÉTENCES ÉVALUÉES


Construire les notions permettant l’analyse et la
a) de grammaire /19 production des textes et des discours.
I F S TB
Élaborer une interprétation de textes littéraires.
b) de compréhension /31
I F S TB

Consolider l’orthographe lexicale et grammaticale.


2. Dictée /10 I F S TB
Exploiter les principales fonctions de l’écrit. (sujet
d’imagination)
I F S TB
3. Rédaction /40
Passer du recours intuitif à l’argumentation à un usage
plus maîtrisé. (sujet de réflexion)
I F S TB
TOTAL /100