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UNIVERSITE D’ABOMEY CALAVI

ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY CALAVI

DEPARTEMENT DE GENIE CIVIL

CLASSES PREPARATOIRES AUX ETUDES D’INGENIEUR DE CONCEPTION

METHODES MATHEMATIQUES POUR


L’INGENIEUR

Préparé et animé par : Joël M. ZINSALO

Année Académique : 2011 – 2012


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Objectifs :
Faire acquérir et maîtriser les méthodes mathématiques nécessaires à la
compréhension des unités d’enseignement du génie.
Contenu
Algèbre linéaire : matrices – déterminants – Inversions – diagonalisation des
matrices carrées.
Analyse : Fonctions : Fonctions hyperboliques, fonctions de plusieurs variables,
dérivées partielles, différentiabilité, développements limités, formule de Taylor,
extrémums. Intégration : Intégrales curvilignes, intégrales doubles et triples,
intégrales de surface et formule d’analyse vectorielle. Notions de gradients,
rotationnel, divergence.
Equations différentielles : Equations à variables séparables, Equations
différentielles linéaires à coefficients constants. Transformations de Laplace –
Série de Fourier- Systèmes d’équations différentielles.
Equations aux dérivées partielles : Caractérisation – résolution.

Mode d’évaluation : Deux évaluations sont attendues : Une à mi-parcours et


l’autre à la fin du module.

Bibliographie:

1. Mathématiques pour l'ingénieur : Rappels de cours, Méthodes, Exercices et


problèmes avec corrigés détaillés, Yves Leroyer et Patrice Tesson, Dunod,
2009.

2. Mathématiques pour l'ingénieur - Volume 2, Algèbre, géométrie, analyse - Avec


exercices corrigés, Mohammed Dennaï, Editeur : Hermann, 2010
3. Aide-mémoire - Mathématiques de l'ingénieur, Maurice Chossat et Yannick
Privat, Dunod, L'Usine Nouvelle, 2010
4. Introduction à l’algèbre. A. KOSTRIKINE. Edition Mir Moscou. Lauton Tome
III.
5. Mathématiques. Etapes des techniciens supérieurs. J. P. TRUC. Edition
Nathan Paris.
6. Exercices corrigés de Mathématiques, Pierre VARIOT, Ellipses, 1989.
7. Mathématiques supérieures & Spéciales, Analyse 2, Rappels de cours-
Exercices corrigés, M. SERFATI, 1995.

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CHAPITRE 1 :

MATRICES : DEFINITIONS – TYPES ET


OPERATIONS

1. Définitions

On appelle matrice un tableau dont les éléments appartiennent à un ensemble


donné ℝ ou ℂ en général. Toute matrice est formée d’un certain nombre n de
lignes et d’un certain nombre p de colonnes.

Soient et deux entiers non nuls. On appelle matrice à lignes et à


colonnes d’éléments réels ou complexes tout tableau de la forme :

⋯ ⋯ ⋯ ⋯
⎡ ⋯ ⋯ ⎤ ⋯ ⋯
⎢ ⋮ ⋮ ⋮ ⋮ ⎥ ⎛ ⋮ ⋮ ⋮ ⋮⎞
=⎢ ⋯ ⋯
⎥ ou =⎜ ⋯ ⋯ ⎟
⎢ ⎥ ⎜ ⎟
⎢⋮ ⋮ ⋮ ⋮⎥ ⋮ ⋮ ⋮ ⋮
⎣ ⋯ ⋯ ⎦ ⎝ ⋯ ⋯ ⎠

Dans cette écriture, chacun des éléments de est repéré par un indice double
situant, respectivement, la ligne et la colonne où se trouve cet élément. Ainsi
est l’élément de situé sur la 2 ligne et la 1 colonne.

La matrice est aussi notée :


= .

La notation désigne l’élément se trouvant à l’intersection de la ligne et de


la colonne.

s’appelle aussi terme général de la matrice et les sont appelés les


coefficients de la matrice .

La matrice à lignes et à colonnes est une matrice dite matrice de format ( , )


ou tout simplement matrice ( , ) ou matrice de taille × .

L’ensemble des matrices ( , ) d’éléments de où =ℝ ou ℂ est noté ℳ , ( ).

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Exemples de matrices : Soit la matrice suivante


5 8 6 −2 0
=
1 9 4 1 7
est à 2 lignes et à 5 colonnes.
est une matrice de format (2,5) ou une matrice de taille 2 × 5.

Une matrice n’a pas de valeur numérique. Elle est simplement utilisée pour
simplifier l’écriture d’une certaine quantité d’informations et permet une
manipulation facile du point de vue mathématique.

2. Types de matrices
 Une matrice ne contenant qu’une seule ligne = 1 est appelée matrice ligne ou
vecteur ligne.
Exemple :
= (5 6 4 2 − 1)
 Une matrice ne contenant qu’une seule colonne = 1 est appelée matrice
colonne ou vecteur colonne.
Exemple :
5
= −2
3
 Une matrice dont tous les éléments sont nuls est appelée matrice nulle et est
notée o.
Exemple :
0 0
= 0 0
0 0
 Une matrice ayant même nombre de lignes que de colonnes ( = ) est appelée
matrice carrée d’ordre n. C’est une matrice de format ( , ) ou ( × ) ou
simplement matrice carrée d’ordre n. Les éléments de cette matrice sont
appelés éléments diagonaux.
Exemple : La matrice A suivante est une matrice carrée d’ordre 3.
2 7 1 2 7 1
= 3 9 4 = 3 9 4
1 0 5 1 0 5

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L’ensemble des matrices carrées d’ordre n d’éléments de où =ℝ ou ℂ est


noté ℳ ( ).

Nous donnons à présent les définitions de certaines matrices carrées


particulières.
 Matrice diagonale : C’est une matrice carrée dont les seuls éléments
non nuls sont ceux de la diagonale principale.
Exemple :
2 0 0
= 0 9 0
0 0 5
On peut la noter = (2,9,5).
 Matrice identité : On appelle matrice identité d’ordre n et on note I
la matrice carrée, diagonale, de taille n, dont tous les éléments
diagonaux sont égaux à 1.
Exemple :
1 0 0
= 0 1 0
0 0 1

 Matrice scalaire : On appelle matrice scalaire d’ordre n toute


matrice carrée où est réel ou complexe et de la forme :
⋯ 0
⋮ ⋱ ⋮
0 ⋯

 Matrice triangulaire :
Une matrice carrée dont tous les éléments au-dessous de la
diagonale principale sont nuls est appelée matrice triangulaire
supérieure.
Exemple :
2 9 1
= 0 7 5
0 0 3
Une matrice carrée dont tous les éléments au-dessus de la diagonale
principale sont nuls est appelée matrice triangulaire inférieure.

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Exemple :
2 0 0
= 5 7 0
1 9 3
Une matrice carrée est dite matrice triangulaire si elle est triangulaire
supérieure ou triangulaire inférieure. De cette définition, on retient
que la matrice diagonale est à la fois triangulaire supérieure et
triangulaire inférieure.

3. Transposée d’une matrice


On appelle transposée d’une matrice A de taille × la matrice notée
de taille × dont les éléments de la colonne
correspondent à ceux de la ligne de A et dont les éléments de la ligne
sont ceux de la colonne de A. Autrement dit, la transposée d’une matrice A
est la matrice obtenue en échangeant les lignes et les colonnes de A.

Exemple :

On considère la matrice suivante :


2 7 1 5
= 3 9 4 7
1 0 5 6
La transposée de cette matrice est :
2 3 1
7 9 0
= .
1 4 5
5 7 6
Théorème

 Si A et B sont deux matrices de ℳ , ( ), on a :

( + )= +

( ∙ )= ∙

= .

 Si ∈ℳ , ( ) et ∈ ℳ , ( ), on a :

( ∙ )= ∙ .

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4. Matrice symétrique et matrice antisymétrique


 Une matrice carrée A est dite symétrique si et seulement si = . C’est une
matrice dont la disposition des éléments est symétrique par rapport à la
diagonale principale.
 Une matrice A est dite antisymétrique si et seulement si =− .
Exemple

0 0 1 0 0 −1
= 0 0 3 ; = 0 0 −3
−1 −3 0 1 3 0

= − , donc A est antisymétrique.

On remarque que les éléments diagonaux d’une matrice antisymétrique sont


tous nuls.

5. Opérations sur les matrices

5.1. Egalité de deux matrices

Deux matrices de même format ( , ) sont dites égales si et seulement si leurs


éléments correspondants sont égaux.

5.2. Addition de deux matrices

L’addition de deux matrices de même taille s’effectue élément par élément.


L’addition de deux matrices n’est possible que si ces matrices ont le même format
(même nombre de lignes et de colonnes).

Si = et = sont deux matrices de même format ( , ), on appelle


somme des matrices A et B notée = + la matrice de format ( , ) de terme
général = + .
Donc :

+ = + .

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Exemple :

1 2 −3 3 1,2 0 4 3,5 −3
2 1 −2 + 0 1 0 = 2 2 −2
0 −12 √5 0 1 0 0 −11 √5

5.3. Produit d’une matrice par un scalaire

On appelle produit d’une matrice = par un scalaire , la matrice notée


dont les éléments sont respectivement les produits par des éléments de .
Donc :
= .
Exemple :
4 3,5 −3 8 7 6
2 2 2 −2 = 4 4 −4
0 −11 √5 0 −22 2√5

5.4. Produit matriciel

5.4.1. Produit d’une matrice ligne et d’une matrice colonne

On considère les matrices A et B suivantes :

⎡ ⎤
⎢ ⎥
=[ ⋯ ] = ⎢ ⎥.
⎢⋮⎥
⎣ ⎦
On a :
∙ = ∙ + ∙ +⋯+ ∙ =

5.4.2. Produit d’une matrice ( , ) par une matrice colonne

Il est possible d’effectuer le produit d’une matrice par un vecteur colonne ⃗ si le


nombre de colonnes de A est égal à la dimension de ⃗. Ainsi, si A est de format
( , ), son produit par ⃗ n’est possible que si ⃗ est de dimension . Le résultat est
alors un vecteur ⃗ = ∙ ⃗ de dimension .

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Soient :
⋯ ⋯
⋮ ⋮ ⋮ ⋮
⎛ ⋯ ⋯ ⎞ ⎛⋮⎞
=⎜⋮ ⎟ =⎜ ⎟
⎜ ⋮ ⋮ ⋮ ⎟ et ⎜ ⎟
⋮ ⋮ ⋮ ⋮ ⋮
⎝ ⋯ ⋯ ⎠ ⎝ ⎠

On définit le produit par :

⎛ ⎞
⋯ ⋯ ⎜ ⎟
⋮ ⋮ ⋮ ⋮ ⎜ ⋮ ⎟
⎛ ⋯ ⋯ ⎞ ⎛⋮⎞ ⎜ ⎟
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜⋮ ⋮ ⋮ ⋮ ⎟×⎜ ⎟=⎜ ⎟
⋮ ⋮ ⋮ ⋮ ⋮ ⎜ ⎟

⎝ ⋯ ⋯ ⎠ ⎝ ⎠ ⎜ ⎟
⎜ ⎟

⎝ ⎠
Exercice :
Soient A, B, C, D et E les matrices suivantes :
1 3 1 2 2 1 2 2
2 1 2
= ; = −1 ; = 6 4 1 ; = 3 2 3 ; = 3
3 −2 0
4 5 4 1 1 2 2 1
Calculer ∙ , ∙ et + .

Résolution

Calcul de ∙ : Remarquons d’abord que ce produit a un sens puisque la


dimension de B est égale au nombre de colonnes de A.

1
2 1 2 2 × 1 + 1 × (−1) + 2 × 4 9
∙ = × −1 = =
3 −2 0 3 × 1 + (−2) × (−1) + 0 × 4 5
4
Calcul de ∙
3 1 2 2 3×2+1×3+2×1 11
∙ = 6 4 1 × 3 = 6 × 2 + 4 × 3 + 1 × 1 = 25
5 4 1 1 5×2+4×3+1×1 23

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Calcul de +

3 1 2 2 1 2 3+2 1+1 2+2 5 2 4


+ = 6 4 1 + 3 2 3 = 6+3 4+2 1+3 = 9 6 4
5 4 1 1 2 2 5+1 4+2 1+2 6 6 3

5.4.3.Produit d’une matrice A de type ( , ) par une matrice B de type ( , )

Le produit de deux matrices A et B n’est possible que si le nombre de colonnes de


A est égal au nombre de lignes de B.
Le résultat est alors une matrice ayant autant de lignes que A et autant de
colonnes que B.

Ainsi si A est de format ( , ) et B de format ( , ) ( est alors le nombre commun


de colonnes de A et de lignes de B) alors = ∙ est de taille ( , ). Si = et
= alors le produit = est une matrice dont le terme de la ligne,
colonne est :

On peut considérer que B est la juxtaposition de ses q matrices colonnes et


effectuer le produit de A par chacune de ses colonnes.
La juxtaposition des colonnes ainsi obtenues donne une matrice de format
( , ).

Exemple :

1 2 −5 1 9 1
=
3 4 7 0 13 3

1 2 5 7 14 23
=
3 4 6 8 39 53

0 1 1 2 3 4 2 1 1 2 0 1
= ≠ =
1 0 3 4 1 2 4 3 3 4 1 0

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3 1 2 2 3 1 3×2+1×3+2×4 3×3+1×2+2×2 3×1+1×3+2×4


6 4 1 × 3 2 3 = 6×2+4×3+1×4 6×3+4×2+1×2 6×1+4×3+1×4
5 4 1 4 2 4 5×2+4×3+1×4 5×3+4×2+1×2 5×1+4×3+1×4

17 15 14
= 28 28 22
26 25 21

Si A est une matrice de format (2,2) et B de format (2,3) alors le produit AB existe
mais BA n’existe pas.
De façon générale si deux matrices A et B sont données et les produits AB et BA
existent, on n’a pas souvent = .

La multiplication matricielle n’est pas commutative.

Propriétés
Sous réserve de compatibilité de formats, on a :
 ( )=( )
 ( + )= +
 ( + ) = +
 ( )=( ) = ( )
 Si et sont les matrices unités d’ordre et et A une matrice de format
( , ), on a :

= et = .

Exemple :

1 0 0 0
= et = alors = 0 et BA = B.
0 0 1 0

Cet exemple montre également que :


 si = 0 on n’a pas nécessairement = 0 ou = 0, donc si = on n’a
pas toujours = .
 si = ( ) est une matrice (1,1), une matrice ligne et une matrice
colonne, on a : = et = .

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Théorème
 Pour une matrice carrée M on définit le carré de M par = ∙ .
 On définit de même, le cube de M … puis, plus généralement, la puissance
de M, notée , comme étant le produit de M par elle-même fois.
 Une matrice M est dite idempotente si elle est égale à son carré c'est-à-
dire :
= .
Dans ce cas, on a :
= ≥ 2.
 Une matrice M est nilpotente si l’une de ses puissances est la matrice
nulle :
∃ ≥ 1, = 0.
6. Trace d’une matrice

Trace d’une matrice

On appelle trace d’une matrice carrée A le scalaire noté ( ) égal à la somme des
éléments diagonaux de A. Ainsi pour une matrice = on a par

définition :

( )= .

Propriétés :

Soient A et B deux matrices carrées d’ordre n. On démontre et nous admettons :


 ( + )= ( )+ ( )
 ( )= ( ) é
 ( )= ( ).

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Exercice
Soient les matrices A, B, C, D, E et F et le vecteur ⃗ définis par :
1 1 2
⎛ 3 3 3⎞
1 6
2 4 2 2 3 1 1 2
= ⎜− ⎟; = 2 5 ; = ; = ; = ;
⎜ 3 3 3⎟ 1 5 2 −1 −2
1 3
2 1 1
⎝ 3 −
3 3⎠
1
⃗= 5
2

1. Effectuer, lorsque cela est possible, les produits deux à deux des matrices
suivantes.
2. Calculer .
3. En déduire la valeur de ∙ ⃗.

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CHAPITRE 2
DETERMINANT ET INVERSE D’UNE MATRICE
CARREE

1. Déterminants d’une matrice carrée

1.1. Déterminant d’une matrice carrée d’ordre 2

Soit la matrice carrée d’ordre 2 suivante :

Le déterminant de la matrice A est notée é ( ) et vaut :

é ( )= = − .

On calcule le déterminant en effectuant le produit des éléments situés sur la


diagonale principale auquel on retranche le produit des éléments de la diagonale
secondaire.

Interprétation géométrique :

Considérons les vecteurs ⃗ = ( , ) et ⃗ = ( , ) de ℝ dont les coordonnées sont


les réels des première et seconde colonnes de A, respectivement. Le déterminant
− représente alors l’aire algébrique du parallélogramme engendré par ⃗ et ⃗.

Exercice :

Calculer l’aire S du parallélogramme engendré par ⃗ = (2,1) et ⃗ = (1,2). L’aire à


calculer vaut :

2 1
= = 4 − 1 = 3 et le résultat étant positif, cela entraîne que la base ( ⃗, ⃗ )est .
1 2

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Corollaire : La famille de vecteurs ( , ) est liée si seulement si é ( , ) = 0 avec


la base = (⃗, ⃗).

( , ) est une base si é ( , ) ≠ 0.

THEOREME

 é est alterné pour tout ∈ , un espace vectoriel si et seulement si


é ( , ) = 0.
 é est antisymétrique si et seulement si :

∀( , ) ∈ , é ( , )=− é ( , )

 é ( )=1
 Soit une autre base de

∀( , ) ∈ , é ( , )= é ( )∙ é ( , )

1.2. Déterminant d’une matrice carrée d’ordre 3

Considérons la matrice carrée d’ordre 3 donnée par :

Le déterminant de A est noté é ( ) et vaut :

é ( )= = − +

= − +

1.3. Déterminant d’ordre n


Nous commençons d’abord par définir les notions de mineurs, de cofacteurs et de
comatrice.

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1.3.1. Mineur d’un élément

Si dans un déterminant d’ordre n on supprime la ligne et la colonne qui


contiennent un élément donné , on obtient un déterminant d’ordre − 1 appelé
le mineur de .

Exemple :
Soit le déterminant :

1 2 3
= 5 0 4
7 −2 1

Dans D, le mineur de l’élément 4 est le déterminant la ligne et la colonne de 4 et


on obtient
1 2
= −2 − 74 = −16.
7 −2

1.3.2. Comatrice et matrice adjointe d’une matrice carrée

En désignant par ∆ le mineur de l’élément , on appelle cofacteur de l’élément


le nombre défini par :
= (−1) ∆
Exemple :

1 2
=4 = (−1) × ∆ = (−1) × = −16.
7 −2

On appelle comatrice ou matrice des cofacteurs d’une matrice A et on note


com(A) la matrice carrée de même taille que A dont les éléments sont les
cofacteurs de A.

On appelle matrice adjointe de A et notée ( ) la transposée de la comatrice


de A. On a donc :
( )= ( ).

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Exemple
Soit

2 1
=
3 4

= (−1) ×4=4 ; = (−1) × 3 = −3 ; = (−1) × 1 = −1 ;


= (−1) ×2=2

La comatrice de A est :

( )= 4 −3
−1 2
et la matrice adjointe de A est :

( )= 4 −1
.
−3 2

Considérons une matrice carrée M d’ordre n. Pour toute ligne (respectivement


colonne) de M, le déterminant de M est égal à la somme des produits de chacun
des éléments de cette ligne (respectivement colonne) par son cofacteur. Ainsi,

é ( ) = (− ) ∆ + ⋯ + (− ) ∆ = +⋯+

é ( ) = (− ) ∆ + ⋯ + (− ) ∆ = +⋯+

Ce calcul est le développement du déterminant suivant cette ligne (respectivement


colonne).

Exemple :
Soit
5 1 −2
= 3 2 1
2 3 −2
Déterminons la comatrice de M notée com(M).
2 1
=5 ; ∆ = = −7 ; = (−1) × ∆ = (−1) × (−7) = −7
3 −2
3 1
=1 ; ∆ = = −8 ; = (−1) × ∆ = (−1) × (−8) = 8
2 −2

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3 2
= −2 ; ∆ = =5 ; = (−1) × ∆ = (−1) × (5) = 5
2 3

1 −2
=3 ; ∆ = =4 ; = (−1) × ∆ = (−1) × (4) = −4
3 −2

5 −2
=2 ; ∆ = = −6 ; = (−1) × ∆ = (−1) × (−6) = −6
2 −2

5 1
=1 ; ∆ = = 13 ; = (−1) × ∆ = (−1) × (13) = −13
2 3

1 −2
=2 ; ∆ = =5 ; = (−1) × ∆ = (−1) × (5) = 5
2 1

5 −2
=3 ; ∆ = = 11 ; = (−1) × ∆ = (−1) × (11) = −11
3 1

5 1
= −2 ; ∆ = =7 ; = (−1) × ∆ = (−1) × (7) = 7
3 2

d’où la comatrice de M est :

−7 8 5
( )= = −4 −6 −13
5 −11 7

La matrice adjointe de M est la transposée de la comatrice de M et on a :

−7 −4 5
( )= ( )= 8 −6 −11
5 −13 7

Développons le déterminant suivant la première ligne et suivant la 2e colonne.


Suivant la première ligne on a :

é ( )= + + = (−7) × 5 + 8 × 1 + 5 × (−2) = −37

Suivant la deuxième colonne par exemple on a :

é ( )= + + = 8 × 1 + (−6) × 2 + (−11) × 3 = −37

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1.4. Déterminant d’une matrice triangulaire

Le déterminant d’une matrice triangulaire A est le produit des éléments de sa


diagonale principale, c'est-à-dire :

é =

Exemple :

2 4 3 6
0 1 2 1
=
0 0 4 2
0 0 0 3

Le déterminant de cette matrice triangulaire supérieure est :

é ( ) = 2 × 1 × 4 × 3 = 24.

Théorème :
Une matrice diagonale ou triangulaire est inversible si et seulement si tous ses
éléments diagonaux sont non nuls.

1.5. Propriétés

Propriété 1
La valeur d’un déterminant est inchangée si l’on ajoute à une ligne
(respectivement une colonne) une combinaison linéaire des autres lignes
(respectivement des autres colonnes).
Exemple : Le déterminant de la matrice carrée M suivante :
5 1 −2
= 3 2 1
2 3 −2
reste inchangé si l’on additionne à la 2e ligne 3 fois la 1e ligne moins la 3e ligne
( = +3 − ):
5 1 −2 5 1 −2
é ( )= 3 2 1 = − = −37.
2 3 −2 2 3 −2

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Propriété 2
Lorsqu’on multiplie une ligne (ou une colonne) d’une matrice A par un coefficient
, alors la valeur de son déterminant est également multipliée par .

Les matrices
5 1 −2 5 1 −
= et = 3 2
2 3 −2 2 3 −

ont des déterminants égaux, respectivement, au double et au triple de é ( )


puisque =2 et =3 .

Par contre, si l’on multiplie toute la matrice M par 2, par exemple, cela revient à
multiplier chacune de ses trois lignes (ou de ses trois colonnes) par 2. Le
déterminant est alors multiplié par 2 × 2 × 2. Ainsi é (2 ) = 8 é ( ).

Retenons qu’en multipliant toute la matrice M par alors la matrice de


dimension (d’ordre n) a pour déterminant :

é ( )= é ( ).

Propriété 3

La valeur du déterminant est multipliée par −1 si l’on permute deux lignes (ou
deux colonnes).

Propriété 4
On a :
é = é ( ).
Propriété 5
é ( ) = é ( ) ∙ é ( ).

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2. Inverse d’une matrice carrée

2.1. Définitions et propriétés

Une matrice carrée d’ordre est dite inversible s’il existe une matrice carrée
de même taille, telle que ∙ = . Dans ce cas est dite .
Une matrice non inversible est dite è .

Si est inversible, son inverse est unique et est notée . La matrice est
également inversible et son inverse est la matrice .

Théorème
Si et sont deux matrices inversibles de même taille alors le produit ∙ est
inversible et son inverse est la matrice ∙ .

2.2. Condition d’inversibilité d’une matrice

Une matrice carrée est inversible si et seulement si son déterminant est non
nul. Dans ce cas, son inverse est égale à la transposée de la de M
divisée par le déterminant de .

= ∙ ( )
é ( )

Exercice
Déterminer, si elles existent, les inverses des matrices :
5 1 −2
4 −2
= et = 3 2 1
2 −1
2 3 −2
On a :

é ( ) = 4 − 2 = −4 + 4 = 0. La matrice est donc non inversible (elle est


2 −1
singulière).

Par rapport à la matrice , son déterminant était calculé et vaut – 37. Elle est
donc inversible.

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La comatrice de est :

−7 8 5
( ) = −4 −6 −13
5 −11 7

1 −7 −4 5 1 7 4 −5
= ∙ ( )= 8 −6 −11 = −8 6 11
é ( ) −37 37
5 −13 7 −5 13 −7

2.3. Propriété et théorèmes

Propriété
Une famille ( ⃗, ⃗, ⋯ , ⃗) est une base de ℝ si et seulement si :
é (( ⃗, ⃗, ⋯ , ⃗) ≠ 0.

Théorème :
Si A et B deux matrices carrées inversibles, alors :
 est inversible et ( ) =

 est inversible et = ( )
 est inversible et ( ) = ∙ .

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CHAPITRE 3
SYSTEMES LINEAIRES ET
MATRICES

1. Définition de systèmes linéaires

On appelle système de équations linéaires à inconnues le −


d’équations :
+⋯+ +⋯+ =

⎪ +⋯+ +⋯+ =

⋮ ⋮ ⋮ ⋮
( ):
⎨ +⋯+ +⋯+ =

⎪ ⋮ ⋮ ⋮ ⋮
⎩ +⋯+ +⋯+ =

où les coefficients et (1 ≤ ≤ 1 ≤ ≤ ) sont des nombres réels ou


complexes et où les inconnues sont ,⋯, ,⋯, .

La équation : + ⋯+ + ⋯+ = est notée et appelée ligne de


( ). On appelle système homogène un système dont tous les seconds membres
sont nuls (∀ ∈ [1, ], = 0).
Un système n’ayant aucune solution est dit impossible et un système ayant
plusieurs solutions est dit indéterminé.

Nous pouvons regrouper d’une part les inconnues en un vecteur et les éléments
des seconds membres en un vecteur . Ces deux vecteurs sont de dimension .
D’autre part, les coefficients forment la matrice carrée de taille du système.

Soit :

⋯ ⋯
⋯ ⋯
⎛⋮⎞ ⎛ ⎞ ⎛ ⋮ ⋮ ⋮ ⎞

=⎜ ⎟ ; =⎜ ⎟ ; =⎜ ⋯ ⋯ ⎟
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⋮ ⋮ ⋮ ⋮ ⋮
⎝ ⎠ ⎝ ⎠ ⎝ ⋯ ⋯ ⎠

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Le système ( ) est équivalent à :


= .
Résoudre (S) c’est trouver l’ensemble des matrices colonnes vérifiant = .
est appelée matrice du système ( ).

2. Résolution d’un système linéaire de équations

Soit (S) un système linéaire de équations et autant d’inconnues. Soit sa


matrice, le vecteur inconnu et B le vecteur second membre.
 Si est inversible, alors (S) a une solution unique qui peut s’écrire sous la
forme :
= ∙
 Si A n’est pas inversible, alors nous avons l’une des deux situations
suivantes :
 (S) admet une infinité de solutions ;
 (S) n’admet aucune solution.

3. Méthode du pivot de Gauss


a) On échange les lignes de telle sorte que le coefficient en , dans la
première ligne soit non nul. C’est notre pivot.
b) On soustrait à la deuxième ligne un multiple de la première ligne de telle
sorte que le coefficient en de la deuxième ligne soit nul.
c) On soustrait à la troisième ligne un multiple de la première ligne de telle
sorte que le coefficient en de la troisième ligne soit nul. On recommence
avec les lignes suivantes.
d) On échange les lignes de 2 à n de telle sorte que le coefficient en , dans la
deuxième ligne soit non nul.
e) On soustrait à la troisième ligne un multiple de la deuxième ligne de telle
sorte que le coefficient en de la troisième ligne soit nul. On recommence
avec les lignes suivantes.
f) On continue avec les autres variables, si pour une variable tous les
coefficients sont nuls, on passe à la variable suivante et on regarde cette

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variable comme un paramètre. On trouve à la fin un système triangulaire,


il suffit alors de « remonter » :

2 +2 + =2


Exemple : Résoudre +2 + = 1


⎩ −2 +2 =3
2 + 2 + =2
2 +2 + =2 ⎧
⎧ ⎪
⎪ 1
+2 + = 1 ⟺ + = 0
⎨ ⎨ 2
⎪ ⎪ 3
⎩ −2 +2 =3 −3 + =2
⎩ 2
2 + 2 + =2 2
⎧ ⎧ =
⎪ ⎪ 3
1 1
⟺ + = 0⟺
⎨ 2 ⎨ =−
⎪ ⎪ 3
⎩ 3 =2 ⎩ =1

4. Théorème
Soit une matrice carrée d’ordre n. A est inversible si et seulement si pout tout
de ℳ , ( ) le système = possède une solution unique.

Exercice :
On donne
2 1 1
= 4 1 0
−2 2 1
est – elle inversible ? Si oui, calculer .
En effet, soit

= et =

2 + + =
= ⇔ 4 + =
−2 + 2 + =

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2 + + =
← −2
− −2 = −2
← +
3 +2 = +
2 + + =
− −2 = −2
← +3
−4 = −5 + 3 +

1 1 1
⎧ = + −
⎪ 8 8 8
1 1 1
donc (S) ⇔ =− + +
⎨ 2 2 2
⎪ 5 3 1
⎩ = − −
4 4 4

La solution existe et est unique alors A est inversible et on a :

1 1 1

⎛ 81 8
1 1
8

= ⎜− ⎟.
⎜ 2 2 2 ⎟
5 3 1
⎝ 4 − − ⎠
4 4

5. Opérations élémentaires sur les lignes d’un système

On appelle opération élémentaire sur un système, le fait d’échanger deux lignes,


de multiplier une ligne par un réel non nul, ou d’ajouter à une ligne le multiple
d’une autre. Il faut faire bien attention à ne faire qu’une opération élémentaire à
la fois.

C’est toute opération de l’un des types suivants :


↔ ( ≠ ) : échange des deux lignes et .
← ( ≠ 0) : multiplication de la ligne par le nombre non nul.

← + ( ≠ ) : addition d’un multiple de la ligne à la ligne .

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Théorème :
On obtient un système équivalent à (S) en effectuant l’une des opérations
suivantes :
↔ ( ≠ )
← ( ≠ 0)
← + ( ≠ )

← + ( ≠ 0)

← + .

Théorème :
Les systèmes suivants sont équivalents :

⎧⋮

et
⋮ ⎨ +
⎪⋮
⎩ +

6. Opérations élémentaires sur les lignes et les colonnes d’une matrice

Par analogie avec les opérations élémentaires sur les lignes d’un système (S), on
définit les opérations élémentaires sur les lignes d’une matrice carrée A de type
( , ).

← : multiplication par de la ligne ( ≠ 0)

↔ : échange de la et de la ligne.

← + : addition à la ligne de la ligne multipliée par ( ≠ ).

On définit de façon analogue les opérations élémentaires sur les colonnes de :

↔ ; ← ; ← + .

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Théorème :

On peut remarquer certaines propriétés du déterminant à deux lignes et deux


colonnes, qui seront encore vraies en dimension quelconque :

1. Le déterminant est linéaire par rapport à chacune des colonnes.


2. Le déterminant est linéaire par rapport à chacune des lignes.
3. Si l’on échange deux lignes alors le déterminant change juste de signe.
4. Si deux vecteurs colonnes sont colinéaires le déterminant est nul.

Théorème

Le déterminant a les propriétés suivantes :

1. Le déterminant reste inchangé lorsque l’on ajoute à une colonne le multiple


d’une autre colonne.
2. Lorsque l’on échange la place de deux colonnes le déterminant est multiplié
par -1.

Théorème

1. Le déterminant d’une matrice est nulle si et seulement si ses colonnes ne


forment pas une base de ℝ .
2. Le déterminant du produit de deux matrices carrées est égal au produit des
déterminants des deux matrices.

( ) = ( ) ( )

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CHAPITRE 4
Matrices et applications linéaires

1. Espaces et sous-espaces vectoriels

1.1. Définitions

L’ensemble désigne l’ensemble des réels ℝ ou l’ensemble des nombres


complexes ℂ. On appelle espace vectoriel sur ou -espace vectoriel, tout
ensemble non vide muni :

 d’une addition telle que


 ∀( ⃗, ⃗ ) ∈ , ( ⃗ + ⃗) ∈
 ∀( ⃗, ⃗ ) ∈ , ( ⃗ + ⃗) = ⃗ + ⃗
 ∀( ⃗, ⃗, ⃗) ∈ , ( ⃗ + ⃗ + ⃗) = ( ⃗ + ⃗ ) + ⃗
 ∃0 ∈ ∀ ⃗ ∈ , ( ⃗ + 0) = ⃗
 ∀⃗ ∈ ,∃⃗ ∈ ⃗′ + ⃗ = 0 ⃗ = − ⃗.

 d’une multiplication par un scalaire telle que


 ∀⃗ ∈ ,∀ ∈ , ⃗∈
 ∀( ⃗, ⃗ ) ∈ , ∀( ; ) ∈
( + )⃗ = ⃗ + ⃗
( ⃗ + ⃗) = ⃗ + ⃗
( ⃗) = ( )⃗
1 ⃗ = ⃗.

Les éléments de sont appelés vecteurs. Les éléments de sont les scalaires. 0
est le vecteur nul de , − ⃗ est l’opposé de ⃗.

On peut donner quelques exemples d’espaces vectoriels :


- ℝ , ℝ , et plus généralement ℝ .
- ℂ.
- L’ensemble des suites réelles.
- L’ensemble des fonctions de ℝ dans ℝ.

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- L’ensemble des polynômes.


- L’ensemble des fonctions dérivables de ℝ dans ℝ.

THEOREME
Pour tout ( ⃗, ⃗ ) ∈ et tout ( , ) ∈
 ⃗=0⇔ =0 ⃗=0
 − ⃗ = (−1) ⃗
 ⃗ − ⃗ = ⃗ + (− ⃗ )
 ( ⃗ − ⃗) = ⃗+ ⃗
 ( − )⃗= ⃗− ⃗

1.2. SOUS ESPACE VECTORIEL


Soit un espace vectoriel sur . On appelle sous-espace vectoriel toute partie
non vide de :
 Stable pour l’addition de
∀( ⃗, ⃗ ) ∈ , ( ⃗ + ⃗) ∈
 Stable pour la multiplication par un scalaire
∀( , ⃗ ) ∈ × , ⃗∈
Autrement dit :
- Une partie non vide de est un sous espace vectoriel (SEV) si la somme
de deux vecteurs quelconques de appartient à et le produit d’un
vecteur de par un réel quelconque appartient encore à . (un SEV est un
espace vectoriel).
∀ ⃗, ⃗ ∈ , ⃗+ ⃗∈

∀ ∈ ℝ, ∀ ⃗ ∈ , ⃗∈

1.3. CARACTERISATION DES ESPACES VECTORIELS


est un sous ensemble de -espace vectoriel si et seulement si :

≠∅
∀( ⃗, ⃗ ) ∈ , ∀( , ) ∈ , ( ⃗ + ⃗)

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Exemples
L’ensemble ℝ muni de l’addition et de la multiplication par un scalaire est un
espace vectoriel sur ℝ et est noté (ℝ , +, −,∙).

Théorème
Si sont deux sous-espaces vectoriels de alors ∩ est un sous-espace
vectoriel de .

2. Familles de vecteurs
2.1. Combinaison linéaire
Soit { ⃗, ⃗, … … . ⃗}, une famille de vecteurs d’un sous espace vectoriel.
Un vecteur ⃗ ∈ est dit combinaison linéaire de vecteur ⃗, ⃗, … … . ⃗ si il existe
, , ………….. ∈ telle que ⃗ = ⃗+ ⃗ +⋯+ ⃗

Exemple : ⃗ = 3 ⃗ + 4 ⃗ .

On appelle combinaison linéaire dégénérée des vecteurs ⃗, ⃗, … … . ⃗ le vecteur


nul écrit ainsi :

0⃗ = ⃗

2.2. Dépendance linéaire


Soit { ⃗, ⃗, … … . ⃗} une famille vectorielle d’un sous espace vectoriel .
Un des vecteurs ⃗ peut être exprimé en fonction des vecteurs { ⃗, ⃗, … … . ⃗}, si il
existe ( , , ………….. ) ≠ (0,0, … . ,0) telle que ⃗+ ⃗+ ⋯+ ⃗= ⃗.

Une suite de vecteurs ( ⃗, ⃗, … … … . ⃗) de est libre si la seule combinaison


linéaire des ( ⃗, ⃗, … … … . ⃗) égale au vecteur nul est la combinaison linéaire
dégénérée :

∀( , , ………….. ); ⃗+ ⃗+⋯+ ⃗= ⃗⟹ = =⋯= =0

On dit aussi que les vecteurs ⃗, ⃗, … … … … ⃗ sont linéairement indépendants.

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On appelle sous-espace vectoriel (SEV) engendré par la famille de vecteurs


( ⃗, ⃗, … … … … . ⃗) l’ensemble des combinaisons linéaires de ces vecteurs :

( ⃗, ⃗, … … … … . ⃗) = ⃗;∀ ; ;……; ∈ℝ

Dans le cas contraire on dit que la famille de vecteurs ou le système de vecteurs


est lié ou que les vecteurs ⃗, ⃗, … … … … ⃗ sont linéairement dépendants.

2.3. BASES ET DIMENTIONS D’UN ESPACE VECTORIEL


On appelle base d’un espace vectoriel toute famille de vecteurs de E à la fois libre
et générateur.

On dit qu’un système est générateur si tout vecteur du système s’exprime en


combinaison linéaire des autres vecteurs du système.

Supposons que possède une base fermée de . Cet entier est appelé
dimension de et on note dim( ) = .

Définitions
Un espace vectoriel de dimension 1 est appelé droite vectorielle. On appelle
plan vectoriel tout espace vectoriel de dimension 2.

Exemples :
 =
 [ ]=
+ 1. On note [ ] l ensembledes ploynômes à une indéterminée et à
coef icients dans . On appelle polynôme à une indéterminée et à
coefficients dans toute expression de la forme :
 = + + ⋯+ =∑ .
 ℳ , ( )= .

Théorème
Si possède une base à éléments alors toutes les bases de possèdent
exactement éléments. On dit alors que E est de dimension et on écrit
dim( ) = .

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Si est de dimension et ( ⃗, ⃗, … … ⃗) est une famille libre alors ( ⃗, ⃗, … … , ⃗)


est une base de E.

Si est de dimension et ( ⃗, ⃗, … … ⃗) = alors ( ⃗, ⃗, … … … ⃗) est une


base de E.

Si E est de dimension n et ( ⃗, ⃗, … … … ⃗) est une famille libre, alors il existe


( ⃗, … … ; ⃗) tel que ( ⃗, ⃗, … ⃗) soit une base de .
Soient et deux sous espaces vectoriels si ⊂ et = alors
= .

Définition
On dit que la somme + de 2 sous-espaces vectoriels et est directe si
∩ = 0⃗ . On note alors + = ⨁ .

Théorème
Soit E un espace vectoriel et F, G et H trois sous espaces vectoriels dans E. On dit
que F et G sont supplémentaires dans H ou que G est un supplémentaire de F
dans H si = ⨁ .

Théorème
Soit E un espace vectoriel de dimension finie, F et G deux sous espaces vectoriels
de E. Alors, ( + )= − ( ∩ )+ .
Par conséquent, si F+G est directe alors ( + )= + .

3. Application linéaire

3.1. Définitions
Une application définie de l’espace vectoriel ℝ vers l’espace vectoriel ℝ est dite
linéaire si l’on a :
∀ ⃗, ⃗ ∈ ℝ ( ⃗ + ⃗ ) = ( ⃗) + ( ⃗)
∀ ⃗ ∈ ℝ ,∀ ∈ ℝ ( ∙ ⃗) = ∙ ( ⃗ ).
L’ensemble des applications linéaires de dans est notée ℒ ( , ).
 est une forme linéaire si est une application linéaire de dans .

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 est un endomorphisme de si est une application de dans .


L’ensemble des endomorphismes de est notée ℒ ( ).
 est un isomorphisme de dans si est une application linéaire bijective
de dans .
 2 espaces vectoriels et sont dits isomorphes s’il existe un isomorphisme
de dans .
 est un automorphisme de si est un isomorphisme de ⟶ .
l’ensemble des automorphismes de est notée ( ) .
(0) = 0
 Si linéaire de si alors (− ) = − ( )
( − )= ( )− ( )

3.2. Théorèmes
Théorème 1
Si est linéaire de dans et linéaire de dans alors est linéaire de
dans ; en particulier si et sont 2 endomorphismes de , est un
endomorphismes de .

Théorème 2
Si et sont linéaire de dans , ℎ linéaire de dans alors :
ℎ ( + )=ℎ + et (ℎ + ) =ℎ + .

Théorème 3
Si est un isomorphisme de dans alors est un isomorphisme de dans
E.
Si est un isomorphisme de dans et un isomorphisme dans alors
est un isomorphisme de dans et ( ) = .

3.3. Formule du binôme de Newton


Si et sont 2 endomorphisme de telle que = ,on a

( + ) =

= ………………
= =

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4. Matrice d’une application linéaire

4.1. Bases canoniques

On appelle base de ℝ une famille = ( ⃗, ⃗, ⋯ , ⃗) de vecteurs telle que tout


vecteur ⃗ de ℝ s’exprime de manière unique dans cette base sous la forme :
⃗= ⃗+ ⃗+ ⋯+ ⃗ ù , ,⋯, sont les coordonnées du vecteur ⃗ dans la
base et l’on note :

⃗=

L’indice B pourra être supprimé de la colonne des coordonnées si la base est bien
définie. Ce sera en particulier le cas s’il s’agit de la base naturelle de ℝ dite aussi
base canonique.

La base canonique de ℝ est formée par les vecteurs ⃗ = (1,0) et ⃗ = (0,1) c’est-à-
dire la base canonique de ℝ est :

{(1,0) ; (0,1)}

La base canonique de ℝ comprend les vecteurs ⃗ = (1,0,0) et ⃗ = (0,1,0) et


⃗ = (0,0,1) c’est-à-dire la base canonique de ℝ est :
{(1,0,0) ; (0,1,0) ; (0,0,1)}
D’une manière générale, on appelle base canonique de ℝ , la famille (⃗ , ⃗ , … , ⃗ )
où ⃗ est le n-uplet dont toutes les composantes sont nulles sauf la k-ième :
⃗ = (1,0, … , 0) ; ⃗ = (0,1, … , 0); … ; ⃗ = (0, … , 0,1)
Exercice :
On considère le vecteur ⃗ = (2,3) ℝ . Déterminer ces coordonnées dans la base
canonique puis dans la base formée des vecteurs ⃗ = (1,2) ⃗ = (2,1). On
admettra que ces deux vecteurs forment bien une base de ℝ .
En effet, notons = (⃗, ⃗) la base canonique de ℝ . On a, en utilisant
successivement l’addition vectorielle et la multiplication extérieure.
⃗ = (2,3) = (2,0) + (0,3) = 2 ∙ (1,0) + 3 ∙ (0,1) = 2⃗ + 3⃗.

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Les coordonnées de ⃗ dans la base canonique sont donc tout simplement ses
composantes :
2
⃗= .
3
Cette propriété se généralise à tout vecteur de ℝ dans labase canonique de cet espace.
Il n’en est pas de même dans les autres bases.
Notons la base ( ⃗, ⃗) et soient et les coordonnées de ⃗ dans cette base. On
a:
⃗= ⃗+ ⃗= ∙ (1,2) + ∙ (2,1) = ( + 2 , 2 + ) = ( + 2 )⃗ + (2 + ) ⃗
Nous allons donc résoudre le système :
+2 =2
2 + =3
qui fournit alors les solutions :
4
⎧ =
⎪ 3

⎪ =1
⎩ 3
soit
4
⃗= 3 .
1
3

4.2. Détermination de la matrice d’une application linéaire


Considérons deux bases = ⃗, ⃗, ⋯ , ⃗ de ℝ et = ⃗, ⃗, ⋯ , ⃗ de ℝ . Alors

un vecteur de ℝ admettant les coordonnées :

s’écrit :
⃗= ⃗+ ⃗+⋯+ ⃗.
Si est une application linéaire de ℝ vers ℝ , alors on a :
( ⃗) = ⃗+ ⃗+⋯+ ⃗
( ⃗) = ( ⃗) + ( ⃗) + ⋯ ⃗ ( è éé é é)
( ⃗) = ( ⃗) + ( ⃗) + ⋯ ⃗ ( éé é é).

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 36


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La valeur de ( ⃗) est donc connue dès lors que sont connues les coordonnées de
⃗ ainsi que les images des vecteurs de la base . Les images d’une application
linéaire peuvent donc toutes être calculées une fois que l’on connaît les images
des vecteurs de base.

Supposons donc que les images de ⃗, ⃗, ⋯ , ⃗ soient connues. Ces images étant
dans ℝ , elles se décomposent dans la base . Notons les coordonnées de ( ⃗)
dans sous la forme :

( ⃗) = ⋮

le second indice (ici égal à 1) permet de préciser qu’il s’agit de l’image du premier
vecteur de base ( ⃗), le premier indice indique le vecteur de la correspondant à
la coordonnée considérée. Ainsi est la coordonnée de ( ⃗) sur le vecteur ⃗.

De même, on pose :

( ⃗) = ,⋯, ⃗ = .
⋮ ⋮

Les × coordonnées précédentes ( coordonnées pour chacun des vecteurs de


la base ) déterminent complètement l’application linéaire . Nous regroupons
ces réels en formant une matrice de taille × où l’on inscrit, colonne par
colonne, les coordonnées de ( ⃗), ( ⃗), ⋯ , ⃗ dans la base .

( ⃗) ( ⃗) ⃗

⋯ ⋯
⋯ ⋯
⎛ ⋮ ⋮ ⋮ ⋮⎞
=⎜ ⋯ ⋯ ⎟
⎜ ⎟
⋮ ⋮ ⋮ ⋮
⎝ ⋯ ⋯ ⎠

pour obtenir la matrice représentative de l’application linéaire dans les bases


( , ). La taille de cette matrice est égale à la dimension de l’espace d’arrivée
multipliée par celle de l’espace de départ.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 37


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Reprenant la relation :

( ⃗) = ( ⃗) + ( ⃗) + ⋯ ⃗ on obtient alors ( ⃗) = ∙ ⃗

La matrice d’une application linéaire peut être notée ( ).

4.3. Propriétés
Propriété 1
Les coordonnées de l’image d’un vecteur ⃗ par une application linéaire dans la
base d’arrivée sont obtenues en calculant le produit de ses coordonnées dans
la base de départ par la matrice représentative de dans les bases ( , ):
( ⃗) = ∙ ⃗
Propriété 2
Soit une application linéaire de ℝ vers ℝ et une application linéaire de ℝ
vers ℝ . Soient , et trois bases de ℝ , ℝ et ℝ , respectivement. On
désigne par la matrice de dans les bases ( , ) et la matrice de dans les
bases ( , ). Alors ℎ = est une application linéaire de ℝ vers ℝ et sa
matrice dans les bases ( , ) est le produit ∙ .

Propriété 3
Soit une application linéaire de ℝ vers ℝ . L’application linéaire est dite
bijective si pour tout vecteur ⃗ de ℝ il existe un vecteur unique ⃗ de ℝ tel que
⃗ = ( ⃗). Dans ce cas on peut définir l’application linéaire réciproque de ℝ
vers ℝ par la formule :

( ⃗) = ⃗ ⟺ ( ⃗) = ⃗.

La matrice représentative de dans la base est alors l’inverse de la


matrice .

Propriétés
 On appelle matrice de relativement aux bases = { ⃗, … … ; ⃗} et ′ , la
matrice dont les colonnes sont les coordonnées des ( ) dans la base ′. Si
= ′ on dit juste que est la matrice de dans la base .

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 38


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 Soit f une application linéaire de matrice M relativement aux bases et ′.


Si est la matrice colonne du vecteur ⃗ dans et est la matrice colonne
du vecteur ( ⃗) dans ′ alors on a la relation très importante suivante :
=

 Si est la matrice de relativement aux bases et ′ et est la matrice


de relativement aux bases ′ et ′′ alors est la matrice de ∘
relativement aux bases ′ et .
 = → une application linéaire est bijective ssi l’image d’une base est
une base. Dans ce cas sa réciproque est aussi linéaire. En particulier
une base de E et une base de F doivent avoir le même nombre d’éléments.
Si = et ∘ = alors est bijective et = .

5. Noyau et image d’une application linéaire


Soit une application linéaire de ℝ vers ℝ . On appelle :
 noyau de et on note ( ) l’ensemble des vecteurs de ℝ dont l’image par
est le vecteur nul.
( )= ∈ ℝ / ( ⃗) = 0⃗
( )= 0⃗ .
 Image de l’ensemble des vecteurs de ℝ ayant un antécédent dans ℝ par
. Elle est notée ( ) et :
( ) = { ⃗ ∈ ℝ /∃ ⃗ ∈ ℝ , = ( )}
( ) = (ℝ )

Exemple : Si ( ; ) = + 2 alors ( ) est la droite d’équation + 2 = 0 et


= ℝ.

 ( ) est un sous espace vectoriel ℝ


 ( ) est sous espace vectoriel ℝ .

 est injective ⟺ ( ) = 0⃗ .
 est surjective ⟺ ( )=ℝ .

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 39


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 Soit une application linéaire de dans . Si est un sous-espace


vectoriel de E alors ( ) est un sous-espace vectoriel de F.
 Soient ∈ℳ , (ℝ) et l’application linéaire canoniquement associé à .
Résoudre le système homogène = 0, c’est déterminer le noyau de c'est-
à-dire =0⟺ ( ) = 0.

Exercice
On considère l’application linéaire de ℝ vers ℝ dont la matrice dans les bases
canoniques ( , ) de ℝ et ℝ est :
2 6 −4
= .
1 3 −2
Déterminer le noyau et l’image de .

Résolution
Soit ⃗ = ( , , ) un élément du noyau de . On a alors :
2 +6 −4 =0
( ⃗) = ∙ ⃗, soit
+3 −2 =0
Ces deux équations sont équivalentes (la première est le double de la seconde) et
l’ensemble des vecteurs du noyau vérifie donc 2 + 3 + 2 = 0 (qui est l’équation
d’un plan dans ℝ .

Image de
Soit ⃗ = ( , ) un vecteur de ℝ . Pour que ⃗ ∈ ( ) il doit avoir un antécédent
⃗ = ( , , ) dans ℝ et on doit avoir donc :
=2 +6 −4

= +3 −2
On obtient − 2 = 0.
L’image de est donc l’ensemble des vecteurs de ℝ tels que − 2 = 0 qui est
l’équation d’une droite vectorielle dans le plan ℝ .

Théorèmes :
Si est une application linéaire alors ( ) et ( ) sont des SEV.
Une application linéaire est entièrement déterminée par l’image d’une base.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 40


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Théorème :
Soit ∶ → une application linéaire, on a la relation suivante :
( ) = ( ( )) + ( ( ))

6. Rangs

6.1. Rang d’une application linéaire

Soient et deux espaces vectoriels de dimension finie, et une application


linéaire de dans .

On appelle rang de la dimension de ( ). On note ( ) = dim ( ).

THEOREME

On a :
( )= − ( )
( )≤
( )≤
⟺ ( )=
⟺ ( ) = dim
dim = dim = , ⟺ ( )= .

Théorème
Soit un endomorphisme de E dans E. L’application :
( , ) ↦ é ( ( ), ( ))
est une forme bilinéaire alternée sur s’il existe ∈ tel que :
∀( , ) ∈ , é ( ( ), ( )) = é ( , ).

6.2. Rang d’une matrice

Soit ∈ℳ , ( ) et l’application linéaire de dans canoniquement associée


à . On appelle rang de la matrice le rang de . On note ( )= ( ).

On appelle rang d’une matrice la dimension de l’espace engendré par ses vecteurs
colonnes.

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Soit une application linéaire de matrice relativement à deux bases, alors le


rang de M est égal à la dimension de l’image de .

THEOREME
 ∈ℳ , ( ), ( )≤ ( )≤

 ∈ℳ ( )( é ), ⟺ ( )= .
 ∶ ( )= ( ).

On donne une matrice A :


⋯ ⋯
⋯ ⋯
⎛ ⋮ ⋮ ⋮ ⋮ ⎞
=⎜ ⋯ ⋯ ⎟
⎜ ⎟
⋮ ⋮ ⋮ ⋮
⎝ ⋯ ⋯ ⎠

On appelle rang de la matrice A l’ordre le plus élevé d’un de ses mineurs


différents de 0.

Si tous les éléments de la matrice sont nuls, alors ( ) = 0.


Tout mineur non nul dont l’ordre est égal au rang de la matrice à laquelle il
appartient est appelé mineur de base.
Désignons par ( ) le rang de la matrice A et ( ) le rang de la matrice B. Si
( )= ( ), on dit que les matrices A et B sont équivalentes et on a : ~ .

Remarque
Il est utile d’avoir en vue que le rang d’une matrice ne varie pas à la suite des
transformations élémentaires suivantes :
 Remplacement des lignes par des colonnes et des colonnes par des lignes
correspondantes.
 Transposition des lignes de la matrice.
 Suppression d’une ligne dont tous les éléments sont nuls.
 Multiplication d’une ligne quelconque par un nombre non nul.
 Addition aux éléments d’une ligne, des éléments correspondants d’une
autre ligne.

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Exemple :
Soit :
1 0 0 0 5
= 0 0 0 0 0
2 0 0 0 11
1 0 0 0 5 1 5
~ ~
2 0 0 0 11 2 11
Et :
1 5
=1≠0
2 11
alors ( ) = 2.

THEOREME
Si ∈ℳ , ( ) est de la forme :


⋱ (0) (0)
⎛ ⎞
⎜ ⋮ ⋱ ⎟
⎜ ∗ ⎟
⎜ ⋮ (0) ⎟
⋮ ⋮ (0)
⎝ ⋯ ⎠

ù ∗ é ,
( )= .

Théorèmes
Soient E un espace vectoriel de dimension n, B une base de E et une famille de
vecteurs de E. Soit A la matrice de dans la base B.
 ( )= ( )
 ( )= ≤ , .
 ( )= ≤ , é é .
 ( )= = , .

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CHAPITRE 5
DIAGONALISATION DES MATRICES CARRÉES ET
DES ENDOMORPHISMES EN DIMENSION FINIE

1. Changement de bases

1.1. Matrice de passage

Considérons une base dite ancienne base ℬ = ( ⃗, ⃗, ⋯ , ⃗) et une nouvelle base

ℬ = ⃗, ⃗, ⋯ , ⃗ de ℝ .

Écrivons les coordonnées de chacun des éléments de ℬ dans ℬ. On a donc pour

le vecteur ⃗ :

⃗= ⃗+ ⃗+⋯+ ⃗= .

De même,

⃗= ⃗+ ⃗+⋯+ ⃗= ,⋯, ⃗ = ⃗+ ⃗+ ⋯+ ⃗= .
⋮ ⋮
ℬ ℬ

Nous pouvons les regrouper, en les juxtaposant, ces colonnes en une matrice :



= ⋮ ⋮ ⋱ ⋮

appelée de ℬ à ℬ et formée des coordonnées des vecteurs de la


nouvelle base dans l’ancienne base. Cette matrice est une matrice carrée d’ordre
, inversible. Retenons donc que la ℬ à ℬ est la matrice de
ℬ dans la base ℬ.

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1.2. Formules de changement de bases


1.2.1.Formules de changement de bases pour les coordonnées d’un
vecteur

Soit un espace vectoriel de bases ℬ et ℬ et la ℬ à ℬ . Soit


la matrice des coordonnées d’un vecteur ⃗ ∈ dans la base ℬ et la matrice
des coordonnées du même vecteur dans la base ℬ . On a :
= .
Pour obtenir les nouvelles coordonnées en fonction des anciennes, il suffit
d’inverser cette relation : =P X.

1.2.2. Formules de changement de bases pour la matrice d’un


endomorphisme
Soit une application linéaire de ℝ vers lui-même (donc un endomorphisme). Si
et désignent les matrices représentatives de dans les bases ℬ et ℬ c'est-à-
dire :
= ( ) = ( ).
ℬ ℬ

On a donc :
=P ∙M∙P
La matrice de passage notée de ℬ à ℬ s’obtient en écrivant en colonne les
coordonnées de ℬ dans la base ℬ. Si est la matrice de passage de ℬ à ℬ ,
est la matrice de passage de ℬ à ℬ.

Exercice
Soit l’application linéaire de ℝ vers lui-même, dont la matrice dans la base
canonique ℬ = (⃗, ⃗) est donnée par :
2 −1
= .
3 0
Déterminer sa matrice dans la base ℬ = ( ⃗, ⃗) avec ⃗ = (3,2) et ⃗ = (5,3).
En effet,
3 5
⃗= et ⃗ = . La matrice de passage de ℬ à ℬ est donc :
2 ℬ 3 ℬ

3 5
=
2 3
dont l’inverse est :

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−3 5
=
2 −3
La matrice de dans la base ℬ est alors :
33 54
=P ∙M∙P=
−19 −31

1.2.3. Matrices semblables

Deux matrices et , carrées d’ordre , sont dites semblables s’il existe une
matrice carrée d’ordre inversible telle que :
=P ∙M∙P
Exercice
Soit E un espace vectoriel de dimension 3, de base ℬ = ( ⃗, ⃗, ⃗). Soit :
⃗ = ⃗+ ⃗, ⃗= ⃗+ ⃗ , ⃗ = ⃗ + ⃗.

a) Montrer que ℬ = ⃗, ⃗, ⃗ est une base de .

b) Soit un endomorphisme de E tel que


0 1 1
1 1 1
⎛− − ⎞
( )=⎜ 2 2 2⎟

1 1 1

⎝ 2 2 2⎠
Déterminer
( ).

2. Réduction des endomorphismes

2.1.1.Eléments propres d’un endomorphisme

Exercice introductif
Soit une application linéaire de ℝ dans ℝ dont la matrice, dans la base
canonique ℬ = (⃗, ⃗) est donnée par :
−1 2
.=
2 2
Considérons les vecteurs ⃗ et ⃗ tels que ⃗ = (−2,1) et ⃗ = (1,2). On a :
( ⃗) = ∙ ⃗ = (4, −2) = −2 ⃗
( ⃗) = ∙ ⃗ = (3,6) = 3 ⃗.

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Nous constatons alors que ⃗ et ⃗ sont colinéaires à leurs images respectives par
. Si nous considérons la base ℬ formée par ⃗ et ⃗, alors la matrice de dans ℬ
s’écrit :
−2 0
= .
0 3
En utilisant les résultats sur le changement de base, nous pouvons écrire :
=P ∙M∙P
où :
−2 1
=
1 2

est la matrice de passage de la base ℬ à la base ℬ . Nous constatons que, dans la


base ℬ′ la matrice de est plus simple car elle est diagonale.

Les images des vecteurs de ℬ′ leurs sont colinéaires. A cause de cette propriété
particulière de colinéarité entre ⃗ et ( ⃗) d’une part, ⃗ et ( ⃗) d’autre part, nous
disons que ⃗ et ⃗ sont des vecteurs propres de et de M et que les coefficients
de proportionnalité entre ces vecteurs et leurs images respectives (c'est-à-dire -2
et 3) sont des valeurs propres de et de M.

Définition 1
Soit ℬ une base de ℝ et un endomorphisme de ℝ dont la matrice, dans la
base ℬ est . Un vecteur non nul ⃗ de ℝ est appelé vecteur propre de (ou de
) si ( ⃗) est colinéaire à ⃗. Dans ce cas ( ⃗) = ⃗ où est la valeur propre de
(ou de ) associée à ⃗.

Soit E un −

On appelle donc vecteur propre d’un endomorphisme de E tout vecteur non


nul ⃗ tel qu’il existe ∈ vérifiant ( ⃗) = ⃗. On pose :

( ) = { ⃗ ∈ / ( ⃗) = ⃗} = ( − ).

On appelle valeur propre d’un endomorphisme de E tout scalaire ∈ tel qu’il


existe un vecteur non nul ⃗ ∈ vérifiant ( ⃗) = ⃗.

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NB : Si est valeur propre de , ( ) est appelé sous-espace vectoriel de


associé à la valeur propre .

2.1.2. Diagonalisation d’un endomorphisme


2.1.2.1. Définitions
Considérons le cas particulier où l’on peut trouver vecteurs propres ⃗, ⃗, ⋯ , ⃗
formant une base ℬ , associés respectivement, à des valeurs propres , ,⋯, .
Dans ce cas la matrice ′ de dans la base ℬ est diagonale et ses éléments
diagonaux sont les réels , ,⋯, .

On a alors la relation =P ∙ M ∙ P où est la matrice de passage de ℬ à ℬ . la


matrice est dite diagonalisable car elle est semblable à une matrice diagonale
M’.

2.1.2.2. Théorème :
Soit E un espace vectoriel de dimension finie et un endomorphisme de E.
 L’endomorphisme est diagonalisable s’il existe une base de E dans
laquelle la matrice de est diagonale.
 est diagonalisable si et seulement s’il existe une base de E formée de
vecteurs propres de .

2.1.2.3. Condition suffisante de diagonalisation


Soit E un espace vectoriel de dimension et un endomorphisme de E. Si
admet valeurs propres deux à deux distinctes alors est diagonalisable et
tout sous-espace vectoriel de est de dimension 1.

3. Diagonalisation d’une matrice carrée

3.1. Eléments propres d’une matrice carrée


Soit une matrice carrée d’ordre .
 On appelle valeur propre de , tout scalaire ∈ tel qu’il existe une
matrice colonne non nulle vérifiant = .

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 On appelle vecteur propre de toute matrice colonne ∈ ℳ , ( ) on nulle


telle qu’il existe ∈ vérifiant = .
Remarques :
 est valeur propre de si et seulement si ( − ) n’est pas inversible.
 Toute matrice carrée d’ordre admet au plus valeurs propres distinctes.
 est inversible si et seulement si 0 n’est pas valeur propre de .
 Pour diagonaliser une matrice il faut donc trouver les valeurs propres et
une base de vecteurs propres d’une application linéaire de matrice .

3.2. Polynôme caractéristique


Etant donné une matrice carrée d’ordre , on appelle polynôme
caractéristique de et on note ( ) le déterminant de la matrice ( − I ).
( ) est un polynôme de degré et ses racines sont les valeurs propres de . On
trouve ( ) en rajoutant des – sur la diagonale de et en calculant le
déterminant obtenu. Ainsi,
( ) = é ( − I ).
Soit :
⋯ − ⋯
⋯ − ⋯
= . ( )=
⋮ ⋮ ⋱ ⋮ ⋮ ⋮ ⋱ ⋮
⋯ ⋯ −

3.3. Théorèmes
 La matrice est diagonalisable si elle est semblable à une matrice
diagonale telle que :
= ∙ ∙ . = ∙ ∙
Diagonaliser consiste à déterminer et .
 La matrice est trigonalisable si elle est semblable à une matrice
triangulaire telle que = ∙ ∙ = ∙ ∙
Trigonaliser consiste à déterminer et .

3.4. Algorithme de diagonalisation


Etape 1 : Trouver le polynôme caractéristique ( ) de la matrice A :
( ) = é ( − I ).

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Etape 2 : Trouver les racines de ( ) = 0 pour obtenir les valeurs propres de A.


Etape 3 : Pour chaque valeur propre ainsi trouvée, faire a) et b) :
a) Former la matrice = − I
b) Trouver une base de l’espace des solutions du système homogène
=0 ( − I ) =0 (les vecteurs de bases sont des
vecteurs propres linéairement indépendants de A, associés à .
Etape 4 : Considérer l’ensemble :

= ⃗, ⃗, ⃗, ⋯ , ⃗ de tous les vecteurs propres obtenus à l’étape 3.

a) Si ≠ , alors la matrice A n’est pas diagonalisable.


b) Si = , soit la matrice dont les colonnes sont les vecteurs
⃗, ⃗, ⃗, ⋯ , ⃗ alors = ∙ ∙ soit
0 ⋯ 0
0 ⋱ ⋮
=
⋮ ⋱ ⋱ 0
0 ⋯ 0
où les sont les valeurs propres associées aux vecteurs propres ⃗.

3.5. Propriétés et théorème

Propriété 1
Soit une matrice carrée A d’ordre 2 et ( ) son polynôme caractéristique qui est
donc de degré 2. Alors, on a 3 possibilités :
1) Si ( ) admet deux racines réelles distinctes et : nous pouvons trouver
deux vecteurs propres ⃗ et ⃗ associés respectivement à ces deux valeurs
propres et formant une base de ℝ . La matrice A se diagonalise alors dans
cette base.
2) Si ( ) admet une racine double = = : cette racine est l’unique
valeur propre de A : ou bien on ne peut pas trouver deux vecteurs propres
⃗ et ⃗ associés à formant une base et alors A n’est pas diagonalisable ;
ou bien on peut trouver deux tels vecteurs et A est diagonalisable et l’on est
alors dans le cas trivial où est déjà diagonale ( = I ).

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3) Si ( ) n’admet aucune racine réelle alors A n’admet aucune valeur propre


réelle et aucun vecteur propre. Elle n’est donc pas diagonalisable.

Propriété 2
Considérons maintenant le cas d’une matrice carrée A de taille 3. Le polynôme
( ) est alors de degré 3 et l’on a quatre cas possibles concernant ses racines.
1) Si ( ) admet trois racines réelles distinctes , et : on a la
factorisation :
( ) = −( − )( − )( − )
, et sont les valeurs propres de A et admettent des vecteurs
propres ⃗, ⃗ et ⃗, respectivement, formant une base de ℝ dans laquelle on
peut diagonaliser A. La matrice diagonale semblable à A obtenue a pour
éléments diagonaux , et .
2) Si ( ) admet une racine simple et une racine double :
( ) = −( − )( − )
admet alors un vecteur propre ⃗. Si la valeur propre admet deux
vecteurs non colinéaires ⃗ et ⃗, alors A est diagonalisable dans la base
formée par ces trois vecteurs. Sinon (c'est-à-dire si n’admet qu’un seul
vecteur propre ⃗), A n’est pas diagonalisable.
3) Si ( ) admet une racine triple :
( ) = −( − )
Alors, ou bien on peut trouver trois vecteurs ⃗, ⃗ et ⃗ indépendants et A est
alors diagonalisable : c’est le cas trivial = I , ou bien on ne peut pas
trouver trois tels vecteurs et A n’est pas diagonalisable.
4) Si ( ) admet une seule racine simple :
( ) = −( − ) ( )
où ( ) est un polynôme du second degré sans racine réelle. On ne peut
alors trouver qu’un seul vecteur propre ⃗ et la matrice A ne peut être
diagonalisée.

Théorèmes
Une matrice M est diagonalisable si et seulement si le polynôme caractéristique
peut se factoriser sous la forme suivante :
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( )= ( − ) ffé à , , = .

Pour diagonaliser M il suffit de prendre comme base de vecteurs propres, une


réunion de bases de chacun des sous espaces propres.

Cas des matrices non diagonalisables


Il existe deux raisons pour lesquelles une matrice p eut ne pas être
diagonalisable. Le polynôme caractéristique a des racines complexes, ou un sous
espace propre est de dimension strictement inférieur à la multiplicité de la valeur
propre dans le polynôme caractéristique.
Le théorème précédent possède un équivalent complexe, on factorise le polynôme
caractéristique dans ℂ ce que l’on peut toujours faire. Si pour tout , = ,
alors la matrice est diagonalisable dans ℂ dans ce cas la matrice de passage et la
matrice diagonale sont à valeurs complexes.
cos − sin
Exemples : Soit M la matrice d’une rotation d’angle , =
sin cos

4. Matrice orthogonale

Une matrice M est orthogonale si ∙ = c'est-à-dire = .

Théorème :

Soit S une matrice symétrique, il existe une matrice D diagonale et une matrice P
orthogonale telles que : = = .

Théorème :

Soit B une base orthonormale et B’ une base, P la matrice de passage de B à B’.


B’ est une base orthonormale si et seulement si P est une matrice orthogonale.

5. Image d’une matrice symétrique par une application réelle


Soit ∶ ℝ → ℝ et M une matrice symétrique, il existe P inversible et D diagonale
telles que = on pose alors :
( )= ( )
avec ( ) la matrice diagonale dont les éléments sont les ( , ).

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Exercice
Soit :
2 1 ( )=
= . Calculer ( ).
1 0
6. Puissance d’une matrice carrée
Considérons d’abord une matrice diagonale D telle que :
0 ⋯ 0
0 ⋱ ⋮
= .
⋮ ⋱ ⋱ 0
0 ⋯ 0
è
Il est facile de voir que la puissance de cette matrice est obtenue en élevant
chacun des éléments diagonaux à la puissance .
0 ⋯ 0
⋱ ⋮
= 0 .
⋮ ⋱ ⋱ 0
0 ⋯ 0
On peut alors utiliser ce résultat pour calculer les puissances d’une matrice
diagonalisable. En effet, soit A une telle matrice. On peut alors trouver une
matrice diagonale et une matrice de passage telles que = ∙ ∙ que l’on
peut réécrire = ∙ ∙ .
On a alors :
= ∙ ∙⋯∙ =( ∙ ∙ )∙( ∙ ∙ ) ∙ ⋯∙ ( ∙ ∙ ).
Comme ces produits matriciels peuvent être effectués dans n’importe quel ordre
(par associativité), on calcule d’abord les produits ∙ qui donnent et l’on en
déduit :
= ∙ ∙
Comme le calcul de est immédiat, celui de s’en déduit ; après multiplication
par et .

Exercice
On considère la matrice de A de l’application linéaire , définie par :
2 0 1
= 0 2 −1
1 −1 1
Déterminer une base de ℝ , dans laquelle la matrice de est diagonale et calculer
.

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Planche d’exercices
Exercice 1
Soient les matrices A, B, C, D, E et F et le vecteur ⃗ définis par :
1 1 2
⎛ 3 3 3⎞
1 6 1
2 4 2 2 3 1 1 2
= ⎜− ⎟; = 2 5 ; = ; = ; = ; ⃗= 5
⎜ 3 3 3⎟ 1 5 2 −1 −2
1 3 2
2 1 1
⎝ 3 −3 3⎠
4. Effectuer, lorsque cela est possible, les produits deux à deux des matrices
suivantes et calculer .
5. En déduire la valeur de ∙ ⃗.

Exercice 2
On considère les matrices :
1 2 1 2 1
−1 1 1 1 0 2
−2 −3 0 −5 1
= 1 −1 1 ; = 0 −1 1 ; = ; =
4 9 6 7 1
1 1 −1 1 −2 0 1
1 −1 −5 5
1. Montrer que = 2 − . En déduire que A est inversible et calculer .
2. Calculer − . En déduire que B est inversible et calculer .
3. Calculer le rang des matrices C et D.

Exercice 3
Soient ( ), ( ) et ( ) trois suites réelles telles que = 1, = 2 et = 7 et
vérifiant les relations de récurrence suivantes :
=3 +
= 3 +
= 3

On souhaite exprimer , et en fonction de n. è .

1. Trouver une matrice A telle que = . En déduire que = .


2. On considère la matrice N suivante :
0 1 0
= 0 0 1 . Calculer , pour ≥ 3.
0 0 0

3. Montrer que :

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( − 1)
=3 +3 +3 .
2
4. En déduire , et en fonction de n.

Exercice 4
On considère les matrices suivantes :
4 1 1 1 0 0
= 1 4 1 ; = 0 1 0
1 1 4 0 0 1
On considère l’endomorphisme de ℝ représentée par M dans la base canonique
de ℝ .
1. Démontrer que M est inversible puis déterminer sa comatrice et en déduire sa
matrice inverse .
2. Une entreprise fabrique des appareils de trois types A, B, C. Les besoins en
acier, en peinture et en heures de travail pour fabriquer un appareil de chaque
type sont regroupés dans le tableau.

Types d’appareil

A B C

Quantité en acier en kg 4 1 1

Quantité en peinture en kg 1 4 1

Nombre d’heures de travail 1 1 4

On désigne respectivement par , les quantités d’appareils de types A, B,


C fabriquées par mois par cette entreprise.
a. Sachant que cette entreprise a utilisé exactement 5900 d’acier, 7100
de peinture et 8000 ℎ de travail, donner le système (S) de 3 équations
linéaires à 3 inconnues , , , qui traduit ces données.
b. Donner la matrice du système (S). En déduire une écriture matricielle du
système (S).
c. En utilisant la réponse à la question précédente, calculer , .
3. Montrer que = 3 est une valeur propre de f.
4. L’endomorphisme f est-il diagonalisable ? Si oui donner une matrice P pour
laquelle le produit est diagonal.
5. Calculer =− + 12 − 45 + 54
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6. A tout vecteur =( , , ) de ℝ , on associe la fonction définie surℝ


par :
∀ =( , , ) ∈ℝ , ( )=( + ) +( +2 ) +
En prenant = (1, 2 , 3), on vous demande de :
a) Démontrer que est une forme linéaire.
b) Donner l’expression de ( ) en fonction de , et .
c) Démontrer qu’il existe un vecteur unique =( , , ) à déterminer pour
lequel ( ) = ( ) pour tout ∈ℝ .

Exercice 5
Soit l’application linéaire de ℝ dans ℝ , dont la matrice est définie par :
1 2
=
2 1
et la base formée par les vecteurs ⃗, ⃗ et ⃗ tels que :
−1 1 1 1 1
⃗= ; ⃗ = ⃗ =
1 √2 1 √2 −1
dans la base canonique.
1) Déterminer les coordonnées de ce vecteur dans la base ( ⃗ , ⃗ ).
2) Donner la matrice de dans la base ( ⃗ , ⃗ ).

Exercice 6
Soit la matrice définie par :
1 0 −1
= 2 1 1 avec réel.
−1
1) Pour quelle(s) valeur(s) du paramètre cette matrice est-elle singulière ?
2) On considère le système d’équations linéaires suivant :
− =2
2 + + =1
− + + =3
Exprimer ce système sous forme matricielle. Quelle est la valeur du paramètre
, qui égalise les matrices et ? En déduire la valeur du déterminant de .

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Exercice 7
1) Soit l’application linéaire de ℝ dans ℝ définie, dans la base canonique

⃗ , ⃗ , ⃗ , par : (⃗) = 2⃗ + ⃗ ; ( ⃗) = −⃗ + ⃗ ; ⃗ = ⃗+ 2⃗

Déterminer le noyau de .
2) On considère l’application linéaire de ℝ dans ℝ définie, dans la base

canonique ⃗ , ⃗ , ⃗ , de la manière suivante :


′ +
⃗= → ( ⃗) = ⃗ = ′ = − +
′ − +2
Déterminer la matrice de l’application linéaire réciproque , relativement
à la base canonique.

Exercice 8
On considère les matrices suivantes :
1 2 3 2 0 1 5 3 3
= 3 −2 1 ; = 0 2 −1 = 24 11 12
4 2 1 1 −1 1 −30 −15 −16
1) Monter que la matrice vérifie l’équation − 23 − 40 = 0. En déduire l’inverse
de A.
2) B est la matrice de l’application linéaire . Déterminer une base de ℝ , dans
laquelle la matrice de est diagonale.
3) Etudier la diagonalisabilité de la matrice M.

Exercice 9
Soit = ⃗, ⃗, ⃗ la base canonique de ℝ et soient :

⃗ = ⃗ − 2 ⃗ ; ⃗ = 3⃗ + 7⃗ + ⃗ et ⃗ = 2⃗ + ⃗
On considère l’application linéaire de ℝ dans ℝ définie par :
(⃗) = ⃗ − 2⃗ − 4 ⃗ ; ( ⃗) = ⃗ + ⃗ ; ⃗ = −3⃗ − ⃗ + 5 ⃗ .

1) Déterminer le noyau de . L’application est-elle un automorphisme ?


2) Ecrire la matrice de dans la base = ⃗, ⃗, ⃗ .

3) Montrer que tout vecteur ⃗ de ℝ s’écrit de façon unique comme

combinaison linéaire des vecteurs ⃗ , ⃗ et ⃗.


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4) Calculer ( ⃗) , ( ⃗) et ( ⃗) en fonction de ⃗ , ⃗ et ⃗.
5) En déduire la matrice de dans la base ′ = ( ⃗, ⃗, ⃗ ).

Exercice 10
On considère les matrices suivantes :
−4 −6 0 0 3 2
= 3 5 0 ; = −2 5 2
3 6 5 2 −3 0
1. Diagonaliser A.
2. Calculer en fonction de .
3. On considère les suites numériques ( ) ;( ) et ( ) définies par leurs
premiers termes , et :
= −4 − 6
=3 +5
=3 +6 +5
On pose :

= .

a) A l’aide de la matrice , écrire une relation entre et .


b) En déduire les expressions de , et en fonction de .
4. Diagonaliser la matrice B. On donnera aussi la matrice de passage de la base
canonique à la base de vecteurs propres.

Exercice 11
Soit f l'endomorphisme de ℝ dont la matrice dans la base canonique est donnée
par :
1 0 1
= −1 2 1
1 −1 1
1. Montrer que f est trigonalisable.
2. Montrer que l'espace propre associé à la valeur propre 1 est de dimension 1.
Montrer que u = (1, 1, 0) est un vecteur non-nul de cet espace propre.
3. Montrer que v = (0, 0, 1) est tel que (f − ℝ )(v) = u.
4. Chercher un vecteur propre w associé à la valeur propre 2. Montrer que (u, v,
w) est une base de ℝ . Calculer la matrice T de f dans la base (u, v, w).

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5. Calculer (v) pour tout ∈ ℕ. En déduire .


6. Calculer pour tout ∈ ℕ.

Exercice 12
Soit = ⃗, ⃗, ⃗ la base canonique de ℝ et soient ⃗ = ⃗ − 2 ⃗ ; ⃗ = 3⃗ + 7⃗ +
⃗ et ⃗ = 2⃗ + ⃗
On considère l’application linéaire de ℝ dans ℝ définie par :
(⃗) = ⃗ − 2⃗ − 4 ⃗ ; ( ⃗) = ⃗ + ⃗ ; ⃗ = −3⃗ − ⃗ + 5 ⃗ où ∈ ℝ.
1. Pour quelles valeurs de l’endomorphisme est – elle un automorphisme ?
2. On pose = 1.
a) Déterminer le noyau de noté ( ) et l’image ( ) de .
b) Démontrer que ′ = ( ⃗, ⃗, ⃗ ) est une base de ℝ .
c) Donner l’expression de ( ⃗) , ( ⃗) et ( ⃗) dans la base ′.
d) Donner la matrice de dans la base ′.

Exercice 13
Un Ingénieur électricien dans une centrale thermique a enregistré les factures
suivantes :
2 cartons de disjoncteurs, 1 carton de filtres et 1 carton de synchronoscope : 15 000 euros
2 cartons de disjoncteurs, 2 cartons de filtres et 2 cartons de synchronoscope : 20 000 euros
5 cartons de disjoncteurs, 4 cartons de filtres et 2 cartons de synchronoscope : 41 000 euros.
1) On considère les matrices et :
1+ 1 1 1 0 0
= 2 1+ 2 , ∈ ℝ et = 0 1 0 .
5 4 1+ 0 0 1
a) On pose : ( )= +3 − 12 + 4. Calculer (2) puis résoudre dans ℝ
l’équation ( ) = 0.
b) Pour quelles valeurs de , est- elle inversible ?
c) On pose = . Montrer que est inversible puis déterminer la matrice .
d) Déterminer le prix de la livraison suivante : 5 cartons de disjoncteurs, 3
cartons de filtres et 4 cartons de synchronoscope.
2) On suppose que représente la matrice de l’endomorphisme de ℝ dans ℝ
où ℝ est munie de la base canonique = ( ⃗, ⃗ , ⃗).

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a) Donner l’expression analytique de l’endomorphisme .


b) Résoudre le système d’équations linéaires ( , , ) = (100, 250, 400).
c) Déterminer une base du noyau de puis en déduire la dimension de
l’image ( ) de .
3) On pose ⃗ = ⃗+ ⃗+ ⃗; ⃗ = 2 ⃗+ ⃗; ⃗ = ⃗+2 ⃗+ ⃗. Montrer que
= ( ⃗, ⃗ , ⃗) forme une base de ℝ puis déterminer les coordonnées de
⃗ = (3, −5, 7) dans la base .

Exercice 14
On donne = ℝ et ℬ = ( ⃗ , ⃗ , ⃗) la base canonique de et l’endomorphisme
de représenté dans la base ℬ par la matrice A. On donne :
4 −3 1 1 2 3 1 4 −2
= 3 −2 1 ; = 3 −2 1 = 0 6 −3
5 −7 4 4 2 1 −1 4 0
1) Quel est le rang de − . Donner sans calcul une valeur propre de .
2) a) Expliciter le polynôme caractéristique de , déduire de ce qui précède une
racine de ce polynôme.
b) Déterminer toutes les valeurs propres de .
3) Diagonaliser en trouvant la matrice de passage de la base des vecteurs
propres puis calculer et vérifier que = avec matrice diagonale
des valeurs propres semblables à .
4) Montrer que la matrice vérifie l’équation :
− 23 − 40 = 0 où est une matrice identité. En déduire l’inverse de B.

Exercice 15
Soit un ℝ − de dimension 3 muni d’une base ℬ = ( ⃗ , ⃗ , ⃗). On
considère l’endomorphisme de défini par :
( ⃗) = 5 ⃗ + 3 ⃗
( ⃗) = −6 ⃗ − ⃗ − 3 ⃗
( ⃗) = −6 ⃗ − 4 ⃗
1. Déterminer la matrice de par rapport à la base ℬ .
2. a) Montrer que les trois vecteurs ⃗ = ⃗, ⃗ = ⃗ + ⃗ et ⃗= ⃗+ ⃗+ ⃗
forment une base de .

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b) Déterminer la matrice de passage P de la base ℬ = ( ⃗ , ⃗ , ⃗) à la base


ℬ = ( ⃗ , ⃗ , ⃗), son inverse et la matrice de l’endomorphisme par
rapport à la base ℬ .
3. Déterminer les valeurs propres et les vecteurs propres de la matrice A. Peut –
on diagonaliser ?
4. Calculer où est un entier naturel et montrer que cette matrice est une
combinaison linéaire de deux matrices et qui ne dépendent pas de et
que l’on déterminera.
5. a) Calculer les matrices : + ; ; ∙ ; ∙ ; .
b) Exprimer en fonction de et des matrices et J
où est une matrice identité.

Exercice 16
1. Soit = {( , , ) ∈ ℝ / 2 + − = 0}. Montrer que E est un espace vectoriel sur
ℝ.
2. Etudier la dépendance linéaire des systèmes de vecteurs de ℝ suivant :
) ⃗ = ⃗ + 2⃗ + ⃗ ; ⃗ = 2⃗ + ⃗ − 3 ⃗ ; ⃗ = ⃗ + ⃗ + 2 ⃗
) ⃗ = ⃗ + 2⃗ + ⃗ ; ⃗ = 2⃗ + ⃗ − 3 ⃗ ; ⃗ = ⃗ + ⃗ + 2 ⃗
3. Présenter les déterminants suivants sous forme de produit de facteurs :
1 1 1
1 −4 − √2 −√2
1 1 1
= 1 ; = √2 −1 − 3 ; = ;
1 1 1
1 −√2 3 −1 − 1 1 1
3+ −1 1
= 7 −5 + 1
6 −6 2+

Exercice 17
Soit l’endomorphisme de ℝ telle que, pour tout vecteur ⃗ = ( , , , ) on ait :
⃗ =( + + , 0, − + , + +3 +2 )
Soit = ( ⃗, ⃗, ⃗, ⃗) la base canonique de ℝ .
1. Déterminer la matrice A associée à dans la base .
2. Soit = { ( ⃗ ), ( ⃗), ( ⃗), ( ⃗)}.
a) Démontrer que s est un système générateur de ( ).
b) Déterminer le rang de . En déduire la dimension de ( ) puis une base de
( ).

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3. Préciser la dimension de ker ( ) puis en donner une base.


4. On pose :

⃗ = (1,1,0,0) ; ⃗ = (1,1,1,0) ; ⃗ = (1,1,1,1) ; ⃗ = (1,0,0,0) = ( ⃗, ⃗, ⃗, ⃗)
Démontrer que ′ est une base de ℝ . et déterminer la matrice G associée à

dans la base .

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CHAPITRE 6
FONCTIONS NUMÉRIQUES D’UNE VARIABLE REELLE

1. Définitions

Soient A et B deux sous-ensembles non vides inclus dans ℝ.

On appelle fonction numérique de la variable réelle , toute relation de A dans B


qui à tout ∈ associe au plus une image dans B. En d’autres termes, une
fonction numérique d’une variable réelle est une fonction dont l’ensemble de
départ est un sous ensemble de ℝ.

Notation :
∶ →
↦ ( )
Exemple :
Considérons la fonction définie de ℝ → ℝ par :
−1
( )=
−√ −4
Ici A = ℝ et B = ℝ.
A est appelé ensemble de départ de et B l’ensemble d’arrivée de .

On appelle application toute fonction dont l’ensemble de départ est égal à son
ensemble de définition noté défini par :
= { ∈ ℝ/ ( ) }.
Exemple :
Considérons la fonction f définie de ]4; +∞[ ↦ ℝ par :
( ) = ln( − 4).
f est – elle une application ?
En effet, on a :
∶ ]4; +∞[ → ℝ
↦ ( ) = ln ( − 4)
Soit le domaine de définition de :
= { ∈ ]4; +∞[/ − 4 > 0}.
−4 >0 ⇒ >4
⇒ ∈ ]4; +∞[.

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Donc = ]4; +∞[. Nous constatons que l’ensemble de départ est confondu à
l’ensemble de définition de . Ainsi est une application.

2. Notion de limites

2.1. Définitions

Soit une fonction définie sur et ∈ . On dit que f admet une limite en
lorsque ( ) se rapproche de pour des valeurs de de plus en plus proche de .
On écrit :
lim ( ) = .

La limite , si elle existe, est unique.


lim ( ) = et comme ∈ alors = ( ).

On peut également calculer la limite ∶


lim ( ) = .

Ainsi si est définie sur un intervalle du type ] , [ ou ]a, [ par exemple, on


définit la notion de limite à droite en et on écrit :
lim

( )=

est la limite de à droite en


et celle à gauche en est noté :
lim

( )=

On alors le résultat suivant :

Si ∉ ,
lim

( )=


lim ( ) = ⇔
→ ⎨ lim ( ) =
⎪ →

Si ∈ ,

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lim

( )=



lim ( ) = ⇔ lim

( )=
→ ⎨


⎩ ( )=
Dans la pratique, le calcul des limites est basé sur des limites remarquables et
des théorèmes.

2.2. Théorèmes :
Si lim ( ) et lim ( ) existent, alors :
→ →

lim [ ( ) + ( )] = lim ( ) + lim ( )


→ → →

lim [ ( ) ∙ ( )] = lim ( ) ∙ lim ( )


→ → →

( ) lim ( )

lim = lorsque lim ( ) ≠ 0.
→ ( ) lim ( ) →

2.3. Opérations sur les limites


, ′∈ℝ .

Somme :
lim ( ) lim ( ) lim ( ) + lim ( )
→ → → →

′ + ′
+∞ ′ +∞
−∞ ′ −∞
+∞ +∞ +∞
−∞ −∞ −∞
+∞ −∞ Indétermination

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Produit :
lim ( ) lim ( ) lim ( ) ∙ lim ( )
→ → → →

′ ∙ ′
+∞ ′
′ +∞ >0
−∞ ′<0
−∞ ′
′ −∞ >0
+∞ ′<0
+∞ +∞ +∞
−∞ −∞ +∞
∞ 0 Indétermination

Quotient :
lim ( ) lim ( ) lim ( )
→ → →
lim ( )



+∞ ′≠0 ′
+∞ >0
−∞ ′<0
−∞ ′≠0 ′
−∞ >0
+∞ ′<0
∞ 0
∞ ∞ é
0 0 Indétermination

2.4. Limites remarquables


On utilise les limites remarquables suivantes :
ln (1 + ) −1 ln
lim =1 lim =1 lim = , > 0 lim =1
→ → → → −1
−1 (1 + ) − 1
lim =1 lim = lim( ) = 0, >0 lim (| | ) = 0, >0
→ → → → ∞

1
lim 1 + = lim(1 + ) = lim =0, > 0.
→∞ → → ∞

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Nous avons les formes d’indétermination suivantes :


0 ∞
0 ; ∞ ; ; 1∞ ; ; 0 × ∞ ; ∞ − ∞.
0 ∞

Exercice
Calculer les limites suivantes :
+2 +3 1−
lim (1 + ) ; lim ; lim ; lim (2 + 3) ; lim
→ ∞ →∞ +1 →∞ −4 → ∞ →

( ) 1− 5
lim ; lim √ − 2 ; lim ; lim ; lim .
→ → → → → 2

2.5. Propriétés de comparaison

Soit un intervalle et ∈ ou est une borne dans ou ∈ {+∞ ; −∞}.


 Si ∀ ∈ , ( ) ≤ ( ) et si lim ( ) = −∞ alors lim ( ) = −∞.
→ →

 Si ∀ ∈ , ( ) ≤ ( ) et si lim ( ) = +∞ alors lim ( ) = +∞.


→ →

 Si ∀ ∈ , ( ) ≤ ( ) ≤ ℎ( ) et si lim ( ) = lim ℎ( ) = ∈ ℝ alors lim ( ) = .


→ → →

 Si ∈ ℝ et ∀ ∈ , | ( ) − | < ( ) et si lim ( ) = 0 alors lim ( ) = .


→ →

Exercice
Soit la fonction la fonction définie par : ( ) = 2 + 1 − 3 . Calculer lim ( )
→ ∞

et lim ( ).
→ ∞

3. Continuité d’une fonction

3.1. Définitions et théorèmes

Soit la fonction définie sur une partie ⊂ ℝ et un élément de . On dit que


est continue en si lim ( ) = ( ).

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI


à ℎ ⇔ lim

( )= ( )


à ⇔ lim

( )= ( )


⇔ lim

( ) = lim

( )= ( )

Théorèmes :
 est continue en si est continue à droite en et continue à gauche en .
 On dit qu’une fonction est continue sur un intervalle ouvert si est
continue en chaque point de .
 est continue sur un intervalle fermé [ , ] si est continue sur l’ouvert ] , [,
continue à droite en a et continue à gauche en b.
 est une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle , elle
réalise une bijection de I sur ( ) qui est un intervalle de même nature que et
dont les bornes sont les limites de en celle de . Sa réciproque est continue
sur ( ) strictement monotone et variant dans le même sens que .

3.2. Prolongement par continuité

Soit une fonction continue et définie sur un intervalle privé de et admettant


la limite en c'est-à-dire lim ( ) = . La fonction définie sur ⋃{ } par :

( ) ∈
( )=
=
est continue en et est appelé prolongement par continuité de en .

3.3. La plus grande et la plus petite valeur

On appelle la plus grande valeur d’une fonction définie sur un intervalle , le


nombre ( ), ∈ avec ( ) ≤ ( ) ∀ ∈ .
On appelle la plus petite valeur d’une fonction définie sur un intervalle , le
nombre ( ), ∈ avec ( ) ≥ ( ) ∀ ∈ .

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3.4. Point de discontinuité de première espèce


On dit que le point est un point de discontinuité de première espèce si
lim

( ) lim

( )

sont finies et ne sont pas égales.


La différence :
lim

( ) − lim

( )

est appelé le saut de la fonction au point .

Exercice :
Soit la fonction définie par :
| − 1|
( )=
−1
Montrer que = 1 est un point de discontinuité de .

3.5. Point de discontinuité de deuxième espèce


On dit que le point est un point de discontinuité de deuxième espèce si l’une
des limites
lim

( ) lim

( )

est égale à ∞ ou n’existe pas.

Exercice :
Soit la fonction définie par :
1 ≤0
( )= 1
>0

Montrer que = 1 est un point de discontinuité de .

4. Dérivabilité d’une fonction


est dérivable à droite en s’il existe un réel tel que :
( )− ( ) ′
= lim

= ( ).

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Le nombre réel est appelé nombre dérivé de à droite en .


est dérivable à gauche en s’il existe un réel tel que :
( )− ( ) ′
= lim

= ( ).

Le nombre réel est appelé nombre dérivé de à gauche en .

Remarque :
 Si est dérivable en alors continue en .
 est dérivable en si et seulement si est dérivable à droite en , est
′( )= ′( ).
dérivable à gauche en et
 est dérivable sur un intervalle [ , ] si elle est dérivable sur ] , [ dérivable
à droite de et dérivable à gauche de .

5. Notion d’extrémum
Théorème

Si est une fonction dérivable en et si ( ) s’annule en en changeant de
signe alors admet un extrémum en .
Si est au moins 2 fois dérivable en alors admet un maximum en si
′( ) = 0 et ′′
( ) < 0.
Si est au moins 2 fois dérivable en alors admet un minimum en si
′( ) = 0 et ′′
( ) > 0.

6. Tangente à une courbe et notion de point d’inflexion



 Si est une fonction dérivable en et de nombre dérivé ( ) alors la courbe
de admet une tangente au point ( , ( )) qui est la droite ( ) passant par
′(
le point ( , ( )) et de coefficient directeur ). L’équation de la tangente à
la courbe est alors :
′(
= ( )+ )( − ).
 est au moins 2 fois dérivable en . La courbe de admet un point
′′
d’inflexion au point d’abscisse si ( ) s’annule en en changeant de signe.
En ce point la courbe perce la tangente.

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Exercice
On considère la fonction définie sur [−4; 3] par :
( )= −3
Déterminer la plus grande valeur, la plus petite valeur, le maximum et le
minimum.

7. Majorant, minorant, infirmum et suprémum d’une fonction

Soit la fonction définie sur .


 On dit que admet un majorant sur ⊂ ℝ s’il existe un nombre ∈ ℝ tel que
( )≤ , ∀ ∈ . M est donc un majorant de sur I et tout nombre réel
supérieur à M est aussi un majorant de sur .
 On appelle suprémum de sur que l’on note :
sup ( )

le plus petit des majorants de sur .


 Lorsque n’est pas majorée sur , on convient de noter que le
suprémum soit :
sup ( ) = +∞.

Exercice
Considérons la fonction définie sur ℝ par ;
1
( )=
4+
Trouver le suprémum de sur ℝ.

Théorème
Soit la fonction définie sur .
 On dit que admet un minorant sur ⊂ ℝ s’il existe un nombre ∈ ℝ tel que
( )≥ , ∀ ∈ . M est donc un minorant de sur I et tout nombre réel
inférieur à est aussi un minorant de sur .
 On appelle infirmum de sur que l’on note :
Inf ( )

le plus grand des minorants de sur .

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 Lorsque n’est pas minorée sur , on convient de noter que l’infirmum


soit :
Inf ( ) = −∞.

Exercice
Considérons la fonction définie sur [1; +∞[ par ;
( )=
Monter que admet un infirmum.

8. Fonction concave, fonction convexe

On dit qu’une fonction (au moins 2 fois dérivable sur I) est convexe sur un
intervalle I si sa courbe représentative est au dessus de toutes ses tangentes
c'est-à-dire que ∀ ∈ , ( ) ≥ ( )+ ( )( − ).

Théorème : est convexe sur I si ∀ ∈ , ( ) ≥ 0.


On dit qu’une fonction (au moins 2 fois dérivable sur I) est concave sur un
intervalle I si sa courbe représentative est en dessous de toutes ses tangentes
c'est-à-dire que ∀ ∈ , ( ) ≤ ( )+ ( )( − ).

Théorème : est concave sur I si ∀ ∈ , ( ) ≤ 0.

Exemple : Etudier la concavité ou la convexité de ( ) = .

9. Monotonie d’une fonction numérique

On appelle fonction monotone sur un intervalle , la fonction qui est croissante


ou décroissante sur . La fonction strictement monotone sur un intervalle , la
fonction qui est strictement croissante ou strictement décroissante sur .

Soit la fonction définie sur une partie de ℝ. On suppose que est dérivable
sur .

Si ( ) ≥ 0, ∀ ∈ alors est croissante sur .

Si ( ) ≤ 0, ∀ ∈ alors est décroissante sur .

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Si ( ) > 0 et ( ) s’annule pour quelques valeurs isolées de alors est


strictement croissante sur .
Si ( ) < 0 et ( ) s’annule pour quelques valeurs isolées de alors est
strictement décroissante sur .

Théorème
Une fonction continue et strictement monotone sur ⊂ ℝ réalise une bijection de
sur ( ) et admet par suite une réciproque notée qui est une bijection de
( ) sur .
([ , ]) = [ ( ), ( )] si f est strictement croissante sur [ , ]

([ , [) = ( ), lim ( ) si est strictement croissante sur [ , [.


([ , [) = lim ( ) , ( ) si est strictement décroissante sur [ , [.


(] , ]) = lim

( ) , ( ) si est strictement croissante sur ] , ].

(] , ]) = ( ), lim

( ) si est strictement décroissante sur ] , ].

(] , [) = lim

( ) , lim ( ) si est strictement croissante sur [ , [.

(] , [) = lim ( ) , lim

( ) si est strictement décroissante sur ] , [.

([ , +∞[) = ( ), lim ( ) si est strictement croissante sur [ , +∞[.


([ , +∞[) = lim ( ) , ( ) si est strictement décroissante sur [ , +∞[.


(] , +∞[) = lim

( ) , lim ( ) si est strictement croissante sur ] , +∞[.

(] , +∞[) = lim ( ) , lim



( ) si est strictement décroissante sur ] , +∞[.

(]−∞, ]) = lim ( ), ( ) si est strictement croissante sur ]−∞, ].


(]−∞, ]) = ( ), lim ( ) si est strictement décroissante sur ]−∞, ].


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(]−∞, [) = lim ( ) , lim ( ) si est strictement croissante sur ]−∞, [.


→ →

(]−∞, [) = lim ( ) , lim ( ) si est strictement décroissante sur ]−∞, [.


→ →

(]−∞, +∞[) = lim ( ), lim ( ) si est strictement croissante sur ]−∞, +∞[.
→ →

(]−∞, +∞[) = lim ( ), lim ( ) si est strictement décroissante sur ]−∞, +∞[.
→ →

Rappels :
On appelle fonction logarithme de base a où ∈ ℝ∗ − {1}, la fonction notée
définie par :

∀ ∈ ℝ∗ , ( )=

Cas particuliers :

= ( )= = ∶ ℎ é é

= 10 ( )= = ∶ ℎ é
10

Il faut retenir que la fonction est définie sur ℝ∗ et sa dérivé est :

1
( )=

Changement de base :

∀( , ) ∈ (ℝ∗ − {1}) , ( )= = ( )

1
ℎ : = ( )= , ( )= ( )× ( ).
( )
∀ , ∈ ℝ∗ , ∈ ℝ on a :
ln 1 = 0 ln( ) = 1.
1 1
ln( × ) = + ; =− ; = − ; ( )= ; √ =
2

lim = −∞ ; lim = +∞ ; lim =0 ; lim =0 ∈ ℝ∗


→ → → →

( + 1)
lim =0 ; lim =0 ∈ ℝ∗ ; lim = 1 ; lim =1
→ → → −1 →

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Théorème
Si est une fonction dérivable et strictement positif sur un intervalle ouvert
alors la fonction définie par :
∀ ∈ , ( ) = ln [ ( )]
est et
u (x)
∀ ∈ , ′( ) =
u(x)
Si est une fonction dérivable et non nulle sur un intervalle alors la fonction
définie par :
∀ ∈ , ( ) = ln | ( )|
est et
u (x)
∀ ∈ , ′( ) =
u(x)
Si est une fonction dérivable et non nulle sur un intervalle alors la fonction
définie par :
u (x)
( )=
u(x)
admet une primitive sur qui est la fonction définie par :
∀ ∈ , ( ) = ln| ( )| + .

On appelle fonction exponentielle la réciproque de la fonction . On la note .


On a :
∶ ℝ → ]0 ; +∞[
⟼ exp( ) =

La fonction est définie, continue, dérivable et strictement positive sur ℝ.


∀ ∈ ℝ, ( )= ( ).
=1
∀ ∈ ℝ, >0
∀ , ∈ ℝ∗ , ∈ ℝ,
1
= × ; = ; = ; ( ) =

lim =0 ; lim = +∞ ; lim = +∞ ; lim = +∞ ∈ ℝ.


→ → → →

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−1
lim =0 ; lim =0 ∈ ℝ ; lim = 1.
→ → →

On appelle fonction exponentielle à base a ( ∈ ℝ∗ − { }, la réciproque de la


fonction . On la note .
On montre que :
∀ ∈ ℝ, ( )= .

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 76


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CHAPITRE 7
FONCTIONS RECIPROQUES DES FONCTIONS
CIRCULAIRES – FONCTIONS HYPERBOLIQUES
ET LEURS RECIPROQUES

1. Fonctions circulaires directes


Rappelons que :
∀ ∈ ℝ, + =1

∀ ∈ℝ− + ℤ , =
2
∀ ∈ ℝ − ℤ, =

Les fonctions sin, cos, tan et cotan sont continument dérivables sur leurs
ensembles de définition. On dit qu’elles sont de la classe .

∀ ∈ ℝ, ( ) = ( ) =−
1
∀ ∈ℝ− + ℤ ,( ) =1+ =
2
1
∀ ∈ ℝ − ℤ, ( ) = −(1 + )=−

Formules d’addition :

∀( , ) ∈ ℝ , on a :

( + )= −

( − )= +

( + )= +

( − )= −

+
( + )=
1− ∙


( − )=
1+ ∙
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Formules de linéarisation

∀( , ) ∈ ℝ , on a :

1
= [cos( − ) − cos ( + )]
2

1
sin cos = [sin( + ) + sin ( − )]
2

1
cos cos = [cos( − ) + cos ( + )]
2

Transformation de sommes en produits

∀( , ) ∈ ℝ , on a :

+ −
sin + sin = 2 sin cos
2 2

− +
sin − sin = 2 sin cos
2 2

− +
cos + cos = 2 cos cos
2 2

− +
cos − cos = −2 sin sin
2 2

∀ ∈ ℝ, sin 2 = 2 sin cos cos 2 = − =2 −1 =1−2

2 tan
∀ ∈ℝ− + ℤ ∪ + ℤ , tan 2 =
4 2 2 1−

En notant :

2 1− 2
= tan , ∶ sin = , cos = , tan =
2 1+ 1+ 1−

1 + cos 2 1 − cos 2
∀ ∈ ℝ, = =
2 2

La fonction sin est 2 − é , impaire et pour tout ∈ ℝ, on a :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 78


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

( + ) = − sin

( − ) = sin

+ = cos
2

− = cos
2

La fonction cos est 2 − é , paire et pour tout ∈ ℝ, on a :

( + ) = − cos

( − ) = −cos

+ = − sin
2

− = sin
2

La fonction tan est − é , impaire et pour tout ∈ ℝ − ℤ, on a :

+ = − cotan
2

− = cotan
2

∀( , ) ∈ ℝ , on a :

cos = cos ⇔ = +2 =− +2 , ∈ℤ

sin = sin ⇔ = +2 = − +2 , ∈ℤ

∀( , ) ∈ ℝ − + ℤ , tan = tan ⇔ = + , ∈ℤ
2

2. Les fonctions réciproques des fonctions circulaires

2.1. La fonction Arcsinus

Considérons la fonction sinus :

∶ − , → [−1, 1]
2 2
↦ =

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Cette fonction est continue et strictement croissante sur − , puisque :

( )′ = >0∀ ∈ − , − = = 0.
2 2 2 2

Ainsi la fonction sinus réalise une bijection de − , sur [−1, 1] et admet par la

suite une réciproque appelée fonction arcsinus notée telle que :

∶ [−1, 1] → − , .
2 2

La fonction arcsinus est dérivable sur ]−1, 1[ et a pour dérivée :


1
( )′ = .
√1 −
De façon générale, on a :

( )
( ( ))′ = .
1 − [ ( )]
Notons que :
∀ ∈ [−1, 1], (− ) = − .
De plus :
∈ [−1, 1]
= ⇔
∈ − ,
2 2
On ne peut appliquer la fonction Arcsin que sur des quantités comprises entre −1
et 1.

La fonction est une fonction impaire, on peut donc faire une étude sur
[0, 1].

0 1

′( ) 1 + +∞

⁄2

Arsin(x) 0

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Figure 1 : Allure de la fonction ( ) =

Propriétés

∀ ∈ [−1 ; 1] ( )= ( )= 1−

∀ ∈ [−1 ; 1] ( )= ( )= − = −
2 2

∀ ∈ [−1 ; 1], cos( )= 1−

∀ ∈ ]−1 ; 1[, ( )=
√1 −
√1 −
∀ ∈ [−1 ; 0[ ∪ ]0,1], ( )=

Exercice :
On considère la fonction définie par :
2
( )=
√2 −
Déterminer le domaine de définition et calculer sa dérivée première.

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Résolution
On a :
2
= ∈ ℝ/−1 ≤ ≤ 1 et 2 − >0
√2 −
2 2
−1 ≤ ≤1 ≤1
√2 − ⇔ √2 −

2− >0 2− >0
4
⎧ ≤1
2−


⎩ ∈ −√2 ; √2
4 ≤ 2−

∈ −√2 ; √2
5 ≤2

∈ −√2 ; √2

⎧ 2 2
⎪ ∈ − 5; 5



⎩ ∈ −√2 ; √2

= − ;

est dérivable sur − ; et on a :


2
′( )= √2 −
2
1−
√2 −

Après dérivation et simplification, on trouve :

′(
4
)= .
(2 − )√2 − 5
NB :

(−1) = − ; (1) = ; (0) = 0 ; = ⇒ = .


2 2

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 82


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

2.2. La fonction Arccosinus

Considérons la fonction cosinus :


∶ [0, ] → [−1, 1]
↦ =

Cette fonction est continue et strictement décroissante sur [0, ] puisque


( )′ = − < 0 ∀ ∈ ]0, [ sin(0) = ( ) = 0.

Ainsi la fonction cosinus réalise une bijection de [0, ] sur [−1, 1] et admet
par la suite une réciproque appelée fonction arccosinus notée telle que :
∶ [−1, 1] → [0, ].

La fonction Arccosinus n’est ni paire, ni impaire et elle est dérivable sur ]−1, 1[ et
a pour dérivée :
−1
( )′ = .
√1 −
De façon générale, on a :

− ( )
( ( ))′ = .
1 − [ ( )]
Notons que :
∀ ∈ [−1, 1], (− ) = −
De plus :
∈ [−1, 1]
= ⇔
∈ [0, ]

On ne peut appliquer la fonction Arccos que sur des quantités comprises entre
−1 et 1.

-1 1

′( ) −∞ − −∞

Arccos(x) 0

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

=
=

Figure 2 : Allure de la fonction ( ) =

Propriétés

∀ ∈ [−1 ; 1] ( )= ( )= 1−

√1 −
∈ [−1, 0[ ∪ ]0,1], ( )=

∀ ∈ ]−1 ; 1[ ( )=
√1 −

∀ ∈ [−1 ; 1] + =
2

Exercice :
On considère la fonction définie par :
1
( )=

Déterminer le domaine de définition et calculer sa dérivée première.

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Résolution
On a :
1
= ∈ ℝ/−1 ≤ ≤ 1 et ≠0

1 1
−1 ≤ ≤1 ≤1

≠0 ≠0
1
≤1

∈ ]−∞ ; 0 [⋃]0 ; +∞[
1− ≤0

∈ ]−∞ ; 0 [⋃]0 ; +∞[
⇔ ∈ ]−∞ ; −1]⋃[1 ; +∞[

= ]−∞ ; − ]⋃[ ; +∞[

est dérivable sur ]−∞ ; − [⋃] ; +∞[ et on a :



1
′(
| |
)= =
1 √ −1
1−

Après dérivation et simplification, on trouve :


−1
⎧ si ∈ ]−∞ ; − [
⎪ √ −1
′( )=
⎨ 1
⎪ si ∈ ] ; +∞[
⎩ √ −1
NB

(−1) = ; (1) = 0 ; (0) = ; = ⇒ = .


2

2.3. La fonction Arctangente

Considérons la fonction tangente :

∶ − , →ℝ
2 2
↦ =

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Cette fonction est continue et strictement croissante sur − , puisque

( )′ = 1 + ( ) >0∀ ∈ − , .

Ainsi la fonction tan réalise une bijection de − , sur ℝ avec :

lim = −∞ lim = +∞
→ →

Elle admet par suite une réciproque appelée fonction arctangente notée
telle que :

∶ℝ → − , .
2 2

La fonction est dérivable sur ℝ et a pour dérivée :


1
( )′ = .
1+
De façon générale, on a :

( )
( ( ))′ = .
1 + [ ( )]
De plus :
∈ℝ
= ⇔
∈ − ,
2 2

La fonction Arctan fonction impaire, d'où une étude sur De = [0,+∞[.

0 +∞

′( ) 1 + 0

⁄2

Arctan(x)
0

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Propriétés
∀ ∈ ℝ, (− ) = − ( ) (tan ) = .
1
∀ ∈ ℝ, ( ) = (Arctan ) = .
√1 + √1 +

1 >0
∀ ∈ℝ , ∗
+ = 2
− <0
2
1
∀ ∈ ℝ∗ ( )=

= =

Figure 3 : Allure de la fonction ( ) =

Exercice :
On considère la fonction définie par :
1
( )=
1−
Déterminer le domaine de définition et calculer sa dérivée première.

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Résolution
On a :
= { ∈ ℝ/1 − ≠ 0}
= ]−∞ ; [⋃] ; +∞[

est dérivable sur et on a :



1
′( 1− 1
∀ ∈ , )= =
1 −2 +2
1+ 1−

Valeurs remarquables :

lim =− ; lim = ; (0) = 0 ; (1) =


→ ∞ 2 → ∞ 2 4
1
√3 = ; = ; = ⇒ = .
3 √3 6

2.4. La fonction Arccotangente


Considérons la fonction cotangente :
∶ ]0, [ → ℝ
↦ =

Cette fonction est continue et strictement décroissante sur ]0, [ puisque


( )′ = −[1 + ( )] < 0 ∀ ∈ ]0, [.

Ainsi la fonction réalise une bijection de ]0, [ sur (]0, [) = ℝ


avec :
lim = +∞ lim

= −∞

Elle admet par suite une réciproque appelée fonction notée


telle que :
∶ ℝ → ]0, [.
La fonction est dérivable sur ℝ et a pour dérivée :
−1
( )′ = .
1+
De façon générale, on a :

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− ′( )
( ( ))′ = .
1 + [ ( )]
De plus :
∈ℝ
= ⇔
∈ ]0, [

Cette fonction n’est ni paire ni impaire.

−∞ +∞

′( ) 0 − 0

Arccotan(x) 0

= =

Figure 4 : Allure de la fonction ( ) =

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Propriétés
1
∀ ∈ ℝ, ( )=
√1 +

∀ ∈ ℝ, ( )=
√1 +
1
∀ ∈ ℝ∗ , ( )=

∀ ∈ ℝ, ( )=

Exercice :
On considère la fonction définie par :
( )= √ −2
Déterminer le domaine de définition et calculer sa dérivée première.

Résolution
On a :
= { ∈ ℝ/ − 2 ≥ 0}
= [ ; +∞[
est dérivable sur ] ; +∞[ et on a :

′(
− √ −2 −1
∀ ∈ ] ; +∞[, )= =
1+ √ −2 2( − 1)√ − 2

Valeurs remarquables :

lim = ; lim =0
→ ∞ → ∞

3. Les fonctions hyperboliques

Les fonctions :


2
+

2
sont respectivement appelées fonctions sinus hyperbolique et cosinus
hyperbolique et sont notées ℎ et ℎ . A partir de ces deux fonctions

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 90


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hyperboliques, on peut définir les fonctions tangente hyperbolique et


cotangente hyperbolique notées ℎ et ℎ .

On a :

− +
ℎ = ; ℎ = ;
2 2

ℎ − −1 ℎ + +1
ℎ = = = ; ℎ = = =
ℎ + +1 ℎ − −1

Les fonctions ℎ, ℎ et ℎ sont définies sur ℝ et la fonction ℎ est définie sur ℝ∗ .


Signalons que la fonction ℎ est paire et la fonction ℎ est impaire.
Les fonctions hyperboliques possèdent les propriétés suivantes :

Formulaire :

∀ ∈ ℝ, ℎ > 0.

ℎ(0) = 0, ℎ(0) = 1.

∀ ∈ ℝ, ℎ + ℎ =

∀ ∈ ℝ, ℎ − ℎ =

ℎ − ℎ =1

ℎ + ℎ = ℎ2

ℎ2 = 2 ℎ ℎ

ℎ2 = 1 + 2 ℎ =2 ℎ −1= ℎ + ℎ

1 + ℎ2 −1 + ℎ2
ℎ = ℎ =
2 2

ℎ( + ) = ℎ ℎ + ℎ ℎ et ℎ( − ) = ℎ ℎ − ℎ ℎ

ℎ( + ) = ℎ ℎ + ℎ ℎ et ℎ( − ) = ℎ ℎ − ℎ ℎ

ℎ + ℎ ℎ − ℎ
ℎ( + ) = ℎ( − ) =
1+ ℎ ∙ ℎ 1− ℎ ∙ ℎ

1+ ℎ ∙ ℎ 1− ℎ ∙ ℎ
ℎ( + ) = ℎ( − ) =
ℎ + ℎ ℎ − ℎ

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+ −
ℎ + ℎ =2 ℎ ∙ ℎ
2 2
+ −
ℎ − ℎ =2 ℎ ∙ ℎ
2 2
+ −
ℎ + ℎ =2 ℎ ∙ ℎ
2 2
+ −
ℎ − ℎ =2 ℎ ∙ ℎ
2 2
2 ℎ
ℎ2 = .
1+ ℎ

Propriétés
∀ ∈ ℝ, ( ℎ )′ = ℎ

∀ ∈ ℝ, ( ℎ )′ = ℎ

1
∀ ∈ ℝ, ( ℎ )′ = 1 − ℎ =

1
∀ ∈ ℝ∗ , ( ℎ )′ = 1 − ℎ =−

lim ℎ = −1 ; lim ℎ = 1 ; lim ℎ = −1 ; lim ℎ =1


→ ∞ → ∞ → ∞ → ∞

lim ℎ = −∞ ; lim ℎ = +∞.


→ →

4. Les réciproques des fonctions hyperboliques

4.1. La fonction argument sinus hyperbolique

Considérons la fonction sinus hyperbolique :


ℎ∶ℝ →ℝ
↦ = ℎ

Cette fonction est continue et strictement croissante sur ℝ puisque


( ℎ )′ = ℎ > 0 ∀ ∈ ℝ.

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Ainsi la fonction ℎ réalise une bijection de ℝ sur ℎ(ℝ) = ℝ avec :

lim ℎ = −∞ lim ℎ = +∞
→ ∞ → ∞

La fonction ℎ admet par conséquent une réciproque appelée fonction argument


sinus hyperbolique notée ℎ telle que :

ℎ∶ℝ →ℝ

La fonction ℎ est dérivable sur ℝ et a pour dérivée :


1
( ℎ )′ = .
√ +1
De façon générale, on a :

( )
( )′
ℎ ( ) = .
[ ( )] + 1
De plus :
∈ℝ
ℎ = ⇔ = ℎ
∈ℝ

Propriétés
∀ ∈ ℝ, ℎ( ℎ )=

∀ ∈ ℝ, ℎ( ℎ )= +1

∀ ∈ ℝ, ℎ( ℎ )=
√ +1
√ +1
∀ ∈ ℝ∗ , ℎ( ℎ )=

Cette fonction est impaire, son étude peut être faite sur [ ; +∞[.

0 +∞

ℎ′( ) 1 + 0

+∞
Argsh(x)
0

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

=
=

Figure 5 : Allure de la fonction ( ) =

4.2. La fonction argument cosinus hyperbolique

Considérons la fonction cosinus hyperbolique :


ℎ ∶ [0 ; +∞[ → [1 ; +∞[
↦ = ℎ

Cette fonction est continue et strictement croissante sur [0 ; +∞[ puisque


( ℎ )′ = ℎ > 0 ∀ ∈ [0 ; +∞[.

Ainsi la fonction ℎ réalise une bijection de [0 ; +∞[ sur ℎ([0 ; +∞[) = [1 ; +∞[
avec :
lim ℎ =1 lim ℎ = +∞
→ → ∞

La fonction ℎ admet par conséquent une réciproque appelée fonction argument


cosinus hyperbolique notée ℎ telle que :
ℎ ∶ [1 ; +∞[ → [0 ; +∞[

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Elle n’est ni paire, ni impaire. La fonction ℎ est dérivable sur ]1 ; +∞[ et a


pour dérivée :
1
( ℎ )′ = .
√ −1
De façon générale, on a :

( )
( ℎ ( ))′ = .
[ ( )] − 1
De plus :
∈ [1 ; +∞[ ≥1
ℎ = ⇔
∈ [0 ; +∞[ ≥0

Propriétés

∀ ∈ [1 ; +∞[,

ℎ( ℎ )= −1

ℎ( ℎ )=1

√ −1
ℎ( ℎ )=

ℎ( ℎ )=
√ −1

1 +∞

ℎ ( ) +∞ + 0

+∞

Argch(x) 0

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=
=

Figure 6 : Allure de la fonction ( ) =


Exercice :
On considère la fonction définie par :
1
( )= ℎ
1+
Déterminer le domaine de définition et calculer sa dérivée première.

Résolution
On a :
1
= ∈ ℝ/ ≥ 1 et 1 + ≠0
1+
On trouve :
= ]−1 ; 0].
est dérivable sur ]−1 ; 0[ et on a :


1
′( 1+ −1
)= =
1 (1 + )√− −2
−1
1+

Se rappeler que ∈ ]−1 ; 0[ ⇒ 1 + > 0.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 96


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

4.3. La fonction Argument tangente hyperbolique

Considérons la fonction tangente hyperbolique :

ℎ ∶ ℝ → ]−1 ; 1[
↦ = ℎ

Cette fonction est continue et strictement croissante sur ℝ puisque :


1
( ℎ )′ = 1 − ℎ = > 0 ∀ ∈ ℝ.

Ainsi la fonction ℎ réalise une bijection de ℝ sur ℎ(ℝ) = ]−1 ; 1[ avec :

lim ℎ = −1 lim ℎ = 1.
→ ∞ → ∞

La fonction ℎ admet par conséquent une réciproque appelée fonction argument


tangente hyperbolique notée ℎ telle que :

ℎ ∶ ]−1 ; 1[ → ℝ.

La fonction ℎ est dérivable sur ]−1 ; 1[ et a pour dérivée :


1
( ℎ )′ = .
1−
De façon générale, on a :

( )
( ℎ ( ))′ = .
1 − [ ( )]
De plus :
∈ ]−1 ; 1[ | |<1
ℎ = ⇔
∈ℝ ∈ℝ

La fonction ℎ est impaire, d’où une étude peut se faire sur ]0 ; 1[.

Propriétés

∀ ∈ ]−1 ; 1[, sh(Argth x) =


√1 −
1
∀ ∈ ]−1 ; 1[, ch(Argth x) =
√1 −
∀ ∈ ]−1 ; 1[, th(Argth x) =

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

1
∀ ∈ ]−1 ; 0[ ∪ ]0 ; 1[, coth(Argth x) =

0 1

ℎ( ) 1 + +∞

+∞

ℎ( ) 0

= =

Figure 7 : Allure de la fonction ( ) =

4.4. La fonction argument cotangente hyperbolique

Considérons la fonction cotangente hyperbolique :

ℎ ∶ ℝ∗ → ℝ ∖ [−1 ; 1]
↦ = ℎ

Cette fonction est continue et strictement décroissante sur ℝ∗ puisque :


Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 98
Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

−1
( ℎ )′ = 1 − ℎ = > 0 ∀ ∈ ℝ∗ .

Ainsi la fonction ℎ réalise une bijection de ℝ∗ sur ℎ(ℝ∗ ) = ]−∞ ; −1[ ∪ ]1 ; +∞[

La fonction ℎ admet par conséquent une réciproque appelée fonction argument


cotangente hyperbolique notée ℎ telle que :

ℎ ∶ ]−∞ ; −1[ ∪ ]1 ; +∞[ → ℝ∗ .

La fonction ℎ est dérivable sur ]−∞ ; −1[ ∪ ]1 ; +∞[ et a pour dérivée :


1
( ℎ )′ = .
1−
De façon générale, on a :

( )
( ℎ ( ))′ = .
1 − [ ( )]
De plus :
∈ ]−∞ ; −1[ ∪ ]1 ; +∞[ | |>1
ℎ = ⇔
∈ ℝ∗ ∈ ℝ∗

Cette fonction est impaire, d'où une étude sur De = ]1, +∞[.

1 +∞

ℎ′( ) −∞ − 0

+∞

ℎ( ) 0

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Figure 8 : Allure de la fonction ( ) =

Propriétés
| |
∀ ∈ ]−∞, −1[ ∪ ]1, +∞[, ℎ( ℎ )=
√ −1
| |
∀ ∈ ]−∞, −1[ ∪ ]1, +∞[, ℎ( ℎ )=
√ −1
1
∀ ∈ ]−∞, −1[ ∪ ]1, +∞[, ℎ( ℎ )=

∀ ∈ ]−∞, −1[ ∪ ]1, +∞[, ℎ( ℎ )=

Exercice :
On considère la fonction définie par :

( )= ℎ
1+
Déterminer le domaine de définition et calculer sa dérivée première.

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Résolution
On a :

= ∈ ℝ/ > 1 et 1 + ≠0
1+

>1 ⎧ >1
1+ (1 + )


1+ ≠0 ⎩ 1+ ≠0
2 +1<1

1+ ≠0
1
⇔ ∈ ]−∞ ; −1[ ∪ −1 ; −
2

= ]−∞ ; − [ ∪ − ; −

est dérivable sur ]−∞ ; −1[ ∪ −1 ; − et on a :


′( )= 1+
1− 1+

Après dérivation et simplification, on trouve :

′(
1
)= .
2 +1

4.5. Relation entre les fonctions et , , ,

4.5.1. Relation entre et

Posons :

+
= ℎ schant que ℎ = ⇒2 = +
2
1
2 = + ⇔ −2 +1 =0 (1)

′ (1)
En posant = >0 é ∶

−2 + 1 = 0. Le discriminant réduit ∆′ = (− ) − 1 = − 1.

= − − 1 et = + − 1 . Puisque > 0, on prend ∶

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 101


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

= + −1 =e ⇒ = + −1 .

Or = ℎ ⇒ = ℎ .

D’où :

= + −

4.5.2. Relation entre et

Posons :


= ℎ schant que ℎ = ⇒2 = −
2
1
2 = − ⇔ −2 −1 =0 (2)

′ (2)
En posant = >0 é ∶

−2 − 1 = 0. Le discriminant réduit ∆′ = (− ) + 1 = + 1.

= − + 1 et = + + 1 . Puisque > 0, on prend ∶

= = + +1=e ⇒ = + +1 .

Or = ℎ ⇒ = ℎ .

D’où :

= + + .

4.5.3. Relation entre et

Posons :
1
− − −1
= ℎ schant que ℎ = ⇒ = =
+ 1 +1
+
1+
( + 1) = −1 ⇔ =
1−
1+ 1 1+
⇔ 2 = soit =
1− 2 1−

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 102


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Or :
= ℎ ⇔ = ℎ et on tire ∶
+
= ∀ ∈ ]− ; [

4.5.4. Relation entre et

Notons que :
1
1 1+ 1 +1
= ⇒ ℎ = =
2 1 2 −1
1−

D’où :
+
= .

4.6. Propriétés

√ −1
∀ ≥ 1, ℎ( ℎ )= ℎ( ℎ )= −1 ℎ( ℎ )=

∀ ∈ ℝ, ℎ( ℎ )= ℎ( ℎ )= +1 ℎ( ℎ )=
√ +1
1
∀ ∈ ]−1 ; 1[, ℎ( ℎ )= ℎ( ℎ )= ℎ( ℎ )= .
√1 − √1 −

5. Fonctions équivalentes

Théorème

Deux fonctions et qui ont la même dérivée sur un intervalle ont une
différence constante sur cet intervalle. Si de plus ( ) = ( ) = 0 alors = 0 et
( ) = ( ).

Théorème

Soit une fonction numérique d’une variable réelle .

( )est dit in iniment petit au voisinage de si ( ) = 0.


Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 103


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

( )est dit in iniment grand au voisinage de si ( ) = ±∞.


Théorème

Soient et deux fonctions définies dans le voisinage du point . On dit que


est équivalent à lorsque tend vers si :

( )
= 1 pour ( ) ≠ 0.
→ ( )

On note :

~ ~

~ℎ ~
1 1
⇒ ~ℎ ; ⇒ ~ ; ~ ⇒ ~ ;
~ ∈ℕ

~ ⇒ − →0 = .

En un point , on a :

1. ( ) ∼ ( ) ⇔ ( ) ∼ ( ).
2. ( ) ∼ ( ) ( ) ∼ ℎ( ) alors ( ) ∼ ℎ( ).
3. Si ( )∼ ( ) et ( )∼ ( ) alors ( ) ( )∼ ( ) ( )
4. Attention Si ( )∼ ( ) et ( )∼ ( ) alors en général ( ) + ( )∼
( ) + ( ).
5. Si est continue et (0) ≠ 0, alors ( ) ∼ (0) en 0.
6. Si est dérivable, (0) = 0 et ′(0) ≠ 0 alors ( ) ∼ ′(0) en 0.
7. Si est deux fois dérivable, (0) = 0 , ′(0) = 0 et ′′(0) ≠ 0 alors
( )∼ (0) en 0.

Si est dérivable en et si ( ) ≠ 0, alors, comme :

( )− ( )
→ ( ) on a ( ) − ( ) → ( )( − ).

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 104


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

On obtient les équivalents usuels suivants :

− ~ ; ( + )~ ; ~ ; ~ ; ~ ; ~ ;
→ → → → → →

~ ; ~ ; ( + ) − ~ (pour m un réel ixé).


→ → →

1− =2 ℎ −1=2 ℎ , on obtient ∶
2 2

− ~ ; − ~
→ →

Des équivalents usuels en 0 :

1 1
ln(1 + ) ∼ √1 + − 1 ∼ sin ∼ −1 ∼ 1 − cos ∼
2 2

Théorème
On dit que est négligeable devant lorsque tend vers et l’on note :
= ( )

si et seulement si :
( )
lim =0 , ( ) ≠ 0.
→ ( )

Théorème
Tout polynôme non nul est équivalent, en +∞ et en −∞, à son terme de plus haut
degré.
Exemple : −2 −5 ~ .

Tout polynôme non nul est équivalent, en 0 à son terme de plus bas degré.

Exemple : −2 +5 ~ 5

Toute fraction rationnelle non nulle est équivalente, en +∞ et en −∞ au quotient


de ses termes de plus haut degré.

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Exemple :

− 1
~
+ +1 →

Toute fraction rationnelle non nulle est équivalente, en 0 au quotient de ses


termes de plus bas degré.

Exemple :

2 − +
~ − .
−1 →

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Exercice 1
Calculer les limites suivantes :
− − +1 √ +4−2
lim (2 + 3) ; lim ; lim
⟶ ∞ → + − −1 →

+5 +4 1− ( )
lim ; lim ; lim ; lim √ − 2
→∞ −3 +7 → → →

1− 5 +1 −1
lim ; lim ; lim ; lim ;
→ → →∞ →

5 −4 3 −
lim ; lim ; lim
→ + → 2 → ( + 1)

(sin ) −1
lim ℎ + − ℎ − ; lim ;
→ ∞ → ( ℎ ) −1


− 2
lim − ; lim ; lim 1 +
→ ∞ → cos 2 → ∞ √ +1

ln −
lim ; lim [ (1 + )] ; lim
→ ∞ ln ( + 1) → → 1+√ −1

1 (1 + 2 )
lim ℎ ; lim
→ →

Exercice 2
1. Montrer que le point = 4 est un point de discontinuité pour la fonction f
définie par :
1
( )=
−4
2. En déduire le saut de la fonction au point = 4.

Exercice 3
1. Montrer que ∀ ∈ ]−1; 1[,

=
√1 −

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2. Simplifier

( )= .
√1 +
Exercice 4
On considère la fonction définie par :
− √1 −
=
√2
1. Déterminer le domaine de définition de f
2. En posant = cos , ∈ [0, ], simplifier f(x) pour
3
− ∈ − ; − ∈ − ;−
4 2 4 4 4 2
3. Dresser le tableau de variation de f.

Exercice 5
On considère la fonction f définie par

1−
( )=

1. Déterminer le domaine de définition de f .


2.

a) En posant = ( ) ∈ 0; , simplifier l’expression f(x).

b) En déduire les variations de f et dresser le tableau de variation.


3. Montrer que :

1−
2 + (2 − 1) = .
2

Exercice 6
Soit la fonction définie par ( )= 2 √1 − .
1. Déterminer le domaine de définition de .
2. Déterminer les limites aux bornes de .
′( ). (on précisera la dérivée suivant les valeurs de ). En déduire sur
3. Calculer
les différents intervalles, une relation entre g et une autre fonction.
4. Construire la courbe représentative de dans un repère orthonormé ( ; ⃗ , ⃗)
5. Résoudre l’équation ( )=2 .

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Exercice 7
Soit la fonction définie par :
1
( )= +
√1 +
1. Déterminer le domaine de définition E de .
2. Déterminer les limites aux bornes de E.

3. Calculer ( ).
4. Donner l’expression de au moyen d’une autre fonction.
5. Dresser le tableau de variation de et tracer f dans un repère orthonormé ;
unité graphique : 2,5cm.

Exercice 8
Simplifier les expressions suivantes :

1+ ℎ
( )= ℎ − ;
2 2

2 1−
( )= + . = − ≤2 ≤
1+ 1+
2√
ℎ( ) = ; ( )=
1+ √1 +
Exercice 9
Etudier les fonctions de ℝ dans ℝ définies par les formules suivantes (variable x ;
transformer l’expression) :
1
( ) = ℎ (2 ℎ ) ; ( )= ℎ ℎ
2
1+3 ℎ
ℎ( ) = ℎ ; ( )= ℎ
√1 + 3+ ℎ

Exercice 10
Résoudre les équations :
a) ℎ = ℎ (2 − )
b) ℎ (4 −3 )− ℎ(2 − 1) = 1

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Exercice 11
On considère la fonction définie par

1 − sin
( )=
1 + sin

1) Déterminer le domaine de définition de .


2) Montrer que est 2 -périodique.
3) Montrer que ∀ ∈ , ( − )= ( )
4) Simplifier ( ) pour :
3
∈ − ; ∈ ; .
2 2 2 2
5) Représenter sur
3
− ; .
2 2
Exercice 12
1. Résoudre
2
= 2 ; =
1+
(tan ) = = (1 − )
2. Montrer que :
a)
1
∀ ∈ ℝ, | ( ℎ )| =

b)
∀ ∈ ℝ, ( ℎ )= ( ℎ ).
Exercice 13
On considère la fonction f définie par

( )=2 − 2 1−
√1 −
1. Déterminer le domaine de définition de f et montrer que f est impaire.

2. En posant = ∈ 0; , simplifier ( ) sur [0 ; 1[.

Exercice 14
Calculer les limites suivantes :

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( + 1) [(1 + ) − 1]
lim ; lim ; lim ℎ − ;
→ ∞ → ℎ −1 → ∞


2 (sin ) −1 ( − )
lim 1 + ; lim ; lim − ; lim
→ ∞ √ +1 → ( ℎ ) −1 → ∞ → ( ) −1

Exercice 15
On considère la fonction f définie par :
1
( )= − +
√1 + √1 +
1. Déterminer le domaine de définition de f.
2. Calculer les limites aux bornes de .
3. a) Calculer la dérivée première de f.
b) En déduire l’expression de f au moyen d’une autre fonction pour < 0 et
pour > 0.
4. Montrer que ∀ ∈ ]−1; 1[,

=
√1 −
Exercice 16
On considère la fonction g définie par :
+ +5
( )=
+ +1
1. Déterminer le domaine de définition de g.
2. Déterminer le suprémum et l’infirmum de g.

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CHAPITRE 8
THEOREME DES ACCROISSEMENTS FINIS
DERIVEES SUCCESSIVES – FORMULES DE TAYLOR
ET MACLAURIN – DEVELOPPEMENT LIMITE

1. Théorème de Rolle

Soit une fonction définie sur un intervalle donné [ ; ]. vérifie les conditions
du théorème de Rolle si :
 est continue sur l’intervalle [ ; ].
 est dérivable sur l’intervalle ] ; [
 ( )= ( )
′(
Alors il existe au moins un réel ∈ ] ; [ tel que : ) = 0. La valeur est appelée
valeur intermédiaire.

Exercice
Soit la fonction définie par :
( )= + , ∈ [0 ; 2 ].
vérifie t – elle les conditions du théorème de Rolle ? Si oui, déterminer les
valeurs intermédiaires.

2. Théorème des accroissements finis


Soit une fonction définie sur un intervalle donné [ ; ]. vérifie les conditions
du théorème des accroissements finis si :
 est continue sur l’intervalle [ ; ].
 est dérivable sur l’intervalle ] ; [

Alors il existe au moins un réel ∈ ] ; [ tel que :

( )− ( ) ′( ′(
= ) soit ( )− ( )= )( − )

La valeur est appelée valeur intermédiaire.

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Remarque
′(
Lorsque ( ) = ( ), on ) = 0 et on retrouve le théorème de Rolle.
On a :
∈] ; [ ⇔ < <
⇔0< − < −

⇔0< <1

Posons :

= .

Alors, on a :
= + ( − ) avec 0 < < 1.
Ainsi la formule des accroissements finis devient :
( )− ( )= ′
+ ( − ) ( − ) avec 0 < < 1.
En posant :
= et = , ∶
( )− ( )= ′
+ ( − ) ( − ) avec 0 < < 1.

Exercice
En utilisant le théorème des accroissements finis, démontrer l’inégalité suivante :

< < , > 0.


1+
En déduire un encadrement de .

Solution :
Soit :
: ↦ ( )= , ∈ [0 ; ]
est continue sur [0 ; ] et dérivable sur ]0 ; [. vérifie donc les conditions du
théorème des accroissements finis. Il existe au moins un réel tel que :
( ) − (0) = ′( )( − )
Or :

′(
1
)=
1+
Alors :
1
− (0) = ( − 0), ∈ ]0 ; [
1+
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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

=
1+
Puisque 0 < < :
0< <
1+0 < +1< +1
1 1
< <1
+1 +1

< <
+1 +1

< <
1+
Pour :
3
3 4 3 3
= >0, < <
4 3 4 4
1+ 4

Exercice
A l’aide de la formule des accroissements finis, démontrer que :

< (1 + ) < , > 0.


1+

3. Dérivées successives

3.1. Définitions
Soit la fonction dérivable sur ⊂ ℝ. ′ est la dérivée première de sur . Si ′ à
son tour admet une dérivée première, alors cette dernière sera appelée dérivée
seconde de sur et sera notée

′′ ( ) .

EN poursuivant ce processus, nous pouvons arriver à définir la dérivée d’ordre


è
ou la dérivée de sur . On a :
( ) ( ) ′
= .
Remarque :
( ) ( )
= . Ne pas confondre à .

Exercice :
Déterminer la dérivée d’ordre de :
( ) = sin ; ( )= ; ℎ( ) = 2 .

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3.2. Formule de Leibniz


Théorème :
Soient et deux fonctions définies sur ⊂ ℝ et admettant des dérivées jusqu’à
l’ordre au moins. Alors la formule suivante est vérifiée :

!
( ( ) ∙ ( ))( )
= ( )( ) ∙ ( )( )
avec =
! ( − )!

è
Exercice : Calculer la dérivée de la fonction définie par :
( )= cos .

4. Formules de Taylor et de Maclaurin

4.1. Formule de Taylor

Soit une fonction définie sur un intervalle ⊂ ℝ et ∈ avec = et la


variable. On suppose que est ( + 1) fois dérivable sur c'est-à-dire qu’il existe
des dérivées d’ordre 1, 2, … jusqu’à l’ordre + 1. Les dérivées jusqu’à l’ordre
sont toutes continues sur . Alors il existe un réel ∈] ; [ tel que se présente
sous la forme suivante :

′(
( − ) ′′ (
( − ) ( )(
( − )
( )= ( )+ ) + ) +⋯⋯+ )
1! 2! !
( )( )
( − )
+
( + 1)!
avec :
= + ( − ) 0< < 1.
ou encore :

( )(
( − ) ( )(
( − )
( )= ) + )
! ( + 1)!

Cette formule est appelée formule de Taylor de la fonction à l’ordre au point .

Exemple :
Effectuer le développement de la fonction définie par ( ) = par la formule
de Taylor à l’ordre au point = 1.

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4.2. Formule de Maclaurin

Dans la formule de Taylor, lorsque nous posons = 0, nous obtenons la formule


suivante :

( )= ( )( ( )(
0) + )
! ( + 1)!

avec :
= ù0< < 1.
ou bien :

( ) = (0) + ′( ′′ ( ( )( ( )(
0) + 0) +⋯⋯+ 0) + )
1! 2! ! ( + 1)!
Cette formule est appelée formule de Maclaurin de la fonction à l’ordre .
Exercice : Développer par la formule de Maclaurin la fonction définie par :
( )= , > 0.

5. Développement limité : Formule de Taylor-Young


Théorème
Soit une fonction définie sur un intervalle de ℝ et ∈ . On suppose que est
fois continument dérivable sur . Alors, on peut présenter sous la forme
suivante :

( )(
( − )
( )= ) + ( − )
!

ou bien

′(
( − ) ′′ (
( − ) ( )(
( − )
( )= ( )+ ) + ) + ⋯⋯+ ) + ( − )
1! 2! !
Cette formule est appelée é é à l’ordre en .

Théorème : Composition des développements


Soit ∶ → ℝ une fonction admettant en 0 un développement limité d’ordre et
vérifiant :
lim ( ) = 0

et ∶ → ℝ une fonction admettant en 0 un développement limité d’ordre . On


suppose que ⊂ . On écrit au voisinage de 0,
( )= ( )+ ( ) et ( )= ( )+ ( ).

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Alors admet au voisinage de 0 un développement limité d’ordre n qui s’écrit :


( )= ( )+ ( )
où est le polynôme obtenu en ne gardant dans que les termes de degré
inférieur ou égal à .

Théorèmes
Soient deux fonctions admettant un en 0, notons la partie principale
du de et celle de .
1. + possède un dont la partie principale est + .
2. possède un dont la partie principale est obtenue en ne gardant du
polynôme que les termes de degré inférieur ou égal à .
3. Si (0) = 0, alors ∘ possède un dont la partie principale est obtenue en
ne gardant du polynôme ∘ que les termes de degré inférieur ou égal à .
On fera bien attention au fait que dans le cas général pour obtenir un de degré
il faut partir de polynômes de degré .

Remarque
Il arrive des fois qu’ au point la limite :
lim ( ) = ∞.

On dit alors dans ce cas que l’on effectue le développement limité généralisé de
en . Alors il existe ∈ ℕ∗ tel que :
lim ( − ) ( ) = a ∈ ℝ.

Exercice :
Déterminer le développement limité d’ordre 4 au voisinage de = 0 des
fonctions :
1 1
∶ ↦ ( )= (1 + ) ; ∶ ↦ ( )= ; ℎ∶ ↦ ℎ( ) = ;
1+ 1+ (1 + )
1
↦ ( )=
sin

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Développements limités des fonctions usuelles

Les fonctions usuelles possèdent des développements limités à tout ordre en


= 0 si 0 appartient à leur ensemble de définition.

Pour un entier n quelconque, on admet les théorèmes suivants :

= 1+ + +⋯+ + ( )
1! 2! !

=1− + + ⋯ + (−1) + ( )
1! 2! !

ln(1 + ) = − + + ⋯ + (−1) + 0( )
2 3

ln(1 − ) = − − − − ⋯− + 0( )
2 3

( − 1) ( − 1) … ( − + 1)
∀ ℝ, (1 + ) = 1 + + +⋯+ + 0( )
1! 2! !

1
= 1− + − ⋯ + (−1) + 0( )
1+

1 1 1.3 1.3 … (2 − 3)
√1 + =1+ − + − ⋯ + (−1) + 0( )
2 2 .4 2.4.6 2.4 … (2 )

1
= 1+ + +⋯+ + 0( )
1−

1 1 1.3 1.3 … (2 − 1)
=1− + + ⋯ + (−1) + 0( )
√1 + 2 2.4 2.4 … (2 )

sin = − + − ⋯ + (−1) + 0( )
3! 5! (2 + 1)!

cos = 1 − + − ⋯ + (−1) . + 0( )
2! 4! (2 )!

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

ℎ = + + + ⋯+ + 0( )
3! 5! (2 + 1)!

ℎ =1+ + +⋯+ + 0( )
2! 4! (2 )!

= − + − ⋯ + (−1) + 0( )
3 5 2 +1

1 1.3 1.3 … (2 − 1)
= + + + ⋯+ + 0( )
2 3 2.4.5 2.4 … (2 ) 2 + 1

1 1.3 1.3 … (2 − 1)
ℎ = ln + +1 = − + − ⋯ + (−1)
2 3 2.4.5 2.4 … (2 ) 2 + 1
+ 0( )

1 1+
ℎ = ln = + + +⋯+ + 0( )
2 1− 3 5 2 +1

N.B : Puisque les développements limités usuels sont tous donnés au voisinage
de 0, il sera quasiment indispensable, lorsque ≠ 0, de commencer le calcul du
développement limité d’une fonction f en par un changement de variable : si
est l’anciennne variable et → , on notera par exemple
ℎ= − ∈ ℝ, ℎ = ( = +∞ = −∞) et on exprimera ( ) en fonction

de h. le résultat final du développement limité de f en , sera donné à l’aide d’un


polynôme en h, ordonné suivant les puissances croissantes. En aucun cas, on ne
développera les puissances de − .

6. Règle de l’Hôpital
Elle est utilisée pour lever au point = les indéterminations du type :
0 ∞
.
0 ∞
′( ) ≠ 0. Si :
Soient et deux fonctions dérivables au voisinage de ∈ ⊂ ℝ et

lim ( ) = lim ( )=0 ∞


→ →

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

alors :
( ) ′( )
lim = lim
→ ( ) → ′( )

′( )
Si le quotient au point = présente lui aussi une indétermination du type
′( )

et que les dérivées ′( ) et ′( ) satisfont les conditions correspondantes, il

convient alors de passer au rapport des dérivées secondes, etc.

Dans le cas d’une indétermination du type 0 ∙ ∞ ou ∞ − ∞ il y a lieu de transformer


algébriquement la fonction donnée de manière à la ramener à une

indétermination du type et d’appliquer ensuite la règle de l’Hôpital.

Les indéterminations du type 0 , ∞ , ou 1∞ peuvent être levées en prenant le


logarithme de la fonction donnée et en calculant la limite du logarithme de cette
fonction.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 120


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Exercice 1
1. Soit f la fonction définie par ( ) = + √1 − . vérifie t - elle les
conditions du théorème de Rolle ? Si oui, déterminer les valeurs
intermédiaires ?
2. Développer par la formule de Taylor à l’ordre n au voisinage de =0
l’expression :
( )= .

Exercice 2
Déterminer le développement limité à l’ordre n et au voisinage de indiqués des
fonctions suivantes :

+1
1. = 3, = +∞, ( )=
+3

2. = 2, =2 , ( ) = cos +5
3. = 4, = 0, ℎ( ) = cos[ ( )]

4. = 5, = 0, ( ) = 1+

5. = 2, = 0, ( )=
−1
6. = 5, =0; ( )=
( )= ( ℎ ) /
7. = 4, =0 ;
8. = 5, =0; ( ) = (cos )

√1 +
9. = 4, =0; ( )=
cos

10. = 2, =0; ( )= √

11. = 2, = +∞ ; ( ) = + − −

12. = 1, = +∞ ; ( )=
1+
Exercice 3
Calculer les limites suivantes :

− 2 2 1 1 sin
lim ; lim + ; lim sin − ;
→ → sin ln cos → sin 1+ 1 + sin
− 2

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[ (1 − cos )] ln +√ + 1 − ln +√ −1 sin( − sin )


lim ; lim ; lim
→ sin → +1 → √1 + −1
1−√ ln ln − 1

(ln ℎ + ln cos ) )( )
lim ; lim ℎ + − ℎ − ; lim ( + 1)( −
→ √ ℎ + √cos − 2 → ∞ → ∞

sin 3 − 3 +3
lim ℎ( ℎ ) − ℎ( ℎ ) ; lim ℎ√ + 1 − ℎ√ √ ; lim
→ ∞ → ∞ →
− sin − 6

tan
lim − ; lim ; lim (tan ) .
→ 1− 1− → →

Exercice 4
1. Calculer à 0,0001 près la valeur approchée de √ .
2. Calculer à 10 près la valeur approchée de √29.

Exercice 5
1. Calculer les limites suivantes :

1 − √ −
lim 1+ − ; ; lim ; lim
→ ∞ → √ − →

ℎ√ + − ℎ√ − 1 2 1
lim ; lim ; lim 1+ − 1+
→ ∞ ℎ → → ∞

2. On considère la fonction f définie par :

( )=
√1 −
a) Donner le développement limité au voisinage de 0 à l’ordre 5 de f.
b) En déduire le développement limité au voisinage de 0 à l’ordre 6 de la
fonction g définie par g( ) = ( ) .

Exercice 6
On considère les fonctions f et g définies par :

( )= + ( )= −3 +2
1. vérifie t- elle les conditions du théorème de Rolle sur [0, 2 ]? Si oui,
déterminer les valeurs intermédiaires.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 122


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

2. vérifie t- elle les conditions du théorème de Rolle sur [−2, 1]? Si oui,
déterminer les valeurs intermédiaires.

Exercice 7
1. Développer en série de Taylor les fonctions suivantes :

3 1
( )= =0; ( )= = −2
(1 − )(1 + 2 ) +4 +7

2. Donner la formule approchée à l’ordre 5 par la formule de Maclaurin de la


fonction k définie par :
( )=( )
En déduire la valeur approchée de :

√2
2
3. Donner la valeur approximative première de :
(0,8)
4. On considère la fonction h définie par :
2 +1
ℎ( ) =
+
a) Développer h en série de Taylor en = 1.
b) En déduire le développement par la formule de Taylor de la fonction définie
par :
( )= ( + ).
Exercice 8
On donne les fonctions et définies respectivement par :

1 + sin 1+ 1−
( )= − ( )=
2 2 1+

1. a) La fonction vérifie t – elle les conditions du théorème des accroissements


finis sur , . Si oui, déterminer les valeurs intermédiaires.
b) En déduire une expression simplifiée de sur , .

2. Simplifier ( ) sur 0, .

3. Calculer les limites suivantes :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 123


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√ √
1 2 1
lim − 1+ ; lim 1+ − 1+ ;
→ ∞ → ∞

lim ℎ√ + 1 − ℎ√ √
→ ∞

Exercice 9
On donne les fonctions , , et ℎ respectivement définies par :

( )= 1+ +√ +1 ; ( )= ℎ(4 − 3 ) ; ℎ( ) = 1+ 1+

1. a) Déterminer le développement limité à l’ordre 2 de ( ) et de ℎ( ) au


voisinage de 0.
b) Déterminer le développement limité à l’ordre 3 au voisinage de = 2 de
( ).
2. a) Développer en série de Taylor au voisinage de = 2 la fonction définie
par :

( )=
( − 1)
b) Déterminer le développement en série de Taylor au point = 2 de l’unique
primitive de qui prend la valeur pour = 2.
3. Déterminer les coefficients a et b pour que la fonction définie par :
1+
( )= − ne contienne qu′ un seul terme en de degré 6.
1+

Exercice 10
On considère la fonction f définie par : ( ) = √ − +1 + √ + +1 ∈ℝ
1. Déterminer la valeur de pour que :
lim ( ) = 0.
→ ∞

2. Déterminer le développement limité à l’ordre 2 au voisinage de 0 de la fonction


g définie par :

3
( )= − +1+ − +1
2

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CHAPITRE 9
LES INTEGRALES SIMPLES

1. Différentielle d’une fonction


Soient et deux fonctions définies sur un intervalle ⊂ ℝ. Si est la variable,
la différentielle de la fonction est et vaut :
′( )
= .
Exemple :
( )=
1
= .
1+
Propriétés
∀ ∈ ℝ, =0
( ± )= ±
( ∙ )= +

=

( )= ′( )

2. Les fonctions primitives

Soient et deux fonctions définies sur de ℝ.

On dit que est une primitive de sur si est dérivable sur et ∀ ∈ ,


′( ) = ( ).

L’ensemble des primitives de la fonction sur est l’ensemble des primitives des
fonctions de la forme ( )+ où est une primitive de et est une constante
quelconque. L’ensemble des primitives de sur est noté :

( ) = ( )+ .

Propriétés

[ ( )+ ( )] = ( ) + ( ) avec et des constantes réelles.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 125


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

( ) = ( )

′( ) = ( )+ , = é .

( ) = ( ) − ( ) où est une primitive de , ∈ I.

3. Intégrales définies

Soient et deux fonctions définies sur un intervalle ⊂ ℝ et , ∈ . On appelle


intégrale définie de la fonction sur le segment [ ; ] et on note :

( ) ,

le nombre réel défini par :

( ) = ( ) − ( ),

avec une primitive de sur [ ; ].


Notation

( ) = ( )| = [ ( )] = ( ) − ( )

Propriétés

( ) =0

[ ( )+ ( )] = ( ) + ( ) avec et des constantes réelles.

∀ ∈ [ ; ], ( ) = ( ) + ( ) .

( ) =− ( )

Si ( ) ≥ 0, ∀ ∈ [ ; ], ( ) ≥0

Si ( ) ≤ ( ), ∀ ∈ [ ; ], ( ) ≤ ( ) .

⎧2 ( )
( ) =

⎩0
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≤ ( )≤ ,∀ ∈ [ ; ] , = ( − )≤ ( ) ≤ ( − )

1
[ ; ], é ( ) .

4. Tables d’intégrales types

Dans cette partie, désigne une constante réelle.

1
= + ; = + , ≠ −1 ;
+1


( )
= | |+ ; = | ( )| + ; = +
( ) 1+

= + ; = + ; = + ; sin = − cos +
√1 −

1 1
= sin + ; = tan + ; = −cotan + ;

= ln tan + ; = ln tan + + ; tan = − ln|cos | + ;


sin 2 cos 2 4

1
= ln|sin | + ; = + ; = +
√ − +

′( ) ′( )
= ln + ± + ; =2 ( )+ ; = ln| ( )| +
± ( ) ( )

= − coth + ; = ℎ + ; ℎ = ℎ + ; ℎ = ℎ +
ℎ ℎ

1 − 1 + 1
= + ; = + ; = ℎ +
− 2 + − 2 − ℎ 2

1
=2 + 2 ℎ = ℎ + ; = ℎ +
ℎ 2 √ −1

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1 1 1 1+
= ℎ + ; = ℎ = + ;
√ +1 1− 2 1−

′( ) 1 1 1 1 1
=− ∙ + ; =− ∙ + ;
( ) −1 ( ) ( − ) −1 ( − )

>1

5. Intégration par changement de variable

D’une manière générale, si l’intégrale ∫ ( ) est une intégrale de type


∫ ( + ) alors elle peut être aisément calculée par la substitution + = .

Exemple : Soit à calculer :

= sin( + )

Posons : = +
1 1
⇒ = ⇒ = sin = sin = − cos +

= − cos( + )+ .

Donc :
1
( + ) = ( + )+ ù .

D’une façon générale, si la fonction sous le signe d’intégration est le produit de


deux facteurs dont l’un dépend d’une fonction ( ) alors que l’autre est la dérivée
de ( ) (à un facteur constant près), il est bon d’effectuer un changement de
variable suivant la formule ( )= .

Exemple : Soit à calculer

= +5

Posons :
2
+5= ⇒ +5= ⇒3 =2 ⇒ =
3

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2 2 2
⇒ +5 = +5 = ∙ ∙ ∙ = = +
3 3 9
2 2
= +5 = ( + 5) +5+
9 9
(2 ln + 3)
=

Posons 2 ln + 3 =
1
2 ln + 3 = ⇒ 2 = ⇒ =
2
(2 ln + 3) 1 1 1 1
= . = = + = (2 ln + 3) +
2 2 8 8

6. Intégration par parties

On appelle intégration par parties la recherche de l’intégrale d’après la formule


∫ . ′= − ∫ . ′.
Ce procédé s’applique pour calculer les primitives des fonctions suivantes :
 Produit d’une fonction polynomiale par une fonction exponentielle ( ( ). )
 Produit d’une fonction polynomiale par une fonction sinus ou cosinus
( ( ) sin ( ) cos ).
 Produit d’une fonction exponentielle par sinus ou cosinus
( sin cos )
 Produit d’une fonction polynomiale par une fonction logarithme
( ( ) ln ( ) ln = ( ) ln )
 Fonctions trigonométriques réciproques : Arcsin, Arccos, Arctan, Argth,
Argsh, Argch.

En qualité de u on prend une fonction qui devient plus simple à la suite de la


dérivation, alors que v’ sera représentée par la partie de l’expression figurant sous
le signe d’intégration dont l’intégrale est connue ou peut être trouvée.
Ainsi, par exemple, pour les intégrales du type :

( ) , ( ). , ( ).

où p(x) est un polynôme, u est remplacé par p(x), v’ étant respectivement


remplacé par les expressions , sin , cos .

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Pour les intégrales du type :

( ). , ( ). , ( ).

u est remplacée respectivement par les fonctions lnx, Arcsinx, Arccosx, alors qu’à
v’ on substitue l’expression P(x)dx.

Exemple : Soit à calculer

= tan

Posons :
′( ) = 1 ; ( ) =
1
( )= tan ′( ) =
1+
1 2 1
= tan − = tan − = tan − ln(1 + )+
1+ 2 +1 2

= . sin

Posons :
( )= ; ′( ) =
′( ) = sin ( ) = − cos .

=− cos − − cos

Considérant l’intégrale

cos

Posons
( )= alors ′( ) =

( ) = cos ; ( ) = sin

cos = . sin − . sin

alors =− cos + ( . sin − 1) donc 2 = − cos + . sin


Par suite :

= ( + )+ .

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7. Intégration des fractions rationnelles


Ce sont les intégrales du type :
( )
, ( )≠ .
( )

( )
On appelle fraction rationnelle, une fraction de la forme où ( ) et ( ) sont
( )

des polynômes.

On dit que la fraction rationnelle est propre ou régulière lorsque le degré du


polynôme ( ) est inférieur à celui du polynôme ( ). Dans le cas contraire on
dit qu’elle est impropre ou irrégulière.

+
− é :
+

On le calcule comme suit :


+ + +
= − + = − +
+ + +
+
= − +
+
Ex : Calcul de :

3 +2
=
4 +1

3 +2 3 3 3 +2 3 3
− + = − +
4 +1 4 4 4 +1 4 4

3
3 + 2 − 4 (4 + 1) 3 5 3
= + = +
4 +1 4 4 4 +1 4

5 1 4 3
= ∗ +
4 4 4 +1 4

5 3
= ln|4 + 1| + + .
16 4

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b- Intégration des fractions rationnelles par décomposition en éléments


simples
( )
Avant de procéder à l’intégration d’une fraction rationnelle ( )
, il convient

d’effectuer les transformations et les calculs algébriques suivants :


- Si l’on donne une fraction rationnelle impropre, il faut faire apparaître la
partie entière, c’est-à-dire présenter la fraction sous la forme :
( ) ( )
= ( )+
( ) ( )
( )
où ( ) est un polynôme et étant une fraction rationnelle propre ;
( )

- Décomposer le dénominateur de la fraction en facteurs linéaires et


quadratiques :

( ) = ( − ) ………( ′
+ + ) …, ù − < 0, −à− ô
4
+ + a des racines complexes conjuguées ;

- Décomposer une fraction rationnelle propre en éléments simples :


( ) +
= + +⋯+ +⋯+ +
( ) ( − ) ( − ) − ( + + )
+ +
+ ⋯+ +⋯
( + + ) + +

- Calculer les coefficients indéterminés , ,…, ,… , , , ,…, , , …,


et pour ce faire, réduire au même dénominateur la dernière égalité, égaler
entre les coefficients des mêmes puissances de dans le premier et dans le
deuxième membre de l’identité obtenue et résoudre le système d’équations
linéaire qui en résulte par rapport aux coefficients cherchés. On peut
déterminer les coefficients à l’aide d’une autre méthode, en donnant à la
variable dans l’identité obtenue des valeurs numériques arbitraires. Il est
souvent utile de mettre en œuvre les deux méthodes de calcul de
coefficients.

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Par suite, l’intégration d’une fraction rationnelle se ramènera à la recherche des


intégrales d’un polynôme et des fractions élémentaires rationnelles.

Cas 1 : Le dénominateur n’a que des racines réelles distinctes, c’est-à-dire il


se décompose en facteurs du premier degré non réitératifs.

Exemple :

+2 +6
=
( − 1)( − 2)( − 4)

Chacun des binômes −1; −2 ; − 4 entre dans la décomposition du


dénominateur au premier degré, la fraction rationnelle propre donnée peut être
représentée par une somme d’éléments simples :

+2 +6
= + +
( − 1)( − 2)( − 4) −1 −2 −4

En faisant disparaître les dénominateurs on a :

+ 2 + 6 = ( − 2)( − 4) + ( − 1)( − 4) + ( − 1)( − 2).(*)

⟺ +2 +6= ( − 6 + 8) + ( − 5 + 4) + ( − 3 + 2)

Regroupons les termes de puissances :

+2 +6= ( + + ) + (−6 − 5 − 3 ) + (8 + 4 + 2 )

Par identification on a :

+ + =1 =3
−6 − 5 − 3 = 2 A partir de ce système d’équations on obtient : = −7
8 +4 +2 = 6 =5

Ainsi la décomposition d’une fraction rationnelle en éléments simples est de la


forme :
+2 +6 3 7 5
= − +
( − 1)( − 2)( − 4) −1 −2 −4

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Lors de la décomposition, les inconnues A, B, C peuvent être trouvées d’une autre


manière.

Après avoir fait disparaître les inconnues de l’égalité, on peut donner à la valeur
autant de valeurs particulières qu’il y a d’inconnues dans le système d’équations.
Dans notre cas, il s’agit de trois valeurs particulières.

Il est particulièrement commode de donner à des valeurs correspondant aux


racines réelles du dénominateur. Appliquons cette méthode à la résolution du
présent exemple.

Après avoir fait disparaître les dénominateurs, nous avons obtenu l’égalité (*). Les
racines réelles des dénominateurs sont les nombres 1, 2 et 4. Posons dans cette
égalité = 1, alors 1 + 2.1 + 6 = (1 − 2)(1 − 4) + (1 − 1)(1 − 4) + (1 − 1)(1 −
2) ⟺ 9 = 3 ⇒

= 3. En posant = 1 on a 14 = −2 ⇒ = −7 ; en posant = 4, on obtient


30 = 6 ⇒ = 5. Par suite on a obtenu les mêmes valeurs que par l’application de
la première méthode de calcul des inconnues. Ainsi,

+2 +6
= =3 −7 +5
( − 1)( − 2)( − 4) −1 −2 −4

( − 1) ( − 4)
= 3 ln| − 1| − 7 ln| − 2| + 5 ln| − 4| + = ln +
( − 2)

Cas 2 : Les racines du dénominateur sont réelles, mais certaines d’entre


elles sont multiples, c’est-à-dire que le dénominateur se décompose en
facteurs du premier degré dont quelques-uns se répètent.
Exemple :
+1
=
( − 1) ( + 3)
Au facteur ( − 1) correspondent trois éléments simples :

+ +
( − 1) ( − 1) −1
alors qu’au facteur + 3 correspond un seul élément simple . Ainsi,

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+1
= + + +
( − 1) ( + 3) ( − 1) ( − 1) −1 +3

En faisant disparaître les dénominateurs on a :

+ 1 = ( + 3) + ( − 1)( + 3) + ( − 1) ( + 3) + ( − 1)

Les racines réelles des dénominateurs sont les nombres 1 et -3. En posant = 1,
on obtient :

1
2 = 4 ⇒ = .
2

En faisant = − 3, on obtient :

5
10 = − 64 ⇒ =−
32

Comparons les coefficients de la puissance la plus élevée de x, c’est-à-dire les


coefficients de . Dans le premier nombre, le terme comportant n’existe pas
c’est-à-dire que le coefficient de est nul. Dans le deuxième membre le coefficient
de est égale à + . Ainsi, + =0⇒ = − . D’où :

5
= .
32

Il reste le coefficient B pour ce faire il faut avoir encore une équation. On peut
obtenir celle-ci en comportant les coefficients des mêmes puissances de (par
exemple, de ) ou en donnant à une valeur numérique quelconque. Il est plus
commode de choisir une valeur telle que les calculs soient réduits au minimum.
En faisant par exemple = 0, on obtient : 1 = 3 − 3 + 3 d’où :

3 15 5 3
1= −3 + + ⇒ =
2 32 32 8

La décomposition définitive de cette fraction en éléments simples à la forme :

+1 1 3 5 5
= + + −
( − 1) ( + 3) 2( − 1) 8( − 1) 32( − 1) 32( + 3)

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On obtient finalement :

+1 1 3 5 5
= = + + −
( − 1) ( + 3) 2 ( − 1) 8 ( − 1) 32 −1 32 +3

1 3 5 −1
=− − + ln +
4( − 1) 8( − 1) 32 +3

Cas 3 :
Parmi les racines du dénominateur il y a des racines complexes simples,
c’est-à-dire que la décomposition du dénominateur comporte des facteurs
quadratiques non réitératifs.

Exemple : Soit à calculer

=

Décomposons le dénominateur en facteurs :

− = ( − 1) = ( − 1) = ( − 1)( + + 1) alors

1 1 +
= = + + + .
− ( − 1)( + + 1) −1 + +1

En faisant disparaître les dénominateurs on a :

1 = ( − 1)( + + 1) + ( − 1)( + + 1) + ( + + 1) + ( + ) ( − 1)

Les racines réelles des dénominateurs sont 0 et 1. Pour x=0, on a 1 = − ; pour


= 1, on a 1 = 3 soit = 1⁄3.

Réécrivons l’équation précédente sous la forme 1= ( − 1) + ( − )+


( + + )+ + − − . En comparant les coefficients de , , ,
on obtient le système d’équations suivant :

+ + =0
+ + − = 0 et on trouve
− =0

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1 1
= 0, =− , = .
3 3

Ainsi

1 1 1 −1
=− + −
− 3( − 1) 3( + + 1)

Par conséquent,

1 −1
= =− + −
− 3( − 1) 3 ( + + 1)

1 1 1 2 +1−3
= + ln| − 1| −
3 6 + +1

Cas 4 : Parmi les racines du dénominateur, il y a des racines complexes


multiples, c’est-à-dire que la décomposition du dénominateur comporte des
facteurs quadratiques non réitératifs.

Exemple : Soit à calculer

−2
=
( + 1)

Etant donné que + 1 est un facteur qui intervient deux fois, on a :

−2 + +
= +
( + 1) ( + 1) ( + 1)

En faisant disparaître les dénominateurs, on obtient :

−2 = + +( + )( + 1)

Égalisons entre eux les coefficients des mêmes puissances de x :

⎧1 = ( )
⎪0 = ( )
⎨−2 = + ; = −3 ( )
⎪0 = + ; = 0 ( )

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Par conséquent,

−2 −3 3 ( + 1) 1 ( + 1)
= = + =− +
( + 1) ( + 1) ( + 1) 2 ( + 1) 2 +1

3 1
= + ln( + 1) +
2( + 1) 2

− é : =
+ +

On donne d’abord la forme canonique de + + . Ainsi, on a :

+ + = + + = + + −
2 4

− =± + = , =
4 2

On alors :

1 1
= =
±
+2 ±

Notons que :

1 1
= +
+

1 1 1 −
= ln +
− 2 +

Exemple :

= = ⇒
+ 6 + 25 ( + 3) + 16

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Posons = + 3 alors =

1
= = = +
+ 16 + 16 4 4

Donc

1 +3
= +
4 4

+
− é =
+ +

On essaie de dériver + + , ce qui donne 2 + . On peut donc écrire :

+ = (2 + )+ − .
2 2
Alors

+ (2 + )+ −2
= = 2
+ + + +

Soit :

2 +
= + − .
2 + + 2 + +

La seconde intégrale est justement que nous savons calculer. En effet on


effectue un changement de variable dans la première intégrale en posant :

2 +
+ + = ⇒ (2 + ) = ⇒ = = ln| | +
+ +

= ln| + + |+ .

En définitive :

= ln| + + |+ −
2 2

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Exemple :

=
2 +2 +5

1 1
( )
= 4 4 +2 −2 =
1 4 +2

1
2 +2 +5 4 2 +2 +5 2 2 +2 +5

1 1 1
= ln|2 + 2 + 5| − .
4 2 2 5
+2 +2

1 1 1 1
= ln|2 + 2 + 5| − = ln|2 + 2 + 5| −
4 4 1 3 4 4 3
+2 + 2 + 2

1 1 1
= ln|2 + 2 + 5| − . tan +
4 4 3 3
2 2

+
= + + − +

Soit à calculer :

2 +3
=
+ +1
(2 + 3)
=
+ +1
En posant = , on a

2 = ⇒ =
2
1 2 +3
=
2 + +1
1 (2 + 1) + 2 1 2 +1
= = +
2 + +1 2 + +1 + +1

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1 2 +1
= +
2 + +1 1 √3
+2 + 2
1
1 2 +2
= ln| + + 1| + tan +
2 √3 √3
2
1 2 2 +1
= ln| + + 1| + tan +
2 √3 √3

e− ’ é : =
( + )
On a :
1 + − 1 1 .
= = −
( + ) ( + ) ( + )

1 1
= −
( + )

Posons ( ) = alors ′( ) = 1

′(
1 1
)= ; ( )=−
( + ) 2( − 1) ( + )
D’où
1 1 1
= + −
2( − 1)( + ) 2( − 1) ( + )
Ou
1 1
= + −
2 ( − 1)( + ) 2 ( − 1)
C’est-à-dire

1 2 −3
= +
2 ( − 1)( + ) 2 −2

é ( − 1) ’ é

à é .
+

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Exemple : Calculons

=
( + 2)

1 2+ − 1 1 . 1 1
= = − = −
2 ( + 2) 2 ( + 2) 2 ( + 2) 2 ( + 2) 2 ( + 2)

Considérant l’intégrale :
1
2 ( + 2)

posons :

( )= ⇒ ′( ) = 1

′(
1 1 1 1
)= ; ( )=− =−
( + 2) 2(3 − 1) ( + 2) 4( + 2)

1 1 1 1 1 1 1
= − − − =− +
2 ( + 2) 2 4( + 2) 4( + 2) 8( + 2) 8 ( + 2)

Donc :

1 1 1 1 3
= + − = +
2 ( + 2) 8( + 2) 8 ( + 2) 8( + 2) 8 ( + 2)

1 2+ − 1
= = −
( + 2) 2 ( + 2) 2 ( + 2) ( + 2)
1 1 1
= tan −
2 √2 √2 2 ( + 2)

Posons ( ) = ⇒ ′( ) = 1

′(
1 1 1 1
)= ; ( )=− =−
( + 2) 2(2 − 1) ( + 2) 2 +2
Alors
1 1 1 1 1 1
− =− − − − = − tan
2 ( + 2) 2 2( + 2) 2 +2 4( + 2) 4 √2 √2

1 3 1 1 1 1
= + tan + − tan +
8( + 2) 8 2 √2 √2 4( + 2) 4√2 √2
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1 3 3√2
= + + tan + .
8( + 2) 32 ( + 2) 64 √2

+
− é : =
( + + )

( )
2 2 + + − 2 2 +
= = + −
( + + ) 2 ( + + ) 2 ( + + )

La première intégrale du deuxième membre de l’égalité sera aisément trouvée par


substitution + + = , alors que la seconde sera transformée comme suit :

=
( + + )
+2 + − 4

En posant maintenant + = , = et en faisant − = , on obtient

= .
( + + ) ( + )

Ce qui peut être calculé comme précédemment.

Exemple : Calculer :
−1
=
( + 2 + 3)

1
( )
= 2 2 +2 −2 =
1 2 +2
−2
( + 2 + 3) 2 ( + 2 + 3) ( + 2 + 3)

1 1 1
=− −2 .
2 (2 − 1) +2 +2 [( + 1) + 2]

En posant dans cette intégrale +1= , = on a :


1 ( + 2) −
= =
[( + 1) + 2] ( + 2) 2 ( + 2)

1 1 1
= − −
[( + 1) + 2] 2 +2 2 +2 2 ( + 2)

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= −
[( + ) + ] √ √ ( + )

′(
Posons ( ) = ⇒ )=1

′(
1 1 1 1
)= ; ( )=− =−
( + 2) 2(2 − 1) ( + 2) 2 +2
Alors

1 1 1 1 1 1
− =− − − − = − tan
2 ( + 2) 2 2( + 2) 2( + 2) 4 +2 4 √2 √2

1 1 1 1 +1 1 +1
=− −2 tan + − tan +
2 (2 − 1) +2 +3 2√2 √2 4( + 1) + 2 4√2 √2

1 ( + 1) 1 +1
=− − − tan +
2( + 2 + 3) 2( + 2 + 3) 2√2 √2

+2 √2 +1
=− − tan + .
2( + 2 + 3) 4 √2

g- Méthode d’Ostrogradsky

Si ( ) a des racines multiples, alors :

( ) ( ) ( )
= + (1)
( ) ( ) ( )

ù ( ) est le plus grand commun diviseur du polynôme ( ) et de sa dérivée


( ).
On calcule ( ) par la formule ( ) = ( ): ( ); ( ) et ( ) sont des
polynômes à coefficients indéterminés, dont les degrés sont respectivement
inférieurs d’une unité au degré de ( ) et ( ).
On calcule ces coefficients indéterminés des polynômes ( ) et ( ) en dérivant
(1).
Exemple :

=
( − 1)

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+ + + +
= + .
−1 −1

En dérivant cette identité, on a :

1 (2 + )( − 1) − 3 ( + + ) + +
= +
( − 1) ( − 1) −1

ou 1 = (2 + )( − 1) − 3 ( + + )+( + + )( − 1)

En identifiant les coefficients correspondants aux mêmes puissances de , on


trouve :

=0; − =0; −2 =0; +3 =0; +2 =0; + = −1

D’où =0; =− ; =0; =0; =0; = − 2⁄3 et par conséquent,

1 2
=− − ( )
3 −1 3 −1

Pour calculer l’intégrale du second membre de l’égalité ( ), décomposons la

fraction en éléments simples

1 +
= + ⇒1= ( + + 1) + ( − 1) + ( − 1) ( )
−1 −1 + +1

En faisant = 1, on trouve = .

En identifiant les coefficients de de mêmes puissances dans les deux membres


de l’égalité ( ), on trouve :

1 2
+ =0; − =1⇒ =− ; =−
3 3

Par suite,

1 1 +2
= −
−1 3 −1 3 + +1

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1 1 1 2 +1
= ln| − 1| − ln| + + 1| − tan +
−1 3 6 √3 √3

et

1 + +1 2 2 +1
= =− + ln + tan +
( − 1) 3( − 1) 9 ( − 1) 3√3 √3

8. Intégration des fonctions rationnelles

a. Intégrales du type

, ,…,

On détermine le dénominateur commun des fractions , … , . On effectue la

substitution = ⇒ = . . Chaque puissance fractionnaire de peut


alors être exprimée par une puissance entière de et par conséquent, la fonction
à intégrer se transforme en une puissance rationnelle de .

Exemple : Soit à calculer :

=
+1

Le dénominateur commun des fractions et est 4. Posons par conséquent

= , =4 alors

=4 =4 =4 − (division euclidienne)
+1 +1 +1

4 4
=4 −4 =4 − ln| + 1| + = − ln +1 + .
+1 3 3 3

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b. Intégration du type

+ +
, ,…,
+ +

On détermine le dénominateur commun des fractions ,… et on pose :

+
=
+

Exemple : Soit à calculer

=
√2 + 1 − √2 + 1

=
(2 + 1) − (2 + 1)

Ici le PPCM de 3 et 2 est 6. Posons alors 2 + 1 = donc

1
= ( −) =3
2

3 −1+1 1
= =3 =3 =3 +1+
− −1 −1 −1

3
= + 3 + 3 ln| − 1| +
2

= ( + ) + ( + ) + √ + − +

c. Intégrale du type :

=
√ + +

Il faut donner dans ce cas la forme canonique de + + .

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Ainsi :

+ + = + ±
2

En posant + = , on a :

=
±

intégrale dont la résolution est déjà développée.

Exemple :

=
√ +2 +5

On a : + 2 + 5 = ( + 1) + 4. Posons +1 = ⇒ =

= = ln + +4 + = ln +1+ +2 +5+
√ +4

=
√−3 +4 −1

On a :

4 1 2 1 1 2
−3 + 4 − 1 = −3 − + = −3 − − =3 − − .
3 3 3 9 9 3

En posant − = ; = . Ainsi

1 1
= = = sin +
1 √3 1 √3 1
3 9−
9− 3

1
= sin(3 − 2) +
√3

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d- Intégrale du type
+
=
√ + +

(2 + )+ +2 2 +
= 2 = + −
√ + + 2 √ + + 2 √ + +

Dans la première intégrale on pose + + = ⇒ (2 + ) =

2 +
= = 2√ + =2 + + +
√ + + √

La seconde intégrale a été calculée ci-haut.

Exemple :

5
5 +3 (2 + 4) + (3 − 10)
= = 2
√ + 4 + 10 √ + 4 + 10
5 2 +4
= −7
2 √ + 4 + 10 ( + 2) + 6

5
= + 4 + 10 − 7 ln +2+ + 4 + 10 + .
2

e- Intégrale du type

= ; ∈ℕ
( − ) √ + +

On pose ici − = alors


1
= + ⇒ =−

Exemples :

=
√5 −2 +1
Posons :

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1
= ⇒ =−

et par conséquent

=− =− = − ln +
1 5 2 √ −2 +5 1 − + √5 −2 +1
− +1

f. Intégrale du type

( )
= ; ù ( ) ô é
√ + +

On a :

( )
= ( ) + + +
√ + + √ + +

où ( ) est le polynôme de degré (n-1) à coefficients indéterminés, étant un


certain nombre.

En dérivant l’identité en question et en réduisant le résultat au même


dénominateur, on obtient l’égalité de deux polynômes à partir de laquelle on peut
déterminer les coefficients du polynôme ( ) et le nombre .

Exemple : Soit à calculer

+2 +3 +4
=
√ +2 +2

Ici n=3, donc l’identité correspondante est de la forme

+2 +3 +4
=( + + ) +2 +2+
√ +2 +2 √ +2 +2

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En dérivant les deux membres de l’identité, on obtient :

+2 +3 +4 +1
= (2 + ) +2 +2+( + + )
√ +2 +2 √ +2 +2
1
+
√ +2 +2

En faisant disparaître les dénominateurs on a :

+2 +3 +4 =3 + (5 −2 ) + (4 +3 + ) + (2 + + )

Par identification on a :

1
⎧ =
⎪ 3
3 =1 1
⎧5 ⎪ =6
+2 =2

⎨4 +3 =3 ⎨ 7
=6
⎩ 2 + + =4 ⎪
⎪ 5
⎩ =
2

1 1 7 5
= + + + 2 + 2 + ln +1+ +2 +2 +
3 6 6 2

g. Intégrale du type

= , + +

Cette intégrale peut être ramenée à celle d’une fonction rationnelle par les
substitutions de variables d’Euler.

Première substitution d’Euler : >0


Si > 0, on pose : √ + + = ±√ . +
Prenons pour fixer les idées, le signe + devant √ , alors :
+ + = + 2√ + .

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D’où est défini comme une fonction rationnelle de t :



=
−2 √
( est aussi une fonction rationnelle de t) ; par conséquent

+ + =√ . + =√ . +
− 2√

h- Intégrales des binômes différentiels ∫ ( + ) où m, n et p sont des


nombres rationnels.

TCHEBYCHEV a démontré que les intégrales des binômes différentielles ne


peuvent être exprimées par des fonctions élémentaires que dans les trois cas
suivantes :

Cas : p est un nombre entier ; dans ce cas, le changement de variables


= où s est le PPCM des dénominateurs des fractions m et n, ramène
l’intégrale proposée à une intégrale d’une fraction rationnelle.

Exemple : Soit à calculer :

=
√ √ +1

Ici la fonction sous le signe d’intégration peut être écrite comme suit :

+1 c’est-à-dire = −10 est un nombre entier. Or le PPCM des

dénominateurs 2 et 4 est 4. Pour cela posons = ⟺ =4 et

4 +1−1
= =4 = = −
( + 1) ( + 1) ( + 1) ( + 1) ( + 1)
1 1
= ( + 1) − ( + 1) =− + +
8( + 1) 9( + 1)

Ainsi :

1 4
=− + +
2 √ +1 9 √ +1

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+1
: .

Ici, le changement de variable + = , ramène l’intégrale en question à une


intégrale d’une forme rationnelle, est le dénominateur de la fraction .

: =
(4 − )√4 −

En mettant la fonction sous le signe d’intégration sous la forme (4 − ) on a :


=3; =2; = − . Vu que = = 2 est un nombre entier. On peut poser

4− = ⇒ −2 =2 =− =4− .
On a :
4− 4 +4
= − (4 − ) =− = −4 = + + = +

8−
= +
√4 −
3ème cas : + est un nombre entier.

Dans ce cas, on pose + = où s est le dénominateur de la fraction p.


Exemple :

(1 + ) ⁄
= =
√1 +
Ici, = −4, = 2, =− + = − = −2 est un nombre entier. Par

conséquent, on pose +1 = alors −2 =2 ; =− . On a alors :

(1 + ) ⁄ [ ( ⁄ ⁄
= = + 1)] = ( + 1)

Par conséquent,
( + 1)
=− ( − 1) =− ( − 1) = − + = +1− +
3 3
√1 + (1 + ) (2 − 1)√1 +
= − + = +
3 3

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9. Intégration des fonctions trigonométriques

a- Intégrales du type

( , ) , ù

On procède à un changement de variable dit substitution trigonométrique


universelle tan = . Par suite de ce changement de variable, on a :

2 tan 2 2
sin = =
1+ 1+
2
1−
cos = 2=1− ; tan = ⟹ =2
1+ 1+ 2
2
et
2
=
1+
Exemple :

=
(4 sin + 3 cos + 5)
La fonction sous le signe d’intégration est une fonction rationnelle de sin et de
cos . Posons tan = alors :

2 1− 2
sin = , cos = , =
1+ 1+ 1+
2
1+ 1
= =2 = =− +
2 1− 2 +8 +8 ( + 2) +2
4 +3 +5
1+ 1+
−1
= = +
(4 sin + 3 cos + 5) tan 2 + 2

N.B : La substitution universelle tan = conduit, dans bien de cas, à des calculs

trop compliqués.

= (1 − ) sin = ⟹ cos =

1 2 1
= (1 − ) = −2 + = − + +
5 7 9
1 2 1
= − + +
5 7 9

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(1 − )
= = cos = cos .

En posant sin = on a :
cos = . Ainsi :
(1 − ) 1 1
= = − =− + +
3
1 1
=− + +
3 sin

b- Intégrales du type :

. , ù é

Ici, nous allons considérer deux cas qui ont une importance particulière.

Cas 1 : L’un au moins des exposants et est un nombre impair positif.

Si est un nombre impair positif, on pose = mais si est un nombre


impair positif, on pose = .

: = . = , = , ∶

1 2 1
= (1 − ) = − + +
5 7 9

Cas 2 : Les deux exposants et sont des nombres pairs positifs. Il convient
de transformer la fonction sous le signe d’intégration à l’aide des formules :
1 1 1
= 2 ; = (1 − 2 ); = (1 + 2 )
2 2 2
1
∶ = = ( ) = 2
4
1 1 1
= (1 − 4 ) = − 4 + .
8 8 32
NB : On peut aussi poser = 2 et = 2 . On sait que :
1 − cos 2 1 1
= = − cos 2
2 2 2
1 + cos 2 1 1 1
= = + cos 2 et sin . cos = sin 2 .
2 2 2 2

1 1 1 1
. = . = − 2 . + 2
2 2 2 2

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On obtient un développement suivant les puissances paires et impaires de cos 2 .


Les termes contenant des puissances impaires peuvent être intégrées comme
précédemment. En ce qui concerne les termes contenant des puissances paires,
nous appliquerons successivement la formule ci-haut (de = − cos 2 et de

= + 2 ) afin d’abaisser le degré de ces puissances.

Exemples : Soit à calculer

sin 2 1 1 1 − cos 4
= (sin . cos ) = = 2 =
2 4 4 2
1 1 1 1 1
= (1 − cos 4 ) = − cos 4 = − sin 4 +
8 8 8 8 32
Calculer :

1 1 + cos 2
= = (sin . cos ) = sin 2 .
2 2
1 1
= 2 + 2 cos 2
8 8
1 1 − cos 4 1 1
= + 2 . (sin 2 )
8 2 8 2
1 1 1
= − cos 4 + 2 . (sin 2 )
16 16 16
1 1 1
= − sin 4 + 2 + .
16 64 48

Exercice : Soit à calculer l’intégrale :


( + ) (1 + )
= =
2 2 −1
Vu que la fonction sous le signe d’intégration est impaire par rapport au sinus,
on pose = . D’où =1− , 2 =2 −1 =2 − 1, =− .
Ainsi
(2 − )(− ) −2 1 2 −4 1 3
= = = = −
2 −1 2 −1 2 2 −1 2 2 2 −1
3 √2 3 √2 − 1 1 3 √2 cos − 1
= − = − ln + = − ln +
2 2√2 2 − 1 2 2√2 √2 + 1 2 2√2 √2 cos + 1

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

N.B : On pourrait aussi constater que la fonction sous le signe d’intégration est
impaire par rapport au sinus ou aussi par rapport à cosinus.

+ ( + ) cos (1 + ) cos
= = =
+ + +

(Constater que la fonction sous le signe d’intégration est impaire par rapport au
cosinus.)

Posons sin = ; cos = ; donc :

(1 − )(2 − )
=
+
Mais :
(1 − )(2 − ) 2 6 2
=1+ − = − −6 +
+ 1+
2
= − −6 ( )+ .

=
+ 2 sin . cos −

En divisant le numérateur et le dénominateur par on a :

= =
2 sin . cos + 2 tan − 1
+ −

Posons :

1
tan = ⇒ =

1 + 1 − √2
= = = = ln +
+2 −1 ( + 1) − 2 ( + 1) − √2 2√2 + 1 + √2

+ −√
= +
√ + −√

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c- Intégrale du type

On distingue différents cas :

, ù ’

Supposons pour fixer les idées que n est impair.

Posons = 2 + 1 et

= . = . cos

= . (1 − )

Et on pose sin = ; cos = et on a :

. = (1 − )

Exemple : Soit à calculer :

Dans certains cas la recherche des intégrales du type (sin , cos ) peut être simpli iée

1- Si ( , ) est une fonction impaire par rapport à , c’est-à-dire si


(−sin , cos ) = − (sin , cos ), le changement de variable correspondant est
cos = ⟹ −sin = autrement dit si l’élément différentiel (sin , cos )
est invariant par le changement de en – on posera = .

2- Si (sin , cos ) est une fonction impaire par rapport à cos , c’est-à-dire si
(sin , −cos ) = − (sin , cos ), on fait le changement de variable

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sin = ⟹ cos = . Autrement dit si l’élément différentiel (sin , cos ) est


invariant par le changement de en − on posera = .

3- Si (sin , cos ) est une fonction paire par rapport à sin et cos , c’est-à-dire si
(− sin , −cos ) = (sin , cos ), le changement de variable correspondant est
tan = autrement dit si l’élément différentiel (sin , cos ) est invariant par le
changement de en + on posera = tan cela revient à poser d’abord
= 2 puis = tan .

Autres manières de vite détecter le changement de variable correspondant

 Si l’intégrale est de la forme ∫ (cos ) sin , on peut poser cos = ⟹


sin =−
 Si l’intégrale est de la forme ∫ ( ) on peut poser sin = ⟹
cos =
 Si l’intégrale ne dépend que de (sin , cos ), où sin et cos ne figurent
qu’aux puissances paires, on pose tan = car peuvent être
exprimées par des expressions rationnelles de tan :
1 1
= = ; = =
1+ 1+ 1+ 1+
N.B :
1 + 1 1
= =1+ ⟹ = =
1+ 1+
1 + 1 1+ 1+
= =1+ = +1 = = ⟹ =
1+

Exemples :
(sin + ) (1 + ) sin
= =
cos 2 cos 2
On peut poser
cos = ⟹ − sin = ; =1− =1− ;
cos 2 = 2 −1 =2 − 1;

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= = ( )

1 + cos 2 1
= = (1 + 3 cos 2 + 3 + 2 )
2 8

1 3 3 1
= + cos 2 + + 2
8 8 8 8

1 3 3 1 + cos 4 1
= + sin 2 + + cos 2 (1 − 2 )
8 16 8 2 8

1 3 3 3 1 1 1
= + sin 2 + + cos 4 + cos 2 − 2 . (sin 2 )
8 16 16 16 8 8 2

1 3 3 3 1 1
= + sin 2 + + sin 4 + sin 2 − 2 +
8 8 16 64 16 48

5 1 3 1
= + sin 2 + sin 4 − 2 +
16 4 64 48

 ∫ . , où m et n sont des nombres pairs et l’un d’eux au


moins est négatif

Dans ce cas, il faut poser tan = cot =

Exemple : Soit à calculer

( + )
= = (1 + )

Posons tan = ⟹ (1 + tan ) =

= (1 + )

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d . Intégrale du type

. , . , .

On utilise les formes trigonométriques suivantes :

1
sin cos = [sin( + ) + sin( − )]
2
1
cos cos = [cos( + ) + cos( − )] ,
2
1
sin sin = [cos( − ) − sin( + )]
2

Exemple : = ∫ sin 2 . cos 5

1 1 1
= [sin 7 + sin(−3 )] = sin 7 − sin(3 )
2 2 2
1 1
=− cos 7 + cos 3 +
14 6

= cos . cos . cos = cos . cos . cos


2 4 2 4
1 3 1 3 1
= cos + cos cos = cos . cos + cos . cos
2 2 2 4 2 2 4 2 2 4
1 7 5 1 3
= cos + cos + cos + cos
4 4 4 4 4 4
1 7 1 5 1 3
= sin + sin + sin + sin +
7 4 5 4 3 4 4

10. Intégration de certaines fonctions irrationnelles à l’aide des


transformations trigonométriques

 Pour la première forme ∫ ,√ − , on pose = sin ou = acos

 Pour la seconde forme ∫ ,√ + , on pose = tan ou = acotan

 Pour la troisième forme ∫ ,√ − , on pose = ou =

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Exemple : Calculer
√ −
=

Posons = sin alors = cos et on a :


√ −
= cos =
sin sin
1−
= = − sin
sin sin
On rappelle que :
1
= ln − cot +
sin sin
Donc :
1
= − + +


√ −
sin = , cos =

Par conséquent :
−√ −
= + − +

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Exercice
Calculons l’intégrale suivante :

=
+1

+1 =( + 1) − 2 =( + 1) − √2

= − √2 + 1 + √2 + 1
1 + +
= +
+1 − √2 + 1 + √2 + 1

1 ( + ) + √2 − √2 + + + + √2 + − √2 + +
=
+1 +1

+ = 0; + =1 ⎧ =− √

( + )√2 + + = 0 ⇒ = =

+ + ( − )√2 = 0 ⎪ =
⎩ √

1 1 1 1
− +2 +2
2√2 2√2
= + ( )
− √2 + 1 + √2 + 1

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Chapitre 10 :
LES INTEGRALES GENERALISEES OU
INTEGRALES IMPROPRES

1. Définition

On appelle intégrales généralisées ou intégrales impropres :

- les intégrales à bornes infinies ;


- les intégrales des fonctions non bornées.

L’intégrale impropre d’une fonction f entre les bornes a et +∞ est définie par
l’égalité :

( ) = lim ( ) .

Si cette limite existe et donne une quantité finie, on dit que l’intégrale impropre
est convergente ; si la limite donne ∞ ou n’existe pas on dit que cette intégrale est
divergente.

D’une manière analogue,

( ) = lim ( ) ; ( ) = lim

( )

Si la fonction présente une discontinuité infinie au point c du segment [ ; ] et


est continue pour ≤ < < ≤ , alors, par définition,

( ) = lim ( ) + lim ( )
→ →

On dit que l’intégrale impropre ∫ ( ) (où ( ) = ∞, < < ) est convergente


lorsque les deux limites existent et donnent des quantités finies au 2e membre de
l’égalité ; elle est divergente si l’une au moins des limites n’existe pas ou est
infinie.

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2. Exercice d’application

Calculer les intégrales suivantes

cos ; ; ;
1+

cos = lim cos = lim [sin ] = lim sin = é .


→ → →

−1 −1
1 1
= lim = lim − = lim 1+ = 1.
→−∞ →−∞ →−∞

. é , ù
1+

=2 = 2 lim = 2 lim [Arctan ]0 = 2 lim ( − 0) = .


1+ 1+ →+∞
0 1+ →+∞ →+∞

1
. ( )= é é = 0.

On a donc :

1

= lim = lim[ ]1 = lim(ln 1 − ln ) = +∞ é .
→0 →0 →0

3. Les intégrales de Riemann

L’intégrale de Riemann <1

L’intégrale de Riemann >1

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Exercice 1
Calculer les intégrales suivantes :

ℎ −1
= ℎ ; = ; =
ℎ +1 +1 ( + 1) ( + 1)

+ +1
= ; = ; = ; =
( − 1) ( + 2)

1−
= ; = ; = 3 ;
+ 2 +
2

= ; = ; = ; =
1+ ℎ 5 ℎ −4 ℎ √ +√

√ +1− √ +1 −1
= ; = ( + 1) ;
√ +1+ √ +1

= ; =
−2+√ −2 +2 ( − 1)√ −3 +2

−1 1 −1
= 2 − ; =
+1 +1

+ ℎ +2
= ; = ; =
+ +1 ℎ √ −5 +6

= ; = ; = ;
ℎ √ ℎ2 5 ℎ +3 ℎ +4 (2 + )

+√ +1
= ; =
+1 √1 +

= − +3 −2 ; =
√ +1−√ −1

√ +1 +2
= ; = ; =
√ +√ +2 +2 −

= ; = ; =
√ +1+ √ +1 +1 √ −

−1
= ; = ; = ;
+1 (1 − )
√ +1 ∙ +√ +1

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2 ∙ 3
= ; = ; = ; = ;
ℎ 9 −4 ∙ ( )

1+ ℎ
= ; = ; = ; = 1+2
1− ℎ 2+ √2 −

−2
= (2 − 3 ) ; = ; =
1 + √4 − (1 + )√1 −

Exercice 2

Calculer les intégrales généralisées suivantes (on étudiera la leur convergence) :

1 1 1
= ; = − ; = 1+ ;
(1 + )

(1 − )
= ; =
(1 + )√1 −

Exercice 3

On donne :

= √2

1. Calculer

2. Calculer

1 µ
3. On considère la fonction dé inie sur ℝ par ∶ ( ) = e
√2

Calculer ( ) en utilisant les résultats de la question 1.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 167


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Exercice 4

Soient le nombre réel strictement positif donné et la fonction de la variable


réelle , définie sur ℝ par :

( )= ≥0

( )=0 <0

1. a) Montrer que pour tout ∈ ℝ, ( ) ≥ 0.


b) Pour tout > 0, calculer en fonction de et , les intégrales :

( )= ( ) et ( ) = ( ) . ( ) et lim ( ).

2. Soit Y la variable aléatoire qui à toute ampoule de type B associe la mesure, en


heures, de sa durée de vie. La mesure, en heures, de la durée de vie moyenne
des ampoules de la production B est l'espérance mathématique de Y notée E(Y)
et définie par :

( )= ( )

a) Exprimer E(Y) en fonction de .


b) Quelle doit être la valeur de a pour que la durée de vie moyenne des
ampoules de la production B soit égale à 1000 heures ? Dans ce cas, pour
tout t réel positif, exprimer ( ) en fonction de t.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 168


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CHAPITRE 11
APPLICATIONS DES INTEGRALES
DEFINIES

1. Calcul d’aire d’une figure plane


On considère dans tout ce chapitre un repère ( , ⃗, ⃗).
Théorème
Soient et deux fonctions continues et définies sur [ , ] telles que ( ) ≤ ( )
∀ ∊ [ , ]. Alors l’aire de la partie du plan délimité par les courbes d’équations
= ( ) et = ( ) et les droites d’équations = et = est définie par :

= [ ( ) − ( )] . u. a avec u. a = ∥⃗∥. ∥⃗∥

Cas particuliers

( ) = 0 = g(x)dx. u. a

( ) = 0 = − f(x)dx. u. a

Exemple :
Calculer l’aire de la partie du plan délimité par la courbe d’équation = 4 −
et l’axe des abscisses. L’unité graphique est 2cm sur ( ) et 1,5cm sur ( ).

Résolution
L’équation caractéristique de l’axe des abscisses est = 0 donc on forme le
système suivant :
= 4 − = 0.
On en déduit 4 − =0⇔ =0 =4
∀ x∊ [0,4], 4 − ≥ 0 alors l’aire cherchée est :

= (4 − ) × 2 × 1,5

4
= − × 2 × 1,5
2 3

A = 32 cm2

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Exercice 1
Calculer l’aire de la partie du plan délimité par la courbe d’équation = ,

> 0 et son asymptote horizontale.


Remarque
Si la courbe est donnée par des équations sous forme paramétrique :
= ( )
= ( )
alors l’aire du domaine limité par cette courbe, les droites = , = et le
segment [ , ] de l’axe ( ) s’exprime par la formule

= ( ). ’( )

× .
où t1 et t2 se déterminent à partir des équations
= ( 1)
= ( 2)

Pour t1 < t < t2.


Exercice d’application
Calculer l’aire de la figure plane limitée par une arche de la cycloïde d’équation
( ) = 2( − )
( ) = 2(1 − )
où 0 ≤ t ≤ 2 et l’axe Ox.
Solution

= ( ). ′ ( ) × . ’( ) = 2(1 − )

=4 (1 − ) × . =4 (1 − 2 + ) × .

1+ 2
=4 1−2 + × .
2
3 1
=4 −2 + 2 × .
2 2

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3 1
=4 −2 + 2 × .
2 4
A=12 × .
Exercice 2
Calculer l’aire de l’ellipse d’équation :
= .
0 ≤ ≤ 2
= .
Remarque :
L’aire d’un secteur curviligne limitée par une courbe donnée en coordonnées
polaires par l’équation = ( ) et par deux rayons polaires θ=α et θ=β s’exprime
par :

1
= × .
2

Exercice d’application
Calculer l’aire de la figure plane limitée par la lemniscate d’équation δ = 2θ
Résolution

(−θ) = cos (−2θ)


= 2θ
( ) (−θ) = (θ) = 2θ
Posons = 0 et =a
=0 ⇒ 2 =0

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⇒ 2 =
2
⇒ =
4
= a ⇒ cos2θ=1
⇒ =0
Le quart de l’aire située dans le premier quadrant est

1 1
= θ × u. a
4 2

1 1
= 2θ θ × u. a
4 2

1
= 2θ θ × u. a
4 2

1 1
= 2θ × u. a
4 2 2
1 1
= (1) × .
4 2 2
1
= × .
4 4

D’où

= × u. a

2. Calcul de longueur
En coordonnées cartésiennes, si une courbe d’équation = ( ) est régulière sur
le segment [ , ] (c’est-à-dire que la dérivée ’ = ’( ) est continue sur [ , ] alors
la longueur de l’axe correspondant de cette courbe se calcule d’après la forme :

= 1+ × .

Application
Calculer la longueur de l’arc de la courbe = compris entre = 0 et = 1,
≥ 0.

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Résolution
= ⇒ =√ car ≥0
3√
⇒ ’=
2
9
⇒ =
4

9
= 1+ . .
4

4 9 9
= 1+ . .
9 4 4

4 1 9
= 1+ × .
9 1+1 4
2

8 13
= −1 . .
27 4

Exercice 3
Calculer la longueur de la circonférence d’équation x2+y2 = R2, R = rayon

Remarque
S la courbe est donnée sous forme paramétrique = ( ) et = ( ) alors la
longueur de l’arc de la courbe correspondante à la variation monotone du
paramètre t entre t1 et t2 est exprimée par

= [ ′ ( )] + [ ′ ( )] × .

Exemple
Calculer la longueur de la cycloïde d’équation :
( )= ( − )
t ∈ [0,2 ]
( )= (1 − )

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Résolution
On a :

= [ ′ ( )] + [ ′ ( )] × .

= [ (1 − )] + ( ) × .

= (1 − 2 + + × .

= √2 √1 − × .

=2 × .
2

=2 −2 × .
2
=8 .

Exercice 4 :
Calculer la longueur de la courbe d’équation :
( )=
entre t = 0 et t =
2
( )=

Remarque :
Si une courbe régulière est dérivée en coordonnées polaires par une équation de
la forme = ( ) où ≤ ≤ alors la longueur de l’arc est :

= + ′ . .

Exemple:
3
Calculer la longueur de l’arc de la courbe d’équation = comprise entre
3

=0 =

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Résolution

2
= + ′ . .

= + . .
3 3 3

= . .
3

= . .
3

1 2
= 1− . .
2 3

1 3 2
= − . .
2 2 3

1
= 2 − 3√3 . .
8

3-) Calcul de volume d’un corps de révolution


Le volume d’un corps de révolution engendré par la rotation autour de l’axe ( )
du trapèze curviligne délimité par la courbe = ( ) et les droites d’équations
= 0 et = et = est défini par :

= [ ( )] . .

De façon générale si la figure limitée par les courbes = ( ) et = ( ) avec


0 ≤ ( ) ≤ ( ) et les droites d’équations = et = tourne autour de l’axe ( )
alors le volume du corps de révolution est donné par la formule

= ([ ( )] − [ ( )] ) . .

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Exemple :
Calculer le volume du corps engendré par la rotation autour de l’axe ( ) de la
figure limitée par la courbe d’équation y = ( − 1) et les droites d’équations =1
et = 2.

Résolution

= . .

= ( − 1) . .

1
= ( − 1) × .
4

= [(2 − 1) − 0] × .
4
= × .
4

Exercice
1. Calculer l’aire de la figure comprise entre la chaînette d’équation :
= ℎ , l’axe OY et la droite d’équation = ( + 1).

2. Calculer l’aire intérieure à l’astroïde :


( )= ( )=
3. Calculer l’aire intérieure à la lemniscate de Bernoulli d’équation :
= cos 2
4. Calculer le volume d’un tore engendré par la rotation du cercle d’équation :
+( − ) = ≥ .

5. Calculer la longueur de l’arc de la courbe d’équation :

( )= ( )=

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CHAPITRE 12

SUITES ET SÉRIES NUMERIQUES – SERIES ENTIERES

Dans ce chapitre, on développera les suites et séries.

1. Suites numériques

1.1. Définitions et Propriétés

Soit ⊂ ℕ. On appelle suite numérique toute application de I dans K qui à n


on associe Un.


 Si = ℝ, la suite est appelée suite réelle
 Si = ℂ, la suite est appelée suite complexe
 Un est appelé le terme général de la suite
 Une suite de terme général Un pour ∊ ℕ est notée ( ) ∈ℕ ou ( ).

Propriétés
 Toute suite complexe est bornée.
 Toute suite réelle tendant vers +∞ est minorée
 Toue suite réelle tendant vers - ∞ est majorée
 Soit ( ) ∈ℕ une suite réelle
 ( ) ∈ℕ est croissante si et seulement si ∀ ∊ ℕ, ≤
 ( ) ∈ℕ est décroissante si et seulement si ∀ ∊ ℕ, Un ≥ Un+1
 ( ) ∈ℕ est strictement croissante si et seulement si ∀ ∊ ℕ, Un<Un+1
 ( ) ∈ℕ est strictement décroissante si et seulement si ∀ ∊ ℕ,
Un>Un+1
 La suite ( ) ∈ℕ est constante si et seulement si ∀ ∊ ℕ, Un=Un+1
 Une suite ( ) ∈ℕ est dite stationnaire si et seulement si ∃ ∊ ℕ,
Un=Up.

 Toute suite réelle croissante et majorée est convergente.


 Toute suite réelle décroissante et minorée est convergente.

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 Toute suite réelle croissante et non majorée tend vers +∞.


 Toute suite réelle décroissante et non minorée tend vers -∞.
 Pour toute suite ( ) ∈ℕ à terme strictement positif (Un>0) :

 Si ≥1 alors ( ) ∈ℕ est croissante.

 Si ≤1 alors ( ) ∈ℕ est décroissante.

 Pour = ( ), avec une fonction définie sur un intervalle ⊂ ℝ


 Si f est croissante sur I alors la suite ( ) ∈ℕ est croissante sur I.

Exemple
Soit ( ) ∈ℕ une suite de terme général :

2 −3
U = ≥2
3 +1

Etudier la monotonie de (Un)

Propriété
Si lim ( ) = ∊ ℝ alors ( ) est convergente.
→ ∞

Si lim ( ) = ∞ alors ( ) est divergente.


→ ∞

On dit que ( ) ∈ℕ est majorée s’il existe un nombre réel M tel que ∀ ∊ ℕ, Un ≤ M.

On dit que ( ) ∈ℕ est minorée s’il existe un nombre réel m tel que ∀ ∊ ℕ, Un ≥ m.

Une suite est bornée si elle est à la fois majorée et minorée.

Une suite décroissante est majorée par son 1er terme c’est-à-dire
U0>U1>U2>U3>………………….

Une suite croissante est minorée par son 1er terme c’est-à-dire
U0<U1<U2<U3<………..............

Une suite croissante et majorée admet nécessairement une limite. Il en est de


même d’une suite décroissante et minorée.

Toute suite convergente est une suite de Cauchy.

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1.2. Les différents types de suites réelles

1.2.1. Suite arithmétique

Une suite de nombre ( ) ∈ℕ est dite arithmétique s’il existe un nombre réel r tel
que :
∀ ∊ ℕ, Un+1=Un+r avec r : la raison de la suite
Exemple
U =1

U =U +2

Cette suite représente la suite des nombres impairs qui est une suite
arithmétique de raison = 2 et de premier terme U0=1

Propriétés

Une suite Un est arithmétique ( ) ∈ℕ , alors ∀ ∊ ℕ, ∶

+
=
2

Et de manière générale on a :

+
=
2

Si U0 est le 1er terme d’une suite arithmétique et si on note r la raison de la suite,


alors il existe une formule qui permet de calculer n’importe quel Un en fonction
de son indice n.

= + .

De manière générale, si Up est le 1er terme alors

= + ( − ).

 Une suite arithmétique n’est jamais convergente.

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 Soit ( ) ∈ℕ une suite arithmétique de raison r et de premier terme Uo


alors la somme :
S = U + U + U + U + ⋯ … … . +U
( )

+
= ( + ).

Soit pour retenir :

+
= ( ).

1.2.2. Suite géométrique

Une suite de nombre Un est dite géométrique s’il existe un nombre réel q tel
que :

∀ ∊ ℕ, = =

Propriétés

 Une suite (Un) à termes positifs est géométrique si et seulement si ∀ ∊ ℕ,


Un = .
De manière générale ∀ ∊ ℕ, Un=
 Si U0 est le 1er terme er q la raison alors il existe une formule qui permet de
calculer n’importe quel Un en fonction de n.
= .

De façon générale si le premier terme est Up alors

= .

 Si (Un) est une suite géométrique de raison q≠1 et de 1er terme U0 alors
S = + + +……………..+
1−
=
1−

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Soit pour retenir :

1−
=1 ×
1−

 Si = 1, S = (n+1).
 Une suite géométrique est convergente si et seulement si | | < 1 et dans ce
cas elle a pour limite 0 (zéro). Dans ce cas, la somme S est égale à :

=

 Si | | ≥ 1, alors la suite diverge.

1.2.3. Suites arithmético-géométriques

On appelle suite arithmético-géométrique toute suite récurrente ( ) dont la


définition est de la forme :

= +

On décide de prendre a≠ 1 et b≠ 0 sinon la suite sera arithmétique ou


géométrique.

Une telle suite n’est ni arithmétique, ni géométrique.

La limite de cette suite est telle que

( )= ⇒ + =

⇒ =
1−

1.2.4.Suites adjacentes

Deux suites réelles ( ) ( ) sont dites adjacentes si et seulement si :

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( ) est croissante
( ) est décroissante
lim ( )=0
→∞

Dans ce cas, les deux suites admettent la même limite.

1.2.5. Suites récurrentes linéaires

Une suite ( ) est dite récurrente linéaire d’ordre 2 lorsqu’il existe des réels a et b
différents de 0 tels que :
= +

Pour cette suite, les deux premiers termes et sont connus et on a :

− − =0 (1)

L’équation caractéristique associée à (1) est ² − − = 0. Pour cela, on calcule le


discriminant ∆= ² + 4 .

Si ∆>0, alors l’équation caractéristique admet deux racines réelles distinctes r1 et


r2. Il existe donc ( , ) ∊ ℝ² tels que :

= +

Pour déterminer et on résout le système :

= +

= +

Si ∆= 0 alors l’équation caractéristique admet une racine réelle double

1= 2= 0 = /2

alors il existe ( , ) ∊ ℝ² tels que :

= ( + ) .

Pour déterminer et il suffit de résoudre le système :

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= ( ×1+ )

= ( ×2+ )

Si ∆<0, alors l’équation caractéristique admet deux racines complexes z1 et z2


telles que :

= et = alors il existe ( , ) ∊ ℝ² tels que :

= [ ( )+ ( )]

Pour déterminer α1 et α2 il suffit de résoudre le système :

= ( + )

= [ (2 ) + (2 )]

Exercice

Déterminer le terme général de chacune des suites suivantes :

= 1, =6
(V ) :
∀ ∊ ℕ∗ =4 −4

= 3, =6
(w ) :
∀ ∊ ℕ∗ =4 − 16

2. Séries numériques
2.1. Définition et propriétés

Définition
Soit une suite ( ) ∈ℕ de nombre. On appelle série numérique de terme général
Un, la somme infinie de forme :

+ + +⋯ +⋯

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On utilise souvent la notation suivante :

∊ℕ

On appelle somme partielle de rang n de la série de terme général définie par

= = + +⋯

On dit que la série de terme général ( ) converge si :

lim est une quantité inie.


→ ∞

Dans le cas où
lim =∞
→ ∞

ou n’existe pas, on dit que la série de terme générale diverge.


Supposons que
= lim
→ ∞

alors on écrit :

Dans ce cas S est appelé la somme de la série de terme général .

La série constituée par les termes d’une progression géométrique décroissante


quelconque :

+ . + . + . +⋯+ . + ⋯ = (1 + + + + ⋯+ )

avec |q|< 1 est une série convergente dont la somme est :

=
1−

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La série suivante :

1 1 1 1
1+ + + + ⋯+ +⋯
2 3 4

est appelée série harmonique et elle divergente.

Exercice

Etudier la convergente de la série

2 1 1 1 1
+ + + + +⋯
3 3 6 12 24

Résolution

2 1 1 1 1 2 1 1 1 1
+ + + + +⋯ = 1+ + + + +⋯
3 3 6 12 24 3 2 4 8 16

La série est constituée par des termes d’une progression géométrique infiniment
décroissante et pour cette raison la série est convergente ici = et = d’où
2
3 4
= = =
1− 1 3
1−2

Exercice
Etudier la convergente de la série suivante :
1 1 1
+ + +⋯
11 12 13

Résolution

La série proposée est obtenue par suppression des dix premiers termes d’une
suite harmonique. Par conséquent cette suite diverge.

Etudions alors les critères de convergence des séries.

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2.2. Critères de convergence des séries à terme positif

Critère n°1

Si la série + + +⋯+ + ⋯ converge alors la série + + +⋯


obtenue à partir de la série donnée en supprimant les m premiers termes,
converge elle aussi. Cette dernière série est appelée mième reste de la série initiale.

Critère n°2

Si la série + + + ⋯ converge et a pour somme le nombre S, alors la série


+ + + ⋯ converge elle aussi, la somme de cette dernière série étant
égale à aS.

Critère n°3

Si la série de terme général ( ) converge alors :

lim =0
→ ∞

dans le cas contraire la série diverge.

Critère n°4

Soit la somme partielle de rang n et S la somme de la série. La quantité

= −

est appelée le reste de la série.

La série de terme général converge si et seulement si :

lim =0
→ ∞

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Critère n°5 (critère de comparaison)


Considérons les séries de termes généraux et tels que ≥ 0 et 0≤ ≤ à
partir d’un certain rang.
Si la série de terme général converge alors la série de terme général converge
aussi.
Si la série de terme général diverge, alors la série de terme général converge
également. C’est le premier critère de comparaison.

Enonçons le deuxième critère de comparaison :


S’il existe une limite finie et différente de 0

lim = ≠0
→∞

alors les deux séries de terme général et convergent simultanément.

Critère n°6 (critère de D’Alembert)

Si à partir d’un certain rang n et ≥ 0, on a :

lim = < 1 alors la série de terme général converge


→∞

lim = > 1 alors la série de terme général diverge.


→∞

lim = 1 alors on assiste à un cas douteux. Pour cela, il faudra utiliser d’autres critères.
→∞

= ⇒ =
→ →

Exercice d’application
Etudier la convergence de la série

avec x > 0.
!

Résolution
Ici le terme général de la série est :

= alors =
! ( + 1)!

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( + 1)! !
= = × =
( + 1)! +1
!

lim = lim = 0 < 1 donc la série converge.


→ ∞ → ∞ +1

Critère n°7 (critère de Cauchy)

Considérons la série de terme général et ∀ ∈ ℕ, > 0. On a :

q > 1 alors ( ) diverge


lim = q < 1 alors ( ) converge
→ ∞
q = 1 cas douteux
Application
Etudier la convergence de la série
²
1 1
1+
2

Résolution
Le terme général de la série est
²
1 1
= 1+
2

=( )

1 1
= 1+
2

1 1
= 1+
2

1 1
= 1+
2

1 1
= 1+
2
1 1
= lim 1+ = > 1 donc la série diverge
→ ∞2 2

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Critère n°8 (critère intégral de Cauchy)


Si = ( ) où f est la fonction → ( ) positive, décroissante et continue pour
≥ ≥ 1, alors la série de terme général est l’intégrale généralisée

( ) converge ou diverge simultanément.

Application
Soit la série
1
²

Résolution
Selon le critère de D’Alembert appliqué à cette série où
1
=
²
et
1
=
( + 1)²
on a :
1
( + 1)² ²
= = =
1 ( + 1) +1
²

lim = lim = 1 cas douteux.


→ ∞ → ∞ +1

Utilisons donc le critère intégral de Cauchy.

Soit

1
( )=
²

f est positive, décroissante et continue pour ≥ 1 alors calculons


( )

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On a
∞ ∞
1
( ) =
²
1
= lim
→ ∞ ²
1
= lim −
→ ∞

1
= lim (− + 1) = 1.
→ ∞

Cette intégrale généralisée converge. Par conséquent la série donnée converge.

2.3. Les séries absolument convergentes

Si la série de terme général =| | converge alors la série de terme général


converge aussi et on dit qu’elle est absolument convergente.

Si la série de terme général =| | diverge alors la série de terme est semi-


convergente.

2.4. Les séries à termes alternés

Ce sont des séries dont le terme général est alternativement positif et négatif à
partir d’un certain rang.

Si pour la série à termes alternés − + − + − + − ⋯ + (−1)


( ≥ 0), les conditions du critère de Leibniz :

Première condition

> > > > > > > ………

Deuxième condition

lim =0
→ ∞

sont satisfaites alors cette série converge.

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3. Séries entières
On appelle série entière de la variable toute série de terme général :
= ∈ℕ + ( − )+ ( − ) +⋯⋯⋯+ ( − )
Les coefficients , , ,⋯⋯⋯, ∈ ℝ.
La somme partielle :
= + + ⋯⋯⋯+
est un polynôme de degré .

La propriété essentielle des séries entières consiste en ce qui suit : si une série
entière converge pour = , elle converge (et ceci absolument) pour toute valeur de
x telle que l’inégalité | − | < | − | soit vérifiée (Théorème d’Abel).

3.1. Domaine de convergence d’une série entière

Considérons par exemple la série géométrique :

=1+ + + ⋯+ +⋯ ∈ ℝ.

C’est une série entière dans laquelle tous les coefficients valent 1.
1
| |<1 : ( )= | |≥1 ( ) .
1−
En résumé la série converge pour ∈ ]−1,1[.

3.2. Intervalle de convergence


Si ∀ ∈ ℝ la série converge, on dit que l’intervalle de convergence de { } est
infini. Si la série diverge sauf pour = 0, on dit que l’intervalle de convergence
est nul.
S’il existe une valeur R, telle que pour | | < , la série converge et pour | | > la
série diverge, on dit que le rayon de convergence de la série est R. L’intervalle de
convergence est au moins – , + .
Lorsque | | = , la série peut aussi bien converger que diverger.
L’un des corollaires du théorème d’Abel est le fait que, pour toute série entière, il
existe un intervalle de convergence | − | < ou − < < + de centre a, à
l’intérieur duquel la série entière converge absolument pour diverger à son
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extérieur. Aux extrémités de l’intervalle de convergence (aux points = ± ),


diverses séries entières se comportent de manière différente : les unes sont
absolument convergentes aux deux extrémités, d’autres sont soit semi-
convergentes aux deux extrémités soit semi-convergentes à l’une d’elles pour
diverger à l’autre, et, enfin il y a celles qui divergent aux deux extrémités.

Le nombre R, qui est la moitié de la longueur de l’intervalle de convergence est


appelé rayon de convergence d’une série entière. Dans les cas particuliers, le
rayon de convergence R de la série peut être nul ou égal à l’infini. Si = 0, alors
la série entière ne converge que pour − = 0 soit = , mais si = ∞, alors la
série converge sur tout l’axe numérique ( ).

3.2. Recherche du rayon de convergence

Pour la recherche de l’intervalle et du rayon de convergence d’une série entière,


on peut faire appel à l’un des procédés suivants.
1. Si parmi les coefficients de la série , , ,⋯, , ⋯ il n’y a pas de
coefficients nuls, c'est-à-dire que la série contient toute les puissances
entières positives de la différence − , alors :

= lim ,

si cette limite (finie ou infinie) existe.


2. Si la série initiale est de la forme :
+ ( − ) + ( − ) +⋯⋯⋯+ ( − ) +⋯⋯
(où est un entier positif déterminé 2, 3, …..), alors :

= lim

3. Si parmi les coefficients de la série, il y en a qui sont nuls et que la


succession des puissances restantes de la différence − dans la série est
quelconque (c'est-à-dire qu’elle ne forme pas une progression arithmétique
comme dans le cas précédent), alors le rayon de convergence peut être
trouvé d’après la formule :
1
=
lim

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dans laquelle ne sont utilisées que les valeurs de différentes de zéro.


Cette formule est aussi applicable dans les cas 1) et 2).

4. Dans tous les cas, l’intervalle de convergence peut être trouvé en


appliquant immédiatement le critère de D’Alembert ou celui de Cauchy à
une série formée des valeurs absolues des termes de la série initiale.
En recopiant la série sous la forme :
+ ( )+ ( )+⋯+ ( )+⋯
Ici = , ( )= ( − ) , où le rapport entre et peut être
quelconque, le coefficient du ne terme de la série et non le coefficient de
( − ) étant désigné par . On trouve l’intervalle de convergence à partir
des inégalités :

lim <1 lim < 1.


→ →

Théorème :
Les séries obtenues par dérivation et intégration terme à terme d’une série entière
admettent le même intervalle de convergence et leur somme à l’intérieur de cet
intervalle de convergence est respectivement égale à la dérivée et à l’intégrale de
la somme de la série initiale.

Donc si :
( − )
( − ) ( )= ( − ) ( ) =
+1

où − < − < .

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 193


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Planche d’exercices
Exercice 1
1. Calculer le terme général des séries numériques suivantes :
2 3 4 5
+ + + +⋯⋯⋯⋯⋯⋯
3 7 11 15
1 3 5 7
+ + + + ⋯⋯⋯⋯⋯⋯
2 2 2 2

2. Calculer la somme des séries numériques suivantes


1 1 1 1
+ + + +⋯⋯⋯
1∙3 3∙5 5∙7 7∙9
1 1 1
+ + + ⋯⋯⋯
1∙2∙3 2∙3∙4 3∙4∙5

3. Etudier la convergence des séries numériques suivantes


1 2 3 4
+ + + + ⋯⋯⋯
2 5 8 11
0,5 + 0,51 + 0,501 + 0,5001 + ⋯ ⋯ ⋯
1 2 3 4
+ + + +⋯⋯⋯⋯⋯⋯
3 5 7 9
2 2 2 2
+ + + ⋯⋯⋯+ + ⋯⋯⋯⋯⋯
1 2 3
1 2 3 4 5
+ + + + +⋯⋯⋯⋯
√3 3 3√3 9 9√3
1 1 1
1+ + + + ⋯⋯⋯
2 3 4
1 1 1
+ + + ⋯⋯⋯⋯
2 2 3 3 4 4

4. Etudier la convergence des séries numériques de terme général :


1
=
4∙2 −3

Exercice 2
1. Etudier la convergence des séries entières suivantes :
1 1
( − 2) + ( − 2) + ( − 2) + ⋯ ⋯ ⋯
2 3

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

1 1
+ + + ⋯⋯⋯⋯
2 3
1! ( − 5) + 2! ( − 5) + 3! ( − 5) + ⋯ ⋯ ⋯

+ + + ⋯⋯⋯⋯
1! 2! 3!

2. Etudier la convergence des séries entières :

+1
( − 2)
2 +1
( )

3. Calculer la somme des séries entières :


1+2 +3 +4 + ⋯ ⋯ ⋯ (| | < 1)

+ + + + ⋯ ⋯ ⋯ (| | < 1)
2 3 4
4. Développer en série entière des fonctions suivantes :
( )= ; ( )=

5. En appliquant le développement en série de , calculer 18° à 0,0001


près.
6. Calculer √ à 0,00001 près.

Exercice 3
1. Trouver le terme général de la suite récurrente ( ) telle que :
4 =4 −
=1
=9

2. Trouver les réels a et b tels que :

= 0,58333 ⋯ ⋯

3. Etudier la convergence des séries suivantes :


a) en appliquant le critère de D’Alembert :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 195


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

11 11 1 11 1 11 1
+ ∙ + ∙ + ∙ +⋯⋯⋯
10 10 2 10 3 10 4
b) en appliquant le critère intégral :
1 1 1
+ + +⋯⋯⋯
9 ln 9 19 ln 19 29 ln 29
c) en appliquant le critère de Cauchy :
3 +1
4 +1

Exercice 4
On considère les intégrales définies et suivantes :
1 1
= =
1− + 1+
1. = 1 + √3 .

2. Calculer les nombres réels a, b et c tels que pour tout réel ≠ −1, on ait :
1 (2 − 1)
= + +
1+ 1+ − +1 − +1
3. Calculer .

4. On pose
1
= 3
0 1+
1
é ∀ ∈ ℕ, 0 ≤ ≤ .
+1
En déduire la convergence et la limite de la suite ( )
5. Démontrer que la série de terme général converge et calculer sa somme :
(−1)
=
3 +1
On remarquera que :
1
=
3 +1
6. La série ∑ est – elle absolument convergente ?

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 196


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Exercice 5
1. Trouver la somme partielle et la somme des séries suivantes :
1 2
; [ ( + 1) − ] ;
( + 1)

2. Démontrer que la suite :



√2 ; 2 + √2 ; 2 + 2 + √2 ; ⋯ ⋯ ⋯ ; 2 + ⋯ ⋯ + 2 + 2 + 2 + √2



est convergente et trouver sa limite.
3. Calculer la somme :
= 3 + 33 + 333 + ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ + 333 ⋯ 3

4. Trouver le terme général de la suite récurrente ( ) telle que :


=6 − 12 +8
=1
=8
= 20
5. Etudier la convergence des séries suivantes :
1 1 1
) + + + ⋯ ⋯ ⋯ (critère intégral de Cauchy)
9 ln 9 19 ln 19 29 ln 29
2 +2 +1
) (critère de Cauchy)
5 +2 +1

2 3 4 ( )
)1− − + + ⋯ ⋯ ⋯ + (−1) ∙ +⋯
3 5 7 2 −1
1 3 5
) + + + ⋯ ⋯ ⋯ (on devra d abord déterminer le terme général)
2 2² 2

Exercice 6
1. Montrer que les suites ( ) et ( ) sont adjacentes :

= = +
! ∙ !

2. Calculer la limite des suites de terme général :


√ √
1
= − 1+ ; = +
3 +1 6 +1

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 197


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

3. Calculer :
4 4 4 4
lim 1− 1− 1− ⋯⋯ 1 −
→ 1 9 25 (2 − 1)

Exercice 7
1. Montrer que la suite ( ) définie par :

1
=
( + )( + + 1)
1
est convergente et que≤ lim ≤ 1.
2 →

2. Montrer que les suites ( ) et ( ) sont adjacentes. On précise que et sont


des réels tels que 0 < < .
= ; =
1
= ∙ = ( + )
2
3. Etudier la convergence des suites :

1 1
= ! ; = − 2√ + 1 ; =2 ù ∈ 0;
! √ 2 2

4. En appliquant le critère de Cauchy, étudier la convergence de la série :


2 +2 +1
5 +2 +1

Exercice 8
On considère la suite qui à tout entier > 0 associe le nombre tel que :
) >0
2
)( ) une suite géométrique de raison
5
) é é é5 ∙ =6 .

1. Exprimer . Exprimer en fonction de n.


2. Etudier le sens de variation de la suite.
3. Exprimer la somme :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 198


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

= + + ⋯⋯⋯⋯⋯+
en fonction de n.
4. Trouver la limite de la suite ( ).

Exercice 9
1. Calculer les côtés a, b et c d’un triangle de surface 6 unités d’aires tels que a,
b et c forment une suite arithmétique de raison 2.
2. Déterminer la nature de la suite ( ) ∈ℕ définie par :
−1
3
=
2
3. On donne trois réels =2; sont respectivement les carrés de deux
entiers consécutifs. Trouver la raison d de la suite arithmétique.
4. Calculer la somme des 10 premiers termes d’une suite géométrique ( )
sachant que :
=3 − = 36.

Exercice 10
1. Calculer la somme :
= 3 + 33 + 333 + ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ + 333 ⋯ 3

2. Montrer que :

111 ⋯ 1 − 22 ⋯ 2 = 33 ⋯ 3

3. Trouver les réels a et b tels que :

= 0,58333 ⋯ ⋯

Exercice 11
Un technicien de Bénin Télécom-SA retenu pour un projet d’installation de lignes
téléphoniques dans une région donnée reçoit le premier jour 1 ligne téléphonique,
le 2e jour 2 lignes téléphoniques, le 3e jour 4 lignes téléphoniques, le 4e jour 8
lignes téléphoniques et ainsi de suite.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 199


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

A la fin du projet, il s’aperçoit qu’il a reçu au total 65535 lignes téléphoniques.


Combien de jours le projet a – t – il duré ?

Exercice 12

Depuis qu'il est à la retraite, un homme tond sa pelouse tous les samedis, il
recueille chaque fois 120 litres de gazon qu'il stocke dans un bac à compost de
300 litres. Chaque semaine les matières stockées perdent, après décomposition
ou prélèvement des trois quarts de leur volume. Soit V1, V2, V3 les volumes en
litres stockés respectivement les premier, deuxième et troisième samedis après la
tonte.
De manière générale, soit Vn le volume stocké le nième samedi après la tonte.
1. a) Montrer que V1 = 120 litres, V2 = 150 litres, V3 = 157,5 litres.
b) Calculer les volumes V4, V5, V6 exprimés en litres, stockés respectivement
les quatrième, cinquième, sixième samedis après la tonte.
2. Exprimer Vn+1 en fonction de Vn.
3. On définit, pour tout ≥ 1, tn par : tn = 160 - Vn.
a) Montrer que (tn) est la suite géométrique de premier terme t1 = 40 et de
raison 1⁄4.
b) En déduire les expressions de tn puis de Vn en fonction de n.
c) Déterminer la limite de (tn) puis celle de (Vn).

Exercice 13

L’imprimerie TUNDE a acheté une machine en 2003 pour une valeur de 50 000 kF
et a noté la valeur de cette machine sur le marché d'occasion jusqu'en 2009.
Les résultats sont notés dans le tableau 1 suivant :

Tableau 1 :
Année 2003 2004 2005 2006 2007 2008
Rang de l'année 0 1 2 3 4 5
Valeur de la 50 000 42 000 36 000 32 000 26 500 22 000
machine (en kF) yi

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 200


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Le service comptable de cette entreprise remarque que pendant les années 2003 à
2008 la machine s'est dépréciée d'environ 15 % par an. Il suppose alors qu'à partir
de 2008 la baisse annuelle sera de 15 %. Il pose v0 = 22 000 et note (vn) la suite
donnant la valeur estimée, selon ce modèle, de la machine au bout de n années de
fonctionnement à partir de 2008. Ainsi, v1 est la valeur estimée (de la machine en
2009.

1. a) Justifier la nature de la suite (vn) et déterminer sa raison.


b) Montrer que, pour tout entier naturel n, vn = 22 000 × (0,85)n.

2. Le tableau 2 est un extrait d'une feuille de calculs. Il donne la valeur estimée vn


de la machine pour les années 2008 à 2014. Le format de la colonne D est un
format numérique à zéro décimale.
Donner une formule qui, entrée dans la cellule D8 permet, par recopie vers le bas
d'obtenir la plage de cellules D8:D13.

3. Dans cette question, toute trace de recherche, même incomplète, ou d'initiative


même non fructueuse, sera prise en compte dans l'évaluation. Selon ce modèle, à
partir de quelle année la machine aura-t-elle une valeur inférieure à 5 000 kF ?

4. Valdès, un employé de cette imprimerie gagnant 1200 kF mensuellement


demande une augmentation au PDG. Celui-ci lui propose deux formules :
 Une augmentation de 40 kF par mois chaque 1er Janvier à partir de 2004
(formule n°1)
 Une augmentation de 3% chaque 1er Janvier à partir de 2004 (formule n°2)
a) Compléter le tableau n°3. Montrer que la formule n°1 correspond à une suite
numérique. Montrer que cette formule peut se traduire par l’équation
= + où y est le salaire annuel et x le nombre d’années après
2003. Quelle sera son salaire mensuel en 2018 ? quelle est la somme totale
gagnée par Donald entre 2003 et 2018 ?
b) Montrer que la formule n°2 correspond à une suite numérique. Montrer que
cette formule peut se traduire par l’équation = , + où y est le
salaire annuel et x le nombre d’années après 2003. Quelle sera son salaire
mensuel en 2018 ? quelle est la somme totale gagnée par Donald entre 2003 et
2018 ?

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 201


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Tableau n°3 :

Année 2004 2005 2006 ...... 2018

Salaire annuel (formule n°1) ......

Salaire annuel (formule n°2) ......

Tableau 2 : Extrait d’une feuille de calcul


A B C D
1 Valeur réelle de la Rang de l'année à Valeur estimée de la
Année
machine partir de 2005 machine

2 2003 50 000

3 2004 42 000

4 2005 36 000

5 2006 32 000

6 2007 26 500

7 2008 22 000 0 22 000

8 2009 1 18 700

9 2010 3 15 895

10 2011 3 13 511

11 2012 4 11 484

12 2013 5 9 762

13 2014 6 8 297

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

CHAPITRE 13
FONCTIONS A PLUSIEURS VARIABLES

1. Définitions et exemples

Dans la grande majorité des situations rencontrées en Mathématiques et dans


ses applications, Physique, Biologie, Ingénierie, Economie, etc., les systèmes dont
on étudie le comportement dynamique, dépendent non pas d’une variable ,
souvent le temps t, mais de plusieurs variables, par exemple temps et espace. Le
cas typique est donné par un point du plan (resp. espace) = ( , ), (resp.
= ( , , ) dont la position par rapport à un système d’axes fixé à l’avance
dépend de deux (resp. trois) paramètres ou coordonnées.

On appelle ℝ ( ∈ ℕ∗ ) l’ensemble défini de la façon suivante :

ℝ = {( , ,…, )}, ∈ℝ = 1, .

Pour :

= 2, ℝ = {( , )} ∶ .

′ ′
= 3, ℝ = {( , , )} ∶ .

On appelle fonction à plusieurs variables réelles , ,…, toute application f


d’une partie ⊂ ℝ tel que :

: ⊂ℝ ⟶ℝ
( , ,…, )⟼ ( , ,…, )

Exemple 1

∶ ⊂ℝ ⟶ℝ
( , )⟼ ( , )= .

Cette fonction à deux variables permet de calculer l’aire de la surface d’un


rectangle de longueur et de largeur .

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 203


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Exemple 2

∶ ℝ ⟶ℝ
( , , )⟼ ( , , )= . .

Cette fonction permet de calculer le volume d’un parallélépipède de longueur x,


de largeur y et de hauteur z.

Exemple 3

ℎ∶ ℝ ⟶ℝ
( , , ) ⟼ ℎ( , , ) = −2 +3

2. Domaines de définitions et notion de boucles


2.1. Domaines de définition

On appelle domaine de définition d’une fonction f à deux ou trois variables ( , )


ou ( , , ) l’ensemble défini comme suit :

= {( , ) ∈ ℝ ⁄ ( , ) }

ou

= {( , , ) ∈ ℝ ⁄ ( , , ) }

Exercice d’application
Considérons les fonctions f et g définies par :
: ⊂ℝ ⟶ℝ
( , ) ⟼ ( , ) = ln( + )

Déterminer le domaine de définition

Résolution
= {( , ) ∈ ℝ ⁄ + > 0}
Soit D la droite d’équation
+ =0 ⟹ =−

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 204


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Df est l’ensemble des points du plan hachuré privé des points de la droite (D).

2.2. Notion de boucles fermées et de boucles ouvertes

Soit Ω( , , ) ∈ ℝ∗ .

On appelle boucle ouverte de centre Ω et de rayon l’ensemble noté B(Ω, ) défini


par :

( , ) = { , , ) ∈ ℝ ⁄( − ) + ( − ) + ( − ) < }

On appelle boucle fermée l’ensemble :

( , ) = { , , ) ∈ ℝ ⁄( − ) + ( − ) + ( − ) ≤ }

La sphère ou boule est :

( , )= ( , ) = { , , ) ∈ ℝ ⁄( − ) + ( − ) + ( − ) = }

Exercice
Soit la fonction telle que :
: ℝ ⟶ℝ
1
( , , )⟼ ( , , )=
+ + −1

= {( , , ) ∈ ℝ ⁄ + + − 1 > 0}

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 205


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

soit + + > 1.
Dg est l’extérieur de la boule de centre 0 et de rayon 1.
Le domaine de la fonction est donc l’extérieur d’une boucle fermée de centre
(0,0,0) et de rayon =1.

3. Courbes de niveau
3.1. Lignes de niveau

On appelle ligne de niveau d’une fonction définie sur ℝ

= {( , ) ∈ ⁄ ( , ) = }, est une constante réelle.

Exercice d’application
Déterminer les lignes de niveau de la fonction définie par ( , ) = + .

3.2. Surfaces de niveau

Soit , une fonction définie sur ⊂ℝ

= {( , , ) ∈ ⁄ ( , , ) = }, = constante réelle.

Exercice d’application

Déterminer les surfaces de niveaux de définie par :

( , , )= − +

= {( , , ) ∈ ℝ ⁄ − + = }, = constante réelle.

 1er cas : =0
− + = 0. Il s’agit d’un cône d’axe ( ) de sommet à l’origine.
 2e cas : < 0.
Il s’agit d’une famille d’hyperboloïdes à deux nappes.
 3e cas : >0
Il s’agit d’une famille d’hyperboloïdes à une nappe.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 206


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

4. Limite et continuité d’une fonction à deux ou trois variables

Soit une fonction définie sur :

⊂ℝ ℝ ( ; )∈ℝ ( , , )∈ℝ

à . ( , ) ( , , ) é lorsque ( , ) tend vers


( , ) ou ( , , ) tend vers ( , , ) signifie que pour tout ( , ) très proche de
( , ) ou pour tout ( , , ) très proche de ( , , ), le nombre ( , ) ou ( , , )
est très proche du nombre réel l. On note :

lim ( , )= lim

( , )=
( , )→ ,

lim ( , , )= lim

( , , )=
( , , )→ , ,

Exercice d’application
Calculer les limites suivantes :
sin −
lim

; lim ù ∈ ℝ∗

→ ∞

+

Continuité
Soit , ∈ , on dit que est continue en , ∶
lim ( , )= ,
( , )→ ,

Les polynômes à deux variables sont continus en tout point de ℝ .

Exemple : ( , ) = + + est continue en tout point de ℝ .

5. Les dérivées partielles

On appelle dérivée partielle première de par rapport à au point ( , ), la


limite si elle existe du rapport suivant :

( +Δ , )− ( , )
lim Δ = −
Δ → Δ

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 207


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

On la note ( , ) ou ( , ) et on lit dé rond sur dé rond en ( , ).

On appelle dérivée partielle première de par rapport à au point ( , ), la


limite si elle existe du rapport suivant :

( ,Δ + )− ( , )
lim Δ = −
Δ → Δ

On la note ( , ), ou ( , ) On lit dé rond f sur dé rond y en ( , ).

On appelle accroissement de f au point ( , ) au point ( , ) la quantité définie


par :
Δ = ( , )− ( , )

Exercice d’application
′( ′(
Calculer 0,0) et 0,0) de la fonction définie par :
( − )
, ( , ) ≠ (0,0)
( , )= +
0 , ( , ) = (0,0)

Remarque : Dans la pratique, pour calculer la dérivée partielle d’une fonction par
rapport à , on fixe et on dérive par rapport à . La dérivée partielle par rapport
à se fait en fixant . Mais tout cela est possible si la fonction n’admet pas de
point singulier.
Exemple : ( , ) = ln( + )
2
=
+
2
=
+

Définitions
Soit une fonction définie de ℝ → ℝ et un nombre réel, ∈ ℝ, est
partiellement dérivable en , si et seuleument si ses dérivées partielles en

, par rapport à chaque variable existent. De plus est continument

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 208


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

partiellemnt dérivable en , si et seulement si chaque dérivée partielle existe


et sont continues en , d’où le mot « continument ». On dit aussi que est de
classe en , . On dit que est de classe sur un domaine si et
seulement si toutes les dérivées partielles de jusqu’à l’ordre existent et sont
continues sur .

6. Différentiabilité et différentielle totale d’une fonction


6.1. Différentiabilité d’une fonction

Soit la fonction de variable ( , ) définie sur une partie ⊂ ℝ et ( , ) ∈ . On


dit que est différentiable en ( , ) s’il existe une fonction numérique de
variable ( , ) définie sur de limite nulle lorsque ( , ) tend vers ( , ) et que la
relation suivante est vérifiée :

( , )= ( , )+( − ) ′( , )+( − ) ′( , )+ ( , ) ( − ) +( − )

avec :

lim ( , ) = 0.
( , )⟶( , )

Si est différenciable au point ( , ) alors la partie linéaire par rapport à et


c'est-à-dire ( − ) ′( , )+( − ) ′( , ) est appelée la différentielle
première de au point ( , ) et est noté ( , ) et on a :
( , )=( − ) ′( , )+( − ) ′( , ).

En posant − = et ( − )= , on a :

( , )= ′( ) ′( )
, + ,

Théorème 1
Toute fonction différentiable au point ( , ) est continue en ce point. Si f est
différentiable, elle est continue et admet des dérivées premières. La réciproque est
vraie si les dérivées premières et sont continues. Une fonction différentiable
est donc dérivable.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 209


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Théorème 2

Soit une fonction définie sur ⊂ ℝ . Supposons qu’en tout point de , il existe
des dérivées partielles premières par rapport à et . Si les dérivées partielles
premières sont définies et continues sur alors f est différentiable en tout point
de . La conséquence imédiate est la suivante. Si est différentiable en ( , )
alors il existe existe des dérivées partielles en ce point.

Exercice d’application
Montrer que : ( , ) = | | est différentiable au point (0,0).

6.2. Différentielle totale d’une fonction


La différentielle totale d’une fonction de variables s’effectue par la formule :

= + + + ⋯⋯⋯+

Considérons par exemple un rectangle de hauteur ℎ et de base b. Son aire est


mesurée par la fonction :
= ℎ = ( , ℎ ).
Si la base varie de et si la hauteur ℎ varie de ℎ, calculons la variation
algébrique d’aire à l’aide de la différentielle.

= + ℎ=ℎ + ℎ

Exercice
Donner une approximation de la variation de volume d’un cylindre droit de rayon
r=10 cm et de hauteur h=50 cm quand r augmente de 1 cm et h diminue de 2
cm. Calcul exact de la variation ∆ ?
Calcul approché de la variation ∆ par la différentielle ?

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 210


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Résolution
Le volume du cylindre droit est :
= ℎ = ( , ℎ)
Calcul exact de la variation ∆
Soit la valeur initiale avec = 10 et ℎ = 50
= ℎ = × 10 × 50 = 15708
Soit la valeur finale avec = (10 + 1) et ℎ = (50 − 2)
= ℎ = × 11 × 48 = 18246
On a :
∆ = − = 18246 − 15708 = 2538
Calcul approché de la variation ∆ par la différentielle
On a :

= + ℎ = (2 )ℎ =
ℎ ℎ

Soit :
= (2 )ℎ + ℎ
d’où
∆ = (2 )ℎ ∆ + ∆ℎ
∆ = (2 × 10) × (1) + 10 (−2) = 3148 − 628 = 2513

6.3. Différentielle logarithmique


C’est la différentielle du logarithme de la valeur absolue de la fonction. Pour
( , , ) fonction de trois variables, la différentielle logarithmique est :
1
[ | ( , , )|] = = + +

C’est donc le quotient de la différentielle totale par la fonction.

Propriétés
Soient ( , , ) et ( , , ) fonctions différentiables de 3 variables indépendantes
, et .
Produit de fonctions

[| ∙ |] = [ | |] + [ | |] = +

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 211


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Quotient de deux fonctions

= [ | |] − [ | |] = −

Evaluation à une puissance

[ | |] = [ | |] = [ | |] =

Exercice
Calculer la différentielle logarithmique de :

( , )=
+

| ( , )| = = | − |− | + |
+
On a :
( − ) ( + )
[ | ( , )|] = = [ | − |] − [ | + |] = −
− +
2 −2 2 +2
[ | ( , )|] = −
− +
On regroupe les termes relatifs à et à :
1 1 1 1
= − 2 − + 2
− + − +
4 4
= −
− −

Intérêt de la différentielle logarithmique


La différentielle logarithmique / d’une fonction de plusieurs variables réalise
une approximation de la variation relative : ∆ ⁄ de la fonction pour les variations
∆ , ∆ , ∆ soient suffisamment petits (approximation au premier ordre).

Exercice
Donner une approximation de la variation relative du volume ∆ ⁄ d’un
parallélépipède rectangle de côtés = 20 , = 40 et = 25 quand et
augmentent de 0,2 et que diminue de 1 .

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Résolution
Le volume d’un parallélépipède rectangle est donné par la formule :
( , , )= ∙ ∙
Calcul exact de la variation relative
Volume initial : = 20 × 40 × 25 = 20 000
Volume final : = 20,2 × 40,2 × 24 = 19 489
∆ − 19489 − 20000 511
= = =− = −0,0256 = −2,56%
20000 20 000
Calcul approché par la différentielle logarithmique
= + + ⇒ = + +

= + + = = +0,2 = −1

0,2 0,2 1
= + − = 0,01 + 0,005 − 0,04 = −0,025 = −2,5 %
20 20 25
d’où :

≈− , %

6.4. Calcul d’erreur


Soit a le résultat de la mesure de la grandeur A. Si est la valeur exacte de A, la
différence = − est appelée erreur absolue de la mesure ; elle résulte de
causes diverses : erreurs systématiques ou accidentelles. L’erreur absolue sur a
n’étant pas connue, on doit se contenter d’en rechercher une limite supérieure ∆
appelée incertitude absolue telle que | | ≤ ∆ ; on a donc −∆ ≤ ≤ + ∆ ou
encore = ±∆ .

On se rend mieux compte de l’approximation d’une mesure en comparant l’erreur


à la grandeur mesurée.

On appelle erreur relative le rapport / de l’erreur absolue à la valeur exacte ;


et n’étant pas connues, on doit, là encore, se contenter d’une limite
supérieure appelée incertitude relative que l’on calculée en remplaçant par ∆
et en prenant pour la valeur approchée .

L’incertitude relative caractérise la précision de la mesure.

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Exemple : Pour = 2 ± 0,001 donc ∆ ⁄ = 0,001⁄2 = 5. 10 . La précision est de


5 dix-millième près.

On cherche maintenant à calculer l’erreur sur une grandeur X dépendant de


plusieurs paramètres A, B, C indépendants les uns des autres :

= ( , , )

On ne connaît en réalité que des valeurs approchées , , et les incertitudes


absolues ∆ , ∆ , ∆ sur ces valeurs ; une valeur approchée de est donc
= ( , , ).
A partir de la différentielle de en ( , , )

= + +

Soit en valeur absolue

| | = | || | + | || | + | || |

On obtient l’incertitude absolue sur .

∆ = | |∆ + | |∆ + | |∆

Puis l’incertitude relative sur

∆ ∆ ∆ ∆
=| | +| | +| |
| | | | | | | |

Exemple : connaissant la formule =2 / donnant la période du pendule


simple, on peut calculer l’accélération de la pesanteur
= ( , )=4 / dont la différentielle est :

4 8
= + = −

D’où l’incertitude absolue


4 2
∆ = ∆ + ∆

et l’incertitude relative

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∆ ∆ ∆
= +2

Avec = 1 , ∆ = 5.10 , = 2 , ∆ = 0.01 , on obtient :



= 0.0105 = 1.05% = = 9.87 .

Ce qui donne une incertitude absolue de ∆ = 0.10 et = 9.87 ± 0.1


Remarque : on trouve assez fréquemment en Physique des fonctions positives à
variables séparables ( , , ) = ( ) ( ) ( ).
La fonction logarithmique permet alors de simplifier le calcul de l’intégrale relative
ln = ln + ln + ln d’où en différentiant

= + +

Et si , , > 0, alors on a :
∆ ∆ ∆ ∆
= + +

7. Dérivées d’ordres supérieures et dérivées mixtes

Supposons que soit définie sur une partie ⊂ℝ

Les dérivées premières des dérivées partielles premières sont appelées dérivées
partielles secondes. Elles sont de 4 types :

′′
= =

′′
= =

Les deux premières s’appellent dérivées secondes et les deux dernières sont
appelées dérivées secondes mixtes.
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Une fonction de n variables admet n dérivées partielles premières et


dérivées partielles secondes.

Exercice : On considère la fonction :


( , , )=

, , , , ,

Énonçons le théorème suivant sur l’égalité des dérivées secondes mixtes : c’est le
théorème de Schwarz.

Théorème de Schwarz
Soit une fonction définie sur ⊂ ℝ . On suppose que admet deux dérivées
secondes mixtes.

′′ ′′
= =

Ces dérivées secondes mixtes sont égales en tout ( , ) de D si elles sont


continues en tout point ( , ) de .

On a :

Exercice d’application
Soit , une fonction définie par :

, ( , ) ≠ (0,0)
( , )= +
0 ( , ) = (0,0)
Calculer les dérivées secondes mixtes par rapport à et en (0, 0)

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Différentielle seconde
Soit la fonction de variables ( , ) définie sur une partie ⊂ ℝ , on suppose que
admet des dérivées partielles secondes toutes continues sur . La différentielle
seconde de en tout point ( , ) est :

( , )= ′′ ( , ) ′′ ( , ) ′′ ( , )
+2 + = +

ù + é .

Plus généralement si la fonction à deux variables est de classe alors :

( , )= +

Pour une fonction à trois variables ( , , ), on a :

( , , )= ′′ ( , , ) ′′ ( , , ) ′′ ( , , ) ′′ ( , , )
+2 +2 +2
′′ ( , , ) ′′ ( , , )
+ +

Plus généralement si la fonction à deux variables est de classe alors :

( , , )= + +

8. Formule d’approximation
Soit la fonction définie sur dans ℝ , soit ( , ) ∈ . On suppose que est
différentiable au point ( , ). Cela suppose que admet des dérivées partielles
premières au point ( , ). On peut approximer la fonction ( , ) par la formule :

′ ′
+ , + ≈ ( , )+ ( , )+ ( , )

où et doivent être les plus petits possibles pour une meilleure précision.

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Cette formule est appelée formule d’approximation d’ordre 1.

Exercice d’application
Soit ( , ) = 3 − − . Calculer sans calculatrice une valeur approchée de
( 1,01; 2,98).
Résolution
On a :
1,01 = 1 + 0,01 2,98 = 3 − 0,02
On pose donc :
= 1, =3, = 0,01 = −0,02
On sait que :

′( ′
+ , + ≈ ( , )+ , )+ ( , )

Alors, on a :

(1,01,2,98) ≈ (1,3) + 0,01 × ′( ′


1,3) + (−0,02) × (1,3)

On a :
(1,3) = −9
′( ′(
, )=6 − 1,3) = 3
′( ′(
, )=− −2 1,3) = −7.
Donc :

(1,01,2,98) ≈ −9 + 0,01 × 3 + (−0,02) × (−7)

( , , , )≈− ,

Exercice
En utilisant la formule d’approximation d’ordre 1, calculer la valeur approchée
,
des nombres suivants : (1,07) + (1,96) ; √9,004 ; ( 1,001) et 1,01 .

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9. Formule de Taylor à l’ordre 2

Théorème :
Soit une fonction définie sur ⊂ ℝ et ( , ) ∈ . On suppose que est deux
fois continument différentiable dans le voisinage de ( , ), c'est-à-dire admet
des dérivées partielles d’ordre 1 et 2 toutes continues dans le voisinage de ( , )
alors la formule suivante est vérifiée :

( , )= ( , )+( − ) ′( , )+( − ) ′( , )
1 ′′ ′′ ′′
+ ( − ) ( , ) + 2( − )( − ) ( , )+( − ) ( , )
2
+ ( , )

où ( , ) est le reste.

Cette formule est appelée formule de Taylor à l’ordre 2 dans le voisinage ( , )


et ( , ) est le reste de la formule de Taylor à l’ordre 2 dans le voisinage de
( , ) à l'ordre 2.

Exercice d’application

On donne ( , ) = ln ( + ) et ( , ) est égal au couple (1,1). Développer cette


fonction par la formule de Taylor à l’ordre 2 au voisinage de (1,1). En déduire
l’approximation de cette fonction dans ce voisinage.

Présentons le cas d’une fonction à trois variables :

Théorème

Soit une fonction de trois variables , définie par ( , , ) que l’on


suppose suffisamment différentiable. On a alors :

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( +ℎ , +ℎ , +ℎ )
( , , ) ( , , ) ( , , )
= ( , , )+ ℎ +ℎ +ℎ

1 ( , , ) ( , , ) ( , , )
+ ℎ +ℎ +ℎ
2!
( , , ) ( , , ) ( , , )
+ ℎ ℎ +ℎ ℎ +ℎ ℎ +⋯

+( é )

En pratique, on utilise principalement le développement de degré 1 qui ne fait


intervenir que les dérivées partielles d’ordre 1.

Exercice

Soit la fonction de deux variables f ( x 1 , x 2 )  x 12  x 1 sin x 2 :

1. Développer au voisinage de (1, 0).

2. Trouver à l’aide du polynôme de Taylor de degré 2 l’approximation de f en


prenant h1  h2  0,1 .

3. Trouver l’ordre de cette approximation en utilisant h1  h2  0,05 .

Solution

1. Développement de f au voisinage de (1,0)

En posant x 1  1  h1 et x 2  0  h2  h2 , le développement de Taylor permet


d’écrire :

 f ( 1,0 )  f ( 1,0 ) 1  2  2 f ( 1,0 )


f  1  h1 ,0  h2   f ( 1,0 )  h1  h2   h1 
 x1  x2 2!   x 12
 2 f ( 1,0 ) 
2  2 f ( 1,0 )
h 2 h h      ( ordres sup érieures )
 x 22  1 2  x 1  x 2

 Calculons d’abord f(1,0).

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f ( 1,0 )  1  0  1

 Calculons ensuite les dérivées partielles du premier ordre :

 f ( x1 , x2 )  f ( 1, 0 )
 2 x1  s i n x2 ;  20  2
 x1  x1
 f ( x1 , x2 )  f ( 1,0 )
 0  x1 c o s x2 ;  1c o s 0  1
 x2  x2

 Calculons ensuite les dérivées partielles du second ordre :

2 2
 f ( x1 , x2 )  f ( 1,0 )
 2; 2
 x 12  x 12
2 2
 f ( x1 , x2 )  f ( 1 ,0 )
  x 1 s i n x 2 ; 0
 x 22  x 22

 Calculons enfin la dérivée mixte :

 f  x1 , x2    x1 c o s x2 
2
 f  1,0 
2

  c o s x2 ; 1
 x 1 x 2  x1  x 1 x 2

D’où le développement de f  x1 , x2  suivant :

f  1  h1 ,0  h2   1  2h1  h2  h12  h1 h2  . . .  ( o r d r e s s u p )

2. Approximation de f en prenant h1  h2  0,05

Le résultat précédent donne en posant h1  h2  0,05

2
f 1 ,1 , 0 ,1  1  2  0 ,1  0 ,1  0 ,1  0 ,1  0 ,1
f 1 ,1 , 0 ,1  1 ,32

3. Ordre de cette approximation en utilisant h1  h2  0,05 .

f ( 1,1 , 0,1 )  1, 319816758 et f ( 1,05 , 0 ,05 )  1,154978128


P( 1,1 , 0 ,1 )  1,32 et P( 1,05 , 0 ,05 )  1,155

Donc :

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f 1 ,1 , 0 ,1  P 1 ,1 , 0 ,1 1 ,319816758  1 ,32



f 1 ,05 , 0 ,05   P 1 ,05 , 0 ,05  1 ,154978128  1 ,155
6
183 ,24169  10
 6
21 ,87227  10

 8 ,37  2 3

D’où le polynôme P  1  h1 ,0  h2   1  2h1  h2  h12  h1 h2 de degré 2 est une

approximation d’ordre 3 de f ( x1 , x 2 )  x 12  x1 sin x 2 au voisinage du point

(1, 0).

10. Optimisation d’une fonction à plusieurs variables

10.1. Rappels sur le cas d’une variable

Soit une fonction d’une variable réelle . Si la fonction et sa dérivée sont


continues en un point où de croissante la fonction devient décroissante, alors elle
possède un maximum. En d’autres termes, la pente de la tangente passe du
positif au négatif. Le raisonnement contraire est valable pour un minimum. Dans
les deux cas, il s’agit d’un point où la pente de la tangente est nulle. Comme la
pente de la tangente est donnée par la première dérivée de la fonction, il faut
annuler la première dérivée de pour obtenir les points candidats (points où la
fonction est susceptible de présenter un minimum ou un maximum). Pour
chaque point candidat, il faut déterminer s’il s’agit d’un minimum ou d’un
maximum.

Il existe deux critères pour déterminer si un point candidat est un extremum


(minimum ou maximum).

Théorème
Si le signe de la dérivée est positif puis devient négatif quand croît, alors le
point candidat est un maximum de la fonction.
Si le signe de la dérivée est négatif puis devient positif quand croît, alors le
point candidat est un minimum de la fonction.

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La figure 1 illustre ce résultat.


Le second critère fait appel à la dérivée seconde de la fonction. La dérivée seconde
( ) d’une fonction est la dérivée de la dérivée première ( ).

Celle-ci mesure le taux de croissance ou de décroissance de ( ), autrement dit


le taux de croissance ou de décroissance de la pente de la tangente à la courbe.
Le signe de ( ) au point candidat = fournit les renseignements
nécessaires. Si ( ) est positive, la pente de la tangente croît quand croît en
passant par . Inversement, si ( ) est négative, la pente de la tangente décroît
quant croît en passant par . D’où le théorème basé sur la dérivée seconde.

Théorème :

Soit ( , ( )) le point en lequel : ′( ) = 0.


Alors si en ce point :
 ( ) < 0, il s’agit d’un maximum.
 ( ) > 0, il s’agit d’un minimum.

Figure 1 : Maximum et minimum d’une fonction à une variable.

Exemple 1
Soit la fonction

( )= − 3 + 5.

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Calculons sa première dérivée :

( )=3 − 6 = 3 ( − 2)

et sa deuxième dérivée :

( ) = 6 − 6 = 6( − 1)

On obtient les points candidats de la fonction en résolvant l’équation

( )=0:

( ) = 0 ⟺ 3 ( − 2) = 0

⟺ =0 =2

Déterminons la nature des points candidats

( )= (0) = − 6 < 0 ( )= (2) = 5 > 0

La fonction a donc un maximum en = 0 et un minimum en = 2.

Les coordonnées du maximum sont (0,5) et celles du minimum (2,1).

Par conséquent, dans un voisinage convenablement choisi du point = 0, la


valeur de la fonction est plus petite que ( ).

On dit que la fonction possède un maximum local ou relatif au point = 0. Au


point = 2, on dit que la fonction possède un minimum local ou relatif .

Ces deux valeurs, maximum et minimum, sont appelées des extrema locaux ou
relatifs, parce qu’il existe des valeurs de x pour lesquelles la fonction prend des
valeurs plus grandes que 5 ou plus petites que 1, comme l’illustre la figure 2.

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Figure 2 : Extrema locaux

Cependant, on peut définir ce que l’on appelle un maximum ou un minimum


global ou absolu.

En ce point, la fonction prend la valeur la plus grande (ou la plus petite) sur un
intervalle donné ; la figure 3 donne un exemple d’extrema relatifs et absolus.

Figure 3 : Extrema relatifs et absolus

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10.2. Points critiques et extrema des fonctions de ℝ vers ℝ

Soit une fonction définie de ℝ vers ℝ, on supposera que est définie de ℝ


vers ℝ et le point ( , ) ∈ . On dit que admet un extremum de coordonnées
( , ) si ses dérivées partielles premières sont nulles en ce point c'est-à-dire :

⎧ ( , )=0


⎪ ( , )=0

Cette condition est nécessaire mais n’est pas suffisante pour savoir la nature de
l’extremum.

Les points en lesquels les dérivées partielles premières sont nulles s’appellent
points critiques ou points stationnaires.

Pour déterminer les points critiques, on résout le système suivant :

⎧ ( , )=0


⎪ ( , )=0

Tout point critique n’est pas nécessairement un extrémum d’une fonction, il va
falloir faire recours à une condition suffisante énoncée comme suit :
Soit ( , ) un point critique à variables et et une fonction définie dans
une partie ℝ . Désignons par :

= ( , )

= ( , )

= ( , )

Et posons Δ = . −

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Théorème
Un point ( , ) vérifiant

⎧ ( , )=0


⎪ ( , )=0

est un point critique et ce point est un extrémum si et seulement si Δ > 0.

 Cet extrémum est un maximum si et seulement si < 0 et un minimum si


>0
 Si Δ < 0 ne possède ni maximum ni minimum et ce point est appelé point-
col ou point-selle.
 Si Δ = 0, on ne peut rien conclure, il s’agit d’un cas douteux, il revient de
faire une étude plus détaillée.

On dit que admet un minimum relatif s’il existe un voisinage du point ( ; ) tel
que ( , ) ≥ ( , ).

Considérons un domaine ⊂ℝ sur lequel est définit à variable ( , ) et


( , ) ∈ D. On dira que admet unminimum absolut ou global si et seulement si
∀( , ) ⊂ :

( , )≥ ( , ).

On dit que admet un maximum relatif s’il existe un voisinage de ( , ) dans


lequel ( , )≤ ( , ). admet un maximum absolu ou global en ( , ) si et
seulement si ∀( , ) ⊂ , ( , )≤ ( , ). Le minimum relatif est aussi désigné
par minimum local et le maximum relatif est aussi désigné par maximum local.

Exercice d’application
Trouver les extrema de la fonction définie par ( , ) = 4 − + −

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Notons que la condition suffisante évoquée ci-dessus provient d’un résultat plus
général concernant les fonctions à n variables ( , ,..., ).

Avant d’énoncer ce résultat général, introduisons la matrice des secondes


dérivées partielles. Celle-ci joue un rôle clé dans la détermination des extrema
d’une fonction à plusieurs variables. Cette matrice est appelée matrice hessienne.

La matrice hessienne d’une fonction numérique à variables est la matrice


carrée dont les éléments sont les dérivées partielles secondes de . Elle est notée
( ) ou ou ( ). Elle se présente sous la forme suivante :

⋯⋯
⎛ ⎞
⎜ ⎟
=⎜ ⋯⋯ ⎟
⎜ ⎟
⎜ ⋮ ⋮ ⋱ ⋮ ⎟
⋯⋯
⎝ ⎠

Pour une fonction numérique à deux variables on a :

⎛ ⎞
=⎜ ⎟

⎝ ⎠

Pour une fonction numérique à trois variables on a :

⎛ ⎞
⎜ ⎟
=⎜ ⎟
⎜ ⎟

⎝ ⎠

On appelle ℎ le déterminant d’une matrice hessienne.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 228


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On appelle mineurs principaux de la matrice H, notés ∆ , les déterminants des


sous-matrices de H obtenues en lui retirant ses − dernières lignes et colonnes
( = 1, . . . , ).

Dans le cas général, la recherche des extrema d’une fonction à plusieurs


variables est obtenue en résolvant le système :

⎧ ( , ,..., )=0



( , ,..., )=0

⎪ ⋮

⎪ ( , ,..., )=0

Alors :
1. si les mineurs principaux de la matrice hessienne au point P sont tous
strictement positifs, il s’agit d’un minimum.
2. si les mineurs principaux de la matrice hessienne au point P sont de signes
alternés, le premier étant strictement négatif, il s’agit d’un maximum.
3. si les mineurs principaux ne vérifient pas l’une des conditions ci-dessus
prises au sens large (c’est-à-dire respectivement ”positif ou nul” et ”négatif
ou nul”), il ne s’agit ni d’un minimum ni d’un maximum, mais d’un point-
selle.
4. si les conditions (1) et (2) se vérifient au sens large, alors on ne peut pas
conclure.

Dans le cas de fonctions à deux variables, on a :


∆ =

∆ = ∙ −
Ainsi :
∆ > 0 et ∆ > 0 ⟹ .
∆ < 0 et ∆ > 0 ⟹
∆ ∆ <0 ⟹ −
∆ ∆ =0 ⟹ .

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Exercice :
Trouver les extrema de la fonction définie par :

( , , )= − 17 +2 + −2 −2 + 81.

Autre méthode
Considérons le cas de trois variables. Les points stationnaires sont obtenus à
partir de la relation :

⎧ ( , , )=0



( , , )=0



⎪ ( , , )=0

On calcule :

Δ = ( + ℎ, + , + )− ( , , ).

Exercice :
Soit :
( , , )= −2 + −4 .
Etudier la nature de l’extrémum de .

Il peut arriver que la détermination de Δ soit compliquée. Dans ce cas, on


calcule :

′′ ′′ ′′ ′′ ′′ ′′
= + + + + + .

Exercice
Soit :
( , , )=− +2 +3 − −
Etudier la nature de son extrémum.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 230


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10.3. Extrémum lié

Dans de nombreuses applications pratiques, les variables d’une fonction donnée


sont soumises à certaines conditions ou contraintes. Ces contraintes peuvent être
formulées sous forme d’égalités ou d’inégalités.

Dans le cas où les contraintes s’expriment sous forme d’égalités, l’optimisation de


la fonction peut être obtenue grâce à la méthode des multiplicateurs de Lagrange
qui est la plus largement répandue pour trouver les extrema d’une fonction
soumise à des contraintes d’égalité.

10.3.1. Cas de deux variables liées

Soit une fonction définie ⊂ ℝ , on appelle extremum lié de à variable et ,


l’extrémum que cette fonction atteint à condition que et soient liées par
l’équation :

( , ) = 0.

Cette équation est appelé « équation de liaison » la recherche d’un extremum lié
peut être ramené à l’étude de l’extrémum de la fonction F définie par :

= ( , )+ ( , )

F est appelée fonction de Lagrange.

Pour déterminer l’extrémum lié, on calcule , et à partir du système


d’équation.

⎧ + =0

⎨ + =0


⎩ ( , )=0

est appelé multiplicateur de Lagrange.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 231


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On étudie le signe de la quantité :

Δ = ( + ℎ, + )− ( , ).

qui est une fonction de (ℎ, ), ℎ et étant liées par la relation :

( + ℎ, + ).

 Si Δ a un signe constant lorsque (ℎ, ) varie au voisinage de (0,0), ( , )


est un extrémum local pour ( , ). Cet extrémum est un minimum si
Δ > 0 et un maximum si Δ < 0.
 Si Δ n’a pas un signe constant, le point ( , ) est un point col.

Exercice d’application
Soit ( , ) = sous la contrainte + =6
Déterminer l’extrémum et préciser sa nature.

Résolution
Ici la contrainte peut s’écrire + − 6 = 0 et la fonction ( , )= + − 6. La
fonction de Lagrange est donc :
= ( , )+ ( , )= + ( + − 6)
On a :
+ =0
+ =0
+ =6
On trouve :
= 3, =3 = −3
Etudions la nature du point A(3,3).
Pour ce faire, on calcule :

Δ = (3 + ℎ, 3 + ) − (3,3) = (3 + ℎ)(3 + ) − 3 × 3 = 3ℎ + 3 + ℎ

De la contrainte ( , )= + − 6, on calcule :
(3 + ℎ, 3 + ) = 3 + ℎ + 3 + −6=ℎ+
Puisque ( , ) = 0 alors (3 + ℎ, 3 + ) = 0 soit ℎ + = 0 et donc = −ℎ.

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Alors, on a :
Δ = 3ℎ + 3 + ℎ = 3ℎ + 3(−ℎ) + ℎ(−ℎ) = −ℎ ≤ 0 ∀ℎ ∈ ℝ.
D’où le point critique A(3,3) est un maximum.
Donc (3,3) = 9 est un maximum de ( , ) = sous la contrainte + = 6.

Exercice d’application
Soit ( , ) = −3 sous la contrainte + 2 = 1.

Résolution :

On trouve = −3, = 2 et = 6.

Δ = −6ℎ + ℎ − 12 − 3

A partir de la contrainte, on trouve = −ℎ⁄2 et Δ = ℎ ⁄4 > 0, ∀ℎ.

Donc (−3,2) = −3 est un minimum de ( , )= −3 sous la contrainte


+ 2 = 1.

Autre méthode
On forme le Lagrangien à partir de la fonction objectif et la contrainte
( , )=0:
( , , ) = ( , )+ ( , ).
On introduit la notion de la matrice hessienne bordée :

0
⎛ ⎞ ⎛ ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
=⎜ ⎟=⎜ ⎟
⎜ ⎟
⎜ ⎟ ⎜ ⎟

⎝ ⎠ ⎝ ⎠
dont le déterminant sera noté : | |.

La condition suffisante pour l’existence d’un extremum est fournie par le critère
suivant :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 233


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Critère :
Si au point critique obtenu,
 | | < 0, il s’agit d’un minimum.
 | | > 0, il s’agit d’un maximum.
Exercice
Trouver les extrema de la fonction objectif :
( , )= 5 +6 −
sous la contrainte :
+2 = 24.
Généralisation
La matrice hessienne bordée est, pour n variables d’activités :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 234


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Notons le mineur principal qui contient :

comme dernier élément de la diagonale principale par : | |∙| |


correspond au mineur principal qui contient :

comme dernier élément de la diagonale principale et ainsi de suite.

La condition suffisante pour l’existence d’un minimum ou d’un maximum dépend


des signes des mineurs principaux :
| |, | |, ⋯ ⋯ , | | = | |.

Mentionnons qu’il existe au moins une contrainte (k ≥ 1) et que, par conséquent,


| H1 | n’intervient jamais dans les calculs. La condition suffisante pour
l’existence d’un extremum est donnée dans le critère suivant :
Critère
La fonction ( , . . . , ) soumise aux contraintes :
( , . . . , ) = 0, = 1, . . . ,

admet :
• un maximum au point critique si les mineurs principaux | |, | |, . . .,
| | sont de signe alterné, le signe de| | étant celui de (−1) ,
• un minimum si les mineurs principaux | |, | |, . . ., | | sont de
même signe, celui de (−1) .

Exercice

Une entreprise fabrique trois types de machines : , , et . La fonction de coût


conjointe ( , , ) est :
( , , )=4 +2 + − 2 + − 30 − 30
Combien de machines de chaque type l’entreprise doit-elle fabriquer pour
minimiser son coût s’il lui faut un total de 100 machines ?

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10.3.2. Recherche d’extrema sous plusieurs contraintes

Considérons le cas d’une fonction à trois variables donnée par :

: ( , , ) ⟼ ( , , ).

Les variables , sont liées par exemple par les contraintes :

( , , )=0

( , , )=0

Pour rechercher les points critiques, on résout le système suivant :

⎧ + + =0


⎪ + + =0

⎨ + + =0


⎪ ( , , )=0
⎪ ( , , )=0

Conditions d’extrémum

On calcule Δ avec :

Δ = ( + ℎ, + , + )− ( , , ).

La partie principale de Δ est obtenue en cherchant ℎ, à partir de :

( + ℎ, + , + )=0
( + ℎ, + , + )=0

Nous rappelons que :

′′ ′′ ′′ ′′ ′′ ′′
= + + + + + .

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 236


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Exercice d’application

Etudier les extrémums de

1/ ( , , ) = −2 + −5 sous la contrainte + + 2 = 10

2/ ( , , ) = 2 −3 + −3 +2 sous la contrainte :

3 −2 =4

+ =1

11. Les fonctions implicites

On appelle fonction implicite, toute fonction dépendant de et qui vérifie la


relation ( , ) = 0 où est une fonction différentiable des variables et .

Exemple

( , )= + −2=0

+ −2 =0 ⟹ = 2−

⟹ = √2 − ou = −√2 −

avec ∈ −√2; √2

Théorème
La dérivée d’une fonction implicite donnée par l’équation = ( ) donnée par
l’équation ou est une fonction différentielle des variables et peut être calculé
par la formule suivante :

=−

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A condition que les dérivées supérieures d’ordre implicite peuvent être calculé en
dérivant successivement la formule ci-dessous et en considérant comme
fonction de . De même, les dérivées partielles d’une fonction implicite de deux
variables données par l’équation :

( , , )=0

où est une fonction différentiable des variables , et peuvent être calculé


d’après les formules suivantes :

=− et =−

à .

Exercice d’application

cos( + ) + = 0, calculer ’( )

Exercice d’application

ℎ −3 − =0 ù é

12. Fonctions composées

Soit , une fonction définie sur ⊂ℝ :( , ) ⟼ ( , )


Supposons que ( , ) soient fonctions des variables et appartenant à un
domaine ′ de ℝ , alors ( , ) = ( ( , ); ( , )). est appellée fonction
composée. Nous pouvons dériver la fonction composée par rapport à ou par
rapport à .

= ∙ + ∙

= ∙ + ∙

Exercice d’application
Soit ( , ) = ( + ) avec = + et =√ ∙ .

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Dériver par rapport à et

13. Opérateurs des dérivées partielles

13.1. Opérateurs usuels

Soit une fonction définie sur ⊂ ℝ ou ⊂ ℝ . Le plan ℝ est rapporté à un


repère é ( ; ⃗, ⃗) et l’espace ℝ est rapporté à ( ; ⃗, ⃗, ⃗ ).
On suppose que est différentiable en tout point de .

13.1.1. Gradient

On appelle gradient de en tout point de la quantité vectorielle notée :


⃗ ( , ) ou ( , ).

⃗ ( , )= ⃗+ ⃗

⃗ ( , , )= ⃗+ ⃗+ ⃗

13.1.2. Divergence
On appelle divergence du champ vectoriel ⃗ tel que ⃗ = ( , , )⃗ + ( , , )⃗ +
( , , ) ⃗ et on note ⃗ ( , , ) la quantité scalaire définie par :

⃗( , , ) = + +

13.1.3. Laplacien
On appelle Laplacien de ( , , ), la quantité scalaire noté : ∆ ( , , ) ou
∇ ( , , ), définie par :

∆ ( , , )= + +

∆ = (∇ )

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Les fonctions vérifiant la relation ∆f = 0 sont appelées fonctions harmoniques.


Elles interviennent dans la résolution des ondes et de la chaleur.

13.1.4. Rotationnel
On appelle rotationnel du champ vectoriel ⃗ = ( , , )⃗ + ( , , )⃗ + ( , , ) ⃗ la

quantité notée ⃗ ⃗ définie par ⃗ ⃗ = ∇ ∧ ⃗ avec ∇ ; ; et ⃗

∇∧ ⃗ = ⃗

= − ⃗− − ⃗+ − ⃗

⃗⃗= − ⃗− − ⃗+ − ⃗

Les opérateurs usuels peuvent être écrits dans tous les systèmes de coordonnées.

Coordonnées cartésiennes

Soit ( , , ) et ⃗ = ( , , )⃗ + ( , , ) ⃗ + ( , , ) ⃗

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 240


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⃗ = ⃗+ ⃗+ ⃗

∆ = + +

⃗= + +

⃗⃗= − ⃗− − ⃗+ − ⃗

Coordonnées cylindriques

Soit ( , , ) et ⃗ = ( , , ) ⃗+ ( , , ) ⃗+ ( , , ) ⃗

1
⃗ = ⃗+ ⃗+ ⃗

1 1
∆ = + +

1 ( ) 1
⃗= + +

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1 1 ( )
⃗⃗= − ⃗− − ⃗+ − ⃗

Coordonnées sphériques

Soit ( , , ) et ⃗ = ( , , ) ⃗+ ( , , ) ⃗+ ( , , ) ⃗

1 1
⃗ = ⃗+ ⃗+ ⃗

1 ( ) 1 1
∆ = + +

1 ( ) 1 ( ) 1
⃗= + +

1 1 1 1 ( )
⃗⃗= − ⃗− − ⃗+ − ⃗

13.2. Propriétés

13.2.1. Linéarité

Le gradient, la divergence, le laplacien et le rotationnel sont des opérateurs


linéaire, on a donc quelque soit le type d’opérateur, on a : ( + )

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 242


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( + )= ( )+ ( )
( )= ( ), =

13.2.2. Composition d’opérateurs

Dans cette rubrique, nous donnons quelques formules importantes :

⃗( ∙ ) = ∙ ⃗( ) + ∙ ⃗( )

∙ ⃗ = ∙ ⃗ + ⃗∙ ⃗( )

⃗ ∙ ⃗ = ∙ ⃗ ⃗ + ⃗ ∧ ⃗

⃗⃗ =0

⃗ ⃗( ) = 0

⃗ ⃗ ⃗ = ⃗ ⃗ −Δ⃗

⃗∧ ⃗∧ ⃗ = ⃗∙ ⃗ ⃗− ⃗∙ ⃗ ⃗

⃗ ⃗∙ ⃗ = ⃗∧ ⃗ ⃗+ ⃗∧ ⃗ ⃗+ ⃗∙ ⃗ ⃗+ ⃗∙ ⃗ ⃗

⃗∧ ⃗ = ⃗∙ ⃗ ⃗− ⃗∙ ⃗⃗

⃗ =∆

⃗ ⃗∧ ⃗ = ⃗ ⃗− ⃗∙ ⃗ ⃗− ⃗ ⃗+ ⃗∙ ⃗ ⃗

14. Dérivées directionnelles et plans tangents

14.1. Dérivées directionnelles


Soit une fonction définie sur ⊂ ℝ ou ℝ . Soit ⃗ , un vecteur de ℝ ou ℝ . On

appelle dérivée de suivant la direction du vecteur ⃗ et on note la quantité

scalaire

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= cos +


et sont les composantes du vecteur unitaire ⃗
cette relation peut

aussi s’écrire sous la forme :


= ( )∙

= cos + cos + cos

avec cos , cos cos les composantes du vecteur unitaire appelé cosinus
directeur vérifiant la relation :

cos + cos + cos = 1.

Le gradient d’une fonction indique la direction correspondant à la croissance la


plus rapide de la fonction au point donné.

La dérivée dirigée vers le gradient, atteint sa plus grande valeur qui est

égale à :

=| ( )|

avec

| ( )| = + +

Exercice d’application

1. Calculer la dérivée de définie par ( , ) = − au point (1; 1) dans la


direction du vecteur ⃗ formant un angle = 60° avec l’axe positif
2. Calculer la dérivée de g définie par ( , , ) = au point (3; 2; 1) dans

la direction du vecteur ⃗ où (5; 4; 2)

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 244


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3. Calculer la dérivée de ℎ définie par : ℎ( , ) = ln ( + ) au point (3; 4)


dans la direction du gradient ℎ.

14.2. Plans tangents à une surface

On appelle plan tangent à une surface en un point , le plan qui contient toutes
les tangentes aux courbes tracées sur la surface et passant par le point . Si la
surface est donnée par l’équation ( , , ) = 0, alors l’équation du plan tangent au
point ( ; ; ) de la surface est de la forme :

( − )+ ( − )+ ( − )=0

Exercice d’application
Former l’équation du plan tangent au point (1 ;1 ;1) de surface d’équation:
−2 + − + 2 = 0.

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 245


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Planche d’exercices
Exercice 1
1. On considère la fonction f définie par :
− (0,0) =
( , )= ( , ) ≠ (0 ; 0) ( , )=
+ ( , )= ( , ) ≠ (0 ; 0)
0 2 +
) é (0; 0).

) (0; 0) (0; 0) . .

) f est – elle continue sur ℝ ?


) f est – elle de classe sur ℝ ?
e) f est – elle différentiable sur ℝ ?
) é (0,0) é .

2. Soit la fonction suivante :


ℎ∶ ℝ →ℝ
+
( , , ) ↦ ℎ( , , ) =
+ −
a. Déterminer le domaine de définition de h
b. h a-t-elle une limite en (0, 0, 0) ? en (2, 0, -2) ?
3. Déterminer le domaine de définition de la fonction k et représenter une de ses
lignes de niveau :
1+
( , )= ℎ
1−
4. a) La fonction suivante admet – elle une limite en (0,0) ?
+ −1 ( )+ ( )
( , )= ;
+
b) A l’aide de la formule d’approximation d’ordre 1, calculer :

1,55 + 8 , .

5. a) Déterminer l’extremum local si possible de la fonction f pour + 2 = 1 telle


que :
( , )= −3 .
) é ℝ ( , , )= + + −2 .
= {( , , ) ∈ ℝ / > −1, > −1, > −1}, é .

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 246


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c) Etudier les extremums de la fonction ℎ définie sur ℝ par :


ℎ( , , ) = +2 + −3 +2 .

Exercice 2
Deux pompes fonctionnant en parallèle tel qu’indiquées à la figure ci-après
refoulent de l’eau à travers des canalisations d’un réservoir commun vers une
destination commune. Le débit volume requis à destination est de 0,01 / . Les
pertes de pression dans les deux canalisations sont données par :
∆ ( ) = 2,1. 10 ∆ ( ) = 3,6. 10
où et sont les débits volumes respectifs en / . Les deux pompes ont le même
rendement et leurs moteurs d’entrainement ont aussi le même rendement.
Déterminer les valeurs optimales des débits volumes pour lesquelles la puissance
hydraulique totale de l’installation est minimale.
0,01 3/


1 2

Exercice 3
Une entreprise fabrique deux modèles de briques : le modèle X est plus abordable
et se vend 500 FCFA l'unité, tandis que le modèle Y se vend 1000 FCFA l'unité.
Les coûts totaux de fabrication (en FCFA) sont exprimés par la fonction suivante :
c( x, y )  5 x 2  5 y 2  2,5 xy  10 000 où x est le nombre de briques du modèle X et y est

le nombre de briques du modèle Y, produits mensuellement. On suppose que


chaque brique produite peut être vendue sur le marché. La capacité de production
de l'entreprise est de 150 briques par mois. En supposant que l'entreprise désire
utiliser à pleine capacité son usine, trouver la répartition de la production mensuelle
permettant de maximiser les profits.

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Exercice 4
1- Déterminer et représenter graphiquement le domaine de définition des fonctions
définies par :
+
( , )= ; ( , )= 1−( − )

1
ℎ( , ) = ; ( , )=
+ −1
−√

2- Déterminer les courbes de niveaux des fonctions suivantes :


( , )= −5 ; ( , )= + + ℎ( , ) = ;
( , , )= − − ; ( , , )= + +3
3- On considère la fonction u définie par :
( , )=4 −2 +4 +
a. Calculer (−1 ; −1)
b. Déterminer l’équation de la courbe de niveau =5
c. Déterminer le lieu des points ( , ) ∈ ℝ tels que ( , ) ≤ 2
4- Déterminer le domaine de définition et étudier la continuité des fonctions
suivantes :
+
( , )= ( , )= ( , ) ≠ (0 ; 0)
; +
+
0
( )
( , )= ( , ) ≠ (0 ; 0)
+
0
Exercice 5
1. On considère la fonction f définie par :

( , )= ( , ) ≠ (0 ; 0)
+
0
) é (0; 0).

) (0; 0) (0; 0) .
ð ð
2. Soit g la fonction de classe définie par :
∶ ℝ →ℝ
( , )↦ ( , )

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 248


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telle que :

(0 ; 0) = (0 ; 0) = (0 ; 0) = (0 ; 0) = (0 ; 0) = (0 ; 0) = 0
ð
Montrer que la fonction h définie par :
( , )
ℎ( , ) =
+
est continue. Indication : Utiliser la formule de Taylor.

Exercice 6
1. Déterminer les extrema locaux et globaux des fonctions définies de ℝ ℝ
par :
( , )= − + + ; ( , )=( + − 8)( + )
2. Trouver l’extrémum de la fonction h définie par :
1
ℎ( , ) = + (47 − − ) +
2 3 4
3. Trouver parmi les triangles rectangles d’aire S donnée celui dont l’hypoténuse a
la plus petite valeur.

Exercice 7
Soit ( , ) = + − +

1. ù = =0?

2. .

Exercice 8
Un village B se trouve à d km d'une voie ferrée. Où faut-il instaurer un arrêt C pour
que le voyage de la gare A au village B par la voie ferrée AC
et la route CB prenne le temps minimum ?
Le train roule à v km/h, le transport routier roule en
moyenne à km/h avec > 1.

Calculer le temps minimum pour aller de A à B et la vitesse moyenne du trajet de A


à B. Application numérique : d = 20 km, v = 80 km/h, = 4, AD = 40 km.

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Exercice 9
L’espace ℝ étant rapporté à sa base canonique ⃗ , ⃗, ⃗ les coordonnées d’un point
M de ℝ sont notées ( , , ) et on pose = + + . On donne les champs ⃗,
⃗, ⃗, ⃗ définis pour tout point M de ℝ − {(0,0,0)} par :

⃗ 1
⃗( ) = ; ⃗( ) = ⃗ ; ⃗( ) = ⃗( ) − ⃗( ) ; ⃗( ) = ⃗( ) + ⃗( ).

1. Calculer en fonction de , , les composantes de ⃗, ⃗, ⃗, ⃗ et ⃗.


2. Calculer les divergences des champs ⃗, ⃗, ⃗, ⃗.
3. Calculer les composantes des vecteurs ⃗ ( ⃗) et ⃗ ( ⃗).
4. Calculer ⃗ ( ⃗) × ⃗ ( ⃗).

5. Vérifier que ⃗ = ⃗ où est une fonction de ℝ dans ℝ, définie par :

( , , )= − 1.

Exercice 10
Soit le champ vectoriel défini par :
⃗( , , ) = ( ) ⃗+ ⃗+ ⃗ = + +
où est une fonction d’une variable différentiable.
1. Calculer ⃗, ⃗ ⃗.

2. A quelle condition ⃗ = 0 ? En déduire l’expression de .

Exercice 11
On considère la fonction définie de ℝ vers ℝ par :

( , , )=
3
1. Calculer ( , , ) et ∆ ⁄ .
2. En déduire l’incertitude ∆ ⁄ en fonction ∆ ⁄ , ∆ ⁄ et ∆ ⁄ .
3. Application : Un cône de révolution a un volume = 1789 ± 2 et pour
rayon = 10 ± 0,05 . Sachant que du cône est proportionnel à l’aire de sa
base et à sa hauteur et que = 3,14 ± 0,01, calculer l’incertitude relative ∆ℎ⁄ℎ
sur la mesure de la hauteur du cône. Donner un encadrement de h.

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CHAPITRE 14
Intégrales double et triple

1. Les intégrales doubles


1.1. Définition

Soit une fonction définie et continue sur un domaine plan D.

On appelle intégrale double de de variables dans le domaine D, le réel


défini par :

( , ) .

L’intégrale double est donc l’intégrale d’une fonction de deux variables. Elle nous
permettra, entre autres, de calculer l'aire d'un domaine d'intégration, ainsi que le
volume d'un solide limité par les graphes de fonctions de deux variables.

1.2. Propriétés essentielles des intégrales doubles


On a :

( , ) ± ( , )] = ( , ) ± ( , )

( , ) = ( , ) = é

Si le domaine d’intégration D est partagé en deux domaines et , alors :

( , ) = ( , ) + ( , )

Soit la fonction : → ℝ est intégrable sur D et ≥ 0 alors :

( , ) ≥0

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Si ≤ et elles sont toutes intégrales sur D alors :

( , ) ≤ ( , )

Si est définie sur ⊂ ℝ → ℝ et est intégrable sur D alors on a :

( , ) ≤ ( , )

Si ϲ et : → ℝ et est intégrable sur avec ≥ 0 alors

( , ) ≤ ( , )

Inégalité de CAUCHY-SCHAUVRZ pour les intégrales doubles


Soit et deux fonctions définies sur D ϲ ℝ et intégrable sur D, alors . ,
sont intégrables sur D et

≤ ∙

1.3. Règles de calcul des intégrales doubles


On distingue trois types fondamentaux de domaine d’intégration.

Cas :

Le domaine d’intégration D est tel que

D = {( , )∈ ℝ ⁄ ≤ ≤ ≤ ≤ } dans ce cas on a :

( , ) = ( , ) = ( , )

Le domaine D peut aussi s’écrire : = [ , ] × [ , ].

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Exercice d’application
Calculer

= ( +3 ) sur D = {(x, y) ∈ ℝ ⁄0 ≤ ≤2 2≤ ≤ 3}

= ( + ) .
[ , ]×[ , ]

= ( +3 )

1
= +
2
5
= + 19
2
5 1 19
= . +
2 4 2
5 19 5 19
= 2 + 2 )−( ×0+ ×0
8 2 8 2
I= 48

1
= ( + ) = + = 1.
[ , ]×[ , ] 2

En conclusion le calcul d’une intégrale double est ramenée au calcul de deux


intégrales simples.

CAS PARTICULIER
Il peut arriver que ( , ) soit sous la forme ( , ) = ( ). ℎ( ). Dans ce cas, on a

( , ) = ( ) × ℎ( )

Exercice d’application
Soit :
= ( , ) ∈ ℝ ⁄0 ≤ ≤4 1≤ ≤ } ( , )=

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( , ) .

= ×

= ×
3

′( ′(
1 1
) = 1; ( ) = ; ( )= )= = − .

4
= − 0 .[ . − − (1 1 − 1)]
3
64
= ∗1
3
64
=
3

:
Le domaine d’intégration est défini de la façon suivante :

= {( , ) ∈ ℝ ⁄ ≤ ≤ ( )≤ ≤ ( )}

ù sont des fonctions continues sur [ , ]. Alors on a :

( )
( , ) = ( , ) ∶
( )

c’est le théorème de Fubini.


( )
’ é ( , ) ù é é .
( )

Exercice d’application :

= ( , ) dxdy où ( , ) = 2 −

= {( , ) ∈ ℝ ⁄1 ≤ ≤2 ≤ ≤ }

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1 1 1
= (2 − ) = 2 − = 2 − −2 +
2 2 2

2 1 1 3 1
= − × − ×
4 5 2 2 3
9
= .
10

Cas :
Il peut arriver que soient continues sur l’intervalle [ , ] et D se présente
comme suit
= {( , ) ∈ ℝ ⁄ ( )≤ ≥ ( ) ≤ ≤ }
Alors on utilise le théorème de Fubini :

( , ) = ( , )

, ( , ) ù é é .

Exercice d’application
Soit ={ ( , )∈ℝ / ≥1, ≥1 + ≤ 3}
Calculer
1
=
( + )

O 1 2 3

On a donc :
= { ( , ) ∈ ℝ ⁄1 ≤ ≤3− 1≤ ≤ 2}
Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 255
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1 1
= − ×
3−1 ( + )

1 1
= − ×
2 ( + )
1 1 1
=− −
2 (3 − + ) (1 + )

1 1 1
=− −
2 9 (1 + )

1 1 1 1
=− × + =
2 9 1+ 36
1
=
36

On peut aussi dire que :

= { ( , ) ∈ ℝ ⁄1 ≤ ≤3− 1≤ ≤ 2}

Par suite, on a :
1 1
= − ×
3−1 ( + )

1 1
= − ×
2 ( + )
1 1 1
=− −
2 ( +3− ) ( + 1)

1 1 1
=− −
2 9 ( + 1)

1 1 1 1
=− × + =
2 9 +1 36
1
=
36

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Exercice
= {( , ) ∈ ℝ ⁄ ≥ 0; ≥0 + ≤ 1}
Calculer

= ( , ) avec ( , )= +

On a : 0 ≤ ≤1 ≥0 + ≤1 ; 0≤ ≤ 1−

On a donc :

0≤ ≤1
0≤ ≤1−
Alors

= ( + )

1
= +
3
1
= (1 − ) + (1 − )
3

1
= − − (1 − )
3 4 12
1
=
6

1.4. Interprétation géométrique de l’intégrale double

Soit une fonction de variables et . définie et continue dans une certaine


région du plan .

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Soit = ( , ) définie et continue dans une certaine région du plan .

Considérons dans cette région un domaine D limité par une courbe fermée ( ).
La fonction = ( , ) est représentée par une surface Σ et le cylindre droit de
génératrices parallèles à ( ) et qui a pour base la courbe ( ) rencontre cette
surface suivant une courbe (Γ).

Figure : Interprétation géométrique de l’intégrale double

Considérons dans le plan deux familles de droites parallèles. Une première


famille est constituée par des droites parallèles à ( ) régulièrement espacées de
.

Une seconde famille est constituée par des droites parallèles à ( ) régulièrement
espace de .

Le domaine D est ainsi découpé en domaines élémentaires, l’aire d’un domaine


élémentaire étant = .

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La quantité = ( , ) représente, à des infiniment petits du 2nd ordre près,


par rapport à , le volume intérieur au cylindre élémentaire de base et limité
transversalement par le plan d’une part et par la surface Σ d’autre part.

Le volume intérieur au cylindre de base ( ) et limité par le plan et la


surface Σ est égale à la somme des volumes élémentaires .

Cette somme, notée :

= ( , )

est appelée intégrale double de ( , ) étendue au domaine D.

Le domaine D est appelé domaine d’intégration.

( , ) = 1, é é éé

, c'est-à-dire l’aire du domaine D. On note :

Ą( ) = =

Exercice
1. Calculer le volume du corps limité par les surfaces =1+ , =3 , = 5,
= 0 et situé dans le 1er octant.
2. Calculer :

= ( − ) , é = 2− = 2 − 1.

= ( +2 ) é = , = 2 , = 2, = 3.

= +4 = ( , ) ∈ ℝ /0 ≤ ≤1 0≤ ≤ 1−

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1.5. Changement de variables dans une intégrale double.

1.5.1. Les difféomorphismes

Soit une fonction à double variables et ,


Soient U et V deux domaines ouverts de ℝ .
Supposons que ∶ → est une application.
Soient P et Q deux applications définies sur → ℝ telles que :
∀( , ) ∈ , ( , ) = ( , ), ( , ) .

On dit que Φ difféomorphisme si et seulement si les conditions


suivantes sont vérifiées :

On appelle matrice jacobienne de ( , ) la matrice carrée d’ordre 2 notée


( , ) définie par :

( , ) ( , )
⎛ ⎞
( , )=⎜ ⎟
( , ) ( , )
⎝ ⎠

On appelle Jacobien ou déterminant jacobien de ( , ) le déterminant de la


matrice jacobienne ( , ) noté é [ ( , )]. On a :

( , ) ( , )
é [ ( , )] =
( , ) ( , )

é [ ( , )] = ( , )∙ ( , )− ( , )∙ ( , )

Le Jacobien se note aussi :

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( , )
.
( , )

De façon générale, le changement de variables dans une intégrale double


s’effectue de la façon suivante :

( , ) = ( ( , )) ∙ | é [ ( , )]| .
( )

On peut quelquefois utiliser une symétrie simultanée du domaine D et de la


fonction pour réduire l’intégrale double de .

1.5.2. Changement de variable en coordonnées polaires

La transformation d’une intégrale double lorsqu’on passe des coordonnées


cartésiennes et aux coordonnées polaires liées par la relation :

= cos
= sin

se réalise d’après la formule suivante :

( , ) = ( cos , sin ) .

En effet, désignons par ∶ ( , ) ↦ ( cos , sin ). Ici, ( , ) = cos et


( , )= .

Le Jacobien est :

( , ) ( , )
− sin cos
é [ ( , )] = = =−
cos
( , ) ( , )

alors :

( , ) = ( cos , sin ) .

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Si le domaine d’intégration est limité par deux demi-droites et = = avec


< et par deux courbes = ( ) = ( ) où ( ) et ( ) sont des
fonctions uniformes pour ≤ ≤ et ( )≤ ( ), alors l’intégrale double se
calcule par la formule suivante :
( )
( , ) = ( , ) ù ( , ) = ( cos , sin )
( )

Dans ces conditions, on calcule d’abord, l’intégrale :


( )
( , ) é é .
( )

1.5.3. Intégrale double en coordonnées curvilignes


Soit à transformer en passant des coordonnées cartésiennes , aux coordonnées
curvilignes liées par :

= ( , )
= ( , )

où les fonctions ( , ) ( , ) admettent des dérivées premières continues dans



un domaine du plan ′ et le Jacobien de la transformation dans D’ ne
s’annule pas :

= ≠ 0.

Dans ces conditions, la formule de transformation d’une intégrale double est de la


forme :

( , ) = ( , ), ( , ) | | .

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EXERCICE D’APPLICATION
1. En passant aux coordonnées polaires calculer :

= + + ≤ .

2. Calculer :

= ( + ) ( − )

é + = 0; − =0 ; + =3 ; − = −1
3. Calculer

= = {( , ) ∈ ℝ ⁄ + ≤ 1}

4. Calculer :

= ( + )

ù = {( , ) ∈ ℝ ⁄ ≥ 0 + − 2 ≤ 0}

Solution
Calculons les intégrales données.

= + + ≤

En cordonnées polaires, on a :
=
=

+ = ( ) +( )

=
3

= ( + ) ( − )

où D est un carré limité par

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

− =1
+ =3
+ =1
− = −1
Posons = + = − on aura :
=1 ; =1
=3 ; = −1
1
= + = ( + )
⇒ 2
= − 1
= ( − )
2

3
3

1
1 ′
0 1 3
0 1 3 −1

Alors le jacobien de la transformation est :


1 1
1
= = 2 2 =−
1 1 2

2 2

1
| |=
2
1
= ( + ) ( − ) =
2
Vu le fait que le domaine D’ est lui aussi un carré, on a :
1 1 1 1 20
= = = [ 1 + 1] =
2 2 3 6 3

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= = {( , ) ∈ ℝ ⁄ + ≤ 1}

= {( , ) ∈ ℝ ⁄ + ≤ 1}
Posons :
=
=
0≤ ≤ 1, ≤ ≤2

= ( ) ( )

= ( )

1 1 1 1
= 2 = (2 ) = (1 − 4 )
6 2 24 48

= ( + )

= {( , ) ∈ ℝ ⁄ ≥ 0 + − 2 ≤ 0}

+ − 2 ≤ 0 ⇒ ( − 0) + ( − 1) − 2 ≤ 0
≥0 ≥0

=
=

Pour > 0, + −2 ≤0 ⇔ −2 ≤0 ⇔ ≤ 2 sin 0≤ ≤ 2 sin .

Or ≥0 ⇔ ≥ 0. > 0, ≥ 0.

≥0⇔ ≥ ⇔0≤ ≤ .
2 2

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Le domaine d’intégration devient :

0≤ ≤ 2 sin
0≤ ≤
2

= [( ) +( ) ] = =4

1+ 4 3 3
= (1 − 2 ) = 1−2 2 + = =
2 2 2 4

1.6. Applications des intégrales doubles

Calcul de la Masse
Soit ( , ) la densité de masse ou densité superficielle d’un domaine D. La masse
totale de D est donnée par :

= ( , ) .

Moments d’ordre 1 ou moments statiques


On a :

= ( , ) .

= ( , ) .

Calcul des coordonnées du centre de gravité


On a :

∬ ( , )
= =
∬ ( , )

∬ ( , )
= =
∬ ( , )

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Calcul des Moments d’inertie


Le moment d’inertie par rapport aux axes ( ) et ( ) sont respectivement :

= ( , )

= ( , )

Le moment d’inertie par rapport à l’origine des coordonnées ou moment


d’inertie polaire est donné par :

= + = ( + ) ( , )

Le moment d’inertie par rapport à un point A est par définition le réel défini par :

= (( − ) +( − ) ) ( , )

Pour un domaine homogène, la densité superficielle n’est plus variable c’est-à-


dire ( , ) = = .
Pour des figures planes, on a : ( , ) = = 1.

Formule de Huygens

Soit ( , ) un système matériel. G le centre de gravité de ( , ).


un point ou une droite ou un plan.
parallèle à H et passant par G.
la distance de à
la masse de ( , ).
le moment d’inertie de ( , ) par rapport à
le moment d’inertie de ( , ) par rapport à

On a :
= + ∙

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Exercice 1
Calculer les coordonnées du centre de gravité de chacune des figures limitées
par :

1) + =1 + = 1.
25 9 5 3
2) = 4 + 4, = −2 + 4.

Exercice 2
14.2.1. Calculer le moment d’inertie polaire de la figure délimitée par les
lignes d’équations :

+ = 1, = 0, = 0.

14.2.2. Calculer le moment d’inertie de la figure limitée par la cardioïde


= (1 + ) par rapport à l’axe .

2. Les intégrales triples

2.1. Définition et méthode de calcul


Soit une fonction définie sur ⊂ ℝ . On appelle intégrale triple la quantité
notée :

( , , ) .

La détermination de cette intégrale triple se fait de façons similaires au calcul


d’intégrale double en commençant par les fonctions étagées sur les pavés.

La formule de FUBINI possède deux formes distinctes :

- soit en prenant une intégrale simple d’une intégrale double sur le domaine D :

= {( , , ) ∈ ℝ ⁄ ≤ ≤ ; ≤ ≤ ; ≤ ≤ }

( , , ) = ( , , )

et il ya trois façons de procéder ainsi : on parle alors de procédé de


sommation par tranches.

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

- soit en prenant une intégrale double d’une intégrale simple

( , , ) = ( , , )
( )

et il y a trois façons de procéder ainsi : on parle alors de procédé de


sommation par piles.
On en déduit bien sur un procédé de sommation à l’aide de 3 intégrales simples,
de 6 façons possibles :

( , , ) = ( , , )

Théorème
On suppose qu’il existe deux fonctions continues et définies sur [ , ]
telle que ≤ ( )≤ ( )≤ . De plus, on suppose qu’il existe deux
fonction continues sur [ , ] × [ , ] telle que l’on puisse écrire le domaine
D de la façon suivante :
= {( , , ) ∈ ℝ ⁄ ≤ ≤ , ( )≤ ≤ ( ) ( , )≤ ≤ ( , )} .

é alors on a :
( ) ( , )
( , , ) = ( , , )
( ) ( , )

C’est la formule de Fubini totale.

Formule de Fubini partielle


On suppose qu'il existe une fonction qui à tout ∈ [ , ] associe un domaine
Ω ⊂ ℝ . On définit un autre domaine Ω ⊂ ℝ par :
Ω = {( , , ) ∈ ℝ , ≤ ≤ , ( , )} ∈ Ω .
S la fonction est intégrable, alors on a :

( , , ) = ( , ) .
Ω Ω

C’est la formule de Fubini partielle.


Théorème
Soit D le parallélépipède [ , ] × [ , ] × [ , ]. Si
∀( , , ) ∈ , ( , , ) = ( ) ∙ ℎ( ) ∙ ( )

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

où , ℎ, sont des fonctions continues sur [ , ], [ , ] [ , ] respectivement,


alors :

( , , ) = ( ) ℎ( ) ( )

2.2. Interprétation physique de l’intégrale triple

Soit dans l’espace rapporté à un système d’axes de coordonnées cartésiennes un


corps solide hétérogène.

Si l’on considère une portion du solide de volume ∆ et de masse ∆ , sa masse


spécifique ou masse volumique est ∆ ⁄∆ . Elle dépend de la région considérée.
Etant donné un point P du corps solide et une portion de ce solide de volume ∆
et de masse ∆ entourant le point P, on appellera masse spécifique au point P la
limite de ∆ ⁄∆ quand le volume ∆ tend vers zéro dans ses trois dimensions.

Figure : Interprétation physique de l’intégrale triple

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La masse spécifique au point P apparaît alors comme une fonction de ce point,


c'est-à-dire une fonction des trois variables , , coordonnées du point P :
= ( , , ).
Au moyen de trois familles de plans parallèles aux plans de coordonnées nous
pouvons découper le volume du corps solide en volumes élémentaires :
= .
La masse d’un tel volume élémentaire est :
= = ( , , ) .

et la masse totale est la somme des masses élémentaires. Cette somme, notée :

( , , )

est appelée intégrale triple étendue au volume de la fonction ( , , ). Le


volume est le domaine d’intégration.
La fonction ( , , ) envisagée ci-dessus est toujours positive puisqu’elle
représente une masse spécifique. Mais la définition de l’intégrale triple est
évidemment générale et s’applique à une fonction de signe quelconque.

Exercice
Calculer :

1. =

où le domaine D est défini par les inégalités :


1
0≤ ≤ , ≤ ≤ 2 ,0 ≤ ≤ 1− −
2

2. =

où le domaine D est défini par les inégalités :


≥ 0, ≥ 0, ≥ 0, + ≤ 1.

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Solution
Calculons :

1. =

où le domaine D est défini par les inégalités :


1
0≤ ≤ , ≤ ≤ 2 ,0 ≤ ≤ 1− −
2
1
= = [ ]
2

1 1 1
= (1 − − ) = − −
2 2 3

1 8 1
= 2 −2 − − + +
2 3 3

1 10 1 1 5 1 1 5 1 7
= − = − = − − =
2 3 2 2 6 2 8 6 16 192

7
=
192

2. =

où le domaine D est défini par les inégalités :


≥ 0, ≥ 0, ≥ 0, + ≤ 1.

1
=
2
1 (1 − )
=
2 4
1 1
= − (1 − ) =
80 80

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2.3. Changement de variables

Si, lors du calcul d’une intégrale triple, on a besoin de passer des variables , ,
aux nouvelles variables , , liées aux premières par les relations = ( , , ),
= ( , , ), = ( , , ) où ( , , ), ( , , ) et ( , , ) et leurs dérivées
premières sont des fonctions qui établissent une correspondance biunivoque et
bicontinue entre les points du domaine D de l’espace et les points d’un
certain domaine D’ de l’espace , et que le jacobien J ne s’annule pas dans le
domaine D’ :

= ≠ 0,

et que ( , , ) = ( ( , , ); ( , , ); ( , , )), alors on se sert de la formule


suivante :

( , , ) = ( , , ), ( , , ), ( , , ) . | |
( , , )∈ ′

2.3.1. Passage en coordonnées cylindriques

point ( , , ) ℝ est repéré par un système de coordonnées cylindriques


( , , ) où ( , ) est un système de coordonnées polaires de la projection
orthogonale de M sur le plan .

Figure : Passage en coordonnées cylindriques

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On a ainsi les formules de changement de variables :


= cos
= sin
=

Le jacobien J peut être calculé :

− sin cos 0
= = cos sin 0 =−
0 0 1

On retiendra que pour passer en coordonnées cylindriques dans une intégrale


triple, on remplacera | | .

2.3.2. Passage en coordonnées sphériques


Un point ( , , )∈ℝ est repéré par un système de coordonnées sphériques
( , , ) où = et est l’angle polaire de la projection orthogonale de M
est la projection orthogonale sur le plan (orienté directement) et ⃗.

On impose de façon classique ∈ [0,2 ] ∈ [− ; ] ∈ − ; .

Figure : Passage en coordonnées sphériques

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On a ainsi les formules de changement de variables suivantes :

= cos cos
= sin cos
= sin

et le jacobien J est :

− sin cos cos cos − cos sin


= = − cos cos sin cos − sin sin
0 sin cos

=− cos

On retiendra que :
Pour passer en coordonnées sphériques, on remplace |cos | .

On peut aussi utiliser les formules de changement de variable suivante :


= sin cos
= sin sin
= cos
= |sin |
Exercice d’application :

1) Calculer :

= | − | ù = {( , , ) ∈ ℝ ⁄0 ≤ ≤1 + ≤ }

on passera en coordonnées cylindriques

2) Calculer

= ( + + ) = {( , , ) ∈ ℝ ⁄ + + ≤ 1}

3) Calculer

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

= ( + ) ù é é + + ≤

4) Calculer

= ù + + ≤

5) Calculer

= +

où D est limité par le cylindre + = 2 et les plans = 0, = 0, = .

2.4. Applications des intégrales triples


Le volume d’un corps qui occupe un domaine D est donné par la formule :

Si la masse volumique de ce corps est une grandeur variable = ( , , ) alors la


masse se calcule par la formule :

= ( , , )

Les coordonnées du centre de gravité du corps sont déterminées par les


formules :

∭ ( , , )
=
∭ ( , , )

∭ ( , , )
=
∭ ( , , )

∭ ( , , )
=
∭ ( , , )

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Les moments d’inertie par rapport aux axes des coordonnées sont
respectivement :

= ( + )

= ( + )

= ( + )

Le moment d’inertie d’un solide ou d’un corps de masse volumique ( , , ) par


rapport à un axe ∆ est par définition le réel défini par :

∆ = ( , , )(( − ) +( − ) +( − ) )

où H est le projeté de M sur ∆.

Exercice
1) Calculer les coordonnées du centre de gravité du corps prismatique limité
parles plans = 0, = 0, = 1, = 3, + 2 = 3.
2) Calculer les moments d’inertie par rapport aux plans de coordonnées et par
rapport aux axes de coordonnées du solide homogène ( , ) où S est l’ellipsoïde
plein défini par :

+ + ≤1 ù , é é .

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CHAPITRE 15

LES INTEGRALES CURVILIGNES ET


LES INTEGRALES DE SURFACE

1. Courbes paramétrées

1.1. Définitions et interprétations

On appelle courbe paramétrée la donnée d’une fonction de ℝ dans ℝ telle que

∶ℝ⟶ℝ
( )

( )

Ceci permet de décrire un ensemble de point facilitant le moyen de trouver les


points de cet ensemble.

Trouver une paramétrisation c’est trouver une courbe paramétrique qui décrit un
ensemble de points.

Une courbe paramétrique peut aussi s’interpréter comme la description d’un


point du plan en fonction du temps dans un certain domaine.

Sur une même courbe, on peut bouger de plusieurs manières et on en déduit


qu’il y a une infinité de paramétrisations possibles.

Exemple :

Soit Γ la courbe paramétrée définie par :

( ) =3 −2 −1
∈ ℝ.
( )=− + +1

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1.2. Paramétrage classique

1.2.1. Segment

On peut décrire le segment joignant les points ( , ) et ( , ) soit en termes

de barycentre = {( , 1 − ) ; ( , )} soit en écrivant ⃗= ⃗ avec ∈ [0,1]

On est donc parti de A pour arriver à B. La paramétrisation classique dans ce


cas s’écrit :

( ) = (1 − ) + = + ( − )
( ) = (1 − ) + = + ( − )

1.2.2. Ellipse

Les courbes d’équations :

( − ) ( − )
+ =1

sont des ellipses de centre ( ; ) d’axes ( ) et ( ). La paramétrisation


classique pour les ellipses est la suivante :

( )= + cos
( )= + sin

On remarque si = alors on a un cercle.

1.2.3. Parabole
Les courbes d’équations ( − ) + = sont des paraboles de sommet ( , ) et
dont l’axe de symétrie est parallèle ( ). On peut choisir :

( )=
( )= ( − ) +

ou

( )= +
( )= +

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Les courbes d’équations ( − ) + = sont les paraboles de sommet ( ; ) et


dont l’axe de symétrie est parallèle à ( ).

On peut choisir :

( )= ( − ) +
( )=

ou

( )= +
( )= +

1.2.4. Hyperbole

Les courbes d’équations :

( − ) ( − )
− =1

sont des hyperboles de centre ( ; ) d’axes ( ) et ( ) et d’asymptotes les


droites d’équations :

− − − −
− =0 + = 0.

On peut choisir :

( )= +
cos

( ) = tan +

1.3. Courbes paramétrées en polaire

On donne parfois les paramétrisations en polaire de la forme = ( ). On a alors :


( ) = ( ) cos θ

( ) = ( ) sin θ

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Les coniques peuvent s’écrire de la forme :

≥0
= ∈ℝ é .
1 − cos( − ) ∈ − ; ]
[

 Si = 0 on a un cercle de centre (0,0) et de rayon | |.

 Sinon, on a une conique dont un des axes (l'axe focal) est dirigé par la
droite passant par (0; 0) et d'angle par rapport à l'axe ( ).
 Si = 1 c’est une parabole
 Si ∈ [0; 1] c’est une ellipse
 Si b> 1 c’est une hyperbole

2. Les intégrales curvilignes

2.1. Définitions et généralités


Soit ( , ) une fonction de variables continue sur un domaine ⊂ ℝ avec
= ( ) où est une fonction continue sur [ ; ] et étant l’arc de courbe
d’équation = ( ) contenu dans .

( )

( )

( )

L’intégrale :

= ( , )

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

est appelée intégrale curviligne de ( , ) le long de l’arc et c’est par définition


l’intégrale :

= , ( ) .

De même si on considère la fonction inverse de ( ) soit = ( ) = ( ),


l’intégrale curviligne

= ( , )

prise le long de l’arc n’est autre que

( )
= ( ( ), ) .
( )

On appelle intégrale curviligne générale l’expression :

= ( ; ) + ( ; )

qui représente la somme des intégrales définies et .

Généralisation au cas d’un contour quelconque

Généralisons d’abord au cas où l’arc a l’allure indiquée sur la figure ci-après :

Figure 2

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Les conditions imposées à ne sont plus satisfaites. Il suffit alors de décomposer


le domaine d’intégration en autant d’arcs partiels où est monotone. On aura
l’intégrale curviligne.

= + + +

Si peut avoir une représentation paramétrique :

= ( )
= ( )

l'intégrale curviligne sur l’arc

( ; ) + ( ; )

s’exprime également par :

( )

ù ( ) = ( ; ) ′( ) + ( ; ) ′( )

dont la valeur reste indépendante de la représentation choisie.

2.2. Intégrales curvilignes de 1ere espèce

On appelle intégrale curviligne de 1ere espèce l’intégrale curviligne de de


variable prise le long de l’arc . Elle se calcule d’après la formule
suivante :

( , ) = , ( ) +[ ( )]

≤ ≤
avec
= ( )

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Si la courbe est donnée par ces équations paramétriques

= ( )

= ( )

avec ≤ ≤ , alors l’intégrale curviligne de 1ere espèce est calculée par :

( , ) = ( ), ( ) [ ′ ( )] + [ ′ ( )] .

D’une façon analogue, on détermine et on calcule l’intégrale curviligne de 1ere


espèce d’une fonction ( , , ) prise le long d’une courbe d’équations
paramétriques :

= ( )
= ( )
= ( )

par la formule :

( , , ) = ( ), ( ), ( ) [ ′ ( )] + [ ′ ( )] + [ ′ ( )]

étant la différentielle de l’arc .

Interprétation physique

Si ( , ) > 0, alors l’intégrale curviligne de première espèce donnée par :

( , )

représente la masse de la courbe de densité linéaire variable = ( ; ).

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Propriétés
P1 : L’intégrale curviligne de 1ere espèce est indépendante du sens de parcours du
chemin d’intégration

( , ) = ( , )

P2 ∶ [ ( , )± ( , )] = ( , ) ± ( , )

P3 ∶ ( , ) = ( , ) où c ∈ ℝ

P4 : Si la courbe d’intégration est décomposée en deux parties alors

( , ) = ( , ) + ( , ) .

2.3. Intégrale curviligne de 2ieme espèce

Soit ( , ) et ( , ) 2 fonctions continues aux points de l’arc d’une courbe


lisse régie par l’équation = ( ) avec ≤ ≤ .

L’intégrale curviligne de 2ieme espèce de l’expression ( , ) + ( , )


prise le long de l’arc orienté est le travail accompli par la force variable
⃗ = ( , )⃗ + ( , ) ⃗ le long du chemin curviligne . Elle est notée :

( , ) + ( , ) .

Propriétés

P1 : Intégrale curviligne de 2ieme espèce change de signe lorsqu’on change de sens


du parcours du chemin d’intégration :

( , ) + ( , ) =− ( , ) + ( , )

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

P2 ∶ ( , ) + ( , ) = ( , ) + ( , )

L’intégrale curviligne de 2ieme espèce se calcule d’après la formule suivante :

( , ) ′(
+ ( , ) = , ( ) + ) , ( )

≤ ≤
avec
= ( )

Si la courbe est donnée par ses équations paramétriques :

= ( )
= ( ) où ≤ ≤
= ( )
Alors

( , , ) + ( , , ) + ( , , )

′( ) ( ( ), ( ), ( )) + ′( ) ( ( ), ( ), ( )) + ′ ( ) ( ( ), ( ), ( ))
=

Exercice

1- Calculer =∫ ( − ) où K est un segment de droite compris entre (0,0) et


(4,3).

L’équation de la droite (AB) est :

4 4
= = .
3 3

Par conséquent :

4 4 5 5
= ( − ) = − 1+ = =
3 3 16 2

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

( )=
2- Calculer la masse de l’arc de courbe ( )= ù0≤ ≤1 dont la densité
( )=

linéaire varie suivant la loi = 2 .

On a :

1
= = 2 = 2 ∙ [ ′ ( )] + [ ′ ( )] + [ ′ ( )]
2

1 1 3 1
= 1+ + = + + +
2 2 4 2

1
1 +2 3 1
= 1+ + + + + 1+ +
2 2 8 2

1 3 3 + 2√3
= 3√3 − 1 + .
8 2 3

3- Calculer les coordonnées du centre de gravité de l’arc de cycloïde d’équations :


= − sin , = 1 − cos , ≤ ≤ .
On a :
Les coordonnées du centre de gravité G d’un arc homogène d’une courbe K se
calcule d’après les formules :
1 1
= , =

= [ ( )] + [ ( )] = (1 − ) + =2 = −4
2 2
= 4.
Alors :
1 1 1
= = ( − )2 = −
4 4 2 2 2 2
1 4 8
= −2 +4 + =
2 2 2 3 2 3

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1 1 1
= = (1 − )2 = −
4 4 2 2 2 2
1 1 3 4
= −2 + − =
2 2 3 2 2 3

4- Calculer l’intégrale curviligne :

= (2 − ) +( + )

C étant le cercle de rayon R centré en O décrit complètement dans le sens


direct à partir du point = , = 0.
Solution :
Un tel cercle a pour équation :
+ =
On peut obtenir une représentation simple en coordonnées paramétriques en
posant :
= =−
⇒ ù ⃗, ⃗
= =
Lorsque M décrit le cercle, varie de 0 à 2 .
Alors :

= [(2 − )(− )+ ( + )( )]

= (1 − ) =2 .

2.4. Formes différentielles

2.4.1. Définitions
Cas de deux variables
Soit U un ouvert de ℝ . Exemples d’ouverts : ]−1; 1[ × ]−2; 3[ est un ouvert de ℝ
par contre ]−1; 1] × ]−1; 1] n’est pas un ouvert de ℝ .

On appelle forme différentielle sur U toute application telle qu’il existe deux
applications P et Q telles que :

∀( , ) ∈ , = ( , ) + ( , ) .

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Cas de trois variables


Soit U un ouvert de ℝ .
On appelle forme différentielle sur U toute application telle qu’il existe trois
applications P, Q et R telles que :

∀( , , ) ∈ , = ( , , ) + ( , , ) + ( , , ) .

Une forme différentielle peut être exacte ou fermée.

2.4.2. Formes différentielles exactes

Une forme différentielle = ( , ) + ( , ) est dite exacte sur un ouvert U


de ℝ (ou admet des primitives sur U) si et seulement s’il existe une fonction
définie sur de ℝ telle que : = .

⎧ = ( , )
= ⇔
⎨ = ( , )

= + = ( , ) + ( , ) .

est appelée primitive de sur U.

La définition est analogue pour trois variables réelles.

Dans des cas simples, une forme différentielle peut apparaître comme exacte de
manière évidente.

Exemples :
1
+ = ( + )
2
+ = ( )
1
+ = ( + )
+ + 2

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 289


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Théorème
Si la forme différentielle = ( , ) + ( , ) est exacte sur un ouvert U et si
est une primitive de alors pour tout chemin Γ inclus dans U joignant des points
d’origine A et d’extrémité B,

= ( , ) + ( , ) = ( )− ( )

2.4.3. Formes différentielles fermées

La forme différentielle = ( , ) + ( , ) est dite fermée si et seulement si :

Dans le cas où = ( , , ) + ( , , ) + ( , , ) , elle sera dite fermée si et


seulement si :

⎧ − =0


− =0



⎩ − =0

THEOREME
Toute forme différentielle exacte est fermée mais la réciproque est fausse.

Exercice d’application
Soit la forme différentielle définie sur = ℝ − {(0; 0)} par :

=− +
+ +
Montre que est fermée sur U mais n’est pas exacte en considérant un cercle de
centre O, de rayon 1 parcouru une fois dans le sens direct.

THEOREME
Un domaine est dit simplement connexe ou domaine sans trou si l’intérieur de
toute courbe est contenue dans un domaine .

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Exemple :
 ℝ est un domaine sans trou ou domaine simplement connexe
 L’ellipse est un domaine sans trou
 ℝ − {(0; 0)} est un domaine avec trou.

THEOREME
La forme différentielle = ( , ) + ( , ) est exacte sur un domaine
simplement connexe si et seulement :

= ∀( , ) ∈ ℝ

Exercice
Soit la forme différentielle suivante :
= (3 +2 + ) +( +3 −2 )
Déterminer la fonction dont la différentielle est égale à la forme exacte .

2.5. Notion de facteur intégrant

S’il arrive que la forme différentielle n’est pas exacte, on peut toujours trouver
une fonction qui multiplie la forme pour en faire une forme exacte. Cette fonction
est appelée facteur intégrant.

Si = ( , ) + ( , ) n’est pas exacte, alors on peut prendre comme


facteur intégrant la fonction :

∶ ( , )↦ ( ; )

telle que = + soit exacte c'est-à-dire

= (1)

En dérivant la relation (1) par rapport à , on obtient la relation suivante.

+ = + (2)

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

L’équation (2) est le type d’équation appelé différentielle aux dérivées partielles
que nous ne savons pas encore résoudre, mais seulement on peut examiner
des cas particuliers.

 1ere cas : dépend uniquement de


( , )⟶ ( )

+ = +

( )⇒ =0

Donc l’équation devient

= +

1 −
− = ⇒ =

Puisque = ( ) alors :

et on a :

1 − −
= ⇒ | |=

 2ème cas : dépend uniquement de y : = ( )


= ( )

+ = +

or

= ( )⇒ =0

Donc l’équation devient :

+ =

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 292


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

1 −
= − ⇒ =

Puisque = ( ) alors :

et on a :

1 − −
= ⇒ | |=

Exercice d’application

1- Soit la forme différentielle :


ω=( + ) + (−2 ) .
Déterminer un facteur intégrant fonction uniquement de pour que ω soit
une forme exacte.

2- On considère la forme différentielle


ω = (3 + 2 + ) +( +4 +5 )
Déterminer un facteur intégrant tel que ( , ) ⟼ ( , ) = ( + ) où est
une fonction différentiable sur continue sur ℝ.

3- On considère la forme différentielle


ω=( + + 1) −2
Déterminer un facteur intégrant tel que ( ; ) ⟼ ( , ) = ( − ) où est
une fonction différentiable sur continue sur ℝ.

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

2.6. Indépendance d’une intégrale curviligne de seconde espèce du contour


d’intégration

Soient ( , ) et ( , ) et leurs dérivées partielles premières continues dans un


domaine simplement connexe et soit un contour situé entièrement dans ce
domaine alors la condition nécessaire et suffisante pour que l’intégrale curviligne :

( , ) + ( , )

soit indépendante du contour d’intégration consiste à vérifier dans le domaine


l’identité :

= .

Lorsque les conditions ci-dessus sont satisfaites, l’intégrale curviligne sur un


contour fermé intérieur au domaine D est nulle :

( , ) + ( , ) =0

Exercice

Calculer :

( ; )

= [( + 3 ) +( +3 ) ]
( ; )

1- calculer :

= ( + )

Sur divers contours fermés :


= cos
a- le long de la circonférence = sin
b- le long du contour limité par un arc de parabole = et un segment
de droite = 1.

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

2- Calculer :
( , )

= [(2 − − 3) +( − ) ]
( , )

2.7. Formule de GREEN-RIEMANN

Soit Ω un domaine borné régulier de ℝ et Γ son bord. Si le plan est orienté, alors
on peut orienter la courbe Γ avec la règle suivante :
 Si en un point de Γ, le vecteur ⃗ dirige la tangente à la courbe
 Si ⃗ est un vecteur orthogonal à ⃗ dirigé vers l’intérieur de Ω alors
quand on parcourt Γ dans le sens de ⃗, on dit que l’on va dans le sens
positif si et seulement la base ⃗, ⃗ est directe. Sinon, on dit que l’on va
dans le sens négatif.

THEOREME
Soit Γ un bord parcouru dans le sens positif comme décrit précédemment. Alors
si = ( , ) + ( , ) est une forme différentielle de classe alors l’intégrale

= −
Γ

Exercice
Calculer en appliquant la formule de GREEN-RIEMAN

= (− + )

où est la circonférence parcourue dans le sens antihoraire.

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2.8. Calcul des aires de surfaces


L’aire d’une figure limitée par un contour fermé se calcule d’après la formule :

= −

Le contour d’intégration est parcouru de façon que le domaine limité par ce


contour reste à gauche (sens positif).
Exercice
1) Calculer l’aire de la surface limitée par l’astroïde :
=
ù0≤ ≤2
=
2) Calculer l’aire de la surface limitée par les paraboles = , = .

3. Intégrale de surface

L’intégrale de surface se définit à partir de l’intégrale double, comme l’intégrale


curviligne se définit à partir de l’intégrale simple. Considérons la surface définie
par = ( , ).

Figure : Intégrale de surface

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 296


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

et la portion S limitée par un contour Γ qui se projette sur le plan suivant le


contour C.

Si ( , , ) est une fonction de trois variables , , continue dans une région de


l’espace qui contient la surface S. Par définition, on appelle intégrale de surface la
quantité :

( , , )

l'intégrale double de la fonction :

( , ) = ( , , ( , ))

étendue au domaine D intérieur à la courbe C dans le plan .

On appelle intégrale de surface de 1ere espèce la quantité réelle définie par :

( , , ) = , , ( , ) ∙ 1+ +

D étant la projection de S sur le plan .

Si ( , , ) , ( , , ) et ( , , ) sont des fonctions continues et que S est la face


de la surface lisse définie par la direction de la normale ⃗ (cos , sin , cos ), alors
l’intégrale de surface de 2ème espèce correspondante s’exprime comme suit :

+ + = ( cos + cos + cos )

Lors du passe à l’autre face de la surface, cette intégrale change de signe.


Si la surface est donnée sous forme implicite c'est-à-dire son équation est
donnée par ( , , ) = 0, alors les cosinus directeurs de la normale sont définis
par les formules suivantes :

cos( ) =

± + +

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 297


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

cos( ) =

± + +

cos( ) =

± + +

où le signe devant le radical doit concorder avec la face considérée de la surface.

Les moments d’inerties d’une portion de la surface par rapport aux axes de
coordonnées s’exprime par les intégrales de surface suivantes :

= ( + ) ; = ( + ) ; = ( + )

On peut calculer les coordonnées du centre de gravite d’une portion de surface


d’après les formules :
1 1 1
= ; = ; =

Exercice
1) Calculer

= ( + )

où est une portion de surface conique = + contenue dans les plans


=0 =1
2) Calculer le moment d’inertie de l’hémisphère = − − par rapport à
l’axe ( ).
3) Calculer les coordonnées du centre de gravité de la portion du plan =
limitée par les plans + =1; =0 = 0.

4. Formules de STOKES et d’OSTROGRASKI-GAUSS : éléments de la théorie


du champ
4.1. Formule de Stokes
Rappelons la formule de GREEN-RIEMANN :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 298


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

( , ) + ( , ) = −
Γ

Dans le cas de deux variables , on admet que cette formule se généralise


dans l’espace pour donner la formule identique dans ℝ appelée formule de
Stokes :

( , , ) + ( , , ) + ( , , )
Γ

= − + − + −

Γ étant la courbe autour de laquelle est prise l’intégrale curviligne et une


surface s’appuyant sur Γ.

4.2. Formule d’OSTROGRADSKI

Soit ∆ un domaine de ℝ limité par une surface et , trois fonctions de


, continument dérivables sur ∆. Alors la formule d’OSTROGRADSKI
s’énonce comme suit :

+ + = + +

Si un vecteur variable ⃗ est une fonction vectorielle du point de l’espace M alors


⃗ = ⃗ ( ) = ⃗ ( ⃗)

où ( , , ) et ⃗ = ⃗ + ⃗ + ⃗ alors ce vecteur définit un champ vectoriel et on a :


⃗( ) = ⃗ + ⃗ + ⃗

⃗ = + +

⃗ = ⃗ = − ⃗− − ⃗+ − ⃗

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

On appelle flux du champ vectoriel ⃗ ( ) à travers une surface dans le sens


défini par le vecteur unitaire de la normale ⃗ = cos( ) ⃗ + cos( ) ⃗ + cos( ) ⃗ à la
surface , l’intégrale de surface :

⃗⃗ = ( cosα + Q β+R γ)

La formule d’Ostrogradski-Gauss sous forme vectorielle est de la forme :

⃗ ⃗ = ⃗

On appelle intégrale linéaire du vecteur ⃗ pris le long d’une courbe l’intégrale


curviligne :

⃗ ⃗= ( + + )

qui représente le travail accompli par le champ vectoriel le long de la


courbe K.
N.B
Si le contour est fermé alors l’intégrale linéaire :

⃗ ⃗= ( + + )

est appelée circulation du champ vectoriel le long du contour .


La formule de stokes sous la forme vectorielle s’écrit :

⃗ ⃗= ⃗ ⃗⃗

c'est-à-dire que la circulation du vecteur le long du contour d’une certaine


surface est égale au flux du rotationnel à travers celle-ci.

5. Potentiel scalaire
Soient U un ouvert de ℝ et ⃗ ∶ → ℝ un champ de vecteurs de classe sur U.
On dit que ⃗ dérive d’un potentiel scalaire (ou ⃗ admet un potentiel scalaire) si et
seulement s’il existe un champ scalaire ∶ → ℝ de classe sur U tel que :
⃗= ⃗

s'il existe, un tel champ scalaire est appelé potentiel scalaire de ⃗ .

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

On appelle champ scalaire une région de l’espace dans laquelle à chaque point
( , , ) est associée une grandeur ( , , ).
L’ensemble des points d’un champ scalaire où la fonction prend une valeur
constante ( , , )= est appelé suivant le cas, isobare (pour la pression),
isotherme (pour la température), équipotentiel (pour le potentiel)…

Théorème
Soient U un ouvert de ℝ et ⃗ ∶ → ℝ un champ de vecteurs de classe sur U.
Si ⃗ admet un potentiel scalaire alors ⃗ ⃗ = ⃗.

Exercice
1. Montrer que le champ vectoriel :
⃗ ∶ ℝ − {(0,0)} × ℝ → ℝ
2 2 3
⃗( , , ) = − ,− ,1 +
( + ) ( + ) +
dérive d’un potentiel scalaire et calculer celui-ci.
2. Trouve la circulation du champ vectoriel ⃗ = ( + 3 + 2 )⃗ + (2 + ) ⃗ + ( − ) ⃗
suivant le contour d’un triangle où (2,0,0), (0,3,0) (0,0,1).
3. En appliquant la formule d’OSTROGRADSKI transforme en intégrale de
volume :

= + + .

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Planche d’exercices
Exercice 1
1. Soit la forme différentielle donnée par :
= (3 − ) + (2 −6 )
a) est – elle exacte ? Déterminer un facteur intégrant ∶ ( , )↦ ( + )
où est une fonction d’une variable réelle différentiable.
b) Calculer alors l’intégrale curviligne :
( ; )
(3 − ) + (2 −6 )
( ; )

2. Calculer les intégrales doubles ou triples suivantes :

) = ( − 2) où est l′ intérieur du triangle de sommets A(−2; 2), (0,0)et B(2,4).

) = où D est le disque de centre K(−1; 0)et de rayon 1.

) = où D est la boule unité.


+ + ( − 2)

) = 4− − où D est le demi − disque tel que + ≤ 4 et ≤ 0.

3. Une plaque occupe le domaine D et sa densité superficielle en tout point


( , ) a pour mesure la distance de M à l’axe des abscisses. Calculer la masse
de la plaque.

Exercice 2
1. Déterminer le volume intérieur à l’ellipsoïde d’équation :

+ + = 1 où , et sont trois réels strictement positifs.

2. Calculer les coordonnées du centre de gravité du domaine :

= ( , )∈ℝ / + ≤ 1, ≥ 0 et ≥0

3. Calculer l’intégrale curviligne sur de la forme différentielle définie par :



=
+
où est le carré orienté de sommets consécutifs
( , ), (− , ), (− , − ) ( , − ).

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

En déduire que la forme différentielle n’est pas exacte.


4. Calculer la circulation du champ de vecteurs :
− −
⃗( , ) = ;
( + ) ⁄ ( + ) ⁄

le long du segment [ ] avec (1,1), (2,2) et parcouru de A vers B.


5. Changer l’ordre d’intégration dans l’intégrale suivante où est supposée
continue :

= ( , ) .

Exercice 3
On considère le domaine de ℝ suivant :

= ( , , )∈ℝ / ≥0, ≥ 0, + ( )+ ≤ 2(1 + ), ≤ .


2
On souhaite calculer les intégrales suivantes :

= et =

1. Etudier le changement de variables donné pour tout ( , , ) ∈ par :


( , , ) = ( , , − ).
Que se passe t – il dans et ? Peut – on en déduire quelque chose pour
ou ?
2. Montrer que :

= ( , , )∈ℝ / 0 ≤ ≤ ,( , ) ∈
2
ù = {( , ) ∈ ℝ / ≥0, + ≤ (1 + ) }.
3. En déduire, en précisant le nom du théorème employé, que :

= ( ) , ù ( )= cos

4. Soit fixé. En utilisant un changement de variables en polaire de la forme :


( , )=( , ) montrer qu′ il existe une constante que l′ on précisera telle que ∶
( )= (1 + ) .
On précisera le domaine de ( , ) et le nom des outils employés. Calculer .
5. Calculer l’intégrale double suivante :

= ℎ ù ∆= {( , ) ∈ ℝ / ≥0, ≥ 0, + ≤ 1 }.

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Exercice 4
On note pour tout > 0, = {( , ) ∈ ℝ / + = }, le cercle de centre (0,0)
et de rayon R. On note ce cercle parcouru dans le sens trigonométrique. On
définit Γ = {( , ) ∈ ℝ / 4 + = 1} une courbe de
ℝ et on note Γ cette courbe parcourue dans le sens trigonométrique. On
considère le domaine suivant :
= {( , ) ∈ ℝ / 1 − 3 ≤ + ≤ 4}.
On note Γ le bord de D orienté dans le sens positif. Soit la forme
différentielle définie sur ℝ \{(0,0)} par :

= + .
4 + 4 +
1. Rappeler la nature de Γ et dessiner sur une même igure Γ , C et D.
2. Donner une paramétrisation de Γ et calculer, en utilisant cette
paramétrisation, l’intégrale curviligne suivante :

= .
Γ

3. On se propose de calculer l’intégrale curviligne :

= .
Γ

a) Enoncer la formule de Green-Riemann.


b) En appliquant la formule de Green-Riemann sur D, calculer I.
c) En déduire = .
d) En vous inspirant de la méthode précédente, montrer que = pour tout
> 0.
4. Trouver tous les cercles du plan tels que :

+ = 0.

5. En appliquant la formule d’Ostrogradski-Gauss, transformer l’intégrale de


surface suivante en une intégrale de volume :

= + + .

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CHAPITRE 16

EQUATIONS DIFFERENTIELLES ORDINAIRES

Dans tous les domaines scientifiques, la mise en équation d’un problème conduit
très souvent à des équations reliant une fonction et ses dérivées premières et
secondes. Voici quelques exemples de telles situations :

- Charge d’un condensateur à travers une résistance :

= +

où q est la charge du condensateur, R la résistance, U la tension du


générateur qui est souvent constante.

- Charge d’un condensateur à travers une résistance et d’une inductance :

= + +

- Échange thermique :
La température T d’un corps voisin d’une source de chaleur à température
constante peut vérifier la relation :

= ( − )

où K est une constante négative.

- Mouvement d’un point matériel soumis à une force centrale :


=− ⃗

Où m est la masse du point. Les conditions initiales permettent en général de


trouver une solution unique.

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

1. Notions fondamentales

On appelle équation différentielle d’ordre toute relation de la forme :

( )
∀ ( , , ′ , ", … … , )=0

′ ( )
entre la variable x, la fonction y et ses n dérivées successives , ", … … , où F
est une fonction de ℝ ℝ.

Une équation différentielle est donc une équation établissant une relation entre
les variables indépendantes, leurs fonctions et les dérivées ou différentielles de
cette fonction.

Si l’équation est d’une seule variable, elle est dite équation différentielle
ordinaire ; en cas de deux ou plusieurs variables, l’équation est dite équation
différentielle aux dérivées partielles.

On appelle ordre d’une équation différentielle, l’ordre le plus élevé des dérivées
contenues dans l’équation. L’ordre de l’équation différentielle est donc égal à
l’ordre maximum des dérivées.

Par exemple :

+5 = est une équation différentielle ordinaire du 1er ordre.
′′ ′
−4 = est une équation différentielle ordinaire du 2nd ordre.
′ ′′ ′′′
+ = est une équation différentielle ordinaire du 3e ordre.

Résoudre l’équation différentielle d’ordre consiste à chercher toutes les


fonctions y dérivables n fois en x vérifiant cette équation.

Notation : Par souci de simplification des écritures, y représente y(x).

On appelle solution d’une équation différentielle une fonction différentiable


= ( ) qui, substituée à la fonction inconnue, transforme cette équation en une
identité.

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2. Equations différentielles du premier ordre

On appelle équation différentielle du premier ordre toute relation de la forme

∀ ( , , ′) = 0

entre la variable x, la fonction y et sa dérivée première y’ où est une fonction de


ℝ dans ℝ. La résolution de l’équation différentielle dépend de la forme de la
fonction F.

2.1. Equations différentielles à variables séparables

On appelle équations à variables séparables, toute équation de la forme :

( ) ′
− ( )=0
( ) = ( )
é é


La séparation des variables passe par = ∙

′ ( )
ù∶ − ( )=0 ⇔ ( ) = ( )

La solution s’obtient par intégration de chaque membre :

( ) = ( )

Exemple 1

Résoudre : = ≠ 0 (constante) et y une fonction de x
1
= ⇔ = ( ≠ 0) ( )= ∀ ( )=
é à
é

= ⇔ ln| | + = + ⇔ ln| | = +

⇔ | | ⇔ =±

La solution générale est :

= ∈ ℝ.

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

′ ′
Vérifions que = est satisfait. Si = ; alors =

− = − =0

Remarque : L’écriture des constantes d’intégration étant un peu « lourde » ; on


simplifiera les écritures en utilisant quasi systématiquement la même notation.

Exemple 2

Résoudre = est une fonction de x.

= ⇔ = ⇔ = ⇔ ln| | = ln| | +

⇔ ln = ⇔ =± = ⇔ = ∈ℝ

Définition : Conditions initiales


- En faisant varier la constante d’intégration C ; la solution y décrit une
famille de fonctions représentées par une famille de courbes. De la
connaissance d’une valeur de y en un point , ( )= , on déduit une
valeur de la constante C : la solution y, qui prend en compte cette valeur de
C, est alors unique : c’est la solution de l’équation (représentée par une
courbe de la famille). On appelle conditions initiales la relation ( ) = ∙
On peut aussi avoir une information sur une dérivée mais alors l’unicité de
la solution n’est plus assurée.

- La solution d’une équation différentielle d’ordre n contient n constantes et


par conséquent n conditions initiales sont nécessaires afin de trouver les
valeurs des constantes qui satisfont les conditions données.

Suite de l’exemple 1 :
Supposons que (0) = 2 , (0) = = =2
La solution vérifiant la condition initiale est : =2

Exercice
1) Trouver la solution particulière de l’équation différentielle :

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vérifiant la condition initiale (0) = 1.

2) Trouver la solution particulière de l’équation différentielle :


(1 + ) + =0
vérifiant la condition initiale (1) = 1.
3) Dans une chambre dont la température est de 20°C, un corps s’est refroidi de
100° à 60°C en 20 mn. On demande de trouver la loi de refroidissement du
corps ; en combien de minutes sa température tombera – t – elle à 30°C ?
Toute élévation de température dans la chambre est à négliger.

2.2. Equations différentielles linéaires du 1er ordre sans second membre

Toute équation de la forme (avec a et b des fonctions de ( ) ± 0) :

( ) ′+ ( ) = 0 (1)

est appelée équation différentielle linéaire du 1er ordre sans second membre.

Contre-exemple

( ) ′ ′
+ ( ) =0 ( ) + ( ) =0 ne sont pas des équations
différentielles linéaires en y.

La résolution d’une équation différentielle linéaire du 1er ordre sans second


membre est directe en se ramenant à une équation à variables séparables :


1 ( )
( ) + ( ) = 0 ⇔ ( ) =− ( ) ⇔ =−
( )
é à
é

1 ( ) ( )
⇔ =− ⇔ ln| | = − +
( ) ( )

( ) ( )
⇔ =± − ⇔ = − , ∈ℝ
( ) ( )

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( ) ′
La solution générale de l’équation + ( ) = 0 est de la forme :

( )
= − , ∈ℝ (2)
( )

Exemple 3


Résoudre : −2 =0

On a donc ( ) = ( ) = −2 ∀

=2 ⇔ =2 ⇔ =2

⇔ ln| | = 2 ln| | + = ln| |+ ⇔ =± ⇔ = , ∈ℝ

2.3. Equations différentielles linéaires du 1er ordre avec second membre

Toute équation de la forme (avec a et b des fonctions de ( )≠0∀ ) :

( ) ′+ ( ) = ( ) (3)

est appelée équation différentielle linéaire du 1er ordre avec 2nd membre.

( ) est le second membre de l’équation.

Deux méthodes pour la résolution de cette équation :

1) L’une simple, mais d’utilisation limitée : la méthode d’identification,


2) L’autre générale, mais plus laborieuse : la méthode de variation de la
constante de Lagrange.

2.3.1. Résolution par la méthode d’identification

La méthode d’identification n’est applicable que si :

1) Les coefficients sont constants : ( ) = ( )= .

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2) Le second membre est identifiable sous la forme d’une fonction polynôme


exponentielle ou sinus/cosinus.

Théorème

La solution générale de l’équation avec 2nd membre (SGEA2M, y s’obtient en


rajoutant à la solution générale de l’équation sans second membre (SGES2M),
notée , une solution particulière de l’équation avec 2nd membre (SPEA2M) notée
Y:

2 = 2 + 2

 Recherche de la solution générale de l’équation sans second membre


vérifie l’équation (1) ′ + =0

D’après la résolution de l’équation (1) = − ; ∈ℝ

 Recherche d’une solution particulière Y de l’équation avec second membre :


De la forme du second membre g(x) on déduit la forme de Y. D’où le nom de
la méthode par identification.

Forme de g(x) Forme de Y


( )= ( )= + +⋯ = ( )= + +⋯
Où apparaissent toutes les puissances
décroissantes de
( )= ( ) = ( )
Sauf si = 2 = =
= ( )
( )= ( )+ ( )
Cas particuliers :
( )= ( ) = ( )+ ( )
( )= ( )

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Où ( ) ( ) sont des polynômes de degré n et les coefficients de ( ) sont à


déterminer par la méthode d’identification des polynômes.
Si ( ) est une combinaison linéaire des formes vues ci-dessus, alors Y l’est
aussi.

La solution particulière Y vérifie l’équation (3) : + = ( ). en remplaçant
dans cette expression Y par la forme déduite de celle de ( ) suivant le tableau ci-
dessus, on obtient un système d’équations permettant d’obtenir les valeurs de A,
B, …. Puis en déduire Y.

Exemple 5 :

Résoudre + = ( )
On a donc : = )1 ∀
 Recherche de la SGES2M :


+ =0 ⇔ =− ⇔ =− ⇔ =−

⇔ ln| | = − + ⇔ =± = ⇔ =
 Recherche d’une SPEA2M Y en fonction du 2nd membre

Nous étudierons 2 cas différents :

1) ( )=
Le second membre étant un polynôme de degré 2, Y est aussi un polynôme
de degré 2. On pose donc :

= + + ⇒ =2 +

, solution particulière, vérifie l’équation : + = . D’où :
(2 + )+( + + )= ⇔ + (2 + ) + ( + ) =
=1 =1
ô ∶ 2 + =0⇒ = −2
+ =0 = 2

D’où = − 2 + 2 est une solution particulière de l’équation avec 2nd


membre.

La solution générale de l’équation avec 2nd membre est :

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= + = = + −2 +2 ; ∈ℝ

2) ( )=


On pose donc = ⇔ =


Soit + = + =2 = ⇔ =

D’où =

La solution générale avec second membre :

1
= + = = + , ∈ ℝ
2

2.3.2. Résolution par la méthode de variation de la constante de


Lagrange

Soit à résoudre l’équation différentielle suivante :

( ) ′+ ( ) = ( ) ( )

On pose :

( ) ′
+ ( ) =0

On trouve une solution de la forme :

( )

= ( ) ∈ℝ

Il s’agit dans cette méthode de considérer C non plus comme une constante mais
comme une fonction de . On pose donc :

( )

= ( ) ( )

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Il faut ensuite calculer la dérivée première de y et remplacer dans l’équation de


départ ( ) les expressions de y’ et de y pour déterminer l’expression de ( ) qu’il
faut ensuite intégrer.

Exercice : Résoudre


+ = .

+ = tan , (0) = 0.

+ = +
1−

Méthode de Bernoulli

Les équations linéaires du premier ordre peuvent être également intégrées


suivant la méthode de Bernoulli qui consiste en ce qui suit. En posant = , où
et sont deux fonctions inconnues, on met l’équation initiale sous la forme :

= + ( ) [ + ( ) ]+ = ( )

En partant du fait que l’une des fonctions inconnues (par exemple ) peut être
choisie d’une façon arbitraire (on sait que ce n’est que le produit qui doit
vérifier l’équation initiale), on prend pour n’importe quelle solution particulière
de l’équation + ( ) = 0 (par exemple = ∫ ( ) ), solution qui rend donc
égal à zéro le coefficient de dans la dernière équation.

L’équation précédente se mettra alors sous la forme :

( ) ∫ ( )
= ( ) = = ( )

d’où

= + ( ) ∫ ( )

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En multipliant par , on trouve, pour la solution de l’équation initiale,


l’expression précédente :

= ∫ ( ) ( ) ∫ ( ) +

Une équation (non linéaire) de la forme :

+ ( ) = ( )

où ≠ 0, ≠ 1, est appelée équation de Bernoulli. Celle-ci peut être mise sous


la forme d’une équation linéaire par remplacement de la fonction inconnue à
l’aide de la substitution = . Par suite, l’équation initiale se ramène à la
forme :

1
+ ( ) = ( )
1−

En intégrant des équations de Bernoulli concrètes, il n’est pas nécessaire de les


mettre au préalable sous forme d’équations linéaires, car il suffit d’appliquer
directement soit la méthode de Bernoulli, soit celle de variation de la constante
arbitraire.

Exercice
Intégrer l’équation :

+ = ( é éℎ )

2
− =4
1+ √1 +
Solution
Résoudre d’abord :

+ =0

Dont la solution est :

En faisant varier la constante en fonction de la variable , on a :

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( ) ′( ) ( )
= , = −

La substitution de et ′ dans l’équation initiale donne :


′( ) ( ) ( ) ( ) ′( ) [ ( )]
− + = =

L’intégration de l’équation obtenue :


( )
=
[ ( )]
On obtient :
1 1 1
− = − ù ( )= =
[ ( )]
3 3

La solution générale de l’équation initiale est :


( ) 1
= =
3

Résolvons :
2
− =4
1+ √1 +
C’est aussi l’équation de Bernoulli. Intégrons – la par la méthode de Bernoulli.
Pour ce faire, posons = . En substituant = et = + dans
l’équation initiale, on fait grouper les termes contenant au premier degré :
2 √
+ − =4
1+ √1 +
Prenons pour une solution particulière quelconque de l’équation :
2
− = 0.
1+
En séparant les variables dans cette dernière, on trouve :
2
= ; = (1 + ) ; =1+ ( )
1+

Pour trouver , on a l’équation :



=4
√1 +
Puisque =1+ , on a :

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4√
=
1+
Séparons les variables et intégrons :
2
= ; √ = +
2√ 1+
Ainsi donc,
=( + ) = =( + )( + ) .

2.4. Equations différentielles homogènes

2.4.1. Définition et résolution

Une équation différentielle est dite homogène si, en remplaçant par et par
, l’équation reste inchangée. Alors on peut écrire cette équation sous la forme :

et pour la résolution, utiliser le changement de variable :

Ainsi, = et = + qu’il faut substituer dans l’équation homogène


permettant d’obtenir une équation à variables séparables par rapport à la
nouvelle fonction inconnue de la forme :
( ) + ( ) = 0.
Après résolution en intégrant chaque membre, est remplacé par ⁄ .
Exemple
1) Vérifier que l’équation :

=
+
est homogène et la mettre sous la forme :

= .

2) Résoudre :
( + ) = .
Autre définition :
Une équation différentielle de la forme :
( , ) + ( , ) =0

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est homogène si ( , ) et ( , ) sont deux fonctions homogènes de même degré.

On dit qu’une fonction ( , ) est homogène de degré si :

( , )= ( , ).

Exercice :

1) Trouver l’intégrale générale de l’équation :

( +2 ) + =0

2) Trouver la solution particulière de l’équation :

= +

2.4.2. Equations se ramenant aux équations homogènes

Les équations de la forme :

+ +
=
+ +

se ramènent, pour − ≠ 0, aux équations homogènes en faisant la


substitution = + , = + , où ( , ) est le point d’intersection des droites
+ + = 0 et + + = 0.

Si − = 0, alors la substitution + = permet de séparer les


variables.

Exercice
Trouver l’intégrale générale de :
(2 + + 1) + ( + 2 − 1) =0
( + + 2) + (2 + 2 − 1) =0

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3. Equations différentielles d’ordres supérieurs


3.1. Notions générales

On appelle équation différentielle du ordre une équation de la forme


( )
, , ,, "
,…, = 0.

La solution d’une telle équation est fournie pour toute fonction = ( ) fois
différentiable qui fait de l’équation donnée une identité c'est-à-dire :
,( "( ( )(
, ( ), ), ), … , ) =0

( )
3.2. Equations de la forme = ( )
La solution d’une telle équation est obtenue en intégrant n fois.

Exemple :
Trouver la solution particulière de l’équation : = vérifiant les conditions
initiales (0) = 1, (0) = 0.
En intégrant successivement l’équation donnée, on obtient :

= =− − +

= (− − + ) = + 2 + +

Utilisons les conditions initiales :


1=2+ ; = −1 ; 0 = −1 + ; = 1.
=( + ) + −

( ) ( ) ( )
3.3. Equation différentielle de la forme , , ,… = ne
contenant pas la fonction cherchée

Dans ce cas on peut abaisser l’ordre d’une telle équation en prenant comme
nouvelle fonction inconnue la dérivée inferieure de l’équation donnée, c'est-à-dire
( )
= .
On obtient alors l’équation :
( )
, , ′, … =0

Ainsi donc l’ordre de l’équation baisse de unités.

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Exercice
Trouver la solution générale de l’équation :

=

Posons = ′. L’équation prendra la forme :

= = . = , ù = , = +

On obtient :

+ = =
( − 1)
En intégrant, on obtient :
( − 1) = + −1 =
d'où :
= .
En revenant à la variable , on obtient l’équation :
=
D’où il vient :
1 1
= = − +

Exercice
Un corps de masse m tombe verticalement d’une certaine attitude, sa vitesse
initiale étant nulle. Pendant la chute, le corps rencontre la résistance de l’air qui
est proportionnelle au carré de la vitesse de chute.
En désignant par l’espace parcouru, trouver la loi mouvement du corps en
fonction du temps.

( )
3.4. Equation différentielle de la forme , , ′, ′′
,…, = ne
contenant pas de variable indépendante

Une telle équation admet l’abaissement de son ordre si l’on pose = ′ et que l’on
prend lui-même pour une nouvelle variable. Dans ce cas :

= +

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en fonction de et des dérivées de par rapport à , l’ordre de l’équation


devenant de cette façon, inférieur d’une unité.
Exercice :
Résoudre :
′ ′′
1+ =
Posons :

′ ′′
= ⟺ =

L’équation devient :

1+ =

1
=
1+

1 2 1
=
21 +
1
(1 + )= | |+
2
1+ = | |+

1+ =

1+ = =
1+ = ⟺ = −1 ⟺ =± −1


= ⟺ = ⟺ =± −1

+ − = ±( + )

3.5. Equations différentielles de la forme


( ) ( )
, , , ,…, = è à , , ,…,

Une telle équation admet l’abaissement d’une unité de son ordre par la
substitution :

=

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où est une nouvelle fonction inconnue.

Exercice :
Résoudre :
3 ′ =4 +
Divisons les deux membres de cette équation par . On a :

′ 1
3 =4 ′′ + 1 (1)

′ 1
(1) ⟺ 3 −4 ′′ = 1

Posons :
′ ′
′′ ′ ′′
= ù − = ′ = ′+

(1) ⟺ devient

3 − + 4 = 1 ⟺ −4 ′ = 1 +
1 1
=−
1+ 4

⟺ =− + = tan − ′= . ( − )

= . − ⟺ | |=4 − + ⟺ = −
4 4 4

d’où la solution générale est :

= . −

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4. Equations linéaires d’ordres supérieurs


4.1. Equations différentielles linéaires du second degré

On appelle équation différentielle linéaire du second ordre toute équation de la


forme :

( , , ′, ′′) = 0

est la variable la fonction y’ est la dérivée première et ′′ la dérivée seconde.


Elles peuvent être sans second membre ou avec second membre.

Une équation différentielle linéaire de second ordre à coefficient constante sans


second membre est définie par équation :
′′ ′
+ + =0 , , ≠0

4.1.1. sans second membre

L’équation caractéristique associée est + + = 0 où le discriminant est


∆= +4 .

THEOREME :

La solution générale de l’équation différentielle linéaire du second degré sans


second membre ′′ + ′+ = 0 est sous la forme suivante :

CAS : ∆=

Equation caractéristique admet une racine double =− alors =( + )

=( + )

CAS : ∆> 0
Equation caractéristique admet deux racines distinctes ;
− − √∆ − + √∆
= =
2 2
Alors
= +

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CAS : ∆< 0
L’équation caractéristique admet deux racines complexes
= + = −
d’où

=( ( )+ ( ))
Exercice
Résoudre
′′
 +4 ′ = 0
 2 ′′ + 2 ′ + = 0
 +2 + = 0

4.1.2. Résolution de l’équation différentielle linéaire du second degré


avec second membre

On appelle équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients


constants une équation de la forme :

′′ ′
+ + = ( ) ( )

où ( ) est le second membre.

′′ ′
Pour le résoudre, on pose d’abord + + = 0 que nous savons résoudre. A
cette solution générale, on ajoute une solution particulière qui représente la
solution générale de l’équation différentielle avec second membre notée (E).

On peut aussi utiliser la variation de la constante de LAGRANGE. Considérons


+ comme la solution générale de (E). On fera varier les constantes
en fonction de c'est-à-dire : = ( ) + ( ) .

Ainsi on détermine ( ) ( ) en fonction du système suivant :

′ ′
( ) + ( ) =0
′ ′ ( )
( ) + ( ) =

′′
avec a le coefficient de dans l’équation (E).

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Exercice

′′ ′
Résoudre −5 +6 =

4.2. Equations différentielles linéaires homogènes de ne ordre

On appelle équation différentielle linéaire homogène de ne ordre à coefficients


constants une équation de la forme :

( ) ( ) ( ) ′
+ + + ⋯+ + =0 (1)

où les coefficients , , ……, , sont des nombres réels quelconques la


( )
variable indépendante est la dérivée de .

Pour trouver les solutions particulières de l’équation (1), on forme l’équation


caractéristique :
+ + +⋯+ + =0 (2)
L’équation (2) est une équation de ne degré qui admet racines réelles ou
complexes parmi lesquelles il peut y avoir des racines égales entre elles.

Dans ce cas, la solution de l’équation différentielle (1) est composée en fonction


du caractère des racines de l’équation (2) :

1) à chaque racine réelle simple il correspond, dans la solution générale, un


terme du type ;

2) à chaque racine réelle d’ordre de multiplicité il correspond, dans la


solution générale, un terme du type : ( + + ⋯⋯⋯+ ) ;

( )
3) à chaque couple de racines complexes conjuguées simples = + et
( )
= − , il correspond, dans la solution générale, un terme du type
( + ) .

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( )
4) à chaque couple de racines complexes conjuguées simples = + et
( )
= − d’ordre de multiplicité il correspond, dans la solution
générale, un terme du type :

( + + ⋯⋯⋯+ ) +( + + ⋯⋯⋯+ )

Condition suffisante d’indépendance linéaire


La condition d’indépendance linéaire de fonctions continues avec leurs dérivées
jusqu’au (n-1)-ième ordre sur l’intervalle ] , [ consiste en ce que le déterminant
de Wronski (le Wronskien) noté [ , ,⋯⋯⋯⋯, ] de ces fonctions ne s’annule
en aucun point de l’intervalle ] , [ c'est-à-dire :
( ) ( ) ⋯ ( )
( ) ( ) ⋯ ( )
[ , ,⋯⋯⋯⋯, ]= ⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯ ≠ 0
⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯
( ) ( ) ( )
( ) ( ) ⋯ ( )
Exercice :
Résoudre :
( ) ′′
+3 −4 =0
Equation caractéristique est :
+3 −4=0
Posons =
+3 −4 =0
∆= 25 ; = −4 ; =1
=2 = −2 ; =1 = −1
= ( 2 + 2 )+ +

=( + )+ +
Résoudre :
′( )
− 13 ′′ + 36 = 0
La solution générale est :
= + + +
Trouver la solution générale de :
−2 + =0

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L’équation caractéristique est −2 + = 0 admet les racines = 0, = = 1.


Ici, nous avons une racine double égale à 1, d’où vient que les solutions
particulières linéairement indépendantes seront 1, , . La solution générale
est :
= + +

Résoudre :
+ −2 =0
′( )
+ 3 ′′ − 4 = 0

4.3. Equations différentielles linéaires non homogènes de ne ordre

La structure de la solution générale d’une équation linéaire non homogène, c'est-


à-dire d’une équation à second membre :
( ) ( ) ( ) ′
+ + +⋯+ + = ( )

est définie par le théorème ci-dessus.

Si = ( ) est une solution particulière non homogène et que , ,…, est le


système fondamental de solutions de l’équation homogène associée, alors la
fonction générale de l’équation linéaire non homogène est de la forme :

= + + +⋯+ .

Autrement dit la solution générale d’une équation non homogène est égale à la
somme de n’importe laquelle de ses solutions particulières et de la solution
générale de l’équation associée.

Deux méthodes peuvent être utilisées :

- la méthode de variation des constantes arbitraires

- et la méthode du choix d’une solution dite méthode des coefficients


indéterminés.

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4.3.1. Méthode de variation des constantes arbitraires

Cette méthode s’avère utile pour la recherche d’une solution particulière d’une
équation linéaire non homogène d’ordre n à coefficients aussi bien variables que
constants, à condition que l’on connaisse la solution générale de l’équation
différentielle associée.
Soit connu le système fondamental de solutions , ,…, de l’équation
homogène correspondante. La solution générale non homogène est à rechercher
sous la forme :

( )= ( ) + ( ) + ⋯+ ( )

où les fonctions ( ), ( ), … , ( ) sont déduites du système d’équations :


′( ) + ′ ( ) +⋯+ ′ ( ) =
⎧ ′ ( )

⎪ ′ + ′ ( ) ′ +⋯+ ′ ( ) ′ =
−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−

′ ( ) ( ) + ′ ( ) ( ) + ⋯+ ′ ( ) ( ) =

⎪ ′ ( ) ′ ( ) ′ ( )
( )
( ) + ( ) + ⋯+ ( ) =

Exercice : Résoudre
′′′ + ′′ − ′= −

+ = é (0) = =0
6

′′ + =

′′ + =

Exercice

Une chaîne homogène librement pendue sur un crochet glisse sur celui ci sous
l’action de son propre poids (on négligera le frottement). Déterminer en combien de
temps la chaîne toute entière glissera sur le crochet, si, au moment initial, il y avait
d’un coté du crochet 10m de chaîne et de l’autre 8m, la vitesse de la chaîne étant
nulle.

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4.3.2. Méthode des coefficients indéterminés

Cette méthode n’est applicable qu’aux équations linéaires à coefficients constants


et seulement dans le cas où le second membre de ces équations est de la forme :
( )= [ ( ) ( )+ ( ) ( )]
ou représente une somme de fonctions de ce type. Ici et sont des constantes,
( ) et ( ) sont des polynômes en de degrés et respectivement.
La solution particulière d’une équation du − è ordre :
( ) ( ) ( )
+ + +⋯⋯+ = ( )
(où ( ) a la forme indiquée alors que , , ⋯, sont des coefficients constants
réels) sera cherchée sous la forme :
( )= [ ( ) ( )+ ( ) ( )]

Ici est égal à l’ordre de multiplicité de la racine + qu’admet l’équation


caractéristique :
+ + +⋯⋯+ =0

(si l’équation caractéristique n’admet pas cette racine, il faut poser = 0) ; ( ) et


( ) sont des polynômes complets en de − è degré à coefficients
indéterminés, étant égal au plus grand des nombres et
( = ≥ , = ≥ ):

( )= + +⋯⋯+ ( )= + + ⋯⋯+

Soulignons encore une fois que les polynômes ( ) et ( ) doivent être complets
(c'est-à-dire qu’ils doivent contenir toutes les puissances de dans les deux
polynômes et que, par ailleurs, si au moins l’une des fonctions ou
entre dans l’expression de la fonction ( ), alors dans ( ), il faut toujours
introduire les deux fonctions.

On peut trouver les coefficients indéterminés à partir du système d’équations


linéaires algébriques qu’on obtient en identifiant les termes semblables du

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 329


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premier et du second membre de l’équation initiale, après y avoir substitué ( ) à


.
La vérification de la forme de la solution particulière choisie donne la possibilité
de comparer tous les termes du second membre de l’équation avec les termes
semblables du premier membre apparus à la suite de l’introduction de ( ).

Si le second membre de l’équation initiale est égal à la somme de plusieurs


fonctions distinctes de structure examinée, pour la recherche d’une solution
particulière d’une telle équation, il faut alors utiliser le théorème de la
superposition des solutions : il faut trouver les solutions particulières
correspondant aux termes isolés du second membre et faire ensuite leur somme
qui sera une solution particulière de l’équation initiale (c'est-à-dire de l’équation
dont la somme des fonctions correspondantes forme son second membre).

NB : Les cas particuliers de la fonction ( ) de structure examinée (en présence


desquels, on est autorisé à appliquer au second membre la méthode du choix
d’une solution particulière) sont représentés par les fonctions :

- ( )= ( ) ô é ( + = 0)
- ( )= ( + = )
- ( )= ( ) ( + = )
- ( )= ( )+ ( ) ù ( + = )
- ( )= ( ) ( )+ ( ) ( ) ù ( + = )
- ( )= ( )+ ( )

Exercice

Trouver las solutions des équations par la méthode des coefficients indéterminés :

−2 −3 =

+ −2 = −3 é (0) = 1 (0) = 2.

− = ℎ2 (0) = (0) = 0.
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−2 +2 =

+ = +2

+ −2 = −

+ =3 é (0) + (0) = 0, + = 0.
2

−3 +2 =

+ =

+ =

+ =

−4 +4 =

5. Equation d’Euler

Pour la plupart des équations différentielles du 2nd ordre à coefficients variables,


la détermination des solutions à partir des fonctions élémentaires est impossible.
Plusieurs techniques sont utilisées pour les résoudre.

On appelle équation d’Euler toute équation de la forme :

+ + = ( ), ≠0 (1)

L’équation (1) peut s’écrire sous la forme :

( )
+ + =

Qui n’est pas définie à = 0, raison pour laquelle nous supposons ≠ 0.

On pose d’abord :

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+ + = 0, ≠ 0 (2)

qui est l’équation homogène associée.

Si nous pouvons trouver deux solutions linéairement indépendantes à l’équation


(2), nous pouvons résoudre l’équation (1) par la méthode de variation des
constantes. Nous aurons deux possibilités pour résoudre l’équation homogène
(2).

La 1ère méthode demande de trouver une solution appropriée. Notons que si


= où = , alors = et = ( − 1)

L’équation (2) devient :

( − 1) + + =0

⟺ ( − 1) + + =0

C’est l’équation caractéristique associée à l’équation d’Euler.

( − )+ + = (3)

ou

+( − ) + = (4)

C’est une équation du 2nd degré. Trois cas sont envisageables.

1er cas : L’équation caractéristique admet deux racines distinctes.

Exemple :

+2 − 12 = 0 ≠0

L’équation caractéristique est

( − 1) + + =0 ù =2 = −12

− + 2 − 12 = 0 ⟺ + − 12 = 0

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⟺ ( + 4)( − 3) = 0

Les deux racines sont :

= −4 = 3.
D’où :
1
= = =

et la solution générale est :


( )= +

( )= +

Théorème :
Si et sont deux racines distinctes de l’équation caractéristique, alors la
solution générale de l’équation (2) est :
( )= + (5)

2e Cas : L’équation caractéristique admet deux racines doubles = =


Exercice introductif
Trouver la solution générale de l’équation :
−3 + 4 = 0, >0 ( )

L’équation caractéristique associée est :


( − )+ + = ù =− =

soit ( − ) − + = ⇔ − + = ⇔( − ) =
On trouve :
= = = 2.
Une solution est : ( )= .

Connaissant une solution, on peut utiliser la méthode de réduction de l’ordre de


l’équation donnée pour déterminer la seconde solution. La méthode de réduction
de l’ordre de l’équation consiste à poser :

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= ù .

soit = .
Alors :
= ⟹ =
= +2
= +2 +2 +2 = +4 +2

L’équation (E) devient :


( +4 +2 )−3 ( +2 ) + 4( )=0
+ =0
Posons :
= ′
Alors :
+ =0⟺ ′+ = 0.
En séparant les variables, on obtient :

=− ⟺ =−

⟺ | |=− | | >0 | |=− | |=

Alors = ⟹ = .

( )= = = ln

d'où la solution générale de l’équation homogène donnée (6) est :


( )= + = ( + ).

Théorème :
Si l’équation caractéristique admet une racine double = = , la solution
générale de l’équation homogène (2) est :
( )= ( + | |). ( )

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3e Cas : L’équation caractéristique admet deux racines complexes


conjuguées = + et = − .

Exercice introductif :

Trouver la solution générale de l’équation :


+5 + 13 = 0, >0 (7)
L’équation caractéristique associée est :
( − )+ + = ù = =

soit ( − ) + + = ⇔ + + =
On trouve :
= −2 + 3 = −2 − 3 .

Les deux solutions linéairement indépendantes sont :

= =

On sait que :

= =

On sait aussi que : = + . Alors, on a :

=( ) = = [ (3 )+ (3 )]
Nous formons de nouvelles solutions sous la forme :
1
( )= [ ( )+ ( )] = (3 )
2
et
1
( )= [ ( )− ( )] = (3 )
2

La solution générale de l’équation (7) est donc :


( )= [ (3 )+ (3 )].

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Théorème :
S l’équation caractéristique admet deux racines complexes conjuguées
= + et = − alors la solution générale l’équation homogène est :
( )= [ ( | |) + ( | |)] (8)

Exercice
Trouver la solution générale de l’équation :
+2 − 12 = √ , >0 (7)

On pose d’abord :
+2 − 12 = 0.

L’équation caractéristique est

( − 1) + + =0 ù =2 = −12

− + 2 − 12 = 0 ⟺ + − 12 = 0

⟺ ( + 4)( − 3) = 0

Les deux racines sont :

= −4 = 3.
D’où :
1
= = =

et la solution générale est :


( )= +
( )= +

On peut à présent utiliser la méthode de variation des constantes de Lagrange.


Pour la suite = ( ) et = ( ) vérifiant le système :

+ =0

⎨ √ ⁄
⎩−4 +3 = =

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La résolution de ce système d’équation donne :


⁄ ⁄

= et =
7 7

On trouve :
1 2 ⁄
1 2 ⁄
( )=− ∙ ( )=− ∙
7 9 7 5
Une solution particulière de l’équation (7) est donc :

1 2 ⁄
1 2 ⁄
4 ⁄
( )= ( ) ( )+ ( ) ( )=− ∙ ∙ +− ∙ ∙ =−
7 9 7 5 45

La solution générale de l’équation (7) donnée est :

( )= + +

soit

4 ⁄
( )= + −
45

Remarque
Une équation linéaire à coefficients variables de la forme :
( ) ( )
+ + ⋯+ ′+ = ( ) (1)
ou d’une forme plus générale :
( ( ) ( )
+ ) + ( + ) +⋯+ ( + ) ′+ = ( ) (2)

s’appelle équation d’Euler. Ici les sont des coefficients constants.


Les substitutions = dans l’équation (1) et + = dans l’équation (2)
transforment ces deux équations en équations linéaires à coefficients constants.

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Planche d’exercices
Exercice 1
Un circuit électrique contient en série un générateur de force électromotrice V =
100 volts et de résistance intérieure négligeable, une résistance R = 1 ohm, une
inductance L = 10 henrys et un interrupteur. Au temps t = 0, on ferme
l’interrupteur. Donner l’expression de l’intensité i du courant en fonction du
temps, ainsi que sa valeur au temps t = 0,1 s, à 1 % près. On sait que i est donné
par la solution de l’équation différentielle :

+ = satisfaisant aux conditions initiales = 0 pour = 0.

Exercice 2
Un condensateur de capacité C se décharge dans une résistance R . On rappelle
que la charge q de ce condensateur vérifie l’équation différentielle :

+ = 0 ( ∶ temps).

1. Quelle est la charge du condensateur à l’instant t, la charge initiale étant q0


au temps t = 0 ?
2. Au bout de combien de temps, la charge du condensateur aura-t-elle diminué
de moitié, le condensateur de capacité C = 2 µF se déchargeant dans une
résistance = 10 ?

Exercice 3
On considère un condensateur de capacité C initialement chargé sous une
tension V0. Ce condensateur se décharge dans une bobine d’inductance L et de
résistance négligeable.
1. Donner l’expression de la charge en fonction du temps (on sait que la charge q
vérifie l’équation différentielle :

+ =0

2. Donner l’expression de l’intensité i du courant en fonction du temps.


3. Au bout de combien de temps, la charge du condensateur aura-t-elle diminué
de moitié ?

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Exercice 4
Résoudre :
′′′ ′′ ′ ′′′′ ′′′ ′′
+ −2 = − ; −2 + = 0.

Exercice 5
Résoudre :
− + =0
(4 − 1) − 2(4 − 1) +8 =0
− + = ( ).

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CHAPITRE 17
SÉRIES DE FOURIER

1. Définition
Ce sont les séries de la forme :

+ ( + )
2

+ cos + sin +⋯⋯+ cos + sin +⋯


2
La série précédente est aussi appelée série trigonométrique réelle.

2. Calcul des coefficients d’une série de Fourier

Supposons que la fonction est – é sur un intervalle ∆ de longueur T.


Dans la série précédente, les coefficients et sont calculés par les formules :
2
= ( )

2
= ( ) cos ∈ℕ

2
= ( ) ∈ ℕ∗

Si = 1, la série devient :

+ ( + )
2

soit

+ cos + sin + ⋯ + cos + sin +⋯


2

Et les coefficients deviennent,

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2
= ( )

2
= ( ) cos ∈ℕ

2
= ( ) ∈ ℕ∗

Cas pratique :

Si f est paire : Si f impaire

=0 =0
2 2 2 2
( )= 2× ( ) cos ( ) =2× ( ) sin

Cas particuliers : La fonction est − é

 Si de plus ( ) est une fonction paire et = 1, alors on a :


2
= ( )

2
= ( ) cos

et =0;

et la série obtenue est une série de cosinus.


 Si de plus ( ) est une fonction impaire et = 1, alors on a :
= 0, = 0 et

2
= ( ) sin

et la série obtenue est une série de sinus.

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Remarques
Tous les calculs précédents sont inchangés si l’intervalle d’intégration reste égal à
2 . On peut intégrer de à + 2 , de – à , etc.

Théorème de Dirichlet (1829)

Soit définie sur ℝ, par morceaux sur − ; et -périodique.

( )+ ( )
é , é ( ) ∶ ( )=
2

Exercice 1
On considère la fonction 2 −périodique définie par :
( )= , ∈ [− , ]
1) Développer en série de Fourier.
2) En déduire :
1 (−1)

Exercice 2
Développer en série de Fourier la fonction affine par intervalle définie par :
+ 1 , −1 ≤ ≤0
( )=
− + 1 ,0 ≤ ≤1
telle que ( + 2) = ( ).

3. Développement d’une fonction en série de Fourier


3.1. Cas d’une fonction périodique

A toute fonction ( ) intégrable et de période = (2 ⁄ ) vérifiant l’une des deux


conditions suivantes :

( ) est continue et pourvue d’une dérivée première ′


 ou bien continue,
sauf en un nombre fini de points sur la période, points en lesquels

ont des discontinuités de première espèce (limites finies à gauche
et à droite) ;

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 ou bien ( ) est à variation bornée sur une période (ou une différence de
deux fonctions monotones)

alors, en tout point de continuité on a :


( )= + cos + sin
2

Exercice 1
Trouver le développement en série de Fourier de la fonction ( ) 2 − périodique
égale à sur – ,


0

Solution
( )= est impaire ; donc immédiatement :
= =0
2 2 cos
= sin = − cos +

2
= (−1)

donc :

( )= sin = sin + sin 2 + sin 3 + ⋯ + sin

1 1 (−1) sin
= 2 sin − sin 2 + sin 3 + ⋯ +
2 3

Exercice 2
Trouver le développement en série de Fourier de la fonction ( ) de période 2
définie par :

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0 2

( )=1 0≤ <
( )=0 ≤ <2

Solution
2 sin 3 sin(2 + 1) 1
( )= sin + +⋯+ +
3 2 +1 2

1 2 sin(2 + 1)
= +
2 2 +1

3.2. Cas d’une fonction quelconque


Si ( ) est définie et bornée sur un intervalle[ , ], elle peut être développée en
série.
Il est possible et utile, en vue d’obtenir un développement en série de Fourier,
d’établir un prolongement de ( ) sur ℝ grâce à une fonction ( ) périodique et
de période supérieure ou égale à − telle :
( )= ( ) si ∈[ , ]

( )

0 0

Plusieurs prolongements sont possibles et il est en particulier possible d’obtenir


des prolongements ( ) pair ou impair.
A chaque prolongement ( ) correspondra un développement en série de
Fourier:

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( )= + cos + sin
2

qui suivant le cas, se réduira à une série de cosinus ou de sinus pour ( ) paire
ou impaire. Ainsi il existe une infinité de séries de Fourier représentant une
fonction donnée sur un intervalle donné.

Exercice 3
Développer en série de Fourier la fonction ( ) suivante pour 0 < <2:

( )=
2
et illustrée sur la figure suivante :

−4 −2 0 2 4

Solution
On trouve :

⎧ ∈ [0; 2]
⎪ 2
( )=

⎪− + 2 ∈ [2; 4]
⎩ 2

La fonction est périodique de période 4, on a donc = 2 ⁄4 = ⁄2


Dans ce cas :
2
= + − +2 =1
4 2 2
2
= cos + − + 2 cos pour ≠0
4 2 2 2 2
2 2
= (cos − 1) = ((−1) − 1)

Pour n pair, = 0 et n impair = 2 + 1, on a :


−4
=
(2 + 1)

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On a :
2
= sin + − + 2 sin
4 2 2 2 2
On trouve :
= 0.

1 1 (2 + 1)
( )= − cos
2 (2 + 1) 2

1 1 1 3 1 5
= − cos + cos + cos +⋯
2 2 3 2 5 2

Exercice 4 :
On donne une fonction donnée par la figure suivante :

−4 −2 0 2 4

Remarque
On pouvait enfin obtenir une série de sinus en développant la fonction impaire de
période 8 égale à pour ∈ [−2, 2] en pointillé sur la figure.

4. Forme complexe d’une série de Fourier

Dans ce cas, la fonction s’écrit :


( )=

1
= ( ) , ∀ ∈ ℕ∗

Exercice 6

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Chercher le développement en série de Fourier de la fonction périodique égale à


( )= sur 0 ≤ ≤ 1.

−1 0 1 2 3

5. Formule de Parseval

Soit définie sur ℝ, continue par morceaux sur − ; et -périodique.

∞ ∞
1 2
| | = | ( )| + + = | ( )|

On écrit aussi :


1 1
+ + = | ( )|
2

Soit une fonction 2 − é développable en série de Fourier sur un


intervalle ∆ de longueur 2 . La formule de Parseval s’écrit :

1
( ) = + a + b
∆ 2


1
( ) = c
2 ∆ ∞

Théorème :
On a :
∞ ∞ ∞
1 1 1
= +
² (2 )² (2 + 1)²

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Exercice 7
Développer en série de Fourier la fonction ( ) impaire de période 2 égale à :
( )= − 0< <
et en déduire la somme :

1
=

Exercice 8

Soit f une fonction 2 -périodique définie par ( ) = sur – π; π .


1. Montrer que le développement en série de Fourier de s’écrit :

(−1) sin
( )=2

2. Convergence.
a. Montrer que :

(−1) sin
∀ ∈ ]– π; π] , =
2

b. Etudier le cas où = .
3. Cas particulier. Montrer que

1 1 1
= 1 − + − ……
4 3 5 7
4. Application du Théorème de Parseval : Montrer que :

1
=
² 6

Résolution
1. Montrer que :

(− )
( )=

On a = 0 (car f est impaire) et on a :


2 cos sin (− )
∀ ∈ ℕ∗ , = sin( ) = −2 + 2 =−
²
(− )
∀ ∈ ℕ∗ , =−

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Donc on obtient le résultat demandé.


2. Convergence.
a) Montrer que :

(− )
∀ ∈ ]– ; [ ; =

La fonction f n’est pas continue sur – π; π puisque ( )=


mais lim ( )=− .
Il y a donc une discontinuité en = ±π. Elle est bien par morceaux
puisqu’elle est sur – π; π . Le théorème de Dirichlet affirme donc que

la série va converger vers sur – π; π et vers


( )+ ( )
= 0 pour = ±π
2
On obtient donc le résultat demandé.

b) Etudier le cas où = .
Dans ce cas, tous les termes de la série sont nuls, et la somme est bien
nulle comme attendue.
3. Cas particulier. Montrer que :

= − + − ……

Pour = , on retrouve la série alternée demandée.

4. Application du Théorème de Parseval : Montrer que :


=
²

En appliquant la formule de Parseval, ce qui est légitime on a :


=
²

Exercice 9
Développer en série de Fourier la fonction ( ) = |sin |.

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Exercice 10
Les deux signaux suivants sont recueillis d’un oscilloscope :

1 1

0 2 −4 −2 0 2 4

Donner leur développement en série de Fourier.

Exercice 11

Soit f 2 −périodique, impaire, définie par :


( ) = 1 sur ]0; π[
( )=0 ∈ℤ
1. Représenter f.
2. Montrer que :

4
∀ ∈ ℝ, ( )= sin (2 + 1)
(2 + 1)

3. Montrer que :

(−1)
=
2 +1 4

4. Montrer que :

1 ²
=
(2 + 1) 8

Résolution (Eléments de solution)

1. Représenter f.
2. Montrer que :

∀ ∈ ℝ, ( )= ( + )
( + )

2 2
On a = 0 (car f est impaire) , ∀ ∈ ℕ∗ , = sin( ) = (1 − (−1) )

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4
∀ ∈ ℕ, =0, =
(2 + 1)

définie sur ℝ, par morceaux sur ℝ et 2π-périodique donc on peut


appliquer le théorème de Dirichlet
La série de Fourier réelle de f converge simplement et a pour somme la
régularisée de . Or ici f est égale à sa régularisée, donc on obtient le
résultat demandé.
3. Montrer que :

(− )
=
+

Il suffit de prendre =

4. Montrer que :

²
=
( + )

On peut appliquer la formule de Parseval :

=
( + )²

5. En déduire que :
∞ ∞
² (− ) ²
= , =−

Comme

1 1 1
= +
² (2 )² (2 + 1)²

On peut passer à la limite (en N) car toutes ces séries convergent donc
∞ ∞ ∞ ∞
1 1 1 1 1
= + = +
² (2 )² (2 + 1)² 4 ² 8

∞ ∞
3 1 ²
= ∶ =
4 ² 8

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∞ ∞ ∞ ∞
(− ) 1 1 1 ² (− )
= − = − =−
(2 )² (2 + 1)² 4 6 8 12

Le regroupement de termes est légitime car on a convergence absolue donc


commutative des séries.

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CHAPITRE 18 :
TRANSFORMATION DE LAPLACE ET
CALCUL SYMBOLIQUE

I. DEFINITIONS ET GENERALITES

1. Introduction

L’une des méthodes efficaces pour la résolution des équations différentielles


ordinaires et aux dérivées partielles est l’application des transformées de Laplace.

2. Définitions et notation

Soit une fonction ( ) d’une variable réelle supposée nulle pour < 0 et
définie sur [0, +∞[, éventuellement seulement ]0, +∞[.
étant une variable complexe, considérons l’intégrale :

( )= ( )

Si cette intégrale est définie sur un domaine de ℂ non vide et non réduit à un
point, on dit que ( ) est transformable au sens de Laplace et que ( ) est sa
transformée ou image de Laplace, et on écrit :

( ) = ℒ [ ( )] ( )=ℒ [ ( )]
Les méthodes de résolution de problèmes, souvent d’origine physique utilisant la
transformation de Laplace :

( )=ℒ [ ( )] = ( )

constituent le calcul symbolique.

Il existe une variante qui tend à tomber actuellement en désuétude, appelée


transformation de Carson Laplace et conduisant au calcul opérationnel, définie
par :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 353


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( )= ( )

Dans toute la suite de ce chapitre, on n’envisagera que la transformation de


Laplace proprement dite.

Exercice d’application

Soit ( )= , étant une constante.

ℒ [ ( )] = ℒ ( )
∞ ∞
( )
= =

1 ( )
=− lim −1
− →∞

et l’intégrale converge si ( − ) > 0, donc :

1
ℒ( )=

3. Transformation inverse

Connaissant ( ), peut-on déterminer une fonction ( ) telle que


( ) = ℒ [ ( )] ?
Si oui, ( ) est appelé un original de ( ) et on peut écrire ( ) = ℒ [ ( )] . La
détermination pratique de sera exprimée plus loin.
Dans la plupart des cas, ceci revient à écrire :

1
( )= ( ) , ≥0 (1)
2 ∆

∆ étant une parallèle à , située dans le demi-plan > parcourue dans


le sens de croissants.
La relation (1) est appelée formule de Bromwich (où formule d’inversion de
Mellin-Fourier). Donc n’importe quelle fonction ( ) n’admet pas nécessairement
d’original. On a :
ℒ [ ( )] = ℒ [ ( )] ⇔ ( )= ( )
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4. Premiers exemples importants. Fonction échelon-unité


On verra plus loin les transformées de quelques fonctions usuelles. Dès
maintenant, on cherchera les transformées de deux fonctions très importantes
dans les applications :

a) La fonction dite ‘‘Echelon unité’’(ou fonction de Heaviside)

y
Elle est définie par :

( )=0 <0
( )=1 >0 t

La valeur de ( ) pour = 0 peut être prise arbitrairement, cependant la valeur la


plus logique est 1⁄2 (d’après la théorie). Dans la pratique cette valeur n’intervient
pas. On a donc :
+∞ +∞
ℒ [ ( )] = ( ) − = −
0 0



= ≠0

Cette intégrale converge si ( ) > 0, alors :

lim =0
→ ∞

et

1
ℒ [ ( )] =

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Si en particulier, pour une constante fixé, on définit la fonction de Heaviside


par :

y
( − )= 0 <
1 >

a t

alors ( − ) présente un saut de discontinuité à = 0; ( − ) n’est pas définie


en = . Pour ≥ 0 et > 0, on a :

+∞ +∞
ℒ [ ( − )] = ( − ) − = −

=

ℒ [ ( − )] =

b) La fonction exponentielle ( ) =

(a étant donné, réel ou complexe)

+∞ +∞
ℒ − = − − = −( + )
0

( )
( )
1
= lim = lim =
→ ∞ → ∞ − +

si ( )> ( ).

5. Linéarité-Applications

La linéarité résulte de celle de l’intégration. Précisément si :


ℒ [ ( )] = ( ) et ℒ [ ( )] = ( ),

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ℒ[ ( )+ ( )] = ℒ [ ( )] + ℒ [ ( )] = ( )+ ( )

Exercice d’application

En décomposant en exponentielles les fonctions cosh , sinh , cos ,


sin , calculer leurs transformées de Laplace.

Solution

+
ℎ =
2
1 1
ℒ (cosh )=ℒ + = ℒ( ) + ℒ( )
2 2 2 2
1 1 1 1
= +
2 − 2 +
1 1 1
= + =
2 − + −

e −e α
sinh αt = et ℒ (sinh αt) =
2 p −α

+
cos =
2
1 1
ℒ (cos )= ℒ + ℒ
2 2
1 1 1 1
= +
2 − 2 +

=
+


sin =
2
1 1
ℒ (sin )= ℒ − ℒ
2 2
1 1 1 1
= −
2 − 2 +

=
+

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Exercice

Déterminer ℒ ( ) avec un entier positif.

Solution

ℒ[ ] =

En intégrant par parties, = → ′=

−1
= ; =

= → =−

∞ ∞

ℒ[ ] = + = ℒ[ ] pour >0

car

lim =0
→ ∞

si >0

( − 1)
ℒ[ ] = ℒ[ ]= ℒ[ ]= ⋯

!
= ℒ[ ]

mais = 1, et ℒ [1] = 1⁄ et on a :

!
ℒ[ ] = +1

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6. Translation sur t (formule de retard)- Fonction périodique

6.1. Translation sur t

 ( ) étant supposée nulle pour < 0 , et de transformée ( ), ( − ) se


déduit de ( ), graphiquement par translation de , suivant l’axe des (figure
suivante) ; on a aussitôt :

( ) ( − )


ℒ[ ( − )] = ( − )

En posant = − ,

( )
ℒ[ ( − )] = ( )


= ( ) = ( )

On retiendra :
ℒ[ ( − )] = ( ) ∀ ≥0

Cette formule est connue sous le nom de formule de retard, car elle permet
d’interpréter un retard, sur l’instant d’entrée en jeu d’une fonction du temps .
En particulier :

ℒ[ ( − )] =

(échelon retardé de ). En conséquence, on démontre le théorème suivant :

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Théorème
Soit > 0. Si ( ) est transformable au sens de Laplace, ( − ) ( − )
l’est aussi, et :

ℒ[ ( − ) ( − ) ] = ℒ[ ( ) ] ()
( − ) étant la fonction échelon retardé de .

L’équation (i) ⇒ ℒ [ ( ) ] = ( − ) ( − ) si ( ) = ℒ[ ( ) ]

Exercice d’application

Déterminer la transformée de Laplace de chacune des fonctions suivantes :

1) sin ( − ) ( − )

2) Soit la fonction temporelle suivante :

( )= 0≤ ≤2
+ cos , >2

Calculer ℒ [ ( ) ]

Solution

1) ℒ [sin ( − ) ( − ) ] = ℒ [sin ]=
+
2) La fonction ( ) présente un saut de discontinuité à = 2 ; on peut écrire :

( )= + ( − 2 ) cos( − 2 )
( étant la fonction de Heaviside retardée de 2 ).
0 <2
Puisque ( − 2 ) cos( − 2 ) = , en appliquant le théorème
cos( − 2 ) , >2
précédent, il vient que :
ℒ [ ( ) ] = ℒ( ) + ℒ (cos )
1
= +
−1 +1
Exercice

1) Trouver la transformée inverse de Laplace de la fonction :



1−
F( p ) =
1+

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2) Calculer ℒ [ ( − 3) ], étant la fonction de Heaviside retardée.

Solution

1− ⁄
1 − ⁄2
−1
1) ℒ [ F( p ) ] = ℒ =ℒ 2
− ℒ−1 2
1+ 1+ 1+

= sin − ( − ⁄2) sin( − ⁄2)

= sin − ( − ⁄2) cos

2
1) Remarquons que ℒ[ ( − 3) ] est de la forme ℒ [ ( − 3) ( − 3) ] avec
( − 3) = . Puisque = ( − 3) + 3 , ( ) = ( + 3) = +6 +9

2 6 9
ℒ[ ( − 3) ] = ℒ( + 6 + 9) = + +

6.2. Cas des fonctions périodiques


Considérons la fonction ( ) périodique de période ( > 0) définie par sa valeur
( ) sur ]0, [ , la fonction ( ) étant supposée nulle pour ∈ [0, ] . ( ) est
évidemment transformable puisque l’intégrale de Laplace correspondante est :

Φ( ) = ( ) = ℒ [ ( )] .

Pour ∈ ] , 2 [, ( ) = ( − ) , plus généralement, si ∈ℕ , ( )= ( − )


pour ∈] , ( + 1) [. Comme ( ) = 0 pour < et > ( + 1) , on a :

( )= ( − ) ∀ >0 (voir igure)

( ) ( − ) ( −2 ) ( −3 )

O 2 3

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La convergence de cette série étant assurée puisqu’un seul terme est non nul. La
linéarité de ℒ permet d’écrire :
∞ ∞

( ) = ℒ [ ( )] = Φ( ) = Φ( ) ( )

Sous réserve de convergence de cette série, qui n’est autre qu’une série
géométrique de raison = , puisque

∞ 1
= avec | | < 1
1−
On aura:
Φ( )
( )=
1−

Si | | < 1, soit ( )>0 ( ) > 0 . Ainsi avec cette condition et avec les
notations ci-dessus :

Φ( )
Φ( ) = ℒ [ ( )] ⇒ ℒ [ ( )] =
1−

D’où le théorème suivant :

Théorème :
Si une fonction ( ) est continue sur [0, ] et périodique de période ( > 0) telle
que ( + ) = ( ) pour ≥ 0 , alors :

∫ − ( )
( ) = ℒ [ ( )] = 0 − ∀ >0
1−

Exercice
Calculer la transformée de Laplace de ( ) = |sin | avec >0

Solution
Remarquons que ( ) est périodique de période = ; donc :

∫ sin
ℒ [|sin |] =
1−

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Puisque |sin | = sin sur [0, ⁄ ] .


sin = (− sin − cos )
+


+1
=
+
donc :

1+
ℒ [|sin |] = ⁄
+ 1−

= coth
+ 2
Exercice
Calculer la transformée par Laplace de la fonction en créneau de période 2 ,
égale à :
1 0≤ <
( ) = −1 ≤ ≤2
0 ≥2
Solution

2 3
−1

Une telle fonction est constante par morceaux, ou en escalier est une
combinaison linéaire d’échelons-unité facile à former :

( ) = ( )−2 ( − )+ ( −2 )

ℒ [ ( )] = ℒ [ ( )] − 2ℒ [ ( − )] + ℒ [ ( − 2 )] = Φ( )

1 (1 − )
= −2 + =

La formule des fonctions périodiques donne :

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Φ( ) 1−
F( p ) = =
1− p(1 + )
Soit :

1 pπ
F( p ) = th
p 2

Remarque :
La fonction échelon-unité peut être utilisée pour construire d’autres fonctions par
exemple :

 ( )= ( − )− ( − ) , <
est une onde carrée entre a et b

( )
3
2
1
1

O
2 3

 ( )= ( − )+ ( −2 )+ ( −3 ) , >0
est une fonction en escalier. La linéarité permet d’écrire :

1
ℒ [ ( )] = ( − )

1
ℒ [ ( )] = ( + + ).

O 2 3 4 5
−1

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 ( )= ( )− 2 ( − ) +2 ( −2 ) −2 ( − 3 ) +⋯⋯⋯⋯⋯

est une fonction en créneaux

1
ℒ [ ( )] = (1 − 2 +2 −2 +⋯⋯)

⁄ ⁄
1 2 1− 1 −
= −1 = = ⁄ ⁄
1+ (1 + ) +

1
= th
2

7. Translation sur p

Supposons connue ℒ [ ( )] = ( ) et soit une constante complexe :

∞ ∞
( − )= ( ) [ ( ) ]
( ) =

Sous réserve de convergence de cette intégrale, c’est-à-dire :

ℛ ( ) >∝ + ( )
on voit que :

( ) = ℒ [ ( )] ⇒ ( − ) = ℒ[ ( ) ]

Comme la translation sur t, la translation sur p a pour effet, dans la transformée,


la multiplication par une exponentielle ; on voit apparaître un semblant de
symétrie dans les rôles de t et de –p.

Exemple
De l’expression ℒ [sin ]= , on en déduit ℒ [e∝ sin ]=
( ∝)

Exercice

1. Calculer ℒ [e cos 3t]


+9
2. Calculer ℒ
+ 6 + 13

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Résolution

1. Puisque ℒ [cos 3 ] = , on a :

P−2
ℒ [e cos 3t] = ( − 2) =
(p − 2)2 + 9

2. On a :

P+9 +9
=
p2 + 6P + 13 ( + 3)2 + 4

( + 3) + 6
=
( + 3) 2 + 22

alors

1
P+9 1
( + 3) 1
2
ℒ 2
=ℒ 2
+ 3ℒ 2
p + 6P + 13 ( + 3) 2 + 2 ( + 3) 2 + 2

3t 3t
=e cos 2 + 3 e sin 2t

Table récapitulative de transformées de Laplace de quelques fonctions

Table1

( ) F(p)
1

( )

+
( ) ( + )

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1

1
+
1

1
( + )
!
( + )

( + ) +
+
( + ) +
( )
(−1) ( )

2
( + )

( + )
( ) 1

( − ) ( )
( ) ( ) − (0)
( ) (−1) ( )
( ) (−1) ( )
( ) (−1) ( )
( )( ) ( )− (0) − (0) − ⋯
( )(
− 0)

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Table 2

( ) ℒ [ (t)] Domaine de
définition

e t !
>
( − )

e sin bt >
( − ) +

e cos bt −
>
( − ) +

e sinh bt > +| |
( − ) −

e cosh bt −
>
( − ) −

8. Homothétie sur p ou sur t

On a :

1
ℒ [ (t)] = ( ) ⇒ ℒ [ (∝ t)] = ∀∝>0
∝ ∝

9. Dérivation et intégration de l’original

Si ( ) = ℒ [ (t)] supposée connue,

ℒ [ (t)] = ( ) = ( )

En intégrant par parties, on obtient :

( )=[ ( ) ] − ( )(− )

Ainsi :

[ ( )] = ( ) ⇒ [ ( )] = ( )− ( )

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On voit en particulier que si (0) = 0, la dérivation par rapport à t équivaut, sur


l’image à une multiplication par . C’est à partir de cette idée d’un opérateur
dérivation symbolisé en opérateur multiplication qu’a été introduit le calcul
symbolique, avant d’être formulé mathématiquement par l’intégrale de Laplace.
"
 De même, si on suppose continue et continue presque partout, on
aura :

" ( )− ( )−
() = ( )

et ainsi de suite, avec des hypothèses faciles à préciser :

( ) ( )− ( )
() = ( )

On a :

( )
[ ( )] = ( ) ⇒ ( ) =

Exercice

Calculer ℒ ( )

10. Dérivation et intégration de l’image

Soit ( ) = ℒ { ( )}, on a :

ℒ { ( )} = − ( ( ))

et

ℒ{ ( )} = (−1) ( ( ))

Soit

ℒ [ (t)] = ( )= ( )

On démontre que :

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

[ ( )] = () ⇒ [ ( )] = − ()

ê [ ( )] = ( ) ⇒ [ ( )] = − ( )

et si

()
[ ( )] = () ⇒ ( ) =

Exercice

Calculer ℒ { } et ℒ { }.

II. Recherche d’un original

1. Produit de convolution - Original d’un produit


( ) et ( ) étant supposées nulles pour < 0 et intégrables sur [0, ], pour tout
> 0, le produit de convolution

( )∗ ( )= ( ) ( − )

se réduit à

( )∗ ( )= ( ) ( − )

On a :

( ∗ )= ( )∙ ( )

C’est sous cette forme que le produit de convolution est défini en vue de la
transformation de Laplace.
On a :

ℒ [ ( )] = ( ), ℒ [ ( )] = ( ) ⇒ ℒ [ ( ) ∗ ( )] = ( )∙ ( )

Les propriétés de la convolution résultent de celles de la multiplication qui est


son image par ℒ sont :

 Commutativité : ∗ = ∗

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

 Associativité : ( ∗ )∗ℎ = ∗ ( ∗ ℎ)

 Distributivité par rapport à l’addition : ∗ ( + ℎ) = ( ∗ ) + ( ∗ ℎ)

Exercice

En utilisant le produit de convolution, calculer ℒ ( )

Solution

1
= ∙
( + ) + +
Puisque
1 sin
ℒ = cos ℒ =
+ +
ainsi
sin ( − )
ℒ = cos
( + )

qui donne après développement


sin
ℒ =
( + ) 2

2. Distribution ou ‘’fonction’’ de Dirac

On rencontre fréquemment en physique des impulsions, par exemple des


courants électriques, de durée très petite, mais d’effet énergétique non
négligeable. L’interprétation mathématique d’une impulsion est une distribution,
improprement appelée fonction de Dirac.

La fonction unitaire de Dirac (appelée simplement, en général, fonction de Dirac)


peut être définie comme suit :
0 =0
( )=
1

ℒ [ ( )] = 1

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 Comme 1, image de ( ) , est évidemment l’élément neutre de la


multiplication des images, ( ) est l’élément neutre de la convolution considérée
comme la transformation par ℒ de la multiplication.
On a bien en effet : ℒ [ ( ) ∗ ( )] = 1 . ( ) = ( ) = ℒ [ ( )] donc
∀ transformable
( )∗ ( )= ( )

 Remarque :
Pour → +∞, ℒ [ ( )] ne tend pas vers 0, cela tient au fait que ( ) n’est pas une
fonction au sens habituel du terme.

( − )= <
( − ) =
>

[ ( − )] = ≥ >0

3. Transformée d’une série entière

Supposons

( )=

pour ≥ 0 , cette série ayant donc un rayon de convergence infini. On a donc :


( ) = lim ( )

!
ℒ [ ( )] = ℒ = ( )=

Si ( ) admet une limite pour → +∞, on admet que cette limite est
( ) = ℒ [ ( )]. Ceci suppose que la série entière obtenue en = a un rayon de

convergence non nul , on a alors :

!
ℒ [ ( )] = ℒ = ( )=

1
> .

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4. Théorèmes de la valeur initiale et de la valeur finale

Théorème de la valeur initiale :

lim ( ) = lim ( )
→ →

Théorème de la valeur finale :

lim ( ) = lim ( )
→ →

III. Applications des transformées de Laplace

L’une des applications des transformées de Laplace est la résolution des


équations différentielles ordinaires et aux dérivées partielles.

1. Rappels

 Homothétie sur p ou sur t


1
ℒ [ ( )] = ( ) ⟺ ℒ [ ( )] =

 Dérivation et intégration de l’original


′(
ℒ [ ( )] = ( ) ⟺ ℒ ) = ( ) − (0)
′′ ( ) = ( )− (0) − ′ (0)

( )( ) = ( )− ( )(
ℒ 0)

( )
ℒ ( ) =

ℒ [ ( )] = − ′ ( )

2. Exercices

EXERCICE 1 : Soit l’équation suivant

( )= + sin( − ) ( ) (1)

Expliciter (1) en utilisant la transformation de Laplace.


Résolution
2 1
(2) ⟹ ( ) = + ( )
+1

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2 2( + 1)
=
1
1−
+1
2 2
⟹ ( )= +

2 2 2
ℒ + = ( ) ⟺ ( )= +
4!
1
( )= +
12
EXERCICE 2
′′
Résoudre + = sin ≥0
(0) = 1 ′(
0) = −1

Résolution :
( ): ′′
+ = sin ; ≥0
(0) = 1 ′(
0) = −1 Posons ℒ [ ( )] = ( )
′′ ( ) = ( )− (0) − ′(
ℒ 0)
= ( )− +1

ℒ[ ]= ℒ[ ] = ( ) ℒ [sin ]=
+
La transformée de ( ) devient

( )− +1+ ( )=
+

( )( + )= + −1
+

+ −1
+
( )=
( + )
1
( )= + −
( + ) + +
Or
1 1
ℒ = cos ℒ = sin
+ +
Recherchons
1
ℒ = ℒ
( + ) ( + )

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Prenons

ℒ [cos ]= ⟺ ℒ [ cos ]=−
+ +
+ −2
ℒ [ cos ]=−
( + )
− + +
= = + =
( + ) + ( + ) ( + )
Par identification :
=1
=1

= −2
+ =−
1 −2
ℒ [ cos ]= +
+ ( + )
1
cos =ℒ −2 ℒ
+ ( +)
1
cos = sin −2 ℒ
( + )
1
ℒ = sin − cos
( + ) 2 2

Donc on a

⎧ ℒ = cos
+

⎪ 1 1
ℒ = sin
⎨ +

⎪ℒ 1
= sin − cos
⎩ ( + ) 2 2

D’où :

1 1
( )= sin − cos + cos − sin
2 2

EXERCICE 3 :

′′ ′
Résoudre − − = 0 (1)

Résolution :
Posons ℒ [ ( )] = ( )

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′( ) =− ′( )
ℒ ℒ

′( ) = ( ) − (0) (0) = 0
Or ℒ

′( ) = ( )

′( ) =− [ ( )]

′( ) = − ( )+ ′( )

Cherchons :

′′ ( ) =− ′′ ( )
ℒ ℒ

′′ ( ) = ( )− (0) − ′(
Or ℒ 0)
′′ ( ) = ( )−3

′′ ( ) =− [ ( ) − 3]

′′ ( ) =−2 ( )+ ′( )

La transformée de (1) donne :

(1) ∶ −2 ( )− ′( )+ ( )+ ′( )− ( )= 0
⟹ ( − 1) ′ ( ) = −2 ( )
( ) 2
⟹ =− ⟹ ln| ( )| = −2 ln| − 1| +
( ) −1
±
⟹ ( )= =
( − 1) ( − 1)
1
ℒ [ ( )] = ( ) ⟹ ℒ =
( − 1)

On a ( )= ′= +

Or :

(0) = 0 (0) = 0
′( ) ⟹ ′( )
0 =3 0 =

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Par identification = 3 donc

( )=3

Exercice 4 :

Résoudre :

′( )+5 cos 2( − ) ( ) = 10 (0) = 2

Résolution :

(1) : ′( )+5 cos 2( − ) ( ) = 10 (0) = 2

En utilisant le produit de convolution, l’équation (1) devient :

′( ) + 5 cos 2 ∗ ( ) = 10
′( ) + 5ℒ [cos 2 ∗ ( )] = ℒ [10]

10
( ) − (0) + 5 ( )=
+4
5 10
( ) + = +2
+4
10
+2
( )=
5
+
+4
(2 + 10)( + 4)
( )=
( + 9)
2 + 10 + 8 + 40
( )=
( + 9)
+
( )= + +
+9
( + 9) + ( + 9) + +
( )=
( + 9)
( + ) +( + ) +9 +9
( )=
( + 9)

Par identification on a :

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8
⎧ =
⎪ 9
+ =2 40
⎪ =
+ = 10 9

9 =8 ⎨ = 10
9 = 40 ⎪ 9
⎪ 50
⎩ = 9

8 1 40 1 1 10 + 50
( )= + +
9 9 9 +9

8 1 40 1 10 50 1
( )= ℒ + ℒ + ℒ + ℒ
9 9 9 +3 9 +3

8 40 10 50
( )= + + cos 3 + sin 3
9 9 9 27

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Exercices

Exercice 1

1. En utilisant le produit de convolution, calculer :


3 +9
ℒ ;ℒ ; ℒ
( + 1) ( + 1) + 6 + 13
2. Calculer :
ℒ{ } ; ℒ{ 3 } ; ℒ {3 − +4−5 +6 3 }
3. Soit la fonction temporelle suivante :

( )= 0≤ ≤2
+ , >2

Calculer ℒ [ ( ) ]

4. Calculer ℒ [ ( − 3) ], étant la fonction de Heaviside retardée

Exercice 2
Résoudre les équations différentielles suivantes par les transformées de Laplace :
(1) ′′ (0) = 1 ′(
−4 =0 0) = 2
(2) ′′ (0) = 1 ′(
+4 =0 0) = 2
(3) ′′ ′ (0) = 1 ′(
−3 +2 =4 −6 0) = 3
(4) ′′ ′ (0) = 1 ′(
−5 +4 = 0) = 0
(5) ′′ ′ (0) = 1 ′(
+2 +2 = 0) = 1.
(6) ′′ ′ (0) = 0 ′(
− − =0 0) = 3.
(7) ′′ ′ (0) = 2 ′(
+2 + = ( − 1) 0) = 3.

Exercice 3
On considère le circuit électrique suivant :

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1. En appliquant les lois de Kirchhoff, montrer que l’intensité I(t) de courant qui y
circule est donnée par l’équation suivante :

+ + = ( ) (1)

2. Montrer que l’équation (1) peut s’écrire :

+ + = ( ) (2)

3. Déterminer I(t) dans chacun des cas suivants :


a) =6Ω ; = 1/9 ; =1 ; ( )= avec (0) = ′(0) = 0 et (0) = 0.
b) = 100Ω ; = 1,5. 10 ; =8 ; E = 100 V avec (0) = ′(0) = 0 et (0) = 0.

Exercice 4
Le signal recueilli d’un oscilloscope est modélisé par la fonction suivante :
( )=| | > 0.
1. Donner le développement en série de Fourier de f.
2. Trouver la transformée de Laplace de cette fonction.

Exercice 5
Les deux signaux suivants sont recueillis d’un oscilloscope :

1 1

0 2 −2 −1 0 1 2 3 4

1. Donner leur développement en série de Fourier.


2. Déterminer la transformée de Laplace de chacun de ces signaux.

Exercice 6
Soit f la fonction d'une variable réelle , périodique de période 2 , telle que :
∀ ∈ [− ; ], ( ) = | |.
1. Développer en série de Fourier la fonction f.
2. Dans le cas où = 0, déduire de ce qui précède le développement en série de
Fourier de /8.
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Exercice 7
Soit g la fonction d'une variable réelle , périodique de période 2 , telle que :
∀ ∈ [0; ], ( )= − .
1. Développer en série de Fourier la fonction g impaire et en déduire :

1
= .

2. Développer en série de Fourier la fonction g paire et en déduire :



1
=
(2 + 1)

3. Montrer que :
7
+ =
24

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CHAPITRE 19
SYSTEMES D’EQUATIONS DIFFERENTIELLES

Un système d’équations différentielles ou système différentiel est un système de


plusieurs équations différentielles où figurent plusieurs fonctions inconnues
d’une même variable.

1. Système normal d’équations différentielles

Un système d’équations différentielles de la forme :

⎧ = ( , , ,⋯⋯⋯, )


= ( , , ,⋯⋯⋯, ) (1)
⎨ ⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯


⎩ = ( , , ,⋯⋯⋯, )

où , ,⋯⋯⋯, sont des fonctions inconnues d’une variable indépendante ,


est appelée système normal.

Si les seconds membres d’un système normal d’équations différentielles sont des
fonctions linéaires par rapport à , ,⋯⋯⋯, , alors le système d’équations
différentielles est dit linéaire.

2. Systèmes d’équations différentielles linéaires du premier ordre

Un système d’équations différentielles linéaires du premier ordre est un système


d’équations différentielles qui peut s’écrire sous la forme :

⎧ = ( ) + ( ) + ⋯+ ( ) + ( )


= ( ) + ( ) +⋯+ ( ) + ( ) (2)
⎨ ⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯⋯


= ( ) + ( ) + ⋯+ ( ) + ( )

où et sont des fonctions toutes continues sur un même intervalle ≤ ≤ .

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 382


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Les fonctions sont appelées coefficients du système différentiel linéaire (2). Si


les fonctions sont toutes constantes, le système différentiel (2) est dit système
d’équations différentielles linéaires à coefficients constants.

Lorsque les fonctions satisfont ( )= pour ≤ ≤ , le système (2) est dit


système d’équations différentielles linéaires homogènes. Dans le cas où ( )≠ ,
le système est dit système d’équations différentielles linéaires non homogène.

3. Systèmes différentiels linéaires de équations du premier ordre à


fonctions inconnues, à coefficients constants

Il existe plusieurs méthodes pour résoudre un système différentiel :


- la méthode d’élimination
- la méthode matricielle
- et la méthode des transformations de Laplace.

a. Méthode d’élimination

On parvient à ramener le système normal à une équation du ne ordre ne


contenant qu’une seule fonction inconnue. La méthode consiste à différentier une
des équations du système et à éliminer toutes les inconnues, à l’exception de
l’une d’elles.

Exemple

Résoudre le système différentiel :

⎧ = −2 +2


⎪ = −2 + +4 −3

Posons :

= = ′

Le système s’écrit :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 383


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= −2 +2 (1)

= −2 + + 4 − 3 (2)

De l’équation (1), nous tirons


1 1
= − + (3)
2 2
En différentiant , on a :
1 1
= − +1
2 2

En portant et ′ dans (2), on obtient :

1 1 1 1
− + 1 = −2 + − + +4 −3
2 2 2 2

soit
−2 − 3 = −10 + 8 (4)

L’équation homogène associée à (4) est :

−2 −3 =0

dont l’équation caractéristique associée est :

− 2 − 3 = 0.

∆= 4 − 4(−3) = 16

On trouve :

2−4 2+4
= = −1 = =3
2 2

La solution générale de l’équation homogène est :

= +

Une solution particulière de l’équation (4) s’écrit sous la forme = + .

Par suite :

= =0

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L’équation (4) devient :

0 − 2 − 3( + ) = −10 + 8

soit −3 + (−2 − 3 ) = −10 + 8

Par identification, on a :

10 44
= =−
3 9

et une solution particulière de (4) est :

10 44
= −
3 9

La solution générale de (4) est alors :

( )= + + −

Portant cette valeur de dans (3), on obtient :

( )= − + −

La solution générale du système différentiel donné est :

⎧ ( )= + + −


⎪ ( )= − + −

Exercice

Résoudre par la méthode d’élimination le système différentiel :

⎧ = +

(0) = 2 (0) = 0.

⎪ = −

Solution :

On trouve :

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

⎧ ( ) = √2 + 1 √ + 1−
√2 √
⎪ 2 2


⎪ ( ) = √2 √
√2 √
⎩ −
2 2

Exercice
Résoudre le système différentiel :

⎧ =2

=2


⎩ =2

En dérivant par rapport à la première équation, on a :

=2 = 2(2 ) = 4

Dérivons par rapport à l’équation du second ordre obtenue. On trouve :

=4 = 4(2 ) = 8 .

On obtient :

− 8 = 0.

On obtient :
( )= + √3 + √3


⎪ 1
( )= + + √3 √3 − √3 + √3
2

⎪ 1

( )= − + √3 √3 − √3 − √3
⎩ 2

Exercice
Résoudre par la méthode d’élimination :

⎧ =3 +3 + ⎧ =2 + +3 ⎧ =2 + + ⎧ = −4 −
⎪ ⎪ ⎪ ⎪
; ; ;
⎨ ⎨ ⎨ ⎨
⎪ =− − +1 ⎪ = −4 + 2 + ⎪ = +2 + ⎪ = −2
⎩ ⎩ ⎩ ⎩

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 386


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

⎧ =− +6 ⎧ =4 + ⎧ = + +2
⎪ ⎪ ⎪
; ;
⎨ ⎨ ⎨
⎪ = −2 ⎪ = −8 + 8 ⎪ =( + +2 ) +
⎩ ⎩ ⎩

b. Méthode matricielle

On considère le système différentiel linéaire à coefficients constants suivant :

⎧ = + + ⋯+ + ( )


= + +⋯+ + ( ) ( )
⎨⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯


⎩ = + + ⋯+ + ( )

où les sont des constantes réelles et les des fonctions réelles de données.
Si nous posons :

( ) ( )

⎛ ⋮ ⎞ ⎛ ⋮ ⎞
= ⋮ ⋱ ⋮ , ( )=⎜ ⋮ ⎟, ( )=⎜ ⋮ ⎟
⋯ ⋮ ⋮
⎝ ( )⎠ ⎝ ( )⎠

(S) s’écrit sous forme matricielle :

= + (1)

et sous forme vectorielle :

= ( )+ (2)

si ( ) et ( ) sont les vecteurs de coordonnées ( ) et ( ) et l’endomorphisme


de matrice A.

Nous bornant ici au cas où et par suite A sont diagonalisables, nous pouvons
écrire (2), donc (S) sous la forme :

= + (3)

avec :
Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 387
Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

= ∙ , = ∙ , = ∙ ∙

où étant diagonale, P étant la matrice de passage de A à D.

(3) s’écrit encore, sous forme de système :

( ) ∶ = + , = 1, 2, ⋯ ⋯ , .

Ces équations sont indépendantes et de la forme :


+ = .
où est une constante réelle ou complexe. On sait les résoudre lorsque les
fonctions c'est-à-dire les , sont des fonctions simples au sens des équations
différentielles linéaires, c'est-à-dire des polynômes, des fonctions exponentielles
ou sinusoïdales, ou des sommes ou produits de telles fonctions.
Le calcul des exige celui de , sauf évidemment lorsque les sont nuls : (S)
est alors le système homogène :

= é à =

soit :
( )=

d'où l’on tire :

⎛ ⎞
= ⎜ ⋮ ⎟

⎝ ⎠
sans avoir à inverser P.
La seule difficulté pratique reste le calcul des c'est-à-dire la détermination des
valeurs propres.

Exemple :
Résoudre par la méthode matricielle :

⎧ =2 +3 +

( )∶

⎪ = +4 +

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Le système (S) peut s’écrire :

2 3
= + ù = .
1 4

Diagonalisons A.

L’équation caractéristique :

(2 − )(4 − ) − 3 = 0 −6 +5 =0

a pour racines = 1 et = 5.

On obtient deux racines distinctes, alors A est diagonalisable.

Un calcul immédiat donne la matrice de passage :

3 1 1 1 −1
= ; =
−1 1 4 1 3

On a :

1 1 −1 1 −
( )= ∙ ( )= =
4 1 3 4 +3

d'où le système :

1
⎧ = + ( − )
⎪ 4
⎨ 1
⎪ =5 + ( +3 )
⎩ 4

que l’on résout facilement :

1
⎧ ( )= − ( + + 1) , ∈ℝ
⎪ 4
⎨ 1
⎪ ( )= − (25 + 85 + 17), ∈ℝ
⎩ 500

Enfin :

=3 +
= ,
=− +

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

4 23 98
⎧ ( )=3 + − + + , ∈ℝ
⎪ 5 25 125
⎨ 1 2 27
⎪ ( )=− + + + + , ∈ℝ
⎩ 5 25 125

Exercice :

Résoudre le système différentiel :

⎧ = 4 − + 9 +1

( )∶ = −3 + 4 − 9 +


⎩ = −3 + 3 − 8 +

Le système (S) s’écrit :

4 −3 9 1
= + = −3 4 −9 ( )= .
−3 3 −8

é ( − ) = −( − 1) ( + 2)

Les valeurs propres sont : = =1 = −2.

Les vecteurs propres associés à = = = 1 satisfont à :

3 −3 +9 =0
−3 + 3 − 9 = 0
−3 + 3 − 9 = 0

soit l’unique équation − + 3 = 0, d’où deux vecteurs propres :

1 0
= 1 ; = 3
0 1

Pour = −2, on trouve :

1
= −1
−1

A est donc diagonalisable par la matrice de passage :

1 0 1
= 1 3 −1
0 1 −1
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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

et le système diagonalisé s’écrit = :

1 0 0 1
( ) ∶ = 0 1 0 + ù =
0 0 −2

On calcule facilement :

1 −2 1 −3 2 −1 3
= ( )=− 1 −1 2 = −1 1 −2
é
1 −1 3 −1 1 −3

1 2(1 + )
= −(1 + )
−(1 + 2 )

( ) se décompose donc en :

⎧ = + 2(1 + )

= − (1 + )


⎩ = −2 − (1 + 2 )

La méthode générale donne :

= + ( )
= + ( ) ( , , )∈ℝ
= + ( )

où ( ), ( ) et ( ) sont des polynômes du premier degré calculables par


identification.

On obtient :

= −2 −4
= + +2 ( , , )∈ℝ
= −

Enfin, on revient à , , donc aux solutions de ( ), par la relation :

qui nous donne :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 391


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

( )= + −3 −4
( )=( +3 ) − +2 +2 ( , , )∈ℝ
( )= − +2 +2

Remarque : On aurait pu éviter le calcul en résolvant d’abord le système


« sans second membre « et en ajoutant aux valeurs trouvées trois polynômes du
premier degré = + , = + , = + , calculés par identification dans
( ).

Exercice :
Résoudre les systèmes différentiels suivants en utilisant la méthode matricielle :

⎧ =7 −6 ⎧ = −3 +3 ⎧ =5 −3 +2
⎪ ⎪ ⎪
=− +4 ; = −2 +2 +2 ; =6 −4 +4 ;
⎨ ⎨ ⎨
⎪ ⎪ ⎪
⎩ =2 −2 ⎩ = − +3 ⎩ =4 −4 +5

⎧ =4 −3 +9 +1 ⎧ = −
=4 −3 ⎪ ⎪
; = −3 +4 −9 + ; =
=3 +4 ⎨ ⎨
⎪ ⎪
⎩ = −3 +3 −8 + ⎩ = −

c. Méthode des transformations de Laplace


Les techniques de transformation sont très utilisées pour résoudre les systèmes
différentiels avec conditions initiales.
Considérons le système différentiel suivant :

⎧ = + + ( )

(1)

⎪ = + + ( )

avec les conditions initiales (0) = , (0) = .

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

Posons :
= ℒ ( ), = ℒ( ) , = ℒ ( ( )) , = ℒ ( ( ))
Sachant que :

ℒ = − (0) ; ℒ = − (0)

Avec la méthode des transformées de Laplace, on obtient :


− (0) = + +

− (0) = + +

soit
− = + +
(2)
− = + +

Après arrangement des termes en X et Y, on obtient :


( − ) − = +
(3)
− +( − ) = +

qu’il faut simultanément résoudre.


On obtient :
( − )( + ) + ( + )
⎧ =
⎪ −( + ) +( − )
(4)
⎨ ( − )( + ) + ( + )
⎪ =
⎩ −( + ) +( − )

Soulignons que les dénominateurs des fractions dans les équations (4) sont
identiques au polynôme caractéristique du système (1).
Les équations (4) peuvent s’écrire :
( − )( + ) + ( + )
⎧ =
⎪ ( − )( − )
(5)
⎨ ( − )( + ) + ( + )
⎪ =
⎩ ( − )( − )

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 393


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

où et sont solutions de l’équation caractéristique :


−( + ) +( − ) = 0.

On peut ensuite déterminer les solutions du système (1).

Exercice :
On considère le système différentiel à valeurs initiales suivant :

⎧ = − − (0) = 1

(1) ∶

⎪ =2 +3 + (0) = 0

Par la méthode des transformées de Laplace, on a :
− (0) = − − ℒ( )

− (0) = 2 + 3 + ℒ ( )

soit
1
⎧ −1= − −
⎪ +1
(2)
⎨ 1
⎪ =2 +3 +
⎩ +1

Après arrangement des termes en X et Y, on obtient :

⎧( − 1) + =
+1

(3)
⎨ 1
⎪−2 + ( − 3) =
⎩ +1

qu’il faut simultanément résoudre.

On obtient :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 394


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

−3 −1 ( − 2) +
⎧ = = +
⎪ ( + 1)[( − 2) + 1] +1 ( − 2) + 1
(4)
⎨ 3 −1 ( − 2) +
⎪ = = +
⎩ ( + 1)[( − 2) + 1] +1 ( − 2) + 1

On trouve par identification :

3 7 11
= , = , =−
10 10 10

2 2 9
=− , = , =
5 5 5

On trouve :

3
⎧ ( )= + (7 − 11 )
⎪ 10 10

⎪ ( ) = −2 + (2 +9 )
⎩ 5 5

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Planche d’exercices
Exercice 1
1) Résoudre le système différentiel suivant en utilisant la méthode d’élimination
et la méthode matricielle :
dx
= x − 2y + 2t
dt
dy
= −2x + y + 4t − 3
dt
2) Résoudre les systèmes différentiels suivants en utilisant la méthode
matricielle :
dx dx dx
⎧ = 7x − 6x ⎧ = x − 3x + 3x ⎧ = 5x − 3x + 2x dx
⎪ dt ⎪ dt ⎪ dt = 4x − 3y
dx dx dx dt
= −x + 4x ; = −2x + 2x + 2e ; = 6x − 4x + 4x ;
⎨ dt ⎨ dt ⎨ dt dy
= 3x + 4y
⎪ dx ⎪ dx ⎪ dx dt
⎩ dt = 2x − 2x ⎩ dt = x − x + 3x ⎩ dt = 4x − 4x + 5x

dx dx
⎧ = 4x − 3x + 9x + 1 ⎧ =x −x
⎪ dt ⎪ dt
dx dx
= −3x + 4x − 9x + t ; =x
⎨ dt ⎨ dt
⎪dx ⎪ dx
⎩ dt = −3x + 3x − 8x + t ⎩ dt = x − x
Exercice 2
On considère le circuit électrique de la figure suivante :

=1

E = 50 V E = 20 Ω = 0,5

Les conditions initiales obtenues pour t = 0 sont i = i = 0.


1. En appliquant les lois de Kirchhoff, montrer que le système différentiel
donnant les intensités i et i du courant dans les portions du circuit
électrique est donné par :
di L
⎧L =− +1 Ri +E
dt L
(S )
⎨ di
⎩L dt = R i
2. En substituant les données de l’exercice, montrer que :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 396


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

5
i ( t) = (1 − e ) et en déduire i (t).
6

Exercice 3
On considère le circuit électrique de la figure suivante :

=3

= 1,5. 10
E = 100 V E = 100Ω

Les conditions initiales obtenues pour t = 0 sont i = i = 0.


1. En appliquant les lois de Kirchhoff, montrer que le système différentiel
donnant les intensités i et i du courant dans les portions du circuit est
donné par :
di R E
=− i +
dt L L (S )
di i i
= −
dt RC RC

2. Montrer que le système homogène (S ) associé à (S ) peut se mettre sous la


forme : I ′ = AI. Expliciter A et I.
3. Déterminer deux solutions linéairement indépendantes de (S ). En déduire
la solution générale du système (S ).
4. Intégrer le système différentiel (S ).

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CHAPITRE 20

EQUATIONS AUX DERIVEES PARTIELLES

Les équations aux dérivées partielles (EDP) sont omniprésentes dans toutes les
sciences, puisqu’elles apparaissent aussi bien en dynamique des structures,
mécanique des fluides que dans les théories de la gravitation ou de
l’électromagnétisme.

Un grand nombre de problème d’ingénierie se réduisent à des équations aux


dérivées partielles qui, à cause de leur complexité, doivent être remplacées par
des approximations. La théorie concernant les équations aux dérivées partielles
(existence, unicité, problème bien posé) ne constitue pas un ensemble aussi
complet que celle des équations aux dérivées ordinaires. D’autre part, dans le cas
où les solutions analytiques existent, ses solutions sont triviales ou tellement
simples qu’elles ne sont utiles en pratique.

Une équation aux dérivées partielles ou équation différentielle partielle (EDP) est une
équation dont les solutions sont les fonctions inconnues vérifiant certaines conditions
concernant leurs dérivées partielles. C’est une équation contenant en plus de la variable
dépendante (u dans les cas suivants) des variables indépendantes (x, y, … ) ∈ ℝ et une ou
plusieurs dérivées partielles qu’on peut écrire sous la forme :

, ,…., , , , , ,.. =0 (1)

Exemples :
Exemple d’équations aux dérivées partielles

− =0 é1

= ( , )− − = ù = ( , ) 2 é

L’équation aux dérivées partielles :

− =0

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 398


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

admet comme solutions :


( , )=( + ) ; ( , )= ( − ), …
L’équation de Laplace :

+ =0

en dimension 2 admet aussi au moins deux solutions dont :

( , )= − ; ( , )= sin .

Les conditions étant moins strictes que dans le cas d’une équation différentielle
ordinaire ; les problèmes incluent souvent des conditions aux limites qui
restreignent l’ensemble des solutions.

Pour assurer donc l’unicité de la solution, comme on le fait avec les équations
différentielles ordinaires EDO, on tiendra compte des conditions pré-données
comme les conditions aux limites et les conditions initiales.

Il n’existe pas de méthodes universelles pour la résolution des EDP, nous allons
nous contenter de celles qui sont linéaires et du second ordre.

Quand on pose :

=( , ,…, )∈ℝ ,

une équation aux dérivées partielles du second ordre sera de la forme :

, ( ) ( )+ ( ) ( )+ = ( )

avec , , , C et G des fonctions indépendantes de u ne s’annulant pas toutes


simultanément dans ℝ .

Si nous nous limitons dans ℝ , c’est à dire = ( , ) ∈ ℝ l’égalité précédemment


posée devient :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 399


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

+ + + + + = ( , )

où, a, b, c, d, e et f peuvent dépendre de x, y et même de u. L’ordre de l’équation est


donné par l’ordre de la dérivée la plus élevée intervenant dans l’équation. Alors, si
a, b ou c sont différents de zéro, l’équation est de second ordre. Par contre, lorsque
a = b = c = 0 et que f et e ne sont pas nuls, l’équation aux dérivées partielles est
de premier ordre.

On dit qu’une équation est non linéaire si les coefficients a, b, c, d, e et f dépendent


de la variable u autrement l’équation est homogène, dans le cas contraire elle est
non-homogène.

1. Solution

On appelle une solution une fonction u des variables indépendantes x, y, … qui


vérifie l’équation. Pour le cas simple d’une équation avec deux variables x et y, on
peut interpréter géométriquement la solution comme une surface dont les
dérivées partielles vérifient l’équation en chaque point. Comme pour les équations
différentielles ordinaires, il existe une infinité de solutions. Contrairement aux
équations ordinaires, il existe une infinité de solutions. Une de celles-ci est
choisie en imposant certaines conditions aux limites. Contrairement aux
équations ordinaires, un nombre de conditions égales à l’ordre de l’équation ne
garantit plus l’unicité de la solution. Ceci n’est plus vrai pour des équations aux
dérivées partielles. Pour qu’un problème soit bien posé, la solution doit dépendre
de façon continue à des conditions initiales et aux frontières. Autrement dit, un
problème est bien posé si des petites perturbations dans ces conditions donnent
des petites variations dans la solution.

2. Equation Aux Dérivées Partielles Linéaires du ordre

2.1. Définition

On appelle équation aux dérivées partielles linéaires du 1 ordre toute équation


de la forme :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 400


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

( , , ) + ( , , ) = ( , , ) (2)

ù , , sont des fonctions de ℝ vers ℝ et = ( , ) est l’inconnue.


L’équation (2) peut s’écrire encore :

+ − =0 (2′)

⎛ ⎞
< ,⎜ ⎟> =0

⎝−1⎠
Le vecteur de composante :

⎛ ⎞
⎜ ⎟

⎝−1⎠
est le vecteur normal à la surface d’équation = ( , ). Ce vecteur normal est
perpendiculaire au vecteur :

qui est un champ de vecteurs.


Pour résoudre l’équation aux dérivées partielles (2), on cherche d’abord l’équation
caractéristique sous la forme :

= = (3)

On peut écrire :

=
(4)
=

2.2. Méthode d’intégration

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 401


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

La solution générale de l’équation initiale dépend de deux constantes arbitraires


et . On établit une relation entre a et b soit = ( ). Alors, on a :

= ( , , , ) = ( , , , ( ))

et la solution ne dépend que d’un paramètre dont la variation détermine une


infinité de familles de courbes intégrales, chaque famille définissant une surface.
Si et ℎ sont deux intégrales premières de l’équation caractéristique (4), on sait
que :

( , , )=
é (4).
ℎ( , , ) =

= ( ) ⇒ ℎ( , , ) = ( , , ) .

est donc une application de ℝ vers ℝ à déterminer.

Remarque :

Admettons que la solution de ce système soit donnée par les égalités :

( , , )= , ( , , )=

Alors l’intégrale générale de l’équation différentielle (1) est de la forme :

Φ( , ) = 0 où est une fonction continûment différentiable arbitraire.

Exercice :

Trouver l’intégrale générale de l’équation

+ =

L’équation caractéristique est :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 402


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

= =

= ⟺ =

= ⟺ =

L’intégrale de l’équation donnée :

Φ , =0 =

C’est – à – dire = où est une fonction arbitraire.

Exercice :

Trouver l’intégrale générale de l’équation

( + ) +2 =0

L’équation caractéristique est :

= =
+ 2 0

+ −
= ⟺ =
+ 2 + +2 + −2

( + ) ( − )
⟺ =
( + ) ( − )

En intégrant, on obtient :

1 1
− =− +
+ −

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 403


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

1 1 2
− = ⟺ =
− + −

La dernière égalité peut s’écrire :

=

La deuxième équation du système est =0 ⟹ =

L’intégrale générale est de la forme

Φ , =0 =
− −

Exercice : Trouver la surface qui vérifie l’équation :

+ = −2

Et qui passe par la circonférence : + = 16, =3

= =−
2

= ⟺ =

=− ⟺ 2 = −
2

1 1
= ⟺ ( )= ( )
2 2

1
⟺ ( − )=0
2

⟺ ( − )=0 ⟹ − =

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 404


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

1
2 =− ⟺ ( )=− ( )
2

1
⟺ ( )+ ( )=0
2

⟺ ( )+ =0
2

⟺ + =0
2

⟺ + =
2

L’intégrale générale de l’équation donnée est de la forme

Φ − , + =0
2

Ou

+ = ( − ) (∗)
2

Maintenant, il faut trouver la surface faisant partie de la famille définie par cette
équation et passant par la circonférence + = 16 , = 3. Pour trouver la
solution figurant dans l’égalité (*), on pose = 16 − , = 3.

On en tire

9
16 − + = (16 − 2 )
2

Notons 16 − 2 = ù =8−
2

Par conséquent
+ 25
( )=
2
Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 405
Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

c’est – à – dire :
− + 25
( − )=
2

En partant de l’égalité (*), on obtient

− + 25
+ = + + = 25
2 2

On voit que la surface cherchée est une sphère.

Exercice :

Résoudre

⎧ +( + ) = +1


⎩ ( , 0) =
L’équation caractéristique associée est :
=
= = ⟺ = +
+ +1
= +1
La condition ( , 0) = peut-être paramétrée.
Posons :
=
=0
=

= ⟹ = ⟹ =

ln| | = + ⟹ | |= .
⟹ = ± . ⟹ =
= ⟹ = ⟹ =
= + ⟹ − =
Posons − =0 ⟺ =

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 406


Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

= ( ) ⟹ = ( ) + ( )

( ) + ( ) − ( ) =

( ) =

⟹ ( )= ⟹ ( )= +

=( + )

=0⟹ =0 ⟹

= +1 ⟺ = +1

⟺ =
+1

⟺ ln| + 1| = +

⟺ | + 1| = .

⟺ +1=± .

⟺ +1= . ⟹ = . −1

= ⟹ −1 = ⟹ = +1

=( + 1) −1

Au total :

= (1)


= (2)


⎩ =( + 1) −1 (3)

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(1) ⟹ =

(2) ⟹ = . .

= . ⟹ =

Alors

= +1 −1

= + −1

Exercice
Résoudre :

+ = ( )

Remarquons que (s) est de la forme :


( , , )=
+ = ( , , )=
( , , )=

Ainsi l’équation caractéristique de (s) est :

= =

(1) ⟹ = ⟹ − =0


⟹ =0

+ −2
⟹ =0

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+ 2
⟹ −

( ) 2
⟹ − =0

( ) 2
⟹ =

⟹ ( )= ( )

⟹ = =

Donc ( , , ) → est une première intégrale première.

⟹ − =0


⟹ =0

+ − −
⟹ =0

( ) ( + 1)
⟹ − =0

+1
⟹ ( )− ( )=0

⟹ [ ( ) ]− ( )=0
( ) .
⟹ =0 =
.

Donc ( , , ) ↦ est une deuxième intégrale première.

On a :

étant donné que :

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= ( ) = ù = .

c’est la solution générale de (s).

Exercice :
Résoudre l’équation différentielle aux dérivées partielles :

− =0

+ =

( , , )=
ù ( , , )=−
( , , )=0

(1) ⟹ =

⟹− =
⟹ + =0
1 1
⟹ ( )+ ( )=0
2 2
1
⟹ ( + )=0
2
⟹ + =

(2) ⟹ =
0
=0⟺ =0
⟺ = =
Alors, on a :
+ =
=

é = ( ) = ( + ) ù:
= ( + ).

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3. Equation aux dérivées partielles linéaires d’ordre 2

3.1. Définitions

C’est une équation de la forme :

( , ) +2 ( , , ) + ( , ) + ( , ) + ( , ) + ( , ) = ( , )( )

Elle est :

 hyperbolique si ∆= − >0
 parabolique si ∆= − =
 elliptique si ∆= − <0

Exemple

Caractériser

+ =0

Ici = , =0 =1

<0 ∆> 0 hyperbolique


∆= 0 − =− ⟹ =0 ∆= 0 parapolique
>0 ∆< 0 elliptique.

Considérons une équation aux dérivées partielles (EDP) du second ordre ayant la
forme suivante :

+ + + + + = ( , ) (6)

dans laquelle u est une fonction de deux variables et .

La classe d’une telle équation est déterminée par le calcul de ∆ telle que :

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∆= −4 (7)

 Si ∆< 0 alors l’équation (6) s’appelle équation elliptique.


 Si ∆> 0 alors l’équation (6) s’appelle équation hyperbolique.
 Si ∆= 0 alors l’équation (6) s’appelle équation parabolique.

La terminologie utilisée dans cette définition est basée sur la classification des
coniques du plan. On rappelle que la conique d'équation :

+ + + + + =0

est une hyperbole (resp. une parabole, une ellipse) si et seulement si b − 4 a c est
positif (resp. nul, négatif).

Si les coefficients a, b, ..., g dépendent des variables x et y, le type de l'équation


(6) est local. L'équation est hyperbolique au point (x , y ) si et seulement si
( , ) − ( , ) ( , ) > 0.

Selon des caractéristiques des coefficients des équations aux dérivées partielles,
qui par sa forme nous rappellent les coniques, on distingue trois cas :
1. b − 4ac > 0 : les deux racines sont réelles et distinctes. L’équation est dite
hyperbolique. Un exemple des équations hyperboliques linéaires est l’équation
des cordes vibrantes :
1
− =0

2. ²−4 = 0 : la racine est réelle et double. Dans ce cas, l’équation est dite
parabolique. L’exemple typique de cette famille est l’équation de la chaleur :

= =0

3. −4 < 0 : les racines sont imaginaires. L’équation est alors dite elliptique.
L’une des équations fondamentales de la physique est l’équation de Laplace :

+ = 0.

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Les équations elliptiques régissent les problèmes stationnaires, d'équilibre,


généralement définis sur un domaine spatial borné Ω de frontière Γ sur laquelle
l'inconnue est soumise à des conditions aux limites, le plus souvent de type
Dirichlet ou Neumann.

Le problème elliptique type est celui fourni par l'équation de Laplace (ou de
Poisson) soumise à des conditions aux limites, par exemple de Dirichlet :

−Δ = Ω

= Γ

En mécanique des fluides, dans le cas d'un écoulement plan, permanent d'un
fluide parfait incompressible, le potentiel des vitesses vérifie une équation de
Laplace.

Les équations paraboliques régissent les problèmes d'évolution ou


instationnaires dans lesquels intervient le mécanisme de diffusion ou de
dissipation. Ces problèmes sont généralement définis sur un domaine spatial
borné Ω de frontière Γ sur laquelle l'inconnue est soumise à des conditions aux
limites du même type qu'en elliptique (quelquefois elles-mêmes instationnaires),
ainsi qu'à des conditions initiales.

Le problème elliptique type est celui fourni par l'équation de la chaleur soumise à
des conditions aux limites, par exemple de Dirichlet, ainsi qu'à des conditions
initiales :

⎧ = Ω

⎨ = Γ

⎩ ( , 0) = ( ) Ω

Les équations hyperboliques modélisent la propagation d'ondes sans


dissipation.

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En linéaire, c'est par exemple la propagation du son dans un milieu homogène.


En électromagnétisme, les équations de Maxwell sont hyperboliques et linéaires.

En non linéaire, les équations hyperboliques sont l'expression de lois de


conservation. Par exemple, les équations d'Euler expriment la conservation de la
masse, de la quantité de mouvement et de l'énergie totale dans un fluide parfait
compressible.

Soit l’équation aux dérivées partielles (EDP) linéaire générale à deux variables :

+ + + , ,…., , , = ( , ) (8)

où a, b et c sont des fonctions de x et y.


On considère la matrice :

et ses valeurs propres.

L’EDP est hyperbolique si les valeurs propres sont non nulles et de signes
différents.

Par exemple, l’équation des ondes :

+ + =

L’EDP est parabolique si au moins une valeur propre est nulle.

Par exemple, l’équation de la diffusion :

+ + =

L’EDP est elliptique si les valeurs propres sont non nulles et de même signe.

Par exemple, l’équation de Laplace :

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+ + = 0.

On a vu que les équations hyperboliques et paraboliques avaient des directions


asymptotiques réelles. Cela veut dire que l’une des variables peut tendre vers
l’infini. Aussi, toute EDP physique hyperbolique ou parabolique fait intervenir le
temps. On parle alors d’équations évolutives, car la solution de ces équations
évolue en fonction du temps.

A contrario, la solution d’une équation elliptique n’ayant pas de directions


asymptotiques réelles, le temps ne peut pas y intervenir. On parle d’équations
stationnaires.

Considérons l'équation hyperbolique suivante :

+ + =0 −4 > 0.

Cette équation peut s'écrire dans un autre jeu de coordonnées ( , ).

+ + + + =0

où A, B, C, D et E sont fonctions de a, b, c et des dérivées de X, Y par rapport


à x et y.

Dans le but de déterminer une forme canonique de l'EDP, nous pouvons chercher
s'il existe des coordonnées ( , ) telle que A = 0 ou C = 0, ce qui revient à
résoudre l'équation suivante :

− + = 0.

Nous obtenons ainsi deux équations différentielles ordinaires (EDO) :

+√ −4 −√ −4
= = (9)
2 2

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Celles-ci sont appelées les équations caractéristiques.

En résolvant ces deux équations nous obtenons les courbes caractéristiques. Et


les nouvelles coordonnées ( ( , ); ( , )) sont les coordonnées caractéristiques.
Après ce changement de coordonnées, nous aurons une EDP de la forme :


+ + = 0.

Dans le cas où les coefficients a, b et c sont constants, les caractéristiques sont


des droites.

Exemple :

Considérons l’équation :

− =0

Les équations caractéristiques sont :

0+ 0−4 (− ) 0− 0−4 (− )
= = = =−
2 2

Nous obtenons ainsi l'équation des deux courbes caractéristiques :

− +
= =
2 2

Les coordonnées caractéristiques sont :

− +
( , )= ( , )=
2 2

Et la nouvelle expression de l'EDP est :

= − .
2( − ) 2( − )

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3.2. Caractérisation et transformation des équations différentielles


linéaires du second ordre

On considère les équations aux dérivées partielles linéaires du 2e ordre de la


forme :

( , ) ( , ) ( , ) ( , ) ( , )
+ + + + + ( , )= ( , ) ( )

où a, b, c, k, m et n sont des constantes.

Puisqu’il s’agit d’une EDP du 2nd ordre, il faut qu’au moins l’un des coefficients a,
b et c soit non nul.

L’équation aux dérivées partielles du 2nd ordre (10) peut – être transformée pour
obtenir l’une des formes suivantes.

+ + = ( , ) (é )

− + = ( , ) (é ℎ )

+ = ( , ) (é )

+ = ( , ) (é é é é é )

Dans ces équations = .

Les formes des équations énumérées ci-dessus sont présentes dans de


nombreuses applications dans le génie.

L’équation aux dérivées partielles (10) peut être simplifiée par une rotation des
axes en posant :

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

= +
(11)
=− +
2
ù tan 2 =

On peut ainsi éliminer :

pour obtenir l’équation de la forme

+ + + + = ( cos − sin , sin + cos ) = ( , ) (12)

= cos + 2 sin cos + sin

= sin − 2 sin cos + cos

= cos + sin

= cos − sin

Remarquons que

= + = cos − sin

= + = sin + cos

Et

= +

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Méthodes Mathématiques pour l’Ingénieur_ CPEI

= cos cos − sin − sin cos − sin

= cos − 2 sin cos + sin

De façon similaire, on a :

= sin cos + (cos − sin ) − sin cos

et

= sin + 2 sin cos + cos

Alors :

+2 + = +2 +

= ( + ) sin cos + (cos − sin )


= sin 2 + cos 2
2


= cos 2 tan 2 + 1
2

2
tan 2 = =0⟹ − = − =−

Alors l’équation (1) est :

Hyperbolique si − >0

Parabolique si − = (13)

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Elliptique si − <0

Exemple : Donnez la nature de l’EDP suivante

+2 +4 +7 +7=0 (14)

Ici

2
=1; = =1 =4 ⟹ − = 1 − 4 = −3 < 0 ⟹
2

L’EDP est elliptique.

Une fois le terme éliminé, pour des valeurs (suitables) de , on peut

utiliser la substitution.

= .

afin d’éliminer les dérivées partielles d’ordre 1 de l’équation (12).

= +

Et

= +

Ainsi

= +2 +

et

= +2 +

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L’équation (12) devient :

+ + (2 + ) + (2 + ) +( + + + + )
( )
= . ( , ) (15)

Si ≠ 0, alors choisissons :

=− =−
2 2

pour éliminer les dérivées d’ordre 1. On obtient :

( )
+ + − − = . ( , ) (16)
4 4

Si =0 = 0, nous ne pouvions éliminer aucune des dérivées partielles


d’ordre 1.

Pour ≠ 0, on peut poser :

= | |

= | |

et l’équation (8) devient :

+ + − − = ( , ) (17)
| | | | 4 4

Exercice :
Transformer l’équation aux dérivées partielles suivante :

+4 + + =0

Solution
Remarquons que = 1, = 2 et = 1 alors :
− = 4−1= 3> 0
et l’équation est hyperbolique.

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Par suite :
2 2×2
2 = = =∞
− 1−1

Alors :

2 = =
2 4
En substituant cette valeur dans l’équation (12) :

+ + + + = ( cos − sin , sin + cos )

= cos + 2 sin cos + sin

= sin − 2 sin cos + cos

= cos + sin

= cos − sin

on a :

1 1
3 − + − =0
√2 √2
En posant :

√2
= − ( +3 )
12

Ici = 3 ≠ 0 et = −1 ≠ 0 alors en posant :


1 √2 1 √2
=− =− =− =− =− =−
2 6√2 12 2 2√2 4

on obtient à partir de l’équation (16) :

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3 − + =0
12

Pour ≠ 0, on peut poser :

= | | = √3

= | | = |−1| =

et nous obtenons l’équation hyperbolique :

− + = 0.
12
3.3. Aperçu des solutions des différents types d’équations aux dérivées
partielles
Considérons l’équation aux dérivées partielles linéaires du 2nd ordre :

+2 + + =0

Pour le type hyperbolique c'est-à-dire l’EDP dans laquelle la dérivée seconde mixte
est nulle, si le second membre = 0, la solution générale est :

= ( )+ ( ) ù = + = +

F et G sont des fonctions arbitraires, et sont solutions de


l’équation caractéristique :
+2 + = 0.

Le type parabolique donne d’une façon analogue (où = 0), comme solution
générale :

= ( )+ ( ) ù = + = +

F et G sont des fonctions arbitraires, et sont solutions de


l’équation caractéristique :
+2 + = 0.

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Le type elliptique se ramène à l’équation de Laplace de deux variables :

+ = 0.

Exercice :
Résoudre :

+2 −3 =0 ( )

Solution
Considérons :

+2 −3 =0 ( )

Ici = 1, = 2 et = −3. Par suite − = 4 + 3 = 7 > 0 et l’équation (E) est


hyperbolique. Les solutions sont donc de la forme :

= ( )+ ( ) ù = + = +

F et G sont des fonctions arbitraires, et sont solutions de


l’équation caractéristique associée à l’équation (E) donnée par :
+2 + = 0.
soit
1 + 2 × 1 × + (−3) = 0.
soit
−3 + 2 + 1 = 0.
On trouve :
1
=1 =−
3
On peut prendre :
1
= =1 = =−
3
La solution générale est :
1
= ( + )+ −
3

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4. Méthode de séparation des variables

4.1. Résolution de l’équation d’onde


Considérons le problème d’une corde vibrante donnée par l’équation suivante :

= (18)

avec

= (19)

où T est la tension de la corde, m est la masse de la corde.

Puisque ⁄ > 0, l’équation différentielle aux dérivées partielles est


hyperbolique.

Les conditions aux limites sont :

(0, ) = 0, ( , ) = 0, ≥0 (20)

et les conditions initiales sont :

( , 0) = ( )
,0 ≤ ≤ (21)
( )= =0

L est la longueur de la corde.

La méthode consiste à rechercher des solutions de la forme :

( , )= ( ) ( ) (22)

où est fonction de la seule variable et est fonction de la variable .

Substituons l’équation (22) dans (18).

On a :

= ( ) () =

= ; =

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L’équation (18) devient :

= (23)

On peut à présent séparer les variables pour réécrire l’équation (23) :


′′
′′ 2
= (24)

En supposant que est fixé, on peut faire varier . Le membre à gauche de l’équation (24)
est constant, et celui de la droite doit être constant pour toute valeur de . On peut donc
poser :

′′
′′ 2
= =

où est une constante.

Nous obtenons ainsi deux équations différentielles ordinaires :

− =0 (25)

− =0 (26)

L’équation aux dérivées partielles (18) est donc scindée en deux équations différentielles
ordinaires (25) et (26). La constante est arbitraire mais sa valeur doit être la même
pour les deux équations.

Considérons l’équation (25) dont l’équation caractéristique est :

− =0 =±

La solution générale est :

√ + √ >0
( )= + =0
√− + √− <0

De façon similaire, l’équation (26) donne comme solution générale :

√ ⁄ √ ⁄
⎧ + >0
⎪ + =0
( )=
⎨ √− √−
⎪ + <0

Puisque notre solution devrait satisfaire les conditions aux limites (20), si une solution
sous la forme (22) existe, nous devons avoir les équations :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 426


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(0) ( ) = ( ) ( ) = 0 .

Si ( ) = 0, alors = 0 et pour ≠ 0, serait non nul pour de faibles valeurs de ce qui


implique que (0) = ( ) = 0.

En prenant = 0 et = dans la solution générale, on obtient le système d’équations


homogènes :

(0) = + =0

( )= √ ⁄ √ ⁄
+ =0

Ce système a une solution non nulle, si le déterminant de ces coefficients était nul.
Mais :

1 1 √
√ ⁄ √ ⁄
= − = −2 ℎ ≠ 0,
√ ⁄ √ ⁄

alors ( ) = 0 pour > 0. Par suite = 0, ce qui est impossible si ≠ 0. Pour = 0, la


condition (0) = 0 implique que = 0, tandis que ( ) = 0 entraîne que = 0.

En posant = − , la solution générale donne :

( )= + .

Pour = 0 et = , on a :

(0) = =0 ( )= =0

Le problème ne peut donc avoir de solution triviale que si l’on choisit la constante telle
que ⁄ soit un multiple positif de . On a donc :

= = ù (27)

On obtient ainsi une infinité de solutions :

( )= (28)

On sait que :

=− =− (29)

Les solutions correspondant à sont :

( )= +

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 427


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Finalement, l’ensemble solution de l’EDP est :

( , )= ( ) ( )= ∗
+ (30)


où et sont des constantes.

La superposition de ces constantes donne la série :

( , )= ( , )= ∗
+ (31)

Supposons pour l’instant la convergence de cette série et les dérivations terme à terme
par rapport à et à .

Pour = 0, l’équation (31) associée aux conditions aux limites (21) donne :

( , 0) = = ( ) (32)

Supposons que les fonctions ( ) et ( ) sont continues. La série (32) est une série de
Fourier qui stipule que la fonction ( ) est impaire ( (− ) = − ( )) et périodique de
période 2 . La fonction ( ) définie sur 0 ≤ ≤ , est impaire et peut être étendue à
l’intervalle − ≤ ≤ 0. Alors les coefficients sont :

1 2
= ( ) = ( ) , = 1,2,3, ⋯ ⋯ (33)

Puisque ( ) et la fonction ( ⁄ ) sont impaires alors la dernière égalité est aussi


impaire.

En dérivant la relation (31) par rapport à t et utilisant les conditions initiales (21) on
obtient :


= − =0

ou


= 0.

La solution (31) se réduit pour donner :

( , )= (34)

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On sait que :

2 = ( + )+ ( − )

alors :

1
( , )= ( + )+ ( − )
2

1
( , )= ( + )+ ( − )
2

En tenant compte de l’équation (32), on peut écrire :

1
( , )= [ ( + )+ ( − )]
2

4.2. Equation de la chaleur

Considérons une barre cylindrique de longueur et de rayon (donc de section ) et


faite d’un matériau homogène conducteur de chaleur. La surface latérale de la barre est
isolée thermiquement.

Soit la distance le long de la barre et ( , ) la température absolue au temps à tout


point le long de la barre. L’équation de la distribution de chaleur est une équation aux
dérivées partielles de la forme :

= (35)

= é ℎ é .

L’équation (35) est appelée équation de la conduction thermique.

Les conditions aux limites sont :

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(0, ) = ( , ) = 0 , ≥0 (36)

et la condition initiale est :

( , 0) = ( ), 0≤ ≤ (37)

où est une fonction donnée.

Physiquement les extrémités de la barre sont maintenues à = 0 et ( ) désigne la


température initiale à tout point de la barre. On peut choisir d’autres conditions aux
limites.

Soit la solution au problème, de la forme :

( , )= ( ) ( )

Alors, on a :

= = , = = ′′

L’équation (35) devient :

= ′′

En séparant les variables, on a :

′ ′′
= (38)

La fonction du 1er membre de l’équation (38) dépend uniquement de , et pour fixé et


arbitraire, elle est constante. Le second membre dépend uniquement de et pour fixé
et arbitraire, devient une constante.

L’équation (38) devient :

′ ′′
= = =

Alors, on a :


= ⇒ − =0 (39)

′′
= ⇒ − =0 (40)

Les conditions aux limites (36) deviennent :

(0) ( ) = ( ) ( ) = 0 ⇒ (0) = ( ) = 0

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Les seules solutions non nulles de l’équation (40) avec (0) = ( ) = 0 sont possibles
pour des valeurs négatives de . En effet, en posant :

=−

la solution de l’équation (22) est de la forme :

( )= +

(0) = ( )= cos +

Alors :

=0 =0

Le choix de = 0 conduit encore à ( , ) = 0. le problème ne peut donc avoir de solution


non triviale que si l’on choisit la constante arbitraire de sorte que :

=0 ⇒ = ù .

Donc la solution de l’équation (39) est :

( )= =− =−

En le substituant dans l’équation (22), on obtient :

− =0

une équation différentielle du premier ordre dont la solution générale est :

( )=

Ainsi, on obtient la série de la forme :

( , )= ( ) ( )= (41)

où est le coefficient à déterminer en utilisant la condition initiale au problème.

En posant = 0 et en utilisant la condition initiale (37), on a :

( , 0) = = ( )

( ) doit être représentée comme une série de Fourier en sinus, c'est-à-dire que ( ) doit
être développée comme une fonction continue impaire, de période 2 . Donc :

Par ZINSALO Joël M./ EPAC – UAC Page 431


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1 2
= ( ) = ( ) , = 1,2,3, ⋯ ⋯ (42)

Donc :

( , )= ( ) (43)

Exercice :

Résoudre l’équation de Laplace :