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Transferts couplés de chaleur et de masse dans un canal horizontal.

Application au séchage convectif

BOUKADIDA NOUREDDINE
Unité de recherche Energie et Environnement
Institut Supérieur des Sciences Appliquées et de Technologie de Sousse
Université de Sousse
Cité Taffala, avenue Ibn Khouldoun, 4003, Sousse
TUNISIE
Noureddine.Boukadida@issatso.rnu.tn

Résumé :-This work contributes to the comprehension of heat and mass transfer mechanism during forced convection
flow with evaporation phenomena in a horizontal channel having its lower plate as an unsaturated porous media. In a
first part of this work, results mainly show the effects of the ambient variables, the fluid thermophysical properties,
the nature of the fluid drier, the radiative transfer, the turbulence on coupled heat and mass transfer mechanism, on
inversion temperature and on the domain of heat and mass transfer analogy without considering the mechanism of heat
and mass transfer in the porous media. In a second part of this work by taking into account the mechanism of heat and
mass transfer in the porous media, results show the parameters effect on drying phases and kinetic (at low and high
ambient temperature). They also depict the influence of space - time variability of heat and mass transfer coefficients on
convective drying.

Key-words :- évaporation, convection, rayonnement, chaleur, masse, analogie, séchage, turbulence, injection.

1 Introduction qui a pour avantage de déduire les corrélations traduisant


le transfert massique connaissant celles relatives au
Parmi les problèmes rencontrés lors de l’opération du
séchage, nous citons la déformation, la fissuration, la transfert thermique. Dans la plupart des études effectuées:
dureté, le changement de couleur et d’arôme, le coût Le transfert radiatif est négligé (le gaz est supposé
énergétique exorbitant et le temps de séchage assez toujours transparent),
important. Pour réduire les deux derniers et pour La variabilité des propriétés thermophysiques du fluide
contribuer à améliorer la qualité du produit, il faut est négligée,
utiliser le séchoir adéquat et le type de séchage L’étude des effets combinés des transferts par
compatible. Pour atteindre cet objectif, il faut d’une part rayonnement et par convection forcée sur la masse
maîtriser les mécanismes des transferts de chaleur et de évaporée et sur le point d’inversion est inexistante,
masse dans le milieu poreux et dans le fluide asséchant L’hypothèse de l’analogie entre transfert de chaleur et
et leur couplage. transfert de masse est utilisée par défaut,
L’aperçu historique sur les travaux réalisés sur les Les études traitant le couplage milieu poreux- milieu
transferts thermique et massique avec phénomène fluide sont rares.
d’évaporation par convection naturelle ou forcée [1-5] en La turbulence est négligée.
l’absence de film liquide a montré que les corrélations Nous avons donc réalisé plusieurs études sur les transferts
n m de chaleur et de masse dans un canal horizontal traversé
classiques utilisées de type Nu a Pr 1 . Re 1 et
par l’écoulement d’un fluide et dont la plaque basse est
Sh a Sc n 2 . Re m 2 (où Nu, Sh, Pr, Sc sont les un milieu poreux non saturé. Dans un premier temps les
nombres, respectivement, de Nusselt, de Sherwood, de transferts dans le milieu poreux ne sont pas pris en
Prandt et de Shmidt) ne sont pas toujours valables [6], compte et nous nous sommes contentés d’étudier la
des nouvelles corrélations ont été alors proposées. Il a notion de la température d’inversion, l’analogie entre
aussi montré la présence de la température d’inversion transfert de chaleur et de masse et l’influence des
(Tinv) [7 -9]. Dans le cas où la température du fluide différents paramètres et ce uniquement dans le canal.
asséchant est inférieure à Tinv, on assiste à une meilleure Dans un second lieu, les travaux sont focalisés sur le
évaporation lorsque le fluide asséchant est l’air sec. Dans séchage convectif du milieu poreux. Nous avons analysé
le cas contraire, on assiste à une meilleure évaporation le mécanisme du séchage dans le milieu soit en utilisant
lorsque le fluide asséchant est de la vapeur pure. des coefficients moyens des transferts thermiques et
Connaissant la température d'inversion, on peut conduire massique et ceci en se basant sur la littérature sans
l'opération du séchage en boucle fermée. D’autres travaux déterminer les champs dynamique, thermique, et
ont mentionné la notion d’analogie entre transfert de massique dans le canal [11-14], soit en utilisant des
chaleur et de masse traduite par Sh/Nu=(Sc/Pr)0.33 [10] coefficients locaux calculés à la suite de la détermination
des différents champs et grandeurs physiques dans le basée sur le concept de longueur optique moyenne. Pour
canal.[9,10] plus de précision le lecteur se portera aux références [9,
17, 18, 22]

2-1-2 Résultats
2 Transferts de chaleur et de masse en Cette étude nous a amené aux principales conclusions
suivantes :
convection forcée dans un canal La validation du code de calcul numérique mis au
Le système considéré dans cette partie est représenté sur
point pour la modélisation d’un problème laminaire en
la figure 1. C’est un canal plan horizontal composé de
tenant compte du transfert de chaleur par aryonnement
deux plaques parallèles. La plaque basse est humide et la
[18], est relativement satisfaisante.
plaque haute est impérméable à la matiètre et à l’énergie.
L’augmentation de To de 100 à 500°C entraîne une
La longueur et la hauteur du canal sont respectivement L
augmentation de la température, de la concentration et
et E.
des vitesses longitudinales et transversale (Fig. 2)
Plaque
y imperméable T( K )
T o(K)
373.15 Cv To(K)
573.15 373.15
773.15 573.15
800 773.15
Plaque 700 0.15
To haute 600

Cvo Canal 500 0.08


400
écoulement
E 300 0.00
Pgo Plaque humide 0.0 0.5 1.0 Y/E 0.0 0.5 1.0 Y/E
( a ) (b )
adiabatique
plaque
Uo humide To(K)
x u(m/s) 373.15 v(m/s) To(K)
373.15
573.15
0.8 773.15 573.15
2E-3
773.15
0.6
L 0.4
0E+0

Fig. 1 Configuration géométrique du 0.2


-2E-3

système 0.0 -4E-3


0.0 0.5 1.0 Y/E 0.0 0.5 1.0 Y/E

( c ) (d )

2-1 Cas où la convection forcée est laminaire


Fig. 2 Influence de To sur l’évolution de la température
Un écoulement laminaire d’un mélange air-sec- vapeur
(a), de la concentration en vapeur d’eau (b), de la vitesse
d’eau soufle entre les deux plaques. A l’entrée du canal
longitudinale (c) et transversale (d)
les variables du fluide (température To , concentration en
vapeur Cvo, pression gazeuse Pgo , vitesse longitudinale
Les vitesses longitudinale et transversale augmentent
uo ) sont considérées constantes.
avec uo alors que l’épaisseur de la couche limite
dynamique diminue (Fig.3)
2-1-1 Hypothèses
Dans le but de déterminer les différentes équations
Cv
mentionnées dans [9, 10] nous avons retenu les T(K)
700
u (m/s)
o
0.1 0.10
uo (m/s)
0.1
0.5
0.5
hypothèses suivantes: 600

Le mélange gazeux est considéré comme étant parfait, 500 0.05

L’écoulement est stationnaire,


400

300

La dissipation visqueuse est négligeable,


0.00
Y/E Y/E
0.0 0.5 1.0 0.0 0.5 1.0

Les effets Soret Duffour sont négligeables,


( a ) (b )

L’interface plaque basse-mélange gazeux est


stationnaire et il n’ y a pas d’énergie provenant du bas, u(m/s) uo (m/s) v(m/s) u o(m/s)
Les gradients de vitesse, de concentration en vapeur et 1.0 0.1
0.5 2E-3
0.1
0.5

de température sont beaucoups plus faibles dans le sens 0E+0


0.5
de la longueur que ceux dans le sens de la hauteur, ce -2E-3

qui rend valable l’approximation des couches limites, 0.0 -4E-3


1.0 Y/E
L’indice de réfraction est supposé égal à l’unité.
0.0 0.5 0.0 0.5 1.0 Y/E

( c ) (d )

Le gaz est considéré comme étant gris, homogène,


emissif, absorbant et non diffusif,
Les surfaces des plaques (haute et basse) sont Fig. 3 Influence de uo sur l’évolution de la température
supposées noires vis-à-vis du rayonnement infrarouge. (a), de la concentration en vapeur d’eau (b), de la vitesse
Pour déterminer la divergence du flux radiatif, c’est la longitudinale (c) et transversale (d)
méthode analytique que nous avons utilisée et qui est
La variation de C vo n’affecte pas les composantes 15 Cvo
longitudinale et transversale de la vitesse par contre elle 5E-3
1

-1 -1 0.5
affecte surtout la concentration en vapeur (Fig. 4)

mev (kg.m s )
10

T( K ) Cv C vo
C vo
1.5 5E-3
700 5E-3 0.5
1 1 5
600
1.0
500
0.5
400
0
300
0.0
400 500 600 700 To (K)
0.0 0.5 1.0 Y/E 0.0 0.5 1.0 Y/E
(a) (b)
Fig. 6-a Température d’inversion dans le cas où le
rayonnement n’est pas pris en compte

Le transfert radiatif fait diminuer la température


v( m/s )
u(m/s) Cvo
5E-3
Cvo
5E-3
d’inversion (fig.6-b),
1.0
1 1
2E-3

C vo = 0.5E-2

-1 -1 0.5
0E+0
0.5 C vo = 1

mev(Kg.m s )
200
-2E-3

0.0
150
-4E-3
0.0 0.5 1.0 Y/E 0.0 0.5 1.0 Y/E
100
(c) (d)
Fig. 4 Influence de Cvo sur l’évolution de la température
50
(a), de la concentration en vapeur d’eau (b), de la vitesse
longitudinale (c) et ransversale (d) 0
400 500 600 700 To(K)

En faisant varier Pgo entre 0.1 et 1 atm, on constate que


u et v varient peu avec Pgo (Fig. 5)
Fig. 6-b Température d’inversion dans le cas où le
T( K ) Pgo (Pa)
50662.5
Cv
Pgo(Pa) rayonnement est pris en compte
0.10 50662.5
700 101325
101325.0

600
La température d’inversion augmente avec uo (tableau
500 0.05 1) et avec Pgo (tableau 2)
400

300
0.00
0.0 0.5 1.0 Y/E 0.0 0.5 1.0 Y/E
(a) (b) uo (ms -1) 0.05 0.1 0.2 0.5 1

Tinv (K) 280.7 284.7 296.6 296.9 314.9


u(m/s) Pgo (Pa) Pgo (Pa)
v(m/s)
1.0
50662.5
101325.0
50662.5 Tableau 1 valeurs de la température d’inversion en
2E-3 101325.0
fonction de la vitesse ambiante.
0E+0
0.5

-2E-3
Pg (Pa) 30397 40530 50662 70927 101325
0.0 -4E-3
0.0 0.5 1.0 Y/E 0.0 0.5 1.0 Y/E

Tinv 221.9 240.5 255.2 278.7


(c) (d) 303.3
(K)
Fig. 5 Influence de Pgo sur l’évolution de la température
(a), de la concentration en vapeur d’eau (b), de la vitesse Tableau 2 valeurs de la température d’inversion en
longitudinale (c) et transversale (d). fonction de la pression ambiante.

Le rayonnement fait augmenter la température et la


Si To< Tinv, la masse évaporée est plus importante
concentration interfaçiale [9]
dans le cas ou le fluide asséchant est de l’air sec. Si
Aux hautes températures d’entrée et en présence de
To> Tinv, alors elle est plus importante dans le cas de
rayonnement, la vitesse interfaçiale affecte les
la vapeur pure (Fig. 6-a)
différents profils [9].
Les coefficients de transfert thermique et massique sont
beaucoup plus importants au voisinage du bord 2.0
d’attaque qu’au loin [9] C vo = 0.5
L’analogie entre le transfert thermique et le transfert A:( Sc/Pr) 1/3 u o = 0.4 m/s
B: Sh/Nu
massique est valable uniquement aux faibles 1.6 Pgo = 1atm
sans rayonnement E = 0.1 m
températures et concentrations en vapeur ambiantes, avec rayonnement L = 1m
(Fig. 7) 1.2
Les propriétés thermophysiques du fluide affectent les propriétés thermophysiques variables
rapports Nu/Pr1/3 et Sh/Sc1/3 (fig. 7) A
0.8

propriétés thermophysiques constantes


8 0.4
Cvo B
0.0 B
Sh/Nu
0.5 0.0
6 (Sc/Pr)1/3 300 400 500 600 700 T o (K)
0.8
(a)
4

2.0
2 Cvo = 1E-3
A:( Sc/Pr) 1/3
B: Sh/Nu uo = 0.4 m/s
1.6 Pgo = 1atm
0 sans rayonnement
avec rayonnement E = 0.1 m
200 300 400 500 600 700 To (K) L = 1 m
1.2
(a) propriétés thermophysiques variables
A
0.8

propriétés thermophysiques variables


2.0 B
Cvo 0.4
Sh/Nu 0.0
(Sc/Pr)1/3
B
1.5 0.5 0.0
0.8 200 300 400 500 600 700 T o (K)
(b)
1.0
Sh
Fig. 8 Effet du rayonnement sur l’évolution de et
Nu
0.5
Sc 1 3

Pr

 en fonction de To , (a): C vo 1E 3 , (b):
 
0.0
200 300 400 500 600 700 To (K) C vo 0.5

(b) Les profils des différents variables d’états sont affectés


suite à la variation de la nature du mélange.
Sh Nous avons étudié l’effet de la présence d’un débit de
Fig. 7 Effet de C vo sur l’évolution de et fluide transversal sur les différents profils, nous avons
Nu
constaté alors que quelque soit la nature du mélange les
Sc 1 3 nombres de Nusselt et de Sherwood décroissent avec
  en fonction de To ( u o =0.4 m/s,
Pr  l’augmentation de la température ambiante et du taux du
 
fluide injecté. Cette diminution s’explique par la chute du
P g =101325 Pa, E=0.1 m). a) propriétés gradient de température (pour Nu) et par la chute du
o
thermophysiques constantes, (b) propriétés gradient de concentration (pour Sh) au voisinage de la
thermophysiques variables. paroi lorsque le taux d’injection augmente (Figs. 9 et 10).

Le rayonnement nous fait éloigner de l’analogie.


(Fig.8).
Nu taux = 0 Sh taux = 0
taux = 1E-3 taux = 1E-3
100 taux = 2E-3
20 taux = 2E-3

80

15
60

40 10

20
5
0
400 600 800 T o(K)
0
(a) 400 600 800 To(K)

(b)
Sh taux = 0
taux = 1E-3

40
taux = 2E-3
Fig. 10: E ffet du taux du fluide injecté sur l’évolution
des nombres de Nusselt (a) et Sherwood (b) pour le
melange air-vapeur d’éthanol (C vo = 0.5, Pgo = 101325
Pa, uo = 0.4 m/s et E = 0.1 m).

20

2-2 Cas où la convection forcée est turbulente


2-2-1 Position
Compte tenu du fait que les résultats ci-dessus se sont
0 limités au régime laminaire, nous avons effectué un
400 600 800 T o(K)
nouveau travail qui contribue à l’étude des transferts de
(b) chaleur et de masse lors de l’évaporation de l’eau en
convection forcée turbulente dans le même canal avec
toujours la prise en compte des transferts thermiques par
Fig. 9: Effet du taux du fluide injecté sur l’évolution des rayonnement. Nous avons utilisé le modèle k-à bas
nombres de Nusselt (a) et Sherwood (b) pour le mélange nombre de Reynolds de Myong et Kasagi [23] et
air- vapeur d’eau (Cvo = 0.5, Pgo = 101325 Pa, uo = 0.4 déterminées dans la cas d’un écoulement en convection
m/s et E = 0.1 m). forcée de type couche limite [24]. Les équations sont
mentionnées en [21, 22]. En plus des hypothèses décrites
plus haut, les propriétés thermophysiques du mélange
gazeux sont fonction de la température et/ou de la
concentration de la vapeur d’eau. La vitesse interfaciale
Nu taux = 0 est considérée non nulle.
120 taux = 1E-3
taux = 2E-3
2.2.2 Validation et résultats
Dans une prmière phase, dans le cas où l’écoulement est
80 turbulent et sans tenir compte du transfert massique, nos
résultats ont été comparés à ceux obtenus par Kuroda et
al [23] dans les quels ils ont utilisé la méthode de DNS,
40 par Kasagi et al. [24] et par Kader [25]. Pour ReDH=9160
et Re Dh=27500, les profils normalisés obtenus de la
vitesse moyenne, de la temperature, de l’énergie cinétique
turbulente, du taux de dissipation de l’énergie turbulente
0
400 600 800 To(K) et de la contrainte de cisaillement montrent un bon accord
Dans une seconde phase, là où on tient compte des
(a) transferts de masse, nous avons pu validé le modèle dans
un cas où l’écoulement est turbulent et completement
développé avec chauffage à flux constant. Dans un cas où
ReDH =12 103, nous avons comparé les profils de la
vitesse longitudinale, de la température et de l’humidité à
ceux obtenus expérimentalement par Ait Aldjet et al. La température d’inversion est de l’ordre de 537 K
[26]. Ces résultats montrent un bon accord. (Fig.12) lorsqu’on ne tient pas compte du
rayonnement.
2.2.2.1 Effet de la turbulence (le rayonnement
n’est pas pris en compte) ReDh = 30000
Cette étude nous a amené aux principales conclusions C vo = 0.001 C vo = 0.995
suivantes: 1.0E-2
les valeurs des couches limites thermiques, dynamiques With Radiation

et massiques diminuent lorsque (Re Dh) augmente (Figs. 8.0E-3 Without Radiation
11(a)-11(c))
Au contraire la vitesse, l’énergie cinétique turbulente et 6.0E-3
son taux de dissipation augmentent avec (ReDh) (Figs.
11(c)-11(f)). 4.0E-3

Cv 2.0E-3
T(K) Re Dh=10000
ReDh=10000
Re Dh=30000 Re Dh=30000
Re Dh=50000 Re Dh=50000
0.06 0.0E+0
Re Dh=70000 ReDh=70000 400 450 500 550 600 650 700 T(K)
500
Fig.12 Effet de To et de Cvo sur l’évolution de la masse
0.04
évaporée m.
400
0.02 La pression gazeuse ambiante a un faible effet sur T
[21]
La température d’inversion diminue lorsque Cvo et
0.00
300 y/E ReDh augmentent ( figs. 13(a) et 13(b))
0.0 0.5 1.0 y/E 0.0 0.5 1.0

(a) (b)
T inv (K) Without Radiation
u(m/s) Re Dh =10000 v(m/s) Re Dh =10000 ReDh= 30000
Re Dh =30000 6E-3 Re Dh =30000 640
Re Dh =50000 Re Dh =50000
Re Dh =70000 4E-3 Re Dh=70000
15 620
2E-3
600
10 0E+0
580
-2E-3
5
-4E-3 560

0
y/E
-6E-3 y/E 540
0.0 0.5 1.0 0.0 0.5 1.0

(c) (d) 520


0.00 0.20 0.40 0.60 0.80 1.00 C v0
( m2 s -3 ) ReDh = 10000
(a)
k ( m 2 s-2 ) ReDh = 10000
ReDh = 30000
ReDh = 30000
ReDh = 50000
Re Dh = 50000
80 Tinv (K)
0.4 Without Radiation
Cvo = 0.995
0.3 60 540

0.2 40
530

0.1 20

520
0.0 0
0.00 0.25 0.50 0.75 1.00 y/E 0.00 0.25 0.50 0.75 1.00 y/E
(e ) (b) 510

Fig. 11 Effet de ReDh sur les différents profils(T, C v, u, v,


500
k, ) (a) sur T, (b) sur Cv, (c) sur u, (d) sur v, (e) sur k et 0E+0 2E+4 4E+4 6E+4 8E+4 1E+5 ReDh
(f) sur (To=473.15 K, Cvo=510 , P go=1. atm).
-3
(b)
Fig. 13 Effet de CVO (a) et de ReDh (b) sur Tinv
L’effet de T0 est sensible sur Sh/Sc1/3 et moindre sur les transferts de chaleur et de masse en milieu poreux au
1/3
Nu/Pr (Fig. 14a) cours du séchage les points suivants :
Quelques soient les valeurs de Cvo et To>20°C, les travaux qui considèrent la bidimensionalité ne sont
l’analogie n’est pas valable (Fig. 14) pas nombreux,
la plupart des études de sensibilités aux conditions
2.2.2.2 Effet du rayonnement (la turbulence est externes lors du séchage, considèrent que les
coefficients d’échanges thermiques et massiques sont
prise en compte)
Dans le cas où l’on tient compte du transfert radiatif, nous indépendants des conditions externes,
l’hypothèse de l’analogie entre transfert thermique et
avons pu dégager les conclusions suivantes:
transfert massique est souvent prise par défaut et le
La température d’inversion est de l’ordre de 585K
couplage entre le milieu poreux et le milieu fluide est
comparativement au cas sans rayonnmement (Fig.12 )
La température, la concentration en vapeur d’eau quasi-absent.
L’objectif était donc de:
ambiantes ainsi que le nombre de Reynolds (ReDh) sont
les principaux paramètres qui affectent la masse mener une étude bidimensionnelle de chaleur et de
masse au cours du séchage d’un milieu poreux non
évaporée et la validité entre transfert de chaleur et de
saturé,
masse
étudier les effets des paramètres d’entrée du fluide
Le rayonnement a un effet sensible sur les rapports
Nu/Pr1/3 et Sh/Sc1/3 (Fig.14(b) ), il accentue la asséchant sur le processus du séchage,
étudier les effets de la variabilité des coefficients de
différence entre les deux rapports, ce qui engendre la
non validité de l’analogie entre transfert de chaleur et transfert de chaleur et de masse sans utiliser l’analogie.
Le milieu poreux étudié exposé à un écoulement d’air
de masse.
chaud dont les variables d’entrée (To , Cvo, Pgo , Uo ) sont
contrôlées se présente sous la forme d’une plaque poreuse
120 non saturée ayant les caractéristiques de la brique de
Without Radiation longueur L et d’épaisseur ℓ(Fig. 15). Cette plaque est
115
Re Dh = 30000 , C vo = 0.001 constituée d’une matrice solide et indéformable, d’une
phase liquide (eau pure) et d’une phase gazeuse
110 1/3
Nu/Pr (mélange d’air sec et de vapeur d’eau). Le trois faces de
Sh/Sc 1/3 la plaque poreuse sont adiabatiques et imperméables,
105
seule la face haute est perméable à la matière et à la
chaleur et représente l’interface canal-plaque poreuse.
100

y
95

Ecoulement Canal Interface E


90
300 400 500 600 700 800 T(K)
d’air
(a)
320 Milieu Poreux
With Radiation ℓ
280
Re Dh = 30000 , To = 375 K
240 Nu/Pr 1/3
Sh/Sc 1/3
200 x
Fig.15 Configuration géométrique
160 du système
120
Le milieu poreux constituant la plaque est discontinu. Les
80 équations macroscopiques gouvernant le transfert de
chaleur et de masse dans le milieu poreux sont obtenues
40
en faisant un changement d’échelle [11-14] qui nous
0 permet de passer d’un milieu discontinu à un milieu fictif
0.00 0.20 0.40 0.60 0.80 1.00 Cvo continu équivalent.
(b)
1/3 1/3 3-1 Hypothèses, équations, conditions aux limites
Fig. 14 Evolution de Nu/Pr et Sh/Sc avec C Vo
(a) sans rayonnement, (b) avec rayonnement et résolution numérique
La plaque est homogène et isotrope,
L’interface liquide – solide - gaz est en équilibre
3. Application au séchage convectif thermodynamique local,
Le travail de compression et la dissipation visqueuse
d’un milieu poreux sont négligeables,
Il ressort de la première partie que nous avons effectuée
Le gaz est un gaz parfait,
et de l’étude bibliographique que nous avons menée sur
Le terme de dispersion et de tortuosité sont interprétés
comme étant des termes de diffusion.
Les équations macroscopiques et les conditions aux
limites sont mentionnées dans [11, 12 ]. Le système
d’équation est résolu par la méthode des différences
finies basées sur la notion du domaine de contrôle décris
t=5mn
par Patankar [27]. Cette approche a l’avantage de bien
conserver les flux et d’éviter les sources parasites.
Les vitesses moyennes de la phase liquide et de la phase
gazeuse sont obtenues à partir de la loi de Darcy utilisant
le concept de la perméabilité relative.

t=70h
3-2 Résultats
Nous avons dans un premier cas (cas1) utilisé des
coefficients thermique et massique moyens, déterminés
en supposant qu’il y ait analogie entre transfert de chaleur
et de masse. Dans ce cas, les champs thermique,
dynamique et massiques ne sont pas déterminés dans le
canal. Puis dans un second cas (cas 2) nous avons calculé
t=168h
les coefficients spatio-temporels locaux des transferts de
chaleur et de masse en déterminant les champs
thermique, dynamique et massique dans le canal.
Quelque soit le cas utilisé, nous avons constaté que le
processus de séchage comporte trois phases, une première
phase de préchauffage, une deuxième phase isenthalpe et
une troisième phase englobant la première et la deuxième
période de ralentissement [11,12] Pour une augmentation
de la température ambiante et une diminution de la Fig. 16: Evolution spatio-temporelle de la
température du milieu poreux.(Case 1)
pression ambiante, on assiste principalement à :
- une diminution de la période de la phase isenthalpe,
- une diminution du temps de séchage.
Pour une augmentation de la concentration en vapeur, il y
a apparition du phénomène de condensation. Le temps de t=5mn
séchage et la phase isenthalpe sont plus longs
Dans le premier cas où les coefficients de transferts
thermique et massique sont constants, quelque soit la
phase du séchage, à un instant donné, l’évolution spatio -
temporelle des profils de la température (fig.16), de la t=70h
pression gazeuse (Fig. 17) et de la saturation (fig. 18) des
nœuds d’une même ligne horizontale sont identiques et
sont des lignes droites horizontales uniformes. La plaque
finit par sécher couche par couche et avec la même
cinétique. Le front de séchage qui sépare la zone sèche et
la zone humide est aussi une ligne horizontale.
Dans le second cas où les coefficients locaux des t=168h
transferts thermique et massique sont calculés pour
chaque pas de temps et pour chaque position interfaciale,
la figure 19 montre que la température du milieu poreux
augmente sensiblement avec le temps. Cette
augmentation accompagné d’une surpression (Fig. 20) est
plus importante au niveau du coin haut gauche, ceci est
du à la valeur élevée des coefficients de transferts de
chaleur et de masse dans cette zone, c’est ce coin haut
gauche qui va rentrer en premier dans le domaine
hygroscopique (figs. 20 et 21) et qui va finir par sécher le Fig. 17: Evolution spatio-temporelle de la pression
premier. gazeuse dans le milieu poreux. (Case 1)
t=5mn

t=70h

t=168h

Fig. 18 Evolution spatio-temporelle de la saturation Fig. 20 Evolution spatio-temporelle de la pression


en eau (Case 1) gazeuse dans le milieu poreux. (Case 2)

t=5mn
t=5mn

t=70h

t=70h

t=168h

t=168h

Fig. 19: Evolution spatio-temporelle de la Fig. 21 Evolution spatio-temporelle de la saturation


température du milieu poreux.(Case 2) en eau (Case 2)
4. Conclusion convective drying of porous media, Drying
Ces différents travaux ont pu conduire à : Technology, 17(7), pp. 1367-1388, 2000.
[13] N. Boukadida, S. Ben Nasrallah and P. Perré, 2000,
- mieux comprendre les différents mécanismes de
Mechanism of heat and mass transfer during
transfert de chaleur et de masse à l’intérieur du milieu
convective drying of porous media, Drying
poreux et dans le fluide asséchant
- cerner davantage la sensibilité des mécanismes des Technology, 17(7), pp. 1367-1388, 2000.
[14] Whitakar S., Simulation heat, mass and momentum
transferts aux effets de plusieurs grandeurs, paramètres et
propriétés thermophysiques. transfer in porous media. a theory of drying,
Advances in Heat Transfer, Vol. 13, pp 119- 203.
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Mechanism of heat and mass transfer during