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LES DORIPHORIES

L’effet de « l’alignement des planètes » est-il un leurre, une candide illusion


astrologique, sinon, bien plutôt, la victime d’un langage astral bâillonné par un
préjugé négatif ?

Il n’est pas assuré que le nom traditionnel de doriphorie soit entendu de l’astrologue
d’aujourd’hui, s’il n’est pas versé en “mondiale”, bien qu’il en connaisse l’existence en
« individuelle » sous celui de stellium, étant entendu qu’il s’agit simplement de l’amas
planétaire, configuration d’un ensemble de corps célestes agglomérés en conjonction de
conjonctions ou même rapprochés les uns des autres, groupement composé au minimum de la
moitié du système solaire. A l’exemple de la présente qui accompagne l’Hégire du 16 juillet
622, symbolisant la naissance de l’Islam : sur un arc de 55°, une nouvelle Lune dans son
croissant est le centre d’un champ où les astres rapides s’unissent à un trio Saturne-Uranus-
Neptune sous opposition jupitérienne.

Elle est pourtant, de toutes les configurations, la


plus importante qui soit ; autant dire qu’elle est
primordiale car elle rappelle, pour en être une plus
ou moins lointaine approche, l’état originel de la
condition astrale : moment matriciel d’un point initial
de l’ensemble du système solaire, alignement d’un
départ cyclique commun de tous ses astres. Cet
instant zéro de leur conjonction intégrale, produit
unique de leur polycyclicité, s’assimile au carrefour
à la fois d’une fin et d’un recommencement du
monde selon la spéculation de la « Grande
Année » des Anciens.

Sa teneur archétypique est d’ailleurs manifeste si l’on en juge par les réactions « sauvages »
de peur ridicule engendrée par elle, et je renvoie ici à l’exposé historique que j’en ai fait en
traitant « L’Univers de la Grande Année » dans « Introduction à l’astrologie mondiale ».

Sur le chemin de son dixième mouvement, dit des « perturbations », le système solaire, en son
étalement planétaire au plan de l’écliptique, tels le flux et le reflux de l’océan, se dilate puis se
contracte sur cette piste zodiacale, la doriphorie pure étant un noyau de composé astral
parcellaire. Sans aborder directement ce sujet propre, sous le nom d’ «indice de
concentration planétaire», Henri Gouchon a comptabilisé l’écart angulaire à l’intérieur duquel
s’encadrent tous ces corps célestes, c’est-à-dire l’arc de leur occupation longitudinale (voir
plus loin pour les années 1941 et 1942). Ce que j’ai affiné en « indice cyclique », relevé de la
somme des distances angulaires de tous les cycles.
Telle une avenue des Champs Elysées de la Mondiale où se trempe en or massif le phénomène
astral, l’addition centralisée d’un tout qu’est la doriphorie est une configuration locale
maximale renouvelant l’état cyclique.. Du fait d’un tel « poids lourd », si donc quelque chose
tend à se produire ici-bas lorsque cette situation astrale se présente, sa répercussion ne
devrait pas manquer de s’inscrire dans les faits. C’est là-même, pour ainsi dire, que l’astrologie
pourrait être carrément saisie à la gorge par l’adversaire, exposée le plus manifestement à sa
négation. Mais, du même coup, n’est-ce pas aussi, en tout premier lieu, face à des résultats
tangibles, le meilleur point de départ pour, cette fois, tordre le cou au préjugé anti-
astrologique ?. Ce qui fait que ce texte est une suite à « Pour une réhabilitation de l’astrologie »
que prolonge « Langage astral ».

Naturellement, là-dessus, je me suis donné à l’exploration de la grande histoire : Grèce, Rome,


Occident … jusqu’au débordement, me condamnant au renoncement par abandon d’une
oeuvre dépassant ma personne. Si bien qu’avec « Les doriphories en Chine » livrées au n° 61
(1983) de l’astrologue, la seule approche résumée du genre qui ait vu le jour est l’enquête de
l’indice cyclique effectuée par Ciro Discepolo dans le n° 61 (1-1983) de l’Astrologue : « Un
millénaire de conjoncture astrale », ouvrage aux conclusions remarquables. Parcours
encourageant, en attendant la pleine moisson qui ne peut venir que d’un immense travail
collectif d’historiens impartiaux Pour l’instant, rabattons-nous sur la proximité de notre temps
avec l’histoire que nous avons vécue, au témoignage immédiat qui nous parle.

Derrière une Première Guerre mondiale générée sous opposition Uranus-Neptune, que
jalonne d’un coup un chapelet de 5 grandes conjonctions et qu’encadrent celles de Jupiter
avec le premier en 1914 et le second en 1919, nous n’avions pas encore l’esprit éveillé au
rassemblement de 9 astres sur une soixantaine de degrés à la signature du Traité de Versailles
le 28 juin 1919, ni à celle du Traité de Sèvres du 10 août 1920, qui ont refondu la société
d’après-guerre ; principales concentrations parmi celles de la première moitié du siècle
dernier où une Mondiale encore ensommeillée ne tait pas pour autant un désolant bavardage
prévisionnel. Ce n’est qu’en 1951 que l’éveil est donné avec la publication chez Chacornac
d’une plaquette de Michel de Socoa sur « Les grandes conjonctions », exposition de quelques
grands amas planétaires. Mais déjà, le milieu astrologique avait remarqué, interrogatif,
l’éclatement de la guerre d’Espagne le 17 juillet 1936 où 6 astres se concentraient sur 16° dans
le Cancer. Finalement, la Seconde Guerre mondiale – où, de nouveau, se rassemblait un
peloton de 5 grandes conjonctions - allait révéler l’importance du phénomène, comme le fit
observer ensuite Alexandre Volguine dans plusieurs numéros de ses Cahiers astrologiques.
C’est un fait que les tournants cruciaux de cette guerre y sont accompagnés d’amas
planétaires : précédée d’une intervention au Danemark et en Norvège le 9 avril, 8 astres se
trouvant déjà rassemblés sur 72°, grande offensive occidentale allemande du 10 mai 1940 (8
planètes sur 64° dont 5 sur une vingtaine de degrés) : guerre germano-soviétique du 22 juin
1941 (les mêmes groupées sur 54°, dont 6 tassées sur 8° autour de la pleine Lune du 11 mai,
alors qu’Hitler engage cette « opération Barberousse » en mettant en place l’immense
puissance militaire du Reich sur pied de guerre ) ; bataille décisive du Pacifique à Midway des
2/4 juin 1942 (7 planètes sur 60°) ; débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre 1942
(5 planètes sur 13°) ; chute de Mussolini le 25 juillet 1943 (5 astres sur 15° fin juillet) , précédée
du débarquement Allié en Sicile le 10 juillet (7 astres sur un quart zodiacal) : débarquement
allié en Normandie le 6 juin 1944 (5 planètes sur 37° et 8 sur 89°), avec le suivant en
Méditerranée le 15 août (6 astres sur 40° et 8 sur 86°) ; et bombes atomiques sur le Japon des
6/9 août 1945 ( conjonctions Soleil-Lune-Pluton et Mars-Uranus avec concentration générale
sur 108°) !
En ajoutant que se logent les autres tournants critiques au versant d’en face du phénomène de
l’opposition : échec de la Wehrmacht devant Moscou, qui bat en retraite avec le recul de
Rommel en Libye, fin 1941, tandis qu’à Pearl Harbor, le 7 décembre, éclate la guerre entre le
Japon et les USA ; encerclement de Stalingrad avec déroute allemande en Afrique fin 1942 ;
expulsion massive de la Wehrmacht d’Europe de l’Est fin 1943 ; épuisement à son tour de
l’offensive alliée, avec, cette fois, la contre-offensive allemande des Ardennes de fin 1944.

En rappelant de plus pour l’année 1940 à l’automne, les déboires germano-espagnol (abandon
de l’opération « Félix » de conquête de Gibraltar) et balkanique (déroute militaire italienne en
Grèce), on voit derrière la primeur de la puissance de masse de la doriphorie, se mouvoir
l’évolution en alternance dialectique du processus cyclique (spirale avec retour à la case
départ à un cran nouveau) : ici, annualités faisant se succéder – tel un ressort tendu au départ
et qui s’épuise en fin de course - phases montantes du printemps et phases descendantes de
l’automne ; et même en 1944 pour la puissance alliée comprise , dès lors substituée aux forces
de l’Axe dans l’investissement du pouvoir historique saturno-uranien. Et au bout de tout cela, il
est naturel que l’historique rencontre de Yalta, du 10 février 1945, qui consacre la division du
monde en deux blocs de l’Est et de l’Ouest, allait voir s’opposer le groupement sur 71° des cinq
rapides en face des cinq lentes
Les observations allaient se poursuivre déjà dans l’anticipation , notamment de Brahy dans son
« Demain », avec la vive attente d’un passage critique pour la mi-août 1947, alors que les
luminaires, Mercure et Vénus se joignaient à une conjonction Saturne-Pluton (6 astres sur 13°),
amas distant d’une cinquantaine de degrés d’une conjonction Mars-Uranus Le 15 août était
proclamée l’indépendance de l’Inde, inaugurant, avec un exode de 17 millions d’hommes, une
guerre indo-pakistanaise qui fit un demi-million de victimes.

On se rappelle le rassemblement, de 2° à 18° du Verseau, de tout l’escadron du septénaire


traditionnel, les 4-5 février 1962, accompagné d’une sempiternelle annonce de fin du monde
venue d’astrologues hindous. Plaignons finalement la niaiserie de ces fossoyeurs de notre
connaissance. Outre une violente tempête avec de nombreuses victimes en Europe
occidentale du 12 au 18 février, le colonel Gleen, aux Etats-Unis, faisait sensation en réalisant,
dans son vaisseau spatial, trois tours de la Terre en 4 heures 56 minutes. En n’oubliant pas,
avec la triple conjonction Soleil-Vénus-Jupiter, les Accords d’Evian (attendus 16 mois à
l’avance dans les Cahiers astrologiques, n° 91, mars-avril 1961) du 19 février 1962, mettant fin
à la guerre d’Algérie, signature officielle entre les deux parties, qui sera confirmée en mars,
après l'échec du putch de l'O.A.S..

C’est donc, naturellement, surtout à l’occasion de grandes conjonctions des lentes que se
produisent les doriphories. Avec la conjonction Jupiter-Neptune de 1971 en est observée une
le 13 novembre 1970, de 8 astres sur 61° dont 5 sur 14°, et en opposition d’une conjonction
Lune-Saturne. Dans les heures qui précédèrent cette pleine-lune surchargée, le Bengale
oriental et les îles du delta du Gange, au Pakistan oriental, furent ravagés par un gigantesque
cyclone, accompagné de raz de marée, détruisant 250 000 vies humaines. Et le séisme le plus
dévastateur du siècle allait se produire le 27 juillet 1976 à Tangshanen en Chine, supprimant
750 000 personnes. Ce jour-là, 6 astres se concentraient sur 45°, les 4 autres étant sur le même
versant zodiacal.

On s’approche des doriphories les plus importantes du siècle avec, à la fois, le troisième
rassemblement séculaire de 5 grandes conjonctions du début des années 80, et surtout au
temps du synode royal du trio Saturne-Uranus-Neptune du cap de 1990.

Déjà, au n° 41 (1-1978) de « L’astrologue », Pierre Julien stigmatise la Toussaint suivante, au


Scorpion se réunissant sur 21° les 5 rapides autour d’Uranus, au centre du sextil Neptune-
Pluton. L’entrée de novembre fut le théâtre d’un suicide collectif de 900 membres de la secte
du « Temple du peuple » en Guyana. Mais surtout, avec de gigantesques incendies expiatoires
à Téhéran (2 à 300 maisons incendiées en un seul soir), une fiévreuse révolution débute en
Iran, qui finira sur l’installation du régime islamique.
La doriphorie suivante du 13 au 21 novembre 1979 a groupé les dix astres sur trois signes et
demi, avec les rapides autour d’Uranus. C’est précisément à cette décade que notre histoire
annuelle a le plus bougé, en particulier le 20 novembre, 1 er jour de l’an 1400 du calendrier
musulman. Ce jour-là, un à deux millions d’Iraniens manifestent devant l’ambassade américaine
de Téhéran, où, depuis le 4. ils détiennent en otages tout le personnel diplomatique, dans un
climat de déclaration de guerre à l’Amérique. Au surplus, la grande mosquée de La Mecque, le
haut lieu de l’Islam, est envahie par plusieurs centaines d’insurgés en armes, faisant ébranler
le trône de l’Arabie Saoudite ; tandis qu’au Pakistan, la foule attaque et incendie l’ambassade
des Etats-Unis ; outre qu’à Médine, deuxième ville sainte, d’autres insurgés tentent de
s’emparer de la tombe du prophète. Le monde entier voit soudain se dresser le spectre d’une
guerre sainte confrontant à l’Occident une population de sept cents millions de Musulmans.
Tandis qu’en plus, sous conjonction Soleil-Neptune au carré de Saturne, le 27 décembre,
l’Armée rouge entrait en Afghanistan.

En 1980 s’accumulent les concentrations, la plus forte de l’année se produisant dans les
dernières journées d’octobre, les 10 astres s’y trouvant groupés du 27 au 31 sur 110°. Le 22
septembre avait déjà éclaté la guerre entre l’Irak et l’Iran (7 astres sur 60°). Une première
concentration de 85° à dominante de conjonction Soleil-Pluton s’opère du 7 au 14 octobre,
qu’accompagne un séisme important le 10, dévastant El Aslam (ancienne Orléanville). Mais
encore s’en présente une seconde de 80°, sous la houlette d’une conjonction Soleil-Uranus et
d’une conjonction Mars-Neptune, du 4 au 11 novembre. Le 4 novembre, cette fois, raz de marée
électoral conservateur qui installe Ronald Reagan au pouvoir aux Etats-Unis, annonçant une
grande tension Est-Ouest ; et les jours suivants, coup de poing libyen au Tchad, manière
d’annexion de ce pays par Kadhafi. Et alors que le 23 novembre, la Lune est face à une
agglomération des 9 astres sur un quart de l’écliptique, un grand séisme ravage l’Italie du sud.

L’année d’après, cela allait être le coup d’Etat militaire de Jaruselsky en Pologne le 13
décembre 1981, rappelant les temps sombres de Budapest et de Prague.
Avec un rassemblement de plusieurs grandes conjonctions, voici maintenant la doriphorie
intégrale du XXe siècle, de novembre 1982, concentrée sur une soixantaine de degrés, dont la
cote d’indice cyclique est non seulement la plus basse de l’année, mais encore, qui n’a
d’équivalent pour faire la paire que celle de la concentration des cinq lentes de 1485, décennie
des grandes explorations maritimes, à la conquête du globe, jusqu’à la découverte de
l’Amérique. Si bien qu’il s’agit là des bornes de la « micro-
grande année » , tranche semi-millénaire assimilable à
l’historique dite de la « chrétienté occidentale ».

Cette inauguration de la décennie quatre-vingt est sans


doute, outre l’apparition du Cida qui continue de ravager le
monde entier, surtout celle du plein déploiement de la
révolution informatique avec l’apparition de ses
multiples nouveautés technologiques renouvelant
fondamentalement la communication (le téléphone mobile,
etc), couronnées par l’avènement royal de l’ordinateur
individuel qui fonde une société nouvelle. Quant au bilan du
moment, il s’inscrit d’abord avec une tornade du 6 au 8
novembre 1982 qui a ravagé divers pays européens
(Portugal, Espagne, Angleterre, France, Suisse, Italie et Grèce), aux dégâts considérables avec
de nombreuses victimes. Parallèlement à cet ébranlement de la nature s’est jointe une rafale
jetant bas le pouvoir, qui constitue une évidente coupure du temps. C’est la fin des 18 années
du pouvoir de Brejnev, décédé le 11, relevé par Andropov, en Union soviétique. Changement de
dirigeants en octobre : Allemagne (Kohl), Bolivie, Tchad, Espagne ; et en novembre : Turquie,
Italie, Brésil, Japon et Mexique ! Nous n’en sommes pas moins aussi au cœur d’une triple
conjonction Soleil-Vénus-Jupiter : dégel polonais le 12 novembre avec la libération de Lech
Walesa, suivie d’une détente des relations américano-soviétiques (reprise des négociations sur
le désarmement à Genève) et sino-soviétiques (normalisation des relations). Au surplus, ce
tassement planétaire extrême de la fin de 1982 signe le creux le plus bas de la crise
économique mondiale vécue depuis quelques années (plongée de 31 millions de chômeurs à
l’OCDE), avec ici l’amorce d’une remontée générale.

C’est toujours l’ensemble du système solaire qui s’agglomère, cette fois, sur un quart du
zodiaque, autour de la mi-novembre 1983. Phase de conjonctions Saturne-Pluton et Jupiter-
Uranus qui rappellent, avec la venue du Cida, le temps critique ultime de la guerre froide
lorsque, le 25 novembre, l’URSS quittait la Conférence de Genève, cette rupture des
négociations sur le désarmement s’accompagnant du commencement d’installation des
Pershing en Allemagne de l’Ouest avec riposte soviétique, l’implantation des euromissiles en
arrivant au bord du précipice nucléaire ; pointe ultime de danger comme le fut antérieurement
la crise des fusées de Cuba en novembre 1962.
Aux concentrations des années suivantes se localisent les rencontres Reagan-Gorbatchev, à
Genève les 19-20 novembre 1985 (8 astres sur 77°) et à Reykjavik (Islande) les 11-12 octobre
1986 (9 astres sur une centaine de degrés). Continuité historique : Sommets qui débouchent le
8 décembre 1987 (8 astres sur 61°) sur la signature du premier accord de désarmement de
l’ère atomique (trigone Soleil-Jupiter). Sans oublier le 13 novembre 1985 (8 astres sur 57°)
l’une des plus meurtrières éruptions volcaniques du siècle à Nevado del Ruiz en Colombie.
Puis viendra, le 7 décembre 1988, un séisme aux 25 000 morts en Argentine (8 astres sur 56°).

Ce devait être, excepté Jupiter en face d’eux, tout l’ensemble planétaire rassemblé sur 65° et
concentré sur deux foyers de conjonctions, qui, dans la première décade de novembre 1989,
allait accompagner l’historique chute du mur de Berlin du 9 novembre (trigone Soleil-
Jupiter), ébranlant tout l’édifice international.

Cette doriphorie commençante atteint son maximum en


janvier 1990 où se côtoient 7 astres sur 37° ! « La
signification globale de cerassemblement – expression
d’un renouvellement cyclique peu ordinaire, pour tout
dire considérable – est que nous devrions nous trouver
au coeur de la profonde et radicale transformation de la
société mondiale en cours, perçue déjà depuis quelque
temps comme une grande secousse historique. L’on
devrait plus clairement enregistrer que le monde bascule
d’une façon décisive vers la liquidation de tout un passé,
avec apparition des premiers signes de ce qui doit le
remplacer. Telle est la présentation que j’en avais faite
au n° 88 (4 – 1989) del’astrologue, précédant la chute du
mur de Berlin. Laquelle entraîna aussitôt le déferlement d’événements que l’on sait :
effondrement des « démocraties populaires » de l’Europe de l’Est, avec éveils révolutionnaires
dans les pays baltes et en URSS, suivis de la réunification allemande et d’une crise en
Tchécoslovaquie !..

Qu’on veuille bien me permettre de rapporter ici ce pronostic d’actualité.


Dans le numéro suivant (89 – 1/1990), je faisais passer aussitôt cette note intitulée : « La
conjonction Soleil-Jupiter du 15 juillet 1990 » : « Le 30 juin 1930, les derniers soldats français
s’embarquaient de Mayence : c’était l’évacuation définitive de la Rhénanie, coupure essentielle
au milieu d’une histoire entre Versailles et Rethondes : le Soleil passait sur une opposition
Jupiter-Cancer/Saturne-Capricorne. Comme il y a 60 ans, ce phénomène se reproduit les 14-15
juillet 1990, tandis que la conjonction Soleil-Jupiter tombe sur le MC de la fondation de la
République fédérale d’Allemagne, et que Saturne à 22° du Capricorne repasse sur celui de
l’érection du mur de Berlin. Tout laisse présumer que nous aurons là un nouveau tournant
décisif pour l’Europe, qui pourrait être celui de la réunification des deux Allemagnes, bien
qu’on ne puisse pas exclure une autre réalisation diplomatique concernant notre
continent. » Or, son idée lancée « à la sauvage » à l’entrée de l’année sans perspective
précise, c’est inopinément qu’un processus accéléré de cette réunification germanique allait
aboutir le 1er juillet 1990, avec l’admission le 16 du nouveau pays réunifié à l’OTAN !

L’année suivante, un retour soli-mercuro-vénusien sur le trio Saturne-Uranus-Neptune allait


accompagner un projet d’Union européenne (Traité de Maastricht), signé le 11 décembre 1990,
et l’engagement allié de l’ONU dans la guerre du Golfe contre l’Irak le 16 janvier 1991.

Un an plus tard, cela allait être, à la fois, rien moins que la disparition de l’URSS le 8 décembre
1991 (7 astres sur 57°) et la signature du Traité de Maastricht instituant l’Union européenne le 7
février 1992 (7 astres sur une trentaine de degrés !). 6 astres s’étaient d’ailleurs rapprochés
d’une trentaine de degrés lorsque, à Paris le 11 décembre 1974, 9 chefs d’Etat de notre
continent avaient fondé le concept d’ « Union européenne » (rapport Tindemans).

Pour ce qui en est du regroupement de janvier 1993, l’entrée de ce mois enregistre les
naissances de la République tchèque et de la Slovaquie, après la dissolution de la
Tchécoslovaquie (laquelle eut la durée de quatre révolutions jupitériennes), ainsi que la
signature, le 3, du traité stratégique nucléaire Start II entre les Etats-Unis et la Russie,
conclusion pacifique d’une longue négociation.
Rarissime est le chapiteau d’un tel noyau astral (7 astres condensés sur un décan). Derrière
l’entrée en fonction, le 1er janvier 1994, de l’accord du libre-échange nord-américain (Alena)
entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, le 11, tandis
que l’OTAN est en accueil des ex-pays communistes de
l’Europe de l’Est, l’ONU se réveille, indisposée par ce qui se
passe à Sarajevo, annonçant des sanctions contre la Serbie ;
nouveau massacre début février, avec ultimatum du 9
allant conduire à la guerre des Balkans. Plus encore, c’est
en excès climatiques que s’exprime cette doriphorie qui
traîne sur décembre et janvier : l’Europe occidentale a les
pieds dans l’eau avec les inondations en France, en
Belgique, en Allemagne et en Angleterre ; et tandis qu’une
vague de froid exceptionnelle (- 40°) avec de fortes tempêtes
de neige balaye le Canada et le nord-est des Etats-Unis, une
canicule hors-norme assomme l’Australie. En outre, le 17
janvier a lieu un impressionnant tremblement de terre à Los-
Angeles, suivi quelques jours plus tard d’un autre en
Indonésie. « Cette fois, au retour de janvier 1994, toutes les planètes rapides sont réunies dans
leur alignement sur la conjonction Uranus-Neptune qui donne le ton de cette conjoncture
exceptionnelle. Nul doute que cette doriphorie particulière ait une signification importante, au
point de pouvoir marquer une certaine étape historique … » (L’astrologue n° 103, 3-1993). A ce
super noyau astral devait correspondre le lancement public d’Internet le 27 décembre 1993 –
année même de la grande conjonction Uranus-Neptune - qui va bouleverser le monde en
révolutionnant de fond en comble les communications humaines sur toute la planète !

Les 20/22 décembre 1994, le peso mexicain craque, l’insolvabilité du pays ébranlant le monde
économique, alors qu’en janvier 1995 s’installent l’OMC (Organisation mondiale du commerce),
ainsi que le Mercosur , marché commun de l’Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Paraguay,
Uruguay). Depuis le 11 décembre 1994, l’armée russe est en Tchétchénie. Le 17 janvier suivant
a lieu aussi un énorme séisme à Kobe au Japon.

Ce sont ensuite 7 astres qui sont groupés sur 24° en Sagittaire le 23 novembre 1995. Deux jours
plus tôt, sous ultimatum américain est signé par les présidents serbe, croate et bosniaque,
l’accord de Dayton qui met fin au conflit bosniaque le 14 décembre, sous conjonction Soleil-
Jupiter.
La doriphorie de l’entrée de 1997, au plus serré à la lunaison du 9 janvier à proximité du trio
Jupiter-Uranus-Neptune, est saluée par une tempête solaire dans toute la magnétosphère,
commencée le 6, large de 26 millions de kms, atteignant la banlieue terrestre 4 jours plus tard
en y déchaînant ses orages (dévastation de Madagascar par un cyclone historique,,
inondations en Australie …). Ce qu’accompagne un climat révolutionnaire. L’Europe de l’Est se
libère tout à fait au cours d’élections nouvelles le 17 novembre en Serbie, suivies de
manifestations de rue quotidiennes jusqu’au 12 février ; mais aussi en Bulgarie, en Roumanie,
en Albanie. De même chez les pays industriels de l’Asie du Sud-est, avec grève générale du 16
janvier en Corée du Sud, rappelant la révolution européenne de 1830.

Tandis qu’en janvier 1999 est annoncée la naissance de l’euro, monnaie européenne, c’est la
« tempête du siècle » , en une dévastation sans précédent des forêts européennes (plusieurs
centaines de millions d’arbres abattus !), qui clôt l’année les 26-27 décembre : configuration
faible proportionnellement à cette secousse où, toutefois, les rapides sont revenues auprès
des lentes.

Alors qu’à la signature du Traité de Lisbonne par les 27 Etats membres de l’Union européenne
le 13 décembre 2007, les trois rapides sont dans le champ du couple Jupiter-Pluton, pâle
apparaît l’impact de la précédente doriphorie ayant réuni les rapides à Jupiter-Saturne en mai
2000 (seulement, apparemment, une relance manifestée le 12 mai par l’Allemagne du débat sur
une fédération européenne) ; de même en avait-il été ensuite le 26 décembre 2004, lorsque 200
à 300 000 personnes périrent au tsunami en mer d’Indonésie, seulement ( ?) sous
concentration de 5 astres autour de Pluton sur 34° , face à la Lune …

N’en demandons pas trop …Il est heureux que ces deux dernières citations tracent la limite de
nos observations : subtilité du sujet traité, en l’état d’adolescence du savoir où nous en
sommes encore. En connaissance seulement effleurée, ce n’en est pas moins chose déjà dite
et maintenant à confirmer : la doriphorie est indéniablement le terrain astrologique premier de
la mondiale : puissance majeure d’un rassemblement astral, point d’arrivée et de départ
commun de révolutions planétaires aux pistes nouvelles à suivre. Soit, dans l’affrontement avec
l’inconnu de demain qu’est la prévision, une astrologie prise ici à bras le corps et saisie au
tissu le plus serré du vivant historique, à traiter dans l’évolution des rapports respectifs des
cycles engagés... Déjà, le rapport d’ aspect, qui instaure un lien inter-planétaire à distance
jusqu’à l’encadrement triplé ou quadruplé, à la manière de la voûte d’une nef, a son rôle, mais il
laisse la place première à la conjonction, investie d’une puissance de contact ou de proximité,
et il va de soi que l’addition de conjonctions est un renfort de présences astrales en lieu
commun, phénomène ayant alors une puissance d’impact propre à cristalliser bon nombre
d’épisodes importants qui font notre histoire, cet aperçu sur le XXe siècle en étant un vivant
témoignage.
La particularité de chaque cas relève de son contenu planétaire, négatif ou positif, la vertu
intrinsèque de l’état de conjonction se contentant d’être renouveau : mort ou naissance, sinon
l’un avec l’autre. Et l’histoire des hommes s’y inscrit souvent en champ de perturbations
géomagnétiques de la nature (peut-on séparer l’un de l’autre, l’homme et l’être vivant qu’est la
Terre ?). En acceptant de ne pas savoir la venue d’une manifestation de l’un ou de l autre.. Cela
ne doit pas décourager la prise d’un risque (assorti du « ou bien ») en s’engageant
prudemment dans une ouverture sur le futur, plutôt que de s’immobiliser au bord de cette
aventure à ne rien tenter ; fut-ce pour le bénéfice intime de s’être approché d’un résultat en
étant allé au bout de soi-même, ou pour ne pas être dupe de soi . Mais, dans l’état actuel de ce
savoir à l’étude, les observations dernières avertissant du risque engagé, n’en attendons pas
encore d’obligatoires festivités prévisionnelles…

Cette fragilité du savoir astrologique actuel a comme contrepartie accompagnatrice la


circulation d’une rumeur – n’est-elle pas rien de plus ? – émanant des sphères bien pensantes
du milieu astrophysique, selon laquelle la croyance en ces « alignements planétaires » ne
serait que billevesées. Il est bon, à cet égard, de faire ce rappel lointain d’une autorité
astronomique de l’Académie des sciences, Ernest Esclangon.

Ainsi pouvait-on lire déjà dans Paris-Midi du 10 mai 1941 : « Astronomes et astrologues en
plein émoi : Les astres vont tenir conseil, et sous-titré :Rien à craindre, nous dit M.
Esclangon ». Du « rendez-vous de 5 planètes à deux pas du Soleil », le journaliste déclare :
« Sans doute, les astrologues ne manqueront pas de tirer des conclusions de ce fait
remarquable. Ne nous ont-ils pas laissé entendre déjà que le 11 mai pourrait être une date
fatidique pour la Terre ? Mais qu’en pensent les savants ? – La conjonction des 5 principales
planètes avec le Soleil est extrêmement rare, nous a déclaré le célèbre astronome Esclangon,
directeur de l’Observatoire de Paris. N’attendons pas cependant des résultats …
astronomiques de l’éphémère voisinage apparent de Vénus et de ses compagnes avec l’astre
du jour (…) et puis Mercure, Vénus, Jupiter, Saturne et Uranus sont de trop petites planètes
pour modifier demain la marche de l’Univers. – Mais les astres ne peuvent-ils pas avoir à
d’autres points de vue une influence quelconque sur la Terre ? - A mon sens, tout ce que l’on
pourrait prévoir ne serait qu’imagination pure et simple. Le Soleil seul est capable de changer
certaines choses à notre vie de Terriens (…). – Alors, pour demain, rien à craindre ? – Rien
vraisemblablement. »

Certes, il ne pouvait rien se produire dans l’ordre d’une stupide appréhension apocalyptique,
mais dire qu’il ne se soit rien passé … Ainsi, dans la période du 26 avril au 15 mai 1941 ont été
enregistrées des secousses telluriques un peu partout sur le globe : Russie, Turquie, Algérie,
Pérou, Mandchourie, Europe centrale, Allemagne, Italie, Espagne et Etats-Unis, accompagnées
d’intenses aurores boréales, visibles surtout en Russie occidentale jusqu’à la Mer Caspienne.
En outre, l’ « opération Barberousse » (la guerre germano-soviétique) avait été fixée pour le 15
mai 1941 par une directive d’Hitler du 18 décembre précédent, la Wehrmacht en étant alors
seulement à la conquête-éclair de la Crète, fin de la guerre des Balkans. Et si sa directive ultra-
secrète du 30 avril reporte, par nécessité pour respirer, l’attaque au 21 juin, ce n’en est pas
moins en cette mi-mai même que le dictateur met en route ses troupes pour ce qui sera la plus
grande guerre de tous les temps !

Pourquoi ne pas présenter comparativement le point de vue astrologique de cette


concentration du 11 mai 1941, agglomérée sur un espace de 8°, 1/45 e de la circonférence
zodiacale ? Voici ce qu’en disait le Belge G.L. Brahy dans le n° spécial de Demain de janvier
1940 : « En mai 1941, la partie de l’Europe qui va de la Baltique à la Grèce se trouve placée
sous des influences assez explosives. Faudrait-il envisager l’idée d’un coup de force qui
trancherait une fois pour toutes le nœud gordien ? (…). Tout semble faire prévoir un événement
de nature brutale (…). Quoi qu’il en soit, attendons-nous pour le printemps 1941 – nous ne
disons évidemment pas : pour le 11 mai 1941 – à un événement important, événement
entraînant des effets d’une telle ampleur qu’il influencerait à lui seul plusieurs années de la
période 1940-1950 ». Cela ne vaut-il pas un coup de chapeau ?

Il n’est pas obligatoire qu’une doriphorie doive se


présenter automatiquement à tout tournant historique.
Ainsi, de même qu’au 4 octobre 1957 où l’homme rompit
son cordon ombilical le reliant à sa Terre-mère, avec le
lancement dans l’espace de Spoutnik 1, une triple
conjonction Soleil-Mars-Jupiter, de nature herculéenne,
collectait les sextils d’un trigone Saturne-Uranus créateur
technologique, semblablement, une figure triangulaire
positive du même ordre accompagnait, le 20 juillet 1969,
la prouesse unique d’Apollo 11, où l’homme posait ses
premiers pas sur notre satellite. A grand renfort, cette
fois, d’un trigone de deux conjonctions aux sextils
convergeant sur un quatuor astral, où, en compagnie
longitudinale de Pluton, une toute fraîche conjonction
Jupiter-Uranus du jour même, aux vertus prométhéennes,
coiffait le passage du croissant lunaire du moment au 0° de déclinaison Nord !.

Ne serait-il pas temps, pour les astrophysiciens d’aujourd’hui, d’examiner plus attentivement
cette question des alignements planétaires ? Il y a tout juste un siècle, en 1910, « Extrait des
Mémoires de la Société nationale des Sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg,
Tome XXXVII), paraissait une plaquette : « Origine planétaire des perturbations solaires », de
Albert Nodon, président de la Société astronomique de Bordeaux.
Ce devait être, en France, suivi notamment par l’intérêt porté au sujet de la
revue Cosmobiologie des années trente, le début de recherches effectuées dans le milieu
astrophysique sur les répercutions sur la Terre de cette répartition des planètes autour du
Soleil. Mais leur aboutissement ne doit-il pas conduire à une reconsidération ipso facto du
discours astrologique, au moins sur ce terrain mondial ?

Il ne faut pas trop s’y méprendre. Si le pouvoir prévisionnel actuel des astrologues laisse
encore beaucoup à désirer, au point qu’on puisse se permettre de le mépriser, les moyens
qu’ont ceux-ci à leur disposition n’en sont pas moins précieux, d’une richesse insoupçonnée ,
car leur verbe est celui d’un langage astral au pur message symbolique, celui de la Nature,
encore si peu écouté. Cette seule petite figure doriphorique occasionnelle, dans sa simplicité
même, n’est-elle pas parlante ?

Il s’agit de la configuration du Pacte Atlantique. Groupant douze pays rassemblés dans une
politique commune face au bloc soviétique, ce pacte est signé le 4 avril 1949. Ce jour là, le
Soleil, Mercure, Vénus et Mars forment une conjonction commune, expressive de sa réunion
d’Etats ; et son amas se pointe à l’opposition de Neptune, ainsi qu’au sesqui-carré (145°) de
Saturne ; impliquant donc le cycle Saturne-Neptune, présentement en dissonance de semi-
carré (45°) ; temps de crise du cycle concernant précisément l’Union Soviétique,. Ce qui, pour
l’essentiel, accrédite cette interprétation est la série historique des conjonctions de ces deux
planètes tous les 36 ans : 1847 (naissance du marxisme), 1882 (naissance du parti marxiste en
Russie), 1917 (prise du pouvoir à la Révolution d’octobre), 1953 (mort de Staline) et 1989 (chute
du mur de Berlin et sa suite avec la disparition de l’URSS) ! Corrélations d’autant plus
respectables que les deux dernières échéances ont fait l’objet de prévisions réalisées (pour
1953, un trimestre avant l’événement et pour 1989, 36 ans à l’avance et répétée
périodiquement).. De même, maintenant, dans le cadre d’un n° spécial 92 de l’astrologue, daté
de 1990, l’annonce faite d’une « première crise mondiale en 2010 » : formulation d’un grand
alignement où Saturne est en face d’une conjonction Jupiter-Uranus, ,une grande crise
économique, expression du cycle de Kondratiev, y étant annoncée avec une opposition
saturno-uranienne (déjà commencée, précisément, à l’automne 2008), ainsi qu’une crise
européenne aiguë avec l’opposition Jupiter-Saturne, arrivant en orbe...
Il n’est pas douteux que les milieux officiels actuels soient encore loin de faire le saut dans
l’intégration de l’art d’Uranie : n’empêche, celui-ci a la ressource de patienter en attendant
l’heure de sa reconnaissance qui viendra tôt ou tard – la nouvelle crise mondiale de 2020 qui
nous attend avec la venue de la triple conjonction Jupiter-Saturne-Pluton, ne va-t-elle pas enfin
secouer les esprits ? – et en parfaite tenue d’ avant-garde anticipatrice compensant une
gigantesque lacune de la connaissance du monde !

Paris, le 14 février 2010.

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