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CHAPITRE 13 : Les oscillateurs

Introduction :

De manière générale, un oscillateur est un dispositif (mécanique, optique ou électronique) qui,


suite à une perturbation extérieure, génère un signal de sortie périodique.

Exemple : le larsen en acoustique

Suite à une perturbation acoustique


extérieure captée par le microphone, un
signal électrique est transmis à la chaîne
Ampli
audio (amplificateur).
.

Le haut parleur est alors alimenté et vibre en émettant des ondes sonores. L’onde ainsi émise
va alors exciter le microphone et le même signal électrique sera réinjecté dans la boucle. Le
signal est autoentretenu et fonctionne sans consigne extérieure : c’est le larsen

En électronique, on distingue deux grands types d’oscillateurs :


- les oscillateurs quasi-sinusoïdaux qui génèrent des sinusoïdes presque parfaites
- les oscillateurs de relaxations où le système bascule de manière périodique entre deux
états (par exemple un condensateur qui se charge et se décharge de manière
périodique)

Expérience de cours :

Cette expérience met en


évidence que les propriétés
magnétiques d’un corps
ferromagnétique sont fonction
de la température.
Quand la température du clou
dépasse un seuil (température
de Curie) alors le clou perd ses
propriétés de matériau
ferromagnétique et n’est plus
attiré par l’aimant.

Les oscillateurs sont très largement utilisés en électronique:

- dans les systèmes de télécommunication où ils servent à l’émission et à la réception


- dans les horloges pour les CAN, CNA, microcontrôleur…

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I- Les Oscillateurs quasi sinusoïdaux :

Avant tout calcul, on peut comprendre qualitativement la structure d’un oscillateur. Si on veut
avoir, sans entrée, une sortie non nulle, on comprend alors qu’il faut au moins un système
amplificateur. Ce système amplificateur va traiter le bruit ou micro tensions inévitables en
entrée. Puis, dans le chaîne de retour, un filtre passe bande permettra de sélectionner une
harmonique parmi l’ensemble des fréquences présentent dans le bruit de départ. On obtient
alors une sinusoïde et donc un oscillateur :

bruit signal amplifié

f Amplificateur
f

signal filtré

t
signal filtré

f Filtre passe bande


fc

a) oscillateur : cas particulier d’un système bouclé

Considérons le système bouclé suivant où il n’y a pas de consigne:

A( jω)
E nulle + ε = −R S(Sortie)

R(retour)

B ( jω)

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On a vu alors qu’un système qui possède une fonction de transfert en boucle ouverte telle que,
pour une pulsation, ωc on ait : T ( jωc ) = A( jωc ) B( jωc ) = −1 où
G (ωc ) = 20 Log T ( jωc ) = 0
Arg (T ( jωc )) = −π
conduit à un signal sinusoïdal en sortie qui oscille à la pulsation ωc en absence d’un signal en
entrée.

Les oscillateurs ont en générale, la structure suivante :

A( jω)

B ( jω)

Dans ce cas, la représentation en schéma blocs appropriée est la suivante:

A( jω)
E nulle + ε =R S(Sortie)
+

R(retour)

B ( jω)

On montre alors que la condition pour obtenir des oscillations sur la fonction de transfert en
boucle ouverte devient alors :

T ( jωc ) = A( jωc ) B ( jωc ) = 1

On retiendra que pour obtenir une sortie sinusoïdale à la pulsation ωc , il faut ajuster les
fonctions A( jω) et B ( jω) pour que T ( jωc ) = A( jωc ) B ( jωc ) = 1 . Cette relation
conduit à deux conditions sur la fonction de transfert en boucle ouverte :
Re( T ( jωc )) = 1 : relation (1)
Im( T ( jωc )) = 0 : relation ( 2)

La relation (1) va fixer une condition sur les valeurs des composants
La relation (2) va donner l’expression de la fréquence d’oscillation en fonction des
valeurs des composants

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b) Réalisation expérimentale d’un oscillateur

Pour l’instant, la condition T ( jωc ) = A( jωc ) B ( jωc ) = 1 permet d’avoir un système qui
entretien des oscillations. Cependant, expérimentalement cette condition est insuffisante pour
obtenir un oscillateur. En effet, il faut dans un premier temps un système qui amorce les
oscillations et qui présente donc une amplification telle que : T ( jωc ) = A( jωc ) B ( jωc ) > 1
Dans ce cas, on obtient un amorçage des oscillations :

Amplificateur
Le bruit en entrée est alors A( jω)
suffisamment amplifié pour
que la boucle génère un signal
périodique. On remarque
cependant que la sinusoïde va
Filtre p. bande
avoir une amplitude qui ne va
B ( jω)
cesser de croître et donc
provoquer la saturation du
système

Cette tension écrêtée est particulièrement observable à la sortie de l’amplificateur. En


revanche, à la sortie du filtre, on obtient un signal qui se rapproche d’avantage d’une
sinusoïde. Cependant le filtrage n’est jamais parfait et il n’est pas possible d’avoir une
sinusoïde parfaite : on parle donc d’oscillateur quasi sinusoïdaux.

Il est possible de proposer des structures qui à la fois amorcent les oscillations et permettent
d’éviter la saturation. Le principe peut être compris à l’aide du schéma suivant :

Contrôle
automatique du
gain

Amplificateur
A( jω)

Filtre p. Basse
B ( jω)

L’amplification est contrôlée par un contrôle automatique du gain (C.A.G.) qui permet de
diminuer l’amplification quand la tension de sortie augmente. On réussit donc à amorcer les
oscillations mais aussi à limiter l’amplitude du signal.

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A noter également, qu’en générale l’amplification A( jω) est réelle et réalisée par un
montage à A.O ou à transistor. La contribution sur la phase de l’ampli est donc nulle en
théorie. Cependant l’AO et le transistor ont un comportement qui varie avec la fréquence et
une contribution de l’amplificateur sur la phase de la fonction de transfert peut être
observable. Cet écart au modèle idéal entraîne alors un décalage de la fréquence d’oscillation.
Afin de limiter ce décalage, on montre qu’il faut utiliser un filtre passe bande avec un
coefficient d’amortissement faible.

II- Les oscillateurs de relaxation :

Un oscillateur de relaxation est construit à partir d’un élément pouvant accumuler puis
restituer de l’énergie. La fréquence des oscillations va dépendre du débit de l’élément
d’accumulation. L’amplitude de ces dernières va dépendre des caractéristiques de l’élément
d’accumulation.

a) Exemple du multivibrateur

R2

R1
7

3 5
+ OS 2
V+

6 V s
0 OU T
V c 2 1
- OS 1
V-

C
R
I
4

On admettra que la rétroaction positive l’emporte et que le fonctionnement de l’AO est bien
saturé.
On peut écrire une loi des mailles avec :

Vs = Vc + RI
dVc
Vs = Vc + RC
dt
dVc Vc Vs
+ =
dt RC RC
dVc Vc Vs
+ = avec : τ = RC
dt τ τ

On a donc une tension Vc qui va posséder des variations exponentielles qui seront croissantes
quand Vs = Vsat et décroissantes quand Vs = -Vsat

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Deux cas sont alors on remarquer :

ε >0 ε <0
+ −
V >V V + <V −
R1 R1
Vsat > Vc − Vsat < Vc
R 2 + R1 R 2 + R1
Avec : Vc (t ) = A exp( −t / τ ) +Vsat Avec : Vc (t ) = A' exp( −t / τ ) −Vsat

Le condensateur se charge Le condensateur se décharge

On peut alors tracer : On peut alors tracer :

Vs Vs

Vc
Vc
R1 R1
Vsat − Vsat
R1 + R 2 R1 + R 2

On obtient donc au final :

Vs

R1 R1
− Vsat Vsat Vc
R1 + R 2 R1 + R 2

On remarque donc qu’une tension Vc trop positive ou trop négative entraîne un basculement
de la sortie et donc un changement de signe dans l’évolution de Vc.

On a donc une alternance de charge et de décharge du condensateur et on comprend alors que


la tension aux bornes du condensateur ait les variations suivantes :

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Vc(t)
Vs

R1
Vsat
R1 + R 2

t
T/2 T
R1
− Vsat
R1 + R 2

On peut alors trouver la période car :


R1
Vc (0) = − Vsat = A exp( −t / τ ) +Vsat
R1 + R 2
R1 2 R1 + R 2
d ' où : A = −Vsat (1 + ) = −Vsat ( )
R1 + R 2 R1 + R 2
2 R1 + R 2
Alors : Vc (t ) = −Vsat ( ) exp( −t / τ ) +Vsat
R1 + R 2
R1
Avec : Vc (T / 2) = Vsat
R1 + R 2
2 R1 + R 2
etVc (T / 2) = −Vsat ( ) exp( −T / 2τ ) +Vsat
R1 + R 2
R1 2 R1 + R 2
donc : = −( ) exp( −T / 2τ ) +1
R1 + R 2 R1 + R 2
− R2 2 R1 + R 2
et : = −( ) exp( −T / 2τ )
R1 + R 2 R1 + R 2
R2
= exp( −T / 2τ )
2 R1 + R 2
2 R1 + R 2
T = 2 RCLn ( )
R2

b) Exemple plus complexe : oscillateur contrôlé en tension :

On considère le circuit suivant :

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L’interrupteur est réalisé avec un transistor MOSFET de type N et est donc passant quand Vs
est positif.

Le principe de ce montage est le suivant :

- K est ouvert : Vs = - Vsat et u > -Vsat/2

R/2 Vo Vo − Vo / 3 d (Vo / 3 − u )
Dans ce cas on a : V + = Vo = ; ic = =C
R+R/2 3 2 Ro dt
du Vo
On a alors : =−
dt 3RoC

- K est fermé : Vs = Vsat et u < Vsat/2

Vo Vo du
Dans ce cas on a : V + = ; ic = − = −C
3 3Ro dt
du Vo
On a alors : =
dt 3RoC

L’AO de sortie est utilisé en comparateur à hystérésis


Vs

u
-Vsat/2 Vsat/2

On obtient alors u(t) :

u(t),Vs

+Vsat/2

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t
T/2 T

-Vsat/2

Sur la première demi période u(t) est donc donnée par :

Vo
u (t ) = − t + Vsat / 2
3RoC
d ' où :
Vo
u (T / 2) = −V sat / 2 = − T / 2 + Vsat / 2
3RoC
6 RoCV sat
T =
Vo
Vo
f =
6 RoCV sat

On obtient bien une fréquence dont la valeur est déterminée par la tension Vo

rq : Quelle condition doit-on respecter vis à vis du slew rate pour que les signaux aient
toujours l’apparence de créneaux ? Que risque-t-on d’observer si on utilise un amplificateur
opérationnel polarisé entre –15V et +15Vde slew rate 10V/µs et que l’on cherche à fabriquer
des créneaux de période voisine ou inférieure à 6 µs ?

La vitesse de variation étant limitée, la tension de sortie possèdera un temps de changement


d’état de 3 µs. Ainsi, si la période vaut moins de 6 µs alors le signal carré aura l’allure d’un
signal triangle.

Conclusion :

- Pour les oscillateurs quasi sinusoïdaux :

On retiendra que pour obtenir une sortie sinusoïdale à la pulsation ωc , il faut ajuster les
fonctions A( jω) et B ( jω) pour que T ( jωc ) = A( jωc ) B ( jωc ) = 1 . Cette relation

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conduit à deux conditions sur la fonction de transfert en boucle ouverte :
Re( T ( jωc )) = 1 : relation (1)
Im( T ( jωc )) = 0 : relation ( 2)

La relation (1) va fixer une condition sur les valeurs des composants
La relation (2) va donner l’expression de la fréquence d’oscillation en fonction des
valeurs des composants

Il faut également ne pas oublier que pour amorcer les oscillations il faut
expérimentalement avoir T ( jωc ) = A( jωc ) B ( jωc ) > 1
A noter que pour limiter la saturation ainsi occasionnée, on utilise des CAG.

- pour les oscillateurs de relaxation :

En générale, il utilise des comparateurs à seuils qu’il faut étudier afin de comprendre les
basculement et changement d‘états. Leur principal inconvénient vient de leur fréquence
d’oscillation qui n’est pas très stable (c’est pourquoi on leur préfère souvent les
oscillateurs à quartz dans des systèmes bouclés).

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