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INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUEES DE TOULOUSE

4 ème Année IR

CANAUX DE TRANSMISSIONS BRUITES

SUPPORT DE COURS ENONCE DE TRAVAUX DIRIGES

Alexandre Boyer alexandre.boyer@insa-toulouse.fr http://lesia.insa-toulouse.fr/~a_boyer

Canaux de transmissions bruités

Septembre 2011

TABLE DES MATIERES

Introduction

3

A. Caractéristiques des canaux de transmission

6

B. Le bruit et son effet sur les communications numériques

16

C. Effet du canal sur le débit d’une transmission numérique

39

D. Impact du bruit sur un signal modulé

54

E. Techniques de fiabilisation d’un canal de transmission par codage de canal

68

F. Techniques de fiabilisation d’un canal de transmission sur la couche physique

77

G.

Régénération d’un signal

88

Conclusion - Planification d’une transmission numérique

98

Références

100

Annexe A – Rappel sur les unités

101

Annexe B – Produits d’intermodulation pour une non-linéarité d’ordre 3

103

Annexe C – Spectre d’un signal numérique

106

Annexe D – Démonstration du premier critère de Nyquist et Bande passante de

Nyquist

112

Annexe E – Filtre en cosinus surélevé

114

Annexe F – Fonction d’erreur de Gauss complémentaire ERFC

117

Annexe G – Glossaire

119

Travaux Dirigés

120

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Introduction

Le rôle d’un système de télécommunications est de transmettre à distance des informations d’un émetteur à un ou plusieurs récepteurs au travers d’un canal de manière fiable et à coût réduit. Dans un système de transmission numérique, une suite finie de symboles représente l’information. Celle-ci est transmise sur le canal de transmission par un signal « réel » ou analogique. Ce signal peut prendre une infinité de valeurs différentes et est ainsi soumis à différentes formes de perturbations et d’interférences, pouvant conduire à des erreurs d’interprétations du signal recueilli par le récepteur. Le rôle de l’ingénieur en télécommunications est donc de s’assurer que le récepteur pourra recevoir le message émis par l’émetteur sans aucune erreur, par un dimensionnement judicieux du canal de transmission et par la mise en place de techniques le rendant plus robuste.

Rappel historique :

La figure 1 présente un historique de l’évolution des techniques de télécommunications. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les premiers systèmes de télécommunications à être apparus étaient numériques. Il s’agissait des télégraphes optiques de Chappe (1794) et électriques de Morse (1832), dans lesquels l’information était représentée par des impulsions lumineuses ou électriques. C’est ensuite le téléphone de Bell (1876) et les transmissions radio de Marconi (1896) qui ont ouvert l’ère des communications analogiques. Ainsi, les premiers systèmes radio mobiles étaient analogiques. Les premières bases théoriques des communications numériques datent de 1948 (Shannon), mais le numérique est finalement apparu à la fin des années 70 avec des applications telles que le CD audio, les ordinateurs personnels, les GSM… Ces dernières années ont vu une véritable explosion des systèmes et des normes de communication, principalement sans fils. Bien que les premières transmissions radio datent de plus d’un siècle, les systèmes de communication sont restés principalement filaires. Une des principales difficultés était liée aux propriétés non stationnaires du canal radio. Un signal peut suivre plusieurs chemins pour arriver à un récepteur donné, ce qui peut conduire à distordre très fortement le signal reçu. Ainsi, le canal de transmission radio a un impact néfaste sur la qualité du signal transmis. Il est donc essentiel de mettre en place des circuits et des algorithmes permettant de fiabiliser la transmission. Néanmoins, même si des ingénieurs et des chercheurs avaient déjà imaginé des solutions, leur mise en œuvre était difficile voire impossible faute de technologies suffisamment performantes sur lesquels elles pouvaient être implantées. Le « boom » de l’industrie de la microélectronique à partir des années 70 et à l’évolution constante des performances des circuits intégrés a rendu possible le développement récent des systèmes de télécommunications.

1832 - invention du télégraphe 1950 – 1st service de radiotéléphonie 1987 - standard GSM
1832 - invention
du télégraphe
1950 – 1st service de
radiotéléphonie
1987 - standard
GSM
2008 – DVB-H
en France
1876 - invention
du téléphone
1948 – Travaux de
C. Shannon
1978 - Advanced
Mobile Phone
Service
2002 - déploiement
du 1 e réseau UMTS
2010 – Déploiement
3.9G LTE
1860 - 1e liaison
télégraphique
transatlantique
1896 - 1e liaison
radio
1956 - 1e liaison
téléphonique
transatlantique
1983 - protocole
TCP-IP
2005 -standard
Wimax

Fig. 1 - Historique des techniques de télécommunications

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Analogique vs numérique :

signaux

numériques présentent certains avantages par rapport aux signaux analogiques. Le principal

avantage est la vulnérabilité moindre du signal

aux

perturbations extérieures par rapport à un signal

analogique. En effet, il est plus difficile d’entraîner la modification d’un bit dans un signal numérique que de perturber sérieusement un signal analogique de quelques dizaines de millivolts. Le deuxième

numérique

Les

Fig. 2 – Télégraphe de Morse Fig. 3 - Téléphone de Bell Fig. 4 –
Fig. 2 – Télégraphe de Morse Fig. 3 - Téléphone de Bell Fig. 4 –

Fig. 2 – Télégraphe de Morse

Fig. 3 - Téléphone de Bell

Fig. 2 – Télégraphe de Morse Fig. 3 - Téléphone de Bell Fig. 4 – Radio
Fig. 2 – Télégraphe de Morse Fig. 3 - Téléphone de Bell Fig. 4 – Radio

Fig. 4 – Radio de Marconi

Fig. 5 – Claude Shannon

avantage est qu’il est possible de manipuler un signal numérique et de le soumettre à différents traitements (image, son, vidéo….). Celui-ci peut être compressé pour améliorer le débit d’informations, des codes détecteurs ou correcteurs d’erreur peuvent lui être ajoutés, le rendant plus robuste aux perturbations extérieures.

Néanmoins, la mise au point d’un système numérique est plus complexe que celle d’un système analogique au point de vue systèmes électroniques mais aussi au niveau des algorithmes à développer. La complexité se traduit aussi en terme de coût. L’avènement des systèmes numériques s’est ainsi fait en parallèle de celle de l’évolution des circuits intégrés.

Problématique du cours de canaux de transmission bruités

Le rôle de tout système de communication est d’assurer que le récepteur comprenne l’intégralité des messages transmis par l’émetteur, quel que soit la compression, le format ou le type des données, mais aussi les perturbations induites sur le canal de transmission et son effet parasite. La figure 6 présente un schéma général un canal de transmission.

Filtre Support de Filtre Décision source émetteur transmission récepteur 10011… E(t) R(t) échantillonneur
Filtre
Support de
Filtre
Décision
source
émetteur
transmission
récepteur
10011…
E(t)
R(t)
échantillonneur
BRUIT
Canal de transmission

0 ou 1 ?

Fig. 6 - Schéma d’un canal de transmission numérique

Le transfert de l’information nécessite une source de données, traduites dans un système compréhensible par l’émetteur et le récepteur (codage, format, compression préalablement définis). Le canal proprement dit représente le lien ou le support de transport de l’information entre les 2 entités communicantes, mais il comprend aussi les dispositifs en entrée et en sortie du support de transmission qui vont aider à l‘émission, à la réception et à l’extraction correcte des données numériques. Pour envoyer le signal à travers le canal, la source a besoin d’un système d’adaptation (physique pour mettre en forme le signal, logiciel pour le protocole de dialogue). Le signal peut être directement

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transmis à travers le canal, la transmission se fait alors sur la même bande de fréquence que le signal à transmettre. On parle alors de transmission en bande de base. Néanmoins, ce type de transmission est rarement réalisé en pratique, notamment pour les transmissions radio. Le signal est alors transmis hors de la bande de base, une modulation permet de transposer le signal en bande de base à des bandes de fréquence bien plus hautes présentant des caractéristiques bien meilleures et permettant un partage du canal radiofréquence entre tous les systèmes de télécommunications. Une fois le signal transmis, le récepteur récupère à l’autre bout du canal un signal perturbé, déformé et affaibli. De ce signal, il doit extraire l’information numérique originale sans erreur. Un filtrage permet de compenser les effets néfastes du support de transmission. Puisqu’il s’agit d’information numérique et synchrone, le récepteur doit être capable de récupérer l’horloge sur laquelle les bits émis étaient initialement synchronisés. Une fois que le récepteur a reconstruit un signal numérique « propre », il doit l’interpréter et décider de la valeur prise par signal à chaque période.

Néanmoins, le signal transmis est soumis à de nombreuses perturbations externes et internes au canal de transmission. Dans un premier temps, le bruit ambiant peut perturber les communications numériques, en dégradant l’amplitude des symboles reçus ce qui augmente le risque d’erreur d’identification de ces symboles. Des techniques de traitement du signal, de codage et de modulation ont été développées ces dernières années pour améliorer la robustesse des liaisons vis-à-vis du bruit. Néanmoins, le bruit n’est pas la seule source de perturbations, la fonction de transfert du canal introduit une distorsion au signal lors de sa propagation. De plus, dans le cas de communications numériques, l’aspect multi utilisateur doit être pris en compte car le canal de transmission est partagé et des interférences sont à craindre. Par conséquent, les performances des systèmes de communication dépendent des caractéristiques du canal de propagation. En outre, les caractéristiques temporelles du canal tendent à étaler le temps de transmission d’un symbole, augmentant le risque de chevauchement de plusieurs symboles adjacents et limitant le débit de transmission admissible sur ce canal. La tache délicate de l’ingénieur en télécommunication est de trouver des solutions en terme de format de modulation et codage de l’information, pour optimiser ces performances, et donc pour diminuer à la réception la probabilité d’erreur lors de la décision sur les symboles reçus. Le but de ce cours est de présenter l’origine de toutes les perturbations pouvant affecter la transmission d’un signal entre un émetteur et un récepteur, de déterminer dans quelles conditions un canal va assurer correctement la transmission, et de proposer différentes techniques qui vont permettre de réduire la probabilité d’apparition d’erreurs. Dans ce cours, nous nous intéresserons principalement aux transmissions numériques puisque celles-ci sont majoritairement employées dans les standards de communication. Les objectifs de ce cours sont les suivants :

Présenter l’architecture générale d’un canal de transmission ainsi que les différents types de

canaux et leurs caractéristiques. Présenter l’origine du bruit et son effet sur l’identification des symboles transmis (établir

pour un signal binaire le lien entre le rapport signal à bruit et le taux d’erreur binaire). Présenter les caractéristiques temporelles d’un canal et les limitations posées en terme de

débit de données transférées sur le canal. Définir la capacité d’un canal de transmission, qui caractérise le débit binaire maximum

théorique sans erreur. Déterminer la robustesse au bruit de signaux numériques modulés.

Décrire des techniques de fiabilisation de la transmission d’un signal par codage de canal,

filtrage, mise en forme … Décrire des techniques de régénération du signal.

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A. Caractéristiques des canaux de transmission

Dans ce chapitre, nous allons dans un premier temps présenter l’architecture générale d’un canal de transmission numérique et décrire brièvement les différents blocs le constituant. Dans un deuxième temps, nous décrirons les principaux supports de transmissions numériques employés de nos jours ainsi que leurs principales caractéristiques.

I. Architecture général d’un canal de transmission

Les systèmes de télécommunication numérique sont basés sur l’architecture présentée à la figure 7. La source primaire d’information peut être soit de type analogique qu’on numérise ensuite (ex. de la voix pour un téléphone mobile) soit directement de type numérique. L’information analogique est ensuite échantillonnée et numérisée à travers un étage de conversion analogique numérique. La taille du message binaire original ainsi produit est en général très importante et contient en outre un grand nombre de redondance. Il subit alors un codage de source, qui a pour but de le mettre dans un format standard d’échange et de réduire sa taille (compression). Le codage source peut aussi comporter une étape de cryptage dans le cas où l’on souhaite sécuriser le transfert des données et leur archivage.

Préparation à la transmission Reconstitution de la source Source Source Destinataire Destinataire analogique
Préparation à la transmission
Reconstitution de la source
Source
Source
Destinataire
Destinataire
analogique
numérique
numérique
analogique
Numérisation source
Conversion N/A
Codage source
Décompression source
Cryptage
Décryptage
Transmission
Réception
Codage de canal
Décodage de canal
BRUIT
Réception =
Reconstruction
Modulation
Démodulation
du signal
Accès multiple. Mise
sur porteuse.
Amplification
canalcanal
Filtrage. Mise en bande
de base. Amplification
faible bruit

Fig. 7 – Architecture général d’un canal de transmission

Un canal de transmission ne se limite pas seulement au support physique du transfert de l’information. Il comprend aussi les dispositifs qui permettent d’adapter le signal à transmettre au canal et de minimiser les erreurs de réception. Ces étapes peuvent être réalisées bien en amont de la transmission proprement dite. La première étape est le codage de canal, qui consiste à ajouter

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volontairement de la redondance au signal afin de le protéger contre les différentes perturbations. On retrouve par exemple l’ajout de codes détecteurs ou correcteurs d’erreurs. Le codage de canal est réalisé uniquement en bande de base. Une fois que ces symboles ont été ajoutés au signal numérique, celui-ci est modulé afin de transformer le signal informatif en un signal physique capable de transiter sur le canal de transmission utilisé. Le signal est alors transposé de sa bande de base à une bande de fréquence bien plus haute. La technique de modulation est choisie en fonction de la nature du canal, de son utilisation et du débit. Des techniques d’accès multiples ou de multiplexage peuvent être employées afin de partager un même canal entre différents utilisateurs et d’optimiser son utilisation, mais aussi de réduire l’influence des parasites. Suivant la technique employée, le multiplexage peut être effectué dans ou hors bande de base.

Une fois le signal à émettre mis en forme (modulé, filtré, amplifié), il peut être transmis à travers le canal de transmission. A travers ce cours, on supposera que le signal émis est vierge de tout parasite puisque toutes les précautions ont été prises afin d’assurer la qualité du signal émis. Le passage de l’information à travers le canal est critique. Le signal subit l’atténuation et les déformations inhérentes au canal ainsi que les différentes perturbations extérieures qui se couplent sur le canal. Le canal n’est pas le seul responsable de l’ajout de bruit au signal utile puisque l’ensemble des circuits de réception et de régénération du signal ajoute une part non négligeable de bruit. En outre, le bruit n’est pas le seul problème. Le canal présente certains défauts intrinsèques (inertie aux changements temporels, atténuation, …) qui limite la quantité d’information qu’on peut faire passer à travers le canal. A partir de la théorie de l’information (chapitre C), il est possible de prédire les performances limites théoriques d’un canal de transmission. Le récepteur reçoit le plus souvent un signal faible, bruité et distordu qu’il va falloir reconstruire avant de l’interpréter. La première étape de la réception consiste à filtrer le signal et à l’amplifier afin de l’extraire du bruit ambiant et des interférences. Une étape de démodulation suit afin d’extraire le signal utile et de le ramener en bande de base. Différentes étapes de régénération permettent ensuite de reformer un signal numérique d’une qualité suffisante pour être traité par un circuit électronique. L’opération de décodage de canal suit, afin de vérifier que le signal reçu n’est pas erroné et enlever l’ensemble des symboles rajoutés lors du codage du canal. En cas de détection d’erreur, des demandes de retransmission peuvent être prévues suivant le protocole employé. Le signal numérique qu’on cherchait à transmettre peut enfin être envoyé au destinataire. Si la qualité du canal et les techniques de fiabilisation de la transmission étaient suffisants, le destinataire ne devrait faire aucune erreur d’interprétation et retrouver le signal original.

Exercice - Etat de l’art technologique : la figure ci-dessous présente l’intérieur d’un téléphone portable et un schéma bloc simplifié. Déterminer dans quels blocs sont réalisées les opérations décrites à la figure 7.

Réponse :

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Canaux de transmissions bruités Septembre 2011 ♪ ♪ Mémoires Microprocesseur BaseBand Analog I CNA Codage

Mémoires Microprocesseur BaseBand Analog I CNA Codage Codage Transmetteur Filtre CAN Mod. PA voix canal
Mémoires
Microprocesseur
BaseBand Analog
I
CNA
Codage
Codage
Transmetteur
Filtre
CAN
Mod.
PA
voix
canal
RF
Q
CNA
BaseBand
Transceiver
DSP
RF & IF
Analog
Antenne
I
CAN
Décodage
Décodage
Récepteur
Filtre
CNA
Egal.
voix
canal
Q
RF
CAN

Fig. 8 - Téléphone cellulaire éclaté et schéma bloc

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II. Les différents types de canaux de transmission

Une transmission d’information se fait toujours à distance, un support physique assure le lien entre la source et le destinataire. Dans cette partie, nous allons présenter les principaux supports couramment utilisés comme média de transmission.

1. Communication électrique filaire

L’information est véhiculée par un « signal électrique », c’est à dire une onde électromagnétique se propageant à travers un câble métallique. On trouve deux catégories de lignes de transmission utilisées en télécommunications :

lignes de transmission utilisées en télécommunications : câble bifilaire, de bande passante faible et réservé pour

câble bifilaire, de bande passante faible et réservé pour les transmissions à bas débit (inférieur à 2 Mbits/s pour le réseau téléphonique). Il s’agit le plus souvent de paires bifilaires torsadées afin de réduire la surface de couplage aux perturbations extérieures. câble coaxial, de bande passante plus importante et qui permet de réaliser des transmissions avec un débit relativement élevé (jusqu'à 565 Mbits/s sur le réseau téléphonique). Le câble coaxial est notamment utilisé pour connecter les centraux téléphoniques entre lesquels transite un grand nombre de communications. Son avantage par rapport au câble bifilaire est d’être blindé, réduisant ainsi le couplage des perturbations électromagnétiques, et de présenter un milieu de propagation quasi uniforme le long de la ligne. La principale caractéristique d’un câble est son impédance caractéristique. Celle-ci est définie par les dimensions géométriques de la ligne et le milieu de propagation de l’onde électromagnétique le long de la ligne (constante diélectrique de l’isolant). Cette impédance ne représente pas une impédance au sens classique électrique du terme, il s’agit en fait du rapport du champ électrique sur le champ magnétique de l’onde se propageant dans le câble (équation 1). La valeur de l’impédance caractéristique d’un câble dépend de ses caractéristiques géométriques et du milieu de propagation (permittivité diélectrique de l’isolant séparant les deux conducteurs du câble).

de l’isolant séparant les deux conducteurs du câble). Z c ( ) = E ( V

Z

c

(

)

=

E

(

V / m

)

H

(A / m)

(Équation 1)

La connaissance de l’impédance caractéristique est fondamentale car elle va permettre de déterminer la valeur optimale à donner à la charge terminale Z load de la ligne pour assurer la meilleure

transmission du signal. Une ligne est dite adaptée si on vérifie l’égalité suivante :

cas d’une ligne adaptée, toute l’énergie de l’onde incidente est fournie à la charge terminale. Par contre, toute rupture d’impédance conduit à la réflexion d’une partie de l’onde incidente, à la manière d’un changement de milieu pour une onde lumineuse. L’amplitude de cette onde réfléchie est d’autant plus grande que la désadaptation est importante, comme le montre l’équation 2:

. Dans le

Z

c

= Z

load

=

V

refl

Z

load

Z

C

=

V

inc

Z

load

+

Z

C

(Équation 2)

Γ est le coefficient de réflexion, V inc et V refl l’amplitude en tension des ondes incidentes et réfléchies. L’onde présente le long de la ligne de transmission est la combinaison des ondes incidentes et réfléchies. Que se passe t-il alors si la condition d’adaptation n’est pas respectée ? Pour répondre à cette question, il faut considérer les effets liés à la propagation de l’onde électromagnétique le long du câble, qui vont dépendre du rapport entre la longueur du câble et la longueur d’onde du signal transmis. La longueur d’onde dans le vide d’une onde est liée à sa fréquence par l’équation suivante, où c est la vitesse de la lumière (3.10 8 m/s) :

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=

c

f

(Équation 3)

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Pour de faibles fréquences, la longueur d’onde est largement plus grande que la longueur de la ligne de transmission, l’onde est quasiment constante en tout point de la ligne, quel que soit l’impédance de charge (fig. 9). Par contre, si la longueur d’onde devient inférieure à la longueur de la ligne, l’amplitude de l’onde n’est plus constante le long de la ligne, et présente des minima et maxima régulièrement espacés.

L << λ onde câble Vinc x 0 L
L << λ
onde
câble
Vinc
x
0
L

L’amplitude de l’onde est quasi constante sur toute la ligne

L >> λ onde câble Vinc x 0 L
L >> λ
onde
câble
Vinc
x
0
L

L’amplitude de l’onde n’est pas constante le long de la ligne

Fig. 9 – Propagation d’une onde le long d’une ligne de transmission en fonction de sa longueur d’onde

Si l’adaptation de la ligne n’est pas assurée à chacun de ses terminaux, l’onde va être réfléchie plusieurs fois sur chacun des terminaux, faisant osciller la tension aux bornes de la charge (ringing) comme le montre la figure 10. Les effets sur le signal peuvent être :

Un retard à l’établissement du signal

Des surtensions, sous-tensions et des oscillations pouvant conduire à des erreurs d’interprétation des signaux reçus.

Vin

Câble d’impédance

caractéristique Zc

Vincident

Iin

Câble d’impédance caractéristique Zc V incident I in x x=0 Vin Vréfléchi temps Si Zload ≠
x x=0 Vin Vréfléchi
x
x=0
Vin
Vréfléchi
caractéristique Zc V incident I in x x=0 Vin Vréfléchi temps Si Zload ≠ Zc V
caractéristique Zc V incident I in x x=0 Vin Vréfléchi temps Si Zload ≠ Zc V

temps

Si Zload

Zc

I in x x=0 Vin Vréfléchi temps Si Zload ≠ Zc V load Vload temps Fig.

Vload

Vload

x x=0 Vin Vréfléchi temps Si Zload ≠ Zc V load Vload temps Fig. 10 -

temps

Fig. 10 - Effet de la désadaptation d’impédance sur le signal transmis

Exercice – Problème d’adaptation de ligne : soit un câble téléphonique de 1 mètre utilisé pour transmettre un signal binaire de fréquence F. A partir de quelle fréquence F faut-il prendre en compte les effets de propagation de l’onde électromagnétique.

Réponse :

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Un autre paramètre essentiel est l’atténuation du câble liée aux différentes pertes (ex : les pertes dans le diélectrique). Cette atténuation augmente en général avec la fréquence. Un câble coaxial standard présente des pertes typiques de 0.3 dB/m à 100 MHz et 1 dB/m à 1 GHz. Cette atténuation limite l’utilisation de communications filaires pour de longues distances.

2. Communication optique filaire

Les fibres optiques sont des guides pour les ondes électromagnétiques dont les fréquences sont de l’ordre du spectre visible. La lumière est guidée le long d’une fibre par réflexions multiples. La figure 11 décrit la structure d’une fibre optique ainsi que le principe de la propagation de la lumière le long de la fibre. Les 2 principaux avantages des fibres optiques sont leurs bandes passantes très élevées (plusieurs dizaines de Gbits/s, voire quelques térabits/s) ainsi que leurs faibles atténuations (0.2 dB/km pour une longueur d’onde de 1550 nm). Théoriquement, les débits dans les fibres optiques devraient être infinis, mais ils sont principalement limités par les composants électroniques des étages de transmission et de réception. En outre, contrairement aux communications filaires et radioélectriques, les fibres optiques sont insensibles aux perturbations électromagnétiques externes puisque ces dernières ne peuvent s’y coupler. Inversement, le signal guidé le long de la ligne ne peut sortir que par l’autre bout de la ligne, interdisant toute fuite du signal et assurant une sûreté de transmission très élevée. Elles introduisent très peu de distorsions sur le signal et permettent de réaliser des multiplexages fréquentiels très efficaces. Enfin, elles subissent peu d’échauffement par rapport aux liaisons filaires électriques ce qui améliorent leur fiabilité. Malgré tous ces avantages, les principaux points négatifs concernent la fragilité de fibres et de leurs connecteurs, ainsi que le coût d’installation et d’entretien des réseaux en fibres optiques. Aujourd’hui, la plupart des liaisons transocéaniques sont réalisées par des fibres optiques puisque 80 % des communications longues distances sont effectuées à l’aide des 25 millions de kilomètres de fibres optiques enterrées ou submergées.

de kilomètres de fibres optiques enterrées ou submergées. Propagation du signal Cœur (silice, plastique) Indice de

Propagation du

signal
signal

Cœur (silice, plastique)

Indice de réfraction n2 Indice de réfraction n1
Indice de réfraction n2
Indice de réfraction n1

n1 > n2

Faisceau de

lumière incidente

Gaine « réfléchissante »

10 200 µm

Fig. 11 – Guidage d’un faisceau lumineux par une fibre optique

Le débit record d’une fibre optique a été obtenu par l’opérateur japonais NTT Docomo, avec 1800 Go/s sur une de distance de 160 km.

Question : Soit une fibre optique de 100 km de long présentant une atténuation de 0.2 dB/km. Quelle est la puissance restante du signal reçu ?

Réponse :

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3. Radio communication

Les radiocommunications utilisent la propagation d'une onde électromagnétique dans l'atmosphère. Ce milieu est généralement réservé aux transmissions par satellite ou par faisceaux hertziens ainsi qu'aux communications mobiles. Le dispositif de base pour transmettre ou recevoir un signal à travers le canal radioélectrique ou hertzien est une antenne. Les lois de propagation à travers ce canal sont déterminées par les équations de Maxwell. Les radiocommunications s’étendent sur un spectre très large (de plusieurs KHz à plusieurs GHz). La figure 12 présente l’occupation du spectre radiofréquence.

12 présente l’occupation du spectre radiofréquence. MF HF   VHF   UHF   SHF  

MF

HF

 

VHF

 

UHF

 

SHF

 

EHF

 

0.3-3MHz

3-30MHz

30-300MHz

300-3000MHz

3-30GHz

30-300GHz

     

IEEE

IEEE

 

ILS

802.11b

802.11c

RFID

 

GPS

 

Radio AM

 

Radio

FM

GSM

 

WiMAX

 

Radar

 

Radio OC

CB

TV VHF

TV UHF

DCS

UMTS

auto

  Radio OC C B TV VHF TV UHF DCS UMTS auto

Fréquence (Hz)

100K

1M

10M

100M

1G

10G

100G

Fig. 12 – Occupation du spectre radiofréquence

RFID : 13.56MHz, 27.1MHz Radio FM : 88-108MHz

TV :

470-806MHz

Applications commerciales : 434.3MHz GSM : 890-915MHz (montant), 935-960MHz

(descendant)

174-216MHz,

54-72MHz,

76-88MHz,

DCS : 1800MHz

GPS :

1217.6-1237.6MHz,

1565.4-

1585.4MHz

UMTS : 1920-1980MHz, 2110-2170MHz Wifi - IEEE 802.11b : 2460MHz Wifi - IEEE 802.11c : 60 GHz Bluetooth : 2400MHz WIMAX (IEEE 802.16) : 2-11 GHz

Type

Bande passante

Applications

Paire torsadée

>100KHz

Téléphonie, LAN

Câble coaxial

>100MHz

Télévision, LAN

Fibre optique

>1GHz

LAN, WAN

Faisceaux

Dépend de la fréquence de la porteuse

Télévision, téléphonie

hertziens

mobile, LAN

Satellites

>10MHz

GPS, WAN

Tableau 1 - Les différents supports de transmission et applications

L’avantage des radiocommunications par rapport aux autres supports de communication (fialire, fibre optique) est le faible coût d’installation d’un réseau à grande échelle, puisqu’il ne nécessite pas d’installer des supports physiques entre chaque nœud et terminaux du réseau, il suffit d’installer une antenne. Néanmoins, il présente de nombreux inconvénients. D’abord, il s’agit du mode de transmission le plus soumis aux perturbations extérieures et aux effets néfastes du support de transmission. Par nature, le canal radioélectrique est variable dans le temps, imprédictible et multichemin. Ensuite, les transmissions de données à travers le canal radioélectrique ne peuvent pas être sécurisées et n’importe quelle antenne adaptée à la fréquence de transmission est susceptible de capter le signal. Enfin, le canal radioélectrique subit de très fortes atténuations avec l’éloignement. En

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espace libre (sans obstacles), le modèle de propagation d’une onde ne dépend que de la distance séparant les 2 antennes et de la fréquence. L’équation 4 donne l’expression théorique de l’atténuation de la puissance transportée en espace libre en fonction de la distance et de la fréquence. Néanmoins, dans un environnement réel, le cas idéal de l’espace libre ne peut s’appliquer et on doit utiliser des modèles de propagation plus complexes prenant en compte des réflexions, des diffractions, des diffusions, des atténuations ainsi que la vitesse de déplacement relatif du récepteur par rapport à l’émetteur. De plus, le déplacement du récepteur ou de l’émetteur modifie à chaque instant les caractéristiques du canal de transmission. Enfin, d’autres propriétés peuvent caractériser une antenne, comme sa polarisation. En pratique, des modèles statistiques permettent d’estimer simplement les atténuations en prenant en compte les obstacles dans différents types d’environnement (ville, milieu rural, …). La figure 13 présente les atténuations radio calculées à partir de modèles plus complexes, prenant en compte la nature de l’environnement de propagation (modèle Okumara-Hata ou COST

231).

Atténuation

=

4

d

2

=

4

f

d

c

2

(Équation 4)

d : distance en m séparant l’émetteur du récepteur. Cette équation suppose une propagation sans obstacles.

f : fréquence du signal en Hz λ : longueur d’onde en m.

: fréquence du signal en Hz λ : longueur d’onde en m. Fig. 13 – Atténuation

Fig. 13 – Atténuation d’un signal radiofréquence à 950 MHz pour différents environnements

Question : Un téléphone mobilé GSM émet à pleine puissance (2 W) à une fréquence de 950 MHz. Le seuil de réception de la station de base du réseau téléphonique est de -102 dBmW. Quelle est l’atténuation maximale que peut subir le signal émis par le téléphone. Quelle est la portée théorique de cet émetteur dans l’hypothèse d’un espace libre ? Dans un milieu rural ? Dans un milieu urbain ?

Réponse :

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Septembre 2011

Comme dans une liaison filaire les problèmes d’adaptation d’impédance se posent aussi pour les liaisons radiofréquences, en entrée et en sortie des antennes d’émission et de réception. Pour optimiser le transfert, les liaisons entre l’émetteur-récepteur et l’antenne doivent être adaptées autour de leurs fréquences de résonance. L’impédance caractéristique et la fréquence de résonance d’une antenne sont principalement liées à la géométrie et à la disposition de l’antenne dans son environnement. Cependant, une antenne diffère d’un câble puisque l’onde ne se propage pas le long d’un circuit bien défini mais dans plusieurs directions dans l’espace. Certaines antennes peuvent émettre de manière quasi uniforme dans toutes les directions (on parle d’antenne omnidirectionnelle, comme les antennes fouet), alors que d’autres dans une direction bien précise (antenne directionnelle comme une antenne parabolique). On caractérise cette faculté à concentrer plus ou moins l’émission sur une zone de l’espace par la directivité, ou bien par le gain de l’antenne pour comparer la puissance rayonnée par une antenne donnée dans une direction par rapport à une antenne de référence, le plus souvent omnidirectionnelle. La figure 14 présente un exemple de diagramme de rayonnement d’une antenne. Le choix d’une antenne directive dépend de la couverture désirée de l’espace environnant.

de la couverture désirée de l’espace environnant. Fig. 14 – Diagramme de rayonnement d’une antenne log

Fig. 14 – Diagramme de rayonnement d’une antenne log périodique

4. Comparaison des portées

Les liaisons filaires, optiques et radio subissent des atténuations très différentes. La figure 15 présente une comparaison des atténuations en fonction de la distance séparant l’émetteur du récepteur pour ces 3 types de canaux de transmission. Le canal radio est celui qui présente l’atténuation la plus importante, alors que les fibres optiques constituent le support qui introduit le moins d’atténuation. Néanmoins, les liaisons radiofréquences permettent de construire des réseaux de communication économique et sont les seuls à autoriser la mobilité des émetteurs-récepteurs.

seuls à autoriser la mobilité des émetteurs-récepteurs. Fig. 15 - Comparaison de l’atténuation du signal pour

Fig. 15 - Comparaison de l’atténuation du signal pour différents supports de communication

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5. Autres supports de transmission d’information

D’autres supports de transmission existent comme les supports de stockage que sont les CD, les DVD ou les disques durs. Ils représentent eux aussi des moyens de transfert d’information et sont aussi soumis à des contraintes spécifiques en terme de taux d’erreur. Il est important de connaître les caractéristiques d’un support de transmission ainsi que leurs limitations pour le dimensionnement d’un canal de transmission (capacité max. d’information transmise, bande passante), techniques à adopter pour assurer la qualité de service. Enfin, il faut s’assurer des réglementations associées à l’utilisation d’un support.

III. Ce qu’il faut retenir

Un canal de transmission n’est pas simplement composé du support de transmission, mais aussi de l’ensemble des dispositifs qui permettent d’adapter le signal à transmettre au canal et de minimiser les erreurs de réception.

Afin de résister aux perturbations induites par le support de transmission, un signal à transmettre subit en général des opérations de codage de source, de codage de canal, de modulation, de mise en forme …. Il subit les opérations inverses en réception.

Lors de la transmission à travers le canal, le signal subit les atténuations et les déformations propres au canal, ainsi que le bruit provenant de perturbateurs externes. En outre, les émetteurs et récepteurs du canal contribue à générer des perturbations qui dégradent le signal.

Les défauts du canal de transmission et les perturbations externes vont limiter la quantité d’information qui peut passer à travers le canal et affecter la qualité du signal.

Un récepteur reçoit en général un signal faible, bruité et distordu. Il doit être en mesure de le reconstruire puis de l’interpréter afin de retrouver le signal d’origine.

Les transmissions d’informations se font en général par liaison filaire (câble électrique ou fibre optique) ou par liaison hertzienne (ou sans fils). Cette dernière est la plus sensible aux perturbations externes et dont l’environnement de propagation est le plus difficile à modéliser.

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Septembre 2011

B. Le bruit et son effet sur les communications numériques

Par définition, le bruit est un signal aléatoire superposé au signal utile. Selon l’amplitude du bruit par rapport à celle du signal, le bruit sera à l’origine d’une fluctuation aléatoire de l’amplitude du signal. En outre, le canal introduit une atténuation du signal transmis qui va limiter sa portée. Dans lors, « l’information » transportée par le signal est dégradée, voire perdue, en présence de bruit. Le but de ce chapitre est de présenter les différentes sources de bruit dans un canal de transmission, de présenter les grandeurs permettant de le caractériser (rapport signal à bruit) et de lier la quantité de bruit à la dégradation d’un signal numérique (relation entre le rapport signal à bruit et le taux d’erreur binaire). A partir de ces critères sur l’amplitude minimale que doit posséder le signal pour éviter une transmission erronée, il sera possible de dimensionner la puissance à émettre dans le canal, les caractéristiques du signal, les gains et les pertes des différents éléments du canal. Un outil nous le permettra : le bilan de liaison.

I. Bruit lié aux équipements électroniques

1. Définition du bruit

Les signaux utiles sont souvent mélangés à du bruit. Le bruit est par définition un signal parasite aléatoire, le plus souvent d’origine thermique. Tout signal de fréquence F dont l’amplitude est inférieure ou égale à celle du bruit, ou sous le seuil de bruit, à la fréquence F ne pourra être différencié du bruit par un dispositif électronique de réception (fig. 16). Le bruit définit donc la limite basse en amplitude permettant la détection d’un signal. Au cours du dimensionnement d’un canal de transmission, il faudra tenir compte du niveau de bruit afin de définir la sensibilité du récepteur. Le bruit peut être caractérisé de plusieurs manières :

par sa densité spectrale de puissance (DSP) (Fig. 16), c'est-à-dire la répartition énergétique en fonction de la fréquence (puissance par hertz). Les télécommunications étant basées sur des transmissions et des réceptions effectuées sur des bandes de spectre étroites, il est nécessaire de déterminer la quantité totale de bruit occupant la bande spectrale du signal utile. La quantité totale de bruit sur une bande de fréquence donnée (par exemple la puissance) est égale à l’intégrale de la DSP sur cette bande de fréquence par sa fonction de répartition ou densité de probabilité en amplitude (Fig. 17), et aussi par différentes valeurs statistiques comme sa valeur moyenne et sa variance. En effet, comme le bruit est généralement aléatoire (il peut être dans certains cas déterministes mais ses caractéristiques ne sont pas connues), celui est vu comme un signal aléatoire. En appliquant un modèle de distribution du bruit (distribution normale, log normale …), il est possible d’estimer l’amplitude maximale prise par le bruit. Les caractéristiques statistiques du bruit sont généralement données par la valeur moyenne et par l’écart type.

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Densité spectrale de puissance (W/Hz ou dBW/Hz)

n0

Signal non

Signal

détectable

détectable

df

Puissance du bruit :

Seuil de bruit
Seuil de bruit

Fréquence

N

0

Septembre 2011

=

f

n df

0

Fig. 16 – Représentation de la densité spectrale de puissance du bruit et d’un signal, et détection d’un signal au dessus du seuil de bruit

Amplitude du bruit (x) Amplitude du bruit (x) σ = écart-type Moyenne Temps Densité de
Amplitude
du bruit (x)
Amplitude
du bruit (x)
σ = écart-type
Moyenne
Temps
Densité de

probabilité p(x)

Fig. 17 –Caractérisation statistique du bruit

2. Bruit Johnson

Toute résistance, même si elle n’est pas parcourue par un courant, produit à ses bornes une tension de bruit appelée bruit Johnson. Ce bruit est produit par l’agitation thermique aléatoire des électrons. Ce bruit possède un spectre plat, c’est à dire que la puissance du bruit est constante avec la fréquence. On parle alors de bruit blanc. Son amplitude dépend de la valeur de la résistance et de la température ambiante. La tension efficace de bruit aux bornes d’une résistance R peut se calculer à l’aide de l’équation 5, la densité spectrale de bruit à l’aide de l’équation 6.

V

bruit

DSP

bruit

=

= 4 k TR B 4 k TR ( V 2 /
=
4
k
TR
B
4
k
TR
(
V
2 /

(Équation 5)

Hz

)

(Équation 6)

R = résistance du conducteur (Ohm) k=1.38x10 -23 Joule/°K, constante de Boltzmann T= température du matériau (°K) B=largeur de bande (Hz)

Comme le bruit est un phénomène aléatoire, l’amplitude du bruit Johnson est imprévisible mais suit une loi gaussienne.

3. Bruit de grenaille

Un courant électrique peut être comparé à un flux de charges discrètes de charges constantes. Contrairement à l’écoulement d’un fluide, un courant est composé d’éléments finis qui connaissent des fluctuations statistiques. La fluctuation du courant est donnée par l’équation 7 :

I

bruit

=

(Équation 7)des fluctuations statistiques. La fluctuation du courant est donnée par l’équation 7 : I bruit =

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q=1.6x10 -19 C charge d’un électron

I= amplitude du courant continu (A)

B=largeur de bande (Hz)

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Les fluctuations relatives du courant sont d’autant plus importantes que le courant est faible. Comme le bruit Johnson, il s’agit d’un bruit blanc gaussien. Cette formule est particulièrement valable dans une jonction PN, mais surestime le bruit de grenaille dans un conducteur métallique.

4. Bruit en 1/f ou bruit de scintillement

Alors que les bruits Johnson et de grenaille sont des phénomènes irréductibles liés à des phénomènes physiques, les composants réels ont une source de bruit supplémentaire ayant plusieurs origines liées à leur fabrication (nature du matériau, résistif par exemple). Ainsi, les résistances sont affectées de variations de résistance proportionnelles au courant qui les traversent produisant des fluctuations de tension à leurs bornes. Le spectre de ce bruit suit à peu près une loi en 1/f, sa densité de puissance est donc divisée par 10 à chaque décade de fréquence. On appelle aussi ce bruit le bruit rose.

5. Bruit thermique

Comme nous venons de le voir, le bruit est essentiellement d’origine thermique et son amplitude dépend de la fréquence. Il est beaucoup plus important en basse fréquence qu’en haute fréquence à cause du bruit de scintillement, mais il a tendance à se stabiliser en haute fréquence. En considérant que le bruit est constant sur la bande de fréquence visée (ce qui est généralement le cas puisque les bandes de fréquence allouées aux transmissions sont limitées), la formule suivante est proposée afin de déterminer de manière simple l’amplitude du bruit d’origine thermique aux bornes d’un dispositif de réception.

N (dBW ) = 10 log(kTB) (Équation 8)

N : amplitude du bruit

k : constante de Boltzmann (k=1.38e-23 J/K)

T

: température (K)

B

: bande de fréquence (Hz)

La formule précédente permet d’évaluer le seuil ou plancher de bruit dû à l’agitation thermique ambiante.

Question : calculer la densité spectrale du bruit à température ambiante (27°c) à l’aide de la formule précédente.

Réponse :

6. Bruit d’un circuit actif et facteur de bruit

Les circuits actifs sont constitués de nombreux éléments capables de générer du bruit (transistors, diodes…). Ainsi, les amplificateurs introduisent une part non négligeable de bruit dans les récepteurs. Un modèle équivalent de bruit ramené en entrée est donné pour représenter le bruit d’un amplificateur. Il contient :

Une manière courante de caractériser le bruit interne par un système électronique est le facteur de bruit ou Noise Figure. Celui-ci est égal au rapport entre la puissance de bruit mesuré en sortie sur la

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puissance de bruit mesuré en entrée d’un système électronique (équation 9). Il indique donc la quantité de bruit ajouté par le système électronique.

NF

N out

=

N in

NF

(dB)

=

N

out

(dBm)

N

in

(dB)

(Équation 9)

Lorsque plusieurs systèmes électroniques sont cascadés, le facteur de bruit du système complet va dépendre des facteurs de bruit NFi de tous les éléments et de leurs gains Gi. Il peut se calculer à partir de la relation de Friis (équation 10).

1 e élément 2 e élément N e élément Nin Nout G1 G2 GN NF1
1 e élément
2 e élément
N e élément
Nin
Nout
G1
G2
GN
NF1
NF2
NFN
NF
1
NF
1
NF
1
2
3
N
N out
NF =
=
NF
+
+
+
+
(Équation 10)
1
G G
G G
G
N in
G 1 2
1
1
2
N
1

Remarque : les circuits passifs génèrent aussi du bruit. En effet, une résistance génère du bruit Johnson. Le facteur de bruit d’un dispositif passif est lié à son atténuation L par la formule ci-dessous.

7. Bruit d’une antenne

NF passif

=

1

L

(Équation 11)

Dans un système de transmission radio, les performances en termes de sensibilité du récepteur dépendent non seulement de celles des circuits électroniques, mais aussi de l’antenne qui contribue à ajouter du bruit au signal. L’antenne possède une résistance de perte et présente donc une source de tension de bruit de Johnson, qui dépend fortement de la température de l’antenne. Une antenne est aussi une source de bruit à cause de sa fonction première : capturer des ondes électromagnétiques. En effet, une antenne est susceptible de capter l’ensemble des signaux parasites produits par son environnement (interférences électromagnétiques, bruit thermique).

8. Autres sources de bruit

Les sources de bruit sont très nombreuses. On peut trouver par exemple les rayonnements cosmiques qui sont des événements localisés et de haute énergie. Certains circuits peuvent être sensibles aux vibrations et aux sons comme les détecteurs. Plusieurs techniques existent pour rejeter le bruit :

moyenne du signal puisque le bruit est de nature aléatoire

réduction de la bande passante

filtrage techniques de conception de circuits dits faible bruit La figure 18 présente un exemple de mesure à l’analyseur de spectre du bruit aux bornes d’une résistance.

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Canaux de transmissions bruités Septembre 2011 Fig. 18 – Mesure du bruit aux bornes d’une résistance

Fig. 18 – Mesure du bruit aux bornes d’une résistance

Question : Commenter la mesure de la figure 18.

Réponse :

II. Distorsions non linéaires des circuits électroniques

Les circuits électroniques actifs sont souvent modélisés par des lois linéaires, alors que leur comportement est purement non linéaire. Celui-ci est négligé afin de faciliter la prédiction de leur comportement (par ex, en utilisant des fonctions de transfert). Ces effets liés au comportement intrinsèque des composants et à leurs imperfections vont dégrader les performances du système en modifiant certains paramètres tels que le gain des étages d’amplification ou en créant des signaux parasites. Les effets non linéaires sont difficiles à modéliser et, en général, ils sont modélisés à l’aide de série de développement limité à l’ordre 2 ou 3. Les lois non linéaires apparaissent alors comme des polynômes d’ordre 2 ou 3 (ces calculs sont présentés à l’annexe B), enrichissant le spectre du signal de sortie de nouvelles composantes spectrales. On dit alors que les signaux d’entrée et de sortie de dispositifs non linéaires ne sont plus isomorphes. On distingue plus particulièrement deux types de distorsions :

La distorsion harmonique

La distorsion d’intermodulation

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1. Distorsions harmoniques

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La distorsion harmonique est due, en cas d’excitation par une sinusoïdale pure de fréquence fo, à la création de composantes aux fréquences harmoniques k×fo, où k est un entier. Le spectre en sortie du dispositif non linéaire est enrichi en nouvelles composantes spectrales. Pour caractériser la distorsion spectrale, on utilise les notions de taux de distorsion. Le taux de distorsion de l’harmonique k, notée dk, prend en compte l’apparition de nouvelles composantes spectrales :

d

k

(

%

)

amplitude harmonique k

=

amplitude du fondamental

=

A

k

A

1

(Équation 12)

Le taux de distorsion harmonique global d caractérise la distorsion totale du signal. Il s’agit du rapport des valeurs efficaces du signal de sortie sans la composante fondamentale sur celui avec fondamentales :

d =

+• 2 ∑ A 2 k A k = 2 1 = 1 +• +•
+•
2
∑ A
2
k
A
k = 2
1
=
1
+•
+•
2
2
A
∑ A
k
k
k = 1
k = 1

(Équation 13)

La distorsion apparaît dès que les signaux ont des amplitudes importantes et que les approximations linéaires ne sont plus valables. Les distorsions harmoniques apparaissent principalement dans les étages d’amplification des émetteurs-récepteurs. Le gain de tout amplificateur est considéré comme constant tant que l’amplitude du signal d’entrée reste faible. L’entrée et la sortie de l’amplificateur sont alors reliées par une loi linéaire et les signaux d’entrée et de sortie sont isomorphes. Cependant, dès que l’amplitude du signal d’entrée est suffisamment élevée pour sortir du domaine linéaire, le gain n’est plus constant et diminue. On parle de compression de gain. Dès lors, le signal de sortie subit une distorsion d’amplitude. Pour caractériser la plage d’amplitude du signal d’entrée sur laquelle le gain peut être considéré comme constant, on définit le point de compression à 1 dB; il s’agit de la plage d’amplitude du signal d’entrée pour laquelle la relation suivante est vérifiée :

G

1

dB

= G

0

1

dB

(Équation 14)

où Go est le gain en zone linéaire. Le point à 1dB correspond à la puissance à fournir en entrée pour que le gain réel de l’amplificateur s’écarte de 1dB du gain linéaire. L’annexe B présente un calcul qui fait apparaître cette compression de gain dans un système non linéaire d’ordre 3. La figure 19 illustre la notion de point de compression à 1dB. La seule façon de limiter la distorsion du signal de sortie est de limiter l’amplitude du signal en entrée pour s’assurer que le circuit reste dans la zone de fonctionnement linéaire. On peut aussi filtrer le signal distordu afin de ne conserver que la composante de fréquence fondamentale.

Puissance

sortie

Caractéristique idéale 1dBm Point de compression à 1dB Puissance
Caractéristique
idéale
1dBm
Point de
compression à 1dB
Puissance

entrée

Ps Distorsion Pe
Ps
Distorsion
Pe

Zone de

fonctionnement

non linéaire

Fig. 19 - Illustration de la distorsion d’un signal provoqué par le comportement non linéaire d’un amplificateur

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2. Distorsions d’intermodulation

La distorsion d’intermodulation est liée à l’existence de produits d’intermodulation. Ceux-ci apparaissent lorsqu’un signal d’entrée constituée d’une combinaison linéaire de termes sinusoïdaux de fréquences différentes fi, fj, … passe à travers un dispositif non linéaire. Le signal de sortie est alors composé, en plus des composantes harmoniques initiales, de termes d’intermodulation dont les

fréquences sont égales à des combinaisons linéaires des fréquences initiales

Ces distorsions sont très gênantes car elles génèrent des signaux parasites dans la bande utile. Néanmoins, cette propriété est mise à profit dans les circuits mélangeurs des modulateurs/démodulateurs pour la transposition de fréquences. L’annexe B présente le calcul du signal de sortie pour un système non linéaire d’ordre 3. La figure 20 présente le spectre du signal de sortie d’un amplificateur. Le signal d’entrée correspond à la somme de 2 sinusoïdes de fréquences 200 et 250MHz. On remarque que le signal présente de nombreux produits d’intermodulation.

F = m

f

i

± n

f

j

.

F1 F2 ∆f=50MHz 2F2-F1 2F1-F2 2F1+F2 2F2+F1 ∆f ∆f
F1
F2
∆f=50MHz
2F2-F1
2F1-F2
2F1+F2
2F2+F1
∆f
∆f

Fig. 20 - Signal de sortie d’un amplificateur non idéal et produits d’intermodulation

On peut remarquer que les produits les plus gênants sont ceux d’ordre 3 (2F1-F2 et 2F2-F1). En effet, si les fréquences F1 et F2 sont très proches, les produits d’ordre 3 peuvent parasiter le signal utile si ils apparaissent dans la bande passante du récepteur. Pour caractériser les dégradations apportées par les produits d’intermodulation, on utilise la distorsion d’intermodulation IM3, qui est égale au rapport de l’amplitude des signaux de produit d’ordre sur celle des signaux initiaux. Ce rapport est exprimé en dBc, c pour carrier, c'est-à-dire « par rapport à la porteuse ». Des valeurs comprises entre 20 et 40 dB peuvent être considérées comme acceptables.

IM

3

=

20

log

V

F 1

V

2

F

1

F

2

(

dBc

)

(Équation 15)

Question : D’après l’exemple de la figure 20, calculer la valeur IM3 ?

Réponse :,

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3. Bruit de phase des oscillateurs locaux des récepteurs

Bien que ses effets soient moindres, une autre source de bruit liée aux défauts des circuits électroniques du récepteur est le bruit de phase. Celui-ci est lié à l’instabilité des oscillateurs locaux (OL) du récepteur. Ceux-ci sont souvent des oscillateurs contrôlés en tension montés à l’intérieur d’une boucle à verrouillage de phase (PLL) et subissent en permanence une variation aléatoire de leur fréquence de fonctionnement. Au niveau du spectre, le bruit de phase se traduit par une large bande de bruit situé au pied de la porteuse, comme le montre la figure 21.

signal oscillateur peu bruyant seuil de bruit
signal
oscillateur peu bruyant
seuil de
bruit

fréquence

signal oscillateur bruyant bruit de phase fréquence
signal
oscillateur bruyant
bruit de
phase
fréquence

Fig. 21 - Bruit de phase

Ces oscillateurs locaux sont utilisés dans les circuits de réception pour ramener le signal modulé en bande de base. Si l’OL est bruyant, son bruit va se superposer au signal utile des canaux adjacents et

être ramené dans la bande passante du récepteur. Le bruit de phase est très perturbateur car ses effets sont cumulatifs. Il n’existe pas de contre mesures permettant de réduire son effet, le seul moyen est d’améliorer la pureté spectrale de l’OL à sa conception. Voila pourquoi des gabarits très stricts sont imposés aux oscillateurs locaux dans les applications radio, comme celui de la norme GSM

présenté figure 22.

de la norme GSM présenté f i g u r e 2 2 . Fig. 22

Fig. 22 - Gabarit fréquentiel imposé par la norme GSM

Le bruit de phase est le plus souvent exprimé en dBc/Hz. Il s’agit du rapport de la puissance du bruit sur une bande passante de 1Hz sur la puissance de la porteuse. Cette bande est choisie en s’écartant de 10KHz de la porteuse. Une valeur typique de bruit de phase est de -120dBc/Hz.

puissance 10KHz 1Hz Bruit de phase Porteuse Fp fréquence
puissance
10KHz
1Hz
Bruit de
phase
Porteuse Fp
fréquence

Fig. 23 - Calcul du bruit de phase

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4. Autres sources de perturbations

Septembre 2011

D’autres sources de perturbations liées à l’électronique du récepteur existent et ont déjà été étudiées les années précédentes : on trouve par exemple les résidus de spectres non supprimés par les filtres anti-repliement. Ceux-ci sont utilisés pour limiter la largeur de bande d’un signal à échantillonner. Si celle-ci ne respecte pas le théorème d’échantillonnage de Shannon, un phénomène de repliement de spectre peut avoir lieu et entraîner une distorsion du signal transmis. Les erreurs de quantification sont une source de dégradation du signal inévitable dans toute chaîne de conversion analogique numérique et qui réduisent les performances du système en terme de rapport signal sur bruit.

III. Atténuation du canal de transmission

1. Affaiblissement

Par définition, l’affaiblissement ou l’atténuation est le rapport de la puissance à la sortie du système Ps sur la puissance à son entrée Pe. On le calcule de la manière suivante :

A

=

10

A

=

1

2

log

P

e

P

s

ln

P

s

P

e

(

(

dB

Np

)

)

(Équation 16)

(Équation 17)

Suivant la base choisie pour le logarithme, le gain ou l’affaiblissement sont exprimés en décibel (dB) ou en néper (Np). Même si le néper est mathématiquement plus naturel que le décibel (dans la théorie des lignes, l’atténuation suit une loi exponentielle), l’usage du décibel est plus répandu. On passe d’une unité à l’autre à l’aide des 2 formules suivantes :

1 Np = 20 log(e) dB= 8.68 dB

1

dB =

1

20

ln(10)

Np=

0.115

Np

(Équation 18)

(Équation 19)

Pour la conversion en dB, reportez vous à l’annexe A.

2. Communications filaires

Les câbles, s’ils ne sont pas blindés, peuvent coupler un grand nombre de perturbations électromagnétiques qui se superposent au signal utile et réduisent le rapport signal à bruit. De plus, les ruptures d’adaptation existant le long d’un câble ont tendance à ralentir et déformer le signal. L’atténuation d’un câble réduit non seulement l’amplitude du signal et mais contribue aussi à l’étaler dans le temps. Un autre problème se pose dans le cas de câbles placés à proximité les uns des autres :

la diaphonie. Elle est due à la proximité de chacun des câbles qui fait se coupler mutuellement les 2 signaux présents sur chacun des 2 câbles (création de couplages inductifs et capacitifs entre les câbles). Si une ligne sensible est placée trop près d’une ligne sur laquelle un signal rapide est véhiculé, le signal rapide se couplera sur la ligne sensible par diaphonie et parasitera le signal sensible.

3. Affaiblissement de parcours en propagation hertzienne

Un canal radio représente le médium le plus soumis aux perturbations. Dans la réalité, un espace libre dégagé de tout obstacle et aux propriétés uniformes est un cas purement idéal. Considérons d’abord une propagation en espace libre. Lorsqu’une onde électromagnétique se propage et s’éloigne de la source, la puissance qu’elle transporte par unité de surface décroît avec la distance. L’atténuation en fonction de la distance d et de la fréquence f est donnée par :

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Atténuation =

4

d

2

=

4

f

d

c

2

(Équation 20)

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Supposons qu’on est une liaison radiofréquence entre un émetteur E et un récepteur R. La puissance rayonnée par l’antenne de l’émetteur dépend de la puissance électrique Pe et du gain de l’antenne Ge. La puissance électrique reçue Pr dépend de la puissance transportée par l’onde électromagnétique et le gain de l’antenne réceptrice Gr. Le rapport entre la puissance électrique reçue et la puissance électrique émise est donnée par la formule de Friis :

P

r

=

G G

e

r

=

G G

e

r

P

e

4

 

d

2

4

 

d

2

f

 

c

(Équation 21)

Dans le prochain chapitre, nous détaillerons les différents phénomènes physiques qui affectent la propagation et altèrent les caractéristiques temporelles du signal.

4. Brouillage ou interférences

Le terme brouillage ou interférences signifie qu’un signal parasite de puissance non négligeable émis à la même fréquence que le signal utile peut perturber la transmission sur le canal, en dégradant le rapport signal à bruit ou en introduisant des distorsions. On trouve 2 types d’interférences :

L’interférence due à la présence simultanée d’autres utilisateurs soit sur le même canal de transmission (mauvais duplex, interférences entre utilisateurs), soit sur des canaux adjacents (la largeur de bande du canal adjacent ne respecte pas les contraintes fixées). Le brouillage intentionnel (activité militaire, volonté de perturber une communication gênante). La technique revient à placer à proximité de l’utilisateur une source haute puissance et de la faire émettre à la fréquence du canal. Seules les communications radio peuvent être brouillées, les communications par fibre optique restent inviolables.

Dans les réseaux cellulaires, le brouillage entre cellules adjacentes émettant sur une même sous bande est inévitable. On parle d’interférence co-canal. Celui-ci est dû à la réutilisation des fréquences allouées par un opérateur dans des cellules voisines, comme le montre la figure 24. Des règles de réutilisation de fréquence sont dès lors requises ainsi qu’un dimensionnement judicieux des puissances des émetteurs. Les canaux émettant sur des bandes de fréquences voisines ou adjacentes peuvent aussi se perturber. En effet, les signaux sont rarement bornés en fréquence, alors que les bandes de fréquence allouées le sont. Un filtrage efficace est nécessaire pour couper toute émission hors bande et éviter des phénomènes de blocage de canaux adjacents. Cependant, les défauts des circuits et des filtres (bruit de phase, distorsions non linéaires, produits d’intermodulation) limitent l’efficacité du filtrage en produisant un grand nombre d’harmoniques hors bande.

Bande allouée à un opérateur f 1 f 2 f k Fréquence
Bande allouée à
un opérateur
f 1
f 2
f k
Fréquence

Sous bande

Signal f1 Interférences f1
Signal
f1
Interférences
f1
f1 Interférences Interférences f1
f1
Interférences
Interférences
f1

Fig. 24 - Interférence co-canal dans un réseau cellulaire

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Septembre 2011

IV. Modélisation du bruit dans un canal de transmission

Un modèle de canal reste une vision simplifiée de la réalité, sa modélisation complète pourrait atteindre une très grande complexité (par exemple un réseau cellulaire dans un milieu urbain). Dans ce cours, on prend la notion de canal au sens large du terme, c'est-à-dire qu’on y inclut le médium de transmission mais aussi les équipements de transmission et de réception. Voici quelques définitions :

Canal discret : l’ensemble des symboles reçus après le passage dans le canal est fini.

L’information est donc numérique. Canal à temps discret : l’échelle des temps est discrète.

Canal sans mémoire : le symbole reçu à un instant donné dépend uniquement du symbole

émis au même instant t (en considérant le retard de transmission nul). Si le canal a une mémoire, la sortie dépend aussi des symboles présents en t’, t’<t. Canal stationnaire : ses caractéristiques sont fixes au cours du temps. Une fibre optique est

un canal stationnaire, ses caractéristiques étant quasi invariantes au cours du temps, alors qu’une liaison radio correspond à un canal non stationnaire puisque ses caractéristiques dépendent de nombreux facteurs tels que les objets environnants, les conditions atmosphériques ou les perturbations électromagnétiques. Canal sélectif : le signal à transmettre a des composantes fréquentielles qui sont atténuées différemment par le canal de propagation. Il introduit donc une distorsion dans le signal transmis.

Nous allons maintenant présenter quelques modèles simples de canaux de transmission prenant en compte l’ajout de bruit par le canal. Dans le chapitre suivant, nous verrons comment inclure les effets temporels induit par le canal. Des modèles bien plus complexes existent (par exemple pour le canal radioélectrique), mais ils ne sont pas traités dans ce cours.

1. Canal binaire symétrique ou BSC

Il s’agit d’un canal discret binaire sans mémoire. Ce canal est qualifié de symétrique car la probabilité qu’un 1 devienne un 0 en sortie est égale à celle qu’un 0 devienne un 1. p est la probabilité d’erreur. La figure 25 illustre le modèle de ce canal.

Densité de probabilité entrée entrée sortie sortie 1-p 1-p 0 0 0 0 Probabilité que
Densité de
probabilité
entrée
entrée
sortie
sortie
1-p
1-p
0
0
0
0
Probabilité que le
p
p
symbole émis soit ‘0’
Probabilité que le
symbole émis soit ‘1’
p
p
Interférences
entre symboles
Valeur pris
par le signal
1 1
1 1
1-p
1-p
-V
+V
On décide que la valeur
reçue est un ‘0’
On décide que la valeur
reçue est un ‘1’

Fig. 25 - Canal binaire symétrique

Même si ce modèle de canal reste simpliste, il permet d’évaluer rapidement les performances d’un système numérique en termes de taux d’erreur binaire.

Canaux de transmissions bruités

Septembre 2011

Bruit blanc gaussien et canal à bruit blanc gaussien additif (Additive White Gaussian Noise AWGN)

Le bruit blanc gaussien est un modèle de bruit largement utilisé dans de nombreux domaines. En effet, lorsqu’un phénomène correspond à la somme d’un grand nombre de variables aléatoires, il est possible de démontrer par le théorème de la limite centrale que la distribution statistique de ce phénomène suit une distribution gaussienne. Dans le domaine fréquentiel, un bruit blanc présente une DSP constante en fonction de la fréquence. Un bruit gaussien suit une distribution gaussienne, caractérisée par une moyenne µ et une variance σ². La densité de probabilité est donnée par l’équation 22. La figure 26 illustre la représentation temporelle d’un bruit gaussien et la distribution statistique qui peut en être extrait, dont la densité de probabilité suit une distribution gaussienne. La représentation temporelle ne permet pas d’extraire d’informations sur le signal en raison de sa nature aléatoire (pas de période par exemple), mais la distribution permet d’extraire des éléments statistiques sur la nature du bruit.

2.

1 ( ) 2  x  p x ( ) = exp  
1
(
)
2
x
p x
(
)
=
exp
(Équation 22)
2
2
2
Amplitude
du bruit (x)
Amplitude
du bruit (x)
Moyenne
Temps
Densité de

probabilité p(x)

Fig. 26 – Représentation temporelle d’un bruit gaussien et distribution statistique de son amplitude

Un canal AWGN est non discret et sans mémoire qui représente parfaitement une liaison radio en vue directe dont le bruit est principalement d’origine thermique. Le bruit additif est dans ce cas un bruit gaussien de moyenne nulle et de variance σ². Comme il s’agit d’un bruit blanc, la densité spectrale de bruit est constante avec la fréquence, ce qui représente une hypothèse simplificatrice des calculs et mais qui reste valide si on considère des bandes de fréquence étroites. La figure 27 illustre le modèle général d’un canal AWGN. Le canal est caractérisé par une fonction de transfert ou une réponse impulsionnelle, qui décrivent le comportement soit fréquentiel soit temporel du canal (voir chapitre suivant). Les perturbations externes et le bruit se couplent au canal et sont ajoutés au signal transmis.

Bruit et perturbations
Bruit et
perturbations

1 0 0 1

Filtre linéaire + + émis
Filtre linéaire
+
+
émis
et perturbations 1 0 0 1 Filtre linéaire + + émis Signal numérique Signal numérique reçu

Signal numérique

Signal numérique

reçu

Canal de transmission

Fig. 27 - Modèle général d’un canal de transmission à bruit additif

Canaux de transmissions bruités

3. Canal de Rayleigh

Septembre 2011

Dans les liaisons radiomobiles, les canaux de transmission évoluent en fonction du temps à cause des déplacements aléatoires des entités communicantes et l’existence d’obstacles entre l’émetteur et le récepteur. Il peut en résulter que le signal émis suit plusieurs trajets avant d’arriver au récepteur, conduisant à une variabilité importante du signal reçu due à l’addition de plusieurs signaux déphasés. Lorsque le débit de transmission est suffisamment faible, chaque symbole ne se superpose qu’avec lui-même, au moins sur une portion significative de sa durée. Un canal de Rayleigh permet de prendre en compte ces effets : réflexions multiples, évanouissements, fluctuations à grande et petite échelle et effet Doppler. L’amplitude et la phase du signal reçu apparaissent comme des variables aléatoires qui suivent une loi de Rayleigh (équation 23). Ce modèle est particulièrement adapté à une représentation statistique d’un canal radiomobile.

p

(

x

)

=

x

2

2

x

2

2

exp

2

(Équation 23)

V. Rapport signal sur bruit

1. Définition

Connaître la puissance du bruit N n’a un intérêt que si on peut la comparer à celle du signal Ps et en déduire son impact sur la dégradation du signal. C’est pourquoi on utilise généralement un rapport de puissance appelé rapport signal sur bruit (Signal Noise Ratio) :

SNR =

P S nom

N

(Équation 24)

Le rapport signal sur bruit se rapporte toujours au niveau nominal du signal. Le plus souvent, celui-ci est exprimé en dB (équation 25). Voir Annexe A pour les conversions entre les échelles linéaires et les échelles logarithmiques (dB).

(

SNR dB

)

=

10

P

log

S nom

N

   (Équation 25)

Celui-ci va donc permettre d’apprécier la qualité d’un signal et déterminer la sensibilité d’un dispositif pour une densité spectrale du bruit donnée. Le rapport signal à bruit est une donnée surtout intéressante pour des signaux analogiques, puisqu’il va permettre d’estimer la dégradation subit par ce dernier. En effet, plus le rapport signal à bruit est faible, plus le signal est dégradé par le bruit et plus il sera difficile de supprimer l’influence du bruit sur le signal. Il est nécessaire de garantir un rapport signal à bruit important pour s’assurer que le signal reçu reste une « copie fidèle » du signal transmis. Ci-dessous, voici 4 exemples de contraintes en terme de SNR, les 3 premières correspondent à des transmissions analogiques, la dernière à une transmission numérique.

Exemple de SNR :

Téléphonie classique : SNR 50dB (B=3.1 KHz), bruit à peine perceptible, bruit à 30dB

très gênant. Transmission de musique : SNR 47dB (B=15 KHz), plus sévère que les exigences en

téléphonie puisque largeur de bande plus grande. Transmission de télévision : SNR 52dB (B=5 MHz)

Système GSM : SNR 8dB (B=200KHz), le bruit thermique étant de -120dBm à 290°K, le premier étage d’amplification ajoutant un bruit de 10dB, la sensibilité du récepteur est de -

Canaux de transmissions bruités

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102dBm (63pW) ! Cette sensibilité permet de garantir un taux d’erreur binaire d’au plus 1 pour 100 bits.

Remarque : dans le cas de signaux modulés, on parle aussi de rapport carrier on noise C/N, où C représente la puissance de la porteuse.

2. Cas d’un signal numérique - Rapport signal à bruit par bit

Les signaux numériques sont sensibles au bruit, mais ne sont pas aussi sensibles que les signaux analogiques. Contrairement à un signal analogique, la qualité d’un signal numérique ne se mesure pas à la distorsion du signal, mais à la possibilité pour un circuit digital de détecter correctement l’état binaire transmis. Alors que la principale contrainte d’une communication analogique est le rapport signal à bruit qui est directement relié à la distorsion du signal, celle d’une communication numérique est le taux d’erreur binaire. Alors que les exigences en termes de rapport signal à bruit pour les transmissions analogiques sont très élevées (plusieurs dizaines de dB !), celles-ci sont beaucoup plus faibles pour des communications numériques. Les niveaux de bruit nécessaires pour induire une erreur binaire doivent être très grand et du même ordre que l’amplitude du signal. En général, il est possible de recevoir un signal numérique avec une qualité acceptable avec un rapport signal à bruit légèrement négatif (nous le verrons par la suite) ! Ainsi, le rapport signal sur bruit n’est pas la meilleure métrique pour qualifier la qualité d’un signal numérique. On préfère employer un rapport signal à bruit normalisé appelé rapport signal à bruit par bit noté Eb/No. Il s’agit du rapport entre l’énergie véhiculée par un bit Eb et la densité spectrale en puissance du bruit No. Comme nous le verrons plus tard, cette grandeur est directement reliée au taux d’erreur binaire, et fixer une contrainte en termes de taux d’erreur binaire revient à fixer une contrainte sur le rapport Eb/No. Intuitivement, on sent que la dégradation d’un signal numérique, en l’occurrence une erreur d’interprétation de bits, va dépendre du rapport entre l’énergie transportée par un bit et celle du bruit.

Décortiquons maintenant les deux termes de ce rapport. Eb représente l’énergie transportée par un bit. L’énergie par unité de temps s’appelle la puissance. Dans le cas d’un signal binaire, l’énergie par bit (en J/bit) est donc reliée à la puissance moyenne du signal S (en W) par le débit binaire Fb (en bit/s) comme le montre l’équation 26. On remarque que l’énergie par bit est inversement proportionnelle du débit binaire.

E

b

=

S

F

b

(Équation 26)

N0 représente la densité spectrale de bruit, c'est-à-dire la puissance N transportée par le bruit sur une bande de fréquence de largeur B. Son unité est W/Hz, ce qui est équivalent à une énergie.

N

0

=

N

B

(Équation 27)

En combinant les 2 équations précédentes, on peut relier le rapport signal à bruit et le rapport Eb/No par l’équation suivante :

S E S B F b E b b = € = N N N
S
E
S
B
F b
E b
b
=
=
N N
N
o B N o
F b

S

: puissance du signal (W)

N

: puissance du bruit (W)

Eb : énergie par bit (W.s/bit) No : densité spectrale de bruit (W/Hz)

Fb : débit binaire (bits/s)

B : bande passante du canal de transmission (Hz)

(Équation 28)

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Remarque : le rapport Eb/No dépend non seulement des puissances du signal et du bruit, mais aussi des propriétés du signal telles que le débit binaire, la modulation (comme nous le verrons, la bande passante nécessaire pour transporter un signal dépend du type de modulation employée). Le rapport Eb/No prend donc en compte l’effet de d’autres paramètres influents sur la robustesse d’une communication numérique. Ce rapport est donc un paramètre plus intéressant pour comparer des systèmes de communication différents.

3. Résolution en amplitude

Le bruit qui se superpose au signal transmis sur un canal vient dégrader sa qualité. Dans le cas d’un signal numérique où les différents symboles sont représentés par des amplitudes différentes, plus le nombre de symboles possible est grand, plus il devient difficile de les différencier en présence de bruit. Ainsi, comme la puissance du signal est limitée, pour un niveau de bruit donné, il existera une limite en nombre de symboles pour assurer une transmission numérique. Dans l’hypothèse d’un bruit additif blanc gaussien et pour un rapport signal sur bruit S/N donné, Shannon a pu montrer que pour conserver une probabilité d’erreur d’interprétation des symboles quasi nulle, le nombre maximal d’états Nmax est donné par l’équation 29.

N

max

=

S 1 + N
S
1
+
N

(Équation 29)

Néanmoins, il est impossible d’assurer une probabilité d’erreur nulle puisque cela signifierait qu’une erreur est un événement impossible. En présence de bruit aléatoire et pour un dispositif de transmission donné, une erreur est un événement toujours possible. On peut donc en déduire une quantité maximale de décision par moments, c’est-à-dire un nombre maximal de bits pour représenter les symboles à transmettre :

D

m

(

bits

)

D

=

max

1

2

log

2

1

+

S

N

(Équation 30)

VI. Taux d’erreur binaire d’un signal bruité

1. Définition

Alors que la qualité d’un signal analogique est dégradée par toute distorsion ou atténuation non linéaire créé par le canal de transmission, la qualité d’un signal numérique ne sera réduite que si les effets négatifs du canal conduisent le récepteur à confondre plusieurs symboles ou bits dans le cas d’un signal binaire. Afin de quantifier la dégradation subie par un signal numérique ou de spécifier la qualité que doit atteindre une transmission numérique, on utilise la notion de taux d’erreur binaire ou Bit Error Rate (BER). Il s’agit du taux d’erreur mesuré à la réception d’une transmission numérique, et se calcule à l’aide de l’équation 31.

BER

(

%

)

=

nombre de bits erronés

nombre total de bits reçus

(Équation 31)

Plus la contrainte sur la qualité de service d’une transmission est élevée, plus le BER est faible. Par exemple, la norme GSM spécifie un BER < 1 % pour une puissance reçue > -102 dBm.

Remarque : le BER n’est pas la seule métrique utilisée pour qualifier la qualité d’un signal numérique. On retrouve aussi le Frame Error Rate (FER) ainsi que le Block Error Rate (BLER) qui indique respectivement la probabilité d’erreur par trame et la probabilité d’erreur par blocs de données.

Canaux de transmissions bruités

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Taux d’erreur binaire théorique d’un signal binaire sur un canal AWGN

Nous allons maintenant relier la probabilité d’apparition d’erreur binaire en fonction du rapport signal à bruit. Plaçons-nous dans le cas d’un signal binaire et d’un canal AWGN. On appelle f(x) la densité de probabilité du bruit, qui suit une distribution gaussienne, de moyenne nulle et d’écart type σ. Supposons que les 2 états binaires sont représentés par deux niveaux de tension notés a0 et a1. On appelle A l’amplitude du signal. L’émission des états ‘0’ et ‘1’ sont équiprobables. Ce signal bruité est appliqué en entrée d’un récepteur binaire, présentant un seuil de décision notée λ0. Supposons de

2.

a

0

+ a

1

plus que ce seuil de décision est tel que = . Une erreur binaire apparaît si le récepteur

0

2

interprète mal un bit incident. Deux cas peuvent se présenter :

un état ‘0’ est transmis, mais le bruit est suffisant pour que l’amplitude du signal appliquée

en entrée du récepteur dépasse le seuil de décision. un état ‘1’ est transmis, mais le bruit est suffisant pour que l’amplitude du signal appliquée en entrée du récepteur soit inférieure au seuil de décision.

Amplitude Vin du signal binaire reçu a1 λ0 A a0 temps Etat binaire transmis a
Amplitude Vin du
signal binaire reçu
a1
λ0
A
a0
temps
Etat binaire
transmis a :
0
1 0

Récepteur

(seuil de

décision λ0)

Etat de sortie d : d = ‘0’ si Vin < λ0 d= ‘1’ si
Etat de sortie d :
d = ‘0’ si Vin < λ0
d= ‘1’ si Vin > λ0

Fig. 28 – Modèle de la décision d’un récepteur binaire

Connaissant les probabilités d’apparition des symboles 0 et 1 et sachant que le bruit suit une distribution gaussienne, on peut déterminer la distribution de l’amplitude du signal d’entrée. Celle-ci est la somme des distributions de l’amplitude dans le cas où un état ‘0’ est transmis (noté f(x/a0)) et dans le cas où un état ‘1’ est transmis (noté f(x/a1)) (Fig. 29).

( x a ) 2 1   ( )  0 f x /
(
x
a
)
2
1
(
)
0
f
x
/ a
= exp
0
2
2
2
1
(
x
a
)
2
(
1
f
x
/ a
)
= exp
1
2
2
2
Densité de

(Équation 32)

(Équation 33)

probabilité f(x/a0) f(x/a1) 2σ 2σ a0 a1 Vin λ0
probabilité
f(x/a0)
f(x/a1)
a0
a1
Vin
λ0

Fig. 29 - Densité de probabilité de l’amplitude du signal en entrée du récepteur binaire

Calculons la probabilité d’apparition d’une erreur :

Canaux de transmissions bruités

P

err

P

err

=

=

P d ( = 1 . ) P d ( = 1/ a = +•
P d
(
=
1 .
)
P d
(
=
1/
a
=
+•
0
1
1
f
(
x
/
a
)
dx
+
0
2
2
0

a

f

0

(

)

x

(

)

P d

+

/

a

1

=

dx

)

0 .

(

P d

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=

0/

a

=

a

1

)

En analysant l’équation précédente et en exploitant les propriétés de symétrie d’une fonction gaussienne, on peut écrire :

A +• 0 1 1 = ∫ f ( x dx ) + ∫ f
A
+•
0
1
1
=
f
(
x dx
)
+
f
(
x
/ a
1 )
dx
P err
2
2 A
0
+ A
0
1  
=
1
∫ f
(
x dx
)
P err
2
A
0
+
A
1
0
2
1
x
=
1
exp 
dx
P err
2
2
2
2
0

Comme le seuil est placé de manière symétrique par rapport à a 0 et a 1 , on peut faire intervenir A, qui correspond à l’amplitude du signal.

Densité de Densité de probabilité probabilité 2σ 2σ + a0 a1 Vin a0 a1 Vin
Densité de
Densité de
probabilité
probabilité
+
a0
a1
Vin
a0
a1
Vin
λ0
λ0

Densité de

probabilité Perr 2σ a a 1 0 A = 2 λ0-A/2 λ 0 λ0-A0/2 Vin
probabilité
Perr
a
a
1
0
A =
2
λ0-A/2
λ
0 λ0-A0/2 Vin

Fig. 30 - Calcul du taux d’erreur binaire dans le cas d’un signal binaire traversant un canal AWGN

En effectuant le changement de variable suivant :

suivante :

u =

x

2
2

P

err

=

1

2

A  0  +  2  2 ( 2 )  1 ∫
A
0
+
2
2
(
2
)
1
exp
u
du
0

, on peut écrire l’équation

En se reportant à l’annexe E, on remarque que la fonction erfc apparaît dans l’équation précédente, qui peut s’écrire sous la forme ci-dessous :

P

err

=

 A  1 erfc  2   2 
A 
1 erfc 
2
2

(Équation 34)

Modifions cette équation pour faire apparaître le rapport signal à bruit par bit Eb/No :

Canaux de transmissions bruités

Septembre 2011

Energie du signal :

E b =

A

2

2

Energie du bruit :

N

0

=

2

E =

N

=

A 2

T

2 b

, où Tb est la période binaire. L’énergie par bit est donc de :

2

T

b

. Pour chaque période binaire, l’énergie du bruit est donc de :

L’équation 34 peut donc s’écrire sous la forme suivante :

 E  b P =   err 1 erfc 2   N
E
b
P
=
err
1 erfc
2
N
0

(Équation 35)

Le taux d’erreur binaire BER est similaire à la probabilité d’apparition d’erreur binaire, donc le BER est relié au rapport signal à bruit par bit par l’équation 36 pour un signal binaire. Cette relation est particulièrement importante pour le dimensionnement d’un canal de transmission car il permet de définir une limite en terme de rapport signal à bruit à partir d’une contrainte donnée sur le taux d’erreur binaire maximale. Cette formule reste cependant théorique mais donne une bonne estimation du taux d’erreur binaire pour un rapport signal à bruit donné. Comme nous le verrons par la suite, cette relation n’est valable que pour un signal binaire et évolue avec le type de modulation, le codage canal le filtrage …

BER =

 E  b 1 erfc 2     N  o 
E
b
1 erfc
2
N
o

(Équation 36)

La figure 31 présente le taux d’erreur binaire en fonction du rapport signal à bruit dans le cas d’un signal binaire. On remarque que plus le rapport signal à bruit augmente, plus le taux d’erreur binaire diminue. Un fait surprenant est que même si le rapport signal sur bruit est négatif, le taux d’erreur binaire n’est pas égal à 1. Dans cet exemple, pour E b /N o = 0 dB, le taux d’erreur binaire est de 8 %. Même si ce taux d’erreur est supérieur aux spécifications usuelles des systèmes de communications numériques, moins de 1 bit sur 10 risque d’être altéré alors que le signal a un niveau plus faible que le bruit. Il faut cependant rappeler que l’information dans un signal numérique n’est pas portée par la forme du signal. Il peut être distordu et l’information sera conservée intacte tant qu’il est possible de reconnaître le bon état binaire transporté.

possible de reconnaître le bon état binaire transporté. Fig. 31 – Taux d’erreur binaire en fonction

Fig. 31 – Taux d’erreur binaire en fonction du rapport signal à bruit dans le cas d’un canal AWNG et d’un signal binaire

Canaux de transmissions bruités

Septembre 2011

Question : Soit un signal binaire de débit = 12 Kbits/s. Le signal en bande de base présente une bande passante de 25 KHz. Calculer le rapport signal à bruit nécessaire pour garantir un BER < 0.1 %.

Réponse :

VII. Bilan de liaison

Nous venons d’établir une relation entre le rapport signal à bruit (l’amplitude du signal reçu) et

la probabilité d’apparition d’erreur binaire. La quantité d’erreurs induites dans un signal binaire est

donc dépendante de la puissance du signal reçu et du seuil de bruit du récepteur (nous avons pour l’instant ignoré les effets temporels du canal qui sont une autre source d’erreurs. Nous les aborderons dans le prochain chapitre). Si nous cherchons à réaliser un canal de transmission numérique et assurer une transmission avec un minimum d’erreur, nous pouvons déterminer la puissance minimale à transmettre au récepteur, à condition de connaître le seuil de bruit et la nature du bruit présent. Pour cela, nous allons introduire un outil adapté au dimensionnement en puissance du canal : le bilan de

liaison.

1.

Définition

Le bilan de liaison (ou link budget en anglais) est un outil fondamental pour dimensionner les puissances à mettre en jeu dans un canal de transmission. Le bilan de liaison fait la somme de la

puissance émise et de tous les gains et les pertes rencontrés jusqu'au récepteur, ainsi que les marges ajoutées par le concepteur, fournissant la puissance reçue par le récepteur. Celle-ci doit être supérieure

au seuil de réception, lié au niveau de bruit du récepteur et du rapport signal à bruit minimal pour

assurer une détection du signal et une qualité de service suffisante (donnée par exemple sous la forme

d’une contrainte en terme de BER). La figure ci-dessous présente un schéma général d’un canal de transmission. Une puissance électrique Pe est mise en entrée de l’émetteur, qui va se charger de mettre en forme le signal et de

l’adapter au medium de propagation. Les différents éléments constituant l’émetteur vont soit amplifier

le signal avec un gain Ge au signal (apporté par exemple par des amplificateurs ou par les dispositifs

de conversion du signal électrique comme les antennes, qui peuvent focaliser l’onde électromagnétique produite dans une direction privilégiée), soit apporter une perte notée Le (L pour Loss) (par exemple, les pertes liées aux câbles). La puissance en sortie de l’émetteur tient donc compte

du gain Ge et des pertes Le. Cette puissance traverse le medium de propagation (câbles, fibre optique,

espace libre pour une communication hertzienne) qui va introduire une perte de propagation Lp. Celle-

ci dépend des caractéristiques du milieu et dans la distance séparant l’émetteur du récepteur. La

puissance du signal en entrée du récepteur sera donc égale à la puissance en sortie de l’émetteur moins

la perte de propagation liée au medium de propagation. Enfin, les différents éléments constituant le

récepteur introduisent soit un gain Gr soit une perte Lr. La puissance en sortie du récepteur est donc égale à la puissance reçue amplifiée par le gain Gr et diminuée par la perte Lr. La probabilité d’apparition d’erreur dépendra donc du rapport entre la puissance Pr et le bruit superposé au signal reçu.

Canaux de transmissions bruités

Puissance en

entrée de

l’émetteur Pe

bruités Puissance en entrée de l’émetteur Pe Emetteur Medium de propagation Récepteur Gain Ge Perte Le

Emetteur

bruités Puissance en entrée de l’émetteur Pe Emetteur Medium de propagation Récepteur Gain Ge Perte Le

Medium de

propagation

entrée de l’émetteur Pe Emetteur Medium de propagation Récepteur Gain Ge Perte Le Perte de propagation

Récepteur

Gain Ge

Perte Le

Perte de

propagation Lp

Gain Gr

Perte Lr

Puissance en

sortie du

récepteur Pr

Septembre 2011 Bruit Erreur ≤ binaire ?
Septembre 2011
Bruit
Erreur
binaire ?

Fig. 32 – Schéma général d’un canal de transmission et bilan de puissance

En exprimant les différentes puissances, gains et pertes en dB, il est possible de déterminer la puissance reçue à l’aide de l’équation suivante et donc d’établir un bilan de liaison.

P

r

= P

e

L

e

+ G

e

L

p

+ G

r

L

r

(Équation 37)

Le bilan de liaison se présente généralement sous la forme d’un tableau où on va calculer introduit la puissance mise en entrée du canal par l’émetteur (à partir de la puissance d’entrée, des gains et des pertes de l’émetteur), le seuil de réception du récepteur (à partir du seuil de bruit, du bruit ajouté par le récepteur, des gains et des pertes du récepteur), et déterminer la perte de propagation maximale. De cette perte et à partir d’un modèle de propagation, il est possible d’estimer la séparation maximale entre l’émetteur et le récepteur. Le bilan va aussi permettre aussi d’ajuster certains éléments du canal de transmission, telle que la puissance d’émission, les gains à ajouter, les pertes maximales autorisées sur l’émetteur ou le récepteur … Cet outil simple va aider le concepteur à dimensionner les différents éléments du canal.

2. Sensibilité d’un récepteur

Une des principales contraintes d’un récepteur concerne sa sensibilité ou seuil de réception, c'est-à-dire le niveau de puissance minimal du signal d’entrée pour que celui-ci soit détecté. La sensibilité d’un récepteur dépend non seulement du niveau de bruit en entrée du signal, mais aussi du rapport signal à bruit minimal à respecter pour une application donnée et des marges que le concepteur juge nécessaire pour compenser un certain nombre de pertes additionnelles probables et d’incertitudes. La sensibilité d’un récepteur peut se calculer à l’aide de la formule suivante :

sensibilité (dBW ) = seuil de bruit + SNR + pertes + m arg es
sensibilité (dBW ) =
seuil de bruit
+
SNR
+
pertes
+
m arg es
(Équation 38)
min
Niveau de
puissance
Seuil de
sensibilité
Marges
supplémentaires
signal
SNRmin
Seuil de bruit

Fig. 33 - Seuil de sensibilité d’un signal

Dans le cas d’une transmission numérique, le rapport signal à bruit est exprimé en terme de rapport signal à bruit par bit, qui est directement relié au taux d’erreur binaire. Dans le cas d’un bruit thermique et d’un signal binaire, la sensibilité d’un récepteur peut s’écrire :

sensibilité (dBW )

= 10 log

(kT )

+

E

b

/

N

o

k

: constante de Boltzmann (1.38e-23 J.K -1 )

T

: température (K)

E

b /N o : rapport signal à bruit par bit (dB)

+ 10 log

(F )

b

+

pertes

(Équation 39)

Canaux de transmissions bruités

Fb : débit binaire (Bits/s)

Septembre 2011

Question : La norme de télécommunication mobile 2G appelée DCS 1800 impose les caractéristiques suivantes au récepteur :

un taux d’erreur binaire < 2 %, ce qui impose un E b /N o > 4.9 dB

la bande allouée à un canal est de 200 KHz

le débit binaire est de 270.83 Kbits/s

le bruit ajouté par le récepteur sur le signal reçu doit être inférieur à 9 dB

l’atténuation du récepteur sur le signal doit être inférieure à 3 dB

En se plaçant à température ambiante (27°c) et en considérant un signal binaire, calculer la sensibilité en dBm d’un téléphoné mobile DCS 1800.

Réponse :

3. Exemple de bilan de liaison

Appliquons un bilan de liaison à une application de téléphonie mobile, sur la liaison descendante entre une station mobile et GSM et un téléphone portable. On donne les contraintes suivantes :

La station de base est composée par des antennes directives de gain = 14 dB. La puissance

maximale de l’émetteur est d’abord fixée à 42 dBm. Les coupleurs et les câbles induisent des pertes respectives de 3 et 3.5 dB. On suppose qu’on transmet un signal binaire, dont le débit binaire est égal à 270 Kbits/s.

Une bande passante de 200 KHz est utilisée. La station mobile est composée d’une seule antenne omnidirectionnelle (gain 0 dB). Les

pertes sont principalement dues à la proximité d’un corps humain et sont évaluées à 3 dB. On suppose que le bruit est uniquement d’origine thermique (T°c = 25°c). Le récepteur

présente un noise figure de 5 dB. Le cahier des charges indiquent que des marges de bruit et d’environnement respectivement

de 3 et 8 dB doivent être ajoutées. On souhaite déterminer la perte de propagation maximale autorisée pour garantir un taux d’erreur binaire inférieur à 1 %. Pour cela, le rapport Eb/No minimal est égal à 5 dB.

Canaux de transmissions bruités

Septembre 2011

P L L G BTS e c BTS f BTS Tx Coupleur Alimentation
P
L
L
G BTS
e
c
BTS
f BTS
Tx
Coupleur
Alimentation

L

p

G MS L f MS Rx P r MS
G MS
L
f MS
Rx
P
r MS

Station de base

Station mobile

La puissance reçue par la station mobile peut se calculer à partir de la puissance de l’émetteur en cumulant les gains et les pertes présents dans le canal :

P

r

MS

= P

e

BTS

L

c

L

f

BTS

+ G

BTS

L

p

+ G

MS

L

f

MS

(Équation 40)

Le tableau ci-dessous présente le bilan de liaison de ce lien radio.

 

Bilan de la liaison descendante

 
 

Puissance

entrée

de

PE

BTS

 

42

dBm

l’émetteur

   

Emetteur (station de base)

Pertes coupleur

 

Lc

3

dB

Pertes câbles

 

Lf

BTS

 

3.5

dB

 

Gain antenne

 

GBTS

 

14

dB

Puissance émise

 

PE = PE BTS- Lc - Lf BTS +GBTS

49.5 dBm

 

Eb/No

Eb/No

5

dB

Débit binaire

 

Fb

270

Kbits/s

Bande passante

 

B

200

KHz

Rapport signal à bruit

 

SNR = Eb/No + 10log(Fb)-

 

6.3

dB

 

10log(B)

 

Récepteur (station mobile)

Densité de bruit

 

No = 10log(kT)

-174 dBm/Hz

Noise figure

 

NF

5

dB

 

Seuil de bruit

 

N

= No + 10log(B)+NF

-116 dBm

Gain antenne

 

GMS

0

dB

Pertes

Lf

MS

3

dB

Puissance minimum reçue en entrée du récepteur

PR = N+SNR+Lf MS-GMS

-106.7 dBm

Marges

Marge de bruit

 

Mb

3

dB

Marge d’environnement

 

Me

8

dB

Pertes de propagation maximale

 

LP max = PE - PR – Mb - Me

145.2 dB

La perte de propagation hertzienne maximale est de 145.2 dB. Connaissant le modèle de propagation adapté à l’environnement, il est possible de déterminer la distance de séparation maximale entre la station de base et la station mobile (en d’autres termes, la portée de la cellule). Par exemple, en supposant une propagation en espace libre, la séparation maximale est de 478 km ! Cependant, ce modèle est irréaliste dans le cas d’une propagation typique dans un réseau cellulaire, où de nombreux obstacles induisent de fortes atténuations. Dans un milieu urbain, la séparation maximale serait environ égale à 4 km. Supposons qu’on cherche à accroître la couverture de cette cellule en conservant une qualité de service constante (Eb/No constant) et une puissance d’émission constante. Il est nécessaire d’augmenter la perte de propagation maximale. D’après le bilan de liaison, on peut identifier les paramètres qui permettraient d’accroître la perte de propagation maximale. Par exemple, en augmentant l’ensemble des gains ou réduisant les différentes pertes.

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VIII.Ce qu’il faut retenir

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Le bruit est un signal aléatoire souvent d’origine thermique, qui fixe le seuil minimum de réception des systèmes électroniques. Le bruit couplé à un signal dépend de la bande passante du signal.

Tout système électronique présente des défauts qui dégradent le signal en lui ajoutant du bruit et en le distordant par des effets non linéaires.

On caractérise l’ajout de bruit par un système électronique par le facteur de bruit ou noise figure.

Le rapport signal à bruit définit le rapport minimum à respecter entre la puissance du signal sur la puissance du bruit afin de garantir une réception de qualité du signal.

Le signal est aussi affecté par les défauts du support de transmission et les interférences provenant des autres canaux de transmission.

Les perturbations affectant le canal conduisent à affaiblir le signal et à le distordre.

Les signaux numériques sont plus robustes au bruit que les signaux analogiques, on préfère employer le rapport signal à bruit par bit noté Eb/No.

On mesure la qualité d’un signal analogique par le rapport signal sur bruit, celle d’un signal numérique par le taux d’erreur binaire (Bit Error Rate BER).

Dans le cas d’un système de réception d’un signal numérique, le taux d’erreur binaire est lié au rapport signal à bruit par bit.

Un bilan de liaison est un bilan de puissance dans un canal de transmission, faisant apparaître les puissances mises en jeu, les contraintes en terme de seuil de réception, les gains et les pertes sur l’ensemble du canal. C’est un outil indispensable pour dimensionner un canal de transmission.

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C. Effet du canal sur le débit d’une transmission numérique

Dans le chapitre précédent, nous nous sommes concentrés sur la dégradation du rapport signal de l’amplitude du signal transmis, lié à l’atténuation et au bruit apportée par le canal. Cependant, nous avons ignoré les caractéristiques temporelles du canal. Celles-ci sont liées à un grand nombre d’effets et leur modélisation reste complexe. Le canal de transmission va modifier la forme temporelle du signal, qui va s’étaler dans le temps. Dans le cas d’un signal numérique, les symboles transmis sont émis périodiquement. Si cette période est du même ordre que la constante de temps de la réponse du canal, des symboles adjacents risquent de se superposer et d’induire des erreurs d’interprétation des symboles. Cet effet est appelé interférence intersymboles. Les caractéristiques temporelles du canal vont donc limiter le débit de transmission. Le but de chapitre est de présenter le phénomène d’interférence intersymboles et de déterminer la limite de débit de transmission de symboles électriques sur un canal. Les conditions permettant d’annuler théoriquement le risque d’interférences intersymboles seront aussi présentées. Enfin, la notion de capacité d’un canal de transmission sera introduite, qui fixera une limite théorique du débit binaire.

I.

Caractéristiques

transmission

temporelles

d’un

canal

de

1. Retard de transmission

Le temps mis par une information pour parvenir de la source au destinataire peut être un élément d’appréciation de la qualité de transmission. Il est dû essentiellement au temps de propagation des ondes électromagnétiques sur un fil ou dans l’espace libre, mais dans certains cas de transmission de données, il peut aussi être dû à des retards de commutation (commutation par blocs). L’équation 41 donne l’expression de la vitesse de propagation d’une onde électromagnétique dans un milieu homogène et sans pertes, l’équation 42 permet de calculer le retard dans une ligne.

v =

c 0 (Équation 41) r r
c
0 (Équation 41)
r
r

co = vitesse de la lumière dans le vide = 3 e 8 m/s εr = constante diélectrique relative (par exemple 1 dans l’air, 11.6 dans le silicium) µr = perméabilité magnétique relative (= 1 dans les matériaux non magnétiques) v = vitesse de propagation du signal

Td = retard L = longueur de la ligne

T d =

L

v

(Équation 42)

Le retard n’est pas critique dans une communication unilatérale (ex : télévision, fax, …), mais le devient dès qu’une réponse est attendue dans l’autre sens (ex : conversation téléphonique). Pour des raisons physiologiques, le retard dans une conversation téléphonique devient sensible dès qu’il atteint 150ms et très pénible dès qu’il dépasse 400ms.

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Question : Quel est le retard introduit par une ligne téléphonique entre 2 personnes situées à 1000 km ? Celui dans le cas d’une liaison par satellite géostationnaire ?

Réponse :

2. Transmission conforme – Distorsions linéaires

Même si la transmission conforme ne concerne que les transmissions analogiques, nous allons quand même aborder ce point. Dans le cas d’une transmission analogique, l’information est contenue dans la forme du signal qui doit être sauvegardée à tout prix. Pour une transmission conforme, le signal reçu ne doit différer du signal émis que :

Par un facteur d’affaiblissement constant

Par un retard constant

Il en résulte que l’affaiblissement de la transmission est une constante indépendante de la fréquence et que le déphasage doit être une fonction linéaire de la fréquence. Si les 2 conditions précédentes ne peuvent pas être satisfaites, des distorsions linéaires pourront apparaître. On parle en particulier de :

Distorsion d’affaiblissement si l’affaiblissement varie avec la fréquence Distorsion de phase si le déphasage ne varie pas linéairement avec la fréquence, c'est-à-dire si le temps de propagation n’est pas constant. Ainsi, l’effet de distorsions linéaires sur un signal sinusoïdal émis n’a pas de conséquence puisqu’en réception on récupère un signal sinusoïdal. Cependant tout autre signal voit sa forme et son spectre modifiés. Toutefois, aucune nouvelle composante fréquentielle n’apparaît, contrairement aux cas de distorsions non linéaires.

Remarque : distorsion de phase

Soit un signal dont le spectre est composé de 2 harmoniques de fréquences F1 et F2. Supposons que ce signal passe à travers un filtre qui ajoute un déphasage à chacune des harmoniques et par conséquent un retard ou temps de propagation au signal. Pour ne pas déformer le signal, il faut que le retard des 2 harmoniques soit identique. Pour un signal de période T et de fréquence f, déphasage Ф et temps de propagation τ sont liés par la relation suivante :

 

T

=

 

=

 

=

 

2

2

f

(Équation 43)

Si on veut que le retard soit indépendant de la fréquence, il faut que le déphasage soit une fonction linéaire de la fréquence, autrement dit un déphasage linéaire.

si

=

k

f

,

=

k

= f

k

=

2

f

2

cons

tan

te

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Cependant, pour une transmission numérique, la conformité n’est pas nécessaire ! En effet, le signal reçu étant échantillonné et régénéré avant que l’information numérique en soit extraite, la seule condition est que l’interférence entre symboles ou moments soit nulle.

3. Propagation multi-trajet dans un canal hertzien

Un canal hertzien est le médium le plus soumis aux perturbations. En pratique, un espace libre dégagé de tout obstacle et aux propriétés uniformes est un cas purement idéal. Dans un canal hertzien réel, l’onde incidente peut subir les effets suivants :

Des réflexions multiples qui deviennent complexes aux fréquences radio UHF car les irrégularités des obstacles sont à l’origine de différences de phase entre les différents rayons réfléchies. Ces réflexions multiples créent différents trajets, de longueurs variées, entre l’émetteur et le récepteur entraînant un étalement temporel. On parle de propagation multi trajet. Des diffusions, c'est-à-dire des réflexions pour lesquelles il n’existe aucune direction privilégiée. Elles sont provoquées par exemple par des gouttelettes d’eau en suspension Des diffractions qui interviennent dès que les dimensions des obstacles deviennent comparables à la longueur d’onde. Ce problème est majeur pour les ondes UHF. Des absorptions par l’eau et les gaz de l’atmosphère, l’atténuation variant avec la fréquence

En raison des réflexions, réfractions et diffusions des ondes électromagnétiques dans des environnements contenant de nombreux obstacles (milieu indoor par exemple), le signal transmis atteint souvent le récepteur par plusieurs chemins, créant le phénomène d’atténuation multitrajet (ou multipath fading). Les différentes composantes du signal provenant des chemins directs et indirects se recombinent avec des amplitudes, des phases et des instants d’arrivée différents, et produisent une version distordue du signal original. Lorsque la transmission se fait sur un canal à bande étroite, l’enveloppe du signal reçu subit de fortes fluctuations d’amplitude. On parle d’évanouissement rapide ou sélectif, décrit par la figure 34. Dans le cas d’un canal à bande large, une série d’impulsions atténuées et retardées apparaissent pour chaque impulsion transmise, à la manière d’un écho.

Impulsion

impulsion transmise, à la manière d’un écho. Impulsion transmission Diffusion / diffraction Trajets multiples
transmission Diffusion / diffraction Trajets multiples réflexion
transmission
Diffusion /
diffraction
Trajets multiples
réflexion
seuil fade
seuil
fade

temps

Signal reçu

Trajets multiples réflexion seuil fade temps Signal reçu Fonction de transfert seuil fade fréquence Fig. 34

Fonction de

transfert seuil fade fréquence
transfert
seuil
fade
fréquence

Fig. 34 - Phénomène de trajets multiples et évanouissement rapide d’un signal radio

Leurs causes sont multiples, elles sont liées aux trajets multiples empruntés par les ondes, mais aussi à l’effet Doppler résultant du déplacement du mobile par rapport à l’émetteur. Ces 2 phénomènes créent des interférences entre les signaux incidents qui peuvent devenir constructives ou destructives. Dans ce cas, une perte très importante voire totale du signal est à craindre pendant des durées qui vont de quelques µs à quelques secondes. Parallèlement, cela se traduit par un évanouissement affectant quelques bandes de fréquence étroites. De plus, contrairement aux liaisons filaires et par fibre optique, une liaison radio est un canal dont les caractéristiques ne sont pas stationnaires dans le temps. Par

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conséquent, ce phénomène est un des problèmes les plus sérieux en télécommunications car les atténuations sont importantes, difficile à modéliser et à combattre efficacement. Les figures ci-dessous présentent plusieurs exemples de réponses impulsionnelles mesurées en milieu indoor ou en environnement urbain. On voit clairement l’étalement temporel de la réponse, qui peut atteindre plusieurs centaines de ns en milieu indoor, plus dizaines de µs en milieu urbain, et l’apparition de nombreux échos de l’impulsion initial.

l’apparition de nombreux échos de l’impulsion initial. Fig. 35 – Exemples de réponses impulsionnelles mesurées

Fig. 35 – Exemples de réponses impulsionnelles mesurées en milieu indoor (H. Hashemi, « The Indoor Radio Propagation channel », Proceedings IEEE, vol. 81, no 3, July 1993)

channel », Proceedings IEEE, vol. 81, no 3, July 1993) Fig. 36 – Exemple de réponses

Fig. 36 – Exemple de réponses impulsionnelles mesurées en milieu urbain (J. B. Andersen, T. S. Rappaport, S. Yoshida, « Propagation Measurements and Models for Wireless Communications Channels», IEEE Communications Magazine, January 1995)

4. Modélisation de la réponse temporel d’un canal de transmission

La réponse temporelle d’un canal réelle reste complexe, souvent aléatoire et non stationnaire. Il est possible de les modéliser en un point donné de l’espace par un filtre linéaire variable dans le temps, caractérisé par une réponse impulsionnelle h(t) dont les coefficients varient dans le temps (Fig. 37). Le canal peut aussi être modélisé par sa fonction de transfert H(f).

Bruit et perturbations n(t) + + Réponse impulsionnelle h(t)
Bruit et
perturbations n(t)
+
+
Réponse
impulsionnelle h(t)
y ( t ) = h t ( ) x t ( ) N 1
y
(
t
)
=
h t
( )
x t
( )
N
1
h t
( )
=
a
( )
t
k
k = 0

Signal numérique

reçu y(t)

1 0 0 1

a ( ) t k k = 0 Signal numérique reçu y(t) 1 0 0 1

Signal numérique

émis x(t)

numérique reçu y(t) 1 0 0 1 Signal numérique émis x(t) Canal de transmission ( t

Canal de transmission

(

t

t

k

)

exp

(

j

k

( ))

t

Fig. 37 – Modèle mathématique d’un canal de transmission

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II. Interférences inter symbole – diagramme de l’oeil

1. Définition

Le phénomène d’interférence intersymbole (ISI ou IES) consiste en un chevauchement partiel entre les symboles adjacents, comme le montre la figure 38. La valeur du symbole reçu à l’instant T est perturbée par les symboles reçus précédemment. Le symbole reçu peut alors être confondu avec un autre et introduire des erreurs d’interprétation par le récepteur. L’interférence inter symbole est la principale source d’erreur binaire dans les communications numériques.

Signal à émettre transmission Signal reçu temps temps
Signal à émettre
transmission
Signal reçu
temps
temps

Fig. 38 - Etalement d’un signal numérique après transmission

Pour améliorer la fiabilité d’une communication numérique, il convient de minimiser le risque d’apparition d’IES. Comme nous le verrons dans les chapitre C et F, la théorie de l’information prévoit que ces interférences apparaissent si les conditions de Nyquist ne sont pas respectées. Si ces conditions sont respectées, la probabilité qu’il existe de l’interférence inter-symbole tend vers 0.

2. Condition d’apparition d’interférences intersymboles

Il est possible de savoir si un canal pourra présenter un risque important d’apparition d’interférence inter symbole en étudiant sa réponse impulsionnelle discrète. Soit le canal de transmission décrit à la figure 39, présentant un filtre émetteur, un support de transmission puis un filtre récepteur.

n(t) Support de transmission Filtre x(t) ++ émetteur
n(t)
Support de
transmission
Filtre
x(t)
++
émetteur
n(t) Support de transmission Filtre x(t) ++ émetteur y(t) z(t) Filtre récepteur Fig. 39 – Modèle

y(t)

z(t)

Filtre

récepteur

Fig. 39 – Modèle de canal de transmission

Supposons qu’un émetteur transmette une séquence binaire a i sous la forme d’un signal x(t), où s(t) représente la réponse impulsionnelle du filtre émetteur et Ts la période des symboles binaires :

( )

x t

=

i

(

a s t

i

iT

S

)

(Équation 44)

Le signal est ensuite transmis à travers le canal de transmission, caractérisé par une réponse impulsionnelle c(t) et qui ajoute un bruit n(t). Le signal en entrée du récepteur z(t) peut s’écrire sous la forme :

z(t) = x(t)* c(t)+ n(t)

(Équation 45)

Ce signal passe ensuite à travers un filtre de réception, dont la réponse impulsionnelle est notée r(t). Le signal en sortie du filtre de réception peut s’écrire :

y(t) = r(t)* z(t)

y(t)

=

i

a p(t

i

iT

S

)

+

(Équation 46)

w(t)

(Équation 47)

Canaux de transmissions bruités

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où w(t) représente le bruit en sortie du filtre et p(t) la réponse impulsionnelle du système composé du canal et des filtres d’émission et de réception. Finalement, le signal de sortie est échantillonné de manière synchrone avec l’émetteur tous les t i = i.Ts et peut s’écrire :

(

y t

i

)

= a p

i

(

0

)

+

k

π

i

a

k

p

((

i

)

k T

S

)

(

+ w t

i

)

(Équation 48)

Le premier terme représente la contribution du i eme symbole transmis, c'est-à-dire celui qu’on cherche à recevoir sans erreurs. Le second terme représente l’effet résiduel des symboles précédemment transmis sur le décodage du i eme symbole. Cet effet est appelé interférence inter symboles. En l’absence de bruit et d’IES, on ne récupèrerait que le premier terme et aucune erreur d’interprétation ne serait possible. Plaçons nous dans le cas où le rapport signal à bruit est important, le terme w(t i ) peut être négligé. Intéressons nous aux conditions sur la réponse impulsionnelle p(t) qui permettent d’annuler l’IES.

Remarque :

Pour qu’il n’y ait pas d’IES, il faut que les symboles ne chevauchent pas. Une première condition simple pour annuler l’IES est d’avoir un support de transmission dont la durée de transmission (c’est à dire la durée de la réponse impulsionnelle) est inférieure à la période binaire. Cependant, cette condition est rarement rencontrée dans les systèmes de transmission. Ainsi, en raison des longueurs des câbles téléphoniques et des désadaptations, l’IES s’étale sur plusieurs millisecondes. Dans le cas d’un débit de symboles de 2400 Bauds, l’IES s’étale sur plusieurs dizaines de symboles.

A partir de l’équation 48, il est possible d’énoncer la condition sur p(t) pour laquelle l’IES s’annule. Cette condition est appelée critère de Nyquist en temps :

(  p 0 ) pour i = k p (( i k T )
(
 p
0
)
pour i
=
k
p
((
i
k T
)
)
=
(
p t
)
=
0
pour t
=
T
, 2
T
,3
T
S
S
S
S
0 pour i
π
k

(Équation 49)

Si cette condition est vérifiée, le signal en sortie du filtre de réception

. Cette condition indique que tous les symboles doivent s’annuler aux instants

d’échantillonnage des autres symboles. Le filtre p(t), qui représente le canal en entier (filtre d’émission, support de transmission, filtre de réception) est dit canal de Nyquist s’il vérifie cette condition. La figure 40 illustre la condition de Nyquist d’apparition d’interférences intersymbole. A l’instant d’échantillonnage suivant le retour à ‘0’ de l’impulsion, le signal reçu qui a traversé le canal 2 est bien revenu à l’état 0, le risque de confondre ce symbole avec un autre est quasi nul. Cependant, dans le cas du canal 1, le signal n’est pas encore revenu à 0 et son état se situe sur une zone indéterminée. En présence de bruit supplémentaire, cet état pourra être interprété par la récepteur comme un ‘1’ logique, provoquant une erreur binaire.

s’écrit : y(t

i

)

= a p(0)

i

Canaux de transmissions bruités

Impulsion

élémentaire

Transmission à travers canal 1 Canaux de transmissions bruités Impulsion élémentaire T m temps Transmission à travers canal 2 ≠0 Tm

Impulsion élémentaire Transmission à travers canal 1 T m temps Transmission à travers canal 2 ≠0
Impulsion élémentaire Transmission à travers canal 1 T m temps Transmission à travers canal 2 ≠0
Impulsion élémentaire Transmission à travers canal 1 T m temps Transmission à travers canal 2 ≠0
Impulsion élémentaire Transmission à travers canal 1 T m temps Transmission à travers canal 2 ≠0
Impulsion élémentaire Transmission à travers canal 1 T m temps Transmission à travers canal 2 ≠0
Impulsion élémentaire Transmission à travers canal 1 T m temps Transmission à travers canal 2 ≠0
Impulsion élémentaire Transmission à travers canal 1 T m temps Transmission à travers canal 2 ≠0
Impulsion élémentaire Transmission à travers canal 1 T m temps Transmission à travers canal 2 ≠0
Impulsion élémentaire Transmission à travers canal 1 T m temps Transmission à travers canal 2 ≠0
Impulsion élémentaire Transmission à travers canal 1 T m temps Transmission à travers canal 2 ≠0

Tm

temps

Transmission à travers canal 2 élémentaire Transmission à travers canal 1 T m temps ≠0 Tm Tm Risque d’ISE =0 Tm

≠0 Tm Tm Risque d’ISE =0 Tm Tm
≠0
Tm
Tm
Risque d’ISE
=0
Tm
Tm

Pas d’ISEà travers canal 2 ≠0 Tm Tm Risque d’ISE =0 Tm Tm Septembre 2011 ‘1’ Indéterminé

Septembre 2011

‘1’

Indéterminé