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ß2. OpÈrateurs Compacts OpÈrateurs linÈaires compacts Soit A un opÈrateur linÈaire díun espace normÈ E
ß2. OpÈrateurs Compacts
OpÈrateurs linÈaires compacts
Soit A un opÈrateur linÈaire díun espace normÈ E dans un espace normÈ
F; on dit que A est un opÈrateur compact síil envoie tout ensemble bornÈ G
dans E ‡ un ensemble relativement compact A ( G ) dans F: Autrement dit,
la fermÈture A ( G ) est compacte.
Ensembles relativement compacts
Un ensemble G E est relativement compact si pour toute suite f u n g
de G; il existe une sous suite f u n( k ) g qui converge dans F:
ThÈorËme 1 (critËre de compacitÈ)
Un opÈrateur linÈaire A : E ! F est compact si et seulement si pour
toute suite bornÈe ' n de E; la suite A' n contient une sous suite convergente
de F:
DÈmonstration
Il su¢ t díappliquer les dÈÖnitions appropriÈs díun ensemble bornÈ et un
ensemble relativement compact.
ThÈorÈme 2
Une combinaison linÈaire A = A 1 + A 2 des opÈrateurs compacts est un
opÈrateur compact.
DÈmonstration
Soit f ' n g une suite bornÈ de E et soit f A' n g une suite de F; alors
A' n ( x ) = A 1 ' n ( x ) + A 2 ' n ( x ) ; avec ' n 2 E; n 2 N :
A 1 et A 2 Ètant compacts, on peut extraire de f A 1 ' n g et de f A 2 ' n g deux
sous suites convergentes qui donne par leur somme une sous suite convergente
de f A' n g ; donc A est compact.
ThÈorËme 3
Le produit AB de deux opÈrateurs bornÈs A et B est compact si líun des
opÈrateurs A ou B est compact.

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DÈmonstration Soit f ' n g un suite bornÈe de E; alors si B est
DÈmonstration
Soit f ' n g un suite bornÈe de E; alors si B est un opÈrateur bornÈ la suite
B' n ( x ) est aussi bornÈe, et de la compacitÈ de líopÈrateur A il existe une
sous suite de A ( B' n ( x )) qui converge, ce qui implique que AB est compact.
Díautres part si B est compact, on peut extraire de la suite B' n ( x ) une
sous suite convergente B' n (k ) ( x ) ; et de la continuitÈ de líopÈrateur A car il est
bornÈ la suite A ( B' n (k ) ( x )) converge, ce qui implique que AB est compact.
ThÈorËme 4
Soit E un espace normÈ et F un espace de Banach, et soit f A n g une suite
díopÈrateurs compacts de E dans F; convergente en norme vers líopÈrateur
linÈaire A de E dans F
n!1 k A n A k = 0 :
lim
Alors A et compact.
DÈmonstration
Soit f ' n g une suite bornÈe de E; líopÈrateur A 1 Ètant compact, on peut
extraire de la suite f A 1 ' n g une sous suite convergente; soit f ' n g une sous
suite de f ' n g telle que, f A 1 ' n g soit convergente.
De la mÍme faÁon, on peut extraire de la suite f A 2 ' n g une sous suite
convergente, car A 2 est compact; soit f' n g une sous suite de f ' n g telle que,
la suite f A 2 ' n g soit convergente.
Remarquons que, la suite f A 1 ' n g est une sous suite de la suite conver-
gente f A 1 ' n g qui ‡ son tour convergente.
En raisonnant de la mÍme faÁon, pour les opÈrateurs A 1 ;A 2 ; :::; A p ; ::: , on
1
1
1
2
1
2
2
1
1
2
dÈtermine les suites f ' n g ; f ' n g; :::; f' n p g ; :::. Il est ‡ remarquer que la suite
f
' n p g est une sous suite de toutes les suites qui lui prÈcËdent et que les suites
f
A k
' p n g sont convergentes pour ( k = 1 ; 2 ; :::; p ) :
Comme líespace Y est complet, pour la compacitÈ de líopÈrateur A il
su¢ t de montrer que la suite f A' n p g est une suite Cauchy, alors
q
q
q
q
k A' n p A' n k k A' n
p A n ' p n k + k A n ' n
p A n ' n k + k A n ' n A'
n k
"
Soit k ' n k M ; choisissons n de sorte que líon a k A A n k <
3
M ;
ensuite choisissons N tel que, pour tous les p > N et q > N; on a la relation
"
q
k A n ' p n A n ' n k < 3 car la suite fA n ' n p g est convergente.

2

Dans ces conditions, on aura pour tout p et q su¢ samment grands. q k
Dans ces conditions, on aura pour tout p et q su¢ samment grands.
q
k
A' p n A' n k< ":
ThÈorËme 5
Soit A un opÈrateur bornÈ de E dans F; ‡ image A ( E ) de dimension
Önie. Alors A est compact.
DÈmonstration
En e§et, car líopÈrateur A transforme tout ensemble bornÈ G de E ‡ un
ensemble bornÈ A ( G ) dans un espace de dimension Önie A ( E ) ce qui implique
que A ( G ) est prÈcompact.
Lemme 1
Soit G un sous espace fermÈ díun espace normÈ E tel que, G 6= E; alors
il existe un ÈlÈment ' 2 E; avec k ' k = 1 tel que, pour tout 2 G;
on a
k ' k ; avec 0 < < 1
DÈmonstration
En e§et, soit f un ÈlÈment de E tel que f 2= G alors, on a
inf E k f k = > 0 ;
2
choisissons un ÈlÈment 2 G tel que,
kf
k
;
soit ' le vecteur donnÈ par
f
' =
k f
k ;
alors le vecteur ' est de norme Ègale ‡ líunitÈ ( k ' k = 1) :
De plus, on a
1
k ' k =
k f f + ( k f
k ) g k
k
f k
k :
k
f

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ThÈorËme 6 LíopÈrateur identique I de E dans E est compact si et seulement si
ThÈorËme 6
LíopÈrateur identique I de E dans E est compact si et seulement si E
est de dimension Önie.
DÈmonstration
Soit ' 1 un ÈlÈment de E; tel que k ' 1 k= 1 ; alors G 1 = span f ' 1 g est un
sous espace fermÈ de E car G 1 est de dimension Önie. DíaprËs le lemme1,
il existe un ÈlÈment ' 2 2 E; tel que k ' 2 k = 1 et k ' 1 ' 2 k > 1 2 : Prenons
une deuxiËme fois le sous espace fermÈ G 2 = span f ' 1 ;' 2 g ; il existe alors un
ÈlÈment ' 3 2 E avec k ' 3 k = 1 ; k ' 1 ' 3 k> 2 et k ' 2 ' 3 k> 2 : On rÈpËte
la mÍme procÈdure jusquí‡ líobtention díun suite f ' n g vÈriÖant k ' n k= 1
et k ' n ' m k > 1 2 ; p our tout m 6= n:
1
1
Il est ‡ remarquer que cette suite f ' n g est bornÈe mais elle ne contient
aucune sous suite convergente. C.Q.F.D.
Corollaire 1
La boule unitÈ B (0 ; 1) dans un espace de dimension inÖnie níest pas com-
pact.
En e§et, il su¢ t díappliquer le thÈorËme6, car la boule unitÈ B (0; 1) est sa
propre image dans líespace X de dimension inÖnie par líopÈrateur identique
ThÈorËme 7
Un opÈrateur compact est un opÈrateur bornÈ. La rÈciproque est fausse.
DÈmonstration
En e§et, si on dÈsigne par
B (0; 1) = f x 2 X; k x k 1 g ;
la boule fermÈ de rayon líunitÈ, alors líensemble A ( B (0; 1)) est compact, donc
bornÈ, cíest ‡ dire
k
Ax k < 1 et par consÈquent, sup 1 k Ax k < 1 ,
k
x k
ce qui signiÖe que líopÈrateur A est bornÈ.
RÈciproquement, líopÈrateur identique I de E dans E est bornÈ mais il
níest pas compact.

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ThÈorËme 8 LíopÈrateur intÈgral A de C ( G ) dans C ( G )
ThÈorËme 8
LíopÈrateur intÈgral A de C ( G ) dans C ( G ) ‡ noyau continu est un opÈra-
teur compact.
DÈmonstration
Soit E un ensemble bornÈ de C ( G ) alors, on a
k ' k M pour tout ' 2 E:
De plus,
j A' ( x ) j M
j G j max G j K ( x; y ) j ; 8 x 2 G et 8' 2 E;
x;y 2
cela veut dire que A (E ) est bornÈ.
LíopÈrateur K est uniformÈment continu sur le compact G G; dío˘
"
8 " > 0 ; 9 > 0 ; 8x; y; z 2 G; j x y j < )j K ( x; z ) K ( y; z ) j <
M j G j
dío˘
j A' (x ) A' (y ) j < " pour tout ' 2 E
et x; y 2 G; avec j x y j < :
Ceci exprime que líensemble A ( E ) est Èquicontinu, dío˘ A ( E ) est rela-
tivement compact díaprËs le thÈorËme díArzel‡-Ascoli. Alors A est compact.
Noyau faiblement singulier
On appelle noyau faiblement singulier la fonction K continue sur G G
R n R n sauf peut Ítre aux points x = y et telle que,
M
8
x; y 2 G; x 6= y; 9M > 0 ; j K ( x; y ) j < j x y j n ;
0 < n
ThÈorËme 9
LíopÈrateur intÈgral A de C ( G ) dans C ( G ) ‡ noyau faiblement singulier
est un opÈrateur compact.
DÈmonstration
Il est ‡ remarquer que líopÈrateur
A' ( x ) = Z G k ( x; y ) ' ( y ) dy; x; y 2 G

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existe comme une intÈgrale impropre, car j K ( x; y ) ' ( x
existe comme une intÈgrale impropre, car
j K ( x; y ) ' ( x ) j M k ' kj x y j n :
De plus, on a
n n 1 d = ! n
Z G j x y j n dy ! n Z d
d ;
0
o˘ ! n dÈsigne la surface de la sphËre unitÈ dans R n ; et d le diamËtre de
líensemble G:
Construisons maintenant une suite díopÈrateurs compacts A p ; conver-
gente vers líopÈrateur A et telle que, on a
p!1 k A A p k = 0 :
lim
Soit h une fonction continue par morceau, dÈÖnie sur [0 ; 1 [ ‡ valeurs
dans R ; par
8
<
:
1
0
si 0 t
2
1
h ( t ) =
2
t 1 si 2 t 1
;
1 si 1 t< 1
le noyau K p dÈÖni sur G G ‡ valeurs dans C ; par
h ( p j x y j ) si x 6= y
K p ( x; y ) =
0 si x = y
est un noyau continu pour tout p 2 N et par consÈquent, les opÈrateurs
intÈgraux A p sont compacts. De plus,
j A' ( x ) A p ' ( x ) j = j Z G \j x y j < f 1 h ( p j x y j ) g K ( x; y ) ' ( y ) dy j
1
p
1
p
n n 1 d
M
k ' k ! n Z
0
! n
M
k ' k
; x 2 G:
p
Il est aisÈ de remarquer que la suite des opÈrateurs A p ' converge uni-
formÈment vers A' quand p ! 1 ; dío˘ líopÈrateur A' est un ÈlÈment de
C ( G ) ; de plus
k A A p k M ! p n ! 0 ; lorsque p ! 1 ;

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cela implique que líopÈrateur A est compact. ThÈorËme 10 LíopÈrateur intÈgral A de C (
cela implique que líopÈrateur A est compact.
ThÈorËme 10
LíopÈrateur intÈgral A de C ( @G ) dans C ( @G ) ‡ noyau continu ou ‡ noyau
faiblement singulier est un opÈrateur compact sur C ( @G ) si @G est de classe
C 1 :

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Bibliographie [1] M. NADIR. Cours díanalyse fonctionnelle, universitÈ de Mísila 2004. Address. Prof. Dr. Mostefa
Bibliographie
[1] M. NADIR. Cours díanalyse fonctionnelle, universitÈ de Mísila 2004.
Address. Prof. Dr. Mostefa NADIR
Laboratory of Pure and Applied Mathematics
and
Laboratory of Signals Analysis and Systems
University of Msila
28000 ALGERIA
E-mail: mostefanadir@yahoo.fr

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