Vous êtes sur la page 1sur 24
CH. IV- Travail et énergie SOMMAIRE CHAPITRE IV- Travail et énergie IV.1- TRAVAIL D’UNE FORCE
CH. IV- Travail et énergie
SOMMAIRE
CHAPITRE IV- Travail et énergie
IV.1- TRAVAIL D’UNE FORCE
IV.1.1- TRAVAIL D’UNE FORCE CONSTANTE APPLIQUEE A UN POINT MATERIEL
DANS UN MOUVEMENT RECTILIGNE
IV.1.2-TRAVAIL D’UNE FORCE VARIABLE - TRAVAIL ELEMENTAIRE
IV.1.3- TRAVAIL D’UNE FORCE CONSTANTE EN DIRECTION ET EN MODULE
IV.1.4- EXEMPLES DE CALCUL DU TRAVAIL D’UNE FORCE
IV.1.5- PUISSANCE INSTANTANEE D’UNE FORCE
IV.2- ENERGIE
IV.2.1- ENERGIE CINETIQUE
IV.2.2- ENERGIE POTENTIELLE
IV.2.2.1- Force conservative et force non-conservative
IV.2.2.2- Energie potentielle
IV.2.2.3- Exemples de calcul de l’énergie potentielle
IV.2.3- ENERGIE MECANIQUE OU ENERGIE TOTALE
IV.3- EQUILIBRE STABLE, EQUILIBRE INSTABLE
IV.3.1- CONDITIONS DE STABILITE
IV.3.2- NATURE DU MOUVEMENT
IV.4- IMPULSION ET CHOCS
IV.4.1- IMPULSION
IV.4.1.1- Définition
IV.4.1.2- Impulsions dans le cas de deux particules en interaction
IV.4.2- CHOCS ENTRE DEUX PARTICULES
IV.4.2.1- Chocs parfaitement élastique
IV.4.2.2- Chocs parfaitement inélastique ou choc mou
IV.4.2.3- Choc inélastique ou partiellement élastique
ANNEXE : Elément de déplacement et de volume dans les différents systèmes de coordonnées.
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
67
CH. IV- Travail et énergie IV- Travail et énergie IV.1- TRAVAIL D’UNE FORCE IV.1.1- TRAVAIL
CH. IV- Travail et énergie
IV- Travail et énergie
IV.1- TRAVAIL D’UNE FORCE
IV.1.1-
TRAVAIL
D’UNE
FORCE
CONSTANTE
APPLIQUEE
A
UN
POINT
MATERIEL
DANS
UN
MOUVEMENT RECTILIGNE
On définit le travail d’une force constante F appliquée à un point matériel M se déplaçant de A à B sur
:
une droite par le produit scalaire entre cette force F et le vecteur déplacement AB
(F) = F.AB =
F
×
AB
cosα
W A
B
UNITE : Le JOULE (J) : 1J = 1N.m .
Trois cas peuvent se présenter suivant le signe de cos :
IV.1.2-TRAVAIL D’UNE FORCE VARIABLE - TRAVAIL ELEMENTAIRE
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
68
CH. IV- Travail et énergie Dans le cas général, le point matériel de position M(t),
CH. IV- Travail et énergie
Dans le cas général, le point matériel de position M(t), sur une trajectoire curviligne dans l’espace, est
soumis à une force F(t)
(ou F(M)
) variable avec le temps.
Pour le calcul du travail de la force F appliquée au point matériel entre les deux points A et B de la
trajectoire (voir figure précédente), on exprime d’abord le travail élémentaire de F
entre deux positions
M(t) et M’(t’) infiniment rapprochées de la trajectoire (c’est-à-dire pour un déplacement élémentaire
MM '
), noté
dW
(F)
.
Pour
t
0 , lorsque les points M et M’ sont très proches, le module du
M
M'
vecteur déplacement tend vers zéro :
MM '
0
, et sa direction tend vers la tangente à la trajectoire
en M. On assimile alors ce vecteur déplacement MM '
trajectoire en M):
à un élément dr (porté par la tangente à la
dW
M
M'
(F) = F.MM' = F.dr = Fdrcosα
Fcos
représente la composante tangentielle de la force F
: c’est cette composante qui travaille. Le
travail de la composante Fsin , normale à la trajectoire, est nul.
Le travail total entre les positions A et B de la force F appliquée à M est obtenu par intégration entre A
et B :
(F) =
∫ B
dW =
∫ B
F.dr
W A
B
A
A
IV.1.3- TRAVAIL D’UNE FORCE CONSTANTE EN DIRECTION ET EN MODULE
Le point matériel se déplace sur une trajectoire quelconque, entre les positions A et B, sous l’effet d’une
force F constante en module et qui conserve sa direction et son sens.
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
69
CH. IV- Travail et énergie Le travail entre A et B est la somme de
CH. IV- Travail et énergie
Le travail entre A et B est la somme de tous les travaux élémentaires et comme la force F est constante,
:
ce travail est simplement F.AB
W
(F)
=
F
r
=
F
r
=
F AB
W
(F) = F.AB
A
B
i
i
A
B
i
i
ou bien, dans le repère (O, i, j, k)
par exemple :
W
(F)
=
∫ B
F.dr
=
∫ B
(F i
+
F
j
+
F k).(dxi
+
dyj
+
dzk)
=
∫ B
(F dx
+
F dy
+
F dz)
A
B
x
y
z
x
y
z
A
A
A
y
y
B
B
B
B
B
B
W
(F)
=
∫ x
F dx
+
F dy
+
∫ z
F dz
=
F
∫ x
dx
+
F
dy
+
F
∫ z
dz
A
B
x
y
z
x
y
z
x
y
z
x
y
z
A
A
A
A
A
A
Les composantes de F
:
F , F
et
F
sont constantes.
x
y
z
W
(F)
=
F (x
x
)
+
F (y
y
+
)
F (z
z
)
W
(F) = F.AB
A
B
x
B
A
y
B
A
z
B
A
A
B
Conclusion : Le travail d’une force constante en direction et en module est indépendant de la trajectoire.
Il ne dépend que des positions initiale et finale du point matériel.
IV.1.4- EXEMPLES DE CALCUL DU TRAVAIL D’UNE FORCE
Exemple 1 : TRAVAIL D’UNE FORCE CONSTANTE : POIDS D’UN POINT MATERIEL
Puisque P = cste , on a :
(
)
W
(P)
=
P.AB
=
(
mgk). (x
x
)i +
(y
y
) + j
(z
z
)k =
mg(z
z =
)
mgh
A
B
B
A
B
A
B
A
A
B
W
(P) = P.AB = mgh
A
B
Ou bien en utilisons la définition générale du travail :
B
W
(P)
=
∫ B
P.dr
=
∫ B
( mgk)(dxi
+
dyj +
dzk) =
∫ z
mgdz = =
mg(z
z
= )
mgh
A
B
A
B
A
A
z
A
Le travail de
P ne dépend pas de la forme de la trajectoire.
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
70
CH. IV- Travail et énergie Remarque : Quand le point matériel passe de A à
CH. IV- Travail et énergie
Remarque : Quand le point matériel passe de A à B vers le bas, le travail du poids est moteur. Il est
positif. C’est le cas présenté ci-dessus.
Par contre, si le point matériel se déplace vers le haut, alors le travail du poids est résistant et négatif :
(
)
W
(P)
=
P.BA
=
(
mgk). (x
x
)i +
(y
y
) + j
(z
z
)k =
mg(z
z =
)
mgh
A
B
A
B
A
B
A
B
B
A
Exemple 2 : TRAVAIL D’UNE FORCE VARIABLE
Un point matériel se déplace sous l’action d’une force F = xi + 2yj sur une droite d’équation y = 2x .
Trouver le travail de cette force lorsque le point se déplace du point O au point A(2,4).
dW = F.dr = (xi + 2yj).(dxi + dyj) = xdx + 2ydy
En remplaçant y = 2x et dy = 2dx , on obtient : dW = xdx + 2ydy = xdx + 4x(2dx) = 9xdx
2
9
2
[
2
]
Le travail entre O et A est donc :
W
(F)
=
9xdx
=
x
=
18 J
O
A
0
2
0
Exemple 3 : TRAVAIL DE LA FORCE DE RAPPEL D’UN RESSORT
Un ressort de raideur k repose sur un plan horizontal. Il est fixe à une extrémité et à l’autre est accrochée
une masse M. On étire le ressort puis on lâche. Il y a absence de frottement. Quelle est le travail de la
force de rappel F
lorsque la masse se déplace de la position
x 1 à la position
x
?
2
La force de rappel du ressort appliquée à la masse M est :
F = -kx = -kxi .
x
x
2
x
2
2
k
x
k
[
2
]
2
2
2
W
(F)
=
F.dr
=
( kxi).(dxi ) =
kxdx =
x
x 1 (
=
x
x
)
x
x
1
2
1
2
2
2
x
x
x
1
1
1
k
2
W
(F) =
(
2
x
- x
)
x
x
1
2
1
2
2
Le travail de F ne dépend que des positions initiale et finale du point matériel.
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
71
CH. IV- Travail et énergie IV.1.5- PUISSANCE INSTANTANEE D’UNE FORCE Définition : La puissance instantanée
CH. IV- Travail et énergie
IV.1.5- PUISSANCE INSTANTANEE D’UNE FORCE
Définition : La puissance instantanée d’une force F
appliquée à un point matériel M se déplaçant à une
vitesse v est la variation instantanée du travail de cette force. C’est donc la dérivée par rapport au temps
du travail W(F)
:
dW
P(t) =
dt
Autrement dit, la puissance représente le travail de la force par unité de temps.
La puissance s’exprime aussi de la manière suivante :
dW
F.dr
dr
P
=
=
=
F.
=
F.v
dt
dt
P(t) = F(t).v(t)
dt
Le travail d’une force entre les instant
t
et
t
peut alors s’exprimer ainsi :
1
2
2
2
W
(F) =
∫ t
P(t)dt =
∫ t
F.vdt
t
t
1
2
t
t
1
1
UNITE : L’unité de la puissance est le WATT (W) :1W = 1J / s = 1N.m / s .
Autre unité : Le CHEVAL-VAPEUR (CV) : 1CV=736 W.
IV.2- ENERGIE
IV.2.1- ENERGIE CINETIQUE
Un point matériel de masse m se déplace dans un repère galiléen sous l’action de forces extérieures
F
.
i
Le Principe Fondamental de la Dynamique donne :
n
F i
=
m .
i
=
1
Pour un déplacement infinitésimal, le travail élémentaire de la résultante des forces
(
F )
est :
i
n
dv
dr
dW(
F )
=
F
dr
=
m
dr
=
mdv.
=
mv.dv
i
i
dt
dt
i
Le travail de la résultante des forces
F
appliquée au point matériel de la position A où sa vitesse est
i
i
v A à la position B où sa vitesse est
v
est :
B
v
2
B
v
1
2
2
W
(
F )
=
∫ B
dW
=
mv.dv
==
m
=
m
(
v
v
)
∫ B
A
B
i
B
A
A
A
 
2
 
2
v
A
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
72
CH. IV- Travail et énergie Soit finalement : 1 2 1 2 ( ∑ F
CH. IV- Travail et énergie
Soit finalement :
1 2
1
2
(
F ) =
mv
-
mv
W A
B
i
B
A
2
2
On constate que ce travail ne dépend que des vitesses initiale et finale du point matériel.
2
La quantité
1 mv
est appelée Energie cinétique du point matériel de masse m et de vitesse v, notée
2
1
2
E
E
=
mv
.
c :
c
2
THEOREME DE L’ENERGIE CINETIQUE :
Dans un repère galiléen, la variation de l’énergie cinétique d’un point matériel entre les positions A
et B, est égale au travail de la résultante des forces appliquées au point matériel pendant son
déplacement du point A au point B :
E
B A = E (B) - E (A) = W
(
F )
c
c
c
A
B
i
Remarques :
1/ L’énergie cinétique est toujours positive.
2
p
2/ En introduisant la quantité de mouvement p = mv , on a aussi :
E
c
= 2m .
3/ On a vu que si F
est perpendiculaire au déplacement, c’est-à-dire au vecteur vitesse v , son travail
ste
est nul, donc :
(F) = 0
E (B) - E
F
(A) =
E
=
0
E
=
C
:
W A
B
c
c
c
c
ste
v
⇒⇒⇒⇒ E = C
c
i
4/ On montre que :
W
(
F )
= ∑
W
(F )
: le travail de la résultante
( ∑
F )
est égale à la
A
B
i
A
B
i
i
somme des travaux des forces.
IV.2.2- ENERGIE POTENTIELLE
IV.2.2.1- Force conservative et force non-conservative
a/ Force conservative : On appelle « force conservative » appliquée à un point matériel, une force
c
notée
F
dont le travail est indépendant de la trajectoire de ce point, mais ne dépend que des positions de
départ et d’arrivée (ce travail ne dépend également pas de la vitesse et du temps).
Exemples : Le poids P = mg , la force élastique du ressort F = kx , la force électrique F = qE
et les
forces constantes d’une manière générale, sont des forces conservatives.
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
73
CH. IV- Travail et énergie La figure montre deux chemins (C1) et (C2) pour aller
CH. IV- Travail et énergie
La figure montre deux chemins (C1) et (C2) pour aller de A à B. La force est conservative si :
B
B
(C )
c
(C
)
c
c
c
W
1
(F )
=
W
2
(F )
F .dr
=
F .dr
A
B
A
B
1
2
A
A
b/ Forces non-conservatives : Une « force est non-conservative » si son travail dépend du chemin
parcouru par le point matériel.
f =
Exemples : les forces de frottement
Nu
,
f =
v
, la force magnétique F = qv B , les forces
T
qui dépendent d’une manière explicite du temps ou de la vitesse.
IV.2.2.2- Energie potentielle
c
Le travail d’une force conservative
F
appliquée à un point matériel, entre les positions A et B, peut
s’exprimer à l’aide d’une fonction scalaire appelée « énergie potentielle » notée
E
. Ce travail est égal
p
à la diminution de cette énergie entre les points A et B. Exprimé de cette manière, le travail de la force
conservative ne dépend que des positions A et B et non de la trajectoire du point matériel.
B
c
c
W
(F
)
=
F .dr
= E
(A) - E
(B)
A
B
p
p
A
B
B
c
c
Autrement dit :
∆E
= E
(B) - E
(A) = -W
(F
) = -
F .dr
p
p
p
A
B
A
A
Ainsi, la variation de l’énergie potentielle du point matériel entre les points A et B est égale en valeur
absolue et opposée (en signe) au travail de la résultante des forces conservatives appliquées au point
matériel durant son déplacement du point A au point B.
Définition différentielle de l’énergie potentielle :
B
c
E
=
W
(F = )
F ◊
dr
p
A
B
c
B
B
A
c
dE
=
F
dr
p
B
A
A
E
=
E
(B) - E
(A) =
dE
p
p
p
p
A
c
dE
= -F .dr
: c’est la définition différentielle de la fonction énergie potentielle
E
.
p
p
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
74
CH. IV- Travail et énergie Cette relation peut s’exprimer autrement en introduisant l’opérateur « gradient
CH. IV- Travail et énergie
Cette relation peut s’exprimer autrement en introduisant l’opérateur « gradient » :
Pour simplifier, exprimons la fonction énergie potentielle en coordonnées cartésiennes
E
= E (x, y,z) .
p
p
L’expression de la différentielle totale d’une fonction à trois variables en coordonnées cartésiennes est :
E
E
E
p
p
p
dE
=
dx
+
dy
+
dz
p
x
y
z
On remarque que
dE
s’écrit sous la forme suivante :
p
 ∂
E
E
E
p
p
p
dE
=
i
+
j
+
k
◊ (dxi
+ dyj
+ dzk)
= GradE
◊ dr
=
E
.dr
p
p
p
x
y
z
où Grad
(ou ) s’écrit :
i
+
j
+
k
, appelé opérateur « gradient » ou « nabla ».
x
y
z
D’autre part,
dE
= -F .dr
c
.
p
On déduit que la force conservative peut s’exprimer en fonction de l’énergie potentielle de la manière
c
c
suivante :
F
= -GradE
. On dit que « la force conservative
F
dérive du potentiel
E
».
p
p
(Ce qui précède est également valable si l’énergie potentielle est exprimée en fonction d’autres
variables : polaires ( ,
) , cylindriques ( ,
,z) ou sphériques (r, ,
) ).
c
Les composantes de
F
sont :
∂∂∂∂
E
∂∂∂∂
E
∂∂∂∂
E
c
p
c
p
c
p
F
= -
,
F
= -
,
F
= -
x
y
z
∂∂∂∂
x
∂∂∂∂
y
∂∂∂∂
z
c
Par ailleurs,
F
= Grad E =
E
est une propriété de la force conservative. Deux autres propriétés
p
p
s’en déduisent :
*
c
c
Rot F
= 0 (Rotationnel de
F
).
c
c
En effet :
Rot F
=
F=
(
= E
)
(=
)E
0
.
p
p
c
*
F .dr
= 0 (Travail sur un contour fermé)
F .dr =
B
A
c
c
c
En effet :
F
◊dr +
F
◊dr
= E (A)
(
E
(B)
)
+ E
(
(B) E
(A)
)
= 0
p
p
p
p
A
B
Remarque importante :
= F .dr
c
c
L’expression suivante :
dE
donne
E
= -
F .dr
+ C et montre que l’énergie potentielle
p
p
n’est connue qu’à une constante près. Dans les problèmes, il faudra choisir arbitrairement un point où
l’énergie potentielle est nulle (afin d’annuler la constante C).
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
75
CH. IV- Travail et énergie IV.2.2.3- Exemples de calcul de l’energie potentielle Exemple 1 :
CH. IV- Travail et énergie
IV.2.2.3- Exemples de calcul de l’energie potentielle
Exemple 1 :
Calcul de l’énergie potentielle gravitationnelle (loi de l’attraction universelle)
Considérons l’attraction réciproque de deux masses M et m. La masse M exerce sur la masse m une
GMm u
force F donnée par la loi de gravitation universelle :
F
=
.
2
r
r
Le travail de cette force appliquée à la masse m lorsque celle-ci se déplace du point A au point B est :
B
B
GMm u
W
(F)
=
F
dr
=
dr
A
B
2
r
r
A
A
En coordonnées sphériques, l’élément de longueur dr s’écrit :
dr
=
dru
+
rd
u
+
rsin
d
u
.
r
L’expression du travail devient alors :
B
GMm
GMm
B GMm
GMm

GMm
GMm

W
(F)
=
dr
=
=
=

=
E (A)
E (B)

A
B
2
p
p
r
 
r
 
A r
r
r
r


A
B
A
A
B
GMm +
On a donc :
W
(F)
=
E (A)
E (B)
avec
E
=
C
A
B
p
p
p
r
En considérant qu’à l’infini
(r •
) l’énergie potentielle s’annule, on déduit que C = 0 et l’expression
GMm
de l’énergie potentielle devient :
E
(r) = -
.
p
r
Exemple 2 :
Calcul de l’énergie potentielle gravitationnelle d’un point matériel de masse m situé à la hauteur z de
la surface de la Terre.
Considérons le repère (O, k)
avec k dirigé vers le haut (Figure 1). Le poids du point matériel est
P = mg = mgk
.
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
76
CH. IV- Travail et énergie = P.dr= ( dE mgk).(dzk)= mgdz ⇒ E = ∫
CH. IV- Travail et énergie
= P.dr= (
dE
mgk).(dzk)=
mgdz ⇒ E
=
mgdz + C = mgz + C
p
p
Pour fixer la constante C, choisissons la surface de la Terre comme origine de l’énergie potentielle,
soit :
E
(z = 0) =
0 .
p
Alors :
E
(z = 0) = mg
0+
C ⇒ C = 0 .
p
D’où l’expression de l’énergie potentielle d’un point matériel de masse m à la hauteur z de la surface
terrestre. :
E
(z) = mgz . Un objet de masse m à la hauteur h de la surface de la Terre aura une énergie
p
potentielle
E
(z = h) = +mgh .
p
Remarques :
1/ Si l’on prend le repère (O, k)
avec k dirigé
vers le bas (Figure 2), on aura :
dE
= P.dr= (mgk).(dzk)=
mgdz
p
⇒ E
=
mgdz+ C= mgz+
C
p
avec C = 0 pour z = 0
.
Et
alors :
E
(z) = -mgz . Dans
ce
cas,
par
p
rapport à ce repère, un objet à la hauteur (-h) de
la
surface
de
la
Terre,
aura
une énergie
potentielle :
E
(z = h)=
mg( h)= +
mgh .
p
2/ A partir de l’expression de l’énergie potentielle déterminée dans le cas générale de l’attraction
universelle, dans le 1 er exemple, on peut retrouver l’expression de l’énergie potentielle du point matériel
de masse m au voisinage de la Terre de masse M T :
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
77
CH. IV- Travail et énergie  GM m   GM m   1
CH. IV- Travail et énergie
GM m
GM m
1
1
GM
z
T
T
T
E
=
E (A)
E (B)
=
=
GM m
=
m
p
p
p
T
2
R
+
z
 
 
R
 
 
R
R
+
z
 
R
z
B
A
1
+
R
GM
T
2
g
=
=
9,8m / s
2
R
z
z
<<
R
1
+
1
R
D’où :
E
=
mgz
: le point matériel, en passant de la surface de la Terre (B) à la hauteur z(A), gagne
p
B
A
une énergie potentielle égale à mgz. Dans ce cas, on peut considérer la surface de la Terre comme
origine des potentielles et on écrit simplement :
E
(A)
E
(B)=
E (A)=
E (z)=
mgz .
p
p
p
p
Exemple 3 :
Calcul de l’énergie potentielle élastique d’un ressort de raideur k.
On a vu aussi que le travail de la force de rappel du ressort ne dépendait que des positions initiale et
finale de la masse accrochée à l’extrémité du ressort. La force de rappel est une force conservative.
1
2
dE
=
F.dr
=
( kxi).(dxi )
=
kxdx
E
=
kxdx
+
C
=
kx
+
C
p
p
2
Pour fixer la constante C, posons que l’énergie potentielle du ressort est nulle lorsque l’élongation est
nulle (x = 0). Alors : C=0.
1
2
L’énergie potentielle du ressort étiré ou compressé d’une longueur x est donc :
E
(x) =
kx
p
2
Remarque :
c
A
partir de l’expression de l’énergie potentielle, on peut retrouver l’expression de la force
F
à partir de
c
la
relation
F
= Grad E
:
p
*Pour le poids :
dE
d(mgz)
p
E
(z) = mgz
P
=
GradE
=
k
=
=
k
mgk
P = -mgk (Pour Oz dirigé vers
p
p
dz
dz
le
haut).
*Pour la force de rappel :
dE
1
d
1
2
p
2
E
(x) =
kx
F
=
GradE
=
=
i
kx
i
=
kxi
F = -kxi
p
p
2
dx
dx
 
2
 
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
78
CH. IV- Travail et énergie IV.2.3- ENERGIE MECANIQUE OU ENERGIE TOTALE Le théorème de l’énergie
CH. IV- Travail et énergie
IV.2.3- ENERGIE MECANIQUE OU ENERGIE TOTALE
Le théorème de l’énergie cinétique dit que la variation d’énergie cinétique entre deux positions A et B
est égale au travail des forces appliquées au point matériel durant son déplacement de A vers B. Il est
c
sous-entendu ici qu’il s’agit de toutes les forces, celles conservatives
F
comme
celles
non-
nc
conservatives
F
notées f :
c
E (B)
E (A) =
W
(F) =
W
(F ) +
W
(f )
(1)
c
c
A
B
A
B
A
B
où F représente la résultante de toutes les forces.
c
F
est conservative, donc il existe une fonction potentielle
E
telle que :
W
(F )
=
E (A)
E (B)
.
p
A
B
c
p
p
La relation (1) devient :
E (B)
E (A) =
E (A)
E (B) +
W
(f )
c
c
p
p
A
B
  E (B)
+
E (B)
E
(A)
+
E (A)
= 
W
(f )
c
p
 
 
c
p
A
B
(E
+ E
)
- (E
+ E
)
= W
(f)
c
p
c
p
A
B
B
A
On en déduit la définition de l’énergie mécanique (ou totale) : la quantité
(E
+ E
) s’appelle
c
p
« énergie mécanique » ou énergie totale notée
E
ou
E
.
m
T
THEOREME DE L’ENERGIE TOTALE (OU MECANIQUE):
Dans un repère galiléen, la variation de l’énergie totale d’un point matériel entre les positions A et B,
est égale au travail de la résultante des forces non-conservatives appliquées au point matériel
pendant son déplacement du point A au point B :
E
B A = E
(B) - E
(A) = W
(f)
T
T
T
A
B
Remarque : Généralement, les forces non-conservatives sont les forces de frottement. Il en résulte une
diminution de l’énergie totale convertie en énergie thermique (chaleur) car
W
(f) < 0
.
A
B
PRINCIPE DE CONSERVATION DE L’ENERGIE TOTALE:
Si un système mécanique est isolé, c’est-à-dire qu’il n’échange aucune énergie avec l’environnement
extérieur, alors l’énergie totale se conserve.
E
B A = E
(B) - E
(A) = 0 ⇒⇒⇒⇒ E
= Cste
T
T
T
T
On ne peut qu’avoir transformation d’une énergie en une autre. Le système ne peut pas perdre de
l’énergie et alors
W
(f )
=
0
. Par conséquent f = 0 (pas de frottement).
A
B
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
79
CH. IV- Travail et énergie Conséquence : E = 0 ⇒ E + E= 0
CH. IV- Travail et énergie
Conséquence :
E
= 0 ⇒ E +
E=
0 ⇒ ∆E = -∆E
,
ce
qui
signifie
qu’au
cours
du
T
c
p
c
p
déplacement du point matériel, celui-ci peut voir son énergie cinétique diminuer
E
0 et alors son
c <
énergie potentielle augmente
E
>
0 , ou inversement.
p
Exemple de système conservatif (masse - Ressort)
Un ressort de raideur k est suspendu verticalement par l’une de ses extrémités. A l’autre extrémité est
accroché un point matériel de masse m. Le système mécanique masse-ressort est isolé énergiquement de
l’extérieur (On suppose qu’il n’y a pas de frottement). On considère le repère (O, i) sur l’axe Ox dirigé
vers le bas.
A
l’équilibre, après avoir accroché la masse, l’élongation est
x
:
o
P
+
F
=
0
P
=
F
mg
=
kx
.
o
o
o
A
l’instant initial, le ressort est étiré d’une quantité a puis on lâche la masse sans vitesse initiale : la
masse n’est soumise qu’à la force de rappel du ressort.
Principe Fondamental de la dynamique : F = m
F = kxi
= xi
ɺɺ
Projection sur l’axe Ox : kx= mxɺɺ ⇒ mxɺɺ + kx = 0
On obtient l’équation différentielle du mouvement du point matériel.
Sa solution est : x(t) = Acos( t+
) . C’est la position de la masse à l’instant t.
k
On déduit sa vitesse :
v = xɺ = A
sin(
+ t
) , avec =
la pulsation du mouvement sinusoïdal.
m
Compte tenu des conditions initiales :
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
80
CH. IV- Travail et énergie  x(0)  = = a A cos  =
CH. IV- Travail et énergie
 x(0)
= =
a
A cos
 =
0
 x(t) = acosωt
v(0)
= 0
=
A
sin
 = A
a
v(t) = -aωsinωt
Calcul de l’énergie totale
E
= E
+ E
:
T
c
p
1
1
1
k
1
2
2
2
2
2
2
2
2
E
=
mv
=
ma
sin
=
t
ma
sin
=
t
ka sin
t
c
2
2
2
m
2
1
2
2
2
E
=
1 ka cos
kx
=
t
p
2 2
D’où l’expression de l’énergie totale
E
:
T
1
1
2
2
2
2
E
=
ka sin
t
+
ka cos
t
T
2
2
1
2
Soit :
E
=
ka
=
Cste
T
2
On conclut que l’énergie totale est constante durant le mouvement du point matériel.
Remarque :
A partir de l’expression de l’énergie totale, on peut retrouver l’équation différentielle du mouvement et
de là aboutir à l’équation horaire x(t) :
1 2
1
dE
1
1
2
m
E
=
mx
ɺ
+
kx
=
Cste
=
0
m(2xx)
ɺɺɺ +
k(2xx)
ɺ
=
0
⇒ mxɺɺ + kx = 0
m
2 2
dt
2
2
Représentation des énergies cinétique et potentielle en fonction de la position x :
1
2
E
=
kx
: c’est l’équation d’une parabole d’axe Oy de sommet O.
p
2
1
2
E
=
E
+
E
=
cste
=
ka
T
c
p
2
1
1
1
2
2
2
E
=
ka
E
=
ka
kx
: c’est l’équation d’une parabole de sommet A, renversée par
c
p
2
2
2
rapport à celle représentant
E
(x) , de sommet O.
p
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
81
CH. IV- Travail et énergie On observe dans ce graphique l’échange d’énergie : l’énergie cinétique
CH. IV- Travail et énergie
On observe dans ce graphique l’échange d’énergie : l’énergie cinétique perdue est convertie en énergie
potentielle et vice-versa, la somme des deux énergies étant constante au cours du temps et égale
2
à E
=
T
qui est l’énergie maximale acquise par le ressort lors de l’élongation initiale égale à a.
2
1 ka
IV.3- EQUILIBRE STABLE, EQUILIBRE INSTABLE
IV.3.1- CONDITIONS DE STABILITE
Considérons un point matériel se déplaçant sur un axe x’Ox et soumis à une force conservative
F(x)
telle que la variation de son énergie potentielle
E
(x) en fonction de la position est représentée
P
ci-dessous. A partir de ce graphe, il s’agit d’étudier la nature de son mouvement et d’en caractériser ses
particularités.
La
force
F étant
conservative,
on
a :
F = Grad E
et
puisque
le
problème
posé
est
à
une
p ,
dE (x)
p
dimension :
F (x)
=
. On en déduit que la force n’est autre que la pente de la courbe E(x)
x
dx
avec un signe opposé.
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
82
CH. IV- Travail et énergie L’unique composante F de F sur l’axe x’Ox est :
CH. IV- Travail et énergie
L’unique composante
F
de F sur l’axe x’Ox est :
x
dE
dE
p
p
∑ Positive :
F
=
>
0
< ⇒
0
x
0, x
x
, x
x
M
 
 
M
M
 
dx
dx
1
2
3
dE
dE
p
p
∑ négative :
F
=
<
0
> 0 ⇒
x
x
,x
x
+• ,
x
M
M
 
 
M
dx
dx
1
2
3
dE
dE
p
p
∑ ou nulle :
F
=
=
0
=
0
: ce qui correspond aux points
M
,
M
et
M
de la
x
1
2
3
dx
dx
courbe où
E
est soit maximale, soit minimale (c’est-à-dire qu’il existe en ces points un
p
extrémum). Les points
M
,
M
et
M
constituent des positions d’équilibre.
1
2
3
*Equilibre stable : L’équilibre est dit stable pour les points « au creux d’une vague », donc les points
2
dE
d E
p
p
M 1 et
M
. Dans ces cas, on a :
= 0
et
> 0
.
3
2
dx
dx
x
,x
1
3
x
,x
1
3
*Equilibre instable : L’équilibre est dit instable pour les points « au sommet d’une vague », donc le
2
dE
d E
p
p
point
M
. Dans ce cas, on a :
= 0
et
< 0
.
2
2
dx
dx
x
2
x
2
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
83
CH. IV- Travail et énergie IV.3.2- NATURE DU MOUVEMENT Discutons maintenant de la nature du
CH. IV- Travail et énergie
IV.3.2- NATURE DU MOUVEMENT
Discutons maintenant de la nature du mouvement de M lorsque son énergie mécanique possède les
valeurs suivantes:
E
= E
= E
,
E
= E
ou
E
= E
:
, E m
m
o
1
m
2
m
3
1/
E
= E
:
Cette valeur correspond à l’énergie potentielle minimale. Le point matériel M est et reste
m
o
en équilibre. Il ne peut pas abandonner cette position.
2/
E
= E
:
m
1
La droite
E 1 coupe la courbe
E
(x) aux points A et B.
p
A gauche du point A et à droite du point B,
E
< E
,
alors :
E
= E
E
<
0 ,
ce
qui est
1
p
c
1
p
impossible. Par conséquent, le mouvement du point (ayant une énergie totale égale à
E
) ne peut
1
avoir lieu qu’entre les points A et B où
E
E
.
p
m
Le mouvement de M est oscillant entre les abscisses
x
et
x
de telle façon que la vitesse de M
A
B
s’y annule (
E
s’annule en A et B qu’on appelle points de rebroussements).
c
Ce domaine entre A et B est appelé « puits de potentiel » car le point matériel est contraint de se
déplacer qu’entre ces points.
3/
E
= E
:
m
2
Le point M ne peut osciller qu’entre les abscisses
x
et
x
ou entre les abscisses
x
et
x
.
C
D
F
G
Les domaines CD et FG constituent des puits de potentiel. Si le point est dans l’un ou l’autre
domaine, il ne peut s’en échapper. Le domaine DF est un domaine interdit au point M car dans
cet intervalle
E
> E
⇒ E
< 0 . Ce domaine DF s’appelle « barrière de potentiel ».
p
2
c
4/
E
= E
:
Le mouvement n’est plus oscillant. Le point M a assez d’énergie pour, à partir du point H,
m
3
aller jusqu’à l’infini.
IV.4- IMPULSION ET CHOCS
Jusqu’à présent, nous avons étudié du point de vue dynamique puis énergétique le mouvement d’un seul
point matériel. Dans cette partie, nous allons nous intéresser et nous limiter au mouvement de deux
points matériels (qu’on appellera par la suite particules) entrant en collision. L’interaction entre ces
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
84
CH. IV- Travail et énergie particules peut conduire à une collision, c’est-à-dire qu’elles se percutent
CH. IV- Travail et énergie
particules peut conduire à une collision, c’est-à-dire qu’elles se percutent pendant un bref instant puis
chacune, après le choc, va prendre, en général, une direction et une vitesse qu’il y a lieu de déterminer.
Pour cela, on doit, au préalable, définir certaines grandeurs physiques qui vont nous permettre de poser
correctement le problème et de le résoudre.
IV.4.1- IMPULSION
IV.4.1.1- Définition
Le Principe Fondamental de la Dynamique s’écrit pour une particule soumise à des forces extérieures
dp
dont la résultante est
F
:
F
=
m
=
où p = mv
est la quantité de mouvement de la particule de
ext
ext
dt
masse m et ayant une vitesse v .
La variation de sa quantité de mouvement est :
dp = F
dt
.
ext
On définit l’IMPULSION de la force
F
appliquée à la particule, notée
, par :
I
ext
t
t
f
f
I =
dp = p(t
) - p(t ) =
∆p
=
F
dt
f
i
ext
t
t
t
i
f
t
i
i
t i et
t
sont les temps de début et de fin de l’interaction. L’impulsion est donc la variation de la
f
quantité de mouvement de la particule durant cet intervalle de temps.
IV.4.1.2- Impulsions dans le cas de deux particules en interaction
La notion d’impulsion trouve son intérêt en particulier lors de l’étude des chocs entre particules.
Considérons, dans un repère galiléen, deux particules de masses respectives
m
et
m
. Avant le choc,
1
2
leurs vitesses respectives sont
v
et
v
. Il s’agit de déterminer leurs vitesses
v
'
et
v
'
après le choc.
1
2
1
2
*Considérons la particule 1 seule :
Admettons que la seule force qui agit dessus provient de la particule 2. Cette force, notée
F
, est
21
considérée comme une force extérieure pour la particule 1. Appliquons le Principe Fondamental de la
dp
1
Dynamique à la particule 1 :
F
=
, avec
p
= m
v
la quantité de mouvement de la particule 1 et
21
1
1
1
dt
F
la force exercée sur la particule 1 pendant la durée du choc.
21
Par définition, l’impulsion reçue par la particule 1 de la part de la particule 2 est :
t
f
I
=
F
dt
=
p
=
m v
'
m v
21
21
1
1
1
1
t
t
t
f
i i
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
85
CH. IV- Travail et énergie *Considérons la particule 2, seule : Comme précédemment, on considère
CH. IV- Travail et énergie
*Considérons la particule 2, seule :
Comme précédemment, on considère que la seule force appliquée à la particule 2, provient de la
particule 1, notée
F
. On a :
12
dp
2
F
=
, avec
p
= m
v
la quantité de mouvement de la particule 2 et
F
la force exercée sur la
12
2
2
2
12
dt
particule 2 pendant la durée du choc.
Et l’impulsion reçue par la particule 2 de la part de la particule 1 est :
t
f
I
=
F
dt
=
p
=
m
v
'
m
v
12
12
2
2
2
2
t
t
t
i
f
i
*Considérons maintenant le système noté (Σ) constitué des deux particules :
Le système constitué par les deux particules est isolé car les seules forces en présence sont
F
et
F
qui
12
21
sont telles que
F
= F
d’après la 3 ème loi de Newton (Principe de l’action et de la réaction).
12
21
La quantité de mouvement totale du système est :
p( )=
p
=
p +
p
et sa variation est :
tot.
1
2
dp
dp
dp
dp
tot.
1
2
tot.
ste
=
+
=
F
+
F
=
0
, soit :
= 0
p
= c
21
12
tot.
dt
dt
dt
dt
Il y a donc conservation de la quantité de mouvement totale du système de particules.
THEOREME DE LA QUANTITE DE MOUVEMENT D’UN SYSTEME DE PARTICULES:
Dans un repère galiléen, la quantité de mouvement totale d’un système isolé de points matériels se
conserve.
Exemple 1 :
On tire une balle de masse m avec un fusil de masse M . La balle sort du canon avec une vitesse
v
(après le choc avec le percuteur).
o
On écrit la quantité de mouvement totale avant et après le tir :
avant
Avant le tir : les vitesses du fusil et de la balle sont nulles, donc :
p
= 0
.
tot.
après
Après le tir : Posons v la vitesse du fusil :
p
= mv
+
Mv
.
tot.
o
m
avant
après
Conservation de la quantité de mouvement :
p
=
p
v
=
v
.
tot.
tot.
o
M
Conclusion : le fusil recule.
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
86
CH. IV- Travail et énergie Exemple 2 : Principe de fonctionnement du moteur à réaction
CH. IV- Travail et énergie
Exemple 2 :
Principe de fonctionnement du moteur à réaction dont sont dotés les avions et les fusées : le moteur
propulse un gaz vers l’arrière. Par réaction, le gaz transmet une poussée à l’appareil vers l’avant
de
telle sorte que la quantité de mouvement totale des gaz vers l’arrière est égale, en module, à la quantité
de mouvement de l’appareil vers l’avant.
IV.4.2- CHOCS ENTRE DEUX PARTICULES
Lorsque deux particules entre en collision, durant un bref intervalle de temps, il y a échange de quantité
de mouvement et d’énergie : après le choc, les particules changent généralement de vitesses et de
directions. Selon la nature des particules, différents cas peuvent se présenter :
IV.4.2.1- Chocs parfaitement élastique
Les caractéristiques physiques des matériaux dont sont faits les particules sont telles qu’aucune
déformation n’a lieu après le choc. Il y a conservation de la quantité de mouvement totale et de l’énergie
cinétique totale avant et après le choc (choc entre deux boules d’acier, d’ivoire ou de verre incassable).
Considérons deux particules de masses respectives
m
et
m
entrant en collision frontale. Le système,
1
2
noté ( ) , est considéré comme isolé.
Avant le choc : pour la masse
m
1 : = v
v
; pour la masse
m
: v = v
.
1
2
2
Après le choc : pour la masse
m
1 : = v'
v
; pour la masse
m
.
1
2
: v = v'
2
*Le système étant isolé, sa quantité de mouvement demeure constante : p( )= cste
ou p(
=)
0
.
p
= p'
p
+ p
= p' + p'
m
v
+ m v
= m
v'
+ m
v'
(1)
av.choc
ap.choc
1
2
1
2
1
1
2
2
1
1
2
2
*Conservation de l’énergie cinétique :
E =
0 ⇒ E (∑)
= E (∑)
c
c
av.choc
c
ap.choc
1
1
1
1
2
2
2
2
m v
+
m
v
=
m v'
+
m v'
(2)
1
1
2
2
1
1
2
2
2
2
2
2
(1)
m (v'
v )
=
m
(v'
v
)
1
1
1
2
2
2
1
1
v'
+
v
=
v'
+
v
(
2
2
2
2
1
1
2
2
(2)
m
v'
v
)
=
m
(
v'
v
)
1
1
2
1
2
2
2
2
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
87
CH. IV- Travail et énergie  (m 1 )v - m + 2m v 2
CH. IV- Travail et énergie
(m
1 )v
- m
+ 2m v
2
1
2
2
v'
=
1
 m v
v
+
m v
v'
=
m v'
v'
+
m v'
m
+ m
1
1
2
2
1
1
2
2
1
2
v
=
+
(m
- m )v
+ 2m v
1
2
1
2
2 2
1
1
1
v'
=
2
m 1 + m
2
Cas particulier : si
m
= m
, on trouve
v'
= v
et
v'
= v
, ce qui signifie que les particules
1
2
1
2
2
1
« échangent » leur vitesse.
IV.4.2.2- Chocs parfaitement inélastique ou choc mou
Après le choc, les particules restent collées l’une à l’autre et repartent ensemble avec la même vitesse
(choc entre deux boules de terre glaise, de cire molle ou même de plomb). On observe une
déformation de l’une ou des deux particules. Il y a toujours conservation de la quantité de mouvement
totale mais pas de l’énergie cinétique. On observe une perte ou dissipation d’énergie.
Considérons deux particules de masses respectives
m
et
m
entrant en collision frontale. Le système,
1
2
noté ( ) , est considéré comme isolé.
Avant le choc : pour la masse
m
1 : v = v
; pour la masse
m
:
v = v
.
1
2
2
Après le choc : pour les masses (
m
+ m
)
:
v = v'
= v'
.
1
2
1
2
*Conservation de la quantité de mouvement :
m
v
+ m
v
1
1
2
2
m v
+ m v
= m v' + m v'
= (m
+ m )v'
⇒ v'
= v'
=
1
1
2
2
1
1
2
2
1
2
1
1
2
(m
+ m
)
1
2
1
1
2
2
*Energie cinétique totale avant collision :
E
=
m v
+
m v
c
1
1
2
2
2
2
1
'
2
* Energie cinétique totale après collision :
E
=
(m
+
m )v'
c
1
2
1
2
1
1
'
2
2
2
2
2
E
=
(m
+
m )v'
=
{
m v
+
m v
+
2m m v
v
}
c
1
2
1
1
1
2
2
1
2
1
2
2
2(m
+
m
)
1
2
m
1
m
1
m m
'
1
2
2
2
1
2
E
=
m v
+
m v
+
v
v
c
1
1
2
2
1
2
m
+
m
2
m
+
m
2
m
+
m
1
2
1
2
1
2
v
v
=
v
v
cos =
v
v
<
0
1
2
1
2
1
2
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
88
CH. IV- Travail et énergie On en déduit que : m 1 m 1 1
CH. IV- Travail et énergie
On en déduit que :
m
1
m
1
1
1
'
1
2
2
2
2
2
'
E
×
m v
+
×
m
v
<
m v
+
m
v
E
<
E
c
1
1
2
2
1
1
2
2
c
c
m
+ m
2
m
+ m
2
2
2
1
2
1
2
L’énergie cinétique a diminué : conversion d’une partie de l’énergie cinétique en énergie thermique
(chaleur) :
'
E =
E
E
=
E
E<
0
c
c,finale
c,initiale
c
c
Calcul de
E
:
c
m
1
m
1
m m
1
1
1
2
2
2
1
2
2
2
E
=
m v +
m v +
v ◊
v
m v +
m v
c
1
1
2
2
1
2
1
1
2
2
m
+
m
2
m
+
m
2
m
+
m
 
2
2
 
1
2
1
2
1
2
Après simplification, on trouve :
1
m m
1
2
2
∆E = -
(v
- v
)
c
1
2
2 m
+ m
1
2
E
<
0 : c’est la quantité d’énergie cinétique perdue.
c
IV.4.2.3- Choc inélastique ou partiellement élastique
Après le choc, les particules repartent mais on observe une déformation de l’une des particules ou des
deux. Il y a toujours conservation de la quantité de mouvement totale mais avec une dissipation de
l’énergie cinétique.
'
'
v
v
2
1
On définit, dans le cas d’un choc frontal, un coefficient de restitution notée e :
e =
où :
v
v
2
1
'
'
v 1 et
v
sont les vitesses avant le choc et
v 1 et
v
les vitesses après le choc.
2
2
Remarque :
Si e = 1 : le choc est parfaitement élastique.
Si e = 0 : le choc est parfaitement inélastique.
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
89
CH. IV- Travail et énergie ANNEXE Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC) Pr. D. THABET-KHIREDDINE
CH. IV- Travail et énergie
ANNEXE
Ecole Nationale Polytechnique de Constantine (ENPC)
Pr. D. THABET-KHIREDDINE - 2015/2016
90