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Serigne Sam MBAYE

Né à Louga vers 1922, de parents dignes et respectés qui ont fondé une famille réputée par son érudition et sa vertu religieuses, SERIGNE SAM fût baptisé MAME MOR DIARRA frère utérin de KHADIMOU RASSOUL CHEIKH AHMADOU BAMBA.

Son père AHMADOUL MOUKHTAR, plus connu sous le nom de AHMADOU SAKHIR , fût un savant émérite, un grand adorateur pétri de dons et de miracles. Sa mère, SOKHNA FATOU THIAM, fervente musulmane très vertueuse, avait coutume de donner de la nourriture à son entourage et aux nécessiteux.

Elle était une femme dévouée corps et âme à son époux et se distinguait également par son intelligence rare.

L’Homme : son cursus à la fleure de l’âge, c’est d’abord chez le marabout MBAYE TOURE que SERIGNE SAM fut initié au SAINT CORAN avant d’être envoyé à COKKI par son père chez son propre disciple CHEIKH AHMAD SAKHIR LO, pour parachever ce qui lui restait du Coran.

En un temps record, SERIGNE SAM mémorisa le saint Coran à la surprise de son maître qui lui enseigna le Droit Islamique, la grammaire et beaucoup d’autres disciplines.

Serigne Sam voyagea ensuite vers Saint-Louis où il étudia auprès d’éminents savants parmi lesquels Serigne Diakhaté à Guet Ndar qui enseignait de célèbres

Serigne Sam MBAYE

(1922 - 1998)

Les grandes conférences islamiques de Serigne Saam MBAYE

PRÉFACE

Mon très jeune frère Papa SALL m’a fait un insigne honneur en me demandant de préfacer cette première série des « Grandes Conférences Islamiques de Serigne Sam MBAYE ». Je suis d’autant plus fondé à l’accepter que Pape m’a impliqué très tôt dans son projet en me faisant lire au fur et à mesure ses traductions des différentes Conférences Religieuses de son distingué maître. L’œuvre entreprise avec enthousiasme par Papa SALL mérite d’être encouragée et soutenue. D’importants thèmes comme l’entraide, la prise de conscience par rapport à la mort, le soufisme, l’orthodoxie, etc.…, y sont passés en revue avec une érudition rarement égalée. Ceux qui auront le privilège de lire « Les Grandes Conférences Islamiques de Serigne Sam MBAYE » en tireront un profit incommensurable. Ils verront leur pratique religieuse et leurs comportements s’améliorer notablement. S’ils comprennent correctement le message du maître, ils deviendront, à coup sûr, de meilleurs musulmans. Ils auront évidemment besoin, pour cela, de faire par moment de gros efforts surtout pour ceux d’entre eux qui ne comprennent pas bien la langue de KOCC BARMA * .

En effet, le message du maître, profond, exprimé dans une langue exquise et illustré de citations très à propos du Coran et des hadîts, n’est pas facile à traduire en français. Certaines expressions sont d’ailleurs carrément intraduisibles et Papa pour ne pas trahir la pensée du maître, les rend telles qu’elles sont exprimées en arabe. De nombreuses autres, pour les mêmes raisons, sont traduites littéralement, de sorte que les éventuels lecteurs qui ne pratiquent pas correctement le wolof auront du mal à s’en tirer parfois.

Les difficultés que voilà exceptées, la lecture des « Grandes Conférences Islamiques de Serigne Sâm MBAYE » est captivante. Elle éclaire le lecteur sur la vie du Prophète (PSL), sur celle des SAHABA ** et d’illustres saints comme Khadimou Rassoul *** . Elle l’aide

* Sage Wolof (ethnie du Sénégal) ** Les compagnons du Prophète (PSL) *** Cheikh Ahmadou Bamba : fondateur du mouridisme

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Thème : LE CORAN, sa relation avec Cheikh Ahmadou Bamba

Transcription et traduction : Papa SALL moom Baay Saam MBAYE

à mieux cohabiter avec ses semblables, à mieux entretenir sa famille et surtout à mieux traiter l’autre quelles que soient par ailleurs ses conditions.

Papa SALL a donc été bien inspiré, très bien inspiré d’avoir entrepris cette œuvre immense. Je le remercie en tout cas de m’y avoir très tôt associé et d’avoir sollicité ma modeste contribution. Je souhaite que le Tout Puissant l’assiste et l’aide à poursuivre l’immense travail entrepris en éclairant son chemin de sa limpide et infaillible lumière. Qu’il répande sur sa famille, sur ses proches et sur lui-même sa divine bénédiction.

Enfin, que les nombreux « yiw * » qu’il ne manquera pas de tirer de son entreprise profitent largement à nos défunts pères et mères qui étaient, Ahmad Jamâl, de leur vivant, des amis inséparables. Amen.

* Bienfaits

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Mody Niang, inspecteur de l’enseignement à la retraite

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AVERTISSEMENTS

« Assalâmu anleykum » Chers lecteurs,

« Les grandes conférences islamiques de Serigne Sâm MBAYE » est une série de conférences que ce dernier a tenues à travers le monde. Les thèmes traités sont aussi nombreux que varié. Ces conférences embrassent la totalité des principes fondamentaux de la religion islamique (Tawhid * , Fiqh ** , Tasawwuf *** ) ainsi que les règles les plus simples de bonne conduite qui harmonisent la vie en société.

Le présent document est un essai de traduction de ces conférences dont la richesse et l’intérêt sont sans conteste. Ces importantes conférences ont eu jusqu’à présent comme seuls support les cas- settes magnétiques. Elles ne sont donc pas connues du grand public et surtout pas des intellectuels qui n’ont pas le temps de les écouter. C’est pour atteindre en particulier ce milieu, cette cible que Serigne Sam m’a proposé de faire ce travail de traduction.

Je suis conscient de la difficulté qui réside dans la conversion d’une idée d’une langue donnée à un autre. C’est pour cette raison que je voulais me limiter, au départ, la transcription simple de la conférence telle qu’elle est dite dans la cassette ; le marabout m’en a dissuadé et m’a encouragé à la traduction directe. Celle-ci ne peut donc être que littérale compte tenu de la richesse de la langue wolof **** que le marabout a utilisé pour exprimer ses idées.

C’est une tâche redoutable pour moi pour des raisons multiples :

1°) je ne pourrai jamais traduire en bon français, accessible à tous, la richesse des conférences de Serigne Sam MBAYE. Je ne me fais pas d’illusion là-dessus ;

* Théologie : Science qui enseigne l’Unicité de Dieu ** Jurisprudence islamique *** Soufisme : perfection spirituelle **** Langue nationale la plus parlée au Sénégal

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Transcription et traduction : Papa SALL moom Baay Saam MBAYE

2°) je ne suis même pas certain de bien comprendre moi-même l’idée du conférencier ;

3°) mon niveau d’expression française n’est pas des meilleurs.

A ces raisons s’ajoutent d’autres, strictement personnelles que je

suis obligé de taire.

De plus, je connais très bien le conférencier, son itinéraire, son orientation, je ne pourrai jamais relater exactement ce qu’il ressent. Non. Ce que je peux traduire c’est l’idée que je me fais de la confé- rence. J’espère seulement que vous ne serez pas trop déçus de mon essai.

Je voudrais, avant de terminer, solliciter des prières pour moi, ma

famille et surtout pour ma mère et mon père.

* Papa SALL disciple de Serigne Sam MBAYE

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Le traducteur : Papa SALL, Môôm Bay Sam *

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Bis ilLàhi-r-Rahmàni-r-Rahìm

Al hamdu lil Làhi Rabil ànlamìn

Wa salàtu wa salàmu ànlà ashrafil anbiyà wal mursalìn wa ànlà àlihì wa ashàbihi ajmahìn. Kullu man tabi a hum bi ihsànin ilà yawmid dìn.

Chers Parents en Islam, Chers condisciples,

Nous vous saluons beaucoup. Nous vous remercions. Nous vous prions de nous pardonner et nous vous félicitons de cette rencontre. Nous formulons des prières pour tous ceux qui sont présents ici. Que DIEU leur offre “sahadatul abadiyata bijàhi Khadimir Rassul (P.S.L.)”. Que DIEU pardonne tous les péchés (pour toute la vie) à ceux qui sont venus répondre à cet appel. Que DIEU accorde la baraka à tous ceux qui sont venus. Que DIEU fasse que chaque pas fait par un in- dividu pour venir assister à cette réunion soit transformé en grade (“daraja”) le jour ultime.

Après nous êtres nous-mêmes félicités de la rencontre, vous avoir félicité vous aussi, après avoir remercié DIEU et prié sur son Prophète (P.S.L.) de l’organisation de cette journée de prières dédiée à Cheikh Mouhamdoul Bachir * , nous remercions Serigne Salih MBACKE et Se- rigne Mountaqâ. Il n’y a pas parmi eux un seul pour qui je pourrai servir de témoin. DIEU nous a unis depuis longtemps. Nul n’ignore les relations privilégiées qui existent entre chacun d’eux et moi.

Pour ce qui concerne Serigne Mountaqâ, je ne mentionne pas le fait qu’il est fils de Cheikh Ahmadoul Bachir, mais son habtude (jikko) et sa nature (melo) nous lient depuis bien des années. C’est un homme que j’estime beaucoup, que j’aime beaucoup à cause de ses belles ha-

* Fils de Cheikh Ahmadou Bamba

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bitudes, sa nature et sa passion pour les bonnes actions. C’est éga- lement un homme qui fait partie, par la volonté de DIEU, de ceux qui guident les gens. Cela a renforcé nos relations. Cela continuera de nous unir et de nous rapprocher l’un de l’autre jusqu’à la fin du monde.

Quant à Serigne Salih, il n’est même pas nécessaire que je vous parle de nos relations car, c’est quelque chose de manifeste. Nous étions ensemble dans les pays arabes pour rechercher le savoir. Avant cela, DIEU nous avait déjà unis. Tout ce que j’ai dit pour Serigne Mountaqâ est tout aussi valable pour lui. Sa science (son savoir) n’échappe à personne ; tout le monde le reconnaît. C’est un guide qui éclaire le chemin tracé et y fait passer les hommes.

Si les enfants dont on dit qu’ils constituent l’espoir de demain sont bien éduqués, (droits), s’ils éduquent à leur tour leurs fils, leurs ne- veux et leurs petits-fils, l’Islam continuera à vivre à tout jamais. Si on les néglige, ils dévieront du droit chemin, leur descendance en fera autant, ce qui sera une faute lourde pour la religion. Quiconque se lève pour s’ériger en socle (“kénu”) sur lequel reposera la reli- gion (ou pour aider la religion) obtient le grade des sahaba qui ac- compagnaient le Prophète (P.S.L.), qui ont mis sur pied la religion et ont permis à tous ceux qui sont venus après eux de suivre leurs exemples. Ils se sont battus pour obtenir la liberté de pratiquer la re- ligion musulmane. Personne ne l’interdit plus. Vous n’ignorez pas les peines qu’ils ont endurées, eux qui ont bâti la religion musulmane, qui l’ont éclairée pour les hommes. Ils ont été mis dans de l’eau pour

être étouffes, ils ont été brûlés ; on leur a fait porter sur la tête des pierres lourdes et chaudes, certains parmi eux ont été tués, d’autres

ont été fatigués et

exilés, leurs maisons ont été incendiées tous leurs biens saisis.

etc

ils

Vous savez également que les premiers disciples de Serigne Touba ont connu toutes ces épreuves.

Ceux à qui DIEU a donné l’heureuse occasion de redresser des indi-

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vidus sans connaître ces peines ont beaucoup de chance. Car le Pro- phète (P.S.L.) avait dit “Là tazàlu Tàyifatun min ummatì zàhirìna anlal hakhi là ya duru hum khilàfu man khàla fa hum at’t‡ ta- humu sa a tu” : “Quelles que puissent être les corruptions que connaîtra le monde, il existera toujours parmi mon peuple des gens qui ne cesseront jamais d’œuvrer pour faire connaître la vérité, de guider des hommes pour les faire passer par la voie droite, de leur faire connaître Allah, jusqu’à la fin des temps”. DIEU fasse que nous soyons parmi ceux-là, amen.

Cela dit, il nous a été demandé de baser la causerie sur le Coran comme l’a dit Serigne Salih tout à l’heure. Causer sur le Coran équi- vaut à causer sur Serigne Touba. Donc, nous parlerons du Coran d’une part et d’autre part de la relation entre le Coran et Serigne Touba ; mais nous commencerons par Cheikh Ahmadou Bachir à qui la journée a été dédiée. C’est donc lui qui nous a rassemblés ici et chacun a ouvert son cœur, au nom de l’amour et de l’espoir qu’il a pour lui. Chacun a ouvert largement sa poitrine dans le but de se servir ; tout retourne à lui. Il était une merveille de DIEU, Il est le symbole de l’agrément de DIEU pour Serigne Touba. C’est au moment où Serigne Touba partait en exil, qu’il le nomma Mouhamadoul Ba- chir. Vous savez ce que veut dire al Bachir. A son retour, il demanda à Serigne Ndam son niveau. Celui-ci lui répondit :”La khad radiyal Làhu anil muemina” ; Serigne Touba s’esclaffa et lui dit : “J’ai été remercié (félicité) de mon voyage, je vous remercie à mon tour et vous donne de la joie”. Donc Ahmadoul Bachir représente à la fois la joie et l’agrément de DIEU pour Serigne Touba. L’agrément que DIEU avait accordé aux compagnons du Prophète (P.S.L.) et dont j’ai relaté tout à l’heure les peines qu’ils ont connues, au nom de DIEU, du Pro- phète (P.S.L.) et de l’Islam, cet agrément que DIEU leur a accordé de façon exclusive, (Il ne l’a pas accordé à un autre individu en dehors d’eux), Il l’a donné à Serigne Touba à l’issue de son voyage sur l’Océan ; le symbole de cette satisfaction de DIEU, c’est Mouhamadoul Ba- chir. DIEU le lui a montré à deux reprises en la personne de Serigne

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Bassirou. D’abord par la personne même de ce dernier et ensuite à l’occasion de son retour du voyage à l’occasion duquel il disait dans “Rumna Chukôrallazi” : “Waj’hal massìriya zà jawfalfarà lil warà mislal mahàrìni”. Vous savez qu’il n’avait pas fait le voyage pour son propre intérêt, ni pour celui de sa famille uniquement, ni pour celui de ses disciples seulement ; il avait fait le voyage pour l’intérêt de tous les esclaves de DIEU.

Il a formulé sa demande à l’endroit de notre Seigneur (T) * en ces termes : “Zi kun bikun sarmadan waj hal masìriya zà jaw fal farà lil warà mislal mahàrìni” : “Sois, et sois pour moi à tout jamais «Sarmadan»”. Sois pour moi (à mon service) sans jamais disconti- nuer. C’est cela qu’il a demandé et obtenu de son Seigneur : Fais de mon voyage la satisfaction des besoins pour toutes Tes créatures : il a dit “lil warà mislal mahàrìni”

Si nous parlons sur le coran, ce sera une causerie profonde, large, agréable, riche et profitable.

Vous savez que nul ne peut montrer une chose du doigt, dans ce monde et même en dehors de ce monde, et dire que ceci n’a pas été créé par DIEU, ce n’est pas un esclave créé par DIEU, si ce n’est le co- ran. Le coran est “une chose” que nous pouvons voir de nos propres yeux et qui n’est pas une créature créée par DIEU mais une image (“melo”) qui se rapporte à DIEU (T).

Quelle est l’origine du coran ?

Le Seigneur a dit “Innà anzal nà hu fì Laylatul Qadri”. Il a dit aussi “”Innà anzal nà hu fì laylatul mubàrakatan” : “Nous l’avons fait descendre dans une nuit bénie.”

Le coran a été descendu la nuit de “Laylatul Qadri”. Où l’a t-on fait descendre ? Quelle est sa provenance ?

Il est venu de “Lawhul mahfûz” pour arriver au niveau du ciel le

* Tabaraka wa Tanhalà

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plus bas.

Les ouléma se sont demandé où il se trouvait avant de venir au niveau de ce ciel. On posa la question à un grand hâlîm (savant) à Misrah, il répondit : nul ne le sait. Si, c’est lui qui ne le sait pas mais d’autres le savent.

Le coran était en ce moment “fi Lawhul umil kitàbi” qui repré- sente le lieu où se trouve la “science de DIEU”. Nous avons l’habi- tude de l’illustrer par l’ancre qui contient tout ce qu’on doit écrire mais dont les caractères ne sont pas encore formés. Tout ce que le Seigneur sait qui va se produire mais ne s’est pas encore réalisé se trouve dans cet endroit. Le coran se trouvait donc là-bas, à l’origine.

Lorsqu’il fut sorti de cet endroit, il descendit sur Lawhul mahfûz qu’il quitta pour arriver pendant la grande nuit (Laylatul Qadri), au niveau du ciel le plus bas, le plus proche de nous. Il attendit alors là-bas. Le coran est descendu pour former les musulmans, pour for- mer les sahaba. C’est un ensemble de leçons que l’on doit apprendre, une éducation, un redressement. Toutes les 114 sourates du coran sont descendues en même temps, cette même nuit du Laylatul Qadri, du Lawhul mahfûz pour arriver au niveau du ciel le plus bas mais, Djibril ne les a pas pris en un seul bloc, pour les apporter en une seule fois au Prophète (P.S.L.). Non - Comment a - t - il fait ? Puisque le Prophète (P.S.L.) est venu pour éduquer les musulmans, pour les former, les doter d’un comportement qui leur permette de connaître leur Seigneur, connaître la manière avec laquelle on doit L’adorer, se rapprocher de Lui, la façon avec laquelle on doit Le prier pour obte- nir ce qu’ l’on veut de Lui, pour pouvoir intercéder demain, le jour du

Rassemblement, pour échapper à toutes sortes de malheur etc

le

, coran attendit au niveau du ciel le plus bas et chaque fois qu’on doit l’utiliser pour corriger les créatures ou pour les faire retourner vers DIEU, ou pour leur expliquer une chose qu’elles ne comprenaient pas ou alors que les juifs voulaient coller le Prophète (P.S.L.) en lui po- sant des questions sur des choses qu’il ignorait, on faisait descendre le verset correspondant à cette circonstance.

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Vous voyez donc que chaque verset du coran correpond à une si- tuation donnée. Vous savez qu’on ne fait pas descendre de verset qui parle d’héritage sur des musulmans qui se trouvent au champ de ba- taille pour faire la guerre sainte ; ils n’y comprendraient alors rien. De même, on ne fait pas descendre de verset qui parle de ce qui est licite ou illicite sur celui qui se trouve dans l’agonie. Mais, à chaque fois que le Prophète (P.S.L.) et les sahaba se trouvaient devant une situation qui nécessitait une prise de décision, notre Seigneur a sé- lectionné à partir du livre complet un verset du coran qui correspon- dait au lieu, au temps et aux circonstances dans lesquelles ils se trou- vaient, qu’Il remettait à Djibril qui venait le remettre au Prophète (P.S.L.), pour application.

Le coran diffère donc des livres qui sont descendus avant lui.

La première différence réside dans ce qu’on appelle wahyou et ce qu’on appelle Ilhàm.

La plupart des livres descendus avant l’Islam sont révélés aux mes- sagers par le Ilhàm. Le Ilhàm peut venir pendant le sommeil ou à l’état de veille. S’il se produit, c’est le sens du message qui pénètre dans le cœur de la personne qui le comprend parfaitement mais si elle veut l’exprimer, c’est avec sa propre langue et son expression propre qu’elle va le faire.

Quant au Wahyou, la langue de révélation ne se modifie pas. Le Prophète (P.S.L.) n’a ni ajouté ni diminué la moindre lettre (araf) du coran ; il l’a reçu tel qu’il est.

Les langues dans lesquelles ont été révélés les livres sont classées en 3 catégories :

- les langues sacrées : une langue sacrée c’est une langue qui pos- sède la “dignité” d’une religion. Il est plus facile d’obtenir la satisfac- tion des besoins en priant dans cette langue. Elle transmet mieux le message quand on veut parler à d’autres personnes. Elle comporte

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plus de lumière qu’une langue peut supporter.

- les langues liturgiques : ce sont les autres langues telles que

celle des “yunan” et celle de ceux qui se trouvaient à Mà bayna na- hraina” sauf le hébreux, le siriaque et l’arabe. Ces dernières consti-

tuent la première catégorie des langues. DIEU a choisi une parmi ces 3 pour parler aux fils d’Adam.

- les langues profanes : toutes les autres langues sont dites lan- gues profanes.

Même les catholiques ne peuvent pas, par exemple, dire la messe en

car toutes ces langues

sont des langues profanes. La prière de “Risbi” ne peut être faite que dans une langue liturgique ou sacrée.

Français, en Anglais, en Wolof, en Sérère etc

Notre Seigneur s’est adressé aux fils d’Adam, aux musulmans, en arabe.

Comment le Coran qui est dit en arabe a été révélé au Prophète (P.S.L.). Il existe 3 formes de “Wahyou” (révélation ):

- Dans la première forme, selon le Prophète (P.S.L.), l’ange chargé de lui transmettre le message se présente devant lui dans la forme et la nature d’un beau jeune homme. Il ne présente pas la moindre différence avec les hommes, a-t-il dit ; il me parle comme un homme normal parle à son semblable et je comprends tout le message. A la fin de la révélation j’ai comme l’impression que le message est resté gravé sur mon cœur de sorte que je ne pourrai plus jamais l’oublier.

- Dans la deuxième forme de révélation, l’ange se présente sous

une forme totalement différente de celle de l’homme. Il a des ailes et possède des yeux différents de ceux de l’être humain. Ses mains et ses jambes n’ont rien de semblable à celles des fils d’Adam. Il dif-

fére totalement de l’homme sous tous ses traits. Il est d’une beauté telle que si tu fermes les yeux ou te détournes après l’avoir regardé,

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Transcription et traduction : Papa SALL moom Baay Saam MBAYE

tu as l’impression de l’avoir toujours en face de toi et de continuer à le voir. Si l’ange vient dans cette forme que nul n’a jamais vue, dit le Prophète (P.S.L.), il me parle et le message pénètre directement dans mon cœur. A la fin de l’entretien j’ai tout le message gravé sur mon cœur, comme dans le premier cas.

- La troisième forme de révélation est la plus pénible pour moi, ra- conte le Prophète (P.S.L.). Si la révélation se fait sous cette forme, le Prophète (P.S.L.) se trouve dans un état tel qu’il n’entend plus les gens parler, il ne reconnaît plus rien. Le message transmis est comme le son d’une cloche (Jòlòli). Il remue tout son corps et son cœur. S’il pose un de ses membres sur la cuisse d’une personne qui se trouve à côté de lui, cette cuisse se casse sous l’effet de son poids. De même s’il se trouvait, au moment de la révélation, sur sa chamelle qu’il ap- pelait “Ghazwà” celle-ci se couchait toujours, car sous l’effet du poids des versets, elle n’arrivait plus à supporter le Prophète (P.S.L.). Cette dernière forme de révélation est appelée “As sirrul massùn”. C’est la forme de révélation la plus complexe. Vous avez entendu Serigne Touba dire : “Akh fà li yà sirran massùnal Làhu” : “Notre Seigneur m’a révélé, Il m’a montré, (ou il a gardé pour moi demain car “min aghdàdi”) “As sirral massùn”.

As sirral massùn est un secret. Celui qui le découvre n’ignorera plus rien. Il connaîtra exactement de la même façon ce qui existait avant la création de l’univers et ce qui se passera le Grand jour comme il connaît la situation qu’il vit à l’instant même. Celui-là ne pourra pen- ser qu’à ce qui plait à notre Seigneur ; ce qu’Il agréé.

Cette forme de révélation qui est comme une cloche qui sonne, re- mue le cœur du Prophète (P.S.L.), le fait transpirer, trembler de tout son corps et fait condenser les eaux.

La révélation peut se faire au Prophète (P.S.L.) :

- pendant qu’il est au champ de bataille pour faire la guerre sainte,

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- à un moment où il prend son repas,

- quand il s’entretient avec les sahaba,

- dans sa chambre, couché ou en train de prier etc

Elle ne se fait pas dans certains cas et dans certaines situations.

Vous savez que lorsque Seydina Jibril (A.S. * ) s’est montré pour la première fois au Prophète (P.S.L.), il a eu peur car il ignorait la nature et la forme de cet être étrange. Quand Seydatouna Khadija voulut l’éprouver pour connaître la nature de ce qu’il avait vu, elle lui demanda de se mettre à côté d’elle ; d’abord à sa droite et lui de- manda s’il voyait toujours la forme en question ; il répondit affirma- tivement. Elle lui demanda de se mettre à sa gauche, puis devant, puis derrière elle mais il répondait toujours qu’il continuait à voir la forme en question. Elle lui demanda alors de se mettre sur sa cuisse. En ce moment précis, il répondit qu’il ne voyait plus rien. Elle lui dit alors : ce que vous avez vu est un ange. Vous savez donc que quand le Prophète (P.S.L.) se trouvait dans certaines situations, il ne recevait pas de révélation ; mais en dehors de ces situations, la révélation peut se faire quel que soit le lieu et quelles que soient les circons- tances. DIEU peut choisir les versets qui correspondent au milieu et aux circonstances et les remettre à Gabriel qui vient les porter au Prophète (P.S.L.).

La révélation se faisait à tout moment, ai-je dit et si elle est faite, la première obligation qui incombe au Prophète (P.S.L.), c’est de faire connaître le message reçu. Si c’est une loi (une interdiction ou un ordre), elle est immédiatement appliquable. Si c’est une simple in- formation, tout le monde doit la connaître sur le champ. A cet effet, le Prophète (P.S.L.) avait des secrétaires chargés d’écrire les versets coraniques. Par souci de plus de fiabilité et d’une bonne conserva- tion des versets, plusieurs personnes écrivaient à la fois. Vous voyez donc qu’il y avait deux obligations relatives à la révélation des ver- sets coraniques : écrire les versets transmis, les mémoriser.

* A.S. : anleyhi salâm

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Transcription et traduction : Papa SALL moom Baay Saam MBAYE

Vous savez que du vivant du Prophète (P.S.L.), le coran s’écrivait sur des os de chameau, sur du bois taillé ou sur des pierres blanches. Cela constituait un lourd matériel. Aucune personne ne l’avait rassemblé pour en faire un “mus’haf” * jusqu’à la mort du Prophète (P.S.L.).

Vous savez qu’après la mort du Prophète (P.S.L.) certains arabes s’étaient proclamés prophètes. Mousaylimatoul Kazzàb en faisait partie de même que Al Assawadoul ansì. Mousaylima était à Yamaa- ma. Seydina Aboubacar demanda aux musulmans de se préparer pour aller tuer cet imposteur qui se déclarait envoyé de DIEU. Ce fut une grande bataille, très dure car Mousaylima avait réuni tous les habitants de Yamaama et de ses alentours. Il avait réussi à leur faire croire qu’il était un prophète. Il avait même inventé son “coran” qui était un texte très ridicule. Au retour on raconta à Seydina Oumar que la majorité des “khouraou” c’est-à-dire ceux qui connaissaient le co- ran par cœur du vivant du Prophète (P.S.L.) ont été tués à l’occasion de cette guerre. Seydina Oumar alla voir Seydina Aboubacar pour lui dire : “Ce que j’ai vu c’est que “les détenteurs du coran” seront tous exterminés car ce qui s’est passé à Yamama pourra se répéter à l’oc- casion d’éventuelles autres batailles semblables. Donc, puisqu’il n’y a plus de “wahyou” qui descende, il est important et urgent de ras- sembler les versets dans un même document relié en un seul volume. Seydina Aboubacar lui répondit : “Comment pourrais-je faire une chose que le Prophète (P.S.L.) n’avait pas faite de son vivant. Seydina Oumar lui dit : “C’est mon opinion”. Il lui demanda d’appeler Zeydoun Ibn Sàbit qui faisait partie des 10 prisonniers de guerre de la bataille de Badr qui n’avaient pas les moyens de racheter leur liberté. (Vous savez qu’après cette guerre (la première en Islam), sur une propo- sition de Seydina Aboubacar et du Prophète (P.S.L.) contre l’avis de Oumar, on demanda à tous les prisonniers de guerre de payer une certaine somme pour racheter leur liberté. Le Prophète (P.S.L.) de- manda à ceux qui ne pouvaient pas se racheter et qui savaient lire et écrire d’enseigner 10 enfants musulmans pour recouvrer leur li- berté. Vous savez que c’est à cette époque que l’écriture a commen- cé à pénétrer en Arabie Saoudite -en ce moment, il ne s’appelait pas

* livre coranique

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Arabie Saoudite-. Ceux qui étaient un peu plus âgés que le Prophète (P.S.L.), tels que Abou Soufiane, père de Mouawiya Ibn Abou Sou- fiane ont vécu l’époque pendant laquelle l’écriture commençait à entrer à la Mecque. Vous savez que lorsque l’écriture commençait à entrer à la Mecque, l’alphabet arabe n’avait que 15 lettres (Haraf) et la langue arabe avait 28 possibilités (son). On devait donc imagi-

ner comment il fallait écrire les 13 autres possibilités. Le Prophète (P.S.L.) ordonna les signes qui représentaient les accents (“tomb”) :

par exemple le “ta” sans l’accent peut se lire : ba, nun, ya

tout cela

représente des possibilités que possédait la langue arabe mais qu’on ne pouvait pas écrire. Le Prophète (P.S.L.) ordonna alors de créer

les signes pour différencier par exemple le “ya” du “tâ”,

jusqu’à

obtenir les 13 autres possibilités. Les sahaba réussirent après des ef- forts considérables à écrire tout le coran. Malgré le fait que l’écriture

n’appartenait pas aux arabes au début, ils réussirent à écrire le coran dans cette langue d’une façon telle que écrit dans une autre langue, on ne réussira jamais à le lire aussi correctement qu’on le lit quand il est écrit en arabe ; c’est-à-dire exactement comme il est descendu.

Lorsqu’on fit venir Zeydoun Ibn Sàbit, Seydina Aboubacar lui dit :

“Oumar me conseille de rassembler le Coran en un seul volume mais moi, je ne sais pas si je dois faire une chose que le Prophète (P.S.L.) n’avait pas faite. Je t’ai fait appeler pour connaître ton point de vue sur la question. Si tu as le même avis que Oumar, je vous rejoins et je fais rassembler le coran, si par contre tu penses, comme moi, que cela ne doit pas être fait, je n’en parlerai même plus. Zeydoun Ibn Sàbit prit la fuite en lui disant : “Moi je n’ose pas faire cela”. Seydina Oumar garda le silence un long moment et dit à Seydina Aboubacar : “Aboubacar, Je te demande s’il t’arrivera quelque chose si tu par- viens à rassembler tous les versets coraniques en un seul volume ?” Celui-ci lui répondit : “Non, rien ne m’arrivera”. Oumar lui dit : “Alors fais-le.

Seydina Aboubacar se décida à rassembler le coran et créa une com- mission et confia à Zeydoun Ibn Sàabit la présidence. Zeydoun Ibn Sà- bit faisait partie des secrétaires du Prophète (P.S.L.). La commission

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fut composée au total de 9 membres dont 3 secrétaires directs du ProphËte (P.S.L.). Il leur ordonna de ne pas prendre les exemplaires de ceux qui ont recopié sur d’autres mais de prendre seulement les versets écrits sous la dictée du Prophète (P.S.L.) et de vérifier, avant de prendre un verset, qu’il est détenu par deux personnes au moins et qui ont toutes deux mémorisé le verset après l’avoir écrit sous la dictée du Prophète (P.S.L.). C’est ainsi qu’ils ont procédé pour ras- sembler tous les versets du coran. Tout le premier “Mous’has”. A la mort de Seydina Aboubacar, le document fut remis à Seydina Oumar qui le laissa à sa famille avant de mourir. Sa fille, Seydatouna Hafsa, épouse du Prophète (P.S.L.), est la dernière personne qui possédait ce Kamìl. Mais le monde évolue toujours. A l’occasion de la guerre d’Arménie, qui était une bataille qui réunissait tous les pays et toutes les nations arabes, on vit qu’il y avait plusieurs façons de lire et de réciter le coran. Cette divergence effraya plusieurs parmi les sahaba. Ils virent que cette divergence aménera, si on la laisse comme telle, une sorte de gaspillage dans la lecture du coran. Khouzayfata Ibn Yamàn, de retour de cette guerre, ne rentra pas directement chez lui mais alla directement trouver Seydina Ousman qui était le Khalif d’alors pour lui dire : “Ousmane, viens au secours de la communau- té”. Ousmane lui dit : “Que se passe - t - il ?” Il lui répond : “Ce que j’ai vu à la guerre à laquelle je viens de prendre part est une chose très grave pour les musulmans. Les arabes ont introduit la différence de leur expression dans la lecture du coran ; chaque peuple lit le coran selon l’expression arabe en vogue dans son pays ou sa région.

Seydina Ousmane fit venir Zeydoun Ibn Sàbit qui avait dirigé la première commission chargée de rassembler le coran. Il lui adjoigna deux autres qui avaient participé à cette commission et leur dit de ne pas consulter le Kàmil détenu par Hafsa. Il leur donna les mêmes chartes que celles que leur avait données Seydina Aboubacar lors du pemier travail. Après avoir terminé leur travail, ils vinrent trouver Hafsa pour lui demander de consulter le Kamil que lui avait laissé son père * . Celle-ci leur dit : “Je ne donnerai le document que lorsque Ous- mane aura juré par DIEU qu’il me le remettra après l’avoir consulté ;

* Seydina Oumar ibn Khattab (R.A.)

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ce que fit Ousmane. Lorsque les documents furent confrontés, on se rendit compte qu’ils étaient identiques. La seule différence, si elle en était, c’est que la graphie est meilleure dans le nouveau document. Seydina Ousmane fit écrire le nouveau kamil en 7 exemplaires (4 pour certains). Il l’envoya dans toutes les régions islamiques et de- manda de brûler les autres kamils qui existaient avant ce dernier document. Certains ont condamné Ousmane en disant qu’il n’au- rait pas dû faire une chose que ni le Prophète (P.S.L.) ni Aboubacar (R) n’avait faite ; il n’avait pas le droit de sortir son propre Kamil et pourtant Ousmane n’a fait que son devoir. Puisqu’il était Khalif, tous les musulmans étaient tenus de suivre ses directives. C’est ain- si que toutes les autres versions du coran furent détruites ou alors ne sont plus reconnues. De sorte que, selon Cheikh Khalil, dans son “Moukhtasar” si quelqu’un dont le “Mus’haf” est différent de celui de Ousmane dirige la prière pour toi, tu dois la reprendre car elle est considérée comme nulle. Abdoulaye Ibn Mas’houd était un sahaba ; il faisait partie des premiers qui ont mémorisé le coran. Il lisait “Fa izà ghoudiyatu salàtu”, il ne disait pas “Fan tashirò” mais “Fan dù fil ardi”. Si tu pries derrière quelqu’un qui récite le coran de la sorte, tu dois reprendre la prière car celle-ci n’est pas valable car elle n’est pas conforme aux règles établies par Ousmane qui avait remplacé le Prophète (P.S.L.).

Le Coran est différent des premiers livres car il est une merveille de DIEU Qui a parlé aux créatures dans ce qu’on appelle :”Al wah’youl matlùwu” Al wah’youl ghayrul matlùwi est aussi différent du hil- hàm.

Les arabes ne connaissaient pas l’écriture. Ils ne savaient donc ni lire ni écrire. Vous savez qu’au début, à chaque fois que le Prophète (P.S.L.) récitait le coran, tous ceux qui se trouvaient à ses côtés se mettaient à pleurer et se convertissaient tous à l’Islam. Lorsque les arabes ont voulu empêcher les gens de se convertir, ils se mirent à leur interdire d’écouter Mouhammad (P.S.L.) quand il récitait le co- ran. La nuit, quand il se mettait à réciter le coran dans sa chambre, la beauté de sa voix, les “Taqàtikh” qui l’accompagnaient et les Ikhà ne

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laissaient aucune possibilité de résistance à ceux qui l’entendaient. Ils tombaient tous et se convertissaient. Ceux qui interdisaient aux autres d’écouter les récitations du coran, entendirent un jour Mou- hammad (P.S.L.) réciter le coran à partir de sa chambre. Ne pouvant plus se maîtriser, ils sortirent chacun de sa maison et vinrent se cacher dans un coin à côté de la chambre de Mouhammad (P.S.L.) pour écouter. Personne d’entre eux ne put quitter sa cachette jusqu’à l’aube et puisqu’ils se cachaient, personne n’avait vu son voisin dans l’obscurité. C’est seulement à l’aube, lorsque Mouhammad (P.S.L.) avait arrêté de réciter le coran qu’ils purent se libérer et se croi- sèrent sur le chemin du retour. Ils se critiquèrent et se dirent : “Si nous interdisons aux autres d’écouter Mouhammad (P.S.L.) dans ses récitations de coran et nous cachons pour l’écouter, nous ne parvien- drons jamais à notre but. Vous savez que Mouhammad (P.S.L.) est un charlatan, son livre qu’il récite est une merveille de DIEU et si nous ne réussirons pas à empêcher les gens de l’écouter, nous ne pourrons jamais les empêcher de se convertir”. Ils citèrent le nom de tous ceux qui ont embrassé l’Islam par le seul fait du coran. Ils jurèrent alors de ne plus jamais revenir écouter Mouhammad (P.S.L.). Mais le lende- main et le surlendemain, ils ne purent se retenir et le même scénario décrit tout à l’heure se reproduisit à trois reprises et c’est à la der- nière rencontre qu’ils prirent la ferme décision de ne plus revenir.

Mouhammad (P.S.L.) avait enseigné à ses compagnons (Sahaba) sa façon de réciter le coran. Un jour, il dépassa Seydina Abou Moussa al Ash’harì qui récitait le coran. Il ne put continuer et resta longtemps à l’écouter. Le lendemain

Ce qui étonne les arabisants et les islamologues, c’est la perfection du coran. A l’époque où se faisait la révélation du coran, il y avait plusieurs Maràhil entre le niveau d’expression de la langue arabe, sa perfection et le message coranique. Cela, les gens ne peuvent pas se l’expliquer. C’est seulement ceux qui ne croient pas que le coran est venu de DIEU qui ne le savent pas mais ceux qui sont convaincus de l’inverse eux, peuvent le faire. Ils sont certains que rien n’est impos- sible pour DIEU et Il peut faire toutes sortes de miracle.

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Nous avions déjà pré-

cisé en ce qui concerne la graphie que c’est Sallal Làhou Anleyhi wa Salam qui avait ordonné les points (“tombes” = expression woloff), on a reçu de Taïf, pendant le règne de Mouhâwiya Ibn Abou Soufiane, des lettres qu’il avait écrites ; ce qui nous a permis de voir comment l’écriture a pénétré dans les pays arabes et ce que ces derniers ont ajouté à la graphie du coran après leur conversion à l’Islam, la façon dont ils ont perfecitionnée l’écriture du coran. Nous avons remarqué également que les voyelles (màska) ne sont pas représentées. Ils se contentent de mettre, en écrivant les points et de montrer la fin de chaque verset mais ils n’ont pas mis les voyelles. C’est un gouver- neur du nom de Hajjaj Ibn Youssoupha qui enseignait le coran (avant d’être gouverneur) qui a inventé les voyelles. On voit donc que le livre coranique a atteint un niveau tel que personne ne pourra plus le dénaturer (“Yakh”) si ce n’est un étourdi car aussi bien les points (“tombes”) que les voyelles (màska) sont matérialisés comme l’a dit Serigne Touba dans “Massalikal jinan” * : “Wa shak lahu khad ah- dashù hu wan nukhat siyànatan laha minal Lahni fakhat” : “La voyellation du texte ainsi que la ponctuation et les autres signes diacritiques ont été inventés après, seulement, afin de préserv- er le livre des erreurs provenant des profanes.”

Si nous retournons pour parler du coran

Si celui qui lit le coran s’est entraîné dans la méditation, il y trouve à chaque lecture une nouvelle chose, cela du fait de la nature même du coran. En effet celui qui a un cœur propre ne se lassera jamais de lire ou de réciter le coran.

L’Imam Shafihi a dit : “Vous lisez le coran et après vous vous en allez. Quant à moi, si j’ouvre le livre après la prière de la nuit “Gué”, je ne le referme que pour préparer celle de l’aube.”

C’est ce Seydina Shàfihi qui a dit : “J’ai consulté ce qui se trouve entre les deux bords du livre coranique ; notre Seigneur m’a fait com- prendre tout son contenu sauf trois (3) lettres (“Haraf”).” Vous savez que l’individu peut avoir une compréhension du texte coranique à tel

* Massâlikal Jinân, Les Itinéraires du Paradis écrit par Cheikh Ahmadou Bamba

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point que si on écrivait ce qu’il sait d’un verset, cela remplirait des livres et des livres.

Seydina Alioune (R) a dit : “Je peux interpréter la sourate Fatihatul Kitab d’une façon telle que si on écrivait cela sur des pages leur poids égalerait celui de la charge de 40 chameaux.” Cela, c’est seulement un homme dont le cœur est pur et que notre Seigneur a aidé dans sa compréhension qui peut le faire. Alioune ibn Abi Talib a ajouté : “Je jure par CELUI QUE NOUS ADORONS que j’ai gardé le silence pen- dant un long moment méditant sur la grandeur de notre Seigneur, sa bénédiction, ses grandes œuvres, ses miracles jusqu’à ce que mon cœur “se remplisse de DIEU, j’ai vécu cela pendant un si long moment que notre Seigneur m’ouvrit les Malakòt ; je suis capable de juger les «Ehlut Tawrèt» par leur livre, les «Ehlu Injìl» par leur livre et les «Ehlu Qur’ân» par le Saint Coran. Et pourtant il n’existe pas un seul secret que le Prophète (P.S.L.) m’a donné à l’insu des autres sahaba mais si DIEU veut, il fait comprendre à son esclave le Coran. Vous voyez donc que c’est par la compréhension du Coran que Alioune a eu ses connaissances.

Lorsque Zeyloun Hâbidina qui est fils de Seydina Housseyn qui est lui-même fils de Seydouna Alioune a dit : “Innì la aktum min hilmì jawà hìrahù kay là yarà zàka zù jëhlin fa yaf tatinà. Wa khat ta khadama fì azà Abou Hassanin il Hussayni wa ussa khabdu wal Hassana. Yà ruba jawhara hilmin law Abou Hubiyii la khìla anta mimmi yahbadural Hassana. Walas ta hala ridiàlun muslimu- na dammii yarawna akh bahu mà yà wulu Hassana”. (Ne vous impatientez pas, j’arriverai sur Serigne Touba et le Coran ; ceci n’est qu’une introduction).

Seydina Alioune Zeynoul Hâbidîna qui est le fils de Seydina Hous- seyn a dit : “Un ignorant pourrait semer de la peine sur la terre si je dévoilais ce que je connais du coran car, des musulmans véritables qui croient en DIEU et à son Prophète (P.S.L.) me condamneraient à mourir et ils penseraient avoir bien fait.

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Seydouna Abou Houraira a dit : “j’ai pris du Prophète (P.S.L.) deux sachets remplis de connaissances (sciences), je vous ai vidé le conte- nu du premier. Quant à celui du second, si je vous en donne la plus petite partie, vous me couperez la tête.”

Abdoulaye Ibn Abass a dit : “Si j’interprètais le verset : “AlLàhu lazi khalakha sabha samawàtin wa minal ardi misla hunna yatanazzàlul amru bayna hunna litah lamu annal Làha hanlà kuli shay in khadìrun wa annal Làha khad hanta bi kulli shay in hilman (S. 65 - V. 12) vous m’égorgeriez’’.

Il existe parmi les Kumalul awluyà (les grands saints) un qui, lors- qu’on lui a demandé de causer sur le “Haqiqa” a dit : “Choisissez par- mi mes talibés les 40 meilleurs”. Lorsque les 40 savants furent choi- sis, il leur demanda de sélectionner les 4 meilleurs. Il demanda à ces quatre : “Qu’attendez-vous de moi ?” ; il répondirent : que tu nous ex- pliques un verset du coran afin de nous donner le secret pour lequel le Prophète (P.S.L.) a dit : “Mà min harfin min hurufil khurànin ilà walà ha zahru wa bàtinun wa lil batnu batnun ilà sabhati abtànun.” : “Il n’existe pas parmi les lettres (haraf) du coran un seul si ce n’est qu’il a un sens exotérique et un autre ésotérique et le sens ésotérique a un autre sens ésotérique qui lui même a un autre sens

un total de sept sens ésotériques.” Il leur répon-

ésotérique

dit : “Si j’en parle, c’est vous qui êtes les meilleurs savants qui se- raient les premiers à me condamner à mourir”.

jusqu’à

Vous savez que DIEU a voilé dans le coran tout ce qui doit se pro- duire jusqu’à la fin des temps.

Les savants ont affirmé que tout ce qu’ils rapportent est tiré des hadith mais tout hadith dit par le prophète (P.S.L.) explique, éclaircit le coran et le Prophète (P.S.L.) n’a expliqué que la partie exotérique ; il n’a rien dit de l’aspect ésotérique.

Il n’y a que le Prophète (P.S.L.) qui comprend le coran et il a lui- même dit qu’il existe dans le coran une partie que DIEU Seul com-

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prend.

Il n’y a qu’un égaré qui peut dire que telle chose ne se trouve pas dans le coran. En effet, si tu lui demandes de te donner le sens de “Alif”, il ne te le dira pas car il l’ignore ; il en est de même pour le “làm” et le “mìm” donc celui-là qui dit que telle chose ne se trouve pas dans le coran, a tenu des propos d’un ignorant égaré ; c’est d’ailleurs son ignorance qui lui a donné le courage de faire une telle affirma- tion gratuite.

Al Qur’ân al Karim : le coran n’est pas une créature mais une mani- festation de notre Seigneur.

“Al mihnatu bi halqil Qur’âni” est très célèbre ; tous les savants qui ont vécu cette période ont été frappés.

Seydina Ahmadou Ibn Hanbal a reçu pour cela 40 coups de cra- vache. Il s’évanouit, on posa sur lui un objet lourd et le piétinait. Lorsqu’il eut retrouvé ses esprits, il se mit à prier avec ses habits qui étaient complètement tachés de sang. On lui demanda de reprendre la prière et il répondit : Seydina Oumar, lorsque Abou Lou Lou l’a poignardé, la plaie saignait abondamment et il a poursuivi sa prière ; donc je ne reprends pas.

Après “Al khawlu bi halqil Qur’âni” : les savants qui avaient peur de ces épreuves et qui avaient fait ce qu’on appelle le “Takhya” pour avoir la paix avaient dit que “Al Qur’än mahlûqun”, bien qu’ils pen- saient le contraire mais Mâmoun, Moutanassi, Wàssih étaient ceux qui les frappaient. Celui qui, parmi eux, remplaçait l’autre, était déci- dé à faire dire aux savants que le coran est une créature car cela était une idée des muhtazila et ils appartenaient à ce groupe. Lorsque cela fut fait Ahmadou Ibn Hanbal résista et leur tint tête jusqu’à l’arrivée de Mutawakil qui n’avait pas cette idée des muhtazila. Il aida alors les sunnites. Les gens retournèrent alors au coran pour dire qu’il était la mère de toutes les sciences descendues ici-bas. Puisqu’il en est ainsi, son expression est différente de celle des premiers livres.

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J’avais déjà dit que c’est un texte révélé et non un texte inspiré. Si vous lisez par exemple la Thora, l’Evangile ou les Psaumes, vous au- rez l’impression de lire un évènement passé qu’un homme a écrit ; exactement comme dans un livre d’histoire. Le coran quant à lui ne raconte pas, il évoque, il éduque. A chaque fois que l’occasion se pré- sente, il reprend le même remède qui avait été utilisé jadis lorsque cet évènement a eu à se produire dans le temps. C’est pour cette rai- son qui’il prend une portion d’un évènement donné dans un endroit et le reprend dans un autre endroit.Tout ce qu’apporte le coran est destiné à “guérir” une forme de maladie. Il est comme un médecin qui connaît, qui possède tous les remèdes possibles pour guérir toutes sortes de maladies qui pourraient arriver à l’homme durant toute son existence sur terre, de sorte que s’il lui arrive une maladie, il lui donne le médicament adéquat pour le soigner. De ce fait, s’il lui arrive une maladie donnée une première fois, s’il y a récidive, le médecin utilise le même médicament par lequel il l’avait guéri pour le soigner à nouveau ou alors il ajoute à ce médicament (ou un autre semblable) un autre produit pour avoir une plus grande efficacité. C’est pour cela que le coran nous parle d’une histoire identique à des endroits différents. Cela n’est pas donc une répétition comme on se- rait tenté de le penser mais c’est en fait un remède utilisé à plusieurs reprises.

Comme je l’ai dit, le coran est resté exactement comme le Pro- phète(P.S.L.) l’avait laissé. Il n’existe pas un seul livre écrit en arabe qui vient avant le coran. Il n’existe pas non plus un autre livre plus vieux que lui qu’on a édité et qui n’a pas été modifié ou qui ne com- porte pas d’erreur ou de faute. Si on parle aujourdh’ui des “Chansons de Geste ou des poèmes homériques???” il faudra savoir qu’avant d’en arriver là, on eut à y apporter beaucoup de correctifs. Le coran, quant à lui, n’a subi aucune modification depuis sa révélation.

Le coran n’est pas révélé au Prophète (P.S.L.) comme il est présenté dans le Kàmil (la succession des versets et des sourates n’est pas la même que dans l’ordre de révélation) mais chaque fois qu’un verset est révélé, le Prophète (P.S.L.) a indiqué l’endroit qu’il doit occuper

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dans telle sourate. Donc les versets qui composent une même sou- rate ne sont pas révélés dans l’ordre qu’ils occupent dans la sourate mais c’est le Prophète (P.S.L.) qui l’a ordonné.

Certains ont dit que c’est Seydina Ousmane qui a fait la classifica-

tion des sourates dans le livre mais cette affirmation n’est pas fondée car c’est le Prophète (P.S.L.) qui donnait l’ordre de mettre tel verset à tel endroit. Ce sont ces mêmes personnes qui ont dit qu’après Sey- dina Ousmane eut fini de rassembler “souratu Tawbati” et “souratul Anfàli” il n’a pas écrit “Bismil Làhir Rah mànir Rahim”. Lorsqu’on lui

a demandé d’expliquer cela, il a dit que “Souratul Anfal” est révélé au

début de l’hégire et “Tawba” à la fin de l’hégire ; nous ne savons pas si tawba est une partie ou non de anfal car les autres sourates sont plus longues qu’elle. Je pense donc qu’elle fait partie de la première mais rien ne nous le prouve et puisque je ne sais pas ce qu’il en est exacte-

ment, je l’ai placé à la suite et je n’ai pas mis “Bismil Làhir Rahmànir Rahim”. Mais cela n’est pas la version authentique. Ce qui est sûr, c’est que cela est soit une opinion de Seydina Ousmane ou alors des propos qu’on lui a attribués mais ce que nous devons retenir c’est que c’est le Prophète (P.S.L.) qui donnait l’ordre de commencer par “Bismil Làhir Rahmànir Rahim” qui a demandé d’écrire la sourate At Tawbati sans commencer par “Bismil Làhir Rahmànir Rahim”. De plus, ce hadith n’est rapporté ni par Boukhari ni par Mouslim et par-

mi les “Salsila” qui l’ont rapporté il en existe un qu’on appelle “Ma-

jhùl” : personne ne le connaît.

Nous avons remarqué qu’à chaque fois que le Marabout * a composé

un long chant (poème) il l’a achevé par des éloges destinées au coran.

Il a dit sur le coran des miracles (Kàwtèf) et des bienfaits (ndiarigne)

que les gens ignorent. Car il a pénètré le secret du coran par un en- droit que les autres n’ont pas découvert. DIEU lui a donné sur le co- ran une chose qu’Il n’a pas donnée aux autres. Un individu m’a racon- té à St. Louis que sa mère avait fait un rêve au moment où il écrivait son deuxième kàmil. On lui a dit dans ce rêve : “Ton fils est en train

d’écrire le coran mais il ne lui a pas encore donné tout ce qu’il mé-

* Cheikh Ahmadou Bamba

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rite car il n’a pas encore remis ses écrits “au propriétaire du coran”. Elle lui demande dans le rêve “à qui appartient le coran ?” et on lui répond : “Cheikh Ahmadou Bamba”. Elle demande à son fils d’écrire un “kàmil” et de le lui remettre. Cela fut fait. Lorsqu’il lui remit le livre à Diourbel, il lui raconta en même temps le rêve de sa mère. Il lui dit : “on m’a donné la réponse à ta question bien avant ton arrivée ; elle se trouve dans le livre que voilà et lui demande de soulever un premier livre puis un 2 ème et puis un troisième qu’il lui demande de lui remettre. Il ouvrit le livre et vit : “Mallakanil Qur’âna Tamlìkan yadoùm” : “DIEU m’a offert le coran à tout jamais”.

Nous avons dit que le coran est une merveille de DIEU et que nul ne peut comprendre ses miracles si ce n’est celui qui a un cœur pur, qui aime DIEU et qui a l’habitude de méditer : de faire le “Tafakur” et le “Tazakur” : “Al fikru wa Zikru”

Nous avons dit également en ce qui concerne “Al fikru” qu’il repré- sente la clef du savoir. Le marabout l’a dit dans “Massalikal Jinan”.

Qu’est ce que le “Fikru” ?

L’individu qui croit au coran, au jour du rassemblement, au séjour

dans la tombe en station couchée, à l’agonie, à la traversée du Pont

Siràt, au jugement et à ses adversités

Seigneur que quand il aura purifié son âme (Rûh), son cœur et ses membres dans leur totalité de la transgression des lois du Seigneur. Comment celui-là réussira -t-il à voir les miracles (Kàwtèf) de notre Seigneur à l’instar de Seydina Aboubacar (R) qui disait : “Je n’ai ja- mais regardé une chose quelconque sans y voir DIEU”. Le coran ex- horte les musulmans à s’émouvoir des miracles de DIEU : “Waka ayyin min àyàtin fis samàwàti wal ardi yâmurùna anlayhà wa hum anlà muhridùna” (S.7-V. 105).

ne voit les miracles de notre

L’Imam Ghazali a dit dans “Ihyà’u hulûmi-d-dîn” “Laysa fil imkàni abdahù min mà kàna” : “Rien de ce qui existe n’est plus énigmatique (Yèmé) que cet univers créé par DIEU”. Les “fuqhâ-u” l’ont contredit

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Transcription et traduction : Papa SALL moom Baay Saam MBAYE

et ont beaucoup polémiquer sur la question. Ils ont interprété ses propos, pour le condamner en disant qu’il a voulu dire que notre Seigneur ne peut pas créer une chose plus énigmatique (yèmé”) que l’univers. -Si je dis l’univers, je ne veux pas parler de la terre unique- ment mais je veux parler en même temps des étoiles, du soleil, des cieux et de “Kursiyu” qui enveloppe les sept (7 cieux) et même “Aras” qui enveloppe “Kursiyu” ; donc tout ce que notre Seigneur a créé ; c’est-à-dire l’universalité.

Tous les savants qui ont des connaissances ésotériques (“Xam xamu bàtin”) sont tombés d’accord avec l’Imam Ghazali et tous ceux qui ne sont que des “fuqhâ-u” (Xam xamu fiqh) sont contre lui. L’argument de ceux qui sont avec lui n’a pas convaincu ses détracteurs. En ce qui nous concerne, notre Seigneur nous a donné une certaine compré- hension sur la question que nous avons toujours voulu écrire

Si vous consultez Al Ibriz, vous verrez que Ahmadou Ibn Moubarak qui était le disciple de Cheikh Abdoul Aziz Dabbàkh et qui était un mufti qui avait assimilé toute la jurisprudence islamique (fiqh), à tel point qu’il était capable de répondre à tout “mas ala” qu’on lui appor- tait, et à qui les oulémas posaient un certain nombre de “mas ala” sur lesquels ils avaient beaucoup de divergences de vue et ne savaient pas lequel de ces points de vue était exact, soumettait à Cheikh Ab- doul Aziz Dabbàkh qui lui expliquait tout clairement ; et pourtant ce Abdoul Aziz n’avait rien appris, il ne connaissait rien du coran mais c’est la lumière de son cœur qui lui a fait comprendre les “Haqà’iqq”.

Lorsque Ahmadou Ibn Moubarak a voulu écrire un livre pour condamner les saints qui soutenaient Ghazali sur “Laysa fil imkàni abdahù min mà kàna” en espérant qu’il n’avait pas dit cela mais que ce sont des propos qu’on lui a attribués, la veille de la date qu’il avait retenue pour commencer son œuvre, il vit en songe Cheikh Abdoul Aziz Dabakh (qui était déjà mort) qui lui prit la main dans le rêve et entrecroisa leurs deux mains (les arabes l’appellent “Tashbìk”). Il lui dit “Tashbìkun Nabì” : Sur l’honneur du Prophète (P.S.L.) je te fais savoir que ce Ghazali sur qui tu te prépares à consacrer un ouvrage

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est un grand saint. Ne dis jamais sur lui une chose qui ne sied pas. C’est un pôle (hutb) et rien dans sa déclaration n’est faux. Ghazali fait partie de ceux qui sont avec moi, DIEU lui a offert des habits qui me font éprouver un complexe d’infériorité à son égard, à chaque fois que je le vois”.

Ahmadou Ibn Bàrik avait démenti Ghazali et avait dit que les sa- vants qui le soutenaient étaient “complexés” devant sa célébrité,

mais ils ne croyaient pas à sa thèse. Il ne savait pas qu’il y avait par-

mi ceux-là : Mouhidin Ibn Arabi, Cheikh Abdoul Karim Al Jily, Cheikh

, husuliyàu” et les “fuhulul kumalul awluyà” sont tous d’accord avec Ghazali.

Ahmed Tidjani, At Tourmizou

on peut dire que tous les “Fuhulul

Ils ont oublié que l’énigme a des piliers : Ce qui est énigmatique, l’énigme et celui pour qui la chose est incompréhénsible, ce qui dans la chose représente un mystère pour lui.

Une chose peut être extraordinaire à tout point de vue et ne pas étonner, pour autant, un individu considéré, on ne pourra pas parler, dans ce cas, d’énigme. L’énigme est pour l’individu ce qu’il ne connaît pas, ce dont il ignore tout mais si une chose vous est familière, si extraordinaire peut elle paraître, elle ne sera pas énigmatique pour vous, même si elle est mystérieuse par ailleurs dans sa forme et sa nature.

Si nous parlons d’énigme , nous devons préciser que les détracteurs

de Ghazali ont confondu “Laysa fil imkàni abdahù min mà kàna”

mà kàna”. S’il l’avait dit

on pourrait le condamner. Il en serait de même s’il avait dit “Ajma- lu mimà kàna” ou toute autre chose que “abdahù” et “abdahu”; al baà atu c’est ce qui n’a jamais existé et lorsque DIEU créa l’univers il n’existait pas un autre univers ailleurs.

et “Laysa fil hasana u” ou “ak malu

min

Le coran a dit : “Badìu Samàwàti” donc c’est une création qui n’est pas recopiée à partir d’un modèle antérieur. Si nous considérons

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la fourmi par exemple, nous verrons que l’éléphant n’est pas plus énigmatique qu’elle. Donc grandeur (de taille) n’est pas synonyme d’énigme. Celui qui n’a jamais vu de fourmi dans sa vie et qui voit l’éléphant chaque jour que DIEU fait s’émeut plutôt pour la fourmi que pour l’éléphant. Le coran a dit “Afalà yanzurùna ilal ibili kay- fa khouliqat” : “Ne considérez-vous pas comment les chameaux ont été créés.” Mais ce qu’il faut voir c’est pour qui le chameau est énig- matique. Pas pour les arabes qui s’adaptent au désert qui constitue leur environnement. Le chameau, après avoir bu peut marcher dans

le désert pendant des semaines sans mourir de soif. Le chameau peut marcher pendant des semaines sans se fatiguer, sans avoir besoin de pause ou de repos. Le chameau n’oublie jamais ce qu’on lui a fait. Son lait constitue la nourriture des arabes qui vivent dans le désert et qui n’ont aucune activité agricole, sa laine peut leur servir dans la fa-

voilà l’énigme que notre Seigneur

a créée pour les arabes, les musulmans qui vivent dans le désert. En plus il a créé pour eux des dattiers dont les fruits ne pourrissent jamais et qui s’adaptent à leurs conditions de vie. Si nous examinons tout cela, nous verrons qu’il existe une intelligence (une raison) par- faite qui dirige le monde et qui fait passer les choses convenable- ment. Certains parmi les savants avaient dit que le hasard aurait pu créer ce qui existe. Un autre savant leur demanda de faire l’ex- périence en faisant sautiller un singe sur les touches de caractères d’une machine à écrire. A chaque fois que ses pattes touchent une lettre celle-ci s’inscrit sur le papier. Si à la fin de l’expérience, leur dit-il, le singe parvient à écrire un “khassida” correct dans son sens, ses “khàfiyin”, ses “takhàtikh” et tous les autres éléments dans leur forme normale, alors nous pourrons dire dans ce cas, que le hasard aurait pu créer le monde. Vous verrez que dans le coran, notre Sei- gneur ne s’est adressé qu’aux doués d’intelligence : “Inna fì zàlika lazakrà li ulil al bàbi”. Donc il n’y a que les doués d’intelligence qui s’étonnent, qui croient et qui reconnaissent l’ésotérique (le “bà- tin”). Ceux qui sont doués d’un sens de la perception et qui voient en toute chose la Puissance divine et son “Kàwtèf”. S’ils regardent la créature, ils verront que notre Seigneur savait depuis la prééternité (“Azël”) le moment où elle viendrait ici bas. Il avait déjà choisi son

brication d’habits, de logements

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sexe, (masculin ou féminin), de même que l’époque ainsi que le pays de naissance, ses parents, ses éducateurs. Vous savez qu’à “Yawma

alastu” la parenté (consanguine) n’existait pas ; ce qui se considérait comme telle était la ressemblance (Xétoonté). Dans cette ressem- blance, notre Seigneur choisit pour chaque individu : une époque à laquelle il va naître, un milieu environnemental, des éducateurs Considérez que DIEU avait fini de décréter tout cela et il n’y aura pas de raté dans la réalisation. Si vous considérez ce que notre Seigneur a rassemblé chez l’individu, vous trouverez que cela est beaucoup plus mystérieux encore. Vous trouverez qu’aucune fabrique (usine) n’est plus complexe que l’homme. Que trouverons-nous chez lui ? Le

sang, la salive, les déchets, le lait, le cerveau, les morves

et il n’y a

aucun mélange entre ces différents éléments, chacun d’eux suit son itinéraire sans gêner l’autre.

Considérez les nerfs également. Si vous examinez les milliers de cellules qui composent le cerveau de l’homme et le fait que chaque cellule occupe une place bien précise et obéit à un ordre préétabli, vous verrez que si l’ensemble des hommes s’étaient mis à étudier le cerveau de l’être humain, l’existence de ce monde, ils ne réussi- raient pas à comprendre entièrement l’homme et son cerveau, ses

qu’il ressent, ce qu’il voit, ce qu’il sent tout cela est commandé par le cerveau.

Donc, chaque membre ou organe donné est rattaché à un point du cerveau par un nerf bien défini. Notre Seigneur, bien qu’il ait fait cela, a tout de même dit : “La khalkha samàwàti wal ardi akbaru min khalkhin nàsi”: “Vous voyez donc que l’homme dans la façon que DIEU l’a créé réussit à faire des choses très belles mais si extraor- dinaire et si belle que puisse paraître une chose, il faut toujours se rappeler que le cerveau qui a imaginé cela est plus énigmatique que l’œuvre qu’il a réalisée.

pensées, sa façon de penser au toucher, ce qu’il entend

ce

Vous avez vu à partir des inventions et des découvertes scienti- fiques que l’homme peut ouvrir le crâne d’un être humain pour sec- tionner une partie de son cerveau de sorte à l’amener à conserver ses connaissances ses habitudes et ses qualités mais ne pourra plus

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Transcription et traduction : Papa SALL moom Baay Saam MBAYE

refuser ce qu’on lui demande de faire ; lui aurait-on demandé de se jeter dans le feu qu’il accepterait volontiers. De même, on peut sec- tionner une partie du cerveau pour avoir l’effet inverse de sorte que même s’il avait l’intention de faire une chose, si on le lui demande il y renonce. On peut toujours sectionner une partie de son cerveau pour faire de lui un criminel. Tout cela est permis par le cerveau d’un être humain. Il suffit à l’homme, de nos jours, d’appuyer sur un bouton pour connaître ce qui se passe dans le monde entier. Il a fait également que deux hommes situés l’un à l’Est et l’autre à l’Ouest sur une distance inestimable puissent se parler et se voir par écrans interposés sans qu’il y ait un quelconque fil visible reliant les deux appareils. L’homme peut également quitter cette terre (planète) sur laquelle il a été créé et au sein de laquelle il sera enterré pour une autre planète grâce à des moyens qu’il a créés à partir de la science que DIEU lui a offerte et du matériel qu’Il a inventé et a ordonné, placé de telle sorte que si l’homme passe par la voie indiquée pour

l’utiliser, il parviendra à réaliser tout ce qu’il veut. Ici, l’action de l’homme est comparable à celle de la femme qui doit préparer du riz

au poisson et qui va au marché pour acheter du poisson

qu’elle doit utiliser. Elle n’a créé ni le poisson, ni le riz, ni l’huile, ni l’oignon, ni rien de tout ce qu’elle utilise dans sa préparation. Tous ces produits ont été créés par DIEU et s’Il ne les avait pas créés, elle ne pourrait pas préparer son riz au poisson. Donc, les savants qui ont inventé les avions, ceux qui ont inventé des armes qui peuvent détruire le monde et tous les autres ont trouvé la matière première sur place. DIEU l’avait créée et l’avait placée dans le sous-sol. Il savait l’époque à laquelle l’homme atteindrait une maturité lui permettant d’exploiter le sous sol pour utiliser cette matière. Il savait également que le développement démographique ferait que les hommes devien- dront très nombreux sur la terre et auront pratiquement des besoins identiques. De plus, leurs actions seront complémentaires. Leur dé- placement devra donc se faire plus rapidement et plus facilement. Les moyens de locomotion tels que les chevaux, les chameaux ne seront plus adaptés. DIEU avait, pour parer à tout cela, créé l’élec- tricité, le magnétisme, l’électronique et les avait gardés dans le sol depuis le jour où Il avait créé Adama et avait interrogé les anges sur

et tout ce

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tous ces produits et que ces derniers ignoraient tout car ils n’étaient pas créés (les anges) pour habiter la terre ; ceux qui doivent habiter la terre sont donc ceux qui sont appelés à connaître tous ces produits car ce sont eux qui vont les utiliser.

Si nous disons que le coran avait brossé tout cela

Le coran avait brossé “junj” l’électricité, la dynamite et toute autre forme d’énergie qui existe dans ce bas monde. Mais la science ne constitue pas la mission du coran car c’est depuis le jour où notre Seigneur avait l’intention de créer le fils d’Adam qu’il savait que c’est la science qui serait son moyen de développement et de sur- vie et qu’Il devait le doter d’une intelligence parfaite. Il lui a donc donné un cerveau, comme je l’ai dit tout à l’heure et lui a montré ce qui va se produire ; c’est : “Wa alama Adamal asmà a kulla hà summa aradahum anlàl malà ikati fa khala ammi ùni bi as mà i hà ulà i inkuntum sàdikhìna (S.2-V.31) : “Et les anges ignorent tout de toutes ces choses car ils ne sont pas “Khalifatul Làhi fil ardi”, “ils ne remplacent pas DIEU sur terre” ; donc ils n’ont pas besoin de connaître ces noms ; ce sont les hommes qui les connaissent. Tout cela est décrit dans le coran. Donc, vous pouvez remarquer que le coran n’est pas venu pour nous enseigner la science, DIEU a décidé de nous enseigner la science à partir de la raison du cerveau qu’Il nous a donné, de la terre (et du sous-sol) ainsi que de la faculté de l’homme de mener des expériences.

Quelle est donc la mission du coran ? Qu’est-ce qu’il nous apprend ?

Toute chose que nous ignorons et que nous ne pourrons jamais

connaître tant qu’un Prophète (ou le coran) n’était pas venu nous l’enseigner. Tout cela se trouve dans le coran d’une façon complète et il n’existe, pour l’homme, qu’une seule porte pour comprendre cela. Donc, si l’homme passe par cette porte, il pourra connaître, en une seule nuit, tant de choses qu’il n’aurait pas connues même s’il avait étudié pendant 1000 ans. Tout cela c’est “Fa iza sawaytatuhù wa

Nous avons l’habitude d’illustrer la prépara-

nafakhtu fi min hu

.

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Transcription et traduction : Papa SALL moom Baay Saam MBAYE

tion de DIEU sur l’homme de la façon suivante : celui qui veut allu- mer une grande branche cherche un peu de paille à laquelle il ajoute du pétrole ou du papier de telle sorte que s’il fait approcher le tout du feu il s’enflamme facilement. C’est ainsi que DIEU a préparé le fils d’Adam de sorte que tout peut lui réussir ; tout dépendra de sa volonté.

Si vous consultez “Kitàbu nafsi wa taswiya” vous verrez que notre Seigneur (T) a préparé le fils d’Adam d’une façon qui lui permette de dépasser même les anges, sur le plan de la connaissance. De même, il peut être pire que satan le lapidé et plus bête que les animaux.

Il a donc fait descendre l’homme sur terre et lui a apporté le coran et lui a demandé de l’étudier tout en prenant le Prophète Mouhammad (P.S.L.) comme exemple à suivre. Le coran enveloppe donc le bon- heur du fils d’Adam ici-bas et à l’au de-là. Nous avons vu que même le saint qui a atteint un niveau tel qu’il n’a plus besoin de marabout ne peut pas se passer de lire le coran. Vous savez que le marabout est un guide qui t’amène auprès de DIEU s’il est un marabout digne de ce nom. Les chemins par lesquels il te fait passer pour atteindre DIEU sont aussi nombreux et variés que les hommes sont aussi nombreux et différents. Donc, DIEU a doté le Cheikh tarqiya à partir du co- ran, d’un nombre de chemins aussi grand que celui de ses disciples. Il connaît chez chaque disciple, la composition de son cerveau, ses nerfs et comment Satan peut le pénétrer, l’endroit par lequel la ma- ladie peut l’attaquer, ce qui peut gâcher ses actions et ce qui peut le protéger contre tout cela. Il te fait passer, pour te conduire auprès de DIEU, par une voie plus sûre que celle par laquelle le médecin fait passer son malade pour le guérir. Cette façon par laquelle le mara- bout a acquis les connaissances qui sont le fondement de la terre et de tout ce qui s’y rapporte est l’exemple, le moyen qui te conduit auprès de DIEU mais, le jour où tu auras atteint DIEU, il deviendra prohibé (“haram”) pour toi, de te retourner pour regarder le marabout. Car celui qui a atteint DIEU ne doit plus regarder une autre créature. Si vous consultez “Al ghuliyatu li tàlibil tarìqil haqqì” vous y verrez, tout comme dans “Ihyà’ul hulùm”, que le voyageur qui n’a pas encore at-

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teint son but, a besoin d’un chemin à suivre, comme le Cheikh l’a dit dans “Huqqa” * , il aura besoin d’une arme, d’une lampe, de viatique, d’un bâton de pélerin, d’un guide qui lui montre le chemin à suivre et d’une ceinture pour se ceindre les reins mais s’il réussit à atteindre

son but il dira : “La khat al khaytu asà tasyàri” : “J’ai jeté mon bâ- ton de pélerin ; c’est - à - dire j’ai obtenu le wusùl”. Il n’a plus besoin de tout ce qu’il avait utilisé pour faire le voyage car, avoir besoin de cela équivaudrait à retourner à son point de départ or cela n’est plus possible car il a atteint DIEU et Celui-Ci est en train de le recevoir et de le “fêter” d’une façon indescriptible ; il ne songe donc plus re- tourner à son point de départ. Il a alors demandé à notre Seigneur : “Que pensez-vous de ceux que j’ai laissés derrière moi et qui m’at- tendent ? Je veux parler de ceux qui avaient refusé de venir avec moi, de ceux qui avaient choisi de faire cavalier seul et de ceux qui avaient voulu me suivre mais sont soit morts en cours de route ou atteints

d’une infirmité

DIEU lui répondit : “Walaw aràdul khurùja là

caddhul Lahù cuddatan wa là kin karihal Làhu ambihà shahum fashabbatahum wa khìla akhhudù mahalkhàhidìna” (S.9-V.46) :

“Et s’ils avaient voulu partir (au combat), ils lui auraient fait des pré-

paratifs. Mais leur départ répugna à Allah ; Il les a rendus paresseux. Et il leur fut dit : “Restez avec ceux qui restent” (S.9-V.46).

Il demanda ensuite : “Et que dites-vous de ceux qui ont trouvé la mort en cours de route ?”

man yakhrij mimbaytihi muhà-

jiran ilal Làhu wa Rasùlihì summa yudrikhu al mawtu fakhad ”

wakhaha ajrahù calàl Làhi

quiconque sort

de sa maison, émigrant vers Allah et Son messager, et que la mort

(S.4.- V.100). Car “niyatul

atteint, sa récompense incombe à Allah mueminu ablakhu min amalihii”.

Il répondit : “Hay hàta” : “

Wa

(S.4.-V.100) : “

Et

Il lui demanda encore : “Et les membres de ma famille personnelle ?”

* Huqqal bukâ’u, traité de soufisme écrit par Cheikh Ahmadou Bamba

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DIEU lui répondit : “Ta seule venue me suffit. De la même façon que je t’ai pourvu de dons, j’en ferai autant pour eux de sorte qu’ils seront capables de satisfaire qui ils veulent.

Les marabouts qui connaissent ces sortes de sciences qui consti- tuent des preuves montrant qu’ils sont les “portes de la miséricorde divine sur terre”, amènent les créatures auprès de DIEU, sauvent les hommes ont des grades différents. Il en existe qui, si tu les ren- contres, on ne te notera plus de péché. Il en existe d’autres qui, si tu les regardes, tu seras heureux (texe) à tout jamais et DIEU notre Sei- gneur (T) ne te tiendra plus rigueur de tes actes. Il en existe d’autres encore qui, si tu leur rends le plus petit service, tu obtiens pour cet acte, l’agrément de DIEU et vous savez que bénéficier de l’agrément de DIEU n’est pas le grade le plus bas du bonheur (texe) car un indi- vidu peut obtenir le “texe” à tout point de vue et ne pas avoir l’agré- ment de DIEU. Vous savez que c’est l’agrément de DIEU qui peut per- mettre à un individu de nourrir tous ses disciples. Vous savez qu’à ses débuts le Cheikh a fait son auto-contrôle et a vu qu’il avait tout ce que les cheikh possèdent, sur tous les plans ; il a trouvé insuffisant ce qu’il a fait pour DIEU car il existe un grade qu’aucun saint n’a pu obtenir et qu’il voulait avoir. C’est ce grade qui l’empêchait de dormir. Ce grade est différent de celui du “hutbul Qawsu” car le grade de hutbàniya est un grade qui est décerné en permanence. Quelle que soit l’époque, si le détenteur du grade meurt, on le remet à un autre. Il existe donc plusieurs bénéficiaires de ce grade car il ne peut pas ne pas exister : c’est un secret qui fait vivre l’univers ; une fois qu’il cesse d’exister, la vie prend fin sur la terre et dans les cieux. Ce se- cret est détenu par celui qui remplace le Prophète (P.S.L.) sur terre et s’il le détient, celui qui lui désobéit ne serait-ce que pour fermer ou ouvrir les yeux, on lui retire la foi immédiatement. Mais plusieurs personnes ont déclaré avoir ce “maqqàma”. De même, plusieurs per- sonnes ont déclaré avoir le maqqàma de “khatmul wilàyati”. En effet, Muhîdin Ibn Arabi s’était déclaré détenteur du grade et a donné ses preuves. DIEU, a-t-il dit m’a fait savoir depuis longtemps et à plu- sieurs occasions que je suis le khatmul wilàyati.

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Ma première preuve est la suivante : un jour, je suis venu me tenir debout en face de la kaaba et les briques qui la composent se sont mises à se détacher pour venir faire 7 fois le tour de ma personne à l’image de celui qui fait le pélerinage à la mecque et qui fait le tour de la kaaba. Après que toutes les briques eurent fini de faire le tour de ma personne, il resta une place vide de la taille d’une brique ; DIEU me transforma en une brique en or et je vins occuper la place.

Ma deuxième preuve : Al Hakumou Tourmizi avait dit dans son ki- tabu khatmul wilayati que le khatmu aura le même prénom que moi c’est-à-dire : Mouhamad Ibn Aly et sera la seule personne capable de répondre correctement aux 60 questions que j’ai posées. Ayant rem- pli les deux conditions, je peux dire que c’est moi le khatmul wilayati.

Malgré cela, à sa mort, Cheikh Ahmed Tidjane (qui avait vu tout cela) a déclaré être le khatmul wilàyati.

Donc le khatmul wilàyati n’est pas un grade réservé exclusivement à un individu donné, il en est de même pour le grade de Hutbul Qaw- su, celui de Abdal, Awtad, Noukhabàwu, Nujabàwu,.

Quant au grade de Asnà Khadimi li Rassoulilahi (P.S.L.), Khadimi Rassoul, nous n’avons jamais entendu quelqu’un s’en réclamer de- puis la naissance de l’Islam jusqu’au moment où Serigne Touba a dé- claré être le serviteur du Prophète (P.S.L.). Et celui-là a dit : “Mulkul àli bàkhil khadim ja a lani asnà khadim”.

Lorsqu’il a vu ce grade, il a compris que son détenteur fait partie de ceux de “bayhatu ridwan” à “Tashta Shajarati” a une part de “La khad radiyal Lahu anil mue minìna “ et aura apporté sa contribution considérable sur tous les actes menés pour la promotion de l’Islam. Il assistera le coran au même titre et de la même façon que Mahdiyu. Après avoir passé en revue l’ensemble des grades, il trouve celui de Khadimou Rassoul plus intéressant que tous les autres. C’est la raison pour laquelle il dira plus tard : “Ila yakhàdal Làhu màlam yakuni walà yakùnu abadan li mum kini”. Car on lui avait fait savoir que

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tous les saints qui sont passés avant lui avaientt cherché à obtenir le grade de Khadimou Rassoul mais ils ont tous fini par abandonner car le prix à payer pour l’avoir était insupportable pour eux.

Vous savez que lorsqu’il avait dit “Min hus taral Làhu kah”, il

a ajouté “Min hus taral Làhu ladj” et en plus de ces trente trois

choses, il s’est engagé auprès de son Seigneur pour remplir quatre autres conditions. Vous savez qu’aucun saint ordinaire ne pouvait honorer le contrat qu’il avait signé avec DIEU et c’est pour cette rai- son que ceux qui ont voulu acheté le grade ont fini par désister. Après

l’avoir honoré il a dit “Wa fi mat-hi jàwaztu kahbânan wa Hassânâ”.

Vous savez qu’aucune créature n’a le droit de se déclarer l’égal d’un Sahaba quelconque. Lorsque Cheikh Ahmed Tidjane a cité tous les dons qu’il a reçus du Seigneur, relatifs à “Salàtul Fàtihi”, au grade de “khatmiya” et au “Tâju harfina”, et qu’on lui a dit : “Tu te considères supérieur aux sahaba”, il a répondu : “DIEU m’en garde ! Comparer notre marche vers DIEU à celle des sahaba équivaut à comparer la vitesse de la fourmi à celle de l’oiseau le plus rapide au monde.” Vous savez donc que nul ne doit se comparer à ceux-là.

Donc, si Serigne Touba affirme “Wa fi mathi jàwaztu Kahban wa Hassânâ” qui faisaient partie des compagnons du Prophète (P.S.L.),

il doit avoir des raisons. Il a dit également : “grâce à DIEU, j’ai devan- cé Kaab et Hassan Ibn Saabit” sur le plan des éloges adressées au Prophète (P.S.L.).

Vous savez que le Prophète (P.S.L.) avait dit à Hassan Ibn Saabit :

“Inna ruhal khudsi layu ayyidu Hassàna mà kàfa an nabiyihi” c’était au moment où tous les poètes Khourayshites s’étaient mis à composer des poèmes pour médire du Prophète (P.S.L.) et vous n’ignorez pas la place qu’occupe la poésie dans la culture arabe. Une fois un poème composé, il fait le tour du monde arabe et chacun se met à le chantonner. C’est donc pour un Prophète qu’un tel poème est plus préjudiciable. Aacha qui était un grand poête composa une chanson consacrée aux éloges du Prophète (P.S.L.). Lorsqu’il a voulu

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se rendre à Médine pour lui remettre le Khassida, les mecquois ré- unirent beaucoup de biens pour le corrompre. Il accepta de différer son voyage pour Médine mais il leur dit : “si je reste en vie jusqu’à l’année prochaine, j’irai trouver Mouhammad (P.S.L.), pour lui re- mettre mon poême”. Il n’est pas allé à Médine car, à la suite d’une chute du dos de son chameau, il succomba à ses blessures.

Le fait que les gens composaient des poèmes pour médire du Pro- phète (P.S.L.) était une chose très pénible pour lui. Il a toujours souhaité avoir parmi ses compagnons quelques uns capables de composer des chants pour répondre à ses ennemis. Le premier qui avait composé une chanson pour médire de lui appartenait aux ha- chimites. Quelqu’un se leva et demanda au Prophète (P.S.L.) l’auto- risation de riposter mais, il lui dit : “Que ferez-vous de moi si vous voulez dire des mauvaises choses sur le dos des hachimites ?” Il lui répondit : “Je vous tirerai d’eux comme on ôte un cheveu tombé dans une pâte de farine.”

Lorsque Hassan Ibn Sàbit commença à chanter pour médire de ces gens-là et faire les éloges du Prophète (P.S.L.), celui-ci était si content qu’il montra que “Ruhul khudsi” c’est-à-dire Seydina Djibril accom- pagnait Hassane dans ses chansons pour l’éclairer et lui dicter les mots à dire.

Donc, si Serigne Touba (R) déclare : “J’ai dépassé Kaab et Assane en faisant les éloges du Prophète (P.S.L.)”

Nous avons vu que les poèmes qu’il a composés pour faire les éloges du Prophète (P.S.L.) se divisent en trois catégories ; et il a précisé :

- DIEU n’a pas accepté un seul poème parmi ceux que j’ai composés avant mon voyage sur l’Océan. Vous savez que ces propos de Serigne Touba nous renvoient à “Hasanatul abrari say a tul mukharabì- na”. Donc si les poèmes dont il dit qu’ils n’ont pas été acceptés avaient été composés par un autre saint, ils seraient considérés comme une œuvre bien rétribuée par DIEU. Mais lorsqu’il dépasse un grade d’une

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distance équivalente à celle qui sépare le ciel de la terre et regarde la façon par laquelle il avait composé cela, il en éprouve une honte et ”

le recompose. Vous savez qu’il a réécrit “Jazbu, Muqaddimàt

savez qu’il n’avait pas commencé le premier “Jazbu” par “Al hamdulil aqqil mubìn” mais par “Hamidtu rabil àlamin Hamdan yadùm kula hin, Musaliman alal amin Bi kal kalì wa bil fami”. Vous savez égale- ment qu’il a réécrit le “Mawàhibu”, “Munawwiru sudùr, et beaucoup d’autres poèmes. Au moment où il avait atteint un grade qui lui per- mettait de voir la récompense attribuée à chaque mot de son poème, tout en connaissant le degré de satisfaction du Prophète (P.S.L.) et de notre Seigneur (T) et la place que le Prophète (P.S.L.) et DIEU (Awj) réservent à chaque mot de son chant. DIEU lui fit connaître qu’Il pré- fère ses poêmes à tout autre écrit à part le coran et les hadits du Prophète (P.S.L.). A chaque fois que tu écris, lui dit-Il, les habitants de Aras et de Kursyu se mettent à exhulter. Les “hurul haïni qui se trouvent au Paradis, s’amusent en chantant tes poêmes, demain éga- lement ce sont tes Khassida qui leur serviront de chant pour bercer les heureux qui entreront au Paradis. Il lui a fait connaître qu’il sera l’éclaireur de tous ceux qui faisaient les éloges du prophète (P.S.L.). Il lui offrit tous les wirds : Khadir, Tijan, Shazali avant de lui remettre son propre wird, un wird qu’Il n’a jamais donné à un autre saint. Il fit de lui le héritier de tous les détenteurs de wird qui ont vécu avant lui et lui offrit un grade propre à lui seul. Lorsqu’il sut qu’il a obtenu cela, il comprit qu’il avait un ami, une monture, un soutien

Vous

Sur le plan de l’amitié, il faut noter qu’il y a des personnes qui sont venues le voir pour nouer amitié avec lui et d’autres que le Seigneur a choisies pour lui et d’autres encore qu’il a choisies lui même.

Nous avons vu que lorsqu’il a obtenu ce grade, les heures, les jours et les nuits se précipitaient pour venir nouer amitié avec lui. Vous savez qu’il l’a dit lui-même “ils savent que notre Seigneur est content de quiconque noue une amitié avec moi”. Les nuits, les jours sont ses témoins au même titre que Rakhib et Atib qui se trouvent sur les épaules de chacun de nous pour enregistrer nos actes et nos paroles. Il existe d’autres anges qui ne sont que des anges de la miséricorde

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qui n’ont rien à voir avec l’autre destination, ils ne verront même pas ceux qui y seront envoyés, donc ils sont tous des témoins qui feront leur déposition demain devant DIEU, de même que l’océan qu’il avait sermoné.

DIEU lui offrit le grade de Sahaba dont on avait dit que nul ne peut plus l’obtenir car il n’est plus décerné, en effet, nul ne peut œuvrer pour égaler ceux-là qui avaient accepté de lutter aux côtés de Mouha- madou Rassoul Lahi (P.S.L.) lorsque tous les autres avaient refusé et qui avaient accepté de tout sacrifier pour le triomphe de l’Islam. Ils ont vendu pour cela leur sang, leur sueur, leur vie mondaine, leur re- pos, leur plaisir, leur famille et tout ce qu’ils possédaient pour “obte- nir DIEU”. Ils avaient accepté de mourir pour la cause de DIEU. Leur sang sera pesé contre les “midadil ulama” et les larmes de ceux qui ne dorment pas la nuit mais se mettent à prier en pleurant à cause de leur crainte de DIEU. Il a donc été élevé au grade de ces gens là. Il a dit lui-même qu’il est aussi proche du Prophète (P.S.L.) que Seydina Aboubacar et Seydina Oumar qui sont à ses côtés.

Le Prophète (PS) a dit : “DIEU nous a sélectionnés Alioune et moi depuis la prééternité et depuis il n’a cessé de choisir pour moi des

amis et des compagnons

nous pouvons dire que Serigne Touba en fait partie.

Il a choisi pour moi Aboubacar et Oumar

Vous savez que la nuit est un peu avancée maintenant et que nous avons, comme nous vous l’avions signalé au début, d’autres obliga- tions qui nous attendent et auxquelles nous devons faire face. Cela nous oblige donc a interrompre la causerie. Nous ne sommes pas al- lés jusqu’au bout et nous n’avons pas fait tout ce que nous avons sou- haité faire car nous ne sommes pas en bonne santé. Mais les quelques instants que nous sommes restés ici montrent combien était grande notre intention. J’avais dit en vous félicitant le plaisir que j’éprouvais en venant à cette rencontre.

Comme Serigne Saliou avait dit en ouvrant la conférence : “Wal baladu Taïbò Akhri nabahu bi isni rabihi” : A chaque fois qu’un

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saint séjourne sur une place donnée, l’espace en question s’en féli- cite et le contemple ; s’il quitte les lieux, la terre se met à le pleurer. Vous avez vu dans la sourate “Ad-Dukhàni” là où notre Seigneur dit qu’il existe des gens qui ne seront pas pleurés à leur mort par les terres et les cieux. Cela montre qu’il existe donc des gens qui seront pleurés par les cieux et la terre ; “Fa mà bakat anlayhim samàwà- ti wal ardi” est donc destiné à d’autres. Donc un individu qui est tel que les seules traces de ses pas constituent des grades pour le sol sur lequel il marche, l’endroit où il repose (où il est enterré) est une grande aubaine pour ceux qui y vivent. Donc cette ville, Tou- ba est une ville de baraka de miséricorde divine et d’agrément de DIEU. Cette terre où repose Cheikh Ahmadou Bamba (R) bénéficie d’un grade qui est unique en son genre. Donc quiconque habite ici doit se connaître. Vous qui êtes des jeunes et qui bénéficiez de l’ex- périence de Serigne Mountaqâ et de Serigne Salih qui ont accepté de vous mettre sur la bonne voie, la voie tracée par le coran et que le Prophète (P.S.L.) a montrée aux créatures. Vous savez que le co- ran est très puissant, s’il nous quitte ce sera la fin du monde. Vous savez que le Prophète (P.S.L.) avait dit que l’on viendra prendre le coran de la poitrine des hommes. Cela ne veut pas dire qu’on amène- ra ceux qui connaissent le coran par cœur à l’oublier mais que tous ceux qui ont appris le coran par cœur mourront alors que les autres ne l’apprendront pas. Vous savez que cela a commencé et cela fait peur à beaucoup de personnes. C’est pourquoi ceux qui enseignent le coran qui sont les détenteurs du “Amànatul Làhi” (Le pacte que DIEU a signé avec les habitants de la terre), doivent donc se retouner pour se conformer à la marche du monde. Ils doivent se concerter et mener chemin ensemble. Dans cet ordre d’idée, le séminaire qui vient de se tenir et auquel nous aimerions beaucoup participer est d’une importance capitale car vous savez qu’il y a des personnes qui se trouvent à des lieux très éloignés et qui ne songent qu’à supprimer le coran car ils savent qu’il est le socle sur lequel repose l’Islam. La mémorisation du coran est un “Fardu Kifàya” * qui ne peut se faire qu’au niveau des “daara”. Même si nous devons reconnaître que les écoles dites “écoles arabes” sont très utiles car elles enseignent la

* obligation communautaire

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langue arabe et l’Islam en général, il n’en demeure pas moins évident que la mémorisation du coran ne peut se faire qu’à partir des écoles coraniques ou “daara”. Comment nos grands pères (et même nous mêmes) avaient fait pour mémoriser le coran ? Abandonner la mai-

son familiale, affronter la faim, la soif, la fatigue, l’insomnie, les in-

toutes la nuit, réci-

ter à l’aube, mendier et travailler le jour. Vous savez que c’est cela qui peut permettre à l’individu de mémoriser le coran. Maintenant le monde a changé d’une façon telle que les hommes se moquent de ceux qui apprennent le coran à cause des peines qu’ils connaîssent, parce qu’ils ignorent les “hakh” du coran et l’apport que ces épreuves et ces peines apportent à ceux qui les endurent pour connaître le coran. Donc, les personnes en arrivant là par ignorance, et à cause des changements et des mutations que connaît le monde, d’une part

tempéries, l’insalubrité, la maladie

Apprendre

et d’autre part, du déracinement des gens et de leur désorientation pour adopter une attitude qui n’aurait pas dû être la leur et que les enfants sont tous orientÈs vers les jeux qui constituent une fosse vers laquelle tous les jeunes se dirigent et rien ne les empêchera de tomber à l’intérieur. Mais s’ils savaient combien est profond le trou et comment est désagréable son odeur, ils refuseraient de suivre ceux qui les y poussent et les considéreraient comme des ennemis nets.

A partir de ce moment, ceux qui soutiennent qu’ils sont les défen-

seurs de la religion doivent se ceindre les reins. Ils doivent aller à la

rencontre des ces enfants-là pour les empêcher de tomber dans le trou. Quiconque grandit dans les jeux et sans chercher un viatique pour l’autre monde regrettera cela quand il sera grand. C’est celui-là qui connaîtra une vie malheureuse, vilaine et sans profit et ceux qui l’ont orienté dans cette voie ne seront plus là pour constater qu’ils

l’ont sacrifié. Donc, ceux qui enseignent le coran doivent se retrouver de temps en temps pour discuter et mettre sur place une stratégie

à suivre pour contre-carrer l’action des détracteurs de l’Islam. Ils

doivent également préparer leurs disciples pour les doter d’armes qui leur permettent de pouvoir résister et ne seront pas déviés ou in-

fluencés. Ce qui peut leur permettre cela c’est de leur faire connaître

le coran, sa mission, ses recommandations et ses interdits et com-

ment doit se comporter celui qui a appris le coran. Comment doit

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être le comportement du musulman en général. Il te fait comprendre la foi du mouride et te fait savoir aussi que ce que tu possèdes est meilleur que tout ce que les autres détiennent et te le montre pour te tromper. Tu dois être sûr que ce que tu possèdes est ce qu’il y a de meilleur ici et à l’au-de-là et celui qui ne l’a pas t’enviera demain et regrettera ses actes qu’il avait réalisés, celui-là saura avant de mou- rir qu’il était dans une grande catastrophe. Toi qui as obtenu cela par la grâce de DIEU, si tu le négliges ou sit tu l’ignores, tu seras compa- rable à celui qui a échangé son or ou son diamant contre du cuivre.

Le coran représente l’or et le diamant, celui qui ne l’a pas n’a rien et celui qui le possède a tout ce qu’il faut. Nous devons donc faire connaître aux enfants la corruption qui sévit actuellement dans le monde, son origine, ses différentes formes et ce qui peut les sauver de cette corruption. Nous devons les préparer d’une façon qui puisse les mettre à l’abri de toute tentation mal saine. Vous savez que de nos jours, les hommes ont beaucoup de considération pour l’argent. Ils sont prêts à tout pour avoir de l’argent. Il choisiront toujours l’argent à côté d’une quelconque autre chose. Cela engendre un manque de considération pour l’Islam, pour le coran dans le cœur des hommes. Car les gens ont atteint un degré tel qu’ils refusent de payer leur dettes. Ils ne songent même pas aux conséquences que cela pourra entraîner pour eux, le jour où ils descendront dans leur tombeau. Ils ne pensent jamais au jour dernier et que ce jour là ils se présente- ront devant les balances pour la pesée des œuvres. Après la pesée, les gens qui ont des droits (“hakh”) sur vous viendront les réclamer. Ils seront remboursés sur les bienfaits que vous possédez. Si vous n’avez rien ou si vos bienfaits sont inférieurs aux “hakh” qu’ils récla- ment, alors on prendra leurs péchés pour les inscrire à votre passif jusqu’à concurrence de ce que vous leur devez. Mais les hommes ont atteint un tel point dans la corruption que tout cela est devenu sans importance pour celui qui y avait ajouté une foi réelle. C’est comme si cela ne viendra plus de sorte qu’il agit exactement comme celui qui n’y avait jamais cru du tout. Si on dit (et je l’ai répété à plusieurs reprises) qu’au moment de la fin des temps (“saa”), il n’y aura plus aucun croyant sur terre, cela ne veut pas dire que les gens cesse-

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ront de prier, de jeûner ou bien sortiront carrèment de l’Islam. Non. Cela signifie que la foi deviendra si faible que les mécréants seront capables de faire passer les musulmans par la voie par laquelle ils font passer les non musulmans. Les musulmans ne chercheront pas,

en cas de conflit, à se ranger du côté de la vérité ou de celui du mu- sulman comme nous l’ordonne l’Islam mais il cherchera plutôt à se ranger du côté de son intérêt personnel, ou de celui de ses vieilles

sahaba, quant à eux, qui avaient appris et assi-

milé le coran, et qui avaient bénéficié de l’éducation parfaite du Pro-

phète (P.S.L.) ainsi que les générations qui sont venues juste après eux (les épigones) de même que les contemporains de Serigne Touba et leurs épigones avaient un comportement tel qu’ils pouvaient chan- ger le comportement de celui qui les rencontrait sur leur chemin ; mais le contraire n’a jamais été imaginable car ils savaient que ce

qu’ils tenaient était meilleur que ce bas monde et tout son contenu. Ils en étaient si convaincus qu’ils n’ont jamais accepté de l’échanger contre quoi que ce soit. Donc les enseignants (du coran) doivent re- chercher tout ce qui peut aider les disciples dans leur étude. Cela peut être facile pour eux, s’ils se retrouvent pour en discuter. On doit leur faire savoir également que ce que détiennent les autres n’est rien. La majorité des enfants sont faibles d’esprit, ils ont beaucoup d’estime pour les occidentaux de telle sorte qu’ils n’hésitent jamais à tout recopier sur eux, à les imiter dans tous les domaines même si ce qu’ils font ressemble à de la folie. Voyez par exemple les coiffures

; personne ne sait à quoi cela ressemble et

pourtant les enfants se sont mis à les imiter et se coiffent exactement comme eux. Ils n’hésiteraient pas à s’enduire le corps avec le produit de leur défécation si les occidentaux l’avaient fait. Cela n’est que de la folie ; c’est se retourner pour prendre la mauvaise direction. C’est comme si on n’avait effacé l’Islam du cœur des hommes ; il n’a plus aucune valeur pour eux et pourtant rien de ce monde ne vaut rien de l’autre monde. Chaque homme vivra un instant pendant lequel il re- grettera amèrement tout ce qu’il avait fait et qui ne se rapporte pas à DIEU. Je vous ai dit que l’homme le plus heureux dans sa vie mon- daine, qui obtient des gens tout ce qu’il veut et n’entend d’eux que ce qui lui plaît oubliera tout cela pendant son agonie car cela représen-

: le “zoulu”, le “rasta”

connaissances

Les

etc

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tera pour lui le voile qui l’éloigne de son Seigneur. Il le maudira à tel point qu’il préférera aller en Enfer avant sa mort que de continuer à vivre cela. L’homme doit donc se resaisir, il doit méditer sur l’avenir, réfléchir sur le monde que nous vivons, ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Vous savez que le Coran s’adresse la plupart du temps aux doués de raison, aux intelligents. : “Inna fii zaalika la zikra la ulil al bàbi” “Inna fii zaalika li man laane lehuu kalbun” “Inna fii zaalika la ayaatin li ulil al baabi”

A quoi sert la raison pour les doués d’intelligence ? Le Prophète

(P.S.L.) disait : “J’avais vraiment pensé que tel individu sera guidé par l’Islam car DIEU l’avait doté d’une grande intelligence”. Il a dit éga- lement, parlant des doués d’intelligence : “Aksarul ahlul janati bul hum wa inna mà iliyòna li oulil al baabi” “Ce sont certes les plus faibles d’esprit qui sont les plus nombreux au Paradis mais les plus gradés sont les doués d’intelligence”. Ce sont eux qui réfléchissent, qui guident les gens sur le chemin droit et qui mettent à nu tous les pièges de Satan.” Donc que chacun fasse de soi-même un soldat de l’Islam, un soldat de cette confrérie dans laquelle il se trouve. L’Is- lam est la meilleure religion, cette confrérie est la meilleure confré- rie. Par conséquent, celui à qui DIEU offre la chance d’y appartenir ne doit pas être étourdi sinon il sera le principal responsable de ce qui lui arrivera demain. Actuellement, nous devons rester vigilants car on dirait que les hyènes et les chacals sont plus nombreux que les moutons et les chèvres ; vous devinez ce qui va s’ensuivre. La situation est même pire entre les musulmans et les mécréants car ces derniers ne ménagent aucun effort pour égarer les musulmans et les conduire en Enfer. Depuis qu’ils savent qu’ils étaient destinés au feu, ils se comportent comme Iblis qui avait défié le” Seigneur. En effet lorsque DIEU lui avait dit : je t’ai destiné au Feu ; il a répondu : “La akhu dana lahum siraatakal mustakhima

“Ukhruj min ha man hu man mad

min kaw min ta-

bika min hum ajma iina”. sors du domaine réservé aux anges, je t’ai maudit ; c’est toi et tes compagnons qui remplirez l’Enfer demain. Iblis répondit au Seigneur : “je me mettrai de travers le long de ton chemin droit, je dévierai tous ceux qui voudront l’emprunter et je les

jahanama

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orienterai vers la mauvaise direction ; je les conduirai tous en Enfer.” DIEU lui répondit : “Sauf mes esclaves véridiques et sincères. Tu ne pourras rien contre ceux-là, Je les protégerai. Il lui dit : “Ilaa

Mais ce jour-là ils se disputeront à l’intérieur du Feu. Même

le corps et l’esprit (“Ruh”) se disputeront : l’esprit dira au corps :

“avant de t’intégrer je connaissais DIEU, je ressemblais aux anges, je lisais sur la tablette bien gardée de DIEU, je n’aimais pas le mal ; je ne le connaissais même pas, je ne connaissais que le bien, je me nourris- sais de louanges à DIEU. C’est depuis que je suis entré en ton sein que j’ai commencé à connaître le plaisir, le bas monde, l’orgueil, le “dara-

Le corps lui répondra : “Non ! moi je n’étais que sable. Je ne

connaissais rien, je louais mon Seigneur nuit et jour car DIEU a dit “Wa il min shaïn ilà bi sabii bi hamdihi” je n’ai jamais transgressé les lois du Seigneur ; c’est depuis le temps que tu es entré dans mon sein que tu m’as entraîné dans tout cela. Ils se présentent tous deux devant DIEU pour le jugement : DIEU leur raconte cette anecdote :

“un aveugle et un handicapé sont entrés dans un jardin pour voler des fruits. L’aveugle ne voit pas les fruits et l’infirme ne peut pas les cueillir car il ne peut pas les atteindre. Ils se coalisent et l’aveugle fait monter sur ses épaules le handicapé qui récolte les fruits. Selon vous, qui d’entre ces deux est le voleur principal ? Ils répondirent : tous les deux. DIEU leur dit alors, vous êtes dans la même situation.

ja”, etc

ibaadii

La seconde dispute se passe entre les nantis d’ici-bas (les “boroom daraja”) et leurs subordonnés qui les adoraient. Vous pouvez lire cette dispute dans la sourate “Saba-i”) : “Vous qui êtes les hommes que nous suivions, et qui n’aviez pas emprunté le bon chemin, celui de l’Islam, celui de la voie droite, vous devez supporter pour nous une partie des peines que nous fait vivre le Seigneur car vous êtes les responsables de ce que nous subissons présen- tement. “Fa hal antum mukhnùna annà min aza bil Lahhi min shaïn” : “Prenez-en une partie pour nous alléger”. Les autres répon- dront : “et pourquoi ferions-nous une telle chose ? Nous refusons catégoriquement car vous n’étiez pas nos propriétés. Vous étiez libres de refuser et aviez choisi de nous suivre donc vous devez vous en vouloir à vous seuls et à personne d’autre.” Ils rétorquent

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Transcription et traduction : Papa SALL moom Baay Saam MBAYE

: “Bal makru layla wan nahàri” : “Nuit et jour vous ne cherchiez qu’à nous orienter dans la mauvaise direction

Donc celui qui ne réfléchit pas et se laisse guider par les mani- gances des autres et qui entrera dans une catastrophe, qu’il ne re- grette pas cela.

As slàmou aleykum war Ramatulah (Le 12 juin 1997)

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