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ACTUALITES SCIENTIFIQUES ET INDUSTRIELLES 652 EXPOSES D’ANALYSE GENERALE Publiés sous la direction de MAURICE FRECHET Professeur a la Sorbonne Ix THEORIE GENERALE DES STRUCTURES PAR VALERE GLIVENKO Prof "Institut Liebknecht de Moscou PARIS HERMANN & C*, EDITEURS 6, Rue de la Sorbonne, 6 1938 EXPOSES D'ANALYSE GENERALE PARUS DANS LA Mae sine 1. 14, Lirthmétque de Pity, par M. Maonice Frgcner. Il, 145, Propriétés des espaces abstraits les pias g6ab- raux : ensembles ouverts, fermés, denses en soi, laisemés et connexion, “peor M. A. Appar, £7 partio...... IIL. 146. Propriétés des espaces abstraits les plus rn aux + compacité, séparabilit, transforma- tons et fonctionneles, par M. A. Aprenn, 28 partic «+... esse vee AD tre TV. 223. Le role des espaces abstraits en physique ‘nouvelle, par M. J. L. Destovcnns . 18 fr. V. 274, Les détinitions modernes de Ia dimen: M. G. Bourraanp ss 42 fr. VI. 362, Lalgdbre abstraite, par M.Oversix One... 45 fr. VII. 503. La dépendance statistique, Chaines et familles de eintnes aaoatines, par MM. 0. Os 40 fr. 42 fr. on, par crscu et Minoc. 45 fr. VIII. 650. Essai d’explication des crises dconomigues par Péconométrie, par M. Cuarr....... 45 fr. TX. 652. Théorie générale des structures, par M. V. Gui- VENKO. ‘Tous droits de traduction, de reproduction ot adaptation ‘réservés pour fous pays. CCovraromz 19t8 wy Lanaainon serexsingue Hamme = C, Pam, AVERTISSEMENT DE L’AUTEUR lyse générale, L'intérét des études quis’y rattachent consiste en ce quielles facilitent Pexplication des fondements de plu- sieurs disciplines mathématiques d'une fagon permettant de comprendre ce qui est commun a ces disciplines et co qui leur est spécifique. Il s'y agit des fondements de PAlgebre abstraite, de la Géométrie projective, de Ia Théorie de la mesure, de la Théorie des probabilités ot d'autres. Des exposés des fondements de co genre, mais rédigés chacun en vue d’une discipline particuliére, existent déja pour l'Algébre abstraite (0. Oak (8)] et pour la Géométrie projective [K. Mexcea (11)] (*) Le présent exposé ne eontient, au fond, qu'une théorio ab. straite de la branche en question de l’Analyse générale. Toutefois, j'ai tenté de montrer aussi, & aide de nombreux exemples, com- ment plusieurs disciplines mathématiques peuvent étre subor- données a cette théorie, sinon dans ses résultats, au moins dans ses notions fondamentales. Qu'il me soit permis d’exprimer ici toute ma gratitude envers M, Maurice Frécwer qui m’a fait honneur en me demandant de rédiger ce fascieule dans sa collection d’Exposés d’Analyse générale. Jo profite de Poccasion pour remercier MM. N. Anonszasn, A. P. Drer2mann ot aussi mes éléves Buxarsan, JANKow, PRO- kortew et Knowrx de quelques remarques qui m’ont été utiles dans la rédaction de ce fascicule. C fascicule contient exposé dune branche moderne del’Ana- Valére Guivexko. Moscou, le 7 novembre 1987. (!) Las ehitires gras renvoient & la liste bibliographique de la fin de cet exposé 1 — LA NOTION DE STRUCTURE 1, Les recherches récentes ont mis on lumiére un fait remar- quable, & savoir que, dans divorses branches de Mathématiques, on rencontre les mémes relations simples et fondamentales entre les objets dont on s’y occupe. On les rencontre, par exemple, dans Ia Théorie des ensembles, dans la Théorie des groupes, dans la Théorie des nombres, dans la Géométrie projective, dans la Topologie, dans la Théorie des probabilités, dans la Logique mathématique, dans la Mécanique quantique, etc. Il s'agit de le relation du tout et de sa partie, ou d’autres relations possédant les mémes propriétés formelles que celle-ci. Nous savons main- ‘tenant que o¢ sont précisément ces relations qui forment la base des propositions les plus élémentaires et les plus profondes des disciplines ci-dessus mentionnées. Et certaines différences, de prime abord presque insensibles, dans la réalisation de ces rela- tionsdonnent naissance aux spécificités plus claires de diverses, disciplines. Dans les dernicrs temps, nous observons le développement Wune théorie générale desdites relations, ou, pour mieux dire, Wune théorie générale des ensembles dont les éléments sont liés entre eux par ces relations. Actuellement, il y a encore peu de ‘travaux consacrés A ce sujet, et la terminologie méme n'est guére Alaborée. Le premier pas a été fait par Depsxinn (1900) qui a donné aux ensembles en question le nom Dualgruppe. Une étude systématique a 6t6 entropriso sowlemont do nos jours : par M. K. Mexozn (1928) qui en aproposé le nom Systeme von Din- gen ; par M Garrett Braxnor® (1933) qui préfére le nom Lattices ; par M. 0. One (1935) qui préfére le nom Structures ; par auteur de cot exposé (1936) ot d'autres. 2, Nous appellerons, suivant M. 0. One (8), structure un ensomble § d’éléments a, 5, c,... lorsque les trois conditions sui- ‘vantes sont remplies = THEORIE GENERALE DES STRUCTURES 5 40 Liensemble S contient des couples d’éléments, a, , lis entre eux par une relation ac b (« a prévéde 6 ») telle que : aca; ac bet bea entraine a = 6 et réciproquement ; acbet bcc entrane ace. On exprime parfois cette condition 1° en disant que ensemble S est partiellement ordonné (teilweise geordnet). Avant d’énoncer les deux autres conditions 2° et 3°, faisons quelques remarques préliminaires. Observons que, si un couple aéléments a, b de S est ordonné, soit pour fixer les idées ac b, il existe dans S le dernier des éléments qui précédent & Ia fois aet 5, cest-adire un (et alors nécessairement un seul) élément d = ini (a, 5) jouissant les deux propriétés suivantes : d précéde at b, et d suit tout autre élément qui précdde a et b. Il est aisé de voir que c'est précisément élément a qui jouit ces deux propriétés : inf (a, 5) = a. De méme, il y a, dans S, le premier des éléments qui suivent a la fois a et 6, c'est-i-dire un (et alors aussi un seul) élément p = sup (a, 6) jouissant les deux propriétés suivantes : p suit a et 6, et p précéde tout autre élément qui suit, aot b, On voit que c'est Pélément b qui jouit ces derniéres pro- priétés : sup (a, 6) = 8, Or, dans plusieurs ensembles S partiellement ordonnés, on trouve que, quel que soit le couple d'éléments a, & de S, meme si co couple n'est pas ordonné, il existe deux éléments jouissant des propriétés ci-dessus mentionnées de inf (a, 6) et de sup (a, b). Ce sont ces ensembles $ que nous appellerons structures. Les conditions 2° et 3° vont exprimer précisément cette cir- ‘constance. Mais dans Ia suite, nous remplacerons, pour abré- ger, les notations inf(a,0) et sup(a,b) par ab et a + 5 ('). 2° A tout couple d’éléments, a, 6 de l'ensemble S correspond un élément ab de S (¢ produit de a et de B ») tel que : aca, abc b, ccaelcc b entraine ¢c ab. 3° A tout couple d’éléments a, b de ensemble $ correspond un élément a + 6 de S (xsomme de a et ded ») tel que: (0) On emploie aussi d'autres symboles, le plus souvent « nb (pour ab) et aus (pour a+b) dus & M. Kee (6) 6 ratonm GgNERALE Dus sraucTURES aca+, beath, aceebbceentraine a + bce. 3. Voiei quelques exemples de structures. Exnuptx 1, — Soit S un anneau densembles, o'est-a-dire une famille d’ensembles telle que, quels que soient les deux ensembles appartenant a la famille, lour partio commune, et leur somme appartionnent, eux aussi, Ja famille. a,b... étant des ensembles, Serivons, comme @habitude, ac blorsque ensemble a est contemt dans ensemble 6, et désignons par ab la partie commune et par @+ bla somme des ensombles a ot B. Ceci posé, Panneau $ est une structure, En effet, le lecteur prouvera sans peine qu'il satis- fait a chacune des trois conditions 19, 2° et 3° caraotérisant: les structures. Exsapts 2, — Soit $ ensemble de tous les corps convexes 2, byo. Kerivons ac b lorsque le corps a est contenu dans le corps b, soit {ab la partie commune des corps a et 8, ot soit a+b le plus petit corps convexe contenant les corps a et 6. On voit sans peine que S est une structure. Exempts 3. — Soit S ensemble de tous les sous-groupes a, 4, «dun groupe g arbitraire. Berivons a c & lorsque a est un sous- _groupe de b, soit. ab la partic commune de a et de 5, et soit a +B Je plus petit sous-groupe de g contenant a la fois a et b. On voit, sans peine que S est une structure. Exempts 4, — Soit $ Pensemble de tous les sous-groupes in- variants d’un groupe g arhitraire. Berivons ac 6 lorsque a est tun sous-groupe de 6, et soit ab la partie commune et a + b le produit de a et de 5. L’ensemble S est une structure. En effet, i est évident que les conditions 1° et 2° y sont remplies. Quant, 4 Ia condition 36, il suffit de rappeler lo fait connu que sia et & sont des sous-groupes invariants de g, leur produit a + 6 Vest aussi. Les relations aca + bet bca + By sont évidentes. On sait, enfin, que sion aa@ceet bcc, onaausia+ bcc. THEORIE GENERALE DES STRUCTURES 7 Exeapte 5. — Soit $ lensemblo de tous les nombres entiers positifs. Eerivons ac 6 lorsque a est un diviseur de 4, et soit ab le plus grand diviseur commun et a+ 6 le plus petit multiple commun de a et de 6. On voit sans peine quo S est une structure. Exeupte 6. — Soit $ Yensomble de tous les éléments de Géo- métrie projective, c’est-i-dire Pespace, les plans, les droites, les points et ensemble vide, Eerivons a c b lorsque aest situésur b, soit ab la partie commune de a et de 6, et soit a + b le plus petit des éléments contenant @ et 6, On voit sans peine que S est une structure, Exempix 7, — Considérons un simplexe topologique k et soit ensemble de tous les simplexes a, 2, ... subordonnés a k. Kerivons @cb lorsque a est subordonné a 5, soit abla partie commune de aet de 2, et soit a + 2d le plus potit des simplexes auxquels a et 8 sont subordonnés. On voit sans peine que S est une structure. Exewrix 8 — Dans la Théorie des probabilités, on appelle éeénement tout ce & propos de quoi on pout dire qu'il se produit ou qu'il ne se produit pas (dans le présent, dans le passé ou dens le futur), Soient a, 8, .. des événements quelconques. Convenons Aéerive a = B si les événements a et 6 sont équivalents, cela veut dire que chaoun d'eux entraine autre, Ecrivons a c b lorsque a entraine 8, soit ab l'événement équivalent & ce que a et b se pro- duisent a la fois, et soit a + 61’événement équivalent a ce que se produise I'un au moins d’événements « ou 8. Soit enfin S un en- semble d’événements possédant la propriété que, quels que soient les deux événoments a et 6 appartenant a cet ensemble, ab et 4@ + blui appartiennent eux aussi. On voit sans peine que S est une structure. Exewpte 9, — Dans la Logique mathématique, on appelle proposition tout ce & propos de quoi on peut dire que cela est vrai ou que cela est faux. Soit $ Pensemble de toutes les propositions possibles, a, 6, ... . Convenons d’éerire a = 6 si les propositions a et b sont équivalentes, cela veut dire que chacune d’elles im- plique Pautre. Eerivons ac b lorsque a implique 6, soit ad la pro- position dont la vérité est équivalente a celle de a et de b ala fois, et soit a+ 61a proposition dont la vérité est équivalente 8 mutonte CéNERALE DES staUCTURES A celle de Pune au moins des propositions a ou 6. On voit sans peine que S est une structure. Exempts 10.— Considérons un intervalle 8. Btant donnée une subdivision de @ en un nombre fini d'intervalles partiels juxtaposés &, 8, ., 6m, convenons de dire que 6, Bm sont les composants de ladite subdivision. Soit main- tenant $ Pensemble de toutes les subdivisions possibles a, 6, .. de ¢. Borivons acb lorsque chaque composant de a est contenu tout entier dans un composant de b. Puis 6, 8. 8m étant les composants d'une subdivision a et %, 9, . # coux d’une autre subdivision 6, désignons par ab la subdivision dont les composants, sont dela forme 69) ot = 1,2, .., m otf = 4,2, n. Enfin, désignons par @ + } la subdivision dont les composants sont Ja fois de Ia forme 8 + 8% + ... +i, eb de la forme 9, +94 + +5 et ne contionnent aucun sous-ensemble jouis- sant de la méme propriété. On voit sans peine que S est une struc- ture. 4, Dans tous les exemples cités, nous jeonvenons d’attribuer un sens déterminé a ac 6, a ab etaa ++ 6, Cependant, il suifirait de le faire, chaque fois, pour a 6; aprés cela, ad eta + bse dé- torminent d'une maniére univoque. En effet, soient a et b deux éléments appartenant a un certain ensemble partiellement ordonné ot soiont p et q deux éléments, appartenant au méme ensemble ot possédant, tous deux, tou- tes les propriétés do ab énoneées dans la condition 2°. Alors, puisque p posside les deux premiéres propriétés de ab, on a pcact pcb; par suite, puisque ¢ posséde la troisiéme pro- priété de ad, on a pcg. De la méme maniére, on démontre qu’on a pc g. On voit done qu’on a p =. On raisonnerait de méme pour établir Punicité de a + b. Do plus, en examinant les conditions 4°, 2° et 39, on voit tout de suite que le principe suivant est toujours correct = Prints px puauins, — De chague théoréme concernant les structures et déduit de 10, 2° et 3°, on déduit un autre en substituant Partout (1) 2c y dy cm et (2) ay de + y et incersement. En vertu de ce principe, il ost inutile de démontrer Punicité de @-+ b aprés Pavoir fait pour ab. THEORIE GENERALE DES STRUCTURES 9 5. Revenons encore une fois aux exemples des structures. La construction d’exemples de structures simples, contenant un nombre fini d’éléments, est d’un grand socours dans les recher- ches théoriques. Pour obtenir de tels exemples, on peut se servir avee suceés d'une image trés commode des relations entre les éléments dune structure donnée. On désigne tous les éléments de la structure donnée par diverses lettres et Yon réunit les deux lettres par une fléche lorsque les éléments correspondants sont Jigs par la relation a c 6, mais avec a4 0, otsont tels qu'il n’existe aucun élément ¢, distinct de a et de b, avec acec 6. Ainsi, par exemple, la structure contenant trois éléments a, b, ¢ 08 ac bc ¢, 8e représentera par la figure abe, La structure contenant quatre éléments a, b, ¢, dot acbed eb ac ccd, se représentera par la figure eg Se Nef La structure contenant cing éléments a, 6,¢,d,e01 ac beece et ac dc ese représentera par la figure bore, _ La structure contenant huit éléments a, 8, ¢, d, ¢, f, g h ot achaccacd bee bchecyccgdch dc gech, jc het gc h, so représentera par la figure Nato g/ La troisiéme figure, par exemple, nous montre tout de suite que, dans la structure en question, les produits 2y et les sommes x ++ y se déterminent respectivement, par Jes tableaux suivants : 40 quionte G&NERALE DES STRUCTURES 6. On préiére parfois introduire 1a notion de structure d’une autre maniére, en partant non pas de la relation ac 6, mais du pro- duit ab ot de la somme a + 5. Dans ce cas, on définit la structure comme un ensemble $ déléments a, b, ... satisfaisant aux condi- tions suivantes : 1° A tout couple @éléments a, 5 de Pensemble $ correspond un et un seul élément ab, de S, tel que : (abye = albe), ab = ba, 2 A tout couple @éléments a, 5 de Pensemble S correspond ‘un et un seul élément a + b, de S, tel que : @+b+ematlo+o, a+babta, ate=a 3 Lregalité ab = a entraine Pégalité a + b= 6 et récipro- quement. Pais, on introduit la relation a ¢ ben Ia définissant comme équi- valente aux égalités qui figurent dans la condition 3', c’est-a- dire comme équivalente ab =a ou da + b=. 7, Btablissons que la définition de le structure & aide des con- ditions 1°, 2° et 3° (n° 2) ot sa définition & Paide des conditions 1’, 2 et 3° (n° 6) sont, complétement équivalentes entre elles. La vérité de cette équivalonce devient immédiate quand on HEORIE GENERALE DES STRUCTURES at utilise Pimage intuitive donnée au n° 2 de ab et de a+ b. Nous allons en donner une démonstration logique. Supposons dabord que l'ensemble S$ d’éléments a, b, ¢, .. satisfait aux conditions 1°, 2° et 3° Proposons-nous d’établir qu'il satisfait alors aussi aux conditions 1', 2' et 3', En premier lieu, on a abje = albe). En effet, d'aprés a condition 2, (ab)e c ab c a, d’oa “ (ajo c a. Puis, d’aprés la condition 2°, (ab)e c ab c b, d’od @) (abjec b, Puis, d’aprés la condition 2°, 8 (adjece. Les relations (2) et (3) nous fournissent, d’aprés a condition 2°, @ (abje € be. Ceci posé, les relations (1) et (4) nous fournissent, leur tour, d'aprés la condition 2, (abJec a(bc). De laméme manitre, on dé- montre la réciproque: a(be) c (abJe. Men résulte Mégalité a dé- montrer (ab)e = albe). En second lieu, on a ab = ba. En effet, d'aprés la condition 2°, ab c bet ab c a. Done, d'apris a méme condition 22, abc ba. De laméme maniére, on démontre la réciproque : bac ab, Il en résulte Pégalité a démontrer ad = En troisiéme lien, on a oa En effet, d'aprds la condition 2°, 6 aa ca. Puis, on peut écrire, deux fois de suite, a c a et aca, doi d'apris la condition 2%, 6 ocaa. De (6) et (6) il résulte Pégalité a démontrer aa = a. Ainsi, nous avons établi les trois parties de la condition 1". Par dualité, on obtient les trois parties de la condition 2 12 rioniE GENERALE DES STRUCTURES TI nous reste & démontrer que, lorsqu’on a ab = a, on a aussi a +b = b, at réciproquement Soit done ab = a. Or, d’aprésla condition 2, ad cB. Done, 0 ach. D'autre part, on a ® bob. Les relations (7) et (8) nous fournissent, d’aprés la condition 3°, o abcd Or, @aprés la condition 3°, (10) death De (9) et (10) il résulte Pégalité a + 6 = b. Par dualité, on obtient quo, lorsqu’on a a+ 6 = b, ona aussi ab ‘Ainsi, nous avons établi In condition 3°. 8. Supposons maintenant que ensemble § d'éléments a, b, .. satisfait aux conditions 1’, 2’ et 3'. Proposons-nous d’établir qu'il satisfait alors aussi aux conditions 49, 2° et 3°, En premier lieu, on aac a. * En effet, a c a n'est autre chose que aa = a. Puis, ac b ef bea eniraine a = b et réciproquement, En effet, soit ac b ot bea, cola veutdire, d’aprisla définition, que ab =a et ba = b, Alors, d’aprés la condition 1’, a = ab ba = b. Réciproquement, soit a = 6. Alors ab = aa = a ot ba = bb = 6, par conségent ac be bc a Puls, ac bet bc ¢entratne a c 6. En effet, soit ac 6 et bce,done, d'aprisla définition, ab = a et be = b. Alors, d’aprés la condition 1’, ac = (abje = albe) ab = a, ce qui veut dire que ace. Ainsi, nous avons établi les deux parties de la condition 1°, En second lieu, on a ab ca. En effet, d'aprés la condition 1’, (ad)a = (ba)a = Baa) = ba = ab, dono ab ca. Puis, on a abc b. En effet, d’aprés la condition 1", (ab) = a(6d) séquent ab c 6. Enfin, ec a et cc b entraine ¢ cab. En effet, soit ec a ot cc 6, dono, d'aprisla définition, ea = ¢ ab, par con- THEORIE GENERALE DES STRUCTURES 13 ‘et cb = ¢. Alors, d’aprés Ia condition 1’, e(a8) = (ca)b = cb = cn qui veut dire que ¢ c ab. Ainsi, nous avons établi les trois parties de la condition 2°, D’une maniére analogue on établit les trois perties de la con- dition 3°, Remangue, — Il est aisé de voir que la condition 2 peut étre remplacée par la suivante qui lui est équivalente : 3” Quel que soit le couple d’éléments a, 6 de ensemble S, on fat B)=a et 6 pab=d. M1. — ELEMENTS COMPLEMENTAIRES 9. La structure pout contenir un premier élément que nous désignerons par 0. Clest Pélément qui précéde tout autre élé- ment a de la structure = 0ca, ow bien, ce qui revient au méme, oa=0 ou O+e La structure peut contenir aussi un dernier élément que nous dési- gnerons par 1. Cest Pélément précédé par tout autre élément de la structure : act, ou bien, ce qui revient au méme, =a ou atiet Tl est manifeste que, dans les structures contenant le premier ot le dernier éléments, le principe de dualité du n® 4 reste valable si Von convient deffectuer, avec los substitutions nommées au ne 4, celle de 0 a { et inversement, Chaque structure finie contient nécessairement un premier et un dernier élément. Il est évident, en effet, que chaque structure contient non pas seulement les produits et les sommes de deux 1% rmionts G&NéRALE DES STRUCTURES Aléments, ab ot a + 5, mais aussi les produits et les sommes d’un nombre fini arbitraire d’éléments, & savoir abe = (ab)e, _abed = ((abjod ete et atbtemlatd +e atbtord=(ath+q+d oto. Chaque structure finie contient, en particulier, le produit et la somme de tous ses éléments. Il est aisé de voir que ce sont préci- sément le premier et le dernier éléments d’une telle structure. En retournant aux exemples cités au n° 3, nous voyons que, dans certains d'entre eux, existence du premior et du dernier aléments est manifeste. Ainsi, dans exemple 3 (sous-groupes d’un groupe donné) le premier élémont est Vunité du groupe donné ot lo dernier élément est le groupe donné tout entier. Dans exemple 6 (espace projectif) le premier élément est Vensemble vide et le dernier élément est Vespace tout entier. Et ainsi de suite. 10. Dans des structures possédant un premier et un demier élé- ments, on peut définir aussi les éléments complémentaires de deux spaces, dont: Ja notion est due & G. Benawann (3). Btant donnés Jes deux éléments a et d oi1ac 5, on appelle élément complémentaire de promiére espace, et on représente par 6—a chaque élément #,8%il en existe, tel que ate On appelle élément complémentaire de deuxiéme espéce et on roprésente par a : b chaque élément y, s'il en existe, tel que ytb= waa On voit que y s’obtiont de 2 par dualité, Dans notro exemple 6 (espace projectif & 3 dimensions) les élé- ments complémentaires, non seulement existent dans tous les cas, mais pour tout couple d’élémonis a, 6 oh ac b, ly existe, en général, une infinité d’éléments complémentaires de premiére espéce, au nombre de dimensions égal & (dim 6 — dim a) —4, TuoRts OgNERALE DES STRUCTURES 45 et une infinite d'élémonts complémentaires de deuxidme espace, au nombre de dimensions égal 3— (dim ) — dim a), Soit, par exemple, a un point ot 8 une droite passant par ce point. Lrélément complémentaire de premitre espace y sera un point, ailleurs queleonque, situé sur la droite b et. no coincidant pas aveo le point a. L’élément complémentaire de deuxiéme espéce y sera un plan, d'ailleurs queleonque, contenant le point a mais ne contenant pas la droite 2. IL y a des structures ou les éléments complémentaires des doux espaces existent toujours et of chacun deux est unique. Prenons, par exemple, tous les ensembles de points situés sur une droite, Ces ensembles a, 6, ... forment une structure si Yon prend pour ach Ja relation » @ est contenu dans 8 », Alors, ab sera la partic commune de a et deb; a + b sera la somme de aet de b ; 0 sera ensemble vide ; 1 sera le droite tout entiére, Iei, lorsque ac b, Te seul élément complémentaire de premivre espace est l'ensemble de tous les points appartenant & & mais n’appartenant pas 4, ot Ie seul élément de deuxiéme espice est ensemble de tous les ts appartenant & a et de tous les points n’appartenant pas & 6. 11. Rappolons que, étant donnés les deux éléments a et tels que ac B,nous avons convenu de désigner lélément complémen- taire de premiére espéce par 6—aet celui de deuxiéme espéce par a: b, Il est intérossant d’étudier le cas of Pun des deux éléments a ou b est 0 ou 4, autre étant un élément arbitraire c. On voit sans peine quo Yon a e—0=6, La premiére de ces deux égelitésrésulte de ce quel'élémente—0 doit satistaire & la condition 0 + (c—0) = cet la seconde, de ce que élément ¢ : 4 doit satisfaire & la condition (¢ : 4) =e. Consi- dérons maintenant les éléments zetme Ore. Le premier de ces éléments doit satisfaire aux conditions ex = 0 ebe + 2 = 4, et le second, aux conditions y + ¢ = tet yo = 0. 16 rugomE GENénaLe Dus STRUCTURES Ces deux paires de conditions sont évidemment équivalentes. Ainsi chaque élément 4—c ost, en méme temps, 0:¢ et, inverse- ment, chaque élément 0:¢ est, en méme temps, 1—c, Nous appel- Ierons 1—¢ =0:¢ complément de ¢, et nous le désignerons, dans co qui suit, par ¢’. Chaque élément complémentaire b — a de premiére espece est un complément de tout élément complémentaire a : } de deuxiéme espace et réciproquement. En effet, si ’on pose + = b—a et y=a:bonaz= (a+ 2)s, par suite ay = ye = yle + ae = yor = az = 0, et Ton ay = y + yb, par suite stysytonytybtenytateay th 12, Dans les structures ayant un premier et un dernier élémonts eto’, pour chaque couple d’éléments act btels que a c 8, il existe des éléments complémentaires de premiére et de deuxiéme espéce, iI y aen partioulior des compléments de tous los éléments. La réeiproque n’est pas, en général, vraio. Pour s'en convainere, prenons la structure contenant cing éléments 0, a, 8, ¢, 4 et 60 représentant par la figure oe Na N77 Test aisé de voir quill y a des compléments de tous les éléments ; le-complément de a est ¢, le complément de b est aussi c, les com- pléments de c sont a et 8, le complément de 0 est 4 et le complé- ment: ded est0. Puis, on a ac é, Essayons de déterminer Pélément complémentaire de premidre expdco, = 6 — a. Il doit satisfaire a la condition a+2= 5. Or, on aa+0=aa+a=4, atb=b atent, a 4. Par suite, 1a condition @ +2 = b ne pout étro remplie que six = b. Mais x doit satis- faire aussi & le condition az = 0. Cependant, si ax = ab = a4 0. On opérerait de méme pour élément complé- mentaire de deuxitme espice y = a: 6, On voit done qu'il n'y existe d'élément complémentairo, ni do premiére espéve, ni de deuxiéme espéce. 6, nous avons twéonie GANERALE DES sTRUCTURES 7 HI. — QUELQUES LEMMES 13, Dans l'étude des structures, il faut toujours avoir en vue quelques relations simples ayant lieu dans toutes les structures. ‘Nous allons 'indiquer sous forme de quatre lemmes. Leaner I. — Si lon a ace ot bed, on a aussi acd ec atbcetda Diwonstration, —On a abc act abc 6, Par suite, lorsque Iks conditions ac cet. 8c d du lemme sont remplies, on a aussi ab cc et abcd. I en résulte qu’on a adc od. Par dualité, on obtient sans peinea + bce+d. Lene I. — Si fon a ach, on a, quel que soit e, ache eb atech+e DémonstRation. — Lorsque la condition ac 6 du lemme est remplie, la relation acc be est,en vertu du lemme I, une consé- quence de ec. Il en est de méme pourlarelationa-+ecb +e. Lewme IIL. — Si lon a acech et on a aussi Déwonstnattox. — Lorsque les conditions ac ec beta = b sont remplies, on a aussi bc ¢c a. llenrésulteimmédiatement qu'on aaacmh Leuwe IV. — Sifona ab=ats, on a aussi and, Vater Giaveneo. 2 18, ‘ruiontr GENERALE Dus STRUCTURES Ditwoxsraation. — Onaabcaca + bet abcbea +5, Par suite, lorsque 1a condition ab =a + 6 du lemme est remplie, on a aussi, en vortu du lemme III, ab =a =a +b et ab—6 =a +5. Il on résulte immédiatement qu'on a a= b. 14, Il faut avoir en vue aussi des relations un peu plus compli- quées ayant lieu dans toutes lesstructures, a savoirles suivantes (4): ae + bec (at Dececabtec(e+ Oto), lest manifeste que les relations ac -+ be c (a + Ble ebad + ec (2 + o)(d + 0) y sont les seules qui exigent, une démonstration. Or, en premier lieu, on a Ty acticcats. Eneffet, onaae c aet bec b, d’oi, en vortu du lomme L,'suit (11). Puis, on a (12) ae + bee, En effet, on aacce ot bec c, d’oi suit immeédiatement (12). Enfin, do (11) et de (12), on tire ac + bec (a + d)e. Par dualité, on obtient ab + cc (a + o)(b + 0). IV. — STRUCTURES DE DEDEKIND 15, Si’ona ac ¢,on a aussi ac = a,et la relation ae + bec (a + dje, établic au n° 414, peut s'écrire comme suit : aa) atbec(at sje * De méme, si Yon acca, ona aussi a + ¢ =a, ot la relation ab -+ec(a + ol( +c), établie au n° 44, pout s’écrire comme suit : a ab +ecals +o) Los relations (13) et (14), bion qu’elles soient de formes dis- tinotes, sont complétoment équivalentes entre elles. En effet, (14) (:) Cos relations sont connues depuis longtemps en Logique mathématique ot ont 6té rétablies pour les structures queloonques par Ml. Kuzrw [4(2).) ‘THEORIE GENERALE DES STRUCTURES 19 peut tre obtenue de (13) par la substitution de ¢ A la place de a et inversement. Depextnn (1) a découvert, en 1900, une classe remarquable de structures & laquelle appartiennent toutes les structures citées, dans nos exemples au n° 3, sauf les exomplos 2 et 3. On les appelle structures de Dedekind ou structures modulaires. Ce sont les struc- tures satisfaisant & une condition plus forte que (13) ou, ee qui revient au méme, que (14), & savoir : (2) Silona ace ona a+ bem (a+ dpe Si l'on veut, on peut aussi énoncer cette condition en disant que, dans les structures de Dedekind, a liow 'égalité suivante : ae + be = (ac + Ble. ‘On établit sans peine l’équivalence de ces deux énonoés en obser- vant que, pour qu’on ait ac, il faut ot il suflit qu’on ait ac = a. Or, substituons dans (2), ¢ & la place de a et inversement. Ceci fait, la condition (®) prendra la forme suivante : SiVona cca, ab += alb +0) Mais c'est précisément ce qu’on obtiendrait si Yon appliquait & (9) le principe de dualits. 11 en résulte que ce dernier reste {valable pour les théorémes déduits non seulement des conditions 19, 2° et 3° du n° 2, mais aussi do (9) 16, Nous allons démontrer que 1a condition () est remplie, par exemple, dans notre exemple 4 (sous-groupes invariants dun groupe donné). Puisque, dés que acc, on a nécessairement a + bee (a+ b)e, il nous reste & démontrer que la relation ac ¢ entraine la relation (a+ Boca + be. Or, comme a + be et (a + Be sont, tous les deux, des sous-groupes invariants d’un méme groupe, il sufi aétablir que tout élément appartenant & (a + [be appartient aussi éa + be, Pour s'en convainere, on peut procéder comme suit. Soient %, 8, et 7 respectivement les éléments arbitraires de a,b 20 rmfonte GENERALE DES STRUCTURES et c. Un certain élément appartient & (2 + B)e dans le cas of cet, ‘lément est un @@ et, en méme temps, un 7, et dans ce cas soule- ment, Done, on a ici: = a—'a8 = ay. Or, d'aprés la condition ace, Pélément @ et, par suite, ’élément «+ également, appartien- nent non pas seulement & a, mais aussi a ¢. Done, en vertu des éga- lités qui viennent d'etre éorites, Pélément @ appartient, lui aussi, non pas seuloment a 6 mais aussi & c. Ainsi, tout élément 2f qui ap- partient & (a + cost un produit d’un élément appartenant et d'un autre élément appartenant & bot & cla fois. Autrement dit, Pélément en question appartient & a + be. 17, On peut indiquer plusieurs conditions équivalentes & Ia condition (9) caractérisant les structures de: Dedekind. La plus intéressante ost Ia suivante : (9*) Silona ach, et si Pon a, pour un élément c, amie ot ate bee on a aussi ‘Nous allons démontrer l’équivalence des conditions (9) et (9*) suivant M. A. Kunoscx (9). Supposons d'abord que c'est la condition (9) qui est remplie dans la structure donnée, etsoit :ac b, ac = be eta +o= b+ ec. ‘De deux demniéres égelités il s’ensuit qu'on a ate (a+ ob Or, vu que ac 5, Ja condition (2) montre qu’on a abba (ated. On a done ond Supposons, au contraire, que, dans le systéme donné, Ia con- dition (9*) est remplie, et posons prath o& g=(a+de. Soit, maintenant ace, Alors, comme nous avons vu au n° 15, on a pcg. Par suite, @aprés le lemme IT du n° 43, on a aussi bpchy oc b+pchty. ‘THEORIE GENERALE DES stRUCTURES a4 Mais, d’autre part bq = Bla + bje = be bp, btgchtanb+ieta=b+p. En comparant, on obtient : bpatg ck b+ pabty. Or, étant donné que peg, bp = bg ck b+ p= b +g, ils’ensuit de la condition (9*) qu’on a P=h autrement dit qu'on aa + be = (a + Dje. 18. Nous allons voir, par exemple, que 1a condition (9*) est remplie dans notre exemple 6 (espace projectit).. A cet effet, remarquons que, d’une part, on a toujours dim (@ + 6) + dim (ab) = dim a + dim 8, et que, dautre part, si Pon a dima = dimb et ac b, on a aussi a = 5, Soit maintenant ac b,ac= de ela + ¢=b + ¢. Puisque dim (a+ ¢) + dim (ae) = dim a + dim ¢, dim (6 + 6) + dim (be) = dim b + dim ¢, on a, dans ce cas, dim on doit y avoir ¢ = ‘Au contraire, la condition (3+) nest pas remplie dans notre exemple 2 (corps convexes). Pronons, en effet, les trois sphares a, b, ¢, de méme rayon p, et dont les centres sont disposés successivement sur une droite, et cola de fagon que la distance du centre de a et de celui de & est supérieure & 2p, de méme que la distance du centre de 8 et de celui de ¢. On voit sans peine que, si on pose d= a+ 5, on aici : dimb. Mais on a, de plus, ac 6. Done, acd, etendte, et que, cependant, a 7 d. 19, L'une des propriétés les plus importantes des structures de Dedekind so rattache a certains sous-ensembles des structures, 22, THEORIE G&NERALE DES STRUCTURES dits chaines principales, dont nous allons préciser la définition. Convenons de dire qu'un élément, = précéde immédiatement un autre élément y, en signes 2 y, sion asc y,ax4yets'll nexiste aucun éléments, outre que set y, tel quezc 2c y ().Soit maintenant ac b, a2 b; on dira qu'une suite finie d’éléments 2p, ty cyy on est une chaine principale entre a et b si Yon a Oy ee Le nombre m se nomme longueur de cette chaine principale. La propriété mentionnée ci-dessus consiste en ce que, dans les structures de Dedekind, lien toujours le théoréme découvert par Jorpan dans le eas particulier de la structure des sous- groupes invariants d’un groupe, & savoir : ‘Tuonéae pe Jonpan. — Dans la structure de Dedekind, toutes les chaines principales entre deux éléments donnés ont la méme longueur, eest-i-dire que, s'il existe entre deux éléments une chaine principale de longueur m, toute autre chaine principale entre les ‘mémes éléments a la méme longueur m. Pour s’en convaincre, il est commode d’établir d'abord un Jemme dont nous empruntons la démonstration & M. Garrett Brnenor® [6(a)] (A). Si, dans la structure de Dedekind, on a oy ot ay », on a nécessairement 2+ 2 + yet y>a+ y Il suffit évidemment de démontrer qu’on a e—> x + y, c'est- acdire, dans ce cas, qu’on a (I) 234.4 + y et que (II) si on a 2c2ca-+y,ona nécessairement ou bien s = zou bien 2= 2 +y. Quant & (I), on peut raisonner comme il suit. Supposons, par contre, qu'on a z= 2+ y. Ceci veut dire que y c x. Or,on a aussi ny © y, par suite sy cy C2. Maison a nys4y 342, ce quicontredit évidemment a oe que ay — x. Done, notre supposition est fausse, et (1) est démontrée, Quant & (I1), supposons qu'il existe un s tel quesezcs +y. Alors, ona évidemment yc yzcy. Or, puisqu’on a yo y, ona: ow bien yz = ys, ou bien yz = y. Mais sion a yt = ys, on a aussi + yz = 2, ot comme on a, de plus, ec 2, on en déduit, en se servant de la condition (3), Ce ee () Pour exprimer qu'on a a la fois 2 ¢ y et = ot y, on écrit souvent 2 tn = be Remarquons que, parmi les indices 1, 2, ..., m + 4, il existe au moins un indice i tel que % ++ ti. = 2, En effet, sil en était au- ‘trement, on aurait, en particulier, y, + am = tim, done, vu que Fat + Fu C Ima Ch Ta my, ON aurait nécessairement fm =p + my Voit} Cm. Puls, on aurait yy + tai zm, done vu que Zm1Ct + far C fm Cb tna tm, On aurait tea th + Gna @oi Ys C Gn. En procédant ainsi de suite, on obtien- drait enfin yy ¢ a, ce qui contredirait & a» yy. Ceci post, dési- gnons par jle plus petit des indices 1, 2, .. m+ 4 tel que y ++ 4.1 = a7 et pronons la suite d’éléments = © nt eent en Nous affirmons que cette suite est une chatne principale entre y, et 6. En effet, comme ona a> % = th + yd» Het yy +o Hm, done a = (y, + %)2y, on a, daprés Ie lemme (/\) et en se servant de yy + + 2% = th + %yla relation ay + a> th + et, de plus, x, + yy + 2. Puis, comme on ax rg + ty > 2 et my +m A ay done a, = (x, + %)ty on a, @aprés Te lemme (A) et on so servant de yy + a + = th + ty la relation tht mn + apet, do plus, 2 y +m, En procédant ainsi de suite, on aura Ua Bh They 09 Ee (3) Wehbe nt ar ont ae 4 THEORIE OSNERALE DES STRUCTURES D’un autre e6té, on a (16) BM aa Les relations (15) et (16) nous montrent, que la suite (I) est effeo- tivement une chaine principale entre y, et 5. Sa longuour est égale Am. La suite d’éléments yy, ys, -y ys ost, elle aussi, une chatne principale entre y, ot 5. Sa longuour est égale A n — 4. Or, nous avons supposé que, s'il existe entre deux éléments une chaine principale de longueur m, toute autre chaine principale entre les mémes éléments a la méme longueur m. Done, on an —1 = m, Poi n= m+ 4, 00 qui termine la démonstration. ‘Les théorémes de ce genre, concernant: les structures de Dede- kind, ont des applications trés importantes dans P’Algtbre ab- straite. Dans les publications de M. 0. One (8), on trouvera un exposé détaillé des questions qui s'y rattachent. 20, Nous avons vu que, dans le cas général, on ne pout pas con- lure, de Vexistence des compléments, que les éléments complé- mentaires de premiére et de deuxidme espdce existent eux aussi. S'l s*agit des structures de Dedekind, une telle coneluéion est, au contraire, légitime. Ioi, on peut poser toujours, en désignant, apres 1a convention déja faito, lo complément de ¢ par e! : En effet, dés que l'on a ac 6, on a aussi, op tonant compte de 1a condition (2) ot tb) +o=a+ 048) (@+b)b=atbd=a, V. — STRUCTURES NORMEES 21. La classe des structures de Dedekind contient une sous- classe qui mérite une attention partiouliére graco & son réle dans Analyse. C’est la sous-classe, introduite en 1928 par M, K. Mzn- eR (2), des structures normées. Nous appelons ainsi les stractures THEORIe GENERALE DES STRUCTURES 25 od A chaque élément @ correspond un nombre déterminé non négatif |a|, norme de cet élément, qui posséde les propriétés suivantes : 1) ac bet ax bentraine | a|<| 4], 2) |a+ 5] + ab] =a} +o]. La premiére de ces propriétés entraine le principe suivant : Puincire p'écatiré. — Si Von a jal = |b] ac 6, ona aussi a = b, Ce sont seulement les structures de Dedekind qui peuvent étre normées (G. Brnxworr (6 (a))]. En effet, soit donnée une structure normée et soit, dans cette structure, ac b, ac = beetate=b-+e. Or, daprés Ia deuxidme propriété de la norme, on @ latel+lecl=lal+lel ot [oe] +] el—=lb|+1el 11 en résulte Pégalité ja] =| 6]. Mais on a, de plus, acd. Done, d’aprés le principe d'égalité, il s’ensuit a = 5, On voit ainsi que, dans les structures normées, 1a condition (9*) est né- ‘cessairement rempli. Dans les structures finies, la réciproque est aussi vraie. En effet, dans une structure de Dedekind finie, on peut prendre, pour Ia norme de chaque élément a, 1a longucur de Ia chaine principale entre 0 ot a [G. Binkuorr, (6 (a))]. 22. Voici quelques exemples des structures normées. Exnnpte 1, — On sait que, dans plusieurs questions d’Analyse, illest permis de ne pas prendre en considération les ensembles de mesure nulle, de sorte qu'll y est permis d’'identifier les deux en- sembles mesurables & et chaque fois que les points de & n’ap- partenant pas & @ et ceux de n’appartenant pas a4 forment un ensemble de mesure aulle. Autrement dit, on peut y remplacer Jes ensembles mesurables par leurs types métrigues. Les types métriques forment une structure normée si Pon convient déorire @¢ 6 lorsque tout ensemble A du type a est contenu, & un sous-ensemble de mesure nulle prés, dans tout en- semble du type 6, Ici, [a| est la mosure d’un ensemble quel- conque du type a. 26 rmionte GENERALE DES STRUCTURES Exzupre 2. — Dans la Théorie des probabilités, il est quelque- fois avantageux didentifier deux événements chaque fois que Ja probabilité que 'un d’eux se produise tandis que Pautre ne se produit pas est nulle. Autrement dit, il y est commode derem- placer les événements par leurs types stockastiques. Los types stochastiques forment une structure normée si Yon convient d’écrire ac b chaque fois quo, A étant un événement ar- bitraire du type a et # un événement, axbitrairo du type B, la pro- babilité que 4 ait lieu tandis que ne se produit pas, est nulle. Ici, |a | est 1a probabilité d’un événement queleonque du type a. Exzupte 3. — Prenons un anneau d’ensembles finis. Coux-ci et Pensemble vide forment une structure normée o8 a c 2, ab et a+ bontle sens usuel. Ici, |a| est le nombre d’éléments de a. Exeupie 4, — Prenons la structure des nombres entiers posi- tils déorite dans notre exemple 5 au n® 3, C'est une structure nor- mée oi Yon a |a| = log a. Exempie 5. — Les nombres non négatifs forment une structure normée ob ac b signifie que « ne dépasse pas b, de sorte que ab est Ie plus petit des nombres a ot b et que a + est le plus grand de ces nombres. Tei, on a simplement Ja] = a Exempt 6, — Pronons la structure des éléments do l’espace projectif, décrite dans notre exemple 6 au n° 3, C'est une struc- ture normée o8 Yon a|a| = dim a + 4. 23. Rappelons qu’un ensemble D ost dit espace distancié ou espace métrigue (!), et que ses éléments a, 8, ¢, ... 8 nomment points, lorsqu’a tout couple d’éléments a, b de D correspond un nombre non négatif (a, 6), distance des points a et b, possédant, Jes propristés suivante : (a, 8) = 0 entraine a (a, b) = (6, a) ; (a, b) < (a, ¢) + (¢, 0). b ot réciproquement ; () Hl sagit des espaces découverts par M.M.Faicunr et quil a nommés, dans sa ‘Thése en 1906, espaces (8), puis plus tard espaces (3) ou espaces dis- tanciés, THEORIE GENERALE DES STRUCTURES Py L'étude des structures normées peut étre ramenée a celle des espaces distanciés en vertu de la proposition suivante [V. Gui- ‘vanko (12 (a))]. Toute structure normée est un espace distancié dont les points sont les éléments de la structure et oi Von a (a, b= |a+b|—| abl. Pour sen convainere, commengons par établir que, la distance étant définie par la formule ci-dessus, ’égalité (a, 6) = 0 entraine Végalité a = } ot réciproquement. Soit (a, 8) = 0. Ceci signifie que |abj = |a + dj. Or, ona ab ca + b, Done, daprés le principe d’égelité, on a ab = a+ 5. On en conelut, d’aprés le lemme IV du n° 43, qu’on a a = b, Réci- proquoment, soit a= 8, Alors, on a (a) =|a + b|—| ad] @+a|—loa|=|a|—|a|= Diailleurs, comme abc a + 6, ona, daprés 1), | ab] <|@+ 6], d’ou (a, 5) > 0 quels que soient a et 5. Etablissons maintenant que (a,b) = (6, ). Par définition (a, b) est égale & | a + 5] — | ab| et (b, a) est égale a] b+ a] —| bal. Mais ab = ba eta + 6 =b +a, d’od Pontire immédiatement Pégalité & démontrer. 11 nous reste a établir que (4,9) < (a, 0) + (8). A cet effet, remarquons d’abord qu’on a (@+b)+e=(ate)+(o+e), et que, en vertu d’une relation établie au n° 14, (@+ dec (a+ eld +c}. De la, en se servant de la premiére et de la deuxidme propriété de Ja norme, on obtient : {lao ]4+lel=[(o+ 0) tel + |(e+ del < PEt y+ +a] +1 (a+b +e)| = late +]o+el. Puis, on a a7) (adje = (ae\be), et, en vertu d'une relation établie au n° 14, ac + becab+e. 28, rutionte O&NERALE DES STRUCTURES Dell, ense servant encore une fois de la premidre et de a deuxiéme propriété de la norme, on déduit : {abl tel = fabbel + | (aby > 1) SV gech bol + | eexbo |= Joel +1 Be ‘La comparaison des inégalités (17) et (18) nous fournit P’inéga- lite Ja+b|—leb| n, On a nim C om C caret, Sim