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Numéro Spécial consacré à l'Exposition de la " Section d'Or "

Première Année — N° 1 vendu exceptionnellement 0.50 9 O c t o b r e 1912

LA SECTION D OR
RÉDACTION - ADMINISTRATION ABONNEMENTS Secrétaire de la Redaction
î'3 Place Emile G o u d e a u , Paris )8« France et Algerie Étranger PIERRE REVERDY

Adresser toute la Correspondance à í an.... Les manuscrits non insérés ne sout


M. P I E R R E DUMONT 6 mois.. 3 fr. pás rendus.

MBOmRS Jeunes Peintres ne vous frappez pas!


Quelques j e u n e s gens, écrivains d'art, peintres, poè-
Guillaume Apollinaire tes, se réunissent pour !défendre leur idéal plastique,
c'est• l'idéal même.
Roger Allard
Le titre qu'ils d o n n e n t à leur publication: la Section
Gabriele Buffet d'Or, indique assez qu'ils ne se croient pas isolés d a n s
l'art et qu'ils se rattachent à la grande tradition. 11 se
René Blum trouve qu'elle n'est p a s celle de la plupart des écrivains
d'art populaires de notre temps. C'est tant pis pour ces
Adolphe Bassler écrivains d'art.

Marc Brésil Quelques-uns d'entre eux, p o u r donner du poids à leur


légèreté, n'ont p a s !hésité à demander que leurs opinions
Max Goth entraînassent des sanctions pénales contre les artistes
dont ils n'aiment point les œuvres.
Ollivier Hourcade
L'a passion aveugle ces pauvres gens. P a r d o n n o n s -
Max Jacob leur •car ils ne savent pas ce qu'ils disent. !C'est au nom
de l a nature q u e l'on tente d'accabler les peintres nou-
P i e r r e Mull or veaux.

Jacques Nayral 011 se d e m a n d e c e que la nature peut aivoir de com-


m u n avec les productions de cet• art dégénéré que d é f e n d
Maurice Princet la citadelle de la rue Bonaparte ou avec les peintures
des piètres héritiers des maîtres impressionnistes.
Maurice Raynal
Bien plutôt• ! amèneraient à l'étude de la nature les
P. N. Roinard sévères investigations des jeunes maîtres qui, avec un
courage admirable ont relevé le nom burlesque sous
Pierre Reverdy lequel on avait voulu les ridiculiser.

Les cubistes, à quelque tendance qu'ils appartiennent,


André Salmon
apparaissent à tous ceux qui ont souci de l'avenir de
l'art -comme les artistes les p l u s sérieux et les plus inté-
Paul Villes
ressants de notre époque.
André Warnod Et à ceux qui voudraient nier une vérité aussi évidente
on répond que si ces peintres n'ont point de talent, que si
Francis Yard leur art est indigne d'être admiré, ceux qui font métier
de g u i d e r le g o û t d u public n'ont pas à s'en occuper. Renoir d'impressionnistes, le terme de « cubistes » perd
de jour en jour de sa signification si tant est qu'il en eu
P o u r q u o i t a n t de colères, m e s s i e u r s les censeurs?
j a m a i s de bien définie. « Ils étaient dix, il y a un an, ils
Les cubistes ne vous intéressent-ils point? Ne vous y sont cinquante, cette année », affirmait, l'autre jour,
dans une grand quotidien, un courtier en c h a m p a g n e
intéressez donc point. Mais voilà des cris, des grince-
qui, d a n s sa marmotte classique cale les vénérables
ments de dents, des appels au gouvernement, bouteilles de vin beaucoup plus recommandable que
lui, Ibien sûr, !avec des petites diatribes contre chaque
Tant de fiel enlre-t-il au cœur des critiques d'art,
tentative d ' a r t qui lui a paru ou du moins qu'on lui a
cette violence, ces l a m e n t a t i o n s prouvent la vitalité de dit, être résolument dégagée de toute idée malpropre-
la n o u v e l l e p e i n t u r e et les œ u v r e s qu'elle p r o d u i t feront ment commerciale. Eh ·bien! p o u r une fois, il avait rai-
l ' a d m i r a t i o n d e s siècles, t a n d i s que les p a u v r e s détnac- son, ce garçon. Si Ibien que le développement pris en
quelque temps, p a r ce mouvement d'art, a été si consi-
leurs de l'art français contemporain, seront vite
dé rable, !que ses adeptes ont cru devoir !réunir leurs
oubliés. efforts dans cette exposition en dépit des courtiers de
quelque partie qu'ils soient, des personnes qui aiment
11 11e f a u t p a s o u b l i e r q u e l ' o n a t i r é d e s c o u p s d e feu
la nouveauté à condition qu'elle ressemble à l'ancien
sur Victor Hugo. Sa gloire n'en fut point diminuée. Au et de ceux-là ,même dont parle La Rochefoucauld qui,
contraire. pour être des sots !pourvus de quelque esprit, n'en ont
pas •moins aucun j u g e m e n t honnête.
Guillaume APOLLINAIRE.
Cette exposition me semble encore complète, parce
qu'elle offre une série de tempéraments infiniment va-
riée. fl y a là des réalistes et des sensuels, des idéalistes
L'EXPOSITION et des intellectuels, des impulsifs et des pondérés, des
sages qui, selon la prescription d u philosophe gTee,
DE
« mêlent à leur sagesse un grain de folie » et aussi des'
fous qui tempèrent leur folie de quelque sagesse.
« LA SECTION D'OR
En un m o t , 011 r e n c o n t r e là, une riche floraison de
personnalités diverses telles qu'on en peut voir dans
toute p é r i o d e artistique de q u e l q u e valeur, c o m m e nou?
La principale caractéristique de l'Exposition de la le v e r r o n s t o u t à l ' h e u r e .
S e c t i o n d ' O r a u r a é t é le p r e m i e r g r o u p e m e n t a u s s i com-
Je ne rappellerai pas ici les p r i n c i p e s de la seule
plet d e t o u s les a r t i s t e s qui a u r o n t i n a u g u r é le x x ' siècle
peinture !qui soit d i g n e d e ce nom e t q u e •ces esprits
par des œuvres nettement représentatives des goûts,
brillants ont codifiés. Quelle plus belle idée q u e cette
d e s t e n d a n c e s , et d e s i d é e s q u i le c a r a c t é r i s e r o n t entre
conception d'une peinture pure et q u i n e soit p a r consé-
t o u s . J u s q u ' e n l ' a n n é e 1910 l e s s e u l s i n i t i a t e u r s d u mou-
quent ni descriptive, ni a n e c d o t i q u e , ni psychologique,
voment, à d e s litres d i v e r s que nous étudierons p a r ail-
ni !morale, ni sentimentale, ni pédagogique, ni enfin
1
leurs, P. !Picasso, J. Metzinger et G. Braque, avaient
décorative? Je ne dis p a s que ces dernières façons de
d o n n é n a i s s a n c e a u t e r m e de « i C u l b i s m e ». Cependant,
c o m p r e n d r e la peinture soient à négliger mais on ne peut
depuis cette époque, le nombre croissant des artistes
contester, en effet, qu'elles s o n t i r r é m é d i a l b l e m e n t infé-
q u i les o n t s u i v i s et q u i ont a p p o r t é de telles contrilbu-
rieures. La peinture, en effet, 11e d o i t être q u ' u n art
tions nouvelles à la recherche de la vérité, qui ont
dérivé de l'étude des f o r m e s d a n s un but désintéressé,
déployé tant d e c o u r a g e d e v a n t les attaques inévitables
c'est-à-dire sans aucun des buts que je viens de citer.
de la critique, et qui v i e n n e n t de d é t e r m i n e r un affole-
m e n t si c o m p l e t p a r m i c e s j u g e s q u i t r a i t e r a i e n t voJoi:- Quelle p l u s noble élévation de pensée, et quel plus
tiers de r a d o t a g e les p r o p o s s u r a n n é e s d e l e u r s ancêtres f r a n c r e l u s de p l a i r e a u x b a d a u d s i g n a r e s de ces gran-
alors qu'au fond, les pauvres, pensent précisément des foires de la peinture, q u i s'abritent annuellement
c o m m e e u x , ce n o m b r e , d i s - j e , a é t é si c o n s i d é r a b l e et si dans les Halles de sinistres avenues, qu'elles ,soient
valeureux qu'il semble bien difficile aujourd'hui de d'Alexandre 111 o u d'Antin?
g r o u p e r tous ses r e p r é s e n t a n t s sous une étiquette spé-
Que dire de cette riche floraison d'idées nouvelles
ciale. La différence entre M e t z i n g e r et P i c a s s o est aussi
t o u j o u r s b a s é e s b i e n s o l i d e m e n t s u r les !meilleurs et les
nette que celle qui sépare Renoir de Cézanne, auxquels
plus p u r s préceptes d e s anciens, de leur a m o u r de cette
i l s s o n t d ' a i l l e u r s CODI p a r a b l e s p a r l e s t e m p é r a m e n t s et
science qui est un critérium de notre sensibilité mo-
c e r t a i n s d o n s . D ' a u t r e p a r t , il e x i s t e u n e telle différence
derne si r a f f i n é e , d e cette tendance à tout• b i e n peser
entre des hommes co-mme Fernand Léger et Marcel
et m e s u r e r ; à n e r i e n l a i s s e r f a i r e à cette si v a g u e et si
Duchamps, entre Picaibia et de la Fresnaye comme
ridicule inspiration, de ce désir absolu de peindre une
entre A. Gleizes et- J u a n Gris, q u e de même qu'il ne
toile a u t r e m e n t qu'en tenant le petit m o d è l e nu d'une
vient plus à l'idée de personne de traiter Cézanne et
main et e n p e n s a n t c o m b i e n on vendra le t a b l e a u , de
l'autre, ce qui, au ,fond, 11e doit pas être si facile que qui domine l'ensemble de toutes ces œuvres.
cela, que dire enfin de ces nobles efforts sinon l'enthou-
siasme qu'ils inspirent? Leurs auteurs sont, pour la !plupart, •doués d'une inted«
ligence très vive. Pourtant je suis obligé de le dire, !peut-
Oui ne sera étonné de :cette merveilleuse idée reprise être en ont-ils légèrement abusé quoique cet abus sem-
aux Primitifs et que les « Pompiers de 1a Renaissance ble assez excusable. En effet, étant à peu près tous dans
avaient oubliée, l'idée de la peinture de conception subs- une période de recherches, ils ont l'ait prévaloir l'élé-
ti tuée à celle •de la vision. 11 faut véritablement n'avoir ment intellectuel sur l'élément purement humain. Mais
été •que fort sommairement aimé des dieux, et chéri de ce ne peut être ici un reproche puisqu'ep matière de
s a mère pour ne p a s entrevoir les brillants résultats théories •la recherche n'est j a m a i s trop intense et au
que peut occasionner ce principe si curieux et si pur fond, il ne s'humaniseront peut-être que trop vite.
de la peinture des choses telles qu'on les pense et 11011
telles que croit des voir la myopie du courtier en je 11e Nous venons de voir quelques-unes de leurs opinions,
sais plus •quoi, ci-dessus présenté! examinons maintenant les œuvres en !particulier.
Le courtier en je me souviens quoi, maintenant,
Comment 11e pas louer ce r e f u s catégorique d ' e n f a n - puisqu'il place des vins à ·Radin, m a i s dont je jure cette
tillages aussi vieillots que la composition horizontale, le l'ois, de ne !plus parler, traite volontiers les « !Cubistes »
respect de la perspective, le trompe-l'œil, le raccourci d'aveugles, de bossus et insinué qu'ils 11e savent pas
et autres petits trucs dignes d'un quelconque concours peindre. Or l'homme qui sait peut-être le mieux peindre
Lépine ou •d'un théâtre du Ghâtelet. a notre upaque, est un cubiste et certainement J. Met-
zinger.
Et surtout cet amour inaltérable de la recherche api-
niâtre. P r e s q u e j a m a i s satisfaits d'eux-mêmes, et nié- L'habileté et la science dont il l'ait• preuve sont mer-
contents de leurs œuvres dès qu'elles sont faites, on veilleuses et s'il n'avait• que ces qualités, il pourrait être
sent que les auteurs de ces toiles n'attendent pas de considéré comme un des meilleurs peintres de l'époque.
terminer un tableau pour se poser de nouveaux pro- Cependant iL en montre d'autres. On aimera particuliè-
blêmes, et !qu'ils ne se délassent d'une question résolue r e m e n t la noblesse et la délicatesse du Portrait de
qu'en cherchant à en élucider une nouvelle. f e m m e qu'il expose. Ce portrait d'une tenue sévère et
académique, séduira !par sa finesse et• surtout par la
Toute nouveauté pour eux devient immédiatement sûreté de son exécution. Le charme très prenant qu'il
une occasion de la connaître, de la discuter, d'en tirer dégage atteste le raffinement de sensibilité de J. Met-
des enseignements profitables, dans le ·but de rendre zing er. Personne 11e s'étonnera de ce qu'on puisse le
leur sensibilité encore plus raffinée. Ils 11e sont certes eamjparer à Renoir dont il a la grâce, l'enjouement et
pas de ceux qui pensent qu'il 11'v a plus d'art possible plusieurs des meilleures qualités.
à notre époque, ils la vivent au contraire intimement et
montent comme ·la garde devant• elle. L'œuvre de Francis Picabia a été fort attaquée récem-
ment et spécialement, ,bien entendu, p a r ceux qui n'ont
Pu vis de •Cha vannes que l'on avait conduit un jour, pas cru devoir chercher à la •comprendre. Pour bien des
parce qu'il n'y aurait j a m a i s mis les pieds tout seul, à la critiques, c'est- une honte que de d e m a n d e r à l'auteur
fameuse Galerie des Machines, s'écria : « Oh ! mes d'expliquer sa conception de l'art. Piètre respect h u m a i n ,
enfants, •il n'y a plus d'art à /aire! Comment un peintre, et combien il vaut mieux ne pas paraître pénétrant que
un poète, pourrait-il lutter avec cela ďiniluence sociale, de risquer des sottises •dont 011 peut se repentir. VI. No-
de !puissance sur les imaginations Ahons-nous-en. zière disait Fort !bien, récemment, qu'il est imprudent
Ou'allons-nous devenir, nous artistes, devant cette de ;dire devïuit une toile : « C'est infect ou c'est idiot•! »
invasion •d'ingénieurs et de mécaniciens ? » »)11 pouvait Hélas! oui, et combien se repentent aujourd'hui d'avoir
s'attendre à tout- d'un h o m m e qui vous insinuait pareille traité de pareille sorte l'œuvre du grand Mallarmé.
enormité, m a i s •Heureusement 011 11e le fit pas.
11 reste cependant que la conception •de Picabia est
L'artiste moderne doit, au coula aire, vi vre avec son d'une •belle hardiesse et d'une grande envergure. Je ne
tpoque et savoir extraire de tout •ce qui se fait ce qu'il y puis l'exposer ici où ia place est: restreinte, mais je le
est contenu de beau, de curieux, de sensible et de p:r é- ferai plus au long quelque jour. 11 est bien évident qu'il
textes aux jeux de , l'esprit et de l'imagination. Mais éivi- est nécessaire de 1a connaître, car elle est excessivement
demment les ignorants n'ont p a s le droit de se livrer à personnelle, mais on ne peut nier qu'à n'envisager que
pareilles investigations, c'est déjà ·bien assez qu'ils n'y superficiellement• son envoi, sa peinture apparaît d é j à
pensent j a m a i s . d'une puissance rare et d'une séduction intense. Mais,
Les artistes •dont nous avons vu les œuvres, semblent je le répète, il est toujours nécessaire de se renseigner
très soigneusement et devant les recherches rigoureuse-
pour la ·plupart r e m a r q u a b l e m e n t cultivés. Nulle bran-
ment personnelles il est hon de ne pas juger à la
che de l'activité intellectuelle ne les laisse indifférents
légère. Nous n'avons j a m a i s compris Mallarmé à la
et ils sont, de plus de grands travailleurs, ce qui leur
première lecture, •et ceux qui ont raillé l'œuvre de
rend très ,familier les problèmes les plus difficiles.
Picabia, se moqueraient m ê m e m e n t de l'Iphigénie de
!C'est ici qu'il y a 1i e u de rappeler la qualité maîtresse Racine, si on ne leur avait appris auparavant ce dont il
s'agissait. Marcel Duchamp est encore un des artistes du groupe
que l'on accusa ·de ne savoir •pas peindre pour la raison
Conjointement à ce fougueux portrait de femme, qui, expresse qu'il est un de ceux qui s'en acquittent le mieux.
fait très rare, est en m ê m e temps très puissant et très so- Le roi cl la reine, œuvre qu'il expose cette année et qui
bre. Fernand Léger expose ici plusieurs paysages exces- semble beaucoup plus lisible et moins touffue que le
sivement·dignes d'intérêt. Léger qui dit: un jour: « n'ou- Nu descendant l'escalier est des plus particulièrement
blions pas les impressionnistes », a sagement combiné riche en trouvailles heureuses. Marcel Duchamp allie la
ici les préceptes de ·ces maîtres avec les exigences mo- délicatesse de Metzinger à la rareté de sensibilité de Pi-
dernes. C'est d a n s ces paysages que l'on remarquera cabia. Il est d'une ha/bileté remarquable et si l'on relève
comment le charme un p e u perverti de la vision sen- encore un peu d'incohérence dans son envoi, c'est
suelle a été tempéré p a r la rigueur des principes de qu'excessivement j e u n e il se laisse peut-être un peu
l'Ecole. Et de plus Léger semble un des artistes les plus aller à son tempérament qui est charmant, certes, mais
méritants du groupe, pour ce fait que, doué d'une imagi- qui a !besoin d'un peu de puissance qu'il gagnera şans
nation tumultueuse et d'un tempérament violent, il est doute en simplifiant et en condensant les données de
forcé de ·la restreindre le plus possible pour les contre- la sensibilité.
balancer par la précision et la raison. De même que J.
Metzinger il est de p l u s d'une habileté rare et son art est Une des révélations de cette Exposition sera certaine-
d'un !distinction qui séduira beaucoup. m e n t l'envoi de Louis Murcoussis. D'une habileté
curieuse et d'une sensibilité c h a r m a n t e , Marcoussis a
Albert Gleizes. expose plusieurs toiles parmi lesquelles
composé plusieurs aquarelles où l'on compte plusieurs
la plus grande attirera spécialement l'attention. A. Glei- trouvailles personnelles d é j à très distinctes. Ses eaux-
zes a, depuis quelque temps, progressé d'une ,façon sur- fortes sont d'une adresse et d'un métier saisissant et son
prenante. Très doué au point •de vue pictural, il se lais- portrait de Guillaume Apollinaire d'une délicatesse,
sait jadis aller à •quelques négligences. A u j o u r d ' h u i il a une ingéniosité charmante. Nul doute que lorsqu'il se
s'est ressaisi considérablement. Sa grande toile accuse sera suffisamment dégagé de l'influence de Juan Gris,
une tendance au classicisme très nette, elle est même il ne nous •montre de très subtiles impressions.
peut-être un peu « musée », m a i s la vigueur de dessin et
la richesse de coloris comme l'originalité des trouvailles Pierre Dumont est un coloriste ardent qui ne s'est pas
en pallient la froideur apparente. Cette œuvre m o n t r e ·de encore assez délivré de l'influence impressionniste. Il se
plus combien il est faux d'assurer que le cubisme ne tie à ,ses dons qui sont importants, mais il ne les mesure
procure pas de plaisir aux regards, car si elle n'est pas peut-être p a s assez. Le travail sérieux auquel il se livre
tout à fait de la peinture pure, elle charme délicieuse- assurera certainement un équilibre plus p a r f a i t d a n s
ment les yeux. ses œuvres, et quand il « raisonnera » un peu plus ses
intentions, et qu'il se ;montrera un peu moins « peintre »
Juan Gris a fait ici un effort considérable. Il est cer-
elles gagneront une simplicité et une unité dont sa
tainement le plus farouche des puristes du groupe. Pour
grande Nature morte, quoique fort intéressante, m a n q u e
bien marquer que l'unique étude des formes est sa seule
peut-être un p e u .
préoccupation, il numérote ses tableaux au lieu de leur
donner un titre. La toile qui représente une table de Marchand qui n'a pu faire ici que quelques envois,
toilette garnie ·de ses ustensiles attirera l'attention. Pour fait preuve d'une imagination fiévreuse un peu tour-
bien indiquer que d a n s sa conception de la peinture mentée. Connaissant fort bien le métier de peindre, il
pure il existe des ·objets absolument antipicturaux, il en albuse peut-être un peu au détriment de sa concep-
n'a pas hésité à en coller plusieurs véritables sur la tion de d'art qui n'apparaît p a s clairement et de s a m é -
toile. ·Les ·surfaces planes ne peuvent, en effet, être thode qui semble encore assez peu nette. Lui aussi ne
peintes,puisqu'elles ne sont pas des corps; si 011 le fait s'est p a s encore libéré de l'influence impressionniste,
nous retombons dans l'imitation ou dans la recherche mais on ne peut guère la lui reprocher car elle dispa-
de l'habileté !qui spécialise les peintres d'enseignes. Si raîtra.
je conçois un flacon et que je veuille le traduire tel quel,
l'étiquette qui le couvre ne ·m'apparaît que comme un Enfin, Henry Valensi complète, de façon curieuse, cet
accessoire négligeable que je pourrais omettre, car il important groupement. Il est un exemple d'artiste q u i
n'est qu'une image. Cependant si je tiens à la f a i r e déconcerté p a r l'insuffisance des formules anciennes,
figurer, je pourrais la copier exactement, mais c'est un cherche résolument un chemin dans une direction nou-
travail inutile, aussi bien je pose la véritable étiquette velle. Il attache peut-être encore un peu trop d'impor-
sur le tableau après l'avoir cependant découpée suivant tence au s u j e t et m ê m e il p a r a î t donner un peu dans
la !forme que jAai donnée au flacon, ce qui constituera le l'observation superficielle chère aux futuristes, m a i s
point délicat le plus important de l'idée et qui en déter- aux qualités que l'on !rencontre dans ısa peinture on
minera le charme. J u a n !Gris a appliqué le même prin- sent qu'il n e p e u t tarder à trouver la manière propre
cipe à la glace qu'il a posé sur sa toile. Ce fait a amené qui :convient à sa conception encore un peu mal définie.
bien !des discussions, ·mais 011 peut dire qu'il ne nuit
Le sculpteur A. Agero a envoyé entre autres œuvres
en rien à l'œuvre et qu'il dénote l'originalité curieuse
un bas-relief en !bois représentant une séance de boxe.
de l'imagination de J u a n Gris.
C'est probablement là la meilleure de ses œuvres. Il y a
montré une puissance et surtout une sûreté à laquelle mouvement dans l'atmosphère. La tonalité s'affirme non
il n'avait pas encore atteint. Peut-être y trouvera-t-on plus, p a r les rapports simples de tierce et de quinte,
un peu de monotonie dans 'la répétition de la •même mais par un subtil amalgame de toutes les subdivisions
forme des figures des spectateurs et que la conception du son fondamental, dont notre oreille suit à peine la
des gestes des boxeurs n'est pas tout à fait pure et logique tonale.
immaculée, comme il dit, mais l'œuvre est d'une nou-
veauté saisissante !et plaira beaucoup. Enfin, parmi plu- L'idée musicale n'est !plus un discours abstrait, me-
sieurs œuvres très gracieuses, on remarquera un Buste suré, coupé de périodes !bien définies; une ligne dont 011
d ' h o m m e beaucoup plus fin et plus p u i s s a n t que le suit le dessin précis, mais une suite d'embryons de li-
modèle vivant qui lui a servi. gr.es dépendantes du travail harmonique, et que l'on
discerne peu d a n s l'ensemble des subtiles combinaisons
Voilà certes ,ceux des exposants qui semblent le plus
et des dissonances. L'impression esthétique que nous en
désignés pour faire partie des artistes que tenaille 'la
recherche de la nouveauté. Que ceux qui ne compren- avons, est moins le résultat de la logique suivie de
nent ou ne veulent p a s comprendre s'abstiennent dt l'idée, que le plaisir tout sensoriel de :cet enchevêtre-
regarder leurs œuvres,· qu'ils adorent la peinture des ment de vibrations sonores: moins une « ordonnance »
anciens, nous ne les empêcherons pas et nous ferons que la rechercha d'harmonies rares, dont ·la valeur !d'ex-
comme eux. Mais qu'il nous soit permis de penser pression ·ne dépend point d'une idée mélodique direc-
comme le peuple que l'on ne vit p a s avec les morts; trice, mais de leurs rapports réciproques, de leur rela-
qu'avec d'autres temps viennent d'autres mœurs, que tivité.
notre sensibilité •moderne est différente de l'ancienne, et
En résumé, nous constatons un enrichissement pro-
que nous ne pouvons donc pas communier ni goûter
digieux de la « matière » musicale, l'épanouissement de
pleinement, non seulement les œuvres des anciens mais
aussi celles du siècle précédent. Et puis •comme notre toutes les ressources naturelles de l a musique, mais...
France a toujours été le pays des hardiesses les plus la ,musique elle-même a-t-elle profité de ces nouvelles
fécondes, m ê m e si on ne peut comprendre celles des richesses?
artistes que nous présentons, i-Γ est un peu mesquin de Nous nous en rapportons aux œuvres pour nous faire
ne s'y pas intéresser et par-dessus tout profondément une opinion sur ce , sujet, et sommes amenés à constater
ridicule d'en rire avec l'ironie de l'imbécile et lâche la faiblesse générale, à quelques exceptions près, des
scepticisme. productions résultant de ces tendances; leur inconsis-
Maurice RAYNAL.
tance, leur m a n q u e de profondeur, qui, d'ailleurs, nous
apparaît nettement aussi dans les recherches impres-
sionnistes de la peinture.
La preuve en est aussi dans ! , impossibilité de la
IMPRESSIONISMS MUSICAL musique actuelle à vivre d'elle-même, sans un canevas
littéraire quelconque. Au contraire de la peinture
actuelle qui tend vers une liberté d'expression de plus
La musique traverse actuellement une période assez en plus grande, la musique, malgré la richesse nouvelle
semblable à ce qu'a été au dernier siècle l'impression- de son « matériel », ne se suffit plus à elle-même, et
nişime pour la peinture. les œuvres p o u r exister doivent s'étayer sur un pro-
g r a m m e dont elles prétendent faire la description
C'est au !nom des lois naturelles de la vibration sonore
exacte.
qu'elle s'échappe de la scbolastique et de la rhétorique
musicale, et réagit contre l'arbitraire des codes d'har- La m u s i q u e devient ainsi une sorte d'imagerie sonore.
monie et des lois •de composition. Gomment ne point comprendre la puérilité de cette
Ainsi en peinture les lois de la vibration lumineuse recherche, et que p l a q u e r des harmonies si nouvelles,
ont été le point de d é p a r t des théories impressionnistes; si subtiles soient-elles, sur une •carcasse littéraire, sans
et d a n s les deux cas ces théories aboutissent plus à une architecture propre, n'est point faire de la musique?...
recherche, de réalité objective qu'à un effort de création. Gomment ne point conclure, (forts aussi de l'exemple
Les impressionnistes et néo-impressionnistes ont que nous a donné l'impressionnisme en peinture), à
tenté de donner sur une toile l'illusion de l'atmosphère, l'impossibilité d'un grand essor de la musique actuelle.
de la lumière vibrante, .par l'emploi des complémentai- Et alors que nous importe d'être sortis des codes har-
res et la division des tons. moniques, des formules, des moules anciens, si ce n'est
T r è s semblable à ce système est l'adjonction à l'ac- que pour arriver à un asservissement plus grand de la
cord p a r f a i t des h a r m o n i q u e s éloignées de la f o n d a m e n - musique elle-même, à d'autres procédés, qui risquent
taie, accord qu'on trouve a b o n d a m m e n t dans toutes les d'entraver, plus encore son développement?
œuvres !modernes et qui donne •l'illusion des sons en G. BUFFET.
Ä a n pauiire écœuré écrit, de très bonne foi, ce qu'on vous souffle et... çà y
est, on a dit une bêtise.
Après ça vous savez, Monsieur Lampu é, on a b e a u
être du Midi, le résultat est le même que si l'on « n'était•
Donc, encore une fois, M. Lampué s'indigne. L'indi- né qu'à Montmartre!!! »
gnation c'est la fonction artistique de ce digne conseil- Enfin, espérons que votre épître a u r a eu de b o n s
1er municipal. effets sur son destinataire. S'il est neurasthénique ça
A époques fixes il éprouve le besoin de se payer un l'aura déridé p o u r un !moment.
petit écœurement. Pour s'offrir cet agrément pas cher, Pierre REVERSY.
il attend qu'une exposition de peinture s'ouvre. Il y va
faire un tour et... crac, le petit, écœurement lui vient.
Et régulièrement, en sortant de cette exposition où il
suffoque d'indignation, il court vivement chez lui, prend La Revue de la Presse et des Livres
sa plus belle p l u m e et écrit au Ministre!! !
On ne lui répond pas, qu'importe!
11 recommence à l'occasion prochaine. Je ne résiste pas au plaisir de citer au début de cet
article ces quelques lignes sur les cubistes parues au
Et celte fois, M. Lampué compte sur l'esprit de soli-
Paris-Midi et à l'Action, sous la signature de notre
darité regionaliste pour que sa requête porte ses fruits.
confrère André Tudesq. Après avoir dit ce que furent,
Et il a bien raison, n'est-ce pas, de requérir contre les avant de se donner cœur et vie au cubisme, MM. Met-
malfaiteurs de l'art, les peines les plus sévères. zinger, Gleizes, Léger, Le Fauconnier, Marcoussis, Pica-
Que signifient, s'il vous plaît, ces œuvres d'art aux. bia, J u a n Gris, M. Tudesq écrit :
quelles on ne comprend rien? Qui n'ont plus rien de « ... Ils vendaient sans peine leurs toiles et leurs des-
commun avec l'émotion artistique que peut nous don- sins; — comme le déclare le populaire, ils étaient l a n -
ner une photographie? ces. Or, a y a n t juigé que le h a u t destin de l'artiste n'est
Et que deviendra-l-elle donc la photographie si cela ni de suivre, ni de se contenter des vaines glorioles et
continue? Diou Bibant! il esl temps d'arrêter un pareil des profits immédiats, ils ont rompu avec leur passé.
vandalisme, Monsieur le Ministre! Dans leurs .cartons ils ont, non sans tristesse, croyez-le,
11 paraît, cher Monsieur Lampué, que la photographie e n f e r m é secrètement ce qui f u t un moment leur rêve.
vous est chère. Eh b i e n ! mais nous ne voulons pas Et ils sont allés d'un cœur résolu au devant des sarcas-
empiéter sur son domaine, nous lui laissons sa place, mes et des colères. Le !plus âgé d'entre eux n'a p a s
nous la lui faisons même plus· belle puisque certains trente-cinq ans. A l'exception d'un seul, tous sont paw-
d'entre nous reconnaissent qu'elle remplacera avanta- vres; et ils n'ont p o u r vivre que leur art.
geusement certaines productions picturales autrefois en « Maintenant, si vous vous en sentez encore le cou-
honneur. rage, riez. »
Certes, nous savons bien que les productions cubistes Je m'en voudrais d'atténuer d'un commentaire cette
n'ont !pas encore la saveur de cette fameuse phoiogra- fin d'article.
phie !même q u a n d elle se m a n i f e s t e en sujets pornogra- D'une f a ç o n générale si les cubistes se plaignent de
phiques. Mais nous ne concourons pas vers le même la Presse à leur égard, c'est qu'ils sont difficiles: Oui,
but, Et si la pholographie vous est• chère nous vous en je sais, il y a M. Metzinger; m a i s on ne prête qu'aux
laisserons jouir en paix. riches assure la foule. M. Metzinger p a r d o n n e r a à
Mais à votre tour laissez donc là les expositions de M. Vauxcelles de lui avoir beaucoup prêté, c o m m e
peinture dont l'atmosphère est !pour vous délétère. Ça M. Vauxcelles regrettera un jour les lignes injustes
vous évitera toutes ces grosses colères qui peuvent jouer qu'il écrivit sur « X... jouvenceau à qui je ne veux pas
de m a u v a i s tours aux personnes qui y sont sujettes. faire de réclame. »
Voyez-A ous, q u a n d on est en colère on ne fait rien de Enfin, MM. Metzinger, Gleizes et Picabia souriront
bien. Et puis il f a u t se méfier des amis qui soufflent. Ou sans doute d ' a p p r e n d r e avec quelle désinvolture le
ils .sont asthmatiques, ce qui est m a l h e u r e u x pour eux, Petit Caporal du Cubisme est traité dans un écho. On
ou bien ce sont des espiègles qui vous soufflent des l'appelle Fricasso, et ce n'est peut-être pas une coquille.
bourdes comme !se charge de le faire, au lycée, le
Avant le salon d'automne de 19Ί2, les cubistes, — il
camarade obligeant qui vous souffle la leçon.
f a u t leur laisser cette dénomination grotesque puisqu'ils
On est furieux, troublé, on perd la tête, on dit ou on l'ont acceptée p o u r ne pas paraître la redouter — ont
été généralement considérés p a r la Presse, comme d'hi- dont on assure que ses toiles de la Section d O r seront
larants fantaisistes, se complaisant à mystifier la foule fort belles.
dans des élucubrations incompréhensibles. Nos confrè- Enfin, nous ne saurions oublier les articles attendus
res riaient, attendant qu'on !mit un terme à ces pérégri- et remarqués !de M. Guillaume Apollinaire dans 1 '/τι-
nations burlesques dans le domaine de l'Art. transigeant, et dans d'autres revues où le vaillant cri-
Aujourd'hui, M. Ernest la Jeunesse se contente de tique mène le bon combat.
dire à Guillaume Apollinaire que « ça ne lui plaît pas »,
«•*
d'autres hésitent, quelques-uns, comme M. Gabriel
Mourey et M. Vauxcelles ricanent ou tempêtent, et Sont annoncés comme devant paraître incessamment
enfin ce cher M. Lampué qui porte, avec un nom bien sur le cuíbisme ou les cubistes, plusieurs ouvrages de
fait pour être conspué, un b à t municipal, crie officiel- nos charmants confrères: MM. Guillaume Apollinaire,
lement au saccage. J'oubliais notre grave confrère, André Salmon, Olivier-Hourcäde, Jean Metainger et
M. Georges Lecomte qui donna sa démission de mem- Gleizes. M. Maurice Raynal réunira également dans un
bre d'honneur d u Salon d'automne. Décidément les eu- volume ses conférences et articles.
.stes ne se contentent plus d'être « ces sacrés petits
A ce suijet, qu'il !me soit permis de regretter qu'aucun
fumistes de cubistes » comme l'écrit, condescendant et
éditeur n'ait eu l'idée de faire paraître un ouvrage sur
familier, M . Vauxcelles. Ces « sacrés pe'its! » n'est-ce
Je cubisme à l'occasion du vernissage du salon d'Au-
pas que voira d é j à un peu de sympathie!
tomne et de la Section d'Or. Cette édition eut satisfait
En attendant les jours ,meilleurs où ils verront le sou- de fort nombreuses demandes. Ce n'est pas seulement
rire de ,M. VauxceUes rayonner sur leurs expositions une ·maladresse commerciale de ne p a s l'aivoir fait, c'est
futures, les cubistes se consoleront de savoir que, dans une négligence artistique déplorable.
la maison même de M. Vauxcelles, des doigts amis très-
Marc BRÉSIL.
sent ·habilement une guirlande discrète au cubisme.
Souhaitons de lire souvent encore les échos aimables
de MM. Salmon et Raynal et esipérons ·que Gil Blas
ouvrira encore ses colonnes à des artistes comme celui
Sont actuellement, sous presse ou vont paraître
qu'écrivit M . Raynal: Conception et vision, que nous
n'avons pas oublié. incessament chez Figuière dans la collection
Mais il n'y a pas que cet exquis Gil Blas, et ce pudi- Tous les Arts et sous la direction de Guillaume
bond Journal; il y a Paris-Journal où parurent de nom-
breux échos et jusqu'à un article de M. Kahn sur Appollinaire.
Gleizes. C'est dans le Paris-Journal que M. Olivier
Hourcade a publié une sagace étude du ·Salon d'au- Méditations esthétiques : Guillaume Apollinaire
tomne. M. Olivier Hourcade concluait : « Certes, si vous Puvis de Chavannes. - Maurice Raynal.
ne voulez p a s juger ces peintres d'après leurs théories
mais d'après les vôtres, je 11e prétendrai jamais vous Manet - Marc Brésil
les faire aimer. » Sarah Bernhardt - Fernand Divoire
Avec Paris-Journal nous devons citer Comœdia et de
savoureux articles d'André W a r n o d ; le Temps, le grave
U sera r ndu c o m p t e de tous les o u v r a g e s et r e v u e s qui nous seront
et sentencieux Temps, qui a donné à ses lecteurs, après
un article pondéré de M. Thiébaut-Sisson, des formules envo> èe.

heureusement conciliantes. Nous 11e devons pas oublier


Paris-Midi où nous devrons à M. Tudesq de trouver dé-
sor,mais des échos et informations sur le cubisme. C'est
là que M. René Dupuy traita, fort spirituellement, de
la peinture logarithmique.
Le Gérant : Pierre D u m o n t .
Dans la Cote, M. Roger Allard a écrit une vigoureuse
et mordante étude qui fut aussi une belle défense de
de M. Le Fauconnier. Mais il faut regretter sa sévérité,
— je dirais •même son injustice - à l'égard d'un peintre
qui vaut beaucoup mieux que ce •qu'en écrit M. Roger
Allard. Il faut souhaiter qu'à la Section d'Or, M. ·Roger Imp. Cl er ex et Racouchot, 30, r. F r a n c œ u r , P a r i s 18*.
Allard se réconcilie avec l'art indéniable de ·cet artiste,
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