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Ecole Nationale Polytechnique

Génie Electrique
Laboratoire de Recherche en Electrotechnique

TRANSFORMATEURS
MONOPHASES
COURS

Pr. Rachid Ibtiouen


Transformateurs Monophasés 1

I. TRANSFORMATEURS
MONOPHASES
Un transformateur est une machine électrique statique à courant alternatif (sans partie
mobile, donc sans pertes mécaniques) qui comporte un circuit ferromagnétique unique
et fermé. Sur les noyaux sont enroulées des bobines concentriques, donc fortement
couplées, sans liaisons électriques entre elles.

Le transformateur permet de transmettre de façon électromagnétique, à fréquence


fixe, la puissance électrique d'un circuit dit primaire, côté récepteur indicé (1) à un
circuit secondaire, côté générateur indicé (2).

Généralement, il y a modification des ordres de grandeurs de la tension et du courant,


mais la puissance est aux pertes près conservée. Souvent, on considère que le primaire
est relié à un réseau (source) de fréquence f fixée sous une tension V1 constante.
Suivant l'amplitude de V1 par rapport à V2, la tension au secondaire, on obtient les
trois types de transformateurs suivants:
• Transformateur abaisseur dans le cas où V1 > V2.

• Transformateur élévateur dans le cas où V1 < V2.

• Transformateur d'isolement V1 = V2.


On considère généralement que les tensions V et les courants I sont à variations
sinusoïdales ce qui permet d'utiliser la notation complexe et la représentation de
Fresnel.
Le rôle d'un transformateur est de modifier l'ordre de grandeur des tensions
alternatives avec un rendement élevé. Ce rendement est d'autant plus important que la
puissance du transformateur est élevée ( il peut atteindre 99% dans le cas des
transformateurs de fortes puissances).

L'intérêt du transformateur, sur le plan Electrotechnique, se retrouve au niveau du


transport de l'énergie électrique qui ne peut s'effectuer avantageusement que sous
haute tension car sous basse tension il est pratiquement impossible de transporter cette
énergie à grande distance sans chute de tension notable. Suivant le choix adopté, les
pertes par effet Joule en ligne seraient importantes ou la section des conducteurs de
lignes serait trop grande et technologiquement impossible à réaliser (pour nous en
convaincre prenons par exemple une puissance de 12 MW (12.106 W) à transporter, en
monophasé, sur 100 km en nous imposant dans un premier cas une tension à l'arrivée
de 220 V, dans un second cas toujours pour une tension à l'arrivée de 220 V mais en
imposant une chute de tension de 5% puis dans un troisième cas en considérant une
tension à l'arrivée de 220 kV (prendre une densité de 5A/mm2 pour les conducteurs de
ligne)). Il est également aisé de montrer, que pour des pertes en lignes fixées, la
section des conducteurs de ligne comme leur masse et donc leur coût sont inversement
proportionnels au carré de la tension qu'il faut élever le plus possible pour le transport
de l'énergie électrique.

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 2

L'énergie électrique est produite sous des tensions comprises entre 15kV et 25 kV. Elle
est transportée en haute tension (HT) (généralement 200 kV et plus dans des pays
comme les USA, le Canada, la Russie, la France etc.). Cette énergie électrique est
utilisée en moyenne tension (MT) (6,3 kV à 10 kV) et en basse tension (BT) pour les
usages domestiques (110/127/220/380 V). Au niveau de toutes ces étapes,
interviennent les transformateurs (Fig. 1).
MT

Centrale (a)
de production Transformateur
d'énergie électrique élévateur
Transformateurs
HT abaisseurs
Energie mécanique
Transport Usines
MT
MT
Centrale (b)
Transformateurs
abaisseurs
Agglomérations
BT
Centrale (c)
BT
BT
Fig. 1

Dans la vie courante, les transformateurs monophasés sont assez utilisés. On les
retrouve dans la plupart des appareils domestiques (postes audio, postes audio-vidéo,
alimentation stabilisée, transformateurs pour soudure à l'arc, transformateurs de
mesure, fours à induction etc.). Ils peuvent servir, sous leur aspect abaisseur de tension
ou élévateur (THT des appareils TV…). Ils peuvent être incorporés dans un
appareillage électrique en tant qu'abaisseur de tension en assurant une double sécurité
qui consiste à éliminer les risques d'électrocution pour le manipulateur par contact des
bornes de sortie et à empêcher tout retour de courant par la terre. On utilise souvent
des transformateurs dit d'isolement qui ont pour caractéristique principale une
égalité des amplitudes des tensions primaire et secondaire (V1 = V2) (Fig. 2).

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 3

Transformateur
Ph
V V PAS DE DANGER
1 2

n
. .

DANGER

. .

Sol
Sol
Fig. 2 Isolation galvanique
I. 1 CONSTITUTION D'UN TRANSFORMATEUR MONOPHASE

Sous sa forme la plus simple, un transformateur monophasé, qui est une machine
d'induction, est constitué d'un circuit ferromagnétique fermé et d'au moins deux
bobinages électriques concentriques isolés entre eux et enroulés autour de noyaux. Les
deux bobinages statiques sont couplés entre eux par le flux mutuel commun entretenu
à travers le circuit magnétique. Comme matériaux, on utilise des tôles
ferromagnétiques laminées, de faibles épaisseurs ( 0, 30 à 0, 50 mm), enchevêtrées et
isolées les unes des autres. Le transformateur monophasé est utilisé plus
particulièrement pour modifier l'amplitude des tensions à fréquence donnée. L'absence
de partie en mouvement mécanique a pour effet de supprimer les pertes d'origine
mécanique et par conséquent d'augmenter le rendement. En effet, le transformateur est
la machine électromagnétique dont le rendement est le plus élevé.

Comme le montre la Fig. 3, l'enroulement (bobinage) connecté à la source


d'alimentation est appelé enroulement primaire ou tout simplement primaire. Une
partie du courant traversant le primaire (partie réactive, voir le cours sur la bobine à
noyau de fer) sert à entretenir le flux Φ à travers le circuit magnétique. Le flux Φ
embrasse l'enroulement connecté à la charge. Ce dernier enroulement (bobinage) est
appelé enroulement secondaire ou tout simplement. Le flux commun Φ (variable)
induit une tension secondaire V2 au niveau du secondaire par induction
électromagnétique en accord avec la loi de Lenz-Faraday. Ainsi, le primaire est
alimenté à partir de la source par une tension V1 c'est le côté récepteur tandis que le
secondaire alimente à partir de la tension induite V2 une charge, c'est le côté
générateur.

Avant d'étudier avec plus de détails le principe de fonctionnement d'un transformateur


monophasé, abordons brièvement ses aspects constructifs.

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 4

Primaire Secondaire
I I
1 2
N N V
1 2 2
Source V spires spires
1
~ Charge

Circuit magnétique constitué de tôles ferromagnétiques laminées

Fig. 3

Le rôle essentiel du circuit magnétique, comme nous l'avons vu, est de canaliser le flux
d'induction en présentant un minimum de pertes fer (pertes par hystérésis et pertes par
courant de Foucault). Les tôles comportent généralement 3% de Silicium ( réduction
des pertes fer et plus particulièrement les pertes par hystérésis) et 97% de Fer. Un
pourcentage plus important de Silicium aura pour effet de fragiliser sur le plan
mécanique ces tôles. On utilise aussi des tôles à grains orientés. Il y a deux types de
réalisation pratique de base de circuits ferromagnétiques pour les transformateurs
monophasés:

1. Une réalisation en colonnes (deux)

Ces deux colonnes sont formées par un empilage de tôles en deux couches décalées
(Fig. 4). Les bobines, concentriques, sont frettées et les culasses supérieures et
inférieures sont serrées par des tiges filetées régulièrement réparties et isolées du
circuit magnétique. Si le transformateur est de puissance importante, le
refroidissement peut être réalisé en utilisant un bain d'huile comme on peut aménager
des canaux de refroidissement. Le côté basse tension (BT) est près du fer alors que le
côté haute tension (HT) est bobiné à l'extérieur, ce qui est préférable du point de vue
isolation électrique. Du point de vue électromagnétique proprement dit, il n'y a pas de
différence à ce que le côté HT soit bobiné directement sur le noyau.

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 5

Tôles

Couche 1 Couche 2

Enroulement
BT
Enroulement
HT

Fig. 4 Transformateur monophasé à deux colonnes

2. Une réalisation sous forme cuirassée (Fig. 5)

Dans ce cas, les enroulements, primaires et secondaires concentriques (pour un


meilleur couplage), sont disposés sur une colonne centrale et le flux se referme par
chacune des deux colonnes qui forment la cuirasse. Suivant les dimensions du circuit
magnétique, dans le sens croissant, la forme des tôles peut être en E, en U, en L ou en
I. L'assemblage de ces tôles est effectué en croisant toujours les joints. Ces derniers
sont constitués de matériaux magnétiques afin de réduire au maximum l'entrefer dans
le circuit magnétique et d'obtenir la réluctance minimale du circuit.

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 6

Couche 1 Couche 2

Enroulement
Enroulement HT
BT
Noyau

Fig. 5 Transformateur monophasé à circuit magnétique cuirassé

En ce qui concerne la section des colonnes, suivant la puissance du transformateur,


elles peuvent être carrées pour les faibles puissances, à un ou à deux ou carrément
circulaires pour les transformateurs de fortes puissances pour cause de résistance aux
efforts électrodynamiques entre spires en cas de court-circuit et pour des facilités de
réalisation.
On réalise des gradins pour une meilleure utilisation du fer en se rapprochant de
la section circulaire (Fig. 6).
Bobines

Tôles Tôles Tôles Tôles

Section Section Section Section


Circulaire carrée à 1 gradin à 2 gradins

Fig. 6 Différentes formes de sections des colonnes

Pour chaque forme de section, le coût n'est pas le même (dimensions des tôles,
usinage, nombre de joints ...). Quand les dimensions du transformateur deviennent
importantes, il y a lieu de chercher à minimiser la longueur du cuivre pour les bobines.
Les conducteurs de celles-ci sont imprégnés et bien fixés et serrés car dans le cas
contraire il en résultera du bruit du aux forces magnétiques entre conducteurs en
parallèle traversés par un courant alternatif.

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Transformateurs Monophasés 7

En dehors des transformateurs pour l'isolation galvanique, le nombre de spires N1 du


primaire est différent du nombre de spires au secondaire N2. L'enroulement qui
comporte le plus de spires est appelé enroulement "haute tension". Le fil constituant le
bobinage est plus fin (de diamètre plus réduit) que celui de l'enroulement "basse
tension". Les enroulements primaire et secondaire sont répartis sur tous les noyaux. Ils
sont soit concentriques (Fig. 5) soit en galettes alternées (Fig. 7).
Théoriquement, le transformateur peut fonctionner en abaisseur ou en élévateur à la
condition de respecter la tension du primaire. Cependant, du fait de la chute de tension,
le mode de fonctionnement est déterminé lors de sa construction en usine (à titre
d'information, il y a une usine de fabrication, entre autres des transformateurs, en
Algérie et qui est située à Fréha à une trentaine de km à l'Est de Tizi-ouzou). Les
enroulements en galettes sont utilisés pour les hautes tensions et les très hautes
tensions.

Galettes BT

Galettes HT

Fig. 7 Enroulement en galettes alternées. L'empilage est terminé par des galettes BT plus faciles
à isoler du circuit magnétique. Les galettes sont montées en série les unes avec les autres.

I. 2 REPRESENTATION SCHEMATIQUE DU TRANSFORMATEUR


MONOPHASE (Fig. 8)

Les transformateurs se définissent essentiellement par les valeurs suivantes:


1. Tension primaire en V ou en kV.
2. Tension secondaire en V ou en kV.
3. Puissance apparente en VA ou en kVA.
4. Fréquence de fonctionnement (qui est généralement de 50Hz).
Sur la plaque signalétique d'un transformateur (qui est l'équivalent de sa pièce
d'identité), on peut encore trouver en dehors des indications liées au constructeur et au
numéro de série, la chute de tension à pleine charge, la classe de température, les
courants primaire et secondaire etc.

Transformateur monophasé
Transformateur monophasé à deux enroulements à deux enroulements avec indicateur
de polarité des tensions instantanées

Représentation unifilaire

Fig. 8

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Transformateurs Monophasés 8

I. 3 TRANSFORMATEUR MONOPHASE PARFAIT

Si le transformateur est considéré parfait (ce n'est pas le cas dans la pratique), il ne
présente donc pas de flux de fuite (circuit magnétique parfait de perméabilité très
importante), pas de pertes par effet Joule (les résistances des enroulements sont
supposées nulles) et pas de pertes fer.

Si le transformateur parfait existait:

• Le courant i1(t) appelé au primaire (Fig. 9) serait donc nul à chaque instant t
dans le cas où le transformateur ne débiterait aucun courant i2(t) au secondaire
(c'est dire lorsque le courant de charge i2(t) est nul (en termes Electrotechnique,
c'est le fonctionnement à vide).

• La valeur efficace de la tension au secondaire en charge V2 serait constante quel


que soit I2 compris entre 0 A et le courant I2 nominal, et égale à la tension du
secondaire à vide (I2 =0).

Les deux équations de tensions au primaire et au secondaire (Fig. 9), dans le cas d'un
transformateur monophasé parfait sont les suivantes:

v1(t) + e1(t) = 0

e2(t) - v2(t) = 0

En considérant la convention récepteur au primaire indicé (1) et la convention


générateur pour le secondaire indicé (2), on obtient:

v1(t) = - e1(t) = N1dΦ(t)/dt (I. 1)

v2(t) = e2(t) = -N2dΦ(t)/dt (I. 2)

Le flux Φ(t) soit variable en fonction du temps et avec :


dΦ( t )
≠ 0 , on effectue le rapport des expressions (I. 1) et (I. 2); soit:
dt
v2 N (I. 3)
= − 2 = −m
v1 N1
A chaque instant, les tensions primaire et secondaire sont en opposition de phase et
proportionnelles aux nombres de spires.
En régime alternatif sinusoïdal, avec d/dt = jω, l'expression (I. 3) devient:

V2 N
= − 2 = −m
V1 N1

m représente le rapport de transformation choisi ici tel que:

m = N2/N1 (I. 4)

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Transformateurs Monophasés 9

Sachant que la puissance instantanée est conservée au secondaire et au primaire, on:

v1i1 = v2i2 (I. 5)

En utilisant les expressions (I. 5) et (I. 2), on obtient:

i2/i1 = - 1/m (I. 6)

Cette dernière expression peut être déduite en écrivant l'expression de la f.m.m. (avec
la convention récepteur au primaire) tel que:

N1i1 + N2i2 = RΦ = 0 (I. 7)

étant donné que dans le cas du transformateur parfait, la perméabilité du circuit


magnétique est très grande et la réluctance est négligeable (R = l/µS).

i i
1 2
e
1 e v
N 2 2
v 1 N
1 2

Φ
Fig. 9

Le transformateur parfait apparaît ainsi comme un quadripôle (Fig. 10):


i
i 2
1

v v
1 2

Fig. 10

En utilisant les expressions (I. 3) et (I. 6), nous obtenons la matrice de transfert (T) du
transformateur parfait:
⎡ 1 ⎤
⎛i 2 ⎞ ⎢− 0⎥ ⎛ i 1 ⎞
⎜ ⎟=⎢ m ⎥.⎜ v ⎟ (I. 8)
⎝v2 ⎠ ⎢ ⎥ ⎝ 1⎠
⎣ 0 -m ⎦
soit:
⎡ 1 ⎤
⎢− 0⎥
T=⎢ m ⎥
⎢⎣0 -m ⎥⎦
La matrice G est telle que:
⎛ i 1 ⎞ ⎡0 -m ⎤ ⎛ v 1 ⎞
⎜ ⎟=⎢ ⎥.⎜ ⎟ (I. 9)
⎝ v 2 ⎠ ⎣− m 0⎦ ⎝ i 2 ⎠

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Transformateurs Monophasés 10

soit:

⎡0 -m ⎤
G =⎢ ⎥
⎣− m 0⎦
-
Considérant la tension V1 sinusoïdale et Z2 comme étant l'impédance (complexe) de
charge branchée au secondaire telle que:
V2
Z2 =
I2
En utilisant (I. 8):
V2 − mV1 2 V1
Z2 = = =m
I2 I1 I1

m

ainsi l'impédance écrite au primaire (vue du primaire) vaut:

V1 Z2
Z1 = = 2
(I. 10a)
I1 m

Le transformateur parfait transforme les tensions dans le rapport du nombre de spires


(N1/N2) des enroulements primaire et secondaire, les courants dans le rapport inverse
et les impédances dans le rapport au carré. Sur la Fig. 10, le transformateur est
complètement transféré au primaire, il peut l'être également au secondaire. Du
quadripôle on passe à un dipôle.
-
- - I
I I 1
1 2
Transformateur
- - - -
V parfait de rapport V Z - Z
1 2 2 V 1
m=N/N 1
2 1

- - 2
Z =Z /m
1 2
Fig. 10

I. 3. 1 CONCEPTION D'UN TRANSFORMATEUR MONOPHASE


PARFAIT

Considérons deux circuits électriques enroulés autour d'un même noyau


ferromagnétique avec le sens des courants, des tensions et des flux tels que représentés
sur la Fig. 11.

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Transformateurs Monophasés 11

Φ
i
1
i i i
2 1 2
v
1
Φ v v v
f 2 1 2
1
Φ
f
2
M< 0

Fig. 11

M, Φ, Φ1, Φ2, Φf1 et Φf2 représentent respectivement la mutuelle inductance, le flux


commun canalisé par le circuit magnétique, le flux résultant couplé avec le primaire, le
flux résultant couplé avec le secondaire, le flux de fuite au primaire et le flux de fuite
au secondaire.
Avec le sens des enroulements défini sur la Fig. 11, on a pour les f.m.m.:

N1i1 - N2i2 = RΦ
et
N1Φ1 = N1(Φ + Φf1)

N2Φ2 = N2(Φ + Φf2)

avec les flux totalisés Ψ1 et Ψ2 au niveau des enroulements primaire et secondaire


qui s'expriment respectivement par:

Ψ1 = N1Φ1
et
Ψ2 = -N2Φ2

En adoptant la convention récepteur pour le primaire et la convention générateur au


secondaire du transformateur, tel que:

dΨ1
v1 = (r é cepteur)
dt
dΨ2
v2 = − (géné rateur)
dt
on a:
dΦ dΦf 1
v1 = N 1 + N1
dt dt
et
dΦ dΦf 2
v2 = N 2 + N2
dt dt

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Transformateurs Monophasés 12

Cette situation a été examinée ci-dessus. Si la perméabilité du circuit ferromagnétique


est très grande, sa réluctance R serait pratiquement nulle et dans ce cas, N1i1 = N2i2 .
D'autre part en faisant coller au plus près les enroulements primaire et secondaire sur
le noyau, les flux de fuite Φf1 et Φf2 seraient négligeables et donc en valeurs efficaces
dans le cas d'une alimentation par une tension V1 sinusoïdale le rapport de
transformation m serait:

m = N2/N1 = V2/V1

Avec des résistances négligeables pour les enroulements et avec des pertes fer
négligeables, on se placerait dans les conditions d'un transformateur parfait.

On peut facilement vérifier que l'on obtient les mêmes équations pour le système de la
Fig. 12 pour lequel les enroulements peuvent être bobinés concentriques sur la même
colonne avec le même "sens" comme dans la réalité.

i
1
i
1
v
1 N
1
v
1
v
2 v N
2 2
i i
2 2

(2)
(1)

Fig. 12

I. 4 TRANSFORMATEUR MONOPHASE CORRESPONDANT A DEUX


BOBINES COUPLEES (SANS PERTES) MAIS AVEC DES FUITES
MAGNETIQUES

Considérons le transformateur monophasé comme un quadripôle (Fig. 13) avec la


convention récepteur. Dans ce cas, le théorème d'Ampère donne, pour les forces
magnétomotrices:

N1i1 + N2i2 = RΦ

Les flux totalisés Ψ1 et Ψ2 au niveau des enroulements primaire et secondaire et


correspondant à un circuit magnétique avec fuites (Fig. 14), s'expriment
respectivement par:

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Transformateurs Monophasés 13

Ψ1 = N1Φ1= L1i1 + Mi2


et
Ψ2 = N2Φ2 = L2i2 + Mi1

où L1, L2 et M représentent respectivement les inductances propres des enroulements


primaire et secondaire et la mutuelle inductance. Ces dernières grandeurs s'expriment
ainsi:
2
N1
L1 =
R
2
N2
L2 =
R
N 1 .N 2
M=
R
Ce qui implique que:
2
L 1 .L 2 − M = 0
et que:
N2 M L2
m= = =
N1 L1 M
i i
1 2

N N
1 2

v v
1 2

Fig. 13

R
R
+ R f2 -
f1
Ni
11 Ni
22
- +

Fig. 14

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Transformateurs Monophasés 14

Pour réaliser un transformateur idéal, comme on a toujours


N1i1 + N2i2 = RΦ différant de 0, on doit avoir en plus R = 0, ce qui implique une
perméabilité infinie des tôles du circuit magnétique. Dans ces conditions, L1L2 et M
sont très grands.
Dans le cas général, on a toujours (avec la convention récepteur y compris pour le
secondaire):
dΨ1
v1 = (r é cepteur)
dt
dΨ2
v2 = (r é cepteur)
dt

Lorsque le régime est à variations sinusoïdales par rapport au temps, le quadripôle


correspondant à deux bobines couplées admet la matrice impédance suivante:

⎡ L1 M⎤
Z = j ω⎢ ⎥ (I. 10b)
⎣M L2 ⎦

Remarque.: Dans le cas d'un couplage parfait, le déterminant de la matrice


impédance Z est nul alors il n'y a pas de matrice admittance.

Quand on utilise un transformateur, on s'intéresse à sa tension disponible au secondaire


(générateur) en fonction de la tension de son primaire (réseau - récepteur) et du
courant de charge I2 donc à:
V2 = f ( I 2 , V1 )

Dans ce cas, l'équation de transfert s'écrit (avec - I2 au lieu de I2 convention


générateur pour le secondaire) ainsi:

⎡ V1 ⎤ ⎡ I1 ⎤
⎢ ⎥ = Z⎢ ⎥ (I. 10c)
⎢⎣ V2 ⎥⎦ ⎢⎣ − I 2 ⎥⎦

On s'intéressant à la matrice G (équation I. 9) du quadripôle formé par le


transformateur, on obtient à partir de (I. 10b et I. 10c):

V1 = jL 1ωI 1 − jM ω I 2
V2 = jMωI 1 − jL 2 ωI 2
d'où finalement:

V1 M
I1 = + I2 (I. 10d)
j ω L2 L1
et:

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Transformateurs Monophasés 15

M ⎛ M2 ⎞
V2 = V1 + j ω ⎜⎜ − L 2 ⎟⎟I 2
L1 ⎝ L1 ⎠

2
M
En introduisant le coefficient de dispersion σ= 1 − , on a:
L1 L 2
2
M
σL 2 = L 2 − =N 2
L1
d'où:
M
V2 = V1 − j ωN 2 I 2 (I. 10e)
L1

où N2 représente l'inductance totale de fuite ramenée au secondaire (notions que nous


allons montrer dans la suite du cours).

Les équations I. 10d et I. 10e sont des équations fondamentales. Elles permettent
d'aboutir au schéma équivalent du transformateur sans pertes (Fig. 15), qui est le
suivant:
- _
M
I m= jN ω -
1 L 2 I
1 2

-
V -
1 jL ω V
1 2

Fig. 15

• La partie en pointillé de la Fig. 15 représente le transformateur parfait de


rapport de transformation m = M/L1.
• La réactance de magnétisation du transformateur est représentée par jL1ω. En
V1
effet, le rapport est représentatif du courant nécessaire pour établir le flux
j ω L1
commun φ à travers circuit magnétique du transformateur. Au niveau du schéma
équivalent de la Fig. 15, ce courant de magnétisation est complètement
indépendant du courant de charge au secondaire (I2) et il est exprimé par:

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Transformateurs Monophasés 16

V1 Rφ
I m ~ I 1v ~ #
jωL 1 N 1

Dans le cas d'un transformateur parfait, L1 est infinie et ainsi la branche de


magnétisation n'apparaît pas au niveau du schéma équivalent.

• La réactance totale de fuite ramenée au secondaire jN2ω permet de tenir compte


de l'ensemble des fuites magnétiques primaires et secondaires pour évaluer la
chute de tension qui en résulte au secondaire. Elle n'apparaît plus sur schéma
équivalent de la Fig. 15 quand le coefficient de dispersion σ est nul c'est à dire
dans le cas d'un couplage parfait.

I. 5 MODELISATION DES PERTES D'UN TRANSFORMATEUR

Comme pour tout dispositif, le transformateur présente des pertes dites "fer" et des
pertes dites "cuivre".

I. 5. 1 Pertes fer

Les pertes fer résultent de deux phénomènes physiques que sont l'hystérésis et les
courants de Foucault.

• En ce qui concerne les pertes par hystérésis, l'énergie dissipée sur un cycle est
proportionnelle à l'aire du cycle d'hystérésis. On a intérêt à utiliser des tôles (tôles
à cristaux orientés) qui présentent un cycle étroit pour réduire au mieux les pertes
par hystérésis. La puissance dissipée par hystérésis est sensiblement
proportionnelle à la fréquence et au carré de l'induction maximale.

• En ce qui concerne les pertes par courant de Foucault, et partant de l'expression


locale de la loi d'Ohm pour la densité de courant induite dans un circuit
∂A
magnétique: J =σE = −σ (A est tel que (B = rotA) représente le potentiel
∂ t
magnétique vecteur, σ étant la conductivité électrique), ces pertes varient en J2/σ
et sont donc proportionnelles au carré de la fréquence et au carré de l'induction.
Les pertes par courant de Foucault sont réduites en utilisant des tôles magnétiques
de faibles épaisseurs disposées parallèlement au champ magnétique et isolées les
unes des autres (Fig. 16).
B

J couches isolantes
J
tôle mince

B
Fig. 16

Le circuit magnétique d'un transformateur est réalisé en paquets de tôles de faibles


épaisseurs. Pour l'ensemble du transformateur, les pertes fer sont proportionnelles au

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carré du flux et s'expriment ainsi en V12 ou en V22. On ramène ces pertes fer au
primaire telles que:
Pfer = kV12

On tient compte des pertes fer en introduisant une résistance Rfer équivalente placée
en parallèle à l'entrée du schéma équivalent tel que:

Pfer = V12/Rfer

N.B.: Le schéma équivalent ainsi obtenu n'est alors valable qu'autour du point de
fonctionnement pour V1 # V1nominale et plus particulièrement pour f = f nominale.

I. 5. 2 Pertes "cuivre"

Les pertes cuivre d'un transformateur sont les pertes par effet Joule dans ses
enroulements primaire (de résistance r1) et secondaire (de résistance r2). On peut
exprimer ces pertes Joule en les ramenant au secondaire (là où la chute de tension est
généralement recherchée) par:

Pcu = PJ = r1.i12 + r2.i22 # R2.i22

où R2 ~ r2 + m2.r1 car i1 # m.i2. R2 (comme nous allons le montrer dans le prochain


paragraphe en explicitant l'hypothèse adéquate) est la résistance totale du
transformateur vue du secondaire. Celle-ci est légèrement supérieure à cette dernière
valeur car le courant au primaire i1 comporte également le courant de magnétisation
(c'est à dire le courant à vide).

I. 5. 3 Schéma équivalent tenant compte des Pertes fer et des Pertes "cuivre"

Les pertes fer et les pertes cuivre du transformateur sont introduites dans le schéma
équivalent sous formes respectivement d'une admittance au primaire et d'une
résistance R2, dans le circuit du secondaire, qui est en série avec la réactance totale de
fuite jN2ω ramenée au secondaire (Fig. 17).

- - - -
I jN ω R - I Z I
1 2 2 I 1 2 2
2

m
m
- -
V R -
1 jL ω
1
fer V
2
~ V1 -
Y
1m
-
V
2

a) b)

Fig. 17

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 18

Avec:
Z 2 = R 2 + jN 2 ω
nous avons:
V2 = mV1 − Z 2 .I 2
I 1 = Y1m .V1 + mI 2
_ _
Z2.I2 représente la chute de tension au niveau du secondaire du transformateur.
D'autres schémas équivalents que celui de la Fig. 17 sont également possibles comme
nous allons le montrer dans les paragraphes suivants.

I. 6 TRANSFORMATEUR MONOPHASE REEL

Pour tout ce paragraphe, on considère que le primaire du transformateur est relié à une
source de tension sinusoïdale c'est à dire que v1 est aussi sinusoïdale. On tient compte
évidemment des flux de fuite, de l'existence d'un courant à vide, des pertes fer et des
résistances des enroulements. Seul le phénomène de la saturation n'est considéré c'est à
dire que l'on considère la perméabilité du circuit ferromagnétique constante.

I. 6. 1 TRANSFORMATEUR MONOPHASE REEL A VIDE

Le terme à vide est utilisé pour signifier que le courant débité par le secondaire du
transformateur est nul, c'est à dire que celui-ci se comporte comme un générateur qui
ne charge pas (i2 = 0 et donc v2 = v2v (tension au secondaire à vide). A vide, seul le
primaire est parcouru par le courant i1v (Fig. 18).

Φ
v
i
1v Φ
t1v Φ
f1v
v e N
1 1v N 2
1 e v =v
2v 2 2v

Fig. 18

Le transformateur monophasé réel à vide se comporte comme une bobine à noyau de


fer que nous avons déjà étudiée car comme le secondaire est ouvert, il ne joue aucun
rôle. Sous une tension primaire sinusoïdale de pulsation ω, on adopte également la
notion de courant sinusoïdal équivalent à vide au primaire I1v. Celui-ci est décomposé
en une composante active I1va qui correspond aux pertes de puissance active dans le
circuit magnétique c'est à dire aux pertes fer (symbolisées par Rfer.I1va2) et en une

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 19

composante réactive I1vr correspondant au courant de magnétisation nécessaire pour


entretenir Φv au niveau du circuit magnétique de réluctance R.

I. 6. 1 .1 Equations du transformateur monophasé réel à vide

Comme le montre la Fig. 18, seul le primaire est alimenté et produit un flux Φt1v qui
se décompose en un flux Φv canalisé à travers le circuit magnétique de réluctance R et
en un flux de fuite Φf1v tel que:
Φt 1v = Φv + Φf 1v (I. 11)
avec:
R Φv = N 1 .I 1vr (I. 12)
et
N 1 . Φf 1v = l 1 .I 1v (I. 13)
avec
I 1v = I 1va + jI 1vr (I. 14)

et où l1 représente l'inductance de fuite au primaire.


L'application de la loi d'Ohm généralisée au primaire, en notant la résistance de cet
enroulement par r1, donne:
v1 + e1 v- r1i1v = 0
avec:
e1 v= -N1(dΦt1v)/dt (I. 15)

soit en notation complexe et en utilisant les expressions (I. 11) et (I. 13) avec d/dt =
jω:
( )
V1 = r1 + jl 1 w I 1v + jwN 1 Φv
(I. 16)

Au secondaire l'unique équation à vide est:

e 2v + v 2v = 0

avec
e2v = -N2(dΦv)/dt (I. 17)
Soit en notation complexe:
V2 = V2 v = − E 2 v = jwN 2 Φv (I. 18)

I. 6. 1 .1.a Diagramme vectoriel du transformateur monophasé réel à vide

L'utilisation des relations (I. 11) à (I. 18) permet le tracé du diagramme vectoriel du
transformateur monophasé à vide (Fig. 19). Il y a lieu de signaler que le rapport de
transformation m est défini à vide tel que:

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 20

N2 V2 v
m= ≈
N1 V1 (I.19)

Dans la pratique, le courant à vide I1v appelé par le primaire quand le secondaire est
ouvert (I2 =0) représente 5 à 10% du courant nominal I1N.
-
V
- - - - 1
E E I -E
2v 1v 1va 1v
-
jl ω I
1 1v
-
r I
- - 1 1v
I I
1vr 1v

-
Φ
v -
Φ
- t1v
Φ
f1v

Fig. 19

I. 6. 1 .1.b Schéma équivalent du transformateur monophasé réel à vide

Comme pour le cas de la bobine à noyau de fer, en adoptant les mêmes hypothèses
pour introduire un courant monophasé sinusoïdal équivalent I1v, nous aboutissons à:

Pfer = E1v.I1va # Rfer.I1va2 [W] (I. 20)

où Pfer et Rfer représentent respectivement les pertes fer dans le circuit magnétique
(pertes par hystérésis et par courant de Foucault) et la résistance fictive équivalente,
et à:
Qm = E1v.I1vr # Xm.I1vr2 [VAr] (I. 21)

où Qm et Xm représentent respectivement la puissance réactive nécessaire à la


magnétisation du circuit magnétique et la réactance de magnétisation.

Pour un transformateur réel fonctionnant vide, la puissance active et la puissance


réactive sont respectivement:
P = r1I1v2 + Pfer (I. 22)

Q = l1ωI1v2 + Qm (I. 23)

La Fig. 20 représente un schéma équivalent, pour le transformateur monophasé réel à


vide, issu des équations précédentes.

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 21

- Transformateur parfait
I r jl ω
1v 1 1
m

N N
1 2
-V -I -
1 - E
- I 1vr 2v
-E 1va
1v
X -
R m V
fer 2v

Fig. 20 Schéma équivalent du transformateur monophasé réel à vide

Le transformateur monophasé réel à vide présente une équivalence par rapport à la


bobine à noyau de fer. Leurs schémas équivalents sont identiques.

I. 6. 2 TRANSFORMATEUR MONOPHASE REEL EN CHARGE

En charge, le courant au secondaire du transformateur est différent de zéro tandis que


la tension au bornes de ce même enroulement peut être différente de la tension v2v
(généralement elle lui est inférieure car la charge, branchée du côté générateur du
transformateur, est le plus souvent inductive et provoque par conséquent une chute de
la tension aux bornes du secondaire).
Les enroulements primaire et secondaire (bobines de N1 et de N2 spires
respectivement) ont comme résistances respectives r1 et r2. Les flux totaux pour le
primaire et le secondaire sont représentés respectivement par Φt1 et par Φt2. Les flux
utiles sont Φ1 et Φ2 et les flux de fuite sont respectivement Φf1 et Φf2 (Fig. 21).
Que se soit à vide ou en charge, pour un même transformateur et sous une même
tension d'alimentation sinusoïdale au bornes du primaire v1, produite par un réseau de
puissance très importante, la force magnétomotrice F qui impose le flux Φ à travers le
circuit magnétique est donc pratiquement la même et tel que:

F = N1.I1vr = RΦ (I. 24)

Il serait donc tout à fait logique et cohérent de considérer que le sens positif du flux Φ
dans le circuit magnétique du transformateur comme imposé par le primaire tel que:

Φ = Φ commun = Φ1 - Φ2 (I. 25)


ainsi:
RΦ = RΦ1 - RΦ2 (I. 26)
tel que:
N1.i1vr = N1.i1 - N2.i2 (I. 27)
Sachant que I1va est assez faible devant le courant I1vr, on assimile le courant I1v au
courant de magnétisation c'est à dire à sa composante réactive soit:

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 22

N1.i1v # N1.i1 - N2.i2 (I. 28. a)

Nous pouvons introduire la notion de courant secondaire écrite au primaire (ou vu du


primaire) I'2 tel que:
,
I 1v = I 1 − I 2

, N2 (I. 28. b)
I2 = I2
N1

R Φ
i
1 Φ Φ
t1 Φ t2
f1
Φ
v e f2
1 1 N
1 N e v
2 2 2
Φ
1
i
2
Φ
2

Fig. 21

I. 6. 2 .1 Equations du transformateur monophasé réel en charge

Il est évident que ces équations sont établies en tenant compte du fait que le primaire
est alimenté par une tension v1 sinusoïdale et en adoptant le courant sinusoïdal
équivalent pour le courant produisant le flux Φ à travers le circuit magnétique (courant
assimilé au courant à vide) et en admettant que le sens du flux Φ est imposé par le
primaire.

a) Equations relatives aux flux

a.1) Primaire

Φt 1 = Φ1 + Φf 1 avec: N 1 Φf 1 = l 1 .I 1

Φr 1 = Φt1 − Φ2
soit:
Φr 1 = Φ + Φf 1 (I. 29)

où Φt1, Φf1, Φ1, Φr1 et l1 représentent respectivement, au niveau du primaire, le flux


total, le flux de fuite, le flux utile, le flux résultant et l'inductance de fuite.

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 23

a.2) Secondaire

Φt 2 = Φ2 + Φf 2 avec: N 2 Φf 2 = l 2 .I 2

Φr 2 = − Φt 2 + Φ1

soit:
Φr 2 = Φ − Φf 2 (I. 30)

où Φt2, Φf2, Φ2, Φr2 et l2 représentent respectivement, au niveau du secondaire, le


flux total, le flux de fuite, le flux utile, le flux résultant et l'inductance de fuite.

b) Equations relatives aux tensions

b.1) Primaire

L'écriture de l'équation de la maille au primaire donne:

v 1 − r1 .i 1 + e 1 = 0
d Φr 1
avec e 1 = − N 1 .
dt

En utilisant l'expression (I. 29), on aboutit à:

dΦ dΦf 1
v 1 − r1 .i 1 − N 1 . − N1. =0
dt dt (I. 31)
soit, sous forme complexe:

V1 = r1 .I 1 + jN 1 ωΦ + jl 1 ω I 1 (I. 32)
et notant que:
E 1 = − jN 1ωΦ (I. 33)

b.2) Secondaire

L'écriture de l'équation de la maille au secondaire donne:

v 2 + r2 .i 2 + e 2 = 0
dΦr 2
avec e 2 = − N 2 .
dt

En utilisant l'expression (I. 30), on aboutit à:

dΦ dΦf 2
v 2 + r2 .i 2 − N 2 . + N2. =0
dt dt (I. 34)
soit, sous forme complexe:

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 24

V2 = jN 2 ωΦ − r2 .I 2 − jl 2 ωI 2 (I. 35)
et notant que:
E 2 = − jN 2 ωΦ (I. 36)

I. 6. 2 .2 Diagramme vectoriel du transformateur monophasé réel en charge

Les expressions I. 24, I.28, I. 29, I. 30, I. 32, I. 33, I. 34, et I.35, permettent le tracé
du diagramme vectoriel du transformateur monophasé réel en charge (Fig. 22).
-
I
2
-
V
- - 1
E E ϕ I
2 1 2 1va -
-E
1 -
- jl ω I
r I - 1 1
2 2 V ϕ -
2 1 r I
- - 1 1
jl ω I I =I I
2 2 1m 1vr 1v
-
I
N - 1
- - - 2. I
N 2
Φ 1
-
Φ
- r1
Φ
f1

Fig. 22

I. 6. 2 .3 Schéma équivalent du transformateur monophasé réel en charge

La Fig. 23 représente un schéma équivalent, pour le transformateur monophasé réel à


vide, issu des équations précédentes.

r jl ω
-I -'
I
Transformateur parfait
-I r jl ω
1 1 1 2 2 2
m 2
-I -I# N N
m 1v 1 2
-I -I -V
1vr 2
-V 1va
1 X
R m
fer
- -
-E -E
1 2

Fig. 23 Schéma équivalent du transformateur monophasé réel en charge

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 25

I. 6. 2 . 4 Transformateur monophasé en charge sous l'hypothèse de Kapp

L'hypothèse de Kapp consiste à négliger le courant à vide qui comme nous venons de
le montrer correspond au courant de magnétisation. Le théorème d'Ampère appliqué
au circuit magnétique d'un transformateur produit finalement l'expression (I. 28.a ). La
force magnétomotrice résultante, imposant le flux à travers le circuit magnétique, est
pratiquement la même que ce soit à vide ou en charge. Sachant que le courant à vide
ne représente au pire des cas (transformateur mal construit, c'est à dire présentant des
entrefers et par conséquent des flux de fuite relativement importants) qu'environ 10%
du courant nominal (à pleine charge), Kapp émet donc l'hypothèse de le négliger d'où:

N1.i1 ~ N2.i2 (I. 37)


soit, en écriture complexe:
I 2 N 1 − 1
≈ = m
I 1 N 2 (I. 38)

L'hypothèse de Kapp permet de simplifier l'étude du transformateur en charge. Elle


offre l'opportunité de ramener ("de transporter") les paramètres du transformateur soit
au primaire soit au secondaire en utilisant le facteur de transformation, m, qui devient
ainsi un "facteur de transport". On peut évidemment, corriger les schémas équivalents
obtenus sous l'hypothèse de Kapp en introduisant le courant à vide, c'est à dire la
branche de magnétisation quand cela est nécessaire et en particulier pour tenir compte
des pertes fer.

I. 6. 2 . 4. 1 Impédance du transformateur ramenée au primaire

L'expression (I. 36) introduite dans l'expression (I. 35) permet d'écrire:

V2 + ( r2 + jl 2 ω)I 2 = jN 2 ωΦ = −Ε 2 (I. 39)

Multiplions chaque terme de (I. 39) par m-1 = N1/N2, soit:

Ν1 Ν1 Ν1 Ν1
V2 . + r2 . I 2 + jl 2 ωI 2 . = −Ε 2 .
Ν2 Ν2 Ν2 Ν2 (I. 40)
En utilisant l'expression (I. 38) pour les courants dans (I. 40) avec:

Ε2 Ν2
≈ =m
Ε1 Ν1 (I. 41)
on obtient:
Ν1 ⎛Ν ⎞2 ⎛Ν ⎞2
1
V2 . + r2 .⎜⎜ ⎟⎟ I 1 + jl 2 ωI 1 .⎜⎜ 1 ⎟⎟ = −Ε1
Ν2 Ν
⎝ 2 ⎠ ⎝ Ν2 ⎠ (I. 42)

Les expressions (I. 32) et (I. 33) permettent d'écrire que:

V1 − ( r1 + jl 1ω)I 1 = −Ε1 (I. 43)

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 26

Les expressions (I. 42) et (I. 43) associées à m-1 = N1/N2 donnent finalement:

-1
V1 − m .V2 = ( r1 + m ( −2 -2
)
.r2 ) + jω( l 1 + m .l 2 ) .I 1
(I. 44)
que l'on peut écrire sous la forme suivante:
V1 − m
-1
.V 2 = (R 1 )
+ j X 1 .I 1 (I. 45)

Finalement en introduisant l'impédance équivalente totale Z1, du transformateur,


ramenée au primaire telle que:
Z 1 = R 1 + jX 1 I 1 ( (I. 46))
où:
,
R 1 = r1 + r2 est l a r é sistance t o ta le vue du prim aire du transf o r m ateur
, −2
r2 = m .r2 est l a r é sistance du sec ondaire vue du prim aire

( ,
)
X 1 = l 1 + l 2 ω est la réactance totale de fuite vue du primaire du transformateur
, −2
l 2 ω = m l 2 ω est l a r é a c tance de fuite du sec ondaire vue du prim aire

L'équation des tensions ramenée au secondaire du transformateur peut s'écrire tout


simplement:
-1
V1 − m .V2 = Z1 .I 1
(I. 47)
a) Diagramme vectoriel du transformateur avec impédance du ramenée au
primaire (Fig. 24)
-
V
1
-1 -
m V
2
-
jX I
1 1
ϕ -
1 R I
1 1
-
I
1
Fig. 24

b) Schéma équivalent du transformateur avec impédance du ramenée au


primaire (Fig. 25)
-I -
Z
1
1

- -1 -
V m V
1 2

Fig. 25a

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 27

En utilisant le développement de l'impédance Z1, on a le schéma suivant:


-2 -2
-I r jl ω m r jl ω m
1 1 2 2
1

-1 -
m V
2
-V
1

Fig. 25b

En introduisant les pertes fer (introduction de la branche de magnétisation et donc du


courant à vide) et la notion de transformateur parfait, on aboutit au schéma équivalent
du transformateur monophasé vu du primaire dit "Schéma équivalent en T" (Fig. 25c).

-2 -2 Transformateur parfait
r jl ω - -' m jl ω mr
1 1 I I 2 2
1 2 m
-I #-I N N
m 1v 1 2
- -I
I 1vr
-V 1va -1-
m V
1 X 2
R m
fer

Fig. 25c "Schéma équivalent en T" vu du primaire

En mettant la branche de magnétisation directement aux bornes de la source, on


obtient un autre schéma équivalent dit "en gamma (Γ)" (Fig. 25d).
-2 -2 Transformateur parfait
-I -' r jl ω m jl ω mr
I 1 1 2 2
1 2 m
-I #I- N N
m 1v 1 2
-I -I
1vr
-V 1va -1-
m V
1 X 2
R m
fer
-
Zcharge

Fig. 25d "Schéma équivalent en Γ" vu du primaire

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 28

L'utilisation de l'un ou l'autre de ces deux derniers circuits électriques équivalents n'a
pratiquement d'influence sur les performances du transformateur.
L'impédance de la branche de magnétisation est:

Z m = R fer + jX m (I. 48)

I. 6. 2 . 4. 2 Impédance du transformateur ramenée au secondaire

Le plus souvent on se ramène au secondaire du transformateur car généralement ce


sont les grandeurs du secondaire telles que le courant I2 et le facteur de puissance ϕ2
qui sont connues. Le problème le plus fréquent consiste à déterminer la chute de
tension aux bornes du secondaire dans le cas où la tension aux bornes du primaire est
pratiquement constante (connexion du transformateur à un réseau de puissance très
importante par rapport à la sienne ou en d'autre termes le réseau présente une
impédance interne négligeable). L'hypothèse de Kapp est également adoptée.
L'expression (I. 33) introduite dans l'expression (I. 32) permet d'écrire:

V1 = ( r1 + jl 1ω)I 1 − Ε1 (I. 49)

Multiplions chaque terme de (I. 49) par m = N2/N1, soit:

Ν2 Ν2 Ν2 Ν2
V1 . = r1 . I 1 + jl 1ωI 1 . − Ε1 .
Ν1 Ν1 Ν1 Ν1 (I. 50)

En utilisant l'expression (I. 38), pour les courants, dans (I. 50) avec:

Ε2 Ν2 V2 v
≈ = =m
Ε1 Ν1 V1 (I. 51)
on obtient:
Ν2 ⎛Ν ⎞2 ⎛Ν ⎞2 Ν
2
V1 . = r1 .⎜⎜ ⎟⎟ I 2 + jl 1ωI 2 .⎜⎜ 2 ⎟⎟ − Ε1 . 2
Ν1 ⎝ Ν1 ⎠ ⎝ Ν1 ⎠ Ν1
(I. 52)
soit:
2 2
V1 .m = r1 .m I 2 + jl 1ωI 2 .m − Ε1 .m (I. 53)
ou:
2 2
V2 v = r1 .m I 2 + jl 1ωI 2 .m − Ε 2 (I. 54)

L'expression complexe (I. 39) pour E2 donne finalement:

( 2
) ( 2
)
V2 v − V2 = r1 .m + r2 I 2 + jω l 1 m + l 2 I 2 = R 2 + jX 2 I 2 ( ) (I. 55)

En introduisant l'impédance équivalente totale Z2, du transformateur, ramenée au


secondaire est telle que:

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 29

2 2
V2v =r1.m I2 +jl1ωI2.m −Ε2 (I. 56)
où:
,
R 2 = r2 + r1 est l a r é sistance t o ta le vue du sec ondaire du transf o r m ateur
, 2
r1 = m .r1 est l a r é sistance du prim aire vue du sec ondaire

( ,
)
X 2 = l 2 + l 1 ω est l a r é a c tance t o ta le de fuite vue du s econd aire du transf o r m ateur
, 2
l 1ω = m l 1ω =x'1 est l a r é a c tance de fuite du prim aire vue du sec ondaire

a) Diagramme vectoriel du transformateur avec impédance du ramenée au


secondaire (Fig. 26)
- -
m V =V
1 2v

- -
V jX I
2 2 2
-
ϕ R I
2 2 2
-
I
2
Fig. 26

b) Schéma équivalent du transformateur avec impédance du secondaire


ramenée au primaire (Fig. 27)
-I -
Z
2
2

-V =mV
- -
V
2v 1 2

Fig. 27a

En utilisant le développement de l'impédance Z2, on a le schéma suivant:


2 2
-I r jl ω m r jl ω m
2 2 1 1
2

-V = mV
- -V
2v 1 2

Fig. 27b

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 30

En introduisant, également comme quand on a ramené les paramètres du


transformateur au primaire, les pertes fer (introduction de la branche de magnétisation
et donc du courant à vide) et la notion de transformateur parfait, on aboutit au schéma
équivalent du transformateur monophasé vu du secondaire dit "Schéma équivalent en
Γ" (Fig. 27c).
Transformateur parfait 2 2
-I -' -I r jl ω mr m jl ω
I 2 2 1 1
1 2 m 2
-
I N N
1v 1 2
- -I
I 1vr
-V 1va -
mV = V
- -V
1 X 1 2v 2
R m
fer Zcharge

Fig. 27c "Schéma équivalent en Γ" vu du secondaire

I. 7 DETERMINATION D'UN POINT DE FONCTIONNEMENT D'UN


TRANSFORMATEUR MONOPHASE REEL EN CHARGE

• a) Cas où le courant de charge Ι2 est variable et où le déphasage ϕ2 est fixé

En général, pour un courant au secondaire I2 (à valeur efficace donnée) et pour un


facteur de puissance cosϕ2 donné, on cherche à déterminer la tension (ou la chute de
tension) aux bornes du secondaire (à V1 et f fixées). L'expression I. 56 permet
d'écrire:
∆V2 = V2 v − V2 = mV1 − V2 = Z 2 .I 2 = R 2 + jX 2 .I 2 ( (I. 57) )
On dispose ainsi d'un générateur de Thèvenin équivalent. La représentation de Fresnel
de l'expression (I. 57). Le courant, donné, I2 a une direction connue par rapport à V2
(Fig. 28) (cosϕ2 est donné). On trace ensuite R2I2 et jX2I2 soit Z2.I2.
B

- -
jX I Direction de V
- - - 2 2 2
- mV Z I
1 2 2
F ϕ
2
ξ
-
V
2 - -
O R I A Direction de I
2 2 2
θ
ϕ
2
C
Fig. 28

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 31

La chute de tension aux bornes du secondaire ∆V2 est déterminée en utilisant


l'approximation de Kapp qui consiste (Fig. 28) à projeter la tension à vide V2v = mV1
sur la direction de V2. Donc:

∆V2 = mV1 − V2 ≈ Z 2 .I 2 cos(ξ−ϕ 2 )


(I. 58)

Evidemment la chute de tension ∆V2 peut être négative (c'est le cas d'une charge
capacitive branchée au bornes du secondaire du transformateur).
En réalité le triangle de la chute de tension au secondaire OAB appelé "triangle de
Kapp" est de dimensions très réduites comparativement à celles du triangle CBF (Fig.
28), il s'ensuit que l'angle θ est relativement très faible tel que cosθ # 1 et de sorte que
l'on peut approximer la chute de tension ∆V2 par l'expression suivante, qui est assez
utilisée dans la pratique car elle produit des résultats concordants:

∆V2 ≅ R 2 .I 2 cos ϕ 2 + X 2 .I 2 s inϕ 2 (I. 59)


Pour une charge au secondaire ayant un facteur de puissance fixée (ϕ2 donné et fixe),
la chute de tension ∆V2 est donc proportionnelle au courant du secondaire Ι2.
V (V)
2

ϕ >0
2

V
2v
ϕ =0
2
ϕ <0
2

I (A)
2
0
Fig. 29

• b) Cas où le courant de charge Ι2 est fixé et où le déphasage ϕ2 est variable

Reprenons l'expression approximée sous l'hypothèse de Kapp de la chute de tension


établie en (I. 58) et écrivons là sous la forme suivante:
⎛ X2 ⎞
∆V2 ≈ Z 2 .I 2 cos⎜⎜ϕ 2 − arctg ⎟⎟ (I. 60)
⎝ R2 ⎠
Fixons Ι2 et déterminons les expressions et le signe de ∆V2 en faisons varier ϕ2 entre -
π/2 à π/2. Dressons pour cela le tableau suivant:
Charge Capacitive Charge Inductive
ϕ2 -π/2 -π/2+arctg(X2/R2) 0 arctg(X2/R2) π/2
∆V2 -X2I2 0 R2I2 Z2I2 X2I2
∆V2<0 I ∆V2>0

soit sous forme graphique:

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 32

∆V
2 Charge inductive
Z I
2 2
X I
2 2
R I
2 2
ϕ
2
0 arctgX /R
−π /2 −π /2+ arctgX /R 2 2 π /2
2 2

-X I
2 2
Charge capacitive

Chute de tension au secondaire en fonction du déphasage


pour un courant secondaire de module donné

Fig. 30

I. 8 EXPRESSION DU RENDEMENT D'UN TRANSFORMATEUR


MONOPHASE

Le rendement d'un dispositif électromagnétique quelconque est exprimé par le rapport


de la puissance utile sur la puissance totale absorbée. Dans le cas d'un transformateur,
ce sera le rapport inverse de la puissance P1 appelée au niveau du primaire, qui est
relié à la source, sur celle disponible au secondaire P2:
P P2
η= 2 =
P1 P2 + pertes ∑ (I. 61)
La puissance utile est exprimée par:
P2 = V2 I 2 cosϕ 2 (I. 62)

La somme des pertes est constituée par les pertes fer ( Pfer) qui sont déterminées à
l'aide d'un essai à vide, sous une tension V1 et une fréquence f données, tel que:
2
Pfer = Phystérésis + Pcourant de Foucault = Pvide − r1 .I 1v
(I. 63)

et par les pertes par effet Joule qui sont déterminées, sous l'hypothèse de Kapp, à l'aide
d'un essai en court-circuit comme nous le verrons au §. 1. 10. Ces pertes par effet Joule
(PJ) ou appelées également pertes cuivre (Pcu; §. 1. 5) ramenées donc, sous l'hypothèse
de Kapp au secondaire, sont exprimées par:
2 2 2
PJ = Pcu = PJ 1 + PJ 2 = r1 .I 1 + r2 .I 2 = R 2 .I 2 (I. 64)
ainsi:
∑ pertes = Pfer + R 2 .I 22 (I. 65)

et finalement, sous une tension V1 et une fréquence f fixées, l'expression du rendement


est:
V2 I 2 cosϕ 2
η= 2
V2 I 2 cos ϕ 2 + Pfer + R 2 .I 2 (I. 66)

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 33

La question que l'on pourrait se poser est quelle est la condition pour obtenir un
rendement optimal du transformateur quand la tension V1 est donnée c'est à dire
quand la tension V2 est sensiblement donnée?

L'expression du rendement (I. 66) peut être écrite sous la forme suivante:

V2 cos ϕ 2 V2 cos ϕ 2
η= ≈ (I. 67)
Pfer V12
V2 cos ϕ 2 + + R2 .I 2 V2 cos ϕ 2 + + R2 .I 2
I2 R fer .I 2
en effet, en négligeant le courant à vide (hypothèse de Kapp), les pertes fer (§. 1. 5)
sont exprimées par:
2
V1
Pfer ≅
R fer (I. 68)
Ainsi à ϕ2 fixé:
2
V1 R2 2
.R 2 I 2 = .V1 = cons tan te
R fer .I 2 R fer (I. 69)
2
2 V1
Le rendement du transformateur est donc maximal pour R 2 .I 2 = c'est à
R fer
dire quand les pertes fer sont égales aux pertes Joule (Pfer = PJ):

V2 I 2 cos ϕ 2
η max. =
V2 I 2 cos ϕ 2 + 2.Pfer (I. 70)

D'autre part, pour un fonctionnement optimal du transformateur, le facteur de


puissance cos ϕ2 doit être voisin de 1.

Dans la pratique, le courant au secondaire I2 pour lequel le rendement est maximal se


situe entre 0 ,5.I 2 N ≤ I 2 ≤ 0 ,7 .I 2 N (Fig. 31) (où I2N représente le courant nominal).
η

1
ϕ =0
2
ϕ < 0
2

I
0 2
I I
2max. 2N
Fig. 31

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Transformateurs Monophasés 34

I. 10 UTILISATION DES GRANDEURS REDUITES

On utilise V1N la tension nominale de branchement de l'enroulement primaire ainsi


que la puissance nominale apparente SN. Il y a lieu de retenir que m le rapport de
transformation est différent de V2N/V1N (mV1N > V2N). Le rapport de
transformation m est plutôt défini à vide tel que m = V2v/V1.
Soit:

I1N = SN/V1N

On pose:

V1
v1 =
V1N
I1 V1N
i1 = = I1 .
I 1N SN
*
V1 .I 1 *
s1 = = v 1 .i 1
SN
V2
v2 =
mV1N
mV1N
i2 = I 2 .
SN
*
V2 .I 2 *
s2 = = v 2 .i 2
SN

- -
V - V
1N mV 2
1N

Fig. 47

Si le transformateur doit fonctionner suivant le sens des tensions indiquées sur la Fig.
47, nous avons donc au point nominal mV1N > V2N de sorte que:

V2 I2
v2 ≠ et i2 ≠
V2 N I 2N

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Transformateurs Monophasés 35

Les équations d'un transformateur se simplifient énormément lorsqu'on utilise des


grandeurs réduites. Adoptons les deux expressions respectives suivantes pour
l'admittance à vide réduite du transformateur et pour son impédance réduite de court-
circuit:

2
V1N
y 1v = Y1v .
SN
SN
z 2 cc = Z 2 cc .
( mV1N ) 2
Il s'ensuit que:
i 1 = y 1 v .v 1 + i 2

v 2 = v 1 − z 2 cc .i 2

z2cc qui est l'impédance de court-circuit du transformateur représente la chute de


tension (en %) à courant secondaire nominal.
Avec ces deux dernières expressions, en valeurs réduites, le schéma équivalent du
transformateur se trouve simplifié (Fig. 48).

z
- 2cc -
i i
1 2

- -
v y v
1 1v 2

Fig. 48

Les transformateurs de mêmes puissances et de mêmes gabarits (de la même gamme)


présentent pratiquement les mêmes admittances à vide réduites (y1v) et les mêmes
impédances réduites de court-circuit (z2cc). La grandeur relative du courant
magnétisant d'un transformateur sous tension nominale est donnée par l'admittance à
vide réduite en %:

y1v = 1% pour les transformateurs en haute tension;

y1v = 5% pour les transformateurs de faibles puissances (petits


transformateurs);

y1v = 2% pour des transformateurs de puissances plus élevées.

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Transformateurs Monophasés 36

Lorsque v 1 = 1 et i 2 = 1, y1v représente donc le courant magnétisant sous tension


V1N (en %):

i 1 = 1 + y 1v

tandis que z2cc représente, comme nous l'avons précisé, la chute de tension (en %)
pour un courant nominal au secondaire:

v 2 = 1 − z 2 cc (I. 71)

Ces notions de grandeurs réduites sont exploitées par exemple pour l'analyse de la
mise en parallèle ou de la mise en série (branchement en cascade) de transformateurs.

On utilise généralement la chute de tension ohmique relative notée V1cc% (qui


représente le pourcentage de la tension primaire avec secondaire en court-circuit
parcouru par I2N) qui donne le pourcentage des pertes par effet Joule dans les
enroulements du transformateur telle que:


( 2
) (
2 ⎤ 1/ 2
V1cc % = ⎣ R cc % + X cc % ⎦ )
avec:
R 2 .I 2 N X 2 .I 2 N
R cc % = .100 et X cc % = .100
V2 v V2 v

I. 10. 1 Mise en parallèle de deux transformateurs monophasés

Prenons deux transformateurs T et T' qui pratiquement identiques et branchons les en


parallèle. En dehors de la procédure technique et des précautions à prendre avant leur
mise en parallèle (§. 1. 9), ces deux transformateurs doivent avoir le même rapport de
transformation à vide. La Fig. 49 nous conduit au schéma de la Fig. 50 en grandeurs
réduites.

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Transformateurs Monophasés 37

Z
2cc
T

- -
V Y V
1 1v 2

Z'
2cc
T'

Y'
1v

Fig. 49

z
2cc

z'
2cc

- -
V y y' V
1 1v 1v 2

Fig. 50

Les deux transformateurs T et T' vont débiter au niveaux de leur secondaire


approximativement le même courant ( Fig. 51) dans la mesure où leurs impédances de
court-circuit sont pratiquement égales.

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Transformateurs Monophasés 38

Z Z'
2cc 2cc

+ +

-
-

Fig. 51

I. 10. 2 Mise en série de deux transformateurs monophasés

Prenons deux transformateurs T et T' pratiquement identiques et branchons les en


série. Ce type de branchement se rencontre moins que le branchement en parallèle de
transformateurs dont l'objectif est d'élever la puissance utilisable en augmentant le
débit de courant I2 pour une tension donnée V2.
Chacun des deux transformateurs mis en série (Fig. 52) doit remplir la condition
suivante:

'
z 2 cc .y 1v << 1

z z' z z'
2cc 2cc 2cc 2cc

y y' y y'
1v 1v 1v 1v

Fig. 52

I. 10. 3 Expression du rendement d'un transformateur en utilisant les


grandeurs en %

L'expression établie précédemment pour le rendement d'un transformateur monophasé


est:

V2 .I 2 .cos ϕ 2
η= 2
V1 2
V2 .I 2 .cos ϕ 2 + + R 2 .I 2
R fer

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Transformateurs Monophasés 39

Divisons, au numérateur et au dénominateur de cette dernière expression, par SN de


sorte à obtenir:

v 2 .i 2 .cos ϕ 2
η= 2
v1 ' 2
v 2 .i 2 .cos ϕ 2 + + R 2 .i 2
r fer
donc:
2 2 2
V1 V1 V1N 2 1
= 2
. = v1 .
S N .R fer V1N S N .R fer r fer
2 2
R 2 .I 2 R 2 .i 2 .S N ' 2
= 2 2
= R 2 .i 2
SN m .V1N
' (%)
avec: R 2 = Rée( z 2 cc )
En fonctionnement nominale, i2 = 1 et v1 = 1. Soit:

v 2 cos ϕ 2
η= (%)
v 2 cos ϕ 2 + p

d'autre part l'expression (I. 71) permet d'écrire que:

v 2 = 1 − ∆v = 1 − z 2 cc cos ξ−ϕ 2 ( )
et finalement:
(
1 − z 2 cc cos ξ − ϕ 2 )
η= (%)
( )
p
1 − z 2 cc cos ξ − ϕ 2 +
cos ϕ 2 ( )
I. 11 PHENOMENE LIE A L'ETABLISSEMENT DU COURANT DANS UN
TRANSFORMATEUR MONOPHASE A VIDE

Nous rappelons que ce cours porte sur le transformateur monophasé en régime établi
(forcé). Les régimes transitoires (libres) des machines électriques font partie,
actuellement, d'un cours de très grande importance, de la cinquième année du cursus
de formation d'Ingénieur d’état en Electrotechnique comme ils font également partie
du cours sur les réseaux électriques en particuliers pour les transformateurs triphasés et
pour les machines synchrones qui sont parmi les éléments principaux de ces derniers
réseaux. Toutefois, au niveau de ce paragraphe et à titre d'exemple, montrant
l'importance de l'étude des régimes transitoires au niveau d'un transformateur, nous
abordons brièvement le phénomène lié à sa mise sous tension à vide.

Certes, il n'est pas possible pour un Ingénieur de concevoir convenablement un


transformateur, donc d'établir ses dimensions et ses protections à partir d'un cahier de
charges donné, sans tenir compte des variations instantanées (phénomènes transitoires)
liés à d'éventuelles variations de charge (courant) de tension ou de fréquence. Ces

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 40

différentes variations peuvent avoir des effets indésirables qu'ils soient respectivement
d'ordre thermique et électrodynamique (surintensité) ou diélectrique (surtension).

Au stade actuel de la technologie, partant de critères technico-économiques (puissance


massique et puissance volumique), sans négliger donc le côté fiabilité et sécurité, on
essaye de "pousser" la tenue thermique, mécanique et électrique des matériaux
constituant le transformateur comme c'est le cas d'ailleurs de toute machine électrique
ou de tout autre dispositif.

Le phénomène transitoire le plus fréquent pour un transformateur, en dehors des


accidents tels les courts-circuits par exemple, est lié au courant d'enclenchement à vide
à l'instant de sa mise sous tension (à vide).

En supposant que les inductances sont indépendantes du champ (donc constantes par
hypothèse) et qu'a l'instant initial (t=0) il existe un flux rémanent φr au niveau du
circuit magnétique, cherchons l'équation différentielle liée à l'application d'une tension
sinusoïdale v1(t) de pulsation ω au niveau du primaire d'un transformateur monophasé
à vide (c'est à dire à secondaire ouvert, i2 =0). Ce transformateur présente une
résistance r1, une inductance de fuite l1 et un nombre de spires N1 au primaire.

Soit :

v1(t) = V1maxsin(ωt +ϕi) = r1.i1(t) + N1.(dφt1/dt) (I. 72)

avec:

i1(t) = N1.φt1(t)/l1 (I. 73)

où ϕi représente le déphasage à l'instant initial (t =0) et où φt1(t), qu'on va noter par


φ(t), représente la valeur instantanée au niveau du primaire du flux total. Ainsi, en
utilisant les expressions (I. 72) et (I. 73), on obtient:

⎛ r .φ ( t ) dφ ( t ) ⎞
V1 max sin(ωt + ϕ i ) = ⎜⎜ ⎟⎟.N 1
1
+
⎝ l1 dt ⎠
(I. 74)

soit finalement l'équation différentielle à résoudre écrite sous la forme suivante:

V1 max r1 .φ ( t )
1 dφ ( t )
sin(ωt + ϕ i ) = + .
ω.N 1 l 1 .ω ω dt (I. 75)

La solution de cette équation est telle que:

φ = φp + φl (I. 76)

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Transformateurs Monophasés 41

• Détermination de φp

Sachant que dans un transformateur, r1 << l1ω alors la tension serait en avance de π/2
par rapport au flux φp, donc:

φp (t) = φmax sin(ωt + ϕi - π/2) = - φmaxcos(ωt + ϕi) (I. 77)

avec φmax qui représente l'amplitude du flux total en régime permanent à vide tel que:

φmax = V1max/(N1ω) (I. 78)

• Détermination de φl

On annule le deuxième terme de l'équation (I. 75) et l'on obtient:

r1
− t
l1
φl ( t ) = Ce (I. 79)

La constante d'intégration C est déterminée en considérant les conditions initiales sur


le flux. Comme à l'instant initial (t =0 et ϕ = ϕi) le transformateur n'est soumis qu'au
flux rémanent φr donc:

φ = ± φr = − φmax cosϕ i + C
soit:
C = φmax cos ϕ i ± φr (I. 80)
d'où:
r1 r1
− t − t
l1 l1
φl = φmax cos ϕ i e ± φr e (I. 81)

L'exploitation des expressions (I. 81), (I. 77) et (I. 76) donne la solution recherchée,
soit:

⎡ −
r1
t
⎤ −
r1
t
⎢ ⎥
( )
φ( t ) = −φmax ⎢ cos ωt + ϕ i − cos ϕ i e
l1
⎥ r± φ e
l1

⎢⎣ ⎥⎦
(I. 82)

• Discussion

1. L'expression (I. 82) montre que l'instant le plus favorable à l'enclenchement du


courant à vide lors de la mise sous tension du primaire du transformateur
correspond à φl = 0 c'est à dire à un déphasage initial ϕ(t=0) = ϕi = π/2 pour un
flux rémanent φr nul, ainsi:

φ = φp = φmaxsinωt (I. 83)

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Transformateurs Monophasés 42

Immédiatement donc il y a établissement du flux (φ = φp ) qui correspond au


régime permanent) avec:

V1(t=0) = V1maxsinπ/2 = V1max (I. 84)

2. Les conditions les plus défavorables à l'enclenchement du courant à vide lors de la


mise sous tension du primaire du transformateur sont obtenues pour un déphasage
initial ϕ(t=0) = ϕi = 0 c'est à dire pour une tension telle que:

V1(t=0) = 0

soit, à partir de l'équation (I. 82):

⎡ −
r1
t
⎤ −
r1
t
⎢ l1 ⎥ l1
φ( t ) = −φmax ⎢ cos ωt − e ⎥ r± φ e
⎢⎣ ⎥⎦
Pour ωt = 0:
⎡ r1 ⎤
− t
r1
− t
⎢ l ⎥ l
φ = −φmax ⎢1 − e 1 ⎥ ± φr e 1
⎢⎣ ⎥⎦

Pour la demi-période suivante, c'est à dire pour ωt = π:

⎡ r1 ⎤
− t
r1
− t
⎢ l ⎥ l
φ = φmax ⎢1 + e 1 ⎥ ± φr e 1
⎢⎣ ⎥⎦

r1
− t
l
Comme r1 << l1 ω, e 1 ≅ 1 et qu'en général le flux rémanent est situé dans
0 ,2 φp ≤φr ≤ 0 ,3φp
l'intervalle ainsi, l'amplitude du flux φ à l'instant
d'enclenchement du transformateur à vide peut être tel que:

φ ~( 2,2 ÷ 2,3) φmax (I. 85)

A cause de la saturation des matériaux ferromagnétiques constituant le circuit


magnétique du transformateur, l'amplitude du flux φ donnée par l'expression (I. 85)
produit un fort appel du courant à vide (i1v) à l'instant de la mise sous tension (Fig.
53).

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Transformateurs Monophasés 43

Φ (Wb)

∼2Φ
max

i(A)
i i
1vide 1encl.
Fig. 53

En général, le courant à vide d'un transformateur ne dépasse pas les 10% du courant
nominal (I1v ~ 10%I1N) cependant à l'enclenchement, cet appel de courant à vide
(i1encl.) peut atteindre 100.I1v sous la même tension d'alimentation si celle-ci est nulle
à l'instant d'enclenchement (t = 0) et dans ce cas ce courant d'enclenchement peut
atteindre 10.I1N. Toutefois, cette dernière amplitude du courant à l'enclenchement à
vide n'est pas dangereuse pour le transformateur (elle ne lui provoque aucun
dommage) car la composante apériodique de ce courant s'amortit rapidement avec la
constante de temps (l1/r1) (expression I. 81). Pratiquement la constante de temps
tourne autour de 20 s pour des transformateurs de fortes puissances et aux environs de
2 s pour ceux de faibles puissances. Mais il faut préciser tout de même que l'amplitude
du courant d'enclenchement peut déclencher les relais de protection à maximum de
courant quand ils sont mal temporisés comme il peut faire sauter les fusibles mal
calibrés des ampèremètres. En ce qui concerne ce dernier point, lors des essais à vide
sur les transformateurs au niveau du Laboratoire, avant de mettre directement sous
tension nominale un transformateur, il faut prendre la précaution de court-circuiter
les ampèremètres ou les secondaires des transformateurs d'intensité (T. I.) quand ils
sont utilisés. Par contre, lors des essais en court-circuit des transformateurs, il faut
veiller à les alimenter à partir d'une tension nulle sans avoir dans ce cas à court-
circuiter ni les ampèremètres ni les secondaires des T.I. s'ils sont utilisés.

Pour ce dernier point, en ce qui concerne l'établissement d'un court-circuit brusque, il


s'agirait de résoudre pour V2cc =0, Zcc et ϕcc = arctg(Xcc/Rcc) ~ π/2, sous des
conditions initiales données, l'équation suivante:

di cc ( t )
V1 max sin(ωt + ϕ cc ) = R cc .i cc ( t ) + l cc .
dt (I. 86)

Pour V1cc = 10.%V1N, on trouve une amplitude du courant de court-circuit voisine de


25 fois le courant nominal. Avec une telle amplitude, et suivant la durée, la
température au niveau des conducteurs peut atteindre une valeur dangereuse pour les
bobinages (enroulements) du transformateur car même si la durée du court-circuit est
faible, il ne faut pas perdre de vue que le refroidissement sera long. En dehors de cet

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)


Transformateurs Monophasés 44

aspect thermique, il y a l'aspect mécanique. En effet, comme les forces


électrodynamiques sont proportionnelles au carré du courant, il peut y avoir des effets
néfastes sur les enroulements (risque de leurs éclatements sous ces forces (Fig. 54).

Φ(Wb)

∼2Φ
max

i(A
i i
1vide 1encl.
Fig. 54

I. 12 TRANSFORMATEURS MONOPHASES SPECIAUX

I. 12. 1 Transformateurs de mesure

Parmi les transformateurs spéciaux, nous avons les transformateurs de mesure qui
permettent de réaliser une adaptation de tension ou de courant.

I. 12. 1. 1 Transformateurs de potentiels

Ils fonctionnent à vide (Fig. 55) et ils doivent donner au secondaire une image fidèle
de la tension. Si les fuites partielles au niveau du secondaire doivent être acceptables,
celles du primaire doivent par contre être négligeables. L'enroulement primaire (HT)
doit être interne ce qui contredit ce que nous avons énoncé au départ du point de vue
de l'isolation. Les transformateurs de potentiels sont du type cuirassé (Fig. 56) et ils
sont nettement sur dimensionnés.

THT
V

Fig. 55

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Transformateurs Monophasés 45

THT

noyau

Fig. 56

I. 12. 1. 2 Transformateurs de courants

On les désigne souvent par le terme "T. I.". Le transformateur de courant fonctionne
toujours en court-circuit et ainsi, par rapport au transformateur de potentiels, ce sont
les fuites partielles secondaires qui doivent être négligeables. La réactance de fuite l2ω
doit être très faible devant l'impédance interne de l'ampèremètre qui est en elle-même
déjà négligeable. Par contre, les fuites au primaire ne sont pas gênantes et c'est pour
cela que dans la configuration limite d'un transformateur de courant (T. I.) on obtient
ce qu'on appelle la "pince ampéremétrique" où le courant primaire à mesurer circule
carrément dans le conducteur lui-même donc avec une seule spire (Fig. 57).
Seule la loi régissant les ampères-tours (f.m.m.) intervient:

N1i1 - N2i2 = RΦ

En toute logique, la réluctance du circuit magnétique doit être négligeable pour que la
mesure soit précise. Cependant, dans ce cas de figure, l'ouverture du secondaire du T.
I. où est branché l'ampèremètre est alors dangereuse car le flux Φ' ( Fig. 58) s'établit
brusquement et brutalement dans le circuit magnétique au primaire en provoquant une
surtension. En pratique, avant de changer de calibre ou de débrancher l'ampèremètre,
il faut commencer par court-circuiter le secondaire du T. I.

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Transformateurs Monophasés 46

N
1
I
2
I
1 N A
2
Conducteur Secondaire
(jouant le rôle du primaire du T. I.) "Pince ampéremétrique"

Fig. 57

'
Φ


N i
1 1
N i
2 2
Fig. 58
I. 12. 1. 2 Autotransformateur

Un autotransformateur comporte un seul enroulement dont une partie des spires


constitue le primaire tandis que la partie restante constitue le nombre de spires du
secondaire. Suivant le nombre de spires au primaire et celles du secondaire, on obtient
une élévation ou une réduction de la tension par rapport à celle de la source
d'alimentation. En effet, envisageons de connecter un transformateur monophasé
de la façon suivante (Fig. 59):

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Transformateurs Monophasés 47

- -
i + i
1 2 -
i
2

- N N - -
v 1 2 v + v
1 1 2
-
i
1
- - -
i + i i
1 2 2

a) Montage élévateur
-
i - -
1 i + i
1 2
-
i
2

- - N N
v + v 1 2 -
1 2 v
2

- - -
i i + i
1 1 2

b) Montage abaisseur

Fig. 59

En considérant la puissance , seule la puissance passe par le transformateur. La


puissance passe par la connexion. Il en résulte un gain sur le rendement.
D'autre part en reprenant le montage élévateur (Fig. 59 a), seules quelques spires
nécessitent une section importante (Fig. 60) et de ce fait, il en résulte un gain sur le
coût. Cependant, il ne faut pas perdre de vue qu'il n'y a plus d'isolation entre
l'enroulement primaire et l'enroulement secondaire.
-
I
noyau 2

N
2
- -
I + I
2 1
- -
V+ V
1 2
N -
1 V
1

-
I
1
Fig. 60

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Transformateurs Monophasés 48

Il existe également d'autres types d'autotransformateurs comme ceux à prises


(plusieurs connexions au secondaire que l'on branche suivant la tension recherchée
(Fig. 61) ainsi que les autotransformateurs dits "Variac" (Fig. 62).

noyau

Fig. 61

- N
V
1
-
V
2

Fig. 62

Pr Rachid Ibtiouen (ENP Alger)