Vous êtes sur la page 1sur 27
Le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique Université Virtuelle de Tunis Production

Le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie Réseaux électriques en ses divers régimes
Production - Transport et Distribution d’Energie
Réseaux électriques en ses divers régimes

Réalisé par : Mme Souad Chebbi

Attention !

Ce produit pédagogique numérisé est la propriété exclusive de l'UVT. Il est strictement interdit de le reproduire à des fins commerciales. Seul le téléchargement ou impression pour un usage personnel (1 copie par utilisateur) est permis.

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Objectifs spécifiques

A la fin de ce chapitre, l’étudient sera capable de :

-Modéliser certains ouvrages du réseau

-Résoudre un fichier statique de répartition de charges

-Analyser la stabilité du réseau

2.1 Introduction

Réseaux électriques en ses divers régimes

L’étude des divers régimes d’un réseau électrique, nécessite des informations sur la topologie du réseau et ses caractéristiques élémentaires. La topologie peut être décrite par une représentation schématique du réseau triphasé. Dans la plupart des cas, l’étude du fonctionnement de ce réseau se ramène à l’étude du comportement de sa composante directe, ce qui conduit à le représenter sous une forme unifilaire (figure2.1); En effet, la représentation unifilaire donne l’essentiel d’informations sur les impédances des lignes, la puissance et la force électromotrice des générateurs et la représentation des charges.

Bus local

générateurs et la représentation des charges. Bus local Disjoncteur 2 Bus réseau Générateur Transformateur 1

Disjoncteur 2

et la représentation des charges. Bus local Disjoncteur 2 Bus réseau Générateur Transformateur 1 Transformateur 2

Bus réseau

des charges. Bus local Disjoncteur 2 Bus réseau Générateur Transformateur 1 Transformateur 2 Disjoncteur 1
des charges. Bus local Disjoncteur 2 Bus réseau Générateur Transformateur 1 Transformateur 2 Disjoncteur 1

Générateur

Transformateur 1

Disjoncteur 2 Bus réseau Générateur Transformateur 1 Transformateur 2 Disjoncteur 1 Charge locale Fig. 2.1 :

Transformateur 2

2 Bus réseau Générateur Transformateur 1 Transformateur 2 Disjoncteur 1 Charge locale Fig. 2.1 : Schéma

Disjoncteur 1

Charge locale

Fig. 2.1 : Schéma unifilaire d’un réseau triphasé

2.2 Analyse d’un réseau simplifié

On considère un réseau comprenant deux générateurs représentés par des sources de tension idéale, d’une

ligne caractérisée par une impédance Z (figure 2.2). On désire déterminer les expressions des puissances injectées dans la ligne. Pour ce faire, on applique la loi des mailles :

V 1 − Z I V 0 (2.1) 12 − 2 = S R-L 21
V 1 −
Z
I
V
0
(2.1)
12 −
2 =
S
R-L
21
Z
S 12
V
1
V 2
G 1
G 2
V
V
1
2
Fig. 2.2 : Circuit électrique

2

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

On pose :

S 12 : Puissance complexe injectée par G 1 dans la ligne,

S 21 : Puissance Complexe injectée par G 2 dans la ligne,

-S 21 : Puissance Complexe reçue par G 2 dans la ligne.

Réseaux électriques en ses divers régimes

V = V 1 1
V
=
V
1
1

e

V = V 2 2
V
=
V
2
2

e

e e

1

2

(2.2)

(2.3)

(2.4)

En supposant les modules des tensions

apparentes injectées

V

1

et

V

2 délivrées par les deux générateurs connus, les puissances

V

1

,

V

2

,

θ

1

et

θ

2

, comme suit :

S

12 et

S

12

s’expriment en fonction des paramètres

* S V 1 ⋅ I 12 12 = *  V − V 
*
S
V
1 ⋅
I
12
12 =
*
V
− V
1
2
=
V
1 ⋅
 
 
Z 
(
1
*
*
)
=
V
V
V
V
1
1
1
2
*
Z
2
+ jα
V
V
V
e
12 ⋅
e
1
e + jα
1
2
=
Z
Z

(2.5)

La puissance transitée du générateur 2 vers le générateur 1est :

S

21

=

V

2

I

21

*

=

V

2

V

2

V

1

Z

*

=

=

(

V

2

V

   V 2 − V 1 Z     * = =

2

*

e

+

V

2

V

1

*

)

V

1

V

2

1

⋅ *
*

Z

e

21

e

+

Z

(2.6)

3

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Ce qui donne : 2 V 2 − S 21 = − Z
Ce qui donne :
2
V
2
− S
21 = −
Z

e

+

+

V

1

V

2

e

12

e

+

Z

On suppose que la ligne est purement inductive :

Z

j X

= ⋅

=

j

X e

π

2

Comme :

S =P +jQ

12

12

12

Réseaux électriques en ses divers régimes

(2.8)

(2.9)

(2.7)

On déduit les expressions des puissances actives et réactives injectées :

V V π  1 2 P ⋅ cos   θ  + 12
V
V
π 
1
2
P
cos
  θ
+
12 = −
12
X
2
V
V
1
2
= ⋅ sin
(
θ
12 )
X
2
V
π 
V
V
1
1
2
Q
= −
sin
sin
12
  θ
12 +
X
2 
X
2
V
π
V
V
1
1
2
=
sin
 
 
⋅ cos
(
θ
X
2
X
2
V
V
V
1
1
2
=
⋅ cos
(
θ
12 )
X X
V
1
(
=
V
V
⋅ cos
θ
1
2
12 )
X

π

 

2

12 )

(2.10)

(2.11)

Vu que les modules des tensions, et la réactance de la ligne sont fixes, la puissance active transitée dépend

uniquement de la valeur du déphasage θ (figure 2.3). 12 P 12 V ⋅ V
uniquement de la valeur du déphasage
θ
(figure 2.3).
12
P 12
V
V
1
2
P
=
=
P
12 max
élec
X
P méc
Point de
fonctionnement
stable
0
π/2
π
X P méc Point de fonctionnement stable 0 π/2 π Zone de fonctionnement stable θ 12

Zone de fonctionnement stable

θ 12

Fig. 2.3 : évolution de la puissance de transit

4

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Réseaux électriques en ses divers régimes

La puissance active maximale transmissible définie par la relation (2.12) traduit la limite de la stabilité statique théorique du réseau :

P max

=

V ⋅ V 1 2
V
V
1
2

X

(2.12)

Pour un déphasage θ 12 =0, la puissance transitée est nulle. Par contre, elle cesse de l’être, dès que l’angle de la source (G 1 ) est en avance par rapport à l’angle de la charge : P 12 ≠ 0.

En général, tout transit de puissances à travers un circuit électrique s’accompagne de pertes en puissances. Ces pertes sont exprimées par :

2.3 Réseau complexe

S

pertes

=

=

S

12

S

12

+

(

S

S

21

21

)

(2.13)

Un réseau complexe est constitué par un ensemble de nœuds définis par des nœuds consommateurs appelés de type 1, des nœuds producteurs appelés des nœuds de type 2 et un nœud bilan appelé nœud de type

3.

Chaque nœud est caractérisé par ses données. Par exemple, les nœuds consommateurs ont pour données la puissance active consommée(P c ) et pour inconnues, les modules et les phases des tensions. Pour les nœuds producteurs, les données sont les puissances actives générées (P g ), les modules des tensions, les puissances actives consommées (P c ) et les puissances réactives consommées Q c . Pour ces nœuds, les inconnues sont les phases des tensions et les puissances réactives générées Q g . Le nœud type 3 est un nœud pris parmi les nœuds producteurs. Il est caractérisé une tension de module connu et de phase égale à zéro.

2.3.1 Définition du problème de répartition de charges

Le problème de répartition de charges d’un réseau électrique consiste à évaluer l’état du réseau en fonction des charges connectées et la répartition de la consommation sur l’ensemble des nœuds. Autrement dit, il s’agit de déterminer dans les lignes et dans les transformateurs les courants, les transits de puissances actives réactives, les pertes actives et réactives ainsi que les deux variables manquantes en chaque nœud. Le calcul suppose que le réseau est en régime de fonctionnement normal et que les générateurs délivrent des tensions triphasées équilibrées.

Comme les puissances transitées dépendent de la différence des phases des divers nœuds, l’ajout d’une valeur constante aux déphasages ne modifie pas en aucun cas les valeurs des puissances. Cette constatation montre qu’il est possible de fixer arbitrairement le déphasage du nœud bilan à zéro.

5

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Réseaux électriques en ses divers régimes

Le tableau (Tab 2.1) récapitule les spécifications de chaque nœud

.

Tab2.1: Tableau Récapitulatif

Spécification des nœuds

Nombre de nœuds

Données

Inconnues

type 1

Nc

2Nc

2Nc

type2

Np-1

2(Np-1)

2(Np-1)

type3

1

2

2

Totale

N=Np+Nc

2(Np+Nc)=2N

2(Np+Nc)=2N

2.3.2 Choix du nœud bilan

Le nœud type 3 a pour rôle de compenser le bilan des puissances actives des générateurs et des consommateurs. Vu ce rôle, il doit être un producteur suffisamment grand.

Le problème de répartition de charges nécessite la modélisation des lignes, des transformateurs et des charges.

2.3.3 Modèle des lignes

Le modèle approprié pour une portion passive d’un réseau électrique comprise entre deux nœuds i et j est représenté par un schéma équivalent en π défini comme suit :

L i j Y ij Y ii m Y ij s Y ji s Y
L
i
j
Y ij
Y ii m
Y ij s
Y ji s
Y jj m

Fig. 2.4 : Réseau équivalent en π

m est l’admittance complexe des éléments shunts branchés entre le nœud i et la masse.

Y

ii

m est l’admittance complexe des éléments shunts branchés entre le nœud j et la masse.

Y

jj

s

ij

Y

,

s représentent les admittances complexes des demies capacités de la ligne.

Y

ji

6

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

2.3.4 Modèle des lignes Haute Tension

Réseaux électriques en ses divers régimes

Le modèle d’une ligne haute tension adopté pour résoudre le problème de répartition de charges est un modèle en π (figure2.5) :

m

r

ii

m X X Cii ij j R ij 2 i m m m X m
m
X
X Cii
ij
j
R
ij
2
i
m
m
m
X
m
X
r
X
Cii
ii
jj
jj
2

X

m

Cjj

2

Fig. 2.5 : Modèle d’une ligne Haute Tension et : Respectivement la résistance et la
Fig. 2.5 : Modèle d’une ligne Haute Tension
et
: Respectivement la résistance et la réactance de la branche délimitée par les deux nœuds i et j.
R ij
X ij

m

r ii

X m

Cii

r

2

m

jj

et

X

m

ii : Respectivement la résistance et la réactance des branches entre le nœud i et la masse.

: Réactance de la demi-capacité de la ligne.

et

X

m : Respectivement la résistance et la réactance des branches entre le nœud j et la masse.

jj

Les éléments admittances du schéma équivalent en π de la ligne haute tension (figure2.6) sont définis par:

G ii

G

ij

+

j.B

ij

i j G + j.B jj jj + j.B ii
i
j
G
+ j.B
jj
jj
+ j.B
ii

Fig. 2.6: Schéma équivalents en π

des lignes HT

7

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

G ij

G

=

ii

R

ij

R

2

ij

+

X

2

ij

;

=

1

r

m

ii

;

B

ii

B

ij

=

= −

X

ij

R

2

ij

+

X

2

ij

1

X

m

ii

+

2

X

Cij

;

2.3.5 Modèle des transformateurs

Réseaux électriques en ses divers régimes

Le transformateur réel est modélisé par une admittance égale à son admittance de court circuit notée Y ij

(

Y

ij

= Y

I

cc

i

) placée derrière un autotransformateur idéal de rapport de transformation m :

I

k

i K Y ij I j V k V i V j
i
K
Y
ij
I
j
V
k
V
i
V
j

j

Fig. 2.7: Modèle d’un transformateur réel

Le

modèle

suppose

que

l’admittance

de

l’admittance de court circuit.

la branche

magnétisante

est

à valeur négligeable

devant

Pour des raisons d’uniformisation, il est opportun de rechercher le schéma équivalent du transformateur en

π :

Y 21

I I i j i j Y 3 V j V i
I
I
i
j
i
j
Y
3
V j
V i

Fig. 2.8: Schéma équivalent du transformateur en π

8

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Réseaux électriques en ses divers régimes

Pour ce faire, on applique la loi des nœuds au circuit de la figure (Fig. 2.8) :

I

I

i

j

=

=

Y (V

1

i

Y (V

1

j

V )

j

V )

i

+

+

Y V

2

i

Y V

3

j

(2.14)

Et on applique la loi des nœuds au circuit de la figure 2.7 :



I Y (V

i

=

ij

I mI

k

=

j

V )

I

i

k

=−

i

V k

=

1

m

V j

I i

I j

Soit encore :

V

=

Y

ij

(V

j

i

m

)

= −

1

I i

=

n

Y ij

m

2

(V

j

mV

i

)

(2.15)

(2.16)

Comme les deux circuits sont équivalents, par identification des courants Ii et Ij, on déduit les expressions des éléments du circuit en π du transformateur.

Y

Y

2

=

Y

1

=

Y ij

=

(1

1

(

1

m

1

)Y

m

ij

1)Y

m

m

ij

2.3.6 Charges

(2.17)

Les charges sont définies par leurs puissances complexes consommées. Chaque sommet consommateur est caractérisé par sa puissance active P et sa puissance réactive Q.

2.3.7 Tensions

La tension est caractérisée par une écriture complexe. Au niveau des centrales, les modules des tensions sont compris entre deux valeurs

extrêmes :

V

imin

V

i

V

imax

.

9

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Réseaux électriques en ses divers régimes

2.4 Répartition normale des charges dans le réseau électrique

Pour un réseau à grande dimension, on définit la puissance injectée au nœud i comme étant la puissance « nette » en ce nœud :

S

i

= S

Gi

S

ci

Avec :

S Gi

S ci

: La puissance produite au nœud i

: La puissance consommée au nœud i

(2.18)

Pour une portion du réseau (figure 2.9), la puissance injectée

S

i

=

=

S

im

S

+

S

il

+

S

ik

+

S

ij

S

i au nœud i est égale à :

(2.19)

+ S il + S ik + S ij S i au nœud i est égale

Fig. 2.9 : Représentation d’un réseau à plusieurs nœuds

Au nœud i, le courant injecté I i est :

I

i

=

= +

I

Gi

I

im

ci

I

il

I

+

I

ik

+

I

ij

IGi: Courant généré par le nœud i

(2.20)

I ci : Courant consommé dans le nœud i

10

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

En se référant à un modèle enπ , on écrit :

I

i

=

I

m +

i

I

j

i

ij

I

I

I

m

i

ij

= Y

m

ii

V

i

s

= Y .V

ij

i

l

ij

+ (V - V ).Y

i

j

i

=

m

(Y

ii

+

Y )V

ij

i

s

j

i

+

Y (V

ij

i

l

j

i

V )

j

2.5 Formulation du problème

Réseaux électriques en ses divers régimes

(2.21)

(2.22)

(2.23)

(2.24)

Le problème de répartition de charges repose sur la détermination de la matrice nodale. On se propose dans ce qui suit d’identifier cette matrice.

2.5.1 Matrice des admittances

La matrice des admittances nodale est une matrice où on définit toutes les admittances reliant un nœud i à un nœud j.

Pour établir la matrice d’admittance, on détermine en premier temps, l’expression des courants injectés en

et des variables du réseau. Par application de la loi d’ohm, sous écriture matricielle,

fonction des tensions

on a :

V , V

i

j

I = Y.V

(2.25)

Y: La matrice des admittances complexe nodales

Y

=

Le courant

I

i

=

Y .V

ii

i

Y

:

:

11

Y

n1

Y

12

.

.

.

.

.

Y

1n

:

:

Y

nn

;

I =

I

I

I

1

2

.

n

I

i en grandeurs complexes est :

+

j

i

Y .V

ij

j

;

V =

V

1

V

.

2

V

n

(2.26)

11

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Réseaux électriques en ses divers régimes

La matrice Y est une matrice symétrique de dimension «

Y

ii

et d’éléments non diagonaux

Y

ij

etY

ji

n x n ». Elle est composée d’éléments diagonaux

. Ces éléments sont des grandeurs complexes définies par leurs

parties réelles et imaginaires. Cette matrice est un outil précieux pour évaluer les puissances électriques.

2.5.2 Expression de la puissance injectée dans un nœud

La puissance injectée dans un nœud i (figure 2.9) est définie par :

S

i

=

V.I

i

*

i

=

P

i

+

jQ

i

(2.27)

En développant l’expression (2.27), on obtient les expressions fondamentales des puissances active et réactive en chaque nœud d’indice i sous la forme suivante :

P

i

Q

i

=

=

=

=

G

ii

P

Gi

V

i

2

+

P

Ci

Q

B

Gi

ii

V

i

2

Q

n

j

i

V V (G cos(

i

j

ij

θ

i

+

Ci

n

j

i

V V (G

i

j

ij

sin(

θ

i

θ

j

)

θ

j

+

B sin(

ij

θ

i

)

B cos(θ

ij

i

θ

j

θ

))

j

))

(2.28)

(2.29)

Pour le nœud i, les puissances active P i et réactive Q i forment un bilan local en puissance. Si ces puissances sont soutirées au réseau, elles seront des grandeurs à valeurs négatives.

2.5.3 Expression des pertes et des puissances transitées

Le programme de répartition de charges permet d’évaluer les transits de puissance active et réactive. La puissance transitée est par définition la puissance nette qui sort (en valeur algébrique) du nœud d’indice i vers le nœud d’indice j.

Dans ce qui suit, on se propose de donner les expressions de ces puissances et ce en considérant la branche du réseau de la figure (Fig. 2.10) :

12

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

P , Q

ij

ij

L

Y

ij

I ij i s Y ij V i
I
ij
i
s
Y ij
V i
ij j Y V j
ij
j
Y
V j

s

ji

I

Réseaux électriques en ses divers régimes

Fig. 2.10 : Transit de puissance à travers la branche ij

S

ij

I

ij

La puissance apparente complexe transitée du nœud i vers le nœud j,

= V .I

i

*

ij

s

= V .Y

i

ij

+ (V - V ).Y

i

j

ij

L

(2.30)

S ij

est définie par :

En général, on suppose que

s

ij

s

ij

Y

Y

s

Y

ij

=

G

jB

s

ij

s

ij

+ jB

j

2

s

ij

G

s

ij

est négligeable devant le

B

s

ij

ce qui fait que :

De plus, on suppose que:

L

Y

ij

= G

L

ij

+ jB

V

j

=

V

j

e

e e

j θ

i

j

L

ij

;

En remplaçant l’expression conjuguée de

active et réactive transitées du nœud i vers le nœud j :

I ij

dans celle de

S

ij

, on obtient les expressions des puissances

P

ij

=

Réel(S )

ij

13

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

P

ij

Q

ij

Q

ij

= −

G

L

ij

2

.V

i

L

+ G .V.V .cos(θ - θ )

ij

i

j

i

j

+

L

B .V .V .sin(θ

ij

i

j

=

Im(S )

ij

=

L

(

B

ij

s

B

ij

)V -(B .V.V.cos(θ -θ )

i

ij

i

j

i

j

2

L

L

G .V.V.sin(θ

ij

i

j

i

i

θ )

j

θ ))

j

Réseaux électriques en ses divers régimes

(2.31)

(2.32)

Pour évaluer la puissance transitée du nœud d’indice j vers le nœud d’indice i, on adopte le même raisonnement : L’expression de la puissance apparente à transiter du nœud j vers le nœud i est :

S

ji

= V .I

j

*

ji

(2.33)

De l’expression précédente, on déduit les expressions de la puissance active et réactive :

P

ji

Q

ji

= −

G

L

ij

=

(

L

ij

B

.V

2

j

s

ij

B

L

+ G .V .V .cos(θ

ij

i

j

j

- θ )

i

+

L

B .V .V .sin(θ

ij

i

j

j

2

)V

j

L

- (B .V .V .cos(θ

ij

i

j

j

- θ )

i

L

G .V .V .sin(θ

ij

i

j

j

θ )

i

θ ))

i

(2.34)

(2.35)

Une fois les puissances transitées sont évaluées, il est possible de déterminer les pertes entre les nœuds i et j. Ces pertes sont définies comme étant la somme algébrique des puissances injectées aux nœuds i et j, soit :

p

p

ij

q

ij

q

ij

ij

= P

ij

+ P

ji

= −

L

G (V

ij

i

V )

j

= Q

=

B

L

ij

ij

+ Q

((V

i

ji

V )

j

2

+

2

+

4V V sin

i

j

2

(

i

θ )

j

2

)

2

4V V sin (

i

j

i

θ )

j

2

)) - B

s

ij

(V

i

+

V )

j

2

(2.36)

(2.37)

D’après les expressions obtenues, on montre que les pertes sont proportionnelles au carré de la chute de tension. Pour minimiser ces pertes, il suffit d’avoir une régulation adéquate de la tension. L’ensemble des pertes seront affectées au nœud bilan et ce pour qu’à tout instant, la balance entre la production et la consommation d’énergie soit vérifiée. Il est important de noter que la machine connectée au nœud bilan soit compatible avec les valeurs trouvées.

14

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Réseaux électriques en ses divers régimes

2.6 Méthode de résolution d’un fichier statique de répartition de charges

Pour fixer un état de fonctionnement d’équilibre initial, un calcul de répartition de charges est nécessaire. Il s’agit de résoudre un fichier statique de répartition de charges et déterminer les grandeurs électriques, (transit dans les lignes, tensions dans les postes, puissances réactives générées par les groupes, pertes totales……), permettant de définir l’état du réseau pour un instant donné auquel correspond une certaine demande et pour une configuration donnée du système électrique.

Les algorithmes les plus utilisés de résolution du problème sont principalement: L’algorithme de Gauss- Seidel, Newton Raphson, Newton- Raphson avec découplage actifs-réactifs et la Matrice Jacobienne fixe. Dans cet ouvrage, on s’intéresse à la méthode de Newton-Raphson.

2.6.1 Système d’équations linéaires

Un système d’équations linéaires est défini par :

F(X) = b

(2.38)

b

= (b , b

1

2

X = (x , x

1

,

2

,

,

b

n

)

,

x

n

t

)

t

: Un vecteur de dimension n, formé de n valeurs appartenant à R n .

X : Un vecteur de dimension n, formé des inconnues réelles indépendantes :

x

1

, x

2

,

,

x

n

.

F est une matrice de dimension n x n formée de n fonctions réelles données des n variables

x R

n

on associe une image dans

R

n

.

x i tel que pour tout

Pour la résolution d’un tel système, on utilise une méthode directe qui se base sur le calcul par les

éliminations de Gauss. Par exemple la solution du système F(X) = 0 sera un vecteur

2.6.2 Système d’équations non linéaires

Pour de tels systèmes, on suppose que :

F(X) = X

(2.39)

X

S

R

n

S

vérifiant F(X )

=

0

En général, l’unicité et l’existence d’une solution n’est pas garantie. Pour la résolution du système (2.39), on a recours à l’exploitation de certaines méthodes itératives telle que la méthode de Newton- Raphson : Cette méthode consiste à tenir compte des variations de la fonction F(X) et de sa dérivée. La méthode repose sur une

x

estimation initiale convenable de

qui permet de déterminer un accroissement ∆X tel

que :

X

0

= (x

0

1

, x

0

2

,

0

n

)

t

,

15

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Réseaux électriques en ses divers régimes

F(X

0 +

∆X)

=

0

Pour ce faire, on procède par un développement en série de Taylor de la fonction F(X

premier ordre :

F(X

0

+

∆X)

=

0

F(X )

+

∆X.F (X )

'

0

=

0

De l’équation précédente, on déduit :

∆X

= −

0

F(X )

'

0

F (X

)

(2.40)

0 +

X)

=

0

au

Une fois l’accroissement est déterminé, on calcule le

X

1

=

X

0

0

F(X )

'

F (X

0

)

Ensuite, on détermine :

X

2

=

X

1

1

F(X )

'

F (X

1

)

Jusqu’à ce qu’on forme une suite de nombres formée par :

X

K

+

1

=

X

K

K

F(X )

'

F (X

K

)

(2.41)

La procédure continue jusqu' atteindre un critère d’arrêt défini par :

n + 1 n X − X < ε n X ε : Une tolérance
n
+ 1
n
X
− X
< ε
n
X
ε : Une tolérance choisie.

(2.42)

Le succès de la méthode Newton – Raphson est due à la rapidité de convergence, Elle est sensible aux conditions initiales, tout en assurant une bonne précision.

16

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Réseaux électriques en ses divers régimes

2.7 Définition qualitative de la sensibilité de la tension

On définit la stabilité de la tension, d’un réseau électrique comme étant son aptitude de maintenir, en régime statique, des niveaux de tension acceptable en régime de fonctionnement normal et après être sujet à une perturbation éventuelle.

Le changement des paramètres du réseau ou l’augmentation de charge, progressive et incontrôlable de la tension. Ce qui entraine une instabilité du réseau.

provoque une dégradation

La cause principale de l’instabilité de la tension est la défaillance du réseau de répondre à la consommation de l’énergie réactive. Pratiquement, le réseau est stable, si à chaque nœud, une augmentation de l’énergie réactive injectée provoque une augmentation de la tension au niveau de ce nœud.

2.8 Introduction au phénomène transitoire dans les réseaux électriques perturbés

L’étude de la stabilité du réseau en régime statique sert à donner des réponses rapides sur la stabilité :

Stable ou instable. La nature de l’instabilité est connue à partir du régime transitoire qui donne plus d’informations sur les caractéristiques des oscillations (figure 2.11).

sur les caractéristiques des oscillations (figure 2.11). Fig. 2.11 : Divers régimes de fonctionnement d’un

Fig. 2.11 : Divers régimes de fonctionnement d’un système électrique

Globalement, le réseau de transport et distribution est continuellement perturbé par les :

1. Actions quotidiennes : Manœuvres de lignes, réglage de la tension, accrochage et dés- accrochage des charges, ajustement de la puissance…

2. Défauts accidentels : Ouverture de lignes ou court circuit.

17

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Réseaux électriques en ses divers régimes

Pour étudier ces phénomènes en régime transitoire, il faut prendre en compte tous les états transitoires des machines et les états dynamiques des charges. Cependant, il serait très compliqué d’aborder ce problème sous sa forme générale.

Donc, la solution, c’est qu’il faut adopter des hypothèses simplificatrices et ce, en partant du fait que le cas du défaut rencontré a un effet négligeable sur le reste du réseau. Dans ce cas, le réseau vu des bornes de la machine est représenté par son équivalent de Thévenin : Ce réseau équivalent est appelé réseau de puissance infinie.

plusieurs

conformément au schéma synoptique suivant :

On

définit

notions

de

stabilité

pour

le

réseau

électrique

et

ces

notions

sont

résumées

Aptitude de rester en synchronisme Stabilité du réseau électrique Stabilité Stabilité de la tension angulaire
Aptitude de rester en
synchronisme
Stabilité du réseau électrique
Stabilité
Stabilité de la
tension
angulaire
Aptitude de
maintenir une
tension
Acceptable
Stabilité
Long
Moyen
Stabilité petit
Stabilité
Grand
transitoire
petit
mouvement
mouvement
terme
terme
mouvement
Quelques
minutes
Oscillatoire
Non oscillatoire
(Asymptotique)

Fig. 2.12 : Schéma synoptique pour l’analyse de la stabilité du réseau

Qualitativement, la stabilité d’un réseau électrique est son aptitude à demeurer stable sous des conditions normales de fonctionnement, et retrouver un état d’équilibre acceptable suite à une perturbation éventuelle.

En présence des perturbations de faibles amplitudes, l’étude de l’oscillation des générateurs autour de leur point d’équilibre nous permet de juger la stabilité statique du réseau. L’analyse de la stabilité statique est nécessaire pour les régimes stationnaires qui subissent en permanence des fluctuations de faibles amplitudes. Le système est présumé instable de point de vue stabilité statique, s’il ne peut pas assurer la continuité de service.

En présence de fortes perturbations aux bornes d’un alternateur, on détecte des variations brusques et

étude de la stabilité transitoire du

rapides à grande amplitude de la puissance électrique. Ce qui fait qu’une réseau s’impose.

18

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

2.9 Stabilité transitoire

2.9.1 Analyse du fonctionnement d’un groupe

en présence d’un court-circuit proche

Réseaux électriques en ses divers régimes

On rappelle que la puissance électrique injectée au réseau n’est fonction que de la position relative des angles rotors et de la structure topologique du réseau.

P

δ

θ

ei

ij

ij

=

=

n

1

j

=

δ

i

= θ

i

Y

ij

E

δ

θ

j

j

i

E

j

cos( δ

ij

θij)

(2.43)

En régime perturbé, les mouvements des générateurs sont décrits par l’équation dynamique :

M.

dt

+

D. ω

=

P

m

P

e

=

P

a

(2.44)

P m : Puissance mécanique fournie par la turbine au générateur

ω: Vitesse de rotation

f: Fréquence

D:

Constante d’amortissement

M

: Moment d’inertie

P e : Puissance électrique délivrée par la machine au réseau

P a : Puissance accélératrice

2.9.2 Phase de défaut

En présence d’un court-circuit proche d’un générateur, la puissance active est nulle et en conséquence il en est de même pour le couple électrique, d’où :

d δ

dt

= ω ω

0

0

L’inégalité établie prouve que pendant le défaut, l’angle rotorique augmente. Le groupe accélère et sa vitesse devient supérieure à la vitesse de synchronisme.

19

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

2.9.3 Phase de post défaut

Réseaux électriques en ses divers régimes

On a montré au paragraphe 2.2 que la puissance électrique débitée par le générateur obéit à la courbe de la figure 2.14. On suppose que la machine fonctionne en régime nominale et qu’un défaut subite, survient à

l’instant t et éliminé à un instant t t e f 0 . 0 P
l’instant
t
et éliminé à un instant
t
t
e f
0 .
0
P e
P m
δ
0 δ
δ
e

Fig. 2.14 : Evolution de la puissance en fonction de l’angle rotorique

Avant

défaut,

l’angle

rotorique

a

une

valeur

pratiquement

constante

égale

P

e

à

(δ )

fonctionnement du système est caractérisé par l’intersection des deux caractéristiques

δ

et

Le

.

0

.

P (δ)

m

point

de

A

l’instant

la puissance :

P

e

t

0

, on suppose qu’un court circuit survient. Ce défaut a pour conséquence la non génération de

(δ ) = 0

et le phénomène continue jusqu’à élimination du défaut.

Au moment de l’élimination du court-circuit, l’angle rotorique est égal à

δ

e

: Le couple électrique est

supérieur au couple résistant. L’accélération devient négative et le groupe ralentit.

A l’instant t e , la vitesse du groupe était supérieure à la vitesse de synchronisme, la vitesse du rotor reste

supérieure à celle ci pendant un certain temps. L’angle rotorique continu à augmenter :

ω

>

ω

0

donc

d δ

dt

>

0

Deux cas peuvent se produire : Soit que le groupe perd le synchronisme soit qu’il ralentit suffisamment et arrive à la vitesse de synchronisme avant de franchir le point critique. Donc, le groupe gardera ou non le synchronisme et ce, selon l’importance de la phase de freinage.

2.9.4 Paramètres influents pour la stabilité transitoire

Pour améliorer la stabilité du groupe, il est nécessaire de diminuer la phase d’accélération et d’augmenter la phase de freinage. Pour aboutir à cette fin, il est clair d’examiner les différents moyens de planification.

20

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

2.9.4.1 Plan de protection

Réseaux électriques en ses divers régimes

En planification, les temps limites d’élimination des défauts sont calculés à l’aide de programme de simulation. Ces temps sont par la suite comparés aux temps d’élimination réels qui correspondent aux temps de fonctionnement des protections et des disjoncteurs.

La différence des temps limites d’élimination du défaut dépassant une certaine marge garantit la stabilité du groupe.

En présence de marges de stabilité assez faibles, une installation de système de protections plus rapides s’impose pour retrouver une situation plus saine.

2.9.4.2 Influence des réactances

Lorsque la réactance externe vue des bornes du groupe diminue, la puissance maximale transmissible augmente et donc la surface de freinage. Ce phénomène résulte vu que pour un même régime en puissance active, l’angle initial du groupe est faible.

Pour un réseau réel, la diminution de la réactance externe vue des bornes du groupe se traduit par un maillage plus important qui est favorable à la stabilité du groupe.

2.9.4.3 Conséquence de la régulation de la tension

On note que la puissance maximale transmissible d’une génératrice est proportionnelle à la force électromotrice transitoire E q ’ : Ce qui prouve que l’augmentation de la valeur de cette dérnière est favorable à la stabilité du groupe.

'

dE

q

dt

=

[

E

'

q

E

+

(

X

d

'

X

d

)

. i

d

]

'

T do

E : Force électromotrice d’excitation

E’ q : Force électromotrice transitoire d’axe en quadrature

X’ d : Réactance transitoire longitudinale de la machine

X d : Réactance synchrone longitudinale de la machine

Pour que cette action soit efficace, plusieurs conditions sont nécessaires : La surexcitation de l’alternateur doit être aussi rapide que possible pour éviter le point d’excursion angulaire maximum donc le système d’excitation doit être convenablement dimensionné.

2.9.4.4 Influence de la régulation de la vitesse

Pendant la phase de survitesse, le régulateur de vitesse demande à la turbine une diminution de la puissance mécanique. Cette action est bénéfique puisqu’elle limite la phase d’accélération et augmente la surface de freinage. Dans la pratique, la turbine exerce sur l’alternateur un couple moteur non constant.

21

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

2.9.4.5 Amélioration de la stabilité de tension

2.9.4.5.1 Réglage de tension

Réseaux électriques en ses divers régimes

Il est souhaitable d’exploiter le réseau en maintenant constantes les tensions efficaces en ses nœuds quelle que soit la charge. En fait, si un nœud est relié à une machine synchrone voisine et voit une variation de tension à ses bornes, le régulateur de la machine avoisinante ajuste le courant d’excitation de façon à maintenir la tension constante en valeur efficace. S’il n’y a pas de machines synchrones au voisinage, ce rôle est attribué à des compensateurs synchrones statiques. L’injection d’une puissance réactive négative au nœud consommateur de puissance active est nécessaire. En effet, si on considère le schéma simplifié de la figure ci-dessous, où le nœud p est un nœud producteur et q un nœud consommateur, d’après la loi des mailles, on peut écrire que :

V

p

=

V

q

+

ZI

Z = R + jX : Impédance de transmission de la ligne,

La chute de tension entre les deux nœuds est donnée par:

∆V = RIcosϕ + XIsinϕ Soit : RP + X(Q − Q c ) ∆V
∆V = RIcosϕ + XIsinϕ
Soit :
RP
+
X(Q
Q
c )
∆V =
3U
q

Q

c : Puissance réactive développé par la ligne.

p q V Z V p q
p
q
V
Z
V
p
q

Fig. 2.15 : Schéma simplifié d’une ligne de transmission

Pour maintenir les deux tensions V p et V q constantes quelle que soit la puissance active appelée par les consommateurs du nœud q, il est nécessaire de raccorder en ce nœud soit des batteries de condensateurs réglables soit des moteurs synchrones ou encore des compensateurs synchrones.

22

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Réseaux électriques en ses divers régimes

Dans la pratique, la plupart des consommateurs font appel à la puissance réactive et fournissent davantage pour maintenir la tension à la valeur désirée. D’une façon générale, pour assurer la constance des tensions efficaces aux deux extrémités d’une ligne inductive, la puissance réactive doit transiter en sens inverse de la puissance active. Une injection de la puissance réactive au nœud utilisateur est nécessaire. Si la ligne est résistive, l’utilisation de transformateur réglable s’impose.

Parmi les consommateurs de puissance réactive, on cite à titre d’exemple : Les fours à induction, les systèmes d’éclairage à décharge dont le courant est limité par une bobine d’inductance, les machines asynchrones fonctionnant en moteur à vide ou en génératrice, les machines synchrones sous-excitées, les lignes électriques fonctionnant au dessus de leur puissance naturelle, tous les systèmes destinés à créer un champ magnétique alternatif ou tournant, …

2.9.4.5.2 Les moyens de compensation des effets réactifs

La compensation des effets réactifs est possible en adoptant plusieurs moyens. Le choix du moyen adéquat dépend du but à atteindre. Si les chutes de tension sont sans importance mais qu’on tient à réduire les pertes actives pour des raisons économiques, des condensateurs shunt statiques, montés au voisinage des consommateurs réactifs et fournissant une puissance réactive inférieur à celle qui est demandée, feront l’affaire.

Au contraire, si seule la tenue de toutes les tensions dans des limites étroites est importante, on installe soit des condensateurs statiques shunt fournissant plus de puissance réactive qu’il n’en est consommé sur place soit des compensateurs réglables inductifs et/ou capacitifs soit des transformateurs à gradins.

Dans des cas spéciaux, les condensateurs série surcompensant la réactance de la ligne sont incompatibles avec la compensation par condensateurs shunt.

En pratique, le moyen le plus économique et le plus simple est la surexcitation des alternateurs synchrones existant en choisissant les alternateurs les plus proches des points de demande réactive.

2.9.4.6 Etude de la stabilité de la tension

La stabilité de la tension représente le souci majeur des producteurs d’énergie. Pour avoir une idée la dessus, , on considère le cas simplifié d’un réseau comportant un générateur de tension fixe E alimentant par l’intermédiaire d’une ligne de transmission Z, une charge caractérisée par ses puissances active P et réactive Q comme l’indique la figure suivante :

23

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

(P,Q) Y E V
(P,Q)
Y
E
V

Réseaux électriques en ses divers régimes

Fig. 2.16 : Représentation simplifiée d’un simple réseau

Le courant I absorbé par la charge s’exprime par :

I = Y(E V)

Avec :

E

V

Y

= Ee

= Ve

= jϑ

Ye

On rappelle que la puissance apparente est définie par l’expression :

S = V × I

= P + j.Q

En développant l’expression précédente et en identifiant la partie réelle à la puissance active et la partie imaginaire à la puissance réactive, on obtient :

P

Q

= −

2

YV cos

ϑ

=

2

YV sin

ϑ

+

+

YVEcos(α

ϑ

β)

YVEsin(α

ϑ

β)

La manipulation des deux expressions obtenues, aboutit à l’équation 2.45 : Une équation de second degré en V 2 où les phases de V et E sont éliminées :

P

2

+

Q

2

+

Y

2

V

4

2

2YV (Qsin

ϑ

Pcos

ϑ +

Y

E

2

2

)

=

0

(2.45)

La résolution de l’équation (2.45) montre que pour tout point de fonctionnement (P, Q) donnée de la charge, il existe au plus deux racines de V 2 :

V

1

2

V

2

2

=

=

ψ

1

ψ

1

+

(ψ − 2 ) 1 2 ψ (ψ − 2 ) 1 2 ψ
2 )
1 2 ψ
2 )
1 2 ψ

24

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Réseaux électriques en ses divers régimes

Ces deux racines deviennent confondues une fois que le discriminant s’annule c’est à dire lorsque ψ 1 2 -ψ 2 =

0

V 2 Racine stable Racine 2 instable 1
V 2
Racine
stable
Racine
2
instable
1
P
P

V

ψ

P c

Fig. 2.17 : Lieux des racines à puissance réactive constante

L’allure générale de la courbe donnant les lieux des racines pour une puissance réactive constante (Q=Q 0 ), est une parabole (figure 2.17). Le point exprimé par V=(ψ 1 ) 1/2 caractérise la tension critique qui déclenche le phénomène d’écroulement de tension. En effet, à partir de ce point, toute demande supplémentaire en P ou en Q ne peut être satisfaite. Au contraire, tout appel de puissance entraîne une diminution du module de l’impédance équivalente à la charge donne lieu à une diminution de la chute progressive de la tension qui peut atteindre dans certains cas l’état de court-circuit.

Le lieu des points critiques dans le plan (P, Q) est défini par le point correspondant à :

ψ 1 2 -ψ 2 = 0 ou encore par :

(P

2

+

Q

2

)

1/2

+

Pcos

ϑ

Qsin

ϑ =

Y

E

2

2

(2.46)

Ce lieu critique des puissances limite la marge de fonctionnement stable du dipôle (figure 2.18).

25

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Réseaux électriques en ses divers régimes

P c Zone instable YE 2 /2(1+cosθ) Lieu critique Zone stable Q c YE 2
P c
Zone instable
YE 2 /2(1+cosθ)
Lieu critique
Zone stable
Q c
YE 2 /2(1-sinθ)
Lieu critique Zone stable Q c YE 2 /2(1-sinθ) Fig. 2.18 : Lieu critique des puissances

Fig. 2.18 : Lieu critique des puissances

La tension critique V c est théoriquement égale à :

V

c

=

 

(Y

E

2

Pcos

ϑ +

Qsin

ϑ

)

2

2

 

Y

(2.47)

En éliminant l’angle de l’admittance de transmission et en revenant à la relation qui traduit le lieu des points critiques, on obtient :

P 2 +Q 2 =Y 2 .V c 4 , c’est à dire S=Y. V c

2

Si Y L est l’admittance associée à la charge, par application de la relation précédente, on peut dire que le

lorsque les modules de l’admittance

charge est purement

phénomène d’écroulement de la tension aura lieu pour

de

résistive :

Y L = Y ; c'est-à-dire

charge et de l’admittance de transmission deviennent égaux. A titre d’exemple, si la

 E V =  c 2(1 + cos ϑ )    2
E
V
=
c
2(1
+
cos
ϑ
)
2
E
Y
2
P
=
c
1
+
cos
ϑ

Pour une ligne de transmission purement inductive :

 E V = c    2 2  YE = P c
E
V
=
c
 
2
2
YE
=
P c
2

26

Mme Souad Chebbi

Université Virtuelle de Tunis

Production - Transport et Distribution d’Energie

Réseaux électriques en ses divers régimes

Pour une charge capacitive et en présence d’une ligne de transmission purement inductive, on a :

V

Q

c

c

= ∞

= ∞

Le dernier cas est extrêmement dangereux pour le matériel puisqu’il correspond à une surtension inadmissible.

2.10 Conception du réglage dans les systèmes production-transport

L’adaptation de la production à la consommation est réalisée automatiquement par la commande des turbines qui entraînent les alternateurs. Les systèmes de commande imposent une relation statique, entre la puissance et la fréquence, qui est une condition nécessaire pour assurer l’équilibre du réseau. Pour ce faire, il faut qu’il y’ait une action de réglage primaire exigeant un minimum de réserve de puissance dite réserve primaire.

La fréquence à laquelle est réalisé l’équilibre résulte de la combinaison des caractéristiques statiques des régulateurs. Elle peut être corrigée par action sur les consignes de certains régulateurs, action appelée réglage secondaire.

Dans les réseaux interconnectés, pour régler les puissances échangées, il est nécessaire que chaque partenaire réalise la même action de réglage secondaire et ce pour corriger la fréquence.

27

Mme Souad Chebbi