Vous êtes sur la page 1sur 853

A propos de ce livre

Ceci est une copie numérique d’un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d’une bibliothèque avant d’être numérisé avec
précaution par Google dans le cadre d’un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l’ensemble du patrimoine littéraire mondial en
ligne.
Ce livre étant relativement ancien, il n’est plus protégé par la loi sur les droits d’auteur et appartient à présent au domaine public. L’expression
“appartenir au domaine public” signifie que le livre en question n’a jamais été soumis aux droits d’auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à
expiration. Les conditions requises pour qu’un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d’un pays à l’autre. Les livres libres de droit sont
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont
trop souvent difficilement accessibles au public.
Les notes de bas de page et autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir
du long chemin parcouru par l’ouvrage depuis la maison d’édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains.

Consignes d’utilisation

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public et de les rendre
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine.
Il s’agit toutefois d’un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées.
Nous vous demandons également de:

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l’usage des particuliers.
Nous vous demandons donc d’utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un
quelconque but commercial.
+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N’envoyez aucune requête automatisée quelle qu’elle soit au système Google. Si vous effectuez
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer
d’importantes quantités de texte, n’hésitez pas à nous contacter. Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l’utilisation des
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile.
+ Ne pas supprimer l’attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet
et leur permettre d’accéder à davantage de documents par l’intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en
aucun cas.
+ Rester dans la légalité Quelle que soit l’utilisation que vous comptez faire des fichiers, n’oubliez pas qu’il est de votre responsabilité de
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n’en déduisez pas pour autant qu’il en va de même dans
les autres pays. La durée légale des droits d’auteur d’un livre varie d’un pays à l’autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier
les ouvrages dont l’utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l’est pas. Ne croyez pas que le simple fait d’afficher un livre sur Google
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous
vous exposeriez en cas de violation des droits d’auteur peut être sévère.

À propos du service Google Recherche de Livres

En favorisant la recherche et l’accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le frano̧ais, Google souhaite
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l’adresse http://books.google.com
Slt

i '
y&nyy*
«sL^TIJj. - tut. muf. 4,ti/. **

UNIVERSITEITSBIBLIOTHEEK GENT
GOD. GUIL. LEIBNITII

OPERA PHILOSOPHICA

OMNIA.
G.W LEIBNIZ
t .i.lu! H.Jib - mort WN

"<»i Oligfaaiâlqcmâltle un tlr.t tt,- .ft . ti " f\r,ii,i-Iuij X

/?,r/> . /t40
GOD. GUIL. LEIBNITII

OPERA PHILOSOPHICA
QUAE EXSTANT

LATINA GALLICA GERMANICA

O M N I A.

EDITA RECOGNOVIT E TEMPORUM RATIONIBUS DISPOSITA PLUR1BUS INED1TIS AUXIT


INTRODUCTIONE CRITICA ATQUE INDICIBUS

INSTRTJXIT

JOANNES EDUARDUS ERDMANN


PHIU DOCT. ET PROF. PUBL. ORD. 1H UNIVERS. IIALEN8. C. VITEDER». COKSOC.

PARS PRIOR.

CU M LEIBNITII EFFIGIE.

BEROLINI
SUMTIBUS G. EICHLERI.

MDCCCXL.
FAVORI AC PATROCINIO

ACADEMIAE SCIENTÏARUM REGIAE


BORUSSICAE

NOVAM HANC OPERUM PHILOSOPIIICORUM

IMMORTALIS VIRI

GOD. GUIL. LEIBNITII


IPSIUS ACADEMIAE CONDENDAE AUCTORIS ET PRIMI PRAF.SIMS

EDITIONEM

OBSERVANTISS1HE TRADIT ET COMMENUAT

G. E I C II L E R.
L. B.
Cuique Leibnitii pliilosophiam indagaluro primum quod obslct hoc est, quod scripla
ejus laiu rara sunt, tamque ad inveniendum difficilia. Constat Philosophiae Germanicae
gerùlorem in Germania editorem operum nondum invenisse, cuin unica quae extel col-
lectio instituta sit a Gallo, in Brilannia degenle, Ludovico Dutensio.*) Quum vcro Du-
tensii editio non omnia conlineat quae pliilosophiam spectent Leibnitii opéra , adsumcndn
eticini sunt Poslhuma quae Raspius edidit **) Utramque vero operum Leibnitii collectio-
nem frustra a bibiiopolis quaercs, imo in publias bibliolhecis desiderabis et magni apud
antiquarios tanlum quos vocanl cmes. Âccodil, quod sane dolendum, ut in Dulensii
uditione uulla pars tara negligenter composita sit, quain quac opéra pliilososophica conli-
neL Legunlur haec in voluminis secundi parte priore. Equidem cuni non asscntiar us
qui dicant, in colleclione operum philosopliicorum Leibnitii collocanda esse omnia quac
Leibnitius unquain ipse invenerit, quippe quum non poluerit non pliilosophice scribcrc,
editorem laudo, quod philosophica a mathematicis et pliilologicis aliisque operibus scpa-
i.ivil J '••ii H le, i nui non ignorem quam difficile persaepe sit dijudicatu, utrum scriptio
iiliqua philosophicae indolis sit an non sit, non objurgem edilorcm quod unum aut al-
terum opus inler philosophica non numeraveril, mca senlentia ex iis non excludendum.
Id vero in Dutensio jure vituperari polcst quod in dislribuendis Lcibnilii operibus sibi
ipse non consentit. Documente sil inscriptio voluminis quarti. Quod cuni reapse con-
tineat opuscula philosophica, quin ilidcm philosopliiae litulo instrueretur, fieri non po-
iuit — Majoris momcnli hoc csl, quod Dutensius quem in ceteris voluminibus serva-
verat ordinem in hoc plane neglexiL Exempta afferam: Cum Dutensius nesciret, disser-
taùonem de principio individu! adliuc exslare, in Ludovicii vero biographia Leibnitii, thè
ses inveniret ei disserlationi adnexas, has recepit, easdemque tamquam reliquias non in
fronte operum philosophicorum posuit, sed iis subnexuit. Eslo. Sed cur quacso intro-
duclionem quam Thomasius Leibnitii dissertation! praemiserat, a thesibus segregalam in
ipso vohuninis secundi initio collocavit? — Alterum exemplum hoc sit: Fouchero, Leib-
nitium refulare conunti nosler respondet. Eam responsionem p. G7, refutationcm Fou-
chéri posthac legimus p. 102. — Si denique adsumis, quod uua eademque scriptio di-

*) Prodiit haec editio Genevae anno MDCCLXVIII, sex voluminibus coinptexa opéra Leibohii
omnia, theologica, philosopbica , matheroatica , philotogica. '— Qnodsi editio citatur Colouiao
Allobrog. et Berolini anno MDCCLXXXIX. foras data, notaudum est, kanc csso eam
•• un editionem uovo tantum titulo instructaïu. Id quod facile patebit duin modo ntrauiquo
edttionem coiuparaveris et in ntraque casdein inveneris nieudas tyi>ograpliicas.
**) Oeavres philosophiques de fcn Mr. Leibiiiz publiées par Mr. Rud. Eric Raspe avec âne pré
face de Mr. Kiistner. Amst. et Leips. 1765. 4.
VIII PRAEFATIO.
verso lilulo bis recepla est, mecum L. B. optabis, ut edilorem sicul in Malhematicis
Mathematicus, ita in Pliilosophicis edendis vir adjuvisset philosophia qualilercumque im-
butus. Haec est illius edilionis indoles. Quae utruni effecerit ut Leibnitii philosophia us-
que ad noslrum tempus adeo negligeretur, an hac negligentia factum sit ut Leibniliï
opéra philosophica tara mâle edi poluerint, equidem non dijudicem. Hoc cerle scio, in
edilione Ula multa posse desiderari, et (si novissimum exemeris lustrum) Leibniiii
pliilosophiam plus justo negligi.
Cum ante quatuor annos cum ad scholas acedemicas habendas, lum ad cornponen-
dam raeam Pliilosopliiae recentioris hisloriam, in opéra Leibniiii accuratius inquirerem,
omnia illa quae innui mihi obvenere impedimenta. Quae ut amoverentur primum erat,
opéra Leibniiii in certum ordinem redigere. Qua in re elaboranli valde placuit quod
proposuit Eichlerus bibliopola, ut in officina sua omnia Leibniiii opéra philosophica de-
nuo ederem. Erunt qui rideant si de editione critica loquar, cum de auctore agalur
seculum abhinc defuncto, cujus opéra dum ipse viveret typis expressa sint. At crescunt
errores eliamsi in seculorum pulvere non radicentur. Vel apud eos, qui primi de Leib
niiii operibus menlionem faciunt, multos reperire licet errores, qui inde ab eo tempore
non correcli persaepe hodieque repeluntur. ISIam, ut unum moneam, neque Jaucourlo ne-
que Ludovicio neque Dulensio Cdes habenda, cum de lempore agilur qua scriptio ali-
qua primum edila sit. Ilaque necesse erat ut quodque opus, priusquam cum colleclione
mea concorporarem, eo loco invesligarem quo primo vulgatum, et cum Dutensiana
edilione conferrem.
Duo praecipue erant, quae in insliluenda mea editione observanda putavi. Pri
mum, ut in cerlum ordinem opéra philosophica Leibniiii redigerenlur, e temporum ra-
tionibus disponenda ea judicavi. Qua in re eam seculus sum rationem, ut e libeUis, quos
ipse Lcibnilius divulgavit, quemque ei anno adscriberem, quo primum typis excusus esl-
In operibus autem, aut post Leibnitii obilum aut nondum adhuc editis, ratiocinando temptts
inveniendum erat quo conscripla esse veri simillimum esset. Adferam poslliac argumenta,
quae ut unumquodque opus huic potissimum lempori tribuerem, mihi suasere. Alterum,
cum curarem ut, quanlum possem, omnia congererem Leibniiii opéra quae Philosophiam
speclant, non solum multa quae in edilione Dulensiana aliis classibus adscripta eranl,
sed eliam opéra poslhuma a Raspio edila edilioni meae inserenda censui. Cum vero
Raspius post Leibniiii obilum lam multa reperisset ingenii ejus monumenta, cur non
speraverim fore ut, fonle illo non plane exhauslo , Hanoverae in bibliolheca Regia opéra
Leibniiii invenirem nondum edila et digna quae foras darenlur. Quaerenli mihi per li-
tcras, summus Regii tabularii et bibliothccae praefeclus, cl. Perlzius, ea cum benignilale
respondit, quam amici anlea jam laudaverant, quam poslea ipse experlus sum. Scripsil
cnim, mulla in bibliolheca illa esse Leibniiii MSS. nondum édita eliam ad philosophiam
perlinenlia. Simul auxilium dum venerim promisit. Neque me fefellil vir generosus.
Quippe cum aulumno anni MDCCCXXXVI. Hanoveram me contulissem, mox mihi aperla
sunt illa scrinia quorum me desiderium allexerat. Quum in bibliolheca Regia schedac
Leibnilianae secundum argumenta el indolem jam sinl disposilae, primo oblulu vidi, me
non fruslra vcnisse. Nam praeler illa quae edidit Raspius, duodecim ibi asservanlur
PRAEFATIO. IX
fhsciculi qui aulographa Leibnitii conlincnl philosophici argutnenli, quorum nuilla non-
duni édita sunl. Plurima quiilem non nisi fragmenta sunt, opcrum sola cxordia, née,
cum saepe unam eandcmquc coniinenlalionem 1er quaterve inchoaverit, rcpeliliones de-
sunt, ila ut edilorein eligere oporleat quae gravissima et maxime perfccla, resecare quae
minus confecta videanlur aut nihil conlincant qunm, quod in edilis jam melius diclum
est Ilaque ex illis schedis viginti 1res elegi edilioni mené inserendas. Quae scriplio-
nes maxima ex parle nd illam pertinent scicnliam quam Leibnitius modo mnlliesin
universalem , modo scienliam generalcm, modo calculum ratiocinalorium appellavil, de
qua juvenis jam somniaverat quamque senex curare non desiil. Quum Raspius duas
(antum commenlaliones ediderit easdemque breviores quam quae scienliae illius naturam
perspicue1 monstrent, equidem e nmllis fragmenlis quae perlegi ça concinnarc studui,
quae miJù visa sunt et gravissima et ad pennagni illius moliminis naluram perspicien-
dam aplissima. Et cum in his schedis una sit, quae tolius operis oeconomiam conlineat,
spero Jeclori idem eventurum esse quod mihi, ut quodam modo inlrospiciat acdificium,
cujus singulae tanluni columnae eaeque mancae nobis restant.
Anlequam ad enumerandas singulas commenlaliones Leibnilii transcam, et singulis
litulis, quae annotanda censeo, addam, una res non est praetermillenda , ne de opéra
mea severius judicelur. Finilus erat colligendi labor abbinc très annos et dimidium, et
eodem lempore chartae bibliopolae tradilac sunl ul slalim prelo subjicerenlur. Mea non
accidit culpa, ut dilata sil impressio in mens. Febr. anni MDCCCXXXVHI. indeque
tara tarde progrcderelur ut amplius biennium consumlum sit. Ex quo lempore libii
prodiere, inedita Leibniliana continentes (dico prae céleris cl. Cousini fragmenta philoso-
phica Parisiïs edila), quae nunc, ne leinporum ordinem lurbarem, aul plane omillcre de-
bui, aul non eo quo convenit loco inserere polui.
Commenlaliones Leibnilii, quae in edilionem meam recepi, hae sunl:
I. Dissertatio mctaphysica de principio individui, quam Leibnilius anno
MDCLX1U. edilam publiée défendit. Quam dissertalionem in Ludovicii manibus fuisse
ex opère ejus (Âusfuhrlicher Entwurf einer vollsliindigen Hislorie der Leibnilziscben Phi
losophie. Leipzig 1737 p. 37.) apparet. E quo Dulensius, ipsam Dissertalionem deper-
dilani radis, thèses a nostro defensas exscripsil. Unicum ni fallor hujus disserlalionis
exemplar iii Bibliolheca Regia Hanoverana exstal. Cujus vidcndae cum mulli quorum
interesl occasionem non habcant, bene mcruit de hisloria Pliilosophiae docl. Guhrauerus,
cum aille très annos denuo eam eclerel, et inlroduclione inslruerel.*) Cui edilioni
quod mea non ad verbum respondet ne mireris quaeso, quippe cum nimis
feslinanti calamo edilor dissertalionem Leibnilii transscripserit, ita ut, quod valde
dolendum est, ei non paucae mendae, eaeque gravissimae , excidcrint. — Haec
nostri disscrlalio non solum ideo mcmoratu digna est, quod primum spécimen
est ejus ingenii, scd eliam quia ex oa apparet quam accurale versalus fuerit in ea
aiolaslica philosophia , quam hodie Leibnitii adtniralores quo magis ignorant

') Leibnitz's Dissertation de principio individui, hcransgegeben und kritisch cingeleitet von
Dr. G. E. Guhrauer. Berlin 1S37.
B
X PBAEFATIO.
co magis dctcstanlur. Sunt qui magni itl acslimcnt momcnli, quod Lcibnilius scholasli-
cus Nominalium polius quam Realinm parles seculus sit. Sed, clsi non ignoro in ea
quam poslca professas csl pliilosophia plus cognalionis esse cum Nominalismo quam
cuin Réalisme, tamen quod scholaslizans Nominalium parles lenuit, nihil portendit. Sci-
licet omnes qui hoc ternpore scholaslicae philosophiae adhaerebant Nominalium secta-
lores fuisse constat. Majoris mihi videlur momcnli argumenlum hujus disserlalionis;
quod lanlum cnim abest, ut casu sibi sumserit, ut mullos post annos eum videa-
mus candem rem pensilanlem. Exslat enim Hanoverae fragmenlum aulographum anno
MDCLXXVI. conscriplum, inilium continens commenlationis inscriptac: Medilalio de prin-
cipio individui. Quae, etsi ita comparata erat, ut recipi a nie non posset, lamen, quam
grave Leibnilio hoc argumenlum visum fuerit, salis docel. Et cum tola cjus philoso-
]>hia in eo posita sit ut singulorum enlium subslanlia ac valor (conlra Spinozam polissi-
muni) defendatur, Fr. Henr. Jacobio assenlior, qui notalu id dignum censuit, quod prima
Leibnilii scriplio de principio individu! egerit.
H. Disserta lio de arte combinatoria, quae anno MDCLXVI. primum édita
apud Dutcnsium legitur Vol. II, P. 1. p. 341. — Cum haec disserlalio non solum arilh-
inetica sit, sed in ea calculiis combinalorius ad argumenla eliam logica atlliibealur, cum
porro in inagno illo de scienlia gcnerali opère, quod poslca nosler molirelur, ars com
binatoria sur un tcnere debcret locum, adnumerandam eam esse Hbris philosophicis cen-
sui. Primas hujus dissertalionis plagulas sub lilulo disseiialionis arilhmeticae antea jam,
pro loco in facultate philosophica oblinendo, ediderat Leibnilius. V. quae de hac re no-
tavimus in noslra edilione p. 11.
III. Confessio nalurae conlra Alheistas, conlinet spécimen demonstrandi exi-
stenliam Dei animique immorlalilalem. Quam confessionem , anno MDCLXVIII. con-
scriptam, Dutcnsius opcribus theologicis adnumerat; quare in volumine I. ejus edilionis
legilur. Quum vero theologiae ralionalis et philosophiae regnum difficile sit disjunclu,
cumque ipse Leibnilius in subjccta cpislola ad Thoinasimn hanc demonslrnlionem lam-
quam solilis accuraliorcm cilel, inserendam eam colleclioni slalui. Elsi Leibnilius ipse
dolel, >quod mcndosissime illud schedion impressum est. Inprimis soriles ille, quo de-
• monslrare conalus sum immorlalilalem animi, mulalis linearum inilialibus mire perlur-
«balus esl,« — tamen non polui quin exhiberem siculi in Spizelii Epislola ad Anl. Rei-
serum de cradicando Alheismo Aug. Vindel. 1GG9. legilur. Sequilur
IV. Epislola ad Thomasium, anno MDCLXIX. conscripla et scqucnli anno
cum Leibnilii edilione Nizolii primum édita. Dulensius ci locum dedil in Vol. IV. p. 7. scqq.
At quis dubilcl quin locum hic merila sit, cum tam clare quid de historia Philosophiae,
quid de Philosophis anliquis nosler senserit, doceal.
V. Dissertatio de stylo philosophico Nizolii, quam una cum epislola modo
laudata in praefatione operis legimus anno MDCLXX. edili: Marii Nizolii de veris
principiis et vera ratione philosophandi conlra Pseudophilosophos libri IV, inscripti illu-
slrissimo Baroni a Boincburg ab edilore G. G. L. L. Francof. 1670. 4. — Tilulus quem
Jaucourlus cilal: Anlibarbarus philosophicus elc., quo liber Nizolii inslruclus erat quum
PRAEFATIO. XI
primum foras darelur, poslea alteri edilioni Leibnilianac (Francof. 1674.) ilerum in-
scriplus est.
VI. De vila béai a. Quo nomine conservalur Hanoverae commentalio , laline et
gcrmanice conscripla. Lalina alia manu, nescio an Leibnilii jussu, clinin Iranscripta cx-
.-l.il. Quant ut huic circiter lempori adscribain mulla sunt quac suadcant Impriiuis
magna cum Cartesio et Spinoza cognalio. Ipse Leibnilius conlilelur se juvenem Carle-
sianisinum, imo Spiuozismum redoluisse; quod lubenter credes si inlcr schedas Leibni-
tianas Hanoverae videris exccrpla facta e Spinozae Ethica tain accurata ut e libro I.
cl libro IV. ne una quidem proposilio oiuissa sit, et excerplis haec verba inscripla:
h. HT parliin mea, partim aliéna, aliéna vero corrigenda. « Constat mature noslrum ab
illis discessisse. Cum vero hanc inspexeris commenlalionem, inlegrum invenies Carlc-
sinnum: invunies in prima parle lolidem verbis illud Cartesii, quod haud ila inullo posl
Lvibnilius taniquam minus firmum reprobavil, -ut nihil unquam veluli verum admilla-
• mu-, nisi quod laiu clare et distincte rationi noslrae palet, ut nullo modo in dubium
•possit revocari,« — invenies in allera parle Carlesii illam senlenliain qua judicare est
velle, — obveniet libi cum de affeclibus Leibnilius loquilur, eosque Carlesiano modo
laïuquam liberlalis inimicos traclal, Irilum illud Carlesii: >quod fides non babenda sit ci
»a quo aliquolies deccpli fuimus,- — vidcbis eum Carlesii more faclum a consilio se-
paranlein, illud huic poslponcnlem, — leges eum medilandi ordinem laudalum, quem
iisdein fere verbis Spinoza in traclalu de inlellcclus emendalione commendaverat. —
Quodsi vero expeclaveris cum de ofliciis erga alios homincs agalur, illam libi obvenilu-
i.ini esse amoris definilionem quam poslea ipse lamquam Elhiccs fundamenlum laudal,
frustra eam quaeres; quem hoc loco laudal Dei amorem (p. 74.) idem est ac Spi-
uozae amor iiilelleclualis ; — non minus spes le fallcl, si (piaesieris liarmoiùae praesla-
bilitae menlionem, nam loquilur quidem de arda inter animam cl corpus uriione, sed ut
Carlesiani loqui solenl, quippe quod »cogitationes cor[>oris molus ab ineunle aelate coini-
• latae sunl,« — quaerenli, nuiu Leibnilius jam, sicul poslea, animam numquam sine cor-
pore existere ideoque loluin animal immorlale esse statuât, haec commentalio responde-
bil: -consideranda est mentis noslrae (hoc est subslanliae quae in nobis conscia est) na-
• iiiu, qualcnus absque corporc consislil alque illo longe nobilior esl elc. Hinc enim nos
•immortaJcs esse, illinc caducis corporibus brevi periluris conjunclos.» — Denique si
rogaveris num Leibnilius, cum hoc scriberel schedion, jam inveneril illud argumenli on-
tologici quod dicunt vilium, quod anno 1MDLXXV1II. jam vitupéraveril (cf. INr. VIII.
huj. éd.), cl cui poslea mcderi sluduil, respondcndum eril negando, nam in hac ipsa
conunentationc illud argumenlum iisdem fere verbis proponilur quibus Carlesius et Spi
noza ulunlur. Quac cum ila sinl, argumenlis inlcrnis adduclum me conûteor, ul liane
commenlalionem ci adsignem lempori, quo Leibnilius a Carlesii et Spinozae aulorilale
non plane sese liberaveral. Accedil, quod duclus lilcrarum, quibus hoc schedion con-
i, hnii. idem est, quem in fragmcnlis quibusdam Elhicis Hanoverae vidi, quibus Leib-
nilius lilulum dédit: De affeclibus, et cui inscriptum est: d. d. 12. Apr. 1669. Haec
fragmenta quinque plagulas continent cl cum Carlesii de hac re senlenliis mire concinunt.
XII PRAEFATIO.
VII. Dialogus de connexione inter res et verba et veritatis rcalitale,
quem Raspius primus edidil, sccundum ipsius Leibiûlii teslinionium anno MDCLXXVII.
conscriplus est.
VIII. Epislola ad Conringium de Cartesii demonslralione existenliae Dei pri-
mum a Rilmeiero édita, anno MDCLXXVIII. conscripla apud Dutensium legilur Tom II.
P. I. p. 264.
IX. Meditaliones de cognilione veritate et ideis, quae anno IV1DCLXXXIV.
aclis Erudilorum Lipsiensium inscrtae in edilione Dulensii Tom. II. P. I. p. 14. legun-
lur. Adjeci huic tractalui locum ex epislola ad Bernoullium scripta excerptum, quo
axioma, parlent minorent esse tolo, demonslrare sludet.
X. Epistola ad Seckendorffium, quam in SeckendorfQi libro: Chrislcnslaat
Lpz. 1685. priinum edilam Dulensius edilioni inscruit 1. c. p. 164.
Sequuntur (XI—XXII.) duodecim fragmenta Leibnitiana nonduin antchac edila.
Quae diversis lemporibus conscripla esse bene scio. Tamen ut, ralione lemporum pospo-
sila, omnia hoc uno loco insérèrent, hacc sunl quae suaserunt. Omnia haec schedia il-
lud Leibnitii consilium speclant, melhodum philosophicam ad calculum quendant redu-
cendi. In Dulensii edilione, si nonnullas exceperis epislolas quibus de amicis conque-
rilur, scilicet quod chimaericum id consilium exislintent, de hac re plane non fit menlio.
Raspius in poslhumis Leibnilii operibus duas quidem edidit commenlaliones , quae hue
pertinent e quibus me quidem conjicere non potuisse, qualis fueril ille calculus et quo
modo perficiendus Leibnilii arbilrio, lubentur confiteor. In autographis Leibnilianis ntul-
tae reperiunlur schedae, quae, diversis lemporibus conscriplae, de hac ipsa scienlia gcne-
rali (raclant. Quae etsi mancae sint, et exordia tantunt exhibeant, tamen manifestant
reddunt, quomodo ipsc Leibnilius illam sibi finxerit. Âliae enint cur desideranda sit haec
scienlia doccnt, aliae non metuendunt esse monenl ne ipsae cogitalio in nudum calculum
vertalur, aliac denique tabulant exhibent eapilum in tali opère Iractandorum. His indi-
ciis nisus ila singula fragnienla concinnavi, ut minus temporis ralionem consulerem quam
eo ordine disponerem, quem ipse in occonomia operis lamquam legilimum indicavit.
Restât vero ul probem, cur, etiainsi in eundem locum congrcgari debuerint, hune po-
tissimum his fragments dederim. Quodsi rcspondero maxitna ex parle circa hoc lem-
pus ea conscripla esse, unde hoc sciani dicendum eril. Quum ccrtiora deessent indicia
uni confidendum cral, quod elsi firmissimum non putent, lamen plane despiciendum
non censeo, dico literamnt ductum et formant scripturae. Memor quidem eram senlen-
liae quam cclebcrrimus Galliae juris consultus in diffamala illius temporis causa (ulii,
eos qui de chirographis judicenl sicul haruspices scse invicem videre non posse quin
ridèrent. Atlamen hoc ullimo ulcndum cral refugio. Comparant! Leibnilii autographa
1res diversae se praebcnt literarum forntac. Vidi aulographa literis mmusculis conscripla
iisque cliam in vocibus lalinis talibus, quae inlcr scripluram galhcam et gcrmanicam
médium tenent, ejus fere fonnae, qua mulli docli Saeculi XVII. et XVIII. uli solebanl.
Talent scripluram c. gr. in autographe quodam invcnies, quod senlenlias accademica
dispulatione dcfendendas conlinel, quibus, ab alio ut mihi videtur proposais, Leibnilius
opponendas suas senlenlias adscripsil. Pcrpaucae sunt schedae in quibus hoc pingcndi
PRAEFATIO. XIII
gcnus inveni, eaeque omnes aetate juvenili conscriplae. Mutalur deinde Lcibnilii scri-
bendi modus quum literis majoribus tracluque lilerarum prneserlim finalium tain ele-
ganti scribat, ut sibi placuissc videatur in pingendo. Vidi quidcm hanc lilerarum specicm
in autograpliis anno MDCCX. conscriplis, sed laineu rarior est post saeculi XVII. finem.
Ex eo tempore lilerae minores apparent, et negligenlius ac manu elsi non Iremenle la-
men minus (Irma, saepe calamo mâle lemperalo pictae, saepe leclu difficiles sunl. (Ca-
dit hoc e. gr. in spécimen contra Lockium anno MDCCIV. conscriplum, qiiod Raspius
edidit). Haec indicia quam ambigua sint, haud ignoro, sed aliis signis carentem incerlis
conlenlum esse oporleL Ilaque stalui, ut onmia scripla in quibus eleganliorem illam li-
lerarum specfem invenirem, nisi certa argumenta conlrarium suadcrenl, iis admunerai cm,
quae ante saeculi finem conscripla essent. Atqui de maxima parle tractatuum subse-
quenlium hoc valet. Itaque, cum supra dictum sit cur omnes de scicntia gencrali scriplos
in eundem locum congregandos putaverim, spero leclorem de loco iis assignalo non
fore ira lui n. Pergam in enumerandis libellis:
XI. De scienlia universali seu calculo philosophico. Hanc comuientalio-
nem, cui ego tilulum indidi, cum scheda Leibniliana inscriplione carcal, in fronle horum
fragmenloruin posui, quia quid sibi velil ille calculas deliueat, alque rejicit absurdam
consequentiam , quasi per illum calculum novae veri talcs creari possint sine labore et
omnis ingeniorum diversitas tolli debeat Citât arlem conibinaloriam tamquam olim
coinposilam, citât eliam Meditaliones anno 1684. actis Erudilorum Lipsiensium inserlas,
sed non indicat quantum lemporis exinde effluxeril, ila ut vix quidquam conjici possit.
Ex illis quae de meritis suis in analysi dicil, conjecerim hoc fragmenlum paulo seiius
scriptum esse quam sequenlium nonnulla.
XII. Initia scienliae generalis de nova ralione inslauralionis et aug-
menlalionis scienliarum, ita ut exiguo tempore et negolio, si modo ve-
lint homines, magna praestari possint ad felicilalis humanae incre-
menlum. — Tilulum hune longiorcm ipse Leibnilius fragmento indidil, quod lam-
quam indicem conlinel vel promissionem eorum quae, scienlia generalis praeslare debeat
aut queat.
XIII De natura et usu scienliae generalis. Inscricriplio mea est. Haec
conunenlalio praefalionis speciem habel aul introduclionis.
XIV. Synopsis libri, cui tilulus eril: Scienlia noya generalis pro in-
slauralione et augmentis scienliarum ad publicam felicitatem. Inscrui hoc
fragmenlum, cui ipse noster titulum inscripsit, quia inde apparet, quam imaginem universi
literarum orbis Leibnilius (provectiore ni fallor aclale) animo conceperil, quoque modo
in unum redigere conalus sil scienliae summam. Praelerea hoc fragmenlum ostendil,
Lcibnitium quae in malhcmalicis cl physicis eo tempore jam praeslileral seinpcr refe-
renda putasse ad molimina philosophica.
XV. Guilielmi Pacidii Plus ultra, sive initia et specimina scientiae
generalis de instauratione et augmentis scientiarum ac de perficienda
mente rerumque invenlionibus ad publicam felicitatem. — Oeconomia
«péris. Inscriplio Leibniliana. In synopsi modo laudala jam innuerat autor nominis
XIV P R A E F A T I O.
disshnulalionem ; uliutn Iiïc atquc in illa indicat disciplinarum sericin, melaphysicam, ibi
omissam, introducit eandeinque cum theologia conjungit. Cum mentionem etiam facial
Matheseos suae generalis, equidem c:uin Hanoverae legerim autographuin idemque tran-
scriptum possideam quod, octo complcctcns folia, inscriptum csl: >Idea libri, cui tiiulus
• erit Eleiucnta nova mathcseos universalis, - — diu haesitavi ulrum insercreiu an non.
Sed cum sil fragmentant mancum, praesertim vero cum tota cjus indoles sit malhema-
tica, omisi. Sunt Hanoverae tain multa autographa matheinatica nondum édita, ut non
possim quin sperem fore ut mathematicum éditèrent reperianl, cui hoc etiam eden-
dtini rclinquatur.
XVI. Guilielmi Pacidii initia et specimina scientiae generalis. Pro-
dit exordiuin autorciu juvenilem. Inscriptionein ego fragmente indidi, quo operis pro-
missi initia auctor lectoribus oiïert.
XVII. In specimina Pacidii introductio historica. Hanc dedi inscriptio-
ncm fragmento Leibnitiano, quo aliter ac supra exorditur. Mulla praeter hoc vidi sche-
dia, quibus iisdem fere verbis cadem quae hic narranlur, ila ut credam, Leibnitium si-
quidem opus illud edidisset, hoc fere modo exorsurum fuisse. Ceteruin hoc fragmentuin
mea opinione multo post ea conscriptum est, quae supra altulimus. Suadet hoc non
solum scripturae species, suadent iuipriniis hae juvenlulis mcnioriae, quibus aetas pro-
vectior delectari solet. Nescio an e fine hujus fragment! conjiciam, Leibnilium cum
scriberct jam hausisse regiae aulae aërem. H
XVIII. Fundamenta calculi ratiocinatoris, fragmcntum ab ipso Leibnilio ita
inscriptum. Ostenditur lue quomodo scienlia universalis cum usu signorum seu linguae
charactericae cohaerere ipsi visa sit.
XIX. Non inelegans spécimen demonstrandi in abstraclis. Tiiulus ab
ipso Leibnitio inscriptus, postea obliteratus, juvenilem prodit aetateui. Quanti ipse autor
hanc coinmentalionem aesliniaverit e correclionibus palet, quibus "diversis tcinporibus
(ut literarum species prodit) eam casligavit.
XX. Addenda ad spécimen calculi universalis, codem fere tempore quo
spécimen illud conscripta esse literarum species lestalur. Neque argumenlum répugnai.
XXI De verilatibus primis. Hanc commenlalionem clsi seriore lcmj)ore con-
scriplam pulo lamen ob argumenli simililudinein hoc loco posui. Eandein seculus sum
ralionem in edendis
XXII. Definitionibus logicis, quae nondum antehac lypis exprcssae erant.
Quibus
XXIII. Difficullates quasdam logicas, a Raspio jam éditas, subjunxi. —
XXIV. Extrait d'une lettre à Mr. Bayle. Hanc epistolam, anno MDCLXXXV1I.
conscriptam , quam ipsc Lcibnilius memorat, scribens: »La loi de continuilé, que j'ai intro-
• duile , et dont j'ai fait la première mention dans les nouvelles de la république des lettres,» —
Dulensii cdilio non exhibct. Equidem cahi iitserui cum illa lex nalurac de qua lamquam a se
inventa saepius sibi gratulutur nosler, hic primum cxposila sil. Accedil ut dcmonslralio-
nibus mathemalicis abslineal ad virum scribens elsi sagacissimum, malhcscos lamen im-
peritum.
P R A E F A T I 0. XV
XXV. Lettre à Mr. Arnauld. MDCXC. — Hanc epislolam niaximi ccnsco mo-
menli esse, quippc in qtia tain accurale metaphysicam suam exposuerit Leibiiitius, et quae
cum aliis ad eumlem Amaldmn epistolis philosopliiam ejus primum in notitiam doclo-
rum protulerit. Quare doleo, quod quonam lempore prinunn typis expressa sit défaire
non possum. Dutensius, qui ipsum autograplnim Lcibnilii ab Herissanlio acceperal, Lu-
dovicii narrationcm secutus, cam jam iinpressam dicit in Diariis doclorum Gallorum
(Journal des Savons) anni MDCCXXX. In his tamen frustra cam quaercs. Reperitur
quidem in aliis memoriis gallicis haec cpislola, quac inscribunlur: «Continuation des mé
moires de litéralure et d'histoire Tom. VIII. Partie I. Paris 1729 p. 211. seq.« sed non
dubito, quin jnm antea hacc epistola édita fuerit. lil.i quidem verba, quae in literis legi-
mus d. d. T*j- OcL a. 1695. Magliabeccliio missis: «Curavi nonnulla diario Gallico in-
••si'iï, quae mihi olim de altiorc quadam philosophia cum Antonio Amaldo, Thcologo et
• Philosophe insigni fuere agitata. — Hacc diu pressa magnorum in ipsa Gallia virorum
• hortalionibus impulsus dissimulato licct nominc tandem publias jiuliciis sulnm'si- — de
hac epistola non sunl intelligcnda, sed de »novo ejus syslemalc,« quod in editionc nostra
(un mi Ni. XXXVI tenet. Gravions sunt momenti, quae in epistola quadam ad Bur-
nelum data (^ Maji 1697) legimus, quibus illam ad Arnaldum cpistolam aut jam im-
pressam aut saltem pluribiis doclis viris notam fuisse patet. — Praeter quam plures ex-
lilissc Leibnitii ad Arnaldum epistolas, casque non conlcmnendas c lilcris palet au* Bi-
gnonium anno MDCCVIH missis, quas cL Federus in: Commercii epislolici Lcibnitiani
typis nondum vulgali SelecUs spcciminibus, Hanov. 1805 p. 275 — 278, vulgavit. In qui-
bus haec leguntur Leibnitii verba: »J'ai eu autre fois un commerce de lettres avec l'il-
• luslrc Mr. Arnaud sur certains points de philosophie et de théologie naturelle, que je
• suis prêt à revoir et à mettre en ordre à la prière de quelques amis.» Quod coin-
mercium epistolicum editor epistolamm Ârnaldi in manibus se hnbuisse ipse teslalur.
Ita enim dicit »En cherchant des Manuscrits de M. Arnauld, il nous est tombé
•entre les mains un certain nombre de lettres originales du célèbre I. cil mil/, à ce Doc-
•teur,.... On voit par ces lettres que Lcibnitz a été en correspondance avec M. Ar-
•nauld pendant huit ou neuf ans depuis 1683 jusqu'en 1691; — Les lettres de Leib-
• nifz dont il s'agit n'ont jamais été imprimées. Elles roulent sur les différons objets qui
•ont toujours occupé ce philosophe. Plusieurs entrent dans la plus grande discution
•sur des questions de Métaphysique extrêmement subtiles et relatives au système de
• Leibnitz sur les Monades. Nous ne connoissons aucun ouvrage de Lcibnitz où il ail
• traité ces questions avec autant de profondeur. « Dédit quidem editor ille fragmenta
quaedam ex epistolis Lcibnitianis (p. 186 — 203), sed quodnam in excerpendo secutus sit
consilium, ipsa ejus verba lectori bencvolo indiccnt: «Nous n'hésiterions pas de donner
• toutes ces lettres au Public, si nous avions pu en même teins lui donner les réponses
•de M. Arnauld. Mais celles-ci nous manquent Nous croyons devoir laisser aux éditeurs

*) Lettres de Messire Antoine Arnanld. docteur de la maison et société de Sorbonnc, à Paris et


se vend à Lausanne chez Sigiamoiul d'Arnay et Comp. 1776. 4. 'Tom. IV. p. 185.
XVI P R A E F A T I O.
«des oeuvres de Lcibnilz le soin de donner en entier toutes ses lettres.... Nous avons
«pris le parti d'en donner ici des extraits. Nous en avons retranché les discutions mé-
• taphysiques qui nous ont paru trop subtiles et trop nlambiqucs pour être agréables à
«nos Lecteurs, et peut-être même trop dangereuses dès -là que nous ne pouvions pas
»y joindre les répliques de Mr. Arnauld.» — Ilaque evenit, ut in his fragmenlis nihil
invenias, quod consilio hujus mcac editionis respondeat. At, quasi cupediis nos allicere
voluisset, editor iste fragmentis suis annotaliones adspersit, quae, quam gravia sint quae
reticuerit, monstrant. Veluti ex epistola Leibnitiana d. d. 12. Apr. 1686 nihil inseruit
p. 190. nisi paucissima verba praeconium Arnaldo tribucntia, iisque liane subnexuit anno-
tationem: «Nous supprimons le reste de celle lettre qui est très longue. Mr. Leibnitz
»y développe son système, que la notion ou considération individuelle d'Adam ou de
«toute autre personne enferme une fois pour toutes la connoissance de ce que lui arri
vera à jamais et à sa postérité.- Similiter in epistola d. 14. Jul. 1686 conscripta Leib-
nitius multa de possibili et acluali disseruerat. Quibus omissis éditer lacunam lus indi-
cat verbis (p. 193.): »Mr. Leibnitz emploie trois grandes pages à rendre ses pensées in-
» tclligiblcs, et à en faire voir, dit -il, la solidité et l'importance. « Mullo graviora videntur
fuisse, quae Leibnitius scripserat d. 28. Nov. 1686; cujus epislolae initium (1. c. p. 195)
haec continet Leibnitii verba: «Pour ce qui est des deux difficultés que vous trouvez
• dans ma lettre, l'une touchant l'hypothèse de la concomitance ou l'accord des
• substances entr'elles, l'autre touchant la nature des formes des substances corporelles,
«j'avoue qu'elles sont considérables, et si j'y p'ouvois satisfaire entièrement, je croirais
«pouvoir déchiffrer les plus grands secrets de la nature universelle. • Avide roganli
num hoc ipso tempore Leibnitius inlcgrum systcma harmoniae praeslabilitae jam ex-
structuni, aut certe initia ejus inventa habuerit, editor respondet (p. 195) -Leibnitz
«emploie près de huit grandes pages à répondre h ces deux difficultés.» — Haud aliter
opistolae Gottingae d. 30. Apr. 1687 conscriptae non nisi exordium legimus (p. 196),
ctii siibjuncla est haec annotatio: «Tout le reste de cette lettre de dix grandes pages
«est employé à la discussion des deux difficultés mentionnées dans la lettre précé-
• dente. « — lisdem denique verbis exspectationcm nostram frustrât editor, cum (p. 197)
epistolae d. 9. Oct. 1687 conscriptae solum exordium et fmem exhibeat, illam vero
parlent, quae ipsutn argumentum traclet, omittat, ejusque in loco haec verba ponat:
«M. Leibnitz fait ici en près de treize grandes pages la récapitulation de toute la ma-
«tière, après quoi il finit ainsi etc.- — Quibus omnibus collalis neminem profecto lalebit,
ad accuralius cognoscendam philosophiam Leibnitii hoc maximi esse momenti, ut eae epi
stolae in lucem edantur. Et cum ea sit felix hominum indoles ut, quae cupido et deside-
rium proscquantur, ea spcs ostendat tamquam adeplu facilia, inulti ni fallor, qui in Fcderi
collectione supra laudata banc annotationcm legerint, illi ad Bignonium epistolae adjun-
clam: «Les lettres non imprimées d'Arnauld et de Leibnitz, que la Bibliothèque
• garde, ont été demandées en copies par Msgr. le Maréchal Mortier pour un savant
• de Paris, c'est pourquoi je me suis abstenu de les insérer ici, ne voulant pas concou-
«rir avec le dessin qu'on pourrait avoir en France de les faire imprimer, » — id non
curabunt quod Fédéras numerum epistolarum non indicat, sed slatim crcdcnt, in biblio
P R A E F A T I O. XVII
l/ieca Regia Hanoverae esse epistolarum Leibnitii ad Arnalduni datarum, de quibus
modo locuti sunius, aut omnes, aut certe militas. Itaque non dubito, quin mulli
exprobraturi sint mihi, quod, cum édition! meae inseruerim fragmenta inedita minoris
momenti, has ipsas epistolas non cxhibeam. Cui opprobrio hanc opponam excusationem:
K\stal quidem Hanoverae inter fasciculos, quibus Federus comrnercia epistolica Leibnitiana
distribuit, unus, cui Arnaldi nomen praescriptum est, in quo tamen sicut Arnaldi ad Leib-
nitium complures ita Leibnitii ad Arnaldum epistolas nullas invenies. Adnotavit ad hune
fasciculum Federus, exstitissc olim in Bibliolheca Regia binas Leibnitii ad Arnaldum litc-
ras, unas latinas, altéras gallicas casque nil nisi verba officiosa continentes: utrasque vero
eo ipso tempore, quo Arnaldi epistolae Mortieri Mareschalli jussu Iransscribcrentur, una
cum apographis illis Mareschallo traditas esse. Atqui cum Bibliotheca Regia cxemplum
Iransscriptum ejus epistolae non retinuerit, neque ego conjicerc possim quo abierit, am
pli us investigare non potui. Mea quidem opinione epistolae illae, ubi anno MDCCLXXVI
erant, ibi etiam nunc reperiantur necesse est, Parisiis. Quam urbem cum visendi oc-
casio mihi usque ad hune diem non facta sit, nunquam fortasse se oblatura, me ipsum
cas epistolas inventurum non spero. Neque tamen desperamus fore ut hac epistolae re-
cuperentur et integrae in lucem prodeant. Nam cum 111. Cousinus, vir cui tam multos
jam debemus literarum thesauros obrutos hucusquc deperditosque crcditos, Parisiis flo-
reat et nuperrime in nostrum potissiinuiu autorem oculos converterit, cujus rei praecla-
rum ejus fragmenta philosophica exliibeant documentum, rem paene actam pnlnmus.
Etsi non licuerit exspectari, ex quo universis Culliae rébus scholasticis praesit, ipsum hoc
sibi sumturum esse negolium, tamen illud ipsum munus publicum copiam ci faciet im-
peUendi juniores ut rem haud indignam aggrediantur. Equidem cum mihi non palucrit
aditus ad omnes epislolas, quas Leibnitius Arnaldo scripserat, gavisus sum quod haec
ipsa — ultimarum una — inseri meae.cditioni potuit. Cui addidi cxcerptum ex epislola
ad Bernoullium scripta, quae fusius explicat quomodo non solum quantitas virium motri-
cium eadem semper inaneat, sed directio etiam motuum in aetcrnum sese conservel.
Constat, in hac lege semper Leibnilium nili, cum sua harmonia praestabilita Cartesia-
norum occasionalismum quem vocant repugnare studeat.
XXVI. De vera methodo philosophiae et theologiae. Hanc scriptionem,
nondum antea edilam, Hanoverae in Bibliotheca Regia transscripsi, eique hune dedi litu-
him. 'Neque rcprehendi me posse credo quod eam non propius ad colleclionis initium
posuerim. Argumenlum docet, autorem a Cartésianisme longe discessisse, multaque ré
tractasse quae juvenis docuisset. Reprehendi-nt tbrsan alii contrarium, quippe provcctio-
ris aetatis opus esse contendenles. Vix credo. Conferanlur modo quae hic dicuntur de
Eucharistia cum iis, quae postea cum Pâtre Des Bosses communicavit de hac ipsa re:
née latebit discrimen. Praelerea ex hac schcdula elucere mihi videtur, co ipso lempore
metaphysica ejus dogmata nondum nota fuisse, elsi ad ea respiciatur, quae in disserlalio-
nîms de inotu abstracto et concrelo docuerat. Denique ut hune ipsum ci adscriberem
/ocum, suasit argumentum articulonim sequenlium, cuui quibus arcle cohaercanl, quae hic
de corporum extensionc dixeral.
c
XVIII PRAEFATIO.
XXVII. Lettre sur la question, si l'essence du corps consiste dans l'é
tendue, et
XXVIII. Extrait d'une lettre pour soutenir ce qu'il y a de lui
dans le Journal des Savans du 18. Juin 1691. Cum haec sit horum tractatuum
ratio, ut unus alterum explicet dcfendatve, unum alteri subjunxi, etsi biennii intervalle
distant. Uterquc, Diario gallico primum insertus, in collectione Dutcnsii legitur.
XXIX. Extrait d'une lettre à Mr. Foucher. Scripta est haec cpistola anno
MDCXCÏÏ. Cui cum Foucherùs respondcret responsioneque explicationera Leibnitii pro-
vocaret, Foucheri etiam epistolam inscrui:
XXX. Extrait d'une lettre de Mr. Foucher, quam excipit
XXXI. Réponse de Mr. Leibniz à l'extrait de la lettre de Mr. Foucher.
Ternae hae literae in Diario gallico. primum editae, apud Dutensium etiam leguntur.
XXXII. De notionibus juris et justitiae. Excerpta sunt quae hic leguntur e
praefatione operis Leibnitiani, anno MDCXC1II conscripti, -Codicis juris gentium diplo-
malici.. In illa praefalione primo eam posuit amoris dcGnitioncm, quam saepissimc po-
stea tanquam unice vcrain eandemque accuratam laudare solcbat. —
XXXIII Extrait d'une lettre à Mr. l'abbé Nicaise sur la philosophie de
Mr. Des car te s. Eo ipso anno, quo Leibnitius hanc ad Nicasium epistolam scripserat,
illa vcrba quae pertinent ad Huetii Censuram Pliilosophiae Cartesianae in Diario gallico
typis expressa sunt, e quo Dulensius recipiens ea cum cdilione sua concorporavit Vol. II,
1. p. 243. Ex eodem fonte ego hausi. Quum in mea editione jam impressa essent illa
vcrba, edila sunt cl. Cousini fragmenta philosophica , quae in voluminc secundo praeter
alias Leibnitii ad Nicasium epistolas, hanc etiam exhibent, eamque integram sicuti scripta
est a Leibnitio nobis oflcrunt. Quod si illud viri clarissimi opus in manus mihi venisset
priusquam hic articulus lypis excuderetur, non dubito quin inlegram epistolam recepis-
sem. Quum vero haec cpistola praeter illa verba editioni nostrae inserta nihil plane con-
lineat argument! philosophie! , sed tota sit de illius temporis inventis, de libris nuperrime
editis, vel dénique de viris doctis Galliae, editionem detrimcntum cepisse non credo. Ce-
terum eirat cl. Cousinus cum putat, ea quae apud Dutensium leganlur, in Vol. V, et
quae cxcerpta sint ex epistola ad amicum quendam Nicasii missa, eadem esse cum his.
Etenim nonnulla tantuni verba similia sunt, quod sane non mirandum, cum argumentum
idem sit. Indicavimus modo vcriun apud Dutensium locum, quo quae ad Nicasium de
hac re scripscrat noster, licet decurtata, leguntur.
XXXIV. De primac philosophiae emendatione et de notione substan-
tiae, tractatus in Actis Eruditorum Lipsiensium anno MDCXC1V primum éditas, in
Dutensii collectioncm receplus.
XXXV. Lettre à un ami sur le Cartésianisme, scriptiuncula in Felleri Otio
Hanoverano primum édita. Quum Leibnitius de rixa loquatur, quae ei sit cum Carte-
sianis, quod Carlesii crrorein in aestimanda quantitalc motus reprehendisset, cumque hae
disceptationes, etsi anno MDCLXXXVII jam inceptae, tamen anno MDCXCV1I nondum
finilae essent, Fellerum seculus sum, qui hanc epistolam anno MDCXCV conscriptam
esse testatur.
PRAEFATIO. XIX
XXXVI. Système nouveau de la nature et de la communication des
substances, Commentarius quem dissimulato nomine autor in Diarium Gallicum inseri
curavit anno MDCXCV; quo, ut ex epistola ad Magliabecchium supra laudata et ex ipsius
hujus scriptionis initio elucet, ea conlinentur quae cum Arnaldo jam antea communica-
veral. Sequuntur quae Foucherus Leibnilio opposuit:
XXXVII. Réponse de Mr. Foucher à Mr. Leibniz sur son nouveau sy
stème. Quae cum inserta essent Diario gallico anni MDCXCV, Leibnilius quae rur-
sum respondisset eidem diario inseri curavit:
XXXVIII. Eclaircissement du nouveau système de la comunication des
substances, pour servir de réponse au mémoire de Mr. Foucher, inséré
dans le journal des Savans du 12. Sept. 1695. Sequitur hanc explicalionem alla,
fui, etsi paulo ante illam vulgata sit, tamen cum Diilcusio hune indidi tilulum:
XXXIX. Second éclaircissement du système de la communication des
substances. Quae syslematis explanatio in Basnagii historia operum doctorum anno
MDCXCVI. primum édita, apud Dutensium legitur 1. c. p. 71.
XL. Troisième éclaircissement. Extrait d'une lettre de Mr. Leibniz
sur son hypothèse de philosophie et sur le problème curieux qu'un de
ses amis propose aux Mathématiciens. Mutato nomine hoc epistolae fragmentum,
Diario gallico anno MDCXCVI primum insertiim, bis in Dutensii editione reperitur 1. c.
p. 73 et p. 94 — 97. Servavi quas Dutensius imposuit inscriptiones, ita ut cas conjungerem.
XL. b. Schreiben an Gabriel Wagner. Vom Nutzen der Vernunflkunst
oder Logik. Haec epistola, anno MDCXCVI conscripta, primum édita est in Guhrau-
eri h'bro: -Leibnitz's deutsche Schriften, Berl. 1838; « quam hic talem proponimus qua-
lis in LUa editione typis expressa est. Typothetae autem errorem quo haec epislola loco
non suo posila sit, annotalione p. 418. excusarc conati sumus.
XLI. Réflexions sur l'essai de l'entendement humain de Mr. Locke.
Quum Leibnilius anno MDCXCVI audivisset, parari Amstelodami versionem gallicam
operis Lockiani, conscripsit lias animadversiones ut, postquam cum Lockio communicatae
essent, una cum flla versione ederentur. Sed cum Lockius pro nihilo cas duceret, su-
persedit nosler editione, quo factura est ut anno MDCCVIII una cum epistolis posthu-
mis Lockii hae animadversiones Londini primum ederenlur sine jussu Leibnilii. Leguntur
in (Des Maizeaux) Recueil etc. Tom II. p. 299. et apud Dutensium 1. c. p. 218.
XLII. Lettre à Mr. l'abbé Nicaise. Quae supra monuiinus ad art. XXXIII, in
hanc etiam epistolam cadunt. Quippe cum jam typis excusa esset haec plagula, in ina
nus mihi venerunt fragmenta 111. Cousini, quae integram exhibent hanc epistolam (Hano-
ver || Février 1697), quam nos damus decurtatam. Ceterum illa epistola practer haec
verba quae ad Cartesium spectant, nil continet quod meo rcspondeat, consilio cum aut
nova literaria aut etymologiam nominis Gcrmanorum tractet. Valdc gavisus sum cum
Cousini edilione confirmatum viderem, quod in nota huic epislolae adncxa conjeceram.
Sed !i b in a ni haec Carlesii incriminatio primum édita sit, non invenio. Equidem eam e
Felleri Otio Hanoverano, siculi Dulensius quoque fecerat, exscripsi. Quam tamen jam
antea vulgatam esse ex iis conjicere queas, quae huic epistolae subjunximus, cum illi
XX PRAEFATIQ.
Cartesii discipulo, qui contra Leibnitium magistri causam defendere conatur, verba Leib-
nitii iimotuerint. Neque tamen oinnino repugnem 111. Cousino, qui Nicasium hanc Leib-
nitii epislolam cutn Huëtio, hune vero cum aliis communicasse probat, unde «Ionique per-
venire polucrit ad Carlesianos. Nam cum Leibnilius disertissime dicat (p. 142), se fru
stra impedire voluisse quominus vulgarentur haec verba, suspicari quidem possis ea
cum haec scriberet uni aut alteri diario gallico jam inserla fuisse, sed tamen ex iis quae
paulo posl scribil: «Cependant j'avoue de ne pas comprendre l'intention de celui cjui
• réfute ce passage de ma lettre et le publie en même temps,» — apparere videtur ipsa
demum illius Cartesiani refutatione Leibnilii epislolam publicatam esse.
AI, III. Réflexions d'un Anonyme sur une lettre de Mr. Leibniz, écrite
à Mr. l'abbé Nie aise. Eo ipso anno quo Lcibnitius ad Nicasium scripserat, inserta
est haec acrior rofulatio diario gallico, cujus autor anonymus, ut ex epistola quadam elu-
cet, a Cousino 1. c. p. 301. édita, clarissimus ejus temporis Cartesii discipulus fuit, fulcrum
atque columna ut îla dicam Cartesianismi, Petrus Silvanus Régis. Cui opposuit Leibnitius :
XLIV. Réponse aux réflexions qui se trouvent dans le 23 journal de
cette année touchant les conséquences de quelques endroits de la Philo
sophie de Descartes, responsioncm eodein anno diario gallico insertam, quae non
solum mansuetudinem ac candorem Leibnitii testatur, sed etiam eum melius quam ipsum
Cartesianum Cartesii opéra legisse, pulchre monstrat. (Dutens etc. 1. c. p. 248 et 252).
XLV. Epistola ad Fardellam ex Felleri sententia anno MDCXCVU conscripla,
e cujus Otio Hanoverano equidcm, sicut ante me Dutensius, has literulas exscribere coa-
ctus cram, cum Hanoverae inter autographa Leibnitiana nonnullae quidem Fardellae
epistolae itab'ce conscriptae, née non una Leibnitii quae historicae indolis est, haec vero
non repciïatur.
XLVI. Epistola ad Sturmium, eodem anno conscripta itidem in Felleri Otio
Hanoverano primum vtilgala, apud Dutensium reperitur 1. c. p. î)4. Cadit hoc etiam in:
XLVII. Lettre au Père Bouvet à Paris, quam epistolam in editione Dutensiana
p. 2C2 Icgimus.
XLVIII. De rerum originatione radicali, Quo litulo Leibnitius libellum in-
scripsit, qui nondum adhuc éditas plagulas imam et dimidiam continens inter Mscr. Leib-
niliana Hanoverae asservatur, cuique Leibnitius ipse adscripsit, se eum anno MDCXCVII
d. 23. Nov. conscripsisse.
XLIX. Lettre à l'auteur de l'histoire des Ouvrages des Savans, conte
nant un éclaircissement des difficultés que Mr. Bayle a trouvées dans le
système nouveau de l'union de l'âme et du corps. Ouae epistola, anno MDCXCVIII
Basnagii historiae operum doctoruin inserta, inde in Dutensii edilionem (1. c. p. 74) re-
cepta est.
L. De ipsa nalura sive de vi insita aclionibusque creaturarum. Hic
libellus primum editus est anno MDCXCVIII, cum Leibnitius eum tamquam censuram
Jilm Sturmiani actis Eruditorum Lips. insereret. Unde Dulcnsius eum recepit et cum
ça collectionis parte concorporavit, quae res physicas tractât. Etsi, ut supra jam moni-
luin est, in mullis noslri libellis vix nccurale definiri potest quid philosophicae indolis sil,
PRAEEATIO. XXI
quid non sit, lamcn haec ipsa commenialio dubitari non potest an philosophica sit. Nain
cardo totius hujus libelli versatur in ea substantiac nolione, qua, cum cuique substantlae
vera actio adscribatur, Spinozae philosophiam vinci et plane evcrti saepissime Leibnitius
sibi gratulatur. Cf. Ep. seq.
LI. Epistola de rébus philosophicis ad Fred. Hoffmannum, anno MDCXCIX
conscripla, in Hoffmanni opp. priinum vulgata, inde Dutensii editioni inserta p. 260.
LU. Historia et commendatio linguae charactericae, commcntatio a Ra-
spio priinum édita (1. c. p. 5.33.). Miraberis forsan quod hanc disserlationem a céleris e-
jusdem argumenti (No. XI — XXII) separaverim. Suaserunt id, praeter illud quod jam
lyj)is vulgata erat, cerla indiciu quibus provectiore aetate eam conscriptain esse veri si-
mile niilii visiim est Praecipue ralionem dico qua dissertulionis suae de artc combina-
loria mentioncni facit.
LIII. Préceptes pour avancer les sciences, autographum Leibnilianum non-
dum adhuc cditum. Quum e literarum figura conjici queat hanc disserlationem serins
conscriptain esse quam quas supra (No. XI — XXII) citavimus, ob argumenti cognalio-
nem eam inter cas collocavimus quae Raspius edidit, inter historiam modo laudalam et
traclatum subsequentem.
L1V. Discours touchant la méthode de la certitude. Quam scriplionem
a Raspio éditant eo tempore conscriptam esse quo in régis Borussiae consuetudinem pri-
mum veneril, ex ils quae continet patet.
LV. De la démonstration Cartésienne de l'existence de Dieu du R. P.
I.anii. Illi ipsi quod antea jam perspexerit (cf. No. VIII.) vitio argumenti ontologie! Car-
tesiani mederi conalur hac commentatione, in memoriis Trivultianis anno MDCCI pri
inum édita. Nescio an hoc tempore Leibnitio notum fueril opus Cudvvorthi: The true
intelieclual System of thé universe etc. Lond. 1678. Fol., hoc certe scio, in hoc Cudwor-
Uii opère p. 725 argumentum legi fere ad verbum cum Leibnitiano congruens (cf. noslrae
Historiae recentioris philosophiae P. I. Tom. II. p. 214). Legitur haec commentalio apud
Dulensium 1. c. 254.
LVL Considérations sur la doctrine d'un esprit universel. Hae consi-
derationes nondum adhuc editae, a Leibnitii ipsius manu conscriptae Hanoverae in Bi-
bliotheca Rcgia asservantur. Quibus ipse Leibnilius hune titulum praeposuit, atque in-
scripsit, cas anno MDCCCII, Luzeburgi (hodie Charlottenburg) exaratas esse.
LVÏÏ. Réplique aux réflexions, contenues dans la seconde édition du
dictionnaire critique de Mr. Bayle, article Rorarius sur le système de
l'harmonie préétablie. Quae responsio ad Baylii objectiones primum édita est in:
-Histoire critique de la république des lettres,- indeque a Dulcnsio (1. c. p. 80) in cditio-
nem suam recepta. Quam anno MDCCII inter menses Maj. et Aug. conscriplam esse c
commercio epistolico Leibnitii cum Bernouillio (Laus. et Genev. 1745. p. 77 et 85) patet,
«pippe cui nosler d. 29. Maj. 1702 scripserat se in eo esse ut respondercl, et cum quo
à. 19. Aug. responsionem hanc communicavit.
LVI1I. Lettre à Mr. Baylc; quam Federus primus edidit epislolam eodem circi-
ler tempore atque modo laudalam responsionem editam esse, prima hujus cpistolac verba
XXII PRAEFATIO.
produnt. Addidi huic epistolae excerpla quacdam ex epislolis ad Bernoullium datis qui-
bus amico Mathematico accuratius explicat principia sua de vera virium aeslimatione.
L1X. Nouveaux essais sur l'entendement humain par l'auteur du sy
stème de l'harmonie préétablie, quibus edendis Raspius optime de philosophia me-
ruit. Quod merilum pluris etiain aestimabis cum videris autographum Leibnitii tam parvis
saepe literis conscriptum et correctionibus adeo abundans ut perdifficile sit lectu.
Hoc opus conscriptum esse anno MDCCIV, (typothetae errore in nostra cditione inscriptum
est 1703) facile demonstrari potest. Scribit Leibnilius Remondio ita (v. p. 703. nostrae edi-
tionis): »I1 (Mr. Hugony) a vu aussi mes réflexions assez étendues sur l'ouvrage de J>lr.
• Locke qui traite de l'entendement de l'homme. Mais je me suis dégoûté de publier des
•réfutations des auteurs morts, quoiqu'elles dussent paroître durant leur vie et être commu-
•niquées à eux mêmes,- — itaque indicat cas animadversiones conscriptas et édition! desti-
natas fuisse ante Lockii obitum, id est ante d. 20. Oct. anni MDCCIV. Citât porro in hoc
opère meditationes suas (anno MDCLXXXIV primum éditas) tamquam ante viginli annos
typis expressas, quod, si ad amussim exigitur, annum MDCCIV nobis praebet. Denique Ha-
noverae legi duas Leibnitii ad Cudworthi filiam Masham epistolas, quarum in una, d. 30. Jun.
1704 data, se nunc ipsum elaborare annotationes in Lockii opus, in altéra d. 5. Jul. 1705,
bas annotationes confcctas esse scribit. Quodsi typotheta non commisisset errorem illum
supra (ad Art. XL. b,) memoratum, finem Voluminis primi fccisset haec longissima Leib
nitii commentatio, qua singulas Empirismi quem vocant sententias accurate pensitat, iisque
suam de ideis innatis et de sufficienlia ac valore mentis doctrinam opponit. In volumine
altero primus tractatus est:
LX. Considérations sur le principe de vie et sur les natures plasti
ques par l'auteur de l'harmonie préétablie. Prodiere hae consideraliones pri
mum in Basnagii Historia operum doctorum anno MDCCV. indeque a Dulensio receptae
sunt. Quae eo majoris sunt momenti, quod senlentias speclant viri cum quo magnam
sentenliarum cognationem ipse Leibnitius saepe profiletur. Indicavimus supra (ad art. LV.)
mirabilem sententiarum simili ludinem inter Leibnitii et Cudworthi rationem Cartesii ar-
gumentum ontologicum corrigendi.
LXI. Observalio ad recensionem libri de fidei et rationis consensu a
domino Jaqueloto edili, mense Octobri 1704 factam. Quum in illa Jaqueloti
libri censura mentio facta csset systematis Lcibnitiani, ipse nosler hac observalione defi-
nire voluit quis consensus, quis dissensus inler ipsum et Jaquelotum esset. Evulgala est
haec observatio in Act. Erud. Lips. ai. 1705, ac poslea Dutensii cditioni inserta.
LXïï. Ad reverendissimum Patrem Des Bosses epistolae octo. Optime
mentit Dutensius, quod primus bas Leibnilii cpislolas cvulgavit. Comparaverat ei Gobe-
tus septuaginla Leibnitii ad Palrem Des Bosses cpislolas, quas in Bibliotheca Parisiensi
repérerai. Quarum triginta in Dutensii cclilione inter opcra pliilosophica collocata in Tomo
secundo, ceterae in Tomo sexto leguntur. Quas iclco polissimum existimamus maximi
momenti esse, quod nobis ex iis eluceat, quoniodo Leibnitius studuerit, ut syslemalis sui
cum philosophia Scholastica consensus aut dissensus in lucein prodeat, et ut congruum
reddalur cum fide calholica. Qua in re summa opéra laboranti inlerdum id mirum cvenil,
PRAEFATIO. XX1H
quod adversarius ipsius Leibnitii partes tenere conatur, cum noster suas aquilas jam reli-
«juerit. Elegimus ex his cpislolis cas quae gravissimae nobis visae sunt. Cum vero res-
ponsiones Patris Des Bosses desint, non dedimus Leibniliï epistolas sicuti Dutensius unâ
coacervatas, sed singulas epistolas suis numeris inslructas ei quamque attribuinius quo
conscripta est anno. Itaque ne temporis rationem turbemus, primo eas tantuin insémi
nais, quae anno MDCCVI et MDCCVII conscriptae apud Dutensium 1. c. p. 265 seqq.
legiintur.
LXIII. De modo distinguendi phaenomena realia ab imaginariis. Frag-
mentum hoc, nondum antea editum, diversis temporibus, ut literarum Iractus produnt, con-
scriptum est, quae ni fallor longe inter se distant. Quodsi quis contendere velit, partim
conscriplum esse anle saeculi XVII fineni, equidem non certem. Tamen subjunxi illis
ad Patrem Des Bosses epistolis, quia- eandem cum illis sententiam, idealislicam quam
vocant, de materia tenei Itaque cum ad certum lempus definiendum indicia desint ar-
gumenti naturam sequuti sumus.
LXIV. Epistola ad Hanschium de philosophia Platonica sive de Enthu-
siasmo Platonico primum édita est ab Hanschio, quippe qui eam Diatribae suae de
Emhusiasmo Platonico (Lips. 1716 4) praemiserit. Mescio quo casu evenerit ut typothela
epistolae d. 25. Jul. MDCCVII conscriptae diem 3. Jan. anni MDCCX subscriberet (Cf.
Ludovicii librum: Ausfiihrlicher Entwurf einer vollstandigen Historié der Leibnitzschen
Philosophie, Leipzig 1737 2r. Th. p. 130).
LXV. Lettre à Mr. Coste, de la nécessité et de la contingence, epistola
Lcibnitiana nondum adhuc édita, quae cum argumentum tractet saepius a Leibnitio pen-
sitatum idque, ut niihi videtur, accuralius paulo explicet non potui quin editioni meae
insererem.
LXVT. Remarques sur le sentiment du P. Malcbranche, qui porte que
nous voyons tout en Dieu, concernant l'examen que Mr. Locke en a fait
Edidit primus has animadversioncs Raspius. Quas anno MDCCVIII circiter conscriplas
esse, ex eo conjiciendum puto quod librum citant anno MDCCVI Londini editum. Ita
que cum aliis caream indiciis, VLX répugnera si cui contendere libuerit, conceptas esse
alio lempore. Sed rogaturo cur non ipsi anno MDCCVI cas assignaverim, hoc tantum
respondeam: patere ex iis ipsis quae sequuntur, quam sero inlcrdum ea ad Leibnitium
pervenerint quae in Gallia édita fucrint, ideoque non posse exspectari, libres in Anglia
vulgatos citius in ejus manus venisso.
LXV1I. Remarque de Mr. Leibniz sur un endroit des Mémoires de Tré
voux du mois de Mars 1704. Lcgunlur quae hic dedimus apud Dutensium 1. c. p. 258,
quippe qui e memoriis Trivultianis quibus inserla erant anno MDCCVIII ea exscripserit.
Neque indigna erant quae insererenlur editioni, cum hîc primum nosler confessus sit quod
postea saepius disertissimis vcrbis , Patri Des Bosses praecipue , scripsit, elsi ex syslemate
harmoniae praestabililae non explicari possit vera corporis et animae imitas, sed solus
consensus et conccntus, tamen se non negare veram talem «unionem metaphysicam» exi
stera lis qui Leibnitii philosophiam accuratius perspcxerint, notum est hac sententia ir-
rilum ficri idealismum quem vocant Leibnitianum. Quippe in ea jam latct istud .vincu
XXXI P R A E F A T I O.
lum subsUmtialc phaenomena realizans« Leibnitii, quo, — cum hucusque contendlssel,
corpora nihil esse nisi monades multas simul perceplas, et perceptionis obscuritate
in acervum extensum conversas, i. e. » phaenomena bene fundata sicut iridem,» ideo-
que «non substantias sed substantiata,« — organica certe corpora in veras substantifs
transformare conatus est noster. Non ignoro quidem senlentiam eoruin, imo assentio,
qui docent hoc -vinculum substantiale,« ideoque etiam idealismi desertionem, maxima ex
parte extortam esse Leibnitio argumentis theologicis, cum metueret ne corpus Chrisli in
Euchaiistia merum phaenomenon redderetur; sed tamen, quae hic inseruimus, ostendunt,
praeter illam alias etiam ei apparuisse in sytemale suo difficidtates.
LXVIII. Ad reverendissimum Patrem Des Bosses epistolae quatuor.
Cf. quae ad art. LXII notavimus.
LXIX. Réponse aux objections, que l'auteur du livre de la connoissance
de soi-même a faites contre le système de l'harmonie préétablie. Ouain
responsionem Patri Lamio datam Ludovicius et post eum Dutensius primum vulgatam esse
contendunt in Diariis doctorum Gallorum (Journ. des Savans) mensis Maj. MDCC1X; sed
accuralius locus indicatur in indice operum Leibnitianorum , quem una cum vita Leib
nitii a Jaucourto scripta Theodicaeae éditer Amslelodamensis , secundae hujus operis
cditioni adjecit. Legilur enim in diariorum Supplemenlis anni MDCCIX mens. Jun.
LXX. Ad reverendissimum Patrem Des Bosses epistolae duae. V. an-
nolata ad art. LXII.
LXXI. Commentatio de anima brutorum, a Kortholto in collectione epistola-
rum primum édita, et anno MDCCX, nescio quam recte, adscripta, inde a Dutensio e-
ditioni inserta.
LXXII. Epistola ad Vagnerum de vi activa corporis, de anima, de ani
ma brutorum, anno MDCCX conscripta itidem ex Kortholti epistolarum collectione in
Dutensii editionem recepta.
LXXIII. Essais de Théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme
et l'origine du mal. Tentamina theodicaeae anno MDCCX primum édita sunt, etsi
multo ante concepta, imo, ut ex epistola quadam Leibnitiana elucet, anno MDCCVII paene
confecta erant. Quorum editionem secundam Amstelodamensem (1747 12mo.) secuti su-
mus in transscribendo. Dutensius suae édition! versionem latinam a Pâtre Des Bosses
factam inseruit eamque inter opéra theologica exhibet. At praeter illam quain jam saepius
monuimus separandi philosophica a non philosophais difficultatein, multa ernnl quae libris phi-
losophicis polissimum hune adnumerandum esse suaderent. Quippe in nulle fere scriplo tam
strenue illud quod semper laudat principium mêlions s. rationis sufficicntis ventilât, in
quo principio Leibnitii philosophiam maxima ex parte niti ncminern latet; itaque non mirum
quod in controversia cum Clarkio agitata etiam atque etiam theodicaeam laudat lainquam
illud opus quo de hoc principio quaestio absoluta sit. Accedit quod huic ipsi operi debe-
mus alterum librum qui universum Leibnitii systema accuratissime delineat. Etenim cum
Princeps Eugenius explicationes quasdam quaesiisset theodicaeam speclantes, Leibnitius
Monadologiam, seu -Thèses» conscripsit, iisque adnotationes adspersit quibus loci theo
dicaeae allegantur. Quum ilaque gravissimus Leibnitii libellus philosophicus tamquam
P R A E F A T I O. XXV
theodicaeae commciilnrius vel potins cpitome conceptus sit, liaec ipsa in operibus philoso-
phicis desiderari non debuit, elsi non ignorem hune libruui, quem iuitio eo consiKo con-
scriberet, ut a Regina Borussiae legerelur, minus pvaecise minusquc scliolasticc et, ut
ita dicam, systematice conscripium esse. Quac cum ita siul, narralio illa de Pfafiio théo-
logo Tubingensi me non lerret, quippe cui quaerenli situe Iheodicaea lusus ingenii po-
lius quam vera Leibnitii sententia, subridcns noslcr respondisse dicilur: Tu rem acu
tetigisti. Dent mihi veniam mânes doclissimi vin, ut ex illa liisloria, ni fabula sit, hoc
tantum inlelligam, nostrum, etsi summa theologiae verecundia teneretur, tamen interduin
theologos elusisse. Continet hoc opus Leibnitii praeter traclatum de confonnitate ralio-
nis et fidei tentaminum de bonitate Dei et origine mali partes très, quibus subjunctac
sunt annolationes in libres Hobbesii et Kingii, quas deuique traclatus h'ngua latina con--
scriptus excipit, tilido -Causae Dei« inslructus. , ;
LXXIV. Ad reverendissimum Patreui Des Bosses epistolae très. Vid.
ann. ad art. LX1I.
LXXV. Remarques philosophiques de Mr. de Leibniz sur sa Théodicée,
a Kortholto primum edilae, in Dulensii editione Vol. I. inter opéra tbeologica leguntur.
Sequuntur quatuor commentationes Leibnitii argumenli ethici, quas ex aulogra])his Leib-
nitinnis Hanoverae transcripsi. Quas etsi divcrsis lemporibus conscriplas esse bene sciam,
tamen ob argument! cognationem deinceps posui, iisque, cum indicia cert» milii dccssent
quae aliud suaderent, hune adsignavi locum. Qua in re erravi fortasse; praeserlim quum
ex eo tempore, quo transscripsi et in hoc loco posui has scriptiones, quatuor paenc prae-
terlapsi sint anni, unde lit ut de literarum traclu vix certi quidquani staluere possim.
Primum omnium sine dubio concepta est disserialiuncula
LXXVI. de libertate, quae cum expresse et consulto opposita videalur Spinozae
sententiis, tempus redolere videtur, quo non dudum ab illis se liberasset. Reperitur Ha
noverae etiam hujus tractatus versio gallica. Serius ni fallor conscriptae sunt.
LXXVII. Definitiones elhicae, quae sicut modo laudata systemali necessilatis,
ita ipsae contra eos pugnant, qui Deo talem libertatein attribuere conantur, qualem Lcilj-
nilius necessitatem brutain appellare solet, scilicet quae omnem secludat delerminationem
et (iniiiin rationem. Quam rem uberius postea in illa cum Clarkio controversia nostrum
ventilasse constat. Sequitur commentatio lingua vernacula conscripta:
LXXVI1I. Von der Gliickseligkeit, cui Guhrauerus in editione sua litulum hune
dédit: Von der Weisheit. Restituimus eam praescriplionem, qua Hanoverae iii Bibliolheca
regia instructum vidimus fasciculum, quo hic libellus continctur.
LXXIX. De la sagesse, cujus scriptionis interprctalio germanica, hoc litulo in-
scripta: Von der Weisheit, d. i. von der Wisscnschaft der Gliickseligkeit und Tugend,
una cum gallico autographe in eo ipso quo céleri libelli modo laudati fascicule Hanove
rae asservatur. Sed veniamus rursum ad libros jam édites, de quibus quo tempore con-
cepli sint minus dubitare licol:
LXXX. Lettre à Mr. Des Maizeaux, contenant quelques éclaircissemens
sur quelques endroits du système de l'harmonie préétablie, epistola ab ipso
XXVI • PRAEFATIO.
Des Maizeaux (Recueil Je diverses pièces etc.) primum, deindc a Dutensio dcnuo édita,
quant Leibnilius anno MDCCXI conscripsit.
LXXXI. Epistola ad Bierlingium, anno MDCCXI. data, a Kortholto (Epist. ad
divers. Vol. IV. p. 4<>.) primum vulgata, exinde in Dutensii edilionem recopia, ubi in Vol. V.
inler caeteras Lcibnilii ad Bierlingium epislolas legitur. Ob Argument! indolent opcribus
philosophicis adnuincrari debuil.
LXXXII. Ad rcvcrendissimum Patrctn Des Bosses cpistolae 1res. V.
annot. ad art. LXII.
LXXXIII. Kcmarquc sur la sixième lettre philosophique imprimée à
Trévoux 1703. Opposita sunt hacc ci ipsi «recensioni Tiivultianae-, de qua dixcrat
Leibnilius in epislola ad Palrcm Dos Bosses, quae huic articulo aulccedit.
LXXXIV. Ad rcvercndissimum Palrera Des Bosses epistolac très. Cf.
annol. ad art. LXII.
LXXXV. Examen des Principes du R. P. Malebranche. Anno MDCCXII.,
ut mihi videtur, conscripta esl haec Malebranchii censura. (Perperam typolheta annum
MDCCXI inscripsit.) Quod ut contendam haec me permovent argumenta: Fit quidem
mcnlio Uieodicaeae tamquam nuper editac; cum vero cliam auloris ad Hartsoekerum
epistolae memorentur memoriis Trivultianis insertae, quae anno MDCCXII vulgatae sunt,
cum porro awno MDCCXV hanc suam censuram Leibnitius jam dudum conscriptam
dicat, hune ci assignandum esse locum palet.
LXXXVI. Lettre à un ami en France. Hoc titulo inscripsi epislolam, quam
Des Maizeaux primus ediclit, a quo Dutensius postca accepit Utcvque contendit eam
datant esse ad Remundium de Montmoil. Quod equidem non credo. Videtur vir doct
Des Maizeaux — nain de hoc solo agendum qucm Dutensius tacile sequalur — de-
ceplus his verbis: -puisque mes vers n'ont point déplu ni à vous, ni à Mr. l'abbé Fra-
guier etc.-; quae verba cum ad ea referret quae Leibnitius d. 14. MDCCIV Reuiondio
eeripserat (v. pag. 702 noslrac editionis), uni eidemque utrainque epislolam missam esse
conjecit. Al vero eliamsi jion negem quaestionem in hac epistola esse de iisdem vcr-
sibus, quos Remundio misit nosler, tamen in hac epistola rcperiuntur, quae quominus
eam ad Remundium sciiptam pulem impcdiant. Namque ita in hac epislola loquilur
de Rcmundii opère (Essai d'analyse sur les jeux de hazard elc.): » J'ai vu la première
édilion de l'ouvage profond de Mr. Montmort chez un ami, mais je serai ravi d'en re
cevoir la seconde, qui sera sans doute enrichie de recherches nouvelles et importantes." —
Equidem non credo, Lcibnilium ad ipsum autorein ita scripturum fuisse quasi de alio quo-
dam ageretur. Multo minus conccdcre possum virum comitate et adfabilitale insignem
si ad ipsum aulorem scripsisset, illis verbis adjunxisse haec: -Je voudrois qu'un habile
homme Irailât en Mathémalicien et en Physicien de toute sorte de jcux.« Quo modo
scriplurus fuerit auto ri, ça te docebunt verba quae postea eidem viro de codem bbro
scripsit (d. d. 17. Jan. 1716 v. Des Maizeaux 1. c. II. l'J4): «Voire excellent ouvrage m'a
rejoui extrêmement. Les hommes ne sont jamais plus ingénieux que dans l'invention des
jeux; l'esprit s'y trouve à son aise. C'est pourquoi j'ai souhaité qu'un homme assez
habile que vous l'êtes se mît à les examiner. Vous avez rempli mon attente. «
P U A E F A T I a
Itaquc conjicio hanc epislolam non ad Kcmundium scriplam fuisse. Oiiam lauien uinico
in d'allia degenli niissam esse non soluin lingua prodit, qua Leibnitiiis ulitiir, sed praeci-
pue veii>a Ul. Woliii, qui cum ostendere vellet se philosopliiaiu non accepisse a Leibnilio
iamqiuim a mngistro, in iis qnac praefatus est Monadologiae version! Kohlerianae (v. annot
ad art. LXXXV111.), ita ioquilur: -Es liât mir der Herr Uebersctzer cincn Auszug aua
• cii ici ii Briefe gezeigt, den der Herr von Leibnitz in franzosischer Sprache an einen Ge-
•Ichrten nach Frankreich geschrieben, darin er gestehet, er halle mit mir in zut
• Wellweisheit gehôrigen Sachen niemals conferirel und kiinnle ich von seinen Meinungen
• niclils wisscn, aïs was iui oflcnllichen Druck vorhanden ware *, — quac verba ad hanc
referenda esse episiolam neminein Intel. — Restât denique ut de lempore ah'quid dicain
quo conscriplani putcni. Apud Des Maizeaux dies, quo cxarata sit, Imic uni epistolae
non adscriplus est; in Dutensii vero editione haec subscriplio cxstat «Vienne 20. Août
• 1714; ne forsan miraberis unde quae Des Maizeaux ignoravit, descriplor noverit. Sed
ubi illo die epistolam, in Des Maizeaux et Dutensii editioiiilms praecedentem conscriplani
esse videris, error commissus te non latebit. Ilaque cum tcmpus non indicatuin sit, opus
est conjectura. Hanc epistolam Vindobonae conscriptam esse discrlis verbis in ipsa de-
daratur. Tum ex eo quod sccundam edilionein operis Monlmorli tamquam propediem
fuciendam citât, aut cerle nupcrriiue factam, conjicias cam epislolam anno MDCCXIII.
conscriptam esse. Eundem aut sequenleui, ut summum largiar, annum indicat mentio
versuuni in Fraguerium cl Rcmundium scriplorum quos mens. Mari, anni MDCC1V. Re-
mundio misil noster (cf. pag. 702).
LXXXVII. Trois lettres à Mr. Remond de Montmort. Vulgalae sunt hae
ad Remundium epislolae primum a Des Maizeaux 1. c. II. p. 130, unde Dutensius eas
in edilionis suae Vol. V. recepil. Earum piïmam et secundam ob argument! indolem,
tertiam praecipue ea de causa inscrui, quod mentionem facit scriplionis subséquentes
gravissimae, ejusque ad alia scripta Leibniliana rationcm et relalioncm bcne définit. Se-
(Uiitur riiim in mea editione: ;
LXXXVIII. La Monadologie. Hoc litulo inscripsi librum Leibnitii omniuui
gravissunum , si quidcm repulaveris, eo primo Leibnilium totum docliinae suae sy-
stema, cujus singulas parles sparsim eo usque dedisset, breviler delineare et in mo-
iluin encyclopaediae coiuplccli conalum esse. Oui liber cum ad hune diem ea qua
l'uimim scriplus erat forma nondum edilus sil, brcviter placel oslendere quaenao)
fala li, ilnicnt. Anno MDCCX1V. Leibnilius, a Principe Kugenio amanlissime rogalus ul
senlenlias pliilosoj)hicas , quas in theodicaea aliisque scriplis prolulissel sibi proponeret
accuratius cxplicalas, librum composuit, de quo ipse Remundio scripsil: -Je vous envoie
•un petit discours, que j'ai fait ici pour Mr. le Prince Eugène de Savoie sur uia Philo-
•sophie. J'ai espéré que ce petit écrit contribucroit à mieux faire entendre mes médi-
t.itiiins en y joignant ce que j'ai mis dans les journaux de Leipzic, de Paris cl de
•Hollande. Dans ceux de Leipzic je m'accoinode assez au langage de l'école, dans les
•autres je m'accomode davantage au stile des Cartésiens, et dans cette dernière pièce
•j'ai lâché de m'exprimer d'une manière qui puisse être entendue de ceux qui ne sont
•pas encore trop accoutumés, au slile des uns et des autres.» Hic liber priinum vulgalus
XXVIII. P R A E F A T I O.
est versione germanicn, quam Kohlerus anno MDCCXX. curavit et hoc titulo Jenae
edidit: Herra Gottfried Wilhehn von Leibnilz elc. Lehrsatre iïber die Monadologie etc.
Cujus versionis versionem lalinam Acta Erudit. Lipsiens. in Suppl. ïom. VII. 1721.
Sect XI. p. 500. exliibuere, ita tamen ut disertis verbis ipsum Leibnitium gallice con-
scripsisse hanc conimentationem confitercntur. Quam versionem lalinam iteruni edidit
anno MDCCXX VIII. Hanschius commentariis illustratam. Hanc ipsam versionem apud
Dutensium leginius hoc inscriptam titulo: Principia philosophiae seu thèses in
gratiam Principis Eugehii elc. 1. c. pag. 20 — 31. Quum tamen nihilo minus con-
staret, autographum Leibnitianum gai lieu in fuisse, hoc ipsum investigari debuerat. Qua
in re mirabili sane usi sunt, quorum interfuit, effugio. Scilicet cum anno MDCCXVUI.
vulgatus esset alius libellas Leibnilii (quem mox laudabimus) et gallica lingua scriptus
et simile Iractans argumentum, Ludovicius ni fallor primus dixit, nostram Monodologiam
iinuin eundemque librum esse atque illum qui inscribitur: Principes de la nature et de
la grâce. Eundem errorem invenies in multis ejus temporis libris, e. gr. in libro: Des
Freiherrn von Leibnitz kleinere Schriften etc. Jen. 1740 et aliis. — Atque illis quidem
per me licet ignoscas. Scd nonne indignabere ubi hodie etiam, etsi in Dutensii editione
Htraque commentalio non inveninlur solum sed una alteram excipiat et ad collationem
quasi provocent, in doctissimo sane Tennemanni libro (Grundr. d. Gesch. d. Phil.) a cl.
Wendtio recognito leçons pag. 412 et 413: Hierher gehort vorzuglich: Principes de la
nature et de la grâce,... oder lat.: Principia philosophiae, Profecto non arçues me
injuriam fecisse nostrae actatis philosophis cum supra neglectum plus justo Leibnitium
conqucrerer. Facile tamen mederi potuisset huic errori si quis ibi scrutatus esset, ubi
eavimi scriptionuin quae Leibnitii tempore typis excusac sunt autographa maximam par-
tem asservanlur, in Bibliolheca Regia Hanoverana. Neque opus quidem erat scrutatore
occulta et recondita detegere solilo. Nain cum schedae Leibnitianae ibi in certum or-
dinem redactae sint, evolventi fasciculum, cui inscriptum est nomen Monadologiae, primum
autographum quod in inanus venit hic libellas est gallice conscriptus, secundum is liber
cum quo ille confundi solet, nempe «Principes de la nature et de la gracc.« INeque
dubitari potest quin Ulud autographum idem sit de quo Leibnitius Remundio scripserit,
eum in ejus margine ipsius Leibnilii manus indicaverit locos Theodicaeae. Itaque huic
libro reddidimus Monadologiae titnlum utpote qui primus interprétation! gcrmanicae prae-
Bcriptus fucrit, cl librum noslrae editioni inseruimus cum onmil)us illis Leibnitii annotatio-
nibus. Quamquam, quum Leibnitius prima Theodicaeae editione usus sit, in qua prae-
fationis paginae non numeris sed literis el asteriscis signantur, necesse fuit, ut lus signis
eum numerum adjicerem qui in mea editione locum indicat.
LXXXIX. Epistola ad rev. Patrem Des Bosses, cf. annot. ad art. LXII.
XC. Principes de la nature et de la grâce. Ubiuam scripta sit haec com-
menlatio, et quonam anno, accurate definire non possum. Autographum Leibnitianum in
Bibliotheca Hanoverana cosdem ostendit litcramm Iraclus quos Monadologia. Quo si
ndsumis argument! cognalionem, veri simillimum eril, circa idem tempus ulramque con-
scriptam esse. Quo modo autem factum sit ut haec cum illa confunderelur jam supra
diximus. Vulgala est primum scriptio in mcmoriis Gallicis quibus tilulus csl: L'Europe
PRAEFATIO. XXIX
savante 1718 Nov. Art. VI. png. 101.; denuo édita est a Des Maizeaiix I. c., denique a
Dutensio in editionem si mm recepta. Palet ex iis quae primus éditer praemisit, co
tempore quo Lcibnitius obiit, hune librum multis doclis jam iiinoluisse, inio in multorum
manibus exemplaria ejus fuisse.
XCI. Trois lettres à Mr. Bourguet; epistolae anno MDCCXIV. conscriptae.
Bene mentit de philosophia Dutensius cum primus cas literas ederet, quas Bourguelo
Leibiiitius miserai; quarum aulographa, ut ipse dicit, Academiae Rothomagensi propria,
anxilio doct. De Cat communicata habuil. Eis epislolis quas Dulensius ipse inler philo-
sophicas numerat, unam adjeci e VI. Dutensii volumine petitam, ejusdem qua illae in-
dolis et gravitatis.
XCII. Extrait d'une lettre à Mr. Remond de Montmort. Epistola e qua ea
excerpsimus quae ad philosophiam nostri spectant, anno MDCCXV. conscripta, primum édita
est a Des Maizcaux (1. c. II. p. 165.), a quo Dutensius eam accepit (1. c. Vot. V. p. 18.)
XCI1I. Ad révérend. Patrcm Des Bosses epislolae très, anno MDCCXV.
conscriptae. cf. art. LXII.
XCIV. Deux lettres à Mr. Bourguet. cf. annot. ad art. XCI.
XCV. Lettre à Mr. Remond de Montmort contenant des remarques sur
le livre du Père Tertre contre le Père Malebranche, anno MDCCXV. scripta
epistola, quae a Des Mai/eaux primum édita, a Dutensio operibus pliilosophicis ad-
numerata est.
XCVI. Ad révérend. Patrem Des Bosses epistolae duae. cf. art. LXII.
XCViï. Deux lettres a Mr. Bourguet. cf. art. XCI.
XCVIII. Extrait d'une lettre à Mr. Dangicourt. Legilur haec epistola in
Kortholti colleclione epislolarum Lcibnitii et in editionis Dutensianae parte III., ex qua
excerpsimus ea quae ad philosophiam spectant, inissis iis quorum argumentuin non nisi
mathematicum est.
XCIX. Recueil de lettres entre Leibniz et Clarke. Quum ommes hujus
conlroversiae et objectiones et responsiones tam arcle inter se cohaereant, ut ulerque
adversarii ictum excipiendo novas plagas infligere conetur, nolui lias epistolas suo quam-
que attribuere anno, sed temporis ratione posthabita eum servavi ordinem quem in prima
jam ediù'one habebant. Ejus controversiae occasionem ut benevolo lectori in memoriam
revocem, liceat mihi ipsius Leibnitii verba inferre, quibus ill. Wolfio hanc rem exposuit.
Quippe ita noster ei scripsit d. 23. Cec. anni MDCCXV.: «Sercnissiina Princeps Walliae,
•quae Theodicaeam meam legit cum attentione animi, eaque delectala est, nupcr pro
•ea pro quodam Anglo, ecclesiaslici ordinis, accessum in aula habeule disputavit, utipsa
•mihi significat. Ille dédit Serenitati suae Regiae schedam Anglico sermonc a se con-
• scriptam, qua iNeuloni sententiam lueri conatur, meamque impugnarc. — Respondi
•nuperrime et responsionem meam ad Principem misi.« — Oinnia, quae Clarkius scri
psit lingua anglica doct. de la Roche reddidit gallice, quae Leibnitius gallice conccpit
serenissima illa Domina in sermonem anglicum transferri jussit. Ilaque evenit ut cum
paulo post obitum Leibnitii omnes hae epistolae edcrenlur, nostri elinm lilcrae anglicc
legercnlur. Inscripla est illa collectio: A collection of papcrs, wliich passed bclwecn
XXX PRAEFATI. (X
llic laie learncd Mr. Leibnitz and Dr. Clarke iu thé years 1715 and 1716 etc. London
1717. — Postea haec collcctio gallicc reddita a doct. Des Maizeaux édita est in libro
saepius jam citato, ubi in Vol. I. legunlur ita ut Clarkii eliain cpislolae gallico sermone
utantur. Nos igitur cum id unum curaremus ut nostri cl doctriiia, et ipsa verba, accu-
rate reddercntur, id consiliuni quod Dutensius etiam secutus est, gallica lingua edeudi
Clarkii epistolas, ci linguarum confusioni praetulimus, qune, cum Clarkium anglice Leib-
iiiliiini gallice loquentciu induceret, tantuin abesset ut edilionem noslram ornaret, ul eaiu
indigne esset dcformatura. Sequunlur denique duae scriptiones, quas ralione teuiporis
quo conscriptae sinl habita locum suum non tencrc ncino me scit reclius. At cum 111.
Cousiui fragmenta philosophica , e quibus eae dcpromtae sunt, mihi non prius in manus
venerint quam cum volumen primum typis jam exciisuin esset, necesse fuit, cum suum
obtinere non possent, alterum iis assignai! locum. Et spero fore ut lector benevolus
nu-lins actum putet quod iu appendice legunlur quam si plane omitlcrentur. Sunt autem
hae scriptiunculae :
G. Sentiment de Mr. Leibniz sur le livre de Mr. l'archevêque de
Cambra y et sur l'mour de Dieu désintéressé. Epistolurum , quas 111. Cousinus
edidit uni, anno MDCXV1I. conscriplae, Leibnitius ipse schedam adnexuerat de quaeslionc
eo tempore a multis GaUiae doctis agitata, de amore Dei. Quam, deperditam ralus,
Cousinus tandem reperit et in libro supra laudato edidit. Idem tractât argumentum
epistola subsequens.
CI. Lettre à Mr. l'abbé Nicaise sur la question de l'amour divin, anno
MDCCXVII. conscripta quam ilidem libro Cousini debeinus.

Hacc sunt quae Ubi offert, L. B., mea edilio opéra Lcibnitii philosophica, hae erant
causae quae me moverunl ut ea potissimum reciperem, hae raliones quae ul ila dis-
ponerem me adduxerunt Quas fusius tibi proposui non ut ad omiûa quae protuli as-
sensio tua extorqueatur — procul absit tam arrogans exspectatio — sed ut libi ostendam
non plane inconsidcrate lui tic institutam esse cditionem, quae si modo ad pliilosophiae
Leibnitianae cognilioncni et existimationem adjuvandam coulaient, ab eo quem sibi pro-
posuit fine non aberravit.
Restai ut pauca adjiciam de externa hujus editionis specie. Ornata est effigie chalco-
graphica Leibnitii, quae descripta est ab imagine quam amicus meus carissimus Krauk-
lingius, musaei liistorici Dresdensis praefeclus ac rector, possidet. Quam effigiem,
coloribus oleariis ab Andréa Scheitsio, artifice haud ignolo, piclam, ante annura
MDCC'IV. delinealam esse non solum ex eo conjicias quod noslrum fere juvencm re-
pracscnlct, sed cliam ex epistola qnadam Eleclricis Sophiae palet. Quippc quae cum
de icône Lcibnilii conqucralur, de tabula chalcographica loquilur a Bcrnigerotho
facla, quam hanc ipsam Scheitsii picturam imitasse qui ulrainquc viderinl, lubenter con
cèdent. (A Beniigcrothi sculplura reliquac omnes quae cxstanl Lcibnitii icônes, una semper
altéra delerior, dcscriptae videntur.) Quare asscnlicndum videtur amico meo doclissimo,
qui egrcgiam suam pulchramque labulam iuler annos MDCXC. et MDCC. dclûicalaiii
PRAEFATIO. XXXI
iitumet. Tenet nos spes brevi ipsum qtiae ad historiam iconum Lcibnitii spectent,
evulgalurum esse, cum quac de liac re apud Bohmcrum (Magazin fur Kirchenrecht etc.
Bd. I. St. 2. S. 315 — 321.) congcssa sint, minime salisfacianl.
Tituli singularum scripnonum Dulcnsiani sunt, si in Dutensii cditionc commenlalio
legilur, Leibniliani si in autographo ipse lilulum praescripserat, mei in iis quae ex aulo-
graphis inscriptione carentibus exscripsi. I'raeter tilulum cuique commenlalioni inscriplus
est anime, quo aut confecla est, nul confecta esse milii videbatur. Dcnique praescripsi
cuique libello ubinam primum cditus sit, et iis quac in Dutensii editione cxstant etiain
loci quem ibi lenenl notalioncm adjcci.
Poslremo confessione comprobarc oportet, quod leclorcm etsi vellem celarc non
possem. Dico errorum typographicorum numerum. Cum non eo degerem loco quo
haec editio typis excuderctur, ipse unius tanlum plagularum revisionis, quam vocare
soient, copiam habui, undc fieri non potuit quin intcrdum menda remancrct, quac rc-
visione altéra détecta foret. Quod tamen minoris momenli est quam quac nunc monebo.
Decrcveram ut in excudcndis iis quac gallicc conscripla sunt orthographiac hodieruac usus
induceretur, (id quod ante me jam Federus curaverat in edendis Lcibnitianis) idcoque
vel in eis plagulis quae laïuquam cxcmplaria typothelae proponerentur, vel in plagulis
excusis, ca quac iisum antiquatum sequerentur mutavi. Quare quum ante annuin et
dimidium palriam mcam Livoniam visitaturus et per très menscs abfuturus essem, primum
decrevi ut per hoc tempus cessarent typographi ; sed cum bibhopola, qui oplarct, ne duni
abessem prela feriarcnlur, mihi confirmasset, sibi Gallum quendam praesto esse cui cor-
rigendi negolium commiltcrct, bis confisus non amplius sum reluctatus. Quod nunc doleo
me fecisse. Nam redux factus non solum euin commissum inveni errorcm quem supra
indicavi ad art. XL. b., sed, quod sanc magis dolcndum, in quindecim plagulis quac
interea typis excusac crant, tam midtas mendas conspexi ut hodic ctiam me pudeat.
id ne iterum eveniret, dum aliud iler facercm, amicus carissimus, collcga honoratisshnus
Blanc us, ecclcsiae calhedralis sacerdos, ingratum laborem plagulas revidendi consueta
humanitale in se recepit, cumque tanta sustinuit diligenlia ut ea quam ipse recognovil
hujus editionis pars, tam cmendate excusa sit quam vix ficri solct in gallicis libris apud
nostrates expressis. Confessa haec volui ne amici honorem mihi arrogarc videar, neve
ei mendae imputentur, quarum ratio a mé solo est reposcenda.
Quarum eas quae ipsum sensum pervertunt ut ante legendum corrigantur indicavi,
caeteras, inprimis eas quae circa accentuum signa et orthograpliiam gallicam versantur
ignoscas quaeso bcncvolc lector. Denique hoc abs te peto, ut si tibi non placeat
olilivione delere hujus edilionis mendas, tamen sallcm magis quid praesliterim quam quid
reliqucriin praeslandum respicias. Vale mihique in posterum fave.

Scrib. Halac Saxonum Non. Apr. MDCCCXL.


.
! .-M. i Ti'
. . . IOANNES EDUARDUS ERDMANN.
. •. . .-.,•■ M! I ' • . • .
TABULA OPERUM.
Vol. I.
p«*.
i. Dispulalio metaphysica de principio individu! 1663 •...., 1
u. Dissertau'o de arte combinatoria cum appendice 1666 G
m. Coufcssio naturae contra Atheislas 1668. ..,,.. ; 45
iv. Epistola ad Jacobum Thomasium 1669 ' 48
v. Dissertatio de slilo philosopliico Nizolii 1670 ...... 55
vi. De vila beata - .••-.• 71
vu. Dialogus de conexione, inler res et verba 1677 76
vin. Epistola ad Herm. Conringium 1G78 '• '• 78
/ ix. Mcditationcs de cognitione verilate et ideis 1684. . 79 '
x. Epistola ad Ludov. de Seckendorff 1684 ;.-.'.•. 8Î
xi. De scientia universali seu calculo philosophico. ........... 82
xii. Initia scientiae generalis etc. . . ', • «. |85
xui. De natura et usu scientiae generalis 86
xiv. Synopsis libri cui titulus erit: Scienlia nova generalis etc. ........ 88
xv. Guilielmi Pacidii Plus altra. . . . 89
xvi. Guilielmi Pacidii Initia et specimina scienliae generalis . . 90
xvn. In specimina Pacidii introductio historica 91
xvin. Fundamenta calculi ratiocinatoris 92
xix. Non inelegans spécimen demonstrandi in abslractis. ......... 94
xx. Addenda ad spécimen calculi universalis. .....'.. 98
xxi. De veritatibus primis • 99
xxii. Dcfinitiones logicae 100
xxiii. Difficultates quaedara logicae .-...,.. 101
xxiv. Extrait d'une lettre à Mr. Bayle 1687. . . -'.-.•. 104
«xv. Lettre de Leibniz à Mr. Arnaidd. 1690 , , . ,. !<$
xxvi. De vero methodo philosophiae et theologiae 109
s xxvii. Si l'essence du corps consiste dans l'étendue? 1G91 112 ^
xxviii. Extrait d'une lettre pour soutenir ce qu'il avait avance ci-dessus. 1G93. . 113'
xxrx. Extrait d'une lettre à Mr. Foucher sur quelques axiomes philosophiques. 1G92. 114
xxx. Extrait d'une lettre de Mr. Foucher à Mr. Leibniz. 1G93 116
xxxi. Réponse de Leibniz à Mr. Foucher. 1G93. . .' . . ... . .".''. . . 117
xxxn. De notionibus juris et justitiae. 1693 i' . • • 118
xxxiii. Lettre à Mr. l'abbé Nicaise. 1693 . . 420
xxxiv. De primae philosophiae emendatione et de notione substantiae. 1694. . . 121-
xxxv. Lettre à un ami sur le Cartésianisme. 1695 '. . 123
xxxvi. Système nouveau de la nature et de la communication des substances. 1695. 124 '
xxxvn. Réponse de Mr. Foucher à Mr. Leibniz. 1695 129 '
xxxvm. Eclaircissement du nouveau système. 1696 131 -"
xxxix. Second éclaircissement du nouveau système. 1696 133 ,
TABULA OPERCM. XXXIII

Troisième éclaircissement du nouveau système. 1696 • . ...,;. 134 —


XL. b. Schreiben an Gabriel Wagner vom Nutzen der Vernunftkunst oder Logik. 1696- 418
Réflexion sur l'essai de l'entendement humain de Mr, Locke. 1696. .... 136 --
XLD. Lettre à Mr. l'abbé Nicaise. 1697. ». • r '. , 139
XLDI. Réflexions d'un anonyme sur la lettre à l'abbé Nicaise. 1697. . . . . . 140
XLIV. Réponse de Leibniz aux réflexions d'un anonyme. 1697. . . ., '. . . .1 . 142
XLV. Epistola ad Fardellara. 1697. . .• • ', '. . ... . . . '. '. , . 145
XLvi. Kj.islola ad Sturmium. 1697. ................ . ..;,'..'.,; . 145
avn. Lettre au Père Bouvet 1697- :. ..;.,-,;.. . .; .. 14C
, -XLVIII. De rerum originatione. radicali. 1697. • ...;..;.;..... f ••' « . . . .147-'
XLIX. Lettre à Basnage. 1698.. .'...... .. . ...... ... .•;'.. i 150
^L. De ipsa nalura sive de vi insila creaturarum. 1698. . . . . . . . . . . 154
LI. Epistola ad Fred. Hoflmanum de rébus philosophicis. 1699. . . ...,..•; 161
m. Historia et commendatio linguae charactericae. .;..'. - ;;.•.•« .•• j . \ 162
LUI. Préceptes pour avancer les sciences. / .- .: . >. . .; ;, ,. . •. . ; ... . 165
LIV. Discours touchant la méthode de la certitude. , . . . ; ; 172
- LV. De la démonstration Cartésienne de l'existence de Dieu du P. Lami. 1701. . 177-
•'tVL Considérations sur la doctrine d'un esprit universel 1702. ...,;.. 178-
*i,vn. Réplique aux réflexions de Bayle sur l'harmonie préétablie. 1702. .. '. . •; 183 -
Lvrn. Lettre à Mr. Bayle. 1702 191
'Lix. Nouveaux essais sur l'entendement humain. 1704 194 —

Vol. II. ,
ix. Considérations sur le principe de vie. 1705 429
LXI. Observationes ad recensionem libri a Jaqueloto editi. 1705 433
LXH. Ad rev. Patrem Des Bosses epistolae octo. 1706 et 1707 434
Lxm. De modo distinguendi phaenomena realia ab imaginariis 443
LXTV. Epistola ad Hanschium de Philosophia Platonica. 1707 445
LXV- Lettre à Mr. Coste. 1707 447
LXVI. Remarque sur le sentiment du P. Malebranche. 1708 450
LXVH. Remarques sur un endroit des Mémoires des Trévoux. 1708 452
Lxvm. Ad rev. Patrem des Bosses epistolae quatuor 1708 et 1709 454
LXK. Réponse aux objections du P. Lami. 1709 458
LXX. Ad. rev. Patrem Des Bosses epistolae duae. 1709 461
LXXI. Commentalio de anima brutorum. 1710 463
Lxxn. Epistola ad Wagnerum de vi activa corporis. 1710 465
xLxxra. Essai de Théodicée. 1710 468 "
LXXIV. Ad rev. Patrem Des Bosses epistolae très 1710 et 1711 666
LXXV. Remarques philosophiques sur la Théodicée. 1711 668
LXXVI. De libertate 669
ucxvn. Definitiones ethicae 670
uxvni. Von der Gliickseligkeit 671
LXXIX. De la sagesse ' • • 673
LXXX. Lettre à Mr. Des Maizcaux. 1711. 675
E
XXXIV TABULA OPERUM.
p»«.
LXXXI. Epistola ad Bierlingium. 1711. . . '. . ' : ;'.'.' • .• . . . . •. . . 677
LXXII. Ad rev. Patrem Des Bosses epistolae très. 1712 . . . . 679
LXXXIII. Remarque sur la sixième lettre philosophique imprimée à Trévoux. 1712. 683
LXXXIV. Ad rev. Patrem Des Bosses epislolae très. 1712. 1713 » . . 685
LXXXV. Examen des Principes du R. P. Malebranche. 1712. . . 690
LXXXVI. Lettre à un ami en France. 1714. ; •. . . •. 698
txxxvw. Trois lettres à Mr. Remond de Montmort. 1714. . i . 701
ixxxvju. La Monadologie. 1714.- . . .-.-., . . . . . . . . : •< . j 702"
LXXXIX. Epistola ad rev. Patrem Des Bosses. 1714. . . .•' . '. 713
xc. Principes de la nature et de la grâce, c. 1714. . . • . . ... . . '. . 714^
xci. Trois lettres à Mr. Bourguet. 1714. . . .-.-.-. . . . .... . 715
xcu. Extrait d'une lettre à Mr. Remond de Montmort. 1715. ••. . 724
xcm. Ad rev. Patrem Des Bosses epistolae très. 1715. ... . ... . . . 726
xciv. Deux lettres à Mr. Bourguet. 1715 • • 731
xcv. Lettre à Mr. Remond de Montmort. 1715. . . .''.',". . . . : . . 735
xcvi. Ad rev. Patrem Des Bosses epistolae duae. 1716. . . . " 738
xcvu. Deux lettres à Mr. Bourget. 1716 : : 743
xcvm. Extrait d'une lettre à Mr. Dangicourt. 1716. ...'........ 745
-xcix. Recueil des lettres entre Leibniz et Clarke. 1715 et 171C 746,

Appendix.
c. Sentiment sur l'amour de Dieu désintéressé. 1697 789
ci. Lettre à Mr. l'abbé Niçoise sur l'amour divin. 1698. ......... 791
I •• /

ERRORES TYPOGRAPHICI
Quorum qui scnsuin pcrvcrtuut, ut auto legcndum corrigantor, indicavit cditor. Omisses accvutus,
Hterarum commutatioucs, ortbographiae vitia aperta cuotarc supcrscdit.

Vol. I.
Praefat. pg. XV. I. 16 pro Anialdi lege ArniUdi») | p. 999 B. 1. 17£18 delendura cal: à l'enlour du
la terre.
p. 45 D. 1. X3 pro patebuntur 1. fatebuntor. - 212 A. - 14 font I. fond.
&0 A. - 1» - vexata 1. vexatae. - X49 H. - 3 dépuilles 1. dépouillf».
. 90 A. - 37 - vlritatis 1. verltatis. - — . - 16 rougueur I. rougeur.
- — - - 39 - angetur 1. augetar. - X4X A. - 14 est I. cl.
- 105 B. - 13 - au 1. on. - 253 A. - 26 tourture I. torture.
- 107 11. - 8 - your 1. vous. - 168 A. - 22 rlgenr 1. rigueur.
- 111 B. - 6 - at 1. et. - — - - 13 on I. «m.
- 113 B. - 10 - referme 1. renferme. - 260 A. - 47 certaine I. entrain».
- 115 B. - 6 - partlque 1. pratique. - 263 A. - 5 prévalante 1. prévalence.
- 133 B. - 14 - pour 1. par. - 265 B. - 54 ou 1. lege sans.
- 140 A. - 3X - pas 1. par. - 166 B. - 32 das 1. dans.
- 14X A. - 22 - public 1. publie. - 169 A. delendiini est: comme tl y H . .
• 147 U. - X7 - essentiam L exislentiam. mouvement.
- 161 U. - 6 - définir! 1. deflnlre. - 271 A. - X9 Hardie 1. Hardi.
- 178 A. - X3 - au dehors L de dehors. - 181 A. - 15 réfléchit 1. réfléchir.
- 187 A. - 12 - conférence 1. circonférence. - — . - 16 réfléchir 1. réfléchit.
- 191. - 15 - p. 15X 1. p. 125. - 292 A. • 2X regardant 1. rcganlfiil.
. — n. - X4 - ou bien L au bien. - 198 1! - 4. si 1. a'y.
- 19X A. - 44 - continent 1. contient. - 299 ». - X9 Germaine 1. Germani*.
- 194 - 5 - 1703 1. 1701. - 302 B. - 2 pan I. paon.
- 199 H. - 16 . immoralité 1. immortalité. - — • - 14 eu 1. ce.
- X03 H. - 26 - cl 1. est. - — - - 41 qu'où I. qu'on.
- X06 n. - 50 - adéquante 1. adéquate. - 306 B. - 35 de la parallélisme I. du paral
- X06 A. - 51 * 53 annolatio delenda est. lélisme.
- X06 B. - 37 pro vous 1. nous. - 307 H. - 3 prs 1. pris.
- X08 B. - il - m'empêche 1. n'empêche. - 313 B. - 50 c'est 1. (c'est.
. — - - 3X - entendues 1. étendues. - 314 v. - 32 participier I. participer.
- X10 B. - 5 - S- 10 1. 8- <8. - 320 A. - 48 ses I. le».
- XI* A. - X2 - s'expérience 1. l'expérience. . 336 A. - U a ous 1. no as.
. X13 A. - 43 - élevé I. moins élevé. - 351 B. - 43 des I. de-
. 2X0 B - 5 - tela I. telle. - — - - 41 >"o 1. No*.
- XXI A. . X9 • l'âme 1. dans l'âme. - 366 A. - 36 tours 1. leurs.
- X27 B. - 30 - qualiés 1. qualités. - — • - 60 où 1. Cou.
- 2X8 B. - 41 - considération 1. conden - 377 A. - 42 d'Euigne 1' d'énigme.
sation. - 398 A. - 37 ou 1. où.
- X19 A - 34 - animaut 1. aimant. - — B. - 10 post Maître adde: ,,St. Pierre a
- 13X A. - 10 - au 1. ou. été disciple, donc quel
• 283 A. - 6 - Chapitre XI. 1. Chapitre IX. que disciple a renié son
- X34 A. . * - jugons I. Jugeons. Maître.
- — - - 39 - convenais 1. convaincus. - 111 A. • 27
17 pro la perte 1. la nouvelle de
- 189 A . 15 - ut 1. cal. 1* perle.
Vol. II.
p. 434 A. I. S pro sonsensus I. consensus. p. 707 A. 1. 19 pro attachement 1. attouche
- 447 A. - 11 - libero 1. libro. ment.
- 458 - 1 - LXV. L I SIX. . 731 - 3 - 1714 1. 1715.
- 474 B. - 25 - eu L en. « 7S8 A. - 5S - inslancs 1. instant*.
- 475 B. - 55 - es 1. et. . 741 H. - 7 - modns 1. modu»?
- 541 A. - l.'.v-n; delendnm est: pg. 84. 86. 140. . 742 A. - 47 - Kluxu 1. Ilimi.
- 544 B. - 43 pro Zenebog lege Zernebog. - — H. - 9 - cinisiiiii 1. con.stiluit.
- 591 B. - 31 - réfléchlsfent 1. réfléch'msent. . 745 A - SI - queues 1. queues..
- 695 B. - 28 - novelle I. nouvelle. - — - nli. - substanliam I. aubstantia-
- 598 B. - 48 - 223 1. 323. tum.
- 599 B. - 18 - quelques I. quelque. . 746 II. - 14 - actue I. actuel.
- 611 B. - 46 - intitulé. 1. iotilulé: . 750 II. - 17 - maniméeg 1. inauimées.
- 683 B. - 17 - Lebiniliua I. I.eibnliius. - 754 A. - 36 - uniquemeot 1. uniquement.
_ _ - - 23 - 4703 1. 1703. . 758 B. - 17 - nne 1. que.
- 690 - 5 - 1711 1. 1712. . 768 A. • S8 - copti 1. corps.
- 695 A. - 26 - vuide I. fluide. - 773 B. - 41 - sens 1. sent.
- 696 B. - 1S - accorda 1. accordera. . IT8 A. - 9» - semblent 1. semblant.
. — - - 24 - infinie 1. finie. . 784 B. - 13 - les toutes 1. toutes le*.
- 702 A. - 20 - des me I. de mes. . 788 B. - 83 - Augeni 1. Agens, . . ,
I.
DISPUTATIO METAPHYSICA
D E

PRINCIPIO INDIVIDU I.
G 6 3.
C Disputât!» melftphygica de principio individu'), quant Deo 0. M. annucnie et indnllu iihlyi.i. Philosopb.
facullatls In illusiii Academia Llptiientii, Pracside Viro exeollc'iitlssimo et clarlusimo l)n. M. Jacobo Tho-
manlo, eloquenliae P. P. Min. Princ. Colles. Collégiale, praeceptore et foutore HUO maximo, puhlke venll-
landam proponlt Goltfredus Gullielmii» I.elfonuzius, I.ipx, Philos, et B. A. liaccal. Aut. et He.sp.
3O. Majl Amil HDCLX11I. — LIpKiae lypis riduae Heiiningi Coleri. 4.)

G U M DEO.
§. 1. Quanto latius argumentum nostrum difiu- non tota. Non totam aut ncgatio exprùnit(2), ant
MMII est, verba vero pauciora cssc delwnt, taiito aliquid positivuiu ^ Positivuin hoc aut jwrs ph>'sica
magis al>stineiHluiu nobis a pracfationc esset, nisi est, essentiam terniinans, cxistentia (3), aut ine-
admoneret Divino Numini débita invocatio. Dcuni taphysica, speciem teriuinans, haecceitas (4).
igitur, priinuin Actiini Foiitemque secundonun, ora- §. 4. Prima opinio, quoniam et gravissimis vi
mos obtestamurque, utcujus in re ipsa causa est, ejus ns defenditur et diflicultatcs omnes tollit, a nobis
quoqne in nostra cognitione suscitator esse velit, ne quoque recipietur, cuius confirmatio velut générale
quicquani cuiqiuun , iiisi ipsi, boiiitatis debcanms. argumentai» contra reliquas suppeditabit Pono. igi
§. 2. Ante otnnia autcui statum quaestionis excu- tur: oiniu; individuum sua tota eutitate individua-
tiemus. Âcturi igitur suinus de principio individu!, tur. Et tenet Petrus Aureolus apud Joli.
nbi et principium et individuutu varie aecipitur. Capreolum, qui emn nondum cditum diligen-
Et iiun.i ad individunm attinet, quenmdinoduui uni- ter confutavit, 2. sent. d. 3. q. 2 Hervcus,
versale, sic ipsuiu quoquc vel logicum est in ordine quodlib. 3. q. 9. DicitqucSoncinas, quod luiec.
ad praedicationem, rel metaphysicum in ordine ad opiuio sit Tenninistarum seu Nominalium, 7. M et.
rem. Atque sic rursum aut prout in re est, aut, q. 31. Et teuent saneGregor. Ariminicnsis 1.
prout in conceptu, seu ut alii expriinuiit, formali- sent. d. 17. q. 4. Gabriel Biel in 2. sent d. 3.
ter aut fuudaïuentaliter: £t formalitcr, vel de indi- q. 1. QuosadducitrccentiorNoininalisSchauthect
viduo omni, vel creato tantuni, vel substantia tan- 1.2. Contr. 5. artic. 1. Tenet idemDurandus 2.
tijin. vel substantia matcriali. Principii quoquc vox d. 3. q. 2., citantibus sic pie-risque, quamvis, ut no
notai tuni cognoscendi i>riiicipiuin, 1 mu CSSCIK li. Es- tât Murcia, dis]). 7. in 1. 1. Physic. Ar.
sendi intenium et exteruum. Quare , ut haec colli- q. 1., citari solcat pro sola forma, quum ta-
gain: agemus de aliquo rcali et, ut loquuntur, prin men n. 15. expresse hanc materiaui et hanc for-
cipio physico, quod rationis ûulividui funnalis, seu mam afferat Mâle autein Ramoneda eos, qui di-
individuationis, seu differentiae nuinericae in intel- cunt, iiulividuuin se ipsum individnare, et qui
lectu sit fundanientum, idque in individais praecipue dicunt, uiateriam et foriuani id ]>raestare, divellit,
creatis, substantialibus. ut sibi contradistinctos, quum sint potins subordi-
§.3. Quoniain vero, ut attritusilicisscintilkeemi- jiati, ut spéciales generalibus. Quid cniin est mate-
cant, ît.i commissionc sententiaruui veritas detcgi- ria et forma unitae, nisi tota eittitascompositi l Adde
tur, âge primum cas digeremus. Sunt autein duo quod nos liic abstraltimus a cor])oribus et Angelis;
gênera opinionum: alii hypothèses habaere ad otn potius ijiitur termino totius entitatis, quain niate-
nia individua applicabiles , ut Scotus; alii -secus, ut riae et formae utinuir. Idem igitur tenet Fr. Mur
Thomas, qui in corporibus inateriam si minium, in cia, 1. c, Fr. Suarez, disp. Met. 5, Zimara
Ângelis eorum eutitatem, principium posuit. Nos apud Mercenar. disp. de. P. I. P. 1. c. 9, Percr.
quoniam hic abstralieinus a substantia inateriali 1. 6. c. 12. Ac nupcrrime PL Révérend. Calov.Met.
et iimuateriali, spéciales opimones alio terapore con- Part. Spec. tr. 1. art. 1. c. 3. n. 2. et B. Stahl.
siileraturi, nunc générales tantuni excutiemus. Quas Comp. Met. c. 35.
praecipue quatuor nuiuerarc licct. Aut ejiiin princi §. 5. Argumenta pro liac scntentia haec fcre sunt :
pium individuationis ponitur cntitas to ta (1) aut 1. Per quod quid est, per id unum numéro est. Sed
l
I. DE PRINC1PIO IXDIVIDUI.
res quaclibet fer suain entitatrtu est: E. — Maior extra intcllc-ctuin, et si wgarct, daretur contra Tlio-
probatur, quia uiiiiin supra eus nihil addit reale. mistas universale coinplctuin in rébus. Imo etiam
LIsi sunt lu n- argumente omnes hujus sententiac de- dicit Bassolius Scotista, quod cletur soluin in re
fensores. Kespomlet Bassolius Scotista negando universale in potentia, nempe natura singularis
majorent: ac dicit, naturain seu ontiiafem rei dif- in rrspectn ad intellectutn, qui cuiu similibns com-
ferro fornialiter, non rcaliter. Et sic limitât: per parare potest. Ulterius datunie etiam natura in-
quod i|iiid est, i»-!1 idem rcalitcr uiiuin numcro est, diffcrens in Socratc! Si nul la, jam jKitet, quod se
et sic conceditur: si per idem formaliter, ncgatur. ipsam individuel natura Socratis; sin aliqua, clabi-
Et ad i)robationem dieere potest, quod iiiiuiu ali- tur simul differens et indifférais natura liumana in
quid supra ens addat formaliter diversum. Sed Soerate. Née effugit Soncinas diccas, qnod diffé
haec profligabimtur infra in refutationc Scoti. rons et iudifferens différât ratione. Nain sic {Kitet,
§. 6. Mcrcenarius negat majorera, et ad pro- quod natura sit déterminât» in re per se ipsam, non
bationem dicit, non quidem u i mm specie, sed tamen per aliquid additum.
unuin iHiinero addere aliquid supra ens. Sed con §. 9. 5. Essentia aliqua, humanitas v. g. Soera-
tra: ici quod addit, quuin sit aliquid reale, erit i|>Mim tis, aut differt numéro ab Inimauitate Platonis in
quoquc ens, E. addet aliquid supra se ipsuin. Si trinsece, si ncmpe praescindamus ici, quod natur.ie
vero dicat, non loqui se clé omni ente, quod etiam extra ipsam superacklitum est, aut non. Si diffcrt
modos includat, urgeo : ici, supra quod imitas nuinerira numéro intringGce, individuat se ipsam. Sin minas,
aliquid addit, est eus. Si igitur est unuiu numéro prae- seqnitur, quod in se humanitas Platonis et Socratis sint
i isiiin nl> adclito, niliil addit imitas numerica; sin mi idem numéro. Et ut i natuni cum al ia natura, ita posset
nus, dabitur quoddam ens mile, quod non sit singu- i|iiui|iir cum addito comparari. Sc»l mine mitto.
lare, de quo infra. Taceo, quodMercenarius more §. 10. Argumenta in contrarium pauca sunt et
Scotistico resix>ndit , quum faveat Tliomae. pan'i momenti. I. Quicquid coiL^tituit individinuu
§. 7. Ramoneda respondet: nnum et ens materialiter, non constituit formaliter. Sed entitas
formaliter differre, quamvis materialiter sint idem. individiniin constituitijisiiin materialiter : E. — Resp.
Per TÔ formaliter intelligit: differre ratione. E. negando maiorem, quia materialc et formate incli-
ctiam principia unius numéro et entis, ratione diffé vidui, seu specics et individunm, non différant reali
rant. Soncinas ait, Àrist. IV. Met. 2, unde ter. IL Si esscntia in se caret existentia, née Kim
hoc argninentiim sumunt, non loqui de uiiitate nume- implicat, seqtiitur, quod sit in se indifférera. Secl ve-
rali, sed transrendentali. Veruni et illa est traascen- nim prius; (juia quod sul) opposito alicuius esse et
clens, et non datur imitas realis speciei, praeter nu- concipi potest, id istucl non includit. Sed sine exi
meralem. Posset quoque aliquis pro omnibus sen- stentia essentia esse ac concipi potest : E. — Rcsp. :
tcntiis advenus ex eo fundamento, quo a nohis Essentia vel snmitur ut est in intcllcctii , et pro con-
différant, responclere, fieri unuiu numéro per suain «ceptu quidditativo : sic non est existentia de ratione
'entitatem, sed nontotam. Venini obstat, quod al essentiae; vel prout est in re : Sic ncgo, esse ]x>sse
téra quoque pars intrinsece est una numéro, et se- sine existentia. 111. Essentiae propria imita>, nimi-
querctur, si principia interna «nius et entis diffé ruiu formalis, seu specifica, est minor nnitate nnme-
rant uttotumet IKIPS, iinnni et eus quoque ut to- rali : E. ista non compctit ei per se, qunm ipsi ejns
tnm et part» -m differre, inio ens aliquid addere opposituin per se competat — Rcsp. neg. antec.
supra unuiu. Atque haec de boc argumenta fusius, de unit, extra intcllectum. — Sunt luire argumenta
ut melius vidcatnr, qiiac quisquc efïuda quiicrat pleraqueSoucinatis 1. 7. Mct.q. 31. Quietoh-
§. 7. 2. Quac sont principia entis in universali jicit de accidc-ntibus, qnae, solo numéro differentia,
universalia, ea sunt ejus ]>rincipia in singulari sin- non po&sint esse in eodem subjecto simul, quod ta
gularia. Sed tota entitas est ]>rincipium entis uni- men falsuin; item de partibus continu! divulsis.
versale in universali: E. — Major probatur probabi- Verum nos accidentia et entia incompleta reinovi-
litrr al) analogia 2, quia principia universalia nullo mus a nostra traotatione.
alio différant a singulari, nisi quod a inultis singula- §.11. Sornnda opinio est, quae negationes fo-
ribus similibus abstrahuntur. Est hoc arguinentum nit principium individuationis. An vero qnem-
Stuhlii. 3. Durandus: universale et singulare quam habuerit, ' qui défendent, vakle dubito, nisi
non différant realiter: E. liabent eadem princi|)ia: forte aliquem Nominalium obscuriorem. Tanto
E. entitas tota, quae est ]>rinci|>ium universalitatis, inagis autem suspectum est, quod Bassolius re-
erit singularitatis. fert quosdam, qui principiuiu individui dixisscnt
§. 8. 4. Datur v. g. in Soerate natnra intrinsece cxistentiam cum duplici negatione, quod satis im-
ad ipsum cletenninata, quod couceclit Soncinas, probiibile, née ullani convenieiitiam habet. Pi-ae
I. DE PRINC'IPIO 1ND1VIDUI.
terca alii, qui meminere, non adjunxore existen- studio observauduin. q. 43. Breviar. Metapli.
tiaiu. Bassolius quoque ipso, ac si cluac sen- Kustachii de S. Paulo.
tcntiae essent, sc)>anitiiii cxistentiam et uegatio- §. 14. N'obis igitur cuin prioribus potissiinuin
nes réfutât Vix tainen potuit esse ex toto Nomi- agendum est, quos refutat Scot sent 2. d. 3.
iialis, qui hoc défendit ; nain il li praesupponenduin, q. 3. et ejusseetatorBassol. ib. q. 4. art. 1. f. 179.
universale magis esse eus, qiiam singularc. Quicquid Argumenter auteni: I. Si cssontia et cxistrntiu
auteni sit de autore, sententia ita concipi jwtest, ut a sunt idem a jwrte rci, scquitur, qufnl existentiu
sainnto génère, per differcntias dctermiiiato, ad sub- sensu adversariorum non sit priiicipimn indivi
altcnia, iiuleinnniatn speriem, dcscendas : ibiveroul- duationis. Sed veruin jn-iiis : E. et (Misterius. — Mi-
terius ncque as, et negatioulterioris dc.sccnsus -il in- norem sic fundamentaliter probo: Quaerum<|ue rea-
triiisecmn forniale individu!. Kt esset haec de iudi- liU-r difFemut, ]M>ssunt a se inviceni scpanui. Sed
v ii lui i sei lient ia. qucniadinoduin Dec a in i de puucto, esseiitia et existentia non pussunt se|wrari : E. —
qui in Logic, praedic. quant, et tr. de l'.u- Quae ad majorem respondent Cap r col. 1. d. 8.
charistia dixit, refcrente Pererio 1. 10. c. 5, q. 1., etCajetanusdeEnte etEssentia, q. 11.
superncicm esse nihil aliud, quani cor]>us cuiu ne- nullius sunt momenti. Minor probatur, ]>artim quod
gatioue extensionis in profuiiditato ulterioris, li- esscntia non possit auferri, partiin existentia.
ueam in latifudine, punrtuni in longitudine. Porro §. 15. lllud probo: Oinne, quod aufertur, exi-
lirior negatio divisionis, est quasi generalis iiuli- stit, {H-acciso eo, a quo aufertor; ablatio enim
vidui, altéra vero negtitio identitatis cuin alio, faciet tauiijiiani actio ad id, a quo aufertur, termina-
hoc indivhluuin ab alio vcre distim-tum. tur. E. csseutia existit, pntccisa existentia, quod
§. 12. De hac sententia Mercenar. Dilu- implicat. Hoc, quod existentia non possit auferri
cid. de Princip. Ind. Part. 1. c. 2. et fuse ab csseutia, negatit adversarii, quoivui lon^aiu se-
de. Bassolis 1. 2. Sent. d. 12. q. 4. artic. 1. riem vide apud Petrum de Posnania Scotistam,
l 'ni ii lai in -nt uni eoruiu est, quod j>ersuasi fuere, 1. 1. sent dist 36. q. unie. pag. 976. Sed ar-
iiulluin positivuin posse statui. Sed non videre, guuientor contra: Essentia, ablata existentia, aut
quod natura possit individuare se ipsam. ()ppu- est eus realc aut iiihil. Si nihil, aut non fuit
•j na ri possuiit facile: Individiiuiu aut extra intcl- in creatiiris, quod ahsurdiun, aut non distincta
lectuin a negationibus coastituitur, aut in iutel- ab existentia fuit, quod intendo. Sin eus reale,
Icctu. Si hoc, connu msponsio nihil facit ad rein ; fuit aut pure potentiale, aut eus actu. Sine dubio
si illud: qnoinodo eus positivuin constitui ]>otcst illud; nain non potest esse actu, nisi pcr exi-
a négative.' Praeterea nejsitio non potist produ- stcutiain, quam taiiien se]>aratam esse pratwuppo-
cere accidentia iudividualia ; deinde: onuiis nega- suiiuus. Si igitur cssentia est pure potentialis, om-
tio est alicuius ]M)sitivi, alioqui erit soluin verbo nes cssentiae sunt nmteria prima. Nain duo pure
tonus iiegatio. Sint iftitur duo iudividua Socra- potentialia non diirenmt, ne relation» ad actum
tcs etPlato: principiuni Socratis erit negatio Pla- (juidem, quia liaec relatio, quum sit ad eus in po-
tonis, et principiuni l'IatonLs negatio Socratis, erit tentia, non est rcalis. Si igitur essentiae non
igitur neutrubi aliquid positivuin, et in quo pos- différant a materia, sequitur, quod sola materia
sis ]>edem sistere. Àcuta alia arguinentu apud sit pars csscntialis, et res non différant s]>eeie,
Dassolium vide. v. g. esscntia bruti ab cssentia hominis. Nain neu-
§. 13. Tertia sententia est, existentiam e^sse tra forniam includit, quae est principium distin-
|iriiK-i|>ium individuationis. Hune Fr. Murcia cui- ctionis specificae, et duo pure potentialia non dif-
dam Carthusiano in 2. sent. d. 3., qui an sit fcruut. Et si dicas, diiferre per relationes ad
Dioiiysius Rikelius (sano hune in sententias Ideas: non est relatio rcalis, esset eiiiiu acridcns
srripsis.se certuin est), dirent non liabeo, Fon- in DEO. De discrimine essentiae et cxistentiae
scea Nicolao Boneto 8. Met. c. 1. id de- vide Posnaniensem 1. c. Soncin. 1. 4. Met.
fcndenti triboit, V. Met c. 6. q. 2. §• 1. Dupli- q. 12. et 1. 9. M. q. 3. Fonsec. IV. Met q. 4.
dfar auteni capi jwtest, partiin, ut existeutia rea- Per. 1. 6. c. 14. Existentiam oppugnat Bas-sol.
)is aliquis sit inodus rvm intrinsere indi^'iduaus, Le. Soncin. 7. Met q. 32. Kamoned. inTho-
ab ejtis ess<'iitia a parte rei distinctus; (juod si ita mam, de Ent. et. Esscnt p. 399.
est, defcndi ininiine potest, ut inox piitebit Sin ab §. 16. IVto et ultimo loco Scoti haercci-
••ssentia soluin ratiouediffert,nobiscumegregie coin- tas offert se rertamini, quam is attulit 2. sent
ridit et exprimit praeterea, quo respectu esscntia d. 3. q. 6. et teste Zabarella lih. de Consti-
sit prinripiuiu individnatioiiis. Atquc ita iutclligo tut Individ., c. 8. Quodlibet. q. 2. art. 3. et
.\"-ll. Schurzcruiii, Pi accepterai! incuiii suiniiio Coin m eu t. in V. Met. t. 12, ac dh-cipuli pro
1*
I. DE PR1NCIPIO INDIVIDUI.
juranicnto suo (ut meminit Merccnar. in re- distinctum. At ultima verba nubcm hanc facile
sponsione ad cujusdam Scotistae impugna- disjiciunt. Plerique enim conceduut, quod per ope
tioncmsuae sente ntiac) certatiin clefeiulerunt : rationem mentis detur differcntia individualis: an
in quibus satis vetustus est, et unde audacter ejus igitur Fr. Oviedo et similes propterea Scoti
seiisum rimeris, Joh. <lc Basse lis, ipsiusScoti stae eruntî Primum auteni Scoti fundamenta po-
auclitor, Occaino tainen fortasse prior, quia ejus 11:1111 et solvam, inde adductis marhinis opiHignabo.
contra Scotnin plaoita nullibi réfutât. §.20. Primum pro Scoto arguinentuni ab ipso
§. 17. Notum auteni est, Scotuni fuisse Roa- allatum, recensente Pererio 1. 6. c. 10., est:
liniii cxtremum, quia univcrsalia veram extra mi'n- Uinuis unitas aliquani entitatcm consequitur, EL 'et
tem realitatcni liabcrc statuit, quurn Thomas for- numerica; illa autcm cutitas non est id, quod in
nialc <>oruin proficisei ab intellectu vellet. Ne ta- s| « H-;C includitur. EL aliquid ci superadditum, iiempe
men ia sententiam vergeret, tributam ab Aristo- clifferentia individualis. — Resp. : Unitas cntitatem
tele Plutoni, distinctiouem formaleni com secjuitur in conceptu, in re idem est Née entitas
mentas est jMdliando errori, quae esset qnidem ante numerica diifert a s(«-<-iii< a realitcr. IL Sj H-.-Î.S
operationem intelloctus , diceret tanien respectum non j)er formant vel materiam vel accidontia etc.
ad euin. Hac credidit gémis distingui a differen- contraliitur : E. relin<|uitur liaecceitas. -— Resp. : per
tia, et consequenter differentiam numericam a spe- nihil contrahitur, quia extra mentem nulla est
cie: quoniain enim universalia realia esse prae- III. Quae différant, per aliqua primo diversa clif-
supposuerat, vol contradicendi studio, vel quod ferunt K. Socrates et Plato per ultimam diffe-
Thoinae sententiam inexplieabilem putaret, No- rentiain, nonipe haecceitatem. — Kmsp. : quae <liffe-
niinalium incredibilem, necesse fuit, singularia ex runt, limito: nisi sint iiwa primo diversa, et se
umversali et aliquo superaddito oriri; ut autem ipsis différant, per aliqua etc. sic iicg. min.
est proportio inter genus et speciem, ita inter spe- §.21. IV. Species per differeutiam sp«tificain
cieni et individuum, quare uti illic diflVrcntia spéci contrahit genus. E. individnum }>er diifereiitiani
fiez est, ita hic individuificam esse concludebat numericam si)ecieni. — Ke;p. : neg. anteccdens extra
§. 18. Haiic, eludendae Aristotelis autoritati, mimtoin. V. Fonseca 1. c.: Individua sub aliqua
appollabat materiam totius. Nam, inquiebat, iKiim .1 univoca sunt E. quaedam primo diversa
est forma totius, v. g. humanitas, tanquam ab- includunt — Resp. : ut prius. — VI. item : per diffe-
stractum hominis, cui opponitur materia totius, rentiam individuum speciem exccdit E. est talis dif-
iieiui)e haecceitas, et forma partis, anima fort-ntia. Rosp. ut prius. VIL Bassolius: Natiira
ratioiialis, cui corpus, ut materia partis, op- si » •(•! lien habet j » T se unitatem minorem nuinerali,
poititur. Sed id nihil est; uam haecceitas, si est et al ia 1 1 1 ab ea realiter : E. — Resp. : neg. Anteced.
materia totius, deln't cum hiiinanitate concretnm De probatione infra. Argumcntum III. praecipoe
constituiTe hoininem. At illa constituit hune ho- torsit Suessanum, Dilucid. 1. 5., Zimaraui
nrinem, dcberct igitur alia vera materia totius dari, etMercenarium, apud quein vide l.c.c. 5. Nul-
quae homiiiein inuniversali constituent Taeeo quod lus tamen in hanc inentem resixindit, quia ah'is
illa ha-.'cceitas esset potius forma, contrahit enim fundamentis nitcbantur.
et distinguit; praeterea, si, ut volunt pleriquc ve- §.22. Argumenter contra Scotum : I. Si genus
tustiorum, v. Perer. 1. 6. c. 6., quidditas rei se- et differcntia tantum ratione distinguuntur, 11011 da-
runduin Aristotelem sola fonna continetur, ut ma tur differeutia individualis. Swl verum prius : EL —
teria sit soluin vehiculum, forma totius et par Major patet; nam ctiam si)ccies et differentia nu-
tis apud Aristotelem suut idem; v. M ère en 1. iiK'rica solum ratione distinguentur. Minor pro-
c. c. 5. et pcr Apologiam totam, ac Zab. batur : 1 . Quae ante operationem mentis differunt,
1. c. c. 8 et 10. separabilia sunt Sed genus et differentiae non
§. 19. Existentiam Scotus non admitit, quam- possunt separari. Quamvis enim sint loca i|nar-
vis eam formalitcr distinguât ab essentia; nam dam Scoti, quibus asserat, posse fortasse Deum
apud eum species, praecisa haecceitate, cxistit Dé facere, ut universalia sint extra singularia, et si-
fendit Scotum ex recentioribus Petrus Fon- niiliter genus extra speciem, tamen id ahsurdum
seca, quamvis a Murcia pro nostra scutentia probo, quia nulla daretur divisio adaequata: da-
citetur, v. Met. c. 6. q. 5. et Eustachius a St. retiir animal iu« rationale, née irrationale. Et
Paulo 1. c. Vice versa, quod mireris, sunt qui daretur motio noquc directa, nequc oblitiua. 2. Dif-
Suaresium ad Scotum trahant, quod asserat, fereutiae sujieriores praedicantur de inferioribus.
Disp. Met. 5., scct. 11. N. 16., individuum ad- v. g. hacc rationalitas est rationalitas. E. diffe
dere aliquid supra conimunem naturam, ratione rentia specifica iucludit in se differentiam gcneris.
L DE PREMCIPIO INDIVIDU!
E. a génère non differt. Nain gcnus ad differen- utrumque. Dcinde ratio illa intelligibilitatis esset
tiain suain additarn Iiabct dilTercntiani generis sui, vel ad conceptum divinum siveldeas, sed hic illa
«in. ir et ipsa includitur a sua. Et ita ad usque relatio non esset realis; non cnim cadit in DEUM
summum. Et quia aliquando sistcndum est, dixit accidens. E. Nihil su|>eressct distinctioni a parle
Aristoteles: Ens praedicari de differentiis. Vide rei: vel ad verbum mentis, ut vocaut, creatum.
quaedam apud Soucin. 1. 7. q. 36 et 37. Sed si oinnis intellectus creatus tolleretur, illa rela
§.23. IL Si non sunt universalia ante men tio periret, et tamen res individuarentur, E. tune
tis opcrationem, non datur compositio aute mentis se ipsis. Adde, quod relatio illa, si cssct rea
operationem ex uuiversali et individualité. Non lis, haberet suam haecceitatem, esset enim sin-
est cnim realis coinpositio, cujas non omnia mem- gularis, et sic in infinitum. Praeterea est ad eus
bra sint realia. Sed verum prius: E. — Min. in potentia, seu conceptum formalem, qui esse potest,
prob.: Omne quod ante mentis opcrationem rea et si dicas, illam relationem fonnaliter differre a
liter ab altéra ita diffèrt, ut neutrum sit pars termine, quaero similiter de relatione hujus rela-
altcrius vel ex toto, vel ex parte, potest ah al- tionis in infinitum. Nam et ipsa relatione ad in
tero scparari. Nain in adaequate differentibus neu- tellectum indigeret.
truin altero ad suum esse indiget. V.. potest se- §. 26. IV. Inexplicabile est, quo modo acci-
parari per potentiam Dei absolutam, et solum dentia individualia ab haecccitate oriantur ; ex no-
pars a toto, ita ut id permaneat, est simpliciter stra enim sententia facile explicari |x>test, quia
inseparabilis. Min. prosyll. probatur : daretur enim dantur dis]x>sitiones materiac ad formam, nullae
linea realiter neque recta, neque cun*a, quod absur- vero speciei ad haecceitatem. Vid. Herveum,
dissùnuni. v. Ruv. log. de universal q. 4. quodlib. 3. q. 9. contra Scotuin, apud Perer.
§.24. III, Si non datur distinctio forma lis, 1. c., et Scaliger Exerc. 307 ad Cardan.
mit liaecceitas. Sed verum prius: E. — Ante- N. 17. Âtque ita, Divina ope adjuti, sententias
quam probemus, de hac distinctione aliquu disse- générales absolvimus.
renda sunt Videri auteru possunt Stahl. Comp.
Metaph. c. 23. Soncin. 1. 7. q. 35. Posna- COROLLARIA !).
niensis 1. sent. d. 34. dubio 64. Tribuitur I. Materia habct de se actum eutitativum.
oommuniter Scoto, ut média inter realem et ra- IL Non omnino improbabile est, materiam et
tionis, onde ejus sectatores dicti Formalistae. quantitatem esse realitcr idem.
Hac putat distingui attributa inDivinis, et rela- UL Essentiae rerum sunt Q) sicuti numeri.
tioncs personales ab esscntia, quidditates reruin IV. Essentiae rerum non sunt aeternae nisi ut suut
inter se et a Deo in esse cognito, praedicata in Deo.
superiora ab inferioribus, gcnus a dinerentia, es- V. Possibilis est penetratio dimensionum.
sentiain ab cxistentia : cxplicat eam R h a d a , quod VI. Hominis solum una est anùna, quae vegetati-
sit inter duas realitates seu formalitates, in sub- vam et sensitivam virtualiter includat.
jecto identificatas, diversa* vero in ordine ad in- Vil. Epistolas, T>Taimo Plialaridi adscriptas, supjx)-
tellectum; differre a rationis distinctione, quod sitias crediderim. Nam Siculi Don-s erant,
haec requirat ante se operationem mentis in actu. hic genus dicendi Atticum. Adde quoil Atti-
Sed mire pcrplexi sunt et inconstantes, ubi liaec cisuius illo teuipore dunor, ut Thncydidis, sed
in .H tu exercito applicanda sunt Nam si liaec- hae sapiunt actatem Luciani. Ccrte ubi com-
ceitas a specie solum differt, quod apta est di bustionem IVrilli dépendit, declamatoreui se
stincte inovere intellectum , quam mâle ad prin- prodit autor.
cipiuin individui affcrtur, quod pracciso intellcctu T a n t u m.
quacri débet? Quare necesse est majus quiddam
sub eonun verbis latere. Sed id absurdiun est,
quodcumque sit, simulatque enim, praedso intel- 1 ) Haec corollariareperiuntur «llam in Kililione Ope-
fcctu, diffenmt, non sunt sibi identificata. riini omnium Leibnitli, qnam Ludovlcus Uutens
§.25. Posnauiensis illas formalitates inter- curavit Genev. 1768, VI. Vol. 4. Qulppe qui, cum
ip.sam disgertationem deperditam oplnaretur, corollaria
(iretatur: conceptus objectives, et rationes intel- vero invenlret in: I.udovici Ausfûhrlicher Entwurf
ligibiles, seu rem cum relatione ad conceptus in ciner voUsiandigen Historié ilrr l.rilmii /.isrlirn Plii-
mente formales. Sed id niliil est; nam conceptus losophie, Lpz. 1737, — sub lilulo ,,8eplem propOKitio-
num e disputalione metap uysica" ediiioni suae ea in -
potïus fonnalis fundatur in objective, si igitur SITU il Tnin. II. P. 1. p. 400.
etiam objectivus in fonnali, daretur circulas, ac 2 1 Mendosu Dutena 1. c. scribit: aeternae sicut
<lum utnunque, fundarctur neutruui, et evaneseret numeri.
II.
DISSERTATIO
DE ARTE COMBINATORIA,
CUM APPENDICE.

1666.

(Gottfredl Gulllelml I.ollinii y.li Mpslen.si* Ars combinaloria, In qiiii ex Arllhmelicae fundamenlis Com-
plirallonum et TraiispoHilianuni doclrina novi» praerepiM exylrultu.-, et U.SIIH ambarum per iiniviTsiiin ncieii-
liarum orhnm osleriditur, nova eliam arlis Meditandi svu l. «cirai- Invention).* xeinlna xpariiunlur. Praefixa
«si SynopHin tulius Traclalu» et addiiamenli loco Uemonutraiio ExUlenliae l)ci ad Malheniallcam ciTlitudi-
nem exacia. J.ips 1666. 4lo. — Lelbu. Opp. éd. Dutena Toiu. 11. P. 1. p. 341).

SYNOPSIS.
S«lcs iloctrinae istias Àritlunctica. Hnjus origo. sunt 5 1 2.juxia H o sj) i n i a n u m, utiles 88juxta nos.
Complexioiies autcm suiit Aritluucticac purac, si- Novi Modi figuntrnm ex 1 1 o s p i n i a n o : Barlwri, Cc-
tns figuratae. Definitiones novorum terminonim. laro, Cesaro, Caniestros ; et nostri figurae IVtac Ga-
Quid aliis debcauius. l'roblcuia I. dato numéro et lenicae: Fi-esismo, Ditabis, Celanto, Colanto. Stur-
cxponcnte complexioncs et in spccie couihinatio- mii modi novi ex terininis influitis, Daropti. Uu-
nes iiivenirc. Probleina U. dato numéro comple uionstratio conversionum. De complicationibus figu-
xioncs simpliciter iuveiiirc. Horum «sus 1) in raruni in Geometria, congruis, hiantibus, tcxturis.
divisionis invenicndis speciebus: v. g. maudati, Ars casus formandi in Jurisprudentia. Thcologia
Eleinentorum, Nunieri, Registroruni Organi Musici, autcm quasi spt-cies est Jurisprudentiac, de jure
i nui loi ii ni syllogismi cutcgorici, qui in luiivcrsuiu neiiipe publico in republica DEI super houiiucs:
II. DE ARTE COMBINATORLA.
2) iii inveniendis datarum spccierum gencribus geri (Virgilii Casualis). Bauhusii (Ovidii Ca-
subaltcrnis, de modo probandi suflieientiam datae sualîs). Kleppisii (praxis computandi Variationes
divisionis. 3) Usus in iuvenienclis propositionibus inutiles et utiles), Caroli a Goldstein, Rei-
et arguiuentis. De arte conibinatoria Lullii, meri. CL. Daunii 4, quvrum ultimi duo plus-
Athanasii Kircheri, uostra, de qua soquentia: qtiam Protei. Additamentum : Demonstratio Exi-
Duae sunt copulae in propositionibus : Rêvera, et stentiae DEI.
Non, seu -f- et — De fonnandis praedicamentis ar-
tis con2natoriae. Invenire: dato definito vel ter DEMONSTRATIO
mine, definitiones , vel tenninos aequijmllentes : EXISTENTIAE DEI.
Dato subjecto praedicata in propositione UA. item
PRAECOGNITA:
l'A. item N. Nuincruiu Classium, Numerum Ter-
niinoruni in Classibus : Dato capite complexiones : 1. I M'u lit ii > 1. De us est Substantia incorporca in-
dato praedicato subjecta in propositione U A, PA, finitae virtutis.
et N. Datis duobus terminis in propositione iieces- 2. Def. 2. Substantiain autem voco, quicquid
saria UA et UN argumenta sou modios termines movet aut movetur.
invenire. De Loris Topicis seu modo efficiendi et 3. Def. 3. Virtus infinita est Potentia
probandi propositions contingentes. Spécimen mi- prineipalis movcndi infini tum. Virtus
rabile praedicamentorum artis con2uatoriae ex Geo- mini idem est quod potentia principaliR, hinc
metria. Porisma de Scriptura nniversali cuiciuique dicimus causas secuudas operari in virtute
It'genti cujuscunque linguae jierito intelligibili. prinme.
Dni de Breissac spécimen artis con2natoriae seu 4 . Postulahim. Liceat quotcunque res si-
mwlitamli in re bellica, cujus bénéficie omnia con mul sumere, et tanquam unum to-
sidération* digna Imperatori in mentem reniant. tum supponere. Si quis praefractus hoc
De Usu rotarum concentricanim chartacearum in neget, ostendo. Conceptus partium est,
arte liac. Serae hac arte constructae sine clavi- ut sint entia plura, de quihns omnibus si
l>us aperiendae, Mahl-Schlosser, Mixturae colorum. quid intelligi potest, quoniam sem|K>r omnes
Probl. 1IL Dato numéro classium et renim in sin- nominare vel incommodum vel impossibile
gnlis, eomplexiones classium invenire. Divisionem est, excogitatur uni un nomen, quod in ra-
in divisionem ducere, de vulgari Conscientiae divi- tiocinationem pro omnibus partibus adhihitum
sione. Numéros sectarum de sumnio bono e Var- conipmdii sermonis causa, appellatur To-
rone apud Aagustinntn. Fjus examen. In dato tum. Cuniqne datis quotcunque rébus, etiam
pradu consanjniiriitatis numerus 1) cognationum inflnitis, intellifri possit, quod de omnibus ve-
juxta 1. 1 et 3.D. de Grad. etAff. 2) personarum rum est; quia omnes jjarticulatim enumerare
juxta 1. 10: D. eod. singwlari artificio inventais. infimto demum tempore possibile est, licebit
Pmblema IV. Dato numéro reruiu variationes or- u nui u nomen in rationes ponere loco omnium:
dinis invenire. Uti hospitum in mensa 6. Drexe- quotl ipsum erit Totum.
lio, 7. Harsdorffero, 12. Henischio. Versus 5. Axioma 1. Si quid movetur, datur aliud mo-
Protei, v. g. Bauhusii,Lausii, Ebelii, Ric- vens.
cioli, Harsdorfferi. Variationes literarum AI- 6. Ax. 2. Omnc corpus movcns movetur.
jihabeti, comparatarum atomis; Tesserae gramma- 7. Ax. 3. Motis omnibus ]wrtibus movetur toi uni.
ticae. Probl. V. Dato numéro rerum variationem 8. Ax. 4. Cujiiscunque eorporis infînitae sunt par
vifinitatis ïnvenire. Locus honoratissimus in ro- tes, seu ut vulgo loquuntur, Continuum est di-
tundo. Circulas Syllogisticus. Probl. VI. Dato visihile in infinitum.
numéro roruin variandamin, qnaruin aliqna vel ali- 9. Observatio. Aliquo<l corjius movetur.
quae repetuntur, variationem ordinis invenire. He-
^anietroruin Kpecies 76. Hexametri 26. quorum sc- "Ex^rtcriç.
f&ns antecedcntem litera exceclit P u b 1 i i P o r p h y- 1) Corpus amovetur per praecog. 9. 2) R da
r ii 0 pt a t i a n i : quis iIle. Diphtongi a e scriptura. tur aliud inovens per 5. 3) et vel incorporeum,
ProbL Vil. Reixrire dato capite variatioues. 4) quod infinitae virtutis est [per 3. 5) quia A ab
Probl. VIII. Variationes alteri dato capiti commu- eo mot mu tiabet infinitas partes per 8.] 6) et Sub
Ws. Probl. IX. Capita variationes communes ba- stantia per 2. 7) E. DECS per 1. q. e. d. 8) vel
Wntia. Probl. X. Capita variationum utilium et Corpus, 9) quod diramus B. 10) ici ipsutn et mo
riliiiin. Prolil. XI. Variationes inutiles. XII. vetur per 6. 11) et recurret quod de corjwre A
l'tiles. Optatiani Proteus versus. J. C. Scali- deinoiiRtravimus, atque ita vel nliquando dabi
H. DE ARTE COMBINATORIA.
tur incorporenm movons, 1 2) nempe ut in A osten- ' quia [oinnia corpora in induit uni rétro, jani com-
cliiuus ab tx,&. 1. ad 7. DECS q. e. d. 13) vel in prehciuliinus in C. per ix$. 14. nos autan requi-
oinne infinitum existent corpora continue se mo- riinns aliud a C. per sx,$. 17.] 19) iniùiitae vir-
ventia 14) ea omnia siinul, velut uni un totuin li- tutis | per 3. quia quod ab eo inovetur, neinpc C.
ceat apellare C. per 4. 15) Cunique hujus oinnes est inlinituiu per ÈX>. 13. y 14.] 20) Substantia
partes moveantur per tx$-. 13. 16) movebitur per 2. 21) Ergo UEO per 1. Du tur igitur Dous.
ipsum per 6. 17) ab alio per 5. 18) incorporée, Q. E. D.

P R O O E M I U M.
1 Mctaphysica, ni altissime ordiar, agit corporea applicari ]x>sse. Est enim numo-
tuin de ente, tum de entis affbctionibus : ut au- rus quasi figura quaodain incorporea, orta ex
tem corporis naturalis affectiones non sunt cor- unione entiui» quorumcunque , v. g. DEI, An-
2 pora, itii entis affectiones non sunt cntia. Est geli, Hominis, Motus, qui simul suut quatuor.
antem entis aifectio (seu modus), alla absoluta Cum igitur numcrus sit quiddani universallssi-
quae dicitur Q u a 1 i t a s, alia respectiva, eaque vel niuni, uierito ad Metaphysicam pertinet Si Me
reiad partent suain,si habet,Quantitas$ vel rei taphysicam accipias pro doctrina eoruin quae
ad aliam remRelatio, etsi accuratius loquendo, i ii 1 1 n i entium generi sunt communia. Mathcsis
supponendo partcin quasi a toto diversaiu, otiain enim, (ut nunc nomen illud accipitur) accurato
3 quantitas rei <id parteiu relatio est. Manifestum loquendo non est una disciplina, sed ex variis
igitur neque qualitatem, neque quantitatem, ne- disciplinis decerptae particulae quantitatem sub-
que relationem entia esse: Earuin vero tracta- jecti in unaquaque tractantes, quae in unuoi'
tionein in actu signato ad Metaphysicam perti- propter cognationem nierito coaluerunt Nani
4 nere. Porro oinnis relatio aut est Unio aut uti Arithmetica atque Analysis agimt de quan
Convcnientia. In unione autemres,interquas titate entium; ita Geometria de quantitate cor-
haec relatio est, dieuntur partes, suintai- cum poruin, aut spatii quod corporibus coextensum
unione, Tôt uni. Hoc contingit quotics plura est. l'olitieani vero disciplinarum in profes-sio-
siinul tanquain Unum suppoiu'mus. Unu ni au- nes (livisionem , qnae conunoditatem docendi
tem esse intelligitur quicquid uno actu intelle- potius, quam ordinem naturae secuta est. absit
ctus, s. siinul, cogitanius, v. g. queinadmodum ut convellamus. Caeterum totuin ipsum (et ita 8
numcrum aliqucm quantuinlibet magnum, saepe numerus vel totalitas) dLscerpi in partes tan-
Caeca quadam cogitatione siinul apprehcndi- quam minora tota potest, id fundaincntum est
mus, cyplirasnempe in charta legeiulo cui explicate Complexionum, dununodo intelligas dari in
intnendo ne Mathusalae quidem aetas suffe- ipsis diversis minoribus totis partes commuiu\s7
5 ctura si t. Àbstractum autcm ah uno est Uni tas, v.g. Totum sit A. B. C. erunt minora tota, ixirtes
ipsumque totuin abstraction ex unitatibus, seu illius, AB. BC. AC: Et ipsa ininimarum jwr-
totalitas dicitur Numer us. Quantitas igitur t iiin i, seu pro minimis suppositarum (neuipe uni-
est numeruspartium. HLnc inanifestuin in re ipsa tatum) dispositio, inter se et cum toto, quuc
quantitatein et nunieruiu coineidere. Hlam ta- appcllatur situs, potest variari. Ita oriuntur duo
men interduin quasi extrinsece, relatione seu ra- Variationum gênera, Complexionis et Si
tione ad aliud, in subsidium nenipe quamdiu tus. Et tumComplexio tuin situs ad Metaphy
C numéros partium eognitus non est, exponi. Et sicam pertinet, nempe ad doctrinain de toto et par-
haec origo est ingeniosae Analyticae speciosae, tibus, si in se spectentur: Si vero intueamur Va-
quam excoluit inprimis Cartesius, postea in ri ab i 1 i tate m , idest quantitatem variationis, ad
praeccpta collegere Franc. Schottenius, et nuinerosetArithmeticain deveniendum est. Com
Erasmins Bartholinus, liic elementis plexionis autein doctrinam magis ad Aritluneti-
Matheseos universalis, ut vocat. Est igi cam purain , situs ad figuratam ])ertinerc credi-
tur Anal y sis doctrina de rationibus et pro- dcrini, sic enim imitâtes lineam efficere intelli-
ix)rtionibus,seuquautitate non exposita; Arith- guntur. Quanquam lue obiter notare volo, uni-
metica de quantitate exposita seu numcris: tates vel per modum lineae. rectae vel circuli
falso autein scholastici credidere numeram aut altcrius linoae linearumve in se rcdeu.ntium
ex sola divisiono continui oriri, née ad in- aut figuram claudentiuiu disponi posse, priori
II. DE ARTE COMBINATORIA.
modo in situ ahsoluto sou p;n tinin eum toto, totnm dividendum est in |»rtes aeqiiales sn|>-
Ordine; posteriori in situ rolato sou piufiiiiii |)ositas ut ininimas, (id est quac nunc quidom
ad partes, Vicinitate, quae quoinodo différant non ulterius dividantur) ex quibus coni|M>nitur
infra dicoinus def. 4 et 5. Haec prooemii loco et quarum variationo variatur romplexio sou
sufficiant, ut qua in disciplina luateriae hujus totnm minus; quia igitur toturn ipsum minus,
si 'dos sit, fiât inauifcstuiu. majus minusve est, prout pluros partes una vice
injrredhmtur; niimeruin simul acsemcl conjun-
DEFINITIONES. gcndarum partium, son unitatnm. dicomus Ex
po nente m, exemple progreasionis geometri-
1. Variatio h. 1. est mntatio relationis. Mutatio cae, v. g. sit totum ABCD. Si tota minora con-
i-niiii alia sul)stantiao est. alia quantitatif, alia stare debcnt ex 2. partibus, v. g. AB. AC. AD.
qualitatis ; alia nihil in rc mutât, sed soluin re- BC. BD. CD. cxponons erit 2. sin ex tribus,
spectuin, situm, conjunctionem cum alio aliquo. v.g. ABC. ABD. ACD. BCD. exponens eritS.
2. Variab ilitas est ipsaqiiantitas omnium varia- 11. Dato exponente complexiones ita scribomiis:
tionutn. TYrmini enini potentiarum in abstraoto si expoiiens est 2. Com2nationem (com-
suinti quantitatcm caram donotant, ita onim in liinatioiii'in): si 3. ConSnationem (con-
Mcrlianicis fréquenter loquuntur, potentias ma- tcrnationem) ; si 4. Con4nationem, etc.
chinarutn duaruin duplas esse invicem. 12. Complexiones simpliciter sunt omnes
3. Si tus est localitas partium. complexiones onuiium exponentium computa-
4. Situs est vol absolutus vol rolatus: illc ]>artium tae, v. g. 15. (de 4. Numéro) quae cnmponun-
cum toto, hic partium ad partes. In illo spc- tur ex 4. (Uniono) G. (coin2natione) 4. (con-
rtatur numerus locorum et distantia ab initie Snatione) 1. (con4nationr).
et fine, in hoc ncqiie initium neque finis intel- 13. Variatio utilis (inutilis), est quae pro-
ligitur, sed spectatur tantuin distantia partis a pter inatcriam subjoctam locum liabere non
data parte. Hinc ille oxpriniitur linea aut li- potest; v. g. 4. Elementa coni2nari p<issunt G.
neis figuram non claudentibus nequo in se rcd- modis; sed duae eom2nationos sunt inutiles,
euntibus , et optime linea recta ; hic linoa aut iieinpe quilius contrariac Ignis, aqua, aor, terra
lineis figuram claudentihus, et optime eiroulo. com2naritur.
In illo prioritatis et posterioritatis ratio habe- 14. Classis rerum est totum minus, constans ex
tur tnaxima, in hoc nulla. lllum igitur optime rébus convenientibus in certo tertio, tanquam
Ordiuem dixeris; partibus; sic tanion ut. roliquao classes conti-
5. Hune viciiiitatom, illum dispositioncm, hune neant res rontradistinctas. v. g. infra probl. 3.
compositionom. Igitur ratione ordinis différant ubi de classibus opinionum circa summum bo-
situs sequentcs: abcd. bcda. cdab. dabc. num ex B. Augustino agenius.
At in Vicinitate nulla variatio, sed unus 6 15. Caput Variationisest positio certarum |iar-
situs esse intelligitur, hic nompe : a c tiurn-, Forma variationis, omnium, quae
UnclefestivissimiisT a u b m a n n u s, cum d in pluribns variationibus obtinet. v. infra
Decanus Facultatis pliilosophicae essot, dicitur probl. 7.
Wifebergae in publiée programmât^ seriem ean- 16. Variationes commune^ sunt in quibus
didatorum Magisterii circulari dispositione conr- plura capita concurrunt, v. infr. probl. 8 et 9.
plexos, ne avidi leetores intelligerent, quis suil- 17. Res homogenea est quae est aeque dato
hiin li>< mu teneret. loco ponibilis salvo capite. M on a et ira autem
6. Variabilitatem ordinis intelligemus fcre, quando quae non habet homogeneam. v. probl. 7.
ponemus Variationes XO.T È^O^V v. g. 18. Caput multiplicabile dicetur, cujus partes
Res TV. possunt transponi modis 24. possunt variari.
7. \ .irial. iiit.it. 'in complexiouis dicimus Coin- 19. Res repetita est quae in eadem variatione
plexîones. v. g. Res IV. modis diversis saepius ponitur. v. probl. 6.
15. invicem «onjnnpi possunt. 20. Signo -J- designamns additionem, •— subtractio-
8. \umerum rerum variandarum dicemns simpH- nem, n multiplicationem, u divisionem, f. fa-
citer, Numerum, v. g. IV. in casu propo- rit, seo smnmam, s aequalitatem. In priori-
sito. bns daobns et ultime eonvenimtts cnm Car-
9. Complexio, est unio minons totius inmajori, tesio, Algebraistis, aliiscjoc: Alia signa ha1-
uti in prooemio declaravimus. bet Isaacus Barrowius in sua editione
10. Ut autem certa complcxio determinetur, majus Euclidis, Gintabrig. 8vo, anno 1655.
2
10 11. DE ARTE COMBINATORIA.
•denti, productuin erout eomplexiones qnaesi-
PROBLEMATA. • tai':- v. g. esto nuinerus datas 4, exponens
Tria sunt quae spectari dctent: Probleinata, datus 3. adilantur de numéro antécédente 3.
Theoremata, usus: in sincjulis problomatLs asum com2nationos 3. et con3natio 1. (3. f 1. f. 4.)
; id.ji Tii n us; sicuhi operae pretiuni videbatur, et thoo- productuin 4. crit quaesitum. Sed cuin prae- 3
reiuata. Problematuin autcm quibusdaiu rationcin requirantur eomplexiones numeri antecedentis,
solutionLs addidimus. Ex iis partout posteriorem construenda est tabula I. in qua linea suprcma a
primi, secundum et quartuni aliis debemiu, rcliqua sinistra dextrorsum continet Numéros, a 0 us-
ipsi eruiiuus. Quis illa priinus detexerit ignoramus. que ad 12. utrimque inclusive, satis enim esse
Schwenterus IX'lic. 1. 1. Sect. 1. prop. 32. apud duximus hue usque progredi, quant facile est
Hieronymum Cardanum, Jolianueiu Bu- continuare : linea extrcina sinistra a .summo de-
teoncm et Nicolaum Tartaleaiu extare dicit. orsum contiuet Exponentes aO. ad 12. linea
In Carda ni tainen practica Aritfametica quac pro- intima a sinistra dextrorsum continet Comple-
diit Mcdiolitui anno 1539. nihil reperiinus. Inpri- xiones simpliciter. Reliquae inter bas H- 4
mis dilucide, quicquid diidum habetur, i)roposuit neae continent eomplexiones dato numéro qui
Christoph. Clavius in ('nui. supra Joh. de sibi in verticc directe respondet, et exponentc
Sacro Bosco Sphaer. edit Roinae forma lia anno qui e regionc sinistra. Ratio solutionis, et
1785 p. 33. seqq. fundamentuin tabulae patebit, si deinonstraveri-
nms, Complexioncs dati numeri et rx-
PROBL. I. ponentis oriri ex summa coraplexio-
DATO NUMERO ET EXPONENTE num de numeropraecedenti exponentis
COMPLEXIONES INVENIRE. et praecedentis et dati. Sit mini mimeras
datus 5, exponens dutus 3. Erit nuinerus an-
1 Solutionis duo sunt niodi, unus de omnibus tccedens 4. is liabet con3nationes 4, per Tabu-
coinplexionibus, alter de coni2nationibus soliun : lam I. coiu2nationcs 6. Jam nuinerus 5. habet
ille quidem est goncralior, hic voro pauciora rc- onmes con3natioues quas praeeedens (in toto
quirit data, nempe nuineruiu soluin et exponen- enim et pars continetur) nempe 4. et praeterea
tem; cuin ille etiam praesuppoiiat inventas com- tôt quoi praemlens lialict com2nationes, nova
2 plexioues antécédentes. Generaliorem modiun enim res qua numcrus 5. excedit 4. addita sin-
nos deteximus, specialis est vulgatus. Solutio gulis com2 nationibus hujus, facit totidem no-
il lins talis est: «addantur eomplexiones expo- vas con3nationes nempe 6. -j- 4. f. 10. E. Coin -
«nentis antecedentis et dati de numéro antece- plexiones dati numeri etc. Q. E. D.
TABULA L
0 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1

1 0 1 2 3 4 5 6 7 n 8 u 9 m 10 e 11 r 12 i
2 0 0 1 3 6 10 15 21 28 36 45 55 66
3 0 0 0 1 4 10 20 35 56 84 120 165 220
4 0 0 0 0 1 15 35 70 126 210 330 495 »
5
5 0 0 0 0 0 1 6 21 56 126 252 462 792 a
g
H 6 0 0 0 0 0 0 1 7 28 84 210 462 924 e
7 0 0 0 0 0 0 0 1 8, 36 120 330 792
P 8 0 0 0 0 0 0 001 9 45 165 495 0
9 0 0 0 0 0 0 000 1 10 55 220 a.
u 10 0 0 0 0 0 0 000 0 1 11 66 a
IL 0 0 0 0 0 0 000 0 0 1 12 9
12 0 0 0 0 0 0 000 0 0 0 1
* 0 1 3 7 15 31 63 127 255 511 1023 2047 4095

t 1 2 4 S 16 32 64 128 256 512 1024 2048 4096


Coniplexiones simpliciter * (seu summa Complexionum dato exponente) addita miitate, quac
coincidunt riim terminis progressionis geometricae duplae. -j-
II. DE ARTE COMBINATORIA. 11
5 Majoris lucis caosa apposniinus Tubulain II. Restât hujus problematis altéra pars quasi 7
nbi lineis transversis distiiiximus Con3iiationetn specialis: -dato Numéro (A) com2nationes (B)
de 3. et de 4. et de 5. Sic taincn ut conSna- • invenire. Solutio: ducatur numcrus in proximo
tiones prières sint sequenti communes, et per >minorcni, facti dimidinm erit quacsitum,
consequens tota tabula sit conSnationutii nu- »A°A« 1.,, « 2. a B. Esto v. g. Numéros
mcri 5. utque mauifestum esset quae conSuatio- .6, n 5. f. 30. tt 2. f. 15. « Ratio solutionis:
nes numeri sequentis ex com2nationibus ante- esto Tab. III. in qua eiiumerantur VI. rerum,
cedentis adclito siiigulis novo hospite orirentiir, TAB. IIL :i lu l'ct". com2nationes possi-
linea deorsum tendente combinationes a novo ab ac ad ae a f biles, prima autem rcs a ducta
hospite distiiixiiniis. . bcbd bebf per caeteras facit com2natio-
6 TAB. IL AdjkiemushicTheoremata . . cd ce cf nés V. nempe ipso numéro uni-
i ab 3 quornm TO on ex ipsa tabula
I. manifestum est, TO âiort
. d e d f tate minores ; secunda b |)er
. e f caeteras ducta tautum IV. non
1 a a b s ex tabulae fundauiento: 1. si enim in antecedentem a duci
1 3ac Jexponens est inajor iminero, potest, rediret enim prior com2natio ba vel ab
I
09
4bc complexio est 0. 2. Si aequa-
lis, ea est 1. 3. Si exponens
(haec enim in negotio comblnationis lùhil diffe-
runt) ergo solum in sequcntcs quae sunt IV;
1 5 a b 4 est numéro uiiitate minor, similiter tertia c in sequentes ducta facit III.
2 6 a c complexio et numéros sunt quarta d. facit H. quiuta e. cum ultirna f. facit I.
S 7 a4 idem. 4. Generaliter: expo- suut igitur con2nationes 5. 4. 3. 2. l. + f. là.
^-
i 8b c
9bd
§ nentcs duo in quos numcrus
g bisecari potest, sou qui sibi
ita patet numerum com2nationum componi ex
terminis progressionis arithmcticac, cujus difle-
10 c d •5? invicem complemento siuit ad rentia: 1., numcratis ab 1. ad numerum nu
5 immerum easdem de illo nu méro rerum proximutn, inclusive; sive ex om
méro habent complexiones. Nain cum in mini- nibus numeris numéro rerum minoribus situul
m is exponentibus 1. et 2. in quos bisecatur nu additis. Sexl quia uti vulgo docent arithmetici,
méros 3, id vcriuii sit quasi casu, per tab. I. taies numeri hoc coni))endio adduntur, ut maxi-
et vero cacteri ex eorum additionc oriantur per mus numerus ducatur in proxûne majorem, fa
solut. probl. 1. si aequalibus (3 et 3.) addas cti dimidius sit quaesitus; et vero proxiine ma
aequalia (snperius 1. et inferius 1.) producta jor h. 1. est ipse numerus rerum, igitur jxirinde
erunt aequalia (3+1. f. 4 = 4.) et idem cvc- est ac si dicas: Numerum renim ducendum in
niet in caeteris necessitate. 5. Si numcrus est proxime minorem, facti diuiidiuin fore quae-
impar, dantur in mrdio duae complexiones sibi situm.
proxiinae aeqnales ; sin par, id non evenit. Nain
numéros impar bisecari potest in duos exponen- PROBL. II.
tes proxiinos unitate distantes; v. g. l + 2.f. 3. DATO NUMERO COMPLEXIONES
par vero non potest. Sed proximi in quos bi SIMPLICITER INVEINIRE.
secari par potest sunt iidem, quia igitur in duos
exponentes impar mimeras bisecari potcst, liinc Datus numéros quaeratur inter exponentes pro- 8
duas ha I M • t complexioncs aequales per th. 4 . quia gressionis geomctricae duplac, numerus seu termi
illi unitate distant, proximas. 6. Complexiones nus progressionis ci e regione respondeus demta
crcscunt usque ad exponeiitem numéro ipsi di- Unitate erit quaesitum. Rationem, seu
miclium aut duos dimidio proxiinos, inde ite- TO ÔIÔTI ih'fficile est vel concipere, vel si conce-
rum decrescunt. 7. Omncs numeri primi me- pcris explicare. TÔ OTL ex tabula I. manifestum
tiuTitur suas complexiones partic'ulares (seu est. Semper enim com]>lexiones particulares si-
«lato exponente). 8. Omnes complexiones siin- mul additac addita uuitate teriniimm progres
pliciter, sunt numeri impares *). sionis geometricae duplae constituent, cujus ex
ponens sit numerus datus. Ratio iaiiicn, si quis
') Omnia hartenus tractata l.r-iliui ilu s jam
an le ipsam dlggertatlonem edlderat mih tilulo:
,,Uinpuialio artthmelica, de cnmplexionlbus, quant ,,Mart. 1666. H. L. 0- C." — Cui dispiilationi, ciim
..in Ulugtri Academia Mpsienxi inilultu amplia.simae pro loco obllnendo haberetur, pro Ullus tempori.s
..f^riiliaiis philogoplilcae pro loco in ça obtinenilo more académie», corollarla adneza innl ad .«Irigu-
..prima viee hahehit M. Gollfrcdus Guillelmus las phllosophiac parles spectanlla, quae in Appen
..l.i-ihnu/.nis l.ipsiriisis. J. V. Baccal. cl. 7. dice citabimu».
2*
12 II. DE ARTE COMBINATORIA.
curiosius invcstiget petenda erit ex discerptioue utilibus summo opns judirio est. Priinum igitnr
9 in practica Italk-a usitata, OOni SerfâUcil. Quac exempta dabimns S|x«ieniui hac ratione invc-
talis esse débet, ut datiis tenninos progressioiiis nicndarum: I. apud ICtos 1. 2. D. Mandati, et 12
geomctricac discerpatur una in plures partes, pr. J. de Mandato haec divisio pro))onitur:
quam saut imitâtes exponcntis sui, id est nu- Mandatum contrahitur 5. modis: mandantis
ineri rerum; qimiiim seinpcr aequalis sit prima gratia, mandantis et niandatarii, tertii, mandantis
ultimae, secunda pcnultimae, turtia antejxmulti- et tertii, mandatarii et tertii. Sufiicientiam dix i-
inae etc., doncc vel, si in parcin disccrptus est sionishujus sic vcnabimnr: Fundauientuinejusest
nuinerum partium expouente scu numéro rerum finis tu , seu persona cujus gratia contrahitur, ea
impari existente, in medio duae correspondeant est triplex: mandans, maiidatarius et tri tins.
partes ]>er probl. 1. th. 5. (v.g. 128. de 1. dis- Kcrumantem trium comploxionessunt 7 : Iniones
cerpantnr in partes S. juxta tabulant 1. 1.7.21. très: cuin solius 1. mandantis, 2. mandata
35. 35. 21. 7. 1.) vel si in imparcm exponentc rii, 3. tertii gratia contraliitur. Com2nationes
jKiri existante, in medio relinquatur urius nulli totidcm: 4. Mandantis et Mandatarii,
correspondens (v. g. 256. do 8. disceqwntur in 5. Mandantis et Tertii, 6. Mandata
partes 9. juxta Tab. I. 1. 8. 28. 56. 70. 56. rii et Tertii gratia. Con3natio una, neiiipu
28. 8. 1.) Putct igitur aliquis ex eo inanife- 7. et mandantis et mandatarii et ter
stuni esse novum modum, cumqiic absolutum, tii simul gratia. Hic ICti Inioncra illam,
solvcndi probl. 1. scu dato exponente inveniendi in qua contrahitur gratia mandatarii solum,
iiiinifriitn complcxionuin, si niinirum ope Alge- rejiciunt velut inutilcm, quia sit consiliuni
brac inveniatur discerptio complexionum sim- potius quam mandatum; rémanent igitur sjxi-
pliciter seu termini progr. geom. duplae jnxta cies 6. sed cur 5. reliquerint, oinissa conSna-
modum datuin. Veruin non sunt data sufficien- tione, nescio. II. Klementorum numerum, seu 1 3
tia, et idem numéros in alias atquc alias partes corporis siinplicis mutabilis species Aristote-
••ai loin tamcn forma discurpi potest les libr. 2. de Gen. cutn Ocello Lncanc Py-
thagorico deducit ex numéro qualitatnm prima-
USUSPaoBL. I. et II. rum, quas 4 esse suj>]X>nit, tanquam fundamento,
10 Cum omnia quae sunt aut roui tari possunt, his tau ion legibus, ut 1. quodlibet componatur
fcre compoitantur ex partibus aut realibus aut ex duahus qualitatibus et ne<iuc pluribus neqiM;
saltem conceptualibus, neccsse est quae spccie paucioribus, hinc manifestum est Iniones, con-
différant aut eo diffcrrc, quod alias partes lia- 3nationes et con4nationcm esse abjiciendas, so-
bcnt, et hic c o m p 1 e x i o n u m nsus, vel quod alio las coin2nationes retinendas, qnae sunt 6.; 2. ut
situ,hicDispositionuut; illicmatcriac, hic for- nunquam in 1111:1111 coin2nationom vcniaiit qua-
mac diversitate ccnscntur. Imo Complcxionuin litates contrariae, hinc itennn duae com2natio-
ope non soluiu species rerum, setl et attributa uos fmnt inutiles, quia inter primas lias qualita-
invcniiuitur. Ut ita tota propeuiodnm Logicae tes dautur dnae contrarietatcs, igitnr rémanent
pars inventiva illic circa tcrminos simpliccs, com2nationes 4, qui est nuuicrus elementoruni.
hic circa complexes fuiidetur in complcxionihus; Apposuimus Schéma, (vide paginant titulo tra- 1 4
uno vcrbo et dortrina di vision uni et doctrina ctatus proximam) quo origo lilementoruin ex
proposi tionuin. Ut taceamquantopcre pariera primis i|iialitaiiliiis luculenter dentonstnitur.
logices Analyticjun, sou judicii diligenti de mo- Porro uti ex his illa Ari.stot.clcs, ita ex illis
dis syllogisticis scrutatione exemple 6. illustrarc 4 tcmperamenta Galenus, horamqne varias
1 1 spiTcmns. Li divisionibus triplex usus est com- mixtionos medici posterions etieuere: quibus
plexionuin, 1. dato fundamento unius divisionis omnibus jam superiori seoulo sc^ opjwsuitClaud.
inveniendi species ejus; 2. datis pluribus divi Cainpcnsins animadvers. natiiral. in Arist.
sionibus de eodem génère, inveniendi species ex et G al en. abject, ad Com. e.j. in Aph. Hippocr.
diversis divisionibus mixtes, quod tamcn serva- éd. 8. Lugduni anno 1576. III. Numerns 15
bimus problemati 3.; 3. datis speciebus inve- coinmuniter ah Arithineticis distinguitur in Nu-
uieiuli gênera subalterna. Exempta per totam incrum stricte dictunt ut 3. Fractum, ut §,
philosopliinm diffusa sunt, imo ncc Jurisprudcn- 5 u n lu m ut Kad. 3. id est imnicrum qui in
tiac déesse ostendemus, apud Medicos vero om- se ductus efficit 3, qtialis in reruni natura non
nis varictas medicaincntorum compositorum et est, sctl analogia intelligitur ; et de nom i-
qiap^iaxojtotriTot^ ex varionuu ingrcdieiitium natum, quem alii vorant liguratuut, v. g.
iiiixtionc un lin: at in cligcndL; mixtiouibus quadratuiii, cubicum, pronicuui. Ex horum com-
II. DE ARTE COMBINATORIA. 13
mixtione effieit Hier. Cardanus Pract. Arith. vare ; de qua infra. VI. Venio ad exetnplum 1 7
c. 2. S])ecies tnixtus 11. Sunt igihir in univer- com])lexionum haud paulo implicatius: deter-
sutn roniploxioncs 15. nempe: Iiiiones 4. quas minationem numcri Modorum Syllogismi
dixiums, com2nationes 6. Numerus et Fra- Catégoriel. Qua in rc novas rationes .iiiiit
r t us, v. g. :_! „ aut 1 ,', , Numerus et Surdus Joh. Hospinianus Stcinauus l*rof. Organi
v. g. 7. nR. 3, Numerus et Denominatus Basileensis, vir contemplationum minime vulga-
v. g. 3 4-cub. de A. Fractus et Surdus i rium, libelle paucis noto, edito in 8. Basileae,
-f- R. 3, Fractus et Denominatus v. g. an. 1560. hoc titulo: Non esse tant uni 36.
•y ° cah. de A. Surdus et Denominatus, bonos malosque catégoriel syllogismi
v. g. cub. de 7. Con3nationes 4. Nutne- modog, ut Aristot cum interpretibus
rus et Fractus et Surdus, Numerus et docuisse vidctur; sed 512. quorum qui-
Fractus et Denominatus, Numerus et dein probentur 36. reliqui omnes rcji-
Surdus et Denominatus, Fractus et ciantnr. Incidi jwstea in controversias dia- 18
Surdus et Denominatus. Con4natio 1. lecticas ejusdem, éditas ]>ost obitum autoris Ba
Numerus et Fractns et Surdus et Deno sileae 8. anno 1576. Vbi quae in ErotcmatLs
minatus. Loeo vocis: Numerus, commodius dialecticis libelloque de lundis singularia sta-
substimetur vox: Integer. Jam 4. 6. 4 -f- 1. tuerat, velut quadam apologia, ex 23. proble-
16 f- 15. IV. Registrum dicitur in Organis Pneu- matibus constante, tuetur, promittit ibi et libel-
maticis ansula quaedam cujus apertura variatur liiin de inveniendi judicandique facultatibus, et
«unis non quidctn in se melodiae aut elevatio- lectiones suas in universnm organon cum latina
iiis intuitu, sed ratione canalis ut modo treme- versione, quas ineditas arbitrer fortass<; ab au-
bundus modo sibilans, etc. efficiatar. Talia tore conce])tas potins, quam perfectas. Etsi
recentiorum industria détecta sunt ultra 30. autem variationem ordinis adhiberi necesso est,
Sunto igitur in organo aliquo ta ni uni 12. sim- quae. spectat ad probl. 4. quiatatnen potissimae
plicia, ajo fore in universum quasi 4095., partes complexionibus detentur, hue refcremus.
tôt enim sunt 12. rcrum complexiones simpli- Cum libri hujus de modis titulns primum se ob-
citer pcr tab. I., grandis organistis, dum modo tulit, antequam introspeximus, ex nostris tra-
plura, modo panciora, modo haec, modo ditis ralci i lui n sulxliixiinus hoc modo: Modus
ilhi simul, aperit, variandi materia. V. Th. est dispositio seu forma syllogismi ratione quan-
Hobbes élément, de Coqwre p. I. c. 5. lies titatis et qualitaiis simul : Quantitate autem pro-
qiiarum dantur termini in propositioncm ingre- jiositio est vel imiversalis vel particularis vel
ilicntrs, seu suo stylo, Nominata, quorum dari- indennita vel singularis; nos brevitatis causa
tur nomina, dividit in Corpora (id est sub- utemur literis initialibus : U. P. J. S. Qualitatc
stantias, i|«i enim «11111 is sulistantia corpus) vel affirmativa vel uegativa, A. N. Siuit autem
Accidentia, Phantasmata et Nomina. in syllogismo très ])ropositiones, igitur ratione
Et sic nomina esse vel Corpornm, v. g. houio, quantitatis, syllogismus vel est aequalis, vel in-
vel Àccidentium, v. g. omnia abstracta, ra- aequalis. Ae(|ualis, seu habeas pro]x>sitioncs
tionulita<!, motus; vel Phantasmatuni, quo ejusdem (Hiantitatis 4. modis: 1. Syllogismus
rofert spiitium, tempus, omnes qualitates scnsi- talis est: U, U, U. 2. P, P, P. 3. J, J, J. 4.
bilcs etc. vel nominum, quo refort socundas S, S, S. ex quibus sunt utiles: 2. Imus et
intcntioncs. Haec cum inter se scxios eom2nen- 4 tus Inaequalis vel ex parte vel in totnm; Ex 19
tnr, totidem oriuntur gênera propositiontim, et parte, quando duae quaecnnque propositiones
additis iis uhi termini hoinogenci com2nantur sunt ejusdem quantitatis, tertia diversae. Et in
(corpnsque attrihuitureoqiori, accidens accident), tali casu duo gênera quantitatis sunt in eodeni
]-lnnta-iii;i phantasmati, notio secuuda ontioni syllogismo, etsi uninn bis re]H>titur: id toties
socumlao), nempe 4, exsurgunt 10. Ex iis so diversimode contingit, quoties ros 4. id est g«s-
lo» termines homogencos utiliter combinari ar- nera haec qnantitatum: U. P. J. S. diversimode
bitratnr Hobbes. Quod, si ita est, uti certe snnt com2nabilia ncmix? 6. modis, et in singu-
et communis philosopliia profitetur, abstractum lis 2. sunt casus, quia jam hoc bis rejxîtitur,
et concretum, accidens et sulisiantimii, notio- jam illud, altero simplici existentc. Ergo 6. n
nom primam et secundam main iiivirein prac- 2. f. 12. Atqtie ita nirsus in singulis, ratione
dicari, erit hoc utile ad artcin inventivam pro- ordinis, sunt variationes 3. nain v. g. hoc U,
positionum, seii electionem com2nationnm uti- U, P. vel ponitur uti jam; vel sic: P, U, U.
liura ex innumerabili rerum farragine, obscr- velsic:U,P, U. Ergo 12. « 3.f.36. Ex quibus
14 II. DE ARTE COMBINATORIA.
utiles 18: 2. U (S.) U (S.) S (U) 2. U (S.) S complicationc U. P. J. omisso S. et conclusione
(U) U (S.) 2. S (U) U (S) U (S) 4. U (S) U ex quibus utiles sunt 8. UA, 1) A. in Barbara
(S) P vcl L 4. U J (P) J (P) vel loco U, S. 4. vel Darapti, UA, P A. in Darii et Datai, PA,
20 J (P,) U, J. (P.) et S loco U. In totum in- UA. in Disamis, UA, UN. in Camestres; UN,
aeqnalis quanclo ni il lu cutn altéra est ejus- UA. in Celarent, Cesarc, Felapton; UA, JN.
dem magnitudiuis, et ita quenilibet Syllogismnm in Baroco, UN, JA. in Ferio, Festino, Ferison.
ingrediuntur gênera 3, totiesalia quoties 4. res JN. UA. Bocardo. Quibug addit cap. 4. Sin-
possunt con3nari, nempe 4. moclis. Tria autrui gulares similes aequales SA, SA. SN, SN. 2.
ratione ordinis variantur 6. modis, v. g. inaequales 3inm generum singnlis inversis, et
U, P, J; U, J, P; P, U, J; P, J, U; J, U, P; quibuslibet vel A vel Neg. 3 n 2 ft 2 f. 12.-J-2.
J, P, U. Ergo 4. « 6. f. 24. Ex quibus utiles f. 14. Ex quibus Hospinianus solum ad-
12: 2. U, P (J,) J (p) 2- J (p>) U, P, (J)5 mittit, UA, PA. et ponit in Darii. Quia sin-
totidem si pro U ponas S. 4. f 4. f. 8. 2. U gulares ait particnlaribus aequi]K>llere cum com-
(S) S (U) P. totidem si pro P ponas J. 2. f 2. muni logicorum sclioLi, quod tamcn mox fal-
f. 4. Addamus jam: 4 f 36. f 24. f. 64. sum esse ostendemus. c. 5. addit singulares dis
Hae sunt variationes qnantitatis solius. Ex qui similes totidem, nempc 14. ex quibus Hosp.
bus sunt utiles: 2 f 18. f 12. f. 32. Caetcri solum admittit SN, UA. in Bocardo; item
cadunt per reg. 1. ex puris particularibus nihil UN, SA. in Ferio. c. 6. addita conclusione
sequitur, 2. conclnsio nnllam ex praemissis quasi denuo incipiens enumerat modos similes
quantitate vincit; etsi fortasse intcrdum ab aequales 4 n 2. f. 8. ex quibus utiles solum
2 1 utraque vincatur, uti in Barbari. Porro cum UA, UA, UA. in Barbara, juxta Hospin.
qualitatis duae solum sint diversitates A et N. similes inaequales, snnt vel ex toto inaequales,
propositiones vero 3. Hinc repetitione opus est, de quibus in Ira: vel ex parte, de quibus nunc,
et vel n KM h 11 est si mil is, id est ejusdem qua ubi duae propositiones sunt ejusdem quautita-
litatis, vel dissimilis: hujus nulla ulterius est tis, tcrtia quaecunqiie diversae; et tune modo
variatio, quia ntinquam ex toto, sed sein|jer ex duae sunt universales una indefinita, quo casù
parte est dissimilis, nuiiqnam eniui omnes pro sunt modi 6. (nain una vel initio vel medio
positiones sunt dissimiles quia solum 2. sunt vel fine pouitur 3; semperque aut omnes sunt
diversitates. Similis species sunt. 2. A, A, A. A, aut N. 3 n 2. fae. 6.) vel contra etiam 6.
N, N, N. dissimilis 2: A, A, N. vel N, N, A. per cap. 7. fac. 12. Ex solis prioribus G. utilis
dissimilis singulac variautur ratione ordinis 3. est UA, JA, JA. in Darii et Datisi. item
modis, v. g. A, A, N. N, A, A. A, N, A. •I A, UA, JA. in Disamis, item l'A. UA,
Ergo 2 ° 3. f. 6. f 2. f. 8. toties variatur J A. in Darapti, et, ut Hospinianus non
qmilitas. Ex quibus utiles variationes sunt 3. inepte in Barbari. Certe cum ex propositione
AAA. NAN. ANN. per reg. 1. ex puris negati- UA sequantur dnae P. A. una conversa, hinc
vis nihil sequitur. 2. Conclusio sequitur parlera oritur modus indirectus Baralip; alterna subal
in qualitate dcteriorcin. Sed quia modus est terna 1 v. g. Omnc animal est sul>stantia. Om-
variatio qualitatis et quantitatis simul, et ita nis homo est animal. E. Quidam homo est sub-
singulae variationes quantitatls recipiunt singu- stantia. liinc oritur iste: Barhari. Totidem,
las qualitatis; hinc64. " 8. f. 512. Niunenim nempe 12., sunt modi [ter ca]>ut 8. si du:ie U.
22 omnium modorum utilium et imitiliura. Ex et nna P. jnnguntiir , vel contra, et iidem
quibus utiles sic repereris : duc variationes uti sunt modi utiles qui in proxima mixtionc,
les quantitatis in qualitatis, 32. n 3. f. 96. de si pro J substituas P. Totidem, nempe 12. sunt
producto subtrahe omnes modos qui continen- modi per c. 8. si jnngiintur duae U., et una S.
tur in frisesmo, id est qui ratione qualitatis qui- per c. 9. et quia Hospin. habet S. pro P. pu-
dem sunt ANN , ratione quantitatis vero major tat solum modum utilcm esse in Darii UA,
prop. est J vel P, minor autem U vel S, et S A, SA. v. infra. 1t. 12. JJP vel PPJ. om
conclusio J vel P. quales sunt 8. Frisesmo enim nes inutiles per c. 10. Item 12. JJS. vel SSJ.
etsi modus est, per se qnodammodo suhsistens, omnos, ut il le putatur inutiles per c. 11. Item
tamen est in nulla figura, v. infra. jam 96 « 8. 12. P PS. vel S S P. omnes ut ille pntatur inuti
f. 88., Numcrum utilium modonim: Hospi- les per c. 12. Jam 6. « 12. f.72. i 8. fac, 80,
niano, cui nostra methodns ignota, aliter, sed Niimerum modorum similium additis variatio-
per ambages procedendum orat Primuin igitnr ni 1ms concliisionis. Dissimiles modi sunt vcl aequa
c. 2. 3. Aristotelicos modos 36. invcstigat ex les vel inaequales. Aequales sunt ex meris vel
II. DE ARTE COMHINATORIA. 15
U vel P vel J vcl S. 4 gênera quae singula va- riant ordinem 6 mod. Qualitas antem variator 24
riantur ratione qualitates sic. NN A. ANN etc. 6. mod. E. G ° 6 f. 36. per c. 21. Modi uti
6 niodis uti supra diximus n. 20. jain 6 ° 4 les sunt: UA , J (PS.) N, P (./.S.) N. in
f. 24. v. cap. 13. utilis est: UA, UN, UN. Baroco; UN, J (P. S.) A, P (J.S.) N,
23 in Camestrcs. Dissi miles Luacqualcs sunt, vel ex in Ferio, Festino et Ferison. J ( P. S.) N,
toto inaequales, ut nulla projx>sitio alteri sit UA, P (J.S.)N. in Bocardo. UJS. et UPS.
aequalis de quibus iufra, vel ex parte, ut 36 ° 2. f. 72. per c. 22. Modos utiles signa
duac sunt aequales, ima iuaequalis, de quibus vimus proxime per S. et P. et J. in ( ). JPS.
nunc. Et redeunt omnes variationes quantita- habet modos 36. per c. 23. omnes inutiles juxta
tis, de quibus in siniilibus ex c. 7. 8. 9. 10. hypothesin Hosp. Addemus jam omnes modos
11. 12. in singulis de binis contrariis diximus. a cap. 6. incl. ad c. 23. computatos (nain an-
moili autem hic fiunt plures quam illic. ob va- teriores in his rediere) f 80. 24. 36. 36. 36.
riationem qualitatis accedentem. Erat igitur 36. 72. 12. 24. 12. 36. 72. 36. seu 80 f 12
in c. 7. UUJ vel contra JJU. Ordo quantita- c- 36, f. 512. In his Hospiniani specula-
tis variatur 3. moi lis, quia v. g. J modo initio, tionibus quaedam laudamus, quaedam desidera-
modo uni lin, modo fine ponitur. Qualitatis t uni mus. Laudamus inventionem novorum modo-
complexus variatur 2. modis NNA vel A AN. rum: Barbari, Cainestros, Celaro, Cesaro; lau-
tmu ordo 3. modis, uti supra dictum, ponendo iliuniis quod recte observait, modos qui vulgo
A, vel N, iuitio aut incdio aut fine, Ergo 3 n nomen invenere, v. g. Darii etc. habere se ad
2. ° 3. f. 18. de UUJ. et contra etiam 18. de modos a se enumeratos velut genus ad speciem,
J. J. U. f. 36. per c, 14. in prioribus 18. utiles sub Darii eniui In novem continentur ex ejus
sunt niodi: UA, UN, JN; vel loco JN. PN. hypothesi: UA,JA, JA. UA, S A, S A.
aut SN. et sunt in modo Caïuestros, uti su UA,PA,PA. UA,JA,SA. UA,SA,
pra Barbari. UN, UA, J (P. S.) N similiter in JA. UA, JA, PA. UA, PA, JA. UA,
modo Celaro et Cesaro et Felapton. UA, J SA,PA. UA,PA,SA. Sednonaeque
(P. S.) N, J (P. S.) N. in Baroco UN, J probare possumus, quod singulares aequavit
(P. S.) A, J. (P. S.) N. in Ferio Festino et Fe- particularibus, quae rcs omnes ejus rationes
risoii qui nltimus tamen in S locum non habet. conturbavit, effecitque ei modos utiles justo
J (P. S.) N, UA, J (P. S.) N. in Bocardo. pauciores, ut rnox a]>parebit. llinr ipse in con-
Similiter UUP. vel PPU. 36. modos habent trovcrsiis dialect. c. 22. p. 430. errasse se fa-
Utiles designavimus proxime per P. in ( ). Si tetur, et admittit modos utiles 38. nempe 2.
militer UUS. vel SSU faciunt simul modos 36. praeter priores 36. 1. in Darapti cum ex nu-ris
[HT c. 15. Modos utiles proxime signavimus UA concluditur SA, quoniara Christ us ita con-
per S. JJP, vel PP J faciunt similiter 36. per cluserit Luc. XXIII. v. 37. 38. 2. In Felapton
c. 16. mm li omnes sunt inutiles. JJS. et S S J. cum ex UN et U A eoncluditnr, SN, quia ita
et PPS. et SSP. faciunt modos 2 « 36. a 72. concluserit Paulus Rom. IX. v. 13. Nos etsi
per c. 17. qui omnes sunt inutiles. Hue usque scimus ita vulgo sentiri, arbitramur tamen alia
"listiilimns inaequales ex toto, ubi imlla propo- omnia veriora. Namhaec: S ocra tes est So-
>it ii> in eodem syllogismo est ejusdem quantita- phronisci filins, si resolvatur fere juxta mo-
tis, sunt autem wl similes, vel dissimiles; inae dum Joli. Rauen, ita habebit: Quicunque est
quales ex toto similes sunt: UJP. quae forma Socrates, est Sophrouisci tilius. Neque
hahet modos 12, nain 3. res variant ordinem 6. mâle dicitur: omnis Socrates est Sophro-
ni. »l . qualitas autem variatur 2. mod. E. 6 ° 2. nisci filius; etsi unicus sit. (Neque enim de
f. 1 2. per c. 18. ubi sunt utiles: UA, J(P.S.) uomine scd de illo homine loquiniur) pcrinde
A, P (J. S.) A, UA, P (J. S.) A, J ac si dicam: Titio omnes vestes quas habeo,
( l*. S.) A. in Darii et Datisi. J (P. S.) A, do lego, quis dubitet etsi uuicam liabcam ei de-
UA,P(J. S.) A, P (J. S.) A, U.A, J beri? Ituo secundum JCtos universitas quando-
(.P. S.) A. in Disamis, nisi quod S. non in- que in uno subsistit. I. municipium 7. D. qund
greditur Minorera in Figura Tertia, UPS, et cujnsque univers. nom.Magnif.Carpzov. p. 1 1.
UJS quae habent modos 24. per c. 10. Utiles c. VI. def. 17. Vox enim: omuis, non infert
signavimus proxime per S. JPS. quae habet multitudinem , scd singtilorum comprehensio-
modos 12. per c. 20. omnes autem sunt inuti nem. Imo supposito quod Socrates non ha-
les juxta Ho s p. Dissimiles omnino inaequales buerit fratrem, etiam ita recte loquor: Omnis
sunt eodem modo uti similes: UJP quae va Sophronisci filius est Socrates. Quid de
16 II. DE ARTE COMBINATORIA.
hac propositione dieemns : Hic liomo est doctus ? MSW, M/u. II. fiVK, M9M, M^. III.
Ex qua recto conclwlemus: Pet ru s est hic S>tM,M<u. IV. <u8W, SHM, M/u- IVtac figu
homo, l'.. Pet ru s est doctus. Vox autein: Hic, rae hostibus uiium hoc intérim oppono : Qunrta
est si gn uni singulare, generalitcr igitur pro- figura, aeque bona est ac ipsa prima; imo si
jiunciare audcmus: on mis propositio siugularis modo, non praedicatioiiis, ut vulgo soient, sed
ratione modi in syllogisme liabcmla est pro subjoctionis, ut Aristo télés, eam enuncie-
uiiiversali. Uti omnis indefiuita pro i>articulari. mus, ex IV. fiet I. et contra. Nain Arist. ita
I linr etsi inodos utiles solum 36. numcrat, sunt solet liane v. g. propositionem : omne a est (3.
tamen 88. de quo su])ra, omissa iiihiloiuinus enunciare: |3 inest onini a. IVtae igitur figurae
variatione, quae oritur ex figiiris. Nain mo<li elesignatio orietur talis. Wi inest TU? ,u, M.
divcrsarum figurarum correspondentes, id inest TCÙ Slî, E. M est fi. Vel ut conclusio
est quantitate et qualitate convenientes , sunt etiam sic enuncictur, trausjx)nendae praemissae,
unus siniplex v. g. Darii et Datisi. Si m pli ces et conclusio crit: Ergo JLI inest T<Ù M. Idem in
a. modos voce, non cornputata figurarum varie- aliis fieri figuris potest, quod reduœndi artifi-
tate, Figurâtes contra, talcs sunt modi figu cium nemo observait hactenus. Caeterum se- 26
rarum quos vulgo recensent. Age igitur, ne cunda oritur ex prima, transposita propositione
quid ii KI iu 'ii m sit, et ad hoc desccndamus dum majore; 3tia, trans]x>sita minore, 4ta, trans|K>-
sen'et iiupci us. Ad figuram roquiruntur termini sita couclusione, sed hic alius cfficitur syllogis-
très: Major, qucm signabimus graece: ^u; mi- iniis. quia alia conclusio. Unde modi liujus 4tae
nor quein latine: M; médius quein germanice: sunt designandi inodis indirectis ]>rimae figurae
8W. et singuli bis. Ex his ("unit com2nationes ut vulgo vocant, dummodo praeponas majorem
3. quac hic dicuntur propositiones, quarum nl- pro]K)sitionem minori, non contra, ut vulgo
tima conclusio est, priorcs j)raemissae. Regulae contra tuorem omnium figuraiiun liane unicam
coiu2nandi générales cuique figurae sunt : 1 . nun- ob causam, ut vitaretur quarta G al en i, factum
quam com2ncntur duo termini iidem, nulla est, v. g. sit Sylsogismus in Baralip. Ornne ani
enim propositio est: MM seu minor nûnor. mal est substantia, omnis homo est animal, E.
2. M et 9W solum com2nentur in conclusione, quaodam substantia est homo. Orte substantia
ita ut semper praeponatur M. hoc modo : M Wi. est minor terminus, igitur praemissa in qua po-
3. in praemissaruui luia com2nentur S'f- et nitur, est minor, et ]ier consequeiis, jiropositio
M. in secunda M. et JLL. Neque enim pro varia hacc : O animal est substantia, non est ponenda
tione figurae liabeo, quando aliqui pracmissas primo secundo loco; tum prodibit ipsissima
transponuut, et loco hiijiis : B. est C. A est B. IVta figura. Propter hanc transpositioncm pro-
Ergo A est C, ponunt sic: A est B. B est C. positionum, qnos vulgo Syllogismes in Celantes
Ergo A est C. uti collocant P. Ramus, P. Gas- }wnunt, sunt in Fapesmo, loco Frisesmo di-27
sendus, nescio quis J. C. E. libello peculiari cendum Fresismo, loco Dabitis Ditabis;
edito, et jam olim Alcinous lib. 1. Doct. Baralip. inanct. Hi sunt modi figurae IVtae
Plat Qui semper Majorai» prop. postponunt, quibus addo Celanto etColanto, Erunt si-
Minorem Prop. praeponunt. Sed id non variât mul 6. Modi. Imae sunt 6: Barbara, Cela-
figuram, alioqui tôt essent figurae quot varia- rent, Darii, Ferio; Barbari, Celaro.
tiones uuinerant rhetorcs, dum in vita communi Modi Hdae 6: Cesare, Camestres, Fe-
conclusionem nunc initio, nunc inedio, nnnc stino, Baroco; Cesaro, Camestros. Modi
25 fine quam ol>servant. Manifestum igitur figura IHtiac etiam 6: Darapti, Felapton, Disa-
rum varietatem oriri ex ordine medii in prac- mis. Datisi, Bocardo, Ferison. Ita
missis, dum modo in majore praeponitur, in ignota hacteuus figurarum harmonia detogitur,
minore post|xniitur, quae est Aristotelica I. singulae enim médis sunt aequales. 1. Imac au-
modo in majore et minore postponitur, quae tcm et 2dae figurae semper Major propositio
est Arist. II. modo utrobique praeponitur, quae est U. 2. Imae et llltiae semper minor A. 3.
est III. modo in Majore postponitur in Minore in llda semper eonclusio N. 4. in Illtia conclu-
praeponitur quae est. IV. Gai en i (frustra ab sio semper est P. in IVta conclusio nunquam
Hospiniano contr. Dial. Probl. 19. tributa est UA. Major nunquam PN. Et si minor N.
Scoto, cum cjus memincrit Aben Rois) U. A. Propter lias régulas fit. ut non quili-
qnam approbat Th. Hobbes, Elein. de Corp. bct 88. modorum utilium in qualibct figura lia-
P. Le. 4. art. 11. Designabuntur sic: I. beat locnm. Alioqui essentModi utiles: 4 ° 96.
II. DE ARTE COMBINATORIA. J7
f. 384. Modi autem figurati in universuui uti- in qua figura siut utiles praesens schéma do-
ks et inutiles 512 ° 4. f. 2048. Qui autem cebit:
8 UA, UA, UA. SA, SA, SA. UA, UA , SA. UA, SA, UA. SA, UA, UA.
8 UN, UA, UN. SN, SA, SN. UN, UA , SN. UN, SA, UN. SN, UA, UN.
8 UA, UN, UN. SA, SN, SN. UA, UN , SN. UA, SN, UN. SA, UN, UN.
8 UA, UA, PA. UA, UA, JA. SA, SA , PA. SA, SA, JA. UA, SA, LA.
8 UN, UA, PN. UN, UA, IN. SN, SA , PN. SN, SA, JN. UN, SA, IN.
8 UA, UN, PN. UA, UO, IN. SA, SN, PN. SA, SN, IN. UA, SN, IN.
8 UA, IA, IA. UA, PA, PA. UA, PA, IA. UA, IA, PA. SA, IA, IA. •
8 UN, IA, IN. UN, PA, PN. UN, PA , IX. UN, IA, PN. SN, IA, IN.
8 UA, IN, IN. UA, PN, PN. UA, PN, IN. UA, IN, PN. SA, IN, IN.
8 IA, UA, IA PA, UA, PA. IA, UA, PA. PA, UA, LA. IA, SA, IA.
8 IN, UA, IN. PN, UA, PN. IN, UA, PN. PN, UA, IN. IN, SA, IN.
Restât
8 IA, UN, IN PA, UN, PN. IA, UN, PN. PA, UN, IN. IA, SN, IN.
0 4 3 2 1
SA,SA,UÂ. SA,UA,SA. UA,SA,SA. !.. , — — — Barbara.
SN,SA,UN. SN,UA,SN. UN,SA,SN. 2.. — — Cesare. Celarent.
SA,SN,UN. SA, UN, SN. UA,SN,SN. 3.. — — Camestres. —
UA,SA,PA. SA,UA,IA. SA,UA,PA. 4.. . Baralip. Darapti. — Barbari.
UN,SA,PN. SN,UA,IN. SN,UA,PN. 5.. . Cclanto. Felapt. Cesaro. Celaro.
UA,SN,PN. SA, UN, IN. SA,UN,PN. 6.. . Fapesmo. — Camestros. —
* <^SA, PA,PA. SA,PA, 1A. SA,IA, PA. 7.. — Datisi. — Darii.
SN,PA,PN. SN,PA, IN. SN, IA,PN. 8.. . Fresismo.Fcrison.Festino. Ferio.
SA,PN,PN. SA,PN, IN. SA, 1N,PN. 9.. — — Baroeo. —
PA,SA,PA. 1A, SA,PA. PA,SA, IA. 10.. . Ditabis. Disamis. — —
PN,SA,PN. 1N,SA,PN. PN, SA, IN. 11.. . Colanto. Bocardo. — —
Restât
PA, SN,PN. IA,SN, PN. PA,SN,IN.12.. .Frisesmo. — — —
In quo desoripti sont omnes modi utiles, ex sumus sumtis vocalibus, nti vnlso, ut A sit
quilxis octo semper coustituunt inodum fi- UA, (vel SA), E sit UN (vel SN), I sit P
guratum gencralem, taies antein voco il- (rel I) A, O sit P (I) N. (ita omittendae
los vulgo ;i|i|ii'!l;iins. in quibus U et S, item sunt 4 praeterea vocales U pro IA; Y pro
.Têt P. habentur pro iisclem: Ipsae lineae mo- IN; OY, seu ou pro SA; ui, proSN; qiias
dorum constant ex quatuor trigis, in qualibet ad declarandum Hospinianum ]x>suit Joli.
lineae quantitatc conveniunt, différant pro tri Regius, quem vid. Disp. Log. lib. 4. probl.
bus illis utilibus qualitatis differeiitiLs. Ipsae 5.), et ita modus lineae 1. est AAA, 2. KAE.
autcin trigae inter se diiFerunt quantitate, po- 3. AEE. 4.AAJ. 5. EAO. 6. AEO. 7. AIL
sitae eo ordine quo supra variationes ejus in- 8. EIO. 9.AOO. 10.IAI. ll.OAO. 12.1EO.
veiiimus, in quaruni quatuor reducuntur om- abjectis nemj>e consonantibus ex vocibus vul-
nes supra inventae, quia lue U et S. item J garibus, in quibus Scholastici per eonsonas figu-
et P. redueuntur ad eandem. Cuilibet lineao rani, per vocales modos simplices, designa-
ad inarginem posuimus modus figurâtes géné runt. Ultimus vero modus: IEO, quem dixi-
rales , in quos quilibet ejus inodos simplex imis Frisesmo, et collocavimus in figura nulla,
specialis cadit. In summo sigiiavimus nume- propterca est inutilis. quia major est P (hinc
28 ris figuram. Ex eodem autem manifestum est, loonn non habet in 1 et 2.) minor vero N.
modos figurâtes générales esse vel monadicos, (bine locnm non habet in 1 et 3.). Etsi ex re-
vel correspondentes, et bos vel 2 vel 3 vel 4. gulis inodornin non sit jnutilis. Qiiod vero in
prout plures paucioresvc uni lineae surit ap- 4. locmn non habeat exemple ostendo: Quod-
positi. Singulae porro lineae liabent unum mo- dain ens est homo, nullus hotno est brutiun.
• 1 1 1 1 1 1 simplicem generalem, quem explicare pos- E. quoddam brntiim non est ens. Atque bic 29
3
18 IL DE ARTE COMBINATORIA.
obiter cousilium snppeditabo utile, quod vel ° 8. f. 256. juxta nostrnm calculum. Simi
ipso exemple hoc coinprobatur, in quo consi- lis fere ratio est syllogismi ejus de quo Lo-
stit proba, ut sic dicam, seu are examinandi gici disputant : Quicuuque non credunt damnan-
modum propositum, et sicubi non fonnae sed tnr. Judaei non credunt. E. damnantur. Scd
niateriae vi concludit, celeritcr instantiam re- ejus expeditissima solutio est, minorera esse
pericndi, qualcm apud Logicos hactenus légère aftirmantem; quia médius terminus affirmatur
me non memini. Breviter: Pro UA suinatur de minore. Médius terminus autcm non est:
propositio quain materia non patitur converti credere, secl: non credere, id enim praeexsti-
simpliciter, v. g. snmatur haec potins: Omnis tit in majori prop. Non possum hic praeter-v
hoino est animal, quain, omuis homo est ani ire inoduni Uaropti ex ingenioso invento Cl.
mal rationalc, et quo rcmotins genus surnitur, Thomasii nostri. Is observavit ex Ramo
hoc habebis aceuratius. Pro UN cligatur ta- Schol. Dialect. lib. 7. c. 6. pag. m. 214. Couver-
lis, qua negcntur de se invicem species quain sionem possc demoiistrari per syllogisnium ad-
maxime invicem vicinac sub eodcm génère pro- jiciendo propositionem idcnticam ; v. g. UA in
ximo, v. g. homo et brutnin : et quae non sit PA. sic: omne a est y. oinne a est a. (si
couvcrtibilis per contrapositionem in UA, seu in Stiac modo Darapti velis ; vel omne y est
oujus ncque subjectum neque praedicatiim sit y si in 4tae modo Baralip.). Ergo quotldam
terminus infinitus. Pro P (J) A suinatur sem- y est a. Item PA in PA. Sic : Quoddam a
per talis quae non sit subalterna alicujus UA, est y. Omne a est a (si in Stiae modo Di-
sed in qua de génère quam maxime général! saniis velis, vel omne y est y, si in 4tae
dieatur species particulariter. Pro (J) PN. modo Ditabis) Ergo quoddam y est a. item
suinatur quae non sit subalterna alicujus UN, UN in UN (in cesare 2dae) sic: Nullum oc
et cujus neuter terminus sit iuiiiiitus, et in est y, Omne y est y. Ergo Nullum y est et.
qua negetur de génère maxime remoto species. Item PN vel in Baroco Stiae sic: Omne a
Quod diximus de tcrminis infiuitis vitandis, est a. Quoddam a non est y. E. quoddam
3Qejus ratio nuuc patebit: Prodiit cujusdam Joh. y non est a. (vel in Colaiito 4tae: Quoddam
Christoph. Sturmii coinpendium Univcrsa- a non est y. Omne y est y. Ergo quoddam
lium seu Metaphysicae Euclideae, éd. 8. Hagae y non est a). Idem igitur ipse in Conver-
anno 1660. apud Adrian. Vlacq. Cui an- sione per Coutrapositionem tcutavit. v. g. hu-
nexuit novos quosdam modos syllogisticos a se jus PN. Quidam horuo non est doctus, in hanc
deinonstratos, qui omnes videntur juxta eommu- PA infuiiti subjecti quoddam non doctuin est
nem sententiam impingere in alteram vel utrain- homo. Syllogismus in Daropti erit talis: Om
que harum duarum regularum qualitatis: ex pu- nis homo est homo, Quidam homo non est
ris negativis qualitatem nihil sequitur; et: doctus. E. quoddam quod non est doctum est
conclusio sequitur debilioris ex praemissis. Ut homo. Observari tamen hic duo debent. Mi-
tamen rectc procédât arguinentum vel assu- uorem juxta Sturmianain doctrinam videri quasi
mit propositionem affirmativam iufiuiti subjccti, pro alia positam: Quidam homo est non do
quae stet pro negativa finiti; aut contra, v. g. ctus; deindc omnium optime sic dici: propo- .
acqiiipollcut : Quidam non lapis est homo: et sitionis hujus: Quidam homo non est doctus,
quidam lapis non est homo. (Verum annoto, conversam per contrapositionem proprie liane
non procedere in univcrsali, contra, v. g. Om esse etiam negativam: Quoddam doctum
nis lapis non est homo. E. Omnis non lapis non est non non homo, et in conversione
est homo). Vel assumât negativam infiniti per contrapositione ideutieam ipsam delxîre esse
praedicati pro affirmativa finiti; vel contra, contraposhain, id osteudit syllogismus jam non
v. g. aequipollent : oinnis pliilosophus non est amplius in Daropti, sed Baroco : Omnis homo
non homo; et: est homo. Vel 3. assumât loco est non non homo (id est; oinnis homo
datae conversam ejus per contrapositionem. Jam est homo) Quidam homo non est doctus.
UA convertitur per contrap.' in UN. U et PN. Ergo Quoddam doctuin non est non non
in PA. ita facile illi est elicere ex puris neg. homo (id est quoddam non doctum est homo).
afftrmantem, si ncgativae ejus talcs sunt ut Cacterurn Stunnianos illos modos arbitror non 3 3
stent pro aflinnativis ; item ex A et N elicere fonnae sed niateriae ratione concluderc, quia
aflirniantem, si ista stet pro negativa. Ita pa- qiiod termini vel rïniti vel infiniti sint non
tet omnes illas 8 variationcs qualitatis fore ad formam propositionis seu copulam ant si-
utiles, et per eonsequens modos utiles fore 32. gnum pertinet, sed ad termines. Desinemus
II. DE ARTE COMBINATOKIA. 19
tandem aliqiiando modorum, nam etsi minime trorsuui. Extrorsum autcm litangulas, cum
pervnlgata attulksc spcranins, liabet taiiieu et jiortio circuli iutcr lineas augulum faciciites
novitas taedium in per se taediosis. Ab in- descripta ex puncto concursus tanquam centro,
stituto autcm abiisse iieuio nos dicet, qui om- cadit extra figuram ad cujus circumfcrentiani
nia ex intima variationuui doctrina erui vi- lineae augulum facientes pertinent: intror-
derit: quae sola prope pcr omnc infinitum ob- snm, cum iutra. Hians est complicatio,
si-ijncntcin sîbi il ne it aiiinuun; et hanuoniam cum aliquis angulus fit extrorsum. Stella au-
iiniiiili et intimas coustructiones rerum, scriem- tem est complicatio hians, cujus omnes ra-
qne foruianim una complectitur. Cujus iucre- dii (id est liiieac stellac circumferentiales an-
dibilis utilitas |» rl'.rta deinum pliilosophia, aut gulum extrorsum facientes), suut aequales; ii.i
34 prope perfecta, rectc aestimabitur. Nam Vilnius ut si circulo inscribatur, ubique eum radiis
est in complicandis figuris geouictricis usus, tangat. Caeteruin niantes iigurarum complica-
qua iu iv placiem frcgit Joli. Keplerus lib. 2. tiones texturas voco, congruas proprie figu
Harmonieux. Istis complicatiouibus, non so- ras. Sunt tamen et quaedam TexturaeS?
lum infinitis novis thcorcmatibus locupletari geo- figuratac, quaset figuras hiautes ad op-
inctria ]>otest, nova cuiui complicatio iiovaui positioncm cocuutium voco. Jam suut theo
fignram compositam efficit, cujus jain contem- remata: 1. Si duae figurae asymmetrae sunt
plando proprietatcs, nova theoremata, novas coutiguac (complicatio enim vel immeiliata
demonstratioucs fabricamus; scd et, (si qui- est contiguitas, vel mcdkta, inter tertium
(lem verum est grandia ex parvis, sive liaec et priinum, quotics tertium coiitiguum est se
atomos, sivo moleculas voces, coinponi) uuica cundo, et secuudum vel médiate vel immédiate
ista viaest in arcana uaturae penetrandi. Quando primo) complicatio fit hians. 2. Curvilinearum
co quisqne perfcctias rem congnoscerc dicitur, inter se omiics contiguitas est liiaus, nisi alteri
quo iiiagis rei partes et partium partes, earum- circumdetur Zona alterius symmetri dato con-
que figuras positusquc perœpit. Haec figura- centrici. 3. Curvilineae cum rectilinea oumis
rum ratio primum abstracte in geometria ac coutiguitas est liians, nisi in mcdio Zonae po-
stereometria pervestiganda : inde ubi ad histo- natur rcctiliuca. Zona m autern voco residuum
riam naturaleui cxistentiamquc, scu id quod in figura curvilinea inajori, exempta couceutrica
rêvera invenitur in corporibus, accesseris, pa- mi M. » i . lu contiguitatc rectilinearum autem aut
tebit Physieae porta ingens; et eleinentorum augulus angulo, aut angulus lincae, aut liuca li-
faciès, et qualitatum origo et mixtura, et mix- ueae imponitur. 4. Si angulus angulo imponi-
turae oripo, et mixtura inixturarum, et quic- tur aut lineae, contiguitas est in puncto. 5. Um-
35<[uid hactenus in natura stupcbamus. Caete- nis curvilinearum inter se contiguitas hians est
I-IHII brevem gustom dabimus quo magis iutel- in puncto. 6. Omuis earum cum rectis conti
liiMiinir: Figura oinnis simplex aut rectilinea guitas ri i,-] ni non hians, itidem. 7. Linca lineae
aut curvilinea est. Kectilincac omnes symine- non nisi cjusdem generis impuni potest, y. g.
trae, commune enim omnium principium : Triau- recta rectae, curvilinea ejusdem generis et se-
pnlus. Ex cujus variis complic.ationibus ctiouis. 8. Si liiiea lineae aequaU imponatur,
congruis omnes Figuraerectilineae cocu n- contiguitas est congrua, si inaequali, hians.
tcs (id est non niantes) oriuntur. Verum Observamlmu autcm est plures figuras ad unumsg
curvilinearum necjuc circulus in ovalem etc. punctum suis angulis coinponi possc, quae est
nequc contra reduci potest, uequc ad aliquid textura omnium maxime hiaus. Sed et hoc ficri
commune. Noutra vero triangulo et triangu- potest, ut duae vel plures contiguae siut hiantes,
latis symmetros. Porro qnilibet ciit:ulus cui- accédât vero tertia vel plures, et efficiatur una
cnnque circulo est symmetros, nam quilibet figura, seu complicatio congrua. Unde nova
cuilibct ant conceutricus est aut esse intelli- contemplatio oritur, quae figura vel textura qui-
fritiu-. Ovalis vero vel clliptica ea tantum sym bus addita faciat ex textura figuram. Quod
metros quae conccntrica esse intelligitur. Ita nosse magni momenti est ad rcruni hiatus ex-
neqoc ornnis ovalis ovali symmetros est etc. plendos. Kestat ut couipntatioucm ex nostris
Haec de simplicibus, jam ad com]>licationes. praeceptis instituainiis , ad quam rcquiritur ut
36 Complicatio est aut congrua aut hians. G)ii- determinctur numeriui figurarum ad conlirien-
gruîi tuni c-iiiii figurac compositae Imeae ex- dain texturam; et determincntur figurae com-
trcmae scu circumfcrentialcs nunquam fa- I il n-Mi. hic: utrum(|iie enim alias infinitum est.
citiut angnlum cxtrorsum, sed sempcr in- SIM! hoc facile cuilibet juxta cnumcratos casas
20 II. DE ARTE COMBINATORIA.
et theoremata praestare; nobis ad alla prope- fractio, vis, caedcs, vulnus ; noxa , hue temporis
rantibu.s satis est prima lincamenta duxissc tra- et loci circumstantia, hae differentiae itidem pe
ctationis de Texturis hactcnus fere neglectae. tendae ex physicis; qua morales: ita sunt actus
Decebat fortasse doctriiiam haiic illustrarc sche- spontanei, coacti, necessarii, mixti; significan-
inatibus, sed intelligentes non indigebunt; im- tes, non significaiites; inter significantes verba,
pcriti, uti fieri solct, née intelligcrc tanti aesti- cousilia, mandata, praecepta, pollicitationes, ac-
39 mabunt. VIIlvus Usus est in casibus apud Ju- ceptationes, couditioncs. Haec oiimis verborum
reconsultos fonuandis. Neque euim semper ex- varietas et interpretatio ex Grammaticis. Deni-
spectandum est praecipuo legislatori, dum casus quc actus sunt vel juris effectum liabentes, vel
emergat; et niajoris est prudentiae leges quam non habentes; et illi qiûdcm pertinent ad cata-
maxime initio sine vitiis ponere, quam restrictio- logum jurium quae efficiunt, hi ex politicis ethi-
nem ac correctionem fortunae committere. Ut cisquc uberius enumcrandi. J UR1UM itidem 44
taceam, rem judiriariam in qualibet republica enumerandac vel species vel differentiae. Et
hoc constitutam esse melius, quo minus est hae quidem sunt v. g. realia, personalia; para,
in arbitiïo judicis. Plato lib. 9. de Leg. dilata, suspensa; mobilia vel personae aut rei
Arist. 1. Rhet. Menoch. Arbitr. Jud. lib. 1. aftixa etc. Species v. g. dominium, tlircctuin,
40prooem. n. 1. Porro ars casuum formandorum utile; servitus, rcalis, personalis; ususfructus,
fundatur in doctriiia nostra de complexionibus. usus, proprietas, jus possidendi, usucapiendi con-
Jurisprudentia euim cum in aliis geometriae si ditio. Potestas, obligatio (active sumta). Pote-
milis est, tum in hoc quod utraque habet ele- stas administratoria, rectoria, coercitoria. Tum
menta, utraque casus. Elementa sunt simplicia, actus judiciales sumti pro jure id agendi; talcs
in geometria figurae triangulus, circulas, etc. in sunt: postulatio, seu jus exponendi desiderium
Jurispmdentia actus, promissum, alieuatio etc. in judicio, cujus si>ecics pro ratione ordinis:
Casus: complexiones horum, qui utrobique va- actio, exceptio, replica etc. nemjxj in termine;
riabiles sunt infinities. Elementa Geometriae tum in scriptis ant alias extra tcrmiiinm; siip-
composuit Eu cl ides, elcmenta juris in ejus plicatio pro impetraiida citatione pro monitorio
Corpore continentur, utrobique tamen admiscen- etc. Jurium autem catalogus ex sola Jurispru
tur casus insigniores. Tcrmiiios autem in jure dentia sumitur. Nos hic festini quicquid in 4 5
simplices, quorum mixtione caeteri oriuntur, et mentem venit attulimus, saltem ut mens nostra
quasi locos communes, suuimaquc gênera colli- perspiceretur; aUi tennini simplices privata cu-
gere instituit BernhardusLavinheta Mona- jusque industria suppleri possunt. Sed ita ut
chus ordinis Minorum coin, in Lullii artem eos tantum ponat tfrminos, qui rêvera sunt
4 1 inagnam, quem vide. Nobis sic visum: Termini simplices, id est quorum conceptus ex aliis ho-
quorum complicatione oritur in Jure diversitas mogeneis non oomponitur. Quanquam in locis
casuum, sunt: personae, res, actus, jura. Per- communiljus quorum dis]x>ncndorum artificium
sonarum gênera sunt tum naturalia, ut: mas, potissimum hue redit, licebit terminos coinple-
foemina, hcrmaphroditus, moustrum, surdus, xos simplicibus valde vicinos etiam tanquam
inutus, caecus, aeger, embryo, puer, juvcnis, ado- peculiarem titulum collocare, v. g. compensatio-
lescens, vir, senex, atque aliae differentiae, ex nem, quae comiwnitur ex obligatione Titii
physicis pctcndac, quae in jure effectiini liabent Cajo, et ejusdem Caji Titio in rem divi-
specialem: Tum artificialia , niiuiruni gênera duam, homogeneam seu commensurabi-
vitae, corpora seu collegia et similia. Nomma lem quae utraque dissolvitur in summam
officiorum hue non pertinent, quia complicaiitur c o n c u r r c u t e m. Ex horum tenninorum simpli- 4 6
4 2 ex potestate et obligatione, sed .ici jura. RES cium, tum cum scipsis aliquoties repetitis, tum
sunt mobiles, immobiles, dividuae (homogc- cnm aliis, com2natione, conSnatione etc. et in
neae) individuae, corporales, incorporalcs; et eadem complexione, variatione situs prodirc ca
spcciatim: Homo, animal cicur, ferura, rabio- sus ]>rope infinités quis non videt.' Imo qui ac-
MIIII, noxium; Equus, aqua, fundus, mare etc. cuvatius liaec scrutabitur, inveniet régulas
Et omnes omniuo res de quibus peculiare est erucndi casus singulaiiores. Ac nos talia quae-
jus. Hae differentiae petendae ex physicis. dam concepimus, sed adhuc iiupolitiora, quam
43 ACTUS (a. non actus, s. status) considerandi ut affcrre audeamus. Par in Theologia tennino- 1 7
qua naturales : ita dividui, individu!, relinquunt vinii ratio est, quae est quasi Jurisprudentia
dxoTs^ftr/iia vel sunt facti transcuntis ; deten- quacdam specialis, sed cadom fundaincntalis ra-
tio quae est materiale possessionis, traditio, ef- tionc caeterarum. Est cniin velut doctrina
II. DE ARTE COMBINATORIA. 21
qnacdam de Jure publiée quod obtinet in Repu- nus subalternum rwa- A. C. est Respublica ex-
hlicaDEI in hommes; ubi Infidèles quasi re tréma. Nam species reipublicac alla interme-52
belles sunt; Ecclesia velutsubditi boni; per- cl i a est optimatum (lune et nomen duplex : oli-
sonae Ecclesiasticae, imo et Magistra- garoliia polyarchica) alia Extrema; Extremae
tus Politicus vclut Magistratus subordinati; autem sunt, in quibns imperat un us, item in
Excommunicatio velut Bannus; Doctrina quibus omnes. Ita in minima TWV «oA/xrro-
de scriptura sacra et verbo DEI velut de piuûv, TfiyloTOf.ua, usum complexionum mani-
legibus et earum interpretatione; de Canone, festum fecimus, quantae, amabo, in divisione
quae leges autheuticae; de Erroribus fun- virtutum iu 1 1 . species, similibusque aliis erunt
damentalibus quasi de delictis capitalibus; varietatesî Ubi non solum singulac com2natio-
do Judicio extrerao, et novissima die, nes, s«l et conSnationes etc. usque ad conlOna-
velut de procrssu Judiciario , et termine prae- tiones, eruntque coinpntato génère summo et
stituto; de Remissione Peccatorum velut speciebus infinris in universum complicationes
dejureaggratiandi; de damnatione aoterna seu gênera speciesque possibiles 2047. Nam 5 3
4 8 velut de ]x>cna capital! etc. Hactenus de usu profecto tain est in abstrahendo foecuwkis ani-
complexionum in spccicbus divisionum inve- mus noster, ut datis quotcunque rébus genus
nicndis, sequitur IXmus usus: datis speciebus earum, id est conceptum singulis communem,
tlivisionis, praedivisiones seu gênera et si>ccies et extra ijKas nulli, invenire possit. Imo etsi
subaltcnias inveniendi. Ac siquidem divisio cu- non inveniat, sciet Deus, invcnient angeli, igi-
jus spot-Us datae sunt, est ôiyarop-iat., locuin tur praeexistet omnium ejusmodi abstractionum
problpiiia non habet, neque enim ea est ulterius ftindamentum. Haec tanta varietas peneruiu54
49 reducibilis: sin «o^uTOiita, omnino. Esto enim subalternorum facit, ut in praedivisionibus, seu
/ . , . i
Tpixoro^ua inter rtoA/uro^uaç mimma, scu tabellis conshnentlis , invenieuda etiam <latae
dati generis species 3. a. b. c. con3natio igitur alicujns in species infimas divisionis, sufficion-
eanim tantum 1. est ia data génère summo. tia, diversas \ias incant autores, et omnes ni-
Iniones vero 3. Il lie ipsum prodit genus sum- lulominus ad easdem infimas species perveniant.
niuin, hic ipsae species infimae, inter con3na- Deprehendet hoc, qui consulet scholasticos nu-
tionctn autem et Inionem, sola restât coni2na- merum praedicamentorum, virtutum cardina-
tio. Trium autem rerum com2nationos sunt 3, lium, virtutnm ab Aristotelo enumeratarum,
bine oriuntur 3 . gênera intermedia, nempe ab- afiectuum, etc. investigantes. X. A divisionibus 55
stractum, seu genus proximuin TÛV a. b. item ad propositiones tempus est ut veniamns, alte-
"ri&v b. c. item TCÔV a. c. Ad genus autem re- ram partom Logicae inventionis. Propositio
qoiritur, tum ut singulis competat, tum ut cum componitur ex subjecto et praedieato, omnes
omnibus disjunctive sumtis sit convertibile. igitur propositiones sunt com2nationcs. Logi
50 Exemple res fiet illustrior. Genus datum sit cae igitur Jiiventivac propositionum est hoc pro-
respubliea, species erunt 3. loco A Monar- blema solvere: 1. dato subjecto praedi-
chia, loco B Oligarchia, Polyarchica seu cata, 2. dato praedieato subjecta inve
optimatum, loco CPanarchia; his enim termi nire utraquc tum affirmative, tum né
na utcmur commodissimc, ut apparebit, et voce gative. Vidit hoc Raym. Lullius Kabbalae56
Panarchiae, etsi alio sensu, usas est Fr. Pa- Tr. 1. c. 1. fig. 1. p. 46. et ubi priora repetit
tritius, tomo inter sua opéra peculiari ita pag. 239. Artis magnae. Is, ut ostendat, quot
inscripto, quo Hierarchias coelestes explicuit. propositiones ex novem illis suis terminis uuiver
Polyarchiac voce tanquam commuui oligar- salissirnis: Bonitas, magnitndo, duratio,
chiae et panarchiae usus est Boxhornius lib. etc. quas singulas de singulis praedicari posse dicit,
2. c. 5. Inst. Polit. Igitur 1. Genus subalternum oriantur, describet circulum, ei inscribit hn'sâ-
iwv A. B. seu Monarchiae et regiminis Opti ywvov figuram regularem, cuilibet angnlo ascri-
matum, erit Oligarchia. Imperant enim vel non bit terminum, et a quolibit angulo ad quemli-
omnes, Oligarchia, scd vcl urius, Monar- bet ducit linoam rwtam. Talcs lineae sunt 36.
chia; vel plures, Oligarchia, Polyarchia; tôt nempe quot com2nationes 1 1 . rerum. Cum-
51 vel omnes, Panarchia. 2. Genus subalter que variari situs in qualibet com2natione pos
num Tcùa1 B. C. erit Polyarchia, imperat enim sit bis, seu propositio quaelibet converti simpli-
vel umiSjMonarchia, vel plures, Polyarchia, citcr, prodibit 36. ° 2. f. 72. qui est mimeras
(in qua iterum vel non omnes, Polyarchia propositionum Lullianarum. Imo talibus com-
Olygarchica, vcl omnes,Panarchia). 3. Ge plexionibus omne artificium Lullii absolvitur,
22 IL DE ARTE COMBINATORIA.
v. pjnsdcm opérant Argcntorati in S.aimo 1598. .dato exponente, (v. g. 1. ° 4. f. 4. 2. ° 6.
eclitorum pag. 49. 53. 68. 135. quae repetun- .f. 12. 4. ° 6. f. 24. 1. ° 24. f. 24.) Aggre-
tur p. 240. 244. 245. idem tabulant construxit »<r<ituiu omnium fuctorum erit factus ex ductu
ex 84. ci ili n ni ils constamment, quarum siiigulae -dispositionum in complexiottes, ici est quaesi-
continent 20. complexioncs, quibus enuinerat »tntn (v. g. 4. 12. 24. 24. -J-. f. 64.). Vmim
con4nationcs suaniiu regularum litoris alphabe- »in tcrmiuis Lulliaiiis multa desiclcro.« Nain 00
ticis deuoutinatarum; ça tabula occupâtpag. 260. tota ejus methodus dirigitur ad artem potius ex
261. 262. 263. 264. 265. 266. ConSitatio- tempore disserendi, quam pleuam de re data
num veto tabulant habes apud Heur. Corn. scientiam consequendi, si non ex ipsius Lullii,
Agrippam com. in artem brevent Lullii quae certe Lullistarum intentione. Numerum tormi-
occupât 9. paginas, a pag.863. usque 8 71. inclu norum detcrminavit pro arbitrio, hinc in sinpru-
sive. Eadeni ex Lullio pleraque exequitur, sed lis classibus sunt novem. Cur praedicatis abso-
brevius, Joh. Heinr. Alstedius in Archite- lutis, quae abstractissinia esse debout, conimi-
ctura artis Lullianae, iuserta thesauro ejus artis scuit, voluntatem, veritatem, sapieutiam, virtu-
57 memorativae pag. 47. et scqq. Suut autem ter- tem, gloriam, cur pulchritucunem omisit, seu
mini simpliccs hi: I. Attributa absoluta: figurant, cur numeruin? Praedicatis relatis del)c-
Bonitas, maguitudo, duratio, potestas, sapien- bat acceitsere multo plura, v. g. Causant, to-
tia, voluntas, virtns, veritas, gloria. 11. Re tum, partcm, requisitum, etc. Praeterea majori-
lata: Diffcrentia, concordautia, contrarietas, tas, aequab'tas, mbioritas est nihil aliud quaiu
principium, médium, finis, niajoritas, acqualitas, concordautia et difiereutia magnitudinis. Qnae-
ininoritas. III. Quaestiones: Utrum, quicl, stionum tota classis ad praedicata ]K'rtinct,
dequo, quare, quantum, quale, quando, ubi, utrum sit, est existentiae, quae durationem ad
quomodo (cum quo). IV. Subjecta: Deus, se trahit; Quid, essentiae; Quare, causac; De
angélus, coelnni, homo, imaginatio, sensitiva, quo, objecti; Quantum, magnitudinis; Quale,
vegetativa, elementativa, instrumentativa. V. qualitatis, quae est penus praedicatomm absolu-
Virtutes: Institia, prudctitia, fortitudo, teni- tomin; Quando, temporis; Ubi, loci; Quomodo,
perautia, fuies, spes, chantas, patientia, pietas. formae; Cum quo, adjimcti: omiics terminoruni
VI. Vitia, Avaritia, gula, luxuria, superbia, sunt, cmi aut relati simt iutcr praolicata, aut
accdia, iuvidia, ira, mendacium, inconstantia. referendi. Et cur Quamdiu omisit, an ne du-
Etsi Jan. CacciliusFrey via ad Scient, et art. rationi coincideret? cur igitur alia aeque coin-
58 part. XI. c. 1. classera Stiamet 6tam omittat. Cum cidentia admiscet: Denique Quomodo, et Ciun
igitur in singulis classibus sint 9. res, et 9 reruin quo, mâle confunduntur. Classes vero ultiuiae G 1
sintcomplcxiouessimpliciter, 51 l.totidemin sin vitiorunt et virtutum sunt prorsus ad scientiam
gulis classibus complexiones erunt, porro ducendo hanc tant gêneraient dityocrôiô-injcroi. Ipsa quo-
classera in classent per prob. 3.511.511.511. que earum receitsio quam partitn manca, iMU-tim
511. 511. « 511. f. 17804320388674561. superflna! Virtutum receusuit priores 4. cardi-
Zensicub. de 511. Ut omittam omnes illas va- nalre, inox 3. theologicas, cur igitur addita pa
riationcs, quibus idem terminus repetitur, item tientia quae in fortitudiue dicitur contineri; cur
quibus una classis repetitur, seu ex una classe pietatem, id est, amorem DEI, quae in chari-
59tcniiini ponuutur plures. Et hae solurn sunt tate? scilicet ut novenarii liiatus expleretur.
complexiones, quid dicam de variatiouibus si- Ipsa quoque vitia cur non virtutibus opposita
tus, si in complexiones ducantur. Atque liic recensuitl An ut intelligeremus in virtute vitia
explicabo obiter problerna hoc : -variationes opposita, et in vitio virtutem? at ita vitia 27.
-situs seu dispositioues, ducere in prodibunt. Subjectorum census placet maxime.
-complexiones. Seu datis certis rcbus om- Suttt enim hi inprimis entium gracias : DEUS,
»nes variationes tant complcxionis seu titate- angélus, coelum (ex doctrina pcripatetica ens
-riae, quam situs seu formae reperire. Sumaii- incorruptibilc) homo, brutum perfectius, (seu
»tur otnncs complexiones particulares dati nu- Itabens imaginationem); imperfectius, (seu sen-
xiucri (v. g. de numéro 4 : Iniouis 4. com2na- siim solum qualia de Çwoqnjrou; narrant)
«tiones 6. conSnationes 4. con4natio 1.) quao- planta. Forma coinniunis corjiorum, (qualLs
-ratur variatio dispositionis singulorum expo- oritur ex commbctione clementorum, quo jxirti-
-nentium, per probl. 4. infra. (v. g. 1. dat 1.2. ncnt ni!nii;i inanima). Artificialia, (quae 110-
•dat 2. 3. dat 6. 4. dat 24.) ça multiplicetur minat: instrumenta). Haec sunt quorum coiit-
» per complextonem suaui particularem, seu de plexuLuIlius utitur,de quo judieium, maturuiu
IL DE ARTE COMBINATORIA. 23
ntiqne, gravis viri Pctri Gassendi Logicac ad partes simplices, seu termines indefinibilcs.
snae Epicureae T. 1. opcrum capite j>oculiari. Nain oiJ 6fï Ttctvroç oyov Çrfrûv$ et ultiini
Quarc artem Lullii duduin com2natoriam ap- illi termini non jam amph'us dcfinitione, sed
pcllavit Jordan. Brunus Nolanus Scrutin, analogia intelliguntur. 2. Inventi omnes ter- G 5
praefat. p. m. 684. Atquc hinc esse judico mini primi ponantur in una classe, et designen-
quod inunortalis Kircherus suam illam diu tur notis quibusdam ; commodissimum erit, nu-
promissam arteiu magnam sciendi, seu novam rnerari. 3. Inter terminos primos ponautur non 60
portant seiontiarum , qua de omnibus rébus in- soliiiu res, sed et modi, sive respectas. 4. Cum 67
finitis rationibus disputari, cunctorunique sum- omnes termini orti varient distantia a prituis,
inaria cognitio haberi, possit, (quo eodem sere prout ex pluribus terminis primis componun-
modo suam syutaxin artis mirabilis inscripsit tur, seu prout est exponens complexionis, hiuc
Pctr. Gregor. Tholosanus) com2natoriae tôt classes facicndae, qnot exponentes snut. Et
jihilci ostentaverit. Unum hoc opto, ut ingénie in eandem classem conjiciendi termini, qui ex
•vir vastissimo, altius quain vel Lullius vel eodem numéro primoruni componuntur. 5. Ter- 6 8
Tholosanus penetret in intima reruin, ac mini orti per com2nationem scribi aliter non
qnae nos praeconcepimus, quorum lineameuta poterunt, quam scribendo terminos primos, ex
«luximus, quae inter desiderata ponimus, ex- qnibus componuntur, et quia termini primi si-
pleat : quod de fatali ejus iu illustrandis scien- guati sunt numeris, scribantur duo numcri duos
tiis felicitate desperandum non est. Ac nos terminos signantes. 6. At termini orti per con- 69
jwofccto haec non tam Arithmeticae augendae, Snationem aut alias nugoris etiam expo-
et si et hoc fccinuis, quam Logicae inventivae neutis complexiones, seu termini qui sont in
recludendis fontibus destinavimus, fungentes classe 3tia et sequentibus, singuli toties varie
praeconis munere, et quod in catalogo dcsidera- scribi possuntj quot habet complexiones simpli-
torum suis augmcntis scioutiarnm Verula- citer exponens ipsorum spectatus non jam am-
mius fccit, satis habituri, si suspicionem tantae plius ut exponens, sed ut numéros rcmm. Ha
artis hominibus faciamus, quam cum iucredibili bet hoc suum fundamcntnm in Usu IX. v. g.
63 fructu generis humani alius producat. Quare sunto termiui primi liis numeris signati 3. 6.
âge tandem artis complicatoriae (sic enini ma- 7. 9. Sitque terminus ortus in classe tertia, seu
lumus, neqne enim onuiis complexus rom2natio per con3nationem compositus, nempe ex 3bus
est) uti nobis constituenda videatur, lincamenta simplicibus 3. 6. 9. Et sint in classe 2da com-
prima ducemus. Profundissimus principiorum binationes hae: (1) 3. 6. (2) 3. 7. (3) 3. 9.
in omnibus rébus scrutator Th. Hobbes me- (4) 6. 7. (5) 6. 9. (6) 7. 9. Ajo tenninum
rito posuit omne opus mentis nostrae esse com- illum datuin classis 3tiae scribi posse vel sic :
putationcm, sed hae vel summam addendo 3. 6. 9. exprimendo omnes simplices; vel ex-
vel subtrahendo differentiam colligi Elcm. primendo nnum simplieem, et loco cueterorum
de Corp, p. 1. c. 1. art. 2. Quemadmodum duorum simplicium scribendo coin2nationem,
igitur duo sunt Algebraistarum et analytirorum v. g. sic: ^. 9. vel: -|. 6. vel sic: •§• 3. Hae
prima signa •{• et *+ . Ita duae quasi copulae quasi -fractiones quid significent mox dicetur.
est et non-est: ilh'c componit mens, hic divi- Quo autem classis a prima remotior, hoc varia-
«lit. In tali igitur sensu TO Est non est proprie tio major. Semper cnim termini classis antece-
copula, sed pars pracdicati, duae autem sunt dentis sunt quasi gênera subalterna ad terminos
copulae, nna iioiuinata, non, altéra innonii- quosdam variationis sequentis. 7. Quotiestci>70
nata, sed includitur in TU? est, quotics ipsi non minus ortus citatur extra snam classem, scriba-
additum : non. Quod ipsum fccit, ut TO Est ha- tur per modum fractionis, ut mimeras supcrior
bitum sit pro copula. Possemus adhiberc in seu numerator, sit numerus loci in classe; infe-
snbsidium vocem: rêvera, v. g. Homo re- rior, seu nominator, numerus classis. 8. Com-
64 vera est animal. Homo non est lapis. Sed tnodius est in termiuis ortis exponcndis non
haec obiter. Porro ut ronstet et qnibus omnia omnes terminos primos, sed intcrmedios scri-
conficiantur, ad constituenda hujns artis praedi- bere, ob multitudinem, et ex iis eos qui ma
ramenta, et velut materiam, analysis adliil>enda xime cogitanti de re occurrnnt. Vernm omnes
est. Analysis haec est: datus quicunque termi primos scribere est fundamentalius. 9. His ita 7 1
nus rosolvatnr in partes formales, seu ponatur constituas possunt omiu'a subjrcta et praedioata
ojas (Icfinitio; partes autem hae iternm in par invcniri, tam affinnativa qnam negativa, tain
tes, seu tenninorum definitionis deiinitio, usquc universalia, quam particularia. Dati enim sub-
24 II. DE ARTE COMBINATORIA.
jecti praedicata sunt omnes tenuini priini ejus : beudi, invicem, sunt sibi subjecta aequalia. Nu- 7 5
Item omnes orti primis propiores, quorum om meruin subjectorum sic computabimus: inve-
nes termini priini sont in dato. Si igitur ter niatur numcrus omnium classium. Eae
minus datus qui subjectum esse débet scriptus autem sunt tôt, quot termini sunt primi in
est tenninis primis, facile est eos primes qui de prima classe, v. g. sunt termini in prima
ipso praedicantur invenire, ortos vero etiam in- classa taiitum 5 , erunt classes in univer-
venire dabitur, si in coniplexionibus disponendis suni 5. nempe in lum Inioucs, in 2da coni2na-
ortlo servetur. Sin terminus datus scriptus est or- tkmes, in 3tia conSnationes, in 4ta con4uatio-
tis, aut pnrtim ortis, partim simplicibus, quicquid nes, in 5ta conSnationes. ita erit inventus
praedicabitur de orto ejus, de dato praedicabi- etiam numerus omnium classium se-
tur. Et haec quidcm omnia pracdicata sunt la- quentium, subtraliendo numerum classis ter
tioris de angustiori, praedicatio vero aequalis mini dati, v. g. 2. de numéro classium in uni-
de aequali est, quando ilefinitio de termino, id versuni, 5., rcmanebit 3. Numerum autem clas
est vel omnes termini primi ejus siuiul, vel orti, sium seu terminorum primormu suppouamus
aut orti et simplices in quibus omnes illi primi pro numéro reram, numernm classis pro expo
continentur, praedicantur de dato. Eue sunt nente, erit numerus tcraiinorum in classe idem
tôt, quot modis nuperriinc diximus, unum ter- cum complexionibus ]Kirticularibus dato numéro
72 ininum scribi ]>osse. Ex Iiis jam facile erit nu- et exponente. v. g. de 5. rébus Inioncs sunt 5,
meris investigare omnia pracdicata quae do corn23nationeslO, con4nationes 5, con5uatiol.
onmi dato subjecto pracdicari possunt, seu om tôt igitur erunt in singulis classibus exponenti
nes U. A. propositiones de dato subjecto, nimi- eorrespondentibus tenniiû, supiwsito quod ter-
rum singolarum classium a prima usquc ad clas- mini priini sint 5. Praetcrea terminus datus
semdatiinclusive,numeri ipsas denominantes, seu cujus subjecta quaeruntur respoudebit capiti
exponentcs ponantur ordine, v. g. 1. (de classe Ima) complexionum; Subjecta angustiom ipsis com
2. (d(! 2da) 3. 4. etc. Unicuique tanquam noiijam plexionibus quarum datum est caput. Igitur
amplius exponeiiti sed numéro assignetur sua dati termiui subjecta angustiora iuvcniemus si
complexio simpliciter, T. g. 1. 3. 7. 15. quae- problcma hoc solvere poterimus: «Dato tapite 76
rantur complcxiones particulares iiumeri classia «complexiones invenire; partim simpliciter,
ultimac seu de. qua est terminus datus, v. g. de »(ita inveniemus subjecta angustiom omnia)
4. cujus complexio simpliciter 15, Ini'ones 4, «partim particulares, seu dato expo-
com2nationes 6, conSnationes 4. con4natio 1. «nente (ita inveniemus ta tantum quao sunt
singulae complexiones simpliciter classium mul- »in data clîisse). Problema hoc statim imprae-
tiplicentur per complexioncm particularem clas- «sentiarum solvemus, nbi maiiifostus cjn.; usus
sis ultimae quae liabeat cxponontem eundcm «est, ne ubi seorsim posuerimus, noiis excm-
cum numéro suae classis, v. g. 1 ° 4 f. 4. 3 n •plis indigeamus. Solutio igitur haec est: Sub-
6. f. 18. 4 ° 7. f. 28. 15 "° 1. f. 15. aggre- «tralu^tur de numéro reram, v. g. 5.a.b.c.d.e.
gatum omnium factorum erit mimeras omnium •exponens capitis dati, v. g. a. b. 2. — 5. f. 3.
praedicatoruin de dato subjecto ita ut propositio -aut a, 1. — 5. f. 4. Sive stipponainus datum
sit U. A. v. g. 4. 18. 28. 15. •(-. f. 65. Prae- «caput Iniouen, sive com2nationem esse; com-
73dicata per propositionem PA seu numeras pro- «plexio enim ut sit necesse est. Proposito item
positionum particularium affirmativarum ita in- -exponente subtrahatur de eo itidem exponens
vestigabitur : inveniantur pracdicata UA. dati «capitis dati. Igitur: si datus sitquicunque ex-
termini, uti nuper dictum est; et subjecta UA «ponrns in cujus coniplexionibus quoties datum
uti mox dicetur. Addatur mimeras uterque, «caput reperiatur invenire sit propositiun ; quae-
quia ex U. A. pro])ositione oritur P. A. tum per -ratur complexio exponentis tauto minoris dato,
conversionem simpliciter, tum per subaltcrna- «quantus est exponens capitis dati, in numéro
tiouem. Production erit quaesitum. Subjecta «rcrum, qui sit itidem tauto minor dato, quan-
74 in propositione U. A. dati termini, sunt tnm «tus est exponens capitis dati per tab.I. probl. 1.
omnes termini orti in quibus terminus datus to- -inventum erit quod quaerebatur. At si com-
tus continetur, quales sunt solum in classibus • plexiones simpliciter capitis dati in omnibus
sequentibus, et liinc oritur subjectum anjrustius, "complexionibus dati numeri quocunquc cxpo-
tum onuies termini orti qui eosdem cum dato «neute, quaerere projwsitum sit; complexio nu-
habcnt termines simplices, uno verbo cjusdem «meri rerum, numei'o dato tanto minoris, quan-
termini definitioncs, seu variationcs eum scri- » tus est exponens capitis dati, erit quaesitum : •
II. DE AHTE COMB1NATORIA. 25
77 E. g. in 5. renmi a. b. c. d. e. Inionibus clatuin tum B. Quaeratiir médium. Médium erit prae-
caput a. reperitur 1. vice, (quae est nullio, seu dicatum subjecti et subjectum praedicati, id est
Ollio île 4.) datuni caput a. b. Ollavice (quae terminus qnicuuque continens A, et contentas
est super Ollio, ut ita dicain de 3.) in com2ua- a B. Coutinere autem terminus terminum dici-
t ii in i bus carundcin illud reperitur vicibus 4. tur, si omnes ejus termini primi sunt in illo.
(quae sunt Inioues de 4.) hoc 1. (quae est Ol Fuudameutalis autem deinoustratio est si uter-
lio de 3.) in conSnationibus illud 6. (com2natio que terminus resolvatur in primos, manifestnin
de 4.) hoc 3. (luio de 3.) in con4nationibus illud erit alterum alterius aut partem esse, aut par-
4.) (conSnatio de4.) hoc 3. (cora2natio de3.) in tium earundem. Mediorum autem numerum
con5nationibusutrobique l.vice. (illic con4natio, sic inveniemus. Subjectum et pracdicatum vel
lue conSnatio de 3.). Hae complexiones sunt sunt in eadcm classe, vel diversa. Si in eadem,
dato exponente, ex quarum aggregatione oriun- necesse est utrumque terminum esse ortum; et
tur complexiones siinpliciter, sed et sic: in 5. variationem scriptionis saltem sen definitionis
rerum complexionibus simpliciter (quae suut 31.) ejusdem termini, poterunt igitur duae definitio-
a reperitur vicibus 15. (complexio simpliciter nes ejusdem termini non nisi per tertiam de se
de 4.) a b 7 (complexio simpliciter de 3.) vici- invicem probari. Igitur de numéro definitionum
78 bus. Hae complexiones sunt numerus subjecto- ejusdem termini orti, quem investigavimus su
rum angustiorum dati termini. Subjecta aequa- pra n. 69. subtraliatur 2. residunm erit nume
lia, quando deflnitiones deflnitionibus subjiciun- rus mediorum possibilium intor terminos aequa-
tur, eadem méthode inveniuntur qua supra les. Sin non sunt in eadem classe, erit praedi- S 1
praedicata aequalia. Tennini enim aequales, catum in classe ruinons exponentis, subjeetura
sunt servata quantitate et qualitate convertibi- in classe majoris. Jam supjxmatur praedicatum
les, igitur ex praedicatis fiunt subjecta et con velut caput complexionis, exponens classis sub
tra, praedicata autem tôt sunt, quoi dati ter- jecti supponatnr pro numéro rerum. Invenian-
mini, (cujus subjecta quaeruntur,) termini primi tur omnes complexiones dati rapitis particulares
liabcnt complexiones simpliciter, v. g. -j- a. 1. per singulas classes a classe praodirati ad clas
a b. 2. Additis jam subjectis aequalibus ad sera subjecti inclusive; in singulis classibus
angustiora 1 f 15. f. 16. 2 f 7. f. 9. prodibit complexiones dati capitis particulares ducantur
numerus subjectorum omnium dati termini. Quem in complexiones simpliciter, exponentis ipsius
79 erat propositum invenire. Subjecta hactenus uni- classis pro numéro rcrum suppositi. Aggrega-
versalia, restant particularia, ea tôt sunt quot tnra omnium factorum subtracto 2. erit quaesi-
praedicata particularia. Praedicata et subjecta tum. Praedicatum autem desubjccto ncgari fa- 8 2
negativa sic invenientur : computentur ex datis cile inveniemus, si utroque teriuino in primos
certis terminis priinis tanquam numéro verum, resoluto manifustum est neuti-urn altero conti-
omnes tennini tam primi quam orti, tanquam neri. Probari tauien negativa sic i>oterit: inve-
complexiones simpliciter, v. g. si termini primi niantur omnia praedicata subjecti, cum de om
sint 5 erunt 31. De prorlucto detraliantur 0111- nibus negetur praedicatum, totidem erunt média
ni.-i praedicata affirmativa universalia, et sub- probandi negativam. Inveniautur omnia suh-
jecta angustiora affirmativa universalia: Resi- jocta praedicati, cum omnia negentur de subjecto,
duum erunt omnia praedicata negativa. De sub- ctiam erunt totidem média ]irol>andi negativam.
jectis contra. Particularia negativa ex nniver- Utrisque igitur comiratatis numerum mediorum
salibus computentur, uti supra PA. ex UA. probaudi nrgativain habcbimus. Admovendam 83
compntavimus. Omisimus vero propositiones denique est, totam hanc artem compliratoriam
identicas UA : quarum sunt tôt quot comploxio- directam esse ad theoremata, seu propositiones
nes simpliciter torminoru m primorum; seu quot quae sunt aeternae veritatis, seu non arbi-
sont omnino termini et primi et orti, quia qui- trio BEI, sed sua natora constant Omnes
libet terminus vel primns vel ortus de se dici- vero propositiones singulares quasi histo-
tur. Caetenim inter complexiones illas omisi- ricae, v. g. Augustus fuit Romanorum
mus, in quibus idem terminus repetitur, quae Imjjerator, aut observationes, id est propo
repetitio in nonnullis producit variationem in sitiones universales, sed quarum veritas non in
in I ii lit i a 1 1, ut in iiumeris, et figuris geometriae. essentia, sed existentia fundata est; qtiaeque
80 Methodus porro argumenta inveniendi haec est: verae sunt quasi casn, id est DEI arbitrio, v. g.
Esto datus quicunque terminus tanquam subje- omnes homines adnlti in Europa habont cogni-
ctum, A et ulius quicunque tanquam pracdica- tionein DEI: Taliuin non datur demonstratio
4
II. DE ARTE COMB1NATORIA.
sed inductio. Nisi quod intcrdnm observatio necessaria intelligentur. Nam siquidcm a pri
per obscrvationem intervciitu tlieorematis de- mis simpliciter terminis incepisscmus, pro ipsis
84 monstrari potest. Ad taies obsen'ationes perti- casuum variatiom'bus , quorum ex relationibns
nont omnes propositiones particulares, quae non et metaphysica origincm exposuit Jul. Caesar
sunt conversae vel subalternae universalis. lliuc Scaliger lib. de Caus. L. L. termines posuis-
igitur manifestom est, quo sensu dicatur singn- semus. Adhibuimus autem articules graecos.
larium non esse demonstrationem, et cur pro- Numerum pluralem sipnavimus adscripto in ( )
fundissimus Aristotcles locos argumentorum 15. si quidein indefiuitus; 2. 3. etc. si determi-
posucrit in topicis, ubi et propositiones sunt natus. Esto igitur Classis L in qua termini 88
contingentes, et argumenta probabilia, demon- primi: 1. punctum. 2. spatium. 3. intersitum.
strationum autem unus locus est: definitio. Ve- 4. adsitum seu contiguum. 5. dissitum, seu di
ruin cum de re dicenda sunt ea quae non ex stans. 6. terminus, seu quae distant. 7. insituin.
ipsius visceribus desnmuntur, v. g. Chris tum 8. inclusum (v. g. centrum est iusitum circulo,
natum esse Betlileemi, ncrao hue definitionibus inclusum peripheriae. ) 9. pars. 10. tôt uni.
deveniet: sed liistoriae materiam, loci remini- 11. idem. 12. diversum. 13. nmmi. 14. numé
scentiam suppeditabunt. Haec jam locorum to- ros. 15. plura. v. g. 1. 2. 3. 4. 5. etc. 10. di-
picorum origo, et in singulis inaxiinaruin, qui- stantia. 17. possibile. 18. omne. 19. datum.
bus omnibus qui sint fontes, ostenderemus iti- 20. fig. 21. regio. 22. dimensio. 23. longum.
dein nisi timeremus ne in progressa sermonis 24. latum. 25. profundum. 26. commune.
85 cupiditate dcclarancli omnia abriperemur. Uno 27. progressio, seu contiiraatum. Classis II.
saltcm vcrbo indigitabimus omnia ex doctrina 1. Quantitas est 14. TWV 9. (15.) 2. Inclu-
metapliysica relationum entis ad ens repetenda dens est 6. 10. in. 1. Intervallum est 2.
esse, sic ut ex generibus quidcm relationum loci, 3. 10. 2. Aequale, A rfa 11. -j. 3. Conti-
ex theorematis autem singulorum maxiinae ef- ii mini est A ad B si TOÙ A T] 9. est 4. et 7.
formeutur. Hoc vidissc arbitrer, practer mo- TCO B. IV. 1. Ma.jus est A liabens TI\V 9. f
rcm coinpendiographorum solidissiinum Joh. TW B. 2. Minus B. -| ffiS. TOÛ A. 3. Linea,
Henr. Bisterfeld in Phosphoro Catholico, ^ TWV 1 (2). 4. Parallelum, | èv rif 16.
seu epitome artis meditandi éd. Lugd. Bat anno 5. Figura, 24. 8. ab 18. 21. V. 1. Cre-
1057. quae tota fundatur in irmneatione et scens quod 20. -|. 2. Decrescens 20. -J.
«£p:xoi"i0'ît> ut vocal, universali omnium in 3. Implexum est | in TTJ 11. 22. 4. Se-
omnibus, similitudinc item et dissiinilitudine cans, 4 in rif 12. 22. VI. 1. Convergens,
omnium cum omnibus, quarum principia : Rela- | tv Tif 16. 2. Divergens, y ev Ttf 16.
tiones. Eum libellum qui legerit, usuin artis VII. 1. Superficies. -J- rwv 1. 2. Infini-
86 complicatoriae magis magisque perspiciet. In- tum, i. quam 18. 19. 17. 3. Peripheria,
geniosus ille, quem saepe nominavimus, Joh. •| 13. -J- 4. A dicitur Mensura, seu metitur
II os pi ni.in ii s, libellum promisit de inve- B.si 10". exA(15)|.cst|™R VIÏÏ. 1. Ma
nientli et judicandi facultatibus, in quo emen- ximum est i non -j. 2. Minimum, \ non -j.
dationem doctrinae topicae paraverat, locosqne 3. Recta, \. |. rif 16. TÙV G (2). 4. quae
recensuerat 180. maxinias2796. v. contrevers, nontalis, Curva, 5.Arcus,9.T7}ç4. IX. l.Am-
dial. p. 442. Hune ego insigni rei logicae bitus, est J. -ç. X. 1. Commensurabilia
damno nunquam editum arbitrer. Abibimus sunt, quorum 4- 26. est et 1. et 2. XL 1. An-
hinc, cum primum yri^ucc quoddam praxeos gulus est quem faciunt £ (2). 4. |. XIL 1.
87 artis com2natoriae dederimus. Commodissima Planum est i. |. -nf 16. TWV 6. XIII. 1.
Mathesis extemporaneo conatui visa est: hinc Gibbus -i. -i. Vif 16. TWV G. XIV. 1. Recti-
non a primis simpliciter terminis orsi sumus, 1 i ii en in est ~ cujus ~ est TWV -| (15). 2. quae
secl a primis in mathesi; neque oitmes posui- dicuntur Latera. 3. si -f (3) Triangulum.
mus, sed quos ad producendos cotnplicatione 4. Si £ (4)Quadrangulumetc. XV. 1. Lu-
sua terminos ortos propositos sufficerc judicaba- nula est ~ TCÙV -| (2) lion \ 4 (2). [subin-
mus. Potuissemus eadem méthode onmes defi- telligo antem tam lunulam gibbosam qua arcos
nitiones ex démentis Euclidis exponere, si arcui concavitatem obvertit, quam falcatam qua
tempus superfuissct. Quoniam autem non a interior alterius concavitati suiiin convexitatem].
primis simpliciter terminis orti sumus, hinc ne- XVI. 1. Angulus rectus est j\. -|. in TW
cessarium erat signa adbibere, quibus c;isus vo- 18. 21. 2. Segmentum est 3 TÔV f et f. 7.
cabulorum aliaquc ad sermoucin coinplumhuu TU \- XVIL 1. Aequilaterum est -| cujus
IL DE ARTE COMBINATOR1A. 27
\ est 8. v3v f (15). 2. Triangulum aequi- et numercntor; fiant deinde Lexica uhi voces in
crurum est >- cujus ^ est TUJV |- (3) -J (2). singulis linguis dispositae non alphabetice, sed
3. Scalcnum est -| cujus ^ est rcùv -| (3) quo online liitinae dispositae suut ipsis respon-
non -} (3). XVIII. 1. Angulus contactus dcntes. Scribantur igitur quae ab omnibus in-
est qucm faciunt £ (2). 4. | non -f. 27. modo telligi debent, numeris, et qui légère vult, is
17. XIX. 1. Inscriptum est |. 7. co- evolvat in lexico suo vernaculo voccm dato nu
jus -,'f (15) sunt 4 TOI |. 2. Circumscripta méro signatam, et ita inteq)retabitur. Ita satis
vero est ça figura cui inscripta est. XX. 1. An- erit Icgcntcin vernaculam intelligcre et ejus le-
gulns obtusus, est i quam —y. 2. Acutus xicon evolvere, scribentem neccsse est (nisi ha-
% quam TV- XXI. 1. Diameter est |. i. 7. bcat unum adhuc lexicon suae linguae alphabe-
TTJ >-. XXII. 1. Circulus est -J,. 8. ab 18. ticum ad numéros se referons) et vernaculam et
21. habens TI\V 16. •§• TOTJ 19. alicujus 1. Latinam tcnere, et utriusque lexicon cvolvcre.
(quod dicitur 2. Centrutn Circuli) ab 18. Verum et Hispani illius etBecheri artificiuin
6. 2. Triangulum rcctangulum est -J- cu et obvium et impracticabile est. Ob synonyma,
jus r'T (3) sunt omnes sed 13. est-yinTtj) 18. 21. ob vocum ambiguitatem, ob evolvendi ijcrpe-
XXIII. 1. Ccntrum Figurac est 1. 26. TOÏÇ tuum taudium (quia numéros nomo unquain
T'T (15). XXIV. 1. Semifigura data v. g. memoriae mandabit) ob frepoyïa'Eiav phra-
seinicirculus , etc. est 3. tov -%-% et (diinidium sium in llngnis. Verum constitutis tabulis vel 90
TOTJ) ^-. Hinc facile erit definitioncs conficere, praedicamentis artis nostrae complicatoriae, ma
si observetur, quod n. 70. dixiinus in iis notis, jora émergent. Nain termini primi ex quorum
quae pcr fractiones scriptae sunt: nominato- complexu omnes alii constituuntur, signentur
rem clesignare nuinerura classis; numcrato- notis, liae notae erunt quasi alphabetum. Com-
rem uuinerum tcrmini in classe, v. g. con- modum autem erit notas quam maxime ficri
trum est 1. (punctum) 26. (commune) TOÏÇ naturales, v. g. pro uno punctum, pro numeris
•ç1-,- (diametris,) 15 pluribus. Uiamcter est-f puncta; pro relationihus cutis ad eus lineas,
(recta) -1 (maxima) 7. (insita) TTJ -|. (Hgurao). pro variatione angulorum aut tenninorum in
89 Ex his quae de arte complicatoria scientiarum, lineis gênera relationum. Ea si recte consti-
seu Logica invcntiva disseruimus, cujus quasi tuta fuerint et ingeniosc, scriptura haec univer
pracdicamenta cjusmodi tenninorum tabula ab- salis aeque erit facilis quam communis, et quae
solverentur, fluit velut Porisma: sou usus XI. ]>ossit sine omni lexico legi, sinmlque imbibe-
Scriptura universalis , id est cuicunque legenti, tur omnium rerum fundamentalis cognitio. Fiet
cujuscunque linguae porito intelligihilis, qualem igitur omnis talis scriptura quasi figuris geome-
hodic complûtes viri eruditi teutanuit, quorum tricis ; et velut picturis, uti olim Aegyptii hodie
dilijrcntissimus Caspar Schottus hos reccn- Sinonses, verum connu picturae non reducuntur
set lib. 7. Techn. Curios. primo Hispanum ad certum alphabetum scu literas, quo sit ut
quendam, cujus mcminerit Kenelm. Dig- incredibili memoriae afflictione opus sit, quod
baens tr. de Nat. Corp. c. 28. n. 8. quiquc hic contra est. Hic igitur est Usus XI. comple-
fucrit Roinac aiuio 1653. ejus methodiis hacc xionum, in constituenda nein]>e polygraphia
ex ipsa natura rerum satis ingeniose petita : di- universali. Xllmo loco constitucmus jucundas 91
stribucbat rcs in varias classes, in qualibet classe quasdam partim contcmplationcs , partim pra-
erat certus numerus rcrum. Ita moris numcris xes ex Schwenteri deliciis Mathcmaticis et
scribebat, citando numerum classis et rei in supplementis G. P. Harsdorfferi, quem li-
classe; adliibitis tamen notis quibusdam flexio- brum publiée intercst continuai-!, liaustas. P. 1.
num grammaticanim ot orthographicarum. Idem sect. 1. prop. 32. reperitur numerus comple-
fieret per classes a nobis praescriptas fundamon- xionum simpliciter, quem faciunt res 23. v. g.
ialius, quia in iis fundamcntalior digestio est literae Alphabeti, uemiw 8388607. P. 2. sect.
Deinde Athanasium Kirchcruui, qui poly- 4. prop. 7. docet dato textu mclodias invenire,
graphiam suam novam et universalcm dudiun de quo nos infra, probl. 6. Harsdorffcrus
promisit; doniquc Joh. Joachimum Bcche- parte ead. sect. 10. prop. 25. refert ingeniosum
rum Archiatmin Moguntinum, opusculo pri- repertum Dni de Breissac, qna nihil potest 92
mum Francofurti Latine edito, deinde Gonna- arti scientiarum complicatoriae accommodatius
nicu anno 1661. is requirit ut construatur !.«- reperiri. Is quaccuuquc in re bcllica attendere
xicon LatLnum, tanquarn funilaracntuin, et in bonus imperator débet, ita complcxus est: facit
eo disponantur voces ordine i>ure alphabetico, classes novem, in luia quacstiones et circum-
28 II. DE ARTE COMBINATORIA.
stantias, in Ilda status, in III. personas, in quae et facimus et adhibemus. VIII. instrumenta
IV. actus, in V. fines, in VI. instrumenta exemtae quorum usus consuintio est. IX. actus finales
actionis, seu quibus uti in jiostra potcstate est, scu proxiinos executioni. v. g.
facere autem ea, non est. VII. instrumenta
1. An. Cuin quo. Ubi. Quando. Quoniodo. Quantum.
2. Belluin. Fax. Induciae. Colloquium. Foedns. Transactio.
3. Patriotae. Subditi. Foederati. Clientes. Neutraies. Hostes.
4. Manere. Cedere. Pugnare. Proficisci. Expeditio. Hybema.
5. Déçus. Lucrutn. Obedientia. Honestas. Nécessitas. Commoditas.
6. Sol. Aqua. Ventus. Itinera. Angustiae. Occasio.
7. Clirrus. Scalae. Pontes. Ligones. Palae. Naves.
8. Pecunia. Commeatus. Pulvis Torm. Globi Torm. Equi. Medicamenta.
9. Excubiae. Ordo. Impressio. Securitas. Agressio. Consilia.
93 Fiant novem rotae ex papyro, omnes concen- utiliura seu siguificantiuni, et inutilium. dm- 96
tricae, et se invicem circuiuclantes, ita ut quae- struxit et rotas Ravin. Lullius; et in tlie-
libet reliquis iuunotis rotari posait. Ita pro- sauro artis memorativae Ion. Henr. Alste-
mota leviter quacunque rota nova quaestio, dius, cujus rôtis, in quibus res et quacstioues,
nova complexio prodibit. Veruin curn hic inter adjecta est uorina mobilis, in qua loci topki,
res ejusdem classis non cletur complexio, atquc seciuidum quos de rébus disseratur, quaestioues
ita accurate loquendo non sit complexio tcrmi- probentur; et fratcrm'tas Roseae Crucis in fama
norum cum tenninis, sed classium cum classi- sua promittit grandem librum titulo Rotae
bus, pertinebitcomputatio variationis ad probl. 3. Mundi in quo omne scibile contineatur. Orbi-
Quoniam tamen complexio etiam, quae hujus tain quandam pietatis, ut vocat, adjecit suo Ve-
loci est, potest repraesentari rôtis, ut mox di- ridico Cliristiano Joh. Davidius Soc. J. Ex
cemus, fecit cognatio, ut praeoccuparemus. Sic eotlem principio complicationum est Rhabdolo-
igitur inveniemus: multiplicetur 6. in se no- gia Neperi, et pensiles illae Serae, lie 3Jor=
vies: 6. 6. 6. 6. 6. 6. 6. 6. ° 6. seu quaeratur lc£Js@d)lÔflfer, quae sine clave, mirabili arte
progressio geometrica sextupla cujus expo- aperiuntur, vocant 9Jïal)U2><i)I(JjjVr, nempe su
nens 9, aut: Cubi cubus de 6. f. 10077696. perficies serae arniillis tecta est, quasi annulis
tantum superest, ut sint solum 216. quaestio- gyrabiu'bus, singulis amiulis literae alphabet!
9 4 nés, quod putat Harsdorfferus. Caetenun inscriptae sunt. Porro serae certum no-
quoties in complexionibus singuli termini in men impositum est, v. g. Ursula, Catha-
singulos ducuntur, ibi necesse est tôt fieri rotas, rina, ad quod uisi casu qui nomen ignorât,
quot unitûtes continet numenis rerum: deinde annuloinin gyrator pervenire non potest. At
necesse est singulis rôtis inseribi omnes res. qui novit nomen, ita gyrat amiulos invicem, ut
Ita variis rotaruiu conversionibus complexiones tandem nomen prodeat, seu literae alphaheti
innumerabiles gigncntur. Eruntque onmes com datum nomen confidentes sint ex diversis an
plexiones quasi jam scriptae seorsim, quibus nulis in eadeni liiiea, justa série. Tum démuni
rêvera scribendis vix grandes libri sufficieut. ubi in tali statu aimuli enuit, poterit facillime
95 Sic ipscniet doctissimus Harsdorff. P. 3. sect. sera ajicriri. Vide de his Seris armillaribus
14. prop. 5. macliinam 5. rotarum concentri- Weckerum in Secretis, lllustrissimum Gusta-
carum construxit, quam vocat, ^î'tnffacfycil vum Selenum in Cryptographia fol. 489.
Scncfring fccr tcutfcb.en (Spracfyc. Ubi in rota Schwenterum in deliciis Sect. 15. prop. 25.
intima sunt 48. 5ïiprfl)[bcn, in penintima 60. Desincmus Usus problematis 1. et 2. enunic-
9liifamjé = unb SRcimluidjjîaben, in média 12. rare, ciun coronidis loco de coloribus disserueri-
9)îittcl = $Hicb|îcibcn, vocales neinpe vel diph- mus. Harsdor fferus P. 3. Sect. 3. prop. 16. 97
thongi; in ponextima 120. (?nb:23ucf)|}afrcit, ponit colores primos hos 5. Albus, flavus, ni-
in extima 24. Slrtcfcj'ttltcn. In bas omnes vo- beus, caernleus, niger. Eos complicat, ita ta
ces germanicas resolvi contendit. Cum hic si- men ut extremi : albus et nigcr, nunquam simul
militer classes sint. in classes ducendae, multi- coeaut. Oritur igitur ex A F subalmus, AR
plicemus: 48. 60. 12. 120. 24. factus ex prio- carneus, AC cinereus; FR aureus, FC viridis,
ribus per sequentem, f. 97209600. Qui est FN fuscus; RC purpureus, RN subrubeus; CN
nuincms vocum gcrmanicarum hinc orientium, subcaeruleus. Sunt igitur 9. quot nempe sunt
II. DE ARTE COMBINATORIA. 29
com2nationes 5. renitn, dcmta Una, extremo- fC
ruin. Quid vero si tertii ordinis colores addau- ita: fa<d si quacdam quibnsdam tautum,
tur, seu conSnationes priinorum, et coin2natio- Alblc
nes secundoruin, et ita pont), quanta multitude
exsurget ? Hoc tamen admoneo ipsos taniquain ita: A faldfa\ Ad nostram vero computationem
prinios suppositos non esse primos; sed omnes lb..
ex albi et nigri, seu lucis et umbrae mixtionc primus saltem modns pertinet. In quo cxeni-
98oriri. Ac recordoi" légère me, etsi non suc- plum suppetit ex Politicis egregiuui. A Esta
currit autor, nobilem acupictorein nescio quem Respiiblica, a recta, b aberrans, quae est divi-
80. colores contexuisse, vicinosque semper vi- sio n ic M ;i lis: c Monarchia, d Aristocratie, e De-
cinis jiuixisse, ex filis tameu non nisi nigerri- mocratia, quae est divisio iiiuucrica : Ducta di-
inis ac non nisi albissimis; porto varias alter- visione numerica in moralem,oricntur species
nationes alborum nigronunque filomin; et im- mixtae 2 ° 3. f. 6. ac. ad. ae. bc. bd. be.
mediationes modo plurinin alborum, modo plu- Hinc origo formulae hujus: divisioncm in divi- 4
riuin nigrorum, varietatem coloruui proge- sioncin iluci'rc, manifesta est, ducendus eninj
nnisse; fila vero singula fer se inermi oculo numerus spccierum unius in numerum sjxx-ie-
invisibilia pacne fuisse. Si ita est, fuissot hoc rum alterius. Numerum autem in numerum
solum r\ j.rniiiriitiim satis ad colorom natnram ducere est nnmerum numéro multiplicare, et
ab ipsis incunabulis repetendam. loties ponerc datiini, quot alter habet unitates.
Origo est ex geometria, ubi si linea aliain ex-
PROBL. III.
tremitate contingens ab iuitio ad finem ipsius
movetur, sic ut eam radat, spatium omne,
DATO NUMERO CLASSIUM ET RE- quod ncciip;iliit linea mota, constituet fîguram
quadrangularem, si ad angulos rectos altcram
RUM IN CLASSIBUS, COMPLEXIO- contigit, zrepo^iTjxeç aut quadratuin : sin aliter
NES CLASSIUM INVENIRE. rhombum aut rhomboeides ; si alteri aequalis,
quadratuin aut rhombum : sin aliter, BTr\ç>o/Lu-
1 «Complexiones autem classium snnt, *•:••* aut rhombocides. Hinc et spatium ipsum
•quarum exponens corn numéro classium idem quailrangulare facto ex multiplicationc lineae
«est; et qualibet complexione ex qualibet per lineam aequale est. Caetcrum ejusniodi di- 5
•classe res una. Ducatur numerus rcnini visionibus complicabilibus pleui sunt libri tabu-
» unius classis in numerum rerum alterius $ et, larum; oriuntarquc noununquain confosiones
•si plures sunt, numerus tertiae in factum ex his: ex commixtione diversarum divisioiium inununi,
• seu semper numerus sequentis in factum ex quod dividentibus eonscientiam in rectam erro-
«antecedcntibus: factus ex omnibus continue, neam probabilem scrupulosam dubiam, factum
•erit quaesitnm. « videtur. Nam ratione veritatis in rectam et
2 Usus liiijn- problcmatis fuit tarn in usu 6. erroneam dispescitur; ratione firmitatis in ap-
probl. I.et2. ubi modos syllogisticos investiga- prehendendo in certain, probabilem, dubiam;
bauius, tum in usu 12. ubi et cxempla pro- qiiid autem aliud dubia, quam scrupulosa? llu- g
stant. llic aliis utemur. Diximus supra com- jus problematis etiam propria investigatio Var-
plcxiomuu doctrinam versari in divisionum ge- ronis apud B. Augustinum lib. 19. de Civ.
neribus subalteruis inveniendis, inveniendis item Dei. cap. 1. numeri sectarum eirca summum
speciebus unius divisionis; et denique plurium bonum possibiliiun. Primum igitur calculum
in se inviccin ductarum. Idque postrcmum huic ejus sequemur, deinde ad exactius judicium re-
3 Joco servavimus. Divisionem autem in di- vocabimus. Divisiones sunt VI. lina quadri- 7
visionemducere est unius divisionis mein- membris, 2da et 6ta trimerabris ; reliquae bi-
bra alterius membris subdividcre, quod inter- membres. I. Summum Bonum esse potest
• liiin procedit vice versa, interdum non. Inter- vel Voluptas, vcl Indoloria, vel utra-
• linn omnia membra unius divisionis omnibus quc, vel prima naturae. 4. II. horum quod-
alterius subdividi possunt: interdum quaedam libet vcl propter virtutem expetitur, vel
tautum, aut quibusdam tantum. Si vice versa, virtus propter ipsum, vel et ipsum et vir-
tus propter se 4 ° 3. f. 12. III. S. B. ali-
ita signabimus A i , < d si quacdam tantum, quis vel in se quaerit, vel in soeietate 12 °
| 2. f. 24. IV. Opinio autem de S. B. constat
30 II. DE ARTE COMBINATORIA.
vel apprehensione certa, vel probabili natura moti. Valeiitinus vero Weigelias
academica, 24 ° 2. f. 48. V. Vitac item nitnis enthusiastice, bcatitudinem hominis cssc
genus cynicum vel cultum. 48. ° 2. f. 96. Deificationem. Apud illos quoquc, quibus col- 1 2
VI. Otiosum, ncgotiosum vel tempera- locatur bcatitudo in actenia vita; alii asscrunt,
tum. 96 ° 3. f. 288. haec apud B. Augusti- alii negant visioncm substantiac Dei beatificam.
nnm, Varro cap. 1. At c. 2. accuratiorem ré Hoc reformatos recordor facere, et exstat de hoc
tro censuiu iiistituit. Divisionem ait 3. 5. et 6. argumente dissertatio inter Gisb. Voetii se-
lacère ad modum prosequendi, 4 . ad moi 1 1 in i appre- lectas; illud nostros, ac pro hac senteutia scri-
hendendi S. B. corruuut igitur divisiones ultimae, psit Matth. Hoë ab Hoënegg peculiarem
et varietates 276. rémanent 12. Porrocapite 3. libelluui contra Dnum Budowiz a Budowa.
voluptatem, indoloriam et utramque ait contincri In hac quoque vita omnes illos omisit Varro, 13
in primis naturae. Rémanent igitur 3. (corruunt qui boiium aliquod externum, eorum quae for-
9.) Prima naturae propter se, virtus propter se, tunae esse dicunt, snnimum esse supponunt,
9 utraque propter se. Postremam autrui scntcntiam quales fuisse, ipsa Aristotelis recensio indi-
et quîisi cribratione facta in fundo remanentern cio est Corporis bona sane pertinent ad prima
amplectitur Varro. Ego in his noto, Varro- naturae, sed fieri potest ut aliquis hoc potissi-
nem non tain possibiles sentcntias colligere muin genus volu]>tatis sequatur, alius aliud.
voluisse, quam célébratas, hinc axiouia ejus: Et bonum animi jam aui habitus aut actio est,
qui circa sunuuuni l)onum différant, secta dif- illud Stoicis, hoc Aristoteli vîsum. Stoicis ho-
ferre ; et contra. Intérim dum divisionein insti- die se applicuit accuratus sane vir, Eckardus
tuit, non potuit, quùi quasdam CC&O-JIOTOUÇ Leichnerus Medicus Erphordiensis tr. de apo-
admisceret. Alioqui cur divisiones attulit, quas dictica scholarnm reformatione et alibi. Quin 1 4
postea sununi boni varietatem non facere agno- et voluptatem animi pro S. B. habendam censet
scit; an ut numéro imperitis admirationem iu- Laurentius Valla in lib. de Vero Bono, et
cuteret? Praeterea si gênera vitae admiscere ejus apologia ad Eugenium IV. Pontificem
voluit, cur non pluraï nonne alii scientias se- Maximum, ac P. Gassendus in Etliica Epi-
ctantur, alii minime; alii professioncin faciunt curi, idque et Aristoteli excidisse VII. Ni-
ex sapientia, crcduntquc liac imprimis summum comach. 12. et 13. observavit Cl. Thoma-
Bonum obtineri? Etiain hoc ad S. B. magni sius Tab. Phil. Pract. xxx. lin. 58. Ad volup-
niomenti est in qua quis republica vivat: alii tatem animi gloriam, id est triumphum animi
vitam rusticam urbanac praetulere: suntque gê internum, sua laude sibi placentis, reducit Th.
nera variationum iniiuita ferc, in quibus singu- Hobbes inttio librorum de cive. Fnere qui
lis aliqui fuere, qui hac sola via credercnt ad contemplationem actioui praeferrent, alii con
10 S. B. iri posse. Porro quando prima divisio tra, alii utramque aequali loco posuere. Bre-
ducitur in luium membrum secundac facit 4. viter quotquot bonorum imae sunt species,
species: 1. voluptas, 2. indoloria, 3. utraque, quotquot ex illis complexioncs, tôt sunt summi
4. prima naturae, propter virtutem, cum tamen boni possibiles sectae numerandae. Ex hoc 1 5
in omnibus sit unuin sununum 1k» M un. Virtus; ipso problemate origo est nuincri ]x?rsonarum
qui prima naturae, is et caetera; qui volupta in singulis gradibus arboris ronsanguinitatis,
tem, is et indoloriam ad virtutem referet Adde eum nos, ne minium a studiorum noshx>rum
quod erat in potestate Varronis, non soliim summa divertisse videamur, eruemus. Compu-
2dam et 6tam, sed et 3. et 4. et 5. trimcm- tationem autern canonica neglecta civilem se-
brcm facere, addendo Stiam spccicm, scmper quemur. Duplex personarum in singulis gradi- 1 6
mixtam ex duabus. v. g. in se vel in socie- bus enumeratio est, una generalis, altéra spe-
tate, vel utraque; apprehensione certa, proba- cialis. In illa sunt tôt personae quot divcrsi
1 1 bili, dubia; cynicum, cultum, temperatum. Fuit flexus cognationis eadem tamen distantia. Fle-
et sententia, quae negaret dari S. B. constans, xus autem cognationis, voco ipsa velut iti-
scd faciendum quod cuique veniret in mentem, nera in arbore consanguinitatis, lincas angulos-
ad quod fcrretur motu puro animi et irrefracto. que dum modo sursum deorsumve modo in la-
Hue fere Academia nova, et hodiernus Ana- tus itur. In liac non solum flexus cognationis
baptistarum spiritus inclinabat. Ubi vero illi varietatem iacit, sed et sexus tum intennedia-
qui negant in hac vita rulmen hoc ascendi i uni, tum personae cujus distautia quaeritur a
possc? quod Solon propter incertitudinem pro- data. In illa cnumcrationc Patruus, Ainita ; id
nuncdandi ( il,vit, Christian! philosoplù ipsa rci est, Patris fratcr sororve: Avunculus, Mater-
II. DE ARTE COMB1NATORIA. 31
tera; id est Matris fratcr sororqnc, habentur vcteres; loh. Andreae Petrucium nomine
pro eadcm persona, et convenientissimo intelli- sui Bidelli fertnr notninasse: Fr. Hotto-
guntur in voce Patrui, quia masculinus dignior niannus lib. de gradib. cognationum, TJTto^e-
foemininum comprehendit. Sed in cnumoratione TIXOV, Latine Propositum. Terminus est 18
spécial! habentur pro 4. diversis pcrsonis. Igi- persona vel cognatio, quae est de conceptn coin-
tur illic cognationes, hic pcrsonae nu- plexae, v. g. frater est patris filius. Igitur
merantur: (Sic tanien ut plures fratres, vel Patris et Fi lias, sont termini ex qnibus
plurcs sorores quia ne scxu quidcm variant pro conceptus fratris componitur. Termini autera
una utrobique persona habeantur) illa gcneralis sunt vel primi, taies accurate loqnemlo sont
computatio est Caji in 1. 1. et 3. (quanquam hi solum: Pater et filius, nos tamcn commo-
specialis nonnunquam inixta est) hacc specialis dioris computationis causa, omncs pcrsonas li-
Pauli in grandi illa 1. 10. D. de Grad. et neae rectae vel supra vel infra suppoueaius
Affinibns. Etsi autcm prier fundata est in pro primis; vel orti: accurate loquendo omnes
prob. 1. et 2. quia tanien posterions funda- qui plus uno gradu remoti sunt a dato; laxius
inentnm est, quae hue pertiiiet, praemitteinus. tamen, omnes transversales tantura. Omnes
17 Cogna tio est formae linea vel linearum a co- aut(;m transversales componuntur ex duobns
gnata persona ad datant ductarum; ratione tcrnùnis lineae rectae; hinc et facillimum pro-
rcctitudinis et inflexionis, et harum alternatio- dit artificium data quaccunque cognata nume-
nis. Persona h. 1. est persona datae cognatio- rum gradns complexae, v. g. in simplicissirua
nis, et dati gradus, sexusque tuin sui, tum in- transversalium persona, Fratre seu patris filio,
termediarum, inter cognatam scilicet et da- quia pater est in 1. filius etiam in gradu, 1. f
tam. Datura autcm voco persouani, eum eamve, 1. f. 2. in quo est frater. Caeteruin schemate 19
de cnjus cognatione quaeritur ut appellant ICti opus est. Esto igitur hoc:

Gr. Cognationes DATUS Personae Gr.


1. Patris 2 4 Filius . 1
Patris. FR Filius.
AT
ER
2. Avi 3 1. 1. 12 Nepos . 2
Pa Pa-
tro tru-
ns iTlS

3. Proavi 4 2. 1. 1. 2. 32 Pronepos . 3
Patro Con- Patru-
ns Ma sobri- elis-
gnus nus parvus
4. Abavi 5 3. 1. 2. 2. 1. 3. 80 Abnepos . 4
Pro- Subpa- Sub- Pro-
pa- truus COI1SO- patru-
trous Magnus briuus elis
5. Atavi 6 4. 1. 3. 2. 2. 3. 1. 4. 192 Atnepos . 5
Ab- Sub- Prosub- Prosub- Ab-
pa- propa- patrans conso- patru-
truus truus Magnus vel * brinns élis
6 Tritavi 7 5. 1. 4. 2. 3. 3. 2. 4. 1. 5. 448 Trinepos . 6

Cousobrin. secundus.
32 IL DE ARTE COMBINATORIA.
20 Sunt in hoc schemate iiitinita properaodum di- hic non solum complexionis, sed et situs ha-
gna observatione. Nos pauca striiigeinus. Per- benda ratio sit, v. g. alia cognatio est 5, 1.
sonae eo loco intelligantur, nbi puucta suut. iieinpc Abpatrui, quain 1. 5. neinpe abpatrue-
Numeri puncta includentes, désignant tcrmiiios, lis, hinc cum 2. rcs situin varient 2 vieibus.
seu grailus liueae rectae (autecedcns ascenden- Ergo duplicentur discerptiones, redibit numerus
tis, sequeiis descendentie) ex quibus datus gra- datus si par fuerat; sed cum in ejus diseerptio-
clus transvcrsalis coniponitur. In eadem liuea nibus detur uua homogenea, v. g. 3. 3. in qua
transversa directa sunt ejusdem grados cogna- niliil dispositio mutât, hinc subtrahatur de iiu-
tioncs : oblique a summo, ad imum dextrorsum mero dato, seu duplo discerptiouuin , iteruin:
ordinem generationis ; at sinistrorsnm comple- 1. si vero numerus datus fuerat impar, redibit
ctuntur cognationes homogeneas gradu differen- numerus unitate minor. Ex hoc manifestum
tes. Linea perpendicularis unica a vertice ad est generaliter: (1). Subtrahatur de numéro 2 4
linsin. trianguluin dividwis, continet cognationes gradus unitas, productum erit numerus cogna-
quarnin terminus et asccndeas et descendens tionum trausversalium. (2.) duo iiuineri qui
sont ejusdem gradus; taies voco aequilibres, sibi sunt complemcnto ad datuin, seu quorum
et dantur solum in gradibus pari numéro signa- unus tantum distat ab 1. quantum alter a dato,
2 1 tis, in i nu i non iiisi anus. Nain si libra esse complicati dabunt speciem cognationis, si
fingatur, cnjns trutina sit linea gradus primi; quidem praecedens intelligatur signiticare ascen
brachia vero sint: dextrum quideni, linea per- dentem, sequens descendentem sui gradns. Hac25
pendicularis a surnma persona descendentium; occasione obiter explicandiim est, quae sint dati
sinistnmi vero, perpendicularis a sunima ascen- numeri discerptiones, Scrfâdliligcil, possibiles.
dentium ducta ad terminum vel ascendentem Nam omnes quidem discerptiones sunt comple-
vel desceudentem datam cognatiouem compo- xiones, sed complcxiouum eae tantum discerp
nenteui; tum bracliiis aequalibus, si ntrinque tiones sunt, quae simul toti sunt aequales. In-
3. 3. aut 2. 2. etc. cognatio erit aequilibris et stigari similiter possunt tnm coni2nationes, tum
ponenda in medio trianguli ; in inaequalibus, co conSnationes, tum discerptiones simpliciter, tum
gnatio talis ponenda in eo latere quod lineae re datoexponente. Quot factures, vel divisores exa-
ctae vel ascendeiiti vel descendent! ex qua bra- ctos numerus aliquis datus habeat, scio solutum
22 chium longius sumtum est, est vicinum. Hic vulgo. Et hinc est quod Plato numerum civium
jam complexionum vis apertissimc relucet. Com- voluitesse 5040. quia hic numerus plurimas re-
ponuntur enim omnes ]>ersonae transvcrsae ex cipit divisiones civium pro ofriciorum generibus,
2 terminis, una cognatione recta ascendenti, nemiic 60. lib. 5. de Legib. fol. 845. Et hoc
altéra descendenti : semper autem sic, ut ascen- quidem in multiplicatione et divisione, sed qui
dens in casu obliquo, descendens in casu recto additione datum numerum producendi varieta-
conjungantnr, v. g. frater, id est patris filius. tes, et subtractione discerpendi colle gerit, quod
At si contra, redibit persona data, nain qui utumque eodem recidit, mihi notus non est.
23 patrem filii sui nominat se nomiuat. Quia Viam autem colligendi com2nationes disccrj)tio-
unus pater plures filios habere potest, non con nuni ostencUuius proxime. At ubi plures par
tra. Ex his jam datur proposito quocun- tes admittuntur, iugens panditur abyssus discer-
que gradu cognationnui tum numerum, ptionum. In qna videmur nobis aliquod fun-
tum species reperire: numerus transver- damentum computandi agnoscere, nain semper
salium semper erit unitate minor gradu, (nume discerptiones in 3. partes oriuntur ex discer-
rus omnium semper unitate major, quia addi ptiouibus in 2. praeposita una; exsequi vero
debent duae cognationes lineae rectae, una sur- hujus loci fortasse, temporis autem non est.
sum, altéra deorsum) cujus ratio ex inventione Caeterum antequam in arbore nostra a compu- 2 6
specierum patebit. »Nam com2nationes par- tatione generali ad specialem veniamus, unum
»tium, cbcr Scrfâlfungcn in jrod îhcifc, dati hoc admonendum est. Definitiones cognationum
«numeri cujuscunque sunt tôt quot imitâtes ha- a uobis assignatas in populari usu non esse.
»bct nnmeri dati paris dimidium, imparis Nam v. g. Patruum nemo définit avi lilium, sed
H Imita unitate dimidium. v. g. 6. habet has: potins patris fratrem. Quicunque igitur has de-
»5, 1. 4, 2. 3, 3. ejusque rei ratio manifesta finitiones ad popularem eflbrmare morem velit,
• est, quia semper nnrnerus antecedens proximus si quidem persona transversalis ascendit, in ter-
-dato cum remotissimo, paenc proximus ciim mino descendenti loco filii substituât, fratrem;
-paene remotissimo complicatur, etc.* Sed cum nepotis patruum etc. loco descendentem ponat
II. DE ARTK COMBIXATOR1A. 33
uno gradu minorcm. Sin descendit, contra. in d. 1. lO.excepto graduS.Gr.1. 2 n 2.f. 4. con
27 Nunc igitur cuni osteiulimus cognationes iu quo sentit Paulus cl. 1. 10. §. 12. Gr. II. 2 n 2. f.
libet gratin, gradus numéro unitate majores 4 n 3. f. 12. §. 13/ Gr. III. 2. 2. 2. « f. 8.
esse : âge et personas cognationuni nuniereinus. 0 4. f. 32. §. 14. Gr. IV. 2. 2. 2. 2. « f.
Quae est Spéciales Eiiumeratio. dixiinus 16. « 5. f. 80. §. 15. Gr. V. 2. 2. 2. 2. 2. «
auteni in caclem cognatione diversitatcin faccrc f. 32. « 6. f. 192. dissentit Pau lus §. 16. et
tuni srxuin cognatac, tuni intennediaruin inter ponit: 184. cujus tamen calculo errorcm iiiesse
cognatain et datam personarum. Sexus autem necesse est. Gr. VI. 2. 2. 2. 2. 2. 2. ° f. 64.
duplex est. Igitur senijier continue numerus 0 7. £ 448. consentit Paulus §. 17. Gr. VII.
personarum est duplicandus v. g. non solum et 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. ° f. 128. « 8. f. 1024.
pater et mater sexu variant, 2. sed itcrum pa- §. fia. 18.
ter hahet patrem vel niatrem. Et mater quo-
que. Hinc 4. Avus quoque a pâtre habet, pa PROBL. IV.
trem vel niatrem, et avia a pâtre, et avus a DATO NUMERO RERUM VARIATIO-
matre aviaque similiter: hinc 8. etc. »Igitur NES ORDINIS INVENIRE.
-regulam colligo: 2. ducatur totios in se, quo-
»tus est gradus cujus personae quaeruntur, vel •Solutio: Ponantur omnes numeri ab uni- 1
»quod idem est, quaeratur numerus progressio- »tate usque ad Numerum rerum, inclusive, in
•• nis georaetricae duplae, cujus exponens sit nu- «série uaturali: factus ex omnibus continue, erit
• merus gradus. Is ducatur in numeiinn cogna- .quaesitum. ut: esto tabula IV. quam ad 24.
-tionum dati gradus: Productuni erit numerus usque coutimiavimns.« Lattis dextnim liabot
- personarum dati gradus. Et Iiac mctliodo eundem exponcntes, seu numéros rerum, qui hic coinri-
>nnmernin personarum erui. qucin Paulus ICtus ;; in
Tab. IV.
1 1
2 2
6 3
24 4
120 5
720 6
5040 7
40320 a
362880 9
3628800 10
39916800 11
479001600 12
6227020800 13
87178291200 14
1307874368000 15
20922789888000 16
355687428096000 17
6402373705728000 18
121645100408832000 19
2432902008176640000 20
51090942171709440000 21
1124000727777607680000 22
25852016738884976640000 23
620448401733239439360000 24
raedio sunt ipsac variationes. Ad sinistrwn nis erit manifesta, si demonstraverimus Expo-
posita est ^lifferentia variationum duarum ncutis dati variationcm, esse, factum
proximarum, inter quas est posita. Quemad- ex ductu ipsius in variationem cx-
inoduni exponens in latere dextro est ratio va- ponentis antecedcntis, quocl est fna-
riatioiiis datac ad antecedenteni. Ratio solutio- damentum Tabulae IV. In hune fuipin esto
34 IL DE ARTE COMBINATORIA.
aliud Schéma V. In oo 4. rcrum ABCD. 24. variationes ordinis,
Tab. V. oculariter expressimus. Puncta significant rem praccedentis liueac directe
1) C (1 supra' positam. Methodnin disjwnendi secuti sumus, ut priintun quam
<1 c minimum variaretur, douce paulatim omnia. Caeterum quasi limiti-
biis dLstinximus variationes exponeiitis antecedentis ab iis quas super-
c 1) (1 addit sequens. Breviter igitur: Quotieseunque varieutur res datac, v. g. très
(1 b G. liwli: addita una praeterea poni poterit servatis variationibus prio
ns numeri jam initio, jam 2do, jam 3tio, jam ultimo seu 4to loco;
<l 1) c scu toties |K)terit prioribus varie adjuugi, quot liabet unitates: Et quotiescun
- e b que prioribus adjungetur priores variationes oumes ponet. Vel sic: quaelibet
res aliquetn locuin tenebit semcl, cum intérim reliquae habent variationem
;i C (1 antecedentem inter se, conf. problem. 7. Patet igitur variationes priores in
d c exponentein sequentem ducendas esse. Tlieorcmata hic observo sequentia:
i (1.) omnes in ii m -ri variationum sunt pares; (2.) un mus vero quorum expo-
c. a d nens est supra 5 in cypliram desinunt, imo in tôt cyphras, quoties
d a exponens 5narium continct (3.) Omnes summac variationum (ici est aggre-
gata variationum ab 1. aliquousque) suiit impares; et desinunt in 3 ab ex-
d a c |K>nente 4 in inmùtum (4.) quaecunque variatio antecedens, ut et expo
c a nens ejus, omnes sequentes variationes metitur. (5.) Numeri variationum
conducunt ad conversioiiem progressionis arithmeticac in harmonicam. Este
b a d enim progressio arithmetica 1. 2. 3. 4. 5. converteuda in harmonicam; Ma-
. ri a ximi nunicri, h. 1. 5. quaeratur variatio: 120. ea dividatur per singulos, pro-
dibunt: 120. GO. 40. 30. 24. termini harmonicae progressionis. Per quos
a b (I si dividatur idem numerus: 120. numeri progressionis illius aritlimeticae
cl b redibunt. ( 6. ) Si data quaecunque variatio duplicetur, a producto subtra-
hatur factus ex ductu proxime antecedentis in suum exponentem ; residuum
(1 b a erit sumina utriusque variationis. v. g. 24. ° 2. f. 48. — 6 n 3, 18. f.
a b 30. = G f 24. f. 30. (7.) variatio data ducatur in se", factus dividatur per
antecedentem, prodibit diucrentia inter datam et sequentem v. g. 6 ° 6. f.
I) b c a 36. u 2. f. 18. = 24 — 6. f. 18. Inprirnis autem duo liaec postrema
a c theoremata non facile obvia crediderim. Usns etsi multiplex est, nobis
tamen danda opéra, ne caeteris problematibus omnia praeripiainus. Cumque
c 1) a sérias in primis applicationes complexionum doctriuae miscuerimus, (saepe
a b enim necesse erat ordinis varietates in eomplexiones duci) erunt liic pleraque
inagis jucunda, quam utilia. Igitur quaerunt quoties datae quotcunque perso-
n b c nae uni niensae alio atque alio ordine accuinbcrc possint. Drexclius in
c b in PliaiHhonte orbis, seu de vitiis linguae p. 3. c. 1. ubi de lingua otiosa, ita
— fabulam narrât : Paterfamilias nescio quis 6 ad coenam hospites invitaverat,
hos cum accumbendi tempus esset, arposojiiaa' sibi mutuo déférentes, ita in-
crepat: quid? an stantes cibum capiemus? imo | anni 14. septimanac. At Georg. Henischius
ne sic quidem, quia et staiitiuiii necessarius ordo Medicus Augustanus Arithmeticae perfectac lib.
est Nisi desinitis, tum vero ego vos, ne con- 7. pag. 399. hospites vel convictores punit 12.
queri possitis, toties ad coenam vocabo, quo variationes, coenae, dies prodeunt 479001600.
ties variari ordo vester potest. Hic antequam ita absunicntur anni 1312333. et dies 5. imo
locjueretur, ad calculos profecto non sederat, ita si quis in hoc exponente tentare vcllet, quod
enim comperisset ad 720. variationes (tôt enim Drexelius in dimidio ejus effecit, nempe va
sunt de 6. exponente, uti Dr exe lins illic 12. riationes oculariter experiri, annos insumeret
paginis, et in qualibet pagina 3 columnis, et in 110. demto quadrante, et si singulis diebus 12.
qualibet columna 20 variationibus oculariter horis laboraret et hora qualibet 1000. varia
monstravit) totidem cœnis opus esse ; quae etsi tiones efflngeret. Pi-etium operae si Diis pla-
continuarentur, 720. dies id est 10. supra bien- cet! Alii, ut cruditatem nudac contemplationis
6 niuin absument. Harsdorf férus délie. Matli. quasi condirent, versus elaborarunt, qui salvo
p. 2. sect. 1. prop. 32. hospites ]»nit 7. ita et sensu et métro, et verbis variis modis ordi-
variationes, coenao, dies erunt 5040. id est nari ijossunt. Taies prunus Jul. Caes. Scali-
II. DE ARTË COMBINATOR1A. 35
ger lib. 2. Poëtices Proteos ap|>ellat. Horuni Dux mihi tu, tnihi tu Lux, tu Lex, Jesule,
ulii minus ;irlis kilinif, plus variationis, ii neui]>e tu Rex:
quorum i uni ils est a monosyllabis variatio; alii Jesule tu Pax, tu Fax milii, tu mihi Vox.
coutra, in quibus température est inonosyllabo- Variationes ita computabimus : tituli Salvatoris
rum cackTorunique. Et quouiaiu in h i s pluri- ^LovotruA/Xûtjiot, suiit 7. hi iuter se variautur
inae esse soient inutiles variationes, de quibus 5040 vicibus. Cutnquc singulis adjecta sit vox
probleinate 11. et 12. erit conteuiplaiuli locus, Tu, quae cuui titulo suo variatur 2. vicibus,
8 (le illis solis nunc dicemus. Bcrnhardus quia jam ante, jam post poni potest, idque con-
Bauhusius Societatis Jesu, Epigrainuiatuiu in- tingat vicibus septeui, ducatur 2narius septies
signis artifex, tali Hcxauietro Salvatoris nostri in se. 2. 2. 2. 2. 2. 2. « 2. f. 128. seu Bis-
velut titulos fiovocnMuxfiovi; complcxus est: surdesolidum de 2. factus ducatur in 5040 °
Rex, Dus, Sol, Les, Lux, Fons, Spes, Pax, 128. f. 645120. Productum erit Quacsituni.
Mous, Petra CHRISTUS. Hos ii il ri noiuen suuiu voluit et Joh. Bapt.
Hune Eryc. Putcanus Thaumat. Pietat. Y. Ricciolus legi, ut alieniori in opère Poëtica
pag. 107i aliique ajunt variari posse vici facultas professorls quoudam sui tanto clarius
bus 362880. scilicet monosyllabas tautuin rclucerct. Symbola ejus Ahuagest. nov. P. 1.12
respicientes, quae 9; ego nuincruin prop. lib. 6. c. 6. Scholio 1. fol. 413. talis:
tlecies majorem esse arbitrer, ncinpc hune: Hoc metri tibi me en ni me hic, Tliety, Pro-
3628800. Nam accédons décima vox CHRI tea sacro :
STUS etiain ubique potest poni, duminodo Suni Stryx, Glis, Gras, Sphynx, Mus, Lynx,
Pctra maneat inimota, et post petrain vel vox Sus, Bos, Caper et Hydrus.
Christus vel 2. monosyllaba ponantur. Erunt Cujus 9. monosyllabiic variautur 262880. vici
igitur variationes inutiles, quibus post pctrara bus. Si loco postremaraui vocum : e t H y d r u s,
ponitur 1 monosyllaba proxime antécédente substituisset monosyllabas, v. g. Lar, Grex,
pctram Oiristo, id contingit quoties caeterae 8. asccndisset ad Lansianas varietates. Hic admo-
nionosyllabae sont variabilcs neinpe 40320. ncre cogor, ne me quoque contagio criminls
modis. Cutu ultiina possit esse quaeeunque ex corripiat, primam in Tliety correptam non legi.
illis 9. 40320 « 9. f. 362880 — 3628800. Et succurrit opportune Virgilianus ille, Georg.
f. 3265920. Qui est numéros utilium versus lib. 1. v. 31.
'.i îiiiju- Bauhusiani variationum. Thomas Lan- Teque sibi gciicruui Thctys emat omnibus
sius vero amplius progressus praefationc con- midis.
sultationum talc quid molitus est: Nam alia Thctys, Oceaui Regina, Nerei con-
jux; alia Thetis, nympha marina vilis, Peleo
Lex, Rex, Grex, Iles, Spes, Jus, Thus, Sal, uiortali nupta, Achillis parons, noc digna cui
Sol (boua) Lux, Laus. se Protcus sacret. Ka siiue con-ipitur:
Mars, Mors, Sors, Lis, Vis, Styx, Pus, Nox, Vecta est frcnato caerula pisce Thetis.
Fex (mala) Crux, Fraus. Caeterum Ricciolus Scaligerum imitari
10 Hic singuli versus, quia 11. monosyllabis voluit, utriusque enim de Proteo F rote us
constant, variari possunt vicibus 39916800. est. Hujus autem iste :
Horuni exemple Joh. Phi lippus Ebelius Perfide s]>eraiiti divas te fallcre P rot eu.
Giessensis Scholae Ulmensis quondain Rector, De cujus variationibus infra probl. fin. Ne vero
primum hexametrum , dciude elegiacuui disti- Gernuini inferiores viderentur, elaboraiulum sibi
chou coiumeutus est. lllc cxstat praefat. n. 8. Harsdorfferus esse duxit, cujus délie/ Math.
hoc, quia et retrocurrit, in ipso opère pag. 2. j P. 3. scct. 1. prop. 14. distichon cxstat:
Versuuui Palindroinorum, quos in uniuu fasci- j C?^r, Jîuii(î, fôclb, (9utb, L'ob,
coluiu collcctos, Ulinae aimo 1623. in 12nio unb dltub
cdidit Hcxameter ita habet : 9Kan ttiit, fu^t, fcblt, f»offt, nnb i»cr=
Dis, Vis, Lis, LaVs, fraVs, stlrps, frons,
Mars, régnât In orbe. 11. monosyllalm hâtant variationes
Ubi eadem opéra annus quo et composites est, 39916800. Tautuin île versibus. Quanquam
et verissimus erat, a Christo nato 1620mus, auteui et Anagrauiniata hue pertinent, quae
exprimitur. Ca.jus cuni nionosyllabae siut 8. nihil sunt aliud, quain variationes utiles litera-
40320 variatioues neeesse est uasci. At Disti- rum datae orationis; noluinns tamen vulgi scri-
1 1 chou ad Salvatorein talc est: nia compilarc. Uuuui e literuria re vel dissensu 1 1

36 II. DE ARTE COMB1NATORIA.
computuutium qiuicri dignum est : qaoties situs (Juin etiam rcfort nostris in versibus ipsis
literarum in alphabeto sit variabilis. Cl av. Cuin quibus (complexiones) et quali
Coui. in Sphaer. Joh. de Sacro Bosco cap. 1. sint ordine (variatio
pag. 36. 23. literarum linguae latinae ilicit va- situs) quae(jue locata
riationes esse 25852016738884976640000. Nainque eadeui coelum, mare, terras, flumina,
ciii nostra assentitur computatio. 24. literarutn Soient
Gennanicae linguae variationes Laurcmber- Signifîcaut : eadcni fnigus, arbusta, animantes :
giusassignavit620448397827051993. Ery- Si non onuiia sint, at niulto niaxima pitrs est
cius Puteanus dicto libelle, 62044801733- Consûnilis; vcruin ]x>situra discrepitant hîiec.
239439360000. At Henricus ab Etten: Sic ipsis in rébus itein jam materiai
620448593438860613360000 onmes juste Intervalla, viae, connexus, pondéra, plagac,
pauciores. Numerus verus, ut in tabula IV. ma- Concursus, motus, ordo, iwsiturd, figura
nifestnm, est hic: 6204484017332394393- Cum permutantur, inutari res quoque debent
60000. Oinnes in eo conveniunt, quod nu- Et Lactant. Divin. Inst. lib. 3. c. 19. pag. m.
meri initiales suit: 620448. Putcaneae coin- 163. Vario, inquit (Epicurus) ordine ac
putationis error non mentis sed calami vel ty- positione conveniunt atomi sicut litc-
porum esse videtur, nihil aliud enim, quam loco rae, quae cum sint paucae, varie ta
15 7 nui numerus 4. est omissus. (Aliud autem men collocatae innumerabilia verba
smit variationes, aliud numerus vocum ex datis couficiunt. Add. Pet. Gassend. Com. in
litcris componibilium. Quac enim vox 23. lite- lib. 10. Laërtii éd. Lugduni anno 1649. fol. 227.
raruiu cstî Imo quantacunque sit, inveniantur et Joh. Chrysost. Magnen. Democrit. re-
onnips complexiones 23. rerum, in singulas du- divivo Disp. 2. de Atomis c. 4. prop. 32.
cantur variationes snac juxta probl. 2. num. 59. p. 269. Denique ad hanc literarum transposi- 18
procluctuin erit numerus omnium vocum nullain tionem pcrtinet ludicruni illud docendi genus,
literam repotitam habentiuiu. At habentes re- cujus mcminit Hieronymus ad Paulinam,
pcrirc docebit problema 6.) POITO tantus hic tesscrdrain usu literas syllabasque puerulis im-
numerus est, ut, etsi totus globus terraqueus primens. Ici Harsdorfferus ita ordinal Dé
solidus circumquaque essct, et cuilibet spatiolo lie. Math. P. 2. sect. 13. prop. 3. sunt 6. cubi,
hoino iiLsisteret, et quotannis, imo singulis ho- quilibet cubus ses laterum est, eruntque inscri-
ris morfiTutur omnes surrogatis novis; sumnia benda 36. haec. iieinpe: I. a. e. i. 0. II. t).
omnium ab initio mundi ad fmein usque nuil- il. b. c. b. f. g. \). m. 1. 1 m. n. p. q. iv. r.
tinn ahfiitura sit: ut ait Harsdorff. d. 1. He- e. g. t. ». r. v. P. j. e. r. &. 6. vi. ff. ff. g.
16 giain Olynthium Graerum dmlum censuisse. His fd\ d\ J. Alphabetum autem lusus uiiius tcsse-
contemplationibus cuin imper ainicus quidam rae, syllabas duarum docebit: inde paulatûn
objiceret, ita sequi, ut liber esse possit in quo voces orientur.
onmia scripta scribendaquc inveniantur : Tum
ego : et fateor, iiiquam, sed legenti grandi om- PROBL. V.
nino fukro opus est, ac vereor ne orbein terra- DATO NUMERO RERUM VARIAT10-
rum opprimât. Pulpitum tamen commodius NEM SITUS MERE RELATI SEU
non invcneris cornibus animalis illius, quo
Muliamcd in coelum vectus arcana re VICINITATIS LNVENIRE.
rum exploravit, quorum magnitudinem et di- •Quaeratur Variatio situs absoluti, seu or- 1
stantiam Alcorani oracula dudum tradidcruut. «dinis, de numéro rerum unitate minori quam
1 7 Vocum omnium ex paucis literis orientium «est datus, juxta probl. 4. quod invenietur in
exemple ad declarandam originem rerum ex -Tab. IV. erit quacsitum. Ratio solutionis ma- 2
atomis usus est ex doctrina Dcmocriti ipso »nifesta est ex sehemata V. quo rationcm solu-
Aristot. 1. de Gen. et Corr. text. 5. et illu- ..11111 lis problematis praecedentis dabamus.* v.g.
strius lib. 1. Metaph. c. 4. ubi ait ex Deino- in variationibus vicinitatis, variationes hac:
crito; Atomos differre ayr\/iia.TL id est figura, Abcd. Bcda. Cdab. Dabc, habentur pro una,
uti literas A et N ; PMSI id est situ, uti literas velut in circulo scripta. Et ita similiter de caeteris,
N et Z. si eniin a latere aspicias altéra in al- omnes igiturillae24. variationes dividendae sunt
teram cotnmutabitur , T«4« id est ordine v. g. per numerum rciiim, qui hoc loco est 4. prodibit
Syllabae AN, et NA. Lucrct. quoque lib. 2. variatio ordinis de numéro rerum antccedcnti,
ita canit : uempc 6. Fingc tibi hypocanstum rotundum in 3
II. DE ARTE COMBINATOKIA. 37
omnes 4. plagas jannas habens, et in incdio «unitate miuoris; productum erit quaesifum,
positam mensam; (quo casu qais sit locus ho- >v. g. sint sex: a. b. c. c. d. e. suut simplices
noratissimus disputât Schwenter, et pro ja- »4. f 1. (duo illa c. habentur pro 1.) f. 5 °
nua orientem spectante decidit, e cujus regione 120. (120 autem sunt variatio numeri 5 ante-
collocaiulus sit honoratissimus hospes. Délie. cedentis datuui 6) f. 600. Ratio manifesta est, 2
Math. sect. VII. prop. 28.) atquc ita hospi- si quis intucatur schéma V. corruent enim om
tum situni variari cogita prioritatis posteriorita- nes variationes quibus data res pro se ipsa po-
4 tisque consideratione remota. Hic obiter aliquid nitur. Usum nuac monstrabimus. Esto propo- 3
de circulo in demonstrationc perfecta dicemus. situai: dato textu omnes melodias possibiles
Ejus cnm omnes propositiones suit convertibi- iiivenire. Id Harsdorfférus quoquc Délie,
les, prodibunt syllogismi sex, circuli très. Ut Math, sect 4. prop. 7. tentavit. Sed ille in
csto demonstratio : I. O. rationale est docile. textu 5. syllabarum melodias possibiles non
O. Homo est rationalisé E. O. homo est doci- nisi 120 esse putat, solas variationes ordinis
lis. II. O. homo est docilis. O. rationale est intuitus. At nobis necessarium videtur ctiam
homo. E. O. rationale est docile. 2. III. O. homo complexiones adhibere, ut nunc apparebit. Sed 4
est rationalis. 0. docile est homo. E. O. docile altius ordiemur: Textus est vel simplex, vel
est rationale. IV. O. docile est rationale. compositus. Compositum voco in lincas, Mù'iui;
O. homo est docilis. E. O. homo est rationalis. îrilcn, distinctum. Et com]x>siti textus varia-
3. V. O. homo est docilis. O. rationale est tionem discemus mclodiis siinpliciuiu in se con
Homo. E. O. rationale est docile. VI. O. ra tinue ductis pcr probl. 3. Textus simplex vel
tionale est docile. O. homo est rationalis. excedit 6 syllabas, vel non excedit. Ea diffe-
E. O. homo est docilis. rentia propterea necessaria est, quia 6 sunt vo-
ces: Ut, Re, Mi, Fa, Sol, La. (ut oinittatn
PROBL. VI. 7mam: Si, quam addidit Eryc. Puteanus in
DATO NUMERO RERUM VARIANDA- Musatliena). Si non excedit, aut sex syllaba
RUM, QUARUM ALIQUA VEL ALI- rum, aut minor est. Nos in excmplutn de Textu 5
QUAE REPETUNTUR VARIATIOINEM hexasyllabico ratioeinabiraur, poterit haram
reruin intelligens idem in quocunque prae-
ORDINIS INVENIRE. stare. Caeterum in oumibus plusquam hcxasyl-
1 .Nnmerentur res simplices et ex iisdem re- labicis necessc est vocum repetitionem esse.
-petitis semper una tantuin; Et ducantur in Porro in textu hexasyllabico capita variatio-
• variationein numeri numéro variatiomun dato uum sunt haec:
L ut, re, mi, fa, sol, la. Variatio ordinis est . . 720
II. ut, ut, re, mi fa sol. Variatio ordinis est
720-120. f. 600. Non solum autem ut, sed et quae-
libet 6. voeum potest repeti 2. mod. E. 6 ° 600. f.
3600. Et reliquarum 5 vociuu semper 5. mod. ïiliae
4. possunt poni post ut ut; nempe: re mi fa sol. re
mi fa la. re mi sol la. iv fa sol la. mi fa sol la. seu 5
res habent 5 con4nationes : 5 ° 3600. f. 18000
III. ut ut re re mi fa. 480 ° 15. f. 7200. n 6. f. . . . . 43200
IV. ut ut re re mi mi. 360 n 20. f. 7200
V. ut ut nt re mi fa. 360 ° 6. f. 2160 n 20. f. .... 43200
VI. ut ut ut re re ini. 360 ° 6. ° 5 ° 4. f. 43200
VII. ut ut ut re re re. 240 « 15. f. 3600
VIII. ut ut nt nt re mi. 360 ° 6. n 10. f. 21600
IX. ut ut ut ut re re. 240 ° 6. ° 5. f. 7200
Summa 187920
GQuid vero si septimaui vocern Puteani Si, si mare melodiarum, quarum pleraeque aliquo casu
pansas, si inaequalitatcm celeritatis iri notis, si utiles esse possintî Admonet nos vicinitas re-
alios characteres musicos adliilioamus compu- ruin posse cujuslibet gencris carmiiiuin ]iossil)i-
tationi : si ad textus plurium syllabarum quam 6. les species seu flcxus, et quasi melodias inve-
si ad composites progrediamur , quantum crit niri, quae nescio an cuiquaiu hactcnus vel ten-
38 II. DE ARTE COMBINATORIA.
tare in mcntem venerit. Age in hexamètre co- hostc, Cacsar Barouius coufudit) ad Cou
8 uemur. Cutn hexamètre sex siiit pcdcs, in cae- stuiiti IHIIII Magnum 26. versibus hcroicis
tcris quidem dactylus spondaeusque prouiiscue coustans, quorum ]>rimus est 25. literaruui, cae-
habitarc jwssuut, at penultimus non lûsi da teri continue uua litera crescunt, usque ad2f>tum
ctylo, ultiinus spondaeo aut trochaeo gaudet. qui liabct 50. ita ouuies organi Musici speciem
Quod igitur 4 priores attinet, erunt vel nieri cxprimimt. MemincreHieron. ad Paulinam,
dactyli, 1. vel nieri spondaei, 1. vel très dactyli Firmicus in myth. Rab. Maurus, Beda do
unus spondacus, vel contra: 2. vel 2. dactyli re metriea. Edidit Velscrus ex Bibliothccu
2. spondaei, 1. et ubique variatio situs 12. 2 f sua Augustae cum figuris An. 1591. Addc du
1. f. 3 « 12. f. 36. f 1 f 1. f. 38. In siii- eo Eric. Pute a nu m in Thauui. Pietatis lit.
gulis autem lus generil)us ultiinus versus vel N. qui ait hoc carminé revocari ab exilio me-
spondaeus vel trocliaeus est 2 n 38. f. 76. Tôt ruisse; Gerh. Joli. Vossium syutag. de Poët.
sunt gênera hexarnetri si tantum metniui spe- Latiuis v. Uptatianus, item de Historicis Grac-
9 ctes. Ut taccam varietates quae ex vocibus ve- cis, I. Cas p. Ha rt lu mu Commentariolo du
niunt, v.g. quod vel ex monosyllabis vel dissy- Latina Lui«rua, et Aug. Buchnerum Notis iu
labis etc. vel liis inter se mixtis constat; quod Hymnum Venantii Fortunati, (qui vulgo
vox modo cuiu jKxle finitur, modo facit caesu- Lactantio ascribitur) de Resurrect. ad v. 29.
ram conique varii generis; quod crebrae inter- pag. 27. Qui observât Hexamètres tistulis, ver-
lOcedunt elisiones aut aliquac aut nullae. C'aete- sum pcr médium ductum: Augusto victore,
rum et multitudinc literarum hexametri diffe- etc. regulae organi, jambos anacrconticos dimc-
runt, quatu in rem exstat caruien Publilii tros onmes 18. literarum, epitoniis resjwndcre.
PorpliyriiOptatiani (queui imilecum Por- Versus ijwos quia ubiquo obvii non suut ex-
phyrio Graeco, philosopho, Quistianoruiu pressimus.
25 Os i diviso Metiri Limite Clio
26 UnaLege Sui UnaManatia Fonte
27 Aonio Versus Heroi Jure Manente
28 Ausuro Douct Mctri Felicia Texta
29 AugeriLongo Patieus Exordia Fine
30 Exiguo Cursu Panro Crescentia Motu
31 Ultima Postremo Doncc Vestigia Toto
32 AscensusJugi Cumulato Limite Clndat
33 Uiio Bis Spatio Versus Elementa Prions
34 Dinumeraus Cogens Ae<|uali Lege Retenta
35 Pan-aNiuiisLongisEt Visu Dissona Multum
36 Tempore Sub Parili Metri ll:itionil)us bdein
37 Dimidiuui Numéro MusisTamen Aequiparanteiu
38 Haec Erit In Varios S})ecies Ajitissinui Cautus
39 Perque Modos Gradibus Surget Fecunda SonorÎ!»
40 Aère Cavo Et Tercti Calaniis Crescentibus Aurta
11 Quis Beue Su])]X)sitis Quadratis Ordine Plectris
42 Artificis Manus Innumeros Clauditqiie A|irritc]iUT
43 Spiramenta Probans Placitis Bene Consona Rythmis
44 Sub Quihus Unda Latens ProïK-rantibus Licita Ventis
45 Quas Vicibus Crehris Juvenum Labor Haud Sibi Discor»
46 Hinc Atquc llinc Animacque Agifciut Augetque Relurtans
47 Compositum AdNumcros l^opriumque AdCannina l'raestat
48 QuodqueQueat Minimum AdmotiiinlutremefactaFrequcntci'
49 Plectra Adaperta SiHjui Aut Plaritos Benc Claudere Cantus
50 Jamque Métro Et Rytlimis Praostringere Qiiictjuid Ubique Est
Ex quibus multa circa scripturain Veicruni ob- litera esse débet. Sed de hoc Optatiano vel
sen'ari jK)ssunt imprimis Di]ihthonguni AE clua- propterea fusius dixinins, ut infra diceuda prac-
bus literis expriini solitam; qui tainen uios non occuiarcmus; ubi versus Protêt» ab eo roin[»o-
est cur rationem vincat, luiius euim soni una sitos allegabimus.
II. DE ARTE COMBINATOKIA. 38
25 Post martios laboros,
26 Et Cacsarum parantes PROBL. VII.
27 Virtutibus, JKT orboin DATO CAPITE VARIATION ES REPERIRE.
28 Tôt laureas virentes,
29 Et Principis trophaea; Hoc in complexionibus solvimus supra. Oc situs variationibus 1
30 Felicibns triumphis nnnc: Sunt autem divers! casus. Caput euim variationis hujus aut
31 Exsultat omnis aetas, constat una re, aut pluribus: si una, ea vel monadica est, vel dan-
32 Urbesque flore grato, tur intcr res (variandas) alia aut aliae ipsi homogeneae. Sin plu
33 Et froiulibus dccoris ribus constat, tuiu vel iutra caput dantur inviceni homogeneae vel
34 Totis virent plateis. non, item extrinsecae quaedam intrinsccis homogeneae sunt vel
35 IIuic ordo veste clara non. .Primum igitur capite variationis fixo manente unmerentur 2
36 Li purpnris hononiin »res extrinsecae; et quaeratur variatio earutn inter se (et si sint
37 Fausto precantur or?, • discontiguae sou caput inter eas ponatar) praeciso capite, per
38 Fenintqne doua laoti. »prob. 4. productum vocetur A. Si caput multiplicabile non est,
39 Jain Koma culmen orbis »sen neqnc pluribus rébus constat, et una ejus res non habet ho-
4 0 Dat mimera et coronas •mogeneam, productum À erit quaesituin. Sin caput est 3
4 1 AUTO ferens coruscas •mnltiplicabile, et constat 1. re liabcnte homogeneam, productum
42 Victorias triumphis, »A multiplicetnr numéro homogenearum aeque in illo capite poiù-
4 3 Votaque jam theatris -bilium, et factus erit quaesitum. Si vero caput constat plu- 4
44 Redduntur et Choreis. •ribus rébus quaeratur variatio earum inter se, (etsi sint discon-
45 Me sors iniqua laetis •tiguae seu res extrinsecae interponantur) per probl. 4. ea duca-
46 Soleninibus remotum • un- in productum A, quodque ita producitur diccmus B. Jam si
47 Vix hacc sonare sivit • re,s capitis nullam habet homogeneam extra caput, productum
48 Tôt vota fronte Phoebi •Bcritquaesitum. Si res capitis liabet homogeneam tantum
49 Vt'rsnque comta sola, «extra caput, non vero intra, productum B. multiplicetur numéro
50 Augusta rite seclis. »rerum homogenearnm, et si saepius sunt homogeueac, iactus ex
"numéro homogenearum priorum multiplicetur numéro homoge-
•nearum posteriorum continue, et factus erit •componti per probl. 10. productum erit
G »quaesihim. Sin res capitis liabet homogeneam »quaesitum.«
• intra caput et extra, nurnerciitur primo res
«hoinogeneae intrinsecae et extrinsecae siinul, PROBL. IX.
»et siipponantur pro numéro complicando ; CAP1TA VARIATIONES COMMUNES
• deindc res datae homogeneae tnntuin intra ca- HABENT1A REPERIRE.
»put supponantur pro cxponcnte. Dato igitur
•numéro et exponente, quaeratur complexio |ier -Si plura capita in variatione ordinis in ean- 0
•probl. 1. et si saepius contingat homogeneitas, »dem locum incidunt vel ex toto vel ex parte,
•ducantur complexiones iii se invicem continue. •non liabcnt variationes communes. 2. Si ea-
• Complexio vel factus ex complcxionibus duca- >dem res monadica in plura capita iucidit, ea
»tur in productum B. l;.t factus erit quaesi* -non habent variationes communes. Caetera
7 .. i mu." Hoc problema casuum nniltittido ojx:- • onmia habent vaiiationes communes.
rosissimum efficit, ejusque nobis solutio inulto
et labore et tempore constitit. Sed aliter se- PROBL. X.
quentia problemata ex artis principiis nemo sol- CAPITA VARIATIONUM UTILIUM
vet. In illis igitur osas hujus apparebit. AU11 INUTILIUM REPERIRE.
PROBL. VIII. Capita in universum reperirc expe- 10
dituin est. Nain quaelibet res per se, aut in
VARIATIONES ALTERI DATO CA- quocunque loco per se, aut cum quacunque alia
P1TI COMMUNES REPERIHE. aliisve, quocunque item loco cum alia aliisve,
brevitcr omnis complexio aut variatio proposita
8 «Utrumqne capnt ponatur in eandemvariatio- minor et earnndem rerum, seu qnae tota in al
.11. ni quasi csset unum caput compositum (etsi téra continetur, e.st caput. Metliodus autcm in
-interdum res capitis compositi sint disconti- disponeiuiis capitibus utilis, ut a minoribus ad
• guae) et indagentur variatioues unius capitis majora progrediamur, quando v. g. propositum
40 II. DE ARTE COMBINATORIA.
nobis est omnes variationcs oculariter propo- rum vel déçus patitur omnes variationes possi-
ncrc, quod Drexelius looo citato Puteanus biles, utiles esse. Cujns spécimen in argu-
et Klcppisius et Reinerus citaudis factita- mcnto minus fortassc fructuoso, in cxeuiplum
1 1 runt Caeteruni ut Capita utilia vel inuti- tamen maxime illustri daturi suinus. Diximus 1 5
lia reperiantur, adhibenda disciplina est ad supra Proteos versus esse pure protcos, id
quaiu res variaiidae, aut totum ex iis composi- est in quibus plcraeque variationes possibiles
ium portinet. Regulae ejus inutilia quidem eli- utiles sunt, ii nimirum qui toti pro|>emoduin
dent, utilia vero relinquent. Ibi vidcndum quae monosyllabis constant; vel mixtos, in quibus
cum quibus et quo loco conjungi non possiut, plurimae iucidunt inutiles, quales sunt qui po-
item quae simplicitcr quo loco poiii non possint lysyllaba, eaque brevia coutinet In hoc génère 1 6
v. g. primo, tertio, etc. Iinprimis autrm priino inter veteres, qui milii notus sit tentavit taie
et ultimo. Deinde videndum quae res potissi- quiddam idem ille de quo probl. 6. Publilius
iiniiii causa sit anomaliae (T. g. in versibus hex- Porphyrius Optatianus. Et Erycius
ametris protêts syllabae brèves). Ea ducenda Puteanus Thaumat. Piet lit N. pag. 92. ex
est IHT omnes cacteras, omnia item loca, si aliis ejus de Constantino versibus hos refert:
quando autem de pluribus idem judieium est, Qucm divus genuit Coustantius Induperator
satis crit iu uno tentasse. Aurea Romanis propagans secula nato.
Ex illis j)rimus est Torpalius, vocibus continue
PROBL. XI. syllaba erescentibus constant alter est Proteus
VARIATIONES INUTILES REPERIRE. sexiformis, si ita loqui fas est.
Aurea Romanis propagans secula nato
12 >Duae sunt viae (1.) per probl. 12. hoc Aurea propagans Romanis secula nato
«nu H In: inventa sumina variationum utilium et Secula Romanis propagans aurea nato
-imitilium per probl. 4. subtrahatur sutnma Secula propagans Romanis aurea nato
••iitiliiiiu per probl. 12. viam secundum; Resi- Propagans Romanis aurea secula nato
• duum crit quaesitum (2.) absolute hoc modo: Romanis propagans aurea secula nato.
-Inveniantur capita variationum inutiliiim per Venini plures habet primus ille Virgilianus: 17
«probl. 10. quaerantur singulorum capituin va- Tityre tu patulae recubans sub tegmine fagi
• riationes per probl. 7. si qna capita coimnu- quem usus propemodum in jocuni vertit. Ejus
»nes habeut variationes per probl. 9. numcrus variationes sunt hae: pro tu sub 2. pro patu
•earuin inveniatur per probl. 8. et in uno so- lae reçu bans 2. etTityrejam initio, utnunc;
• lum capitum variationes communes habcntiuni jam tegmine initio: jam Tityre tegmine,
«relinquatur, de caeterorum variationibus sub- fine; jam tegmine Tityre, fine. 4. ° 2 °
-trahatur; aut si hune laboran subtrahendi 2. f. 16. Veruni in Porphyrianaeis non singuli
•subterfugere velis, initio statim capita quam Protei, sed omnes, neque unus versus, sed car-
• maxime composita pone, conf. probl. 8. Ag- men totum talibus ]>lenum adniirandum est.
•gregatum omnium variationum de omnibus Ejnsmodi versus com]X)situro danda opéra, ut
«complexionibns, subtractis subtraliendis, erit voces consonis aut incipiant, aut fimant Alter
»quaesitum.« qui et nomen Protei indidit, est Jul. Caes.
Scaliger, vir si ingcnii ferocia absit, plane 18
PROBL. XII. incomparibilis, Poët. lib. 2. c. 30. pag. 185.
VARIATIONES UTILES REPERIRE. is hune composuit, formarum, ut i|)se dicit, iu-
numcrabilium, ut nos 64 :
13 Solutio est ut in proxime antécédent!, si haec Perfide sperasti divos te fallere Proteu.
saltem mutes, in via 1. loco problem. 12. pone Plures non esse facile inveniet, qui vestigia hu-
11. etc. et subtrahatur surama inutilium per jus nostrae computationis leget. Pro Perfide
probl. 1 1 . viam seeundam. In via 2. invenian- fallere 2. n pro Proteus divos 2. a 2.
tur capita variationum utilium; caetera ut in f. 4. Sperasti divos te, habet variation»!,
probl. proxinio. 6. ° 4. f. 24. Divos perfide Te spera
sti, habet var. 2. Divos Te sperasti per
UsusProblem. 7. 8. 9. 10. 11. 12. fide, habet, 6. f 2 f 2 f. 10 ° 4. f. 40. f
14 Si cui liaec problemata aut obvia aut inutilia 24. f. 64. observaviinus ex Virgilio, aequc,
videntur, cum ad praxin superiorum descende imo plus variabilem, Aen. lib. 1. v. 282.
nt alind dicct. Rarissime enim vel natura re- Queis (pro: His) ego ncc metas rerum née
II. DE ARTE COMBINATORIA. 41
t. >ii i| » nu pono. Nain perfide una vox est; Bauhnsiani Puteanuiu autorein pracdicavit his
19quciscgoiii duas diseerpi potest. Veuio a<l in- verbis: quoniam vero vêtus erat opinio
geniosum illumBcrnhardi Bauhusii Jesuitae a Ptolemaeo usque propagata, stellas om
Lovanicnsis, qui inter Epigrammata ejus exstat; nes esse 1022. Erycius Puteanus pietatis
utque superior, v. probl. 4. de Christo, ita hic et iugenii sui inonuinentum postcris
de Maria est: rcliquit, illo artificiosissimo carminé,
Tôt tibi sunt dotes virgo, quot sidéra coelo. Tôt tibi, etc. qui tameii non autor sed com-
Dignuin hune peculiari opéra, esse duxit vir do- meutator, conuuendatorque est. Deuique simi- 22
rtissiuius Erycius Puteanus libelle, qucin lem prorsus vcrsum inOvidio, levissima mu-
Thaumata Pictatis inscripsit, edito Aiitver- i: u ii me observavimus hune, Metam. XII. fab. 7.
]>iae anno 1617. forma 4 ta. ejusquc variatio- v. 594:
nes utiles omnes euuinerat a pag. 3. usque ad Det mihi se, faxo triplici quid cuspidc
50. inclusive, quas autor, ctsi longius porri- possiiu
gantur, intra cajicellos nuineri 1022. continuit, Sentiat etc. Is talis fiet:
tiuu quod totidem vulgo stellas nuuierant Astro- Det ni i ii i se faxo trina quid cuspide possim.
nonii, i])sius autem institntum est ostenderc do N.-nii etiam ultima in mihi et faxo anccps est 23
tes non esse pauciores quatn stellae sont; tum Exstat in eodem génère Georg. Kleppisii
quod nituia propeinodum cura onuies illos evi- nostratis Poëtae laureati versus hic:
tavit, qui dicere videntur, tôt sidéra coelo, quot Daiit tria jaiu Dresdae, ceu sol dat, lumina
Mariac dotes esse, nain Mariae dotes esse luccm.
inulto plures. Eas igitur variationes si assum- cn.jus variationes pcriiliari libro enumeravit
sisset, (v. g. Quot tibi sunt dotes virgo, tôt si 1 6 1 7 : occasionem dedere très soles qui anno
déra coelo) totidem, neinpe 1022. alios versus 1617. in coelo fulsere, quo tempore Dre-sdac
ponendo tôt pro quot, et contra, emersuros convenerant très soles terrestres ex Aiutriaca
fuisse uianifestum est. Hoc vcro etiam in prae- donio: Matthias Imperator, Ferdiuandus
fatione Puteanus annotât pag. 12. interduiu Rex Bohcmiae, et Maximilianus Archidux,
non sidéra tantum, sed et dotes coelo adhaerere, supremus ordiuis Téutonici Magister. Libellum
ut ooelestes esse intellipanui.s, v. g. illis dcdicatum titulo Protei poëtici eodein anno
Tôt tibi sunt coelo dotes, quot sidéra virgo. edidit, quem variationum numéros signât. Oin- 24
Praeterea ad vaiïationeni multmn facit, quod nino vero plures sunt variationes quam 1617.
ultiniac in Virgo, et Tibi ambigui quasi cen- quod ipse tacite confitetur autor dum in fine
sus et coi"ripi et produci patiuntur, quod arti- inter errata ita se praemunit: fieri j)otuisse, ut
ficium quoque infra in Daumiano illo singu- in (auta inultitudinealiquembisjx)suerit,supplen-
20 lari observabimus. Mcnùnit porro Thauinatuin dis igitur lacunis novos aliquot ponit quos certus
suornin et Protei Bauhnsiani aliquoties Putea sit nondum habuis.se. Nos nt aliquain praxin
nus in apparatus epistolarum cent. I. cp. 49. proximornm problematum exhibeamiis, varia
et 57. ad (fisbertum Bauhusiuni Ber- tiones omnes utiles computabinius. Id sic fict,
nardi Patrem; add. et ep. 51. 52. 53. 56. si inveniemus omnes inutiles. Capita variatio
ibid. Editionem autem harum epistolarum ha- nuni expressimus notis quantitatis, sic tamen
beo in 12. Amstelodami aiiuo 1647. nain in ut pro | il M vil ii H transpositis imum assumseri-
editione rpistolannn in 4to quia jani anno mus, v. g. . — . — . u ^ . etiam eonti-
21 1612. prodiit, frustra quaeres. Caeteruni Joli. net lioe : — . . — . o u etc. Punctis de-
Bapt. Ricciol. Almag. nov. P. 1. lil>. 6. c. 6. signamus et includimtis uuam voceni.
sehol. 1. f. 413. peccato ^u'^uoi'txû) Versus
Suitima Omnium variationum utilium et imitilimn 30288025
Catalogus Variationum inutilium.
.v.g. tria dant jam Dresdae ceii sol dat lumina lucem. 40320
2, • o O • Dresdae tria dant jam ecu sol etc. 10080
3. , . dant jam tria. 14400
4. • u O • Dresdae dant jam tria. 28800
5. '•ou . Dresdae lucem tria. 1440
6. . dant jam ceu sol tria. 2880
7. « . —. r-, . Dresdae luccm ccn sol tria. 28800
42 IL DE ARTE C0MB1NAT0RIA.
8. -< m< .m.**.* .*■> -oo- Dresdae dant jam ceu sol tria. 7200
9. — M.t-i —i . —< . -h . -i .-h , u u . Dresdae lucem dant jam ceu sol tria 7200
10. in fine u y . v.g. tria. 40320
26 Sumnia Variationura ob vooein Tria inutilium, quae exacte
constituit dimidiuiu sumniac Yariationuin
possibilium. 181440
11. ab initio: ** . -h y q . dant liunina. 18000
12. *-".-* — .— y 0 . dant Dresdae lumina. 9600
13. f< . — . — . — u jj . dant jain ceu lumina. 4320
14. -> . -> . — . — . -1 . — - -^ . dant jam ceu sol dat lumina. 240
Ij. — .-h — .— -" . ~> -w ^ . dant Dresdae lucem lumina. 2100
111.—(. — .— .— — . — ^ u . dant jam ceu lucem lumina. 57CO
17. —.— . — .— . — . — —.— , ■ . dant ceu jain sol dat lucem lumina. 0
15. ph ,_<.-<. —i -. . -< •—i . «—i u y . dant ceu jam Dresdae lucem lumina 1200
19, ,_,,_,,_,_._.—i -(.-i ,-..,* ^ u . liant ceu jam sol dat lucem
Dresdae lumina 0
20. fine - U y ■ e. lui 11620
27 Suinma Variationuin ob solam vocum lumina inutilium 52900
21. ubicunque: -1 u y • o 0. lumina tria. 40320
22. o o• lumina Dresdae tria, 1444Ô
23. '•o lumina ceu jam tria. 4800
24. o o• ^ y . lumina ceu jam sol dat tria, 1440
25. u o- •OU' lumina Dresdae lucem tria, 480
26. u u■ lumina ceu jam Dresdae tria. 4800
27 ._,.— .-< m ,« «.y „. lumina ceu jam Dresdae lucem tria. 4080
28 . -h . _i . -- . -h . —i rt.u u . lumina ceu jam dat sol lucem tria. 532
o
29 . — .-<.-H.-H.-t i-i u u. lumina ceu jam dat sol lucem
Dresdae tria. 2978
28 Sumnia Variationum inut. ob complicationem Lumina et Tria,
illo praeposito. 59870
30. —i
u o ^"* • u 0 . dant tria jam lumina. 2400
31, -H
a u ^H , •h.i-< 0 u . dant tria jam Dresdae lumina. 3840
32. 1-1
a o •■* . o o ceu sol. 1440
?>:<,. FH
u o ~l . y —. <l;uit tria j a m ceu sol lucem lu min; 5760
■a. PH
u u ^. — . -< o q . dant tria jam ceu sol lucem
Dresdae lumina 9360
Sumnia Variationum inut. ob complic. Tria et Lumina illo praeposito 22800
59870
52900
181440
Sumnia summarum Var. inut. 317010
subtrahatur de sumnia universali 362880
Rcmanet :
29 Summautilium variationum versus Klcppisii admissis spondaicis. 45870
Spondaicos reliquimus ne laborem computandi augeremus, quot tamen inter omnes
variationes utiles et inutiles existant spondaici, sic invenio.
si in fine ponitur *+ . -h f-i . v. g. dant lucem 100800
_ *« . _■ M . y. g. Dresdae lucem 1 0080
-■ . ** . -i . v. g. dant ceu sol 43200
Sumnia omnium spondaicorum util, et inut. 154080
II. DE ARTE COMBIXATOHIA. 43
SOExstat praeterea versus uobilissiiui herois Ca- gno, quem mcrito plus quam Protea diras,
i ni j a Goldstein: neque eniin in idoni tantuin, scd ivlia ]>luriina
Ars non est taies beue structos scribere carniinis gênera couvertitur. Verba rniiu harc:
versus, O aime (se. Deus) mactus Petrus (SJKHI-
in artc sibi neganda artificiosus, qui 1644. va- sus) sit lucro duplo: varie transposita dant
riationes continere dieitur. Aemulationo homin, Alcaicos 8. Plialeucios 8. Sapphicos 14. Arclû-
Klcppisii inprimis, prodiit Heur. Keinie- locliios 42. in quibus omnibus iutercedit clisio.
rus Liïneburgensis, Scholae |>atriac ad D. Jo At vero sine elisioue facit )>entauietros 32. lain-
li a uni s Collega Proteo instructus tali : bicos senarios tantum 20. Scazontcs tantuin
Da pic Chrlste VrbI bona paX slt teMpore 22. Scazontcs et lambos simul 44. (et ita lam-
iiostro. Ixw omnes 64. Scazontra onincs 66.) si sylla-
qui idem annum 1619. quo onuics ejus variû- bam addas fit Hcxameter, v. g.
t ic mis iino libelle in 12. Hamburgi cdito, iii- Fac dnplo Petnis lucro sit inactus, o aime!
3 1 clusi prodienuit, continet. Laboriosissimus quo- variabilis wrsibus 480. Caetenim artificii ma- 33
quc Da ii mi 11 s, vir in oiniû génère poeinatuiu gna pars iu eo consistit, quod pluriniae syl-
cxcrcitatus, née hoc quidein intentatmn voluit a labac, ut prima iu duplo, Petrus, lucro, sunt
se relinqui. Nihil de ejus copia dirain qua idem ancipites. Elisio autcm efficit ut cadem verba,
terinillies aliter carminé dixit (hic enitn non diversa gênera canninis syllabis se excedentia,
alia vcrba, sed eonindem verboruin alius ordo officiant. Alium jam ante anno 1655. dede-
esse débet) quod in liac sententia: fiât justitia rat, sed variationum partion-m , nempc Alcai-
aut perçât mu in lus. Vertumno poëtico Cy- i-iiin hune:
gneae aiuio 1646. 8. cdito praestitit Hoc sal- Faustum aima s]y>nsis da Trias o tomm!
tem adverto, quod et autori aiiDotatuin, in mil- convcrtibilem in Phaleucios 4. Sapphicos 5.
lenario 1. nuni. 219. et 220. versus Proteos Pentamètres 8. Arclùlochios 8. lanibicos sena
rsse. Hi sunt igitur : rios 14. .Scazontes 16.
v. 219. Aut absint vis, fraus, ac jus ades, Sed jam tcmpus n p mm spumantia solvere 3 1
aut cadat aether. colla.
v. 220. Vis, fraus, lis absint, aequum gérât, Si quis tamen prolixitatem nostrain damnât, is
aut ruât orbis. vcreor. ne cum ad ])nixin ventum crit, idem
32 Nacti vero nupcr sunuis, ipso communicante, versa fortuna de brcvitate couqueratur.
alium ejus versuin invento sanc publice Irgi di-

APPENDIX,
CONTINENS COROLLARIA DISPUTATIONIS ARITHMETICAE ')•

(l.ip-. 1666. — j. ri h n. Opp. éd. Oulens Ton). III. p. 9 u. 10).

I. LOGICA. 1. Duae sunt propositioncs pri- inerito jn-acticac XO.T t4°Xnv dicuntur. 4. Me-
mae, un:i. priucipium omnium theorcmatum seu thodus ctsi in omni disciplina omnis adhiheri
propositionum necessarium : Quod est (taie) ici jwtest; ut vel vestigia inquisitionis nostrae, vel
est, seu non est (taie) vcl contra; altéra om producentis naturae in tradendo sequamur; ta
nium obstTvationum seu propositionum contin- men in practicis fit ut coïncidât et na-
gentium: Aliquid existit. 2. Dantur demon- naturac et cognitionis ordo, quia in iis
strationes jierfectac in omnibus discipb'nis. ipsa rei natura a cogitationc et proHu-
3. Si disciplinas in se spectrmus, omnes sunt ctione nostra oritur. Nam finis et nos
theoreticae; si usum, omnes practicae. Eae ta
men, ex quibus osus magis immédiate nuit, ') Cf. quae supra nolavimus p. 11.

44 II. DE ARTE COMBINATORIA.
movet atl inalia producenda, et ducit ad co- moduin et fcrruni ipsuin. 3. Viiu Magnetis ab
gnoscenda; quod in iis quac cognoscere tan- Àdamante sisti tictuin est.
tuni, non etiam efticere possumus sccus est. IV. PRACT1CA: 1. Justitia (particularis)
Praeterea etsi onuiis methodus licita est, 11011 est virtus servans ini'diocritateui circa aQectus
tanicn omnis expedit. 5. Syllogismus non est hoininis erga hoinineni, juvandi et uocendi, seu
finis Logicae, sed contemplatio shnplex; propo- fevorem et odiuin régula mediocritatis est: li-
sitio vero est inodiiun ad hauc, syllogismu.s ad cere eo usquc alteriini (nie) juvare, quo usque
propositionem. (alteri) tertio non nocutur. Hoc observare ne-
cesse est, ut tucamur Aristotclem contra ca-
U. METAPHYSICA. 1. Infinitum aliud villuin Grotii, qui de J. B. et P. Prolegom.
alio majus est. Cardan. Aritlimet. Pract. ** 4. fac. a. ita dicit: »Non rectc autem uui-
c. 66. ii. 165. et 260. Dissoitire dicitur Se- • versaliter positum hoc fundainciituni (quod
thus Wardus in Aritlunetica iufinitoruin. » virtus posita sit in mediocritato) velex justitia
2. Deus est substantia, Crcatura accidens. • apparet, cui oppositiini nimium et ])aruni cuin
3. Neccsse est dari disciplinait! de creatura in »in affectibus et sequentibus cas actionibus in-
génère, scd ça fere hodie in Mctaphysica com- • venire non posset (Aristoteles), in rébus
prehenditur. 4. Vix est probabilo tcrniinum «ipsis circa quius justitia vorsjitur utrumquc
causae uuivocuin conceptuni dicerc, ad cfficien- • quaesivit, quod ipsuin primuin est desilire do
tem, inatcrialem, fonnalein, fùialem. Nain vox •gonore in gémis alterum quod in aliis inerito
iiilInMis itidein quid nui vox est! »cul[>at.« Vult ncmpc Grotius incongrue iii
III. PHYSICA. 1. Quuni observandum sit speciebus divisionis alicujus aliquain intei^seri,
alia uiundi corpora moveri circa propriuiu quae ex alio prorsiis divideJidi fnndainento de-
axein, idem de terra absurdum non est qtiem- rivetur; (quod vocat minus Philosophiez, f.ifTU-
adnioduin noc contrariuni. 2. Quuni rorporuin palvetv flç a^vXo yèvoç) et certe aliud pror-
sumina differcntia sit dcnsuin et raruin, inani- sus est mediocritas affectuum; aliud, rcruin.
festuin est quatuor primas qualitates, ita illu- Virtutes quoque non rorum setl aniinorum lia-
strari posse: Huinidum est rarum, Siecuni est bitus sunt. Quare ostendiinus justitiam et
dcnsuin, Calidum est rarefactivuni, Siccum con- ipsam in affectuum moderatioue esse posi-
densativuni. Omnc autem raruin facile alicnis tam. 2. Non inepte dicit Trasymachus
terininis continetur, difficulter suis; densuni con apud Platoneiu de Rcpubl. lib. 1. fol. 379.
tra: Et omne rareiaciens copiam facit in raro Justum esse potcntiori utile. Nam Deus pro
liomogencis ad se invicein properandi, et hete- prie et simpliciter est caeteris potentior, (hoino
rogeneis se separandi; quibus in denso via in- enini homine absolute potentior non est, quum
terclusa est. Unde definitionum Aristotelicarum liri-i possit, ut quantuuicunquc robustus ab in-
ratio reddihir. Neque ignis, qui rarus esse vi- flrmo occidatur). Caeterum Dei utilitas non in
detur, i|iiiuii tanien siccus esse debeat, obstat. lucro, sed honore cousistit. Igitur Gloriaiu Dci
Nain respondeo: Aliud diccndum de igné i>er inensuram omnis juris esse manifestuin est Et
se, alind de igné alii corpori inhaerente, nam qui Theologos moralistas et casuum conscieutiae
ejus naturam sequitur. Ita patct, flaiiiinain, scriptorcs consulet, vidcbit eo plerumque discur
quac nihil aliud est quani aër ignitus, fluidam sus suos in hac fundare. Constitnto igitur cer-
esse debere, quaeniadinodum et aër ipse: contra to principio, doctrina de justo scicntificc con-
ignem in ferro ignito consistentem, qucniad- scribi poterit. Quod Imctenus iactuiii non est.
III.
CONFESSIO NATURAE CONTRA ATHEISTAS.
1668.
(Spi/.elii Kpi.slola ad Anl. Ueiseriiui de eradicaudo alheismo. Aug. Vindcl. 1669. — L«lbn. Opii. ed.Uu-
n- il--. Tom. I. p. 5.)

twneticentiao in boiios ac inuoreiites aliquaudo aj>-


PARS I. |i:iritui;i<'. ilcjici pur subtilitates novatoruiii.
QUOD KATIO PHAENOMENORUM Se])ositis igitur praejucliciis et dilata Scripturac
et liistoriae fido anatoinen corponim mente aggre-
CORPORALIUM REUDI ÎNON POSSIT, dior, teiitaturus au eorum quac in ruqx>ribus sensu
SINE 1NCORPOREO PRINCIPIO, ID apparent, rationein rcddere possibile sit, sine sup-
EST DEO. positione causae iucorporalis.
Ac principio hodiemis ]>liilosophis Deinocriti
Divini ingenii vir Franciscus Baconus de et Epicuri resuscitatoribus, quos Robertus de
Verulamio recte dixit, philosophiam obiter liba- Boyle corj)usculares non inepte appellat, ut Ga-
taiu a DEO abducere, penitus haustam reducere ad lilaeo, Bacono, Gassendo, Cartesio, Hob-
cundem. Experimur hoc seculo nostro, feraci pa- besio, Digbaeo facile condescendendo assensus
riter sciontiae et impietatU. Cum eniin excultis suin, in reddendis «)riM)r<iliuni l'iiaenoinenoruin
egregie matheiuaticis artibus, et rerum iuterioribus rationibus nequu ad Deuni, nei|ue aliaui quainrun-
per Chemiam et Auatomiain tentatis appareret, que rem, fonnainque aut qualitatem iucorporaleui
plerorutnque rationes ex corporum figura motuque sine necessitate confiigieuduiu esse.
velut inechanice reddi posse, quosveteres vel ad soluin (Née deus iutersit, nisi dignus viiidiee nodus —
Creatorem vel ad ncscio quas ineorporales foni uts retu- incident). Sed oinuia quoacl ejus fieri possit, ex
Jeraut; tum vero ingeiiiosi quidam primum tentarc natura corporis, priini.s(|ue i-jus qualitatibus, inagni-
coeperunt, possont ne phacnomena naturalia, seu ea, tudiue, figura et motu dcduccnda esse.
quae in corporibus apparent, salvari et cxplicari, Dco Sed quid si denioiistreni, ne liarutn quidem pri-
non supposito, née ad ratiocinaiulum assumto: inox niaruiu ({ualitatuiu oriniiieni lu natura corporis rc-
ubi paulum res successit (antcquain scilicet ad funda- pcriri posse.' Tum vero piitebuntur, ut s|x;ro, na-
incnta et principia venisscnt) velut gratulantes se- tundistae nostri, corpora sibi non suftiwre née sino
ruritati suae ]>ennature pnxlideriint, se neque principio incorporée subsister*; posse. Deinonstrabo
Deuni, neqne iminortalitatem aniuiae naturali ra- vero uec obscure née flcxuosc.
tionc reperire, sed fidein ejus rei vel praeceptis ci- Si scilicet qualitates istoe ex dcfinitioiic coriwris
vilibns vel historiarum relationi delieri, ita crnsuit deduci non possunt, inanifcstum est eas in corpori
subtilissimus Hobbes, inventis suis incritas hoc bus sibi relictis existerc non posse. Onmis eiiiiu
loco silcri, nisi auctoritati ejus in deterius valiturae aflbctiouis ratio vel ex re ipsa, vel ex aliquo ex-
nominatim obviain cunduin csset. Atque utinam trinseco deduceiula est Detinitio autem corporis
non alii , longius progressi, janique de Scripturac est spatio iuexistere. Et onuies hommes illud di-
sacrae auctoritate, de veritatc historiarum, de histo- cunt corpus, (juod in sjwtio ali(|uo reperiunt, et
riaram rclatione dubitautes Atheismuui mnndo non contra quod corpus est, in spatio aliquo reperiunt.
obscraxj invexissent. Constat liaec detinitio duobus terminis, si>atio et
Hoc vero rnUii admoduiu indigiuun visuni est exîsteutia.
animum nostrum sua ipshis luce, id est, Philoso- Ex spatii toriuiuo oritur in corpore tnagnitudo
i lu., praestringi. Cocpi igitur ipscmct iuquisitioni et ligura. Corpus eniin eaiulem statim magnitudi-
rprum incumberc, tauto veheineiitius , (juanto fe- neni et tiguram liabet cuiu sjxitio quod implet.
rpbam ini|i;iticntias, me niaxûno vitae bono, eerti- Sed restât dulnum cur tautum jiotius et taie spa-
todinc scilicet acternitatis post mortcm, etspe divinae ( iuin ii MI ileut, quant aliud, et ita cur excmpli causa
46 III. CONFESSIO NATURAE.
sit potins tripedale quam bipedale, et cur quadra- diu reddita non est ratio rationis. Pracscrtiin cuiu
tum potins quatn rotundum. l'ujus rei ratio ex hoc loco idem dubium sine fine restet.
oorporum iiatnra reckli non potest, eaduni ciiini Satis igitur, O])inor, demonstratum est: deter-
niateria ad quamounque figuram sive quadratain iiiinataiii figuram et inagnitudincm, motum vero
sive rotundani indeterminata est. Duo igitur tan- omnino illuin in cor]x>ribus sibi relictis esse non
tuni responderi possunt, vel cori)us propositum qua- posse, Jacebo hoc loco, quia altioris indagiuis res
dratuni fuisse ab actcrno, vel ab altérais cor- est, ne causant quidein consistentiae corporum ha-
povis impactu quadratum factum esse, siqui- ctenus ab ullo ex ipsa coqwmm natura reddi-
dem ad causain incorpoream confugere nolis. Si tain esse.
dicis: ab aeterno fuisse quadratuiu eo ipso ratio- A consistentia autrui corporum est 1". quorl
in -ni non assignas, quidni eriim potuerat ab aeterno corpus grande parvo iiupellenti non ce<lit, 'À° .
esse sphaericum J aeternitas quip]>e nullius rei causa quod corpora aut partes corponim sibi invicem co-
intclligi jwtest. Sin dicis alterius coqwris motu qua haerent, ex quo oriuntur qualitates istae tactiles
dratain factum esse, restât dubium eur figuram ta- quas vulgo seeundas vocant, neinjx! soliditas,- flui-
lem vel talem ante niotum illuin habuerit ; et si ite- ditas; durities, molli tirs: glabrities, aspritudo; te-
rnm rationem refers in inotum alterius, et sic in nacitas, fragilitas; fiiabilitas, ductilitas, nmlleabili-
inliiiitiini. tuai pcr onme intinituin responsiones tas, t'nsibilitas: 3°. quod corpus durum corpori
tuas novis qnaestionibus prosequendo, apjKirebit non cedenti impingens reflectitur. Brevitcr a con
nunquam matcriam déesse quaerendi rationem sistentia tria sunt, resistentia, cohacrentia, reflexio.
rationis, et ita rationem plénum mlditam nunquam Quarum rationem qui ex materiae figura magnitu-
esse. Apparebit igitur ex natura eorporuin ratio dine et inotu milii reddiderit, eum ego magnum
nem certae in iis figurae et magnitudinis rcddi non plu'losophum libens fatebor. Unica prope via aj)-
possc. 1 Hximtis defiiiitionem corporis duas liabere paret, nempc coqius ideo corjwri impellenti resi-
partes : spatium et inexistcntiam ; sed ex voce spatii stere, et ipsum repercutere, quia ipsius jiartes in
oriri inagnitndinem aliquam et figuram, sed non superficie insensibiliter in occursum ejus uiovean-
detorminatam ; ad terminum vero inexistentiae in tnr. Sed supponamus corpus impingens non ea
illo spatio pcrtinet motus, diun enim corpus incipit linca. qua jiartes coqwris impellemli oi'cursura
existere in alio spatio quant prius, ex ijxso move- sunt, sed alia, obliqua fortasse incidere; eo ipso
tur. Sed rc accuratius perpensa apparebit ex na statim omnis reactio, resistentia, reflexio cessabit
tura qnidcm corjwris oriri mobilitatem , sed non contra experientiam. Sed cohaerentiae ratio a re-
ipsum motum. Eo ipso enim dum corpus proposi- actione et omnino motu, ])lanc reddi non ]K)test.
titum est in s])atio hoc: etiam esse j>otest in alio ae- Nam si chartae partem imj>ello, jwrs quam irn|)ello,
quali et simili prioris, id est potest moveri. Nam cwlit, ideo aliqua reactio et motus resistentiae fingi
posse esse in alio spatio quam prius, est posse mu- non potest. Sed non cedit sola, sed reliquas par
tare spatium, posse mutare spatium est posse mo tes sibi adhaerentes simul aufert. Sane verum est,
veri. Motus enim est mutatio spatii. Actualis au- et rationem liabet, quod olim Democritus, Leu-
tem motus ab inexistentia in spatio non oritur, sed cippus, Ej)icurus, et Lucretius, liodie secta-
potins corpore relicto sibi contrarinm ejus, nempe tores eorum Petrus Gassendus et Joli. Chry-
jKTinansio in eodem, seu quies. Ratio igitur motus sost. Magnenns prodiderunt: Omnem in corpo-
in corporibus ,«ibi relictis reperiri non potest. Fru- ribus cohacrentiao cansam esse naturaliter figunts
straneum igitur est illonim effugium , qui rationem qua^lam implicatorias, nempe, bamos, uncas, an-
motus sic rcddunt: Onine corj>us vel motum esse nulos, eminentias breviter, omnes duonnn corjxv
ab aeterno vel moveri ab alio corpore contiguo et rum curvitatis vel stationes sibi invicem insertas.
moto. Nam si dicunt corpus pro]X)situni motum Sed haec ipsa instrumenta implicatoria solida. et
esse ab aetenio, non apparet cur non jwtius quie- tenada esse necesse est, ut snnm tariant offiritiiu
vcrit ab aeterno, tempus enim, ctiam infinitum, et coqwnim jxirtes contineant. Sed unde i])sis <e-
causa motus intelligi non potest. Sin dicunt cor nacitas? an hamos liamorum supponemus in infini
pus propositum moveri ab alio contiguo et moto; tum 1 Sed qnae dubitandi ratio in primis erit, ea
idque iterum ab alio, sine fine; nihilo magis ratio et in sccundis et tertiis erit sine fine, atl bas diffi-
nem reddiderunt, cur moveatur primum et se- cultates acutiseimis istis philosophis nihil aliud su-
cundum et tertium vel quotumctmque , qnamdiu jierfuit quod responderent quam ut supponen'iit in
non reddidere rationem cur moveatur scquens, nltima cor]xiruin resolutionc insecahilia quaedani
a quo omnia antecedentia moventur. Ratio enim coqniscula, ipsi atomos vocant, quae variis suis figu-
conclusiouis tam di plane reddita non est, quam- ris varie combinatis varias corjx)rum sensibilium
III. CONFESSIO NATURAE. 47
qualitates officiant. Sed in istis iiltiniis corpuscu- diata est (-".) Cogitatio est res sensibilis sine
lis nulla apparet ratio c-oliaereiitiae et insccabili- imaginatione pailium. Hoc experienti claruni est.
tatis. Cogitatio enim est hoc ipsum nescio quod, quod
Reddidere aliquam vetcres, sed ita ineptam, ut scntimus, quando sentiums nos cogitare. Quando
ejus recentiores pudeat. Scilicet partes atomorum autem verbi gratia sentimus nos cogitasse de Ti-
icleo coliaerere, quia iiullum intercédât vacuum: ex. tio, non solum sentimus nos Titii iniagincm, quac
qua sequitur, ouuiia corpora quae se seincl eonti- sane partes habet, liabuisse in aniiuo, quia hoc non
geruut, inseparabiliter ad atoruoruin exeniplum co sufHcit ad cogitationem.
liaerere debere, quia in oinui contacta corporis ad I l;il irmiK enim imagines in animo etiam quando
M. i pus nulliiiii interredit vacuum. Qua perpétua de iis non cogitamus; sed sentimus praeterea, nos
rohaerentia niliil est ahsimliiis, niliil ab experien- illam Titii imagincm advertisse, in qua adverten-
îi.i uiagis alienuin. Recte igitur in reddenda ato- tiac ipsius imaginatione nnllas partes depreheu-
inoruiu liitionc confiigieinus ad I d'uni ilt-nique, qui dinius.
iiltiiuis istis l' i mu t'iindaiiH'iitis tirmitatcm |iraesti't. ( iiju- aliqua artio est res immédiate sensibilis
l.i niiror nequu Ci a.s s en il uni neqiie aliuni intcr sine imaginatione [lartium. ejus aliqua actki est ti-s
.«•utissinids liiijus scculi ]>liilo.sophos, praeclaram sine jiartibus.
liuiic demoiistrandae Divinae existentiae occasionein Nam quale quid immédiate sentitur, taie est.
aniinadvertisse. Apparet eniin in extreuia eorpo- Krroris enim causa est médium, quia si objectum
ruin resolutione Dei auxilio carere naturain non sensus esset causa erroris, semper falso sentiretur;
sin subjectum, semper falso sentiret.
Cuni auteui demonstraveriinus corpora determi- Cujus aliqua actio est res sine partibus, ejus ali
natain figurain et quantitatem, motum vero illiini qua actio non est motus.
liabere non posse, iiisi supposito Ente incorporali, Omnis enim motus habet partes per demoastrata
facile apparet illud Elis incorporalc pro omnibus Aristotelis et omnium confessionem.
esse i min an, ob hannoniam omnium intcr se, prae- Cujus aliqua actio non est motus, illud non est
-'Ttini cuin cor|x>ra motum habeant, non singula a corpus.
suo ente incorporait, sed a se inviceni. Cur autem Omnis enim corporis actio est motus. Omnis
FJIS illud incorporale hanc potius quam illam ma- enim rei actio est esseutiae variatio.
tnùtudinem, figuram, motum eUgat; ratio i-eddi Corporis essentia est: esse in spatio, existentiae
non poteat, nisi sit intelligens, et ob renun pul- in spatio variatio est motus.
chritudinem, sapiens, ob earum obedientiani ad Omnis igitur corporis actio est motus.
niitiini. potens. Taie igitur Eus incorporale erit Quicquid non est corpus, non est in spatio.
Mens totius mundi Rectrix, id est Deus. Corjwris enim demiitio est esse in spatio.
Quicquid non est in spatio, non est mobile.
PARS II. Motus enim est mutatio spatii.
MENTIS HUMANAE IMMORTALUFAS Quicquid non est mobile est indissoluble.
CONTINUO SORITE DEMONSTRATA. DLssolutio enim est motus secundum partent.
Omne indissolubile est incorniptibile.
Mens humaua est eus ru jus aliqua actio est co- Corruptio enim est dissolutio intima.
gitatio. Omne incorruptibile est immortale.
Ens cujns aliqua actio est cogitatio, ejus aliqua Mors enim est corruptio viventis, seu dissoln-
artio est res immédiate scnsibilis sine imaginatione tio ejus machinai- per quam quid apparet se mo-
partinm. vere. Igitur
Cogitatio enim est res (1°.) immédiate sensibi- Mens humana est immortalis.
lis, mens quippe se cogitantem sentions sibi imme- Quod erat demonstrandum.
IV.
EPISTOLA
AD

JACOBUM THOMASIUM.
1669.
(Maril Ni/.oli! de veris princlpiis et vera ralione philnsophandi ronlra Pseudophilosophos I.ibri IV, in-
s.ii|iu IIIUHliïssiinu Baruni a Boineborg ab edilore G. G. !.. !.. Francof. 1670. 4. — i, ri lui. Opp. éd. lin-
lens Tom. IV. P. 1. p. 7 — 19.)

I. Tuum illud liistoriae ])hilosoj)hicac yc\jfia. profitctur) qui statuunt fonuas e<luri, non e potentia
ilii-i non (intr.si . quain oiiuiihus sulivani moverit, materiae passiva, sed c potentia efficicntis activa.
apparet ciiiin, quantum inter uudas noiiiinuiu re- Quare consequeus est, ut Deum potins sua jxj-
ccnsioues et profuuclas illas de seutciitianun conne- teiitia activa, quain ex nihili jx>tentia olijecti\-a,
xionilms rationes intersit. Kt certe quotquot rerum et quasi passiva, erratums producere vredant.. Doits
intelligentes de specimine tuo loqui audio (sels me igitur, ex eoiiiin sententia, res ex se ))rodncet, et
njhil auribus dare) ii unanhuiter assenierant, a ne- ideo ]>riina rcrum materia, quodannnodo reruin
mine uno intcgnun historiae philosophicuc corpus materia erit: setl de eo tu rectius arbitralxiris.
potins exspcctari posse. Plerique alii antiquitatis III. De Cartesio et Claubcrgio ])rorsus te-
inagis quain artis poriti, vitas potins quain sentcn- cuin sentio, discipuluui Magistro cluriorcm esse,
tias nobis dederunt. Tu non Pliilosophoruin, sed lllud tmneiï nirsus dicere ausim, niillum fere Car-
irfiilosophiae historiam dabis. Narrant in Anglia tcsianis inveutis addidissc. G?rte Claubergius,
sub praelo esse José phi Glanvilli Historiain llaeus, Spinoza, Clerselier, Heerbord,
cresccJitium indo ab Aristotele scientiaruin. Sed Tobias Andreae, Henricus Kegius, nihil
illum arbitrer ferc inatheiuaticcs, et inechanices, et aliud, quaui Ducis sui para])lirastas cgcruni. Car-
physices illius curiosioris tantum periodos srquntu- tesianos vero eoj tantum appelle, qui Cartesii
ruin, ita tibi, opiuor, praeripuit nibil. Utinam j>ri]ici]>ia sequuntiir, ex quo numéro magni illi viri
vero ad recentiorem liane aotatcm styluin flluinque Verulamius, Gasseudus, Hobbins, Di<;-
producas, et adinoneas inconsultaui juventutem bacus, Cornélius ab Hoglielande etc. prw-
nostrani, neque nibil novatoribus tribacnda esse: sus eximi debout, quos vulgus Cartesiaiiis confiin-
Bageniinus non solus est, cui censor dcbearc; dit, quuni tainen vol Cartesio aequalcs vel etiain
sunt Patricii, Telcsii, Cainpanellae, Bo- snpcriores aetate et ingciiio fucrint; me fateorniliil
dini, Nizolii, Fracastorii, Cardaui, Ga- minus quam Cartesianum esse. Keg^ilnm illaiu
lilei, Verulamii, Gassendi, Hobbii, Car- onuiibus istis pliilosophiac restauratoribus comniu-
tesii, Bassones, Digbaei, Sennerti, Sper- nem teneo, nihil explicandum in coqioribiis , nisi
lingii, Dcrodoues, Deusingii, et milita alia per magnitudinem, (iguram et motnin. In Carto-
noiuina, in quae philosophiae ])alliuin distraliitur. sio ejus methodi tantum propositum amo; nain
De his adinoncrc orbeni, tibi Indus, publico frn- quum in rein praesentem vcntum est, ab illa sevo-
ctus erit ritate prorsus remisit, et ad Hypothèses quasdain
II. Judicio tuo de Bagcinino quis non assen- mii-as ex abrupto delapsus est, qnorl n>etc etiain
tiatur? Nulla in hypothesihus ejus conrinnitas, deprehendit in eo Vossius in libro de Lure.
nulla rationum connexio, sententiac vero prorsus IV. Quarc dicere non vereor plura me probaro
monstrosae, certe nisi aliqua in physica sjicciali in libris Aristotclis, ctfpi (jn-H/tx ^ ctxjio-
observatio utilja liabct, rectius silcbit. Caeterum acrecuç, quam in meditationibus Cartesii; tan
mihi videntur scutcntiae illius de Dco, prima re- tum ahest, ut Cartesianus sim. Imo ausim addere
rum materia ]«rentcs esse Scaliger, Scnncr- totos illos octo libres, salva philosophia reformata
tus, et Sperlingius (nani et ejus discipuluin se ferri jwsse. Qua ratioiie illis ipso facto oecurretur.
IV. EPISTOLA AD THOMASIUM. 49
qnac tu Vir clarissime, de Aristotele irreconci- exi)licari non solum posse, sed et deborc, imo ex
liabili mine disputas. Qime Aristoteles «uni Aristotelicis ]>rinci])iis fhieni oa ij)sa quae a recen-
de materia, fonua, privatione, natura, loco, infi- tioribus tanta pom]>a jactantur. l'riorc via ]x>ssi-
nito, tempore, motu ratiocinatur, pleraque wrta. bilitas, postcriore nécessitas conoiliationis conficJtur,
et deiiionstrata suut, hoc «no fere demto, quae de quatnquam eo ij>so si jmssibihs conciliatioostenditiir,
impossibilitate vaeui, et motus in vacuo asserit confecta res est. Nain etsi utraquc explicatio et
Mihi enim iicque variunu ncque plénum necessa- scholasticorum et recentionim esset ]x>ssibilis, ex
rimn esse, utroque modo rerum natura cxplicari duabus tamen ]K>ssibilibus Hy|)otlicsibus semper
posse videtur. Pro vaciio pugnant Gilbert us, eligenda est clarior et intelligibilior, qualis haud
Gassendus, Gcrickins; pro pleno Cartesius, dubie est hyjwthesis recentiomni, qnae nnlla entm
Dighaeus, Thomas Anglus, Clerk in libre incor]x>ralia in mediis corjwribus sibi fingit, s<\!
de plenitudine mwuli. Pro possibilitatc utriusque ]>raeter magnitudinem, figuram et motum assumit
Thomas Hobbes, et Robertus Boyle: Kt nihil. Nam possibilitatem conciliationis non ]x>s-
fateor, difliculter quidem, possc tamen sine vaouo, sum melius ostendere, qnain si petam dari mihi
rerum rarefactiones explicari. Vidi impur Johan- aliquod ]>rincij)ium Aristotelis qnod non \vr
n i.s Baptistae Du Haincl, eruditi Galli, librum magnitudinem, figuram, et motum explicari ]x>ssit.
de consensn veteris et novae philosophiae, Parisiis VII. Materia prima est ijxsa massa, in qua ni-
non ita pridem editum, ubi celeberrimoruin aliquot liil aliud quam extensio et <xvTtnmia} scu ini]Xi-
veternm et rccentiovum hypothèses et cxponit ele- ni;trabilitas; exteasionem a spatio habet, quod
ganter, et saepe acute dijudicat. Is quoque de di- replet; natura ii^sa materiae in eo consistit, quwl
vortiis circa vacuum non i«uca nabot. De eaetero crassum quiddam est, et impenetrabile, et per con-
reliqua pleraque Aristotelis disputata in l.il>. sequens alio oecurrente (dum altcrum cedere dé
VIII. Physices, et tota Metaphysiea, Logiea, et bet) mobile. Haec jam massa continua mimdiim
Ethica neino fere sanus in dubium vocabit. For replens, dum omnes ejus ijartes quiescunt, materia
mant quoque substaiitialem, neinpe id quo substan- prima est, ex qua omnia ]x>r motum fiunt, et in
tia cor)x)ris unius a substantia alterius corporis dif- quem per qiiietem resolvuntur, est enim in ea in se
fert, quis non admittatî Materia prima nihil ve spet-tata nnlla diversitas, mera homogeneitas, nisi
nus. Hoc niiiiin in quacstionc est, an quae Ari por motum. Hinc jam omnes Scholasticorum nodi
stoteles de materia, forma, et mutatione abstra- solvuntur. Primiini de actn ejus cntitativo ante
cte disputavit, ea cxpliranda sint i>er magnitudi- omnom formam, quaerunt. Et respondendum est,
in-iii. flgurani et motum. Id Scholastici negant, esse eam ens ante omncm fonnam, quum habeat
Reformatores affirmant. Keformatorum sententia existentiam suam. Illud omne enim existit, quod
mihi non solum verior, sed et Aristoteli uiagis in aliquo spatio est, quod de massa illa, omni lieet
conscntanea videtur: de utroque breviter dicam. motU et discontinuitatc carcnte, negari non potest.
V. Âc primum de Aristotele. Nain Schola- Essentia autem materiae, seu ipsa forma eorporei-
sticos cjus sonsum mire dépravasse cui magis est ] tatis consistit in aiTtrujrta, seu impenetrahilitate:
cognitimi, qtiam tibi, vir clarissime, qui Ixmain quantitatem quoque habet materia, sed intennina-
partem Inijus peneris crromin primus produxisti? tam, ut vocant Averroistae, seu indefinitam,
l<t quum tecum in Meta])hysicis Sonerus et dum enim continua est, in partes secta non est,
Dreierus, in Logicis Viottus, Zabarella, ergo née termini in ea actu dantur, (non de intrin-
Jungius; in Civilibus Jason Dcnores, Pic- secis enim mundi seu totius massae, sed intrinseois
rartus, Conringius, Feldenus, Durrius, partium terminis loquor) extensio tamen seu qnan-
inultique alii fateantur; eur obsecro non cadem aut titas in ea datur.
détériora, in Physicis sus])irabimur, cujus scientiae VIII. A materia transcamus ad formam, j>or
|>rae5idia a sensu et experientia et Mathesi petenda dispositiones. Hic si formam siipponamns nihil
sunt, quibus instrumentis scholastioi Monachalihus aliud esse quam figuram, rursus omnia mire con-
Haustris cohihiti, fere prorsus caruernnt. Satis cinent. Nam quum figura sit terminus corporis,
igitur probabile est in physicis eos deceptos esse, ad figuras materiae imlncendas, o|ius erit termino.
qnid si hoc amplius, niiuis id certum esse, Ut igitur varii in materia termini oriantur, opus
ostendam? est discontiniiitate partium. Eo ipso enim dum
VI. Qna in re duplici rursus ratione versari H- discoutinuae simt iwrtes, liabet qnaelil>pt termines
cet. Nain vel ostenditur Pliilasophiam Rrforma- sej)aratos (nam continua définit Aristoteles
i.nii Aristotelirao conciliari posso, et adversam non WVTO. ïV.) disoontinuitas autem in massa
esse; vel ulterius ostenditur alteram fer nlteram illa prius continua duplici modo induci potest,
50 IV. EPISTOLA AD THOMAS1UM.
uno modo, ut tollatur ctiain simul contiguitas, partiuni motum potcst, v. g. quum album sit, quod
i|iiod fit, quuiulo ita divclluntur a se, ut relin- luccin plurimam rcflcctit, nigrum, quod parrain,
quatur vacuuni, vcl sic, ut inancat contiguitas, cnint ea alba, quorum superficies multa parva spe-
quod fit, quaiulo, quac sibi inmiediata mai ici il. ta- c-ula continct; haec ratio est cur aqua spumescens
iiicn in divcrsa moveiitur, v. g. duae spliatTac, qua- sit allia, quia innuineris bullulis constat, quot au-
i uni uua altcrani includit, possuut in diversa mo- tem bullulae, tôt spécula : quum antc tota fere aqua
veri, ut tainen mancant contiguae, licct deshuuit non nisi uuum spéculum fuerit; quemadmodum
esse contimiae. Ex liis patet siquidein ab initio specnlo vitreo fhicto quot ]>artes tôt spécula fiunt:
niassa discontinua seu vacuitatibus intcrrupta crcata quac etiam causa est, cur vitrum contusum sit al-
sil, formas uliquas statim tiiateriae coucretas esse; bius integro. SimiliUT igitur aqua per bullulas in
si vero ab initio continua est, necesse esse, ut distincta relut spéculai fracta albcdo oritur, quae
fonnae oriantur pcr niotuni. (Nain de auniliila- ratio ctiain est, cur nix sit albior glacie, et glacies
tione certaruru partiuni ad vacuitatcs in niateria aqua. Falsum cnim est nivem esse aquam conden-
procurandas, quia supra naturam est, non loquor) satam, quum sit rarefacta potins unde et levior
quia a motu divisio, a divisione termini partiuni; aqua est et plus spatii occupât Qua ratione so-
a terminis partium figurae caruiu, a figuris fonuae, pliisma Anaxagorae de nivc nigra dilnitur. Et
ergo a motu fonnae. Ex quo patet, omnem dis]x>- liinc .jam j>atet sola figurai! et situs in superficie
sitiouein ad fonnain esse niotum, patet quoquo so- mutatioi ic colores oriri, idem de luce, calore et
lutio vexata de origine forinanim eontroversiac. omnibus qualitatibus, si locus patcretnr, facile expli
Cui vir Cl. Herm. Conringius peculiari disser- cari posset. Jam vero, si qualitatcs pcr solum motum
tatione non aliter occurrit, quam concedendo for mutantur, eo ipso et substantia mutabitur : mutât is
mas ex uiliilo oriri, sed meditationes istae compen- enim omnibus, imo et quibusdam, requisitis, res ipsa
diosiorem viam monstrant, ut illuc confugerc ne- tollitur: v.g.sivellucem velcalorem sustuleris, ignem
cesse non sit. Diciinus enim formas oriri ex po- sustuleris; utrumque motu inlûbito eifeceris, quao
tcntia materiae, non aliquid novum producendo, ratio est cur ignis clausus pabulo aëiis déficiente
sed tantum vêtus tollendo, et per divisionem par moriatur, ut taceam essentiam a qualitatibus suis
tium tenninos causaudo, quemadmodum qui co- non nisi relatione ad sensum differre. Uti enim
lumnam facit, niliil aliud facit, quam quo<l inutilia eadein civitas aliam sui fticiem offert, si a Antri in
tollit, residuuni caeteris sublatis eo ipso eam figu- média urlie despicias, (inGrund gelegt) quod
ram nanciscitur, quam vocamus columnam, scilicct ]>erinde est, ac si essentiam ipsain intueare; aliter
oiuncs figurac seu fonnae in ipsa massa continen- apparct, si extrinsecus accédas, quod perinde est ac
tur, indigent tantum determinatione, et actuali ab si coqwris qualitates j)ercipias: et ut ipse civitatis
aliis adliaerentibus separatione. Hac explicatione externus aspcctus variât, prout a latere orientali
admissa ludus et jocus sunt quaecunqtie contra ori- vel occidental!, dis-aceedis, ita similiter pro varie-
ginem forniarum ex potentiu inatcriac monentiir. tate organoruin variant qualitates. Ex his jam fa
IX. Rêstatnuncutadmutationesveniamus. Muta- cile patet, omncs mutationes per motum explicari
tioues enumerantur vulgoetrecte : generatio, cormp- posse. Née obstat, quod generatio fit in iustanti,
tio,augmentatio,diminutio, alteratio et mutatio loca- motus est successivus, nain geueratio non est mo
lis seu motus. Has ouiues putant recentiores per mo- tus, sed finis motus, jam motus finis est in instanti,
tum localcm solum explicari possc. Et primuin de aug- nain figura aliqua ultimo demum instanti motus
mentatione et diminutione manifesta res est; mu prodticitur seu generatur, uti circulus cxtremo de
tatio euiin quantitatis in toto fit, dum pars locuin mum momento circumgyrationis producitur. Ex
mutât, et vel accedit vel decedit. Restât ut gene- his etiam patet, cur forma substantialis consistât in
rationem et corruptionem et alterationem explice- indivisibili, liée recipiat majus aut minus. Nain et
mus per motum, et praenoto eandem innuero mu- figura non rccipit majus aut minus. Etsi euim
tationem esse simul generationemct alterationem di- circulus sit circule major, non tamcu est circulus
versoruni,nam exempli causa vernm est, pntredinom altero magis circulus, 11:1111 circuli esscntia consistit
consistere in vermibus illis nudo visu insensibilibus, in awjualitate linearum a centro ad circumferentiam
erit infectio aliqua putrida alteratio hominis, generatio ductanim,jain aefjuitasconsistit in indivisibili, née re-
vennis. Similitcr H o o k i u s in micrograj)liia ostendit, cipit majus aut minus. Née veroobjici débet figuram
rubiginem in ferro esse subtilem sylvularu enatam; aut magnitudinem esse accidentia, neque enim semper
rubiginescere igitur erit alteratio ferri, geueratio sunt accidentia, nain etsiv.g.fluxus sitaccideusplum-
parvoruin (Vu tien m. Caeterum tam generatio et bi, Huit enim non nisi in igné ; est tamen de essentia
corruptio, quam alteratio explicari per subtilem Hydrargyri; jam causa fluxusest haud dubie partiuni
IV. EPISTOLA AD THOMAS1UM.
ctirviliueitas lil>era, sive globis, sive cylimlris, sive rationem acris ad statuae figurant, quac materiac
ovalibus, sive aliis sphaeroeideis constct: curvili- ad forinam. Caeterum fîgaraut esse substantiam,
neitas igitur subtilium partium est accidens plumbi, aut jx)tius spatinm esse substantiam, figurant esse
Hydrargyro vero cssontialis. Ratio quia omnia quiddam substantiale, probaveram, quia omnis
inetalla oriuntur ex hydrargyro per salia fixo, sa- scientia sit de substantia, Geometria autel» quùt
lium autem natura consistit in figuris rcctilineis ad scientia sit negari non possit. Fuere qui resixinde-
quictcm aptis, hinc si salia in aqua soluta, sponte rent citius locum afftrri a se posse, quo Arist.
rccongelascere sinamus, alia nti chymicis notiiiu Gcometriam esse scientiam negaverit, quam ego
est, tetraedrica, alia hoxaedrica, octaedrica etc. producturus sim, quo dixerit. Ego vero non du-
nulla rotunda aut curvilinea appareant. Hiuc sa bito, esse aliqua loca Aristotelis, quac hue tralii
lia sunt causa fixitatis; salia igitnr illa acida in torquerive jjossint, sed tatnen ça infinitis aliis ejus
terrae visceribus hydrargyro quasi ycr miniina confessionibus obrui puto. Quid enim omnibus
mixta impediunt curvilineorum libertatem interser- Analyticorum libris Geometrarum exemplis frc-
tione, et constituunt inctiilluin. In igné vero me- quentius, ut videatur demonstrationes Geomctricas
tallum redit ad naturam Hydrargyri, ignis enim velut nteusurant caeterarum esse voluisse. Jam
se intcrserens subtilibus partibus, partes curvilineas inepte ignobilius nobilioris mensura constituitur.
hydrargyrinas a plani lateris salinis libérât, hinc in Et vero tant abjecte de Mathcmaticis scholastici
igné floxns. Ita patet vix quicquam in physica primum senserunt, omni conatu id agentcs, nt ex
Aristotelica esse, quod ex reformata non commode perfectaram scientiaruni numéro Mathesin exclude-
explicetur et illustretur. rent. Contra manifestiim tcxtunt Aritotelis in
X. Et haec quidem exempla mihi de meo inter libro 1. posterioruni, text 31. Figuranun maxime
soribenduin succurrcrunt, innumera alia ab aliis ]xr scientialis est prima, quia Mathematieae ea faciiint
totam philosophiam naturalem congcruntur. Hue demonstrationem, nt Arithmetica, Geomehia et
ivit Clarissimus Raeus in Clavi pliilosophiae natu- Perspectiva et omnes quae ipsias propter quid de
ralis, ut Aristotelem recentioribus coneiliaret, monstrationem faciunt. Utuntur eo praecipue ar-
qui tamen ad inanus non fuit. Neque Raeus con- gumento, quod non semper ex causis demonstret.
riliatomm inter Aristotelem et recentiores pri- Sed si rem cogitemus curatius, apparebit demon-
inus solusque est, ut quidam ei objieiunt. Priiiceps strare eam ex causis. Demonstrat enim figurant ex
Scaliger mihi viam stravisse videtur ; nostris tem- mol», v. g. ex motu puncti oritur linea, ex motu
}K>ribas Kenelmus Digbaeus et ejus assecla lineae superficies, ex motu superficiel corpus. Ex
Thomas Anglus, ille in libro de animac immor- motu rectae super recta oritur rectilineum. Ex
talitate. hic in institiitionibus ]>eri])atetiris, idem motu rectae circa punctnin iiniiiotuiii oritur
ex professe egere. Née abluduut turn Abdias circnlus, etc. Constnictiones figiirarum sunt motus ;
Trew, tum inpriiuis Erhardus Wcigelius. jam ex constructionibus afiectionee de fignris de-
Hacteuns posse tantnm conciliari ostensum est, su- monstrautur. Ergo ex motn, et per consecjuens a
perest ut monstremus et de-liere. Scilieet Arist o- priori, et ex causa. Geometria igitur vera scientia
teles in 8 phys. Auditus libris, quid uliud tractât est. Ergo non invito Aristotele objectum ejus,
quant figurant, inagmtudinein, inotum, locum, tem nempe spatium, substantia erit. Nequc vero adeo
pos? si ergo corporis in génère natura his' ab- absurdum est, Geontetriam agere de forma siihstan-
Bolvitur, corporis in specie natura tali figura, tiali corjwriim. VÂXK enim locum Aristotelis
tali magnitudine etc. absolvetnr. Et vero ait i]>so 13. Met. text. 3. quo expresse dicit, Geometras
lib. 3. text. 24. phys. Arist. onincm natiira- abstrahere a matcria, fine et efficiente; quo suppo-
lem scientiam esse circa magnitudinem (cui scilieet sito seqnitur, ut vel de forma substantiali vel ac-
ronnexa figura) nu il uni >'t tcmpus. Idem Aristo- cidentali agat Sed non agit de accidentali , quia
toles ])assim ait, Ens mobile physicae subjectum forma accidentalis in sua definitiono reali involvit
esse, naturalem scientiam agere matcria et niotu : subjectum in quo est, seu materiam, quum tamen
Ipee quoque omnium quae iu sublunaribus fiunt Aristoteles dicat Goometriam a materia abstra
causant facit coelum. Jam coelum, ait, non agere here: Ergo Geometria agit de forma substantiali.
in inferiora nisi per motuin. Motus autem non Hinc mihi haec scribenti sub manibns nascitiir pul-
producit nisi inotum aut terminos motus, nempe chra qnaedam scientiaruni harmonia, nemi>e re
magnitudinem et figuram, et ex his resultantcm si- exacte pcqiensa : Theologia seu Metaphysica agit de
: M m. distantiam etc. l'A his igitur omnia cxplicari rornm efficiente, nempe mente, Philosoplria moralis
debcnt in naturalibus. Idem Aristoteles passim (seu practica vel civilis, nam, ut a te didici, una
ait, C"» lib- 1- de phys. aud. text. 69.) cain esse cadcntquc scientia est) agit de rcrum fine, nempe
7*
52 IV. EPISTOLA AD THOMASIUM.
hono: Mathesis (puram intelligo, nain rcliqna phy- \ tur causam, cur corpus aliquod iu hauc jwtius,
sicac pars est) agit île rerum foruia, netnpe figura: quam illam plagam moveatur. Epicuro igitur,
Physica agit de rerum inateria, et ex eis cuni cae- neganti quicquid movetur ab alio extra se movcri,
tcris causis complcxu résultante unica atTecticne, facile occuremus et laborantem cxistentiae Dci cer-
neiupe inotu. Mens enim ut bonuin, gratainque . titudinem vindicabiinus. Alterum objicies: Ari
sibi rerum figuram et statuai obtincat, materiae stotelem videri non tum ex hoc axiomate, quod
motum praebet. Nam Materia per se inotus expers omnis motus principium sit extra corpus motum,
est. Motus oiunis principium, Mens, quod et Ari- quaui ex alio: non dari processum iu iafiiiituiii,
stoteli rccte visnin. ratiociuatum esse, at vero qaaeso, Vir Amplissime,
XI. Nam, ut hue quoque veuiam, nnllibi Ari- to hujus coutroversiae judicein appelle ]wtoque, at
sto télés formas quasclam substautiales cjusinoili tente cogites, an non iitimsque coiuunctioue opus
sibi imaginatus videtur, quae per se sint causa mo sit. Nam nisi admittatur (|iiod movetur ab extra-
tus in coqioribus, queinadmo<lum Scliolastici ca- neo moveri, plane ad million processum devenie-
piunt, di'iinii quidem naturam, principinm uiotus IHIIS. nedum ad inlinitum; nam adversarius statim
et quietis, et formain iiiateriamquc vocat naturam, ab initio resistet, et datum aliquod corpus sibi
formam autem magis quam matcriam, scd hinc ipsi ad motum prodnccuduni ]>cr formam sumn
quod scholastici volunt non sequitur, formaui esse substantialeni sufticere, nullo igitur motorc nediuu
({iioddam iucorporale, brutu m taiiieu in corpori- primo, opus esse, respondebit Concidet ergo scala
!ws, quod ipsum sua spontc sine cxternae rei con- illa primo statim gradu et velut fimdainento sub-
sensu motum corjx>ri, verbi gratia lapicli, dcorsum tracto. Deinde etiam Epicurus processum in in-
praebeat. Nam forma quidem est causa et prin- li ii it ni ii admittebat, ergo non tam quid Epicurus
cipium inotus, sed non primum. Neque enim cor uilmittiit. vel non admittat, quam quid demonstrari
pus movetur, nisi ab cxtrinseco moveatur, ut recte certo possit, videndum est Aristotelicam j)liiloso-
Aristoteles non dicit tantum, sed et cleuton- pliiam reformatae ipsius pliilosophiae inevitabilis
strat, verbi gratia, sit globus in piano, is si semel eventus breviter attiugenda est T). Scilicet quocl
quicscat per se in aeternum non movebitur, nisi Theologis, idem et Philosophis agendum est. Scri-
acccdente extrinseco impulsore, verbi gratia, alio ]>turam sacram sancti Patres optimis interpretatio-
corpore. Eo jam allabente, altcrum corpus princi- nibus illustrarunt, inox Moiuichi obseurai-unt su-
pium motus impressi est, figura vero, neinpe globo- perstitionibus : Orta luce animoitim Tlieologia re
sitas, est principium inotus suscepti, nam si globo- formata triplex est, alia haeretica, quae ipsas scri-
sitas abfuisset, forte pro re iiata, corpus alteri cor- pturas rejicit, ut fanâticorum ; alia schismatica,
pori tam facile non ccssisset. Ex hoc patet con- quae priscos j^atits ecclesiae tloctoifs cum scri-
ceptuiu formao scholasticum ex detinitione natnrae ptura s; !r!.-i, et primitiva ccclesia conciliât, ut
Aristotelica non seqni. Forma igitur est princi Evangelicomm 2) similitcr Aristotelem Patres
pium inotus in suo corpore et corpus ipsum est Graeci illustrarunt, scholastici obscurarunt nugis.
principium motus in alio corpore fatcor; sed pri- (h'ta luce, philosophia reformata triplex est: alia
inmn principium motus est prima et realiter a ma- stolida qualis Paracclsi, Helmontii, alioruiu-
tcria abstracta forma, (quae simul est etficiens) que, Aristotelem prorsus rejicientium; alia au-
nempe Mens. Hinc in solas mentes cadit libertas dax, quae exiinia veterum cura iniino contemptu eo-
et spontaneum. Absurdum ergo non est, unicain rum palam hal>ito, bonas etiam mcditationes suas
ex l'ormis substantialibus mentem principium mo suspectas reddunt, talis Cartesii; alia vera, .qui-
tus primum dici, caetcras a meute motum habere. bus Aristoteles, vir magnus, et in plerisque ve-
Et hoc arguniento adscendit ad primum motorem. rus cognoscitur.
Huic objectioni dupliciter respondes; primum, hoc XII. Nunc conciliata jam cnm Aristotclo
argumcntuin nihil possc apud Epi eu ru m, qui philosopliia refoimata, restât i|>sius ]x;r se veritas
suis atomis largiatur per se motum deorsum. l'a- ostendatur, prorsus quemadmodum religio Cliri-
teor apud eum nihil posse hoc argumentum, nisi ci stiana, tum ex ratione et historia, tum ex scri-
pracdeJHonstrctur, hoc ipsum absurdum et ini|>ossi-
bile esse, quod corpus habeat motum a seipso. ') Observ. Thomasil. Sic scriplum «rat a li-
* .Vu ni et jam tum Cicero, ni fallor, in libris de brario, aed hiat alla» liacc perioilus: née lecliouem
ejus consliluo.
natura Deorum facit, eleganter Epicurum irridens,
*) Ob.scrv. Thomasii. Kliam hic aliquiil liées! ;
qnod quiddam sine causa et rationc in suis hypo- il.inir enim pro Iriplid Iheologia tanlum duplex. Scri-
tlicsibus hoc modo introdurat. Nam in rerum na psiHtie pulo: alia schismalicM, alia vera, quae priscoii
tura nihil esse deorsum, sed quoad nos, nei]ue igi Patres etc. Confer aequenlem.
IV. KPLSTOLA AD THOMASIUM. 53
l>tura sacra probari potest. Probaudiun autem teusionis expertes ponerei licctius igitur Campa-
est, mil ht dari Entia in imiiulo, praeter Mentem, nella in libro de .sensu reruui et magia, et Mar-
Spatiurn, Materiam, Mutuiii. Mentem voco eus cus Marci in ideis opcratricibus, falso quidiun,
cogitans. Spatiuni est I MIS primo extensum, seu congruenter tainen suis hy|K>thesibus fortuis Lstis
corpus niathcuiaticum, quod sdlicet nihil aliud con- suhstautialibus rerum inanimatarum, exteasioiie
tinct quaui très dimensiones, estque locus ille uni- carentibus, scusum, scientiam, imaginationeiu, vo-
versalis onmiuiu reruui. Materia est cns secundo- luntatcm tribucre. N'ec abludit Agrippae occulta
extensum, seu quod praeter cxteiisionem vel cor philosophia, Aligelum euilibet rei ascribentis quasi
pus matlicmaticum Iiabct et corpus physicum, id obstetricatorem, née quae Scaliger de pla-
«•st, resistcntiam , crassitiem, spatii-replctivitatem, sticis ejusque sapientia disseruit Ita reditur ad
iinpeueirabilitatt*iu, <(iiae consistât in eo, ut alio tali tôt deunculos, quot formas substantiales, et Genti-
onte advenieute cedere, aut qui<«cere altcrutruin lem propc )x>lytheisuiuin. Et certe omiies, qui do
cogatur; a qua igitur iinpenetrabilitatis natura Huit substantiis illis incorporalibus i'or]>orum lo<{uuntur,
motus. Materia igitur est eus, quod est ia spatio, non ix>ssunt mentem suam explicare nisi transla-
seu eus spatio coextensum. Motus est inutatio tionc a Mentibus suinta. Hinc eniin atlributus
>)«itîi. Figura autein, magiiitudo, situs, numerus illis nppetitus vel instinctifs illc naturalis, ex quo et
etc. non sont entia a spatio, materia, et motn rea sequitur cognitio naturalis, liinc il lin I axioma: Na-
liter distiucta, sed tantuni liabitudines inter spa- tura niliil facit frustra, omnis res fugit sui destru-
tium, niateriain, niotum et eanun i>artas a mente ctiouem: similia simih'bus gaudent; matoria ap|H'tit
superveniente factae. Figuram autein definio ter- formum nobilioreni, et alia itl gémis. Qiium tamen
inininn extensi: Magnitudiuem numcrum partium rêvera in natura nulla sit sapientia, nullus apputi-
in extenso. Numerum definio un uni, et un uni, tus, ordo vero pulcher ex oo oriatui-, quia est ho-
et uiHiui etc. seu imitâtes. Situs ad figuram redu- rologium Dei. Ex his patet, hypothèses philoso-
citur, est euim plurium configuratio. Tempus ni phiae reformatae byjwthesibus scholasticis eopraeva-
hil alind est quam uiagnitudo motus. Quumquc lere, quod non supcrfluao, contra taineu clarae sunt.
omnis magnitudo sit numerus pnrtiuiu. quid mi- XI11. llestat, ut subtiliore mtiociuio ))rol>etur,
rum Aristotelcm définisse Tempas numerum ne ]>osse quidem alia lùitia assiimi in cxplieanda
imitas ! Sed ita termini tantum explicati sunt, ex- corponun natura, quam (|uae dixi: Id sic !'»•! :
j>osituinque. quo sensu ils utamur, nihil probatum. Corpus omnes id voeant, quod aliqua sensibili qua-
Nunc ostendenduin est nullis aliis rébus ad expli- litate praeditum est, porro ex scusibilihus qualitati-
randa mnndi phaenomcna et causas eorum possibi- bus pleraeqiie eorpori adimi |K>ssunt, ita ut tamen
les reddendas opus esse, imo uec alias res esse niiineat corpus. Nain et-si ali(|iiod corpus ouuii co
posse; quanquam .si ostendimus aliis rébus praeter lore, odore, sapore cai-eat, tamen dicitur essi^ Cor
utentem, niateriain, spatium et niotum opus non pus. Coucedunt eniin aërem v. g. esse cori>us, etsi
esse, eo ipso satis confectum erit, Hypothèses re- sit perspicuus, et careat saepe colore, odore, sa
vcntiorum, qui his solis rébus ad reddenda pbae- pore; similiter aër est cor]>us, etiam <|uando caret
nomena utuntur, esse meliores. Vitium cnim Hy- sono. Rejiciantur igitur qualitates visihiles, audi-
l>othc$cos est, non neoessaria assumere. Jain vero biles, gustabiles, odorabiles, tatuniam minime con-
explicari omnes totius Mundi res ex his solis jiosse, stitutivae naturae corporis. Ad tactiles ergo res
satis lectio reccntiorum philosophorum docet, et ex omnis retliit. Et quidem primae illae: ealor, bu-
his patet, quae panlo ante posui, ([iiinn possihilita- miditas, siccitîis, frigus, siugulac abesse possunt,
tem conciliationis Aristotelicao ostenderern. Deindc calor jiotest abesse ab aqua, humiditas a tenix, sic-
qiroque notandum est, eas Hypothèses esse melio- citas al) aëre, frigus ab igné, et tamen qnodlibet
rcs, qnac sunt clariores. Jam vero mens humana horum potest esse corpus. Caeterae qualitates ta
nihil aliud imaginari potest, quam mentem (quando ctiles v.g. glabrities, levitas, tenacitas etc. non esse
scllicet cogitât seipsam) sp;i(iuiu, materiaui, mo- naturae corporis constitutivae etiam vulgo agnoscun-
iinii. et quae ex his intcr se comparatis resulfauit, tnr, eo ipso quia secuudae appellantur, et ita ortac
quidquid superaddideris , verba sunt tantuin, quae ex aliis quae potins sunt constitutivae, et praeterea,
nominari, et inter se varie combinari possunt, ex- quia nulla carum <;st, quac non abesse possit a cor-
plicari et intclUgi non possunt. Quis eniin ima- pore, llestat igitur indagniida aliqua qualitas sen-
ginari sibi |x>test Ens quod nequc cxtcnsionis ne- sibilLs, quae omnibus et solis corporibus coui|K'tat,
que cogitationis sit particepsï quid opus igitur et ex qua velut sijrno homiiies corpus a non corpore
animas bnitonim, plantanimquc inconwreas for dignoscant. Ea nimiruin est Crassities seu oèi'ri-
mas elementorum metallorumque subsfcmtiales, cx- cuin extensione sumta. Quidquid nimirum
54 IV. EPISTOLA AD THOMAS1UM.
hommes scntiunt extensum csso, sou vident tantum Epistolam ejus de hoc argmucnto his imudinis
(quamquain rêvera semper sit corpus et liabcat cmissain videris opinor. Accipe, quid inihi cuni eo
dirrervition', licet nobis insensibilem , perccptibi- contigerit Conscripseram aliquando per otium,
lem tameii intellcctu : ) ici non statim vocant cor tninultuaria tainen opéra in diversorio duas circiter
pus, putant ciiim nonnunquam cssc meram .specicin plagulas, quibus de demonstranda, solito accuratius,
et <pa.vTacf{Lia. Quicquid vero non vicient tantuiu, immortalitate auimac, et existentia Dei agebain.
setl et tangunt, id est, in quo cJvrtruitiav re|>c- Has communieaverani amico. Per hune vénère in
rlunt, id vocant corpus, quiclquid vero dvriTtMiq, inanus pi. Revercndi Speneri, Pastoris Franco-
caret, id negant esse corpus. In duobus igitur ho- furtensium auctore tameu inerito dissimulato. Spe-
mines tain sapientes quain Idiotac naturaui corpo- uerus Spizelio transinittit ; Spizelius suae
ris collocant iu extensionc et cèaTiruittot, sinuil illi epistolac ad An t. Reiserum, de eradicando
similis, illain sumimus a visu, hiinc a tactu, unclc atlieismo nuperac fini adjecit, snb titulo: Confes-
ex conjunctione utriusquc scnsus certificari de ré sio uaturae contra Atheistas. Sed ego non
bus soient, quod non sint phantasmata. Extensum iinprobo, vertun doleo, quod inciidosissinie illud
ai il ou esse nihil aliud est, quani esse in spatio; schedion impressum est. Liprimis sorites ille quo
d-i'TiTuitta est, non possc cum alio esse in codcin demonstrare conatus sum imniortalitatem animae,
spatio, sed altenitrum iiioveri aut quiescere debere. mutatis linearuni initialibus, mire perturbatus est.
Ex his patet, iiaturam Corjwris constitui per Ex- Spizelius fatetur, se auctorein ignoran;. De ipsa
tensionem et Antitypiain, quumque niliil sit in ré dcinonstrandi rationc judicium exspecto. Nequc
bus sine causa, nihil etiain poni débet in coqwri- vero landein, sed examen peto, (juando religionis
bus, cujus causa redcli non possit ex priinis eonini interest, non |ierfunctorie defcndi, quanc]uam inté
constitutivis. Jain causa ex iis midi non potest, rim in utraque longe altius pénétrasse milii videor.
nisi per eoruin clefinitiones. Nihil igitur jxjnen- Neqiic eniin cjuae de perpétua creatione in motu,
clum est in coqioribus, quod ex clefinitione Exten- et intima entis cogitantis seu mentis natura ab eo
sionis et A nt il \ | liai- non Un.it. Fluunt mit cm tant uni tempore erui, illis leguntur. Scripseram aliquando
ex ea, magnitudo, figura, situs, numéros, mobili- tibi de Societate, quam quidam Gerinani moliantur.
tas etc. (Motus ipse ex iis non fluit, unde ncc cor- Ita esse doccbit schcda germanioa alicjuot plagula-
pora inotum habent nisi ab incorporels). Ex his rum, titulo Collegii Philadelpliici a Goezio biblio-
jam patet, oinuiuni qualitatum et niutatioiiuin ex- pola édita, sed inilii suave somnium videtur, vclut
))licationem ex magnituclino, figura, motu etc. su- socictas roseae crucis. Séhurzfleisehius ille,
n ici n la m. Et calorem, colorera, etc. non nisi sub qui apyd vos est, minim, quantum in Parnasse sc-
tiles motus et figuras esse. Quod superest illud ditionem excitaverit. Pervellem seire, quid magni
ronfirmarc ausiin: Atlieis, Soeinianis, Scepticis, viri apucl vos de hoc specirnine sentiant, a (juibus
Naturalistis, nunqnain nisi constituta hac philoso- ille provehi sperat. Boeclerus illi ab aula nu'ni-
phia solide orcnrsiiiu iri : quani ego profecto munus tatur. Itincrarii politici, quod nunc prodit, auctor
Dei credo senectae iiiundi clatum velut unicaui ta- est liaud clubie Burgoldensis ille commentator
bulani, qna se viri pii ac prudentes in incumbentis in instrumentuin pacis. Obstupesco andaciam viri.
nunc Atheismi naufragio servaturi siuit. Ego qiian- XIV. Quod superest, Vir clarissinie, ideo de toto
tulacunque inihi fuit ab exiguo teni]>ore viromm hoc negotio fusius ad Te disserui, C(uod judicem lui-
doctoruin notitia, borresco tamen qnoties cogito, in rum rcrum et scientiorem et aecjuiorern iinlliiiii ha-
quot simul et ingeniosos, et prorsus atheos incide- berem. Quando et onines vetenim recessus lastra-
rim. Et \nlital per inanus hominum Bodini liber sti, et recentiorum inventa, quando mereaitur, non
ineditus, (atque utinam, ut cnm Naudaco opto, aspernaris: atque illos illustrare, hos examinare,
nunqiiam edcnclus), grandis ccrte, quein ille vocat, unus omnium optime jx>tes. Rocte enim judicas,
arcana subliinium, in quo professus hostis est reli- etsi novae sententiae profcrantur, earumque veritas
gionis Christianae. Vanini dialogi ludus sunt evidentissimc ostendatur, a receptis tamen j>ublice
si comparentur. Legi non perftactorie, et Deo ex vocibus vix unquam esse abeundum, quod si fecis-
animo cratias ago, quod iis nie praesidiis philoso- sent Scholastici, non laborarenuis. Vale, jjatriae
phiae, (in qua ingratus sim, si tibi milita del>ere déçus, et tua praeclare cogitota non absolve, (ple-
negein) instruxcrit, quibus ejus tela nullo negotio raquc enim et coepta simul et jtcrfecta sunt rara
repuli. Laudandus est Cl. Spizulii labor, quem ingenii felicitate) sed ede: Dabam d. -*$ April.
ille eradicando atlicisiuo nunc rursus iuipcndit. 1669.
V.
DISSERTATIO
Dl

STILO PHILOSOPIIICO NIZOLIL


1670.
(Alarll Mzolil de verls prlnc. etc. I.iinl IV. Francof. 1670. — I.elbn. Opp. ni Dutena Tom. IV. P. I.
p. 36 — 63.)

I. De alienornm operum editione. II. De Nizolii Concordantiis Ciceroniauis.


III. DeNizolii studiis philosophicis. IV. Logica philosophandi principia com-
plectitur. V. De Nizolii diceiidi ratione. VI. De philosophica dictione.
VII. De perspicuitate stili philosophie!. VIII. De terminis tcchnicis et popu-
laribns. IX. De ovofiiccronoûa,. X. De usu termiuornm technicorum. XI. De
differentia cognitionis philosophicac a vulgari. XII. De philosophia lingua
viva et vulgari tradenda. XIII. Liiigua Germanica non solum aptissima est,
ut ea philosophia doceamus, sed et egregie facit, ad scholasticac philoso-
phiae naevos detegendos. XIV. De aliis linguis, quibus commode tradi phi
losophia potest. XV. Quibus in disciplinis terminis tcchnicis prae ceteris
est locusï XVI. De Philosophia acroamatica et exoterica. XVII. Iiiter accu-
rate philosophandum concretis tantum utendum est, non abstractis. XVIII. De
trop.orum in stilo pliilosophico usu. XIX. De claritate orationis, quae e cir-
cumstantiis sumitur. XX. Aegyptii atque recentiores Siuenses philosophiam
Miaiu aenigmatibus occultant XXI. De utilitate perspicuitatis stili philoso
phie!. XXII. Veterum philosophorum systemata non rcjicicnda, sed emen-
danda. XXIII. De iis, qui contra philosophiam scholasticam disputarunt.
XXIV. De inventis nov-antiquis. XXV. Maledicentia in scriptis philosophicis
vitanda. XXVI. Scholasticorum errores Aristoteli non tribuendi. XXVII. De
excusandis scholasticorum philosophorum erroribus. \\VIII. De secta No-
minalium. XXIX. De usu mctaphysicae. XXX. De scriptis Aristotelis.
XXXL De universalium mit ura. XXXII. Propositiones universales sunt fun-
daineuta demonstrationis philosophicae.
L Aliorum Scripta ederc, Lector bénévole, hu- logi censeant Scriptores Sanotos priorum memorias
mile est et contemtum, et ingenii \\\-\- se pauperis et perfecisse et edidisse, et continuasse Josuam
nota esse videtur illi, quorum sublimis aut meus Mosis, Samnelem Josuae, Ksdram Samue-
ant opinio supra caoteros se attollit, quibus mos lis et Prophetarum. Apud Graecos magna iuge-
est, sua nomina alieuis cliartis alimentes herbae pa- iiuitatis laude celebratur Xenophoh, quod Thu-
rietariae convicio irridere, quod jain olim in Tra- cydidis Historias in lucem misit, quum vel sup-
janum, ubique per omiies vetustatis ruinas sui primere, ut solus laiidarctur, vel sibi vindicare
nominis prodigum, jactaverat magnus Constan- { posset; dispari Aristotelis famae, qui magna
t i a us. Sed me quidem haec parum movent, par- \ apud nonnullos invidia laborat su]>pressorum phi-
tim clarorum virorum exemple immitum, partim losophiae vetustioris inonumentorum. Apud Ro-
I •aniin dolentem si apud illos Censores ingeniosus manos de vita veteribus reddcnda mirifice sollicitus
non habear, cui sufficit, studii saltem ac voluntatis Mt Hadrianus Imi>erator, qui non tauttun scri-
landem rctulisse. Exempla egregiorum hominum pta dilig<?nter conquirt-bat, sed et ex statuts, ex
diu conquirere, copia non petitur, quum ipsi Theo- picturis vetustate vitium facientibus effigies coruiu
56 V. DE STILO PHILOSOPHICO NIZOL1I.
pervestigabat, repertisque, ne aliqua teni]X>ris inju orbein jam (uni satis talibus oneratum dispergere.
ria mrsus périrent, sua imagine praetermissa nuin- Ili profecto uimis contenitim de luu'us aevi ingeuiis
mos sigiiabat, aflectui iiiajestatem posthabcns. Unde sentinnt, née cogitant, fore teinpus cui et nostra
quae nuuc passiin liabentur uninisinatii, Cimonis, vetera enuit. Quis ignorât quandaui cunuii Ru-
Miltiadis, Platonis, Aristotelis, aliorum- dolplius Imperator colligeudis ac recensenclis
quc veterum herouin aut sapieutum imaginibus Theophrasti Paracelsi operibus iinpenderitî
percussa, Hadriano accepta referri debere, con- Tychonis Brahei reliquias laudabili iustituto
stans apud eruditos opiuio invaluit. Sed vetera olim Job. Keplerus, nunc Albertus Curtius
niittainus: superiore ac nostro seculo scpulta refo- publico dcdere. Trithemii Historica jilunma
dere inter potissiinas eruditoruiu curas fuit. Née Freberus, Ascetica Busaeus luci exposuere,
circa veteres tant uni. in quos prae ceteris incu- Hubertum Thotnain Leodium idem Frehe-
buere, qui nunc vulgo Critici vocantur, laboi-atuin rus, Huscitica quaedani Otto Brunfelsius at-
est, sed et inedii aevi scriptoribus cura impensa que Cochlaeus, Grotiana Edmundus Merce-
est, ex quibus theologos niagnain partcin in Biblio- rius, et Isaacus Gruterus, et Graswinke-
thecain Patrum conjecit Margarius de la Bigne, lius, clarissimi utique viri; Isaaei Yossii rura
inultis supplementis auctus augendusque ex editis a Herbert! nounulla, ejusdem Gruteri vero
Canisio, Gr«tsero, Sirmondo, Petavio, opéra Verulamii pluriina ad nos jx?rvenere.
Cambefisio, Allatio, Chiffletio, Possino, Fratris Pauli Servitae Historia Marco Anto
Holstcnio, Marca, Labboo, (tum alibi, tuni nio de Dominis debetur, Edmiindo Alber-
in Byzantinis) Cossartio, Dachcrio, Surio, tino in partu latini de Eucharistia o]teris inortuo,
Rosweido, Bollando, Henschenio, Pape- Blondellus et Gronovius, idem Blondellus
'brockio, compilatoribtis Bibliotheeae Patinm Dallaei quibusdam , Montacutius Jacobi
Asceticae, Benedictinoniin cura editae, aliisque Angliae régis, et Laudi, opuseulis, tum Kpisco-
inultis. De Jnreconsultis inedii aevi optime meri- pio Curcellacus ac Poelenburgius, Pieru-
tus est, quisquis est, cujus cura tôt eoruni monu- rius Scioppio, Cassandro Cordesius, aliis
inenta in Oceano juris, inqne natis ex eo Tracta- alii, obstetricati sunt; reliqniae qualescunque Sca-
i uni n voluininibus, vel ut postea appellata sunt, ligeri, Perronii, Thuani, et quod spi'raiiius,
Tractatu Tractatunm, jnnctini édita visuutur, quae aliorum plurium, a Fratribus Puteanis oxceptae,
alioqui fortasse tenues in auras dudum abiissont. JKT Isaacum Vossium publico nunc roniiniini-
Doleiidiiin est profecto, qui tôt aliis de luce noini- cantur. Epistolas Casauboni collegere Grono
nis prospexit, sei]>suiu tacnisse; quuin tanien grandi vius et Graevius, Salmasii Clenieiitius,
illo in tôt volumina confecto indice nihil cogitari Grotii idem Isaacus Gruterns, varionunGol-
jx)ssit laboriosius, nibil desiderari ammitius. Idem dastus philologicas, Melanehthonis Peuco-
de collectis Rcpetentium voluminibus dicendum est. rus, Pe/.elius, Manlius, Camcrarii, Ma-
Sperairms vero, cura viri eruditissimi Erici Mau- nutii nniKT Thomasius, Schlusselburgius,
ritii quampriinum edeudani digostionem juris feu- Heinsius, Bertius, Gabbema et Poelen
dalis Antonii de Prato veteri, opus illustre burgius Theologicas edidere. Infinitum est oin-
iinpcratorio jnssu, delegatione universitatis studii nes referre. Erunt tamen nirsum baud dubic, qui
Bononiensis confectum, sed quod nescio quoinodo sic excipiant : inedita «1ère fortasse excusari posse,
hactenus ex manihus lioiiiiiiiiin evanuit, ac Gol-- at cramben semel coctain rursus ap])onere projectile
dasto et Rigaltio diu ac fnistra qnaesitum, prorsus O]x>rae >ideri, née inanis tnntuin sumtus,
aliuin non indignum editorem invenit. In colli- sed et in publiriini dainiiosum esse. Hic ]x>stremiis
gendis medii aevi bistoriis Schardii, Pistorii, aries est, qtiem illi moveiit, liiiuc si ix-])ul(n-innis
Heuberi, Urstisii, Meibomii, Reineccii, vindirata satis alioni laboris editio erit. Six! nihil
Lindenbrogiorum, Ooldasti , Frcheri, magno molimine opus, cjuando negari non jwtest,
Bongarsii, Tilii, Pithacorum, Puteano- impressa vel distracta ob famam, \<il stipj>ressîi oh
rum, Theodori et Dionysii junioris Gotho- odium rontcmtumve ejusdem saepe cuin inanusrri-
fredortim, Chesniorum, Sammarthano- ptis raritatis esse. Nizolii certe opus, quod nuiio,
rum, Seldeni, Spelmanni, Dugdali, Res- affero, non vereor, ne quisquam jam tum in multo-
serii, et quos exspectamus Lambecii et Ga rum manibus esse dirat. Qnod non tam ex m»
in ansii, curae, nullo temporuin lapsu dcterentur. halieo, ne a mea rei librariae notitia, quae exigua
.Sod erunt forta«se qui sic occurrent, aliud esse ve est, alios aestimare videar, quani ex viris doctissi-
terum iinmortalia scripta, aut otiam inedii aevi mis et in hoc studionim génère versatissimis, qui
monunienta servare, aliud recentiorum nugas per aut nunquam, aut rarissime conspectum sihi f:tssi
V. DE ST1LO PH1LOSOPHICO NIZOLII. 57
sont. Quare non pute prndentcm quenquam inilii sunt. Inprimis vero apud Gormanos Herinan-
vitio versurum quod in eaetcris passint probatur. nus Conringius, apud Gallos Gabriel N'au-
Cette eruditi illi Angli qui tôt alioruni laborcs in daeus, atnbo varie uberriineque docti, aliorum
scripturani sacram uno Biblioruin Criticorum volu- foetus pro])c expo.sitos et désertes susce|x-ro: Nau-
mine coniplexi suut, omniiun plausum tulere. Jo- claeusNiphi, Cardani, Campanollae; Con
hannes Fichardus JCtus Francofiirtciisis clili- ringius ipsiusNaudaei et Scioppii, Machia-
gentem operaiu clabat, ut Jurisconsultes egregios velli, Hopperi, Claramontii , Starovol-
per Italiam Hispaniamque édites, et in Gennania scii, Cassandri, Wicelii, Viotti. His tôt
inventu rares iteratae édition! maturarrt. Lauren- tantisquc correis vitnppriuni notamqun incurrere,
tius Strausius, Mcdicus, editione theatri Sympa- cquidem ]>ariiin forinidandutu judico.
thetici variorumque opusculis in eo junrtiin reçu- II. Nunc, ad autorem i[>sum, quem oflemus, ar-
sis, operae certe pretitun fecit. Quis Re.giam typo- guinentumque quod tractât, accedendutn est. Ma-
graphiam Parisiensem, Elzevirios, Blaviosque rium Ni/.olium Brixellensem orbis eruditus ix>ne
non laudat, qui suis vol notitiis, hUtoriis, memo- penitus credo ignoraret, nisi grammaticis laboribiis
riisvc, vel Rebuspublicis vcl Atlantibus tôt prae- inclartiissct, quibus mérite illud Virgilianum do
clara iiionumcnta per Bibliothecas nlioquin latitan- apihus accomodes: In tenui labor, at tennis non
tia in lucc poimut. Idem cditoribus velleris aurei, gloria.
artis auriferae, et theatri Chcniici scopus fuit, quod Et ita saepe factum est, ut viri docti ils maxime
illi cuni voluptate sentiunt, qui his studiis dediti, scriptis famam impetreiit, a quihus minime s()era-
conquirendi et milita velut areaua describendi, hant. Quis enim dubitet Nixolium niajoivin
quae nunc facile parabilia sunt, niolestissimo onerc sibi eelebritatem a Philosojiliian Kofonnationc quam
levantur. Jano Grutero antiquitatis ot historiae animo complectebatur, quam illis, ut sic dicam, Con-
studiosi aeternas gratias deborent, etiam si nihil de cordantiis Ciceronianis pollicituinî et taineu Index
sno, sed collectes tantuin alioruni utilissimos labo- Ciceronianus durât duraturusque est quaincliii \\w
res turri in face Critica, tuin in Chronico Chronico- Cicero, Pliilosophia Nizoliana prope in ipso partu
rnm politico (ubi nomeii snum sub Gualteri siiffocationem aegre effugit. Non ignore Majora-
Belgae nomme non neeessaria verecundia ocruluit) gii et Grifoli, occasions litis (|iiam Ciceronis
incudi rcddidisset. Sed a collectione varionun in officiis Calcagninus moverat, indignationem -,
imum ad ccrta certorumve anctorum scripta reeen- tuin Henricum Stephanurn in Ni/.olio dida-
sita veniamus. Bloncliiui Vorburgius recudi scalo sive monitore Ciceronianorum Ni/olianorum
fecit, Onuphrium de Comitiis olim Hortle- dialogo, nt inscripsit, minus aeqmim Ni/.olio
derus edidit, et mox cnm sup])lempiito edet îto- fuisse, et a Criticis eum jias,sim alto supeicilio de-
Xvfia^eçarot; Lambecius; Grotius spici; sed Henricum Stephanum pmiliaris
- - Quod Cassandri veracia Scripta teruntur causa impulit ([iiod jwrentis sui Hoberti Ste-
Cordesio grates haec bona propter agit. phani Tliesauro latinae linguao multum Nizoliano
F.rasmica recensere, emacnlare, et defendere, ut oix>re derogari cernei et : raeteri viri licet doctissimi,
et audio, dcstinavcrat M a 1 1 i n c r o t i u s. Allatiana qui Nizolium fastidiunt, si in Nizoliana tempera
et Niciana typis Batavis einisit Nihusius; Gali- ineidissent, credo aliter sentirent. Aliud profeeto
laei institutiones Gassendus, cjusdem circinum jndicavit Caelins Secundus Curio, vir longe
Proportionalem Berneggerus, anibo viri non iu praestantissimus, qui eonseio ac consentiente ipso
mathesi magis, quam omrii enulitione versatissimi, Nizolio indicis Ciceroniani locupletafionem ac re-
alter in Germania, alter in Gallia, renovata veste censionem in se suscepit; eodem incubuere Basi-
induenmt. Berneggeri hujus synopsin Lipsianae lius Zanchius, Marccllus Squarria'lnpiis,
politicac doctissimus Joli. Andréas Bosius, et Jac. Cellarius Augustanus.
Clapmarium Schookius, Woweriuin a pla- III. Ad philoso])hicas autem meditationes hac
gii impacto crimine vindicatum solidissimae vir i]»sa diligenti Ciceronis lectione venisse videtur.
eruditiouis Jacobus Thomasius, Seldeni jus Quum enim videret snbtilissimuni quenique Philo-
narurae et Gentium (et Aeneae Sylvii Fride- sophiae locum de Diis, de fato et divinatione, de
ricum 111. propediem editnrus) Boeclerus sue rerum finibus, de differendi, inveniendi ac jucli-
mérite longe celeberrimus, dénué produxere; née candi arte, de omni parte Reipublicae ac vitae hu-
Franciscus Mercurius Helmontius ingénie manae officiis a Cicérone accurate simul, et la
suo indignum duxit Octavium Pisani notiorem tine, et luculenter, ne dioani eleganter et nbertim-,
orbi reeldere, tuni Jacobus quoqiie Matenius tractatum esse; Nizolius noster vir acutus et bo
Broweri Trcvirenscs Annales edidit, et sub prelo nus, non solum desr>icere merito coepit infelicem
8 • -
58 V. DE STILO PHILOSOPHICO NIZOL11.
.Scholasticoruin tractandi rationem, tenebrarum af- «vera verarum artium et sc-ientiarum priucipia, re-
fatini, paruni rcruni utilium, elegantiae vero om- • futatis et rejectis prope omnibus Dialecticorum et
nino nihil continentem; sed et impetumsuinsit inen- •Metaphysicorum priiicipiL; falsis, et praeterea re-
tcm liunc suam, et ad cain conlirniaudain moditata, hoc •futautur fere onines Marci Antonii Majora -
aevorcstaurandis artibus fatali, publiée exponendi. Et »gii objectationes contra eundem Nizolium us-
passim quideni iii scriptis suis excideresibi talia passus >quc in hune diein editae. Parmae apud Septi-
est, et ut credi ]>ar est, orctenns data oecasione mo- »mum \ 'H: 1 1 mu 1553. in 4to.« An aliud quip-
nuit ; scd ad justum opus occii|)andiiui liac démuni, piani in Philosophia praestiterit Nizolius, equi-
quae sequitur oecasione pertractus videtur. Scripse- dem iguoro: hoc tantum didici, vertisse (i a le ni
ratCaelius Calcagninns disputationes sivc dis- explicationem obsoletaruui vocum Hippocratis.
quisitiones Basileae apud Frobeniuui anno su- Liber ab eo recognitus, excusus est Vcuetiis a Jun-
perioris seculi 44. éditas, quibus paulo liberius tis cuin operibus Galeni anno 1550. Fuit et
Officia Ciceronis repreheudebat. Continue id alins Parmae Nizolius; fortasse nostro cognatus,
uiale Iiabuit doctos viros Tullii cultores, ex qui jxwterior tamcn, professione ICtus, cujus allegutio-
bus Jac. Grypholus Romae apud Aldum, nes juris de Emphytcusibus extant excusae Par-
Marcus Antonius Majoragius Mediolani mae apud Brudon in quarto, 1603. Atque
Ciceronis dcfensionem cdidere. At supcrveniens haec quidcm de autorc non admodum curiose in-
Nizolius, Caclium quod Ciceroncm impugna- quirenti se obtulcruut, quem 'credibile est eadem
rct, Majoragium, qnod Ciceronem et Aristo- cum Laurentio Valla fortuna usum, oui Gram-
telcin simul defendi posse putaret, perstringendos matici nomcii uocuit, cfieritquc, ne inultum animis
suinsit. Scriptum illud Nizolii tum separatim hominuin movendis jtosset. Idem jam ante Petro
impressum est, tum titulo defensionum aliquot Ci Abaelardo, idem Angelo Politiano, Ludo-
ceronis locorum, editioni Ciceronis ofliciorutn vico Vives, Erasmo, Anclreae Alciato, at-
Venetae anno 1 5 5 4 . in folio subnexum est. Cice que ii>si Jacob o Cujacio, tum uuper Salma-
ronis etiam partes cgere Joach. Camerarius sio, Grotio, etc. ab impcritis objectum est, et
et Hier. Wolfius, quemadmodum et nuperrimc multa hujusmodi iKculiaria in Grammaticos invec
Clarissimus Sam. Rachelius, illustrandac morali tiva congcssit IIDIIH i licet ex instituto ac professione
Ciceronis Plûlosopliiae laudabili conatu incubuit. sua ^-pa^iaTixuÎTaroç Maximilianus San-
Vemm Majoragius carpi se a Nizolio non la- daeus. Quae quamvis inania deprehendantur, et
ccssito indignius quam pro injuriae parvitate tulit, rêvera nulli sint magis Grammatici, quam qui sub
stimulante eum Octaviano Ferrario peripate- venerabili Pliilosophiae titulo peqx;tuas logoma-
tico celebri et erudito, qui Nizolii aemulus erat, chias scrunt, vulgi tamcn animis ne nunc quidem
et libertatem illam de Aristotele judicaudi con- satis cximi ix>ssunt. Sed et illud obstitisse Ni
coquere non poterat. Hujus subsidiis fretus Ma zolii progressibus videtur, quod in Italia scri
joragius scripsit acerbe satis libres duos Repre- psit, in qua etiam nunc Aristoteles cum
heusionum contra Mari u m Nizolium, quibus Scholasticis addictius régnât. Quid enhn Fran
accessit recusatio omnium eorum, qnae Nizolius cisco Patricio, quid Cardano, qnid Galileo,
in decisionibusejusdeinMajoragii tanquam mâle quid Apologistae ejus Campanellae, quid ipsi
posita annotavit. Ita coactus tandem Nizolius Joanni Francisco Pico evenerit, notius est,
rc tota ad accuratius examen revocata edidit quam ut reccnseri mereatur. Accessit illius seculi
hos libres IV. de veris principiis et vera rationc ratio, in quo veritas incipiebat tantum velut jx;r
philosoi>liaudi, quibus scntcntias suas a Ferrario rniuam sese ostendere et scintillis quibusdam emi-
et Majoragio reprehensas, antequam satis editae care, instar facularum ignearum, quae inter macu
esscnt, non publicat tantum, sed et data opéra jn- las solares nonuunquam ebulliunt, et tavillarum,
stoque scripto défendit. Majoragii autcm sola quae cuni furno subvolant. Nostro tempore lar-
praefatione, et libri IV. cap. 6. meminit, ubi pugnat, gior lux; et vel hoc saltcm in confesso est, Ari-
Ethica Nicoiuachea non Aristotelis ad Nico- stotelem crrare posse.
itnirh mu, sed Nicomachi ipsius esse; subdu- IV. Nunc ad argumcntum operis accedendmn
ccns iiîinii mu sese certamini inutili, et ipsi rei po est ; inscrivit autem de veris principiis et vera ra
tins explicandae incumbens. Inscriptio operis haec tionc pliilosophandi, titulo, fateor, magnificcntiorc
est in editionc, undc novam hanc exprcssiniu.s : quam par est. Nihil aliud enim toto opère, quam
•Marii Nizolii Brixellensis de veris principiis Logica quaedam reformata et ad pnrani propriam-
-et vera ratione philosophandi contra Pscudophilo- que loquendi rationcm revocata continetur, quae
> ••( •; il H >s libri IV. in quibus statuuntur ferme omnia quidem me autore vera libri inscriptio essct, sed
V. DE STILO PHILOSOl'HICO NIZOIJI. 59
nolui in al ii M us iininuiaudis intempestive ingenio- etiam hactenus sit dictum, et ex qua omnes recto
sus esse lu Metaphysieam passini invcliitur, née judicandi Canones demonstrari possunt. Sed hoc
affert taineu quicquam, quod Metaphysicae princi cxpouere alterius loci est, tantuni exemplo eam de-
pia convellat, nisi quatenus clialecticis cognata sunt, clarabiuui.s. liaec oratio : Roma ad Tiberim sita
neque uspiam de uno et inulto, de toto et parte, est, ideo vera eut, quia ut scntiam quod dieit, uihil
de eodem et diverse, de necessario et contingente, aliud requiritur, quam ut soutiens et médium recte
de causa et effectu, de mutatione et duratione, at- se habeat; senticns nimirum née sit coecus, née.
quc aliis uietaphysicae locis traetationcm suscipit. similis, médium seu iutervallum non sit nimis
Renun naturaliuiu et niatheinaticaruni nulla men- grande. His positis, si ego sim Romae aut prope
tio, civilia vix frigide attiuguntar. Ut ita tain Ui.siirim. fiet ut videam eodem obtutu urbcm et
inagnificae inscriptionis excusatiorieni nullani in- flumen, et ita urbcm liane esse ad hoc Humen, au-
veuiani, nisi liane uiiam : Logicam verain non taii- diam vero urbem liane dici Komam, fluvium Tibe-
tuin instruiuentnin esse, sed et quodaiiunodo prin- rin. Similiter in abstractis, haec oratio: biuarius
cipia ac veram philosophaudi rationcin coiitinere, est par, vera est, quia si video (audio, tango, co-
quia générales illas régulas tradit, ex quibus vera gito) binariuin, video unum et unuui, d>er defini-
falsaque clyudicari, adhihitisque solis dcfinitionihus tionem binarii ex auditu lectuve perceptam) et ni-
et experûncntis, onines conclusiones denionstrari hil ultra; video igitur duas partes biuarii totum
possunt. Sed sunto etiam non philosophiac, non ahsolventes, unum et unum, casque intcr se aequa-
ipsarum propositionum principia, veritatcinque re- les, quia unum uni acqualc est. Niunerus autein
ruiu non faciant, sed ostendant ; attatncn philoso- cujus duae ]>artes totum ubsolveutes scu intégran
phuDi facient, rectc philosophaudi principia erunt, tes sunt aequales dicitur Par (per defmitionem Pa
quod Nizolio tueudo satis est ris lectu audituvc ijerceptain). Ergo qui sentiet
V. Ita auteiu quod rcliquum est praefationis propositum numerum esse binarium, sentiet esse
partiemur, ut prius de usn eoruni que Nizolio parem, et ideo propositam oratiouem esse vc-
dispntata sunt, deindc de erroribus rjus quibusdnm ram. Elegans est oratio, quae auditu lectuvo
et excessibus disscrainus. Usus Nizolianaruin ine- jucunda est. Quum auteiu de oratioue philo-
ditationum scopum simul editionis hujus iteratae sophica , stiloque illi débite senuo sit nobis,
continet, ut ita ei parti sit paulo diligentius incuin- elegantiam impraesentiarum praetermittemus, ctsi
bendum. Duo auteni inihi potissimum editione fatemur eam ad attentionem procuraudam, ad
digiiuin Nizolium reddere visa sunt, dicendi movendos aniinos, ad memoriam fortius, ut sic
ratio et tempus auctoris: dicendi ratio quia dicam, inipracgnandam , plurimum posse. Sola
Philosophe digna est; tempus autoris, quia au- certitudinis ratio habenda est, quaniam materia
tor nostro dignus est, illo certe tenipore quo vi- capit. Certitudo autein, etiamsi rigorosissiuius
vit, moditationcs ejusinodi non nisi solidissiinis et definitor accédât, nihil aliud esse compcrietur,
cxquisiti.ssiiuis iugeniis obtigeruiit. Dicendi ratio, quam claritas veritatis, ut ita vel ex i|>sa certitudi
quam ille non adliibet tantuni, sed et pcrjictuo ur- nis uotione scquatur orationis pliilosopliicae, quippc
get, solidissimis viris dudum digna visa est, quao eertitudinein quaerentis, dotes esse claritatem et ve-
paulatim velut postliiniuio in Scholas reducatur. ritatem. Et vero rnanifcstum est veritatem propo-
Dicendi inquam ratio naturalis et propria siinplex sitionis notam esse non possc, nisi signiflcatio vo-
et perspicua, et ab onmi detorsionc et fuco libéra, cabulorum sit nota, id est (per dennitionem claii-
et facilis et popularis, et a inedio suinta, et eon^rua tatis) nisi sit clara.
rébus, et luce sua juvans potius memoriain, quam VII. Claritas est non verborum tantuni, sed et
judicium inani et nasuto acumine coufundens. Sed constructionis. Nain si constructio clara non sit,
nobis ipsis danda lue opéra est, ne in vitium inci- notum erit quidcm. quid verba significent simpliei-
damus quod reprehendinius, graiidein niiuiruin et ter et per se sumta, sed non quid significent hoc-
translatait! et ainpullosam dictionciu. loco ad caetera relata. Sed in obscuritate con
VI. Très in uuivcrsuin laudes orationis mihi structionis oratores potius et pocitae, quam philoso-
esse vidcntur: claritas, veritas et elegautia. Nain pln nostri pnccarc soient, nobis igitur est de vo-
utilitas ipsarum potius rcrum est. Clara est oratio cum ]>er se sumtarum iwtius claritatc dicendum.
cujus omnium vocabuloruni significationes notac Claritati, seu notitiae significationis, duo vitia op-
sunt, tantuui attendcnti. Vera est oratio quac posita sunt, obscuritas, et ut sic dicam nimia clari
sentientc et inedio recte disposito scntietur: (nain tas seu ambiguitas; illic nulla significatio nota est,
rlaritatis mcnsura intcllectus, vcritatis sensus) quae hic plurcs simul apjiarent, sed qnae sit vera incer-
nuira est, et verissima vcritatis dcfiuitio, quicquid tum est. Pon'O claritas vocabuli ex duobus oritur :
8*
60 V. DE ST1LO PHILOSOPHICO NIZOLII.
vel ex voce per su, vel ex circuuistantiis oratiouis. tam usu origiuario, quam signifieatione formali de-
Claritas vocis per se rursus duos liabet fontes: ori- ligendis, illud maxime dispicieudum est, ut ex plu-
ginein et usuin. Origo autcin vocis tandem iu ribus se offerentibus eligatur propior origini vocis.
duo resolvitur, usuin radiais, et analogiam ex radiée Electa autem semel significatio si locus fert redi-
factae derivationis. Usus est significatio- vocis genda in dennitionem (definitio enim nihil aliud
comniimitcr nota cadcm lingua utentibus. Analo- est, quam significatio verbis expressa; seu brevius,
gia est significatio flexionis seu derivationis itidein significatio siguificata) et auditori lectorive propo-
nota cadcm lingua utentibus v. g. vocis Fatum nenda est. In definiendo non id solum curandum
nstis vel significatio nota est nécessitas eventuunij est, ut defiuitio sit rcciproce vcra, sed et, ut sit
cjusdcin origo componitur ex usu radicis et analo- clara.
gia: radix est for, vel fari, radicis usns est: di- VIII. Termini igitur tecluiici caue pejus et an-
ccre; analogia fati est: fatum, qua in lingua La- gue fugiendi sunt, et abstinendum iuprimis illis
tina significatur pariicipium perfectum passivum praedicanientorum vocabulis ])lerumque ab usu La-
radicis, ut ita origine fatum idem sit quod dictum. tinae linguae remotissimis. Constitutae scuiel de-
Plerumque autem nsus ex origine tropo quodam fiuitioni constantissime insisteiidiun est, ita ut ubi-
ortus est, quod et in exemple proposito patet, nain que etiamsi definitionein definito substituées nulla
origine fatum idcrn est quod dictnm, usu idem ist locutio absurda sequatur-, sed etsi defiuitioiiein nul-
quod necessario cventurum; videamns igitur cujus lam praemiseris, débet tamen uuiformis esse vocis
dicta sint necessario eventura, et inanifestum est usus, ita ut cadcm utrobiqne definitio substitut
ad Dei solius dicta rem sequi. Igitur fatum origine possit. Atque ita patet dato vocabnlo quae adlii-
est dictum, lune antonomasia seu xar B£,O%T\V di l>enda sit significatio, videamus, et contra: datae
ctum Dei, hinc poiTo per synmlochen dictum Dei siguificatioui quod adhibendum sit vocabulum. Qua
de futtiris, seu decretiim Dei, hinc denique metony- in re et compendii et claritatis ratio liabcuda est.
inia causae, necessario eventumm, qui nuuc vocis Claritatis autem maxima est in Termiuis e medio
usus est. Undu boni Grammatici, atque etiam sumtis, usu etiam populari retento ; obscuritas sem-
Philosophi, est continuais troporum soritis, ut sic per aliqua in Technicis. Terminum (liceat eiu'm
loquar, vocis usuin ex origine deducere posse. Qua hoc sensu Termini nomiue uti, ut significet vocem
in re artificem inprituis esse video Julium Cae- quateuus significata est, nisi vocabuli nonien sub-
saremScaligerum, cujus Originum libri non stituere inavelis, quod me quidem non invito net)
exigua etiam Pliilosophiae detrimento perierunt, popularein voco, quum vox et significatio usitata
nisi quatenus filius iis forte iu notis ad Varro- est, technicum, quum vel vox vel significatio pri-
nem usus est, qui tamen plerumque ab iis, quae vata (seu certo homiui vel hominum generi pro
pareils jam publicavit, et suis scriptis passiin inter- pria) est.
spersit, disscutit. Sed ut in filii meditationibus IX. Si ipsa vox privata est, sequitur, ut faeta
plus cruditionis hal>emus, ita in parentis origina- sit per quandam ovof.i.a.T07Coûav, qualia sunt plc-
tionibus plus acuminis et philosophiac ainisinius. raque vocabula der Rothwelschen Sprache,
Caeterum in vocabulis adliibciulis haec régula te- cujus Lexicon in compendio habet Gesnerus in
nenda est, ut si origo ab usu dissentit, usum potius Mithridate. Est autem in hoc vocabulificio il
quam originem in dicendo sequamur, scd usu vel lud ûnprimis attendendum, ut non casu quasi et
rlubio vel non répugnante, origini potius haereamus. arbitrario animi impetu, scd ratione quadani eflbr-
Si multiplex usus est, danda opcra est, ut vel ab- metur, ratio autem quo aptior, hoc laudabilior.
strahatur formalis aliqua significatio quam vocant, Hatio formandi aptitudiuem habct tum a radiée,
id est, ut detur significatio vocis, quae omnes usi- tum a modo formandi ; radix débet esse usitata, et
tatas in se continet, jn quo laborare soient Theo- rei, quam novo vocabulo designare contendinnis,
logi, iuprimis scripturarum Hcbraicarum inteq>re- quantum fieri potest, propinqua, analogia débet esse
tcs, quos inter linc sensuum venatione cxcellebat et nsitata et apta, ita ut ex signifieatione radicis et
Samuel Hohlius: vel si illud tieri non potest, analogiae conflari vocabuli novi definitio, quam in-
saltcm constituatur usus aliquis, ut sic loquar, ori- tendimus, possit. v. g. Haecceitas non habet analo-
ginarius, id est, ex quo sic fluant usus caeteri, giam usitatam, inelior esset: hoccitas, (vel hocci-
quacmadniodum ex origine fluxit ipse, nempc per monia) uti quidditas, non quaedeitas. Jam ex
ranales troporum. Danda tamen in usu originario hoccitatis radiée et analogia conflari ejus definitio
constituendo opéra est, ut sit significatio formalis, potest, nain hoccitatis radix est hoc; aualogia, itas.
saltcm plerommque usuum, quoad ejus fieri potest, Âualogia autem ista seu derivandi ratio significat
ex <{ua caeteri usus dcducantur. Scd iu utroque, i ;ii ioiirni appelationis iu radice, seu qualitatcm va
V. DE ST1LO PHILOSOPHICO NIZOLII. 61
dicis quateuus talis est, qualis esse dicitur, erit igi- facimus, jani facta sit, ad quas rcmittimus) tamen
tur hoccitas ratio cur aliquid dicatur hoc (uti qua- obrueretur memoria; necesse igitur fuit technicos
litatem définit Àristotelos, a qua diciimir qua- termines cariim rcrum excogitare, quibus populos,
Ics) vel qualitas hujus quateuus hoc est. Née mi- vel quia non aiihuadvcrtit, ut Lineam Quadratri-
min est abstracta definiri pcr concreta, quia con- cem, vel quia raro utitur, ut Hyperbola et Para-
rreta suut notiora. Sin vero non vox sed signifi- bola, peculiaria nomina non imposuit, sufïicerc
catio sit nova, attendcmlum est, tain an significatio crcdens, si forte tandem aliquando usus posecret,
quodaimnodo congniat voci, id est ope troporum circumscriptione designare. Et quidem verissimum
vel ex usu ejus comniuni, vel saltcm ex origine est, luillam rem esse, quae non explicari terminis
deduci possit , tum an non haberi potuerit vox con- popularibus saltem ]>luribus possit. Undo recte
gruentiori Exeuiplis omnia illustranda cssent, si Ni/.olius noster passim urget, id pro nullo, pro
<•—rt iustkuti iiii-i persequi inagis talia, quam commeutitio, et inutili, habeudum esse, cui non in
inonere. lingua communi aliqua vox saltem generalis, (id
X. Porro tcrniinis technicis, ut dixi, plane ca- est, ut ego inteq>retor, quae cum aliis itidein ge-
rendiim, ab iisqtie cavendum est, quoad ejus fieri neralibus juncta speciatim tandem rem exprimere
potest, fieri autem semper non potest, prolixitatis possit) sit imposita.
causa, quae oritura esset, si utcnduin essct semper M, Nam philosoplù plebeiis non semper in eo
vocabulis popularibus. Nain exempli causa : Qua- praestant, quod alias res sentiant, sed quod sen-
tlratum est quadrilatéral!!, aequilaterum, rectangu- tiant alio modo, id est oculo mentis, et cum re-
lum ; sed aequilateri, quadrilateri et rectanguli vox flexione seu attentione, et rerum cum aliis com-
(ut planuin praeteream) mrsus est technica, resol- paratione; attentio autem hoininum ad aliqiiam
vatur igitur: acquilatcruin est ciijus oninia latera rem non potuit melius oxcitari, quam certo voca-
sunt acqualia, quadrilaterum est cujus taiitum qua bulo imposito, quod nota esset memoriae mihi
tuor sunt latera: latus est linea terminans. Re- ipsi, signum judicii erga alios. De caetero tantum
ctangulum est, cujus oiuues anguli sunt recti, an- abest, ut Philosophi rcs abstrusiores et nobiliores
gulus est concursus linearura, rectus est qui utrin- sentiant, quam homines caeteri, ut potius contra,
que ae<jualis est. Ergo si terminis tcelinicis ab- antequam incom|)arabilis Verulamius, aliique
stincndum est, pro Quadrati voce adhibendae sem praeclari viri pliilosophiam ex aëris divagationibus
per cssent liai; voccs simul: id cnjus omnes lineac aut ctiam spatio imaginario, ad terrain liane no-
terminantes sunt acquales, et cujns tantum quatuor stram et usum vitac revocarunt, saepe ciniflo ali-
sunt lineac terminantes, et omnes concursus lineae quis Alchimista solidiores et praeclariores de re-
tcrminantis ad lineam terininantem utrinquc ae- rnm natnra comprehensiones habuerit, quam plii-
quales. Et tamen, si rigorosius agendum est, losophaster quispiam, (ueque enim negamus etiam
etiam, et lineae, et termini, et concursus, et ae- inter Philosophes, eos praesertim, qui ex Aristo-
qnalitatis vocabula essent ultcrius resolvenda, nani telis et veterum fontibus potius, quam lacunis
lit in usu sunt, exacte Geometrarum conceptibus scholasticorum sua hauserunt, viros solide et ad
non quadrant, quemadmodum née vox quadrati, usum doctos complures sujxaliiisse) intra claustra
qnae tnm origine tum usu commuai omni qradri- solis sive liaecccitatibus , sive hoecitatibus incuni-
latero tribui potest, quum Geometrae per antono- bens. Philosoplù igitur saepe non sentiunt, nisi
inasiam soli tribuant aequilatero rectangulo, tan- quae et alii sensere, sentiunt tamen cum atteu-
qoam perfectissimo ; quam vero molestum, quam tione, quae alii neglexere. Ita JoachimusJun-
ineptum futurum sit in loqucndo et demonstrando gius Hamburgensis, vir vere pliilosojrfius, plurimas
pro Quadrati voce tôt semper aliis vocibus uti, insectornm siiecies multis hand dubic mortalibus
credo ctiam caecum videre, addi possunt, quae in visas, sed ab omnibus hactenus praeteritas et pede
arte coinbinatoria passim ilixi. Quainqnam igitnr calcatas, obscrvavit, collegit, digessit, comi^iravit
istis rcsolutioiûbus terminorum techniconiin in inter se, et ex illa comparatione nomina etiam
mère popularcs solidaretur judicium, unde ctiam nova imposuit. Cujus haec et nlia mcditata a
in pcrfecta demonstratione nid il fit aliud, quam Clarissimo Vogelio quam primum speramus edi-
talis in ultima et notissitna rcsolutio, subjecti ni- tuin iri. Nonnunquam tamen fateor et ]>liiloso-
niirnm et i)raedicati in dcfinitiones, et terminorum phi sentiunt corpora aut coqwrum qualitates, quas
definitionem ingredientium rursus in dcfinitiones, alii nnnquam sensere; ita Chimici saepissime nova
(sive omnis ea resolutio fiât uno loco, sive aliis hactenus ignorata coqx>ra variis mixtiouibus reso-
«lefinitionibus aut dcinonstrationihus nostris, altc- lutionibusque prodiicunt ; idem fit compositionibus
rinsve scriptoris, cujus nsum vocabulorum uostnim Medicorum, quibus etiam saepe ab autore nomen
V. DE STILO P1I1LGSOPHICO NIZOLII.
imponi solet, majore ail pcrcnuitatem nomiuis cffi- mauice sed Latine plùlosopharc, née habuisset ul-
cacia, quaiu si ex solido adamaute statua illa cum liiui usum née intellectum fuisset a quoquam Lati-
elogio collocata esset. Qualitatcs quoque novas, uitatis imperito, quia Germanica a Latina toto
ut ignotos hactenus colores plurimos, liaud dubie coelo distat, quod secus est in I talk-a Gallicaquc.
vidit, qui priinus microscopio usus est. His igitur Atque bacc causa fuit pliliosophiae apud nos serius
casibus noniina vel nova fonuaiida, vel vetera tro- veraaculo scrmoue tractatae, quia Lingua Germa-
pis quibusdam, a relatione rei qualitatisvc novae uica non a philosophia quidem, a barbara tamen
ad veteres petitis, hue accommodanda suut. plùlosophia abhorruit, quum vero barbara plùloso-
XII. lllud igitur pro certo habendum est, quic- phandi ratio sero sit puisa, mirum etiam non est,
quid tenninis popularibus explicari non potest, tardigradam in philosophando nostrani liuguain
nisi inunediato sciisu constet (qualia suut niulta fuisse.
gênera colorum, odoruni, saporuin) esse nullum, XIV. Quod de Germauica, idein de Germanicac
et a philosophia velut piaculari quodain carniiue fîliabus Suedica, Danica, Anglica, Belgica, dicen-
areenduni. Undo pliilosophi.s quibusdam ingeniosis duin est, nisi quod Bclgicam atque Anglicam in
mos est egregios illos disputatores (h'alecticos ad admitteudis aliarum linguarum vocabuus ij>sa vi-
lioc urgere, ut vel oinnes termines suos clare ex- ciuitas audaciores fecit, quum contra apud Germa-
plicent, vel si liane inolcstiani subterfugerc velint, nos, tametsi Scholasticastii quidam, aut peregrina-
descendant ad linguam ab'quam vivam seu i>opula- torculi meris Latinismis, Italicismis et Gallicisuiis
rem, ac tentent in ea aninii sensa exponere; quo perstrepant, usas tamen et virorum gravium, et
facto mi) mu est, quant vel consterneutur illi, plebis talia respuat. SLivonicam linguam hue non
vel ai rem tentent, a praosentibus viris ju- affero, quia in realibus ipsis satis ])leua non est,
dicio atque experientia praeditis, Latiuac tamen et plerasque res mechanicas aut im|K>rtatas Germa-
linguae non adinodum curiosis, iiTideautur. Ego mcis vocabulis nunciipat. lllud vero praetereun-
certe ea ratione factuin esse arbitrer, ut in Anglia dum non est loco, quod Thomas Hobbes pix»
Galliaque paullatim scholastiea philosopliaudi ratio sueto sibi ingeuii acumine observavit, apud cas
exoleverit, quia jarn duduin illae génies philoso- gentes, quibus inos est verbum substantivuin : Est,
phiara sua lingua excolere coepcrunt, ut ipsi plebi per]x?tua ellipsi subintelligere, (juales sunt nonnul-
quodammodo, atque etiam foeininis aditus de tali- lae Orientales, inagnam partem pliilosoj)hiae bar-
bus judieandi sit factus. Idem haud dubie factuni barae, aut non omnmo, aut aegerrimc exprimi
esset apud Italos, nisi ibi Theologi scholastici co- posse; quum tamen eae gentes non sint minus quain
gnatis sibi philosophis subsidio venissent. In Ger- eaeterae aptae ad philosopliandum, et lingua alio-
mania inter alias causas, ideo fixior est scholastiea quin in rébus ipsis copiosa cultaquc utantur. Sed
Philosophia, quocl sero, et ne nunc quidem satis, a digressione in viam regrediemlum est.
germanice pliilosophari coeptum est. XV. Quum igitur constet, cas res esse nullas,
XIII. lllud tamen asscrere ausirn, huic tenta- quac popularibus tenninis explicari non jwssuut,
mento probatvrio atque examine philosophematum constet etiam, tanto clariorem esse erationem, quauto
pcr linguam aliquam vivam, uu! la ni esse in Eu- termim sunt populariores, nisi forte n'unis multipli-
ropa linguam Germanica aptiorem; quia Genna- catis ça ratione vocabulis, jam ex alio capite tae-
nica in realibus })lenissima est et j>erfectissima, ad iliuni, oblivio, et sic obscuritas nascatur, manife-
invidiam omnium caeterarum, quum artes realcs et stum est nonnain ac mensuram adliibemlorum tcr-
mechanicac a multis seculis a nulla pente sint dili- nùnorum esse debere, comi^endiosissimam jwpula-
gentius excultae, nsque adco ut ipsi Turcae in fodi- ritatem, vel ]x>pularissimum compendium. Quan-
nis Graeciae et Asiae miuoris, vocabulis metallicis docunque igitur termini jwpulares suppctunt aeque
Germanorum utantur. Contra ad comnientitia ex- compendiosi, abstincndum est tenninis torhnicis.
primcnda liugua Germanica est facile ineptissima, Est profecto haec una ex regulis fundamentalibus
longe quidem Gallica Italicaque et cactcris Latinae styli philosopbici, in quam passim impiugitur, jirae-
propaginibus ineptior; quia in Latinac filiabus, voce sertim a Mctaphysicis et Dialccticis; nain res ipsac
Latino-barbara leviter indexa, statirn fit Gallica Dialecticae et Metaphysicae plerumque, creberrime
aut Italica non-barbara, unde et limita philoso- in sermonibus, scriptis, cogitationibus etiam ple-
phiac scholasticae in Gallicum quomodocunquc ta bciis occurrunt, et in omni vita passim tenuitur.
men translata habentur; at iii Germania nemo ha- Hiuc factum est, ut ipsa crebritate admonita gens,
ctenus taie quicquam, nisi omnium sibilis exceptus, ixx-uliaribus, usitatis maxime naturalibu.s et com-
tcntavii Sed si termines Latinos retinere aut de- peudiosis vocabulis, talia designaverit; quac quum
orquere voluissct aliquis, hoc jam erat non Gcr- suppctant, pcccatum est novis plerumque etiam in
V. DE ST1LO PH1LOSOPHICO NIZOLII. 63
oommodioribus confictis (ut de ipsa saepe in fin- phie! ratioue dicta sunt, de parte Acroamatica dicta
gcndo aclmissa incptitudiuc nihil dicaiu) res obscu- sunto. In Exoterica parum luxuriari liceat, ut si
rare, se vero imperitis tantum admirabilcs, cauteris certitudini aliquid, daritati tamen nihil aut parum
ridiculos retldere. Par est ratio in moralibus, ci- décédât. Acroamatica autem pars constat ut dixi,
vilibus, et juridicis. Quae quum itidem sint om definitionibus, divisionibus et demonstrationibus;
nium intehVctui exposita, a novis terminis confictis quanquam divisiouibus supersederi possit, quemad-
raro in illis quicquam praetcr tenebras sperauduin modum Euclides illis caruit, utiliter tamen ad-
est; raro, iuquain, nain et illud fateor, nullam esse hibentur, saltem ad dufinitiones inter se ordinale
scientiam, in qua non terminis technicis sit opus, coimectendas, propositiones enim non divisionibus,
tune nimirum quum plebs rem aut non sensit, aut sed demonstratiombus connecti debent. Quicuuque
sine attentione rursus dimisit. In Mathematicis igitur accurate definire aut dividcre, et demonstrare
autem, Physicis et Mechanicis maxime novis termi seu certam quandam proiwsitionem reddere pro-
nis aut nove sumtis opus est ; quae in lus discipli- fîtetur, rigorosissime se gerere, née vocem nisi
iiis tractantur, pleraquo non suiit statim sensui ob dcfinitam, aut propositionem msi demonstratam
via, aut in usu commun! crebro versautia. Pro- aut immédiate sensu certam in dcmonstrando ad-
ducuntur enim eae res, aut deteguntur qualitatcs, hibere débet. De cactero liceat fortassc acutas
variis rerum in partes divisionibus, mutationibus, nonnuncniam alhisiones, similitudines, metaplioras,
motibus. additionibus, detractionibus, translocatio- exempla, argutias, liistorias ins]>ergore et lectoris
! ii : ni-, commixtionibus, et omnino cxperimentorum fessi animum jucunditatis interstitio recreare, sic
industriis, quae vulgus nisi necessitate coactum la tamen, ut tune quoque omnis obscuritas, munis
cère non solct, artifici cujusvLs scientiae talia re- translatiouum nimietas vitetur.
linquens. Sed etsi termini technici parum sint XVIL Illud quoque hoc loco admonitu dignom
popularibus compendiosiores, notabile tamen taedii visum est, quia vulgo contra sentiunt, inter accu-
aut memoriae levamentum hinc non oriatur, inani- rate philosophandum concretis tantum utendum
festum est itidem technicis in philosophando utilias esse; idque ipsum Aristotelem plenimque fc-
abstineri. cisse video; itocràv, noùrv, rà «po'ç TI potius
XVI. Est tamen inter philosophandi modos di- ipsi in ore sunt, quam «OO-OTIJÇ, «otorijç,
scrimen ingens, alius enim est, ut sic dicarn, Acro- seu si sic loqui fas csset, npoç-cvoTriç, id
amaticus, alius Exotericus. Âcroamaticus est, in sectatores excusant, quasi pinguius factum, ac se, si
qno omnia demonstrantur, Exotericus, in quo quae- diis placet, acutiores sommant, quum oinnia ab-
dam sine demonstratione dicuutur, confirmautur stractis comptent; quum contra pro certo comjier-
tamen congruentiis quibusdam et rationibus topi- tnm sit istam abstractu vooabula excogitandi libi-
cis, vel etiam dernonstratoriis, sed non nisi topico dinem pêne totam nobis philosophiam obscurasse,
propositis, illustrantnr exemplis et similitudmibus; quibus tamen careri in plùlosopliando prorsus ]»t-
taie dicendi genus dogmatitum quidem seu philoso- est. Nam concreta vere res sunt, abstracta non sunt
: 'M'Hiii est, acroamaticum tamen non est, ici est, res sed rerum modi, modi autem nihil aliud sunt
non rigorosissimum, non exactissimum. Atque quam relationes rei ad intellectum, sen apjiarcndi
ista differentia etiam aqud Mathematicos observa- facultates. Et vero datur modorum in infinitum
tur. Distinguunt enim a Demonstrationibus scho- rcplicatio, et qualitatum qualitates et numeri nu-
lia, demonstrationes rigorosissime et acroamatice, merorum, quae si omnia res sunt, non minutas tan
scholia paulo familiarius atque exoterica quadain tum, sed et. contradictio oritor. Nam si entitas
ratione tractantnr, quod vel ex solo Proclo in ens est, si realitas res est, si aliquidditas aliquid
Euclidem patet, qui in scholiis liistorica quaedam est, idem erit forma sui ipsius sou pars conceptus
etqukquidreiillostrandae facit, inspergere nondubi- sui, quod implicat. Si quis igitur aliquando Ele-
tat Gemiua huic distinctioni distinctioest inter prae- mcnta Pliilosophiae perfecte constituturus est, eum
cepta et cominentaria, quam Bartholomaeo Ke- abstraotis ]>rope penitus al>stinere necessc est. Re-
ekermanno et Johanni Henrico Alstedio cordor quidem acutissimuin Hobbesium abstra-
ntiliter placuissc video, et tenuit quoquc vir summae ctis ali(|iiam utilitatem tribuere, idqne eo potissi-
tloctrinae Gerhard us JohannesVossius in suis mum argumente, qood exempli causa aliud sit du-
artinm liberalium ac popularium partitionibos. Usns plicare calida, aliud duplicare calorcm. Veruin
hurjus discriminis est, ut non interrnpto definitio- haec ipsa caloris duplicatio torminis concretis cf-
•iiini. divisionum et demonstrationum cursu intcr- fcrri potest, nain si dicam tandem rem duplo cali-
serere tamen nonnulla scitu cligna aut etiam pro- diorcm esse factam, jam intelligetnr non calida,
fatnra liceat. Quaecunque igitur de stili philoso sed calorem duplicatum esse. Tcrminorum igitnr
64 V. DE STILO PHILOSOPHICO NIZOLU.
abstractonmi iiiinquain ego, ut vcrum fatear, ulluiu commentatus est. Quibus ejus cogitatis tamen il-
iii philosophaiicli rigoroso génère usum niagnopcre lu<l a(ljicio: onuiein significationem non origina-
comperi, abusus vero innltos et niagiios, et vakle riam aliquando fuisse translatait!, eo nimirum tein-
perniciosos. At ùi exoterirn dicendi ratione credo pmv. quo priiuum vox a ]>rimigenia signifieatione
abstracta adhibita teinpestive usu suo non carere, ad alias tro]x>rum adminiculo promota est; factaiu
acuere enim inprimis sententias, et figere quasi at- vero tandem propriam, quum primum ita vulgaris
tentioneni lectoris, ac de caeteris cogitationibus facta est, ut aeque sit nota, aut notior etiam na-
impraesenti.irum diinittendis atlmonere; more se- tiva ; et jam hommes non propter flexiones a nativa
rundanim notionum, quibus cur abstracta acquipa- factant, cujus saepe ne recordantur quidem, sed
rem, causas habeo inultas et graves. Nam in uni- per se voce sic utantur. Interea si quis destinato
versum ita sentio, substituere abstracta concretis, cousilio sibi proponeret, vocibus quanmi certa ori-
et pro hac propositione : liomo est rationalis, sub ginatio est, perpétue inter philosopliaiuliim non
stituere illam : honio liabet rationalitatem, aut : cui aliter uti, quant origo postulat ejus consuetndo née
inest humanitas, illi inest rationalitas, aut: liiuna- illaudabilis née aspemanda foret, etsi difficile cen-
nitate ratioualitas continetur, esse non taiituni tro- seam hoc constanter exequi. Ita satis, opiuor,
I «eu in, sed et superfluum; ac perinde esse, ac si fuse pro instituti ratione de claritate vocabuli per
quis loco ejusdem propositionis diceret: certum se dictum est.
est, veruni est, non est dubitandum; quisquis at- XIX. Claritas vero, quae ex circumstantiis su-
trinli't, sentiet, idea honùnis menti nieae per sett- ntitur, sumitur vel ex ipsa oratioue, vel extrinsc-
sum inipressa confirmât, lioiniuem esse rationalem; cus. Si ex ipsius orationis circumstantiis sumitur,
quae variandi gênera rei niliil addenda praeter re- erit claritas, si non vocabuli per se, tamen oratio
lationein ad meutem ad illustrauduin inciilcandum- nis per se. Quod fit, quum ex ipsa oratione ap-
que possunt aliquid, ad accurate philosophandum, paret materia subjecta de qua agitur, et quum ma-
ad definiendum , dividendum ad demonstrandam teria subjecta tollit ambiguitatem ; nain si de ursa,
nihil. ])laustro, cane, lyra, loquitur is, cujus reliqua ora
XVIII. Hactenus osteusum est terminis techni- tio in astronomicis cousumitur, facile tollitur am-
cis abstincndum esse, quoad çjus fieri potest; nunc biguitas. Item si praemissa est definitio vocabuli,
illud attendeiiduiii est, sive popularibus, sivc tcdi- eo ipso obscuritas sublata est. Sed si per multas
nicis utainur, tropos tameii aut nulles aut exiguos démuni conjecturas, licet ex ipsa oratione suintas,
aptosque esse debere. Quod a Scliolasticis paruin significatio venanda est, longe infra claritatis lau-
est observatuni, naiu, quod quis miretur, eonun dem subsidit. Si vero ex ipsis extrinsecis cirsum-
oratio tropis scatet. Quicl enim aliud quam tro- stantiis colligendus demum sensus est lectori et au-
])ica sunt dependere, inhaerere, emanare, influere. ditori, jam per se obscura est oratio. Obscura
Cujus postremi vocabuli inventione mire se offert autem oratio fortasse alicui prophetae, aut ebucci-
Suarez. Quum enim Scholastici ante eum dudum natori miraculorum Alcbymistae, aut oraculo Del-
in général! causae notione venanda sudasseut, née phico, aut etiam theologo ntystico, aut aenigmato-
verba illis commoda succurrerent, Suarez non grapho poetae convenerit, a philosophe niliil potest
quidem ingcniosior, tanien aiidacior fuit, et adlii- esse alienius.
bito callide influxus vocabulo, causem définivit: XX. Equidem non ignoro et pliilosophos Ae-
quod influit esse in aliud, barbare satis et obscure; gyptiorum vetercs, et Sinensitim, qui Aegy-
nain et inepta constructio est, qua influere ex neu- ptiorum colonia esse videtur, hodiernos, et om-
tro fit activum; et metaphoricum est istud influere, uino orientales, et, qui eos sequuntus est, Pytha-
et obscurius ipso definito: faciliore enim negotio goram apud Graecos, apud Latiuos autem et Ara
causae quam influxus vocem tain monstrose accep- bes, Chemicos, aenigmatibus sua occuluisse. Quod
tam definire sperarim. Illud deuiqne observandum, eoruiii consilium non potest usquequaque impro-
quod et jam tum passim monuiuius origini vocis, bari, neque enim oninia omnibus prostituenda sunt,
praesertim quum certa est, qua pote, insistenduni. et qui postea philosophi artiunt, medicae impriinis
Sane veruni est, omnem originariam vocis signifi- et niathcmaticae mysteria in vulgus exire passi
cationem esse propriam, neque enim video qui per sunt rem a prudentia civili alienam i'eeerunt; jx»-
tropum ex alio translatas dici possit; sed tamen terant enim his velut instrumentis uti ad liberan-
illud fateor quandam significationem esse pro das a tyrannide patrias et constitueudas Aristocra-
priam, quae non sit originaria, quod et recte ob- tias: et nemo prndens Lazarum Riverium,
servavit Cl. Brunsmannus in iis, quae de pro vel Antonium Mariant Rheitam Schyr-
pria et translata significatione nuper peculiari opéra laeum, Capucinum culj>averit ob.scuritatis , quod
V. DE STILO PHILOSOPHICO NIZOLII. 6.",
ille certain quandam compositionem medicam, hic instnuneiitum , docendi autem cogitata nostra prope
tuboruni opticoruin inagis magisque perficiendorum nnicum; quum denique iisdem regulis simul et mo-
compendium a se repertum aenigmatis nube sepi- vendorum affectuum, regendarumque cogitationum
vermit. In philosophando tanien accnrate, id est ratio, et quibus prope solis id fit, verborum ad
in ilHinic ïnl<>, dividciidii et demonstrando, dispel- hoc apte collocandorum praecepta contineantnr:
lendas esse omnes illas nebulas, non est dubitan- ita non improbandum arbitrer, qui simul et de co
duni. Licebat Philosophis vel lingua quadam pe- gitandi praeceptis, et génère dicendi ad docendum
culiari, quod de Aegyptiis et Hetruscis sacerdoti- apto tractare ad Logici partes pertinere tuebitur.
bus fertur, vel scriptura saltem, quod niinc faciunt Quare née Nizolius peccavit, quod in Logica tra-
Sinenses , sua occulere, dommodo in hac ipsa lin- ctatione dicendi rationem exactam passim urget,
gua, in hac ipsa scriptura, ipsi saltem inter se, née fortasse, qui ante Nizolium eo de argu-
clare accurateque philosophât! essent, née nunc in- mento tam in omni Encyclopaediae parte necessa
troniissis in adyta, appareret vasta rébus utilibus rio, paulo fusius praefati sunnis. Inprimis qnnm
et egena solitude, quodqne de templo Hierosoly- eo potissimum fine Nizolium ediderimus, ut, vel
niitano Taci tus ait, mania arcana, quod de orien- alieno labore, contribueremus aliquid ad philoso-
taliuin philosophia vernm esse magis magisque de- phiae solidioris instaurationem, quae nuuc tôt ubi-
tegitur. Ita cxplicata est una lauduni orationis Phi- que summis ingeniis continentibus tam pulchre
losophicae: claritas. Elegantiam aliorsum ab- procedit, adjuvaudam. Sperainus enim a lectione
legavimus. Lege sis intérim Quaerengum de hujus Ni/, olianae conunentationis non medio-
Eloquentia Philosophi. crem s fructum in rem philosophicam reduudaro
XXI. Sola veritas residua est, sed de hujus posse, vel ideo, ut homines sobrio illi, ac proprio
comparandae ac confirmandae ratione, deque omui et nativo, ac vere philosophico dicendi generi ma
inveniendi et judicandi artificio ]>raecepta tradere gis magisque assuefiant; praesertim quum nemo
ad Logicum pertinet, qui tamen illa accurata clari- mihi quidem scriptor notus sit, qui pari zelo, dili-
tate verborum inquirendi ac morose cuucta discu- gentia, atque etiam, si attente legatur, efficacia, in
iiendi, necessario alioquin onere, mirifîce levatur. eam rem incubnerit, ut omnes illae verborum spiuae
Nam si nulla vox adhibetur, nisi clara et certae ex agro philosophico funditus avellantur. Quod
definitaeque significationis, omnis aequivocatio exn- quidem in parte Logica atque ipso philosophiae ve-
let necesse est, qua semel puisa ingens sophismatum stibulo sic satis praestitisse mihi videtur, dummodo
agmen simul evanescet; née quicquani fere ad so existant, quod fore non desperamus in hac floren-
lide jndicandum supererit, quam ut sensns ab erro- tium passim egregiorum ingenioruin ubertate, qui
ribus, sensorio ac medio recte constitutis, intelle- coeptum semel laborem persequantar, ac reliquas
ctus vero observatis solis consecjuentiarum regulis, philosophiae partes, metaphysicam, physicam gene-
praeserventur. Quae quum ita sint. parum abest, ralem, philcsophiam civilem ac veram jurispruden-
qnin credam, uti Rhetoricae duae sunt partes, una tiam a terminonnn implexis sentil>us eadein rationn
de vertus eleganter, oniate et efficaciter struendis, purgent; polliceremur de nobis aliquid, nisi partim
altéra de movendis affectibus, ita similiter Logicae aliis stndiis distraheremur, partira timeremus ma
dnas esse partes, unam verbalem, alteram realem: teriam aliis praeripere, aptius omnia praestituris.
imam de claro distincte et proprio verborum usu, XXII. Caeterum quod Nizolium dixi prae cae-
seu de stilo philosophico ; alteram do regendis co- teris aliquid in hoc génère praestitisse, id tueri non
gitationibus. Nam Grammatica, ut loquamnr pure vereor. Nam illustres illi philosophiae instaurato-
et ex nsu gentis, nos docet; Rhetorica, ut apte ad res hodierni in eo potius occupantur, ut sua sibi
movendos affectus; Logica, ut apte ad movendam inventa et cogitata praeclare constituant atque
mentem dicamus. Quemadmodum igitur illi non exornent, quam ut vetera et in scholis recqita
probantur, qui Oratoriam a Rhetorica divellunt, Aristotelis scholasticorum tradita, poliant ac
oratoriam de movendis affteftibus, Rhetoricam de purgent. Quum tanien non sit e re philosophiae,
elegantia dictionis praescribere jubent : — quod fa- vetera prorsus abjicere, sed emendare potius, et
cinnt Ramistae quidam aut Semi-Ramistae, viri quod egregium est, qualia certe sunt innumera, et
caetera doctissimi, Keckermannus, Âlstedius, praesertim quae ipso Aristotelis textu continen-
Conr. Dietericus, Caspar. Bartholinus: — tur, tolerare.
quemadmodum, inquam, illi non probantur, quum XX1LI. Deinde fateor de dictione philosopho-
ita implexus sit verbis omnis cogitandi volendique rum vulgarium barbara abolenda, monuisse, con-
actus, nt vix nnquam nisi tacito intra nos verbo- suluisse, déclamasse multos, rem ipsam vero, qnod
nim usa fiât; quum verba sint proximum cogitandi fecit Nizolius, aggressos esse pancos, quia fecilins
9
66 V. DE STILO PH1LOSOPH1CO NIZOL1I.
seilicet est, carpere qnam emendare. Sane quum piantur. Barbarum porro dicendi genus pecnlia-
prinium literae restaurai-! coeplae sunt, eruditi in ribus scriptis multi oppugnarunt Et exstant Epi-
philosophes scholastieos intonuere; contra Schola- stolae amoeboeae Johannis Pici Mirandulaui
stici se reaies vocabant, illos poetarum et gramma- et Hermolai Barbari, quorum hic acerrime iu
ticomm titulo ab interiore reruin cognitione arce- Scholastieos inveliitur, ille mollire eoruhi vitia ac
lniut. Et meinini videre aliquando scriptum cujus- tegere magis quain defendere, non improbabili pie-
dain ex illo grège theologi, hoc titulo: Johannis tate conatur. Tanti fecit cas Epistolas Philip-
Seici Apologia, quod Theologia non sit fundata pus Melanchthoii, ut addita dispositione edi in
super Poesi, quasi scilicet quisquam lioc somnias- Germania curaverit. Addi potest Quaerengus de
set. Sed interea dum isti fulminant, erucliti aulas Eloquentia Pliilosophi, Frauciscus Floridus
magnatum paulatim occuparunt. Laurentium Sabinus, scripte quod pro latina lingua ejusque
certe Vallam soins favor regitis ab liaereseos com- Scriptoribus edidit, Ubertus Foliota de Latinae
inenclatione défendit, ut de Leonis X. et Fran- lùiguae usu et praestantia, Germonius, Corra-
cisci I. Galliae Régis iu literatos propcnsioue nihil clus. Taubmannus, Barthius, de Latina lin
(Ucam, quae profligandae barbariae multum potuit. gua, Susii Lima Ciceroniana, Andr. Schotti
Jam ante Vallam, princeps Dantes Aligerius Tulliauae quaestiones, Albert! de Albertis actio
Florentinus meliores literas velut ab inferis revoca- in corruptores eloquentiae, Melch. Inchofer de
vit; hujus discipulus Franciscus Petrarcha pri- sacra latiuitatc, Erasuii Apologeticus adversus
iniini in philosophia civili quippe capaciore elegau- Martinum Dorpium, Joachimus Vagetius
tiam expertus est, qua in re Franciscum Phi- de stilo, Chris toph. a Capite Fontium de ne-
lelphum, Poggium Florentinuiu, Leonar- cessaria correctioue Theologiae Scholasticae, Ludo
dum Aretinum, aliosque succenturiatos habuit. vicus Carl>ajalus Beticus libro uno de restituta
Ut Val la majore vir ingénie spinas scholasticorum Theologia, in quo, ut insérait titulo ipse, Lector
primus calcare aggressus est, ac clialecticain conscri- visurus sit Theologiam a Sophistica et barbarie ma
psit ingenio suo dignam, ICtos etiam libello de in- gna industria repurgatam. Erycius Puteanus
signibus et armis, contra B art ho lu m, Theologos diatriba de Barbaris ad Barbarinos, Christiauus
libello de libero arbitrio, contra Boethium, laces- Becmannus, et Isaacus Clauderus de barba
sere ausus. Tune vero philosophiae simul et elo- rie superiorum temporum, Frischlinus Prisciano
quentiae exqnisitiori e Graecia subsidio vénère vapulante, Joli. Conradus Dietericus de infe-
Theodorus Gaza, Georgius Traj)ezuntius, licitato seculi sujierioris in graecarum litcramm
Emanuel Chrysoloras et Bessario ]x>stea ignoratioue, AntibarbarusSixti Amamae et Pétri
Çardinalis. Et licet Gaza et Trapezuntius Molinaci, Gerhardus Joh. Vossius de vitiis
Aristotelem graecum resuscitantes, pugnarent inter scrmonis et glossematis latmo - barbaiis, Joli.
se, Bessario autem Platonicus cum utroque; in Niess. de ortu et occasu linguae latinae ejusque
Barbares tamen aequali animi inipctu itum est. Ab instaurandae ratione, Petrus aValle Clausa de
bis instructi Johannes Picus de Mirandula, immunitatc Cyriacoruin, qui omnes data opéra in
sui aevi phoenix, Astrologorum hostis, Hermolaus dictiouem illam pseudophilosophicam invdmntur.
Barbarus cvrEXsxeîaçinterpres,Nicolaus Leo- His addi possuiit, qui ex Cicérone et Quiuti-
nicenus Patavinus,cujiisetNizolius noster lib. 4. liano et Boethio, philosophati sunt: Freigius,
cap. 8. metnimt, cujus opéra, ut Erasmus ait, Buscherus, Jason Denores, Ramusque et
Medicina iterum loqui coepit, MarsiliusFicinus Ramci aut Philippo-Ramei projx! omnes; Hadria
Bcssarionis in affectu erga Platoneni liaeres, nus item Çardinalis libris 4. de vera philoso
certamen pro vera sapientum eloqueutia contra phia ex' 4. Ecclesiae doctoribus, Ambrosio,Hie-
corniptores utriusque susceptum, acriore impetu, et ronymo, Angustiuo, et Gregorio Magno.
recentibus armis contiuuarunt. Tandem Angé De caetero ut Theologiam Scholasticam Melchior
lus Politianus, Joh. Franciscus Picus de Canus iu locis, et Paulus Cortesius in libres
Mirandula, Rudolphus Agricola, Joh. sententiarum, (nuper Petavius, opère dogmatum
Reuchlinus, Hadrianus Çardinalis, Eras- Theol,) ita Dielecticam Valla, Rudolphus Agri
inus Roterodamus, Paulns Cortesius, Joh. cola, Polichius, Melaiichthon, Caesarius,
Ludovicus Vives, Philippus Melanchthon, Hunnaeus, Cornélius Valerius, Perlonius,
Joachimus Camerarius, et innlti consimiles, Caeliiis Secundus Curio, Joan. Sturmius,
perrupere hostiles ordines, et late stragem dedere. Hottomannus, Metaphysicam Vives, Niphus,
Hos qui toto orbe sequuti sunt philasophi eloquen- Javellus (etiam Nizolio nostro laudatus lib. 2.
ttssimi, tara multi sunt, ut brevïbus chartis non ça- cap. 10.) Fonseca, Brunus , Monlorius;
V. DE STILO PHILOSOPHICO NIZOIJI. 67
Physicam Hermolaus Barbarus, Cornélius qui Aristoteleis subversis alios terminos tedmico*
Valerius, Francisons Vicomercatus, Hie- substituit, multiph'cavitque non scientiam, sed la-
ron. Fracastorins, Hieron. Carda'nus, Jul. boreui.
Caesar Scaliger, Scipio Capucius, Titel- XXV. Restât nunc, ut errores quoque et vida
mannus, et nnper Gassendus, dictionis ele- Nizolii nostri ne dissimulemus. Et ex vitiis po-
gantia illustrare coeperunt. Qui tamen termines tissimum mihi vituperationem mereri videtur inale-
in Scliolis receptos sic ad vivum in caeteris philo- dicentia, qua in Aristotelem, in Platonem
sophiae partibus resecuerit, ut fecit in Logica Ni- ijiMin!. in Galennm, in Aristotelis interprètes
zolius noster, iionduni coinperi. Nizolium igi- Graecos, iiiScholasticos sine discrimine (uamTho-
tur, quo hactenus fuit ignoratior, lioc magis cli- mam Aquinatem, quum mollissime tractatum
gnuni putavi, qui in exemplum dictionis philoso- cupit, appellat monoculum inter caccos lib. 4.
phicae reformatae proponatur. cap. 7.) invchitur, qua etiam consentiontcs sibi iu
XXIV. Altéra editionis ratio fuit tcmpus Auto- plerisque Vallam, Vivem, Rudolphum Agri-
ris. Accessit enim ad edendiim hic quoque stimu colam ob levissima quaedam sententiarum discri
las, quod apparet ex Nizolio esse quasdam sen- mina proscind.it. Optassem deleta e libro talia ne
tentiarum périodes, et, quae nostro tcmpore velut lectores vel cuin puritate dictionis simul procacita-
nova producuutur, jam olini plorima a doctis vins tem discereiit, vel saltem in percurrendo oflende-
magua cum contcntione agitata esse. Ita detexit rentur, non suin ausus tamen in alieno opère quio
Telescopium, viain lacteam esse conseriem insensi- quam immutare.
bilium stellarum, idem dudum conjecerat Demo- XXVI. Errores in N i zo 1 i o et multi simt, et magni,
l' rit H s. Ejusdem Democriti Vaticinatio erat, quorum plures in breviculis notis quas minutiori ty-
Nili incrementa esse a pluviis Aetliiopiae, quae sen- po insertas adjeci, sunt tacti, aliquorum vero ex-
tentia a coaevis et propiuquis scriptoribus irrisa, tantionim etiam hic mentio facieuda est. Nimirum
nnnc peregrinationibus vera deprchensa est; Epi- ille palmarius est, quod Scholasticorum vitia Ari-
curi et Lucretii Atomi, quam magna nunc con- stoteli imputât, et modestiores se viras, Johan-
tentione refodiuntur! Hyppothesis terreni motus nem Picum, Leonicenum, Kudolph. Agri-
Pythagorae fuisse dicitur, et illuc inclinasse Ar- colam, Vivem, etiam conviciis lacessit, et adu-
chimedem non obscura simt vestigia in libelle lationis insimnlat, quod eximere Aristotelem
de Numéro arenae. lllustris Digbaei pulverem concntur; quum tamen nostro seculo post tôt in
synipatheticnm Antonius Deusingius et Joli. Aristotelem doctissimorum et prions barbarie!
Fried. Helvetius contcndunt veterem esse. Cir- dissimillimonim interprétai! curas nihil sit com-
culationem sanguinis per totum corpus non ab pertius, quam Aristotelem omnis illius iiieptiae
Harraeo primum observatam, sed dudum depre- purum et insontem esse, qua scholastici passim in-
hensarn logi in nmnuscri])tis cujusclam rrligiosi, quae quiuantur. Errores ejus quicunque sunt, taies ta-
nnnc quoque Venetiis monstrentur, refert in abso- meu sunt, ut facile internoscas lapsus viri magni
Intissimo Instîtutionum Anatomicarum opère Tho et in rerum luce versati, a vertiginosis deceptioui-
mas Bartolinus. Habco ex narratione doctissi- bus iriiperiti alicujus claustralis. Hoc demonstra-
niorum virorum, ipsum illum magnum Cartesium tum satis dedere primum supcriorc seculo Itali in
non mediocriter confusum fuisse, quum esset ei terprètes: Augustin. Niphus, Angélus Mer-
monstratiun , complura ejus phUosophemata, quae cenarius, Alexander et Franciscus Picco-
noviter inventa putabat, in Platonc et Aristo- lominaei, Caesar Cremoninus, M. Antoni-
tele, quorum tamen ille contemtum praeferebat, nus Zimara, Simon Simonius, Jacobiis
tnm in naturalibus, tum in civilibus clare tradita, Zabarella, Franc. Vicomercatus, et tôt
contineri; Keckermannus ostendit ex collationc alii. Hoc vero secnlo illustrati Aristotelis Ger-
verlx>rum parallelismo qiiodam .«ibi oppontornm maïu's maxime laus debetur. Nam partem de de-
pleraque Pétri Raini dogmata diuluin vidisseLu- monstratione , quae vulgo Aristotelis adversariis
dovicum Vivem. Addo ego, quae nunc nostro pro inenstruo est, Corn. Martini, et Jungius
tempore a scriptoribus praeclaris Hobbesio, Car- et Joh. a F e Ici en non mediocriter illustrarunt,
tesio, .1 un "in. Claubergio, Raeo, Antonio quanquam enim Fcldeni in Topicis et analyticis
Arnold o Thcologo, qnem Gallicae Logicae, libelli Aristotelis ad usum transferendis emditissimae
sanc elegantissimi autorom forant, acerrimc urgctur albique lapidis calcule dignissimae meditationes
tcrminorum technirorum ad popularcs reductio, nondum sint editae, s\>eramus tamen quampriiuum
eam jam tum Ni/.olio nostro in votis ac scopo eas ah ipso autorc editum iri; ad Metaphysicam
unice fuisse, longe mcliore, quain Rarni cousilio, Aristotelis solide comprchcndondam plurimum
9*
68 V. DE STILO PHILOSOPHICO XIZOLII.
contribuera Sonerus et Dreierus, ille in Aca- rum inanitate alienis, ut de Heinsii paraphrasi
clemia Altorfina, hic in Regiomontana professer : uiliil dicain: (cujns etiaiu in physica Aristotelica
Soneri institutiones non ita dudum, autore jam tum praeclara introductio, tum de origine forma-
olim mortuo, prodiere. Dreieri Sapientia univer- riiiu disquisitio, tum de laudibus Aristotelis
salis seu prima philosophia ex Graecoram potissi- oratio insignis extat) libres Aristotelis politicos
mum interpretum sententiis ad praeclarain harmo disjectos et hiatibus déformes, in aliuui longe ordi-
nium concinnata est. ex qua iutelligi satis potest, nem redegit, eumque ipsius Aristotelis fuisse
quam gravi consilio sua agrcssus sit Aristo télés, multis argumentis acutissimis ostendit, ut de caete-
quain praeolaro ordine collocaverit, quant denique ris ejus in illa philosophiae parte scriptis limatissimis
inaguifice sit excquutus. Pliilosophia Aristote- nihil dicain. Hos jam quos dixi interprètes, qui
lis naturalis generalis (nam quae particularis est, adliibebit, sine fidiculis, credo, fatebitur, longe
l'ju-i realitas per se lucet) ad usum maxime et alium Aristotelem esse, quam qui vulgo depin-
solidas de rerum iiatura nationes traducta est a so- gitur, née cum Valla, Nizolio, Bassone, aliis-
lidissimo Viro Abdia Trew Mathematicarum que Aristotelomastigibus , refundi in autorem tex-
scientianun professore Altorfino, qui Pliysicam Ari- tus debere, quae interpretum vel imperitia, vel si
stotelis generalem ad morem mathetnaticuin tra- tempora spectemus, quibus vixere, infelicitas pec-
ditani scripsit. Et certe Aristotelem a surdis il- cavit.
lis et nullum intellectum patientibus dogmatibus, XXVII. Nam née illnd praetereundum est, ini
quae ei publica superiorum teinporum ignorantia ques esse, qui illorum temporuni lapsus tam acerbe
affînxit longissinie aifuisse, illas tôt fornialitatum l>erstringunt} tu si illic sis, aliter sentias. Quum
realitates proreus ignorasse, notiones tautum gene- historia et civilis et philosopliica delitesceret, quum
ralissimas tradidisse, satis ostendunt, quiconque scriptores optimi non nisi pessime translati habe-
mine in Aristole cum Recentioribus conciliando rentur, quum typographiae beneficio destitutis aut
operam ponunt, quod partira acutissitnus Thomas sumtuosissime onuiia aut molestissime transscri-
Anglus ad mentem tamen illustris Digbaei, benda essent, et unius inventa ad caeterorum noti-
partim Clarissimus Racus osteudere in se suscepe- tiam raro, née nisi tarde pervenirent (unde fit, ut
rnnt. Quod consilium quum sit optimum, et ni nunc saepe ex collatione scriptorum deprehendan-
literariae necessarium, ne utilia cuin vanis abolean- tur, quae ctiam coaevi ignorarunt) non mirum fuit
tur, et noniiullorum somnia de abjiciendo prorsns graviter et saepe labi, iniraculi potius instar fuit vel
Aristotelc in animis incautae juventutis iuvale- mediocriter aliquid in literis et vera philosophia
seant; visus est hic locus opportunus, cui excerpta praestare. Quare etiam, sicubi mihi aliquid du-
quacdam mea ex prolixa aliqua Epistola non ita rius hic currente calaino excidit, id de temporum
dudum ad celeberrimum Peripateticum Germanuin, magis miserabili fato, qnam hominum ignavia in
Virum praeter accuratissimam philosophiae cogni- tellectum volo. Illi potius culpandi sunt, qui nunc
tionem (aliquot jam praeclaris speciminibus orbi quoque, inventa fruge, glandibus vesci malunt, et
declaratam, et quod opto, inulto ]>luribus, quorum pertinacia potius quam ignorantia peccant. Née
illi ingens copia suppetit, declarandam) in onmi vereor dicere, Scholasticos vetustiores noimullis ho-
eruditione exquisitissimum data, adjiciantur: quae diernis et acumine et soliditate et modestia et ab
proinde praefationi huic nostrae statim subnecte- Lnutilibus quaestionibus circumspectiore abstinentia
mus ' ), nihil veriti, ne post praefationein jam tum longe praestare: hodierni enim nonnulli quum vix
prolixam, pationtia lectoris abutamur. Qui si ae- quicquam dignum typis addere veteribus possiiit,
quus est in re tain necessaria etiam prolixiores nos hoc unum facinnt, ut allegata opinionuin cumulent,
facile feret; sin iniquus, sciât nihil ad nos judicia et innumeras frivolas quaestioncs cxcogitcnt, et
sua pertinere. In Morali ac Civili philosophia unum argumentum in inulta partiantur, et mutent
Aristotelem profundius assequuti sunt prae cae- methoduin, et terminos fingantque atque refingaut
teris rcoA/mia^-Éo-raroç Conringius, Joli, a Ita illis tôt tamque gi-andes libri nascuntur.
Felden ICtus, notis in Grotium, et Elementis XXVIII. Quam vero longe sint acumine inferio-
Jurisprudentiae universalis et Analysi politicorum res snperioribus superioris et hujus seculi Seliola-
Aristotelis celebris, ac denique Clarissimus Vir stici, documente esse potest sectaNominalium, om
Jacobus Thotnasius', cum in multis varii argu- nium inter Scholastiais profundissima, et hodiernae
menti diatribis, tum iuprimis in Tabulis philoso reformatae philosophandi rationi congmentissima;
phiae practicae exquisitissimis ac plane a caetera- quae quum olim maxime floreret, nunc, apud scho-
lasticos quidem, cxtincta est. Uude conjicias de-
se. Ep. ad Thomas., p. 81. hoj. éd. crernenta potius quam augmenta acuminis. Quum
V. DE ST1LO PHILOSOPHICO NIZOLJI. 69
autrui ipse Nizolius noster se Nominalem ex- cari posse, etsi universalibus et fonnalitatibus rea-
serte profiteri non dubitet (prope finem capitis sexti libus prorsus careatur; qua sententia nihil verius,
libri primi) et vero in realitate formalitatum et mil il nostri temporis philosopho dignius, usque
universalium evertenda nervus disputationis ejus adeo, ut credam ipsuin Occamum non fuisse No-
omnis potissimum contineatur, pauca quaeclatu de minaliorem, quam nunc est Thomas Hobbes,
Nominalibus subjicere operae pretium duxi. No qui, ut verum fatear, mihi plusquam nominalis ii-
minales siuit, qui omnia putant esse nuda nomina detur. Non contentas enim cum Nominalibus uni-
praeter substantias singulares, abstractoruin igitur versalia ad nomina reducere, ipsam rerum verita-
et universalium realitatem prorsus tollunt. Primum tem ait in uominibus consistere, ac, quod majus
autem nominalium aîunt fuisse nescio quem Ru- est, pendere ab arbitrio hurnano, quia veritas pen-
celiuum Britonem, cujus occasione cruenta deat a defùiitionibus tenuinorum, definitiones au
ceriamina in academia Parisiensi fuerunt excitata. tem terminorum ab arbitrio humano. Haec est
Refert in eum ejusmodi Epigramiua Aventinus: sententia viri inter profundissùnos seculi censendi,
Quas Ruceline doces, odit Dialectica voces, qua, ut dixi, nihil potest esse nominalius. Idem
Jamqae dolens de se, non vult in vocibus esse; dicendum est de nostri temporis philosophiae Re-
Res aniat, in Rébus cunctis vult esse diebus. formatoribus, eos si non plusquam Nominales ta-
Voce retractetur, res sit, quod voce docetur; men Nominales esse fere omnes. Tanto igitur aptior
Plorat Aristoteles nugas tradendo seniles, his temporibus Nizolius erit.
Res sibi snbtractas per voces intitulatas; XXIX. Nunc ad Nizolii errores redeundum
Porphyriusque gémit, quia res sibi lector est, ex quibus, post Aristotelem interpretibus
ademit; confusum, i>almarius est onmimoda illa Dialecticae
' Qui res abrodit, Ruceline, Boetius edit. et Metaphysicae abolitio, quum tameu et Nomina
Non argumentis, nulloque Sophistnata sentis les iisdem licet priucipiis nixi retinuerint. Et vero
Res existentes in vocibus esse manentes. quis ueget, esse quacdam praecepta tum artis cogi-
tandi scu scientiae de mente, tum pietatis natura-
Diu autem jacuit in tenebris secta Nominalium, lis, seu scientiae de summa rerum, id est Metaphy
donec maximi vir ingeiiii, et eruditionis pro illo sicae; nam etsi iliam ad Oratoriam seu artem di-
aevo suminae, Wilhelmus Occam Anglus, Scoti cendi, hanc ad Pliysicam seu seientiam naturae per-
discipulus, sed mox oppugnator maximus, de im- tinere velit, eo argumente quod et veteres tantum
proviso eam resuscitavit; consensere Gregorius très fecerint Encyclopaediae partes, Logicani, Phy-
Ariminensis, Gabr. Biel, et plerique onlinLs sicam et Ethicam (quo facile efiecerit, ne Mathema-
Angustinianorum, unde et in Martini Lutheri ticas quidem scicntias peculiares esse) : nihil tainen
scriptis prioribus amor Nouûnaliuui satis elucet, prohibe! accuratius partes subdistinguere, et dia-
donec procedente tempore erga omncs Monachos lecticae separatam a Rhetorica, ut et graminaticae
aequaliter affectus esse coepit. Generalis autem datur, Metaphysicae seu Theologiae separatum a
régula est, qua Nominales passim utuntur : Entia Physica, ut et Mathesi datur, locum assignare.
non esse multiplicaiida praeter necessitatem. Haec Illud quoque minime ferendum est, quod démon-
régula ab aliis passim oppugnatur quasi injuria in strationem, qualem deseripsit Aristoteles, pror
Divinam ubertatem, liberalem potius quam parcam, sus e natura rerum tollit, levibus certe argumen
et varietate ac copia rerum gaudentem. Sed, qui tis, ex quibus j>otissimum est: quod universalia
sic objiciunt, non satis mihi nomiualium mentem non siut in rerum natura, (quum tamen sufficiat
cepisse videntur, quae, etsi obscurius proposita, hue ad demonstraiidum: nomina esse universalia);
redit : Hypothesin eo esse meliorem, quo simplicio- deinde quod exemplum ejus hactenus interprètes
rem, et in causls eorum quae apparent reddendis magno conatu frustra quaesiverint Ego vero con
cum optime se gerere, qui quam paucissima gratis tra arbitrer, passim in libris Aristotelis, imo et
snpponat. Nam qui aliter agit, eo ipso naturam, ipsiusNi/.olii, occurrerc accuratas et perfectas de-
aut potius autorem ejus Deuni ineptae supcrfluitatis monstrationes. Quod ipsum demonstrare, et a non
accusât. Si quis Astronomus rationem phaenome- intelligentium objectionibus nobilissimam artem
norum coelestium reddere potest paucis suppositis, demonstrandi vindicare, peculiari operae serve.
ineris nimirnm motibus simplicibus circularibus, XXX. Quod item contendit genuina Aristote
e$aa certe hypothesis ejus hypothesi praeferenda lis opéra nunc non haberi, idque locis potissimum
erit, qui multis orbibus varie implexis ad expli- Ciceronis, mihi nunquam persuaserit. Nam
< ,'iinla coelestia indiget. Ex liac jam régula No quid mirum est, hominem politicum et iufinitis cu-
minales deduxerunt, omnia in rerum natura cxpli- ris obrutnm, qualis erat Cicero, nonnunquam
70 V. DE STILO PHILOSOPHICO NIZOLII.
subtilissitni cujusdam Philosophi sentcntias, fagiente grège, ut vult Nizolius; vera erit haec propositio :
oculo lectas, non satis asseqniî qui crédit Aristo- totus grex est ovis, vel saltem si succnrrere ei ve~
telem in veris suis operibus Deum appellasse lis: totus grex est oves, quod ipsum tamen satis
Konjfia oijpaa'OTj, ardorem cocli, uaeis Aristo- vere non dicitur. Sed et aliud exemplum minus
tclem fatuum putat; et quum sapientem et inge- postremo effugio commoduin videamus; ICti vetc-
niosum habeamus, per vim nobis ineptum et stul- res quos Ni/.olius opinor non negavit Latine si
tum obtrudit Novum hoc Criticae artis genus est, mul et accurate loquutos, genus Icgatum aiunt, si
in dignoscendis scriptis autoris omnium confessione quis sic leget: Titio eqnutii nieuin do lego. Jam
ingeniosi, quaedam pro supposititiis habere, quia Nizolii sensu, .quum genus sit totum ex singula-
stultum aliquid autori a conviciatoribus imposituin ribus collectum, erit idem ac si dixisset: Titio
(nain née Cicero nisi alia sibi persoiia Aristo- omnes equos meos do lego. Kgregio, si diis placet,
teli iniqua imposita Jiaec loquitur) in lis non re- jurisprudentiae specimine. Contra, substituto toto
peritur. Mihi genuitatem operum Aristoteleorum, distributivo, plana res est, sensus enim erit: Titio
quicquid dicant Joli. Francise. P*icus in Exa illum aut illum equuin do lego. Addatnus hocquoque:
mine Vanitatis doctrinae gentium, quicquid N i z o - cum dico onuiis homo est animal, si genus de spe-
lins, quicquid Petrus Ramus, quicquid Pa- cie dicitur, et genus est uuiversale, universale to
tricius, quicquid in Apologia magnorum virorum tum genus ex singularibus collectum, substituamus
Magiae suspectorum, ubi et hune Nizolius libnnn vociauimalis onmia auimalia simul suinta; orietur
citât, Naudaeus, satis superque persuadet per- haec propositio: Homo est onmia animalia simul
specta hyix>tiiesium inter se liarnionia, et aequalis suinta. Quum suificiat homini esse quoddam ani
ubique methodus velocissimae subtilitatis. mal, seu aliquod ex universo animalium génère.
XXXI. Ultimo loco gi-avis aliqnis en-or Nizo- XXXII. Née vero error hic Nizolii levis est,
lii circa universalium naturam dissimulai! non dé habet enim magnum aliquid in recessu. Nam si
bet i potest enirn Icctorem non satis cautum a vero uuiversalia niliil aliud suut quam singularium col-
philosophandi tramite penitus abducerc. Persuadere lectiones, sequetur, scientiam nullain haberi pcr
conatur nobis, universale iiihil aliud esse quain demonstrationem (quod et infra colligit Nizo
onmia singnlaria collective simul suinta; et quum lius), sed collectionem siugularium, seu inductio-
dico: oui! ils homo est animal, sensnm esse: omnes nem. Sed ea ratione prorsus evertimtur scientiae,
homines sunt animalia. Hoc quidem vere, sed hinc et Sceptici vicere. Nam nunquam constitui ]x>s-
non sequitur: universalia esse totum collectivum. sunt ea ratione propositiones perfecte uuiversales;
At probat Nizolius : Omne totum est aut continuuin quia inductioue nunquam certus es, onmia individua
aut discretum. Universale autem est totum. non a te tentata esse; sud semper intrahanc proi>ositio-
continuuin vcro, discretum igitur. Totum autem nem subsistes, onmia illa, quae expertus sum, sunt
discretum est collectivum, et eadem est ratio gène- talia; quum vera non possit esse ulla ratia univer-
ris hominum, quae gregis. Et par est ratio hujus salis, semper manebit possibile, iuuurnera, quae
propositionis, omnis homo (seu totum genus huma- tu non sis exportas, esse diversa. At, inquies,
i H nu) est rationalis, quae hujus: omnes pecudcs ignem (id est corpus quoddam lucidum, tremulurn,
quae hic pascuntur sunt albae, vcl totus grex est tenue) ex lignis ordinario modo suscitatum urere,
albus. At erras, Nizoli; datur enim aliud totius (1 ici mus universaliter, etiamsi nemo sit omnes ta
discrcti genus praeter collectivum, nimirum: distri- ies ignés expertus, sed quia in iis, quos experti
1 H ii i M nu, Quum igitur dicimns: omnis homo est siimus. res coniperta est. Ita est : liinc conjicimus,
animal, seu omnes homines sunt animalia, sensns et morali etiam certitiuliue credimus: omnes. ignés
est distributivus, sive illum, (Titium) sive hune ejusmodi urere, et usturos te si inanum admovcas.
(Cajum) etc. sumseris, reperies, esse animal, seu Sed haec moralis certitude non fundata est in sola
sentire. Et si Nizoliano more omnis homo, seu inductione, ex ea enim nullis eam fidiculis college-
omnes homines sunt totum collectivum, et idem ris; sed ex additione seu adminiculo liarum propo-
quod totum genus humanum, sequetur absurda lo- sitionum universaliuin non ab inductione singula
quntio. Nam si eadem sunt, âge in propositione rium, sed idea universali sen delinitionc termino-
ista: omnis homo est animal, vel omnes homines rum penclontium: (1) Si eadem vel pcr oui nia si
sunt animalia, substituamns totum penus humanum, milis est causa, idem vel per onmia similis est ef-
orieturhaecpropositio, plus quaminepta: totum genus fectus. Et hnjus (2) existentia rei, quac non sen-
humanum est animal 5 similitcr de grège est propositio : titur, non praesumitur: et denique hujus : (3) Quic
omnes pecudes, quac hic pascuntur, seu universale quid non praesumitur, in praxi habcndum est pro
ab iis abstractutn, idem est cum toto ex iis collecte, nullo, aiitequam probetur. Ex his couficitur certi
V. DE STILO PHILOSOPHICO NIZOLI1. 71
t ne lu practica vel moralis hujns propositionis, quod prodibit, qui neeabit ob pecnliarcm quandam ra-
omnis ille ignis uret. Nain este ignis ille talis qui- tionem in aliis nondum tentatis vcram esse, quem-
cunquc qui niiihi nunc offeratur; aio esse per om- admoduni ex facto scimus Gregorium a S. Vin-
iu'a (quantum ad rem pertiuet) similem prioribus, ceutio negasse, totum esse majus sua parte, in an-
quia, per hypothesin, non scutio dissimilitudiiicin gulis saltem contactas; alios in infinité; et Tho-
ad rem facientem, jani quod non sentitur, non prae- mam Hobbcs, (at quem virumî) coepisse dubi-
suuiitur, per adminiculum 2. Quod nonpraesuniitur, tare de propositioue illa Geometrica a Py thagora
est in praxi tenendum pro nullo, per admiuiculuin 3. dcmonstrata, ethecatombae sacrificio digna habita;
Ergo per omuia similem esse, (quantum ad rem quod ego non sine stupore legi. Atque lii sunt po-
pertinet) est in praxi teneudum. Jam per oinnia tissimi Nizolii nostri errores, alios partim notu-
similis effectua, per adminiculum 1 . uimirum ustio, lis inspersis tetigimns, partim taies esse judicavi-
per hypotliesin: Ergo ignem talem quemcunque mus, ut ab atteuto lectore, qui liaec nostra prae-
oblatum, seu omnem illiun ignem usturum, est in mittere dignatus sit, deprehendi non magno nego-
praxi tenendum. Quod erat demonstrandum. Hinc tio possint. Nunc igitur loquacissimae, sed, ni fal-
jani ]>atet, hiductioneiu per se niliil produccre, ne lor, necessariae, praefationi finis imponendus est
eertitudinem quidem moralem, sine adminiculo Si quis ni. mit , ne domus porta elabatur, cogi-
propositionum non ab inductione, sed ratione uni- tet adituni nostrum tam vastum, domum tam
versali pendentiutn ; uam si essent et adminicula parvam esse, quia coepta est tantum ; si post Logi-
ab iuductione, indigerent uovis adminiculis née ha- cam, caetcrarum quoque partium similis repurga-
lieretur certitude moralis in infinitum. Sed certi- tio accesserit, tum faxo ut in justam onmia sym-
hido perfecta ab inductione sperari plane non pot- metriam redeant, née quisquam amplius de magni-
est, additis quibuscunque adminiculis, et (imposi tudine atrii, jxirvitate areae conqueratur. Quod
tion. -m hanc: totum nmjus csso sua parte, sola in- superest, vale, J^ector bénévole, et studiuin tuis
<luctioue nunquaui perfecte sciemus. Mox enim coiiunodis cousulendi boni consule.

VI.
DE VITA BEATA.
(Aulographum Leibnitii nondam edilam, qnod in scriniis Bibliolhecae Regiae Hanoveranae reperitor.)

Vita boa ta est, animo perfeete contente ac hoc ratione ipsis non cupiendis assuescat: breviter:
tranquillo fnii; ad quain acquirendam nec«sse est nt . assecutus cognita et cum ratioue expedita et in
ut quilibct: potestate existentia, nulla de re conquereudo acqui
1. Conetur ingem'o suo qnain poterit optime uti esçât; hinc A n inii tranquillitas.
ad ea, quac in vitae casibus facere vel fugere de-
beat, cognoscenda ; breviter: ut assidue quid di- PARS I.
ctet ratio cognosrat. Hinc Sapientia. DE SAPIENTIA.
2. Sit semper in firnio ac constanti propos!to ea
omnia faciendi, quac sua ratio ipsi suadebit, née Sapientia est perfecta earum rerum, qnas
passionibus aut appetitibus ab hoc abduci se per- homo novisse potest, scientia, quae et vitae ipsius
nnttat : breviter: ut cognitnni quod in sua potestate régula sit et valetudini conservandae artibusque
est, quicquid ut contrarium aficctus suadeat, asse- omnibus inveniencUs inserviat. Ut vero discauius
quatur; hinc Virtus. recte agere rationem ad detegendas veritates quas
3. Attendat quod, quamdiu ex rationo quantum ignoramus, sequentes observationes prodenmt:
fieri potest se gerit, boiia illa, quibus tune caret, 1. Ut iiiliil unqnam veluti verum admittamus
omnia sint absolute extra snam potestatem, atque nisi quod tam clare et tam distincte rationi no
72 VI. DE VITA BEATA.
strae patet, ut nullo modo in dubium ix>ssit re- intellectu exhibetur tanquam bonum rel malum,
vocari. sufficiet, si semper recte judicemns, ut recte sem
2. Ut omncm praecipitantiam atque anticipatio- per faciamus.
nem in judicando quum diligcntissime vitemns, 2. Quoties circa aliquid, quid rêvera sit opti
nihilque complectamur in conclusione ainplius quant mum, agnoscere non ]M)ssumus, illud debemus se-
quod in praemissis continetur. qui quod optimum videtur, vel certe etsi e duobus
3. Ut difficultates, quos examinaturi suiims in uiiHiii altero verisimilius non appareat, alterutrum
tôt partes dividamus, quot expedit ad illas com- tan K 'ii eligere. Née vero est, cur poenitentia duca-
modius resolvendas. tur, qui illud fecit, quod optimum esse judicavit,
4. Ut cogitationes omnes, quas veritati inipen- eo tempore quo se ad actionein determinare de-
dimus, certo semper ordine promoveantur, inci- huit, quamquam idem postea cum otio secum re-
piendo scilieet a rébus simplicissimis et cognitu putans se errasse judicet, imo si res felicem non
facillimis, ut sic paulatim, et quasi per gradus, ad sortiatur successum. Nostrarum enim duntaxat
difficiliorum et magis compositorum cognitiouem cogitationum rei peragi }X)ssumus, neque porro
ascendamus. natura hominis ea est, ut on min sciât, praeterea
5. Ut in aliquein etiam ordinem mente ea dispo- etiam optima consilia non semper felicissima sunt.
namus, quae se mutuo ex natura sua non prae- 3. Ut abstineamus a judicio ferendo de quacun-
cedunt. que re quae nobis exhibetur, quamdiu passionibus
6. Ut tum in quaerendis mediis, tum in diffieul- et maxime ira agitamur, vel si hoc non fieri possit,
tatum pai films percurrendis tam perfecte siugula ut sequamur rationes contrarias illis, quas passio
enumeremus, et ad oinnia circumspiciamus, ut ni- suggerit, etsi minus validae appareaut. Quoniam
hil a nobis omitti certi simus. affectus bona, quae nobis offerunt, semper majora
Cum autem usus harum cbservationum ab exer- repraesentant, quae postea a nobis spe minora de-
citatione maxime pendeat, consultum est, ut ad bas preheudi soient. Cum igitur nullam amplius fidem
régulas in usuin referendas diu nos in facilibus habeamus ei, a quo aliquoties decepti fuimus, licet
simplicibusque qnaestiouibus, cujusmodi sunt ma- quam blandissime nobiscum agat, sic nulla tutior
thematicae, exerceamus, cui fini utilis Algebra contra affectus cautio, quam ut, ubi seutitur eii
est. Et postquam in veritate liarum quaestiouum sanguinis commotio, praemoneri ac meminisse opor-
detegenda, aliquam facilitatem nacti erimus, serio teat, omnia quae se imaginationi offwunt, non
nos applicabimus verae philosophiae, hoc est stu alio spectare, quam ad animae deceptionem augen-
dio sapientiae. Porro haec philosophia velut ar- dasque niminm rationes, quae objectum aifectus
bor est, cujus radiées metaphysica, truncus phy- comméndant, aut contrarias debilitandas.
sica, rami ex eo pullulantes omnes aliae stientiae, 4. Quod, quamvis quivis nostrum personam con-
quae ad très praecipue revocantur, Mechanicam, stituit aliis divcrsam, nihilominus cogitare debe
Medicinam et Ethicam. Utile autem erit hune mus, non posse quempiam per se solum consisteve,
observare in studiis modum, ut paucas horas iis sed concipi unumquemque debere velut partem uni-
studiis demus, quae imaginationem exercent, pau- versi et hujus reipublicae, societatis, familiue, qui-
cissimas illis, quae solo intellectu percipiuntur, re- cum ortu, domicilie sacramento conjuncti sumus.
liquum tempus vitae et relaxandis sens! bus et cor- Hiiic enim voluptas nobis erit, omnibus prodesso,
poris exercitiis et animi quieti demus; tantum quia totius, cujus pars sumus, bonum privato bono
enim abest, ut ingenium nostrum nimio. studio débet anteponi. Quin et hoc nostra quoque inter-
perpoliatur, ut contra ab eo obtundatur. erit; certum est enim eos, qui officiosi habentur,
multa etiam ab aliis, etiam quibus non profuerunt,
PARS II. arnica officiacia accipere, laboresque quos in aliorum
DE VIRTUTE. gratiam suscipiant, minores esse quam commoda
quae ex eorum araicitia percipiunt. Non enim
Virtus est vigor quidam mentis, quo ad ea exspectantur a nobis nisi officia ea, quae commode
quae bona esse credimus facienda ferimur. possumus prae-stare, neque alia ab aliis exspecta-
Ut vero discamus certo firmare voluntatem no- mus; saepe tamen fieri potest, ut quod aliis ini-
stram ad dirigendas actiones nostras in eo vitae nimo constat, nobis maxime prosit, imo et vitam
génère, quod profitemur, sequentes observationes servare possit.
observandae : 5. Sunt quaedam res in quibus vulgi exemplo
1. Cum volnntas non determinetur ad aliquid potius et consuetodine, quam nlla certa ratione
persequendura vel fugiendum, nisi quatenus ei ab ducimur, unde fit, ut illnd idem quod nobis ma
VI. DE V1TA BEATA. 73
ximc plaçait mite deccin aunos, et forte post de- bis veritatem suaserunt, mox tamen falsis specie-
cem annos rursum placcbit, nunc clispliceat, et bus ab ea credenda abdiicamur, nisi crebra medi-
hinc quicqnid ab lioniiiuun moribus abludat, statim tationc in habitum couverterimus.
pro ridiculo atque inepto habeatur. Erunt proinde
examinant!! sigillatiin locorum, in quibus degi- PARS m.
inus, mores, ut exploratuiu liabeamns quousque suut DE ANIMI TRANQUILLITATE.
imitandi, ne cum agendum erit unquam dubii si-
mus; sola eniin dubitatio aegritudinem et poeniten- Animi tranquillitas est mentis gandium et
tiani pari t. Vklcmlum autcin, ut nos gnbernemus satisfactio interna, producens in nobis summam ac
juxta opiuiones quam maxime mo<leratas et ab solidissirnam vitae nostrae voluptatem. Ut autem
omni extremitate remotas. Unde aliis quoque in- discamus bene dirigere cupiditatcm, ut ad ea pa-
dicabimus non optima in se ac perfectissiraa, ratam se extendat, quae efficiunt, ut ex omnibus
sed ipsis utilissima, ac captai audientium accomo- lactitia percipiatur, sequentes annotationes erunt
data, ne nosmet ipsos prostituamus. Nostra enim observandae :
maxime interest (ad aliquos certe usus) a vulgo, 1. Inter res quas desiderare possumus, suut
sine quo vivere non possimus, aestiniari. Cavendum quae omnino a nobis pendent, quae si exvera
etiam, ne promissionibus facile nobis libertatem boni cognitione procédant et ad nos perfectiores
mutandae postea voluntatis adimamus, omnia euim reddendos faciant, non possunt nimis fcrvide desi-
in nuiiulo vicissitudinibus obnoxia sunt, ita ut, derari, eo quod ea, quae ad bonum tantum ten-
quod hodie optimum, brevi, mutato rerum statu, dunt, quo vehementiora eo meliora; quae vero
pessimuni censcri possit. Née denique in publicis nullo modo a nobis pendent quantumvis
aliquid reformare tentemus, mhil enim a vulgo ae- bona queant esse, numquam fervide appetcnda sunt,
grius fertur, quam conim mntatio qui bus assuevit. non solum quia possunt non inveniri et eo magis
Caeterum certo nobis persuasum esse débet, vias cruciare quo vehementius ea concupiverimus , ve-
justas et honestas esse omnium tutissimas et utilis- rmn praecipue quia, occupaudo nostras cogitatio
simas, maximamqne omnium esse astutiam, nulla nes, mentem studiumque nostrum abducant ab illis
astutia nti. rébus, qaaruni acquisitio pendet a nobis; proderit
6) Tain arctam esse unionem inter animam et quoque hic, si nobiscum reputemus, quod, exceptis
corpus, ut cogitationes illae, qnae aliquos corporis illis rébus, quas Deus por suum deoretum a nostro
motus ah ineunte aetate comitatae sunt, illos ctiam libero arbitrio dependere voluerit, impossibile sit, -
nunc comitentur. Itaque cosdem motns, ab externa aliquid provenire alio modo, quam ab aeterno de-
qnacunque causa in corpore iternin excitâtes eas- terminavit haec providentia, idque quod sic evenit,
dem ctiam in anima cogitationes reducere, et vicis- ideo optimum ac justissimum esse, adeo ut non
sim easdem cogitatioues récurrentes eosdem etiam absque gravi errore cupere possimus, ut aliter eve-
motus denuo producere : prodest tamen scire, quod niat, née cum ita accidat tristari, multo minus
licet hi motus animi et corporis uatura et consue- querimonias hinc instituere. Verum quia major
tudine sic juncti suit, posse tamen per habitum se- pars cupiditatum nostrarurn se extendit ad res,
parari et jungi aliis valde differentibus. Unde evi- qnae totae a nobis non pendent, ncc totao ab aliis,
dens est, etiam eos ipsos, qui imbecilliores animas di'bcmus exacte distinguerc in illis id, quod non
habent, posse acquirere imperium absolutissimum nisi a nobis pendet, ut ad id solum nostram cupi-
in omnes suas passiones, si satis industriae adhi- ditatem protendamus. Et quoad residuum, etsi
|'I-:MII, Quae licet initio molestissima videantur, ejus successnm censere debeamus fatalem et immu-
consuetudino tamen fiunt dulcissima. Utile autcm tabilem, née circa illud se occupet nostra cupicli-
erit, quam diu nullis passionibus agitamur, ut nos tas; considerandae tamen sunt rationes, ex quibus
ipsos exerceamus in considerandis bonis et malis, plus vel minus sperari possit ut inserviant dirigeu-
qnae toto vitae nostrae cursu nobis obtingere pos- dis nostris actionibus; atque sic fit, ut, quoniam
sant, justumque eorum pretium ponderemus, ut desideriorum nostrorum impletio non nisi a nobis
deinceps de illis solida judicia formemus, firmiter- pendet, semper nobis plenam satisfactionem dare
:que statuamus haec fugere et illa quaerere, non possint.
obstantibus cogitationibus aut rationibus novis, 2. Sapientis esse, se fortunae imperio ita
quas passiones nobis suggerere ix>ssunt. Quia subducere ut, licet illis quae sese oflerunt com-
enim non possumus ad unum et idem animum modis amplectendis non desit, tamen putet mini
jxrpetuo advertere, hinc fit ut quantumcunque me se iufecilcm si dencgentur, atque iis rcsisteudo
clarae et évidentes fiant rationes quae aliquam no aut permittendo duplici fruetur voluptate magisque
10
74 VI. DE VITA BEATA.
gustabit hujus vitae dulcedines, in quibus alius, non ! consideratio liominein eorum probe guarani tanto
recte adhibitis, acerbissima jx>test ac ainara quaeque gaudio perfundet, ut jam satis se vixisse arbitratu-
experiri. | rus sit, ex quo taies ei cogitationes Deus Lndulse-
3. Consideranda est mentis nostrae (hoc est , rit. Et quoniam verum amoris objectum est per-
substantiae quae in nobis conscia est) natura, qua- ', fectio, si quaudo inentem suam ad naturam ejus
tenus absque corpus consiste! atqae illo longe no- speculaudam élevât, se ad ejus amorem naturaliter
bilior est et innumerarum quac in liac vita non tam proclivem deprehendit, ut ex suis etiam affli-
occurrunt volnptatum capax. Hinc enim nos nt ctionibus gaudium percipiat, reputans voluntatem
imiuortales consideramlo suinmarunique volnptatum ejus hoc ipso impleri, seque cum illo voluntate sua
capaces, inde autem nos inortalibus et caducis cor- conjungens tam perfecte eum ainat, ut nihil prius
poribus, inultis infirmitatibus obnoxiis, et paucos ] habeat in votis, quam ut Dei voluntas fiât]. Inde
intra annos perituris, conjunctos esse, equidem ni- fit, ut talia considerans mortem, dolores, aerumnas
hil omittemus quo nobis fortunam in hac vita ae- metuere desinat, cum sciât nihil posse sibi accidere,
quam reddamus, de caetcro tamen, coinparatione quod non Deus decreverit divinumque illud decre-
aeternitatis, hac vita non magis afiiri debemus tum tam justum ac necessarium existimet . tamque
quain si comoediarum exitum spectemus. se illi subjici debere perspectum habeat, ut etiam
. 4. Deum esse cogitemus, hoc est ens sunune cum ab illo mortem aut aliquid mali exs]>ectat,
perfectum, a quo renim oinniuin cxistentia singulis etiainsi (quod impossibile est) supponeretur posse,
momeutis dependct, qui uua cogitatione quicquid tamen nollct immutarc. Sed si mala calamitates-
fuit, est, erit, aut esse potest tuetur, cujus perfec- que non refugit, quippe quae sibi a providentia im-
tiones suut infinitae, potestas inuncnsa, décréta in- mittuutur,certe longe minus bona répudiât licitasque
fallibilia; a hac enim ratione docemur, casus no- volu])tates, qnibus in hac vita frui potest, cum ab
stros aequo animo accipere utpote a Deo nobis eadem providentia proficiscantur, atque ita dum
liaud temere immissos, et quia veruni ainoris obje- bona laetus amplectitur, malorum omnium metu
ctum est perfectio, si quando mentem nostram ad vacuus, suo in Deum amore beatur.
ty'us naturam spectandam elevamus, nos ad ejus 5) Ut accurate constet quanti sit quidlibet ad
amorem tam naturaliter proclives depreliendirnus, beatitudinem nostram, attend en dum est, ex
ut ex nostris etiani afflirtionilius gaudium percipia- quibusnam causis voluptas nostra oria-
mus, reputantes voluntatein ejus iiuplcri hoc ipso tur: hujus enim potissùnum rei cognitio virtutis
quod in illas incidamus. [Deum consideremus ut exercitiurn farilius efficere potest. Sciendum est
Eus sumino perfectum, hoc est cujus perfectiones itaque, omnes animae nostrae actiones, quae ali
nullum terminum involvunt, hiuc enim clanini fiet, quid nobis perfectionis acquirunt, secundum virtu-
non minus repugnare cogitare Deum (h. e. ens tem esse, totam autem voluptatem nostram posi-
summe perfectum) oui desit existcntia (hoc est cui tam esse in perfectionis alicujus nostrae conscien-
desit aliqua perfectio), quam cogitare montem cui tia, quo posito sequitur, nullam unquam virtutem
desit vaUis. Ex hoc enim solo, absque ullo dis- exerceri posse, hoc. est numquam fieri posse a no
cursu, cognoscemus Deum existere, eritque nobis bis quod ratio dictât, quin id nos voluptate pro-
non minus per se notum, tam necessaiïo ad ideain fundat. Unde possibile est ex labore et cura mul*o
Entis summe perfecti pertinere existentiam, quam majorent quam ex risu et quiète voluptatem per-
ad ideain alicujus numeri aut figurae pertinere, cipi. Sic etiam quo difficiliores superatu sunt af-
quod in ea clare percipimus. Unde simul, quis- fectus nostri, hoc majore animum voluptate im-
nam Deus sit, quantum naturae nostrae fert infir- plent, est enim menti maximo oblectamento, suas
mitas agnoscenius, ad ideam enim ejus ingenitam ita vires e\]>eriri. Sic denique generatitn oblecta-
tantum respicientes invenicmus providcntiae tur mens perscntiscentlo alFectus in se qualescunque
ejus incircuinscriptam extensionem, per quam una commoveri, modo maneat ejus in illos imperium.
cogitatione quicquid fuit, est, erit aut esse poterit Nulli quoque hinc cventus adeo tristes sunt, et
intuetur, decretorum infallibilem certitu- vulgi judicio absolute mali, ex quibus non rationis
dinem, quae nequaquam inutari possunt, poten- 01» aliquid utilitatis percipi jxîssit, quique ullam
tiae immensas vires, quas perspectas habebi- halwre possint noccndi animae nostrae vim, modo
mns, si de Dci operibus digne statuamus vastamque satis scmperque habeat apud se unde contenta sit,
illam de idea universi ideam liabeamus, quam prae- sed potius augere ejus laetitiam, si observet, se ab
stantes philosophi vetercs novique animo concepere, illis laedi non posse, quod facit ut magis agnoscat
rogitemusque tantae molis existentiam singulis mo- perfectionem suam. Verum cum voluptates corpo-
mentis ab eo de|>ondpre. Horum itaque omnium ris sint quae. imagination! se confuse oifercntes, ap
VI. DEVITABEATA. 75
parent saepe longe majores quam rêvera sunt, prae- vitia, non ideo tatneu oderuut eos, quos illis vident
sertim antequain possideantur , quae maloruin om obnoxios, sed solum eorum miserentur. Âc prout
nium omniumque in vita errorum origo est, obser- non se putant multo inferiores lis, qui pluru bona
vandum (ne specie illarum decipiamur) voluntatem aut honores possident, aut qui ingenio, eruditione,
ex magiiitudine perfectionis illatu producentis esse fonnave praepollent, vel alios caeteros superant
aestimandam. Ut itaque anima nostra perfecte in aliis quibusdam perfectionibus, ita née se multo
contenta sit, nihil aliud débet quam virtutem exacte superiores existimant iis, quos si militer in his prae-
sectari ; quicuuque enim ita agit, ut conscientia sua celluut, quod haec omnia illis videantur haucl ma
exprobrare ei nequeat, ipsuin unquam neglexisse ea gna consideratione digna prae bona illa voluntate,
facere, quae meliora judicavit (quod est sectari vir ex qua sola se aestimant.
tutem), inde habet satisfactionem, quae tain potens Ac sic generosiores soient humiliores quoque
est ad efficiendam felicitatem, ut violentiores etiam esse; bumilitas autem coasistit in ea reflexione,
affectuum motus nunquam sat liabeant viriuni ad quam facimus supra intinnitatem nostrac naturae,
turbandam animi tranquillitatem. et errores quas olim potuimus et deinceps possu-
mus committere, qui non minores sunt iis qui ab
E P I L 0 G U S. aliis committi possunt, efftcitque, ut nos neniiui
Haec in habitum conversa générant generosi- praeferamus, reputantes caeteros qui pollent nobis-
tatem, quae efficit, ut homo se existimet quan cum suo libero arbitrio aeque bene ac nos eo posse
tum potest légitime. Haec autem in eo consistit, uti. Qui hoc modo generosi sunt, naturalitcr ad
partira ut norit nihil rêvera suum esse excepta hac magna patranda feruntur, sic tamen, ut nihil susci-
libéra dispositione suarum voluntatum, née se lau- piant, cujns se non capaees sentiant, et quoniam
dari aut vituperari clebere nisi quod illa bene aut nihil magis reputant quam bene facere aliis homi-
mâle utatur, partimque quod sentiat in se ipso fir- nibus proprio saepe romniodo contento, hic per
miini ac constans propositum ea bene utendi, id est fecte humam, affabiles, officiosi erga
numquam carendi voluntate, suscipiendi et exe- unumquemqiie sunt. Affectibus autem suis, sed
quendi omnia quae judicaverit meliora esse, quod inprimis invidiae ac zelotypiae dominantur, quod
est perfecte sequi virtutem. Qui hoc de se norunt reputent nihil cujus acquisitio a se non pendeat
et sentiunt, illi sibi facile persuadent, singulos alios tanti esse, ut multum debeat exoptari, et odio
homines idem de se ipsis sentire aut sentire posse, erga homines quia omnes aestimant, et m étui,
quoniam in eo nihil est, quod ab alio et non ab quod fiducia propriae virtutis sint securi, et irae,
ipsis pendeat. Idcirco neminem umquam contem- quod parvi pendentes quaccunque pendent ex aliis,
nent et etsi videant alios admittere sphalmata, quae numquam tantum concédant suis adversariis, ut se
ostendunt eonun imbecillitatein, sunt tamen pro- ab illis laesos agnoscaut Denique numquam quae-
niores ad eos excusandos, quam carpendos, et ad relas ducunt neque enim perfecte contentus est,
credendum, eos potius ex notitiae quam bonae vo- qui habet adhuc, de quo conqucratur.
luntatis defectu peccare, et quamris odio habeant

10*
VII.
DIALOGUS
DE

CONNEXIONE INTER RES ET VERRA,


ET VERIÏATIS REALITATE.

1677.
COeuvrcs philosophiques latines et françaises de feu Mr. de Leibniz tirées de ses manuscrils, qui se con
servent dans la bibliothèque Royale à Hanovre et publiées par Mr. il ml. Eric Ilaspe. Août, et !.. HP/,.
1765. 4. p. 505.).

A. Si filum Tibi daretur, quod ita flectere dcbetis, A. Tentanda tamen conciliatio est. Putasne om-
ut in se redeat et quautuni pluriiuuin spatii nes cogitationes, quae fieri possent, ro^ipse for-
comprehendat, quomodo id flecteresî mari, vel ut clarius jam dicam, |>utasnu oinucs
B. In orbem. Ostendunt enim Geometrae circu- propositioues cogitarii
luin cssc capacissmium tigurarum ejusdem am- B. Non puto.
bitus: et si duae sint Liisulae, una orbieularis, A. Vides ergo veritatem cssc propositionum seu
altéra quailrata, quae aequali tempore circum- cogitatiouum, sed possibilinm, ita ut illud sal-
iri possint, orbicularem plus agri continere. tem certum sit, si quis hoc aut contrario modo
A. Hoccine verum esse putas, etiaiusi a Te non cogitet, cogitatioueui ejus veram aut falsiim
cogitetur ? fore?
B. Iino, antequain vel Geometrae id demonstras- B. Recto nos expediisse videris ex lubrico loco.
scnt, vcl hotnines observassent. A. Sed quoniam caussam aliquain adesse neccsse
A. Krgo in rébus non in cogitatiouibus vcritatem est, cur cogitatio aliqua vera aut falsa fut uni
ac falsitatem esse putas? sit, haiio ubi quaeso quaeremus .'
B. Ita saiie. B. lu uatura rcriim puto.
A. Au res aliqua falsa est? A. <iuid si ea oriatur ex natura Tua.'
B. Non res puto, sed cogitatio vel propositio B. Certe non ex sola; nam necesse est et mcani
de re. et rerum, de quibus cogito, naturam talem esse,
A. Itaque falsitas est cogitationum, non reruiii ! ut, quaudo methodo légitima procède, propo-
B. Cogor fateri. sitioncm, de qua agitur, seu veram seu falsain
A. Nonne ergo et veritasï concludam.
B. Videtur; subdubito tanieii an valeat conse- A. Pulcre respondes. Sunt tamen difïïcultatcs?
qucntia. B. Quaenam obsecro?
A. Nonne pro|K>sita quacstionc, autequain senten- A. Quidam viri docti putant veritatem oriri ab
tiae certus sis, dubitas verumne aliquid vel fal- arbitrio humano et ex nominibus seu characte-
siun sit? ribusJ
B. Certe. B. Valde paradoxa haec sententia est.
A. Agnoscis ergo idem cssc subjectuni vcritatis et A. Setl eam ita probant. Nonne defmitio est priii-
falsitatis eapax, doncc alterutrum ex particulari cipium demonstrationis?
quaestionis uatura constetî B. Fateor, nain ex solis deniûtionibus inter se
B. Agnosco et fatcor, si falsitas sit cogitationum juuctis propositioncs alicpae demonstrari pos-
etiam vcritatern esse cogitationum non rerum. sunt.
A. Sed hoc illi contradicit, quod supra dixisti, ve- A. Talium ergo propositionum veritas peudct a de-
nim esse ctiam quod a nemino cogitaturl finitiouibus? .
B. Perplexum me rcddidistl B. Concetlo.
VII. DE CONNEXIONS RERUM ET VERBORUM. 77
A. At definitioucs pendent ab arbitrio nostroï terc, saltem in Iiis elcinentis nulla opus esse
B. Quiil ita? similitudine. Exempli causa inlucis aut fc-
A. Nonne vides in arbitrio esse Matlieniaticorum rendi vocabulo, tametsi couipositum Lucifer
uti voce Ellypseos ut siguifiect figurant quan- relationem ad lucis et ferendi vocabula habcat
damï Et in arbitrio Latinorum fuit, voci Cir- ei respondentem, quam habet res, Lucifero
culus imponere significationem, quaui exprimit significata, ad rem vocabulis lucis et ferendi
dcfinitio ï signincatamî
B. Quid tum? Cogitatioues fieri possunt sine vo- B. At Graecum <pu!<y<popoç eandem habet relatio
cabulis. nem ad çtùç et cpéyui.
A. At non sine aliis signis. Tenta quaeso an ul- A. Poterant Graeci non hac sed alia voce uti.
lum arithmeticum calculuin institucre ]x>ssis B. lia est; sed hoc tamen animadverto, si charae
sine signis numeralibusi (Cum Deus calculât et teres ad ratiocinandum adhiberi possiut, m il-
cogitationem exercet fit niuiidus). lis aliquem esse situm complexum ordinem, qui
B. Valde nie perturbas, neque enim putabani cha- rébus convcnit, si non in siugulis vocibus(quam-
racteres vel signa ad ratiociiianduin tam neces- quam et hoc melius foret) saltem in carum eou-
saria esse. juuctioue et flexu, et hune ordinem, variation
A. Ergo veritates Arithmeticae aliqua signa scu quidem in omnibus liuguis, quodammodo re-
charaeteres supponuuU spondere. Atquc hoc inilii spem facit exeuudi
B. Fatenduni est. e diflicultate. Nain etsi charactercs sint arbi-
A. Ergo pendent ab hoininum arbitrio 1 trarii, corum tamen usus et connexio habet
B. Videris me quasi pracstigiis quibusdani circum- quiddam, quod non est arbitrarium, scilicet pro-
venire. portionem quandam inter characteres et res di-
A. Non mea haec sunt, sed ingeniosi admodutn versorum characterum, easdem res exprimen-
scriptoris. tiiim, relationes inter se. FA haec proportio
B. Adeone quisquam a bona mente discedere pot- sive relatio est fundainentum veritatis. Efficit
est, ut sibi persuadeat veritateni esse arbitra- enim ut sive hos sive alios characteres adhibea-
riam et a nominibus pendere, cum tamen con mus, idem semper sive aequivalens seu propor-
stat eandem esse Graecorunj, Latinorum, Ger- j tioue rgspondens prodeat, tametsi forte ali-
luanorum Geometriam? quos semper charaeteres adliiberi neccsse sit ad
A. Recte ais. Interea difficultati satisfaciendum est. cogitaudum.
B. Hoc unum me mâle habet, quod nuuqtiam a A. Euge: praeclare admodum Te cxpediisti. Id-
me nllam veritatem agnosci, inveniri, probari que confirmât calculus analyticus arithmoticusve.
animadverto nisi vocabulis vel aliis signis in Nain in nntncris eodem semper modo res suc-
animo adhibitis. cedet, sive deuaria sive, ut quidam fecerc, duo-
A. Imo si charaeteres abessent, nunquam quic- ! deuaria progrcssione utaris et postea quod di-
(|uaiu distincte cogitaremus, neque ratiocina- ! versimodo calculis explicasti, in granulis aliavc
reniur. | materia nurnerabili exsequaris; semper enim
B. At quando figuras Geometriae inspicimus, saepe idem provcuit. Et in Analysi, etsi diversis
ex accurata earum meditatione veritates eruimus. characteribus facilius appareant diversae rcrum
A. l'a est; sed sciendum etiam lias figuras haben- habitudincs, semper tamen basis veritatis est in
das pro caractcribus , neque enim circulus in ! ipsa connexione atque collocatione cliaracterum ;
charta descriptus verus est circulus, neque id ut si quadratum ab a dicas a 2 pro a ponendo
opus est sed sufficit eum a nobis pro circulo -t-i1
b+c habebis quadratum ., + 2 6c; vel
haberi. T~ £
B. Habet tamen similitudinem quaudam cum cir pro a poneudo d — e quadratum liabebis
culo, eaque certe arbitraria non est.
. i — 2 de. Priori modo exprimitur re-
A. Fateor, ideoque utilissimi charactcrum sunt figu- ~i~ e
rae. Sed quam similitudinem esse putas inter ! latio totius a ad snas partes bc. Posteriorc
denarium et charactarem 101 motlo partis a ad totuin d ejusquc supra par-
B. Est aliqua relatio seu ordo in characteribus, qui in ; tem a excessum e. Rem autcm semper eodem
rébus, iuiprimis si charaeteres sint bene invcnti. redire apparet substituendo. Nam in formula
A. Esto, sed quam similitudinem cum rébus ha- dî-4-eï — 2 de in locum ipsius d substitua-
bent ipsa prima elcmenta, verbi gratia o. cum mus eius valorem a-\-e tune pro d1 habcbi-
nihilo, vel a. cum liuea! Cogcris ergo admit- tur a 2 + e * + 2 ae et pro — 2 de habcbi-
78 VIII. EPISTOLA AD CONRIXG1UM.
tur — 2 a * — 2e*. Ergo in unuin ad- racteribus loquaiitur (ut Theoremata de abje-
dendo: •+• rfz aequal.o'*+ e2+'2ae ctione noverarii agentia) non tamen in eo,
-f- e " aequal. + e * quod in iis est arbitrarium, sed in eo, quod
— 2 Je aequal. — 2e* — 2ae est perpetuum, relatione nempe ad res, con-
sistunt, seniperque veruin est sine ullo arbi-
prodibit summa - - - a 2 trio nostro, quod positis talibus characteribus
Vides iitcunque pro avbitrio sninantur charac- talis ratiocinatio sit proveiitura, et ]x>sitis aliis,
teres, modo tamen in eorum usu certus ordo quamquatn nota ad priores relatio sit alia qui-
et n H » lus servetur, semper omnia consentire. dem, sed etiain relationem servans ad priores,
Quanquam ergo veritates necessario supponant ex characterum relatione resultantem, quae sub-
aliquos characteres, iiuo aliquando de ipsis cha- stituemlo vel comparando

vm.
EPISTOLA AD HERMANNUM COlSfRINGIUM
DE

CARTESIANA DEMONSTRATIONE
EXISTENÏIAE DEL
1678.
(Theod. cuil. Rlttmeierl disserlal. de praeclpols errorum causis in prima philosopbia. Uelrost. 1727.
ti. Ï'J. annol. a. — Leibn. Opp. éd. Dutens Tom. II. P. 1. p. 264).

Renatus Cartesius adgressus est denionstrare ! esse ponatur. Sed hoc dudum ostenderunt et scho-
cxistentiamDei, et immaterialitatem nostrae mentis, lastici, et hinc tantutn praesuintio, non vero certi-
ejusque ratiocinationes in formam mathematicam tudo existentiae divinae haberi potest. Carte
redegit Benedictus Spinosa, idem ille, qui sius autem sophismate quodam vel probare hanc
TractatumTheologico-politicum deliber- existentiae divinae possibilitatem, vel ab ea pro-
tate philosophandi, passim refutatum, scri- bauda se liberare conatus est. Et tamen sophisma
psii Examinavi diligenter Cartesiana ratiocinia. illud six^iosum et Cartesium pariter ac sectato-
Detectum est tandem a me, hoc saltem ex ratioci- res ejus dccepit, quia rigorem demoiistraudi cocptum
nationibus illis iidcurata deinonstratioue cvinri. quidem, non tamen ad finem perduxere.
quod Deus necessario existât, si modo possibilis
IX.
MEBITATIONES
DE

COGNITIONE, VERITATE ET IDEIS.


1684.
( AII.-I Erudllorum I.ipsiensium ami. 1684. Nov. p. 537. — Leibn. Opp. éd. Dutens Tom. II, P. 1. p. 14.)

Quoniam hodie inter viros egregios de veris, et resolvi posse, quippe cum causas suas habeant.
falsis ideis controversiae agitantur, caque res ma- Similiter videmus pictores aliosque artifices probe
gni ad veritatem cogiioscendam inomenti est, in oognoscere, quid recte, quid vitiose factum sit, at
qoa née ipse Cartesius usquequaque satisfecit; judicii sui rationem reddere saepe non posse, et
placet quid mihi de discrimiiiibus atque criteriis quaerenti dicere, so in re, quae displicet, deside-
idearum et cognitionutn statuendum videatur, ex- rare nescio quid. Ât distincta notio est
plicare paucis. Est ergo cognitio vel obscura, vel qualem de auro habent Docimastac per notas scili
rlara; et clara rursus vel confusa vel distincta; cet et examina sufficientia ad rem ab aliis omni
et distiucta, vel inadaequata, vel adaequata: bus coqwribus siinilibus discernendam: taies ha-
item vel symbolica, vel intuitiva: et quideni si bere solemus circa notiones pluribus sensibus com
simul adaeqoata, et intuitiva sit. perfectissima est. munes, ut numeri, magnitudinis, figurae, item circa
Obscura est notio, quae non sufficit ad rem multos affectus animi, ut spem, metum, verbo,
repraesentatam agnoscendam , vcluti si utcuuque circa omnia, quorum habemus défini tione m uo-
meminerim alicujus floris, aut auimalis oliin visi, minalem, quae nihil aliud est, quam enumeratio
non tamen quantum satis est, ant oblatum recogno- notarum sufncientium. Datur tamen et cognitio
scere, et ab aliquo vicino discernere possim; vel si distincta notionis indefinibilis, quando ea est pri-
considerem aliquem terminum in scholis parum ex- mitiva, sive nota sui ipsius, hoc est, cum est irre-
plicatum, utentelechiam Aristotelis, ant causam solubilis, ac non nisi per se iutelligitur, atque adeo
prout communis est materiae, formae, efficienti, et caret requisitis. In notionibus autem compositis,
fini, aliaqun ejusmodi, de quibus uullam certain de- quia rursus notae singulae coinponentes interdum
finitionem habemus: unde propositio quoque ob clare quidem, sed tamen confuse cognitae sunt, ut
scura fit, quam notio talis ingreditur. Clara ergo gravitas, color, aqua fortis, aliaque quae auri
cognitio est, cum liabeo unde rem repraesentatam notas ingrediuntur, liinc talis cognitio auri licet di
agnoscere |K>ssim, eaque rursum est vel confusa, stincta sit, inadaequata est tainuii. Cum vero
vel distinrta. Confusa, cum scilicet non possum id omne quod notitiam distinctam ingreditur, mr-
notas ad rem ab aliis discernendam sufficientes se- sus distincte cognitum est, seu cum analysis ad
]>aratim euumerare, licet res illa taies notas, atque l'un 'in usque producta habetur, cognitio est adae
requisita rêvera habeat, in quae notio ejus resolvi quata, cujus exemplum perfectum nescio an ho-
possit: ita colores, odores, sapores, aliaque peculia- i M ii il -; dare possint; valde tamen ad eam accedit
ria sensuum objecta satis clare quidem agnoscimus, notitia numerorum. Plerumque autem, praesertim
et a se invitera discernimus, sed simplici seusuum in analysi longiore, non totam simul naturam rei
testimonio, .non vero notis enuntiabilibus; ideo née intuemur, sed rerum loco signis utimur, quorum
caeco explicare possumus, qnid sit nibrum, née aliis explicationem in praesenti aliqua cogitatione com-
declarare talia possumus, nisi eos in rem praesen- pendii causa solemus practcrmittcre, scientes, aut
tem ducendo, utque ut idem videant, olfaciant, aut credentes nos cam haberc in potestate: ita cum
gustent efficiendo, aut saltem praeteritae alicujus cliiliogonum, seu polygonum mille aequalium late-
perceptionis similis eos admonendo: licet certain rum cogito, non semper naturam lateri' , et aequa-
sit, notiones harum qualitatum composites esse, et litatis, et millenaiii (seu cubi a dimario) considère.
80 IX. MEDITATIONES DE COGN1TIONE etc.
scd vocabulis istis (quorum sensus obscure saltcni, bere; intclligimus enim utique quid dirai uns. et ta
atque imperfecte menti obversatur) iii anitno utor men nullam utique habemus ideam rernm impossi-
loco idearum, quas de iis habeo, qnoniaui meinini bilium. Eodem igitur modo non sufficit nos cogi
me significationem istornm vocabuloruin habere, tare de Ente perfectissimo, ut asseramus nos ejus
explicationeui autem nnnc judicio necessariam non ideam haberc, et in hac allata paulo ante demon-
esse; qualem cogitationeui caecam, vel etiani stratione possibilitas Eutis perfectissimi aut osten-
symbolicam appellare soleo, qua et in Algebra, et dcnda, aut snpponcnda est, ut recte coiicludamus.
in Arithmetica utimur, imo fere ubique. Et certe Intérim nihil venus est, quam et nos Dei liahere
ciun notio valde composita est, non possumus oui- ideam, et Eus perfectissimum esse possibile, imo
nés ingredientes eam notiones simul cogitare : ubi necessarium; argumentum tameu non satis conclu
tamen hoc licet, vel saltem in quantum licet, cogni- dit, et jam ab Aquinate rejectum est.
tionem voco intuitivam. Notionis distinctae Atque ita hahemus quoque discrimen inter de-
primitivae non alia datur cognitio, quani intuitiva, finitiones nominales, quae notas tantum rei
ut coiripositarum plerumque cogitatio non nisi sym- ab aliis discernendae continent, et reaies, ex qui
bolica est. bus constat rem esse possibilein, et liac ratione sa
Ex bis jam patet, nos eorum quoque, quae di tisfit Hobbio, qui veritates volebat esse arbitra-
stincte cognoscimus, ideas non percipere, nisi qua- rias, quia ex definitionibus nominalibus penderent,
tenus cogitatione intuitiva utimur. Et sane eon- non considérons realitatcm definitionis in arbitrio
tingit, ut nos saepe faJso credainus Iiaberc in animo non esse, née quaslibet notiones inter se posse con-
ideas rerum, coin falso supponimns aliquos termi jungi. Née definitioncs nominales sufticiuut ad
nes, quibus utimur, jam a nobis fuisse explicàtos: perfectani scientiam, nisi quando aliunde con
née verum, aut certe ambiguitati obuoxium est, stat rem definitam esse possibilein. Patet etiam,
quod ajunt aliqui, non posse nos de re aliqna di- quae tandem sit idea ver a, qnae fa 1s a, vcra sci-
cere, intelligendo qnod dicimus, quin ejus habea- licet cum notio est possihilis, falsa cum contradic
inus ideam. Saepe enim vocabula ista singula tionem involvit. Possibilitatem antem rei vel
ntcunque intelligimus, aut nos antea intellexisse a priori cognoscimus, vel a posteriori. Et quidem
meminimus, quia tamen hac cogitatione caeca con- a priori, cum notionem resolvimus in sua requi-
tenti MU nus, et resolutionem notionum non satis sita, seu in alias notiones cognitae possibilitatis,
prosequimur, fit ut lateat nos contradictio, quam nihilque in illis incompatibile esse scimus; idque
forte notio composita involvit. Haec ut considera- fit inter alia, cum intelligimus modum, quo res
rem distinctius, fecit olim argumentum, dudutn possit prodnci, unde prae caeteris utiles snnt De-
inter scholasticos célèbre, et a Cartesio rcnova- finitiones causales: a posteriori vero, cnm
tum, pro existentia Dei , quod ita habet : Quicquid rem actu existere cxpcrimur; quod eniin actu exti-
ex alicujus rei idea, sive defiuitione sequitur, id de tit, id utique possibile est. Et quidem quando-
re potest praedicari. Existentia ex Dei (sivc En- cunque habetur cognitio adaequata, habetur et co
tis perfectissimi, vel qno inajus cogitari non potest) gnitio possibilitatis a priori; perducta enim ana-
idea sequitur. (Ejis enim perfectissimum involvit lysi ad finem, si nulla apparet contradictio, utique
omnes perfeetiones, in quarurn numéro est etiam notio possibilis est. An vero unquam ab honiini-
existentia). Ergo existentia de Deo potest prae bus perfecta institui possit analysis notionum, sive
dicari. Verum sciendutn est, inde hoc tautum con- an ad prima possibilia, ac notiones irresolnbi-
fici, si Deus est possibilis, sequitur quod existât; les, sive (quod eodcm redit) ipsa absoluta attributa
nam definitionibus non possumus tuto uti ad con- Dei, nempe causas primas, atque ultimam rerum
cludendum, antequam sciamus eas esse reaies, aut rationem, cogitationes suas reducere possint, nnnc
nullam involvere contradictionem. Cujus ratio quidem definire non ausim. Plerumque contenti
est, quia de notionibns contradictionem involven- sumus, notionum quanmdam realitatem exj>erien-
tibus simul possent concludi opposita, quod absnr- tia didicisse, unde postea alias roinpoiiimus ad
dum est. Soleo autem ad hoc declarandum uti exemplnm naturae.
exemple motus celerrimi, qui absnrdum implicat; Hinc ergo tandem puto intelligi ]»sse, non sem-
ponamus enim rotam aliquam celerrimo motu ro- per tuto provocari ad ideas, et multos specioso illo
tari, qnis non videt, productum aliqnem rotae ra titulo ad imaginationcs quasdam suas stabiliendas
dium extremo suo celerius- motum iri, quam in ro abuti; neque enim statini ideam habemus rei, de
tae circumferentia clavnin; hujus ergo motus non qua nos cogitare sumus conscii, quod exemple ma-
est celerrimus, contra hypotliesin. Intérim prima ximac velocitatis paulo ante ostendi. Née minus
fronte videri posât nos ideam motus celerrimi ha- abuti video nostri temporis homines jactato illo
IX. MED1TATIONES DE COGN1TIONE etc. 81
principio: quicquicl clare, et distincte de re aliqua nôtio ant euuntiatio non amplius parumper
aliqua percipio, id est verum, seu de ea oi)scura, aut dubia est. Veruntamen quid conve-
enuntiabile. Saepc enim clara,et tlistmcta viden- niat ex attenta eorum, quae lue diximus, considera-
tur houiinibus temere {udicautibus, quae obscura et tione erui potest, nunc enim brevitati studcmus.
confusa sunt. Inutile ergo axioma est, nisi clari et Quod ad controversiam attinet, utrum omnia vi-
distincti criteria adhibeantur, quae irailidinnis, et deamus in Dec, (quae «tique vêtus est sententia,
nisi constet de veritate idcaram. De caetera lion con- et si sano sensu intelligatur, non omuino sper-
temnenda veritatis enuntiationum criteria suut regu- nenda) an vero proprias ideas liabeamus, sciendum
lae communis Logicae, quibus et Geometrae est, etsi omnia in Deo videremus, neccsse tamen
1 1 1 1 1 n i i il-, ut scilicet niliil ad mittatur pro certo, nisi ac- esse ut liabeamus et ideas proprias, ici est non quasi
curata experientia, vel finna demonstratioue proba- icmvulas quasdam, sed affectiones sive modificatio-
tum ') ; firma autem demonstratio est. quae praescri- nes mentis nostrae, respondentes ad id ipsum, quod
ptam aLogica forniam servat, non quasi sempcr ordi- in Deo perciperemus : utique enim aliis cogitatio-
natis scholarum more syllogisimis opus sit (quales nibus subeuntibus aliqua in mente nostra mutatio
ChristianusHerlinus, et ConradusDasypo- fit ; reruin vero actu a nobis non cogitatorum ideae
ditis in sex prioresEuclidis libres exhibuerunt) sunt in mente nostra, ut figura Herculis in rudi
sed ita saltem ut argumentatio condudat vi forraae, marmore. At in Deo non tantnm necesse est actn
qnalis argumentationis in forma débita con- esse ideam extensionis absolutae, atque infinitae,
ceptae exemplum etiam calculinn aliquem legitimum sed et cujusque figurae, quae nihil aliud est, quam
esse dixeiïs; itaque née praetermittenda est aliqua extensionis absolutae modificatio. Caeterum eum co
praemissa necessaria, et omnes praemissae jam ante, lores, aut odores percipimus, utique nullam aliam ha-
vel demonstratae esse debent, vel saltem instar bemus, quam figurarum et motuum perceptionem,
hypotheseos assumtae, quo easu et conclusio hypo- sed tam multiplicium, et exiguorum, ut mens no
thetica est. Haec qui obscrvabunt diligenter, facile stra singulis distincte considerandis in hoc prae-
ab ideis deceptricibus sibi cavebunt. His autem satis senti suo statu non sufficiat, et proinde non ani-
congruenter ingeniosissimusPascalius inpraeclara madvertat perceptionem suain ex solis figurarum,
dissertatione de ingeiiio Geometrico (cujus fragmen- et motuum minutissimorum perceptionibus compo-
tum extat in egregio Libre celeberrimi Viri Anto- sitam esse; quemadmodum confusis flavi et cae-
tonii Arnaldi de arte bene cogitandi) Geometrae rulei pulvisculis viridem colorem percipiendo, nil
esse ait definire omnes termines parumper ob- nisi flavum et caeruleum minutissime mixta sen-
scuros, et comprobare omnes veritates parumper timus, licet non animadvertentes, potius novum
dubias. Sed vellem definiisset limites, quos ultra aliquod Ens nobis fingentes.
1 I Saepissime eos Leibnilius laudal, qni axiomata demonslrare conanlur. Prae céleris locum nota-
mus e Commerclo eplstolico cnm Jo. Bernoullio excerplum. Cui a. MDCXO'VI. m. Ang. lia Leibnillus
scriblt: lv. Virr. cet. G. G. Leibn. et Jo. Bern. Commère, philos, et math. Lansannae e( Genevae 1745.
TMIII, [. p. !lfi. |: ..(.mini ilixi, omnis Axiomalis a nie demonslrationem desiderari, non temere diclum est: idquo
animadverlis opinor, si quando vacabil inspicere medlialiones quasdam meas de ideis, quae extanl in Lipsien-
siumActis. Excipio tamen Axiomaia illa, qnae sunt indemonstrabllla, Ipsas scllicet Idenlicas propositloneg. Cae;era
omnia, qnae gcilicet possunl demonslrarl, etiam utile est demonslrari,cum aliqnainagmmomeniiTheoreinaia in ilsfun-
dantnr. Idque etiam vetere» viderunl. Unde Apolloniuii (in scrlptls deperdiiis) et Proclns et alii Axiomala ab Euclide
aasumla demonstrare sunl conali. Eamque rem frnctu non carere facile opinor concède», quem tamen nun vident, qui
icienliarum ntililatem vu!:.';if i modiilo meliunlur. Intérim vides, ea limitatione, quam addidi et quam addendam «sue
praevideri poterat, non esse cur progiessum In infinitum vereare in demonslrando. Unum addo: multum apud me
interesse inter haec duo, in duhiiim vocare propositionem, et demonstralionem ejus expeterej qnod dum a le
hic pro eodem habetur, hinc Jam video, cur quae dlxeram de Axiomalibus dcmonstrandis mira tibl sint visa.
Si Cartesius hoc lanlum voluissci, cum de omnibus dubitandum dlxit, qnod ego desidero, nullo jnre reprehen-
derelur; sed ille dupliciter peccavil nimis dubilando et nimls facile a dnbitalione discedcndo. Illud ipsum quod
objicis Axioma: Totum esse majus parle, opporlune a Te offerlur. Id ccrte numquam in dubium vocavl et ta
men aliquando demonflralioncm ejus expelii, imo inveni uno syllogismo comprehensam, innixo demiitionl mino
ns et majorls etAxiomati Identlco: Minus enim définie, quud allerius (majoris) parti aequale est. Axioma
antem identicum quod adhibeo est: Vnumquodque aequale esse slbl ipsi, seu a=a. Hoc enim tanuiuam itidu-
mouMrabile sumo. Sic ergo argumenter in syllogismo primae figurae:
Quidquid est aequale parti totius, id loto minus est (per Delnitionem Minoris).
Pars lolius est aequalis parti totitis, (nenipe sibi ipsi per Axioma idenlicum).
Krgo pars totius loto mlnor est. Quod erat demoiislrandum. Ita vides quomodo omnium demonsiraiio-
num a priori duo sint principia ullima, definilioncs et Proposiliones idcnlicac, qnod eliam alibi a me notaftim
est. Alquc haec paulo lalius deducere operae prelium pulavi ut pro «eqaltale Tua facilius me absolvas in
posfenim, si qua forte dicam obiler, quae primo aspectn insibidiora videbuntur, aul speclem suterfugii habe-
bont, cum nlbil slnt minus.
11
X.
EPISTOLA AD LUDOVICUM DE SECKENDORFF
DE

LOGO QUODAM ARISTOTELIS.


1684.
CSeckendorff Cbrisfenslaal. Leipzig 1685. 6. p. 108. — Leibii. Opp. éd. Dulens. Tom. H.. P. 1.
p. Î64).

Praeclarus est locus Aristotelis in cundem in omnibus hominibus idem, post mortem saperait,
c. 14. quem citas, et rccte ab illo dictum est, esse quam sententiain renovarunt Averroistae. Sed
aliquid in nobis agens ratioue praestantius imo di- oinisso î H ii • pcssimo additamento, ipsa sententia per
vinum: quanquam rationes, quas affert de Enthu- se pulclierrima est et rationi ac Scripturae confor-
siasmis et successibus iniperitorum parum validae mis. Deus est euim lumen illud, quod illuminât
sint. Idem, et multo potiorîbus argumcntis, de- omnem hominem venientem in hune mundum. Et
monstrari potest ex ipsa nientium natura. Aristo- veritas quae intus nobis loquitur, cum aeternae cer-
teles autem vereor ne hic in animo habuerit sen- titudinis theoremata intclligiiuus, ipsa Dei vox est,
tentiam perniciosam, cujus sese alibi suspectum red- quod etiam notavit D. Angustinus.
didit : de intellectu agente universali, qui solus et

XI.
DE SCIENTIA UNIVERSALI
SEU

CALCULO PHILOSOPHICO.
CE schedis Lelbnitlanls nondum edilis, quae Hanoverac in bibliollieca Régi» as*ervantur.)

Omnia quae certe cognoscimus, vel demonstra- quaeri ab hominibus soleant, nulla alia est, qnam
tionibus, vel experimentis constant et in utroque quod characteres tractabiles notionibus
dominatur ratio. Nam ipsa ars instituendi expé rcspoudentes extra numéros non liabentur.
rimenta, iisque utendi certis rationibus nititur, qua- Quae causa est etiam, cnr ne Geometria quidem
tenus scilicet a casu sive fortuna non pendet. hactenus analytice tractata sit, nisi quatenus ad nu
Missis nunc experimentis, quippe quae sumti- méros revocatur jxn- analysin siieciosam, in qua
bos et apparatu indigent, quin et fortuna adjuvan- numeri générales literis designantur. Datur tamen
tur, dicamus tant un î de perficieudis scientiis, quate- alia analysis geoinetriae sublimior per pro-
nus ratione nitnntur. prios characteres, qua multa pnlchrius breviusque
Progressus artis inventoriae rationalis pro ma- quam per Algebram praestantur, cujus et specimina
pna parte pendet a perfectione artis characteristicae. liabeo.
Causa, cur non nisi in solis numeris et lineis, et Et dari demonstrationes etiam extra magnitudi-
rebos quae his repraesentantur, dcmonstrationcs nes, vel Logicorum formae documenta esse
XI. DE CALCU10 PHILOSOPHK'O. 83
possuiit, quin et ICti in Digcstis quaedam exhibent detenninatae contingentium vcritati, et nietamor-
vere demonstrata, cujus rei specimina produxi dis- phosis pro metempsychosi.
sertatione de Conditionibus, et Joli. Suis Duobus utor in demonstrando principiis,
se t, dictus Calculâtor, aliique post ipsuiu, etiam quorum unum est: falsum esse quod implicat con-
in Metaphysicis, declere deinonstrationes de tradictioneni ; altenun est: omnis veritatis (quae
gradibus iutensionibusque formarnm; et quaedam immediata sive ideutica non est) reckli posse ra
a Platonicis et Aristotelicis dicuntur, quae non dif- tio ne m, hoc est, notionem praedicati scmper no-
iii'iiitir demonstratioiiis forma indui possunt. Si tioni sui subjeoti vel expresse vel implicite inesse,
daretur vel lingua quaedam exacte (qualem qui idque non minus in denomiuatioinbus extrinse-
dam Adam ic a m voeant, vel saltem genus scri- cis quam intrinsecis, non minus in veritatibus con-
pturae vere philosophicae , qua iiotioncs tingentilnis quam necessariis locum liabere.
revocarentur ad Alphabethnm quoddam co- Discrimen inter veritates necessarias et
gitationum humanarum, omnia, quae ex da- contingentes vere idem est, quod inter numé
tis ratione assequi, inreniri )>ossent quodam gé ros commeiisurabiles et incommensurabiles : ut enim
nère caluuli, pt'rinde ac resolvuntur problemata
in numeris conunciisurabilibns resolutio fieri pot-
aritiunetica aut geometrica.
est in commuuem mcnsurani, ita in veritatibus ne
Atque ea vera foret sive Cabbala vocabulo-
cessariis demoastratio, sive reductio ad veritates
nim mysticornm, sive Aritlimctica numerorum
identicas locum habet. At quemadmodum in sur-
Pythagoricorum, sive Characteristica Mago-
dis rationibus resolutio procedit iu iiinnitum, et ac-
rnm, hoc est Sapientuni.
ceditur quidem utcunque ad coinniuncm mensuram,
Rei tantae suspicionem aliquam hausi paeue ad-
ac séries quaedam obtinetur, sed interminata, ita
huc puer, et qualemcunque descriptiouem obiter in-
eodem pariter processu veritates contingentes infi-
serui libelle ab adolescente olim edito de arte
nita aualysi indigent, quam solus Deus transiro
Combinatoria.
potest. Unde ab ipso solo a priori ac certe co-
Possibile esse, imo facile, et intra aliquot annos
gnoscuntur. Etsi enim semper ratio reddi posset
ab aliquot intelligcntibus, conspirantibusque pro
j status posterioris ex priore: hujus tamen rursus
suo primo gradu absolvendum, geometrica sane cer-
ratio reddi potest, nequc adeo ad ultimam ratio-
titudine possum deinoiistrare.
Verissima pulcherrimaque compendia Analy- neni in série pervenitur. Sed ipse progressas in
tices hujus gcneralissimae humanarum i innnitnm habet rationis locum, quod, suo quodain
cogitât ionum exhibuit mihi inspectio Analysées I modo, extra seriem, in Deo, rerum autore poterat
| statim ab iuitio intclligi, a quo priora aeque ac
inatliematicae, cui tanto studio incubui, ut nescio
posteriora, et magis quam a se invicem dépendent.
an sint hodic multi, qui plus in ea operae po-
Quaccnnque igitur veritas analysées est iucapax,
snerint.
demonstrarique ex rationibus suis non potest, sed
Certo abdita quaedam in Matliesi a me primum ex sola divina meute ratioucm ultimam ac certi-
fuisse evicta cum applausu summorum Mathema- tuclinem capit, necessaria non est. Talesque sont
ticorum, constat intcr eos qui studiis istis impeu- omnes, quas voco veritates facti. Atque haec
sius delectantur. est radix contingentiae, nescio au hactenus explica-
Loco axiomatum et theorematum Eucli-
tae a quoquam.
daeorum de magnitudine et proportione inveni ego
alia multo majoris mouienti, ususquc generalioris, Discrimen inter notionem obscuram et cla-
de coiucidentibus, congruis, similibus, Vam, confusam et distinctam, adaequatam et inad-
determinatis, de causa et effectu, sive de acquatam, suppositivam et intuitivam jam in sche-
potentia, de relationibus in universum, diasmate quodam Actis Lipsiansibus inserto a me
de continente et contento, de eo qnod per est explicatum.
se et per accidens fit, de generali natura substau- Sed ut redeain ad expressionem cogitatiouum
tiae, deque perfecta spontaneitate et ingene- per characteres, ita seutio numquam controversias
rabilitate et incorruptibilitate substantia- finiri, neque sectis silentinm impoui posse, nisi a
rnm, deque unione rerum et conspiratione ratiocinationibus complicatis ad calcules simpli-
substantiorum, inter se. Unde et arcanum unio- ces, a vocabulis vagae incertaeqne significationis ad
nis inter aniinum et corpus interceden- characteres déterminâtes, revocemur.
tis in lucem prodit, modusquc quo o]>craiitur Id scilicet efficiendum est, ut omnis paralogis-
substantiae, et concursus Dei, et causa inali et mus nihil aliud sit qnam error calcul!, et ut
libellas conciliata providentiae ccrtitudinique sou 1 sophisma, in hoc nova scripturac génère expres
11*
84 XI. DE CALCULO PH1LOSOPHICO.
M » ii. rêvera nihil aliud sit qaam soloecismus niiin, conjecturarum, iiidicioruni. Possum etiam
vel barbarismus, ex ipsis grammatices hujus ostendere, quomodo non minus in calculo geuerali
philosophicae legibus facile revincendus. quam in calculo numerico examina sive indicia
Quo facto, quando orientur contreversiae, non veritatis excogitari possint objection! novenariae,
magis disputatione opus erit inter duos philosophes, talibusque aliis similibus respondentia , prorsus
quain inter duos Computistas. Sufficiet euim, ca- quemadmodum objectio haec per me a numeris
lamos in manus sumere, sedcreque ad abacos, et communibus ad Algebram translata est.
sibi mutuo (accito si placet ainico) dicere: calcu- In hoc tamen semper discrimen manebit inter
leinus. ingénia etiam post inventam et vulgatam liane ana-
Ne quis autem a me impossibilia jactari aut spe- lysin, ut alii aliis promtius et majori extemporali-
rari putct, sciendum est, liac arte ea tantum (con- tate ratiocinentur. Quemadmodum, reperta licet
veuienti studio adhibito) posse obtineri, quaecun- Aritlnnetica et eo perfcctionis redacta, ut pro com
que ex datis quantocunque ingénie pos- muni usu niliil magnopcrc requiratur, uihilo minus
sint elici, sive quae ex datis sunt determinata; sunt quidam, qui pêne sine calculis aut calamo sola
prorsus ut in problematibus Geoinetriae, quae vere vi mentis maximas operationes promtissime absol
facti sunt, et a fortuna vel casu pendent, eate- vant. Atque in his etiam dominai»tur semper ex-
nns ad artem invcniendi non pertinere manife- perientia, et homines in usu versati etiam tune,
stuni est. cum haec ars prostabit, prae aliis, minus exercita-
Et ne quis porro post hanc limitationein existi- tis, ingénie et scientia jwribus, valebunt. Ut cniin,
met, exigui igitur usus hanc artem fore in illis om qui saepe calculavit certo quodam modo (excmpli
nibus, ubi opus est conjecturis, ut in indagationi- gratia per florenos et solides) is memoria teneus
bus historiarum civilium vel naturalium, in arte proventus quos saejx! expertus est, multo promtius
cxaminandi corpora naturalia vel personas intelli computos taies absolvct, quam qui in aliis monetis
gentes, adeoque in vita communi, in medicina, magis quam in hac sunt versati ; ita qui multa in
jure, militaribus et reipnblieae gubernatione, — aliquo génère experti sunt, illi, memoria eveiito-
sciendum est : quantum in illis omnibus valet ratio rum, saepc ratiociuandi necessitatem praevenire
(valet autem plurimum) tantum et multo magis possuut, atque adeo extemporalitate praepollent.
l>osse liane artem, quae nihil aliud est, quam Intérim certum est, si liaec ars analytica generalis
sununa quaedam exaltatio, et compendiosis- vera aliquando absoluta et in consuetudinem tra-
simus per symbola notasve usus buuiauae ducta haberetur, homines ejus intelligentes atque
rationis. exercitatos tautum aliis praostituros, caeteris pari-
Itaque, quando ex datis quaesitum non est de- bus, quantum sciens ignare, doctus rudi, geometra
termiuatum aut exprimibile, tune alterutrum hac praestans tironi, Algebrista insignis vulgari calcu-
analysi praestabimus, ut vel in infinitum appro- latori : ita enim débita intelligeutia adliibita possunt
pinqucmus, vel, quando conjecturis agendum tandem reperiri omnia a quovis et methodo certa,
est, demonstrativa saltem ratione determinc- quantum ratione ex datis a maximo etiam ingenio
mus ipsum gradum probabilitatis, qui ex atque exercitatissimo obtineri possent, solo prointi-
datis haberi potest; sciamusque quomodo datae tudiuis discrimine manente, cujus magis in agendo
circumstantiae in rationes rcferri debeant, et quasi quam in meditaudo inveniendoque momcntum est.
in bilancem, acceptis expensisque similem, redigi Plerumquc enim, praesertim cum de scientiis au-
queant, ut quod maxime rationi conscntaneum sit gendis agitur, rcs meditandi moram feriint. Quin
eligamus. In quo etsi fallamur aliquando, ut is et in agendo saepe homines festinatioiie peccant
qui perfectissinie etiam mistos rationi aleae ludos culpa sua, et, ut fit, mora priore festinandi necessi
novit, agemus tamen quicquid ratio jubet, et ple- tatem sibi imponentes, ut proverbio etiain incre-
rumque optatum consequcnmr, quemadmodum boni buerit, pigros semper festinare. Nempe qui rébus
lusores, fortunaeque ipsius fabri, quos, ut proverbio agendis vacant, nimia meditationis dilatione in ul-
dicitur, pilae talique quaerunt. Et hoc ipsuin ju- timos agcudi articules, qua si ex re capturi consi-
dicabimus quod non tautum verisimilius sed et lium praecipitando deiiide cleliberationis necessita
tutius sit, et qnatenus conveniat spem pretio tem incousultam sibi imponunt.
emere, periculoTe. Quibus sane nihil majus ab Et ut finiam, si inventio Telescopiorum et Micro-
humana ratione postulari potest. Itaque inter cae scopiomm tantum cognitioni naturae lucis attulit,
tera molior ego Ixigicae partem quaudam, hactenus facile intelligi potest, quantum pracstarc debeat no-
prope intactam, de aestimandis gradibus pro vum hoc organon, quo ipsc mentis oculus, quan
babilitatis et statera probatiouum, pracsumtio- tum in hunuiiia potestate est, instruetur.
XII. INITIA SCIENTIAE CENERALLS. 85
Equidcm tenierarium foret promittere a primis aeris humaui, frue tus quoque artis unius major
aggressionibus postreraain tantae artis perfectio- sentietur.
nem, quae crcscet cum ipsa hominum expcrientia, Intérim lioc consequemur ut semper certa sé
prout (ipsa hac arte nianudacente) plura semper et rie progredi valeamus quantum in potestate
potiora Data eruentur. Quemadmodum tamen est, et, quod hactenus minime factum est, ex datis,
apud Sinenses ferunt, qui aliquot characterum mil- quicquid fieri potest, elieicntes, thesauris jam reper-
leiia norit, ému potissima scribcre posse, caetcris* tis ac divinis beneficiis ad sanitatem corporis ac
magis rcconditis vol cuique pro])rio artifici, vel ma- perfectionem mentis, utamuretfruamur, quan
jori Magistro servatis, ita hic quoque, proportione tum fas est.
progrcssuum sive huiuinis cujusque, sive totius ge-

XII.
INITIA
SCIENTIAE GENERALIS
DE NOVA RATIONE INSTAURATIONS ET AUGMENTATION» SCIENTIARUM, ITA UT EXI-
GUO TEMPORE ET NEGOTIO, SI MODO VELINT HOM1NES, MAGNA PRAESTARI POSSINT
AD FELIC1TATIS HUMANAE INCREMENTUM.

(E achedis Lelbnitianls Inedilla, qnae In Régla bibliotheca Ilanoverana Asservantur.)

Ostcnditur magnam partent miseriae nobis cou- deuionstrandam vcritatem, poterimus tamcn sem
tingerc, aut felicitatis abesse, non defectu virium, per deuionstrare probabilitatem majorem, an quid
sed vd scientiae vel bonae voluntatis, et ipsant ex duobus oppositis rationi sit probabilius et se
scieutiam nobis déesse solere culpa nostra; ccrte cundum pnuleutiae régulas in praxi tenendum. At-
plerasque veritatcs, ad vitani utiles, esse in humana que ita rcctam ratiouem semper quantum possu-
potestate, et ex datis sive notis certa coustantique mus sequemur. Et cum secus agamus, erit id vel
méthode posse deduci, si modo hommes viribus negligeutiae nostrac, vel intcrdum nccessariae festi-
notitiisquc a Dco concessis, secundum rectae ratio- nationi distractionibusque imputaudum. Quibus
iiis methodum, ici est secundum praecepta scientiae tameu post hauc artem constitutam rarius quam
generalis lue traditae, uti vulint. ante ingrediemur, quia multo promtius faciliusque
Scieutia geueralis duas continet partes, quarum veritatuui aut probabilitatis gradum asscqui dabi-
prior pertinet ad instaurationem scieutiarum, judi- tur, postquam mcditatioues nostrae non casu setl
camluiuque de jam inventis, ne praejudiciis deci- constant! loge ac calculi ritu procèdent. Quanti
I lin ii mi': postevior destinatur ad augeudas scicntias, hoc sit non tautiun in scientiis sed et in communû
invenieudaque, quae nobis desunt. vitae delil)cratiouibus, manifestum est, quando
Prior ergo tradit Elementa veritatis, sive notas utrimque multa magnaquc staut incommoda, spcs-
quasdam iudisputabiles, quarum ope in omnibus que et inetus, quae velut in statcra expcnderc in
materiLs haberi jwssunt deiuoiistrationes évidentes, hune usque diem docuit uemo. Cum tamen facile
mathematicis pares, quaniiu certitudo velut manu osteudi queat, omnes errores humanae prudeutiao
tangi, oculisque usuq>ari posait, ita ut ornne argu- vitabilcs ab hujus scicntke ignoratione vel ncglectu
mentum légitima forma procédât ad instar calculi proiicisci.
numeroruin. et si quis error subreixsit, non diflici- Pars altéra est Ars inveniendi, non quidem
lius deprchcndi aliisquc ostendi possit, quam error ut in priore parte, utrum propositio vel ratiocinatio
calculi solet. Quali forma argumentandi introduc'ta, oblata sit vera, sed, quod est difficilius, (malis ipsa
controversiae in ratiocinando non posspjit non ces- sit formanda, seu quomodo resolvi possit aliquod
sarc. Quando autem non sunt sufficientia data ad problema, quod contiuet propositiouem iuipi>rfe
86 XIU. DE USU SCIENTIAE GENERALIS.
ctain, a solvente supplendaïu. Jta dcfiiiire «tnim liquo corpore separata, si opus est, solvcnda i>erti-
Machina proposita effectum propositum praestare nere. Ustuuditur ergo, qua méthode onmia pro-
queat, tantum judicii est, at comminisci proposito blemata solvi possint, siquidum ea Immano ingenio
effectu, excogitare machiiiain, non tantum judicii possibile est solvi ex datis, aut posse demoustrari
est, sed inventionis. Hujus duae sunt ]>artes, iusolubilitatem. Quomodo possint institut exactae
prior synthetica seu combinatoria, posterior aua- enumerationes, quomodo difficultas dividi possit in
lytica. Ostenditur, quae sint artis combinato- partes, non quomodo libet, sed quaruni singnla
riae loges, et ea quae vulgo analytica censen- minus habcat diflicultatis, quain autea totuin, seu
tur, saepe combinatoria esse; combiiiatoriam id quomodo problema possit deduci ad aliud problema
quod quaerit, inter caetera invenire, et aliis no- facilius, unum vol plura. De régula, quae inco-
titiis uti, analyticain otunia ex solo probleinate gnitum considérât instar cogniti. De modo iu-
euiere, illarn ad intégras scientias earumve por- veniendi pluriuin datorum proprietateiu comiuu-
tioucs constitucndas, hauc ad problemata, a re- nem etc.

xia.
DE NATURA
ET

USU SCIENTIAE GENERALIS.


CE ichedis Leibnitlanls nondum edllis quae in Bibliotheca Regia Hanoverana asservaiitur.}

Scientiam generalem dico, quae modum doeet, scimus, sero licet, nos jani duduin praevidere malum
mime s ab'as scientias ex datis sufficientibus inve- et praecavere potuisse.
niendi et demonstraudi ; itaque illae cognitionesquae Data, suffitientia ad veritates inveniendas, sunt
casu tantum invcniri potuerunt, ab hac scientia non principia quae jain sunt in promtu, et ex quibns
pendent, exempli causa quod lapillus aliquis, Ma- solis sive aliis assunitis concludi potest id, de quo
gnetis nomine notus, sese ad polos Telluris conver- agitur. Sint très veritates A. B. C. ex quibus con
tat; hoc cnim nullo ùigenio potuit praevideri, licet cludi possit quarta D., dico: si très illae veritates
usus et consequentiae hujusmodi quoque cognitio- sint priucipia , id est, quae non ratiocinatione sed
num a scientia generali pendeant. Nam liabita se- observatioue discere opus fuit, et quae proinde tum
mel ista Magnetis proprietate, statim et pyxidis a se invicem, tum ab aliis, saltem quoad praesen-
nauticae constructio et usus in navigando patere tem nostram cognitionem, independentia sunt,
debuit; aut si homines, cognita veritate, usum ejus deiude si nulla liarum veritatum, caeteris manenti-
nauticumdiuignoravere, hoc non nisi ignorantiae Ar bus, omitti possit salva ratiocinatione, denique si
tis inveuiendaetribuenduin est. Quemadmodumeidem nullam aliam hujusmodi vcritatem ad integrandani
tribuendumest, quod Telescopium et Microscopium ratiocinationem tribus illis adjici iiecesse sit; —
nostro demain saeculo prodiere, cum tamen prin- liis inquam positis dico, très illas veritates A. B. C.
cipia duduin habuerint homines, ex quibus haec esse data sufficieutia ad inveniendam quartam D.
instrumenta facile poterant duci, si vera methodo Habemus autem indicium, cujus ope praevideri
nsi fuissent. Ignorantia etiam hujus artis, aut sal- potest quaenam data sint sufHcientia, ita : si rcs ta-
tem meditandi impotientia, plerique errores in lem inter se connexionem habeant, ut uno vel duo-
communi vita contingunt, quae sive circa sanitatem bus vel tribus plmïbusvc deteriuinatis, aliud quid-
sive circa fortuuas hoininum committuntur, plennn- dam etiam sit detenninatum sive unicuni, sequitur,
que enim cum eventus nobis oculos opérait, agno- in prioribus illis data esse suflicientia. Exempli
XIII. DE USU SCIENTIAE GENERALIS. 87
gratia, quia non nisi unicus circulas per tria puncta tiae possessione secuturas. Nam qui liane scientiam
A. B. C. cluci potest, sequitur illis tribus punctis tenebit, ante oinuia sibi certis demonstratiouibus
datis, quaesiti circuli centrum, seu punctum quod satisfaciet circa ea, quae de Deo atque anima repe-
fodem modo se haberet ail puncta A et B et C, de- riri possunt; ad hoc enim data sufficientia nos jam
tenninate posse reperiri, quod liet si tain ex medio habere necesse est; idem Deum amabit super omnia,
ipsius A B educatur perpendicnlaris F G, (hujus cum ejus pulchritudinein intelligat, et non contentus
enim quodlibet punctum ae- tantum, sed et totus erit eventis omnibus, cum pro
que respiciet tain punctum demonstrato habeat omnia optime esse ordinata, et
A, quam punctum B) et ex in ii!); ii n ii cedere Deum amanti; itaque liber et so-
mcdio ipsius BC educatur lutus erit illis anxietatibus futurorum, quibus infir-
perpendicularis HK, cujus miores animae, servili metu Dcnm colentes, misère
iterum quodlibet punctum terrentur. Iiitellecta etiam Dei perfectione et har-
eodem modo respiciet pun mouia rerum, non ignorabit quid Deus a se exigat
cta B et C, ergo si duo pcr- et quae sint officia vitae; deprehendetque maxima
pendiculares se secent in D, (quod fit si non siut sua voluptate nihil esse jugo Dei suavius, et quod
parallelac, seu si A. B. C. non sint in eadem recta) nobis ipsis maxime utile est, id Deo maxime gra-
punctum commune (in quo solo se secare possunt), tuin esse. Unde jam conciliatio egregia sequitur
ae<jue respiciet puncta A. et B. et G. et proinde erit justitiae et prudentiae, divinique et proprii amoris,
centrum. Idem exemple artis cryptographicae in- honesti deniquc atque utilis, quae sola homiuum
tclligi potest. Aliquando euim tam pauca verba ignorantia atque errore sibi opponuntur. Et con-
alphabeto incognito scripta habentur, ut prorsus scieutia a scrupulis liberabitur, quibus fit, ut saepe
impossibile sit, bumano ingenio clavem reperiri, homines, cum justa aguut, agant injuste, ignari,
imo ut fieri possit eadem verba occulte scripta mo- quomodo actiones recta intentione capiant bonita-
dis innumeris secundum diversas claves recte posse tem. Nihil autem homini homine est utilius, nihil
explicari: interdum vero contra non tantum suffi- amicitia suavius, nihil anima rationali apud Deum
cientia, sed etiam plus quam sufficientia sunt data, pretiosius, atque amare omnes, etiam nobis inimi-
quo facto idem diversis viis invenire, et non tantum cos, odisse neminem, etiam cui cogimur nocere,
veritatem sed et Probain quam voeant sive examen non Christi magis quam supremae rationis praecep-
veritatis, habere possnmus. turn est. Qui vero ita animatus est, cum semper
Dari autem scientiam hujusmodi, demonstran- candide agat, cumque ob rerum singularium scien
dnm est a priori, quanquam sciam vulgus hominum tiam, quam possessione scientiae generalis sibi pe-
in talibus non nisi deinonstrationes a posteriori, id perit, inultis prodesse possit, et amicos facile et
est ab eventu, capere. Dico igitur, si qua veritas fortunas parabit Nam tanta res est candor anùni,
aut si quod artificium etiam ab angelo nobis possit ut ncmo etiam eorum, qui maxime callidi sunt,
demonstrari ex illis solis principiis quae jani habe- non candiclum sibi amicum malit. Fortunis autem
mus, idem invenire nos potnisse per nos ipsos ope carere non potest qui amicos habet, et seposito
hujus scientiae generalis, si modo nobis aut verita amicorum favore, qui egregia artificia invenire pot-
tis hujusmodi inquisitioneni, aut artificii talis mo- est, quibus humana vita sublevetur, etiam apud
duin quaerendum proposuissemus. Cujus rei ratio Turcos et Sinos in honore erit, et modo inter illos
brevis est, quod de re aliqua niliil nobis demon agat a quibus intelligatur, et qui non egent ipsi,
strari potest, ne ab angelo quidem, nisi quatenus nunqiiam non illis rébus abundabit, quibus opus
requisita ejus rei intelligimus; jam in omni veritate est ad bene beateque vivendum. Deuique cum ea,
omnia requisita praedicati contineutur in requisitis quae corpus nostrum bene maleve afficiunt, liujus
snbjecti, et requisita effectus,qui quaeritur, continent scientiae generalis admiuiculo tam accurate cognos-
artificia necessaria ad eum producendum. Qua de- cantur, quam ex datis jam experimentis fieri potest,
monstratione cuin totum hujus scientiae artificium modusque etiam appareat nova expérimenta non
contineatur, quae sequentur omnia iuservient ad casu tantum sed et, quoad licet, consilio inve-
eam explicandam. niendi, née sanitas caeteraque vitae suavis boaa
Quodsi talis srientia absoluta haberetur, non deerunt quousque snnt in humana potestate, aut
pnto quicquam post pictatem et justitiam et ami- quousque sapienti placebit demittere animam ad
citiam et sanitatem ea reperiri melius et ad felici- corporis curam.
tatem efficacius in rébus humanis, quanquam ausim Haec scientia generalis, fateor, nonduin a quo-
dicere, ipsam pietatem et justitiam semper, amici- quam tradita est, neque etiam credo possessa, ne-
tiam autem et saiûtatem plerumquc ex hujns scien que a me nisi ejus initia traduntur, hoc est prae
88 XIV. SYNOPSIS LIBRI: SCIENTIA GENERALIS.
cepta elementaria, ex quibus certum sit arc;mas pcritorum, solis Geometricis et nieclianicis rationi-
régulas non usquc adeo difficulter invenire posse. bus contincatur, non puto me temere oinnos viros
Quod cum in sequentibus demonstraverim et ope rerum intelligentes appellare posse, ut in eandeni
solorum initiorum specimina ediderim, quae huraa- curam mocum conspirent, qno genus hunianum tan-
nam cognitionem in rébus Geometricis et mechani- tae felicitatis, saltem ex insigni parte, ipsis potius
cis in immensum provehant ultra ea quae hactenus vivis quam extractis, compos fiât.
faere in potestate, physica autem vera, consensu

XIV.
SYNOPSIS LIBRI, GUI TITULS ERIT:

SCIENTIA NOVA GENERALIS


PRO INSTAURAT10NE ET AUGMENTE SC1ENT1ARUM AD PUBIJCAM FELJCITATEM.

(E scbedis Leibnltlanis ineclilis, quae in Bibliolheca Regia Hanoverana reperiuntur.)

I. Rationes quae autorem ad scribendum impu- 15. De Mathesi generali ex duabus praecedenti-
lerunt, ubi et, cur nomen dissimulait. Magno- bus eomposita.
rum principinm familiaritas ob cogitationes con 16. De Aritlinietica.
cordes. 17. De Algèbre.
'2. Historia litereria. 18. De Geometria.
3. Da statu praeseuti eruditionis, seu reipublicac 19. De optica.
literariae. 20. De phorographia (cujus species Tornatoria)
4. De malis, quibus homiuis laborant sua culpa. seu de motuuni vestigiis.
De his quae utiliter inventa sunt ad vitam huma- 21. Dynamica seu de motuuni causa, sive de
nam sublevaiidam. causa et etfcctu, ac potentia et actu.
5. De procuranda liominuni folicitate. 22. De consistentia solidorum.
6. De scholarum emendatione et ratione studio- 23. De motihus fluidorum.
rum, ubi et de ludis. 24. Mcclianica ex praecedentium com])lexu et
7. De scientiaruin instauratione, nbi de syste- usu. (Nautica ubi rhoniborum legis novae. 3îcd);
matibus et Repei toriis, et de Encyclopaedia démon- nuilfl Bon Lamae So^iff).
strativa condenda. De linguis et Grammatica ra- 25. Elementa physices de causis-quab'tatum et
tionali. modo seutiendi.
8. Elementa veritatis aeternae, et de arte de- 26. Astronomia physica de systemate muudi,
monstraudi in omnibus discipliuis ut in Mathesi. seu corporum principiis.
9. De novo quodain calciilo generali cujus ope 27. Physica spccialis de rébus quae -civca nos
tollantur omnes disputationes intcr eos qui in ipsuin sunt.
conseaserint, et Cabbala sapicnturn. 28. De Metcoris.
10. De arte inveniendi. 29. De terris et re minerali.
II. De Synthesi seu arte combinatoria. 30. De plantis.
12. De Analysi. 31. De animalibus.
13. De cornbinatione spécial!, seu scientia for- 32. De medicina. Medicina prnvisionalis.
marum, sive qualitatum in génère sive de simili et De variis opificiis:
dissimili. De characteristicis. De n;itnr:t mentis et de passionibus animi.
14. De Analysi spécial! seu scientia quantita- Politica seu de revendis hominibus.
tum in génère, seu de magno et parvo. De sufficientia rerum, et corameiviis ac manufi
XV. GUIUELMI PACIDII PLUS ULTRA.
des seu Oeconomica. (Ubi an clcbcat instrumenta Theologia natoralis:
reperire, nbi paucï multis aequivalent?) De vcritate religionis Christianae.
De re bellica: De Concordia Christianorum et conversione Gen-
De jurisprudentia, ubi do jure natnrac ae gen- tiliuni.
liuiM. itemque legibus positivis variis, inpriniis de De societate Tlieophilorum.
jure Romano et de jure Ecclesiastico, de jure pu-
blico ac re faeciali. De optiina republica.

XV.
GUILIELMI PACIDII
PLUS ULTRA
SIVE INITIA ET SPECIMINA SCIENTIAE GENERALIS, DE INSTAURATIONS ET AUGMENTE
SCIENTIARUM AC DE PERFICIENDA MENTE RERUMQUE INVENTIOMIBUS AD PUBUCAM
FELIC1TATEM. — OECONOÎM1A OPERIS.

CFragmeiUiim inedilum e scriniis Bibliotliecae Regiac Hanoveranae.)

Introductione praemissa, dicendum erit, qua ra- seinper terminari possimt controversiae quantum
tione inciderim in artis tam mirabilis fundamen- ex datis eas determinari possibile est, manu tan-
tum. Dicendum erit qnoque de statu praesenti tum ad calamum admoto, ut sufficiat duos disputan
eruditionis. — Ut appareat discrimen meorum tes omissis verborum concertationibus sibi invi-
principiorum a Cartesianis, operae pretium erit, cem dicere: calculemus, ita enim perinde ac si
praemittere excerpta ex Objectionibus virorum do- duo Arithmetici disputèrent de quodam calculi er-
ctorum ad Cartcsii Meditationes, Cartesiique Re- rore; ipsa proscripta methodus etiam ignorantibus
sponsionibus, quibus subjiciam meas Replioationes, vel invitis exitum dabit. Ostenditur enim mo
et quouiodo a me suppleantur quae viri illi egrogii dus disputandi in forma, conveniens tractation!
frustra a Cartesio desiderabant. Subjiciam et Ana- rerum, a taedio Scholasticorum syllogismorum va-
lysin judicionim homanorUm vulgarem, seu prin- cuus, et supra distiuctiones illas positus, quibus in
cipia quibus vulgo hominum opiniones nituntur, scholis alter alterum eludit.
non eontemnenda quidein, sed dialectica. Quae Specimina subjicienda erunt novae artis,
tamen non adeo necesse esset revocare ad certiora, nempe mea Mathesis generalis, nova mechanica
si nihil aliud quam jam nota connrmare, proposi- fundameuta hactenus incognita. Demonstrationes
tum esset, sed quia ah analysi veritatis seu corre- physicae generalis et tentamenta quaedam physicae
ctione judiciorum nostrorum pendet totum arca- specialis cum medicina provisionali. Elementa
nnm artis ùiveniendi, quo humana scientia in im- scientiae moralis et civilis jnrisque naturae et uti-
mensum procluci posset, ideo utile est, nos ad ulti- litatis publicae. Ubi et de subditis, oneratu ina-
mam usque analysin progredi. Sequuntur ipsa ele- gna parte levandis, majore principum utilitate, et
menta veritatis aeternae, ubi exponitur modus, in scientia militari. Subsequitur Metaphysica et theo-
omnibus dandi demonstrationes plane rigorosas et logia rationalis; denique Amdamenta rei literariae
Mathematicis pares, imo superiores, quia Mathema- seu humanarum litcranim et hinc ductae demon
tici multa supponunt, qnae hic poterunt demon- strationes historicae pro theologia revelata. Snbji-
strari. Itaque profertur hic calcnlus quidam novus citur paraenensis ad viros dignitate doctrinaque
et mirificus, qui in omnibus nostris ratiocinationi- egregios de humana felicitate exiguo tempore (si
bns locum habet, et qui non minus acourate proce- velimus modo) in immensum augenda.
dit quam Arithmetica ant Algebra. Quo adhibito

L2
XVI.
GUILIELMI PACIDH

INITIA ET SPECIMINA
SCIENTIAE GENERALIS.

(Fragmentum Leibnllianum noniluni edilum e scriniis Bibliolhecae Reglae Hanoveranae.)

Quo magis appareat omnibus, librum hune a me malis distinguit, imo si conspirantibus naturae et
non famae, quam tamen neque contenmo, neque for- religioni credendum est, aliquando felices a miseris
tasse coiitemnendam habeo dudum. sed coinmunis discriminabit. Nam a cognitione Dei et amore pro-
utilitatis causa publicari, nomen meum non nisi coin- fluunt justitia et caritas , documenta veritatis, cujus
mutatum praefigere decrevi ; eoque libcvius quaedam doctor Christus fuit. Quin et si leges civitatum spe-
ad hujus operae conimendationem pertincntia dicere ctamus, in nulla publica re privatus homo innocen-
potcro, quae alioqni jactaiitiae poterant imputari, tius et minore reprehensionis ac turbarum periculo
a cujus tamen suspicione me fortasse lectores ae- versatur. quam in scientiarum instauratione ac pro-
qui rerumque intelligentes absolvcrent. Ante om- fectu, non minus enim publici juris est veritas quam
nia igitur cogor profiteri, quod res est : inter tôt vi- aër, quem haurimus, et lux quam percipimus, iieque
ros egregios nostri temporis, cura quibus ego ne- ullis armis validius coguntur homines ad bonam
que de ingenio neque tic doctrina certaverim, ne- frugem, quam demonstratione, ut recte apud Es-
minein facile majore studio siuceroque magis in ve- drain dictum sit. nihil veritàte fortius esse. Quo-
ritatem, lucrique et ambitionis puro, afiectu per modo autcm palpabiles demonsti ationes, calculis
omne disciplinaruin genus publico geueris luimani Arithmeticorum aut Goometrarum diagrammatis
bono laborasse. lllam eniin et mecum statui du- pares, in omni génère rerum confici possiut, quibus
dum, et multo hominum usu certissimam depre- vel veritas absoluta rel saltem, cum sufficientia
hendi verae pietatis notam: in his maxime eniti data nondum haln-ntur, maxima probabiL'tatis gra-
m his sua compeiulia, suain voluptatem eollocarc, dus ex datis infallibiliter concludatur lioc loco osten-
quae in publicam salutom redundant, rommoveri demus traditis Elementis veritatis aeter-
penitus aliorum malis, et si occurrere possis non nae, quae hactenus non aliter fuere inter homines,
modo nou incoramodis sed neque periculis cleter- quam olim fnnnentuin silvestre, antequam ratione
reri. -Quod hominum gcnus scio pamm politicum coleretur. Cum eniru inulti egregii viri extra Ma-
illis videri, quibus finis laborum censetur, hanc vi- thematicas vulgo habitas disciplinas hoc inprinùs
tam jucumtc transijrere, aut qui cuncta referunt ad saeculo dcmonstrationes edere tentaveriut, semjjer
suatn magnitudineni, suas commoditatea quibus vol- tamen deprehensum est, aliquid ad earum vim
lent, si opus sit, omnium aliorum miseria serviri. déesse. Cumque insignes Geometrae in ipso Eu-
Sed sequatur quisque rationcs suas; mihi videtur, clide non errores quidem, at in demonstrando de-
futurae quoqiie vitae prudenti curam habcndam fectus deprehenderint ac partiin suppleverint, qui
(de quo nmlti veltit de somnio tantum et obiter tamen in Geometria fere periculo erroris vacant,
cogitant) et homiui spectandum esse, quid dignuiu cum pleraque ab eo omissa ipso sensu commun!
sit homine, quid naturae creatrici consentauenm, innumerabilibusque experimentis confirmentur, quid
quid faciat ad vcram perfectionem et harmoniam de illis dicemus, qui longe absunt ab hac acribeia
rerum; scilicet exornare Spartam tuam, et quam et tamen in argumentis versantur, ubi facilis de-
late possis beneficicntiam extendere. Vera autein ceptio est, difficileque examen per expérimenta.
hominis perfectio in animi vertutibus sita est, quae Modum ergo tradere aggredior, quo semper homi
a recta ratione sivc cognitione viritatis proficiscun- nes ratiocinationes suas in omni argumente ad cal-
tur, unde potentia quoque nostra tura in corpus hu- cnli formam exliibere controversiasque otnnes finire
manum, tum in corpora circnmjecta angetur. Ve- ] H >ssmit . ut non jam clamoribus rem agere necesse
ritatem ergo invenire et inveniendae moclum osten- sit, sed alter alteri dicere possit : Calculerons. Et
dere fons esse videtur omnis humanae felicitatis, cum ab utraque parte rationes validae erunt, quod
quae non tantum barbares a cultis sed et bonos a sit in rébus concretis, ubi utrimque commoda at
XVII. 1NTKODUCT1O IN PACIDII SPECDUNA. 91
que incommoda reperiuntur, modus habebitur ma- nente eruere argumenta, quibus quaestio proposlta
gnitucliiiem cujusque cxplorandi atque acstimandi definitur, imo et ad artem inveuiendi pertinet nossc
ut, comparatis utrimque, velut accepli ex^nsique formare quaestiones, vel quod eodem redit, nosse
la I ii i lis, de summa potioris pronuntietur. Haec instituere observationes, nosse suniere expérimenta.
sunt illa pondéra, hi moduli, quibns rationem uti Hujus artis uondum traditae vim atque amplitudi-
dixit poëta, sed hactenus ]>arum exactis, née sigua- nem eo perspexi magis, quo majore studio ab
tis publicave antoriiate aut certa nota comprobatis. ineuiite aetate solitus sum res proprio Marte inve-
Caeterum, quemadinodutn judioii est in magno ar- stigare, cum singulari felicitate pêne infans, lenitatu
gumentorum raultipliciuin , ab aliis forte prblato- praeceptorum usus, mco ipso consilio atque impetu
riun, coniUctu, rationum rite aestimatarnm tabulas bonos autores jam legebam, qui huic aetati plan*
evidenter ordiuare ad conclusionem habendam, ita interdicuntur.
iuventionis est ex rerum visceribus nemine adino-

XVII.
IN SPECIMINA PACIDII
INTRODUCTIO HISTORICA.
(E «chedla Ineditls Leibnltll, quae In Bibliothcca Régla Hanoverana asservantur.)

Wilhelmus Pacidius (nam ab hoc homine appellabant; cum veterum cogitata mascnla et in-
ordiendum tnihi est, cum saepe a minimis inaxima gentia et excitata et velut supereminentia rébus et
proficiscantur) natione Gerinanus. patria Mpsicnsis omnem vitae humanac tractum velut in tabula com-
amisso maturiiis parente, vitae rectore, impetu quo- plexa, dictionem autem naturalem et claram et pro-
il.-un animi ad litcrarum média delatus, pari in iis fluentem et rébus parem, longe alios motus auimis
libertate versabatur. Nam cum domesticae biblio- ingenerare meminisset. Fuit hoc discrimen tam
tfaecae O]>portunitatem haberet, abdebat se in ea totos notabile, ut ex eo tempore duo sibi axiomata con-
saepe dies octannispuer, et vixduni latine balbutiées, stitueret: quaerere semper in verbis caeterisque
obvios quosque libres nunc arripiebat nunc depone- animi signis claritatem, in rébus usum. Quorum
bat, et sine delectu aperiens claudensque nunc libabat illud postea omnis judicii, hoc inventionis basin
aliquid, nunc transsiliebat, prout claritate dictionis esse didicit, et plerosque errasse, quod suas sibi voees
aut jncunditate argument! invitabatnr. Credidisses non satis distincte expUcassent, atque in ultima
enm fortuna pro praeceptore uti, atque illud Toile Lege elcmenta resolvissent, alios etiam experimentis, quae
«ibi dictum putare. Erat enim alieno consilio per in manu habebant, — quod arte combinatoria me-
fortuiiam'carenti propria per aetatem necessaria diorum ac finium tarèrent, quod illud: die cur
temeritas, cui succurrere Dens solet. Et certe tulit hic, illud cui bono, illud Respice finem non
casas, ut in veteres primum incideret, in quibus ille constanter exercèrent, — uti nescivisse.
initia niliil, paulatim aliquid, denique quantum sa- Ita animatus ille, cum in coetum aequalium de
tis esset, intelligebat ; utque in sole ambulantes more venisset, pro monstro erat. Nain philoso-
i liant aliud agendo colorantur, tincturam quandam 1 il iin m ac theologiam scholasticam, qualis tune
non dictionis tantum, sed et sententiamm contra- pro sapientiae fastigio vulgo habebatur, facilem
lerat Uode ad recentiores delato sordebant qnae ac, verba tantum comesta tenenti, expositam
UIQC in nfiifinis regnabant tumentes ampullae nihil exemplo suo ostendebat, qui in arcana ejus
dicentium, aut fracticentones repetentium aliéna: non alio praesidio, penetrasset; caeterum ut
sine pratia, sine nervis ac lacertis, sine nllo ad vi- superficiariam profectuique humano inutilem con-
tara nsu : putares alteri cuidam mundo scribi, quem temnebat. •
illi jam tum modo rempublicam, modo Paruassum Interea féliciter accidit ut consilia magni viri
12»
92 XV11I. FUNDAMENTA CALCULI RATIOCINATORIS.
Francisci Baconi, Angliae Caiicellarii de aug- unoquoque génère summum, lia Gecinetriae ad
mentis scientianiin et cogitata cxcitatissima Car- usum vitae accomodatae esse, déterminai! nobis
dani et Campanellae et specimina melioris pbiloso- lineas figurasque brevissimas , ut sunt rectae, lon-
phiac Keplcri et Galilei et Cartesii ad niauus ado- gissinias ut sunt volutae, suomet pondère minime
lesccntis pcr\-cnirent. gravatas ut suut apudGalilaeum parabolicae, radiis
'l'uni vero i I le- ut postea amicis saepe praedica- cslligendis aptissimas ut sunt apud Cartcsium liy-
vit, velut iu alium orbem delatus, Aristotelem et perbolicae. Mechanicae referre, exponi rationem
Platonem et Archimedem et Hipparchum et procurandi motum celerrimum ad molendiua, tar-
Diophantum aliosque magistros généré huniani dissitnum ad horologiorum durationeiu, regularis-
corani iutucii et compellare sibi visus est. Et agno- sinium (qualis penduli est) ad certitudiiiein eonm-
scens nulli saeculo déesse viros magnos, et iugenjo dem, corpus gravissimum, corpus levissimum, cor
qui susciperent, et judicio qui intelligerent praeclara pus exacte médium inter utrumque, corpus om
et recta, confirmatus in proposito coeptis instare nium maxime violentum. His enim ita digestis
decrevit; eum paulo aute, expertus omnes quibus média maxime promta et cfficacia suffore in om
collocutus erat a se dissentientes, de reruui einen- nes usus.
dationc desperasset. Ergo de potissimo vitae consilio et velut ratione
Et quia ea, quam sibi sumserat, omnia degustandi status privati deliberans, ante omnia constituebat
libertate, rudem quidem ideam, at harmouiae uni- id demum optimum privato videri debere quod pu
versali, intelligendisque artium inter se nexamm bliée fructuosissimum esset, quod ad gloriaui Dei
coordiuatis in ununi fiuibus, suffecturam sibi pa- pertineret, quod cffici non.facientis minus quam
raverat, de eo quod optimum façtu esset délibé generis bumani iuteresset ; mediorum autem homini
ravit. ad praeclara nullum esse homine praestantius, et in
Id enim in omnibus rébus faciendum esse docne- ter homincs Rege, vicario Dei, nou ]>otentia minus
rat eum Ars combinatioria, quam fecerat ipse sibi, quam sapientia, si quem rara temporum félicitas ta-
inter cujus principia erat, investigandum esse in lem tulisset.

XVIIL
FUNDAMENTA
CALCULI RATIOCINATORIS.
CFragmentam e schedls Lelbntlii nondum edltls, qaae n Bibliotbeca Régla Hanoverana asservanlur.)

Omnis humana ratiocinatio signis quibusdam culos absolveret perinde ac si totidem lapillis uti
rive characteribus perficitur. Non enim tantum vellet; et ICtus aliquis, quoties actioues aut excep-
res ipsae, sed et rerum ideae, semper aniuio distin tiones aut juris bénéficia memorat requisita harum
cte obversari neque possunt neque debent, et ita- rerum essentialia saepe prolixa semper mente per-
que compeudii causa signa pro ipsis adhibentur. currere non potest; n»K[ue opus est. Hinc fa-
Si enim Geometra, quoties hyperbolam aut spi- ctum est ut nomina contractibus figuris variisque
ralem aut Quadratriccm inter demonstrandum no- rerum specicbus, signaque numeris in Arithmetica,
ii iî iiat, semper earum defiuitiones sive genera- magnitudinibus in Algebra sint assignata, ut, quae
tioni-s et rursus terminorum, eos ingredientium, semel vel experiendo vel ratiociuando de rébus
definitiones sibi exacte praefigurare cogeretur, tar- i comporta sunt, eoruin signa rerum illarum signis
dissimc ad nova detegenda perveniret; si Aritiune- • tuto in posterum conjungantur. Signorum igitur
ticus inter calculandum omnium notaruui sive ci- numéro comprehendo vocabula, literas, figuras che-
pbrarum quas scribit valores unitatumque multitu- micas, Astronomicas, Clùnenses, Hieroglyphicas,
dinem continuo cogitaret, numquam prolixos cal- notas Musicas, stenographicas, aritbmeticas , alge-
XVIU. FUNDAMENTA CALCULI RAT10CINATORIS. 93
braicas aliasque otnnes quibus inter cogitandum pro hiberi. Cum autcm nondum constituere licuerit,
rébus utimur. quoniodo signa formari debeant, interdum pro ipsis
Signa autem scripta, vel delienata vel sculpta in futurum formandis exomplo Matliematicoruni
characteres appellantur. Porro taato utiliora utamur literis Alphabeti aliisve notis arbitrariis
sunt signa, quanto magis notionem rei sigiiatae ex- quibuscunque, quas progressus aptissimas suppedi-
primunt, ita ut non tantum rcpraesentatioui, sed et tabit. Qua ratioue etiam apparebit ordo scientia-
ratiocinationi inservire possint. Taie nihil prae- i runi characteristice tractatarum, et res ipsa docebit,
stant characteres cheniicorum aut astronoinorum, Arithmaticam clementarem esse elementis calculi
nisi quis cum Johaune Dec, autore monadis hie- i Logici, de figuris modisqu« agentis, priorem sim-
roglyphicae, mysteria nescio quae in illis venari j plicioremquc.
posse speret. Née puto Chinensium figuras aut j lîsto character quilibet A vel B, vel alia nota.
Aegyptiorum inveniendis veritatibus multum prod- Compositum ex pluribus characteribus vocetur
esse posse. Lingua Adamica vel certe vis ejus, Formula.
quani quidem se nosse et in nominibus ab Adamo Si formula quaedam aequivaleat cliaracteri, ita
impositis essentias rerum intueri posse contendunt, ut sibi mutuo substitui possint, ea formula dice-
nobis certe ignota est. Linguae vulgares etsi pluri- tur valor characteris.
iiiuiii prosint ad ratiocinanclum, attamen innumeris Valor primigenius characteris, qui scilicet pro
aequivocatioiiibus sunt obnoxia, née ofticiuin cal- arbitrio ci assignatur née probatione opus habet,
culi lacère possunt nempe ut errores ratiocinatio- ; est ejus significatio.
nis ex ipsa vocabulonim formatione et constrn- Inter ea quorum imunt alteri substitui potest
ctione detegi possint, tamquani soloecismi et barba- salvis calculi legibus, dicetur esse aequipollen-
rismi. Quod sane admirabile beneficium hacteuus tiam.
solae praestant notae Arithmeticoruin et Algebri- Praeter acquipollentiam dantur aliae relatio-
staruni, ubi ratiocinatio oinuis in usu characterum nés complures, quas res ipsa monstrabit, v. g. in-
consistit et idem est crror aniini qui calculi. clusiones, similitudines, detcrminationes, de quibus
Mihi vero rein altius agitanti dudum manifeste suo loco. Et proinde relationes sunt ad characte
apparuit, ouuies humanas cogitationes in paucas res atque formulas, ut enuntiationes se habent ad
admodum resolvi tamquain primitivas. Quod si notiones, sive secuuda mentis o]>eratio ad primam.
his characteres assignentur, posse inde formari cha- Cale u lus vel opcratio consistit in relationum
racteres notionum dcrivatarum, ex quibus semper productione, facta per transmutationem formulamm,
omnia eorum requisita notioncsque primitivae in- serundum leges quasdam praescriptas factis. Quanto
gredientes, et ut verbo dicam definitiones sive valo- autem plures leges sive conditiones calculaturo
res^ et proinde et affectiones ex definitionibus de- praescribuntur, eo magis compositus est calrulus et
monstrabiles, erui possent. Hoc uno antcm pracstito, characteristica quoque illa minus est simplex. Pa-
quisquis characteribus hujusmodi inter ratiocinau- tet igitur, formulas (sub quibus, tamquani simpli-
dum scribenduinque uteretur, aut numquam labere- cissimos, licet comprehendere ipsos characteres) re
tur, aut lapsus suos ipse non minus atque alii sem- lationes et operationes se habere ut notiones, ennn-
per facillimis exarniaibus deprehcnderet, inveniret i tiationes et syllogismes.
praeterea veritatem quantum ex datis licet, et sic- Character dicetur ingredi formulam, in qua
nbi data ad inveniendum quaesitum non essent suf- j expresse ponitur, involvi autem dicetur, si saltem
ticientia. .videret quibusnam adhnc experimentis vel per substitutiouem aequipollentium effici jwtest, ut
Dotitiis esset opus quin saltem accedere posset ve- ' tum demum ingrediatur.
ritati, quantum ex datis ]x>ssibile est sive appropin-
Characteres formulam ingrediuntur vel abso
quando, sive gradum majoris probabilitatis deter- !
mimmdo: sophismata autem et paralogismi nihil lu te seu simpliciter, vel sub modificatione
certa, sive relatione ad alinm characterem, verbi
hic aliud forent quam quod errores calculi in Arith-
gratia si sit formula A (B). C, cum A et C ingre
meticis, et soloecismi et barbarismi in linguis. Cum
diuntur recte, at B oblique sub A. Fieri ctiam
igitur hac arte characteristica cujus ideam animo potest ut omnes characteres formulam sub modifi-
concepi, verum organon scientiae generalis om-
niuni, quae sub humanam ratiocinationem cadunt, • catione ingrediantur ut si sit: A. B.C. L.M. N. ubi
sed perpetuis ealculi evidentis dcnionstrationibus A. B.C. .simili, certo modo concurrentes constituunt
vestitum, contineatur, opus erit ipsam quoque cha- demum characterem rectum ex ipsis conflatum sive
racteristicen nostram, seu artem signis exacto quo- I compositum, itemque faciunt L.M.N. quodsi cha-
dam calculi génère utcndi, quam généralissime ex- I racter absolute positus sit expressus aliter quam
94 XIX. SPECIMEN DEMONSTRANDI.
per modificatos, tlicetur rectus, modificatus autem connectuntur, uiiiformiter vinculum ingrediuntur,
dicetur obliquus; Characteres alii formulara ita (ubi rursum interest, eodem modo connectantur
ingrediuntur ut distingui inter se non possint, alii A et B suo vinculo, quo C et D coutinentur suo, et
secus, ita Continens vel Aggregatum est compo- an A et B eodem modo A.B et C.D). Si duo
sitnm uaiforme, seu formula quae in nullas formu îiiniai vinculum disquiformiter ingrediantur ut
las, nisi arbitrarie, dividitur, ut A.B. et A. B.C. A H B, et iiniim ex ipsis, A, cum proximo C
Compositio omnis est aequiformis vel disqui- fornuilam ingrediente uniformiter iugrediatur in no-
formis. Aequiformis ut AB vel A.B.C.D., vel vum vinculum ut A h B C, erit A directum, B ob-
À.B. C.D. E.F., ubi semper quae eodem vinculo liquum etc.

XIX.
NON INELEGANS
SPECIMEN DEMONSTRANDI
IN ABSTRACTIS.

(Fragmenlum antograpbum Leibnltll, qnod in Bibliotheca Regia Hanoverana aaservamr. )

Definitio 1. Eadem sunt quorum unum Scholium: Non omne inexistens est pars, née
potest substitui alteri salva veritate. Si siut A et omne continens est totum, e. gr. quadratum inscri-
B, et A ingrediatur aliquam propositionem veram, ptum et diameter circulo inest, et quadratudi qui
et ibi in aliquo loco ipsius A pro ipso substituendo dem est pars circuli, diameter vero non est pars
B fiât nova propositio aeque itidvm vera, idque ejus. Addendum est ergo aliquid ad notionem to-
semper succédât in quacunque tali ])ropositione, A tius et partis accuvate explicaiidam , quod non gst
et B dicuntur esse eadem ; et contra, si eadem sint hujus loci. (Et vero non insuut tantuui scd et de-
A et B, procedet substitutio quam dixi. (Eadem trahi possunt ea quae partes non sunt, e. gr. Cen-
etiam vocantur coincidcntia, aliquaudo tamen triun ex circulo, ita ut in rcsiduo sint omnia pun-
A quidem et A vocantur idem, A vero et B vo cta praeter centrum; id euim residuum erit locus
cantur coincidentia). omnium punctonmi intra circulum , quorum distan-
Defin. 2. Divers a sunt, quae sunt non eadem, tia a circumferentia est minor radio, cujus loci dif-
seu in quibus substitutio aliquando non succedit. fereutia a circulo est punctutn, nempe centrum.
Cor oïl. Unde etiam, quae non sunt diversa, Ita locus omnium punctorum quae moventur, sphae-
sunt eadem. rà, duobus ejus punctis diametro distantibus im-
Charact. I. A x B significat A et B esse ea motis, motà fit si a sphaera detrahas axem seu dia-
dem vel coincidentia. metrum per duo puncta innnota transeuntem).
Charact. 2. Anon x B, vel B non x A, signi lisdem positis A et B simul sumta dicuntur con-
ficat A et B esse diversa. stituentia, L autem constitutum.
Defin. 3. Si plura si mu] suinta coïncidant uni
plurium, quodlibet dicitur inesse vel contineri Charact. 3. A + BxL significat A inesse
in tnio isto, ipsnm autem unum dicetnr conti- ipsi L, vel contiueri a L.
nens, (et contra: si quid insit alteri, erit inter Se ho lin ni: Etsi A et B habeant aliquid com
plura simul coincidentia illi alteri). Ut si A et B mune, ita ut ambo simul sumta sint majora ipso
simul suinta coincidant ipsi L, A ut et B dicetur L, niliilomimis locuin habebunt quae hoc loco dixi-
inexistens vel contentum, at L dicetur con- mus aut dicemus. Exemple rem declararo utile
tiriens. erit: L significet rectam
XIX. SPECIMEN DEMONSTRANDI. 95
R V S X RX,etApartemejusrectamsci- jwssunt ad unum constituendum ut si sint A et B,
• * * • licet RS, etB allant ejus partem potest Inde fieri A-f-B, quod appellarï potest L.
rectamscilicetXV; ponaturquaelibetharum partiurn Postul. 2. Detrahere aliquid A ab eo cui in-
RS vel XV niajor esse dimidio totius RX, nam rê est, nempe ab A+B seu L, reliqua dentur ut B,
vera quia VS est pars communis ipsorum RS et quae cum ipso A constituunt continens I ,. seu iis-
XV erit RS+XV aequ RX+SV, et tarnen vere dem positis invenire residuum L — A.
dici potest, rectas R S et XV simul coincidere re- Scholium: Ope hujus postulât! postea médium
ctae RX. dabimus inveuiendi differentiam inter duo quorum
Defin. 4. Si aliquid N insit ipsi A, itemque nnum A alteri, L, inest, licet reliqua quae cum illo
insit ipsi B, ici dicetur ipsis commune, ipsa autem hoc constituuut, non dentur, seu médium inveniendi
dicantur communicantia; si vero nihil commune L —A, seu A-f-B — A, licet solum dentur L et A,
habeant ut A et N (verbi gratia RS et XS.), di- non vero B.
centur incommunicantia.
Defin. 5. Si ipsi L. insit A, et efficiatur THEOREMA I.
aliud N, in quo omnia Quae sunt eadem uni tertio, eademsunt
M N maucnt, quae sunt in
.- -, inter se.
!.. exceptis iis quae
RL k etiam suut in A quo Si A oo B et B co C, erit A x C. Nam si in
rum nihil manere dé propositione A oc B (vera ex hypothesi) substitua-
bet in N, dicitur A tur C in locum B (quod faeere licet per def. 1. quia
de trahi vel removeri B x C ex hyp.), fiet A x C. Q. E. Dem.
ab L, at N dicetur re
LV
siduum. THEOREMA II.
Charact. 4. Si sit L — A oo N, signifieatur L Si duorum quae sunt eadem inter se
esse continens a quo si detrahas A, residuum unum diversum sit a tertio, etiam alte-
ritN. rum ab eo erit diversum.
Defin. 6. Si unum aliquod pluribus simul po-
sitis aut remotis coincidit, plura il la dicuntur con- Si A x B et B non x C, erit A non x C. Nam
stituentia. si in propositione B non x C (vera ex hyp.) sub-
Scholium stituatur A in locum B (quod faeere licet per def.
Defin. 7. Constitutio (hoc est positio vel de- 1 quia A oc B ex hyp.) fiet A non x C. Q. E.Dem.
tractio) vel exprcssa est, vel tacita Not. Hic inseri posset Theorema taie: Quod
Defin. 8. Compensatio est, cum idem po- inest uni coincideutium, etiam alteri
natur et detrahatur in eodem. Destructio est ines.t. Si A est in B et B x C, etiam A est in C,
cura quid abjicitur, ut non amplius expri- nempe in prop. A est in B (vera ex hyp.) substitu-
uiatur, ut pro M — M ponendo Nihil l). endo C in locum ipsius B.
A xi orna 1. Si idem secum ipso snmatur, ni
hil constituitur novum, seu A+A oo A. THEOREMA III.
Seholium: Equidem in numeris 4 + 4facit8,
seu bini nunnni binis additi faciunt quatuor num- Si eidem addantur coincidentia fiunt
mos, scd tune bini additi sunt alii a prioribus, coincidentia.
si iidem essent, nihil novi prodiret et perinde esset
ac si joco ex tribus ovis faeere vellemus sex nuine- Si A x B, erit A + C X B + C. Nam si in
raiido primum 3 ova, deinde uno sublato residua 2, propositione A+C x A-f-C (quae est vera per se)
ac denique uno rursus sublato residuum. pro A semel substituas B (quod faeere licet per def.
Axioma 2. Si idem ponitur et detrahitur, 1. quia A co B) fiet A+C x B+C. Q. E. Dem.
qoicquid inde in alio constituitur. coincidit Nihilo. Coroll. Si coincidentibus addantur
Postulatum 1. Plura quaecunque simul sumi coincidentia, fiunt coincidentia. SiAx
B, et LxM, erit A+L x B+M. Nam (per
praesens theorema) quia LxM, erit A+L x A
' l Cum Def. 6 — 8 et Scbotlon in margine Auto- + M, et in hac assertione pro A semel ponendo
rriiplii srripla sini tain parvis literis iisdemque parlim
delelis, ut viv cent), nedum legi queant, non potui
B (quia A x B ex hyp.) fiet A + L CD B+M.
quiu aliqua verba omllterem. Not. Ed. Q. E. Dem.
96 XIX. SPECIMEN DEMONSTRANDI.
est in A (per iusertum inter theor. 2 et 3).
THEOREMA IV. Q. E. Dem.
Contentum content! est contentnm Aliucl est detractio in notionibns, aliud negatio,
continentis, seu si ici cui aliucl inest, insit ter T. g. Homo non rationalis est absurclum seu iin-
tio, id quod ei inest, eiclem tertio inerit, vel si A possibile. Sed licet clicere: simia est homo, nisi
est in B et B est in C, etiam A erit in C. Nam A quod non est rationalis, ut in jambo Orotii. Homo —
est in B (ex hyp ). Ergo est aliquid, cui nonien Ratioualis aliucl quani homo non rationalis. Nam
imponemus L taie, ut sit A+L oo B (per clef. 3. Homo — Rationalis oo Brutum. Sed homo non ratio
vel charaet 3), similiter quia B est in C (ex hyp.) nalis est impossibile. Homo — Animal — Rationalis
«rit B+M x C, in qua assertione pro B ponendo estXihilum. Hinc detractioiiespossunt facere niliilum
A+L (quo coinciderc ostenclinius) fiet A+L+ seu non Eus simplex imo minus nihilo, sed nega-
M X C. Jain pro L+M ponendo N (per postnl. 1.) tiones possunt facere impossibile.
fiet A+N x C. Ergo A est in C (per clef. 3.)
Q. E. Dem. THEOREMA IX.
1) Ex eompensatione expressa sequitur destructio
THEOREMA V. comjxmsati si nihil sit in eompensatione destruenda,
Cui singula insunt, etiam ex ipsis quod tacite rejwtitum constitutionem ingrediatur
constitutum inest. extra comjx?nsationem; 2) item si quicquid est hoc
repctitum, ingrediatur et se et positionem et detra-
Si A est in C, et B est in C, etiam A+B (Consti ctiouem extra conipensationem ; 3) si horum neu-
tutum ex A et B clef. 4.) erit in C. Nam quia A est trum contingat, destructio pro eompensatione sub-
in C, erit aliquod M taie ut possit fieri A+M x stitui non potest.
C (per clef. 3) similiter quia B est in C, poterit Casus 1. Si A + N— M — N est oo A — M,
ficri B-t-N ce C, quae coiyungendo (per coroll. et A , N , M sunt incommunicantia, ita enim nihil
Theorematis 3) fiet A+M+B+N x C, et prcin- est in eompensatione clestruenda A+N — N quod
de (per clef. 3) A+B est in C. Q. E. Dcm. sit extra ipsam in A vel M seu quod in+N poni-
tur id, quotiescunque hic ponitur, continetur in +
THEOREMA VI. N et quod in — N detraliitur, id, quotiescunque hic
Constitutum ex contentis inest consti- detrahitur, continetnr in — N, ergo (per ax 2) pro
tuto ex continentibus. +N — N poni potest Nihilum.
Casus 2. Si A+B — B — G ce F et omne
Si A est in M et B est in N, erit A+B in M quod tam A et B, quant G et B commune habeant
+N. Nam A est in M ( ex hyp. ) et M est in M sit M, erit F GO A — G. Ponamus praeterea, omne
+N per def. 3). Ergo N est in M+N (per def. quod A et G commune habent, esse E si quod lia-
3). Ergo B est in M+N (per theor. 4) jam si A bent, ita ut si nihil communicassent E sit CD Nih.,
est in M+N., et B est in M+N, etiam (per th. 5) ita erit A GO E+Q+M B oo N+M et G oo E +
erit A+B in M+N. Q. E. Déni. H+Metfiet F oo E+Q+M+N+M — N —
M — E — H — M qui termini omnes (E, Q, N, M,
THEOREMA VIL H) sunt ineoinmunicantes, icleo (per casum prae-
Si quid aclditur ei cui inest, nil consti- cedentem) sit F ce Q — H ce E+2 +M — E —
tuitur novi. H — M oo A — G.
Casus 3. Si A+B — B — D co C, et id quod
Si B est in A erit A+B x A. Nam si B est in commune est ipsi A et B non coincidit cnm eo,
A, potest fieri B+Coo A (def. 3). Ergo per quod commune est ipsis B et D, non erit C oo A —
(theor. 3) A + BxB + C+BxB + C (per \ D; sit enim BooE+F+G, et AooH+E et
axiora. 1 ) x A (per dicta hic). Q. E. Dem. D oo K+F, sic ut haec ingredientia non sint am-
plius communicantia née ulteriore adeo resolutione
CONVERSUM THEOREMATIS PRAECE- sit opus, fietC ccH+E+E+F+G — E — F—
DENTIS. G — K — F, id est (per casum 1) C œ H — K,
Si quid addendo alteri nil constituitur, quod non est oo A — D, ici enim est oo H+E —
ipsum alteri inest K — J , nisi ponitur E oo F, seu commune intor B
et A idem cum communi inter B et D contra hyp.
Si A+B x A, tuin B erit in A, nam B est in Eadem clemonstratio foret etsi A et D hahuissent
A+B (def. 3) et A + B oo A (ex hyp.). Ergo B aliquid commune inter se.
XIX. SPECIMEN DEMONSTRANDI. 97
THEOREMA X. THEOREMA XIII.
Detractum et residuum sunt incommu- Generaliter, si coincidentibus addendo
nicantia. alia fiant coincidentia, addita sunt in
ter se commuiiicantia.
Sit L — A oo N. Dico A et N nihil habere com
mune. Naui ex définitions detracti et residui om- Sint coincidentia vel eadem A et A, fiatque A+
nia quae sunt in L, manent in N praeter ea quae B oo A + N, dico B et N esse communicantia.
saut in A, quorum nihil manet in N. Nam si A et B sunt incommunicantia, item
Problema. Efflcere ut ex non coincidentibus, A et N, erunt B oo N (per praeced.). Ergo commu
ad data coinciclentia additis, constituantur tamen nicantia sunt B et N. Sin A et B sint communi
coincidentia. cantia, sit A oo P+M et B oo Q+M ponendo M
Sit A oo A , dico reperiri posse duo B et N sic quicquid commune est inter A et B et iiihil taie in
nt B non sit oo N et tamen A+B sit oo A+N. P et Q. Ergo (per ax. 1 ) A+B oo P+Q + M
Solutio: Sumatur aliquid quod insit ipsi A, ut oo P+M+N, jam P, Q, M sunt incommuni
M, et sumto N pro arbitrio, sic tamen ut neque cantia (per th. 11). Ergo si etiam N cnm A, seu
M sit in N, neque contra N in M, fiât B oo M+ cura P+M est incommunicans, ex P+Q+M co
N; et factum erit quod quaeritur. Nam quia B oo P+M+N net (per praeced.) Q ooN. Ergo N est
M-l- N ex hyp., et M atque N sibi non insunt ex in B. Ergo N et B sunt commnnicantia ; si vero
hyp., et tamen A+BooA+N, quia per th. 7. iisdem positis, nempe P+Q+M OD P+M+N,
convers A+B oo A+M+N, at hoc ( lier th. 7. seu A communicante cum B, N etiam communicet
quia M est in A ex hyp.) oo A+N. j cum P+M seu A, tune N vel communicabit cum
i M, quo facto communicabit etiam cum B, (cui in-
THEOREMA XI. j est M) et habebitur intentnm, vel N communicabit
In duobus communicantibus id, cui inest cum P. Ergo faciamus similiter P oo G+H et N
quicquid, u trique commune est et duo pro ; oo F+H sic nt G, H, F sint incommnnicantia
pria sunt tria incommunicantia inter se. (secundum th. 11) et ex P+Q+M œP+ M
Sint A et B communicantia et A oo P + M et +NfietG+H + Q+MooG+H+M+F+
B N+M, sic ut quicquid est in A et B sit in M, H. Ergo (lier praec. th.) fit Q oo F. Ergo N ( os F
nihil vero ejus in P et N, dico P, M, N esse incom- ; + H) et B ( oo Q+M) habent aliquid commune.
mnDicantia, nàm tam P quam N sunt incom Q. E. D.
municantia cnm M, quia quod est in M, est in A Pô ris ma. Ex demonstratione hac discimns;
et B simnl, at nihil taie est in P aut N. Deinde P ! si eidem, vel coincidentibus addantur aliqua et
et N sunt incommunicantia inter se, alioqui itidem ] fiant coincidentia, sintque addita utraque ei cui ad-
quod ipsis commune est, foret in A et B. | duntur incommunicantia ipsa coincidere inter se
(quod et patet ex th. 1 2). Sin unum sit commu-
THEOREMA XII. nicans eidem illi cui utrumque additur, alterum
vero non, tune incoramunicans erit in communi
In incommunicantibus quae coincidenti cante; denique si ambo sint commnnicantia cum
bus addita faciunt coincidentia ea ipsa eo cui addantur, ad minimum communicabunt inter
sunt coincidentia. se (quanquam alioqui non sequatur, quae communi
Seu, si A+B CD C+D et A oo C, erit B oo cant eidem tertio, cominunicare iuter se). In no-
D, modo A et B itemque C et D sint incom tis: A+B oo A+N si A et B incommunicantia
municantia. Nam A + B — C OD C+D — C (per j item A et N incommunicantia, erit B oo N ; si A et
th. 8), jam A+B — C oo A+B — A (ex hyp. B communicantia et A et N incommunicantia, N
quod A oo C) et A+B — A » B (per th. 9. cap. 1. erit in B; denique si B communicet cum A et
quia A et B incommunicantia) et (per eandem j N itidem communicet cum A, tune B et N ad
ration, ni ) C + D — C o° C. Ergo B CD C. Quod minimum communicabnnt inter se.
Erat Dem.

13
XX.
ADDENDA
AD

SPECIMEN CALCUL! IMVERSALIS.

(E gcheda Lelbnitiana nondnm cdila, quae Uanoverae in Blbliolbeca Régla asservaiur.)

Ut calcul! hujus natura intelligaiur , notandum sapiens est justus, justus est severus, ergo Deus
est, quicquid a nobis enuntiatur in quibusdam est severus.
ht. -ils, quas pro arbitrio assumsimus, idem intel- Priucipia calculi 1) Quicqnid nu- In
ligendum enuntiari posse eodem modo in aliis su in in literis quibusdam indefinitis
quibusvis assumtis. Ut, cum dico, propositioncm idem intelligi débet conclusum in aliis
banc ab est a semper esse veram, intelligo non quibuscunque , easdem conditiones ha-
tantum hoc exempluiu: auitnal rationalc est ani 1) nui lins, ut quia verum est ab est a, ctiam
mal, esse verum poneudo animal significari per verum erit hc est b, imo et bcd est bc, nain pro
a et rationalc per b, sed intelligo etiain hoc exem- hc substituendo e (per postulatum) idem est ac
plum, animal rationale est rationalc, esse verurn, si dixissemus ed est e.
ponendo rationalc significari per a et animal per b. 2) Transpositio literarum in codera
Et idem in quolibet alio exemplo procédure, ut termino nihil mutât ut nl> coincidet cum
corpus organicum est organicum, ac proinde etiam lui, seu animal ratiouale et rationalc animal.
pro ab est a, dici poterit bd est a. 3) Repetitio ejusdem literaein eodem
Terminus est a. b. ab. bcd ut: homo, ani termino est inutilis, ut b est aa, vel bb
mal, animal rationale, rationalc mortale visibile. est a homo est animal animal, vel homo homo
Propositionem universalem affirmati- est animal. Suffîcit enim dici a est b, seu homo
vam sic designo: a est b, seu (munis) homo est animal.
est animal, semper enim hic signum universalita- 1) Ex quotcunque propositionibus
tis intelligi volo, ubi a subjectum et b praecli- fieri potest una, additis omnibus sub-
catum. Est: copula. jectis in unum subjectum et omnibus
Postulatum: Permissum csto supponere lite- praedicatis in unum praedicatum. a est
ram uni literac vel pluribus simul aequivalere, b, et c est d et e est f, inde fiet ace est bdf.
ut d aequivalere ipsi a et alterum in alterius lo- Ut Deus est omnipotens, homo est corpore prae-
runi substitni posse vel d aequivalere termùio ditus, Crucifixus est patiens. Ergo Deus homo
ab, verbi gratia, homo idem quod amtnal ratio crucifixus est omnipotens corpore praeclitus pa
nale: Hoc intellige, si niliil his suppositionibus tiens. Née refert quod interdum, quae conjun-
contrarium jam suppositum sit. guntur hoc. modo, incomputabilia suiit ut: circu-
Propositiones per se verae; 1) a est a, lus est nullangulus. Quadratum est quadrangu-
animal est animal, 2) ab est a, animal ratio lum. Ergo circulus-quadratmn est nullangulum
nale est animal. 3) a non est non-a, animal quadrangulum. Nam haec propositio vera est ex
non est non animal, 4) non-a non est a non- hypothcsi impossibili. Utilis est haec observatio
animal non est animal, 5) Qui non est a est non - a praesertim in Catenis longius productis, verbi gra
qui non est animal, est non -animal, 6) Qui non tia hoc modo: Deus est sapiens, sapiens est ju
est non-a, est a, qui non est non -animal, est stus; Deus est omnipotens, justus omnipotens
animal. — Ex his duci possunt plures. punit malos. Deus non punit aliquos malos in
Consequentia per se vera: a est b, et b hac vita. Qui punit at non punit in hac vit.t,
est c, ergo a est c, Deus est sapiens, sapiens est ponit in alia vita. Ergo Deus punit in alia vita.
justns, ergo Dens est justus. Haec catena lon- 5) Ex qnacunqne propositions, cujus
gius continuari potest, v. g. Deus est sapiens, praedicatum est ex pluribus terminis
XXI. DE VERITATIBUS PRIMIS. 99
compositum, possunt fieri plures, qua- : bccl, Ergo a est b et a est c, et a est d. Ve-
rum quaelibet idem quod ante, habet luti horao est rationalis mortalis visibilis. Ergo
snbjectum; sed loco praedicati habet homo est rationalis, homo est mortalis, homo est
aliquam prioris praediGati partent, a est ! visibilis.

XXI.
DE VERITATIBUS PRIMIS.
t Fragmentuni schedae cujusdam Lelbultianae , quae Hanoverae In scrinlis BlhlioiUecae Regiae asacrvatur.)

Veritatcs absolute primae sunt inter Te tura existentiam et quidetn pro ratione possibili-
ntâtes rationis identicae et inter veritates facti tatis seu pro essentiae gradu. Nisi in ipsa es
haec, ex qua a priori dcmonstrari possent oninia sentiae natura esset quaedam ad existendum in-
expérimenta, nempe: Omne possibile exigit clinatio, nihil existeret, nam dicere, quasdam es-
existere, et proinde existeret, nisi aliud iinpe- sentias hanc inclinationem habere, quasdam non
diret, quod etiam existere exigit et priori incom- habere est dicere aliquid sine ratione '), cum
patibile est, unde sequitur, semper eam existere generaliter videatur existentia referri ad omnem
rerum combinationem, qua existunt quam plurirna, essentiam eodem modo, IUud tamen adhuc ho-
ut, si ponamus A. B. C. D esse acqualia quoad minibus ignotum est, unde oriatur incompossibi-
essentiatn, seu aeque perfecta, sive aeque existen- litas diversorum, seu qui fieri possit, ut diversae
tiam exigentia, et ponamus D esse ineom|>atibilo essentiae invicem pugnent, cum omnes termini
cum A et cum B, A autem esse compatibile cum pure positivi videantur esse compatibles inter se.
quovis, praeter cum D, et similiter B et C, sequitur, Veritates secundum nos primae sunt
existere hanc combinationem A. B.C, exclusol), nam expérimenta. Omnis veritas quae non est abso
si D existere volumus, nonnisi C ipsi poterit coëxi- lute prima, demonstrari potest ex absolute prima.
stere, ergo existet Combinatio C. D, quae utique Omnis veritas aut dtmonstrari potest ex absolute
imperfectior est combinatione A. B. C, itaque hinc primis (quas indemonstrabiles esse, demonstrabilo
patet, res existere perfectissimo modo. Haec pro- est) aut ipsa est absolute prima. Et hoc est,
positio: Omne possibile exigit existere, potest quod dici solet, nihil debere asseri sine ratione,
probari a posteriori, posito aliquid existere; nam imo nihil fieri sine ratione etc.
Tel oninia existunt, et tune omne possibilie adeo
exiget existere, ut etiam existât, Tel quaedam
non existunt, tum ratio reddi débet, cur quae ') Si existentia esset aliud quiddam, quam essen
dam prae aliis existant. Haec autem aliter reddi tiae exigentia, sequeretur ipsam habere quandam es
sentiam, seu aliquid novum superaddere rébus, de quo
non potest, quam ex gencrali essentiae seu pos- rursua quaeri posset, an baec essentia existât an non
sibilitatis ratione, posito, possibile exigere sua na- existât, et cur ista potius quam alia. Nota Leibnltil.
XXIL
DEFINITIONES LOGICAE.
CEx Aulographla LeibnitU nondum edilis, In Bibliolheca Régla Hanoverana asscrvalis.).

1. A includere B, seu B inclucli ab A, est: 10. Notatu tameu dignuin est, tam subalter
île A, subjecto, universaliter affirmari B, nationem quaui conversiouem posse demonstrari
praedicatum. Veluti : sapiens incluclit justum, hoc ope syllogisinorum.
est, omnis sapiens est justus. 12. Syllogismus Categoricus simples
2. A excludere B, seu B excludi ab A est, est, qui de inclusione vel exclusione duorum ter-
de A, subjecto, universaliter negari B, praedica- mmorum inter se, ab'quid per data de inclusione
tum. Veluti justus excludit nùsernm, hoc est vel exclusione tertii respectu singularum.
nullus justus est miser. 13. Includens includentis est includens inclusi,
3. Qui negat, A includere B, is de quo- seu si À includit B et B includit C, etiam A
dam subjecto A negat praedicatum B, seu euun- includet C.
tiat particularem negativam. Seu qui ne 14. Includens excludentis est exeludens exclusi,
gat justo includi fortunatum, enuntiat quendam seu si A includit B et B excludit C, etiain A
justuin non esse fortuiiatuni. Nam si omuis ju excludet C.
stus esset fortunatus, (intellige qui est, fuit, fu- 15. Includens excludentis est exclusum exclusi,
turusve est), jam dici posset, onu>i, qui justus seu si A includit B et B excludit C, etiam C
est, inesse fortimatum , itaque justus fortunatum excludit A. Sequitur ex praecedente, accedente
iududet contra hypothesin. No. 8. — Hinc mutando C in A, et contra, ex
4. Qui uegat A excludere B, is de quo- clusum (A) inclusi (B) est exclusum includeutis
dam subjecto A affirmât praedicatum B, seu enun (C) B excludit A, et C includit B, Ergo A ex-
tiat particularem affirmativam. Qui ne clndit C.
gat a sapiente excludi fortunatum, enuntiat quen 16. Excludens inclusi est excludens includen
dam sapieutem esse fortuoatum. tis, seu si A excludit B et B includitur in C,
5. Si ex pluribus enuntiationibus sequatur nova etiam A excludit C, seu si A excludit B, et C
enuntiatio, et haec sit falsa, erit aliqua ex illis includit B, utique A excludit C. Patet per se.
falsa. Est collectio per regressum. 17. Si A excludit B et C includit B, etiam
6. Contradictoriae (seu quarum una affirmât, C excludit A seu excludens inclusi est exclusum
quod altéra negat) non possunt simul esse vera, includentis. Sequitur ex praecedeute ope 8. Hiuc
née simul esse falsa et hoc vocant opposi- si permutes C et A, fiet; si A includit B et C
tionem. excludit B, etiam A excludit C (seu iucludens
7. Ex universali sequitur particularis ejusdem exclusi est excludens excludentis).
naturae quod vocant subalternationem. Nempe (a un. aff. e un. neg. i part. aff. o part, neg.)
si A includit B (seu per num 1) si omne A est 18. Regulam priniam sic euuuties: Médium
B, sequitur quod A non excludat B, seu (per subjecto inclusum etiam praedicatum, sibi inclu-
num. 4.) quoddam A esse B. Rursus si excludit sum (vel exclusum), ei includi (vel excludi) osteii-
B, seu (per num. 2.) si nullum A est B, sequi dit. Hinc dispositione terminorum existente BÇ.
tur quod A non includat B, seu (per num. 3.) AB. AC. ex inclusione fit aaa, unde subalter-
quoddem A non esse B. nando aai, ex exclusione fit eae, unde subal-
8. Si A excludit B, vicissim B excludit A. ternando fit eao, sed quia e. BC inferri potest
Hoc est fundainentum conversionis simpli- ex e CB, hinc fit e. CB, a. AB, e. AC, et sub-
citer factae. Nam hinc (per 2.) si nullum alternando e. CB, a AB, o AC.
A est B, ctiam nullam B est A, et (per 4.) si 19. Regulam secundam sic enunties: Médium
quoddam A est B, etiam quoddam B est A. subjecto exclusum etiam praedicatum, se inclu
9. Si A includit B, hinc (per 1 et 4.) nasci- dens, subjecto excludi ostendit. Hinc fit a CB,
tur conversio per accidens. Omne A est B, e AB, e (vel o) AC; qui niodus cum per con-
ergo quoddam B est A. versionem siinpliciter ipsius e AB in e BA se
XXIII. D1FF1CULTATES LOGICAE. 101
quatur, ex isto a CB, e BA, G (vel o) AC etiam • •I uni 20, summa 30. Sed tamen et plures erunt,
iste valebit. suraendo pro propositionibus inferentibus eas, ex
20. Haberaus hiuc modos 10 ex reg. 1 et 2. quibus ipsae sequuntur, id est simpliciter conver
Ex quolibet horum fiunt duo per regressum, duni, sas. Cum vero rêvera non nisi 24 modi den-
negando conclusionem et affirmando nnam prae- tur, ut alias ostendinins, ideo necesse est, non-
missarum, affirmatur altéra. Indepraeter hos 10 nul los bis occurrere.

XXHI.
DIFFICULTATES QUAEDAM
LOGICAE.
(Oeuvres philosophiques etc. éd. Raspe p. 513.).

Difficultates quaedam logicae solutu dignae oc- ridentem sumas pro quadam specie Entis possi-
currerunt. Qui fit, quod in singularibus proce- bilis, ut miles est species hominis, seu ut homo
dit oppositio: Petrns Apostolus est miles est species animalis, ita quidam homo est ridens,
et Petrus Apostolus non est miles, cum veraque erit propositio, etiamsi nullus homo ri
tamen opponatur alias universalis affirniativa et dens existai Sane conversio a me dcmonstratur
particularis negativa? An dicemus singulare ae- per Syllogismum tertiae figurae. Omnis ridcus
quivalere particulari et universalii Recte. Itaque est ridens. Omnis ridens est homo. Ergo
et cuin objicietur singulare aequivalere particu quidam homo est ridens, intelligo in re
lari, quia in tertia figura conclusio debeat esse gione Idearum, si ridens sumatur pro honiinis
particularis et possit tamen esse singularis (v. g. specie non pro ridente actuali. Syllogismus
omnis scribens est homo, quidam scri- hic in Darapti dcmonstrari potest ex prima
bens est Petrus Apo.stolus, ergo Petrus per regressum, seu nihil aliud assuinendo quara
Apostolus est homo) respondebo, conclusio leges oppositionum , duni scilicct sumatur Syllo
nem rêvera esse particularem et perinde esse ac gismus in prima et assumitur conclusionem fal-
si conclusissemus, quidam Petrus Apostolus sam esse et unam praemissarum esse veram. Hinc
est homo, nain quidam Petrus Aposto sequitur alteram praemissarum esse falsam. Falsae
lus et omnis Petrus Apostolus coinci- autem conclusioni opposite est vera.
dunt, quia terminus est singularis. Leges autcm oppositionum primitivae sunt.
Major haec est difficultés, quod conversio re- V. g. omnis homo est animal. Huic ajo
cepta videtur aliquando inducere falsum, neinpe opponi: quidam homo non est animal. Nam
conversio per accidens universalis affirmativa in omnis homo est animal idem est quod A
casu t.ili. omnis ridens est homo, ergo qui homo est animal, B homo est animal, G homo
dam homo est ridens; nam prior vera est, est animal et ita in caeteris; et quidam homo
etiamsi nullus homo rideret, at posterior non vera non est animal, nihil aliud dicit quam B non
non est, nisi aliquis homo actu rideat. Prior esse animal vel aliquid talc. Itaque opponuntur:
loquitur de possibilihus, posterior de actualibus. omnis homo est animal et quidam homo
At non occurrit difficultas similis si inaneas in non est animal. Sic opponuntur: nullus
terminis possibilium, v. g. omnis homo est homo est lapis et quidam homo est la
animal, ergo qnoddam animal est homo. pis; nain nullus homo est lapis significat A
Dk-endum ergo conclnsionem, quidam homo est homo non est lapis, B homo non est lapis, C
ridens, esse veram in regione Idearum. seu si homo non est lapis etc. Ergo falso est talis:
102 XXlli. DIFFICULTATES LOGICAE.
B homo est lapis, quae niliil aluni est quain ali- cedit. Omne A est B, i. e. A B acquivalet ipsi A.
quis horno est lapis. Atque hoc est proprie di- Sed A est Ens (ex hypothesi) Ergo AB est Eus,
ctum de omni et dictum de nullo, tan- i. e. qnoddam A est B. Sed quia pari jure ctiain
quam funclanientum oinnis doctrinae syllogisticae, poterat dici BA est Eus seu quoddam B est A,
uempc doctriija oppositiomim pariter ac primae liiuc habebas jam conversionem per accidens seu
figurae, veluti: omnis homo est animal; om- talcm collectionem: Oiime A est B, ergo quod
nis miles est homo; Ergo omnis miles dam B est A.
est animal. Jam miles homo et miles coin- Universalis negativa etiam converti pot-
cidunt (quia omnis miles est homo) Ergo coin- est per accidens, sed id alio modo demonstratur,
cidunt miles homo est animal et miles est animal. nam converti potest simpliciter et conversae sumi
Itaque recurrimus ad fundamentuin illud meum potest subalterna. Coiiversiouem ejus simpliciter
reductioiiis , quo alias demonstravi leges syllogi- pennissam jam demonstravimus. Superest ut in
sticas. Omnis homo est animal, sic interpreta- ea demonstremus subalternationem. Nullum A est
bar: Homo animal et homo aequivalent, seu qui B; Ergo quoddam A non est B. Nempe nullum
dicit Te esse hominein dicit Te esse animal. A est B i. e. AB est non Ens; Ergo AB non
Quidam se appellabat Grûnberg, viridis mons. acquivalet ipsi A (quia A est Ens) i. e. quod-
Sodalis ei dicit, sufficeret ut Te appellares Berg. dam A nou est B. Caeterum quia nullum A est
mons. Quid ital respondet prior, putasne om- B. i. e. quia AB est non -Ens et ideo BA etiam
nes montes esse virides? Cui sodalis, ita, inquit, est non -Ens, etiam BA non aequivalet ipsi B
nnnc certe, nam aestas erat. Ita illi natnralis seu etiam quoddam B non est A. Habemus ergo
sonsus dictabat haec duo coincidere, omnis mons hinc tam subalternationem quam couvcrsionem per
est viridis et aequivalent viridis mons et mons. j accidens ex universali negativa.
Reductio mea vêtus talis fuit. Universalis Caeterum venit in mentein, etiam propositiones,
affirmât! va: Omne A est B; id est aequiva universalem negativain et ei oppositam particu-
lent AB et A seu A non B est non-ens. Par- larem affirmativain reduci posse ad aequipollen-
ticularis negativa: quoddam A non est B tiam, hoc modu: Nullum A est B i. e. AB est
seu non aoquivalent AB et A seu A non B est non -Eus, etiam sic expriiui poterit: non aequi
Ens. At universalis negativa: nullum A est valent AB et AB Ens. Et similiter quoddam
B, erit AB est non-ens, et particularis af A est B i. e. AB est Eus, etiam sic exprimi
firma ti va quoddam A est B, erit AB est Ens. poterit: AB et AB Ens aequivalent. Hinc ex
Ex hac intorpretatione statim patent regulae op- isto cniiiit iaiidi modo etiam habetur U. N. et P.
positionum (quibus demonstravi secundam et ter- A. oppositio et earundem conversio simpliciter,
tiam ex prima figura) et leges conversionum (qui itemque ex U. N. subalternatio; nam esto nul
bus demonstravi figuram quartain) ut mauifestum lum A est B, net inde AB et AB Ens nou ae
est; nam U. A. et P. N. opponuntur quia aequi- quivalent. Inferendum est hinc, quoddam A non
pollentiam, quam una affirmât, altéra negat de esse B seu non aequivalere A et AB, quia A et
iisdem; et sitniliter U. N. et P. A. opponuntur A Ens aequivalent ex hypothesi; quodsi ergo A
simpliciter, quia entitatem, quam una affirmât, et AB aequivalereiit, etiam AB et AB Eus ae-
altéra negat de eodem. U. N. et P. A. conver- quivalerent contra assumtum. Ita omues propo
tuntur simpliciter, nam cum dico AB est non sitiones logicas categoricas rcduximus ad calcu-
Ens, vel AB est Ens, nihil refert utrnm dicam lum aequipollentianim.
etiam BA est Ens vel BA est non Ens, nam Caeterum hinc etiam manifestius apparct fons
aequivalent AB et BA. Sed U. A. et P. N. eiToris in tali conversione omnis ridcns est
non convertuntur simpliciter, nam hae proposi- homo, ergo quidam homo estridens, cum
tiones, AB aequipollet ipsi A vel non aequipollet tamen fieri posset et fieri potuissct ut nullus homo
ipsi A, non codem modo tractant A et B, née nunc rêvera ridcat, imo nimquam lisent, iino ut
indc sequitnr AB aequipollet vel non aequipollet ipsi nullus homo exstiterit. Omnis ridens est homo
B. At conversio per accidens propositkmis affirmati- i. e. ridens et ridens homo aequivalent. Sed ri
vae, hoc modo tractatae, praesupponit conversionem dens est Ens ex hypothesi. Ergo ridens homo
simpliciter particularis Affinnativae, iam demon- est Ens, seu quidam homo est ridens. Ubi Ens
stratam et praeterea demonstrationem subalter- in propositione. homo ridens est Eus eodein
nntionis seu demonstrationem particularis afnrma- modo sumi débet ut in propositione ridens est
Uvae ex universali affirmative. Omne A est B. Ens, si sumatnr Eus de possibilitatc seu ut sit
Ergo quoddam A est B. Demonstratio sic pro- ridens inregioneldearum; etiam quidam horao
XXni. DIFFICULTATES LOGICAE. 103
est ridens non aliter accipi débet, quam homo 1 quantitatem stiao pvopositionis. In U. A. AB
ridons est Ens, nempe ]X>ssibile seu in re- P A. Ergo et V AB p V A. Sed in P. N.
(rione Idearnm. Sed si ridens est Ens, pro si AB non p A non hinc sequitur l/ AB non
tali sumi poterit, verumque erit aliqnem hominem | pi/ A, nam si V p B, foret l/ AB pi/ A.
actu ridere. Idem est si processissemus per mo- Rursus vero in V. N. si AB non est Ens etiam
dum, quo etiam particularis aflinnativa ad aequi- l/ AB non est Ens, seu si AB non p AB Ens,
pollentiam reducitur: Omnis ridens est homo i. etiam l/ AB non p l/ AB Ens. Sed in P.
e. ridens et ridens homo aeqtiivalent. Porro ri A. si AB est Ens, non seqnitur etiam l/ AB
dens et ridens Ens aeqnivalent. Ergo ridens homo esse Ens; poteste nim sub l/ assumi aliquid
et ridens homo Ens aequivalent: Ergo homo ri j incompatibile cum A et B. Itaque ex nostro
dens et homo ridens Ens «équivalent i. e. qui calculo omnes collegimus régulas distrihiitionum.
dam homo est ridens, scilicet in regione Idea- Caeterum et in altero illo modo demonstrandi
rum seu ut homo ridens sit Ens vel ut homo logicas formas, ubi non per Ideas sed per exem-
ridens et homo ridens Eus aequivaleant non ul pla subjecta progredimur, refellenda erit prava
tra, neque quidam homo est ridons significat actu illa cousequentia: omnis ridens est homo; ergo
aliqnem hominem ridere. Verba ergo linguae quidam homo est ridens seu ridet. Sensns est
ambigua sunt, amhiguitatem vero reductio nostra omnis ridens possibilis est homo, ergo quidam
tollit. homo est ridens possibilis; recte. Hune sensum
Hinc etiam patet Universalem Affirmativam cum ostendit nostra interpretatio, quae conversionem
sua opposita P. N. toto coelo differre ab Univer- per accidens légitimant reddit. Ridens p ridens
sali Negativa cum sua opposita, cum in poste- homo. Jam ridens p ridens Ens. Ergo ridens
rioribus Ens assumatur, non in prioribus. In om homo p ridens homo Ens, qui ridens p ridens
nibus t;mi< 'ii tacite assumitur, terminum ingre- Ens.
dientem esse Ens. Haec faciunt me vereri, ut ex interpretatione
Omne A est B i. e. AB p A. inductiva haec recte constitui possint. Aristoteles
Quoddam A non est B i. e AB non p A. ; ipse viam idealem secutus videtur, nam dicit ani-
Nullum A est B. i. e. AB non est Ens seu ' mal inesse homini, nempe notionem notioni, cum
AB non p AB Ens. alias potius hommes insint animalihus. Videa-
Qnoddam A est B i. e. AB est Ens seu AB mus tamen quid ex collectiva ratiocinationo duci
p AB Ens. possit. Barbara. Omnes hommes sunt in ani-
Ex his patet in onmi propositione affirmativa malibus. Omnes milites sunt in hominihus. Ergo
praedicatum esse particulare; sed non aeque pa omnes milites sunt in animalibus. Celarent.
tet in omni negativa praedicatum esse universale Omnes homines sunt extra lapides. Omnes mi
seu reinoveri. Generaliter agnoscere poterimus lites sunt in hominihus. Ergo omnes milites
an terminus A vel B sit universalis. Si pro sunt extra lapides. Darii. Omnes homines sunt
A vel B substitui potcst \/ A vel \/ B ubi in animalibus. Quidam intelligentes sunt in ho-
l/ ]X)test esse qiiodcunque cum B compati- minibus. Ergo quidam intelligentes sunt in ani-
bile velut C F etc. Jam ex AB p A non | mal il IMS. Ferio. Omnes homines snnt extra la
licet inferre A l/ B p A licet enim B con- pides. Quaedam substantiae sunt in hominibus.
tineatnr in A non ideo l/ B continebitur in A. Ergo qnaedam substantiae sunt extra lapides.
Similiter pro AB p AB Ens non infertur A l/ In Darapti. Omnis homo est intolligens. Om
B p A l/ B Ens. Etsi enim l/ B sit Ens ex nis homo est animal. Ergo quoddam animal est
hypothesi, non idoo srquitur A l/ esse ens. Ita- intelligens. Interpretatione collectiva. Om
que hine patet prardicatum propositionis affirma- nes homines sunt in intelligentibus. Omnes ho-
tivae non esse nniversale. Ostendamus jam si ! mines sunt in animalibus. Ergo qnaedam ani-
mili methodo praedicatum propositionis negativae malia sunt in intelliçentibus. Transferamus ad
esse universale. Nempe si AB non p A, etiam hune Syllogismum, quo conversio per accidens
A l/ B non p A sive enim IX B sit p B, ant I demonstratur : omnis ridens est ridens, om
A \/ p B sive non, res procedit, nam si l/ nis ridens est homo, ergo quidam homo est
B p B, vel A \/ p A substitui poterunt pro B ridens, interpretando : omnes ridentes sunt in
vel pro A. Si vero non aequipolleant, multo ridentibus, omnes ridentes sunt in hominibus,
inagis A l/ B et A non aequipollebunt. Idem erpo quidam homines sunt in ridentibus. Sed
est in AB non p AB Ens. qnid si rêvera nullus homo rideat? Dico hanc
Superest ut demonstremus snbjectum habere i propositionem, omnes ridentes snnt in honù
104 XXIV. A. Mr. BAYLE SUR UN PRINCIPE etc.
nibus sen omnes ridentes sunt homines etiam esse. Omnis ridens est homo, ergo quidam ri-
falsam esse , nam ut vera sit ctiam vera dens est homo. Rêvera enim nemine reapsc ri-
erit: quidam ridentes sunt in hominibus; sed dente nullus ridens est homo. Itaque patet in
ea falsa est si nullus honio rideat. At se- tali objectione propositionem imiversalem intel-
cus est si dicas : omnes, si qui rident, sunt ligi solere de supposito ridente, particularem de
in hominibus; nam ex hac non sequitur: qui actuali ridente. Itaque cum dicitur, omnis ri
dam, qui rident, sunt in hominibus, sed dens est homo, ergo quidam ridens est homo,
haectantum: quidam, si qui rident, seu sup- sensiis erit: omnis suppositus ridens est homo,
positi ridentes, sunt in hominibus. Ita- ergo quidam suppositus ridens est homo. Unde
que Syllogismus erit talis: omnes suppositi recte concluditur, quidam homo (nempe suppo
ridentes sunt suppositi ridentes, (neque situs) est suppositus ridens. Sed non inde in-
enim licet dicere, omnes suppositi ridentes sunt fertur: ergo quidam homo est actu ridens.
actu ridentes) omnes suppositi ridentes sunt ho Sed si dicas, omnis actu nunc ridens, est
mines. Ergo quidam homines sunt suppositi homo, | « ii ils rêvera aliquem nunc actu ridere,
ridentes, seu interpretando: omnes suppositi ri eumque esse hominem, adeoqne aliquem horni-
dentes sunt in suppositis ridentibus, omnes sup nem actu ridere; semper enim assumendum est,
positi ridentes sunt in hominibus, scilicet sup terminum esse verum Ens, at actu nunc ridens
positis, ergo quidam homines suppositi sunt in ne quidem Ens erit si falsum sit aliquem actu
suppositis ridentibus. Hinc patet etiam subal- ridere.
ternationis consequentiam simili abusui obnoxiam

XXIV.
EXTRAIT
D'UNE
LETTRE A MR BAYLE
SUR UN PRINCIPE GÉNÉRAL, UTILE A L'EXPLICATION DES LOIX DE LA NATURE.

1687.

(Nouvelles de la république des lettres par Bayle Ainsi. 1687. Julll.).

J'ai vu ce que le R. S. Malebranche ré principe, qui est de grand usage dans le raison
pond à la remarque que j'avais faite sur quel nement, et que je ne trouve pas encore assez
ques loix de la nature, qu'il avoit établies employé, ni assez connu dans toute son étendue.
dans la recherche de la vérité. Il semble assez II a son origine de l'infini, il est absolu né
disposé à les abandonner lui-même, et cette in cessaire dans la Géométrie, mais il réussit en
génuité est fort louable ; mais comme il en donne core dans la Physique, par ce que la souveraine
des raisons et des restrictions, qui nous feroient sagesse, qui est la source de toutes choses, agit
rentrer dans l'obscurité dont je crois d'avoir en parfait Géomètre, et suivant une harmonie à
tiré ce sujet, et qui choquent un certain Prin laquelle rien ne se peut ajouter. C'est pour
cipe de l'ordre généra), que j'ai remarqué, quoi ce principe sert souvent de preuve on exa
j'espère qu'il aura la bonté de permettre, que men pour faire voir d'abord et par dehors, le
je me serve de cette occasion pour expliquer ce défaut d'une opinion mal concertée avant même
XXIV. A Mr. BAYLE SUR UN PRINCIPE. 105
que de venir a une discussion intérieure. On : tant soit peu plus grand, C sera réfléchi avec
le peut énoncer ainsi: lorsque la différence de la vitesse première, mais B continuera son mou
deux cas peut être diminuée au dessous de toute vement; au lieu que selon la première règle B
grandeur donnée in datis ou dans ce qui est et C, étant égaux tous deux réfléchiront et s'en
posé, il faut qu'elle se puisse trouver aussi di retourneront d'une vitesse égale à celle qui les
minuée au dessous do toute grandeur donnée in : avoi' amenés. Mais cette différence de ces deux
quaesitis ou dans ce qui en résulte. Ou pour cas n'est pas raisonnable ; car l'inégalité des deux
porter plus familièrement: lorsque les cas (ou corps peut être aussi petite que l'on voudra et
ce qui est donné) s'approchent continuellement la différence qui est dans les suppositions de
et se perdent enfin l'un dans l'autre, il faut que ces deux cas, savoir entre une telle inégalité, et
les suites on évenemens (ou ce qui est demandé) une égalité parfaite pourra être moindre qu'au
le fassent aussi. Ce qui dépend encore d'un cune donnée, donc en vertu de notre principe,
principe plus général, savoir: datis ordinatis etiam la différence entre les résultats au évenemens
quaesita sunt ordinata. Mais pour l'entendre il devroit être aussi moindre qu'aucune donnée; ce
faut des exemples. pendant si la seconde règle était aussi véritable
L'on sait que le cas ou la supposition d'une que la première, le contraire arriveroit, car se
ellipse se peut approcher du cas d'une parabole, lon cette seconde règle une augmentation aussi
autant qu'on veut, tellement que la différence de petite que l'on voudra du corps B auparavant
l'ellipse et de la parabole peut devenir moindre égal à C fait une grandissime différence dans
qu'aucune différence donnée, pourvu que l'un des l'effet, ensorte qu'elle change la réflexion abso
foyers de l'ellipse soit assez éloigné de l'autre, lue en continuation absolue, ce qui est un grand
car alors les rayons veiians de ce foyer éloigné saut d'une extrémité à l'autre, an lieu qu'en ce
différeront des rayons parallèles aussi pou .que cas les corps B devroit réfléchir tant soit peu
l'on voudra, et par conséquent tous les théorè moins, et le corps C tant soit peu plus qu'au
mes géométriques qui se vérifient de l'ellipse on cas de l'égalité, dont à peine ce cas peut être
général pourront être appliqués à la parabole, distingué.
en considérant celle-ci comme une ellipse, dont Il y a plusieurs antres incongruités semblables,
un des foyers est infiniment éloigné ou (pour ; qui résultent des règles Cartésiennes, que l'atten
éviter cette expression) comme une figure, qui tion d'un lecteur applicant notre principe, y re
diffère des quelque ellipse moins que d'aucune dif marquera aisément, et celle que j'avois trouvée
férence donnée. Le même principe a lieu dans dans les règles de la Recherche do la vérité ve-
la physique, par exemple le repos peut être con noit de la même source. Le R. P. Malebran-
sidéré comme une vitesse infinement petite, ou che avoue en quelque façon, qu'il y a de l'in
comme une tardité infinie. C'est pourquoi tout convénient, mais il ne laisse pas de croire, que
ce qui est véritable à l'égard de la tardité ou la loix du mouvement dépondante du bon plai
vitesse engénéral, doit se vérifier aussi du repos sir de Dieu, est réglée par sa sagesse, et les
pris ainsi; tellement que la règle du repos doit Géomètres seraient presque aussi surpris de voir
être considérée comme un cas particulier de la arriver dans la nature ces sortes d'irrégularités
règle du mouvement: autrement, si ce ne réus que de voir une parabole, à qui on pourrait ap
sit pas, ce sera une marque assurée, que les rè pliquer les propriétés de l'ellipse à foyer infine-
gles sont mal concertées. De même l'égalité 1 ment éloigné. Aussi ne rencontrera -l'on point,
peut être considérée comme une inégalité infine je pense, d'exemple dans la nature de tels in-
ment petite et on peut faire approcher l'inéga eonveniens: plus on la connoît, et plus on la
lité de l'égalité autant qu'on veut. trouve géométrique; il est aisé de juger par là,
CTest entr' autres fautes de cette considération, que ces inconveniens ne viennent pas proprement
" que M. Des Cartes tout habile homme qu'il était, de ce que le R. P. Malebranche en accuse;
a manqué plus d'une façon dans ses prétendues savoir de la fausse hypothèse de la parfaite du-
loix de la nature; Car (pour ne pas répéter ici ! retc des corps, que j'accorde ne se trouver pas
ce que j'ai dit ci -devant de l'autre source de dans la nature. Car quand on y supposerait
ses erreurs, quand il a pris la quantité de mou 1 cette dureté en la concernant comme un ressort
vement i>our la force) sa première et sa seconde ! infinement prompt, il n'en résultera rien ici, qui
règle par exemple ne s'accordent point; la se ne se doive ajuster parfaitement aux véritables
conde veut, que deux corps B es C se rencon i loix de la nature à l'égard des corps à ressorts
trant directement d'une vitesse égale, et B étant en général, et jamais on ne viendra à des rè
14
106 XXIV. A Mr. BAYLE SUR UN PRINCIPE etc.
gles aussi peu liées que celles, ou j'ai trouvé à gence fait tout pour le mieux, et que c'est là
redire. 11 est vrai, que dans les choses compo la raison des choses, qu'elle a trouvé bon de
sées quelquefois nu petit changement peut faire produire conformément à ses fins, tachent d'es-
un grand effet, comme par exemple une étin pliquer tout par le seul concours des particules
celle tombant dans une grande masse de la pou brutes, confondant les conditions et les instni-
dre à canon est capable de renverser toute une mens avec la véritable cause. C'est (dit So
ville; mais cela n'est ]»s contraire à notre prin crate) comme si pour rendre raison de ce que
cipe, et on en peut rendre raison par les prin je suis assis dans la prison attendant la coupe
cipes généraux mêmes, mais à l'égard des prin fatale, et que je ne suis pas en chemin pour
cipes ou choses simples, rien de semblable ne aller che/. les Béotiens ou autres peuples, oii l'on
sauroit arriver, autrement la nature ne seroit pas sait que j'aurais pu me sauver, on disoit, que
l'effet d'une sagesse infinie. c'est pareeque j'ai des os, des tendons et
On voit par la (tui peu mieux que dans ce de muscles, qui se peuvent plier comme il
qui s'en dit communément) comment la vérita faut pour être assis. Ma foi (dit -il) ces os et
ble Physique doit être puisée effectivement de ces muscles ne seraient pas ici, et vous ne nie
la source des perfections divines. C'est Dieu qui verriez pas en cette posture, si mon esprit n'a-
est la dernière raison des choses, et la connais voit jugé, qu'il est plus digne de Socrate de su
sance de Dieu n'est pas moins le principe des bir ce que les loix de la patrie ordonnent. Cet
sciences, que son essence et sa volonté sont les endroit de Platon mérite d'être lu tout entier,
principes des êtres. Les Philosophes les plus car il y a des réflexions très -belles et très -so
raisonnables en demeurent d'accord, mais il y en lides. Cependant j'accorde que les effects parti
a bien peu, qui s'en puissent servir ]x>ur décou culiers de la nature se peuvent et se doivent
vrir des vérités de conséquence. Peut-être que expliquer mécaniquement, sans oublier pourtant
ces petits échantillons réveilleront quelques-uns leur lins et usages admirables, que la providence
pour aller bien plus loin. C'est sanctifier la a su ménager, mais les principes généraux de la
Philosophie, que de faire couler ses ruisseaux de Physique et de la Mécanique même dépendent
la fontaine des attributs de Dieu. Bien loin d'ex de la conduite d'une intelligence souveraine, et
clure les causes finales et la considération d'un ne sauraient être expliqués sans le faire entrer
être agissant avec sagesse, c'est de là qu'il faut en considération. C'est ainsi qu'il faut récon
tout déduire en Physique. C'est ce que Socrate cilier la pieté avec la raison, et qu'on pourra
dans le Phédon de Platon a déjà admirablement satisfaire aux gens de bien, qui appréhendent
bien remarqué, en raisonnant contre Anaxagorc les suites de la Philosophie mécanique, ou cor
et autres Philosophes trop matériels, lesquels, pusculaire, comme si elle pouvoit éloigner de
après avoir reconnu d'abord un principe intelli Dieu et des substences immatérielles, au lieu
gent au dessus de la matière, ne l'employent qu'avec les corrections requises et tout bien en
point, quand ils viennent à philosopher sur l'uni tendu, elle nous y doit mener.
vers, et au lieu de faire voir, que cette intelli
XXV.
LETTRE
DE

M" LEIBNIZ A M1' ARNAULD,


DOCTEUR DE SORBONNE,
OU IL LUI EXPOSE SES SENTIMENS PARTICULIERS SUR LA METAPHYSIQUE ET PHYSIQUE.

1690.
( foiiliiiualion clés Mémoire* de lileraiure et dïiialoire. Paris 17*9. Tom. VIII, Partie 1. p. 'Ht. — Leibn.
Upp. éd. Du ii'ii.v Tom. IL P. 1. p. !.>.).

Monsieur! struiront, si le peu de loisir que vous avez me per


Je suis maintenant sur le point de retourner met d'espérer encore quelquefois cet avantage.
chez moi, après un long voyage entrepris par or Comme ce voyage a servi en partie a me délas
dre de mon Prince, servant pour des rechercher ser l'esprit des occupations ordinaires, j'ai eu la sa
historiques, où j'ai trouve des diplômes, titres et tisfaction de converser avec plusieurs habiles gens
preuves indubitables, propres à justifier la commune eu matière de sciences et d'érudition, et j'ai com
origine des Sérénissimes Maisons de Brunsvick muniquée à quelques-uns mes pensées particuliè
et d'Esté, que MM. Justel, du Cange et au res, que your scavez, pour profiter de leurs doutes et
tres avoient grande raison de révoquer en doute, difficultés ; et il y en a eu, qui n'étant pas satisfaits
parce qu'il y avoit des contradictions et faussetés des doctrines communes, ont trouvé une satisfac
dans les Historiens d'Esté à cet égard, avec une tion extraordinaire dans quelques-uns de mes sen-
entière confusion des tems es des personnes. A pré timcns : ce qui m'a porté à les coucher par écrit,
sent je pense à me remettre, et à reprendre mon afin qu'on les puisse communiquer plus aisément;
premier train: et vous ayant écrit il y a deux ans, et peut-être en ferai -je imprimer un jour quelques
un peu avant mon départ, je prends aujourd'hui exemplaires sans mon nom, pour en faire part à
cette môme liberté, pour m'informer de vôtre sau des amis seulement, afin d'en avoir leur jugement.
té, et pour vous faire coimoitrc combien les idées Je voudrois que vour les puissiez examiner premiè
de vôtre mérite émiiieut me sont toujours présen rement, et c'est pour cela que j'en ai fait l'abrégé
tes dans l'esprit. Quand j'étois à Rome, je vis la que voici.
dénonciation tl'une nouvelle hérésie, qu'on attri- Le corps est un aggrégè de substances, et n'est pas
buoit à vous ou à vos amis. Et depuis je vis la une substance à proprement parler. 11 faut par con
lettre du R. P. Mabillou à un de mes amis, où séquent que par -tout dans le corps il se trouve des
il y avoit que l'Apologie du R. P. Le Te Hier substancesindivisibles,ingénérablesetincorruptibles,
jwur les Missionaires contre la Morale pratique des ayant quelque chose de répondant aux âmes. Que
Jésuites, avoit donné à plusieurs des impressions toutes ces substances ont toujours été et seront tou
favorables à ces Pères, mais qu'il avoit entendu jours unies à des corps organiques, diversement trans
que vous y aviez répliqué, et qu'on disoit que vous formables. Que chacune de ces substances contient
y aviez annihilé géométriquement les raisons de ce dans sa nature legem continuationis sériel
Père. Tout cela m'a fait juger que vous êtes en suarum operationum, et tout ce qui lui est
core en état de rendre service au Public, et je prie arrivé et arrivera. Que toutes ses actions vieunet
Dieu que ce soit pour long-tems. Il est vrai qu'il de son propre fonds, excepté la dépendance do
y va de mon intérêt; mais c'est un intérêt louable, Dieu. Que chaque substance exprime l'univers tout
qui me peut donner moyen d'apprendre, soit en entier, mais l'une plus distinctement que l'autre,
commun avec tous les autres qui liront vos ouvra sur -tout chacune la l'égard de certaines choses, et
ges, soit en particulier, lorsque vos jugemens m'in selon son point de vue. Que l'union de l'âme avec
108 XXVI. LETTRE A Mr. ARNAULD.
le corps, et même l'opération d'une substance sur daus cltaque machine non communiquante avec les
l'autre, ne consiste que clans ce parfait accord mu autres, et que les deux dernières forces, prises en
tuel, établi exprès par l'ordre de la première créa semble, composent la première ou l'absolue. Mais
tion, en vertu duquel cliaque substance, suivant ses qu'il ne se conserve pas la même quantité de mou
propres loix, se rencontre dans ce que demandent vement, puisque je montre qu'autrement le mouve
les autres; et les opérations de l'une suivent ou ac ment perpétuel seroit tout trouvé, et que l'effet se-
compagnent ainsi l'opération ou le changement de roit plus puissant que sa cause.
l'autre. Que les intelligences ou âmes capables de 11 y a déjà quelque teins que j'ai publié dans
réflexion, et de la connoissance des vérités éternel les Actes de Leipsic un Essai Physique, pour trou
les et de Dieu, ont bien des privilèges qui les ver les causes physiques des mouvemens des astres.
exemptent des révolutions des corps; que pour el Je pose pour fondement que tout mouvement d'un
les il faut joindre les loix morales aux physiques. solide dans le fluide, qui se fait en ligne courbe,
Que toutes les choses sont faites pour elles princi ou dont la vélocité est continuellement difforme,
palement. Qu'elles forment ensemble la républi vient du mouvement du fluide même. D'où je tire
que de l'univers, dont Dieu est le Monarque. Qu'il cette conséquence que les astres ont des orbes dé
y a une parfaite justice et police observée dans ferons, mais fluides. Xai démontré une proposi
cette cité de Dieu, et qu'il n'y a point de mauvaise tion importante générale, que tout corps qui se
action sans châtiment, ni de bonne sans une ré meut d'une circulation harmonique, (c'est-à-dire,
compense proportionnée. Que plus on counoîtra eusortc que les distances du centre étant eu pro-
les choses, plus on les trouvera belles et conformes
aux souhaits qu'un sage pourrait former. Qu'il faut
toujours être content de l'ordre du passé, parce qu'il Delndc sciendum est, a me dlsllngul vim absoltilani
est conforme à la volonté de Dieu absolue, qu'on a directive, quamquam et directlvara ex sola conside-
ratlone pnlenliae absolutae deducere et demonstrarc
connoit par l'événement; mais qu'l faut tâcher possini. Et quidem demonstro, non tantum eamdem
de rendre l'avenir autant qu'il dépend conservari vim absolutam, seu qiianlitatem action» in
de nous, conforme à la volonté de Dieu ni rî mil, sed eliam eamdem vim dlreclivam, eamdem-
présomptive ou à ses commcndemens; que quanlilalem direction» ad easdem parte», geu
eamdem quanlllatem progressas, sed progressa in par-
orner nôtre Sparte et travailler à faire du bien, tiinc. conipulalo, ducla celerilate in molem, non qua-
sans se chagriner pourtant lorsque le succès y man drato rcleritatis. Haec tamen quantiias progressas in
que, dans la ferme créance que Dieu sçaura trou eo diflert a quanlitale motus, quod duobus corporibns
ver le terns le plus propre aux changemens eu in conlrarium tendentibus pro habenda quanlitate mo
tus tolali (sensu Carlesiano) debent addi quanlilales
mieux. Que ceux qui ne sont pas contens de l'or motus singularum (seu fada ex celeritaie in molem);
dre des choses, ne sçauroient se vanter d'aimer sed pro liabenda quaiilliate progressas debent a se
Dieu comme il faut. Que la justice n'est autre Invicem delrahl; dift*erentia mini qiiantitalum motus in
chose que la charité du sage. Que la charité est nui casa erit quanlilas progressas. Itaque cum Car-
tesius putarit sese lia posse salvare aclionem anirnae
une bienveillance universelle dont le sage dispense in corpus, quod anima quidem non augeat vel minuat
l'exécution, conformément aux mesures de la rai quanlitalcm motus in mundo, augeat tamen vel minual
son, afin d'obtenir le plus grand bien. Et que la qnanlitateiu dlrectionis spirllunm, lapsus est ignora-
sagesse est la science de la félicité, ou des moyens tione liujus legis noslrae novae de conservaiida quan-
tilaie directionis, qnae non minus pulchra est et in-
de parvenir au contentement durable, qui consiste violabilis, quam conservât!* virtulis vel aclionis abso-
dans un acheminement continuel a une plus grande latae. Haec aiitem lex direclionis vel potins consec-
perfection, ou au moins dans la variation d'un laria ejus mire decepere plerosqiie; ut videntes ibi
même degré de perfection. locum babere aeslimalionem ex ductu celerilatis in
molem ubique illi locnm facerenl etiam mm agitur de
A l'égard de la Physique, il faut entendre la na vi absoluta. Kxempli causa e_\|ierimenlis constitil, si
ture do la force, toute différente de mouvement, duo globi duri seu elaslici, A et H, directe et ccnlra-
qui est quelque chose de plus relatif. Qu'il faut liler concurrant inter se celerilalibus quae sont recl-
mesurer cette force par la quantité de l'effet. Qu'il proce proportionales corporibus, eos se muluo repel-
ler» ita ut ambo redc-ant ex qiia vénère celerilale.
y a une force absolue, une force directive , et une Ilujus rei nécessitas sequilur ex nostro principio con-
force respective. Que cliacune de ces forces se servandne directionis. Nam aille concursum progrès-
conserve dans le même degré dans l'univers ' ) ou sus coruni seu quantités direction!» est aequaiis nl-
hllo, ergo talis eliam débet esse post concursum. t'uni
vcro etiam vis eorum absoluta debeat conservari, de-
') l.lncat addcre quae fiisius de bac re Leihni- monstraiiir has duas conservaliones virlutis absolu-
iitis Bcrnoullio scripsil d. d. 98. Jan. 1696. v. lae et direclionis simul non possc oblineri niai dicta
Comm. épiât, supra laudaluiu Tom. I, p. 122. repercussione.
XXVI. DE VERA MKTHODO etc. 109
grcssion arithmétique, les vélocités soient en pro l'analyse. Et je ne parlerai |>as non pins d'une
gression liarmouique, ou réciproques aux distan analyse toute nouvelle, propre à la Géométrie, et
ces) et qui a de plus un mouvement paracentrique, différente entièrement de l'Algèbre; et inoins en
c'est-à-dire, de gravité ou de lévite à l'égard du core de quelques autres choses, dont je n'ai pas
même centre, (quelque loi que garde cette attra encore eu le tems de donner des essais, que je
ction ou répulsion) a les aires nécessairement com souhaiterois de pouvoir toutes expliquer en peu
me les tems, de la manière que Kepler Ta ob de mots, pour en avoir vôtre sentiment, qui me
servée dons les planètes. Puis considérant ex serviroit infiniment, si vous aviez autant de loi
observatiouibus, que ce mouvement est el sir que j'ai de déférence pour vôtre jugement
liptique, je trouve que les loix du mouvement Mais vôtre tems est trop précieux, et ma lettre
paracentrique, lequel joint à la circulation har est déjà assez prolixe: C'est i>ourqiioi je finis
monique décrit des ellipses, doit être tel que les ici, et je suis avec passion, Monsieur,
gravitations soient réciproquement comme les quar-
rés des distances, c'est-à-dire, comme les illu
minations ex Sole.
Je ne vous dirai rien de mon calcul des in- Vôtre très -humble et très -obéissant
erémens ou différences, par lequel je donne les serviteur, LEIBNIZ.
touchantes sans lever los irrationalités et fractions,
lors même que l'inconnue y est enveloppée, et j'as A Venize, ce 'J3. de Mars 1690.
sujettis les quadratures et problèmes trausccndaus à

XXVI.
DE VERA METIIODO
PHILOSOPHIAE ET THEOLOGIAE.
(Aulograplium Lelbnidi nondum edilum, quod in scrlniis Bibliolhecae Rrgtae Hanovcranae as.servaiur.)

Cutu a sacrorum Canonuui et diviui humaniqnc inirandae subtilitatis, quae scverissinic demonstrari
juris severioribtis studiis ad inathcmaticas discipli possent, agnoscebam Theologiam naturalem, al> illis
nas auimi causa divertisseui, gustata semel dulce- praeclare exeultam, cab'gine barbarici opprimi et con-
dine doctrinae pellucis, prope ad Sirenum scopulos fuso vocabulorum usu inter distinctiuniiiu inccrta
obhaesi. Nain et mira quaedain theoremata se of- iMitarr: invitatusque novitate noununquam in ipsa
ferebant, quae alios fugerant, et aditum videbain Tlieologia Matliematicum agcluiiit, coudebam defi-
dari ad plura et majora, et machummcnta quae- uitiones atque inde ducere tentabaiu elomenta quae-
dam ludentis animi sub manu nata, etiam fructum dam nihilo claritate infcriora Euclideis, magnitu-
promittcre videbantur. Quanta autum voluptate dine vero fructus ctiain superiora. Ita ciiiin niecum
affinât thcorcma pulchrum, illi deuium judicaut qui ratiocinabar : Gcometriam figuras ac motus expli-
liarmomam illam interiorem purgata mente capere care, iude descriptionem terrarum et siduruin vias
possunt. Saepc tamen sollicitabat animum memoria Iiabere, et superandis pondeiïbus machinas natas,
scientiae divinioris, cui parem claritatem atque ordi- unde vitae cultus et geiitium moratarurn a barbaris
nem déesse ingemiscebam. Videbatn suiumos viros, discrimen. Sod sciontiam, qua probus improbo
D. Thomam et S. Bonaventuram et Guiliel- distiuguatur, qua meutium arcanismus cxplicctur,
mum Durandum et Gregorium Ariiniucn- et via ad félicitaient operiatur, negligi, de eirculo
sem, et tôt alios eonjm temporiim scriptores non haberi demonstrationes, de animo conjecturas; esse
paucas dédisse primaephilosophiae propositioucs ad- qui motus Icgcs scveritato uiathcmatica scribant,
110 XXVI. DE VERA METHODO etc.
qui pamu ad cogitationis arcana scrutanda diligen- cujus hodie vix in religiosorum conventibus reli-
tiam adhibeat, non esse. Hune esse fonteni mise- quiae siti marcentes consen autur. Accensa hu-
riae humaiiae quod de quovis potius quam de sum- mauiorum literarum luce itum in contraria est, et
ino vitae cogitenius, queniadmodnm incrcator ne- de syllaba quadam Plauti et Appulcji non minore
gligens, qui principio dormitans, crescente jam li- quam de universalibus et modali distinctioue tu-
bro rationum, ordinem lucemque horret, née om- multu certatum. Nunc ab hoc quoque morbo sa-
ncs accepti expensique tabulas a pritnis initiis re- nati sumus, periculo majoris. Coepimus viri esse,
sumere sustinet. Hinc secretum quendaui in ho- et matitrescente judicio crepuudia ]>osuimus cum
miuibus atheismuin et horroreui mords et de animae praetexta: période ac si inuudus ex quo a barbarie
natura dubitationes et pessimas de Deo sententias revixit, paulatiin aunis sapientiaque crevisset. Agno-
aut certe fluctuantes, multosque consuetudine po vimus, quantopere generis humani intersit, uaturatu
tius aut necessitate quain judicio houestos esse. ipsam cousuli, legesque figurarum ac motuum con-
Videbam novos quosdam philosophes ingentibus stitui, quibus nostrae vires augcantur. Sed, ut in
pollicitis excidisse quod vel praeoccupata mente repuhlica plcrique aUis laboramus |i:mri uobis, ita
scripsisseut, vel sennone a matheinatiea severitate, conquisitis experimeiitis tanhimposteritatimateriam
quam ipsi alibi sequerentur, ad popularem diccndi colligimus, unde multa post saecula veritatis aediii-
facilitatem traducto, applausum potius quam assen- cium excitari possit. Et video magnos viros, cum ju-
sum obtinuisseut. Nam ut unius tantum exemplum ventutem in mathematicis aut liumaiiiori litera-
adducam, si eximius certe vir Renatus Cartesius tura posuissent, aetatem experimeiitis naturae aut
vel semel sui ipsius causa mcditationes in proposi- negotiis iiupeitdisseiit, in flexu vitae jam iucli-
tiones, dissertationes in demonstrationes , eonver- nantis ad scientiam mentis excolendam rediisse,
tere conatus fuisset, vidissct ipse, pleraque liiare. qua propriae felicitati consulitur. Sapienter dic-
Patuit hoc, cura amici precibus et tautum non ttim est a Viro egregio Francisco Bacone,
conviciis, demontratiouem de existcutia Dei, ma- philosophiam obiter libatam a Deo abducere, pro-
tliemathico habitu vestitatu, ei extorsere. Quam si fundius liaustam reddere creatori. Idem saeculo
ab ipso pro démonstrations habitam puteiii, inju- augnror, fore ut pretiuin sauctioris philosophiae
riam ejus ingenio me facero autumem. mleuntibns ad se hominibus agnoscatur et ma
Sunt qui mathematicum vigorem extraipsasscieu- thematica studia tutu ad severioris judicii exem-
tias, quas vulgo mathematicas ap]>cllamus, locuni ha- plum, tum ad cognoscendam liarmoniam ac pul-
bere non putant. Sed illi ignorant, idem esse mathe- chritudinis velut ideam, uaturao vero exjierimenta
matice scribere, quod in forma, ut logici vocant, ad autoris, qui imaginem idealis nuindi sensibili
ratiocinari, et pratterea distinctionuin captiunculas, expressit, admirationem, studia deuique omiiia ad
quibus alioquin tempus teritnr una définitions prae- felicitatem, dirigantur.
venirc. Hoc enini unico St-holastici vitio labora- Interca per anticipittionem id agamus, ut auiuii
vere, quod cum pleruinque ordiiiate satis et, ut sic eonim sanentur, quos blandientis cujusdam philo
dicam, matliematice ratiocinentur , vocabulorum sophiae novitas, matliematicum quiddatn ementita,
usuui reliquere in incerto. Unclc pro definitione coiTiipit, periculo diuiiiae veritatis. Indubitata res
unica multae definitiones, pro demonstratione irre- est, et Aristoteli quoque agnita, omnia in natura
fragabili multae in utramque partem argutatio- corporea a magnitudine figura et motn repeti de-
nes natae; quibus divina eorum dogmata et admi- bere. Doctrina de magnitudine et figura egregie
randae non raro contemplationes, ab homine ma- exculta est, intima motus nondum jjatent, neglectu
thematice docto non diffieulter purgentur. primae philosophiae, unde repetenda sunt. Est
Utilem autem banc operam eo magis putabam, enini Metaphysicae, tractare de mutationc tempore
quod gliscere viderem in anirnis hominum senten continue in universiim. Motus enim spenies tan
tias periculosas, a falsae philosophiae mathematica tum mutationis. Non intellecta motus natura fe-
quadam larva natas, et oiimem scliolae doctrinam cit, ut insignes philosophi naturam materiac sola
pro nngis explodi. Qnotusqtiisque em'in eorum, extensione circumscripserint, unde nata est corpo-
qui ad saeculi morem docti sunt, lias, ut vocant, ris antea inaudita notio, non magis naturae phae-
tricas lectu clignas arbitratur l Ego juventuti meae nomenis, quam fidei mysteriis conciliabilis. Nimi-
gratulor, quae occasionem dédit haec quoque stu- rum demonstrari jxitest, extensum nulla alia acce-
dia cognoscendi, antequatn mens, imbuta mathema- dente qualitate, agendi patiendique ineapax esse,
ticis, alla fastidiose spemere assuevissct. Sunt omnia summe fluida, id est vacua, fore, unionein
quaedam veluti periodi studiomm ; erat tempus, cum corporum et quam in iis sentinius firmitatem expli-
scholastica Theologia sola princi[)atum obtincbat, cari non posse, denique leges motuum ab experieu
XXVI. DE VERA METIIODO etc. 111
tia aliénas constitui debere. Quac oinnia in Car- sentitur varium esse, compositumqnc sive exten-
tesii principes manifeste apparent, nani et inotuin sum. Notion! ergo cxtensionis sive varietatis ad
facit pure relativum, et eorporis specieih commen- denda actio est. Corpus ergo est agens ex-
tus est iiihil ab inani différente!)!, et niiionein fir- tcnsum, dici poterit esse substantiam extensam,
mitatemqne ex sola quiète petiit, quasi quae semel modo teneatur, omiicm substantiam agcre, at omiio
in contactu mutuo quicvcre, postea nulla vi sepa- agens substantiam appellari. Satis autem ex inte-
rari possint; et décréta circa motus cnnrursusqne rioribus metapliysicae principiis ostendi potest, quod
corporum promulgavit, certissinus experimentis non agit, née existere, nain poteutia agcndi sine
nunc antiquata. Fidei antem mysteria artificiose ullo actus initio nulla est. Arcus tensi non mo-
dcclinavit: philosophari scilicet sibi, non tlieologari dica potentia est; at non agit, inquics; Irno vero
propositum esse, quasi philosopliia admittenda sit agit, inquam, etiam ante displosionem , conatur
inconciliabilis religion!, aut quasi religio vera esse em'm, omnis autem conatus actio. Caetenim de
possit quae demonstratis alibi veritatibus pugnet. natura conatus et ageritis principii, sive ut scho-
Coactus tamen aliquando de Eucharistia loqui pro lastici vocaverc, substautialis formae multa dici
speciebus realibus, ap]>arentcs introduxit, revocata possunt cgregia et certa , unde magna
sententia theologorum omnium consensu explosa. etiam naturali theologiae lux accendatur, et
Sed hoc parum crat. si existcntiani ejusdem corpo- discutiautur tencbrae mysteriis fidei a philosopho-
ris in pluribus locis philosophia ejus ferre posset. rum objectionibus ofTusae. Patebit, non tantum
Nain si corpus et spatium eadem, quis ex diversis mentes sed et substantias omnes in loco non nisi
spatiis sive locis diversa corpora sequi negetî Qui pêr operatiouem esse, mentes nulla corporum vi
ad formandam eorporis naturam extensiom resi- destrui posse, omnem agendi vim esse a siunma
stcntiam quandam sive inpenetrabilitatem , aut ut mente, cujus voluntas sit ultima ratio rerum ; causa
ipsi loquuntur ai'TtTvn'tav molemve addidere, ut volendi harmonia universalis; Deum creaturae,
Gassendus, aliique docti viri, - rectius paulo philoso mentem materiae uniri. posse; imo mentem finitam
phât! sunt, sed non exhausere difficultates. Pri- omnem esse incorporatam, ne angelis quidem ex-
mnm enini ad ideain corporis absolvendam opus est ceptis, quae sanctorum Patnim sententia verae phi-
notione quadam ]K>sitiva, qualis non est impenetra- losophiae consentanea est. Denique, species a
bilitas, deinde nondum evictum est, penetrationem substantia difierre; «oX/ururetai» nihil repiignans
corporum abesse a natura : argumente est conden- habere imo ne /u£TOTjcaaeo^uo'y. Nam, quod mi-
satio quae ex quorundam sententia fit penetratione nim videri possit, consubstantiationem corporum
tametsi aliter explicari posse non diffitear. Deni- resolvi in transsubstantiationem, et qui corpus sub
qne impénétrabilités absoluta corporum non minus pane esse ajunt, destructam panis substantiam re-
fidei nostrae decretis pugnat quam «oA/urortta, lictis speciebus, asserere nescientes. Quod illi fa-
idemque corpus esse in pluribus locis, aut plura in tebuntur qui veram et inevitabilem substantiae no-
eodem, aeque difficile est. tionem aliquando intelligent. Quanti autem mo-
Quid ergo tandem extension! nos addamns ad menti sint haec thcoremata ad solida pietatis eon-
absolvendam corporis notionemî Quid nisi quae stituenda fnndamenta, ad tranquillitatem animi, ad
sensus ipse testetur. Nimirum tria illa simul re- Ecclesiae pacem, intelligentes aestimabunt.
nuntiat, et nos sentire, et corpora sentiri , et quod
XXVII.
LETTRE SUR LA QUESTION,
si
L'ESSENCE DU CORPS CONSISTE
DANS L'ETENDUE.
1691.
C Journal des Savans 18. Juin 1691. p. 259. Leibn. Opp. éd. Dutens Tom. II, P. 1. p. S34.)

Vous nie demande1/., Monsieur, les raisons que son chemin, et B iroit avec lui de compagnie en le
j'ai de croire que l'idée du corps ou de la matière devançant. Mais il n'en est pas ainsi dans la na
est autre que celle de l'étendue. Il est vrai, comme ture. Plus le corps B est grand, plus il diminuera
vous dites, que bien d'habiles gens sont prévenus la vitesse avec laquelle vient le corps A, jusqu'à
aujourd'hui de ce sentiment, que l'essence du corps l'obliger même de réfléchir si B est beaucoup plus
consiste dans la longueur, la largeur, et la profon grand qu'A. Or s'il n'y avoit dans les corps
deur. Cependant il y en a encore qu'on ne peut que l'étendue, ou la situation, c'està-dire, ce
accuser de trop d'attachement à la Scholastique, qui que les Géomètres y connoissent, joint à la seule
n'en sont pas contons. notion du changement; cette étendue seroit entière
Mr. Nicole dans un endroit de ses Essais té ment indifférente à l'égard de ce changement; et
moigne être de ce nombre, et il lui semble qu'il les résultats du concours des corps s'expliqueraient
y a plus de prévention que de lumière par la seule composition Géométrique des mouve-
dans ceux qui ne paroissent pas effrayés mens; c'est-à-dire, le corps après le concours
des difficultés qui s'y rencontrent iroit toujours d'un mouvement composé
11 faudroit un discours fort ample pour expliquer de l'impression qu'il avoit avant le choc,
bien distinctement ce que je pense là -dessus. Ce et de celle qu'il recevroit du concourant,
pendant voici quelques considérations que je sou pour ne le pas empêcher, c'est-à-dire , en ce
mets à vôtre jugement, dont je vous supplie de me cas de recontre, il iroit avec la différence des
faire part. deux vitesses, et du côté de la direction.
Si l'essence du corps consistait dans l'étendue, Comme la vélocité 2 A 3 A, ou 2 B 3 B, d a n s 1 a fi-
cette étendue seule devroit suffire pour rendre rai gur e 2. est la différence entre !A2AetlB2B;
son de toutes les propriétés du corps. Mais cela et en ce cas d'atteinte figure 3. lorsque le plus
n'est point. Nous remarquons dans la matière une
qualité que quelques uns ont appellée l'inertie
naturelle, par laquelle le coq>s résiste en quel
que façon au mouvement; en sorte qu'il faut em Fig. 2.
ployer quelque force pour l'y mettre, (faisant même
abstraction de la pesanteur,) et qu'un grand corps
est plus difficilement ébranlé qu'un petit corps. Par
exemple: Q
Kg
Fig. 3.
Si le corps A en mouvement rencontre le corps
B en repos, il est clair, que si le corps B était
indiffèrent au mouvement ou au repos, il se
laisseroit pousser par le corps A sans lui résister,
et sans diminuer la vitesse, ou changer la direction promt atteiudroit un plus lent qui le devance, le
du corps A; et après le concours, A continuerait plus lent rccevroit la vitesse de l'autre, et généra
XXVII. SUR L'ESSENCE DU CORPS. 113
lement ils iraient toujours de compagnie après le séquent qu'un corps en repos ne doit pas être em
concours; et particulièrement, comme j'ai dit au porté par un autre en mouvement sans changer
commencement, celui qui est en mouvement empor quelque chose de la direction et de la vitesse de
terait avec lui celui qui est en repos, sans recevoir l'agent.
aucune diminution de sa vitesse, et sans qu'un tout Je demeure d'accord que naturellement tout
ceci la grandeur, égalité ou inégalité des deux corps corps est étendu, et qu'il n'y a point d'étendue sans
pût rien changer; ce qui est entièrement irrécon corps. Il ne faut pas néanmoins confondre les no
ciliable avec les expériences. Et quand on tions du lieu, de l'espace, ou de l'étendue toute
supposerait que la grandeur doit faire un change pure, avec la notion de la substance, qui outre
ment au mouvement, on n'aurait point de principe l'étendue, referme la résistance, c'est-à-dire, l'action
pour déterminer le moyen de l'estimer en détail, et et la passion.
pour sçavoir la direction et la vitesse résultante. Cette considération me paroit importante, non-
En tout cas on pancheroit à l'opinion de la conser seulement pour connoitre la nature de la substance
vation du mouvement: au lieu que je crois avoir étendue, mais aussi pour ne pas mépriser dans la
démontré que la môme force se conserve * ) , et Physique les principes supérieurs et immatériels,
que sa quantité est différente de la quantité du au préjudice do la piété. Car quoique je sois persuadé
mouvement. que tout se fait mécaniquement dans la nature cor
Tout cela fait connoitre qu'il y a dans la matière porelle, je ne laisse pas de croire aussi que les
quelque autre chose, que ce qui est purement principes même dç la Mécanique, c'est-à-dire, les
Géométrique, c'est-à-dire, que l'étendue et son premières loix du mouvement, ont une origine plus
changement, et son changement tout miel. Et à le sublime que celles que les pures Mathématiques
bien considérer, on s'aperçoit qu'il y faut joindre peuvent fournir. Et je m'imagine que si cela étoit
quelque notion supérieure ou métaphysique, plus connu, ou mieux considéré, bien des personnes
sçavoir celle de la substance, action, et de piété n'auroicnt pas si mauvaise opinion de la
for c e ; et ces notions portent que tout ce qui p à t i t Philosophie corpusculaire, et les Philosophes mo
doit agir réciproquement, et que tout ce qui dernes joindraient mieux la connoissance de la na
agit doit pâtir quelque réaction; et par con- ture à celle de son Auteur.
Jo ne m'étens pas sur d'autres raisons touchant
la nature du corps ; car cela me mènerait trop loin.
1 I In Actls Erudit. ami. 1686.

XXVIII.
EXTRAIT D'UNE LETTRE
POUR SOUTENIR CE QU'IL Y A DE LUI DANS LE JOURNAL DES SAVANS
DU 18. JUIN 1691.

1693.
(.intimai dei Saraus 5. Janv. 1693. Leibn. Opp. éd. Uulens Tom. II, P. 1. p. Ï36.)

Pour prouver que la nature du corps ne i sçauroit rendre raison par la seule étendue de
consiste pas dans l'étendue, je m'étois servi • l'inertie naturelle des corps, c'est-à-dire,
d'un argument expliqué dans le Journal des Scavans i de ce qui fait que la matière résiste au mouvement,
du 18. Juin 1691 dont le fondement est, qu'on ne i ou bien de ce qui fait qu'un corps qui se meut déjà,
15
114 XXVilI. LETTRE A MR. TOUCHER.
ne sçauroit emporter avec soi un autre qui repose, et les loix du mouvement qui en dépendent, ne peu
sans en être retardé. Car l'étendue en elle-même vent être tirées de la seule étendue. Et comme
étant indifférente au mouvement et au repos, rien ils ont pris pour accordé qu'il n'y a que de l'étendue,
ne devroit empêcher les deux corps d'aller de com ils ont été obliges de lui refuser la force et l'action,
pagnie avec toute la vitesse du premier, qu'il tâche et d'avoir recours à la cause générale, qui est la
d'imprimer au second. A cela on répond dans le pure volonté et action de Dieu. En quoi l'on peut
Journal du 16. Juillet de la même année, (comme dire qu'ils ont très bien raisonné ex hypothesi.
je n'ai appris que depuis peu) qu'effective Mais l'hypothèse n'a pas encore été démontrée; et
ment le corps doit être indifférent an comme la conclusion paroit peu convenable en Phy
mouvement et au repos, supposé que; son sique, il y a plus d'apparence de dire qui'il y a du
essence consiste àêtre seulement étendu: défaut dans l'hypothèse, (qui d'ailleurs souffre bien
mais que néanmoins un corps qui va pousser un d'autres difficultés,) et qu'on doit reconnoitre dans
autre corps, en doit être retardé, (non pas à cause la matière quelque chose de plus que ce qui con
de l'étendue, mais à cause de la force) parce que siste dans le seul rapport à l'étendue ; laquelle, tout
la même force qui étoit appliquée à un comme l'espace, est incapable d'action et de résistance,
des corps, est maintenant appliquée à qui n'appartient qu'aux substances. Ceux qui veulent
tous les deux. Or la force qui meut un des que l'étendue même soit une substance, renversent
corps avec une certaine vitesse, doit mouvoir les l'ordre des paroles aussi -bien que des pensées. Ou
deux ensemble avec moins de vitesse. C'est comme tre l'étendue il faut avoir un sujet qui soit éten
si l'on disoit en autres termes, que le corps, s'il du, c'est-à-dire, une substance à laquelle il appar
consiste dans l'étendue, doit être indifférent aa tienne d'être répétée ou continuée. Gir l'éten
mouvement; mais qu'effectivement n'y étant pas due ne signifie qu'une répétition ou multipli
indifférent, puis qu'il résiste à ce qui lui en doit cité continuée de ce qui est répandu; une plu
donner; il faut outre la notion de l'étendue, ralité, continuité, et coexistence des
employer celle de la force. Ainsi cette réponse parties: et par conséquent elle ne suffit point
m'accorde justement ce que je veux. Et en effet pour expliquer la nature même de la substance ré
ceux qui sont pour le sistôme des causes occasion pandue ou répétée, dont la notion est antérieure à
nelles, se sont déjà fort bien aperçus que la force celle de sa répétition.

XXIX.
EXTRAIT
D'UNE
LETTRE A MR FOUCHER,
CHANOINE DE DIJON,
SUR QUELQUES AXIOMES PHILOSOPHIQUES.

1692.
(Journal des Savans 3. Juin 1698. Leibn. Opp. éd. Dutens. Tom. II, P. 1. p. 138.)

Je suis de vôtre avis, Monsieur, sur ce que vous usent les Géomètres. Cependant je vous invite à
pensez qu'il seroit bon de chercher des preuves de expliquer en cela vôtre sentiment, de peur que ceux
toutes les vérités importantes qui se peuvent prou qui ne l'entendent pas assez, ne s'imaginent mal à
ver. Mais cela ne doit pas empêcher d'avancer des propos que les Académiciens se sont opposés au pro
problêmes particuliers, en attendant que l'on ait grès des Sciences.
rencontré les premiers principes. C'est ainsi qu'en
XXVIII. LETTRE A Mil. IOUCHKK. 115
Mr. Descartes ne me semble pas avoir eu assez fection au-delà des bornes présentes. Elles servi-
de soin de bien établir ses axiomes, lui qui a com roicnt dans la Géométrie profonde autant que les
mencé néanmoins par le doute raisonnable, dans le tables anciennes des sinus servent dans la Trigo
quel vous Académiciens faisoient profession d'en nométrie. Et comme Mr. O/anam est un des
trer d'abord. hommes du monde qui a le plus de facilité et de
On sçait d'ailleurs que Proclus, et même partique pour le calcul ordinaire de la spécieuse,
Apollonius, avoieut déjà eu quelque dessein de j'avois pensé qu'une chose aussi utile que celle-là
travailler à la preuve des axiomes. Mais ceux qui se pourroit faire par son moyen.
aiment à entrer dans le détail des Sciences, mépri La raison qui me fit laisser à Florence un brouil
sent les recherches abstraites et générales; et ceux lon d'une nouvelle science de Dynamique, est qu'il
qui approfondissent les principes, entrent rarement y eut un ami qui se chargea de le débrouiller, et
dans les particularités. Pour moi j'estime également de le mettre au net, et même de le faire publier.
l'un et l'autre. Il ne tient qu'à moi qu'il ne paroisse. Je n'ai qu'à
Mon axiome, que la nature n'agit jamais par y envoyer la fin. Mais toutes les fois que j'y pense,
saut, est d'un grand usage dans la Physique. Il dé il me vient une foule de nouveautés que je n'ai pas
truit les atomes, les petits repos, les globules du se encore eu le loisir de digérer.
cond élément, et les autres semblables chimères. Les expressions semblables à cet •axiome, Ex-
11 rectifie les loix du mouvement. Ne craignez point, tréma in idem recidunt, vont un peu trop
Monsieur, la tortue que les Pirrhoniens faisoieut loin; comme lorsqu'on dit que l'infini est une sphère
aller aussi vite qu' Achille. Vous avez raison de dont le centre est par-tout, et la circonférence nulle
dire, que toutes les grandeurs peuvent être part, il ne faut pas les prendre à la rigeur: néan
divisées à l'infini. Il n'y en a point de si moins elles ne laissent pas d'avoir un usage parti
petite, dans laquelle on ne puisse conce culier pour l'invention, à peu près comme les ima
voir une infinité de divisions que l'on ginaires de l'Algèbre. C'est ainsi que l'on conçoit
n'épuisera jamais. Mais je ne vois pas quel la parabole comme une ellipse à foyer infiniment
mal il en arrive, ou quel besoin il y a de les épuiser. éloigné ; et par là on maintient une certaine uni
Un espace divisible sans fin se passe dans un tems versalité dans les énonciations des coniques. Le cal
aussi divisible sans fin. Je ne Conçois point d'indi cul nous mène quelquefois à l'infini sans y penser
visibles physiques sans miracle , et je crois que la On pourroit donc ainsi conclure, qu'au moins eu
nature peut réduire les corps à la petitesse que la cas de prétendue vitesse infinie, chaque point du
Géométrie peut considérer. cercle seroit toujours au même endroit; quoiqu'
Mr. Ozanam ne disconviendra pas que je ne lui après tout, une vitesse infinie soit impossible, aussi-
ave donné les premières vues de la quadrature du bien qu'un cercle infini. Avec tout cela ce cercle
cercle, dont nous avons parlé, lui et moi, et je lui infini peut avoir encore son usage, en calculant:
en aurois communiqué ma démonstration, s'il me car 'si l'analyse me faisoit voir que le rayon du
l'avoit demandée. Il avouera aussi que je suis le pre cercle demandé dans le plan donné est infini, je
mier qui lui ai montré l'usage des équations locales conclurrois que le plan entier du cercle demandé
pour les constructions ; dont il fut ravi. Il en a fait est le lieu qu'on cherche. Ainsi si je ne trouvois
un fort bel usage, comme je vois par son Diction pas ce que je cherche, sçavoir un cercle qu'on de
naire. 11 est vrai que cet usage des équations loca mande, je trouverois au moins ce que je devois
les n'est pas de mon invention. Je l'avois appris de chercher, sçavoir que le lieu demandé est le plan
Mr. Slusius. demandé, et qu'il n'y a point do tel cercle dans ce
Il y a quelque tems que j'eus une vue à son avan plan. De sorte que voila omnia sana sanis; et
tage : C'est le projet de certaines tables analytiques l'analyse tire des utilités réelles des expressions
on de spécieuse, fondées sur les combinaisons, qui imaginaires. C'est de quoi j'ai des exemples très
si elles étoient faites, seroient d'un secours merveil importans. Il est vrai que des vérités on ne con-
leux en Analyse et en Géométrie, et dans tontes les clud que des vérités; mais il y a de certaines faus
Mathématiques, et pousseraient l'Analyse à une per- j setés qui sont utiles pour trouver la vérité.

lo*
XXX.
EXTRAIT
D UNE

LETTRE DE MR FOUCHER,
CHANOINE DE DIJON,
POUR REPONDUE A MR. LEIBNIZ SUR QUELQUES AXIOMES DE PHILOSOPHIE.

1693.
(Journal des Savans J fi. Mars 1693. — Leibn. Opp. éd. Dutens Ton. II. P. 1. p. S40.)

Je crois, Monsieur, que vous serez content de ce Quant à ce qui regarde cet axiome, Natura
que j'ai dit dans mon 3. livre des dissertations sur non agit saltatim, je vous avoue, Monsieur,
la Philosophie de Académiciens, au sujet du doute que j'aurois eu peine à concevoir la -dessus vôtre
général qu'on leur attribue vulgairement. Car non sentiment, s'il ne m'étoit tombé entre les mains
seulement j'ai prouvé dans ce livre, que les Aca deux traités, l'un de motu abstracto, et l'autre
démiciens n'ont ]ws douté de tontes choses, mais de motu concrète, que vous avez addressés anx
encore qu'ils avoient des dogmes 5 et c'est ce que deux plus fameuses Académies de l'Europe. Il
j'ai montré par le témoignage de Cicéron, qui n'est pas nécessaire de vous dire ici combien
parle ainsi de Phi ion, Chef de la quatrième Aca j'estime ces traités, et quel a été le plaisir que j'ai
démie: Quamquam Antiochi Magister Philo, eu d'y voir en très peu d'étendue de riches expli
inagnus vir, ut tu cxistimas ipse, negarit cations des plus considérables phénomènes de la
in libris quos coram etiam ex ipso audie- nature. Mais cependant j'avoue que je ne com-
bamus, duas Académies esse, erroremque prens pas comment vous admettez des divisibles et
corum qui ita pntarunt coargnit. C'est en des indivisibles tout ensemble: car cela redouble
core ce que j'ai prouvé, par un fragment de Clito- la difficulté , et ne résout jx>int la question. En
maquc, on il est dit que Ton se trompe d'attri effet pour ajuster les parties du teins avec celles de
buer aux Académiciens d'avoir douté des sensa l'espace que les mobiles parcourent, il faut que l'in-
tions: Vchementer errare eos quidicunt ab divisiblité ou la divisiblité se rencontrent de part
Academicis sensus eripi, a quibus nus- et d'autre. Car si un instant, par exemple, étant
quam dictnm sit, aut colorem, aut sapo- supposé indivisible, correspond néanmoins à un
rem, aut sonum nullum esse: sed etc. Outre point qui peut être divisé, la première partie de
cete, on voit aussi par le même fragment, que les ce point sera parcourue, lorsque l'instant ne sera
Académiciens ne doutoient point de ce qui étoit encore passé qu'à demi ; et cela posé, il faudra bien
immédiatement connu ou aperçu par lui-même, que cet instant soit divisible, puis qu'il sera passé à
Propterea qnod nihil falsi cognitum et moitié, avant que sou antre partie le soit La même
perceptum esse possit. D'où il s'ensuit que chose se dira au sujet d'un point indivisible parrapport
ce qui est immédiatement connu est toujours vrai, à un instant qui peut être partagé. Mais d'autre
et ne doit point être révoqué en doute; et c'est ce part si l'on suppose que les points et les instans
que ces Philosophes ont reconnu. soient également indivisibles, on ne pourra résoudre
Outre cela j'ai fait voir que les Académiciens Ja difficulté des Sceptiques, ni montrer comment
n'ayant rien écrit, on en juge vulgairement sur le Achille pourroit aller plus vite qu'un tortue.
rapport de leurs adversaires, qui étoint le Stoï Les iustans et les points sont divisibles en puis
ciens, qui avoient coutume de dire que ces Philo sance, dira-t-on: mais ils ne sont pas actuellement
sophes renversoint toutes les sciences en refusant divisés en toutes leurs parties possibles; et cela
le témoignage des sens, pour juger de la vérité des posé, en un même instant un grand point et un
choses qui sont hors de nous. petit sont parcourus. Je le veux. Mais cela étant
XXXI. REPONSE A MR. FOUCHER. 117
ainsi, la nature agira par saut : car il se fera un mais encore, comme vous le reconnoissez fort bieii,
transport momentané d'une extrémité d'un point pour rendre raison des loix du mouvement, et de»
à l'autre. Et cela est contraire à votre Axiome, actions réciproques des esprits sur les corps, aussi-
bien loin de résoudre la difficulté. bien que des corps sur les esprits. Et après tout
Cet autre axiome, extrema in idem reci- comment seroit-il possible qu'aucune chose existât,
dunt, n'empêche pas que l'on ne reconnoisee l'exis si l'être même, ipsum esse, n'avoit l'existence.
tence de l'infini actuel, mais seulement il peut ser Mais bien au contraire ne pourroit-on pas dire avec
vir à conclure que cet infini est incompréhensible beaucoup plus de raison, qu'il n'y a que lui qui
à l'esprit humain, et que nous n'en avons point existe véritablement, les êtres particuliers n'ayant
d'idée positive, non plus que du néant. Ces deux rien de permanent? Semper generantur, et
extrémités nous passent; et ce n'est pas sans raison nnnquam sunt.
que Platon a dit, que le Philosophe se perd dans Voilà, Monsieur, ce que j'ai cru devoir vous ré
la contemplation de l'Etre, de même que le Sophiste pondre en peu de mots au sujet des axiomes dont
dans celle du néant, l'on étant ébloui de la trop je viens de parler. Pour ce qui est d'en établir
grande lumière de son objet, et l'autre étant quelques-uns par avance, avant que de travailler à
aveuglé par les ténèbres du sien. C'est suivant la Philosophie des Académiciens, c'est une chose
cette pensée qu'on lit dans le livre qui est attribué dont vous trouverez bon que je me dispense, si
à Saint Denis, que l'Etre souverain est au-dessus vous considérez que ce n'étoit point là leur mé
de toute conception humaine ; et cela revient à ces thode. Ils traitoient des questions par ordre, et
paroles de Saint Paul: Lucem habitat inac- suivoient toujours le fil des vérités par lequel ils
cessibilem. Avec tout cela nous sommes toujours se condnisoient ponr sortir du labyrinte de l'igno
obligés de recourir à l'Etre infini, non -seulement rance humaine.
ponr trouver la cause des prodiges et des miracles,

XXXI.
RÉPONSE DE M*. LEIBNIZ.
A L'EXTRAIT DE LA LETTRE DE MR. FOUCHER, CHANOINE DE DIJON, INSÉRÉE
DANS LE JOURNAL DU 16. MARS.

1693.
(Journal des Savans S. Août 1693. — Leib. Opp. éd. Dutena. Tom. II. P. 1. p. 24*.)

vement abstrait, on je l'avois considéré hors


On doit être bien-aise, Monsieur, que vous don
niez un sens raisonnable au doute des Académidu système, comme si c'étoit une chose purement
mathématique: l'antre de l'hypothèse du mou
ciens. C'est la meilleure apologie que vous pouviez
vement concret et systématique, tel qu'il
faire pour eux. Je serai ravi de voir un jour leurs
se rencontre effectivement dans la nature, lis peu
sentiments digérés et éclaircis par vos soins. Mais
vent avoir quelque chose de bon, puisque vous le
vous serez obligé de tems en teins de leur prêter
quelque rayon de vos lumières comme vous avezjugez ainsi, Monsieur, avec d'autres. Cependant
commencé. il y a plusieurs endroits sur lesquels je crois être
mieux instruit présentement; et entre autres, je
11 est vrai que j'avois fait deux petits discours
m'explique tout autrement aujourd'hui sur les in
il y a vingt ans '): l'un de la théorie du mou-
divisibles. C'étoit l'essai d'un jeune homme qui
') Mognnt. 1671. — Leibn. Opp. éd. Dutens,
n'avoit pas encore approfondi les Mathématiques.
Tem. II, P. ». p. 4 — 48. Les loix du mouvement abstrait que j'avois don
118 XXXtl. DE NOTIONIBUS JURIS ET JUSTITIAE.
nées alors, devraient avoir lieu effectivement, si avis n'ont rien d'insurmontable, comme on trou
dans le corps il n'y avoit antre chose que ce qu'on vent en les rédigeant en forme. Le P. Grégoire
y conçoit selon Descartes, et même selon Gas de Saint Vincent a fort bien montré par le cal
sendi. Mais comme j'ai trouvé que la nature en cul même de la divisibilité à l'infini, l'endroit où
use tout autrement à regard du mouvement, c'est Achille doit attraper la tortue qui le devance, se
un des mes argumens contre la notion reçue de la lon la proportion des vitesses. Ainsi la Géométrie
nature du corps ; comme j'ai indiqué dans le Jour sert à dissiper ces difficultés apparentes.
nal des Savans du second Juin 1692. Je suis tellement pour l'infini actuel, qu'au lieu
Quant aux indivisibles, lors qu'on entend d'admettre que la nature l'abhorre, comme l'on dit
par là les simples extrémités du teins ou de la vulgairement, je tiens qu'elle l'affecte par-tout, pour
ligne, on n'y sauroit concevoir de nouvelles ex mieux marquer les perfections de son Auteur. Ainsi
trémités, ni des parties actuelles, ni pontcntielles. je crois qu'il n'y a aucune partie de la matière qui
Ainsi les points ne sont ni gros ni petits, et il ne ne soit, je ne dis pas divisible, mais actuellement
faut point de saut pour les passer. Cependant le divisée; et par conséquent la moindre particelle
continu, quoiqu'il ait par -tout de tels indivisibles, doit être considérée comme un monde plein d'una
n'en est point composé; comme il semble que les infinité de créatures différentes.
objections de Sceptiques le supposent, qui à mon

XXX1L
DE
NOTIONIBUS JURIS ET JUSTITIAE.
1693.
(Codex -i ii ris Qentium dlplomalicus, in quo Tabulae Authenlicae Actoruni publicoram, Tractatuura. aliarumqna
rerum majoris momenti per Europam geslarum, pleraeque inedllae vel seiertae, ipso verborum lenorc expressaa
ac temporum série digeslae, continenlur; a fine seculi undecimi ad nostra usque tempora aJiquot imnis com-
prehensus; quem ex manuscriptls praesertlm Bibliotbecae Augustae Guelfebylanae Codicibus, ex Monument!*
Begiorum aliorumque Arcbivorum ac propriis denlque CoIIectaneis edldit G. G. !.. Bannoverae Liieris et 1m-
pensis Sanmelis Ammonil MDCXCIII. Praerat. ad lect.)

Juris et justitiae notiones etiam post tôt universalis, et benevolentia amandi sive dili-
praeclaros scriptores nescio an satis liquidae ha- gendi habitua. Amare autem sive diligere est
beautur. Est autem jus quaedam poteutia mora- felicitate altcrins delectari, vel quod eodem re
lis, et obligatio nécessitas moralis. Moralem dit, felicitatcm alionam asciscere in suam. Unde
antem intelligo, quac apud virûm bonum aequipol- difficilis nodus solvitur, iiiagni etiatn in Theologia
Ict naturali: nam ut pracclare Jurisconsultus Ko- momenti, quomodo ainor non inercenarius detur,
inamis ait, quae contra honos mores sunt, ea née qui sit a spe metuque et omni ntilitatis respecta
facere nos posse credendum est. Vir bonus au separatus : scilicet quorum félicitas délectât eorum
tem est qui ainat omnes, quantum ratio permittit. félicitas nostram ingreditur, nam quae délectant per
Jus ti ta m igitur, quae virtus est hujns affectus se expctuntur. Et uti pnlchrorum contemplatio ipsa
rectrix, quem tpiXon>^tyuMuin> Graeci vocant, com- | jucunda est, pictaque tabula Raphaelis intelligen-
modissime ni fallor definiemus caritatem sa- tem afficit, etsi nulles census ferat, adco ut in ocu-
pientis, hoc est seqnentcm sapicntiac clictata. lis deliciisque feratur, quodam simulacre amoris;
Itaque, quod Carneadem dixisse fortur, justitiam ita mm res pnlchra simul etiam felicitatis est ça-
esse summara stultitiam, quia alienis utilitatibns pax, transit affectus in verum amorem. Superat
consuli jubcat neglectis propriis, ex ignorata ejus antcm diviuus amor alios amorcs quod Drus
dcfinitione natum est. Caritas est benevolentia cuin maxiino successu amari potest, quando Deo
XXXII. DE NOTIONIBUS JURIS ET JUSTITIAE. 119
simul et felicins niliil est , et nihil pnlchrius felici- cui toga conveniret, sed CDJQS esset, munim ali-
tateque dignius iutelligi potest. Et cum idem sit quando rectius hac judicandi forma, cum ipsemet
potentiac sapientiaeque summae, félicitas ejus non togas distribuendas esset habiturus. Namque ipsa
tantum iugreditur nostram, (si sapimus, id est, si aequitas nobis in negotiis jus strictum, ici est homi
ipsam amamus) sed et facit. Quia autein sapien- num aequalitatem comrnendat, nisi cum gravis ra
tia caritatem dirigera débet, hujus quoque defini- tio boni rnajoris ab ea recedi jubet. Personarum
tione opus erit. Arbitrer autetn notioni bominum autrui quae vocatur acceptio suam non in alienis
optime satisfieri. si sapientiam nihil aliud esse bonis corumutandis, sed in nostris vel publicis di-
dicamns, quam ipsaiu scientiam felicitafis. Ita stribueudis sedem habet.
rarsus in felicitatis notionem n : vol vi unir, quai a Supremum Juris gradum probitatis vel potias
explicare hujus loci non est. p i e t a t i s nomme appellavi. Nam hactenos dicta
Ex hoc jara fonte fluit jus naturae, cujus sic accipi possunt, ut intra mortalis vitae respectus
très sunt gradus; jus strictnm in jostitia coerceantar. Et jus quidem merum sive strictum
commutativa , aequitas (vel angustiore vocis uascitur ex principio servandae pacis ; aequitas sivo
sensu caritas) in justitia distributiva, denique pie- caritas ad inajns aliquid contendit, ut dum quisque
tas (vel probitas) in justitia universai i: unde ne- alteri prodest quantum potest, felicitatem suam an-
rainem laedere, suum cuique tribucre, honeste (vel geat in aliéna , et ut verbo dicam jus strictum mi-
potias pie) vivere, totidem generalissima et pervnl- seriam vitat, jus superius ad felicitatem tendit, sed
gata jnris praecepta nascuntur; quemadmodum rem qualis in hanc mortalitatem cadit. Quod vero ipsam
adolescens olim in libello de Methodo Juris adum- vitam, et quicquid hanc vilain expetendam fa-
bravi. Jnris meri sivestricti praeceptum est cit magno commodo alieno posthabere debeamus
Deminem laedendum esse, ne detur ci in ci- ita ut inaximos etiam dolores in aliorum gratiam
vitate actio extra civitatem, jus belli. Hinc nasci- perferre oporteat , magis pulchre praecipitur a Phi-
tur justitia, quam Philosophi vocant commutati- losophis, quam solide demonstratnr. Nam déçus
vaiti, et jus quod Grotius appellat facultatem. et gloriam et animi sui virtute gaudentem sensum,
Superiorem gradum voco aequitateui vel si ma- ad quae sub honestatis nomine provocant, cogita-
vis caritatem (angustiore scilicet sensu) quam ultra tionis sive ineutis bona esse constat, magna qui-
rigorem juris meri ad eas quoqne obligationes por- dera sed non omnibus née omni malorum acerbi-
rigo, ex quibus actio iis quorum interest non datur tate praevalitura , quando non omnes aeque iraagi-
qua nos cogant 5 velnti ad gratitudinetn , ad Elee- nando afnriuntur; praescrtim quos ncque educatio
mosynam, ad quae aptitudinem, non faculta liberalis neque consuetndo vivendi ingenua vel vi
tem, habere Grotio dicuntur. Et quemadmodum tae sectaeve disciplina ad honoris aestimationem,
infimi gradus erat, neinincin laedere, ita ruedii est vel animi bona sentienda assuefecit. Ut vero uni-
cunctis prodesse; sed quantum cuique convenit aut versali demonstratione corificiatur omne honestum
quantum quisque meretur, quanclo omnibus aeque esse utile , et omue turpe damnosum , assumenda
favere non licet. Itaque hujus loci est distribu est immortalitas animae, et rector universi DEUS.
tiva justitia et praeceptum juris, quod suuin cui Ita fit ut omnes in civitate perfectissima vivere in-
que tribui jubet. Atque hue in Republica poli- telligamus sub Monarcha qui née ob sapientiam
ticae kges referuntur , qnae folicitatem subditorum t'ai I i , née ob potentiam vitari potest ; idemque tam
procurant, efficiuntque passim , ut qui aptitudinem amabilis est, ut félicitas sit tali domino servire.
tantom habebant, acqniraut facultatem, id est ut Huic igitur qui animant impendit, Christo docente
petere possint, quod alios aequum est praestare. eam lucratur. Hujus potentia providentiaque effi-
Et cnm in gradn jaris infimo non attenderentur di citur ut orunc jus in factura transeat, utncmo lae-
scrimina hominum, nisi quae ex ipso negotio na- datur nisi a se ipso, ut nihil recto gestum sine
scaotur, sed omnes homines censerentur aeqnales, praeniio sit, nullum peccatum sine poena. Quo-
nnnc tarnen in hac supertore gradu mérita ponde- niam, ut divine a Christo traditum est, omnes ca-
ïantur, unde privilégia, praemia, poenae, locum ha- pilli nostri nnmerati sunt, ac ne aquae quidem
bent. Quam gradunm juris differentiam eleganter haustus frustra datus est sitienti, adeo nihil negligi-
Xenophon adumbravit, Cyri pueri exemple, qui in- tur in republica universi. Ex hac consideratione
ter daos pneros, quorum fortior cnm altero vestem fit ut justitia nniversalis appelletur et omnes
per vim commutaverat , qnod suae staturae togam alias virtutes comprehendat , quae enini alioqui al-
alienam aptiorem reperisset, snam togam staturae trrins interesse non videntur veluti ne nostro cor-
alienae, judex lectus, pro praedone pronuntiarat : pore ant nostris rébus abutamur, etiam extra lo
sed a rectore admonitus est, non quaeri hoc loco ges humanas , naturali jure, id est aeternis divinae
120 XXXIII. LETTRE A MB. L'ABBÉ NICAISE.
Monarchiac legibns vetanlur cum nos nostraque rata relatnm est, jus natarae et gentinm traditnm
Deo debeamus. Nam ut reipublicae, ita inulto secundutn disciplinam Christianorum , id est (ex
magis univers! interest, ne quis re sua inale utatur. Christi documentis) TU àvû-rtça, subliinia, divina
Itaque hinc supremam illud jaris praeceptnm vim sapientntn. Ita tria juris praecepta, tresve jnsti-
accepit, quod ho nés te (id est pie) vivere jubet. tiae gracias commodissime explicasse nobis vide-
Atque hoc sensu recte a viris doctis inter deside mur, fontesqne juris naturalis designavisse.

XXXIII.
EXTRAIT
D'UNE

LETTRE A M* L'ABBE NICAISE


SUR LA PHILOSOPHIE DE MR. DESCARTES.

1 G 9 3.

(Journal des sa vans 13. Avril 1693. — Leibn. Opp. éd. Dut en s. Tom. II. P. 1. p. 243.)

J'honore infinement Mr. l'Evêqnc d'Avranches; | comment et par quelle étoile, dont l'influence est
et je vous supplie, Monsieur, de le lui témoigner, ! ennemie de toute sorte de secrets, les Cartésiens
quand l'occasion s'en présentera. Un de mes amis \ n'ont presque rien fait de nouveau, et que presque
de Brème m'ayant envoyé le livre de Mr. Swe- toutes les découvertes ont été faites par des gens
ling, qui y est Professeur, contre la Censure de qui ne le sont point. Je ne connois que les
cet illustre Prélat, pour en avoir mon sentiment, petits tuyaux de Mr. Rohault, qui ne méritent
je répondis, que la meilleure réponse que Mrs. les pas le nom de découverte d'un Cartésien. 11
Cartésiens pourroient faire, seroit de profiter des semble que ceux qui s'attachent à un seul maître
Avis de Mr. d'Avranches ; de se défaire de l'esprit s'abaissent par cette sorte d'esclavage, et ne con
de secte, toujours contraire à l'avancement des çoivent presque rien qu'après lui. Je suis sûr
sciences; de joindre à la lecture des excellens ou que si Mr. Des cartes avoit vécu plus long-tems,
vrages de Mr. Descartes celle de quelques autres il nous auroit donné une infinité de choses impor
grands hommes anciens et modernes; de ne pas tantes. Ce qui fait voir, ou que c'étoit plutôt
mépriser l'antiquité, où Mr. Descartes a pris une son génie que sa méthode ou bien qu'il n'a pas
bonne partie de ses meilleures pensées; de s'at publié sa méthode. En effet je me souviens d'a
tacher aux expériences, et aux démonstrations, au voir lu dans une de ses lettres, qu'il a voulu
lien de ces raisonnemens généraux, qui ne servent seulement écrire un discours de sa méthode, et
qu'à entretenir l'oisiveté et à couvrir l'ignorance : en donner des échantillons; mais que son inten
de tâcher de faire quelque pas en avant, et de ne se tion n'a pas été de la publier. Ainsi les Car
pas contenter d'être de simples paraphrastes de leur tésiens qui croient avoir la méthode de leur
Maître; et de ne pas négliger ou mépriser l'Ana- maître, se trompent bien fort. Cependant je m'i
toinie, l'Histoire, les Langues, la critique, faute magine que cette méthode n'éfoit pas aussi parfaite
d'en ronnoître l'importance et le prix; de ne se qu'on tâche de le faire croire. Je le juge par sa
pas imaginer qu'on sait tout ce qu'il faut, on Géométrie. C'étoit son fort sans doute: cepen
tout ce qu'on peut espérer; enfin d'être modeste dant nous savons aujourd'hui, qu'il s'en faut infi
et studieux, pour ne se pas attirer ce beau mot: niment qu'elle n'aille aussi loin qu'elle devroit al
Ignorantia inflat. J'ajouterai que je ne sais ler, et qu'il disoit qu'elle alloit. Les plus irupor-
XXXIV. DE PRIMAE PHILOSOPHIAE EMEXDATIONE. 121
tans problèmes ont besoin d'une nouvelle façon quelques matières particulières; mais parceque je
d'analyse toute différente de la sienne, dont j'ai la considère comme un admirable modèle, et
donné moi-même des échantillons. Il me semble comme un échantillon de ce qu'on pourroit et de
que Mr. Descartes n'avoit pas assez pénétré les ce qu'on devrait maintenant élever, sur des princi
importantes vérités de Kepler sur l'Astronomie, pes plus solides que les expériences nous ont four
que la suite des teins a vérifiées. Son homme est nis depuis. En un mot j'estime infiniment Mr.
extrêmement différent de l'homme véritable, comme Descartes: mais bien souvent il ne m'est pas
Mr. S te non et d'autres l'ont montré. La con- permis de le suivre. J'ai fait autrefois des remar
noissance qu'il avoit des sels et de la Chymie étoit ques sur la première et sur la seconde partie de
bien maigre; cela est cause que ce qu'il en dit, ses principes. Ces parties comprennent en abrégé
aussi bien que des minéraux, est médiocre. La sa Philosophie générale, où j'ai été obligé le plus
Métaphysique de cet Auteur, quoiqu'elle ait quel souvent de m'écarter de lui. Les parties suivantes
ques beaux traits est mêlée de grands Paralogis- viennent an détail de la nature, qu'il n'est pas en
iii!'-. et a des endroits bien foibles. J'ai découvert core si aisé d'éclaircir. C'est pourquoi je n'y ai
la source de ses erreurs sur les règles du mouve pas encore touché. Mais je ne sçai comment j'ai
ment; et quoique j'estime extrêmement sa Physi été emporté insensiblement à vous entretenir si
que, ce n'est pas que je la tienne véritable, excepté long-tems sur cette matière.

XXXIV.
DE

PRIMAE PHILOSOPHIAE EMENDATIONE


ET DE NOTIONE SUBSTANTIAE.

1694.
(Acia Erudit. Llps. 1694. p. 110. — Lelbn. Opp. éd. Dutens Tom. II. P. 1. p. 18.)

Video plerosque, qui Mathematicis doctrinis de- I loqui didicere. Née vero substantiae tantum, sed
lectantur, a Metaphysicis abhorrere, quod in illis , et causae, et actionis, et relationis, -et similitudinis,
lucem, in his tenebras animadrertant. Cujus rei I et plerorumque aliorum terminorum generalium
pctissimam causam esse arbitrer, quod uotiones j notiones veras et faecundas vulgo latere manife-
générales, et quae maxime omnibus notae creclun- stum est. Unde nemo mirari débet, scientiam il-
tur, humana neglipentia atque inconstantia cogi- lam princii>eni, quae Primae Pliilosophiae nomine
tandi ambiguae atque obscurae sunt factae; et quae ! venit, et Aristoteli dicta est desiderata seu quae-
vulgo affiTuntur defiuitiones, ne nominales sunt qui- j sita (Çr}Tovf.i£i'r]) adhuc inter quaereuda mansisse.
déni, adeo nihil explicant. Née dubiurn est in Equidem Plato passim Dialogis vim notioiium ve-
caeteras disciplinas influxisse malum, quae primae | stigat; idem facit Aristoteles in libris qui vulgo
illi atque architectonicae subordinantur. Ita pro Metaphysici vocantur; multum tamen profe
definitionibus lucidis natae nobis sunt distinctiun- cisse non apparet. Platonici posteriores ad lo
cnlae, pro axiomatibus vere universalibus regulae quendi portenta sunt lapsi; Aristotelicis, praeser-
topicae, quae saepe pluribus franguntur instantiis, tim Scholasticis , movere magis quaestiones curae
quani juvantnr exemplis. Et tamen passiin hoini- fuit, quam finire. Nostris teinporibus viri quidam
nes Metaphysicas voces necessitate quadam adhi- insignes etiani ad Priniam Philosophiam animum
bent, et sibi blandientes, intelligere credunt, quae adjecere, non magno tamen hactenus surcessu.
16
122 XXXIV. DE PRIMAE PH1LOSOPHIAE EMENDATIONE.
Cartesium attulisse aKqaa egregia negari non Galli la force) cui ego explicandae pecnliarem
potest, et recte inprimis Platonis studium revo- Dynamices scientiaiu destinavi, plurimum lucis
casse abducendi mentent seusibus, et Academicas afferre ad vcram notionem substantiae intelligen-
dubitationes utiliter subinde adhibuisse; sed inox dam. Differt enim vis activa a potentia nuda vnlgo
inconstantia quadani Tel affirmandi liccntia scopo scholis cognita, quod potentia activa Scholastico-
excidisse, née certum ab incerto distinxisse, et i ii m. seu facultas, nihil aliud est quam propinqua
proinde substantiae corporeae naturam in exten- agendi possibilitas , quae tamen aliéna excitatione,
sione praepostere collocasse, née de unième animae et velut stimulo indiget, ut in actum transferatur.
et coq>oris probas comprehensiones habuisse; quo- Sed vis activa actum quendam sive îiTïX.£X£tar
i mil causa fuit, non intellecta substantiae natura in continet, atque inter facultatem agendi actionem-
universum. Nain saltu quodam ad gravissimas que IIISIMI média est *), et conatum involvit; at
quaestiones solvendas processerat, notionibus in- que ita per se ipsam in operationem fertur; née
gredientibus non ex]>licatis. Unde quantum absint auxiliis indiget, sed sola sublatione impedimenti.
a certitudine Meditationes ejus Metaphysicae, non Quod exemplis gravis suspens! funein sustinentem
aliunde inagis apparet, quant ex scripto ipsius, in intendentis, aut arcus tensi, illustrari potest. Etsi
qno, hortatu Mers en ni et aliorurn, Mathematico enim gravitas aut vis elastica meclianice explicati
eas habitu vestire voluerat frustra. Video et alios possint debeantque ex aetheris motu; ultima ta
viros acumine praestantes attigisse Metaphysica, et men ratio motus in materia, est vis in creatione
nonnulla profunde cogitasse ; sed ita involvisse te- impressa, quae in unoquoque corpore inest, sod
nebris, ut divinare magis appareat, quam demon- ipso conflictu corpornm varie in natura limitatur
strare. Mihi vero in his magis quam in ipsis Ma- et coërcetur. Et hanc agendi virtutem omni sub
thematicis, luce et certitudine opus videtur, quia stantiae inesse ajo, semperque aliquam ex ea ac-
res Mathematicae sua examina et comprobationes tionem nasci : adeoque née ipsam substantiam cor-
secum ferunt, quae causa est potissima successus; poream (non magis quam spiritualem) ab agendo
sed in Metapliysicis hoc commodo caremus. Jtaque eessare unquam; quod illi non satis percepisse vi-
peculiaris quaedam proponendi ratio necessaria est, dentur, qui essentiam ejus in sola extensioue, vel
et vclut ftlum in Labyrintho, cujus ope non minus etiam iuipenetrabilitate collocaverunt, et corpus
quam Euclidea mcthodo ad calculi instar quaestio omnimode quiescens concipere sibi sunt visi. Ap-
nes resolvantur; serrata nihilominus claritate, quae parebit etiam ex nostris meditationibus, substan
née popularibus sermouibus quicquam concédât. tiam creatam ab alia substantia creata non ipsam
Quauti autein ista siut inomenti, iuprimis appa- vint agendi, sed praeexistentis jam nisus sui, sive
rebit ex notione substantiae, quam ego assigno, virtutis agendi, limites tantummodo ac determina-
quae tant faecunda est, ut iiule veritates primariae, tiouent accipere; ut alia nunc taceam, ad solven-
etiam circa Deum et mentes, et naturam corporuiu, dum illud problema difficile, de substantiarum ope-
eaeque partira cognitae, sed parum demonstratae, ratione in se invicem, profutura.
partim hactenus ignotae, sed maximi pcr caeteras
scientias usns futurae, conscquantur. Cujus rei ut
aliquem gustum dem, dicam intérim, notionem vi- ' l Conf. Système nouveau de la nature n de la
rium seu virtutis (quain Germani vocant Kraft, communication deii Substances $. 3.
XXXV.
LETTRE A UN AMI

SUR LE CARTESIANISME.
16 9 5.

( l.rihiiii ii Olium Hanovrrantim sive Miscellanea etc. G. Guil. l.eibnllii éd. Joacb. F r. Feller Lips. 1718.
8. p. 6. — Lcibn. Opp. éd. Dulens Tom. II. P. 1. p. 263.)

Cest tlopids quelque teins que j'ai des démêlés bre de la véritable Philosophie. Un homme de la
avec Messieurs les Cartésiens. Car les ayant atta compagnie qui fréquentoit la Cour, qui avoit de la
qué dans leur fort, c'est-à-dire, dans les Ma lecture, et qui se mêloit même de raisonner sur les
thématiques, où j'ai montré, combien la Géo sciences, poussa la figure jusqu'à l'allégorie, et
métrie Cartésienne étoit bornée, et ayant fait voir peut-être un peu trop loin; car il me demanda là-
de plus, combien leurs règles sur la force mouvante dessus, si je ne croyois point, qu'on pourroit dire
sont mal entendues, j'ai entrepris en même tems sur ce pied là, que les anciens nous avoient fait
de réhabiliter en quelque façon l'ancienne Philoso monter l'escalier, que l'école des modernes étoit
phie, comme l'on pourra juger par ce que Mr. Pe- venue jusque dans l'antichambre, qu'il me souhai
lisson a fait imprimer. Car quoique je demeure tait l'honneur de nous introduire dans le cabinet
d'accord, que le détail de la nature se doit expli de la naturel Cette tirade de parallèles nous fit
quer mécaniquement, il faut, qu'outre l'étendue on tous rire; et je lui dis, Vous voyez, Monsieur, que
conçoive dans le corps une force primitive, qui ex vôtre comparaison a réjoui la Compagnie; mais
plique intelligiblement tout ce qu'il y a de solide vous ne vous êtes point souvenu, qu'il y a la
dans les formes des écoles. chambre d'audience entre l'antichambre et le cabi
Il m'arriva un jour de dire, que le Cartésia net, et que ce sera assez si nous obtenons audience,
nisme en ce qu'il a de bon n'étoit que l'anticham sans prétendre de pénétrer dans l'intérieur.

16*
XXXVI.
SYSTEME NOUVEAU DE LA NATURE
ET DE LA COMMUNICATION DES SUBSTANCES, AUSSI BIEN QUE DE L'UNION, QU'IL
Y A ENTRE L'AME ET LE CORPS.

1695.
CJournal des Savans 87. Juin 1695. p. «94. Leibn. Opp. éd. Dutens Tom. H. P. 1. p. 49.)

1. Il y a plusieurs années que j'ai conçu cesystème, sortir encore bien jeune. Leurs belles manières
et que j'en ai communiqué avec de savans hommes, d'expliquer la Nature mécaniquement me char
et sur-tout avec un îles plus grands Théologiens mèrent, et je méprisois avec raison la méthode
et Philosophes de nôtre teins, qui ayant appris de ceux qui n'cmployent que de formes ou des
quelques-uns de mes sentimens par une personne facultés, dont on n'apprend rien. Mais depuis
de la plus haute qualité, les avoit trouvés fort ayant taché d'approfondir les principes mêmes de
paradoxes. Mais ayant reçu mes édaircissemens, la Mécanique, pour rendre raison des loix de la
il se retracta de la manière la plus généreuse et Nature que l'expérience faisoit connoitre, je m'aper
la plus édifiante du inonde; et ayant aprouvé çus que la seule considération d'une masse éten
une partie de mes propositions , il fit cesser sa due ne suffissoit pas, et qu'il faloit employer
censure à l'égard des autres dont ïl ne demeuroit encore la notion de la force, qui est très -in
pas encore d'accord. Depuis ce tems là j'ai con telligible, quoiqu'elle soit du ressort de la Méta
tinué mes méditations selon les occasions, pour physique. Il me paroissoit aussi que l'opinion de
ne donner au public que des opinions bien exa ceux qui transforment ou dégradent les bêtes en
minées, et j'ai tâché aussi de satisfaire aux ob pures machines, quoiqu'elle semble possible, est
jections faites contre mes Essais de Dynamique '), hors d'apparence, et même contre l'ordre des
qui ont de la liaison avec ceci. Enfin, des per choses.
sonnes considérables ayant désiré de voir mes 3. Au commencement, lorsque je in'étois af
sentimens plus éclaircis, j'ai hazardé ces Médita franchi du joug d'Aristote, j'avois donné dans
tions, quoiqu'elles ne soient nullement populaires, le vide et dans les atonies, car c'est ce qui
ni propres à être goûtées de toute sorte d'esprit. remplit le mieui l'imagination; mais en étant
Je m'y suis porté principalement pour profiter revenu, après bien des méditations je m'apper-
des jugemens de ceux qui sont éclairés en ces çus qu'il est impossible de trouver les prin
matières; puisqu'il seroit trop embarrassant de cipes d'une véritable unité dans la matière
chercher et de sommer en particulier ceux qui seule, ou dans ce qui n'est que passif, puisque
seraient disposés à me donner des instructions, tout n'y est que collection ou amas de parties à
que je serai toujours bien aise de recevoir, pourvu l'infini. Or la multitude ne pouvant avoir sa
que l'amour de la vérité y paroisse, plutôt que réalité que des unités véritables, qui vien
la passion pour les opinions dont on est pré nent d'ailleurs, et sont tout autre chose que les
venu. points dont il est constant que le continu ne
2. Quoique je sois un des ceux qui on fort saurait être composé ; donc pour trouver ces u 11 i-
travaillé sur les Mathématiques, je n'ai pas laissé tés réelles je fus contraint de recourir à un
de méditer sur la Philosophie dès ma jeunesse; atome formel, puisqu'un être matériel ne saurait
car il me paroissoit toujours qu'il y avoit moyen être en même- tems matériel et parfaitement in
d'y établir quelque chose de solide par des dé divisible, ou doué d'une véritable unité. 11 fa-
monstrations claires. .Pavois pénétré bien avant lut donc rappeller et comme réhabiliter les for
dans le pays des Scholastiques, lorsque les Mathé mes substantielles, si décriées aujoud'hui;
matiques et les Auteurs modernes m'en firent mais d'une manière qui les rendit intelligibles,
et qui séparât l'usage qu'on en doit faire de
') VU. Ad. Erudit. 1695. Apr. l'abus qu'on en a fait. Je trouvai donc que leur
XXXVI. SYSTEME NOUVEAU etc. 125
nature consiste dans la force, et que de cela 6. Cependant, pour revenir aux formes ordi
s'ensuit quelque chose d'analogique au sentiment naires, ou aux Ames matérielles, cette du
et à l'appétit; et qu'ainsi il faloit les concevoir rée qu'il leur faut attribuer, à la place de celle
à l'imitation de la notion que nous avons des qu'on avoit attribuée aux atomes, pourroit faire
Ame^s. Mais comme l'aine ne doit pas être em douter si elles ne vont pas de corps eu corps;
ployée pour rendre raison du détail de l'éco i ce qui seroit la Métempsychose, à peu près
nomie du corps de l'animal, je jugeai de même comme quelques Philosophes ont cru la trans
qu'il ne faloit pas employer ces formes pour ex mission du mouvement et celle des espèces. Mais
pliquer les problèmes particuliers de la Nature, cette imagination est bien éloignée de la nature
quoiqu'elles soient nécessaires pour établir de vrais des choses. Il n'y a point de tel passage; et
principes généraux. Aristote les appelle En té c'est ici où les transformations de Messiers
lé chies premières. Je les appelle peut-être Svanimerdam, Malpighi, et LrexvenliOL-k,
plus intelligiblement, Forces primitives, qui qui sont des plus excellons observateurs de nôtre
ne contiennent pas seulement l'acte ou le com tems, sont venues à mou secours, et m'ont fait
plément de la possibilité, mais encore une ac admettre plus aisément, que l'animal, et toute
tivité originale. autre substance organisée ne commence point,
4. Je voyois que ces formes et ces âmes dé lorsque nous le croyons, et que sa génération
voient être indivisibles, aussi bien que nôtre Esprit, apparente n'est qu'un dévelopement, et une espèce
comme en effet je me souvenois que c'étoit le ! d'augmentation. Aussi ai-je remarqué que l'Au-
sentiment de Saint Thomas à l'égard des âmes I teur de la Recherche de la Vérité, Mr. Régis,
des bêtes. Mais cette vérité renouvelloit les gran Mr. Hartsoeker, et d'autres habilos hommes,
des difficultés de l'origine et de la durée des n'ont pas été fort éloignés de ce sentiment.
âmes et des formes. Car toute substance qui a 7. Mais il restoit encore la plus grande ques
une véritable unité, ne pouvant avoir son com tion, de ce que ces âmes ou ces formes devien
mencement ni sa fin que par miracle, il s'ensuit nent par la mort de l'animal, ou par la destruction
qu'elles ne sauroient commencer que par création, de l'individu de la substance organisée. Et c'est
ni finir que par annihilation. Ainsi, excepté les ce qui embarrasse le plus; d'autant qu'il paroît
âmes que Dieu veut encore créer exprès, j'étois peu raisonnable que les âmes restent inutilement
obligé de reconnoitre qu'il faut que les formes dans un chaos de matière confuse. Cela m'a fait
constitutives des substances ayent été créées avec juger enfin qu'il n'y avoit qu'un seul parti rai-
le monde, et qu'elles subsistent toujours. Aussi ' sonnable à prendre; et c'est celui de la conver
quelques Scholastiques, comme Albert le Grand sation non -seulement de l'âme, mais encore do
et Jean Bacon, avoint entrevu une partie de l'animal même et de sa machine organique; quoi-
la vérité sur leur origine. Et la chose ne doit 1 que la destruction des parties grossières l'ait ré-
point paroitre extraordinaire, puisqu'on ne donne j duit à une petitesse qui n'échape pas moins à
aux formes que la durée, que les Gassendistes nos sens que celle où il étoit avant que de
accordent à leurs atomes. naître. Aussi n'y a-t-il personne qui puisse bien
5. Je jugeois pourtant qu'il n'y faloit point marquer le véritable tems de la mort, laquelle
mêler indifféremment les Esprits ni l'Ame rai peut passer long-tems pour une simple suspen
sonnable, qui sont d'un ordre supérieur, et ont sion des actions notables, et dans le fond n'est
incomparablement plus de perfection que ces for jamais autre chose dans les simples animaux:
mes enfoncées dans la matière, étant comme de témoin les ressnscitations des mouches noyées
))ctits Dieux au prix d'elles, faits à l'image de et puis ensevelies sous de la craye pulvérisée,
Dieu, et ayant en eux quelque rayon des lu et plusieurs exemples semblables qui font assez
mières de la Divinité. C'est pourquoi Dieu gouverne connoître qu'il y auroit bien d'autre ressuscitatioas,
les esprits, comme un Prince gouverne ses sujets, et de bien plus loin, si les hommes étoient eu
et même comme un père a soin de ses enfans; état de remettre la machine. Et il y a de l'ap
au lieu qu'il dispose des autres subsances, comme parence que c'est de quelque chose d'approchant
un Ingénieur manie ses machines. Ainsi les esprits que le grand Démocrite a parlé, tout Atomiste
ont des loix particulières qui les mettent au des qu'il étoit, quoique Pline s'en moque. 11 est
sus des révolution de la matière; et on peut donc naturel que l'animal ayant toujours été vi
dire que tout le reste n'est fait que pour eux, vant et organisé, (comme des personnes de grande
ces révolutions mêmes étant accommodées à la pénétration commencent à le reconoitre) il le de
fëlicité des bons et au châtiment des médians. meure aussi toujours. Et puisqu'ainsi il n'y a
l'J6 XXXVI. SYSTEME NOUVEAU etc.
point de première naissance ni de génération en d'oeuvre de l'art d'un esprit borné; cette diffé
tièrement nouvelle de l'animal, il s'ensuit qu'il rence ne consistant pas seulement dans le degré,
n'y en aura point d'extinction Knale, ni de mort mais dans le genre même. 11 faut donc savoir
entière prise à la rigueur métaphysique: et que que les machines de la Nature ont un nombre
par conséquent au lieu de la transmigration des d'organes véritablement infini, et sont si bien
âmes, il n'y a qu'une transformation d'un même munies et à l'épreuve do tous les accidens, qu'il
animal, selon que les organes sont plies diifé- n'est pas possible de les détruire. Une machine
renmu'Ut, et plus ou moins dévelopés. naturelle demeure encore machine dans ses moin
8. Cependant les Ames raissonuables suivent dres parties, et qui plus est, elle demeure tou
des loix bien plus relevées, et sont exemtes de jours cette même machine qu'elle a été, n'étant
tout ce qui leur pourroit faire perdre la qualité que transformée par de différeus plis qu'elle re
de citoyens de la société des esprits; Dieu y çoit, et tantôt étendue, tantôt resserrée et comme
ayant si bien pourvu, que tous les changemens concentrée lorsqu'on croit qu'elle est perdue.
de la matière ne leur sauroint faire perdre les 11. De plus, par le moyen de l'âme ou de
qualités morales de leur personalité. Et on peut la forme, il y a une véritable unité qui répond
dire que tout tend à la perfection, non seulement à ce, qu'on appelle Moi en nous; ce qui no
de l'Univers en général, mais encore de ces créa saurait avoir lieu ni dans les machines de l'art,
tures en particulier, qui sont destinés à tel degré ni dans la simple masse de la matière, quelque
de bonheur, que l'Univers s'y trouve intéressé en organisée qu'elle puisse être; qu'on ne peut con
vertu de la bonté divine qui se communique à sidérer que comme une armée ou un troupeau,
un chacun autant que la souveraine Sagesse le ou comme un étang plein de poissons, ou comme
peut permettre. une montre composée de ressorts et de rôties.
9. Pour ce qui est du cours ordinaire des Cependant s'il n'y avoit point de véritables uni
animaux et d'autres substances corporelles, dont tés substantielles, il n'y auroit rien de substan
on a cru jusqu'ici l'extinction entière et dont tiel ni de réel dans la collection. C'était ce qui
les changemens dépendent plutôt des règles mé avoit forcé Mr. Cor d émoi à abandonner Des
caniques que des loix morales, je remarquai cartes, en embrassant la doctrine des atomes
avec plaisir que -l'ancien auteur du livre de la de Démocrite, pour trouver une véritable unité.
Diète qu'on attribue à Hipocrate, avoit en Mais les atomes de matière sont contraires
trevu quelque chose de la vérité, lorsqu'il a dit à la raison: outre qu'ils sont encore composés
en termes exprès, que les animaux ne naissent de parties; puisque l'attachement invincible d'une
et ne meurent point, et que les choses qu'on partie à l'autre, (quand on le pourroit concevoir
croit commencer et périr, ne font que paroitre on supposer avec raison) ne dètruiroit point leur
et disparoitre. C'était aussi le sentiment de Par- diversité. 11 n'y a que les atonies de sub
ménide et de Mélisse chez Aristote. Car stance, c'est-à-dire, les unités réelles et abso
ces anciens étaient plus solides qu'on ne croit. lument destituées de parties, qui soient les sour
10. Je suis le mieux disposé du monde à rendre ces des actions, et les première principes absolus
justice aux modernes: cependant je trouve qu'ils ont de la composition des choses, et comme les der
jwrté la réforme trop loin; entre autres en con niers élémeus de l'analyse des substances. On
fondant les choses naturelles avec les artificielles, les ]x>urroit appeller points métaphysiques:
pour n'avoir pas eu d'assez grandes idées de la ils ont quelque chose de vital et une espèce
majesté de la Nature. Ils conçoivent que la dif de perception, et les points ma thématiques
férence qu'il y a entre ses inacliines et les nôtres, sont leur point de vue, pour exprimer l'Uni
n'est que du grand au petit. Ce qui a fait dire vers. Mais quand les substances corporelles sont
depuis peu à un très habile homme, auteur des resserrées, tous leurs organes ensemble ne fout
Entretiens sur la pluralité des Mondes, qu'un point physique à nôtre égard. Ainsi
qu'en regardant la Nature de près, on la trouve les points physiques ne sont indivisibles qu'en
moins admirable qu'on u'avoit cru, n'étant que apparence: les points mathématiques sont exacts,
comme la boutique d'un ouvrier. Je crois que mais ce ne sont que des modalités: il n'y a que
ce n'est pas en donner une idée assez digne d'elle les points métaphysiques ou de substance, (con
et il n'y a que nôtre système qui fasse connôitre stitués par les formes ou âmes) qui soient ex
enfin la véritable et immense distance qu'il y a acts et réels; et sans eux il n'y auroit rien de
entre les moindres productions et mécanismes de réel, puisque sans les véritables unités il n'y
la sagesse difinc, et entre les plus grands chefs- auroit point de multitude.
XXXVI. SYSTEME NOUVEAU etc. 127
12. Après avoir établi ces choses, je croyois propre fonds, par une parfaite spontanéité
entrer dans le port: mais lorsque je me mis à à l'égard d'elle-même, et pourtant avec une par
méditer sur l'union de l'âme avec le corps, je faite conformité aux choses de dehors. Et
fus comme rejette en pleine mer. Car je ne qu'ainsi nos sentimens intérieurs, c est-à-dire, qui
trouvois aucun moyen d'expliquer comment le sont dans l'âme même, et non dans le cerveau,
corps fait passer quelque chose dans l'âme, ou ni dans les parties subtiles du corps, n'étant que
vice, versa; ni comment une substance peut com des phénomènes suivis sur les êtres externes, ou
muniquer avec une autre substance créée. Mr. bien des apparences véritables et comme des
Descartes avoit quitté la partie là dessus, autant songes bien réglés, il faut que ces perceptions
qu'on le peut counoître par ses écrits: mais ses internes dans l'âme même, lui arrivent par sa
disciples voyant que l'opinion commune est in propre constitution originale, c'est-à-dire, par la
concevable, jugèrent que nous sentons les qua Nature représentative (capable d'exprimer les êtres
lités des corps, parceque Dieu fait naître des hors d'elle par rapport à ses organes) qui lui
pensées dans l'âme à l'occasion des mouvcmens a été donnée dès sa création, et qui fait sont
do la matière; et lorsque nôtre aine veut remuer caractère individuel. Et c'est ce qui fait que
le corps à son tour, ils jugèrent que c'est Dieu chacune de ces substances, représentant exacte
qui le remue pour elle. Kt comme la commu ment tout l'Univers à sa manière, et suivant un
nication des mouvements leur j>aroissoit encore certain point de vue; et les perceptions ou ex
inconcevable, ils ont cru que Dieu donne du pressions des choses externes arrivant à l'âme à
mouvement à un corps à l'occasion du mouve point nommé, en vertu de ses propres loix, comme
ment d'un autre corps. C'est ce qu'ils appel dans le monde à part, et comme s'il n'existoit
lent le Système des Causes occasionelles, rient que Dion et elle, (pour me servir de la
qui a été fort mis en vogue par les belles ré manière de parler d'une certaine personne d'une
flexions de l'Auteur de la Recherche de la Vé grande élévation d'esprit, dont la sainteté est
rité. célébrée); il y aura un parfait accord entre toutes
13. Il faut avouer qu'on a bien pénétré dans ces substances, qui fait le même effet qu'on re
la difficulté, en disant ce qui ne se peut point; marquerait si elles oommuniquoient ensemble par
mais il ne paroit pas qu'on l'ait levée en ex une transmission des espèces, ou des qualités
pliquant ce qui se fait effectivement. 11 est bien que le vulgaire des Philosophes imagine. De
vrai qu'il n'y a point d'influence réelle d'une plus, la masse organise'*, dans laquelle est le point
substance créée sur l'autre, en parlant selon la de vue de l'âme, étant exprimée plus prochaine
rigueur métaphysique, et que toutes les choses, ment, et se trouvant réciproquement prête à agir
avec toutes leurs réalités, sont continuellement d'elle-même, suivant les loix de la machine cor
produites par la vertu de Dieu; mais pour ré porelle, dans le moment que l'âme le veut, sans
soudre des problèmes, ce n'est pas assez d'em que l'un trouble les loix de l'autre, les esprits
ployer la cause générale, et de faire venir ce et le sang ayant justement alors les mouvemens
qn'on appelle Deum ex machina. Car lorsque qu'il leur faut pour répondre aux passions et
cela se fait sans qu'il y ait autre explication aux perceptions de l'âme; c'est ce rapport mu
qui se puisse tirer de l'ordre des causes secondes, tuel réglé par avance dans chaque substance de
c'est proprement recourir au miracle. En Philo l'Univers, qui produit ce que nous appelions leur
sophie il faut tâcher de rendre raison, en faisant communication, et qui fait uniquement l'union
connoitre de quelle façon les choses s'exécutent de l'âme et du corps. Et l'on peut entendre
par la sagesse divine, conformément à la notion par là comment l'âme a son siège dans le corps
du sujet dont il s'agit. par une présence inunédiate, qui ne sauroit être
14. Etant donc obligé ' d'accorder qu'il n'est plus grande, puisqu'elle y est comme l'unité est
pas possible que l'âme ou quelque autre véri dans le résultat des unités qui est la multitude.
table substance puisse recevoir quelque chose par 1 5 Cette hypothèse est très-possible. Car pour
dehors, si ce n'est par la toute -puissance divine, quoi Dieu ne pourroit-il pas donner d'abord à
je fus conduit insensiblement à un sentiment qui la substance une nature ou force interne qui lui
me surprit, mais qui paroit inévitable, et qui en pût produire par ordre, (comme dans un auto
effet a des avantages très -grands et des beau mate spirituel ou formel, mais libre en
tés très-considérables. C'est qu'il faut donc dire celle qui a la raison en partage) tout ce qui
que Dieu a crée d'abord l'âme, on toute autre lui arrivera, c'est-à-dire, toutes les apparences ou
unité réelle, en sorte que tout lui naisse de son expressions quelle aura, et cela sans le secours d'au
128 XXXVI. SYSTEME NOUVEAU etc.
cime créature? D'autant plus que la nature de la hypothèse recommandable, on peut dire que c'est
substance demande nécessairement et envelope es quelque chose de plus qu'une hypothèse; puisqu'il
sentiellement un progrèss ou un changement, sans ne paroit guère possible d'expliquer les chose d'une
lequel elle n'auroit point de force d'agir. Et cette autre manière intelligible, et que plusieurs gran
nature de l'aine étant représentative de l'Univers des difficultés qui ont jusqu'ici exercé les esprits,
d'une manière très- exacte, quoique plus ou moins semblent disparoitre d'elles-mêmes quand on Fa
distincte, la suite des représentations que l'âme se bien comprise. Les manières de parler ordinaires
produit, répondra naturellement à la suite des se sauvent encore très-bien. Car on peut dire que
cliangemens de l'Univers même : comme en échange la substance dont la disposition rend raison du
le corps a aussi été accommodé à l'âme, pour les changement, d'une manière intelligible (en sorte
rencontres où elle est conçue comme agissante au qu'on peut juger que c'est à elle que les autres ont
dehors; ce qui est d'autant plus raisonnable, que été accommodées en ce point dès le commence
les corps ne sont faits que pour les esprits seuls ment, selon l'ordre des décrets de Dieu), est celle
capables d'entrer en société avec Dieu, et de célé qu'on doit concevoir eu cela, comme agissante
brer sa gloire. Ainsi dès qu'on voit la possibilité ensuite sur les autres. Aussi l'action d'une sub
de cette hypothèse des accords, on voit aussi stance sur l'autre n'est pas une émission ni une
qu'elle est la plus raisonnable, et qu'elle donne une transplantation d'une entité, comme le vulgaire le
merveilleuse idée de l'harmonie de l'Univers, et de conçoit, et ne sauroit être prise raisonnablement
la perfections des ouvrages de Dieu. que de la manière que je viens de dire. 11 est vrai
16. 11 s'y trouve aussi ce grand avantage, qu'au qu'on conçoit fort bien dans la matière et des émis
lieu de dire , que nous ne sommes libres qu'en ap sions et des réceptions des parties, par lesquel les
parence et d'une manière suffisante à la pratique, on a raison d'expliquer mécaniquement tous les
comme plusieurs personnes d'esprit ont cru, il faut phénomènes de Physique; mais comme la masse
dire plutôt que nous ne sommes entraînés qu'en matérielle n'est pas une substance, il est visible que
apparence, et que dans la rigueur des expressions l'action à l'égard de la substance même ne sauroit
métaphysiques, nous sommes dans une parfaite in être que ce que je viens de dire.
dépendance à l'égard de l'influence de toutes les 18. Ces considérations, quelque métaphysiques
autres créatures. Ce qui met encore dans un jour qu'elles paraissent, ont encore un merveilleux usage
merveilleux l'immortalité do nôtre âme, et la con dans la Physique pour établir les loix du mouve;
servation toujours uniforme de nôtre individu, par ment, comme nos Dynamiques le pourront faire
faitement bien réglée par sa propre nature, à l'abri counoitrc. Car on peut dire que dans le choc des
de tout les accidens de dehors , quelque apparence corps chacun ne fouffre que par son propre ressort,
qu'il y ait du contraire. Jamais système n'a mis cause du mouvement qui est déjà en lui. Et
nôtre élévation dans une plus grande évidence. quant au mouvement absolu, rien ne peut le déter
Tout esprit étant comme un monde à part, suffisant miner mathématiquement, puisque tout termine en
à lui-même, indépendant de toute autre créature, rapports: ce qui fait qu'il y a toujours une par
envelopant l'infini, exprimant l'Univers, est aussi faite équivalence des hypothèses, comme dans
durable, aussi subsistant, et aussi absolu que l'Uni l'Astronomie; eu sorte que quelque nombre de
vers même des créatures. Ainsi on doit juger qu'il corps qu'on prenne, il est arbitraire d'assigner le
y doit toujours faire figure de la manière la plus propre repos ou un tel degré de vitesse à celui qu'on vou
à contribuer à la perfection de la société de tous dra choisir, sans que les phénomènes du mouve
les esprits, qui fait leur union morale dans la Cité ment droit, circulaire, ou composé, le puissent ré
de Dieu. On y trouve aussi une nouvelle preuve futer. Cependant il est raisonnable d'attribuer aux
de l'existence de Dieu, qui est d'une clarté surpre corps des véritables mouvemens, suivant la suppo
nante. Car ce parfait accord de tant de substances sition qui rend raison des phénomènes, de la ma
qui n'ont point de communication ensemble, ne nière la plus intelligible, cette dénomination étant
sauroit venir que de la cause commune. conforme à la notion de l'action, que nous venons
17. Outre tous ces avantages qui rendent cette d'établir.
XXXVII.
REPONSE
DE
MR TOUCHER A MR LEIBNIZ
SUR SON NOUVEAU SYSTEME DE LA COMMUNICATION DES SURSTANCES.

1695.
(.Journal des Savans 12. Sept. 1695. p. 422. Leibn. Opp. éd. Dutena Tom. II, P. 1. p. 102.)

Quoique vôtre système, Monsieur, ne soit pas perfection, ou l'achèvement d'un tout, lequel est
nouveau pour moi, et que je vous aye déclaré en destiné à quelques fonctions, étant organique: par
partie mon sentiment, en répondant a une lettre exemple, un horloge est un, un animal est un; et
que vous m'aviez écrite sur ce sujet il y a plus vous croyez donner le nom de formes substan
de dix ans, je ne laisserai pas de vous dire tielles aux unités naturelles des animaux et des
encore ici ce que j'en pense, puisque vous m'y in plantes, en sorte que les unités fassent leur indivi-
vitez de nouveau. duation, en les distinguant de tout autre composé.
La première partie ne tend qu'à faire reconnoi- Il me semble que vous avez raison de donner aux
tre dans toutes les substances des unités qui con animaux un principe d'individuatiou, autre que ce
stituent leurs réalités, et les distinguant des autres, lui qu'on a coutume de leur donner, qui n'est
forment, pour parler à la manière de l'école, leur que par raport à des accidens extérieurs. Efiecti-
i lui ividuat ion; et c'est ce que vous remarquez vement il faut que ce principe soit interne, tant
premièrement au sujet de la matière, ou de l'éten de la part de leur âme que de leur corps: mais
due. Je demeure d'accord avec vous, qu'on a rai quelque disposition qu'il puisse y avoir dans les
son de demander des unités qui fassent la compo organes de l'animal, cela ne suffit pas pour le ren
sition, et la réalité de 1 étendue. Car sans cela, dre sensible; car enfin tout cela ne regarde que
comme vous remarquez fort bien, une étendue tou la composition organique et machinale; et je ne
jours divisible, n'est qu'un composé chimérique, vois pas que vous ayez raison par là de constituer
dont les principes n'existent point, puisque sans un principe sensitif dans les bêtes, différent sub
unités il n'y a point de multitude véritablement. stantiellement de celui des hommes : et après tout
Cependant je m'étonne que l'on s'endorme sur cette ce n'est pas sans sujet que les Cartésiens reconnois-
question: car les principes essentiels de l'étendue sent que si on admet un principe sensitif, capable
ne sçauroient exister réellement En effet des de distinguer le bien du mal dans les animaux, il
points sans parties ne peuvent être dans l'Univers, est nécessaire aussi par conséquent d'y admettre
et deux points joints ensemble ne forment aucune de la raison, du discernement, et du jugement.
extension: il est impossible qu'aucune longueur Ainsi permettez-moi de vous dire, Monsieur, que
subsista sans largeur, ni aucune superficie sans pro cela ne résout point non plus la difficulté.
fondeur. Et il ne sert de rien d'aporter des points Venons à vôtre Concomitance, qui fait la
physiques, puisque ces points sont étendus, et ren principale, et la seconde partie de vôtre système.
ferment toutes les difficultés que l'on voudrait évi On vous accordera que Dieu, ce grand Artisan de
ter. Mais je ne m'arrêterai pas davantage sur l'Univers, peut si bien ajuster toutes les parties
ce sujet, sur lequel nous avons déjà disputé vous organiques du corps d'un homme, qu'elles soient
et moi dans les Journaux du seizième Mars 1693 capables de produire tous les mouvemens que l'âme
et du troisième Août de la même année. jointe à ce corps voudra produire dans le cours de
Vous aportez d'autre part une autre sorte d'uni sa vie, sans qu'elle ait le pouvoir de changer ces
tés, qui sont, à proprement parler, des unités de mouvemens, ni de les modifier en aucune manière,
composition, ou de relation, et qui regardent la et que réciproquement Dieu peut faire une con
17
130 XXXVII. FOUCHER CONTRE LE NOUV. SYST.
struction dans famé (soit que ce soit une machine a rien de commun entre les substances spirituelles,
d'une nouvelle espèce, ou non) par le moyen de et les corporelles, ne peuvent expliquer comment
laquelle toutes les pensées et modifications, qui cor les unes agissent sur les autres: et par conséquent
respondent à ces mouvemens, puissent naître suc ; ils en sont réduits à dire ce qu'ils disent. Mais
cessivement dans le même moment que le corps : vous, Monsieur, qui pourriez vous en démêler par
fera ses fonctions, et que cela n'est pas plus im d'autres voyes, je m'étonne de ce que vous vous
possible que de faire que deux horloges s'accordent embarrassez de leurs difficultés. Car qui est-ce
si bien, et agissent si uniformément, que dans le qui ne conçoit qu'une balance étant en équilibre,
moment que l'horloge A sonnera midi, l'horloge et sans action, si on ajoute un poids nouveau à l'un
B le sonne aussi, en sorte que l'on s'imagine que les des côtés, incontinent on voit du mouvement, et l'un
deux horloges ne soient conduits que par un même I des contrepoids fait monter l'autre, malgré l'effort
poids ou un même ressort. Mais après tout, à qu'il fait pour descendre. Vous concevez que les
quoi peut servir tout ce grand artifice dans les sub êtres matériels sont capables d'efforts, et de mou
stances, sinon pour faire croire que les unes agis vement; et il s'ensuit fort naturellement, que le plus
sent sur les autres, quoique cela ne soit pas J En grand effort doit surmonter le plus foible. D'autre
vérité il me semble que ce système n'est de guéres part vous reconuoissez aussi que les êtres spirituels
plus avantageux que celui des Cartésiens; et si on peuvent faire des efforts; et comme il n'y a point
a raison de rejetter le leur, parce qu'il suppose in d'effort qui ne suppose quelque résistance, il est né
utilement que Dieu considérant les mouvemens cessaire ou que cette résistance se trouve plus forte,
qu'il produit lui-même dans le corps, produit aussi ou plus foible; si plus forte, elle surmonte, si plus
dans l'âme des pensées qui correspondent à ces foible, elle cède. Or il n'est pas impossible que
mouvemens; comme s'il n'étoit pas plus digne de , l'esprit faisant effort pour mouvoir le corps, le
lui de produire tout d'un coup les pensées, et mo trouve muni d'un effort contraire qui lui résiste
difications de l'âme, sans qu'il y ait des corps qui tantôt plus, tantôt moins, et cela suffit pour faire
lui servent comme de règle, et pour ainsi dire, lui qu'il en soufre. C'est ainsi que St. Augustin
aprennent ce qu'l doit faire; n'aura -t- on pas sujet explique de dessein formé dans ses livres de la mu
de vous demander pourquoi Dieu ne se contente sique l'action des esprits sur les corps.
point de produire toutes les pensées, et modifica Je sçai qu'il y a bien encore des questions à
tions de l'âme; soit qu'il le fasse immédiatement faire avant que d'avoir résolu toutes celles que l'on
ou par artifice, comme vous voudriez, sans qu'il y peut agiter, depuis les premiers principes; tant il
ait des corps inutiles que l'esprit ne sçauroit ni re est vrai que l'on doit observer les loix des Acadé
muer ni conno'itreî jusques là que quand il n'arri- miciens, dont la seconde défend de mettre en que
veroit aucun mouvement dans ces coqis, l'âme ne stion les choses que l'on voit bien ne pouvoir dé
laisseroit pas toujours de penser qu'il y en auroit; cider, comme sont presque toutes celles dont nous
de même que ceux qui sont endormis eroyeut re venons de parler; non pas que ces questions soient
muer leurs membres, et marcher, lorsque néan absolument irrésolubles, mais parce qu'elles ne le
moins' ces membres sont en repos, ne se meu sont que dans un certain ordre, qui demande que
vent point du tout. Ainsi pendant la veille les les Philosophes commencent à s'accorder pour la
âmes demeureroient toujours persuadées que leurs marque infaillible de la vérité, et s'assujettissent
corps se mouvroient suivant leurs volontés, quoi aux démonstrations depuis les premiers principes :
que pourtant ces masses vaines et inutiles fus et en attendant, on peut toujours séparer ce que l'on
sent dans Tinaction, et demeurassent dans une con conçoit clairement et suffisamment, des autres points
tinuelle létargie. En vérité, Monsieur, ne voit -on ou sujets qui renferment quelque obscurité.
pas que ces opinions sont faites exprès, et que ces Voila, Monsieur, ce que je puis dire présente
systèmes venant après coup, n'ont été fabriqués ment de vôtre système, sans parler des autres
que pour sauver de certains principes dont on est beaux sujets que vous y traitez par occasion, et.
prévenu? En effet les Cartésiens suposant qu'il n'y qui mériteroient une discussion particulière.
XXXVIII.
ÉCLAIRCISSEMENT
DU

NOUVEAU SYSTEME
DE LA COMMUNICATION DES SUBSTANCES, POUR SERVIR DE REPONSE AU MEMOIRE DE
MK. FOUCHER, INSÉRÉ DANS LE JOURNAL DES SAVANS DU 12. SEPT. 1695.

1696.
(Journal des Savans ». et 9. Avr. 1696. v. 66. — Lelbn. Opp. éd. Dulens. Tgm. II. P. 1. p. 67.).

Je me souviens, Monsieur, que je crus satisfaire de la raison, si on lui donne du sentiment, vous
à vôtre désir, en vous communiquant mon hypo vous servez d'une conséquence, dont je ne vois
thèse de Pliilosophie, il y a plusieurs années, quoi point la force.
que ce fût eu vous témoignant en inèine tems que Vous reconnoissez avec une sincérité louable,
je u'avois pas encore résolu de l'avouer. Je vous que mon hypothèse de l'harmonie ou de la conco
en demandai votre sentiment en échange; mais je mitance est possible. Mais vous ne laissez pas d'y
ne me souviens pas d'avoir reçu de vous des obje- avoir quelque répugnance; sans doute parceque
ctious; autrement, étant docile comme je suis, je vous l'avez crue purement arbitraire, pour n avoir
ne vous aurois point donné sujet de me faire deux point été informé, qu'elle suit de mon sentiment
fois les mêmes. Cependant elles viennent encore des unités; car tout y est lié. Vous demandez
à tems après la publication. Car je ne suis pas donc, Monsieur, à quoi peut servir tout cet
de ceux à qui l'engagement tient lieu de raison, artifice, que j'attribue à l'Auteur de la Nature?
comme vous l'éprouverez quand vous pourrez avoir comme si on lui en pouvoit trop attribuer, et
apporté quelque raison précise et pressante contre comme si cette exacte correspondance que les sub
mes opinions; ce qui apparemment n'a pas été stances ont entre elles par les loix propres, que
vôtre dessein en cette occasion. Vous avez voulu chacune a reçues d'abord, nétoit pas une chose
parler en Académicien habile, et donner lieu par- admirablement belle en elle-même, et digne de
là ifaprofonclir les choses. son Auteur. Vous demandez aussi, quel avan
Je n'ai point voulu expliquer ici les principes tage j'y trouve1 Je pourrois me rapporter à ce
de l'étendue, mais ceux de l'étendu effe que j'en ai déjà dit; néanmoins je réponds pre
ctif, ou de la masse corporelle; et ces prin mièrement, que lorsqu'une chose ne saurait man
cipes, selon moi, sont les unités réelles, c'est- quer d'être, il n'est pas nécessaire pour l'admettre,
à-dire, les substances douées d'une véritable unité. qu'on demande à quoi elle peut servir? A quoi sert
L'unité d'une horloge, dont vous faites mention, est fincommensurabilité du côté avec la diagonale? Je
toute autre chez moi que celle d'un animal : celui - réponds en second lieu, que cette correspondance
ci pouvant être une substance douée d'une vérita sert à expliquer la communication des substances,
ble unité, comme ce qu'on appelle moi en nous; et l'union de l'âme avec le coq» par les loix de la
au lieu qu'une horloge n'est autre chose qu'un as Nature établies par avance, sans avoir recours ni à
semblage. Ce n'est pas dans la disposition des une transmission des espèces, qui est inconce
organes que je mets le principe sensitif des ani vable, ni à un nouveau secours de Dieu, qui
maux ; et je demeure d'accord qu'elle ne regarde paroit peu convenable. Car il faut savoir que
qne la masse corporelle. Aussi semble- 1 -il que comme il y a des loix da In Nature dans la
vous ne me donnez point de tort lorsque je de matière, il y en a aussi dans les âmes ou formes;
mande des unités véritables, et que cela me fait et ces loix portent ce que je viens de dire.
réhabiliter les formes substantielles. Mais lorsque On me demandera encore, d'où vient que Dieu
vous semblez dire que famé des bêtes doit avoir ne se contente point de produire toutes
17"
132 XXXVIII. ECLAIRCISSEMENT DU NOUV. SYST.
les pensées et les modifications de l'â des airs de nouveauté, que pour que j'y aye re
me, sans ces corps inutiles, que l'âme connu de l'utilité. Je ne sai, Monsieur, si vous
ne sauroit, dit-on, ni remuer ni connoi- avez assez mauvaise opinion de moi, pour m'attri
tre? La réponse est aisée. C'est que Dieu a voulu buer ces pensées. Car vous savez que j'aime la
qu'il y eût plutôt plus que moins de substances, et vérité, et que, si j'affectois tant les nouveautés,
qu'il a trouvé bon que ces modifications de j'aurois plus d'empressement à les produire, même
l'âme répondissent à quelque chose de dehors. 11 celles dont la solidité est reconnue. Mais afin
n'y a point de substance inutile; elles concourent que ceux qui me connoisscnt moins ne donnent
toutes au dessein de Dieu. Je n'ai garde aussi point à vos paroles un sens contraire à mes inten
d'admettre que l'âme ne connoit point les tions, il suffira de dire, qu'a mon avis il est im
corps, quoique cette connoissance se fasse sans possible d'expliquer autrement l'action éma
influence de l'un sur l'autre. Je ne ferai pas même nent e conforme aux loix de la Nature, et que j'ai
difficulté de dire que l'âme remue le corps; et cru que l'usage de mon hypothèse se reconnoitroit
comme un Copeivnicien parle véritablement du par la difficulté que des plus habiles Philosophes de
lever du Soleil, un Platonicien de la réalité de nôtre teins ont trouvée dans la communication des
la -matière, un Cartésien de celle des qualités esprits et des corps, et même des substances cor
sensibles, pourvu qu'on l'entende sainement, je porelles entr'elles : et je ne sai si vous n y en avez
crois de même qu'il est très -vrai de dire que les poiut trouvé vous-même. 11 est vrai qu'il y a, se
. substances agissent les unes sur les autres, pourvu lon moi, des efforts dans toutes les substances;
qu'on entende que l'une est cause des changemens mais ces efforts ne sont proprement que dans la
dans l'autre en conséquence des loix de l'Harmonie. substance même; et ce qui s'ensuit dans les autres,
Ce qui est objecté touchant la léthargie des n'est qu'en vertu d'une Harmonie préétablie
corps, qui seroient sans action pendant (s'il m'est permis d'employer ce mot), et nullement
que l'âme les croiroit en mouvement, ne ]»r une influence réelle, ou par une transmission
sauroit être, à cause de cette même correspondance de quelque espèce ou qualité. Comme j'ai expli
immanquable, que la Sagesse Divine a établie. Je qué ce que c'est que l'action et la passion, on peut
ne connois point ces masses vaines, inutiles inférer aussi ce que c'est que l'effort et la ré
et dans l'inaction, dont on parle. Il y a de sistance.
l'action par -tout, et je l'établis plus que la Philo Vous savez, dites -vous, Monsieur, qu'i 1 y a
sophie reçue; parceque je crois qu'il n'y a point bien encore des questions à faire, avant
de corps sans mouvement, ni de substance sans qu'on puisse décider celles que nous ve
effort. nons d'agiter. Mais peut - être trouverez - vous
Je n'entends pas en quoi consiste l'objection que je les ai déjà faites ; et je ne sai si vos Aca
comprise dans ces paroles: En vérité, Mon démiciens ont pratiqué avec plus de rigueur et plus
sieur, ne voit-on pas que ces opinions effectivement que moi, ce qu'il y a de bon dans
sont faites exprès, et que ces systèmes leur méthode. J'aproitfe fort qu'on cherche à dé
venant après coup n'ont été fabriqués montrer les vérités depuis les premiers principes:
qne pour sauver certains principes? cela est plus utile qu'on ne pense; et j'ai mis ce
Toutes les hypothèses sont faites exprès, et précepte en pratique. Ainsi j'applaudis à ce que
tous les systèmes viennent après coup, pour vous dites là dessus, et je voudrais que vôtre exem
sauver les phénomènes ou les apparences; mais ple portât nos Philosophes à y penser comme il
je ne vois pas quels sont les principes dont faut. J'ajouterai encore une réflexion, qui me
on dit que je suis prévenu, et que je veux paraît considérable pour mieux faire comprendre
sauver. Si cela veut dire que je suis porté la réalité ot l'usage de mou système. Vous savcx
à mon hypothèse encore par des raisons ;i que Mr. Descartes a cru qu'il se conserve la
priori, ou par de certains principes, comme même quantité de mouvement dans les corps. On
cela est ainsi en effet; c'est plutôt une ïoùange de a montré qu'il s'est trompé en cela ; mais j'ai fait
fhyjwthèse, qu'une objection. Il suffit communé voir qu'il est toujours vrai, qu'il se conserve la
ment, qu'une hypothèse se prouve à posteriori, même force mouvante, pour laquelle il avoit pris
parce qu'elle satisfait aux phénomènes ; mais quand la quantité du mouvement. Cependant les chan-
on en a encore des raisons d'ailleurs, et à priori, gemens qui se font dans le corps en conséquence
c'est tant mieux. Mais peut-être que cela veut des modifications de l'âme, l'embarrassèrent, parce
dire, que m'étant forgé une opinion nouvelle, j'ai qu'elles sembloient violer cette loi. E crut donc
été bien aise de l'employer, plutôt pour me donner avoir trouvé un expédient, qui est ingénieux en
XXXIX. SECOND ECLAIRCISSEMENT. 133
effet-, en disant qu'il faut distinguer entre le mou menant une ligne droite telle qu'il vous plaira, et
vement et la direction; ot que l'aine ne saurait prenant encore des corps tels et tant qu'il vous
augmenter ni diminuer la force mouvante, plaira; vous trouverez, en considérant tous ces
mais qu'elle change la direction, ou déter corps ensemble, sans omettre aucun de ceux qui
mination du cours des esprits animaux, et que agissent sur quelqu'un de ceux que vous avez pris,
c'est ])ar-là qu'arrivent les mouvemens volontaires. qu'il y aura toujours la même quantité de progrès
Il est vrai qu'il n'avoit garde d'expliquer comment du même côté dans toutes les parallèles à la droite
l'ait Pâme pour changer le cours des corps, cela pa que vous avez prise: prenant garde, qu'il faut esti
raissant aussi inconcevable, que de dire qu'elle mer la somme du progrès, en étant celui des corps
leur donne du mouvement, à moins qu'on n'ait re qui vont en sens contraire de celui de ceux qui
cours avec moi à l'Harmonie préétablie; mais il vont dans le sens qu'on a pris. Cette loi étant
faut savoir qu'il y a une autre loi de la Na aussi belle et aussi générale que l'autre, ne méri-
ture, que j'ai découverte et démontrée, et que toit pas non plus d'être violée : et c'est ce qui s'é
Mr. Descartes ne savoit pas: C'est qu'il se vite pour mon système, qui conserve la force et la
conserve non -seulement la même quantité de la direction; et en un mot toutes les loix naturelles
force mouvante, mais encore la même quan des corps, non obstant les changemens qui s'y font
tité de direction vers quel côté qu'on en conséquence de ceux de l'âme.
la prenne dans le monde '). Cest-à-dire:
:

') Vid. No. XXV. Jiot.

XXXIX.
SECOND ÉCLAIRCISSEMENT DU SYSTÈME
DE LA

COMMUNICATION DES SUBSTANCES.


1696.
(Histoire des Ouvrages des Savans Fevr. 1696. éd. ni. p. Î74. — I. ri n ii. Opp. éd. H ut "ii s. Tom 11.
P. I. p. 7l.).

Je vois bien, Monsieur, par vos réflexions, que mutuelle: la 2. est d'y attacher un ouvrier habile
ma pensée qu'un de mes amis a fait mettre dans qui les redresse, et les mette d'accord à tous mo-
le Journal de Paris a besoin d'éclaircissement. mens; la 3. est de fabriquer ces deux pendules
Vous ne comprenez pas, dites -vous, comment avec tant d'art et de justesse, qu'on se puisse as
je pourrois prouver ce que j'ai avancé touchant la surer de leur accord dans la suite. Mettez main
Communication, ou l'Harmonie de deux tenant l'âme et le corps à la place de ces deux
Substances aussi diflêrentes que l'âme et le pendules ; leur accord peut arriver par l'une de ces
corps. 11 est vrai que je crois en avoir trouvé le trois 'manières. La voyc d'influence est celle
moyen: et voici comment je prétends vous satis de la Philosophie vulgaire; mais comme l'on ne
faire. Figurez vous deux horloges on montres qui saurait concevoir des particules matérielles qui
s'accordent parfaitement. Or cela se peut faire de puissent passer d'une de ces substances dans l'au
trois manières. La 1 . consiste dans une influence tre, il faut abandonner ce sentiment, La voyc de
134 XL. TROISIEME ECLAIRCISSEMENT.
l'assistance continuelle du Créateur est celle du prévenant, dont nous voyons même des échantil
système des causes occasionnelles; mais je tiens lons parmi les hommes. Or supposé qu'il le puisse,
que c'est faire intervenir Deus ex Machina, vous voyez bien que cette voye est la plus belle et
dans une chose naturelle et ordinaire, où selon la la plus digne de lui. Vous avez soupçonné que
raison il ne doit concourir, que de la manière qu'il mon explication seroit opposée à l'idée si différente
concourt à toutes les autres choses naturelles. que nous avons de l'esprit et du corps; mais vous
Ainsi il ne reste que mon hypothèse, c'est-à-dire, voyez bien présentement que personne n'a mieux
que la voye de l'Harmonie. Dieu a fait dès le établi leur indépendance. Car tandis qu'on a été
commencement chacune de ces deux Substances obligé d'expliquer leur communication par une
de telle nature, qu'en ne suivant que ses propres manière de miracle, on a toujours donné lieu à
loix, qu'elle a reçues avec son être, elle s'accorde bien de gens de craindre que la distinction entre
pourtant avec l'autre, tout comme s'il y avoit une le corps et l'âme ne fût pas aussi réelle qu'on le
influence mutuelle, ou comme si Dieu y mettoit croit, puisque pour la soutenir il faut aller si loin.
toujours la main au delà de sou concours général. Je ne serai point fâché de sonder les personnes
Après cela je n'ai pas besoin de rien prouver, à éclairées, sur les pensées que je viens de vous ex
moins qu'on ne veuille exiger que je prouve que pliquer.
Dieu est assez Imbile, pour se servir de cet artifice

XL.
TROISIÈME ÉCLAIRCISSEMENT.
EXTRAIT D'UNE LETTRE DE MR LEIBNIZ
SUR SON HYPOTHÈSE DE PHILOSOPHIE ET SUR LE PROBLÈME CURIEUX, QU'UN DE
SES AMIS PROPOSE AUX MATHÉMATICIENS.

1696.
(Journal des Savans 19. Nov. 1696. p. 458. — Leibn. Opp. éd. Dulens. TOIII. II. P. i. p. 94.)

Quelques amis savans et pénétrans, ayant con La première façon, qui est celle de l'influence,
sidéré ma nouvelle hypothèse sur la grande question a été expérimentée par feu Mr. Huygens à son
de l'union de l'âme, et du corps, et l'a grand étonnement. 11 avoit deux grandes pendu
yant trouvée de conséquence, m'ont prié de donner les attachées à une même pièce de bois; les batte-
quelques éclaircissemens sur les difficultés qu'on niens continuels de ces pendules avoient communi
avoit faites, et qui venoiont de ce qu'on ne 1"avoit qué des tremblemens semblables aux particules du
pas bien entendue. J'ai cru qu'on pourroit rendre bois; mais ces tremblrmens divers ne pouvant pas
la chose intelligible à toute sorte d'esprits par la bien subsister dans leur ordre, et sans s'entr'em-
comparaison suivante. pècher, à moins que les pendules ne s'accordas
Figurez vous deux horloges ou deux montres, sent, il arrivoit par une espèce de merveille, que
qui s'accordent parfaitement. Or cela se peut lorsqu'on avoit même troublé leurs battemens tout
faire de trois façons. La première consiste exprès, elles retournoient bien -tôt à battre en
dans l'influence mutuelle d'une horloge sur l'autre ; semble, à peu près comme deux cordes qui sont à
la seconde dans le soin d'un homme qui y prend l'unisson.
garde; la troisième dans leur propre exactitude. La seconde manière de faire toujours ac-
XL. TROISIEME ECLAIRCISSEMENT. 135
corder deux horloges bien que mauvaises, pourra à l'autre jwr le plus court chemin, hormis dans le
être, d'y faire toujours prendre garde par nu ha seul cas, où les deux points se trouveront dans
bile ouvrier, qui les mette d'accord à tous rao- une même droite verticale, c'est à dire, l'un au
mens : et c'est ce que j'apelle la voye de l'assi zénith de' l'autre. Et j'ai remarqué que lorsqu'on
stance. prend le triangle rectangle Pitagorique ABC. dont
Enfin la troisième manière sera de faire d'a les côtés soient A B 3 verticale ou le cathése;
bord ces deux pendules avec tant d'art et de jus B C 4 horizontale ou la base; A C, 5, inclinés ou
tesse, qu'on se puisse assurer de leur accord dans la l'hypoténuse ; alors le corps pesant parviendra en
suite ; et c'est la voye du consentement préétabli. même tems du point A au point C, soit qu'il aille
Mettez maintenant l'âme et le corps à la place tout droit par l'hypoténuse, ou qu'il aille par le
de ces deux horloges. Leur accord ou sympathie circuit du cathése et de la base; continuant par
arrivera aussi par une de ces trois façons. La la base l'impétuosité conçue en descendant par le
voye de l'influence est celle de la Philoso cathése: ce qui se fera si l'angle B est arrondi
phie vulgaire; mais comme on ne sçauroit conce tant soit peu, afin que le globule descendant y
voir des particules matérielles, ni des espèces ou puisse passer du cathése sur la base sans heurter.
qualités immatérielles, qui puissent passer de Tune L'auteur du Problème (qui est Mr. Jean Ber-
de ces substances dans l'autre; on est obligé d'a iioi! I li Professeur à Groningue) a trouvé bon de
bandonner ce sentiment. La voye de l'assistance le proposer aux Mathématiciens, sur -tout à ceux
est celle du sistème des causes occasionnelles; qui se servent des méthodes différentes de la nô
mais je tiens que c'est faire venir Deum ex ma tre; et il attendra leurs solutions jusqu'après Pâ
china, dans une chose naturelle et ordinaire, où ques de l'année suivante. Si quelqu'un en trouve
selon la raison il ne doit intervenir que de la ma la solution, il est prié de ne la point publier avant