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SYNTHESE DU SHIKSHA-PATRI,

LA «
LETTRE D'INSTRUCTIONS »
DE BHAGAVAN SHRI SWAMI-NARAYAN
(1781-1830)
Shrî Swami-Narayan Mahârâj ouvre le Shikshapatri sur une invocation de Shrî Shrî Râdhâ-
Krishna, situés à Goloka Vrindavan, telles que débutent traditionnellement les Ecritures
sacrées Vishnouïstes.

Suite à cela sont cités les noms des disciples de Sa Divine Grâce Shrî Swami-Narayan à qui
est adressée cette « Lettre d'Instructions » spirituelle et divine, qui est une bénédiction de la
part du Seigneur, et écrite pour le bien de tous les êtres vivants.

Puis, le Seigneur, S'exprimant par la personne de Bhagavan Swami-Narayan, déclare que


ceux qui suivent les principes des Ecritures religieuses atteignent au bonheur, tandis que
ceux qui n'accordent pas leurs vies à ces principes, sont gagnés par le malheur, autant dans
cette vie que dans la (ou les) suivante.

Les premières des règles ou interdictions du Shikshapatri, sont à propos de ce que l'on dit
« ahimsâ », la non-violence. Selon ce principe spirituel, le plus haut de tous les devoirs, il
ne faut jamais:
ni tuer le moindre insecte,
ni tuer d'animal,
ni tuer d'être humain,
ni se suicider,
ni manger de chaire animale,
ni s'auto-mutiler ni mutiler en guise de punition.

Code de conduite. Suite à cela, le Seigneur prescrit d'autres interdictions, il ne faut donc
non plus:
ni voler même la chose la plus insignifiante,
ni adultérer,
ni s'alcooliser,
ni se droguer, même si c'est une drogue douce,
ni même fumer du tabac,
ni calomnier,
ni injurier ou parler grossièrement,
ni blasphémer ou scandaliser,
ni accepter de nourriture de la part d'une personne de caste inférieure, excepté dans la ville
de Jagannath Puri,
ni accepter de nourriture carnée ou d'alcool offert en sacrifice,
ni abandonner ses propres devoirs religieux,
ni faire les devoirs de pratiquants d'autres religions,
ni suivre une religion imaginée,
ni écouter de sermons qui nous détournent de notre dévotion,
ni révéler une vérité pouvant s'avérer destructrice,
ni accepter de pot-de-vin,
ni avoir de mauvaises fréquentations, mais les éviter totalement,
ni s'accompagner de gens qui utilisent la religion à des fins matérialistes,
ni écouter ou lire de discours qui controversent la religion,
ni boire d'eau non-filtrée,
ni se laver dans une eau infestée,
ni prendre de médicaments contenant de la viande ou de l'alcool,
ni accepter de médicaments de la part d'un inconnu,
ni salir les lieux publics (en crachant, urinant, déféquant, jetant des détritus etc.),
ni passer par des portes autres que celles utilisées pour entrer et sortir normalement,
ni dormir dans un lieu privé sans la permission du propriétaire,
ni écouter ou discuter de propos religieux donnés par le sexe opposé,
ni s'entretenir avec les rois ou leurs ministres,
ni insulter de personnes qui sont supérieures à soi,
ni insulter de personnes armées et donc susceptibles de nous tuer,
ni agir subitement par impulsion, (mais promptement quant aux devoirs religieux,)
ni commettre ce qui peut rompre la confiance qui nous est portée,
ni se faire d'éloge personnelle,
ni s'habiller trop légèrement ou indécemment,
ni rejeter les pratiques religieuses, par peur d'être calomnié ou pour d'autres idéaux.

Telles sont les règles de conduite données par Swami-Narayan dans le Shiksha-patri.
D'autres règles cette fois-ci se rapportent au culte et pratiques religieuses hindoues:
saluer respectueusement les temples de Shiva ou d'autres divinités, si l'on passe à proximité,
enseigner selon ce qu'on a appris personnellement,
s'accompagner de personnes saintes,
ne pas venir les mains vides auprès de personnes supérieures hiérarchiquement,
dans le temple, ne pas toucher les personnes du sexe opposé,
pour les initiés, porter un collier de perles en bois de tulasi,
pour les autres pratiquants, un collier de perles en bois de santal,
s'appliquer le signe distinctif des Vishnouïstes, le « tilaka »
pour les pratiquants d'autres traditions, garder le signe ou le collier requis dans leurs
traditions,
savoir que le Dieu Suprême est unique, qu'il soit appelé Vishnou, ou Shiva, ou Brahman.

Voici les devoirs matinaux de tout fidèle Vishnouïste, et même des fidèles qui ont qualité
semblable au roi Ambarisha, hautement dévoué:
se lever chaque jour avant que le soleil se lève,
chanter alors le nom de Shri Krishna ou une prière,
aller faire les besoins naturels,
se laver les dents,
prendre un bain (ou une douche) avec de l'eau propre,
revêtir des vêtements de dessous et de dessus,
s'asseoir en un lieu propre pour se gargariser,
appliquer le double trait vertical en « U » (tilaka) sur le front, ou pour les femmes le point
rouge, excepté les femmes veuves,
méditer sur l'adoration et le service rendu à Shri Krishna,
se prosterner devant l'image alors adorée de Radha-Krishna,
répéter le mantra du saint nom de Shri Krishna,
puis aller aux occupations et travaux de la journée.

Suite des règles du culte extérieur, ou des rituels:


adorer la forme représentant Shri Vishnou,
et lui offrir différentes choses, comme des fleurs, des fruits, du santal, etc., selon les
capacités, ainsi que le moment et le lieu,
lire et étudier des textes sanskrits, ou si le fidèle n'est pas sanscritiste
chanter en l'honneur de Krishna et réciter le nom de Krishna,
consacrer sa nourriture en offrande à Dieu, (prasada),
partager cette nourriture avec les fidèles,
se consacrer ou se dévouer avec amour à son service,
se consacrer totalement à Dieu, et être ainsi sans cesse lié à lui, donc situé au niveau
transcendantal,
même l'eau et la moindre nourriture (végétarienne) doivent lui être offertes,
les fidèles dans l'incapacité d'adorer l'image (la forme divine), doivent rendre mentalement
le culte si l'âge et la santé le permettent,
s'ils ne le peuvent, ils doivent confier cette image à des fidèles qui y sont aptes,
toutefois l'emphase est mise sur l'adoration mentale,
seule l'image de Krishna installée spécialement pour le culte doit être adorée,
se réunir au temple tôt dans la soirée pour chanter, à voix haute, pour Krishna,
écouter les enseignements et les récits de la vie du Seigneur Krishna,
avoir un accompagnement musical pour les chants des jours de festivités,
chaque jour, étudier les Écritures, du mieux de ses performances, que ce soit en sanskrit ou
dans sa langue maternelle.

Suite à cela, quelques règles de société, notamment de conduite envers les gens haut-
placés:
assigner quelqu'un au travail qu'il sait faire au mieux de ses possibilités,
procurer nourriture et vêtements à nos employés, ouvriers ou serviteurs, selon nos moyens,
saluer quelqu'un selon son statut, et selon le moment et le lieu,
toujours montrer un grand soin envers autrui et de l'humilité,
à la venue d'une personne de rang supérieur, se lever, lui offrir une place et l'accueillir
convenablement,
se tenir correctement devant une personne de rang supérieur ou une assemblée,
ne pas faire de discussion controverse avec un Acharya (maître spirituel),
le servir en lui offrant le nécessaire selon nos moyens,
à la venue d'un maître spirituel, aller à sa rencontre pour l'accueillir,
lors de son départ, l'accompagner jusqu'aux limites de la ville pour lui dire au-revoir,
si ce n'est pas en accord avec la religion (le dharma), ne pas agir pour profiter de plus (de
mérite ou de richesses),
ne pas suivre le mauvais exemple montré par les gens haut-placés
mais leur bon exemple s'ils adhérèrent à la morale religieuse,
ne pas dévoiler les secrets de quiconque,
traiter chacun comme il se doit selon son mérite, et non avec une impartialité aveugle.

Maintenant, concernant les évènements comme les jeûnes, festivités, pèlerinages etc.:
les huit pratiques des quatre mois de la mousson (réduits à un seul mois, Shravana, pour
ceux qui sont dans l'incapacité):
lire et
écouter les récits concernant le Seigneur,
chanter les gloires du Seigneur,
faire la « grande cérémonie » ou maha-pouja,
chanter le nom de Shri Vishnou, Krishna,
réciter des hymnes ou des versets sacrés,
circambuler autour de la forme divine (de Shri Vishnou),
se prosterner de tout son long (dandavat) devant la forme de Vishnou.
(L'on devrait accomplir au moins une de ces huit pratiques durant cette période).
Observer les jeûnes d'une journée (ékadashi) du calendrier Vaishnava,
et les vœux et cérémonies des festivités de Janma-sthami et de Shiva-ratri,
éviter le sommeil et les relations sexuelles lors de ces jours de jeûne
les recommandations de Shri Vitthala-Natha fils de Shri Vallabha Acharya sont à observer,
est enjoint de pérégriner en des lieux saints comme Dwaraka,
faire bon accueil et charité aux pauvres selon nos moyens,
Vishnou, Shiva, Ganesh, Parvati et le Soleil sont à respecter et à vénérer, comme
représentant un seul et unique Seigneur Dieu.
Quand une calamité est produite par les forces du mal, réciter le mantra de Narayan-
kavacha ou de Hanouman,
lors des éclipses de Soleil ou de Lune (néfastes):
laisser ses occupations, se purifier,
et répéter le nom de Krishna,
puis quand l'éclipse est passée,
prendre un bain avec ses habits,
donner en charité selon nos moyens,
ou simplement adorer le Seigneur,
une période d'impureté (soutaka) est à observer lors des naissance et décès de nos proches.

Concernant les quatre classes ou castes de la société hindoue (varna-ashrama dharma), ce


sont:
les brahmanes (sont les prêtres et intellectuels religieux),
les kshatriyas (sont les guerriers et administrateurs de l'Etat),
ces deux premiers se doivent de cultiver leurs qualités intrinsèques,
les vaishyas (sont les agriculteurs et commerçants)
et doivent agir comme leur prescrit les Ecritures sacrées,
les shoudras (sont serviteurs des 3 classes supérieures),
les « deux fois nés » (sont les trois classes supérieures)
et doivent accomplir les sacrements de purification (samskara), les rituels quotidiens, et les
offrandes aux ancêtres.
Chacun devrait expier et purger ses propres défauts ou péchés, qu'ils soient commis
consciemment ou inconsciemment.

Concernant les Ecrits sacrés de la tradition Vaïshnava (Vishnouïste), ce sont:


les quatre Védas,
le Védanta-soutra (aussi connu sous le nom du Brahma-soutra ou Vyasa-soutra),
le Shrimad Bhagavata Pourana,
les mille noms de Vishnou (dans le Mahabharata),
la Bhagavad-guita,
le code de conduite de Vidoura (Vidoura-niti),
le Vasoudeva-Mahatmya (dans le Skanda Pourana),
et la Yajñavalkya-Smriti (dans le Dharma-soutra).
Tels sont les huit Ecrits que Swami-Narayan voit comme authentiques.
Les fidèles doivent écouter et étudier ces Ecrits
auprès des « deux fois nés », qui doivent les enseigner,
le commentaire Mitakshara de la Yajñavalkya-Smriti est à consulter
car il fait autorité en matière de dharma (d'ordre et de loi religieuse),
les cinquième et dixième Chants du Shrimad Bhagavatam
aident bien à comprendre les gloires du Suprême,
ils forment avec la Yajñavalkya-Smriti, les Ecrits liés à la bhakti, au yoga et au dharma.
La science de l'âme et la philosophie de Swami-Narayan
est contenue dans les commentaires de Ramanouja Acharya
sur la Bhagavad-guita et le Védanta-soutra.
Les principaux sujets de ces huit Ecrits sont:
la gloire du Seigneur Shri Krishna
l'importance de la justice
la foi, la dévotion
et le retrait ou détachement (par rapport aux mondanités et aux gens du commun),
ces sujets sont plus élevés que tout autre, et donc de très grande importance.

Le texte se poursuit avec des enseignements sur des notions de théologie et concernant
l'adoration:
le dharma est la bonne conduite prescrite par les Ecritures,
la bhakti est amour et connaissance de Dieu, Shri Krishna,
le vaïragya consiste à se ne désirer et n'aimer que Krishna,
le jñana est la juste compréhension de ce que sont:
JIVA, l'âme omni-pénétrante et conscience atomique de l'être vivant, c'est éternel,
MAYA, la nature, le monde, apparences de vérité, et énergie externe de Shri Krishna,
qui est composée des trois modalités naturelles (gounas) et de l'ego (ahamkara),
ISHWAR, le maître suprême, Dieu, omniprésent, âme des âmes, cause des causes,
Ishwar est aussi Krishna, la Personnalité divine, source des incarnations divines, qui est le
plus cher à ses fidèles et est digne d'être adoré.
Quand Dieu est représenté avec un fidèle dévot, le nom de ce dernier se place avant le nom
de Dieu,
exemples: Radha-Krishna, Laxmi-Narayan, Nara-Narayan, etc.,
même si une notion de multiplicité est dans l'image ou la forme empruntée par Dieu, il n'en
reste pas moins unique, un seul et le même,
il est digne de l'adoration exclusive et du dévouement de tous les êtres vivants.
La sat-sanga, compagnie ou communion des saints, est très précieuse
car cela nous sauve de la dégénérescence et de la transmigration,
la méditation doit être portée exclusivement sur Shri Krishna, le Suprême, sur ses divines
incarnations (avataras), et non pas sur des êtres humains ordinaires,
la compréhension et l'identification au Soi (Atman-Brahman) et l'adoration ou l'aimable
service rendu à Krishna doivent aller de paire,
le dixième Chant du Bhagavatam est à lire et écouter quotidiennement, ou au moins une fois
par an,
la récitation du Bhagavatam, du Vishnou-sahasra-nama ou de toute autre Ecriture, doit
s'effectuer dans un lieu saint,
notre école philosophique et tradition est celle de Shri Ramanouja Acharya,
la demeure paradisiaque désirée est Goloka,
servir éternellement Shri Krishna en demeurant conscient du Soi Suprême, est la véritable
libération (moukti).

Autres instructions diverses:


lors de moindres difficultés, ne pas se référer aux prescriptions pour les sérieux problèmes,
lors de grandes catastrophes et tragédie, il faut répondre par un conduite juste afin de se
préserver soi-même et de préserver autrui,
les questions de droit et d'expiation des péchés, sont à analyser selon la situation
particulière, le temps et le lieu, l'âge, la propriété, la capacité, etc.

Ainsi finit la première partie du Shiksha-patri, les enseignements généraux donnés à


l'ensemble des fidèles, et maintenant vient une deuxième partie (versets 122-212), les
conseils particuliers à différentes catégories de fidèles.

Les Acharyas descendants mâles de la famille de Swami-Narayan, ne doivent:


ni initier ni enseigner aux femmes, excepté les leurs ou leurs proches,
ni discuter ou avoir un contact physique avec les autres femmes,
ni montrer de la cruauté envers quiconque,
ni collecter des richesses pour autrui,
ni se porter garant pour autrui dans des affaires sociales,
ni faire d'emprunts ni avoir de dettes (mais ils peuvent toutefois vivre de la charité),
ni revendre les donations d'aliments (il y a toutefois possibilité d'échanger ce qui est ancien
contre du neuf),
mais ils doivent:
faire l'adoration de Ganesh et de Hanouman à des dates précises,
préserver la tradition de Swami-Narayan, puisqu'ils en sont les maîtres spirituels,
donner l'initiation à tous ceux qui ont soif de spiritualité,
inspirer chaque fidèle de manière appropriée, par l'exemple de leurs prédécesseurs,
se soutenir mutuellement dans leurs responsabilités et
soutenir les lois du dharma,
avec un grand respect pour les sadhous (saints hommes),
poursuivre l'étude de la littérature Vishnouïste dans la dignité,
adorer les formes sacrées de Shri Vishnou installées dans les grands temples,
nourrir ceux qui viennent à eux au temple avec le besoin de se nourrir, selon leurs
capacités,
instaurer des écoles et faire que des étudiants diplômés donnent l'enseignement
car la propagation de l'éducation et de la vrai connaissance est de grand mérite.

Les femmes de ces Acharyas, ne doivent:


ni initier d'hommes (mais seulement des femmes, selon les conseils de leurs maris),
ni avoir de contact physique, ni discuter avec, ni montrer leur visage à d'autres hommes que
leurs proches.

Les chefs de famille, ne doivent:


ni avoir de contact physique avec des femmes veuves qui ne sont pas de leur proche famille,
ni rester en la compagnie de jeunes femmes de leur famille en des lieux isolés
excepté si c'est impossible de faire autrement,
ni donner leur femme à autrui quelle qu'en soit la raison,
ni s'accompagner d'une femme qui soit en relation avec un roi,
mais ils doivent:
accueillir et offrir le repas à leurs hôtes, selon leurs moyens,
accomplir les rites d'offrandes aux dévas et aux pitris (dieux et ancêtres),
servir au mieux, et durant toute leur vie, leurs parents, maître spirituel, et les personnes
malades ou souffrantes.
Tous doivent s'occuper (travailler) selon leur catégorie sociale et leurs capacités.
Parmi ces chefs de famille, les agriculteurs et commerçants, ne doivent:
jamais castrer leur bétail,
mais, stocker du grain pour plus tard pour leurs familles, selon leurs moyens,
stocker aussi du foin pour leur bétail,
avoir du bétail ou des chevaux seulement s'ils peuvent les nourrir et les abreuver,
mettre à l'écrit les transactions (de propriété ou d'argent) avec témoins, même s'il le font
avec leurs proches ou amis,
pour une dot ou des frais de mariage, un document écrit et des témoins sont requis, et non
un simple agrément oral,
les dépenses ne doivent pas excéder le revenu, ne pas dépenser plus que l'on gagne, sinon
l'on risque de vivre misérablement,
tenir à jour et ajourner un cahier de comptes (débits et crédits),
donner un dixième de ce que l'on gagne ou si l'on est pauvre, un vingtième, en argent ou
nourriture,
les employés doit recevoir leur paye comme il en a été convenu, et ils ne doivent pas être
sous-payés,
le règlement d'une dette n'a pas à être tenu secret, mais devrait être annoncé,
ne pas faire d'affaire avec des gens malhonnêtes ou sans scrupule.
Toujours pour les chefs de famille:
faire les observances (vrattas) et cérémonies des jours de festivités et de jeûne,
accomplir la maha-pouja de Shri Shiva, au mois sacré de Shravana, ou demander à
quelqu'un de le faire pour eux,
ne pas emprunter d'affaires et ustensiles appartenant à l'Acharya ou au temple,
voyageant pour visiter un lieu ou un être saint, ne pas accepter la nourriture offerte par
autrui (mais plutôt l'acheter par soi-même), sinon le pèlerinage perd son mérite,
si vos biens ou votre vie sont en danger à cause d'une famine, d'une situation conflictuelle
ou de la tyrannie d'un régent
vous aurez j'espère la sagesse de quitter votre lieu de vie, même si c'est votre pays natal et
que vous y avez longtemps vécu, et ayant ainsi migré ailleurs, d'y vivre en paix.
Les riches chefs de famille doivent:
accomplir des rituels de sacrifices non-violents (yajñas) pour satisfaire Dieu,
faire des dons et nourrir les brahmanes et les saints lors des jours de festivités,
célébrer les grandes occasions de festivités dans les temples (mandirs) et faire alors de
généreux dons (aux brahmanes).
Les régents, ou kshatriyas (administrateurs de l'état) parmi les chefs de famille, doivent:
gouverner selon la loi (ou dharma) des Ecritures,
protéger leurs sujets comme s'ils étaient leurs propres enfants,
établir (ou rétablir) et soutenir les droits et devoirs (moraux et religieux) du peuple dans
son pays,
connaître parfaitement son rôle de régent, son gouvernement, son peuple et ses
convenances sociales,
savoir reconnaître les hommes sages et vertueux des autres,
être capable de déterminer judicieusement qui est coupable et qui est innocent.

Les femmes mariées (dont le mari est vivant) doivent:


le servir aimablement, avec grand respect, comme si elles servaient Dieu,
ne jamais lui parler méchamment, ou grossièrement, (même s'il apparaît aveugle, malade,
pauvre, faible etc.),
éviter les rencontres avec des hommes beaux, jeunes, riches, etc.,
ne jamais exposer leur ventre, leur poitrine ou leurs cuisses au regard des hommes,
mais se garder toujours entièrement revêtues,
éviter de regarder ce qui est obscène,
et éviter la compagnie de femmes immorales, vulgaires etc...
quand leur mari est en voyage pour quelques temps:
ne pas se vêtir luxueusement et porter des bijoux,
ne pas se rendre dans la maison d'autrui,
rester sobre dans ses paroles (ou éviter les plaisanteries et les bavardages).

Les femmes veuves doivent:


servir Dieu comme si elles servaient leur mari de son vivant,
se conduire selon les conseils de leurs proches et ne pas s'opposer à leurs directives,
n'avoir de contact physique ou de discussion avec aucun homme si ce n'est leurs proches,
mais avoir un contact physique avec un bébé, un animal, ou un vieillard, n'est pas coupable,
ne recevoir de sermons ou de conseils d'aucun homme hormis leurs proches,
maîtriser leurs désirs et leurs sens en pratiquant de manière répétée le jeûne ou d'autres
vœux,
si elles ont juste assez pour vivre, ne pas faire de donations,
si elles ont un excédant de fonds elles peuvent le faire,
manger et dormir de façon très rudimentaire (un repas par jour et dormir sur le sol),
ne pas regarder d'animaux, d'oiseaux, qui s'accouplent,
se vêtir simplement, mais pas de la même manière qu'une femme mariée, ou qu'une ascète,
se vêtir selon les coutumes du pays et de la tradition familiale,
éviter d'entrer en contact ou de discuter avec des femmes qui pratiquent l'avortement,
éviter de parler des hommes de manière sensuelle,
éviter d'écouter parler de cette manière,
ne pas rester seule (ou dans un lieu isolé) avec un jeune homme même s'il est de la famille,
sauf en des circonstances extrêmes,
ne pas participer au festival des couleurs (Holi, au printemps),
ni porter de bijoux, etc., ni de belles soieries incrustées d'or ou d'argent.

Les femmes, mariées ou veuves, ne doivent:


pas se baigner nues.
Les femmes qui ont leurs périodes, doivent:
ne pas le cacher,
ne toucher à rien ni personne durant les trois premiers jours,
prendre un bain pour se purifier le quatrième jour.
Les sadhous (saints hommes, ou renonçants) et les naïshthika-brahmacharis (personnes
ayant fait vœu de célibat perpétuel), ne doivent:
ni avoir de contact physique avec, ni échanger de paroles avec, ni regarder une femme,
ni discuter de, ni prêter l'oreille à leur propos,
ni se baigner où il y a des femmes,
ni toucher ni regarder d'image ou de statue de femme, sauf s'il s'agit d'une déité,
ni créer d'images ou de statue de femme,
ni toucher à des vêtements de femme,
ni regarder d'animaux ou d'oiseaux s'accoupler,
ni avoir de contact physique ni discuter avec ni regarder une personne déguisée en femme,
ni chanter en compagnie d'une femme,
ni écouter les propos d'un maître spirituel qui risquent de faire rompre le vœu de célibat,
mais toujours rester calme, patient et humble,
si une femme insiste pour s'approcher, lui dire de s'en aller, en pouvant user d'un ton ferme,
de sorte qu'il n'y ait pas de contact physique,
dans les cas d'extrême difficulté ou de péril, pour que vos vies soient sauves, vous pouvez
toutefois avoir un contact physique ou échanger des paroles,
ne pas se huiler le corps (pour un massage par exemple),
ni porter d'armes, ou de vêtements pouvant effrayer les gens,
contrôler la langue, le sens du goût,
ne pas accepter de repas servit par une femme,
mais chercher de la nourriture où elle est servie par un brahmane,
toujours continuer la pratique du svadhyaya ou l'étude et la récitation des Ecritures
sacrées,
servir avec respect le maître spirituel,
et éviter la compagnie autant des femmes que des personnes efféminées.

Les brahmanes, ne doivent:


ni consommer de l'eau ou des aliments qui ont été en contact avec du cuir,
ni consommer d'oignons, d'ail, ou ce qui est interdit dans les Ecritures,
ni manger sans avoir déjà fait:
des ablutions,
une prière (sandhya),
la récitation du mantra de la Gayatri,
et un rituel d'adoration pour Shri Vishnou.

Les sadhous, doivent en plus de cela:


observer les règles d'abstinences concernant les femmes,
contrôler leurs ennemis intérieurs (kama, krodha, etc.),
maîtriser chacun de leurs sens, et plus spécialement le goût,
ne jamais amasser des biens ou des richesses,
ni en accepter de quelqu'un ni en entreposer chez quelqu'un,
mais rester patient, et tolérant tous les êtres,
ne pas accepter qu'une femme rentre en leur demeure,
ni se déplacer seul, excepté en situation extrême,
mais toujours se déplacer accompagné, que ce soit de nuit ou de jour,
ne pas se vêtir d'habits extravagants, ou magnifiques, ou encore très couteux, même si cela
nous a été offert,
c'est seulement dans le but de demander la charité ou de donner un sermon, qu'ils peuvent
se rendre chez les familles,
toujours s'occuper, sans perdre un seul moment, aux neuf activités de la bhakti,
aller mendier de la nourriture (bhiksha) où elle est servie uniquement par des hommes, non
par des femmes,
et si c'est impossible mendier de la nourriture qu'ils préparent eux-même,
suivre l'exemple du saint paramahamsa Jada-Bharata (qu'on trouve dans le Bhagavata et le
Vishnou Pourana) dont l'idéal était de vivre avec indifférence concernant les nécessités de
la vie mondaine.

Les sadhous et les naïshthika-brahmacharis, doivent de plus:


s'abstenir strictement de toute drogue, y-compris le bétel et le tabac,
ni consommer de nourriture lors des rituels dits samskaras, des cérémonies funéraires et
lors de celle du 12ème jour après un décès,
ni dormir au cours de la journée, exception faite pour les personnes souffrantes,
ni prendre part à, ni écouter des bavardages ou des commérages,
ni dormir sur un lit, exception faite si la personne est souffrante,
mais avoir une attitude franche, juste et simple devant les autres sadhous,
s'il arrive qu'une personne vous insulte ou vous frappe, sans raison, restez patients et
tolérants, et soyez bienveillants et bienfaisants envers vos agresseurs,
n'ayez dans ces cas là aucune mauvaise pensée à leur encontre,
ne pas agir de façon trompeuse ou rusée
ni faire d'espionnage ou de scandale,
et ne jamais être égoïste, injuste, ou arrogant,
ni trop attachés à leurs proches (qu'ils abandonnèrent quand ils firent le vœu de se
consacrer à Dieu).

Tel est le Shiksha-patri, la Lettre d'instructions, contenant l'essence des Ecritures


védiques. Il a été écrit sous forme concise, et les versets d'autres Ecritures de la tradition de
Swami-Narayan peuvent l'expliquer plus amplement. Les fidèles de Swami-Narayan doivent
l'étudier et le lire quotidiennement. S'ils ne le peuvent pas, quelqu'un doit leur faire la
lecture. Sinon ils doivent rendre leur hommage et vénérer ce Livre sacré (même juste
mentalement).

Que les fidèles, hommes et femmes, respectent scrupuleusement ces préceptes, et ils
atteindront tout succès désiré. Mais qu'ils ne respectent pas ces préceptes, et ils seront exclus
de la communauté. Ce Livre sacré doit être remis à ceux et celles qui possèdent des qualités
divines, mais jamais à ceux et celles qui possèdent une nature malsaine.

Ces versets ont été écrits en 1882 du calendrier Vikrama, soit le 12 Février 1826 après
Jésus-Christ.

Que Shri Krishna bénisse les lecteurs.

FIN DE LA SYNTHESE DU SHIKSHA-PATRI,


LA LETTRE D'INSTRUCTIONS DE SHRI SWAMI-NARAYAN.