Vous êtes sur la page 1sur 14

SOMMAIRE

INTRODUCTION................................................................................................................................1

CHAPITRE I : GENERALITES SUR LA GEOMECANIQUE...................................................3


I.1. ETAT DE CONTRAINTES EN UN POINT..........................................................................................3
a). Contraintes et directions principales......................................................................................5
b). Cercle de Mohr.......................................................................................................................6
I.2. ETAT DE DÉFORMATIONS EN UN POINT.......................................................................................8
I.3. ELASTICITÉ LINÉAIRE.................................................................................................................9
I.4. PROPRIETÉES PORO-ÉLASTIQUES..............................................................................................11

CHAPITRE II : PROPRIETES MECANIQUES DE LA ROCHE.............................................14


II.1. PARAMÈTRES ÉLASTIQUES......................................................................................................14
II.2. ESTIMATION DES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES............................................................................16
II.3. CORRÉLATIONS DE CALCUL ....................................................................................................18

CHAPITRE III : ANALYSE DE LA STABILITE DES PAROIS D’UN PUITS........................23


III.1.ETAT DE CONTRAINTES AUTOUR D’UN PUITS.........................................................................23
a)- Puits vertical........................................................................................................................23
b) - Puits dévié............................................................................................................................26
III.2. EFFET DE LA BOUE.................................................................................................................28
a). Effet mécanique.....................................................................................................................28
b). Effet thermique......................................................................................................................29
III.3. EFFET DE LA PRESSION INTERSTITIELLE DE LA ROCHE..........................................................30
III.4. EFFET DES FORCES D’ÉCOULEMENT ......................................................................................31
III.5. CRITÈRES ET MODES DE RUPTURE.........................................................................................32
a). Critère de Mohr-Coulomb.....................................................................................................32
b). Modes de rupture..................................................................................................................35
III.6. CONTRAINTES PRINCIPALES ET PRESSION DES PORES............................................................36
a). Contrainte verticale..............................................................................................................37
b). Contraintes horizontales majeure et mineure.......................................................................38
c). Pression des pores.................................................................................................................41

CHAPITRE IV : ETUDE DE CAS.................................................................................................44


IV.1. MÉTHODOLOGIE DE L’ÉTUDE.................................................................................................44
IV.2.1ER CAS : CHAMP DE HASSI MESSAOUD..................................................................................46
a).Présentation du champ...........................................................................................................46
b)-Etude de cas...........................................................................................................................55
IV.3. 2EME CAS : CHAMP DE BERKAOUI............................................................................................78
a). Présentation du champ..........................................................................................................78
b). Etude de cas..........................................................................................................................80

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS.............................................................................87
CONCLUSION FINALE...................................................................................................................89
Chapitre IV Etude de cas
- Application de L’UBD

Le forage conventionnel en overbalanced, où la pression du fluide de forage est supérieure à celle des fluides des pores, a été
appliquée sur le champ de Hassi Messaoud depuis sa découverte et son exploitation il y’a presque 45 ans, puisque c’était la technique la plus
connue par sa sécurité pour le forage d’un puits. Cependant elle avait plusieurs inconvénients causés par l’invasion du fluide de forage dans
les formations, causant l’endommagement du réservoir, en plus, la déplétion de plusieurs zones dans le champ a diminué les bénéfices de
cette technique.

L’utilisation de l’UBD dans les drains horizontaux dans le réservoir cambrien de Hassi Messaoud a permet de diminuer largement les
problèmes causés par le forage en surpression, d’augmenter les bénéfices et par conséquent améliorer les prix de revient.

Généralités :

L’underbalanced drilling ou le forage en dépression, appelé aussi forage sous l’équilibre, est une technique de forage qui permet
d’avoir intentionnellement la pression de fond exercée par le fluide de forage inférieure à la pression dans les pores, permettant ainsi
,l’écoulement des fluides durant le forage .

L’intérêt de cette technique en plus de minimiser la perte de circulation et augmenter la vitesse d’avancement (ROP) est la diminution
de l’endommagement causé par l’invasion du fluide de forage dans la formation et ses avantages dus à la diminution du temps de forage,
l’augmentation de la durée de vie de l’outil et la détection immédiate des intervalles productifs pendant le forage.

Inconvénients :

Comme toute technique utilisée, l’UBD à plusieurs inconvénients qui sont :

 Complexité des opérations et l’utilisation des équipements spéciaux : tels que les installations du nitrogène, les BOP rotatifs etc.…
 L’analyse des risques doit balancer le coût des équipements élevé contre la diminution des coûts de forage et l’amélioration de la
Chapitre IV Etude de cas
production.
 Le problème du nettoyage du fond du puits : Un bon nettoyage du fond du puits est primordial pour un bon déroulement du forage,
surtout au niveau du drain pour éviter le dépôt des cuttings et le coincement de la garniture. En réalité le nettoyage à l’air est presque le
meilleur nettoyage de fond de puits en cours de forage , mais le problème se pose lors des manœuvres de remontée et de descente, pour
cela il faut ajouter des bouchons visqueux utilisés toujours avant les manœuvres.

D’autres problèmes peuvent se poser comme la corrosion, le risque d’incendie au fond du puits et le mauvais fonctionnement des
appareils de logging par exemple le MWD (Measurment While Drilling)

Le problème majeur de l’UBD est l’instabilité des parois, où l’écoulement des fluides agit sur les contraintes au niveau des parois et
provoque la rupture et le cavage du puits au niveau du drain horizontal.

En pratique, il existe une limite de différence de pression appelée couramment le draw-down calculé de telle façon que si on le
dépasse, la rupture des parois aura lieu (fig.IV.4).
Pour cela une étude de stabilité dans ce sens est nécessaire pour définir le meilleur draw-down d’où la densité critique ainsi que le
profil optimal du forage.
Chapitre IV Etude de cas

Fig. IV.4 Fenêtre opérationnelle de pression en UBD


(DP/HMD)

- Modèle d’analyse de stabilité

Dans notre étude nous avons utilisé un programme informatique pour l’évaluation de la stabilité de la roche au niveau des parois, ce
programme suit les étapes suivantes :

1/- Acquisition des données et des logs : avant toute étude nous devons avoir :
- Les diagraphies nécessaires pour l’estimation des paramètres mécaniques et la densité de la roche.
- La lithologie des formations, les magnitudes et orientations des contraintes en place et la pression de pores qui sont données par un
modèle géomécanique pour le champ de Hassi Messaoud.
2/- Calcul des contraintes au niveau des parois en appliquant les équations citées dans le chapitreIII.

3/- Comparer l’état de contraintes avec le critère de rupture Mohr-Coulomb pour déterminer les zones instables que se soit en traction ou en
cisaillement.

4/- Déduire les paramètres de stabilité qui sont essentiellement la densité de boue, ainsi que l’inclinaison et l’azimut du puits. Ces paramètres
sont déterminés en admettant que le cavage maximal est de 10% du diamètre nominal du trou du forage

L’organigramme du programme est donné dans la figure (IV.5) ci dessous :


Chapitre IV Etude de cas

Fig. IV.7. Comparaison entre le caliper réel et simulé- Puits 2 et 3


Chapitre IV Etude de cas

B. Possibilité d’application de l’UBD

Notre but dans cette partie est de vérifier si nous pouvons appliquer l’underbalanced dans le
forage du réservoir dans un puits d’exploration de point de vue stabilité dans le champ de Hassi
Messaoud. Le manque des données et des logs soniques nous a obligé de prendre un puits dans le
champ de Berkaoui.

Pour ce cas nous avons exclu le forage en UBD à cause de la présence des bancs d’argiles
noires et qui constituent un grand risque d’instabilité à cause de la pression de pores anormalement
élevée dans ces roches. Mais cette technique peut être envisagée si on est dans le cas du forage du
réservoir où il n’y a pas présence de couches d’argiles importantes.

C. Analyse de la stabilité

Pour l’étude de ce cas nous avons réalisé deux simulations :

- Imagerie des parois du puits au niveau du réservoir pour deux densités d=1.46 et d=1.28, la
première est la densité avec la quelle on a foré le puits et la deuxième est la densité à l’équilibre (at
balanced).

- Simulation des zones instables en fonction de la densité (d=1.28 et 1.46) et l’angle de


visualisation.

55
Chapitre IV Etude de cas

C.1.Interprétation des résultats :

UCS (MPa)
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 130
3200
D e n s ité = 1 .4 6 D e n s ité = 1 .2 8

3300 -3 3 0 0 -3 3 0 0

3400 -3 4 0 0 -3 4 0 0

3500 -3 5 0 0 -3 5 0 0

3600 -3 6 0 0 -3 6 0 0
Profondeur z (m)

3700 -3 7 0 0 -3 7 0 0

3800 -3 8 0 0 -3 8 0 0

3900 -3 9 0 0 -3 9 0 0

4000 -4 0 0 0 -4 0 0 0

4100 -4 1 0 0 -4 1 0 0
0 90 180 270 360 0 90 180 270 360

4200

Fig. IV.35.UCS en fonction de la profondeur Fig IV.36.Imageries

D’après les imageries obtenues et le log de l’UCS calculé, on voit que les parois ont tendance à
se rompre en traction de la profondeur 3280 à 3580m, puisque les zones instables sont dans le sens
de la contrainte horizontale maximale, ces zones diminuent en diminuant la densité de forage.

De 3540m à 3580m on remarque une très grande instabilité tout au long des parois, cela est dû
à la faible valeur de l’UCS dans cette zone puisque la formation est une argile de faible résistance
mécanique.

De 3580m à 3840m on retrouve une zone stable, cette dernière correspond à des grés avec
présence d’argiles mais avec un grand UCS.

56
Chapitre IV Etude de cas

De 3840m à 3940m les parois risquent de se romprent par cisaillement et seront stables dans
toute la partie inférieure.

Simulation de la zone instable Simulation de la zone instable


Densité=1,46 Densité=1,28
Diametre(in) Diametre (in)
6 7 8 9 10 11 12 13 14 6 7 8 9 10 11 12 13 14
3200 3200

3300 3300

3400 3400

3500 3500

3600 3600
6"
Profondeur (m)

Profondeur (m)

7"
3700 3700 teta=0°
teta=30°
teta=60°
3800 3800
teta=90°

3900 3900

4000 4000

4100 4100

4200 4200

Fig. IV.37. Zones instables en fonction de la profondeur (Puits d’exploration)

57
D’après la figure (IV.37), nous constatons que la simulation des zones instables avec les deux
densités 1.46 et 1.28 confirme celle des imageries de ce même puits.

Nous remarquons qu’il y a une grande instabilité dans la partie supérieure surtout dans la
direction de la contrainte horizontale majeure (rupture par traction), ces zones diminuent tout en
diminuant la densité de forage.

Nous observons aussi deux zones où il y a risque de cavage, ces zones augmentent avec la
diminution de la densité (rupture par cisaillement), la première zone se situe de la profondeur
3540m jusqu’à 3580m correspondant au banc d’argiles où on remarque une grande instabilité et la
deuxième se trouve à la profondeur 3860m jusqu’à 3940m.

Ceci, nous ramène à dire qu’il y a deux mécanismes de rupture différents, l’un par
cisaillement dans le sens de la contrainte horizontale mineure dans la zone inférieure et l’autre par
traction dans la direction de la contrainte horizontale majeure dans la zone supérieure.

Ce qu’on note aussi c’est que la rupture soit par traction ou par cisaillement est inversement
proportionnelle à la valeur de la résistance à la compression simple. Une valeur de l’UCS
inférieure à 60 MPa peut causer une instabilité qui peut aller jusqu’à 14 de profondeur.

Conclusion

Pour ce puits d’exploration qui est vertical, la simulation nous indique qu’il y a deux types
de rupture (deux zones). Ceci dans la mesure où ces ruptures sont à 90° et 0°, quand on augmente
la densité de 1.28 à 1.46 une zone de rupture diminue (zone inférieure) et une autre zone augmente
(zone supérieure). Donc on peut dire que :

- Pour le forage de ce puits il y a risque d’avoir des cavages et des retombées dans la partie
inférieure et risque de perte dans la partie supérieure. En d’autre terme la fenêtre de densité
est très réduite, sinon inexistante. Dans ce cas, il faudra mieux se rapprocher vers une
densité basse qu’une densité élevée, car on peut contrôler mieux les retombées par un bon
nettoyage du puits que les pertes.

- Les zones instables dans un puits vertical sont dues essentiellement à la valeur de la
résistance à la compression simple de la roche, donc une estimation exacte de cette
propriété est primordiale dans la gestion du problème d’instabilité dans un champ où les
données nécessaires sont minimales.

58
Conclusions et recommandations

Dans ce travail nous avons étudié de point de vue stabilité des parois l’opportunité de forer en
underbalanced des puits en développement dans le cambrien de Hassi Messaoud et la possibilité
d’appliquer cette technique en exploration dans le champ de Berkaoui. Pour ce faire nous avons
fait une étude sur trois puits, deux forés dans la région de Hassi Messaoud et le troisième est un
puits d’exploration dans le champ de Berkaoui.

Cette étude nous a permis de calibrer la corrélation donnant la valeur de la résistance à la


compression simple de la roche à partir des logs soniques. Cette calibration est faite suivant une
approche de stabilité du puits et nous avons déduit un coefficient de calibrage qui nous a donné des
valeurs raisonnables de l’UCS pour les roches des drains forés.

L’analyse des deux cas nous a conduit à dire que:

 Les drains du cambrien de Hassi Messaoud présentent une assez forte résistance à la
compression (UCS) allant de 54 à 86 MPa. Cette caractéristique fait que le forage en UBD
dans cette zone est a priori réalisable.

 Pour rester dans le forage en Underbalenced dans le cambrien il faut admettre un certain
pourcentage du cavage, car à 0 il faut qu’on soit à 0.80 de densité ce qui par conséquent nous
ramène vers l’overbalenced.

 Pour ne pas dépasser la profondeur maximale du cavage admissible qui est de l’ordre de 1"
c’est à dire environ 17 du diamètre nominal du trou et pour la garder inférieure à 10 (pour
des raisons pratiques) il faudrait avoir une densité de boue supérieure à 0.6 dans le cas du
forage du R2 et supérieure à 0.45 pour le forage du D1.

 D’une manière générale, les procédures de forage doivent être prises en compte dans le but de
minimiser leurs impacts sur la stabilité de la paroi. Par exemple l’effet du pistonnage doit être
atténué en limitant la vitesse de remontée et de descente de la garniture de forage.

 Il faut aussi limiter la différence entre la densité statique et la densité équivalente de circulation
(ECD) car la fenêtre de stabilité est réduite.

59
Pour la deuxième application, d’après les résultats obtenus on peut conclure que :

 Le forage avec une densité basse nous évitera des pertes de circulation incontrôlables même
s’il y aurait cavage donc des éboulements et des retombés, on peut les contrôler par un bon
nettoyage du puits qui est meilleur dans un puits vertical. Ceci nous ramène à dire que la
technique UBD peut être appliquée.

 La valeur de l’UCS au niveau du réservoir doit être déterminée le plus exactement possible,
puisque pour chaque puits foré, existe une valeur critique, au-delà de laquelle nous avons des
ruptures et des cavages admissibles, fonction des contraintes en place et de la pression des
pores.

60
CONCLUSION FINALE

L’objectif de ce travail est d’élaborer une méthodologie d’étude de la stabilité des parois
dans des puits déviés forés en UBD d’une part, et d’étendre cette technique au forage des puits
d’exploration d’autre part. La compréhension des mécanismes liés aux fluides de forage et au
profil des puits, qui sont à l’origine de ces problèmes, nous permet de trouver les solutions
adéquates.

L’analyse de la stabilité de la paroi d’un puits est basée essentiellement sur quatre points :
 Le choix du modèle de calcul pour représenter le comportement de la roche (élasticité linéaire,
plasticité, visco-élasto-plasticité)
 L’évaluation des conditions in situ qui règnent dans la roche, en l’occurrence les contraintes et
leurs orientations ainsi que la pression des pores.
 L’estimation des caractéristiques mécaniques de la roche.
 Les caractéristiques du sondage : rayon, inclinaison, azimut.

Malgré que le forage des drains horizontaux dans le champ de Hassi Messaoud soit réalisé
dans la direction la moins stable, la rigidité de la roche du cambrien (86 MPa) et l’anisotropie
modérée des contraintes in situ rendent l’application de l’Underbalanced pratique.

Dans le même contexte, les résultats de simulation mettent en évidence la densité de boue
minimale requise qui est de 0.60 pour le R2 et de 0.45 pour le D1, faute de quoi, le pourcentage du
cavage du trou dépasse la limite tolérée ,soit 10% du diamètre nominal.

L’étude relative au forage des puits d’exploration par de faible densité a montré que celle-ci
provoque des cavages dans la partie inférieure d’où il est possible d’y remédier, contrairement à
une densité élevée. Ces informations conjuguées aux aspects technico-économiques favorisent
l’UBD dans les réservoirs des puits d’exploration.

61