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4.

 CINÉMATIQUE DES FLUIDES

4.1 Le champ de vitesse


4.2 Le champ d’accélération
4.3 Système, volume de contrôle et théorème de transport

PR. R. EL-OTMANI 1
4.1 LE CHAMP DE VITESSE
4.1.1 Introduction

Analogie: 2 solutions pour étudier la migration des oiseaux


- identifier quelques oiseaux (bagues, capteur) et les suivre dans leur migration
- se mettre en un lieu donné, et faire du comptage d’oiseaux en ce point

De même, en Mécanique des Fluides, il y a deux possibilités:




1) identifier et suivre la position X t d’une particule fluide dans son mouvement
(comme en mécanique du point matériel);

2) se placer en un point fixe de l’espace



x et décrire ce qui se passe en ce point

La première approche est très difficile à mettre en œuvre en pratique


(identification et suivi d’une particule fluide). C’est donc la deuxième
approche qui est utilisée de façon la plus courante en Mécanique des Fluides.

PR. R. EL-OTMANI 2
Notion de particule fluide

Une particule fluide est un petit volume V contenant un nombre fixe N de


constituants microscopiques du milieu considéré– des molécules, pour fixer les
idées. Ce volume V doit être suffisamment grand pour qu’il soit possible d’y
calculer une moyenne sur l’ensemble des constituants microscopiques. En revanche
il doit être suffisamment petit pour que les propriétés physiques puissent y être
considérées comme homogènes.

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4.1.2 Description lagrangienne

Définition
e3

Référentiel R : O , e1 , e 2 , e 3 
e2
L’observateur identifie chaque particule fluide et
e1
la suit dans son mouvement (il observe toujours la
même particule fluide). Pour identifier une particule
fluide, on considère ses coordonnées a = (a1,a2,a3) à t =t0. 

On suit la particule dans son mouvement, donc on détermine sa position X t au cours
du temps:  X 1  f1 a1 , a2 , a 3 , t 

 X 2  f 2 a1 , a 2 , a 3 , t 
   
ou X i  f i a j , t ou X  f a, t
 X  f a , a , a , t 
 3 3 1 2 3

Les variables indépendantes sont les ai et t; les inconnues cinématiques sont les fi .
Ce mode de description est celui utilisé en mécanique du point matériel et du solide.
Les ai s’appellent les variables de Lagrange.

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Trajectoire

C’est le lieu des positions successives d’une particule fluide donnée; c’est donc
la courbe décrite par X au cours du temps


X i  fi a j ,t   
X  f a, t

Vitesse et accélération d’une particule fluide

Par définition, la vitesse de la particule fluide est la dérivée par rapport au


temps de la position de cette particule, pour une position initiale a fixée.
C’est donc le vecteur: ème i composante à l’instant t
f i
t

X i
t

 v~i a j , t  de la vitesse de la particule
fluide qui à t=t0 se trouvait au
aj aj
point de coordonnées aj
Symbole ~ :variables de Lagrange
v~i  2 fi 2Xi
~ 
 i aj,t 
t
 
t 2

t 2
Accélération de la particule fluide: aj aj aj

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4.1.3 Description Eulérienne

Définition

L’observateur regarde un point fixe x de l’espace et observe au cours du temps


les propriétés physiques du fluide en ce point. Il voit donc défiler au même point
les différentes particules fluides qui y passent.

Les variables indépendantes sont les coordonnées xi du point d’observation et le


temps t.

Par exemple, la vitesse du fluide en un point fixe dépend du temps suivant une loi

 
v x, t

Les inconnues cinématiques sont les composantes v1, v2 et v3 de v


Les xi sont les variables d’Euler.

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4.1.4 Lien entre les deux descriptions

- On considère un observateur Eulérien qui à l’instant t regarde le point x et


mesure en ce point une vitesse de fluide notée:

 
v x ,t

- Cette vitesse est par définition celle de la particule fluide qui:

 était située à t’ =0 en a
 coïncide à l’instant t’ =t avec le point x

-  
La position X a , t' de cette point d’observation: x

X a, t'  t 
particule est donc telle que:
 
X a , t'  t  x

X  a, t'  t 
 
X a , t'  t  x 
X a , t'  0 
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- Donc      
v i x , t  v i X a j , t'  t , t  v~i a j , t 

vi xk , t  : champ de vitesse en variables d’Euler


v~i a j , t  : champ de vitesse en variables de Lagrange

C’est cette relation qui fait que le calcul de l’accélération sera plus compliquée en
variables d’Euler qu’en variables de Lagrange.

- Pour n’importe quelle grandeur physique B relative au fluide (température, masse


volumique, pression,..), on a en fait la relation:
 
 
B x , t  B  X  a j , t '  t  , t   Bi  a j , t 
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4.2 LE CHAMP D’ACCÉLÉRATION
4.2.1. Position du problème

- En mécanique du point matériel


 (description Lagrangienne), si la vitesse d’un point
matériel en mouvement est V , alors son accélération est: dV dt

- En Mécanique des Fluides, si la vitesse d’une particule fluide en un point


 
d’observation fixe est v  x , t  , on va chercher à calculer son accélération pour
pouvoir lui appliquer le premier principe de la dynamique reliant accélération
et force. Mais il va falloir
 exprimer la valeur de l’accélération non pas
 en
fonction de la position X t  de la particule fluide ou de sa vitesse dX dt ,

mais en fonction du point d’observation fixe x et du temps t qui sont des
variables indépendantes.

- Pour cette raison, dans le cadre d’une description Eulérienne (x,t), la formule
donnant l’accélération en fonction de la vitesse est plus compliquée que celle
utilisée dans le cadre d’une description Lagrangienne. C’est la dérivée
particulaire (ou dérivée d’Alembert) en variables d’Euler qui permettra de
calculer l’accélération du fluide.

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4.2.2 Dérivée particulaire (ou dérivée d’Alembert)

On raisonne d’abord sur l’exemple de la température.

Définition

Dérivée particulaire de la température = taux de variation temporelle de


la température d’une particule fluide donnée suivie dans son mouvement.
 
Si la température de la particule est T~ a j , t , la dérivée particulaire est donc

~
T
dérivée particulaire en variables de Lagrange
t aj fixés

Problème

Comment exprimer la dérivée particulaire en variables Eulériennes ?

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 
On a vu que: ~
  

 
 

T a j ,t  T  X a j ,t ,t
 x

~
d’où la dérivée particulaire: T T T X k (sommation pour k=1 à 3)
 
t a j fixés
t x fixé x k t a j fixés

Mais par définition:


X k
t
  
 v~k a j , t  v k  x , t 
aj fixés

Finalement, en un point de l’espace, l’observateur Eulérien voit la dérivée:


T T  T T
 vk   vj
t x x k t x x j
Par convention, on note la dérivée particulaire D :
Dt
 T~
 en variables de Lagrange
DT  t a j fixés

Dt  T T
vj
 t x j en variables d’Euler
 x j fixés

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Généralisation:

La dérivée particulaire de n’importe quelle grandeur physique G (scalaire,


vectorielle, tensorielle) est notée DG/Dt, et peut se calculer de deux façons
différentes:
~
 G

DG  t a j fixés

Dt  G G
 vj
 t x j
 x j fixés t fixé
Remarque:
~ T
Ne pas confondre T et
t a fixés t x j fixés
variation temporelle de T pour une particule fluide donnée; T varie parce
j
~
T
que la température de cette particule fluide varie lorsqu’on la suit dans
t a fixés
j son mouvement

variation temporelle de T en un point fixe de l’espace; si T varie avec le


T temps en ce point, c’est parce que les différentes particules fluides qui y
t x j fixés passent ont des températures différentes

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DG G G G G
  v1  v2  v3
Dt t  x1 x 2 x 3

- Cas où G est la vitesse

On applique successivement la dérivée particulaire à G = v1,v2 et v3


Accélération en coordonnées eulériennes:

 Dv1 v 1 v 1 v 1 v 1
     
 v1  v1  x1 , x2 , x3 , t   1 v v v
   x 3
1 2 3
 Dt t x x

1 2

v 2  v 2  x1 , x2 , x3 , t 
Si alors  Dv 2 v 2 v 2 v 2 v 2

 2    v  v  v
   x 3
1 2 3
v  v  x , x , x , t   Dt t x 1 x 2
 3 3 1 2 3 
 
Dv 3 v 3
  v
v 3
 v
v 3
 v
v 3
 3 
1

2

3
x 3
(connue  Dt t x x
Vitesse
1 2

ou mesurée Accélération
ou calculée)
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Remarques:

1) Dans la suite de ce Cours, sauf cas exceptionnel, le cadre de description


utilisé sera le cadre Eulérien, auquel cas la dérivée particulaire d’une grandeur
physique quelconque G(x1,x2,x3,t) sera donnée dans le système de coordonnées
fixes (x1,x2,x3) par la relation:

DG G G G G
  v1  v2  v3
Dt t x 1 x 2 x 3


2) Si G représente la vitesse du fluide, en utilisant l’opérateur mathématique  ,
on peut écrire de façon condensée et symbolique l’accélération sous la forme:


 
t
 
v   
 v . v
Avec des notations indicielles, la composante  s’écrit:  i 
v i v i
 vk
i
t x k
PR. R. EL-OTMANI 14

 dv
3) Le calcul de l’accélération en mécanique du point matériel donne:   ,
dt


v t 
  dX
où la vitesse du point dépend de la position X t  : v  .
dt
Toutes les grandeurs physiques (position, vitesse, accélération) sont paramétrées
seulement par un seul paramètre, le temps t.
En Mécanique des Fluides, l’expression « plus complexe » de l’accélération:


 
v   
t
 
 v . v

provient du fait que toutes les grandeurs physiques sont paramétrées par le

temps t et le point d’observation x qui sont deux paramètres indépendants .

4) Si au lieu d’un système de coordonnés fixes cartésiennes, on utilise par exemple


un système de coordonnées fixes cylindriques (r,,z), la formule de dérivation
particulaire est un peu plus compliquée, mais sera donnée dans un formulaire.

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Signification des différents termes d’accélération:

1) Terme de dérivée par rapport au temps N

Section constante v1


0
t
v1(x1,t)
v 1
0 Temps t
Pompe ou ventilateur à x 1
vitesse variable N
x1

2) Terme de dérivée spatiale

N = cte v 1 v1(x1)
0
t
diminution de section
v 1
v1 0
augmentation de v1 avec x1 x 1
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Exemple: Ecoulement uniforme entre 2 parois parallèles

Un observateur Eulérien relève un champ de vitesse uniforme (vitesse V1) et un


champ de température indépendant de t qui varie linéairement avec x1:

 
v1 x , t  V1  
v2 x, t  0  
v3 x, t  0  
T x , t  T  x1   T0   x1

x2
V1
x1

Vérifier que les deux expressions de la dérivée particulaire de la température


sont identiques.

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a) Calcul de la dérivée particulaire en coordonnées Eulériennes:

 
v1 x , t  v1  x1   V1  
T x , t  T  x1   T0   x1

Donc: DT  T T
  v1  V1 
Dt t x1 fixé  x1 t fixé

b) Calcul de la dérivée particulaire en coordonnées Lagrangiennes:

trajectoire d’une particule fluide: X 1 a1 , t'   V1t'  a1


 
T a1 , t   T  X 1 a1 , t , t   T0    V1t  a1 
d’où: ~
  
 x 1 
~
et donc: DT  T
   V1
Dt t a 1 fixé

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4.2.3 Ecoulement stationnaire, lignes de courant, trajectoires

Ecoulement stationnaire, 1D 2D ou 3D:

Ecoulement stationnaire : les différentes grandeurs telles que le champ de


vitesse, la masse volumique, etc… ne dépendent pas du temps, mais que du
point d’observation.

Remarque fondamentale

On verra plus loin dans le Cours que , même si une canalisation a une
géométrie fixe et des conditions limites stationnaires à l’entrée de la
canalisation, l’écoulement à l’intérieur de la canalisation peut dépendre
du temps, à cause d’une transition d’un état laminaire à un état turbulent.
On verra comment aborder l’étude de tels écoulements très courants dans
l’industrie et la nature.

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Ligne et tubes de courant, trajectoire

Une ligne de courant à un instant t0 est une courbe de l’espace (ou du plan) qui
est tangente au champ de vitesse en chacun de ses points à cet instant.

Pour un écoulement 2D, la pente de la ligne de x2


courant définie par x2 (x1) est égale à dx2/dx1; cette
pente doit être égale à la tangente de l’angle
formé par les deux composantes de vitesse, soit v2
v2 /v1 . dx2
dx1 v1
Donc l’équation de la ligne de courant est:

x1
dx2/dx1=v2(x1,x2,t=t0)/v1(x1,x2,t=t0)

Si on connait les expressions de v1 et v2, on peut intégrer cette équation


différentielle.

PR. R. EL-OTMANI 20
-Trajectoire d’une particule fluide: c’est la courbe du plan constituée de l’ensemble
de toutes les positions successives (X1(t),X2(t)) occupées par la particule fluide
au cours du temps t.

Mathématiquement, si on connaît le champ de vitesse v1(x1,x2,t) et v2(x1,x2,t) du


fluide en description eulérienne, la trajectoire d’une particule fluide est la courbe
(X1(t),X2(t)) paramétrée par le temps t et définie par les équation différentielles:

dX1/dt =v1(x1=X1(t),x2=X2(t),t) et dX2/dt =v2(x1=X1(t),x2=X2(t),t)

avec les conditions initiales: X1(t=t0)=X10 et X2(t=t0)=X20

- Exemple: on a mesuré que v1(x1,x2,t)=-x2 et v2(x1,x2,t)=x1


Quelle est la trajectoire d’une particule fluide située en X10 =a et X20 =0 à t=0 ?

dX1/dt =-X2 et dX2/dt =X1 + conditions initiales

solution: X1(t)=a cos(t) et X2(t)=a sin(t) cercle de rayon a

PR. R. EL-OTMANI 21
Lien entre trajectoire et ligne de courant:

on montre que si l’écoulement est stationnaire, les trajectoires


des particules fluides et les lignes de courant sont confondues

Tube et filet de courant

Un tube de courant est constitué des lignes de courant qui s’appuient sur un
contour fermé C; pour un tube de section infiniment petite, on parle de filet de
courant.

PR. R. EL-OTMANI 22
Trajectoire de particules: sillage derrière un cylindre

PR. R. EL-OTMANI 23
4.3 SYSTÈME, VOLUME DE CONTRÔLE ET THÉORÈME DE TRANSPORT

Introduction

En Mécanique des Fluides, il n’est pas forcément nécessaire de connaitre en tous


les points de l’espace le champ de vitesse, de pression, …

Par exemple, si on considère un fluide en mouvement dans une canalisation, on


verra que le fluide exerce une force dont il est important d’estimer l’ordre de
grandeur pour « ancrer » la canalisation. On va obtenir cet ordre de grandeur
en appliquant un bilan global de quantité de mouvement au fluide contenu dans
un certain volume choisi « judicieusement ». Le « prix à payer » de l’approche
globale est qu’il faut faire a priori des hypothèses simplificatrices (pression
uniforme dans une section,……) sur la structure de l’écoulement

Pour pouvoir écrire ce bilan, il faut introduire au préalable les notions de


système et de volume de contrôle.

PR. R. EL-OTMANI 24
Exemples d’application
Efforts dans les conduites
Puissance des pompes et des turbines
Poussée des réacteurs
Théorie des turbomachines

PR. R. EL-OTMANI 25
Notion de système fermé
Les lois physiques sont écrites pour décrire le comportement de
systèmes fermés.
Un système fermé est une quantité de masse donnée à laquelle on
applique les lois physiques:
Conservation de la masse (m=const → dm/dt = 0).
Conservation de la quantité de mouvement (lois de Newton)
 Linéaire:
 Angulaire:
Conservation de l’énergie:
Très souvent, un système fermé est en mouvement et on applique les
lois physiques en le suivant dans son mouvement.
On note aussi qu’un système fermé peut être déformable.

PR. R. EL-OTMANI 26
Notion de volume de contrôle
En mécanique des fluides, l’ingénieur cherche souvent à calculer des
efforts dans une région donnée de l’écoulement, plutôt que de suivre
le fluide dans son mouvement.

Un volume de contrôle est défini comme une région donné du fluide en


écoulement.
Contrairement au système fermé, le fluide peut entrer et sortir du
volume de contrôle (dm/dt ≠ 0).
Le volume de contrôle n’est pas nécessairement fixe dans l’espace.
PR. R. EL-OTMANI 27
- Système: ensemble de matière d’identité fixe (contient toujours les mêmes
atomes ou particules fluides).
Déplacement et interaction avec l’environnement (forces de pression, transfert
thermique,….)
Change continuellement de forme et de taille
Contient toujours la même masse de matière

- Volume de contrôle: volume de l’espace (une entité géométrique, indépendante de


la masse) à travers lequel le fluide peut s’écouler.

- En pratique: intérêt pour les forces exercées par un écoulement de fluide dans
un domaine fixé (donc un volume de contrôle)
- L’information obtenue en suivant une portion du fluide (le système) présente
souvent moins d’intérêt pour une application pratique.

Approche par volume de contrôle

PR. R. EL-OTMANI 28
Notion de surface de contrôle

La frontière d’un volume de


contrôle est délimitée par une
surface de contrôle.
La surface de contrôle peut
correspondre à une surface
physique ou bien peut être définie
arbitrairement à travers le fluide.
La surface de contrôle peut être
fixe ou mobile.

PR. R. EL-OTMANI 29
Le volume de contrôle peut se déplacer et se déformer, mais on utilisera dans
ce Cours surtout des volumes de contrôle fixes et non déformables

- Exemples:
VC

Système qui coïncide


avec VC à t

Système à t’ > t

Canalisation Réacteur d’avion

Volume de contrôle Volume de contrôle


fixe VC mobile

PR. R. EL-OTMANI 30
- La relation entre un système et un volume de contrôle est similaire à celle
entre la description Lagrangienne et Eulérienne.

Description Lagrangienne Description Eulérienne

Système Volume de contrôle

- Lois usuelles de la physique: approche par la notion de système


a) « la masse d’un système est constante »
b) « la variation temporelle de quantité du mouvement d’un système est
égale à la somme des forces agissant sur ce système »
etc…

Il faut donc exprimer ces lois physiques d’une façon appropriée à la notion de
volume de contrôle.

Cette reformulation s’effectue grâce au théorème de transport de Reynolds.

PR. R. EL-OTMANI 31
Utilité du théorème de transport de Reynolds

Les lois physiques sont généralement écrites pour des systèmes


fermés.
En mécanique des fluides, l’ingénieur s’intéresse surtout à des volumes
de contrôles (systèmes ouverts).
Le passage d’un point de vue à l’autre s’effectue grâce au théorème de
transport de Reynolds (TTR).

PR. R. EL-OTMANI 32
Principe du TTR
 Grandeur extensive B
(1) Instant t: Bsyst ,t  BCV ,t
(2) Instant t+t:
Bsyst ,t t  BCV ,t t  BII ,t t  BI ,t t
 Soustraction (2) – (1) et division par t:

 Passage à la limite t→0:


 dB 

dB 
     B out  Bin 
 dt  syst  dt CV
Débit net de B au
 dB  
dB  travers la surface
     B
de contrôle:
Bnet
net
 dt syst  dt CV

PR. R. EL-OTMANI 33
Calcul du débit de B à travers une surface
Cas particulier utile: propriétés uniformes sur la surface
 Vitesse V Masse volumique
 Surface A Quantité intensive b = dB/dm

1. Débit Volumique (m3/s):

2. Débit massique (kg/s):

3. Débit de B (B/s):

PR. R. EL-OTMANI 34
Débits volumique et massique au travers
une surface quelconque
Le débit volumique Q à travers la
surface Ac est le volume V de fluide
qui traverse Ac par unité de temps:

De même, le débit massique à


travers la surface Ac est la masse
de fluide qui traverse Ac par unité
de temps:

PR. R. EL-OTMANI 35
Calcul du débit net de B (cas général)
Débit net de B au travers
la surface de contrôle:

Avec:
o b = dB/dm
o  = masse volumique
o n = vecteur normal à la
surface, positif vers
l’extérieur du volume de
contrôle
o A =surface de contrôle

PR. R. EL-OTMANI 36
Calcul d’une grandeur physique B quelconque dans un système ou un volume de
contrôle

- B désigne un paramètre physique, et g ce paramètre par unité de masse:


B=mg où m est la masse de portion de fluide considérée.

a) si B = m, alors g =1.
b) si B= mv2/2, alors g =v2/2 (énergie cinétique par unité de masse).
c) B et g peuvent être des vecteurs: si B=mV est la quantité de
mouvement, alors g =v (vitesse du fluide).

- B est une grandeur extensive (proportionnelle à la masse), et g est intensive

- La valeur de Bsys pour un système donné est reliée à l’intégrale de g sur tous
les éléments de volume qui constituent le système:

Bsys   g dm    g dV
sys sys

PR. R. EL-OTMANI 37
- Les lois habituelles du mouvement d’un fluide font intervenir la variation
temporelle des propriétés extensives d’un système, c’est-à-dire la grandeur:

 
d    g dV 
 
DBsys
  sys 
Dt dt

- Approche par volume de contrôle: variation temporelle de B dans un VC

 
    g dV 
 BVC
  VC 
t t

- Quelle est la relation entre ces deux grandeurs ?

Théorème de transport de Reynolds

PR. R. EL-OTMANI 38
Exemple: cas d’un extincteur d’incendie

Système: masse de fluide contenue à


l’instant de l’ouverture de la vanne

système
Volume de contrôle: l’extincteur
Ici, B = m masse du système volume de
et g=1. Il est clair que: contrôle
  t=0 t>0
 
DM sys

d   dV 



0



   dV 





sys
MVC   0

VC
Dt dt
t t
La différence entre les deux expressions est liée au flux de matière à travers
la surface de contrôle lorsqu’on ouvre la vanne, flux qui dépend de la vitesse du
fluide à travers cette surface. C’est ce qu’exprime le théorème de transport
de Reynolds.

PR. R. EL-OTMANI 39
Théorème de transport de Reynolds (cas d’un volume de contrôle fixe)

- On considère un volume de contrôle fixe VC et un système constitué du fluide


situé à l’intérieur du volume de contrôle à l’instant t.

- A l’instant t+t, une partie du fluide a quitté le volume de contrôle et une autre
portion a pénétré à l’intérieur du volume de contrôle.

- On peut alors montrer le théorème


n
de transport de Reynolds:

DBsystème  
t VC S
  gdV   g v .n dS
Dt C

SC est la surface de contrôle


Surface de contrôle fixe = frontière
VC volume de contrôle délimité par SC
du système à l’instant t
 vecteur unitaire normal sortant
n de la surface SC.
Frontière du système à l’instant t+t

PR. R. EL-OTMANI 40
Signification physique des différents termes:

DBsystème  
Dt
 
t VC
 gdV    g v .n dS
SC

Variation temporelle Flux de B à travers la


Variation temporelle
de B dans le volume surface de contrôle, lié à
de B pour le système
de contrôle fixe VC la vitesse du fluide sur SC

PR. R. EL-OTMANI 41
 
 .n
V
- Remarque: le terme V .n peut être positif, négatif ou nul.

 
(a) V .n  0 : du fluide extérieur au volume de contrôle pénètre à
l’intérieur de celui-ci

 
(b) V .n  0 : du fluide intérieur au volume de contrôle sort de celui-ci

 
(c) V .n  0 : la vitesse est nulle ou tangente à la paroi

----  
 Volume de contrôle fixe - Surface entrée S1: V .n  0
n
  
 
n n - Surface sortie S2: V .n  0

S2
 
S1 - Surface latérale : V .n  0

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- Exemple: écoulement dans une canalisation

Surface de contrôle =
V1 V2
section d’entrée (1) +
section de sortie (2) +
paroi de la conduite 

Surface de contrôle fixe


Vitesse et masse volumique du fluide = système à l’instant t
uniformes dans les sections d’entrée
et de sortie (V1 et V2) (fluide parfait Frontière du système à l’instant t+dt
incompressible),

La vitesse du fluide est parallèle à la paroi sur . Le théorème de transport s’écrit


alors pour une grandeur G:
dG sys GVC
   2 S 2V2 g 2   1 S 1V1 g 1
dt t

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Remarque 1:

Le théorème de transport permet de calculer globalement des grandeurs


intéressantes, telle que la force exercée par un écoulement de fluide sur une
canalisation, sans connaître exactement la structure locale de l’écoulement
(vitesse, pression, … ) en tous les points x de l’espace.

C’est donc une approche utile:


 pour comprendre des phénomènes physiques en mécanique des fluides;
 pour apporter des premiers éléments de dimensionnement pour des problèmes
rencontrés par un ingénieur.

Si on a besoin d’affiner le dimensionnement, il faut connaître l’écoulement dans


ses détails. On cherchera alors à résoudre les équations de la mécanique des
Fluides (Chapitre 6), soit « à la main» (rarement faisable), soit à l’aide de codes
de simulation numérique (codes CFD).

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Remarque 2:

On peut généraliser le théorème de transport de Reynolds dans le cas où le


volume de contrôle n’est pas fixe, mais se déplace avec une vitesse w connue.

On montre alors que le théorème de transport de Reynolds appliqué à ce volume


de contrôle s’écrit:


 
DG système   
  gdV   g v  w  .n dS
Dt t
VC SC

 
Le terme de flux fait dans ce cas apparaître la vitesse relative v  w  du fluide.

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