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Comptabilité approfondie licence professionnelle ACOFI

Plan du cours

8h intervention + contrôle

 Les immobilisations : acquisition et amortissements RAPPELS

 Les logiciels et site Internet

 Biens acquis en crédit bail

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LES IMMOBILISATIONS ENTREES DANS LE PATRIMOINE ET


AMORTISSEMENTS

I/ IMMOBILISATIONS INCORPORELLES ET CORPORELLES

I/ Définition

 Actif : un actif est un élément identifiable du patrimoine ayant une valeur


économique positive, c'est-à-dire un élément générant une ressource que
l’entité contrôle du fait d’évènements passés et dont elle attend des
avantages économiques futurs (PCG ART 211-1).
Donc un actif doit réunir plusieurs caractères :
C’est un élément du patrimoine : droit de propriété ou droit de créance, il
contribuera à générer des flux de trésorerie de part l’exploitation de cet
actif ou par sa revente.
C’est un élément identifiable : pour les actifs incorporels il est susceptible
d’être vendu, loué ou échangé de manière isolé ou résulte d’un droit légal ou
contractuel

 Actifs immobilisés :
Immobilisation corporelle est un actif physique détenu pour être utilisé dans
la production ou fournitures de biens et de services ou pour être loué à des
tiers et dont l’entité va l’utiliser au-delà de l’exercice en cours
Immobilisation incorporelles : actif non monétaire dépourvu de substance
physique
Immobilisations financières : détenues sur une durée supérieure à un an dans
l’intention de bénéficier de plus value.

 Inscription à l’actif du bilan : élément du patrimoine c'est-à-dire en être


propriétaire, sauf exception ; en retirer des avantages économiques
futurs ; coût ou valeur évalué de manière fiable

II/ Distinction charge immobilisation :

il faut une entrée qui augmente la valeur du patrimoine de façon durable


Pour les dépenses effectuées sur une ancienne immobilisation : charges si
maintien de l’immobilisation jusqu’à la fin de la période normale
d’amortissements sinon immobilisations si augmentation de la valeur de
l’élément d’actif

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Position fiscale : elle est identique à la position comptable. Pour les dépenses
d’entretien et dépenses d’amélioration = charges. Pour le remplacement d’un
élément sur un bien acquis d’occasion donc éléments du coût de revient de ce
bien = immobilisation

Petits matériels de faible valeur : < à 500 € HT en charge pour le matériel et


outillage, les matériels et mobiliers de bureau autres que les meubles meublants
sauf si renouvellement du mobilier installé, les logiciels.

III/ELEMENTS CONSTITUTIFS

 Les immobilisations incorporelles

On trouve des charges que le code de commerce permet d’immobiliser : les frais
d’établissement
Et des éléments incorporels comme les brevets les logiciels le fonds de
commerce.

Les frais d’établissement : ce sont des charges engagées à l’occasion


d’opérations qui conditionnent l’existence ou le développement de l’entité. Leur
montant ne concerne pas des productions de biens ou de services déterminés.
Leur traitement comptable est le suivant :
 Les frais de constitution, de transformation, de premier établissement
peuvent être inscrits à l’actif comme frais d’établissement. Leur
inscription en charge constitue néanmoins la méthode préférentielle.
 Les frais d’augmentation de capital, de fusion, et de scission peuvent être
inscrits à l’actif en frais d’établissement. Leur imputation sur les primes
d’émission et de fusion constitue néanmoins la méthode préférentielle ; en
cas d’insuffisance de primes, le reliquat est comptabilisé en charge.

Les frais de recherche et de développement : on doit distinguer 2 phases : la


phase de recherche et la phase de développement.
Les coûts de recherche sont toujours comptabilisés en charges
Les coûts de développement peuvent être comptabilisés à l’actif si ils se
rapportent à des projets nettement individualisés ayant de sérieuses chances de
réussite technique et de rentabilité commerciale. L’option est globale pour tous
les coûts de développement répondant aux conditions suivantes :

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Si une entité ne peut pas distinguer la phase de recherche et la phase de


développement : tout est comptabilisé en charges
L’activation des coûts de développement n’est autorisée qu’à partir du moment
où l’on a réuni les conditions suivantes :
 La faisabilité technique nécessaire à l’achèvement de l’immobilisation
incorporelle en vue de sa mise en service ou de sa revente
 L’intention d’achever puis d’utiliser ou de vendre l’immobilisation
incorporelle
 La capacité à utiliser ou à vendre l’immobilisation incorporelle
 L’entité doit démontrer l’existence d’un marché pour la production issue
de l’immobilisation incorporelle ou pour l’immobilisation incorporelle elle-
même ou son utilité si elle doit être utilisée en interne.
 La disponibilité de ressources techniques financières, appropriées pour
achever le développement et utiliser ou vendre l’immobilisation.
 Capacité à évaluer de façon fiable les dépenses attribuables à
l’immobilisation incorporelle au cours de son développement.

La comptabilisation des coûts de développement à l’actif est considérée comme


la méthode préférentielle c'est-à-dire qu’elle est définitive.

De plus seuls des éléments incorporels acquis par l’entreprise peuvent être
immobilisés.

Pour les logiciels et sites internet voir chapitre spécial.

 Les immobilisations corporelles

 Les immobilisations financières

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IV/ EVALUATION A L’ENTREE DANS LE PATRIMOINE

Les actifs doivent faire l’objet d’une évaluation lors de leur entrée dans
l’entreprise.
Le PCG préconise la méthode des coûts historiques fondée sur les notions de
coût d’acquisition et de coût de production.

I/ Règles générales d’évaluation

A leur date d’entrée dans le patrimoine, la valeur des biens est déterminée et
comptabilisée dans les conditions suivantes :
 Les biens acquis à titre onéreux à leur coût d’acquisition
 Les biens produits par l’entité à leur coût de production
 Les biens acquis à titre gratuit en les estimant à leur valeur vénale

Ces règles s’appliquent aux biens immobilisés et aux stocks.

A/ le coût d’acquisition

 Définition générale : le coût d’acquisition est constitué de son prix


d’achat y compris les droits de douane et taxes non récupérables après
déduction des rabais remise ristourne et des escomptes de règlement. +
tous les coûts directement attribuables engagés pour mettre l’actif en
place et en état de fonctionner selon l’utilisation prévue par la
direction.
Les droits de mutation, honoraires ou frais d’actes liés à l’acquisition sont soit
rattachés au coût d’acquisition, soit comptabilisés en charges.
L’option est globale et s’applique à l’ensemble des immobilisations corporelles
et incorporelles.
Les coûts exclus du coût d’acquisition : tous les coûts qui ne sont pas
nécessaires pour mettre l’actif en état de fonctionner sont comptabilisés en
charges. (Formation, administratifs, publicité)

Cas particulier : les coûts de démantèlement : les coûts liés à la dégradation


immédiate du site (actif de démantèlement) s’ajoutent au prix d’acquisition, ils
sont inscrits dans les immobilisations corporelles. Il s’agit de coûts prévisibles
obligatoires :
Démantèlement
Enlèvement des éléments démantelés et des déchets
Restauration du site.

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L’obligation de remise en état doit exister dès l’acquisition ou la construction de


l’installation.
En contrepartie, il est nécessaire de constituer une provision pour remise en
état.

B/ Le coût de production

On évalue au coût de production les produits fabriqués par l’entreprise destinés


à être revendus et les immobilisations produites par l’entreprise pour elle-même.

Selon le PCG on entre dans le coût de production :


Le coût d’acquisition des matières consommées
Les coûts directs de production,
Les coûts indirects de production fixes et variables
Les charges indirectes correspondant à la sous activité ne sont pas incorporées,
les coûts d’emprunt à certaines conditions
Les coûts administratifs sont exclus du coût de production

C/ Les coûts d’emprunt

Selon le PCG les coûts d’emprunt pour financer l’acquisition ou la production d’un
actif éligible, immobilisation incorporelle, corporelle ou stock peuvent être inclus
dans le coût de l’actif lorsqu’ils réunissent les conditions suivantes :
 Se rapporter à un actif éligible c'est-à-dire à un actif qui nécessite une
longue période préparation ou de construction avant d’être utilisé ou vendu
 Concerner la période de production de cet actif jusqu’à la date
d’acquisition ou de réception définitive
 Générer des avantages économiques futurs
 Pouvoir être évalués de façon fiable

Nature des coûts des emprunts : il s’agit des charges d’intérêts essentiellement.

L’option est globale et la méthode doit être signalée dans l’annexe.

La fiscalité définit comme longue période une période de + de 12 mois.

D/ Date de départ de l’activation des coûts

Les coûts sont attribués au coût de l’immobilisation à compter de la date à


laquelle elle va générer des avantages économiques futurs.

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V/EVALUATION A LA CLOTURE DE L’EXERCICE

A/ Principes généraux

A la date d’inventaire on doit évaluer les immobilisations. La valeur d’inventaire


est égale à la valeur actuelle

La valeur actuelle c’est la valeur la plus élevée de la valeur vénale ou de la valeur


d’usage
La valeur vénale c’est le montant qui pourrait être obtenu en vendant
l’immobilisation – les frais de sortie éventuels.
La valeur d’usage est la valeur des avantages économiques futurs attendus de
l’utilisation et de la sortie de l’actif. Cette valeur, est calculée en fonction des
flux de trésorerie nets attendus.

A la date de clôture on compare la VNC (c'est-à-dire VNC – amortissements –


dépréciation)

Notion d’amortissements : c’est la répartition systématique de son montant


amortissable en fonction de son utilisation probable. La valeur amortissable est
répartie selon le rythme de consommation des avantages économiques attendus
de l’utilisation de cet actif.

Début de l’amortissement : mise en service


Plan d’amortissement : c’est la traduction du rythme de consommation des
avantages économiques attendus en fonction de l’utilisation probable de l’actif. Il
fait apparaître la valeur amortissable du bien, la durée et le rythme de
consommation des avantages économiques et de la méthode pour traduire de
rythme

La base amortissable c’est la valeur brute – le cas échéant la valeur résiduelle.

Durée d’usage des amortissements (possibilité de s’écarter à 20 %)

Bâtiments industriels 20 ans


Matériel 10 ans
Outillage 5 à 10 ans
Matériel de bureau 5 à 10 ans
Matériel de transport automobile 4 à 5 ans
Mobilier 10 ans

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Possibilité en le justifiant : de recourir à un mode non linéaire : en fonction du


rythme de consommations des avantages économiques (exemple kilomètres
parcourus).

B/ Ventilation par composants

Sont considérés comme composants :


 Première catégorie (destinés à être remplacés)
Les éléments principaux d’une immobilisation qui ont une durée réelle d’utilisation
différente de celle de l’immobilisation à laquelle ils se rattachent et ils doivent
faire l’objet d’un remplacement au cours de la durée réelle d’utilisation de
l’immobilisation à laquelle ils se rattachent.

Pour l’administration fiscale : un composant doit avoir une valeur au moins égale à
15 % (biens meubles) ou 1% (constructions) de la valeur d’ensemble.

 Dépenses de gros entretien (2ème catégorie) : les dépenses de gros


entretien et de grande révision qui ont pour but de vérifier le bon état de
fonctionnement des installations et ne prolonge pas la durée de vie de
l’immobilisation sont soit provisionnées dans le compte 1572 ou inscrites à
l’actif comme un composant distinct et amorties sur la période d’entretien.

Fiscalement : provisions déductibles mais les amortissements sur les composants


de 2ème catégorie ne sont pas déductibles mais les charges d’entretien le sont.

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LES LOGICIELS ET LES SITES INTERNET

Tout d’abord, il est nécessaire de distinguer les logiciels indissociables, c'est-à-


dire ceux qui font partie intégrante du matériel auquel ils sont associés : dans ce
cas, ils apparaissent en matériel de bureau dans les immobilisations corporelles.

I/ Les logiciels acquis pour être utilisés dans l’entité

Ils sont immobilisés dans les immobilisations incorporelles et font l’objet d’un
amortissement en fonction de leur durée d’utilisation prévue.

II/ Les logiciels créés par l’entité

A/ les logiciels créés pour répondre à la commande spécifique d’un seul client

Les dépenses exposées pour la production du logiciel sont portées dans les
comptes de charge de l’exercice.
A la clôture de l’exercice, les travaux non encore facturés sont inscrits au débit
du compte 34 en cours de production de services.

B/ Les logiciels standards reproduits en série pour être vendus

Les dépenses exposées pour la production en série des logiciels standards


(enregistrement sur support, impression de la documentation et emballages) sont
portées dans les comptes de charges de l’exercice.
A la clôture de l’exercice, les logiciels non vendus sont inscrits dans le compte
355 stocks de produits finis.

C/ les logiciels créés pour être utilisés dans l’entité

Ils sont utilisés :

 Pour la gestion de l’entité


 En tant qu’outils de production de services aux clients
 En tant que logiciels-mère servant de base à la production d’une série de
logiciels standard
 Ils sont inscrits dans le compte 205

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 Leur valeur d’entrée est le coût de production conformément à la règle


générale d’évaluation des biens produits par l’entité.
 Ils sont amortis à compter de leur date d’achèvement sur la durée
probable d’utilisation.

Coût de production des logiciels :

Le coût de production des logiciels est déterminé selon des règles spécifiques
(autres que les logiciels standard)

Il comprend des coûts de développement

Etapes du développement Coûts liés inclus dans le


coût de production
Phase conceptuelle 1/ étude préalable NON
2/ analyse fonctionnelle NON
(conception générale)
3/ analyse organique OUI
(conception détaillée)
Phase de production 4/ programmation OUI
(codification)
5/ tests et jeux d’essais OUI
Phase de mise à 6/ documentation OUI
disposition de technique (à usage
l’utilisateur et phase de interne ou externe)
suivi 7/ formation de NON
l’utilisateur
8/ suivi (maintenance) NON

Conditions d’inscription à l’actif des logiciels créés ou en voie de création

Les logiciels sont inscrits à l’actif du bilan lorsqu’ils sont encore au stade du
développement avant d’être mis en service

 Logiciel à usage commercial : ces logiciels sont utilisés pour la production


de biens (logiciels mères servant à produire des logiciels standard) ou pour
la production de services à des clients.. ils peuvent être immobilisés à
condition : que le projet ait de sérieuses chance de réussite technique et
de rentabilité commerciale ; l’entité manifeste sa volonté de produire le
logiciel pour s’en servir durablement pour les besoins de sa clientèle ;

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l’entité identifie les ressources humaines et techniques qui seront mises


en œuvre.
 Logiciel à usage interne : ils sont inscrits en immobilisation si le projet a
de sérieuses chances de réussite technique ; si l’entité manifeste une
volonté de produire le logiciel et qu’elle indique la durée minimale
d’utilisation du logiciel compte tenu de l’évolution prévisible des
techniques. ; l’entité indique l’impact attendu sur le compte de résultat.

Comptabilisation des frais de création des logiciels

Compte tenu des éléments ci-dessus, les dépenses constitutives du coût de


production sont inscrites
Au débit du compte 232 et au crédit du compte 72 production immobilisée.

Si on constate un amoindrissement de la valeur tant que le logiciel n’est pas


achevé : inscription en dépréciation, si échec total le compte 232 est soldé par le
compte 675

Lorsque le logiciel est achevé on vire du 232 au 205 et il est amorti à partir de
ce moment.

Les autres dépenses qui n’entrent pas dans le coût de production sont
enregistrées en charge de l’exercice.

FISCALEMENT

Les dépenses de création de logiciel sont inscrites dans les charges de l’exercice
et sont fiscalement déductibles.
De plus l’administration admet la déduction immédiate des logiciels créés et
même inachevés.
Les dépenses de l’exercice qui excèdent l’amortissement comptable sont
considérées comme des amortissements dérogatoires.

III/ Traitement comptable de l’acquisition de nouvelles version de logiciels.

A/ Actualisation du logiciel existant c’est une dépense qui constitue une charge
de maintenance donc elle est enregistrée au compte 6156

B/ Les modifications de fond du logiciel existant


Il s’agit d’une nouvelle version qui se substitue à l’ancienne qui devient périmée.
On doit donc l’immobiliser. De plus, l’ancienne version doit être sortie, auparavant

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on doit l’amortir complètement pour solder la VNC. L’amortissement


complémentaire est une charge d’exploitation.

IV Les sites Internet

A Typologie

Les sites Internet acquis clés en main sont assimilés à des logiciels.

Les sites Internet qui sont créés par l’entreprise sont soumis à des dispositions
spéciales :

On distingue :
 Les sites Internet ACTIF qui sont des sites interactifs de commerce
électronique ou assimilés. Ces sites génèrent des avantages économiques
futurs et ils peuvent être immobilisés sous certaines conditions.
 Les sites Internet PASSIF : qui sont de simples sites de présentation à
vocation publicitaire et dont les dépenses sont comptabilisées en charge.

B/ Conditions d’immobilisations des sites Internet ACTIF

 Le site internet a de sérieuses chances de réussite technique


 L’entreprise a l’intention d’achever ou d’utiliser ou de vendre le site
Internet
 L’entreprise a la capacité de l’utiliser ou de le vendre
 le site Internet génèrera des avantages économiques futurs
 L’entreprise dispose de ressources (techniques, financières et autres)
appropriées pour achever le développement ou vendre le site Internet
 L’entreprise a les capacités d’évaluer de façon fiable les dépenses
attribuables au site Internet.

Sinon les coûts sont enregistrés en charges.

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Coûts immobilisables ou non


immobilisables charges
 Obtention et immatriculation du Recherche préalable
nom de domaine Dépenses engagées après l’acquisition
 Acquisition ou développement du ou l’achèvement du site.
matériel et du logiciel
d’exploitation qui se rapportent
à la mise en fonctionnalité du
site
 Développement, acquisition ou
fabrication sur commande d’un
code pour les programmes, de
logiciels de base de données.
 Documentation technique
 Coûts afférents aux contenus :
préparation, alimentation et
mise à jour
 Coût de développement des
graphiques initiaux

Les dépenses immobilisées sont amortissables sur la durée d’utilisation sauf le


nom de domaine dont l’utilisation n’est pas déterminée

Fiscalement :

Les sites Internet sont assimilés aux logiciels sauf le nom de domaine qui n’est
pas déductible.

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III/ Crédit bail

A/ Généralités

Le crédit bail est une opération de locations de biens mobilier ou immobiliers qui
donne la faculté au locataire d’en devenir propriétaire moyennant un prix qui
tient compte des versements effectués à titre de loyers.

Au niveau de l’enregistrement comptable

Le PCG ne fait apparaître que les redevances dans les comptes de charges. Le
CNC maintient cette position dans son règlement sur les actifs.

La norme IAS 17 au contraire préconise de transférer au locataire tous les


risques et avantages inhérents à la propriété du bien pris en crédit bail.
Donc, selon cette norme, un contrat de location financement doit être
comptabilisé à l’actif pour l’immobilisation et au passif comme emprunt
Dans l’exercice les redevances sont enregistrées dans les comptes 6122 et 6125
Mais de plus les entreprises doivent faire apparaître dans leur annexe :

 Valeur des biens pris en crédit bail


 Redevances versées : payées au cours de l’exercice et au cours des
exercices précédents
 Amortissements qui auraient été enregistrés si l’entreprise avait été
propriétaire avec les dotations de l’exercice et les dotations cumulées.
 Les redevances restant à verser à un an au plus, de 1 à 5 ans au plus et au-
delà de 5 ans
 La valeur résiduelle.

B/ Levée de l’option

Cas du crédit bail mobilier : le bien est porté à l’actif pour son coût
d’acquisition qui est égal au prix contractuel de cession stipulé par la société
bailleresse.
Le bien est amorti sur sa durée probable d’utilisation et c’est un bien d’occasion.

Cas du crédit bail immobilier : il s’agit de l’acquisition de l’ensemble terrain +


construction
La levée de l’option est identique à celle du bien mobilier.

FISCALEMENT

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La valeur résiduelle de l’immeuble est définie comme la valeur initiale du bien


diminuée des amortissements que le locataire aurait pratiqués s’il avait été
propriétaire.
Le locataire acquéreur doit réintégrer dans son résultat fiscal l’excédent de la
valeur résiduelle ainsi définie sur le prix de levée de l’option
La réintégration est éventuellement diminuée des loyers non déductibles.
L’amortissement par contre peut être pratiqué sur la valeur résiduelle et non sur
le prix de la levée d’option.

Divergence entre comptabilité et fiscalité

Au moment de la levée d’option : les biens sont inscrits en comptabilité pour leur
prix de cession
Donc réintégration fiscale et comptablement on peut enregistrer une provision
pour impôt chaque exercice par rapport à cette réintégration fiscale.

A la clôture des exercices suivants : on constate un amortissement sur le prix de


la levée d’option AEJ et un amortissement fiscal sur la valeur résiduelle donc un
amortissement dérogatoire.

C/ CESSION D’UN BIEN ACQUIS EN FIN DE CONTRAT DE CREDIT


BAIL

Il s’agit d’une cession normale d’immobilisation


On reprend éventuellement les amortissements dérogatoires. VOIR EXEMPLE
CI-JOINT

Cas du crédit-bail immobilier

Il s'agit, ici, de l'acquisition par l'intermédiaire d'une société de crédit-bail


(SICOMI ou autre) d'un ensemble immobilier: ·terrain + construction.
L’enregistrement comptable est identique au cas de la levée d'option en matière
de crédit-bail mobilier.
La société anonyme Z signe le 1ER juillet N un contrat de crédit-bail immobilier
avec une SICOMI concernant un ensemble immobilier se décomposant ainsi:
-Terrain (valeur d'origine)................................... 200 000
-Construction (valeur d'origine)......................... 400000 (durée de vie probable:
20ans).
Le paiement d'une redevance annuelle de 80 000 € HT pendant 11 ans est prévu
au contrat (premier versement le 01-07 -N)

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Une levée d'option est possible, en fin de contrat, soit le 2 juillet N+11, pour une
somme globale de 350 000 €.
Lors de la levée d'option, comme seul un prix global est fixé, ce prix doit être
ventilé entre le terrain et la construction. On procède alors de la manière
suivante:
- le prix global est d'abord affecté au terrain dans la limite de sa valeur
d'origine dans les livres de la SICOMI, soit ici : 200 000 €
- le prix de la construction est ensuite estimé par différence, soit :
350000 - 200 000 = SOIT 150 000 €
L’enregistrement comptable est donc le suivant:
211 200 000
213 150 000
512 350 000

POSITION FISCALE
Lorsque le prix de levée de l'option est inférieur à la valeur résiduelle de
l'immeuble (valeur initiale du bien diminuée des amortissements que le locataire
aurait pratiqués s'il avait été propriétaire), le locataire acquéreur doit
réintégrer dans les bénéfices fiscaux de l'exercice la différence entre la valeur
résiduelle ainsi définie et le prix de levée de l'option.
En contrepartie de cette réintégration, l'amortissement peut être pratiqué par
l'acquéreur, non pas sur le prix de l'option, mais sur la valeur résiduelle définie
ci-dessus.
La position comptable et la position fiscale sont donc divergentes.
Les conséquences de cette divergence sont les suivantes:

• lors de la levée d'option:


- les biens sont inscrits en comptabilité pour leur prix de cession;
- selon la position fiscale il faut réintégrer au résultat fiscal la différence entre
le prix de levée d'option et la valeur résiduelle.

Au 2 juillet N + 11 la société « locataire» lève l'option. La valeur résiduelle de


l'ensemble est la suivante:
• Terrain
Valeur d'origine 200 000
Prix de levée d'option 200 000
D’où réintégration fiscale NEANT

• Construction
Valeur résiduelle [400 000 - (400 000 x. 5 % x. 11 180 000

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Prix de levée d'option (350000 - 200000) 150 000


D’où’ réintégration fiscale 30 000
L’écriture comptable que nous avions enregistrée ne s'en trouve pas modifiée.

Remarque. Afin d'éviter une charge importante d'impôt en fin de contrat, les
entreprises ont la faculté de provisionner, à chaque clôture d'exercice de
versement des redevances, l'impôt à supporter sur la réintégration à effectuer
lors de la levée de l'option, Cela permet ainsi un étalement de la charge sur la
durée totale du contrat de crédit-bail immobilier. Cette provision étant destinée
à faire face à un impôt non déductible est bien évidemment elle-même non
déductible fiscalement.
La société Z prévoyant qu'elle lèverait l'option au 2-7-N + 11, a pu enregistrer à
la clôture des onze exercices de paiement de la redevance, une provision pour
impôt
L’enregistrement comptable est alors du type suivant:
6875 débit
155 crédit
30 000X1/11XTAUX DE L’IMPOT EN VIGUEUR
Cette provision doit être reprise en totalité à la clôture de l'exercice de la levée
de l'option d'achat La reprise est fiscalement non imposable.
•à la clôture des exercices suivants :
L’entreprise doit constater pour la construction:
- un amortissement comptable, calculé sur la valeur d'origine comptable, c'est-à
dire le prix de levée de l'option;
- un amortissement dérogatoire égal à la fraction des loyers réintégrés; amortie
sur la durée d'utilisation. La constatation de cet amortissement dérogatoire peut
entrainer un montant d'amortissement total (dérogatoires inclus) supérieur à la
valeur brute de la construction inscrite à l'actif du bilan.
Ces amortissements dérogatoires doivent être repris en totalité en cas de
cession du bien.

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La société Z estime que la construction a encore une durée d'utilisation probable


de 9 ans, à compter du 2 juillet N + 11.
A la clôture de l'exercice N + 11, nous aurons alors :
Amortissement comptable:

68112 8 333
2813 8 333
150 000 X1/9X6/12
• Amortissement dérogatoire :
68725 1 667
145 1667
(30 000 x 1/9 x 6/12)
Ces enregistrements comptables rapprochant la position comptable de la position
fiscale,. Il n’y a plus de retraitement fiscal à effectuer lors de la clôture des
exercices ultérieurs, jusqu’à la date de cession du bien. Les dotations aux
amortissements dérogatoires sont fiscalement déductibles.

Cession ultérieure d'un bien acquis en fin de contrat de crédit-


bail
La cession d'un bien (mobilier ou immobilier), préalablement acquis à l'occasion
de la levée d'option d'un contrat de crédit-bail, se comptabilise comme une
cession normale d'immobilisation.
Les amortissements dérogatoires, éventuellement comptabilisés doivent faire
l'objet d'une reprise en cas de cession.
Supposons que la société Z cède le premier avril N + 18, l’ensemble immobilier
acquis le 2 juillet N + 11, par levée d'option auprès de la SICOMI
Le prix de cession est ainsi fixé:
Terrain 400 000
Construction 350 000
Les enregistrements comptables seront les suivants :
Constatation des amortissements complémentaires jusqu'à la date de la cession

EN N+18
68112 4 167
2813 4 167
(150 000 x 1/9 x 3/12)
N+ 18
68725 833
145 833
(30 000 x 1/9 x 3/12)
Enregistrement de la cession

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La valeur nette comptable au jour de la cession s'élève à:


Valeur d'entrée de la construction 150 000
- amortissements comptables pratiqués 112 500
(150000X1/9X6,75 ans) .
soit une valeur nette comptable de 37 500
N+18
675 237 500
2813 112 500
211 200 000
213 150 000
462 750 000
775 750 000
Reprise des amortissements dérogatoires pratiqués sur la construction
Les amortissements dérogatoires pratiqués jusqu'au jour de la cession s'élèvent
à:
(30000X1/9x 6,75 ans) = 22 500 €
N+ 18
145 22 500
78725 22 500

Le résultat comptable sur la cession est donc de :


775 ........................................................................ 750 000
78725................................................................... 22 500
675 ........................................................................ -237500
Soit un PROFIT de 535 000
Le résultat fiscal sur la cession peut se décomposer ainsi:
- Sur le terrain
Prix de cession 400 000
- Valeur fiscale nette 200 000
Plus value 200 000
- Sur la construction
Prix de cession 350 000
Valeur fiscale nette 45 000
Valeur d'origine fiscale 180 000
Amortissements fiscaux - 135 000
(180 000X1/9X6,75)
Plus value 305 000
Plus value totale = 200 000 + 305 000 = 505 000
D'où une déduction fiscale de 30 000 (égale à la réintégration pratiquée lors de
la levée d'option)

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