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Les rayonnements

1.Généralités
2.Rappels atomes et noyaux
3.Les différents rayonnements

Pr Michel Bourguignon
Paces – Biophysique
Faculté de médecine Simone Veil
Décembre 2018
Prix Nobel Physique - chimie
1901- Wilhelm Röntgen (rayons X)
1903- Henri Becquerel - Pierre et Marie Curie («radioactivité» naturelle), puis 1911
1906- Joseph J Thomson (identification de l’électron, e-)
1908- Ernest Rutherford (alpha, α)
1915- William H & L Bragg (courbe α)
1918- Max Planck (quanta d’énergie)
1921- Albert Einstein - Frederick Soddy (nature corpusculaire de lumière, relativité
restreinte, « isotopes »)
1922- Niels Bohr (structure de l’atome)
1927- Arthur H Compton (effet Compton)
1929- Louis de Broglie (nature ondulatoire des e-)
1932- Werner Heisenberg (mécanique quantique)
1933- Erwin Schrödinger - Paul Dirac (mécanique quantique, prévision du positon e+)
1935- James Chadwick – Irène & Frédéric Joliot-Curie (neutron, radioactivité artificielle)
1936- Carl Anderson (identification du positon)
1938- Enrico Fermi (réactions nucléaires)

*1900- Paul Villard (rayons γ)


Généralités
1 - Rayonnements utilisés en médecine :
• Rayonnements électromagnétiques : X, g, UV, radiofréquence
• Rayonnements particulaires : α, e- (β-), e+ (β+), protons (1 p), neutrons
1

2 - Origine des rayonnements :


• Transitions électroniques des atomes : rayons X, e- Auger
• Radioactivité naturelle/artificielle du noyau : rayons α, β-, β+, γ
• Champs magnétiques, circuits électriques: rayonnements
électromagnétiques

3 - Effets des rayonnements ionisants :


• Radiobiologie, radiopathologie => radiothérapie, radioprotection
Applications médicales des rayonnements
Imagerie diagnostique Thérapeutique

• rayons X : radiologie • X, γ : radiothérapie externe


(radiographies, scanners)
• β- : radiothérapie externe,
• γ, β+ : médecine nucléaire interne
(scintigraphies, tomographies
par émission de positons) • α : radiothérapie interne

• radiofréquence, rayonnements • protons : hadronthérapie


électromagnétiques : IRM
• UV : PUVAthérapie
Biologie

• radioimmunoanalyse, cinétique
LES RAYONNEMENTS

1. Généralités
2. Rappels atomes et noyaux
3. Les différents rayonnements
4. L'interaction des rayonnements avec la
matière
5. La détection
L'atome d ’hydrogène

un proton (+), un électron (-)


Molécule de di-hydrogène
2 atomes
Une liaison de covalence
avec échange des 2 électrons sur une orbitale

Ne pas confondre atome et molécule !


Représentation de l'atome
A
Z
X (symbole pour le nom de l’élément chimique)

Z: nombre de protons du noyau => numéro atomique


L'atome a Z électrons, responsables des propriétés chimiques.
L'atome est électriquement neutre

A : nombre de nucléons (protons + neutrons) => nombre de masse,


car le noyau représente l’essentiel de la masse atomique

N: nombre de neutrons du noyau (N = A - Z)

A et Z caractérisent le noyau
12
C
6
127
I
53
Isotopes
Atomes de constitution différente appartenant au même
élément chimique = même Z, même nombre d’électrons (même
capacité à créer des liaisons de covalence),
nombre de neutrons différents

Exemples : Famille de l'iode (une dizaine d'isotopes)

125 127 131


I I I
53 53 53

Déficit relatif Iode naturel Excès relatif


de neutrons de neutrons

Instable Stable Instable


isotopes
connus
p 1 2
H He 3 4 5
Table des isotopes
nH Li Be B 6
1 D 3He 4Li 5Be 6B C 7 Période ou demi-vie

2 T 4He 5Li 6Be 7B 8C N 8 El Instable

3 4H 5He 6Li 7Be 8B 9C 10N O 9 El 1-10 jours


El 10-100 jours
4 5H 6He 7Li 8Be 9B 10C 11N 12O F 10
El 100 jours- 10 années
5 6H 7He 8Li 9Be 10B 11C 12N 13O 14F Ne 11 12
El 10-10,000 années
7 8 9 10 11 12 13 14 15 16
6 H He Li Be B C N O F Ne Na Mg 13 14 El >10,000 années
9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19
7 He Li Be B C N O F Ne Na Mg Al Si 15 El Radioélément naturel
10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22
8 He Li Be B C N O F Ne Na Mg Al Si P 16 El Stable
9 12Li 13Be 14B 15C 16N 17O 18F 19Ne 20Na 21Mg 22Al 23Si 24P S 17
10 14Be 15B 16C 17N 18O 19F 20Ne 21Na 22Mg 23Al 24Si 25P 26S Cl 18
11 15Be 16B 17C 18N 19O 20F 21Ne 22Na 23Mg 24Al 25Si 26P 27S 28Cl Ar 19 d’ap. Wikipedia
12 16Be 17B 18C 19N 20O 21F 22Ne 23Na 24Mg 25Al 26Si 27P 28S 29Cl 30Ar K 20
13 18B 19C 20N 21O 22F 23Ne 24Na 25Mg 26Al 27Si 28P 29S 30Cl 31Ar 32K Ca 21
14 19B 20C 21N 22O 23F 24Ne 25Na 26Mg 27Al 28Si 29P 30S 31Cl 32Ar 33K 34Ca Sc 22
15 21C 22N 23O 24F 25Ne 26Na 27Mg 28Al 29Si 30P 31S 32Cl 33Ar 34K 35Ca 36Sc Ti 23
16 22C 23N 24O 25F 26Ne 27Na 28Mg 29Al 30Si 31P 32S 33Cl 34Ar 35K 36Ca 37Sc 38Ti V 24
17 24N 25O 26F 27Ne 28Na 29Mg 30Al 31Si 32P 33S 34Cl 35Ar 36K 37Ca 38Sc 39Ti 40V Cr 25 26
25
N 26O 27F 28Ne 29Na 30Mg 31Al 32Si 33P 34S 35Cl 36Ar 37K 38Ca 39Sc 40Ti 41V 42Cr
Isobares
Atomes de même nombre de masse A

• nombre de protons différents (éléments chimiques


différents)
• nombre de neutrons différents

Exemples :
40 40 40
Ar K Ca
18 19 20
Noyaux stables
100
200

160
nombre de neutrons N

isobares
120 Droite Z = N
isotopes

80

40

0
0 20 40 60 80 100

nombre de protons Z - n° atomique

Site http://irfu.cea.fr/la-vallee-de-stabilite
Equivalence Masse - Energie

Equation d'Einstein : E = mc2


Résultat de la théorie de la relativité

Masse du proton = 1,6726231. 10-27 kg


Vitesse de la lumière c = 2,99792458. 108 m/s

Energie du proton = 1,50311. 10-10 J


Unité des énergies
-
- Energie : M L² T ² (en kg.m2.s-2)

Unité d'énergie : le joule (mesure d'une énergie importante)


Pour les rayonnements : électronvolt eV (ou plutôt keV ou MeV),
énergie acquise par un électron accéléré par une ddp de 1 volt

1 eV = 1,6.10-19 J

- Particules : a++, b+, b-


- Rayonnements électromagnétiques : X, g
Unité de masse atomique (u.m.a)
L’uma est égale à 1/12 de la masse de l’atome de carbone 12
La masse atomique de l’atome de carbone est 12 u.m.a

1 uma = 1/12 x 12.10-3/6,023. 1023 = 1,6605402. 10-27 kg

Equivalent énergétique (E = m c2)


1 uma = 1,6605402. 10-27 x c2 / 1.6. 10-19 = 9,314943. 108 eV
1 uma  931 MeV

Nucléons Masse - Energie U.m.a


Proton 938,272 MeV 1,007276
Neutron 939,565 MeV 1,008665
Constituants de l'atome

Particules Charge Masse (E=mc2)

NOYAU Proton + 1,6. 10-19 C 938,272 MeV


q=1 1,007276 u.m.a
1,672623. 10-27 kg

Neutron 0 939,565 MeV


1,008665 u.m.a
1,674928. 10-27 kg

CORTEGE Electron - 1,6. 10-19 C 0,511 MeV


ELECTRONIQUE q=-1 9,1095. 10-31 kg
Modèle planétaire de Rutherford
Electrons :
cortège
Noyau
formé de
nucléons :
protons et
neutrons
10-15 m
10-10 m

représente
l’essentiel
de la masse
atomique
1 Å = 10-10 m
Description classique de l'atome H
L'électron gravite sur une orbite
circulaire autour d'un proton immobile.
• Force d'attraction de Coulomb :
r F = k q2/r2 (k q.q’ / d²)
• Force centrifuge répulsive
F = mv2/r
En théorie, toute charge accélérée, tel l'électron, devrait perdre
de l’énergie cinétique
Position de l'électron sur une orbite stationnaire, mais seulement
certaines orbites avec niveau d’énergie donné sont permises

Spectre de raies de l'atome d'hydrogène l (liée à E)


Postulats de Bohr pour l'atome
Sur une orbite donnée, l’électron ne rayonne pas d’énergie
Son énergie totale reste constante :

En = - E0 /n² (Eliaison) avec

E0 = 13,6 eV et r0 = 0,53 Å avec E0 et r0 obtenus pour n = 1

Le passage d’un électron d’une orbite d’énergie initiale Ei sur


une orbite d'énergie finale Ef, va entraîner l’émission d’un
photon, rayonnement électro-magnétique.

Alors, l’énergie rayonnée est égale à: DE = Einitial – Efinal =


- E0 [1/ ni2 - 1/ nf2] = E0 [1/ nf2 - 1/ ni2]
Modèle en couches de l'atome H (1)
Les rayons des orbites des électrons et les niveaux d'énergie
correspondants sont quantifiés, d’après En = - E0 /n2
Ils dépendent d'un nombre quantique n = 1, 2, 3 …
La transition d'un électron d'un niveau ni à un autre niveau nf
entraine un rayonnement d’énergie correspondant à DE
ΔE = Einitial - Efinal = E0 [1/ nf2 - 1/ ni2]
Les transitions expliquent correctement les spectres de raies de
l'atome d'hydrogène observés expérimentalement.

Spectre de raies de l'atome d'hydrogène l


Modèle en couches de l'atome H (2)
L'électron gravite sur des couches quantiques: K(n=1), L(n=2), M(n=3)

N (n=4)
Eϖ= 0 eV E(eV)

E4=-0,85 eV N M (n=3)
E3=-1,51 eV M

E2=-3,3 eV L L (n=2)

K (n=1)

E1=-13,6 eV K

En = - E0 /n²
Modèle en couches de l'atome H (3)
L'électron peut graviter en orbite sur des couches
quantiques dénommées : K (n=1) , L (n=2) , M (n=3) …

E(eV) La transition de l’électron entre les


0 couches s ’accompagne de l'émission
N
M d'un photon d'énergie
L
DE = Einitial - Efinal
-5
Retour vers
• K : photons dans l’UV
-10 • L : photons dans le visible
• M : photons dans l’infrarouge
K
-15
Modèle en couches des atomes (1)
Etats d’énergie
Etat libre E(eV)
Energie nulle
N
Etats excités
M

Etats liés de l’électron (états discrets) L

les électrons sont placés sur les états liés


les plus profonds, à l’état fondamental.

Etat fondamental Energie minimum K


Modèle en couches des atomes (2)

En = - E0 x Z²/n²

E(eV)
0
N Un électron dans un état moins lié
M (état excité) va revenir vers un état
L plus lié s’il y a une case libre en
renvoyant la différence d’énergie
sous la forme de rayonnement
électromagnétique (rayon X)
DE = Einitial - Efinal

K
Modèle en couches des atomes (3)
Dans tous les atomes, les électrons sont sur des couches
quantiques dénommées K (n=1), L (n=2), M (n=3) …

E(eV)
0
N
Si un électron reçoit de l’énergie
M du milieu extérieur, il peut migrer
L vers un état moins lié (état excité)
s’il y a une case libre.
Il peut éventuellement s’échapper
si l’énergie est suffisante.

Ec = Eext - |Eliaison|
K
Réarrangement du cortège électronique
Entraîne l’émission de RX ou électron Auger

couches
M électroniques
électron Auger

K
ry électromagnétique (photon X)  100 keV

pour le photon X, Ex = EL – EK
Modèle en couches du noyau
Pour le noyau, un modèle en couches, « calqué » sur celui de l’atome,
est utilisé pour déterminer les niveaux d’énergie des couches des
nucléons et raisonner sur les échanges énergétiques.

• A l’état fondamental, les nucléons sont placés sur les états


liés les plus profonds
• Si le noyau reçoit de l’énergie du milieu extérieur, un nucléon
peut migrer vers un état moins lié (état excité). Il peut
éventuellement s’échapper si l’énergie est suffisante, ou
revenir vers un état plus lié en renvoyant la différence
d’énergie sous la forme de rayonnement électromagnétique (g)
très rapidement
• Si un nucléon reste dans un état excité de façon prolongée,
son état est métastable : exemple du technetium-99m (99mTc)
Energie de liaison des nucléons (1)
Les nucléons sont liés entre eux à très courte distance par la
force d’interaction forte, attractive, 10 000 fois plus forte que
la force de répulsion électrostatique des protons.

La masse d’un noyau constitué de Z protons et N neutrons est toujours


inférieure à la somme des masses de ces Z protons et N neutrons.

Ex. Le noyau d’hélium est constitué de 2 protons + 2 neutrons


1 4
p = 1,007276 uma He = 4,002603 uma
1 2
1
n = 1,008665 uma
0
Dm = mHe – 2 (mp +mn)
Dm = 4,002603 – 2 x (1,007276 + 1,008665) = - 0,02928 uma
Dm exprimée en DE = - 0,02928 uma x 931 = - 27,26 MeV
4
L’énergie de liaison par nucléon est de - 6,81 MeV pour He
2
Energie de liaison des nucléons (2)

E/A (MeV)
L’énergie de liaison par nucléon E/A
varie selon A
-1
-2
-3
-4
-5
-6
-7
-8
A
0 60 242
LES RAYONNEMENTS

1. Généralités
2. Rappels atomes et noyaux
3. Les différents rayonnements
4. L'interaction des rayonnements avec la
matière
5. La détection
Rayonnement électromagnétique (1)
Double onde vectorielle E et B transversale

Propagation en ligne droite dans le vide à la vitesse de la lumière


c  300.000 km/s (3.108 m/s)
l longueur d'onde et n fréquence en m et s-1
l = c /n ou ln = c ou n = c /l
Rayonnement électromagnétique (2)
Dualité « onde-corpuscule » (de Broglie 1924 - prix Nobel 1929)

à toute particule matérielle en mouvement possédant une masse m


et une vitesse v est associée une onde électro-magnétique dont la
longueur d’onde l est reliée à la quantité de mouvement p par:

l = h/p = h/mv

Nature ondulatoire permet d’expliquer les phénomènes continus,


telle que la diffraction et interférence des photons par des cristaux

- Energie = quantité de mouvement x c = p x c = mv x c


Rayonnement électromagnétique (3)
Nature corpusculaire : le photon

quantum d’énergie introduit par Planck (artifice de calcul): l’énergie est


transportée sous forme de paquets d’énergie

corpuscule élémentaire du rayonnement expliquant l'effet


photoélectrique : des photons peuvent transférer leur énergie à des
électrons (Einstein 1905)

- masse nulle

- énergie : E = hn

avec h (constante de Planck) = 6,62.10-34 J.s


Rayonnement électromagnétique (4)
Relation de Duane-Hunt : E en keV = f(l) en Å

E = hn = hc / λ (J.s x m.s-1 x m-1)


E (Joules) = 6,62.10-34 x 3.108 /l

Equation exprimée en eV et en Å :
E (eV) = 6,62.10-34 x 3.108 x 1010 /1,6. 10-19 l (Å)
E (keV) = 6,62.10-34 x 3.108 x 1010 x 10- 3/1,6. 10-19 l (Å)

E (keV) = 12,4/ l (Å)

Rappels
1 Å = 10-10 m 1 eV = 1,6.10-19 J
Spectre électromagnétique

13.6 eV soit env. 3 x 1015 Hz


D’ap. tpe-ondeselectomagnetiques.e-monsite.com
Spectre électromagnétique

D’ap. culturesciencesphysique.ens-lyon.fr
Rayonnements particulaires
Particules électriquement chargées : a++, b+, b-

• Désintégrations α
• Transitions isobariques: b-, b+, capture électronique
e+ a++
champs électrique E
et magnétique γ Photon
Force de Lorentz F = qE e-
LES RAYONNEMENTS

1. Généralités
2. La structure de l’atome et du noyau
3. Les différents rayonnements
4. La radioactivité
5. L'interaction des rayonnements avec la
matière
6. La détection
LA RADIOACTIVITÉ

1. Généralités
2. Atomes stables et atomes radioactifs
3. Loi de décroissance : activité et période
4. Lois de désintégration et les modes de
transformations : a, b, g, CE, CI
LA RADIOACTIVITÉ
Eau
aliments Sols • Essais nucléaires
6% 11 % • Utilisations industrielles
Radon Autres
1% • Activités nucléaires
34 %
• Tchernobyl

Doses efficaces
en France
2,5 - 5 mSv par an

Rayons Expositions
cosmiques médicales
7% 41 %

Exposition permanente de l’homme à la radioactivité


de l’environnement (3H, 14C, 40K, 137Cs…)
LA RADIOACTIVITÉ

1. Généralités
2. Noyaux stables et radioactifs
3. Loi de décroissance : activité et période
4. Lois de désintégration et les modes de
transformations : a, b, g, CE, CI
LA RADIOACTIVITÉ
Noyaux stables : les nucléons sont les plus liés
constitution inchangée sans intervention extérieure

déséquilibre entre forces de répulsion


électrostatique et forces d’interaction forte

Noyaux instables : trop plein d'énergie qui


conduit à une transformation spontanée du noyau
permettant un retour à un état de stabilité
LA RADIOACTIVITÉ

TRANSFORMATION SPONTANÉE DU NOYAU

=
CHANGEMENT DE STRUCTURE DU NOYAU

DÉSINTÉGRATION

=
ÉMISSION DE RAYONNEMENTS
ÉNERGETIQUES (a, b, g)
Nombre de NOYAUX
masse (A)

α
250

200

150
b -
b +

100
Isotopes radioactifs
50 Isotopes stables
Droite A=2Z
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110
Numéro atomique (Z)

Site http://irfu.cea.fr/la-vallée-de-stabilité
LA RADIOACTIVITÉ

1- Un noyau radioactif est un noyau instable dont la


désintégration est aléatoire et au cours de laquelle
il se transforme en un autre noyau

2- Les désintégrations radioactives sont :


• aléatoires
• spontanées
• inéluctables
• indépendante de la combinaison chimique dans laquelle
est engagé le noyau radioactif
LA RADIOACTIVITÉ

X Y + rayonnement

1- Le nombre d’atomes X diminue au cours du temps

2- La probabilité de transformation radioactive λ est :


• caractéristique du noyau considéré
• indépendante de l’âge de l’atome
• indépendante de l’état de la matière (gaz, liquide…)
• indépendante des conditions du milieu
LA RADIOACTIVITÉ

1. Généralités
2. Atomes stables et atomes radioactifs
3. Loi de décroissance : activité et période
4. Lois de désintégration et les modes de
transformations : a, b, g, CE, CI
LOI DE DÉCROISSANCE RADIOACTIVE
dN = - l N dt
dN : nombre de noyaux
dN / N = - l dt en transition radioactive
pendant l’intervalle dt
Ln N = - l t + cte
l: constante radioactive
à t = 0 , N = N0
Ln N0 = cte N : nombre de noyaux
radioactifs à l’instant t
Ln N – Ln N0 = - l t
t : temps de décroissance
Ln (N/ N0) = - l t
N0: nombre de noyaux
N = N0 e - l t radioactifs au temps zéro
LA DÉCROISSANCE RADIOACTIVE
Nombre
noyaux

10 000

N = N0 e - l t

5 000

2500

1250
625 TEMPS
L'ACTIVITÉ D'UNE SOURCE
Nombre de transformations radioactives A
par unité de temps :
A = - dN / dt = l N (d’après dN = - λ N dt)
A=lN e-lt 0

A = A0 e - l t

Unité légale de mesure de la radioactivité : becquerel (Bq)


1 Bq = 1 désintégration par seconde
1 kBq = 103 Bq
1 MBq = 106 Bq
1 GBq = 109 Bq
Ancienne unité : curie [ 1 Ci = 37 milliards de Bq ]
LA PÉRIODE
Temps T nécessaire pour que l'activité soit divisée par 2

A = A0 e - l t A0 / 2 = A0 e - l T

1/2 = e - l T Ln 2 = l T

A = A0 e - Ln2 . t / T

Exemples
12B T = 0,02 seconde 238U T = 4,5.109 ans
123I T = 13 heures 131I T = 8 jours
11C T = 20 minutes 14C T = 5730 ans
18F T = 110 minutes 15O T = 2 minutes
LA DÉCROISSANCE RADIOACTIVE
Activité
Bq
10 000
Avec une période T

A = A0 e - λt
5 000

2500

1250
625 TEMPS
1T 2T 3T 4T
LA DÉCROISSANCE RADIOACTIVE
Ln Activité

10 000 Ln A / A0 = - l t

5 000 Représentation
semi-logarithmique

2500

1250

625
Temps
1T 2T 3T 4T
LA DÉCROISSANCE RADIOACTIVE

•Au bout d’ 1 période


il reste 1/2 de l'activité initiale
•Au bout de n périodes
il reste 1/2n de l'activité initiale
•Au bout de 10 périodes
il reste 1/210 soit 1/1024 de l'activité initiale

ATTENTION !
Ce n ’est pas parce qu ’on a attendu 10 périodes qu ’il
n ’y a plus d'activité
RELATION
MASSE - ACTIVITÉ - PÉRIODE

Pour avoir une activité de 1 Bq , quelle masse faut-il ?

m = masse de N atomes de masse atomique M

La masse d’un atome réel est M / N

m=NM/ N N=m N/M


A=lN=lmN/M m = A M / l N = A M T/ Ln2 N

(N nombre d’Avogadro)
RELATION
MASSE - ACTIVITÉ - PÉRIODE
Pour avoir une activité de 37 GBq,
quelle masse faut-il ?

12B T = 0,02 seconde m = 2.10-14 g


18F T = 110 minutes m = 0,01 g
131I T = 8 jours m = 8 g
238U T = 4,5 milliards d'années m = 3 tonnes

m = A M T / Ln2 N
RELATION
MASSE - ACTIVITÉ - PÉRIODE

Quelle est l ’activité de 1 kg de substance ?

99mTc T = 6 heures A = 1,95.1020 Bq


131I T = 8 jours A = 4,61.1018 Bq
3H T = 12,3 ans A = 3,9.1017 Bq
238U T = 4,5.109 ans A = 1,24.107 Bq

A=m N Ln2 / M T
LA RADIOACTIVITÉ

1. Généralités
2. Atomes stables et atomes radioactifs
3. Loi de décroissance : activité et période
4. Lois de désintégration et les modes de
transformations : a, b, g, CE, CI
LOIS DE LA DESINTEGRATION
RADIOACTIVE

• Conservation du nombre des nucléons


• Conservation de la charge électrique
• Conservation de l'énergie
• Conservation de la quantité de mouvement

• Désintégration spontanément possible si le bilan


énergétique est positif
A B + C et mA - (mB + mC) > 0
RAYONNEMENT a
• Radioactivité concernant les atomes ayant trop de
nucléons (Z > 82)
• Association de 2 protons + 2 neutrons = noyau d’hélium
• 2 charges positives
• Emission généralement unique (parfois un g)
• Noyau fils stable ou non stable

212 208 4
Po Pb + He
84 82 2

4 à 9 MeV
ENERGIE DU RAYONNEMENT a
A A-4 4
X Y + He (on néglige les électrons)
Z Z-2 2

Energie disponible de la réaction ET = mx c2 - (my + ma) c2 répartie


entre le noyau Y (recul) et le noyau a sous forme d’E cinétique
ET = ER + Ea
Conservation de la quantité de mouvement : my.vy = ma.va ou
(my.vy)2/2 = (ma.va)2/2 ou my.[1/2 my.vy2] = ma .[1/2 ma.va2 ]
my.ER = ma.Ea soit ER = (ma /my).Ea

ET = ER + Ea = (ma / my) . Ea + Ea = [(ma + my)/my] . Ea

Ea = ET my / (my + ma) Ea constante


SCHEMA DE DESINTEGRATION
212 208 4
Po Pb + He
84 82 2

212 Po (T=2,98.10-7 s)

ET=8953 keV Ea=8784keV


ET = MPo - (MPb +MHe) 208 Pb (stable)

Energie de recul = ET - Ea = 169 keV


SCHEMA DE DESINTEGRATION
226 222 4
Ra Rn + He
88 86 2

226 Ra (T=1620 ans)

a (4,8 MeV)
222 Rn (T=3,8 j)
FILIATION
SPECTRE DE RAIES DU RAYONNEMENT a

Ia (%)
226 Ra

4,8 E (MeV)
SPECTRE DE RAIES DU RAYONNEMENT a
241Am (T=432 ans)
Ia (%)
a2
a1 (13%)
(85%) g
Ia1 = 85% 43 keV
Np 237 (T=2 144 500ans)

Ia2 = 13%

5,44 5,49 E (MeV)


Rayonnement b -

Transformations isobariques
1 1 0 0
n p + e + antin + ΔE
0 1 -1 0

Rayonnement b +
1 1 0 0
p n + e+ n + ΔE
1 0 +1 0

Capture électronique
1 0 1 0
p + e n + n + ΔE
1 -1 0 0
SPECTRE DU RAYONNEMENT b -
Spectre continu

Ib - (N) Le spectre continu


impose l'existence
d'une 3ème particule,
le neutrino
(Imaginé par Pauli 1930
Nommé par Fermi 1931
Mise en évidence 1956)

0 E b -max E b - (keV)
RAYONNEMENTS b

β- β+
électron neutrino positon
(électron "positif")

excès relatif excès relatif


de neutrons de protons

14 14 0 18 18 0
C N+e+ antin F 0+ e+ n
6 7 -1 9 8 +1

10 keV à 3 MeV
SCHEMA DE DESINTEGRATION
32 32 0
P S + e + anti n
15 16 -1

32 P (T=14,2 j)

(Emax 1,7 MeV) b


32 S
DEVENIR DU b+
Réaction d’annihilation positon / électron

e+ + e- 2 hn

hn = 511 keV

e+
e+

Conservation de la quantité
e- de mouvement : Emission
des 2 photons à 180°
l’un de l’autre

hn = 511 keV

Emission de positon 2 photons de 511 keV


Imagerie de Tomographie par Émission de Positons

Émetteur de Positons : Fluor-18

18F-FluoroDeoxyGlucose (FDG)
EMAX DES RAYONNEMENTS b-

A A 0 0
X Y+ e + antin + ΔE
Z Z+1 -1 0

L’énergie totale dégagée par la transformation est


ET = [Mx – (My + me) ] c² car le neutrino n’a pas de masse
les M étant les masses nucléaires. En utilisant les masses
atomiques M et en négligeant l’énergie de liaison des électrons :
avec Mx = M x - Z me et MY = M Y - (Z+1) me
ET = [M x - Z me - (M Y - (Z+1) me + me)] c²
ET = [M x - M Y] c²  E βmax-
EMAX DES RAYONNEMENTS b+

A A 0 0
X Y+ e + n + ΔE
Z Z-1 +1 0

L’énergie totale dégagée par la transformation est


ET = [Mx – (My + me) ] c²
En utilisant les masses atomiques M et en négligeant l’énergie
de liaison des électrons :
avec Mx = M x - Z me et MY = M Y - (Z-1) me
ET = [M x - Z me - (M Y - (Z-1) me + me)] c²
ET = [M x - M Y - 2 me] c²  E βmax+
EMAX DES RAYONNEMENTS b- & b+

E βmax- = [ M x - M Y ] c²

Pour qu’une désintégration b- ait lieu, il faut et il suffit que la masse


atomique du noyau père soit supérieure à celle du noyau fils

E βmax+ = [ M x - M Y - 2 me ] c²

Pour qu’une désintégration b+ ait lieu, il faut que la différence entre


les 2 masses atomiques des noyaux père et fils soit supérieure à la
masse de 2 électrons (1,02 MeV)
CAPTURE ELECTRONIQUE
Alternative à l'émission b+

Capture d'un électron du cortège par le noyau


1 0 1
p+ e n + n + ΔE
1 -1 0

Exemples
123 0 123
I + e Te + n
53 -1 52

0201 0 201
Tl + e Hg + n
81 -1 80
CAPTURE ELECTRONIQUE
Réarrangement du cortège électronique
Emission de photon X ou électron Auger

électron Auger
M

K
couches
électroniques

vers le
noyau
RAYONNEMENT g

Rayonnement émis après une désintégration a ou b

Transition isomérique : énergie excédentaire émise par le noyau

Rayonnement électromagnétique

Concerne tous les types de radioactivité

a b- b+ CE g
RAYONNEMENT g : Etat métastable

Correspond à un état excité du noyau de durée de vie


longue, par exemple T = 6h pour le 99mTc.
On symbolise l’état métastable par un m après A

Am
X 99Mo (T=66h)

Z
b- 99mTc (T=6h)

(140 keV) g 99Tc

(T=210 000 ans)


EMISSION b- + g
Désintégration du 137Cs

137Cs (T=30 ans)

b1 (511 keV)
b2 (Emax 1173 keV)
137Ba
g (662 keV)

b2 : 5,4% b1 : 94,6%
EMISSION b- + g
Désintégration du 60Co : 2 g en cascade

60Co (T=5,27 ans)

b (310 keV)
g (1,17 MeV)

60Ni
g (1,33 MeV)
EMISSION b- + g
Désintégration de l’ 131I : 2 voies (b+g)
131I (T=8 jours)
b2 (333 keV)
b1 (606 keV)
g2 (637 keV)
g1 (364 keV) 131Xe

b1 : 89,9% b2 : 7,2%
Isotopes de l’iode

123 124 127 131


I I I I
53 53 53 53
Déficit relatif Iode naturel Excès relatif
de neutrons de neutrons

b+ b+ Stable b-

capture électronique
CONVERSION INTERNE
Alternative à l'émission gamma

Transfert direct de l’énergie de transition radioactive du


noyau à un électron du cortège qui est éjecté avec une
énergie cinétique Ec = E – EL
où E est l’énergie d’excitation du noyau
et EL est l’énergie de liaison de l’électron.

Phénomène important pour des énergies de désexcitation


faibles dans des noyaux lourds comme le 238Pu

Spectre de raie car les électrons ont une énergie bien déterminée
LE TAUX D’ÉMISSION
Nombre de rayonnements par unité de temps

n (ryts/s) = A (Bq) x I (%)/100

Pour la désintégration a b- b+ CE, la somme des


intensités d'émission fait toujours 100 %.
Pour la désexcitation g cela peut faire plus, s’il y a une
cascade de g

Exemple :
A = 1000 Bq
rayonnement b1 : 30% rayonnement b2 : 70%
n b1 = 300 rayonnements b 1 /s
Pour résumer
Énergie variant de quelques keV à 9 MeV selon le rayonnement

Source radioactive caractérisée par activité (Bq) et période (T)

Rayonnements Radioactivité

E = hn = hc / λ A = A0 e - λ t = λ N
E (keV) = 12,4/ λ (Å)
T = Ln 2 / λ
Eliaison: En = - E0 x Z²/n²
m = A M T/ Ln2 N
E = mc²
Instabilités nucléaires
naturelles ou induites

Transformations radioactives spontanées

Emission α
Transformations Fission Désexcitations
isobariques Transformations isomériques

β- b+ Capture e- γ Conversion Production


Ib - (N)
Ia (%)
interne paire e+-e -

0 E b -max E b - (keV)

4,8 E (MeV)
Les rayonnements
4- L’interaction des rayonnements avec la
matière
5- La détection des rayonnements

Pr Michel Bourguignon
Paces – Biophysique
Faculté de médecine Simone Veil
Décembre 2018