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CONTENTIEUX ADMINISTRATIF

On parle ici du procès qui se déroule devant le juge administratif.

Biblio :
- René Chapu, droit du contentieux administratif, 13ème version de 2008
- Olivier Gohin, Littec
- Bernard Pacteau, PUF
- Celui du Prof Ricci, Hachette Université.

1ère Partie : Cadre Général du Contentieux Administratif.


2ème Partie : Le Déroulement du Procès.
3ème Partie : Le Jugement et les Voies de Recours.

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1ère Partie : Cadre Général du Contentieux
Administratif.

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Chapitre 1 er   : Les sources et
les principes du Contentieux Administratif.

Section 1ère : Les sources du droit du Contentieux Administratif.

Paragraphe 1 er : Les sources Européennes du contentieux administratif.

Malgré son très fort poids au niveau national, il n’en a que très peu en matière de contentieux administratif. Excepté
concernant la procédure de renvoi devant la CJCE, article 234 du traité de Rome et le dispositif en matière d’urgence
(devant un juge) ; bien que la procédure ait lieu devant le juge communautaire elle intéresse au plus au point le juge
national. La CJCE ressemble beaucoup au Conseil d’Etat.
Concernant la Cour EDH, deux articles du traité son important, l’article 6 §1 et l’article 13. L’article 13 dit que «  tout
homme doit se voir reconnaitre le droit à un recours effectif ». Le droit administratif est atteint des deux coté par
l’article 13. Par ailleurs il est possible de contesté un acte soit devant son auteur soit devant le supérieur de ce dernier.
L’article 6 §1 « tout homme a droit à un recours équitable ». Comme la convention dit que tout individu à droit à ce
que sa cause soit reconnue en matière civile et pénale, le Conseil d’Etat a prétendu n’être ni du pénal ni du civil et
n’était de ce fait pas concerné par la Convention EDH. Or la Cour EDH n’a pas accepté ce principe et a donc soumis le
Conseil d’Etat à la Convention EDH. L’article 6 §1 est devenu le pilier du contentieux administratif.

Paragraphe 2 ème : Les sources Constitutionnelle.

Le Conseil Constitutionnel a fait de la Constitution une source importante du contentieux administratif, tant concernant
l’étendu de la compétence qu’en matière de procédure.

A/ L’étendu de la compétence.

Décision 86-224 DC. Le Conseil Constitutionnel procède en trois temps.


- Il existe deux blocs Constitutionnels relevant soit du juge judiciaire soit du juge administratif.
- Tout ce qui n’est pas dans un de ces deux blocs relève de la loi.
- Par l’effet de la théorie des blocs il peut arriver qu’une même matière soit partagée entre deux blocs. Ex : si
l’objet d’une décision administrative viole une liberté fondamentale, l’affaire relève à la fois du juge
administratif et du juge judiciaire. Dans ce cas là, il est possible à la loi de réunifier la matière devant l’un ou
l’autre ordre de juridiction.
De ce fait pour qu’il y ait un bloc constitutionnel administratif il faut qu’il y ait un juge administratif ; le Conseil
Constitutionnel a donc rendu Constitutionnel le dualisme des matières juridiques et du même coup le Conseil d’Etat.
En revanche les questions de répartition de compétence relèvent du règlement.

B/ La procédure administrative contentieuse.

Il existe une procédure administrative non contentieuse. La Constitution est largement silencieuse sur la matière
administrative. Le premier principe est celui de l’application immédiate des lois de procédure aux instances en cours.
La deuxième est l’absence de rétroactivité des lois de procédures aux instances qui ont déjà épuisé leurs effets. La
Constitution contient dans son article 34 un alinéa concernant la procédure pénale qui relève du législatif mais ne parle
pas de la procédure civile et administrative, ces deux dernières relèvent donc du réglementaire. Par conséquent la
procédure civile et totalement hermétique à la procédure administrative et inversement.
L’affirmation de la compétence du pouvoir réglementaire pour élaborer les règles de procédure. C’est vrai à condition
d’apporter 2 précisions :
- La jurisprudence du Conseil Constitutionnel. Le pouvoir réglementaire est obligé un certain nombre
d’exigences procédurales, issues de la Constitution qui ont par conséquent une valeur constitutionnelle. Si les
recours en justice pouvaient ne pas être suspensif, c’est à condition que le juge bénéficie d’un pouvoir de
suspension.
- La volonté du juge, qui peut proclamer des principes de procédure, soit spontanément, soit après une demande
externe, dispose de la liberté totale pour déclarer si ce principe existe ou non. Un juge peut par ailleurs déclarer
un principe général applicable exclusivement à l’une ou l’autre des juridictions.

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Section 2ème : Les principes qui gouvernent le statut du juge.

Paragraphe 1 er : La qualité de magistrat du Juge Administratif.

Les juges judiciaires ne sont pas des fonctionnaires, mais sont des agents publics soumis au régime dérogatoire de la
magistrature, lequel est doublement protecteur car résulte d’une loi organique. Les juges administratifs sont des
fonctionnaires. Ils bénéficient d’un statut de fonctionnaire étayé par un statut de magistrat totalement spécifique. Ils
sont recrutés par l’ENA qui recrute tous les hauts fonctionnaires. Parmi tous les juges administratifs, les membres de
Conseil d’Etat n’ont pas l’appellation de magistrat, et n’ont aucune protection dont bénéficient les autres magistrats du
même ordre. Or une décision relative aux membres du Conseil d’Etat doit être prise par le Chef d’Etat, mais cet acte est
administratif et relève donc de la compétence dudit Conseil.

Paragraphe 2 nd : La collégialité.

La collégialité, et ce pour deux raisons. On ne peut pas savoir dans quel sens un juge a voté et on peut espérer que les
mauvaises décisions seront évitées. Or de plus en plus de jugement sont rendus à juge unique. On notera qu’un
jugement rendu en juge unique, ne peut être interjeté appel, c’est directement la cassation.

Paragraphe 3 ème : « Juger l’administration, c’est encore administrer  ».

L’administration satisfait l’intérêt général. Le juge applique des règles qui tentent de satisfaire l’intérêt général. Le
Conseil d’Etat tente de voir dans chaque cas individuel la part universalisable qui permettra de rendre valable pour tous
sa décision tout en ne perdant pas de vue l’intérêt général.

Section 3ème : Les principes qui gouvernent la fonction juridictionnelle.

Il y a d’abord les principes relatifs aux règles de compétences, ceux aux statuts du recours et ceux relatifs à la qualité
du jugement rendu.

Paragraphe 1 er : Les principes relatifs aux règles de compétences.

En procédure administrative toutes les règles relatives à la compétence sont publiques. Les parties peuvent donc
soulever cette question tout le long de l’audience et même le jour de l’audience. Le juge à l’obligation de le soulever si
les parties ne le font pas, à n’importe quel moment, même en cassation si le dossier ne permettait pas de la déceler
auparavant.
Lorsque le juge soulève d’office sur sa compétence, s’il se considère compétent, aucune trace n’apparaitra. Si à
l’inverse il se considère incompétent, cela sera marqué dans le dossier. Les parties, comme le juge on la possibilité de
soulever le moyen d’incompétence. Le juge a donc toujours l’obligation de s’expliquer.

La plénitude de compétence du juge et le recours à l’arbitrage. Le juge administratif est le juge indiscutable de la
puissance publique et du service public, autrement dit il est à la fois juge de l’action et de l’exception. Dès lors qu’il est
compétent pour trancher les litiges, il est également compétent pour statuer sur tous les moyens en demande et en
défense alors même que si l’un de ces moyens avait été l’objet principal du litige, il eut été incompétent pour statuer.
L’accessoire suit le principal.

Le juge administratif compétent à titre principal est compétent pour toutes les demandes additionnelles.

La prohibition de l’arbitrage. Le Code civil interdit le recours à l’arbitrage pour les personnes privées car la qualité de
la justice pourrait être remise en cause par le peuple si l’Etat reconnaissait une alternative à ses propres instances
juridiques.
Toutefois des lois peuvent prévoir, dans des cas très précis, le recours à l’arbitrage.

Paragraphe 2 ème : Les principes relatifs au recours contentieux.

Les recours en droit administratif n’ont pas d’effet suspensif. Pourquoi ? Car le procès en procédure civile ne concerne
que les protagonistes, en droit administratif il n’est pas possible d’opérer ainsi car si l’acte était suspendu, il le serait
pour tout le monde et on ne peut conférer se pouvoir à un seul individu.

Si le principe est certain, il comprend des dérogations. Il est toujours possible à celui qui demande l’annulation de saisir

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le juge des référés tendant à la suspension de cet acte. Le référé sera une mesure provisoire, la formation de certains
recours entraine la suspension automatique de l’acte attaqué. Lorsque le préfet prend un arrêté de reconduite à la
frontière d’un étranger en situation irrégulière, si un recours est formé dans les 48h, l’arrêté est suspendu pendant 72h.

La liberté de former un recours. Constatant l’illégalité, un citoyen peut-il ne pas l’attaquer ? Oui, on n’est jamais obligé
d’attaquer un acte illégal. Toutefois 2 actes spéciaux ont un régime spécifique :
- Lorsque des personnes portent atteintes à l’intégrité du domaine (contravention de grande voirie). Le préfet,
constatant une contravention de grande voirie, doit-il la poursuivre ? Le Conseil d’Etat a répondu positivement
le 25 février 1979 dans l’arrêt, Association les amis du Chemin de Ronde.
- Un certain nombre d’acte administratif doivent être transmis à la préfecture. Lorsque le préfet constate
l’illégalité d’un tel acte, doit-il poursuivre l’acte ? Une grande partie de la doctrine, le Conseil d’Etat a estimé
que oui. Dans un arrêt de Principe du 25 janvier 1991 le Conseil a estimé que non.

Paragraphe 3 ème : Les principes relatifs à la qualité de la justice rendue.

A/ La responsabilité de l’Etat du fait du dysfonctionnement de la justice administrative.

Le Conseil d’Etat, dans l’arrêt Darmon de 1978, décide que l’Etat est responsable du dysfonctionnement de la justice
administrative du fait des principes généraux qui gouvernement la responsabilité de la puissance publique. Dans un
arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Paris du 8 novembre 2006 a admis la responsabilité du fait du contenu
d’une décision de justice.
Le Conseil d’Etat a admis la responsabilité de l’Etat pour « durée excessive de la procédure » dans l’arrêt Magiera du
28 juin 2002. Toutefois la décision trop longue de la procédure n’entraine jamais l’irrégularité du jugement. La
juridiction compétente au fond pour juger l’affaire sera aussi chargée de l’éventuelle indemnisation.

L’impartialité du juge. Il est de l’office du juge d’assurer le respect de l’impartialité. Ce principe est si fort que le
Conseil d’Etat l’applique même dans le cas où un Tribunal administratif ne statue pas comme autorité judiciaire mais
comme une autorité administrative.
La Cour EDH considère qu’il faut non seulement être impartial dans les faits mais être en plus impartial dans
l’apparence ; théorie des apparences.

Le recours est irrecevable dans deux cas :


- L’acte de gouvernement. En 2006 la Cour a instruit une affaire contre l’Italie au cours de laquelle la Cour a
déclaré non incompatible ce principe avec la Convention EDH.
- Les mesures d’ordres intérieures.

Dans un monde qui est celui du palais, il semble évident que doit régner le principe de loyauté. Tant dans les moyens
d’obtenir les preuves que dans les débats. Il s’agit aussi de la loyauté de l’administration, ou encore entre les juges, les
avocats et entre les parties.

La Cour de cassation dit que « le juge est tenu de respecter et de faire respecter la loyauté des débats ».

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Chapitre 2 nd   : Les actions contentieuses.

Laferrière estime que pour classer le recours il faut regarder l’étendu de la compétence du juge. D’autres proposent de
classer les contentieux en fonction de leur subjectivité ou de leur objectivité (hiérarchie des normes), cependant le
Conseil d’Etat ne retient pas cette classification. On distingue 4 branches dans le contentieux :
- Contentieux de l’Interprétation.
- Contentieux de la Répression.
- Contentieux de l’Annulation.
- Contentieux de la Pleine Juridiction (le juge possède la plénitude des pouvoirs).

Section 1ère : Les quatre branches du contentieux.

Paragraphe 1 er : Les contentieux quantitativement résiduels.

A/ Le contentieux d’interprétation.

Il s’agit du contentieux au cours duquel il est demandé au juge quel est le sens d’un acte de l’administration car le sens
n’apparait pas clair aux parties à un procès qui se disputent donc sur le sens à donner.
- Le recours en interprétation stricto sensu permet d’obtenir le sens d’un acte obscure, soit d’obtenir la
classification d’un acte juridique. Soit ce recours a lieu à titre principal alors il est très restrictivement admis
soit lorsque le recours est formé a titre incident (renvoi à la suite d’une décision judiciaire) alors le juge est
obligé de répondre.
- Le recours en appréciation de la légalité, recours par lequel il est demandé au juge de dire si un acte est légal.

B/ Le contentieux répressif.

On y regroupe :
- Le contentieux disciplinaire des agents publics.
- Le contentieux de contravention de grande voirie.
- Le contentieux de sanctions administratives (perte de points du permis de conduite, fermeture de débits de
boisson).

Paragraphe 2 ème : Le contentieux de l’annulation et de l’excès de pouvoir.

A/ Le contentieux d’annulation.

Les actes sont rendus en fonction de la Constitution. Le caractère d’ordre public du recours en annulation reprend le
respect du droit dans l’intérêt général. Le recours en annulation existe même sans texte, le silence laisse présumer
l’existence d’un tel recours. Comme tout le monde a intérêt à ce que l’administration respecte le droit on va admettre
très largement la possibilité de recours. Nul ne peut s’engager à renoncer à un tel recours et dans l’éventualité ou un tel
engagement serait pris, il commettrait un acte d’illégalité en respecter la parole donnée. Le délai de recours est enfermé
dans un délai de 2 mois.

B/ Le contentieux de recours pour excès de pouvoir.

Lorsque l’on attaque pour excès de pouvoir, le procès est fait à l’acte et non à l’auteur. Concernant la date à laquelle se
place le juge pour apprécier la légalité, il ne se place ni au jour où il statut, ni au jour où l’acte a été pris, mais au jour
où l’acte a été saisit. Toute mesure prise par l’administration après n’ont aucune valeur. Un contrat est un acte subjectif
par excellence. Le recours pour excès de pouvoir ne peut être utilisé pour des actes ne visant pas la préservation de
l’intérêt général, sauf acte détachable.
Le procès en excès de pouvoir est destiné à assurer la subordination effective de l’administration au droit. Les décisions
d’annulation rendues par le juge de l’excès de pouvoir ont toujours l’autorité absolue de la chose jugée. Le litige
soulevé par le recours pour excès de pouvoir n’est pas un litige entre parties. Si le recours est objectif, il n’y a pas de
contradiction avec le fait de dire que le procès s’affranchit des parties. Lors d’un procès pour excès de pouvoir, l’acte
est défendu (par un mémoire).
Dans l’arrêt Boussuge, le Conseil d’Etat en 1912 a admis la tierce opposition en excès de pouvoir, d’où la nécessité de
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l’existence des parties.

Paragraphe 3 ème : Le contentieux de la pleine juridiction.

C’est dans ce contentieux que le juge a le plus de pouvoir.

A/ Un contentieux disparate.

Disparité à la fois des matières et des questions posées au juge.

1. Disparité des matières.

On retrouve le contrat, le contentieux fiscal, électoral, la protection de l’environnement, des monuments historiques et
classés.

2. Disparité des questions posées au juge.

On peut dans le contentieux de la pleine juridiction demander au juge tout ce que l’on pouvait demander au juge de
l’excès de pouvoir (question de légalité et question de pur fait). Le juge qui tranche une question de légalité ne se
confond pas avec le juge de l’excès de pouvoir.

B/ Un contentieux à puissance juridictionnelle renforcée.

Le juge peut annuler l’acte, peut refuser d’annuler, octroyer une réparation, une somme d’argent ordonner de refaire
une élection… substituant sa décision à celle de l’administration. Le juge apprécie la légalité de l’acte au jour où il
statut à la différence du juge pour excès de pouvoir. Cela lui permet de produire des actes les plus adéquats possible à
la situation.

Section 2ème : La querelle des contentieux : excès de pouvoir ou pleine juridiction.

Paragraphe 1 er : Le présent.

L’existence de deux branches importantes du contentieux, a toujours posé problème.

A/ L’arrêt Blanc, Argaing et Bezie et la jurisprudence Lafag.

L’arrêt Blanc, Argaing et Bezie du 31 mars 1911 : lorsqu’un requérant à l’intention de saisir un juge pour des
questions de légalité (REP) et de droit subjectif (pleine juridiction), il n’est pas obligé de faire 2 recours distincts, il
peut poser les deux question par un même recours, à condition que le juge soit bien compétent pour répondre au deux
types de recours. La compétence s’apprécie au lieu de réalisation du contrat. De plus il faudra remplir les conditions
des deux recours, sachant qu’il faudra répondre à la condition la plus sévère des deux recours.
Depuis l’arrêt Lafag, une personne contestant une décision à caractère pécuniaire peut le faire par REP à condition que
ses conclusions ne contiennent rien de financier. Tout juge administratif peut astreindre et délivrer. Cet arrêt a donc
permis gratuit par un REP avec une demande d’injonction et d’astreinte le plein effet du pouvoir de juridiction.
B/ La théorie des actes détachables.

A l’origine, le Conseil d’Etat a adopté la théorie de l’indivisibilité des branches du contentieux. Puis il a admis que
dans une situation juridique donnée, on pouvait très bien détacher certains actes de procédure car cet acte forme un
ensemble autonome que l’on peut analyser intellectuellement et appréhender matériellement, sans se référer au texte
initial.
- La détachabilité dans le contentieux contractuel (pleine juridiction). Lorsqu’un acte est détachable il pourra
faire l’objet d’un REP. Il est toutefois plus simple de détacher un acte non encore exécuté.
- La détachabilité dans le contentieux fiscal (pleine juridiction). L’arrêt de principe est l’arrêt Vreil du 28
février 1913. Le conseil d’Etat a opté pour une position selon laquelle si l’acte est de nature fiscale il est
toujours détachable (donc REP possible). Si l’acte n’est pas réglementaire, il n’est pas détachable sauf s’il est
attaqué par un tiers.
- La détachabilité dans le contentieux électorale. Arrêt Chabot de 1903, les actes administratifs organisant une
élection sont toujours détachables (donc REP possible). Lorsque l’élection relève du Conseil Constitutionnel
lorsque l’admission du recours aurait pour conséquence l’annulation de l’ensemble des éléments de l’élection.

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Le Conseil d’Etat est responsable de tous les actes précédents l’élection ayant lieu dans un cadre public.

Paragraphe 2 ème : L’avenir.

La question se pose depuis 1912, depuis que Hauriou a théorisé la fin du REP au profit du recours de plein contentieux.
A l’origine on a construit le REP comme un recours subsidiaire. Chaque fois qu’un requérant peut obtenir une décision
par une autre voie de recours, il ne peut utiliser le REP. Depuis 10 ans le juge de REP s’est vu attribuer des
compétences qui le rapprochent du juge du plein contentieux ; condamnation et injonction. A partir des articles 6§1 et
13 la Cour EDH exige que les individus est un recours effectif et elle emploi l’expression « le droit national doit
instaurer un recours de pleine juridiction ». Mais cette pleine juridiction signifie que le système doit être un système
indépendant et équitable.

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2ème Partie : Le déroulement du Procès.

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Chapitre 1 er   : Introduction de la requête.

Section 1ère : Conditions nécessaires pour agir.

S’agissant de l’introduction de la requête, 4 questions se posent :


- Qui peut saisir ?
- Quelle est la capacité ?
- Qui a intérêt à agir ?
-

Paragraphe 1 er : L’auteur de la saisine.

Pour saisir il faut avoir décidé de ne pas saisir. Devant des millions de situations possibles, il y a eu de nombreux
procès possibles, mais seuls quelques uns débutent. Soit car le requérant décide de ne pas agir, soit il veut agir puis
change d’avis, soit agit puis se retire en milieux de procédure. Pour ne pas agir il suffit d’attendre l’expiration du délai
ou alors il est possible de s’engager officiellement à ne pas faire de procès. En cas de contentieux portant sur des droits
subjectifs, il est toujours possible de ne pas faire valoir ces droits. En revanche on ne peut renoncer à des droits
objectifs sous peine de nullité absolu de cet engament.

Paragraphe 2 ème : La capacité juridique.

Une personne physique majeure est capable d’ester. Si une personne morale est de droit public dès lors qu’elle existe
elle est capable d’ester en justice, ladite capacité existe dès lors que la validité de cette personne est reconnue. Une
personne morale n’ayant pas de capacité juridique a toutefois la possibilité de contester les actes relatifs à sa
constitution (notamment en cas de dissolution).

Paragraphe 3 ème : L’intérêt à agir.

On établie un lien entre la personne qui agit et l’objet de sa demande ; l’intérêt à agir.

A/ La théorie de l’intérêt pour agir.

Exigence d’une certaine relation entre le demandeur et l’acte contre lequel il forme son recours. Il s’agit en fait de la
qualité donnant droit à agir. Cet intérêt s’apprécie à la date d’introduction du recours. Si la qualité disparait par la suite,
la demande de l’individu demeure recevable. Quand on se demande si quelqu'un a bien intérêt à agir, c’est toujours par
rapport à ce qu’il demande qu’il demande au juge s’il a intérêt. Cet intérêt doit revêtir trois groupes de caractéristiques :
- Intérêt né et actuel (assimilé au litige né et actuel). La jurisprudence n’exige pas que l’intérêt soit strictement
né pour pouvoir agir, si en effet l’intérêt est futur mais certain, alors l’intérêt sera considéré comme né.
- Intérêt peut-être matériel et/ou moral. Son appréciation ne se fait pas du tout de la même manière en REP et en
pleine juridiction.
o En REP, l’acte doit faire grief : l’acte doit être une décision (modification de l’ordonnancement
juridique). La décision doit avoir des effets sur le requérant.
o En contentieux de pleine juridiction, le requérant doit invoquer l’atteinte à un intérêt légitime.
- L’intérêt doit être direct et personnel. Il est plus facile qu’on ait un intérêt direct et personnel en plein
contentieux qu’en REP.

Les atténuations :
- En cas de demande collective, on distingue une demande personnelle d’une réelle.
- La demande de d’annulation partielle d’un acte administratif n’est possible que si l’acte en question n’est pas
indivisible.

Les exceptions : Le fait de demander un intérêt direct et personnel n’exclu-t-il pas de fait le recours des personnes
morales. Arrêt des patrons-coiffeurs de Limoges de 1906, une personne morale peut agir dans l’intérêt collectif à
chaque fois qu’elle est en présence d’un acte qui touche à son objet social. Lorsqu’une personne morale est composée
de plusieurs catégories de branche (syndicat avec prof, maitre de conférences,…) ce syndicat peut alors contester un
acte qui ne concerne que l’un des catégories d’agent. Dans un arrêt de 2003, le Conseil d’Etat a estimé que la
fédération syndicale a intérêt direct et personnel à agir au nom d’un syndicat.
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Les personnes physiques ayant un titre légal à agir en nom et pour le compte d’une personne (parents ou subrogation).
L’intervenant est une personne s’introduisant dans un procès et peut décider d’être au cotés d’une des deux partie
(intervenant à titre secondaire, n’a pas d’intérêt propre à agir). En revanche l’intervenant principal n’est pas admis en
juridiction administrative.

Paragraphe 4 ème : La qualité pour agir, la représentation.

A/ La représentation des personnes privées.

Pour la personne physique, elle peut agir en justice mais aussi se représenter elle-même ou se faire représenter par un
mandataire (les époux ne se représentent pas mutuellement).

B/ La représentation des personnes morales.

Pour la personne morale, il y a deux questions à résoudre, quel est l’organe qui, dans une personne morale, peut décider
d’ester en justice ? L’organe ayant décidé d’ester, qui représentera la personne morale en justice ? Parfois le statut de la
personne morale n’est pas précis à ce sujet, à ce moment c’est le Conseil d’administration qui pourra décider d’ester en
justice et c’est le président qui représentera la personne morale. Pour l’Etat, c’est un ministre. Pour les collectivités
territoriales, elles sont représentées par leur organe exécutif, mais doit avoir était expressément autorisé à ester par
l’organe délibérant.

C/ La présentation des requêtes.

Devant le Tribunal administratif, il y a dispense du ministère d’avocat. Devant le Conseil d’Etat ou les Cour d’Appel
Administrative, le ministère d’avocat est obligatoire. Les mandataires autorisés ne peuvent être que des avocats
mandatés. Les avocats au Conseil sont des officiers ministériels (il faut acheter la charge) de plus, il passe les mêmes
examens d’avocats mais en plus ils ont des examens spécifiques à passer devant le Conseil d’Etat. Ils sont 60, fixé par
le Roi Saint Louis.

D/ Le rôle de l’avocat.

Il est très dangereux de se passer des services d’un avocat. Le choix de l’avocat est libre. Il peut y avoir cependant
changement d’avocat en cas de problèmes entre un avocat et son client grâce, par exemple, à une action en désaveux.

E/ L’aide juridictionnel.

Un procès peut coûter cher (expert, preuves…).

Section 2ème : La formation de la requête.

Il faut disposer d’une décision de l’administration. Dans la plupart des cas, cette décision permettra de lier le
contentieux.

Paragraphe 1 er : L’exigence d’une décision préalable.

Trois expressions qui se ressemblent beaucoup phonétiquement : demande préalable, décision préalable et recours
préalables, ce sont trois choses différentes.
- La demande préalable, c’est l’hypothèse dans laquelle il n’existe pas de décision de l’administration, et donc
l’intéressé par sa demande attend une réponse, c'est-à-dire la décision qu’il demande. Autrement dit, la
demande cherche à faire exister une décision qui n’existait pas avant.
- La décision préalable, est ainsi appelée parce qu’il est nécessaire d’une décision préalablement à la saisie du
juge. Cette décision préalable, soit a été prise spontanément par l’administration, soit elle n’existe pas et on va
la faire exister, par la demande préalable.
- Le recours préalable, consiste pour une personne qui dispose déjà d’une décision préalable, à essayer de faire
revenir l’administration sur sa décision espérant ainsi éviter d’avoir à faire un procès.

A/ L’aspect négatif de l’exigence d’une décision préalable.

Il peut y avoir des décisions qui ne sont pas susceptibles de recours. Il en va ainsi de l’acte de gouvernement. L’acte de

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gouvernement est une décision… Il est des décisions qui relèvent de la compétence d’autres juridictions. Ex  : du juge
judiciaire. Il y a aussi la LEA. Il y a encore les mesures dites gracieuses, c'est-à-dire les décisions par lesquelles la
puissance publique octroie des avantages sans y être obligée. Donc leurs bénéficiaires ne disposent d’aucun droit
quelconque à leur égard. De telles mesures sont des décisions insusceptibles d’engager leur auteur. Les décisions prises
sur demande de l’intéressé et qui sont conformes à sa demande. Ainsi que les mesures préparatoires.

B/ L’aspect positif de la décision.

L’adage de décision explicite ou implicite de l’administration. On appelle explicite tout document ou comportement
qui se présente lui-même comme étant une décision, la décision implicite est le plus souvent verbale.

Lorsque l’administration ne répond pas à une demande, le Conseil d’Etat a considéré que le silence au bout de 2 mois
signifie la constitution d’une décision implicite de rejet de la demande. Le délai peut toutefois varier. Cette règle est-
elle de nature réglementaire ou législative ? Dans la loi de 2000 le législateur y a vu une règle de nature réglementaire.

Dans un grand nombre de cas, les décisions de l’administration doivent être motivées. Mais qu’en est-il de la
motivation des décisions implicites ? Le destinataire a toujours la possibilité de demander à ce que la motivation lui
soit notifiée.

En matière de construction immobilière, lors d’une demande d’autorisation de construction, le silence vaut autorisation.
En matière hospitalière l’absence de réponse fait naitre une réponse implicite au bout de 6mois.
En matière de plein contentieux seul une décision explicite fait courir le délai. En cas de décision implicite, on est
toujours dans le délai, car il n’a pas commencé.

C/ Les exceptions à la règle de l’exigence préalable.

Le fait pour l’administration de se défendre au fond, constitue la décision qui manquait.


Le requérant n’a pas besoin d’avoir une décision en matière de travaux. Mais si l’administration prend spontanément
une décision en matière de travaux public, elle ne fait pas courir le délai car est superfétatoire.
Il n’y a pas besoin de décision lorsque l’administration est demandeuse.
En cas d’urgence le juge peut être saisit sans attendre la décision.

Paragraphe 2 ème : La liaison du contentieux.

L’intéressé peut saisir la réponse dans le délai de 2 mois après la parution de la décision. La demande de décision peut-
être soulevée soit en son nom soit par l’intermédiaire d’un mandataire ou d’un avocat ( cru sous robe, c'est à dire il n’a
rien a prouvé). Le juge depuis 2000 doit renvoyer le dossier mal orienté à la juridiction compétente. Une réponse
expresse est un acte par lequel l’administration répond clairement à notre demande et modifie l’ordonnancement
juridique, les réponses d’attentes n’ont aucune valeur juridique. Pour apporter la preuve de la décision implicite il suffit
d’apporter la preuve de la demande effectuée il y a plus de 2 mois et de l’absence de réponse.

Section 3ème : Les conditions de formes des requêtes.

Paragraphe 1 er : Formes et mentions des requêtes.

A/ Les formes.

Lorsqu’un justiciable s’adresse à l’administration, on parle de requête. Sur le plan de la forme, il n’a pas de grandes
nécessités formalistes. La requête comprend :
- Le mémoire introductif d’instance.
- Le mémoire ampliatif. Si l’ampliatif développe des moyens non stipulés dans le mémoire introduction, ce
mémoire ampliatif devra être déposé dans un délai de 2 mois.
Un recours ne peut être qu’écrit (pas de téléphone, pas oral, pas de télécopie,…) et doit être rédigé en Français (arrêt
Quillevère de 1985), ici la rédaction en Français est un Principe Général du Droit.

B/ Les mentions.

Doivent être explicités :


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- Les nom(s) et prénom(s) du demandeur.
- Sa profession.
- Son domicile.
- Le défendeur. Si le demandeur est mal identifié, la requête est irrecevable.
- La requête n’a pas à être signée, et pas datée non plus car c’est le timbre à date qui fait foi.

Paragraphe 2 ème : Le contenu des requêtes.

Il y a toujours deux éléments :


- La requête stricto sensu. Elle comprend, dans l’ordre :
o Faits.
o Moyens : argumentation en vue de convaincre le juge du bien fondé de sa requête, posée dans le délai
du recours contentieux, il s’agit de la cristallisation des prétentions. Cette invocation comprend des
moyens de légalité externe (incompétence ou vice forme et de procédure) et des moyens de légalité
interne (violation de la règle de droit ou détournement pouvoir de pouvoir ou de procédure), un moyen
d’ordre public peut-être soulevé à tout moment ; Arrêt Intercopie de 20 février 1953.
o Conclusion. Sans elle, le recours n’existe pas.
- Documents annexes à la requête.

13
Chapitre 2 ème   : La demande en justice.

Le procès va être conduit car une personne aura saisit le juge par une demande principale, agrémentée de demandes
incidentes.
Un recours gracieux est porté devant la personne ayant rédigé l’acte attaqué.
Un recours hiérarchique est un contentieux gracieux porté devant le supérieur hiérarchique de l’auteur de l’acte.

Section 1ère : La demande principale.

Elle déclenche les hostilités car saisit le juge des prétentions et force quelqu'un à être défendeur. Avant même que la
demande arrive sur le bureau du juge, il peut y avoir des limites à cette demande.

Paragraphe 1 er : Les limites à la formation d’une demande en justice.

A/ L’obligation d’un Recours Administratif Préalable Obligatoire (RAPO).

Lorsqu’il est en présence d’une décision portant atteinte à ses intérêts le justiciable peut soit saisir l’administration
auteur de l’acte soit le juge administratif. Il existe des cas de RAPO dont les uns sont prévus par un texte et dont les
autres peuvent être prévus par un contrat. En cas de refus de l’administration pour consulter un document administratif,
on doit d’abord saisir la CADA, dont la décision, si elle refuse aussi, pourra être attaquée devant le juge administratif.
Si un RAPO devait être soulevé mais qu’il ne l’a pas été le recours est irrecevable, l’omission n’est pas régularisable.
Quant à la réponse, la décision se substitue toujours entièrement à la décision initiale. Lorsque l’administration est
saisit d’un recours obligatoire elle se place pour décider, à la date à laquelle elle prend sa décision.
Le deuxième obstacle de la formation du recours ne concerne que l’administration, juridiction préfet de l’Eure du 30
mai 1913 ; l’administration n’a jamais le droit de demander au juge ce qu’elle peut s’accorder à elle-même.

B/ ??? Non je l’ai pas oublié, c’est le prof 

Paragraphe 2 ème : La notion de partie et de tiers.

La demande va saisir le juge d’un procès qui va se dérouler entre 2 personnes, les parties.
- En première instance on a un demandeur (initiateur du procès), en face de lui un ou plusieurs défendeurs. Les
défenseurs étant les avocats… Il peut y avoir un intervenant, non initialement partie au procès, mais il
s’introduit ou est introduit au cours du procès.
- En appel les demandeurs et défendeurs garde leurs statut. L’intervenant perd son statut. L’appelant est celui qui
a interjeté appel (demandeur ou défendeur). L’intimé et celui contre lequel l’appel est formé (demandeur ou
défendeur). L’intervenant disparait en tant que tel, soit il sort du procès et redevient tiers, soit il y reste et doit
donc être intimé ou appelant.

Paragraphe 3 ème : Les composantes de la demande en justice.

Le demandeur doit avancer des moyens lors de la demande car sans ces derniers la requête est nulle en revanche le
défendeur peut ne pas avancer de moyens s’il se contente de réfuter ceux du demandeur. On distingue parmi les
moyens ceux de faits ou ceux de droit (relatifs à la légalité), les moyens garantissant la victoire et ceux garantissant la
défaite.

Les moyens garantissant la défaite :


- Moyens non fondés en faits. Ex : improuvable ou erreur sur la qualification juridique.
- Moyens inopérants. Un moyen est inopérant lorsqu’il est fondé en droit ou en fait mais ne peut pas avoir
d’effets sur l’issu du procès.
- Moyens irrecevables. Ex : saisine d’une juridiction incompétente, articulé contre un acte de gouvernement, ou
encore moyen statuant contre un acte non saisissable devant une juridiction administrative.

Les moyens garantissant la victoire :


- Moyens ne relevant pas de la même compétence juridique (interne/externe) que le moyen soulevé pendant le
délai de recours, sauf moyens d’ordres publics (très nombreux, car tout ce touche à la légalité générale :
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incompétence, non accomplissant d’un RAPO, rétroactivité illégale c’un acte réglementaire, le champ
d’application de la loi, la responsabilité sans faute…). Un tel moyen peut être invoqué à n’importe quel
moment de la procédure, et si le juge relève un moyen d’ordre public, il est tenu de le soulever d’office. Le
recours pour faute peut conduire à l’examinassions de la responsabilité sans faute alors que l’inverse n’est pas
possible.

Section 2ème : Les demandes incidentes.

Chacune des parties peut ajouter à sa prétention des demandes incidentes. On distingue celle du demandeur
(additionnelle), celle du défendeur (reconventionnelle) et celle tu tiers (intervenant).

Paragraphe 1 er : Les demandes additionnelles.

Le juge rejette souvent les demandes additionnelles car le demandeur a eu tout loisir de décider s’il faisait ou non un
procès, qu’il a eu tout loisir à développer sa demande,… Le Conseil d’Etat demande l’existence d’un lien de connexité
entre la demande additionnelle et la demande principale (soit concernant les demandes elle-même soit au niveau de leur
objet, soit de leur cause juridique) la deuxième condition est que la demande additionnel doit aussi être formulée dans
le délai primitif des 2 mois. La demande additionnelle hors délai est entachée de forclusion.

Paragraphe 2 ème : Les demandes reconventionnelles.

Elle suppose que le défendeur a répondu, a contrattaqué la demande du demandeur. Le juge est bien plus indulgent
quant à l’acceptation de la demande reconventionnelle. Mais cette demande doit avoir un certain rapport avec l’objet de
la demande initiale, pas besoin de lien de connexité. Elle n’est enfermée dans aucunes conditions de délai, le défendeur
peut l’invoquer même le jour de l’audience. La demande doit toutefois relevée de la compétence de la juridiction saisit.
Or le plus souvent, le procès administratif à le plus souvent une personne privé (ou publique) en demandeur et une
personne publique uniquement en défendeur. La demande reconventionnelle doit être soumise à la recevabilité de la
demande principale.

Paragraphe 3 ème : Intervention d’un tiers.

C’est le fait pour un tiers de s’introduire ou d’être introduit de force dans un procès. Le tiers intègre souvent un procès
en tant que tiers et non en tant que partie car son intérêt à agir n’a pas la force suffisante pour ouvrir un procès (ex  :
association qui soutient une des partie).

A/ Intégration spontanée.

On distingue 3 hypothèses, soit celui qui rentre se range auprès du défendeur, soit il se range auprès du demandeur, soit
il reste dans son coin et décide d’adopter une 3ème posture.

S’il se range auprès du défendeur, sa démarche sera agressive. Le tiers devient alors partie prenante et peut même
interjeter appel s’il estime l’appel nécessaire. La recevabilité de la demande du tiers est soumise à la recevabilité
principale.

L’intervention d’un tiers à titre principale (de son coté) n’existe pas en procédure administrative. 2 raisons :
- L’intervenant n’est pas tenu par les délais.
- Il n’a pas à produire de décision préalable.
L’acceptation d’une telle intervention serait extrêmement mal vue et incongru eu égard à la difficulté pour le
demandeur d’avoir monté son dossier…

B/ Intégration forcée.

A l’initiative soit du défendeur soit du demandeur, soit des deux.

Le défendeur fait introduire de force un tiers dans un procès. Pour le cas ou le premier défendeur ne serait pas
condamné, il voudra faire condamné un autre défendeur.

L’appel en garantie est l’action par laquelle le défendeur tente de faire reporter sur un autre ce pour quoi il va être
condamné.

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L’appel en déclaration de jugement commun est l’hypothèse dans laquelle les parties à un procès voulant échapper aux
conséquences de l’effet relatif de la chose jugée vont faire entrer dans l’instance un ou plusieurs tiers afin que le
jugement leur soit directement et immédiatement opposable. Il ne peut jamais forcer à l’entrer d’un tiers dans un procès
sauf dans une hypothèse, (loi de 46 relative à la SECU) toutes les fois que le procès concerne la SECU, la loi oblige le
juge à l’appeler dans l’affaire. Dès lors que le tiers a été forcé et qu’il entre dans le procès, il devient une partie à
l’instance. Il peut donc interjeter appel.

Section 3ème : Les principes généraux et les exceptions gouvernant le délai de la saisine du juge.

Le délai reste une affaire complexe.

Paragraphe 1 er : Les caractères du délai de saisine.

En procédure civile, le juge cherche à trouver un délai raisonnable. En administratif il y a l’intérêt du particulier
confronté à l’intérêt de l’administration (normalement l’intérêt général) l’un poussant à octroyer un délai long et l’autre
court. Pour concilier ces deux tendances, le Conseil d’Etat puis le législateur ont fixé le délai à 2 mois.

La nature du délai est d’être un délai propre, on ne compte ni le dies a quo (le jour à partir duquel = le 1er jour) ni le
dies ad quem (le jour au terme duquel = le dernier jour). Il s’agit donc d’un délai franc.

La nature juridique de la règle du délai. La règle selon laquelle le délai est d’ordre public est un intérêt d’ordre public
pouvant donc être soulevé à tout moment, même en appel et le juge à obligation de la faire si nécessaire. La loi du 12
avril 2000 s’est substituée par un décret 1983. Cette loi décrit les conditions de délai en matière de décision
individuelle, elle précise que son auteur a l’obligation d’informer son destinataire du délai de recours. Si l’une des
informations manque à la notification, le délai ne court jamais. Il existe une exception appelée la théorie de la
connaissance acquise qui fait obstacle à ce qui précise. L’hypothèse où l’administration prend une décision sur
demande de l’intéressé, l’administration lors de la réception de la demande doit adresser à l’intéressé un accusé de
réception de l’acte de sa demande dans lequel doivent être stipulés :
- Le service en charge de l’examen de sa demande.
- Le délai au bout duquel, en cas de non réponse explicite, on sera en présence d’une demande implicite.

Paragraphe 2 ème : Les exceptions à la règle du délai.

En cas d’absence de délai, même s’il y en a un (ex : en cas de travaux publics, décision implicite en plein contentieux,
renvoi préjudicielle à l’autorité judiciaire pour interpréter un acte). La prescription quadriennale. L’article 1 er de la loi
de décembre 1968 stipule que les dettes de l’Etat et de toutes les personnes publiques s’éteignent le 31 décembre de la
4ème année qui suit celle au cours de laquelle s’est produit le fait générateur de la créance. La période avant la
prescription dure donc au moins 4 (jusqu'à 4 ans et 365 jours si le litige intervient un premier janvier). En cas de nouvel
élément la prescription quadriennale est repoussée.

En cas de délai supérieur à 2 mois (opposition aux autorisations de changement de nom), s’il est explicité c’est lui qu’il
faudra respecter sinon on respectera par défaut celui de 2 mois.

En matière électorale, le délai pour le citoyen est de 10 jours à compter de la proclamation des résultats pour les
élections au parlement Européen. Pour les élections universitaires le délai est de 6 jours après la commission de
contrôle des élections universitaires, or il n’existe aucun délai de publication, les résultats peuvent donc être publiés
après que le délai de recours ne soit éteint.

Paragraphe 3 ème : Prorogation des délais.

A/ Prorogation des délais de distance.

Lorsque la personne qui fait le recours se trouve en outre mer ou qu’elle se trouve en métropole et attaque un acte
d’outre mer, le délai est prorogé d’un mois, lorsqu’elle se trouve dans le reste monde, les délais sont prorogés de 2
mois. La prorogation peut par ailleurs survenir à raison de circonstances particulières (ex : tous les délais expirants
pendant la période allant du 15 mai 1969 au 15 juillet 1969 furent reportés à la période entre le 15 juillet 1969 au 15
septembre 1969).

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B/ Prorogation à la suite de la saisine.

En cas de décision d’incompétence du juge de premier degré le délai est prorogé de 2 mois.

C/ Prorogation en cas de décision administrative préalable

Le 12 janvier 1977 arrêt Marchelli, le Conseil d’Etat a inventé la règle selon laquelle le délai de 2 mois ne commencera
à courir qu’au jour de la réponse de l’administration implicite ou explicite. Et ce pour que le juge soit poussé à aller
devant l’administration. Il faut qu’il soit lui-même compris dans le délai de 2mois.

Décision explicite portée à notre connaissance le 2 janvier 2008. A cette date s’ouvre un délai de 2 mois où on peut
faire 2 choses différentes :
- soit on décide faire un recours gracieux - préalable - il devra avoir été fait avant le 2 mars 2008
o recours préalable effectué le 28 février, l’administration a alors 2 mois pour répondre (28 avril 2008)
dans ce cas soit l’administration ne répond pas et le 28 avril on a une décision implicite de rejet de
recours gracieux on a alors 2 mois pour saisir le juge (le 29 juin 2008) soit l’administration répond par
exemple le 15 avril par une décision explicite de rejet du recours gracieux, on a alors 2 mois pour saisir
le juge (le 16 juin 2008). Si au cours du recours consécutif à la réponse implicite, l’administration, le 5
mai, adresse une décision explicite de rejet du recours gracieux, cette décision ne rouvre pas le délai, il
s’achèvera toujours le 29 juin 2008.
- soit recours contentieux devant le juge administratif dans les 2 mois avant le 3 mars 2008.

S’il n’y a pas de décision on a au départ une demande préalable de l’administré à l’administration, laquelle a 2 mois
pour répondre. Soit elle prend une décision explicite alors cf. au dessus. Si au bout de 2 mois elle n’a pas répondu, on
est en présence d’une décision implicite, ouvrant un délai de 2 mois à l’intéressé pour agir. Mais si l’administration
répond par une décision explicite de rejet alors cette décision ré-ouvre le délai de recours contentieux faisant courir le
délai de prescription de 2 mois au jour de ladite décision.
On ne peut faire qu’un seul recours à la fois.

D/ La réouverture du délai.

Depuis la décision Martin, Piteau et Lhuilier du 28 mars 1952, le Conseil d’Etat considère que la réouverture du délai
est impossible lorsqu’à l’expiration de celui-ci aucun recours n’a été formé. Il est donc tout à fait exclu de saisir
l’administration d’une demande pour lui faire prendre à nouveau une décision et tenter de refaire courir le délai. Cette
règle souffre d’un certain nombre d’exceptions.
- La réglementation a changé depuis la précédente décision (c’est donc une nouvelle décision que
l’administration sur amenée à prendre).
- Si la décision est une décision réglementaire, comme dans le cas précédent au bout de 2 mois on ne peut plus
attaquer, mais on peut former une exception d’illégalité contre cet acte réglementaire, laquelle exception est
perpétuelle. Lors de l’application individuelle sera effectuée. Et uniquement car in ne peut pas attaquer un acte
sur le motif de l’exception d’illégalité.
- Janvier 1930, la théorie du changement dans les circonstances de droit ou de fait. Lorsque les circonstances en
droit et/ou en fait justifiaient un règlement ont disparue, lui faisant perdre sa base légale, l’administration doit
abroger l’acte initialement légal, devenu illégal.

Section 4ème : Le régime juridique du délai.

Paragraphe 1 er : Le point de départ du délai.

A/ La publicité, condition de départ du délai.

Le délai ne peut courir qu’après une publicité suffisante de l’acte, de la décision. En cas d’absence de la publicité le
délai ne court jamais. Sauf dans un cas, c'est à dire en cas d’exception de connaissance acquise. Lorsqu’il est établit
qu’un administré a eu incontestablement connaissance d’un acte avant sa publicité, le point de départ ne sera pas le jour
de la publication mais le jour de la connaissance. Les membres des assemblées et des corps délibérant ont
incontestablement connaissance des décisions prises par ces organismes le jour de la séance à laquelle ils ont assisté.

B/ Les conditions de régularité de publicité.

Lorsque l’acte est réglementaire, la publication doit être affichée ou insérée dans un journal (le JO papier et le JO
17
électronique)
Lorsque l’acte concerne peut de personnes, il fait l’objet d’une notification.

Lorsqu’un texte prévoit un mode de publicité, il n’est pas possible de lui en substituer un autre.

Il est des hypothèses de dispense de publicité, « à son de trombe » lorsque les circonstances le justifient.
- Les décisions implicites.
- Pas de publicité en période exceptionnelle.
- En cas de contenu de l’acte.

Paragraphe 2 ème : La computation (calcul) du délai.

Le délai de 2 mois est un délai franc, il va du dies a quo au dies ad quem, il va de quantième en quantième (fraction du
mois). Le délai est donc de 2 mois + 1 jour (sauf si dernier jour est non ouvrable).

Paragraphe 3 ème : Les effets de l’expiration du délai de recours.

Le principe est simple. L’expiration du délai empêche la formation de tout recours. Tout recours formé hors délai sera
irrecevable et ce de manière absolue.
TOUTE DECISION IDENTIQUE POSTERIEURE A LA FIN DU DELAI SERA CONSIDEREE COMME
CONFIRMATIVE, ELLE NE ROUVRE DONC PAS LE DELAI…
Exceptions :
- Exception d’illégalité d’un acte réglementaire.
- Théorie du changement de circonstances de droit ou de fait.
- Théorie des opérations complexes. Lors d’un enchainement successif d’actes (ex : expropriation, proclamation
des résultats d’examen…). Il est possible à l’administré d’attaquer chacun des éléments de la chaine dans les
délais qui s’adaptent. On peut contester n’importe lequel des actes précédents, dès lors que l’on est dans le
délai pour le dernier acte.

18
Chapitre 3 ème   : L’instruction des requêtes.

C’est tout ce qui se passe entre le jour où la saisine est faite jusqu’au jour de l’audience.

Section 1ère : Le déroulement de l’instruction.

Au cours de l’instruction, le juge est amené à prendre un certain nombre de mesures appelées les mesures
d’administration de la justice (nombreuses et incontestables).

Paragraphe 1 er : Les caractéristiques.

A/ Une procédure inquisitoriale.

Le caractère inquisitorial (vient du Tribunal de l’inquisition) de la procédure. Dans le procès accusatoire, le juge est un
arbitre sportif. Dans le procès inquisitoire, le juge aide l’équipe en difficulté. Le juge est maitre de la procédure, il
dirige l’instruction, il donne celles qu’il estime légitime, refuse celles qu’il n’estime pas utiles, il peut forcer la partie
récalcitrante, il peut même se dispenser d’instruire l’affaire si la fin de l’affaire apparait certaine.

B/ Une procédure originale.

1. Principe du contradictoire.

a) Définition.

Ce principe qu’exprime la règle latine audi alteram partem, a été considéré par le Conseil d’Etat comme un PGD dans
un arrêt du 12 mai 1962, Société La Huta. Lequel PGD est applicable aux juridictions de l’ordre judiciaire et
administratives. Indépendamment de cette consécration, le Conseil Constitutionnel lui a conféré une valeur
Constitutionnelle, une loi ne peut donc porter atteinte au caractère contradictoire du procès. Le Conseil Constitutionnel
relie le principe du contradictoire au principe des droits de la défense. Mais les deux n’ont pas la même portée. Pour les
droits de la défense on ne parle que des parties alors que le principe du contradictoire concerne les parties ET le juge.
Ce principe a 2 conséquences :
- Les parties doivent s’informer mutuellement.
- Le juge doit disposer d’autant d’informations que les parties.
Ce principe se manifeste de la saisine au verdict. Le Conseil d’Etat dans cette connaissance intégrale y a vu un PGD
dès l’arrêt Villes du 10 août 1918. Le juge est un pivot car dans un procès administratif les parties ne communiquent
pas entre elles, tout élément passe par le juge (à la différence de la procédure civile). Si le juge reçoit un mémoire dont
il estime qu’il n’a pas d’intérêt pour le procès, il ne le communiquera pas à l’autre partie.

b) 4 questions liées à ce principe.

- Théorie des moyens d’ordre public. Ils peuvent être soulevés à n’importe quel moment. Et si les parties ne
soulèvent pas ce moyen, le juge à obligation de les soulever d’office. Comment concilier le soulèvement d’ordre public
et le principe du contradictoire ? Décret pris par le Conseil d’Etat visant à obliger le juge à prévenir de son intention de
soulever d’office un moyen d’ordre public.
- Comment concilier le contradictoire avec les règles de communication des pièces, mémoires et autres
éléments ? Le juge s’assure que toutes les parties ont bien eu connaissance de ces actes. Il doit donc y avoir un original
(pour le juge) autant de copies que de parties pour le procès plus une copie (pour reconstituer un dossier en cas de perte
du dossier original). Dans le cas où les pièces sont délicates ou coûteuses il est possible de faire référence au greffe.
- Comment concilier le contradictoire avec le secret professionnel ou le secret entourant certains actes de
l’administration ? Le Conseil d’Etat considère que c’est un PGD que les documents administratifs puissent ne pas être
divulgués ; arrêt Secrétaire Générale de la Guerre contre la Coulon 11 mars 1955. Lorsqu’une partie considère
qu’une pièce est secrète, le juge statuera sans prendre en compte cette pièce. Si en revanche il s’agit d’un secret institué
par la loi, le juge en prend connaissance et il avise.
- Que faire du principe de contradictoire avec le Commissaire du Gouvernement ? Le problème était qu’on ne
répondait pas au Commissaire du Gouvernement, remettant en cause le contradictoire. Le Conseil d’Etat considéré que
le Commissaire du Gouvernement n’étant pas une partie, c’est une faveur que l’on fait au justiciable de lui faire

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entendre le début du délibéré. Le Conseil d’Etat a donné un statut à la note de section en février 2004, Préfet des
Pyrénées-Orientales.

2. Le caractère écrit de la procédure.

Initié en 1738. Tout est écrit sauf les conclusions du Commissaire. Les avocats ou les parties ne peuvent avancer le jour
de l’audience que des éléments déjà présents dans le dossier, sauf pour l’invocation d’un moyen d’ordre publique.

3. La langue.

Tout doit avoir lieu en langue Française.

4. Procédure secrète.

Tous les éléments seront tenus secret jusqu’au jour de l’audience.

5. Procédure impartiale.

Le Conseil d’Etat, sous l’influence de la Cour EDH, a poussé très loin la notion d’impartialité. Lorsque la Cour des
comptes dénonce des éléments dans un rapport annuel puis condamne ce même élément lors d’une procédure
ultérieure, le Conseil d’Etat dans l’arrêt Labor Métal de 2000 a considéré que les magistrats de la Cour des comptes ne
peuvent alors siéger dans un Tribunal qui traiterait de l’élément remis en cause par le rapport. Un magistrat ayant
participé à une formation consultative concernant un décret ne peut participer à la formation dont le but serait de traiter
de la validité de ce décret.

Paragraphe 2 ème : Cas particuliers.

Hypothèse où le juge accélère le déroulement de l’instruction. Il saute certaines étapes afin de rendre la justice plus
rapidement.
Le juge peut connaitre un autre scénario d’instruction, lorsqu’il n’y en a pas du tout. Lorsqu’il apparait dès la lecture de
la requête introductive que la solution de l’affaire est déjà certaine, le juge statut sans appliquer le contradictoire car il
estime qu’il n’y a pas de temps à perdre, que cela ne sert à rien.

Paragraphe 3 ème : Le délai d’instruction.

Trois aspects :
- Le pouvoir du juge en matière de fixation des délais d’instruction, il fixe le délai dans lequel les parties doivent
répondre, il décide quand l’instruction doit prendre fin. Les délais d’instruction ne sont jamais de rigueur, leur
non respect n’est pas sanctionné.
- Les moyens dont dispose le juge pour lutter contre l’inertie des parties. Lorsque le demandeur ne produit pas le
mémoire complémentaire qu’il avait annoncé le juge va considérer que le demandeur s’est désisté.
Pareillement, si le défendeur ne réplique pas ou ne dit rien concernant l’exposé des faits que contient la
demande, le juge considérera que le défendeur a acquiescé à cette narration. Le juge peut aussi, dès le premier
échange de mémoire, fixer la date de l’audience. Le juge peut à tout moment adresser une mise en demeure qui
comporte toujours un délai impératif.
- La clôture de l’instruction. Quand n’est-il plus possible de produire une pièce ? On distingue la clôture
automatique et celle par ordonnance.
o Devant le Conseil d’Etat, la clôture automatique est le droit commun car il n’existe pas d’autre forme
de clôture. Il faut distinguer selon que les parties ont constituées avocats ou non, s’il y a des avocats la
procédure est close lorsque le Commissaire du Gouvernement se lève pour donner ses conclusions.
Quand il n’y a pas d’avocat, l’affaire est close quand l’affaire est appelée au cours de l’audience. Dans
les autres juridictions, la clôture automatique est l’exception, elle est normalement close par
ordonnance. Rendue trois jours avant le jour de l’avis d’audience, adressé 7 jours avant l’audience. En
cas d’urgence la clôture automatique se produit 2 jours avant l’audience.
o La clôture par ordonnance peut avoir lieu à tout moment de la procédure. Le juge informe alors les
parties par lettre recommandée de la fin de la procédure, expédié 15 jours au moins avant la date
qu’elle fixe. Si dans les 15 jours un élément nouveau apparait le juge va reporter l’audience et annule
la décision de clôture.
La clôture interdit les mémoires postérieurs et s’il y en a, il n’en tiendra pas compte. Mais le Conseil d’Etat a
inventé une théorie des notes en délibérée, permettant de répondre aux conclusions du Commissaire du
Gouvernement. Laquelle note ne rouvre le dossier que dans 3 cas :
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1) La note en délibéré contient pour la première fois l’invocation d’un moyen d’ordre public,
2) La note en délibéré énonce une circonstance de droit nouvelle apparue après la clôture,
3) La note en délibéré contient l’énonciation d’une circonstance de fait dont :
- La partie qui l’invoque ne pouvait pas faire état avant la clôture de l’instruction,
- Son ignorance par le juge le conduirait à fonder sa décision sur des faits matériellement
inexacts.

Section 2ème : La preuve des prétentions des parties.

Paragraphe 1 er : L’administration de la preuve.

Le principe qui domine toutes les procédures, celui qui a pris l’initiative de la procédure, doit rapporter la preuve
puisque c’est lui qui a détruit l’équilibre social ; Actori Incumbit Probatio (principe « Actori … »). Cependant, ce
principe n’est pas strictement en procédure administrative car dans un certain nombre de cas il n’est pas possible pour
l’acquérant d’en apporter la preuve car certains des éléments sont aux mains de l’administration.
Quand on dit qu’on doit rapporter la preuve, le juge ne le prend pas au pied de la lettre, il demande de simple
commencement de preuve, il accepte les faisceaux de preuves concordants. La réunion de ces indices ne prouve pas
non plus. La présomption permet à partir d’un élément connu de déduire l’existence d’un fait inconnu.
Le demandeur doit apporter la preuve de ce qu’il avance et uniquement de cela. Si le défendeur contre attaque il devra
aussi apporter la preuve ce que lui avance.
Le juge a des pouvoirs inquisitoriaux, il peut en somme aider les parties dans l’obtention de la preuve, tant qu’il
respecte les principes du contradictoire et des droits de la défense.

Paragraphe 2 ème : Le mode de preuve (moyens d’investigation).

A/ L’expertise.

Le juge connait le droit (prétention irréfragable) en revanche il ne connait pas les matières techniques. Donc certains
procès il a besoin à un expert lequel peut ne pas tout savoir. L’expert ou le collège expertal prête serment, doit être
impartial, il mène des expertises aux termes desquelles il formera un rapport. Ces expérimentation ont lieu en plusieurs
séances doivent se faire au contradictoire. Les parties peuvent déposer des dires. Une fois l’expérimentation terminé il
rédige un rapport d’expertise, répondant dans l’ordre aux questions posées par le Tribunal, ce rapport est remis au
greffe du Tribunal lequel tiendra au courant les parties.

B/ L’enquête par témoin.

Il s’agit d’améliorer l’information. Elle peut avoir lieu soit à la barre du Tribunal soit en dehors. Lorsque la juridiction
décide l’enquête, elle doit indiquer les faits sur lesquels il convient d’interroger les témoins. Si l’interrogation a lieu à
la barre elle peut avoir lieu à huit clos ou en public et il sera dressé un procès verbal des réponses lequel sera
communiqué au partie. En cas d’interrogation à l’extérieur, un membre du Tribunal sera désigné et devra faire un
rapport qui sera aussi transmis aux parties.

C/ La visite des lieux.

La visite des lieux doit avoir lieu au contradictoire et donne lieu à la rédaction d’un compte rendu qui sera transmis aux
parties.

Section 3ème : Les incidences de l’instruction.

Paragraphe 1 er : Les interruptions de l’instance.

Le juge peut suspendre l’instruction de l’affaire.


- Question préjudicielle. Comme pour la question préalable il faut la résoudre avant le fond mais contrairement à
la question préalable, la juridiction saisit n’est pas compétente car une autre l’est. La réponse s’impose au juge.
Il n’a qu’une possibilité s’il veut éviter cette réponse il doit résoudre le litige sans utiliser le texte litigieux.
- La litispendance n’arrive jamais. C’est la situation dans laquelle 2 juridictions doivent se prononcer sur le
même procès (même cause, même objet). Comment fait-on ? Il appartient à l’une des deux juridictions de saisir

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le Conseil d’Etat pour qu’il décide laquelle des juridictions est compétente.
- La reprise d’instance, situation dans laquelle un premier requérant se voit substituer un repreneur d’instance.
Ceci a lieu dans 2 types d’instance :
o L’intérêt pour agir que possédait le requérant primitif est transféré vers une seconde personne.
o En cas de mort de la personne physique ou de la dissolution de la personne morale. Il faut d’abord
distinguer selon le stade où en était parvenue l’instruction lors du décès.
 L’affaire était en état d’être jugée au moment du décès, celui-ci interrompt la procédure. En
cas de dissolution, si elle est volontaire, l’instance n’est pas interrompue mais l’est en cas de
dissolution forcée.
 L’affaire n’était pas en état d’être jugée au moment du décès, celui-ci interrompt la procédure.
En cas de dissolution, l’instance n’est pas interrompue, que la dissolution soit volontaire ou
forcée.
En cas d’interruption il appartient aux héritiers du défunt ou aux anciens associés de la personne morale de
reprendre l’instance. S’ils ne le font pas, on considère qu’ils se sont désistés.
- Suppression des passages outrageants, diffamatoires et injurieux sont bâtonnés à « l’encre de notaire ».
- L’inscription de faux, il peut arriver qu’une pièce soit arguée de faux. Lorsque la pièce est un acte privé, le
juge, si les parties persistent à s’en prévaloir, suspend jusqu’à ce que soit jugé la pièce. Lorsqu’il s’agit d’un
acte administratif le Conseil d’Etat peut juger les pièces administratives authentiques arguées de faux.
- Le non lieu en l’état (actuel du dossier), le juge constate que fait (font) défaut un (des) élément(s) du dossier.

Paragraphe 2 ème : Les extinctions anticipées de l’instance.

On distinguera : le non-lieu, le désistement et l’acquiescement.

A/ Le non-lieu.

Le non-lieu est la situation dans laquelle certains éléments fondamentaux du procès disparaissent après son
introduction, obligeant le juge à clore prématurément l’instruction. On distinguera le faux du vrai non-lieu.

1. Les vrais non-lieux.

Le non-lieu législatif, coriace habitude de l’administration de faire valider rétroactivement l’acte annulé ou en cours
d’annulation. La Cour EDH n’est pas partisante de ces lois de validation, notamment lorsque le Conseil Constitutionnel
donna son accord à une telle loi de validation. La loi fut alors déférée devant la Cour EDH (arrêt Gonzalez, Ziflinski et
Pradal) laquelle estima qu’une telle loi n’était pas conforme à la Convention EDH, peut importe si elle l’était par
rapport à la Constitution. Le Conseil Constitutionnel a repris cette décision pour sienne, ensuite repris par le Conseil
d’Etat ; arrêt Tête. La satisfaction de la victime est une satisfaction de l’ensemble. Une loi de validation n’est toutefois
pas toujours néfaste.

Le non-lieu « normal » résultant de la disparition de l’objet du procès. Le juge arrête alors définitivement le procès.

2. Les faux non-lieux.

Lorsqu’une partie intente un procès et considérant qu’il a été accédé à sa requête, demande à ce que soit prononcé le
non-lieu. Le juge requalifie alors ce non-lieu en désistement (d’action), car le litige était effectif pendant la durée du
procès. Le désistement empêche de refaire un procès, pas le non-lieu.

 Effet du non-lieu : Le jugement est un jugement de constatation il n’a pas l’autorité de la chose jugée.

B/ Le désistement.

C’est le fait pour une partie de renoncer totalement ou partiellement à un procès entamé. Distinction entre le
désistement d’instance et le désistement d’action.
- Dire d’une partie qu’elle a fait un désistement d’instance est dire qu’elle renonce au procès actuellement
entamé et qu’elle ne renonce qu’à ça.
- Alors que le désistement d’action signifie que la partie non seulement renonce au procès engagé mais elle
renonce à tout procès ultérieur.
Le désistement d’instance est la manifestation d’un droit (effet relatif) le désistement d’action éteint tout droit (effet
absolu). Chaque fois qu’une partie n’a pas annoncé la forme de son désistement elle est réputée avoir fait un
22
désistement d’action.

- Le désistement peut être sous réserve, mais le juge ne l’accepte pas.


- En revanche le désistement conditionnel est soumis à la vérification par le juge de la condition.

Il peut arriver qu’une partie se désiste involontairement.


- Désistement d’office ; ex en cas d’annonce d’un mémoire complémentaire mais que la partie concernée n’a
jamais soumis ce mémoire, elle est désistée d’office (le plus souvent désistement d’action).
- Désistement par accident ; ex en cas de demande de faux non-lieu qui se transforme en désistement.

C/ L’acquiescement.

Il résulte de l’attitude adoptée en général par le demandeur par laquelle le juge donne son assentiment aux éléments de
faits contenus dans la demande. C’est un acte unilatéral. Le défendeur admet pour vraie l’observation du demandeur. Il
peut être volontaire et explicite ou volontaire et implicite (ex : par d’interjection appel). L’acquiescement peut être
partiel. Il peut aussi être involontaire lorsque le défendeur, mis en demeure de répondre, s’abstient de répondre.
 Effets : la partie acquiesçante est un déserteur du procès il est donc privé de toute voie de recours contre le
jugement.

23
Chapitre 4 ème   : Les procédures d’urgences et
les procédures accélérées.

L’écoulement du temps peut rendre sans intérêt la formation du procès ou bien le procès lui-même bien que déjà
entamé.

Section 1ère : La demande de constat.

Le requérant qui forme une demande de constat, ordonne la constatation de certaines pièces et certains faits par une
tierce personne qui peut être un homme de loi ou un huissier. Cette procédure se fait par voie de requête adressée au
dirigeant de la circonscription. Le constat a un avantage psychologique, il montre à l’interlocuteur la volonté « d’en
découdre ».

Section 2ème : Le référé.

Paragraphe 1 er : Le juge des référés, juge unique.

Cela signifie que le juge statut seul et qu’il y a un seul juge pour tous les référés (quelque soit l’espèce) car il faut aller
vite. C’est pourquoi ne peuvent être juge du référé que des conseillers ayant une certaine ancienneté. Ce juge n’est
compétent qu’en matière administrative. Une doctrine voulait que l’urgence brouille la qualité publique ou privée de la
procédure, mais elle n’est pas retenue pas le juge administratif.
Du point de vue de la compétence territoriale, l’urgence ne peut brouiller la répartition établie.

Paragraphe 2 ème : Procédure de droit commun des référés.

On n’a pas réussi à faire une procédure homogène des référés. Il existe des référés ordinaires, les spéciaux et les référés
d’urgences.

La procédure commence par l’introduction des requêtes, en revanche, dans la plupart des référés, il n’est pas nécessaire
de disposer d’une décision préalable. Le juge même lorsqu’il a besoin d’une décision, se contente de peu. Le référé, à
la différence du constat, dépend du fond. S’il relève d’une matière dispensé d’avocat, il devra l’être aussi et
inversement. Il existe un filtrage des demandes, le juge peut rejeter dès son introduction, la demande de référé par
ordonnance motivée sans audience ni contradictoire. Lorsqu’il n’y a pas urgence ou lorsque le référé est manifestement
irrecevable (ex : mal fondé ou ne relevant pas de la compétence du juge administratif).
Le rejet du référé par ordonnance n’est susceptible d’un pourvoi qu’en cassation devant le Conseil d’Etat.

2 principes dominent :
- Contradictoire.
- Rapidité.

Les référés doivent remplir plusieurs conditions :


- Il faut que l’on soit en présence d’un état de droit ou de fait qui porte atteinte au droit de l’intéressé.
- Il doit exister une situation contentieuse ou précontentieuse.
- Il faut qu’il s’agisse d’une mesure utile, par rapport au contexte.
- Il faut qu’il y ait urgence pour le juge à décider. Le Conseil d’Etat s’est essayé à une définition de l’urgence, 19
janvier 2001 « l’urgence est réalisée lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière
suffisamment grave et immédiate un intérêt public, la situation du requérant ou un intérêt qu’il entend
défendre ».

Le juge rend ainsi sa décision. Le jugement est rapide. Le juge administratif a étonné. Il peut même décider que le
jugement prend effet dès l’instant avant même que les parties aient été informées. La décision a autorité de chose jugé,
le temps que dure l’ordonnance. Le juge peut ainsi revoir l’ordonnance.

Il faut distinguer les référés non urgents et les référés urgents.


- Les référés non-urgents (ordinaires) : le référé provision, le référé constatation et le référé instruction. L’appel
est possible devant un juge des référés. Cet appel n’est pas suspensif. Une partie peut demander une suspension
24
des effets de la décision de la première instance pendant l’appel auprès du président de la section du
contentieux du Conseil d’Etat.
- Les référés urgents : Le référé suspension, le référé conservatoire et le référé liberté.
o Référé suspension et référé conservatoire : (juge du droit) pas d’appel, direct devant le Conseil d’Etat
avec cassation sous 15 jours à compté de la notification (ou bien lecture si le juge en décide
autrement).
o Référé liberté : (juge du fait) saisine directe du Conseil d’Etat mais ce dernier statut en tant que
juridiction d’appel.

Paragraphe 3 ème : Les référés d’urgence.

A/ Le référé suspension

C’est l’héritier du « sursis à exécution ».

Il s’agit (article L.521) d’une mesure par laquelle on demande au juge de suspendre une décision, que l’on a par
ailleurs attaquée. Ce référé ne sera donc pas reçu si une demande au fond n’est pas réalisée (laquelle doit être fondée).
Le référé doit être fondé sur un doute sérieux (plus subjectif). Lorsque le juge est saisit il va prononcer son jugement au
cours d’une audience publique. Soit il accorde le sursis (l’administration ne peut plus exécuter sous peine de voie de
fait) soit il le rejette. S’il accorde le sursis il peut se contenter d’exprimer son doute. En revanche en cas de rejet, il doit
examiner tous les arguments fournis pour les rejeter un par un.

B/ Le référé liberté.

Grande innovation. Il faut que l’atteinte soit déterminée soit par une personne publique soit par une personne privée
ayant la gestion d’un service public dans le cadre de son service. Elle doit portée sur les libertés fondamentales (ex  :
liberté d’association, de réunion, syndicale, droit d’entrée dans la première année de l’enseignement supérieur).
L’atteinte doit être grave ET manifestement illégale. Le Conseil d’Etat considère lui que concernant l’atteinte si l’une
des conditions est engagée l’autre l’est nécessairement.

C/ Le référé conservatoire.

Il permet au juge « d’ordonner toutes mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision
administrative ». Il ne peut toutefois pas faire cesser les effets d’une décision administrative.

Le premier et le troisième sont des référés dans lesquels le juge prend des mesures provisoires. Le référé liberté, quant
à lui, est à effet définitif.

Paragraphe 4 ème : Le référé provision.

Consiste pour une personne créancière d’une personne publique, lorsque sa créance n’est pas sérieusement contestable
à interpeler le juge. Lequel peut décider en conséquent, de lui allouer à titre de provision, une somme correspondant à
la partie incontestable de sa créance. Le point central est que la personne demandant l’allocation doit démontrer que sa
créance n’est pas sérieusement contestable. Le juge va alors allouer une somme d’argent. Si la créance n’est pas
sérieusement contestable dans sa globalité, après le référé il n’y aura pas de suite, ce référé a donc un caractère
définitif. Il ne nécessite pas de condition d’urgence et n’a pas besoin d’être accompagné d’une requête au fond. Aucune
disposition n’impose au juge de tenir une audience publique. Il pourrait même d’ailleurs ne pas communiquer la
notification de la requête introductive d’instance. Le requérant pourrait d’ailleurs à la fois saisir le juge d’un référé
provision et d’une demande en désignation des pertes par un référé constat afin de déterminer l’étendu ou la cause du
préjudice. Lorsque l’indemnité promise n’a pas été contestée par le débiteur dans les 2 mois de la notification de
l’ordonnance de référé provision, elle devient définitive. En revanche, en cas de jugement condamnant l’administration
non suivit de fait, on doit saisir le juge administratif en charge de l’exécution ; 17 juin 2007, communauté des
communes.

Paragraphe 5 ème : Les référés et suspensions spéciaux.

On en distinguera 2 :
- Le référé précontractuel. Ce référé est utilisé pour faire respecter les grands principes prévus en matière
communautaire : principe de la transparence, de la concurrence et de l’accès à la commande publique. Introduit
par la loi du 4 janvier 1992, valant autant pour le droit privé et le droit public, ce référé a pour objectif de

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permettre à toute personne qui se prétend lésée par une violation du droit communautaire de saisir le président
du Tribunal administratif. Cette procédure est très rapide car le président à 20 jours pour statuer. Il statut seul,
en premier et dernier ressort et seul un pourvoi en cassation est possible dans la quinzaine de l’ordonnance de
référé.
Le référé peut :
o Tendre à empêcher l’administration à engager des pourparlers.
o Tendre à faire interdire à l’administration à conclure le contrat.
o Tendre à obliger l’administration à ne pas exécuter le contrat.
Tout ceci au motif de la violation d’un droit communautaire.
- Le référé suspension. En cas de recours lors d’une reconduite à la frontière d’un étranger en situation
irrégulière, cet arrêt pris par le préfet est obligatoire (il commettrait une faute pénale en ne prenant pas cette
décision). A ne pas confondre avec la reconduite à la frontière fondée sur la Convention de Schengen,
repoussant les frontières d’un Etat aux plus poussées de l’espace Schengen, par ex tout expulsé de l’Etat
Français ne pourra être accueilli sur le territoire d’un autre Etat membre de l’espace Schengen. Lors de la
reconduite à la frontière, le préfet prend 2 décisions : d’une part la décision de reconduite et d’autre part la
décision relative au choix du pays où l’expulsé sera conduit, on parle d’OQTR. Le premier acte peut être
attaqué par référé par l’intéressé dans les 48H (d’heure à heure, de minute à minute, de seconde à seconde) en
cas de notification directe. En cas de notification indirecte, le référé devra être formé sous un délai de 7 jours.
Le Tribunal administratif à alors 72 heures pour se prononcer. La demande de référé suspend la procédure de
reconduite à la frontière. L’audience publique ne comporte pas de conclusion du Commissaire du
Gouvernement. Le juge doit délibérer sur le siège, la sentence est immédiate et doit être instantanément
communiquée à l’intéressé.
Toute décision administrative doit comprendre une étude d’impact (c'est à dire une étude complète l’impact
que la décision aura tant sur la faune, la flore, tout et le reste). En cas de décision administrative prise sans
étude d’impact ou avec une étude d’impact insuffisante on peut demander sa suspension, laquelle est
automatique si le juge observe l’absence ou l’insuffisance de ladite étude.
En droit d’expropriation, une enquête est menée par le Commissaire enquêteur, qui doit donner ses conclusions
à la fin de l’enquête. Si ces conclusions sont défavorables, il est possible de demander une suspension de la
procédure, laquelle est de droit en cas d’avis défavorable. Le préfet peut assortir sont déféré d’une demande de
suspension de l’acte administratif demandé, laquelle est de droit si le préfet la demande.
Le référé fiscal. Lorsqu’une personne estime que si elle paye l’impôt qu’elle doit, cela la mettra dans une
situation matérielle très grave. Dans ce cas, elle peut demander à ce que soit différé, pour elle, le moment de
l’impôt, elle demande un sursis de paiement. En principe, lorsqu’elle le demande, elle doit offrir des garanties,
mais lorsqu’elle n’a pas de garantie elle peut aussi saisir le juge qui peut suspendre le paiement de la somme
litigieuse. La CJCE saisit en 1990 (affaire Factortame) sur une demande de la chambre des lords a répondu
que dès lors qu’une décision de droit nationale sanctionnait l’application d’une norme communautaire la
juridiction nationale doit suspendre le droit nationale, alors même que ce droit nationale interdirait toute
mesure de suspension.

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3ème Partie : Le jugement et les voies de recours.

27
Chapitre 1 er   : Le jugement.

Mémo : On parlera indistinctement de jugement et d’arrêt. Pour le Conseil d’Etat, on parle de décision.
Le jugement se trouve encadré par l’audience et le délibéré.

Section 1ère : L’audience et le délibéré.

Le juge est amené à prendre un certain nombre de décisions, préalables à l’audience, pouvant d’ailleurs conduire à la
non tenue du procès.

Paragraphe 1 er : Les mesures antérieures à l’audience

A/ La mise à l’écart du juge.

La première est la mise à l’écart du juge : l’impartialité subjective. Il peut arriver qu’un juge, parce qu’il est dans un
état de relation particulière soit avec l’une des parties ou soit avec l’objet même du procès, voit son objectivité mise en
doute.

1. La récusation.

Consiste pour l’une des parties à demander qu’un juge cesse de faire partie de la formation du jugement, parce qu’il
pourrait ne pas être impartial. De fait, la partie doit alléguer « une raison sérieuse de mettre en doute son impartialité ».
Cela peut être l’impartialité mise en doute car le juge a des liens étroits avec l’adversaire ou parce que le juge à des
relations d’hostilité envers l’intéressé.
L’intéressé allègue un motif de récusation, le Président de la juridiction auditionne le juge en cause et lui demande son
avis, si le juge reconnait le motif, l’affaire est arrêtée. Si en revanche il estime que le motif de récusation n’est pas
fondé, la juridiction se réunie et va examiner les motifs ou pièces pour savoir s’il y a lieu ou non de récuser le juge en
cause.
La demande de récusation doit toujours être présentée par un ministère d’avocat.

2. Le renvoi pour cause de suspicion légitime.

Récusation de tous les membres de la juridiction et non pas seulement de la formation de jugement. Le Conseil d’Etat a
beaucoup hésité à introduire le renvoi en procédure administrative, prévu par l’article 68 de la Constitution du 13
décembre 1799. Arrêt de section du 3 mai 1957, l’arrêt Ne Me Gyei, consacre la décision de l’article de la
Constitution de 1799. On va désinvestir toute une juridiction du droit de connaître de l’affaire en confiant l’affaire à
une autre juridiction, et cela uniquement dans le cas où il existe une autre juridiction identique.
L’action en renvoi pour cause de suspicion légitime ne peut se faire que par un ministère d’avocat.

3. En cas de mise à l’écart autonome.

On parle alors de déport si le juge est seul ou de retrait collectif si la décision émane de plusieurs juges.

B/ L’appel au rôle.

On appelle rôle la liste des affaires examinées au cours d’une même audience par une juridiction ou une formation
juridictionnelle. Le président de la juridiction, inscrit au rôle autant d’affaires qu’il le veut avec parfois la condition
instaurant le délai au bout duquel le juge devra avoir remis son jugement. Lorsqu’un texte prévoit un délai préfix sans
prévoir de sanction, le délai ne s’impose pas (ex : Conseil d’Etat). Si le texte prévoyant le délai l’assorti d’une sanction,
la juridiction doit statuer avant l’expiration du délai et ne pourra plus juger au delà, sous peine de nullité absolue. Le
juge peut parfaitement fixer l’audience un jour férié.

C/ Le rapport et le réviseur.

La requête est portée devant une chambre, dans laquelle un rapporteur est nommé. C’est le seul qui connait toute
28
l’affaire, il ordonne les mesures d’injonction, rédige le mémoire,… et rédige un rapport dans lequel il mâche le travail
pour ces collègues, il énonce ensuite les problèmes juridiques à propos de chacun desquels il donne l’avis des diverses
parties en concluant à chaque fois par le sien. Il termine son rapport en rédigeant entièrement une proposition de
jugement. Pendant que l’un des membres fait son rapport les autres font aussi le leur. Au prédélibéré, il y a toutes les
affaires, le rapporteur présente l’affaire aux autres rapporteurs. S’ensuit une discussion entre le rapporteur et le
Commissaire du Gouvernement. Puis le juge donne son avis. La plupart du temps, le juge suit les conclusions du
Commissaire du Gouvernement, mais en fait c’est lui qui la plupart du temps accorde sa décision sur celle qu’acceptera
le juge. Le Commissaire du Gouvernement ne peut en réalité se dégager du rapport rédigé par le rapporteur.

Le rapporteur est sous le contrôle d’un réviseur, lequel révise le rapport.

D/ La convocation à l’audience.

La convocation a un intérêt pour l’avocat car il a à gérer son agenda. L’avis d’audience doit être envoyé aux avocats et
aux parties 7 jours avant l’audience (jours francs), 4 jours francs pour l’audience devant le Conseil d’Etat.

Paragraphe 2 ème : L’audience.

L’audience correspond au délai pendant lequel se déroulent l’ensemble des débats oraux relatifs à une audience.

A/ Le principes.

1. Principe de la publicité des débats.

Les débats sont publics au Conseil d’Etat depuis 1831 et devant les Conseil de préfecture depuis le 31 décembre 1862.
Il y a tout d’abord la publicité du rôle, ensuite l’audience est ouverte à tout le monde (publique) et le jugement peut être
librement publié. Il a fallu attendre 1974 pour que le Conseil d’Etat considère que la publicité est un PGD devant les
seules juridictions judiciaires. Puis, le 14 février 1996 (arrêt Maubleu), a considéré que ce principe s’appliquait à toutes
les juridictions administratives (mais ce n’est pas pour autant un PGD).

2. La police des débats.

Le Président assure la police des débats ; assure le maintient de l’ordre (donne et retire la parole, peut faire évacuer la
salle) mais assure aussi l’ordre du déroulement. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il peut décider de joindre deux requêtes
pour ne statuer qu’une seule fois.

B/ Le déroulement de l’audience.

L’audience s’ouvre de manière solennelle : le publique se lève, puis s’assoit une fois que l’ordre lui en a été donné. Il
doit toujours y avoir un nombre minimum de juge : 3 au Tribunal Administratif, 5 à la Cour d’Appel administrative,
pour le Conseil d’Etat, personne ne sait car ce nombre varie tout le temps en fonction des formations et des chambres.
La juridiction doit être composée de la même manière du début de l’audience jusqu'à ce que le délibéré soit prononcé.
Si la composition était amenée à changer, tout devrait être recommencé. A la droite de la juridiction (le juge) se trouve
le Commissaire du Gouvernement, à la gauche, le représentant du greffe.
Déroulement :
1. Appel de l’affaire.
2. Parole au rapporteur.
3. Paroles aux parties : d’abord le demandeur puis le défendeur, mais le juge peut décider de changer l’ordre.
Le demandeur est alors autorisé à répliquer au défendeur.
4. Parole au Commissaire du Gouvernement.
5. Réponse par note de délibéré.

Un décret va bientôt décider que le Commissaire va s’appeler le rapporteur public. De plus il devra donner ses
conclusions avant l’audience lorsque les parties le lui demandent. Les parties pourront aussi répondre brièvement au
Commissaire du Gouvernement.
Toutefois à titre expérimentale, les juridictions qui le souhaitent pourront décider d’inverser l’ordre du déroulement :
le rapporteur, le Commissaire puis les débats.

Paragraphe 3 ème : Le délibéré.

C’est le temps pendant lequel va murir la décision juridictionnelle. Il n’y a pas de décision de justice sans délibéré. A la
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limite, il pourrait même y avoir un délibéré sur le siège. La pratique en administratif est de ne jamais délibérer ainsi en
matière administrative sauf en matière de reconduite à la frontière car les textes imposent que le jugement soit rendu
sur le champ, avec communication sur place du dispositif de la décision.
Tous les membres de la décision doivent y prendre part, le membre d’une juridiction ne peut s’abstenir, tous doivent
« opiner ». Sur ce point, il y a un principe du contradictoire, qui a pour conséquence que la formation de jugement doit
être formée de manière constante du jour de l’audience au jour du délibéré ; aucun juge ne peut quitter la salle au cours
d’une audience et aucun nouveau juge ne peut arriver en cours de procès. Si on permettait à un juge de s’absenter ou à
un nouveau juge d’arriver, les juges n’auraient pas tous le même volume d’information.
Question de la présence du Commissaire du Gouvernement le jour du délibéré. Afin d’éviter une sanction de la Cour
EDH les textes ont précisé que le Commissaire du Gouvernement assiste au délibéré mais n’y participe pas. La Cour
EDH a décidé le 12 avril 2006 dans l’arrêt Martinie c/ France que la présence, même muette du Commissaire du
Gouvernement n’est pas possible. Un décret du 1 er septembre 2006 a décidé que devant les TA et CAA le commissaire
ne peut plus venir, mais devant le Conseil d’Etat il y assiste sauf si l’une des parties s’y oppose.
Les juridictions doivent statuer en nombre impaire, mais le principe d’imparité n’est pas un PGD et certaines
formations du Conseil d’Etat ou de la formation de la Cour des comptes statuent en nombre paire.

L’article 208 de la Constitution de l’an III (1795) stipule que les délibérés sont secrets. Le 17 novembre 1922, dans
l’arrêt Légion, la Cour de cassation a décidé que ce secret était destiné à garantir l’indépendance d’une décision de
justice. Le fait qu’un journal publie le contenu du délibéré entraîne l’annulation du jugement.
Le jugement lui sera lu publiquement, il n’est pas nécessaire, à ce moment là, que la juridiction soit composée de la
même manière.

Section 2ème : Le contenu du jugement.

Paragraphe 1 er : Les observations générales.

A/ Préliminaires.

- Dans quel ordre le juge aborde-t-il les questions ?


1. Compétence, si oui on passe à la suivante.
2. Recevabilité, si oui on passe à la suivante.
3. Fond.
Il ne souffre que très peu d’exceptions.
La compétence. C’est ce qui fait que le juge est apte à statuer sur le litige dont il est saisit. En cas d’incompétence on
rechercher plus loin. Le juge incompétent peut parfois aller plus loin, si le juge estime qu’il est incompétent car la
demande relève d’un ordre de juridiction, la règle est rigide, il doit se déclarer incompétent. En revanche s’il pense être
incompétent car ce n’est pas la bonne instance qui est saisit mais que c’est le bon ordre qui est saisit, si la situation est
irrégularisable mais qu’il sait que la requête sera irrecevable lors de l’audience devant la prochaine instance, il soulève
directement l’irrecevabilité.
La recevabilité. Si la situation est irrecevable, elle ne sera pas étudiée au fond. En revanche si le juge sait que la requête
sera immanquablement rejetée au fond, il statuera au fond pour trancher directement le litige.

- Les régularisations.
Lorsque des requêtes ont été irrégulièrement formées et introduites, il faut distinguer selon que ces requêtes sont
régularisable ou non.
La requête irrégularisable : forclusion, acte de Gouvernement.
La requête régularisable : celles l’étant jusqu’au terme du délai de recours (ex : une requête sans conclusion). En cas
d’irrecevabilité régularisable, même après expiration du délai, on distingue 2 catégories : les unes ne sont opposables
au requérant que si on l’a expressément invité à régulariser, les autres régularisables sans conditions de délai mais pour
lesquelles le juge n’a nullement obligation d’inviter à régulariser.

- L’obligation pour le juge de juger.


Le juge est tenu de rendre la justice car le demandeur a droit à ce que l’on réponde à ses requêtes, le terme normal de
tout recours est une décision de justice. De fait, le juge ne peut pas refuser de juger (sous peine de déni de justice,
forfaiture). Le juge doit remplir sa mission jusqu’au bout, il doit répondre à toutes les demandes. Le juge a donc
obligation de motiver sa décision. Il ne peut donc pas rendre de jugements implicites. Le silence du juge n’a aucune
signification juridique, sauf lorsque les textes prévoient un délai pour statuer et encore, dans ce cas là il existe 2
situations, si le délai imparti n’est pas sanctionné, son non respect n’a pas de conséquences, le jugement au-delà du
délai demeurerai valable. En revanche lorsque le texte prévoit un délai ET une sanction, un jugement après la date
butoir serait nul, de nullité absolue.

30
- L’office du juge.
C’est l’idée que le juge doit se faire de la manière dont il doit exercer sa mission juridictionnelle. Il doit avoir en tête la
manière dont il doit statuer.

B/ Les différentes distinctions de jugements.

- Le jugement (d’)avant dire droit, le jugement sur le principal et le jugement mixte.


Le jugement avant dire droit : Il arrive que le juge ait à prendre des décisions avant qu’il n’ait à statuer au principal, ne
tranchant donc pas le litige. Alors que le jugement au principal tranche définitivement le litige. Un jugement mixte
tranche pour partie un litige et pour autre partie prépare à un autre jugement.

- Le jugement contradictoire et le jugement par défaut.


Le jugement est contradictoire lorsque les parties ont pu pleinement échanger au cours de la procédure. Il est rendu par
défaut lorsque le défendeur n’a jamais produit de mémoire et ne s’est pas présenté.

- Le jugement déclaratif et le jugement constitutif.


Le jugement est déclaratif lorsque le juge se borne automatiquement à constater une situation, une situation de fait ou
de droit. Le jugement est constitutif lorsqu’il crée une situation juridique nouvelle par attribution de droits ou
d’obligations.

- Le jugement en premier ressort et le jugement en dernier ressort.


Le jugement est dit en premier ressort lorsqu’il est susceptible d’appel, il est en dernier ressort lorsqu’il n’est pas
susceptible d’appel (les décisions de Cour d’appel sont donc en dernier ressort).

- Le jugement doté de l’autorité de chose jugé et le jugement passé en force de chose jugée.
D’une décision on dira qu’elle a autorité de chose jugée pour les parties au procès. Le jugement passé en force de chose
jugé, il en est ainsi car la décision intervient en dernier ressort ou bien il s’agit d’un jugement en premier ressort pour
lequel aucun appel n’a été formé. Dans un grand nombre de cas, les conséquences du régime appliqué à une décision
commencent le jour où celle-ci passe en force de chose jugée.

Paragraphe 2 ème : La lecture du jugement et le dessaisissement du juge.

Le jugement est lu. Les arrêts sont lus en audience publique, c’est d’ailleurs la lecture qui fait la décision. De là se
calcul le délai d’appel et de cassation. Cette obligation de lecture n’est pas un PGD, elle n’existe donc pas sans texte.
En réalité le juge résume en substance la décision. C’est le jour de sa lecture que la décision acquiert le caractère de
chose jugée, de là courent les délais de recourt.

L’effet le plus radical est que la lecture de la décision entraine le dessaisissement du juge ; « Lata sentencia, judex
desinit esse judex ».Une fois la sentence rendue, le juge cesse d’être le juge. Ce principe connait des exceptions. On
peut retourner devant le juge pour demander l’interprétation de sa décision, sauf si le juge estime que la décision est
parfaitement claire. Le fait que le jugement soit définitif n’empêche pas une partie de poser la même question en se
fondant sur une autre cause, si tenté que les délais soient respectés. Il peut arriver qu’un juge se soit déclaré
incompétent et que la Cour de cassation casse la décision d’incompétence, l’affaire sera renvoyée devant le même
Tribunal pour un NOUVEAU procès. En cas d’erreur de plume, on peut revenir devant le juge pour la lui faire corriger,
de lui même ou sur saisit de parties, nonobstant le principe.

Tout ce qui débute par « considérant » constitue les motifs. Ensuite, on trouve les dispositifs et suivit de la formule
exécutoire qui donne l’ordre de faire exécuter le jugement. Lesquels jugements sont tous rendus au nom du peuple
français et en Français.

Paragraphe 3 ème : La rédaction du jugement.

A/ Les visas et les mentions.

Ils sont plus ou moins développés.

Le visa :
Sont visés, donc analysés, les différents mémoires des parties dans l’ordre chronologiques. Lorsqu’un mémoire a mal
été analysé, il ne présente aucun intérêt car on ne dispose plus de la preuve que le juge a correctement analysé. On doit
également viser les conclusions. Il y a ensuite les visas de dispositions de droit positif applicables. L’ordre n’est pas
31
forcément innocent.

Les mentions :
Elles concernent la régularité procédurale. La quasi-totalité des mentions est requise à peine de nullité par défaut ou
bien d’irrégularité.

B/ Les motifs.

C’est l’argumentation par laquelle la juridiction explique comment et pourquoi elle rend la décision qu’elle va rendre.
C’est la partie centrale. Ça n’a pas d’intérêt pour les parties. C’est la partie destinée à convaincre le requérant que le
juge a rendu une bonne décision.
- Il faut qu’il y ait une motivation.
- Il faut que la motivation soit suffisante. La motivation doit être suffisante pour permettre au juge supérieur
d’exercer son contrôle. Aussi envers les parties, c'est à dire des profanes. Elle doit suffisamment répondre à
tous les arguments développés.
- La motivation doit être doublement cohérente. Il faut que la motivation soit intrinsèquement cohérente (entre
les éléments des motifs). Il faut que le motif soit cohérent avec le dispositif.

C/ Les dispositifs.

C’est ce que le juge ordonne. Il est toujours rédigé en articles et contient la décision. C’est lui qui indique qui devra
exécuter la décision.
Le juge n’est toutefois pas totalement libre.
- Le juge est obligé de soulever les moyens d’ordre public.
- Le juge est limité par les personnes qu’il peut mettre en cause. Il ne peut pas mettre en cause des tiers.
- Le juge est limité par les moyens et les conclusions des parties. Il ne peut pas statuer au delà de ce qui lui a été
demandé.

Il a obligation d’omnia petita et interdiction d’ultra petita.

Quand le juge accepte d’instruire l’affaire, il n’est pas obligé d’aller au bout d’omnia petita mais quand il rejette si. Le
problème le plus délicat réside dans les demandes d’annulations partielles. Car il est alors question de savoir si ce que
la partie demande est divisible ou pas. Si c’est une partie divisible, la demande d’annulation partielle est recevable.
Mais très souvent cela peut être déclaré irrecevable car la partie est indivisible du reste du texte.

Le juge ne dispose d’un pouvoir complet d’injonction uniquement à l’égard des personnes privées, à l’égard des
personnes publiques, il ne peut user de son pouvoir d’injonction que pour exercer ce qu’il a jugé  ; article L911-1 et
L911-2 du Code du contentieux administratif, utilisés au service de l’exécution de la chose jugée.

Un des principes fondamentaux du droit administratif considère qu’il est interdit au juge administratif de faire acte
d’administrateur. Autrement dit, le juge ne peut en aucun cas se mettre à la place de l’administrateur. Une série de
technique lui donnent le pouvoir de coparticipation. Lors d’une action en excès de pouvoir, le juge peut exercer :
- La substitution de base légale : l’administrateur invoque un mauvais fondement juridique à sa décision, mais
il existe dans l’arsenal un texte qui lui autorise à faire ce qu’il a fait (il s’est donc juste trompé dans la
recherche du fondement de son action), le juge a alors la possibilité de substituer la base légale.
- La substitution de motif : un administrateur invoque un plusieurs motifs à la base de sa décision. Le juge
constate que le motif invoqué n’est pas bon (erroné), dans ce cas là il s’est reconnu la possibilité de substituer
le bon motif au mauvais motif, ce qui est totalement différent de la substitution de base légale. Le juge
reconstruit totalement la décision, le juge raisonne à la place de l’administration. Parce qu’elle est toujours
délicate, le juge l’admet rarement et le 6 février 2004, arrêt Hallal, le juge admet que désormais,
l’administration est fondée à invoquer pour la première fois devant le juge un ou plusieurs nouveaux motifs à
la base de sa décision. Mais cela à 2 conditions :
o Cette substitution de motif n’est admissible que si elle ne prive pas l’administré d’une garantie
procédurale qu’il avait dans l’ancien motif mais qu’il n’a plus dans le nouveau.
o Il faut par ailleurs que le nouveau motif, s’il avait été le motif initial, aurait conduit l’administration à
prendre la même décision.
L’administration peut purement ou simplement oublier le motif ou l’un des motifs, le juge admettra alors la
régularisation de l’omission de motif. Lesquelles conditions sont assez semblables.

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Théorie de motifs déterminants.
Lorsque l’acte administratif attaqué repose sur plusieurs motifs dont les uns sont légaux et les autres illégaux, le juge
ne prononcera l’annulation de l’acte que dans l’hypothèse où les motifs illégaux ont joué un rôle déterminant. Le juge
estime qu’est déterminant le motif en l’absence duquel la décision de l’administration n’eût pas été la même. En plein
contentieux, le juge va pouvoir de fait accorder au requérant ce que l’administration avait refusé (argent, restitution,
remise en l’état, réouverture,…).

Pouvoir nouveaux que le juge se reconnait dans l’établissement du dispositif :


- Le juge se reconnait un pouvoir général de modulation. D’abord, le juge peut décider de modifier la portée
dans le temps des annulations qu’il prononce. Le 11 mai 2004 le Conseil d’Etat s’est conféré le pouvoir de
moduler. Le juge peut fixer une date à partir de laquelle la décision prendra effet. Arrêt Techna 27 octobre
2006.
- Il existe la possibilité d’invoquer une exception d’illégalité. Le Conseil d’Etat admet depuis le 13 juillet 2007
la modulation dans le temps d’une exception d’illégalité (la durée d’exception d’illégalité est perpétuelle). Le
Conseil d’Etat module le caractère perpétuel de la saisine. Il admet aussi la modulation dans le temps des effets
d’une décision réglementaire ; 25 juin 2007 syndicat CFDT ministère des affaires étrangères. Le Conseil d’Etat
considère qu’on ne peut pas modifier en février le programme d’un concours ayant lieu en octobre de la même
année.
Le Conseil d’Etat a par ailleurs décidé de moduler des décisions « en tant que ne pas ». Le juge prononce
l’annulation d’une décision non pas à raison de ce qu’elle contient ou des raisons pour lesquelles elle a été
prise mais en raison de ce qu’elle ne contient pas. Arrêt du 16 février 2005, Groupement Forestier des Ventes
de Nonant.
- Apparition dans la jurisprudence du Conseil d’Etat des réserves d’interprétation. A l’instar du Conseil
Constitutionnel, depuis le 6 décembre 2006, Association des Utilisateurs et Distributeurs de l’Agrochimie
Européenne, le Conseil d’Etat utilise la technique de réserve d’interprétation : « tel acte sera légal, à la seule
condition que… » ou bien « légal qu’en temps qu’il s’applique à telle situation ». Dans un arrêt du 16 juillet
2007, le Conseil d’Etat a été impressionné par la Cour de cassation de décembre 2006, laquelle a décidé que le
revirement de jurisprudence ne pourront avoir lieu que pour l’avenir (tiers évincé peu attaquer l’acte final
malgré le caractère relatif des conventions). Le Conseil Constitutionnel devra par ailleurs bientôt s’y
conformer, sécurité juridique oblige...

D/ La formule exécutoire.

La décision de justice est rendue au nom du peuple français, elle est donc susceptible d’exécution forcée. L’acte notarié
est lui aussi revêtu de la formule exécutoire. Il est donc par le fait incontestable.

E/ La notification du jugement.

Le jugement est expédié par lettre recommandée, les parties doivent recevoir ladite lettre le même jour du fait de la
période de recours. La lettre doit contenir les décisions et les bordereaux. La date de signature du récépissé postale est
capitale car détermine le point de départ du délai d’appel et de cassation. Les recours n’étant pas suspensif en
administratif, l’obligation d’exécuter la décision intervient le jour de la réception de la lettre.

Section 3ème : Les effets du jugement.

On distingue 3 effets principaux :


- Financier (il faut ainsi payer les frais éventuels),
- La chose jugée,
- L’exécution.

Paragraphe 1 ère : Conséquence financière.

Dépenses : frais de reprographie, frais d’avocats, expertise, frais de déplacement,... Le droit distingue les frais (non
compris dans les dépenses) et les dépens.

Les frais sont constitués des dépenses faites par les parties lors du procès (avocats, frais de confection des mémoires).
Transposition de l’article 700 du Code civil, frais irrépétibles, article L761-1 du Code de contentieux administratif. Ils
sont à la charge de la partie perdante. En dehors des cas francs, on considère qu’est perdante la partie ayant perdue la
majeure partie de ce qu’elle demandait ou bien celle condamnée à la majorité des de charges susceptibles de lui
incomber.
33
Les dépens sont les dépenses directement liées, non pas à la procédure, mais au procès (expertise, déplacement des
juges, autrement dit tout ce qui a été ordonné par le juge). Ces sommes sont attribuées au trésor public.

- L’amende pour recours abusif.


Elle est comprise entre 0 et 3000€. Est-ce une remise en cause à l’article 6 de la Convention EDH ? Le 25 juillet 1986,
arrêt Casanovas, le Conseil d’Etat à considéré que l’amende n’est ni une pénalité ni un impôt et ne contrevient ni a la
Constitution de 58 ni à la Convention EDH ni a aucun PGD,…

Paragraphe 2 ème : L’autorité de chose jugée.

On ne peut pas plaider toute sa vie. La chose jugée doit être tenue pour la vérité « res judicata pro veritate habetur ».
Tous les jugements rendus à titre provisoire, n’ont par définition pas l’autorité de la chose jugée, puisque sont
susceptibles d’être contredits en appel ou cassation. De plus,x seul le dispositif est concerné. Lorsque le dispositif d’un
dispositif ne se comprend qu’à la lueur d’un motif, on dit alors que ces motifs constituent le soutient nécessaire du
dispositif, alors la chose jugée s’applique aussi aux motifs. Cette autorité est relative ce qui a été jugé n’a autorité qu’a
l’égard des mêmes parties relativement au même objet et dans la même cause, ce n’est opposable que pour la même
cause et le même objet.
La chose jugée n’est pas opposable à d’autres parties par une même partie dans une cause différente ou poursuivant un
autre objet. L’autorité de la chose jugée est parfois absolue, valant alors erga omnes. Ainsi les annulations prononcées
par le juge administration à la suite d’un REP valent erga omnes. De ce fait, la décision intervient à l’égard de tous,
même pour les juridictions suprêmes. L’autorité de chose jugée n’a pas de caractère d’ordre public, le juge ne peut la
soulever d’office. Mais le juge ayant statué ne peut statuer à nouveau, même en cas d’irrégularité surgissant après le
prononcé du verdict, il ne pourra pas revenir dessus. Les parties ne peuvent ressaisir le juge et dans l’hypothèse où une
personne non partie au procès initial en subissait les conséquences, elle devra alors entamer une autre procédure.
L’autorité de la chose jugée au pénale tient le civil (commercial, social, social, administratif,…) en l’état. Il faut
distinguer les constatations de fait et la qualification juridique. Le Conseil d’Etat considère que seule ont autorité de
chose jugée au pénale les constatations de faits au pénal, en revanche la qualification juridique donnée aux faits par le
juge pénal ne s’impose jamais au juge administratif.

Paragraphe 3 ème : L’exécution du jugement.

Tout jugement est exécutoire est impératif car l’appel n’est pas suspensif. Le fait de ne pas exécuter, d’exécuter
partiellement ou tardivement peut être sanctionné par les voies habituelles. Quand on parle d’immédiateté, le juge
reconnait en réalité à l’administration un certain délai pour exécuter le jugement, lequel demeure « raisonnable » entre
de 1 à 4 mois.
L’administration peut tenter d’échapper à ses obligations en faisant valider son comportement sanctionné par le vote
d’une loi rétroactive.

Double inconstitutionnalité : atteinte au procès équitable et rétroactivité. La Cour EDH a interdit cette solution.
L’administration peut alors retarder la décision de justice en obtenant du juge un sursis, ou bien en saisissant le juge par
interprétation car elle ne sait pas comment exécuter.
En cas de refus d’exécuter. Le juge considère qu’un tel refus constitue une illégalité. Depuis 1961 le Conseil d’Etat
condamne en responsabilité l’administration qui n’exécuterait pas la décision. Il existe une section du rapport des
études fait un rapport sur toutes les administrations n’exécutant pas les décisions, lequel rapport est envoyé au
Président et ensuite publié au JO. Le premier point a été de confier au médiateur de la république un pouvoir pour
obliger les administrations récalcitrantes à s’exécuter. Puis des lois de 1980 et du 8 février 1995 ont mis en place un
dispositif selon lequel tout juge administratif peut condamner une administration sous peine d’astreinte, fixé d’abord à
titre provisoire puis à titre définitif.

En administratif, les astreintes étant élevées elles ne sont pas totalement rétribuées à l’autre partie, alors la solution
trouvée est que si c’est l’Etat qui doit payer, l’argent sera versé à la collectivité territoriale et inversement. Le juge ne
peut enjoindre que pour les décisions qu’il a lui même rendues. Ou bien il n’y a qu’une manière d’exécuter le
jugement. L’intention indique donc le sens déterminé article L911-1 du Code de contentieux administratif. Le jugement
n’implique pas que l’administration doive apprécier dans un temps déterminé, article L 911-2 du Code de contentieux
administratif. Un requérant peut dire au juge qu’il le saisit pour quelque chose, mais il peut demander, dans le cas où le
juge lui donnerait raison, de faire exécuter la décision par l’administration et d’enjoindre l’administration à statuer dans
un certain sens. L’administration a alors 2 mois pour statuer sauf en cas d’impossibilité de paiement. Lorsque
l’administration est condamnée parce qu’un fonctionnaire n’a pas accepté ou a empêché le paiement, ce fonctionnaire
dont l’inertie a entrainer la condamnation de la puissance publique, pourra être sanctionné lourdement puisqu’il pourra
payer jusqu’au double du montant de son traitement annuel brut.
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35
Chapitre 2 ème   : Les voies de recours

Section 1ère : Les voies de réformation, l’appel de la cassation.

Paragraphe 1 er : L’appel.

Respect du double degré de juridiction. On considère qu’une partie à un procès a tout à fait le droit d’estimer que son
affaire n’a pas été examinée correctement. Toutefois le principe du double degré de juridiction n’est pas un PGD, il
n’existe donc que s’il a été prévu.

A/ Conditions de recevabilité.

On ne peut interjeter appel que d’un jugement en premier ressort. Tout jugement en premier ressort est donc
susceptible d’appel, tout autant que la capacité d’appel soit prévu et non interdite.

B/ Le délai.

Le délai pour interjeter appel est de 2 mois, à compté du jour de la réception de la notification du jugement de première
instance. Il peut toutefois être plus court ou plus long.

C/ Qui peut faire appel ?

Il faut remplir toutes les conditions de la première instance. De plus cette qualité et intérêts s’apprécient par rapport au
jugement de première instance, ainsi que par rapport au dispositif de première instance.

Quant à la qualité il faut avoir été partie (soit directement, soit mis en cause par intervention forcée). L’intimé est celui
contre lequel l’appel est formé. Soit il est simplement intimé, soit il contre attaque, on parle d’appel incident pur (il se
greffe au procès principal). Il n’est évidement recevable que si l’appel principal est recevable. L’appel provoqué (avant
appel d’intimé à intimé) ne peut exister que dans le cas où il y a 3 parties.
Dans l’appel incident, le problème juridique reste le même. Dans l’appel provoqué de nouveaux éléments peuvent être
abordés. Initialement la discussion en appel de nouveaux éléments sans aucun rapport avec le procès initial était
interdite, mais depuis 1927 le Conseil d’Etat a admis 3 exceptions à cette règle. Mais en réalité ces exceptions
recouvrant la quasi-intégralité des possibilités d’appel, on peut presque considérer que toute nouvelle discussion est
admise en appel.

Les moyens nouveaux (arguments) sont possibles en appel : moyens d’ordre publics, moyens tirés de l’irrégularité du
jugement de première instance. Les moyens doivent toutefois appartenir à la même cause juridique. Le juge est réticent
pour reconnaitre les moyens nouveaux de demandeur et plus facilement ceux du défendeur.

D/ Les effets.

1. Le caractère non suspensif.

En administratif, les recours ne sont pas suspensifs, c’est pourquoi il est nécessaire de demander devant la même
juridiction, le sursit à l’exécution de la décision des premiers juges. L’exécution d’un jugement ne constitue jamais un
acquiescement et ne fait donc pas opposition à l’appel.

2. Effets positifs.

a) Effet dévolutif de l’appel.

En principe la juridiction d’appel est saisie de la totalité du litige présenté devant la première instance. Le juge d’appel
est saisit de toutes les demandes de première instance même celle non examinées. Mais les parties ont la possibilité de
restreindre la portée de l’appel. Si les parties ne prennent pas soin de limiter l’appel il portera sur tous les moyens de
première instance, l’effet dévolutif est alors qualifié de total.
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b) Effet évocatif de l’appel.

L’évocation suppose que le premier juge, soit n’a pas statué, à tort, ou parce qu’il a statué, à tort, et aurait du s’estimer
incompétent. Dans ce cas là soit le demandeur demande à la Cour d’appel de renvoyer l’affaire devant un Tribunal
administratif pour qu’il statut pour le PREMIERE fois sur cette affaire, soit il renonce au double degré (droit d’ordre
public dont on peut renoncer) et demandera que cette affaire soit jugé pour la première fois devant la Cour d’appel
directement.

En cas d’appel il y a toujours effet dévolutif alors que l’effet évocatif n’est pas toujours possible.

Paragraphe 2 ème : Le recours en cassation.

Au civil on fait un pourvoi de cassation en administratif on fait un recours en cassation.

Pendant longtemps, le Conseil d’Etat confondait le REP (recours contre acte) et le recours en cassation (recours contre
jugement), jusqu’à l’arrêt Alcindor 1906.

A/ Conditions de recevabilité.

De même qu’en appel on peut demander le sursit à l’exécution à l’exécution des premiers juges ont peut faire cette
demande devant le Conseil d’Etat.

1. Forme.

Seules peuvent se pourvoir en cassation les parties présentes ou représentées lors de l’audience d’appel. On ne peut
former un tel recours que contre des décisions juridictionnelles qui doivent remplir des conditions positives (décision
définitives : rendue soit en dernier ressort soit rendue en premier et dernier ressort, ex : tout litige portant sur une
somme inférieure à 10.000€ ou référé liberté. Par ailleurs toute décision du Conseil d’Etat est un dernier recours) et
négatives (le jugement ne peut être susceptibles d’appel ou de rétractation).

2. Délai.

Le délai du recours en cassation est de 2 mois a compté de la signature du récépissé de la lettre de notification du
jugement d’appel. Il est soumis au ministère d’avocat même lorsque l’instance qui a précédé était dispensée du
ministère d’avocat, sauf pour les recours formés par l’Etat.

3. Filtrage.

Il existe un filtrage des recours en cassation. Avant même que le Conseil d’Etat ne l’examine, il y a un examen du
dossier afin de savoir si on pense le dossier pourra être examiné.

4. Les moyens de cassation.

On ne peut présenter que les moyens déjà retenus. Mais ici, il faut noter qu’il existe entre l’appel et la cassation une
différence de taille. L’appel est instauré dans l’intérêt des parties, la cassation l’a été dans l’intérêt du droit. Le juge ne
juge pas l’affaire mais le jugement d’appel qu’on lui présente. Par conséquent aucun nouveau moyen ne peut être
soulevé, de la même manière un moyen non examiné en appel ne pourra pas l’être en cassation. Sauf le moyen tiré de
l’irrégularité de la décision d’appel ou les moyens d’ordres publics à conditions qu’ils eussent du avoir été aperçus par
la juridiction d’appel.

B/ Le contrôle exercé par le juge de cassation.

En administratif, le juge contrôle :


- L’incompétence, laquelle est d’ordre public.
- La violation des règles substantielles : formes composition de la formation respect de droits de la défense, le
fait que le jugement ait été lu ou pas, qu’il soit motivé ou non, …
- L’erreur de droit erreur dans la détermination du sens ou de la portée de la règle du principe du texte
applicable. La juridiction a appliqué le bon principe mais s’est trompé quant a son application. Ou bien la
juridiction ne s’est pas trompé sur l’interprétation du texte, mais s’est trompé de texte. Ou encore le fait pour le
juge de ne pas relever d’office un moyen d’ordre public.
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- L’erreur de fait, en principe le juge de cassation n’est pas juge du fait et pourtant ce juge administratif en
contrôle une bonne partie des faits. 4 observations :
o Le juge du Conseil d’Etat contrôle l’exactitude matérielle des faits tel qu’ils ressortent du dossier des
faits d’appel ; 9 août 1925 arrêt Farman.
o Contrôle la qualification juridique des faits (« faits de nature à … »).
o Il ne contrôlera en revanche pas l’appréciation des faits, car cela relève du pouvoir souverain du juge
du fond. De fait il ne contrôle pas la sanction.
o Sauf en cas de dénaturation des faits. Situation dans laquelle la Cour de cassation constate que le juge
du fond a dénaturé les faits tels qu’ils sont dans le dossier.

C/ Les effets de la décision rendue par le juge de cassation.

En principe les décisions rendues en Cour de cassation sont revêtues de l’autorité relative de la chose jugée sauf
lorsque elle statut sur un jugement lui-même revêtu de l’autorité absolue de la chose jugée. Cela étant soit le juge de
cassation rejette le pourvoi soit il l’admet et retient son bien fondé.

En cas de rejet, la décision est définitive. Le juge de cassation peut constater que l’un des motifs du jugement contesté
est erroné mais ne prononcera pas sa cassation car a substitué le bon motif, idem en cas de substitution de base légale.

Lorsqu’il cassa la décision qui lui a été déférée. Le juge peut casser une partie seulement de la décision « en tant
qu’elle dit » et ce sur demande du demandeur soit intervenir en cas de considération propre au Conseil d’Etat. Qu’elle
soit partielle ou totale, la cassation peut avoir lieu avec ou sans renvoi.
- Cassation sans renvoi. La première situation où le Conseil d’Etat casse et ne renvoie pas c’est l’hypothèse ou il
n’y a plus rien à juger. La deuxième situation est l’hypothèse où, ayant cassé la décision, le Conseil d’Etat
décide dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice de se proclamer juge du fond. Dans ce dernier
cas, il statue en tant que juridiction d’appel.
- Cassation avec renvoi. Le Conseil d’Etat casse et renvoie devant une autre Cour d’appel ou devant la même,
différemment composée. Mais quand il s’agit de commission unique (CSA, Cour des comptes,…) cette
dernière restatue. Mais que sont les pouvoirs de la juridiction de renvoi ? Elle possède tous les pouvoirs de la
précédente juridiction, il s’agit d’un premier jugement, mais, alors que dans la cassation judiciaire il n’est
aucune chose jugée opposable à la juridiction, en administratif la juridiction de renvoi ne peut aller à l’encontre
de ce qui a été expressément jugé par le Conseil d’Etat ; 8 juillet 1904 Votta confirmé par l’arrêt Commune
de Fayet du 8 octobre 2008. Lorsqu’après un renvoi le Conseil d’Etat est saisit à nouveau et qu’il casse à
nouveau c’est lui qui jugera au fond.

Section 2ème : Les autres voies de recours.

Paragraphe 1 er : L’opposition.

Situation dans laquelle le défendeur à un procès se voit condamner par suite de sa défaillance (pas de réponse à la
notification, pas de présentation,…). Jugement par défaut.
Le défendeur pourra alors se prévaloir d’une situation qui lui est extérieure en faisant opposition au jugement. Elle
n’existe toutefois plus devant les tribunaux administratifs depuis 1959. Un certain nombre de plaideurs jouaient la
montrent pour lasser le demandeur. Pour cela ils faisaient les morts durant le procès et le jour du jugement ils faisaient
opposition, un nouveau jugement était tenu, puis en cas de perte du procès, le défendeur faisait appel. Pour éviter cette
procédure l’opposition n’est plus possible devant les tribunaux administratifs.

En procédure administrative on distingue le défaut faute de comparaitre et le défaut faute de conclure. En administratif,
la faute de comparaitre n’existe pas car la procédure est essentiellement écrite. Celui qui a reçu chez lui une lettre
recommandée et qui a eu un avis de passage prévoyant un délai de conservation par la poste de 15 jours, s’il s’abstient
de retirer la lettre, le défaut ne sera pas retenu. Lorsqu’il y a vraiment défaut et que l’opposition est fondée, reconnu
recevable, le recours n’a pas d’effet suspensif (sauf décision de suspension de l’exécution). Il a alors 2 mois pour
former opposition, laquelle aboutit à la réformation du jugement concerné ou à l’annulation du précédent jugement
conduisant à sa réécriture.

L’action en opposition n’est qu’une opposition, elle ne peut comprendre d’autres moyens.

Paragraphe 2 ème : La tierce-opposition.


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Elle permet à une personne tiers à un procès de contester le jugement parce qu’il préjudicie à ses intérêts. Le Conseil
d’Etat considère que la tierce-opposition est un PGD de procédure ; 20 novembre 1931. La tierce-opposition est
possible en REP arrêt Boussuge de 1912, ou contre tout jugement ou arrêt, on parle de tiers opposant.

C’est le jour ou le tiers découvre que le jugement lui est préjudiciable qu’il est en droit de s’y opposer. Ce recours est
soumis a une prescription de 30 ans.
En revanche si d’une manière incontestable à un moment quelconque le tiers a connaissance de la décision
préjudiciable il a 2 mois pour faire le recours. Si la décision frappé de tierce-opposition est dispensé de ministère
d’avocat il en sera de même lors de l’opposition et inversement. Pour être tiers opposant il faut être un VRAI tiers (ni
partie, ni représenté, ni intervenant, ni mis en cause…). L’action devra avoir lieu devant la juridiction qui avait été
initialement tranché le litige.

En cas de représentation mais que le représentant a représenté en fraude de ces droits, l’individu représenté sera
considéré comme un tiers.

On ne peut pas former tierce-opposition contre ce qui ne fait pas grief. Donc pas contre les motifs (sauf s’ils ont
autorité de chose jugée) mais contre le dispositif.

Pour recevoir la demande on va comparer la situation juridique du tiers avant et après la décision contestée. Une
décision portant atteinte à un tiers mais ne modifiant pas sa situation ne pourra pas faire l’objet d’une tierce-opposition.

Effets :
N’entraîne pas la suspension du jugement contre lequel elle est dirigée.
En cas de requête autonome, c’est une voie de rétractation, elle est alors portée devant la juridiction qui l’a rendue.

Paragraphe 3 ème : Recours en rectification d’erreur matérielle.

Une erreur matérielle susceptible d’avoir exercée une influence sur le jugement de l’affaire. Le juge se montre très
libéral dans ce recours.

Le principe même d’un tel recours est un PGD de procédure, il existe même sans texte ; 4 mars 1945, Dame Veuve
Sticotti. Ce recours est très largement ouvert car au départ les mots avaient bien leur sens. Le juge a ensuite glissé de
l’erreur matérielle à l’erreur sur la matérialité des faits, il ne s’agit plus d’une erreur de plume.

Ce recours est enfermé dans un délai de 2 mois à compté de la notification de l’erreur. Le ministère d’avocat est
obligatoire même si la matière qu’il concerne n’y est d’habitude pas soumise.

Effets :
Si l’erreur qualifiée matérielle n’est pas que matérielle, alors le juge est obligé de rectifier le jugement, laquelle
obligation peut aller jusqu'à refaire tout ou partie du jugement. Il arrive donc que le juge supprime et réécrive un
nouveau jugement.
Il peut arriver aussi que le juge précédent a bien commis une erreur mais que le juge estime qu’il n’y a pas eu
d’incidence sur la personne en cause, le juge n’en tiendra pas compte.

Paragraphe 4 ème : Le recours en révision.

Il s’agit d’une voie exceptionnelle. Se traduisant procéduralement par 2 conséquences :


- Il n’existe pas sans texte, Dame veuve Sticolli 4 mars 1945.
- Possibles uniquement que dans les conditions strictement prévues par la loi elle même strictement interprétées
par le juge.
N’existe pas devant le Tribunal administratif et la Cour administrative d’appel.

Conditions de recevabilité :
Il ne peut être formé que devant le Conseil d’Etat par un ministère d’avocat, même si le recours est dirigé vers un arrêt
ou un jugement dont la matière est dispensée de ministère.
On ne peut opérer qu’une seule demande de révision, dans les deux mois de la notification de la décision dont la
révision va être demandée.
Dans cette demande il ne peut être demandé qu’une seule chose : la révision.
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Cas donnant ouverture à la requête :
Strictement encadré, 3 cas existent :
- Il est possible de demander la révision ou arrêt rendu sur la base de pièces fausses. Mais il faut d’une part
prouver que la pièce était fausse et d’autre part prouver que c’est à raison de cette fausseté que le jugement a eu
une incidence sur le jugement car il faut qu’elle en soit le motif déterminent.
- Hypothèse où une décision de justice condamne l’une des parties pour ne pas avoir présenté une certaine pièce
dont on découvre qu’elle était alors détenue par l’adversaire. Le problème réside ici aussi dans la preuve, et
notamment que la non présentation de cette preuve a eu des conséquences décisives sur l’issu du procès. On
n’exige cependant pas que la rétention soit de mauvaise fois ou volontaire, il suffit qu’elle ait été retenue.
- La décision dont la révision est demandée se trouver entachée de vices substantiels de procédure. On pourrait
toutefois dans ce cas former un simple pourvoi en cassation.

Effets :
Lorsque le recours est rejeté il a pour effet de rendre le jugement définitif, d’autant plus définitif car il ne sera pas
possible de faire un second recours en révision. L’adversaire pourra faire une demande reconventionnelle en dommages
et intérêts pour le préjudice que lui a couté le recours au prétoire.
S’il est rejeté il est frappé de nullité absolue, il est non avenu.

Paragraphe 5 ème : Le recours dans l’intérêt de la loi.

Cette voie de droit n’est ouverte qu’aux ministres. Ce recours vise à apurer les décisions de justice entachées d’une
grave erreur de droit.

Ce recours est recevable même sans texte car est un PGD de procédure. Il n’est ouvert qu’aux ministres qui agissant
dans l’intérêt de l’Etat sont dispensés du ministère d’avocat. Ce recours n’étant enfermé dans aucun délai, il ne peut
être formé que par le ministre dont le ministère relève du champ d’application de celle du préjudice, sachant que les
ministres n’ont pas à prouver d’un intérêt à agir.
En tant que recours dans l’intérêt de la loi il peut être dirigé contre les motifs, le dispositif ou contre les deux. Le
ministre dans un procès s’étant désisté en appel, garde le pouvoir de faire un recours dans l’intérêt de la loi.
Ce recours ne peut toutefois être porté que devant le Conseil d’Etat mais peut porter contre tout jugement ou arrêt de
n’importe quelle juridiction relevant du Conseil d’Etat.

Ce recours ne peut pas être dirigé contre un arrêt du Conseil d’Etat statuant en dernier ressort au contentieux.

Effets :
Aucun effet. Il ne sert à rien. Il est purement doctrinal. Son but principal est d’informer l’ensemble des juridictions
administratives de la vois qu’il faudra désormais appliquer en la matière. Le ministre utilisant pour ce faire le Conseil
d’Etat comme moyen de diffusion, avec en plus le poids, de ce dernier sur les juridictions qui relèvent de lui.

Exam :
4 ou 5 questions de cours. Pour chacune d’elles, il nous sera précisé :
- le temps conseillé à y consacrer,
- le nombre de points,
- le nombre de lignes pour y répondre (ce dernier élément est quasi impératif).
Il est par ailleurs impératif de répondre aux questions dans l’ordre où elles sont posées, quitte à laisser de l’espace
pour une réponse ultérieure.

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