Vous êtes sur la page 1sur 102

Public Disclosure Authorized

WDP231
French
Public Disclosure Authorized

3aurn Documents de synthèse de la Banque mondiale


Série du département technique Afrique

Vulgarisation
Agricole en
Public Disclosure Authorized

Afrique

Aruna Bagchee
Public Disclosure Authorized

.T 1.-:.
LdP

'ns 1FILE
COPY
F::-
r g-
Documents de synthèse de la Banque mondiale
Série du département technique Afrique

Vulgarisation
Agricole en
Afrique

Aruna Bagchee

Banque mondiale
Washington, D.C.
Condensé

Des projets de vulgarisation agricole sont en cours dans quelque 30 pays d'Afrique
subsaharienne avec le soutien de la Banque mondiale. Des responsables des systèmes de
vulgarisation et de recherche dans ces pays ont été réunis, en janvier 1993, dans deux ateliers
d'une semaine chacun, en Accra pour les pays anglophones et en Abidjan pour les pays
francophones. Ce rapport fait une synthèses de délibérations de ces ateliers. Les principaux
thèmes discutés sont passés en revue, avec leurs implications sur les politiques.

ix
Abréviations et sigles

AFTAG Division Agriculture (Département technique pour l'Afrique de la Banque


mondiale)
AFTES Division Environnement et Développement durable (Département technique pour
l'Afrique de la banque mondiale)
AVV Agent vulgarisateur de village
BAfD Banque africaine de développement
BAT British American Tobacco
CGIAR Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale
CIPEA Centre international pour l'élevage en Afrique
CLRV Comité de liaison recherche-vulgarisation
EPLT Etude de perspective à long terme
FAO Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
FIDA Fonds international de développement agricole
F&V Formation et visites
IDE Institut de développement économique (Banque mondiale)
ISA Initiative de services agricoles
IDA Association internationale de développement
IITA Institut international d'agriculture tropicale
ILEA Information Centre for Low External Input and Sustainable Agriculture
KARI Kenya Agricultural Research Institute
KDTA Kenya Tea Development Authority
ONG Organisation non gouvernementale
PDA Projet de développement agricole
PIB Produit intérieur brut
PGRN Projet de gestion des ressources naturelles (Mali)
PNUD Programme des nations Unies pour le développement
PNVA Projet national de vulgarisation agricole (Mali)
PSRAA Programme spécial pour la recherche agricole en Afrique
SIRAN Service international de la recherche agricole nationale
SNRA Système national de recherche agricole
TS Technicien spécialisé

xi
Résumé analytique

Depuis le début des années 1970, la Banque mondiale a soutenu le renforcement et la


réorganisation des services de vulgarisation agricole en Afrique selon les principes du système
de Formation et visites (F&V). Actuellement, une trentaine de pays africains en sont à divers
stades d'exécution de projets de vulgarisation appuyés par la Banque. Pour faire le point de cette
expérience, deux ateliers ont été organisés conjointement par la division Agriculture du
Département technique pour l'Afrique (AFTAG)et l'Institut de développement économique (IDE)
de la Banque mondiale. Le premier a réuni des délégués de dix pays anglophones en Accra
(Ghana), du 18 au 23 janvier 1993, et le second a rassemblé des représentants de 17 pays
francophones en Abidjan (Côte d'Ivoire), du 25 au 29 janvier 1993.

Les pays étaient représentés par de hauts fonctionnaires de leurs services nationaux de
recherche et de vulgarisation, tandis que la délégation de la Banque mondiale, composée de divers
agents du siège et des bureaux extérieurs, était conduite par MM. Edward V. K. Jaycox, vice-
président pour l'Afrique, et Daniel Benor, son conseiller pour les questions agricoles. En outre,
des orateurs distingués, de nombreux experts et quelques représentants d'oNG avaient également
été invités.

Les délibérations, qui ont duré deux semaines, ont mis en lumière quelques aspects
intéressants des systèmes de vulgarisation en Afrique. Les participants aux rencontres d'Abidjan
et d'Accra ont soulevé essentiellement les mêmes questions. La principale différence entre les
deux ateliers réside dans le fait que l'importance de la gestion des ressources naturelles a été plus
marquée à l'atelier d'Abidjan qu'à celui d'Accra. Par ailleurs, la question de l'accès des
paysannes aux bénéfices de la vulgarisation a été discutée plus intensément à l'atelier d'Accra,
tandis qu'à celui d'Abidjan, c'est la manière d'instaurer d'une collaboration plus étroite entre les
agents de vulgarisation et les divers types d'organisations agricoles qui a obtenu le plus
d'attention.

Les principaux problèmes et préoccupations exprimés dans les deux ateliers s'articulent
autour de quatre thèmes principaux: Gestion de la vulgarisation, Technologie, Formation et
Vulgarisationpour certainescatégoriesd'agriculteurs.

En ce qui concerne la gestion des services de vulgarisation, la principale préoccupation


des ateliers a été l'insuffisance des ressources financières allouées par les autorités nationales.
Pour les projets de vulgarisation financés par l'IDA, il est attendu des pouvoirs publics une
contribution de fonds de contrepartie de l'ordre de 20 % du coût total de ces projets. Toutefois,
en raison de la persistance de la crise économique dans la plupart des pays africains et des
lenteurs des procédures de décaissement des montants approuvés, le personnel de terrain se heurte
à des problèmes graves; notamment, à l'incapacité d'organiser autant de sessions de formation
et de tournées de supervision que prévu. D'autres questions ont été discutées sous ce thème : la
modification du système de F&Vpour l'adapter au contexte socio-culturel et administratif du pays
concerné et les implications du recours à un système de vulgarisation "unifié", transmettant aux
agriculteurs des messages de vulgarisation relatifs aux aspects qui les intéressent-tels que les
cultures, l'élevage, l'agro-foresterie et la pêche-l'idée sous-jacente étant que les services de
vulgarisation doivent répondre aux préoccupations des agriculteurs.

1
Pour ce qui est de la technologie, les participants se sont montrés préoccupés par la
lenteur avec laquelle les technologies appropriées au contexte africain étaient mise en oeuvre.
Sans un renforcement de l'infrastructure de recherche actuelle et une amélioration de la liaison
recherche-vulgarisation, les services de vulgarisation ne pourront pas avoir une grande efficacité
sur le terrain. Les participants, particulièrement ceux de l'atelier d'Abidjan, ont également
souligné la nécessité de coordonner les efforts du personnel des services de vulgarisation et de
celui des projets de gestion des ressources naturelles.

La formation périodique du personnel est une caractéristique fondamentale du système


de F&V. Les ateliers ont envisagé plusieurs aspects de la formation, notamment: la nécessité
d'avoir des sessions régulières de formation, le besoin d'y inclure de la formation dans le
domaine de la communication et le souhait de voir les sessions de formation axées sur la
résolution des problèmes.

Le quatrième domaine de préoccupation majeure qui a fait l'objet de discussions au cours


des ateliers était le besoin d'atteindre les groupes spéciaux d'agriculteurs, notamment les
paysannes, les jeunes, les éleveurs et les nomades, ainsi que les organisations agricoles. Un
consensus général s'est dégagé sur la nécessité de mettre au point des analyses diagnostiques et
de nouvelles méthodes pour encadrer ces catégories spéciales d'agriculteurs.

A chacun des deux ateliers, le Professeur R. Evenson a présenté les conclusions de


l'évaluation du système de F&V au Burkina Faso et au Kenya. Ces constatations indiquent un
taux de rentabilité très élevé pour les investissements marginaux qui ont été faits pour renforcer
et réorganiser les services de vulgarisation selon les principes de F&V.

Plusieurs recommandations de grande portée ont été faites à ces ateliers. (Il est à noter
que, dans ce rapport, le terme "atelier" fait référence indifféremment à l'une ou l'autre des
sessions et que lorsqu'il s'agit spécifiquement de l'atelier d'Abidjan ou de celui d'Accra cela est
précisé dans le texte.) Voici quelques unes des suggestions les plus importantes qui ont été
proposées à l'attention de la Banque mondiale et des gouvernements concernés:

i) Renforcer les systèmes nationaux unifiés de vulgarisation, récemment établis (par


opposition aux services centrés sur des cultures spécifiques).

ii) Porter une plus grande attention à la recherche dans des domaines négligés
jusqu'à ce jour: les cultures dites "orphelines", telles que les patates douces, les
ignames et le manioc, ainsi que les cultures intercalaires et, encore, la gestion des
ressources naturelles.

iii) Aligner les efforts de recherche sur les systèmes intégrés de production à petite
échelle, grâce à l'introduction de recherches en milieu paysan, similaire à
l'approche pluridisciplinaire, centrées sur le paysan, et de recherches sur les
systèmes de production.

iv) Améliorer les liaisons entre les services de vulgarisation et d'autres agences, en
mettant davantage l'accent sur le changement d'attitude, ou le "réalignement
émotionnel", des différentes hiérarchies plutôt que sur la création de nouvelles
structures institutionnelles.

2
v) Favoriser l'établissement de services nationaux unifiés de vulgarisation: a) en
évitant, du moins à l'avenir, d'approuver des projets séparés de vulgarisation
(projets concernant des denrées spécifiques ou projets "enclaves") en dehors des
programmes nationaux de vulgarisation et b) en veillant à ne pas encourager des
projets de vulgarisation qui présentent un risque de conflits (par exemple, ceux
qui impliquent des subventions, la livraison à domicile d'intrants ou encore des
crédits liés).

vi) Améliorer les services de vulgarisation proposés aux paysannes.

vii) Inclure dans les messages de vulgarisation des conseils sur la gestion des sols et
la conservation des ressources hydrauliques au niveau de l'exploitation agricole.
Parallèlement, les directeurs des programmes de gestion des ressources naturelles
et de F&V doivent explorer les possibilités de collaborer ou d'harmoniser leurs
perspectives.

viii) Faciliter la création, sous l'égide de la Banque mondiale, d'un centre africain,
régional ou international, pour échanger régulièrement les expériences et les idées
nouvelles en matière de vulgarisation et servir de centre d'excellence pour le
perfectionnement et la documentation de la vulgarisation, ainsi que pour
l'évaluation de ses méthodes. Entre temps, un bulletin périodique pourrait être
lancé pour permettre des échanges d'idées et d'expériences.

ix) Envisager l'organisation, dans deux ou trois ans, d'une conférence panafricaine
sur les problèmes de vulgarisation, qui faciliterait les échanges d'expérience à
l'échelle du continent.

3
1. Préambule

La Banque mondiale a soutenu les initiatives de vulgarisation à petite échelle depuis 1970
environ, quand elle a commencé à financer les projets de développement rural intégré. Depuis
que l'accent est passé des projets de développement rural intégré à des projets de développement
d'institutions nationales, au début des années 1980, la Banque a encouragé la réorganisation des
systèmes nationaux de vulgarisation agricole en Afrique, sous les conseils de M. Daniel Benor.
Ces réformes ont été lancées, en 1981 au Kenya', par un projet pilote fondé sur le système de
vulgarisation par formation et visites (F&V)Y,qui a été suivi d'un projet régulier en 1983. Depuis
lors, des projets de vulgarisation financés par la Banque ont été démarrés dans quelque 30 pays
(voir la carte à la fin de l'ouvrage).

Parallèlement au soutien des programmes nationaux de vulgarisation, la Banque a


également prêté assistance à des projets de recherche agricole dans une vingtaine de pays
d'Afrique. La décision de la Banque d'aller au-delà de la vulgarisation et de la recherche pour
s'intéresser à l'amélioration de la gestion des autres services agricoles, comme les semences, le
crédit, la commercialisation, etc., a abouti à son Initiative de services agricoles en Afrique (ISA)
dès 1987. Toutefois, le rôle de la Banque dans le renforcement des capacités de gestion dans ces
domaines complémentaires en est encore aux premiers stades.

Reconnaissant la nécessité de fournir une assistance aux pays qui souhaitent réorganiser
leurs services de vulgarisation grâce à des projets financés par la Banque, cette dernière a
détachés des spécialistes de la vulgarisation dans les missions régionales d'Abidjan et de Nairobi,
ainsi que des agents des services agricoles et de vulgarisation dans les missions résidentes de 18
pays: le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République Centrafricaine (RCA), la Côte
d'Ivoire, le Ghana, la Guinée, le Kenya, Madagascar, le Malawi, le Mali, le Niger, le Nigéria,
le Sénégal, la Tanzanie, le Tchad, la Zambie et le Zimbabwe.

Des ateliers de vulgarisation, organisés par la Banque pour les responsables de l'exécution
des réformes de la vulgarisation dans les pays de l'Afrique subsaharienne, ont déjà eu lieu à
Ibadan (Nigéria) en janvier 1989, à Bouaké (Côte d'Ivoire) en octobre 1990 et à Kisumu (Kenya)
en décembre 1990. Ces ateliers, surtout les deux derniers, ont été articulés autour de thèmes
spécifiques, comme la formation et les liaisons recherche-vulgarisation. Ils ont servis de forums
très utiles aux participants qui ont ainsi pu échanger leurs expériences de la mise en oeuvre des
réformes de la vulgarisation.

Ces premiers ateliers ont été suivis par un séminaire organisé, exclusivement pour les
agents de la Banque, à Lilongwe (Malawi) en février 1991. Celui-ci a eu pour objectif de
préparer des ateliers, qui devaient avoir lieu deux ou trois ans plus tard. Il a rassemblé des
représentants des pays qui avaient des programmes de vulgarisation en cours de réalisation. Le
compte rendu de Lilongwe a été publié par le Département technique pour l'Afrique3 .

Il y a également eu d'autres progrès depuis les premiers ateliers. Tout d'abord, le


nombre des pays qui ont lancé des programmes de vulgarisation financés par l'Association
internationale de développement (IDA) a augmenté. Ensuite, les résultats de l'évaluation de
l'impact des programmes de vulgarisation au Burkina Faso et au Kenya, sous la direction du
professeur R. Evenson de l'Université de Yale, sont maintenant disponibles. Ils indiquent que

5
la vulgarisation a eu un excellent effet sur la production et ils offrent de précieux enseignements
opérationnels. Enfin, au fur et à mesure que les pays entrent dans la deuxième phase de leurs
programmes nationaux de vulgarisation, ils sont confrontés à de nouveaux défis. Il faut
désormais accorder plus d'attention à la gestion de l'environnement et aux services destinés aux
paysannes. Ceci va augmenter la responsabilité et les complexités de la vulgarisation, qui devient
de plus en plus pluridisciplinaire.

Il a donc semblé opportun de réunir les principaux dirigeants des services de vulgarisation
et de recherche des pays africains 4 pour discuter des problèmes clés, présents et futurs, de la
vulgarisation. C'est pourquoi, l'Institut de développement économique (IDE) de la Banque
5
mondiale et la division Agriculture du Département technique pour l'Afrique (AFTAG) ont
organisé conjointement les ateliers sur la Vulgarisation agricole en Afrique de janvier 1993, qui
ont eu lieu en Accra (Ghana) du 18 au 23 janvier 1993 et en Abidjan (Côte d'Ivoire) du 25 au
29 janvier 1993.

Objectifs
Le sujet principaldes ateliersétait: Améliorerl'efficacitéde la vulgarisationagricoleen
Afrique subsaharienne. Leurs objectifs étaient de:

i) identifier et classer par ordre de priorité les problèmes opérationnels relatifs aux
programmes de vulgarisation et de recherche en vue d'améliorer l'efficacité des
opérations de vulgarisation sur le terrain,

ii) discuter des principaux problèmes de gestion et de financement concernant la


vulgarisation,

iii) définir et discuter les problèmes de vulgarisation de deuxième génération,


particulièrement ceux qui ont trait à l'organisation des services d'appui et au
nouvelles propositions de financement des services de vulgarisation,

iv) formuler les questions à soumettre aux délibérations de la Conférence panafri-


caine des responsables des politiques prévue pour 1994.

Participants
Les participants aux ateliers étaient des cadres supérieurs des services de vulgarisation
et de recherche des pays africains. Vingt-sept représentants de 10 pays anglophones ont participé
à l'atelier d'Accra et 41 représentants de 16 pays francophones ont participé à celui d'Abidjan.
Un certain nombre de fonctionnaires de la Banque, tant du siège que des missions résidentes, ont
également participé à ces ateliers. Des organisations internationales, comme le Service
international de la recherche agricole nationale (SIRAN) et le Programme spécial pour la recherche
agricole en Afrique (PSRAA) y ont également envoyé des représentants. Les ateliers ont aussi
bénéficié de la présence de quelques experts qui ont participé aux discussions des séances
plénières, ont animé les débats des groupes de travail et apporté une perspective plus globale aux
travaux. La liste de tous ces participants est donnée à l'annexe 4.

6
Organisation des ateliers

La principale caractéristique de ces ateliers était la présentation par chaque pays


participant de son expérience en matière de réorganisation des systèmes de vulgarisation agricole
et de recherche. Les pays ont été groupés par deux, trois ou quatre pour chaque session et ont
chacun exposé en séance plénière leurs dispositions actuelles pour assurer les services de
vulgarisation, mettant en lumière leurs meilleures réalisations aussi bien que les contraintes
auxquelles ils sont confrontés. A la fin de chaque session, les experts faisaient des observations
et commentaires et attiraient l'attention sur les points importants soulevés au cours des
présentations et des discussions subséquentes.

Après ces présentations nationales, les participants étaient répartis en quatre groupes de
travail pour des discussions plus approfondies de problèmes spécifiques. Les rapporteurs de
chaque groupe présentaient ensuite leurs conclusions et recommandations en séance plénière, où
elles étaient acceptées ou amendées après une discussion générale.

Des présentations sur des thèmes spécifiques ont également été faites par des conféren-
ciers invités. M. Edward V. K. Jaycox, vice-président pour l'Afrique de la Banque mondiale,
a pris la parole devant les deux assemblées et M. Robert Evenson, professeur à l'Université de
Yale, a présenté les conclusions de l'évaluation de l'impact de la vulgarisation par F&V au
Burkina Faso et au Kenya. M. Bertus Haverkort, du "Information Centre for Low External Input
and Sustainable Agriculture" (ILEIA), a parlé, à l'atelier d'Accra, du rôle des paysans dans la
recherche et la vulgarisation, tandis que M. Kevin M. Cleaver, directeur du département
technique pour l'Afrique de la Banque mondiale, a exposé, à l'atelier d'Abidjan, la stratégie de
la Banque pour le développement agricole en Afrique.

Portée du présent rapport

Les discussions d'Accra et d'Abidjan ont mis en lumière une profusion d'idées et
d'expériences. Certes, il est difficile de capturer dans un rapport toute la richesse des
expériences, ainsi que l'ouverture et l'enthousiasme qui ont caractérisés les débats, mais il est
cependant nécessaire de consigner les résultats des discussions de manière à orienter les politiques
et les actions futures. Par conséquent, le présent rapport ne résume que les points les plus
marquants des débats. En outre, deux autres remarques sont à faire à propos de ce rapport.

Tout d'abord, il convient de préciser que le rapport ne concerne que les discussions qui
ont eu lieu dans les ateliers d'Accra et d'Abidjan. Plusieurs autres documents et comptes rendus
de séminaires qui traitent de la vulgarisation sous différents angles ont été publiés, notamment
par la Banque mondiale, et des comparaisons entre divers systèmes de vulgarisation, y compris
celui par F&V, ont été faites, qui mettent en relief leurs points forts et leurs faiblesses6 .
Néanmoins, le présent rapport se cantonne essentiellement dans le thème des ateliers, c'est-à-dire
la vulgarisation agricole par le système de F&V. La question de savoir si les réponses aux
nombreux points soulevés au cours des ateliers restent dans le cadre du système, éventuellement
sous réserve de modifications appropriées, ou se situent en dehors de celui-ci n'est pas abordée
dans ce rapport, car elle n'a pas fait l'objet de débats dans les ateliers.

Ensuite, la structure de ce rapport combiné sur les deux ateliers mérite d'être expliquée.
Comme cela a déjà été mentionné, des pays anglophones ont participé à l'atelier d'Accra et des

7
pays francophones à celui d'Abidjan. Les expériences des deux groupes présentent de nombreux
points communs, mais quelques unes sont cependant spécifiques à un pays particulier ou à un
groupe de pays. Une comparaison des deux ateliers fait ressortir des éléments de similarité et
de contraste dans les questions soulevées, ou dans l'accent mis sur certains problèmes. Il a donc
été décidé d'établir un rapport combiné sur les deux ateliers, sans perdre de vue les contextes
particuliers des régions anglophone et francophone d'Afrique. Afin de refléter les résultats
conjugués des deux ateliers, tout en tenant compte du contexte particulier des discussions dans
chacun d'eux et en vue d'éviter, dans la mesure du possible, toute répétition, ce rapport a été
élaboré de la manière suivante.

Après un préambule, le chapitre 2 examine le rôle que pourrait avoir la vulgarisation dans
le développement économique et agricole de l'Afrique. Ceci se fonde sur les exposés faits aux
deux ateliers par MM. Jaycox et Cleaver, ainsi que par le Professeur Evenson.

Le chapitre 3 analyse et résume les principales préoccupations exprimées dans les ateliers.
Il se fonde largement sur les rapports nationaux et leurs discussions en assemblée plénière et dans
les groupes de travail. Seules les questions qui ont été fréquemment soulevées au cours des
délibérations sont reprises dans le présent rapport.

Ensuite, les principales implications pour la formulation des politiques qui se dégagent
des recommandations des ateliers sont esquissées dans le chapitre 4.

Enfin, le chapitre 5 met en relief les points de convergence et de divergence entre les
discussions d'Accra et celles d'Abidjan. Ce chapitre attire aussi l'attention sur les différences
entre les problèmes soulevés dans ces ateliers et ceux qui avaient été anticipés en février 1991
au séminaire de Lilongwe. Ce chapitre se termine par des suggestions quant à l'orientation future
du débat.

Les annexes 1 et 2 contiennent respectivement un bref résumé des délibérations d'Accra


et d'Abidjan, y compris les conclusions et recommandations spécifiques des deux ateliers.
L'annexe 3 présente les principales caractéristiques des projets de vulgarisation actuellement en
cours d'exécution en Afrique et l'annexe 4 donne la liste des participants aux ateliers.

8
2. Rôle de la vulgarisationdans l'agriculture africaine

Les trois conférenciers invités aux ateliers ont souligné le rôle important de la
vulgarisation dans l'agriculture africaine. M. Edward V. K. Jaycox, vice-président pour
l'Afrique (Banque mondiale) s'est adressé aux participants des deux ateliers. Il a insisté sur la
priorité qu'accorde la Banque au développement de l'Afrique et sur l'importance de l'agriculture
dans le redressement des économies de ce continent. M. Kevin M. Cleaver, directeur du
Département technique pour l'Afrique, a présenté à l'atelier d'Abidjan une stratégie de
développement de l'agriculture en Afrique subsaharienne. Le professeur Evenson, appuyé par
MM. Vishva Bindlish et Mathurin Gbetibouo, a expliqué les résultats de deux études
d'évaluation, réalisées au Burkina Faso et au Kenya, et a montré l'impact de la vulgarisation par
F&V dans ces pays. Ces exposés ont contribué à mettre en évidence l'importance de l'agriculture
dans toute stratégie de redressement économique en Afrique et le rôle significatif que la
vulgarisation agricole peut avoir dans une telle stratégie.

M. Jaycox a souligné que l'Afrique demeure une priorité absolue pour la Banque
mondiale en dépit de ses nouveaux engagements dans d'autres parties du monde. Cette priorité
se traduit par le niveau régulièrement élevé de son assistance à l'Afrique et par la présence de
Missions résidentes dans un grand nombre de pays du continent. Dans le cadre de cette priorité
générale à l'Afrique, l'agriculture vient en tête pour des raisons sociales et économiques, telles
que l'important pourcentage du PIBqui résulte de l'agriculture, sa contribution aux exportations
et à l'emploi, son rôle et celui des paysans dans la gestion des ressources naturelles, etc. Il a fait
remarquer que, sans ignorer l'importance des autres secteurs de l'économie, il est impératif de
doubler, de 2 % à 4 %, le taux de croissance annuel de l'agriculture pour éviter la famine et
offrir à la population croissante des emplois productifs et des revenus accrus. "C'est un défi que
nous devons relever, car nous savons que c'est indispensable."

Il a signalé, en outre, que pour atteindre cet objectif, la Banque compte sur la recherche
et la vulgarisation agricoles qui ont un rôle clé à jouer. L'agriculture africaine a constamment
besoin de nouvelles technologies. La priorité que donne la Banque à la recherche agricole est
reflétée par le PSRAAet M. Jaycox a confirmé que l'implication de la Banque mondiale dans la
vulgarisation agricole constitue un engagement à long terme. Il a encore ajouté qu'il espère que
les administrations nationales des pays concernés feront preuve d'un engagement similaire envers
la recherche et la vulgarisation agricoles en augmentant les ressources financières qui leur sont
allouées.

Stratégie de développement agricole


Dans son exposé' d'Abidjan, M. Kevin Cleaver a insisté sur l'importance de l'agriculture
pour les économies africaines. L'agriculture demeure en effet la principale occupation de la
majorité de la population d'Afrique et constitue le secteur le plus productif, avec une contribution
moyenne de 32 % du PiB. L'Etude de perspective à long terme (EPLT) de la Banque mondiale
Afrique subsaharienne: De la crise à une croissance durable8 (1989) a conclu que les économies
africaines devaient croître d'au moins 4 à 5 % par an pour satisfaire les besoins d'emplois et de
revenus de leurs populations en expansion. Etant donné que la principale source de cette
croissance ne pouvait être que la production agricole, le taux de la croissance agricole dans ces

9
pays devait aussi ètre de 4 % par an. A défaut d'une telle expansion, le secteur industriel ne
pourrait être suffisamment approvisionné en matières premières pour lui permettre d'atteindre son
objectif de croissance de 5 à 7 % par an. En effet, l'agriculture est la principale source de
matières premières pour l'industrie et représente un marché important pour les produits
manufacturés et les services, puisque les fermiers constituent la majorité de la population et des
emplois dans ces pays. Une analyse des liens entre les activités agricoles et non agricoles en
Afrique subsaharienne9 indique qu'une croissance de 1 % dans l'agriculture entraînerait une
croissance économique de 1,5 %, résultant de l'impact stimulant de l'agriculture sur l'industrie,
les transports et les services.

Malheureusement, le taux moyen de croissance agricole en Afrique reste, depuis 1965,


situé entre 1,7 et 1,9 % par an en termes réels. Par contre, la croissance démographique, qui
était de 2,7 % par an pendant la période 1965-1980, est passée à 3,1 % paran depuis 1980. Ce
fléchissement de la production agricole par habitant est reflété par un déclin de la production
vivrière par habitant qui est assorti d'une augmentation rapide des importations et de l'aide
alimentaire. Cette stagnation de l'agriculture a provoqué une aggravation de l'incidence de la
pauvreté et de la pénurie alimentaire dans les zones rurales. En fait, les systèmes actuels de
production sont incapables, d'une part, d'absorber l'excédent de main-d'oeuvre et, d'autre part,
d'éviter une destruction progressive de la base de ressources sous-jacente.

C'est pourquoi, les objectifs du développement agricole en Afrique ont été définis comme
suit

* soulagement de la pauvreté et sécurité alimentaire,

* création d'emplois,

* gestion soutenable des ressources naturelles.

Pour atteindre l'objectif de croissance de 4 % par an, l'agriculture africaine doit


surmonter de sérieuses contraintes, à savoir:

* le faible niveau des prix mondiaux de la plupart des produits agricoles et agro-
industriels en provenance d'Afrique,

* le développement insuffisant de l'irrigation (à peine 4 % de la superficie


cultivée),

* le faible niveau de développement des infrastructures (routes rurales, systèmes


de distribution des intrants, etc.),

* le manque de technologies appropriées pour une intensification durable de


l'agriculture en Afrique.

Néanmoins, il y a aussi des facteurs favorables qui peuvent être exploités au profit de
l'Afrique. Actuellement, l'Afrique a une agriculture à faible taux d'intrants et essentiellement
non subventionnée. Elle est en retard sur les autres continents en termes de rendement des
cultures, car elle n'utilise que très peu d'engrais et son irrigation est fort peu développée. Par
conséquent, il existe un vaste potentiel d'intensification de sa production. En outre, les déclins

10
prévus des salaires réels dans la plupart des pays africains contribueront à améliorer la
compétitivité de l'agriculture africaine.

La stratégie esquissée par M. Cleaver pour atteindre ces objectifs de croissance, comporte
cinq éléments principaux:

i) Adopter des politiques qui favorisent l'investissement dans l'agriculture, dans le


conditionnement et la commercialisation de ses produits et dans le crédit agricole.

ii) Mettre au point de nouvelles technologies, y compris des modifications partielles


de coût modique aux systèmes actuels de production.

iii) Organiser les fermiers et les faire participer aux décisions.

iv) Accroître l'investissement dans les infrastructures rurales: routes, adductions


d'eau, écoles et services de santé.

v) Mieux gérer les ressources naturelles.

La vulgarisation agricole a un rôle important à jouer dans l'exécution de cette stratégie.


Son implication sera cruciale dans la diffusion aux fermiers des technologies améliorées et des
conseils afin de mieux gérer leur base de ressources naturelles. Alors que la vulgarisation pour
les cultures commerciales et l'élevage pourrait, en temps opportun, être assurée par des agro-
entreprises du secteur privé, la vulgarisation par le secteur public continuera pendant longtemps
encore à jouer un rôle important dans le domaine des cultures vivrières ainsi que dans
l'encadrement des paysans pauvres. De plus, les services de vulgarisation du secteur public
doivent accroître leurs efforts au profit des paysannes, en répondant aux problèmes de
l'environnement, en offrant un choix de technologies et en établissant des liens formels entre la
recherche et les groupes de fermiers. Ainsi, conclut M. Cleaver, les services de vulgarisation
seront à même de remplir également une autre mission importante, à savoir, sensibiliser les
services de recherche aux problèmes des paysans.

Des services de vulgarisation, réorganisés selon les principes du système de F&V' 0 , sont
déjà en place dans une trentaine de pays africains. Un volet important de la stratégie multiple
évoquée ci-avant est donc déjà installé et doit, à son tour, faire pression sur les autres services
(particulièrement la recherche et la distribution d'intrants) pour qu'ils améliorent leur efficacité.
L'évaluation des systèmes de vulgarisation au Burkina Faso et au Kenya permettra de conclure
s'il est réaliste d'en espérer autant du système de F&V. A première vue, les résultats de ces
études, présentés aux deux ateliers par le professeur Evenson avec l'assistance de MM. Bindlish
et Gbetibouo, suggèrent que cette espoir se justifie.

Evaluation économique de la vulgarisation par le système de F&V

Les résultats des évaluations indiquent que le système de F&V a bien fonctionné au
Burkina Faso et au Kenya, où il a nettement amélioré la rentabilité des investissements et a été
profitable à un grand nombre de paysans. Dans ces deux pays, les évaluations ont été faites sur
base des données obtenues grâce à des enquêtes auprès d'échantillons aléatoires de fermiers
représentatifs de l'ensemble de la population paysanne. Au Kenya, l'échantillon comptait 676
agriculteurs, tandis qu'au Burkina Faso il était beaucoup plus important, avec 3.600 participants.

11
Le fait que les données, tant pour le Burkina Faso que pour le Kenya, répondaient aux
deux exigences essentielles d'échantillonnage au hasard et de représentativité mérite d'être
souligné. Ceci permet, en effet, d'extrapoler les résultats qui découlent de ces données. Au
Kenya, l'exécution des enquêtes avait été confiée au "Central Bureau of Statistics" et, au Burkina
Faso, à la Direction nationale des études et du Plan. Ni le service de vulgarisation, ni le
ministère de l'Agriculture, n'ont été impliqués dans le processus de collecte des données dans l'un
et l'autre de ces pays. Il est important de le souligner, car cela écarte toute possibilité de biais
dans les dénombrements.

Cette évaluation a également permis de calculer la rentabilité du système de vulgarisation


qui existait antérieurement à celui par F&V au Kenya, car elle a pu tenir compte des résultats de
l'enquête sur le budget des ménages ruraux au Kenya, effectuée en 1981-82, c'est-à-dire, l'année
qui a précédé l'introduction du système de F&v dans ce pays. En fait, l'équipe chargée de
l'évaluation a refait une enquête auprès d'agriculteurs sélectionné au hasard dans la liste qui avait
servi pour de l'enquête de 1981-82, qui était elle-même fondée sur un échantillon aléatoire.
Ainsi, l'équipe de chercheurs du professeur Evenson a pu établir les données concernant les
mêmes ménages paysans pour deux périodes, 1982 et 1990.

La fourchette du calcul des taux de rentabilité du système courant de vulgarisation par


F&V au Kenya avait une moyenne de 350 %. La limite inférieure pour ce taux de rentabilité
avait une forte probabilité d'être d'au moins 160 %. Les taux de rentabilité correspondants
calculés pour le système antérieur de vulgarisation au Kenya étaient respectivement de 52 % et
28 %. Quant au Burkina Faso, les taux de rentabilité calculés pour le système actuel de F&V y
étaient situés entre 86 et 187%.

Ces estimations se rapportent aux taux de rentabilité marginaux. C'est-à-dire qu'ils se


référent au rendement des investissements en vue de l'expansion des prestations de vulgarisation.
Il peut donc être conclu en toute confiance que, sur la base de ces estimations, le taux de
rentabilité des investissements d'expansion du système actuel de F&V au Burkina Faso et au
Kenya sera probablement élevée. La spécification des modèles économétriques sous-jacents de
vulgarisation par F&V était relativement complète et tenait compte des conditions météorologi-
ques, du capital investi, des intrants couramment achetés et de la main-d'oeuvre familiale ou
salariée. Elle prenait également en compte certains facteurs géoclimatiques, ainsi que certaines
caractéristiques des fermiers et de leur communauté. Par ailleurs, les coefficients calculés
restaient stables par rapport aux méthodes alternatives d'estimation.

Au Kenya, les modèles économétriques établis pour 1981-82, avant l'introduction de la


vulgarisation par F&V, ne peuvent pas être comparés strictement avec ceux établis pour le
système de F&V de 1990, car les données disponibles de l'enquête de 1981-82 sur le budget des
ménages ruraux ne concernaient pas les mêmes intrants. Néanmoins, la grande différence entre
les taux de rentabilité, calculés à partir de ces modèles, combinée aux résultats des autres analyses
effectuées pour les évaluations suggèrent que l'introduction du système de F&V a renforcé
l'impact de la vulgarisation au Kenya. D'ailleurs, ces autres analyses indiquent que l'introduction
du système de vulgarisation par F&V, tant au Burkina Faso qu'au Kenya, a entraîné un
accroissement appréciable de la sensibilisation, du nombre d'interventions et des taux d'adoption.

Dans le cas du Kenya, les analyses révèlent que 66 % des fermiers de l'échantillon, dont
l'agriculture est la principale source de revenu, avaient reçu des conseils des services de
vulgarisation depuis l'introduction du système de F&V. Quatre-vingt huit pour-cent des

12
bénéficiaires de ces conseils ont signalé que c'était la première fois qu'ils recevaient de tels
conseils depuis l'introduction du système de F&V.

Au Burkina Faso, en raison peut-être de la courte période de fonctionnement du système


de F&V, 31 % des fermiers de l'échantillon ont rapporté avoir été conseillés par les agents de
vulgarisation. Presque tous ces agriculteurs ont estimé que ces conseils étaient utiles. Les
services de vulgarisation semblent atteindre les ménages dirigés par des hommes et ceux dirigés
par des femmes dans une proportion plus ou moins égale, puisque 50 % des fermes dirigées par
des hommes et 45 % de celles dirigées par des femmes ont reçu des conseils. De même, les
petits exploitants de l'échantillon ont été conseillés dans les mêmes proportions que les gros
fermiers. Au Burkina Faso, les résultats ont montré que les agriculteurs qui étaient membres du
groupe de contact du système de F&V obtenaient des rendements de 25 à 30 % supérieurs.

2.1: Evaluation de la vulgarisation par F&v au Kenya

Sous ce titre, une étude examine l'impact de la vulgarisation par F&V sur la base de données en provenance
d'un
échantillon aléatoire de paysans du Kenya dont l'agriculture est la principale source de revenu. Elle
montre que
cet impact a été positif. En effet, 66 % des fermiers ont signalé avoir reçu des conseils de vulgarisation
depuis
l'introduction du système de F&V. La plupart d'entre eux ont jugé que ces conseils étaient pratiques
et ont
également indiqué qu'ils n'avaient jamais reçu de tels avis de vulgarisation avant l'instauration du système
de
F&V. Les proportions de petits, moyens et gros exploitants et celles des fermes dirigées par des femmes
qui ont
reçu les conseils de vulgarisation étaient également du même ordre de grandeur. La fourchette des estimations
des taux de rentabilité des investissements additionnels réalisés pour étendre le système de F&V a une
moyenne
de 350 %, et une limite inférieure qui a une forte probabilité d'être de 160 % au moins.

Même si les taux d'adoption ont été relativement faibles pour les pratiques nécessitant
l'achat d'intrants, plus de 70 % des agriculteurs de l'échantillon kenyan ont adopté les messages
de vulgarisation relatifs à l'espacement, au dates de la plantation et aux variétés améliorées, c'est-
à-dire les pratiques agronomiques élémentaires améliorées. Il convient de noter que, dans la zone
sahélienne du Burkina Faso où l'environnement est très susceptible de dégradation, plus de 80 %
des fermiers interrogés ont déclaré qu'ils utilisaient des engrais organiques et plus de la moitié
ont signalé avoir adopté des méthodes complexes de lutte contre l'érosion.

2.2: Evaluation de la vulgarisation par F&V au Burkina Faso

Fondée sur un échantillon aléatoire d'environ 3.600 agriculteurs sélectionné dans les 12 régions du
Burkina
Faso, une étude d'évaluation montre que l'introduction du système de F&V a augmenté les adoptions
de
pratiques améliorées. Elle indique aussi que si tous ces fermiers ont bénéficié du système, ceux qui
apparte-
naient aux groupes de contact de F&v en ont mieux profité et ont obtenu des rendements de
25 à 30 %
supérieurs. Ainsi donc, dans la mesure où 21 % seulement des agriculteurs de l'échantillon ont déclaré
être
membres de groupes de contact de F&V, l'évaluation suggère que l'élargissement de ces groupes pourrait
avoir
un effet positif. Les taux estimés de rentabilité des investissements supplémentaires pour l'expansion du système
de vulgarisation par F&V se situent entre 86 et 187 %. Cette évaluation montre aussi que la moyenne
annuelle
des dépenses de vulgarisation par famille d'exploitants a baissé de près de 30 % par rapport à
la période
antérieure à l'introduction au Burkina Faso de la vulgarisation par F&V en tant que système national.

Ces taux élevés de rentabilité s'expliquent, en partie, par le coût relativement faible de
la vulgarisation par le système de F&V et par les avantages substantiels qui sont censés en
découler. Dans le cas de l'échantillon kenyan, les dépenses totales de vulgarisation par famille
de fermiers-sur base des prix de 1991-ont été, en moyenne, inférieures à 5 dollars" par an

13
à la période
pendant la période 1983-91, ce qui ne représente qu'une hausse de 20 % par rapport
ces dépenses ont
antérieure à l'introduction du système de F&V. Au Burkina Faso, par contre,
et par an après l'adoption du système
effectivement diminué de 30 %, avec 7 dollars par famille
de F&V pour la vulgarisation nationale.
par
La conclusion très positive du professeur Evenson sur le système de vulgarisation
F&V est significative, car elle repose sur une analyse statistique prudente:

"Il semble que, dans le contexte africain, il soit très possible que la vulgarisation
ait un impact sensible, même s'il n'y a que peu de technologies véritablement
les
nouvelles à vulgariser. Ceci s'explique par trois raisons. Tout d'abord,
leur expérience en matière
niveaux de scolarisation des agriculteurs et de
les
d'expérimentation et d'adoption des technologies sont faibles. Ensuite,
programmes de vulgarisation du passé n'ont pas exploité efficacement le potentiel
le
technique existant, souvent à cause de la médiocrité de la gestion. Enfin,
une nouvelle discipline à la gestion des
système de F&V a probablement imposé
de se
programmes de vulgarisation en Afrique, qui a permis à ce potentiel
réaliser."

2.3 Estimation de la contribution de la vulgarisation à la croissance

qu'il est raisonnable d'en espérer


Une évaluation des services de vulgarisation par F&v du Burkina Faso indique
d'années, au taux de croissance de la production agricole.
une contribution de 2 % par an, pendant une dizaine
aux pays africains le temps de répit dont ils ont besoin pour mettre au point de
Un tel résultat pourrait donner
à celui de certaines parties d'Asie. Il
nouvelles technologies et atteindre un potentiel de croissance comparable
être réalisée qu'avec des programmes compétents de
faut toutefois souligner que cette contribution ne peut
gérés. En effet, les programmes de vulgarisation du passé n'ont pas pu
vulgarisation, bien organisés et bien
de F&v en soient capables.
exploiter cette source de croissance, mais il semble bien que les programmes

de
Sous l'éclairage de ces deux études d'évaluation, il semble donc que le système
manière très significative à la réalisation
vulgarisation par F&V est capable de contribuer d'une
long terme (EPLT)
de l'objectif de croissance agricole visé dans l'Etude de perspective à
être gérés de
mentionnée plus haut. Mais pour y parvenir, les services de vulgarisation doivent
manière professionnelle.
des
Les discussions d'Accra et d'Abidjan ont été centrées sur la manière dont l'efficacité
et ceci sera l'objet
projets de vulgarisation par F&V dans les pays africains peut être améliorée
telles qu'elles ont
du chapitre suivant où seront discutées les préoccupations majeures à ce sujet,
des projets de
été exprimées, dans les ateliers, par les principaux responsables de l'exécution
vulgarisation par F&V dans ces pays.

14
3rt-i;
s1v_, |
-P

~~~~-- p c j- -

;-
-_' .. ,. ` $ En Afrique,les servicesde
vulgarisation sont accessibles
* ^ X groupes féminins.
~~~~~~~~~~aux

Les fermiers africains ont adop-


té de nombreuses recommanda- Oa
tions sur les cultures intercalai-
res
--

`>l;~~~~~~~~~~~1

,4*i
ws
t.- I - 'j
3. Problèmes et soucis majeurs

De nombreuses questions importantes sur la vulgarisation agricole ont été


débattues au
cours des ateliers. Mais des thèmes différents ont respectivement fait l'objet
des débats d'Accra
et d'Abidjan. Cependant, dans l'ensemble, les discussions ont révélé les principaux
problèmes
auxquels se heurtent aujourd'hui les services de vulgarisation agricole en Afrique.
Ces difficultés
peuvent être classées sous quatre rubriques principales

i) problèmes de gestion,

ii) problèmes de technologies,

iii) problèmes de formation,

iv) vulgarisation pour certaines catégories d'agriculteurs.

Les préoccupations majeures de la vulgarisation agricole en Afrique sont


résumées ci-
après, suivant ces mêmes rubriques.

Problèmes de gestion

La gestion des services nationaux de vulgarisation nationaux est un souci majeur


dans tous
les pays qui exécutent des programmes fondés sur le système de F&V. Une
bonne gestion de ces
services requiert qu'ils soient organisés et financés de manière durable,
qu'ils soient efficients et
rentables et qu'ils soient efficaces dans la diffusion aux fermiers de conseils
pertinents qui leur
permettent d'accroître leurs revenus. Dans ce cadre, les principales
questions relatives à la
gestion des services de vulgarisation qui ont été discutées aux ateliers d'Accra
et d'Abidjan sont:
comment assurer l'engagement de l'administration et le financement
par l'état?
* que faut-il entendre par la vulgarisation par "système modifié de F&V"?

* dans quelle mesure la vulgarisation doit-elle être "unifiée"?

Comment garantir l'engagement et le financement de l'administration?

Aujourd'hui, une des principales contraintes des systèmes de vulgarisation


en Afrique
provient de leur financement. Tous les projets de vulgarisation par F&V ont été lancés avec des
Crédits de l'IDA. Typiquement, l'assistance de la Banque couvre la totalité
de l'investissement
initial, y compris le coût du personnel supplémentaire recruté dans le cadre
du projet, tandis que
les pays bénéficiaires du Crédit fournissent des fonds de contrepartie pour
couvrir les frais de
fonctionnement et les charges récurrentes du projet. Ainsi, la contribution
financière requise de
l'état varie généralement de 20 à 40 % du coût global du programme. Mais,
malgré des accords
initiaux à cet égard, la plupart des pays se sont révélés incapables d'allouer
ces fonds de
contrepartie et nombre d'entre eux ne décaissent pas les montants budgétisés
en temps utile pour
les besoins des opérations sur le terrain. Par exemple, il a été rapporté de Tanzanie que, faute

17
moins
de fonds et d'appui logistique suffisant (spécialement les transports), il y a été organisé
d'ateliers mensuels que prévu et la supervision des activités sur le terrain y a été insuffisante.
l'état
Par ailleurs, en Gambie, de nombreux agents de vulgarisation auraient quitté le service de
pour être recrutés par des ONG qui offrent de meilleures conditions de travail.

Ces contraintes financières ont des origines diverses. Certains pays traversent une
véritable crise financière et d'autres n'ont apparemment pas suffisamment de volonté politique
pour maintenir l'enthousiasme initial, ce qui fait que les fonds appropriés pour la vulgarisation
ne sont jamais libérés.

Les participants ont fait remarquer que, lorsque les budgets agricoles doivent être réduits,
subventions
ce sont les dépenses de vulgarisation sont le plus souvent affectées, même si d'autres
vis-à-vis de la vulgarisation
sont maintenues. Il est évident qu'un engagement politique ferme
convaincus
est de la plus haute importance car, si les responsables des politiques agricoles sont
de dépenses
des avantages de la vulgarisation, l'administration peut toujours établir les priorités
Très souvent, il suffit que la direction de
de manière à affecter des fonds suffisants à cet effet.
par le système de F&V-qu'il
la vulgarisation communique les résultats obtenus sur le terrain
de visites
s'agisse de rapports de suivi et d'évaluation ou de données recueillies directement lors
budgets
sur le terrain-aux dirigeants politiques pour les convaincre de la nécessité d'allouer des
suffisants à la vulgarisation.

3.1: La vulgarisation contribue à améliorer la nutrition au Togo

jours) dans les savanes.


Au Togo, la vulgarisation a réussi a accroître la production du maïs éphémère (90 à 100
du maïs était au quatrième rang des cultures céréalières dans cette région. Après trois
Auparavant, la culture
dépassé les autres céréales, en raison
ans d'efforts soutenus des services de vulgarisation, le maïs a maintenant
doublé et les rendements sont plus élevés, allant de
de sa forte productivité. La superficie cultivée a presque
de sorgho cultivées localement qui produisent de 500 à 700 kg/ha.
1.200 à 2.000 kg/ha, que pour les variétés
de la situation nutritionnelle de la région, réduisant ainsi son déficit
Ceci est à la base de l'amélioration
une collaboration entre la
chronique en céréales. Dans les autres régions, comme la côte et les plateaux,
de variétés de maïs à haut rendement. En
vulgarisation et les services de recherche a permis l'introduction
qui affecte près d'un million de cultivateurs d'ignames au Togo, les
outre, pour résoudre la crise de plantation
ont disséminé une nouvelle technique mise au point par l'Institut international
agents de vulgarisation
la technique de l'épluchage
d'agriculture tropicale (IITA) d'Ibadan (Nigéria). Ces agents ont appris aux fermiers
Cette technique consiste à produire des
de "minifragments" et cette pratique commence à se répandre.
g de minifragments pré-germés. Si cette méthode est généralisée
tubercules d'ignames à partir d'environ 25
d'ignames du pays, el! permettra au Togo de conserver pour sa consomma-
dans toutes les zones productrices
la plantation et contribuera
tion au moins 50 % de la quantité d'ignames actuellement utilisée chaque année pour
substantiellement à l'amélioration des niveaux de nutrition dans les zones rurales.

Du côté de la Banque, des assurances de soutien à long terme ont été données.
Néanmoins, une suggestion des participants nationaux, qui consistait à augmenter la participation
par les
de la Banque mondiale dans le financement des charges récurrentes, a été critiquée
que les pays concernés devaient garder un intérêt
représentants de cette dernière qui ont fait valoir
substantiel dans le programme. Une telle modification de la structure de financement-c'est-à-
à
dire, mettre une plus grande proportion des coûts à la charge de la Banque-irait également
un produit
l'encontre du souhait, universellement exprimé, de faire de la vulgarisation
essentiellement local.

Les délégués de plusieurs pays, surtout des pays francophones, ont fait remarquer que
la vulgarisation souffrait souvent des contraintes pesant sur l'économie nationale. Ceci résultait

18
souvent de facteurs qui échappaient au contrôle de l'administration,
comme la chute des cours
des produits de base sur les marchés internationaux et les fluctuations
des taux de change. Ils
ont donc proposé que ces éléments soient pris en considération au
moment de la négociation des
projets de vulgarisation et ont à nouveau suggéré que, pour ce
qui est des projets de vulgarisation
agricole, la Banque envisage de financer une plus grande proportion
de leurs coûts récurrents.
Ils ont aussi demandé que le taux de change en vigueur au début
du programme soit maintenu
pour toute la durée du projet, de manière à ce que les variations
de ce taux ne viennent pas
aggraver les charges financières des pays concernés, et qu'une plus
grande souplesse soit
introduite dans les conditionalités afin d'éviter la suspension
ou l'arrêt des décaissements en cours
d'exécution.

Une des plus grandes préoccupations exprimées était celle du financement


de la
vulgarisation après achèvement des projets ou retrait du soutien
des donateurs. La question est
de savoir si les coûts récurrents de ces services peuvent être
supportés par le budget du pays
après l'arrêt des décaissements de la Banque, à la fin du cycle
du projet. Le Ghana et le Nigéria
ont insisté sur ce problème et un participant du Nigéria
a signalé que la possibilité de faire
assurer ce financement par des entités du secteur privé ou par
des cofinancements de plusieurs
bailleurs de fonds était à l'étude dans son pays. Certains pays comme le Bénin, la Côte d'Ivoire
et la Zambie, entre autres, ont déjà obtenu des cofinancements-c'est-à-dire
des fonds en
provenance de plusieurs agences d'aide-pour leurs programmes
de vulgarisation. Néanmoins,
même dans ces cas, le problème du financement après la clôture
des projets subsiste. Il est donc
probable que la seule solution valable consiste en une allocation
soutenable du budget national.
Les participants aux ateliers ont exprimé l'avis qu'un tel appui
finira par se concrétiser lorsque
les effets positifs de la vulgarisation sur le terrain seront plus visibles
et ce sont les directeurs de
la vulgarisation qui doivent prendre l'initiative de sensibiliser
les responsables des affectations
budgétaires aux effets positifs de ces services.

Une importante question de politique générale se pose à la


suite de ces contraintes
financières. Peut-être faudrait-il tenir compte de la rareté des fonds
lors du passage de la phase
pilote d'un projet à un programme national. Il importe de consolider
d'abord les services de
vulgarisation dans un district pilote ou une région particulière afin
de leur donner l'opportunité
d'atteindre un bon niveau de professionnalisme et de prouver
leur impact positif sur la
production. Mais, au lieu de cela, il semble que, dans de nombreux
pays, le programme soit trop
rapidement élargi à toutes les régions et à tous les districts,
souvent en un an ou deux. Ceci
impose évidemment de sévères contraintes de formation, de logistique
et de financement. Cette
expansion rapide dans un pays a quelquefois fait naître l'impression
que les services réformés de
vulgarisation agricole sont insoutenables. Cette politique d'expansion
rapide mérite, par
conséquent, d'être abordée avec une certaine prudence.

Qu'entend-on par systèmes "modifiés" de vulgarisation par F&V?

Dans son allocution d'ouverture de l'atelier d'Accra, le ministre


de l'Agriculture du
Ghana s'est étendu longuement sur la nécessité d'harmoniser
les systèmes de avec
la culture
F&V
et les circonstances locales. Il a préconisé une collaboration renforcée
entre experts locaux et
étrangers, une plus grande attention à l'environnement social et
une meilleure intégration des
agents de vulgarisation dans les communautés paysannes qu'ils servent.
Ces thèmes ont été repris
de nombreuses fois au cours des ateliers et plusieurs présentations
nationales faisaient mention
de modifications du système de F&V pour tenir compte du contexte
particulier et des exigences
spéciales de chaque pays. Différentes interprétations de ce processus
ont donné naissance à des

19
de
appellations diverses, comme "modification" et "indigénisation", ou encore "harmonisation"
la vulgarisation par F&V avec la culture et l'organisation du pays.

Trois points principaux se dégagent du débat général sur ce thème

* divergence par rapport aux normes de F&V,

* harmonisation de F&V avec des systèmes alternatifs,

* caractère indigène du personnel et des programmes.


aux
A un niveau donné, le système modifié de F&V se réfere tout simplement
dans la publication de la Banque
modifications apportées aux directives proposées initialement
la structure
Vulgarisation par formation et visites"2. Ces changements portent soit sur
de
organisationnelle, comme le nombre de familles de cultivateurs par agent de vulgarisation
système, comme la fréquence des sessions de
village (AVV), soit sur les principes de gestion du
formation.

Il a été signalé que, dans plusieurs pays, en raison des modalités des programmes
été adapté
existants et de l'évolution historique de leurs administrations, le système de F&V avait
Ainsi, par exemple, au Nigéria,
pour s'insérer dans les structures organisationnelles nationales.
en cours. De
le système avait été intégré dans les Projets de développement agricole (PDA)
plus souvent
nombreux pays ont ainsi indiqué que, pour une raison ou pour une autre, mais le
contraints d'avoir recours à un AVV pour 1.200
pour des considérations financières, ils ont été
800 familles paysannes. D'autres
familles au moins, au lieu de la norme de un AVV pour
il a été fait
modifications de la structure organisationnelle ont également eu lieu, notamment
du travail de
exception à la règle qui veut que les agents de terrain fassent exclusivement
vulgarisation.
qui
En ce qui concerne les principes de gestion de la vulgarisation par F&V, une norme
pays
a souvent été altérée est celle relative à la fréquence des sessions de formation. Plusieurs
diverses
ont, en effet, rapporté que leurs calendriers de formation avaient été modifiés. Pour
de problèmes logistiques en Tanzanie,
raisons, comme le manque de fonds ou l'existence
compétences
l'absence de nouvelles technologies au Kenya, ou la taille du pays et la pénurie de
mensuelles
au Zaïre, les services de vulgarisation n'ont pas pu maintenir le rythme des séances
ni des sessions bimensuelles pour les
de formation au niveau des techniciens spécialisés (TS),
à une session tous les deux ou
AVV. La fréquence de ces séances a généralement été ramenée
trois mois pour les TS et à une session par mois pour les AVV. Dans le cas du Zaïre, ces séances
étaient tout simplement organisées "en fonction des besoins".
de
Un deuxième aspect des modifications a trait à l'adoption de différentes stratégies
est essentiellement fondée sur
vulgarisation parallèlement à celle de F&V. Cette dernière
le fermier
l'échange de renseignements techniques entre l'agent de vulgarisation sur le terrain et
et le
de contact. Cependant, dans certains pays, dornt la Côte d'Ivoire, le Kenya, le Nigéria
de
Sénégal, tout en respectant ce processus, il est fait de plus en plus usage de moyens
des pays africains se sont appuyés sur des
communication de masse. De même, la quasi totalité
messages
groupes de fermiers, au lieu d'agriculteurs individuels de contact, pour disséminer les
ou exploitations
de vulgarisation. D'autres, comme la Gambie, ont eu recours aux "kafoo",
communales, plutôt qu'à des parcelles individuelles, pour démontrer les nouvelles technologies.
pour
Il a encore été mentionné qu'au lieu de s'en remettre uniquement aux fermiers de contact

20
répandre les messages, il a également été fait appel à des animateurs de village pour obtenir un
meilleur effet multiplicateur. Tout ceci peut être considéré comme des tentatives visant à
harmoniser la vulgarisation par F&V avec des méthodes alternatives de diffusion de messages
fondées sur la culture locale.

3.2: La Gambie utilise diverses méthodes pour diffuser les messages de vulgarisation

Les démonstrations sur le terrain constituent la principale stratégie de vulgarisation. Celles-ci sont généralement
effectuées sur des champs appartenant à des fermiers sélectionnés par la communauté. Mais les "kafoo", ou
fermes communales, servent également à ces démonstrations qui y attirent plus d'agriculteurs que celles qui sont
faites sur des exploitations privées. En outre, les services de vulgarisation conduisent également des tests sur le
terrain grâce à des lopins d'essai et de démonstration situés chez certains fermiers. Ces derniers sont également
choisis par la communauté, mais ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux qui viennent d'être mentionnés.
Les essais sur ces parcelles résultent d'un effort de collaboration sur le terrain avec le Département des
recherches et leur objectif est de vérifier, sur les champs des fermiers et sous la direction de ces derniers, le
comportement de certaines variables appelées points d'impact ou pratiques de production dans la terminologie de
la vulgarisation.

La radiodiffusion et la présentation de films dans les villages sont également des instruments régulièrement
utilisés par les services de vulgarisation depuis 1976 et même, occasionnellement, avant cette date. Les
programmes radiophoniques sont compilés par des agents de vulgarisation agricole, qui ont reçu une formation
complémentaire sur la production des programmes de radio, et la narration est principalement assurée par le
personnel de Radio Gambie. Une grande partie du contenu de ces programmes consiste en des interviews
d'agriculteurs. Par ailleurs, les films sont produits localement par des agents de la vulgarisation agricole qui ont
reçu une formation spéciale pour la production de films et de films vidéos.

Les visites dans les stations de démonstration ou de recherche offrent aussi de bonnes possibilités de diffusion
des messages de vulgarisation, mais ne sont pas exploitées autant que le justifie leur potentiel.

Une évaluation de l'efficacité de toutes ces méthodes a néanmoins révélé que la première source la plus
significative d'informations agronomiques est l'agent de vulgarisation. La majorité des cultivateurs citent ensuite
les programmes de radio comme étant, par ordre d'importance, la deuxième source de renseignements. En fait,
les agriculteurs s'appuient également les uns sur les autres pour échanger des informations pratiques.

Un troisième aspect de l'évolution de la vulgarisation concerne le recours à des agents


nationaux pour assurer les services. Il a été rappelé, en effet, qu'avant l'instauration du système
de F&V, l'exécution des projets agricoles soutenus par des bailleurs de fonds était généralement
assistée par des spécialistes expatriés à long terme. Par contre, dans les projets par F&V,
l'exécution est presque exclusivement confiée à des agents locaux. Par ailleurs, même au sein
du pays, il y a tendance à faire en sorte que le personnel de vulgarisation fasse partie intégrante
de la communauté avec laquelle il travaille. C'est ainsi qu'en Ethiopie, par exemple, les AVV
sont recrutés localement de manière à ce que les activités de vulgarisation puissent avoir lieu dans
le contexte de la culture et de la langue locales. Certains participants ont exprimé un souci: bien
qu'il soit nécessaire de doter les AVV de véhicules adaptés à la superficie et à la topographie de
la région qu'ils doivent couvrir, ils ne doivent pas nécessairement bénéficier de privilèges et
d'avantages qui donnent l'impression qu'ils ont un statut supérieur à celui des fermiers. L'AVV
doit être sur un pied d'égalité avec les paysans qu'il (ou elle) encadre.

Le terme de "vulgarisation modifiée" a donc plusieurs significations, selon différents


contextes. A en juger par les discussions, il semble que les participants avaient des points de vue
divergents quant au bien fondé de la "modification" du système de vulgarisation. Certains y
étaient radicalement opposés. M. Noumansana Bagouro, un des experts invités à l'atelier
d'Abidjan, a fait remarquer que les harmonisations réalisées au Togo et au Bénin avaient tendance

21
à négliger certains principes fondamentaux du système par F&V, tels que la dépendance à l'égard
des fermiers de contact et des champs de démonstration, et il s'est déclaré peu enclin à toute
modification des strictes organisation et gestion des programmes de vulgarisation F&V.

Par ailleurs, la plupart des participants estimaient que certaines modifications étaient
inévitables. Peut-être qu'une distinction était à faire, c'est-à-dire que certaines modifications
organisationnelles étaient acceptables dans la mesure où les principes de gestion étaient
strictement respectés. M. Benor a ainsi fait remarquer que, dans le cas exceptionnel du Zaïre,
une adaptation du calendrier de formation peut être valable, mais que ceci ne devrait pas être une
règle générale. "Ces sessions régulières de formation sont onéreuses, mais il est encore plus
coûteux de ne pas les tenir, car la vulgarisation a besoin de liens plus étroits avec la recherche
et le terrain. Par conséquent, plus il y a de formation, mieux c'est." En outre, M. Benor a aussi
dit que les autres modifications organisationnelles ne l'inquiétaient pas, car la vocation première
du système de vulgarisation par F&V est d'être, avant tout, un système de gestion de cette
vulgarisation. Certes, il y a certains principes fondamentaux à respecter par cette gestion-par
exemple, la formation et les visites régulières-mais pour le reste, il appartient au pays, ou même
à la région, d'établir des programmes et propositions spécifiques qui sont adaptés aux
circonstances particulières du pays ou de la région.

Voici les principales conclusions de ces discussions

i) Les structures organisationnelles varieront de plus en plus, au fur et à mesure de


l'implantation de la vulgarisation par F&V dans les pays, et certains divergences
par rapport à la structure originale sont bonnes, comme, par exemple, le travail
avec des groupes de fermiers de contact plutôt qu'avec ces fermiers individuels.

ii) Ces divergences, particulièrement celles qui s'écartent des normes de gestion,
doivent, toutefois, être strictement limitées, car elles peuvent conduire à une
dilution des efforts, c'est-à-dire à l'affaiblissement de l'impact de la formation
par suite de la diminution du nombre de sessions.

iii) Il y a un consensus général sur l'importance de l'harmonisation, ou "indigénisa-


tion", des cadres de vulgarisation pour mieux intégrer les AVV aux communautés
agricoles qu'ils desservent.

iv) Le système "unifié" de vulgarisation est plus exigeant pour le personnel de


terrain qui, bien sûr, ne peut avoir d'autres activités (crédit, administration des
subventions, etc.) que la vulgarisation, avec son calendrier régulier de formation
et de visites.

Dans quelle mesure faut-il unifier les services de vulgarisation?

Une des principales raisons de la création d'un service national de vulgarisation fondé sur
le système de F&V était le besoin de mettre en place un système unifié de vulgarisation. Avant
cette réforme, il y a eu plusieurs initiatives distinctes de vulgarisation: agences parapubliques
centrées sur un produit spécifique, ONG ou départements de l'administration. Parmi ces
départements, il y avait également une tendance croissante à la spécialisation, ce qui signifiait que
chacun était en train de créer sur le terrain des services parallèles de vulgarisation de diverses
techniques: agriculture, élevage, pêche, conservation des sols, etc.

22
Un des aspects de la création d'un système unifié de vulgarisation est, par conséquent,
la combinaison ou l'intégration des services offerts par les offices de promotion de produits de
base, les bailleurs de fonds, les ONG et les administrations nationales. Dans certains pays, le
processus de coordination des donateurs n'est pas encore commencé, tandis que dans d'autres
ce processus en est à différents stades. En Côte d'Ivoire, par exemple, il est prévu dans le projet
de services agricoles, que la vulgarisation offerte par CIDT, SODEPRA, CIDV et SATMACI13 sera
intégrée dans une unique agence nationale de vulgarisation. De même, au Bénin et au Ghana,
toutes les agences d'aide soutiendront le système national de vulgarisation agricole, au lieu de
d'exploiter des systèmes séparés, supportés dans le cadre des projets. Par contre, au Malawi,
seuls les services de vulgarisation visant les petits exploitants (à l'exclusion des plantations de
tabac), font partie du programme national de vulgarisation. De la même façon, au Kenya, des
agences séparées, telles que la Kenya Tea Development Authority (KTDA), la British American
Tobacco (BAT) et les brasseries, continueront à fournir des services de vulgarisation pour leurs
cultures respectives.

Un autre aspect est l'unification des services de vulgarisation de différents ministères pour
la conservation des sols, les techniques de culture, les cultures arbustives, l'élevage, etc.
L'objectif est ici de créer un cadre unique de personnel de terrain capable de conseiller les
fermiers. Ces agents seront appuyés par des techniciens spécialistes des différents départements
techniques, comme la culture, l'élevage, la foresterie, etc. Dans certains pays, de grandes
difficultés ont été rencontrées pour réaliser une intégration harmonieuse et il y a de nombreuses
variantes dans la structure organisationnelle de cette intégration. L'Ouganda a mis sur pied un
système intégré de vulgarisation pour l'agriculture, l'élevage et les pêcheries (les cultures
arbustives ne sont pas encore intégrées au système). La Côte d'Ivoire a regroupé la culture
vivrière, la production animale et les principales cultures d'exportation (coton, cacao, café).
Dans certains cas, les départements concernés (par exemple, l'agriculture et l'élevage) ont été
fusionnés, mais dans la plupart des autres cas, seuls les services de vulgarisation sur le terrain
ont été intégrés alors que les départements sont restés séparés. Le Ghana recourt aux techniciens
spécialisés des différentes directions, bien que les départements soient aussi séparés. Toutefois,
en général, la plupart des pays africains ont aujourd'hui unifié leurs services de vulgarisation
visant l'agriculture et l'élevage; nombre d'entre eux essaient d'y inclure également la
conservation des sols, l'agro-foresterie et les pêcheries.

Les avantages de cette unification sont évidents. D'une part, les dépenses de personnel
peuvent être réduites du fait que les mêmes agents transmettent les messages relatifs aux
différentes disciplines. En outre, comme le petit exploitant typique d'Afrique fait généralement
de la culture mixte, s'il n'y a qu'un seul agent de vulgarisation, il (ou elle) peut comprendre
aisément les relations étroites entre les diverses activités se déroulant dans l'ensemble de
l'exploitation ainsi que les priorités et le potentiel de l'agriculteur. Il est donc plus pratique pour
les fermiers de traiter avec un seul agent de vulgarisation, plutôt qu'avec trois ou quatre
individus, qui peuvent leur faire des recommandations contradictoires et leur faire perdre du
temps.

Dans les discussions à ce sujet, toutefois, les participants ont voulu savoir combien de
disciplines peuvent être ainsi combinées sans surcharger le système. Cette question s'est posée
parce que plusieurs pays ont fait état des difficultés qu'ils éprouvent à former des agents de
vulgarisation d'une discipline-comme l'agronomie, par exemple-pour les mettre en mesure de
transmettre également les messages d'autres disciplines, comme l'élevage. En théorie, toute
l'agriculture, de la culture à l'élevage, à la pêche, à l'apiculture, à la sériculture, etc., pourrait
être unifiée. Mais cela est-il faisable, ou recommandable? Mme Bagchee, spécialiste du

23
développement rural, a précisé que ce problème pouvait être résolu en faisant l'inventaire des
divers éléments sous-jacents du système de production. Parmi ces derniers, Il faut unifier ceux
qui sont déjà reliés entre eux dans les systèmes existants ou, encore, les éléments supplémentaires
qui pourraient y être intégrés à l'avenir. Mais ce choix doit toujours s'opérer en fonction des
fermiers et de l'intégration effective de leurs activités sur le terrain et non pas en fonction d'idées
abstraites sur ce qu'est l'agriculture. C'est ainsi qu'il est concevable de combiner la pisciculture
avec la culture et l'élevage, si les mêmes fermiers sont engagés dans ces trois activités, comme
c'est le cas en Ouganda. Par contre, à l'Ile Maurice, par exemple, il ne sert à rien de combiner
la vulgarisation relative à la pêche démersale et celle concernant la culture de la canne à sucre,
car il s'agit d'activités économiques distinctes entreprises par des groupes différents. Donnant
un exemple tiré du contexte indien, elle a signalé que, puisque les petits exploitants d'Assam font
la culture arbustive dans les jardins de leur ferme, il devrait y avoir un service de vulgarisation
commun pour l'agriculture et l'horticulture. Par ailleurs, dans le Himachal Pradesh, où
l'horticulture est une activité distincte à grande échelle, des services de vulgarisation séparés pour
l'agriculture et l'horticulture seraient recommandables, si une telle solution se révèle plus
rentable.

Problèmes de technologie
Le deuxième thème important qui s'est dégagé des ateliers de vulgarisation concerne la
technologie:

* création de technologies pertinentes,

* intégration de la gestion des ressources naturelles dans les activités de recherche


et de vulgarisation,

* collaboration entre les agences de recherche et de vulgarisation,

* gestion des systèmes nationaux de recherche agricole.

Les activités de vulgarisation se fondent essentiellement sur une série de technologies


utiles à transmettre aux agriculteurs. Le professeur Evenson a fait remarquer que la vulgarisation
était la plus efficace là où il y avait des fossés substantiels à combler entre les rendements
potentiels, réalisables avec des technologies améliorées, et les rendements couramment obtenus
par les fermiers.

Plusieurs des rapports nationaux contenaient des exemples illustrant la manière dont la
vulgarisation par F&V a réussi à disséminer des technologies améliorées, essentiellement à faible
apports d'intrants. Par exemple, l'Ouganda a rapporté avoir enregistré des augmentations de
rendement du maïs, de l'arachide et des haricots en concentrant les efforts sur la densité optimale
des plants, ainsi que sur le calendrier de plantation, de désherbage et de récolte. L'Ethiopie a
signalé qu'une technologie simple et relativement peu coûteuse, dite de "billons élargis" (en
anglais: broad beds) avait été mise au point par le Centre international pour l'élevage en Afrique
(CIPEA) et avait donné de bons résultats dans les zones d'argile noire.

24
3.3: La vulgarisation modifie les pratiques culturales traditionnelles au Nigéria

Au Nigéria, l'impact des efforts de vulgarisation se manifeste dans différents domaines

* Technologies améliorées de polycultures à base d'igname et de manioc:

i) Bien que les fermiers aient traditionnellement planté l'igname et le manioc dans de grosses buttes
distribuées au hasard, à 2 m environ l'une de l'autre, les agents de vulgarisation les ont convaincus
d'essayer, sur des lots de démonstration, des plantations régulières espacées de I m x I m. Les
rendements globaux obtenus grâce à cette pratique ont été très supérieurs à ceux enregistrés par la
méthode traditionnelle et l'usage de cette pratique améliorée s'est très vite répandu.

ii) La recommandation d'attacher les sarments d'igname de quatre buttes à un seul tuteur, au lieu de la
pratique courante d'attacher chaque sarment à un tuteur séparé, a rapidement été adoptée lorsque les
fermiers se sont rendus compte de l'économie de tuteurs qui en résultait. Ceci est particulièrement
pertinent car le matériel de support devenait très rares. Les agriculteurs apprécient l'économie
d'énergie réalisée pour se procurer les tuteurs et exécuter le tuteurage. Se rendant compte de cela, un
fermier a déclaré que si son père avait pu bénéficier de cette recommandation il serait peut-être encore
vivant!

iii) Le système de culture consistant à alterner les rangées d'igname, de maïs et de manioc s'est vite
répandu lorsque les agents de vulgarisation ont démontré qu'il permet d'éviter la monopolisation du sol
par le manioc pendant sa période de croissance qui est plus longue, rendant ainsi une partie du terrain
disponible pour la production d'autres cultures. Cet arrangement est maintenant particulièrement
apprécié dans le sud-est du Nigéria, où les terres arables sont très limitées et fortement fragmentées.

* Elevage et pêche

i) Les efforts de vulgarisation, particulièrement dans le sud, ont été centrés sur le développement de
l'élevage des lapins, en raison de leur reproduction prolifique et de la nécessité d'accroître la
consommation de protéines de la population rurale.

ii) Dans la pêcherie, la vulgarisation a prodigué des conseils utiles sur la préservation des filets de pêche,
l'entretien des moteurs hors-bord et la pisciculture, ainsi que sur la manutention, la préservation, et le
conditionnement du poisson.

* Nutrition

t La cellule intitulée Les femmes dans l'agriculture a organisé des démonstrations de diverses recettes
culinaires à base de soja: lait de soja, "moimoiî de soja, "akara" de soja, soupe de soja, etc. Sans
une telle introduction par les services de vulgarisation, la culture du soja ne pourrait probablement pas
s'intégrer dans le système actuel de production agricole.

Cependant, les participants ont aussi voulu savoir comment devaient procéder les
dirigeants de la vulgarisation quand ils ne savaient pas très bien si le problème se situait dans la
vulgarisation ou la création de technologies pertinentes ou, encore, dans la fourniture d'autres
prestations de soutien. Par exemple:

i) Quand les fermiers disent que, faute de moyens financiers, ils ne peuvent pas
adopter les nouvelles technologies, faut-il conclure que le message de vulgarisa-
tion ne passe pas bien? ou qu'il est temps de prendre une initiative dans le
domaine du crédit?

ii) Lorsque les ateliers mensuels des techniciens spécialisés se tiennent irrégulière-
ment parce que le contenu a tendance à être répétitif, faut-il conclure que la

25
méthode de formation est inadéquate? ou que le rythme de la génération des
technologies est lent?

De tels signaux de détresse attirent l'attention sur la nécessité d'analyser systématiquement


l'état actuel de la recherche, car celle-ci a un rôle vital dans la fourniture des informations
techniques aux services de vulgarisation.

Création de technologies pertinentes

Dans de nombreux pays, les services de vulgarisation semblent se heurter à des problèmes
de disponibilité de technologies utiles à diffuser auprès des fermiers.

Certains pays ont rapporté que, bien que des technologies améliorées de culture soient
disponibles, il n'y a que peu d'informations nouvelles dans les autres domaines, ce qui entrave
la mise en place de systèmes unifiés de vulgarisation. En effet, pour que de tels systèmes
puissent bien fonctionner, il devrait y avoir une génération suffisante de technologies dans tous
les domaines concernés.

Plusieurs pays ont exprimé le sentiment que les ateliers mensuels étaient trop fréquents.
Non seulement, leur organisation est coûteuse, mais encore ils n'ont souvent rien de nouveau à
communiquer aux TS de la vulgarisation.

Sur ce point, M. Benor a fait une mise en garde. Il ne fallait pas non plus oublier ce
qu'il en coûte de ne pas assurer régulièrement cette formation. Les participants étaient au courant
de ce problème et ont, d'ailleurs, fait plusieurs suggestions utiles à ce sujet. Une de ces dernières
consistait à établir le coût de l'organisation de ces séminaires et d'y affecter des budgets
spécifiques (frais de déplacement des chercheurs, etc.). Toutefois, les participants n'ont pas pu
atteindre un consensus sur la source de ces fonds. Devaient-ils être prélevés sur le budget de la
vulgarisation (comme au Kenya et au Ghana) ou sur le budget de la recherche. Il a été signalé
que certains pays ont pu réduire les coûts de formation en sélectionnant les participants aux
ateliers en fonction des points de l'ordre du jour. La qualité des ateliers a également été
considérablement améliorée (au Nigéria et au Mali, par exemple) en faisant des processus à
double voie, ce qui permet aux chercheurs de recevoir des TS des explications des fortes
différences de pratiques culturales, de rendements, de revenus et de pertes entre certains
exploitants et aussi d'en apprendre plus sur les meilleures pratiques et les innovations des
fermiers. De tels ateliers favorisent un véritable dialogue entre les TS et les chercheurs et
contribuent ainsi à la génération et à la diffusion de technologies plus pertinentes.

Un autre problème technologique qui a été soulevé est celui de la mise au point de
technologies pertinentes, c'est-à-dire, de technologies que les fermiers considèrent pouvoir
adopter. Les participants ont fait remarquer que le fossé entre les chercheurs et les agriculteurs
était souvent très large. Mais, la connaissance du monde agricole, de ses contraintes, de ses
besoins et des technologies éprouvées qui y sont implantées depuis longtemps sont souvent d'un
moindre intérêt pour le chercheur que les propositions techniques qui émanent de la recherche.
Aussi, le fermier est-il rarement impliqué dans la conception, l'exécution et l'évaluation des
propositions de recherche et cette dernière est-elle ainsi privée du feed-back nécessaire soit pour
modifier les propositions, soit pour prendre en considération les systèmes de production des
agriculteurs. Dans ce contexte, les participants ont suggéré que la qualité de la recherche pourrait
être améliorée si les vulgarisateurs pouvaient faire cette contribution vitale ainsi que si les TS et

26
les chercheurs effectuaient ensemble plus d'enquêtes de diagnostic et échangeaient leurs
informations et idées au cours des ateliers mensuels.

Le problème aigu de la mise au point de technologies spécifiques pour les paysannes a


également été évoqué. Les participants se sont montrés d'accord sur le fait qu'aucun échange
valable entre vulgarisateurs et paysannes ne pouvait avoir lieu sans une évaluation préalable des
besoins particuliers des paysannes et une recherche systématique visant à satisfaire ces besoins.

Une approche susceptible d'améliorer les relations entre les chercheurs et les fermiers est
celle de la recherche sur les systèmes de production. Quelques pays comme le Bénin, le Burundi,
la Côte d'Ivoire, le Nigéria, la Tanzanie, la Zambie, etc. ont adopté une telle démarche dont ils
espèrent de meilleurs résultats, en raison de l'association plus étroite avec les fermiers qu'elle
entraîne et de l'approche systématique qui permet de mieux comprendre les petites entreprises
agricoles diversifiées. Cette manière inspirée de la recherche sur les systèmes de production est
un excellent outil d'analyse diagnostique et de développement de technologies pertinentes. Ceci
est évidemment très apprécié du point de vue de la vulgarisation et les enseignements qui en
découlent peuvent être disséminés par les services nationaux de vulgarisation.

Pour ce qui est de l'implication des fermiers eux-mêmes dans la mise au point des
technologies, M. Bertus Haverkort a indiqué, à l'atelier d'Accra, que, quoi que fassent les
chercheurs, les vulgarisateurs peuvent toujours suivre et assister les agriculteurs dans leurs
propres expérimentations. Ils peuvent ainsi mettre au point des améliorations fondées sur les
ressources disponibles localement, améliorations qui peuvent être étendues à d'autres agriculteurs.
Plusieurs participants ont demandé à M. Haverkort dans quelle mesure ces technologies
développées avec la participation des fermiers étaient différentes de celles résultant de la
recherche sur les systèmes de production. En fait, les deux approches sont presque identiques,
la seule différence étant peut-être que, dans la méthode préconisée par M. Haverkort, l'accent
est mis sur la faible consommation d'intrants. Dans les régions d'Afrique où, à cause de
l'extrême fragilité des écosystèmes ou de la pénurie d'intrants ou de ressources pour les acheter,
cette technologie à faible utilisation d'intrants pourrait se révéler particulièrement pertinente.

Intégration de la gestion des ressources naturelles


dans les activités de recherche et de vulgarisation

Les fermiers travaillent au sein d'un système de production qui est souvent inscrit dans
un environnement naturel en détérioration. Les systèmes de production eux-mêmes peuvent
accélérer l'épuisement des ressources naturelles. Il importe donc que les chercheurs et les
vulgarisateurs soient conscients de ce problème et intègrent la gestion des ressources naturelles
dans leurs activités.

Parmi les représentants réunis en Accra, ceux de l'Ethiopie, du Kenya, de l'Ouganda et


de la Zambie ont signalé que l'érosion des sols était un problème grave dans leurs pays respectifs.
Aussi, les techniques de conservation des sols ont-elles été inclues dans les messages de
vulgarisation. Les pratiques telles que buttage suivant les courbes de niveau, le drainage des eaux
de pluie et les cultures intercalaires, ainsi que la construction et l'entretien de structures de
protection, de bandes non labourées et de terre-pleins, l'usage de filtres à base d'herbes et la
plantation d'arbres ont toutes été disséminées avec succès par la voie de la vulgarisation.

27
3.4: Vulgarisation et gestion des ressources naturelles

Le Mali offre un bon exemple de coordination entre programmes de vulgarisation et programmes de gestion des
ressources naturelles. Le Projet national de vulgarisation agricole (PNVA) et le Projet de gestion des ressources
naturelles (PGRN) représentent une nouvelle génération de projets financés par IDA qui visent à réaliser un
développement durable. Comme la collaboration entre ces deux projets est cruciale, elle a été légitimée par un
protocole d'accord conclu entre les deux directions.

* Complémentarité des objectifs: Les objectifs de PNVA et de PGRN sont complémentaires. Alors que le
premier est centré sur la production de technologies au profit des exploitations agricoles et des troupeaux
d'élevage, le second est axé sur la gestion des ressources des communautés (pâturages, forêts, jachères, rivières,
etc.). Ensemble, ces programmes couvrent l'intégralité des ressources de base du village, dont un développe-
ment soutenable est l'objectif commun des deux projets. Ceci implique un accroissement durable de la
productivité et des revenus des villageois, grâce au développement de la capacité de production des ressources
humaines, naturelles et financières existantes.

* Complémentarité des méthodes: Le PNVA vise à assurer un développement durable des exploitations et
troupeaux individuels par le biais des groupes de fermiers de contact tandis que le PGRN tente de résoudre les
problèmes liés à la gestion des biens communautaires grâce à des comités de gestion des ressources naturelles et
à des groupes sous-sectoriels dans les villages (éleveurs, agriculteurs, pêcheurs, habitants des forêts, femmes,
etc.).

* Similarité des structures de supervision et de coordination: Le Comité national de coordination du PGRN


est le jumeau du Comité national de coordination du PNVA mais il porte sur un plus large éventail d'institutions.
Les techniciens spécialisés du programme de vulgarisation et les équipes d'appui technique du programme de
gestion des ressources naturelles assurent ensemble l'assistance et la supervision techniques sur le terrain ainsi
que la formation des agents de vulgarisation lors de sessions bimensuelles.

* Complémentarité des moyens d'intervention: Contrairement au PNVA qui n'a pas de ressources à investir
au niveau des villages, le PGRN a accès à des fonds, dont le PNVA peut tirer avantage pour encourager les
fermiers à participer à ses activités.

* Coordination et collaboration: Les équipes de techniciens spécialisés du PNVA sont pluridisciplinaires


(agronomes, éleveurs, spécialistes phytosanitaires, etc.), tandis que les équipes d'appui technique du PGRN sont
plurifonctionelles, c'est-à-dire qu'elles sont composées de personnes responsables de l'organisation de la
communauté et de la fixation des objectifs qui maîtrisent les questions techniques et gèrent les ressources
financières. Ensemble, ces équipes organisent les sessions de formation bimensuelles et fournissent aux agents
de vulgarisation un soutien correspondant aux programmes définis au cours de ces réunions conjointes.

Les agents de vulgarisation de village sont les mêmes pour les deux projets; ils sont sélectionnés, recrutés,
formés et administrés en vue de la réalisation des objectifs de ces projets. En moyenne, dans le cadre du PNVA,
un agent de vulgarisation assiste environ 600 familles paysannes. Dans les cas où le vulgarisateur est également
chargé d'activités du PGRN, le nombre de fermiers qu'il, ou elle, encadre est réduit de manière à maintenir un
équilibre entre sa charge de travail et celle de ceux qui font uniquement du travail de vulgarisation.

En revanche, les participants à l'atelier d'Abidjan ont insisté sur les difficultés rencontrées
pour intégrer la gestion des ressources naturelles dans la vulgarisation. Tout d'abord, les agents
des projets de gestion des ressources naturelles et ceux de la vulgarisation sur le terrain ont, en
effet, des perspectives géographiques très différentes (bassins fluviaux entiers par opposition aux
terres des fermiers) et des calendriers qui ne coïncident guère (plusieurs années par opposition
à de simples saisons). Par ailleurs, la gestion des ressources naturelles aborde les problèmes du
point de vue global d'un village, ou même d'un groupe de villages, tandis que la vulgarisation
s'adresse à des groupes de fermiers de contact. En outre, l'impact des messages du programnme
de gestion des ressources naturelles, qui ont des implications à long terme, ne se prête guère à

28
une évaluation par les unités de suivi de la vulgarisation (qui s'intéressent généralement aux taux
d'adoption par les agriculteurs des messages de vulgarisation au cours de la dernière campagne).

Il a encore été signalé que les structures de recherche et de vulgarisation manquent


souvent des compétences nécessaires pour étudier l'environnement dans lequel les fermiers
évoluent. Même, là où ces compétences existent, elles ne reçoivent pas toujours les soutiens
politique et financier nécessaires à l'exécution des programmes de gestion des ressources
naturelles. Pourtant, cette gestion est un facteur inéluctable quand il s'agit de promouvoir une
agriculture soutenable.

Cette question n'a pu être résolue au cours des ateliers. Le groupe a simplement conclu
que la recherche et la vulgarisation devaient prendre en compte la gestion des ressources
naturelles afin d'élaborer des méthodes de vulgarisation qui motivent les fermiers envers les
actions communautaires et de mettre au point et diffuser des technologies appropriées de gestion
des fermes et des ressources communautaires. Comme la vulgarisation repose maintenant, en
Afrique, largement sur les groupes de paysans, elle devrait pouvoir les motiver pour entreprendre
des actions communautaires visant à préserver leur base commune de ressources naturelles. Des
discussions plus approfondies seront évidemment nécessaires pour définir avec précision comment
les projets de vulgarisation et ceux de gestion de ressources naturelles pourront être coordonnés
étant donné la complémentarité de leurs objectifs et méthodes.

Collaboration entre agences de recherche et de vulgarisation

Le système de vulgarisation par F&V prévoit un renforcement systématique des liens entre
la vulgarisation et la recherche. Des efforts dans ce sens ont donc été entrepris dans tous les pays
représentés aux ateliers. Dans presque tous, une telle liaison a été établie grâce à des ateliers pré-
saisonniers, des programmes mensuels de formation, des visites conjointes sur le terrain et, dans
certains cas, à des programmes pilotes en milieu paysan. Le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le
Nigéria et le Togo offraient de bons exemples de ce type de liens.

Une question a été soulevée au cours des discussions: Si la recherche et la vulgarisation


doivent se rapprocher, qui doit organiser ce rapprochement? Lequel de ces services doit en
prendre l'initiative? Plusieurs participants ont signalé que des institutions permanentes, comme
les Comités de liaison recherche-vulgarisation (CLRV), ont été établis spécifiquement pour faciliter
la collaboration entre ces services. Toutefois, selon certains participants, de tels arrangements
ne sont pas sans risque; en effet, ces comités peuvent parfois développer leur propre intérêt
institutionnel et, de ce fait, réduire la capacité de communication directe entre la recherche et la
vulgarisation.

En fait, ce qui est peut-être encore plus important que ces institutions de liaison, est
évidemment d'avoir de bonnes communications et un redressement des attitudes. Mais,
quelquefois, les liens entre la recherche et la vulgarisation sont caractérisés par l'ignorance qu'ont
les uns du travail des autres, ce qui mène à des conflits de compétences et à des accusations
réciproques en cas d'échec. Cette situation est aggravée par le manque de contacts informels
causé par les barrières institutionnelles et les différences de formation et de méthode. Une
formation scientifique peut donner au chercheur un complexe de supériorité, qui fait que la
recherche est plus orientée vers des travaux susceptibles d'être publiés que vers la création de
technologies utiles aux fermiers. Les scientifiques n'ont pas toujours les aptitudes nécessaires
pour diffuser leurs connaissances et leurs découvertes en assurant la formation des spécialistes
de la vulgarisation. De leur côté, les vulgarisateurs manquent de confiance, se sentent frustrés

29
et ont tendance à conclure, trop facilement, que la recherche n'a pas de technologie valable à
offrir et qu'eux-mêmes, n'ont en effet rien à offrir qui puisse aider les chercheurs à mieux
comprendre les pratiques, les contraintes et le potentiel des agriculteurs.

Enfin, les participants ont suggéré que de meilleures relations et des attitudes plus saines
pourraient s'établir entre la recherche et la vulgarisation si ces deux services voulaient bien se
considérer comme étant au service des fermiers. Le représentant de la Zambie a illustré ceci par
une figure présentant la recherche et la vulgarisation suspendues aux deux bras d'un agriculteur.

CHERCHEi SAT

Fig. 3.1: Liaison agriculteur-recherche-vulgarisation

Gestion des systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA)

La recherche étant inéluctablement liée à la vulgarisation, une série de problèmes relatifs


à la gestion des systèmes de recherche a également fait l'objet de discussions dans les ateliers.

Tout d'abord, les discussions ont montré que l'organisation des systèmes de recherche
variait fortement d'un pays à l'autre. Par exemple, en Zambie, la recherche agricole relève du
département de la recherche du ministère de l'Agriculture. Au Kenya, le KARI (Kenya
Agricultural Research Institute) est une agence parapublique qui n'est même pas sous la tutelle
du ministère de l'Agriculture. Bien qu'il soit concevable de privatiser les services de recherche
pour certaines cultures commerciales (canne à sucre, café, thé, cacao), le consensus a été qu'il
ne fallait pas renoncer à un système généralisé de recherche et que celui-ci devait être financé
publiquement. Il a été noté, par ailleurs, que la Banque avait également fourni de l'assistance
aux projets visant à renforcer les SNRA.

En ce qui concerne la gestion de ces SNRA, le problème de leur décentralisation a donné


lieu à controverse. Partout, les services de vulgarisation semblent être en faveur d'une

30
décentralisation des activités de recherche. Dans certains cas, celle-ci a été réalisée par la
définition de zones agro-écologiques. Dans d'autres cas, comme en Ethiopie où une structure
fédérale a remplacé un système unitaire, cela s'est traduit par un renforcement des capacités à
l'échelon des provinces et des districts. En Zambie, l'institutionnalisation de l'équipe de
planification de la recherche appliquée visait également à donner aux provinces la liberté de faire
des recommandations qui répondaient mieux aux circonstances locales que celles résultant d'une
perspective nationale. La dispersion des démonstrations, grâce aux essais agricoles sur de petites
parcelles, est également une méthode de transfert rapide des technologies qui peuvent ainsi
atteindre un plus grand nombre d'agriculteurs.

Un autre problème soulevé au sujet de l'organisation de la recherche, a trait à la


localisation des TS. Dans certains pays, ils font partie des équipes régionales de vulgarisation et
sont des agents des départements ou ministères de l'Agriculture. Dans d'autres, ils sont détachés
des unités qui étaient auparavant en charge de la recherche (en Ethiopie, les TS proviennent du
département du Développement agricole et, au Ghana, du département des Services agricoles.
De même, la question se pose de savoir où il faut installer les équipes de recherche appliquée,
au sein des systèmes de recherche ou des systèmes de vulgarisation ou, encore, dans les deux
services. Il semblerait que les meilleurs résultats soient obtenus lorsque ces équipes comprennent
à la fois des chercheurs et des agents de vulgarisation travaillant étroitement ensemble.

Enfin, plusieurs participants ont souligné la nécessité d'établir un plan de recherche et


d'impliquer la vulgarisation dans sa préparation. Ce plan doit être considéré comme un
programme perspectif de recherche, qui définit ses activités et ses priorités pour les cinq à dix
prochaines années et prévoit les dispositions financières nécessaires. Néanmoins, tous les
participants n'ont pas soutenu ce point de vue car, comme certains l'ont fait remarquer, un tel
plan pourrait à nouveau tendre vers une orientation nationale et avoir des objectifs rigides,
abandonnant la perspective souple, locale et pratique qui contribue à résoudre sur le terrain les
problèmes des fermiers, dès qu'ils se présentent. Pour ces critiques, c'est une plus forte
décentralisation qui est nécessaire, ainsi qu'une plus grande souplesse dans l'établissement des
programmes de recherche et ceci risque d'être perdu de vue dans le cadre d'un plan national de
recherche agricole. En fait, de nombreux participants pensent qu'en Afrique la recherche doit
être plus centrée sur l'agriculteur et subordonnée à la vulgarisation. Une autre question
importante a également été soulevée: la vulgarisation ne devrait pas dépendre d'une installation
particulière de recherche pour son appui technique, mais devrait pouvoir essayer toute technologie
estimée valable, quelle qu'en soit la source (les fermiers eux-mêmes ou les unités de recherche
nationales, régionales ou internationales). Le consensus sur ce point a été général.

Problèmes de formation

L'investissement majeur dans le système de F&V est dans la valorisation des ressources
humaines par la formation. Cela s'explique par l'importance qui y est donnée à la formation
continuelle de ses divers cadres. L'efficacité du système est, en effet, directement liée à la
fréquence et à la qualité de ses programmes de formation, qui font partie intégrante de son mode
de gestion. La pénurie d'agents de vulgarisation bien formés reste un problème pour la plupart
des systèmes nationaux. Ce problème était une des principales préoccupations exprii.-ées dans
les ateliers. Les discussions ont été articulées autour de plusieurs aspects de la formation, qui
peuvent être regroupés sous deux catégories:

31
* Valorisation des ressources humaines

* Formation

Dans le cadre de ce rapport, le terme "valorisation des ressources humaines" couvre


l'éventail entier des politiques de personnel qui offrent des possibilités de planification des
carrières, de perfectionnement des compétences et de motivation dans le travail. Au contraire,
le terme "formation" implique le domaine plus étroit du transfert des connaissances et des
qualifications requises pour exercer une fonction.

Valorisation des ressources humaines

Plusieurs participants ont souligné que la plupart des ministères de l'Agriculture n'ont pas
de politique du personnel concernant la gestion et la valorisation à long terme des cadres de la
vulgarisation. Ces cadres sont des amalgames de personnes ayant des formations et des capacités
diverses, soumises à de fréquentes mutations et chargées fonctions inopportunes. Les techniciens
spécialisés ont différentes origines ad hoc et l'absence de statut ou de règlement intérieur est une
entrave à leur professionnalisation. Certains participants ont laissé entendre que la création d'un
cadre de TS, doté de règles séparées de recrutement, favoriserait le développement du
professionnalisme, car les qualifications requises seraient spécifiées et des possibilités de
promotion existeraient au sein de cette hiérarchie.

3.5: Amélioration de la capacité de formation-L'expérience du Kenya

Le Kenya a un excellent réseau d'institutions de formation agricole, dont la plupart sont en voie d'expansion.
Au total, quelque 300 agronomes diplômés sortent chaque année des universités et une majorité de ceux-ci
trouvent un emploi dans le système de recherche ou deviennent agronomes de district.

Les agents divisionnaires de vulgarisation sont généralement titulaires d'un diplôme délivré par le collège
Egerton après trois ans d'études. Chaque année, environ 200 agents sont ainsi mis à la disposition du ministère
du Développement de l'agriculture et de l'élevage.

Le personnel sur le terrain est généralement détenteur d'un certificat délivré par l'un des instituts d'Embu et de
Bukura après deux années de formation. De sorte qu'un autre contingent d'environ 200 diplômés peuvent être
recrutés chaque année par le ministère. Mais il est toutefois à noter que l'embauche de ce type de personnel est
suspendue depuis deux ou trois ans.

Récemment, les rôles des différentes institutions ont été quelque peu modifiés. Une enseignement agricole,
sanctionné par un certificat, est maintenant dispensé par l'institut d'agriculture de Kilifi, qui forme 200 assistants
techniques par an. Les instituts d'Embu et de Bukura ont récemment changé de fonction. Celui d'Embu est
devenu un centre de perfectionnement du personnel qui assure le recyclage des agents agricoles, tandis que celui
de Bukura est maintenant un collège agronomique qui délivre des diplômes officiels.

Il faut encore signaler qu'environ 1.000 agents de terrain, n'ont eu aucun écolage spécial en agriculture, en
dehors d'une formation sur le tas de trois mois lors de leur embauche au ministère. Mais ces agents agricoles
ont une excellente connaissance de leur zone d'activité et ont amplement démontré, dans les projets pilotes de
Nandi et Keriko, que s'ils reçoivent une formation ad hoc intensive, ils sont capables d'absorber les recomman-
dations de la vulgarisation et de les transmettre efficacement aux fermiers. Néanmoins, cette catégorie d'agents
est actuellement en disparition progressive car, lorsqu'ils prennent leur retraite, ils sont maintenant remplacés
par des cadres de qualification supérieure.

Les participants ont également exprimé un besoin de politiques de valorisation des


ressources humaines qui soient plus rationnelles. Les dirigeants devraient accorder plus

32
d'attention au déploiement du personnel et aux perspectives de déroulement des carrières. Il
faudrait offrir des possibilités d'apprentissage sur le tas (par opposition à la formation classique),
encourager la spécialisation et assurer des promotions sur la base des résultats d'examens
professionnels. Chaque pays devrait organiser son barème des traitements et des incitations de
manière à ce que les agents de vulgarisation du même grade aient des rémunérations comparables
dans toutes les régions du pays. Un système de primes fondé sur l'efficacité et les résultats réels
sur le terrain devrait être envisagé afin de motiver ces agents.

Formation

Les participants aux ateliers ont identifié les principaux types de formation

i) Educationformelle.:

Certificat, diplôme, licence, etc.

ii) Formationpréparatoire.:

a) Orientation professionnelle
b) Organisation, procédures et accès

iii) Formationsur le tas:

a) Formation périodique (par exemple, tous les quinze jours, avec commu-
nication de points d'impact spécifiques)
b) Sessions techniques mensuelles
c) Ateliers ad hoc de perfectionnement des compétences
d) Ateliers de formation fonctionnelle
e) Cours de courte durée (nouvelles compétences et connaissances)
f) Séminaires

iv) Formationcontinue:

a) Cours de recyclage (actualisation des compétences)


b) Cours techniques (nouvelles disciplines et spécialisation)
c) Diplômes complémentaires (actualisation des qualifications)

v) Perfectionnement professionnel:

a) Conférences
b) Voyages d'études
c) Etudes personnelles

L'essentiel des discussions a été articulé autour de la formation bimensuelle et des ateliers
mensuels. Dans de nombreux pays, ces sessions sont répétitives et deviennent des routines
banales, dénuées d'impact et de dynamisme. Ceci est dû au manque de centrage des efforts des
TS et des formateurs, qui résulte souvent en une simple communication à sens unique.

De ce fait, un grand nombre de pays ont choisi de réduire les coûts logistiques en
diminuant la fréquence de ces formations. Mais cette attitude a aussi un "coût" propre-encore

33
plus élevé-car les feed-back du terrain en sont affaiblis et les opportunités d'assouplissement et
d'ajustement des messages sont perdues. En fin de compte, ce sont le moral, la confiance et la
motivation qui sont menacés.

Les participants ont recommandé que les sessions de formation et les ateliers soient
organisés d'une manière propice à la résolution des problèmes, afin que les TS ne jouent pas
uniquement un rôle de pourvoyeurs de connaissances et de compétences. Le recours à de telles
méthodes présuppose la réunion de 15 à 25 participants, sous la direction d'un animateur, pour
assurer une bonne participation du personnel de terrain.

Un domaine qui requiert aussi plus d'attention est le perfectionnement des compétences.
Outre ses connaissances techniques, un bon agent de vulgarisation a besoin d'une bonne aptitude
à la communication, c'est-à-dire savoir écouter, observer et susciter une participation active. Ces
aspects particuliers de la formation, ainsi que l'augmentation du nombre des sessions périodiques
d'ateliers fonctionnels, de cours de courte durée et de séminaires, devraient faire l'objet d'une
meilleure attention.

Dans ce même contexte, les participants ont encore suggéré l'élaboration d'un guide
pratique de la formation des agents de vulgarisation agricole, fondé sur l'expérience acquise en
Afrique dans ce domaine.

Enfin, le besoin a été exprimé de disposer d'un réseau africain de vulgarisation agricole
afin que les pays puissent échanger leurs expériences, comme ils l'ont fait au cours de ces
ateliers. L'idée de la publication périodique d'un bulletin a été avancée; celui-ci actualiserait les
connaissances au sujet des services de vulgarisation, mettrait en relief des réussites et diffuserait
des innovations. Une autre idée a également été avancée, à savoir la création d'un centre
régional qui pourrait soutenir les nouvelles expériences en matière de méthodologie de la
vulgarisation et agirait comme un centre d'échange d'idées et d'expériences. Il a été rappelé
qu'actuellement, le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) supporte
18 instituts internationaux actifs dans diverses disciplines de recherche agricole. Pourtant, il n'y
a pas un seul institut de ce genre consacré à la vulgarisation agricole. Rien qu'en Afrique, une
trentaine de pays ont des services professionnels de vulgarisation, aussi, le moment est-il peut-être
venu de créer un centre régional, ou de réhabiliter un des instituts nationaux de formation, à cet
effet. Les participants ont exprimé l'avis que la Banque mondiale devrait parrainer l'établisse-
ment d'une telle institution qui serait consacrée à la recherche, la documentation et la formation
sur la méthodologie de la vulgarisation.

Vulgarisation pour certaines catégories d'agriculteurs


Un quatrième domaine majeur qui a fait l'objet de discussions dans les ateliers est celui
de la vulgarisation à l'intention de catégories spéciales d'agriculteurs. Celles-ci comprennent
notamment les paysannes, les jeunes fermiers, les organisations agricoles et les zones marginales.
L'avis général était qu'il faut procéder à des analyses diagnostiques spéciales et adopter des
méthodes nouvelles pour servir ces agriculteurs.

A l'atelier d'Abidjan, le débat a été centré sur la manière d'impliquer les associations de
fermiers dans les activités de vulgarisation. Les groupes de fermiers de contact, les coopératives,
les groupes de production et de service, les groupes sociaux, les groupes de femmes et les

34
syndicats ont été analysés au cours des discussions et des suggestions très utiles ont été faites
quant à la manière de renforcer les liens de la vulgarisation avec ces groupes.

Dans les deux ateliers, une bonne partie du débat a porté sur les paysannes. Différentes
nuances d'opinions ont été exprimées: a) les préjugés contre les femmes sont le reflet d'un
phénomène sociologique et les professionnels de la vulgarisation ne doivent pas être impliqués
dans les mouvements sociaux; b) le mouvement féministe a été importé en Afrique et, bien que
très à la mode dans les milieux internationaux, il ne concerne pas l'Afrique (un représentant
éthiopien a dit que, dans son pays, la pauvreté est un problème bien plus grave que les partis pris
envers les femmes); c) il n'y a pas vraiment de problème féminin, car les bonnes techniques de
culture ne font pas de différence entre les genres; d) la vulgarisation ne peut guère aider les
paysannes en raison de barrières sociales et religieuses qui interdisent aux femmes d'avoir des
contacts en dehors de la communauté, spécialement avec les hommes; e) il est urgent d'accroître
le nombre de femmes professionnelles dans les services agricoles et de se pencher sur les besoins
particuliers des paysannes.

En dépit de ces diverses opinions, la description de la situation sur le terrain, faite par
de nombreux participants, quant à la présence des femmes et à leur implication dans l'agriculture,
était irréfutable. La récente étude de la Banque, par Katrine Saito' 4 , a été citée et quelques unes
de ses constatations ont été soulignées:

i) Les systèmes traditionnels de production et la séparation des terres, typique de


l'agriculture africaine, en parcelles pour hommes et parcelles pour femmes
disparaissent progressivement.

ii) Les paysannes sont de plus en plus nombreuses. Actuellement la contribution des
femmes à la production alimentaire atteint 70 %.

iii) Les femmes travaillent une fois et demi autant que les hommes.

iv) Les femmes ont un accès limité aux intrants et aux services agricoles, y compris
la vulgarisation. Rien qu'au Kenya, ceci provoque une perte de 20 % de la
productivité féminine.

v) Les femmes ont avant tout besoin de technologies permettant d'économiser


l'énergie comme, par exemple, les petites machines. Il faut savoir que, dans les
fermes africaines, 1 % des tâches sont mécanisées, 10 % sont effectuées par la
traction animale et 89% sont exécutées manuellement; les champs des paysannes
sont plus souvent cultivés à la main que les champs des hommes.

Ces faits, ont révélé à la plupart des participants que la vulgarisation devrait couvrir aussi
les problèmes particuliers des paysannes. Comme l'a dit M. Benor, une bonne vulgarisation doit
répondre aux besoins de tous les fermiers et certainement à ceux de la majorité des agriculteurs;
s'il se trouve que ceux-ci sont des paysannes, la vulgarisation doit satisfaire leurs besoins en tant
qu'agriculteurs et non pas parce que ce sont des femmes.

Le débat sur ce problème s'est embrouillé quand la discussion a porté sur deux aspects
particuliers de la situation des femmes dans l'agriculture. Le premier avait trait à la manière
d'atteindre les paysannes sur le terrain. L'autre concernait le recrutement et l'assistance aux

35
femmes professionnelles dans les services agricoles. Ces deux aspects peuvent, dans certains
contextes, être liés mais, néanmoins, ce ne sont pas des problèmes identiques.

3.6 * Les paysannes: Un potentiel négligé

Les femmes sont sans doute les membres les plus importants et les plus négligés de la population rurale. Elles
contribuent pour 70 % environ à la production des denrées alimentaires de base. Dans la plupart des sociétés
africaines, leurs droits et obligations sont complexes. Il arrive que des champs soient alloués aux femmes
(habituellement en provenance des terres de leur père ou de leur mari), qu'elles soient chargées de cultures ou
de productions spécifiques et qu'elles aient un revenu indépendant découlant de certains produits ou, comme
c'est le cas en Afrique de l'Ouest, de leur vente. Souvent, les avantages de certaines initiatives-promotion de
cultures de rapport, mécanisation, vulgarisation et réinstallation-vont aux hommes, car ce sont eux qui
s'occupent de ces questions. Enfin, à mesure que la superficie des exploitations diminue à chaque succession et
sous la pression démographique, que les hommes recherchent du travail à l'extérieur et qu'ils deviennent des
cultivateurs à temps partiel, ce sont de plus en plus les femmes qui gèrent la production familiale. Dans de
nombreuses régions, la moitié des fermes sont gérées par des femmes; parfois, comme au Congo, cette
proportion atteint 70 %. Les tâches agricoles des femmes augmentent, tandis que fardeau de leur travail
traditionnel-élever les enfants, ramasser le bois, aller chercher l'eau et piler la nourriture-reste le même, ou
s'accroît encore. De ce fait, il arrive souvent que la préparation, les semailles et les sarclages de leurs terres
soient retardés, ce qui fait baisser les rendements.

Il y a plusieurs moyens d'aider les paysannes africaines..... Les tâches incombant aux femmes pourrait être
allégées, en faisant en sorte, par exemple, qu'il y ait de l'eau et du bois plus près des habitations. Des
fourneaux à bon rendement énergétique peuvent permettre de réduire le temps consacré au ramassage du bois.
Les systèmes de recherche et de vulgarisation agricoles doivent, par ailleurs, être sensibles aux besoins des
femmes. Les paysannes devraient participer aux expériences sur le terrain afin de veiller à ce que les nouvelles
variétés et technologies recommandées correspondent en grande partie à leurs besoins et tiennent compte de leurs
limitations. Actuellement, en Afrique, les femmes ne représentent que 20 % environ des bénéficiaires d'une
formation agricole, mais ce chiffre devrait être bien plus proche de 50 %, comme c'est le cas en Asie. Il
faudrait aussi veiller à ce que les vulgarisateurs soient conscients du rôle, des besoins et des problèmes des
femmes et à ce que le nombre de femmes sélectionnées comme agriculteurs de contact soit proportionnel au
nombre des chefs d'exploitation féminins. Dans de nombreuses régions du Kenya, les femmes constituent déjà
la moitié de tous les contacts des vulgarisateurs, dont beaucoup disent qu'elles sont plus intéressées et plus
engagées que les hommes. Il faudrait aussi encourager la constitution de groupes féminins. Ceux-ci pourraient
alors être utilisés, par exemple, non seulement comme contacts pour les services de vulgarisation, mais aussi
comme intermédiaires pour l'octroi du crédit nécessaire à l'achat d'intrants. Enfin, il conviendrait d'intensifier
l'enseignement dispensé aux femmes, car il a été démontré que les cultivateurs les mieux instruits obtenaient de
meilleurs rendements grâce à l'application des techniques nouvelles.

Extrait de L'Afrique subsaharienne: De la crise à une croissancedurable-Etude de perspectiveà long terme,


'Washington, D.C.: Banque mondiale, pp. 123-124.

Atteindre les paysannes

Certains pays ont déjà pris des départs impressionnants à cet égard. La Zambie, par
exemple, a organisé un cours itinérant sur les cultures vivrières qui est donné aux paysannes dans
l'après-midi, tandis qu'au Malawi la vulgarisation arrive jusqu'aux fermnes à travers les clubs de
fermiers.

Un point, qui a été répété à maintes reprises, est que l'efficacité de la vulgarisation n'est
possible que si elle propage des technologies pertinentes. Deux conditions nécessaires et
préalables doivent, en effet, être remplies afin de pouvoir offrir un service effectif aux
paysannes: procéder à une analyse diagnostique approfondie des contraintes qui entravent leur
productivité agricole et disposer de technologies appropriées et pertinentes.

36
Des suggestions ont aussi été faites quant aux méthodes qui seraient les mieux appropriées
pour faire parvenir les messages de vulgarisation aux paysannes. Par exemple, la participation
des femmes pourrait être accrue si celles-ci étaient regroupées à des heures qui leur conviennent
(et non à la convenance de l'agent), si des agents féminins étaient délégués sur le terrain et si une
plus grande assistance était offerte pour obtenir (où et comment) des crédits, des intrants et une
aide à la commercialisation. Il a également été souligné que les paysannes devaient avoir accès
aux programmes d'alphabétisation fonctionnelle.

Recrutement de professionnels féminins

Plusieurs pays ont créé, au sein de leur administration de l'agriculture ou de la


vulgarisation, des cellules spéciales pour analyser les contraintes subies par les paysannes et
formuler des stratégies d'assistance. Dans la plupart des cas, ces cellules sont dérivées
d'anciennes entités, restructurées ou élargies, de promotion de la nutrition et de l'économie
domestique, dont la quasi totalité des postes sont occupés par des femmes.

Plusieurs remarques ont été exprimées à ce sujet. Tout d'abord, la majorité des agents
féminins de ces cellules n'ont qu'une formation en économie ménagère, nutrition et disciplines
connexes. Pour les redéployer dans le domaine de la vulgarisation, elles devraient être recyclées
en agriculture, particulièrement dans les sciences culturales, l'élevage, etc. Or, il semblerait que
la logistique d'une telle formation n'a pas été sérieusement organisée, ou même étudiée, dans
aucun pays. En outre, se pose le problème de leur affectation sur le terrain. Il ne semblerait
guère pratique d'envoyer des femmes dans les zones reculées, ni d'accéder à leur désir de suivre
leur mari là où il travaille. Ces demandes de transfert, ainsi qu'un nombre accru de congés pour
s'occuper des affaires familiales, exerceraient une forte pression sur les services de vulgarisation
qui mettrait en péril l'efficacité du système. Enfin, il a été mentionné qu'avant de recruter plus
de femmes dans les services de vulgarisation ou de recherche, il faudrait qu'un plus grand
nombre de femmes fréquentent les instituts d'enseignement agricole et, afin de les encourager à
poursuivre de telles études, il faudrait également faire l'effort de construire des foyers adéquats
pour y accueillir les femmes, etc.

Finalement, les participants ont posé le problème de la gestion de deux organisations


parallèles-une pour les hommes, l'autre pour les femmes-résultant de l'élargissement des
services féminins. Ce dédoublement ne serait probablement pas soutenable financièrement, aussi
tous les pays représentés ont-ils convenus que l'intégration des femmes dans les structures
existantes était la seule solution viable.

En quoi consiste l'intégration des femmes?

Malgré le rôle significatif joué depuis des siècles par les femmes dans l'agriculture, ce
n'est qu'à la fin des années 1970 que les services agricoles publics ont commencé à prêter
attention à la question. Par la suite, prenant conscience de cette négligence, les gouvernements
et les ONG ont lancé des projets spéciaux pour les femmes rurales. Dans la plupart des cas, il
s'agissait de petites initiatives avec financements modestes qui n'employaient que du personnel
féminin. Une décennie plus tard, il semble que la mise en oeuvre de projets distincts pour les
femmes n'est pas une proposition soutenable. Ceci pour deux raisons. D'une part, il est
administrativement fort coûteux d'avoir deux projets ou deux services de vulgarisation parallèles:
un pour les paysans, composé de personnel masculin, et un autre pour les paysannes, composé
de personnel féminin. D'autre part, les paysannes faisant partie intégrante du système de
production de la plupart des communautés, il est difficile d'isoler leurs rôle et contribution au

37
système de celui des hommes et, quelquefois même, de celui des enfants. Par conséquent, à long
terme, les problèmes des femmes doivent être complètement intégrés dans les politiques et
stratégies globales formulées en vue du développement agricole dans son ensemble.

Toutefois, le concept d'intégration n'est pas sans ambiguïté. Signifie-t-il

i) Intégrer les femmes dans l'agriculture en général?

ii) Insérer les projets spéciaux (pour les femmes) dans les activités générales de
vulgarisation?

iii) Maintenir les projets spéciaux, mais recruter plus de femmes dans les services
généraux de vulgarisation (et éventuellement affecter des hommes à ces projets
spéciaux)?

La première n'est sûrement pas la bonne définition, car les paysannes font partie des
systèmes agricoles. Mais il y a une certaine ambiguïté quant aux deux autres définitions. Tout
en recommandant l'intégration totale des femmes dans l'agriculture, les participants n'ont pas
cherché à mieux définir cette intégration (en anglais, mainstreaming), ni ses implications en
termes d'augmentation du nombre de femmes inscrites dans les instituts d'enseignement agricole
et d'autres conséquences connexes.

Cette question a été plus âprement débattue à l'atelier d'Accra qu'à celui d'Abidjan. La
recommandation d'intégrer les problèmes féminins consterne, voire menace, ceux qui ont jusqu'à
présent réussi à attirer l'attention sur ce sujet. Ils craignent que, juste au moment où la
contribution des femmes dans l'agriculture commence à être reconnue, un appel en faveur de leur
intégration risque de détourner l'attention des problèmes des paysannes et même de gêner les
efforts déployés pour comprendre leurs contraintes et y répondre. Ils font notamment valoir que
même si, à la longue, l'agriculture doit être considérée comme un système global de production
fondé sur les contributions des hommes, des femmes et des enfants, il faut maintenir pendant
quelque temps encore une emphase particulière sur les besoins des femmes, étant donné que leur
rôle a été négligé d'une manière flagrante pendant tant d'années.

Un consensus s'est finalement dégagé sur le fait qu'il y aurait trop à perdre en diluant
les préoccupations à ce stade. Cela reviendrait à abandonner l'objectif d'assister les paysannes,
avant même qu'un bon diagnostic de leurs problèmes soit établi.

Les conclusions des débats sur ce sujet, dans les deux ateliers, ont été les suivantes

i) Il faut continuer à mettre un accent spécial sur le rôle des femmes dans
l'agriculture et, plus spécialement, réaliser de bonnes analyses diagnostiques des
contraintes qui affectent leur production agricole.

ii) Tout comme la vulgarisation prête, dans le cadre de ses activités générales, un
intérêt particulier aux petits exploitants, celle-ci doit aussi porter une attention
spéciale aux femmes impliquées dans l'agriculture.

iii) Pour maintenir l'accent sur les problèmes des paysannes, il est souhaitable
d'établir des cellules spéciales et d'avoir des TS qui s'occupent exclusivement des
problèmes des femmes dans l'agriculture.

38
iv) Afin de déterminer si une hiérarchie parallèle des services de vulgarisation,
descendant jusqu'au terrain, est nécessaire, ou non, et si cette hiérarchie doit être
exclusivement constituée d'agents féminins, il faut analyser les circonstances
particulières de chaque pays. S'il s'avère que ceci n'est pas indispensable, parce
qu'il n'est pas interdit, culturellement, aux paysannes d'avoir des contacts avec
les vulgarisateurs masculins, les coûts pourront alors être réduits en sensibilisant
le personnel de vulgarisation existant aux problèmes féminins, au lieu de recruter
un personnel parallèle. Toutefois, là où règne une ségrégation religieuse ou
socio-culturelle des sexes, des services distincts de vulgarisation, constitués
d'agents féminins, devront être établis.

v) Il est, cependant, acceptable de pourvoir les cellules spéciales et les postes de TS,
ayant affaire avec les paysannes, de cadres masculins. Il a même été dit que,
dans certains cas, ceci pourrait même accroître leur crédibilité et leur efficacité;
mais une telle politique aurait également un impact négatif sur l'emploi des
femmes. Par conséquent, ici encore, chaque pays doit déterminer ce qui convient
le mieux à son contexte particulier.

39
4. Répercussions sur les politiques

Les résultats de ces deux semaines de délibérations, en Accra et en Abidjan, sont d'un
intérêt particulier pour certains groupes:

i) Les dirigeants des programmes nationaux de vulgarisation des pays concernés.

ii) Les administrations africaines, c'est-à-dire les responsables non seulement des
politiques de vulgarisation, mais aussi des politiques de croissance agricole et
économique. Ce sont, en effet, les échelons administratifs et politiques qui, outre
la formulation des politiques de l'agriculture, de l'horticulture, de l'élevage et de
la recherche, assurent la planification de ces différents secteurs et décident de
leurs allocations financières.

iii) Les chefs des projets de développement agricole, les agronomes et autres cadres
spécialisés de la Banque mondiale qui sont affectés à la Région Afrique.

iv) Les responsables des politiques au sein de la Banque mondiale.

v) Les autres agences d'aide au développement (BAfD, FIDA), les bailleurs de fonds
et les ONG impliqués dans des projets de développement agricole en Afrique.

Ces discussions pourraient également intéresser d'autres spécialistes, comme les


professeurs des instituts académiques et de formation professionnelles, ainsi que des organisations
internationales, comme le PNUD, la FAO, le CGIAR et le SIRAN. Cependant les cinq groupes
mentionnés ci-avant trouveront ici des conclusions qui indiquent un besoin d'interventions
spécifiques de leur part. Quelques unes des suites possibles de ces débats, susceptibles
d'influencer les politiques et les actions de ces groupes, sont esquissées ci-après:

i) Il y a, en Afrique, une prise de conscience de l'importance des petites exploita-


tions agricoles, tant par le nombre de ménages qui en vivent que par la valeur
de leur production vivrière et d'exportation. Les systèmes complexes de
production utilisés par la majorité des petits fermiers indiquent qu'une action plus
résolue s'impose pour:

a) renforcer les systèmes unifiés de vulgarisation nationale récemment


établis, par opposition aux services relatifs à des cultures spécifiques;

b) concentrer la recherche dans des domaines auparavant négligés, comme


les cultures vivrières orphelines: patates douces, ignames et manioc, les
cultures intercalaires et la gestion des ressources naturelles;

c) aligner les efforts de recherche sur les petits systèmes intégrés de


production en accroissant, notamment, la recherche appliquée sur le
terrain selon l'approche pluridisciplinaire, centrée sur le fermier, utilisée
dans la recherche sur les systèmes de production.

41
ii) Etant donné l'impact potentiel de la vulgarisation par F&V-impact qui a été mis
en lumière dans l'étude de MM. Evenson et Bindlish-il est logique de renforcer
les actions visant à la rendre encore plus efficaces. Dans ce but, il faudra
susciter:

a) un engagement plus profond des responsables de la vulgarisation et des


affectations de ressources plus importantes pour assurer son bon
fonctionnement;

b) une application stricte des principes de base qui sous-tendent ce système


de gestion de la vulgarisation; ce serait, en effet, aller à l'encontre du but
recherché que d'introduire des structures sans respecter les principes du
système de F&V.

iii) Pour éviter la confusion et la dilution des ressources, l'unification des efforts de
vulgarisation est préconisée depuis longtemps. La plupart des participants aux
ateliers ont reconnu, cependant, qu'il n'a pas été possible de réaliser une
unification complète. En outre, de nombreuses autres agences privées de
vulgarisation relative à des produits spécifiques, comme la KTDA, la BAT, etc.,
continuent à fonctionner parallèlement aux systèmes de vulgarisation organisés
selon le système de F&V. A l'avenir, même s'il est difficile d'abandonner les
anciennes structures, les politiques dans ce domaine devraient éviter:

a) la mise en oeuvre de projets de vulgarisation séparés (projets enclaves)


en dehors des programmes nationaux,

b) les projets de vulgarisation qui vont à l'encontre des principes de base


du système (octroi de subventions, livraison d'intrants à domicile ou
crédits liés).

iv) Une riche variété de modifications du système de F&V, adaptées aux réalités
socio-administratives des pays ont été décrites au cours des ateliers. Ceci est non
seulement acceptable, mais encore presqu'inévitable. Néanmoins, bien qu'il n'y
ait pas eu beaucoup de recommandations uniformes sur l'organisation des
services nationaux de vulgarisation, il y a cependant eu unanimité sur trois
points:

a) la vulgarisation doit se préoccuper exclusivement du transfert, dans les


deux sens, de messages entre l'agriculteur et le chercheur et ne doit pas
se livrer à de multiples et diverses activités de développement, telles que
la livraison d'intrants, le crédit, etc.;

b) les agents de vulgarisation sur le terrain étant de plus en plus difficiles


à retenir dans les zones rurales, en raison des conditions de travail, il ne
faut pas céder à la tentation de créer un cadre d'agents de vulgarisation
sous le niveau des agents de terrain; il faut, au contraire, chercher à
mieux équiper l'agent de terrain pour lui permettre d'améliorer ses
relations avec les fermiers et d'en retirer une plus grande satisfaction
professionnelle;

42
c) Bien qu'il soit souhaitable d'octroyer aux agents de vulgarisation des
primes et autres incitations, il faut cependant éviter de gonfler les coûts
et surtout de trop privilégier ces agents par rapport à leurs pairs.

v) Si la privatisation des services de vulgarisation est envisagée, celle-ci doit


commencer par les cultures de rapport et non pas par les cultures vivrières dans
leur ensemble ou par les systèmes intégrés de production à petite échelle. En
fait, les efforts de privatisation doivent commencer par les fournitures d'intrants
et, plus particulièrement, par la production et la distribution des semences, plutôt
que par les services de vulgarisation et de recherche.

vi) Dans certains pays, le cycle de formation (sessions bimensuelles et mensuelles),


semble être devenu irrégulier, soi-disant à cause des coûts logistique et financier.
Mais bien des lacunes et problèmes du système peuvent, en fait, être résolus
simplement par plus d'interaction et une meilleure formation. Par exemple:

a) tenter avec persévérance d'améliorer la qualité de la formation grâce à


des modules didactiques destinés à inculquer des aptitudes d'observation
et de direction,

b) promouvoir les interactions entre le formateur et les participants et


provoquer un feed-back des problèmes des fermiers vers les chargés de
recherches,

c) favoriser les discussions en petits groupes, recourir à des jeux pour


apprendre la gestion, organiser des excursions sur le terrain, etc.

vii) Les programmes de vulgarisation doivent porter plus d'attention aux paysannes.
En pratique, ceci signifie qu'il faut:

a) donner une nouvelle formation aux agents féminins: si celles-ci n'ont


qu'une formation en économie ménagère et nutrition, elles doivent être
familiarisées avec les techniques de culture et d'élevage, l'horticulture,
la pêche, les méthodes de vulgarisation, etc.;

b) recruter un cadre d'agents féminins là où des barrières socio-culturelles


empêchent effectivement l'interaction des vulgarisateurs masculin avec
les paysannes et former ces agents à la vulgarisation sur le terrain;

c) encourager le recrutement de femmes dans l'administration publique;

d) promouvoir, en corollaire au point précédent, l'admission des femmes


dans les instituts d'enseignement;

e) sensibiliser tous les agents de vulgarisation à reconnaître et apprécier le


rôle des femmes dans les systèmes de production agricole;

f) renforcer par la formation, sur base prioritaire, la capacité de diagnostic


local des entraves à l'accroissement de la productivité des paysannes et
du potentiel d'amélioration dans ce domaine;

43
g) impliquer délibérément les femmes comme les hommes dans la fixation
du calendrier de recherche ainsi que dans le suivi et l'évaluation des
efforts de vulgarisation;

h) définir les moyens appropriés pour obtenir l'attention des paysannes


programmer les activités à des moments qui leur conviennent, les rencon-
trer en groupes, les organiser activement en cellules de contact, etc.

viii) La gestion des ressources naturelles est un sujet de préoccupation grandissante.


Les messages de vulgarisation peuvent et doivent comprendre des conseils sur la
gestion des sols et la conservation de l'eau au niveau de l'exploitation. En même
temps, les problèmes complexes d'intégration de la gestion des ressources
naturelles dans les services de vulgarisation agricoles qui ont, par ailleurs, été
soulevés au cours des ateliers, doivent être examinés plus profondément. Un
dialogue entre les responsables des programmes de gestion des ressources
naturelles et ceux de vulgarisation par F&V est indispensable pour explorer les
possibilités de collaboration et d'harmonisation de leurs perspectives.

ix) En vue d'améliorer les relations entre la vulgarisation et les autres services, il est
indiqué de ne pas insister sur la création de nouvelles structures institutionnelles,
mais plutôt de mettre l'accent sur la modification des comportements (ce qui a
été qualifié de "réalignement émotionnel" dans un des rapports nationaux).

x) Les participants aux deux ateliers ont fortement insisté sur le besoin de créer un
centre régional ou international pour l'échange régulier d'expériences et d'idées
nouvelles dans le domaine de la vulgarisation, qui serait aussi un centre
d'excellence pour la formation, la documentation et l'évaluation des méthodes de
vulgarisation. Ceci réclame, évidemment, l'élaboration d'une proposition bien
définie, afin d'obtenir les engagements nécessaires. Entre temps, un bulletin
périodique pourrait être lancé pour amorcer les échanges d'idées et d'expérien-
ces.

xi) Dans chacun des ateliers, les participants ont exprimé un intérêt pour les résultats
des délibérations de l'autre. Lors de la dernière séance de l'atelier d'Abidjan,
il a été spontanément demandé que soit brièvement esquissé ce qui s'était passé
en Accra la semaine précédente. Comme le montrent les observations du
chapitre 5, il y a eu de nombreux domaines de convergence-et quelques points
de divergence-dans les perspectives dégagées par les discussions d'Accra et
d'Abidjan. Il semble donc qu'un dialogue panafricain sur ces points se justifie.
En pratique, ceci implique qu'il faut bientôt commencer les travaux de
préparation d'une conférence des responsables africains des politiques de
vulgarisation.

44
C -

Avant et après l'adoption des


pratiques culturales recomman-
-r-r- -' "~ - dées, semis en lignes.
M~~~~- -

'I

_~Mr - - p

La vulgarisation implique les i


fermiers du Sahel dans la con- W.
servation des sols et de l'eau _
grâce à la construction de di- ____

guettes de pierres ou de végé v -


taux. s. l - , 1 _

45
5. Comparaisondes sessions d'Accra et d'Abidjan

Une trentaine de pays africains sont actuellement en train de mettre


sur pied des services
de vulgarisation réorganisés selon le système de F&V. Vingt-sept
d'entre eux ont participé aux
ateliers d'Accra ou d'Abidjan, organisés par la Banque, en
janvier 1993. Celui d'Accra a
accueilli 10 pays anglophones et celui d'Abidjan 17 pays francophones.
De nombreux problèmes
communs ont été évoqués au cours des discussions, mais quelques
perspectives divergentes sont
également apparues.

Préoccupations communes

Dans les deux ateliers, le sujet de discussion a été la


vulgarisation agricole avec des
objectifs identiques: partager les expériences sur la mise
en place du système de F&V et réfléchir
ensemble aux moyens de le rendre plus efficace à l'avenir. (Voir annexes
1 et 2 pour plus de
détails).

Deux orateurs invités se sont adressés aux deux ateliers. M.


E. V. K. Jaycox, vice-
président de la Banque mondiale, a dressé une perspective générale
des interventions de la Banque
dans le développement de l'Afrique et M. R. Evenson , professeur à l'Université
de Yale, a
présenté l'étude d'évaluation du système de F&V, mettant un
accent particulier sur l'étude du
Kenya à l'atelier d'Accra et sur l'étude du Burkina Faso
à celui d'Abidjan. En outre,
M. K. M. Cleaver a fait un exposé sur la stratégie de la Banque
mondiale pour le développement
agricole en Afrique subsaharienne à la session d'Abidjan. En revanche,
M. B. Haverkort a parlé
devant l'atelier d'Accra du rôle des fermiers dans le développement
des technologies.
Pour ce qui est des discussions, aussi bien en Accra qu'en Abidjan, les délégués
nationaux ont pris le contrôle des débats. Ils ont discuté très
franchement de leurs problèmes
(difficultés à obtenir les financements et l'engagement de leurs
administrations, manque de
coordination avec d'autres agences, questions de formation
technique et de réorientation des
attitudes, etc.) et des solutions possibles pour surmonter ces
contraintes. Les deux ateliers ont
identifié, plus ou moins, les mêmes thèmes pour leurs groupes
de travail: a) Problèmes de
gestion, b) Formation, c) Problèmes technologiques et d) Vulgarisation
pour certaines catégories
d'agriculteurs ou Participation des groupes de fermiers aux
activités de vulgarisation.
Divergences

Des discussions générales dans les deux ateliers il apparaît que


certains problèmes ont été
mieux éclairés dans l'atelier d'Abidjan que dans celui d'Accra.
Il s'agit des problèmes
d'intégration de la gestion des ressources naturelles avec la vulgarisation
et des questions plus
générales concernant les marchés mondiaux des produits agricoles,
les taux de change, les
fluctuations des cours des produits de base, etc. Il est possible
que l'exposé de stratégie de
M. Cleaver ait suscité ces préoccupations.

Par ailleurs, à l'atelier d'Accra, les débats ont surtout porté


sur les problèmes de
coordination avec les autres agences concernées, particulièrement
en relation avec l'approvi-
sionnement des intrants, et sur les doutes persistants quant
à l'efficacité de la vulgarisation en
l'absence de services fournissant les semences, les engrais
et le crédit.

47
L'accès des services de vulgarisation jusqu'aux paysannes a été soulevé dans les deux
ateliers. Mais ce point a peut-être été discuté plus en profondeur en Accra qu'en Abidjan. Une
plus grande clarté conceptuelle et analytique semble, cependant, être nécessaire pour que la
vulgarisation réponde plus franchement à ce problème. Néanmoins, quelques statistiques
importantes et des réactions très intéressantes ont été exprimées dans les deux ateliers sur le rôle
des femmes dans les systèmes de production agricole des pays africains.

Recommandations des groupes de travail

Quant aux délibérations des groupes de travail, il y a quelques comparaisons intéressantes


à faire entre les recommandations faites dans chacun des ateliers.

En ce qui concerne la gestion, les suggestions communes qui se sont dégagées concernent
la nécessité d'avoir une politique agricole nationale qui reconnaît l'importance de la vulgarisation,
le besoin d'allocations budgétaires accrues et disponibles en temps utile sur le terrain, ainsi que
l'importance d'un engagement à long terme de la Banque mondiale pour le soutien de ces
systèmes de vulgarisation. La priorité à la formation, à tous les échelons, a également été
recommandée.

Une suggestion intéressante, faite en Accra, consiste à poursuivre la privatisation d'autres


services, comme la fourniture des intrants agricoles qui est actuellement assurée par des entités
parapubliques, et mettre les fonds ainsi libérés à la disposition des services de vulgarisation qui
doivent rester dans le secteur public. En contraste, les participants d'Abidjan ont proposé
l'instauration d'un mécanisme de collaboration entre l'administration, les ONG et la vulgarisation.
Ce même groupe d'Abidjan a aussi spécialement mentionné le besoin d'une protection contre les
variations des taux de change et celui d'un assouplissement des conditionalités de la Banque, etc.

Le groupe de travail d'Accra sur la formation a voulu élargir son titre pour couvrir
également la valorisation des ressources humaines. Mais leurs recommandations finales,
présentées en séance plénière, portaient principalement sur deux aspects de la formation: le
besoin d'une formation plus participative, qui répond bien aux compétences requises aux divers
niveaux, et la nécessité de réviser les programmes. En revanche, le groupe de travail d'Abidjan
s'est révélé beaucoup plus préoccupé par la gestion des ressources humaines, mettant l'accent sur
le déroulement des carrières, les incitations, le déploiement rationnel du personnel en fonction
de ses aptitudes et de sa formation, etc.

Dans les deux ateliers, les discussions ont mis en évidence l'importance cruciale de la
formation, qui est vraiment à la base du système de vulgarisation par F&V. Il y a aussi été
profondément ressenti un besoin d'échanger continuellement les idées et de partager les
expériences, besoin qui pourrait être facilité par l'établissement d'un centre régional pour la
documentation et la formation. A ce sujet, il a été remarqué qu'il existe un certain nombre
d'instituts du CGIAR pour le développement des technologies agricoles, mais qu'il n'y a,
aujourd'hui, aucune institution jouant le rôle de centre d'information sur les réussites, les
problèmes et les échecs de gestion des services de vulgarisation. Un tel centre pourrait servir
effectivement de forum pour la conceptualisation de stratégies efficaces et la formation du
personnel en vue de mieux servir les fermiers.

En ce qui concerne le développement des technologies, les deux groupes de travail


d'Accra et Abidjan ont conclu à la nécessité de renforcer la liaison entre la vulgarisation et la
recherche et d'impliquer les agriculteurs dans la mise au point des technologies. Mais le groupe

48
d'Accra a indiqué plus spécifiquement que les pouvoirs publics et les bailleurs
de fonds doivent
soutenir un plan national de recherche et de vulgarisation. Ce groupe a également
insisté sur le
besoin d'accentuer la recherche en milieu paysan qui implique la participation
des chercheurs,
des vulgarisateurs et des fermiers. Il a aussi fait mention des approches pluridisciplinaires
telles
que la recherche sur les systèmes de production.

Par ailleurs, le groupe de travail d'Abidjan s'est vivement intéressé à la manière


dont la
gestion des ressources naturelles peut être intégrée à la vulgarisation.
En fait, lors de la séance
plénière, il y a eu un débat pour tenter de définir si cette question devait faire
l'objet d'un groupe
de travail distinct. Les débats à ce sujet ont été fort animés, mais aucun consensus
n'a finalement
été dégagé. En fin de compte, ce point n'a pas fait l'objet de délibérations séparées,
mais a été
inclus au programme du groupe chargé de discuter du développement des
technologies. Ainsi,
plusieurs questions portant sur une meilleure intégration de la gestion des
ressources naturelles
dans les messages de vulgarisation restent encore à approfondir. Il est d'ailleurs
évident que les
avis des vulgarisateurs sur la gestion des exploitations individuelles peuvent
inclure des conseils
sur la gestion de la base de ressources-comme, par exemple, celle d'un
bassin fluvial qui
requiert des actions concertées-et doivent résulter d'analyses en profondeur.

Enfin, les séances plénières d'Accra et d'Abidjan, ont divergé dans leur
choix du
quatrième thème de discussion. Le thème du groupe de travail d'Accra
était Mettre la
vulgarisation à la portée des groupes spéciaux, tandis que celui du groupe
de travail d'Abidjan
était Impliquerles associationsdefermiers dansla vulgarisation.Par conséquent,
les participants
d'Accra ont discuté de la manière d'atteindre certaines catégories spéciales d'agriculteurs,
comme
les paysannes, les jeunes, les nomades, les éleveurs, etc., alors qu'à l'atelier
d'Abidjan, l'accent
a été mis sur les associations d'agriculteurs, comme les syndicats, les coopératives, etc.

Il est cependant intéressant de constater que, malgré cette différence de thème


spécifique,
ces groupes de travail ont exprimé essentiellement les mêmes préoccupations,
à savoir, qu'il est
impératif que la vulgarisation réponde aux besoins de certaines catégories spéciales
d'agriculteurs.
Les recommandations des deux groupes sur les modalités d'amélioration
des liens entre la
vulgarisation et ces catégories spéciales ont été substantiellement les mêmes.
Ainsi, dans les deux
ateliers, l'importance d'un bon diagnostic a été soulignée, le besoin de technologies
pertinentes
a été répété et la nécessité de former ou sensibiliser les agents sur le terrain
aux particularités des
catégories spéciales d'agriculteurs a été reconnue. En outre, les deux groupes
se sont prononcés en faveur de l'intégration (mainstreaming) des femmes dans les services de
vulgarisation, plutôt que leur marginalisation par des projets distincts et des
cadres séparés.
Conclusion

En somme, la qualité des analyses et des délibérations a été très élevée dans
les deux
ateliers. Le grand nombre de préoccupations communes et les différences identifiables,
dans les
approches et les solutions, permettent de penser qu'un Dialogue panafricain
sur ce sujet
justifierait largement les investissements en temps et organisation. Les interventions
des délégués
nationaux dans les ateliers d'Accra et d'Abidjan ont montré qu'il est nécessaire
de discuter
périodiquement de l'évolution des systèmes de vulgarisation par F&V dans le contexte
africain
et de partager les expériences dans l'amélioration de l'efficacité de ces systèmes. L'organisation
d'une conférence panafricaine, mettant en lumière les principales préoccupations
exprimées en
Accra et en Abidjan, serait donc la prochaine étape logique de la Banque pour
maintenir son
appui au développement agricole et institutionnel du continent africain.

49
Lilongwe en perspective
la
Deux ans plus tôt, la Banque avait organisé un atelier sur les problèmes de
en 1991, à Lilongwe
vulgarisation en Afrique pour ses propres cadres. Cet atelier, qui eut lieu
but de
(Malawi), avait été conçu comme prélude à ceux d'Accra et d'Abidjan. Il avait pour
d'identifier les questions qui devaient être discutées par les responsables nationaux de l'exécution
sont
des projets de vulgarisation dans ces deux ateliers. Maintenant que ces délibérations
terminées, il est possible de déterminer si les discussions ont répondu aux attentes.

Les points soulevés à Lilongwe ont été traités bien plus en profondeur dans les ateliers
problèmes
de 1993. Les participants avaient manifestement une très bonne compréhension des
le système de F&V.
complexes associés à la réorganisation des services de vulgarisation selon
La plupart des délégués ont, d'ailleurs, manifesté leur vive appréciation de cette opportunité
remarquable qui leur a été offerte par cet échange d'expériences.

Sur un point, cependant, il y a eu une différence de perception entre l'atelier de Lilongwe


pas
et ceux d'Accra et d'Abidjan. A Lilongwe, le consensus général avait été qu'il n'était
place un
nécessaire de satisfaire à un minimum de conditions préalables avant de mettre en
système effectif de vulgarisation. Ces conditions étaient: les services d'appui, les infrastructures
rémunéra-
rurales, l'engagement de l'administration, un cadre favorable de politiques, des prix
que ces
teurs pour les produits agricoles, etc. L'atelier de Lilongwe avait, en effet, conclu
conditions ne devaient pas être remplies préalablement au démarrage des services de vulgarisation
et qu'il suffisait d'un minimum de soutien politique pour lancer les activités de vulgarisation.
place, ils
De plus, il était implicite qu'une fois que ces services de vulgarisation seraient mis en 5.
feraient pression sur tous les autres services agricoles afin qu'ils deviennent plus efficaces'

Mais cette hypothèse, même si elle n'a pas vraiment été démentie par les évènements
et
ultérieurs, restait encore un sujet à débattre (mais non débattu) lors des ateliers d'Accra
de a
d'Abidjan. Des exemples ont été donnés, dont celui de l'année 1991, où le système
F&V
et
été introduit en Zambie, qui a été une année de sécheresse, avec 75 % des recoltes perdues,
campagne de démonstrations organisée
comment ce phénomène a eu un impact très négatif sur la
guerre
par la vulgarisation cette année-là. A peu près à la même époque, l'éclatement d'une
a
civile en Ethiopie, qui a entraîné plus tard une restructuration majeure du cadre administratif,
également provoqué une rupture dans l'exécution harmonieuse du programme de vulgarisation
l'absence
dans ce pays. Plusieurs autres pays ont rapporté que la vulgarisation était entravée par
Il est
de systèmes effectifs pour la fourniture des intrants ou la mise au point de technologies.
à de tels
donc clair que le processus de réforme de la vulgarisation en Afrique est vulnérable
une plus large mesure que ne l'avait anticipé les
contextes physiques et politiques dans
politique peut avoir un effet sensible sur
participants à Lilongwe. Il est certain que la stabilité
et
l'impact de la vulgarisation. Par conséquent, les grands problèmes de stabilité politique
économique du continent devront donc être abordés, au niveau des politiques, par les gouverne-
de
ments africains et la Banque mondiale, avant que puisse être largement démontré le potentiel
la vulgarisation dans l'amélioration de l'agriculture.

Les études de cas au Burkina Faso et au Kenya ont prouvé l'efficacité de la vulgarisation
peut
par F&V. Ce système est maintenant adopté dans quelque 30 pays africains. S'il
fonctionner comme prévu, il pourra améliorer substantiellement les performances de l'agriculture
des
et les niveaux de vie dans les zones rurales. Néanmoins, les niveaux démontrés de rentabilité
seront pas réalisables en l'absence de
investissements dans la recherche et la vulgarisation ne
stabilité politique et économique dans ces pays.

50
Prochaine étape

Il s'avère donc que c'est l'engagement politique qui est la plus cruciale
des variables au
stade actuel. Ce sont les responsables des politiques des pays africains
qui devront établir et
offrir un environnement propice à la vulgarisation. Déjà, en Accra et en Abidjan, les participants
francophones et anglophones ont manifesté un intérêt réciproque
pour les délibérations de l'autre
atelier. Ils ont montré leur compréhension des problèmes et
leur crainte des entraves qu'ils
rencontrent pour établir une vulgarisation plus efficace. Un dialogue
panafricain sur les questions
de politique générale semble donc être la prochaine étape logique.

51
- - -
Annexe 1 : Délibérationsde l'atelier d'Accra

Bien que le thème dominant des deux ateliers sur la vulgarisation en Afrique aient été le
même, à savoir l'amélioration de l'efficacité de la vulgarisation agricole en Afrique subsaharien-
ne, il a été estimé nécessaire, pour des raisons de logistique et de langue, de tenir consécutive-
ment les deux sessions, respectivement en Accra et en Abidjan.

Dix pays anglophones ont participé à l'atelier d'Accra : l'Ethiopie, la Gambie, le Ghana,
l'Ile Maurice, le Kenya, le Malawi, le Nigéria, l'Ouganda, la Tanzanie et la Zambie. Tous ces
pays se trouvaient à divers stades de la mise en oeuvre de programmes nationaux de vulgarisation
selon le système de F&V avec le soutien de la Banque.

Ces pays étaient représentés par de hauts fonctionnaires impliqués dans la gestion des
services nationaux de vulgarisation: dirigeants de la vulgarisation, chefs de divisions des
ministères de l'Agriculture et de l'Elevage, directeurs d'établissements de formation,
administrateurs des instituts nationaux de recherche, etc. Des cadres de la Banque mondiale et
des représentants d'autres agences d'aide, y compris quelques ONG, étaient également présents,
ainsi quelques délégués d'entreprises parapubliques. Une liste complète des participants et des
experts invités est donnée à l'annexe 4.

Ce bref rapport sur les délibérations d'Accra se compose de cinq parties

I. Orateurs invités
Il. Rapport sur l'évaluation de la vulgarisation par le système de F&V
III. Résumé des débats sur les monographies nationales
IV. Conclusions et recommandations des groupes de travail
V. Remarques de clôture

I. Orateurs invités

La séance inaugurale a été présidée par le Représentant résident de la Banque mondiale


au Ghana, M. Ravi Kanbur. L'invité d'honneur était S.E. Ibrahim Adam, Ministre de
l'Agriculture ad interim du Ghana.

Dans son allocution d'ouverture, M. Ravi Kanbur a déclaré que le point central du débat
sur les politiques de développement était le rôle des pouvoirs publics : quels étaient les domaines
et activités de développement qui incombaient directement à l'administration et quelles étaient les
aspects qui devaient être laissés au secteur privé. Néanmoins, la vulgarisation agricole elle-même
est restée au dessus de ce débat, car elle s'occupe de connaissance et de savoir. Or, le savoir est
dans le domaine public, ce qui explique pourquoi la vulgarisation est devenue un service public
dans de nombreux pays. Cependant, d'après M. Kanbur, la façon dont il faut exploiter le
système de vulgarisation n'a pas été suffisamment débattue, aussi a-t-il indiqué qu'il espérait que
les délibérations de l'atelier allaient offrir de nouvelles perspectives et concentrer l'attention sur
une meilleure exécution des projets de vulgarisation agricole dans les pays participants.

Ensuite, S.E. Ibrahim Adam, Ministre de l'Agriculture du Ghana, a fait remarquer que
la vulgarisation se révèle être un des éléments clés à renforcer pour renverser la tendance au

53
déclin de la production alimentaire par habitant en Afrique. Il y a eu déjà de nombreux
séminaires consacrés à ce sujet et la documentation qui s'y rapporte est abondante. Pourtant, les
problèmes perdurent, en particulier celui du faible niveau des allocations budgétaires. Il a
souligné la nécessité d'examiner les aspects suivants de la vulgarisation:

i) Veiller à ce que les vulgarisateurs s'intègrent complètement à l'environnement


socio-culturel et économique dans lequel ils travaillent.

ii) Donner l'importance qui convient aux problèmes spécifiques des femmes dans
le cadre des services aux agriculteurs.

iii) Inclure les problèmes de nutrition dans les messages de vulgarisation.

iv) Réaliser une collaboration adéquate entre les experts locaux et étrangers.

v) Modérer, dans une certaine mesure, l'accent mis sur les aspects technique et
scientifique de la technologie et concentrer l'attention sur l'environnement
sociologique pour s'assurer que le vulgarisateur est totalement intégré dans la
communauté rurale qu'il, ou elle, cherche à servir.

Il a encore ajouté que la recherche, la production, la transformation et la commerciali-


sation des produits agricoles étaient toutes étroitement liées et qu'une meilleure intégration de ces
processus était nécessaire.

M. Daniel Benor, de la Banque mondiale, s'est fait l'écho des sentiments exprimés par
le Ministre et a rappelé qu'il a toujours souligné que le rôle de la vulgarisation n'était pas
simplement d'augmenter la production des fermiers, mais encore d'accroître leurs revenus et leur
qualité de vie. C'est là un objectif important que tous les vulgarisateurs devaient poursuivre avec
persévérance.

M. Bertus Haverkort, d'ILEIA, a présenté, en séance plénière, un exposé sur le rôle des
fermiers dans le développement des technologies. L'absence de technologies appropriées et à
faible coût pour les agriculteurs privés de ressources avait déjà été mentionnée à plusieurs reprises
durant les présentations nationales. Ce fait était aussi apparu lors de l'atelier de Lilongwe, en
1991, où il a également été remarqué que la formation du personnel de vulgarisation avait
tendance à se faire du sommet vers la base et était souvent centrée sur la consommation d'intrants
onéreux, plutôt que de s'appuyer sur des technologies peu coûteuses, pour améliorer les
rendements et la fertilité des sols, protéger l'environnement et réduire les pertes.

Pour répondre à ces problèmes, M. Haverkort a souligné l'importance du recours aux


ressources localement disponibles, ainsi que le rôle des connaissances indigènes et des
expérimentations des fermiers, en tant que moyen de consolidation des connaissances pratiques
des agriculteurs et du savoir scientifique des chercheurs. A cet égard, les services de recherche
sur les systèmes de production et les services de vulgarisation, de même que quelques ONG, sont
aujourd'hui en train de développer utilement leur expérience.

Dans les zones accidentées et de caractéristiques diverses, exposées aux risques naturels,
les fermiers ont, au fil du temps, mis au point une grande variété de systèmes de production
adaptés aux circonstances agro-écologiques particulières à leur région. Généralement, ces
agriculteurs visent spécialement à obtenir sûrement des récoltes régulières, plutôt que des

54
rendements maximum. Ils ont ainsi adopté des pratiques intégrées de culture qui reposent
essentiellement sur les ressources disponibles localement. Certains de ces processus ont
surexploité la base de ressources naturelles et d'autres ont réussi à maintenir un bon équilibre de
ces ressources, mais, dans tous les cas, ces pratiques font partie intégrante d'une solide tradition.

Il a aussi été démontré qu'au sein de ces systèmes traditionnels, les changements résultent
d'innovations indigènes. Les fermiers ont tendance à expérimenter: ils comparent les résultats
obtenus au fil du temps et sur différents champs afin d'ajuster leurs pratiques agricoles. Ces
expériences des agriculteurs ne sont peut-être pas systématiques, mais se sont souvent révélées
cruciales pour la recherche et le développement.

De nombreux promoteurs du développement en Afrique soulignent aujourd'hui combien


il est important de tirer pleinement parti des ressources locales et de n'utiliser les intrants
extérieurs qu'à titre de complément. De tels systèmes de production sont évidemment tributaires
des ressources locales et sont spécifiques à un site donné. Citons, à titre d'exemple, les systèmes
agro-forestiers améliorés, la retenue de la couche arable et de l'eau par des diguettes perméables,
l'intégration de l'agriculture avec l'élevage et l'aquaculture, les cultures intercalaires
de
légumineuses et de céréales, le recours à des variétés améliorées et l'utilisation de pesticides
biologiques produits localement.

Pour la mise au point de semblables systèmes, il faut que la vulgarisation et la recherche


prêtent une attention spéciale aux connaissances des fermiers et développent des moyens
d'appliquer ce savoir au perfectionnement de la technologie agricole.

Il. Rapport sur l'évaluationde la vulgarisationpar le système de F&V

Les études d'évaluation du professeur Evenson et de ses équipes du Burkina Faso et


du
Kenya illustrent que, bien que les systèmes qui existaient dans ces pays avant l'introduction de
la vulgarisation par F&V donnaient de bons résultats, le nouveau système a considérablement
accru l'efficacité de la vulgarisation. Selon les calculs les plus prudents, le taux de rentabilité
des investissements complémentaires requis par un système organisé selon les principes de F&V
est supérieur à 120 %. Ces résultats ont été obtenus à partir de données récoltées au Kenya,
auprès d'un vaste échantillon de fermiers sélectionnés aléatoirement.

L'étude au Kenya a montré que le taux d'adoption des messages entraînant des achats
d'intrants était faible, tandis celui des messages donnant lieu un travail plus important était
relativement élevé. Des discussions sur ce point ont mené à la conclusion que le choix des
technologies à tester ou à vulgariser devaient faire l'objet d'un diagnostic initial minutieux du
groupe ciblé, car il avait été démontré, dans certains pays, que l'adoption de nouvelles
technologies avait été entravée, soit parce que ces dernières exigeaient plus de travail, soit parce
que la quantité recommandée d'intrants à acheter était incorrecte.

Se fondant sur les résultats de ces études, le professeur Evenson a suggéré que la
vulgarisation pouvait à elle seule contribuer jusqu'à 2 % supplémentaires à la croissance annuelle
de l'agriculture, ce qui peut être considéré comme un rendement très élevé de l'investissement
consacré à la réforme d'un système de vulgarisation selon les principes de F&V.

Bien que la vulgarisation donne généralement d'excellents résultats, les études ont
identifié des améliorations spécifiques qui peuvent lui être apportées

55
i) La gestion de la vulgarisation ne doit pas négliger les régions à faible potentiel.
En effet, ces régions réagissent souvent mieux à la vulgarisation et obtiennent des
accroissements relativement plus importants de productivité.

ii) Les TS qui participent à la recherche en milieu paysan tendent à obtenir de


meilleurs résultats que les autres.

iii) Les agents de vulgarisation de terrain les plus instruits n'ont pas nécessairement
de meilleures performances que leurs collègues moins bien formés.

iv) La valeur ajoutée par le personnel de supervision tend à décroître avec le nombre
des niveaux de cette supervision. Les frais généraux des services de vulgarisa-
tion doivent rester aussi limités que possible, car ce sont les contribuables qui,
en fin de compte, supportent les coûts de leur fonctionnement.

Quoi qu'il en soit, les études du professeur Evenson font ressortir que le financement de
la vulgarisation constitue un des meilleurs investissements dans le secteur agricole.

III. Monographies nationales

Pendant les trois premières séances de l'atelier, les participants ont décrit l'expérience
de leurs pays respectifs dans l'organisation et la mise en oeuvre de systèmes de vulgarisation
professionnelle et ont ainsi mis en relief les problèmes clés qui ont été rencontrés.

Après la présentation de ces monographies nationales, les participants, ainsi que les
animateurs, le Dr. Burton Swanson et le Dr. Aruna Bagchee, ont donné leurs commentaires et
ont attiré l'attention sur certains problèmes communs, ou particulièrement significatifs, ou sur des
points qui semblaient devoir être discutés de manière plus approfondie.

Les principaux problèmes qui ont été soulevés pendant ces discussions sont résumés ici
par le Dr. Swanson.

i) ASPECTS ORGANISATIONNELS

a) Le système unifié de vulgarisation en comparaison avec les systèmes


multiples

b) Les relations entre les projets financés par des bailleurs de fonds et les
systèmes de vulgarisation spécifique concernant un seul produit

c) L'intégration des systèmes de vulgarisation agricole et de vulgarisation


de l'élevage

d) La décentralisation des services agricoles

ii) LiAiSONS ENTRE LA RECHERCHE, LA VULGARISATION ET LES FERMIERS

a) Le rôle et le siège administratif des TS

56
b) Les mécanismes d'amélioration des liens entre la recherche et la
vulgarisation

c) La lenteur de la génération de technologies par la recherche-Les fermes


sont également des sources de technologies nouvelles ou modifiées

d) Rôle des TS dans la création ou l'adaptation des technologies

iii) MÉTHODES DE VULGARISATION

a) Le ciblage des groupes spéciaux (paysannes, jeunes agriculteurs,


cultivateurs de régions marginales, etc.)

b) Les techniques et méthodes nouvelles de vulgarisation (mini-démonstra-


tions par exemple)

c) L'utilisation accrue des approches de groupes qui sont bien plus rentables
pour diffuser les messages

d) L'amélioration du matériel didactique et l'augmentation du nombre de


présentations visuelles (diapositives, etc.)

iv) PROBLÈMES FINANCIERS

a) Le financement de la vulgarisation est souvent insuffisant pour couvrir


les charges récurrentes du système

b) Une rémunération trop faible des agents peut provoquer une rotation
élevée du personnel

c) La survie des systèmes de vulgarisation après l'expiration du financement


par les bailleurs de fonds

V) VALORISATION ET GESTION DES RESSOURCES HUMAINES

a) La pénurie de TS bien formés et le trop petit nombre d'agents sur le


terrain

b) L'aptitude des TS à dispenser une formation sur le tas

c) Nécessité de mieux différencier l'apprentissage sur le tas et la formation


professionnelle (c'est-à-dire entre le renforcement des capacités et le
perfectionnement des compétences)

d) La formation des formateurs

e) Les problèmes de gestion du personnel

57
vi) SERVICES AGRICOLES DIVERS

a) Le rôle et la responsabilité de la vulgarisation dans le domaine du crédit

b) Le rôle de la vulgarisation dans la commercialisation

c) Les relations avec les services privés de vulgarisation

vii) SERVIR LES PAYSANNES ET LES GROUPES SPÉCIAUX

a) Le recyclage des agents féminins de vulgarisation dans les technologies


de production agricole

b) Le recours aux approches de groupe pour atteindre les paysannes

c) L'intégration des femmes plutôt que l'établissement de programmes


séparés pour celles-ci

d) Le recrutement et la formation d'un plus grand nombre de femmes dans


tous les services agricoles, y compris la recherche et la vulgarisation

e) La sensibilisation du personnel masculin de la vulgarisation (directeurs,


superviseurs, TS et personnel de terrain) aux problèmes des paysannes

f) L'organisation des séances et programmes de vulgarisation en fonction


de la disponibilité des paysannes

viii) AIDER LES FERMIERS À S'ORGANISER

a) La facilitation de l'accès des petits exploitants au crédit, aux intrants, aux


marchés et aux technologies par le truchement de groupes et d'organisa-
tions de fermiers

b) L'augmentation de la participation des agriculteurs à l'élaboration des


programmes de vulgarisation et à l'établissement des priorités

c) La plus grande participation des petits exploitants et des paysannes à la


mise au point et à la modification des technologies grâce aux essais sur
le terrain

ix) PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT, GESTION DES RESSOURCES NATURELLES ET


TECHNOLOGIES DURABLES

a) L'intégration des préoccupations écologiques dans les messages de


vulgarisation

b) La mise à profit des connaissances des fermiers pour créer des technolo-
gies durables

58
Le Dr. Bagchee a souligné qu'il y avait manifestement de nombreux aspects encoura-
geants dans la performance des services réformés de vulgarisation. Cependant, offrir des services
intégrés de vulgarisation (utilisant le même personnel de terrain pour disséminer indifféremment
les informations sur les cultures, l'élevage, l'horticulture, la pêche, etc.) exige un degré
de
coordination et de coopération entre plusieurs départements de l'administration qui semble
difficile à réaliser. Il n'est pas facile, en effet, d'obtenir des changements d'attitude de la
part
de la bureaucratie. Il faut donc que les groupes de travail discutent plus en détail des méthodes
propres à briser cette résistance.

D'autres points saillants du débat ayant des implications opérationnelles pour les
programmes de vulgarisation sont résumés ci-après:

i) Certains pays ont constaté qu'il était problématique de conduire les programmes
bimensuels et mensuels de formation pour deux raisons: le manque de fonds et
l'absence de nouveaux messages à communiquer. Pour résoudre le premier de
ces problèmes, de sérieux efforts devraient être fait pour rendre disponible en
temps utile les budgets de fonctionnement. Par ailleurs, pour éviter les séances
répétitives, une plus grande attention devrait être portée à la fois au contenu de
ces séances et à leur méthodologie.

ii) Plusieurs pays avaient des expériences en cours sur la manière d'approcher les
fermiers en groupes et sur d'autres méthodes indigènes visant à obtenir un effet
multiplicateur; de telles innovations ont été très bien accueillies.

iii) Quelques pays, tels que le Nigéria, la Tanzanie et la Zambie, avaient adopté, en
vue de renforcer leur action pluridisciplinaire, des méthodes de recherche
agricole appliquée similaires à celles de la recherche sur les systèmes de produc-
tion. Il pourrait être intéressant de suivre la manière dont les liens opérationnels
entre la vulgarisation et la recherche sur les systèmes de production ont été
établis.

iv) La réticence des agents de vulgarisation-hommes et femmes-à vivre dans les


zones rurales mal équipées en écoles et moyens de communication a été signalée.
La solution à ce problème ne semble pas, cependant, être la création d'un autre
intermédiaire d'agents moins qualifiés pour assurer la vulgarisation sur le terrain
dans les régions reculées. Il faut, au contraire, mieux équiper les agents
vulgarisateurs pour qu'ils puissent retirer une satisfaction professionnelle dans
l'amélioration de la vie des communautés rurales qu'ils servent.

v) Le nombre de thèmes à introduire dans le système intégré de vulgarisation doit


dépendre de la combinaison d'activités dans lesquelles les fermiers locaux sont
engagés et non d'exercices artificiels visant à fusionner toutes les branches de
l'agriculture en une seule.

Parlant en termes généraux, le Dr. Bagchee a fait remarquer que les bons systèmes de
vulgarisation semblaient être ceux qui ont porté suffisamment d'attention au milieu
socio-
économique dans lequel ils évoluaient, qui ont clarifié les rôles et qui ont établi une coordination
harmonieuse entre les agences concernées et les fermniers. Il est également vrai
que, malgré le
taux élevé d'alphabétisation des agriculteurs de l'Ile Maurice ou les efforts déployés pour
publier

59
des brochures sur la vulgarisation en Tanzanie, il y a toujours un grand besoin d'interactions
personnelles entre le vulgarisateur et le fermier.

IV. Conclusions et recommandations des groupes de travail

Après la discussion des monographies nationales, les participants ont été répartis en quatre
groupes de travail en vue d'une analyse plus approfondie des thèmes choisis. Leurs conclusions
ont été présentées et discutées en séance plénière et ont conduit à l'adoption d'une série de
recommandations.

GROUPE A: GESTION

i) Les politiques agricoles doivent souligner l'importance cruciale des services de


vulgarisation dans le développement agricole.

ii) Des efforts doivent être fait pour renforcer les liaisons et définir les rôles
respectifs des différentes entités, tant au sein du ministère de l'Agriculture qu'à
l'extérieur de ce dernier, qui ont une action complémentaire à celle des services
de vulgarisation.

iii) Il faut donner la priorité à l'allocation et à la disponibilité en temps utile des


fonds nécessaires à la vulgarisation sur le terrain.

iv) Les efforts de privatisation des autres services agricoles, spécialement la


distribution d'engrais et de semences, doivent être poursuivis.

v) Le rôle de la gestion au niveau du terrain doit être reconnu et appuyé par une
formation pertinente et des conseils pratiques.

vi) Les cadres de supervision doivent avoir une formation adéquate, non seulement
dans le domaine de la supervision mais aussi dans le domaine technique, et être
dotés des instruments nécessaires pour exécuter leur mission.

vii) Les cadres chargés du suivi et de l'évaluation doivent avoir les compétences
indispensables pour assurer ces fonctions et disposer de l'appui logistique ainsi
que du matériel nécessaire.

GROUPE B: FORMATION

i) Les sessions de formation doivent être pratiques, interactives et axées sur la


résolution des problèmes, plutôt que de simples séances de distribution
d'informations.

ii) Il faut une plus grande interaction entre les instituts d'enseignement ou de
recherche agronomiques et les agents de vulgarisation dans l'établissement de
programmes appropriés d'études agricoles.

iii) Des programmes de formation doivent être organisés conjointement par les
services de vulgarisation, les services de recherche et les instituts supérieurs
d'enseignement agricole.

60
iv) Il est nécessaire de revoir et restructurer les programmes d'études des établisse-
ments supérieurs d'enseignement agricole afin de refléter l'évolution des besoins
dans le domaine.

v) Il faut créer un centre régional africain de documentation et de formation ayant


pour mission d'acquérir, compiler, organiser et disséminer les matériels de
formation, ainsi que de former les formateurs dans les domaines de la méthodolo-
gie, de la pédagogie et de la gestion de la vulgarisation.

vi) Un programme d'incitations doit être introduit pour reconnaître et récompenser


les bonnes performances. Il faut aussi offrir des opportunités de formation sur
le tas et de perfectionnement professionnel.

vii) Il faut instaurer une politique délibérée qui vise à accroître le recrutement et la
formation d'agents féminins de vulgarisation.

GROUPE C: TECHNOLOGIE ET LIAISON ENTRE LA RECHERCHE ET LA VULGARISATION

i) La politique de l'administration doit viser à coordonner les interventions des


bailleurs de fonds en vue de soutenir les programmes nationaux de recherche et
de vulgarisation.

ii) Les bailleurs de fonds doivent coordonner leurs efforts de soutien aux program-
mes et plans nationaux de recherche et de vulgarisation agricoles.

iii) Une partie intégrante du processus de génération des technologies nouvelles est
la recherche appliquée sur le terrain qui implique la collaboration des chercheurs,
des vulgarisateurs et des fermiers.

iv) Chaque pays doit faire un examen critique des liaisons entre ses services de
recherche ou de vulgarisation et les agriculteurs afin de s'assurer que les
technologies pertinentes et utiles sont mises à la disposition des fermiers et autres
utilisateurs.

v) Le suivi et l'évaluation de la recherche et de la vulgarisation doivent être


continus afin de maintenir la pertinence des efforts dans chaque service par
rapport aux problèmes rencontrés sur le terrain.

vi) La technologie existante (engendrée soit par les fermiers eux-mêmes, soit par les
chercheurs) doit toujours être prise en compte dans le processus de création et
de mise au point de nouvelles technologies.

GROUPE D: CATÉGORIES SPÉCIALES D'AGRICULTEURS

i) Il faut établir un diagnostic continu de la situation et des besoins spécifiques de


certains groupes spéciaux d'agriculteurs (paysannes, jeunesse rurale, fermiers
dans les zones marginales, nomades et fermiers handicapés) afin d'assurer la
participation délibérée de ces groupes aux activités de vulgarisation.

61
il) La recherche doit mettre au point des technologies appropriées qui répondent aux
besoins spécifiques de ces catégories spéciales.

iii) Une politique délibérée de formation d'un plus grand nombre de femmes aux
disciplines agronomiques et de recrutement de celles-ci dans les services agricoles
doit être adoptée dans tous les pays concernés.

iv) Il faut sensibiliser les services de vulgarisation, les autorités locales, les ménages
ruraux et les médias aux rôles et besoins multiples des groupes spéciaux afin de
mieux répondre aux besoins spécifiques de ces catégories.

v) Des programmes continus d'orientation et de formation du personnel de


vulgarisation sur les aspects socio-culturels et économiques des collectivités dans
lesquelles ils évoluent doivent être mis sur pied.

vi) Des activités visant à mieux répondre aux besoins des paysannes doivent faire
partie des programmes courants de vulgarisation et de recherche, afin d'utiliser
au mieux les ressources et d'éviter la marginalisation des problèmes des paysan-
nes.

vii) Il faut définir des indicateurs en vue de suivre et évaluer la mesure dans laquelle
les catégories spéciales sont servies.

V. Séance de clôture

Lors de la séance de clôture de l'atelier, les organisateurs ont demandé aux experts de
faire part de leurs observations sur les discussions de la semaine. Le Dr. Bagchee a déclaré que
l'atelier avait clairement montré que les pays qui ont réorganisé leurs services de vulgarisation
sur le modèle de F&V avaient le souci d'améliorer la qualité des services. Parmi les améliora-
tions proposées, il est envisagé notamment de cibler avec plus de précision les bénéficiaires de
ces services et de veiller à ce que les ressources et les fonds nécessaires soient disponibles pour
assurer les activités sur le terrain. Elle a également insisté sur le niveau élevé des débats et le
partage fructueux des idées.

Le Dr. Swanson a récapitulé les principales questions soulevées au cours des discussions.
Il a émis le souhait de voir bientôt naître un réseau permanent d'information et un centre de
formation afin que de tels échanges ne restent pas intermittents.

M. Moyo, de Tanzanie, et le Dr. Oyebanji, du Nigéria, avaient été désignés par les
participants pour parler en leurs noms. Ils ont donné leurs impressions sur les délibérations de
l'atelier. M. Moyo a mis l'accent sur les excellentes dispositions organisationnelles et sur
l'atmosphère agréable qui ont été propices à un réel échange d'idées et d'expériences. Le
Dr. Oyebanji a fait un rappel des principaux problèmes soulevés et des recommandations y
relatives émanant de l'atelier:

i) L'insuffisance des financements: Bien sûr, les pouvoirs publics devraient faire
les allocations financières requises, mais la Banque devrait accepter, pour sa part,
de financer les frais de fonctionnement des programmes de vulgarisation.

62
ii) Le renforcement de la formation: Celle-ci a aussi été identifiée dans les études
du Pr. Evenson comme étant un élément crucial de l'amélioration de l'efficacité
de la vulgarisation. Il est donc nécessaire d'intensifier la participation des
vulgarisateurs aux activités de formation, dans le pays et à l'étranger, y compris
les cours de longue durée. Les administrations nationales et la Banque mondiale
devraient soutenir ces efforts.

iii) L'intensification de la recherche : La vulgarisation exerce actuellement une


pression sur la recherche pour qu'elle engendre des technologies applicables par
les fermiers. Tous les pays ont besoin de renforcer leurs systèmes de recherche
agronomique et la Banque devrait soutenir les efforts des systèmes nationaux de
recherche agricole (SNRA) pour initier ou développer la recherche sur les
systèmes de production.

iv) L'ouverture vers les groupes spéciaux: Il est nécessaire de multiplier les actions
particulièrement destinées aux paysannes, aux jeunes agriculteurs et aux
nomades. Les services de vulgarisation nationaux doivent élaborer des pro-
grammes visant à accroître la productivité de ces groupes.

v) La coordination des systèmes de vulgarisation: La multiplicité de systèmes, non


coordonnés, de vulgarisation provoque des doubles emplois et de la confusion.
Il faut donc harmoniser tous les efforts dans ce domaine, y compris les volets de
vulgarisation inclus dans les projets des ONG, dans le cadre d'un service unifié.

vi) La création d'un centre régional africain : L'efficacité des services de


vulgarisation en Afrique peut être améliorée si les pays peuvent partager leurs
expériences et tirer les leçons de leurs succès et échecs. Un centre régional afri-
cain, fonctionnant comme une banque de données sur les activités de vulgarisa-
tion, est vraiment nécessaire. Ce centre devrait fournir de l'assistance pour la
mise en oeuvre des projets, documenter les expérimentations des fermiers
indigènes, évaluer l'impact de la vulgarisation et servir d'institut de formation.
L'appui de la Banque mondiale est indispensable pour concrétiser cette proposi-
tion.

M. Jaycox, vice-président de la Banque Mondiale, a prononcé l'allocution de clôture.


Il a déclaré que le développement économique de l'Afrique restait une des grandes priorités de
la Banque. Pour réaliser une croissance économique annuelle de quelque 4 % en Afrique, l'étude
de perspective à long terme, publiée par la Banque mondiale en 1989, avait indiqué que le taux
de croissance de l'agriculture africaine devait atteindre 4 % par an, soit un doublement du taux
actuel de 2 % par an (et même moins dans certains pays) que connaissent la plupart des nations
du continent. La Banque s'était alors engagée à soutenir à long terme la vulgarisation et avait
lancé plusieurs initiatives comme l'ISA et le PSRAA pour renforcer les diverses institutions et les
services du secteur agricole : recherche, crédit, distribution des semences, des engrais, etc.

En réponse à certaines des discussions de l'atelier, M. Jaycox a encore déclaré que le rôle
central des femmes dans l'agriculture africaine et la nécessité d'en tenir compte pour favoriser
un rapide développement agricole était bien compris par la Banque. Il a mentionné, en outre,
qu'une initiative majeure concernant les femmes dans l'agriculture africaine était en préparation.
Il s'est réjoui des conclusions très positives sur la vulgarisation par F&V résultant des études du
Pr. Evenson et a recommandé que cette évaluation sophistiquée soit largement disséminée.

63
M. Jaycox a partagé l'avis des participants sur les échanges d'idées et d'expérience entre
responsables de la vulgarisation qui devraient être plus fréquents. "Vos succès devraient être
racontés dans un bulletin mensuel, disponible en français et en anglais. " Quant à l'établissement
d'un centre de formation plus ou moins permanent, il a suggéré d'utiliser un des instituts de
formation existants comme base régionale et a indiqué que la Banque pourrait appuyer une telle
décision. Par ailleurs, en ce qui concerne un centre régional ou international sous l'égide du
CGIAR, il a fait remarquer que la proposition détaillée devait d'abord être préparée.

64
Annexe 2 : Délibérationsde l'atelier d'Abidjan

L'atelier d'Abidjan sur la vulgarisation en Afrique a rassemblé des participants du Bénin,


du Burkina Faso, du Burundi, du Cameroun, de la République Centrafricaine, de la Côte
d'Ivoire, de la Guinée, de la Guinée Equatoriale, de Madagascar, du Mali, du Niger, du Rwanda,
du Sénégal, du Tchad, du Togo et du Zaïre.

Ces 16 pays francophones y étaient représentés par des dirigeants de leurs services de
vulgarisation et de recherche. L'invité d'honneur, S.E. Kouassi Konan Lambert, Ministre de
l'Agriculture de la Côte d'Ivoire, a prononcé le discours d'ouverture. Trois orateurs invités ont
également pris la parole: M. Edward V. K. Jaycox, vice-président de la Banque mondiale pour
la Région Afrique; M. Kevin M. Cleaver, directeur du département technique pour l'Afrique de
la Banque, qui a proposé une Stratégie pour le développement de l'Afrique subsaharienne et le
professeur Robert Evenson, qui a présenté son étude Evaluation économique de la rentabilité de
la vulgarisation.

I. Orateurs invités

Dans son discours d'ouverture, le Ministre de l'Agriculture de la Côte d'Ivoire, S.E.


Kouassi Konan Lambert, a souligné le rôle essentiel de la vulgarisation agricole. Faisant
l'historique de la vulgarisation agricole dans son pays, il a fait remarquer que bien que les
systèmes de vulgarisation existants aient servi efficacement les fermiers exploitant des cultures
spécifiques, ils se sont néanmoins avérés très onéreux. La Côte d'Ivoire souhaite donc,
maintenant, cesser son appui à ces initiatives et réorganiser ses services de soutien à l'agriculture
de manière à les rendre plus efficaces. Ceci implique de former et motiver le personnel afin que
cette approche soit permanente, soutenable et rentable. Il a également souligné que de tels efforts
de développement de l'agriculture ne peuvent réussir que si les prix des denrées de base sont
avantageux pour les fermiers et a manifesté de l'inquiétude devant la baisse des cours mondiaux
des produits agricoles africains.

M. Jaycox a confirmé que l'Afrique restait une des grandes priorités de la Banque. Il
a mis l'accent sur le rôle important de l'agriculture dans le développement économique de
l'Afrique et a signalé que la croissance annuelle de l'agriculture devait être doublée, de 2 % à
4 %. Pour atteindre cet objectif difficile, mais réalisable, la Banque comptait sur une
contribution majeure de la recherche et de la vulgarisation. En effet, l'agriculture africaine avait
constamment besoin d'améliorer ses technologies. Il a également indiqué que l'appui de la
Banque à la vulgarisation était un engagement à long terme et il a suggéré que les responsables
de ces services rappellent à leurs administrations que si elles considéraient que la vulgarisation
agricole était absolument prioritaire, elles devaient aussi en assurer le financement. M. Jaycox
a également reconnu que les programmes d'ajustement structurel, tout en étant utiles et efficaces,
étaient causes de tensions pendant la période de transition et qu'il était donc nécessaire d'accroître
les services sociaux afin d'amortir leur impact négatif sur les pauvres. Il a encore mentionné que
la Banque allait publier bientôt une étude sur les programmes d'ajustement structurel en Afrique.
Enfin, il a signalé que, d'après les premières indications disponibles, 12 pays africains avaient
enregistré au cours de ces dernières années une croissance du PIB supérieure à celle de la
population.

65
De son côté, M. Cleaver a présenté la stratégie de la Banque mondiale pour le
développement de l'Afrique subsaharienne dont l'objectif est un taux de croissance agricole à long
terme de 4 % par an. Cet objectif est ambitieux mais réalisable dans le cadre d'une nouvelle
stratégie fondée sur cinq éléments principaux: création d'un environnement économique et
politique propice au développement agricole, génération de nouvelles technologies agricoles,
promotion des organisations de fermiers et de leur participation, développement des infrastructu-
res tant matérielles que sociales et meilleure gestion des ressources naturelles. Trois défis doivent
être relevés par la recherche et la vulgarisation: accroître la participation des agriculteurs dans
la gestion de la vulgarisation et de la recherche, améliorer les niveaux technologiques en
encourageant les innovations d'où qu'elles viennent et intégrer la gestion des ressources naturelles
(ce qui demande souvent des actions collectives).

Le professeur Evenson et son équipe ont présenté les résultats de leurs études d'évaluation
des services de vulgarisation par F&v du Burkina Faso et du Kenya. Leurs constatations
indiquent que les rendements marginaux des investissements de vulgarisation sont extrêmement
élevés : 350 % au Kenya et 190 % au Burkina Faso. M. Evenson a expliqué les méthodes
statistiques utilisées et a conclu que, sur la base des résultats obtenus, il semblerait que la
vulgarisation puisse, à elle seule, accroître le taux annuel de croissance de l'agriculture de 2 %
environ. Il a néanmoins signalé que son évaluation économique était purement quantitative et que
des recherches additionnelles devaient permettre de tenir compte de variables qualitatives.

Il. Monographies nationales

Les pays participants ont fait part de leur expérience en matière de vulgarisation agricole
historique du processus de réorganisation de leurs services nationaux selon le système de gestion
par F&V, succès obtenus grâce à ce système et contraintes auxquelles il a été confronté.

Au cours des discussions, en séances plénières, sur chacune de ces monographies les
participants ont soulevé de nombreuses questions intéressantes et échangé leurs expériences
nationales. A la fin de chaque séance, les experts-Mme A. Bagchee, MM. M. Bagouro et
J. Brossier-ont donné leurs commentaires et mis en lumière les principaux aspects, convergents
et divergents, révélés par ces monographies.

M. Brossier a fait remarquer que ces présentations semblaient indiquer que les services
de vulgarisation des pays francophones africains subissaient des contraintes communes, à savoir:

i) Au plan de la gestion des ressources humaines et particulièrement en ce qui


concerne la manière de motiver et former adéquatement les agents;

ii) Au plan de l'administration et de la gestion financière, en particulier:

a) la réticence du soutien de certains bailleurs de fonds,

b) les contraintes institutionnelles,

c) les contraintes de financement, d'administration, de crédit agricole et de


commercialisation,

d) les difficultés à obtenir la disposition des fonds de contrepartie;

66
iii) Au plan de la technique agricole, notamment par le choix inopportun de
technologies qui n'ont aucun rapport avec les besoins des fermiers.

En revanche, M. Bagouro a relevé un certain nombre de tendances communes dans


les
raisonnements et les expériences des différents pays qui étaient en train de réorganiser
leurs
services agricoles:

i) Une analyse du système existant de vulgarisation, ayant indiqué des résultats


insuffisants, a précédé l'introduction du système par F&V.

ii) Ce fait a incité ces pays à réorganiser leurs services agricoles, particulièrement
la vulgarisation, afin de mieux répondre aux besoins de l'environnement socio-
économique de l'Afrique post-coloniale.

iii) Les initiatives pilotes introduites avant le lancement des programmes nationaux
de vulgarisation ont beaucoup contribué à la définition des principaux éléments
du système de vulgarisation et des moyens appropriés de collaboration entre
les
agences impliquées. (Cette phase ne doit être ni éliminée ni réduite.)

iv) L'absence, à l'heure actuelle, d'indicateurs permettant de mesurer les succès, ou


les échecs, des services de vulgarisation, il est nécessaire de recourir à des
normes cohérentes qui soient utilisables pour comparer les résultats obtenus par
la vulgarisation dans différents pays.

M. Bagouro a également souligné la nécessité de s'appuyer sur les principes fondamen-


taux du système professionnel de vulgarisation par F&V, spécialement ceux qui
ont trait à la
formation périodique et à la régularité des visites aux fermiers. Il a dénoncé
la souplesse
excessive autorisée par certains responsables dans l'adaptation et la fusion de la
vulgarisation par
F&V avec d'autres méthodes et systèmes. A son avis, la Banque
mondiale devrait envisager de
former une deuxième génération de dirigeants des programmes nationaux
de vulgarisation
agricole.

A son tour, Mme Bagchee a noté que les monographies nationales et les débats
ont
beaucoup plus insisté sur les problèmes de protection de l'environnement qu'à l'atelier
d'Accra.
Les questions relatives à la gestion des ressources naturelles ont été évoquées
à plusieurs reprises
au cours des discussions d'Abidjan et il a même été suggéré que ce problème
délicat soit traité
en profondeur par un groupe de travail distinct. Néanmoins, les participants
ont finalement
décidé d'aborder ce thème en même temps que ceux de la génération des technologies et
des
liaisons entre les fermiers, la vulgarisation et la recherche. Le groupe de travail
concerné a donc
dû discuter longuement du type de coordination ou de collaboration qu'il était
nécessaire d'établir
entre les programmes de vulgarisation et ceux de gestion des ressources naturelles.

Mme Bagchee a encore souligné que, pour améliorer les services de vulgarisation,
il
importait d'atteindre tous les agriculteurs, y compris les paysannes. Il fallait,
par conséquent,
identifier les problèmes spécifiques de ces dernières afin d'améliorer leur
productivité. Les
agents de vulgarisation et les chercheurs devaient donc être spécialement formés
pour évaluer les
contraintes particulières subies par les femmes dans l'agriculture et définir une approche
qui leur
ouvre l'accès aux services de vulgarisation. Pour mieux expliquer cette nécessité,
Mme Bagchee
a rappelé certaines des conclusions de l'étude de Katrine Saito sur le
6
rôle des femmes dans
l'agriculture africaine" :

67
i) Les systèmes traditionnels de production (et la séparation des champs des
hommes de ceux des femmes, particulière à l'Afrique) commencent à disparaître.

ii) Les femmes actives dans l'agriculture sont de plus en plus nombreuses. (Elles
interviennent pour 70 % de la production vivrière.)

iii) Les femmes travaillent une fois et demi plus que les hommes.

iv) Les femmes ont un accès limité aux intrants et aux services agricoles, y compris
la vulgarisation. (Au Kenya, par exemple, il en résulte une perte de productivité
féminine de l'ordre de 20 %).

v) Les femmes ont particulièrement besoin des technologies permettant de conserver


l'énergie, comme les petites machines. (Seulement 1 % des tâches exécutées dans
les exploitations africaines sont mécanisées, 10 % utilisent la traction animale et
89 % se font manuellement: les parcelles des femmes sont cultivées manuelle-
ment bien plus souvent que celles des hommes.)

Compte tenu de tout cela, les recommandations destinées à la vulgarisation peuvent être
essentiellement formulées comme suit:

i) Mieux connaître les tâches exécutées par les femmes.

ii) Prodiguer des conseils adaptés aux besoins des différentes catégories d'agricul-
teurs.

iii) Faciliter les communications entre les vulgarisateurs masculins et les paysannes.

iv) Veiller à la participation effective des paysannes au suivi et à l'évaluation de la


vulgarisation.

Naturellement, certaines circonstances sociales, culturelles ou religieuses peuvent


empêcher les services de vulgarisation d'arriver jusqu'aux femmes, mais il faut donner la priorité
à cette tâche. Tout comme la vulgarisation a choisi en son temps de s'intéresser en priorité aux
petits exploitants marginaux ou pauvres, elle devait maintenant intensifier ses efforts pour
répondre aux besoins des paysannes. Mme Bagchee a aussi indiqué que la réussite dans ce
domaine ne devait pas être mesurée uniquement par le nombre d'agents féminins de vulgarisation
ou le nombre de paysannes de contact, mais aussi par le nombre de technologies pertinentes qui
leur ont été recommandées et le nombre de paysannes qui les ont adoptées.

III. Conclusions et recommandations des groupes de travail

Après la discussion des monographies nationales, les participants ont été répartis en quatre
groupes de travail pour procéder à une analyse plus approfondie des thèmes choisis. Leurs
conclusions ont ensuite été discutées en séance plénière et ont donné lieu à l'adoption d'une série
de recommandations.

68
GROuPE A: ORGANISATION INSTITUTIONNELLE ET GESTION DU PROGRAMME DE VULGARISATION

Ce groupe de travail a conclu que, bien que des efforts considérables aient été faits pour
restructurer les services nationaux de vulgarisation suivant le système de F&V, qui s'est déjà
révélé efficace, un certain nombre de problèmes subsistaient. Il y avait notamment une dispersion
des efforts de vulgarisation entre différents départements, des difficultés de coordination, une trop
grande variété d'approches du système et une collaboration insuffisante entre les ONG et les
services nationaux. Il a également été souligné que la gestion administrative et financière des
projets souffrait d'un excès de centralisation, de la lourdeur des procédures internes et externes
de déblocage de fonds et de remboursements, de pertes résultant des fluctuations des cours des
monnaies et de la rigidité des conditions de financement.

A la lumière de cette analyse, le groupe a fait les suggestions qui suivent

i) Définir une stratégie nationale de vulgarisation agricole.

ii) Harmoniser toutes les approches avec celle de l'état.

iii) Définir les rôles et tâches des agents de vulgarisation.

iv) Etablir un cadre de collaboration permanente entre les ONG, les départements
ministériels et les services de vulgarisation.

v) Inciter les agents de vulgarisation à centrer leurs efforts sur les tâches dont ils
sont responsables.

vi) Admettre une certaine souplesse dans la mise en oeuvre de la vulgarisation par
F&V, dans la mesure où ses principes fondamentaux sont respectés: administra-
tion unique, fonnation régulière, renforcement des liaisons entre la recherche et
la vulgarisation et, surtout, respect du calendrier des interventions.

vii) Prêter attention à l'établissement d'une méthode de planification qui garantit la


couverture de toutes les catégories de fermiers, à la formation et à l'équipement
adéquat du personnel, à la prise en compte des langues et dialectes locaux par les
agents sur le terrain, au déploiement rationnel du personnel et à une supervision
efficace des activités.

viii) Décentraliser et simplifier les procédures d'administration financière.

ix) Assurer la formation sur le tas du personnel administratif et financier.

x) Envisager le financement par la Banque d'une portion fixe des frais de


fonctionnement pour la durée du programme, au lieu d'attendre que les pays
assument la responsabilité d'une partie progressivement croissante de ces coûts,
jusqu'à atteindre 100 % de ceux-ci à la fin des 5 ou 7 années de mise en oeuvre
du projet.

xi) Obtenir de la Banque la garantie du financement de la vulgarisation à moyen et


long terme.

69
xii) Introduire des systèmes d'incitation financière afin de mieux motiver les agents
sur le terrain, qui travaillent souvent dans des conditions difficiles.

xiii) Inclure dans les accords de projet des clauses visant à minimiser les risques de
distorsion des coûts, et de leur partage, en raison des variations des parités des
monnaies.

xiv) Assurer dans les pays concernés une meilleure planification des dépenses
publiques et une allocation plus rationnelle des fonds, mettant en évidence la
priorité octroyée à l'agriculture.

xv) Assouplir les conditionalités de la Banque quand il s'agit du financement de


programmes de vulgarisation, afin de ne pas risquer la suspension ou l'arrêt des
décaissements en cours d'exécution.

GROUPE B: GESTION DES RESSOURCES HUMAINES ET FORMATION

En ce qui concerne la gestion des ressources humaines, ce groupe a constaté qu'il y avait
encore beaucoup à faire pour instaurer des politiques rationnelles favorisant la spécialisation, le
professionnalisme et la transparence dans les affectations, les promotions et les encouragements.

Au sujet de la formation, le groupe a remarqué que, souvent, il n'y avait pas assez de
spécialistes pour animer les ateliers de formation, qu'il y avait une pénurie de chercheurs qualifiés
dans certains domaines spécialisés et que, fréquemment, les chercheurs n'avaient pas les aptitudes
nécessaires pour jouer le rôle de formateur. Dans plusieurs pays, les sessions bimensuelles et
mensuelles de formation étaient difficiles à organiser selon le calendrier prévu par suite de
diverses contraintes, dont des problèmes logistiques. Par ailleurs, il n'y avait aucune garantie
que les cadres ayant reçu une formation continueraient à travailler dans les domaines pour
lesquels ils avaient été éduqués; il semblait, en effet, qu'ils étaient souvent affectés ailleurs
aussitôt après leur formation.

Sur la base de ces observations, le groupe a formulé les recommandations qui suivent

i) Les services de vulgarisation doivent avoir un personnel compétent et stable, dont


les mutation sont peu fréquentes.

ii) Les règles et conditions de service des agents de vulgarisation doivent être
clairement énoncées et s'inscrire dans le cadre général de la réglementation de
la fonction publique.

iii) Les services de vulgarisation doivent pouvoir recruter, en cas de besoin, du


personnel technique temporaire afin de garantir une bonne performance agricole.

iv) Les promotions dans le service doivent se faire uniquement sur la base d'examens
professionnels.

v) La structure des rémunérations et gratifications des diverses catégories d'agents


de vulgarisation doit être telle que ceux-ci soient rétribués d'une manière
similaire dans toutes les zones d'un même pays.

70
vi) Un système de primes récompensant les bonnes performances sur le terrain doit
être instauré afin de motiver les agents de vulgarisation. Afin d'établir leur
degré d'efficacité, il faut évidemment déterminer une méthode d'évaluation des
résultats sur le terrain.

vii) Le calendrier des ateliers bimensuels et mensuels doit être respecté.

viii) Il est nécessaire de rédiger un guide pratique de formation en vulgarisation


agricole sur la base de l'expérience africaine actuelle.

ix) Une grande priorité doit être donnée à la formation des gestionnaires afin
d'améliorer leurs qualifications.

x) La création d'un réseau africain de vulgarisation agricole doit être envisagée


aussitôt que possible pour permettre aux pays d'échanger leurs expériences,
comme ils l'ont fait au cours du présent atelier.

xi) Il est également souhaitable de moderniser et perfectionner les centres de


formation qui existent dans plusieurs pays et sont actuellement sous-utilisés.

xii) Il est également urgent d'organiser la formation des formateurs et des gestionnai-
res des ressources humaines.

xiii) Les chercheurs et les techniciens qui contribuent aux divers ateliers doivent aussi
avoir une formation de formateur.

GROUPE C: LiAiSONS ENTRE LA RECHERCHE, LA VULGARISATION ET L'AGRICULTURE


GESTION DES RESSOURCES NATURELLES

Pour ce groupe, des liens étroits entre la recherche et la vulgarisation sont nécessaires
pour mettre au point des technologies pertinentes et faciles à adopter, ainsi que pour créer la
synergie indispensable à une meilleure utilisation des ressources disponibles, l'objectif commun
étant de servir les fermiers. Ces liaisons peuvent être organisées sous la forme d'un triangle.

Fermier

Chercheur ~ Vulgarisateur

Le groupe de travail a identifié les faiblesses actuelles dans les rapports entre les trois
parties. Les chercheurs sont plus intéressés par les réussites de la recherche fondamentale que
par la solution des problèmes des agriculteurs, tandis que les agents de vulgarisation se
considèrent essentiellement comme porteurs, à sens unique, de nouvelles technologies et ignorent
leur rôle de feed-back des problèmes des fermiers vers les chercheurs.

71
Chercheurs et vulgarisateurs ont souvent difficile de communiquer entre eux. Ceci peut
s'expliquer par les différences dans leur formation et leur expérience et aussi par la pénurie de
fonds qui empêche de fréquentes rencontres. Ils ne peuvent donc pas effectuer de tournées
conjointes de reconnaissance sur le terrain aussi souvent qu'il le faudrait. En outre, les
chercheurs ne sont guère motivés du fait que leurs interventions pour résoudre les problèmes des
fermiers ne sont pas professionnellement reconnues et appréciées par leurs pairs.

Le plus souvent, les programmes de recherche servent des sous-secteurs particuliers et


n'impliquent pas des systèmes qui intègrent la gestion des ressources naturelles ou la génération
de technologies susceptibles d'améliorer les conditions de travail de tous les fermiers (y compris
les jeunes agriculteurs et les femmes). Ni la recherche, ni la vulgarisation ne s'intéressent
suffisamment aux problèmes de la gestion des ressources naturelles. Fréquemment, leurs
structures n'incluent pas les compétences nécessaires pour étudier l'environnement de
l'exploitation. Même lorsque ces compétences existent, celles-ci ne bénéficient pas toujours de
l'appui politique et financier nécessaire pour lancer un programme effectif de gestion des
ressources naturelles. Il en résulte que la promotion d'un développement durable de l'agriculture
ne reçoit pas l'attention dont elle devrait bénéficier.

A partir de ces considérations, le groupe de travail a fait une série de recommandations

i) Toutes les institutions de recherche et de vulgarisation doivent impliquer plus


largement les fermiers dans l'identification des contraintes et dans la mise au
point, le transfert et l'évaluation de la technologie agricole.

ii) Les dirigeants, les chercheurs et les vulgarisateurs doivent essayer ensemble de
renforcer la collaboration entre les institutions de recherche et de vulgarisation
à tous les niveaux. Chaque fois que c'est possible, il est préférable que ces
rencontres aient lieu dans les champs des fermiers.

iii) Des comités régionaux composés de chercheurs, d'agents de vulgarisation, de


représentants des groupes de fermiers, d'agriculteurs individuels, de délégués des
ONG concernées et de toutes autres personnes impliquées dans le développement
rural des régions devraient être chargés de l'élaboration, du suivi et de
l'évaluation des programmes de recherche. Ces derniers devraient être discutés
par des équipes pluridisciplinaires, avant d'être intégrés dans un programme
national, sous réserve de leur compatibilité à la fois avec la politique nationale
et les objectifs spécifiques des exploitants des régions concernée.

iv) Il est nécessaire d'accroître le nombre de chercheurs impliqués dans l'étude des
systèmes de production agricole et d'en former un aussi grand nombre que
possible dans ce domaine.

v) Il faut souligner les aspects socio-économiques des programmes de recherche et


de vulgarisation.

vi) La recherche et la vulgarisation doivent prendre en compte la gestion des


ressources naturelles, afin de créer des technologies adaptées aux exploitations
individuelles et d'assurer la bonne gestion des ressources communautaires. Les
pouvoirs publics doivent prendre des mesures en vue de définir une politique

72
nationale donnant plus d'importance à la gestion des ressources naturelles afin
de
promouvoir une agriculture soutenable.

vii) Les problèmes nutritionnels de la communauté paysanne doivent être pris


en
compte par la recherche et la vulgarisation.

viii) Les règles et les conditions de service des chercheurs et des agents de vulgarisa-
tion doivent être codifiées pour assurer la stabilité et le développement de leur
carrière professionnelle et pour accroître leur motivation .

ix) Les chercheurs doivent être évalués et récompensés non seulement en fonction
du nombre de travaux publiés, mais aussi en fonction de leurs contributions à
la
mise au point et à la diffusion de technologies qui apportent des solutions sur
le
terrain aux problèmes des fermiers.

x) De la même manière, les agents de vulgarisation doivent être motivés et


récompensés sur la base de leur bonne performance sur le terrain.

xi) Un inventaire systématique des technologies traditionnelles et des connaissances


locales doit être fait de manière à établir une banque de données qui pourront
ainsi être utilisées et raffinées dans les programmes de recherche et de vulgarisa-
tion.

xii) Des mesures sont à prendre pour encourager les individus et les institutions
privées à s'intéresser aux activités de recherche et de vulgarisation.

xiii) La vulgarisation doit améliorer ses contacts et sa collaboration avec les services
auxiliaires agricoles, comme les institutions de crédit, les coopératives, les
agences de commercialisation et les fournisseurs d'intrants.

xiv) La formation continue du personnel de recherche et de vulgarisation, en


particulier les techniciens spécialisés, doit être favorisée afin de maintenir
un
niveau élevé de la qualité du soutien technique à la vulgarisation sur le terrain.

GRouPE D: ORGANISATION ET PARTICIPATION DES AGRICULTEURS

Ce groupe a souligné que les services de vulgarisation dans les zones


rurales ont des
interlocuteurs nombreux et variés: exploitants individuels, groupes de fermiers
de contact,
coopératives d'agriculteurs, entités de production et de services, tontines, organisations
sociales,
groupes de femmes et syndicats d'agriculteurs. Il a, en outre, constaté que
les agents de
vulgarisation n'ont pas toujours eu, ou entretenu, des rapports étroits et mutuellement
profitables
avec la plupart de ces groupes. Ceci a plusieurs raisons. Les agents sur le terrain
choisissent
habituellement les membres des groupes de fermiers de contact sans connaître, ou apprécier
correctement, les groupements de fermiers déjà en place, leurs préoccupations communes
et leurs
intérêts convergents. De nombreux agriculteurs, en particulier les paysannes, ne
participent pas
aux groupes de contact. Les femmes ne viennent guère aux réunions et, même
quand elles y
assistent, elles ne participent pas aux discussions. Les organisations de production
et de services
sont, en fait, des objectifs très pertinents pour les activités de vulgarisation,
car elles s'occupent
habituellement de fournitures d'intrants, de commercialisation, de transport et
d'entreposage, de
crédit et d'investissements. Similairement, les syndicats constituent un contre-pouvoir
et leur

73
influence est croissante sur les agriculteurs et les responsables des politiques; les agents de
vulgarisation doivent donc en tenir compte.

A la lumière de ceci, le groupe a formulé les recommandations qui suivent

i) Lorsqu'ils forment des groupes de fermiers de contact, les agents de vulgarisation


doivent tenir compte de certains aspects historiques et sociaux. Ils doivent
notamment accorder plus d'importance aux facteurs tels que les intérêts partagés,
la proximité des champs, les unités d'élevage ayant des problèmes communs, etc.

ii) Les agents de vulgarisation doivent être formés dans certaines techniques
spécifiques afin qu'ils soient capables de faire des diagnostics effectifs, de
catégoriser les intérêts des fermiers, de fixer la taille optimum des groupes de
contact (8 à 10 mermbres)et de veiller à leur répartition spatiale adéquate en vue
de maximiser l'impact des démonstrations.

iii) Il est très important que les agents de vulgarisation gardent à l'esprit que leur
mission principale est de faciliter l'adoption de technologies et non pas de former
les groupes. La création des groupes n'est, en fait, qu'un moyen d'atteindre les
objectifs.

iv) La formation des agriculteurs doit s'adresser aussi aux femmes et aux jeunes qui
travaillent la terre et ne pas être réservée aux hommes. Il faut donc s'efforcer
d'inclure des femmes et des jeunes dans les groupes de contact.

v) Les agents de vulgarisation doivent être formés en vue de leur permettre de


constituer des groupes mixtes de contact (comprenant des ferniers et des
paysannes) ou, si nécessaire, des groupes féminins de contact.

vi) Outre l'intégration de paysannes dans les groupes de contact, les agents de
vulgarisation doivent disposer de technologies à disséminer qui visent spéciale-
ment à l'accroissement de leur productivité. (Il y a, par exemple, un grand
besoin de petits outils agricoles.)

vii) Il est nécessaire d'augmenter le nombre de femmes qui suivent les programmes
d'alphabétisation fonctionnelle.

viii) Il faut prendre des mesures pour accroître le recrutement de femmes dans les
services de vulgarisation et les former pour le travail sur le terrain. Des postes
de techniciennes spécialisées dans les problèmes spécifiquement féminins sont
nécessaires et doivent être maintenus.

ix) De même, il faut systématiser la formation des jeunes agriculteurs, analyser leurs
besoins, et confier à des techniciens spécialisés la tâche d'examiner leur potentiel
et leurs contraintes.

x) Lors de la mise sur pied des groupes de contact, il importe que les agents de
vulgarisation y incluent les groupes sociaux existants (groupes d'entraide, par
exemple).

74
xi) Les agents de vulgarisation doivent identifier les groupes sociaux et chercher
comment collaborer avec eux.

xii) Pour ce qui est des entités de production et de services, le personnel


de
vulgarisation de terrain doit faire clairement la différence entre les tâches
de
vulgarisation et celles d'organisation des fermiers. Il est en effet plus facile
de
réussir à former des groupes d'agriculteurs quand ces groupes s'articulent autour
d'une préoccupation commune, d'une nouvelle technologie ou d'un intérêt
partagé. Les agents de vulgarisation doivent donc rechercher un dialogue avec
ces entités de production et de services, quand elles existent.

xiii) En ce qui concerne les syndicats, les directeurs des services de vulgarisation
doivent prendre contact avec eux afin de les tenir informés des activités en cours
et de les consulter à ce sujet.

xiv) Dans l'ensemble, il est vrai que les agriculteurs, dans la plupart des pays, ne sont
pas suffisamment impliqués dans les différentes activités de la vulgarisation: tests
des technologies à promouvoir et planification des travaux, ainsi que suivi et
évaluation des résultats. Par conséquent, pour faire participer les fermiers plus
activement à la vulgarisation, il faut:

a) établir des méthodes de travail formalisées,

b) former les agents de vulgarisation à ces méthodes,

c) associer toutes les parties concernées aux différentes activités de la


vulgarisation (groupes de contact, agents de vulgarisation, spécialistes de
l'organisation des fermiers, techniciens spécialisés, chercheurs, etc.).

xv) Tous les pays africains doivent étudier soigneusement comment impliquer toutes
les parties concernées dans la vulgarisation, car c'est la clé de son efficacité.

IV. Séance de Clôture

M. Benor, s'adressant aux participants lors de la séance de clôture,


a exprimé sa
satisfaction quant à la qualité de l'atelier et à l'excellence des propositions
faites. Il a souligné
que la vulgarisation par F&V est un système en évolution qui s'améliore progressivement
tout en
respectant ses éléments de base: grande compétence professionnelle, système
national unique,
formation et visites régulières, etc.

Il a rappelé que le meilleur moyen de juger de l'efficacité du système de F&V


est d'aller
sur le terrain. L'évaluation du professeur Evenson est évidemment très utile pour
ceux qui n'ont
pas le temps de visiter les fermiers; elle sera incessamment présentée au Conseil
des administra-
teurs de la Banque mondiale.

Il a également rappelé qu'à plusieurs reprises il avait souligné que les programmes
de
vulgarisation devaient être administrés par les autorités nationales et non par la
Banque, ni par
des bailleurs de fonds ou des ONG. A son avis, la vulgarisation par F&V
est un peu comme la
démocratie, elle n'est pas parfaite mais c'est le meilleur système dont nous disposons.
Il a encore
ajouté que les programmes de vulgarisation soutenus par la Banque couvraient
presque tous les

75
pays de l'Afrique subsaharienne et continueraient à bénéficier de l'appui financier de la Banque
pendant au moins 15 ans.

M. Michel Aklamavo, du Bénin, avait été choisi par ses collègues pour exprimer les
impressions des participants sur l'atelier et proposer un vote de remerciement au nom des
délégations nationales. M. Bernard Bohe-Gui, au nom du pays hôte, a fait part de sa satisfaction
sur la qualité de l'organisation.

A la fin de la séance de clôture, certains des participants ont exprimé le désir de savoir
ce qui s'était passé la semaine précédente à l'atelier d'Accra, auxquels participaient les pays
anglophones. Mme Bagchee a donc fait une esquisse de comparaison entre les délibérations
d'Accra et celles d'Abidjan, mettant en relief les points de convergence et les différences dans
les accents et les perspectives des deux sessions.

76
Annexe 3 : Situation des projets de vulgarisation en exécution
en Afrique

Pays Projet Entrée en Coût Prêt Prêt


vigueur total BM/IDA vulgar.
Afrique Occidentale et Centrale
(en millions de US dollars)
Togo Dvpt. sect. coton6 89/08/16 37,5 15,1 7,2
Cameroun Réhab. cacao6 88/10/26 285,4 103,0
Côte d'Ivoire 26.0
Vulgar. agricole' 87/12/18 58,2 34,0
Togo 26,6
Vulgar. agricole' 88/07/25 12,6 9,7 4,3
Bénin Borgou 4 88/12/13 60,3 21,0 5,2
Guinée Agric. nationale2 89/05/26 30,9 18,4 4,3
Cameroun Dvpt. sect. élevage5 89/05/30 55,2 34,6
Cameroun 10,9
Formation vulg. nat.' 91/01/22 31,1 21,0
Côte d'Ivoire 12,5
Pilote, dvpt. femmes' 91/02/22 3,6 2,2 0,4
Congo Vulgar. agr. nationale' 91/12/31 19,7 15,8 8,7
Guinée Equat. Diversif. & serv. agr.3 91/10/07 18,0 6,3 1,2
Bénin Services agricoles3 91/10/15 29,9 12,3 8,4
Rép. Centrafr. Dvpt. serv. agricoles 4 93/08/11 46,9 25,8 8,1
Sous-totaux 689,0 319,2 123,8
Afrique de l'Est

Ouganda Dvpt. agr. FIDA 114 86/05/08 31,4 10,0 2,0


Soudan Vulgar./Recherche 2 86/12/10 38,0 22,0 6,5
Somalie Vulgar. agricole' 87/09/28 26,7 12,7 10,1
Ouganda Réhab. agric. S-O4 88/08/26 27,4 7,6 2,2
Ethiopie PADEP 1' 89/04/14 118,6 85,0 4,2
Soudan Agric. Sud Kassala4 89/07/27 35,0 20,0 1,4
Kenya Services ruraux3 89/09/01 35,5 20,8 1,5
Tanzanie Vulg. nat. agr. & élev.' 89/07/06 30,4 18,4 16,3
Kenya Vulgar. nat. agric. il' 91/08/22 47,9 24,9 19,4
Ouganda Vulgar. agricole' 93/06/24 17,8 15,8 15,8
Sous-totaux 408,7 237,2 79,4
Afrique du Centre & Océan Indien

Burundi Services agricoles3 90/02/20 40,0 33,1


Rwanda
3,1
Services agricoles IîP 90/06/15 30,1 19,9 14,1
Madagascar Pilote vulgar. agric.' 91/03/22 5,4 3,7 2,3
Zaire Pilote vulgaristion' 90/11/15 10,5 5,9 6,1
Maurice Services agricoles3 91/10/03 18,1 10,0 2,8
Sous-totaux 104,1 72,6 28,9

77
Projet Entrée cn Coit PrMt Prît
Pays
vigueur total BM/IDA vulgar.

Afrique de l'Ouest (en millions de US dollars)

Dvpt. zone Kaduna


48
85/07/17 182,6 122,0 1,9
Nigéria
Dvpt. multi-états i4 87/06/15 256,4 162,0 11,7
Nigéria
Réhab. cacao
6 88/11/15 128,0 40,0 6,4
Ghana
Dvpt. zone Borno 4
87/03/13 39,3 25,0 2,4
Nigéria
Dvpt. multi-états 4
1
89/11/16 125,0 85,0 3,2
Nigéria
Dvpt. multi-états 1114 90/03/29 159,4 100,9 9,3
Nigéria
Réhab. services agr.
3
87/12/18 53,3 17,0 0,7
Ghana
Appui tech. agr. nat.
2
93/05/21 60,0 42,5 16,5
Nigéria
Vulgar. agr. nat.' 92/07/21 41,1 30,4 30,4
Ghana

Sous-totaux 1045,1 625,0 82,5

Sahel

Services agricoles
3
89/05/26 44,9 42,0 12,9
Burkina Faso
Services agricoles
3
90/07/24 20,2 17,1 11,5
Sénégal
Services agricoles
3
91/08/29 27,1 18,3 12,9
Mali
Services agricoles
3
92/01/25 19,8 18,0 13,4
Niger 4
Gest. ress. natur. 93/02/11 32,1 20,4 2,1
Mali
Services agricoles
3
93/10/25 17,2 12,3 12,3
Gambie

Sous-totaux 161,3 128,1 65,1

Afrique australe
4
83/08/22 12,5 10,6 0,9
Malawi NRDP IV
Vulg. & rech. agr. nat.
2
83/11/29 177,2 13,1 11,9
Zimbabwe
Planif. vulgarisation
4
86/03/20 20,2 11,6 3,1
Malawi
Rech. & vulg. agricoles2
91/12/31 38,8 13,0 4,6
Zambie
Réhab. & dvpt. serv. agr.' 92/12/15 40,6 35,0 4,0
Mozambique
Services agricoles
3
94/01/039 64,8 45,8 17,2
Malawi

Sous-totaux 354,1 129,1 41,7

GRANDS TOTAUX 2762,3 1511,2 421,4

Légende

1. Projet distinct de vulgarisation


2. Projet de recherche et de vulgarisation agricoles
3. Projet de services agricoles
4. Projet de développement régional
5. Projet d'élevage comportant un volet important de vulgarisation
6. Projet de culture arbustive
7. Projet relatif aux femmes dans le développement
8. Reformulation du projet Kaduna
9. Estimation

78
Notes

* Deux projets, à savoir, Somalie: Vulgarisation agricole et formation à la gestion


des fermes, et Kenya
Premier projet national de vulgarisation, sont achevés et n'apparaissent donc
pas ici.
* Là où les prêts de la banque ou de l'IDApour la vulgarisation ne sont pas clairement
indiqués dans le rapport
d'évaluation, les montants été estimés sur la base d'éléments tels que le pourcentage
du prêt pour le projet,
les coûts en devises étrangères et le schéma de financement des frais de fonctionnement.

* Des projets de vulgarisation en Mauritanie et en Tanzanie doivent être approuvés


incessamment.
* Des opérations pilotes ont été lancées au Tchad; celles-ci sont financées dans le
cadre de projets en cours.

79
Annexe 4 : Liste des participants et des experts invités

Atelier d'Accra
Côte d'Ivoire M. S. Korang-Amoakoh
Director, DAES
M. Jacques Fremy Ministry of Agriculture
Mission résidente de la Banque mondiale P. O. M37
Abidjan, 01 BP 1850, Côte d'Ivoire Accra, Ghana

Ethiopie Dr. Paul Schutz


KIA
M. Ato Kiflu Bedane P. O. 9698
Research and Extension Coordinator Accra, Ghana
Institute of Agricultural Research
P. O. Box 2003 Me"' Rosetta Tetebo
Addis Ababa, Ethiopie Acting Director
Women in Agricultural Development
M. Ato Takele Gebre Ministry of Agriculture
Head, Agricultural Extension Department P. O. Box M37
Ministry of Agriculture Accra, Ghana
P. O. Box 62347
Addis Ababa, Ethiopie M. J. K. Wumnaya
Deputy Director, Training, DAES
Ghana Ministry of Agriculture
P. O. Box M37
Dr. S. T. Ampofo Accra, Ghana
Executive Director
Cocoa Services Division Inde
Accra, Ghana
Mme Aruna Bagchee, Secretary
M. Charles Annor Frempong Department of Tribal Development
Agricultural Extension Specialist Government of Maharashtra
World Bank Field Office Mantralaya, Mme Camna Road
Accra, Ghana Bombay 400032, Inde

M. Franklin Donkoh Kenya


Deputy Director, Field Services, DAES
Ministry of Agriculture M. Amos Ben Mayor
P. O. Box M37 World Bank Field Office
Accra, Ghana P. O. Box 30577
Nairobi, Kenya
Pr. K. A. Haizel
Deputy Director-General, Agric. Research Dr. J. K. Gachaki
Council for Scientific and Industrial Research Principal, Training
Institute
P. O. Box M32 P. O. Box 29040
Accra, Ghana Nairobi, Kenya
81
M. J. K. Gatheru Maurice
Deputy Director, Extension and Training
Ministry of Agriculture Dr. K. Coonjan
P. O. Box 30028 Director, Farmers Services Corporation
Nairobi, Kenya Blendax House
Port-Louis, Ile Maurice
M. Zelig Matmor
World Bank Field Office Nigéria
P. O. Box 30577
Nairobi, Kenya M. Sam Eremie
World Bank Field Office
M. Jediel Nyaga Nkanata Abuja, Nigéria
Head, Extension and Research Coordination
Ministry of Livestock Development Mme Esther W. Gadzama
P. O. Box 34188 World Bank Field Office
Nairobi, Kenya P. O. Box 127
Lagos, Nigéria
M. E. Wanga
Ministry of Agriculture M. Yusuf E. N. Obadiah
P. O. Box 30028 Chief, Extension Office
Nairobi, Kenya Taraba ADP
Jalingo, Nigéria
Malawi
Pr. L. B. Olugbemi
M. Edward S. Kabuye Director, IAR
Acting Chief, Agricultural Extension Office Samaru, Zaria, Nigéria
Lilongwe, Malawi
Pays-Bas
M. Francis Mbuka
World Bank Field Office M. Thomas Eponou
Lilongwe, Malawi ISNAR
La Haye, Pays-Bas

Atelier d'Abidjan

Bénin M. Abdoulaye Touré


Mission résidente de la Banque mondiale
M. Michel Aklamavo B. P. 03-2112
Directeur, Ressources humaines et formation Cotonou, Bénin
Ministère du Développement rural
Cotonou, Bénin M. Edomd Zinsou
Formateur, Carder OUEME
M. Zacharie Fagbemiro B. P. 81
Direction de la Recherche agronomique Porto-Novo, Bénin
B. P. 884
Cotonou, Bénin Burkina Faso

M. Wakilou Tahirou M. Célestin Belem


Chef, Service de vulgarisation MDR Directeur, INERA
Cotonou, Bénin B. P. 7192, Ouagadougou 03, Burkina Faso

82
M. Jeffey Lewis Côte d'Ivoire
Mission résidente de la Banque mondiale
B. P. 622
M. Gui Bernard Bohé
Ouagadougou, Burkina Faso Sous-directeur de la Vulgarisation
Direction de la Production agricole
M. Ibrahim Nébié Abidjan, Côte d'Ivoire
Mission résidente de la Banque mondiale
B. P. 622 M. Mamadou Coulibaly
Ouagadougou, Burkina Faso Sous-directeur de la Zootechnie
Direction de la Production animale
M. Samidou Mathias Pale Abidjan, Côte d'Ivoire
Directeur, Agriculture et ressources humaines
Programme national de gestion des terroirs M. Jacques Fremy
B. P. 1487, Ouagadougou, Burkina Faso Mission résidente de la Banque mondiale
B. P. 1850
M. Sibri Parkouda Abidjan 01, Côte d'Ivoire
Directeur, Vulgarisation agricole
B. P. 7028 M. Bouraima Osseni
Ouagadougou, Burkina Faso Sous-directeur, Recherche et développement
Ministère de la Recherche scientifique
Burundi B. P. V151, Abidjan, Côte d'Ivoire

M. Vital Baranyitondeye France


Directeur général, Vulgarisation agricole
Ministère de l'Agriculture et de l'élevage M. Jacques M. Brossier
B. P. 149, Gigeta, Burundi
INRAD
26, Boulevard du Docteur Petitjean
M. Pontien Bikebako 21000 Dijon, France
Conseiller technique, Vulgarisation agricole
Ministère de l'Agriculture et de l'élevage Guinée
B. P. 149, Gigeta, Burundi
M. Marcel Ouamouno
Cameroun Directeur du PNVA
Ministère de l'Agriculture
M. Nehru Essomba Conakry, Guinée
Coordonnateur national, RNVFA/IRA
Institut de recherche agronomique Guinée Equatoriale
B. P. 2067, Yaoundé, Cameroun
M. Marcelo Lohoso Besan
M. Edouard Mezazem Directeur général, Vulgarisation agricole
Coordonnateur national PNVFA Ministère de l'Agriculture et des forêts
Ministère de l'Agriculture Malabo, Guinée Equatoriale
Yaoundé, Cameroun
M. Pablo Obiang Mbo
M. Benjamin Nami Coordonnateur, Vulgarisation agricole
Directeur Ministère de l'Agriculture et des forêts
Ministère de l'Agriculture Malabo, Guinée Equatoriale
B. P. 11970, Yaoundé, Cameroun

83
82 83 84 85 86 87 1 88 1 89 - 90 91 92 1 93
KENYA _0:

TOGO .w
SOMALIEE
NIGERIA _>
BURKINAFASO ___ __ ___Y
GUINÉE-
SU DAN
------- ....... '...
MALAWI Y

ETHIOPIE
.
TANZANIE
...............
SÉNÉGAL _____s
B3ÉNIN_ _ __ _

CAMEROUN =_ =_=-_:
CONGO__ _ _ _ _ __ _ _

BURUNDI T_t
RWANDA _ _ _
MADAGASCAR _

MALI __ _

NIGER _ _-
îLEMAURICE _ _ E
GHANA t
ZAMBIE
GUINÉE EQ. _t

TCHAD n- _-__.
.

GAMBIE _ __ _
ZAïRE _ _ __
RÉP. CENTRAF. v - . --. _
OUGANDA = =====
= _
MOZAMBIQUE _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

PILOTE PROJET
Notes

1. En réalité, des initiatives africaines de vulgarisation par F&V ont eu lieu à


petite échelle
bien plus tôt. Le premier projet faisant appel à ce système était celui
de Vulgarisation agricole
et formation à la gestion, en Somalie, qui est entré en vigueur en
1980. Cependant, à la suite
de divergences de vues entre les bailleurs de fonds sur la manière d'aborder
la vulgarisation dans
le cadre de ce projet, son démarrage a été fortement retardé.

2. Pour une présentation complète de ces principes, voir Daniel Benor et Michael
Baxter
Vulgarisation agricole par le système de formation et de visites, Washington,
D.C., Banque
mondiale, 1984.

3. Voir V. Venkatesan et L. Schwarz: Agricultural Services Initiative, Rapport


sur l'Atelier
de la Banque mondiale tenu à Lilongwe en février 1991, Banque mondiale,
Département
technique pour l'Afrique, Washington, D.C., 1991.

4. Dans le cadre du présent document, le terme "pays africains" se réfere


aux pays de
l'Afrique subsaharienne.

5. Fait maintenant partie de la division Environnement et développement


durable du
département technique pour l'Afrique de la Banque mondiale.

6. Voir, par exemple: InternationalSeminaron RuralExtensionPolicies,26-30 juin


Centre agricole international, Wageningen, Pays-Bas; Agricultural Extension,
1989,
The Next Step,
Policy and Research Series, no. 13, Banque mondiale, Washington, D.C.; Agricultural
Extension,
Program Advisory Note, New-York: PNUD, décembre 1990; Proceedings
of the Regional
Workshop on Agricultural Research and Extension and Their Interaction,
2-9 décembre 1990,
Mission régionale de la banque mondiale en Afrique de l'Est, ZEP des états de
l'Afrique orientale
et australe et République du Kenya; Agricultural Extension Systems in Some
African and Asian
Countries, Série Développement économique et social, no. 46, Rome: Organisation
des Nations
Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 1984; Agricultural Services in a
Market Environment,
exposé de J. A. Nicholas Wallis à l'atelier sur la gestion de la croissance
agricole en Afrique
australe organisé du 3 au 13 décembre 1991, à Harare, Zimbabwe, par l'Institut
de développe-
ment économique de la Banque mondiale, Washington, D.C.; Agricultural Extension
in Africa,
compte rendu d'un colloque de la banque mondiale, édité par Nigel Roberts,
Washington, D.C.
Banque mondiale, 1989.

7. Kevin M. Cleaver, A Strategy to Develop Agriculture in Sub-Saharan Africa and


a Focus
for the World Bank, Département technique pour l'Afrique de la Banque
mondiale, Washington,
D.C., 1993.

8. Sub-Saharan Africa : De la crise à une croissance durable, Etude de perspective


à long
terme de la Banque mondiale, Washington, D.C., 1989.

9. S. Haggblade, P. Hazell et J. Brown, Farm-Non-Farm Linkages in Rural Sub-Saharan


Africa, World Development, 17(8).

87
10. Voir note no. 2.

il. Sauf spécification contraire, tous les montants sont en dollars de Etats-Unis.

12. Voir note no. 2.

13. Il s'agit d'entreprises parapubliques dans les sous-secteurs du coton et du cacao qui
offrent des services de commercialisation, de fourniture d'intrants et de vulgarisation.

14. Katrine A. Saito, avec la collaboration de Hailu Mekonen et de Daphne Spurling, Raising
the Productivity of Women Farmers in Africa, Document de travail de la Banque mondiale,
Washington, D.C., en cours de publication.

15. Voir note no. 3.

16. Voir note no. 14.

88
Carte BIRD 25398

UJ~TO~k - - S j I,>

-rL,NTd2tLi _ IGeiRLdi v k .Bi


A

w _, ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~t-?fUl

4,L' r~L, _ U ~ -QAOAL

L.b ~~~ 4f GUIN~EE TO-SS


_

AFRICA
AFRIQUE > a - s
COUNTRIES OPERATING
TRAINING AND VISIT _ _
PAYSAYANT ADOPTE LA
f
-

VULGARISATION PAR F&V


_ OPERATING -
EN E%PLOITATION N'IE I
rn 1PREPARATION OR SMALLSCALE . I i
I } EN PREPARATIONOUA PETITEECHELLE !* 's rE

FRONTIERESINTERNATIONALE L'
AFRIQUE
oU SUD

L« f _ e,A,
1e 6 diooomor - la.
o.),. odo, goen
o) ... 1.
b
o'impqb_od. n. p- du G-.. de b n..qw
me.rdb vn jug_r ov deo jond.q
d0q._ e enqn e db
q- 1.G-

W.)fM 1"5

89
Distributorsof WorldBank Publications
ARGENTINA The Middfle EastObserver KOREA, REPUBLIC0F SOUTH AFRICA, BOTSWANA
CarlosHirsch.SRL 41, SherifStreet Pan KoreaBookCorporation ,Fsingle
i tillesC
GaleriaGuemes Cairo P.O. Box101,Kwangwhamun OxfordUniversityPress
Plorida 165. 4th Floor-Ofc. 453/465 Seoul Southemn Africa
1333BuenosAires FINLAND S'O. Box1141
Akateeminen Kirjakauppa KoreanStockBook Centre CapeTown 8000
Oficinadel Ubro Internacional PO. Box128 P.O Box34
Aiberti 40 SF-00101 H-ielsinki10 Yeoeido Forsubscriptionordn's:
Buaenos
1082 Aires Seoul InternationalSubscriptionService
FRANCE l'O. Box41095
AUSTRALiA,PAPUANEWGUINEA, WoridBankPublications MALAYSIA Craighail
FIJi, SOLOMONISLANDS, 66, avenued'Iéna Uruversityof MalayaCooperative Johannesburg2024
VANUATU,AND WESTERN SAMOA 75116Paris Bookshop, Umited
D.A. informationServices P.O. Box1127,JalanPantaiBaru SPAIN
648WhitehorseRoad GERMANY 59700 KualaLumpur Mundi-Prensa
3 bros,S.A.
Mitcham 3132 UiNO-Verlag Casteilo 37
Victoria PoppelsdorferAilee55 MEXiCO 28001Madrid
53115Bonn iNFOTEC
Geroidand Co. Gerold and Co.
GIANA
GHANA ~~~~~~~~~~~14060
Apartado Postal
Tlalpan, 22-60D.F.
Mexico Libreritade
Conseil Cent. 391 AEDOS
internadonal
Graben31 GreenwichMag.and Books 08009Barcelona
A-1011Wien Rivera BeachHotle NETHERLANDS
pO Box01198 DeLindeboom/InOr-Publikaties SRI LANKAAND THEMALDIVES
BANGLADESH Osu-Accra PFO.Box202 LakeHouseBookshop
MicroIndustriesDevelopment 7480AEHaaksbergen PFo.Box244
Assistance Siodety(MiDAS) GREECE 100,Sir Chittampaam A.
House 5, Road 16 Papasotiriou S.A. NEW ZEALAND Gardiner Mawath~a
Dhanmondi R/Area 35, Stournara Str. EBSCONZ Ltd. Colombo 2
Dhaka 1209 106 82 Athens Private Mai Bag 99914
New Market SWEDEN
BELGIUM HONG KONG,MACAO Auckland FritzesFackbokxforetaget
jean De Lannoy Asia 2000Ltd. Regeringsgatan12, Box 16356
Av. du Roi 202 46-48WyndhtamStreet NIGERIA 5-10647Stockholm
1060
Brussels WinningCentre Urniversity
PressLinUtedS
7th Floor ThreeCrownsBuildingJericho Wennergren-WiiliansAB
BRAZIL Central Hong Kong Private Mail Bag 5095 P. O. Box 1305
PublicacoesTecnicasInternacionaisLtda. Ibadan S-171
25SoIna
RuaPeixotoGornide,209 HUNGARY
01409Sao Paulo,SP Foundationfor MarketEconomy NORWAY SWVMERLAND
DombovariUt 17-19 NarvesenInformationCenter LibrairiePayot
CANADA H-t 117Budapest BookDepartment Case postale3212
Le Diffueur P.0. Box6125Etterstad CH 1002Lausanne
151ABoul.de Mortagne INDIA N-0602Oslo6
Québec
Boucherviile, Ailied PublishersPrivateLtd. Van DiermanEditionsTechniques-ADECO
J4B SE6 751 Mount Road PAKISTAN P.O. Box465
Madras - 600002 Book Agency
NMixza CHI 1211Geneva16
RenoufPublishingCo. 65, Shahrah-e-Quaid-e-Azam
1294AlgomaRoad INDONESIA P.0. BoxNo. 729 TANZANIA
Ottawa,Ontario Pt. Indira Limited Lahore54000 OxfordUniversityPre_s
KIB3W8 Jalan Borobudur20 MaktabaStreet
PlO. Box 181 PERU P.O. Box5299
CHINA Jakarta10320 EditorialDesarrolloSA Dar asSalaam
China Finandal& Econoronic Apartado3824
PublishingHouse IRAN Lima 1 THAILAND
8, DaFo SiDongJie KowkabPublishers Central DepartmentStore
Beijing P.O.Box19575-511 PHILiPPINES 306SilomRoad
Tehran InternationalBookCenter Bangkok
COLOMBIA Suite1703,Cityland10
InfoeniaceLtda. IRELAND CondomuuumTower1 TRINIDAD& TOBAGO
ApartadoAereo34270 GovernmentSuppliesAgency AyalaAvenue,H.V.dela SystematicsStudies Unit
BogotaD.E 4-5HarcourtRoad CostaExtension 99Watts Street
Dublin2 Makati,MetroManila Curepe
COTED'IVOIRE -idiesWest
Trinidad,
Centre d'Editionet de Diffusion ISRAEL POLAND
Africaines(CEDA) YozmotUteratureLtd. PublishingService
Lnternational UGANDA
04B.P.541 PO. Box56055 Ul. Piekna31/37 GustroLtd.
Abidjan04Plateau Tel Aviv61560 00-677Warszawa lst Floor.Room4,Geogiadi_
Chambers
P'O. Box 9997
CYPRUS RO.Y.International PORTUGAL Plot (69)Kampala
Center ofApplied Research P.O.B.13056 LivrariaPortugai
Cyprus College Tel Aviv61130 Rua DoCarmo70-74 UNITEDKINGDOM
6;DiogenesStreet,Engomi 1200Usbon MicroinfoLtd.
P.O. Box 2006 ITALY PaO. Box3
Nicosia LicosaConunissionariaSansoniSPA SAUDIARABIA,QATAR Alton,Hampshire
_,U342PG
Via DucaDi Calabria,1/1 JarirBookStore England
CZECHREPU8UC CasellaPostale552 P.O. Box3196
NationalInformationCenter 50125Firenze Riyadh11471 ZAMBIA
F0O.Box 668 University of Zambia Bookahop
CS-11357Prague1 JAMAICA SLOVAKREPUBLIC Great EastRoadCampus
IanRandiePublishersLtd. SlovartG.T.GLtd. p0 . Box32379
DENMARK 206Old Hope Road Krupinska4 Lusaka
SamfundsLitteratur IGngston 6 P.O. Box 152
RosenoernsAlé Il 852 99Brabslava5 ZIMBABWE
DK-1970FrederiksbergC JAPAN Longman Zimbabse(Pvt.)Ltd.
EasternBookService SINGAPORE, TAIWAN, Tourle Road,Ardbennie
DOMINICANREPUBLIC Hongo3-Chome,Bunkyo-ku113 MYANMAR,BRUNEI P.O.BoxST 125
EditoraTaller.C. por A. Tokyo GowerAsiaPacficPte Ltd. Southerton
Restauracidne Isabel la Catolica309 GoldenWheelBuilding Harare
Apartadode Correos2190Z-i KENYA 41, KallangPudding,804-03
SantoDomingo AfncaBookService(E.A.)Ltd. Singapore1334
QuaranHouse,MfanganoStreet
OF
EGYPT,ARABREPUBLIC P.O. Box45245
AI Ahram Nairobi
AiGalaa Street
Cairo
1 ~~
-
§.ii-?.-.
Ji--L s'D T Ji:D
,- .f i uï:Q
f - À1 k-7,1'-i-
Xt!l

..~ ~~t t~U..:


~~~~~~~~~~~~~~ J
Banque mondiale
Siège Bureau européen Bureau de Tokyo
1818 H Street, N,W. 66, avenue d'léna KokusaiBuilding
Washington, D.C. 20433, U.S.A, 75116 Paris, France 1-1 Marunouchi 3-chome
0
Chiyoda-ku, Tokyo 1 0,Japon
Téléphone: (202) 477-1234 Téléphone: (1) 40.69.30.00
Télécopie: (202) 477-6391 Télécopie: (1) 40.69.30.66 Téléphone: (3) 3214-5001
Télex: MCI 64145WORLDBANK Télex: 640651 Télécopie: (3) 3214-3657
McI 248423WORLDBANK Télex: 26838
Adressetélégraphique: INTBAFRAD
WASHINGTONDC

ISBN 0-8213-3126-4