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Université de Mohamed Khider

Faculté des Sciences et de la technologie


département de chimie Industrielle

Transfert thermique et Echangeurs de chaleur

1er Année Master GCh & GEnv.


Réalisé par : Dr. MERZOUGUI Abdelkrim
merzouguikarim@yahoo.com
a.merzougui@univ-biskra.dz

2019-2020
• U E : UEF 1.1.2

• Qualité : Fondamentale

• Matière : Transfert thermique et Echangeurs de chaleur

• V H : 45h00

• Crédit matière : 4

• Coefficient:2

Objectifs de l’enseignement de la matière

Compléter les connaissances des étudiants et leur apprendre de


nouvelles notions telles que le transfert thermique en régime
transitoire, la conduction au travers des ailettes et en présence
d’une source de chaleur ainsi que les échangeurs de chaleur, et les
méthodes de calcul des équipements de transfert de chaleur.
Connaissances préalables recommandées

 Transfert de chaleur, Mécanique des fluides, notions de

mathématique (équations différentielles du premier et second

ordre, calcul des intégrales, etc.).

Références bibliographiques
1- Transfert De Chaleur Tome 1 - Les Principes - Crabol Jean
2- Transfert De Chaleur Tome 2 - Applications Industrielles - Crabol Jean
3- Transfert De Chaleur Tome 3 - corrigés de problèmes - Crabol Jean
Code T8/1063 (bibliothèque centrale de l’université)
Sommaire

Chapitre1:Rappels des Lois de Transfert de Chaleur (1 Semaine)

Chapitre 2 : Conduction Thermique (1 Semaine)

Chapitre 3: Convection Thermique (2 Semaines)

Chapitre 4:Description des appareils d’échange de chaleur sans

changement de Phase (2 Semaines)

Chapitre 5: Calcul des Echangeurs (3 Semaines)

Chapitre 6: Les appareils d’Echange de Chaleur avec Changement

de Phase (3 Semaines)

Chapitre7:Tubes à ailettes (3 Semaines)


Chapitre 4:
Description des appareils d’échange de
chaleur sans changement de Phase
Def. Un échangeur de chaleur est un appareil destiné à transmettre la chaleur
d’un fluide à un autre.
Au sein d’un échangeur de chaleur on peut trouver les modes d’échange suivants:
Conduction: c’est la propagation de la chaleur dans matière, sans transfert de masse. A
travers les solides, la conduction assure un bon transfert de chaleur
Convection: ce mode de transfert de chaleur apparait entre deux phases dont l’une au
moins est mobile, en présence d’une différence de température. Le mouvement des
phases peut être provoqué des différences de densité dans le fluide, le transfert de
chaleur est dit de convection naturelle ou libre. Le mouvement peut être provoqué par
une dégradation d’énergie mécanique, le transfert de chaleur est dit de convection
forcée. Cette dernière est essentielle pour ces appareils(changeurs).
Rayonnement: c’est l’émission d’énergie par les surface des corps sous forme de
radiation.
Donc, le transfert de chaleur qui a lieu au sein d’un échangeur fait intervenir le mode
convectif dans chacun des deux fluides et le mode conductif à travers la paroi qui les
séparent. Généralement, est faible et sera négligé.
En général, il existe trois classes d’échangeurs de chaleur:
 échangeur co-axial
 échangeur à tubes et calandre

 échangeur à plaques
Principe général: le principe de faire circuler deux fluides à travers des conduits qui les
mettent en contact thermique. Ces fluides sont mis en contact thermique à travers une
paroi métallique ce qui favorise les échange de chaleur. En général, le fluide chaud cède de
la chaleur au fluide froid.

Le principal problème consiste à définir une surface d’échange suffisant entre les deux
fluides pour transférer la quantité de chaleur nécessaire dans un configuration donnée. La
quantité chaleur transférée ne dépend pas seulement de la surface d’échange entre les
deux fluides mais aussi de nombreux autres paramètres tels que:
•Des températures d’entrée
•Des caractéristiques thermiques des fluides( chaleurs spécifiques, conductivité
thermique).
•Des coefficients d’échange par convection.
Principaux types d’échangeurs thermiques
• Les échangeurs tubulaires
Échangeur « double tubes »
Un des fluides circule dans l’espace annulaire entre les deux tube tandis que l’autre
circule dans Le tube central. Pour cette configuration, deux types de fonctionnements
sont distingués: les deux fluides circulent dans le même sens ou en sens opposé. Le
premier est un échangeur co-courant( ou courant-parallèle). Dans le deuxième cas,
c’est un échangeur contre-courant. Ce type d’échangeur est souvent rencontré dans
l’industrie frigorifique en particulier pour les condenseurs à eau dans les groupes de
production d’eau glacée.
Échangeur Tubes/Calandre ( à faisceaux tubulaires)
Le principe est schématisé dans la figure ci-dessus. Ces échangeurs sont
Constitués soit d’un tube unique( serpentin), soit d’un faisceau de tubes branchés
En parallèle enfermés dans un enveloppe appelée calandre.

Dans la figure ci-dessus, une schématisation réelle d’un échangeur multitubulaire de


fabrication Espagnol utilisé au sein de la zone industrielle de Skikda. Cet échangeur est
un réchauffeur D’Ethylène (Ethylène est un gaz utilisé comme monomère dans la
réaction de polymérisation). En outre, sur chaque équipement industriel on trouve une
plaque d’identification.
A partir de cette plaque on peut déduire ses caractéristiques tels que:
- La nature du fluide coté tubes et coté calandre;
- La pression de fonctionnement de chaque fluide;
- La température de fonctionnement;
- Le poids des tubes
- La pression d’épreuve hydrostatique… etc
Les chicanes

Des chicanes sont installées côté calandre pour orienter le cheminement du fluide,
et forcer son contact avec la totalité de la surface des tubes

L’emplacement des chicanes dans la calandre augmente la turbulences et l’efficacité


de l’échange et augmenter la rigidité du faisceau, pour éviter des phénomènes de
vibration.

On trouve plusieurs types de chicanes parmi elles les chicanes plates, qui peuvent
prendre différentes formes « chicane plate à un seul segment, chicane plate à
double segment, etc…). Différents montages de chicanage sont présentés ci-
dessous.
Chicanage horizontal

Chicanage vertical
Chicanage par disques et couronnes

Chicanage annulaire
Chicane plate à double segments Chicane à triple segments (triple-segmental
(double-segmental baffle) : baffle) :
Chicane creuse & disk (disk-and-doughnut baffle) :
Vue 3D des écoulement dans un échangeur multitubulaire:
- calandre à une passe avec chicanage horizontal
- faisceau de tubes en U à deux passes
Les passes N-P

Dans la disposition la plus simple, les fluides côté tubes et côté calandre entrent à une
extrémité et sortent à l'autre. On dit alors qu'il n'y a qu'une seule passe (un seul
passage) côté tubes et côté calandre. Les fluides peuvent entrer du même côté, (co-
courant) ou aux côtés opposés (contre-courant).

Le transfert thermique est amélioré quand la vitesse et l'agitation du fluide


augmentent. Il arrive fréquemment que avec une disposition à une seule passe la
vitesse des fluides soit trop faible. Pour augmenter cette vitesse tout en conservant le
même nombre de tubes (même surface d'échange), on a recours à la multiplication du
nombre de passes:
Echangeur 1-2:
Ce type est le plus simple échangeur à faisceau: le fluide qui circule dans la calandre
Effectue un seul passe tandis que le fluide coté tubes effectue 2 (ou 2n) passes. Pour
l’échangeur présenté dans la figure ci-dessous le fluide effectue une seule passe coté
calandre et deux passes coté tube
Echangeur 2-4:
Lorsque l’échangeur 1-2 ne permet pas d’obtenir une efficacité supérieure à 0.75, on
essaie à se reprocher plus de l’échangeur à contre courant en effectuant 2 (ou plus)
passes en calandre.
L’échangeur 2-4 comporte une chicane longitudinale de sorte que le fluide en calandre
effectue 2 passes. Le fluide dans le tube effectue 4 passes
Echangeur à courant croisé: dans ce type d’échangeurs, une circulation de l’un
des fluides dans une série de tubes alors que l’autre circule perpendiculairement
autour des tubes. Généralement, c’est le liquide qui circule dans les tubes et le
gaz à l’entour. Les tubes munis d’ailettes permettes un bon transfert de chaleur
échangée en augmentant la surface d’échange. Le radiateur de refroidissement
des véhicules à moteur est un exemple de cet échangeur.
Echangeur à courant croisé:
La disposition des tubes
Dimensions des tubes et des calandres
Les échangeurs à tubes et calandre peuvent théoriquement être construit dans
toutes les dimensions, cependant dans le but d'en optimiser le coût on cherchera à
respecter quelques règles:
Les tubes sont normalement disponibles en longueur de 12m (40 pieds). Pour
minimiser la perte de matière lors de la confection, on privilégiera des longueurs
sous multiples de 12 (6m, 4m, 3m, 1,5m, 1,2m, ...)
Les calandres sont souvent équipées d'une ou deux brides permettant le démontage
des boites de distribution.
Echangeur à plaque:
Echangeur à plaque:
Ce type d’échangeurs est constitué de plaques assemblée de façon que le fluide puisse
circuler entre elles. Un jeu de joints assure la distribution des fluides entre les plaques de
telle sorte que chacun des fluides soit envoyé alternativement entre deux espaces inter
plaques successifs.
Un échange thermique des fluides s’effectue à travers les plaques. La compacité avantage
de ce type d’changeur. Ce dispositif permet une grande surface d’échange dans un volume
limité. Donc son utilité apparait clairement lors des grandes puissances
Les échangeurs à plaques sont très utilisé dans l’industrie agroalimentaire, l’industrie
nucléaire ou chimique. Pour des raisons évidentes d’hygiène et de santé publique, les
plaques sont généralement en acier inoxydable. A notre que la gamme de températures de
fonctionnement est réduite par l’utilisation des joints en matières organiques.
Ainsi, on peut trouver d’autre classification de ce type d’échangeurs tels:
 Les échangeurs à plaques spirales,
 Les échangeurs à plaques circulaires,
 Les échangeurs à plaques soudées.
Chapitre 5: Calcul des Echangeurs
(Évaluation des performances thermiques d’un échangeur)
V.1 Distribution de température dans un échangeur
V. 2 Étude d’un échangeur

Objectif: fournir une puissance donnée avec la plus faible surface d’échange
et le moins de pertes de charge possible.
Étude de l’échangeur = différentes disciplines
- thermique
- mécanique des fluides
- technologie des matériaux
- architecture
Thermique (régime permanent) : deux méthodes de calculs :
1. Moyenne Logarithmique de la Différence de Température (DTLM)
2. Nombre d’Unités de Transfert (NUT)
V. 2.1. Méthode de la différence logarithmique des températures

• Les échangeurs à co-courant


Si Tc et Tf sont les températures des deux fluides au droit de l’élément dS de la surface
d’échange.
le flux thermique dΦ échangé entre les deux fluides à travers dS peut s’écrire:
Hypothèse : échangeur sans pertes, c’est-à-dire un échangeur dans lequel la chaleur
cédée par le fluide chaud est intégralement transmise au fluide froid.

Dans ces conditions, le flux de chaleur dΦ transmis du fluide chaud au fluide froid à
travers l’élément dS s’écrira, dans le cas de l’échangeur à courants parallèles :

sont les débits massiques respectifs des fluides chauds et froids, en kg/s.
Cpc et Cpf sont leurs chaleurs massiques à pression constante, en J/(kg.°C).
D’ou la différence :
Mais on peut également exprimer le flux total échangé en fonction des températures
d’entrée et de sortie des fluides; c’est faire le bilan enthalpique global de chaque fluide,
ce qui s’écrit:
Expression d’où on tire finalement la puissance thermique totale échangée, dans
l’hypothèse d’une circulation à courants parallèles:
Les échangeurs à contre-courant

la puissance thermique totale échangée:


• Généralisation

Les expressions (11) et (13) peuvent recevoir la même formulation, si on introduit la


grandeur:

∆T désignant la différence de température entre le fluide chaud et le fluide froid, dans


une section donnée de l’échangeur.
∆TLM est appelée la différence de température logarithmique moyenne entre les deux
fluides (DTLM)
V. 2.1. Évaluation du coefficient d’échange global

Pour pouvoir calculer la puissance thermique d’un échangeur à l’aide de la relation


précédente:

il est encore nécessaire de connaître le coefficient global d’échange défini par la relation:

Le transfert de chaleur du fluide chaud au fluide


froid est la résultante de trois phénomènes
successifs:
• Convection entre le fluide chaud et la face externe
de la paroi solide.
• Conduction à travers cette paroi solide.
• Convection entre la face interne de la paroi solide
et le fluide froid.
La convection dans le fluide chaud est régie par un coefficient de convection hc permettant
de définir une résistance thermique convective 1/ hc.S.
La convection dans le fluide froid est régie par un coefficient de convection hf permettant
de définir une résistance thermique convective 1/ hf .S

La conduction à travers la paroi solide d’épaisseur e et de conductivité thermique λ,


il en est rendu compte par une résistance thermique de conduction e/ λ .S

De sorte que le flux thermique transféré du fluide chaud au fluide froid est donné
par l’expression:
Rqs:
1) Dans la relation (17), nous avons supposé la même surface d’échange S côté chaud
et côté froid.
Dans la pratique, la surface d’échange n’a pas toujours la même étendue au contact
des deux fluides. Il faut donc introduire des surfaces d’échange Sc et Sf, et rapporter le
coefficient d’échange global, soit à l’unité de surface d’échange côté chaud - et on le
notera kc - soit à l’unité de surface d’échange côté froid - et on le notera kf

2) De plus, au bout d’un certain temps de fonctionnement, les parois d’échange se


recouvrent d’un film d’encrassement. Ces dépôts de tartre et de salissures ont une
conductivité thermique faible par rapport à celle du métal, et constituent donc des
résistances thermiques supplémentaires Rec et Ref s’opposant à l’échange.
En définitive, la performance réelle de l’échangeur sera déduite du calcul de l’un ou de
l’autre des deux coefficients d’échange global suivants:
Ordre de grandeur des résistances d’encrassement Re
Des mesures comparatives entre les conditions de mise en service, puis le fonctionnement
au cours du temps, ont permis de déduire les valeurs des résistances d’encrassement.
Estimation des coefficients d’échange par convection hc et hf
> On évalue le Nombre de PRANDTL de chaque écoulement, à partir des
propriétés physiques du fluide considéré:

> On calcule ensuite le Nombre de REYNOLDS de chaque écoulement


> La connaissance des Nombres de PRANDTL et de REYNOLDS permet alors de
calculer, pour un écoulement donné, le Nombre de NUSSELT:
Méthode du Nombre d’Unités de Transfert : NUT

L’utilisation de la méthode logarithmique est intéressant lorsque les températures d’entrée


Et de sortie des fluides caloporteurs sont connues ou aisément déterminables . Lorsque ces
températures sont inconnues, la méthode nécessite un calcul itératif du à la présence de
la fonction logarithme dans l’expression de DTLM. Dans ce cas, une approche basée sur le
Paramètre efficacité de l’échangeur est préférée.
EFFICACITÉ THERMIQUE D’UN ÉCHANGEUR

Pour caractériser les performances thermiques d’un échangeur, la démarche la plus


naturelle paraît être de comparer sa puissance thermique φ avec le flux maximum φ max
On appelle « efficacité thermique » ɛ(0 < ɛ < 1) de l’échangeur le rapport entre la
quantité de chaleur transférée et quantité maximale de chaleur transférable φ / φ max, qui
est évidemment sans dimension .
 La quantité de chaleur transférée est représentée par le flux de chaleur gagné par le
fluide froid ou perdu par le fluide chaud (éq.2).
 la quantité maximale de chaleur transférable est déterminée en utilisant la différence
maximale de température (en prend en compte les deux fluides) dans l’échangeur qui est
en fait la différence entre les températures entrantes des fluides chaud et froid
Le fluide auquel devrait être appliquée cette différence de température est celui
qui délivre le minimum en terme de taux de capacité calorifique (m.Cp) donc:
φmax = (m.Cp)min (Tce-Tfe)
Le fluide possédant le terme (m.Cp)min peut être le fluide chaud ou le fluide froid
Dans les deux cas, on aura respectivement:
Dimensionnement des échangeurs tub/cal

1. Côté Tube