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CHAPITRE I : GENERALITES SUR LES SYSTEMES DE DISTRIBUTION ELECTRIQUE

I - GENERALITES

L’industrie électrique est organisée en trois (03) grandes branches :

 la construction du matériel ;
 la production et la distribution de l’énergie électrique ;
 l’installation du matériel et son entretien.

On s’intéressera bien entendu principalement à cette troisième branche, dans laquelle on


distinguera plusieurs spécialités :

 l’électricien d’équipement, chargé d’exécuter, d’entretenir et de dépanner les


installations électriques ;
 l’installateur en télécommunications ;
 l’électricien de ligne ;
 l’électricien d’entretien.

L’installation électrique est calculée au bureau d’études par un ingénieur électricien, en


consultation permanente avec l’utilisateur. L’ingénieur produira un plan détaillé à partir
duquel l’électricien fera concrètement l’installation.

L’électricité a une importance énorme dans les installations industrielles modernes : la


qualité de l’installation électrique est en conséquence primordiale.

Un bon système électrique doit posséder les qualités suivantes :

 un haut degré de fiabilité, c'est-à-dire une faible probabilité de pannes ;


 une chute de tension compatible avec la demande ;
 une certaine flexibilité ; ce qui permettra des modifications ou des rajouts d’une
façon simple ;
 un arrangement aisé permettant une maintenance rapide et efficace pour certaines
charges essentielles. Cela signifie :
 une possibilité d’installation de groupes électrogènes ;
 des éléments de protection (fusible, disjoncteur) bien calculés et un schéma
simple, compréhensible par les électriciens chargés de la maintenance ;
 le respect des normes en vigueur.

Différentes sources de puissances sont à considérer :

 le branchement direct sur secteur basse tension, pour les petites installations ;
 le branchement sur secteur haute tension, avec un poste de transformation
HTA/BT ou HTB/HTA;
 l’alimentation autonome sur groupe électrogène si le secteur n’est pas disponible ;
 l’alimentation mixte (secteur + source autonome) à envisager dans les cas suivants :
 une coupure secteur serait catastrophique (continuité de service) ;
 l’usine produit des déchets combustibles.

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I-1- LES SYMBOLES ELECTRIQUES

Afin que tout le monde se comprennent, il est bon utiliser des symboles normalisés.

L’Amérique du nord et l’Europe n’ont malheureusement pas les mêmes symboles. Au


Sénégal, on utilise les symboles européens. En France, l’Union Technique d’Electricité (UTE)
s’occupe de cette normalisation. Les symboles normalises sont préconisés par la norme NF
C03-202 : Symboles graphiques pour schémas- Partie 2 : éléments de symboles, symboles
distinctifs et autres symboles d'application générale.

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I-2- LE SCHEMA UNIFILAIRE

Le schéma architectural se présente vu de dessus. L’implantation du matériel figurée par les


schémas normalisés vus précédemment, est disposée à l’emplacement prévu. Le schéma
architectural est établi sur le plan d’architecture des locaux et se compose des symboles
relatifs aux appareils d’utilisation, aux appareils de commande et aux dépendances entre ces
appareils (connexions électriques).

Représenter tous les fils d’une installation même petite, donnerait un schéma inextricable.
C’est pourquoi on représente en général les connexions par un seul fils en trait interrompu.

D’autre part, pour simplifier l’étude de chaque montage, on fait (sur un plan différent) une
représentation unifilaire développée, sur laquelle on peut indiquer des renseignements
supplémentaires (par exemple, la section des fils).

Exemple 1 : d’installation électrique d’un local artisanal

Exemple 2 : installation électrique d’un local commercial

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Exemple 3 : installation électrique d’un local industriel

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I-3- LES TYPES DE RESEAUX

I-3-1- Distribution radiale ou en antenne

Chaque « ensemble consommateur » n’est alimenté que par une ligne unique. Tout incident
déclenchant les disjoncteurs ou fusibles entraine l’arrêt de toute l’installation située en aval.

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I-3-2- Distribution en boucle (coupure d’artère)

Pour pallier l’inconvénient d’une distribution radiale, on utilise des circuits bouclés. Un
« ensemble consommateur » peut ainsi être alimenté par au moins deux (02) circuits
différents. Les postes sont en passage en coupure. En cas de défaut sur un tronçon de câble
ou dans un poste, on isole le tronçon en défaut par l’ouverture des 2 appareils qui
l’encadrent et on réalimente la boucle en refermant le disjoncteur.

I-3-3- Distribution en double dérivation (double antenne)

Il est utilisé pour assurer une continuité de service optimale. En cas de défaut sur l’une des lignes,
l’alimentation de l’abonné est permutée sur la seconde.

I-3-4- Découplage des jeux de barres

Beaucoup de schémas sont réalisable autant au point de vue des circuits de distribution qu’au point
de vue des jeux de barres. Toutefois, on n’a pas intérêt à augmenter inconsidérément le nombre de
jeux de barres et d’appareils, les problèmes de sécurité et complexité ne rendant pas nécessairement
l’installation plus fiable.

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En Basse tension, la distribution en antenne est la plus courante. Elle est l’objet de ce cours.

I-4 LES DOMAINES DE TENSION

Selon la valeur de la tension nominale, les installations sont classées comme il suit :

Domaine de tension Alternatif Continu


TBT U <= 50 V U <= 120 V
BT 50 V < U <= 1000 V 120 V < U <= 1500 V
HTA (MT) 1000 V < U <=50 000 V 1500 V < U <= 75 000 V
HTB U > 50 000 V U > 75 000 V

Une installation d’usine comprend :

 Un poste de livraison, qui appartient au distributeur (SENELEC) ;


 des câbles de distribution répartis et distants les uns des autres ;
 des postes de transformation, abaissant la tension à 380 V ;
 le réseau BT

Dans le cas où l’on doit alimenter de gros moteurs, ou en général de grosses charges ponctuelles
(four…), on peut être amené à les alimenter directement en HTA. Au Sénégal, la HTA de 30 kV est la
plus courante, bien qu’on trouve aussi une tension HTA de 6,6 kV.

Dans le cas où la consommation globale est peu élevée, ou si l’installation est peu étendue, il peut
être rentable de ne pas utiliser de câbles de distribution intérieure HTA ; la livraison se fait alors
directement au poste de transformation.

I-5- NORMALISATION

En attendant que l’Association Sénégalaise de Normalisation (ASN) produise des normes relatives aux
installations électriques, les normes françaises sont appliquées et servent en tout cas de guide aux
entreprises locales.

Les règles d’installation sont régies par les normes suivantes :

 NF C13-100 : Postes de livraison établis à l’intérieur d’un bâtiment et alimentés par un réseau de
distribution public HTA (jusqu’à 33 kV).
 NF C13-200 : Installations électriques à haute tension. Règles (complété par le rectificatif de mai
1987).
 NF C14-100 : Installations de branchement à basse tension
 NF C15-100 : Installations électriques à basse tension
 décret du 14 novembre 1988 : protection des travailleurs dans les établissements utilisant
l’énergie électrique (voir article 53 faisant obligation au chef d’établissement de faire procéder,
avant mise en œuvre puis périodiquement, à une vérification par un organisme agréé).

I-6- LES MATERIAUX UTILISES

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Plusieurs matériaux sont utilisés dans l’industrie électrique ; nous retiendrons le cuivre et
l’aluminium couramment utilisés dans la fabrication des conducteurs et câbles BT.
Le tableau ci-dessous donne les valeurs de la résistivité de ces matériaux.

I – 7 - REGLES DE CONCEPTION

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I – 7 – 1 - Bilan de puissance
Pour étudier une installation, la connaissance de la réglementation est un préalable. Le mode de
fonctionnement des récepteurs (régime normal, démarrage, simultanéité, etc.), et la localisation, sur
le plan du ou des bâtiments, des puissances utilisées permettent de réaliser un bilan des puissances
installées et utilisées et, ainsi, d'en déduire la puissance et le nombre des sources nécessaires au
fonctionnement de l'installation.

 Facteur d'utilisation (ku)


Le facteur d’utilisation s’applique individuellement à chaque récepteur.
Pour les appareils d'éclairage et de chauffage, le facteur d'utilisation est toujours égal à 1. Dans une
installation industrielle, Ce facteur peut varier entre 0,3 et 0,9. En l'absence d'indications plus
précises, un facteur d'utilisation de 0,75 peut généralement être adopté pour les appareils à moteur.
Pour les prises de courant, tout dépend de leur destination.

 Facteur de simultanéité (ks)


Tous les récepteurs installés ne fonctionnent pas simultanément. C'est pourquoi il est permis
d'appliquer aux différents ensembles de récepteurs (ou de circuits) des facteurs de simultanéité.
Le facteur de simultanéité s'applique à chaque regroupement de récepteurs (exemple au niveau d'un
tableau terminal, d'un tableau divisionnaire, d'une armoire…).
La détermination de ces facteurs de simultanéité implique la connaissance détaillée de l'installation
et de ses conditions d'exploitation. Des valeurs précises applicables à tous les cas ne peuvent donc
pas être précisées.

Cependant les normes NF C 14-100, NF C 63-410 et le guide UTE C 15-105 donnent des indications
sur ce facteur. En l’absence d’indications précises, les valeurs des tableaux peuvent être utilisées :

Facteur de simultanéité de fonction de l’utilisation (UTE C15-105)

Facteur de Pondération pour un immeuble (NF C14-100)

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Facteur de simultanéité pour les armoires de distribution (NF C63-410)
Le Tableau ci-dessous indique des valeurs estimées de ks pour un tableau de distribution alimentant
un nombre de circuits pour lesquels il n'y a aucune information sur la manière dont la charge totale
est répartie entre eux.
Si l'armoire est composée principalement de circuits d'éclairage, il est prudent de majorer ces
facteurs.

 Facteur tenant compte des prévisions d'extension


La valeur de ce facteur doit être estimée suivant les conditions prévisibles d'évolution de
l'installation; il est au moins égal à 1 et, pour les installations industrielles, une valeur d'au moins 1,2
est recommandée.

Exemple d'application des facteurs ku et ks


La ci-dessous montre un exemple d'estimation de la valeur de la puissance d'utilisation à tous les
niveaux d'une installation, à partir des charges jusqu'au point d'alimentation.
Dans cet exemple, à la somme des puissances absorbées de 126,6 kVA correspond une puissance
d'utilisation aux bornes du transformateur de 58 kVA seulement.

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I – 7 – 2 - Branchement
Des informations concernant la structure tarifaire sont aussi nécessaires pour faire le meilleur choix
du raccordement de l'installation au réseau au niveau de la Haute tension ou de la basse tension.

Le raccordement peut se faire sur un réseau :


 HTA
Un poste de livraison MT/BT sera alors nécessaire et devra être étudié, réalisé et installé en intérieur
ou en extérieur, conformément à la réglementation (la partie distribution Basse Tension pouvant, si
nécessaire, être étudiée séparément). Le comptage peut être effectué en moyenne tension ou en
basse tension.
 Basse Tension
L'installation peut être raccordée au réseau local. Le comptage est (nécessairement) effectué en
tarification basse tension.

I – 7 – 3 - Architecture de la distribution électrique


Le réseau de distribution est alors étudié dans son ensemble.
Le schéma des liaisons à la terre, ou régime de neutre, est choisi en fonction de la législation en
vigueur, des contraintes liées à l'exploitation du réseau et à la nature des récepteurs.
Les matériels de distribution, tableaux et canalisations, sont déterminés à partir du plan des
bâtiments, de la localisation des récepteurs et de leur regroupement.
La nature des locaux et de l'activité conditionne leur niveau de résistance aux influences externes.

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I – 7 – 4 - Protection des personnes contre les chocs électriques
Le schéma des liaisons à la terre ayant été déterminé précédemment, il reste, pour réaliser la
protection contre les contacts directs et indirects, à mettre en œuvre le schéma retenu (TT, IT ou TN).

I – 7 – 5 - Circuits et appareillage
L'étude détaillée des circuits est alors réalisée. La section des conducteurs des circuits est
déterminée:
 à partir du courant nominal des charges, de la valeur du courant de court-circuit et du type
de dispositif de protection,
 en prenant en compte le mode de pose et de son influence sur le courant admissible des
conducteurs.
Avant de valider le choix de la section des conducteurs comme indiqué ci-dessus, les prescriptions
suivantes doivent être satisfaites :
 la chute de tension dans les conducteurs est conforme aux normes en vigueur,
 le démarrage des moteurs s'effectue correctement,
 la protection contre les chocs électriques est assurée.
Le courant de court-circuit est alors déterminé et la vérification de la tenue thermique et
électrodynamique des canalisations est à réaliser.
Ces différents calculs peuvent entraîner une révision des choix faits précédemment. Les fonctions
que doit remplir l'appareillage permettent de définir son type et ses caractéristiques.

I – 7 – 6 - Protection contre les surtensions


Le coup de foudre direct ou indirect peut avoir des conséquences destructrices sur les installations
électriques à plusieurs kilomètres du point d'impact. Les surtensions de manœuvres, les surtensions
transitoires ou à fréquence industrielle peuvent aussi engendrer les mêmes conséquences. Les effets
sont examinés et des solutions sont proposées.

I – 7 – 7 - Efficacité énergétique en distribution électrique


La mise en œuvre d'un système de mesures, de contrôle et de commande communiquant adapté à
l'installation électrique peut générer d'importants profits tant pour l'exploitant que le propriétaire :
consommation de puissance réduite, coût de l'énergie réduit, meilleure utilisation des équipements
électriques.

I – 7 – 8 - Energie réactive
La compensation de l’énergie réactive des installations électriques est réalisée localement,
globalement ou en utilisant une combinaison de ces deux méthodes.

I – 7 – 9 - Harmoniques
Les harmoniques circulant dans les réseaux détériorent la qualité de l'énergie, et sont ainsi à l'origine
de nombreuses nuisances, telles que surcharges diverses, vibration et vieillissement des matériels,
perturbation des récepteurs sensibles, des réseaux de communication ou des lignes téléphoniques.

I – 7 – 10 - Alimentations et récepteurs particuliers

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La plupart des installations électriques comportent des récepteurs dont il faut assurer l'alimentation
même en cas de coupure du réseau de distribution publique parce qu'il s'agit :
 soit d'équipements constituant une installation de sécurité (éclairage de sécurité,
surpresseurs d'incendie, désenfumage, alarme, signalisation, etc.),
 soit d'équipements prioritaires dont l'arrêt prolongé entraînerait des pertes de production ou
la destruction de l'outil de travail.
Un des moyens les plus courants pour maintenir la continuité de l'alimentation en énergie des
charges dénommées « prioritaires», dans le cas où la source principale est défaillante, est d'installer
un groupe électrogène connecté via un inverseur de source à un tableau regroupant les charges
prioritaires.
Les groupes électrogènes (dénommés aussi GE ou groupe) sont aussi utilisés en distribution
électrique HT.
En BT, ils sont employés comme :
 source de Remplacement,
 source de Sécurité,
 parfois source de Production.
Lorsqu’un besoin de qualité d’énergie est indispensable, le groupe est associé à une Alimentation
sans Interruption (ASI).

I – 7 – 11 - CEM : Compatibilité Électromagnétique


Quelques règles de base doivent être appliquées pour assurer la Compatibilité Électromagnétique. La
non observation de ces règles peut avoir de graves conséquences lors de l'exploitation de
l'installation électrique : perturbation des systèmes de communication, déclenchement intempestif
des dispositifs de protection voire même destruction d'équipements sensibles.

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Exercice :
Une usine se compose de trois (03) ateliers de production A, B et C. Les équipements qui y sont
installés figurent dans le tableau ci-dessous.
Chaque atelier dispose d’un coffret divisionnaire forces (CEF) à partir duquel est alimenté l’ensemble
des moteurs de l’atelier. L’alimentation de chaque coffret divisionnaire provient d’une armoire
d’atelier. Cette armoire d’atelier alimente aussi l’éclairage et les PC de chaque atelier. Toute
l’installation sera alimentée par un tableau général (TGBT).
1 - Faire le bilan de puissance de cette installation
2 - calculer le facteur de puissance global de l’installation.
3 - Choisir la puissance de la source en admettant un coefficient d’extension de 1,2.

Atelier A
4 Moteur A1 : 35kw / cosphi = 0,88
4 Moteur A2 : 13kw / cosphi = 0,86
4 Moteur A3 : 25kw / cosphi = 0,87
4 Moteur A4 : 9kw / cosphi = 0,86
4 Moteur A5 : 5,5kw /cosphi = 0,85
Eclairage : 80 luminaires fluo 36w/luminaire/cosphi=0,86
25 Prises de courant 10/16A-220V/cosphi=0,8
Atelier B
4 Moteur B1 : 55kw / cosphi = 0,9
4 Moteur B2 : 30kw / cosphi = 0,88
4 Moteur B3 : 15kw / cosphi = 0,86
Eclairage : 50 luminaires fluo 36w/luminaire/cosphi=0,86
20 Prises de courant 10/16A-220V/cosphi=0,8
Atelier C
5 Moteur C1 : 40kw / cosphi = 0,88
5 Moteur C2 : 35kw / cosphi = 0,88
Eclairage : 30 luminaires fluo 36w/luminaire/cosphi=0,86
15 Prises de courant 10/16A-220V/cosphi=0,8

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