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Sémiotique

Sémiotique : étude du sens


Grec σημειον (sêmeion) : le signe
Ferdinand de Saussure :
sémiologie : « science qui étudie la vie des
signes au sein de la vie sociale »
(Cours de Linguistique Générale, 1916)

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1
Pascal Vaillant
Le signe

Un galet sur la plage n'a pas de sens


Le sens suppose une altérité : quelque
chose renvoie à quelque chose d'autre
(aliquid stat pro aliquo)
L'un des concepts fondamentaux (en tout cas
fondateurs) de la sémiotique est le signe
Le signe est un élément qui fait sens.

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2
Pascal Vaillant
Modèles du signe
Aliquid stat pro aliquo :

mot chose

En quoi consiste le lien ?


Il manque quelque chose !
La rose ne « signifie » pas l'amour en vertu de
ses propriétés naturelles ; elle signifie l'amour
dans l'esprit de quelqu'un.
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Pascal Vaillant
Le modèle triadique du signe

Vox significat res mediantibus conceptibus :

représentation

mot chose

→ Conception très répandue : modèle triadique du signe


(Peirce, Ogden & Richards, Morris)
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Pascal Vaillant
Le signe linguistique de Saussure
« Le signe […] unit non une chose et un nom,
mais un concept et une image acoustique »
(Saussure, Cours de Linguistique Générale)
signifié

signifiant

→ La linguistique ne s'intéresse pas à la chose

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Pascal Vaillant
Forme et substance
Une distinction fondamentale en sémiotique
Théorisée par Saussure, puis par Hjelmslev
Le signifiant n'est pas identique à l'objet physique
du signe (signal sonore, trace d'encre sur du
papier …) ni le signifié à l'objet physique du
référent (l'éventuelle chose dont on parle)
Seule une partie des caractéristiques physiques
de l'objet compte pour le signifiant
Seul un modèle abstrait compte pour le signifié
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6
Pascal Vaillant
Forme du signifiant
Exemple de la pièce pour la machine à café :
La pièce de 1€, en tant qu'objet physique présente une
multitude de paramètres
Mais seuls comptent pour la machine à café : le poids, le
diamètre, l'épaisseur de la tranche
… parce que c'est cela seul qu'elle reconnaît.
Les autres caractéristiques (p.ex. le dessin côté face) ne
comptent pas.
Le poids, le diamètre, l'épaisseur constituent la
forme du signifiant (de l'expression).
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7
Pascal Vaillant
Forme du signifié
Je peux vous parler de mon vélo sans que vous
connaissiez son poids exact ou sa couleur
(le signifié du mot « vélo » n'a pas de poids).
Ce qui fait partie du signifié est ce que vous
comprendrez automatiquement du fait que
j'emploie le mot vélo
(il a deux roues, une chaîne, un guidon …)
Les deux roues, la chaîne, le guidon constituent la
forme du signifié (du contenu).
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Pascal Vaillant
Le modèle tétradique du signe
« [les] éléments nécessaires pour qu'il y ait signe
[…] sont au nombre de quatre » (Klinkenberg, Précis
de sémiotique générale)

signifiant signifié

stimulus référent

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9
Pascal Vaillant
Le modèle tétradique du signe
Ce modèle distingue expression et contenu,
forme et substance :
EXPRESSION CONTENU

signifiant signifié

FORME

SUBSTANCE

stimulus référent

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Pascal Vaillant
Des signes aux textes

En réalité les signes n'apparaissent (presque)


jamais tout seuls.
Et quand les signes sont à plusieurs, ils
s'influencent systématiquement les uns les autres
au niveau du sens.
(comme les légumes dans la ratatouille)
On appelle texte une production réelle. Les signes
sont le résultat de la décomposition des textes.

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Pascal Vaillant
Le goût de la sauce
Ex. 1 : « le commissaire aboie » (Greimas)
Statiquement (dans le dictionnaire),
commissaire = fonctionnaire de police (⇒ + /humain/).
Statiquement (dans le dictionnaire),
aboyer = bruit que font les chiens (⇒ – /humain/).
Dynamiquement (dans ce contexte), le commissaire ne
fait pas concrètement « ouaf ouaf » (aboyer est devenu
un peu moins canin) ; mais en lisant cette phrase, on
comprend très bien qu’il « parle comme un chien » : très
désagréablement, d’une voix forte et hachée (le
commissaire devient du coup un peu moins humain).
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Pascal Vaillant
Cercle herméneutique
Ex. 2 : « le chat mange la souris ».
Pas le même sens si plongé dans le contexte d'un roman
à l'eau de rose (avec un riche héritier qui emmène une
jeune étudiante romantique pour un dîner sur son yacht
au soleil couchant).
C'est ce qu'on appelle l'influence du contexte si
l'on se place au niveau local ;
ou le cercle herméneutique si l'on considère le
fonctionnement de l'ensemble.
Le global détermine le local, et inversement.
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Pascal Vaillant
Le global détermine le local
Le global détermine le local, et inversement.
Règle générale des productions sémiotiques
Cela vaut pour les textes (linguistiques) comme
pour les compositions graphiques (affiches,
tableaux), filmiques, théâtrales …
On parle souvent de texte (au sens général) pour
un assemblage de signes, pas forcément
seulement de mots (ex. texte iconique)

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Pascal Vaillant
Diversité des systèmes de signes
Les signes sont des éléments de systèmes plus
complets : les systèmes de signes
Système de signes linguistique : une langue (ou une
variété de langue) ;
Système de signes non-linguistique : un système de
pictogrammes (le code de la route) ; une norme
vestimentaire ; un ensemble de codes gestuels dans des
danses traditionnelles ;
Systèmes de signes hétérogènes : cinéma, théâtre,
bande dessinée, etc.

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Pascal Vaillant
Déploiement des signes
Les signes d'un même système de signes se
déploient pour former des textes.
Ils se déploient sur un espace qui dépend des
contraintes physiques du substrat (ex. le temps du
discours pour la langue, la feuille de papier pour
l'image, le temps et l'espace devant le locuteur
pour la langue des signes, etc.)
Cet espace où se déploient les signes est
l'espace extérieur du système de signes
(PV, Sémiotique des langages d'icône)
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Pascal Vaillant
Syntagmatique et paradigmatique
Pour chaque position dans un texte où se trouve un
signe, il y a eu un choix : on a mis ce signe-là à la place
d'autres signes qui auraient pu être choisis à la place.
Chaque signe se définit donc relativement aux signes qui
sont autour de lui (in praesentia), mais aussi relativement
aux signes qui auraient pu occuper la même place (in
absentia)
On appelle ces deux axes de rapport entre signes
l'axe syntagmatique et l'axe paradigmatique

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Pascal Vaillant
Syntagmatique et paradigmatique
Ex. dans le cas de la langue :
S
Le petit garçon dé noue son lacet
Un homme fait mon fil
Ce garnement un
grand re
gentil Ø
P
Ø

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Pascal Vaillant
Signes et figures
En décomposant un texte en éléments plus petits,
on obtient des parties qui contiennent chacun une
partie du plan de l'expression et une partie du
plan du contenu (des signes)
À un moment, si on continue à décomposer, il n'y
a plus analogie entre plan de l'expression et plan
du contenu
Par contre, on continue à trouver des éléments
qui n'existent que sur un plan à la fois, et qui ont
un rôle distinctif (des figures)
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Pascal Vaillant
Frontière du signe (+)
Au-delà de la frontière du signe : si on découpe
un morceau sur l’un des plans, et qu’on le
remplace par autre chose, alors, sur l’autre
plan, il y a aussi une partie qui change et une
partie qui reste identique.
Le renard mange le poisson
Le loup mange le poisson
La partie qui a changé sur un plan permet
d’identifier le correspondant sur l’autre plan.

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Pascal Vaillant
Frontière du signe (–)
En-deçà de la frontière du signe : si on
découpe un morceau sur l’un des plans, et
qu’on le remplace par autre chose, alors, sur
l’autre plan, tout le bloc change.
chat
chou
La partie qui a changé a fait basculer l’ensemble
correspondant, sur l’autre plan, vers une tout
autre totalité.

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Pascal Vaillant
Double articulation
Dans la langue, on a une double articulation
(selon la formulation de Martinet) :
les mots (qui ont un sens) se combinent en phrases (qui
ont un sens plus complexe) ;
mais en interne les mots sont eux-mêmes constitués de
phonèmes, qui n'ont pas de sens par eux-mêmes (ils
servent juste à distinguer les mots les uns des autres :
chat/chou …)
Cette double articulation permet de dire tout ce qu'on a
à dire (1) avec une bonne économie de moyens (2)

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Pascal Vaillant
Figures du contenu
La définition de la frontière du signe est réversible.
⇒ Il est tout à fait légitime de parler de figures du
contenu, tout autant que de figures de l’expression
⇒ Le signe se manifeste sur les deux plans à la
fois; son versant sur le plan de l’expression est le
signifiant, son versant sur le plan du contenu est le
signifié
⇒ La figure du contenu (sème) est distincte de la
figure de l’expression (phonème, iconème ...). La
figure du contenu est l’atome de valeur du signe.
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Pascal Vaillant
Comment décrire le contenu ?
La sémiotique s'intéresse à l'univers du sens,
donc les travaux de sémiotique appliquée
portent sur la structuration du plan du contenu.
On cherche à connaître la façon dont s'articulent
les différents éléments du sens :
dans la dimension paradigmatique
(quels choix possibles) ;
dans la dimension syntagmatique
(comment les structurer dans le message).

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Pascal Vaillant
Fondements perceptifs du sens
L'univers du sens humain (ce qui est concevable,
intelligible) s'ancre dans le monde perceptif.
→ Les grandes structurations fondamentales du sens (et
les plus universelles) ont leurs racines dans notre
univers perceptif (avec le corps comme repère) :
haut/bas, gauche/droite, devant/derrière,
intérieur/extérieur ...
et sensoriel :
chaud/froid, lumineux/sombre, plaisir/souffrance ...

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Pascal Vaillant
Axiologies
Puis sur des couches de sens plus culturelles, se
construisent d'autres oppositions dans le
monde du contenu :
bon/mauvais, bien/mal, heureux/malheureux,
courageux/lâche, beau/laid, naïf/rusé, etc. (infini)
D'une manière générale, le plan du contenu est
décrit sous la forme d'axes polarisés
(axiologies) ...
sur lesquelles s'articulent le plus souvent des
oppositions binaires.
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Pascal Vaillant
Contraire et contradictoire
Un sème (élément de sens fondamental) plein :
chaud s'oppose à un autre sème plein, de sens
contraire : froid.
Par ailleurs la simple absence de ce sème
constitue son contradictoire logique (pas
chaud).
Il ne faut pas confondre contraire et contradictoire :
si c'est chaud, c'est forcément pas froid (implication) ;
Mais si c'est pas chaud, c'est pas forcément froid.

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Pascal Vaillant
Carré sémiotique
Ces quatre termes sont décrits sur un carré, qui
schématise les structures élémentaires de la
signification (Greimas & Rastier)

chaud froid CONTRAIRES

pas froid pas chaud SUBCONTRAIRES

contraire
contradictoire implication

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Pascal Vaillant
Figures et glossèmes
Les figures elles-même s'opposent entre elles
par un jeu d'oppositions élémentaires.
Dans le cas de la langue parlée, il s'agit des traits
phonologiques (consonne sourde/sonore,
voyelle ouverte/fermée, etc.)
Hjelmslev appelle ces oppositions élémentaires
des glossèmes.
Les glossèmes se distinguent sur un espace qui
n'est plus l'axe syntagmatique.
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Pascal Vaillant
Espace extérieur, espace intérieur
L’opposition figures/glossèmes (phonèmes/traits
phonologiques dans le cas de la langue)
recouvre une rupture de dimension
Les glossèmes sont encore des éléments
distinctifs, mais plus des segments dans la
dimension sur laquelle s’alignent les signes
(ex. dans la langue : espace des fréquences et non pas
dimension du temps de la parole)
On peut parler d’espace extérieur et d’espace
intérieur
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Pascal Vaillant
Différences entre systèmes (1)
Le point de rupture entre espace extérieur et
espace intérieur a lieu à des niveaux très
différents suivant les systèmes de signes
Dans des systèmes de signes relevant de
l’image, la dimension du point est souvent trop
minuscule pour être pertinente en termes
d’analyse sémiologique
(la tache de couleur pour la peinture, le grain
pour la photo argentique, le pixel pour l’image
numérique)
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Pascal Vaillant
Différences entre systèmes (2)
Le point de rupture entre signes et figures,
dans la langue, est au-dessus de la limite entre
espace extérieur et espace intérieur ; ce n’est
pas toujours le cas.
Ce point (la frontière du signe) définit la limite
de principe entre ce qui peut être sémantisé et
ce qui ne peut pas l’être
A priori, un phonème, en langue, ne peut pas
(généralement) être sémantisé
Alors qu’une toute petite tache de peinture peut l’être
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Pascal Vaillant
Le sens dans la langue
Les unités lexicales (signes à la cohésion interne
la plus forte) sont les foyers de sens : ils
constituent des clés d’accès au lexique mental.
Le cerveau du lecteur les assemble quasi-
instantanément et repère les renforcements de
traits (isotopies) et les oppositions (allotopies)
isotopie : le chien aboie
allotopie : le commissaire aboie

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Pascal Vaillant
Le sens dans la langue
Les isotopies créent un fond contextuel sur lequel
se distingue la forme de chaque nouvel élément
ajouté.
Chaque élément prend sens sur ce fond, par sélection
des sèmes pertinents et virtualisation des sèmes non-
pertinents sous la pression du contexte.
⇒ le sens se construit par stabilisation et
recherche d’équilibre entre global et local
⇒ les « points d’entrée » sont les mots

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Pascal Vaillant
Comment fonctionne l’image ?

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Pascal Vaillant
Première approche : l'iconicité
● En première approche, le signe linguistique est
arbitraire (le mot n'a aucun rapport avec la
chose), alors que le signe visuel (de type
« image ») doit ressembler à la chose.
● Cette relation (« ressembler à ... ») s'appelle
l'iconicité (du grec εικων, image).
● L'auteur qui a introduit l'usage du terme icône
en tant que catégorie de signes est Peirce.

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Pascal Vaillant
Insuffisance de la « ressemblance »
● Le fait de fonder une définition d'un type de
signe sur la « ressemblance » pose cependant
problème.
● La ressemblance est une relation symétrique ; or le
fait de signifier est une relation asymétrique : la
représentation (Goodman)
(l'objet ne représente pas le signifiant !)
● La ressemblance est une « question de degré »
(Morris) ; il y aurait donc des signes iconiques « plus
ou moins » iconiques, ce qui conduit à une absurdité
(où doit-on s'arrêter pour avoir un critère définitoire ?)
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Pascal Vaillant
Les codes du signe iconique
● En réalité il ne faut tout simplement pas oublier
que le signe iconique est un signe.
● Donc (comme tout signe) il sélectionne une
forme du contenu dans la substance du
contenu, et une forme du signifiant dans la
substance du signifiant !
● C'est ce qu'Eco décrit comme des conventions
de reconnaissance, et des conventions de
transcription.

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Pascal Vaillant
Les codes du signe iconique
● Les conventions culturelles décrites par Eco
(La structure absente) :
– Les conventions de reconnaissance sélectionnent
les traits du contenu par lesquels nous identifions
l'objet (ex. les rayures pour les zèbres ; les
positions canoniques) ;
– Les conventions de transcription définissent des
relations entre un type graphique respectant les
contraintes du support et une classe de percepts
visuels (ex. le trait hachuré pour l'ombre ; les
rayons de soleil pour la lumière).
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Pascal Vaillant
Que reste-t-il de l'icône ?
● Une fois qu'on a compris que le signe iconique
comprend une bonne part de convention, on
peut être tenté de se demander s'il reste
quelque chose qui fonde l'icône.
● En effet certains signes dit iconiques sont très
conventionnels.
(Le petit pictogramme « montagne » utilisé sur les
appareils photos pour indiquer le réglage « photos de
paysage » ; le sinogramme « montagne » ...)

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Pascal Vaillant
Caractère chinois
« shān » (montagne)

Pictogramme pour
sélectionner le mode
paysage (appareil
photo numérique Sony)

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Pascal Vaillant
Ratio facilis et Ratio difficilis
● Eco (Trattato di semiotica generale) clarifie la
question en distinguant deux modes de
production du signe.
– Le ratio facilis est le rapport entre signifiant et
signifié qui existe lorsqu'on reproduit un code
existant.
– Le ratio difficilis est le rapport entre signifiant et
signifié qui se construit lorsqu'on n'a pas de
modèle, au moment de l'invention d'un code.

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Pascal Vaillant
Du signe au texte iconique
● Les signes iconiques se combinent pour former
des textes iconiques
● L'image est naturellement bien placée pour
exprimer les relations spatiales puisque son
substrat d'expression est bidimensionnel.
● Par contre elle n'est pas très bien placée pour
exprimer des relations temporelles, causales,
logiques …
● Cf. comparaison de la sculpture et de la poésie
par Lessing (Laokoon).
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Pascal Vaillant
Indices de l’action
(personnage
du haut) :

- position instable
- chapeau en
mouvement
(d’après les lois
de la physique
connues)

Pieter Brueghel
l’Ancien :

Le dénicheur
de nids

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Pascal Vaillant
L'expression des relations spatiales
● Si je dessine un homme sous un arbre, mon
dessin « signifie » (au premier degré) : un
homme sous un arbre. Si je dessine un homme
sur un arbre, mon dessin « signifie » : un
homme sur un arbre.
● C'est la « spatio-sensitivité » de l'image (Eco).
● Si un texte visuel est interprété suivant le
postulat d'iconicité, le plus facile à représenter
est donc la relation spatiale.

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Pascal Vaillant
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Pascal Vaillant
Continuité entre texte et signe
● La disposition spatiale se manifeste à tous les
niveaux de l'image (l'homme sous l'arbre ; la
tête sur le corps de l'homme ; les yeux au-
dessus du nez et de la bouche …)

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Pascal Vaillant
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Pascal Vaillant
Continuité entre texte et signe
● La disposition spatiale se manifeste à tous les
niveaux de l'image (l'homme sous l'arbre ; la
tête sur le corps de l'homme ; les yeux au-
dessus du nez et de la bouche …)
● En d'autres termes, il ne faut pas chercher
dans l'image une double articulation comme
celle de la langue !
● Il y a une continuité entre textes, signes, et
figures (modèle de Palmer, représenté par le
Groupe μ, Traité du signe visuel)
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Pascal Vaillant
Herméneutique de l'image
● Les grands éléments visuels narratifs ne
prennent sens que par combinaison d'éléments
plus petits.
● Les petits détails ne prennent sens que dans le
contexte d'éléments plus grands.
→L'image manifeste à un degré encore plus
intense la propriété de « cercle
herméneutique » déjà évoquée pour la langue
(le global détermine le local et inversement).

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Pascal Vaillant
Scène champêtre (homme sous un arbre près d’une maisonnette) 0

maisonnette homme arbre ...

Configuration spatiale bonhomme

murs toit bras tête jambes tronc feuillage n

Configuration spatiale tête

contour du visage yeux bouche n+1

... ...

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Pascal Vaillant
Foyers de sens
● Mais où sont les foyers de sens ?
● Dans les textes linguistiques, ils résident dans
les lexèmes et les grammèmes (unités
linguistiques — lexicales ou constructionnelles
— au sens stabilisé).
● Dans l'image, ils résident dans les
configurations visuelles élémentaires, celles qui
sont reconnues en premier.

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Pascal Vaillant
Formes élémentaires (Gestalten)
● Certaines de ces configurations visuelles sont
les formes (Gestalten) visuellement prégnantes
identifiées par la Gestalttheorie.
● Elles sont spontanément reconnues par l'être
humain de manière innée et émergent
visuellement (distinction forme/fond).
– Formes compactes : lignes horizontales ou
verticales, carrés, ronds …
– Formes distribuées : alignements réguliers,
symétries, contrastes ...
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53
Pascal Vaillant
Types iconiques
● D'autres sont des types iconiques appris :
– plus ou moins profondément ancrés ;
– acquis plus ou moins tôt ;
– plus ou moins universels ;
– plus ou moins chargés de conventions culturelles.
● Certains types sont universels et quasiment aussi
prégnants que les formes de la Gestalttheorie car ils
sont liés à des fondamentaux anthropologiques (ex. le
visage humain)
● D'autres sont plus culturels (maison avec cheminée)
mais peuvent se diffuser comme tout artefact culturel.
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Pascal Vaillant
Stéréotypes visuels

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Pascal Vaillant
Comment l'image fait-elle sens ?
● Ce qu'il faut retenir :
– L'image est iconique, mais en disant cela on n'a
pas encore dit grand chose ;
– elle produit du sens grâce aux configurations
visuelles élémentaires (Gestalten) ;
– et aux types iconiques appris ;
– puis à un processus d'interprétation globale ;
– qui met en jeu un principe de spatio-sensitivité ;
● … et pour finir elle fait appel à un grand nombre
d'interprétants culturels → intertextualité.
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56
Pascal Vaillant
Intertextualité

Un segment de texte a généralement besoin, pour


être compris, d'éléments de connaissance qui ne
sont pas présents en lui-même.

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Pascal Vaillant
In præsentia / in absentia
Ces éléments de connaissance peuvent venir :
in præsentia :
(1) du contexte (ce qui a été dit avant dans le texte, qui
est dans notre mémoire parce qu'on l'a lu peu de temps
avant) ;
in absentia :
(2) plus généralement, de livres lus, d'histoires
entendues, de films vus … bref de notre culture
personnelle (dans notre mémoire à plus long terme).

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Pascal Vaillant
Interprétants
On dit rarement des choses totalement
nouvelles.
L'interprétation du nouveau se fait sur un fond de
connaissances communes antérieures.
Ce sont les « ilôts de confiance » de
l'interprétation.
Ces connaissances communes dépendent du
genre de texte.
On les appelle des interprétants.
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Pascal Vaillant
Culture(s) commune(s)
Les interprétants externes peuvent faire partie :
de la culture livresque (thèmes bibliques ou
mythologiques, contes, grands auteurs, culture
classique ...)
de la culture de l'époque (usages courants, actualités,
chansons en vogue, tics de langage, citations
fréquemment reprises pendant une certaine période …)
de la culture populaire (proverbes, locutions, 成語
[chéngyǔ] ...), ou plus généralement de la doxa (idées
généralement répandues)

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Pascal Vaillant
Aire culturelle
Qui dit connaissances communes partagées dit
⇒ aire culturelle
⇒ époque
On s'en rend compte lorsqu'on lit un roman
étranger, où beaucoup de choses doivent être
expliquées dans des notes de bas de page.
Idem lorsqu'on lit un livre écrit il y a longtemps.
Pire quand c'est les deux.
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61
Pascal Vaillant
Reprise et réécriture

Lorsqu'un texte récent fait référence à un texte


plus ancien …
Il le reprend en partie (mention à un nom propre, citation
plus ou moins complète ou plus ou moins exacte,
reprise d'une histoire connue …)
Il le réécrit en partie (il « retouche » à la marge l'élément
thématique qu'il reprend ; le lecteur n'en aura plus
exactement la même représentation après).

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62
Pascal Vaillant
Intertextualité
Au sens strict, il y a intertextualité lorsqu'un texte
réfère à un autre texte, en le citant, en le
plagiant, en y faisant allusion :
« l'intertextualité est [...] le mouvement par
lequel un texte récrit un autre texte, et
l'intertexte l'ensemble des textes qu'une œuvre
répercute » (Piégay-Gros, 1996).
Champ de la poétique, de la stylistique, de la
critique littéraire ...

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Pascal Vaillant
Intertexte
Plus généralement, tout texte est constitué de
reprises de segments plus ou moins figés.
« Le texte redistribue la langue (il est le champ de cette
redistribution). L'une des voies de cette déconstruction-
reconstruction est de permuter des textes, des
lambeaux de textes qui ont existé ou existent autour du
texte considéré, et finalement en lui : tout texte est un
intertexte ; d'autres textes sont présents en lui, à des
niveaux variables, sous des formes plus ou moins
reconnaissables : les textes de la culture antérieure et
ceux de la culture environnante ; tout texte est un tissu
nouveau de citations révolues » (Barthes, 1968).
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64
Pascal Vaillant
Intertextualité dans la langue
⇒ Continuum allant de :
la réutilisation de lexies plus ou moins
complexes (« la fin des haricots ») …
… à l'insertion intégrale de passages entiers
(exercices de style : Testimony de Reznikoff,
Pierre Ménard auteur du Quichotte de Borges)

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65
Pascal Vaillant
Intertextualité dans l'image
Le principe d'intertextualité vaut bien sûr dans
d'autres systèmes de signes que la langue
La peinture par exemple s'inspire souvent de
thèmes classiques (récurrents), et les peintres
s'attaquent souvent à la « réinterprétation »
d'une œuvre d'un prédécesseur

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66
Pascal Vaillant
La Joconde (1506, Léonard de Vinci — Musée du Louvre)

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67
Pascal Vaillant
Deux tableaux anonymes du XVIIe siècle

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68
Pascal Vaillant
Deux tableaux du XXe siècle
(Dali : Autoportrait en Mona Lisa, 1954 ;
Botero : Mona Lisa à douze ans, 1959)

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69
Pascal Vaillant
Deux œuvres récentes
(Cieślewicz : Mona-Tsé-Toung, 1977 ;
Liberge : La Joconde, 2008)

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70
Pascal Vaillant
Intersémiotique
L'interprétation d'un objet sémiotique peut aussi
faire appel à des interprétants qui ne sont pas
passés par le même système de signes ...
citation d'une autre langue
... voire : pas par la même modalité sémiotique
un texte sert d'interprétant pour comprendre une image,
une image pour comprendre un texte
etc.

DUT MMI 2, Sémiotique


71
Pascal Vaillant
Intersémiotique in absentia
Une image sert d'interprétant à un texte.
« Je me souviens de cet
homme et de cette photo
qui porte le symbole de
la liberté. Un homme
seul debout devant un
char, place Tien An
Men ; mais si le fusil, le
char, peuvent tuer un
homme, il n'est pas en
leur pouvoir de lui ôter
sa dignité. (…) » (revue Empan, n° 58)

DUT MMI 2, Sémiotique


72
Pascal Vaillant
Intersémiotique in absentia
Une image sert d'interprétant à un texte.
« Je me souviens de cet
homme et de cette photo
qui porte le symbole de
la liberté. Un homme
seul debout devant un
char, place Tien An
Men ; mais si le fusil, le
char, peuvent tuer un
homme, il n'est pas en
leur pouvoir de lui ôter
sa dignité. (…) »
DUT MMI 2, Sémiotique
73
Pascal Vaillant
Intersémiotique in absentia
Un texte sert d'interprétant à une image.

(Jacoppo Bassano, Le Bon Samaritain,


Venise, ca. 1560)

DUT MMI 2, Sémiotique


74
Pascal Vaillant
Intersémiotique in absentia
Un texte sert d'interprétant à une image.
« Jésus reprit : "Un homme descendait de
Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de
brigands qui, après l'avoir dépouillé et roué de
coups, s'en allèrent, le laissant à demi mort. Un
prêtre vint à descendre par ce chemin-là ; il le vit
et passa outre. Pareillement un lévite, survenant
en ce lieu, le vit et passa outre. Mais un
samaritain, qui était en voyage, arriva près de
lui, le vit et fut pris de pitié. Il s'approcha, banda
ses plaies, y versant de l'huile et du vin, puis le
chargea sur sa propre monture, le mena à
l'hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain, il tira
deux deniers et les donna à l'hôtelier, en disant :
"Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé
en plus, je te le rembourserai, moi, à mon
retour." (…) » (Évangile selon Saint-Luc)

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75
Pascal Vaillant
Intersémiotique in præsentia
La circulation de sens entre modalités se fait bien
évidemment, à plus forte raison, lorsque les
deux sont présents simultanément sur le
support sémiotique.
Mode de fonctionnement des systèmes
sémiotiques « hétérogènes » (image légendée,
bande dessinée, roman photo, théâtre,
cinéma … et bien sûr conversation en face à
face)

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76
Pascal Vaillant
Unité du plan du contenu (signifié)
Y a-t-il un « signifié visuel », distinct du « signifié
linguistique » ?
Non, pas sur le plan de la forme du signifié.
(univers du sens)
« les signifiants de nature sensorielle différente
peuvent recouvrir un signifié identique ou, du
moins, équivalent : ainsi la langue orale et la
langue écrite »
(Greimas, Sémantique structurale)
DUT MMI 2, Sémiotique
77
Pascal Vaillant
Inégalité des modalités
Cette unité de la forme du contenu permet à
plusieurs modalités de se partager le même
univers de sens (le langage est capable
d'exprimer des concepts visuels, par exemple)
Cela n'empêche pas par ailleurs qu'il y ait des
chemins d'accès privilégiés de certaines
modalités sémiotiques à certaines catégories de
représentations mentales
L'image est un vecteur privilégié pour les
représentations à fort contenu visuel.
DUT MMI 2, Sémiotique
78
Pascal Vaillant
Interprétation intermodale
Un texte d'un système de signes hétérogène fait
donc coexister, dans un espace syntagmatique de
niveau supérieur, plusieurs sous-textes
appartenant à des modalités plus élémentaires :
Textes visuels (plastique, iconique) ;
Textes linguistiques (langue écrite) ;
Idéogrammes

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79
Pascal Vaillant
Types de signes visuels
Signe plastique : formes, couleurs, textures,
relations géométriques entre objets …
(domaine du non-figuratif)
Signe iconique : textes graphiques
reconnaissables par une relation de conformité
à un type visuel du référent (cours précédent)
(domaine du figuratif)
(Groupe µ, Traité du Signe Visuel ;
Damien et Claire Gautier, Mise en page(s), etc.)

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80
Pascal Vaillant
Types de signes linguistiques
(ou quasi-linguistiques)
Langue écrite :
Écritures alphabétiques
Écritures syllabiques
Écritures idéographiques
Idéogrammes non-linguistiques :
Pictogrammes
(idéogrammes iconiques)
Autres idéogrammes
NB. Idéogramme = signe d'écriture ayant un sens
DUT MMI 2, Sémiotique
81
Pascal Vaillant
Coexistence des modalités
Dans un texte hétérogène, les différentes
modalités (texte, image) s'articulent selon les
règles conventionnelles dans le genre considéré
(ex. : légende bien alignée en-dessous de la figure dans
les livres illustrés ; séquence de cases assez formelle
dans le « comic strip », plus souple dans la B.D. pleine
page ; convention de la « bulle » [phylactère] dans le
monde de la B.D. ; liberté quasi-totale [mais en
connaissance des règles !] dans le monde de l'affiche ...)

DUT MMI 2, Sémiotique


82
Pascal Vaillant
Règles d'articulation des systèmes
de signes hétérogènes
Différents systèmes de signes peuvent être
emboîtés les uns dans les autres
À chaque niveau, on peut identifier un espace
extérieur (espace syntagmatique) sur lequel se
déploient des signes
Des signes peuvent être minimaux à un niveau
mais décomposables au niveau ultérieur
L'espace intérieur du niveau n peut être l'espace
extérieur du niveau n+1
DUT MMI 2, Sémiotique
83
Pascal Vaillant
Décomposition des textes
sémiotiques hétérogènes

DUT MMI 2, Sémiotique


84
Pascal Vaillant
Décomposition des textes
sémiotiques hétérogènes
Exemple de Gaston Lagaffe :
- cases dans la page
- images dans les cases (iconique)
- texte dans les cases, relié aux images
(conventions d’interprétation : bulle avec trait plein [parole], bulle
avec trait discontinu [pensée])
- idéogrammes dans les textes (dessin de cochon)
- onomatopées dans les images (« cranc ! »)
- conventions du genre « bande dessinée » : traits droits
pour signifier le mouvement, ondulations autour de la
tête pour signifier l’agacement ...
DUT MMI 2, Sémiotique
85
Pascal Vaillant
Répartition du sens
Dans un texte multimodal :
Chaque modalité est porteuse de sens ;
Les différentes modalités véhiculent un sens différent
(sauf cas de « dictionnaire texte-image », type imagier
ou trombinoscope) ;
Les sens des différentes modalités interagissent.
En résumé :
les modalités se partagent le contenu.

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86
Pascal Vaillant
Répartition du sens
Exemple texte/image
- L'interprétant d'un élément de l'image peut se
trouver dans le texte
- L'interprétant d'un élément de texte peut se
trouver dans l'image
- L'image et le texte « se répondent » pour créer
un effet de sens qui ne serait pas possible avec
un seul des deux

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87
Pascal Vaillant
Interprétation multimodale
Exemple

Dessin de Sergueï dans Le Monde du 28 septembre 1996


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88
Pascal Vaillant
Plan iconique
(à gauche) :
homme + casque + fusil → soldat
(au milieu) :
homme + lance-pierre → combattant
(à droite) :
personnage avec chapeau

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89
Pascal Vaillant
Plan des symboles conventionnels
Idéogramme « étoile de David » sur le casque du
personnage de gauche (symbole d'Israël)

soldat + étoile de David → soldat israélien


Idéogrammes « étoile + rayures » (stars and stripes) sur
le chapeau du personnage de gauche (drapeau
américain, symbole des É.U.A.)
Symbole du vieil homme avec la barbe à la Lincoln et
le chapeau à stars and stripes : Uncle Sam (symbole
personnifié des É.U.A. [prosopopée])

personnage de droite → Uncle Sam = É.U.A.


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90
Pascal Vaillant
Plan des symboles conventionnels
Foulard à carreaux sur la tête du personnage du milieu :
symbole du combattant palestinien (« keffieh »)

combattant + keffieh → combattant palestinien

DUT MMI 2, Sémiotique


91
Pascal Vaillant
« Grammaire de l'image »
« Grammaire » avec des guillemets (niveau de
figement plus faible que dans la langue)
Certaines relations spatiales dans le signifiant ne
sont pas interprétées de façon rigoureusement
iconiques
Ex. du cours : gauche = avant / droite = après ;
Autre ex. : plus gros = plus fort / plus petit = plus
faible (diagramme dans la terminologie de
Peirce).
DUT MMI 2, Sémiotique
92
Pascal Vaillant
Interprétation des relations spatiales
Suivant cette règle, en l'occurrence :
personnage de gauche plus grand que
personnage du milieu


/soldat israélien/ plus fort que /combattant
palestinien/

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93
Pascal Vaillant
Métaphore (sur le plan du contenu)
Le personnage de droite tient les bras du
personnage du milieu
tenir les bras (+concret) → empêcher d'agir (–concret)
(métaphore située sur le plan du contenu, donc
valable aussi bien si le signifiant est une image que si
le signifiant est un texte linguistique …)
L'Amérique empêche le combattant palestinien
d'agir.

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94
Pascal Vaillant
Autres éléments graphiques
Trous dans le personnage du milieu
interprétés dans le contexte comme :
/impacts de balle/
Tache sous le personnage du milieu
interprétés dans le contexte comme :
/flaque de sang/

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95
Pascal Vaillant
Éléments linguistiques
« Je vous retiens avant que vous ne fassiez un
malheur » :
Propos prêtés au personnage incarnant les É.U.A.
(convention de la « bulle »)
Formule généralement utilisée dans un contexte où le
locuteur empêche un personnage (en position de
force) de faire du mal à un autre personnage (en
position de faiblesse)
⇒ Signification (en principe) de l'élément linguistique :
l'Amérique empêche le combattant palestinien (fort) de
faire du mal à l'armée israélienne (faible)
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96
Pascal Vaillant
Interaction entre modalités
Incohérence entre texte et image :
Le texte dit : « l'Amérique empêche le combattant
palestinien (fort) de faire du mal au soldat israélien
(faible) »
L'image dit : « le soldat israélien est plus fort que le
combattant palestinien ; l'Amérique empêche le
combattant palestinien d'agir mais n'empêche pas le
soldat israélien de lui tirer dessus ».
Cette incohérence volontaire devient le support
d'un message politique sur l'attitude des É.U.A.
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Pascal Vaillant
Interprétation globale
En vertu des spécialisations supposées du texte
et de l'image (topos : l'image reflète la réalité,
alors que le texte reflète les discours) …
… ce dessin est interprété comme portant le sens :
« Alors que (dans les faits) l'armée israélienne est plus
forte que les combattants palestiniens, et commet des
crimes, l'Amérique tient un discours qui ne désigne
pas le danger le plus grand pour la paix, et, au
contraire, le laisse agir »

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98
Pascal Vaillant
Who pays the bill for climate denialism ?

DUT MMI 2, Sémiotique


99
Pascal Vaillant