Sciences Juridiques
Sciences Juridiques
Introduction
Le
droit
(au
sens
singulier)
est
ce
que
les
juristes
appellent
le
droit
objectif
et
dont
la
traduction
est
quanoun
en
langue
arabe.
C’est
l’ensemble
des
règles
qui
gouvernent
les
rapports
des
hommes
entre
eux
ou
avec
la
puissance
publique.
Le
droit
objectif
se
définit
par
son
seul
objet
à
l’exclusion
de
toute
autre
considération
personnelle.
Ainsi,
lorsqu’on
parle
du
droit
marocain,
du
droit
anglais,
du
droit
commercial,
du
droit
international,
le
mot
droit
est
utilisé
au
sens
du
droit
objectif,
c'est-‐à-‐dire
de
réglementation.
Les
droits
(au
sens
pluriel)
désignent
les
prérogatives,
les
avantages,
les
privilèges
reconnus
à
une
personne
laquelle
peut
s’en
prévaloir
à
l’égard
des
autres
personnes
moyennant
la
protection
des
pouvoirs
publics.
C’est
ce
que
les
juristes
appellent
les
droits
subjectifs,
et
qu’on
peut
traduire
en
arabe
par
le
terme
haq.
Exemples
:
droit
de
propriété,
droit
de
vote,
droit
à
la
vie,
droit
à
un
passeport,
droit
à
l’intimité
de
la
vie
privée,
droit
de
se
marier…
L’article
77
du
DOC
dispose
que
«
tout
fait
quelconque
de
l’homme
qui,
sans
l’autorité
de
la
loi,
cause
sciemment
et
volontairement
à
autrui
un
dommage
matériel
ou
moral,
oblige
son
auteur
à
réparer
ledit
dommage,
lorsqu’il
est
établi
que
ce
fait
en
est
la
cause
directe
».
Cela
veut
dire
que
lorsqu’une
personne
subit
un
dommage
causé
par
la
faute
personnelle
d’une
autre,
elle
a
le
droit
de
réclamer
la
réparation
à
celle-‐ci.
Elle
bénéficie
d’une
prérogative
individuelle
dite
droit
subjectif
(réparation)
qui
lui
est
conférée
par
le
droit
objectif
(qui
édicte
le
principe
de
la
responsabilité
civile
du
fait
personnel).
1
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Cette
ambivalence
du
terme
droit
commande
de
l’étudier
successivement
dans
les
deux
sens
ci-‐dessus
dégagés
:
en
tant
que
droit
objectif
(première
partie)
et
en
tant
que
droit
subjectif
(deuxième
partie).
2
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Le
droit
objectif
comme
il
a
déjà
été
mentionné,
est
l’ensemble
des
règles
juridiques
qui
régissent
les
rapports
des
hommes
entre
eux.
L’attention
doit
donc
être
focalisée
sur
cette
notion
de
règle
juridique
(chapitre
1).
Mais
cela
ne
saurait
suffire
pour
appréhender
toutes
les
dimensions
du
droit
objectif.
Aussi,
faut-‐il
s’interroger
sur
ses
divisions
(chapitre
2),
sur
ses
sources
(chapitre
3)
ainsi
que
sur
son
application
dans
le
temps
et
dans
l’espace
(chapitre
4).
La
règle
de
droit
s’impose
car
elle
édicte
de
véritables
commandements.
Mais,
il
existe
des
degrés
dans
cette
force
obligatoire.
En
effet,
il
faut
distinguer
entre
loi
impérative
et
loi
supplétive.
3
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Les
règles
impératives
sont
en
définitive
des
dispositions
qui
traduisent
des
principes
fondamentaux
ou
des
valeurs
que
notre
société
considère
comme
étant
sacrés.
Quant
aux
règles
supplétives,
elles
ne
s’imposent
pas
de
façon
absolue
car
les
particuliers
peuvent
les
écarter
en
manifestant
une
volonté
en
ce
sens.
Autrement
dit,
le
législateur
pose
une
règle
tout
en
laissant
les
particuliers
libres
de
l’observer
ou
de
l’écarter.
Les
règles
supplétives
sont
fréquentes
en
droit
des
contrats.
On
peut
donner
comme
exemple
la
vente
portant
sur
un
objet
mobilier.
L’article
502
du
DOC
précise
à
ce
propos
que
la
livraison
se
fait
au
lieu
où
la
chose
vendue
se
trouvait
au
moment
de
la
conclusion
du
contrat,
c'est-‐à-‐dire
généralement
au
magasin
du
vendeur,
s’il
n’en
a
été
autrement
convenu.
Cela
veut
dire
que
les
parties
restent
libres
d’opter
en
faveur
d’un
autre
lieu
de
livraison
tel
que
le
domicile
de
l’acheteur.
Toute
fois,
si
les
parties
n’ont
pas
manifesté
une
volonté
contraire,
la
livraison
doit
se
faire
au
lieu
fixé
par
l’article
502,
c'est-‐à-‐
dire
au
magasin
du
vendeur.
Exemple
:
l’article
77du
DOC
précité
«
tout
fait
quelconque
de
l’homme
qui
sans
l’autorité
de
la
loi
cause
sciemment
et
volontairement
à
autrui
un
dommage
matériel
ou
moral
oblige
son
auteur
à
réparer
ledit
dommage
lorsqu’il
est
établi
que
ce
fait
en
est
la
cause
directe.
Toute
stipulation
contraire
est
sans
effet
».
4
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
La
règle
de
droit
n’est
pas
le
seul
régulateur
de
la
vie
sociale.
Il
existe
bien
d’autres
sources
de
commandement
et
de
régulation
des
rapports
humains
telles
les
règles
morales,
les
règles
de
bienséance
ou
encore
les
règles
religieuses.
Comment
peut-‐on
alors
faire
la
distinction
entre
la
règle
de
droit
et
les
autres
règles
de
conduite
sociale
?
La
règle
morale
est
une
norme
établissant
une
opposition
entre
le
bien
et
le
mal.
C’est
une
règle
individuelle
fondée
sur
les
principes
de
justice
et
de
charité.
Au
niveau
des
sources
:
les
sources
du
droit
et
de
la
morale
ne
sont
pas
les
mêmes.
Les
règles
de
la
morale
sont
issues
de
la
révélation
divine,
de
la
conscience
individuelle
ou
de
l’éthique
sociale,
alors
que
les
règles
de
droit
sont
issues
de
la
volonté
des
gouvernants.
5
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Quant
au
droit,
il
a
pour
but
d’assurer
l’ordre
social,
il
ne
régit
la
conduite
des
hommes
qu’en
tant
qu’ils
vivent
en
société.
Au
niveau
des
sanctions
:
les
sanctions
du
droit
et
de
la
morale
ne
sont
pas
les
mêmes.
Alors
que
le
droit
est
sanctionné
de
manière
externe
par
les
pouvoirs
publics,
la
sanction
de
la
règle
morale
est
interne
:
l’homme
face
à
sa
conscience.
Ce
sont
les
usages
ou
les
règles
de
mœurs,
liés
aux
comportements
des
hommes
et
à
la
pression
du
groupe,
demeurant
en
dehors
du
domaine
du
droit.
On
peut
citer
:
les
règles
de
courtoisie
(exemple
salutations)
;
les
règles
de
politesse
(vœux
du
nouvel
an)
;
règles
de
jeux
(judo).
Comme
les
règles
de
droit,
elles
gouvernent
la
vie
sociale
et
sont
sanctionnées
:
pression
du
groupe,
réprobation,
exclusion…Mais,
à
l’inverse
des
règles
de
droit,
leur
respect
n’est
pas
assuré
au
moyen
de
la
contrainte
étatique.
6
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Il
s’agit
de
le
défendre
dans
ses
rapports
avec
les
autres
individus.
C’est
ainsi
que
la
règle
de
droit
assure
la
sécurité
des
personnes
en
les
protégeant
dans
leurs
diverses
activités
comme
elle
assure
la
sécurité
de
leurs
biens
privés.
Ces
rapports
qui
se
nouent
entre
particuliers
forment
l’objet
principal
du
droit
privé.
Le
droit
se
propose
aussi
de
défendre
l’individu
dans
ses
rapports
avec
l’Etat.
C’est
l’objet
principal
d’une
autre
branche
de
droit
:
le
droit
public.
7
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Chapitre
2
:
Les
divisions
du
droit
Les
disciplines
juridiques
se
subdivisent
en
deux
grandes
catégories
:
droit
privé
et
droit
public,
et
chacune
de
ces
deux
branches
comprend
un
droit
interne
et
un
droit
international.
Le
droit
public
s’applique
aux
personnes
morales
de
droit
public
tels
l’Etat,
les
collectivités
territoriales
et
les
établissements
publics.
Il
organise
les
rapports
qui
se
nouent
entre
ces
entités
d’une
part
et
entre
elles
et
les
particuliers
d’autre
part.
Le
droit
privé
a
pour
finalité
la
protection
des
intérêts
particuliers,
alors
que
le
droit
public
vise
à
garantir
l’intérêt
général.
-‐ Critère prenant en considération la nature des règles de droit
Le
droit
privé
se
caractérise
par
les
règles
supplétives,
c'est-‐à-‐dire
facultatives
ou
optionnelles,
alors
que
les
règles
de
droit
public
sont
impératives
s’imposant
d’une
manière
absolue.
Le
droit
public
est
l’ensemble
des
règles
qui
président
à
l’organisation
de
l’Etat
et
gouvernent
les
rapports
entre
l’Etat
et
les
particuliers.
8
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Le
droit
public
se
divise,
comme
il
a
été
mentionné,
en
droit
public
interne
et
droit
public
international.
C’est
l’ensemble
des
règles
qui
définissent
l’organisation
et
le
fonctionnement
des
administrations
de
l’Etat
et
leurs
relations
avec
les
particuliers.
Il
s’agit
de
l’ensemble
des
règles
juridiques
qui
régissent
les
rapports
entre
Etats
d’une
part
et
entre
Etats
et
organisations
internationales
d’autre
part.
Le
droit
international
public
porte
sur
l’étude
de
l’Etat
en
tant
que
sujet
de
droit
international
et
détermine
à
ce
titre
ses
éléments
constitutifs
(territoire,
population,
gouvernement),
sa
forme,
ses
droits
et
obligations
internationales.
Par
ailleurs,
il
fixe
les
conditions
de
validité
des
traités
internationaux,
précise
les
règles
de
représentation
diplomatique
et
le
mode
de
règlement
pacifique
des
différents.
9
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Paragraphe
2
:
Le
droit
privé
et
ses
divisions
Le
droit
privé
est
l’ensemble
des
règles
qui
gouvernent
les
rapports
des
particuliers
entre
eux
ou
avec
les
collectivités
privées
telles
les
sociétés,
les
associations.
Le droit privé se divise en droit privé interne et droit international privé.
C’est
l’ensemble
des
règles
juridiques
qui
organisent
les
rapports
privés
des
particuliers
et
leurs
obligations
réciproques.
On
l’appelle
droit
commun
parce
qu’il
comprend
l’ensemble
des
règles
de
droit
privé
applicables
en
l’absence
de
règles
spécialisées
telles
les
règles
de
droit
commercial,
de
droit
social…
Le
droit
civil
comprend
:
le
statut
personnel
(état
de
capacité,
mariage,
divorce,
filiation,
les
successions
et
les
libéralités)
et
le
régime
des
actes
juridiques
(contrats)
et
des
faits
juridiques
(la
responsabilité
civile).
C’est
l’ensemble
des
règles
juridiques
qui
régissent
l’activité
commerciale
dans
tous
ses
aspects,
notamment
:
les
actes
de
commerce,
les
contrats
commerciaux,
les
effets
de
commerce,
le
fonds
de
commerce,
les
difficultés
de
l’entreprise…
C’est
l’ensemble
des
règles
juridiques
qui
régissent
les
relations
privées
de
travail,
c'est-‐à-‐dire
les
relations
professionnelles
entre
les
employeurs
et
les
salariés.
10
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
C’est
l’ensemble
des
règles
applicables
aux
relations
entre
personnes
privées
lorsqu’existe
un
élément
étranger
:
il
en
va
ainsi
par
exemple
lorsqu’un
marocain
épouse
une
tunisienne
en
France.
Dans
ce
cas,
se
pose
un
problème
de
détermination
de
la
loi
applicable.
Est-‐ce
la
loi
marocaine,
la
loi
tunisienne
ou
la
loi
française
?
c’est
ce
qu’on
appelle
conflit
de
lois.
On
rattache
également
au
droit
international
privé
les
dispositions
relatives
à
la
condition
des
étrangers
(
de
quels
droits
peuvent-‐ils
jouir
dans
un
Etat
qui
n’est
pas
le
leur)
et
à
la
nationalité.
A
côté
des
matières
de
droit
public
et
de
droit
privé,
il
existe
des
disciplines
juridiques
difficiles
à
classer
dans
l’une
ou
l’autre
des
deux
catégories.
C’est
le
cas
du
droit
pénal
et
de
la
procédure
civile.
Il
comprend
l’ensemble
des
règles
juridiques
qui
détermine
les
infractions
et
les
peines
qui
leur
sont
applicables.
C’est
un
droit
public
dans
la
mesure
où
le
droit
de
punir
appartient
à
la
société
;
il
est
exercé
en
son
nom
par
la
puissance
publique
qui
a
la
maîtrise
de
la
sanction.
C’est
un
droit
privé
du
fait
qu’il
protège
les
individus
dans
leur
vie
privée,
dans
leur
honneur
et
dans
leur
propriété.
C’est
l’ensemble
des
règles
applicables
au
jugement
par
les
tribunaux,
des
litiges
nés
entre
particuliers.
C’est
un
droit
public
dans
la
mesure
où
la
justice
rendue
par
les
fonctionnaires
représente
un
service
public
;
elle
fait
régner
la
paix
sociale
;
les
jugements
conduisent
par
leur
formule
exécutoire
à
l’emploi
de
la
force
publique.
11
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
C’est
un
droit
privé
dans
la
mesure
où
les
litiges
sont
résolus
en
application
de
droit
privé.
Ce
droit
assure
donc
la
protection
et
la
sanction
des
droits
individuels.
Les
sources
du
droit
peuvent
être
classées
en
trois
catégories
:
les
sources
modernes,
les
sources
traditionnelles
et
les
sources
complémentaires.
C’est
la
plus
haute
règle
de
droit
de
l’Etat.
Elle
institue
les
principaux
organes
du
pouvoir,
elle
détermine
leurs
attributions
et
leurs
conditions
d’exercice.
Elle
affirme
également
les
principes
essentiels
de
la
vie
en
société.
C’est
ainsi
que
le
pouvoir
exécutif
est
exercé
par
le
gouvernement,
le
pouvoir
législatif
est
assuré
par
le
pouvoir
législatif,
alors
que
le
pouvoir
judiciaire
relève
des
magistrats.
Il
s’agit
de
l’ensemble
des
dispositions
écrites
adoptées
par
le
pouvoir
législatif,
c'est-‐à-‐dire
le
parlement.
12
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Il
s’agit
d’une
loi
prévue
par
la
constitution
et
qui
a
pour
objet
de
fixer
les
modalités
d’application
de
certaines
dispositions
constitutionnelles.
Autrement
dit,
la
loi
organique
est
adoptée
sur
un
renvoi,
un
ordre
d’une
disposition
constitutionnelle
qu’elle
vient
compléter
et
préciser.
En
effet,
la
constitution
renvoie
à
des
lois
organiques
pour
certaines
matières.
Exemples
:
les
conditions
et
formes
d’exercice
du
droit
de
grève,
le
conseil
constitutionnel,
la
loi
de
finances,
le
conseil
économique
et
social.
C’est
celle
qui
suit
le
procédé
normal
d’adoption
et
qui
ne
vient
pas
compléter
une
disposition
constitutionnelle.
Parmi les matières qui relèvent du domaine de la loi ordinaire :
-‐La détermination des infractions et des peines qui leur sont applicables
Les étapes d’élaboration de la loi sont au nombre de quatre :
-‐ L’initiative :
L’initiative
d’élaboration
d’une
loi
peut
provenir
soit
du
gouvernement
auquel
cas
on
parle
de
projet
de
loi,
soit
d’un
député
ou
d’un
groupe
parlementaire,
et
dans
ce
cas
on
parle
de
proposition
de
loi.
Après examen, la proposition ou le projet de loi peut être adoptés.
13
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
-‐ Promulgation
du
texte
par
le
roi
La
promulgation
est
l’acte
par
lequel
le
roi
atteste
l’existence
et
la
régularité
de
la
loi
votée
par
le
parlement
et
en
ordonne
l’exécution.
Elle
se
fait
par
un
dahir
de
promulgation
qui
doit
être
contresigné
par
le
chef
du
gouvernement.
-‐ Publication
Au
Maroc,
la
publication
est
faite
au
bulletin
officiel
qui
parait
en
langue
arabe
et
française.
L’abrogation
d’une
loi
consiste
à
cesser
de
l’appliquer
pour
l’avenir
et
à
lui
ôter
son
caractère
contraignant
qui
la
distingue
des
autres
règles
de
conduite
sociale.
Aux
termes
de
l’article
474
du
DOC
«
les
lois
ne
sont
abrogées
que
par
des
lois
postérieures
lorsque
celles-‐ci
l’expriment
formellement
ou
quand
la
nouvelle
loi
est
incompatible
avec
la
loi
antérieure
».
L’abrogation
expresse
:
c’est
l’hypothèse
d’une
nouvelle
loi
qui
prévoit
des
règles
incompatibles
avec
celles
qui
figuraient
dans
un
texte
antérieur.
En
bonne
logique,
il
n’est
pas
possible
d’appliquer
au
même
moment
deux
textes
contradictoires.
Il
faut
en
déduire
que
la
loi
récente
a
implicitement
abrogé
la
loi
ancienne.
14
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Il
s’agit
des
règles
élaborées
par
le
pouvoir
exécutif.
Cela
concerne
les
décisions
administratives,
réglementaires
prises
soit
dans
le
but
d’exécuter
les
lois
(règlements
exécutifs),
soit
dans
le
but
d’organiser
et
de
gérer
les
services
publics
(règlements
de
police).
Ce
sont
des
accords
conclus
entre
Etats
souverains
et
déterminant
les
règles
applicables,
soit
dans
les
rapports
des
Etats
entre
eux
(exemple
traité
de
coopération
militaire),
soit
dans
les
relations
entre
personnes
privées
(régime
de
transport
international
aérien
ou
maritime).
De
même,
on
distingue
entre
les
traités
portant
unification
internationale
et
les
traités
portant
loi
uniforme.
Les
traités
portant
loi
uniforme
:
cette
technique
consiste
à
adopter
un
projet
de
loi
uniforme
qui
deviendra
une
loi
interne
à
tous
les
Etats
signataires
de
la
15
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
convention.
En
conséquence,
ces
Etats
s’engagent
à
modifier
leur
loi
interne
en
la
matière
pour
y
substituer
la
loi
uniforme.
Dans
ce
cas,
l’unification
ne
porte
pas
seulement
sur
le
droit
international,
mais
également
sur
le
droit
interne.
C’est
le
cas
de
la
convention
de
Genève
de
1930
et
1931
portant
loi
uniforme
sur
le
chèque,
la
lettre
de
change
et
le
billet
à
ordre.
Ces
conventions
ont
été
rendues
applicables
au
Maroc
par
dahir
de
1939.
Le
principe
de
la
hiérarchie
des
textes
signifie
que
chaque
règle
juridique
doit
être
conforme
à
celle
qui
lui
est
hiérarchiquement
supérieure,
plus
précisément,
elle
ne
peut
lui
être
contraire.
Par
conséquent,
le
règlement
doit
être
conforme
à
la
loi,
qui
doit
être
conforme
à
son
tour
à
la
constitution
considérée
comme
la
norme
fondamentale
sur
laquelle
est
bâti
tout
l’ordonnancement
juridique.
Pour
qu’une
telle
hiérarchie
soit
respectée,
on
a
institué
un
double
contrôle
:
le
contrôle
de
la
constitutionnalité
de
la
loi
et
le
contrôle
de
la
légalité
des
règlements.
Le
conseil
constitutionnel
comprend
six
membres
désignés
par
le
roi
pour
une
durée
de
neuf
ans,
et
six
membres
désignés
pour
la
même
durée,
moitié
par
le
président
de
la
chambre
des
représentants,
moitié
par
le
président
de
la
chambre
des
conseillers.
Le
président
du
conseil
constitutionnel
est
choisi
par
le
roi
parmi
les
membres
qu’il
nomme.
Le
mandat
de
président
et
des
membres
du
conseil
n’est
pas
renouvelable.
On
entend
par
légalité
des
règlements,
leur
conformité
à
la
loi.
Il
appartient
aux
tribunaux
administratifs
et
à
la
chambre
administrative
de
la
cour
suprême
de
procéder
à
ce
contrôle
pour
aboutir
à
l’annulation
des
règlements
illégaux.
16
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
D’origine
religieuse,
le
droit
musulman
est
composé
des
règles
qui
s’appliquent
obligatoirement
dans
un
pays
musulman.
Elles
proviennent
des
versets
coraniques,
des
hadiths
et
des
explications
issues
de
la
doctrine
musulmane.
Le
rôle
que
doit
occuper
le
droit
musulman
dans
les
ordres
nationaux
a
suscité
un
grand
débat
entre
les
modernistes
et
les
fondamentalistes.
Face
à
cette
problématique,
les
pays
musulmans
ont
adopté
des
attitudes
divergentes.
Exemple
de
la
Turquie
:
prééminence
du
droit
occidental
sur
la
chariâ.
Exemple
de
l’Arabie
Saoudite
:
attachement
indéfectible
à
l’orthodoxie
musulmane.
Notre
pays
a
opté
pour
une
solution
médiane
:
tout
en
s’appuyant
sur
les
grands
principes
du
droit
musulman
classique,
le
Maroc
a
introduit
des
innovations
justifiées
par
l’évolution
sociale.
17
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
La
coutume
est
une
règle
de
droit
non
écrite
découlant
d’une
pratique
ancienne,
d’un
usage
qui
s’est
prolongé
dans
le
temps.
La
coutume
est
tellement
usitée
qu’elle
acquiert
force
de
loi.
Elle
comporte
deux
éléments
constitutifs
:
-‐Un élément matériel : c’est la pratique prolongée dans le temps
-‐Un
élément
psychologique
:
c’est
le
sentiment
chez
les
intéressés
que
cette
pratique
ou
habitude
est
obligatoire.
Même
si
son
champ
d’application
demeure
en
régression
en
faveur
des
textes
écrits,
la
coutume
continue
à
constituer
une
importance
source
de
droit
marocain.
Elles sont au nombre de deux : la jurisprudence et la doctrine.
La
jurisprudence
est
l’ensemble
des
décisions
rendues
par
les
juridictions.
Elle
est
une
source
de
droit
dans
la
mesure
où
les
textes
de
loi
ne
peuvent
tout
prévoir.
En
outre,
des
difficultés
d’application,
d’interprétation
peuvent
surgir
et
susciter
des
litiges
que
le
juge
compétent
devra
trancher.
Dés
lors,
avec
la
répétition
de
solutions
identiques
dans
les
mêmes
cas
de
figure,
surtout
lorsqu’elles
sont
consacrées
par
la
cour
suprême
(du
fait
de
la
position
de
cette
juridiction
au
sommet
de
la
hiérarchie
judiciaire),
ces
décisions
finissent
par
constituer
des
jurisprudences
constantes.
Les
décisions
des
juridictions
contribuent
donc
à
compléter
et
à
interpréter
le
droit.
La
doctrine
est
l’œuvre
écrite
des
juristes
qui
étudient
ou
pratiquent
le
droit
(professeurs,
magistrats,
avocats…).
Elle
est
une
source
de
droit
dans
la
mesure
où
les
avis
qu’elle
donne
peuvent
influencer
le
législateur
et
les
tribunaux
lors
des
jugements.
18
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Chapitre 4 : L’application de la loi dans le temps et dans l’espace
Par
espace,
il
faut
entendre
ici
le
territoire
de
l’Etat
qui
constitue
le
champ
d’exercice
de
la
souveraineté.
La
question
qui
se
pose
ici
est
de
savoir
si
la
loi
doit
être
appliquée
de
manière
absolue
à
toutes
les
personnes
qui
se
trouvent
sur
le
territoire
d’un
pays
sans
faire
la
distinction
entre
les
citoyens
et
les
étrangers.
Et
si
on
applique
uniquement
aux
citoyens
de
ce
pays
ou
doit
elle
s’appliquer
même
en
dehors
de
ce
pays
?
Ces
questions
sont
dues
au
fait
que
le
contenu
des
règles
juridiques
varie
dans
l’espace,
c'est-‐à-‐dire
que
d’un
pays
à
l’autre,
et
pour
le
même
domaine,
les
règles
qui
s’appliquent
sont
différentes.
19
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Conformément
à
ce
principe,
la
loi
s’applique
à
toutes
les
activités
qui
s’exercent
dans
le
pays
et
à
toutes
les
personnes
qui
se
trouvent
dans
les
limites
de
ce
pays.
Autrement
dit,
ce
principe
permet
l’application
des
lois
aussi
bien
aux
nationaux
qu’aux
étrangers
résidents
ou
de
passage
dans
un
pays.
Ainsi
par
exemple,
le
droit
pénal
marocain
s’applique
aux
étrangers
qui
commettent
des
infractions
sur
le
territoire
marocain.
De
même,
les
français
habitant
au
Maroc
sont
soumis
à
la
fiscalité
marocaine.
Ce
principe
se
justifie
par
le
fait
que
dans
certains
domaines,
il
faut
prendre
en
considération
certains
éléments
comme
la
culture,
les
traditions,
la
religion,
l’histoire.
C’est
le
cas
en
matière
de
statut
personnel
dans
laquelle
interférent
plusieurs
considérations.
Ainsi,
au
Maroc,
les
étrangers
peuvent
se
marier,
divorcer
conformément
à
leur
loi
nationale,
à
condition
toute
fois
que
l’application
de
cette
loi
ne
soit
pas
contraire
à
l’ordre
public
marocain.
Autrement
dit,
le
conflit
s’articule
autour
des
situations
et
des
effets
juridiques
nés
sous
l’égide
de
l’ancienne
loi
et
qui
continuent
de
produire
effet
dans
le
cadre
de
la
nouvelle
loi.
20
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Cas
des
lois
interprétatives
:
la
loi
expliquant
ou
interprétant
une
loi
antérieure
obscure
est
logiquement
rétroactive
puisqu’il
ne
s’agit
pas
à
proprement
parler
d’une
loi
nouvelle,
mais
plutôt
de
l’interprétation
d’une
loi
ancienne.
Cas
des
lois
pénales
plus
douces
:
la
loi
pénale
nouvelle
plus
douce
est
rétroactive
selon
une
solution
dégagée
par
la
jurisprudence
(arrêt
de
la
cour
suprême
du
1/12/1965)
et
confirmée
par
le
code
pénal
dans
son
article
6
«
lorsque
plusieurs
lois
ont
été
en
vigueur
entre
le
moment
où
l’infraction
a
été
commise
et
le
jugement
définitif,
la
loi
dont
les
dispositions
sont
les
moins
rigoureuses,
doit
recevoir
application
».
21
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Les
droits
subjectifs,
comme
il
a
déjà
été
précisé,
sont
des
prérogatives
reconnus
aux
personnes.
On
déterminera
dans
cette
partie
les
sujets
de
droits
subjectifs
(chapitre
1),
les
sources
des
droits
subjectifs
(chapitre
2)
ainsi
que
les
classifications
des
droits
subjectifs
(chapitre
3).
Les
personnes
physiques
sont
les
êtres
humains.
Tout
individu
est
une
personne
juridique
dés
sa
naissance,
et
même
dés
le
moment
de
sa
conception,
à
condition
toutefois
que
l’enfant
soit
né
vivant.
Ces éléments sont : le nom, le domicile, l’état civil et la nationalité.
-‐Le
nom
:
le
nom
d’une
personne
se
compose
généralement
de
deux
éléments
:
le
prénom
et
le
nom
de
famille
ou
le
nom
patronymique.
22
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
-‐L’état
civil
:
le
dahir
du
8
mars
précité
a
mis
les
marocains
dans
l’obligation
de
s’inscrire
à
l’état
civil,
puis
le
décret
du
4
décembre
1963
leur
a
imposé
d’y
enregistrer
obligatoirement
les
naissances
et
décès
à
venir.
-‐La
nationalité
:
c’est
le
lien
juridique
qui
unit
une
personne
à
un
Etat.
Elle
permet
de
distinguer
les
nationaux
des
étrangers.
Les
personnes
morales
sont
différentes
selon
leurs
objectifs.
On
distingue
deux
types
de
personnes
morales
:
Les
personnes
morales
de
droit
public
:
elles
ont
des
pouvoirs
de
puissance
publique,
et
sont
constituées
de
l’Etat,
les
établissements
publics,
les
collectivités
locales.
Les
personnes
morales
de
droit
privé
:
elles
réalisent
des
intérêts
privés,
et
sont
constituées
des
:
23
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Sociétés
:
elles
sont
créées
dans
un
but
lucratif
par
une
ou
plusieurs
personnes.
Elles
mettent
en
commun
des
biens
en
vue
de
partager
un
bénéfice
ou
réaliser
une
économie
tirée
d’une
activité
économique.
Les
associations
:
elles
sont
créées
dans
un
but
non
lucratif.
Ce
but
peut
être
sportif,
artistique,
charitable…
Les
syndicats
:
ils
sont
crées
pour
défendre
des
intérêts
professionnels,
économiques
et
sociaux
des
salariés.
On
identifie
une
personne
morale
grâce
à
trois
éléments
indiqués
dans
les
statuts
:
-‐Un nom : il s’agit de la dénomination sociale pour les sociétés
-‐Le siège social : c’est le lieu du principal établissement de la personne morale
-‐La nationalité : elle est déterminée par le lieu d’établissement du siège social
24
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Les sources des droits subjectifs sont les actes juridiques et les faits juridiques
L’acte
juridique
est
une
manifestation
de
volonté
d’une
ou
plusieurs
personnes
ayant
pour
effet
de
produire
des
conséquences
juridiques
voulues.
Si
les
actes
juridiques
sont
d’une
grande
diversité,
elles
sont
gouvernées
par
les
mêmes
règles
relativement
à
leur
formation
et
à
leurs
effets.
25
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
-‐Actes
unilatéraux
et
actes
bilatéraux
:
l’acte
juridique
est
unilatéral
lorsque
l’effet
juridique
recherché
résulte
de
la
volonté
d’une
seule
personne
(exemple
le
testament).
Par
contre,
l’acte
juridique
est
bilatéral
lorsque
le
résultat
juridique
poursuivi
découle
de
deux
ou
plusieurs
manifestations
de
volonté
(exemple
contrat
de
vente).
-‐Actes
à
titre
gratuit
et
actes
à
titre
onéreux
:
l’acte
juridique
est
à
titre
gratuit
lorsqu’il
procure
à
une
personne
un
avantage
sans
rien
recevoir
en
échange
(exemple
contrat
de
donation).
L’acte
juridique
est
à
titre
onéreux
lorsque
chaque
contractant
reçoit
un
avantage
en
contrepartie
de
son
engagement
(exemple
la
vente).
A-‐ Le consentement :
C’
est
la
manifestation
d’une
seule
volonté
dans
l’acte
unilatéral,
et
l’accord
de
volonté
dans
l’acte
bilatéral.
Le
consentement
doit
être
libre.
Il
ne
doit
pas
être
donné
suite
à
un
vice
du
consentement.
Il existe trois vices du consentement : l’erreur, le dol et la violence.
26
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
La
violence
peut
être
physique
ou
morale
et
doit
avoir
été
déterminante
dans
l’engagement.
B-‐ La capacité
Les
parties
doivent
être
reconnues
capables
de
s’engager.
Il
faut
donc
être
majeur
et
ne
pas
être
déclaré
incapable
majeur.
C-‐ L’objet
L’objet
d’un
acte
juridique,
c’est
ce
sur
quoi
porte
la
volonté.
L’objet
doit
exister
au
moment
de
la
conclusion
de
l’acte
:
exemple,
si
la
chose
a
été
détruite
avant
la
vente,
le
contrat
n’est
pas
valable.
Mais,
une
chose
future
peut
être
l’objet
d’un
acte
:
exemple,
vente
d’une
chose
à
fabriquer.
L’objet
doit
être
licite.
Il
est
qualifié
d’illicite
soit
parce
qu’il
s’agit
de
choses
hors
commerce
(les
stupéfiants,
les
organes
humains),
soit
encore
parce
qu’il
porte
atteinte
à
la
santé
et
à
la
sécurité
publique
(utilisation
par
un
industriel
de
produits
non
conformes
aux
exigences
de
santé
et
de
sécurité).
D-‐ La cause
C’est
la
raison
pour
laquelle
les
parties
se
sont
engagées.
La
cause
doit
exister,
sinon
l’acte
n’est
pas
valable
(exemple,
assurance
d’un
risque
inexistant,
promesse
de
payer
une
dette
déjà
remboursée).
Elle
doit
également
être
licite,
c'est-‐à-‐dire
non
contraire
à
l’ordre
public
et
aux
bonnes
mœurs.
Le
non
respect
d’une
des
conditions
de
validité
peut
entrainer
une
action
en
nullité.
Le
juge
prononcera
l’anéantissement
rétroactif
du
contrat
qui
est
censé
n’avoir
jamais
existé.
On
distingue
deux
types
de
nullité
:
relative
et
absolue.
La
nullité
absolue
:
l’objectif
est
de
protéger
les
contractants.
Les
cas
de
nullité
relative
sont
l’incapacité
d’un
contractant
ou
l’existence
d’un
vice
du
27
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
consentement.
Ce
sont
les
personnes
lésées
qui
peuvent
demander
la
nullité
de
l’acte.
La
nullité
absolue
:
son
objectif
est
de
protéger
la
société
et
l’ordre
public.
Les
cas
de
nullité
absolue
sont
l’absence
de
cause
ou
d’objet,
un
objet
ou
une
cause
illicite
ou
immoral.
Toute
personne
peut
demander
la
nullité
du
contrat.
On distingue entre la force obligatoire de l’acte juridique et son effet relatif.
Cela
signifie
que
la
volonté
oblige
avec
la
même
force
que
la
loi.
Cette
force
obligatoire
s’applique
à
la
fois
vis-‐à-‐vis
des
parties
et
vis-‐à-‐vis
du
juge.
Le
contrat
s’impose
aux
parties
dés
sa
formation.
Il
est
irrévocable,
c'est-‐à-‐dire
qu’il
est
impossible
de
se
dégager
unilatéralement
du
lien
contractuel.
Seul
le
consentement
mutuel
des
parties
peut
défaire
ce
que
le
premier
avait
crée.
Le
contrat
d’impose
au
juge
qui
ne
peut
qu’en
interpréter
les
clauses
obscures.
Il
ne
peut
cependant
pas
le
modifier
car
elles
sont
l’expression
de
la
volonté
des
signataires.
Aux
termes
de
l’article
28
du
DOC
:
«
Les
obligations
n’engagent
que
ceux
qui
ont
été
partie
à
l’acte,
elles
ne
nuisent
points
aux
tiers
et
elles
ne
leur
profitent
que
dans
les
cas
exprimés
par
la
loi
».
Cela
signifie
que
l’acte
juridique
n’a
d’effet
qu’à
l’égard
des
parties
qui
l’ont
voulu,
non
des
tiers.
28
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Il
s’agit
d’un
mécanisme
suivant
lequel
par
contrat
conclu
entre
un
stipulant
et
un
promettant,
ce
dernier
s’engage
à
fournir
une
prestation
à
un
tiers
bénéficiaire.
Le
tiers
bénéficiaire
qui
n’est
donc
pas
partie
au
contrat,
devient
créancier
;
il
bénéficie
d’un
droit
direct
contre
le
promettant.
29
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
Autrement
dit,
ils
ne
sont
pas
évaluables
en
argent
et
ne
peuvent
donc
pas
être
cédés
(exemple
droit
à
l’intégrité
physique
ou
morale,
droit
au
nom,
droit
au
respect
de
la
vie
privée…).
Les
droits
patrimoniaux
sont
des
droits
qui
procurent
à
leurs
titulaires
des
avantages
matériels
appréciables
en
argent.
Ils
peuvent
être
cédés.
C’est
le
cas
du
droit
de
propriété.
-‐ Les
droits
réels,
les
droits
personnels
et
les
droits
intellectuels
-‐ Les
choses
consomptibles
et
les
choses
non
consomptibles
-‐ Les
choses
fongibles
et
les
choses
non
fongibles
-‐ Les
meubles
et
les
immeubles
-‐Les
droits
réels
:
ce
sont
les
droits
qui
confèrent
à
la
personne
qui
en
est
titulaire
un
pouvoir
sur
les
choses.
Ils
mettent
donc
en
relation
une
personne
et
une
chose.
Le
droit
réel
par
excellence
est
le
droit
de
propriété.
30
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
-‐Les
droits
personnels
:
ce
sont
des
droits
en
vertu
desquels
une
personne
peut
exiger
d’une
autre
personne
une
certaine
prestation.
Ils
mettent
donc
en
relation
deux
personnes
:
un
débiteur
et
un
créancier.
-‐Les
droits
intellectuels
:
ce
sont
des
droits
qui
portent
sur
les
œuvres
de
l’esprit.
Il
s’agit
de
la
propriété
littéraire
et
artistique
reconnue
aux
auteurs,
peintres,
compositeurs…
Font
partie
également
des
droit
de
propriété
intellectuelle,
les
inventions,
les
marques
de
fabrique,
les
enseignes
commerciales.
Les
choses
consomptibles
sont
celles
qui
se
détruisent
par
le
premier
usage
(denrée,
matières
premières…).
Les
choses
non
consomptibles
sont
susceptibles
d’un
usage
prolongé
(maison,
voiture…).
Par
contre,
si
le
prêt
porte
sur
une
chose
non
consomptible,
le
prêteur
reste
propriétaire
et
l’emprunteur
doit
lui
rendre
la
même
chose
:
c’est
le
prêt
à
usage
ou
commodat.
Les
choses
fongibles
(ou
choses
de
genre)
sont
interchangeables
entre
elles
(exemple
une
certaine
quantité
d’une
même
denrée
ou
un
certain
nombre
de
billets
de
banque).
Ce
sont
des
choses
qui
peuvent
être
remplacées
les
une
par
les
autres.
Par
contre,
les
choses
non
fongibles
(ou
corps
certains)
sont
individualisés
et
ne
peuvent
être
remplacés
par
d’autres
(exemple
une
maison,
un
terrain…).
Les
biens
meubles
sont
les
biens
qui
peuvent
être
déplaces
d’un
lieu
à
un
autre.
Les
biens
immeubles
sont
des
biens
qui
sont
fixes.
31
Introduction aux sciences juridiques Mme Asmaa Boukhima
On
distingue
trois
sortes
d’immeubles
:
-‐ Les
immeubles
par
nature
:
ce
sont
des
biens
qui
se
caractérisent
par
leur
attache
au
sol
(constructions,
canalisations,
ascenseur,
végétaux…)
-‐ Les
immeubles
par
destination
:
ce
sont
par
leur
nature
des
meubles,
mais
la
loi
leur
donne
fictivement
le
caractère
immobilier
parce
qu’ils
ont
été
affectés
par
le
propriétaire
d’un
immeuble
au
service
et
à
l’exploitation
de
cet
immeuble.
-‐ Les
immeubles
par
l’objet
auquel
ils
s’appliquent
:
ce
sont
des
droits
qui
portent
sur
des
immeubles
comme
par
exemple
les
droits
réels
immobiliers
(exemple
:
l’usufruit
portant
sur
un
immeuble,
c'est-‐à-‐dire
le
droit
d’utiliser
les
biens
et
d’en
percevoir
les
fruits).
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