Vous êtes sur la page 1sur 12

TENUE EN FATIGUE ET EN STATIQUE DES ASSEMBLAGES BOULONNES AERONAUTIQUES.

FATIGUE AND STATIC BEHAVIOUR OF AERONAUTICAL BOLTED JOINTS

Rémy CHIERAGATTI, Jacques HUET

Département Génie Mécanique ENSICA, 1 Place Emile Blouin 31056 Toulouse cedex 05 jacques.huet@ensica.fr

RÉSUMÉ :

Les assemblages étudiés sont les éclissages de cadres forts d'avions civils (Airbus). L'éclissage est une technique d'assemblages de plaques par des fixations (boulons ou rivets) travaillant en cisaillement. La complexité du dimensionnement des éclissages a conduit les concepteurs à développer une stratégie de modélisation basée sur l’introduction d’un modèle global de la fixation dans un modèle simplifié de la structure. Les résultats des modèles numériques proposés sont comparés à ceux des essais mécaniques.

ABSTRACT :

The bolted joint assemblies studied in this article are used in aeronautical stuctures (Airbus.) In this kind of assemblies, fasteners are loaded in shear. Due to the design complexity of of such a structure, a modelling strategy based on the introduction

of a global model of the fastener into the simplified model of the structure is proposed

A comparison is made between results of numerical models and those of mechanical

tests.

1.GENERALITES

1.1. Aspects technologiques

.

Les assemblages qui font l'objet de la présente étude sont les éclissages de cadres forts d'avions civils (Airbus). Les cadres forts contrairement aux autres cadres du fuselage sont des cadres usinés supportant des efforts très importants de traction et de flexion. Le calcul des assemblages s'effectue selon des critères définis par les constructeurs aéronautiques. Les assemblages peuvent être en simple cisaillement ou double cisaillement (Fig.1). L'assemblage en double cisaillement est le plus utilisé car il empêche les phénomènes de flexion secondaire rencontrés en simple cisaillement.

de flexion secondair e rencontrés en simple cisaillement. Fig.1 : Types d'assemblages utilisés Used assembly
de flexion secondair e rencontrés en simple cisaillement. Fig.1 : Types d'assemblages utilisés Used assembly
de flexion secondair e rencontrés en simple cisaillement. Fig.1 : Types d'assemblages utilisés Used assembly

Fig.1 : Types d'assemblages utilisés Used assembly types

Les fonctions principales des fixations sont les suivantes :

- La transmission des sollicitations mécaniques

- La transmission des courants de foudre

- le maintien de l’intégrité de l’assemblage vis-à-vis de la corrosion

- L’étanchéité en zone réservoir

- Éventuellement la démontabilité

Dans cet article et du point de vue du dimensionnement, seule la transmission des sollicitations mécaniques sera prise en compte. Les efforts dans ces fixations dérivent de la mission type de l’avion. Dans le civil, elle peut se ramener pour un vol à un cycle [AER.95]. Ce cycle peut générer des charges de traction, de cisaillement et de matage aussi bien dans les fixations que dans les pièces. La répétition de ce cycle conduit à un risque d’endommagement par fatigue. Les éclissages sont dimensionnés pour assurer une tenue équivalente à trois fois la durée de vie escomptée de l’avion. Pour caractériser la tenue élémentaire d’une fixation à ce cycle, un cycle équivalent sinusoïdal de rapport de charge R = 0,1 est souvent utilisé.

Cependant, il est prévu qu’au cours de sa vie des chargements exceptionnels se

produisent. Ces charges sont traitées comme des charges statiques et sont de deux types

:

-

La charge limite qui peut être atteinte exceptionnellement au cours de la vie de

l’avion. Elle ne doit pas entraîner de déformation notable de la structure.

- La charge extrême qui vaut 1,5 fois la charge limite et qui ne doit pas entraîner de

déformation résiduelle supérieure à 5 %. Généralement un coefficient de 1,15 est appliqué à la charge extrême. Pour assurer, la tenue à l’ensemble de ces charges tout au long de la vie de l’avion différents concepts se sont succédé. Le dernier en date est la tolérance au dommage. Le concept de tolérance au dommage donne l’assurance que dans les zones sensibles, une fissure sera détectée avant qu’elle n’atteigne une taille critique nuisible pour la structure, le concepteur est donc conduit à établir un programme d’inspection adéquat. Cela conduit le concepteur à dimensionner la structure en supposant l’existence de défauts et de développer des outils pour dimensionner les réparations.

1.2. Modélisation

Ce contexte a conduit les concepteurs à développer des modèles numériques des structures par la méthode des éléments finis. Le nombre de fixations et la complexité des phénomènes physiques de transfert des efforts interdisent pour le moment une

modélisation en 3D de toutes les fixations. Les règles de calcul des charges transférées aux fixations diffèrent en fonction du type de sollicitation appliquée à la structure. Le comportement de l'assemblage n'est pas le même sous charge statique ou dynamique. La stratégie adoptée est :

- de définir le comportement global d’une fixation dans son environnement proche

- d’introduire ce comportement dans un modèle simplifié éventuellement en 2D de la

structure. Pour illustrer cette démarche, nous en présenterons deux aspects :

- la modélisation d’une loi de comportement d’une fixation par la méthode des éléments

finis en vue de son intégration dans un modèle de structure pour un calcul de charge extrême.

- L'utilisation d'une loi simple de comportement d’une fixation dans un calcul en fatigue d'une structure.

2. MODELISATION D’UNE FIXATION EN STATIQUE

En aéronautique le dimensionnement en statique des assemblages se fait sous des chargements très élevés, au-dessus de la limite élastique (charges limites et charges extrêmes). Sous de tels chargements, le comportement de l'assemblage est non linéaire. Dans le cas du calcul statique, l’objectif d’un modèle numérique de comportement de la fixation devra prévoir les allongements des fixations réelles, mais aussi le mode de rupture de la fixation la plus chargée. Puis, la fixation pourra être représentée par cette loi de comportement dans un modèle global de l’assemblage qui définira la répartition du chargement sur l’ensemble des fixations.

L’étude choisie pour illustrer la complexité du comportement des fixations a été extraite du travail de DEA d’E.REBARDY [[REB.00].]. Son but est de modéliser le comportement global jusqu’à rupture d’une fixation montée en simple cisaillement et de son environnement direct de façon à l’introduire sous la forme d’une loi globale de liaison entre les plaques d’un éclissage dans un modèle analytique ou numérique. Modéliser le comportement d’une fixation revient à définir la courbe force-déplacement d’un assemblage simple. La mesure du déplacement est illustrée par la figure 2. Pour l’obtenir telle qu’elle est recommandée dans les manuels de conception, on la calcule en faisant la différence entre le déplacement d’une plaque de référence et celui de l’assemblage étudié sous une même charge. La base de mesure du déplacement doit être grande par rapport au diamètre de la fixation (dans la pratique 10 à 20 fois le diamètre de la fixation). Ainsi, seule, la déformation engendrée par la fixation est prise en compte.

ation engendrée par la fixation est prise en compte. Fig.2 : Schéma d’une courbe de comportement

Fig.2 : Schéma d’une courbe de comportement d’une fixation Usual load-displacement behaviour of a bolted joint

Les deux modes principaux de rupture des fixations sont le matage et le cisaillement. Leur occurrence dépend :

- Des dimensions relatives de la fixation et des plaques

- Des propriétés mécaniques des matériaux des plaques et de la fixation :

En matage, la charge statique maxi Pu que peut supporter la fixation est donnée par la formule suivante :

Pu = Fbru × (t.D)

Pu

D 2

t

D )

= Fbru × (

Où D est le diamètre de la fixation, t l’épaisseur de la plaque et Fbru la contrainte maxi de matage En cisaillement, la charge statique maxi Pu que peut supporter la fixation est donnée par la formule suivante :

Pu = Fsu ×

D 2 .π

4

Pu

D

2

= Fsu × π

4

Où D est le diamètre de la fixation, t l’épaisseur de la plaque et Fsu la contrainte maxi de cisaillement La représentation graphique des charges admissibles est alors celle de la figure3:

Pu/D 2

charges ad missibles est alors celle de la figure3: Pu/D 2 Zone 3 : cisaillement Zone
Zone 3 : cisaillement Zone 2 : transition Zone 1 : matage
Zone 3
: cisaillement
Zone 2
: transition
Zone 1 : matage

Fig.3 : Diagramme des charges maxi admissibles selon les modes de rupture. Diagram of the maximum allwable load relative to the failure mode

2.1. Modèle numérique

Le modèle proposé par E.REBARDY concerne un éclissage simple. Il a été réalisé sur le logiciel SAMCEF en paramétrant les conditions géométriques suivantes :

-Diamètre de la fixation -Forme de la tête (fraisée ou cylindrique) et de l’écrou ou la partie inférieure d’un rivet -Diamètre et hauteur de la tête et de l’écrou -Épaisseur de la plaque supérieure -Épaisseur de la plaque inférieure -Largeur de chacune des plaques assemblées -Longueur de chacune des plaques assemblées -Distance au bord de plaque, et en paramétrant différentes conditions de matériaux pour chaque plaque et pour la fixation. Comme le monte la figure 4, quatre zones ont été définies pour optimiser les temps de calculs en maillant plus finement dans les zones chargées, (bloc1 et bloc2) et plus grossièrement les zones qui le sont moins (bloc 3 et blocs 4 et 5). Les blocs 4 et 5 permettent de compléter la zone de recouvrement des plaques. À partir de ce maillage, deux modèles ont été essayés : l’un sans flexion secondaire (SF) sur tête cylindrique et l’autre avec flexion secondaire (FS) sur tête fraisée. Les contacts entre les deux plaques et de la tête de la vis sur sa couronne (bloc1) ont été modélisés en utilisant des contacts unilatéraux en grands déplacements (.MCT), alors que ceux de l’écrou sur la plaque l’ont été en petits déplacements. Cette modélisation se justifie surtout pour les têtes fraisées qui peuvent tourner dans leur logement.

Blocs 4 et 5 Bloc 3 Bloc 2 Bloc 1
Blocs 4 et 5
Bloc 3
Bloc 2
Bloc 1

Fig.4. Zones de maillage autour de la fixation. Meshing zones around a fasterner.

Les conditions aux limites sont :

- Un encastrement de la plaque inférieure en son extrémité

-

-

Un chargement en traction de l’assemblage appliqué à l’extrémité de la plaque supérieure sous la forme d’un pression combinée avec un blocage en rotation de façon à maintenir le chargement dans le plan de l’assemblage. Le maillage d’une fixation à tête fraisée montée sur deux plaques est représenté en figure5.

montée sur deux plaques est représenté en figure5. Fig.5 : Exemple de maillage d’ une fixation

Fig.5 : Exemple de maillage d’une fixation à tête fraisée. Example of a milled-head fastenermeshing

La figure 6 montre le résultat de la simulation à la fin du chargement : l’échelle des couleurs indique les déplacements nodaux dans l’axe de chargement. On constate une rotation de la tête de la fixation, un décollement du fût de la fixation au niveau du plan de joint ainsi que la déformation des plaques en leurs extrémités.

Fig. 6 : Résultat de la simulation : dé placements nodaux dans l’axe de chargement

Fig. 6 : Résultat de la simulation : déplacements nodaux dans l’axe de chargement Simulation results : nodal displacement in the axis of loading

2.2. Comparaison avec l’expérience

Actuellement ce modèle a été comparé à deux essais de traction. Ces deux essais ont été réalisés sur des éprouvettes en simple cisaillement dont le montage est présenté sur le schéma de la figure 7, l’une montée avec un rivet à tête cylindrique, l’autre avec un boulon Hi-Lite à tête fraisée. La photo de cette figure montre la déformation de l’éprouvette boulonnée peu de temps avant la rupture : la flexion secondaire y est très visible.

la rupture : la flexion secondaire y est très visible. Fig.7 : Schéma de l’éprouvette de

Fig.7 : Schéma de l’éprouvette de traction et sa photo juste avant rupture. Sketch of the tension specimen and its photos just before failure

Dans les deux cas, la rupture a eu lieu par cisaillement de la fixation. Le rivet s’est plastifié considérablement et les plaques de l’assemblage boulonné ont subi une déformation plastique visible. Ces essais ont été comparés aux simulations numériques correspondantes. Le tableau 8 suivant montre le résultat de cette comparaison.

   

résultats numériques

 

résultats expérimentaux

% de la charge atteinte

allongement total en mm

allongement dû à la fixation

temps

allongement total en mm

allongements dus à la fixation en

CPU en

 

mn

 
   

mm

SF sur tête cylindrique

95

0,768

0,614

158

1,15

0,8

FS sur tête fraisée

77,6

0,558

0,498

19

1,15

0,8

Tab.8 :Résultats numériques et expérimentaux Experimental and numerical results

Pour la tête cylindrique, le calcul a pratiquement atteint la charge maxi. Le modèle appliqué ne tenait pas compte de la flexion secondaire. Ainsi, on constate une sous- estimation notable des allongements obtenus avec pourtant un temps de calcul déjà important. Le modèle avec flexion secondaire montre à 78 % de la charge une déformation totale de 0,56 mm ce qui, ramené à la charge correspondante sur l’essai de traction, donne un résultat comparable. Le modèle n'a pas atteint la charge de rupture en raison du niveau atteint par les déformations dans la fixation. Un calcul en grande déformation est nécessaire.

2.3. Conclusion sur la modélisation d’une fixation en statique

Ces résultats montrent :

- Une bonne représentation qualitative de la déformation

- L’importance d’une modélisation tenant compte de la flexion secondaire

- La complexité du modèle complet de la fixation.

Cette complexité se traduit par un temps de calcul important ou par des difficultés de convergence dans les calculs dus à l’utilisation de nombreux éléments non linéaires. Cela renforce la démarche choisie d’une modélisation en deux étapes, la modélisation

de la fixation par une loi de comportement et l’introduction de cette loi dans une structure simplifiée.

3.MODELISATION EN FATIGUE

3.1.Rappel sur la méthode de calcul en fatigue

Ce rappel est tiré de l’article de J.HUET [HUE.95]. La démarche d’un calcul de fatigue est la suivante :

- Détermination de l’effort transmis par une fixation à partir du chargement appliqué à

la structure.

- Détermination des contraintes en bord de trous à partir de la connaissance de l’effort

transmis

- Estimation de la durée de vie par comparaison avec des courbes expérimentales.

La détermination de l’effort transmis est directement liée au calcul de la déformation de la fixation dans son environnement. Pour des charges de fatigue, le comportement de la fixation est considéré élastique linéaire et la connaissance du comportement se limite à celle de la flexibilité. Des paramètres dits secondaires comme la pré-tension dans les fixations, l’ajustement des fixations dans leur logement le type de fixation peuvent être pris en compte (voir article Huet). Les contraintes en bord de trous sont déterminées en utilisant un principe de superposition et en calculant au moyen d’abaques le coefficient apparent de concentration de contrainte Kt associé aux deux types de chargements FBP et FLT. Les contraintes sont ensuite comparées aux courbes expérimentales contraintes-durée de vie, -N obtenues pour un matériau une géométrie et une technologie analogue à celle calculée et ramenées au même Kt. Pour un calcul en fatigue, le point fondamental est donc le calcul du transfert de charge.

3.2. Calcul de transfert de charge

Pour déterminer le taux de transfert, deux approches ont été utilisées dans ce travail tiré des travaux de K.KOFFI [KOF.99a], [KOF.99b]

- Une étude expérimentale à l’aide d’une machine conçue à cet effet.

- Une étude numérique par la méthode des éléments finis sur le logiciel SAMCEF®.

3.2.1.Les matériaux et la structure

La structure expérimentale choisie pour comparer les résultats numériques et expérimentaux est un éclissage double réalisé à partir de plaques en alliage d'aluminium 7075 T6, très utilisé en aéronautique, fixées par des boulons "hi-lite" en titane (ta6V) . Ses caractéristiques sont définies dans le tableau 9 et la figure 10 :

 

E

 

Rm

tR

 

L

 

D

 

W

 

P

T

matière

(MPa)

ν

(Mpa)

(MPa)

mm

mm

mm

mm

mm

plaque

72000

0,33

565

330

160

 

160

4xD

5

7075 T6

boulon

11000

0,3

1100

660

 

9,52

     

Ta6V

Tab.9 : Caractéristiques de l’éprouvette Caracteristics of the specimen

Des jauges permettent de mesurer ponctuellement les charges de transfert et les contraintes en bordure de trou. Une plaque de polycarbonate collée sur l’éclisse permet d’avoir une image du gradient des charges de transferts. Ce sont les mesures de ces capteurs qui seront comparés aux résultats du modèle numérique.

3.2.2. Les conditions de chargement

Le chargement a été choisi pour simuler - La pressurisation par un effort de traction appliqué suivant le plus grand axe de l’éprouvette

- Les rafales ou les manœuvres par une flexion dont le moment est perpendiculaire à la surface de la plaque. Le montage de mise en charge est présenté en figure11

Plaque de polycarbonate Plaque principale Plaque secondaire L 32 boulons hi-lite P
Plaque de polycarbonate
Plaque principale
Plaque secondaire
L
32 boulons hi-lite
P

jauge pour la mesure du transfertjauge de concentration de contra

Fig.10 : Schéma de l’éprouvette instrumentée Sketch of the instrumented specimen palonnier bâti éprouvette
Fig.10 : Schéma de l’éprouvette instrumentée
Sketch of the instrumented specimen
palonnier
bâti
éprouvette
mors mobile
mors fixe

Fig.11 :Dispositifs de mise en charge Loading device

La machine d’essais (Figure 3) est donc une machine bi-axiale. Elle permet d’appliquer à l’éprouvette en même temps une charge de traction et de flexion. Elle est composée :

- D’un vérin électrique de 20 tonnes pour la charge de traction.

- D’un vérin hydraulique de 5 tonnes pour la charge de flexion appliquée en quatre points.

- Un système d’acquisition des données.

3.2.3. Étude numérique.

Le principe utilisé pour cette modélisation est schématisé à la figure 12 (a) La fixation est représentée par un ressort liant les nœuds par lesquels passe le maillage de chacune des plaques. La rigidité du ressort est calculée par la formule de Huth (Huth

86).

Cf = ( e 1 2D + e 2

) a

b

n

1

1

1

1

(

e 1 E 1

ne 2 E 2

ne 2 E f

2ne 2 E f

+

+

+

)

Où Cf est l’expression de la flexibilité Avec pour les assemblages boulonnés : b=2 a=2/3 Pour les assemblages rivetés, b=2,2 a=2/5 en simple cisaillement n=1 Ej = module deYoung pièce j Double cisaillement n=2 ; indice 1 : pièce mâle ; indice 2 = pièce femelle Cette modélisation de la fixation ne permet pas le calcul des concentrations de contraintes, mais a l’avantage d’être très rapide et de permettre l’étude des transferts de charge sur des assemblages longs ou comportant un nombre important de fixations. Les éléments utilisés dans le modèle sont des éléments plans de membrane qui peuvent être utilisés au degré 1 ou 2. Chaque nœud a deux degrés de liberté dans le plan des membranes. Cependant pour prendre en compte une déformation hors plan, il serait tout à fait possible d’utiliser d’autres éléments.

3.2.4. Résultats.

Le taux de transfert est mesuré par des jauges de contrainte collées sur l’éclisse. Quatre valeurs de couple sont appliquées (15, 20, 30, 50Nm). La figure 12(b) montre que plus le couple de serrage est élevé, plus les lignes extrêmes encaissent un pourcentage d'effort important (moins bonne est la distribution des efforts). Ce phénomène s’explique par le fait qu’aux couples élevés une partie de la charge est transférée par friction, ce qui modifie le comportement de l’assemblage. Aux faibles valeurs de serrage, il y a une bonne corrélation entre les résultats numériques et expérimentaux. Cette bonne corrélation est confirmée par les mesures de photoélasticimétrie qui montrent une bonne analogie avec la répartition des charges calculées numériquement

4. CONCLUSION.

Face à la complexité des structures aéronautiques boulonnées ou rivetées, les concepteurs suivent une stratégie en deux étapes :

- La modélisation du comportement global d’une fixation dans son environnement proche

- l'introduction de ce comportement dans un modèle simplifié éventuellement en 2D de la structure.

Cette démarche a ainsi permis de définir les transferts de charge d'une structure boulonnée complexe à partir d'un modèle élastique linéaire des fixations et de ramener le dimensionnement statique de la structure au comportement d'une fixation, ce problème étant à lui seul difficile à traiter.

40 Q=50Nm 35 résultats numériques Q=30Nm Q=15Nm 30 Q=10Nm 25 20 15 10 12345 n°de
40
Q=50Nm
35
résultats numériques
Q=30Nm
Q=15Nm
30
Q=10Nm
25
20
15
10
12345
n°de ligne

(a)

(b)

Fig12 : (a)Principe de modélisation des fixations et (b) évolution du taux de transfert en fonction du couple de serrage. : (a) Principle of fastener modellingand (b)evolution of the transfer rate versus tightening torque.

Références :

[AER.95] "Les assemblages mécaniques en aéronautique civile : tendances actuelles et perspectives ". Document Aérospatiale n 437.0782/95.p5 [REB.00]. Etienne.REBARDY .Étude du calcul statique des éclissages. Rapport de DEA de Génie mécanique. ENSICA , sept. 2000. [HUE.95]Jacques HUET."Du calcul des assemblages par boulons ou rivets travaillant en cisaillement". Publication du CETIM : les assemblages mécaniques : tendances actuelles et perspectives. (isbn 2-85400-328-4 ). 25-26 oct. 1995. pp133 -147 [KOF.99a]Konan KOFFI, R.CHIERAGATTI , J.HUET , E.BOUCHET , J.GUILLOT. "Etude statique et dynamique d’un éclissage aéronautique soumis à un chargement de traction et flexion combinées : influence du couple de serrage." 14ème Congrès Français de Mécanique Toulouse 99, p.p. 438-445. [KOF.99b] Konan KOFFI. Rapport de thèse : Étude Numérique et expérimentale des éclissage de structures aéronautiques soumis à des chargements de traction et flexion. INSAT /ENSICA. 1999