Vous êtes sur la page 1sur 52
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013

###01

CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX
FIRST THINGS FIRST | ÉTÉ 2013 # # # 01 CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

AVANT-PROPOS

‘‘U ne politique de concurrence ambitieuse », « une analyse et une maîtrise effectives des prix », « renforcer l’Observatoire des

prix », « une Autorité de la concurrence dotée de moyens suffisants et d’un cadre de sanctions dissuasif ».

Or, l’Autorité belge de concurrence est investie d’une mission essentielle au bon fonctionnement de notre économie, la débarrasser des maux que constituent les cartels et les abus de position dominante. Nous avons choisi de consacrer ce premier numéro du tout nouveau magazine REFLECT à la politique belge de la concurrence. Il n’est pas ré- servé aux spécialistes du droit de la concurrence, ni même aux juristes. Il a été, au contraire, rédigé dans le but de rendre cette matière accessible à tout décideur au sein d’une entreprise, du CEO au cadre commercial. Car la concurrence est partout dans la vie d’une entreprise : dans chaque relation d’affaires, dans chaque contrat, dans chaque comportement commercial. Les grandes entreprises en sont conscientes depuis longtemps et les montants faramineux des amendes imposées par les auto- rités de concurrence sont là pour leur rappeler l’importance d’en respecter les prescrits. Cependant, la pénétration des règles de concur- rence laisse parfois à désirer auprès des PME. Or, si l’on considère le « tableau de chasse » de l’Autorité belge de concurrence – puisque c’est d’elle qu’il s’agit dans ce magazine – force est de constater que les grosses entreprises ne sont pas les seules visées, loin s’en faut. Boulangers, auto-écoles, architectes d’intérieur… peuvent parfaitement se trouver dans le collimateur de notre gendarme national. Le REFLECT est également l’occasion de mettre en valeur l’expertise de nos collaborateurs. Je tiens ici à remercier Charles Gheur, Direc- teur de la Brussels School of Competiti- on, qui tenu la plume pour ce premier numéro. Je vous en souhaite une excellente lecture.

LA CONCURRENCE EST PARTOUT DANS LA VIE D’UNE ENTREPRISE : DANS CHAQUE RELATION D’AFFAIRES, DANS CHAQUE CONTRAT,

Voilà des mots tirés de l’accord gouver- nemental qui ne seront pas restés lettre morte. Du moins auront-ils été traduits dans la loi du 3 avril 2013 portant insertion du livre IV « Protection de la concurren- ce » et du livre V « La concurrence et les évolutions de prix » dans le Code de droit économique, publiée au Moniteur belge du 26 avril 2013.

À l’automne prochain, une Autorité belge de concurrence toute neuve sera en place. Un nouveau président, une nouvelle struc- ture, une nouvelle organisation. Et une

nouvelle compétence, qui vient s’ajouter à ses missions classiques : celle de pouvoir adopter des mesures provisoires en cas de « problème de prix ou de marges » constaté par l’Observatoire des prix. Les mois à venir nous diront si cette réforme por- tée par le ministre de l’Économie, Johan Vande Lanotte, permettra d’attein- dre les objectifs assignés dans la déclaration gouvernementale. Et on verra aussi si notre régulateur pourra se hisser parmi les bons élè- ves des autorités nationales de concurrence, lui qui n’a pas toujours brillé par son ef- ficacité. Il faut dire que jusqu’ici la politique belge de concurrence n’a reçu que peu d’in- térêt de la part de nos élus, comprenez : des moyens limités.

de la part de nos élus, comprenez : des moyens limités. PIETER TIMMERMANS ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ DE

PIETER TIMMERMANS ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ DE LA FEB

© DANIEL RYS

FEB
FEB

1

DANS CE NUMÉRO

CONCURRENCE ET

DANS CE NUMÉRO CONCURRENCE ET 0404 UNEUNE AUTORITÉAUTORITÉ POURPOUR «« PROTÉGERPROTÉGER »» LALA
DANS CE NUMÉRO CONCURRENCE ET 0404 UNEUNE AUTORITÉAUTORITÉ POURPOUR «« PROTÉGERPROTÉGER »» LALA
DANS CE NUMÉRO CONCURRENCE ET 0404 UNEUNE AUTORITÉAUTORITÉ POURPOUR «« PROTÉGERPROTÉGER »» LALA

0404 UNEUNE AUTORITÉAUTORITÉ POURPOUR

«« PROTÉGERPROTÉGER »» LALA CONCURRENCECONCURRENCE

Pour l’automne prochain, une Autorité belge de concurrence toute neuve devrait être en état de marche.

0909 CASESCASES

En cas d’infraction au droit de la concurrence belge, les entreprises peuvent se voir infliger des amendes pouvant atteindre des montants parfois très élevés.

1010 LALA BELGIQUEBELGIQUE N’AN’AVVAITAIT PPASAS LESLES

MOYENSMOYENS DEDE SONSON MODÈLEMODÈLE DUALISTEDUALISTE

Dans la dernière évaluation annuelle des per- formances des autorités de concurrence, le ré- gulateur belge figurait dans le bas du tableau.

2 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

WHAT

1313 UNE NOUVELLE AUTORITÉ POUR

PASSER À LA VITESSE SUPÉRIEURE

Le principal défi pour les auteurs de la loi est de raccourcir la durée des procédures.

1616 FORCES ET FAIBLESSES

La véritable évaluation de la réforme de l’Au- torité belge de concurrence se fera à l’épreuve de la pratique.

1818 LA CONCURRENCE ET

LES ÉVOLUTIONS DE PRIX

Parallèlement à la réforme de l’Autorité belge de concurrence a été introduit dans notre droit un nouveau mécanisme permettant une certai- ne forme de contrôle des prix.

CONTRÔLE DES PRIX

CONTRÔLE DES PRIX WHO 2020 EN FINIR AVEC LA GUERRE DE TRANCHÉES Johan Vande Lanotte, vice-Premier

WHO

2020 EN FINIR AVEC LA GUERRE

DE TRANCHÉES

Johan Vande Lanotte, vice-Premier ministre et ministre de l’Économie, des Consommateurs et de la Mer du Nord, ne voit que des avantages aux nouvelles règles et à la nouvelle organisa- tion de la concurrence.

2626 ORGANISATION DE LA NOUVELLE

AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE

La nouvelle loi redessine en profondeur l’archi- tecture de l’Autorité belge de concurrence :

une autorité administrative autonome compo- sée de 4 organes.

HOW
HOW

2828 COMMENT FONCTIONNE

LE NOUVEAU MÉCANISME DE MONITORING DES PRIX ?

La nouvelle loi met en place un mécanisme qui offre de nouvelles possibilités d’actions pour répondre à certaines défaillances du marché.

3232 COMMENT ÉVITER LES AMENDES ?

Dix recommandations afin de limiter les risques

d’infractions et les désagréments qu’elles

occasionnent.

3434 CONCLUSIONSCONCLUSIONS

La nouvelle Autorité doit encore se construire

une vision, fixer un cap, définir une véritable « politique de concurrence ».

définir une véritable « politique de concurrence ». 36 THÈMES Une sélection de dossiers auxquels nos

36 THÈMES

Une sélection de dossiers auxquels nos experts travaillent actuellement.

46 JURISPRUDENCE

SOCIALE

48 AGENDA FEB

actuellement. 46 JURISPRUDENCE SOCIALE 48 AGENDA FEB SUPPLÉMENT Il existe un large éventail de véhi- cules

SUPPLÉMENT

Il existe un large éventail de véhi- cules de financement de projets d’entreprise. Une brochure, ré- digée par BDO en collaboration avec la FEB, en donne une vue d’ensemble.

FEB
FEB

3

POUR « PROTÉGER » LA CONCURRENCE
POUR « PROTÉGER » LA CONCURRENCE
POUR « PROTÉGER » LA CONCURRENCE

POUR « PROTÉGER » LA CONCURRENCE

POUR « PROTÉGER » LA CONCURRENCE
POUR « PROTÉGER » LA CONCURRENCE
POUR « PROTÉGER » LA CONCURRENCE
POUR « PROTÉGER » LA CONCURRENCE
POUR « PROTÉGER » LA CONCURRENCE
POUR « PROTÉGER » LA CONCURRENCE
POUR « PROTÉGER » LA CONCURRENCE
POUR « PROTÉGER » LA CONCURRENCE
POUR « PROTÉGER » LA CONCURRENCE

WHY

La Belgique vient de se doter d’une nouvelle loi sur la concurrence. Pour l’automne prochain, une Autori- té belge de concurrence toute neuve devrait être en état de marche. Le but affiché de cette révision est d’accroître l’efficacité de l’Autorité. Notre gendarme national de la concurrence manquerait-il de poigne ?

L a réforme adoptée, contenue dans deux livres du futur Code de droit économique, comporte deux grands volets : le premier est une refonte

de l’ancienne loi sur la protection de la concurrence économique, laquelle revoit en profondeur l’architecture et l’organisation de l’Autorité belge de concurrence (Livre IV « Protection de la concurrence »), le second est la création d’un nouvel instrument devant permettre à la future Autorité de contrôler l’évolution des prix, ou à tout le moins de prendre des mesures en cas de problèmes en matière de prix (Livre V « La concurrence et les évolutions de prix »).

Mais, avant de présenter la réforme et d’en apprécier les apports, il convient de savoir se- lon quels critères mesurer l’efficacité d’un tel régulateur. Bref, de se demander à quoi sert une Autorité de concurrence. Pour répondre à cette question, il faut au préalable s’interro- ger, plus fondamentalement, sur les objectifs poursuivis par la politique de la concurrence. Car, si aujourd’hui, la très vaste majorité des pays industrialisés sont dotés d’un droit de la concurrence, il fut un temps où les ententes sur les prix entre concurrents, par exemple, étaient tout à fait respectables … Petit coup d’œil dans le rétroviseur…

LES FONDEMENTS DE LA POLITIQUE DE LA CONCURRENCE Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, un accord de cartel en Europe pouvait parfaite- ment être conclu par écrit, et les entreprises pouvaient être poursuivies pour ne pas respecter les prix convenus entre elles. Cela au nom de la liberté du commerce, y compris la liberté de le restreindre.

La concurrence correspond à une situati- on de libre confrontation entre l’offre et la demande sur un marché. Dans une situation de concurrence économique, les consomma- teurs ont un plus grand choix de produits. Les entreprises sont incitées à innover, à proposer des biens et des services à un meilleur prix, de meilleure qualité. Par le jeu de la « main invisible » conceptualisée par Adam Smith, un des fondateurs du libéralisme classique, le marché permettrait d’atteindre une allocation optimale des ressources.

Oui, mais le marché peut présenter des imper- fections, des défaillances. Typiquement, une entreprise qui occupe une position dominante pourrait être tentée d’exploiter son pouvoir de marché en pratiquant des prix trop élevés, ou au contraire des prix trop bas le temps d’écarter des concurrents. C’est ce que l’on appelle un abus de position dominante. Ou bien, des entreprises peuvent avoir un intérêt immédiat à limiter la concurrence entre elles :

se répartir un marché, limiter leur production, s’accorder sur des prix plus élevés que ceux qui résulteraient du libre jeu de la concurren- ce. On parle alors d’entente ou de cartel. Se- lon la formule attribuée à un membre du cartel de la lysine (un cartel international actif dans le domaine de l’alimentation animale et qui, dans les années 1990, est parvenu à augmen- ter les prix de 70% pendant 9 mois) : « Nos concurrents sont nos amis, nos clients sont nos ennemis ». Dans la mesure où les entreprises se livrent à ce genre de pratiques restrictives de concurrence, lorsque le seul jeu de l’offre et de la demande ne parvient pas à assurer une allocation optimale des ressources, il faut des règles. L’intervention de la puissance publique s’avère nécessaire.

FEB
FEB

5

WHY

WHY C’est là l’objet d’une politique de concurrence : éliminer ou du moins restreindre les comporte-

C’est là l’objet d’une politique de concurrence :

éliminer ou du moins restreindre les comporte- ments qui limitent la concurrence. Dans l’objec- tif de maximaliser le bien-être économique. Au départ, il y a donc un choix politique. Ce choix a été fait d’abord aux États-Unis, pionniers en ce domaine, dans le Sherman Act de 1890 ; plus tard en Europe, par les rédacteurs du traité de Rome de 1957. Ces derniers souscrivaient en ef- fet à l’idée, aujourd’hui largement admise, quoi- que difficilement quantifiable, qu’une politique de concurrence exerce des effets macro-écono- miques vertueux : sur la croissance, l’inflation, l’emploi, la consommation et l’investissement.

LE RÔLE D’UNE AUTORITÉ DE CONCURRENCE L’Europe va se doter avec le traité de Rome d’une politique de la concurrence dont le but est, en outre, de contribuer à la réalisation du Marché intérieur. Il ne faudrait pas, en effet, au moment où les États fondateurs dé- cident d’abolir entre eux les obstacles publics de nature tarifaire (droits de douane) et non tarifaire (quotas ou restrictions quantitatives), que les entreprises aient la possibilité de réta- blir des barrières privées aux échanges, comme par exemple par un accord de distribution exclusive.

Très vite, la politique de la concurrence se ré- vèle un pilier de la construction européenne. La Commission européenne, chargée de son application, est rapi- dement prise sous le flot des notifications : de nombreuses entrepri- ses qui souhaitent fu- sionner, acquérir une fi- liale, conclure des accords avec d’autres… doivent demander le feu vert de la Commission. Celle-ci n’a plus le temps de remplir efficacement sa mission de

police de la concurrence, qui consiste à traquer les pratiques anticoncurrentielles les plus graves, qui ne lui sont par hypothèse pas notifiées. C’est pourquoi la Commission va chercher à se délester d’une part de son travail. En adoptant des règlements d’exemption par catégorie, en abandonnant le système de notification préa- lable pour les accords entre entreprises, mais aussi en déléguant certains de ses pouvoirs aux autorités nationales de concurrence. Le Règlement européen n°1/2003 consacre cette décentralisation de l’application des règles de concurrence. Les autorités de concurrence nationales peuvent désormais trancher des affaires non plus uniquement nationales, mais impliquant plusieurs États membres.

Avec le Règlement n°1/2003, les autorités na- tionales de concurrence vont gagner en impor- tance. Si leur structure varie d’un pays membre à l’autre, leur mission, calquée sur celle de la Commission européenne, est sen- siblement la même partout dans l’Union :

premièrement, lutter contre les pratiques restrictives de concurrence (ententes et abus de position dominante) ; deuxièmement, con- trôler les concentrations d’entreprises n’ayant pas de dimension communautaire (fusions et acquisitions). Le troisième aspect du droit de la concurrence, le contrôle des aides d’État, relève exclusivement de la compétence de la Commission européenne. Les autorités nationales ne disposent d’aucun pouvoir en la matière.

TRÈS VITE, LA POLITIQUE DE LA CONCURRENCE S’EST RÉVÉLÉE UN PILIER DE LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE

S’EST RÉVÉLÉE UN PILIER DE LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE Ajoutons que la Commission européen- ne et les

Ajoutons que la Commission européen- ne et les autorités de concurrence nationales de tous les Êtas membres de l’Union font partie d’un réseau, appelé European Compe- tition Network (ECN). Celui-ci vise à assurer l’application efficace et cohérente des règles européennes de concurrence, en permettant aux autorités de concurrence de partager leur expérience et d’identifier les best practices de leurs homologues.

6 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

leur expérience et d’identifier les best practices de leurs homologues. 6 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES

WE HELP YOU STAY ON COURSE

BDO offers you first class services in Audit & Risk, Accounting & Reporting, Tax & Legal, and Corporate Finance & Interim Management.

BDO offre des conseils de haut niveau; à nos côtés, les passagers bénéficient d’un suivi digne de la business class. Notre équipe d’experts passionnés vous accompagne de manière professionnelle et personnelle pour vous proposer des solutions pragmatiques, et ce à un prix juste.

En Belgique, plus de 500 membres d’équipage vous guident vers votre destination, au départ de 9 aéroports régionaux répartis sur l’ensemble du territoire.

BDO s’appuie sur une connexion internationale forte, avec plus de 140 pays où faire escale.

Vous voulez découvrir l’étendue de nos destinations ? Rejoignez-nous à bord via www.bdo.be

pays où faire escale. Vous voulez découvrir l’étendue de nos destinations ? Rejoignez-nous à bord via
pays où faire escale. Vous voulez découvrir l’étendue de nos destinations ? Rejoignez-nous à bord via
ET EN BELGIQUE ? « Il y a toujours eu en Belgique un certain scepticisme

ET EN BELGIQUE ? « Il y a toujours eu en Belgique un certain scepticisme à propos du droit de la concur- rence », se rappelle Jean-François Bellis, avocat fondateur du cabinet Van Bael & Bellis. « Au début, lors des discussions autour de la première loi sur la protection de la con- currence, il se trouvait un certain nombre de personnes pour dire qu’on n’avait pas besoin d’une Autorité belge de concurrence, parce que la Belgique est un petit pays ouvert, tou- te pratique anticoncurrentielle d’une certaine importance aurait nécessairement un effet sur le commerce entre États membres, et par conséquent la Commission européenne pouvait s’en occuper. »

L’Autorité belge de concurrence existe con- crètement depuis 1993, avec l’instauration du premier Conseil de la concurrence belge prévu par la loi du 5 août 1991. La loi de 1991 fut réécrite par les lois du 26 avril 1999, à leur tour refondues dans la loi sur la protection de la concurrence économique, coordonnée le 15 septembre 2006. La récente réforme de 2013 correspond donc déjà à la troisième refonte complète de la loi belge. On peut parler d’un cycle : à chaque révision, des justifications relativement similaires sont don- nées, qui tiennent au manque de résultats de l’Autorité belge de concurrence.

L’Autorité telle qu’on la connaît – et pour quelques semaines encore – existe de- puis 2006. À l’époque, il s’agissait égale- ment d’adapter le droit belge au système décentralisé d’application du droit de la concurrence européen, mis en place par le Règlement n°1/2003. Mais le résultat princi- pal de la précédente réforme, selon Jacques Steenbergen, Directeur général au sein de l’Autorité belge de concurrence, fut de « li- bérer une partie substantielle des ressources jusque-là consacrées aux dossiers relatifs aux concentrations d’entreprises, en augmentant les seuils de notification et en prévoyant une

8 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

procédure vraiment simplifiée ». Jusqu’en 2006 en effet, pas loin de 80% des moyens dont disposait l’Autorité belge de concur- rence étaient dédiés à l’examen des dossiers relatifs aux fusions et acquisitions. Pendant ce temps, la plupart des dossiers relatifs aux pratiques restrictives de concurrence restai- ent en souffrance.

Si la loi de 2006 a permis à l’Autorité belge de concurrence de se concentrer davanta- ge sur les véritables entraves au droit de la

IL Y A TOUJOURS EU EN BELGIQUE UN CERTAIN SCEPTI- CISME À PROPOS DU DROIT DE LA CONCURRENCE

concurrence (ententes et abus de position dominante), force est de constater que son tableau de chasse est resté plutôt maigre. Davantage que le nombre peu élevé de déci- sions prises par l’Autorité, c’est la lenteur de ses procédures qui sont pointées du doigt. Trois ans et demi en moyenne pour une déci- sion d’infraction, c’est long ! Parmi les raisons avancées : notre Autorité se serait enlisée dans des questions de nature institutionnelle et procédurale.

Selon Xavier Taton, avocat chez Linklaters, « un grand nombre de ces problèmes venaient de la structure particulière qu’avait l’Autorité belge de concurrence. Notre législateur avait fait le choix d’un système hybride par rapport aux systèmes classiques

qui existaient en Europe ». On l’a dit, la structure des autorités nationales de concur- rence varie d’un État membre à l’autre. Dans certains États membres, une seule autorité administrative instruit les affaires et adopte tous les types de décisions (c’est ce qu’on appelle parfois le modèle moniste). Dans d’autres, les rôles sont répartis entre deux organismes, l’un chargé d’instruire l’affaire, l’autre – souvent une juridiction – chargé de statuer (modèle dualiste).

« En Belgique, on avait choisi un système à

mi-chemin entre les deux modèles », pour- suit Xavier Taton. « C’est-à-dire qu’on avait choisi une autorité de concurrence qui avait une nature juridictionnelle mais qui intégrait en son sein les fonctions de poursuite et de décision, et qui comprenait plusieurs organes dont les rôles respectifs ne manquaient pas

d’ambiguïté » Schématiquement, l’Autorité belge de concurrence était composée de trois entités : le Conseil de la concurrence (principal organe de décision, il avait le statut de juridiction administrative), l’Auditorat (souvent qualifié de façon raccourcie de

« parquet de la concurrence ») et le Service

de la concurrence (composé de fonctionnai- res du Service public fédéral Économie, il ef- fectuait les devoirs d’enquête sous l’autorité de l’auditeur chargé de l’affaire). La structure plurielle de l’Autorité belge de concurrence, bien qu’ingénieuse, aura malheureusement causé toute une série de questions relatives à la confidentialité, au procès équitable, à la structure des recours devant la Cour d’Ap- pel, etc. , qui auront distrait notre régulateur de sa mission première d’assurer en Belgique une concurrence libre et non faussée.

auront distrait notre régulateur de sa mission première d’assurer en Belgique une concurrence libre et non

WHY

CASES LES TÉLÉCOMS ET LA GRANDE DISTRIBUTION

WHY CASES LES TÉLÉCOMS ET LA GRANDE DISTRIBUTION AMENDE RECORD POUR UN OPÉRATEUR TÉLÉCOMS Cette affaire

AMENDE RECORD POUR UN OPÉRATEUR TÉLÉCOMS

Cette affaire mettant en cause Belgacom est sans aucun doute la plus emblématique de l’Autorité belge de con- currence, en raison notamment du montant de l’amende infligée. Le 26 mai 2009, le Conseil de la concurrence condamnait Belgacom Mobile (Proximus) pour avoir abu- sé de sa position dominante sur le marché de la télépho- nie mobile en 2004 et 2005 et lui imposait une amende de 66,3 millions EUR. C’est à ce jour l’amende la plus élevée dans l’histoire de notre Autorité de concurrence.

La décision du Conseil de la concurrence intervint après une enquête menée par l’auditorat suite à une plainte déposée par la société Base. Celle-ci faisait état de plu- sieurs pratiques d’exclusion de la part de Proximus, en particulier sur le marché des clients professionnels. Dans son jugement, le Conseil constata un abus de position dominante, sous la forme d’un procédé dit d’amenuise- ment des marges.

Un « amenuisement des marges » (ou margin squeeze) se caractérise par l’existence d’une marge négative ou insuffisante entre, d’une part, les tarifs de détail d’un opé- rateur dominant et, d’autre part, les tarifs intermédiaires pour des prestations semblables facturés aux concurrents. Une telle pratique, également appelée « ciseau tarifaire », nuit à la concurrence. Elle empêche les nouveaux entrants sur le marché de pouvoir offrir des services réellement concurrentiels avec les services de l’opérateur dominant, puisque ces entreprises ne sont pas à même de faire des offres semblables. En l’espèce, selon le Conseil, les concurrents de Proximus étaient dans l’incapacité de proposer à leurs clients des appels vers ceux de Proximus à des conditions plus favorables, ou même équivalentes, que celles que Proximus facturait à ses propres clients. Belgacom a introduit un recours contre la décision du Conseil de la concurrence auprès de la Cour d’Appel de Bruxelles, dont on attend l’arrêt.

la Cour d’Appel de Bruxelles, dont on attend l’arrêt. LE DENTIFRICE ET LE SAVON, TROP CHERS

LE DENTIFRICE ET LE SAVON, TROP CHERS DURANT DES ANNÉES ?la Cour d’Appel de Bruxelles, dont on attend l’arrêt. La nouvelle avait fait la une des

La nouvelle avait fait la une des journaux, comme à chaque fois qu’on touche au porte-monnaie du consom- mateur. Le 1 er octobre 2012, l’auditorat transmettait au Conseil de la concurrence son rapport dans une enquête sur une pratique de hausses coordonnées des prix dans la grande distribution. Les produits concernés appartiennent aux catégories « droguerie, parfumerie et hygiène » vendues sous les marques des fournisseurs. Il s’agit notamment de produits d’entretien, de lessive, de soin du corps, papiers toilette, langes… Dans son rapport, l’auditorat constate que, de 2002 à 2007, les principales entreprises de la grande distribution auraient procédé à des hausses coordonnées des prix de vente aux consommateurs, avec l’aide des fournisseurs des produits en question. On serait ici en présence d’une pratique dite « hub & spoke », qui permet à des entrepri- ses concurrentes de se transmettre des informations non

pas directement entre elles, mais via des intermédiaires (fournisseurs, distributeurs, clients, partenaires, etc.). Dans un tel système, un opérateur est au centre (« hub ») de relations bilatérales ou multilatérales avec d’autres opérateurs (« spokes »), permettant indirecte- ment l’échange d’informations entre concurrents.

Les entreprises les plus importantes de la grande distribu- tion (7 au total) et les principaux fournisseurs (11 au total) de ces catégories de produits sont visés par le rapport de l’auditorat. Durant l’instruction, des perquisitions ont été effectuées dans les locaux de plusieurs entreprises de la grande distribution. Cette affaire doit maintenant être traitée par l’organe décisionnel de l’Autorité belge de concurrence, qui devra décider s’il existe ou non une infraction au droit de la concurrence.

belge de concurrence, qui devra décider s’il existe ou non une infraction au droit de la
FEB
FEB

9

Comparaison de notre autorité de concurrence avec celles de pays voisins et de l’Union européenne (**)

ROYAUME-UNI OFFICE OF FAIR TRADING (OFT) + COMPETITION COMMISSION Budget annuel : 46,3 millions EUR
ROYAUME-UNI
OFFICE OF FAIR TRADING (OFT)
+ COMPETITION COMMISSION
Budget annuel : 46,3 millions EUR
Personnel : 290
Modèle : moniste
BELGIQUE AUTORITÉ BELGE DE CONCURRENCE Budget annuel : 6,5 millions EUR Personnel : 60 Modèle
BELGIQUE
AUTORITÉ BELGE DE CONCURRENCE
Budget annuel : 6,5 millions EUR
Personnel : 60
Modèle : dualiste
: 6,5 millions EUR Personnel : 60 Modèle : dualiste PAYS-BAS NEDERLANDSE MEDEDINGINGS- AUTORITEIT (NMA)
: 6,5 millions EUR Personnel : 60 Modèle : dualiste PAYS-BAS NEDERLANDSE MEDEDINGINGS- AUTORITEIT (NMA)
: 6,5 millions EUR Personnel : 60 Modèle : dualiste PAYS-BAS NEDERLANDSE MEDEDINGINGS- AUTORITEIT (NMA)
: 6,5 millions EUR Personnel : 60 Modèle : dualiste PAYS-BAS NEDERLANDSE MEDEDINGINGS- AUTORITEIT (NMA)
PAYS-BAS NEDERLANDSE MEDEDINGINGS- AUTORITEIT (NMA) Budget annuel : 25,3 millions EUR Personnel : 190 Modèle
PAYS-BAS
NEDERLANDSE MEDEDINGINGS-
AUTORITEIT (NMA)
Budget annuel : 25,3 millions EUR
Personnel : 190
Modèle : moniste
: 25,3 millions EUR Personnel : 190 Modèle : moniste FRANCE AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE Budget
: 25,3 millions EUR Personnel : 190 Modèle : moniste FRANCE AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE Budget
: 25,3 millions EUR Personnel : 190 Modèle : moniste FRANCE AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE Budget
: 25,3 millions EUR Personnel : 190 Modèle : moniste FRANCE AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE Budget
FRANCE AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE Budget annuel : 20,4 millions EUR Personnel : 188 Modèle
FRANCE
AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE
Budget annuel : 20,4 millions EUR
Personnel : 188
Modèle : moniste
UNIONUNION EUROPEENNEEUROPEENNE COMMISSIONCOMMISSION EUROPÉENNEEUROPÉENNE (DIRECTION(DIRECTION GÉNÉRALEGÉNÉRALE
UNIONUNION EUROPEENNEEUROPEENNE
COMMISSIONCOMMISSION EUROPÉENNEEUROPÉENNE
(DIRECTION(DIRECTION GÉNÉRALEGÉNÉRALE DEDE
LALA CONCURRENCE)CONCURRENCE)
Budget annuel : 93,5 millions EUR
Personnel : 749
Modèle : moniste
ALLEMAGNE
BUNDESKARTELLAMT
Budget annuel : 23,9 millions EUR
Personnel : 204
Modèle : moniste
: 23,9 millions EUR Personnel : 204 Modèle : moniste WHY LA BELGIQUE N’AVAIT PAS LES
: 23,9 millions EUR Personnel : 204 Modèle : moniste WHY LA BELGIQUE N’AVAIT PAS LES
: 23,9 millions EUR Personnel : 204 Modèle : moniste WHY LA BELGIQUE N’AVAIT PAS LES

WHY

LA BELGIQUE N’AVAIT PAS LES MOYENS DE SON MODÈLE DUALISTE

Le dernier classement paru dans la revue spécialisée « Global Competition Review » (*) était sévère pour l’Autorité belge de concur- rence. Dans cette évaluation annuelle des performances des auto- rités de concurrence à travers le monde, le régulateur belge figurait dans le bas du tableau, en compagnie de la Grèce et du Mexique.

L e reproche fait à notre gendarme de la concurrence se rapportait à son manque de productivité et son extrême lenteur : 3,5 ans en moyen-

ne avant d’obtenir une décision, contre un 1,5 an dans les pays voisins examinés par la revue. Sans compter le nombre record de dossiers frappés de prescription (67 sur un

total de 178 affaires entre 2007 et 2011). Si ce genre de classement doit être envis- agé avec beaucoup de précaution, on peut toutefois tirer certains enseignements de la comparaison avec les autorités nationa- les de concurrence des pays voisins. Les données chiffrées ci-contre se rapportent à l’année 2011, donc avant la réforme du régulateur belge.

1 Une raison régulièrement avancée pour justifier l’inefficacité de l’Autorité

belge de concurrence est son manque de moyens. Parce qu’opérant au niveau européen et exerçant plus de compétences (en matière d’aides d’État notamment), la Commission européenne – primus inter pares – jouit de moyens sans commune mesure avec les autorités nationales de concurrence. Par contre, une comparai- son pertinente peut être réalisée avec les Pays-Bas, économie ouverte de taille comparable à la Belgique : la Nederlandse Mededingingsautoriteit (NMa) bénéficie de ressources autrement plus importantes que celles de notre Autorité belge de concur- rence, que ce soit en termes budgétaires (25,3 millions EUR contre 6,5 millions EUR)

ou en termes d’effectifs (190 collaborateurs à la NMa contre 60 à l’Autorité belge).

2 Autre cause qui pourrait expliquer le manque de résultats de notre

régulateur : sa structure trop complexe. S’il existe dans les États membres un très haut degré de convergence des règles de droit matériel de la concurrence, il n’en va pas de même pour la structure des autorités nationales de concurrence. On trouve, à travers l’Europe, une grande disparité de constructions pour trancher des questions de concurrence au niveau national. La Belgique avait opté pour un modèle dualis- te : l’instruction dévolue à l’Auditorat et à la Direction générale de la concurrence, d’une part, et la décision dévolue au Conseil de la concurrence, d’autre part. Une organisation duale, inspirée par le modèle des tribunaux (parquet et juges), mais dont la complexité avait pour effet de ralentir le processus décisionnel. Notre ancienne Autorité de la concurrence faisait d’ailleurs figure d’ex- ception en Europe : dans la grande majorité des États membres, c’est le même orga- nisme qui mène l’enquête et qui tranche, selon un modèle dit moniste.

l’enquête et qui tranche, selon un modèle dit moniste. ( * ) Global Competition Review,

(*) Global Competition Review, http://globalcompetiti- onreview.com/rating-enforcement/ (**) Source : Dirk Van Waesberge, ‘De werkingsmidde- len van de mededingingsautoriteiten in vergelijkend perspectief’, rapport rédigé dans le cadre d’un stage auprès de la Direction générale de la Concurrence (SPF Économie), novembre 2012, 168 pages

FEB
FEB

11

WHAT

UNE NOUVELLE AUTORITÉ

POUR PASSER À LA VITESSE SUPÉRIEURE

UNE NOUVELLE AUTORITÉ POUR PASSER À LA VITESSE SUPÉRIEURE Les critiques le plus souvent formulées à

Les critiques le plus souvent formulées à l’encontre de la précédente autorité avaient trait à la lenteur avec laquelle elle rendait ses décisions. Davantage que le nombre limité de ses décisions (sommes toutes, l’autori- té de concurrence allemande – le Bundeskartellamt – ne prend guère plus de décisions de constatation d’infrac- tion, proportionnellement à la taille du marché), c’était la longueur de ses procédures qui posait question.

P our les entreprises en attente d’un verdict, qu’elles soient pour- suivies ou plaignantes, les atermoi- ements du régulateur sont source

d’insécurité juridique. Et ce, sans compter la durée de l’appel contre les décisions du Conseil de la concurrence, quasiment sys- tématique dans les affaires d’une certaine

importance.

Aussi, le principal défi pour les auteurs de la loi était de raccourcir la durée des procé- dures. Objectif : ne pas dépasser deux ans pour une procédure d’infraction devant l’Autorité belge de concurrence. Cette préoccupation d’efficacité et de célérité sous-tend l’ensemble du texte de loi : délais plus stricts, possibilités réduites de déposer des pièces en cours de procédure, mesures provisoires plus rapides, introduction d’une procédure de transaction, le « rapport » de l’Auditorat remplacé par un « projet de

décision », etc. De même, le recours contre les décisions de l’Autorité devant la Cour d’Appel de Bruxelles est organisé selon la procédure comme en référé, dans le souci exprimé dans l’exposé des motifs que « le recours ne se transforme [pas] en une nou- velle instruction. »

On l’aura compris, le renforcement de l’efficacité de l’Autorité de concurrence est l’objectif qui a présidé à de la rédaction de la loi. Au détriment des droits procéduraux des entreprises concernées ? À trop vouloir que notre régulateur rende plus de déci- sions plus rapidement, ne risque-t-on pas de malmener les principes du procès équitable ? Dans le chapitre qui suit (p. 16), nous livrons une première évaluation de la réforme de l’Autorité belge de concurrence du point de vue des entreprises. Avant cela, nous abordons ici quelques changements fondamentaux.

de concurrence du point de vue des entreprises. Avant cela, nous abordons ici quelques changements fondamentaux.
FEB
FEB

13 13

WHAT

WHAT UNE AUTORITÉ COMPLÈTEMENT REDESSINÉE C’est sur le plan institutionnel que résident les modifications les plus

UNE AUTORITÉ COMPLÈTEMENT REDESSINÉE C’est sur le plan institutionnel que résident les modifications les plus importantes. L’architecture de l’Autorité belge de concurrence est revue en profondeur. La nouvelle loi met fin à la structure tripartite que l’on connaissait (Conseil de la con- currence, Auditorat et Direction générale) et lui substitue une autorité administra- tive autonome, qui se voit dotée d’une personnalité juridique propre. La nouvelle Autorité belge de concurrence se compose de quatre entités : le président et son servi- ce, le Collège de la concurrence, le Comité de direction, l’Auditorat sous la direction de l’auditeur général. La composition et la mission de chacun de ces organes sont détaillées aux pages 26 et 27.

L’Autorité de concurrence ainsi redessinée ressemble davantage aux autres régula- teurs, comme la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) ou l’Institut belge des services postaux et des télécom- munications (IBPT). Mais, à la différence de la CREG et de l’IBPT, où les pouvoirs sont concentrés dans un seul Comité ou Conseil, les auteurs de la loi, s’inspirant de la struc- ture de l’Autorité de la concurrence fran- çaise jugée « très performante », ont choisi de maintenir une séparation fonctionnelle entre l’instruction (qui relève de l’Auditorat) et la décision (prise par le Collège de la concurrence).

LA POSSIBILITÉ DE TRANSIGER AVEC L’AUDITORAT Toujours dans le même but d’efficacité, la nouvelle loi belge sur la concurrence introduit une procédure de transaction des- tinée à accélérer le traitement des affaires. Le principe de la transaction est d’offrir à une entreprise coupable d’infraction au

14 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

LA NOUVELLE LOI BELGE SUR LA CONCURRENCE INTRODUIT UNE PROCÉDURE DE TRANSACTION DESTINÉE À ACCÉLÉRER LE TRAITEMENT DES AFFAIRES

droit de la concurrence de reconnaître ses agissements contre une réduction du mon- tant de la sanction. Aux termes de la loi, c’est à l’Auditorat que revient la conduite de la procédure de transaction. Si celle-ci aboutit, l’entreprise en cause verra le mon- tant de son amende réduite de 10%.

Le législateur belge s’est inspiré de la pro- cédure de transaction de l’Union européen- ne, qui existe depuis 2008. Contrairement au système communautaire, qui ne concer- ne que les affaires d’ententes, le système mis en place par la nouvelle loi est prévu également pour les pratiques unilatérales (abus de position dominante).

la première, cette procédure permet de clôturer plus rapidement certaines affaires et de libérer ainsi des ressources pour la détection d’autres infractions. Du point de vue de l’entreprise, outre la réduction de 10% de l’amende, transiger avec l’Auditorat lui permettra d’épargner en frais de défense grâce à l’abrègement de l’affaire.

DES AMENDES ÉGALEMENT POUR LES PERSONNES PHYSIQUES Jusqu’à aujourd’hui, seules les entreprises pouvaient être sanctionnées en cas d’infrac- tion au droit de la concurrence belge. Les personnes morales uniquement pouvaient se voir infliger des amendes administratives, atteignant des montants parfois très élevés :

66 millions EUR pour Belgacom, 37 millions EUR pour bpost (voir les exemples en p. 9). D’aucuns considèrent injustes ces amendes contre les entreprises, parce qu’elles péna- liseraient d’autres personnes que celles qui ont véritablement commis les infractions : les actionnaires, les investisseurs, les travailleurs, les consommateurs…

Le législateur belge a profité de la réforme pour introduire des sanctions également contre les personnes physiques. Le Collè- ge de la concurrence pourra imposer des amendes administratives – de 100 à 10.000 EUR – aux personnes physiques pour viola- tion des règles de concurrence. La nouvelle loi limite cependant cette possibilité aux cas les plus graves d’ententes entre concurrents (hard-core cartels), telles que la fixation des prix de vente ou l’attribution de marchés. Les personnes physiques impliquées dans des affaires d’abus de position dominante, en re- vanche, ne sont pas visées par ces nouvelles sanctions individuelles.

sont pas visées par ces nouvelles sanctions individuelles. Une transaction présente des avantages tant pour

Une transaction présente des avantages tant pour l’Autorité belge de concurrence que pour l’entreprise poursuivie. Pour

Nous inventons les réseaux qui raccorderont les énergies de demain

Au-delà des énergies classiques, de nouvelles sources se présentent à nous. Le soleil, la mer, le vent nous offrent aujourd’hui des les réseaux des énergies de demain.

présentent à nous. Le soleil, la mer, le vent nous offrent aujourd’hui des les réseaux des
LIGNES DE FORCE ET FAIBLESSES
LIGNES DE FORCE
ET FAIBLESSES

La véritable évaluation de la réforme de l’Autorité belge de concurrence se fera à l’épreuve de la pratique. Nous livrons ici une première appréciation critique de l’Autorité belge « nouvelle formule », du point de vue des entre- prises. Entre efficacité et respect des droits procéduraux, l’équilibre est parfois difficile à trouver.

VERS PLUS D’EFFICACITÉ…

parfois diffi cile à trouver. VERS PLUS D’EFFICACITÉ… UNE AUTORITÉ DE CON- CURRENCE INDÉPENDANTE Parmi les

UNE AUTORITÉ DE CON- CURRENCE INDÉPENDANTE Parmi les premières propositions de réforme de l’Autorité belge de concurrence figurait l’idée de lo- ger intégralement celle-ci au sein du SPF Économie. Cette piste, certainement meilleur marché en termes de coûts de fonctionne-

16 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

ment, posait évidemment problè- me en termes d’indépendance. Elle a été abandonnée au profit de la création d’une Autorité vraiment autonome, dotée d’une personnalité juridique propre.

autonome, dotée d’une personnalité juridique propre. MAINTIEN DU RECOURS DEVANT LA COUR D’APPEL DE BRUXELLES

MAINTIEN DU RECOURS DEVANT LA COUR D’APPEL DE BRUXELLES Il fut au début question de créer une « Cour des marchés », juri-

diction administrative qui aurait connu de l’appel des décisions de l’Autorité de concurrence, ainsi que des régulateurs sectoriels (CREG, IBPT, Service de régula- tion du transport). Cette idée, chère au ministre de l’Économie, n’était pas dénuée d’intérêt en ce qu’elle aurait permis une plus grande spécialisation de l’instance de recours. En revanche, elle n’aurait pas offert le même degré de garanties procédurales.

pas offert le même degré de garanties procédurales. UNE STRUCTURE MOINS COMPLEXE L’ancienne structure

UNE STRUCTURE MOINS COMPLEXE L’ancienne structure tripartite (Conseil – Auditorat – Direction générale) fait place à une autorité administrative unique. C’est beau- coup plus clair. Et beaucoup plus en phase avec le modèle moniste

suivi par la grande majorité des Autorités nationales de concur- rence. Pas étonnant que cette

suivi par la grande majorité des Autorités nationales de concur- rence. Pas étonnant que cette « convergence procédurale » soit saluée par le commissaire euro- péen en charge de la Concurren- ce Joaquin Almunia lui-même.

Cour des comptes, était source de tensions. La fusion entre la Direction générale et l’Auditorat en un organe intégré d’instruc- tion et de poursuite devrait contribuer à une rationalisation des moyens et une gestion des enquêtes plus cohérente.

LARGE PANEL D’EXPERTISES Le Collège de la concurrence se compose de trois personnes : Le Collège de la concurrence se compose de trois personnes :

le président et deux assesseurs

(choisis à tour de rôle sur une liste de maximum 20 experts). L’idée est d’inclure dans l’organe décisi- onnel des personnes aux forma- tions et aux horizons différents. Sans entraîner une explosion des coûts de fonctionnement : les as- sesseurs ne seraient pas nommés

à temps plein, mais rémunérés

en fonction des affaires qu’ils traitent. Cette configuration pourrait constituer une avancée vers une Autorité de concurrence plus soucieuse des sensibilités commerciales, de par la présence d’assesseurs ayant une bonne connaissance du marché.

…AU DÉTRIMENT DES DROITS DES PARTIES ?

du marché. …AU DÉTRIMENT DES DROITS DES PARTIES ? RATIONALISATION DES MOYENS Auparavant, les fonctionnaires

RATIONALISATION DES MOYENS Auparavant, les fonctionnaires chargés d’effectuer les actes d’instruction étaient hiérarchi- quement dépendant du SPF Éco- nomie, mais fonctionnellement sous l’autorité de l’Auditorat. Cette situation, critiquée par la

PROCÈS ÉQUITABLE ET DROITS DE LA DÉFENSE De ce point de vue, il faut dis- De ce point de vue, il faut dis-

tinguer la réforme, telle qu’elle

a été consacrée, des projets

initiaux. Si des craintes subsis- tent (délais très brefs, limitation de la faculté de produire des documents…), la loi adoptée est

beaucoup plus respectueuse des principes fondamentaux du droit, en comparaison avec les premiè- res versions du texte. Le maintien du recours devant la Cour d’appel de Bruxelles, notam- ment, permet de répondre à de nombreuses objections de nature constitutionnelle. Des préoccu- pations demeurent en matière de mesures provisoires, où les délais semblent bien trop courts pour permettre un respect effectif du droit à un procès équitable.

ACCROISSEMENT DES POUVOIRS DU PRÉSIDENT C’est un choix tout à fait assumé par les auteurs de la loi, qui ont C’est un choix tout à fait assumé par les auteurs de la loi, qui ont placé un grand nombre de compétences dans les mains du président (voir p. 26). Déjà

comparé au « Roi Soleil » ou à « Super Mario » par les premiers commentateurs de la loi, le pré- sident de la future Autorité sera, en principe, la seule personne à siéger dans toutes les affaires qu’aura à juger le Collège de la concurrence. Le risque est réel que cette personne devienne le seul dépositaire de la juris- prudence de l’Autorité, qu’il connaîtra par définition beau- coup mieux que les assesseurs, lesquels ne siègent qu’à tour de rôle au sein du Collège.

CONFIDENTIALITÉ DES DONNÉES TRANSMISES PAR LES ENTREPRISESne siègent qu’à tour de rôle au sein du Collège. Il est à déplorer que les

Il est à déplorer que les auteurs de la loi n’aient pas mis à profit cette révision pour fournir des critères clairs permettant de déterminer la nature des informa-

WHAT

tions que l’Auditorat accepterait de traiter comme confidentielles. À cet égard, la Cour d’appel de Bruxelles, dans un arrêt du 5 mars 2013, a heureusement donné cer- taines réponses que le législateur n’a pas pu apporter. En effet, cet arrêt 1) confirme la confidentialité des avis du juriste d’entrepri- se et 2) livre quelques bonnes pratiques en matière de saisie de documents électroniques.

pratiques en matière de saisie de documents électroniques. SANCTIONS CONTRE LES PERSONNES PHYSIQUES L’introduction

SANCTIONS CONTRE LES PERSONNES PHYSIQUES L’introduction par la nouvelle loi d’amendes individuelles, qui n’existent d’ailleurs pas en droit de la concurrence européen, ne nous semble pas s’imposer com- me une solution d’efficacité pour la mise en œuvre d’une politique de concurrence. Même limité aux infractions les plus flagrantes, il s’agit d’un mauvais signal pour l’esprit d’entreprendre. Si les sanctions contre les personnes physiques ont un effet dissuasif indéniable, elles risquent de ne pas seulement décourager les infractions, mais d’être égale- ment un frein à des activités pro-concurrentielles. Sachant que sa responsabilité personnelle est dorénavant susceptible d’être engagée, un cadre pourrait être moins enclin à négocier des accords de coopération pourtant tout à fait licites et profitables aux clients et aux consommateurs (mise sur le marché d’un nouveau produit, réduction des coûts de production, planification optima- le des investissements, etc.).

nouveau produit, réduction des coûts de production, planification optima- le des investissements, etc.). FEB 1 7
FEB
FEB

17

LA CONCURRENCE ET LES ÉVOLUTIONS DE PRIX
LA CONCURRENCE ET
LES ÉVOLUTIONS DE PRIX

Parallèlement à la réforme de l’Autorité belge de concurrence (contenue dans le Livre IV du Code de droit économique « Protection de la concurrence »), a été introduit dans notre droit un nouveau mécanisme permettant une certaine forme de contrôle des prix (Livre V « La concurrence et les évolutions de prix »).

À priori, l’idée – éma- nant du ministre de l’Économie Johan Vande Lanotte – de

permettre un « blocage des prix » est la négation même de la concurrence libre et non faus- sée… (voir l’interview du ministre p. 20) Elle a, en tous cas, suscité pas mal d’émoi. Hautement idéologique, cette proposition a eu tôt fait d’occulter les débats, pourtant fondamentaux, sur la réforme de l’Autorité, reléguée au rang de plomberie instituti- onnelle.

La presse s’en empara et les commentaires ne furent pas toujours tendres : « Des fonction- naires qui jouent au Juste Prix »,

18 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

« Mesure populiste » proposée dans le seul but de « faire la une des journaux», « Socialisme old school », etc. Il est vrai qu’une telle réglementation présente,

à première vue, de forts relents d’économie planifiée…

DE QUOI S’AGIT-IL EXACTEMENT ? De façon synthétique (la procé- dure est expliquée plus en détails

à la page 28 et suivantes), le

mécanisme mis en place est le suivant. Lorsque l’Observatoire des prix constate un problème en matière de prix ou de marges, ou un dysfonctionnement du marché, il en fait rapport à l’Autorité

de concurrence. Celle-ci peut prendre des mesures provisoires

« s’il s’avère urgent d’éviter une situation susceptible de provo- quer un dommage grave, immé- diat et difficilement réparable ». C’est ensuite au gouvernement

d’approuver, dans les six mois, un plan consistant en un changement structurel du fonctionnement du marché dans le secteur concerné.

QUE PEUT-ON PENSER DE CE NOUVEL INSTRUMENT ?

Il faut commencer par rappeler que la réglementation des prix n’est pas une nouveauté en Belgique. Le Livre V du Code de droit économique, en réalité, remplace et modernise la loi du 22 janvier 1945 sur la réglementa- tion économique et les prix. Cette législation d’après-guerre visait à

WHAT

WHAT assurer l’approvisionnement du pays en empêchant la spécula- tion et la flambée des prix. Peu

assurer l’approvisionnement du pays en empêchant la spécula- tion et la flambée des prix. Peu appliquée cette dernière décen- nie, elle interdisait de pratiquer des prix supérieurs aux « prix normaux » et permettait au mi- nistre de l’Économie de fixer des prix maxima. Rien de neuf sous le soleil donc. Le fait d’impliquer l’Autorité belge de concurrence dans le processus de monitoring des prix devrait même permettre de renforcer l’indépendance et le contradictoire dans la prise de décision.

Ensuite, il est utile de noter que la volonté de maîtriser les prix n’est pas propre au gouverne- ment belge. L’Europe elle-mê- me en fournit des exemples. Pensons à la réglementation des tarifs de l’itinérance (« roaming »), mesure phare de la Commission européenne, sou- vent employée comme témoig- nage de son action en faveur des consommateurs, et qui n’est rien d’autre que l’imposition de prix plafonds aux opérateurs de téléphonie mobile.

Le droit européen n’interdit pas, en principe, à un Etat membre de fixer des prix maxima, à condition toutefois de ne pas discriminer les opérateurs actifs sur son terri- toire. L’idée d’attribuer un rôle à l’Autorité belge de concurrence dans un système de monitoring des prix peut paraître audacieu- se. Il s’agit d’une mission diffé- rente, qui se situe dans un autre cadre que celui de la protection de la concurrence. « La politique de concurrence n’a pas en soi pour objectif direct de faire baisser les prix », explique Maître Xavier Taton. « Même si l’application des règles de concurrence peut conduire à une diminution des prix sur le mar- ché, la mission d’une Autorité de concurrence consiste essentielle- ment à rechercher des distorsions structurelles de concurrence, qui résultent soit d’une entente soit de l’exploitation abusive d’une position dominante. »

L’Autorité belge se voit ainsi chargée, dans le Livre V, d’une mission supplémentaire, qui a trait au contrôle des prix et qui

LA PROPOSITION DE PERMETTRE UN « BLOCAGE DES PRIX » A SUSCITÉ PAS MAL D’ÉMOI

s’ajoute à sa mission classique reprise dans le Livre IV sur la pro- tection de la concurrence. Là où le droit de la concurrence vise les carences structurelles du marché, il s’agit ici pour l’Autorité de s’at- taquer d’emblée aux symptômes et d’intervenir immédiatement dans la formation des prix, en pre- nant des mesures provisoires.

La métaphore employée par le ministre Johan Vande Lanotte ex- prime bien la différence d’appro- che : « La grande nouveauté, c’est que nous tiendrons compte de la fièvre, même si nous ne sommes pas absolument certains de la

maladie. Aujourd’hui, on voit les prix augmenter mais il faut la preuve d’une entente entre con- currents ou d’un abus de position dominante pour pouvoir agir. Ces preuves sont très difficiles à réunir. Et tant que nous ne les avons pas, nous devons laisser souffrir le patient. Désormais quand on constatera une hausse de prix, on pourra demander des explications et agir. » (L’Écho,

12/12/2012)

Un tel mécanisme présente ce- pendant le danger de donner de mauvais signaux aux entreprises. À vouloir geler ou baisser les prix dans une vision à court terme de protection des consommateurs, on risque de freiner les efforts auxquels elles consentent en vue d’améliorer en permanence leurs produits et leurs services, d’innover et d’investir.

elles consentent en vue d’améliorer en permanence leurs produits et leurs services, d’innover et d’investir. 1

1 9 19

© DANIEL RYS

© DANIEL RYS EN FINIR AVEC LA GUERRE DE TRANCHÉES VERS UN MONITORING DES PRIX ET
© DANIEL RYS EN FINIR AVEC LA GUERRE DE TRANCHÉES VERS UN MONITORING DES PRIX ET

EN FINIR

AVEC LA GUERRE DE TRANCHÉES

VERS UN MONITORING DES PRIX ET UNE POLITIQUE DE LA CONCURRENCE RATIONNELLE ET EFFICACE

20 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

La concurrence est comme un match de foot : on peut parler de ‘fair competition’. Avec la différence que l’arbitre sur le terrain économique doit tenir compte des droits de la défense. Johan Vande Lanotte, vice-Premier ministre et ministre de l’Économie, des Consommateurs et de la Mer du Nord, ne voit que des avantages aux nouvelles règles et à la nouvelle organisation de la concurrence, les principaux d’entre eux étant l’efficacité et la vitesse de réaction. Celui qui fait de la fièvre est renvoyé sur le banc de touche. D’ici à septembre 2013, la réforme et la nouvelle architecture doivent être opérationnelles.

I Est-il exact, comme l’affirment certains, que la concurrence ne joue pas assez dans notre pays ? “En effet, c’est ou ça a été le cas de certains secteurs. Le secteur de l’éner- gie est un exemple presque évident. Même dans les télécoms, l’IBPT (le régulateur belge des services postaux et des télécommunications) a consta- té que les prix des trois concurrents étaient comme par magie identiques à l’eurocent près sur la plupart des points. Et que lorsque l’un des grands acteurs ‘indexait’ son abonnement internet, ses ‘concullègues’ suivaient automatiquement. Les marchés de l’énergie et des télécommunications fonctionnent au demeurant beaucoup mieux qu’il y a un an, précisément parce que les consommateurs ont choisi leurs fournisseurs délibérément. En revanche, il est plus difficile de pointer du doigt le secteur de la biè- re. Je suis personnellement convaincu qu’il ne fonctionne pas correctement aujourd’hui, mais il n’est pas simple de le prouver même si l’évolution des prix ne me dément pas.”

I Ces pratiques ont-elles été

les moteurs de la réforme

des règles de concurrence ?

“Oui, mais ce n’est pas tout. Comme ministre, je reçois des décisions (in- termédiaires) du Conseil belge de la concurrence portant sur des affaires qui sont parfois en cours depuis 6 ou 7 ans. Il est quand même hallucinant d’apprendre, après des années de discussions et de recours, si un do- cument peut être utilisé comme ma- tériel de preuve ou non. Comment obtenir un résultat fructueux dans ces conditions ? En effet, après tout ce temps, la partie concernée argue que la situation a changé, mettant fin à toute discussion.”

I La vitesse de réaction est donc la principale valeur ajoutée de la réforme ? “Oui, de même que la simplification et la rationalisation des procédu- res. Avouez qu’après cinq ans, on peut difficilement réaliser un travail efficace dans le dossier des grands magasins par exemple. Un grand

avantage de la nouvelle structure est la meilleure répartition des tâches entre le président (président de l’organe de décision et tâches européennes et internationales) et l’auditeur général (politique des poursuites). Nous avons opté réso- lument pour un renforcement du rôle du président et de l’auditeur

LES ASSESSEURS FONT EN SORTE QUE LA RÉALITÉ ÉCONOMIQUE NE SOIT PAS NÉGLIGÉE

général. Ils doivent mener ensem- ble une politique de concurrence. C’est une amélioration importante pour l’autorité de concurrence.”

WHO

FEB
FEB

21

I La rapidité menace-t-elle les droits de la défense ? “On ne peut mener dix fois la même défense. Chaque partie doit pouvoir formuler ses positions sur le fond avant d’entamer une lutte honnête. Dans l’ancien système, les parties menaient une guerre de tranchées et s’enterraient pendant des années dans une bataille procédurale avant d’en arriver au débat de fond. Cette bataille procédurale n’a plus rien à faire avec les droits de la défen-

se. Selon moi, les nouvelles règles respectent ces droits. Chacun a l’oc- casion de plaider sa position (à l’in- verse de ce qui se passe aux Pays-Bas, au Royaume-Uni ou dans l’Union européen- ne, par exemple). On obtient ainsi un procès équitable et l’on évite la guerre de

ainsi un procès équitable et l’on évite la guerre de UNE BATAILLE PROCÉDURALE DE PLUSIEURS ANNÉES

UNE BATAILLE PROCÉDURALE DE PLUSIEURS

ANNÉES N’A PLUS

RIEN À FAIRE AVEC

tranchées. De plus, le nouveau système offre aux entreprises tous les incitants

LES DROITS DE LA DÉFENSE

pour engager au plus vite la discussion avec l’auditorat. Ce n’était pas le cas jusqu’à présent et certaines entrepri- ses attendent le tout dernier moment pour communiquer leur vision au Conseil. Cela produit un travail très inefficace et nuit au foncti- onnement de nos marchés.”

I Vous aviez l’ambition de créer une Cour des marchés – une sor- te de juridiction administrative prenant connaissance de tous les recours contre les décisions de l’autorité de concurrence et des régulateurs sectoriels. “Mon ambition initiale était de regrouper tous les régulateurs

22 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

dans un seul organe pour ensuite installer une Cour des marchés. Il faut en effet des techniciens pour préparer le dossier. En revanche, il est préférable que les décideurs ne soient pas des spécialistes du secteur, mais plutôt des per- sonnes dotées d’un bon sens économique et juridique. En regroupant tous les régulateurs, on obtient une équipe de quatre ou cinq décideurs bien préparés. Et une Cour des marchés de sept

à neuf décideurs en appel. Il ne

faut donc pas reprendre toute la procédure : il suffit d’introduire le dossier, de laisser chaque acteur exposer son plaidoyer et finale-

ment de rendre une sentence. Ce projet a malheureusement échoué et reste un projet pour l’avenir. C’est dommage parce que l’approche du droit écono- mique ne peut être strictement juridique – je pêche ici contre mes propres convictions juridiques. De la même manière, l’approche du droit de la famille ne peut être strictement juridique, mais doit tenir compte de nombreuses autres valeurs humaines.”

I Vous trouvez ce type

d’expertise auprès des

assesseurs ?

“Dans leur fonction, les juges de la Cour d’appel doivent avoir une approche strictement juridique. Ils

ne peuvent rendre des jugements

à la Salomon. Les assesseurs

constituent un contrepoids sain. Ils font en sorte que la réalité économique ne soit pas négligée.

C’est une absolue nécessité.”

I Le futur président de l’autorité de concurrence est le seul à siéger dans toutes les affaires sur lesquel- les le collège doit se prononcer. Cela fait penser au ‘Roi Soleil’ ! “Si le travail est bien fait, la comparai- son n’est pas négative. Je considère que les personnes qui sélectionnent le président font leur boulot. Un arbitre peut siffler un pénalty, parfois même à tort, mais sans arbitre doté de ce pouvoir, il n’y a pas de football (et les droits de la défense n’interviennent

même pas encore à ce stade). La con- currence est comme un match de foot : on peut parler de ‘fair compe- tition’. Certes l’arbitre peut parfois siffler une action à tort. Il peut faire une erreur de jugement. C’est aux assesseurs de l’aider – ils sont d’ailleurs majoritaires au sein du Collège de la concurrence. Leur tour de rôle est un facteur d’efficacité. L’auditeur général aura également beaucoup de pouvoir dans les affaires formelles, car il décide de l’ouverture des affaires et peut pro- poser une transaction dans les affaires d’infraction. Il serait même possible qu’en raison de la procédure de trans- action, il ne reste plus que très peu de travail pour le collège décisionnel.”

I La nouvelle loi permet désormais d’infliger des amendes à des personnes physiques ? “C’est un changement majeur, inspiré par une étude de l’Autorité britanni- que de concurrence (*) . Elle montre que les sanctions pénales sont les plus

dissuasives, suivies par la déchéan- ce du droit d’exercer des mandats d’administrateurs. Il est important de poursuivre les personnes impliquées dans des accords illégaux (et qui en

profitent directement à l’incitation de leur entreprise). On y gagne en effica- cité, car pour la personne impliquée personnellement dans la discussion avec l’autorité de concurrence, le gain de temps est précieux. Plus vite elle est fixée sur son sort, mieux cela vaut. En revanche, pour une entreprise il peut être intéressant de faire traîner les choses car pendant ce temps le système lucratif peut perdurer.”

I Outre sa nouvelle structure, la nouvelle autorité de la concurrence aura aussi le pouvoir de contrôler l’évolution des prix, en prenant des mesures provisoires. Comment motivez- vous cela ? “Une métaphore en guise d’explica- tion : vous constatez que quelqu’un a de la fièvre. Mais vous ne pouvez rien entreprendre avant d’avoir diagnosti- qué la cause. La fièvre peut être mau- vaise pour la santé et l’organisme, mais nous n’entreprenons rien pour la faire baisser. Ainsi, si nous constatons que nos prix ou nos marges augmentent davantage que dans les pays voisins, sans pouvoir prouver l’existence d’une entente ou d’un abus de position dominante, nous laissons les choses suivre leur cours. Or, la fièvre ne se ma- nifeste pas sans raison. Elle est souvent engendrée par un dysfonctionnement. Il faut donc qu’un organe d’enquête indépendant intervienne avant que les consommateurs ou les entreprises ne subissent des dommages irréparables. Je ne voulais toutefois pas revenir à un système de contrôle des prix dans lequel le ministre doit approuver les prix, parce qu’on est alors submergé de demandes.”

WHO

“L’ESPRIT DE LA LOI EN DEUX MOTS : ASSEZ DES DISCUSSIONS INTERMINABLES ET PARALYSANTES SUR
“L’ESPRIT DE LA LOI EN DEUX MOTS :
ASSEZ DES DISCUSSIONS INTERMINABLES
ET PARALYSANTES SUR TOUT ET N’IMPORTE
QUOI. AFFRONTONS LA RÉALITÉ”
FEB

23

I Ne vous attaquez-vous pas aux symptômes plutôt qu’à la maladie ? “Le symptôme déclenche la procé- dure. Nous devons ensuite trouver la cause effective : les marges sont-elles trop grandes ? Les achats sont-ils boi- teux ? Le consommateur ne choisit-il pas des alternatives moins onéreuses ? Quelle est l’importance de la pression étrangère ? … Pendant cette enquête

– un délai de six mois maximum – le collège de la concurrence prend des mesures provisoires. Le gouverne- ment adopte ensuite des mesures structurelles. Prenons l’exemple du secteur de l’énergie: les prix ont été bloqués en guise de mesure provi- soire. Le problème structurel était

l’indexation sur la base des prix du pétrole, alors que l’on vendait du gaz. Or, le lien entre le gaz et le pétrole ne se justifie plus en termes économiques et on a donc pris la décision structurelle de faire

sauter l’indice pétrolier. À son tour, le secteur des télécom- munications a lancé des offres moins onéreuses, mais nous avons constaté qu’un million de clients ont conservé leurs contrats plus chers, alors même que ceux-ci n’étaient plus of- ferts. Autrement dit, un million d’abonnements ne suffisent plus à la réalité économique. En guise de mesure structu- relle, on pourrait interdire à chaque opérateur de conserver plus d’un tiers de ses formules tarifaires actuelles.”

plus d’un tiers de ses formules tarifaires actuelles.” “ADMETTEZ QU’ON PEUT DIFFICILEMENT PRODUIRE UN TRAVAIL
“ADMETTEZ QU’ON PEUT DIFFICILEMENT PRODUIRE UN TRAVAIL EFFICACE DANS DES DOSSIERS EN TRAITEMENT DEPUIS CINQ
“ADMETTEZ QU’ON PEUT
DIFFICILEMENT PRODUIRE UN TRAVAIL
EFFICACE DANS DES DOSSIERS EN
TRAITEMENT DEPUIS CINQ ANS”

I D’autres exemples de mesures provisoires et structurelles possibles ? “Structurellement, comme je l’ai dit, l’adaptation ou le blocage des mécanismes d’indexation automatique et la diminution du nombre de tarifs. Mais aussi : fixer la durée des tarifs, l’ouverture ou le partage obligatoire du câble. Donnons accès à tous à chaque infrastructure afin que les

24 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

opérateurs concentrent leurs investis- sements sur le contenu et l’innovation. Nous devons éviter que les entreprises investissent à outrance dans l’infra- structure au risque de ne plus pouvoir suivre leurs services. À titre d’exem- ples de mesures provisoires, citons :

le blocage des prix, l’obligation d’in- former le consommateur (par ex. du fait qu’il détient encore une ancienne formule et ferait mieux de choisir une formule moins onéreuse), l’obligation de supprimer trois tarifs anciens à l’introduction d’un nouveau, …”

I Est-il possible d’adopter des mesures structurelles réfléchies en six mois ? “Le gouvernement est en tout cas enjoint d’agir. Sinon le provisoire devient définitif et ce n’est jamais bon. De plus, je ne prévois pas de recevoir chaque semaine un dossier de cet acabit sur ma table. Par ailleurs, le rè- glement d’une affaire dans un secteur incite les autres secteurs à l’autorégu- lation. Voyez ce qui s’est passé dans les télécoms après le rappel à l’ordre du secteur énergétique, sans que nous ayons à gonfler le torse. Personne ne veut subir le sort d’Electrabel aujour- d’hui. Inversement, nous ne voulons pas déclencher la chasse aux sorcières. Il règne une concurrence saine dans de nombreux secteurs.”

I Cette régulation des prix destinée à protéger le consom- mateur ne donne-t-elle pas un mauvais signal aux entreprises qui pourraient être tentées de freiner leurs investissements, leur innovation,… ? “Je ne sais pas. Je suppose que l’on

fait confiance dans la qualité de nos organes d’enquête indépendants. Je comprends la méfiance au dé- part, mais je n’y adhère pas jusqu’à preuve du contraire. N’oubliez d’ailleurs pas que nous ne déci- derons qu’exceptionnellement de mesures structurelles. Par exem- ple lorsque les marges ou les prix s’envoleront en comparaison avec les pays voisins. Et à condition que l’enquête confirme notre prémoni- tion. Notre étude sur les prix des grands magasins a révélé une image très nuancée sur la base de laquelle j’ai décidé de ne pas imposer de prix. Le gouvernement, voyez-vous, mène une politique destinée à assurer un meilleur fonctionnement du marché. C’est important pour les consommateurs, mais aussi pour no- tre compétitivité. Les dysfonction- nements des marchés affectent surtout les entrepreneurs qui ne peuvent pas acheter ou vendre des produits ou services dans de bonnes circonstances. Un meilleur fonction- nement des marchés doit faciliter les investissements et l’esprit d’entre- prise et non l’inverse ”

I Qu’entendez-vous par décider ‘exceptionnellement’ de me- sures structurelles ? “Aujourd’hui, deux secteurs au maximum sont dans la ligne de mire : les opérateurs internet/tv et le secteur de la bière. Les télécoms ont déjà été mises à l’examen.”

I Qu’entendez-vous par prix ‘anormal’ ?

“C’est très simple : un prix qui ne

peut s’expliquer dans un marché

concurrentiel qui fonctionne bien et que l’on peut attribuer à des différences de prix ou de marge qui n’existent pas dans des secteurs similaires chez nous ou à l’étranger. Ce n’est pas encore la preuve du dysfonctionnement du marché, mais c’en est une indication. Dans les grands magasins belges, les prix sont anormalement hauts et pourtant la concurrence joue. Mais le secteur connaît des difficultés spécifiques dans notre pays, comme

les charges salariales élevées, la lourdeur des coûts d’achat, la taille excessive de certaines entreprises, l’inefficacité de certains grands distributeurs,… Autant de facteurs qui poussent les prix à la hausse. La politique des prix ne peut y remé- dier, car l’anormalité n’est pas due

à une concurrence anarchique. Pour

moi, les marges sur un produit peu-

vent monter à 50% si, par exemple, des investissements sont consentis de manière constante. Mais il faut alors que le secteur correspondant

à l’étranger présente les mêmes

marges. Si ce n’est pas le cas, les marges sont maintenues artificielle- ment à un niveau élevé et ça, c’est anormal.”

I Avec quels pays étrangers

établissez-vous des

comparaisons?

“L’Angleterre, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. Mais tous les pays ne sont pas toujours pertinents. Pour l’électricité, par exemple, la Belgique et l’Allemagne

se ressemblent beaucoup en raison des certificats verts. Personnelle- ment, je trouve les pays scandina-

LE GOUVERNEMENT NE VEUT PAS DÉCLENCHER LA CHASSE AUX SORCIÈRES. DE TRÈS NOMBREUX SECTEURS CONNAISSENT UNE CONCURRENCE SAINE

ves moins pertinents, car plus on s’éloigne plus la comparaison est difficile. Et il faut malgré tout avoir la certitude qu’on ne compare pas des pommes et des poires.”

I Ne craignez-vous pas que la compétence complémentaire de monitoring des prix ne détour- ne l’autorité de la concurrence de sa mission initiale : la lutte contre les ententes et l’abus de

position dominante ? “Je ne peux pas le prédire. Mais grâce aux assesseurs, nous avons énormément augmenté la produc- tivité de l’autorité. Un juge peut à présent traiter cinq affaires simulta- nément. Je constate par exemple que, grâce à leurs ‘assesseurs’, les tribunaux de commerce et du travail abattent des montagnes de travail.”

commerce et du travail abattent des montagnes de travail.” ( * ) ‘The deterrent effect of

(*) ‘The deterrent effect of competition enforcement by the OFT’, un rapport de Deloitte commandité par l’Office of Fair Trading, 2007, doc. OFT962, 70 p.

WHO

FEB
FEB

25

ORGANISATION DE LA NOUVELLE La nouvelle loi redessine en profondeur l’architecture de l’Autorité belge de

ORGANISATION DE LA NOUVELLE

ORGANISATION DE LA NOUVELLE La nouvelle loi redessine en profondeur l’architecture de l’Autorité belge de
ORGANISATION DE LA NOUVELLE La nouvelle loi redessine en profondeur l’architecture de l’Autorité belge de

La nouvelle loi redessine en profondeur l’architecture de l’Autorité belge de concurrence. Les trois entités qui la composaient (Conseil de la concurrence, Auditorat et Direction générale) font place à une autorité administrative autonome. Celle-ci comprendra quatre organes dont la composition et les tâches sont présentées ici.

LE PRÉSIDENT ET SON SERVICE

tâches sont présentées ici. LE PRÉSIDENT ET SON SERVICE Le président de l’Autorité est à la

Le président de l’Autorité est à la fois le CEO/COO de l’organisation, préside le Collège de la concurren- ce, traite les affaires informelles et assure les tâches européennes et internationales de l’Autorité. Il est désigné par arrêté royal pour

un mandat renouvelable de 6 ans. Pour être nommé président de l’Autorité, il doit réussir l’examen d’aptitude professionnelle et faire preuve de l’expérience utile pour l’exercice de la fonction. Le président est chargé de :

représenter la Belgique dans les organisations euro- péennes et internationales de la concurrence pour toute discussion relevant des compétences de l’Autorité belge de concurrence ;l’exercice de la fonction. Le président est chargé de : contribuer à la préparation et à

contribuer à la préparation et à l’évaluation de la politique de concurrence en Belgique, contribuer à une meilleure connaissance de cette politique, diriger les études de concurrence en Belgique, contribuer à une meilleure connaissance de cette politique, diriger les études et régler de façon informelle les questions et contestations dans les affaires où il n’y a pas d’instruction formelle ;

contribuer à la préparation de la législation et de la régle- mentation belges relatives à la concurrence ;les affaires où il n’y a pas d’instruction formelle ; représenter l’Autorité de la concurrence dans

représenter l’Autorité de la concurrence dans les procé- dures devant la Cour d’Appel de Bruxelles. Dans l’exécution de ses compétences, il ne peut accep- ter aucune instruction. En cas de conflits d’intérêts ou d’indisponibilité, il peut se faire remplacer par l’assesseur vice-président. Pour l’exercice de ses compétences, le président est épaulé d’un service qu’il dirige et qui est composé des membres du personnel de l’Autorité affectés à ce service par le Comité de direction.de la régle- mentation belges relatives à la concurrence ; 26 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES

26 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

LE COLLÈGE DE LA CONCURRENCE

ET CONTRÔLE DES PRIX LE COLLÈGE DE LA CONCURRENCE Le Collège de la concurrence est l’organe

Le Collège de la concurrence est l’organe décisionnel de l’Autorité de la concurren-

ce (hormis les décisions

qui sont de la compétence de l’auditorat).

Il est composé du président (ou de l’assesseur vice-prési- dent) et de deux assesseurs. Le Collège de la concurrence dispose d’un « pool » de maximum 20 assesseurs qui sont nommés par arrêté royal pour un mandat renouvelable de 6 ans. Les assesseurs ne sont pas nommés à temps plein, mais rémunérés en fonction des affaires qu’ils traitent. La désignation des assesseurs est effectuée par ordre alphabétique, à tour de rôle compte tenu de la langue de la procédure. La présence d’assesseurs au sein du Collège de la concurrence devrait permettre d’élargir la palette d’expertises de l’organe décisionnel et d’accroître sa sensibilité aux réalités économiques et commer- ciales. Comme dans le cas du président, les assesseurs ne peuvent accepter aucune instruction lors de la prise de décision. Les décisions du Collège de la concurrence sont des décisions d’un organe administratif et non pas d’une juridiction administrative comme l’était l’ancien Conseil de la concurrence. Cela implique que l’Au- torité, au travers de la personne de son président, peut être représentée dans les procédures d’appels contre ses décisions.

travers de la personne de son président, peut être représentée dans les procédures d’appels contre ses
travers de la personne de son président, peut être représentée dans les procédures d’appels contre ses

WHO

WHO AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE M INISTE R LE COMITÉ DE DIRECTION Le Comité de direction
WHO AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE M INISTE R LE COMITÉ DE DIRECTION Le Comité de direction

AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE

M INISTE R
M INISTE R
WHO AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE M INISTE R LE COMITÉ DE DIRECTION Le Comité de direction
WHO AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE M INISTE R LE COMITÉ DE DIRECTION Le Comité de direction
WHO AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE M INISTE R LE COMITÉ DE DIRECTION Le Comité de direction

LE COMITÉ DE DIRECTION

Le Comité de direction gère l’Au- torité à la manière d’un conseil d’administration. Il est compo- sé du président, de l’auditeur général, du directeur des études économiques, du directeur des études juridiques. Le Comité de direction est chargé de :

l’organisation et la composition du service du président et de l’auditorat ;études juridiques. Le Comité de direction est chargé de : l’établissement des lignes directrices concernant l’ap-

l’établissement des lignes directrices concernant l’ap- plication des règles de concurrence ;composition du service du président et de l’auditorat ; la rédaction d’une note annuelle dans laquelle

la rédaction d’une note annuelle dans laquelle les pri- orités en matière de gestion sont établies et communi- quées au ministre ;concernant l’ap- plication des règles de concurrence ; la rédaction d’un règlement d’ordre intérieur de

la rédaction d’un règlement d’ordre intérieur de l’auditorat.de gestion sont établies et communi- quées au ministre ; Le directeur des études économiques (Chief

d’un règlement d’ordre intérieur de l’auditorat. Le directeur des études économiques (Chief Econo- mist)

Le directeur des études économiques (Chief Econo- mist) est un membre du Comité de direction. L’auditeur général ou un auditeur désigné peuvent faire appel à lui dans une affaire qu’ils instruisent ou il peut intervenir de sa propre initiative. Il donne son avis sur l’ouverture des instructions et la fixation de l’ordre des affaires.

Le directeur des études juridiques (Chief Legal), égale- ment membre du Comité de direction, a entre autres comme tâche d’assister le président dans les procédures de décisions et la représentation de l’autorité dans des procédures judiciaires.

Les deux directeurs seront nommés à l’issue d’un exa- men d’aptitude professionnelle par arrêté royal pour un mandat de 6 ans renouvelable.

L’AUDITEUR GÉNÉRAL ET L’AUDITORAT

6 ans renouvelable. L’AUDITEUR GÉNÉRAL ET L’AUDITORAT L’auditeur général , nommé par arrê- té royal pour

L’auditeur général, nommé par arrê- té royal pour un mandat renouvelable de 6 ans, est chargé de :

la direction de l’auditorat et laroyal pour un mandat renouvelable de 6 ans, est chargé de : coordination et la direction

coordination et la direction des instructions ;

recevoir les plaintes et injonctions concernant les pratiques restrictives de concurrence ;et la coordination et la direction des instructions ; l’ouverture d’une instruction et la fixation de

l’ouverture d’une instruction et la fixation de l’ordre dans lequel les affaires sont traitées ;concernant les pratiques restrictives de concurrence ; recevoir les notifications de concentration ; délivrer les

recevoir les notifications de concentration ;de l’ordre dans lequel les affaires sont traitées ; délivrer les ordres de mission lorsque l’Autorité

délivrer les ordres de mission lorsque l’Autorité assis- te la Commission européenne lors d’une inspection ;traitées ; recevoir les notifications de concentration ; veiller à l’exécution des décisions prises par le

veiller à l’exécution des décisions prises par le Collè- ge de la concurrence et la Cour d’appel. L’auditorat est composé des membres du personnel L’auditorat est composé des membres du personnel

de l’Autorité de concurrence affectés par le Comité de direction à ce service. L’auditorat dans son ensemble est chargé de :

classer éventuellement les plaintes ;ce service. L’auditorat dans son ensemble est chargé de : l’application de la procédure en matière

l’application de la procédure en matière de transac- tions. À titre individuel, les auditeurs sont chargés de :est chargé de : classer éventuellement les plaintes ; diriger et organiser l’instruction ; se prononcer

diriger et organiser l’instruction ;tions. À titre individuel, les auditeurs sont chargés de : se prononcer sur le caractère confidentiel

se prononcer sur le caractère confidentiel des don- nées fournies à l’Autorité de la concurrence ;sont chargés de : diriger et organiser l’instruction ; établir et déposer le projet de décision

établir et déposer le projet de décision motivé au Collège de la concurrence ;des don- nées fournies à l’Autorité de la concurrence ; délivrer les ordres des missions ;

délivrer les ordres des missions ;projet de décision motivé au Collège de la concurrence ; appliquer la procédure simplifiée en matière

appliquer la procédure simplifiée en matière de concentrations.et déposer le projet de décision motivé au Collège de la concurrence ; délivrer les ordres

; délivrer les ordres des missions ; appliquer la procédure simplifiée en matière de concentrations. FEB
FEB
FEB

27

HOW

COMMENT FONCTIONNE LE NOUVEAU

MÉCANISME DE MONITORING DES PRIX ?

Le Livre V du Code de droit économique, intitulé « La concurrence et les évolutions de prix », instaure un nouveau dispositif qui remplace la loi du 22 janvier 1945 sur la réglementation économique et les prix. Le mé- canisme mis en place, qui offre de nouvelles possibilités d’actions pour répondre à certaines défaillances du marché, est décrit ci-dessous.

S ans nous prononcer sur la question de l’opportunité d’un tel système de monitoring des prix, nous nous permettons une

première appréciation de la procédure.

port est transmis dans le même temps à l’Autorité belge de la concurrence qui s’en saisit et, le cas échéant, aux autorités de régulation sectorielles concernées (CREG, IBPT…).

de régulation sectorielles concernées (CREG, IBPT…). tage envisager les problèmes liés à la structure de

tage envisager les problèmes liés à la structure de marché. Qu’est-ce qu’un prix anormal ? Un problème en matière de marges ? En dépit de certaines indications dans les travaux préparatoires, le système

1 I Tout d’abord, le principe selon

1 I Tout d’abord, le principe selon

Il

est regrettable que la consultation

abandonne à l’Observatoire des prix

lequel les prix sont déterminés par le li-

par l’Observatoire des prix des entre-

un large pouvoir discrétionnaire d’ap-

bre jeu de la concurrence est réaffirmé.

prises et fédérations concernées ne

préciation.

L’Observatoire des prix reçoit des compétences plus vastes en matière de surveillance du marché. Lorsque ce-

L’Observatoire des prix reçoit des compétences plus vastes en matière de surveillance du marché. Lorsque ce-

soit pas rendue obligatoire. Il s’agit en effet souvent de matières complexes et techniques, pour lesquelles la con- naissance du terrain est une nécessité

2 I Le rapport de l’Observatoire des prix peut être publié, moyennant le respect de la confidentialité des don-

lui-ci constate un problème en matière

si

l’on veut obtenir une bonne analyse

nées. Si ce rapport contient des secrets

de prix ou de marges, une évolution

de la situation.

d’affaires, une version expurgée de ces

anormale de prix, ou un problème structurel de marché, il peut consulter les parties concernées, les fédérations

Une des principales sources d’inqui- étude résulte du caractère vague et subjectif des concepts utilisés. La FEB

secrets d’affaires peut être publiée. Préalablement à toute publication, le rapport de l’Observatoire des prix est

professionnelles et les organisations

a

tenté de proposer des critères plus

transmis aux parties concernées, aux

de consommateurs, et fait rapport de ses constatations au ministre. Son rap-

objectifs et d’éviter la stigmatisation d’entreprises déterminées pour davan-

fédérations professionnelles ou aux organisations de consommateurs.

28 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

On m’a demandé comment intégrer des propriétés à l’étranger dans une planification successorale
On m’a demandé comment intégrer
des propriétés à l’étranger dans
une planification successorale

Sandra Wilikens, director wealth management

successorale Sandra Wilikens, director wealth management CHEZBNP PARIBAS FORTIS PRIVATE BANKING, NOS SPÉCIALISTES

CHEZBNP PARIBAS FORTIS PRIVATE BANKING,

NOS SPÉCIALISTES INTERNATIONAUX VOUS PROPOSENT TOUJOURS DES SOLUTIONS SUR MESURE.

Pour inclure des biens immobiliers à l’étranger dans un portefeuille patrimonial, il faut tenir compte d’un monde de législations. Heureusement, pour mener à bien ces démarches, nos spécialistes en Private Banking peuvent compter sur le réseau mondial de BNP Paribas et faire appel à tout moment à leurs collègues sur place. Vous disposez ainsi en permanence d’une expertise internationale en matière de transmission et cession de sociétés, de solutions d’investissement, de crédit, d’assurances et même en matière d’art et de philanthropie. Chez nous, vos questions reçoivent toute l’expertise qu’elles méritent. REGARDEZ LA VIDÉO

méritent. R E G A R D E Z L A V I D É O
méritent. R E G A R D E Z L A V I D É O

AU SERVICE DE VOTRE PATRIMOINE PARTOUT EN BELGIQUE

R D E Z L A V I D É O AU SERVICE DE VOTRE PATRIMOINE
R D E Z L A V I D É O AU SERVICE DE VOTRE PATRIMOINE
R D E Z L A V I D É O AU SERVICE DE VOTRE PATRIMOINE

bnpparibasfortis.be/privatebanking

R D E Z L A V I D É O AU SERVICE DE VOTRE PATRIMOINE
OBSERVATOIRE DES PRIX RAPPORT
OBSERVATOIRE
DES PRIX
RAPPORT

C’est le compromis politique atteint autour de la question de la publicité du rapport de l’Observatoire des prix. La FEB avait plaidé pour que le rapport de- meure totalement confidentiel, compte tenu de la sensibilité des données qui peuvent s’y retrouver.OBSERVATOIRE DES PRIX RAPPORT À défaut de consultation obligatoire des entreprises ou fédérations concernées,

À défaut de consultation obligatoire des entreprises ou fédérations concernées, l’Observatoire devra tout de même leur communiquer son rapport avant publication.de la sensibilité des données qui peuvent s’y retrouver. L’Observatoire des prix est un organe composé

L’Observatoire des prix est un organe composé de fonctionnaires du SPF Éco- nomie. Il est soumis à un secret profes- sionnel particulier, le secret statistique. Cela signifie que les données chiffrées qui se retrouvent dans le rapport seront issues d’une agrégation d’informations individuelles, qui ne seront pas néces- sairement accessibles aux entreprises oude même leur communiquer son rapport avant publication. 30 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX aux

30 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

aux fédérations concernées. Un problè- me en termes d’égalité des armes et de vérification de l’exactitude des données.

3 I S’il s’avère urgent d’éviter une situation susceptible de provoquer un dommage grave, immédiat et diffici-

lement réparable pour les entreprises concernées et/ou pour les consomma- teurs dont les intérêts sont affectés, ou de léser l’intérêt économique général, le Collège de la concurrence peut, après

avoir entendu les parties concernées, prendre des mesures provisoires d’une durée maximale de six mois. Quels types de mesures provisoires pourront être prononcés ? La loi ne les définit pas. D’après le ministre de l’Économie, elles pourront prendre la forme d’un blocage des prix, ou d’autres mesures intermédiaires : rendre les tarifs

ou d’autres mesures intermédiaires : rendre les tarifs plus lisibles, plus comparables, diminuer le nombre de

plus lisibles, plus comparables, diminuer le nombre de ces tarifs… (voir l’interview avec Johan Vande Lanotte, p. 20)

Dans quelles circonstances ces mesures provisoires pourront-elles être prises ? Il y eut au début une hésitation sur le point de savoir si, en cas de constatation de prix anormaux par l’Observatoire des prix, le Collège de la concurrence interviendrait en toute hypothèse, ou seulement dans les cas où de tels prix sont constitutifs d’infractions au droit de la concurrence. Il est clair maintenant que l’objectif de ce nouvel instrument est d’appréhender des situations qui peuvent échapper au droit classique de la concurrence, qui ne sont pas seule- ment le résultat d’ententes ou d’abus de position dominante.(voir l’interview avec Johan Vande Lanotte, p. 20) Les délais de cette nouvelle procédure sont

Les délais de cette nouvelle procédure sont particulièrement brefs. Exemple : lesclassique de la concurrence, qui ne sont pas seule- ment le résultat d’ententes ou d’abus de

HOW

MINISTRE 6 MOIS AUTORITÉ BELGE DE CONCURENCCE MESURES PROVISOIRES AUTORITÉS DE RÉGULATION
MINISTRE
6 MOIS
AUTORITÉ BELGE
DE CONCURENCCE
MESURES PROVISOIRES
AUTORITÉS DE RÉGULATION

SECTORIELLES

MESURES PROVISOIRES AUTORITÉS DE RÉGULATION SECTORIELLES IBPT CREG TRANSPORT parties dispo- sent seulement d’un
IBPT CREG
IBPT
CREG

TRANSPORT

parties dispo- sent seulement d’un délai de 5 jours ouvrables avant l’audience devant le Collège de la concurrence, pour l’examen du rapport,

des observations et des pièces déposées par l’Observatoire des prix.

4 I Un recours peut être introduit devant la Cour d’appel de Bruxelles. Celle-ci

introduit devant la Cour d’appel de Bruxelles. Celle-ci MESURES STRUCTURELLES GOUVERNEMENT COUR D’APPEL DE

MESURES STRUCTURELLES

Cour d’appel de Bruxelles. Celle-ci MESURES STRUCTURELLES GOUVERNEMENT COUR D’APPEL DE BRUXELLES peut confi rmer,

GOUVERNEMENT

COUR D’APPEL DE BRUXELLES
COUR D’APPEL
DE BRUXELLES

peut confirmer, modifier ou annuler la décision du Collège de la concurrence. Cet arrêt de

la Cour d’appel est pris dans un délai de six mois qui suit la décision du Collège de la concurrence.

Le pouvoir dévolu à la Cour d’Appel est important et peut-être insuffisamment délimité : elle pourra confirmer, modifi er ou annuler la décision du Collège de samment délimité : elle pourra confirmer, modifier ou annuler la décision du Collège de la concurrence.

Comme le relève Xavier Taton (Linkla- ters) : « On fait exactement le contraire de ce qui est Xavier Taton (Linkla- ters) : « On fait exactement le contraire de ce qui est prévu au niveau des recours contre les décisions du Collège de la concurrence en matière de contrôle des concentrations. En ce qui concerne l’admissibilité des concentrations, il a été décidé de n’attribuer qu’un pouvoir d’annulation

à la Cour d’Appel. Dans le domaine du

contrôle des prix, on se trouve éga- lement dans une matière prospective et discrétionnaire, mais on accorde là

à la Cour d’Appel, un pouvoir supplé-

mentaire de modification des mesures provisoires attaquées. »

5 I Le Collège de la concurrence signifie également sa décision au ministre qui pré- sente au gouvernement, dans un délai de

six mois, un plan consistant en un chan- gement structurel du fonctionnement du marché dans le secteur concerné.

Les mesures structurelles proposées peu- vent être par exemple la modification de la réglementation économique ou la révision du mécanisme vent être par exemple la modification de la réglementation économique ou la révision du mécanisme d’indexation des prix.

Maître Taton constate un important mélange des genres : « Nous sommes donc confrontés à un Collège de la concurrence à composition mixte (un « Nous sommes donc confrontés à un Collège de la concurrence à composition mixte (un président fonctionnaire à temps plein et deux assesseurs siégeant de manière occasionnelle), dont les décisions sont

non seulement susceptibles de recours devant des magistrats de l’Ordre judi- ciaire, mais peuvent également être à l’origine d’un débat politique au sein du

gouvernement ».

FEB
FEB

31

COMMENT L’enjeu est de taille ! Si les amendes infligées par l’Autorité belge de con-

COMMENT

L’enjeu est de taille ! Si les amendes infligées par l’Autorité belge de con- currence sont sans commune mesure avec celles imposées par la Commission européenne, la tendance en Belgique est également à la hausse. Les amen- des imposées par notre gendarme de la concurrence peuvent atteindre jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires réalisé sur le marché national et à l’exportation par l’entreprise reconnue coupable.

À cela, s’ajoutent d’autres risques :

l’enquête menée par l’auditorat dans les affaires d’une entreprise peut gran- dement perturber son fonctionnement, mobiliser une force de personnel im- portante et la dévier de ses objectifs stratégiques. Sous oublier le domma- ge causé à l’image : la médiatisation de pratiques anticoncurrentielles peut détourner les clients de l’entreprise et susciter la défiance des investisseurs et analystes financiers.

Ci-contre, nous énumérons quel- ques règles élémentaires à suivre pour éviter ces désagréments. Notons que le droit de la con- currence n’est pas un droit des multinationales : toutes les en- treprises, en ce compris les PME, sont concernées. Voici dix recom- mandations afin de limiter les ris- ques d’infraction.

1 Mettre en place un program- me de conformité. Les « com- pliance programmes » sont des procédures internes, mises en

place par les entreprises, qui visent à prévenir la commission d’infractions, voire à permettre leur détection rapide. Étant donné la diversité des risques, l’adoption de programmes de confor- mité est recommandée pour tout type d’entreprise et dans tous les secteurs d’activité, même si ces programmes doivent être adaptés à la dimension, aux besoins, aux pratiques et à l’environne- ment de l’entreprise.

2 Déterminer si l’entrepri- se occupe une position domi- nante. Si c’est le cas (en princi- pe, dès qu’elle détient plus de

50% de part de marché), l’entreprise do- minante a des responsabilités particuli- ères. Sa marge de manœuvre se réduit. Par exemple, elle ne peut plus baisser ses prix en dessous d’une certaine limi- te, notamment dans le cadre d’offres promotionnelles. Pas plus ne peut-elle librement conclure des accords d’exclu- sivité, offrir des produits gratuitement, pratiquer des offres conjointes, refuser de servir certains clients, etc.

6 Nouveau : gérer les risques liés aux sanctions individu- elles. L’introduction en droit belge de la concurrence d’a-

mendes administratives contre les per- sonnes physiques aura des conséquences pour les entreprises, en termes de gesti- on interne et de conflit d’intérêts. Exem- ple : une entreprise se rend compte qu’un responsable commercial a échangé des informations sensibles. Faut-il le sanctionner ? Le licencier ? Jusqu’à présent, il était souvent préférable pour l’entreprise de conserver l’employé fautif pour que celui-ci puisse coopérer à une procédure de clémence. Quid mainte- nant que cette personne risque elle-mê-

7 Notifier ses projets d’ac- quisitions ou de fusions. Les opérations de concen- tration d’une certaine taille

doivent recevoir l’approbation préalable

de l’Autorité de concurrence (nationale ou européenne) avant de pouvoir être réalisées. L’objectif est de vérifier ex ante que la mise en œuvre de certaines opérations n’entravera pas de manière significative la concurrence effective sur une partie substantielle du marché, notamment par la création ou le ren- forcement d’une position dominante. La nouvelle loi sur la protection de la concurrence n’a pas modifié les seuils de notification tels que fixés par la pré- cédente réforme.

tels que fixés par la pré- cédente réforme. me d’être condamnée ? 32 REFLECT CONCURRENCE ET

me d’être condamnée ?

32 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

HOW

ÉVITER LES AMENDES ?

3 Prévenir les « hardcore restric- tions ». Ce sont les infractions les plus flagrantes au droit de la concurrence, dont il n’y a pas

moyen de se justifier. Quiconque au sein d’une entreprise doit y être sensibilisé. Il est interdit de s’entendre avec ses concur- rents sur les prix, sur les quantités offertes, de se répartir les marchés, les appels d’of- fre, etc. Les relations avec les distributeurs sont aussi importantes: un producteur doit veiller à ne pas restreindre la liberté de ses détaillants. Il est ainsi interdit de fixer leur prix de revente, de leur interdire totalement de servir les clientèles d’autres territoires, de leur imposer des prix minima, etc.

8 Ne pas considérer l’apparte- nance à une association comme une immunité. Ce que le droit de la concurrence interdit aux

concurrents en dehors d’une association est également proscrit dans le cadre de celle- ci. Lieu par excellence de rencontre entre concurrents, les associations et fédérations d’entreprises sont visées par les règles de concurrence et encourent des amendes ad- ministratives en cas d’infraction. De façon assez remarquable, de nombreuses déci- sions du Conseil de la concurrence ont trait à des associations professionnelles (Asso- ciation flamande des boulangers, Fédéra- tion des auto-écoles de Belgique, Ordre national des vétérinaires, Institut professi- onnel des agents immobiliers…).

4 Ne pas échanger des informations stratégiques. Le droit de la concur- rence prévoit que tout opérateur économique doit déterminer de

manière autonome sa politique commerciale. Les entreprises doivent donc être vigilantes quand elles échangent des informations entre elles, afin de ne pas fausser la concurrence. Tout échange d’information n’est pas interdit. Seules les informations stratégiques ne peu- vent être communiquées, à savoir les informati- ons qui ne sont pas publiquement disponibles, qui relèvent des connaissances commerciales, financières, administratives ou techniques

d’une entreprise, et dont la divulgation est susceptible d’influencer le comportement des entreprises concurrentes sur le marché.

9 Invoquer le legal privilege. Dans un arrêt du 5 mars 2013, la Cour d’appel de Bruxelles confirme que les avis des juristes d’entreprises

sont confidentiels et qu’ils ne peuvent par conséquent être saisis par l’Autorité belge de concurrence. En outre, la Cour donne une définition large du concept d’avis du juriste d’entreprise, pour couvrir non seulement leurs opinions finales, mais également la cor- respondance qui contient la demande d’avis, les correspondances échangées au sujet de la demande, les projets d’avis ainsi que les documents préparatoires à l’avis. Il convient toutefois de noter que cette confidentialité des avis des juristes d’entreprise ne s’applique pas en cas d’inspection effectuée à la requête de la Commission européenne.

5 Requérir à temps la clémence. La procédure de clémence est un redoutable instrument aux mains des autorités de con-

currence pour détecter les cartels, basé sur la délation : le premier qui dénonce et apporte des preuves réelles est immunisé à 100 % de l’amende. Le système, qui ne s’embarrasse pas de questions morales, est efficace. Le programme de clémence prévoit également de substantielles ré- ductions d’amendes pour les autres mem- bres du cartel qui peuvent apporter des éléments de « valeur ajoutée » à l’enquê- te. Ici aussi, c’est le principe « first come, rst served » qui prévaut, les réductions étant dégressives.

10 Former et éduquer. Pour tous ceux dési- reux d’approfondir le sujet : depuis 2010, la

Brussels School of Competition propo- se un cycle complet de cours en droit et en économie de la concurrence. Le pro- gramme, enseigné en anglais et sancti- onné par un diplôme, se divise en mo- dules épousant les grandes thématiques de la matière : cartels, abus de position dominante, fusions et acquisitions, aides d’État, etc. Depuis sa création, ce pro- gramme recueille un très grand succès auprès des juristes d’entreprise, avocats, fonctionnaires et étudiants étrangers.

d’entreprise, avocats, fonctionnaires et étudiants étrangers. INFO www.brusselsschoolofcompetition.be FEB 3 3

INFO www.brusselsschoolofcompetition.be

FEB
FEB

33

© JJ DE NAYER / TRYPTIQUE

CONCLUSIONS

CHARLES GHEUR DIRECTEUR DE LA BRUSSELS SCHOOL OF COMPETITION

GHEUR DIRECTEUR DE LA BRUSSELS SCHOOL OF COMPETITION 34 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX A

34 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

A u moment de porter sur les fonts bap- tismaux la nouvelle Autorité belge de concurrence, que faut-il espérer ? D’abord qu’elle réponde à l’objectif

d’efficacité des pères de la réforme. Le constat du ministre de l’Économie est juste: attendre quatre ou cinq ans avant d’obtenir une décision du régulateur est inacceptable. Dans le même temps, l’accélération

des procédures ne doit pas se faire au détriment des droits des parties.

C’est pourquoi le maintien du recours devant la Cour d’appel de Bruxelles, offrant les garanties d’une juridiction de l’ordre judiciaire, mérite d’être salué. Ceci étant, une prochaine réforme apparaît d’ores et déjà inévitable, pour revoir à la hausse les moyens de la Cour d’appel de Bruxelles, aujourd’hui dérisoires au regard de ses missions en matière de concurrence. Sinon, à coup sûr, ce sera l’engorgement en degré d’appel.

Si la Belgique veut se doter d’un gendarme de la concurrence respecté, elle doit s’en donner les moy- ens. Davantage que d’une structure simplifiée, d’une procédure plus fluide ou de délais stricts, une autori- té de concurrence a besoin de ressources – matériel- les et humaines – pour fonctionner efficacement.

Parmi le train de mesures budgétaires adoptées en novembre dernier par le gouvernement, figure la décision d’augmenter le budget de l’Autorité belge de concurrence de près de 2,5 millions EUR. Par ailleurs, un service level agreement doit être conclu pour permettre à la nouvelle autorité autonome de continuer à utiliser certains services du SPF Économie

(bâtiment, informatique, comptabilité, catering…). Il n’en reste pas moins que le budget accordé à notre régulateur paraît bien maigre en comparaison avec celui que les Pays-Bas consacrent à leur autorité nationale de concurrence.

manque de clarté et de prévisibilité, doit être une arme de dernier recours, un outil que l’on pourrait comparer à la dissuasion nucléaire. Il doit être manié avec la plus grande prudence, afin de ne pas fausser durablement la concurrence. Rappelons cependant que

Le respect qu’inspirera l’Auto- rité belge dépendra aussi pour beaucoup des personnalités qui

y siégeront. La qualité des déci-

sions d’un tel organisme est di- rectement fonction des gens qui

y travaillent. Pas seulement de la personne du président, dont on

a dit le rôle prépondérant, mais

de l’ensemble du personnel de l’institution, de l’auditeur gé- néral à l’économiste en chef. La

présence d’assesseurs au sein du collège décisionnel devrait permettre – c’est du moins ce que nous espérons – une meilleure compréhension des réalités techni- ques, économiques et commerciales sous-jacentes aux affaires dont il est saisi. Dans la nouvelle confi- guration, le dialogue entre régulateur et entreprises devient essentiel : il importe dès lors de parler la même langue.

cette idée de maîtrise des prix, décriée par certains, n’est pas neuve et que le mécanisme du Livre V du Code économique prévoit en définitive plus de gar- de-fous que la loi de 1945 sur la règlementation économique qu’il remplace.

Pour conclure, nous nourrissons l’espoir que la nouvelle autorité ne s’enlise pas, comme ce fut le

L’AUTORITÉ DEVRA

SE CONSTRUIRE UNE VISION, FIXER

UN CAP, DÉFINIR UNE VÉRITABLE

« POLITIQUE DE CONCURRENCE »

cas par le passé, dans les pièges des questions procédurales et institutionnelles. Mais qu’elle puisse se consacrer pleinement à ses missions premières, à savoir faire cesser les pratiques restrictives de concurrence (ententes et abus de position dominante) et prévenir les concentrations d’entreprises qui dégradent la structure concurrentielle des marchés.

qui dégradent la structure concurrentielle des marchés. L’Autorité devra encore se construire une vision, fixer

L’Autorité devra encore se construire une vision, fixer un cap, définir une véritable « politique de con- currence ». Plus simplement, il lui faudra déterminer

où et comment agir, c’est-à-dire se fixer des priorités compte tenu de ses ressources limitées. Selon nous,

il ne faudrait pas que ces dernières soient monopoli-

sées par le monitoring des prix. Cet instrument, qui

HOW

FEB
FEB

35

THÈMES CLASS ACTION | ACTION COLLECTIVE | REMÈDE ULTIME INNOVATION | FORCES & FAIBLESSES |

THÈMES

CLASS ACTION | ACTION COLLECTIVE | REMÈDE ULTIMETHÈMES INNOVATION | FORCES & FAIBLESSES | RESPONSABILITÉ PARTAGÉE MARCHÉ INTÉRIEUR | OBSTACLES | LEVEL-PLAYING

INNOVATION | FORCES & FAIBLESSES | RESPONSABILITÉ PARTAGÉETHÈMES CLASS ACTION | ACTION COLLECTIVE | REMÈDE ULTIME MARCHÉ INTÉRIEUR | OBSTACLES | LEVEL-PLAYING FIELD

MARCHÉ INTÉRIEUR | OBSTACLES | LEVEL-PLAYING FIELD| FORCES & FAIBLESSES | RESPONSABILITÉ PARTAGÉE BAROMÈTRE | CROISSANCE -0,1% EN 2013 | CONFIANCE SOUTIEN

BAROMÈTRE | CROISSANCE -0,1% EN 2013 | CONFIANCEMARCHÉ INTÉRIEUR | OBSTACLES | LEVEL-PLAYING FIELD SOUTIEN À L’OFFSHORE | COÛT | PRÉLÈVEMENT ALTERNATIF

SOUTIEN À L’OFFSHORE | COÛT | PRÉLÈVEMENT ALTERNATIFFIELD BAROMÈTRE | CROISSANCE -0,1% EN 2013 | CONFIANCE LUTTE CONTRE LA FRAUDE | ZONE GRISE

LUTTE CONTRE LA FRAUDE | ZONE GRISE | STOP À LA COMPLEXITÉSOUTIEN À L’OFFSHORE | COÛT | PRÉLÈVEMENT ALTERNATIF OUVIERS-EMPLOYÉS | SOLUTION GLOBALE | DROIT DE LICENCIEMENT

OUVIERS-EMPLOYÉS | SOLUTION GLOBALE | DROIT DE LICENCIEMENT MODERNELUTTE CONTRE LA FRAUDE | ZONE GRISE | STOP À LA COMPLEXITÉ CLIMAT DE FINANCEMENT |

CLIMAT DE FINANCEMENT | CAPITAL À RISQUE | CREDIT CRUNCHLA FRAUDE | ZONE GRISE | STOP À LA COMPLEXITÉ OUVIERS-EMPLOYÉS | SOLUTION GLOBALE | DROIT

CHER LECTEUR,

Le magazine REFLECT que nous vous présentons ici prend – pour vous – le pouls de l’actualité. Dans chaque numéro, il donnera un aperçu de thèmes importants que nos experts gèrent, négocient et suivent de près, dans les domaines économique, social, juridique et fiscal.

Vous trouverez donc dans les pages qui suivent une sélection de dossiers auxquels nos experts travaillent actuellement pour défendre au mieux les intérêts des fédérations membres et de leurs entreprises affiliées, et ce aux niveaux tant fédéral qu’européen et international.

Pour chaque thème, nous vous décrivons l’état d’a- vancement du dossier, la position de la FEB et les prochaines étapes. Une manière de vous offrir une vision à 360° sur des dossiers qui peuvent avoir un impact important sur vos activités. Vous trouverez également, pour chaque thème, les coordonnées du collaborateur FEB compétent et des renvois à d’autres sources d’information pertinentes.

Pour une vue d’ensemble de tous les dossiers et thèmes suivis par nos experts : www.feb.be (domaines d’action).

38 ACTION COLLECTIVE

ÉVITER LES EXCÈS NORD-AMÉRICAINS

39 INNOVATION

LA RECETTE POUR SORTIR DE LA CRISE

40 MARCHÉ INTÉRIEUR

UN CHANTIER CRUCIAL … MAIS INACHEVÉ !

41 CONJONCTURE

ASSAINIR ET RÉFORMER

42 OFFSHORE

LES ADAPTATIONS DANS LE PIPELINE

43 FRAUDE SOCIALE

OÙ SONT LA COHÉRENCE ET LA LOGIQUE ?

44 OUVRIERS – EMPLOYÉS

POUR UNE SOLUTION PRAGMATIQUE ET FONCTIONNELLE

45 FINANCEMENT

L’AFFAIRE DES POUVOIRS PUBLICS ET DES ENTREPRISES

FEB
FEB

37

DOSSIER 1

DOSSIER 1 CONTACT Philippe Lambrecht Administrateur-secrétaire général de la FEB sge@vbo-feb.be 38 REFLECT

CONTACT

Philippe Lambrecht Administrateur-secrétaire général de la FEB sge@vbo-feb.be

38 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

CLASS ACTION | ACTION COLLECTIVE | REMÈDE ULTIME ACTION COLLECTIVE ÉVITER LES EXCÈS NORD-AMÉRICAINS L
CLASS ACTION | ACTION COLLECTIVE | REMÈDE ULTIME
ACTION COLLECTIVE
ÉVITER LES EXCÈS
NORD-AMÉRICAINS
L e ministre de l’Économie et des Con-
sommateurs Johan Vande Lanotte pré-
pare un projet de loi visant à introduire
une forme d’action collective pour les
partie du groupe et est lié par la décision
du juge ? La FEB plaide pour que seules les
consommateurs en Belgique, comme le pré-
voyait l’accord de gouvernement. La FEB n’est
pas favorable à une action collective, mais
participe de manière constructive à ce débat.
Il n’existe aujourd’hui aucune uniformité en
la matière au niveau européen. On n’observe
qu’une seule constante : les États membres de
l’UE se distancient tous de l’action collective
nord-américaine et des abus qui y sont liés.
Le coût des procédures
personnes qui déclarent expressément vouloir
participer à l’action collective soient liées par
l’issue du procès. L’on s’inscrit ce faisant dans
les traditions belge et européenne.
Le sort du groupe est entre les mains d’un
deuxième acteur : le représentant. Il intente
l’action au nom du groupe, sans que la majori-
té des membres de celui-ci soit au courant.
La FEB plaide pour que la future loi réserve
cette qualité exclusivement à des person-
nes morales durables sans but économique
principal. La personna-
d’action collective (hors
indemnisations) représente
2,1% du PIB en Amérique
du Nord.
L’ACTION COLLECTIVE
DOIT ÊTRE UN REMÈDE
ULTIME
UN ACTEUR ESSENTIEL :
lité morale revêt une
importance cruciale à cet
égard. Des points de vue
tant administratif que
juridique, l’intervention
d’associations non dotées
LE REPRÉSENTANT DU
GROUPE
Un représentant introduit, au
nom d’un groupe de personnes
ayant subi un préjudice similaire
résultant d’un même fait
(p.ex. perte massive de
bagages enregistrés à
l’aéroport), une acti-
on en dommages et
intérêts, sans avoir
de la personnalité morale
(syndicats p.ex.) serait problématique.
été préalablement
mandaté pour ce fai-
re. Tous les membres
du groupe seront ce-
pendant liés par la déci-
sion du juge.
Un premier acteur de
l’action collective est
donc le groupe. Qui fait
REMÈDE ULTIME
Enfin, la FEB souligne que l’action collec-
tive doit être un remède ultime auquel
les consommateurs ne peuvent recourir
qu’après épuisement de tous les autres
moyens de parvenir à une solution
avec l’entreprise. Une négociation
amiable obligatoire, menée préala-
blement à toute action collective,
constituerait un signal positif et
nécessaire à l’adresse du consom-
mateur.
La balle est à présent dans le
camp du gouvernement. La FEB
insiste pour qu’il tienne compte
des remarques formulées par les
entreprises.
© DANIEL
RYS©
DANIEL RYS
INNOVATION | FORCES & FAIBLESSES | RESPONSABILITÉ PARTAGÉE INNOVATION LA RECETTE POUR SORTIR DE LA
INNOVATION | FORCES & FAIBLESSES | RESPONSABILITÉ PARTAGÉE
INNOVATION
LA RECETTE POUR SORTIR
DE LA CRISE
L a croissance future de notre économie
dépendra de la mesure dans laquelle
les entreprises belges repousseront
elles-mêmes la limite technologique.
Comme l’exprime si bien le World Eco-
nomic Forum, nous devons évoluer
d’une croissance fondée sur l’effi-
cience vers une croissance fondée
sur l’innovation.
et la commercialisation médiocre
de nos innovations. La synthèse
de nos forces et de nos faiblesses
suggère que nous excellons dans
la création de nouvelles
connaissances et dans
l’innovation, mais que
nous ne parvenons pas
toujours à vendre ces
atouts sur le marché.
LA BELGIQUE EST DANS
LA BONNE MOYENNE
Dans la comparaison inter-
nationale, notre pays ne se
positionne pas mal comme
économie de la connaissan-
ce, même s’il est plutôt un
suiveur qu’un leader de l’-
innovation. En 2011, il a par
exemple investi 2,04% de
son PIB dans la recherche
et le développement. Ce
chiffre n’est pas mauvais,
mais reste encore trop
éloigné de l’objectif de
3%. Au niveau de l’indice
NOUS DEVONS
PASSER À LA VITESSE
SUPÉRIEURE SI NOUS
VOULONS NOUS FAIRE
UNE PLACE DANS LE
GROUPE DES LEADERS
DE L’INNOVATION
RESPONSABILITÉ
PARTAGÉE
L’innovation ne tombe
pas du ciel et ne peut pas
non plus être imposée
comme un ordre. L’impulsion
doit surtout venir de nos
entrepreneurs. Innover et
entreprendre sont leur cœur
de métier. Ils ne devraient
pas avoir à se préoccuper du
climat entrepreneurial. C’est
aux pouvoirs publics qu’il ap-
partient de le faire. De créer
un cadre attrayant, stable et
d’innovation de la Commis-
sion européenne, un indicateur de la croissance
fondée sur l’innovation, nous avons reculé de la
5 e à la 7 e place. De plus, au cours de la période
2008-2012, la progression de notre pays est
juridiquement sûr, où la con-
currence peut jouer efficacement son rôle. Afin
que les entreprises aient toutes les opportunités
pour se réinventer.
restée inférieure à la moyenne européenne.
Nous avançons donc, mais moins vite que
certains autres pays européens.
D’autres points faibles résident dans la faibles-
se relative des investissements publics en R&D,
le manque de disponibilité du capital à risque,
la sous-représentation des services à haute in-
tensité de connaissances dans nos exportations
‘Re-invent your business’ est d’ailleurs le thème
du Forum de la FEB (17 septembre prochain).
À l’occasion de cette ‘grand-messe’ des entre-
preneurs, nous réaliserons une étude auprès des
entreprises belges et nous leur demanderons
comment elles se renouvellent en permanen-
ce pour rester (ou devenir) compétitives pour
l’avenir. Et si leurs facteurs de réussite actuels
pourront garder un rôle à l’avenir.
DANIEL RYS© RYS
DANIEL

DOSSIER 2

CONTACT

Pieter Timmermans Administrateur délégué cva@vbo-feb.be

Pieter Timmermans Administrateur délégué cva@vbo-feb.be www.feb.be Domaines d’action > Innovation, R&D

www.feb.be Domaines d’action > Innovation, R&D > Innovation, R&D > Innover x Entreprendre = Gagner 2

Domaines d’action > Innovation, R&D > Innovation, R&D > Innover x Entreprendre = Gagner 2 FEB
FEB
FEB

39

DOSSIER 3

CONTACT

Olivier Joris Département européen oj@vbo-feb.be Département européen oj@vbo-feb.be

www.feb.be News & Médias > Actualité > Enquête - Marché intérieur européen, 20 ans après son lancementCONTACT Olivier Joris Département européen oj@vbo-feb.be 40 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX MARCHÉ

40 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

MARCHÉ INTÉRIEUR | OBSTACLES | LEVEL-PLAYING FIELD MARCHÉ INTÉRIEUR UN CHANTIER CRUCIAL … MAIS INACHEVÉ
MARCHÉ INTÉRIEUR | OBSTACLES | LEVEL-PLAYING FIELD
MARCHÉ INTÉRIEUR
UN CHANTIER CRUCIAL …
MAIS INACHEVÉ !
L e Marché intérieur, dont on a
fêté les 20 ans fin 2012, con-
stitue une des réalisations
majeures de l’intégration eu-
ropéenne. La levée des obstacles
la libre circulation des biens,
personnes, services et capi-
taux en Europe a permis de
stimuler considérablement
les échanges intra-UE, la
création d’emploi, la concur-
rence et – partant – l’offre de
biens et de services.
à
UN ‘LEVEL-PLAYING
FIELD’EUROPÉEN
ENCORE MALMENÉ
Néanmoins, comme il
ressort d’un sondage ré-
alisé par le Département
européen de la FEB, nos
entreprises sont encore
confrontées à de nom-
breux obstacles dans
Enfin, il y a la mauvaise qualité de
transposition de directives euro-
péennes en droit belge, fédéral ou
régional, qui mène parfois à la
fixation d’objectifs ou de seuils
plus contraignants que ce que
prescrivent les directives en
question (cf. phénomène
de ‘gold plating’ pré-
sent dans certains dos-
siers liés à la protection
des consommateurs
ou de l’environnement
notamment). Cette situation
place nos entreprises
LE MARCHÉ INTÉRIEUR
DOIT DAVANTAGE ÊTRE
ADAPTÉ À L’ÉCONOMIE
DIGITALE ET À L’ESSOR
DE L’E-COMMERCE
dans une position moins
favorable que leurs con-
currents européens.
Le bon fonctionnement
du Marché intérieur est
crucial pour une écono-
mie ouverte comme la
nôtre, puisque 72% de
leurs activités intra-UE.
Ils résultent principalement de trois types de
problèmes.
nos exportations s’o-
rientent vers celui-ci. À l’heure où l’UE s’élar-
git à un 28 e membre (la Croatie), il importe
de ‘finaliser le puzzle’ (en levant les obstacles
Premièrement, l’absence d’harmonisation
des législations, normes ou procédures
(notamment en matière de TVA) nationales,
et l’inadéquation entre certaines législations
européennes et l’économie digitale et l’essor
de l’e-commerce. Un deuxième obstacle – qui
a
tendance à augmenter – résulte dans l’in-
troduction, en dépit du cadre européen har-
monisé, de nouvelles obligations nationales.
Celles-ci vont à l’encontre de la création d’un
‘level-playing field’ européen et mènent à une
nouvelle fragmentation du marché intérieur.
persistants) et de contrer tout risque de
fragmentation (résultant de manquements
dans la mise en œuvre des directives par les
États membres ou d’adoption d’obligations
nationales qui recréent des obstacles à la
libre circulation). Ceci nécessite également
un renforcement du ‘réflexe marché intérieur’
dans le chef des administrations nationales,
qui collaborent encore trop peu entre elles.
Enfin, le Marché intérieur doit davantage être
adapté à l’économie digitale et à l’essor de
l’e-commerce.
© DANIEL
RYS©
DANIEL RYS

BAROMÈTRE | CROISSANCE -0,1% EN 2013 | CONFIANCE

CONJONCTURE

ASSAINIR ET RÉFORMER

D eux fois par an, la FEB interroge ses secteurs membres (et donc indirectement quelques 50.000 entreprises) sur la situation éco-

nomique et leurs prévisions. Les résultats de cette enquête constituent un bon baromètre de ce que les entrepri-

ses prévoient à court terme en termes de croissance économi- que, d’emploi, d’inves- tissements, …

Dans un marché aussi déprimé, aucun secteur ne prévoit d’augmentation de l’emploi. Au contraire, près de 60% des secteurs an- noncent de nouvelles pertes d’emploi. Par ailleurs, une sous-utilisation importante de la capacité de production ne permet pas d’es- pérer beaucoup d’inves-

tissements d’expansion.

PAS DE REDRESSEMENT SANS CONFIANCE La confiance renforce la capacité d’action, mène au progrès, est vitale pour stimuler les inves- tissements et réanimer le redressement économi-

IL FAUT À TOUT PRIX ÉVITER D’AUGMENTER LES COÛTS DES ENTREPRISES ET DE LES CONDAMNER AU CHAOS JURIDIQUE

PAS DRAMATIQUE, MAIS INQUIÉTANT Plus de 60% des sec- teurs prévoient une sta-

bilisation de l’activité économique au cours des 6 prochains mois (jusqu’au quatrième trimestre de 2013).
bilisation de l’activité
économique au cours
des 6 prochains mois
(jusqu’au quatrième trimestre de 2013). Un
peu plus de 30% tablent sur un recul. Seul le
secteur des TIC annonce une légère augmen-
tation. Sur la base de cette information et de
recherches complémentaires, nous prévoyons
une croissance légèrement négative de -0,1%
pour 2013. Ce n’est qu’à la fin de l’année que
l’on renouera avec une faible croissance.
que, indispensables à la
création d’emploi. Mais
la confiance des acteurs
économiques ne peut se gagner que sur la
base de quatre facteurs : la stabilité (en ma-
tière fiscale par exemple), la sécurité
juridique (solution équilibrée pour
le statut unique ouvriers-employés),
une vision à long terme (plan plu-
riannuel pour la compétitivité) et la
persévérance (trajectoire budgé-
taire).
Comment cela s’explique-t-il ? Une pre-
mière raison est que 69% de nos exportations
sont destinées à des pays où la croissance
économique est négative ou inférieure à
1%. Une petite économie ouverte comme
la Belgique ne peut donc espérer un taux
de croissance élevé. Un deuxième facteur
est la perte constante de compétitivité qui
nous empêche d’exporter facilement. Enfin,
la crainte croissante d’une perte d’emploi
affecte le comportement de consommation
du citoyen.
Il faut à tout prix éviter
d’augmenter les coûts
des entreprises et de
les condamner au chaos
juridique. ‘Assainir est
une condition, réformer
une nécessité’, telle est la
devise que devrait s’assig-
ner le gouvernement pour
la dernière année de cette
législature.
© DANIEL RYS

DOSSIER 4

CONTACT

Geert Vancronenburg Chief Economist gva@vbo-feb.be

www.feb.be Publications > Publications gratuites > Focus conjonctureannée de cette législature. © DANIEL RYS DOSSIER 4 CONTACT Geert Vancronenburg Chief Economist gva@vbo-feb.be 4

4 1 41

DOSSIER 5

DOSSIER 5 CONTACT Olivier Van der Maren Département économique ovm@vbo-feb.be 42 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE

CONTACT

Olivier Van der Maren Département économique ovm@vbo-feb.be

42 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

SOUTIEN À L’OFFSHORE | COÛT | PRÉLÈVEMENT ALTERNATIF OFFSHORE LES ADAPTATIONS DANS LE PIPELINE LA

SOUTIEN À L’OFFSHORE | COÛT | PRÉLÈVEMENT ALTERNATIF

OFFSHORE

LES ADAPTATIONS DANS LE PIPELINE

ALTERNATIF OFFSHORE LES ADAPTATIONS DANS LE PIPELINE LA FEB RESTERA ATTENTIVE À LA PÉRENNITÉ DU SYSTÈME

LA FEB RESTERA ATTENTIVE À LA PÉRENNITÉ DU SYSTÈME

L a FEB suit de près, depuis le début, le dossier des éoliennes offshore, une compétence fédérale. Elle est par- ticulièrement attentive au système

de soutien pour les parcs offshore et au coût

du système pour les entreprises.

LE SYSTÈME DE SOUTIEN À L’OFFSHORE Le mécanisme de soutien aux éoliennes offshore date de 2005. Il est forte- ment critiqué par les con- sommateurs industriels.

Il faut dire qu’avec 7 concessions offshore attribuées, le système coûtera, une fois le parc complet, 800 millions EUR par an. Face à cette situation et après avoir dénoncé le système, la

FEB a organisé une médi- ation, présidée par Erik Dralans (ex-CEO d’ING), entre des représentants tant des investisseurs offshore que des industries et des producteurs / fournisseurs. Résultat: en février 2012, le ‘grou- pe de travail Dralans’ déposait sur la table du secrétaire d’État à l’Énergie, Melchior Wathelet, une proposition de système de soutien alterna- tif pour l’offshore. Aujourd’hui, après un passa- ge à la Direction générale de l’Énergie, la note Dralans est entre les mains de la CREG. Elle devrait remettre son avis en juin. Dans la foulée, le Cabinet du secrétaire d’État consultera les stakeholders. Episode à suivre donc…

des raisons de compétitivité, nos voisins épargnent leurs industries les plus sensibles d’une série de prélèvements. Ce qui met nos industries dans une situation fort désavantageu- se en termes énergétiques. Ainsi, la surcharge offshore, qui était de 0,12 EUR/MWh en 2008, est aujourd’hui de 2,21 EUR/MWh. Sans changement, elle devrait atteindre les 8 à 10 EUR/ MWh. C’est dans ce contexte que la FEB a

proposé un système de prélèvement alternatif regroupant cotisation fédérale (un autre prélève- ment fédéral) et surcharge offshore et offrant une prévisibilité dans le temps.

Cette proposition a été discutée en réunion inter-cabinets, mais elle n’a pas été retenue. Ce qui n’a pas empêché le gouvernement de prendre une décision :

la surcharge offshore suivra désormais les mêmes règles de dégressivité (*) et de plafond que la cotisation fédérale. La loi assurant la mise en place du système du 1 er juillet 2013 au 31 décembre 2013 devrait être votée sous peu. C’est une bonne chose. Cela dit, la FEB restera attentive à la pérennité du système et, si elle en a l’occasion, reviendra avec sa proposition.

LE POIDS DE LA SURCHARGE OFFSHORE Chez nos voisins, la politique énergétique va de pair avec la politique industrielle. Pour

(*) En fonction de la consommation et à partir de 20 MWh/an et ce, pour les entreprises ayant signé des accords environnementaux (accords de branche et ‘convenanten’).

LUTTE CONTRE LA FRAUDE | ZONE GRISE | STOP À LA COMPLEXITÉ FRAUDE SOCIALE OÙ
LUTTE CONTRE LA FRAUDE | ZONE GRISE | STOP À LA COMPLEXITÉ
FRAUDE SOCIALE
OÙ SONT LA COHÉRENCE
ET LA LOGIQUE ?
L’ approche adoptée par le gouver-
nement en matière de fraude est
de plus en plus appréciée. Y com-
pris par les entreprises, car il était
grand temps que le gouvernement s’attaque
entreprises de bonne foi, ne fût-ce qu’en rai-
son des nombreuses obligations supplémen-
taires qu’elles doivent maintenant remplir.
Est-ce le prix que les entreprises doivent être
prêtes à payer ?
fermement aux pratiques malhonnêtes
qui empoisonnent l’économie, qui
compromettent la concurrence loya-
le et sapent les recettes et dépen-
ses publiques. Il s’agit d’une lutte
difficile et permanente, dont les en-
treprises actives dans des sec-
teurs sensibles à la fraude
ont absolument besoin.
La matière est très complexe et seuls
les spécialistes la maîtrisent. Et pour-
tant les entreprises doivent être
informées, car elles sont soumises
intégralement à toutes ces règles.
Il
est positif que le gou-
vernement s’attaque à la
fraude non seulement au
niveau des recettes, mais
également au niveau des
allocations.
Mais la lutte contre la
fraude doit être cohé-
rente et logique et ne
peut compromettre la
sécurité juridique.
C’est la raison pour laquelle nous
demandons instamment au gou-
vernement de ne plus résoudre
des problèmes spécifiques par le
biais de nouvelles règles géné-
rales qui vont systématiquement
de pair avec une complexité
croissance, de nouvelles
obligations et une insécurité
juridique. Evitez que les entre-
prises doivent faire les frais
des erreurs commises
Si des employeurs
expriment des critiques,
ce n’est absolument
pas à l’encontre de
l’objectif poursuivi par
le gouvernement, au
contraire. L’inquiétude
NE RÉSOLVEZ PAS
LES PROBLÈMES
SPÉCIFIQUES PAR
LE BIAIS DE NOUVELLES
RÈGLES GÉNÉRALES
par d’autres. Ainsi, les
limites géographiques
de nos instances de con-
trôle (elles ne peuvent
agir hors de Belgique)
les amènent à s’attaquer
à l’entreprise belge
qui s’est embarquée
avec une entreprise de
des employeurs porte
en première instance sur les moyens (juridi-
ques) mis en œuvre pour
y
arriver. Ils constatent que des problèmes de
fraude spécifiques sont abordés en imposant
des mesures générales. L’insécurité juridique
croît, ce qui pénalise inévitablement aussi les
mauvaise foi. De plus,
il y a un grand besoin de plus de logique et
de cohérence entre les différentes mesures.
En effet, les entreprises n’ont plus une vision
globale et elles opèrent dès lors constam-
ment dans une zone grise où elles risquent de
commettre des infractions.

DOSSIER 6

où elles risquent de commettre des infractions. DOSSIER 6 CONTACT Monica De Jonghe Département social mjo@vbo-feb.be

CONTACT

Monica De Jonghe Département social mjo@vbo-feb.be

www.feb.be Domaines d’action > Pouvoirs publics & Politique > Lutte contre la fraude / Le gouvernement renforce les mesures

> Pouvoirs publics & Politique > Lutte contre la fraude / Le gouvernement renforce les mesures
FEB
FEB

43

DOSSIER 7

CONTACT

Bart BuysseDOSSIER 7 CONTACT Directeur général bb@vbo-feb.be www.feb.be Domaines d’action > Concertation sociale >

Directeur général

bb@vbo-feb.be

www.feb.be Domaines d’action > Concertation sociale > Concertation interprofessionnelle > Une solution globale dans le dossier ouvriers-employés7 CONTACT Bart Buysse Directeur général bb@vbo-feb.be 44 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX SOLUTION

44 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

SOLUTION GLOBALE | DROIT DE LICENCIEMENT MODERNE OUVRIERS-EMPLOYÉS POUR UNE SOLUTION PRAGMATIQUE ET FONCTIONNELLE L
SOLUTION GLOBALE | DROIT DE LICENCIEMENT MODERNE
OUVRIERS-EMPLOYÉS
POUR UNE SOLUTION
PRAGMATIQUE ET FONCTIONNELLE
L a Cour constitutionnelle
exige que le fameux dos-
sier ouvriers-employés soit
réglé pour le 8 juillet 2013.
à tous les travailleurs sans distinction, à
fixer par le législateur avec un plafond au
maximum égal à la moyenne en vigueur en
À compter de cette date, il ne peut
plus y avoir de différence entre
les deux statuts en matiè-
re de préavis et de jour de
carence (le premier jour de
maladie, payé aux employés
mais pas à tous les ouvriers).
Un alignement à la hausse (p.ex.
chaque ouvrier reçoit le
même préavis qu’un em-
ployé) générerait un handi-
cap salarial supplémentaire
Europe pour les employés. Les secteurs con-
servent la possibilité d’appliquer des
délais de préavis allant jusqu’au
double du régime général ;
2.
Le maintien des droits
acquis : les droits consti-
tués avant l’entrée en
vigueur du nouveau
régime feront l’objet
d’un mécanisme de
ON A LÀ TOUS LES
INGRÉDIENTS D’UNE
SOLUTION NOVATRICE
POUR UN DROIT
DU LICENCIEMENT
MODERNE
‘cliquet’ et demeureront
définitivement acquis à la
de 2 à 4% en moyenne rien
qu’au niveau interprofessi-
onnel. Une telle explosion
des coûts disloquerait com-
plètement notre marché
du travail, avec toutes les
date du 8 juillet. Ce qui limite
les conséquences pour les
employeurs, les travailleurs
en service et l’État belge ;
3.
L’accent est mis sur des
mesures qui renforcent
l’orientation vers un nouvel
conséquences que cela en-
traîne pour la survie de notre industrie, la perte
emploi (outplacement,
d’opportunités pour les travail-
leurs et demandeurs d’emploi peu qualifiés,…
accompagnement, formation, …) plutôt que sur
une protection sociale passive ;
4.
Une modernisation des règles concernant la
UNE PROPOSITION PRAGMATIQUE
ET FONCTIONNELLE
C’est pourquoi nous proposons, avec les
organisations patronales représentées au sein
de la Concertation des employeurs interpro-
fessionnels (CEI*), une solution globale dont
la première phase aura au moins pour but de
mettre fin à la discrimination en matière de
licenciement et de jour de carence.
motivation du licenciement en adaptant et généra-
lisant le régime actuel en matière de licenciement
abusif (charge de la preuve partagée, sanction
avec une certaine fourchette limitée) ;
5.
Le régime de préavis, le système de cliquet et
l’orientation vers un nouvel emploi permettent de
ne pas mettre à mal le budget ou la sécurité sociale.
Concrètement, la proposition concernant le
préavis tient en 5 points.
1. Un régime général de préavis, applicable
Ce sont là tous les ingrédients d’une solution
novatrice pour un droit du licenciement mo-
derne et une politique du marché du travail qui
supportent la comparaison européenne.
(*) Beci, Boerenbond/FWA, FEB, UCM, Unisoc, Unizo,
UWE et Voka
©DANIEL©DANIEL
RYSRYS
CLIMAT DE FINANCEMENT | CAPITAL À RISQUE | CREDIT CRUNCH FINANCEMENT L’AFFAIRE DES POUVOIRS PUBLICS
CLIMAT DE FINANCEMENT | CAPITAL À RISQUE | CREDIT CRUNCH
FINANCEMENT
L’AFFAIRE DES POUVOIRS PUBLICS
ET DES ENTREPRISES
L a conjoncture économique morose
persistante inquiète de nombreux
dirigeants d’entreprise. Outre les
problèmes étroitement liés à la crise,
il leur est plus difficile aujourd’hui d’obtenir
un financement pour leurs activités économi-
ques. Tout d’abord, parce que de nombreuses
entreprises éprouvent plus de difficultés à
fres de la Banque nationale le confirment. Cepen-
dant, on ne peut nier que les petites entreprises
et les indépendants, les secteurs sensibles à la
crise et les entrepreneurs tournés vers l’exporta-
tion se heurtent plus fréquemment aujourd’hui à
un refus catégorique de leur banque.
financer des activités via leurs fonds propres.
L’état précaire de l’économie affecte en effet
considérablement la rentabilité de la majorité
des entreprises.
PÉNURIE LIÉE À DES INTERVENTIONS
STRUCTURELLES
La chute de l’offre de financement est par
ailleurs aggravée par certaines évolutions struc-
turelles. Ainsi, les projets des-
Ensuite, il est moins aisé
pour les entreprises d’at-
tirer des fonds externes.
Cette situation est, elle
aussi, partiellement im-
putable à la rentabilité
plus faible des entrepri-
ses qui, à son tour, peut
affecter leur capacité de
DES CAUSES
CONJONCTURELLES
ET STRUCTURELLES
RÉDUISENT L’OFFRE
DE FINANCEMENT ET
DE CAPITAL À RISQUE
remboursement. De ce
fait, le risque de crédit augmente et rend le
créancier moins enclin à octroyer un prêt.
LA MÉFIANCE ÉMOUSSE
LE GOÛT DU RISQUE
La crise financière et économique s’est par
ailleurs doublée d’une crise de confi-
ance. Sur les marchés financiers, cette
incertitude grandissante atténue con-
sidérablement le goût du risque des in-
vestisseurs. Dans de nombreux cas, on
constate une fuite des actions vers des
placements plus ‘sûrs’. Globalement,
il y a donc moins de capital à risque
disponible pour les entreprises. Fort
heureusement, il n’est pas véritable-
ment question d’un ‘credit crunch’
généralisé dans notre pays ; les chif-
tinés à renforcer le cadre légal
pour les institutions financières
sont déjà bien avancés. À
moyen terme, ils peuvent éga-
lement influencer significative-
ment l’accès au financement à
prix compétitif pour les entre-
prises. Bien que ces nouvelles
règles ne soient pas encore
définitives, différents éléments
indiquent une possible pénurie
des financements à long terme
et de la mise à disposition de
capital à risque.
Si le rôle des pouvoirs
publics est de mettre
en place un environ-
nement permettant
l’accès au finance-
ment à prix compé-
titif, il appartient
à l’entrepreneur
de bien préparer
sa demande de
financement et de
fournir un dossier
dûment étayé.

DOSSIER 8

CONTACT

Stijn Rocher

Stijn Rocher

Département

économique

sr@vbo-feb.be

www.feb.be Publications > Publications gratuites > Financement des entreprises. Guide pratique pour une stratégie durable

> Publications gratuites > Financement des entreprises. Guide pratique pour une stratégie durable FEB 4 5
> Publications gratuites > Financement des entreprises. Guide pratique pour une stratégie durable FEB 4 5
FEB
FEB

45

JURISPRUDENCE

SOCIALE

TRAVAILLEUR PROTÉGÉ Loi du 19 mars 1991 - Différence de traitement avec les délégués syndicaux et les conseillers en prévention

Les articles 2 et 16 de la loi du 19 mars 1991 ne violent pas les articles 10 et 11 de la Constitution en ce qu’ils organisent une protection contre le licenciement diffé- rente de celle qui est instaurée au profit des délégués syndicaux et des conseillers en prévention. Cour constitutionnelle, 10 octobre 2012, J.T.T., 2012, p. 425.

constitutionnelle, 10 octobre 2012, J.T.T., 2012, p. 425. LICENCIEMENT ABUSIF • Article 63 de la loi

LICENCIEMENT ABUSIF • Article 63 de la loi sur les contrats de travail - Contrat à durée déterminée - Pas de violation des articles 10 et 11 de la Constitution

L’article 63 de la loi sur les contrats de travail ne viole pas les articles 10 et 11 de la Constitution lus en combinaison avec la clause 4 de l’accord-cadre sur le travail à durée déterminée du 18 mars 1999. En effet, l’article 63 précité ne porte pas une atteinte disproportionnée aux droits des ouvriers engagés dans les liens d’un contrat à durée déterminée et irré- gulièrement licenciés qui, outre l’indemnité de préavis visée à l’article 40 de la loi du 3 juillet 1978 peuvent obtenir une indemnisation sur la base des principes généraux du droit civil relatifs à l’abus de droit. Cour constitutionnelle, arrêt n° 123/2012 du 18 octobre 2012, n° du rôle : 5299.

UNE SÉLECTION DES DÉCISIONS LES PLUS INTÉRESSANTES – PUBLIÉES ET NON PUBLIÉES – DE NOS COURS ET TRIBUNAUX DU TRAVAIL

ET NON PUBLIÉES – DE NOS COURS ET TRIBUNAUX DU TRAVAIL • Article 63 de la

• Article 63 de la loi sur les contrats de travail - Portée - Faits étrangers au cadre strict des relations contractuelles

L’article 63 de la loi sur les contrats de travail ne limite pas au cadre strict des relations contractuelles les motifs qui, présentant un lien avec la conduite ou l’aptitude du travailleur, sont de nature à exclure le caractère abusif du licenciement. Cour de cassation, 22 octobre 2012, J.T.T., 2012, p. 427.

NADINE BEAUFILS AVOCATE ASSOCIÉE TAQUET, CLESSE & VAN EECKHOUTTE N.BEAUFILS@BELLAW.BE

AVOCATE ASSOCIÉE TAQUET, CLESSE & VAN EECKHOUTTE N.BEAUFILS@BELLAW.BE 46 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

46 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

LICENCIEMENT ABUSIF (OUI) Motif invoqué sur le C4 « perturbation de l’organisation et du fonctionnement du service » - Conséquence d’un comportement - Elément insuffisant à prouver le comportement lui-même

Reste en défaut d’établir les motifs à l’origine du licenciement dès lors qu’il a licencié un ouvrier pour des motifs liés à la conduite ou à l’aptitude de celui-ci, l’employeur qui se contente d’indiquer sur le formulaire C4 comme motif du chômage « perturbation de l’organisation et du fonctionne- ment du service ». Il n’invoque en effet que les con- séquences d’un éventuel comportement ou d’une éventuelle inaptitude au travail non précisés. En sus, aucune mise en garde ou avertissement écrit n’a été adressé à l’ouvrier. Le licenciement revêt un caractère abusif.

Cour du travail de Bruxelles, 29 septembre 2011, Inédit, R.G. n° 2010/AB/316.à l’ouvrier. Le licenciement revêt un caractère abusif. LICENCIEMENT Motif grave - Secteur privé - Audition

LICENCIEMENT Motif grave - Secteur privé - Audition préalable souhaitable mais pas obligatoire

La loi n’impose pas l’employeur du secteur privé d’entendre le travailleur avant de prendre une déci- sion de licenciement pour motif grave. Si cette audition est, certes, souvent souhaitable, elle n’est pas obligatoire et son absence n’est pas en soi consti- tutive de faute dans le chef de l’employeur.

Cour du travail de Bruxelles, 14 février 2012, Inédit, R.G. n° 2009/AB/52834soi consti- tutive de faute dans le chef de l’employeur. CRÉDIT-TEMPS Protection contre le licenciement -

CRÉDIT-TEMPS Protection contre le licenciement - Motif étranger au crédit-temps - Négligences et fautes à répétition

Est licencié pour des raisons étrangères à l’exercice de son droit à prendre un crédit-temps et ne peut donc prétendre à l’indemnité de protection pré- vue, l’employé licencié pour s’être rendu coupable

pendant la période de crédit-temps de négligences et de fautes à répétition qui ont eu des conséquences financières négatives et ont entraîné une surcharge malvenue de travail pour ses collègues.

Cour du travail de Bruxelles, 27 avril 2012, Inédit, R.G. n° 2011/AB/920.une surcharge malvenue de travail pour ses collègues. PRÉAVIS Durée insuffi sante - Indemnité de rupture

PRÉAVIS Durée insuffisante - Indemnité de rupture – Conseiller en prévention -Indemnité de protection - Contre-préavis

Le droit à l’indemnité complémentaire en cas de licenciement moyennant préavis insuffisant ainsi que le droit à l’indemnité spéciale de protection auquel

a droit le conseiller en prévention licencié irrégulière- ment sont perdus dans l’hypothèse d’un contre-préa- vis notifié par l’employé.

Cour du travail de Gand, 12 octobre 2012, J.T.T., 2012, p. 428.d’un contre-préa- vis notifié par l’employé. PÉRIODE D’ESSAI Caractère unique – Fonctions

PÉRIODE D’ESSAI Caractère unique – Fonctions similaires

Une période d’essai dans un deuxième contrat de tra- vail entre les mêmes parties n’est valable que lorsque ce contrat est conclu pour une nouvelle fonction et que l’employeur n’a pu rassembler suffisamment d’éléments pour juger de l’aptitude du travailleur dans l’exercice de sa nouvelle fonction.

Cour du travail de Bruxelles, 21 novembre 2012, JTT, 2013, p. 143.du travailleur dans l’exercice de sa nouvelle fonction. DURÉE DU TRAVAIL Heures supplémentaires - Preuve Le

DURÉE DU TRAVAIL Heures supplémentaires - Preuve

Le travailleur qui réclame le paiement d’heures supplé- mentaires doit non seulement prouver qu’elles ont été effectivement prestées, mais aussi que cela s’est fait à

la demande ou avec l’approbation de l’employeur.

Cour du travail de Bruxelles, 12 décembre 2012, JTT, 2013, p. 126.

ou avec l’approbation de l’employeur. Cour du travail de Bruxelles, 12 décembre 2012, JTT, 2013, p.
ou avec l’approbation de l’employeur. Cour du travail de Bruxelles, 12 décembre 2012, JTT, 2013, p.
FEB
FEB

47

AGENDA FEB PLUS D’INFO : WWW.FEB.BE > EVENTS

AGENDA FEB PLUS D’INFO : WWW.FEB.BE > EVENTS 17 SEPTEMBRE 2013 20th SEPTEMBER 2013 27th JUNE

17 SEPTEMBRE 2013

20th SEPTEMBER 2013 27th JUNE 2014

D’OCTOBRE 2013 À MAI 2014 7 SESSIONS + 2 GRATUITES

Rue Ravenstein 4, 1000 Bruxelles Tél. 02 515 08 43 - Fax 02 515 09 15 info@vbo-feb.be - www.feb.be

FORUM FEB – RE-INVENT YOUR BUSINESS!

Nos entreprises sont, si elles souhaitent assurer la pérennité de leur activité et des emplois des travailleurs, dans l’obligation de modifier constamment leur business modèle. ‘Re-invent your business’, c’est chercher un moyen de réagir aux défis ou changements qui se po- sent aux entreprises. Par ce theme, la FEB se tourne résolument vers le futur et souhaite apporter un message positif, inspirant, qui offre de l’espoir dans notre économie future.

LIEU : THE EGG, BRUSSELS INFORMATION : NP@VBO-FEB.BE T 02 515 09 64 THE EGG, BRUSSELS INFORMATION : NP@VBO-FEB.BE T 02 515 09 64

BRUSSELS SCHOOL OF COMPETITION IS LAUNCHING ITS 4TH EDITION!

The BSC aims at fostering education, compliance and research in the field of Competition law and Economics. As a part of its educational purpose, BSC organises a high-profile Specialized Programme in EU Competition Law and Economics (taught entirely in English). With a new online platform and an outstanding line-up of professors, the BSC will continue to provide this year its high quality training in EU Competition Law and Economics.

VENUE: FEB, BRUSSELS INFORMATION: INFO@BRUSSELSSCHOOLOF- COMPETITION.EU T: 02 515 07 77 FEB, BRUSSELS INFORMATION: INFO@BRUSSELSSCHOOLOF- COMPETITION.EU T: 02 515 07 77

FEB SOCIAL ACADEMY:

LANCEMENT DE LA 6 E ÉDITION !

Un investissement dans des relations sociales équilibrées, dans la motivation et la confiance de votre personnel est un investisse- ment rentable à très court terme. La FEB social academy revient avec une 6 e édition! Ouverture du programme par Yves Leterme, Deputy Secretary-General de l’OCDE, le mardi 15 octobre 2013.

LIEU : FEB, BRUXELLES INFORMATION : WWW.SOCIALACADEMY.BE CGR@VBO-FEB.BE T 02 515 08 36 FEB, BRUXELLES INFORMATION : WWW.SOCIALACADEMY.BE CGR@VBO-FEB.BE T 02 515 08 36

COLOFON RÉDACTION Nadine Beaufils, Bart Buysse, Monica De Jonghe, Charles Gheur, Olivier Joris, Phi- lippe Lambrecht, Stijn Rocher, Pieter Timmermans, Geert Vancronenburg, Olivier Van der Maren, Johan Van Praet SECRÉTARIAT DE RÉDACTION Linda Janssens, Anne Michiels TRADUCTION Service traduction FEB RESPONSA- BLE DES PUBLICATIONS Stefan Maes MISE EN PAGE Vanessa Solymosi (Landmarks) CONCEPT Stapel Magazinema-

kers PHOTOGRAPHIE Daniel Rys ILLUSTRATIONS Peter Willems, Vec-star IMPRESSION Graphius ÉDITEUR RESPONSABLE

Stefan Maes, Rue Ravenstein 4, 1000 Bruxelles RÉGIE PUBLICITAIRE ADeMar, Graaf de Fienneslaan 21, 2650 Edegem (Anvers) Contact : Nele Brauers, Tél. : 03 448 07 57, nele.brauers@ademaronline.com

Dit magazine is ook verkrijgbaar in het Nederlands. Le contenu de cette publication est disponible sur le site www.feb.be > Publications > Publications gratuites

48 REFLECT CONCURRENCE ET CONTRÔLE DES PRIX

VAL-I-PAC ALLÈGE VOS OBLIGATIONS DE RECYCLAGE.

ET CELLES D’AB INBEV.

Karen Rombaut, Responsable de l’environnement Europe de l’Ouest AB InBev

«Les marques d’AB Inbev rassemblent les gens. Ce sont des marques à savourer et à
«Les marques d’AB Inbev rassemblent les gens.
Ce sont des marques à savourer et à vivre. Des
relations durables avec le consommateur et une
entreprise durable sont les éléments importants
de notre mission. Le recyclage en fait partie.
Mais les obligations légales concernant le recy-
clage de nos emballages industriels sont bien
moins évidentes ! C’est pourquoi nous faisons
appel à VAL-I-PAC. Ils se chargent de la
gestion administrative et du suivi logistique à
notre place. Ils collectent pour nous toutes les
données nécessaires et en font rapport aux
autorités. En outre, ils encouragent la collecte
VAL-I-PAC rend nos obligations de recyclage
et celles de 7.000 autres entreprises nettement
plus légères. De cette manière, nous sommes
en ordre avec la loi et nous économisons un
temps précieux. Et vous, en tant qu’entreprise,
qu’attendez-vous pour prendre vos responsabili-
tés vis-à-vis de l’environnement ?»
Plus d’info ?
02/456.83.10 ou
www.valipac.be