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AvantAvant-AvantAvant--propos-propospropospropos

ObjectifObjectifObjectifObjectif généralgénéralgénéralgénéral

Ce manuel est destiné aux étudiants en sciences du langage ou d’autres disciplines qui souhaitent s’initier à la syntaxe fonctionnelle, comprendre et manier les outils qu’elle propose pour la description des langues dans leur diversité. Plus largement, il informera tous ceux qui s’intéressent au fonctionnement des langues sur les procédés généraux ou spécifiques dont elles disposent pour traduire en messages oraux structurés ce que les hommes veulent dire. Ce livre s’inscrit dans la tradition de la linguistique fonctionnelle et structurale européenne, notamment dans les développements qu’en ont proposé André Martinet (1906-1999) et ses continuateurs ; on n’y présente pas différentes écoles de la linguistique contemporaine mais les principes fondamentaux de la syntaxe fonctionnelle et quelques mises au point récentes. C’est un ouvrage d’initiation, qui associe étroitement exposé de la théorie et exercices de découverte portant sur une grande variété de langues. Son objectif est d’exposer clairement, et si possible de faire partager, une démarche d’analyse des faits de syntaxe : de former et pas seulement d’informer. Les auteurs pensent en effet qu’il est possible de découvrir les procédés syntaxiques à l’œuvre dans les langues en suivant les principes d’analyse exposés, sans panacher les théories ni mélanger les méthodes, sans refuser les difficultés qui surgissent en cours d’étude, sans tenter de soumettre la réalité à la théorie.

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Jusqu’à un certain point, il est justifié de présenter le fonctionnalisme comme une théorie de la description linguistique. En effet, la réflexion théorique, si elle est ambitieuse, vise toujours à comprendre le fonctionnement des langues et les mécanismes de leur constante évolution. L’innovation terminologique est volontairement limitée au strict nécessaire et la théorie s’adapte pour intégrer les faits nouveaux que l’étude des langues fait émerger. Le travail sur corpus est la règle, c’est-à-dire que l’analyse s’appuie sur du matériau linguistique réel, recueilli − plus exactement élaboré dans l’interaction particulière de l’enquête −, auprès de différents locuteurs des langues étudiées.

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D. Costaouec et F. Guérin

Syntaxe fonctionnelle

La diversité des usages, la variété des pratiques linguistiques sont considérées comme inhérentes au fonctionnement des langues, et nécessairement intégrées à la description.

Le changement linguistique est l’objet de toute l’attention des

fonctionnalistes. André Martinet a inlassablement expliqué que les langues changent parce qu’elles fonctionnent et qu’à tout moment, sans que la communication entre les locuteurs n’en soit affectée, des restructurations diverses sont en cours, aussi bien dans le lexique que dans la phonologie ou la syntaxe. Ces transformations, ou leurs symptômes, sont observables dans

l’étude synchronique si celle-ci est conçue comme dynamique.

Cette démarche de description s’appuie sur une théorie fortement structurée, organisée selon quelques principes essentiels :

Définition précise de l’objet d’étude (les langues humaines conçues comme des faits culturels).

Choix d’un point de vue pour décrire ces langues (la pertinence

communicative).

Travail avec des unités minimales distinctives (les phonèmes) et des unités minimales significatives (les monèmes).

Postulat d’une autonomie de la syntaxe par rapport à la sémantique.

Distinction nette entre syntaxe et morphologie…

OrganisationOrganisationOrganisationOrganisation dudududu manuel,manuel,manuel,manuel, contenucontenucontenucontenu etetetet limiteslimiteslimiteslimites

Le plan général de ce manuel, organisé en quatre parties, suit les principes suivants :

Présentation de deux points théoriques essentiels : définition de ce qu’est

une langue, objet d’étude spécifique de la linguistique ; définition de la syntaxe sur laquelle repose le présent ouvrage et caractéristiques de la syntaxe fonctionnelle. Cette partie fonde l’unité théorique de l’ouvrage et éclaire les prises de position « techniques » des différents chapitres ;

méthode

Les

d’identification des unités avec lesquelles on travaille en syntaxe ;

unités

significatives

dans

les

langues :

définition

et

L’organisation des énoncés et les relations syntaxiques : notion

d’énoncé, de phrase, de noyau syntaxique de phrase, définition et méthode d’identification des relations particulières qui s’établissent entre unités

significatives dans les messages linguistiques ; contenu de ces relations syntaxiques ;

Les latitudes d’emploi de ces ressources syntaxiques et les changements en syntaxe.

Au sein de ces grandes sections, chaque chapitre aborde les questions traitées sous différents angles. On donne bien entendu la définition des concepts employés et des exemples, variés et tirés de langues diverses, facilitent la compréhension des considérations théoriques. S’ajoutent à cette démarche d’initiation des réflexions plus approfondies sur la portée théorique et méthodologique des notions utilisées. On s’est efforcé d’introduire progressivement les différentes notions employées, sans éviter toutefois quelques anticipations qui sont signalées, avec un renvoi au chapitre qui traite du point concerné.

avec un renvoi au chapitre qui traite du point concerné. • En fin de chapitre, une

En fin de chapitre, une rubrique « A retenir », signalée par

cette icône, résume l’essentiel de ce qui vient d’être présenté.

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Avant-propos

Les paragraphes marqués de cette icône « Outils » contiennent des conseils pratiques touchant aussi bien à la méthode d’analyse qu’à la présentation des données.•

Des exercices d’application dans de nombreuses langues font suite à l’exposé théorique des points de syntaxe étudiés. Leur degré de difficulté varie : les premiers exercices de

commutation sont généralement simples, alors que l’analyse de certains énoncés en langues non indo-européennes, proposée ultérieurement, peut être plus ardue. On a tenté d’introduire une progression dans la difficulté qui permettra à chacun d’apprendre en pratiquant. On fournit bien entendu les corrigés de ces exercices, en fin de volume. La numérotation des exercices suit celle des paragraphes : le premier (qui précisément n’a pas de corrigé…) a l’indicatif 1.1, le suivant porte le numéro 4.1, et ainsi de suite…

Index : Un index des notions et un index des langues sont proposés en fin de volume. L’index des langues est précédé d’une répartition des langues citées (près de 100) par famille linguistique et aire de diffusion.

On ne saurait prétendre donner pour chaque langue évoquée une analyse fine et complète des phénomènes traités, mais les exemples et les exercices proposés permettront au lecteur de se faire une idée fondée sur certaines particularités de la langue et sur des phénomènes plus généraux. Par définition, un manuel d’initiation ne peut pas rendre compte des débats de spécialistes sur tel ou tel point complexe ou controversé de l’analyse syntaxique. On s’en tient par exemple à des généralités à propos du sémantisme des unités linguistiques, sans entrer dans la discussion de leurs valeurs détaillées dans les usages. De même, on ne fait qu’effleurer les questions liées à l’énonciation et à l’organisation discursive, qui ont leur importance mais ne conditionnent pas la réflexion dans l’optique théorique de ce travail. La conviction des auteurs, toutefois, est que les principes d’analyse syntaxique présentés fournissent la base la plus sérieuse à la description linguistique et à toute recherche comparative, typologique, centrée sur l’énonciation ou encore sur l’étude des mécanismes du changement linguistique.

sur l’étude des mécanismes du changement linguistique. RemerciementsRemerciementsRemerciementsRemerciements Les

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Les auteurs enseignent la syntaxe fonctionnelle depuis de nombreuses années à des auditoires variés (linguistes, anthropologues, littéraires…), composés de débutants aussi bien que d’étudiants avancés qui ont entrepris un travail personnel de description de langue. C’est en pensant aux besoins de ces différents publics qu’ils ont conçu ce manuel. Pour le rédiger ils se sont appuyés sur le matériel pédagogique qu’ils ont mis au point pour leurs enseignements et sur les travaux de leurs devanciers. Il faut citer ici les Notes de syntaxe générale 1 de Christos Clairis et Marguerite Descamps, mais le présent ouvrage doit beaucoup également aux livres de référence que sont la Syntaxe générale d’André Martinet ou le Manuel de linguistique descriptive de Jean-Michel Builles et à bien d’autres publications qui ont fait connaître la

1 Les références complètes des ouvrages cités sont données en fin de volume.

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D. Costaouec et F. Guérin

Syntaxe fonctionnelle

linguistique fonctionnelle à un vaste public, à commencer par les Eléments de linguistique générale d’André Martinet, parus en 1960 et constamment réédités depuis. On a abondamment puisé aussi au récent livre de Christos Clairis Vers une linguistique inachevée qui synthétise ses mises au point dans différents domaines de la description linguistique et notamment en syntaxe.

Les propositions du présent ouvrage doivent beaucoup aux travaux menés au sein du laboratoire THEDEL (Théorie et description linguistique, composante de l’équipe d’accueil Dynalang, Université Paris 5) par une équipe de chercheurs et d’étudiants réunie autour de Christos Clairis, directeur du laboratoire. Les auteurs tiennent à remercier publiquement ce dernier pour la rigueur théorique, la constance, le goût de la linguistique dont il a toujours donné l’exemple, mais aussi pour l’amitié et la chaleur humaine qui ont permis cette collaboration productive. L’essentiel des résultats de cette équipe a été publié dans une revue du laboratoire, Travaux du SELF (10 volumes parus de 1992 à 2005), une sélection de ces articles et dossiers étant reprise dans Travaux de linguistique fonctionnelle publié en 2005. Cependant, les positions défendues dans le présent manuel n’engagent que ses auteurs.

Il leur est particulièrement agréable de remercier Christos Clairis, Evangelia Adamou, Cécile Avezard, Jean-Baptiste Coyos, Béatrice Jeannot, Salomon H.-W. Koh et Maria Tsigou pour la lecture du manuscrit à différents stades d’élaboration, leurs suggestions et corrections. Les auteurs expriment leur gratitude aux Presses Universitaires de Rennes, et tout particulièrement à Pierre Corbel et à Jean Chuquet, qui ont permis que cet ouvrage soit publié. Merci enfin aux étudiants et informateurs qui ont bien voulu vérifier les données présentées dans différentes langues. Sur ce point, comme pour le texte dans son ensemble, les erreurs et omissions sont de la responsabilité des signataires.

Les réactions, commentaires et critiques concernant cet ouvrage sont attendus à l’adresse électronique suivante : thedel@paris5.sorbonne.fr

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