Vous êtes sur la page 1sur 178

i

COURS COIIPLET D'ENSEIGNEMENT SECONI}AINE SPËCTAI

t

I

NOTIOIIS PRETIMINAIRES

DE CHIMIE

ÈÉI)IcÉE.q

Conformément aur programmsg ofÊciels de tB66

F. MAIAGUTI

ItIcr]: nR DE L'AcerrririlF

Of,'rifi\irins

pAR tlu,

J. H. FABNE

PP.OI'ESSETIB

arr

r,TCÉE

DE

CNIIlIE

D'.\YIri{o\

I'REITTIERE ANNI.]E

crNeurEMH Éurrrox

PAfIfS

uII. DnLA(;RÀyE, LIBIIAIRB-I.IDITEIlIt

5li, r.Lt!: nEs- Écolris, 58 lBTi

NOTIONS PREI,IUINAIRES

DT CHIlTIE

CHÀPITRN PREMIER

Élrl

DE Ll

iltrlËnr

l. Étars de la marlère. -

une pierre, un lll_ol'{-leau de b0ts,

unu'bnrrc de fer, sont des objets

;;

.;;* le doigt, qu'on peut

t.il, fotm. quc-l'on

désormais. Ces

plus ou ntoins clurs-, quirésis-

sàisir, manier' 0n leur donut:

veuf; et cette forme, ils la conservettl

propriétés font dire de la pierre, du bois, du fer

et des autres suistànces qui leur ressemblent sous ce rappor[,

que '

L'.u.r, au contraire, cède facilemeut-à la.pression du.doigt.

te sont des substances solides'

Elle glisse dails la main qui

ott*-*a,o*,

do'ner

Àlorr, elle se moule dans

elle n'a pas dé

f.;*;

eubique, conique,

.,utrËs

essaye de la saisir, elle coule. Par

forme; et il est impossible de lui en

une déterminée à moins de l'enfermer dans un vase.

la cavité -qui

la reçoit; elle prend la

'ond,

du vase, la lorme ronde si

la fornte

si le vase esb 1n cube, un cône. L'eau et les

substances susceptibles de coulel'' pollr ce motif sorrt

le vase est

dites lirpides.

-coit

Inainteuant la bouffée

marmite en ébullition ou de

de vapeur qui s'échappe d'utte la cherninée d'une locomotive.

lr' lilnÉl,

t

t N0Trotb pHELIilttNAlu!,6 Ir!, cHlilltË,

Cette t'urnée blanchc est encore une substance insaisissable, plus

insaisissable mêmc que I'eau. La manier est impossibldî De plus,

elle s'épancl en l,ous sens, elle gagne en volume, elle occupe un espace qui va s'accroissant. Au sortir de la cheminée de lrloco-

mrtile, la bouffée de vapeur arai[ un certain volunre, pas bieu

grarrd. Peu après, elle en a un considérrble qui augmentc

erlrole; si bien qrr'à la fin la vapeur est teliement dissénrinée.

qu'elle devient invisible. Toute invisible

qu'elle est maiutenant,

il est clair qu'elle existe touiours, qu'elle constitue une sub-

stance matér'iclle spér:iale. L'air lui-mêure n'est-il pas inr.aisis-

sable, invisiblc; et peut-on douter de sa matér'ialité quand il

entre en ntouvement [umultueux et occasiorrne ie vent, tlui ren-

verse les arbres et les lraliitations? Il y a dorrc des su[starrces douées d'une extrême subtilité, de la subtilitê tle I'air- Ces suh

très-souvent invisibles. Elles ne con-

stâncc's sont insaisissables,

serrent pas une mê.me forme, conrme les sohdes; clles n'ont pas

un volume déterminé comme les liquides; elles s'épandent en

tous sens et occrrpent un volume de plus en plus gr.and si rierr

ne les arrête. 0n les dit substances a,eriformes, à cause de leur. ressenrblance avec I'air'.

Les divers corps que la science étudie se présentent donc i

nolrs sous lrois aspects, qu'oll lromme les trois états de la matière,

savoir: l'état sohde, l'état liquide, l'état aéril'orme.

2. État solfute. -

Un corps est solide lor.squ'il présente au

toucher unc résistance qui permet rle le saisir, de le manier.

Exemples : le bois, la piere, le cuivre, le I'er. Les corps solides

ont un volume et une forme que, par eux-mênres, ils ne peuvent modilier. Un bloc de pierre façonné en cube d'un décirriètre de côté par excrnple, ryant par conséquent un volnme tt'un litre,

reste indéfiniment avec sa lbrme cubique et son volume d'un

litre.

5. Ét.t tiquirte.

-

Les corps liquides ne peuvent êlre ni

saisis ni pressés entre les doigts. Ils n'orrt pas de forme stable; ils prennent cellc des vases qui les contiennent, ils sc moulent

tlans leur cavité. i\lais s'ils n'ont pns de fbrme arrêtée, ils onL un

volume qui ne varie pas. Un litr.e d'ean, vcrsé durs tel ou tel

trse, charrge de lbrmc avec le vuse lr;i-même; nais c'est toujciur,s

Érlrs DE La,tt.tttÈttE'

5

u1 litre d'eau, ni plus, ui moins, pour\'ll que l1 ternpératt1'e tte

;i;,u_ pr

E*urnples de corps liquitles :

I'cau, I'huile, le

vin, ctc.

4. ûtglt aériforme.

leur rrom

invisibilité. 0n ne peut

iurn * arrêtée; ils'se

;;r;; qui les

.*ooniion. Erômples:

-

i:;;*

,oip,

.- Les corPs aériformes ont, comme

I'inclique, la subtilité de I'air, très-souvettt même :on

les saisir, les palper

lls.

n'ont pas de

nroule.t, c6mme les liquides,- dans les

contiennent; ils n'ont pas davantage dc volume

eu totts setts ct à occuper

rien ne met obstacle à leul

I'air, h vapeug d'eau'

on

peut dire ett t'ésumaûL'. Les uolunrc ; les,corps liquitles

tléterniiné, car ils teuclent à s'épandre

,,n urou.u de plus en plus grand si

manière très-concise, soliiles ont une fornrc

et ui

oni rrn ?)\hlnrc, mais'ils

formes

rt'ottt pas de forme; les corps cLéri-

LeS suhstauccs qUi

tiont ni fornze ni'L'olume'

b. Varieté des substa.nces solldes. -

la qullification commune dc solides sont extrômemettt poo, l'"*p.ct, le poids,-la.saveur, I'odeur,la-dureté' etc'

il

tombe au {bnd de I'eau; utt

nortent

iut*t

m fu," .it trar-dïr, fort lourcl,

;;;;r.;

bois

;li,l"

oii'it

de l:ois

de saule est mou, léger., il flotre. sur I'eru. Le

tle saule est un corl)s solide, de même que le l'er' Le mot,

ici ne doit pas

.rt solirle, o*

induire en erreur. En disant d'un corps

n* veut pas entendre que ce corps soit doué

bn veut simplement dire qu'i.l q911t titre, un fil d'araignée, chose si déli-

Ï;,r"r-n*irsan[L résisturce;

;i;;';^l-i

er manié. A ce

,ri -urt

;#,

i;'.-,,rr,m* de forgeron,

;-r* il

plus ou"le

i, *.irtnirce

il;l_ '-î;

".,*

.r"pt'4.

solide tout antant qu'un gros câble de vaisseau; ttne

lame de verre, chose si fragile, est solide tout autarrt que

qui reçoit de, si vigoureuT couP-s cle mar-

moins de dureté ou de rnollesse, de force à

ou de fi'agilité, n'elttre pas elr ligne de contpte

delolide telle que la science I'entend. valiétê de iénacité les corps tlit solides peu-

prér.nte'r, depuis le. bloc.de fero qui résiste aux"plus lourds

dêlicat drtvet, qt19 i9 moindre attou'

pas moins tle rariété sous le rapport

solidcs sont doués d'une

d'utte saveur détestable, lt

qualification

âire quetle

marterurl-usqu'au

.ù*in.nt rléforme.it ,i'y a

i.t-o"*.* propriétés. ùrrtains corps-

;;;.r.bi; ."irur,

l. sucr ; rl'autreJ

I

NOTTONS PRIiLIilII|[AIRES DT] CIII$II[.

couperose, la chaux ; d'autres n'ont auculle saveur', l,: marbre,

quelques-uns ont une odeur, le camphre, le musc ; la plup;rrt sont inodores. Il y en a clui sc fonilent dans I'eau, le sel; il y cn a sur lesquels I'eau ne fait rien, les caillous. de la rivière. l,es uns peuvent bniler, lb soufle, le bois; les autres uon, la brique, les pierres. Ceux-ci sont, jarrnes, Ie soulrcr l'or; ceux-là noirs, le

chalbon, la houille; ce troisième est rouge, le cuivre ; ce qua-

trième est vert, le vert de gris ; enlin toutes les nuances, toutes

les couleurs irnaginables peuvent se nrontrer tour à tour. Dans une boîte à couleurs, combien de tablcttes ne peut-il pas y avoir?

Toutes ces tablettes sout aritant de sul-rstances solides, et de cou-

leur différente.

6. Veriété dec substanees llqulde

Les substances

liquides ne sont pas moins variées. L'alcool a une saveur forte, une odeur .vineuse, il bnile avec la plus grande frrcilité; I'eau n'a pas de saveur, pas d'odeur, elle ne brùle pas, tan[ s'en faut,

L'alcool et I'eau, si opposés de propriétés, sont I'nn et I'autre liquides. Le vinaigre, sou norn le dit, a une saveur aigre, intolé- rable quand elle est trop forte; le lait est doux. Vinaigre et lait sont deux liquides. L'huile graisse les doigts, elle fait sur le pa-

'pier

une tache transparente qui ne s'en ya plus; la benzine pour

détacher, loin de graisser les doigts, Ies dégraisserait au besoirr,

elle fait sur le papier une tache transparente qui bientôt dispa- raît. Huile et benzine sont des liquides. Le mercure ou argent vif est très-lourd, si lourd que le piomb flotte sur lui comme le bois flotte sur I'eau. Abandonné à I'air dans un verre, il resterait lil indéfinimônt sans s'évaporer. L'éther est très-léger, il sur-

nage dans l'huile, qui elle-même surnage dans I'eau. Versé dans

un yerre et abandonné à l'air, il se dissipe bientôt en s'évapolant. Éther et, mercure cependant sont I'un et I'autre des liquides.

7. Moyon rle recueillir les substanees aérlforrres.

Comme ces substances sont d'uue grande subtilité, insaisis- sables, fr'équemment invisibles, comme I'air, il paraît d'abord

très-dif{icile de les rec.ueillir, de les faire passer d'un vase dans un aulre, de les mettre enfin ou I'on veut pour les besoins de

l'étude. Cette difliculté n'est t1u'apparente. Une expérience

très-simple va nou$ en convaincre. Proposons-rtous de recueil-

-

ilT.TTS UB I,A }I"{TIEHT.

5

lir I'air qrri s'éclrirppe de nos llounrorts, à chatlue r:xpiratiorr. Dans une terrine

I'air que nous rejetons

pleilc d'eau, uous pllt-

geons un yerre à boile que nous remplissons d'eau en entier; nous soulevons ce yerre cll le tenant I'olifice ett bas ; tant que

I'ori{iee leste immergé, I'eau du retre rre s'écoule pirs, elle

reste suspcndrte art-dessus dtt niveru de la terrine; et cela au-

rlit lieu quelle que fùt la hauteur du verre, pourvu qu'elle- rtc

'rlépassât point dix mètres envilon. La suspension de l'eau dtns

le verre au-dessus du niveari extéricur, est tlue, comûte le

l)rouve

la physique, ù la pression de I'air rtmosphérique. 0rr

rlémontre encore que cette pression est capable de tenir sus-

peudne, au-dessus du niveau cxtérieur, une colonne d'ertt d'environ dix mètres rle hauteur verticale. Nous rvons rlonc

amplement de la rnarge pour la hauteur du verre qui pourrait

rernplacer le verre mairttenant emplové (fig. {).

Fig.'l

Voici que le verre est plein d'eau et soulevé d'unc ntain, son ori{ice toujours immergé. Maintenanb, avec un tube de

verre, au besoiit avec une paille, no,s soufflons sous le verre.

Le souffle des poumons srosses bulles à travers

le contetru tlu verre, et, par suite

fait bouillonner l'eau ;

il monte en

6

NOTIOi\S PRIiI,I}IIXAIRI.]S I)E CHIITIË

rle sa gmnde légèreté, le soufle, disons mieur,

Bagrlc

le haut du vase. À mesure que

I'ail expiré, s'arnasse dans la prrrtie

supé:ieure du verrc, l'otu refoulée s'échappe par en bas et t.e- vicnt daus la terrine. I\ous voulons ntainteriant faire p'asser l'air ainsi recueilli du

premier lerre dans uu autre, en un mot le transvasçr : I'o-

pération est on ne peut plus

Simple. Nous remplissons ce

second verre d.'eru, et notts tenons son orilice immcrgé

dans la teriue. Le premier,

loujours I'ouverture liien im-

rnelgée, est incliné sous I'au- tre; son contettu aét'ien s'é-

chappe eubulles etpasse dans

Ie sccoud. La ligure 2 com-

plète I'expliention.

8.Cute pneurnatl{ue.-

Leprocédé ([ue nous venonsde

décrire est précisément celui que la science emploie, mais avec un outillage plus commode. La terline est reniplacée par utte

grancle cuve en bois doublée d'une lame de plomb. Elle. est

pleine d'eau. Cette cuve, appelée cuve pneumltique, tl'un mot grec qui signifie souffle, air, parce qu'elle selt à recueillir les

substances aériformes, a sa cavité libre dans une certaine partie

I'on miluæuvre les vases destinés à contenir les matières

aériformes ; dans une autre partie, elle présente un plancher

prpsque ii fleur d'eau. C'est là qu'on met, immelgés dtns I'eau de quelques centimètres, les vases coutenant les produits re-

eueillis. Enlin, une plauchette percée de quelques trous occupe

une troisième région de la cuve. Cette planchette, également presque à fleul d'eau, sert de support aux vases recevant les

produits aériforrnes à mesure qu'ils se dêgagent. Les trous dont

elle esi percée, ont pour usage d'introcluire le tube prl le.quel

se fait le dégagement sous ie vase plein d'eau. un coup d'æil

jeté sur un€ cuve pneunnatique erl dira plus, clu leste, cluc torrte

IlTl'IS l-,H L{ \l \l'lÈRE.

tlescrrption. Lr cuvc rL'nplace très-avautageusettrettt

?

la tct'r itl.'

pleirre d'eari; celle-ci toubefois est aussi employée' C'est moin"

encornblartt, plus larile à triutlpot'[cr', pltts lacile surtoutt r\ se protul'er.

Quaut

au verre où nous avons recueilli le souffle expiré, il

est remplacé par des vases plus ou moius grancls appelés

cloches, et par d'autr.es longs

llntîn, conlnlc I'air erhalé

et étroits nomntés éprotntettes.

pi|r les poumons est loin d'être h

scule substance aériforme, l'ittsufllation directe sgus la cloc|e

rlevient impossible.

Il laut alors utt appareil plus ou moins conr-

pliqué, coirterraut

les prépar,ations d'où se dégage la nratiùr'e

*ér'ifot-u à étudier. Uri trùe de dégagement eu verre conduit la

substance ai:rifornte de l'appareil sous la cloche.

La ligure 5 résunre cettè description. B cst un fourneau daus lequel on chauffe la matière qui doit t!égag^er la. substance aéri-

fbrrne. C cst I'or.ifice du fourneau,

fle terre crril,e ; E est la

orifice felrné àrec une pOrl,o

chenrinée. Par I'orilice À sort le hct'

d'u1e espèce de vase en terre capll.'le de résister au

cornrte. Sa forme est celle d'une poire àcol

leri _e[ appelée

recoulbé. La corntte

sein du fourneau,

est invisible dans Il figgre ; elle est

'au

r'tu milieu des charbons ardents. Elle contient les rnatièrcs d'où

h chaleur cloit chasser la substance aériiorme rlue I'on se propose d'étudier. I est la cuve pllerlmatique pleine ù'eau;

ii, ia plalchette per.cée d'un trou; H, l'éprouvette plcincr cl'eatt

tlans iaq,relle se rend le produit aériforme; enfin un tul-re en

rerre AçK

ll ne sera

anrène ce produil de la cornue sous l'éprotrvette.

peut-êr,re pas irrutile d'ajouter que la disposition de

I'ensernble de I'appareil varie suivaut la nattrre de la substauce

à recueillir. Le foLrrneau, par exemple, est queiquefois remplacé

pnr une siurple lanrpc à alcool; quelquefois même la ciialeur

àst inutile, le dégagemeut de la substailce aôriforme ayant lieu

la cornue actuelle, qui est en terre porrr résister

à la violence tlu feu, est I'rétlrremmettt en verre' 0u se tlout'e remplacée par un flacon, un nrince ballon de verfe. llais quelle

que-soit la dispositiou de I'appareil, quel que soit sort degr'é de

à lroi,l

Errfin

complicatiorr ôrr de sinrplicitc, trois choses rtslent indispen-

sablôs : le vase où s'eugeudrc la substance aér'ifolnrc, le tul-c

.9 NOTIONS INÉLIlIrN.|,IRES IJE CHIUIE.

plrlequel se lait le

dégagernent,la elocrre ou r'éprouvette pleine

,l'eau qui reçoit le produit.

F.is

u.

S. Iube de

sùr,eré. -

qui

Le Lube à tlégagement de la licure 3

mérite

d'être"ex'pliquée ,un* piir,

GSS iatLchau ni,

partie .rt

Ë*n*r

ao

iù.Àunt

"t-

petit

enton.roit. nn

*oy.n

olire une particularité

te,*dre. À quoi sert la partie recourliée

dégagement p.opremert dit? Le voici. cette

ouverte en s, se trouve un évasement ou

bas,est un coude

S, que.l'on a soin de rempl"ir A,uuo ,,o

de l'évasernenf en

Itement en borile. Cela dit,

dégagement se ralentisse, soit por.* qo* t, ieu fai.blit,roif poo,

question. au-dessus de Ëe co'de uri un ,"n-

supposonS

que,

dans

Ia

cornue,

le

Érlts tlg LÀ ltlttÈun'

I

toute autre cause. Àlors, la substance aôriforme dégag6e n'atlra

nlus la force qu'elle avait au détiut, elle ne pourra plus cotttre-

Ïr.lan ,

la piession de I'air atmosphérique qui

s'exerce à la

le ttrbe. L'eau

s'êlèvera donc tlansle tube et grgnera la cormre, ce quimet fin

slrr.face de la'cuve et tend à refouler ['eau dans

à l,expérience commencée, et,lhorebien

très-dingereux. Au contact de I'eau,

plus grave, est parfois

la cortlu€ qui est très-

.d'autant parfois

charrde feut éclater. ; il peut y av_oir une explosion,

plus que

les matièr., .ont.noôs dairs la cornue sont

à. ,rotoru à

recourbé

"ient n

pas supporter sa*s fracas le mélange avec-l'eau.

donc àe **ttï. obstacle à I'introduction probirble de

il importe

I'eau'dons la cornue. c'est à quoi I'on parvient, avec I'appendice

GSS. En etfet, si Iâ pression de I'air atmosphérique prédominer par slite d"trn raletttissement du fetr, elle

'e

Fig. 4.

chasse I'r'au do la cuve dans lc tube adducteur par I'otifice li , mais comme elle s'exerce de partout inclistintem ent, elle agit aussi parl'ôrifice Setrefoule les quelques gouttes d'elu du coude S, dans la lroule voisine. L'air passe alors en liberté par le tube

SSG et arrive clans la conrue, et q,li rétablit l'égalité de pression à I'irrtérieurcrt à I'extéricur et mct fin à I'ascension de I'eau dela

10 NOTIONS PRÉLINIT,{InES DE cHIIITE

cuve. La lupturc, I'explosion sont ainsi évitées; I'opér,atenr eS. sauvegarclé d'accident. Aussi rromme-t-on un Iube i dégagemeut,

const,ruit coïrme celui de la ligrrre 5, tube de stn'eté.

- !tJ.

expér'ience ne sera pas de trop pour bien conrpr.endl'e

I'utilité et le jeu du tube de sfir.eté. DauJ un brllon, orr nret urr

peu d'eau. Avec un lion bouchon, on arlrpte au ballon un tube simplement recourbé, dont on fait plonger I'extrémité libredus

ull verred'eau. 0n clrauff'e alors; la vapeur se

dégage. Si I'orr

vient maintenant à retirer la lanlpe, la température baisse,

l'ébullition n'a plus lieu, et I'eau dans laquelle plonge le tubé se précipite rvec riolence drns le ballon (fiS. 4).

Fig. 5.

Recorurnençons I'cxpéricnce avec un tube de srïreté. Au mo- ntent or) I'eau est bicn en ébullition, nous letirons la lampe. Alors on voit que I'eau du verre tend s'élerer dans Ie tulte;

elle clanse, pour ainsi dire, à I'orifice, toujours prêle à s'éhrrcer,

toujonrs refoulée. Ce qui la tient en respcct, c'est I'air qui, par

l'appendice du tul:e,

rentre petit à petit dans I'appareil

(nS. ^51.

{ 0. ou.'c à mercure. *

Ccrtlines substarrces aérifornres ne

peuvent être recueillies sur I'eau; elles ce dissoudlilient daus cs

Étlrs DE t"{ MAttÈnn,

t'

avec lui' 0n ueçÙtrrrilit parfois err

tlu tout' 0n a *lors

'''*'parerait

nétal

liquidr: à. la.tenrpérattlre

liquide,

;ffi;;;;;,

recours

elles l'eLaicnt corps

i; bnlle ; i't'o

au nlel'cure, ce curieux

;;i;;i,., tanrlis qrie

ilH;#tu

lesautres mét.*rx nc so'tliquidesq''à un.

bi-t'

rllusion à la

trAt-ot."Ae- Sou rtour vulgait*. t-:l

l'arscttt ne soit ici pour rien'

fluiditè qui

lÀ rnot vif fait

"1leït::]]l

nue

ti,ltditîiu-*oiot,

,ï"i"i' r"r ta ta[le

le fait s'échul.lPq1'l:* mains et

e1 gloliulËs trenrblotants, t]il.fit'iles à recueillir'

FtS. 6.

Ilâclrrêpnetrnratiqueâmercureestunecavitécreuséedanstttt

bloc de pierre à

.r

".,i-

àu por

il;;';;.r"illir

y

a

Ë

un

gt;;-,t''te,

l,lin*.

sur le

ou,

pltrs

sinrplement'

uue,petite

t,. Ii gure G rà.présente

mercnre cettai'e

*n âpp*'c.il disposti

substancé aérilbrnre' Il

pour ch;'ufli:r, un ballon cn verre coutenant

lo.,Tlstance

lottrtleatr

il[;;.'qui,

i

ilia* de Ia cûaleur, prod'i*1,t

tube de dégagcmcnt

sans appendlc.e

rérifblme ; un

oe

éprouvette' pleines l'une

et

,sureté;

une cttvetre en porcelairre "t-onu

l'autre de mercure.

nÉsumÉ

|. La nratit,re affecte trois étals: l.état solide,|,êtxt liquicle, l'état

udr{orwe.

t2

l0 TI0NS pRÉLtUINAIRFIS IIE CHilulE,

2. Un corps est solide lorsqu'il présente au toucher une résistanee

qui pcrmet de le saisir. Les corps solides ont une forme et un volurne déterminés.

5. Un corps liquide est coulant et ne peut être pressé entre les

tloigts. Les corps liquides ontun volume, rmis ils n'ont pas de forrnp. lls prennent la forme des vase,s qui les contiennent.

{.

Les corps aériformesont lasu}:tilitéde I'air, très-souventmôme

son invisibilité. lls n'ont pas de volume déterminé : ils tendent à en lcquérir un de plus en plus grand, si rien ne s'oppose à leur expan-. sion. Ils n'ont pas de forme : ils prennent celle dn vase qui les ren-

ferrne.

5. Les corps solides ont des propliétés très-variées. Exemples:le

fer, le charbon, le hois,le marbre, le soufre, la pierre, etc.

6. Les corps liquides sont également très-variés. Exemples: I'eau,

I'alcool, le rnercure, I'huile, l'éther, la benzine, le vinaigre, le lait, etc.

7. Les substances aériformes se recueillent et sc transïasent au

rnoyen de I'eau, ou quelquefois au moyen d'un autre liquide.

8. Les substances aériformes non solubles dans I'eau se recueillent

sur la cuve à eau, avec des cloches, des éprouvettes. Trois choses en

gd:néral constituent I'outillage proprc à recueillir une substance atiri-

tbrme: le vase s'engendre la substance aériflorme, le tube pal

lequel se fait le dégagement, la cloche ou l'éprouvette pleine d'eau qui

reçoit le produit.

9. Untubeest ditde str,relCquandil est disposé demanièreàprd.' venir I'absorption de I'eau de la cuve, c'est-à-dire son irrtroduction

dansl'appareil s'engendre la substance aériforme. L'absorption est

occasionnée par Ia pression de I'ail devenue à un certain moment pré-

dominante à cause d'un ralentissement dans la production de la sub- stance aériforme. Le tube de sùreté prévient I'absorption en laissant lentrer à temps de I'air dans I'appareil. '10. Les substances aériforrnes solubles dans I'eau se recueillent sur la cuve à mercure.

I

l

SUB ST AN TI]S AI]R I }'OR[IE S.

F

,{"

CHÀPITRE II

8T'ESTANCIS

AÉBIFORTIIES

+

{. Substanee aérlformo exhalée par le soufre qul

brûle. -

liquides,

stinces

La variété que présentent lescorPs solides et lescorps Se retrouve, aussi nettement plonollcée, dans les sub'

uétifott*t; seulementr comme oes substances sont invisi'

bles dans Ia gr.ande majorité des cas, elles échappent à notre atten-

tiol. i moiris que, dguées d'utre odeur |orte, elles ne trahissent leur présenre pur leur action sur I'orgùIre de I'odorat, Quand du soufre brûrle, il s'exhale du sein cle la {lamme bleue une odeur

nénétrantc, ipsupportable, bieu connue detous. 0n dit que c'est

et tout se borne là ; notre curiosité d'or-

tlinaire ne vil pas plus loin. D'accord, c'est l'odeur d.u soufre [rûlé; mais la ôuuse de cette odeur est une substance iirvisible, impalpable, une matière aéri{brme extrémemettl, curieuse et avec

-brûlé,

i'o,l*u, d1soufre

laquelie it importe de faire connaissance, _car elle peut nous

r*nd.r rle préôieux services, malgré- son odeur peu a;réable.

plus loin, une preuve des services que I'on peut li matière invisible s'exhalant du soufre qui brûle.

2. se" propriétês. - 0n allume un morceau de soufre. Àux

qui s'en tlégagent, on exposeune violette, une rose,

lésèrement turmectées. un fait bien singulier se passe : peg à

t x|alaisons

lttendre de

Avant d'a[èr

ces deux fleurs perdent leur couleul'propre et devienlent

blo,iclres. E1 quelques instants, Cest fait : la fleur est dé-

pe]p,

colorée.

JusqueJà c'est une expérience curieuse, et pas plrrs-; rnais il

n'est rien dont on ne puiisetirer

lette décolorée peutdevenir

profit. L'amttseme't de la vio-

chose utile. Commetlçoùs,par ce qu'il

y a cleplus simpte. sur.un mouchoir blanc, sur unechentise, utre i.,che d'e fnrit ie trouve, de jus de cerise, par exemple. La tache résiste à I'eau, ru savoll 1 conrment alors la lhire disparrître ? On E

,

,41

N0TI0ws pnÉLIIIINAIRES

Dn cHtlllB.

recours à la matière aéritbrnne dégagée par le soufre quibr'ùle.

0n lllunre un peu de sorrfre; on Ie recouvre d'un corne[ de papier, que I'on a soirt de laisser largertiertt ouvert au sommet, poultervir de chenrinée; et à I'orilice de cette cheminée exha- iant les produits aér'ifolmes dtt soufre, on exPose la tache préa- lablement humectée. C'est I'affirire d'un rien de temps, la tache

disparait.

Éleoons-nous plus haut, notts trouverons de grandes opérations

industrielles fonclées sur les plopriétés du soufre qui brfrle. ll faut

blanchir la soie, la laine, les peauxpourles gants, la paillepour

les chapeaux ; il faut leur enlever lateinte naturelleroussâtre, et leur donner une belle hlancheur qui en rehausse Ie prix. Eh

bien, qui fera ce travail dêlicat? Encore la substance aériforme

du soufre, qui blanchit la laine, la soie, tout aussi facilemen[

qu'une violette. 0n pourrait bicn dire encore que cette même iubstalce sert à combattre une triste maladie, la gale, occasion-

née par un tout petit insecte parasite, qui nous laboure la peau colnme une taupe laboure le sol d'une prairie; mais c'es[ assez, chacun comprend de quelle importance pour nous peuvent être, malgré leur odeur queltluef