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Santec se situe à quelques kilomètres à l'Ouest de Saint Pol de Léon

(Coordonnées Lambert I X = 1132,40 Y = 131,50 ; Carte I.G.N. au 1/25 000 St Pol de Léon

Cette commune présente une côte très découpée dont la plus grande partie est orientée face aux vents
d'Ouest. L'îlot de Roc'h Croum se trouve devant la plage du Theven, à quelques centaines de mètres de la
côte. Dépassant de 3 à 4 m au-dessus du niveau des plus hautes mers, il reste le seul rocher ayant gardé un
plateau végétal.

La surface de cet îlot, aujourd'hui environ 1500 m², cède peu à peu aux assauts combinés de la mer et des
vents, mais aussi d'une sur-fréquentation estivale.

C'est ainsi qu'au cours des marées d'équinoxes, la micro-falaise perdant quelques mètres de profondeur,
laissait apparaître des constructions en maçonnerie de pierres sèches. Ce qui pouvait faire penser à des
fours de goémoniers était très vite reconnu par M. LE GOFF, Instituteur, demeurant à proximité, comme des
sépultures très anciennes.

Surveillant le site, au fil des jours, de nouvelles découvertes confirmaient cette hypothèse. Des ossements
humains furent même arrachés par la mer à la falaise. La destruction du site étant irréversible, une fouille
de sauvetage était décidée sur le programme F.I.A.S.

La fouille fut entreprise le 21 août 1978 pour une période de deux semaines. Ont participé à ce travail
14 bénévoles dont MM. LE PROVOST et GAUTIER, Correspondants du Directeur des Antiquités
Préhistoriques de Bretagne, ainsi que M. LE OFF, inventeur du site.
MOYENS :
Prospection
Dans un premier temps, nous avons effectué un inventaire de toutes les structures archéologiques apparaissant sur le
pourtour de l'île dans la micro-falaise. Ce nettoyage nous permettait de découvrir les restes ou les amorces de huit
sépultures. Toutes situées dans la partie Est et Sud de l'île. Le versant Nord laissait paraître les restes d'un four à augets
de la période du Fer. Nous récoltions également quelques éclats de silex dans la coupe de la falaise Ouest.

L’îlot Roc’h Croum vu de la côte à Santec

Vue aérienne ( Geoportail )


Fouilles
Ce travail terminé, nous décidions d'ouvrir une zone de
fouille par la surface, dans la partie Sud de l'île. Il nous fallait
dans le même temps entreprendre de dégager une tombe
située à l'Est dans laquelle des ossements humains
encore visibles semblaient être conservés. Les
couches de végétation enlevées, nous nous
trouvions dans une dune dont la hauteur dans la
zone fouillée variait de 0,40 à 0,80 mètre.
Interstratifié dans cette dune, nous avons découvert
un dépot de coquille de patelles. Parmi ces
coquillages, quelques grosses pointes en fer de 7 à
10 cm de longueur se trouvaient associées avec des
dents de porcs et des fragments de céramique
gauloise. La présence de ce dépôt à mi-hauteur
dans la dune ne nous a cependant pas permis de
suivre ce niveau d'occupation trop flou.

Nous avons, pour ces deux zones de travail,


décapé une surface voisine de 80m² mettant ainsi
au jour 12 tombes. Ce nombre ajouté à celui des
restes de structures de maçonnerie encore en place
dans la micro-falaise, nous autorise à inventorier 16
sépultures. Seules les douze sépultures des
décapages Est et Sud ont été fouillées

Très vite, nous avons constaté que toutes les


sépultures avaient une orientation commune. Leur
axe longitudinal étant placé Est - Sud-Est - Ouest -
Nord-Ouest. Cette orientation reconnue pour
d'autres nécropoles de cette période semble être un
impératif dans l'organisation des cimetières
préhistoriques.

Les techniques de construction employées pour


cette nécropole sont bien évidemment dictées par le
matériau disponible. Sept sépultures sont montées
en maçonnerie sèche, deux autres ont leurs parois
formées de grandes plaques de granite posées sur
chant, alors que deux caveaux paraissent avoir été
aménagés de blocs placés jointivement. Les
couvertures, quand elles étaient encore en place, se
composaient le plus souvent de plusieurs éléments.
Parfois placées jointivement, dans un autre cas se
chevauchant, elles étaient recouvertes d'un dôme de
terre argileuse très compacte.

Ce dôme de terre, d'une quarantaine de centimètres de hauteur, devait être aménagé avec l'excédent des
déblais de la fosse destinée à recevoir la sépulture. L'aspect bosselé que pouvait avoir ce site semble très
vite avoir été nivelé par un placage dunaire venu se déposer à cet endroit. Le niveau gaulois aperçu à mi-
hauteur de la dune, c'est-à-dire vingt centimètres au-dessus du sommet des dômes tend à prouver cette
hypothèse.

Le mobilier découvert dans les coffres est semblable à celui des autres tombes de ce type fouillées
précédemment. A la fois très pauvre et très rare dans les sépultures, il ne permet que peu de conclusion.
Les quelques tessons et silex retrouvés confirment bien l'appartenance de ce cimetière à la période de
l'Age de Bronze sans qu'il nous soit actuellement possible d'une plus grande précision.
Au cours de cette fouille, nous avons pu constater certains détails techniques dans l a construction qui ont
cependant leur importance. Les sépultures n°9 et n°11 sont des caveaux d'enfants ou de jeunes
adolescents. Le coffre n°10 ainsi que le n°14 sur lequel nous reviendrons surprennent par leur longueur
(2,20 mètres). La "tombe n°13" peut être une sépulture plate, la dalle couvrant juste une fosse aménagée
dans l'argile du substratum. Sous cette dalle, le décapage soigneux n'a cependant pas permis de suivre
avec certitude les contours d'une fosse, aussi nous paraît-il prudent de garder l'appellation "tombe" entre
guillemets. Seules les sépultures n°1 de la zone Sud et de la zone Est ont donné des restes d'ossements
humains.

Une machoire inférieure en très mauvais état a été découverte dans le coffre n°1 . Cette rnachoire semble
avoir appartenu à un individu de taille adulte. La partie haute du corps ayant été emportée par l a mer.
Nous nous sommes appliqués à dégager de la gangue argileuse les fémurs, tibias, péronnéss et
matétarsiens. Ce travail nous a permis de constater que le corps avait été placé sur le côté gauche, la
tête à l'Est, les jambes très légèrement fléchies. L e coffre épousait d'assez près la forme du corps, une
pierre placée devant les chevilles confirme cette impression.

Le coffre n°14, monté en maçonnerie de pierres sèches, se trouve inscrit dans un entourage de dalles
plantées sur chant. Sa position excentrée dans cette construction permet d'envisager l'hypothèse de
l'attente d'une seconde sépulture. Les dalles formant l a couronne sont de tailles variables et placées
jointivement. L'intérieur est bourré d'un lœss très compact. La tombe est couverte d'une grande dalle dont
les dimensions n'ont cependant pas été suffisantes pour couvrir toute sa longueur. Aussi a-t-on rajouté une
petite dalle sur l'extrémité Ouest-Est de ce grand caveau. L'intérieur, rempli d'un sable d'infiltration non
compact, nous a laissé voir deux poutrelles en bais. Placées longitudinalement dans le coffre, elles sont
dans la partie médiane assez bien conservées. Posées parallèlement avec un écart de 35 cm, elles
peuvent. être les restes de parois longitudinales d'un cercueil. Cet écart minime peut être expliqué par la
pression des terres de remplissage sur l'extérieur du coffre en bois, obligeant les "planches" des côtés à
fléchir sous une pression qui n'est plus compensé de l'intérieur. Le couvercle et le fond étant lors de l a
fouille non visible, on a cependant pu reconnaître sur le fond de la tombe de grandes traces noires
prouvant une décomposition de matière organique.

Ce travail qui a consisté dans un premier temps a sauver ce que l'érosion était en passe de faire
disparaître a été poursuivi par une consolidation des sépultures et du front de mer. Cependant, il sera
nécessaire de reprendre rapidement ce travail sur les secteurs non stabilisés afin d'essayer d''enrayer et
stopper si possible le processus destructeur. Cette nécropole qui présente un intérêt certain pour l a
connaissance des coutumes funéraires de la période du Bronze mérite que l'on s'y attarde encore un peu.

FINANCEMENT
Le financement à peine suffisant de cette fouille a été pris sur les crédits F.I.A.S. (3.000 F) et complété par des
subventions départementales (2.000 F). Le total des crédits a été employé à la subsistance des fouilleurs nous
imposant un régime spartiate pas toujours compatible avec un travail d'efforts.
RAPPORT SCIENTIFIQUE
SUR LA FOUILLE DE SAUVETAGE
D'UNE NECROPOLE DE TOMBES EN COFFRES
DE L'AGE DE BRONZE
SUR L' ILOT DE ROC’H CROUM
COMMUNE DE SANTEC (FINISTERE)
2ème Campagne - Août-Septembre 1979
Le sauvetage des sépultures de la nécropole entrepris en 1 97 8 sur le programme F.I.A.S. a été repris au
cours de l'été 1979 sur ce même programme. Cette opération a pour but de stabiliser la falaise de l'îlot et
consolider les sépultures menacées. C'est pourquoi nous avons continué nos explorations entreprises
l'année dernière sur la bordure Sud et Sud-Ouest de l'ilot. Dans ce secteur, nous voyons apparaître
quelques-unes des constructions en pierres sèches dans la falaise qui immanquablement finiront lors de
prochaines tempêtes sur la grève. Profitant de cette deuxième campagne, nous avons pu, en étendant
les limites de nos investigations, nous faire une idée plus précise de l'organisation et des diverses
techniques de construction employées pour l'aménagement de ce cimetière.

ORGANISATION PRATIQUE
La campagne de fouilles du 20 août au 4 septembre a été menée avec le concours de 14 bénévoles dont
M. LE PROVOST, Correspondant des Antiquités Préhistoriques de Bretagne. Le financement du chantier
a été assuré sur un crédit F.I.A.S. (7.000 F). L'hébergement de fouilleurs ayant été organisé sous tente à
proximité du site, la totalité des crédits a été utilisé à la subsistance des fouilleurs.

METHODE DE TRAVAIL
Après une constatation des modifications du contour de l'îlot qui, malgré les grandes tempêtes de juin, ne paraît
pas trop avoir cédé à la mer, nous décidons un décapage à une vingtaine de mètres à l'Ouest de la fouille de
l'an dernier. A cet endroit en effet dans la falaise, deux sépultures se devinent et une troisième laisse un mur
accroché à la coupe. Une extension du décapage de 1978 est simultanément entreprise, ceci afin de mieux
comprendre ce qui était apparu comme un muret dans le coin Ouest du sondage de 1978. Ce carré est positionné de
façon à recouper le front de taille de la fouille précédente. Ce sondage sera baptisé Zone Est alors que le
précédent portera l'indication Zone Ouest. Les formes et les dimensions des zones de fouilles sont déterminées
par le positionnement des sépultures et ne sont pas imposées à priori.
Fouilles

Zone Est
Un carré d e 5 m x 5 m est délimité. Dés les premiers coups de pioches nécessaires pour enlever l e
matelas d'herbe très dense des tessons de poterie sont découverts ainsi que des objets métalliques, très
corrodés, indéterminables. Ce tapis de quelques centimètres enlevé, nous nous trouvons sur du sable
blanc dans lequel des tessons et des éclats de silex apparaissent de temps à autre à des niveaux très
différents. La couche sableuse plus profonde danss le coin Nord-Est du carré a une épaisseur moyenne de
40 cm. Quelques pierres flottantes sont présentes dans la partie Sud. C'est également dans ce secteur
qu'apparaissent les premières "pierres sérieuses". Presque simultanément, environ 40 cm sous le sol
actuel, la dalle de couverture du caveau n°1 se dessine. Au même niveau, 2 m à l'Est de cette première
sépulture, une autre dalle signale la présence de l a tombe n°3. Le décapage est alors arrêté au niveau
de la base des couvertures des caveaux, ce qui correspond à un changement de nature du sol ; nous
sommes sur une terre argileuse de couleur marron. Les couvertures sont stratifiées dans une zone
intermédiaire claire et terreuse. Tous les tessons recueillis au-dessus de cette zone sont d'époque
gauloise et certains même plus récents. Dans la partie Sud du décapage, vingt-cinq centimètres sous le
sol actuel un ustensile métallique est découvert, il pourrait être un peigne à carder ou un peigne à
chevaux. Son état de corrosion rend l'identification malaisée. Cet objet peut être de la même période que
les tessons découverts dans la partie sableuse, sans doute époque gauloise. Toujours dans l a partie Sud
de ce carré, une construction de pierres sèches se conforme comme étant le chevet d'une tombe orientée
Ouest (tombe n°2). Les restes d'un squelette (fragments de boite cranienne, os longs des bras et jambes)
nous montrent un individu inhumé en position allongée sur le dos, la tête à l'Ouest. Les restes d'un crâne
de grande taille, aux soudures très bien fermées permettent d'y voir un individu de sexe masculin d'âge
assez avancé.

Au cours du dégagement de cette sépulture, nous avons constaté la présence de clous et de fragments
de bois protégeant ceux-ci de la corrosion. La disposition régulière de ces restes ne laisse aucun doute
sur la présence d'un cercueil. Les ossements reposent sur deux dalles placées transversalement à l'axe
longitudinal de la tombe. Ces deux dalles posées sur chant sont les parois longitudinales d'une quatrième
sépulture (tombe n°4) dont la couverture a été démontée au moment de l'aménagement de la sépulture
n°2. Cette tombe, dont la construction et l'orientation, nous apparaît comme très différentes des autres
caveaux ainsi que la position du squelette placé dans un cercueil nous amène à situer cette inhumation
postérieurement à l'ensemble de la nécropole. Les pierres nécessaires à s a construction sommaire ont
été récupérées à la tomue n°4 . Hélas aucun élément ne nous permet de dater avec précision la période de
réutilisation de cette nécropole.
Les cinq autres caveaux ne laissent aucun doute quant à leur origine. Leur orientation et leur type de
construction correspondent totalement à ceux que nous avions mis au jour lors de l a campagne de 1978
et sont donc bien de la période du Bronze. Le mobilier découvert à proximité ou dans les terres infiltrées
confirme bien cette période. Par contre nous n'avons pas constaté de dôme de terre compact sur les
sépultures enfouies dans un vieux sol jaune argileux.

Il nous a été nécessaire d'étendre notre fouille d'un mètre du Nord du caveau n°3 constatant de ce fait la
présence d'un fossé. Passant à l'extrémité de cette tombe, il suit le bord de la fouille d'Est en Ouest. Du pied
de la coupe Est, nous avons creusé un puits (0,50 x 0,5 cm) afin de voir à quel niveau se trouvait la roche en
place. Après avoir traversé une zone argileuse marron de 25 cm nous avons creusé un lœss jaune sur 55 cm
de profondeur pour arriver ensuite à une arêne granitique de 5 à 7 cm d'épaisseur. La roche saine est un granite
qui se trouve à cet endroit à 1,60 m du sol actuel et à 1,10 m du vieux sol de la période du Bronze.

Zone Ouest
C'est dans cette partie de l'îlot que trois tombes apparaissent dans la coupe de la micro-falaise ; aussi s'avérait-il
urgent d'entreprendre la fouille et la consolidation de ce secteur. Dans cette zone qui s'allonge le long de front
de mer, onze sépultures ont été mises au jour, cinq de très petite taille et six de dimensions normales. Sur cette
partie de l'île où le rocher affleure par endroit, les sépultures sont pour la plupart directement posées sur le granite.
Ici non plus nous n'avions pu constater la présence de dôme de terre compacte au-dessus des couvercles des
coffres. Les petites sépultures sont fermées par des petites dalles surchargées de blocs de pierres de natures
diverses; alors que les grands caveaux sont couverts de plusieurs dalles placées jointivement et
complétées par des adjonctions de plaques et petits blocs. Les tombes n°4 et n°5 présentent un véritable
dôme construit de blocs de petites tailles calé par une large couronne de pierres. L'orientation de ces tombes
est senseiblement constante et très proche des sépultures de la zone Est ainsi que des tombes mises au jour
lors de la campagne de 1978.

La couche de sable blanc dans laquelle de nombreux tessons de poterie ont été recueillis est dans ce secteur
de l'île la moins épaisse : sous le chevelu racinaire elle n'est profonde que d'une vingtaine de centimètres et se
trouve directement en contact d'un sol marron argileux où apparaissent les couvertures des caveaux. Dans le coin
Nord-Est du décapage nous avons découvert des ossements de fort diamètre qui ne paraissent pas être
humains. Deux fragments de poterie de type campaniforme reconnaissables à leur décor particulier et leur
galbe ont été trouvés l'un près de la tombe n°5, l'autre au Sud-Est de la tombe n°6, dans le vieux sol de
même qu'un fragment de rebord d'un vase à cordon saillant portant de petites empreintess digitales typiques de
la période du bronze.

Dans ce secteur, trois sépultures avaîent gardé des ossements humains. La tombe n°2 traversée
longitudinalement par une traînée brune livre deux os longs provenant des membres inférieurs, des dents
(molaires, incisives et canines) et le crane non récupérable est nettement visible dans le coin Nord-Ouest du
caveau. Les dimensions réduites de cette tombe et l'état des molaires qui ne présentent aucune usure
permettent de conclure à la présence d'un sujet jeune. Les ossements et leur trace blanchâtre sur le fond de la
sépulture n° 5 ne permettent aucune identification passible tant leur état de conservation est mauvais. Nous
pensons d'après la taille du caveau et les empreintes d'ossements visibles au fond de la tombe, à un adulte
couché sur le côté gauche, dans la position foetale la tête à l'Est. La tombe n°11, sans nul doute la plus
petite de toutes les sépultures découvertes sur cette nécropole nous pose un problème. En effet, s a taille
et la position anarchique des ossements dans ce coffre font penser à une inhumation secondaire, à une
réduction de corps à moins qu'on ait laissé l'individu se décarner avant de lui construire cette petite
tombe. La tombe n°3 elle aussi a perdu deux de ses côtés alors qu'une seule dalle manque à la tombe
n°4 . De la sépulture n°9 il ne restait accroché à l a falaise que la paroi longitudinale Nord construite en
maçonnerie de pierres sèches.

CONCLUSION
Les décapages des deux années successives s'étendent sur 150 m2 environ. Ces zones de fouilles ayant été
ouvertes aux endroits où le danger de la destruction par la mer se faisait le plus menaçant. Les renseignements
que nous avons tirés de ces fouilles sont précieux quant à la technique de construction, mais sont encore trop
partiels pour se faire une idée d'ensemble de l'organisation de ce cimetière. L'îlot dont la surface totale
voisine 1500 m² garde encore de nombreuses sépultures. Les orientations des sépultures ne contredisent pas les
constatations que nous avons pu faire sur d'autres sites ou pour des sépultures isolées.
Dans le cas présent, une étude systématique de ce vaste ensemble permettrait probablement d'y voir le rythme
des inhumations en fonction des saisons en tentant de mettre en parallèle l'orientation des sépultures et la
position de certains astres qui peut-être déterminaient l'axe longitudinal de chaque caveau, peut-être
comprendrions-nous mieux les raisons qui dictent les variantes dans la construction des caveaux. Les faits
tangibles que nous avons pu constater permettent de croire que nous sommes ici en présence d'une des plus
grandes nécropoles de sépultures en coffres du Bronze Armoricain.

Malgré l'absence de charbons de bois, il nous est permis au regard du mobilier découvert à l'intérieur et à
l'extérieur de tombes de situer l'utilisation de ce vaste ensemble funéraire de la première moitié de l'Age du
Bronze. Venant compléter cette hypothèse, nous avons été surpris par le volume de blocs mis en oeuvre pour la
construction de certaines tombes laissant apparaître de temps à autre une tradition mégalithique.

Sans doute seront-nous amené à intervenir de nouveau sur ce site très menacé par les tempêtes et la mer.
Seul un enrochement sérieux du pourtour de l'îlot pourrait ralentir l'érosion de cet îlot qui de toute évidence est
condamné à longue échéance.