Vous êtes sur la page 1sur 66

Conservatoire Nationale des Arts et Métiers

École Supérieure des Géomètres et Topographes

Métiers École Supérieure des Géomètres et Topographes R R E E H H A A B

RREEHHAABBIILLIITTAATTIIOONN DDEESS RREESSEEAAUUXX DDAASSSSAAIINNIISSSSEEMMEENNTT

VVIISSIITTAABBLLEESS EETT NNOONN VVIISSIITTAABBLLEESS

E T T N N O O N N V V I I S S I
E T T N N O O N N V V I I S S I

Mémoire de Fin d’Études en vue de l’obtention du diplôme d’Ingénieur Géomètre Topographe

Soutenu le 10 juillet 2000 Par Fadila YAHIAOUI

Jury :

M.

NISSE

M.

MAILLARD

RREEMMEERRCCIIEEMMEENNTTSS

Je remercie Monsieur Olivier Lopez, gérant de la société IEA, pour m’avoir intégrée dans son équipe et permis de mener à bien mon Travail de Fin d’Études.

Je remercie mon maître de stage, Pierre Alexandre GAUFILLE, qui a su organiser au mieux l’ensemble de mes activités et qui a fait en sorte que je travaille dans les meilleures conditions possibles.

Je remercie à nouveau Pierre Alexandre, ainsi que Francis, Laurent V, Pascal, pour leur disponibilité, leur conseils avisés et leur bonne humeur quotidienne.

Je tiens enfin à remercier Malika, Jean Claude, Jean Michel, Nicolas, Yann, Laurent M, Bruno, Samir, Joël, Stéphane, Daniel, Christophe, Gille, John et Mr Bosc pour leur gentillesse et leur grandes qualités humaines.

Fadila YAHIAOUI

RREESSUUMMEE

Le constat de la qualité des ouvrages d’assainissement en France est aujourd’hui sévère. Une enquête nationale réalisée en 1989, à la demande du Ministère de l’Equipement, a conclu que l’état de près de 10 % des 160 000 km d’égouts principaux nécessite des réparations. Ces chiffres, sous estimés, concernent 8 000 km de canalisations non visitables et 4 300 km de collecteurs visitables. Actuellement, les gestionnaires se trouvent trop souvent face à des réseaux qui vieillissent mal et qui, en terme d’écologie et de santé publique, peuvent avoir de lourdes conséquences.

Pour remédier aux désordres constatés, deux solutions sont possibles : le remplacement de l’ouvrage défectueux ou sa réhabilitation. Toutes deux ont leur place dans un processus de remise en état, mais on perçoit tout l’intérêt pour l’environnement urbain de développer des techniques par voie interne, réduisant ainsi au minimum les nuisances et les conséquences socio-économiques de l’ouverture de tranchées.

Les techniques de réhabilitation sont nombreuses. L’Association Générale des Hygiénistes et Techniciens Municipaux les définies comme étant « des méthodes qui permettent aux réseaux d’assainissement endommagés de remplir à nouveau et dans des conditions normales d’usage leurs fonctions de collecte et de transport des effluents ». Le choix de ces techniques s’appuie sur un diagnostic et une étude de faisabilité soigneusement menés.

Une fois le diagnostic réalisé, la technique de réhabilitation choisie, l’étude de conception et d’exécution achevée, les travaux de réhabilitation sont programmés puis exécutés. Des contrôles et suivi qualité sont alors mis en place. Le but d’une telle démarche est de garantir la pérennité du réseau d’assainissement et d’éviter d’être confronté à nouveau, au bout de seulement quelques années, à un réseau qui n’assure toujours pas sa fonction de base.

SSOOMMMMAAIIRREE

IINNTTRROODDUUCCTTIIOONN

PPRREEMMIIEERREE PPAARRTTIIEE :: AAUUSSCCUULLTTAATTIIOONN EETT DDIIAAGGNNOOSSTTIICC

1. TENUE DANS LE TEMPS DES RÉSEAUX D’ASSAINISSEMENT

9

1.1.

CONSTAT DE LA QUALITÉ DES OUVRAGES ET CONSÉQUENCES DE LA NON QUALITÉ : DÉFINITION DE LA

PROBLÉMATIQUE

9

1.1.1. Constat de la non qualité

9

1.1.2. Conséquences de cette non qualité

10

1.2. HIÉRARCHISATION DES RISQUES AUXQUELS LES COLLECTEURS SONT SOUMIS

10

1.3. L’ÉTUDE DIAGNOSTIC

12

2. L’AUSCULTATION DES RÉSEAUX D’ASSAINISSEMENT

13

2.1.

AUSCULTATION VISUELLE

13

2.1.1. Objectifs

13

2.1.2. Inspection visuelle et inspection télévisée

13

2.2. AUSCULTATION GÉOMÉTRIQUE

14

2.3. AUSCULTATION GÉOTECHNIQUE

15

2.4. AUSCULTATION MÉCANIQUE

17

2.5. AUTRES TESTS

18

3. DIAGNOSTIC ET PRÉCONISATIONS

19

3.1. LE DIAGNOSTIC

19

3.2. EXEMPLE DUN DIAGNOSTIC RÉALISÉ EN MARS 2000

20

3.3. DOCUMENT DE PRÉCONISATIONS DES TRAVAUX

23

3.3.1. Rapport de présentation

23

3.3.2. L’A.P.S. (proprement dit)

23

DDEEUUXXIIÈÈMMEE PPAARRTTIIEE :: LLEESS TTEECCHHNNIIQQUUEESS DDEE RRÉÉHHAABBIILLIITTAATTIIOONN DDEESS RRÉÉSSEEAAUUXX DDAASSSSAAIINNIISSSSEEMMEENNTT

1. LES TECHNIQUES DE RÉHABILITATION : GÉNÉRALITÉS

26

1.1.

RÉHABILITATION ET REMPLACEMENT

26

1.1.1. Définition

26

1.1.2. Objectifs des travaux de réhabilitation

26

1.1.3. Réhabilitation ou remplacement par tranchée à ciel ouvert ?

26

1.2.

CLASSEMENT DES TECHNIQUES DE RÉHABILITATION

27

1.2.1. Classement en fonction de critères techniques

27

1.2.2. Classement selon la norme européenne n° EN 155 W1 209

28

1.3.

TRAVAUX PRÉALABLES À TOUTE RÉHABILITATION

29

1.3.1. Travaux préparatoires

29

1.3.2. Travaux annexes

29

2. TECHNIQUES POUR LES COLLECTEURS NON VISITABLES

30

2.1.

ROBOTS MULTIFONCTIONS

30

2.1.1. Domaine d’utilisation

30

2.1.2. Mise en œuvre

30

2.2.

INJECTIONS PONCTUELLES DÉTANCHEMENT

31

2.2.1.

Domaine d’utilisation

31

 

2.2.2. Composants

31

2.2.3. Mise en œuvre

32

2.3.

LA MANCHETTE OU CHEMISAGE PARTIEL

32

2.3.1. Domaine d’utilisation

32

2.3.2. Composants

33

2.3.3. Dimensionnement

33

2.3.4. Mise en œuvre

33

2.4.

LE CHEMISAGE CONTINU

34

2.4.1. Domaine d’utilisation

34

2.4.2. Composants

34

2.4.3. Dimensionnement

35

2.4.4. Mise en œuvre

35

2.4.5. Limites techniques du chemisage continu

36

2.5.

LE TUBAGE

38

2.5.1. Domaine d’utilisation

38

2.5.2. Composants

38

2.5.3. Mise en œuvre

38

2.6.

LES TECHNIQUES DESTRUCTIVES

39

2.6.1. Microtunnelier « mange tube »

40

2.6.2. L’éclate tuyau

40

3.

TECHNIQUES POUR LES COLLECTEURS VISITABLES

41

3.1. RISQUES ET MESURES DE PRÉVENTION

41

3.2. TECHNIQUES DE RÉHABILITATION

42

3.2.1. Reprise en traditionnel

42

3.2.2. Injections

42

3.2.3. Projection à la lance de béton, mortier ou résines

43

3.2.4. Pose de coques préfabriquées

44

3.3.

TABLEAU RÉCAPITULATIF : OUVRAGES VISITABLES OU NON

44

TTRROOIISSIIÈÈMMEE PPAARRTTIIEE :: CCOONNTTRRÔÔLLEESS QQUUAALLIITTÉÉ

1. CONTRÔLES : GÉNÉRALITÉS

47

 

1.1. CONTRÔLES ET LÉGISLATION

47

1.2. CONTRÔLES INTÉRIEURS /EXTÉRIEURS

47

1.2.1. Définitions

47

1.2.2. Organigramme des contrôles

48

1.3.

LES AGENCES DE L’EAU (A.E.)

48

1.3.1. Création des

48

1.3.2. Rôle des A.E

49

1.3.3. Financement et participation financière des

49

1.4.

L’AGENCE DE L’EAU SEINE-NORMANDIE (A.E.S.N.)

49

1.4.1. Le VII ème programme de l’A.E.S.N

49

1.4.2. Les recommandations de

49

2. CONTRÔLE INTÉRIEUR / CONTRÔLE EXTÉRIEUR

50

 

2.1.

CONTRÔLE INTÉRIEUR

50

2.1.1. Le Plan d’Assurance Qualité (P.A.Q.)

50

2.1.2. L’autocontrôle

50

2.2.

CONTRÔLE EXTÉRIEUR

51

2.2.1. L’organisme de contrôle

51

2.2.2. Contrôles d’exécution et contrôles préalables à la réception

52

2.2.3. Exemple d’une procédure type

52

2.3.

CONTRÔLES PRÉCONISÉS PAR L’AGHTM

54

3. LES ESSAIS ET CONTRÔLES DE RÉCEPTIONS

56

3.1.

CONTRÔLE DE COMPACTAGE

56

3.1.1. Objectifs de densification

56

3.1.2. Mise en œuvre du test de compactage

57

3.1.3. Outils de mesure

57

3.1.4. Mesures et exploitations des résultats

58

3.1.5. Réstitution des contrôles du compactage

58

3.2.

CONTRÔLE DÉTANCHÉITÉ

59

3.2.1. Mise en œuvre du test d’étanchéité

59

3.2.2. Protocoles des épreuves d’étanchéité

60

3.2.3. Restitution des contrôles d’étanchéité

60

3.3.

INSPECTION TÉLÉVISÉE

61

3.3.1. Principe de l’inspection télévisée

61

3.3.2. Protocole opératoire

62

3.3.3. Restitution de l’inspection télévisée

62

3.4.

AUTRES ESSAIS

63

CCOONNCCLLUUSSIIOONN

BBIIBBLLIIOOGGRRAAPPHHIIEE

SSIITTEESS WWEEBB

AANNNNEEXXEESS

ANNEXE 1 : Glossaire des défauts - Ouvrages visitables et non visitables. ANNEXE 2 : Essais Géoradar, Mac, Dynarad. ANNEXE 3 : Entreprises de réhabilita tion des réseaux d’assainissement en France. ANNEXE 4 : Calcul hydraulique après chemisage. ANNEXE 5 : Extrait de l’Arrêté du 22 décembre 1994 du Ministère de l’Équipement. ANNEXE 6 : Recommandations de l’A.E.S.N. pour la réalisation des contrôles préalabl es à la réception des travaux de réhabilitation. ANNEXE 7 : Contrôle et suivi qualité pendant travaux, collecteur U 200 ¥ 105, Nanterre (mai 2000). ANNEXE 8 : Contrôle de compactage. ANNEXE 9 : Épreuve d’étanchéité. ANNEXE 10 : Déroulement général d’une o pération de réhabilitation.

IINNTTRROODDUUCCTTIIOONN

Installée à Villeneuve-la-Garenne (92), la société IEA (Ingénierie Études Assistance), est un bureau d’études qui présente quatre pôles d’activités : Informatique, Ge stion Technique Centralisée, Coordination Sécurité et Protection de la Santé, Voirie et Réseaux Divers.

L’activité VRD propose des études de voirie (études de routes en zone urbaine, aménagements de ronds-points, études de circulations douces) ainsi que des études d’assainissement (diagnostic et préconisations pour la réhabilitation des réseaux d’assainissement).

C’est dans le cadre de ce second type d’activités qu’intervient mon Travail de Fin d’Études. Parallèlement à ma participation aux études d’assainissement, il m’a été demandé de faire une mise au point sur les diverses techniques de réhabilitation présentes actuellement sur le marché. Le choix d’une technique s’appuie en amont sur une étude diagnostic, et impose en aval la définition des contrôles et suivi qualité pendant travaux. Ainsi, mon mémoire, réalisé sur la base de ce fil conducteur, présente les trois parties suivantes : « auscultation et diagnostic », « techniques de réhabilitation », « Contrôles qualité ».

De plus, il repose sur les « Recommandations pour la réhabilitation des réseaux d’assainissement » de l’Association Générale des Hygiénistes et Techniciens Municipaux (A.G.H.T.M.). Cet ouvrage est en effet incontournable dans le petit monde de la réhabilitation.

Plus qu’un inventaire de techniques, ce mémoire se veut avant tout pratique. Pour cela, il s’appuie sur des études de réhabilitation menées pendant la période janvier/juin 2000 pour le compte du Département des Hauts-de-Seine et de la SEVESC, ainsi que sur des rencontres avec des professionnels de la réhabilitation : à cet effet je tiens à remercier M. Bergue du Ministère de l’Équipement, M. Maronne du service MAC de la SAGEP, les sociétés Valentin, Télérep, Insituform, Réhau et Solétanche Bachy.

PPRREEMMIIEERREE PPAARRTTIIEE AAUUSSCCUULLTTAATTIIOONN EETT DDIIAAGGNNOOSSTTIICC

« Depuis le début des années 1980, des efforts très significatifs ont été accomplis pour apprécier les conditions de fonctionnement des réseaux d’assainissement. Si d’importants progrès dans leur conception et leur construction sont intervenus, un effort identique n’a pas été consenti pour appréhender les problèmes que pose leur vieillissement. Jusqu’à récemment, on ne connaissait même qu’approximativement l’état du patrimoine, voire sa consistance et son âge. En 1989, une enquête nationale réalisée à la demande du Ministère de l’Equipement a permis de recueillir un grand nombre d’informations à ce sujet et d’évaluer, en particulier, que l’état de près de 10 % des 160 000 km d’égouts principaux nécessitait des réparations (8 000 km de canalisations non visitables et 4 300 km de collecteurs visitables). Ce taux, résultat d’une extrapolation, apparaît d’ailleurs sous estimé quand on le rapproche des 22 % annoncés par les gestionnaires allemands après auscultation de 63 % de leurs réseaux.

Si des ouvrages souterrains se laissent, par nature, facilement oublier, le constat de leurs insuffisances et des conséquences directes ou indirectes de leur dégradation vient rappeler les gestionnaires à leur devoir. En effet, les défaillances des réseaux, quelles que soient leurs motifs, ont des conséquences économiques et/ou écologiques souvent fâcheuses, pouvant remettre en cause l’objectif de l’assainissement urbain, la protection de la santé publique et de l’environnement… »

Jean-Michel Bergue, chargé de mission à la Drast du ministère de l’équipement, directeur du projet national Rérau.

Dans cet article paru dans le magazine Synergie Environnement 1 , Jean-Michel Bergue, directeur du projet national Rérau ( habilitation des Réseaux d’Assainissement Urbains) nous dresse un portrait peu flatteur de l’état actuel des réseaux d’assainissement en France. Par ces quelques lignes extraites de son article « Réseaux : réhabiliter sans fouiller », il insiste également sur les co nséquences écologiques et de santé publique qu’implique la non qualité de ces réseaux. Pour sauvegarder les réseaux d’assainissement, plusieurs techniques sont aujourd’hui disponibles, mais encore faut-il pouvoir appuyer son choix sur un diagnostic et une étude de faisabilité soigneusement menés. Ceci passe incontestablement par une bonne connaissance de l’état des réseaux d’assainissement.

1. TENUE DANS LE TEMPS DES RESEAUX DASSAINISSEMENT

1.1. Constat de la qualité des ouvrages et conséquences de la non qualité : définition de la problématique

1.1.1. Constat de la non qualité

Le constat de la qualité des ouvrages d’assainissement est aujourd’hui sévère. Les gestionnaires se trouvent trop souvent face à des réseaux qui vieillissent mal du fait dès le départ :

ß d’une étude de conception insuffisante (sous dimensionnement, pentes et profondeurs insuffisantes),

ß d’un choix de matériaux inadapté,

ß d’une mauvaise qualité de pose (défauts de pente, d’étanchéité, de choix des matériaux de remblaiement, de la confection du lit de pose, du compactage… ).

De même, la tenue dans le temps de ces réseaux est compromise par des surcharges anormales de trafic routier, par des flaches, mises en charge et obstructions diverses qui perturbent l’écoulement, par une étanchéité défectueuse, un manque d’entretien, de mauvaises conditions d’exploitation…

1 Synergie environnement, numéro 10 : « Assainissement, la reconq uête de l’eau », Hiver 1996-1997.

A titre d’exemple, une étude menée par le bassin Rhin-Meuse sur un échantillon de 5500 tests

d’étanchéité au cours de la période 1983/1993, a montré que 23 % des canalisations posées ne sont pas étanches lors du premier essai d’étanchéité, et que les désordres rencontrés résultent pour 80 % des conditions de pose et pour 20 % de défauts de matériaux.

Ces mauvais résultats sont confirmés par les conclusions d’une enquête nationale réalisée en 1989 qui nous annonce que près de 10 % des 160 000 km d’égouts principaux français nécessitent des réparations.

1.1.2. Conséquences de cette non qualité

L’assainissement consiste à assurer l’évacuation des eaux usées et pluviales, ainsi que leur rejet dans les exutoires naturels, après traitements compatibles avec les exigences de santé publique et de l’environnement.

La fonction de base d’un collecteur consiste donc

ß en la collecte des eaux usées et pluviales sans fuite d’effluents dans les nappes aquifères, ni admission d’eaux claires parasites (eaux non polluées provenant des sources , rivières, nappes… et pénétrant accidentellement ou volontairement dans le réseau alors qu’elles pourraient être dirigées vers le milieu naturel),

ß en l’acheminement du débit de référence vers la station d’épuration sans déversement au milieu, au moins en période de temps sec.

Des dysfonctionnements dans le réseau ont ainsi comme conséquences directes

:

:

ß

une introduction d’eaux claires parasites (infiltrations),

ß

une diminution des capacités hydrauliques des canalisations,

ß

des surverses de temps sec,

ß

des rejets diffus dans le milieu naturel (exfiltrations),

ß

des perturbations du fonctionnement des stations d’épuration.

Il

est donc nécessaire de procéder à la remise en état des canalisations sous peine de les voir

incapables de remplir leur rôle.

1.2. Hiérarchisation des risques auxquels les collecteurs sont soumis

Le tableau suivant, qui propose une hiérarchisation des risques, a été réalisé à partir du manuel « Méthodologie de programmation de réhabilitation des collecteurs visitables » du projet Rérau (février 1998). Certes il concerne les ouvrages visitables, mais il est tout aussi valable pour les ouvrages non visitables.

Classe de risques

Risques

Définitions

1. Risques liés au terrain

(risques géotechniques et hydrogéologiques)

1.1. Entraînement de fines

L’écoulement de l’eau dans un sable fin entraîne les éléments de sol. Le sol encaissant est alors fortement remanié et décomprimé par les forces hydrauliques.

1.2. Tassement

Les tassements sont la conséquence :

de la surcharge du sol par le collecteur visitable ; sont concernés les sols particulièrement compressibles,

-

-

d’un remaniement du sol (ouverture d’une fouille).

ƒ

 

1.3.

Dissolution

La dissolution (gypse, sel) peut conduire à la formation de cavités ou de karsts plus ou moins importants qui sont à l’origine de risques d’affaissements ou d’effondrements. Le risque est réel lorsque le sol soluble baigne dans une nappe ou lorsque la canalisation présente des fuites.

1.

1.4.

Effondrement de vides

L’existence d’un vide entraîne des mouvements dans le sol sous-jacents et des efforts (cisaillement, flexion) sur le collecteur. Le risque est d’autant plus grand que le collecteur est proche du vide et que celui-ci est important.

Risques liés au terrain (risques géotechniques et hydrogéologiques)

1.5.

Gonflement-retrait

Un collecteur qui se trouve dans une argile (ou marnes) soumise à des cycles gonflement-retrait par suite des fluctuations du niveau d’une nappe, subit en général des désordres importants.

1.6.

Glissement de terrain

Il résulte de la rupture d’un massif. Les facteurs de prédisposition sont la pente topographique, la nature géologique des terrains, la structure des couches.

1.7.

Eboulement rocheux

Ce risque se présente surtout pour un ouvrage situé en crête de falaise, risquant d’être entraîné par la rupture de celle-ci.

2.

2.1.

Action mécanique et physico-chimique de l’effluent

La corrosion et l’abrasion conduisent à une érosion partielle de l’ouvrage avec plusieurs conséquences : perte de résistance mécanique et perte d’étanchéité.

Risques liés à l’effluent (risques hydrauliques)

2.2.

Action hydraulique

Lors de crues ou de taux de remplissage inhabituels, l’ouvrage peut subir des charges hydrauliques pour lesquelles il n’a pas été conçu.

 

3.1.

Charges statiques et dynamiques

Un collecteur est d’autant plus sensible aux charges dynamiques qu’il est plus proche de la surface, et aux charges statiques qu’il en est plus éloigné.

3.

Risques liés à l’ouvrage (risques structurels)

3.2.

Maintenance

La négligence en matière d’entretien constitue un facteur de risque aggravant.

3.3.

Construction

Une mauvaise conception et des mauvaises conditions de mise en œ uvre constituent un facteur de risque aggravant.

 

4.1.

Situation stratégique dans le système d’assainissement

La surveillance d’un collecteur doit être d’autant plus assidue que son emplacement est stratégique, c’est-à-dire proche d’une zone sensible (zone d’inondations, espaces naturels ou de cultures, rivière, nappe… ).

4.2.

Situation par rapport à d’autres réseaux

La défaillance d’un réseau peut entraîner des désordres graves (inondations, affouillements… ) susceptibles d’engendrer des risques sur d’autres réseaux proches (gaz, eau potable, électricité… ).

4.

Risques liés au milieu

environnant et au fonctionnement du réseau d'assainissement (risques d’impact)

 

4.3.

Interaction avec les usages de surface

Ce risque concerne les dégâts corporels, matériels et financiers engendrés par le dysfonctionnement du collecteur.

 

4.4.

Modification des usages de surface

La variation des charges réparties en surface (trafic routier ou ferroviaire, constructions, remblais… ) peut entraîner un changement de comportement du collecteur par rapport aux conditions initiales de réalisation.

4.5.

Interaction avec le bâti

Les immeubles de plus de quatre étages, les parkings souterrains, les galeries… construits à proximité d’un collecteur, peuvent engendrer la modification de l’état d’équilibre du complexe sol/structure.

1.3. L’étude diagnostic

L’étude diagnostic peut être préventive ou consécutive au constat d’un dysfonctionnement. Elle a pour but de déceler les anomalies, les analyser et les interpréter pour ensuite les maîtriser et les supprimer. Elle doit donc détailler les origines des problèmes observés. Le diagnostic est un préalable obligatoire à tous travaux de réhabilitation. Pour permettre de l’établir, de nombreuses informations doivent tout d’abord être réunies. En effet, plus les renseignements à disposition seront nombreux et précis, plus le diagnostic pourra être fiable. Sont ainsi nécessaires :

ß Un historique du réseau :

- contexte géologique,

- condition de la construction de l’ouvrage,

- interventions et réparations réalisées depuis la mise en service de l’ouvrage.

ß La description des contraintes du site :

- encombrement en surface et sous sol (concessionnaires… ),

- contraintes de circulation…

ß La nature des éléments constitutifs du réseau : canalisation, regards, branchements…

ß Les détails sur la géométrie de l’ouvrage : vue en plan, profil longitudinal, profil transversal…

ß Un état détaillé du réseau qui passe par la connaissance de ses pathologies et qui consiste en différentes études :

Étude de l’intrados par une inspection visuelle ou télévisée afin de déceler les défauts structurels et/ou fonctionnels (hydraulicité et étanchéité) du réseau.

Étude de l’extrados : il s’agit de l’étude de l’environnement proche de la canalisation, le comportement des terrains pouvant influer sur le comportement de l’ouvrage en place ; elle consiste en une étude géotechnique qui passe par des contrôles de l’état de l’enrobage et du remblai directement au contact des éléments du réseau, afin de déceler les vides, les zones d’affaissement, les zones décomprimées, la présence ou non d’une nappe phréatique… . Cette étude de l’extrados vaut essentiellement pour les réseaux visitables car les enjeux en terme de stabilité sont bien plus importants que pour les réseaux de petits diamètres.

Étude des actions physico-chimiques pour déterminer les caractéristiques des effluents (température, composition chimique, pouvoir abrasif… ).

Étude des débits par la réalisation d’un bilan hydraulique ; celui-ci a pour but de q uantifier l’excédent du aux eaux claires parasites et le déficit d’apport en eaux usées, ainsi que de rechercher les origines de ces anomalies.

Pour obtenir ces diverses informations, une auscultation de l’ouvrage et de son environnement s’impose. Une enquête préliminaire de terrain est alors indispensable. Il est en effet conseillé de consacrer au moins une journée à une visite sur les lieux, de s’entretenir avec les gestionnaires du réseau afin de se rendre compte des conditions de travail et de l’amplitude des problèmes. Il est également très utile de soulever les tampons pour juger de l’état réel d’entretien (et parfois d’abandon) du réseau, pour prévoir les opérations d’hydrocurage et de pompage, ainsi que pour se rendre compte des difficultés que l’on risque de rencontrer lors de l’installation des appareils de mesure.

2. L’AUSCULTATION DES RESEAUX DASSAINISSEMENT

Le choix des techniques de réhabilitation se fait sur la base d’une bonne connaissance de l’origine des dégradations. Afin d’établir un diagnostic de l’état physique de l’ouvrage, les observations et mesures d’auscultation sont réalisées à l’aide de techniques et avec des outils qui diffèrent selon qu’il s’agisse d’ouvrages visitables ou non. Ces techniques d’auscultation de la structure, des interfaces et de l’environnement, peuvent être regroupées en quatre familles : visuelle, géométrique, géotechnique et mécanique (pour les réseaux visitables). A ces quatre familles, s’ajoutent d’autres tests qui nous renseignent sur l’étanchéité, les débits, la conformité des branchements… Dans tous les cas, les objectifs de l’auscultation doivent toujours être définis.

2.1. Auscultation visuelle

2.1.1. Objectifs

L’observation et le relevé de l’état intérieur des ouvrages sont réalisés directement par un personnel spécialisé, ou indirectement par enregistrement sur bande vidéo à l’aide d’une caméra. Ces inspections visuelles ou télévisées permettent de dresser l’état du fonctionnement et de la structure de l’ouvrage. Les désordres et dégradations apparents doivent être localisés (en distance par rapport à un point origine), qualifiés (nature du défaut) et quantifiés (forme, orientation). Ces inspections visuelles et télévisées conditionnent la réalisation d’autres mesures d’auscultation. Observations et constats nécessitent l’usage d’un vocabulaire précis et commun, ce qui explique la mise en place de lexiques inventoriant les définitions usuelles des principales dégradations et ce, qu’il s’agisse de réseaux visitables ou non visitables (ANNEXE 1).

2.1.2. Inspection visuelle et inspection télévisée

Le curage préalable des canalisations conditionne l’efficacité de l’inspection. Compte tenu du défaut d’entretien de certains réseaux d’assainissement, il faudra souvent 2 ou 3 passages d’hydrocureuse, parfois combinés avec un pompage, pour obtenir un état de propreté suffisant.

ÿ Inspection visuelle des ouvrages visitables

L’inspection est réalisée par un technicien spécialisé du gestionnaire ou d’un bureau d’étude. Les anomalies décelées sont repérées en coordonnées linéaires et en altitude par rapport au radier, et ce par longueur unitaire de 5 m maximum appelée section. L’inspection visuelle permet d’établir un prédiagnostic qui conclut :

ß soit à la préconisation de travaux urgents à titre de mesures conservatoires,

ß soit à la nécessité d’évaluer des paramètres bien définis, dans des zones déterminée, à l’aide d’outils adaptés (essais radar, essais mécaniques in situ … ) ; ces investigations complémentaires aboutissent alors à un diagnostic,

ß soit à la mise sous surveillance de l’ouvrage qui consiste à évaluer périodiquement l’évolution des dégradations observées.

ÿ Inspection télévisée (ITV) des ouvrages non visitables 2

L’inspection télévisée est un outil particulièrement adapté aux réseaux non visitables. Dans le cadre de l’étude diagnostic, elle permet de vérifier l’état et le fonctionnement de l’ouvrage en service.

2 Le protocole de mise en œ uvre de l’inspection télévisée et la restitution des résultats sont décrits au chapitre 3.3. de la troisième partie intitulée « Contrôles qualité ».

Les principaux défauts diagnostiqués par l’ITV (défauts structurels et/ou défauts fonctionnels d’étanchéité et d’hydraulicité) sont les suivants :

ß dépôts sur le radier (sable, résidus de béton),

ß dépôts à hauteur du fil d’eau (en général des graisses),

ß dépôts sur les parois en voûte (trace de mise en charge),

ß variations de pentes matérialisées par la stagnation de l’eau ou variation du taux de remplissage (flaches),

ß mises en charge partielles ou totales,

ß fissures transversales et longitudinales, casses,

ß absence de joints de butée,

ß décalages, déboîtements,

ß ovalisation avec ou sans effondrement,

ß trous de poinçonnement et corrosion,

ß branchements pénétrants, racines.

Sauf défauts graves tels que grosses fissures, effondrements, casses, déboîtements et piquages grossièrement réalisés, il est difficile de conclure au défaut d’étanchéité de la canalisation. En effet, de minces fissures transversales, l’absence de joints de butée… n’empêchent pas forcément des canalisations de rester étanches. Cependant, dans le cas où le collecteur est situé dans une nappe ou dans un environnement humide, l’ITV pourra éventuellement permettre de localiser toute trace d’infiltration : l’expérience de l’opérateur prend ici toute son importance. De plus, sauf équipement spécial (capteur d’orientation et inclinomètre greffés à la caméra), il est impossible de dire si les déviations angulaires en plan n’ont pas atteint une valeur critique et si les pentes longitudinales sont bien conformes. De même, le degré d’ovalisation n’est mesurable que si une mire est installée sur la caméra.

2.2. Auscultation géométrique

Les techniques sont très nombreuses. Les mesures les plus courantes sont réalisées à l’aide d’inclinomètre, de gyroscope, de tachéomètre. Sont également utilisés au cas par cas, le sonar, le profilomètre… Nous ne ferons ici qu’un bref inventaire de ce qui est actuellement pratiqué.

ÿ Inclinomètre (ouvrage non visitable de diamètre supérieur à 250 mm)

Bien que très peu pratiqué, le relevé des pentes apporte des renseignements intéressants sur les défauts de pose et sur les mouvements du sol encaissant. L’inclinomètre permet de réaliser un profil en long de la canalisation. Il mesure en continu (moyenne glissante) ou point par point la pente entre deux regards d’accès, grâce à un capteur d’inclinaison qui est embarqué sur une caméra d’inspection vidéo ; le déplacement de l’inclinomètre doit se faire parallèlement à l’axe de la canalisation. De plus, la distance parcourue est évaluée électroniquement, ce qui permet ainsi d’établir automatiquement le profil en long.

ÿ Capteur d’orientation (ouvrage non visitable de diamètre supérieur à 100 mm)

Des mesures de déviation angulaires complètent utilement les relevés de pentes. C’est là le but du capteur d’orientation qui permet d’établir la vue en plan de la canalisation. Son principe consiste en la mesure point par point de la variation angulaire et de la longueur de la canalisation. Un gyroscope miniature est embarqué sur le chariot d’ITV. Son déplacement est parallèle à l’axe de la canalisation. Les résultats prennent la forme d’une courbe caractérisant l’orientation de la canalisation dans le plan horizontal. Le capteur d’orientation s’utilise en complément de l’ITV et de l’inclinomètre.

ÿ Relevé topographique (ouvrage visitable ou non)

Le levé (tachéomètre) en trois dimensions des points d’accessibilité du réseau (regards d’accès) permet de connaître la position en plan et en altitude des canalisations et des branchements. Une vue en plan du réseau et son profil en long sont ensuite réalisés. L’inconvénient est que les pentes et déviations angulaires sont données entre regards (pente moyenne) ; donc par un tel procédé, nous ne di sposons pas des variations ponctuelles de pente.

ÿ Sonar (ouvrage visitable ou non)

Utilisé dans les ouvrages immergés et semi-immergés de 150 à 4000 mm, le sonar permet de localiser et visualiser les défauts géométriques et les zones d’entartrage et de sédimentation. Les outils consistent en un laboratoire d’acquisition sonar de surface et en transducteurs étanches (émetteur/récepteur de quelques MHz) embarqués sur un chariot motorisé. Une onde acoustique est émise vers les parois internes et immergées de la canalisation sur lesquelles elle se réfléchit. La mesure est réalisée en continue le long des profils transversaux. Le sonar génère alors sur un écran vidéo une image de la partie immergée de l’ouvrage : la section et les défauts géométriques peuvent être dimensionnés. Les résultats se présentent sous forme de profils transversaux positionnés en fonction du déplacement du chariot.

Contraintes de mise en œ uvre :

ß la présence d’eau dans la section étudiée est indispensable,

ß le transducteur doit être stationnaire pendant l’acquisition du profil,

ß la longueur de l’ouvrage doit être inférieur à 300 m,

ß le choix de la fréquence des transducteurs est fonction des dimensions de l’ouvrage.

2.3. Auscultation géotechnique

L’auscultation géotechnique correspond aux plus récentes préoccupations concernant la mise en place et le contrôle des réseaux d’assainissement. Le développement des techniques sans tranchées et des procédés de réhabilitation rend encore plus impérative et d’actualité la nécessité de savoir ce qui se passe autour des canalisations, du moins dans leur environnement immédiat. L’objectif poursuivi se limite à ausculter seulement l’environnement proche qui paraît capable de réagir rapidement sur l’ouvrage enterré ; il ne sera pas tenu compte des mouveme nts géotechniques d’ensemble du site (glissement de terrain, fontis… ).

ÿ Géoradar (ouvrage visitable ou non)

Objectifs

L’auscultation géoradar permet de caractériser la structure de l’ouvrage, la nature de l’encaissant, ainsi

que la qualité des interfaces. Sont ainsi détectés les désordres suivants

ß cavités et poches d’eau,

ß zones d’entraînement de fines et sols décomprimés,

ß géométrie de l’encaissant, suivi d’interface,

ß présence d’armatures, contrôle des emboîtements.

:

Principe Le géoradar travaille sur des fréquences de quelques centaines de MHz à 1 GHz (le choix de la fréquence dépend des dimensions de l’ouvrage). En traversant le sol, une partie de l’énergie est absorbée, une autre partie est réfléchie soit sur des obstacles (points durs), soit sur des interfaces entre deux milieux de caractéristiques électriques différentes ; le pouvoir de pénétration et la vitesse de propagation varient suivant les milieux. Un gradient progressif n’est pas détecté à priori ; seules le sont les discontinuités.

Le signal électromagnétique est émis sous forme de brèves impulsions (tirs de quelques nanosecondes), soit quelques dizaines ou centaines de tirs par mètre de canalisation auscultée. En balayage continu, on obtient des radargrammes dans lesquels les ordonnées sont proportionnelles aux temps aller-retour. L’antenne émettant dans un cône de 60 à 90°, les interfaces apparaissent délimitées par des arcs d’hyperboles, les obstacles sont donc déformés. La technique de la couverture double (2 couples émetteur-récepteur) est préférable à une couverture simple (1 couple émetteur-récepteur). Cependant, elle exige un traitement informatique qui la rend bien plus coûteuse.

Mise en œ uvre La mise en œ uvre est non destructive. Chaque étude débute par l’adaptation des paramètres aux conditions physiques du site (choix des antennes, de la fréquence… ). En outre, la canalisation doit être de préférence auscultée à sec car la présence d’eau diminue sensiblement la portée des ondes électromagnétiques et complique l’interprétation des radargrammes (ANNEXE 2).

ÿ Sonde gamma

Le diagnostic gamma-gamma consiste en l’émission de photons gamma (source césium) vers le sol, cette émission pouvant se faire suivant un tour complet ou suivant une génératrice. Ces photons gamma rentrent en collision avec les atomes des divers éléments présents dans le sol environnant de la canalisation. Sous l’effet du choc entre les photons gamma incidents et les électrons périphériques des atomes, les photons gamma sont déviés de leur trajectoire initiale (effet COMPTON) et sont rétro- diffusés vers les détecteurs de la sonde émettrice. Les sondes, tractées à l’intérieur de la canalisation ( 50 mm, longueur de 1,5 à 2m), sont équipées de deux détecteurs : un détecteur à faible portée situé à 15-20 cm de la source et un détecteur à longue portée situé à 30-40 cm de la source. La paroi de la canalisation influence surtout le détecteur à faible portée tandis que la nature du sol influence préférentiellement le détecteur à grande portée. Pour connaître la densité exacte des terrains traversés, les sondes sont étalonnées. Les densités sont d’autant mieux mesurables que :

ß le tuyau est moins épais,

ß la source est puissante,

ß la sonde est proche de la paroi,

ß la sonde est focalisée suivant une génératrice,

ß l’anomalie se rapproche de deux conditions extrêmes (soit un vide, soit un point dur… ).

Pour un même diamètre, le fibro-ciment est plus facilement traversé que le grès qui est lui même plus transparent aux rayons gamma que le béton.

ÿ Impédance mécanique

L’essai d’impédance mécanique a pour but de :

ß mesurer les caractéristiques mécaniques de la structure,

ß apprécier les caractéristiques et l’état du sol environnant,

ß vérifier les conditions de liaison du conduit avec le sol (interface sol/structure),

ß localiser et qualifier les désordres dans le conduit ou dans son environnement.

Il s’agit d’un essai dynamique qui consiste à transmettre une vibration à une structure dont on veut étudier le mouvement. Chaque vibration (ou mode de vibration) est mesurée et enregistrée. Le dispositif d’essai est composé de deux éléments distincts ; le premier est destiné à produire et mesurer une force, le second à mesurer le mouvement induit. Les différentes fonctions calculées en un point de la structure permettent d’extraire la signature d’un défaut ou d’une anomalie caractérisé par un modèle de propagation d’ondes ou simplement par un calage in situ. Le résultat peut ensuite être cartographié pour l’ensemble de la structure. Cet essai impose que la canalisation soit propre. De plus, un bon étalonnage facilite l’interprétation et en augmente la fiabilité.

ÿ Mesures électriques en courant quasi-continu

L’objectif de ces mesures est de :

ß localiser et détecter les désordres affectant la structure et les terrains encaissants (fissures, vides… ),

ß étudier le radier noyé des ouvrages et des canalisations non métalliques et non isolantes,

ß étudier la variation de nature et/ou d’état des matériaux.

Le principe consiste à injecter vers le sol un courant (continu ou alternatif) par deux points de contact et à enregistrer les différences de potentiel entre deux autres électrodes de mesure. Le dispositif se compose donc de quatre électrodes (émetteurs/récepteurs) et d’un poste de mesure dont le déplacement s’effectue à l’aide d’un chariot, d’un treuil ou d’un jonc. La tension électrique maximale est de 12, 24 ou 35 volts selon le modèle : il n’y a donc aucun risque d’électrocution ou d’explosion.

2.4. Auscultation mécanique

Les conduits et le sol sont en équilibre instable permanent : ils interagissent. A titre d’e xemple, un déblai de 20 cm peut provoquer des fissures, voire un effondrement ; le sol en effet soutient la structure. Des essais de vérinage interne, tels les essais Mac et Dynarad (ANNEXE 2) du service MAC de la SAGEP 3 , permettent de nous renseigner sur le comportement sol/conduit des réseaux d’assainissement visitables (voire non visitables à partir d’un diamètre de 800 mm pour l’essai Mac).

ÿ Essais MAC

L’essai Mac est un outil d’auscultation mécanique des ouvrages et de leur sol encaissant. Il est non destructif et concerne toute forme d’ouvrage : diamètres de 800 à 4000 mm ou ovoïdes de 1200 ¥ 600 à 3800 ¥3000 mm. Il nous renseigne sur le comportement mécanique de la structure et du sol. Il peut également déceler les vides mais pas forcément leurs dimensions. Il est donc intéressant de procéder parallèlement à des essais géoradar.

Mise en œ uvre :

L’essai Mac consiste à ovaliser un conduit par un dispositif de vérinage interne, et à mesurer la déformation tridimensionnelle résultante. Les déformations exercées par les vérins sont de l’ordre de la centaine de micromètres (300 à 400 m m) ; au-delà de 500 m m une maçonnerie « pourrie » pourrait céder. Elles entraînent une déformation tridimensionnelle (20 à 40 m m) de la structure que l’on cherche à mesurer.

Un pas de mesure est effectué tous les 10 m. Pour les essais en continu, il faut au moins réaliser un essai tous les 3 diamètres. Pour les petits linéaires, 10 essais au minimum sont requis. Il est possible de réaliser 50 essais par jour ce qui correspond à un linéaire d’environ 500 à 700 m.

Les étapes de la méthodologie sont les suivantes :

ß Essais mécaniques sur site : mesure de la raideur ( k) de l’ensemble sol/conduit et du coefficient d’amortissement ( W ) ; ils constituent la « signature » du conduit à l’abscisse X.

ß Traitement statistique : le but est de définir les zones de même homogénéité (zones de même comportement) afin de positionner judicieusement les prélèvements par carottages (leur nombre est ainsi limité au strict nécessaire).

ƒ

3 Société Anonyme de Gestion des Eaux de Paris, service Mécanique d’Auscultation des Conduits.

ß Analyse des signatures à l’aide de modèles paramétriques : il est procédé au découplage et à la détermination des raideurs propres du sol et de la conduite. La mécanique résiduelle de l’ouvrage est alors calculée. Plusieurs remarques peuvent alors être faites :

- il faut commencer à s’inquiéter lorsque le module de micro-déformation (Em) est inférieur à 100 Mpa,

- plus la raideur est importante, plus la maçonnerie est jugée acceptable,

- une maçonnerie en bon état présente un module de qualité de l’ordre de 10 000 Mpa voire plus.

ÿ Essais DYNARAD

L’essai Dynarad est un outil d’auscultation dynamique des radiers et des terrains d’assises en présence d’effluents (détection des vides et des zones de déflexion importantes sous radier).

Le principe de l’essai consiste à appliquer un effort important et rapide sur le radier, et à mesurer, par un système d’interférométrie laser, la déformation résultante. La raideur du radier est ensuite déterminée. L’essai Dynarad permet ainsi de réaliser très rapidement un zonage immédiat ; en cas de problèmes il est procédé à une prospection plus poussée.

L’ensemble, à géométrie variable, peut s’adapter à toutes les formes de conduits diamètres de 1500 à 3000 mm ou ovoïdes à partir de 800 mm de large.

Pour l’essai Mac, on considère que l’on a une symétrie de l’ouvrage (la même déformation est exercée de part et d’autre du profil transversal), ce qui n’est pas le cas pour l’essai Dynarad (il n’y a pas de symétrie voûte/radier).

: circulaires pour des

Enfin, il est possible de réaliser en continue 50 essais par jour. L’intervalle entre chaque essai varie de 5 à 10 m. La méthodologie de traitement est proche de celle de l’essai Mac.

2.5. Autres tests

ÿ Etanchéité

En matière de diagnostic, il est préférable d’utiliser les tests à l’air (protocole du QUEBEC par exemple) plutôt que le test à l’eau, pourtant officiel. En effet, la mise en œ uvre du test à l’air est plus rapide et son coût est moindre 4 .

ÿ Paramètres physico-chimiques

La composition chimique de l’effluent ainsi que ses conditions de transfert peuvent exercer une action corrosive. Il est donc important, dans certains cas, de déterminer la conformité du fluide transporté. Pour cela, il est procédé à des prélèvements in situ (manuels ou automatiques) avec analyse en laboratoire et à la mesure de température.

ÿ Mesures des débits

La vitesse de circulation de l’effluent et/ou la charge solide qu’il transporte entraîne une usure mécanique de la conduite. De plus, l’ouvrage peut subir des charges hydrauliques pour lesquelles il n’a pas été conçu (crues, taux de remplissage inhabituels). Ces actions mécaniques et hydrauliques, combinées aux actions physico-chimiques décrites ci-dessus, favorisent l’érosion et fragilisent ainsi la structure de l’ouvrage.

4 Se référer à la troisième partie « Contrôles qualité », chapitre 3.2.

La mesure du débit se fait :

ß soit directement par traçage : cette technique ne perturbe pas les conditions d’écoulement et ne modifie en rien la ligne d’eau. Le principe consiste à injecter en amont du réseau un traceur de concentration connue (traceur chimique type chlorure de lithium, traceur coloré type rhodamine… ). Ce traceur est choisi de façon à se mélanger le plus rapidement aux effluents et à pouvoir être dosé en aval avec une précision suffisante.

ß soit indirectement par mesure des hauteurs et vitesses : le calcul du débit s’obtient par l es formules Q = vitesse ¥ section mouillée et Q = volume/temps. Les outils utilisés sont, à titre indicatif, le moulinet, le limnigraphe, la sonde à ultrasons, la sonde pressiométrique…

La débimétrie par traçage est idéale pour les eaux usées. En effet les matières en suspension perturbent tout corps immergé tel les outils énumérés ci-dessus.

ÿ Conformité des branchements

Des tests à la fumée et au colorant nous permettent de savoir si en réseau séparatif, les toitures et les caniveaux ne sont pas connectés sur une canalisation d’eaux usées. De plus, ces tests nous renseignent sur les divers branchements qui composent (ou non) le réseau étudié (tel branchement est-il bien raccordé à la canalisation étudiée ? tel autre ne serait-il pas hors service, ou obstr ué ? … ).

Le test au colorant consiste à verser dans les branchements, WC, lavabos… de la fluorescéine ou de la rhodamine. Bien entendu, les services municipaux et riverains devront être avertis de ces essais (sous peine de déclencher des alertes à la pollution).

Le test à la fumée consiste à obturer un tronçon de réseau puis à propulser à l’aide d’un ventilateur de la fumée produite soit par des bombes fumigènes, soit par combustion de paraffine. Il doit répondre aux recommandations suivantes :

ß prévenir les services municipaux et les riverains,

ß opérer en absence de vent (la fumée est rapidement dispersée) et par temps clair,

ß dans le cas d’un doute, vérifier avec une injection de colorant.

3. DIAGNOSTIC ET PRECONISATIONS

3.1. Le diagnostic

L’auscultation s’achève par l’établissement du diagnostic d’état de l’ouvrage. Ce dernier doit

ß déterminer le caractère évolutif ou non des dégradations constatées,

ß évaluer leurs conséquences dommageables pour l’ouvrage et son environnement,

ß hiérarchiser le niveau des risques encourus par l’ouvrage et son environnement,

ß préciser la nature et les objectifs des actions à entreprendre, leur degré d’urgence et les prescriptions particulières qui y sont attachées (par exemple les conditions d’exploitation, les restrictions ou protections spécifiques… ),

ß indiquer la validité des propositions d’action.

Le diagnostic doit conclure soit à la mise sous surveillance de l’ouvrage (valable en particulier pour les ouvrages visitables), soit à sa réhabilitation, soit à son remplacement par tranchée à ciel ouvert, soit à son abandon. Dans le cas d’une réhabilitation, des préconisations de travaux font suite au diagnostic.

:

3.2. Exemple d’un diagnostic réalisé en mars 2000

Cette étude diagnostic est le résultat des opérations suivantes

:

Données de l’exploitant

Historique et environnement du réseau Plan- Profils - Contraintes du site

Inspection télévisée, Intervention sur le terrain

Vérification de l’état et du fonctionnement du réseau

Diagnostic structurel et fonctionnel

Importance et fréquence des désordres de structure, des désordres d’étanchéité et d’écoulement

ÿ Objet

La présente opération a pour objet la réhabilitation d’une canalisation unitaire de diamètre nominale 300 mm sur un linéaire total de 500 ml, ainsi que des branchements particuliers s’y raccordant.

ÿ Situation

L'ouvrage est situé boulevard Galliéni, entre la rue du Fond de la Noue et l’avenue de Verdun, sur la commune de Villeneuve-la-Garenne, département des Hauts-de-Seine.

ÿ Description

ß Canalisation principale

L’ouvrage est constitué d’une canalisation unitaire de diamètre 300 mm en grès et comprend depuis l’aval, avenue de Verdun (origine du projet), 17 tronçons séparés par 18 regards de visite. D’une longueur de 500 ml, l’ouvrage à réhabiliter prend fin à l’amont, rue du Fond de la Noue. En outre, cette canalisation principale 300 mm se déverse à l’aval dans une canalisation unitaire en béton de diamètre 600 mm.

ß Branchements

L’inspection télévisée de l’ouvrage a permis de repérer 75 branchements dont

- 54 branchements particuliers,

- 14 branchements d’avaloirs (directement ou indirectement depuis regards à décantation),

- 4 branchements de voies communales

:

:

- rue du 11 Novembre 1918,

- rue Homère Robert,

- rue Pointet,

- rue Saint-Paul,

- 3 branchements de direction et d’origine indéterminées.

Il est à noter que suite à l’inspection télévisée, les diamètres et la nature de certains branchements restent indéterminés.

ß Regards

L’ensemble du linéaire, situé pour une grande partie sous trottoir, présente 18 regards de visite d’espacement variable de 15 à 40 ml voir 60 ml. Il est également dénombré 3 regards avec décantation qui récupèrent les eaux de pluies provenant d’avaloirs.

ß Avaloirs

L’ouvrage comprend 14 avaloirs dont 4 avaloirs en direct et 10 avaloirs visitables avec décantation.

ÿ État de l’ouvrage

ß Canalisation principale

Le rapport d’inspection télévisée montre que le réseau présente de nombreux désordres de structure, d’étanchéité et d’écoulement de type :

- fissures,

- cassures,

- décalages plus ou moins importants,

- 2 déboîtements,

- pénétrations légères de racines (radicelles),

- obstacles (dépôts durs ou meubles),

- flaches,

- contres pentes.

Ces anomalies sont présentées dans le tableau suivant

:

 

RESEAU UNITAIRE Ø 300 mm

Société : eav

 

Inspection télévisée

Nature : grès

 

Tuyaux (longueur 1 ml)

Tronçon

Prof (m)

Long (ml)

Anomalies repérées sur le rapport photo et la cassette vidéo

R.V.1a <<< R.V.2a

1.12

9.13

- Un décalage vertical et latéral

- Fissures multiples

- Dépôt en radier

R.V.2a >>> R.V.3a

1.12

28.39

- Nombreux décalages sur tout le tronçon

- Nombreuses fissures et cassures

- Pénétration légère de racines

- Flaches

- Dépôt dur

R.V.3a >>> R.V.4a

1.14

37.96

- Nombreux décalages sur tout le tronçon

- 2 déboîtements importants (à 27.50 et 28.50 m de R.V.3a)

nécessitant une réparation ponctuelle sur 1 ml

- Nombreuses fissures et cassures

- Pénétration légère de racines

- Flaches

- Dépôt dur

R.V.4a >>> R.V.5a

1.51

34.52

- Nombreux décalages sur tout le tronçon

- Fissures multiples et cassures

- Flache

R.V.5a >>> R.V.6a

1.62

41.85

- Un décalage latéral

- Fissures multiples

- Dépôt ponctuel en radier

R.V.6a <<< R.V.7a

2.08

41.58

- Nombreux décalages sur tout le tronçon

- Fissures

- Dépôts ponctuels au joint

R.V.7a <<< R.V.8a

2.21

6.94

- Nombreux décalages sur tout le tronçon

R.V.8a <<< R.V.9a

2.29

26.92

- Nombreux décalages sur tout le tronçon

- Fissures multiples sur 1 ml

- Contre-pente

R.V.9a >>> R.V.10a

2.37

19.43

- Nombreux décalages sur tout le tronçon

R.V.10a <<< R.V.11a

2.41

27.82

- Nombreux décalages sur tout le tronçon

- Fissure longitudinale sur 1 ml

- Contre-pente

R.V.11a >>> R.V.12a

2.60

24.17

- Nombreux décalages sur tout le tronçon

- Fissure longitudinale sur 0.50 ml

R.V.12a <<< R.V.13a

2.71

21.70

- Nombreux décalages sur tout le tronçon

- Pénétration légère de racines

R.V.13a <<< R.V.14a

2.78

2.65

- Décalage vertical

- Contre-pente

R.V.14a >>> R.V.15a

2.84

23.52

- Décalage vertical et latéral

R.V.15a >>> R.V.16a

3.05

31.61

- Pénétration légère de racines (sur l’ensemble du tronçon)

R.V.16a >>> R.V.17a

3.21

65.61

- Nombreux décalages sur tout le tronçon

- 1 déboîtement important (à 27.20 m de R.V.16a) nécessitant une

réparation ponctuelle sur 1 ml

- Fissures et cassures multiples

- Dépôt dur en radier créant une retenue (à 6.50 m de R.V.16a)

Tronçon non inspecté sur 9 ml (passage caméra impossible)

R.V.17a >>> R.V.18a

3.43

33.70

- Nombreux décalages sur tout le tronçon

- Présence de vapeur

- Dépôts de graisse très importants (à 3h et 9h) sur le tronçon

- Pénétration légère de racines (sur l’ensemble du tronçon)

- Fissures et cassures multiples

- Collecteur en charge du à l’évacuation plus haute des eaux

Les nombreuses fissures s’expliquent par le fait que le grès est un matériau cassant. Les nombreux décalages sont la conséquence de la petite longueur des tuyaux (1m)

Malgré les anomalies énumérées ci-dessus, l’écoulement semble s’effectuer sans réelles difficultés sur la partie de l’ouvrage comprise entre la rue Saint-Paul et la rue du Fond de la Noue.

Cependant, sur le premier tronçon de l’ouvrage situé à l’origine du projet, nous observons, suite à l’inspection télévisée, une mise en charge du collecteur 300 mm. Cette mise en charge est due au raccordement entre les deux canalisations dn 300 et 600 mm. En effet, pour une raison non identifiée, le fil d’eau de cette canalisation de liaison, est raccordé au niveau de la voûte du dn 300 mm. L’écoulement de la canalisatio n dn 300 mm vers le dn 600 mm ne s’effectue donc qu’après une mise en charge de 30 cm.

De plus, la canalisation de liaison arrive en chute sur le dn 600 mm, ce qui entraîne à l’amont du raccordement une accumulation anormale de dépôts, sur un linéaire important.

ß Branchements

Au vue de l’inspection télévisée, nous rencontrons sur l’ensemble du linéaire de la canalisation principale un grand nombre de raccordements défectueux de type branchements pénétrants qui affectent l’hydraulicité de l’ouvrage à réhabiliter.

L’ouvrage compte également de nombreux branchements obstrués hors service.

Enfin, le rapport d’inspection télévisée montre que de nombreux branchements sont encombrés par des dépôts durs ou meubles qui empêchent le bon écoulement des eaux. Il est à noter que, du fait de ces obstacles, l’inspection télévisée a du être interrompue à plusieurs reprises.

ß Regards et Avaloirs

Les regards et avaloirs avec ou sans décantation sont en maçonnerie. Certains nécessitent des reprises au niveau des radiers, banquettes, cunettes, enduit, échelons.

3.3. Document de préconisations des travaux

Ce document est réalisé à la suite du diagnostic d’état de l’ouvrage à réhabiliter. Il définit le type de travaux de réhabilitation, leur localisation dans les ouvrages, leur coût et leur délais de mise en œ uvre. Il rappelle également les principales conclusions du diagnostic et définit clairement pour chaque solution technique les objectifs des différents types de travaux en justifiant leur choix du point de vue technique et financier. En somme, ce document de préconisations s’apparente à un Avant Projet Sommaire (A.P.S.) permettent au gestionnaire d’établir la programmation de ses travaux. Il comporte d’une part un rapport de présentation et d’autre part l’A.P.S. proprement dit.

3.3.1. Rapport de présentation

Ce document comporte un descriptif du collecteur à réhabiliter. On y trouve

ß le plan de situation du collecteur à réhabiliter dans le réseau,

ß les caractéristiques géométriques générales (longueur, nature, forme, dimensions… ),

ß le mode de fonctionnement (unitaire ou séparatif, nature des effluents, débit… )

ß un bref rappel des études et investigations ayant conduit au diagnostic,

ß le mode d’insertion dans un programme plus vaste de réhabilitation du réseau,

ß selon l’importance des coûts, l’indication

:

:

- du découpage éventuel en tranches et des délais prévisibles de réalisation,

- des procédures de consultation des entreprises envisageables.

3.3.2. L’A.P.S. (proprement dit)

Il comprend un jeu de plans, le mémoire technique ainsi qu’une estimation.

ÿ Les plans

Ils illustrent le mémoire technique et justifient l’avant métré pour l’estimation

ß un plan de situation du collecteur dans le réseau,

ß un plan de masse repérant les tronçons à réhabiliter, leur longueur et la technique préconisée,

ß le profil longitudinal de l’ouvrage avant et après réhabilitation,

ß la (ou les) coupe(s) transversale(s) de principe (échelle au 1/20 ème par exemple),

ß les schémas de phasage des travaux,

ß des croquis spécifiques à diverses solutions techniques.

; il s’agit en général de :

ÿ Le mémoire technique

Ce document explique la logique des choix techniques préconisés en fonction des objectifs à satisfaire, c’est à dire en fonction des niveaux minimaux des service et de sécurité à atteindre.

v Objectifs à satisfaire

Les données concernent :

ß le dimensionnement hydraulique

ß la tenue mécanique de l’ouvrage réhabilité souhaitée

: débit minimum à assurer

: caractéristiques mécaniques visées pour la

nouvelle structure, rigidité notamment,

ß le niveau d’étanchéité à atteindre,

ß les sujétions de travaux :

-

contraintes de chantier, accès,

-

présence de la nappe,

-

possibilité de dérivations,

-

maintien ou non du service pendant les travaux,

-

 

Ces données contribuent à justifier le choix d’une (ou plusieurs) famille(s) de techniques de réhabilitation.

v Choix d’une famille de techniques

Le mémoire technique justifie le choix d’une ou de plusieurs techniques aptes à satisfaire les objectifs

visés. Pour chacune d’elles il en fait un descriptif sommaire indiquant

ß le principe de la méthode,

ß les conditions d’accessibilité,

ß le mode de réalisation,

ß les performances habituelles,

ß le phasage,

ß les délais,

ß les conditions d’exploitation,

ß la pérennité,

ß les garanties.

:

ÿ L’estimation

Elle est faite sur la base d’un avant métré sommaire des principales quantités prévisibles.

Toutes les solutions techniques possibles sont chiffrées, en incluant les coûts induits par « l’environnement » du chantier (ces coûts fluctuent en fonction de la technique), et font l’objet d’une analyse comparative de leurs coûts globaux.

L’estimation des travaux traduit finalement le coût de la solution technique jugée la plus avantageuse financièrement, sous la forme d’une fourchette, dont l’étendue est liée à la complexité du chantier.

DDEEUUXXIIEEMMEE PPAARRTTIIEE

LLEESS TTEECCHHNNIIQQUUEESS DDEE RREEHHAABBIILLIITTAATTIIOONN DDEESS RREESSEEAAUUXX VVIISSIITTAABBLLEESS EETT NNOONN VVIISSIITTAABBLLEESS

L’étude diagnostic nous a permis de faire une mise au point sur l'état, le fonctionnement, et les conditions d’exploitation du réseau d’assainissement existant. Ce préalable est nécessaire pour établir des préconisations de travaux.

Les techniques de réhabilitation sont nombreuses. Leur choix est fonction des caractéristiques du réseau (nature, matériau, section), de la nature, de l’importance et de la fréquence des désordres de structure, d’étanchéité et/ou d’écoulement. Outre ces critères techniques, le procédé choisi devra également tenir compte de critères économiques, sociaux et environnementaux.

1. LES TECHNIQUES DE REHABILITATION : GENERALITES

1.1. Réhabilitation et remplacement

1.1.1. Définition

Par techniques de réhabilitation on entend « toutes mesures entreprises pour restaurer ou améliorer les performances d'un réseau d'assainissement existant ».

La réhabilitation des ouvrages se justifie lorsque leur état n’est pas suffisamment grave pour conduire à un remplacement à ciel ouvert, et que les conditions d’écoulement demeurent satisfaisantes. Cependant, la technique utilisée doit garantir une qualité de réalisation telle que la durée de vie de l’ouvrage ainsi réhabilité doit pouvoir être comparée, toutes choses égales par ailleurs, avec l’ouvrage neuf.

Les techniques de réhabilitation des réseaux d’assainissement sont toujours réalisées sans tranchée, par l’intérieur du collecteur. Elles ne nécessitent pas l’ouverture d’une fouille. Cependant dans certains cas, un puits de travail ou une fouille ponctuelle peuvent s’avérer nécessaires préalablement à l’exécution des travaux. L’ANNEXE 3 du présent mémoire, présente une liste des entreprises de réhabilitation en France ainsi que les divers procédés utilisés.

1.1.2. Objectifs des travaux de réhabilitation

Les objectifs à atteindre par la réhabilitation doivent toujours être indiqués. En effet, ce sont eux qui conditionnent le choix de la technique ainsi que les préconisations de contrôles. Les principaux objectifs sont les suivants :

ß rétablir les caractéristiques mécaniques compatibles avec les sollicitations auxquelles l’ouvrage est soumis,

ß rétablir le bon fonctionnement hydraulique pour un écoulement correct des effluents,

ß rétablir l’étanchéité de l’ouvrage existant,

ß lutter contre l’abrasion et la corrosion,

ß améliorer les conditions d’exploitation.

1.1.3. Réhabilitation ou remplacement par tranchée à ciel ouvert ?

Pour remédier aux désordres constatés, deux solutions sont possibles : le remplacement de l’ouvrage défectueux ou sa réhabilitation. Les deux ont leur place dans un processus de remise en état. Mais on perçoit tout l’intérêt pour l’environnement urbain de développer des techniques par voie interne, réduisant ainsi au minimum les nuisances et les conséquences socio-économiques de l’ouverture d’une tranchée. La problématique « avec ou sans tranchée » se pose de plus en plus aux décideurs urbains.

ƒ

ÿ D’un point de vue socio-économique

L’intervention sur un ouvrage se situant en centre ville pose de nombreux problèmes qui ne sont pas liés à l’assainissement et qui viennent compliquer la réalisation du chantier.

L’ouverture d’une tranchée touche nécessairement l’environnement du site par le bruit, la poussière, l’impact visuel du chantier, le trafic des camions et engins de travaux publics, ainsi que la gène de la circulation automobile. Ces nuisances occasionnées par l’ouverture d’une tranchée en site urbain encombré sont de plus en plus mal supportées par le public.

De plus, le chantier par sa présence peut avoir un retentissement sur l’activité commerciale de la rue.

Enfin, malgré les précautions prises, des risques d’accidents existent, que ce soit pour les ouvriers, les automobilistes ou les riverains.

Certains chercheurs étrangers ont montré que le coût social des chantiers en tranchée à ciel ouvert pouvait aller jusqu’à doubler le prix réel du chantier, en quantifiant les détours imposés aux automobilistes, les pertes de chiffres d’affaires des commerçants et des recettes publiques.

ÿ D’un point de vue technique

La réhabilitation par l’intérieur se justifie pleinement en présence d’obstacles tels que

ß la nature spécifique du sol (instabilité… ),

ß la présence de nappes,

ß l’encombrement du sous-sol par les concessionnaires (gaz, eau, électricité… ) et autres ouvrages,

ß un habitat dense,

ß le respect d’une chaussée récente,

ß la grande profondeur du réseau (si elle est supérieure à 1,30 m, le Fascicule 70 impose le talutage ou le blindage des parois).

Lorsque les conditions d’écoulement demeurent satisfaisantes malgré la présence de défauts structurels et fonctionnels (absence de joints, porosité, fissures… ), lorsque le réseau ne présente ni défauts de conception (sous dimensionnement, contres pentes, pentes et profondeurs insuffisantes… ), ni mise en charge, ni ovalisation excessive, ni effondrements, et qu’à priori il a conservé sa résistance mécanique, la réhabilitation par l’intérieur sera souvent la solution.

En revanche, des réseaux qui cumulent des défauts de conception, de choix du matériau, de mise en œ uvre, d’entretien, et qui ont perdu leur résistance mécanique sur presque toute leur longueur, seront abandonnés ou remplacés (terrassement traditionnel ou remplacement sans tranchée).

:

1.2. Classement des techniques de réhabilitation

1.2.1. Classement en fonction de critères techniques

Les techniques de réhabilitation peuvent être classées selon divers critères et être dites structurantes ou non structurantes, continues ou ponctuelles, destructives ou non destructives. Il est important de noter que certaines techniques peuvent satisfaire à plusieurs objectifs ou que des techniques différentes peuvent être associées sur le même chantier.

ÿ Techniques structurantes ou non structurantes

Les techniques de réhabilitation sont classées en deux catégories, selon leur aptitude à reprendre ou non les charges dynamiques et statiques appliquées sur le tuyau enterré. Ces techniques sont dites structurantes ou non structurantes.

Ainsi, les techniques structurantes doivent pouvoir reprendre la totalité des efforts mécaniques qui s’exercent sur la canalisation :

ß pression verticale du remblai (elle est fonction du poids volumique du remblai, de la hauteur de couverture, du coefficient de concentration),

ß pression verticale due aux charges d’exploitation : - roulantes routières, - permanentes,

ß pression horizontale résultant des remblais et des charges d’exploitation,

ß pression hydrostatique éventuelle (canalisation située dans une nappe phréatique),

ß poids propre du tuyau et de l’eau véhiculée,

ß réaction du sol (fonction de l’angle de pose

a).

Le comportement mécanique global de l’ouvrage réhabilité doit être calculable dans le cas des techniques structurantes. S’il n’est pas calculable, nous parlerons de techniques « consolidantes ».

Les techniques non structurantes quant à elles, ont essentiellement pour but de rétablir l’hydraulicité (élimination des obstacles empêchant ou réduisant l’écoulement normal du réseau) et l’étanchéité de la canalisation. Elles n’impliquent pas d’apport mécanique.

ÿ Techniques ponctuelles ou continues

Les techniques sont dites ponctuelles ou continues selon qu’elles réparent l’ouvrage localement, au droit de chaque dégradation, ou qu’elles réhabilitent l’ensemble du tronçon.

ÿ Techniques destructives ou non destructives

Les techniques dites non destructives concernent les méthodes dont la mise en œ uvre ne nécessite pas la destruction de l’ouvrage en place. L’ouvrage dégradé est conservé en l’état.

Par opposition, les techniques dites destructives impliquent la destruction totale du collecteur dégradé et son remplacement par l’intérieur, sans ouverture d’une tranchée. Il existe deux grandes catégories de procédés : le microtunnelier « mange tube » et « l’éclate tuyau ».

1.2.2. Classement selon la norme européenne n° EN 155 W1 209

La norme européenne n° EN 155 W1 209 classe les techniques de réhabilitation en trois groupes

å les techniques de renouvellement : construction d'un réseau neuf se substituant à un réseau d'assainissement existant,

ç les techniques de rénovation : travaux utilisant tout ou partie de l'ouvrage existant en améliorant ses performances actuelles,

é les techniques d’entretien ou de maintenance des réseaux : rectification de défauts localisés.

Certains maîtres d’ouvrage préfèrent employer le

« renouvellement ». De même, il est préférable

« réparation ponctuelle » plutôt maintenance ».

Néanmoins, ces considérations sur le vocabulaire n’affectent en rien le contenu de ces trois groupes, qui somme toute reste le même. Ainsi, en ce qui concerne les différentes techniques de réhabilitation des réseaux d’assainissement, nous adopterons par la suite le classement suivant :

å réparation ponctuelle : robots multifonctions, injections, manchettes,

ç réhabilitation continue : chemisage, tubage, coques préfabriquées et projection de béton, mortier ou résines,

é remplacement : terrassement traditionnel , « mange tube », « éclate tuyau ».

de

:

terme

parler

de

«

et

de

de

«

remplacement » plutôt que de

réhabilitation continue » et de

« techniques

d’entretien

ou

de

que

de

« rénovation »

1.3. Travaux préalables à toute réhabilitation

1.3.1. Travaux préparatoires

ÿ Vérification de l’ouvrage

Une inspection télévisée ou visuelle doit, dans un premier temps, permettre de vérifier que l’état de la canalisation n’a pas évolué depuis l’étude de diagnostic d’état. Cette vérification fait l’objet d’un rapport qui est remis au maître d’œ uvre.

ÿ Préparation de l’état d’accueil

Avant que ne débutent les travaux de réhabilitation proprement dit, l'entrepreneur doit s'affranchir de toutes les difficultés rencontrées au niveau de la préparation de la canalisation et de la mise en place

du chantier. En particulier, après un nettoyage soigné de la canalisation, il doit procéder à un décapage

afin d'éliminer tout dépôt de calcaire, de béton, de

graisse et/ou branchement pénétrant et racines. Ce décapage ne doit en aucun cas affecter la structure

par grattage, fraisage, curage hydrodynamique

de la canalisation.

Après la préparation de l’ouvrage et avant les travaux, l'état d'accueil de la canalisation est confirmé par une inspection télévisée.

1.3.2. Travaux annexes

Certains types de dégradations (défauts ponctuels) imposent des réparations à ciel ouvert afin de pouvoir procéder par la suite à la réhabilitation de la canalisation dans les meilleurs conditions possibles. C’est notamment le cas en présence de déboîtements, ovalisations extrêmes, effondrements partiels…

De la même manière certaines techniques nécessitent, lors de leur mise en œ uvre, la création de fosses de travail.

Enfin, selon le procédé de réhabilitation choisi, les effluents devront être ou non dérivés.

2. TECHNIQUES POUR LES COLLECTEURS NON VISITABLES

2. T ECHNIQUES POUR LES COLLECTEURS NON VISITABLES 200 à 1200 mm Les techniques pour la

200 à 1200 mm

Les techniques pour la réhabilitation des collecteurs non visitables sont au nombre de six. Ponctuelles ou continues, elles sont réalisées sans ouverture de tranchée et sont, selon les procédés, non destructives ou destructives. Ces techniques sont les suivantes :

ß Robots multifonctions,

ß Injections ponctuelles d’étanchement,

ß Manchette (ou chemisage partiel),

ß Chemisage continu,

ß Tubage,

procédés non destructifs(ou chemisage partiel), ß Chemisage continu, ß Tubage, ß Mange tube, ß Éclate tuyau. procédés destructifs

ß Mange tube,

ß Éclate tuyau.

procédés destructifsnon destructifs ß Mange tube, ß Éclate tuyau. Certaines de ces techniques sont également pratiquées en

Certaines de ces techniques sont également pratiquées en réseaux visitables ; c’est le cas des chemisages, tubages, injections et éventuellement manchettes. Il faut tout de même savoir qu’elles sont plus couramment utilisées en non visitable.

2.1. Robots multifonctions

Les robots multifonctions ou automates sont indispensables dès lors que nous travaillons dans des canalisations non visitables. Ils permettent le rétablissement hydraulique, le colmatage des fissures, la consolidation de la canalisation ainsi que la mise en œ uvre des diverses autres techniques de réhabilitation.

2.1.1. Domaine d’utilisation

Cette technique de réhabilitation ponctuelle est employée uniquement dans les collecteurs non visitables. Elle peut-être structurante comme non structurante selon les cas et permet :

ß la suppression de tous les obstacles qui gênent l’écoulement de l’eau dans les canalisations (dépôts solides, concrétions diverses, racines, branchements pénétrants, joints pendants hors de leurs logements… ),

ß la préparation de l’état d’accueil de la canalisation avant réhabilitation,

ß le colmatage par injection des perforations, fissures, joints défectueux,

ß la pose de manchettes,

ß la réouverture des branchements après chemisage ou tubage (robots découpeurs),

ß la consolidation mécanique de la canalisation par la pose de tôles d’acier inoxydables destinées à assurer la restructuration des parties les plus endommagées.

2.1.2. Mise en œ uvre

L’intervention de ces robots s’effectue sur la base d’une inspection télévisée. Il est procédé à un hydrocurage avant d’introduire le robot par un des regards du réseau. Le robot s’adapte au diamètre de la canalisation et peut opérer à partir d’un diamètre de 150 mm. La réparation se déroule intégralement sous contrôle vidéo depuis le poste de pilotage du véhicule d’intervention. Enfin, il est possible de traiter, selon les défauts, de 3 à 8 points par jour.

2.2. Injections ponctuelles d’étanchement

Il existe différents types d’injections : les injections d’étanchement et les injections de consolidation et de régénération. Dans les ouvrages non visitables nous ne procédons qu’à des injections d’étanchement, les injections de sol n’étant pas pratiquées pour des raisons techniques et économiques. Par contre, comme nous le verrons par la suite, ce deuxième type d’injection s’applique aux collecteurs visitables car les enjeux en terme de stabilité sont beaucoup plus importants.

2.2.1. Domaine d’utilisation

Les injections d’étanchement ont pour but de rétablir l’étanchéité du collecteur en supprimant ponctuellement les infiltrations ou exfiltrations d’eau entre le sous sol et le collecteur. Ainsi sont traitées localement la défaillance des joints, les fissures circulaires et les perforations de la canalisation.

Ces injections ne s’appliquent, ni aux fissures longitudinales des réseaux non visitables, ni aux défauts de masse et de surface (corrosion, abrasion, porosité… ),

Utilisée dans le cadre de la réhabilitation de collecteurs visitables ( Æ > 1200 mm) comme non visitables (150 < Æ £1200 mm), cette technique est non structurante.

2.2.2. Composants

Les composants sont fonction du matériau de l’ouvrage à réhabiliter. Les plus utilisés sont les résines acryliques et les résines polyuréthanes. Ces composants, quels qu’ils soient, doivent impérativement être stables dans le temps.

Les résines acryliques, généralement à deux composants (résine et catalyseur), se présentent sous forme de gel dont la viscosité est proche de celle de l’eau, ce qui facilite sa dispersion dans le joint ou la fissure puis dans le sol. L’étanchéité est donc rétablie par le remplissage du joint ou de la fissure d’une part, ainsi que par le mélange sol-gel autour de la canalisation d’autre part. De ce fait, l’efficacité de l’injection dépend de la nature du sol environnant. Dans un sol fin ou sableux, la résine tend à chasser l’eau et à stabiliser le sol. Par contre, dans les sols constitués de graviers, de roches, etc… , avec des vides importants, la stabilité de l’agglomérat résine-sol peut être compromise surtout en présence d’une nappe à niveau variable.

Les résines polyuréthanes quant à elles, se présentent sous forme liquide. Après mélange à l’eau et au catalyseur, le produit gonfle et se vulcanise en formant une mousse assez souple. L’intérêt de cette résine est qu’elle présente, après polymérisation, peu de retrait en raison de la faible quantité de solvant. Le cordon étanche ainsi formé présente une bonne adhérence au niveau du défaut traité. De plus, il est suffisamment souple pour encaisser des mouvements du sol et ne dépend pas de la nature du remblai autour de la canalisation. Cependant, l’adhérence du polyuréthane est fonction de l’état de surface de l’ouvrage support.

Ainsi, l’emploi des résines acryliques est à préconiser lorsque le sol au voisinage du réseau est relativement fin et humide. En ce qui concerne les résines polyuréthanes, si leur emploi peut être envisagé même dans les cas précédents, leur efficacité est d’autant plus grande que les fissures sont étroites, dans la mesure où le cordon de résine adhère mieux sur le matériau.

2.2.3. Mise en œ uvre

Les injections d’étanchement ne nécessitent pas de dériver les effluents (sauf exceptions). Elles consistent à introduire dans la canalisation, par l’intermédiaire d’un regard, un appareillage à extrémités gonflables (manchon) constituant une chambre d’injection sous pression de produits liquides ou pâteux.

Le robot s’arrête au droit de chaque défaut, et sous contrôle vidéo, procède à l’injection d’étanchement jusqu’au refus, ce qui colmate totalement la fissure. Avant séchage du produit, un lissage doit être réalisé pour qu’aucune rugosité ne subsiste à l’intérieur de la section d’écoulement. Une fois la parfaite étanchéité vérifiée, le robot se déplace vers le défaut suivant. Il est possible d’étancher, selon les cas, de 10 à 40 défauts par jour.

En présence de forts décalages qui ne permettent pas le passage du manchon d’injection, il est nécessaire de procéder à une fouille locale.

il est nécessaire de procéder à une fouille locale. 2.3. La manchette ou chemisage partiel Phases

2.3. La manchette ou chemisage partiel

Phases des travaux :

- mise en place du manchon au droit du défaut,

- mise sous pression des 2 cellules gonflables situées à l’extrémité du manchon afin d’isoler la zone à traiter,

- injection réalisée à l’aide d’une pompe volumétrique,

- polymérisation ou durcissement selon produit,

- contrôle d’étanchéité,

- renouvellement du cycle si nécessaire.

La manchette, ou chemisage partiel, consiste à construire un tuyau neuf plaqué à l’intérieur de la canalisation dégradée, sans ouverture de tranchée, entre deux regards.

2.3.1. Domaine d’utilisation

La manchette, de longueur variable, permet de corriger localement les faiblesses de structure et d’étanchéité telles que :

ß les fissures longitudinales ou multiples, fissures circulaires, microfissures, perforations,

ß les joints déboîtés et/ou fuyards,

ß les pénétrations de racines,

ß les casses,

ß la condamnation des branchements hors services.

Cette technique ne s’applique pas aux défauts de masse et de surface.

La manchette peut être structurante, consolidante ou non structurante selon les objectifs de la réhabilitation. Outre cette fonction mécanique, elle permet de rétablir l’hydraulicité et l’étanchéité de la canalisation, de même que de lutter contre la corrosion et l’abrasion. La manchette concerne en général les canalisations non visitables à partir d’un diamètre de 150 mm. Cette technique est plus rarement utilisée en visitable. Nous pouvons citer à titre d’exemple l’entreprise INSITUFORM qui a développé son propre procédé et qui utilise cette technique sur des conduites visitables de diamètre maximal 1400 mm.

2.3.2. Composants

Les manchettes se composent d’une armature en fibre de verre ou de polyester tissée ou non tissée, d’un liant en résine (époxy, polyester ou vinylester… ) thermo ou photo-durcissable, ainsi que d’une membrane intérieure (éventuellement extérieure) en polychlorure de vinyle (PVC), polyuréthane (PU)

Le procédé ASS, l’un des plus utilisé par les entreprises de réhabilitation, propose des manchettes composées de tissu en fibre de verre et de feutre (3 ou 4 épaisseurs de tissu de verre alternées par 2 ou 3 épaisseurs de feutre). Les différentes couches sont ensuite imprégnées de résine vinylester.

La résine vinylester apporte à la manchette une résistance mécanique et chimique pour lutter contre l’abrasion et la corrosion, le tissu en fibre de verre lui fournit épaisseur et résistance, le feutre lui assure son étanchéité.

2.3.3. Dimensionnement

ß Manchette non structurante (pas d’apport mécanique) :

Elle a pour seul but de rétablir l’étanchéité. Les hypothèses de calcul sont les mêmes que celles du

chemisage continu de simple étanchement.

ß Manchette consolidante (apport mécanique non calculable) :

Dans ce cas là, l'ouvrage existant est considéré comme étant apte à reprendre les efforts mécaniques

qui s’exercent sur lui. Cependant, sur certains points présentant des défauts de structure, un renforcement mécanique ponctuel peut s’avérer nécessaire. Ainsi, la manchette consolidante n’a pas pour vocation de remplacer mécaniquement l’élément de tuyau dégradé mais de le renforcer.

ß Manchette structurante (apport mécanique calculable) :

Cette fois-ci nous nous plaçons dans le cas où la résistance mécanique résiduelle des éléments de tuyaux dégradés de la canalisation existante ne peut pas être évaluée ; elle est alors considérée comme nulle. Cet objectif ne s'applique donc que dans le cas de la réhabilitation d'un élément de tuyau complet. Les éléments à prendre en compte dans le calcul sont les mêmes que ceux du chemisage continu structurant.

La méthode de calcul du chemisage partiel reprend celle du chemisage continu (voir paragraphe 2.4.3.). Cependant, cette méthode ne s'applique que dans le cas où le chemisage partiel a une longueur correspondant à la longueur du tuyau, augmentée à chaque extrémité d'une fois le demi-diamètre de la canalisation.

2.3.4. Mise en œ uvre

Sous réserve que le niveau d’eau ne soit pas très important, il est possible de procéder au chemisage ponctuel sans interruption du réseau. La manchette est alors mise en place à l’aide d’un manchon (gonflable ou non) sous contrôle vidéo. La technique de pose consiste à plaquer la manchette sous pression pour l’encrer ou la fixer à la paroi de l’ouvrage. L’opération doit être réalisée avec beaucoup de soin afin d’éviter tout décollement ultérieur. Selon les diamètres et l’implantation des défauts à traiter, il est possible de mettre en place de 4 à 6 unités par jour.

Document Insituform Phases des travaux : - Imprégnation de la manchette en atelier ou sur

Document Insituform

Phases des travaux :

- Imprégnation de la manchette en atelier ou sur site,

- Introduction du manchon par traction,

- Mise en place du manchon au droit du défaut à traiter,

- Gonflage éventuel du manchon,

- Polymérisation de la résine et durcissement,

- Dégonflage éventuel et dégagement du manchon,

- Chanfreinage éventuel des extrémités de la manchette,

- Renouvellement de l’opération au défaut suivant,

- Inspection télévisée ou visuelle d’autocontrôle,

- Remise en service du réseau.

Remarque :

La longueur des manchettes diffère selon le procédé. Par exemple, INSITUFORM propose des manchettes de 1 à 2 ml applicables sur des diamètres de 150 à 1400 mm, alors que le procédé ASS dispose de manchettes standards de 0,40 ml (juxtaposables en cas d’anomalies de longueurs plus importantes) pour des diamètres de 150 à 600 mm.

2.4. Le chemisage continu

La technique du chemisage continu consiste à insérer à l’intérieur du collecteur dégradé une enveloppe souple constituée d’une armature souple fortement imbibée d’une résine, et ce sans laisser subsister d’espace annulaire.

Le chemisage ne réduit que fort peu la section d’écoulement (à titre indicatif, l’épaisseur de la gaine est comprise entre 3 mm et 10 mm) tout en améliorant les caractéristiques hydrauliques du collecteur de 15 à 35 % de ses capacités d’écoulement : diminution de la rugosité, suppression des variations de section et des obstacles, suppression des remous et décalages au droit des assemblages (ANNEXE 4).

2.4.1. Domaine d’utilisation

De nature généralement structurante, le chemisage peut également être employé en non structurant pour remédier aux problèmes d'étanchement, d'anticorrosion ou d'antiabrasion.

Il s’agit d’une réhabilitation de type continu qui concerne essentiellement les canalisations non visitables et qui s’emploie couramment sur des diamètres de 200 à 800 mm. Cette technique s’emploie plus rarement sur des canalisations visitables de sections variables (ovoïde, circulaire ou rectangulaire) et de diamètres allant jusqu’à 2000 mm ; elle est alors mise en œ uvre par des spécialistes du chemisage.

2.4.2. Composants

Le chemisage, qui équivaut à un véritable tuyau sans joints, est préformé en usine aux dimensions du tronçon à réhabiliter. Il est constitué de matériaux composites (résine armée pouvant être protégée par un film). Les résines utilisées sont en polyester, époxy, ou vinylester ; les armatures en fibres de verre ou de polyester tissées ou non ; les films en polychlorure de vinyle (PVC) polyuréthane (PU) ; polyéthylène (PE)…

2.4.3. Dimensionnement

A l’instar des tuyaux neufs, les règles de calcul du chemisage continu sont basées sur les

préconisations du Fascicule 70 du CCTG (« ouvrages d’assainissement », édition 1992). Elles ont été adaptées aux travaux de réhabilitation par une commission de l’A.G.H.T.M. ; la méthode ainsi que la note de calcul figurent en annexe de ses « Recommandations pour la réhabilitation des réseaux d'assainissement ».

ÿ Hypothèses de calcul

La canalisation à réhabiliter est supposée transmettre les charges sans dommage (aucun vide ne subsiste autour de la canalisation).

Dans le cas du chemisage de simple étanchement (chemisage non structurant), l'ouvrage à réhabiliter est considéré comme apte à reprendre les efforts mécaniques qui s’exercent sur lui. Le calcul prend alors en compte les paramètres suivants :

- la tenue propre de la chemise mise en place,

- la pression hydrostatique extérieure éventuelle générée par la nappe phréatique (canalisation noyée),

- la pression hydrostatique intérieure correspondant à une mise en charge (hauteur maximale par rapport au fil d’eau).

Dans le cas où la résistance mécanique résiduelle de la canalisation existante ne peut-être évaluée, elle est considérée comme nulle. Le chemisage doit alors, comme un tuyau fabriqué en usine, reprendre à lui seul la totalité des efforts mécaniques et être dimensionné en conséquent (chemisage structurant). Les paramètres suivants sont à prendre en compte dans l’étude du dimensionnement mécanique :

- poids volumique moyen des terres du remblai,

- coefficient de Poisson des terres,

- hauteur maximale de la nappe phréatique,

- hauteur maximale de mise en charge,

- nature du convoi réglementaire,

- pression verticale due aux charges d’exploitation permanente,

- pression verticale due aux charges d’exploitation du chantier,

- hauteur de recouvrement,

- coefficient de pondération des charges.

ÿ Remarque

Devant la difficulté pour obtenir des données de terrain fiables, il est préférable de se placer dans le cas le plus pénalisant et de baser les règles de calcul des ouvrages sur des hypothèses allant dans le sens de la sécurité. Ainsi il vaut mieux, dans tous les cas, opter pour un chemisage structurant plutôt que pour un chemisage de simple étanchement.

2.4.4. Mise en œ uvre

Le chemisage continu ne nécessite généralement pas d'ouverture de fouilles. L'emprise est réduite à un

semi-remorque.

La dérivation des effluents s’impose lors de la mise en œ uvre du chemisage. L'introduction de la gaine

s'effectue soit par traction soit par inversion. Son application sur la canalisation se fait par pression (air, eau ou vapeur). Le durcissement et la polymérisation de la résine sont mises en œ uvre par chauffage à l'eau, à la vapeur, à l'aide de résistance électrique ou d’ultraviolets.

La gaine est plaquée et non collée sur la conduite existante. Dans le cas du chemisage structurant, l’ancienne canalisation sert de coffrage perdu.

Les phases de travaux sont les suivantes :

- imprégnation de la chemise,

- dérivation ou stockage des effluents,

- introduction de la chemise par traction ou inversion,

- polymérisation de la résine et durcissement,

- autocontrôle de l’étanchéité,

- découpage et raccordement des extrémités de la chemise,

- réouverture des branchements,

- inspection télévisée ou visuelle d’autocontrôle,

- remise en service de l'ouvrage sans délai d'attente.

ÿ Chemisage continu par traction

La gaine est mise en place à l’aide d’un treuil qui la tire d’un regard au regard suivant. La mise en pression de l’ensemble est ensuite réalisée à l’air. Dès lors que la gaine épouse parfaitement la forme de la canalisation, il est procédé à son durcissement par polymérisation au moyen de lampes ultraviolet ou autre méthode.

Le chemisage par traction est idéal pour les petits diamètres (200 à 600 mm ) et pour les tronçons standards de 50 à 60 ml car il est mis en place très rapidement. Cependant, il est moins efficace sur les grandes longueurs : on peut difficilement aller au-delà de 100 ml. De plus, lors de sa mise en œ uvre il n’est pas étanche avant durcissement de la résine ce qui implique une mise à sec rigoureuse du tronçon. Pour répondre à cet inconvénient, ses deux faces sont protégées par des films imperméables à l’air et à l’eau.

ÿ Chemisage continu par inversion

Cette technique consiste à introduire, en la retournant, une gaine souple imprégnée de résine à partir d’un regard de visite, au moyen d’air comprimé (ou d’eau) qui plaque la gaine contre la paroi. La gaine est ensuite polymérisée en place grâce à la circulation de vapeur sous pression ou par le chauffage de l’eau.

Le chemisage par inversion est à préconiser lorsque la canalisation présente de nombreux coudes ainsi que des réductions de diamètre. De plus il s’applique en continu sur de grandes longueurs (de 350 m à 650 m) et concerne des diamètres de 150 à 1000 mm (au-delà, la mise en œ uvre est plus délicate et se fait au cas par cas). Cependant, les branchements devant être réouverts aussitôt après durcissement, il doivent être limités quant à leur nombre. Enfin, contrairement au chemisage par traction, la résine étanche est en contacte direct avec la canalisation qui doit être en conséquence soigneusement nettoyée. L’inconvénient majeur du chemisage par inversion est que sa mise en œ uvre est bien plus longue.

inversion est que sa mise en œ uvre est bien plus longue. 2.4.5. Limites techniques du
inversion est que sa mise en œ uvre est bien plus longue. 2.4.5. Limites techniques du

2.4.5. Limites techniques du chemisage continu

Les limites techniques du chemisage continu dépendent du terrain environnant, de la nature des effluents, de l’ovalisation et des décalages excessifs, ainsi que des contres pentes.

å Nature des effluents

Les CCTP prévoient que les effluents domestiques doivent être conformes à ceux décrits dans la circulaire interministérielle INT 77/284 du 22 juin1977. Ils doivent en particulier avoir un pH compris entre 5,5 et 8,5 et une température maximale de 30 °C. Tous les procédés de chemisage et toutes les résines couramment employées (résine polyester en particulier) résistent parfaitement bien à ce type d'effluent. A titre indicatif, les résines polyester peuvent véhiculer en permanence une solution diluée à 65% d'acide sulfurique à cette température de 30° C. Les gaines sont donc parfaitement bien adaptées pour des effluents acides (hydrogène sulfuré H2S).

Dans les milieux industriels il faut faire face à des températures plus extrêmes. Dans ce cas il est possible d’utiliser d'autres types de résines qui permettent de véhiculer en permanence des solutions dont la température peut dépasser 60 °C. Une étude particulière doit alors être réalisée en fonction de la solution chimique.

ç Ovalisation

L'AGHTM fixe comme limite au chemisage une ovalisation maximum de 8% du diamètre nominal de la canalisation. Dans la pratique une plus grande ovalisation peut être parfois acceptée car il n'est pas rare que la pression de mise en œ uvre du chemisage permette une remise en forme de la canalisation d’accueil. Il est également à noter qu'en cas d'ovalisation plus importante (jusqu'à 30% du diamètre) il est possible de mettre en œ uvre des manchettes métalliques au moyen d'un système comparable aux éclateurs. Ces dernières redonnent une forme acceptable pour le chemisage. Une fois le chemisage réalisé, la gaine structurante reprend à elle seule l'intégralité des contraintes mécaniques. L'état de la canalisation d'accueil n'est donc plus une limite. Enfin, dans le cas des conduites ovalisées (donc généralement fracturées), les techniques d'inversion sont préférables aux techniques de traction.

é Décalages

Les entreprises de réhabilitation prennent comme limite de décalage celle imposée par l'AGHTM, c’est-à-dire 8% à 10% du diamètre nominal. Au-delà, la gaine se plisse et accentue la diminution du diamètre. Sur de tels défauts, la gaine peut subir des efforts de cisaillement dans son domaine d'élasticité jusqu'à 10 fois son épaisseur. Par exemple, une gaine de 400 mm de diamètre et de 6 mm d’épaisseur peut subir des décalages par cisaillement jusqu'à 6 cm sans être affaiblie. Ainsi, la technique du chemisage continu, de part sont étanchéité et l’absence de joints, est particulièrement bien adaptée à des réhabilitations en terrains mous.

è Contre-pentes

Il faut distinguer dans le cas des contre-pentes celles qui n'affectent pas le fonctionnement du réseau (quelques centimètres dans une conduite de grand diamètre) de celles qui créent des dysfonctionnements tels que la formation de graisses sur les parois. Dans le premier cas, le chemisage est une bonne solution technique car il améliore l'écoulement du réseau.

En conclusion, lorsque des défauts ponctuels importants sont observables (décalage, déboîtement, ovalisation… ), il est parfois nécessaire de les réparer par ouverture ponctuelle de tranchée. Ces défauts trouvent souvent leur origine dans le sol, et il est raisonnable de penser que s'ils sont visibles en certains points, il est possible qu'ils apparaissent aussi dans d'autres. Il est donc conseillé de rechemiser la canalisation après traitement des défauts ponctuels afin de s'assurer de la pérennité des réparations.

2.5. Le tubage

Cette technique consiste à mettre en place dans la canalisation à réhabiliter une nouvelle conduite d’un diamètre inférieur. L’assemblage des éléments se fait par collage, thermosoudage ou emboîtement.

2.5.1. Domaine d’utilisation

La technique du tubage avec remplissage du vide annulaire concerne les réseaux visitables comme non visitables. Lorsqu’il n’y a pas remplissage du vide annulaire, seules les ouvrages non visitables sont concernés. D’une manière générale cette technique ne peut pas être mise en œ uvre sur de trop petits collecteurs en raison de la diminution de la section qu’elle entraîne. Le diamètre minimal semble être de 300 mm bien que certains procédés proposent une mise en œ uvre à partir de 100 mm. Le diamètre maximal est de 3000 mm sachant que là encore, il varie selon les procédés.

Le tubage est structurant dans la mesure où le vide annulaire est injecté pour assurer la transmission des charges extérieures au nouveau tuyau. Il est non structurant dans le cas contraire. Le dimensionnement reprend ce qui a été dit pour le chemisage continu.

2.5.2. Composants

En général, des matériaux plastiques (PEHD, PVC) sont utilisés. Pour la rénovation de grands diamètres le PRV (Polyester Renforcé de Verre) est apprécié pour sa légèreté, sa résistance à la corrosion et à l’abrasion.

2.5.3. Mise en œ uvre

Après dérivation des effluents, la nouvelle conduite est insérée par tractage ou par poussage d’éléments courts ou longs ou bien par enroulement hélicoïdal. L’ouverture d’une fosse de travail peut s’avérer nécessaire.

ÿ Tubage par enroulement hélicoïdal

Cette technique concerne les ouvrages visitables (quelque soit le type de section) comme non visitables et s’emploie couramment sur des diamètres de 500 à 1500 mm. Elle consiste en la fabrication mécanique in situ d’un tuyau, par enroulement hélicoïdal d’un profilé spécial assemblé par clipsage. L’étanchéité est assurée par la compression de joints en caoutchouc ou par collage. L’espace entre la canalisation existante et le tube est rempli par injection de coulis. L’épaisseur du coulis est ajustée en fonction de la résistance mécanique à obtenir et de la section finale désirée.

mécanique à obtenir et de la section finale désirée. Aménagement de la cunette pour installation de

Aménagement de la cunette pour installation de la

machine à

spiraler (canalisation non visitable)

a n a l i s a t i o n n o n v i

Assemblage manuel (canalisation visitable)

ÿ Tubage par tube prédéformé

La technique du tube prédéformé concerne uniquement les ouvrages non visitables de diamètre 150 à 800 mm ; il s’agit d’un tubage par tuyau continu sans espace annulaire. Cette technique est destinée à la réhabilitation de tronçons de réseaux droits, légèrement courbés ou désaxés, pouvant atteindre de grandes longueurs. Elle consiste en l’insertion par traction :

- d’un profil au diamètre réduit dans un gabarit conique,

- ou bien d’une section déformée à chaud en usine, sous la forme d’un U si bien que le diamètre extérieur est réduit d’environ 30 %.

Le tube est introduit dans la canalisation par un regard ou une fouille de départ à l’aide d’un treuil. Il est alors coupé à la longueur souhaitée. Il reprend ensuite sa forme initialement ronde et se plaque contre la paroi intérieure de la canalisation existante soit spontanément, soit par mise sous pression à la vapeur ou à l’eau (après obturation des extrémités). Le rapport entre le diamètre intérieur du tube à réhabiliter et le diamètre extérieur du nouveau tube est préalablement défini afin de garantir une bonne adhérence.

défini afin de garantir une bonne adhérence. ÿ Assemblage de tubes courts ou longs La mise

ÿ Assemblage de tubes courts ou longs

La mise en œ uvre consiste à tirer ou pousser le nouveau tube dans l’ancienne canalisation puis à remplir par injection l’espace annulaire.

L’assemblage des tubes diffère selon le procédé utilisé. L’étanchéité est obtenue par un joint en caoutchouc.

A titre d’exemple, le procédé RAULINE propose des tubes qui disposent de manchons à emboîtement verrouillable. Le raccordement de ces tubes se fait par un système de clavette dans la paroi du tube, conférant à l’ensemble une surface lisse tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les tubes sont disponibles du diamètre extérieur 160 mm à 450 mm et permettent donc de réhabiliter des canalisations de diamètre nominal 200 à 500 mm.

2.6. Les techniques destructives

nominal 200 à 500 mm. 2.6. Les techniques destructives Ces techniques sont fondées sur la destruction

Ces techniques sont fondées sur la destruction totale du collecteur dégradé et son remplacement par l’intérieur, sans ouverture de tranchée. Il s’agit de tubage après broyage à l’aide d’un microtunnelier (microtunnelier « mange tube ») ou après éclatement de la canalisation dégradée (« éclate tuyau »). Le mange tube et l’éclate tuyau sont utilisés lorsque la statique de l’ancienne canalisation porte à préjudice et qu’on ne peut plus recourir aux procédés de réhabilitation non destructifs ou au remplacement traditionnel par tranchée. L’ouverture de fosses de travail peut s’avérer indispensable de même que de grandes courbes nécessitent des fouilles ponctuelles.

Ces techniques destructives concernent uniquement les ouvrages non visitables et ne sont applicables que sur des canalisations en matériaux cassables : grès vitrifié, amiante ciment, béton non armé, fonte grise ; sont ainsi exclus le béton armé, la fonte ductile, l’acier. De plus, il doit être procédé à la dérivation des effluents.

2.6.1. Microtunnelier « mange tube »

Nous ne nous étendrons pas plus sur ce procédé sachant qu’à une exception près, il ne diffère en rien de la mise en œ uvre traditionnelle de tout autre microtunnelier.

A partir d’un puits de travail, un ensemble de tuyaux précédé d’une tête de forage orientable est poussé en continu vers un puits de sortie. La tête de forage, comme pour tout tunnelier, est guidée par laser à partir d’un poste de pilotage. Elle broie le terrain en place et surtout le collecteur existant ; c’est en cela que réside toute la particularité de ce microtunnelier « mange tube ». C’est ainsi que peuvent être installés des tuyaux de diamètre supérieur à celui de la canalisation de départ. Les débris broyés de l’ancienne conduite sont évacués à travers la nouvelle canalisation par un circuit de marinage vers un bac de décantation.

2.6.2. L’éclate tuyau

L’éclate tuyau peut être soit poussé, soit tiré à l’intérieur de la canalisation. Il permet de réhabiliter des canalisations de diamètre nominal 100 à 1000 mm et sa capacité d’avancement est de 100 à 150 m par semaine. L’ensemble des tuyaux neufs est mis en place dans la continuité de l’éclate tuyau (fusée) qui détruit l’ancienne conduite à l’avancement et repousse les débris dans le terrain environnant (éclatement statique ou dynamique). Il est ainsi possible de mettre en place des tubes de section nominale identique voire même supérieure. L’assemblage se fait ensuite de façon mécanique ou par soudage.

se fait ensuite de façon mécanique ou par soudage. Contrainte La mise en en œ uvre

Contrainte La mise en en œ uvre de l’éclate tuyau entraîne un soulèvement du sol en place bien que le diamètre installé ne soit pas différent du diamètre détruit. Lors d’une telle opération, le soulèvement de la chaussée a été mesuré 12 heures après le passage de l’engin (50 mm) et 3 mois après (5 mm), valeurs non négligeables. Des phénomènes de dilatation, compression, cisaillement et fracturation du sol en place ont été mis évidence, ce qui implique de bien connaître le sous-sol avant d’intervenir.

3. TECHNIQUES POUR LES COLLECTEURS VISITABLES

h mini > 12O0 mm 1.2O m
h mini
> 12O0 mm
1.2O m

Un certain nombre de techniques applicables dans les collecteurs non visitables peuvent être utilisées dans les collecteurs visitables ; c’est le cas des injections d’étanchement, du chemisage, du tubage. Le présent chapitre concernera surtout les procédés strictement utilisables dans les réseaux visitables.

Dans tous les cas, ces techniques mises en œ uvre en visitable, doivent rigoureusement respecter les conditions de sécurité du travail en atmosphère confinée.

3.1. Risques et mesures de prévention

Afin d’effectuer l’intervention dans les meilleurs conditions de sécurité, chaque risque doit être évalué

et des mesures de préventions doivent être prises. La prévention consiste à

ß éviter les risques,

ß évaluer les risques qui ne peuvent être évités,

ß prendre des mesures de protection collectives plutôt qu’individuelles,

ß mécaniser le maximum de tâches,

ß préférer les solutions les moins dangereuses (plutôt que de penser uniquement en terme de coût),

ß en cas de doute ou de manque d’information, demander conseil.

:

ÿ Risque de présence de gaz

H2S - Le gaz hydrogène sulfurée est un produit de la décomposition anaérobie des matières organiques contenues dans la couche de boue déposée sur les parois de la canalisation. C’est un gaz mortel, plus lourd que l’air, très corrosif et explosif. Avant chaque descente, une équipe de reconnaissance équipée de détecteurs de gaz doit précéder l’équipe de travail. La concentration maximum admissible est de 10 ppm. En cours de travail, si le gaz est détecté, des masques autosauveteurs sont utilisés pour évacuer l’ouvrage.

CO – Le monoxyde de carbone provient de l’échappement des moteurs. Les groupes compresseurs ou électrogènes sont donc éloignés des puits de descente.

ÿ Risque de manque d’oxygène

Les détecteurs de gaz effectuent la mesure continue du pourcentage d’oxygène dans l’air.

ÿ Risque d’inondation

Pour les ouvrages supportant des mises en charge, des prévisions de pluie sont fournies la veille pour le lendemain, ce qui permet d’effectuer la sortie préventive de tout le matériel. L’arrivée d’eau peut se produire aussi bien par l’amont que par l’aval ; les batardeaux sont équipés de flotteurs de détection reliés à une alarme sonore et lumineuse. Le seuil est de 20 cm au dessus du niveau par temps sec.

ÿ Risque d’explosion

Le chantier est éclairé par des guirlandes antidéflagrantes et des outils pneumatiques sont utilisés pour éviter tout risque d’étincelle. A cet effet, un détecteur permet de mesurer l’explosivité du milieu (le méthane est le gaz étalon).

ÿ Consigne d’alerte

Depuis la surface, les compresseurs et machines sont coupés et l’éclairage doit clignoter.

3.2. Techniques de réhabilitation

3.2.1. Reprise en traditionnel

Quand l’ouvrage ne présente pas de défaillance mécanique et que les désordres sont limités, des réparations ponctuelles de type rejointement, réfection d’enduits, réfection et reprofilage de radier, colmatage de fissures, sont généralement suffisantes pour assurer l’étanchéité et même redonner son intégrité à la structure. Suivant la configuration de l’ouvrage, ces réparations sont réalisées mécaniquement ou manuellement.

3.2.2. Injections

ÿ Domaine d’utilisation

Dans le cas de collecteurs visitables, différents types d’injections peuvent être mises en œ uvre. Ces injections, sont non structurantes lorsqu’il s’agit d’injections d’étanchement et structurantes lorsqu’elles ont pour objectif de consolider la structure de l’ouvrage, voire même de stabiliser les terrains environnants (mélange à base de ciment).

LES DIFFERENTS TYPES DINJECTIONS

NOM

DEFINITION

A. Injection de traitement de terrain ……… .… .

- injection d’un coulis dans le sol environnant,

- amélioration mécanique du milieu,

- travail ponctuel ou linéaire.

B. Injection de collage …………………………

- comblement de vide annulaire derrière l’ouvrage,

En pratique, il est préférable de commencer par les injectons de collage puis seulement après on procède aux injections du sol.

- le plus souvent assure la butée de l’ouvrage dans le terrain,

- un effet de régénération de la maçonnerie,

- travail linéaire.

 

Ces injections de collage sont de type normal, renforcé ou allégé en fonction du maillage (qui varie de 1 à 3 m).

C. Comblement des vides ……………………… .

- remplissage de grands vides,

- travail ponctuel.

D. Régénération ………………………………… .

- injection sur la structure de la maçonnerie pour confortement,

- restitution des caractéristiques mécaniques de la maçonnerie,

- amélioration de l’étanchéité,

- travail ponctuel ou linéaire.

E. Injection d’étanchement ………………………

- injection pour rendre étanche un ouvrage,

- travail surtout en ponctuel.

ÿ Mise en œ uvre

Ces injections, réalisées à l’aide de manchon, d’aiguilles, ou d’injecteurs préalablement scellés, sont le plus souvent mises en œ uvre à basse pression (inférieure à 1 bar), notamment pour le remplissage des vides, et utilisent des coulis dont la composition varie en fonction de la nature du traitement souhaité et des matériaux constitutifs du sol encaissant.

En ce qui concerne les injections d’étanchement, la mise en œ uvre et les produits sont à l’image de ce qui est réalisé dans les collecteurs de petits diamètres par les robots. L’injection d’étanchement peut tout à fait être réalisée avec manchon (ouvrages circulaires uniquement), mais le plus souvent le travail est effectué manuellement à l’aide d’aiguilles (maçonneries-dalots, ovoïdes… ).

3.2.3. Projection à la lance de béton, mortier ou résines

Les projections de béton, mortier ou résines ont pour objectif de parfaire l’étanchéité et/ou consolider la structure de l’ouvrage (technique structurante ou non). Ce revêtement équivaut à un chemisage de l’ouvrage. On distingue par ailleurs les revêtements dits souples (résines) des revêtements rigides. Leur choix est fonction du comportement de l’ensemble terrain/structure ; il faut en effet adapter la flexibilité de la structure globale composite au sol encaissant.

Nous parlerons plus particulièrement des projections de béton ou mortier qui sont les plus utilisées. Elles concernent les ouvrages en béton et maçonnerie quelque soit leur type de section (circulaire, ovoïde, carré, rectangulaire).

ÿ Mise en œ uvre

La projection à la lance ne peut s’effectuer que dans des collecteurs d’une taille suffisante, puisqu’un recul d’environ 0,50 à 1 m est nécessaire dans la plupart des procédés. La lance peut projeter du béton, du mortier, mais aussi des liants hydrauliques renforcés de fibre ou encore des résines. Cette projection est réalisée par voie sèche ou par voie mouillée (bétons et mortier), la distinction étant le point d’introduction de l’eau dans la chaîne et la vitesse de transport du matériau.

Par voie sèche, le produit est dosé, malaxé, puis transporté dans un tuyau par pression d’air jusqu’à la lance. Juste avant l’éjection du produit, on rajoute de l’eau surpressée et le mélange est projeté sur la paroi.

Par voie mouillée, le produit est dosé, malaxé avec de l’eau et propulsé vers la lance où l’on injecte de l’air, afin que le tout soit projeté sur la paroi.

Les inconvénients de la voie sèche sont la présence de poussières, l’importance des retombées et une certaine fissuration de l’enduit. Ainsi, dans les petites galeries que sont les égouts visitables, on préférera les procédés par voie mouillée. Des renforts éventuels peuvent être mis en place avant la projection (treillis soudé, fibre… ).

ÿ Phasage des travaux

- projection d'une ou plusieurs couches (30 à 40 mm en moyenne par couche),

- lissage de finition,

- traitements des raccordements (réouverture et étanchement),

- évacuation des pertes de matériaux,

- nettoyage de l'ouvrage,

- autocontrôle de l'étanchéité des raccordements,

- inspection visuelle d'autocontrôle,

- remise en service du réseau au minimum 6 heures après la projection (selon la nature du ciment).

La capacité d’avancement, pour un ouvrage de 1,80 m de hauteur, est de l'ordre de 5 à 20 m par jour selon l'importance des travaux préparatoires et l'épaisseur du matériau à projeter.

Les réseaux divers fixés à la paroi de l’ouvrage (s’il y en a), devront faire l’objet d’une dépose puis d’une repose.

3.2.4. Pose de coques préfabriquées

Cette technique a été conçue pour rénover toutes les formes d’égouts et de grands ouvrages. Elle consiste à mettre en place des coques mono-segment ou multi-segments, rigides ou flexibles, adaptables à tout gabarit d'ouvrages existants. Les éléments peuvent en effet recouvrir soit seulement le radier, soit les pieds-droits et la voûte, soit enfin tout le périmètre de l’ouvrage.

Structurant comme non structurant selon les objectifs fixés, ce procédé permet de rétablir l’étanchéité et l’hydraulicité de l’ouvrage dégradé ainsi que de lutter contre l’abrasion et la corrosion.

Les coques sont composées de matériaux souples (plastiques de type PVC, PEHD… ) ou rigides (GRC, PRV… ). Elles sont construites en usine aux dimensions de la conduite (ces dimensions doivent d’ailleurs être relevées très précisément sur le terrain).

Les coques sont descendues dans le réseau à partir de puits de travail ou d’aménagement de regards. Elles sont ensuite réglées puis raccordées entre elles. Pour finir, un coulis de blocage en ciment est injecté dans le vide annulaire pour solidariser la nouvelle canalisation à l’ancienne et ainsi permettre le report des charges. Dans le cas où l’ouvrage présente des réseaux divers fixés à sa paroi, ceux-ci devront être déposés puis reposés.

Des travaux d’adaptation (de cunette par exemple) peuvent précéder la pose de ces éléments préfabriqués tout au long du projet.

Enfin, la pose des coques entraîne une réduction significative de la section utile de l’ouvrage, mais ne nuit pas pour autant à sa capacité hydraulique. Au contraire, celle-ci s’améliore du fait de la diminution du coefficient de rugosité.

3.3. Tableau récapitulatif : ouvrages visitables ou non

 

RESEAUX NON VISITABLES

RESEAUX VISITABLES

PROCEDES

NON STRUCTURANT

 

STRUCTURANT

NON STRUCTURANT

STRUCTURANT

 

- injections d’étanchement

 

- injections d’étanchement

- injections de collage

- injections de traitement du terrain

- injections de régénération

- injections des vides

- manchettes

- manchettes - manchettes métalliques

-

manchettes métalliques

REPARATION

PONCTUELLE

un caractère « renforçant » à défaut de « structurant »

elles redonnent dans le cas d’une ovalisation une forme acceptable à la canalisation

- robots multifonctions

- reprises traditionnelles

rejointoiement, réfection d’enduit, réfection + reprofilage du radier, colmatage des fissures

REHABILITATION

- chemisage de simple étanchement

- chemisage structurant

- chemisage

- tubage avec remplissage du vide annulaire

CONTINUE

- tubage sans remplissage du vide annulaire

- tubage avec remplissage du vide annulaire

- Projection de béton,

mortier ou résines

- Coques préfabriquées

 
  - mange tube

- mange tube

  - mange tube
  - mange tube

REMPLACEMENT

- éclate tuyau

44

Conclusion

Les techniques d’entretien ou de maintenance des réseaux ne cherchent qu'à reprendre des défauts localisés tels que des infiltrations aux joints ou des casses ponctuelles. Il se produit souvent un phénomène de report des défauts à l'issue d'une réparation ponctuelle sur les éléments voisins de la zone traitée. Ainsi, si un joint est étanché au moyen d'une manchette, il n'est pas rare de constater que son voisin, posé à la même époque et qui n'a pas cédé le premier, cède à son tour car il reprend l'intégralité des charges. Ce phénomène est particulièrement visible après le traitement des racines par manchette ; ces dernières, en effet, pénètrent par le joint voisin. De même, il est possible de voir apparaître, après le traitement ponctuel d’une fissure longitudinale, une prolongation de cette fissure après les travaux.

C'est pourquoi il est généralement constaté après quelques années, qu’un chantier traité par des techniques ponctuelles présente le même taux d'infiltrations d'eaux claires parasites qu'avant les travaux. Ce phénomène physique explique pourquoi de nombreux maîtres d'ouvrage sont insatisfaits des réparations ponctuelles. Ce phénomène ne se produit pas avec les deux autres familles de techniques que sont la réhabilitation continue et le remplacement. En effet, ces dernières remplacent l'ancien tuyau par un tuyau neuf avec les garanties liées à de telles prestations (garantie décennale et amortissement technique sur 50 ans).

Il est donc très important dans un projet de réhabilitation de bien définir les objectifs du traitement. Si le but est de masquer une infiltration ponctuelle ou de traiter une casse ponctuelle, les techniques de maintenance (ou réparations ponctuelles) sont parfaitement adaptées. Si par contre le but est de remettre à neuf une canalisation entre deux regards, avec des essais d'étanchéité et une demande de garantie ou de longévité, les techniques de réhabilitation continue et de remplacement sont préférables. En tout état de cause il n'est pas rigoureux, techniquement parlant, de comparer un projet de réparations ponctuelles avec un projet de réhabilitation.

TTRROOIISSIIEEMMEE PPAARRTTIIEE CCOONNTTRROOLLEESS QQUUAALLIITTEE

La réalisation de contrôles répond à des obligations de résultats en fin de chantier. Ces obligations relèvent de la réglementation en vigueur dans le domaine de la maîtrise d’œuvre des réseaux d’assainissement.

Les contrôles réalisés avant, en cours et après travaux ont vocation à garantir la pérennité du réseaux d’assainissement, et par là même, assurer la protection du milieu naturel. L’objectif de ces contrôles est de vérifier l’étanchéité, la stabilité et l’hydraulicité de ces réseaux.

Ces contrôles ne devraient pas avoir pour but de sanctionner ou de trouver des responsables à des opérations non conformes, mais de permettre aux professionnels de l’assainissement de vérifier la conformité de leurs prestations aux exigences spécifiées ou implicites et de progresser vers la qualité requise.

Le contrôle a un grand intérêt :

pour l'entreprise qui grâce au contrôle intérieur pourra fiabiliser ses chantiers, vérifier sa compétence dans des cas très variés et éviter des surcoûts importants, pour le Maître d'Ouvrage qui pourra s'assurer de la pérennité et de l'efficacité de l'investissement, pour le Maître d’Œ uvre qui est responsable de la bonne exécution des travaux, pour l'Agence de l'Eau qui souhaite favoriser la réalisation de réseaux de qualité, afin d'améliorer la protection de l'environnement.

1. CONTROLES : GENERALITES

1.1. Contrôles et Législation

Malgré les efforts entrepris depuis de nombreuses années, force est de constater que trop de réseaux d'assainissement sont encore de qualité insuffisante.

Face à ce constat, le Ministère de l'Environnement a défini dans son arrêté du 22 décembre 1994 (article 25), les dispositions techniques relatives aux ouvrages de collecte et de traitement des eaux usées, en particulier celles à prendre en matière de contrôle de la qualité d'exécution et de réception des nouveaux tronçons (ANNEXE 5). Par « nouveau tronçon », le Ministère de l'Environnement entend « toute construction nouvelle, extension ou réhabilitation du système de collecte de même que toute incorporation d’ouvrages existants au système de collecte ».

La procédure de réception est prononcée par la commune (ou ses groupements) qui, à cet effet, confie la réalisation des contrôles à un organisme qualifié et indépendant de l’entreprise chargée des travaux.

1.2. Contrôles intérieurs /extérieurs

1.2.1. Définitions

Les contrôles effectués dans le cadre de l’arrêté du 22 décembre 1994 sont distincts des contrôles réalisés à l’initiative de l’entreprise ou pour le compte de cette dernière.

Les premiers, réalisés et consignés par un opérateur qualifié et indépendant de l'entreprise chargée des travaux, constituent le CONTROLE EXTERIEUR.

Les seconds, indispensables à l’entreprise tout au long de l'exécution des travaux pour passer avec succès les tests relatifs au contrôle extérieur, constituent le CONTROLE INTERIEUR.

Sont définis ainsi les termes suivants :

Contrôle intérieur Il consiste en contrôles par l’entreprise de ses propres tâches. On distingue

:

L’autocontrôle : contrôle exercé par chaque intervenant à l’intérieur de son organisation pour s’assurer de la qualité de sa production ou de sa prestation.

Le contrôle interne : opération de surveillance, de vérifications et d’essais exercée sous l’autorité du responsable de la fabrication ou de la production dans les conditions définies dans le Plan d’Assurance Qualité.

Le contrôle externe : opération de surveillance, de vérifications, d’essais exercée par du personnel de l’entreprise indépendant de la chaîne de production ou par un organisme extérieur mandaté par l’entreprise.

Contrôle extérieur Ce contrôle est exercé par un opérateur indépendant de l’entreprise chargée des travaux, pour le compte du maître d’ouvrage.

1.2.2. Organigramme des contrôles

Maître d’ouvrage Maître d’œuvre Entreprise CONTROLE INTERIEUR CONTROLE EXTERIEUR Autocontrôle Contrôle
Maître d’ouvrage
Maître d’œuvre
Entreprise
CONTROLE INTERIEUR
CONTROLE EXTERIEUR
Autocontrôle
Contrôle interne
Contrôle externe
Exercé par
l’exécutant
Exercé sous l’autorité
du responsable de la
production
Exercé indépendamment
de la chaîne de la
production
Exercé par un
opérateur indépendant

1.3. Les Agences de l’Eau (A.E.)

1.3.1. Création des A.E.

Depuis 1967, suite à la loi du 16 décembre 1964, il existe en France une Agence de l'Eau pour chacun des 6 grands bassins hydrographiques du pays (Artois Picardie, Seine-Normandie, Rhin-Meuse, Loire- Bretagne, Adour-Garonne, Rhône-Méditerrannée-Corse). Il s’agit d’établissements publics de l'État dotés de la personnalité juridique et de l'autonomie financière. Les Agences de l’Eau sont placées sous la tutelle du Ministère de l'Environnement et du Ministère de l'Économie et des Finances.

1.3.2. Rôle des A.E.

Le rôle des Agences est de reconquérir la qualité des rivières et du littoral, de préserver les nappes souterraines, mais aussi de contribuer à satisfaire tous les utilisateurs d'eau. Pour cela, elles soutiennent techniquement et financièrement des projets de lutte contre la pollution du milieu naturel par les eaux domestiques, industrielles et agricoles.