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Correction de la question de synthèse Bac blanc n°2 Bac blanc n°2

I. Travail préparatoire

1. En 2003, sur 100 filles de 40 à 59 ans d'agriculteurs exploitants, 46 sont devenues employées. Ou en
2003, 46 % des filles de 40 à 59 ans d'agriculteurs exploitants sont devenues employées.
Nombre de filles de 40 à 59 ans d'agriculteurs exploitants devenues employées en 2003 x 100
Nombre de filles de 40 à 59 ans d'agriculteurs exploitants en 2003

En 2003, 22% des hommes de 40 à 59 ans fils d'artisans sont devenus CPIS
Nombre de fils de 40 à 59 ans d'artisans devenus CPIS en 2003 x 100
Nombre de fils de 40 à 59 ans d'artisans en 2003

2. La mobilité sociale est très différente chez les hommes et les femmes:
● l'immobilité sociale mesurée par la part des individus qui restent dans la même catégorie que leur
père est plus faible chez les femmes que chez les hommes. On le voit en comparant les deux
diagonales: 22% des fils d'agriculteurs sont restés agriculteurs; c'est le cas de 12% des filles
d'agriculteurs. De même, 52% des fils de cadres le sont restés contre 33% des filles.
● L'intensité de la mobilité est donc plus grande chez les femmes que chez les hommes: la part de
mobile y est plus forte: 93% des filles d'artisans sont mobiles, contre 79% des fils d'artisans.
● La forme de mobilité est aussi différente. Les femmes connaissent plus fréquemment une démotion:
32% des filles de cadres sont devenues professions intermédiaires, 26% employés; 42% des filles de
professions intermédiaires sont devenues employées. En revanche, les hommes connaissent plus
fréquemment une ascension sociale: 33% des fils des professions intermédiaires sont devenues,
CPIS,50% des fils d'employés le deviennent également.
● Les filles ont aussi une destinée quasi écrite: leur probabilité de devenir employée est très forte
quelle que soit l'origine sociale. C'est le cas de 46% des filles d'agriculteurs, 42% des professions
intermédiaires. En revanche, les parcours sociaux sont beaucoup plus diversifiés chez les hommes:
26% des fils de cadres deviennent professions intermédiaires, 28¨% des fils d'employés deviennent
professions intermédiaires, 22% des CPIS
● Cependant, que cela soit pour les hommes et les femmes, l'amplitude est faible , c'est-à-dire que les
trajets sociaux sont courts.55% des filles d'ouvriers sont devenus employés, 28% des fils d'employés
sont devenus professions intermédiaires

3. Si les hommes et les femmes étaient égaux face à l'emploi, la part des hommes et des femmes serait
la même quel que soit l'emploi. C'est le cas pour les professions intermédiaires: 21% des hommes et
24% des femmes sont professions intermédiaires. Excepté ce cas, des inégalités sont notables. Les
hommes sont surreprésentés chez les cadres (20% des hommes sont cadres contre 12% des femmes)
et chez les ouvriers ( 22% des hommes contre 2% des femmes chez les ouvriers qualifiés). Les
femmes sont elles surreprésentés chez les employés (30% des femmes contre 8% des hommes).
Les hommes ont ainsi une probabilité plus forte que les femmes soit d'avoir un emploi socialement
valorisé et bien rémunéré, soit d'avoir un travail manuel

4. Garçons et filles ne font pas le même type d'études:


- au niveau de la longueur des études: les garçons font des études plus longues que les filles.
L'égalité n'apparaît que dans les générations les plus récentes
- au niveau de la discipline d'études: les garçons choisissent des études scientifiques alors que les
filles préfèrent les études littéraires

5. L'école n'assure donc pas une égalité des chances entre filles et garçons, même si en théorie la
scolarisation est obligatoire et est la même pour tous. Certes le niveau moyen d'études est similaire
chez les filles et les garçons; mais cette moyenne cache des disparités importantes. Les filles font des
études moins longues et moins valorisées que les garçons. En effet, plus la filière est sélective, moins
la part des fille est importante. Ainsi, les filles restent minoritaires dans les études scientifiques et les
grandes écoles qui restent les études élitistes qui assurent un statut social valorisé.
La question est alors de mettre en évidence la raison de cette inégalité:
- est ce dû , comme le pense Boudon, à un calcul rationnel différent chez les filles et les garçons
- ou bien , dans la lignée de Bourdieu, à un déterminisme social et au rôle de l'habitus différent chez
les filles et les garçons

6. Les hommes et les femmes ne connaissent pas la même mobilité intragénérationnelle , c'est-à-dire
n'ont pas le même parcours au cours de leur vie professionnelle. 3 critères peuvent mettre en
évidence ces différences:
- le sexe: les femmes connaissent plus souvent la démotion que les hommes: en 98-2003, 8,2% des
hommes cadres connaissent une mobilité descendante contre 9,3% des femmes
- l'année: plus on avance dans le temps, plus la démotion est forte: en 80-85, 1,6% des femmes
cadres connaissent une mobilité descendante, 11,5% en 98-2003
- la PCS: les ouvriers connaissent plus fréquemment la mobilité descendante: en 80-85, 2,1% des
hommes cadres la subissent, 3,3% des ouvriers qualifiés
- ces critères s'ajoutent: les femmes ouvrières ont ainsi la probabilité la plus forte de connaître une
démotion: 13,4% en 98-2003 contre 10% des hommes cadres

II. Question de synthèse

Le chef de file des députés UMP Jean-François Copé a annoncé en Octobre une proposition de loi visant à
imposer, dans un premier temps, 40% de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises.
Selon lui, «L’exemple viendra d’en haut (...) Ce sont ces conseils qui déterminent les politiques de
rémunération». Cette proposition repose sur le système de quotas; J.F.Copé part d'un constat: hommes et
femmes sont inégaux face à l'emploi et à la rémunération. Une inégalité ne doit pas être confondue avec une
différence. En effet une différence entre deux individus ou deux groupes ne devient une inégalité qu’à partir
du moment où elle est traduite en termes d’avantages ou de désavantages par rapport à une échelle de valeurs
.elle est donc toujours relative. Les hommes ont des emplois mieux rémunérés et mieux valorisés
socialement que les femmes. J.F.Copé considère que sans discrimination positive, c'est-à-dire sans un
traitement différent des hommes et des femmes , il n' y aura pas davantage d'égalité.
Cette inégalité dans les emplois hommes-femmes explique en partie les différences de mobilité entre sexes.
De manière générale, la mobilité sociale c’est le changement de position sociale d’un individu ou d’un
ensemble d’individus (mobilité individuelle ou collective), au cours de sa vie ou par rapport aux générations
précédentes; on distingue deux grands types de mobilité: la mobilité intragénérationnelle où on compare la
position professionnelle d’un individu aujourd’hui aux positions professionnelles qu’il a occupé
antérieurement, par exemple à l’entrée dans sa vie active. C’est une mobilité professionnelle plutôt que
sociale. Et la la mobilité intergénérationnelle où on compare la profession du fils avec celle du père.
Or quelle que soit le type de mobilité étudiée, elle se révèle différente chez les hommes et les femmes . Les
femmes sont certes plus mobiles que les hommes, mais elles connaissent aussi plus fréquemment une
mobilité descendante. Ces inégalités s'expliquent à la fois par la nature des emplois qui sont différentes chez
les hommes et les femmes et par des inégalités scolaires.

I. Constat: les inégalités hommes-femmes en termes de mobilité sociale

Les hommes et les femmes ne connaissent pas la même mobilité sociale, tant en terme de mobilité
intergénérationnelle qu'en terme de mobilité intragénérationnelle.

A) Les inégalités hommes-femmes dans la mobilité intergénérationnelle


La mobilité sociale est très différente chez les hommes et les femmes: certes elles sont relativement
plus mobiles que les hommes, mais cette mobilité est avant tout descendante.

1) Une mobilité sociale plus grande chez les femmes que chez les hommes
L'immobilité sociale mesurée par la part des individus qui restent dans la même catégorie que leur
père est plus faible chez les femmes que chez les hommes. On le voit en comparant les deux
diagonales: 22% des fils d'agriculteurs sont restés agriculteurs; c'est le cas de 12% des filles
d'agriculteurs. De même, 52% des fils de cadres le sont restés contre 33% des filles.
L'intensité de la mobilité est donc plus grande chez les femmes que chez les hommes: la part de
mobile y est plus forte: 93% des filles d'artisans sont mobiles, contre 79% des fils d'artisans. 80%
des filles d'ouvrières n'ont plus le même statut que leur père, 54% des fils d'ouvriers.

2) mais une probabilité de démotion beaucoup plus forte chez les femmes que chez les
hommes
Les femmes sont donc plus mobiles que les hommes, mais elles connaissent plus fréquemment une
démotion: 32% des filles de cadres sont devenues professions intermédiaires, 26% employés; 42%
des filles de professions intermédiaires sont devenues employées. En revanche, les hommes
connaissent plus fréquemment une ascension sociale: 33% des fils des professions intermédiaires
sont devenues, CPIS,50% des fils d'employés le deviennent également.
Les filles ont aussi une destinée quasi écrite: leur probabilité de devenir employée est très forte
quelle que soit l'origine sociale. C'est le cas de 46% des filles d'agriculteurs, 42% des professions
intermédiaires. En revanche, les parcours sociaux sont beaucoup plus diversifiés chez les hommes:
26% des fils de cadres deviennent professions intermédiaires, 28¨% des fils d'employés deviennent
professions intermédiaires, 22% des CPIS

3) Un seul point commun : une amplitude limitée

Cependant, que cela soit pour les hommes et les femmes, l'amplitude est faible , c'est-à-dire que les
trajets sociaux sont courts.55% des filles d'ouvriers sont devenus employés, 28% des fils d'employés
sont devenus professions intermédiaires

B) Les inégalités hommes-femmes en terme de mobilité intragénérationnelle


Les femmes ont donc plus fréquemment que les hommes une place dans la hiérarchie sociale
inférieure à celle de leur père. Elles subissent aussi plus souvent une descente sociale lors de leur
carrière professionnelle. Trois variables peuvent ainsi être mises en évidence dans l'étude de la
mobilité intragénérationnelle: la PCS, l'année, le sexe, ces 3 critères se cumulant.

1) Une démotion inégale selon la PCS


Toutes les PCS n'ont pas la même probabilité de connaître la mobilité descendante: en 80-85, 2,1% des
hommes cadres la subissent, 3,3% des ouvriers qualifiés.

2) Selon le sexe
A cette inégalité par PCS s'ajoute une inégalité par sexe ; quelle que soit la PCS, les femmes connaissent plus
souvent la démotion que les hommes: en 98-2003, 8,2% des hommes cadres connaissent une mobilité
descendante contre 9,3% des femmes

3) et l'année
Quelle que soit le sexe et la PCS, la probabilité d'avoir une mobilité descendante au cours de sa vie
professionnelle a augmenté. En 1980-85, 1,6% des femmes cadres ont subi une démotion. En 1998-2003,
cette probabilité a été multipliée par 10: la part des femmes cadres ayant eu une mobilité descendante est
alors de 11,5%.

Ces 3 critères s'ajoutent: les femmes ouvrières ont ainsi la probabilité la plus forte de connaître une
démotion: 13,4% en 98-2003 contre 10% des hommes cadres

Les inégalités hommes et les femmes en terme de mobilité sociale sont donc très importantes, que l'on
raisonne en comparant le métier du père et celui de l'individu ou en analysant l'évolution d'un individu au
cours de sa vie professionnelle. Les femmes ont une probabilité beaucoup plus forte que les hommes de subir
une mobilité descendante.

II. Les explications

Ces inégalités peuvent s'expliquer par deux grands facteurs à partir de la distinction, introduite par
R.Aron :les causes économiques car la mobilité structurelle résulte du changement de la structure sociale ,
c’est-à-dire l’évolution de la répartition des professions , et des causes sociales car la mobilité nette
s’explique par une plus grande fluidité de la société) .

A) Une mobilité structurelle différente

1) Une répartition des emplois différents selon le sexe (doc 2, q3)

En effet, les hommes et les femmes n'ont pas encore aujourd'hui les mêmes emplois. Si les hommes et les
femmes étaient égaux face à l'emploi, la part des hommes et des femmes serait la même quel que soit
l'emploi. C'est le cas pour les professions intermédiaires: 21% des hommes et 24% des femmes sont
professions intermédiaires.
Excepté ce cas, des inégalités sont notables. Les hommes sont surreprésentés chez les cadres (20% des
hommes sont cadres contre 12% des femmes) et chez les ouvriers ( 22% des hommes contre 2% des femmes
chez les ouvriers qualifiés). Les femmes sont elles surreprésentés chez les employés (30% des femmes contre
8% des hommes).
Les hommes ont ainsi une probabilité plus forte que les femmes soit d'avoir un emploi socialement valorisé
et bien rémunéré, soit d'avoir un travail manuel

2) Qui impose une mobilité structurelle pour les femmes (doc1A)

Cette répartition sexuée des emplois contraint donc les femmes à avoir une mobilité sociale. C'est ici une
nécessité, non un choix, car les emplois « réservés » aux femmes sont spécifiques.
Ainsi, les filles d'ouvriers qui étaient pourtant très nombreuses (2 999 674) n'ont pas pu devenir ouvrières
(seulement 994 288 ouvrières . C'est aussi vrai dans une moindre mesure pour les filles de cadres: il y avait
741 097 filles de cadres, mais seulement 542 249 cadres chez les femmes de 40 à 59 ans en 2003.
En revanche, une destinée s'est imposée pour les femmes quelle que soit leur PCS d'origine: être employée.
834 137 femmes étaient filles d'employés, mais 3 593 709 femmes de 40 à 59 ans sont devenues employées
en 2003. Ainsi, 48% des femmes de cette génération sont employées. L'origine sociale influence certes le
devenir social: 26% des filles de cadres sont devenues employée, mais le sexe a un rôle plus grand sur la
destinée: 55% des filles d'ouvriers sont devenues employées, 42% des filles de professions intermédiaires.

Le sexe apparaît ainsi plus déterminant que l'origine sociale dans la fixation d'un statut social

B) Une mobilité nette différente

1) Une répartition des emplois selon le sexe qui relève de déterminants culturels
Cette inégalité des emplois selon le sexe s'expliquent avant tout par des variables culturelle et non
économiques. En effet, la culture occidentale qui se définit comme un ensemble d’éléments interdépendants
constituant un tout organisé,inculqué aux membres de la société et respecté sous peine de sanctions,visant à
répondre aux défis auxquels chaque société est confrontée, impose un statut et des rôles propre à chaque
sexe.
Le statut est la position qu’un individu occupe sur une des dimensions de l’espace social comme la
profession, le niveau d’instruction, le sexe, l’âge, etc. Les hommes seront alors définis comme les chefs de
famille et des actifs ayant un emploi, la femme sera d'abord considérée comme une épouse et une mère. Il en
résulte alors que les rôles correspondant à l’ensemble des comportements d’un individu qui sont attendus par
les membres de la société, en fonction du statut qu’il occupe varient entre les hommes et les femmes. Un
homme est capable de prendre des responsabilités, il est fort physiquement et moralement et doit assurer les
besoins de sa famille: il sera cadre ou ouvrier. En revanche, une femme est plus fragile, elle doit s'occuper de
ses enfants et de sa famille, elle ne peut donc occuper des postes prenant à forte responsabilité. Les postes
d'employés sont donc tout à fait adaptés.

2) qui expliquent alors l'inégalité face à l'école

Ces attentes de la société pour les hommes et les femmes expliquent alors les inégalités face à l'école qui
rendent alors plus facile la mobilité nette chez les hommes que chez les femmes.

a) En théorie, une école méritocratique

Cette inégalité est d'autant plus surprenante qu'en théorie, l'école est méritocratique et ne tient pas compte du
sexe. Certes , jusqu’à la fin du XIX° siècle , en Europe , l’éducation reproduisait fidèlement la séparation des
sexes: des écoles pour les filles et d'autres pour les garçons. Ainsi, la première fille à avoir le bac est en 1861;
il faudra aussi attendre 1924 pour que filles et garçons passent le même baccalauréat.Il ne peut donc y avoir
de mobilité sociale car au départ il y a inégalité des chances.
Or aujourd'hui, la conception méritocratique considère que le statut d’arrivée ne doit pas dépendre de
son statut d’origine mais de ses propres capacités; l’école doit donc être neutre et unique. Cela
signifie que l' éducation est gratuite et universelle jusqu’à un certain niveau minimal ,qu'il y a une
distribution à tous d’un savoir identique,une égalité des ressources scolaires : même matériel, même
enseignant et une composition sociale et ethnique identique.

b) En réalité des inégalités (doc3, q4 et5)

Or , dans la réalité, les filles et les garçons ne font pas les mêmes études, ni en terme de durée, ni en terme de
filière. Certes le niveau moyen d'études est similaire chez les filles et les garçons; mais cette moyenne cache
des disparités importantes. Au niveau de la longueur des études: les garçons font des études plus longues que
les filles. L'égalité n'apparaît que dans les générations les plus récentes; Au niveau de la discipline d'études
ensuite: les garçons choisissent des études scientifiques alors que les filles préfèrent les études littéraires
Les filles font donc des études moins longues et moins valorisées que les garçons. En effet, plus la filière est
sélective, moins la part des fille est importante. Ainsi, les filles restent minoritaires dans les études
scientifiques et les grandes écoles qui restent les études élitistes qui assurent un statut social valorisé.
L'école n'assure donc pas une égalité des chances entre filles et garçons, même si en théorie la scolarisation
est obligatoire et est la même pour tous..

c) Explications

La question est alors de mettre en évidence la raison de cette inégalité:- est ce dû , comme le pense
Boudon, à un calcul rationnel différent chez les filles et les garçons , ou bien , dans la lignée de
Bourdieu, à un déterminisme social et au rôle de l'habitus différent chez les filles et les garçons ?

i. Une explication en terme d'analyse coût -bénéfice

R.Boudon reprend le modèle de référence de M.Weber: l’ homo sociologicus actif qui a plusieurs
caractéristiques :c’est un acteur c’est à-dire qu’il agit, il est maître de son destin ; mais cette action est
soumise à des contraintes : l’acteur n’agit pas dans un vide institutionnel et social ; cette action possède une
finalité, c’est-à-dire que l’action est rationnelle : pour R.Boudon, la principale raison est le calcul coût
bénéfice .
Selon R.Boudon, le système éducatif peut se comparer à un réseau complexe de voies ferrées reliées par des
aiguillages A chaque bifurcation, un choix est effectué par l’élève et sa famille. 3 variables influencent ce
choix : la première est la réussite scolaire qui dépend des dons, mérites et capacités de travail de l’individu.
La deuxième est fonction du risque, c’est-à-dire le coût de cette scolarité supplémentaire. Plus les coûts
seront forts, plus l’hésitation sera grande. Enfin le dernier critère dépend des bénéfices attendus en terme
d'emploi et de rémunération.
Or, selon le sexe, le calcul rationnel sera différent. Les garçons ont comme contraintes de subvenir aux
besoins de leur future famille, ils voient donc l'intérêt de faire des études longues qui leur assurent un emploi
bien rémunéré. En revanche, les filles voient le risque de faire des études scientifiques jugées comme
masculines. Dans ce cas, elles seraient cataloguées comme non féminines et auraient dû mal à trouver un
conjoint. Les filles doivent encore choisir entre carrière et couple,alors que pour les garçons c'est
complémentaire.
Ainsi le choix du type de scolarité dépend du calcul rationnel des individus :ils comparent le coût d’une
année de scolarité supplémentaire avec son bénéfice . Pour 2 enfants de réussite scolaire identique , il est
rationnel pour le garçon de continuer des études longues et scientifiques et pour une fille de faire des études
courtes ou littéraires.

Le bénéfice de la scolarité apparaît donc différent selon le sexe, car filles et garçons n'ont pas été socialisés
de la même manière.

ii. une analyse en terme d'habitus

Ainsi, des différences de socialisations selon le sexe rendraient les garçons mieux adaptés aux formations
sélectives.
L’influence du groupe familial sur l’individu est développée par P.Bourdieu à travers son concept d’habitus.
Il désigne un système de dispositions durables et transposables à beaucoup de situations qui
fonctionne comme une guide de perceptions, d’appréciations ou d’actions. L’habitus montre donc,
que contrairement aux visions déterministes de type marxistes et durkheimienne, l’individu n’est
pas totalement passif, qu’il contribue par sa liberté d’action, à la construction de son histoire; Mais
le rôle du milieu social et familial reste essentiel : l’habitus est en effet élaboré dans le cadre de la
famille et surtout lors de la prime enfance (socialisation primaire). L’individu agit mais il n’est pas
libre de ses actions : elles sont influencées par son habitus et par sa socialisation au sein d’une classe sociale
qui sont largement intériorisés donc inconscient.
Certes, la socialisation est différente d'un milieu social à un autre, mais elle est aussi différente selon le sexe.
La phrase de S.de Beauvoir: « on ne naît pas femme, on le devient » reste d'actualité. La société occidentale
développe des stéréotypes différents sur les femmes et les garçons et les éduque en fonction de ces images
qui sont en parties voire totalement fausses. Ainsi, les filles sont considérées comme douces ,
fragiles,s'intéressant aux lettres et à la beauté; en revanche les garçons sont jugés dynamiques, agressifs,
sportifs et aimant les mathématiques. S'opère alors un processus de prophétie créatrice: étant élevé
différemment, les filles et les garçons développent des caractéristiques différentes qui les adaptent
différemment aux exigences de l'école.
Certes, les qualités développées chez les filles leur permettent de bien réussir à l'école lors des premières
années: elles sont sages, dociles et à l'écoute. En revanche, ces qualités deviennent des défauts pour les
études les plus sélectives comme les classes préparatoires aux grandes écoles: elles manquent d'ambition et
d'agressivité et elles n'aiment pas la compétition. En revanche, les familles ont développé chez les garçons
ces caractéristiques qui leur permettent alors de réussir dans les filières très sélectives.

On peut alors en conclure comme Bourdieu sur les inégalités liées à l'origine sociale que l’individu n’est pas
un acteur rationnel qui décide de la poursuite d’études en fonction d’une analyse coût-bénéfice opérée sous
contraintes. L’école occupe donc dans le système de reproduction une place essentielle. L’école apparaît
d’autant plus neutre qu’elle dispose d’une autonomie grande et qu’elle a mis en place une démocratisation
qui assure à tous (au moins , en apparence ) les mêmes chances . L'école est donc responsable en partie de
l'inégale réussite solaire des filles et des garçons car elle ne tient pas compte des différences de socialisation
selon le sexe.

Même les trente dernières années ont été marquées par une entrée des femmes sur le marché du travail , on
est loin de l'égalité et la parité. En effet, les femmes subissent plus fréquemment que les hommes une
démotion , alors que les hommes connaissent plus souvent une mobilité sociale ascendante. Cette inégalité
s'explique par des emplois encore très sexués: schématiquement les hommes sont cadres et ouvriers, les
femmes employées et par une inégale réussite scolaire : la socialisation différente selon le sexe génère des
calculs rationnels propres à chaque sexe: mêmes si les filles sont plus nombreuses que les garçons jusqu'au
bac , elles feront des études moins sélectives que les garçons ce qui leur ferment des portes.
Comme toute forme d'inégalité persistante, le problème est alors d'arriver à la réduire. Aujourd'hui, en
France, est utilisée la discrimination positive: partant du postulat que l'égalité des chances est impossible à
réellement atteindre, l'idée est de donner plus à ceux qui ont moins. Une solution est alors le quota, c'est-à-
dire réserver un certain nombre de places aux groupes défavorisées. Cette solution est très mal perçue en
France où est développée l'égalité républicaine. On l'a vu quand a été mis en place un système de quotas pour
les femmes lors des élections municipales. On l' a encore constaté cet hiver lors de la polémique sur les
quotas dans les grandes écoles. V.Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur partait d'un constat: les
élèves boursiers sont minoritaires dans les écoles de pouvoir. Elle proposait alors un quota ou un objectif de
30% de boursiers. Cette proposition a donné lieu à une levée de boucliers des directeurs des grandes écoles.
Ils considèrent qu'une telle mesure réduirait le niveau moyen de l' école puisque la sélection ne se ferait pas
sur des critères universitaires , ce qui dévaloriserait le diplôme.