Vous êtes sur la page 1sur 3

ANDRIAMAROFARA Ainarivony : aina@homemail.

com
Etudiant au Département de Sociologie, Faculté DEGS, Ankatso, Université d’Antananarivo
Document à destination des étudiants du Département pour compléter et améliorer la compréhension des cours

Emile Durkheim

1. Une vision déterministe du social

Pour Emile Durkheim, la sociologie vise à révéler des régularités sociales dans l’explication d’un acte
individuel que l’opinion spontanée considère comme contraire au déterminisme. Bref, la sociologie
voit la société comme régie par des lois, tout comme les
 L’individu est déterminé par la société : il est le fruit de la société, même ses
sentiments les plus personnels.
 D’où le holisme

2. La Sociologie du fait social

Tous les phénomènes sociaux qui se passent dans la société ne sont pas des faits sociaux. (manger,
boire, dormir…). Si la sociologie prenait comme objet d’étude ces genres de phénomènes, la
sociologie n’aurait pas d’objet propre.
Les faits sociaux sont d’une nature spéciale. Ils sont appelés sociaux car n’ayant pas l’individu pour
substrat, ils ne peuvent en avoir d’autre que la société.

Définition(…): les faits sociaux consistent en des manières d'agir, de penser et de sentir, extérieures à
l'individu, et qui sont douées d'un pouvoir de coercition en vertu duquel ils s'imposent à lui.

2.1.Les faits sociaux sont extérieurs

Procédons par analogie avec les objets d’étude des sciences exactes.

o Cas de la vie : formée de H, O, C, N. La vie est dans le tout formé l’union de


ces éléments et non dans les parties. Elle a pour siège la totalité.
o Cas du bronze : la dureté du bronze n’est ni dans le Pb, ni dans le Sn ni dans
le Cu qui sont des éléments souples et flexibles. La dureté est dans leur
mélange

 La vie et la dureté du bronze sont donc extérieures aux éléments qui les
composent.
Il en va de même pour ce qui en est de la conscience collective. La conscience collective se trouve
dans le tout formé par l’union des individus.
En effet, les états de conscience collective sont d’une autre nature que les états de conscience
individuelle ; ce sont des représentations d’une autre sorte.
La mentalité du groupe n’est pas celle des particuliers ; elle a ses lois propres.

La conscience collective est extérieure aux personnes en ce qu’elles les transcendent, et les survivent.
C’est le type psychique d’une société particulière ; c’est elle qui donne à une société ses caractères
distinctifs et singuliers.

Les matières de la vie sociale ne peuvent pas s’expliquer par les consciences individuelles prises
isolément.
Les faits sociaux résident dans la société et non dans ses membres, ses parties.
 D’où l’extériorité.

Ce qui est le cas du langage, de la religion et pratiques religieuses, les mœurs.


ANDRIAMAROFARA Ainarivony : aina@homemail.com
Etudiant au Département de Sociologie, Faculté DEGS, Ankatso, Université d’Antananarivo
Document à destination des étudiants du Département pour compléter et améliorer la compréhension des cours

Si ces pratiques ont existés avant le pratiquant, c’est qu’elles existent en dehors de lui.
Ce sont donc des manières d’agir, de penser et de sentir qui présentent cette remarquable propriété
qu’ils existent en dehors des consciences individuelles

De cette extériorité de la conscience collective découle la séparation entre psychologie et la


sociologie :
La psychologie s’intéresse aux conscience individuelles prises séparément et la sociologie à la
conscience collective qui est supérieure à la conscience individuelle. Et puisque la société est
supérieure à l’individu, il fau donc une science supérieur à la psychologie pour traiter la société, cette
science est la sociologie.
En effet, si on part des membres, on ne pourra rien comprendre de ce qui se passe dans la société

Les deux sciences (psychologie et sociologie) sont tout à fait distinctes car elles traitent de deux objets
d’étude totalement différent.

2.2 Les Fait sociaux sont contraignants :

Si les faits sociaux sont extérieurs a nous, c’est à dire ne peuvent être élaborées par nous, elles
ne peuvent pénétrer en nous qu’en s’imposant, en étant contraignante.

Au début de notre de vie, on nous contraint à manger, a boire à des heures régulières, à la propreté, au
calme, à l’obéissance ; plus tard au respect, aux convenances… Avec le temps, cette contrainte cesse
d’être ressentie car donne naissance à des à des habitudes qui ne les remplace pas. Quand je m’y
conforme, cette coercition ne se fait pas ou peu ressentir. La contrainte s’affirme dès que je tente de
résister. (parler une langue inconnue, s’habiller bizarrement,… )
D’où le nom d’institution (l’Etat, les lois, la famille,…)ou toutes les croyance, et les modes de
conduites instituées (établies) par la collectivité.

Puisqu’elle a lieu hors de chacun de nous, elle fixe certaines façons d’agir et de certains jugements qui
ne dépendent pas de chaque volonté particulière prise à part.
 S’impose du dehors car supérieur.

3. La Socialisation

La socialisation a pour base les modèles culturels transmis par la génération précédente.
Autrement dit, La socialisation est l’éducation de la jeune génération.
« L’éducation est l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres
pour la vie sociales ».
La société ne peut vivre que s’il existe entre ses membres une suffisante homogénéité : l’éducation
fixe à l’avance dans l’âme des enfants les « similitudes essentielles » que réclame la vie collective.

Alors que l’animal n’apprend presque rien qu’il n’eût pu découvrir par son expérience personnelle
( instinct) où l’apprentissage ne fait que développer plus rapidement les aptitudes, chez l’homme c’est
par l’éducation que se fait la transmission des aptitudes (mais pas héréditairement).
Bref, l’homme est un homme que parce qu’il vit en société. Si on retirait tout ce qu’il tient de la
société, il tomberait au rang de l’animal.

 Toutes les idées de règle, de discipline tant interne qu’externe, c’est la société qui l’a
instituée en nous.
ANDRIAMAROFARA Ainarivony : aina@homemail.com
Etudiant au Département de Sociologie, Faculté DEGS, Ankatso, Université d’Antananarivo
Document à destination des étudiants du Département pour compléter et améliorer la compréhension des cours

Exemple du langage : il nous a permis de nous élever au-dessus de la pure sensation et le langage est
purement social. (un fait social).
4. Traiter les faits sociaux comme de choses

1-Nous ne disons pas, en effet, que les faits sociaux sont des choses matérielles, mais sont des choses
au même titre que les choses matérielles quoique d’une autre manière.
Mais qu’est ce qu’une chose ?
La chose s’oppose à l’idée comme ce que l’on connaît du dehors à ce que l’on connaît du dedans.
(…) tout ce que l’esprit ne peut arriver à comprendre qu’à condition de sortir de lui-même, par voie
d’observations et d’expérimentation, en passant progressivement des caractères les plus extérieurs et
les plus immédiatement accessibles aux moins visibles et aux plus profonds.

2-Traiter des faits d’un certain ordre comme des choses, ce n’est donc pas les classer dans telle ou telle
catégorie du réel ; c’est observer vis à vis d’eux une certaine attitude mentale.

C’est en aborder l’étude en prenant pour principe qu’on ignore absolument ce qu’ils sont, et que leurs
propriétés caractéristiques, comme les causes inconnues dont elles dépendent, ne peuvent être
découvertes par l’introspection même ma plus attentive.

4.1 Règles relatives à l’observation des faits sociaux

1. Ecarter toutes les prénotions.(échapper aux notions vulgaires)


Il faut que le sociologue s’interdise l’emploi des concepts qui se sont formés en dehors de la science et
pour des besoins qui n’ont rien de scientifiques.
Ce qui rend cet affranchissement particulièrement difficile en sociologie, c’est que le sentiment se met
souvent de la partie. Et lorsque le sentiment se met de la partie, toute opinion qui gênent (nos
croyances politiques, et religieuses, nos pratiques morales…) sont traitées en ennemie ; Résultat : la
proposition est niée quelles que soient les preuves sur lesquelles elle repose.
Ces (pré-)notions peuvent même avoir un tel prestige qu’elles ne tolèrent pas l’examen
scientifique.
Cependant, le sentiment est l’objet de science, non le critère de la vérité scientifique.

2. Définir les choses dont on traite, afin que l’on sache et qu’on l’on sache bien de quoi il s’agit. Pour
que cette définition soit objective, il faut évidemment qu’elle exprime les phénomènes en fonction,non
d’une idée de l’esprit, mais de propriétés qui leur sont inhérente.

3. Ecarter les données sensibles qui risquent d’être trop personnelles à l’observateur, pour retenir
exclusivement celles qui présentent un suffisant degré d’objectivité (usage du thermomètre en
physique).

Ce document est un effort de synthèse réalisé à partir des œuvres suivantes d’Emile Durkheim :
- les règles de la méthode sociologique ». Emile Durkheim.Ed. PUf. Paris. 1987
Cet essai d’explication de Durkheim a été réalisé à partir des ouvrages suivant :
- Education et sociologie. Emile Durkheim. Ed. PUF. Paris. 1985
Par Ainarivony A.