Baromètre EY

du capital risque
en France
1er semestre 2016

B a romè t re EY d u ca p i t a l ri s q u e en F ra n ce

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F ra n ck S eb a g
Associé, Ernst & Young et Associés
En charge du secteur VC-IPO en France

É d it o

Le rythme s’accélère ! Alors que l’année
passée semblait avoir battu tous les records,
ce premier semestre se classe parmi les
meilleurs démarrages depuis la 1re édition du
B aromètre (2013). Avec une augmentation
de 33% par rapport au 1er semestre 2015,
les montants investis s’élèvent à un peu plus
d’un milliard d’euros pour 297 opérations. Le
ticket moyen, en constante augmentation,
atteint quant à lui près de 3,4 millions d’euros
ce semestre. L’écosystème du capital-risque
franç ais semble prê t à passer un nouveau
cap et à poursuivre son ascension dans le
palmarès européen.
Dans la droite ligne des années passées,
ce dynamisme bénéficie à plus de deux tiers
au secteur du Digital et de la Technologie
qui compte à nouveau des levées de fonds
exceptionnelles, comme celle de Deezer,
site d’écoute de musique à la demande
(100 millions d’euros), Acco, spécialiste de
composants semi-conducteurs (35 millions
d’euros) ou Drivy, plateforme de location
de voitures entre particuliers (31 millions
d’euros).
Cependant la percée la plus remarquable
concerne le secteur des Life Sciences, qui
concentre à lui seul 20% des levées de fonds,
ce qui représente 40% d’augmentation par
rapport au 1er semestre 2015 ! A nouveau,
parmi les tours de tables emblématiques, on
retiendra celui de MedDay, société spécialisée
dans le traitement des troubles neurologiques
dont la levée de fonds s’est montée à
34 millions d’euros et celui de Gecko
Biomedical, fabricant d’adhésifs chirurgicaux
pour près de 23 millions d’euros. Les Fintech
conservent leur place au classement, mê me
si l’on constate un certain fléchissement en
terme des montants levés (-30% ).

Cette accélération continue permet à la
France et à sa capitale de se hisser à la
1re place en matière de nombre d’opérations
et à la 2e ex aequo avec la Suède en
matière de montants levés – grâ ce à la levée
exceptionnelle de Spotify (900 millions
d’euros) – derrière l’Angleterre, mais devant
l’Allemagne. Malgré cette progression,
l’Angleterre reste donc le 1er écosystème
européen en matière de levée de fonds. Ceci
s’explique principalement par le fait que
60% des financements se concentrent sur
des tickets supérieurs à 20 millions d’euros,
quand 65% des tours de table franç ais
concernent des tickets inférieurs à cette
somme.
Alors qu’une étude de Stanford (1) a
récemment établi une corrélation entre les
montants investis et le nombre de création
d’emplois – 38% des employés américains
travaillant dans des sociétés cotées sont
salariés d’entreprises ayant été financées par
le capital-risque – la montée en puissance
de l’écosystème franç ais est prometteur et
donne la mesure du potentiel de ce maillon
essentiel de la chaî ne économique et de la
croissance. I l faut persévérer !

(1)

H ow much does V enture Capital Drive U S Economy? ,
Stanford Graduate School of B usiness, Oct. 2015

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er

s emes t re 2 0 1 6

H i s t ori q u e
1 , 0 0 6 M d€

2 9 7

levé s en
op é rat ions
avec un mont ant moy en de 3 , 4 M € .
1er semestre
2e semestre
Nombre d’opérations

1,05 Md €

1 Md €

2 9 7

opérations

759 M€

2 4 4

opérations

486 M€

487 M€

445 M€

452 M€

2 4 0

1 8 8

opérations

opérations

2 0 9

opérations

1 7 7

opérations

2 0 1 3

1 8 4

opérations

2 0 1 4

2 0 1 5

2 0 1 6

B a romè t re EY d u ca p i t a l ri s q u e en F ra n ce

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I nves t is s ement s p ar s ect eur

S erv i ces I n t ern et

4 2 4

M €

pour

1 1 2

opérations
L i fe S ci en ces

1 9 6

M €

pour

3 4

opérations

L og i ci el s

1 6 4

M €

pour

6 3

opérations

T ech n ol og i e

7 1

M €

pour

1 3

opérations

F i n t ech

3 9

M €

pour

1 6

opérations

Bond des inves t is s ement s dans les Services I nt ernet et les L if e
Sciences
Déjà en tête des levées de fonds à la fin de l’année dernière, le secteur des Services Internet voit le montant de
ses investissements doubler par rapport au 1er semestre 2015. Avec 38% des deals et 42% des montants levés,
il conserve la première place du top 5 des investissements par secteur.
Parallèlement le secteur des Life Sciences connaît un essor analogue : les capitaux investis ont été multipliés
par deux, lui faisant gagner deux places au classement. Il concentre à lui seul 20% des montants levés ce
semestre.
Toujours présent dans ce palmarès, le secteur des Fintech connaî t en revanche une période relativement plus
calme, accompagnée d’une baisse de 30% des montants investis par rapport au 1er semestre 2015.

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er

s emes t re 2 0 1 6

I nves t is s ement s p ar s t ade de mat urit é
1

er

s emes t re 2 0 1 6

T ot a l d es i n v es t i s s emen t s

3 8 7 M€
3 2 op é ra t i on s
2 4 8 M€
4 2 op é ra t i on s
3 3 2
1 5 7
3 9
6 6

M €

1

M on t a n t moyen i n v es t i

1 2 ,1

M €

3e tour et plus

5 ,9

M €

2e tour

2 ,1

M €

1er tour

0 ,6

M €

s emes t re 2 0 1 5

T ot a l d es i n v es t i s s emen t s

op é ra t i on s
M €

er

Amorç age

op é ra t i on s

M on t a n t moyen i n v es t i

3 8 4 M€
3 7 op é ra t i on s
1 4 0 M€
3 4 op é ra t i on s
2 1 0
1 2 2
2 5

M €

M €

4 ,1

M €

1 ,7

M €

0 ,5

M €

op é ra t i on s
M €

5 1

1 0 ,4

op é ra t i on s

T op 5 des inves t is s ement s

S erv i ces I n t ern et

D eez er

1 0 0

M €

T ech n ol og i e

Acco

3 5
Orange, Access I ndustries

M €

B pifrance, Foundation Capital,
Pond V entures, Partech
V entures, Omnes Capital,
Siparex

L i fe S ci en ces

M edday
P harmaceut icals

3 4

M €

Edmond de Rothschild,
I nvestissement Partners,
B pifrance I nvestissement,
Sofinnova Partners, Innobio

S erv i ces I n t ern et

D rivy

3 1

M €

Bpifrance, Index Venture, Nokia
Growth Partners, Cathay Capital
Private Equity

L i fe S ci en ces

G ecko Biomedical

2 2 ,5

M €

CM-CI C I nvestissement,
Omnes Capital, CapDecisif
Management, B pifrance,
Sofinnova Partners

B a romè t re EY d u ca p i t a l ri s q u e en F ra n ce

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I n t erv i ew croi s é e
F ré d é ri c S ed el
Président Directeur Général et co-fondateur de Medday Pharmaceuticals

Créée en 2011, MedDay est une société de biotechnologie qui développe de nouveaux médicaments pour
les troubles du système nerveux. La société a finalisé en avril dernier une levée de fonds de 34 millions
d’euros auprès d’Innobio, Sofinnova Partners, Edmond de Rothschild Investissement Partners et Bpifrance
I nvestissement. Retour sur la meilleure levée de fonds du secteur des Life Sciences ce semestre.

V ot re levé e de f onds de 3 4 M € - q ui f ait p art ie du T op 5 des levé es du
1 er s emes t re 2 0 1 6 - es t la levé e la p lus imp ort ant e dans le s ect eur L if e
Sciences , comment s ’ es t -elle p as s é e ?
Très bien ! Cette levée de fonds est arrivée à un moment où notre société
commençait à générer des revenus, ce qui est assez rare dans le secteur des
Biotech. Nous étions donc dans une position favorable, d’autant plus que
notre produit, ayant montré une efficacité dans un essai clinique de phase 3,
combat les formes les plus avancées de la sclérose en plaque et se positionne
sur un marché important sur lequel aucun traitement n’a été approuvé à
ce jour. Cette situation atypique pour le secteur des B iotech apparaissait
comme une belle opportunité pour les investisseurs. Avec cet argent, nous
allons pouvoir financer une nouvelle étude clinique confirmatoire qui sera
menée aux Etats-Unis afin d’obtenir une autorisation définitive de mise sur le
marché, en Europe et aux Etats-Unis.

C omment chois is s ez -vous vos inves t is s eurs ? P ourq uoi avoir chois i le
G roup e E dmond de R ot hs child ( E D R ) ?
Nous recherchons des investisseurs qui comprennent nos activités,
partagent notre vision, notre ambition et soient capables d’investir et
d’attendre le temps qu’il faut pour que notre société atteigne sa taille
critique. Cette levée de fonds, réalisée auprès de nos investisseurs
historiques, a également été l’occasion d’en attirer deux nouveaux :

Edmond de Rothschild I nvestissement Partners, principal investisseur de ce
2e tour et le fonds large venture B pifrance. Ces investisseurs connaissent
notre secteur et ne cherchent pas nécessairement à obtenir un retour sur
investissement trop rapide. Avec Edmond de Rothschild I nvestissement
Partners, nous partageons également ces mê mes valeurs. C’est pourquoi
nous avons saisi l’opportunité lorsqu’elle s’est présentée ! Raphaë l W isniewski
nous paraissait ê tre la bonne personne pour rejoindre l’aventure et rejoindre
le B oard de Medday Pharmaceuticals.

Q uelle es t la p rochaine é t ap e p our M edday P harmaceut icals ?
Maintenant que la santé financière de la société est sécurisée, nous allons
pouvoir nous concentrer sur les aspects opérationnels et réglementaires
avec le démarrage de notre nouvelle étude, l’approbation et l’autorisation de
mise sur le marché de notre produit en Europe et aux Etats-Unis. Le timing
sera important car, en fonction des autorisations accordées, nous aurons
probablement besoin de financements supplémentaires, notamment si nous
décidons de commercialiser notre produit nous-mê me. La question d’une
nouvelle levée de fonds ou d’une I PO nous permettrait alors de lancer les
activités commerciales. Nous avons choisi de ne pas décider immédiatement
de ces orientations afin de garder une marge de flexibilité et d’opportunisme,
suivre le cours de notre réflexion et ainsi mieux nous adapter aux échéances
réglementaires à venir.

R a p h a ë l W i s n i ew s k i
Directeur associé Edmond de Rothschild Investment Partners

• L es inves t is s ement s en f aveur du s ect eur L if e Sciences ont é t é
mult ip lié s p ar deux ce p remier s emes t re, comment l’ ex p liq uez vous ?
La croissance continue des investissements constatée depuis 3 ans,
la bonne progression des sociétés du secteur et les performances
boursières réalisées ces dernières années ont eu un impact très
positif. Cette dynamique a permis aux investisseurs d’augmenter
leurs capacités d’investissement dans ces sociétés, qui ont réalisé
des tours de table privés importants de plus de 20M€ ce semestre.
Cette croissance est également portée par l’augmentation des
investissements étrangers en faveur des B iotech franç aises.

• Comment voyez-vous la fin de l’année pour le secteur de la
Biot ech ?
Je suis confiant pour ce second semestre ! Les fonds récemment
levés par les spécialistes du secteur ont permis d’augmenter leur
capacité à investir. Et si nous constatons ces derniers temps un
ralentissement de l’activité boursière, les besoins en financement
des sociétés restent importants, créant de nombreuses opportunités
d’investissement. Le niveau des investissements au sein des B iotech
françaises devrait donc se maintenir pour cette fin d’année.

........................................................................................................................................................................................ 1

er

s emes t re 2 0 1 6

P ers p ect i v e eu rop é en n e
T op 3 des inves t is s ement s au s ein de l’ U E
S u è d e

1 6

R oya u me- U n i

3 4
2 5

3

% d u t ot a l d es mon t a n t s l ev é s

% d u t ot a l d es mon t a n t s l ev é s
% d u n omb re t ot a l d es op é ra t i on s

% d u n omb re t ot a l d es op é ra t i on s
A l l ema g n e

1 5
2 2

% d u t ot a l d es mon t a n t s l ev é s
% d u n omb re t ot a l d es op é ra t i on s

F ra n ce

1 6
2 7

% d u t ot a l d es mon t a n t s l ev é s
% d u n omb re t ot a l d es op é ra t i on s

Avec 27% du nombre total des opérations, la France se hisse à la première place sur le podium des pays
européens en termes de volume d’opérations, mais surtout avec plus d’un milliard d’euros levés (16% du total
des montants levés), la France dépasse son challenger l’Allemagne ! Notons cependant que la deuxième place
est partagée avec la Suède qui avec l’opération record de Spotify (900 M€ d’euros) a fait son entrée fulgurante
dans le top 3 des investissements au sein de l’Europe.
Not e mé t hodologiq ue
Le Baromètre EY du capital risque en France recense les opérations de financement en fonds propres des entreprises en phase de création ou durant les premières années d’existence,
en date d’opération du 1er janvier au 30 juin 2016 et publiées avant le 25 juillet 2016.
Les données françaises présentées dans ce baromètre sont basées sur les données Dow Jones VentureSource, CFNEWS et Capital Finance. Les données européennes sont basées
sur les données Dow J ones V entureSource et CB I nsights.
Le traitement de ces données et l’analyse sont issus de la méthodologie EY et réalisés par Ernst & Young et Associés. Nous prenons en compte dans cette étude uniquement
les opérations dont le montant est communiqué publiquement.
Le secteur des services I nternet regroupe des activités telles que l’e-commerce, le marketing à la performance (lead, référencement), le géomarketing ou les applications mobiles.
Le secteur des Life Sciences regroupe les secteurs biotech et medtech.
Le secteur des Fintech regroupe les start-up qui utilisent la technologie pour repenser les services financiers et bancaires (banques en ligne, crowdfunding, nouveaux moyens
de paiement, etc.)
Le secteur Technologie regroupe les activités telles que hardware, semi-conducteurs, etc.

EY | Audit | Conseil | Fiscalité & Droit | Transactions
EY est un des leaders mondiaux de l’audit, du conseil, de la fiscalité
et du droit, des transactions. Partout dans le monde, notre expertise
et la qualité de nos services contribuent à créer les conditions de la
confiance dans l’économie et les marchés financiers. Nous faisons
grandir les talents afin qu’ensemble, ils accompagnent les organisations
vers une croissance pérenne. C’est ainsi que nous jouons un rôle actif
dans la construction d’un monde plus juste et plus équilibré pour nos
équipes, nos clients et la société dans son ensemble.
EY désigne l’organisation mondiale et peut faire référence à l’un ou
plusieurs des membres d’Ernst & Young Global Limited, dont chacun
est une entité juridique distincte. Ernst & Young Global Limited,
société britannique à responsabilité limitée par garantie, ne fournit
pas de prestations aux clients. Retrouvez plus d’informations sur
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Studio EY France - 1607SG058
SCORE France N° 2016-041
Crédit photo : EY
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sur l’environnement.
Cette publication a valeur d’information générale et ne saurait se substituer à un conseil
professionnel en matière comptable, fiscale ou autre. Pour toute question spécifique,
vous devez vous adresser à vos conseillers.

ey.com/fr

Contacts
Franck Sebag
Associé, Ernst & Young et Associés
Tél. : +33 (0)1 46 93 73 04
Email : franck.sebag@fr.ey.com
Nadège Abdou-Brahim
Marketing, Ernst & Young Services France
Tél. : +33 (0)1 46 93 89 08
Email : nadege.abdou.brahim@fr.ey.com
Bonnie Olivier
Relations Médias, Ernst & Young Services France
Tél. : +33 (0)1 46 93 48 92
Email : bonnie.olivier@fr.ey.com

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