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CHAPITRE01 Première Planche

"Mutus Liber In Quo Tamen, Tota Philosophia hermetica, figuris hieroglyphicis depingintur, ter optimo maximo Deo misericordi
consecratus solisque filiis artis dedicatus, authore cujus nomen est Altus."
"Le Livre Muet Parle Néanmoins, et s 'y trouve toute la philosophie hermétique représentée en figures hiéroglyphiques; il est consacré au
Dieu miséricordieux, et dédié aux seuls fils de l'art, par l'auteur dont le nom est Altus."

Dans cette première planche, nous trouvons comme personnage principal l'homme. Il est plongé dans un profond sommeil, un sommeil qui
revêt deux significations; le profond sommeil de la conscience et le rêve prophétique du patriarche Jacob.
L'homme en question est couché sur la roche sacrée, la roche millénaire, la pierre d'achoppement citée par les écritures. Voilà la pierre
secrète, bien différente des autres pierres, car sur elle, nous devons ériger notre temple intérieur, sur la pierre du sexe.
Cette pierre donne aussi l'idée d'une grotte ou caverne secrète à l'intérieur de laquelle Ali Baba cacha son trésor et ses joyaux de multiples
couleurs.
Ceci est la synthèse du fameux Vitriol alchimiste: Visita Interiora Terra Rectificando Invenies Occultum Lapidem. "Visite l'intérieur de la
terre et en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée."
La roche et la montagne ont une relation intime. Avec la roche de la sexualité nous marchons vers la montagne de l'Initiation.
Observons deux branches de rosiers retenues par un nœud; les deux branches sont une vive allusion aux canaux énigmatiques, connus dans
l'Inde sacrée sous les noms d'Ida et Pingala, situés des deux côtés de notre colonne vertébrale; un à droite et l'autre à gauche.
Rappelons-nous aussi les fameux "nadis" du yoga sexuel tibétain.
Le nœud (le nœud gordien) qui unit les deux branches est le symbole des difficultés que doit surmonter le néophyte pour entrer dans le
sanctum regnum de la haute-magie.
Le travail de désintégration du nœud consiste à se dominer soi-même et mettre en ordre la force sexuelle; pour cela, l'étudiant doit travailler
dans le magistère du feu lentement, en s'isolant peu à peu de la sexualité brutale pour arriver à sa forme subtile.
"Séparer la lumière des ténèbres" ; voilà des paroles qui nous avertissent de la nécessité de séparer la fumée (de la morbidité) de la flamme
(le feu fort et tranquille).
L'alchimiste doit arriver au magistère dépourvu de ses mondanités et mourant dans ses basses passions. Il doit se convertir en propriétaire et
seigneur des forces planétaires et cosmiques en général. Cependant, pour atteindre ceci, il doit avant tout contrôler sa propre nature.
L'homme endormi de cette figure représente la matière première du Grand-Oeuvre; nous nous référons à l'eau lustrée, le mercure des sages,
la belle d'argent qui n'est autre que l'eau spermatique du premier instant.
L'alchimiste doit toujours opérer à l'aide du pilon et du creuset; le pilon est le membre viril et le creuset est l'utérus féminin.
Dans le travail alchimique, nous devons manier le numéro six de la Kabbale. Ce numéro nous rappelle le sceau de Salomon, les deux
triangles unis représentant les deux natures: divine et humaine qui arrivent à se réconcilier avec l'art laborieux du Sacrement de
l'amour (Sahaja Maïthuna ou magie sexuelle).
L'échelle merveilleuse de tous les temps, par laquelle le patriarche Jacob vit monter et descendre des anges, n'est autre que la colonne
vertébrale ou l'arbre séphirotique de la Kabbale.
Cette échelle a 33 échelons (vertèbres) par lesquelles s'élèvent les splendides atomes de la semence transmutée ou transformée en vapeur
atomique. Cette échelle est la voie pour monter et pour descendre. Personne ne peut s'élever (spirituellement) sans descendre
auparavant au magistère de Vulcain (la force sexuelle). Ceci est le mystère des deux anges que nous voyons dans cette précieuse
planche.
Les trompettes que font sonner les anges représentent clairement l'appel que font les adeptes de la lumière à l'homme ordinaire et endormi
de tous les temps. L'être humain a été face au grand arcane bien des fois, mais la cécité de sa conscience ne lui permit pas de le voir.
L'homme courant doit abandonner sa fascination, son rêve et doit obéir aux différents appels que lui lance constamment son Etre Réel
Intérieur Profond. Afin de se sortir du sommeil somnanbulique de sa conscience, il est nécessaire d'être avalé par le Dieu Saturne,
c'est-à-dire par la Mort; non pas la mort physique mais la mort psychologique.
La pratique de la magie sexuelle liée aux mantras secrets (Kawlakaw-Sawlasaw kaoulakaou-saoulasaou) aide l'éveil de notre propre nature
organique et psychique, pour pouvoir alors recevoir les messages suprêmes des mondes supérieurs.
Le verbe est indispensable dans le travail sexuel. Le verbe est un don de Dieu, déposé dans la gorge des hommes. Tout ceci est en rapport
avec les deux trompettes de la figure.
Nous devons comprendre par-dessus tout que le travail alchimique est en relation intime avec l'aurore; l'heure la plus favorable pour
travailler dans l'arcane A.Z.F. Pour cette raison, les alchimistes médiévaux associaient ce travail avec l'astre ou planète de l'aurore,
la planète Vénus, l'étoile du matin, la planète de l'amour.
On associe aussi cet artifice avec la lune parce qu'elle représente dans l'alchimie la femme et les eaux séminales. La lune que nous voyons
dans la partie supérieure droite, nous montre le quart décroissant. Ceci est le symbole de l'état négatif (spirituel) de l'homme
commun, de l'humanité mécanique endormie.
Les paroles: Mutus Liber In Quo Tamen, signifient; je suis l'air du Bétyle, je parle néanmoins. Ceci nous indique que la science des
transmutations est basée sur le travail du mercure qui agit à la manière d'une rosée céleste, quand on le volatilise au travers de
l'impulsion électrique sexuelle réfrénée.
Les chiffres et les paroles: 21.11 .82-Neg-, 93.82.72-Neg- et 82.31.33-Tued-, doivent s'interpréter à l'envers et de plus, ceci nous donne des
phrases allégoriques de l'alchimie contenues dans la Genèse et dans le livre du Deutéronome des écritures sacrées.
Le bétyle nous rappelle la pierre noire ou la pierre héliogabale que les anciens utilisaient pour symboliser Dieu.
On dit que les Maîtres sont fils des pierres, car ils ont tous travaillé la pierre de la sexualité. Au début, la pierre philosophale est brute et
noire; ainsi est la nature sexuelle du débutant.
Plus tard, dans le chemin, la pierre se cisèle peu à peu et prend enfin la forme cubique parfaite. Ceci est le mystère de l'authentique
maçonnerie solaire.
Nous trouvons finalement en latin antique l'inscription suivante: "Toute la philosophie hermétique est ici représentée en figures
hiéroglyphiques, elle est consacrée au Dieu miséricordieux et dédiée aux seuls fils de l'art, par l'auteur qui se nomme Altus".
CHAPITRE02 Deuxième Planche

Dans cette deuxième planche, nous trouvons la magnifique représentation des éléments titaniques de l'art alchimique. Ils ont été représentés
depuis l'antiquité de diverses manières. Parfois, en tant que Dieux mythologiques (Diane et Apollon), d'autres fois, en tant
qu'animaux sacrés (Aigle et Serpent) ou encore en tant qu'astres (le soleil et la lune).
Ces deux éléments ont été les deux artifices du Macrocosme et du Microcosme. Nous avons souvent entendu dire du Maître Samaël Aun
Weor, que les univers mêmes ont été le produit de l'union sacrée, faite par le troisième Logos (l'Esprit Saint) au deuxième Logos (le
Christ Cosmique) sur ordre du premier Logos (Dieu le Père).
Mais de quels éléments sommes-nous en train de parler? Sans aucun doute ce sont les deux éléments qui se trouvent dans le fond même de
toute la création : le soufre secret des sages et le mercure ineffable et immaculé.
Le soufre est le feu sidéral des authentiques Rose-Croix du Temple de Kumenes et le mercure est résumé dans les eaux spermatiques, que
la nature a déposé dans nos glandes sexuelles.
"Tout ce qui est en haut est semblable à ce qui est en bas" et la nature macrocosmique a ainsi été le produit de l'union du feu cosmique
sidéral et d'une eau spermatique angélique.
Rien n'a jamais existé et rien ne pourra jamais exister sans l'aide de ces deux éléments primordiaux.
Dans notre nature humaine, ledit feu est le Feu de la Pentecôte, appelé par les Indous, la Kundalini ou Serpent de Feu. Ce feu vient aussi
aux alchimistes quand leurs eaux secrètes (leurs sécrétions sexuelles) ont été travaillées à travers le sacrement du Baptême (Magie
Sexuelle) bien compris.
Pour continuer, considérons maintenant l’œuf philosophal dans lequel tout le Grand-Oeuvre est en gestation. L’œuf philosophal est un
symbole sacré depuis les temps antiques.
Rappelons-nous qu'Osiris naquit à l'intérieur de l’œuf "Orphique" des antiques égyptiens. La philosophie indoue nous dit que l'univers
émergea de l'intérieur d'un immense oeuf cosmique. Tout ceci revêt une grande signification.
C'est dans l’œuf de la sexualité transcendée que se prépare le véritable "homme-céleste" à l'intérieur de chacun de nous.
Là dans cet oeuf hermétique s'unissent sagement le feu érotique et le mercure séminal, grâce à un élément neutre constitué par le sel du
Nitre qui existe dans nos sécrétions hormonales. Tout ceci est possible grâce à la copulation métaphysique que la gnose nous a
enseigné au travers des principes du Maître Samaël.
Le feu érotique uni à l'acte de transmutation convertit le mercure (l'ens seminis) en une eau vaporeuse qui s'élève entre les vertèbres ou
chambres de notre colonne vertébrale, grâce à un canal secret qui existe à l'intérieur de cette dernière. Ledit canal se dénomme en
Inde Susumna.
On a beaucoup dit que la lumière jaillit des ténèbres, du chaos. Nous devons comprendre ceci au niveau microcosmique ou humain, et de
plus, comprendre que dans les ténèbres de l'amour (dépourvu de basses passions), nous tirons la lumière christique pour illuminer
notre monde intérieur.
Cette lumière se trouve précisément cachée dans nos organes sexuels et ces derniers à leur tour sont disposés de manière discrète dans la
machine organique de l'être humain. Là, dans ces profondeurs, il nous faut descendre pour extraire la lumière des sages.
Le lecteur doit comprendre que la Genèse universelle a au fond, une signification sexuelle; tout a été le produit de l'alchimie sexuelle
universelle.
Les mondes, continents, bêtes, hommes et dieux ont surgi de la matière christique (ens seminis). Cette matière christique est représentée
dans cette planche par le Dieu Neptune (le Dieu des mers et des eaux sexuelles).
C'est la raison pour laquelle il est assis sur une masse rocheuse, qui nous rappelle sans aucun doute la base de notre travail : la sexualité, le
sexe.
Cette roche à son tour se meut sur les eaux sur le dos du dauphin (symbole du Sel alchimique ou Sapientes Universalis).
Rappelons-nous que les eaux baptismales sexuelles se trouvent contenues dans les fonds baptismaux de toutes les églises chrétiennes. La
roche du sexe contient les eaux sacrées et à travers le bain que nous nous donnons avec elles, nous recevons alors la sagesse
universelle.
Le trident du Dieu Neptune nous rappelle les trois forces (positive-négative-neutre) qui agissent sous l'effet du choc électrique sexuel du
couple. Ainsi surgit la lumière qui va illuminer le futur alchimiste.
Les eaux mercurielles (sexuelles) constituent en elles-mêmes le miroir des alchimistes, dans lequel nous pouvons voir réfléchie toute la
nature.
Il est nécessaire que le lecteur comprenne que ces eaux constituent le "dissolvant universel" des alchimistes médiévaux. Avec ce dissolvant
(les eaux sexuelles), l'adepte travaille dans l'île des délices qui fut souvent appelée "Ile de Délos". Dans cette île, on trouve le jardin
des Hespérides de la mythologie grecque. Cette île est constituée par les délices sexuels.
Dans le travail sexuel, il est indispensable de ne pas oublier la prière dirigée à notre aspect féminin de Dieu, que chacun de nous porte dans
son intérieur.
Nous nous référons à la Divine Mère intérieure et immaculée qui est le reflet de la Grande Mère Cosmique Eternelle.
"Nous devons faire du coït une forme de prière" disait l'éminent patriarche gnostique chrétien Saint-Augustin. Celui qui oublie sa Mère
(intérieure) dévie et tombe dans l'erreur. Dans ce chemin de la transmutation, nous devons nous accrocher à tous moments à notre
Père et à notre Mère Intérieurs.
La prière doit être dirigée à notre Mère Divine avant de commencer le travail, pendant celui-ci et en terminant l’œuvre. Pour cette raison,
nous voyons dans cette figure, le couple agenouillé devant le four alchimique (les organes génitaux) plongé en profonde prière.
Pour la même raison, quelques oeuvres alchimiques du Moyen-Age nous montrent un prêtre (alchimiste) priant face à un autel qui
représente la femme.
L’alchimiste qui s'identifie à, et se laisse hypnotiser par la passion sexuelle tombe dans le piège et se rend victime de l'arbre de la science
du bien et du mal.
Il est nécessaire de persévérer, d'avoir de la patience et de travailler chaque fois que l'on peut dans la forge de la suprasexualité, mais
toujours, en état d'alerte.
Le soleil qui illumine la partie supérieure de la planche représente l'énergie christique qui est appelée à nous racheter si nous utilisons son
pouvoir dans le travail que nous réalisons dans la neuvième sphère dantesque (le sexe). C'est la raison des 18 rayons que projette le
soleil. Car si nous additionnons cabalistiquement 18 (1 + 8), nous obtenons 9, la Neuvième Sphère.
CHAPITRE03 Troisième Planche

Dans cette troisième planche, nous observons des cercles concentriques qui sont situés entre le Soleil et la Lune. Rappelons-nous que ces
deux astres constituent les deux forces équilibrantes de notre ciel macrocosmique.
Elles sont de plus, en elles-mêmes, la vive représentation du soufre (érotique le soleil) et du mercure des sages (ens seminis la lune).
En haut, dans la partie centrale apparaît Jupiter (le Père de tous les Dieux) comme symbole de la couleur blanche des transformations
alchimiques. Les eaux sont, au début noires et pour cela représentées par Saturne.
Ces eaux doivent se transformer et d'elles, on doit extraire la gélatine (le deuxième témoignage du Grand-Oeuvre). Ceci est possible, nous
le répétons quand on sublime l'acte sexuel.
Jupiter monte l'aigle royal qui symbolise la volatilisation du mercure (la sublimation) et cet aigle dont la tête huppée semble être celle du
Phénix, nous montre la nécessité de continuer à mourir psychologiquement pour renaître plus tard, intact et pur.
In necis renascur integer (Renaître dans la mort, intact et pur). Rappelons-nous que le Phénix (de la mythologie grecque) meurt et de ses
cendres, renaît victorieux.
Il est bon de signaler que les alchimistes médiévaux disaient allégoriquement qu'entre la couleur noire et la couleur blanche, apparaissaient
beaucoup d'autres couleurs dans le vase hermétique.
Tout ceci, cher lecteur, ne sont rien que des symboles signalant les raffinements que nous devons faire avec nos eaux chaotiques; il est dit
ici que les pluies dans ce laps de temps se multiplieront et à la fin, une très belle blancheur s'offrira au regard; ce qui nous indique
que pendant cette période, la pratique sexuelle est réalisée intensivement.
Ensuite nous observons la déesse Junon (qui symbolise la couleur blanche) désignant du doigt le vol des dix oiseaux, ce qui nous montre
que l'on doit produire d'autres sublimations.
Une fois les eaux blanches atteintes, il est dit que l'alchimiste a fait un grand pas, mais ceci implique une grande responsabilité. C'est à dire
qu'à partir de ce moment-là, l'alchimiste doit travailler dans son four avec une très grande délicatesse, avec un feu lent et sublime.
Ceci traduit, signifie que l'alchimiste doit raffiner encore plus la relation sexuelle (le coït chimique), afin que ne réapparaisse pas la couleur
noire (le désir sexuel animal).
En d'autres mots, il est nécessaire que la sublimation des eaux ne s'arrête pas, afin d'arriver au moment où elle soit fécondée par le soufre
philosophal (la Kundalini) pour obtenir ainsi le mercure soufré.
Les différentes couleurs qui succèdent au noir, avant qu'apparaisse le blanc sont symbolisées par les couleurs de la queue du paon. Les
alchimistes médiévaux représentèrent ce changement par le filet teinté et c'est la raison de la présence du filet dans la partie
inférieure du premier cercle.
Ce filet qui est soutenu par la main droite d'une femme (l'éternel féminin) qui nous apparaît nue dans sa partie supérieure, nous invitant de
nouveau au travail dans le laboratoire de la sexualité transcendée; elle seule peut allumer le feu sacré et pour cela, elle a dans sa
main gauche et posée sur ses genoux, la lanterne des sages, des ermites de l'arcane neuf du Tarot.
Ladite femme regarde un homme qui lui fait comprendre, en levant l'index, qu'un seul poisson est nécessaire et par suite la simple ligne
qu'il a lancée pour le prendre.
Ceci doit être interprété ainsi; le poisson est le symbole du mercure (les eaux séminales) et nous ne devons pas commettre d'adultère, la
ligne a toujours été un symbole phallique ; pour toutes ces raisons nous devons comprendre que le travail alchimique sexuel doit se
faire avec une seule femme et elle avec un seul homme.
Dans le cas contraire, si l'on tombe dans l'adultère, tout le travail se perd.
La sirène qui est dans les eaux représente l'union des deux natures (le soufre et le mercure). Le poisson capturé (le dauphin) par le couple de
pêcheurs, au moyen de l'hameçon sexuel symbolise l'union du soufre avec le mercure et le sel de nos sécrétions, la scène des
pêcheurs revêt trois significations
homme = soufre, femme = mercure, poisson = sel.
Cette même scène est dirigée par Neptune ; il guide la barque dans cette troisième planche. Neptune est le seigneur des eaux, l'agent secret
du Grand-Oeuvre, l'Etre.
La barque est le symbole de l'Arche d'Alliance, car elle produit l'alliance secrète des deux éléments; symbole aussi de l'Arche de Noé (qui
nous sauvera de la désintégration ou involution submergée ou seconde mort des kabbalistes). Elle est l'arcane sacré A.Z.F., le Sahaja
Maïthuna.
Neptune, avec son trident (les 3 forces dirigées par l'intime), désigne le couple du deuxième cercle (homme-femme, soufre-mercure)
essayant de les mettre d'accord.
Dans la partie supérieure du deuxième cercle nous trouvons une autre demoiselle séduisante entre deux bouquets de fleurs. Elle est le
moyen que nous possédons pour faire fleurir les vertus symbolisées par les fleurs des bouquets.
Un de ces deux bouquets est constitué de 6 fleurs, symboles des 6 couleurs qui, selon les alchimistes médiévaux, apparaissaient dans le
travail de la pierre. Ces couleurs seraient : noir, gris, blanc, orange, jaune et rouge.
Cependant, à leur tour, parlant hermétiquement, elles se synthétisent en cinq couleurs ; le noir, le blanc, l'orange, le jaune et le rouge (les
cinq fleurs composant le deuxième bouquet).
Pour passer d'une couleur à une autre, une sublimation plus élevée du "coïtus reservatus" est nécessaire.
Les nuages qui entourent la planche symbolisent les perturbations qui peuvent se produire dans le travail alchimique si nous permettons que
se mélange le feu asphyxiant de la luxure animale avec le travail sexuel du couple ; pour cette raison Altus a dit que l'alchimiste doit
faire attention à ne pas se laisser surprendre par ces phénomènes, car ils occasionneraient l'arrêt de la rosée céleste (évaporation
sublime de l’ens seminis) et à son tour la destruction de ce qui avait été transmuté ou travaillé (ceci est appelé symboliquement
embourbement).
CHAPITRE04 Quatrième Planche

Dans cette planche au fond, nous voyons la rosée céleste qui descend des cieux pour être récoltée par l'alchimiste.
Nous devons comprendre que cette rosée a une relation intime avec les bains de purification des alchimistes médiévaux. Cette rosée ou
vapeur divine n'est autre que le produit de la transmutation alchimique de nos sécrétions sexuelles; pour cette raison, ladite rosée
descend entre le soleil et la lune.
Ces deux astres, comme nous l'avons déjà dit antérieurement, sont la représentation de l'alchimie macrocosmique réalisée par les deux
éléments primordiaux; soleil = soufre, lune = mercure.
Dans le "microcosme", cette transmutation se réalise grâce à l'action des deux éléments de base (soufre et mercure) symbolisés par le bélier
et le taureau.
Ces deux éléments animaux symboles astrologiques de l'action printanière, nous invitent à penser que le travail alchimique se réalise avec
un feu érotique semblable à la force que possède le printemps, dans son influence sur la nature.
Il est intéressant d'observer les deux personnages de cette figure habillés en paysans, car ceci nous rappelle que beaucoup d'alchimistes
médiévaux parlèrent au sujet du travail du Grand-Oeuvre (intérieur) en termes "d'agriculture céleste".
Il est évident que pour atteindre l'Auto-Réalisation intime de l'Etre, nous devons travailler très durement notre terre philosophale (corps
physique).
Pour cette raison, le livre du Deutéronome biblique a dit : "changez votre nature et vous atteindrez ce que vous cherchez".
Il est intéressant d'observer que pour fabriquer nos corps internes ésotériques de base (astral, mental et causal), nous devons travailler
intensivement dans le sacrement de l'amour. Ces véhicules (que doit posséder tout véritable adepte) constituent les véhicules de
manifestation de l'Etre profond intérieur.
Ces véhicules sont symbolisés dans cette planche par les cultures protégées par 5 toiles. Ces toiles sont en elles-mêmes la structure des
corps suivants: physique, vital, astral, mental et causal; pour cette raison nous voyons deux paysans en train d'essorer une de ces
toiles pour en extraire la rosée qui y a été accumulée.
Ceci veut dire que chaque corps doit s'imprégner de ladite rosée (ens seminis transmutée) pendant la pratique de la Magie Sexuelle. Il est
intéressant d'observer que le sol est dénudé, car le travail alchimique sexuel s'accomplit dans le silence des sages, corps contre corps
(nu) entre l'homme et la femme.
Sous l'effet de la chaleur (feu érotique bien conduit), nous obtenons la rosée céleste (la vapeur sublime) qui nous transporte à la hauteur de
l'Etre.
Il est important de ne pas perdre une seule goutte de cette rosée céleste (mercure ens seminis); l'alchimiste perd sa rosée quand il commet
l'abominable crime de l'éjaculation sexuelle ; c'est la raison pour laquelle les paysans de cette planche font en sorte que toute la rosée
soit recueillie dans le récipient (les organes créateurs).
Au fond de cette planche à droite, nous distinguons, jaillissant du paysage la croix de Lorraine. La croix est un symbole antique qui
représente les quatre éléments de base, sans lesquels il est impossible d'atteindre l'Auto-Réalisation.
Le véritable alchimiste est celui qui sait combiner dans son laboratoire (le corps physique) la terre, l'eau et le feu.
La croix en elle-même est le symbole du martyr; elle nous fait penser que la voie qui nous amène à la haute initiation est pleine de
souffrances conscientes et de sacrifices volontaires.
Celui qui ne sait pas souffrir, qui ne sait pas se résigner et qui ne sait pas se taire n'est pas encore prêt pour le magistère du feu.
Finalement, la croix nous invite à mourir psychologiquement, à réduire en cendres l'Ego animal. Il est d'ailleurs bon de signaler, comme
l'indiquait le V. Maître Samaël, que pour naître une deuxième fois (sans risque de déviation), il est indispensable de mourir d'instant
en instant, de moment en moment.
La mort ne peut se consumer sans l'aide de la croix (sexuelle) car sans elle, nous ne pouvons pas invoquer Stella Maris, la Vierge de la mer,
notre Divine Mère Intérieure particulière, pour qu'elle détruise les éléments infra-humains qui nous maintiennent prisonniers dans ce
monde des illusions.
Rappelons-nous que la parole croix est similaire aux paroles crisol, creuset, crucifixion, etc.
CHAPITRE05 Cinquième Planche

En pénétrant dans la cinquième planche, nous pouvons voir le couple alchimiste en plein travail dans leur laboratoire (sexuel).
Il nous montre avec une grâce sympathique la nécessité de maintenir accumulée la rosée céleste (l'ens seminis) et de la déposer sans cesse
dans un récipient adéquat (ne pas forniquer).
Il nous indique spécialement qu'à travers le feu (érotique alchimique), ladite rosée commence à bouillir (avec l'union chimique, l'énergie
sexuelle s'évapore, s'atomise et s'élève par la colonne vertébrale, à travers le canal secret que la nature a déposé dans l'anatomie
organique).
Il est cependant nécessaire de toujours distiller, filtrer, c'est-à-dire raffiner nos sécrétions; ceci n'est pas possible si nous ne sublimons pas la
relation sexuelle.
L'alchimiste ou pour mieux dire les alchimistes (femme + homme) doivent veiller sans cesse avec beaucoup de précautions sur le feu sexuel
qu'ils utilisent, afin d'éviter (à cause d'une "sur-dose" de feu ou surexcitation sexuelle) la perte de la liqueur séminale (rosée céleste)
à cause d'une éjaculation ou spasme.
C'est ce que montrent ces alchimistes du mutus liber, en enlevant le chapiteau et en dégageant de temps en temps le récipient. Ceci est,
symboliquement parlant, pour éviter que les eaux ne se renversent à cause de trop de pression dans le récipient.
Nous observons ensuite le couple alchimiste réalisant d'autres actions alchimiques, par exemple, la femme remue l'eau avec une cuillère,
pour verser une partie de cette eau coagulée dans une bouteille.
Nous devons comprendre tout ceci; remuer l'eau et plus tard, en extraire une partie coagulée nous rappelle le proverbe alchimiste qui dit:
"Solve et Coagula" (dissoudre et coaguler), tant cité par le grand adepte Henri Kunrath. Nous devons effectivement dissoudre les
métaux bruts et coaguler l'or en nous.
Les métaux bruts de la personnalité sont les vices, passions et défauts qui doivent mourir afin que naisse en nous la lumière, la conscience.
Nous devons néanmoins nous souvenir que pour dissoudre les métaux vils de la personnalité, il est nécessaire d'avoir recours à notre mère
intérieure particulière (Marie, Ram-Io, Cybelle, Isis, etc.) en plein travail alchimique, en pleine relation sexuelle, nous devons la
supplier de détruire ces éléments infra-humains que nous portons dans notre intérieur. Coaguler l'or dans nos corps n'est pas une
chose facile.
L'or philosophal est formé par les meilleurs atomes de notre énergie sexuelle transmutée; l'or alchimique se cristallise dans nos corps
internes nous donnant force et beauté dans nos corps astral, mental et causal.
Afin que ledit or potable inonde les corps internes de l'adepte (comme nous l'a dit le Maître Samaël si souvent), afin d'en finir avec le
mercure sec et le soufre arséniqué. Le mercure sec est constitué de larves qui se produisent dans nos corps internes à cause de
l'abominable éjaculation séminale; le soufre arséniqué ou vénéneux est le feu sexuel animal qui ne nous permet pas de sublimer les
eaux mercurielles et à cause de cela, elles demeurent noires, sans purification et sans distillation.
Notre semence sexuelle (rosée céleste) doit être bien travaillée, bien dissoute dans le laboratoire (sexuel). La cristallisation de l'or
(coagulation du mercure transmuté) est possible grâce au Dieu Vulcain (seigneur du feu) qui nous donne l'impulsion érotique pour
travailler dans le magistère igné.
C'est pour cela que la femme de cette figure montre au Dieu Vulcain une bouteille remplie de rosée coagulée, cela signifie que grâce au feu,
on peut atteindre de telles réalisations.
Vulcain nous apparaît debout sur une pierre (très symbolique) laquelle nous indique que le feu est le bâtisseur du cosmos. Rappelons-nous
que si nous frottons deux pierres l'une contre l'autre, nous obtenons des étincelles. La pierre allégorise le sexe ; c'est pour cela que
les saintes écritures nous parlent sans cesse "de la pierre d'achoppement et rocher de scandale" (pour ceux qui ne connaissent pas
l'arcane A.Z.F.) et de la pierre qui soutient le temple (pour ceux qui savent comment travailler pour arriver à lui donner une forme
cubique parfaite).
Les évangiles ont dit : "celui qui suit et pratique mes enseignements est comparable à un homme sage qui construit sa maison sur la pierre
(le sexe) ; la pluie et le vent surgiront, les fleuves inonderont et elle ne sera pas détruite car elle était édifiée sur la pierre ».
Ils disent ensuite : "cependant, celui qui ne suit pas mes enseignements, je le compare à un homme qui a bâti sa maison (intérieure) sur les
sables (les théories) ; les pluies viendront et détruiront cette maison qui n'était pas édifiée sur la pierre.
Nous observons dans cette planche que le Dieu Vulcain porte dans ses bras un enfant; ceci revêt une double signification symbolique. Nous
devons reconnaître dans cet enfant les agrégats psychologiques qu'il nous faut détruire à l'aide du feu électrique sexuel ; de même,
comme produit de cette mort mystique intérieure, nous assisterons à la naissance de l'enfant d'or de l'alchimie (le Christ intime
particulier qui doit naître dans le cœur de tout homme solaire).
Il est bon d'indiquer que Vulcain apparaît avec une lune argentée dans sa phase croissante; ceci, nous devons le comprendre en tant que
symbole du feu mercuriel ou mercure soufré.
Le feu mercuriel ou mercure soufré est le produit de l'union des deux éléments de base du Grand-Œuvre ; mercure = lune, Vulcain = soufre.
Ce mélange prend la forme d'un serpent (dans l'anatomie occulte de l'adepte) que les indous ont appelé Kundalini ou serpent de feu.
A mesure que le mercure (ens seminis) est transmuté, il pénètre peu à peu (atomiquement) dans les 4 principaux corps de l'adepte, à savoir,
physique, astral, mental et causal et c'est pour cela que dans la partie finale de cette planche, nous observons ce merveilleux liquide
contenu dans 4 tubes alimentés par un feu lent.
Les alchimistes médiévaux disent que la phase dont nous parlons dans cette planche doit durer quarante jours. Le numéro 40 décomposé
cabalistiquement nous donne 4 + 0 = 4 (quatre corps ou chars de Mercabah). Ce sont les véhicules de feu qu'utilise l'Etre pour ses
manifestations multidimensionnelles.
Le grand alchimiste anglais Philalethe a dit une fois la chose suivante "toi, veille du moins au feu que tu auras compris ici, de conduire avec
un jugement sain (sans brutalité, sans passion bestiale), et je te jure sous serment, que si en poussant le feu dans ce régime, tu faisais
sublimer quelque chose, tu perdrais toute l’œuvre inévitablement".
Les paroles de ce grand adepte nous montrent que le fait d'apprendre à s'accoupler sans la fumée de la passion sexuelle animale est très
important.
CHAPITRE06 Sixième Planche

Le couple (symbolique) alchimiste continue ici son travail entrepris dans la planche antérieure. Ce couple représente aussi le soufre
(l'homme) et le mercure (la femme). Il change d'habit constamment pour indiquer que les éléments chimiques avec lesquels nous
devons travailler, souffrent de constantes transformations.
Il est important de signaler que nous observons de nouveau les quatre récipients cylindriques sur le four alchimique. Nous avons déjà dit
que lesdits récipients symbolisent les quatre corps internes de l'ascète. Il est bon, cependant, d'ajouter que ces cylindres (disposés
deux du côté de l'homme et deux du côté de la femme), symbolisent aussi les deux canaux ganglionnaires qui existent des deux
côtés de la colonne vertébrale de toute personne en condition physique normale.
Ces canaux sont appelés en Inde avec les noms sacrés d'Ida (canal situé du côté droit de la colonne vertébrale) et Pingala (situé du côté
gauche de l'épine dorsale). Au moyen de l'alchimie sexuelle transcendantale, s'élèvent par ces merveilleux conduits les vapeurs
atomiques du mercure des sages (les sécrétions sexuelles) dûment transmutées.
Ce sont aussi les deux témoins qui sont devant Jéhovah, cités par la Bible; de leur bouche, selon les écritures, jaillit de l'huile (séminale)
ardente.
Les alchimistes médiévaux disaient que grâce à ces canaux se garantissait l'ascension lente et équilibrée de l'agent secret (mercure) et du sel
sublime.
Ces canaux débutent chez l'homme dans les testicules et s'élèvent de chaque côté de la colonne vertébrale; ils sont semi-physiques et semi-
atomiques. Dans l'élément féminin, lesdits canaux partent des ovaires et montent des deux côtés de l'épine dorsale. Ils bifurquent
après en de nombreux canaux nerveux qui inondent le cerveau et pénètrent dans les chambres secrètes qui sont en relation avec le
cœur (trône de l'atome maître qui nous unit avec l'intime).
Nous voyons que le couple dans cette planche réalise une nouvelle sublimation (après beaucoup d'autres pratiques sexuelles) pour obtenir
enfin le fruit desdites sublimations.
Ce fruit est constitué d'une fleur à six pétales très symbolique; cette fleur est le produit des eaux génésiques transmutées.
Tout ceci est très allégorique et très intéressant ; dans la planche antérieure, l'élément féminin (lunaire-mercuriel) donne la rosée coagulée à
Vulcain couronné ou accompagné d'une lune argentée. Nous voyons ici que la femme et la lune sont la représentation de la polarité
négative ou passive de l'alchimie (en d'autres mots, le mercure).
Au contraire, dans cette sixième planche, le fruit d'une nouvelle sublimation (la fleur à six pétales ou perle séminale qui commence à se
développer à l'intérieur de l'adepte) est délivrée par l'homme (principe actif ou soufre philosophal) au Dieu Soleil ou Hélios (de
nouveau le soufre philosophal).
Tout ceci nous amène à penser que le feu sacré du Kundalini est arrivé ou s'est éveillé à l'intérieur de l'anatomie physique et occulte des
adeptes de cette planche.
Il est très important de noter que le feu sacré pénètre vertèbre par vertèbre (lentement) en accord avec les mérites du cœur de tous ceux qui
connaissent le grand arcane.
La fleur à six pétales est le début des grandes réalisations, car elle représente l'arcane 6 du Tarot (l'amoureux, celui qui a déjà décidé entre
la vertu et le péché, choisissant évidemment le chemin supérieur).
Ceci est en même temps la représentation du sceau de Salomon, qui est composé de l'union de deux triangles, pour indiquer que le soufre a
finalement fécondé le mercure. Les six pointes du sceau de Salomon sont masculines et les six angles sont féminins ; voilà encore
les deux natures.
Il est très significatif que le Dieu solaire soit habillé comme un guerrier romain avec une cuirasse très allégorique. Les habits romains
symbolisent la guerre que nous devons mener constamment aux forces infra-humaines qui s'opposent au développement de la
lumière en nous.
La cuirasse nous remémore que la force solaire (la Kundalini ou feu supérieur développé dans l'épine dorsale de l'authentique yogi) est par-
dessus tout, protectrice et protégée.
Le Dieu solaire porte un arc qui, dès qu'il se trouve étiré avec force en forme de triangle mystique, représente les trois forces primordiales
(positive, négative et neutre), qui entrent en action à chaque fois que nous conduisons l'électricité sexuelle transcendantale.
Nous sommes dans l'étape où l'alchimiste a converti ses eaux en "eaux jaunes" ; quand elles sont arrivées à ce stade, on dit en langage
symbolique que l'on travaille sous la régence de Mars. Mars est symbolisé parmi les couleurs alchimiques par les couleurs orange et
jaune.
La couleur jaune, nous le répétons, est le produit de la fécondation qu'a réalisé le feu de la Kundalini (le soufre des sages) au mercure (ens
seminis) pour le convertir en un métal précieux (l'or potable) qui se fige dans la nature physique et psychique de celui qui travaille
avec le magnétisme érotique de manière correcte.
Nous terminons cette planche en voyant le couple alchimiste se préparant pour une nouvelle sublimation de L'Alkaest ou dissolvant
universel (l'énergie créatrice du premier instant, l'énergie sexuelle).
CHAPITRE07 Septième Planche

Dans cette autre merveilleuse planche, nous trouvons de nouveau le couple alchimiste. Cette fois-ci, ils sont en train d'effectuer un nouveau
travail alchimique (sexuel).
L'homme mélange son élixir (contenu dans son récipient, ses organes créateurs) avec l'élixir de la femme (sa semence sexuelle) contenu
dans un autre récipient symbolique. C'est le mystère de l'arcane 14 du tarot : la Tempérance.
Les anciens disaient qu'il est indispensable de mélanger l'élixir d'or et l'élixir d'argent pour pouvoir fabriquer la pierre sexuelle ; l'élixir d'or
est le mercure ou ens seminis de l'homme et l'élixir d'argent est l'énergie créatrice de la femme. L'ange ou androgyne qui mélange
ces deux substances de manière intelligente est la troisième partie (divine et angélique) qui se forme durant la transe sexuelle de
l'homme et de la femme sans perte de la liqueur séminale.
Tout ceci nous le voyons représenté dans cette gravure en haut à gauche. Nous remarquons aussi que le travail est réalisé sur une table
carrée qui nous rappelle les quatre éléments (feu, air, terre et eau) avec lesquels nous devons travailler intensément dans la magie
sexuelle.
Ceci nous rappelle également que le produit de ces transmutations et distillations (ou sublimation de l'énergie sexuelle) doit imprégner les
quatre corps de péché de l'étudiant.
Il est intéressant de signaler que le récepteur des deux élixirs combinés est de forme circulaire, signalement de l'éternel yoni féminin, le
disque solaire égyptien (Ra) avec un point au centre pour indiquer le lingam masculin plongé à l'intérieur du yoni féminin ; ceci est
le hiéroglyphe qui indique comment fabriquer du feu.
Il est important d'observer à ce sujet que dans cette première partie du schéma quatre flocons flottent sur le liquide, ils ne sont autres que
des volatilisations de l'énergie sexuelle qui vont remplir de force et de lumière les quatre corps internes de l'ascète ainsi que nous
l'avons signalé auparavant.
A droite de la première partie de la figure nous observons que le couple ayant mélangé ses élixirs (sexuels) obtient un mélange chimique
homogène (l'énergie sexuelle du couple se mélange grâce à l'aide de l'antimoine ou alchimiste intérieur qui existe dans la nature
cachée de l'être divin de chaque créature humaine).
Dans la troisième partie de cette gravure, nous trouvons une fois de plus les initiés en plein travail alchimique (coït sexuel) agissant sur le
récipient circulaire (yoni féminin) afin de produire de nouveau un feu fort (mais contrôlé) pour volatiliser la semence créatrice.
Nous comprenons que l'important est de cuire, recuire et cuire de nouveau jusqu'à ce que l'on ait fabriqué les corps ou véhicules internes de
l'Etre. Nous devons dans ce travail de cuisson, dissoudre parallèlement les ennemis de l'Eternel, les agrégats psychologiques
indésirables pour coaguler en nous l'or alchimique (la Conscience, la force de l'Etre se manifestant au travers des corps internes).
Si l'alchimiste sublime de plus en plus le Maïthuna ou magie sexuelle, il obtiendra le sel d'harmonie universelle ou énergie christique ou sel
de la sapientias universalis (état de conscience éveillée) dans chaque corps. C'est pour cela que le couple obtient, dans cette gravure
à l'intérieur du récipient transparent, le produit de ce nouveau travail, symbolisé par quatre astérisques, représentant les
transmutations du mercure se cristallisant en le très secret sel harmoniac (sagesse).
Dans la partie inférieure gauche, nous contemplons à nouveau le travail de dissolution de l'Ego animal (très important pendant la transe
amoureuse) symbolisé par Saturne, le seigneur de la mort psychologique dévorant l'enfant. C'est l'I.N.R.I. des chrétiens et gnostiques
antiques: Ignis Natura Renovatur Integram (le feu rénove incessamment la nature). C'est seulement avec la mort que nous vient une
nouvelle nature psychique.
Cet enfant est aussi l'enfant de l'alchimie qui est le symbole du feu des philosophes ou soufre divin (la Kundalini).
Il est indispensable de raffiner l'acte amoureux et de mourir psychologiquement afin de recevoir le feu divin.
La mort (Saturne) est sœur de la lumière (le soufre sacré) le feu des sages, la Kundalini ou feu serpentin qui s'éveille et s'élève par la
colonne vertébrale de l'étudiant, développant pouvoirs et vertus au fur et à mesure qu'il pénètre vertèbre après vertèbre.
Les raffinements successifs purifient de plus en plus l'énergie créatrice du pratiquant de l'alchimie ; symbolisée par l'élément dévorateur
(semence en état commun) qui doit recevoir de nouveaux bains ou purifications (Saturne dans un bac recevant le contenu du ballon
alchimiste ou énergie transmutée).
Il est opportun de signaler que le feu serpentin, fils du ciel et de la terre, du soufre et mercure, détruit tous les infidèles qui essayent de
corrompre le temple du Dieu vivant (notre nature physique et psychique).
La décapitation des infidèles ou des innocents (moi crieurs et batailleurs) permet la naissance du Christ intime dans l'étable de l'adepte,
dans les corps internes de l'alchimiste. Participent à ce massacre (psychologique ou bain de sang) selon les alchimistes médiévaux,
le soleil (le soufre) et la lune (le mercure), le feu de la Kundalini et l'énergie séminale transmutée réalisent en nous ces miracles.
L'épée que porte Saturne dans la dernière figure, symbolise le feu de la Pentecôte, le feu de la Kundalini totalement développé et prêt à
entrer en action afin de réaliser la décapitation mystique du moi animal en nous.
Nous comprenons dans cette dernière figure que les eaux de l'alchimiste ont souffert d'intenses raffinements et permettent l'apparition de
Diane couronnée par la lune. Tout ceci symbolise que la couleur noire a cédé le pas à la couleur blanche de Diane, la déesse chaste
de la mythologie grecque.
Ceci a été possible grâce aux maintes volatilisations qu'a réalisé l'alchimiste. C'est pour cela que la bouteille que tient Diane contenant les
cristallisations séminales (symbolisées par les quatre astérisques) est liée à l'épée, la poignée du sabre ornée d'une tête d'oiseau
symbolisant ainsi la nécessité de sublimer ou volatiliser l'énergie primordiale ou mercure des sages.
Souvenons-nous que dans chaque travail alchimiste, nous devons raffiner, sublimer ou volatiliser au maximum notre semence jusqu'à ce
que vienne le jour où nous voyons apparaître la couleur rouge ou cristallisation maximale du mercure philosophal en nous.
CHAPITRE08 Huitième Planche

Dans cette resplendissante planche, nous trouvons l'insistance que nous font les alchimistes médiévaux sur la nécessité de volatiliser sans
cesse les eaux mercurielles afin de les raffiner de plus en plus.
Le maître Samaël affirme toujours que la transmutation des énergies sexuelles se réalise en accord avec la loi des octaves musicales.
Chaque fois que nous faisons une pratique alchimique (sexuelle), nous donnons un choc électrique à l'énergie créatrice, grâce à
l'enchantement du contact des deux pôles, négatif et positif (yoni lingam) sans éjaculation de la semence sexuelle.
Un premier contact sexuel imprime une octave musicale de transformation à l'énergie du troisième Logos, cristallisant en atomes
christiques qui renforcent le corps physique. Un nouveau contact postérieur permet à l'énergie de se cristalliser en protons qui
alimentent le corps vital de l'adepte. Un travail sexuel supplémentaire permet à la semence de l'alchimiste de se cristalliser en
électrons qui font briller son corps astral.
Par la suite, d'autres raffinements de ce mercure symbolique feront se cristalliser la même chose dans le corps mental et causal de l'étudiant
de la science du tantrisme.
Il est donc notoire que cette insistance, montrée dans la partie supérieure de cette planche, soit faite précisément dans la gravure numéro 8,
ce qui concorde avec la loi des octaves.
En examinant attentivement la partie supérieure de cette figure, nous trouvons plusieurs allusions aux deux éléments primordiaux du
Grand-Oeuvre, c'est-à-dire, le soufre et le mercure.
Deux anges soutiennent l’œuf de l'alchimie (le sexe) dans lequel se couve la matière du candidat. Ces deux anges sont le symbole des deux
éléments chimiques, le soufre et le mercure (le feu érotique et la semence sexuelle).
Nous trouvons à l'intérieur de l’œuf le Dieu Mercure (l'élément primordial, l'ens seminis); il porte un casque ailé, symbole de l'élément
volatil (le soufre). Les ailes représentent aussi la volatilisation du mercure réalisée à travers la connexion tantrique sans
épanchement de la liqueur séminale.
Ce Dieu ou élément primordial tient la verge de la sagesse ou bâton des prophètes et des patriarches, qui n'est autre que la colonne
vertébrale.
Nous trouvons sur ce bâton dix serpents qui nous rappellent les dix parties intégrales divines de notre Etre, que nous devons assimiler afin
de nous auto-réaliser totalement. Ce sont les dix séphiroths de la Kabbale hébraïque.
Ce Dieu vivant est également debout sur le soleil (le soufre) et la lune (le mercure); ces deux éléments le feu ou mercure et le volatil ou
soufre, doivent s'unir pour nous conduire vers les grandes réalisations intimes. Ce qui est seulement possible en pénétrant par la
Porte Etroite et difficile de la suprasexualité ou tantrisme blanc.
Autour de cet oeuf allégorique volent quelques oiseaux qui symbolisent la sublimation du travail (nous devons sublimer l'acte amoureux)
pour pouvoir réaliser la transformation des eaux noires (semence commune ou azoth brut) en eaux blanches (mercure raffiné).
Les deux oiseaux qui sont auprès de l’œuf alchimique portent tous les deux une branche feuillue représentant les deux canaux
ganglionnaires (Ida et Pingala) qui se trouvent des deux côtés de la colonne vertébrale par lesquels doit s'élever le mercure mélangé
au soufre.
Au bout des deux rameaux d'olivier, nous trouvons une fois de plus le soufre et le mercure : le mercure fut appelé parfois par les anciens
alchimistes tartre et le volatil ou soufre fut nommé souvent harmoniac ou harmonie universelle, dû à son caractère volatil.
Dans la partie inférieure, nous observons le couple alchimiste agenouillé face à l'athanor (les organes créateurs), nous observons que dans
cette partie de la gravure, l’œuf philosophal placé à l'intérieur de l'athanor, n'est animé par aucun feu; ce qui nous indique que
pendant les travaux sexuels, il est parfois nécessaire d'observer un repos afin que les transmutations se cristallisent dans notre
anatomie occulte.
Le maître Samaël parla très souvent au sujet de la pause magnétique (sexuelle) créatrice, il expliqua que de courts repos sexuels sont
nécessaires entre certains travaux alchimiques.
Dans ce cas, l'alchimiste doit apprendre à écouter, voir et entendre le langage ésotérique allégorique, que les maîtres de la fraternité blanche
lui communiquent dans les mondes internes ou monde astral.
Au cours de ces pauses l'alchimiste doit faire une profonde réflexion sur les agrégats bestiaux, afin de les comprendre pour leur donner la
mort dans les travaux tantriques sexuels suivants.
Il est important de signaler aux lecteurs qu'en alchimie, nous devons associer constamment l’œuf philosophal à l'athanor alchimiste : l’œuf
représente le sexe, la vie sexuelle et l'athanor représentent les organes sexuels masculins et féminins unis pendant la magie sexuelle.
Nous comprenons maintenant pourquoi on dit en alchimie que le Grand-Oeuvre se réalise à l'intérieur de l’œuf philosophal, grâce au
pouvoir de l'athanor.
Nous apercevons au fond un rideau noué trois fois, ce sont les trois nœuds que doit délier le feu sacré (sexuel) dans son ascension de
vertèbre en vertèbre. Ce sont les nœuds mystérieux que doit détruire l'adepte pour atteindre sa libération.
Le premier nœud qui se défait est celui du sexe et ceci se passe lorsque le candidat atteint pour toujours l'arrêt de la sortie de son énergie
sexuelle, même sous forme de pollution nocturne involontaire.
Par la suite, la Kundalini délie un autre nœud en relation avec le cœur, et nous nous séparons de toutes les affections luxurieuses ou
sentimentalismes nocifs de toutes sortes.
Le Maître Samaël a dit parfois : "celui qui veut véritablement se libérer doit passer au-delà des affections qui le lient au monde terrien,
incluant ceux qui l'unissent aux êtres les plus chers et ceci n'est pas une chose facile".
Le troisième nœud du rideau qui doit être détruit par le feu serpentin ou feu de la Pentecôte, est en relation avec le monde intellectuel de
l'étudiant ; quand cela se passe, l'étudiant doit alors se séparer de la sagesse mondaine afin d'être inondé par l'intellect illuminé ou
sagesse divine.
Nous observons enfin que le couple est entouré par deux colonnes très maçonniques et très allégoriques ; ces colonnes qui soutiennent le
temple sont : le soufre et le mercure, le lingam et le yoni, l'actif et le passif, Jakin et Bohaz, le mâle et la femelle, le fixe et le volatil,
Ida et Pingala, etc.
Nous concluons ce commentaire en affirmant le postulat alchimiste de Saint-Augustin; faisons du coït une forme supplémentaire de prière.
CHAPITRE09 Neuvième Planche

Nous notons que dans cette planche, le travail alchimique a recommencé ainsi que nous l'avions annoncé dans la planche huit. Nous
observons de nouveau les six récipients remplis du liquide primordial ou dissolvant universel (mercure sexuel). Ces récipients ou
plats circulaires sont le symbole des six corps internes qui reçoivent la rosée céleste de la transmutation du liquide séminal, à l'aide
du ''coïtus reservatus''.
Les corps auxquels nous nous référons antérieurement sont les suivants : physique, vital, astral, mental, causal et bouddhique. Ceci
constitue l'anatomie de tout véritable adepte de la grande loge blanche.
De chaque côté des plats, nous observons une fois de plus les deux animaux énigmatiques que les alchimistes médiévaux utilisent pour
signaler les deux éléments primitifs du Grand-Oeuvre.
Les alchimistes associaient le Bélier, symbole de son signe, au feu universel de Jupiter ou Amon-Ra chez les Egyptiens.
La constellation du Taureau était associée à cause des cornes (en forme de lune dans son quart croissant) à la déesse Diane et Isis, qui
s'identifie à la vache Io, amante de Jupiter, en accord avec la mythologie.
Tout ceci est une réaffirmation de l'union des opposés philosophiques : homme-femme, feu-eau, sagesse-amour, soufre-mercure, sans
lesquels il serait impossible de réaliser le Grand-Oeuvre du Père en nous. Ceci nous indique aussi quand les eaux se sont
transformées de la couleur noire à la couleur blanche, l'alchimiste doit continuer son travail tantrique sexuel utilisant un feu suave et
permanent (sans bestialité érotique).
Ce feu est allégorisé par la chaleur qui apparaît sur la terre pendant la régence des deux constellations ci-dessus mentionnées (Bélier-
Taureau).
Il est important d'observer que ces constellations régissent au cours du mois de mars, avril et mai, précisément pendant le cycle printanier.
Le magnétisme divin universel ainsi que nous le voyons dans cette gravure descend sous forme de rayon symbolique, sur ceux qui
travaillent leur terre philosophale (leur corps physique) à l'aide de la magie sexuelle.
Nous observons au fond deux châteaux qui représentent la demeure de l'Etre, de l'Intime ; ces châteaux sont au nombre de deux, car il s'agit
ici de l'Etre intérieur de l'homme et de la femme.
Nous apercevons entre les deux châteaux, une église chrétienne avec une tour surmontée d'une croix, car c'est à travers l'amour chrétien,
bien compris, que nous obtenons la rencontre avec notre être divin.
Parlant maintenant en langage ésotérique kabbalistique phonétique, nous pouvons dire que l'église de Rome (Roma) lu à l'envers (Amor =
Amour) est l'église de l'amour. Le sacrement de l'amour, de l'alchimie sexuelle, nous permet de nous auto-réaliser grâce à la sage
utilisation de la croix.
La croix est le symbole très antique des quatre éléments : l'air, l'eau, la terre et le feu. Elle est aussi l'insertion du "membrus virilis" dans le
"genitalis mulieris" sans épanchement de la liqueur séminale.
Il est indispensable de signaler que la force céleste a été symbolisée par huit rayons.
Rappelons-nous l'astre de l'amour, l'étoile de l'aurore a été dessinée avec huit rayons, les thèmes astrologiques kabbalistiques. C'est à travers
la force sexuelle de l'amour que s'attirent les deux opposés de la philosophie hermétique. L'homme et la femme symbolisés par le
bélier et le taureau, se rencontrent dans cette planche, mus par l'impulsion sexuelle particulière qui est stimulée par le fluide
amoureux céleste de l'amour. Le maître Samaël nous disait constamment : "l'amour nous convertit en Dieu de sagesse
resplendissant". Aimer, aimer, ô qu'il est beau d'aimer. C'est ainsi que l'humain se divinise et que le divin s'humanise.
L'amour, la magie sexuelle, nous permet de manger de la manne du désert qui n'est autre que la semence spermatique transmutée au moyen
du Sahaja Maïthuna.
C'est l'aliment symbolique que mangèrent tous les patriarches de l'antiquité dans le désert initiatique ou ésotérique.
Dans la partie inférieure de cette planche nous observons le couple alchimiste déposant cette rosée céleste ou fluide divin, dans le ballon de
l'alchimie. Ceci est très allégorique, et nous indique la nécessité de toujours conserver les eaux ou rosée dans les organes créateurs,
sans même permettre à une seule goutte de cette eau lustrée ou spermatique de s'échapper.
Dans la partie inférieure droite, la femme délivre cette rosée (semence christique) au Dieu Mercure qui est nu ; il la visite afin de recevoir
l'offrande féminine qui symbolise l'amour. Voilà une belle alliance : amour et sagesse.
Le Dieu Mercure (nu) invite l'être humain à travailler avec la nature primitive sexuelle s'il veut vraiment réaliser en lui, l'arcane dix du
Tarot (le royaume divin, les dix séphiroths de la Kabbale), le Grand-Oeuvre. Le numéro est indiqué à l'aide des dix serpents, que
porte la barre de mercure ; cette barre est la colonne vertébrale.
Nous devons, pour conclure, voir que le soleil et la lune qui apparaissent dans la partie supérieure de la planche, sont les symboles ardents
des deux natures réconciliables moyennant la science de l'alchimie, c'est-à-dire l'homme et la femme, le soufre et le mercure. Les
nuages représentent le mystère de la science alchimique.
CHAPITRE10 Dixième Planche

Voilà le couple au travail une fois de plus dans le magistère du feu ; nous apercevons sur cette table du sacrifice (le lit nuptial) deux
récipients ou plateaux d'une balance, contenant chacun des mesures exactes du sel et du soufre sacrés.
Le plateau droit porte une fleur jaune symbolisant la couleur jaune des eaux, qui sont les eaux sexuelles de l'adepte, lorsqu'il a reçu le feu
philosophal ou Kundalini hindoue. L'étudiant ou pratiquant de l'alchimie, une fois arrivé à ces hauteurs, est soumis au poids et
mesure de l'alchimie. C'est la raison des deux plateaux de la balance. Le plateau qui porte un hiéroglyphe alchimique du sel
harmoniac représente la sublimation christique maximale de l'énergie créatrice.
Les alchimistes médiévaux insistent beaucoup sur l'équilibre avec lequel on doit mélanger les éléments primordiaux du Grand-Oeuvre.
Nous devons travailler pour cela un minimum d'une heure dans le coït sexuel, dans la mesure du possible, mais cependant réaliser ce
travail avec beaucoup de sublimations.
L'eau doit être sans cesse sublimée et cela est impossible si nous ne maintenons pas l'équilibre de la balance.
Nous trouvons dans la partie supérieure, un aspect très important; la femme verse le fruit des deux plateaux : les liquides secrets. Cela
signifie que la femme joue le rôle prépondérant dans le travail sexuel ; sans la coopération de la femme il est impossible de réaliser
un travail alchimique positif. La femme porte le feu et c'est elle qui doit le délivrer à l'alchimiste sous une forme bien dosée. Une
femme complètement dégénérée ne pourrait pas avoir un comportement adéquat dans le travail de laboratoire.
La balance en elle-même représente la lumière, car pour que le feu s'éveille en nous, les huit vertus de la Kundalini sont nécessaires. Elles
sont : savoir aimer, savoir penser, savoir parler, compréhension, volonté, manière correcte de gagner sa vie, fidélité, que la paix
existe.
Quand le couple comprend la nécessité de travailler en accord avec les règles ésotériques, les éléments de base de l’œuvre se mélangent
sous une forme équilibrée et proportionnelle. Ceci nous le voyons en haut à droite de cette planche.
Il est nécessaire de maintenir unis les éléments alchimiques et pour cela nous trouvons, dans le troisième cadre, l'alchimiste soufflant
doucement afin de produire un feu adéquat ; cela signifie que nous devons fondre, fondre et continuer à fondre constamment le
soufre et le mercure à l'aide du tantrisme sexuel dans lequel entre en jeu le souffle ou respiration contrôlée.
La combinaison du feu (érotique) et de la semence (sexuelle) doit être exacte ; cela veut dire que nous ne devons pas forcer le corps à
travailler plusieurs fois dans la même journée. La loi alchimique que nous a laissé le maître Samaël est celle de ne travailler qu'une
fois par jour ; nous donnons ainsi au corps l'opportunité de reproduire plus d'énergie, pour la transmutation postérieure.
Observons que le feu dans cette troisième partie de la figure est de la même proportion, tant auprès de lui qu'auprès d'elle. Les deux feux
sont en communication au travers des canaux ou conduits secrets; notons que ce feu est doux et serein.
Il y a en tout trois canaux ou vaisseaux conducteurs, ce sont les deux canaux ganglionnaires qui sont des deux côtés de la colonne
vertébrale et le troisième qui se trouve à l'intérieur de l'épine dorsale ; c'est à l'intérieur de ces derniers que l'on réalise le Grand-
Oeuvre. Ils se nomment : Ida Pingala et Susumna.
Le couple possédant ces eaux maintenant jaunes, continue à travailler dans l'athanor (sexuel), afin de poursuivre la gestation de la maîtrise
intérieure dans l’œuf philosophal (le sexe) ; nous observons ce processus dans la quatrième figure de cette planche.
Une fois là, l'initié est capable de fabriquer ses corps internes (astral, mental et causal) pour les convertir en corps d'or pur, pour parler en
termes alchimiques, l'alchimiste revêtu de ses corps internes doit être uni à la chasse de Diane, la Déesse chaste.
L'adepte est vêtu comme un guerrier, son armure représente les corps internes fabriqués avec l'aide du feu solaire qui resplendit sur sa tête.
Nous voyons que la manche gauche de l'homme à la forme d'une tête de lion, ce qui nous montre l'élément feu, en pleine action dans la
nature occulte de l'adepte.
L'adepte est uni à la déesse Diane par sa main droite, ce qui a une grande signification car elle représente la chasteté qui est une qualité qui
resplendit dans l'adepte lorsqu'il a reçu le feu sacré, pour cela nous le voyons uni à la Déesse mythologique.
Diane est toujours représentée avec un arc et d'innombrables flèches qui symbolisent les deux éléments de l'alchimie : le fixe (l'arc, le
mercure) et le volatil (les flèches ou soufre divin ou feu philosophal).
L'arc tendu prend la forme d'un triangle, les trois forces célestes qui doivent se cristalliser en nous. Les flèches sont une allégorie phallique,
car elles sont le symbole du lingam masculin, qui vont se planter dans le yoni féminin (circulaire) que nous voyons représenté par la
cible située tout en bas à gauche.
Cette cible est constituée en partant de l'extérieur, par le noir, le blanc, le jaune et le rouge. Voilà les quatre couleurs de l'alchimie ; le rouge
est le plus élevé car il constitue en lui-même la pierre philosophale. Cette dernière est le Christ interne revêtu des corps d'or de
l'alchimie (Toison d'Or).
Afin que les corps internes de l'alchimiste resplendissent comme l'or pur, il doit détruire, à l'aide des dards philosophiques de la
transmutation sexuelle, les éléments infra-humains qui constituent la bestialité de l'Ego animal que nous portons en nous.
Pour atteindre ceci, nous devons éviter l'intervention du soufre vénéneux ou feu sexuel bestial. Nous devons travailler à l'aide de la flamme
lumineuse du sexe, sans la fumée de la morbidité.
Le chiffre dix au bas de la gravure nous parle du royaume divin intérieur, car l'alchimiste pénètre dans le domaine des grandes réalisations
lorsque ces eaux ont atteint la couleur jaune et quand il a appris à contrôler le feu divin.
L'insertion du 1 (projeté comme phallus horizontal) à l'intérieur du O (ou cercle sexuel féminin) constitue le Dieu Ra (Seigneur du feu
créateur de la vie). Ceci est le hiéroglyphe qui nous montre comment créer du feu divin.
Le feu Divin resplendit doucement et en permanence (ainsi que nous le voyons dans la partie inférieure de cette planche), indiquant que le
travail ne s'arrête pas ici, mais qu'il continue.
CHAPITRE11 Onzième Planche

L'alchimiste Altus a voulu nous montrer ici une étape de plus du travail du Grand-Oeuvre. Nous voyons de nouveau l’œuf philosophal (le
sexe) contenant le Dieu Mercure avec son caducée de dix serpents. Ce Dieu (agent secret) porte un casque ailé avec deux trous au
milieu, ce qui lui donne une apparence de chouette qui voyage dans les profondeurs de la nuit. Ceci est très significatif car on se
réfère à l'état d'alerte avec lequel doit travailler l'initié, une fois arrivé à ces hauteurs ésotériques. Celui qui a déjà converti ses eaux
alchimiques en eau jaune ne doit pas retourner à son état sexuel bestial.
Les oiseaux qui volent autour de l’œuf confirment la nécessité de sublimer de plus en plus l'état laborieux de la transmutation, (union
sexuelle sans éjaculation séminale).
Cette planche nous montre le moment dans lequel le soleil radiant de Jupiter (notre Etre) brille dans toute sa splendeur sur les eaux
mercurielles contenues dans l’œuf philosophal et minutieusement raffinées.
Le soleil sur lequel monte Mercure compte maintenant dix rayons indiquant que le feu philosophal (la Kundalini) a augmenté son pouvoir
et a accompli un cycle d'activité.
Les alchimistes médiévaux disaient que celui qui réussissait le travail indiqué dans cette planche numéro onze, pourrait trouver la Béatrice
ineffable de la divine comédie de Dante Alighieri ; ceci est une allusion à la rencontre avec la demoiselle Divine ou âme humaine
maintenant fabriquée à l'intérieur de l'espace spirituel de l'adepte.
C'est dans cette étape ésotérique que l'on dit que l'initié possède le miroir de l'alchimie dans lequel se reflète la figure cachée et
merveilleuse de toute la nature ; ceci veut nous montrer que lorsque l'on incarne l'âme humaine et que l'on détruit l'Ego animal, Dieu
(notre Etre ou Jupiter) resplendit dans notre nature cristalline et pure.
Afin d'obtenir tout ceci, il est indispensable d'éviter que l'oxyde demeure dans l'anatomie occulte de l'adepte. L'oxyde corrosif et l'ego
animal avec toutes ses multiples manifestations qui ne permettent pas à l'or alchimique de se fixer dans les corps.
Les dix serpents, nous le répétons, réapparaissent comme indication des dix séphiroths ou parties qui constituent l'Etre intérieur profond,
qui doivent régner et intégrer l'anatomie ultra-physique de l'alchimiste.
Nous observons que les oiseaux symbolisent la sublimation et que les deux se trouvant le plus près de l’œuf portent dans leur bouche les
symboles du soufre et du sel sublimés.
L'oiseau de droite porte le symbole du soufre, mais ce symbole tient à son tour du hiéroglyphe astrologique correspondant au signe zodiacal
de la balance.
Ceci nous indique que les travaux ont été réalisés en accord avec la loi et pour cela la sublimation est rendue effective.
Il faut tenir compte du fait qu'il n'est pas possible d'atteindre de nouvelles étapes dans le travail si nous ne sommes pas en accord avec les
normes de la loi cosmique. A mesure que l'on avance sur le chemin, les exigences faites à l'Adepte sont plus nombreuses.
Observons dans cette gravure que deux fenêtres de plus se sont ouvertes dans le mur de la partie inférieure. Ces quatre ouvertures signifient
les quatre réalisations fondamentales, corps physique, astral, mental et causal fabriqués. Ceci est le quaternaire inférieur qui doit
s'unir à la première trinité : Atman (Intime), Bouddhi (âme spirituelle) et Manas (âme humaine).
Nous observons de plus que la tenture nouée trois fois, a disparu, ce qui veut dire que la Kundalini ou feu serpentin a défait les trois nœuds
mystérieux : celui de la sexualité, celui des affections et celui de l'intellect, délivrant alors à l'adepte, le contrôle absolu sur le Sexe,
sur la vie sentimentale et sur le mental.
Nous terminons cette interprétation en observant que le feu qui brille dans le four est un feu doux, paisible et contrôlé, propre aux adeptes
qui ont détruit l'ego animal.
Le couple alchimiste prie de nouveau afin de commencer une nouvelle transmutation sexuelle dans l'amphithéâtre de la science cosmique
dans toute sa splendeur.
CHAPITRE12 Douzième Planche

Nous voilà de nouveau face aux six plats symboliques (les six corps de l'adepte) remplis du liquide céleste qui est cependant plus concentré
à cause de la transmutation incessante qui a cristallisé les atomes séminaux dans la nature subtile des corps internes de l'initié.
Les sublimations successives du mercure ont humanisé le divin et ont divinisé l'humain. Cette sublimation est représentée dans tous les
livres sacrés ; la genèse biblique parle de la séparation des eaux, qui sont sexuelles quand elles sont transmutées.
Le régime de la sublimation est une discipline très exigeante, il faut évaporer les eaux pour que paraissent les vapeurs se trouvant auprès de
la lune, ce qui requiert "un ciel nocturne très tranquille" comme le disaient les anciens alchimistes médiévaux. Ceci signifie que la
transmutation sexuelle des eaux doit se faire avec un esprit intérieur de sérénité, sans emportement luxurieux de type animal.
Lorsque l'alchimiste a réussi à concentrer le mercure dans son anatomie occulte il est éprouvé sans cesse dans son processus initiatique. Ces
épreuves sont symbolisées par les tempêtes devant être supportées avec patience et une profonde sérénité intérieure.
Tout ce que nous avons dit est le produit de longues et successives unions de soufre et de mercure, qui sont représentées par les deux
animaux qui s'attirent de nouveau grâce à l'influence céleste ou rosée érotique. A l'intérieur des grandes transformations, la lune (le
mercure) et le soleil (le soufre ou feu sacré) interviennent toujours.
Les six plats sont installés en forme de triangle (pointe vers le haut) indiquant la nécessité de cristalliser les trois forces primaires de la
création, le Saint Affirmer, le Saint Nier et le Saint Concilier.
Les trois forces se coagulent et cristallisent en nous grâce à l'action du mercure-soufré ou feu Kundalini serpentin ; ce mercure-soufré est le
produit des transmutations soigneuses et pleines de raffinement.
Dans la partie inférieure, nous observons que le couple alchimiste, utilisant de nouveau le ballon (laboratoire de la sexualité), obtient un
liquide de plus en plus concentré (ainsi que nous le voyons dans le premier carré inférieur gauche).
Dans la partie inférieure droite, la dame adepte délivre le produit de ses transmutations au Dieu Mercure (qui est contenu dans les eaux
mêmes que nous pouvons invoquer comme mère divine intérieure) afin d'inspecter la marche de son travail.
Il est nécessaire de cuire, cuire et recuire sans repos, afin que le gâteau de l'alchimie soit totalement élaboré.
CHAPITRE13 Treizième Planche
Le couple alchimiste mélange ici proportionnellement le soufre et le sel volatil. Le soufre est représenté par le soleil avec dix rayons et le
sel indiqué par l'astérisque. Les deux éléments représentent les volatilisations de l'énergie créatrice fécondée par le feu sacré ou
Kundalini.
En alchimie, les travaux doivent toujours être réalisés en accord avec la loi ; tout doit être fait en équilibre, sans fornication, ni adultère. Les
mesures correctes du soufre et du sel combinés sont travaillées grâce à une partie auto-consciente de notre propre Etre; cet
alchimiste intérieur est nommé dans les textes antiques : Antimoine. Nous voyons ceci dans la première partie de cette planche.
Le travail de la femme (en tant que collaboratrice indispensable dans la magie sexuelle) est nécessaire ainsi que nous le voyons dans le
deuxième cadre. Elle nous permet de travailler dans le ballon alchimique, ou oeuf philosophal (le sexe), afin de trouver le Rer
alchimique, c'est-à-dire afin de raffiner totalement les eaux séminales.
Dans le troisième cadre, nous observons les alchimistes (homme + femme) chauffant avec un feu lent mais permanent les éléments salins et
soufrés. Malgré que le ballon soit incliné par l'homme, nous notons que les eaux ne tentent pas de sortir. Cela veut dire que pendant
la transe sexuelle, les eaux séminales s'évaporent grâce à la force solaire du feu érotique et de la Kundalini ou force christique ignée,
développée dans l'adepte.
Nous observons une fois de plus que le feu qu'anime l'alchimiste à l'aide de son souffle se transmet à un autre récipient à travers les
conduits secrets. Tout cela signifie que le feu érotique de l'homme uni à celui de la femme opère merveilleusement, volatilisant notre
sécrétion hormonale sexuelle. Dans ces travaux, il est indispensable, de temps en temps, de soulever le couvercle de l'athanor (ainsi
que nous le voyons dans le 4e cadre), dans le but d'éviter que la pression fasse déborder les liquides sacrés. Ceci signifie que
pendant le coït chimique, nous devons toujours faire attention à la tension des organes créateurs afin d'éviter que l'éjaculation ou
orgasme ne se présente, gâchant ainsi tout le travail.
Dans ces travaux, on fait allusion à des raffinements ou sublimations plus intenses; ce qui a permis à l'adepte d'épouser son âme divine, la
Belle Hélène ou corps Bouddhique de tout maître légitime, ceci est indiqué de différentes manières dans le rectangle inférieur.
Les bottes de l'adepte, par exemple, portent sur leur revers les trois points Rose-Croix Maçonniques, qui identifient comme tel, le maître ou
adepte.
Sur les courtes manches de son hoqueton apparaissent deux têtes de Lion à la place d'une seule pour la dixième estampe, c'est-à-dire que
l'adepte s'est approprié des deux forces : Bouddhi et Manas (âme divine et âme humaine).
L'union de l'adepte à sa Bouddhi intime est indiquée d'autre part, par la forme dans laquelle l'adepte et la dame se prennent la main, bien
différente de la manière à laquelle ils le firent dans la planche numéro dix.
Le Soleil de la Sagesse, feu sacré (ou Kundalini serpentin) resplendit sur la tête de l'adepte, ce feu l'a élevé à un grade plus haut dans sa
maîtrise.
Observons les nombres 100, 1000 et 10000. Le numéro cent allégorise la première initiation des mystères majeurs. Le numéro cinq cent
(dans les mondes internes) est délivré à un candidat en tant qu'âge ésotérique indiquant qu'il possède maintenant la cinquième
initiation des mystères majeurs, c'est-à-dire qu'il a élevé ses cinq serpents de feu. Mille, indique en années ésotériques celui qui a
incarné ou élevé, non seulement ses cinq serpents de feu, mais aussi ses cinq serpents de lumière. Lorsque cela se passe, l'adepte
christifié par le feu divin (sexuel), épouse son âme divine ou Walkyrie sacrée. C'est ainsi que se termine la première montagne
ésotérique (la montagne de l'initiation).
Le nombre dix-mille représente les travaux postérieurs d'exaltation mystique à l'aide du mercure ou agent secret des sages. Ces exaltations
sont contenues dans les procédés initiatiques correspondant à la deuxième montagne de la résurrection. C'est un travail qui requiert
des efforts successifs dans la pratique avec l'athanor (organes génitaux) utilisant de plus en plus la sublimation de l'acte amoureux.
L'arc de la déesse Diane (âme divine) est maintenant tendu, ce qui le différencie de la planche dix. Cela nous donne une indication de ce
que les travaux sexuels ont été plus profonds, plus prolongés et pour cette raison, l'alchimiste réussit à percevoir avec plus de
précision les transformations de son mercure-soufré (ens seminis). C'est la raison pour laquelle la cible est plus grande dans cette
planche; elle montre les quatre couleurs ou phases du Grand-Œuvre : putréfaction (noir), blanchiment (blanc), sublimation (jaune) et
calcination ou multiplication (rouge).
Lorsque l'initié a fixé l'or dans ses corps internes, le mercure soufré ou ens seminis totalement sublimé est alors capable d'utiliser son
pouvoir alchimique afin de projeter dans le monde physique de l'or de la meilleure qualité ; l'adepte peut arriver en utilisant les
poudres de projection qui consistent en une sorte de substance atomique qui peut sortir du bout de ses doigts et pénétrer dans l'eau
contenue dans un verre préparé pour cette opération.
Une fois que cette eau est chargée de cette substance, on peut en prendre un peu dans un compte-gouttes et en laisser tomber quelques
gouttes sur du plomb en fusion, afin de le convertir en or pur (à forte teneur en carats).
Pour pouvoir réaliser cette sorte d'expérience, l'alchimiste doit avoir fixé l'or potable (mercure séminal sublimé) dans tous ses corps internes
et avoir éliminé tous les agrégats animaux psychologiques) constituant le mercure sec ou oxyde corrosif duquel parlent les
alchimistes.
CHAPITRE14 Quatorzième Planche
Nous nous approchons de la fin du Grand-Oeuvre. Observons tout d'abord trois athanors allumés ; ils symbolisent dans cette étape du
travail les trois forces cristallisées dans la nature occulte de l'adepte. Elles sont aussi le symbole des trois purifications que doit
souffrir la matière première du Grand-Oeuvre (le mercure philosophal ou ens seminis), sous l'action du feu et du fer. Ce sont les
trois clous qui furent enfoncés dans le corps du Sauveur Salvandus (le Christ Jésus) comme symbole évident des trois grands
travaux ou descentes allégoriques au sein de la neuvième sphère (le sexe) afin d'atteindre la libération finale. Ce sont les trois
montagnes initiatiques : celle de l'initiation, celle de la résurrection et celle de l'ascension.
Dans le deuxième rectangle, nous voyons un enfant entre deux femmes constituant les extrêmes ; elles nous indiquent la chose suivante :
"la femme commence et finit le travail de la libération de l'adepte". Ce sont les femmes qui engendrent l'homme comme maître,
comme adepte à l'aide de leur feu érotique. C'est la raison pour laquelle la femme de l'adepte se transforme en sa sœur, sa femme et
sa mère à la fois.
C'est la femme qui tisse la laine symbolique que nous voyons sur les quenouilles qu'elles tiennent dans leur ceinture; cette laine constitue la
matière avec laquelle les corps de gloire de l'adepte ou vêtements sacrés se forment.
Lorsque l'adepte est arrivé à la stature d'homme solaire, il se convertit en un enfant de lumière. C'est la raison pour laquelle certains
alchimistes médiévaux disaient que le Grand-Oeuvre était : "tout travail de femmes et jeu d'enfants". Nous devons nous convertir en
enfant (de sagesse) pour avoir droit d'entrer aux cieux (de conscience).
Les femmes et l'enfant de la gravure extraient minutieusement, à l'aide de ciseaux, le charbon de la flamme et alimentent la lampe en
combustible (le même feu). Tout ceci signifie que les deux fois nés (ceux qui ont fabriqué leurs corps solaires) doivent travailler
dans l'alchimie en faisant attention à bien séparer le charbon (les Egos ou bestialités) de la flamme pure et sacrée (du Sahaja
Maïthuna ou magie sexuelle). Il faut réduire en poussière cosmique les éléments infra-humains qui constituent le charbon de la
fausse psychologie et de la personnalité (véhicule du Karma).
L'initié doit travailler avec les ciseaux, c'est-à-dire qu'il doit couper tout élément infra-humain qui le lie à la nature animale qu'il avait
autrefois. C'est un travail d'une infinie patience. Nous devons travailler incessamment à l'aide de la transmutation (du combustible
ou liquide séminal) afin de frire les graines, constituant les origines mêmes de l'Ego animal.
L'enfant que nous voyons dans la figure a déposé une raquette et une balle. La raquette joue le rôle de filtre (il faut filtrer, raffiner
énormément l'acte amoureux) et la balle symbolise la force sexuelle que nous devons apprendre à manier avec adresse. Dans cette
étape, l'initié doit faire attention lors du travail sexuel. Car il est terriblement châtié, s'il se laisse tomber (sexuellement).
Les numéros VI, II et X sont les pas du Grand-Œuvre ; le numéro VI symbolise le commencement du travail, l'indécision (élection
définitive entre le vice et la vertu). Le numéro II symbolise le moment où les eaux spermatiques de l'initié ont été fécondées par le
soufre des sages (Kundalini) afin de constituer un composant merveilleux que nous pouvons appeler : mercure soufré. Le chiffre X
est une allusion à l'obtention des dix séphiroths ou parties existentielles constituant l'arbre séphirotique ou véritable être intérieur
profond. Ceci représente la réintégration totale avec notre ancien sacré ou vieux des siècles.
Dans le troisième rectangle nous trouvons de nouveau des allusions au commencement et à la fin du Grand-Oeuvre. Le commencement
allégorisé par un four cubique (pierre cubique ou sexualité) à l'intérieur duquel cuit dans l’œuf philosophal (sexualité supérieure) la
déesse lune, eaux argentées ou blanches du début.
Dans l'autre four nous trouvons à l'intérieur de l’œuf philosophal le roi Soleil symbole du feu sacré qui a développé son pouvoir dans
l'espace spirituel du candidat. Ce soleil a dix rayons car, grâce au feu solaire de la Kundalini, nous pouvons nous réintégrer aux dix
parties auto-conscientes de l'arbre séphirotique.
Le feu que nous voyons dans les deux fours est fort, non bestial mais puissant, feu que nous acquérons lorsque nous nous soumettons au
régime ou discipline de l'authentique alchimie. A côté de chaque four, nous observons une sphère qui contient trois petits cercles
soutenus par des fils. Ce symbole alchimique se réfère aux trois célèbres jours de l'alchimie initiatique. Ils sont également les trois
jours que le prophète Jonas passa dans le ventre de la baleine, pour sortir (après avoir été vomi) triomphant afin d'aller prophétiser
dans la ville de Ninive. Certaines traditions antiques parlent d'une mort de trois jours que devait souffrir l’initié au sein d'un cercueil
en forme de poisson.
Le poisson, l'eau et les trois jours nous parlent des trois grands processus que doit vivre tout authentique homme qui veut se libérer. Ils sont
expliqués par le Vénérable Maître Samaël dans son livre intitulé : "les trois montagnes". La première initie le néophyte aux
mystères, la deuxième inclue la réalisation des douze travaux d'Hercule et la troisième culmine par la capture et la domestication du
chien Cerbère, qui délivre à l'adepte la domination absolue de la sexualité.
Nous pouvons apprécier qu'entre les deux fours resplendit une balance qui nous indique que du début à la fin, l'initié doit se soumettre à la
conduite indiquée par la loi (les huit vertus de la Kundalini).
La cuillère est le symbole des pauses sexuelles (qui se font entre chaque montagne) dans le but d'observer la manière dont va le travail
intérieur et de réfléchir profondément sur la nécessité de mourir, afin d'éviter l'état de Hanasmussen (avorton de la mère cosmique).
Nous contemplons également en-dessous de la cuillère, le pilon et le creuset; ces instruments nous rappellent le yoni féminin (circulaire) et
le phallus masculin en constant travail de destruction, dissolution ou désintégration des agrégats animaux pendant le "coïtus
reservatus".
Sur le creuset est dessinée une fleur de Lotus, qui nous indique la formation de véhicules de feu du Dieu Mercabah (les 7 corps de tout
adepte, au travers desquels se manifeste et s'exprime l'Etre intérieur profond).
Des deux côtés du creuset nous observons les poids de l'alchimie ; à mesure que l'on avance dans le chemin initiatique, le poids de la croix
de l'adepte devient de plus en plus difficile à supporter. De même, quand on progresse dans le Grand-Oeuvre (intérieur), les
épreuves deviennent de plus en plus dures.
Finalement, dans la partie inférieure de la gravure, nous apercevons deux récipients ; un au-dessus de l'homme et l'autre au-dessus de la
femme. Sur celui de gauche, le liquide qui sort d'un verre le pénètre sans se répandre ; au contraire, le liquide qui sort du verre de
droite tombe à côté du récipient. Les gestes de l'homme et de la femme nous éclairent sur ces deux énigmes.
L'homme nous dit la chose suivante, il faut travailler, transmuter le liquide séminal sans permettre qu'il s'échappe, c'est-à-dire sans
forniquer; c'est ce qu'il nous indique de sa main droite, en même temps qu'il nous montre de la main gauche la nécessité d'être
discret, humble et réservé dans le travail.
La femme nous avertit : si tu permets que le liquide se répande et s'échappe en-dehors du récipient (si tu ne le transmutes pas grâce à la
magie sexuelle), tu te convertiras en démon. Elle nous montre ceci de l'index et du petit doigt qui forment les cornes démoniaques de
l'échec. Avec sa main gauche, elle se touche les lèvres comme pour nous dire qu'il faut être prudent.
Une fois que les adeptes en sont arrivés là, leur mercure a été totalement élaboré dans le ballon de l'alchimie (la sexualité transcendée) et
demeure seulement dans leur intérieur le feu solaire cristallisé ainsi que nous le voyons indiqué par le symbole du mercure ayant
cependant comme tête le symbole astrologique et alchimique du Soleil.
Au-dessous du ballon de l'alchimie se trouvent les pinces philosophiques nous indiquant que les braises du feu (sexuel) doivent être
utilisées ou maniées aussi soigneusement que l'on remue les braises d'un foyer. Les pinces constituent un hiéroglyphe qui nous
avertit de la méticulosité avec laquelle nous devons extirper toute manifestation égoïste animale pour que se cristallise l'Or dans les
corps purifiés sous l'action du feu sacré.
Les paroles latines : "Ora, Lege, Lege, Relege, Labora et Invenies" signifient : Pries, lis, lis, lis, relis, travailles et tu trouveras.
Grâce au Maître Samaël, les étudiants gnostiques n'ont pas besoin de lire et relire des volumes compliqués sur l'alchimie, étant donné que
tout l'art laborieux est synthétisé dans les oeuvres merveilleuses de ce grand maître; tout spécialement dans : "Le mariage parfait, le
mystère de la fleuraison d'or et les Trois montagnes".
Toutes les créatures humaines peuvent maintenant travailler dans le magistère du feu, sans dévier grâce aux sages instructions laissées dans
ces ouvrages remarquables.
CHAPITRE15 Quinzième Planche

Nous nous trouvons maintenant à la fin du Grand-Oeuvre. Nous commencerons par déclarer que l'adepte (étendu sur la dépouille d'un lion)
nous indique, par sa fatigue et son attitude au repos, que les travaux avec le feu (magistère sexuel) sont achevés. Son corps reposant
sur la peau du lion, nous rappelle l'arcane II de la Kabbale ou Tarot d'Hermès. Le lion, dans la Kabbale authentique, symbolise le
feu. Ce lion abattu est donc une allusion à ce que le feu a été totalement dominé et l'homme enveloppé dans sa peau indique que
l'adepte a été consumé (dans sa nature intérieure) par le feu sacré.
Ce constant travail avec le feu des sages a finalement réussi à unir pour toujours les deux natures. Nous pouvons comprendre ceci si nous
observons que la Déesse Lune se trouve auprès de l'homme agenouillé et qu'à côté de sa compagne agenouillée aussi, est située le
Dieu Soleil. Ce contraste chimico-philosophique signale que les deux forces, le soufre et le mercure (l'homme et la femme), ont
réussi à se cristalliser à l'intérieur du Maître qui est né.
C'est pour cela que nous voyons l'homme et la femme de cette planche se donnant la main, en signe de réconciliation.
Derrière le couple alchimiste, nous voyons, sur le sol, l'échelle Divine, que nous avons déjà vue au début de cette oeuvre. Elle ne nous
montre que dix échelons, nous indiquant que le travail dans le magistère du feu s'est terminé.
Sur la couverture du Mutus Liber, l'échelle comportait douze barreaux visibles, nous invitant donc à monter par l'échelle secrète (la colonne
vertébrale) qui unit la matière à l'esprit, le divin à l'humain.
Lorsque le feu a pénétré les trente-trois vertèbres des colonnes vertébrales de chaque corps intérieur de l'adepte (vital, astral, mental et
causal), on dit alors que l'échelle allégorique (la colonne vertébrale) entre en repos.
Au-dessus du couple, l'ancien des jours est enlevé dans les airs; c'est le Kéther de la Kabbale qui s'est intégré avec l'adepte. Cet ancien ou
monade divine et profonde reçoit une couronne de lauriers, symbole du Triomphe et de la Victoire; car il a atteint le Grand-Oeuvre
dans la nature physique et spirituelle de l'adepte. Il est l'Etre de notre Etre et il reçoit toujours des galons et des félicitations lorsqu'il
a réussi à se manifester (dans sa totalité) dans toutes les dimensions de l'univers.
Le Seigneur de perfection est soutenu par deux anges symbolisant le pouvoir spirituel. Ces deux anges sont ceux qui faisaient sonner les
trompettes dans la première planche de ce livre sacré.
Le Seigneur de la Kabbale (vénérable ancien ou maître intérieur) tient une longue cordelière (dénouée, détachée ou défaite) ; elle constitue
le nœud gordien de la philosophie médiévale. Ce nœud est constitué de l'Ego animal qui a été détruit dans l'adepte, qui est mort en
lui-même.
Nous notons de même deux roses dans les mains de l'ancien, une blanche et une rouge. La rose blanche symbolise l'âme et la chasteté de
l'adepte. La rose rouge est le symbole de la pierre philosophale ou Christ intime uni ou incarné en l'âme de l'initié. C'est la preuve
que le maître ou adepte a atteint la perfection dans la maîtrise et qu'il s'est uni à son Christ intérieur profond. Le Christ revêtu des
corps existentiels supérieurs de l'adepte (sans Ego et recouvert d'or potable transmuté) constitue le To Soma Heliakon ou Sahu
égyptien, c'est-à-dire la pierre philosophale.
Il est bon de signaler que celui qui réussit à incarner son Christ intérieur acquiert les trois dons de la pierre philosophale : la santé
permanente, la sagesse universelle et la richesse intérieure.
Le couple qui observe l'ancien, prononce la phrase suivante : Oculatus Abis (tu t'en vas clairvoyant), lorsque l'adepte incarne l'ancien des
jours il se convertit en un clairvoyant légitime qui peut pénétrer toutes les énigmes de l'univers.
La phrase latine que nous venons de voir peut être décomposée, selon la Kabbale phonétique, de la manière suivante : Oculatus Ab Is (le
clairvoyant est issu de ceux-ci), des deux éléments de base du Grand-Oeuvre, le soufre et le mercure, l'homme et la femme, etc.
De plus, nous observons que dans cette planche, toutes les figures sont comprises dans un cercle que réalise les deux grandes tiges ou
rameaux d'olivier. L'olivier représente la sagesse, la paix et l'abondance. Ces deux branches symbolisent les deux canaux secrets (Ida
et Pingala) qui sont maintenant christifiés par l'huile sacrée, huile d'olive ou ens seminis transmuté.
Ceci délivre à l'adepte la sagesse divine : rappelons-nous que le Christ médita profondément sur le Mont des Oliviers.
Les deux rameaux sont unis à la base par deux ailes formant un X. L'X est le symbole de la mort. De nombreuses fraternités maçonniques
du siècle passé adoptèrent le symbole de la croix en X afin de symboliser la mort "du frère terrible de la maçonnerie" ou Ego animal.
Notons de plus, que les deux ailes sont les ailes ignées ou ailes de la sagesse avec lesquelles l'adepte peut remonter vers les plus hautes
cimes de la connaissance divine.
Dans les cieux, nous apercevons le soleil gouvernant l'espace infini ; il est tout seul, sans la lune à ses côtés, afin que nous comprenions
deux choses :
a) La destruction de toute la nature lunaire à l'intérieur de l'adepte.
b) La cristallisation totale de la force solaire dans la nature physique et spirituelle du héros ésotérique.
Le soleil est le symbole de la force primordiale de la création (le Kéther de la Kabbale). Tout émerge du feu et tout retourne au feu.
Finalement, au-dessous des ailes ignées resplendit un écusson qui symbolise la royauté à laquelle appartient l'alchimiste Jacob Sulat
(Altus). Cet écusson avait en haut une inscription qui a maintenant disparu. Nous pouvons dire que les trois petites figures et les
trois petits points sont une vive allusion aux trois forces primaires de la création (Père, Fils et Esprit Saint) gouvernant maintenant
les cieux (de conscience) et la terre (corps physique et corps internes) sur laquelle se développe l'adepte. Voilà réalisé le Grand-
Oeuvre et nous comprenons maintenant les paroles de Jésus : "Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel"...