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Guerre de Troie

samedi 17 mars 2007, par HistoireDuMonde.net


La guerre de Troie est un événement légendaire, élément
essentiel de la culture grecque antique. Il a donné lieu à de
nombreuses œuvres artistiques, littéraires notamment. Une
partie en est racontée dans l’Iliade d’Homère ; le poème
porte ce nom car le nom grec de la ville de Troie est Ilion : il
s’agit de la première épopée écrite en grec et elle a une
valeur fondatrice.
La guerre
La guerre de Troie est entreprise suite à l’enlèvement
d’Hélène, épouse du roi de Sparte, Ménélas, par le troyen
Pâris. En effet, Hélène lui avait été promise par Aphrodite,
en remerciement pour le jugement du mont Ida, lui attribuant
la pomme d’or. Les rois grecs, descendants de Pélops, se
réunissent alors. Liés entre eux par le serment de Tyndare,
ils décident de mener la guerre contre Troie avec un
contingent très important.
Après avoir réuni d’autres héros comme Achille, ils
constituent une flotte qui accoste, dans la deuxième année
après l’enlèvement d’Hélène, en Mysie, non loin d’Élée. Ils
affrontent d’abord Télèphe, roi de Mysie et fils d’Héraclès qui,
alarmé par le débarquement d’une armée si imposante, a
dépêché contre elle ses propres troupes. Après des combats
acharnés, Télèphe apprend l’identité des chefs de l’armée
ennemie, et le combat cesse. La flotte grecque repart chez
elle après cette première expédition, et se repose pendant
huit ans. Dix ans après l’enlèvement d’Hélène, les Grecs
lancent une seconde expédition qui accoste, grâce aux
conseils de Télèphe, sur le rivage face à Troie. Après des
premières batailles avec les Troyens, les Achéens
commencent le siège de Troie. Pour affaiblir la ville, et se
ravitailler, ils lancent des incursions contre les villes alentour.
Une ambassade menée par Ménélas et Ulysse réclame à
Priam, roi de Troie, la restitution d’Hélène, sans succès.
Au cours de la dixième année du siège, et à l’occasion de
l’une des razzias, Chryséis, fille d’un prêtre d’Apollon, est
capturée et attribuée comme part d’honneur à Agamemnon,
commandant en chef des Grecs. Courroucé, Apollon frappe
le camp grec d’une peste, et Agamemnon est obligé de
rendre sa captive. En compensation, il prend d’autorité celle
qui a échu comme part d’honneur à Achille. Furieux, celui-ci
se retire dans sa tente et demande à sa mère, Thétis,
d’obtenir de Zeus qu’il favorise les Troyens.
Malgré les exploits de héros comme Diomède ou Ajax le
Grand, les Grecs perdent pied. Patrocle, compagnon
d’Achille, obtient de ce dernier la permission de porter ses
armes, afin de galvaniser les troupes. Ainsi vêtu, il lance un
vaste assaut contre la ville, mais est défait par Hector, fils
aîné de Priam. Fou de douleur, Achille reprend les armes et
tue Hector. Il vainc également les nouveaux alliés venus à
l’aide de Priam : Penthésilée, reine des Amazones, et
Memnon, prince éthiopien.
Ulysse a alors l’idée du cheval de Troie : des guerriers grecs
se dissimulent dans un grand cheval de bois, déguisé en
offrande à Poséidon. La flotte grecque feint de se retirer,
abandonnant le cheval sur la plage. En signe de victoire, les
Troyens font entrer le piège dans leurs murs. Croyant la
guerre terminée, ils festoient et se réjouissent. La nuit venue,
les guerriers grecs sortent du cheval et ouvrent les portes.
Troie est pillée, les membres de la famille royale tués ou
emmenés en esclavage, et Ménélas peut enfin ramener
Hélène à Sparte, vingt ans après son enlèvement. Lors du
combat, Achille est blessé au talon, par une flèche lancée
par Pâris, et meurt.
Historicité de la guerre
La découverte en 1870 par l’archéologue Heinrich
Schliemann des ruines de Troie sur la butte d’Hissarlik en
Turquie a relancé un vieux débat sur l’historicité des
événements relatés par Homère. Actuellement, les
archéologues pensent que la guerre de Troie a réellement
eu lieu, mais pour des raisons économiques. Homère a
transformé cette guerre plutôt banale en épopée.
Les auteurs antiques situent la guerre deux générations
avant l’arrivée des Doriens en Grèce, soit, suivant la durée
retenue pour une génération, entre 1334 et 1135 av. J.-C.
Ératosthène fixe la date la plus fréquemment acceptée, celle
de 1184 av. J.-C. Deux niveaux indiquant une destruction
correspondent à cette période. Le niveau VIIa semble porter
les marques de destruction humaine. Sa datation repose sur
l’étude de la céramique que l’on y a retrouvée. Or celle-ci
peut être estimée à la fin du XIIIe siècle av. J.-C., voire au
début du XIIe siècle av. J.-C., soit une époque où le système
palatial mycénien n’existe pratiquement plus. Dans ces
conditions, il est difficile d’imaginer une opération concertée
de chefs de guerre mycéniens.
Le second niveau possible est le VIh, remontant environ à
1250 av. J.-C. qui témoigne d’une période brillante en
particulier d’un point de vue architectural. La destruction de
Troie à cette époque est due à un séisme et a été suivie d’un
changement dans l’urbanisme avec disparition des megara
et donc, semble-t-il, aussi du pouvoir en place. Cette
catastrophe naturelle pourrait être à l’origine de la légende
du cheval de bois qui aurait été une offrande à Poséidon, le
dieu des tremblements de terre, qui aurait permis la
destruction d’une ville jusque-là imprenable [1].

[1] Ekrem Akurgal, L’Anatolie in Histoire de l’humanité, vol.


II, Ed. UNESCO, 2001.
Messages et commentaires
 1. Guerre de Troie, 25 février 2012,
15:49, par hyacinthe
Cette histoire est si magic que après vous avez envie
d’etre dans le role d’un personnage.La première fois que
j’ai entendu cette histoire sétait comme si je revais,
j’imaginais les combats, les déesse, paris, les dieux et
tout les métamorphose qu’il put avoir,et c’est depuis que
je me suis beaucoup intérréssé a la métamorphose
Guerre de Troie
Sauter à la navigationSauter à la recherche

Combat aux vaisseaux devant Troie.


Sarcophage néo-attique du Musée archéologique de Thessalonique, deuxième quart du IIIe siècle.

La guerre de Troie est un conflit légendaire de


la mythologie grecque, dont l'historicité est controversée.
Elle est parfois appelée Deuxième Guerre de Troie en
référence à l'expédition menée contre la cité
par Héraclès après la quête de la Toison d'or, que certains
nomment Première Guerre de Troie.
C'est le prince troyen Pâris qui la déclenche en
enlevant Hélène, épouse du roi de Sparte, Ménélas. En
rétorsion, Ménélas, l'époux bafoué, lève avec son
frère Agamemnon une expédition rassemblant la plupart des
rois grecs, qui assiège Troie et remporte finalement la
victoire. La guerre de Troie et ses conséquences formaient
le sujet d'un vaste cycle épique, le « Cycle troyen », dont les
œuvres sont aujourd'hui perdues à l'exception de l’Iliade et
l’Odyssée d'Homère. Elle représente une pierre fondatrice
de la culture grecque, puis de la culture romaine, et constitue
encore une source d'inspiration pour les artistes et écrivains.

Déroulement de la guerre
Déclenchement
Causes
Hélène et Pâris, cratère en cloche à figures rouges apulien (-380–-370), musée du Louvre (K 6).

Article détaillé : Jugement de Pâris.

La guerre de Troie est entreprise à la suite de l'enlèvement


d'Hélène, épouse du roi de Sparte, Ménélas, par le
Troyen Pâris, fils de Priam, roi de Troie, et de son
épouse Hécube. En effet, Hélène avait été promise à Pâris
par Aphrodite, en remerciement pour le jugement du mont
Ida, lui attribuant la pomme d'or. Pâris dut alors choisir
entre Héra, Athéna et Aphrodite, lui promettant
respectivement la royauté, la puissance militaire et l'amour
de la plus belle femme du monde : Hélène.
On peut aussi considérer l'enlèvement d'Hélène, et donc
l'incitation à la guerre, comme une vengeance de la part
de Priam de la précédente guerre de
Troie entre Héraclès et son père Laomédon qui est mort par
ses mains. En effet, si Pâris est autorisé à se rendre
à Sparte, c'est pour demander le retour d'Hésione,
emmenée par Télamon après la guerre1.
Coalition achéenne
Les rois grecs, descendants de Pélops, sont contraints par
le serment de Tyndare à se joindre à la cause de Ménélas,
l'époux d'Hélène. Celui-ci, accompagné de Nestor, parcourt
la Grèce pour les rappeler à leur promesse2,3.
Étant accompagné de son frère Agamemnon et
de Palamède, Ménélas va trouver à Ithaque Ulysse, réticent
à cause d'un oracle qu'il a entendu. Pour éviter d'avoir à
partir, il simule la folie : vêtu en paysan, il laboure un champ
avec un âne et un bœuf attelés à la même charrue, et lance
du sel par-dessus son épaule. Palamède place alors le
jeune Télémaque, fils d'Ulysse, devant l'attelage en
marche. Ulysse tire vivement sur les rênes, montrant ainsi
qu'il est sain d'esprit4,5. On peut accorder une signification
métaphorique à cet épisode : le bœuf et l'âne
représentent Zeus et Chronos, chaque sillon ensemencé de
sel signifie une année perdue, et Télémaque marque la
« victoire décisiveC 1 ».
Selon les auteurs tardifs, le devin Calchas avait prédit que
Troie ne pourrait être prise sans Achille, fils de Thétis. Sa
mère, pour le protéger de la guerre, le cacha, déguisé en
fille, chez Lycomède, roi de Skyros. Mais il fut confondu par
une ruse d'Ulysse, qui excita son instinct de guerrier et le
poussa à se révéler en faisant sonner la trompette aux
portes de la cité6. Cependant Homère raconte simplement
que Nestor et Ulysse, étant venus à Phthie pour recruter
des troupes, se virent confier Achille par son père Péléeil 1.
D'autres rois et héros, tels que les
deux Ajax, Diomède et Tlépolémos les rejoignirent encoreC
2
. Idoménée, roi de Crète, lui aussi ancien prétendant
d'Hélène7, qui avait amené un nombre considérable de
naviresN 1,8,9, obtint le commandement des gardesil 2. Toutes
les troupes se rassemblèrent à Aulis. Cependant, elles ne
pouvaient partir sans provisions ; c'est Anios qui les fournit,
grâce à ses filles, les Vigneronnes10. Mais Ménélas envoya
Agamemnon — accompagné d'Ulysse11 — pour emporter
avec eux les Vigneronnes ; comme Anios refusait, ils les
enlevèrent de force mais elles s'enfuirent12.
Première expédition
Cette flotte accoste, dans la deuxième année après
l'enlèvement d'Hélène, en Mysie, non loin d'Élée. Ils
affrontent d'abord Télèphe, roi de Mysie et fils
d'Héraclès qui, alarmé par le débarquement d'une armée si
imposante, a dépêché contre elle ses propres troupes.
Après des combats acharnés, Télèphe apprend qui sont les
chefs de l'armée ennemie et le combat cesse alors. La
flotte grecque repart chez elle après cette première
expédition, et se repose pendant huit ans. Cette première
expédition était relatée dans les Chants cypriens, première
épopée du Cycle troyen, attribués à Stasinos et composés
au VIe siècle av. J.-C. ; cette épopée est presque
entièrement perdue, mais on en connaît un résumé
transmis beaucoup plus tard dans
la Chrestomathie de Proclos au Ve siècle13.
Seconde expédition
Mise en place du siège
Alors que l'armée grecque s'apprête, la colère
d'Artémis contre Agamemnon bloque la flotte à Aulis14. Le
devin Calchas impose le sacrifice d'Iphigénie, fille de ce
dernier15 ; c'est par la promesse d'un mariage avec Achille
que les chefs achéens attirent alors la jeune fille à Aulis16,17.
Quand la flotte grecque arrive devant Troie, le premier Grec
à perdre la vie est Protésilas, sous le coup d'Hectoril 3. Alors
que les Grecs organisent la cérémonie funèbre en l'honneur
de celui-ci, sans avertissement18, Cycnos, fils
de Poséidon et roi de Colone, mène un second assaut
mettant en fuite les Grecs19,20 et aucune arme ne peut le
blesser21. Achille, menant la contre-attaque, parvient à le
tuer en l'étranglant avec la jugulaire de son casque22 ou
d'un jet de pierre23.
Les Grecs installent leur camp sur la plage qui s'étend
devant Troie ; une ambassade achéenne pour
réclamer Hélène échoue24. Une fois les Troyens retranchés
derrière leurs murailles, Achille s'emploie à leur couper les
vivres. Il attaque et réduit ainsi onze cités d'Anatolie,
tributaires de Troie. C'est dans Lyrnessos25, l'une de ces
villes, lors de la dixième année de siège, qu'il reçoit pour
part d'honneur Briséisil 4, tandis
qu'Agamemnon reçoit Chryséis lors du sac de Thèbe sous
le Placosil 5.
Colère d'Achille
C'est à ce moment que commence le récit de l’Iliade. Une
peste frappe le camp grecil 6 et le devin Calchas, encouragé
par Achille, révèle qu'Apollon a puni Agamemnon car celui-
ci avait refusé de rendre la captive Chryséis à son
père Chrysès, prêtre d'Apollon dans une ville de Troadeil 7.
Contraint de céder, Agamemnon furieux réclame une autre
part d'honneur. Achille se récrie et Agamemnon, pour
l'humilier, décide de prendre Briséis, sa captiveil 8. En
colère, ce dernier décide de se retirer sous sa tente et jure
sur le sceptre d'Agamemnon, don de Zeus, de ne pas
retourner au combatil 9. Zeus, sur sa demande, donne
l'avantage aux Troyens, tant qu'il sera absent du champ de
batailleil 10.
Privés de son appui, les Grecs essuient défaites sur
défaites, et alors que les Grecs sont acculés et que les
Troyens menacent de brûler leurs nefs, le vieux sage
Nestor, Phénix et Ulysse viennent en ambassade plaider la
cause achéenneil 11. Achille reste ferme mais Patrocle, ému
par les malheurs de ses compatriotes, obtient l'autorisation
d'Achille de sauver les Grecs en portant ses armesil 12. La
manœuvre réussit mais Patrocle, malgré sa promesse à
Achille, engage la poursuiteil 13. Il est tué par Hector, frère
de Pâris, qui prend les armes d'Achille comme butinil 14.
Furieux contre lui-même et humilié — trompé par Patrocle
qui ne l'a pas eu auprès de lui pour le protéger du malheur
et symboliquement vaincu par Hector —, Achille décide de
se venger, malgré les avertissements de sa mère : s'il
affronte Hector, il mourra peu de temps aprèsil
15
. Héphaïstoslui forge de nouvelles armes, avec lesquelles
il sort à la recherche d'Hectoril 16.

Combat d'Achille et de Penthésilée, cratère en


cloche lucanien de la fin du Ve siècle av. J.-C., Musée
national archéologique de Madrid.
Revêtu de son armure divine, il s'engage à nouveau dans le
combat et abat un grand nombre de Troyens sur son
passageil 17, tellement que les eaux du Scamandre sont
souillées de cadavresil 18. Offenséil 19, le Scamandre
manque de noyer Achilleil 20. Sauvé par l'intervention
d'Héphaïstosil 21, celui-ci rencontre enfin Hector, le défie et
le tue avec l'aide d'Athénail 22. Il traîne sa dépouille autour
de la ville avec son charil 23 avant de la ramener dans le
camp achéen.
Achille fait pourtant preuve d'humanité en laissant le
roi Priam, venu dans sa tente en suppliant, emporter le
corps de son fils pour lui accorder des dignes funéraillesil 24.
Il obéit ainsi à sa mèreil 25, envoyée par les dieux
mécontents du traitement infligé à la dépouille du hérosil 26.
Certains racontent ensuite l'arrivée de Penthésilée, reine
des Amazones, et de MemnonÉn 1, qui est selon certains roi
d'Éthiopie26,27. Penthésilée est défaite par Achille28. Mais il
tombe amoureux du cadavre ; et Thersite s'étant moqué de
lui, il tue ce dernier29,30. Antiloque, pour sauver son père31,
s'affronta à Memnon qui le tua28. Achille le vengea en tuant
Memnon32,28.
Cheval de Troie

Représentation du cheval de Troie sur le col d'un pithos à


reliefs, vers 670 av. n. ère, musée de Mykonos33.
Sur une idée d'ÉpéiosÉn 2 ou d'Ulysse34 — à moins que ce
ne soit sous l'inspiration d'Athéna35 — les Grecs
construisent un énormeÉn 3 cheval en bois, dans lequel ils
cachent des guerriers, au nombre desquels se trouvent
notamment Ulysse, Ménélas et NéoptolèmeÉn 4,36. Puis les
Achéens brûlent leur camp36, embarquent sur leurs navires
et dissimulent leur flotte plus loin, derrière l'île de TénédosÉn
5
.
En présence du cheval les Troyens sont d'abord
désemparés, les avis divergeant sur le sort qu'on doit lui
réserverÉn 6. Avertis qu'il s'agit d'un présent pour la déesse
AthénaN 2,Én 7,37, les uns veulent le faire entrer dans la ville,
les autres, menés d'abord par ThymétèsÉn 8, prônent la
méfiance. Survient alors Laocoon qui exhorte ses
compatriotes à se débarrasser du cheval, prononçant la
formule célèbre :
« Quidquid id est, timeo Danaos et dona ferentesÉn 9. »
— Virgile, Énéide
(« Quoi qu'il en soit, je redoute les Grecs, même porteurs
de présents »). Et, joignant le geste à la parole, il jette un
javelot dans le flanc du cheval ; on entend alors des
gémissementsÉn 10, qui sont sans aucun doute ceux des
Grecs. Un Grec, Sinon, resté sur la côte apparaît alors et
faisant croire qu'il a été condamné par les Grecs et qu'il est
donc prêt à les trahirÉn 11, tient le discours suivant :
« Calchas a voulu qu'ils fissent [du cheval] une énorme
masse et que cette charpente s'élevât jusqu'au ciel, et
qu'ainsi elle ne pût entrer par vos portes ni être introduite
dans vos murs ni replacer le peuple de Troie sous la
protection de son ancien culteN 3. Si vos mains profanaient
cette offrande à Minerve, [...] alors ce serait une immense
ruine pour l'empire de Priam et pour les Phrygiens. Mais si,
de vos propres mains, vous la faisiez monter dans votre
ville, l'offensive d'une grande guerre conduirait l'Asie jusque
sous les murs de PélopsN 4,Én 12. »
— Virgile, Énéide
Laocoon, par El Greco (1604–1614).
Comme pour confirmer ses dires, deux serpents surgissent
de la mer et se jettent sur Laocoon et sur ses enfantsÉn 13,
puis ils se réfugient dans le temple d'AthénaÉn 14. Le
message semble clair aux Troyens : Athéna leur est
farouche, il faut donc l'apaiser. Ils n'ont pas pensé que
peut-être c'était en raison d'offenses personnelles que
Laocoon a pu faire à la déesse qu'il était puniC 3. Ils
décident alors d'ouvrir une brèche dans les murs de la cité
pour faire entrer l'offrandeÉn 15. À plusieurs reprises,
lorsqu'ils déplacent l'engin, ils perçoivent des bruits à
l'intérieur, qui sont ceux des armes grecques qui
s'entrechoquentÉn 16. Si on ajoute à ce signe les prédictions
que Cassandre avait déjà faites auparavant38,39 et le bruit
du javelot de Laocoon, on voit que c'est malgré des indices
nombreux que les Troyens ont accepté l'offrande. Notons
que selon certains38, Priam aurait agi de sa propre initiative,
et sans l'intervention de Sinon.
Une fois la nuit venue, un complice des Grecs fait des
signaux lumineux depuis la cité pour les engager à
attaquer. Pour les uns, c'est Hélène qui feint de mener une
procession nocturne, accompagnée de flambeauxÉn 17 ;
pour les autres, c'est Sinon qui allume un feu40. D'autres
encore racontent qu'Hélène s'étant placée sous un cheval
et imitant la voix des femmes des guerriers, les appelle.
Ceux-ci sont tentés de répondre à cette voix familière, mais
Ulysse réfrène leurs désirs41,42.
Équipements
Il existe deux types de combats, rapproché et à distance.
En combat rapproché, il y avait des haches doubles,
des glaives et des dagues utilisées lors du corps à corps.
Les lances sont en bronze et peuvent aussi bien être
employées en combat rapproché qu’à distance. Les javelots
sont très utilisés lors du combat à distance, ils comportent
un propulseur qui est un lacet de cuir s’enroulant autour de
la tige, ce qui renforce la puissance du jet. Les archers
portent un carquoisavec des flèches de fer sur le dos et
utilisent un arc à double courbure. L’épée de bronze est
droite et à double tranchant43.
Concernant les protections, les soldats portent des
jambières (cnémide), des boucliers ronds, des cuirasses,
des plastrons ainsi que des casques. Les chefs sont
privilégiés et portent des armures constituées de plaques
de bronze qui pèsent l’équivalent de 20 kg. La cuirasse
peut être ornée de traits qui soulignent les muscles. Portée
sur une tunique courte, la cuirasse est formée de 2 plaques
de métal réunies avec des crochets. Elle s’arrête sous la
ceinture. Des bandes de cuirs prolongent la cuirasse. Le
bouclier est toujours décoré de motifs divers. Les jambières
sont en étain44.
Les matériaux utilisés pour les armes sont principalement le
bronze, l’argent, le fer, l’or et le cuivre. Les mines de fer se
trouvent en Chypre, à Rhodes et en Eubée. Les mines
d’argent sont au Sud d’Athènes. Et sur le Mont Pangée on
trouve de l’or. Les mines de cuivre sont en Eubée45.
Interprétation mythologique
Pour l'auteur comique latin Plaute, Troie est tombée en
raison46 :
 du vol par les Grecs de la statue sacrée Palladion abritée
dans un temple dans la ville,
 la mort du prince troyen Troïlos, fils d'Apollon (ou

de Priam selon les versions) et d'Hécube,


 la démolition de la muraille au-dessus des Portes

Scées que les Troyens ont eux-mêmes conduite pour


faire entrer le cheval de Troie dans la ville.
Selon le devin grec Calchas47, Troie ne peut être prise sans
le concours de l'arc et les flèches d'Héraclès, c'est pourquoi
les Grecs, après l'avoir lâchement laissé blessé à Lemnos,
sollicitent le soutien de Philoctète qui en est le dépositaire.
Selon le Troyen Hélénos48, qui selon Calchas connaît les
oracles qui protègent la cité, et après avoir été capturé
par Ulysse et contraint de les révéler aux Grecs, trois
causes sont donc nécessaires à la prise de la ville :
 les os de Pélops doivent être ramenés dans le camp des
Grecs ;
 Néoptolème, le fils d'Achille, doit prendre part à la

guerre ;
 la Palladion se doit d'être dérobé.

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Récits et représentations
Épopées
L’Iliade et l’Odyssée sont les plus anciens récits qui nous
soient parvenus au sujet de la guerre de Troie — le récit
de Darès de Phrygie était censé être plus ancien, mais la
version qui nous est parvenue est sans aucun doute
beaucoup plus récenteC 4. Néanmoins, à l'époque
archaïque, ce sujet était l'un des préférés des aèdes et des
poètes. Les œuvres épiques qui y étaient consacrées
étaient donc nombreuses. L'ensemble de ces œuvres est
nommé le « Cycle troyen ».

Illustration d'un manuscrit médiéval, Recueil des Histoires


de Troie - Bibliothèque de Blois.
Pendant la période classique et surtout alexandrine, le sujet
resta à la mode. De nombreux mythographes
comme Proclos dans sa Chrestomathie, le pseudo-
Apollodore dans sa Bibliothèque, ou Hygin dans
ses Fables rédigèrent des résumés ou des analyses des
événements décrits dans l’Iliade. À l'époque tardive
fleurirent aussi des suites et des contre-récits. Ces derniers
avaient pour but de présenter les événements sous un
angle différent de celui adopté par Homère. En fait, nombre
des détails ou des traditions associés pour nous à tel ou tel
héros ne sont pas présentes dans l'œuvre homérique, mais
proviennent de versions alternativesN 5.
Virgile conta également dans son Énéide le récit d'un des
héros troyens, Énée, fils d'Aphrodite, qui suivit sans le
savoir les traces d'Ulysse, pour aller fonder une nouvelle
Troie, Rome. C'est notamment par cette épopée qu'on
connaît en détail l'épisode de la prise de TroieÉn 18.
Enfin, au Moyen Âge, des auteurs s'efforcèrent de mettre à
la portée du public cultivé le contenu des œuvres grecques.
 L'Iliade latine, attribuée à un certain Bæbius
Italicus, Ier siècle ;
 Éphéméride de la guerre de Troie, attribuée à Dictys de

Crète, Ier siècle ;


e
 La Suite d'Homère, Quintus de Smyrne, IV siècle ;
e
 La Prise de Troie, Tryphiodore, IV siècle ;

 Histoire de la destruction de Troie, Darès le

Phrygien, Ve siècle ou début VIe siècle ;


e
 L'Excidium Troie, compendium du VI siècle ;

 Le Roman de Troie, Benoît de Sainte-Maure, v. 1165 ;


e
 L'Ilias, Simon Chèvre d'Or, troisième quart du XII siècle ;

 L'Iliade, Joseph d'Exeter, v. 1183–1190 ;


e
 Troilus, Albert de Stade, XIII siècle.

Théâtre
Dans l'Antiquité, la guerre de Troie a inspiré aux tragédiens
de nombreuses pièces. Ainsi Sophocle aurait écrit entre
autres Le Rapt d’Hélène, Laocoon, Polyxène et Priam, mais
ces pièces sont perdues. Deux tragédies conservées de
Sophocle empruntent leur sujet à la guerre de
Troie : Ajax (qui évoque la querelle entre Ulysse et Ajax fils
de Télamon pour la possession des armes d'Achille après
sa mort, puis le suicide d'Ajax)C 5 et Philoctète (relatant le
conflit entre Philoctète, héros de l'armée achéenne
abandonné sur une île après avoir été atteint d'une
blessure à l'odeur nauséabonde,
et Ulysse et Néoptolème qui tentent de s'approprier son
arc, car un oracle a annoncé que les Achéens ne pourront
pas prendre Troie sans cette arme)C 6. D'Euripide, on a la
chance d'avoir conservé, à propos de la guerre de Troie,
plusieurs œuvres. Iphigénie à Aulis raconte le sacrifice
d'Iphigénie. Hélène s'écarte de la version homérique en
racontant comment Hélène s'est exilée en Égypte durant la
guerre. Les Troyennes montre le devenir des femmes
troyennes après la prise de leur cité, troisième volet d'une
trilogie dont les deux autres ont été perdus. On peut voir
dans sa forme linéaire, sans intrigue, un glissement du
tragique théâtral à la réalité de la guerreC 7.
L'influence de l’Iliade perdure pendant la Renaissance. En
1579, Robert Garnier compose la tragédie La Troade, qui
évoque le sort des Troyennes après la prise de la ville, en
rassemblant les sujets de plusieurs pièces d'Euripide et
de Sénèque49.
À l'époque classique, le thème est repris par Jean Racine,
dans ses tragédies profanes Andromaque (1667)
puis Iphigénie (1674). Les contraintes qu'il s'impose sont
les mêmes que celles des tragiques grecs, mais les thèmes
mythologiques sont surtout pour lui l'occasion d'évoquer les
passions des héros.
À partir du XIXe siècle, le thème de la guerre de Troie,
thème de violence, devient une voie pour évoquer des
sentiments profonds ou des sujets polémiques. Ainsi, dans
sa PenthésiléeC 8, Heinrich von Kleist donne un récit du rôle
de la reine des Amazones dans la guerre de Troie. C'est
pour lui l'occasion d'évoquer les sentiments violents qui
s'opposent chez la protagoniste à un ordre social
contraignant et qui ne reconnaît pas l'amour. De même,
dans sa célèbre pièce La guerre de Troie n'aura pas lieuC
9
, Jean Giraudoux raconte la guerre mais surtout évoque le
cynisme du monde politique et défend le pacifisme.
Céramique
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La guerre de Troie était un sujet classique de la Céramique
grecque antique. Par exemple, le potier Exékias a effectué
des représentations du récit. Certaines scènes du vase
François montrent aussi des illustrations pertinentes.
Peinture
Le sujet inspire au grec Polygnote du Ve siècle av. J.-C. des
peintures disposées dans la Lesché des Cnidiens, un
bâtiment à Delphes. Celles-ci sont disparues, mais le
géographe Pausanias nous livre une description des
différents tableaux nous permettant aujourd'hui d'en avoir
une assez bonne vue d'ensemble. Carl Robert proposa une
reconstruction en 189350,51.
Le peintre italien rococo Giambattista Tiepolo, parmi les
fresques de la mythologie romaine qu'il peintes en 1757 à
la villa Valmarana, en a consacré plusieurs à des épisodes
célèbres de l'Iliade et de l'Énéide. Son fils Giovanni
Domenico Tiepolo reprendra ce thème vers 1760 avec deux
tableaux consacrés au cheval de Troie, aujourd'hui exposés
à la National GalleryC 10.
Par ailleurs la guerre de Troie a bien sûr été abordée par le
courant néoclassique dans la seconde moitié
du XVIIIe siècle. Par exemple, Les Funérailles de
Patrocle sont en 1779 pour Jacques-Louis David l'occasion
de rendre hommage aux bas-reliefs antiques et aux maîtres
de la RenaissanceC 11. De même, Giuseppe Cades,
s'inspirant du groupe du Laocoon, fait ressortir la grandeur
tragique d'Achille dans son dessin Achille et BriséisC 12.

G. B. Tiepolo, La Flotte grecque à Aulis, détail, villa


Valmarana.

G. B. Tiepolo, Le Sacrifice d'Iphigénie, villa Valmarana.


G. B. Tiepolo, Eurybatès et Talthybios mènent Briséis à


Agamemnon, villa Valmarana.

G. D. Tiepolo, Procession du cheval de Troie, National


Gallery.

G. D. Tiepolo, Construction du cheval de Troie, National


Gallery.


J.-L. David, Les Funérailles de Patrocle, National Gallery of
Ireland.

G. Cades, Achille et Briséis, dessin, Musée


Fabre, Montpellier.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.
Sculpture

Groupe du Laocoon, vers 40 av. J.-C., musée Pio-


Clementino, Vatican.
Le célèbre groupe du Laocoon représente l'attaque du
prêtre et de ses enfants par les serpents. Elle est célèbre
pour son expressivité et sa beauté, au point que Pline
l'Ancienécrit52 : « il faut préférer [cette sculpture] à toute la
peinture et toute la sculpture ».
Musique
La Belle Hélène, opéra-bouffe d'Offenbach de 1864, a pour
thème la rencontre d'Hélène et de Pâris. En mars 1954, la
comédie musicale américaine The Golden Apple s'inspire
librement de l'intrigue des épopées d'Homère, transposées
dans une semi-parodie qui se déroule dans l'État de
Washington au début du XXe siècle
Bande dessinée
En bande dessinée, l'auteur américain Eric Shanower a
entrepris d'écrire et de dessiner une série, L'Âge de bronze,
qui doit relater en dix volumes la totalité de la guerre de
TroieC 13 dans une version rationalisée des événements où
les éléments surnaturels sont écartés au profit d'une
réflexion sur la psychologie des personnages humainsC 14.
On pourra également citer Valérie Mangin qui dans La
Guerre des Dieux, troisième cycle des Chroniques de
l'Antiquité galactique, relate les évènements de l’Iliade dans
un premier tome, et ceux de l’Odyssée dans un
deuxième. Valérie Mangin se rapproche plus de la version
d'Homère, car elle présente la Guerre de Troie comme
dirigée uniquement par les Dieux, les hommes n'étant que
des marionnettes, objets des querelles divinesC 15.
Dans un registre tout autre, la bande-dessinée Alcibiade
Didascaux, dans le tome L'extraordinaire aventure
d'Alcibiade Didascaux, illustre de nombreux mythes grecs
fondamentaux, dont ceux relatifs à la Guerre de Troie,
apportant une vision légèrement humoristique des faitsC 16.
Cinéma
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déclarations non vérifiées (décembre 2016). Vous pouvez
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contenu inédit.
Le point le plus notable dans les adaptations
cinématographiques de la Guerre de Troie est que parmi
toutes les versionsC 17, une seule adopte le point de vue du
texte homérique, L'ira di AchilleC 18, aucune celui des
Achéens dans leur ensemble (les films délaissent souvent
le personnage d'Achille pour se focaliser majoritairement
sur celui d'Hélène), une fois sur celui d'ÉnéeC 19, et parfois
celui de tous les Troyens.
Il faut noter que les adaptations cinématographiques de
l'Iliade se détournent de son personnage principal, Achille.
De fait l'épopée homérique est centrée sur les actes et les
paroles du fils de Pélée. Outre qu'elle a comme thème
central sa colère, c'est autour de lui, qui est la cause des
fluctuations de la guerre, que s'organise tout le récit.
Ainsi Zeus donne d'abord la victoire aux Troyens pour
obliger Achille à se battre, puis le fait vaincre, parce
que Thétis le lui a demandéil 27. Or, Achille est un
personnage principalement préoccupé d'honneur et de
gloire ; de plus il manifeste une cruauté terrible notamment
lors de la mort d'Hector, ce qui de nos jours n'a rien
d'héroïque ni de glorieux. Aussi les cinéastes lui préfèrent
les Troyens censés montrer plus d'humanité : les adieux
d'Hector et Andromaque ; leur tendresse pour leur filsil 28,
dont l'aspect romanesque a été accentué
par Racine dans Andromaque53 ; les amours
d'Hélène et Pâris touchent plus le cœur des Modernes.
Quant aux héros grecs on retient plus volontiers le rôle
ingrat du mari jaloux comme Ménélas ou celui de l'assassin
de sa fille comme Agamemnon. Ainsi la vision des Grecs
s'est-elle inversée : les héros d'Homère sont devenus des
personnages troubles ; ils ont maintenant le mauvais rôle.
C'est en fait le personnage d'Hélène qui a retenu le plus
l'attention des metteurs en scène, renforçant ce constat
d'inversion des valeurs dans la mesure où dans Homère,
Hélène n'est que, si l'on s'autorise un terme anachronique,
le MacGuffin de la guerre de Troie. Dans l'Iliade en effet les
femmes demeurent de simples objets d'échange (une
femme habile à mille travaux vaut quatre bœufs)il 29. Que ce
soit en raison de son enlèvement comme cause de la
guerreC 20 ; de ses démêlés amoureux avec PârisC 21 ; de
son intégration à TroieC 22 ; de son retour en GrèceC 23,
Hélène est devenue l'héroïne préférée des cinéastes.
Ajoutons que le personnage d'Hélène a alimenté aussi
l'imagination des réalisateurs de films pornographiquesC 24.
Parmi les films notables évoquant la guerre de Troie, on
peut notamment citer :
 Hélène de Troie de Robert Wise en 1955 ;
 La Guerre de Troie de Giorgio Ferroni en 1961 ;
 Troie de Wolfgang Petersen en 2004.
Historicité
Historiographie antique
Thucydide pensait lui que l’importance qu’Homère avait
accordé au conflit était exagérée ; il écrit :
« la guerre de Troie elle-même, la plus célèbre des
expéditions d'autrefois, apparaît en réalité inférieure à ce
qu'on en a dit et à la renommée qui lui a été faite par les
poètes »
— Thucydide, Guerre du Péloponnèse54
Dans le même état d'esprit, Hérodote dénonce
l'invraisemblance du récit homérique :
« Si cette princesseN 6 eût été à Troie, on l'aurait sûrement
rendue aux Grecs, soit qu'Alexandre y eût consenti ; soit
qu'il s'y fût opposé. Priam et les princes de la famille royale
n'étaient pas assez dépourvus de sens pour s'exposer à
périr, eux, leurs enfants et leur ville, afin de conserver à
Alexandre la possession d'Hélène. Supposons même qu'ils
eussent été dans ces sentiments au commencement de la
guerre, du moins, lorsqu'ils virent qu'il périssait tant de
Troyens toutes les fois qu'on en venait aux mains avec les
Grecs, et qu'en différents combats il en avait déjà coûté la
vie à deux ou trois des enfants de Priam, ou même à un
plus grand nombre, s'il faut en croire les poètes épiques ;
quand Priam aurait été lui-même épris d'Hélène, je pense
qu'il n'aurait pas balancé à la rendre aux Grecs, pour se
délivrer de tant de maux. »
— Hérodote, Histoires55
Pausanias, pour sa part, sans donner son avis sur la guerre
tout entière, donne une version plus rationnelle de l'épisode
du cheval de Troie, considérant ce dernier comme une
machine utilisée pour enfoncer les murs de la cité :
« À moins de croire les Phrygiens absolument dépourvus
de bon sens, on sera convaincu que ce cheval était une
machine de guerre inventée par Épéus pour renverser les
murs de Troie. »
— Pausanias, Description de la Grèce56
Ainsi, bien que pour la plupart les Grecs ne nient pas que la
guerre de Troie ait eu lieu, ils ont un certain recul par
rapport aux récits qui en ont été faits.
Datation
Étant donné l'incertitude qui règne autour de la réalité de
cet épisode, il est évident que toute datation revêt un
caractère hasardeux. De nombreuses dates ont été
proposées depuis l'Antiquité, toutes situées aux alentours
du XIIe siècle av. J.-C.
La tradition historiographique grecque propose les dates
suivantesC 25.

Période Œuvre

Douris de Samos57
1344
Timée de Tauroménion58

1300–1290 Érétès59

Vie d'Homère60
1280–1270
HérodoteN 7

1222–1212 Dicéarque61

1218–1208 Hellanicos62
Éphore de Cumes63

Chronique de Paros64

1210–1200 Hécatée[Qui ?][Où ?] et Thucydide[Où ?]

1208–1198 Manéton[Où ?], Julien l'Africain[Où ?]

1202–1192 Timée de Tauroménion65

1200–1190 Velleius Paterculus66

Ératosthène67

Apollodore d'Athènes68

Diodore de Sicile69

1194–1184 Castor de Rhodes70

Denys d'Halicarnasse71

Eusèbe de Césarée72

Orose73
1192–1182 Girolamos74

1182–1172 Sosibios de Laconie75

Artémon de Clazomènes76
1160–1150
Démocrite77

On observe que l'intervalle le plus populaire parmi ces


auteurs est situé entre 1194 et 1184 av. J.-C.. D'après les
calculs d'Ératosthène, la prise de Troie par les Achéens a
lieu dans la nuit du 11 au 12 juin 1184 av. J.-C.lors
d'une éclipse solaireC 26.
Historiographie contemporaine

« Trésor de Priam découvert à 8 1/2 mètres de


profondeur ». Troie II, avant 1880.
La découverte en 1870 par l’archéologue (amateur) et
homme d’affaires Heinrich Schliemann des ruines
de Troie dans la butte d’Hissarlik, en Turquie, a relancé un
vieux débat sur l’historicité des événements relatés
par Homère. À l’heure actuelle, l’archéologie révèle sur ce
site neuf niveaux de destructions pour des causes multiples
(séismes, incendies, conflits) et de reconstructions, sans
qu’il soit possible de relier l’un de ces niveaux en particulier
à une guerre historiquement identifiable78, et ce malgré Carl
Blegen qui concluait en 1963, à l’issue de ses travaux
réalisés à partir des fouilles de Schliemann et la découverte
du trésor de PriamC 27 :
« La guerre de Troie fut un fait historique, et pendant cette
guerre une coalition d'Achéens ou Mycéniens, sous la
conduite d'un roi dont la suzeraineté était reconnue,
combattit contre le peuple de Troie et ses alliés. »
D'ailleurs, il fut attesté que le trésor en question datait
du IIe millénaire av. J.-C., et qu'il ne pouvait donc pas être
associé à l'épisode du siège de TroieC 28.
Malgré tout, il existe des convergences entre le mythe et
l'archéologie. Par exemple, il est question d'un casque dans
l'Iliade :
« Et Mèrionès donna à Odysseus un arc, un carquois et
une épée. Et le Laertiade mit sur sa tête un casque fait de
peau, fortement lié, en dedans, de courroies, que les dents
blanches d’un sanglier hérissaient de toutes parts au-
dehors, et couvert de poils au milieuil 30. »
— Homère, Iliade
Or ce même type de casque a été retrouvé dans les
édifices funéraires d'Argolide, d'Attique ou de Messénie,
comportant des plaques incurvées taillées dans des dents
de sanglier, et il est mentionné dans les inventaires des
palais de Pylos et de CnossosC 29.
Pour Claude Mossé, on ne pourra jamais prouver avec
certitude l’existence ou non du conflit ; elle écritC 30 :
« Cette guerre dont l'Iliade porte l'écho amplifié ne fut peut-
être dans l'histoire qu'un événement mineur : la prise par
une petite bande de Grecs d'une bourgade d'Asie
Mineure. »
La question est donc discutée. On pourra conclure en
disant que si le caractère mythique de l’épisode de la
guerre de Troie ne fait évidemment aucun doute, des
travaux archéologiques récents livrent des indices indiquant
qu'il repose très probablement sur un ou plusieurs
événements historiques