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Royaume du Maroc

Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres

Université Mohammed V - Rabat

Faculté des Sciences juridiques économiques et sociales

AGDAL

Département : Sciences de gestion

Master spécialisé : Gestion Financière Comptable et Fiscale

Master 1

Exposé du thème

Préparé par : Encadré par : M. ELJAI Abdelouahed

BENOURI Achraf

BEN ACHA Noruddyne

EL BOUNI Soukaina

Année universitaire : 2015-2016


Introduction
Partie I : La politique douanière
1. Définition
2. Les objectifs de la politique douanière
3. La libéralisation de l’économie
4. Les facteurs de l’aggravation du déficit commercial
5. L’incidence de la politique douanière par le démantèlement tarifaire prévue
dans les accords de libre échange à l’échelle macroéconomique
Partie II : La politique de change
1. Définition
2. Les régimes de change
3. Les intervenants sur le marché de change au Maroc
4. Les instruments de la politique de change
5. Les effets de manipulation du taux de change

Conclusion
Bibliographie
Table des matières

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A l’heure actuelle, l’ouverture et la libéralisation commerciale à l’échelle
internationale sont devenues des choix irréversibles. La mondialisation croissante de la
production, rendue possible grâce à la décomposition des processus productifs et à l’essor
sans précédent de l’innovation technologique, a fait du commerce extérieur un pilier
central de la croissance et une source de richesse incontournable.
En effet, cette ouverture au commerce extérieur fait l’objet d’intervention de deux
politiques économiques essentielles. Elle s’agit de la politique douanière et celle de
change.
Initialement centrée sur la perception de droits à l’importation ou à l’exportation, à
des fins d’abord exclusivement fiscales puis de plus en plus économiques, la politique
douanière est devenue une notion introuvable.
En effet, La douane est une institution fiscale chargée de la perception des droits
et taxes dus à l'entrée de marchandises sur un territoire. Son activité est réglementée par
le droit national, mais aussi par des accords internationaux (OMC, traités de libre-échange,
etc.).
Cependant, la politique de change en tant que sous compartiment de la politique
économique peut être définie comme l’ensemble des actions menées par les autorités
monétaires afin de réaliser des objectifs de change.
L’importance du taux de change, en tant qu’instrument de la politique économique, est
mise en exergue avec l’ouverture des économies, la multiplication des alliances au niveau
international et l’entrée en scène de nouveaux acteurs dans l’économie mondiale.
Ce rapport porte dans sa première partie sur la politique douanière qui traite le volet de la
libéralisation de l’économie, les facteurs d’aggravations du déficit commercial y compris
l’incidence de la politique douanière à travers le démantèlement tarifaire au niveau
macroéconomique.
Concernant la deuxième partie, nous avons parlé des types de régime de change en
détaillant celui adopté par le Maroc ainsi que les instruments de la politique de change, et
les effets d’une manipulation du taux de change.

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L’évolution de l’histoire de la douane au Maroc avançait avec l’évolution des
dynasties et les dispositions douanières furent de plus en plus la clé de voûte des concerts
entre le « makhzen » et les puissances européennes. Les Sultans contrôlaient judicieusement
le commerce par le biais de la réglementation douanière et veillaient à ce que le Maroc
n’importe de l’Europe que les produits qui lui étaient strictement indispensables.
C’est en 1957 que le Maroc recouvra sa liberté tarifaire. Un dahir du 24 mai 1957
édictait le nouveau tarif des droits de douane qui entrait en vigueur le 4 juin de la même
année.
En établissant ce tarif douanier, le Maroc redéfinissait de nouvelles orientations à sa
politique douanière. Cette politique visait à assurer la protection de l’économie marocaine,
augmenter les ressources de l’Etat, maintenir les coûts de la vie et surtout à affecter le moins
possible les échanges commerciaux.
L’administration des douanes et impôts indirects relève de l’autorité du ministre
chargé des finances. Elle est une des composantes de l’administration centrale du ministère
de l’économie et des finances.
L’administration des douanes et impôts indirects est chargée d’étudier et d’élaborer les
projets de textes législatifs et réglementaires en matière des douanes et de taxes intérieurs de
consommation et d’assurer l’exécution de la législation et de la réglementation dans ce
domaine.

1. Définition de politique douanière

C’est un ensemble de stratégie de conduite dans le processus de perception des doits et taxes
douanières et d’accises sur les marchandises ainsi que dans la protection de l’économie de
pays en général.
Ainsi, la politique douanière est fondée sur l’impérieuse nécessité d’harmoniser des
échanges commerciaux entre les différents pays. On peut dire que la politique douanière est
une politique tarifaire.

2. Les objectifs de la politique douanière :

Parmi les objectifs essentiels de la politique douanière, on cite :


- prélèvement des recettes fiscales nécessaire à la couverture des dépenses publiques de
l’Etat.
- protéger la production intérieure nationale.
- sauvegarder l’emploi national en luttant contre l’importation des marchandises étrangères.
- promouvoir l’exportation des produits internes.
- défendre le pouvoir d’achat de la population.
- participer à l’équilibre de la balance de paiement de l’Etat.

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3. La libéralisation de l’économie
L’ouverture de l’économie marocaine à l’international Comme toutes les économies
des pays en voie de développement, l’économie marocaine a traversé plusieurs étapes et a
connu divers changements, surtout que le Maroc essayait, après l’indépendance, de
restructurer l’économie nationale.

Pendant la période de la colonisation, le Maroc a connu une certaine liberté économique


qui se traduisait par le rôle du secteur privé et des investissements étrangers au Maroc,
notamment ceux des investisseurs français. Cette même période a connu un rôle limité du
secteur public, de telle façon à ce que les intérêts du colonisateur soient préservés.

La période de la colonisation étant révolue, néanmoins, le Maroc se devait de fournir


énormément de travail, surtout au niveau économique afin de restructurer l’Economie
Marocaine qui venait de voir le jour à l’époque, chose qui n’a pas tardé.

En effet, le Maroc a adopté la politique de planification. Cette politique étant


adoptée, le rôle du gouvernement n’a cessé d’augmenter au détriment du rôle du secteur
privé et ce pendant les années soixante. Cette politique était le résultat du fait que le
gouvernement avait constaté que, pour atteindre une certaine libéralisation économique, il
fallait à tout prix contrôler le secteur public et protéger par la suite la souveraineté
économique du Royaume toute récente.

Dès lors, le gouvernement marocain a procédé au lancement de grands projets visant


l’amélioration et la structuration de l’Economie nationale, suivant un programme
économique élaboré en partenariat avec le Fonds Monétaire International (FMI) ainsi que
la Banque Mondiale.

Le problème qui se posait, c’était le changement des politiques suivies, suite aux
changements qu’a connus le gouvernement, un changement qui a touché même les
objectifs escomptés, surtout qu’en 1964, le Maroc avait connu une crise financière.
D’ailleurs, la croissance du PIB n’était que de 2.3%, alors qu’on estimait pouvoir atteindre
les 6.2% en termes de croissance.

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Il fallait donc redresser la situation, et, ce faisant, un nouveau but s’était donc défini:
améliorer les infrastructures nationales. De ce fait, une panoplie de projets ont vu le jour,
dont plusieurs institutions, le nombre de ces institutions a attient les 687 institutions, ce qui
a fait du gouvernement le premier investisseur dans le pays. Mais, au gré des politiques
suivies, les institutions ainsi crées n’avaient pas pour objectif de générer des bénéfices,
mais le but majeur était de servir le citoyen, ce qui a obligé l’Etat à intervenir afin de
subventionner ces institutions de manière continue dans le but de minimiser les pertes,
chose qui ne pouvait pas durer naturellement, car les ressources financières de l’Etat ne
cessaient de diminuer.

Ajoutons à cela la conjoncture internationale connue depuis les années quatre-vingt,


conjoncture caractérisée par la flambée des prix du pétrole, sans oublier que le prix du
phosphate avait connu une chute de 47% en 1976, d’autant plus que la sécheresse avait
frappé fort, déstabilisant ainsi l’Economie marocaine, notamment à partir de 1981. Le
Maroc était donc confronté à plusieurs problèmes, et fut contraint de revoir sa politique
économique, une fois encore, ce qui a permis à son Economie une certaine ouverture sur
les marchés internationaux et qui n’a cessé de se consolider au fil des années, que ce soit à
travers les accords commerciaux et douaniers signés avec plusieurs pays arabes, ou encore
l’accord de libre échange signé avec les Etats-Unis, sans oublier que l’Union Européenne
constitue désormais le principal partenaire commercial du Maroc.

Les principales étapes de libéralisation de l’économie :

La mise en place d’une politique accélérée de libéralisation dans le cadre du PAS,


l’adhésion au GATT puis à l’OMC en 1994 ainsi que la conclusion de l’accord
d’association avec l’Union européenne, qui prévoit à terme l’établissement d’une zone de
libre-échange entre les deux partenaires, sont autant d’éléments qui témoignent la volonté
de poursuivre une politique économique libérale, ouverte et s’inscrivent dans la logique
des choix économiques et politiques du Maroc.

Ainsi, l’économie marocaine s’est largement ouverte sur l’extérieur aussi bien en matière
du commerce extérieur qu’en matière des investissements étrangers. Cette mutation
requiert un effort d’adaptation aux exigences de la concurrence étrangère. L’évolution de

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l’économie marocaine est toujours allée de pair avec une large ouverture sur l’extérieur.
Cette ouverture n’est guère récente, il suffit de rappeler les réformes entreprises et les
politiques d’ouverture engagées depuis d’adoption du PAS.

3.1 Adoption du programme d’ajustement structurel


Avec la croissance des exportations des phosphates dont les prix ont fortement augmenté
de 1973 à 1974, l’économie marocaine a connu une forte croissance. Cette évolution
favorable a encouragé l’Etat à s’engager dans d’importants programmes
d’investissements en industrie et dans les infrastructures ce qui entrainé un gonflement
des dépenses publiques.

Cependant, grâce à la chute des cours des phosphates, à partir de 1975 on assiste à
l’amenuisement des ressources financières du Maroc qui s’est trouvé dans la spirale de
l’endettement.

La situation financière du pays est devenue alarmante, la dette extérieur rapportée au PIB
est devenue très lourde (voir tableau).
Elle s’est massivement augmentée au début des années quatre-vingts, s’élèvent à 136,6 %
du PIB en 1985. La crise s’est déclenchée en 1983, le Maroc ne pouvant plus faire face à
ses obligations à l’égard de ses créanciers.

Evolution de la dette extérieure en % du PIB :

Dettes 1982 1985 1988 1992


extérieure en
84.9 136.6 99.5 75
% du PIB

Source : FMI.

La mise en place d’un PAS est devenue inéluctable, les politiques menées ont été
soutenues par les institutions financières internationales (Banque mondiale et Fonds
monétaire international).

La crise d’endettement et l’argumentation des taux d’intérêt nationaux, la hausse des


monnaies d’emprunt (le dollar américain en particulier), la baisse des cours des
phosphates ont affecté directement les finances et les termes de l’échange de l’économie
marocaine. Il faut toutefois noter que la crise actuelle du Maroc est semblable à celle de
plusieurs pays en voie de développement, qui ont bénéficié de la hausse des prix des
matières premières au début des années soixante-dix qui ensuite ont formé d’ambitieux
projets d’investissement et ont augmenté sensiblement les dépenses publiques. Devant le
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fort endettement et le niveau élevé des déficits budgétaires, ils se sont vus contraint
d’adopter des ajustements structurels.

Ce programme d’ajustement structurel a pour objectif qui visait le désengagement


progressif du secteur public de l’appareil productif pour laisser la place au mécanisme de
marché dans le fonctionnement de l’économie. A cet effet, l’Etat a été obligé de réduire
son intervention par la privatisation d’un ensemble des entreprises publiques, et d’autre
part, a libéraliser les échanges commerciaux avec l’extérieur.

Libéralisation de commerce extérieur :

A cause des effets qu’elles peuvent entraîner sur les exportations, les réformes qui
touchent le commerce extérieur occupent une place importante dans le PAS.

La libéralisation de commerce extérieur vise principalement :

 La levée des contrôles quantitatifs (quotas, restrictions quantitatives …) ;


 La baisse tendancielle des droits de douane ;
 La levée des principales restrictions aux importations ;
 La simplification des procédures de commerce extérieur.

Ainsi, la libéralisation et l’ouverture de l’économie marocaine se trouvent renforcées par


l’adhésion au GATT, l’OMC et la signature de plusieurs accords de libre échange.

Contribution de libéralisation de commerce extérieur à la croissance

Expérience international et
Augmentation des
transfert de technologie
IDE

Un marché plus large Un


approvisionnement
moin s coûteux
Commerce
extérieur Intégration économique et
Création d'emploi comme amélioration des capacités de
moteur de négociation
croissance

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3.2 Adhésion au GATT et à l’OMC

Les réformes déployées par le Maroc dans le Programme d’ajustement structurel,


dans l’objectif d’ouverture et de libéralisation de l’économie, ont été couronnés par son
adhésion au GATT en 1987 et à l’OMC en 1994.

Cette situation témoigne clairement la volonté du Maroc de s’intégrer dans le système du


commerce multilatéral. La conclusion des accords du GATT-OMC n’est que le résultat de
l’application de la politique d’ajustement dans le commerce et l’industrie dont les grands
axes ont été les suivants :
-La protection tarifaire est privilégiée par rapport à la protection contingentaire « mesures
non tarifaires ».
-La réduction progressive des droits de douane.
-L’assouplissement des procédures en matière d’importation, d’exportation et de change.

L’adoption de ces réformes en matière de libéralisation et d’ouverture a permis de


réaliser certains résultats positifs du commerce extérieur. La principale modification est la
suppression des mesures non tarifaires au profit d’une protection basée sur les droits de
douane, ainsi, dans le cadre de la libéralisation du commerce extérieur, les droit de douane
ont connu une baisse spectaculaire, le tarif maximum a été ramené de 400% en 1982 à 45
% en 1986. Ces réformes ont pour but de donner une grande place aux mécanismes des
marchés dans le fonctionnement de l’économie.

Grace à l’apparition des blocs et groupements économique régionaux, et avec l’entrée en


vigueur de nouvelles règles visant la libéralisation de plus en plus poussée du commerce
international et l’intensification de la compétition, la création d’une zone de libre-échange
apparaît comme alternative viable, le libre-échange ne se présente pas comme une option,
mais davantage comme une exigence qui est la conséquence à la fois de son évolution vers
une économie de marché et son besoin d’ouverture sur l’économie mondiale.

A la faveur de son intégration dans la mondialisation et de l’ouverture de son


économie, le Maroc à conclu plusieurs accords de libre échange, qui sont entrés en vigueur
dans ces quinze dernières années. Il est ainsi lié par ces accords de libre échange avec
l’union européenne, USA, la Turquie, et les pays de l’accord d’Agadir (Tunisie, Jordanie,
Egypte).

3.3 Les accords de libre échange


La concurrence est rude dans le commerce mondial. Pour vendre, il est en principe impératif
de proposer les meilleurs produits aux meilleures conditions de prix et de qualité. Mais cela
ne suffit pas, il faut aussi franchir les barrières tarifaires que chaque pays érige pour
protéger sa production, son économie.

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L’un des moyens est donc d’accorder des avantages à d’autres pays partenaires en essayant
de tirer au maximum des potentialités de son économie grâce à la réciprocité.

Presque tous les pays en ont signé avec un pays ou une zone économique déjà constitué sur
cette base. Durant ces 20 dernières années, le Maroc en a signé plusieurs. Mais le plus
médiatisé est sans doute l’accord d’association signé en 1996 avec l’Union européenne qui
absorbe près de 60% des exportations marocaines de produits agricoles bruts et transformés
et couvre pour une proportion égale les besoins du Maroc.

Maroc- Union Européenne


Les liens entre le Maroc et la Communauté européenne ont été renforcés en 1996 par
l’Accord d’Association Maroc-UE entré en vigueur le 1er mars 2000. Il constitue la base
juridique des relations entre l'UE et le Maroc.

Cet Accord devra progressivement instaurer le libre échange des produits industriels,
auxquels l'Union européenne a déjà accordé le libre accès, tandis que le Maroc s'est engagé
à opérer un démantèlement tarifaire sur une période de 10 ans.

L'Accord contient en outre des dispositions relatives à la liberté d'établissement et à la


libéralisation des services, à la libre circulation des capitaux et aux règles de concurrence,
au renforcement de la coopération économique et de la coopération en matière de migration
et d'affaires sociales, de même qu'à la coopération culturelle.

Sur le plan commercial, l’Accord vise à :

- Etablir une zone de libre échange industrielle.

- Approfondir la libéralisation du commerce des produits agricoles et la pêche.

- libéraliser les échanges de services.

 Rythme de démantèlement plus lent pour l’Europe

Pour l’UE, 45 % de la valeur des exportations vers le Maroc sont libéralisés dès l’entrée en
vigueur de l’accord. Cette proportion atteindra 70% dans dix ans.

En ce qui concerne le poisson et les produits de la pêche, la libéralisation


immédiate porte sur 91% de la valeur des exportations. La totalité le sera dans dix ans.
D’autres concessions sont accordées à l’UE, s’agissant notamment des intrants et les
marchandises européens non produits au Maroc. Les blés, viandes, pâtes alimentaires ne
sont pas libéralisés, mais ils bénéficient d’un traitement différencié sous forme de quota
avec exonération ou réduction tarifaire.

Outre les accords multilatéraux sur l’agriculture signés dans le cadre de l’Organisation
mondiale du commerce (OMC), le Maroc est lié à plusieurs autres pays dans un cadre
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bilatéral ou multilatéral. Pour diversifier les marchés, d’autres accords sont en négociation
avec le Canada et l’Union du Maghreb Arabe (UMA) Reste maintenant à savoir si le pays
en tire effectivement profit. Difficile d’y répondre, si l’on considère que toute appréciation
pertinente doit se faire sur le long terme. L’un des objectifs de ces accords n’est autre que de
faciliter les exportations pour au moins améliorer la balance commerciale agricole qui est
structurellement déficitaire.

Maroc-USA
Le Maroc et les USA ont signé un accord de libre échange le 15 juin 2004. Cet
accord est entré en vigueur le 1er juillet 2005. Il s'agit d'un Accord global qui touche à tous
les secteurs de l'activité économique, allant du commerce des biens, au commerce des
services,…


A vocation exclusivement économique et commerciale, cet accord a pour objectif


d'organiser le développement des échanges de biens et services entre les deux pays dans un
cadre maîtrisé, au regard des différences de développement socio-économique.
Les produits industriels d'origine marocaine bénéficieront de l'exonération totale et ce, dès
l'entrée en vigueur de l'accord. S'agissant des produits agricoles, il a été procédé à un
échange de concessions.
En effet, cet accord prévoit un traitement asymétrique en faveur du Maroc pour tous
les produits, à l’exception des textiles. Ainsi l’accord prévoit un démantèlement des droits
de douane selon le schéma suivant :
- Pour les produits industriels, hors textile : les droits de douane ont été immédiatement
éliminés pour la quasi intégralité de ces produits dès l’entrée en vigueur de l’accord, le reste
étant éliminé sur une période maximale de 9 ans (d'ici 2014 au plus tard).
- Pour les produits textiles et vêtements : les droits de douane sont éliminés sur une période
maximale de 6 ans (d'ici 2012 au plus tard).
- Pour les produits agricoles et agroindustriels : les droits de douane sont éliminés sur une
période maximale de 18 ans (d'ici 2023 au plus tard).

Maroc-Turquie
Dans le cadre du processus d’intégrations régionales euro-méditerranéennes, le
Maroc et la Turquie ont signé un ALE à Ankara, le 7 avril 2004. Il prévoit l’instauration
progressive d’une zone de libre-échange industrielle sur une période de 10 ans à compter de
la date d’entrée en vigueur avec un traitement asymétrique en faveur du Maroc.

Les produits industriels d’origine marocaine bénéficieront de l’exonération totale et ce, dès
l’entrée en vigueur de l’accord. S’agissant des produits agricoles, il a été procédé à un
échange de concessions.

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Les relations bilatérales entre le Maroc et la Turquie s’appuient sur des orientations
communes. Les deux pays ont des points de vue similaires concernant les questions
sécuritaires dans le bassin méditerranéen, la question de l’immigration et la situation au
Proche-Orient.
De même, leurs politiques commerciales sont assez proches, comme en témoigne leur
engagement vis-à-vis de l’OMC. Les deux pays convergent en effet vers plusieurs normes et
dispositions tout en gardant des spécificités relatives aux politiques de développement
sectorielles et régionales qui leur sont propres.

4. Les facteurs de l’aggravation du déficit commercial

Le déficit du commerce extérieur au Maroc s’est inscrit en nette aggravation depuis


quelques années, parallèlement à l’élargissement de l’écart entre les importations et les
exportations de marchandises, cela est dû à des facteurs externes et internes.

4.1 Les facteurs externes

 Les effets induits par la crise économique mondiale et plus particulièrement en


Europe
La dégradation, ces dernières années des perspectives économiques de la zone Euro en
raison de l’aggravation de la dette publique et son impact sur la croissance économique, cela
a concerné en particulier les membres de la zone Euro qui sont les pays Européens
principaux partenaires du Maroc. En occurrence, l’Espagne et la France.
Les chocs induits par la crise mondiale en général et par la crise touchant les pays de
l’Union Européenne en particulier, n’ont pas manqué de se faire sentir au Maroc par le canal
des échanges extérieurs :
- une baisse des exportations de vêtements confectionnés et celles des produits alimentaires.
- une faible progression des recettes voyage.
- un repli des investissements et prêts étrangers.
 Flambée des cours mondiaux de l’énergie et des produits alimentaires
Le renchérissement des cours mondiaux de l’énergie (pétrole) et des produits alimentaires a
agit sur les cours des importations.
 Elargissement de l’UE et sa politique extérieure notamment méditerranéenne

L’élargissement continue de l’UE, sa politique extérieure notamment méditerranéenne ont


rendu la concurrence à laquelle doivent faire face les exportations marocaines vers cette
région de plus en plus rude.

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4.2 Les facteurs internes

 L’insuffisance de diversification de l’offre exportable

La part des produits traditionnels occupe encore une part importante des exportations
globales. Par ailleurs, la plupart des exportations de textiles passent par des sous-traitants
qui travaillent selon les ordres reçues des fabricants européens.
La sous-traitance est une activité vulnérable et de nature précaire et de valeur ajoutée très
limitée, en général les sous-traitants importent les produits semi finis des donneurs des
ordres, qui se chargent de la commercialisation et la distribution.
Ce qui signifie que la valeur de ses exportations qui revient réellement au Maroc (c'est-à-
dire la valeur nette des importations qui y sont associés) est relativement faible.

 Difficulté des produits marocains à faire face à la concurrence

Une grande composante du déficit commercial est structurelle, elle résulte des difficultés
des produits marocains à faire face à la concurrence des produits étrangers tant à l’échelle
local que sur les marchés étrangers, cette situation s’explique par la modeste productivité de
ses entreprises, l’insuffisance de main d’œuvre qualifié, le manque d’agressivité
commerciale et le problème de compétitivité de coûts. Avec le démantèlement de l’accord
multifibres en 2005, qui s’est traduit par le démantèlement des quotas, les exportations de
textiles et d’habillement sont confrontées produits à concurrence plus rude sur les marchés
de l’Union Européenne, surtout en provenance d’Asie et d’Europe de l’EST avec des coûts
de main d’œuvre plus bas et productivité plus forte.

 L’insuffisance des formations continues et de formation professionnelle :

Seulement, quelques entreprises du secteur industriel qui offrent des programmes de


formation pour leurs employés. D’ailleurs les « inputs » technologiques (des ressources
humaines) et la recherche &développement et les « outputs » technologiques (les brevets et
les publications) sont faibles malgré les efforts du gouvernement marocain.
En outre, la part des dépenses de Recherche&développement dans le chiffre d’affaires des
entreprises est pratiquement nul.

 La faiblesse de la petite et moyenne entreprise (PME)

Au Maroc, plus que 90% des entreprises sont des PME, qui participent faiblement à la
création de la richesse nationale. Leur fragilité revient à leur environnement interne, on cite
entre autres :
- la faiblesse de la formation.

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- le manque de conseil et d’innovation.
- l’absence des méthodes modernes de gestion et marketing.
- la faiblesse du système de formation.
- la faible productivité.

5. L’incidence de la politique douanière par le démantèlement


tarifaire prévue dans les accords de libre échange à l’échelle
macroéconomique

5.1 Les implications sur l’équilibre externe

L’une des conséquences négatives du démantèlement tarifaire est l’aggravation à court et à


moyen terme du déficit commercial, qui découle de la progression des importations
nettement plus soutenue que celle des exportations. Cette évolution s’explique du côté des
importations se traduit par une augmentation rapide des importations, qui sont stimulées au
fur et à mesure du démantèlement tarifaire.
Tandis que du côté des exportations, l’aggravation s’explique par le maintien des
restrictions sur les produits agricoles, et la facilité de l’accès au marché de l’Union
Européenne et la concurrence entre les partenaires traditionnels de l’Union Européenne.

5.2 Les implications sur le budget de l’Etat

Le démantèlement tarifaire est à la source des pertes fiscales mais cette perte fiscale peut
être atténuée par le fait que le libre échange stimule les importations, ce qui renforce les
recettes de TVA provenant de ces importations. Car le démantèlement tarifaire dans le cadre
du libre échange concerne les droits de douane qui sont sujet à l’élimination progressive. Par
contre les produits importés restent assujettis à la TVA à l’importation.

5.3 Les implications sur les entreprises marocaines

L’abaissement des tarifs douaniers se traduit de façon directe par la baisse des prix des
intrants (biens importés) et permet de stimuler la compétitivité sur le marché intérieur, par
conséquent la concurrence contraint les entreprises à signaler sur les normes des produits
importés bénéficiant des réductions tarifaires douanières, la compétitivité de la production
locale s’améliore à travers la maîtrise des coûts ce qui a pour conséquence d’améliorer la
productivité au niveau local.
Par suite, la baisse des coûts de production et l’amélioration de la productivité devraient
normalement aboutir à terme à une plus grande dynamique des exportations.

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En général, le démantèlement tarifaire sur les produits importés améliore certainement à
court terme la rentabilité des entreprises et développe sa consommation privée et
l’investissement, ces deux éléments de la demande globale peuvent être induit à la hausse
par l’acquisition des biens importés au lieu de produits locaux à cause du démantèlement
tarifaire, ce qui a pour conséquence une augmentation plus rapide des importations que les
exportations, qui engendre une dégradation de la balance commerciale.
Néanmoins, les acquisitions de technologie importée et le transfert de savoir faire favorise la
croissance des entreprises et le développement d’une offre compétitive.

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Le change est l'acte par lequel on échange les monnaies de différentes nations.
Les monnaies prennent les mêmes formes que la monnaie à l'intérieur d'un pays. La majeure
partie des actifs monétaires échangés sur les marchés des changes sont des dépôts à vue
dans des banques. Le taux de change est le prix de la monnaie d'un pays en termes de la
monnaie d'un autre.
En matière de change l’un des objectifs principaux des autorités monétaires est de maintenir
la stabilité des cours de la monnaie nationale. Pour maintenir cette stabilité, ou ai moins
contrôlé l’évolution de la valeur de la monnaie nationale, les autorités monétaires disposent
de divers instruments dont l’efficacité varie selon le régime de change en vigueur.

1. Définition de la politique de change


La politique de change représente l'action des pouvoirs publics visant à modifier le taux de
change de la monnaie nationale.

Le change est l'acte par lequel on échange les monnaies de différentes nations.
Les monnaies prennent les mêmes formes que la monnaie à l'intérieur d'un pays. La majeure
partie des actifs monétaires échangés sur les marchés des changes sont des dépôts à vue
dans des banques. Le taux de change est le prix de la monnaie d'un pays en termes de la
monnaie d'un autre.

2. Les régimes de change

En matière de change l’un des objectifs principaux des autorités monétaires est de maintenir
la stabilité des cours de la monnaie nationale. Pour maintenir cette stabilité, ou au moins
contrôler l’évolution de la valeur de la monnaie nationale, les autorités monétaires disposent
de divers instruments dont l’efficacité varie selon le régime de change en vigueur.
On distingue habituellement deux régimes extrêmes : le régime de taux de change fixe et le
régime de taux de change flottant. Dans les faits, ces deux régimes ne se rencontrent que
très rarement, dans des situations exceptionnelles et pour des durées relativement courtes.

2.1 Régime fixe

Un régime de taux de change fixe est caractérisé par le faite que les gouvernements
déterminent un taux officiel de convertibilité des monnaies, que l’on désigne par le vocable
de parité.
Dans ce régime les autorités monétaires sont tenues d’intervenir sur le marché pour
maintenir le cours de change à une valeur égale ou proche de la parité initialement fixée en
concert avec d’autre pays. Le cours peut certes varier, mais dans le respect de marges de
fluctuation déterminées à l’avance. Pour respecter ces marges, les banques centrales sont
alors tenues d’intervenir pour offrir ou demander la monnaie sur le marché des changes. En
outre, elles doivent aussi acheter ou vendre les quantités de monnaie nécessaires pour
satisfaire la demande des agents qui sont engagés dans des transactions internationales.

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Les mouvements de marchandises et de capitaux à travers les frontières peuvent prendre une
telle importance que la banque centrale ne peut plus contrecarrer la tendance à une forte
variation du cours du change hors des marges de fluctuation autorisées. Le gouvernement
peut alors procéder à une modification de parité soit à la hausse, réévaluation, soit à la
baisse, dévaluation.

2.2 Régime flottant

Dans un régime de change flottant, le cours de monnaies est en principe déterminé par
le libre jeu de l’offre et de la demande de devises sur le marché de changes. Dans cette
perspective, les banques centrales s’abstiennent de toute intervention sur le marché des
changes. Les monnaies peuvent alors fluctuer librement au gré des mouvements des
capitaux liés aux échanges du pays avec l’extérieur et aux mouvements financiers
spéculatifs. La monnaie peut donc en principe s’apprécier ou se déprécier en fonction de
l’activité réelle du pays.
Dans la réalité, les banques centrales interviennent, sauf en de rares exceptions, de
façon directe ou indirecte sur le marché des changes. Il est en effet souhaitable d’éviter de
fortes fluctuations du taux de change.
De trop fortes et trop fréquentes variations dans le cours d’une monnaie peuvent causer une
grande instabilité dans les échanges extérieurs en raison des incertitudes auxquelles sont
confrontées les entreprises nationales exportatrices ou importatrices.
Dans un régime de change flexible, un même instrument de la politique monétaire, taux
d’intérêt par exemple, peut être utilisé à des fins internes et externes.
C’est qu’un régime de change flexible suppose une grande ouverture des économies qui fait
que le marché monétaire d’un pays apparaît comme une composante d’un vaste marché
monétaire mondial.

2.3 Régime adopté par le Maroc


Parmi les différents régimes existants, le choix pour le Maroc s’est porté sur un régime de
change intermédiaire de parité fixe avec un rattachement de la monnaie nationale, dans des
marge de fluctuation inférieures à +/- 0,6% de part et d’autre du taux central, à un panier
de monnaie.

 Composition du panier
Le panier de cotation a pour objectif d’assurer la stabilité du dirham en terme de taux de
change effectif nominal et d’atténuer l’effet sur le dirham des fluctuations des principales
monnaies internationales.
Depuis 1973, la cotation du dirham est effectuée sur la base d’un panier de devises,
reflétant la structure des échanges du Maroc avec l'extérieur.

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En 1990, en perspective de l’accord d’association avec l’Union Européenne et d’une plus
grande intégration de notre économie à cette zone, une révision du panier de cotation a été
opérée en vue de renforcer la part des monnaies européennes.
En 1999, l’avènement de l’euro a conduit à une révision de la structure du panier en vue de
remplacer les anciennes monnaies européennes par l’euro.
De plus, l’adoption de nouveaux cours de référence a permis d’intégrer les fluctuations
enregistrées depuis 1990 et ce, en vue de préserver la stabilité de la valeur externe du
dirham et de disposer de cours de change actualisés.
En avril 2001, un réaménagement du panier a été opéré, limitant sa composition à l’euro et
au dollar américain avec des pondérations respectives de 80% et 20%. Ce réaménagement
avait pour objectif de réduire davantage les fluctuations du dirham vis-à-vis de la monnaie
du principal partenaire commercial du Maroc.

 Mécanisme de cotation
La valeur du dirham contre les monnaies étrangères est déterminée sur la base des cours
des devises constituant le panier pondérés de leurs poids respectifs.

Les taux de change établis par Bank Al-Maghrib sont cotés à l’incertain, soit le nombre
d’unités de monnaie nationale nécessaire pour obtenir une unité de monnaie étrangère,
selon la formule ci-après :

1 USD = 1/ ((1/cours de référence USD)*20% + [(1/cours de référence EUR)*80%]*


cours EUR/USD) DH
Bank Al-Maghrib procède ainsi quotidiennement de 8h30 à 15h30 à travers un système de
multi fixing à la cotation des cours de change virement de 16 devises contre dirham et
s’engage dans le cadre du marché de change domestique à les négocier avec les banques
marocaines.
Par ailleurs, Bank Al-Maghrib procède à titre indicatif et uniquement à des fins de
référence à la cotation en milieu de journée d’un certain nombre de devises principales ou
appartenant à des pays avec lesquelles le Maroc entretient des relations commerciales
significatives.
Les cours de change virement et billets de banque sont publiés simultanément sur trois
supports distincts: (site Internet de la Banque Centrale, Reuters et Bloomberg).

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3. Les intervenants sur le marché de change

 L’office de change :

L’office des changes est un établissement public, sous tutelle du ministère des finances, doté
de la personnalité civile et de l’autonomie financière. Il est chargé, par les dispositions
législatives et réglementaires en vigueur, de trois missions essentielles :

- Edicter les mesures relatives à la réglementation des opérations de change en autorisant à


titre général ou particulier les transferts à destination à l’étranger et en veillant au
rapatriement des avoirs obligatoirement cessible (recettes d’exploitation de biens et
services..).

- constater et sanctionner les infractions à la réglementation des changes.

- Etablir les statistiques relatives aux échanges extérieurs et à la balance des paiements.

 Les banques et institutions financières

Les banques et les institutions financières agréées sont habilitées à opérer sur le marché des
changes. Pour leur propre compte et celui de leur clientèle.
Cependant pour bon nombre d’entres elle l’intervention sur le marché reste secondaire. Les
banques de taille moyenne effectuent leurs opérations par l’intermédiaire des grandes
banques, par ailleurs certaines banques sont de simple utilisateur alors que d’autres exercent
la fonction de teneurs de marché.

 Les banques centrales

Le rôle essentiel des banques centrales vise à réguler les fluctuations du marché de change à
partir des domaines macro économiques et politiques. Leurs actions s’exercent sur le taux
d’intérêt et sur les cours des changes.

Pour augmenter l’efficacité de leur intervention les banques centrales agissent


collectivement dans le cadre des accords de coopération.

Article 8 du statut de Bank Al Maghrib 2006 édicte que :

« La Banque détermine les rapports entre le dirham et les devises étrangères dans le cadre
du régime de change et de la parité du dirham, fixés par voie réglementaire. A cet effet, la
Banque détient et gère les réserves de change. »

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 Le courtier

Les courtiers n’ont qu’un rôle d’intermédiaire en centralisant les cotations et en confrontant
l’offre à la demande. Ils ne traitent généralement pas pour leur propre compte, ils sont
rémunérés à la commission.

 La clientèle privée

Elles se composent de trois catégories :


- les organismes financiers ou les petites banques.
- les entreprises industrielles et les entreprises commerciales.
- les investisseurs internationaux.
La première motivation de la clientèle est la couverture de sa position de change ainsi que
l’optimisation de ses ressources. Et le placement de ses excédents. Certaines firmes
multinationales pratiquent des opérations de spéculation et d’arbitrage.

4. Les instruments de la politique de change

4.1 Défendre une parité

Les autorités monétaires défendent une parité quand :


- elle est compatible avec l’équilibre de la balance des paiements.
Le pays se trouve engager de respecter une parité du fait de son appartenance a un système
de taux de change fixe.
La sauvegarde d’une parité peut être assurée par l’utilisation d’instruments respectant le jeu
du marché ou par des mesures réglementaires.
Les instruments respectant le jeu du marché qui sont utilisés :

 le taux d’intérêt
 les réserves de change

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 La manipulation des taux d’intérêt :

L’intervention de la banque centrale dans


le marché des changes
La manipulation des taux d’intérêts

Risque de dépréciation de Risque d’appréciation de la


La monnaie nationale monnaie nationale

Tendance à la baisse de la Tendance à l’augmentation de la


Demande de la monnaie demande de la monnaie nationale

Intervention de la B.C Intervention de la B.C


Augmentation des taux d’intérêts Baisse des taux d’intérêts

Entrée des capitaux Sortie des capitaux

Augmentation de la demande de baisse des taux d’intérêts

La monnaie nationale

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 La manipulation du taux de change

L’intervention de la banque centrale


Utilisation des réserves de change

Risque de dépréciation Risque d’appréciation

de la monnaie nationale de la monnaie nationale

Tendance à la baisse de la Tendance à l’augmentation de la

La demande de la monnaie nationale demande de la monnaie nationale

Intervention de la B.C Intervention de la B.C

Achat de la monnaie nationale vente de la monnaie nationale

Contre les devises contre les devises

Entrée des capitaux Sortie des capitaux

Augmentation de la demande baisse de la demande

de la monnaie nationale de la monnaie nationale

 La défense de la parité par des mesures réglementaires : le contrôle de change

Quand les autorités monétaires échouent à défendre la parité monétaire par des mécanismes
relevant du jeu de marché, elles recourent à la politique de contrôle de change. Il s’agit de
contrôler les opérations de changes elles mêmes à l’occasion de sorties et des entrées de
capitaux.
Ainsi les pouvoirs publics peuvent envisager soit de lutter contre les sorties de capitaux, soit
contre l’entrée des capitaux.

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- La lutte contre la sortie des capitaux :
Comme il s’agit de réduire la sortie des devises, les autorités classent par ordre de priorité
ou d’urgence les différents motifs de ces sorties.
Elles restreignent alors plus ou moins celles-ci en fonction des résultats qu’elles souhaitent
obtenir.
Elles commencent :
*par réduire les possibilités pour les résidents d’acquérir des actifs à l’étranger (titres
mobiliers, achats immobiliers).
*puis par réduire leurs possibilités de déplacement (tourisme, affaire).
* enfin par contingenter les importations elles mêmes.
Ces restrictions peuvent prendre la forme d’interdiction pure et simple en cas de grave
déficit extérieur.
- La lutte contre l’entrée des capitaux :
La lutte contre l’entrée des capitaux est moins fréquente, mais elle peut être envisagée pour
lutter contre l’inflation dont sont responsables les créances sur l’extérieur. Les mesures
utilisées sont :
*décourager les banques à collecter des dépôts en devises en instaurant une réserve
obligatoire sur ces dépôts de 100%.
* encadrer la position des banques en devises : la banque n’accepte un dépôt en devises que
si elle accorde un prêt d’un montant équivalent.
Les inconvénients du contrôle de change peuvent être regroupés comme suivant :
* le contrôle de change (sortie des capitaux) agit sur les effets et non sur les causes. Les
déséquilibres extérieurs trouvent leurs raisons premières dans les structures productives
internes : compétitivité des exportations, choix des produits exportés, diversification des
débouchés…
* le contrôle de change se traduit par : un coût administratif élevé (formalités, autorisations,
banques..), un coût économique, empêche les entreprises de réaliser des opérations
économiquement utiles, mais jugées coûteuses en devises.
Crée des distorsions entre secteurs formel et informel : contrebande, marché noir des
devises…
* des mesures obligeant la demande interne de se porter sur les produits internes risquent
d’aboutir tout simplement à la dégradation de la compétitivité nationale, qu’on ne peut pas
éternellement masqué par des mesures protectionnistes.

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4.2 Changer une parité

Quand les autorités monétaires ne peuvent plus défendre une parité, il ne leur reste plus qu’à
en choisir une autre.

La dévaluation est une décision des autorités monétaires par laquelle on baisse la valeur de
la monnaie nationale par rapport aux autres devises.

On dévalue quand :

- le déséquilibre extérieur est structurel.

- la compétitivité vis-à-vis de l’extérieur est très altérée.

L’objectif de la dévaluation est de rééquilibrer les échanges extérieurs du pays en difficulté


par modification du rapport de compétitivité entre les prix des produits du pays et ceux des
produits fabriqués à l’étranger.

D’une manière plus précise, la dévaluation entraîne :

- une baisse des prix des produits exportés, prix exprimés en monnaie étrangère ce qui
encourage des exportations.

- une augmentation des prix des produits importés, prix estimé en monnaie nationale ce qui
décourage les importations.

Donc, la baisse des prix des produits exportés exprimés en devise est de nature à stimuler
les exportations, alors que l’augmentation des prix des produits importés exprimés en
monnaie nationale conduit normalement à une baisse des importations. Il en résulte une
amélioration du solde de la balance commerciale.

L’élévation de la demande externe peut stimuler l’activité économique favorisant ainsi


l’augmentation de PIB et de l’emploi.

La dévaluation présente des limites :

A court terme, la dévaluation se traduit par une aggravation du solde de la balance


commerciale : l’effet immédiat d’une évaluation est le renchérissement des importations
(effet de valorisation) d’une part, et la baisse de la valeur des exportations, exprimées en
devises.

Théoriquement, l’effet positif (effet de substitution) n’apparaît qu’après un certain délai. Il


se traduit par le déplacement de la demande externe et interne en faveur des produits
nationaux, par ce que plus compétitifs par leur prix.

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5. Les effets d'une manipulation du taux de change
A court terme, la dévaluation se traduit par une aggravation du solde de la balance
commerciale :

L’effet immédiat d’une dévaluation est le renchérissement des importations (un effet de
valorisation) d’une part, et la baisse de valeur des exportations, exprimées en devises.

Théoriquement, l’effet positif (effet de substitution) n’apparaît qu’après un certain délai. Il


se traduit par le déplacement de la demande externe et interne en faveur des produits
nationaux, pace que plus compétitifs par leurs prix.

Pour qu’une dévaluation puisse résorber le déficit de la balance commerciale il faut que
l’effet de substitution l’emporte sur l’effet de valorisation, ce qui exige un certain nombre
de conditions :

 L’acceptation de la dévaluation par les partenaires commerciaux. Refusant


l’exportation des chômages chez eux ils peuvent prendre des mesures de rétorsion
(augmentation des droits de douanes, dévaluation).
 La maîtrise de l’inflation afin de sauvegarder la compétitivité des produits exportés.
La dévaluation est une source d’inflation importée :
- Renchérissement des importations.
- Orientation de la production vers les débouchés extérieurs.
- Revendication salariales.
La non maîtrise de l’inflation peut conduire au cercle vicieux dévaluation inflation-
dévaluation.
 La demande externe doit être sensible à la variation des prix. La baisse des prix des
produits exportés doit se traduire par une augmentation des exportations. Tout
dépend de la nature des exportations.
 La demande interne doit également être sensible à la variation des prix.
L’augmentation des prix des produits importés doit se traduire par une baisse des
quantités importées. Tout dépend de la nature des produits importés.

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Le choix du régime de change revêt une grande importance. Il doit s’engager
sur des règles de politique économique et être cohérent avec les politiques monétaire et
budgétaire. Il met en cause la politique économique d’un pays, ses marges de
manœuvre et son mode d’ajustement macroéconomique. Il implique, également, les
partenaires du pays qui sont sensibles aux conséquences d’un régime de change sur
leur compétitivité relative.
Au Maroc, Le régime de change fixant le dirham à un panier de devises a joué
un rôle important dans le maintien de la stabilité macroéconomique en permettant
l'ancrage des anticipations d'inflation.
Cependant, dans le cadre de l'ouverture accrue de l'économie marocaine et de sa
transformation structurelle, un taux de change flexible offrirait des marges de
manœuvre supplémentaires à la gestion macroéconomique.

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Bibliographie :

 La douane marocaine à travers l’histoire, ouvrage du professeur Ibrahim Harakate.


 La monnaie une approche actuelle de l’économie monétaire, Kamal Tazi édition
2006.
 La monnaie et ses marchés, liaisons paris 1993.
 la politique commerciale extérieure du Maroc, une esquisse d'appréciation, mai 2008
 Statut de Bank Al Maghrib 2006.

Web graphie :
 www.bkam.ma
 www.douane.gov.ma
 www.mce.gov.ma
 www.oc.gov.ma

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Introduction………………………………..…………3
Partie I : La politique douanière…………………………………....4
1. Définition………………………………………………………………….…....5
2. Les objectifs de la politique douanière……………………………………...…..5
3. La libéralisation de l’économie……………………………………………..…..6
3.1 Adoption du programme d’ajustement structurel…………………………….…….8
3.2 Adhésion au GATT et à l’OMC………………………………………………..….10
3.3 Les accords de libre échange……………………………………………….……..10
4. Les facteurs de l’aggravation du déficit commercial………………………….13
4.1 Les facteurs externes………………………………………………..13
4.2 Les facteurs internes……………………………………………..…14
5. L’incidence de la politique douanière par le démantèlement tarifaire prévue
dans les accords de libre échange à l’échelle macroéconomique
5.1 Les implications sur l’équilibre externe.....................................…...15
5.2 Les implications sur le budget de l’Etat ……………………………15
5.3 Les implications sur les entreprises marocaines…………………....15
Partie II : La politique de change…………………………….…..17
1. Définition………………………………………………………………………18
2. Les régimes de change…………………………………………………………18
2.1 Régime fixe ……………………………………………………………...18
2.2 Régime flottant…………………………………………………………...19
2.3 Régime adopté par le Maroc……………………………………………..19
3. Les intervenants sur le marché de change au Maroc…………………………..21
4. Les instruments de la politique de change…………………………………..…22
4.1 Défendre une parité……………………………………………………….22
4.2 Changer une parité………………………………………………………..26
5. Les effets de manipulation du taux de change……………………………..…27
Conclusion…………………………………………..…28
Bibliographie……………………………………….….29
Table des matières………………………………….…30

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