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Eric Daniel El-Baze

Les Racines de l’existence


La Kabbale du dévoilement
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À la mémoire de mon père,
Shlomo Ben Nathan (Zal).

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Je dédie ce livre ;
À mon épouse Valérie, qui a toujours voulu et su
concrétiser mes rêves. Cet ouvrage est aussi le sien, il
est l’expression de mon amour.
À mes enfants précieux, Yohann, Elodie, Julien et
Manon, pour le temps volé. Le mérite de ce travail
leur appartient.
À ma mère, qui m’a appris la fortitude.
À mon frère Martial, qui contribue à l’élaboration
de mes projets.
À mes beaux parents, pour leur gentillesse.
À Anne-Sophie, pour ses encouragements.
À mon Rav Mendel Némanow à la personnalité
lumineuse, qui m’a ouvert les portes de l’enseignement
pour mieux apprendre.
À notre Président, Mr Matagrin, pour ses discours
élogieux.
À l’ami de toujours, Elie Zekri.
À Charly Cohen sans qui ce travail n’aurait vu le
jour, son cheminement est le mien.
À Jean Didier Derhy, journaliste talentueux,
merci pour son aide plus qu’amicale.

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À Hanania Kabalo, qui a su me guider par son
grand savoir.
À Elihaou Chekroun, pour son profond
engagement.
Au Dr Joël Aknin, pour sa lecture critique intel-
ligente mais combien constructrice.
À tous ceux du cours et de ma communauté qui
ont cru en moi.

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Présentation de l’auteur

Agé de 55 ans, Eric Daniel EL-BAZE est Docteur


en Médecine. Il enseigne la Kabbale, en France, au
centre d’étude « Beith ‘Habad » de Lyon et à Jérusalem.
Initié à l’étude ésotérique du « Tanya » par Rav
Mendel NÉMANOW, il parfait son savoir par
l’enseignement oral de Maîtres de renom dont Rav
‘Hayim DYNOVISZ, Rav Yits’hak GINSBURGH et
Rav Matityahou GLAZERSON, Maître en Guématria.
Il a pour Maître en Israël, Rav Daniel COHEN,
« Mékoubal » de renom, qui lui dévoile l’enseignement
du RASHASH pour l’interprétation du « Zohar ».

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Note de l’auteur

L’hébreu est une langue consonantique, qui se lit


de droite à gauche.
Suivant la tradition de la littérature juive, par
déférence, le Nom D.ieu est coupé par un point
lorsqu’il est transcrit dans une langue qui n’est pas
l’hébreu. Par ailleurs, les métaphores, épithètes ou
attributs marquant Ses Eminentes Qualités, sont
initiés par une majuscule.
Pour une meilleure appréhension du texte, mais
aussi parce que cet ouvrage se veut être un livre d’étude,
nous utiliserons volontairement une ponctuation non
conventionnelle, en mettant entre guillemets les versets
bibliques référencés, ainsi que tous les noms propres,
mots et expressions spécifiques à la Kabbale ; ils nous
serviront de repères dans notre lecture.
La traduction immédiate de l’hébreu cité, est
intégralement reproduite dans notre lexique, à la fin
du livre.

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Lettres de recommandation

Il est écrit : « le don de l’homme lui apporte la


largesse et le placera devant les Grands ».
Il est des hommes qui sont grands par leur sagesse
ou leur richesse. Mais, le « don de l’homme », celui
qui investit l’homme qu’il porte en lui dans une
activité concernant à renforcer le Judaïsme, en tirera
non seulement la largesse (qui le libérera des barrières
et des limites), mais bien plus, il se placera devant
(avant) les Grands (qu’il dépassera) : « Hayom Yom
du 12 Adar – le Rabbi de Loubavitch ».
L’étude profonde de la Torah se nomme : « Divréi
Elokim ‘Hayim » – Paroles du D.ieu Vivant. L’auteur
de ce livre fabuleux y a mis toute sa passion, son
énergie, sa fougue. Il nous transmet tout cela et nous
l’en remercions de tout notre cœur.
À mon ami et Maître Éric Daniel ben Shlomo
Elie Zekri le 24 Nissan 5775

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Mon cher Eric,
Tu arrives au terme d’un travail colossal qui t’a
mobilisé un an nuit et jour, un an auquel il convient
d’ajouter 5 ans d’approfondissement de concepts
étrangers à la grande majorité d’entre nous.
Ceci pour te marquer mon admiration pour ton
perfectionnisme et ton exigence morale. Si j’ai
participé modestement à l’élaboration de cet ouvrage,
c’est surtout en te prodiguant des encouragements
réitérés.
Sa structure me paraît hautement pédagogique
autant par les références nombreuses et très précises
qu’il cite, mais surtout par la cohérence de l’ensemble de
l’exposé, ce qui pour un tel sujet est une performance.
Ta récompense sera d’abord une diffusion
maximale de cette quête de curiosité nouvelle et
adaptée à notre époque, ce qui a toujours caractérisé
notre Torah si actuelle en tout temps.
Au prix d’un effort intellectuel minime, le lecteur
sera pris d’émerveillement et deviendra avide de
franchir l’étape proposée qui le fera passer de la
routine séculaire à une foi articulée sur la haute
technologie de la création, avec laquelle rappelons le,
nous vibrons tous en résonance.
Très affectueusement
Fait à Lyon, le 12 Nissan 5775
Charles Cohen

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L’enseignement de la Kabbale est une tradition
ésotérique donnée par D.ieu au mont Sinaï en marge de
la Loi. Réservé à « Moïse » puis aux prêtres et aux
prophètes, ce Savoir restera secret jusqu’aux révélations
de Rabbi « Shimon Bar-Yo’hai » dans le livre du
« Zohar » au Ier siècle.
Le dévoilement de la Sagesse de Vérité au peuple
d’Israël, sera autorisé au terme d’un Décret céleste qui
interdisait son étude publique jusqu’à l’année 5250 de
la création du monde (1490 de l’ère commune).
À compter de l’année 5300 de la création (1540 de
l’ère commune), la Cour céleste ordonna que l’étude
du « Zohar » soit rendue licite et que vieux et jeunes
s’y consacrent comme à l’accomplissement d’un
précepte majeur ; « afin que soit rétablie l’Unité et que
vienne le Roi Messie ».
La période du dévoilement sera marquée au
XVIe siècle par les révélations du « Ari Ha Qadosh »,
dont l’enseignement constitue de nos jours l’essentiel
de l’étude de la Kabbale.

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En explorant la dimension cachée de la Torah, la
Kabbale découvre l’âme de la Révélation et dévoile les
racines secrètes de l’existence qui mènent à l’Essence
primordiale. C’est par ce Savoir secret, qu’il deviendra
possible à l’homme de réaliser le projet d’être que
D.ieu lui a attribué.
La Kabbale est une tradition orale, son essence est
infinie, c’est pourquoi il peut paraître contradictoire de
la mettre par écrit. Cependant, nous allons tenter
d’apporter par cet ouvrage, l’aide utile à sa
compréhension, pour permettre au lecteur de discerner
le lien intime qui unit D.ieu à Sa créature.

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La Torah est le lieu de la Révélation et de la
Tradition. Elle est l’âme du monde et le fondement de
la création, c’est la Substance même de l’Emanation
qui s’épanche et illumine de la Lumière de vie
authentique et éternelle. Si la Torah tient du ciel,
l’homme tient de la terre, si la Torah est essentielle à
l’homme, l’homme est essentiel à la Torah, tous deux
inséparablement liés ; mais parce que l’humanité ne
pourra la comprendre d’elle même, la Torah devra
être dévoilée par ses prophètes.
Dans l’acte de foi du « Shéma Israël », Israël
exprime l’Unicité absolue de D.ieu. Cette prière qui
est à réciter en se levant, en se couchant et au dernier
souffle de vie, demande d’aimer l’Eternel son D.ieu
jusqu’à un niveau qui transcende l’esprit.
Suivant les traités « Berakhot 13a et 15a », le mot
« Shéma » veut dire ; « fais entendre à tes oreilles »,
mais « Rachi » précise : « fais le aussi entendre en
toute langue, car l’Eternel devra être reconnu par
toutes les nations pour que soit rétablie l’Unité » ;
« c’est alors que sera offerte à l’ensemble des peuples

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une Langue épurée pour qu’ils invoquent Son Nom »
(Tsephania 3,9).
Le lien étroit entre Israël et les autres peuples,
explique pourquoi la proclamation de l’Unité par le mot
Un ou « E’had » du « Shéma », est immédiatement
suivie par l’affirmation « Véhahavta » ; et tu aimeras :
ton D.ieu et ton prochain.
Le rétablissement de l’Unité au sein des nations,
est la mission qui fut confiée par le « Saint Béni Soit-
Il » à Son peuple pilote : le peuple d’Israël. Cette
mission, ne pourra se réaliser que si le peuple choisi
étudie et enseigne l’Essence de son héritage spirituel
légué par D.ieu dans Son Livre sacré : le « Séfér
Torah ».
C’est ce devoir essentiel, qui est rappelé dans le
premier paragraphe du « Shéma » ; « tu les inculqueras
à tes enfants, tu t’en entretiendras dans ta maison et
sur le chemin » (Deutéronome 6, 5).

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Préambule

Lorsque « Ha Qadosh Baroukh Hou », le « Saint


Béni Soit-Il », créa le monde, Il le fit par Sa Parole
divine, le « Dibour Elokit ». L’hébreu, qui sera la
Langue de la création est le « Laschon Ha Qodesh », la
Langue de la Sainteté. Suivant le processus créatif,
toute chose qui existera le sera, parce que D.ieu l’aura
nommée.
En donnant vie et autonomie à Sa création, D.ieu
lui demandera de s’associer à Son Acte créateur en
produisant, par une évolution, l’être authentique.
Mais devant l’incapacité de la création à sortir d’elle
même le Projet souhaité, le « Saint Béni Soit-Il » plaça,
il y a 5775 ans, un modèle d’être façonné à Son image.
Cet idéal humain, qui sera nommé « Adam Ha
Rischon » ou la première ressemblance, définira le
premier homme apte à recevoir le discernement de la
Pensée créatrice. Ce temps, qui débutera la
construction de l’être réel, marquera, dans le judaïsme
le début de la création du monde véritable ; à partir de

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là, six mille ans seront accordés à la création, pour
réaliser son projet d’existence.
Il y a 3327 ans, le « six Sivan 2448 » de la création
d’un monde devenu vrai par l’apparition de « Adam
Ha Rischon », « Ha Qadosh Baroukh Hou » Se révéla
aux enfants d’Israël sur le mont Sinaï par le don de la
Torah. Ce dévoilement de l’Essence primordiale, se
fera sept semaines après la sortie d’Egypte, il sera
marqué quarante jours plus tard par la faute du veau
d’or : le « 17 Tamouz 2448 ». C’est cette faute, qui
incitera « Moïse » à briser les Tables de l’Alliance,
écrites du Doigt de D.ieu.
Mais pour que le Pacte entre D.ieu et Son peuple
puisse se rétablir, le Texte de la Révélation devra être
réécrit ; il le sera par « Moïse », qu’après l’accord du
Pardon divin ! Ces deuxièmes tables, écrites cette fois
par l’homme, mais sous la Dictée divine, seront
données le « 10 Tishri 2449 » au peuple d’Israël, en
écriture sacrée, l’écriture hébraïque. A partir de là,
l’intermédiaire entre D.ieu et Sa créature ne sera plus
le prophète, mais le Texte sacré retranscrit : le « Séfér
Torah » !
Pour glorifier ce nouveau lien, entre D.ieu et
l’homme, le jour du « 10 Tishri » deviendra au travers
des générations le Jour le plus solennel, celui du
Pardon : le « Yom Kippour ».

LE MONDE BINAIRE
Comme D.ieu est Un et que dans le Un il n’y a

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pas de liberté, le « Saint Béni Soit-Il » créa la liberté de
choix en concevant le monde binaire. C’est ce que
nous indique la première lettre de la Torah, qui est un
« Beith », celui du mot « Béréchit » qui veut dire au
commencement. Mais comme la lettre « Beith »
correspond également dans la Langue sainte au
nombre deux ; le mot « Béréchit », va aussi marquer le
début de deux réalités.

Béréchit – au commencement

Beith – Réchit, deux commencements


La réalité binaire de la création sera représentée
dans le récit biblique par deux entités duelles, l’Egypte
et Israël. Ces deux réalités aux forces de vie contraires,
sont respectivement symbolisées en Kabbale, par le
cercle et la droite.

L’Egypte – Mitsraïm – Métsarim


Le mot Torah vient de la racine hébraïque
« Yarah », qui signifie élever – instruire ; de cette
racine dérivent les mots « Hora’ah », l’enseignement
et « Hérayon », la grossesse. En hébreu, Egypte qui se
dit « Mitsraïm » peut être aussi lue « Métsarim », les
limites, la racine du mot « Har », qui est la montagne,
est celle du mot « Hara » qui signifie être enceinte, et
l’autre dénomination du mont Sinaï est le mont
« Horèv », dont la racine « H’arav » désigne la

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destruction. Ici, se dessine l’objectif essentiel de
l’enseignement de la Torah, qui est d’apprendre à
détruire les limites de sa propre conscience, pour
s’élever puis renaitre dans une Vérité immuable et
universelle : celle de la Révélation.

Mitsraïm – l’Egypte, Métsarim – les limites


En libérant la réflexion pour l’épurer par un
Raisonnement d’Ordre Divin, la Torah offre le moyen
de se libérer du paraître, qui est un pare-être, pour
retrouver l’essence de l’être véritable. Voilà pourquoi,
tout au long de son récit, elle rappellera que l’homme
ne naît pas homme, il le devient, et en le devenant, il
acquiert la liberté : c’est en sortant des limites du moi,
que l’homme libre pourra renaitre dans un moi en
perpétuelle évolution ; ce moi en devenir, sera le projet
d’être voulu par le Créateur, il sera nommé Israël !

Israël – Saré El – Yachar El


La Torah enseigne comment devenir un être
authentique, en recevant l’Essence de l’Etre
primordial. C’est ce message essentiel qu’elle rapporte
en « Exode 3,14 », lorsque « Moïse » rencontre D.ieu
pour la première fois au buisson ardent, Lui
demandant Son Nom. L’Eternel va alors répondre ;
« E.hyéh Asher E.hyéh », Je serai qui Je serai, pour
rappeler à l’homme que lui, est en devenir.
L’archétype de l’être en devenir, est représenté
dans le récit biblique par « Yaacov », Jacob, qui

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deviendra « Israël » après son combat contre
l’archange « Samaël », le prince des forces du mal : le
nouveau nom « Israël » qui glorifiera « Yaacov », va
lui apporter les forces de la transformation et de
l’évolution.
En effet, l’Etre primordial est le D.ieu Roi et pour
s’en rapprocher, il faut un titre de noblesse ; c’est ce que
va acquérir « Yaacov » dans sa lutte contre les puissances
maléfiques. Le titre qui anoblira et autorisera « Yaacov »
à se rapprocher du Roi Créateur, est « Saré El », le
prince de D.ieu anagramme du nom « Israël ».
Mais les forces que doit combattre « Yaacov » ne
sont pas des forces extérieures à l’homme, c’est ce que
nous enseigne la Torah lorsqu’elle définit le mal
comme : tout ce qui empêche le changement et
contrarie l’évolution. Le mal, ayant pour origine l’inertie
du moi, le nom « Israël » va aussi donner à « Yaacov »
du mouvement, en le faisant aller droit vers D.ieu ou
« Yachar El », autre lecture du nom « Israël ».

Israël

Yachar El – droit vers D.ieu

Yochér et ‘Igoul – la droite et le cercle – la destinée et


le destin
« Yachar El » désigne le moi en devenir ; devenir
« Yachar El » c’est s’extraire du moi inerte pour

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avancer désormais comme une droite vers l’Unité
dynamique du Divin. La droite qui traverse le moi
figé, est une ouverture qui mène à l’Essence
primordiale ; la droite est le chemin de la destinée.
Mais, pour que le dépassement du moi et que la
maturation puissent se faire, il faut que l’être, façonné
à l’Image du Roi Divin, apprenne à séparer en lui le
subtil de l’épais. Pour ce faire et nous venons de le
voir, sa pensée doit évoluer. Une pensée qui n’évolue
plus est une pensée idolâtre, c’est la pensée figée qui
stagne et s’épaissit jusqu’à se suffire à elle même ; cette
pensée détruit avant de se détruire.
La voie de l’idole, c’est-à-dire de la pensée étrangère
au Projet du Créateur, n’est plus la droite qui mène au
Divin par l’altruisme, mais le cercle qui ramène
inexorablement au moi ; le cercle est l’image symbolique
de l’égoïsme, dans son aire où l’homme est emmuré, se
trouvent des chemins qui mènent à une liberté
aléatoire : ces chemins, seront les possibilités du destin.
Le processus idolâtre qui aboutit au mal par
l’encerclement puis l’épaississement du moi, sera
matérialisé dans la bible par un veau d’or, « ’Eguèl Ha
Zahav » (Exode 32, 1-8) : le veau qui se dit en hébreu
« ’Eguèl », a la même racine que le mot « ’Igoul », qui
veut dire cercle.

Le libre arbitre
Si le libre choix et la réalité binaire de la création
sont signalés par la première lettre de la Torah, le libre

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arbitre bien utilisé est représenté par « Yossef »,
Joseph, le fils bien aimé de « Yaacov ».
La résistance de « Yossef » aux avances de la
femme de « Potiphar », est rapportée dans le récit
biblique (Genèse 39, 7-8) pour montrer le
comportement sexuel, car c’est précisément cette
conduite qui délimite chez l’homme ; l’être personnel
par le plaisir, de l’être universel par l’acte procréateur.
Voilà pourquoi, le signe choisi pour sceller l’Alliance
entre le D.ieu universel et Son peuple, sera la
circoncision ou « Brit Milah ».
Pratiquée au niveau de l’organe sexuel, la
circoncision rappelle que le plaisir dans l’acte de la
procréation doit rester saint à l’image de l’Acte
créateur. C’est pour cette raison, qu’elle ne devra être
réalisée qu’au huitième jour de la vie du nouveau né,
afin que soit passée sur lui la Sainteté d’un
« Shabbat ».
La traduction littérale de « Brit Milah » qui est
l’Alliance par le mot, nous rappelle aussi que le monde
fut créé à partir du Verbe divin et que l’existence ne se
maintient que par la quintessence du nom que D.ieu
lui a donné : l’homme sera son nom et le changement
de son nom impliquera le changement de sa destinée.
La parole et le mot seront donc le lien profond
qui réunira le D.ieu Eternel à la finitude de Sa
créature ; de D.ieu à l’homme ce sera la prophétie puis
le Texte de Sa Révélation, de l’homme à D.ieu : la
prière et l’étude de la Torah.

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L’ETUDE DE LA TORAH
Pour aider l’être dans son devenir, le « Tikounéi
Zohar 21,52b » enseigne que l’homme engendré par
D.ieu, est le prolongement d’un organisme vivant qui
lie le tout créé ; l’entité dont il s’agit est le « Gouféi
Torah », le Corps de la Torah.

Le Gouféi Torah – le Corps de la Torah


Le « Gouféi Torah » est le « Lévouch », c’est-à-dire
l’Habit de la Pensée divine créatrice. Et puisque
l’homme est une prolongation du Corps de la Torah,
c’est cette Pensée qu’il faudra remonter pour retrouver
le point de notre être qui lie à l’Essence primordiale.
Cet enseignement du « Zohar », le plus fondamental,
désigne l’importance vitale de l’étude de la Torah : pour
la construction de l’homme et pour le maintien de la
création dans l’Unité universelle.
Ainsi, pour arriver à concevoir que tout part d’un
Texte et tout y revient et que la possibilité même de vie
est directement liée à la compréhension de la Pensée
divine, il est indispensable d’étudier l’enseignement du
D.ieu Eternel qui nous fit sortir d’Egypte ; mais comme
la Torah a été donnée par D.ieu dans le « Laschon Ha
Qodesh », la Langue de la Sainteté, son étude devra
inévitablement se faire qu’à partir de l’hébreu.

Le Midrash – l’interprétation
La clé de l’étude disent nos Sages, est le
« Midrash », l’interprétation, mais en gardant

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assidûment à l’esprit, que tous les commentaires de la
Torah formulés après la Révélation, au mont Sinaï,
étaient déjà inclus dans cette même Révélation ; c’est
ce que le verset « Exode 20,1 » enseigne lorsqu’il dit :
« alors D.ieu prononça toutes ces Paroles… ».
Ainsi, les explications des Paroles divines qui
constitueront ultérieurement l’enseignement oral
(Mishna, Midrash et Talmud), ont été révélées par
« Ha Qadosh Baroukh Hou », le « Saint Béni Soit-Il »,
à « Moshé Rabbéinou », notre Maître Moïse, en même
temps que la Révélation de la Torah écrite (Midrash
Tanhuma Ki tissa 58b) ; c’est à partir de cet
enseignement traditionnel dit « Pé-Al-Pé »,
littéralement de bouche à bouche, que la Torah orale
interprétera la Torah écrite.
Toutefois, la Tradition est un capital que l’esprit
humain doit inlassablement faire fructifier, car la
condition de vie et de liberté passe par la nécessité de
l’évolution ; la Torah étant vivante et actuelle en tout
temps, son interprétation devra toujours expliquer
suivant le contexte du monde.

Le Midrash Kabbalistique – l’interprétation ésotérique


Suivant la Tradition juive, c’est « Adam » qui eut
la Révélation primordiale de la Sagesse de la Kabbale,
lorsque l’ange « Raziel » lui révéla les secrets de la
création et du Char céleste. Mais lorsqu’« Adam »
consomma le fruit de l’arbre de la connaissance du
bien et du mal, le « ’Ets Ha Da’ath Tov vé Ra’ », l’accès

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à l’Arbre de vie lui fut interdit. Eloigné de la Source du
discernement, il perdit son Savoir et ne put transmettre
à sa descendance qu’une Conscience résiduelle.
Au don de la Torah, la Sagesse suprême fut à
nouveau révélée dans son intégralité à « Moïse ».
Cette Connaissance, qui restera alors secrète et
réservée qu’à de rares initiés, sera transmise
oralement de génération en génération, créant un lien
traditionnel continu appelé « Shalshalèth Ha
Kabbalah », la chaîne de la tradition ésotérique.
Le fondement de l’interprétation Kabbalistique,
qui transcendera par sa réflexion et ses méthodes le
récit historique biblique, figure en allusion très claire
dans le verset « Lévitique 10,16 » où il est dit ; « Moshé
Darosh Darash », Moïse chercha soigneusement ou
diligemment. En répétant deux fois à la suite la racine
« Drash » qui veut dire interpréter en hébreu, le Texte
dévoile la nécessité de rechercher ce qui est dissimulé.
Aussi, pour pénétrer le sens profond de la Torah,
la Kabbale va dévoiler une étude mystique du Langage
de la création, à partir de ce qu’elle désigne être la
Source suprême, l’« Aléf-Béith » ; car ce n’est qu’à
partir de l’Alphabet sacré, que peut se faire « Alouf-
Bina », la connaissance du Maître Divin.

l’Aléf-Béith, l’Alphabet sacré


Mais l’« Aléf-Béith », révèle aussi les racines
secrètes de l’existence, car les lettres de la Sainteté une

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fois formulées puis libérées par la Parole divine dans
l’espace de la création, tentèrent de restaurer aussitôt
l’Unité primordiale en s’organisant en une multitude
de combinaisons ; ce sont ces permutations de lettres,
qui donneront naissance à des mots et des noms
créateurs d’existence.
Ces mots, source de vie, qui devront être
retranscrits dans le « Séfér Torah » pour rétablir
l’Alliance entre D.ieu et Son peuple, ne pourront l’être
que sous la Dictée divine, car ils recèlent en eux un
mystère caché qui est l’âme du mot et d’autres mystères
moins profonds qui sont l’enveloppe du mot.
Mais comme les lettres de la création ne sont que
consonnes, le sens du Texte réécrit par « Moïse »
change suivant la tradition des voyelles utilisées. C’est
pourquoi ; « le sens littéral du Texte, n’est qu’un
simple habit et celui qui prend cette enveloppe pour
l’Ecriture même, n’aura point (suivant le Zohar), de
part dans le monde futur ».
Dans son interprétation ésotérique, le Savoir
traditionnel de la Kabbale va aussi utiliser le décryptage
du sens symbolique des lettres sacrées, car leurs formes
reproduisent la Vibration originelle ; c’est ce que nous
indique la traduction littérale du mot « Oth », la lettre,
qui veut également dire signe en hébreu.
Si la Kabbale s’exprime généralement en symboles,
elle s’appuie encore sur la valeur numérique du Texte
de la Révélation, car les lettres ou « Othioth » (pluriel
de Oth) sont aussi des nombres, qui donnent la

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mesure de l’Energie créatrice. Aussi ; lorsque D.ieu Se
révéla à Sa création par une Morale et une Sagesse, Il
le fit pareillement par une Gigantesque équation
mathématique centrée sur le chiffre vingt six, valeur
numérique de Son Nom ineffable « Y.HVH ».

LE CŒUR DE LA TORAH
En attirant toute l’attention sur l’esprit de
recherche par le doublement de la racine « Drash », la
Torah va signaler dans le même temps le cœur ou
l’essence de toute existence, en plaçant précisément
son verset « Lévitique 10,16 » au centre même du
Texte sacré ; ce faisant, elle dévoilera le point de l’être.

La Néquoudat Ha Lèv – le point du cœur – le point


de l’être
Si chacune des lettres de la création est une part de
l’univers, chaque être est « ’Hélek Eloka Mimaal », une
part du Divin. C’est dans ce moi Divin qu’a été placé la
« Néquoudat Ha Lèv », le point de l’être ou du cœur, à
partir duquel il deviendra possible de réaliser le projet
d’être en recevant l’Essence de l’Etre primordial.
Cette Alliance de D.ieu au cœur de Sa créature et de
Sa Torah est si essentielle, qu’elle va habiller le Texte
sacré du début à sa fin. C’est ce qu’indiquent la première
et la dernière lettre du récit biblique : le « Beith » du mot
« Béréchit » et le « Laméd » du nom « Israël », qui
forment ensemble le mot « Lèv », le cœur en hébreu.
Mais « Lèv », dont la valeur numérique est trente

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deux, révèle aussi l’Arbre de vie, le « ’Ets Ha Hayim »
et ses trente deux sentiers de la Sagesse, les « Lèv
Nétivot », qu’il faudra franchir pour construire l’être
authentique.

Lèv – le cœur

HaShem ou le Nom Ineffable « Y.HVH »


En aidant au dévoilement de ce qui est caché, la
Kabbale révèle l’Ame de la Torah qui est la Substance
divine même, car l’ensemble du Texte sacré est la
déclinaison en un développement complet du Nom
Ineffable « Y.HVH » qui est « HASHEM » : LE NOM.
Ce Nom, « HAYAH HOVÉH EHYÉH », qui
Etait, Est et Sera, construira le sens et la motivation
des prières d’Israël.
C’est pour tenter de connaître cette Ame
suprême, révélée aux six cent mille âmes principales
au don de la Torah, que le roi « David » s’adressera au
« Saint Béni Soit-Il » par son « Psaume 119,18 »,
L’implorant ; « Dessille-moi les yeux, pour que je
contemple les merveilles de Ta Loi ! ».

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Partie I
Le projet d’être

INTRODUCTION
Suivant la Kabbale, toute vie est structurée
comme un Arbre particulier planté au jardin
d’« Éden » et que la Torah nomme « ’Ets Ha Hayim »,
l’Arbre de vie.
Du cœur de cet Arbre, appelé Splendeur ou
« Tiférèt », jaillit la Parole de Vérité : celle de la Torah.
Elle est notre voix intérieure, notre conscience, notre
moi authentique, la voix de « Yaacov » selon le
« Zohar ». Emanée d’une Bouche lumineuse, « Pé-
Or », cette Parole met notre pensée à l’unisson du
Verbe divin dont la Vibration infinie porte l’univers
et se confond avec la création ; la voix de « Yaacov »,
est celle de notre projet d’être.

Le Prozdor – le Corridor
Dans « Pirqey Avot », les Maximes des Pères,

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Chapitre 4 – Michna 21, « Rabbi Yaacov » dit : « Ce
monde ressemble à un Prozdor face au monde en
devenir, prépares toi dans le Prozdor afin d’entrer
dans le monde à venir ». Le traité « ’Houlin 142a » du
Talmud rajoute : « Il n’y a dans ce monde aucune
récompense pour les bonnes actions, car ce monde
n’est que la phase préparatoire ; le seul bonheur que
nous puissions réellement espérer, ne sera atteint
qu’après cent vingt ans ».
Comme nous l’avons vu, l’être humain a été créé
avec un projet : celui d’être. La voie qui mène à ce
projet est le chemin de la destinée. Mais l’homme a
aussi été doté d’un libre arbitre, qui est le libre choix
de vivre ou non suivant les Mesures divines.
Dans le cas où l’homme, créé à l’Image du Divin,
s’écarterait du plan attribué, il ouvrirait alors des
potentialités de chemins ou de destins, qui
l’éloigneront de sa destinée et corrélativement au
principe de l’Unité. Mais quelque soit la difficulté de
la voie librement empruntée, la finalité sera la même ;
retrouver l’Unité de l’Etre primordial. C’est en ce sens
que nos Sages placent notre monde dans sa juste
perspective, en le décrivant comme un « Prozdor »,
un corridor qui mène au monde à venir.

Le monde en devenir
Nos Maîtres nous enseignent également ; « celui
qui étudie les Principes divins et qui vit suivant ces
Principes, goûtera ici bas aux délices du monde à

32
venir » (Talmud Babli – Berakhot 57b).
Le monde à venir est celui de notre projet d’être,
sa réalité spirituelle pénètre l’« Aviout », c’est-à-dire
l’épaisseur de ce que nous percevons et vivons,
suivant le niveau de notre réalisation. En modifiant le
degré de notre discernement, la réalité du monde à
venir va progressivement s’imposer dans celle de
notre monde matériel, agissant ainsi sur son
évolution ; c’est en évoluant vers notre projet d’être,
que nous faisons évoluer physiquement la création
vers son projet d’existence. Voilà pourquoi, notre
monde est encore appelé par la Kabbale le monde des
conséquences ou monde en devenir, dont
l’accomplissement finalisera le Projet du Divin.
Ainsi, vivons nous dans une interférence de deux
mondes ; ce monde réel ou le « ’Olam Hazé », qui est
celui de notre être, et le monde à venir, le « ’Olam
Haba », monde de vérité auquel appartient notre
projet d’être. La réalisation totale de la créature, qui
ne pourra se faire qu’en recevant l’essence spirituelle
du monde à venir, nous est indiquée par le mot
« Kabbalah », qui signifie recevoir. Ce monde vrai, est
parallèle au notre, comme nous le signale le mot
« Hékebèl », qui veut dire parallélisme en hébreu et
qui s’obtient par l’inversion des lettres mêmes du mot
« Kabbalah ».

Kabbalah – Kabbale

33
Hékebèl – parallélisme
Ces deux mondes en interaction, expliquent
pourquoi le mot « ’Hayim », la vie en hébreu, est au
pluriel ; « ’Hayim » ou vies, fait allusion à l’autre vie,
celle qui est ailleurs et à venir, la vie que l’on doit
atteindre, mais qui nous attend déjà dans une autre
dimension.

La Téchouva – le retour vers soi


Il est possible de connaître le projet qui nous a été
attribué par le Divin Créateur par l’effort de
l’introspection. Ce retour vers le moi profond appelé
« Téchouva » en hébreu, est un travail spirituel, car
c’est par lui que nous redécouvrirons l’essence de
notre être, qui nous lie au D.ieu Eternel ; la
« Téchouva » est donc un effort de se connaître, pour
renaître dans un grand tout : l’Unité créatrice.
Revenir vers l’authenticité du moi, c’est au final
apprendre à dépasser la réalité contradictoire de notre
monde, pour se fondre dans l’Unité indifférenciée
d’une Lumière infiniment créatrice. Cette Lumière
infinie, appelée « Or Ein Sof », est la Source de la vie
éternelle accordée au projet d’être ; c’est cette vie
immortelle, que le D.ieu Transcendant insuffla à
l’âme de toutes Ses créatures, par la lettre « Hé » de
Son Nom « Y.HVH ».
L’éternité qui peut être regagnée par la réalisation

34
du projet d’être, nous est signalée par l’autre lecture du
mot « Téchouva » qui est « Tachouv-Hé » ; le retour du
« Hé », le retour du Souffle de la vie éternelle.

Téchouva

Tachouv – Hé, le retour du Hé

LA PENSÉE NÉFÈSH – ‘HAYA


En racontant le monde, la Kabbale raconte l’histoire
de la Pensée…

L’âme Néfèsh ‘Haya


Le verset « Genèse 1,24 », qui dit : « Totséh ha
Haréts Néfèsh ‘Haya Léminah Béhémah » ; « que la
terre produise des êtres animés selon leur espèce », est
un Souhait, que le « Saint Béni Soit-Il » adresse à Sa
création.
Dans Son Désir, D.ieu aimerait que la terre, en
vertu du libre arbitre accordé, participe, par une
évolution, à la réalisation de Son Projet créateur. Si
cette invitation à l’évolution rejoint parfaitement la
théorie scientifique sur l’évolution des espèces, le
Texte va toutefois préciser quel sera le projet d’être
pour la créature, en le désignant : « Néfèsh ‘Haya ».
La Kabbale nous enseigne à ce sujet ; « bien que
l’âme soit une et indivisible, elle possède cinq nuances

35
ou colorations, qui sont ses niveaux de rayonnement
dans les mondes spirituels ». La première nuance, la plus
basse est le « Néfèsh », le petit souffle ou l’âme végétative
qui donne le branle à la vie, quant à la quatrième c’est la
« ’Haya », la vivante, le niveau de l’âme qui prend
directement naissance dans la Pensée divine ; c’est par la
« ’Haya », que s’épanche le flux de la vie éternelle.
À partir de cet enseignement, la traduction
littérale du verset « Genèse 2,24 » va se préciser en
devenant ; « que la terre produise le niveau Néfèsh et le
niveau ‘Haya de la vie ». Ainsi, dés son début, la
Torah nous apprend qu’un être ne sera véritablement
vivant, que s’il possède les deux niveaux, « Néfèsh » et
« ’Haya », qui lui permettront de vivre une vie tant
matérielle que spirituelle.
En s’adressant à l’homme dans ce qu’il aura de
rationnel et d’irrationnel (la foi), la Torah permettra à
l’être de devenir. Mais pour que ce projet puisse se
réaliser et parce qu’il s’agit du même homme, les deux
faces humaines, celle de la rationalité et celle de
l’irrationalité, devront à un moment donné se
rejoindre ; c’est là que se situe le Projet divin et que la
notion du libre arbitre va prendre toute sa dimension.

Le serpent primordial
La suite du Texte, va cependant nous dévoiler que
la terre ne put produire dans sa libre évolution et au
mieux d’elle même, qu’un être dépourvu de toute
spiritualité ; il s’agit de la « Béhémah », qui

36
correspond dans le verset précité à l’espèce ou la
créature animale. Cette créature singulière,
assimilable à la nature profonde de l’homme va, en
poursuivant son évolution, aboutir à une forme
élaborée appelée « Nakhash » ; le serpent.
Le « Nakhash », est décrit dans le récit biblique
comme : « être parlant qui se tient debout mais qui
sera condamné après la Malédiction divine à
ramper ». Ce qui semble à priori être un handicap,
décrit de façon allégorique l’opportunité pour la
« Béhémah » d’acquérir une connaissance ; c’est en
rampant, que l’être animal aura accès aux secrets de la
terre… mais pas à ceux du ciel.
La parole du serpent, le « Nakhash », exprime une
pensée « Néfèsh », qui est la pensée propre, dépourvue
du niveau « ’Haya » qui connecte à la Pensée divine ;
cette pensée terre à terre, c’est-à-dire qui vient de la terre
pour retourner à la terre, est la pensée carpé diem,
étrangère au projet d’être.

Le Mi et le Mah – le Qui et le Quoi ?

Quoi ? / Qui ?
La pensée « Néfèsh » est pour la Torah une
« Qlipah », une écorce, qui tient prisonnière la
Sainteté de la Pensée divine en ne considérant pas le
ciel et en refusant de connaître Qui a créé cela ? ; c’est
ce que nous indique le troisième sens de lecture du

37
nom Egypte qui est « Métsar Mi » ; « la question Qui
dans son étroitesse ».

Mitsraïm – l’Egypte

Métsar Mi
Aussi, à la question fondamentale « Mi Bara Elé »,
Qui a créé cela ? (Isaïe 40,26), la Kabbale va répondre :
« E.lohim Bara », D.ieu créa, en inversant les lettres
mêmes de la question.
L’étroitesse du questionnement, va limiter la
puissance de la pensée jusqu’à atteindre le « Quoi »
qui se dit « Mah » en hébreu ; Il a créé Quoi ? ou
« Bara Mah », est l’autre question essentielle que
devrait se poser la pensée « Néfèsh » pour libérer la
Pensée divine. La réponse à cette deuxième question
qui est Abraham, anagramme de « Bara Mah », devra
nous rappeler que la sagesse du premier patriarche
d’Israël, est née de la force de son questionnement ;
sagesse qui se dit en hébreu « ’Hokhma », a pour autre
lecture « Koa’h Mah », la puissance du Quoi !
La pensée « Néfèsh », qui est à l’opposée de la
Pensée créatrice, refuse donc le questionnement du
« Mi » et du « Mah ». Cela explique pourquoi le
« Nakhash » va devoir séduire « Eve », car elle était
une émanation de la Pensée divine ; « Eve », qui
s’appelait originellement « ’Haya », la vivante, portait
le même nom que la quatrième nuance de l’âme, celle

38
qui rayonne dans le monde spirituel de la Sagesse
créatrice : lorsque la pensée du serpent ensemença
« ’Haya », « Eve » devint alors « ’Hava », qui dérive de
« ’Hivia », le serpent en araméen.
Au final, la Torah va nommer la parole du
serpent « ’Houts-Pa », la parole insolente, car elle est
littéralement « ’Houts-Pé », en dehors de la bouche,
en dehors du Verbe créateur. Mais « ’Houts-Pé », la
parole extérieure à la Parole créatrice, désigne aussi la
bouche envenimée qui va la prononcer : la mauvaise
bouche qui se dit en hébreu « Pé-Ra », peut aussi être
lue « Pa-Ro », le Pharaon, qu’il faudra affronter pour
libérer la Pensée divine.

Les soixante dix nations


Comme l’évolution va du simple au complexe,
pour expliquer le monde, la Kabbale remonte vers
l’origine à partir du différencié.
Notre monde est celui de la forme et du séparé, il
est le monde que l’on voit et qui est vu. Il est appelé
d’une façon générale « ’Olam Hazé », ce monde, mais
la Kabbale le nomme également « ’Olam ‘Assiah », le
monde de l’action.
La première lettre de « ’Assiah », qui est le
« ’Ayin », veut dire œil en hébreu, elle désigne ce que
l’on peut voir. La valeur numérique du « ’Ayin », égale
à soixante dix, donne le nombre de formes ou de
différenciations primordiales qui structureront notre
monde matériel.

39
Le verset « Genèse 11-1 », nous apprend que si la
terre était Langue unique, chaque famille humaine
avait aussi des paroles particulières. Autrement dit, si
chacun des peuples avait la Langue universelle
(l’hébreu sacré), chacun d’eux possédait aussi son
propre dialecte pour exprimer sa pensée.
Dans l’épisode de la tour de « Babel », si les
peuples ne se sont plus compris, ce n’est pas parce que
leurs langues se sont séparées, mais parce que la
Langue unique, celle de la Sainteté, fut totalement
oubliée ; « c’est là où se situe l’Intervention divine ;
l’Universel concret a été perdu, on devra Le retrouver
pour libérer la pensée propre » (Léon Ashkénazi – La
parole et l’écrit).
L’archétype de la différenciation est rapporté dans la
Torah par l’histoire de « Babel », dont le nom dérive de
la même racine hébraïque que le mot « Bilboul », qui
veut dire confusion ; l’épisode de la tour de « Babel »,
sera pris comme référence par la Kabbale, pour dévoiler
les soixante dix archétypes de la pensée propre.
Comme nous venons de le voir, la source de la
pensée propre est la parole du « Nakhash Kadmoni »,
le serpent primordial. Cette parole, responsable de la
faute originelle puis de la brisure de l’Unité, va
induire une séparation entre ce qui sera à l’intérieur
de ce qui sera à l’extérieur de l’essence de l’être.
Si l’intériorité, ou « Pnimiouth », aura dans la
suite du récit biblique un archétype en la personne de
« Caïn », l’extériorité, la « ’Histsoniouth », sera

40
personnifiée par « Abel ». Le crime entre les deux
frères, qui débutera l’histoire de l’humanité,
symbolisera la séparation conflictuelle entre la
matérialité et la spiritualité ; la réparation de cette
brisure, qui se fera par le rétablissement de l’Unité,
définira la raison de la destinée.
L’existence véritable et éternelle sera donnée dès
l’origine à l’intériorité de l’être : l’âme. Mais pour
survivre, l’extériorité, elle, devra acquérir une pensée
qui lui sera propre et qui naitra de la pensée du
serpent primordial : c’est ainsi que vont se développer
soixante dix archétypes du raisonnement humain ou
soixante dix pensées propres, qui découperont tout au
long de son histoire l’humanité en soixante dix
nations (Genèse – Chap10).

Midbar – le désert
« Pé-Ra », la mauvaise bouche, celle du « Nakhash
Kadmoni », sera donc la source de toutes les pensées
propres à venir qu’il faudra libérer de « Pa-Ro », le
Pharaon, pour leur permettre de rejoindre la Pensée
divine. Voilà pourquoi, lorsque « Yaacov », le père
d’Israël, descendra en Égypte, il sera accompagné de
toute sa famille qui comptait très exactement soixante
dix membres ; chacun d’eux ayant pour charge de
libérer l’un des soixante dix modèles de la pensée
propre (Genèse 46,27).
La suite de cet épisode biblique nous la
connaissons ; la délivrance (de la pensée ou de la

41
parole propre), ne sera totale qu’à l’issue d’une
errance de quarante années dans le désert. En hébreu,
le désert qui se dit « Midbar », peut aussi être lu
« Médabèr », parlant : l’errance de quarante années,
qui plus est dans un désert, sera la condition
nécessaire, pour remettre en marche la Parole
créatrice de la Pensée originelle.

Midbar – le désert, Médabèr – parlant

ADAM HA RISCHON
Cette mission particulière, qui fut donnée à
« Yaacov » et à sa famille, de délivrer l’essence
intellective des soixante dix nations, révèle qu’Israël
n’est pas un peuple à part : Israël porte en lui la
responsabilité de l’humanité entière ; parce qu’il est
« Goy E’had ».

Goy E’had – le peuple primordial


La Kabbale nous apprend que le peuple d’Israël
n’est pas « Shiv’im Véa’hat », un soixante et onzième
peuple, mais « Goy E’had », le peuple Un des soixante
dix peuples, car : Israël a été formé à partir d’un
prélèvement, une « Teroumah », de chacune des
soixante dix nations.
Le mot « E’had », qui veut dire Un, est le principe
de l’Unité. C’est pourquoi, il est utilisé dans
l’expression « Yom E’had », qui finalise dans la
Genèse le Jour Un de la création, durant lequel tous

42
les archétypes à venir furent créés dans l’Unité
(Genèse 1,5) ; l’expression « Goy E’had », doit donc
être entendue, peuple primordial : le peuple qui
représente à lui seul, l’ensemble des soixante dix
peuples dans une totale unité.
La création originelle de tous les archétypes dans
la même Unité, explique que chacune des nations
contient en elle une part de la Sainteté créatrice. Voilà
pourquoi, l’amour du prochain est un fondement
essentiel dans le judaïsme : la valeur numérique 13 du
mot « E’had » nous le montre, elle est égale à celle du
mot « Ahavah », l’amour en hébreu.
La somme 13 + 13 de ces deux mots qui donne
26, la valeur numérique du Nom ineffable « Y.HVH »,
nous rappelle que c’est en aimant son prochain, qu’il
devient possible de se rapprocher de l’Unité de D.ieu
et donc de recevoir l’essence de son propre être ; c’est ce
que le pluriel du mot « ’Hayim », vies, va encore nous
signaler, en annonçant deux vies : la nôtre, mais aussi
celle de l’autre.

L’âme universelle
En remontant vers l’origine, la Kabbale enseigne ;
si Israël est structurellement dans la continuité des
peuples, c’est parce que l’essence d’Israël est le
prolongement d’une essence universelle, celle de
« Adam Ha Rischon ».
« Adam Ha Rischon », le premier Adam,
représente suivant la Torah l’archétype du projet

43
d’être. Son apparition, il y a 5775 ans, dans une
humanité qui tentait son évolution vers la créature
vivante « Néfèsh ‘Haya », fait qu’« Adam » n’est pas le
premier homme de l’humanité.
En effet, le nom « Adam » dérive du mot
« Doméh », qui veut dire semblable en hébreu. Ce
nom, nous enseigne que « Adam Ha Rischon »,
littéralement la première ressemblance, a été le
premier homme principe de l’humanité ; car créé à
l’Image du Divin Créateur. Cette particularité
explique que « Adam Ha Rischon », sera au final le
premier homme de l’humanité, apte à recevoir
l’enseignement de la Torah.
Pour développer sur cette notion essentielle, il
nous faut rappeler que D.ieu dans Son Omniscience,
connaissait l’impossibilité de la terre à produire la
créature vivante « Néfèsh ‘Haya ». C’est pourquoi, Il
façonna une âme primordiale, archétype du projet
d’être « Néfèsh ‘Haya ». Cette âme principe originelle,
créée à partir d’un prélèvement du tout existant et ce,
avant même que n’apparaisse le tout existant dans la
création (voir notre chapitre sur le ‘Hashmal) aura
pour rôle essentiel, de permettre à chacune des
futures parcelles (ou différenciations) de la création,
de réintégrer l’Unité créatrice.
« Adam Ha Rischon », est donc la « Neshamah
Klalit », l’âme universelle de l’humanité, créée avant
que ne débute l’histoire même de l’humanité. Cette
âme, seule capable d’apporter le niveau « ’Haya » qui

44
manquera à la création, permettra à la pensée propre
ou « Néfèsh », de rejoindre la Pensée sauvegardée
dans la « Neshamah Klalit » ; c’est en retournant vers
la Pensée universelle, que la pensée propre à la nature
de l’homme, pourra débuter la réalisation de son
projet d’être.

Les six cent mille âmes principales


Pour permettre à l’humanité de retrouver
l’universalité, il sera donc nécessaire de réintégrer ce
qui s’est séparé au cours de l’évolution. Pour ce faire,
l’âme universelle, la « Neshamah Klalit », va devoir
connaître l’expérience de la brisure : « pour éparpiller
l’Unité dans le différencié ».
C’est ce que va nous dévoiler le « Zohar » par
deux révélations d’importance ;
1. Le « Tikounéi Zohar 69, 1113a », nous apprend
qu’en séparant le fruit de l’Arbre et donc en séparant
ce qui était uni, l’âme universelle de « Adam Ha
Rischon » se brisa en six cent mille étincelles qui
constitueront les six cent mille âmes principales :
cette brisure, sera pour la « Neshamah Klalit », le
moyen de disperser en six cent mille fragments son
Unité, car, dans chacune de ces fractions, sera placée
toute la Quintessence primordiale.
2. Le « Zohar ‘Hadach – Chir Ha Chirim 74b » nous
donne le nombre de lettres qui constituent le Texte
de la Torah. Il nous dit ; « Yesh Shishim Ribou
Othioth LaTorah », il y a six cent mille lettres dans

45
la Torah, pour faire comprendre, que le Texte
sacré, lieu de la Révélation, est divisé en six cent
mille parcelles de la Vérité divine : en dévoilant ce
nombre précis de lettres, le « Zohar ‘Hadach » va
également désigner par les premières lettres des
mots de son affirmation (Rochéi Téivos) ; le nom
Israël !
Ces deux révélations, qui se rejoignent par le
même chiffre six cent mille, dévoilent à Israël quel
sera son projet d’être et le moyen pour le réaliser ;
1. Les six cent mille lettres de la Torah, qui désignent
Israël, sont à rapprocher des six cent mille âmes
principales issues de l’éclatement de l’âme
universelle de « Adam Ha Rischon » : ces six cent
mille âmes, « qui seront la source de vie pour le
monde et qui définissent la communauté d’Israël »
(Tanya Ch.37), auront pour mission de rétablir
l’Unité au sein de l’humanité et ce, pour rétablir
l’âme universelle.
2. Le moyen qu’aura Israël, pour réaliser son travail de
réparation ou « Tiqoun », sera l’étude de la Torah ;
car le Texte sacré contient la Sagesse de l’Unité,
fragmentée en six cent mille parties : ces six cent
mille faces de la Torah, se destineront aux six cent
mille âmes principales d’Israël.
Mais pour que cette mission puisse aboutir, il
faudra que le niveau « ’Haya » d’Israël, hérité de l’âme
« Néfèsh ‘Haya » de « Adam Ha Rischon », soit activé
par le don de la Torah ; c’est par ce don du Divin, le

46
« Matan Torah », que sera apportée à Israël la clé
nécessaire à la compréhension de la Sagesse créatrice.

Les étincelles d’âmes


L’Unité brisée par la faute originelle, devra donc
être rétablie par un travail de réparation qui
incombera à chacune des étincelles dérivées des âmes
principales. C’est ce qu’enseigne le « Tanya » dans son
Chapitre 37 ; « et toutes les six cent mille âmes
générales de la communauté d’Israël et leurs détails et
les détails de leurs détails ».
En effet, si la faute originelle provoqua un
éclatement de l’âme primordiale en six cent mille
âmes principales, elle sera aussi responsable de leur
chute spirituelle car, lors de l’effondrement de la
« Neshamah Klalit », les six cent mille âmes
principales se divisèrent à leur tour en six cent mille
étincelles d’âmes, qui se fragmentèrent à nouveau en
six cent mille autres étincelles d’âmes.
Ce processus, qui sera à l’origine de la « Yéridat
Ha Dorot », la chute spirituelle des générations, rendra
plus difficile la réalisation du projet d’être de l’âme
principale, par ses étincelles d’âme.
Lorsque l’âme principale débutera, à partir de ses
âmes dérivées, son processus de réparation, elle
permettra à la pensée propre ou « Néfèsh », dont elle
aura la responsabilité, de réintégrer la Pensée
universelle, en lui révélant la fraction de Vérité qui
constitue son essence ; c’est cette mission que les

47
soixante dix membres de la famille de « Yaacov »,
assumèrent en descendant en Egypte.
Une fois que toutes les âmes principales auront été
réparées, la Réalité de l’Unité pleine et entière sera
dévoilée. Voilà pourquoi, le point culminant de
l’histoire de l’humanité, se connaitra lorsque le D.ieu
Eternel et Un, sera reconnu et proclamé par l’ensemble
des nations, c’est-à-dire lorsque les soixante dix
modèles de la pensée propre auront rejoint le principe
Unitaire de la Pensée universelle : la finalité de la
création sera alors terminée dans sa perspective et l’être
issu de la chute, redeviendra l’être spirituel. Mais
attention, seulement six mille ans seront accordés à
Israël et à l’humanité, pour réaliser ce Projet.
Au final, c’est à la pensée propre à la nature de
l’homme, la « Béhémah » – la créature, que s’adresse
l’enseignement de la Torah. C’est pour cette pensée qui
ne peut s’élever vers le ciel, que seront offertes la
Révélation puis la Rédemption Messianique :
l’expression « Baroukh Haba Mélèkh Ha Machia’h »,
Sois le bienvenu le Roi Messie, nous le signale ; ses
lettres initiales, forment ensemble le mot « Béhémah » !

L’EXIL
En racontant l’histoire de la Pensée créatrice, la
Kabbale dévoile le Projet du Divin.
Le peuple d’Israël, parce qu’il est un prélèvement
des autres peuples et aussi le dépositaire de la Sagesse
de l’Unité, sera missionné par le « Saint Béni Soit-Il »,

48
de dévoiler à l’humanité le chemin qui la conduira à
sa réparation puis à sa délivrance. Parce que son
histoire sera universelle, l’exil d’Israël reproduira l’exil
d’une humanité, bannie du jardin d’« Éden ».
En révélant aux nations les racines secrètes de leur
existence et par voie de conséquence l’Ordre de leur
être, Israël dévoilera une Sagesse émanée du monde de
l’« Éden » ; c’est cette Sagesse, qui permettra à
l’humanité de réintégrer le Monde du Divin.

Goy Qadosh – le peuple saint


Mais au cours de son exil, Israël devra connaître
des souffrances insupportables qui sont déjà annoncées
dans le verset « Deutéronome 28.65 » où il est dit ;
« parmi ces nations, tu ne connaîtras point le repos ».
Ces peines qui seront là, rappelleront à Israël son projet
destiné ; être un peuple saint, « Goy Qadosh », car
« l’Eternel son D.ieu est Saint » (Lévitique 19.2).
C’est en suivant les Prescriptions divines et en
s’alignant sur la Pensée créatrice, que la sainteté
d’Israël permettra de libérer la pensée propre de
chacune des nations ; cette mission, ô combien
douloureuse, que devra supporter Israël, sera
cependant vitale, car ce n’est que par elle, que
l’humanité pourra retrouver l’Unité.

Tsion – Or Ha Goyim – la lumière des peuples


Rehausser la pensée propre, la pensée « Néfèsh »,
à la sainteté de la pensée « ’Haya », explique pourquoi

49
l’autre nom qui désigne Israël est « Tsion » ou
« Sion », qui s’écrit « Tsadé – Yod – Vav – Noun » ; les
trois dernières lettres du nom « Tsion », qui sont
« Yod – Vav – Noun », forment ensemble le nom
« Yavan », qui est la Grèce en hébreu.

Yavan-la Grèce
La Grèce, est le symbole de la sophistication de la
forme et de la pensée, sa culture résume à elle seule les
soixante dix archétypes de la pensée propre. Toutes
les faces de « Yavan » sont belles, comme le signale le
mot « Noï », qui veut dire beauté en hébreu et qui
s’obtient par une lecture inversée du nom « Yavan » ;
« Noï » est la face cachée de « Yavan ».
Mais la beauté de « Yavan » n’est qu’extérieure et
son essence polythéiste doit se rétablir dans l’Unité du
D.ieu Eternel. Pour pouvoir le faire, sa culture doit
s’élever spirituellement par le rajout d’une sainteté ; ce
travail incombera au « Tsadiq », le juste.
La lettre « Tsadé » qui désigne le « Tsadiq » va, en
se plaçant devant le nom « Yavan », transformer
« Yavan » en « Tsion » (Sion). C’est ainsi que la beauté
« Noï » de « Yavan », va pouvoir réintégrer le Monde
merveilleux du Divin ; merveille qui se dit « Pélé » en
hébreu, s’écrit « Pé-Laméd-Aléf » qui sont les lettres
transposées du nom « Aléf », le Sceau du Divin ;
« Pélé » est la face cachée de « Aloufo Chel Olam », le
Maître du monde.

50
Tsion-Sion
Voilà pourquoi l’étude sacrée du « Tsadiq », en
exil, sera vitale pour les nations, en les liant (ainsi que
le tout créé) au Corps du « Gouféi » Torah : le juste
donne aux soixante dix formes primordiales et aux
soixante dix modèles de la pensée propre, la possibilité
de réintégrer l’Unité de la Pensée créatrice, par les
soixante dix sentiers ou niveaux de lectures de la
Torah.
La symbolique de « Yavan », va ainsi révéler la
troisième vertu d’Israël : si Israël est « Goy E’had », le
peuple un, mais aussi « Goy Qadosh », le peuple saint,
il devra être avant tout « Or Ha Goyim », la lumière
des peuples, en dévoilant le rayonnement de la pensée
propre de chacune des nations.
Au final, l’épopée individuelle d’Israël sera une
expérience universelle : en se libérant de l’Egypte,
Israël sauve l’humanité en lui révélant quel est son
projet d’être ; c’est à cette seule condition, que son
Universalisme concret sera reconnu.

La fin de l’exil
Sur la fin de l’exil, qui est le « Galout » en hébreu,
le prophète « Zacharie » (chapitre 8 verset 22-23)
annonce : « de nombreux peuples et de puissantes
nations viendront rechercher l’Eternel à Jérusalem et
lui rendront hommage… En ces jours-là, dix hommes

51
de toutes les langues des nations saisiront un juif par le
pan de son vêtement et diront ; nous irons avec vous,
car nous avons entendu dire que D.ieu est avec vous ».
Cette prophétie, nous apprend qu’au temps de la
réconciliation, entre Israël et les autres nations, la
totalité du peuple d’Israël ira se rassembler sur sa
terre. C’est alors, que chacune des nations saisira un
homme juif, pour être conduite en Terre sainte et
pour que lui soient dévoilés les secrets de l’existence.
Cette mission dernière, sera incontournable pour
que le salut soit généralisé, car elle permettra à
l’ensemble des nations de reconnaitre que la Sagesse
divine est intrinsèquement liée à Israël ; et comme
cela fut avec Pharaon, le peuple choisi connaîtra la
liberté et la délivrance, la « Guéoulah », une fois que
l’Authenticité du Divin et de Ses Commandements
seront reconnus par tous.

LE SECRET DU SÉGOL
Si le « ’Am Israël » est le dépositaire depuis le
« Matan Torah », le don de la Torah, des secrets de la
création et des mécanismes fondamentaux de
l’existence, ce Savoir, ne devra connaître aucune
déviance pour rester universel.

Bétsalèl
Pour superviser la construction du « Mishkan »,
le sanctuaire mobile dans le désert, « Moïse » fit appel
à « Bétsalèl », de la tribu de « Yehouda » et dont le

52
nom signifie à l’ombre de D.ieu (Exode 36 : 1).
Les dimensions du « Mishkan », puis plus tard
celles du Temple, le « Beith Ha Miqdash », devaient,
suivant les Prescriptions divines, reproduire dans
l’exactitude l’équilibre des forces universelles.
« Bétsalèl », qui connaissait la permutation secrète
des lettres sacrées par lesquelles les cieux et la terre
furent créés, est considéré par le « Midrash »
(Berakhot 55) comme le symbole de la Connaissance
pure, car il avait la capacité à maîtriser l’Energie
créative de l’univers sans perdre le contact avec le réel.
L’exemplarité de « Bétsalèl », se destinera aux
aspirations les plus profondes chez l’homme : le désir
de connaître la réalité et le besoin de s’exprimer, qui
seront à l’origine de la recherche scientifique et de
l’exploration artistique.
La Torah ne considère pas les arts et les sciences
comme contradictoires du But premier qui est de
connaître D.ieu afin d’accomplir Son Projet. Bien au
contraire, elle enseigne que le travail spirituel qui
permet le rapprochement à D.ieu, ne peut être
complet que s’il est accompagné d’une analyse
physique et artistique des merveilles de la nature.
C’est ce que nous montre :
1. la Guématria 611 du mot « Torah », égale à la somme
des valeurs numériques du mot art, « Omanouth »
(497) et du mot « Madah », la science (114).
2. la même racine hébraïque des mots foi, « Emounah »
et art, « Omanouth », qui est le mot « Amen ».

53
C’est dans ce même sens, que le Kabbaliste
« Abraham Aboulafia » (1240-1291), va révéler
l’importance des chants liturgiques en permutant les
lettres de l’expression « Gan Éden », le jardin d’Éden,
qui fait découvrir « ’Ed Nagan », le témoignage du
musicien.
Au final, la vraie sagesse doit s’accompagner d’un
fort sentiment de la réalité ; si la sagesse pousse
l’individu à perdre le sens du réel, alors la sagesse elle-
même fait défaut.
Après la construction du sanctuaire, « Bétsalèl »
aura une autre responsabilité capitale : la conception
des vêtements des prêtres et notamment celle du
pectoral, le « ’Hochen », sur lequel étaient apposés les
« Ourim » et « Toumim », éléments divinatoires qui
guidaient le règne des rois d’Israël.
Rabbi « Yaacov Tsevi de Mecklembourg » (1785-
1865) explique dans son commentaire de la Torah
« Haketav Vé ha Kabbalah », que le verset « Exode
28,15 » ; « tu feras un ‘Hochen (pectoral) de justice »,
insiste sur le mot justice, car « ’Hochen » est formé
des mêmes lettres que « Nakhash », le serpent qui
mène à la sorcellerie. Il précise ; « si les peuples du
monde utilisent la sorcellerie pour connaître l’avenir,
ce n’est pas le cas d’Israël, qui, pour résoudre ses
doutes, utilise les éléments du ‘Hochen que sont les
Ourim (lumières) et Toumim (perfections) qui
donnent la Révélation et déclarent la Vérité ».
On comprend à présent, pourquoi la formule

54
araméenne « Abraqadabra », issue de la Kabbale
pratique et qui a été formée à partir des anagrammes
« A Bara Qa Dabar », Il a créé comme Il a dit, et « A
Baraq Dabar », la Foudre dans la Parole, n’était
réservée et utilisée que par les seuls initiés. Cette
formule, qui résume à elle seule le Savoir surnaturel
de « Bétsalèl » et qui révèle la Puissance du Verbe
créateur, met en avant le risque cataclysmique que
peuvent engendrer l’occultisme et la magie en
modifiant, par la Parole, des états naturels.
Ces pratiques, formellement interdites par la
Torah, expliquent pourquoi il sera décidé plus tard,
que la retranscription du « Zohar » soit
volontairement faite de façon extrêmement confuse ;
afin d’éviter que les forces créatrices ne soient utilisées
dans un but étranger au maintien de la création et de
ses créatures au sein de l’Unité universelle.

‘Am Ségolah – le peuple du Ségol


Le « Ségol », qui dessine par trois points un
triangle dont le sommet se dirige vers le bas,
représente symboliquement l’état d’équilibre des
forces créatrices, mais aussi, la Connaissance
maitrisée. Le sommet du « Ségol », constitue l’axe
central du « ’Ets Ha ‘Hayim », l’Arbre au travers
duquel s’écoule le flux de la vie éternelle.
Par l’intermédiaire du « Ségol », s’harmonisent et
s’unifient les « Chlochah Qavim », les trois lignes de
l’édifice céleste, qui structurent et nourrissent de leur

55
abondance le macro et le microcosme.
Le « ’Am Israël », le peuple d’Israël, est également
appelé « ’Am Ségolah », couramment traduit « peuple
élu » mais qui littéralement est, le peuple du Ségol ; « ’Am
Ségolah », désigne le peuple héritier de la Clé d’équilibre
des forces universelles. Offerte au don de la Torah, cette
Clé ouvre les puissances des mondes supérieurs qui
interférent sur notre monde en y apportant la
« Ségoulah », le remède, dont a besoin l’humanité.

Ségol

Ségol et Ségoltah – la Maghen David


Si le « ’Am Israël », le peuple d’Israël, est
responsable de la descente harmonieuse et réparatrice
de la Lumière infiniment créatrice dans notre monde, il
doit en assurer son retour vers les mondes supérieurs.
Ce retour qui se fait du bas vers le haut, doit
également traverser les trois lignes de l’édifice céleste,
en passant par une autre structure « Ségolique » dont
la pointe se dirige vers le sommet de l’Arbre de vie ;
cette structure triangulaire, qui se tourne vers le ciel,
est appelée le « Ségoltah ».

Ségoltah

56
Le « Ségol » et le « Ségoltah », sont les deux
triangles qui forment la « Maghen David ». Par cette
double structure, la « Maghen David » symbolise le
libre échange entre notre monde et les mondes
spirituels. Voilà pourquoi, la « Maghen David » qui
est l’étoile, le bouclier du roi « David », doit être vue
comme l’étoile brillante du projet d’être, le bouclier
qui protège la pensée universelle de la pensée propre ;
par sa structure « Ségolique » et « Ségoltique », la
« Maghen David » est la représentation physique du
projet d’être « Néfèsh ‘Haya ».

Maghen David

Tiférèt – la Splendeur
L’axe de l’Arbre de vie, qui est le sommet du
« Ségol », est appelé « Tiférèt », la Splendeur, et la
racine hébraïque du nom « Tiférèt » est « Pé-Or », la
Bouche lumineuse. Dans cet axe, a été placée une force
qui harmonise le tout créé en canalisant le flux des
puissances créatrices émanées des mondes supérieurs ;
cette force, est celle qui animait « Yaacov », le père
d’Israël, encore désigné « Ish Tam », l’homme parfait.
« Ish » en hébreu, s’écrit « Aléf – Yod – Chin » ;
ces trois lettres sont les initiales respectives de

57
« Emtsaï » – médiane, « Yamine » – droite et
« Smole » – gauche, les noms des trois lignes célestes
par lesquelles s’écoulent les flux de la Miséricorde, de
la Bonté et de la Justice divine dans notre monde.
En rappelant le projet d’être de « Yaacov », celui du
« Ish », l’homme véritable ou l’homme authentique, la
Kabbale rappelle à Israël qu’il ne pourra mener à bien
sa mission que par l’étude des secrets de l’Arbre qui
structure la vie. C’est à cette seule condition, que le
« peuple du Ségol » pourra faire réentendre à
l’humanité sa propre voix intérieure, celle qui est à
l’unisson de la Pensée créatrice, et dont la demeure
est ; la Splendeur de « Tiférèt ».
Cette démarche que nous débutons dans cet
ouvrage, nécessite au préalable de connaître
l’histoire du dévoilement de cette Pensée, racontée
dans l’histoire de la Kabbale.

58
Partie II
De la Merkavah à la Kabbalah

Avant que le monothéisme ne se dévoile à


l’humanité, le monde empreint de spiritualité est
rempli de dieux, la méditation est donc inutile pour se
rapprocher d’eux. Lorsque la religion apparaît à partir
des Prescriptions divines, elle expliquera l’abîme qui
sépare l’homme du D.ieu unique ; la pensée mystique
va pouvoir naître, pour reconstruire l’unité entre l’être
fini et le D.ieu Transcendant Infini.
Mysticisme, gnose, méditation, contemplation,
élévation spirituelle, toutes ces attitudes n’auront alors
qu’un seul but, approcher le Divin, et tenter de
L’apercevoir, sinon, Le percevoir ; c’est de là que
naitront les motivations de la Kabbale juive,
indissociable de la Tradition et de la doctrine.
Sur le plan historique, la particularité de la plupart
des écrits qui constituent le corpus des textes ésotériques
rabbiniques, est qu’ils sont rédigés par des disciples qui

59
retranscrivaient l’enseignement secret de leurs Maîtres.
Pour cette raison, mais aussi parce que la Tradition est
avant tout orale, la grande majorité des œuvres
Kabbalistiques ne donne pas de renseignements sur la
vie de leurs auteurs.
Cette singularité, qui caractérise la mystique juive,
explique pourquoi la recherche historique, essentiel-
lement menée par « Gershom Scholem » (1897-1982),
va montrer des écarts de datation entre l’origine des
écrits rapportée par la Tradition et la période réelle de
leur diffusion. Les discordances constatées, souvent de
plusieurs siècles, ne doivent cependant pas faire naître
un doute, sur l’authenticité des fondements qui
articuleront la réflexion ésotérique hébraïque.
Malgré ces difficultés, la recherche historique va
quand même pouvoir diviser l’histoire de la mystique
juive en deux grandes périodes ; celle de la
« Merkavah », puis celle de la « Kabbalah ».

LA MYSTIQUE DE LA MERKAVAH
La toute première période de l’ésotérisme juif, qui
se situe historiquement du – Ier au Xe siècle, est celle
d’un ésotérisme dit empirique, car uniquement fondé
sur la contemplation.
Dans cette période, une ramification active va se
distinguer, créant entre le IIIe et le VIIe siècle un
mouvement mystique qui articulera sa doctrine, si
l’on peut dire, autour de deux chapitres importants de
la Torah :

60
1. le premier chapitre de la Genèse ; le « Maasséh
Béréchit », qui traite de l’Œuvre de la Création,
2. le premier chapitre du « livre d’Ezéchiel » ; le
« Maasséh Merkavah », l’Œuvre du Char, qui traite
de la vision du Trône divin.
Cet élan mystique pré-kabbalistique, appelé
Mystique du Trône ou « Mystique de la Merkavah »,
va, en réinterprétant la Tradition ésotérique,
expliquer que tenter de traverser l’abîme qui sépare
l’homme de D.ieu, devient un acte de pénitence
menant à la perfection morale.
Ce raisonnement, qui sera à l’origine d’expériences
contemplatives de l’extrême, révélera le chemin qui
mène à D.ieu. C’est à partir de ce chemin, redéfini par
la Kabbale comme : la voie du déploiement de la Pensée
créatrice, qu’il deviendra possible d’explorer la
dimension cachée de la Torah.

La vision Ezéchiel : Ezéchiel 1-1.28


La vision d’Ezéchiel, fondement doctrinal de la
« Merkavah », est traditionnellement lue à « Chavouot »,
la fête qui célèbre le don de la Torah au mont Sinaï. Si
ce choix a été voulu, c’est pour que soient commémorés
dans la même solennité : la Révélation collective et la
Révélation individuelle.
Du fait du caractère extrêmement flou et confus
de cette prophétie, nous vous proposons d’en faire ici
un résumé clarifié ;
Alors qu’« Ezéchiel » était parmi les captifs de la

61
tribu de « Yehouda » sur les bords du fleuve « Kébar »,
en – 594 durant le règne de « Nabuchodonosor », il vit
dans un ciel de tempête des Apparitions divines :
« Il s’agissait de quatre ‘Hayot ou animaux, entourées
d’un feu tourbillonnant et dans ce feu d’où sortaient
des éclairs, se trouvait au centre comme un ‘Hashmal.
Les ‘Hayot, avaient chacune quatre ailes et quatre
visages ; celui d’un homme, d’un lion, d’un taureau et
d’un aigle. Devant chacune de leurs faces, se voyait
une roue en chrysolithe qui allait tel l’éclair du côté où
l’esprit la dirigeait. Lorsqu’elles s’avançaient, les ailes
des créatures faisaient un bruit tumultueux
comparable à celui des eaux puissantes. Au dessus du
feu, était un ciel de cristal d’où apparut l’aspect d’un
Trône en pierre de saphir. Sur ce Trône, était une
Apparence humaine, avec en son centre, un autre
‘Hashmal et tout autour, un Rayonnement ; il
s’agissait du reflet de l’Image de la Gloire de
l’Éternel… c’est alors qu’une Voix se mit à parler ».

62
Les Maskilim ou Yordéi Merkavah
La vision d’Ezéchiel, sera la raison des tentatives
extatiques et méditatives transcendantales de la
« Merkavah », réservées à de rares adeptes connus sous
le nom de « Maskilim », les éclairés. Ces Maîtres, doués
d’intelligence (autre définition du Maskil), portaient
aussi le Titre suprême du « Yordéi Merkavah », ceux
qui descendent jusqu’au Char.
D’autres appellations les désignaient ; les « Bnéi
Héikhala de-Malka » – les enfants du Palais Royal, les
« Bnéi Méhemnouta » – les enfants de la foi, les
« Ba’alé ha-Yedi’ah » – les Maîtres de la Connaissance,
les « Dorshe-Reshumot » – les exégètes et interprètes
des textes, les « Yod’e Hen vé Middin » – les
connaisseurs et intimes de la Grâce et des Mesures, les
« Mehasede Haqla » – les moissonneurs du Champ,
les « Ba’ale ha-Sod » – les Maîtres du mystère, les
« ’Hakhmé-Leb » – les Sages du cœur.
Durant l’ascension mystique, l’expérience du
Divin et de Son Royaume se faisait au travers de la
vision extatique de sept Palais célestes ou Firmaments
gardés par des anges. C’est cette expérience, qui sera
rapportée dans une littérature ésotérique connue sous
le nom de « livres des Heikhaloth » ou littérature des
Palais, dont l’introduction, est le premier chapitre du
« livre d’Ézéchiel ».
Les livres des Heikhaloth
Dans la droite lignée des ouvrages ésotériques juifs,
les documents marquants qui vont traiter de la

63
« Mystique de la Merkavah », n’ont laissé que peu
d’éléments biographiques de leurs auteurs. Ecrits en
judéo-araméen, aux Ve et VIe siècles, ils seront regroupés
en vingt-cinq textes mystiques qui vont constituer les
« livres des Heikhaloth ».
Parmi les textes majeurs nous retiendrons ;
– les « Heikhaloth Zoutarti » ou Petites Demeures,
qui relatent de l’ascension mystique de Rabbi « Akiva »,
– les « Heikhaloth Rabbati » ou Grandes Demeures,
qui décrivent celle de Rabbi « Ishmaël »,
– le « Maasséh Merkavah » ou Récit du Char
ornementé d’hymnes extatiques,
– la « Merkavah Rabba » qui traite du Grand Char,
– le « Séfér Heikhaloth », le Livre des Palais encore
appelé le Livre d’Hénoch ou Hénoch III.
Des textes annexes vont être rajoutés parmi
lesquels ;
– le « Shiour Qomah » la Mesure de la Taille, qui
dévoile les Dimensions du Divin,
– les « Othioth de Rabbi ‘Akiva », les lettres de
Rabbi « ’Akiva », qui analysent les puissances secrètes
des lettres sacrées.
Les sept Palais, sont aussi décrits dans le « Méam
Loèz », œuvre majeure de la littérature judéo-espagnole
publié en 1730 et dont l’auteur est, l’illustre Sage Rabbi
« Yaacov Couli ». Rédigé en « Ladino », ce
commentaire du « Tanakh », qui sera mis dés sa
parution au même rang que la « Michna » (la Torah
orale) et le « Talmud » (la Guémara qui commente la

64
Michna), est lu quotidiennement au sein des
communautés sépharades.

Le voyage initiatique
Dans le chapitre des Grandes Demeures, les
« Heikhaloth Rabbati », est décrite la préparation au
voyage initiatique.
Le postulant, qui devra présenter les qualités
morales, physionomiques et chiromanciennes requises,
saura créer par des pratiques méditatives et ascétiques,
le corps spirituel adéquat à l’ascension dans les sept
Palais, décrits comme sept Résidences infernales
s’interpénétrant les unes dans les autres.
Les « Heikhaloth » sont gardés par des anges, qui
protègent en leur centre une colonne représentant
l’Homme principe. Suivant les degrés, cette colonne
est l’image d’un prophète ou d’un patriarche, secondé
par des âmes, dont la vibration (ou vertu) est en phase
avec celle du Palais.
Les dangers de l’ascension sont d’autant plus
grands que le voyageur avance dans son extase, car
tout sera fait pour le chasser. Il devra savoir se tenir
droit, sans pieds ni mains, car ils seront calcinés par le
feu même du corps spirituel avivé par les anges des
degrés.
Pour obtenir la liberté de passage, l’initié devra
présenter des sceaux magiques et psalmodier des
incantations particulières. Voilà pourquoi, les traités
sont remplis d’énumérations étranges et vides de sens,

65
dont la récitation entretient l’état d’extase ; ces
incantations magiques, seront rejetées par les Maîtres
de la Loi traditionnelle.
À chaque étape du voyage, des révélations seront
faites sur les secrets célestes et terrestres, sur la
hiérarchie des anges et sur les pratiques de l’occultisme.

Les sept Palais


Les sept Palais tels qu’ils sont décrits dans le
« Méam Loèz » sont, de bas en haut ;
– « Vilon », le Voile ou le Rideau, encore appelé
« Livnat ha Sappir », l’Edifice de saphir. Il est le
premier des sept Cieux qui sépare le monde visible du
monde invisible. « Vilon » est le plus brillant de tous
les Palais célestes ; c’est lui qui illumine le monde. Le
prince préposé à ce degré céleste est « Sidriel »,
l’ordonnance divine.
– « Raquia », le Firmament où tout se transforme
et se reforme. C’est à son niveau que la pensée et la
parole s’élaborent. Il est le lieu qui contient le soleil, la
lune, les étoiles et les planètes. Son garde est
« Baraquiel », l’éclair divin.
– « Shé’haquim », les Meules qui broient la
manne pour les justes. Ce Palais est la source de la
Miséricorde qui vient au secours de l’homme dans sa
détresse. Il est la demeure de « Nogah », la lueur. Son
prince préposé est « Bardiel », la grêle divine.
– « Zevoul », la Demeure de Jérusalem et du
Temple de l’en haut, parfaite réplique du Temple de

66
l’en bas. A sa tête « Sha’haquiel », la nuée divine.
– « Maon », la Résidence de la Gloire divine où des
myriades d’anges louent D.ieu par leurs chants la nuit
mais qui se taisent le jour pour laisser place aux prières
d’Israël. Ces cohortes ont à leur tête « Shatquiel », le
silence divin.
– « Makhon », la Fondation des Cieux, qui lui
succède et sur laquelle repose le Trône de la Gloire
divine. Le prince préposé est « Gabriel », la force divine.
– « Aravoth », les Cieux, le septième et le plus
élevé de tous les Firmaments qui contient la vie, la
paix, les bénédictions et le succès. Là se trouvent les
âmes des justes et les rosées qui redonneront vie aux
morts. Le prince préposé est « Michaël », celui qui est
comme D.ieu.

L’archange Métatron
Au sommet de l’ascension et à la tête des
puissances angéliques, se trouve l’archange
« Métatron », qui n’est autre que la transfiguration du
septième patriarche antédiluvien « Hénoch », élevé,
après une vie de piété, au rang de premier des anges
(Genèse. 5, 21-24). Il est le Prince de la Face, « Sar Ha
Panim », serviteur du Trône, mais aussi « Y.HVH Ha
Katan », le petit « Y.HVH ».
C’est lui, qui va guider l’homme et lui permettre
de se placer dans « Qaron », le chariot (ou rayon)
lumineux qui mène à la « Merkavah », le Char, le
Trône de D.ieu. S’il n’est pas digne de devenir un

67
« Yordéi Merkavah », le prétendant à la vision de la
Gloire divine sera transpercé par des milliers d’haches
d’acier. Sinon, il sera transporté par le même vent
orageux qui emporta le prophète « Élie », vers l’ultime
étape : Le ‘Hashmal.

Le « ’Hashmal »
Le « ’Hashmal » est la lumière foudroyante qui
entoure le Trône divin. Décrit comme une Lumière
ténébreuse ou un Silence parlant, il fait barrière au mal
avant l’entrée dans le domaine de la « Qdoushah », la
Sainteté.
Perçu ou vu par le « Yordéi Merkavah » comme
un voile cosmique qui cache la Gloire divine aux
armées des anges, ce Rideau, où les opposés
coïncident (lumière/ ténèbres, silence/parole), est tissé
par les images de toutes les générations, existences et
actions à venir.
L’apocalypse y est présente, elle marque la fin
des temps et explique le concept apocalyptique
de la mystique « Hénochienne », présente dans les
« Heikhaloth ».

Le Rayonnement de D.ieu
Au terme du voyage initiatique et après avoir été
testé par la Puissance redoutable du « ’Hashmal », le
« Yordéi Merkavah » contemple le monde des âmes et
au dessus… le Trône de D.ieu. La montée qui s’achève
en cet endroit, va révéler la Figure mystique du Divin,
sous l’apparence d’un Homme.

68
C’est sous cette forme humaine, que le prophète
« Ezéchiel » eut la permission de voir le « Saint Roi
Majestueux » trônant dans la Lumière de Sa Gloire.
Mais cette Gloire n’est pas D.ieu, car l’Essence du
D.ieu Transcendant et redoutable est hors d’atteinte ;
cette Image n’est que le Rayonnement de D.ieu !

Le Shiour Qomah
Cette époque de la mystique juive où l’altérité du
D.ieu Un, à la fois visible mais aussi ne pouvant l’être
à cause de Sa Nature pleinement Transcendante, fera
que l’idée même d’une Essence divine qui puisse
rapprocher de D.ieu ne pourra être concevable.
Toutefois et à défaut d’envisager un quelconque
sentiment d’amour qui unirait l’homme à son
Créateur, une possibilité sera offerte par un ouvrage qui
marquera la mystique juive pré-kabbalistique ; cet
ouvrage est le « Shiour Qomah », la Mesure du Corps,
description anthropomorphique du Divin,
apparaissant comme l’Homme Premier.
Ce traité Midrashique, qui appartient à la
littérature des « Heikhaloth », donne les Mesures
précises de l’Aspect extérieur de D.ieu, pour permettre
l’Union mystique, en projetant mentalement chacun
de ses membres et organes à Ceux de la Divinité.
La Mesure du Corps divin, fut, suivant la
tradition des « Heikhaloth », révélée par l’ange
« Métatron » au « Tanna’ » ou Maître de la Mishna,
Rabbi « Ishmaël », au sommet de son voyage

69
initiatique ; c’est là, que lui seront aussi révélés les
Noms mystiques des Membres de la Divinité, qu’il
transmettra à son contemporain Rabbi « Akiva ».
D.ieu étant Infini et Indivisible, tel qu’il est défini
dans le judaïsme, aucune limitation, forme ou image ne
sont possibles pour Le représenter. Le « Corps divin »,
assimilé à la « Gloire de D.ieu » (tel qu’il est décrit dans
la vision d’Ezéchiel), correspondrait à une projection du
Créateur dans un Corps, de forme humaine, qui serait le
nouveau corps spirituel que l’archange « Hénoch-
Métatron » acquit lors de sa transfiguration.
Si le « livre d’Hénoch », décrit déjà « Métatron »
de façon gigantesque avec un nombre incalculable
d’yeux et trente six ailes dont chacune fait la surface
de notre monde, le « Shiour Qomah » va, dans le
même sens, rapporter des Dimensions tout aussi
colossales de la Divinité, sans toutefois désigner
« Métatron » nommément ; ces Dimensions, qui sont
exprimées en « Parassoth », ou mesures de longueur,
nous apprennent que la Hauteur du Corps serait de
2367 « Parassoth » soit : 21 248 fois notre univers !
Cette thèse, qui soutient que la Mesure est celle de
« Métatron », prend comme support le Talmud dans
son traité « Sanhédrin 38b », qui explique que
« Métatron » dut recevoir pour sa transformation
différents Attributs et Caractéristiques du Divin ; c’est
pourquoi, cet archange a les soixante dix Noms dont
le Nom « Y.HVH » lui même et qu’il résume à lui seul
la totalité du monde angélique supérieur : si

70
« Métatron » est « Sar Ha Panim », le Prince de la
Face, il doit être regardé comme le Prince des Faces
visibles ou accessibles de D.ieu.
« Métatron », le plus redoutable mais aussi le plus
aimé des anges, sera le seul intermédiaire entre les
hommes et le Roi céleste ; car il est l’archange le plus
proche de D.ieu, celui qui trône près du Divin, mais
aussi le plus terrestre des archanges, le seul parmi les
anges qui ait connu la condition humaine. Pour ces
deux raisons, il pourra être le guide spirituel qui conduit
l’homme dans son ascension extatique pour que lui soit
révélé les mystères de l’Œuvre de la Création.
Autre thèse : le « Shiour Qomah » serait un
« Midrash », une interprétation ésotérique du
cinquième chapitre du « Chir Ha Chirim », le
Cantique des cantiques, dans sa description du « Bien-
Aimé ». L’Homme Premier qui apparaît dans la vison
d’Ezéchiel, correspondrait suivant leurs
interprétations, non pas à « Métatron » mais à l’Amant
du Cantique tel qu’il est décrit dans son chapitre 5,11-
16 ; « … mon Bien-Aimé à la Tête d’or pur… aux
Boucles flottantes noires comme le corbeau… aux Yeux
comme des colombes au bord des ruisseaux… au Corps
en ivoire poli couverts de saphirs… »
Ce Cantique, nous dit la tradition Kabbalistique,
chanté et écrit par le roi « Salomon », ne connaitra
aucun égal, ni « Moïse » ni le roi « David » ne seront
arrivés à louer l’Eternel de la sorte et aucun nouveau
Cantique de cette grandeur, ne sera composé jusqu’à

71
la fin de l’exil ; « où ils reviendront à Sion », dans les
conditions annoncées par le prophète : « avec des
chants de triomphe, une joie perpétuelle couronnant
leur tête… Joie et allégresse seront leur partage, adieu
douleur et soupirs ! » (Isaïe 51.11).

Le Séfér Yétsirah
La doctrine de la « Merkavah » va, en plus de
l’Œuvre du Char, s’appuyer sur le « Maasséh
Béréchit », l’Œuvre de la Création. Pour ce faire, elle
prendra pour référence un texte tout à fait singulier ;
le « Séfér Yétsirah » ou livre de la Création. Si, pour la
Tradition, cet ouvrage aurait été enseigné à
« Abraham » par un ange (soit mille huit cents ans
avant l’ère commune), pour « Gershom Scholem », ce
très court récit mystique, particulièrement obscur, qui
demande une vie entière pour être compris, serait une
retranscription de plusieurs commentaires faite entre
le IIIe et le VIe siècle.
En introduisant la théorie des Emanations ou
« Sefiroth » (sans toutefois les nommer), la pensée du
texte va pénétrer les trente deux voies de la Sagesse par
lesquelles D.ieu créa le monde. Les « Lèv Nétivot », les
trente deux sentiers que décrit le texte, sont les Dix
Nombres primordiaux ou Nombres cosmologiques
primitifs (les Sefiroth) et les vingt deux lettres sacrées
qui ouvrent sur la méditation et la création : c’est ce
qu’exprime le nom « Yétsirah » de l’ouvrage, il vient
du verbe « Yatsor » qui signifie créer, former, mais

72
aussi méditer ; en Langue sacrée, créer c’est méditer et
méditer c’est créer !
La première « Sefirah » est le Souffle, le « Rouakh »
de D.ieu, à partir duquel sort l’Air primordial ou « Avir
Qadmon », qui donnera naissance à l’eau et au feu ;
Souffle, air, eau et feu, vont constituer respectivement
les quatre premières « Sefiroth ». Puis, de l’Air
primordial, D.ieu va créer les vingt deux lettres, de l’eau,
le Chaos cosmique, du feu, le Trône de la Gloire et les
hiérarchies angéliques. Quant aux six dernières
« Sefiroth », elles définiront les six directions de l’espace.
L’auteur inconnu de cet ouvrage, va également
dévoiler le mystère de chacune des lettres de la
création, mais aussi diverses pratiques magiques qui
serviront la mystique de la « Merkavah ».

L’ETABLISSEMENT DE LA DOCTRINE DE LA
KABBALAH
Ce n’est qu’à partir du XIe siècle, que l’appellation
Kabbale ou « Kabbalah » en hébreu, sera définitivement
adoptée pour désigner la mystique juive en général.
L’établissement progressif de sa doctrine doit être ici
résumé et analysé, pour mieux comprendre comment a
été révélé, à partir de la contemplation extatique de la
« Merkavah », une pensée métaphysique qui permettra
le rapprochement au Divin.
En effet, si dans la phase mystique de la
« Merkavah » les questions théoriques n’ont eu guère
de place, sauf en tout début de période par les

73
enseignements du « Séfér Yétsirah », si les litanies
extatiques n’ont développé aucune méthode de prière
et n’ont apporté aucun progrès au savoir, la période
qui va suivre, sera celle d’une réflexion métaphysique
qui révélera que le processus créatif est le fruit d’une
Pensée originelle ; en s’alignant sur cette Pensée, il
deviendra possible de connaître D.ieu par le
perfectionnement de l’esprit et la réparation de l’être.
Comme la théogonie est dans « Ezéchiel » et que
la cosmogonie est tout entière dans la Genèse, la
Kabbale ne va pas provoquer de rupture dans la
chaîne de la Tradition en fondant non seulement sa
doctrine, sur les observations de la « Merkavah »,
mais aussi sur l’enseignement du « Séfér Yétsirah » et
les connaissances traditionnelles de l’ésotérisme
talmudique : pour cette raison, la Kabbale sera
respectée par l’assemblée rabbinique.
Cependant, cet héritage de connaissances très
empiriques aux descriptions souvent terrifiantes,
explique pourquoi l’étude de la Kabbale garde encore
de nos jours une réputation si redoutée par un grand
nombre.

La Pensée créatrice – les portes du discernement


L’expérience purement contemplative et descriptive
de la « Merkavah », va devenir la théosophie spéculative
de la Kabbale, lorsque les sept Etapes du voyage
extatique, les sept Firmaments ou Palais célestes, seront
redéfinis comme étant les Sept niveaux du déploiement

74
d’une Pensée divine créatrice.
L’analyse des secrets dévoilés au « Yordéi
Merkavah », dans son expérience métaphysique,
révélera d’autre part, que chacune des sept Hiérarchies
célestes est elle même divisée en sept autres degrés et
qu’au final, le voyage extatique du « Maskil » passe par
quarante neuf étapes, qui définiront les quarante neuf
portes du discernement de la Pensée créatrice.

Ein Sof et Or Ein Sof – l’infini et la Lumière infinie


Le niveau ultime, celui de la cinquantième porte,
ouvre dans l’univers de l’Etre Transcendant. Dans ce
lieu infini ou « Ein Sof », littéralement sans fin, réside
la Pensée suprême ; c’est d’Elle, que jaillit la Sagesse
divine créatrice sous la forme d’un Rayon de Lumière
infinie appelée « Or Ein Sof ».
Cette Lumière, représentée par le feu ardent dans
la vision d’Ezéchiel, est le Flux perpétuel de la Vie
divine, qui devra passer par quatre stades de
voilement successifs, les quatre mondes, pour
permettre le passage de l’infini au fini.

Les Quatre mondes


Les quatre niveaux de retrait de la Lumière
infiniment créatrice, incarnés par les quatre
« ’Hayot », seront appelés mondes ou « ’Olamim » par
la Kabbale ; car le mot « ’Olam », singulier de
« ’Olamim », qui désigne le monde mais également
l’univers et l’éternité, a pour racine « ’Elèm », qui est

75
la dissimulation. Un monde, nous dit le « Zohar », a
par son essence, la capacité de cacher la Réalité de la
Présence divine ; dans chacun des mondes, l’ultime
dissimulation est l’éternité.
Suivant leur degré d’élévation spirituel, les
mondes seront nommés ; il s’agira tout d’abord du
« ’Olam Atsilouth », le monde de l’émanation, dont la
racine « Atsil » désigne sa noblesse, car il est « Etsel »
proche du Divin.
Ce monde, qui apparaît à partir d’une aspiration
de l’infini ou « Ein Sof », comme la flamme qui tire de
la flamme car l’Eternel est Un et n’a pas de second, sera
suivi du « ’Olam Briah », le monde de la création
proprement dite, Ex Nihilo ou « Yeich Mé ‘Ayin » ; le
« il y a » à partir du « rien ».
Cette « Briah », ou création flamme à partir d’une
flamme, recevra sa vitalité de « Atsilouth », puis se
continuera dans le monde intermédiaire, le « ’Olam
Yétsirah », le monde de la formation, pour enfin se
terminer dans notre monde, qui est « ’Olam ‘Assiah »,
le monde de l’action.
Dans le monde le plus élevé, celui de
« Atsilouth », rayonne la Pensée créatrice. Ce
Rayonnement, encore appelé « Kavod », est celui de la
Gloire divine décrit par « Ezéchiel ». C’est à partir de
Lui, que la Pensée va se déployer en trois mondes
successifs (Briah-Yétsirah et ‘Assiah) ; les trois
mondes de la construction.
Cependant, il sera précisé que les quatre mondes

76
ont été créés dans un même sens, celui de l’action,
suivant un schéma archétypal qui nait en « Atsilouth » ;
cette interaction dans une parfaite concordance sera
appelée « Hishtashlout », l’enchainement des mondes.
Quant à la puissance gigantesque du « ’Hashmal »,
elle sépare « Atsilouth » des trois mondes subséquents,
démarquant ainsi l’ultime frontière entre l’infini et ce
qui va devenir fini.

Les quatre Monde

Les forces Séfirotiques


L’expérience initiatique du « Yordéi Merkavah »,
n’ayant dévoilé que la face inaccessible car totalement
transcendante d’un D.ieu redoutable, la théosophie

77
Kabbalistique basée sur le fondement essentiel du
judaïsme qui est l’Unité absolue de D.ieu, expliquera
que le D.ieu Transcendant est l’Etre caché qui Se rend
manifeste par dix aspects fondamentaux ou
Emanations ; les dix « Sefiroth » du « Séfér Yétsirah »,
désignées dans la vision d’Ezéchiel par les éclairs
jaillissant du feu ardent.
Les dix Manifestations primordiales de D.ieu dans
Son Acte créateur, seront définies puis nommées : les
trois premières « Sefiroth » qui appartiennent au monde
de la Pensée, représentent ce qui est au-delà de toute
perception ; l’Abîme insondable y est représenté par
« Kéter » la Couronne, le Point primordial à partir
duquel va naître l’espace pour la création sera identifié à
la Sagesse de D.ieu qui est « ’Hokhma ». Ce Point,
encore nommé « Nékoudah Ha Emtsaï », le Point
premier ou médian ou « Even Chtiya », la Pierre de
fondement, va devenir un Palais dans la troisième
« Sefirah » appelée « Bina », l’Intelligence ou le
Discernement. Mais « Bina », sera aussi désignée
comme étant, la Mère Suprême, car c’est à partir d’elle
que seront engendrés les sept Palais ou Firmaments qui
permettront la construction du tout créé. Ce
déploiement de la Pensée créatrice en sept temps,
expliquera que la Création se soit déroulée en sept jours.
En reprenant l’enseignement du « Séfér Yétsirah »,
qui nomme les Sefiroth, « Blimah », littéralement sans
quoi ou des abîmes clos, la Kabbale révélera que les
forces qui permettront la construction du tout créé sont

78
les puissances fondamentales des Firmaments. Ces
forces, seront nommées suivant leur fonctions créatrices
et leur Palais d’origine, elles sont de bas en haut ; la
« Malkhouth » – la Royauté rattachée au Palais
« Vilon », « Yessod » – le Fondement à « Raquia »,
« Hod » – la Gloire à « Shé’haquim », « Nétsa’h » – la
Victoire, l’Eternité à « Zevoul », « Tiférèt » – la
Splendeur, la Beauté à « Maon », « Guevourah » – la
Rigueur à « Makhon » et enfin « ’Héssèd » – la Bonté,
la Grâce à « Aravoth ».

L’Arbre de vie – le ‘Ets Ha ‘Hayim


La Kabbale dévoilera encore, que le système
séfirotique est structuré en un édifice appelé Arbre de
vie ou « ’Ets Ha ‘Hayim », que D.ieu planta au « Gan
Éden », le jardin d’« Éden ». Cette structure qui désigne
« Adam Qadmon », l’Homme principe ou l’Homme
primordial, représente symboliquement l’Unité divine.
Constitué des 10 « Sefiroth » et de « 22 sentiers » (10
comme les dix Commandements et 22 comme les 22
lettres de l’Alphabet), le « ’Ets Ha Hayim » rappellera
que le monde fut créé par la Parole, il tient par la Loi et,
par ses 32 voies, s’écoule la Sagesse divine à partir de
laquelle il deviendra possible de devenir la créature
véritablement vivante « Néfèsh ‘Haya ».
C’est à partir de cette structure fondamentale, que
D.ieu façonna l’homme à Son Image en lui insufflant
des forces ou qualités de vie, appelées « Midot ». Ces
puissances, définiront l’inconscient par la première

79
Sefirah « Kéter », la conscience spontanée par la
Sefirah « ’Hokhma », le discernement ou l’intelligence
par « Bina », la force des sentiments par « Héssèd », la
rigueur, la raison et le jugement par « Guevourah »,
l’éthique par « Tiférèt », la maitrise de soi par
« Nétsa’h » et « Hod », le fondement ou le juste donné
par « Yessod » et enfin l’action qui sera
l’aboutissement par « Malkhouth ».

L’Arbre de vie – Le Ets Ha ‘Hayim


et ses trente deux voies de la Sagesse

80
Si du « ’Ets Ha ‘Hayim » émanent les secrets de la
vie éternelle et de l’Unité, à son voisinage a été placé le
« ’Ets Ha Da’ath Tov vé Ra’ », l’arbre de la
connaissance du bien et du mal, principe de la
dualité ; la consommation de son fruit par « Adam Ha
Rischon », sera la cause de la conscience duelle de
l’humanité.

Le D.ieu vivant – le Nom E.lohim – le Divin


La notion d’un D.ieu créateur fera naitre le concept
de Fonctions divines créatrices qui se regroupent en un
seul Nom. Ce Nom, qui est « E.lohim », désigne non
plus le D.ieu « Y.HVH » dans Sa Totale
Transcendance, mais le D.ieu Immanent interagissant
par Ses dix émanations dans Sa création.
Bien que D.ieu soit Un, ce Nom est au pluriel, car
il résume à lui seul l’ensemble des Forces créatrices : le
Nom « E.lohim » représente l’Unité dynamique de
D.ieu ou le D.ieu Vivant appelé communément le
Divin. Au final, l’homme n’aura pas été créé à l’Image
du D.ieu « Y.HVH » Transcendant et Inconnaissable,
mais à l’Image du Divin « E.lohim », c’est-à-dire à
l’Image de Ses Forces créatrices ou Fonctions divines.
En révélant le Nom au pluriel du D.ieu Un, la
Kabbale dévoilera l’Unité dans le différencié et
l’universalité des forces qui construisent la vie ; ce
faisant, elle ouvrira le chemin qui mène à la
connaissance de D.ieu.

81
Le concept de la Shekhinah – la Présence divine
Si à l’époque de la « Merkavah », un essai de
rapprochement mystique sera offert par le « Shiour
Qomah », la Kabbale va, quant à elle, révéler le moyen
de s’attacher à la Présence divine dans notre monde
en établissant au centre de son système mystique le
concept de la « Shekhinah ».
Le terme « Shekhinah » n’apparaît pas
directement dans la Torah, on y trouve en revanche sa
racine « Shakhèn », décrivant le D.ieu demeurant
parmi les hommes ou dans la Jérusalem. C’est cette
même racine, qui construit le nom du « Mishkan », le
temple mobile que D.ieu ordonna à « Moïse » de
construire dans le désert ; « Mishkan », qui veut
littéralement dire demeure, réceptacle, représente le
lieu où est reçue la « Shekhinah ».
La « Shekhinah », qui peut être lue « Shakin Hé »,
la demeure du « Hé », est suivant la Kabbale, l’Elément
féminin en D.ieu, alors que la désignation « Ha
Qadosh Baroukh Hou », le « Saint béni Soit-Il », est
Son Elément masculin ; le « D.ieu Roi ». Si l’Union du
« Saint Béni Soit-Il » et de la « Shekhinah » constitue
la véritable Unité de D.ieu, cette Union qui était
permanente aux commencements, fut rompue par le
péché de « Adam Ha Rischon » : mais ce sera la
destruction du Temple, le « Beith Ha Miqdash », qui
provoquera l’exil de la « Shekhinah ».
La « Shekhinah » est la Reine mais aussi la Mère

82
d’Israël, c’est Elle, qui va attribuer à la « Knesseth
Israël », la communauté d’Israël, la force de la foi
mystique dans sa souffrance et dans son exil ; c’est
pourquoi, l’état de rupture entre D.ieu et Sa Bien
Aimée est atténué par les actes religieux d’Israël.
Cette mission sacerdotale, combien lourde et
glorieuse, expliquera qu’à l’image du « Mishkan », la
« Shekhinah » résidera chez celui qui, en
accomplissant les commandements de la Thora,
deviendra l’Image fidèle du Créateur.

Les méthodes de l’exégèse


Enfin et à partir de l’enseignement du « Séfér
Yétsirah », qui apprend que D.ieu grava puis tailla
dans Son Souffle, vingt deux puissances créatrices qui
sont les vingt deux lettres sacrées, la Kabbale révélera
ses méthodes de l’exégèse.
Tout d’abord celles du « Notarikon » et de la
« Temourah », qui sont les Anagrammes et
Abréviations sacrées utilisant la permutation des lettres
fondement de la Parole divine créatrice. Ensuite la
« Guématria », qui est la mesure des lettres et donc de
l’Energie créatrice ; car, si la lettre sacrée est une
consonne, elle est aussi un nombre, puisque sa racine
profonde est le Nombre primordial : la « Sefirah ».
De ces méthodes, c’est la « Guématria » qui sera la
préférée, en découvrant l’Essence de la Langue de la
Sainteté par une suite concrète d’équations numériques
et non plus par l’unique moyen du concept.

83
À partir de ce que nous venons de dire, nous
pouvons à présent tenter de définir avec assez de
précision ce qu’est la Kabbale et comprendre son
développement en quatre périodes.

84
Partie III
La Kabbalah

DÉFINITION
Existentiellement hébraïque, la Kabbale est l’étude
de la dimension cachée de la Torah, elle appartient à
la Tradition orale donnée à « Moïse » en marge de la
Loi. Son nom, « Kabbalah » en hébreu, veut dire
réception, il dérive du verbe « Lékabèl » : recevoir. Par
son étude, la Kabbale permet de recevoir l’Essence de
l’Etre primordial.
En devenant un « Kéli », un réceptacle à la Pensée
créatrice originelle, il sera offert une Sagesse qui n’a
pas été donnée de façon naturelle ; c’est à partir de
cette Sagesse, qu’il deviendra possible de réaliser le
projet d’être « Néfèsh ‘Haya ».
Ainsi, par la réflexion, la spéculation, la
méditation, la dévotion, l’exégèse et le décryptage du
sens symbolique du Texte sacré, la Science ésotérique
de la Kabbale va ouvrir la compréhension des

85
mécanismes secrets de l’existence, par le discernement
du Monde du Divin.

La Sagesse secrète
La définition de cette Sagesse va très vite
s’enrichir par son appellation ; « ’Hokhmath Ha
Nistar » ou « ’Hokhmath Nistarah », la Sagesse secrète
ou occulte, dont les initiales dévoilent le mot « ’Hen »,
la grâce, la beauté. Elle sera aussi appelée « ’Hokhma
Ilaa’ », la Sagesse supérieure ou Sagesse de l’En-Haut,
mais encore « ’Hokhma Sanah », la Sagesse cachée et
« ’Hokhma Penimith », la Sagesse intérieure.

‘Hen – la grâce, la beauté

La Sagesse intérieure
L’expression « ’Hokhma Penimith », désigne la
Volonté créatrice qui voudra que : « tout ce qui est en
bas soit comme tout ce qui est En-Haut ; afin que
s’accomplisse l’Unité ». La Sagesse intérieure, est celle
que le juste recherche au fond de lui même, pour
retrouver l’Essence de la Sagesse originelle.
Ce travail, qui se fait par le « Limoud », l’étude, mais
aussi l’« Hitbonenouth », la méditation, permet de
retrouver la lumière primordiale du projet d’être ; la
Guématria 913 du mot « Hitbonenouth », la méditation,
le confirme, elle est égale à celle du mot « Béréchit », le
commencement… du tout créé.

86
La méditation est le véhicule mental, celui qui
conduit au point du cœur, la « Néquoudat Ha lèv »,
en franchissant les différents états de conscience ; ce
char, qui traverse les étapes du moi, est « Qaron », le
rayon lumineux de la « Merkavah » qui conduit au
Rayonnement de la Gloire… et celui de l’être.

LES MÉCANISMES DU LÉKABEL


Le Or Yachar et le Or ‘Hozekh
Cette complète osmose entre le macro et le
microcosme, qui lie l’autre que D.ieu à D.ieu, rend
possible la réception de la Sagesse divine par la
rencontre de deux rayons de lumière : le « Or Yachar »
et le « Or ‘Hozekh » ; mais ces deux rayons n’en font
qu’un, puisque tout n’est que Lumière et Unité.
La lumière directe attirée des mondes supérieurs
est le « Or Yachar » ; en illuminant les lettres du Texte
sacré étudié, le « Or Yachar » fait remonter vers les
mondes supérieurs l’âme de celui qui étudie la Torah,
le « Talmid », en avivant le « Or ‘Hozekh », la lumière
réfléchie ou de retour.
Ce processus, rapporté par l’éminent Kabbaliste
Rav « Cordovero » (1522-1570) ; « l’étude de la Torah
permet l’envol des lettres et de l’âme qui s’y attache »,
sera développé par Rav « Abraham Azoulay » (1570-
1643), lorsqu’il dévoilera le mystère de l’ascension des
lettres sacrées oralisées ; « … Les lettres, une fois
énoncées, deviennent matière dans l’air, elles prennent
corps et montent d’un niveau cosmique à l’autre, d’une

87
existence à l’autre. Dans cette ascension qui les conduit
au lieu de l’adhésion, c’est-à-dire aux sources et aux
racines, elles fendent l’atmosphère et s’élèvent
irrésistiblement… S’ouvre alors une entrée, par
laquelle elles attacheront l’homme concerné à la
Divinité qui déversera en lui le Flux du discernement et
d’une intelligence subtile, qu’il ne lui est pas donné de
posséder par sa seule force… ». Mais cela concerne
aussi les plus jeunes ; « … L’haleine qui sort de la
bouche des enfants lorsqu’ils épellent les lettres de la
Thora, monte aussi aux Firmaments, pour réaliser
l’harmonie et restaurer l’Unité du Monde du Divin.
Cette haleine, qui intègre les lettres de la Torah,
engendre dans son ascension une entité spirituelle
issue de leurs combinaisons, puis les anges s’en
emparent et la portent jusqu’au lieu où s’opère l’Union
suprême ».

La symbolique du « Qof Beith Laméd Hé »


Sortir des limites de la conscience, pour renaitre à
la Vie universelle, est un travail sur soi, du bas vers le
haut, appelé « Hishtadlouth ». C’est cet effort
d’élévation, que dessinent les lettres mêmes du mot
« Kabbalah » et qui sont, de droite à gauche : « Qof –
Beith – Laméd – Hé » ;
– la lettre « Qof », qui descend vers le bas, symbolise
les profondeurs du moi,
– le « Beith » est la maison, qui désigne l’être,
– le « Laméd », montre par sa forme ce qui s’élève,

88
mais aussi ce qui descend par l’enseignement, le
« Limoud »,
– la lettre « Hé », représente le Souffle, qui donne
la vie.

Kabbalah
Le Rouakh ha-Qodesh
Les Kabbalistes, en opérant ce retrait d’eux-
mêmes vers le non-eux-même pour explorer la Réalité
divine, vont acquérir le Souffle de vie, le « Rouakh ha-
Qodesh », le Souffle Saint. Par cet acte de repli en soi,
ils reproduisent la contraction originelle que D.ieu fit
en Lui-même par le processus du « Tsimtsoum »,
pour laisser place à Sa création.
Comme le microcosme sera à l’image du
macrocosme, l’immersion dans le moi abyssal
permettra d’atteindre la frontière suprême du
« ’Hashmal », où cohabitent l’être et le non être, la
connaissance et l’inconnaissance. C’est au niveau de
cette ultime limite, que le « Rouakh ha-Qodesh » se
dévoilera aux âmes méritantes, par un Silence
parlant ; c’est par cette Voix silencieuse, que leur
seront révélés les secrets de la Torah.

Les trois formes de Kabbale


Ces interactions profondes, qui existent entre les
mondes et que l’on cherchera dorénavant à connaître,

89
feront que le « Maskil », l’illuminé de la « Merkavah »,
sera dorénavant appelé le « Mékoubal », celui qui
reçoit ou qui est reçu (car accepté de recevoir),
l’Essence de l’Etre primordial.
La Kabbale connaîtra alors trois grandes
orientations qui resteront dans la droite ligne de la
connaissance ésotérique talmudique et de l’expérience
initiatique de la « Merkavah » ;
– « Kabbalah ‘Iyounith » – Contemplative,
extatique et méditative mais aussi à présent
théologique, spéculative et philosophique.
– « Kabbalah Ma’assith » – Pratique, cherchant à
la transformation d’états naturels ou d’événements,
par l’incantation non plus de formules magiques mais
des Noms divins qui sont rattachés aux « Sefiroth » et
dont les pouvoirs secrets seront révélés.
– « Kabbalah Névouith » – Prophétique par la
technique du « Tsérouf », la permutation des lettres,
qui dévoilera le chemin tracé de la destinée.

LES QUATRE PERIODES DE LA KABBALAH


Introduction
À l’image du tout, créé à partir des quatre lettres
du « Y.HVH », l’évolution de l’être se fera
pareillement. C’est ainsi, que quatre niveaux de
réparation ou « Tiqoun », seront nécessaires, pour
permettre à la créature de devenir véritablement
vivante. Voilà pourquoi, la Kabbale aura ce devoir, de
révéler au cours de l’histoire de l’humanité, le moyen

90
d’accès au projet d’être « Néfèsh ‘Haya » en quatre
temps ou périodes. Mais quelque soit le cycle
concerné, le « Séfér Yétsirah » – le livre de la Création,
le « Séfér Ha Bahir » – le livre de la Clarté et surtout le
« Séfér Ha Zohar » – le livre de la Splendeur, seront les
trois livres à partir desquels le commentaire
Kabbalistique expliquera le monde.
La première période, aujourd’hui dénommée
ancienne Kabbale, n’était réservée qu’aux initiés. Sa
réflexion qui n’a commencé à mûrir qu’à partir du
XIIe siècle, ne portait que sur les mystères de la
Genèse ; ce premier temps de la Kabbale, révélera le
« Maqor », la Source de l’existence.
La deuxième période qui débutera à la fin du
XV siècle, va dévoiler à une assemblée désormais
e

élargie, le Projet de la Pensée créatrice, en révélant le


mécanisme de descente de la Lumière divine des
mondes spirituels vers notre monde. Cette nouvelle ère,
appelée nouvelle Kabbale ou Kabbale du dévoilement,
sera initiée par le « Ari Ha Qadosh » ; elle révélera le
« Shorech », c’est-à-dire les racines de l’existence.
La diffusion de la nouvelle Kabbale, va ensuite
connaître une apogée historique au début du
XVIIIe siècle, sous l’impulsion du « Baal Shém Tov ».
Son système de pensée qui s’adressera à la masse du
peuple, débutera l’ère d’une Kabbale vivante ou
existentielle, appelée « ’Hassidout » et qui reste très
active de nos jours.
Enfin la quatrième et dernière période, poursuit

91
son processus du dévoilement des secrets de
l’existence, en s’adressant à notre génération par un
commentaire épuré et clarifié. Cette Kabbale dite
contemporaine, nommée Kabbale explicite, révèle la
« Torah Guéoulah », la Torah de la délivrance, qui
doit diffuser au plus grand nombre et par le plus
grand nombre, pour permettre aux six cent mille
âmes principales de dévoiler la Vérité de la fraction de
l’Unité qui constitue leur essence.

Première période : l’ancienne Kabbale


Tout ce que nous savons des anciens Kabbalistes
vient du Languedoc. C’est dans les villes de Lunel,
Posquières, Toulouse, Marseille et Arles que nous
rencontrons les premières personnalités qui nous sont
connues comme « Mékoubalim ».
Dans cette région, le centre d’étude principal
s’édifiera dans la ville de Narbonne, surnommée « Nér
Bina », la lumière du discernement ; c’est là, que les
doctes cerveaux spéculeront sur la grande question des
origines. Plus tard, la littérature Kabbalistique se
développera en Espagne, particulièrement à Burgos,
Gérone et Tolède pour ensuite rayonner jusqu’en Italie.
Parmi les Maîtres Kabbalistes de cette toute
première période de la Kabbale, nous retiendrons ;

Isaac l’aveugle – le Père de la Kabbale


« Isaac l’aveugle », car ébloui par la Lumière-
Sagesse qu’il était capable de recevoir, était encore

92
appelé le « Sagui Nahor », la Grande lumière (en
araméen). Kabbaliste français (1160-1235), fils
d’« Abraham ben David de Posquières » (Rabad III),
les données biographiques qui le concernent sont
rapportées par ses élèves parmi lesquels ; « Azriel »,
« Ibn Ezra » et « Na’hmanide » dit le « Ramban ».
Le « Sagui Nahor », est reconnu comme étant le
Père de la Kabbale, « Av Ha Kabbalah », car il fut le
concepteur du terme « Ein Sof », l’Infini et parce qu’il
attribua le nom qu’on leur connaît aux dix
« Sefiroth ». Il expliquera ; « comme D.ieu remplit
tout et est Infini (Ein Sof ou sans fin), tout ce qui n’est
pas infini ne peut exister que si D.ieu projette en
dehors de Lui des Emanations de Lui-même qui sont
les Sefiroth ». C’est aussi à partir de son
enseignement, que l’idée de « Guilgoul » ou
réincarnation sera admise, puis approfondie.
Pour les érudits, « Isaac l’aveugle » serait l’auteur
du « Séfér Ha Bahir », le livre de la Clarté. Bien que la
paternité de cet ouvrage soit traditionnellement
attribuée à Rabbi « Nehounia ben ha-Kahana »
(Ier siècle), les données historiques confirment sa
diffusion qu’à partir du XIIe siècle depuis les grandes
académies languedociennes fidèles à l’enseignement
du « Sagui Nahor ». Cette œuvre, souvent considérée
comme une réinterprétation du « Séfér Yétsirah »,
surgira de façon réactionnelle aux écrits de
« Maïmonide » (le Rambam : 1135-1204), dont « le
Guide des égarés », marquera le point culminant du

93
rationalisme juif au Moyen Age.
Les enseignements métaphysiques du « Séfér Ha
Bahir », portent sur les secrets des consonnes, des
voyelles et des accents de l’écriture sacrée, mais aussi,
sur les mystères des « Sefiroth », la Genèse et l’âme.
Les révélations du « Séfér Ha Bahir » seront d’une
telle importance, qu’elles deviendront le support à
partir duquel « Moïse de Léon » compilera plus tard,
le livre de la Splendeur ; le « Séfér Ha Zohar ».

Eléazar de Worms – le ‘Hassidisme médiéval allemand


À cette même époque, le « ’Hassidisme » apparut
dans le développement religieux des communautés
juives allemandes, faisant naitre un mouvement
doctrinal, dont les chefs de pensée, seront issus de la
famille des « Kalonymides » venus d’Italie au
IXe siècle. Leur système, articulé autour du « Séfér
‘Hassidim », le livre des Dévots, traite essentiellement
des mystères de la Révélation : « l’Aspect de D.ieu qui
Se révèle à l’homme est la Première création, c’est le
Grand Rayon appelé Shekhinah ; cette Lumière
première, est celle de la Gloire divine qui Se dévoile
aux mystiques pratiquants et sincères ».
Le « ’Hassid », le pieux et bienfaisant, doit se
conformer à des règles : ascèse, sérénité et altruisme.
Il base déjà son étude sur les méthodes exégétiques ; la
« Guématria », le « Notarikon » et la « Temourah ».
Une des figures dominantes de cette grande
famille sera « Éléazar de Worms » (1176-1238), fils de

94
« Juda ben Kalonymos », qui étudia la théologie
ésotérique dans les grandes académies
languedociennes. Son œuvre fondamentale, « Sode
Raza », traite de la Genèse, du Char divin, des mondes
angéliques, des Noms divins, de l’âme, de la
réincarnation, des méthodes de l’exégèse. Dans ce
même ouvrage, est rapporté un commentaire du
« Séfér Yétsirah » donnant les instructions précises
pour la création d’un « Golem ».
Après sa mort, de nombreux travaux seront
attribués à « Eléazar », dont le « Séfér Raziel » ou livre
de l’ange « Raziel », traditionnellement attribué à
« Adam », mais historiquement considéré comme un
recueil d’écrits dont la diffusion débutera à partir du
XIe siècle. Ce livre mystérieux, composé de deux
sections, l’une sur le « Maasséh Béréchit » et l’autre
sur le « Shiour Qomah », révèle les mystères du
« Shém Ha Méforash », le Nom en soixante douze
lettres, et dévoile des amulettes et incantations, qui
serviront la Kabbale pratique.

Moïse de Léon – le Séfér Ha Zohar


Si la tradition attribue au IIe siècle la paternité du
« Séfér Ha Zohar » au grand Sage Rabbi « Shimon
Bar-Yo’hai », les recherches historiques montreront
qu’il n’a commencé à circuler qu’à partir du
XIIIe siècle en Espagne, sous une forme compilée par
« Moïse ben Chem Tov de Léon », en 1286.
Ce Kabbaliste espagnol (1240-1305), passé de la

95
mystique des lettres à la méditation théosophique, se
consacrera sans relâche à l’accomplissement de cette
œuvre colossale, aidé par un groupe de « Mékoubalim »
castillans, parmi lesquels ; « Moïse de Burgos », « Joseph
Gikatilla » et « Isaac Ha Cohen de Soria ».
Face à une génération dont l’élite intellectuelle
prônait la philosophie dite séparée de la matière,
« Moïse de León » cherchera, par le « Zohar », à
rendre public la clef de l’étude du sens caché de la
Torah. Cependant, peu de gens parvenaient à
comprendre son enseignement ésotérique et ce ne
sera que deux cent cinquante années plus tard, que la
profondeur du « Zohar » sera pleinement comprise
par les révélations du « Ari Ha Qadosh », marquant
l’ère de la Kabbale du dévoilement.
Mis à part le « Zohar », « Moïse de Léon »
publiera de nombreux autres livres, parmi lesquels le
Sicle du sanctuaire, « Cheqel Ha-Qodesh ».

Abraham Aboulafia – la Kabbale prophétique


« Abraham ben Samuel Aboulafia » (1240-1291),
sera la plus grande figure de la Kabbale prophétique.
Né à Saragosse en Aragon, Il passa son enfance à
étudier avec son père le Talmud et la philosophie du
« Guide des égarés » de « Maïmonide ». Il quitta
l’Espagne à l’âge de dix huit ans, puis voyagea en
Grèce, en Italie et au Proche-Orient.
À l’âge de trente et un ans, alors qu’il retournait
vivre à Barcelone, l’esprit prophétique s’empara de lui.

96
C’est alors qu’il entreprit d’innombrables commentaires
sur le « Séfér Yétsirah », à partir desquels il écrira vingt
six ouvrages dont vingt deux prophétiques basés sur la
« ’Hokhma ha Tsérouf », la Science de la combinaison
des lettres. Parmi ses écrits on retiendra ; « Or ha
Sékhel », lumière de l’Intellect et le « Séfér Ha
Yashar », le livre de l’Intègre.
Cherchant à établir la méthode qui permet de
communier avec D.ieu, il critiquera violemment les
Kabbalistes de son temps, jugeant leurs connaissances
et pratiques trop conformes. Pour cette raison, le
grand rabbin de Barcelone, « Salomon Abraham
Ardet », l’accusera de charlatanisme et le contraindra
à l’exil, à « Comino », une île au large de Malte ; c’est
là, qu’il rédigera « Séfér ha Oth », le livre du Signe.
Le « système d’Aboulafia » cherche à « desceller
l’âme et enlever les nœuds qui la lient ». Il utilise
l’image du nœud pour faire comprendre qu’il faut
dénouer et non trancher, afin de sublimer le moi
physique et non l’anéantir ; car le corps, est le lieu de
la pensée propre, la pensée « Néfèsh ».
Il expliquera encore ; « le moyen de regagner la
pensée ‘Haya est la méditation, qui utilise les
techniques du Tsérouf, la permutation. Cette méthode,
qui est le chemin des Noms, car elle utilise les lettres de
la création, est la seule et vraie voie de la Merkavah ».
Dans ce voyage méditatif, le point ultime sera
celui de la jonction extatique au guide spirituel, le
« Sékhel Ha Poël », l’intellect agent, assimilé au moi

97
Divin, à l’archange « Métatron » et parfois à D.ieu
Lui-même.
Les méthodes d’« Aboulafia » seront considérées
comme des méthodes magiques ; elles seront donc
fortement condamnées par les autorités rabbiniques
et au final, « Aboulafia » deviendra le moins populaire
et le plus critiqué de tous les grands Kabbalistes.

Joseph Gikatilla – les portes de la Lumière


Eminent Kabbaliste castillan, ami de « Moïse de
Léon » et élève de « Abraham Aboulafia », « Joseph
ben Avraham Gikatilla » (1248-1325) était surnommé
« Yossef Baal Ha-Nissim », le Maître des miracles. Si
« Aboulafia » voyait en lui le successeur de son école,
« Gikatilla », érudit en sciences profanes, n’était point
opposé à la philosophie ; aussi, tentera-t-il de la
concilier à la Sagesse divine.
Son premier ouvrage, « Guinath Egoz », le Verger
de la noix, utilise la noix comme le symbole mystique
de l’écorce, la « Qlipah », qui emprisonne la
connaissance, celle du Verger, « Guinath », dont les
initiales qui donnent « Guématria-Notarikon et
Temourah », montrent le moyen d’extraire la Lumière
– Sagesse prisonnière de l’écorce.
Mais son travail le plus influent sera « Shaaréi
Orah », les Portes de la Lumière, qui traite en dix
chapitres des trois cents noms et surnoms ou
« Kinouïm » de D.ieu, rattachés aux dix « Sefiroth ».
Cette étude volumineuse, qui permet

98
« d’expérimenter la fontaine d’eau vive qui découle
des Noms divins », sera si fondamentale, que plus
tard, le « Ari Ha Qadosh » la considérera comme la
Clé de la compréhension de la mystique et que le
« Gaon de Vilna », la prendra pour référence dans son
enseignement.

Deuxième période – la Kabbale du dévoilement


En 1492, les juifs d’Espagne sont mis en demeure
de choisir entre la conversion et l’exil. Cette
catastrophe bouleverse la communauté où les
problèmes du présent et de l’avenir deviennent la
priorité. Conséquence des méfaits de l’inquisition, les
Kabbalistes vont sortir de leur isolement pour
dévoiler publiquement leur Savoir secret.
En révélant que le monde physique dans lequel
nous vivons n’est qu’une faible partie d’un système de
mondes spirituels si vastes, que l’esprit humain ne
saurait les concevoir, il sera expliqué ; « notre monde
est le monde des conséquences, sa réalité n’est que la
parabole d’une Réalité spirituelle ».Voilà pourquoi :
« l’exil doit être considéré comme le moyen d’un
attachement, ou Dvéqouth, à l’Etre Invariable, pour
permettre le Tiqoun, la réparation par le
rétablissement de l’Unité ».
Ces révélations, seront la base d’un renouveau
doctrinal qui débutera en 1530 à « Safed » en
Palestine. Elles ouvriront l’ère d’une nouvelle
Kabbale, appelée Kabbale de Safed ou Kabbale du

99
dévoilement, désormais autorisée, par Décret céleste,
à révéler aux gens du peuple, les mécanismes secrets de
l’existence.

Moïse ben Jacob Cordovéro – le Ramaq


Les premières grandes divulgations seront faites
par le grand érudit Talmudiste et Kabbaliste « Moïse
ben Yaacov Cordovéro » (1522-1570), élève de Rabbi
« Yossef Karo » et beau-frère de « Shlomo ha Lévi
Alqabets », l’auteur du chant « Lékha Dodi » qui
accueille le vendredi soir la « Reine Shabbat ».
Originaire de Cordoue (d’où dérive le nom
Cordovéro) et figurant parmi les expulsés de 1492, il
fonda aux alentours de 1550 l’académie de la Kabbale
à « Safed ».
Dans un premier temps, le « Ramaq » (surnom de
Cordovéro), établira un commentaire en seize
volumes du « Zohar », retranscrit par « Moïse de
Léon », qu’il appellera « Or Yakar », la Lumière
précieuse, car c’est dans cet ouvrage, qu’est expliqué
comment D.ieu élabora une réalité finie à partir d’une
Lumière infinie appelée « Or Ein Sof ». Il
développera ; « cette Lumière est l’expression d’une
Volonté divine créatrice, le Ratson Ha Boré. Cette
Pensée autolimitée qui se traduit par les Sefiroth, a
pour essence une Volonté suprême sans limite ni
mesure, le Ratson ‘Elyon, dont la demeure est l’Ein
Sof, l’infini ».
Mais son œuvre maitresse sera son second livre,

100
« Pardès Rimonim », le Verger des grenades, écrit en
1548 à l’âge de 26 ans, dans lequel il organise en un
système cohérent toute la pensée Kabbalistique de la
Kabbale empirique à la nouvelle Kabbale. Chapitré en
trente deux portiques, pour rappeler les trente deux
sentiers de la Sagesse créatrice, cet écrit va expliquer
pourquoi l’« Ein-Sof » qui est l’Infini, doit être avant
tout considéré comme la Cause des causes, la Racine
des racines. Dans ce même travail, seront développés
les mystères des « Sefiroth » et des forces de
l’impureté ; celles de l’autre côté, la « Sitra Akhara ».
Le « Ramaq » écrira également deux autres
ouvrages d’importance, « Tomer Dévorah », le
Palmier de Déborah, sur l’éthique et la morale et « Or
Naarav », sur l’importance d’étudier la Kabbale.

Rabbi Isaac Ashkenazi Louria – le Ari


En 1534, à Jérusalem, va naître celui qui
deviendra la figure la plus importante de la nouvelle
Kabbale ; Il s’agit de Rabbi « Isaac Ashkenazi Louria »
surnommé le « Ari » (acronyme de Ashkenazi-Rabbi-
Isaac) ou le « Ari Ha Qadosh », le lion sacré, et le « Ari
Zal », après sa mort.
Orphelin de père très tôt, le jeune Isaac sera élevé
par sa mère en Égypte. Il ira ensuite étudier à
Jérusalem, notamment dans la Yéchiva de « David Ibn
Zimra » dit le « Radbaz » et dés l’âge de dix sept ans,
devenu un prodige du Talmud, il se consacrera à
l’étude du « Zohar » et aux textes de « Cordovéro ».

101
Au cours de l’une de ses expériences méditatives
et visionnaires, le « Ari » fut chargé par le prophète
« Élie », d’aller étudier avec « Moïse Cordovero ».
Selon la tradition, il arriva à « Safed », en 1570, le jour
même des funérailles du « Ramaq ». Se joignant à la
procession, il eut la vision d’une colonne de feu au
dessus du cercueil du défunt ; signe qui, selon la
Kabbale, le désignait comme le successeur du Maître
disparu.
C’est ainsi qu’il fonda l’école Kabbalistique de
« Safed », dans laquelle il enseigna sa doctrine
ésotérique connue sous le nom de « Lourianisme »,
dont les idées sont si fondamentales, qu’elles
constituent de nos jours l’essentiel de l’étude de la
Kabbale. Mais son enseignement ne sera que de courte
durée, car il décédera deux années plus tard, en 1572,
au cours d’une épidémie, à l’âge de trente huit ans.
En plus d’une pratique ascétique, le « système
Louria » va privilégier l’inspiration intuitive et la
technique de la méditation mystique appelée
« Hitbonenouth ». L’état méditatif qui permet la
contemplation, sera atteint par des « Yi’houdim » ou
Unions, qui passent par la représentation mentale des
Noms Divins rattachés aux « Sefiroth ». Ces Unions,
permettent par la « Yi’houda Ilaah », l’Unification
supérieure, de lier le tout créé dans l’Unité Divine et
par la « Yi’houda Tataah », l’Unification d’en bas, de se
connecter à l’Energie divine perpétuellement créatrice.
Mais le « Ari » développera principalement sur les

102
« Kavanoth » qui sont les intentions. A l’affirmation de
nos Sages ; « Tefilah Bli Kavanah Ké Gouph Bli
Neshamah », une prière sans intention est comme un
corps sans âme, il répondra ; « la Kabbalah est l’école de
la Kavanah, cette intention qui vient du cœur et qui
passe par la prière ». Il présentera alors un nouveau
concept sur le mécanisme de notre réalité, qui
démarquera définitivement son enseignement du
système de pensée du « Ramaq ». En effet, là où le
« Ramaq » percevait les forces créatrices ou Séfirotiques
comme des forces autonomes faisant avancer la création
d’une façon linéaire, le « Ari » révélera que ces
puissances n’agissent pas en tant que points
unidimensionnels, mais en tant que groupes séfirotiques
qui déversent dans notre monde le Flux divin suivant les
actions des hommes. Voilà pourquoi, il décrira de
manière symbolique le dialogue inter séfirotique comme
un « face à face » et comparera le trait du caractère
miséricordieux ou rigoureux du Flux divin déversé, à
l’expression que dessinent les traits du visage humain.
Au final, il appellera les groupes Séfirotiques des Visages
ou « Partsoufim », dont la face se tourne différemment
vers la création suivant son agissement. Ce sont ces
Visages (divins), que nous sollicitons par la « Birkat
Cohanim », la bénédiction des prêtres où il est dit ;
« Que l’Éternel te bénisse et te protège, qu’Il fasse
rayonner Sa Face sur toi, qu’Il dirige Son Regard vers toi
et t’accorde la paix » (Nombre 6-24,27).
Développant sur l’importance de la prière, la

103
« Tefilah », il expliquera qu’elle est un ensemble
d’instructions Kabbalistiques, permettant d’agir sur le
cours du destin et sur le processus de la réparation
universelle. Originellement, ce processus qui débuta
par le monde du « Bohu », pour réparer le monde
chaotique du « Tohu », devra se poursuivre par
l’histoire de l’humanité, car la faute de « Adam Ha
Rischon » provoqua à nouveau le chaos, en séparant
ce qui était uni. A partir de cette faute, seules les
actions de l’homme et l’intention mise dans la prière,
pourront donner l’impulsion nécessaire à la pensée
« Néfèsh » pour lui permettre de s’unir à la pensée
« ’Haya ». Ce nouveau regard de la création qui se
dirigera désormais vers l’Unité créatrice, déclenchera
au niveau des « Partsoufim », le déversement d’un
Flux ou d’une Abondance divine, appelé « Shéfa’ »,
qui facilitera l’accomplissement du projet d’être.
En révélant la dynamique créatrice des
« Partsoufim », l’enseignement du « Ari » va dévoiler
la face réelle de notre monde ; celle du « ’Olam Ha
Tiqoun », le monde de la réparation, où la
responsabilité active de l’homme est engagée. C’est à
partir de ces révélations, que l’interprétation
Kabbalistique n’expliquera plus la réalité de notre
monde qu’à partir de la réalité figée et désordonnée
du monde du « Tohu ».
Pour respecter la chaine de la tradition, le « Ari »
va établir son système de pensée à partir des
révélations faites par la Kabbale précédemment.

104
Concernant l’enseignement du « Sagui Nahor » sur la
théorie des « Sefiroth », il expliquera ; « si l’Essence du
D.ieu Transcendant Se rend effectivement manifeste
par les Emanations Séfirotiques, le Premier Acte de
D.ieu n’a pas été un déploiement vers l’extérieur (ce
qui serait impossible puisque D.ieu est Tout), mais un
repliement, une contraction : D.ieu au commence-
ment, au lieu de Se révéler, va Se retirer de Lui-même
en Lui-même, créant un vide, qui deviendra l’espace
libre pour les mondes à créer ». Ce processus originel,
qu’il appellera « Tsimtsoum » et que le « Zohar »
nomme « Boutsina de Qardinouta », la lampe
d’obscurité (car elle réduit la Lumière de l’Ein Sof),
sera l’origine de la séparation. En effet, si dans l’infini
toutes les forces contraires destinées à se manifester
étaient déjà présentes mais sous une forme
indifférenciée, lorsque D.ieu va Se retirer, Se bannir
au plus profond de Lui-même, pour laisser place à
Son Désir de créer, cette condensation va donner une
puissance concentrée à la racine du jugement, le
« Din », qui deviendra la source de la limitation, puis
de la différenciation et enfin de l’exil.
En développant sur l’essence chaotique du « Tohu »,
qui était jusqu’au « Ramaq » la raison de l’exil, le « Ari »
révélera dans ce monde un processus néfaste, la
« Shvirath Ha Kélim » ou brisure des Vases
primordiaux ; « car elle produit des coquilles ou
écorces, les Qlipoth, qui font barrière à la Sainteté ».
Ce mécanisme, deuxième temps du processus créatif,

105
sera cependant la condition essentielle au démarrage de
l’histoire de l’humanité, puisque c’est à partir de lui, que
sera créé le temps et que sera donné à l’autre que D.ieu,
la possibilité de s’autonomiser de D.ieu.

Comme le temps et donc l’histoire, vont naitre


d’une brisure de l’Unité, il deviendra donc nécessaire
de les sanctifier : cela se fera par le repos
hebdomadaire du « Shabbat », les « néoménies » et les
Jours de fêtes, les « Yom Tov », les Jours bons ; car ces
Jours sont saints !

La sanctification du temps
Les 6 + 1 jours de la semaine
Les 6000 ans + le Millénaire Shabbatique
Enfin, le troisième mouvement de la création,
celui de la réparation ou « Tiqoun » des Réceptacles
primordiaux, débutera le monde du « Bohu » qui
devait être l’aboutissement final du Projet du Divin.
Mais la faute de « Adam ha Rischon » réactiva le
processus de la « Shvirath » en séparant ce qui avait

106
été réuni ; c’est cette réactivation de la brisure
originelle, qui imposera aux futures âmes principales
et à leurs dérivées de restaurer l’Unité brisée. Voilà
pourquoi, le péché est aussi nommé brisure, car à
l’image de la faute de « Adam », la faute des hommes
revivifie le monde chaotique du « Tohu ».
Le péché crée donc un nouveau temps et une
autre réalité chaotique en enclenchant la trilogie
« Tsimtsoum – Shvirath – Tiqoun ». C’est ce que sous
entend la Kabbale lorsqu’elle nous enseigne que la
création est un éternel recommencement, qui ne se
terminera que par le rétablissement de l’Unité. Cette
boucle créatrice, nous est montrée par la structure
même du mot « commencement » qui se dit « Réchit »
en hébreu et qui s’écrit « Reich – Shin – Tav » ; ces
trois lettres, qui sont les trois dernières lettres de
l’Alphabet sacré, signalent par leurs places ordinales,
la fin de toute existence et par le sens du mot
« Réchit », le renouvellement de chaque existence.

‘Hayim Vital
Insistant sur la transmission orale ou « Pé Al Pé » de
la Kabbale, le « Ari » n’aura rien écrit par lui même, car
ce qui fait une Kabbale en tant que telle reste toujours
oral. Cependant, son enseignement sera retranscrit par
« ’Hayim Vital », qui deviendra son « ’Hozekh », son
scribe, littéralement son retour.
« ’Hayim Vital » (1543-1620), rapportera de façon
détaillée les mécanismes de la création révélés par

107
« Louria » dans un livre intitulé « Séfér ‘Ets ‘Hayim »,
le livre de l’Arbre de vie. Il retranscrira une autre
œuvre majeure, « Shaar Ha Guilgoulim », la Porte des
réincarnations, dans laquelle il développe sur les cinq
niveaux de l’âme, les 613 « Mitsvoth » ou
commandements qui réparent les 613 parties du corps
spirituel, la dynamique de la vie après la mort.
Dans cet ouvrage, sont dévoilés les diverses
réincarnations ou « Guilgoulim » des personnalités
bibliques. Là, nous apprenons que le « Ari » était le
« Guilgoul », la réincarnation, du « Rashbi », que
« ’Hayim Vital » était celui de Rabbi « Akiva » et que
« Moshé », Moïse, était celui de « Abel » qui se lit en
hébreu « Evel », la buée vouée à disparaître. Cependant,
« Moshé » en tuant le « Mitsri », l’égyptien, répara l’âme
végétative de « Caïn », car l’égyptien était le « Guilgoul
du Néfèsh de Caïn » c’est-à-dire la réincarnation de
l’âme végétative de « Caïn » et l’âme supérieure ou
« Neshamah » de « Caïn », fera « Téchouva » c’est-à-dire
repentance, par la conversion de « ’Yitro », le beau père
de « Moshé » ; « ’Yitro » étant le « Guilgoul de la
Neshamah de Caïn ».

Rav Abraham Azoulai


Les révélations faites par « Louria » et
« Cordovero », vont inciter d’autres Kabbalistes à
ordonner l’étude de la Kabbale. Ce sera le cas de Rav
« Abraham Azoulai », né à Fez en 1570 et mort à
« ’Hébron » en 1643. Cet éminent Kabbaliste, grand

108
père du « ’Hida », avait obtenu l’autorisation
d’excaver les manuscrits de « ’Hayim Vital » dont le
« Séfér ‘Ets ‘Hayim ».
Il fit la synthèse de l’enseignement ésotérique de
son temps dans un ouvrage intitulé « ’Héssèd lé
Avraham », la Bienveillance d’Abraham, ainsi qu’un
commentaire sur le « Zohar » qu’il nommera « Or Ha
‘Hamah », Lumière du Soleil, allusion au visage de
« Moïse » rayonnant d’un « Or Péné » ou visage
lumineux, après sa descente du mont Sinaï (Exode 34-
35, Paracha Ki Tissa). Cette œuvre remarquable,
imprégnée du système de pensée de « Cordovero »,
sera achevée en 1618 à « ’Hébron ». Les
éclaircissements percutants qui y sont rapportés,
montrent l’engagement sans réserve de « Abraham
Azoulai » dans l’étude de la Kabbale et ce, dans la
droite ligne du « Or Naarav » de « Cordovéro », sur
l’importance d’étudier la Kabbale.

Rabbi Moshé Hayim Luzzato


Rabbi « Moshé ‘Hayim Luzzato » dit le « Ram’hal »
(1707-1747), fut un Kabbaliste italien qui bouleversera
sa génération par des idées nouvelles imprégnées de
messianisme qui révolutionneront le système établi. Il
influencera de façon indiscutable de grands Maîtres
d’Israël dont le « Gaon de Vilna », les disciples du
« Baal Shém Tov » et plus tard Rabbi « Yehouda
Ashlag » et le Rav « Abraham Isaac Kook ».
Adepte des « Yi’houdim » ou Unifications-

109
Méditations, un tribunal rabbinique hanté par le
spectre du faux Messie lui demandera d’arrêter tout
enseignement de la Kabbale en 1735. Il devint alors
Maître dans l’art de révéler en ne révélant pas et de ne
pas révéler en révélant, c’est pourquoi il sera reconnu
plus tard, comme le plus grand penseur de la morale
juive.
Parmi les ouvrages dans lesquels son discours voilé
traite de façon cachée des questions métaphysiques
fondamentales, nous devons retenir ; « Derekh
HaShem » ou la Voie de D.ieu, « Méssilat Yécharim »,
la Voie des justes et « Daat Tevounot », les Voies de la
Direction divine.

Rabbi Shalom Sharabi


Considéré comme le père de tous les Kabbalistes
séfarades contemporains, Rabbi « Shalom Sharabi »,
connu sous le nom du « Rashash », est né en 1720 à
« Sanaa », la capitale du « Yémen ». Il décédera en
1777 à Jérusalem et sera enterré au mont des Oliviers
où sa tombe est un lieu de pèlerinage.
Parmi ses écrits, on retiendra le « Sidour
HaRashash », connu sous le nom de « Sidour Ha-
Kavanoth », le Livre des intentions qu’il faut mettre
dans les prières journalières. Ce livre, qui contient de
nombreuses méditations Kabbalistiques, est utilisé
aujourd’hui par nombre de Kabbalistes.

110
Troisième période – la Kabbale existentielle – la
‘Hassidout
Les années 1648 et 1649, furent particulièrement
douloureuses pour le peuple juif en Pologne, en
Russie et en Lituanie. Le chef Cosaque
« Khmelnitski » attaquait, tuait et pillait sans merci les
différentes communautés.
Le dévoilement de la Kabbale va alors connaître
une nouvelle expression, en prenant l’expérience
humaine comme moyen de révélation. C’est ainsi que
va naitre le mouvement de la « ’Hassidout », nouveau
système de pensée « ’Hassidique », où l’homme
véritable, le « ’Hassid », devient le modèle allégorique
pour la compréhension des mystères les plus profonds
de l’univers.
On estime souvent à tort que la « ’Hassidout » est
un mouvement séparé de la Kabbale, mais son
fondement doctrinal est entièrement structuré sur
l’enseignement du « Ari ha Qadosh ». Si l’étude de la
Kabbale pénètre l’âme de la Torah, le raffinement de
la « ’Hassidout » fait découvrir l’âme qui est à
l’intérieur de l’âme de la Torah.
En élevant la conscience collective et en donnant
à la Kabbale une expression existentielle, la
« ’Hassidout » va permettre au territoire de la pensée
Kabbalistique de s’élargir, et à la Kabbale, de devenir
une Kabbale vivante.

111
Le Baal Chem Tov – le Béicht
De son véritable nom « Israël Ben Éliézer », il fut
surnommé le « Béicht » ou le Maître du Bon nom. Né
en 1698 dans la province de Podolie en Ukraine
occidentale et orphelin très jeune de ses deux parents,
il avait coutume de s’isoler dans les champs et forêts
pour se consacrer à l’étude des manuscrits de la
Kabbale. C’est à l’âge de quatorze ans, qu’il sera
accepté comme membre de la confrérie des Tsadiqim
cachés, « les Nistarim », alors dirigée par Rabbi « de
Ropchits ».
Pendant plusieurs années, il fut professeur d’école
puis, ses nombreuses pérégrinations le conduisirent
dans les villes et villages de Podolie, de Wholinie et de
Galicie, où il se fit progressivement une réputation de
guérisseur et de faiseur de miracles. « Tsadiq » hors
du commun, il s’installa en 1740 à « Medzibodzh » où
il fonda le mouvement populaire de la « ’Hassidout »,
dans le but de revigorer la vie spirituelle des juifs de
l’Europe de l’Est.
Entièrement fondé sur la tradition doctrinale de la
Kabbale du « Ari Zal », ce mouvement va donner une
priorité nouvelle au service simple et joyeux de D.ieu,
par une prière fervente dans l’enthousiasme et l’extase.
Rejetant les mortifications, la culpabilisation et la
tristesse, il sera demandé aux fidèles d’exprimer avec
force leur allégresse, par des chants « ’Hassidiques »
accompagnés d’applaudissements pour que vienne le
Roi Messie ; car la « Sim’ha », la joie, est le véhicule qui

112
permet d’atteindre la « Dvéqouth », l’adhésion au
Divin, qui ouvre dans le monde suprême de la Pensée,
le monde de « Atsilouth ».
En effet, par sa première lettre qui est le « Shin »,
la « Sim’ha » permet le franchissement de la frontière
qui sépare le monde de la Pensée des mondes de la
construction. Cette frontière, qui est la limite du
« ’Hashmal » dans le voyage extatique du « Yordéi
Merkavah », est représentée dans le « Ets Ha ‘Hayim »
par le canal de la lettre « Shin », l’un des trente deux
sentiers au travers desquels s’écoule le Flux divin.
Si la joie, est la véritable voie de la « Merkavah »
qui fait pénétrer dans le monde de la Pensée créatrice,
le degré supérieur sera atteint par le « Nigoun », le
chant tournant sans parole ; car il reproduit le
tourbillon originel de l’« Avir Daqia », l’Ether subtil,
qui donna naissance au Point premier de la création,
la « Nékoudah Ha Emtsaï ». C’est ce mouvement
circulaire, que devaient reproduire les quarante
années d’errance dans le désert pour remettre en
marche la Parole créatrice ; la Pâque juive, la fête de
« Pessah », qui célèbre cet événement, nous l’indique
lorsqu’on décompose son nom en « Pé – Sah », la
Bouche qui parle.
Enfin, au sommet du voyage extatique, c’est l’Acte
créateur que l’on applaudira main contre main, pour
honorer par les vingt huit phalanges des deux mains les
vingt huit lettres qui annoncent la création et qui
composent le premier verset de la Genèse ; « Béréchit

113
Bara E.lohim ét ha Shamayim Vé ét Ha Aréts », Au
commencement D.ieu créa les cieux et la terre
(Genèse 1,1).
En reprenant l’enseignement du « Shéma Israël », le
« Baal Chem Tov » rappellera l’unité qui doit régner au
sein du peuple juif et demandera de multiplier les actes
de bonté. Il démontrera l’amour que l’on doit donner à
son prochain, en rappelant que le premier
commandement du « Shéma » ; « Véahavta ét Adochem
Elokéra », tu aimeras l’Eternel ton D.ieu, a la même
équivalence numérique 907 que l’affirmation ;
« Véahavta Lére’ékha Kamokha Ani HaShem », tu
aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis
l’Eternel. Enfin, Il insistera sur la grande qualité des
hommes simples dont les prières montent directement à
l’Essence de D.ieu et sur le rôle central du « Tsadiq », le
juste, qui aide à la libération des Etincelles divines
prisonnières des écorces négatives, les « Qlipoth ».
Le « Béicht », ne rédigea pas lui même son
enseignement, ses principaux ouvrages, « Keter Chem
Tov » et « Tsavaat Ha Ribach », furent rédigés par ses
disciples. Lorsqu’il quitta ce monde en 1760, il avait
plus de dix mille disciples. Il confiera alors dans une
lettre posthume adressée à son beau-frère, qu’il avait
rencontré l’âme du « Machia’h » à qui il demanda
quel sera le jour de sa venue ; le « Machia’h »
répondit : « Le signe qui te permettra de le savoir, sera
lorsque ton enseignement se propagera dans le
monde et que toute âme sera capable de réaliser les

114
Unifications spirituelles nécessaires : alors les forces
du mal disparaîtront et ce sera le moment propice
pour le Salut ».
L’essentiel du patrimoine éthique du « Baal Chem
Tov » sera transmis par ses disciples, parmi eux ;
« Dov Baer de Mezeritch » (1704-1772) puis
« Schnéour Zalman de Lyadi » (1745-1812), le « Baal
Ha Tanya », Maître et auteur du « Tanya », fondateur
du mouvement « Loubavitch », la branche de la
« ’Hassidout ’Habad », dont la pensée met en lumière
l’enseignement du « Baal Shém Tov ». D’autres
mouvements « ’Hassid » connaitront et connaissent
encore de nos jours un grand succès, notamment
celui de « Na’hman de Breslèv » (1772-1810), petit fis
du « Baal Chem Tov ».
À cette même époque au Maroc, Rabbi « ’Hayim
Ben Attar », (1696-1743) fera un commentaire sur la
Torah suivant ses quatre niveaux de lecture. Cet ouvrage
intitulé « Or Ha ‘Hayim », sera si remarquable, qu’il
incitera le « Béicht » à considérer son auteur comme le
« Mashia’h » potentiel de sa génération.
Mais la « ’Hassidout », nouvelle relation à la
religion va déplaire aux autorités rabbiniques établies.
Ceux qu’on nomme les « Mitnagdim », les opposants,
rassemblés sous l’autorité de « Eliahou ben Shlomo
Zalman Kramer », le génie ou « Gaon », de « Vilna »
(1720-1797), vont craindre que la « ’Hassidout » dévie
vers l’hérésie, en proclamant un jour le « Baal Chem
Tov » Messie.

115
Quatrième période – la Kabbale contemporaine – la
Torah Guéoulah
Si la parfaite osmose entre les cieux et la terre était
jusque là maintenue par la lumière directe (le Or
Yachar), descendue dans notre monde par l’étude
secrète des « Nistarim » (les justes cachés), à partir de
l’ère du « Ari Ha Qadosh », seul le rayonnement
progressivement avivé de la lumière de retour (le Or
‘Hozekh), pourra soutenir la création dans son état
d’existence. C’est par cet effort de l’en bas, que l’Unité
pourra être pleinement révélée, jusqu’à déclencher la
Délivrance finale d’Israël et corrélativement, celle de
l’humanité.
Provoquer la Réponse de l’En-Haut, en donnant
puissance au « Or ‘Hozekh », explique pourquoi la
Kabbale s’adresse aujourd’hui à notre génération par
une interprétation épurée et clarifiée. En révélant au
plus grand nombre (et par le plus grand nombre) les
racines secrètes de la destinée, ce dernier dévoilement
de la Kabbale, appelé « Torah Guéoulah » ou Torah
de la délivrance, permettra aux âmes principales
d’arriver au terme de leur réparation.
Mais pour que ce travail de « Tiqoun » puisse se
faire, un processus devra se mettre en place dans le
cycle des réincarnations des étincelles d’âmes (dont
nous faisons tous partie), afin que l’être devienne
avide de connaître la Vérité immuable. C’est ainsi,
qu’une puissance particulière sera donnée à la pensée
propre ou « Néfèsh », qui fera que tout repère d’une

116
vie authentique sera perdu. Dans ce règne du pare-
être, l’homme en perdition ne pourra redécouvrir les
réelles racines de son existence, qu’en étudiant les
secrets de la Révélation.
Cette période que nous vivons et qui se
caractérise par l’hypertrophie de la pensée propre, est
appelée par le « Zohar » ; « Yéridat Ha Dorot », la
chute spirituelle des générations. Elle connaitra dans
son déclin un point si bas, qu’il sera symboliquement
situé dans le talon du Messie, pour désigner l’extrême
opposé à ce qui est au sommet de la spiritualité ; voilà
pourquoi, la génération de la chute spirituelle sera
appelée, « ‘Ikvata Dé Méchikha », au talon du Messie.
Comme nous l’avons vu, la mission qui fut
donnée à « Yaacov » et aux soixante dix membres de
sa famille, a été de dévoiler la Sainteté incluse dans
chacun des soixante dix modèles de la pensée qui
définiront les soixante dix nations. Sous une autre
forme, il leur fut demandé de libérer les étincelles de
la pensée « ’Haya », tombées dans le talon, c’est-à-dire
dans les soixante dix archétypes de la pensée
« Néfesh ». Cette mission qui sera vitale tout au long
de l’histoire de l’humanité, est signalée dans le récit
biblique (Genèse 25,26), lorsque « Yaacov » désignera
la génération « ’Ikvata », en s’agrippant au talon de
son frère « ‘Esav », Esaü, l’héritier de la pensée propre
émanée du serpent primordial.
Cette potentialité libératrice qui fut donnée à
« Yaacov » vient de son nom nous dit la Kabbale ; car le

117
nom « Yaacov » se décompose en « Yod ‘Eqèv ». La
structure « Yod – ‘Eqèv », montre la chute de la lettre
« Yod », symbole de la Divinité par sa valeur dix (les dix
Sefiroth, les dix Paroles, les dix Commandements), dans
« ’Eqèv », le talon. Un combat spirituel devra donc être
mené pour rétablir le « Yod » dans la Sainteté. Il se fera,
nous le savons, contre « Samaël », l’archange protecteur
de « ’Esav » et donc de la pensée « Néfèsh ». A l’issue
du combat, « Yaacov » deviendra « Israël », qui aura
(comme Mitsraïm) un troisième sens de lecture, « L’i
Roch », obtenu en inversant les lettres mêmes du nom
Israël. « L’i », qui s’écrit « Laméd Yod », révèle le moyen
du relèvement du « Yod » : par le « Laméd » qui
désigne le « Limoud » ; l’étude de la Torah. Dans cette
élévation, le point suprême que va devoir regagner le
« Yod », sera « Roch », la tête, pour permettre à la pensée
authentique, la pensée « ’Haya », de rayonner à
nouveau sur l’être et le monde.

Ainsi et comme le montre le nom « Yaacov », le


processus de la « Yéridat Ha Dorot » (qui s’accélérera
jusqu’au terme de l’ère Messianique), imposera à
l’homme de monter encore plus haut dans la
Connaissance des mondes spirituels, pour retrouver
l’essence de son propre être. Cette Connaissance absolue

118
qui sera acquise, fera que notre génération deviendra la
seule capable de révéler la « ’Hokhma Nistarah
Chélémah », la Sagesse secrète pleine et entière, perdue
par « Adam Ha Rischon ». Cette potentialité de
dévoilement qui nous a été donnée, permettra à la
lumière de retour, le « Or Hozekh », d’enclencher la
Réponse de l’En-haut ; à ce stade ultime, les six cent
mille âmes principales auront toutes été restaurées.
Nous comprenons à présent l’enseignement de la
Tradition, lorsqu’elle rapporte que Rabbi « Shimon
Bar Yo’haï » et ses étudiants, furent les seuls à pouvoir
atteindre les cent vingt cinq degrés spirituels qui
parachèveront la correction de l’âme, tout en
soulignant, qu’aucune génération comme la sienne ne
verra le jour jusqu’à la génération du Roi Messie ;
« lorsque les jours de Machia’h seront proches, même
les enfants seront enclins à connaître les secrets de
cette Sagesse, ils y découvriront la finalité et les
moyens de la Rédemption : à cette époque, le livre du
Zohar sera révélé à tous » (Zohar Vayéra).

Rabbi Menahem Mendel Schneerson


Né en Ukraine en 1902 et décédé à New York en
1994, il sera nommé par ses fidèles le « Rébbé » et par
la communauté juive mondiale, le « Rabbi de
Loubavitch », pour désigner le chef spirituel d’une
génération.
Héritier de la dynastie du « ’Hassidisme ‘Habad »
fondée en 1797 par Rabbi « Schnéour Zalman de

119
Lyadi », il sera le leader le plus actif de tous les temps
et favorisera la diffusion de la « ’Hassidout » par ses
« Mahamarim », articles mystiques et par un réseau
d’institutions d’études juives, dont le nombre avoisine
aujourd’hui les cinq mille.
Une rumeur diffusée de son vivant voulait qu’il
fût le « Machia’h » potentiel de la génération. Mais sa
qualité de septième héritier de la dynastie « ’Habad »,
montrera qu’il sera le dernier des « Tsadiqim » de
cette lignée, à faire descendre la quantité restante du
« Or Yachar » nécessaire à la restauration du Palais de
la Royauté, la « Malkhouth » ; afin que réside le D.ieu
Roi dans notre monde.
Ce dernier flux de lumière « Or Yachar », que le
« Rabbi de Loubavitch » fit descendre dans notre
monde, est symboliquement désigné par l’adresse de
sa résidence et de son lieu d’étude ; le « 770 Eastern
Parkway » à Brooklyn. La Guématria 770, révèle
l’expression « Shekhinah Chélémah », la Présence
divine pleine et entière, désormais totalement
présente dans notre monde et qui n’attend plus que
l’ardeur spirituelle d’Israël, pour retrouver son Bien
Aimé Roi ; le « Saint Béni Soit-Il ».

L’Ashlag – le Baal Ha Soulam


La Kabbale explicite sera également largement
développée par « Yéhouda Leib Ha-Levi Ashlag »
(Varsovie 1885 – Jérusalem 1954), le « Baal Ha
Soulam ». Kabbaliste célèbre né à Varsovie en Pologne,

120
« Rav Ashlag » étudia la Kabbale dés l’âge de sept ans. Il
fonda une école de diffusion de la nouvelle Kabbale
dont les disciples, Rav « Berg » et Rav « Leitman »,
continuent à promulguer aujourd’hui l’enseignement.
Rapprochant la pensée « Néfèsh », à un désir de
recevoir ou « Ratson Lékabèl » et la pensée « ’Haya », à
un désir de donner ou « Ratson Léashpia », il
démontrera que l’essence primordiale du projet d’être
ne peut être retrouvée que par une transformation dans
la conscience, du désir de recevoir en un désir de donner.
Pour ce faire, il écrira deux œuvres principales ; « ’Esser
Sefirot », le Talmud des dix Sefiroth qui détaille la
structure et le mode de fonctionnement des mondes
supérieurs et « Soulam », l’Echelle du Zohar. Cette
réinterprétation du « Zohar », la dernière depuis celle du
« Rashash », qui sera faite en hébreu pour aider à la
diffusion de la Kabbale, lui vaudra le nom de « Baal Ha
Soulam », le Maître de l’Echelle.
Enfin et pour clôturer cet historique sur la
Kabbale, nous citerons les travaux de Rabbi « Yossef
‘Hayim », plus connu sous le nom du « Ben Ich Haï »
(1834-1909), qui expliquera dans un langage accessible
les lois ou « Halakhot » au niveau Kabbalistique et ceux
de « Israël Abouhatsira » (1890-1984), connu sous le
nom de « Baba Salé », renommé pour sa piété et la
réalisation de miracles, qui composera des discours sur
la Torah en y incluant des commentaires
Kabbalistiques : sa tombe à « Nétivoth », en Israël, est
devenue un lieu sacré.

121
122
Partie IV
Le Zohar

INTRODUCTION
À partir de sa Révélation au mont Sinaï, la
dimension cachée de la Torah n’était connue que des
prêtres et des prophètes. Mais lorsque la prophétie
cessa et que le Temple de Jérusalem fut détruit, une
nouvelle ère commença aux alentours de l’an 3860 de
la création du monde, lorsque Rabbi « Shimon Bar
Yo’haï » reçut le Pouvoir et le Consentement céleste,
pour révéler à ses disciples les secrets de la Torah.
Rabbi « Shimon Bar Yo’haï » fera alors un
commentaire mystique du Pentateuque, dans ce qui
deviendra ; le livre de la Splendeur : le « Séfér Ha
Zohar ».
Ce livre tenu secret durant mille ans, sera réécrit
en 1286 en Castille sous une forme compilée par le
Kabbaliste « Moise de Léon », pour être connu par le
plus grand nombre. Si sa mise en circulation fut

123
immédiate, cette œuvre ne connaîtra le réel succès
qu’après deux siècles de diffusion, lorsque les
révélations du « Ari Ha Qadosh », en dévoileront
l’essence profonde.
Le « Séfér Ha Zohar », retranscrit par « Moise de
Léon », le sera en araméen, car elle est la langue
principale du Talmud, mais dans un style excentrique
pour exprimer l’exaltation. Malgré son écriture non
conventionnelle, cet ouvrage considéré par tous comme
la Bible de la Kabbale, sera le seul livre de la littérature
juive post-talmudique, à devenir texte canonique.
Se présentant sous forme d’écrits et de débats
entre Maîtres, comparable à un cénacle qui se
réunirait régulièrement pour méditer sur les secrets
de la Torah, des sujets profonds et variés y sont
traités, portant sur la nature de D.ieu, les fonctions et
manifestations Séfirotiques, la création, le monde
intermédiaire des anges, la physiognomonie, l’âme, la
relation de l’égo (l’obscurité du moi) avec la Lumière
de D.ieu (le projet d’être), le péché responsable de la
matérialité du corps, le rachat, le bien et le mal, la
morale et l’éthique, la nature secrète de la Torah.
Habituellement édité en dix volumes, le « Séfér
Ha Zohar » se divise en trois parties : le « Zohar »
proprement dit, le « Tikounéi Zohar » et le « Zohar
‘Hadash ».
Le « Zohar » ou « Midrash Zohar », le commentaire
du Zohar sur le Pentateuque, le « ’Houmach »,
comprend diverses sections, parmi lesquelles ;

124
– « Sfira Di-Tsenioutha », le livre de la Pudeur ou
des Questions cachées (Zohar II, 176b-179a), qui
commente le « Béréchit », le commencement, à partir
de la relation entre le masculin et le féminin, symboles
des deux forces créatrices fondamentales qui sont
« ’Héssèd » et « Din », Bonté et Rigueur.
– Les « Idrot », avec l’« Idra Rabba Qadisha » – la
Grande et Sainte Assemblée (Zohar III, 127b-145a),
qui dévoile les mystères de l’« Adam Qadmon » et
l’« Idra Zouta Qadisha » – la Petite et Sainte Assemblée
(Zohar III, 287b-296b) dans laquelle « Shimon Bar-
Yo’haï » fait ses dernières révélations avant de mourir.
Mais aussi l’« Idra De Machkana » qui est l’Assemblée
du Tabernacle (Zohar II, 127b-146b).
– « Raza De Razin », le Mystère des mystères, qui
traite de la physiognomonie et des lignes de la main
(Zohar II, 70a-78a – Zohar ‘Hadash 35b-37c).
– « Heikhaloth » ou Palais, qui est la description
des sept Palais de lumière perçus par le mystique et
accessibles aux hommes pieux après la mort (Zohar I,
38a-45b et Zohar II, 244b-268b).
– « Sabba de-Mishpatim », qui sont les révélations
d’un vieil homme sur les secrets de la réincarnation et
de la transmigration à partir des lois bibliques sur
l’esclavage (Zohar II, 94b-114a) et plus loin
« Yenouka », l’enfant, qui dévoile les mystères de la
Torah (Zohar III, 186a-192a).
– Il nous faut citer d’autres rajouts sur ces
commentaires dont ; « Raya Mehemna », le Berger

125
fidèle, « Sitréi Torah », les Secrets de la Torah,
« Midrach Ha-Neelam », le Livre occulte, « Rav
Metivta », le Chef de l’académie.
Le « Tikounéi Zohar », ou « Restauration de la
Splendeur », discute des soixante dix permutations
possibles du mot « Béréchit » et commente diverses
sections de la Torah.
Le « Zohar ‘Hadash », le « Nouveau Zohar »,
imprimé pour la première fois à « Safed » au
XVIe siècle. Parmi ses sections, nous citerons ;
– « Zohar sur Shir ha Shirim », exposition
Kabbalistique du Cantique des cantiques (Zohar’Hadash
61a-75a).
– « Kav Ha Middah », la Règle ou la Compréhension
mystique du Shéma Israël (Zohar ‘Hadash 56a-58a).
– « Sitréi Othiot », les Mystères et Secrets des
lettres (Zohar ‘Hadash 1-9).
– « Ruth » et les lamentations.

RABBI SHIMON BAR-YO’HAI


Rabbi « Shimon Bar-Yo’hai », surnommé le
« Rashbi », naquit et grandit en Galilée en 80 de l’ère
commune après la destruction du deuxième Temple.
Dans les années tourmentées qui suivirent, plusieurs
soulèvements contre l’empire romain virent le jour
jusqu’à l’ultime révolte de « Bar-Kokhba », dont
l’issue finale, sera la chute définitive de la province de
Judée en l’an 135.
Cette dernière guerre judéo-romaine, qui débuta

126
l’exil des juifs en « ’Houts Laarets », c’est-à-dire en
dehors d’Israël, sera marquée par la destruction en
trente trois jours de l’école de Rabbi « Akiva » ; parmi
les vingt-quatre mille étudiants qui la composaient,
cinq survivront, dont Rabbi « Shimon Bar-Yo’hai ».
Après la défaite de « Bar-Kokhba », l’empereur
« Hadrien », gouverneur de la région, ordonna des
décrets inquisiteurs contre les Juifs et l’exécution de
Rabbi « Akiva ». Le « Rashbi », devenu un fervent
dissident, sera condamné à mort par les autorités
romaines. Pour échapper à son funeste destin, il alla
se cacher avec son fils « Eléazar » dans une grotte au
nord d’Israël, là, un caroubier et une une source d’eau
fraîche leur apportèrent la subsistance. Durant leurs
treize années d’isolement, ils étudièrent les secrets de
la Torah ; « Shimon Bar-Yo’hai » les retranscrira de
façon occulte dans le « Séfér Ha Zohar ».

À sa réhabilitation, le « Rashbi » créa une


académie dans la ville de « Teko’a », où il enseigna
son savoir secret aux érudits de sa génération dont
Rabbi « Yehouda Ha Nassi », le compilateur de la
« Mishna ». Rabbi « Shimon Bar-Yo’haï » décédera en
présence de ses amis et élèves au « Lag Ba’Omer », le
33e jour du décompte du « ’Omer », en l’an 160 de
notre ère ; il sera enterré à « Méron ».

Les trois âmes du Rashbi


Dans son ouvrage « Shaar Ha Guilgoulim », la

127
Porte des réincarnations, « ’Hayim Vital » rapporte
dans le Chapitre 2, l’enseignement du « Ari » sur l’âme
et le complément d’âmes que reçut Rabbi « Shimon
Bar-Yo’hai » ; L’âme du « Rashbi », nous dit il, est triple,
elle est formée d’une âme principale, celle de « Akhiya
de Chilo », dont la mission sera parachevée par deux
autres âmes, celle de « Zacharie ben Yehoyada » et celle
de « Moshé Rabbéinou » : « ces trois âmes ont pénétré
dans la grotte alors qu’il rédigeait le Zohar ».

En développant sur cette révélation, il sera dévoilé


trois formes de réincarnations. La première, le
« Guilgoul », la réincarnation proprement dite, où
l’âme revient entièrement dans un corps pour
continuer, compléter ou réparer la mission qui lui a
été assignée. La deuxième, le « ’Ibbur », la grossesse,
évoque l’être dans l’être. Dans ce cas, l’âme pénètre
dans un corps déjà habité par sa propre âme et va,
comme le fœtus, se superposer à l’âme déjà présente.
Enfin, la troisième, le « Nitsots », l’éclat – l’étincelle
d’une âme, vient fusionner dans un « Guilgoul » pour
parachever l’âme qui réside déjà dans un corps. A la
différence du « ’Ibbur », le rayonnement du
« Nitsots » est absorbé par l’âme présente ; c’est par
cet éclat (émané d’une âme supérieure de la même
parenté spirituelle que l’âme en Guilgoul), que se font
les bonds spirituels nécessaires à la réparation et que
sont dévoilés les secrets de la Torah.
L’étude de la vie de ces trois personnages,

128
réincarnés dans le corps de « Shimon Bar-Yo’hai », va
nous faire découvrir que chacun d’eux avait été
responsable d’une brisure fondamentale de l’unité du
peuple d’Israël.

Le prophète Akhiya de Chilo


« David », le deuxième roi d’Israël après « Saül »,
régnera au Xe siècle avant l’ère commune. Son fils
« Salomon », qu’il aura de « Bethsabée », gouvernera
Israël de – 970 à – 931. Devenu roi, « Salomon »
construira le premier « Beith Ha Miqdash », le
Temple de Jérusalem, que le roi babylonien
« Nabuchodonosor » détruira en – 587. Le « Temple
de Salomon », dont la construction fait l’objet des
chapitres six à huit du premier livre des Rois, abritait
l’Arche d’Alliance ; il était le lieu du service sacerdotal
et des sacrifices, les « Korbanot ».
Un serviteur réfractaire à « Salomon », dénommé
« Jéroboam », rencontra un jour le prophète « Akhiya
de Chilo ». Celui ci lui prophétisa ; « après la mort de
Salomon, Jéroboam régnera sur dix tribus qui se
ligueront pour former le royaume d’Israël. Quant aux
deux tribus restantes, celles de Yehouda et de
Benyamin, elles s’allieront à Roboam, fils de Salomon,
pour former le royaume de Judée, mais ; les deux
royaumes deviendront adversaires ».
Lorsque la prophétie se réalisa, « Jéroboam » une
fois proclamé roi d’Israël, scella définitivement
l’indépendance de son royaume, en érigeant à ses deux

129
extrémités dans les villes de « Dan » et « Béthel », des
veaux d’or pour y amener les offrandes ; à partir de là, le
droit de tutelle de Jérusalem, du Temple et des prêtres
sera définitivement aboli sur les rois d’Israël.

Le prophète Zacharie ou Zérarya ben Yehoyada


Vers – 800, « Zacharie ben Yehoyada » fut revêtu
de l’Esprit de D.ieu (il ne s’agit pas du prophète
Zacharie mentionné dans le Tanakh qui revint de
l’exil de Babel). Il se présenta devant le peuple (les
Judéens) en leur disant : ainsi parle l’Eternel ;
« Pourquoi transgressez-vous Mes commandements ?
Vous ne prospérerez point car vous M’avez
abandonné et Je vous abandonnerai ».
Ils se liguèrent alors contre lui et sur l’ordre du roi
« Yoas » (- 837 - 800), le lapidèrent sur le parvis du
Temple, le jour du « Yom Kippour ». « Zacharie » en
mourant s’écria ; « le Seigneur verra et demandera
compte », mais son sang ne sera pas absorbé par les
dalles, et le Temple restera souillé des décennies
entières.

Le Moïse d’après la faute


Suite à la faute du veau d’or du « 17 Tamouz », le
quatrième mois après la sortie d’Egypte et parce que les
enfants d’Israël connaissaient l’interdit sur l’idolâtrie
afférent au deuxième commandement (puisqu’ils
l’entendirent de la Voix même de D.ieu), « Moïse »,
désespéré, brisa les premières Tables d’Alliance sur

130
lesquelles D.ieu avait gravé Lui même Ses 613
commandements en dix Commandements. Un
deuxième don de la Torah devint alors nécessaire, pour
rétablir le lien entre D.ieu et Son peuple ; il se fera sur
de nouvelles tables, réécrites par « Moïse », sous la
Dictée divine.

Les trois brisures de l’unité


Si chacun de ces trois personnages fut à l’origine
d’une brisure de l’unité d’Israël, il nous faut connaître
leurs fautes et le niveau de leurs responsabilités. Pour
ce faire, sachons tout d’abord qu’un prophète qui ne
livre pas sa prophétie est passible de mort (par Décret
céleste) et qu’une prophétie formulée, ne peut que se
réaliser. Aussi, et connaissant la teneur de la Parole
divine qu’ils devaient transmettre, les prophètes
« Akhiya de Chilo » et « Zérarya ben Yehoyada »,
auraient dû faire acte de sacrifice en refusant de
parler. Ainsi, le premier aurait évité que soit scellé le
schisme des douze tribus d’Israël et le deuxième, que
soit prononcé le Décret de la destruction du premier
Temple dont la conséquence sera la chute définitive
du royaume de Judée (-587), puis l’exil à Babylone.
Concernant la faute du veau d’or, si elle fut le moyen
qui permit l’accord du Pardon divin (par un
deuxième don de la Torah), « Moïse » savait très bien
que les nouvelles tables d’Alliance une fois
retranscrites, allaient devenir celles de l’exil.
Au final, les trois âmes de Rabbi « Shimon Bar-

131
Yo’hai », seront responsables de l’exil physique et
spirituel d’Israël : en annonçant la division des douze
tribus puis la destruction du Lieu de la Présence
divine dans notre monde, le Temple, et en
amoindrissant l’Eclat de la Révélation par une Torah
réécrite par l’homme.
Mais le Talmud va préciser ; « la véritable cause
de la destruction du Beith Ha Miqdash, sera la
désunion des douze tribus, ce manque d’unité
provoquera la mort des douze mille paires d’étudiants
qui composaient l’école de Rabbi Akiva ».
L’expression douze mille paires et non vingt quatre
mille étudiants a été choisie, pour montrer les graves
conséquences qu’entraine la division au sein du
peuple d’Israël. Voilà pourquoi, le degré de
responsabilité de « Akhiya », passera bien avant celui
de « Zérarya » et de « Moïse ».

L’arbre du mal
En expliquant la faute de ces trois âmes à la
grandeur spirituelle irréprochable, la Kabbale va
dévoiler une force destructrice fondamentale qui
détourne l’être du chemin de sa destinée. Cette force
négative, activée originellement par la faute de « Adam
Ha Rischon », émane d’une structure « Ségolique » à
trois points, d’un arbre du mal, qui est l’édifice du
royaume de l’autre coté : la « Sitra Akhara ».
L’arbre du mal, est structuré comme l’Arbre de
vie, mais son sommet qui se dirige vers le bas, désigne

132
la cible qu’il veut faire atteindre ; la pensée propre ou
« Néfèsh ». C’est ainsi, que la puissance maléfique
fondamentale agit sur la pensée de l’homme sur trois
niveaux, signalés par les trois sens de lecture du mot
« Mitsraïm » ; c’est en aliénant (Mitsraïm) et en
limitant (Métsarim) la pensée, qu’elle devient néfaste
en reniant le ciel (Métsar Mi).
La force primordiale de l’autre coté est l’archange
« Samaël », représentée au début du récit biblique par
le « Nakhash Kadmoni ». Le dessein démoniaque du
serpent primordial dévie l’homme de la réalisation de
son projet d’être ; le nom « Satan » l’indique, il vient
du verbe « Listote » qui veut dire dévier en hébreu.
Voilà pourquoi, « Samaël » sera le prince satanique
que devra combattre « Yaacov » ; pour replacer la
pensée « Néfèsh » au sommet de l’Arbre de vie.
À l’image de la lutte de « Yaacov », la seule et
véritable contre force qui permettra à l’homme de
détourner l’influence de « Samaël », est la « ’Anavah »,
l’humilité, seule qualité étrangère à l’épaississement
ou au culte du moi : la Guématria le confirme,
« Samaël » et « ’Anavah » sont deux contraires qui
peuvent rivaliser ; car tous deux ont un même poids
numérique de 131.

Le Tiqoun du Rashbi
En pénétrant Rabbi « Shimon Bar-Yo’hai » alors
qu’il retranscrivait dans le « Zohar » les secrets de la
Torah, les trois âmes coupables de leur moi inerte,

133
vont devoir réparer en révélant les Clés secrètes de la
restauration de l’Unité ; pour pouvoir le faire, elles
devront adopter le mode de réincarnation approprié à
leur niveau de responsabilité.
C’est ainsi que l’âme de « Akhiya » reviendra en
« Guilgoul » ou réincarnation complète dans Rabbi
« Shimon Bar-Yo’hai », alors que celle de « Zérarya »
ne reviendra qu’en « ’Ibbur », c’est-à-dire en fœtus ;
quant au « Moïse » du deuxième don de la Torah, il
n’aura à produire qu’un seul éclat ou « Nitsots » de sa
propre essence, car malgré son délit, sa grandeur
spirituelle restera extraordinairement élevée. C’est ce
que va à nouveau démontrer la Guématria ; le « Lag
Ba’Omer » (jour du décès du Rashbi), a pour valeur
345, la valeur numérique du nom « Moshé ».
Au final, Rabbi « Shimon Bar-Yo’hai » va devenir
l’acteur principal de la reconstruction du peuple
d’Israël. Mais comme Israël est « Goy E’had », le
peuple un formé à partir d’un prélèvement des autres
nations, son histoire, qui sera celle de l’humanité,
imposera à Rabbi « Shimon Bar-Yo’hai » de revenir
des siècles plus tard en la personne du « Ari Ha
Qadosh », pour dévoiler aux hommes les mécanismes
secrets qui les libéreront de leur exil spirituel. C’est à
partir de cette réincarnation complète en « Guilgoul »
du « Rashbi », qu’il sera Consenti, au niveau céleste,
que soient divulgués les secrets de la Torah.
Les révélations qui seront faites, seront d’une telle
portée, qu’elles inciteront Rav « Abraham Isaac

134
Kook » (1864-1935), à déclarer dans son ouvrage
« Eder Ha-Yakar » ; « Le Zohar est une œuvre qui
ressemble à l’arche de Noé dans laquelle les hommes
sont entrés pour survivre. Sa vertu est telle,
qu’immédiatement après s’y être engagé, accompagné
du désir d’aimer D.ieu, elle nous attire
inexorablement. On y entre pour sauver son âme et
son esprit, on y entre pour achever sa correction ».

L’ESSENCE DU ZOHAR – LE ‘ONEG


Le chemin emprunté par les forces réparatrices
dans l’« Hishtashlout », l’enchaînement des mondes,
révélé à « Shimon Bar-Yo’hai » par ses trois âmes, sera
dévoilé au cours des « Idrot », les Saintes Assemblées
initiatiques.
L’« Idra », singulier de « Idrot », signifie assemblée
en araméen. Elle a pour équivalence hébraïque
« ’Hédar », la chambre, ou l’intériorité des Palais
mystiques que devra traverser l’initié pour atteindre le
mystère de « Békhadréi-Khadarim » ; des chambres des
chambres du secret.

Les chambres de la conscience


L’expérience de l’« Idra », sera reprise par le
« Ari », comme modèle de l’expérience intérieure ; c’est
en plongeant au plus profond de soi, que l’on pourra
atteindre les mystères de « Békhadréi-Khadarim », des
chambres des chambres du moi. Ces chambres, qui sont
des états de conscience, pénètrent le moi profond

135
jusqu’à l’ultime point de l’être, celui qui unit au
Créateur et maintient secrètement l’existence : « car le
monde ne subsiste que par le secret, même dans ce
qu’il a de profane » (Rabbi Shimon Bar-Yo’hai, Idra
Rabba ; Zohar III, 127b -128a).
En progressant vers son point d’être par l’étude des
secrets de la Torah, l’homme s’engage sur la voie d’une
spiritualité dont la lumière transcendantale pénètre
l’opacité du moi pour réparer de l’intérieur. Dans
chacune des chambres restaurées (par les forces de
l’Unité), un degré supplémentaire de la compréhension
des secrets de la Torah sera accordé. C’est à partir de ce
nouveau discernement, qu’il deviendra possible de
réaliser le projet d’une vie authentique.
L’illumination puis la réparation du moi, amène à
un état de plénitude appelé « ’Oneg ». Le « ’Onèg »
signifie plaisir, délice, il est l’essence même du
« Zohar » révélée par les trois âmes de Rabbi
« Shimon Bar-Yo’hai » ; les lettres « Ayin-Noun-
Guimél » du mot « ’Onèg » le montrent, elles sont les
initiales de « ’Ibbur – Nitsots – Guilgoul », les trois
formes de la réincarnation.

‘Onèg – plaisir, délice


L’étude du « Zohar », et par extension celle de la
Kabbale, vont, en pénétrant la lumière du « ’Onèg »,
donner des puissances supplémentaires à l’âme
appelées « Kokhot Ha Néfèsh ». Ces forces, qui sont :

136
« Ahavah » – l’amour, « Yira » – la crainte, «
Ra’hamim » – la miséricorde, « Bita’hon » – la
confiance, « Teminouth » – la sincérité ou la simplicité
et « Emét » – la Vérité, protègent et réparent le corps
jusqu’à rétablir l’être authentique.
À l’inverse, si l’homme se détourne du Projet
destiné, la force potentielle du « ’Onèg » devient
« Néga’ », qui signifie blessure, plaie, maladie ;
« Néga’ », s’obtient en inversant les lettres du mot
« ’Onèg ».

Néga’ – blessure, plaie

La structure spirituelle fondamentale


En faisant référence au verset « Genèse 2,10 » où
il est dit ; « Un fleuve (Nahar) sortait de l’Éden pour
arroser le jardin (Gan) puis de là, se divisait en quatre
bras », Rabbi « Moshé Sofer », le « ’Hatam Sofer »
(1762-1839), fait remarquer que les lettres « ’Ayin –
Noun – Guimél » du mot « ’Onèg », sont les initiales
de « Éden – Nahar – Gan ». Il en déduit ; « le véritable
‘Onèg, est l’unité qui s’établit entre une essence (le
fleuve) et ses quatre racines (les quatre bras du fleuve)
et ce, à l’image des quatre lettres du Nom ineffable
Y.HVH, qui sont les quatre racines créatrices de
l’Essence Suprême. Voilà pourquoi, D.ieu créa par le
Hé – Bé Hé Baram (Genèse 2,4), en projetant en cinq
lumières Sa Torah bien aimée dans la création ; ces

137
cinq lumières deviendront les cinq livres du
‘Houmach, le Pentateuque ».
La lettre « Hé », dont la valeur numérique est cinq,
désigne l’essence et ses quatre racines, la structure
spirituelle fondamentale, l’« ’Atsmouth », littéralement
l’ossature spirituelle du tout créé. Ainsi, à partir de la
Source originelle, trois essences fondamentales vont
d’abord façonner la création en quatre mondes, puis en
quatre Visages séfirotiques (les Partsoufim) et enfin, la
créature, en quatre nuances de l’âme. Ces trois essences
principales, totalement indissociables de l’Unité divine,
sont ;
1. « Adam Qadmon », l’Homme primordial,
encore appelé « ’Olam Ha Ein Sof », le Monde de
l’infini, essence des quatre mondes subséquents ;
« Atsilouth » – le monde de l’Emanation, « Bria » – le
monde de la Création, « Yétsirah » – le monde de la
Formation et « ’Assiah » – le monde matérialisé.
2. « Arikh Anpin », le Long Visage ou le
Longanime, essence des quatre « Partsoufim » ;
« Abba » – le Père, « Imma » – la Mère, « Zéir Anpin »
– le Fils ou le Visage restreint et « Noukvé » – la Fille
qui désigne la « Malkhouth », la Royauté.
3. l’Ame universelle, la « Yé’hida », essence des
quatre rayonnements de l’âme ; « Néfesh » – l’âme
végétative, « Rouakh » – l’âme émotionnelle,
« Neshamah » – l’âme proprement dite, l’étincelle
divine et « ’Haya » – la vivante, l’âme spirituelle qui
relie à la vie universelle.

138
Le rayonnement de l’Ame dans les quatre mondes

‫ה‬
La lettre Hé-le chiffre 5

139
Suivant ce même schéma archétypal, l’Essence de
la Torah pourra être appréhendée par quatre niveaux
de lecture ; le « Pschat » – le sens littéral, le « Remez »
– le sens allusif, le « Drash » – le sens allégorique et le
« Sod » – le sens Secret. L’acronyme « PaRDéS » qui
résume ces quatre degrés, veut dire verger en hébreu,
il rappelle que l’étude de la Torah est un fruit, dont la
saveur exquise est celle du « ’Onèg ».
Le ‘Onèg Shabbat
L’état de la parfaite harmonie entre l’essence et
ses quatre racines, s’instaure spontanément dans la
création au Jour du « Shabbat » : parce qu’il est « Yom
Qadosh », ce Jour qui est saint, plonge notre monde
dans l’Essence originelle.
La descente harmonieuse de la Quintessence
créatrice est symboliquement dessinée par les
branches de la lettre « Shin » ; le nom « Shabbat » qui
peut se lire « Shin-Bat » nous l’indique, en montrant
le « Shin », dans « Bath », la fille, qui est la création.

Shabbat

Shin Bath – le Shin dans Bath, la fille


Cependant, la lettre « Shin » que nous connaissons,
ne possède que trois branches, qui désignent les trois
essences premières que nous venons de citer ;
« l’Homme primordial – le Long Visage – l’Ame
universelle ». Mais comme le tout, sera créé à partir des

140
quatre lettres du « Y.HVH », de la Source originelle
vont émaner quatre et non trois essences principales :
« la lettre Shin devrait donc posséder quatre branches ».
Cette quatrième essence, celle du « Emét », est la Vérité
immuable que l’homme devra révéler par son effort
spirituel. Elle sera représentée par le blanc de la Torah ;
« dans l’attente que soit rendue au Shin, sa branche
manquante ».
La partie non écrite du Parchemin sacré, renferme
la Vérité du monde à venir. Voilà pourquoi, la
Kabbale va nommer la Torah « Feu noir sur Feu
blanc », pour nous enseigner ; « lorsque la quatrième
branche du Shin sera rétablie ; le Shin à quatre
branches sera, Ha Oth, la Lettre, le Signe, qui
marquera l’aboutissement de l’être et de la création ».

Shin à quatre branches


C’est ainsi, que le mot « Shabbat » rappelera à
l’homme sa mission essentielle, de revenir à une
existence véritable, lorsqu’il sera lu « Shav Tav » ; « le
retour du Tav à l’Unité du Aléf », le retour de la
dernière à la première lettre de l’Alphabet sacré, le
retour de la créature à son D.ieu Créateur.

Shabbat

Shav Tav – le retour du Tav

141
Le monde de l’Éden
En révélant le « ’Onèg », le « Zohar » désigne le
monde spirituel le plus élevé, celui de « Atsilouth ».
Ce monde, qui gouverne les trois mondes de la
construction, est le lieu du Rayonnement de la Gloire
divine, de la Pensée créatrice. « Atsilouth » est la Terre
spirituelle, « Erets Israël » et sa Sefirah « ’Hokhma »,
est la Demeure de la Sagesse secrète : la Sefirah «
‘Hokhma de Atsilouth » est le monde de l’« Éden ».
C’est ce que va nous dévoiler Rabbi « Shimon Bar-
Yo’hai » : « viens et vois… Au moment où le Saint
Béni Soit-Il fit entrer Adam dans le Gan Éden, Adam
put contempler tous les Mystères supérieurs et toutes
les Sagesses qui lui permettront de percevoir la Gloire
ineffable du Créateur… » (Zohar Béréchit 1,18a).
Le monde de l’« Éden » dit la Kabbale, est une
région éthérée, invisible aux yeux de l’homme, il se
situe au voisinage immédiat de la terre à une distance
d’un « Téfa » (8 cm), son volume est plusieurs fois
celui de notre planète. Le point de tangence entre la
sphère de l’« Éden » et la terre se situe à l’orient, dans
le secteur Est ou « Mikédem », c’est là, que D.ieu a
créé un jardin, le « Gan Éden », dont la surface est le
soixantième du monde de l’« Éden ».
C’est dans ce jardin, assimilé au paradis céleste
sur terre, que le « Saint Béni Soit-Il » plaça « Adam »
pour cultiver et garder la terre d’où il avait été extrait.
L’expression ; « Un jardin à l’est d’Éden – Gan Ba
Éden Miquédém », (Genèse 2.8) a la même valeur

142
numérique 363 que « Ha Machia’h » et « Ha
Nakhash » ; par ce même poids numérique, ce jardin
désigne l’Arbre de vie et l’arbre de la connaissance du
bien et du mal auxquels seront rattachés les deux
puissances primordiales contraires : le Messie et le
serpent primordial.
Si la Torah ne parle que de ces deux arbres (parmi
ceux qui se voyaient au Gan Éden), c’est en raison de
leur importance pour l’homme. L’homme réel dira
« Abraham Aboulafia », est le véritable « Maskil » ;
« celui qui reçoit la Lumière qui le nourrit et non celle
qui le tue. Le Maskil doit savoir discerner l’Arbre de
vie, car l’arbre de la connaissance du bien et du mal le
déconnecte du Divin, de la Source suprême, des
bénédictions. En n’étant plus unifié à D.ieu, l’homme
introduit en lui un mal capable de le perdre. Aussi,
sache que celui qui saisit et tient ferme la Torah sera
rendu bienheureux, Méoushar, car la Torah est
l’Arbre de vie ».
Après qu’« Adam » fut chassé par sa faute du
« Gan Éden », D.ieu mit des chérubins à l’épée de feu
tournoyante pour garder l’entrée du chemin qui mène
à l’Arbre de vie (Béréchit 3,23-24) ; à partir de là, il ne
sera plus donné à l’homme de voir le paradis perdu
qu’après l’étape de la mort. L’âme, nous dit le
« Zohar », en quittant le corps, retourne à sa source
première. Dans un état de total bien être, elle se trouve
aspirée dans un tunnel sombre au fond duquel une
forte Lumière, source de bonheur et plénitude l’attend ;

143
l’âme est en train de rejoindre la « Méarath
Hama’hpéla », la grotte, le caveau des patriarches où se
trouve l’entrée du « Gan Éden ». C’est là, dans ce
monde du « Emét », celui de la Vérité, que va se
dévoiler au défunt la « Shekhinah », la Présence divine.

144
Partie V
L’importance de l’étude du Sod

Si le ciel est vital pour la terre, la terre est vitale


pour le ciel, si la Torah ne peut se perpétuer sans
l’homme, la terre ne peut se perpétuer sans le ciel.
Cependant, la Guématria fait remarquer que cieux et
terre, « Shamayim Vé Aaréts », n’ont qu’une valeur
numérique de 5863 ; « pour arriver au chiffre 6000
(les six millénaires accordés à la création), il faut
rajouter un poids numérique de 137 ». Le chiffre 137,
équivaut au mot « Kabbalah », il montre que ce n’est
que par cette seule étude, qu’il deviendra possible de
maintenir la pleine osmose entre le ciel et la terre
jusqu’au terme Messianique !
La « Paracha », ou lecture hebdomadaire de la
Torah, va, dans sa section « Vayélèkh », qui signifie et
il alla, confirmer l’importance de l’étude du « Sod », le
sens secret de la Torah, en s’achevant sur une
prédiction ; « le peuple d’Israël se détournera de son

145
Alliance avec D.ieu, mais une promesse sera faite : les
mots de la Torah ne seront pas oubliés de la bouche de
sa descendance : Ki lo Tishaka’h Mipih Zarô ! »
(Deutéronome 31,21). Le « Soféi Téivos », c’est-à-dire
les dernières lettres de cette affirmation, forment
ensemble le nom « Yo’haï », il nous apprend que la
Torah ne sera pas oubliée par ceux qui, en étudiant le
« Zohar », se rattacheront à l’enseignement de « Bar
Yo’haï », le fils de « Yo’haï ».

LA LETTRE NOUN – LE SECRET DE BINA


« Vayélèkh », retrace les événements survenus au
dernier jour de vie de « Moïse ». Dans cette section,
nous apprenons que le Texte sacré une fois retranscrit
fut remis aux Lévites pour qu’ils le gardent dans
l’Arche Sainte, puis, D.ieu fit appeler devant toute
l’assemblée « Yochua Ben Noun », Josué fils de Noun,
pour que les ordres lui soient donnés. La disparition de
« Moïse » se fera sur le mont « Nébo » (Deutéronome
32,49), mais avant de disparaître, il devra déléguer son
Savoir suprême au seul apte à le recevoir ; ce sera
« Josué » : parce qu’il est « Ben Noun » !
Le nombre cinquante, est la valeur numérique de
la lettre « Noun », la passation de la Sagesse secrète se
fera sur le mont « Nébo », qui se décompose en
« Noun Bo », littéralement le cinquante en lui, et
l’héritier élu sera « Yochua Ben Noun », parce qu’il est
fils du « Noun » ; le fils du cinquante.

146
Nébo

Noun Bo – le cinquante en lui


Le nombre cinquante fait allusion à la cinquantième
porte du discernement de la Sagesse secrète. Ce point
culminant, que seul Rabbi « Akiva » put atteindre, est le
degré spirituel de la Sefirah « Bina », qui ouvre sur le
monde de « Atsilouth », le monde de la Pensée créatrice.
Mais, à l’image de l’âme qui va jusqu’à la porte de ce
qu’elle a souhaité mais n’y entre pas, « Moïse » ne
parviendra au terme de son existence qu’à la quarante
neuvième porte, là : « son esprit quittera ce monde,
emporté par le Baiser de D.ieu ».
Chaque génération connaîtra par la suite un
« Machia’h » ou Messie potentiel, seul capable de
révéler la lumière de « Bina », qui illumine et nourrit
l’âme. La « Neshamah », qui est l’âme en hébreu,
montre par la structure de son nom, sa source
nourricière, la Sefirah « Bina », lorsque elle est lue
« Noun Shama » ; le cinquante (Bina) est là bas.

L’âme – la Neshamah

Noun Shama – le cinquante là bas.

L’ÉTUDE DE LA KABBALE
L’éminent Kabbaliste Rav « Abraham Azoulay »

147
(1570-1643), dans son interprétation du « Zohar »,
« Or Ha ‘Hamah », va montrer son engagement sans
réserve dans l’étude des secrets de la Torah. Mais
avant, il rapportera les écrits de « Moise de Léon »,
comparant « Bina » à « Zahav Sagour », la poussière
d’or ; « l’or, est le plus excellent parmi les métaux…
nos Maîtres ont dit qu’il existe sept espèces d’or… Le
plus excellent de tous, est l’or enfermé que l’on
appelle Zahav Sagour ou poussière d’or. Zahav Sagour
est une réalité totalement inaccessible, personne ne
connaît rien de lui, pas même sa couleur. Pour cette
raison, Zahav Sagour est rattaché au domaine de la
troisième Sefirah de l’Arbre de vie qui est Bina ; le lieu
du discernement des secrets de la Torah ».

L’âge autorisé pour étudier la Kabbale


En reprenant le propos du « Tanna’ », Rabbi
« Yehouda Ben Tema’ » qui dit : « A cinq ans la Bible
(la Torah écrite), à 10 ans la Mishna (la Torah orale),
à 15 ans le Talmud (la Guémara qui commente la
Michna)… et à 40 ans le discernement (le secret) !
(Abot V, 24) », Rav « Abraham Azoulay » enseigne :
« l’étude du discernement doit se faire sans limitation
et c’est une obligation pour l’homme qu’il se consacre
à l’étude de la Science de Vérité jusqu’au terme de son
existence terrestre ; dût-il vivre deux fois mille ans…
car cette Science, est l’âme de la Torah, qui nourrit et
cultive, tout comme elle nourrit et cultive le monde
des âmes et le Monde Eternel ».

148
Dans le même temps, le Maître et Rav « Abraham
Azoulay », va démentir l’interdit d’étudier la Kabbale
avant l’âge de 40 ans ; « Un écrit nous enseigne que le
Décret d’en haut ordonnant et prescrivant qu’on ne
doive pas étudier en public la Sagesse de Vérité n’avait
qu’une durée limitée dont le terme était fixé à l’année
5250 de la création (1490 de l’ère vulgaire) ; au-delà, a
commencé la période appelée la dernière génération.
Le dit Décret fut donc abrogé et l’étude du Zohar
rendue désormais licite. Mais, à compter de l’année
5300 (1540 de l’ère vulgaire), il fut recommandé que
vieux et jeunes s’y consacrent comme à
l’accomplissement d’un précepte majeur ». « Schnéour
Zalman de Lyadi », le « Baal Ha Tanya » le confirmera
plus tard ; « Pour ces dernières générations, il est
permis et c’est même une Mitsvah de révéler la Science
ésotérique ».
Lorsque l’on reprend l’histoire de la Kabbale à
partir de sa période du dévoilement, on se rend
effectivement compte qu’à partir du « Ari » (qui
naquit six ans avant ce Décret et qui mourut à l’âge de
38 ans et donc avant 40 ans), la plupart des grands
Kabbalistes ont étudié la Sagesse secrète dès leur plus
jeune âge ; citons parmi eux : le « Ram’hal », le
« Béicht », le « Gaon de Vilna », l’« Ashlag ».

La nécessité de la compréhension du Sod


Le « Zohar Vayéra » enseigne ; « celui qui étudie la
Kabbalah pour comprendre les secrets de la Torah et le

149
sens caché des Mitsvoth est appelé fils du Seigneur… »
et le « Zohar Vayéshèv 182, 2 » de rajouter ; « Toutes
les âmes de ce monde qui feront l’effort de connaître
leur Créateur par ces écrits secrets, monteront plus
haut que toutes les autres âmes qui n’auront pas étudié.
Ces âmes qui auront compris, seront les premières à
l’heure de la résurrection ».
Pour cette raison, Rav « Abraham Azoulay » va
violemment critiquer l’étude et la pratique des
commandements de la Torah sans chercher à les
comprendre. Faisant allusion aux « Qlipoth » ou
écorces qui symbolisent les questions difficiles, il
insistera pour qu’elles soient brisées avec rigueur, par
l’argumentation et la discussion, car : « Passer une vie
entière à une étude sans en pénétrer les profondeurs
intellectives, serait comme si l’on mangeait le cerveau
avec son crâne… L’étude attentive et répétitive, la
recherche, la méditation et la réflexion sont le plus sûr
moyen de parvenir à la rupture des écorces ».
Savoir discerner ce qui se cache et parvenir à
l’essentiel sont les deux qualités nécessaires pour
l’étude des secrets de la Torah. Cette étude demande
une force particulière, celle de « Shor vé ‘Hamor », la
force du taureau et de l’âne, tous deux capables de
supporter de lourdes charges. C’est cette force,
qu’invoqua « Yaacov » lorsqu’il s’apprêta à bénir son
fils « ’Issachar » appelé à s’adonner à l’étude de la
Torah : « ’Issachar est un âne robuste » (Genèse.
49,14), et que nos Sages inculquent en rappelant que

150
le taureau et l’âne évoquent respectivement
« Mashia’h Ben Yossef », le Messie fils de Yossef et
« Mashia’h Ben David », le Messie fils de David.
L’âne qui se dit en hébreu « ’Hamor », symbolise
par son autre lecture le « ’Homer », la matérialité, qui
sera vaincue par la puissance spirituelle de « Machia’h »
émanée du monde de « Atsilouth ». Ce monde, qui est la
demeure des trois Emanations primordiales, « Kéter,
‘Hokhma et Bina », a une puissance numérique de 760
(en additionnant la valeur guématricale de ces trois
Sefiroth). Ce nombre, qui correspond aux expressions
« Shor vé ‘Hamor », taureau et âne et « BéYom
Shabbat », au Jour du « Shabbat », montre la vigueur
qu’il faut mettre dans l’étude et l’effort d’élévation
spirituelle, mais aussi, fait remarquer qu’une Sainteté
de la même sublimité que celle du monde de
« Atsilouth », a été donnée au « Shabbat ».

‘Hamor – l’âne

‘Homer – la matérialité

Les opposants a l’étude de la Kabbale


En poursuivant son commentaire sur le « Zohar »,
« Or Ha ‘Hamah », Rav « Abraham Azoulay » définit et
analyse cinq catégories d’opposants à l’étude de la
« ’Hokhma Ha Emét », la Sagesse de Vérité (Hayim
Zafrani ; Kabbale, vie mystique et magie).

151
La première catégorie est constituée par ceux qui
n’y croient guère et qui considèrent qu’il n’existe
qu’un sens littéral et simple à la Thora. Ceux là dit
Rabbi « Shimon Bar Yo’haï », seront « condamnés à
étouffer dans leur souffle (leur égo) » et le « Zohar
3,152a » de rajouter ; « Malheur à celui qui ne voit
dans la Torah qu’un simple recueil d’histoires qui ne
concernent que la vie profane ! ».
La deuxième catégorie, se recrute parmi ceux qui
sont persuadés de la Vérité de la Kabbale, mais
pensent qu’ils ne sont pas tenus de l’apprendre car elle
n’est pas l’essentiel. À ceux-là, Rabbi « Shimon Bar
Yo’haï » va répondre ; « sont dits Sages, les serviteurs
du Roi suprême qui, debout au pied du mont Sinaï, ne
regardent et ne contemplent que l’Ame, c’est-à-dire le
principe essentiel qu’est précisément la Thora. N’est
point Sage par contre, celui qui se contente
uniquement des vêtements de la Torah et de son
corps » ; Ibid.
Ceux de la troisième catégorie croient en la Vérité
de la Science ésotérique, ils sont conscients du
préjudice occasionné par leur refus d’apprendre et
leur ignorance en cette matière, mais soutiennent,
qu’au temps présent, nul n’est en mesure d’atteindre
les insondables profondeurs de la Torah. Contre eux,
Rabbi « Shimon Bar Yo’haï » porte l’accusation de
délit par abstention : il leur recommande ; « Allez
trouver des Maîtres pour vous initier et faites
l’apprentissage de ces enseignements secrets, allez

152
l’apprendre de tout homme, même de celui qui ne
semble pas la connaître… (Zohar 3,85b) ». Pour cette
catégorie, Rav « Abraham Azoulay » rajoute ; « si
l’homme éprouve le désir profond de connaître la
Sagesse de Vérité et ne trouve pas de Maître pour la
lui enseigner, il convient qu’il étudie seul, dût il se
tromper, commettre des erreurs… Car chaque mot
qu’il prononce engendre de grands arbres, ceux qu’on
appelle les Saules des rivières ». La Kabbale enseigne
en ce sens ; « la simple étude ou lecture de la Torah,
crée d’emblée une structure autour de notre monde et
une influence (Léashpia) si positive, que celui-ci fait
aussitôt l’objet de substantielles transformations et ce,
même si le lecteur ne comprend pas le sens de ce qu’il
lit et ne fait pas consciemment le lien avec le Sod, le
secret ». Lorsque l’homme étudie le système
métaphysique, un scintillement accru de la Lumière
divine émanée des sources supérieures, va aussitôt
agir de manière positive sur le cours des choses sans
savoir précisément quels événements, déjà prêts dans
le futur, il va modifier ou neutraliser et même si cela
n’en est pas son intention. Ce même phénomène, se
reproduit lors de la simple lecture des textes de la
prière, la « Tefilah », qui connecte immédiatement à
la Source de Lumière.

La quatrième catégorie d’opposants appartient à


ceux qui certes sont convaincus de la Vérité de la
Kabbale, mais ressentent l’état d’infériorité dans lequel

153
les place leur ignorance. C’est pourquoi, ils répugnent à
demander aux autres de les instruire, inquiets pour leur
honorabilité et leur réputation acquise. Pour eux,
« Abraham Azoulay » rapporte le propos du « Tanna’-
Ben Zuma » ; « Quel est le vrai Sage ? C’est celui qui
apprend de tout homme ! (Abot 4-1) », et les paroles
du roi « David » : « J’ai mis à profit les leçons de tous
les Maîtres (Psaumes 119-99) ».
Enfin, la cinquième catégorie recrute ses partisans
du refus parmi ceux qui soutiennent que nul n’est
actuellement digne de pénétrer dans le Palais-Royal,
le « Héikhal Ha Mélèkh », citant pour argumenter
leur position le traité talmudique « Hagigah chap 2 »
où il est dit : « Rabbi Yohanan » dit à « Rabbi
Eléazar » ; « viens ! Je t’enseignerai l’œuvre du Char »
et « Rabbi Eléazar » répliqua : « Non ! Je n’ai pas
encore l’âge… » (voir aussi Zohar 3, 223b et 230b).
« Abraham Azoulay » répond aux tenants de cette
dernière thèse : « Sache que sur Ordre de la Sagesse
Suprême, il fut décidé que le livre du Zohar où se
trouve exposée la Science de Vérité, ne verrait le jour
et ne serait révélé au monde qu’à la génération de
Rabbi Shimon Bar Yo’haï… Il fut ensuite décrété à la
Cour céleste, qu’après la mort de Rabbi Shimon Bar
Yo’haï et de son fils Éléazar, on n’enseignerait pas
ladite Science, on n’en discuterait pas et on n’en
révélerait pas les secrets avant la dernière génération,
c’est-à-dire la génération du Messie fils de David.
Il est écrit ailleurs ; c’est grâce au mérite de ce livre

154
que le Roi Messie se montrera et, c’est parce que l’on
aura étudié le Zohar lors de la dernière génération
que le Roi Messie se révélera ».

LA RÉDEMPTION PAR L’ÉTUDE DU ZOHAR


Pour retrouver l’Unité, le Kabbaliste doit
s’engager dans la voie du « Tiqoun » tracée par le
« Ari Ha Qadosh ». Si le « Tiqoun » permet la
restauration de l’état originel, son accomplissement
doit garder pour objectif la Rédemption Messianique.
Pour ce faire, l’homme doit par la « Dvéqouth », se
lier au Divin, non pour se fondre en Lui, mais pour
apprendre au travers de Sa Sagesse, à participer à la
réalisation de Son Projet créateur. Le but ultime de la
complétude de la Connaissance sera donc le Salut
collectif, par la venue du Roi Messie. C’est ce que le
« Zohar Vayéra » nous enseigne en substance ; « Les
fils d’Israël, connaîtront la fin de leur exil dans ces
temps Messianiques où la Sagesse dissimulée sera
alors dévoilée dans toute sa grandeur, car : le Salut
découlera de la force de cette étude ! ».
Rav « Abraham Azoulay » va le confirmer ;
« puisque l’avènement du Messie est intimement lié à
cette étude, qui en est la condition nécessaire, il
convient de s’y adonner avec zèle, sans faiblir, sans la
moindre négligence. Du reste, celui qui a reçu la
Faveur divine de saisir et de comprendre une parcelle
de cette Sagesse, celui qui a peiné et travaillé sans
relâche pour y parvenir, mérite de goûter en ce

155
monde-ci aux délices du monde à venir ».
Même le « Gaon », bien qu’adversaire à la
« ’Hassidout », affirmera avec virulence ; « Celui qui
pouvait apprendre les secrets de la Torah et n’a pas
fait l’effort de les comprendre, sera sévèrement jugé ;
négliger l’étude de cette Science, fait que l’esprit de
Machia’h part et ne vient pas pour la délivrance ; c’est
pour cette raison que sa venue est retardée ».
… Et lorsque sera venu le temps du Roi Messie,
les prophéties alors annoncées se réaliseront ;
« ils n’auront plus le besoin ni les uns ni les
autres de s’instruire mutuellement en disant
connaissez le Seigneur car ils Me connaîtront tous,
du plus petit au plus grand » (Jérémie 31,33) et
lorsque la Connaissance sera complète, les corps
seront aussi complétés : le plus jeune mourra à cent
ans » (Isaïe 65,20).

156
Partie VI
Conclusion

À l’affirmation je suis, les Maîtres de la Kabbale


répondent ; « Seul D.ieu est, je deviens dans l’exacte
mesure de l’être que je reçois, et dans la conscience
que j’ai de moi même, j’ai avant tout conscience que
j’ai un Créateur ! ».
Le peuple juif est le peuple, qui, en marge de la
Loi, a reçu la Méthode du discernement de l’être.
Cette voie du Savoir, appelée « Kabbalah », permet de
remonter la structure secrète de l’existence jusqu’à la
genèse mystérieuse du fini au sein de l’infini.
Du point abyssal de toute existence, se déploie en
quatre mondes un édifice ; le « Ets Ha ‘Hayim » ou
Arbre de vie, au travers duquel s’écoule l’Essence
divine par trente deux voies d’une Sagesse qui fait
redécouvrir sa propre unité et sa parcelle de Vérité.
Si la connaissance de la dimension intérieure de la
réalité a été donnée à Israël, c’est dans un seul but ;
créer un pont qui rapproche au D.ieu Roi.

157
LES LETTRES DU ROI
En accordant une porte d’accès à Sa Sagesse, le
« Saint Béni Soit-Il » offre le moyen à Sa créature de
réaliser Son Désir divin : l’associer à Son Projet
créateur. Pour cette raison, la Torah s’adresse aux
« Bnéi Israël », les enfants ou constructeurs d’Israël,
car le mot « Bnéi » ou enfants en hébreu, peut aussi
être lu « Boné », qui veut dire bâtisseur.
La mission que D.ieu a confiée, est celle qui fut
donnée et accomplie par « Abraham » ; introduire dans
la conscience du monde la Lumière transcendante et
infinie apparue au début de la création puis ensuite
dissimulée aux yeux de la plupart des hommes. Mais
pour pouvoir discerner la Lumière Sagesse, il faudra
que la pensée s’aligne sur Celle du Roi en dépassant ses
propres limites ; c’est par le perfectionnement de
l’esprit, que la conscience pourra percevoir la Science
sublime pour renaître à la vie universelle.
La Kabbale enseigne ; « si la transformation du
moi est dans la perfectibilité et le projet d’être dans le
devenir, une part de l’universalité a été placée dans
chacune des créatures. Voilà pourquoi, l’essence
même de l’universalité a été gravée dans l’Alphabet
créateur sur trois lettres successives : le « Kaf », le
« Laméd » et le « Mèm ». Ces trois lettres, qui forment
ensemble le mot hébreu « Koulam » qui veut dire tous
et qui désigne le tout créé, doivent rappeler qu’en tout
homme se trouve toute l’humanité passée, présente et
future et ce du meilleur au pire ; c’est-à-dire de

158
« Moshé » à « Paro », de Moïse au Pharaon.

Koulam – tous
L’effort d’élévation spirituel va permettre
l’adhésion à D.ieu, il est une ouverture sur la vie
universelle. Cet effort du bas vers le haut, symbolisé
par une lecture inversée de l’Alphabet sacré, fait
découvrir dans l’universalité l’Essence du D.ieu Roi ;
le mot « Mélèkh », le Roi en hébreu, qui correspond
au mot « Koulam » lu à l’envers, nous apprend que le
D.ieu Roi est la Face cachée du tout créé.

Mélèkh – le Roi
Si c’est à partir de l’Essence divine que la
reconstruction de l’être authentique va devenir
possible, elle ne pourra se faire qu’en passant par trois
organes prédéfinis qui sont : « Moakh » – le cerveau,
« Lèv » – le cœur et « Kavéd » – le foie. Ces trois
organes sont vitaux, car ils ont été conçus pour
recevoir le Flux divin ; les initiales de « Moakh »,
« Lèv » et « Kavéd » nous le montrent ; elles forment
ensemble le mot « Mélèkh », le Roi.
Mais dans le cas où l’être ne garderait qu’à des
fins égoïstes l’Essence originelle, il deviendrait
« Kloum », c’est-à-dire rien, autre lecture du mot
« Koulam », le tout. L’être « Kloum », reste prisonnier
de sa seule individualité en reniant le ciel, il devient
« Nifrad », coupé de son moi secret ; c’est ce que nous

159
signale la racine hébraïque « PaRDé » du mot
« Nifrad », elle correspond au « PaRDéS », les quatre
niveaux de lecture de la Torah et de l’être, coupés du
« Sod », de leur sens secret.

LE EMÉT
Le « Zohar » enseigne ; « La Torah est le maître
plan de la création, c’est pour Elle que le monde a été
créé ; la Torah est la Source de la Vérité ! ».
Dans chacune des réalités, la Pensée originelle,
dans Sa Sagesse cachée, a voulu que soit dissimulée
une Réalité qui était, est et sera ; cette Réalité est celle
d’une Vérité éternelle ; le « Emét », qui devra rester
voilé, pour laisser place à la libre conscience.
Lorsque « Adam » se sépare de la Vérité immuable
du Maître du monde, son nom perd le « Aléf », car cette
lettre est le Sceau du Roi. En perdant son « Aléf », le
nom « Adam » devient « Dam », le sang et sa vérité qu’il
croit être « Emét », vraie, devient « Mét », la mort. La
mort dont il s’agit est une mort spirituelle, dont l’ultime
étape sera le « Guéhinom », l’enfer, décrit dans le
« Zohar » comme « Médoréi Guéhinom », des puits ou
sections de grandes profondeurs, qui montrent
symboliquement au défunt, la distance qui le sépare du
projet d’existence qui lui fut assigné.

Dam – Adam

Mét – Emét

160
Mais lorsque « Adam » replace au centre de sa vie
la Vérité du « Emét », l’Eternel le délivre, « Gahal »,
comme il le fit pour « Yaacov » (Isaïe 44,23) ;
« Gahal » qui s’écrit « Guimél – Aléf – Laméd », est un
verbe obtenu en plaçant au milieu du mot « Gal », la
roue (de la vie), la lettre « Aléf », le Divin.

Gahal – Gal

LA GÉNÉRATION AU TALON DU MESSIE


Le « Zohar » appelle notre génération « ’Ikvata Dé
Méchikha », au talon du Messie, seule capable après la
génération de Rabbi « Shimon Bar-Yo’hai » de dévoiler
la « ’Hokhma Nistarah Chélémah », la Sagesse secrète
pleine et entière.
Lors des générations précédentes, la Sagesse
secrète descendit dans notre monde par le Mérite de
nos Sages, les « Tsadiqim ». Cette Lumière Sagesse,
source de vie pour l’humanité, est le « Or Yachar », la
lumière directe émanée de l’« Ein Sof », l’infini. Elle
alimente depuis le début des temps un autre rayon, le
« Or ‘Hozekh », la lumière réfléchie.
Nous possédons tous à notre niveau une partie de
cette lumière dite de retour, dont la totale illumination
déclenchera la Réponse de l’En-Haut jusqu’à provoquer
la Délivrance finale, par l’arrivée de « Machia’h », le
Roi Messie. Dans cette époque Messianique, le
matériau fer jusque là interdit pour l’édification du
Temple, le « Beith Ha Miqdash », sera alors autorisé.

161
Le fer qui se dit en hébreu « Barzel », constitue les
initiales des « Imaoth », les quatre mères d’Israël :
« Bilha – Ra’hel – Zilpa – Léa ». En mettant au même
niveau les servantes, « Bilha et Zilpa » et leurs
Maîtresses, « Ra’hel et Léa », le matériau fer dans le
Temple, scellera définitivement la fusion du « Or
Yachar » avec le « Or ‘Hozekh ».

Barzel – le fer
La réunion de ces deux rayons de lumière,
débutera le septième et dernier millénaire de la
création, millénaire devenu « Shabbatique », par
l’accomplissement du « Shav Tav » ; le retour du Tav à
l’Unité du Aléf. Cette nouvelle ère, baignée dans la
Réalité spirituelle, définira l’aboutissement du Projet
du Créateur ; elle sera vitale pour l’humanité. Voilà
pourquoi la Kabbale doit actuellement diffuser au plus
grand nombre et par le plus grand nombre.
Ce nouveau processus de la diffusion de la
Connaissance marque notre génération, il correspond
aux premières manifestations du « Prophète Elie ».
Aujourd’hui, le secret du cœur, « Raz-Lèv »
(anagramme de Barzel), se dévoile, et de plus en plus
de voix de l’intérieur se révèlent, pour monter à
l’unisson d’un « Chofar », dont la sonnerie
grandissante annonce déjà la Délivrance finale, par le
dévoilement de la « Torah Guéoulah ».

162
Index des mots Hebreux
rapportés dans le livre

A
Abba : Père – Partsouf
Adam Ha Rischon : le premier Adam – la première
ressemblance – l’archétype du projet d’être
Adam Qadmon : l’Homme principe ou primordial
Ahavah : l’amour, même valeur numérique que
E’had (13)
Akhdout : l’Unité
Aléf-Béith : l’Alphabet sacré
Alouf-Bina : la connaissance du Maître divin
Aloufo Chel Olam : le Maître du monde
Aravoth : les Cieux – septième des sept Cieux
Arikh Anpin : le Long visage ou le Longanime –
Partsouf
Atsil : noble, définit le monde de Atsilouth
Aviout : l’épaisseur d’une réalité
Avir Daqia : Ether subtil, la substance originelle
Avir Qadmon : l’Air primordial

163
‘A
‘Am Ségolah : peuple du Ségol
‘Anavah : l’humilité, contre force de Samaël (131)
‘Atsmouth : l’essence ou l’ossature spirituelle du
tout créé
‘Ayin : l’œil – les soixante dix formes primordiales

B
Béréchit : au commencement ou deux com-
mencements
Ba’alé-ha-Sod : les Maîtres du mystère – autre
dénomination du Yordéi Merkavah
Ba’alé-ha-Yedi’ah : les Maîtres de la Connaissance
– autre dénomination du Yordéi Merkavah
Babel – Bilboul : confusion
Baraquiel : l’éclair divin – le prince de Raquia
Bardiel : la grêle divine – le prince de Shé’haquim
Barzel : Le fer, constitué des initiales de Bila –
Ra’hel – Zilpa – Léa
Bath : la fille qui désigne la création ou la
Malkhouth
Bé Hé Baram : Il créa par le Hé
Béhémah : la créature animale, la nature profonde
de l’homme
Beith Ha Miqdash : le Temple
Békhadréi-Khadarim : les chambres des chambres
du mystère et de la conscience
Bélimah : obscures, description des Sefiroth par le
Séfér Yétsirah

164
Bina : l’Intelligence – la Mère Suprême, troisième
Sefirah – source du discernement
Birkat Cohanim : la bénédiction des prêtres
Bita’hon : la confiance – puissance de l’âme
Bnéi Héikhala de-Malka : les enfants du Palais
Royal – autre dénomination du Yordéi Merkavah
Bnéi Israël : les enfants d’Israël
Bnéi Méhemnouta : les enfants de la foi – autre
dénomination du Yordéi Merkavah
Bohou : Bohu – monde qui débuta la réparation
du monde chaotique du Tohu
Boné Israël : les constructeurs d’Israël, autre
lecture de Bnéi Israël
Boutsina de Qardinouta : la lampe d’obscurité,
autre dénomination du Tsimtsoum
Brit Milah : la circoncision – l’Alliance par le mot

C
Chir Ha Chirim : le Cantique des cantiques écrit
par le roi Salomon
Chlochah Qavim : les trois lignes de l’édifice céleste

D
Dam : le sang – mot issu du nom Adam sans le
Aleph
Dibour Elokit : la Parole divine, le Verbe divin
Din : rigueur – jugement
Doméh : semblable, racine du nom Adam
Dorshe-Reshumot : les exégètes et interprètes des

165
textes – autre dénomination du Yordéi Merkavah
Drash : Interpréter – le sens allégorique de la Torah
Dvéqouth : attachement, adhésion à D.ieu

E
E’had : Un
Éden : le monde paradisiaque, correspond à la
Sefirah ‘Hokhma de Atsilouth
Ein Sof : infini – sans fin, désigne aussi D.ieu car
Il est Infini
E.lohim : le D.ieu immanent, le Divin
Emét : la Vérité éternelle de l’Unité, mais aussi
puissance de l’âme
Emounah : la foi, racine Amen
Emtsaï : médiane
Erets Israël : la terre spirituelle – le monde de
Atsilouth
Etsel : proche, à proximité du Ein Sof, caracté-
ristique du monde de Atsilouth
Evel : la buée vouée à disparaître, autre lecture de
Abel
Even Chtiya : la pierre de fondement, autre
désignation du point premier

‘E
‘Ed Nagan : le témoignage du musicien –
anagramme de Gan ‘Eden
‘Eguèl : le veau, même racine que ‘Igoul
‘Eguèl Ha Zahav : le veau d’or

166
‘Elèm : retrait, racine du mot ‘Olam, monde
‘Esav : Esaü
‘Ets Ha Da’ath Tov vé Ra’ : l’arbre de la
connaissance du bien et du mal
‘Ets Ha Hayim : l’Arbre de vie ou l’Arbre qui
structure la vie

G
Gabriel : la force divine – le prince de Makhon
Gahal : délivre, désigne le Aléf au milieu de Gal
(la roue de la vie)
Galout : l’exil
Gan Éden : le jardin d’Éden
Gouféi Torah : le Corps de la Torah
Goy E’had : le peuple un ou primordial – autre
désignation d’Israël
Goy Qadosh : le peuple saint – autre désignation
d’Israël
Guéhinom : l’enfer
Guémara : commentaire de la Mishna
Guématria : la mesure des lettres et donc de
l’Energie créatrice
Guevourah : la Rigueur – cinquième Sefirah
rattachée à Makhon – source de la Rigueur
Guilgoul : réincarnation, pluriel Guilgoulim

H
Ha Oth : le signe, le « Shin » à quatre branches
Ha Qadosh Baroukh Hou : le Saint Béni Soit-Il
Ha Shém : le Nom (Y.HVH) qui Etait, Est et Sera,

167
« Ha Shém » lu à l’envers donne « Moshé »
Halakhot : lois
Har : la montagne, racine Hara – être enceinte
Héikhal Ha Mélèkh : le Palais-Royal
Heikhaloth : Palais
Heikhaloth Rabbati : Grandes Demeures
Heikhaloth Zoutarti : Petites Demeures
Hékebèl : parallélisme, mêmes lettres que le mot
Kabbalah
Hérayon : la grossesse
Hishtadlouth : effort d’élévation spirituelle
Hishtashlout : enchainement des mondes
Hitbonenouth : méditation mystique
Hod : la Gloire – huitième Sefirah rattachée à
Shé’haquim – source de la maîtrise de soi
Hora’ah : l’enseignement, racine du nom Torah
Horèv : autre désignation du mont Sinaï, dérive
de H’arav qui désigne la destruction

‘H
‘Hakhmé-Leb : les Sages du cœur – autre
dénomination du Yordéi Merkavah
‘Hamor : l’âne – mêmes lettres que ‘Homer
‘Hashmal : la Lumière ténébreuse ou le Silence
parlant qui entourent le Trône de D.ieu
‘Hassidout : Kabbale vivante, existentielle –
mouvement fondé par le « Béicht »
‘Hava : Eve, après que sa pensée ait été ensemencée
par le Nakhash, le serpent

168
‘Haya : la vivante, l’âme spirituelle, qui relie à la
vie universelle – premier nom de Eve
‘Hayim : vies – la vie présente et la vie qui est
ailleurs, mais aussi celle de l’autre
‘Hayot : animaux
‘Hédar : chambre
‘Hélek Eloka : une part du Divin
‘Hen : la grâce, la beauté – initiales de ‘Hokhmath
Nistarah
‘Héssèd : la Bonté – quatrième Sefirah rattachée à
Aravoth – source de la force des sentiments
‘Histsoniouth : l’extériorité
‘Hivia : le serpent en araméen
‘Hochen : le pectoral sacerdotal de justice
‘Hokhma : la Sagesse – deuxième Sefirah – source
de la conscience spontanée
‘Hokhma Ha Emét : La Sagesse de Vérité – autre
dénomination de la Sagesse secrète
‘Hokhma Ilaa’ : la Sagesse supérieure – autre
dénomination de la Sagesse secrète
‘Hokhma Nistarah Chélémah : la Sagesse secrète
pleine et entière
‘Hokhma Penimith : la Sagesse intérieure, miroir
de la Sagesse secrète supérieure
‘Hokhma Sanah : la Sagesse cachée – autre
dénomination de la Sagesse secrète
‘Hokhmath Ha Nistar : la Sagesse secrète
‘Hokhmath Nistarah : la Sagesse occulte – autre
dénomination de la Sagesse secrète

169
‘Homer : la matérialité – mêmes lettres que ‘Hamor
‘Houmach : le Pentateuque
‘Houts Laarets : en dehors d’Israël
‘Houts-Pa : la parole insolente, en dehors du
Verbe divin

I
Idrot : les saintes assemblées initiatiques du
« Rashbi »
Imaoth : les quatre mères ou Matriarches ; « Bila
– Ra’hel – Zilpa – Léa »
Imma : Mère – Partsouf
Ish Tam : l’homme parfait, désigne « Yaacov »

‘I
‘Ibbur : forme de réincarnation – l’être dans l’être
‘Ikvata Dé Méchikha : la génération au talon du
Messie, la dernière génération
‘Igoul : le cercle, symbole du moi inerte et de
Mitsraïm, l’Egypte

K
Kabbalah : Kabbale, réception
Kabbalah ‘Iyounith : Kabbale Contemplative,
extatique et méditative
Kabbalah Ma’assith : Kabbale Pratique
Kabbalah Névouith : Kabbale Prophétique
Kavanoth : intentions
Kavéd : le foie, un des organes qui reçoit l’essence

170
du Mélèkh, le Roi Divin
Kavod : la Gloire divine, Rayonnement qui
entoure le Trône divin
Kéli : réceptacle qui définit la créature, l’être
Kéter : la Couronne – première Sefirah source de
l’inconscient
Kloum : rien autre lecture de Koulam
Knesseth Israël : la Communauté d’Israël
Koa’h Ma : la puissance du Quoi, autre lecture de
‘Hokhma
Korbanot : sacrifices, aujourd’hui remplacés par
les prières
Koulam : tous ou le tout créé, lettres du mot
Mélèkh inversées

L
L’i Roch : le Yod dans la tête, autre lecture de Israël
Lag Ba’Omer : le 33e jour du Omer, le jour du
décès du « Rashbi »
Laschon Ha Qodesh : la Langue de la Sainteté
Léashpia : le désir de donner, l’influence
Lékabèl : recevoir, le désir de recevoir
Lèv : le cœur, première et dernière lettre de la
Torah, un des organes qui reçoit l’essence du
Mélèkh
Lèv Nétivot : Les trente deux sentiers de la Sagesse
du Séfér Yétsirah
Lévouch : habit
Limoud : l’étude

171
Limoud Torah : l’étude de la Torah
Listote : dévier, racine du nom Satan
Livnat ha Sappir : l’édifice de saphir autre nom de
Vilon

M
Mah : Quoi
Maasséh Béréchit : l’Œuvre de la création
Maasséh Merkavah : l’Œuvre du char
Machia’h : Messie, le Roi Messie
Madah : la science
Maghen David : le bouclier du roi David – l’étoile
de David
Makhon : la Fondation des Cieux – sixième des
sept Cieux
Malkhouth : la Royauté – dixième Sefirah rattachée
à Vilon – source de l’action
Maon : la Résidence, cinquième des sept Cieux
Maskilim : les éclairés, pluriel de Maskil
Matan Torah : le don de la Torah
Méarath Hama’hpéla : la grotte ou Caveau des
patriarches
Médabèr : Il parle, autre lecture de Midbar
Médoréi Guéhinom : puits ou cavernes de l’enfer
Mehasede Haqla : les moissonneurs du champs –
autre dénomination du Yordéi Merkavah
Mélèkh : le Roi Divin, lu à l’envers donne le mot
Koulam
Merkavah : mystique du Trône

172
Merkavah Rabba : Récit du Grand Char
Mét : la Mort ou Emét la Vérité dépouillée de son
Aleph
Métatron : transfiguration du septième patriarche
antédiluvien Hénoch
Métsar Mi : l’étroitesse du questionnement, en
l’occurrence du Qui, autre lecture de Mitsraïm
Métsarim : limites, autre lecture de Mitsraïm
Michaël : qui est comme D.ieu – le prince préposé
de Aravoth
Midbar : le désert
Midot : forces ou qualités de vie
Midrash : l’interprétation
Mikédem : l’Est, lieu de l’Éden
Mishkan : le sanctuaire mobile
Mishna : Torah Oral
Mitsraïm : Egypte
Mitsri : l’égyptien que tua Moshé, Guilgoul de Caïn
Mitsvoth : commandements
Moakh : le cerveau, un des organes qui reçoit
l’essence du Mélèkh
Moshé : Moïse, correspond à HaShem lu à l’envers
Moshé Rabbéinou : notre Maître Moïse

N
Nahar : fleuve
Nakhash : le serpent
Nakhash Kadmoni : le serpent primordial
Néfèsh – ‘Haya : la créature vivante – le projet d’être

173
Néfèsh : le petit souffle ou l’âme végétative
Néga’ : plaie, maladie, lettres inversées de ‘Oneg
Nékoudah Ha Emtsaï : point premier ou médian
Néquoudat Ha Lèv : point de l’être, le point du
cœur
Neshamah : l’âme a proprement dite qui contient
l’étincelle divine
Neshamah Klalit : âme universelle, celle de Adam
Ha Rischon
Nétsa’h : la Victoire – septième Sefirah rattachée à
Zevoul – source de la maitrise de soi
Nifrad : l’être coupé de son moi secret, racine
PaRDé
Nigoun : chant tournant sans parole
Nistarim : les Tsadiqim cachés
Nitsots : forme de réincarnation – l’éclat – l’étincelle
d’une âme
Nogah : la lueur
Noï : beauté – la face cachée de Yavan, nom
Yavan lu à l’envers
Notarikon : anagrammes sacrées
Noukvé – la Fille-Partsouf – désigne Malkhouth
Noun Bo : le cinquante en lui, mont Nébo
Noun Shama : le cinquante est là bas, autre
lecture de Neshamah
O
Omanouth : art, racine le mot Amen
Or ‘Hozekh : la lumière dite réfléchie ou de retour
Or Ein Sof : lumière infinie

174
Or Ha Goyim : la lumière des peuples – autre
désignation d’Israël
Or Yachar : la lumière directe
Oth : lettre – signe
Othioth : pluriel de Oth
Ourim : lumières, élément divinatoire du ‘Hochen

‘O
‘Olam : monde, mais aussi univers et éternité
‘Olam Ha Ein Sof : le monde de l’infini, autre
désignation de Adam Qadmon
‘Olam ‘Assiah : le monde de l’action
‘Olam Atsilouth : le monde de l’émanation
‘Olam Briah : le monde de la création
‘Olam Ha Tiqoun : le monde de la réparation
‘Olam Haba : le monde à venir
‘Olam Hazé : ce monde
‘Olam Yétsirah : le monde de la formation
‘Olamim : mondes
‘Oneg : plaisir, délice

P
Pa-Ro : Pharaon
Parassoth : mesure de longueur
PaRDéS : le verger, « Pschat – Remez – Drash –
Sod », les quatre niveaux de lecture de la Torah
Partsoufim : groupes ou visages Séfirotiques
Pé-Al-Pé : la tradition orale ou de bouche à bouche
Pé-Or : La Bouche lumineuse

175
Pé-Ra : la mauvaise bouche, autre lecture de Pa-Ro
Pé-Sah : autre lecture de Pessah, la Bouche qui
parle
Pélé : merveilleux – la face cachée du Monde du
Divin, nom Aléf lu à l’envers
Pnimiouth : l’intériorité
Prou Ou ReVou : croissez et multipliiez
Prozdor : le corridor – l’antichambre du monde à
venir
Pschat : le sens littéral de la Torah

Q
Qaron : le rayon lumineux – le chariot – le véhicule
mental dans la méditation
Qdoushah : Sainteté
Qlipah : écorce

R
Ra’hamim : la Miséricorde divine, mais aussi
puissance de l’âme
Raquia : le Firmament – deuxième des sept Cieux
Ratson ‘Elyon : la Volonté divine suprême
Ratson Ha Boré : la Volonté divine de créer
Ratson Léashpia : le désir de donner
Ratson Lékabèl : le désir de recevoir
Réchith : commencement, mot formé par les trois
dernières lettres de l’Alphabet sacré
Remez : le sens allusif de la Torah
Rochéi Téivos : les premières lettres des mots

176
d’une phrase
Rouakh : le souffle, l’âme émotionnelle
Rouakh ha-Qodesh : le Souffle ou l’Esprit Saint

S
Samaël : le prince du mal, le prince satanique
Sar Ha Panim : le Prince de la Face, désigne
Métatron
Saré El : prince de D.ieu, autre lecture d’Israël
Séfér Torah : le livre de la Torah
Sefirah : singulier de Sefiroth
Sefiroth : Emanations divines – Forces créatrices
– Nombres primordiaux
Ségol : structure triangulaire de l’Arbre de vie
pointe vers le bas
Ségoltah : structure triangulaire de l’Arbre de vie
pointe vers le haut
Ségoulah : le remède
Sékhel Ha Poël : le guide spirituel – l’intellect agent
Sha’haquiel : la nuée divine – le prince préposé de
Zevoul
Shakhèn : D.ieu demeurant
Shakin Hé : la demeure du Hé, autre lecture de
Shekhinah
Shalshalèth Ha Kabbalah : la chaîne de la tradition
ésotérique
Shatquiel : le silence divin – le prince de Maon
Shav Tav : le retour du Tav, autre lecture du nom
Shabbat

177
Shé’haquim : les Meules, troisième des sept Cieux
Shéfa’ : Flux ou Abondance divine
Shekhinah : la Présence divine dans notre monde
Shém Ha Méforash : le Nom en soixante douze
lettres
Shin – Bat : la lettre Shin dans Bath la fille, la
création, autre lecture du nom Shabbat
Shor vé ‘Hamor : la force du taureau et de l’âne,
désigne la difficulté de l’étude de la Torah
Shvirath Ha Kélim : la brisure des Vases ou
Sefiroth primordiales
Sidriel : l’ordonnance divine – le prince de Vilon
Sim’ha : la joie
Sitra Akhara : l’autre côté – les forces de l’impureté
Smole : gauche
Sod : le sens Secret de la Torah
Soféi Téivos : les dernières lettres des mots d’une
phrase

T
Tachouv-Hé : le retour du Hé, autre lecture de
Téchouva
Tanna’ : Maître de la Mishna
Téchouva : le retour spirituel – la repentance
Téfa : distance de 8cm
Tefilah : prière
Teminouth : la sincérité ou simplicité – puissance
de l’âme
Temourah : abréviations sacrées

178
Teroumah : prélèvement
Tiférèt : la Splendeur – sixième Sefirah rattachée à
Maon – source de l’éthique
Tiqoun : le travail de réparation
Tohou : monde chaotique du Tohu
Torah Guéoulah : la Torah de la délivrance
Toumim : perfections, éléments divinatoires du
‘Hochen
Tsadiq : le juste
Tsérouf : la technique de permutation des lettres
sacrées – « Aboulafia »
Tsimtsoum : le retrait, la contraction originelle de
D.ieu en lui même
Tsion : autre dénomination d’Israël

V
Vilon : le Voile ou le Rideau – premier des sept
Cieux

Y
Y.HVH Ha Katan : le petit Y.HVH autre nom de
Métatron
Yaacov : Jacob
Yachar El : droit vers D.ieu, autre lecture d’Israël
Yamine : droite
Yarah : élever – instruire, racine du nom Torah
Yatsor : créer, former, méditer
Yavan : la Grèce
Yeich Mé ‘Ayin : il y a à partir de rien, la création

179
Ex nihilo
Yéridat Ha Dorot : la chute spirituelle des générations
Yessod : le Fondement – neuvième Sefirah
rattachée à Raquia source du juste donné
Yi’houda Ilaah : l’unification supérieure,
Yi’houda Tataah : l’unification d’en bas
Yi’houdim : unions mentales des Noms divins
Yira : la crainte – puissance de l’âme
Yochér : la droite
Yochua Ben Noun : Josué fils du Noun ou du
cinquante
Yod ‘Eqèv : le Yod dans le talon, autre lecture de
Yaacov
Yod’e ‘Hen vé Middin : les connaisseurs de la
Grâce – autre dénomination du Yordéi Merkavah
Yom E’had : Jour Un
Yom Kippour : le Jour du pardon
Yom Qadosh : Jour saint, désigne le Shabbat
Yordéi Merkavah : ceux qui descendent jusqu’au
Char
Yossef : Joseph

Z
Zahav Sagour : la poussière d’or, désigne la Sefirah
Bina
Zéir Anpin : le fils ou le visage restreint – Partsouf
Zevoul : la Demeure, quatrième des sept Cieux

180
Maîtres de la Kabbale
cités dans le livre

Ier siècle
Nehounia ben ha-Kahana : auteur du Séfér Ha
Bahir
Shimon Bar Yo’haï : 80 -135 auteur du Zohar

XIIe siècle
Abraham ben David de Posquières : 1120-1198,
Rabad III
Ibn Ezra : 1089-1164, auteur de Séfér HaShem
Sagui Nahor : Isaac l’aveugle – 1160-1235, le Père
de la Kabbale

XIIIe siècle
Abraham Aboulafia : 1240-1291, Kabbale prophétique
Azriel : 1160-1238, fondateur de la Kabbale
spéculative surnommé le Saint
Eléazar de Worms : 1176-1238, le ‘Hassidisme
médiéval allemand

181
Gikatilla Joseph : 1248-1325 – le Maître des
miracles, élève d’Aboulafia
Isaac Ha Cohen de Soria et Moïse de Burgos
Moïse de Léon : 1240-1305, le compilateur du
Zohar
Na’hmanide : 1194-1270 dit le Ramban

XVIe siècle
Ari Ha Qadosh : Isaac Louria – 1534 1572, le lion
sacré dit le Ari – le Lourianisme
Cordovéro Moïse : 1522-1570, le Ramaq
Shlomo ha Lévi Alqabets : auteur de Lékha Dodi

XVIIe siècle
‘Hayim Vital : 1543-1620, le scripte du Ari
Azoulai Abraham : 1570-1643, le grand père du
‘Hida, ‘Hébron

XVIIIe siècle
Baal Chem Tov : Israël Ben Éliézer – 1698 1760, le
Maître du bon nom – le Béicht
Dov Baer de Mezeritch : 1745-1812, disciple du
Béicht
Gaon de Vilna : Eliahou ben Shlomo Zalman
Kramer -1720-1797, le génie de Vilna
Hayim Ben Attar : 1696-1743, dit le Or Ha Hayim
Ha Qadosh
Luzzato ’Hayim : Kabbaliste italien – 1707-1747
dit le Ram’hal

182
Na’hman de Breslèv : 1772-1810, petit fils du
Béicht
Rabbi Moshé Sofer : 1762-1839 dit le ‘Hatam
Sofer
Shalom Sharabi : 1720-1777 dit le Rashash
Yaacov Tsevi de Mecklembourg : 1785-
1865 auteur de Haketav Vé ha Kabbalah
Zalman de Lyadi : 1704-1772 – Baal Ha Tanya –
fondateur du mouvement Loubavitch

XXe siècle
Abraham Isaac Kook : 1864-1935, Sioniste
Kabbaliste, grand rabbin d’Israël en 1921
Yéhouda Leib Ha-Levi Ashlag : 1885-1954, le Baal
Ha Soulam
Israël Abouhatsira : 1890-1984 dit Baba Salé
Rabbi Yossef Hayim : 1834-1909 dit le Ben Ich
Haï
Rabbi Schneerson Menahem Mendel : 1902-1994,
le Rabbi de Loubavitch

183
184
Livres de Kabbale cités dans ce livre

‘Hatam Sofer : le Sceau du scribe écrit par Rabbi


Moshé Sofer
‘Esser Sefirot : Talmud des dix Sefiroth écrit par
l’Ashlag
‘Héssèd lé Avraham : la Bonté d’Abraham écrit par
Abraham Azoulai
Cheqel Ha-Qodesh : le Sicle du sanctuaire écrit par
Moïse de Léon
Daat Tevounot : les Voies de la Direction divine écrit
par le Ram’hal
Derekh HaShem : la Voie de D.ieu écrit par le Ram’hal
Eder Ha-Yakar : écrit par Abraham Isaac Kook
Guinath Egoz : le Verger de la noix écrit par Gikatilla
Haketav Vé ha Kabbalah : écrit par Yaacov Tsevi de
Mecklembourg : 1785-1865
Keter Chem Tov : œuvre écrite par le Béicht
Méam Loèz : œuvre écrite par Rabbi Yaacov Couli

185
Méssilat Yécharim : la Voie des justes écrit par le
Ram’hal
Or Ha ‘Hamah : Lumière du Soleil écrit par Abraham
Azoulai
Or Ha Hayim : écrit par Rabbi Hayim Ben Attar
Or ha Sékhel : Lumière de l’Intellect écrit par
Aboulafia
Or Naarav : sur l’importance d’étudier la Kabbale
écrit par Cordovéro
Or Yakar : la Lumière précieuse écrit par Cordovéro
Othioth de Rabbi ‘Akiva : les lettres de Rabbi ‘Akiva
Pardès Rimonim : Verger des grenades écrit par
Cordovéro
Séfér ‘Hassidim : livre des Dévots
Séfér Ets ‘Hayim : l’Arbre de vie écrit par ‘Hayim Vital
Séfér Ha Bahir : le livre de la Clarté
Séfér ha Oth : le livre du Signe écrit par Aboulafia
Séfér Ha Yashar : le livre de l’Intègre écrit par Aboulafia
Séfér Ha Zohar : le livre de la Splendeur
Séfér Heikhaloth : Le Livre des Palais – le Livre
hébreu d’Hénoch ou Hénoch III.
Séfér Raziel : livre de l’ange « Raziel » attribué à Éléazar
de Worms
Séfér Yétsirah : livre de la Création
Shaar Ha Guilgoulim : la Porte des réincarnations
écrit par ‘Hayim Vital

186
Shaaréi Orah : les Portes de la Lumière écrit par
Gikatilla
Shiour Qomah : la Mesure de la Taille
Sidour Ha-Kavanoth ou Sidour HaRashash : écrit par
Sharabi, le Rashash
Sode Raza : œuvre de Éléazar de Worms
Soulam : l’Echelle du Zohar écrit par l’Ashlag
Tanya : œuvre écrite par Schnéour Zalman de Lyadi
Tomer Dévorah : le Palmier de Déborah écrit par
Cordovéro
Tsavaat Ha Ribach : œuvre écrite par le Béicht

187
188
Bibliographie

BRIAN L. LANCASTER
L’essence de la Kabbale, 2009, Pocket pour la
traduction française.
DANIEL BERESNIAK
La Kabbale vivante, 1988, Guy Trédaniel Editeur.
A.D. GRAD
Initiation à la Kabbale hébraïque, Ed. du Rocher
1982.
Pour comprendre la Kabbale, Ed. Dervy-Livres
1978.
GEORGES LAHY
Dictionnaire encyclopédique de la Kabbale, 2005,
Ed. Lahy.
Le Séfér Yétsirah, 1995, Ed. Lahy.
Les Portes de la Lumière, Joseph Gikatilla, 2001,
Ed. Lahy.

189
GERSHOM SCHOLEM
Les grands courants de la mystique juive, Paris,
1953, Ed. Payot.
Les origines de la kabbale, Paris, 1966, Ed. Payot.
La kabbale et sa symbolique, Paris 1966, Ed. Payot.
DAVID – YOHANAN HADAD
Les lettres de Lumière, Impr. Jouve, 2008.
HAYIM ZAFRANI
Kabbale, vie mystique et magie, 1996, Ed.
Maisonneuve et Larose.
HAYIM MELLUL
Les Clés de la Mystique juive, 2007, Ed. du Beth
Loubavitch.
MARC ALAIN OUAKNINE
Les Dix Commandements, 1999, Ed. du Seuil.
Mystères de la Kabbale, 2003, Ed. Assouline.
LEON ASHKENAZI
La parole et l’écrit, Tome 2, 2005, Ed. Albin
Michel.
RAV HAYIM DYNOVISZ – Enseignement oral
Enseignement du Ari Zal ; Le Zohar, Ets Ha
Hayim, Shaar Ha Guilgoulim.
RAV RAPHAEL AFILALO
160 Questions sur la Kabbalah, Kabbalah
Editions.
RAV M. GLAZERSON – SHLOMO CHOUKROUN

190
La Guématria, 1991, Ed. Maor Yossef Shlomo
RAV YITS’HAK GINSBURGH
Vivre dans un espace divin, 2009, Ed. Gal Enaï.
RAV MORDEKHAÏ CHRIQUI
Les Voies de la Direction divine, 2002, Ed. Ramlah.
MAHAMARIM DU RABBI DE LOUBAVITCH
LIKOUTEI AMARIME : TANYA
REFERENCES ICONOGRAPHIQUES
La vision d’Ezéchiel : Site Histoire pour tous.
Les quatre Mondes : Site Université Libre des
Valeurs.
L’arbre de vie : Site à la recherche du Aleph.
La sanctification du temps : Blog Ryan un ange
parmi nous.
Le rayonnement de l’âme : Site le blog d’un
cherchant.

191
192
Table des matières

PREAMBULE .............................................................. 17
LE MONDE BINAIRE ..................................... 18
L’Egypte – Mitsraïm – Métsarim............... 19
Israël – Saré El – Yachar El ........................ 20
Yochér et ‘Igoul – la droite et le cercle –
la destinée et le destin ................................. 21
Le libre arbitre.............................................. 22
L’ETUDE DE LA TORAH .............................. 24
Le Gouféi Torah –
le Corps de la Torah .................................... 24
Le Midrash – l’interprétation ..................... 24
Le Midrash Kabbalistique –
l’interprétation ésotérique .......................... 25
LE CŒUR DE LA TORAH ............................. 28
La Néquoudat Ha Lèv – le point du cœur –
le point de l’être ........................................... 28
HaShem ou le Nom Ineffable « Y.HVH » 29

193
PARTIE I – LE PROJET D’ETRE ............................ 31
INTRODUCTION........................................... 31
Le Prozdor – le Corridor ........................... 31
Le monde en devenir .................................. 32
La Téchouva – le retour vers soi ............... 34
LA PENSÉE NÉFÈSH – ‘HAYA .................... 35
L’âme Néfèsh ‘Haya .................................... 35
Le serpent primordial................................. 36
Le Mi et le Mah – le Qui et le Quoi ? ........ 37
Les soixante dix nations ............................. 39
Midbar – le désert ....................................... 41
ADAM HA RISCHON ................................... 42
Goy E’had – le peuple primordial............. 42
L’âme universelle ........................................ 43
Les six cent mille âmes principales ........... 45
Les étincelles d’âmes................................... 47
L’EXIL ............................................................... 48
Goy Qadosh – le peuple saint.................... 49
Tsion – Or Ha Goyim –
la lumière des peuples ................................ 49
La fin de l’exil .............................................. 51
LE SECRET DU SÉGOL ................................. 52
Bétsalèl ......................................................... 52
‘Am Ségolah – le peuple du Ségol ............. 55
Ségol et Ségoltah – la Maghen David ....... 56
Tiférèt – la Splendeur ................................. 57

194
PARTIE II – DE LA MERKAVAH
A LA KABBALAH ...................................................... 59
LA MYSTIQUE DE LA MERKAVAH .......... 60
La vision Ezéchiel : Ezéchiel 1-1.28 ........... 61
Les Maskilim ou Yordéi Merkavah ........... 63
Les livres des Heikhaloth ............................ 63
Le voyage initiatique ................................... 65
Les sept Palais ......................................... 66
L’archange Métatron.............................. 67
Le « ’Hashmal »....................................... 68
Le Rayonnement de D.ieu ..................... 68
Le Shiour Qomah ........................................ 69
Le Séfér Yétsirah .......................................... 72
L’ETABLISSEMENT DE LA DOCTRINE DE
LA KABBALAH ............................................... 73
La Pensée créatrice – les portes du
discernement................................................ 74
Ein Sof et Or Ein Sof –
l’infini et la Lumière infinie........................ 75
Les Quatre mondes ..................................... 75
Les forces Séfirotiques................................. 77
L’Arbre de vie – le ‘Ets Ha ‘Hayim ............ 79
Le D.ieu vivant
– le Nom E.lohim – le Divin ...................... 81
Le concept de la Shekhinah
– la Présence divine ..................................... 82
Les méthodes de l’exégèse .......................... 83

195
PARTIE III – LA KABBALAH................................. 85
DÉFINITION ................................................... 85
La Sagesse secrète........................................ 86
La Sagesse intérieure .................................. 86
LES MÉCANISMES DU LÉKABEL .............. 87
Le Or Yachar et le Or ‘Hozekh.................. 87
La symbolique du
« Qof Beith Laméd Hé » ............................. 88
Le Rouakh ha-Qodesh................................ 89
Les trois formes de Kabbale....................... 89
LES QUATRE PERIODES
DE LA KABBALAH ........................................ 90
Introduction ................................................ 90
Première période : l’ancienne Kabbale..... 92
Isaac l’aveugle – le Père de la Kabbale. 92
Eléazar de Worms – le ‘Hassidisme
médiéval allemand ................................. 94
Moïse de Léon – le Séfér Ha Zohar ..... 95
Abraham Aboulafia – la Kabbale
prophétique ............................................ 96
Joseph Gikatilla –
les portes de la Lumière ........................ 98
Deuxième période –
la Kabbale du dévoilement ........................ 99
Moïse ben Jacob Cordovéro –
le Ramaq ................................................. 100
Rabbi Isaac Ashkenazi Louria –

196
le Ari......................................................... 101
‘Hayim Vital ............................................ 107
Rav Abraham Azoulai............................ 108
Rabbi Moshé Hayim Luzzato................ 109
Rabbi Shalom Sharabi ............................ 110
Troisième période – la Kabbale existentielle
– la ‘Hassidout ............................................. 111
Le Baal Chem Tov – le Béicht ............... 112
Quatrième période – la Kabbale
contemporaine – la Torah Guéoulah ........ 116
Rabbi Menahem Mendel Schneerson .. 119
L’Ashlag – le Baal Ha Soulam ............... 120

PARTIE IV – LE ZOHAR.......................................... 123


INTRODUCTION ........................................... 123

RABBI SHIMON BAR-YO’HAI .................... 126


Les trois âmes du Rashbi ............................ 127
Le prophète Akhiya de Chilo ................ 129
Le prophète Zacharie ou
Zérarya ben Yehoyada ........................... 130
Le Moïse d’après la faute ....................... 130
Les trois brisures de l’unité......................... 131
L’arbre du mal.............................................. 132
Le Tiqoun du Rashbi ................................... 133
L’ESSENCE DU ZOHAR – LE ‘ONEG ......... 135
Les chambres de la conscience................... 135
La structure spirituelle fondamentale ....... 137

197
Le ‘Onèg Shabbat ........................................ 140
Le monde de l’Éden .................................... 142

PARTIE V – L’IMPORTANCE
DE L’ETUDE DU SOD ............................................. 145
LA LETTRE NOUN –
LE SECRET DE BINA ..................................... 146

L’ÉTUDE DE LA KABBALE .......................... 147


L’âge autorisé pour étudier la Kabbale ..... 148
La nécessité de la compréhension du Sod 149
Les opposants a l’étude de la Kabbale ...... 151
LA RÉDEMPTION PAR L’ÉTUDE
DU ZOHAR...................................................... 155

PARTIE VI – CONCLUSION .................................. 157


LES LETTRES DU ROI ................................... 158

LE EMÉT........................................................... 160

LA GÉNÉRATION AU TALON
DU MESSIE ...................................................... 161

198
199
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Dépôt légal : septembre 2015

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Imprimé en France, 2015

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