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SCD LYON 1

APPLICATION

DE LALGÈBRE
A LA GÉOMÉTRIE;
PAR M. BOURDON,
CHEVALIER DE L'ORDRE ROYAL DE LA LEGION D'HONNEUR , INSPECTEUR DE

L\ACADÉMIE DE PARIS, EXAMINATEUR POUR I,'ADMIS.' Ki N AUX ECOLES

ROYALES, POLYTECHNIQUE, MILITAIRE, DE LA MARINE, FORESTIERE, CtC. ;

MEMBRE DE LA SOCIETE PHILOMATIQUE DE PARIS, etc.

OUVRAGE ADOPTÉ PAR L'UNIVERSITÉ.

c.CO
SECONDE ÉDITION. o

PARIS
BACHELIER (SUCCESSEUR DE M"B V1 COURCIER),
LIBRAIRE POUR LES MATHÉMATIQUES,

QUAI DES GRANDS - AUGUSTINS , N° 55.

BRUXELLES,
A LA LIBRAIRIE PARISIENNE, RUE DE LA MADELEINE, N° 348.

1828

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• 4

Tout Exemplaire du présent Ouvrage qui ne porterait


pas, comme ci-dessous1, la signature de VAuteur et cell iu
Libraire, sera contrefait. Les mesures nécessaires seront prises
pour atteindre, conformément à la loi, les fabricateurs elles
débitons de ces Exemplaires.

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APPLICATION

DE L'ALGÈBRE
A LA GÉOMÉTRIE.

SCD LYON 1
On trouve chez le même Libraire les Ouvrages
suivans du même Auteur.

Élémens d'Arithmétique, 5e édition, 1827, 5 francs.


Élémens d'Algèbre , 5e édition, 1828, 7 francs 5o cent.

Se trouvent aussi,
A BORDEAUX,
Chez GASSÎOT FILS AÎNÉ, Libraire, fossés de l'Intendance, n° 6J.»

IMPRIMERIE DE HUZARD'COURGIER,
rue du Jardinet, n° 11.

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VWWWWVWiWVWVM WVW\W\(WVVWWWW% W\VV*\V'*V'VWVVVV'VVVV^V>VVVv'VAV\\V\\^V\\\VV\V'V'VtVV\W

AVERTISSEMENT.

JE me dispenserai de présenter ici l'analyse cïu plan de ce


Traité; on peut consulter la table des matières, à laquelle j'ai
donné plus de développement que dans la première édition,
et où j'ai eu le soin d'indiquer par un astérisque * les articles
dont la connaissance n'est pas indispensable pour l'admission à
PEcole Polytechnique.
Les seuls changemens importans dont j'aie à faire mention
sont relatifs au quatrième et au sixième chapitres. D'après les
observations qui m'ont été faites, j'ai repris entièrement le pa-
ragraphe (du quatrième chapitre) qui a pour but de démontrer
que I'EIAIPSE , I'HYÏERBOLE et la PARABOLE, définies géométrique-
ment, sont les seules courbes que renferme l'équation générale
du second degré. Je pense que la discussion qui fait l'objet de
ce paragraphe ne laisse plus rien à désirer, sous le rapport de
l'exactitude et de la clarté.
On trouvera dans le sixième chapitre une nouvelle méthode
pour déterminer les asymptotes, lorsqu'on discute l'équation
du second degré par la séparation des variables. Cette mé-~
thode me paraît exempte de toute objection, et susceptible
de s'appliquer facilement aux équations particulières ; elle
peut même s'étendre à la détermination des asymptotes cur-
vilignes, ainsi que je l'ai fait voir sur un exemple de courbe du
3e degré.
Le plan que j'ai suivi, dans la seconde section de mon
ouvrage, a été l'objet de plusieurs critiques, auxquelles je
dois essayer de répondre.
La première critique se rapporte à la manière dont je com-
mence la théorie des courbes du second degré. Je ferai d'abord
observer que cette marche n'est pas nouvelle, puisqu'on la
suivait autrefois , et les meilleurs esprits s'accordent à re-
fit

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vj AVERTISSEMENT.
connaître que Pon s'est trop écarté de l'ancienne méthode.
En outre, lorsqu'on veut déduire les courbes de l'équation
générale, soit par la séparation des variables, soit par la
transformation des coordonnées, il est impossible de donner
aux commençans une idée nette de la forme et des prin-
cipales affections des courbes : c'est ce que m'a appris l'ex-
périence de vingt années d'enseignement. Au contraire, la
marche que j'ai adoptée, si elle n'est pas analytique , a du
moins l'avantage de n'être pas aussi abstraite pour les élèves
qui, dès les premiers pas, peuvent s'exercer à des constructions
rigoureuses et susceptibles de leur donner le sentiment des
courbes.
On m'a aussi reproché d'être revenu plusieurs fois sur les
mêmes propriétés et les mêmes théories. Je réponds à cela que
ce qu'il importe surtout d'apprendre aux jeunes gens, ce sont
les diverses méthodes dont les géomètres font usage dans les
hautes parties des Mathématiques. Ainsi, je pense que les
élèves doivent être également familiers avec les méthodes de
la Géométrie et de l'Analyse. On sait en effet que, s'il est cer-
taines questions dont les solutions géométriques s'obtiennent
facilement par l'analyse, il en est d'autres dont les solutions
purement analytiques n'offrent aucun intérêt , mais qui se
traitent avec beaucoup d'élégance, à l'aide de quelques con-
sidérations géométriques.
Cette espèce de double emploi dans l'exposition des théories,
et le désir de comprendre en un seul volume tout ce qui
constitue les élémens de la Géométrie analytique, expliquent
suffisamment l'étendue plus qu'ordinaire de mon Traité, qui
cependant n'excéderait pas de beaucoup les bornes des autres
ouvrages, si l'on en retranchait les deux Trigonométries et
les deux chapitres de la Géométrie analytique à trois di-
mensions.

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WV VW\ W WV VWk/W VW VA-V KM VVV W Y |MM(V% W t tV» WWÌ \ K.XX WV VAA KXX KXX w\ vw , vw iwvw m
VM WV K.XX WV

TABLE DES MATIÈRES.

JV. B. Les articles ou chapitres accompagnés d'un astérisque * ne font


pas partie du programme de l'Ecole Polytechnique.

(Les articles écrits en lettres italiques méritent une attention particulière.)

PREMIERE SECTION.

CHAPITRE Ier.

Développement d'une première méthode pour résoudre


les questions de Géométrie par le calcul.
0
N '. Pages,
i à 8. Introduction, r... 9

§ Ier. Construction des expressions algébriques.

9... i 4- Expressions élémentaires. Autres expressions rationnelles


ou irrationnelles du second degré , 10.... 18

i5.,. 161 Remarque importante sur Z'HOMOGÉNÉITÉ , 18.. .23


17... 18. Construction directe des équations du second degré, 22.. .aîi

§ II. Résolution de diverses questions relatives à la ligne


droite et au cercle.

19...7.2. Résolution de deux problèmes, a5...3t


23.. .27. Interprétation des résultats négatifs, 3i.. .ijo
28.. .34. Résolution et discussion complète d'autres problèmes, 4°- ■ -54
35.. .36. Exprimer la surface d'un triangle en fonction de ses
trois cotés, 54 ••• 57
37. Méroe question pour le trapèze, 67...58
38.. .44- Déterminer la relation qui existe entre les trois côtés d'un
triangle et le rayon du cercle circonscrit. Problèmes
qui s'en déduisent, 58. . .64

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viij TAEI.E DES TVsATlîîItES.

CHAPITRE II.

Trigonométrie rectiligne.
Kos. Pages.
45 à /fii Introduction, 65... 66

$ Ier. Relations entre les lignes trigonomètriques. Détermina-


tion des formules principales. Construction des tables.

Relations entre les lignes trigonomètriques d'un


47- . 5o
même arc, 67.. • 7a
Ki.. ■ 59- Détermination des valeurs corrélatives. Tableau de
ces valeurs, 72.. . 82
60.. . 62. Formules qui donnent le sinus et le cosinus de la
somme ou de la différence de deux arcs, 83.. . 88
63.. . 64. Détermination du sinus et da cosinus d'un multiple
quelconque d'un arc , 88.. . S9
65.. . c9. Détermination du sinus et du cosinus d'un sous*
multiple quelconque d'un arc. Discussion des
formules, 89.. • 97
Détermination d'autres formules , 98.. . 106
7o.. • 77-
. 83. Construction des tables trigonomètriques. Disposi-
tion et usage des tables , 106.. .,14

§ IT. Résolution des Triangles.

84.. • 90. Principes relatifs a la résolution des triangles rec-


tangles. Des différens cas de cette résolution, 114 • - ■ 120
91... 92. Principes pour la résolution des triangles quel- I

conques y 120... 122


g3... 104. Examen et discussion des différens cas de cette ré-
solution , 122...i38
105...107. Détermination d'autres formules. Trouver, par
exemple, la sut face d'un triangle exprimée au
moyen des données ordinaires d'un triangle, i3S...i4o
108. Tableau de toutes li s formules qui peuvent servir à la
résolution des triangles rectangles ou obliquangles, 141... 142
109. Prouver que tontes ces formules se trouvent renfer-
mées dans un seul principe, 143... 144
110. Cas où l'on donne les trois angles d'un triangle. Dé-
montrer, par le calcul, que la question est indé-
terminée , 144..•147

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TAULE DES MATIERES* IX

M0». Pages.
M i... I n}. Application Je la Trigonométrie au Levé des
plans, 147...l5o
115. Scholie générai, i5o

* APPENDICE AU CHAPITRE II.

Trigonométrie sphérique.

MO...iai. Principes pour la résolution des triangles quel-


conques, 151... 157
132...134. Principes pour les triangles rectangles , I58...I59

125...127. Résolution des triangles quelconques , i5g...i6l


128. Résolution des triangles rectangles, 161.. . 16a
129. Scholie général, 162
130. Applications. Réduire un angle à-l'horizon, 162... 16.4^

SECONDE SECTION.

GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE A DEUX DIMENSIONS.

CHAPITRE III.

Des Points, de la ligne droite et du cercle.


i3r. Introduction, i65...i66

§ 1ER. PRINCIPES GÉNÉRAUX.

I32...I38. Équations du point. Expression de la distance


entre deux points,- 16G...170
i3g...i46. Equation de la ligne droite. Sa discussion , 17F...178
i47. • • 162. Ouestions préliminaires sur la ligne droite, 178... 190
163...1G7. Equation du cercle. Des différentes formes que
cette équation peut avoir, 190. • -19Î
1C8...171. Des lieux géométriques. Construction d'équations
particulières, ig3...i97
17Ì.. .i . Démonstration de deux propositions sur la forme
79
caractéristique de l'équation d'une droite et de
l'équation d'un cercle , 197. • .204
180... 1S2. Usage des lieux géométriques dans la résolu-
tion des problèmes, soit déterminés, soit indé-
terminés , 204...aoj

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X
TABLE DES MATIÈRES.

§ II. Applications des principes généraux établis


précédemment.
N»». Pages.
183...187. Propositions sur les triangles, 208... 216
188... 192. Propositions sur le cercle. Conditions pour que deux
circonférences se coupent, se touchent, etc..., 216.. .223
193...i95. Problème des tangentes. Notions ge'nérales sur les
tangentes. Prouver qu'une courbe du second degré
ne peut être rencontrée qu'en deux points par
une droite, 223. ..226
196... 197. PREMIÈRE MÉTHODE pour trouver l'équation de la
tangente au cercle, 226... 229
198... 199. SECONDE MÉTHODE, en supposant le point de con-
tact donné h priori. Expression de la soutan-
gente, 229... 232
200.. .2o3. Equation de la tangente assujettie h passer par un
point pris hors du cercle. Construction du pro-
blème par les lieux géométriques; Propriété re-
marquable résultante de l'une de ces méthodes
de construction , 232...236'
204.. .207. Autres questions sur la ligne droite et le cercle. Pro-
priétés des sécantes et des cordes, 236.. .241
208...210. Discussion complète du problème: Mener une tan-
gente commune à deux cercles. Propositions sur
les tangentes communes a trois cercles combinés
deux à deux, 241 •••247
au . ..2i5. Résolution de plusieurs problèmes indéterminés, 247.. -a57

CHAPITRE IV.

Des Courbes du second degré.


§ Ier. Transformation des coordonnées.
216. Utilité que présente le problème de la transformation
des coordonnées, 258...a5g
217. Formules les plus générales de la transformation
des coordonnées, 25g... 260
218...225. Formules relatives aux cas principaux. Usage de
ces formules, 260.. .265

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TABLE DES MATIERE!?.

§ II. Notions préliminaires sur les courbes du second degré.


N°». Pages.
226. ..337. Définition de 1'ELLIPSE. Ce qu'on appelle FOYERS.
Construction de la courbe par points et d'un
mouvement continu, a65...268
238...a3o. Déterminer l'équation de l'ellipse. Ce qu'on ap-
pelle les AXES et le CENTRE de la courbe , 268.. .271
a3i.. .233. Discussion de l'équation M/'+Nar'^P. Moyeu de la
ramener à la forme A'/' + B'i^A'B', 272. ..274
234. Définition de /'HYPERBOLE. Ce qu'on appelle les
FOYERS de cette courbe. S'a construction par

points, 375... 276


a35.. .a38. Recherche de son équation. Ce qu'on appelle pre-
mier et second axe, ou axe transverse et axe non-
transverse. Détermination du CENTRE et des LI-
MITES de la courbe, 377...280
a3g...24o. Discussion de l'équation My*—NxJ=q=P. Moyen
de la ramener à la forme A'y2 — B-x* =5: A'B», 280.. .282
241- Définition de la PARABOLE. Ce que c'est que son
FOYER. Construction de la courbe , 282. ..283
242...243. Recherche de son équation. Ce qu'on appelle PA-
RAMÈTRE de la parabole, 283...284
244- • .246. Prouver que la parabole est une ellipse ou une hyper-
bole dont les axes sont infinis. Équation propre à
représenter les trois courbes, 284. • .287
247.. .248. Question qui conduit à une équation propre à repré-
senter les trois courbes. Ce qu'on appelle DIREC-
TRICE , 287...292

§ III. Réduction de l'équation générale du second degré.

2(9.. .252. Démontrer d'abord qu'on peut toujours faire dis-


paraître le terme en xy. Cas où l'équation peut
être ramenée à la forme My* -f-Nx* — P. Cal-
cul des quantités M et N, 292.. 298
a53...254. Cas oh l'équation peut être ramenée a la forme
My* -f- Sx = o. Cas particulier du système de
deux droites parallèles, 298.. .3oo
255...2f>(>. Caractères analytiques des trois genres de courbes.
Variétés de ces courbes, 3oo...3o3
257. Remarque sur la discussion précédente. Ce que repré-
sentent les équations My» -f-Nx' = P, y' = Qx,
lorsque les axes sont obliques, 3o3.. . 3o6

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XIJ TABLE DES MATIÈRES.

N°». Page*.
258. lYotions sur les DIAMÈTRES àans les courbes du se-
cond degré. Ce qu'on appelle DIAMÈTRES COKJC- \

GUÉS dans l'ellipse et l'hyperbole, AXES CONJUGUÉS

dans la parabole, 3o6. .. 3o7


23g... 260. Prouver que dans l'ellipse et l'hyperbole tous les dia-
mètres sont des lignes droites qui passent par le
centre , et que dans la parabole les diamètres sont
des droites parallèles à Vaxe principal, 307.. .3io
261. . 363. Conséquences de la proposition précédente. II existe
une infinité de systèmes de diamètres conjugués
dans les deux premières courbes , et une infinité
de systèmes d'axes conjugués dans la parabole, 3io. . ,3i4
26.$...266. IVotions sur les ASYMPTOTES. Leur détermination
dans l'hyperbole. Prouver que la parabole n'en a
pas, 3i4-. .3i&
267. Définition analytique des FOYERS. Leur détermina-
tion dans les érois courbes , 3i8.. .321

$ IV. Identité des courbes du second degré avec les sections


du cône.

268. ■. 26g. Équation de l'intersection du cône droit par un plan.


Discussion de cette équation , 322.. . 32J
270. Equations des sections cylindriques. Prouver qu'un
système de deux droites parallèles est une VARIÉTÉ
des sections coniques, 327... 33o
271...272. Equation de l'intersection d'un cône oblique par un
plan. De la section anti-parallèle à la base, 33o . .335

CHAPITRE V.

Propriétés principales des Sections coniques.


DE L'ELLIPSE ET DE L'HYPËRBOLE.

§ Ier. Propriétés de ces courbes rapportées à leurs axes


principaux.

2^3.. .274- Caractères analytiques des points de la courbe, 333.. .335


275. Relation entre les carrés des ordonnées, 336.. .33"
276. Construction de l'ellipse par points au moyen des
cercles décrits sur ses deux axes , 3o7. .. 338
277. Mesure de la surface de l''ellip'se, 338...33;)

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TABLE DES MATIERES'. XÍi'j

N". Pages.
278.. .281. Propriétés des cordes supplémentaires et de leurs
relations avec les diamètres conjugués, 33g.. .345
282. Problème des tangentes. Ire MÉTHODE , 345... 347
283. SECOKDE MÉTHODE , en supposant donné le point de
contact, 347...348
284...287. Équations de la tangente et de la normale. Ex-
pressions de la SOTJTANGENTE et de la SODNOR-
MALE. Discussion de ces valeurs, 348. ..35i
288.. 289. Cas où la tangente doit être menée par un point
pris hors de la courbe. Construction de la tan-
gente par les lieux géométriques. Propriété qui
résulte de cette construction , 352.. .354
290... 291. Discussion des coefficiens qui entrent dans les équa-
tions de la tangente à l'ellipse ou à l'hyperbole.
Prouver que dans cette dernière courbe les asymp-
totes sont les limites des tangentes, 354. • • 357
292.. .296. Propriétés de la tangente par rapport aux diamè-
tres et aux rayons vecteurs , 357 ■ • '364
297.. .299. Conséquences remarquables de ces propriétés , 3f>4 • • -365

J II. Propriétés de VEllipse et de VHyperbole rapportées à

leurs diamètres conjugués.

3oo... 3o4- Trouver Véquation de chacune de ces courbes rap-


portées a un système de diamètres conjugués.
Discussion des résultats. Propriétés du parallélo-
gramme construit sur un système de diamètre^
conjugués, 366...371
3o5. ■ .3o6. Position des sommets de ce parallélogramme dans
l'hyperbole. Propriétés incidentes des asymptotes, 371. .
307.. .3o8. Relation remarquable entre les axes et les diamè-
tres conjugués dans l'ellipse et l'hyperbole, 3"]3.. .378
3og.. .3io. Prouver que dans l'ellipse il existe un système de dia-
mètres conjugués égaux. Forme de l'equation de
la courbe rapportée à ce système. Ce qui a lieu
dans l'hyperbole, 378.. .38o
311...312. Résolution de diverses questions à l'aide des relations
précédentes, 38o...3S3
3l3...3i4< Rapport des carres des ordonnées pour un système
quelconque de diamètres conjugues. Construction
de la courbe rapportée à ce système , 383... 384
3i5.. .3i 7. Equation de la tangente rapportée a un système de

SCD LYON 1
XIV TABLE DES MATIERES.

N05- Pages.
diamètres conjugués. Valeur de la soutangenle.
Ge'néraliser la proposition du n" 289, 384 • • '^87

diamètres conjugués, dont l'un passe par le


point de contact. Construction qui en résulte
pour la tangente en un point donné. Fixer de
position un système de diamètres conjugués fai-
sant entre eux un angle donné, 387...390
321. Une ellipse ou une hyperbole e'iant tracée sur un
plan , déterminer son centre et ses axes, 3go

§ III. De l'Hyperbole rapportée à ses asymptotes.


322...323. Equation de l'hyperbole rapportée a ses asymp-
totes. Propriété du parallélogramme construit sur
un système de coordonnées parallèles aux asymp-
totes , 391...394
3a4- • .327. Equations de la sécante et de la tangente de l'hy-
perbole rapportée à ses asymptotes. Conséquences
qui en résultent. Construction de la courbe,
lorsque l'on connaît les asymptotes et un point, 394-..3g8

§ IV. De la Parabole.
328...329. Caractères analytiques des points de la courbe.
Rapport des carrés des ordonnées. Construction de
la courbe, 3gg...4ot
33o. Mesure d'un segment parabolique, 401 • • •4°^
33i. .335. Problème des tangentes. Equation de la tangente
et de la normale. Expressions de la soutangente
et de la sounormale, 4o3...407
336...338. Propriétés de la tangente par rapport au rayon
vecteur. Conséquences qui en dérivent, 407...409

De la Parabole rapportée à ses axes conjugués.


33g...34o. Équation de la courbe rapportée a un semblable
système. Valeur du paramètre. Rapport des carrés
des ordonnées. Construction de la courbe , 4°9* • • 4la
34i. • .342. Equation de la tangente rapportée à ce système.
Conséquences qui en résultent, 412, • -41 4
343. Une parabole étant tracée sur un plan, trouver, i°. ses
axes principaux; 2*. un système d'axes conjugués
faisant entre eux un angle donné, 4!4- ■ '4'5
34f. Une portion de section conique étant donnée, déter-

SCD LYON 1
TABLE DES MATIERES. XV
0
W '. Pages,
miner son genre, ainsi que les élémens de la
courbe, ^i5...^i6

§ V. Équations polaires des trois courbes du second degré.


345.. .346. Ce qu'on entend par coordonnées et par équations po-
laires d'une courbe. Formules générales propres á
transformer une équation entre coordonnées li-
1
néaires en une équation polaire , ifiG. ••4 ^
347.. • 348, Equations polaires du cercle et de l'hyperbole, le pôle
étant placé au centre. Conséquences qui en ré-
I 2
sultent, 4 8-..4 °
349. Equation polaire de l'ellipse, le pôle étant placé
20 22
a l'un des foyers. Discussion de cette équation, 4 • • •4
22> 2
350. Equation polaire de l'hyperbole. Sa discussion, 4 -.4 5
2 2
351. Equation polaire de la parabole. Sa discussion, 4 5.. -4 6
352. Moyen particulier de parvenir aux trois équations
2 2
précédentes, 4 6-.-4 7

Des Sections coniques semblables.


353. Ce que l'on entend par des ellipses et des hyper-
boles semblables. Prouver que deux ellipses ou
deux hyperboles semblables jouissent de toutes les
2 1
propriétés des figures semblables de la Géométrie, 4 7 • • • 4^
354. Démontrer que deux paraboles sont toujours sem-
blables, dans le sens attaché à ce mot, 4^1 • • .433
355. Les ellipses et les hyperboles qu'on obtient en coupant
un cône par des plans parallèles, sont des figures
semblables, 433... 434

CHAPITRE VI.

Considérations générales sur les sections coniques,


Applications de la théorie des courbes du second
degré.

§ Ier. Discussion de l'équation du second degré par la


séparation des variables.
356.. 357. Classification des courbes. Leur division en trois
genres distincts. VARIÉTÉS de chacun des genres, 4^4- • 44°
1
358. Caractères particuliers à chacune des variétés, 44 - • - 444

SCD LYON 1
XV) TABLE DES MATIERES.
N°*~ Pages.
359. Caractères analytiques de la parabole , cu égard aux
trois premiers termes de l'équation , 444

36o...36i. Constructions communes a toutes les équations


particulières. Détermination de l'un des diamè-
tres, des limites de la courbe, des points de ren-
contre avec les axes, etc., 444• • -447

36a... 364. Construction des équations Aux ELLIPSES , 447- "453


365. ..36y. Construction des équations AUX PARABOLES, 4^3...456
368. Construction des équations AUX HYPERBOLES, ^bS....^59i
36g...370. MÉTHODE GÉKÉRALE pour déterminer les asymp-
totes de la 3^ courbe, ■.. 4^3
371.. .373. Méthode pour déterminer les asymptotes, dans le
cas oh l'équation est privée d'un carré ou de deux
carrés, 4^3- • -47°
374. * Discussion d'équations de degrés supérieurs-., 47°- ■ • 4?4

§ II. Détermination du centre et des axes par la transfor-


mation des coordonnées.

375.. .377. Déterminer le centre et les axes dans l'ellipse et l'hy-


perbole. Formules générales pour exécuter la double
transformation des coordonnées , 474 • ■ • 4°"2

378...379. Transformations relatives à la parabole. Formules


pour exécuter ces transformations , .486
380. Examen particulier du cas où l'équation représente un
SYSTÈME DE DEUX DROITES PARALLÈLES , ^Stì.. ■ \QO
381. Moyen général de passer de l'équation de l'hyperbole
rapportée à des axes rectangulaires quelconques h
l'équatiou de la même courbe rapportée S ses
asymptotes, 49°--493

§ III. Détermination d'une section conique d'après certaines,


conditions.

38a.. .386. Nombre de conditions nécessaires pour déterminer une


courbe du second degré. Cas où l'on donne le centre
ou un système de diamètres ou d'axes conjugués.
Moyen assez simple de construire la courbe dans
ces derniers cas, 49^- • .49^
387... SSg. * Cas où l'on donne un foyer. Propriété remarquable
du foyer et de la directrice. Construire une ellipse
ou une hyperbole, connaissant un foyer et trois
points; ou une parabole, connaissant un foyer et
deux points , 49S• • • 5oo

SCD LYON 1
TABLE DES MATIERES. xvij
M*». Pages.
3go. * Détermination d'une courbe du second degré d'après
certaines données, 5oo.. .5o4
3gt. * Propriété des transversales , commune aux trois
courbes du second degré, 5o4...5o6
3ga. * Trouver l'équation de la tangente en partant de
l'équation générale du second degré , 5oG.. .5oS

§ IV. Applications de la théorie des courbes du, second degré.

393.. .3pg. Construction des équations du 3e et du 4e degré. Ap-


plications aux deux problèmes de la TRISECTION
DE L'ANGLE et de la DUPLICATION DU CUBE , 5o8.. .517
4oo. ..4o5. * Détermination du nombre des racines réelles d'une
équation numérique pardesintersections de courbes, 517.. .5a5

* TR0IS1EME SECTION.
GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE A TROIS DIMENSIONS.

* CHAPITRE VII.

Des Points de la ligne droite et du plan dans


Vespace.
§ 1er. Equations du point.
4 06.. .410. Moyen de fixer analytiquement la position d'un point
dans l'espace; ce qu'on entend par équations d'un
point. Leur discussion, 537...53i
4il. .>412' Expression de la distance entre deux points dans
l'espace, i°. dans le cas d'axes rectangulaires;
3". dans le cas d'axes obliques, 53i...53G

§ II. Équations de la ligne droite dans l'espace.

4i3...4ií>. Moyen de déterminer la position d'une droite dans


l'espace. Ce qu'on entend par les équations d'une
droite , 53C.. .538
4'7> •.<41^- Trouver les équations d'une droite assujettie à remplir
certaines conditions , 538.. .540
419. Condition pour que deux droites dans l'espace se ren-
contrent. Trouver le coordonnées de leur point
d'intersection 54o.. .5íl

SCD LYON 1
XVII] TABLE DES MATIERES.
N°» Pages.
4^0.. .422. Trouver l'angle de deux droites dans l'espace, et ceux
qu'une droite forme, soit avec les axes, soit avec les
plans coordonnés , 541.. - 545
423.. .424. Conditions de parallélisme et de perpendicularité de
deux droites. Abaisser d'un point donné hors d'une
droite une perpendiculaire sur cette droite, 545.. .547

§ III. De V'Equation, du plan et de ses combinaisons avec les


équations du point et de la ligne droite.

425.. .429. Moyen de fixer analvtiquement la position d'un plan


dans l'espace. Equation du plan. Équations de ses
traces. Forme symétr/îque de l'équation du plan , 547- ■ .552
43o...432. Faire passer un plan, 1°. par trois points donnés;
' 2°. par un point et une droite donnés. Remarque

sur les conditions que fournit la seconde question, 552. . .556


433. ..436. D'un point donné, abaisser, 1». une perpendiculaire
sur un plan donné ; 2°. un plan perpendiculaire à
une droite donnée. Trouver, dans le premier cas,
la longueur de la perpendiculaire, et dans le second,
la distance du point à la droite. Conséquences du
second problème , 556.. .562
437. Conditions de parallélisme de deux plans, 562...563
438. Trouver les équations de l'intersection commune de
deux plans, . 563... 564
439...441- Trouver l'angle de deux plans et ceux qu'un plan
forme avec les plans coordonnés ou avec les axes.
Condition de perpendicularité de deux plans, 564- ..567
442 • • ■ 443- Trouver l'angle d'une droite et d'un plan. SCHOLIE
GÉNÉRAI, , 567... 568

* CHAPITRE VIII.

Des Surfaces courbes, et en particulier des Surfaces


du second degré.
444- • •44/' Notions préliminaires sur les surfaces courbes. Com-
ment fixer en général la position d'une surface,
d'une ligne et d'un point dans l'espace, 56g.. .572
ER
$ I . Transformation des coordonnées dans l'espace.

448.. .452. Formides relatives à ce problème, en supposant que


les axes primitifs soient rectangulaires. Cas par-
ticulier, 572...577

SCD LYON 1
TABLE DES MATIÈRES. XIX

Nos. Pages.
453...454. Formules propres à ("aire connaître la nature des
intersections d'une surface courbe par un plan
quelconque , 5;7... 079
455...456. Transformation des coordonnées LINÉAIRES en coor-
données POLAIRES, 579...58I

J II. De diffèrens genres de surfaces.

457...460. Équations de la surface sphérique et de son plan


tangent, 58i...584
461...462. Équation générale des surfaces CYLINDRIQUES. Ca-
ractère de ces sortes de surfaces, 585.. .588
463...4^5. Équation générale des surfaces CONIQUES. Caractère
de ces sortes de surfaces, 588.. .5go
466.. .468, Équation des surfaces CONOÏDES. Cas particulier, 5gi.. .5g4
46g...472. Équation générale des surfaces de RÉVOLUTION'.
Leur caractère. Cas particulier. Hyperboloïde, el-
lipsoïde et paraboloïde. Propriété très remarquable
du paraboloïde de révolution, 5g4< • -5gg

$ III. Discussion des Surfaces du second degré.

47-3...478.Formes auxquelles on peut toujours, par une


double transformation de coordonnées, ramener
l'équation générale du second degré íi trois varia-
bles. Exception à cette double transformation, 600...604
479...480. Division des surfaces du second degré en surfaces
QUI ONT UN CENTRE, et Cil SUrfuCCS DÉPOURVUES

DE CENTRE. Moyen de connaître la nature des sur-

faces, 604...Go5
481.. .483. Discussion de l'équation aux ELLIPSOÏDES. Cas par-
ticuliers et variétés de ce genre de surfaces, 6o5. . .609
484. • .489. Discussion de l'équation aux HYPERBOLOÏDES h deux
nappes ou a une seule nappe. Cas particulier.
Surfaces coniques, 60g.. .6i3
4go...4g3. Équation aux deux PARABOLOIDES elliptique ou hy-
perbolique. Cas particulier. Paraboloïde de révo-
lution. Génération de ces deux surfaces, 616.. .G18
4g4- Résumé de la discussion précédente, 618
4g5.. . 49^- De la nature des intersections d'une surface du second
degré par un plan. Prouver que le paraboloïde hy-
berbolique ne peut jamais donner une courbe
limitée, 618... 620
497• • -499' Prouver que tome surface du second degré, à l'excep-

SCD LYON 1
XX TABLE DES MATÍERES.
N°s. Pages,
tion du paraboloïde hyperbolique, donne lieu à
deux systèmes de circonférence de cercle. Lieu des
ceníres de ces cercles, 620. ..62.5

Des Plans tangens aux surfaces du second degré.


500. Équation du plan tangent aux surfaces qui ont un
centre, 625...627
501. Équation du plan tangent aux surfaces dépourvues de
centre, 627... 628
502. Équations de la normale , 628
503. Mener un plan tangent par un point pris hors de la
surface. Propriété de la courbe de contact, 628.. .629
5o4- . .5o5. Génération de I'byperboloïde h une nappe et du para-
boloïde hyperbolique par le mouvement d'une
ligne droite , 629.. .635
007. NOTE sur l'identité des coorbes du second degré
avec les sections coniques, 635. ,.64o

Errata.
Page 61,'Iignc i3, ^4'° + e*> Usez \/^r' — c"

126, 5 cn remontant, tang - (A -f- B), lisez tang — (A — B)

sin A
184, 6,
sin(C — ' sin(C— a.')' *
o, — -, lisez ——
\/x'* = h' \/x'> — h*
272, 14, valeur x, lisez valeur de x
277, dernière ligne, ou Vc' — A", lisez B 011 \/c* — A'
387, ibidem, y = m'{x'+ A), lisez y'— m' O'-f- A)
4i6, 6, § IV, lisez § V
432, 10 cn remon lan t, m' et M', lisez^W et m'
455, 7 en remontant, ip=, lisez 2//—
5o2, dernière ligne, OH, lisez OK
566, 10 en remontant, cos {yx), lisez cos (yz)
5;3, i3 en remontant, à un système de parallèles, lisez il un
syslème parallèle
582, 4f =<S lisez =z r*
5go, 8 en remontant, sont les lignes droites, lisez sont des
lignes droites

SCD LYON 1
APPLICATION

DE LALGÈBRE
A LÀ GÉOMÉTRIE.

PREMIÈRE SECTION.

CHAPITRE I".

Développement d'une première méthode pour, résoudre


les questions de Géométrie par le calcul.

i. Introduction. ON a vu, en Géométrie, que les lignes, les


surfaces et les solides peuvent, aussi bien que toutes les autres
grandeurs, être exprimées par des nombres; il suffit, en effet,
pour cela, de prendre pour unité l'une de ces grandeurs géo-
métriques. C'est ainsi, par exemple, que \/i exprime la diago-
nale d'un carré dont le côté est égal à i. De même, si 4 et 3
représentent les nombres d'unités linéaires contenues dans les
deux côtés d'un rectangle, 4x3 ou 12 exprime le nombre
d'unités de superficie contenues dans ce rectangle, ou, en
d'autres termes, la surface de ce rectangle. De même encore,
4x3x5 ou 6o exprime la solidité d'un parallélépipède
dont les trois arêtes contiguës sont représentées par 4J 3 et 5.
i

SCD LYON 1
2 INTRODUCTION.
Généralement,si l'on désigne par a, b, c les nombres d'uni-
tés linéaires contenues dans les arêtes contiguës d'un parallélé-
pipède, ab, ac, bc exprimeront les grandeurs de trois de ses
six faces, et abc sa sol idité.
On voit donc que PAlgèbre, dont les méthodes sont appli-
cables à toutes les questions numériques possibles, peut aussi
servir à résoudre les questions relatives aux grandeurs que l'on
considère en Géométrie.
2. Qu'il s'agisse, par exemple, de déterminer la grandeur
d'une ligne d'après la connaissance d'une ou de plusieurs au-
tres lignes comprises avec la première, dans une même figure.
On suppose le problème résolu, et l'on tâche, à l'aide de quel-
ques propositions de Géométrie, dont Vexistence est déjà éta-
blie , et qui ont quelque rapport avec Vénoncé du problème, on
tâche , dis-je, d'exprimer par des équations les relations qui
existent entre les données (représentées, soit par des lettres, soit
par des chiffres) et les inconnues, toujours représentées par des
lettres. On résout ces équations, et l'on obtient ainsi les expres-
sions des lignes cherchées au moyen des lignes, connues, expres-
sions qu'il faut ensuite traduire en Géométrie.
Si la question proposée est un théorème à démontrer, on
traduit algébriquement les relations qui existent entre les dif-
férentes parties de la figure, ce qui conduit à des équations
auxquelles on fait subir diverses transformations, dont la der-
nière donne lieu au théorème énoncé.
En un mot, traduire en Algèbre les questions de Géométrie,
et, réciproquement, traduire en Géométrie les résultats obtenus
par l'Algèbre, tel est le but qu'on se propose dans 1'APPLICATION
DE L'ALGÈBRE A LA GÉOMÉTRIE.
Développons ces notions générales sur quelques exemples.
3. Proposons-nous d'abord de rechercher les propriétés prin-
cipales du triangle rectangle et du triangle obliquangle, en
partant de ce seul principe , que deux triangles équiangles
ont leurs côtés homologues proportionnels, et sont par consé-
quent semblables.

SCD LYON 1
INTRODUCTION. 3
Fl
Soit un triangle BAC (fig. 1) rectangle en A. Du point A g-
abaissons AD perpendiculaire sur BC, et posons BC = a,
AC = è, AB = c, AD == h, BD == m et DC = n.
Les deux triangles BAC, ADC sont rectangles, l'un en A,
l'autre en D ; de plus, ils ont l'angle C commun ; donc le 3e
angle ABC du premier est égal au 3e angle DAC du second,
et les deux triangles sont semblables. II en est de même des
triangles BAC , ADB. •
Ainsi, comparant les côtés homologues, et employant les
notations qui viennent d'être établies, on obtient les trois
proportions

a : b '.: b l n, 1 í i' = an,,... (i),


a l c c 1 77i, > d'où l'on déduit / c" = am (2),

a : c b : h, } ( bc = ah (3),
égalités auxquelles 011 peut réunir cellc-ci : a = m-\- n... (4),
qui existe nécessairement entre les deux segmens BD et DC.
Ces quatre équations renferment implicitement toutes les pro-
priétés des triangles rectangles; et il ne s'agit que de les faire
ressortir par des transformations convenablement exécutées.
i°. Les égalités (1) et (2), ou plutôt les proportions qui y
ont conduit, nous apprennent que chaque côté de l'angle droit
est moyen proportionnel entre l'hypotènuse entière et le seg-
ment adjacent. Gest une des propriétés principales du triangle
rectangle.
0
2 . Ajoutons'membre à membre les égalités (1) et (2) ; il vient ;
/j>
2
-f- c9 = am -f- an = a (m + 71),

ou, à cause de l'égalité (4) , ò -f- r = n2.


2 a

Ce qui démontre que, dans tout triangle rectangle, le carré


de l'hypotènuse est égal à la somme des carrés construits sur
les deux côtés de l'angle droit. C'est la propriété caractéris-
tique du triangle rectangle.
3°. Multiplions les mêmes égalités (1) et (2), membre à
membre ; on obtient b*c* = a*mn ;

SCD LYON 1
4 INTRODUCTION.

mais l'égalité (3) donne aussi b*c* = a'lh2 ;


%
donc a'mn — a?h , et par conséquent, h^ — mn, ou bien,
m '. h y, h n.
Ainsi, la perpendiculaire abaissée du sommet de l'angle
droit sur l'hypotènuse est moyenne proportionnelle entre les
deux segmens de l'hypotènuse.
4°. Divisons membre à membre les égalités (i) et (2); il vient
b* an „ ', * ',.
—=— : d'où ô" : c' : : n : m ;
c1 cm
c'est-à-dire que les carrés construits sur les côtés de l'angle droit
sont entre eux comme les segmens de l'hypotènuse.
En un mot, toute transformation exécutée sur les égalités
(i), (2), (3) et (4), conduirait à un résultat qui, traduit
géométriquement, ne serait autre chose qu'un théorème ou une
vérité plus ou moins remarquable.
4. Observons d'ailleurs, en passant, que, comme ces quatre
équations renferment six quantités a, b, c, h, m et n , il s'en-
suit que deux quelconques d'entre elles étant données, on peut
se proposer de déterminer les quatre autres, à l'aìde de ces
équations.
Supposons, par exemple, que connaissant l'hypotènuse BC
et la perpendiculaire AD, il s'agisse de déterminer les deux côtés
de l'angle droit et les deux segmens.'
Les équations (1), (2) et (4) donnent d'abord, comme on l'a
déjà vu, b" -f- ca = a1 ;
mais si l'on double l'égalité (3) , on a 26c = a,ah ;
d'où, faisant successivement la somme et la différence de ces
2 2
• - f (è + c) =sl + 2aA,
deux-ci, v1 on déduit
1M f < ,
l (o — cy = aa — %ah;
et par conséquent,
b -\-c = \/a*-\-2.ah , b — c=\/a* — lah.
Connaissant la somme b -f- c et la différence b — c des

SCD LYON 1
INTRODUCTION. 5
deux côtés b et c, il est facile d'obtenir chacun d'eux en par-
ticulier.
On a, d'après un théorème connu, pour le plus grand côté
(qu'on peut toujours supposer exprimé par b),

b~- y'a' + iah -f- - S/cf — iâh ,


2 2

et pour le plus petit c,

c = - \/a? -f- iâh— -\Za%—iâh.


2 2

Quant aux deux segmens, ils sont donnés immédiatement par


les équations (i) et (2), puisque b, c et a sont maintenant
connus.
5. Remarque. La seconde partie des deux valeurs de b et c
nous apprend que, pour que le triangle puisse exister avec les
données établies, il faut que l'on ait

aa > iâh, ou au moins, a1 = zah ;

d'où l'on tire


o. a
h<~—, ou tout au plus, h = -;
2 3

car autrement les valeurs de b et de c seraient imaginaires.


En effet, pour construire un triangle rectangle, connaissant .
l'hypotènuse et la perpendiculaire abaissée du sommet de l'angle
droit, on peut employer le moyen suivant :
Décrivez sur Vhypoténuse BC (fig. 2) comme diamètre úne a
demi-circonférence; élevez au point B une perpendiculaire BH
égale à la perpendiculaire donnée; menez HL parallèle à BC; et
les deux triangles ABC, A'BC satisfont également à la question.
Or, pour que le problème soit possible, il faut évidemment

que BH. soit plus petit que ~ BC, ou, tout au plus, égal à

- BC.

SCD LYON 1
§ INTRODUCTION.

Lorsqu'on a BH = ^ BC, ou h — ^ a, le triangle rectangle

devient isoscèle, et les valeurs de b, c se réduisent à

b == - a 1/2, c = - a 1/2 ;
a i 2
ce qu'on peut aussi reconnaître d'après la figure.

6. Considérons, en second lieu, un triangle obliquangle ABC


(fiés- 3), et proposons-nous d'exprimer l'un des côtés, AB, par
exemple, au moyen des deux autres, en nous fondant sur la
propriété principale du triangle rectangle... . (as = è2-f- e2).
Abaissons du sommet A la perpendiculaire AD ( qui peut
tomber en dedans ou au dehors du triangle, selon que l'angle C
est aigu ou obtus), et conservons d'ailleurs les mêmes notations
que précédemment, savoir : .

BC = a, AC = b, AB=c, AD=ÍÎ, BD = rn, DC = «.

Les deux triangles rectangles ADB, ADC donnent les égalités


c1 = h' + m2 (1),
/> = h2 -f n2 (2),
auxquelles il faut ajouter celle-ci :
a =; m ± ra...... (3).

(Le signe supérieur de l'égalité (3) correspond au cas où


l'angle C est aigu, et le signe inférieur , à celui où il est
obtus. )
Cela posé j retranchons l'égalité (2) de l'égalité (1) 5 il vient
c2 —í72 = 7st2 —TZ2; d'où c2=è2-f-m2 — n' (4);
mais l'égalité (3) donne m = a qr ra,
2
et par conséquent, 7?i = a* qr 2ara + 71°. .

Substituant cette valeur dans l'équation (4), on obtient enfin


c2 = Z»1 + as rp 2ara (5).
Donc le carré de l'un des côtés d'un triangle quelconque est

SCD LYON 1
INTRODUCTION. 7
égal à la somme des carrés des deux autres côtés, MOINS OU
ÉLUS le double rectangle du côté sur lequel on a abaissé une

perpendiculairej multiplié par le segment opposé au côté que


l'on veut exprimer au moyen des deux autres.
L'égalité (5) comprend sous une forme très concise les deux
théorèmes principaux sur les triangles obliquangles.
7. Le problème suivant est très propre à faire ressortir
Futilité de l'Algèbre dans la résolution des questions de Géo-
métrie.
On propose de diviser une ligne donnée AB {_fig- 4) en fig. 4-
MOYENNE ET EXTRÊME RAISON, c'est-à-dire en deux parties,

dont l'une soit moyenne proportionnelle entre la droite en-


tière et l'autre partie.
Supposons le problème résolu, et soit E un point de AB, dé-
terminé de manière qu'on ait la proportion
AB : AE :: AE : EB.

Posons AB = a, AE = x ; d'où EB = a — x.
La proportion devient a '. x x '. a — x ;
%
d'où l'on déduit l'équation x = £Í
S
— ax ,
qui, étant résolue, donne s

a \ / ôF

De ces deux valeurs fournies par la résolution de l'équation,


la première est la seule susceptible de satisfaire à l'énoncé du
problème, tel qu'il a été établi; car la seconde est négative et
numériquement plus grande que a; d'où il suit qu'elle ne peut
exprimer une partie de la droite donnée a. Nous verrons plus
loin par quelle circonstance cette valeur se rattache à la pre-
mière, et comment on doit l'interpréter ; occupons-nous donc
seulement de la valeur
a
, /"„

et voyons ce qu'elle signifie en Géométrie i

SCD LYON 1
8 INTRODUCTION.

Ce résultat indique évidemment que, pour obtenir la valeur


de x en ligne, il faut retrancher la moitié de a de l'expression

v/a*+ -jr ■ Mais, en vertu de la"" propriété principale du

triangle rectangle, + ^" représente l'hypoténuse d'un

triangle rectangle dont les deux côtés de l'angle droit sont a

et

De là il est aisé de conclure la construction suivante :


A V'extrémité B de la ligne AB=a, élevez une perpendiculaire

BC égale à -a, et tirez ÁC; il en résulte

AC

Du point G comme centre, avec le rayon CB =s - , décrivez

un arc de cercle, BD, qui coupe AC au point D ; vous aurez

AD = AC — CD = fy/a* + j — ^.

Enfin, rabattez par un arc de cercle AD de k. en E; et le


point E sera le point demandé.
En effet, on a

a a
AE = AD 4- 7
—- = 37.
4 3

II est à remarquer que cette construction à laquelle on est


parvenu, est précisément celle qu'on donne dans les èlémens de
Géométrie. Pour l'obtenir par des considérations purement géo-
métriques, il faut une analyse assez délicate, tandis qu'à l'aide
des symboles de l'Algèbre, on la trouve facilement et sans aucun
effort.
C'est ainsi qu'en appelant l'Algèbre au secours de la Géomé-

SCD LYON 1
INTRODUCTION. 9
trie, on parvient souvent à résoudre des questions qui, autre-
ment, exigeraient des raisonnemens difficiles et compliqués.
8. En réfléchissant sur la manière dont la dernière ques-
tion vient d'être traitée, on voit que la résolution d'un pro-
blème de Géométrie par le secours de F Algèbre se compose
de trois parties principales :
i°. Traduire algébriquement l'énoncé du problème, ou le

mettre en équation ;
2°. Résoudre l'équation ou les équations, suivant que l'é-
noncé renferme une ou plusieurs inconnues.
3°. Construire ou évaluer en lignes les expressions algébriques
auxquelles on est parvenu.
Souvent il faut y joindre une 4e partie qui a pour objet la
discussion du problème , ou l'examen de toutes les circons-
tances qui y sont relatives, (soyez le n° 5.)
Or, il en est des problèmes de Géométrie comme des pro-
blèmes d'Algèbre, c'est-à-dire qu'il n'existe pas de règles bien
fixes pour mettre un problème en équation. Le précepte établi
en Algèbre est également applicable (voyez n° 2) aux pro-
blèmes de Géométrie; mais la manière de le mettre en pratique
varie suivant les différais problèmes qu'on peut avoir à ré-
soudre. Cependant, nous développerons dans le troisième cha-
pitre une méthode générale à ce sujet. Dans celui-ci, nous
n'emploierons que des artifices particuliers à chaque problème,
parce que ces méthodes, quoique indirectes, donnant souvent
des solutions plus simples et plus élégantes que la méthode gé-
nérale, il est nécessaire de les faire connaître.
Les équations une fois obtenues, on peut les résoudre d'après
les méthodes que fournit l'Algèbre. Toutefois, les commençans
ne sauraient tróp s'exercer à faire les calculs adroitement, en
cherchant à dégager le plus simplement possible les inconnues,
des équations qui ont été établies.
Quant à la troisième partie, qui a pour objet de construire les
expressions des inconnues, les règles à suivre sont faciles et en
petit nombre. C'est donc par le développement de cette dernière
partie qu'il convient de commencer.

SCD LYON 1
10 CONSTRUCTION

§ Ier. Construction des expressions algébriques.

g-. Nous ne considérerons, dans tout ce qui va suivre, que des


expressions rationnelles ou irrationnelles du second degré, c'est-
à-dire des résultats provenant d'équations du premier ou du
second degré.
Les expressions élémentaires, c'est-à-dire les expressions à la
construction desquelles on peut ramener toutes les autres, sont
au nombre de six, savoir :

x — a—b -\- c — ct-f-e..., x = —, x——,

x—\/~âb,
/
x=V tf~+T< ,
1
s
x= /a^ — b";
(a, b, c, d.... exprimant des nombres d'unités linéaires con-
tenues dans des lignes données).
l°. Soit à construire V'expression x — a—6-f-c—d-{~e. . .
Ce résultat, pouvant être mis sous la forme

x = a-|-c-f-e-f-... — (è-f-d-f- ...),

représente la différence entre la somme faite des lignes a, c,


e. . . . , et la somme faite des lignes b, d... .
D'abord, pour obtenir une ligne égale à a-f-c + e+- • • • ;
Fig. 5. prenez sur une ligne indéfinie AX (fig. 5 ) , et à partir du
point A, AB = a, BC = c, CD — e ; vous aurez ainsi

AD = a -f» c -f- e.

Portez ensuite de D vers A, DE=:Z>, EF = d, ce qui donne

DF = b -f- d;

11 en résulte nécessairement AF = a c -f- e —


(b + d)= x.
On peut, avec la même facilité, construire les expressions
x = 3a, x = 5b ; tout se réduit à porter la ligne a ou b à
la suite d'elle-même, plusieurs fois.
On a vu d'ailleurs, en Géométrie, le moyen de diviser une
droite donnée en 2, 3, 4> 5. ... parties égales; ainsi, il ne

SCD LYON 1
DES EXPRESSIONS ALGEBRIQUES. I I

a
serait pas plus difficile de construire les résultats x-=—,

2a 3a
3
7
Par exemple, pour -construire la dernière expression , il
suffit de diviser a en 7 parties égales et de prendre 3 ces
jyarties; ou bien, afe prendre une ligne égale à 3a., qu'on divi-
serait ensuite en 7 parties égales.
ab
2°. Soit à construire le résultat x = ■— ;
c
On en déduit la proportion c ' a b '. x ;
d'où l'on voit que x est une 4e
proportionnelle aux trois lignes
données c, a et b.
Pour l'obtenir, formez un angle indéfini XAY (fig. G), et à
partir du point A , prenez sur AX , AB = c, AC = a , puis
sur AY, AD = b. Tirez BD et menez par le point C, CE pa-
rallèle à BD. La ligne AE sera la ligne cherchée.
En effet, on a , d'après cette construction,

AB:AC::AD:AE, OU bien, c:a::b:kE - d'où AE=—=X.


c
AUTREMENT. Sur une ligne indéfinie AX, prenez AB = c,

AC = a. Du point B tirez une droite quelconque BY et prenez


BD = b. Joignez AD., et par le point C menez CE parallèle à
BY. La ligne CE sera la ligne demandée.
Car on aura
AB : AC :: BD : CE, ou C:C::Ò:CE.

á°. L expression x = — , ou x = , est une 3


c c
proportionnelle aux deux lignes a et c, puisqu'on en déduit
c '. a '.l a l x.

La construction est donc la même que celle de l'expression


précédente.
On peut toutefois, dans certaines circonstances, lui substi-
tuer celle-ci :

SCD LYON 1
12 CONSTRUCTION

Fig. 8. gur
une
Hglle AB = c (fig. 8), comme diamètre, décrivez
une demi-circonférence; du point A comme centre, et avec un
rayon AC égal à a, décrivez un arc de cercle qui rencontre la
demi-circonférence au point C ; puis abaissez la perpendicu-
laire CD sur AB. Vous aurez AD pour la 3e proportionnelle
demandée.
En effet, le triangle rectangle ACB donne
a3
. AB:AC :: AC: AD, ou c'.a :: a\AD; d'où AD = - = x.
c

N. B. Ce mode de construction suppose évidemment que


l'on ait a <C c. En outre, on ne l'emploie avec avantage qu'au-
tant que, dans la figure du problème, il existe déjà une demi-
circonférence décrite sur c comme diamètre -, parce qu'alors il
n'y a réellement que la perpendiculaire CD à abaisser.
4°- Le résultat x — \/ ab exprime une moyenne propor-

tionnelle entre a et b ; car on en déduit

i' = aXi; d'où a : x x '. b.

Fig. g. Pour la construire, prenez sur une ligne indéfinie AX


(fig. çf) deux parties AB ~ a, BC = b ; puis sur la somme AC
de ces deux parties, comme diamètre, décrivez une demi-circon-
férence et élevez la perpendiculaire BD. Vous aurez BD pour la
ligne cherchée.
En effet, le triangle rectangle ADC donne

AB:DB::DB:BC, ou a:DB::DB:&; d'où DB = \/a~b = x.

Fig. io. AUTREMENT. Sur une ligne AB — a {fig. io), décrivez une
demi-circonférence; prenez sur AB une partie AC = b, et éle-
vez en C la perpendiculaire CD. La corde AD est la ligne
demandée.
Car le triangle rectangle ADB doime

AB : AD AD : AC, ou a'. AD :; AD : b ; donc AD = l/stl.

SCD LYON 1
DES EXPRESSIONS ALGEBRIQUES. l3
5°. x = \/a*+ b" exprime l'hypoténuse d'un triangle rec-
tangle dont les deux côtés de l'angle droit sont a et b.
Formez un angle droit CAB (fig. 11 ); puis prenez AB = «,
AC — b,et tirez l'hypoténuse BC; vous aurez

s
BC = V/ÂB-t- Âcf = v/«* + £ =

6°. x = j/cs"—6A est l'un des côtés de l'angle droit d'un


triangle rectangle dont l'hypoténuse est a et l'autre côté b.
PREMIÈRE CONSTRUCTION. Tracez un angle droit~KAY (fig 12);
sur AX prenez AB —b , puis, du point B comme centre, et
avec a pour rayon, décrivez un arc de cercle qui coupe AY
en un point C. Vous aurez AC pour la ligne demandée.
En effet, cette construction donne

AC = \/BC — AB* ou bien, AC = [/a* — ò = x.


2

SECONDE CONSTRUCTION. Sur AB = a (fig. i3) , comme dia-


mètre , décrivez une demi-circonférence; à partir du point A,
prenez une corde AC=b. L'autre corde CB sera la ligne de-
mandée. Cela est évident.
TROISIÈME CONSTRUCTION. L'expression ^/ a? — b' peut se
mettre sous la forme \/(a-\-b)(a—b), et représente une
moyenne proportionnelle entre les deux lignes et-f- b et a—b.
Sur une ligne indéfinie AX , prenez AB == a (fig- 14) >et por-
tez b de B en C, puis de B en D. Décrivez sur AC, comme
diamètre, une demi-circonférence, et élevez aupoint D la perpen-
diculaire DE. Vous aurez la corde AE pour la ligne demandée.
Car il résulte de cette construction,

V
ÂË = AC X AD= (a+b) (a —b);

d'où AE = ^(0+6) (a —b) = x.

10. De la construction des expressions \Za2-\-b' et V'a"—b',


il est facile de déduire celle du résultat

SCD LYON 1
l4 CONSTRUCTION

3 u 1 2
x = {/a — b + c — d' -f e —

Fig. 15. D'abord, swr AB = a (/%-. l5), comme diamètre, décrivez


une demi-circonférence, et à partir du point A, prenez une
corde AC — b ; puis tirez l'autre corde BC. Vous aurez

BC = Va?-— b\

Soit posé V a?—b* = m; il en résulte aa — b* —m*,

et la valeur de a: devient x = \/m* + c" — d*-}-e2<—

Prolongez ensuite AC d'une partie CD — c, puis tirez BD ;


vous aurez
BD = l/m2 + c2= y/aï— b*-\-c\

Soit y/—ô*+~=7i; 0
d'où a — i' + c^n»;

il en résulte x—\/n*—d' + e*

Maintenant, sur BD, comme diamètre, décrivez une demi-


circonférence ; prenez une corde DE = d, et tirez BE. Vous aurez

BE= l/V_<F= \/aT^¥+cT—d*.

Continuez ainsi cette suite de constructions jusqu'à ce que


vous soyez parvenu au dernier des carrés qui entrent sous le ra-
dical de la valeur de x.

11. La construction précédente sert principalement à évaluer


€n lignes les radicaux numériques^
Soit, pour premier exemple, à construire x= ^/i5.
On peut d'abord mettre cette expression sous la forme....

x= y/5 X3, et elle représente ainsi une moyenne propor-


tionnelle entre 5 et 3.
Mais il est plus simple de la transformer en cette autre ex-

pression : a?=t/i6—i= V/(4)a—!•


Alors tout se réduit à construire un triangle rectangle dont
l'hypoténuse est 4> et l'un des côtés est égal à i.
On trouvera de même

SCD LYON 1
DES EXPRESSIONS ALGEBRIQUES. l5

1/7 = 1/4 +4-1 = l/ (2)'+(2)a-T= y/a»+6'—c3,


V/11 = »/9 +1 + 1 =l/(3)a+i + i,
^43 = ^36+9—1 — 1 =v/(6)3+(3)a-i—1.
L'artifice consiste à décomposer le nombre sous le radical,
dans la somme algébrique de plusieurs carrés, ce qui est tou-
jours possible.
On démontre même dans l'analyse algébrique , que tout
nombre entier , s'il n'est pas un carré, est décomposable dans
la somme de deux, trois ou quatre carrés au plus.
12. Nous sommes actuellement en état de construire les ex-
pressions algébriques les plus compliquées.
Commençons par les monômes rationnels.
<*• • iabc
Soit proposée l es pression ar = .

' , . . lab c
On peut la mettre sous la forme x = —=- X -•
r de
lab
Or , ■ exprime évidemment une 4° proportionnelle aux

trois lignes d, la et b-

Soit donc cette ligne construite, et posons = m; il eu

résulte 37 = 771 X ^, qui exprime encore une ^proportion-

nelle aux trois lignes e, m et c.


3 !
.. , . . 2a i c
c
ooit encore a construire x=^-=-^—.
3dJ>g

n
.. . . ■ , 2a2 a b b c
Cette expression revient a a.- = ^-y X-, X 7 X - X - •
» id d f f g
_., , , 2a1 2« X a . ,e
1) abord, ^-j, ou —^— exprime M/IÉ- 4 proportionnelle

aux lignes 3rf, 2a et a.

r osant — = m, on a
3rf
a b b c
x = mX^XrX ?X-.

SCD LYON 1
■O CONSTRUCTION

Or 77i X ^ représente une 4° proportionnelle aux lignes d


m et a.

Soit m X -, = n, i I en résulte
b b c
x=nX - X T- X - -
fyf;'.g
En continuant ainsi, l'on parviendra, à l'aide de cz'ny 4e3
proportionnelles, à une dernière ligne qui représentera la va-
leur proposée.
N. B. Le nombre des ^proportionnelles est toujours mar-
qué par le degré, ou par la somme des exposans du dénomina-
teur.
i3. Passons aux expressions fractionnaires polynômes.
„ . , . za?—3a*b+b*c
Soit a construire x = — —, ,. .
a'—2ab; + ba
On peut d'abord l'écrire ainsi :
b'.
.( + 3b + ^)
a ao

a^ a

Si, après avoir supprimé le facteur a commun aux deux


b'c b1 „ , .
termes, on pose —% — m, — = n, il en résulte
r a a
a(ia — 3b -f- m)
a — 2b + n '
et cette expression représente alors une 4e proportionnelle aux
írois lignes a — ib-\-n, a et 2a — 3ô-f-m-
Quant aux deux lignes m et TÎ , on peut les construire facile-
ment, d'après ce qui a été dit plus haut.
IJ artifice de ces transformations consiste à mettre en évi-
dence au numérateur et au dénominateur, tous les facteurs
littérauxj JWINS UN, qui entrent dans Vun des termes.
II faut toutefois avoir le soin de faire ressortir la lettre qui

SCD LYON 1
DES EXPRESSIONS ALGÉBRIQUES. I7
entre le plus de fois comme facteur dans les deux termes de
la fraction, parce qu'alors il y a moins de constructions par-
tielles j à cause des réductions qui se présentent; mais ces sim-
plifications demandent de l'habitude.
On trouvera pareillement que l'expression

a*—2a3Z>-L-2aèY—b*cd . , a(m—n-4-v.c—p)
x = —r 2 7-rz 77 -, revient a. x — — — Sl
2ao —3óJ—4óc2-f-c2d 2a—3b—q+r '
en mettant le facteur aô2 en évidence au numérateur et le
facteur Z>2 en évidence au dénominateur, puis posant
a3 a-z2 cd 4e* csd

Ces dernières expressions étant construites, on en déduit la


valeur de x, qui est une 4e proportionnelle aux trois lignes
2a — 3b — q -f- r. a et m — n -f- 2c — p.
On peut remarquer qu'il y a beaucoup d'analogie entre ces
transformations et celles qu'on exécute pour rendre les expres-
sions algébriques calculables par logarithmes.
14- Considérons maintenant les expressions radicales du se-
cond degré.

Soit, premièrement, l'expression x = \/a* — bd.

On peut la mettre sous la forme x = ^'a(a — —^;


bd
et si l'on pose — = m, ligne facile à construire, il en résulte

x=\/a{a—m),
expression qui représente une moyenne proportionnelle mire les
deux lignes a et a — m.
AUTREMENT. Soit fait n*= bd, il vient x= l/a2— n*;
d'où l'on voit qu'après avoir construit une moyenne propor-
tionnelle ra entre b et d, il suffit de déterminer l'un des cô-
tés de l'angle dreit d'un triangle rectangle ayant pour hypoté-
nuse a, et ra pour autre côté.

SCD LYON 1
l8 CONSTRUCTION

. /a3 — zb'c + Zb3


Soit, en second lieu, x = y/ ——g

Cette expression revient à celle-ci :


a3 — zb2c -f 3b3
b(a — b)
Or on a

b{a — b) . a —è

quantité qu'on peut construire aisément d'après ce qui a été dit


n° i3.
Désignant donc cette quantité ou cette ligne par m, on ob-
tient x = l/o X -Í71, expression facile à construire.
En général, pour toute expression radicale du second de-
gré, il suffit de mettre en évidence , sous le radical, un des fac-
teurs littéraux qui entrent dans les termes du numérateur , a
par exemple; le second facteur sous le radical est alors une
expression rationnelle qu'il faut construire et désigner ensuite
par m; la question se réduit finalement à construire la valeur
x= ya X
N. B. Si l'on avait une expression telle que x=a »

il faudrait commencer par faire passer le coefficient a sous le


radical, ce qui donnerait
. /a2b ,
x—\J —— = y ayi m ,
a Xb
en posant et construisant m= ■—.

Remarque importante sur Z'HOMOGÊNÉITÉ.

I5. Dans toutes les expressions que nous nous sommes pro-

posé de construire, nous avons supposé,


i°. Tous les termes du numérateur, de même degré entre

SCD LYON 1
DES EXPRESSIONS ALGEBRIQUES. 19

eux, ainsi que tous ceux du dénominateur; 2°. le degré du nu-


mérateur plus grand que celui du dénominateur, d'une unité
pour les expressions rationnelles, et de deux unités pour les
radicaux.
Une expression est dite HOMOGÈNE, lorsque ces deux condi-
tions sont remplies ; et elles le sont, toutes les fois que, dans la
traduction algébrique de Fénoncé du problème , on a désigné
par une lettre chacune des lignes qu'on a du faire entrer en
considération. II suffit, pour se convaincre de la vérité de cette
assertion, de réfléchir sur la nature des relations que fournit
la Géométrie pour la mise d'un problème en équation. Ce sont,
en effet, ou des proportions entre des lignes exprimées chacune
par une lettre; ou bien, des égalités entre des surfaces (telles
que la proposition du carré de l'hypoténuse et celles qui en
dépendent). Mais une surface est toujours exprimée, soit par
le carré d'une ligne, comme a2, soit par le produit de deux li-
gnes, comme ab; donc les équations du problème doivent être
elles-mêmes homogènes, c'est-à-dire que tous leurs termes doi-
vent être de même degré. D'ailleurs, on sait que toutes les
transformations exécutées sur des quantités homogènes con -
duisent nécessairement à des résultats homogènes.

Ainsi, soit x = —, d'où Ax = B, le résultat auquel on


est parvenu pour l'une des inconnues.
B et A doivent être séparément homogènes ;
i°.
Comme x exprime dejà une ligne, il faut que A soit à'un
2°.
degré moindre d'une unité que B; autrement, l'équation AJC=B
ne serait pas homogène.
■g
Donc enfin, dans l'expression a: = —, les deux conditions

énoncées ci-dessus doivent être satisfaites.


Quant aux radicaux du second degré qui peuvent être géné-
ralement représentés par x == V A. , comme on en déduit
x2= A, et que le premier membre x2 exprime une surface, il
s'ensuit que le second membre A doit aussi exprimer une sur-
i• ,'i '•■ ■ I ■ '* 2..

SCD LYON 1
aO CONSTRUCTION

face. Donc, si A est fractionnaire, le degré du numérateur doit


surpasser de deux unités celui du dénominateur.
Mais si, dans la vue de rendre les calculs plus simples, on
convient de prendre pour unité l'une des lignes que l'énoncé du
problème prescrit de faire entrer dans le calcul, comme les di-
verses puissances de I sont égales à i, le degré de chacun des
termes où cette ligne se trouvait élevée à diverses puissances,
doit nécessairement diminuer d'une ou de plusieurs unités ; et,
dans le résultat obtenu pour la valeur de l'inconnue , les deux
conditions de P homogénéisé doivent, en général, cesser d'exister.
Par exemple, si dans les expressions
3 3 2 3
_ab _na b*c _a?—bd /a —2b c+3b
X——, X — ^jr^, x — —

on suppose b = i, elles se réduisent à

a 2a"c
aa — d
_a" — ^ x
. /a3 2c -(- 3—
x= ■——> =\/—z—
=
c' £F7y "*"" c ■

Cependant, comme la construction de la ligne cherchée dé-


pend des grandeurs de toutes les lignes données, et, en parti-
culier , de la ligne prise pour unité, il faut préalablement la
rétablir dans l'expression de x ; ce qui n'offre aucune diffi-
culté, car, en désignant cette ligne par une lettre, m, par
exemple , il suffit de l'introduire dans les difsérens termes,
comme facteur, à une puissance d'un degré tel que les deux
conditions d'homogénéité soient remplies.
... . „ . a3—2a-f-3Z>c
Ainsi, soitt 1 expression x= b*~~\—'

qui n'est pas homogène, parce qu'on a supposé l'une des lignes
de la question égale à i.
Puisque l'un des termes du numérateur est du 3e degré, et
qu'un de ceux du dénominateur est du 2* degré, tous les au-
tres termes doivent être respectivement ramenés à ces mêmes
degrés.
Donc, en désignant par m la ligne prise pour unité, on a

SCD LYON 1
DES EXPRESSIONS ALGEBRIQUES. 21
ta3 — 2stms + 3bcm .
pour 1 expression, x=- am a62~| m*—' ^
construire d'après les règles établies précédemment.
a—fr + c3 . . am3 — b^m* -f- c3m
De même, x--—-^ devient -^T^-f^T'

Soit encore * =V + te "~ T '


Chacun des termes, sous le radical, devant être du 2e degré,
aef aefm ce cem* a^f a^f
on transformera ^ en ^ en jen^; et

l'expression deviendra
C m C m2 g4
^/ ^ ) ^ J
bd ^ fg dm*
Posant alors

aefm ae fm
p*= X fin. d'où P — VT X
bd ~~ T d ' 3 '
cema
fg ~ f
ce
X
g'
m"
d'où q = v/f X
m*
g '
af a3f af
r2 = = a X d'où r = X
dm* dm*' dm1

et construisant r, d'après les principes connus, on ob-


tiendra pouf x la valeur x — \/p2 -f- g2 — r2, expression qui
rentre dans celle du n° 10.
i6. N. B. Dès qu'on applique l'Algèbre à une question de
Géométrie, la représentation des lignes de l'énoncé par des
lettres, suppose toujours qu'on ait pris une certaine ligne pour
unité; mais il faut distinguer deux cas :
Ou le résultat auquel on parvient, pour l'expression de
l'inconnue, est homogène; ou bien, il ne l'est pas.
Dans le premier cas, la connaissance de la ligne prise pour-
unité est indifférente à la construction du résultat.
Dans le second, cette ligne est, pour ainsi dire, en évidence,

SCD LYON 1
22 CONSTRUCTION

et son introduction dans le résultat est indispensable pour la


construction.
On doit donc, jusqu'à un certain point, distinguer deux
espèces d'unités linéaires : I'UNE qu'on peut appeler Yunité im-
plicite; c'est celle qui correspond à des résultats immédiatement
homogènes, et que la représentation algébrique des lignes sup-
pose toujours, au moins d'une manière tacite; 1'AUTRE, qui
serait alors Yunité explicite ; c'est une des lignes données de
la question, que, pour simplifier le calcul, on a juge à pro-
pos de faire égale à i. Son rétablissement dans le résultat
du calcul est toujours facile, au moyen des deux conditions
d'homogénéité.
E
Nous aurons souvent, surtout dans le 2 chapitre, occasion
d'appliquer ces derniers principes.

17. Construction des équations du second degré à une seule


inconnue.
Quoique les règles établies précédemment suffisent à la ri-
gueur pour la construction des résultats auxquels on est con-
duit par la résolution d'une équation, soit du IER, soit du 2E
degré, puisque ces résultats sont toujours, ou des expressions
rationnellesj ou des expressions irrationnelles du second degré,
il n'est pas inutile de faire connaître une construction déduite
de l'équation elle - même, sans qu'on soit obligé de résoudre
cette dernière , parce qu'il y a des circonstances où cette cons-
truction donne lieu à une solution plus simple et plus élégante
du problème.
Remarquons d'abord que, toute équation du second degré
pouvant être ramenée à la forme

X1 db px == rh q ,

( les signes des difFérens termes sont mis en évidence ) , sa


construction exige qu'on la rende homogène. Or, par hypo-
thèse , x exprime une certaine ligne; donc il faut que p re-
présente aussi une ligne et q une surface qu'on peut toujours
supposer transformée en un carré et alors l'équation de-

SCD LYON 1
DES ÉQUATIONS DU SECOND DE&liÉ. 23
vient
x2 ± px = ± k* ;
ce qui donne lieu, par rapport aux signes, aux quatre équa-
tions suivantes :
-f px = -f k\.. (i), x* + px = — k*... (3),
xa — px = + K. . (2), x> — px = — k\.. (4).

D'ailleurs, il est aisé de voir que les racines des deux équations
(1) et (3) ne diffèrent que par le signe, de celles des équations
(2) et (4); et comme, pour le moment, nous ne voulons que
connaître en lignes les valeurs absolues des racines, il s'ensuit
que la question se réduit à construire les racines des équations '
(2) et (4).
Considérons donc, en premier lieu> l'équation (2)
ou x* — px — -\- k%
Elle peut être mise sous la forme x ( x — p) — -f- k1; et
traduite en Géométrie, elle revient à cet énoncé : Construire
un rectangle connaissant la différence p de ses côtés contiguSj
et sa surface k\ Car, si l'on appelle a: le plus grand côté, x—p
exprime le plus petit; x(x—p) est une seconde expression
de sa surface qu'on a déjà supposée égale à un carré donné A2.
Cela posé, pour résoudre ce problème, décrivez sur une droite
AB 3S p {Jìg. 16 ) , comme diamètre^ une circonférence entière; Fig.
élevez au point A une perpendiculaire AC = k, et menez par
le centre O la sécante COD. Vous aurez CD pour la racine
positive de l'équation, et CE pour la valeur absolue de la
racine négative.
En effet, on a évidemment la proportion
CD : AC :: AC : CE, OU CD : h :: k : CD — P,

ce qui donne CD (CD — p) = /fe ;2

d'où l'on voit que CD vérifie l'équation


x (x — p)~ k*.
La proportion CD : AC :: AC : CE , '

SCD LYON 1
í*4 CONSTRUCTION

revient encore à celle-ci : CE +p '. k k : CE,


d'où résulte l'égalité CE (CE + p) = P,
ou bien encore, — CE (— CE — p) = k1;
donc — CE vérifie aussi l'équation x(x — p) — k".
iV. B. II est évident que la construction précédente est tou-
jours possible; et, en effet, les deux, racines de la proposée sont
nécessairement réelles, quelles que soient les grandeurs de
p et k.
Les racines de l'équation (i) ou
* -f- px — k*
JT seraient d'ailleurs — CD et -f- CE.

Soit, en second lieuj l'équation (4) ou


x'—px = — P.
On peut, en changeant les signes, la ramener à x(p—x)=k2;
et, sous cette nouvelle forme, elle est la traduction algébrique
de cet énoncé : Construire un rectangle connaissant la somme
p de deux côtés contigus et sa surface k\ Car, si l'on appelje x
l'un quelconque des côtés, p — x est l'expression du second ;
ainsi sa surface a pour valeur x(p—x), et l'on obtient l'équa-
tion ci-dessus.
Pour la construire, décrivez sur une droite AB = p {fig. 17),
comme diamètre, une demi - circonférence j élevez au point A
une perpendiculaire AC = k, et menez par le point C la droite
CD parallèle à AB ; abaissez enfin la perpendiculaire DG,
Vous obtiendrez AG et GB pour les deux racines de la pro-
posée.
En effet, cette construction donne évidemment la proportion

AG : DG :: DG : GB, ou bien AG : k :: k : p—AG ;

d'où l'on déduit l'égalité AG (p — AG) = k\


qui, comparée avec l'équation x(p—x) —k",
donne évidemment x = AG.
La même proportion revient encore à p — GB \k'.'. k'. GB,

SCD LYON 1
DES EXPRESSIONS ALGEBRIQUES. 25
d'où l'on déduit l'égalité GB(p— GB) = k\
qui, comparée à l'équation x(p — x) = k",
donne également x=GB.
Les deux racines de l'équation (3) ou x2 -{-px — — k* (qui
sont négatives), seraient représentées par —AG et — GB.
2V. B. La construction ne donnerait aucun résultat, si l'on

avait ^ ^2' Puisqu'alors lst parallèle CD ne rencontrerait

plus la circonférence ; et en effet, dans le cas de k !>^~> d'où


pa
k* Y> ^es deux racines sont imaginaires.
í
Si l'on avait k='-, ou k'= ^-, la parallèle CD de-

viendrait tangente au point I, et les deux racines seraient égales


à AO et OB.
18. Scholie général. Les principes que nous venons d'établir
sont suffisans pour la construction de tous les problèmes dont les
équations conduisent à des résultats rationnels, ou à des expres-
sions irrationnelles du second degré. Nous ajouterons cependant
une observation ; c'est que, dans chaque problème, il faut tâ-
cher de faire servir la figure de l'énoncé à la construction des
résultats; car c'est ordinairement dans la liaison plus ou moins
directe entre la construction et la figure, que consiste le plus
ou moins d'élégance de la solution du problème par le secours
de l'Algèbre : les problèmes suivans en fourniront des exemples.

§ II. Résolution de diverses questions relatives à la


ligne droite et au cercle.

C'est en proposant d'abord quelques problèmes particuliers


et. faisant ensuite quelques réflexions sur la manière dont ces
problèmes ont été résolus , qu'on peut initier les commençans
dans les méthodes de 1'APPLICATION.
19. PREMIER PROBLÈME. Inscrire un carré dam un triangle

SCD LYON 1
26 PROBLEMES f ;

Fig. i8. donné ABC (fig. 18); c'est-à-dire, trouver sur le côté AB un
point E tel, qu'en menant EF parallèle à BC , et EG , FH
perpendiculaires sur BC, la íìgure GEFH soit un carré.
Supposons le problème résolu, et abaissons du sommet A la
hauteur AD du triangle. II est évident que si le point I était
déterminé de position, il en serait de même de EF, et par con-
séquent du carré cherché.
Posons donc DI = EG = EF = x, et tâchons d'obtenir
une équation entre cette ligne x et les autres lignes qui, dans
la figure, doivent être regardées comme connues : ce sont les
trois côtés du triangle et la hauteur AD.
Or, les deux triangles ABC , AEF étant semblables, leurs
bases BC, EF sont entre elles comme leurs hauteurs AD, AI ;
c'est-à-dire qu'on a la proportion
BC : EF :: AD : AI.

Cela posé , soit BC == a , AD = h ; comme on a d'ailleurs


DI=EF=:c, il en résulte A\~h— x; d'où, en substituant
ces notations dans la proportion ,
a '. x h h — x,
ou bien , ah — ax = hx; donc x — r-
a -f- ft
Cette expression représente évidemment une quatrième pro~
portionnette aux trois lignes a -f- h , a et h.
Pour la construire, nous ferons usage de l'angle ADL , parce
qu'on a déjà AD — h, et que le point I cherché doit être
situé sur AD.
Portons d'abord BC ou a de D en K., et AD ou h de K
en h, il en résulte DL= a + h, DK = a; et comme on a
déjà DA = h, il s'ensuit que si l'on Joint le point L au point A,
et qu'on mène Kl parallèle à LA , le point I sera le point
demandé.
En effet, on a la proportion
DL : DK :: DA : Di; d'où a + h : a :: h ;m-}
donc Dl = . = x.
a -f- h

SCD LYON 1
SUR LA LIGNE DROITE ET LE CERCLE. 27
Le point I étant déterminé, on mène par ce point, EF pa-
rallèle à BC, et EG, FH perpendiculaires à BC; ce qui> donne
GEFH pour le carré demandé.
20. Remarque. Dans l'analyse de ce problème, nous avons
eu le soin de n'établir les notations algébriques, qu'après avoir
reconnu quelles étaient les données absolument nécessaires.
Ainsi, nous n'avons eu besoin de faire entrer en considération
que la base et la hauteur du triangle, quoique les deux autres
côtés fussent également connus. C'est une attention qu'on doit
toujours avoir pour éviter les notations inutiles.
21. SECOND PROBLÈME. Etant donnés de position et de gran-
deur un cercle X {fig. 19) et une droite AB_, trouver sur le F'g-'g-
cercle un point M tel que j si on le joint aux extrémités de la
droite AB , et qu'on tire la corde DE., cette corde soit parallèle
à AB.
(Nous considérons particulièrement ici le cas où la droite
AB est extérieure au cercle.)
SOLUTION. Remarquous d'abord que, si le point D était fixé de
position sur le cercle, il en serait de même des deux lignes
AM, BM, et par conséquent, de la droite DE. Or, le point D
serait connu si, en abaissant la perpendiculaire DG, on pou-
vait déterminer la distance AG.
Du point C, centre du cercle, abaissons la perpendiculaire
CF,et posons AB = «, AF = Z>, CF = c, CD = r, AG=x,
DG =y ; il en résulte GF = DI = b —x, CI = c —y.
(Quoique l'introduction d'une seconde inconnue DG ou y,
puisse sembler inutile à la détermination du point D , elle n'en
est pas moins nécessaire pour la commodité du calcul.)
Ces notations étant convenues, observons que le triangle
rectangle CDI donne d'abord

CD = DlV Cf, ou bien r2 = (b — x)* + (c — y)' (1)

première équation entre les inconnues x, v et les lignes con-


nues b, c, r.
Pour en obtenir une seconde, nous considérerons les deux

SCD LYON 1
28 PROBLEMES

triangles MAB et MDE, ils sont semblables et donnent la


proportion MA : MD :: AB : DE;
d'où l'on déduit MA : AD :: AB : AB — DE,
ou, multipliant les deux, premiers termes par AD,

MA x 2
AD : ÂD :: AB : AB — DE.
Or, quoique nous ne connaissions pas les longueurs de MA
et AD, le rectangle MA X AD n'en est pas moins connu ; car
si, du poinl, A qui est déterminé de position, nous menons la
tangente AL, ce qui est permis, nous avons, d'après un théo-
rème de Géométrie, MA X AD ±= AL = m* (en désignant
par m la nouvelle ligne connue AL).
Qn a d'ailleurs
ÁD = x* + y*, AB = ct, DE = 2DI=2(è — x);
d'où AB — DE — a — 26 -f- zx.
Ainsi, la proportion ci-dessus devient
í
m" : x -f y* :: a : a — zb + ix-,
d'où l'on tire m\a — ib -f ix) = a[x* -f-y) ; (2)
telle est la seconde équation du problème.
On peut faire subir quelques simplifications aux équations
(1) et (2).
i°. L'équation (1) étant développée, devient
x" -f y=ïbx + 2cy — (è3 + ca — ra) ;
on a d'ailleurs pour la seconde,

2 !
x + y '=— (zx + a — 2&).

Cela posé, i°. le triangle ACF (fig. 19) donne AC=6a-|-ca,


et le triangle ACL, AL ou roa=ÂC — LC = + c" — r\
20. La quantité —estune troisième proportionnelle qu'on peut
* . •
m" .1 , ,
supposer construite, et en posant— —n, îlen résulte m? z=an.

SCD LYON 1
SUR LA LIGNE DROITE ET LE CERCLE. 20
Par là, on obtient pour les deux équations,
x" -f- y" = ibx —an-f-2cy (3),
x* -f-y = «(2x+ a—26) (4).
Egalant entre elles ces deux valeurs de a:2-f- y*, on trouve,
toute réduction faite,

(b — n) x -f- cy — n (« — b).... (5).


équation qui n'est que du premier degré en x, y, et qui peut
remplacer l'équation (3) ; en sorte que la question est ramenée
à éliminer y entre les deux équations (4) et (5). L'équation en
x que l'on obtiendra ainsi, étant résolue, fera connaître la dis-
tance AG, et par suite la position du point D.
Si l'on effectue cette élimination, qui n'offre aucune difficulté,
l'on trouvera pour équation finale en x,
[c2 + (n — by]x* + 2/1 [(a — b) (a — b) — c2] x
=.n[(a—ib) c2— n(a — b) 2].
Nous n'entrerons pas dans le détail de la résolution de cette
équation, parce que le résultat qu'on obtiendrait serait très
compliqué, et que sa construction, déduite des principes qui
ont été établis précédemment, n'offrirait aucun intérêt (*).
Seconde solution du problème proposé.
Supposons toujours le problème résolu , et soit D (f/g. 20) le Fig. 20.
point demandé. Menons en ce point la tangente D K, et par le
point A la tangente AL, comme dans Panalyse précédente.
Les deux triangles ABM, ADK sont semblables, car ils ont
l'angle A commun ; de plus , AKD = KDE , par la propriété
des angles alternes internes; mais KDE. et DME sont égaux
comme ayant même mesure; ainsi AKD= DME ou AMB.
On a donc la proportion AB : AD :: AM : AK,
d'où l'on tire

AB X AK = AD X AM = AL?

(*) Tíous renvoyons au n° iíta pour la construction géométrique des équa-


tions (1) et (a).

SCD LYON 1
3o PROBLÈMES SUR LA LIGNE DROITE ET LE CERCLE.

Soient AB = a, AL = m, AK = x,

il en résulte
a X x = m* ; d'où x

Apres avoir construit par l'une des deux méthodes indi-


quées n°9,la troisième proportionnelle a '. m m : x,
on porte cette ligne de A en K sur AB ; puis du point K
l'on mène une tangente KD au cercle donné, et le point de
contact D est le point cherché.
N. B. Comme du point K il est toujours possible de me-
ner deux tangentes KD, KD', il s'ensuit que l'on a deux
points D et D' qui satisfont également à la question. Ainsi,
le problème admet, en général, deux solutions.
Ce résultat s'accorde avec celui de la première méthode
employée pour résoudre le problème, puisqu'on est parvenu
à une équation du second degré.
22. Remarque. La construction de la tangente DK, qui a

conduit d'une manière si simple à la résolution du problème,


est une de ces idées qui s'offrent rarement à l'esprit de ceux
qui n'ont pas déjà une grande habitude.
Quel que soit le problème proposé, il est toujours facile de
trouver dans la figure que prescrit l'énoncé, et à l'aide de
quelques constructions qui se présentent naturellement, un
premier mode de résolution , en faisant usage des relations
principales de la Géométrie, telles que les propriétés des
triangles rectangles, des triangles semblables ou des lignes
considérées dans le cercle. Mais la difficulté consiste dans les
constructions susceptibles de conduire à des équations simples
et à des résultats élégans.
Nous observerons, à ce sujet, qu'un problème de Géométrie
est en général moins facile à mettre en équation qu'un pro-
blème ordinaire d'Algèbre. Dans celui-ci, il suffit, le plus
communément, de traduire, à l'aide des signes algébriques,

SCD LYON 1
INTERPRETATION DES RESULTATS NÉ&ATIFS. 3l
les conditions explicites de l'énoncé, ou du moins des con-
ditions implicites que l'on déduit aisément des premières. Les
données et les inconnues y sont d'ailleurs en évidence ; tandis
que dans un problème de Géométrie, qui se réduit presque
toujours à fixer la position d'un ou de plusieurs points, il faut
beaucoup d'attention et de sagacité pour déterminer la nature
des relations qui, exprimées algébriquement, peuvent conduire
à une construction simple et élégante du problème. Or, de la
nature des relations qu'on emploie dépend celle des données
et des inconnues que l'on doit faire entrer en considération.
L'habitude et le discernement seuls peuvent apprendre à sur- •
monter ces difficultés.

Interprétation des résultats négatifs.

Nous allons maintenant nous proposer des problèmes qui


donnent lieu à des résultats ìiégatifs pour les expressions des
inconnues. ,
2,3. TROISIÈME PROBLÈME. Etant donné un triangle ACB
(fig. 21), trouver sur le côté AC un point D tel quej si l'on Fig. ar
mène la droite DE parallèle à AB, cette parallèle soit égale
à une ligne donnée m.
D'abord, les deux triangles semblables ACB, DCE donnent
la proportion
AC : AB :: DC : DE.

Prenons pour inconnue la distance du point fixe A au


point D ; et posons
AB = a, AC = ô, AD=a:; d'où DC = è — x;
la proportion ci-dessus deviendra
b '. a t C b — x m; d'où mb — ab — ax ;
• b (a — m)
donc x— .

On obtiendra facilement la 4e proportionnelle

SCD LYON 1
32 INTERPRETATION

a '. b a 771 '. X ,

en prenant BAC pour l'angle de construction , puisque l'on a


déjà AB = a, AC — b.
A partir du point B sur BA, prenez une partie BG égale
à m; il en résulte AG — a — m; menez ensuite GD parallèle
à BC ; le point D sera le point demandé.
En effet, on a la proportion AB : AC AG : AD;
d'où a b a — m '. AD; donc AD =s x.
II est -visible d'ailleurs que, si l'on mène DE parallèle à AB,
l'on a DE = GB = m.
Discussion du résultat. Tant qu'on aura 771 < a ou AB, la
valeur de x sera positive, et pourra être construite comme
précédemment. ,
Si l'on suppose m. = a , la valeur de x se réduit â o , et le
point D se confond avec le point A; ce qui est évident, puis-
que la ligne AB satisfait à la question.
Soit maintenant m^> a, la valeur de x devient négative,
et peut (le signe étant mis en évidence) prendre la forme
b (m — a)
a
Pour interpréter ce résultat, il faut, en vertu des principes
e os
établis en Algèbre (voyez la 5 édition de mon Algèbre, n 5g
et 60) , remonter à l'équation du problème, ou à la proportion
b : a b — x '. m,

et y changer x en — x ; ce qui donne


b : a b -f- x : m.
Or, b — x, qui exprimait la distance CD , devenant Z) -f- x,
représente maintenant la somme de deux lignes; ce qui ne
peut avoir lieu qu'autant que le point cherché se trouve en
D' sur le prolongement de CA, e'est-à-dire en sens contraire de
celui où il était d'abord placé.

SCD LYON 1
DES BÉSULTAÏS NEGATIFS. 33
Cette modification une fois établie dans la proportion, on en
i.i- ? 7 a i b (m — a)
déduit ab -f- ax == bm, d ou x =—5— -.
a
Quant à la construction de ce résultat, il suffit de porter, à
partir du point B, la ligne donnée m de B en G', ce qui
donne AG' = m— a, puis de mener G'D'parallèle à BC. Le
point D' est le point demandé, c'est-à-dire que D'E' parallèle
à AB, est égale à m. Cela est d'ailleurs évident.

24. Remarque. La solution négative qu'on a obtenue dans le


cas de 7n^>a, n'indique pas une rectification à faire dans l'é—
noncé de la question (car on conçoit que, quelle que soit la
grandeur de m, il est toujours possible de placer cette ligne
dans l'angle ACB, parallèlement à AB, en prolongeant les
deux côtés, si cela est nécessaire) , mais bien une différence de
position du point D par rapport au point fixe A, suivant la
grandeur de m. Ainsi lorsque, pour résoudre le problème,
on suppose le point D au- dessus du point A , cette position
est exacte j tant que l'on a m <^ a ; mais elle devient fausse
dès qu'on a m^> a; et le signe — obtenu dans ce cas sert
à rectifier cette position, en indiquant que la distance du
point donné au point inconnu, doit être portée en sens con-
traire de celui où elle avait été d'abord portée.
Cela est si vrai, qu'on peut éviter tout résultat négatif, en
fixant convenablement un autre point de départ; par exem-
ple , en prenant CD au lieu de AD pour inconnue.
En effet, soit CD = x', les autres notations restant les mêmes ;
on a la proportion

o ; a :: x : m; d ou x — — ,
:
a •
résultat qui est essentiellement positif, quelles que soient les
grandeurs relatives de a, b, m.
Tant que l'on *ura m<^a, la valeur de x' sera plus petite
que b, et après l'avoir construite, si on la porte sur CA, à par-
tir du point C, Pextrémité D tombera au-dessus de A; mais si
1
l'on a m^>a, la valeur de x est plus grande que b, et le point
cherché tombe en D', aa-dessous du point A.

SCD LYON 1
34 INTERPRÉTATION
mb
Observons d'ailleurs que l'expression x = ——

peut se mettre sous l'une des deux formes

x
, = b
_ b (a -m)

b m a
z= b + ( — ).

la ire correspondant au cas où l'on a m<^ a, et la deuxième à


celui où l'on a m> a.
Mais comme,par la première manière de résoudre la question,
b (a — m)
on a trouve a
b (m — a)
a
il s'ensuit que les deux inconnues x et x' sont liées entre elles
par la relation x' — b — x ;
x étant positif dans le cas de m <^ a, et négatif lorsque l'on a
m > a.
z5. Reprenons maintenant le problème du n° 7, et tâchons
d'en interpréter la solution négative.
Remarquons d'abord que la première des deux valeurs obte-
nues est la seule qui puisse satisfaire à la question telle qu'elle
a été énoncée, puisqu'on demande de diviser a en deux par-
ties, etc..., et que la valeur absolue de la seconde solution est
plus grande que a.
Maijj on peut modifier l'énoncé ainsi qu'il suit :
Étant donnés deux points fixes A et B (fig- 22), trouver sur la
Fig. 22
ligne AB, ou sur son prolongement, un troisième point tel que sa
distance au point A soit moyenne proportioitnelle entre, sa dis-
tance au point B et la distance des deux points A et B.
D'après ce nouvel énoncé, comme il n'y a pas de raison pour
supposer le point cherché à gauche plutôt qu'à droite du
point A, on le suppose d'abord à droite, c'est-à-dire entre A

SCD LYON 1
DES lîÉSULTATS NEGATIFS. 35
et B. (II ne peut être en E", car AE" étant plus grand à la fois
que AB et BE", ne saurait "être moyen proportionnel entre
ces deux lignes.)
Soit donc E le point cherché, et posons AE = :r, AB = a;
d'oùBE = a — x; on a la proportion

CL t
CC , s
OC « Cl " OC y

donc = aa — :,

x= --±s/a^ +J

La première valeur est positive et se construit comme il a été


dit n° 7. •
La seconde valeur est négative , et pour la construire, il faut,

, / ér
après avoir déterminé la ligne AC égale à W a* -f- , prolonger

AC jusqu'à sa rencontré en D' avec la circonférence déjà dé-

crite, ce qui donne AD' égal à ^ -f- ^/a* -f- puis râhallrc

par un arc de cercle, AD' A en E' à /a gauche du point A


( conformément à la remarque du n° 24 ) ; et la distance AE'
devra satisfaire également à la question.

a /a a%
En effet, puisqu'on a AE' =—f- y * -f- -j>

il en résulte

BE-=
0+ +
e v/^+î=L« +V
/;.
+
|.

0R
XË.= (Î
+V
/«T 7|)-=5Î-+<ÍV/^
et AB X BE' = ^ + a }J Ì a* +

Donc AE' = AB X BE'; ou bien, AB : AE': : AE': BE'.

Ainsi le nouveau problème admet deux solutions.


Si l'on demande comment il se fait que ces deux solutions

3..

SCD LYON 1
36 INTERPRETATION

soient comprises dans la même formule, quoiqu'en mettant


le problème en équation, on ait d'abord supposé le point
cherché, à droite du point A, et non à gauche, voici l'expli-
cation qu'on peut en donner :
Soit d'abord le point cherché entre A et B; on a la proportion
a'.x'.'.x'.a— x; d'où x2-j- ax =aa... (i)
Supposons-le sur le prolongement, en E', par exemple; comme
on a AE'=x, il en résulte
BE' = a -f- x,
et la proportion devient •
a', xx'. a-\-x; d'où x2—ax = a*. .. (2)

Cela posé, si l'on résout l'équation (1), en ne tenant compte


que de la valeur qui correspond au signe -f- du radical, on
obtient
a / Í?

de même, si l'on résout l'équation (2), en ne tenant compte


que de la valeur qui correspond au signe + du radical, il
vient

Or, cette valeur est précisément, au signe près, la seconde


valeur que donne l'équation (1) par sa résolution complète.
Le signe — qu'on obtient pour cette seconde valeur, cor-
respond (n° 2,4) à une rectification, non dans l'énoncé du pro-
blème, mais dans la position qui avait d'abord été attribuée au
point cherché.
Au reste,on éviterait, comme dans le problème précédent,
toute solution négative, en prenant pour inconnue la distance
du point cherché à un autre point fixe A', choisi sur le pro-
longement de AB et à la gauche du point A, de manière
fla
qu'on.eût AA'> - + \/ -f- y> par exemple," AA'=2ÍZ.

SCD LYON 1
DES RESULTATS NEGATIFS. 3^
Soient en effet AA' = ia, A'E == x' (fíg. 22) ; d'où

AE —x — 2a, BE = 3a —- x'.

La proportion indiquée par l'énoncé, devient

a : x'—2a :: x'—2a '. 3a — x';


d'où l'on tire (x' — 2a)s = 3a* —ax';
ou réduisant, x'1— 3ax'= —a2 (3)

Remarquons, en passant, que l'équation serait encore la


inème,si l'on posait AÁ'=?.a, A'E'=x', d'où AE'=2fl— x',
BE' — 3a — x' ; car on aurait

a '. 2a— x' aa — x' '. 3a — x' ;


2
d'où (2a — x') — 3a* — ax'.
L'équation (3) étant résolue, donne

4
2
ou bien, x' = a -f- ^ ± ^/« +

Ces deux valeurs sont essentiellement positives; car il est évi-


2
dent que le radical ^/a + -jr est moindre que a + —'.
On peut d'ailleurs les mettre sous la forme

2 V + 4•
d'où x' — == — - ± \/a* +
2a 2 v 4

et comme on avait déjà trouvé x = — ^ =fc \J 2


a -f- ~ , il
s'ensuit que les deux inconnues x' et x sont liées entre elles
par la relation x' — za = x, ou x' = 2a 4- x. Seulement,
r est positif pour le point E, négatif 'pour le point E'.

SCD LYON 1
38 INTERPRETATION

26. Les principes établis (n03 23, 24 et 25) peuvent être


résumés de la manière suivante :
i°. Toutes les fois que, dans la résolution d'un problème de
Géométrie par le secours de l'Algèbre, l'inconnue représente la
distance d'un point fixe à un autre point, comptée sur une
droite fixe, et qu'on obtient pour expression de cette incon-
nue, des résultats, les uns positifs et les autres négatifs, si
l'on est convenu de porter les valeurs positives dans un sens
quelconque à partir du point fixe , les valeurs négatives doivent
être portées en sens contraire du précédent.
20. Le moyen défaire disparaître les solutions négatives, est
de rapporter le point cherché à un autre point fixe dont la
distance au premier point fixe soit assez grande pour qu'on
soit assuré que tous les points susceptibles de satisfaire à
l'énoncé sef trouvent d'un même côté par rapport à ce second
point ; et cela est toujours possible, en général, puisque la ligne
sur laquelle se comptent ces distances peut être prolongée
autant qu'on veut.
Les résultats négatifs proviennent uniquement de ce que
l'origine des distances a été d'abord cboisie dans une position
intermédiaire entre les points cbercliés; et le signe — indique
la différence de position de ces points par rapport au premier
point fixe.
3°. Si, dans la résolution d'une question (d'un problème,
ou d'un théorème ), on veut faire entrer en considération des
distances entre un premier point fixe et d'autres points situés
avec celui—ci sur la même ligne, mais dans des sens difFérens»
et qu'on regarde comme positives les dislances comptées dans un
sens j on doit regarder comme négatives celles qui sont comptées
en sens contraire du précédent.
Nous ne donnons point ici de démonstration générale de ces
principes; mais dans la suite, nous les venons se confirmer de
plus en plus, et nous en sentirons mieux l'usage etfimportance.
2<j. Remarque. Nous ajouterons à ces considérations une re-
marque fort utile sur la multiplicité des valeurs auxquelles on
est conduit par la résolution complète des équations, N

SCD LYON 1
DES HF.SULTATS NEGATIFS. 3g
II arrive quelquefois que les équations d'un problème don-
nent, par rapport aux signes, un très grand nombre de résul-
tats dont un seul est susceptible de satisfaire à l'énoncé ; les
autres sont inutiles à considérer, ou bien, ce sont des solutions
d'autres problèmes qui ont avec la question proposée une rela-
tion plus ou moins intime. La difficulté consiste alors à discer-
ner parmi ces différentes expressions celles qui répondent à la
question elle-même, et celles qui y sont étrangères ou qui n'y
répondent qu'indirectement.
Reprenons pour exemple la question qui a été traitée n° 4,
et qui avait pour but de construire un triangle rectangle con-
naissant l'hypotènuse et la perpendiculaire abaissée du sommet
de l'angle droit (fig. 2).
a
^ _
d'où, en les ajoutant et les soustrayant l'une de l'autre,
{b + c)* — a* + iah,
{b — c)2 = a? —
7.ah.
Or, si l'on résout complètement ces deux dernières équations
par rapport à b -f- c et b — c, on trouve

b + c = ±l/a2-f- %ah = =t a',


b — c = ±.\/a* — lah = ± a";
ce qui donne

b = ± - a1 ± - a" et c = ± - a' ±j - a".


22 2 2
Ces formules présentent, par la combinaison des signes,
quatre systèmes de valeurs, savoir :

b= -a'+'a" et c= ' a' - - a",.... (1)


w
22 2 2

b = - a
'— - a" et c = - a' + - a" ,.... (2)
2 2 ,2-2-

b = — - a' + - a" et c = — - a' — - a" ,.... (3)


2 2 22
b = — - '—ì
a a
" et c = — - a' + - a" (/í)
22 2 2
c

SCD LYON 1
4° DISCUSSION

Les deux derniers systèmes sont évidemment inadmissibles,


puisque les valeurs de A et c sont négatives, et que, d'après
l'énoncé, on n'en demande que les valeurs absolues.
Quant aux systèmes (i) et (2), ils rentrent l'un dans l'autre,
et correspondent aux deux triangles BAC, BA'C. Le second sys-
tème est donc inutile à considérer, puisqu'on est toujours le
maître de désigner par b le plus grand des deux côtés cberchés.
C'est ce que nous avons fait (n° 4) en n'établissant que le pre-
mier système.
On trouvera à la lin de ce chapitre de nouveaux exemples de
ce genre.
Nous recommandons toutefois aux commençans de mettre
beaucoup de prudence et de discernement dans ces suppres-
sions de valeurs; autrement, ils courraient le risque d'omettre
de véritables solutions.
Nous allons maintenant nous occuper d'une manière par-
ticulière de la discussion des problèmesj parce que c'est une
des parties les plus délicates ( n° 8 ), et celle qui demande
le plus de soin.

28. QUATRIÈME PRORLÈME. On demande de diviser un tra-


.á3. pèze donné ABDC (fig. 23 ) en deux parties ABGL, LGDG, qui
soient entre elles dans un rapport donné m '. n, par une ligne LG
parallèle aux deux-bases.
Elevons en un point quelconque E de AB une perpendicu-
laire EF, et prenons la distance El pour inconnue.

Posons d'ailleurs EI = a:, CD = a, AB = b, EF = h;

(les trois dernières lignes sont les seules données absolument


nécessaires ).
Comme, par hypothèse, on doit avoir la proportion

ABLG : LGCD :: 771 : n,

il en résulte ABCD : ABLG :: m ~\~ n : m,

d'où ABLG == -—-


771+71
X ABCD.... (1).

SCD LYON 1
DES PROBLÈMES. 4l

Or, ABCD = í-±Ìx«, ABLG = X x.


2 2

Ainsi, tout se réduit à déterminer LG en fonction de x et des


lignes données.
Pour cela, menons AH parallèle à BD et AM perpendicu-
laire à CD ; les deux triangles semblables ACH, ALK donnent
CH : LK :: AM : AN :: h : x;
CH X x _ (a—b)x
donc LK sss
h h '
et par conséquent,
(c — b) x _j_ ^ (a — b~)x bh
LG = LK + KG:
h * h
Substituant cette valeur dans l'expression de ABLG, on obtient
(a — b)x-\-o.bh
ABLG = i ■ X x.
2ft

Donc, enfin, l'équation (ì) du problème devient


(a—b)x + a.bh m a -f- b ,
±TP+ X x= — X —^—Xh,
277. 771 -f- 71 2

ou bien, toute réduction faite ,


2ÔA mh% Q+b
x% -\ rx: XFÂÌ'- (2)
a — b~ m-\-n'^ a—b
d'où l'on déduit

X
~ a — b—\{a~bf+m^n^oT^b''
(3)
En réduisant cette expression, on obtient enfin

bh ^_ h /a*_
a— b a— b V 771 -J- 71
(4)
L'inspection seule de ces valeurs prouve qu'elles sont tou-
jours réelles.
Quant aux signes dont elles sont affectées, il peut se pré-

SCD LYON 1
fyi DISCUSSION

senter deux cas principaux , savoir :


a^>b ou a<^b.
Dans le premier cas, qui est celui de la figure actuelle , il
est évident, d'après la forme (3) de ces valeurs, que la pre-
mière est positive j et que la seconde est négative, puisque le ra-

dical est plus grand que -y


bh ^ bh
Dans le second, comme r se change en ■= , et que
a—b b— a 1

le radical devient plus petit que ^—- ( car la quantité sous le

signe est alors la différence de deux quantités), il s'ensuit que


les deux valeurs sont à la fois positives; c'est ce qui résulte
d'ailleurs de l'équation (2), qui prend, dans ce cas , la forme
ibh nìh* b A- a
x"— -, x— — X
m -f- ra b—a
Examinons ces deux cas successivement, et proposons - nous
de construire le problème.
Soitj en premier lieu, a^>b.

Reprenons la forme (3) des valeurs de a;, et tâchons d'abord


d'évaluer en lignes les expressions
bh (a -|- b)h mh
a—b' a—b ' m-j-n'
qui entrent dans la composition de ces valeurs,
Fig. 24. Prolongeons les côtés CA, DB (fig. 24) jusqu'à leur ren-
contre en O; puis, du point O, abaissons la perpendicu-
laire OF.
Les deux triangles semblables OGD, O AB donnent la pro-
portion
a : b OV : OE ; d'où a — b : b :: h : OE;

donc OE = -^ OF=-^+A==-%
a —- o a— b a—b

SCD LYON 1
DES PROBLÈMES. 4^
Si, sur FO prolongé, l'on prend OF' = OF, il en résultera

1
EF' = OE + OF' = OE + OF = ^ZTT

Quant à l'expression—, il suffit évidemment de di-


m+n
viser EF au point K dans le rapport m In; car, de la propor-
tion EK : KF :: m : n, on tire
mh
EK :EF :: m', m + n; d'où EK= ———.
m -f- n
Les expressions ci-dessus étant construites, il est facile d'en
déduire les deux valeurs de x.
Sur KF'j comme diamètre, décrivez une demi-circonférence,
et prolongez E A jusqu'en H. Vous obtenez ainsi

EH = EK X EF— -4-
m -\- n
X
a —o ,

Tirez OH ; il en résulte

OH^v/^ + ^X^.
V (a — by m+n a —b
Enfin du point O, comme centre, et avec le rayon OH, dé-
crivez un arc de cercle qui rencontre EF' aux points I et I ; les
distances El, El' représentent les deux valeurs de x.
En effet, on a

El = Oí - OE = J+-îlL (£±^ _ J* .
V (a — by m+n x
a—b a—b
et
b)h
EI'=-OE-OI = — ™JJ2L
a—bV (a—ó)
+J2*Í
m+n 2 X
(2±*
a — F'
, JV. 5. La seconde solution El' correspond évidemment à un
trapèze A'B'C'D' égal et opposé au trapèze ABCD.
La construction précédente montre le parti que l'on peut
tirer de la figure d'un problème , pour la détermination de
"inconnue.
Examinons quelques cas particuliers :

SCD LYON 1
44 DISCUSSION

i°. Soit m =n; auquel cas les deux figures ABLG, LGCD
doivent être équivalentes.
L'expression de x devient

x- bh - J b*h* I k ^Jë+ÏÏh.
~~ o^Tè-V (a — by +
2
X
a-b '
et il n'y a d'autre différence, dans la construction, qu'en ce que
EK devant être égal à -, il suffit de diviser EF ou h en deux
° 2
parties égales.
2°. Soit b — o, auquel cas le trapèze devient un triangle OCD
Fig. 25. {fig. a5).

L'expression de a: se réduit k x = ±: \J~^_ X " j et pour


n
la construire, divisez OF, au point'K, dans le rapport m '. n ;
décrivez sur OF une demi-circonférence et élevez La perpendi-
culaire KH. Enfin, rabattez par un arc de cercle la corde OH,
de O en I «e Ow I'; vous aurez 01 et 01' pour réponses
à la question.

Car cette construction donne OI = OH = OK X OF ;

d'oix OI=l/-~- «.
V m -j- n X

Soit, en second lieu , a <C b.


Fig. 26. trapèze ABCD (fig. 26) se trouve alors dans une position
y
renversée; et les valeurs de x prennent la forme

_ bh ^ / b*h* mh (6 + a)h
b—a V (b — ay m -j- zz. b—a

Prolongeons encore AC, BD jusqu'à leur rencontre en O,


et menons la perpendiculaire indéfinie EOE'. Les deux trian-
gles O AB, OCD donnent

OE:OF ::b:a; d'où OE ih/.' b ; b — a;

SCD LYON 1
DES PROBLEMES. 4^
donc OE = ^-; ÒF= BH

b — a' b —a b—a
Portant OF de O en F', on obtient

F'E = E*0 + OE= V


b —°a -
( f )h

Soit d'ailleurs, comme dans la construction précédente, EF


divisé au point K dans le rapport m I « ; il en résulte
mh
EK == .
m -f- n
Cela posé, sur EF', comme diamètre, décrivez une demi-cir-
conférence; élevez au point K la perpendiculaire KH, et tirez
EH ; vous avez

ËH = EK X EF' = -2*
m -j- n
X
b—a
Sur OE, comme diamètre, décrivez encore une demi-circonfé-
rence, et prenez une corde EH' égale à EH ; il en résulte

Ó~H = ÔË — Ers;
d'où

OH' - y/$ë-w= J^rzn§^&M[ V (o—ay m-f-n b—a


Enfin, du point O comme centre, et avec le rayon OH', dé-
crivez un arc de cercle qui rencontre EF' en deux points I % ify
vous aurez El, El' pour les deux solutions cherchées.
En effet, on déduit de cette dernière construction,

El = EO _ 01 = **--,V
è—a (b—ay
- m + n x (4±^ ,
b —a '

EF= EO -f OI'= M J^TZj±-


+
b—a^V (b—ay
m+n x
(ï±^.
b —a

Soit, en troisième lieu, a = b.

Le trapèze se réduit alors à un parallélogramme {fig. 27 ) j F

SCD LYON 1
46 DISCUSSION

et les deux valeurs de x, considérées sous la forme (4), devien-


— ah ± ah
nent o
,. o — A
ou bien, x ■= - et x — —— .
o o
Mais si, conformément aux principes établis en Algèbre
(cbap. 4? n° ) 02), on remonte à l'équation du problème,
11 Tnh* , ,.
(a—b)x* + ibhx= r— (a + b),
m + 71

on verra qu'elle se réduit à une équation du premier degré,


, lamh* mh
nahx — j— ; d ou x■
m+n m + 7i

Donc, il suffit de diviser la perpendiculaire EF, au point I,


dans le rapport m n; ce qui est d'ailleurs évident, puisque
les deux parallélogrammes ABLG, LGCD,qui ont même base,
sont entre eux comme leurs hauteurs.
Fig. 28. 29. CINQUIÈME vaoniàMX.. Etant donnés unangle YAX (Jìg.28)
et un point D dans l'intérieur de cet angle, on propose de mener
par ce point une droite LDN, de telle manière que le triangle
intercepté ALN soit égal à un carré donné m5.
Abaissons des points N et D les perpendiculaires NP, DC,
et menons DB parallèle à AY.
Prenons AL pour inconnue, et posons AL = ;r, DC = sl,
AB = <7, d'où BL = x-—a.
Cela posé, les deux triangles semblables ALN, BLD donnent

BL:DC:; AL:NP, oux-a-.h ::*:NP:doncNP=-^- ;


x— a
AL X NP
mais, par hypothèse, on doit avoir ALN ou = m* ;

ainsi l'on a pour l'équation du problème,


hx
X X -7 — = 771%
o.(x — a)

ou , effectuant les calculs et ordonnant,

SCD LYON 1
DES PROBLEMES. 47
m' 2am
h (0
Cette équation étant résolue , donne
IIÙ , 11b J j
X = — db -y- V m? — %ah.
h h
Pour que ces valeurs soient réelles , il faut que l'on ait
m?~^> 2ah ; ou au moins", m2 = 2aA.
Prenons AG double de AB, ou égal à 2a, et achevons le
parallélogramme AGFE ; il en résulte
AGFE = AG X DC = iéi.
Tirons d'ailleurs la droite GDH. Nous formons ainsi deux
triangles GDF, EDH égaux entre eux (car DF s= DE, DG == DH
comme moitiés de GH , et l'angle GDF est égal à sangle EDH).
Donc le triangle AGH est égal au parallélogramme AGFE , et
il a pour expression lah.
D'où l'on peut conclure que le triangle AGH est le minimum
de tous ceux susceptibles de satisfaire à la question.
Admettons que la condition de réalité m2 ^> lah soit satis-
faite, et tâchons de construire le problème sur la figure elle-
même (fig. 29). Fig- 29-
Pour cela , il est nécessaire de mettre les deux valeurs de x
m 'm*/m? \
sous la forme x=
T
Prenez sur AX , AG = 2AB — ia , et AK = (cette der-
nière ligne est une troisième proportionnelle à h et m, qu'on
peut supposer construite séparément); i! en résulte
GK .= AK — AG = 2! _ a.
h 2

Sur AK décrivez une demi-circonférence , élevez la perpen-


diculaire GI et tirez la corde Kl ; vous avez

KI Éf I/AK X KG = \J _ y %a
Rabattez eníìn , par un arc de cercle , Kl de K en L et

SCD LYON 1
48 DISCUSSION
de K en L'; les distances AL, AL' seront les valeurs de x
cherchées.
En effet,

AL = AK+KL = £ /£(£-4
+V

«/-A*-11/

3o. Première remarque. Le point L' qui correspond à la


seconde solution, tombe nécessairement entre B et G; car on a
d'abord KL' ou Kl > KG; d'un autre côté, l'expression

7F ~ ~~h~ ^
ormSLtì
^ '
es ( eus
' premiers termes du carré de
m* ... i »i4 aa™2 ^/m<l Y
2a, il en résulte ^~ <^ I al,

À»4 2sl!?7J
ITT' ^ 171
MU
ou KL <^ -r a, ou Ko,
h rr ^ A

Dans l'hypothèse de = 2a, les triangles ALN, AL'N' se

réduisent au triangle unique AHG, puisque alors les deux va-

leurs de x deviennent égales à


3i. Seconde remarque. La question proposée étant considérée
sous le point de vue le plus général, présente quatre solutions,
quoique la méthode employée pour la résoudre n'en ait fourni
que deux.
En effet, outre les deux solutions déjà obtenues, ALN,
Fig. 3o. AL'N' (fig. 3o), il est visible qu'on peut toujours mener par
le point D, deux autres droites DL", DL", de manière que les
triangles AL"N", AL"N'" soient égaux au carré donné m2. Bien
plus , pour ces deux solutions , le carré peut être aussi petit ou
aussi grand qu'on veut.
Comment se fait-il que ces deux solutions ne soient pas com-
prises dans le résultat obtenu? Essayons de répondre à cette
objection.
En cherchant à mettre le problème en équation , nous avons

SCD LYON 1
DES PROBLÈMES. 49
supposé le point lu à la droite du point A, et les triangles
ALN, BLD nous ont donné

NP : DC :: AL : BL, OU NP : h :: x : x —

d'où NP = ;
ar — a
hx x
et par suite, X — = m*, "
x—a 2

... „ m* îam* . .
ou, 'simpliíiant, x* — 2-^-x — ^—.... (i).

Maintenant, si nous considérons le point L à la gauche du


point A, en L", par exemple, les deux triangles AL"N", BL"D
donnent encore
N"P" : DG :: AL" : BL".

Mais, comme en général une proportion ne doit être établie


qu'entre des nombres absolus, et que x est, par sa position, né-
gatif, il s'ensuit que la valeur absolue de AL" doit être exnri-
mée par — x, et celle deBL" par — x-\- a; ainsi la proportion
devient

hr
N"P" :h::—xl—x + a; donc N"P" ==
■— x +- a'
ce qui donne l'équation X = m*.
— x -\- a 2 '
. . „a , 2OT
2
2am* , ,
ou, reduisant, x -J—j— x =—j-—,... (2)

équation qui diffère de (1) par le signe de


L'équation (2) étant résolue, donne

m* m , -
x = j~ ai -j- y m? -+- 2ah.

De ces deux valeurs, qui sont essentiellement réelles, la pre-


mière est positive et la seconde est négative. Or, je dis que la
valeur positive correspond au triangle AL"N".

SCD LYON 1
5o DISCUSSION

En effet, les deux triangles AL"JN", BL"D donnent


NT* : DC :: AIT : BL"; OU NT : h :: x : « — x-,
JÎJC hoc cc
d'où =
NT" : et par conséquent, X - = m%
a — x' a—x a
—— bx %
—~X

équation qui revient à celle-ci : —"j— d X 2 = m ;


— 00 -r—

ce qui fait voir que les solutions AL"N", AL'"N" sont comprises
dans la même équation.
Voici d'ailleurs la construction du résultat

m* , , /m* /m? . \

Prenez A GAUCHE du point A, une distance AK' égaie à


%
fn .
, et A DROITE du même point, une ' distance
.
AG = za; ce

ui donne GK'= 2_ + 2a.

Décrivez sur GK' une demi-circonférence; au point A élevez


perpendiculaire AI', et tirez la corde KT , vous avez

Kl' = \/AK'xGK = '\/


7
~ +
2a
y
Rabattez ensuite K'I' de K' en L" et de K' en U" ; il en
résulte

AL- = - AK' + KX- = - | + v/f(î' + ».).


V. B. II serait aisé de reconnaître que le point L'" doit tomber
e A et B. (Voyez n° 3o.)
peut comprendre les quatre solutions dans une même for-
m iie , en posant l'équation

SCD LYON 1
DES PROBLEMES. 5l

d'où l'on déduit

Le signe supérieur de rh 2. correspondrait alors aux deux

solutions ALN , AL'N' ; et le signe inférieur , aux solutions


AL'N", AL"'N'".
Ou bien encore, on pourrait multiplier entre eux les deux
îra1 lam* zm* zam* ..
facteurs x* r—«H ;— et x* -f- —j— x =—; il en re-
h h h h 1
sulterait l'équation du 4e degré

4m* „ , 8am* ía'm*

qui les comprendrait toutes les quatre.


La remarque qui a fait l'objet de ce numéro , est une nou-
velle confirmation du principe n° (26) sur les changemens de
signes des distances comptées en sens contraire les unes des autres.
32. Nous pourrions maintenant nous proposer d'examiner les
circonstances relatives aux diverses positions que le poir-ìt D est
susceptible, de prendre par rapport aux deux ligues AX,
AY. Mais comme cette discussion n'offre aucune difficulté,
nous nous contenterons d'en faire connaître les résultats, avec
la manière d'y parvenir.
er
I cas. Supposons le point D (fig. 3i) placé au-dessous de Fig
AX et à la droite de AY, en D'.
Cette condition s'exprime en introduisant (n° 26) dans le
résultat, — h à la place de h , puisque les distances des points
D et D' à la ligne AX sont comptées en sens contraire l'une
de l'autre ; et il vient

4-.

SCD LYON 1
DISCUSSION
52

m2 . /rrí'fm1 . \
ou bien, x= j- ±Y XVT + %a
r
La nature de ce résultat, dont les valeurs sont toujours
réelles, prouve que les triangles qui lui correspondent sont
placés dans les deux angles YAX, Y'AX'.
e
Fig- 3a. 2 cas. Le point D peut être placé à la gauche de AY (fig. 32),
et au-dessus de AX , comme en D".
Dans ce cas, il est clair que la distance AB" est comptée en
sens contraire de AB; ainsi, il suffit de changer a en — a dans
la formule primitive, ce qui donne

Les solutions correspondantes se trouvent encore placées


dans les angles YAX, Y'AX'.
e
Fig. 33. 3 cas. Le point D (fig. 33) peut être situé dans sangle
X'AY', opposé par le sommet à l'angle XAY.
II faut alors changer à la fois a et A en — a et — h dans le
résultat, qui devient
m* , / mf/ m* . \
x ± 3Í
=~ T V ~JV~J + V'
oub.en, ^rt'^.Ote* Z
1

et comme ces deux solutions peuvent être imaginaires, elles


doivent être toutes les deux placées dans l'angle X'AY'.
On pourrait, par des raisonnemens analogues à ceux du
n° 3i, expliquer pourquoi, dans chacun de ces trois cas, on
n'obtient que deux solutions, tandis qu'il doit y en avoir
quatre, lorsque l'on considère la question d'une manière gé-
nérale.
33. Nous terminerons cette discussion par l'examen de deux
cas particuliers :
Fig. 34. i°. Soit le point D (fig. 34) placé sur la ligne AX.

SCD LYON 1
DES PROBLEMES. 53

Dans ce cas, on a h=o, et l'expression

m . m . /—: r
x == -r~ — i-V >n — 2a«
n h

, . ma ±: ma A o
devient -x = , ou x = —et-.
o o o

De ces deux valeurs, la première est infinie„ et l'autre se


présente sous forme indéterminée.
Mais si l'on remonte à l'équation

hx2 — 2in!í = — 20m2,

elle se réduit, dans l'hypothèse de h = o, à


— 2max = — lam2 ; d'où x = a — AD.

Connaissant la base AD du triangle cherché, on obtiendra sa


hauteurs, d'après la condition
X „ , 2OT2 2ma
y X - = m2 ;
J
d ou y= = ;
2 ■ ^ a? a \_

cette hauteur étant trouvée et construite, on la portera sur AH>


perpendiculaire à AX; puis on mènera HN' parallèle à AX,
et l'on aura enlìn le triangle ADW pour réponse à la question.
Quant à la solution infinie, elle signifie que l'un des triangles
de la question a une base infinie et une hauteur nulle , puisque
x . _ 2ma _ 1.1
y X - = m , donne Jy = • = o. C est ce que devient la so-
J
2 00 7
lution ALN de la figure 29, lorsque le point D, se rapprochant
de plus en plus de AX, finit par tomber sur AX.
20. Soit le point D (fig. 35) placé sur AY. Fig. 35
Dans ce cas, on a a=o, et l'expression de x se réduit à
77xa , m2 2m'
x =SB -*r ± -r- SB et o.
h h h
x
D'ailleurs, l'égalité y X - = m2 donne

2m1 , ' ' , 2m'


y = —-, et par conséquent, y = n, y ~ —— = 00 ;

SCD LYON 1
54 DISCUSSION '

c'est-à-dire qu'en prenant sur AX une distance AL égale à


27712
, et tirant DL, on aura ALD pour première solution.

Quant à la seconde, elle se réduit encore à un triangle


dont la base est nulle et la hauteur infinie ; c'est ce que devient
le triangle AL'N' (fig. 29) lorsque le point D, se rapprochant
de plus en plus de la ligne AY, finit par se trouver sur AY.
34. Nous terminerons là ce que nous avions à dire sur la
construction et la discussion des problèmes. Mais nous ajou-
terons une observation, c'est que les constructions des résul-
tats ne doivent être regardées que comme un moyen plus ou
moins élégant de représenter ces résultats, et que, soús le
rapport de la rigueur, leur évaluation numérique est préfé-
rable; et l'on doit recourir à ce dernier moyen, toutes les fois
que la construction cesse d'être simple et facile.
Les problèmes suivans ont principalement pour objet la re-
cherche de quelques formules qui nous seront utiles par la
suite.
35. SIXIÈME PROBLÈME. Etant donnes les trois côtés d'un
Fig. 36. triangle ABC (fig. 36) on propose de déterminer l'expression
de sa surface.
Four fixer les idées, nous conviendrons de désigner par a,
b, c les côtés respectivement opposés aux angles A, B, C.
(Cette notation fort commode est surtout en usage dans la
Trigonométrie.)
Nous aurons, d'après cette convention,

BC = a, -AC — b, AB = c;

posons d'ailleurs AD = j, BD = x; «foù DC = c— x, ou


x— a, suivant que la perpendiculaire AD tombe en dedans
ou au dehors du triangle.
Cela posé, on a pour la surface du triangle,

A
T>
r
BCxAD aXy

SCD LYON 1
DES PROBLÈMES. 5Ò
Donc tout se réduit à déterminer y en fonction des trois cô-
tés a, b, c.
Or, les deux triangles rectangles ADB , ADC donnent

y*+ X
3
=C% (l)

y
a_f- (0— xY = b\.. (2).

Cette seconde équation reste la même, lorsqu'on substitue


x — ah la place de a —x.
Retranchons l'équation (2) de lséquation (1); il vient
a'-hc* — b2
— a2 4- 2aa7 = ca — b', d'ou x= .
1 ' 2a

Remplaçant x par sa valeur, dans l'équation (1), on trouve

/a2 + c2— èsV


—w-p
y = ^l/4«V— (a*+
2
et — b')"-
c

(On ne met point ici le double signe devant le radical, puis-


que, d'après la nature de la question, l'on n'a besoin que de la
valeur absolue dey.)
Reportant enfin cette valeur de y dans l'expression du
triangle ABC, et désignant la surface de ce triangle par S,
on obtieui, toute réduction faite,
2
S = ^ S/Ì^Fe — (a c* — b*y. (3).

Telle est l'expression de la surface du triangle, évaluée au


moyen des trois côtés a, b, c
36. On peut donner à cette expression une autre forme , qui
soit propre au calcul logarithmique.
Remarquons que la quantité sous le radical, étant la diffé-
rence de deux carrés, peut se décomposer en
(2ÍÎC4- c2-j-c2—è2)(2slc — a* — c2-f- ô2). D'ailleurs, cha-
cun de ces deux facteurs est lui-même la différence de deux

SCD LYON 1
56 DISCUSSION

autres carrés, savoir :

(o + c)'- è1, et è4 — (a — cf.

Le premier se décompose en (a -f-c -f- ò) (a -f- c — è),

et le second en (b + a—c) (Z> — a + c).

/
Donc S=iy ( j_è+c)(a + c—6)(6-|-c— c)0 + c — â);
a

et si l'on fait, pour plus de simplicité,


a
+ b -f- c = 2p,
d'où a-f-6 — c = 2p — 2c,
a-j-c — b ~ zp — 2&,
b -f- c — a = zp — 2a,

il vient S = - y/2p(2p —2o) (zp — zb) (2p — 2e),

ou , toute réduction faite ,

s= v/p(p —a) (p-b){p~=-~óy, (4;


ce qui fournit la règle suivante :
Pour obtenir la valeur numérique de la surface d'un triangle,
connaissant les trois côtés, faites d'abord la somme des trois
côtés, et prenez la moitié de cette somme ; retranchez successi-
vement de cette moitié ; chacun des trois côtés ; cela vous donne
trois différences. Faites ensuite le produit de la demi-somme et
des trois différences, puis extrayez la racine carrée de ce produit ;
vous avez ainsi en nombre l'expression demandée.
Soit pour application , a = 15, òrzi2, 0=7; il en ré-

sulte a -f- b + c , ou ip = 34 , d'où p — 17 ; donc

p — a = 2, p — b = 5, p — c= 10,

Donc ABC= 1A7 x 2 x 5 x 10.

Appliquons les logarithmes.


On a, d'après les tables de Callet,

SCD LYON 1
DES PROBLÈMES. $7

k 17= I,33044892
1. 2 = o,3oio3ooo
1. 5 = 0,69897000
1. 10 = 1,00000000

Somme 3,23o448g2
Donc 1. S = 1,6152245,
et par conséquent, S =

c'est-à-dire que , si l'on a pris le mètre pour unité linéaire, la


surface renferme 4' mètres carrés plus 231 millièmes de mètre
carré.
N. B. Pour que la formule (4) donne une valeur réelle,
il faut ( comme p est essentiellement positif ) que les trois
autres facteurs soient positifs à la fois, ou bien, qu'il y en ait
deux négatifs et un positif.

Or, on ne peut avoir en même temps p — a < o,


p — b<o;
car l'addition de ces deux inégalités donnerait ip — (a-|-Z>)-<o,

ou 2/?<^ a + b;

c'est-à-dire le périmètre du triangle moindre que la somme de


deux côtés ; ce qui est absurde.
On doit donc avoir les trois inégalités

d ou 1 on déduit, en remplaçant 1 _j_


c
^> j
p par sa valeur et réduisant, j , ,^ '
( a + b>c ;

c'est-à-dire l'un quelconque des côtés moindre que la somme


des deux autres.
C'est en effet la condition nécessaire pour qu'un triangle soit
possible, lorsqu'on donne ses côtés.
Si l'une des inégalités précédentes avait lieu dans un ordre
inverse, l'expression serait imaginaire.

37. Nous proposerons, pour nouvelle application, de dèter-

SCD LYON 1
58 DISCUSSION

miner la surface d'un trapèze ABCD, en fonction des quatre


côtés. \
37- Eu posant AB — a, CD — b, AC = c, BD = d (fig. 3 ),
7

l'on doit trouver

ABCD = V(p — a) (p —b) (p — a — c) (p — a-^d) .

Soit a = o, auquel cas le trapèze se réduit à un triangle;


/
il vient A.CD=V p(p — b) (p — r.) (p — d), comme ci-
dessus.
38. SEPTIÈME PROBLÈME. Déterminer la relation qui existe
entre les trois côtés d'un triangle quelconque et le rayon du
cercle circonscrit à ce triangle.
Avant de passer à la résolution de cette question, nous rap-
pellerons la démonstration d'un théorème de Géométrie. (Voy.
Legendre, livre 3.) *

38. LEMME. Dans tout quadrilatère inscrit ABCD, le rectangle

des diagonales est égal à la somme des rectangles des côtés


opposés; c'est-à-dire que l'on a

BD X AC = AB X DC -4- AD X BC.

Soit menée du point B la droite BE, de manière qu'on ait


l'angle CBE égal à l'angle ABD; il en résulte nécessairement
l'angle DBC égal à l'angle ABE.
Cela fait, les deux, triangles BCE, ABD sont semblables,
comme ayant deux angles égaux, savoir : CBE = ABD, par
construction, et BCE = ADB, puisqu'ils sont inscrits et ap-
puyés sur le même arc.

On a donc la proportion CE : BC :: AD : BD ;
d'où l'on déduit CE X BD = BC X AD ( i)

Pareillement, les deux triangles ABE, BDC sont sembla-


bles, puisque ABE = DBC, d'après la construction, et que
BAE — BDC, comme appuyés sur le même arc.

SCD LYON 1
T)F.S PltOBLÈMES. 5g
On a donc la proportion AE : AB :: DC : BD ;
d'où l'on tire AE X BD = AB X DC (2)

Ajoutant l'une à l'autre les égalités (1) et (2)-, on obtient

(CE-f-AE)BD, ou AC XBD = BC X AD -f- AB x DC.

C. Q. F. D.
Appliquons ce théorème à la question proposée.
Soient ABC (fig. 3g) le triangle donné, et O îe centre du F
cercle circonscrit.
Tirons íe diamètre COD et les cordes AD, BD ; puis faisons,
d'après les notations du n" 34,
BC = c, AC=è, AB == c et OC = r;

il en résulte AD = V/4rr^F, BD — /4'"a — tt% v puisque


les angles CAD, CBD sont droits.
Cela posé, on a, en vertu du théorème précédent,

AB X CD = CB X AD-f-AC X BD ;

ou, employant les notations convenues,

2cr=a\/^r2— b* -f- bV'4^—a' (A)


Telle est la relation générale qui existe entre les côtés d'un
triangle et le rayon du cercle circonscrit.
Cette formule renfermant quatre quantités a, b\ c, r, on
peut se proposer de déterminer l'une quelconque au moyen des
trois autres; et cela donne lieu à diflerens problèmes que nous
allons successivement résoudre et discuter.
3g. l°. Étant données dans un cercle dont le rayon est connu,
les cordes de deux arcs, on demande la corde de la somme de
ces deux arcs.
Soient X (fig. 3g) le cercle donné, AC , CB les cordes aussï
données ; AB sera la corde de la somme des deux arcs.
On connaît donc dans la formule (A) les quantités a, 6, r,
et il ne s'agit que d'obtenir c.

SCD LYON 1
6o DISCUSSION

Or, cette formule donne immédiatement

c = — t/V — b* + —\/^—a\... (B)


2r 1 2r

4o. 2°. Déterminer la corde du double d'un arc, connaissant


la corde de cet arc.
4°- Soit sait dans la formule (B) , b= a (fig. 4° ) '> a'ors c
exprime évidemment la corde du double de l'arc soutendu
par a ou b ; et il vient

c = -l/4r*-a'.... (C)

4i. 3°. Réciproquement, déterminer la corde de la moitié


d'un arc, connaissant la corde de cet arc.
Dans la formule (C), les quantités c et a étant liées entre
elles de manière que l'une est la corde du double de l'arc
soutendu par l'autre, il s'ensuit que, réciproquement, la se-
conde a est la corde de la moitié de l'arc soutend u par la pre-
mière c. Ainsi, tout se réduit à déterminer a en fonction de c,
d'après la formule (C).
Or, si l'on chasse le dénominateur et qu'on élève les deux
membres au carré, il vient

cV = 4aV!l — a"*,
ou, ordonnant, o4 — ^a*r2= — c'r*.
Donc a? = 2ra ± \/^ — c!r2,

ou bien , aa = r(2r±l/4'"a—c1),

et par conséquent, a = V/r(2r±\/4ra— c2).... (D).


(Nous ne mettons point ici le double signe devant le premier
radical, parce que nous n'avons besoin que de la valeur numé-
rique de a. )
L'expression de a qu'on vient d'obtenir présente deux valeurs
essentiellement différentes, et cela doit être.
En effet, la corde AB appartient non-seulement à l'arc ACB,

SCD LYON 1
DES PHOBLÈMES.

mais encore à l'arc ADB ; ainsi, lorsqu'on demande la corde


de la moitié de l'arc soutendu par la corde AB, il n'y a pas
plus de raison pour trouver AC, corde de la moitié de ACB,
que AD, corde de la moitié de ADB.
Toutefois, si l'on suppose d'avance que l'arc soutendu par
la corde donnée AB est moindre qu'une demi-circonférence,
il faudra prendre pour a la plus petite des deux valeurs ci-
dessus , c'est-à-dire celle qui correspond au signe inférieur du
radical, et l'on aura

a = \/r(7.r — \/fr* — c').


Le contraire aurait lieu, si l'arc donné était plus grand
qu'une demi-circonférence, et il faudrait prendre pour a,

a == yV(2r + v/4r* + c*).


Tl est d'ailleurs facile de se convaincre que si AC est exprimé
par la première de ce* valeurs, AD est représenté par la
seconde.
En effet, le triangle rectangle CAD donne

AD = V^r* — AC;

mais, par hypothèse, AC s=s %r* — r \Jfyr* — & ;

donc AD = sjir* + r V^ — c4.


4^. 4°- H tant données les cordes de deux arcs, trouver la
corde de leur différence (fig. 40- Fig- 41,
Soient AB = c, AC = b les deux cordes données, et pro-
posons-nous de déterminer CB ou aì qui n'est autre chose que
la corde de la différence des arcs soutendus par c et b.
La question est donc ramenée à traiter a comme une incon-
nue, dans la formule (A), et à tâcher de l'en dégager.
Reprenons cette formule

2cr = a \/4ra — T* -f. b y/~Ç,* — a%

et observons que a se trouvant sous le second radical , il faut

SCD LYON 1
02 DISCUSSION

commencer par faire disparaître ce radical. Or, de cette for-


mule on tire, par la transposition,
1
%cr — a y/t^—t — b \Z7^ —~aJ;

d'où, élevant au carré,

4cV2 — facr tíJfây~Ì!*<te faY — a*b2 — 4ÒV — a'b* ;

ou, réduisant et ordonnant par rapport à a,

a2 — r-l/4r2
—~'P-.a = b2 —c\

Cette équation étant résolue, donne

a = - l/4r* — b* ± - {/fr* — ? (E)

Pour interpréter ce résultat qui comprend deux solutions,


nous remarquerons que les cordes données AB, AC appar-
tiennent chacune à deux arcs, savoir :
ACB, ADB, pour la corde AB,
et AMC, ADBC, pour la corde AC.
Ainsi, lorsqu'on demande la corde de la différence des arcs
soutendus par AB et AC, le même calcul doit donner la corde
de la différence entre l'un quelconque des arcs ACB, ADB et
l'un quelconque des arcs AMC, ADBC.
Or, si sur l'arc ADB, on prend une partie AC égale à
AC, et qu'on tire la corde BC, on aura

i°. ACB —AMC =GNB qui correspond à la corde CB,


2°. ADB — AMC = ADB — AM'C = C'DB CB ,
3°. ADBC— ACB =ADBC— AM'C — CNB= C'DB... CB,
4U. ADBC— ADB = CNB CB ;

d'où l'on voit que les quatre différences sont égales deux à deux
et correspondent aux deux cordes CB, CB.
On voit encore que, si les arcs soutendus par les cordes don-

SCD LYON 1
DES PROBLEMES. 63
nées sont supposés plus petits à la fois, ou plus grands à la fois
qu'une demi-circonférence , comme le sont les arcs ACB et
AMC, ou ADBC et ADB, la réponse à la question est néces-
sairement
CB ou a — - \/ír2 — b2 V/4'" — ?5
ir -~ ar-
mais si les deux arcs soutendus sont supposés l'un plus petit
et l'autre plus grand qu'une demi-circonférence, on a pour
réponse,
2 2 2
CB ou o=V V fa —b + -\/fa — c\
N. B. II est à remarquer que cette dernière formule est
identique avec la formule (B) qui donne la corde de la somme
de deux arcs ; et cela doit être, car C'B peut être regardée
comme la corde de ìa somme des arcs soutendus par AB et AC.
43. 5\ Etant donnés les trois côtés a, h, c d'un triangle,
on demande l'expression du rayon du cercle circonscrit à ce
triangle.
La difficulté consiste à dégager r de la formule (A).
Or, dans le numéro précédent, on a déjà obtenu, par une
première transformation exécutée sur cette formule, l'équation

a% yfr* — b".a = b 2

qui revient à r (a2 -f- c'' — b2) = ac V^r2 — b2.

Élevant de nouveau les deux membres de celte équation au


carré, on a r2[a2 -f> c2 — b2~)2 = f±a2c2r2 — a2'b2c2;
a2b2c2
d'où l'on déduit r2 — -r—
V
4a — (a* + c2 — b2 )• '

et par conséquent, r = ^=^t_=

(Le double signe devant le radical est inutile, puisqu'on ne


demande que la valeur numérique du rayon. )

SCD LYON 1
64 DISCUSSION DES PROBLÈMES.

N. B. La formule (3) du n° 34, donne

l/4aV — (ca + c1 — b*y = 4S ;

abc
on a donc encore r = -75-,
46

c'est-à-dire que le rayon du cercle circonscrit a pour expression


le produit des trois côtés du triangle, divisé par le quadruple
de sa surface.

44- Nous ferons connaître, à cette occasion, la valeur du


rayon du cercle inscrit, parce que cette expression pourra
aussi être utile dans la suite.
Soit un triangle donné ABC (fig. 42)> et O le centre du
cercle inscrit à ce triangle. Tirons les lignes OA, OB, OC, et
les rayons OP, OQ, OR, que nous désignerons par r'.
Les trois triangles ABO, ACO, BCO nous donnent pour

leur surface, ABO = —, ACO = ~, BCO — — :


2 2 2

,sa + b 4-c>
donc, en ajoutant, on a ABC, ou S = r'^—t—;

2S
et par conséquent, a + b -f- c"
Ainsi, le rayon du cercle inscrit à un triangle, a pour ex-
pression le double de la surface dè ce triangle, divisé par son
irimetre.
per

SCD LYON 1
TRIGONOMETRIE. 65

• ^CHAPITRE II.

Trigonométrie rectiligne.

45. Introduction. DANS toutes les questions précédentes , il a


suíB, pour leur résolution, d'établir des relations entre des li-
gnes droites. Mais comme, en Géométrie, on considère non-seule-
ment les grandeurs des lignes, mais encore leurs inclinaisons
mutuelles, il s'ensuit que, pour certains problèmes, la déter-
mination d'une ligne doit dépendre nécessairement de la gran-
deur d'un ou de plusieurs angles.
Soit, pour exemple, la question suivante : Une droite AB
(fig. 43 ) étant donnée de longueur, ainsi que les angles CAB, Fig. 43.
CBA quelle forme avec deux droites indéfinies AC, BCt on
demande la hauteur CD à laquelle les deux lignes AC, BC se
rencontrent.
11 est bien évident que la valeur de CD dépend explicitement
de la grandeur de AB et de celle des angles CAB, CBA ; et si
l'on veut appliquer le calcul à la détermination de CD , on est
conduit à rechercher des relations numériques entre ces diffé-
rentes grandeurs, dont les unes sont des lignes droites et les
autres sont angulaires.
Au premier abord , on a de la peine à concevoir comment
on peut faire entrer les angles dans les calculs. Cependant les
géomètres y sont parvenus, en substituant aux angles ou aux
arcs qui leur servent de mesure les grandeurs de certaines li-
gnes droites ayant une liaison intime avec eux.
Us avaient d'abord imaginé de substituer aux arcs décrits
avec un rayon déterminé et constant pour tous, les cordes qui
les soutendent; et, pour cela, ils avaient construit des tables
renfermant, d'une part, les grandeurs des arcs exprimées en
degrés, minutes, secondes, etc., et de l'autre, les valeurs des
5

SCD LYON 1
66 INTRODUCTION.

cordes, ou plutôt, les rapports de ces cordes avec le rayon. Au


moyen de ces tables on pouvait toujours , un arc étant donné
déterminer la corde correspondante et réciproquement, une
corde étant donnéedéterminer l'arc ou l'angle correspondant.
Ainsi la résolution d'un problème se réduisait, en dernière
analyse, à former des relations entre des lignes droites. II est
d'ailleurs facile de concevoir la formation de pareilles tables :
c'est en partant d'un arc dont la corde est connue (par exemple,
du 6e de la circonférence , qui, comme on le sait, est soutendu
par le rayon), et faisant ensuite usage des formules qui ont été
établies à la fin du chapitre précédent, et qui donnent la corde
de la moitié d'un arc, la corde de la somme ou de la différence
de deux arcs, la corde du double d'un arc , etc
Mais , depuis , on a beaucoup simplifié la question , en rem-
plaçant les cordes par d'autres droites dont le calcul n'est pas
plus difficile , et que l'on compare plus aisément aux côtés des
figures.
46. C'est dans la détermination des rapports de ces lignes
avec le rayon du cercle dont elles font partie , et dans l'appli-
cation des tables qui renferment ces rapports, à la résolution
numérique des triangles ( dont toute figure rectiligne se com-
pose) , que consiste la TRIGONOMÉTRIE.
Cette branche des Mathématiques peut être regardée comme
faisant partie de INAPPLICATION , puisqu'elle fournit de nou-
veaux matériaux pour la résolution des questions de Géométrie
par le secours de FAIgèbre. Nous ne pouvions d'ailleurs placer
la Trigonométrie en tête de cet ouvrage, parce qu'on verra que
plusieurs des principes établis dans le chapitre précédent, tels
que le principe sur l'homogénéité , le principe sur les change-
mens de signe correspondans aux différences de position, se-
ront continuellement rappelés dans celui-ci.

SCD LYON 1
DES LIGNES TRIGONOMETBIQUES. 67

§ Ier. Relations entre les lignes trigonométriques. Dé-


termination des formules principales. Construction
des tables.
47- Commençons par faire connaître la nature des lignes
trigonométriques ^ c'est-à-dire de ces lignes que l'on est con-
venu d'introduire dans le calcul à la place des arcs ou des
angles.
Soient AGBG' (fîg. 44 ) une circonférence décrite avec un ï
rayon OA pris pour unité j AC ì'arc qui mesure un angle AOC,
ayant un rapport quelconque avec l'angle droit AOG.
Du point C abaissons CD perpendiculaire sur le rayon OA,
et CE perpendiculaire sur le rayon OG. Elevons au point A la
perpendiculaire AT prolongée jusqu'à sa rencontre avec OC,
et au point G la perpendiculaire GS prolongée aussi jusqu'à sa
rencontre avec OC.
Cela posé , l'on appelle SINUS d'un arc ou d'un angle j la per-
pendiculaire CD abaissée de l'une des extrémités C d'un arc
sur le rayon qui passe par l'autre extrémité A.
11 résulte de cette définition que le sinus d'un arc est la
moitié de la corde qui soutend l'arc double. En effet, prolon-
geons CD jusqu'à sa rencontre en C" avec la circonférence; on '
sait que le rayon OA perpendiculaire sur une corde CC", di-
vise cette corde en deux parties égales , ainsi que Tare sou-
tendu ; donc CD est moitié de CC, qui soutend un arc double
de AC.
La TANGENTE d'un arc est la perpendiculaire AT élevée à l'une
des extrémités d'un arc j et prolongée jusqu'à sa rencontre avec
le rayon qui passe par l'autre extrémité.
La SÉCANTE est la partie OT du rayon prolongé j comprise
entre le centre et la tangente.
Comme on appelle complément d'un arc celui qui, joint au
premier , forme un quart de circonférence , il s'ensuit que les
lignes CE, GS', OS, représentent le sinusj la tangente et la
sécante du complément CG de l'arc AC , et on les nomme,
5..

SCD LYON 1
68 RELATIONS

par abréviation , COSINUS , COTANGENTE et COSECANTE de l'arc AC.


Nous observerons, par rapport au cosinus , que CE étant égal
à OD , le COSINUS d'un arc est encore la partie du rayon com-
prise entre le centre et le pied du, sinus.
Outre ces lignes trigonométriques, on considère quelquefois
deux autres lignes :
Le SINUS-VEKSF. AD, c'est-à-dire la différence entre le rayon
et le cosinus ;
Le COSINUS-VERSE GE , ou la différence entre le rayon et
le sinus.
Enfin , les huit lignes trigonométriques dont nous venons de
parler, peuvent être divisées en deux classes •,'les lignes di-
reclesj savoir: le sinus, la tangente, la sécante, le sinus-verse
d'un arc; et les lignes indirectes j c'est-à-dire le sinus, la tan-
gente, la sécante, le sinus-verse du complément de cet arc; ou
bien, le cosinus , la cotangente, etc Cette distinction nous
sera quelquefois utile.
48. Relacions entre les lignes trigonométriques d'un méme
arc. La seule inspection de la figure 44 reconnaître des
triangles rectangles et semblables , au moyen desquels on peut
établir des relations entre les six lignes trigonométriques prin-
cipales. Mais auparavant, il est nécessaire de convenir de quel-
ques notations.
En appelant a l'arc AC , nous désignerons, conformément à
l'usage établi, îe sinus de l'arc a par sina, la tangente par
tanga, la sécante par séca, le cosinus par cosa, la cotangente
par cota , enfin la cosécante par coséca (nous écrivons les cinq
premières lettres pour la cosécante, afin de ne pas la confondre
avec le cosinus).
En outre , lorsque nous aurons à exprimer qu'une de ces
lignes, le sinus, par exemple, doit être élevée à la 2ím', 3im',. . .
mfme puissance, nous écrirons sin2«, sin'a,. . . sin'"íz, et non
pas sina2, sina3 ,.. . parce que ce n'est pas l'arc , mais bien le
sinus de cet arc qui est élevé à une puissance.
De même, cos2a, cos3a,.. . cosma, expriment la iime, Vmc,...
m'mt puissance de cosa ; et ainsi des autres.

SCD LYON 1
ENT11E LES LIGNES TRIGONOMÉTRIQUES. D9
Ces notations étant convenues, nous allons présenter, le ta-
bleau des relations que l'on obtient, soit en considérant chacun
des triangles rectangles ODC, OAT, OEC, OGS séparément,
soit en les comparant deux à deux (leur similitude peut être
facilement établie).
Triangle ODC... OC = CD + ÔT);
ou, employant les notations et désignant le rayon par r,

r2 = sin2st -j- cos2a... (i)

Triangles semblables ODC, OAT... OD : OA :: DC : AT;


, , ,. . , rsina .
c est-a-dire,; cos a', r sina'. tang a ; donc tang a— .. (2 )
cos a

Triangles semblables ODC, OAT,... OD : O A : : OC : OT,


'• r1
ou cos a', r r', séc a ; donc séc a — ... (3)
cos a

Triangle rectangle OAT. .. OT = OA+ÂT;

ou bien, séc2 a = r* -f- tang2a... (4)

Triangles semblables OAT, OGS,.. .AT : OA : : OG : GS,


r*
ou tang a : r :: r t cota; donc cot a = ... (5)
tang a
Triangles semblables OEC, OGS,... OE : EC :: OG : GS,

• T COS CC
ou sm a : cos a r', cot a ; donc cot a = —: ... (6)
sin a

Triangles semblables OEC, OGS,. .. OE : OC " OG : OS,


r2
ou sin a : T : : r : coséc a ; donc coséc a — -. ... (7)
sina ■
2
Triangle rectangle OGS OS = 00*+ Gif,"
ou bien , coséc2 a=f'+ cota a (8)

4g. Première remarque. Les formules (6), (7) et (8) sont


implicitement comprises dans les formules (2), (3 et (4).

SCD LYON 1
70 RELATIONS

En effet, comme celles-ci existent pour tout arc moindre que


le quart de circonférence, ou ioo° (en adoptant la division
centésimale), il s'ensuit qu'elles sont vraies pour l'arc exprimé
par ioo°—a. Ainsi, en remplaçant a par ioo"—a, dans la
formule (2), on trouve
, rsin (1000 — a)
tane (1000—a) =
0 v
-, r-;
- ' cos(1000— a)

maison a tang(ioo°—a) = cota, sin (ieo°—a) = cos a,


0 0 0
cos (ioo —c) = sin [100 — (ioo — a)] = sin a;

-, r cos a
donc cot a = —: .
sin a

On reconnaîtra pareillement que les formules

r*
séca = , et séc2 a = r2 + tang2 a,
cos a
r2
deviennent coséc a = -—, et coséc2 a = r2 -f- cot2 a,
sin a

par la substitution de 1 oo° — a à la place de a.


En général, toutes les fois qu'on a obtenu une certaine rela-
tion entre des lignes trigonométriques d'un arCj les unes directes,
les autres indirectes (n° 4*7 )-> on
ï>eut en former une nouvelle
par le simple changement des lignes directes en lignes indirectes
correspondantes j et réciproquement.

5o. Seconde remarque. Puisque, dans lesformules précédentes,


le rayon est toujours censé connu, on peut le supposer, pour
plus de simplicité, égal à 1; et alors elles deviennent
2 2
sin a -f cos a — 1.. .., (1)
2
séc a = 1 -f- tang a...
2
(4)
sin a , . cos a
tans a = .... (2) cot a = —, .... (o)
0 cos a v sin a

séc a = —-— .... (3) coséc2 a = 1 -f- cot* a.... (8)


K
cos a

cot a = —-— ... (5)


tang a

coséca =31 ... (7)


sin a

SCD LYON 1
ENTRE LES LIGNES TRIGONOMETRIQUES.

Nous mettons à part les formules (4), (6) et (8), parce que
d'abord (6) est implicitement comprise dans (2), d'après la
remarque précédente; en second lieu, (8) se déduit de (4)>
d'après la même remarque. Quant à la relation (4), elle est une
conséquence de (1), (2) et (3).
En effet, la relation (2) donne

sin2 c cos2 a-4-sin2 a


1 +tang2a= j _j _ 2. ;
cos a cos a
1
ou, à cause de la relation (1) , 1 + tang2 a- cos2 a

maison a déjà séca= ; donc 1 -f- tang2 a = séc2 a.


cos a

Cela posé, il est évident, d'après l'inspection des formules


(1), (2),(3), (5) et (7), que la valeur numérique du sinus
étant connue, on peut en déduire facilement celles des cinq
autres lignes trigonométriques.
La formule (1) donne cosa= \/1—sin2 a, et fait con-
naître le cosinus; les suivantes donnent les valeurs de tang a,
séc a , cot a et coséc a, par de simples divisions.
Généralement j comme ces formules renferment six quan-
tités, il doit toujours être possible, connaissant l'une quel-
conque d'entre elles, de déterminer la valeur des cinq autres.
Toutefois, rien n'empêche, dans cette détermination, de
faire usage des formules (4), (6) et (8), si la simplicité des
calculs l'exige, puisqu'elles sont des conséquences des cinq
premières.
Pour nous familiariser avec l'emploi de ces formules, nous
supposerons, par exemple, que l'on connaisseà priori, la
valeur de la cotangente et nous nous proposerons de détermi-
ner chacune des cinq autres lignes.

i°. De la formule (5) on déduit tang a == —-— ;


cot a

0 2
2 . La relation (8) donne coséc a = l/i -f- cot a;

SCD LYON 1
72 VALEURS

i ____L___
3°. La relation (7) donne sina = :—= ./—; .—î
*" coséc a K
1
+
COT A

4°. De la relation (4) on tire


y/i + cot2a
séc a =
cot2 a
5°. Enfin, la formule (3) donne
1
cot a
cosa = — = /—; •
sec a y 1 + cot2 a

Si, dans ces formules, on veut introduire le rayon r, il ne


s'agira que de rétablir Yhomogénéité j et l'on aura, d'après
la règle établie (n° i5),

tang a ~ ——-, coséc a = l/ r* -f- cot2 a, sin a= —, .


cot a \/r^+coVa

séca==
r
yZ±^,
cota
et cosa = -^~-
\/V + cot2a

11 en serait de même pour toute autre ligne donnée à priori.

Détermination des valeurs corrélatives.

5i. Nous avons maintenant à nous occuper d'une des ques-


tions les plus délicates de la Trigonométrie : elle a pour objet
de déterminer les valeurs corrélatives des lignes trigonomé-
triques d'un arc, en supposant que cet arc passe par tous les
états de grandeur par rapport à la circonférence entière. Dans
la dénomination de valeurs corrélatives j nous comprenons non-
seulement l'idée des rapports numériques du sinus, cosinus,etc.,
avec le rayon, mais encore celle des signes qui correspondent
aux diverses situations que ces lignes peuvent avoir les unes à
l'égard des autres. ( CARNOT , Traité de la Corrélation des
figures. )
II semble, au premier abord, qu'il doive nous suffire de
considérer des arcs compris depuis o° jusqu'à 2000, puisque,

SCD LYON 1
CORRÉLATIVES. , ^3
dans les figures rectilignes ordinaires, chacun des angles qu'elles
renferment est moindre que deux angles droits. Cependant les
géomètres, dans la résolution des questions de haute analyse,
ont été conduits à rechercher quelles peuvent être les lignes
trigonométriques, même des arcs plus grands qu'une circonfé-
rence entière.
Pour fixer les idées sur cette question, nous supposerons
qu'une droite de longueur fhíie, et dont l'une de.s extrémités est
eu O (fig. 44)> étant d'abord couchée sur OA, tourne ensuite
autour de ce point et toujours dans le même sens, de manière
à prendre successivement les positions OG, OB, OG', OA;
qu'après être revenue dans la position primitive OA, elle con-
tinue encore son mouvement. II est clair que, dans ce mouve-
ment continu, la droite OA engendrera tous les angles possi-
bles, et que l'extrémité A parcourra successivement tous les
points de la circonférence AGBG'A. En outre, comme la droite
mobile, après avoir fait le tour entier, continue son mouve-
ment, l'arc ainsi parcouru se composera d'un nombre entier de
circonférences (nombre qui peut toutefois être nul), plus d'une
partie quelconque de circonférence.
Or, c'est dans la détermination des lignes trigonométriques
des arcs de celte espèce que consiste la question proposée.
Nous nous occuperons d'abord spécialement du sinus et du
cosinus, comme étant les lignes les plus usuelles. Les formules
(2), (3), (5) et (7) du n° 5o, feront ensuite connaître les valeurs
correspondantes des quatre autres lignes.
52. Lorsque le point décrivant est^en A, ou bien lorsque
l'arc est nulj il est évident que le sinus estlui-même nul, el*que
le cosinus ést égal au rayon.
A mesure que le point décrivant s'élève au-dessus de AB, le
sinus augmente et le cosinus diminue, jusqu'à ce que le point
décrivant soit arrivé en G, auquel cas le sinus devient égal au
rayon, et le cosinus est nul.
D'où l'on voit que l'arc croissant depuis o° jusqu'à ioo", le
sinus augmente d'une manière continue depuis o jusqu'à i ; et
au contraire le cosinus diminue depuis i jusqu'à o.

SCD LYON 1
74 VALEURS

Supposons actuellement le point décrivant arrivé en C; le


sinus est alors C'D', et, suivant la seconde définition du co-
sinus, le cosinus est OD'. Mais, si par le point C on mène C'C
parallèle à AB, on a évidemment AC=C'B, supplément de AC'
(on sait que le supplément d'un arc est ce qui'lui manque pour
valoir 2oo° ou la demi circonférence); on a aussi G'D' = CD,
et OD'=OD.
Donc, i °. le sinus d'un arc plus grand que i oo° et moindre que
200°, est le même que le sinus de son supplément.
2°. Comme les deux distances OD' et OD sont égales, mais
qu'elles sont comptées en sens contraires par rapport au point O,
il s'ensuit (n° 26) qu'elles doivent être aíFectées de signes
contraires. Ainsi le cosinus d'un arc compris entre ioo0 et 2000
est égal et de signe contraire au cosinus de son supplément.
En termes abrégés, sin (2000 — a) =sin a; cos (2000 — a)
= — cos a (a désignant l'arc C'B ou AC).
On peut encore motiver le changement de signe du cosinus
de la manière suivante :
Le cosinus d'un arc étant le sinus du complément de cet arc,
si l'arc est égal à ioo°-r-o, le complément est ioo0—(ioo°+sl),
ou bien, —a; c'est-à-dire que ce complément est un arc
négatif.
Fig. 45. Or, si l'on considère un arc AM' {fig. i\5) égal à AM, mais
situé en sens contraire de AM, on a évidemment (n° 26)

sin AM' = — sin AM, ou sin — a = — sin a.

Remarquons, en passant, que le cosinus OP est le même pour


les deux arcs AM' et AM ; donc cos — a = -f- cos a.
Revenons à notre objet : à mesure que le point décrivant se
Fig 44 ra
PPr0Cne du point B (Jig. 44)> ou que l'arc augmente de-
puis 100° jusqu'à 200°, le sinus diminue et le cosinus augmente,
mais négativement ; et lorsque le point décrivant tombe en B ;
le sinus redevient nul, et le cosinus est égal à — 1.
Soit le point décrivant arrivé en C". Tirons le rayon C'O et
prolongeons-le jusqu'à sa rencontre en C avec la circonférence ;
puis abaissons les perpendiculaires C"D' et CD ; on a nécessaire-

SCD LYON 1
CORHÉr.ATIVJÎS. 75
ment BC"= AC, C"D' = CD et OD'=OD. Mais comme
C'D'est compté, par rapport au diamètre AB, en sens con-
traire de CD, et qu'il en est de même de OD' et OD, par
rapport au point O, on peut conclure que le sinus et le co-
sinus d'un arc plus grand que 2000 et moindre que 3oo°,
sont égaux et de signes contraires au sinus et au cosinus de
l'arc, dont celui que l'on considère surpasse 2000.
En termes abrégés,
sin (2000 -f- d) — — sin a ; cos (2000 -f- à) — — cos a.

Lorsque le point décrivant est en G', le sinus devient égal


à —1, et le cosinus redevient nul.
Soit le point décrivant arrivé en C", ce qui donne un arc
AGBG'C", compris entre 3oo° et 4°°° ; si l'on abaisse la per-
pendiculaire C"'D, et qu'on la prolonge jusqu'en C, on aura
AC'^AC et C'"D=:CD;

d'ailleurs le cosinus OD est commun aux deux arcs AGBG'C"


et AC. Ainsi, le sinus d'un arc compris entre 3oo° et ^00° est
égal et de signe contraire au sinus de l'arc dont celui que l'on
considère est surpassé par la circonférence entière, et le cosinus
est le même pour les deux arcs; ou bien

sin (4oo° — a) = — «in a ; cos (4oo° — a) = cos a.


Enfin, lorsque le point décrivant revient en A, auquel cas
l'arc parcouru est égal à une circonférence entière, le sinus
et le cosinus redeviennent les mêmes que pour l'arc nul; et si
l'on suppose que ce point,après avoir parcouru une ou plusieurs
circonférences, repasse par les mêmes positions, il est évident
que les sinus et cosinus reprendront les valeurs qui ont déjà été
assignées.
53. Voyons maintenant ce que deviennent la tangente et la
cotangente, dans les mêmes circonstances.
Sln a
La formule tang a — prouve que si l'arc est nul,
cos o.
la tangente est aussi nulle, puisque l'on a

SCD LYON 1
,6 VALEURS

sin 0 = 0 et cos 0=1.

L'arc augmentant, la tangente augmente aussi, puisque le


sinus augmente et que ïe cosinus diminue; elle augmente même
très rapidement, et lorsqu'on suppose Tare égal à 100°, comme

on a sin ioo° = i, et cos ioo° = o, il en résulte tang 100° = - ;

c'est-à-dire que la tangente devient infinie. Cela est d'ailleurs


évident d'après la ligure, car alors la perpendiculaire élevée à
l'extrémité A est parallèle au rayon qui passe par l'autre extré-
mité de l'arc.
Au-delà de ioo0 et en-deçà de 2000, la tangente devient
négative et diminue numériquement, puisque le sinus et le
cosinus sont de signes contraires, et que le sinus diminue,
tandis que le cosinus augmente; si l'arc devient égal à 2000,
la tangente redevient nulle, car sin 200°= o; cos 200°==—1.
Pour un arc compris entre 2000 et 3oo°, la tangente rede-
vient positive, puisque le sinus et le cosinus sont tous les deux.
négatifs; elle augmente d'ailleurs numériquement jusqu'à ce
que l'arc soit égal à 3oo°, auquel cas la tangente est égale à
V'infini négatif, car sin 3oo° = — 1 , cos 3oo° — o.
Enfin , pour un arc compris entre 3oo° et 400°> 'a tangente
est négative, puisque le sinus et. le cosinus sont de signes con-
traires ; elle diminue d'ailleurs numériquement jusqu'à ce que
l'arc soit égal à 4oo°; et, dans ce cas, on retrouve tang4oo°=o.

Quant à la cotaneente,
0
il résulte de cota = —-—, que pour
tang a 1 r

les signes, les cotangentes suivent la même loi que les tan-
gentes. Pour la marche des valeurs numériques, elle est inverse
de celle des tangentes. Ainsi, pour l'arc nul, la cotangente est
infinie; pour un arc de ioo0, la cotangente est nulle, etc....
N. B. Le ch angement de signe des tangentes et cotangentes
peut être motivé indépendamment des formules, et d'après la
figure.
En effet, lorsque l'arc est AGC, la tangente correspon-
dante est, d'après la définition, représentée par AT7. Or, AT"

SCD LYON 1
coBnÉf/ATiVEs. 77
est dans une situation contraire à AT, qui est la tangente
de AC, supplément de AGC'- La cotangente est GS', et cette
ligne est aussi dans une situation contraire à GS.
Si nous considérons l'arc AGBC", la tangente correspondante
est nécessairement représentée par AT, qui est aussi la tangente
de AC.
La cotangente est d'ailleurs GS ; ainsi la tangente et la cotan-
gente de AGBC" sont positives.
Pour l'arc AGBG'C", la tangente redevient AT', et la cotan-
gente GS'; doue elles sont toutes deux négatives.

54. II nous reste encore à examiner ce que deviennent la


sécante et la cosécante.

Or, les formules séca = ——, coséca= . prouvent


cos a sm a 1
que, sous lè rapport des signes, les sécantes suivent la même
loi que les cosinus, et les cosécantes la même loi que les
sinus.
Ainsi la sécante d'un arc compris entre 0° et ioo°, ou entre
3oo° et 40°°> est positive; la sécante d'un arc compris entre
ioo0 et 3oo° est négative. La cosécante d'un arc compris entre
o° et 2000 est positive; et la cosécante d'un arc compris entre
2000 et 4oo° est négative.
Quant aux valeurs numériques, la sécante est en raison in-
verse du cosinus, et la cosécante, en raison inverse du sinus.
Ainsi, pour a= o, l'on a cos o = 1 et séc o = 1 ; mais à
mesure que l'arc augmente, la sécante augmente, tandis que
le cosinus diminue jusqu'à ce que l'on soit parvenu à l'arc de
1000, auquel cas la sécante est infinie, tandis que le cosinus
est nul, etc.
Même raisonnement pour la cosécante comparée au sinus.

55. JV. B. Le changement de signe de la sécante et de la cosé-


cante ne peut être vérifié au moyen de la figure, comme on
l'a fait pour les autres lignes trigonométriques, parce que ce
ne sont plus des distances d'un point variable à un point ou
à une droite fixe, comptées sur une même ligne, et qu'alors

SCD LYON 1
7Ò VALEURS

on ne saurait leur appliquer le principe du n° 26. Toutefois,


ce changement de signe correspond à une circonstance très
remarquable. Lorsque l'arc est compris entre o° et 100°, ou
4 °>
entre 3oo° et 00 auquel cas la sécante est positive, le point
décrivant C ou C" est situé entre le centre et l'extrémité T
ou T' de la sécante. Mais si l'arc est compris entre ioo0 et
3oo°, auquel cas la sécante est négative, le point décrivant G'
ou C" est placé sur le prolongement de la sécante qui est en-
core représentée par OT ou OT'. Ce point est donc, en quelque
sorte, par rapport au centre, dans un sens opposé à celui
du point C ou C". On ferait une observation analogue pour
la cosécante.
Ce n'est pas sans motif que nous avons fait usage de la fi-
gure pour déterminer les signes des différentes lignes trigo-
nométriques. Comme les formules du n° 48 n'avaient été éta-
blies que pour des arcs au-dessous de ioo°, l'accord qui existe
entre les résultats qu'elles fournissent et ceux que donne la
figure, en vertu du principe (n° 26), prouve l'exactitude de
ces formules pour tous les arcs possibles ; et le principe que
nous venons de citer en reçoit une nouvelle confirmation.
C'est ainsi que, dans toutes les sciences, les faits se forti-
fient et se confirment les uns au moyen des autres.

56. Comme dans la suite, nous aurons souvent besoin de


rappeler les valeurs corrélatives des lignes trigonométriques,
nous croyons utile d'en présenter ici un tableau qu'on peut
facilement dresser d'après ce qui précède.

SCD LYON 1
CORRÉLATIVES.

TABLEAU

Des valeurs corrélatives des lignes trigonométriques.

ARC SIN cos TANG f ÉC COT COSÉC

0° 0 I O' 1 00 CO

a -(-sina -f-cos a -f- tan S st -f- sec a* -f^ COt st -f-coséc a

— a '—sin a -f-cosst — tang a -f- sec a COt st —coséc a

\w — a -f-COSst -f-sina -f- cot a -f-coséc a + tang a -f- séc a

T * I 0 co 00 0 I

■ 7 7t -f- a -f-cos«° — sina — cot a —coséca — tang a -f- séc a

v — a -f- sin a — cos a — tang a — séc a COt st -f-coséc a

7T o — i a — I 00 oo

7t -4- a — sina —'Cosa -f- tang st — séc a -f- cot a —coséc a

f Tt — st — cos a — sina -f- cot ct 1—coséc a -f- tang st — séca

— i o oo oo O — i

— COS st -f- sin a — cot a -f-coséc a — tang a —■ séc a

In — a — sina -f-cos a — tang a -f- séc a — cot a —coséc a

•XTt o I 0 i 00 00

-f-sin st -f-COS st -f- tang st -f- séc a -f- cot a -f-coséc a

ikv — a — sin a -f-cosa — tang « -f- séc a — cot a —coséc a

nlí7t -f- a -f-sina -t- cos a -f- tang st -f- séc a -f- cot a -f-coséc a

{nk+\)Tt—a -f- sina COS st — tang st — séc a — cot st -f-coséc a

— sin a — cos a -f- tang a — séc a -f- cot a —coséc st

SCD LYON 1
80 VALEURS
57. Explication de ce tableau. Pour plus de simplicité, l'on
a désigné par TT la demi - circonférence ou l'arc de 2000 ( c'est
une notation déjà employée en Géométrie, pour représenter le
rapport de la circonférence au diamètre, c'est-à-dire la demi-
circonférence dont le rayon est 1 ) ; a représente d'ailleurs un
arc moindre que le quart de circonférence, et k un nombre

entier quelconque. Dès lors, — a- exprime le quart de la cir-

3
conférence, ou ioo°; - w les trois quarts ou 3oo° ; 2x la cir-

conférence entière ou 400° ; Sifcw -un nombre quelconque de


circonférences; (2#-J-1)3-ou ikn -f- JT, un nombre entier de
circonférences, plus une demi-circonférence (*).
La première colonne verticale comprend tous les arcs que
l'on peut avoir besoin de considérer. Ainsi , par exemple,

— sr-f-a exprime un arc tel que AGC, plus grand que le

quart de la circonférence et moindre que la moitié ; ir -f- a,


un arc tel que AGBC", plus grand que la «V/rai-circonférence
et moindre que les trois quarts; et ainsi des autres.
La première colonne horizontale contient les lettres initiales
de chacune des six lignes trigonométriques, et chacune des pe-
tites cases, la valeur corrélative de l'une des lignes trigonomé-
triques qui correspond à un arc donné.
Cela posé, veut-on avoir, par exemple , la valeur de la tan-
gente d'un arc tel que AGC {fig. 44) '
Comme cet arc est compris entre ioo° et 200 ,
0
il peut être

représenté, soit par, - sr-f-a, soit par w — a.

Premier cas : descendez dans la colonne verticale intitulée

(*) Ordinairement on suppose k posilif ; mais k peut aussi bien exprimer


un nombre entier négatif; car on a

sin (— ikn +a) = — sin (2A'tr — sl) = -f-sin a — sin (■jAw-f- d).

Pareillement ,

cos (— aAîr -f- a) — cos (sis- — a) -f- cos a as cos (ikv -f- u).

SCD LYON 1
CORRÉLATIVES. 8l

tang, jusqu'à la colonne horizontale qui correspond à -(- a,

et vous trouverez clans la petite case commune, —cota.

En effet, l'arc ^TT -j-a a pour supplément, ^sr—a, puisque

ces deux arcs réunis forment JT, OU la demi-circonférence; donc


s n
(n°52) ' Q + «^ = s>nQ sr — a^ = -f-cosa,

cos
(^~ w •+• a^ xe— cos—=— sina;

et par conséquent,

sm (-sr-f-a )

) —
\2 / 5--f- cos
j
a
= — cot a.
/i , \ — sm a
cos í -3- + a \

Second cas : Descendez dans la même colonne verticale, jus-'


qu'à la colonne horizontale qui correspond à 7r — a, et vous
trouvez dans la petite case commune , — tang a.
En effet, w — a ayant pour supplément a, il s'ensuit que
sin (sr — a) = -J- sin a, cos — a) — — cos a ;
{TT

, , . sin (st — a) -f- sin a


donc tang (tr — a) = - = = — tang
a
a.
cos — a) (TT— cos a •
On trouverait de même

séc ^ w -f- = -)- coséc a, cot (2sr — a) = — cot a, etc...!

58. Première remarque. II résulte, tant de la figure que de


l'inspection du tableau, que les lignes trigonométriques de tous
les arcs plus grands que le quart de la circonférence ont les
mêmes valeurs numériques que celles des arcs plus petits; il
n'y a que les signes qui soient !es uns positifs, les autres néga-
tifs. Sur les six lignes, il y en a toujours quatre négatives et
deux positives.
II faut encore observer que, si Tare renferme dans son expres-
sion écrite un nombre impair de quarts de circonférence, la
6

SCD LYON 1
8?. DÉTERMINATION

ligne trigonométrique que l'on considère, étant directej se


change dans la ligne indirecte correspondante, et réciproque-
ment. C'est ainsi qu'on reconnaît que

tang + °) ~ -f- cot a,

coséc f- tr -J- = -— séc a.

Mais si le nombre des quarts de circonférence est pair., la ligne


que l'on considère a la même valeur, à l'exception du signe,
qui peut être diffèrent, que la ligne de même nom de Parc a.

Ainsi, cos (p.7r— a)= -{-cosa; tang(7r-|-a)=4-tanga.

5g. Seconde remarque. Des six lignes trigonométriques prin-


cipales, deux, savoir, le sinus et le .cosinus, sont toujours com-
prises entre deux limites déterminées -f- i et — I. Elles
peuvent passer par tous les états de grandeur depuis o jusqu'à
-f- i et depuis o jusqu'à —
i ; mais elles ne dépassent jamais
ces limites. ( II est bien entendu que le rayon est supposé
égal à i. )
Deux autres, la sécante et la cosécante, peuvent devenir aussi
grandes que l'on veut; mais elles ont -f-1 et — i pour limites
de décroissement, c'est-à-dire qu'elles croissent -positivement
depuis -f- i jusqu'à Vinfini positif, et négativement depuis —i
jusqu'à Vinfini négatif; elles ne peuvent avoir de valeurs com-
prises entre + i et — i.
Les deux dernières enfin, la tangente et la cotangente , sont
susceptibles de recevoir toutes les valeurs imaginables depuis o
jusqu'à Vinfini positif et depuis o jusqu'à Vinfini négatif
Cette remarque nous sera d'une très grande utilité dans les
applications de la Trigonométrie.
Nous ne saurions trop recommander aux commençans de se
bien pénétrer des détails dans lesquels nous venons d'entrer sur
les valeurs corrélatives des lignes trigonométriques.

SCD LYON 1
DES FORMULES PRINCIPALES. 83

Détermination des formules principales.

60. Une des questions fondamentales de la Trigonométrie,


celle d'où dépend la construction des tables ; consiste à déter-
miner le sinus et le cosinus de la somme ou de la différence de
deux arcs, connaissant déjà le sinus et le cosinus de chacun de
ces arcs.
Soient p et q deux arcs donnés, p -f- q la somme de ces arcs.
Appelons a, b, c les cordes qui soutendent respectivement les
arcs 2p,2q et z(p -f-q). Comme on a vu (n° 41?) que le sinus d'un,
arc est la moitié de la corde qui soutend l'arc double, on a né-
cessairement
û = 2sinp, è=2sin<7, c = 2 sin (p -f- q).
Cela posé, la formule du n° 3g, savoir,

~ VW:Z~bi +
c == ir — [/ír*
' zr • — á*, •
devient, par la substitution des valeurs de a, b, c,
■ , \ 2sino /y- . 2sing —
2sin(p + <?)=-—£ W — fam'q-ì —2 VSf — 4sin'p,
-S" 2/
ou simplifiant ,
.. . . sin p y—1 : u
, sin q , :—.
sin (p + q) — y r — sm q+ y r* — sin'p.

Mais en vertu de la relation sin2 a -J- cos2 a — r% on a

2 s
f r* — sin <7 = cos q, yV — sin p=cosp;

, .... sin p X cos q -f- sin q X cos p


donc enfin sin ( p + q) = —£ ~í
r
Soient maintenant p et q deux arcs donnés (p désignant le
plus grand), p — q leur différence. Appelons c la corde qui
soutend l'arc 2p, b celle qui soutend l'arc zq, et enfin a celle
de l'arc 2(p —q).
On a , en vertu du n° 47,
6..

SCD LYON 1
8{ DÉTERMINATION

e=2sinp, £>=2siní7, a = 2sin(p— q).

Or, on a obtenu ( n° 4?. ), pour ìa formule qui donne la corde


de la différence de deux arcs,

2
a = — l/4r — If- \Zír* — c\

Si, dans cette formule, on remplace a, b, c par leurs valeurs,


il vient
. . . 2 sin p /T— -j—. 2 sin q f—,
asm (p — q)— —— V¥ — 4 smJ q —2 l/V—^sin'p,

ou, simplifiant et faisant usage de sin2 a-f- cos2 a = r%

. , . sin n X cos q — sin q X cos p


sin (p —q) — — 1— i -.

Pour obtenir les valeurs de cos (p -f- q) et de cos (p — q) , il


suffit de substituer ioo° -\-p au lieu de p dans les formules pré-
cédentes, ce qui donne d'abord ( tableau n" 56 ) ,

sin (ioo°-f-p-f- q) == cos{p + q), sin (ioo-|-p—<js)=cos(p—q),


sin (ioo°-f-p) = cosp, cos (ioo° -|-p) =— sin p;

et les formules deviennent


cos p X cos q — sin p X sin a
2
cos (p -f- q) = - ,

. p X cos q -f- sin p X sin o


cos L
cos (p — q) = — ^— ^ ^.
r

La démonstration qui vient d'être exposée est remarquable


en ce qu'elle se rattache au premier point de vue sous lequel
on a d'abord envisagé la Trigonométrie, et qui consistait
( n° 45 ) à faire entrer les arcs dans le calqnl par le moyen
de leurs cordes.
Elle est d'ailleurs générale > puisqu'on établit les relations
entre les cordes, en supposant leurs arcs dans un rapport quel-
conque avec la circonférence ; cependant, comme on est obligé
d'admettre des résultats qui sont, jusqu'à un certain point,
étrangers à la Trigonométrie telle qu'on l'envisage actuellement,

SCD LYON 1
DES FORMULES PRINCIPALES. 85
nous allons donner une autre démonstration plus directe et plus
simple, puisqu'elle n'est fondée que sur les premiers principes
de la Géométrie.
61. Autre démonstration. Soit AG un quart de cercle décrit
avec un rayon déterminé O A (fig. 46) ; appelons a et b deux arcs Fig. $6.
donnés sur cette circonférence, a étant le plus grand. Prenons
sur AG, AB = a, BC=b, d'où ABC = a -j- b ; portons BC de
B en C, ce qui donne AC — a — b. Tirons la corde CC et le
rayon OB qui est nécessairement perpendiculaire à CC' et en
son milieu I, puis abaissons les perpendiculaires BP, CQ et C'Q'.
On a nécessairement, d'après les définitions du sinus et du
cosinus,
BP=sina,OP=cossl, CI=sinè,01 =cos£, CQ=sin (a-f-è),
OQ=cos(a-f-è), C'Q' = sin (a —b), OQ' == cos (a — b}.

Cela posé, il faut lâcher d'exprimer les quatre dernières li-


gnes en fonction des quatre autres et du rayon.
Or, si par le point 1 nous menons IL perpendiculaire et IH
parallèle à OA, nous formons ainsi des triangles semblables
OBP, OIL, CIH qui, comparés deux à deux, conduisent aux
relations demandées.
En effet, la figure donne d'abord
CQ = sin (a + b) = HQ + CH = IL -f- CH,
OQ = cos (a + b) = OL — LQ = OL— IH ;
soit d'ailleurs mené CH' parallèle à AO, jusqu'à sa rencontre
en H' avec IL: les deux triangles CIH', CIH sont égaux comme
ayant un côté égal (CI = CI) adjacent à deux angles égaux;
ce qui donne IH' =À CH, Cil' = IH = Q'L.
Donc C'Q' = sin (a — b) = H'L = IL — IH = IL — CH,
OQ' = cos (a—b) = OL +LQ'= OL + IH ;

d'où l'on voit qu'en dernière analyse, la question est ramenée à


déterminer les quatre lignes IL, OL, CH, IH.
Or, les triangles semblables OBP, OIL donnent les deux
proportions

SCD LYON 1
86 DÉTERMINATION

IL : BP a OI : OB, ou IL : sina :: cosè : r,


OL : OP :: 01 : OB, ou OL : cosa :: cos b : r-,
j'^' i> j'j TT sina X cos ô „ cosa X cos è
d ou l'on déduit IL = OL = .
r r
En second iieu, les triangles OBP, CIH sont semblables,
comme ayant leurs côtés respectivement perpendiculaires ; ainsi
l'on a les deux proportions
CH : OP :: ci : OB, OU CH : cosa :: sin b : r,
IH : BP :: Cl : OB, OU IH : sina :: sinè : r-,
« . „ .. ~„ cosaXsinè TTT sina X sin b
d ou 1 on tire CH = , IH =* .
r r
Substituant ces valeurs dans les expressions de sin (a -J- Z>),
sin {a — b), cos (a + b), cos (a — b) , on obtient enfin
. , , ,. sin a cosb áz sin 6 cosa ...
sin(a±o)= , (A)
r
, _J_ 7s cosa cos b rp sina sin b
cos (a ± b) = — , (B)
r
formules dans lesquelles les signes supérieurs se correspondent,
ainsi que les signes inférieurs.

62. Dans la construction précédente, on a supposé chacun


des arcs, et même leur somme, moindre que le quart de cir-
conférence; mais on pourrait, par des constructions analo-
gues , vérifier l'exactitude des formules dans tous les cas; seu-
lement , il faudrait avoir égard aux valeurs corrélatives des
lignes. Contentons-nous d'examiner l'un de ces nouveaux cas,
celui où l'un des arcs étant plus grand que 1 oo°, la somme est
plus grande que 2000, et la différence aussi plus grande quel oo°.
Soient

47. AB=a, BC=BC/=6 ; d'où ABC=a-f b, AC'=a—b (fig. 47 ).


Tirons d'ailleurs, comme dans le cas précédent, le rayon OB
et la corde CC; puis abaissons les perpendiculaires BP, CQ, C'Q'.
Enfin, menons la perpendiculaire IL et la parallèle tH jusqu'à
sa rencontre avec CQ prolongé , puis la parallèle CH' jusqu'à
sa rencontre avec IL.

SCD LYON 1
DES rOHMUI.ES PRINCIPALES. 87
Cela fait, observons d'abord que les arcs AB, AC étant com-
pris entre ioo° et 2000, iJs ont un sinus positif et un cosinus
négatif; ainsi BP=sina; cosa =—OP, ou
0P = —cosa; C'Q'=sin (a—b); cos (a — 6) = — OQ',
ou OQ' = — cos (a — b).
Quant à l'arc ABC, dont le sinus et le cosinus sont à la fois
négatifs, on a
CQ = — sin (a+6), 0Q = — cos (a + b).
Maintenant, la figure donne
CQ = — sin (a + b) = CH — HQ = CH — IL,
OQ = — cos (a + b) = OL + LQ = OL -f- IH,
C'Q'= sin (a — b) =H'L = ÍH'I + IL = CH -f IL,
OQ' = — cos (a — b) = OL — LQ' = OL — IH.
II ne s'agit donc plus que de calculer CH , IH , IL et OL, au
moyen de triangles semblables OBP, CIH et OBP, OIL.
Calculons seulement CH et IL, qui doivent servir à la déter-
mination de sin (a + b).
Les triangles dont nous venons de parler donnent
CH : OP :: ci : OB, OU CH :—COS« :: sini : r,
IL : BP :: 01 : OB, OU IL : sina :: cos6 : r*
. /-.TT — cosa X sin b , sina X cos b
d ou CH = , et TIL = .
r ~ r
Substituant ces valeurs dans l'expression de CQ , on trouve
. , ... — cosa X sin b sina X cosè
— sin (a -j- b) — ,
7* r
ou, changeant les signes,
. , , , sina X cos b -f- sin b X cosa
sin (a + o)s = .
r
On retrouverait de la même manière les trois autres for-
mules.
N. B. Quoique, en apparence , l'expression de sin (a -j- è)
soit la somme de deux quantités, elle représente réellement
une différence, parce que , dans le produit sinè X cosa, cosa

SCD LYON 1
88 AUTRES FORMULES.

est négatif, comme étant le cosinus d'un arc compris entre


ioo° et 20o°. On ferait des remarques analogues par rapport
aux trois autres expressions. Cela prouve d'ailleurs la néces-
sité d'avoir égard aux valeurs corrélatives , lorsqu'on veut que
les formules soient applicables à tous les cas.
CONSÉQUENCES DES FORMULES (A) ET (B). Dans tout ce qui va
suivre, nous supposerons r = i, pour abréger les calculs. Cela
n'oífre aucun inconvénient, puisqu'on sera toujours le maître
de rétablir r dans les résultats, d'après les règles de l'homo-
généité (n° 26).

63. l°. Détermination du sinus et du cosinus d'un multiple


quelconque d'un arc, en fonction du sinus et du cosinus de
cet arc.
Reprenons les valeurs de sin (a -f- b) et de cos (a + b), qui,
dans Fhypothèse de r — 1, deviennent
sin (a + b) = sin a cos b -f- sin b cos a,
cos (a -{- b) —. cos a cos b — sin a sin b.
Supposons d'abord b = a; il en résulte
sin 2a = 2 sina cosa,
cos 2a = cos5a— sin2a,
formules qui donnent le sinus et le cosinus du double d'un arc,
en fonction du sinus et du cosinus de cet arc.
Soit maintenant b = 2a ; il vient
sin 3a = sina cos 2a -f- sin 2a cosa,
cos 3a = cosa cos 2a — sina sin 2a;
ou bien, mettant à la place de sin 2a, cos 2a, leurs valeurs et
réduisant,
sin 3a = 3 sina cos'a— sin3a,
cos 3a = cos3a — 3 cosa sin2a.
Ces formules font connaître le sinus et le cosinus du triple
d'un arc, en fonction du sinus et du cosinus de cet arc.
Soit encore b = 3a ; on obtient
sin ^a — sin a cos 3a + sin 3a cos a,
cos 4a == cosa cos 3a — sina sin 3a ;

SCD LYON 1
I

AUTRES FORMULES. 8g
ou, remplaçant sin 3a, cos 3a par leurs valeurs et réduisant,

sin 4« = 4 s'n a cos3 a ~' 4 cos s'n3


A A
Ì

cos 4a = cos* a — ^ cos2 a sin2 a -f- sin4 a.

D'où l'on voit qu'on pourrait obtenir ainsi successivement le


sinus et le cosinus d'un multiple quelconque d'u.n arc, au moyen
du sinus et du cosinus de l'arc simple.

64. Remarque. Les valeurs de sin 2a, sin 3a, sin ^a.. ..,
prouvent que, si le sinus augmente en même temps que l'arc
(tant que cet arc est au-dessous de ioo°), son accroissement
n'est pas proportionnel à celui de l'arc (le mot proportionnel
élant pris ici dans le sens d'une proportion géométrique).
En effet, dans l'hypothèsede r~ 1, cosa est toujours com-
pris entre o et 1 ; ainsi, cos a, cos'a, cos3a, sont des fractions.
Donc 2 sina cosa n'est qu'une partie de 2 sina. II en est de
même de 3 sin a cos2a, et à plus forte raison, de 3 sin a cos2a —
sin3a, etc....
On le voit également d'après la formule
sin (a + b) — sina cosa sino cosa,

puisque cosa et cosè étant des fractions proprement dites ,


sin (a -f- è) n'est qu'une partie de sin a -f- sin b.
On reconnaît même par là que les sinus croissent beaucoup
moins rapidement que les arcs.
65. Détermination du sinus et du cosinus de la moitié d'un
arc.
ire Méthode. Combinons la formule cos 2a s= cos'a — sin2a
avec la relation (1) du n° 5o 1 = cos°a-j-sin2a.
On trouve d'abord, en les ajoutant, 1 -f- cos 2a == 2cos2a ;

j> ' u i'j » 1+cos2a / 1 + cos 2a


d ou Ion déduit cos2« = , et cos a =1/
2 V 2
puis, en les soustrayant, 1 — cos 2a = sin'a;

SCD LYON 1
9° AUTRES FORMULES.

. . I — COS la , . / l — COS 20
donc sin^ etsina= W —
2 v 2

comme les arcs a et 2a sont liés entre eux de telle manière


que le premier est la moitié du second, rien n'empêche de

remplacer 2a par a, et par conséquent, a par ^ a; ce qui donne


les deux formules

i /i -f cos a ,i l\ — cosa
305
;a= V ~ » s.n - a = y/ :
,
dont chacune comprend implicitement deux valeurs, à cause
du double signe qui est censé placé au-devant du radical.
66. 2' Méthode. D'après la marche qui vient d'être suivie,
l'arc dont on demandait le sinus et le cosinus était supposé
donné par son cosinus , puisque les résultats ne renferment que
cette seule ligne. Si l'arc était donné par son sinus, il faudrait
opérer de la manière suivante :
On aurait recours à la formule sin 2a = 2sina cosa,
dans laquelle on remplacerait cos a par \/1 — sin' a :

ce qui donnerait sin 2a = 2 sin a {/1 — sin2a,


d'où , élevant au carré , sin2 2a = 4 sin2a . (i —sin a);
2

ou, effectuant les calculs et ordonnant,

sin^a — sin2a = — \ sin°2a,


4
équation du 4* degré résoluble à la manière de celles du 2e
degré.
Soit d'abord sin2a=y, d'où sina = dr \/y; il vient
2 2
y' — y — — ^ sin 2a ; donc y — ^ ± — y/i — sin 2a,

et par conséquent, sina = ±: — ~ V* — sin22a,

SCD LYON 1
AUTRES FORMULES. Ç)ï

ou remplaçant 2S par a et a par - a,

sin - a — ± — sin a.
2 V 2 2

Si, dans la formule sin ia = 2 sin « cosa, on substituait


\/1 — cos2a au lieu de sin a, on trouverait par une opération
analogue,
1 1
cos - a = ± \J ~^ — ~ — sin"a.
2

iV". Z?. Ces deux résultats, qui ont été obtenus indépendam-

ment l'un de l'autre, sont identiques ; mais comme sin ^ a et

cos - a sont liés entre eux par la relation sin2 - a -+- cos2 -a — 1,
2 22
il s'ensuit que, si l'on prend le signe supérieur du second ra-
dical pour le sinus , on doit prendre le signe inférieur pour le
cosinus , et réciproquement ; c'est-à-dire qu'on doit avoir

sin l-a=±\/1-±1- '\


2
2 V 2 2 V

cos - a = ± \/-zp- \/l


2
2 V 2 2

67. Discussion des résultats trouvés par les deux méthodes.


II est à remarquer que chacun des deux derniers résultats
comprend quatre valeurs, tandis que ceux de la première
méthode n'en renferment que deux > qui sont même numérique-
ment égales.
Pour expliquer cette circonstance, nous observerons que
lorsqu'un arc a est donné par son cosinus, on se donne en même
temps les arcs 2kv -f- a, 2Ì7r — a, puisque (tableau n° 56) l'on a

cos (2ibr db a) = cos a.

Donc, si l'on demande sin - et ou cos - a en fonction de

SCD LYON 1
9 2
AUTRES FORMULES.
cos a , le calcul doit donner en même temps les sinus des
moitiés de tous les arcs compris dans l'expression générale
2for ± a (k étant un nombre entier quelconque qui peut être
nul) , ou bien , les cosinus de ces mêmes moitiés ; c'est-à-dire
qu'on doit obtenir toutes les valeurs comprises dans

J ou dans cos ( 1.

Cela posé, soit d'abord k un nombre pair, ih' ; il vient

= sin (a&r ± = ± sin \... (n» 56),


sin

s[$K ±La\ s cv\ a


ou COS í- 1= COS ( 2/fc s- — -) — + cos -.

Soit maintenant k un nombre impair, ih' -f-1 : on a

<4
. slík sr +
^'f %it ±
-+- 23- a\ ..s/ a\ _ . a
H i )= m S
^=t^=; sm-
2'

3S ( ; )=C0S (V±-J =.
On voit donc que les valeurs correspondantes, soit au sinus,
soit au cosinus de la moitié d'un arc, sont au nombre de deux
égales et de signes contraires.
Supposons actuellement que l'arc a soit donné par son sinus.
Comme en vertu du tableau n° 56 , on a

sin (p.kïï -j- à) — sin a et sin (2£sr -f- f — à) — sin a,

il s'ensuit que le même calcul doit donner les sinus ou les co-
sinus des moitiés de tous les arcs compris dans les deux expres-
sions 2/<5r -\-a; %h%-\-7t — a; c'est-à-dire qu'on doit obtenir en
même temps toutes les valeurs comprises dans

____) et su.

ou cos (
/2&r + a\
j et cos (
/ikTt 4- ic — a\J.

SCD LYON 1
AUTRES FORMULES. g3
Ne considérons d'abord que les deux expressions du sinus.
Soit k~ ak'; il vient

. /4/iV-r-a\J = sin
sin f -—
. / i, , à\ . a
( 2« a- -(- - ) = -f- sin -,
. + T — a\ . /n a\ , a
sm[—i—;=sinVâ~"v= + cosï-
Soit k r= 2&' -f- 1 ; on a
. /ÁÍ'TT -f- 2îs- -{- a\ . / . û\ .ce
^ ;—j = «n + j = -""> ">
sin 2

4&'^ -4-33- — a\ .
/3 a\ a

( ] J = sin v2 ^ — 2/ = — cos 2 "


On obtient donc ainsi quatre valeurs différentes ,
. a a
. . a a sin —, — cos —.
+ sin - , -}- cos -,
2 2
En opérant sur les expressions du cosinus, on trouverait
également quatre valeurs qui seraient
a .a a .a
-f-cos-, + sm -. —cos-, —sin
2' 2' 2 2
Ces résultats s'accordent d'ailleurs, évidemment avec ceux du
n° 66.
11 nous reste cependant encore une difficulté à résoudre;
c'est de déterminer parmi les quatre systèmes de valeurs du
sinus et du cosinus, quel est celui qu'on doit prendre, lorsque
l'on a en vue de calculer le sinus et le cosinus de la moitié d'un
arc particulier ; car il est certain qu'un même arc ne peut avoir
qu'un seul sinus et un seul cosinus.
Supposons, pour fixer les idées, l'arc a au-dessousde ioo°,
ce qui est le cas ordinaire. On a alors

-a<5o° et ioo° — - a > 5o° ;


2 2
d'où l'on déduit

sin - a <" sin 5o°, et sin (100° — - a ) ou cos — a ~> sin 5o°.
2 ' V, 2 / a

SCD LYON 1
94 AUTRES FORMULES.

On voit donc que, dans ce cas, le sinus est plus petit que le
cosinus ; d'ailleurs leurs expressions doivent être positives.
Ainsi, des quatre systèmes de résultats obtenus n° 66, celui
qui satisfait à la question est

cos -a = \/- + ~\/i — sin"


2 V 2 2

Ce système rentre dans celui du n° 65, lorsqu'on remplace


y/1 — sin2 a par sa valeur cos a ; car on trouve


\/\ ~ ïcos a ~ \ZL
. i . /1 1 , / i cos a
sin - a :
2

+ìcosa=\/1i -f- cos a


la=\/l--f--cosa=
cos-a= y y - .

C'est sous cette dernière forme que nous aurons souvent oc-

casion de rappeler les valeurs de sin ^ a et cos ^ a.

68. La Géométrie fournit une démonstration très simple de


ces deux formules.
Fig. 48. Soient AB —a, BP=sina, OP=cosa (/g". 48)- Di-
visons en deux parties égales les arcs AB et BD, aux points C et C;
puis tirons les cordes AB , BD et les rayons OC, OC ; il résulte
évidemment de cette construction,

BI =sin BC=sin-a, BC=- BC'D=- (2000— a) = 1 oo°—-a ;


2 2 2 2

d'où BI' = OI = cos- a.


2
Cela posé, les triangles rectangles ABP, DBP donnent

2
AB=2sin~a = VAP + BP = {/(r — cos a) + sin'c,

2 2
BD = 2cos^a= ^YD + B~P== \/(r~-^-eos a) -f-sin a.

SCD LYON 1
AUTRES FORMULES. g5
1
Effectuant les calculs et observant que sin a -f- cos* a =s r*,

2 sin - a = \/ 2r2 — 2r cos a,


2

2 cos - a = l/2ra + 2r cos a:


2

d'où, divisant par 2 et supposant r = i,

. i /1 — cos a i /1 -f- cos a


sm - a = \/ , cos - « =1/ .
2 V 2 2 V 2

6g. Détermination du sinus du tiers d'un arc en fonction


du sinus de cet arc.
Dans la formule sin 3a — S sin a cos" a — sin3a, trouvée
n° 63, remplaçons cosa par l/i —sin"a; il vient
3 3
sin 3a = 3 sina (i — sin"a) — sin a= 3 sin a — 4sin a,

ou ordonnant, sin3 a — -. sin a -f- - sin 3a = o ;


4 4

ou bien enfin, substituant a et-^ a au lieu de 3a et de a,


a

i 3.i 1 .
sin ' - a — 7 sm 5 a + 7 sin a =; o,

équation du 3e degré qu'il faudrait traiter par les méthodes


connues de la résolution numérique, après y avoir mis toute-
fois pour sin a, une valeur numérique quelconque.
Mais, sans nous arrêter à cette résolution, qui n'offrirait
aucun intérêt pour notre objet, nous allons faire voir que l'é-
quation a ses trois racines réelles, c'est-à-dire que la question
proposée est susceptible de trois solutions.
En effet, on a déjà vu (n° 67) qu'un arc étant donné par
son cosinus, on donne par là même tous les arcs compris dans
les expressions 2fer-f-a, ikir-^-vr — a; donc en demandant
le sinus du tiers de cet arc, on doit trouver simultanément lei
valeurs de

SCD LYON 1
0,6 AUTRES FORMULES.

. nk^r-f-a . IIÌTT -j- 3-—a


sin = et sin A •
à o

Cela posé, le nombre entier k peut se présenter sous trois


formes différentes, 3k', 3 k' -\- i et 3k'— i (*).
Soit d'abord k=3k'; on a pour les deux expressions,
.
sm f
/6k'7r + a\
- J = sm. sI 2H,, 7T+
a\
^ ) == +
.
sm a

H 3 J = Sm
\
2k
*
+
3 ~ 3) =
+ Sl
\3 ~ 3>
Soit maintenant k — 3k' -f- i ; il en résulte
. /6k'* + 2a- -f- a\ . /2 . a\ . / 2 a\
s,n C — r-—;=sm \3
71+s;=sm ^ - r -1/ •
=+sinS-i)-
valeur identique avec la précédente ;
/6k'v -+- 3a- — a \ . / a\ . c
sm ^ - j^^^-^ + ^j,

valeur identique avec la première.


Soit eníìn > k = 3k' — 1 ; on obtient
. /6k'ir -r- 23- -f- a\ . /m — a\ . /it a\
^ _ j _ (-3-) = - sm (^3 + 3J ,
sm = Sln

. /6ick'— 3- — a\ . / îr-f-a\ . /ir . a\


^ _ J = sm — ) = - sin ^ + ^
m

valeur identique avec la précédente.


On voit donc que les valeurs se réduisent à trois générale-
ment différentes, savoir :

-fsinf, + sin(|-|), _sin(ï + |).

Je dis généralement, car si l'on avait, par exemple, a=-^r,

(*) On pourrait également supposer h ne'gatif (n° 5? ) et e'gal à —3A',


— SK + i, —3A'—1; mais les valeurs qu'on obtiendrait rentreraient (lans
celles qni correspondent aux trois premières hypothèses.

SCD LYON 1
AUTRES FORMULES. 97

il en résulterait % — - == ^ or : et les deux ir" valeurs seraient


3 3 6
égales á sin g w ; la troisième deviendrait,

-sin ^ +gj=-s.n-^ = -i.

Mais il n'en est pas moins vrai que l'équation ci-dessus a ses
trois racines réelles.
On reconnaîtrait, par une analyse absolument semblable, que

si l'on demandait cos en fonction de sin a, on obtiendrait

six valeurs différentes :


a a , /sr a\ fie a\
+ COS3, -C0S3, -í-cos^-^, -cos^-gj,

+ C08
(Ì f)+ Gt
- (I + I)-
C0S

Et eu effet, il est aisé de prouver que l'équation d'où dépend


la détermination de cos i a est du sixième degré.
Remplaçons dans sin 3a = 3 sin a cos2 a — sin3 a,
ou sin 3a = sin a (3 cos2 a — sin2 a),

sin a par sa valeur {/ i — cos2a; il vient

sin 3a = \/1 — cos2 a (4 cos2a — i) ,


ou, élevant au carré pour chasser le radical,
sin2 3a = (i — cos 2
a) (4 cos2 a — i)2,
équation qui, développée et ordonnée, devient
16 cos6 a — 24 cos*a + 9 cos2 a — 1 + sin2 3a = o.
Nous engageons les commençans, pour se familiariser avec

ces sortes de discussions, à rechercher sin 5 a et cos ^ a en


o o
fonction de cos a; ils reconnaîtront encore que le sinus doit
avoir six valeurs, mais que le cosinus n'en a que trois.
1

SCD LYON 1
t)tí AUTRES FORMULES.

70. Détermination de la tangente de la somme ou de la dif-


férence de deux arcs, en fonction dés tangentes de ces arcs.

D'après la relation tane a =


r 0
S
2IL¥ établie n° 5o, on a
cos a
, , , sin (a ± b)
tane (a±b =
& v
--———
cos (a zt. b)

ou, remplaçant sin (a rt è), cos (a ± b) par leurs valeurs


( n" 62) ,
sin a cos b ± sin b cos a
tane" (a±b)= r^r~= —i-
cos a cos 0 qz sin a sin 0

Alin de n'avoir dans le second membre que des tangentes, di-


visons haut et bas par cos a cos b ; il vient
sin a sin b
, ,, cos a cos b
tang (n ± í>) — ——r- r—r ;
0 sin « sin b

cos « cos 6
sin a sin £> , , . ,.
et comme on a — tanesl, = tane b, 011 obtieut en nu
cos a cos b; 0

tans (a ± b) = 3 5—_
1 qz tang a tang o
N. B. Si le rayon n'était pas égal à l'unité, il faudrait le
rétablir dans cette formule, et l'on aurait (n° 26)

tans
/ _■_ 7^ '"° (tane a ± tans b)
(a±lb)~ —i S .
D
r* zp tang a tang £>

71. Soit fait b— a dans l'expression


, tang a 4- tang »
tang (a -f-o) = 2 o
i — tang a tang o
, . 2 tans a
on obtient tane
0
la ~ ;
1—tangua'
cette nouvelle formule donne la valeur de la tangente du doubU-
d'un arc en fonction de la tangente de cet arc.
72. Si l'on y remplace %a par « et st par ^ a, il vient

SCD LYON 1
AUTRES FORMULES. 99
2 tangua „ , „1 . , 2
tanga = ,—, d ou tane
1 —tangua' & s 1 c -f- —
tang a
tane \a — 1=0,

équation du second degré qui, étant résolue, donne

tane& \.a
2 = ± \/ 1 +
1 tane"
& a.
tang a tanga

Ainsi, l'on obtient deux valeurs pour la tangente de la moitié


d'un arc, exjwimée en fonction de la tangente de cet arc.
En effet, lorsqu'un arc a est donné par sa tangente, on donne,
par là même, tous les arcs compris dans les expressions 2&7T-j-a,
ikx -f- 7T -)- a, puisque l'on a (tableau n° 56 )

tang (2&w -f- a) et tang (2&9r -f- or + à) = tang a ;


ainsi, le même calcul doit donner les valeurs de

tan
<—et 1aï
H—r^-)
Soit k = 2k' ; on a

/4^'--L-a\ / a\ . a
tang(^ - J= tang^afc TT + -J = -f tang - ,

et tang^ Z-JIL.)=tang^+ = cot-... c .


(n 56)

Soit /í ss 2&' + 1 ; on trouve

tang ^2 _ j — tang + -j = + tang -,


4

valeur identique avec la première ;

tang /4A'sr-r-3w+o\ /3sr , a\ a


(—1—; =tans CT
+5) =-cot s»
valeur identique avec la seconde.
On voit donc que les valeurs sont au nombre de deux,
.' ' i ■ í 1
savoir : -f- tang - a et — cot - «.

SCD LYON 1
1 00 AUTRES FORMULES.

Ce résultat s'accorde d'ailleurs avec lâ nature de l'équation ci-


dessus, dont le dernier ternie est égal à — í.

En effet, la relation cot a = , ou cot a X tang a = í


tang a
du n° 5o, donne
í r 1 í
cot — a X tang - a ~ í, ou • cot - a X tang - a = — í.

Quant à la valeur qu'il convient de prendre, lorsqu'on sup-


pose a ioo°, ce qui a lieu le plus communément, comme,

dans ce cas , tang — a doit être positif j et que tang a est aussi

positif, il est clair que la réponse à la question est

tang - a =■
°2 tang a
-f
tang a
V í -f tang 2
a;

et dans cette même circonstance, on a

cot - a = —- 1 — \/1 -f- tang2 a.


2 tang a tang a

73. On parvient à d'autres expressions de tang - a, d'après

les formules
í /1 -f- cos a f
sinia /-
=V

En les divisant l'une par l'autre, on trouve

tane -f- cos a


2 V I

Dans cette première expression, multiplions, sous le radical,


haut et bas, par 1 + cos a, puis par 1 — cos a; il vient

sin a
tang-a=v/- 1 -f- cos a '
(1 -f- cos a)2
1 /(í—cos a)2 1 cos a
tang
2 " V 1 — cos2 a sin a

SCD LYON 1
AUTRES FORMULES. ÌOI
Ces diverses expressions sont souvent employées dans les ap-
plications trigonométriques. La dernière se déduit d'aiiieurs
facilement de celle qui avait été obtenue dans le n° précé-
dent.
En effet, celle-ci peut être mise sous la forme

1 -f- \/1 -f- tanga


tang — a = ■
tang a

mais (n° 5o) tang a s l/i -f- tangua :


cos a
í +
dor tang _ a :
2
cos a
Les élèves feront bien de s'exercer à la recherche des tau-
gentes du triple, du tiers, etc., d'un arc, ainsi qu'à la discussion
des formules qui y sont relatives. C'est un moyen de leur rendre
familières les valeurs corrélatives des lignes trigonométriques.
Ils peuvent également rechercher les cotangentes, sécantes, co-
sécantes, de la somme ou de la différence de deux arcs, du
double, du triple, etc., et de la moitié, du tiers. . . d'un arc.
74- Les formules (A) et (B) du n° 6i donnent encore lieu à
quelques résultats utiles dans les applications de la Trigono-
métrie.
Reprenons d'abord les valeurs de sin (a -f- è) et de sin (a —Z»),
sin (a -f- b) = sin a cos b -f- sin b cos a,
sin (a — b~) = sin a cos b — sin b cos a.
Si l'on ajoute ces deux égalités et qu'on les retranche l'une
de l'autre, il vient
sin (a-f-o) -f- sin (a—o)= 2sinûcos6;
sin (a -f- o) — sin (a — b) — 2sin b cos a ;
d'où, en divisant ces deux dernières l'une par l'autre, et ob—
sin a cos b , i
servant que tang a, —,—r = cot b =
sm tang

SCD LYON 1
102 AUTRES FORMULES.

sin (« -f- 6) -f- sin (g — b) tang a


sin(a-j-o)— sin(a — b) tang b" ' ' V;
Comme les formules (A) et (B) sont vraies quels que soient
les arcs a et b, il en est nécessairement de même de la rela-
tion (C).
Cela posé, soient p et q deux arcs quelconques ( p étant
>?)•
On peut toujours regarder le plus grand p comme la somme
de deux autres arcs a et b, le second q comme la différence de
ces mêmes arcs. En effet, si l'on pose
a
+ o = », 1 ., , , f par addition, 2« = p-f-or
, ■* } il en résulte { r .. ,
a — b ■= q, ) l par soustraction, 20 =p—q;

d'c
b=P-
2
Or, si l'on substitue ces valeurs de a -f- Z>, a — b, a et b
dans la formule (C), on obtient la nouvelle relation

sin p + sin g __ tang { (p + g), ^


sin p — sin q tang {{p — q) '
ce qui démontre que la somme des sinus de deux arcs est à la
différence de ces mêmes sinus, comme la tangente de la demi-
somme des arcs est à la tangente de leur demi-différence.
Combinons de la même manière les deux formules

cos (a -f- b) = cos a cos b — sin a sin b,


cos [a — b) = cos a cos b -j- sin a sin b.

II résulte d'abord de leur addition et de leur soustraction,

cos (a. — b) + cos (a -f- b) — 2cos a cos b,


cos (a — b) — cos (a -f- b) = 2sin a sin b.

Divisant ces deux égalités membre à membre, on obtient


cos(a — b) +cos(a + b) , cota
í =4- J—r-y-: == cot a cot b = r... (H)
cos (a— b) — cos(a-f-t>) tang 6
1

SCD LYON 1
J1UTKES 10HMIJ1.1ÍS. 100

h
Soient maintenant \ d'où
a — b=q, j \ .P — 1
b=
2
la relation précédente devient

cos» 4-cos p . cot | (/> + ?)


11 3 v
cos o— cosp * tangi(/7 — q)
résultat qu'on pourrait traduire dans un énoncé analogue au
précédent.
•y5. Ces formules servent principalement à remplacer cer-
taines expressions trigonométriques par d'autres auxquelles les
logarithmes puissent s'appliquer.
Soit, par exemple , à calculer numériquement l'expression

sin 3o° sin 16°


X-
"sìn 3o° — sin i6°'
p — 3o°, i p + q oo p —q
o
on posera g | d ou ■ -— iá°, —-p* =
Substituant ces valeurs dans la relation (D), on aura

——
sin 3o° 4- sin l6° —■ tane
_
23° ■
sin 3o° — sin i6J tang 70'
et par conséquent, log x = log tang 23° — log tang 70 ;

d'où l'on voit qu'on peut obtenir le logarithme du nombre


cherché, par le moyen d'une simple soustraction.
Soit encore l'expression x = sin 25° -f- cos 47°> à calculer
numériquement (on verra bientôt que les tables ne renferment
que les logarithmes des lignes trigonométriques).

Observons d'abord que cos 47° = sin (1 oo° — 47°) — 5m


^3° »
ce qui donne pour la valeur de x, x — sin 53" sin 25°.

Mais on a trouvé précédemment


sin (a -\- b) -f- sin (o — b) = asin a cos b.

SCD LYON 1
104 AUTRES FORMULES.

Posant a
t '
a — 3 = 25°,
\
J
il en résulte íl ? =14,
^„
0
T

donc sin 53° -f- sin 25° = 2sin 3g0 cos 14° ;

et par conséquent , log x =z log 2 + log sin 39° + log cos i4°-
76. La formule (D), dont nous ferons usage dans la résolution
des triangles, se démontre très simplement par la Géométrie.
Soit décrite une circonférence de cercle avec un rayon
Fig. 49- O A (fig- 4g) égal à celui des tables. Tirons le diamètre AA',
et prenons, à partir du point A, AB—p, AG = q; puis
abaissons BP, CQ perpendiculaires sur A A', en prolongeant
BP jusqu'à sa rencontre en B' avec la circonférence; menons
d'ailleurs CI parallèle à AA'.
II résulte évidemment de cette première construction
CQ = sin AC = sin q, BP r=B'P =sin p, DB' = sinp sin q,
BD = sin p — sin q.

Joignons maintenant le point I aux points B et B'; du même


point I comme centre et avec le rayon du cercle, décrivons un
arc qui coupe CI en E, et élevons à CI la perpendiculaire GEF.
Comme on a AB = AB' = p, AC ~q, il en résulte

CAB' = p + q, CB = p — q, EF = tang EIF = tang ^ (p+q),

EG=tang^ (p —q).

Or, en vertu d'un théorème connu de Géométrie, les trois


lignes BI, B'I, CI coupent les deux parallèles GF, BB' en parties
proportionnelles. On a donc
DB' : DB :: EF : EG-,

ou bien, remplaçant ces lignes par leurs valeurs,

sin p + sin q sinjo — sin q :: tang^ Qo + q) ' tang ^ Q»—q).


C. Q. F. D.

SCD LYON 1
AUTRES FORMULES. 1Q
5
77. Nous croyons devoir réunir en un tableau les différentes
formules obtenues dans les numéros précédens, en y joignant
les relations qui existent entre les lignes trigonométriques d un
même arc. Les jeunes gens pourront alors le consulter au be-
soin.
TABLEAU

Des Formules principales de la Trigonométrie,

Avec l'indication des numéros d'où on les a tirées.

sin a
sìn'a + cosa<z = 1,
cos a

séc a = —— , séc a = 1 4- tangsa,


s
cos a
(5o)
cos a 1
cot a =. —.— , cot a :
sin a tang a

coséc a= ~—— , cosécaa = i -f- cotsa,


sin a
( sin (a±b) — sin a cos b zh sin b cos a,
(60,61) { , , , . ,
( cos (a±b) = cos a cos b zp sin a sin b,
s n2a==2s nacosa s 2
(63) { ' ' cos2«=cos a—sin a,
sin3a=3sinacos2a—sin3a. . eos3a=cos3a—3cosasin!'aJ

.1 . „ f\—cosa 1 ,—A+cosa
sm-ai=zbt/ ...cos-a=±t/ >
2 V 2 2 V 2

(65,66) ì sin^a^rty/^l/ì-shr^,

1 . /1 1 /
cos-a=zt y V 1 —sîn"a,

1
fc \ s 3.i 1 .
(09) sin'1 g-a — ^sm jO+|Sina = o

, . , tang a zh tang è
(70,71)
w J
tana(azbo)=
0 K
2 S_
" ' 1 Zjz tang c tang b '
2 tans a
tang 2a = . 0 ,
1 — tang" a

SCD LYON 1
ïoG CONSTUIK'TION

(72, 7
3) tang-a
2 = tang a V i+œss
sin a 1 — cos a
1 -(- cosa sm a
sin (a + 0) -f- sin (a — b) — 2 sin a cos ô,
sin (a -)- 0) — sin (a — 0) = 2 sin b cos a,
(74) cos a
cos (a -f- &) + ( — b) — -z cos a cos b,
cos (a -f- ô) — cos (a -f- ô) = 2 sin a sin ò,

. sinp-f-sing tangj(p+£/) cosq+cosp cot^P+il.


sinp—sing tangKp—<?) * ' "eosg—cosp tang|(p—q)
(Dans toutes ces formules, on a supposé le rayon égal à
l'unité; s'il eri était autrement, il faudrait le rétablir d'après la
règle du n° 26).

Construction des Tables trigonométriques.

78. Nous pouvons maintenant faire connaître les moyens


qui ont été employés pour dresser des tables trigonomé-
triques.
On appelle ainsi, des tables renfermant d'une part, tous les
arcs depuis o° jusqu'à ioo°, et de l'autre, les valeurs des si-
nus, cosinus, tangentes, etc., correspondantes à ces arcs.II suffit
d'ailleurs qu'elles ne comprennent que les lignes trigonomé-
triques des arcs moindres que ioo°, puisque, d'après le tableau
n° 56, celles des arcs plus grands sont numériquement les
mêmes que les lignes trigonométriques des arcs plus petits.
Nous adopterons, dans tout ce qui va suivre, la division cen-
tésimale, c'est-à-dire que nous supposerons le quart de circon-
férence ou le quadrans, divisé en 100 parties égales, appelées
grades ou degrés (ioo°); chaque degré divisé en 100 minutes
(IOO')J chaque minute divisée en 100 secondes (100"). Enfin,

nous admettrons qu'on ne veuille former que des tables dans


lesquelles les arcs croissent de minute en minute.
Cela posé, d'après les formules précédemment établies , il

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DES TABLES. ls>7

est clair qu'il suffit de calculer la valeur de sin í'. En effet,


la formule -cos a — — sin2 a donne d'abord la valeur
correspondante de cos í'.
Connaissant les valeurs de sin í' et cos í', on obtiendra
celles des sinus et cosinus de 2', 3', 4' - • •> en
faisant succes-
sivement dans les formules
sin 2a = 2 sin a cos a, cos 2a = cos2 a — sin2 a,
sin (a + b) == sin a cos b + sin b cos a,
cos (a -f- b) = cos a cos 6 — sin a sin 5,

a= 1', puis b — í', 2', 3', 4'-


• • 5 et amsi de su*te > jusqu'à
10000' ou 100°.
Quant aux autres lignes trigonométriques , on déduira fa-
cilement leurs valeurs des formules
sin a 1,1,1
tansa=
0
, cota= , seca=: , coseca=-:—•
cosa tang a cosa sin a

On peut toutefois calculer d'une manière plus simple les si-


nus et cosinus, à l'aide des formules
sin (a 4- b) -f- sin (a — b) = 2sin a cos b,
cos (a -f- 0) — cos (a — b) = 2 cos a cos b,

comprises dans le tableau n° 77.


Elles peuvent être mises sous la forme
sin (a -\- b) = sin a X 2 cos b -J- sin (a — b) X — 1,
cos (a + 6) == cos a X 2 cos 0 + cos (a — b) X — 1 ;
et si l'on y fait a = mb, elles deviennent
sin (m -f- i)b = sin mb X 2 cos b + sin (m — 1)0 X — 1 >
cos (m + i ) Z» == cos mo X 2 cos b -f - cos (m — 1 ) b X —í ;
ce qui démontre que pour avoir le sinus d'un multiple quel-
conque (m-f- 1) b, de l'arc b, il faut multiplier les sinus des
multiples immédiatement inférieurs, mb et (m —
i)b, respec-
tivement par les quantités constantes 2 cos b et —
1, puis ajou-
ter ces résultats avec leurs signes. Même loi de formation pour
le cosinus.

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1
°8 CONSTRUCTION

D'après cela, soit fait b 1' dans les formules; puis succes-
sivement m — í, 2, 3 il en résulte
sin 2' = sin 1' X 2 cos 1' — 0 = 2 sin 1' cos 1';
cos 2' == cos 1' X 2 cos 1' -f- í X — 1 = 2 cos2 1'— 1,
sin 3' = sin 2' x 2 cos 1' + sin 1' X — í,
cos 3' — cos %' X 2 cos 1' + cos 1' X — 1,
sin 4' = sin 3' X 2 cos l' + sin 2' X — 1,
cos 4' = cos 3' X 2 cos 1' -f- cos 2' X — 1 >

et ainsi de suite.
N. B. Ceux qui ont déjà quelques notions des séries récur-
rentes, reconnaîtront sans peine que la série des sinus forme
une suite récurrente dont l'échelle de relation se compose des
deux quantités 2 cos 1' et — 1 ; il en est de même de la série-
des cosinus.
Ainsi, toute la difficulté consiste à déterminer avec le plus
grand degré d'approximation possible, le sinus du plus petit
arc de la table, ou sin i'.
79. Nous commencerons par démontrer qu'un arc quel-
conque est toujours plus grand que son sinus, mais moindre
que sa tangente.
Soient, en effet, un arc quelconque AB (fig. 5o) ; BP, B A et
AT le sinus, la corde et la tangente de cet arc.
On a d'abord arc AB ]> corde AB, mais corde AB > BP ;
donc, à plus forte raison , arc AB ^> BP.
En second lieu, le secteur circulaire a pour mesure, ....

arc AB X - OA, et le triangle OAT est égal à ATX-OA;


2 2

or, le secteur est évidemment plus petit que le triangle ; on a donc

arc AB X - OA < AT X - OA ; d'où arc AB < AT.


2 2
On voit en outre, d'après la figure, que plus l'arc diminue,
plus la tangente et le sinus se rapprochent l'un de l'autre, et
par conséquent de l'arc qui est compris entre les deux. Cela

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DES TABLES. I 09

résulte d'ailleurs de la formule tane a


0
= liîL? qU; donne
cos a
tang a í .
—: =-—— ; a mesure que tare diminue, le cosinus aue-
sin a cos a a

mente et se rapproche déplus en plus de l'unité; donc aussi,

plus le rapport ^ approche de devenir égal à í. Si l'arc

an
est très petit, —-— ou * . ^ ° diffère très peu de l'unité.
cos a sin a
Soit, par exemple, l'arc qui a pour cosinus 0,99; il vient

tang a 1 100 1
sin a "~o,99~ 99 — 99'
tang a 1
soit encore cos a — o,99999; on trouve . =1-
sin a 99999
Ce rapport diffère donc d'autant moins de l'unité, que l'arc
est plus petit, et il peut en différer d'aussi peu que l'on veut .,
n « í tang a a
II en est de meme des rapports — et , puisque J arc
11 a sin a 1 1

est toujours compris entre sa tangente et son sinus.


Ainsi nous pouvons établir, comme une vérité mathéma-
tique, que les rapports de la tangente au sinus, de la tan-
gente à l'arc , et de l'arc au sinus, sont trois quantités qui
tendent sans cesse vers l'unité, à mesure, que l'arc diminue;
et lorsque l'arc est moindre qu'aucune grandeur donnée, ces
rapports diffèrent eux-mêmes de l'unité d'une quantité moindre
que toute grandeur donnée.
En d'autres termes, ces trois rapports ont pour LIMITE

L'UNITÉ.
Cette proposition joue un très grand rôle dans la haute
analyse {voyez Algèbre , 5e édition , n° 447)-
80. Puisqu'un arc étant très petit, ,1e rapport .^^ dif-

fère très peu de l'unité, il s'ensuit que l'arc et le sinus sont


aussi très peu différens l'un de l'autre. On peut d'ailleurs, dans

SCD LYON 1
1IO CONSTRUCTION

tous les cas, déterminer au-dessous de quelle quantité se trouve


VeiTeur commise, lorsqu'on prend l'arc pour le sinus, ou réci-
proquement.
En effet, la relation tans a "> a donne — "> a , d'où
° cosa
sin a a cos a,

et, à plus forte raison, sin«^> a cos2 a,

puisque cos a est toujours une fraction.


Mettons au lieu de cos2 a sa valeur í — sin2a ; il en résulte
sin a]> a — a sin2a, ou à fortiori, sin a^> a — a3, puisque l'on
a a > sin a ou a2 ]> sin2 a.
Or, l'inégalité sin a > a — a3 donne a — sin a < a3; ce qui
prouve que la différence entre l'arc et le sinus est moindre que
le cube de la valeur de l'arc.
Soit a —o,01 (la longueur de l'arc étant évaluée au moyen
du rayon) ; il en résulte a— sin a <^ 0,000001. Soit encore
a = 0,001; il vient a—sin a < 0,000000001.

81. Cela posé, on a vu en Géométrie que, le diamètre étant


pris pour unité, la circonférence a pour valeur
a- = 3,1415926.

Si, comme nous le supposons, ce n'est plus le diamètre,


mais bien le rayon , qu'on prend pour l'unité , la valeur de a-
représente celle de la demi-circonférence ; donc

- sr = 1,5707963....

exprime la valeur du quadrans ou de ioo°.

Par conséquent, i° = 0,015707963,


1'= 0,00015797963....

Comme cette dernière expression est au-dessous de o, 0002, il


s'ensuit que (í')3 est moindre que (o,ooo2)3 ou 0,000000000008.
D'où l'on voit que l'expression de l'arc de 1' représente celle
<le sin 1', à une fraction près, moindre que l'unité de l'ordre
du onzième chiffre décimal; ainsi l'on a,avec exactitude,

SCD LYON 1
DES TABLES. I I 1

sin i' = 0,00015707963,


jusqu'au onzième chiffre décimal inclusivement.
Cette approximation est plus que suffisante pour le sinus de
1' lui-même; mais elle est nécessaire pour la détermination
des autres sinus qui, comme on l'a vu, dépendent de celui-là,
ainsi que du cosinus de 1'. Les erreurs se multipliant sans cesse,
finissent par refluer sur îe 10e, 9e, 8e.. .. chiffre décimal.
Notre intention était de ne donner ici qu'une idée de la ma-
nière dont les tables trigonométrique.s ont pu être construites.
Mais il existe des méthodes beaucoup plus expéditives, fondées
sur les séries qui donnent le développement du sinus et du
cosinus d'un arc en fonction de cet arc. {Voyez Algèbre, cin-
quième édition , chap. X , n° 44°-) ®n trouve même à la fin de
ce chapitre une méthode pour calculer le rapport de la cir-
conférence au diamètre, rapport qui a servi de base aux calculs
précédens.
82. Première remarque sur la composition des tables cen-
tésimales, et sur la manière d'en faire usage.
Comme dans toutes les applications trigonométriques, les cal-
culs se font par logarithmes, on a jugé à propos de placer dans
les tables les logarithmes des sinus, cosinus, tangentes, etc., au
lieu de ces lignes elles-mêmes. En outre, leurs logarithmes ont
été calculés, non dans l'hypothèse de r=i, mais dans celle de
,r = 1010 ou 10000000000 ; et en voici la raison :
En supposant r — 1, ce qui donnerait log r — o, on aurait
pour les sinus et cosinus, des logarithmes négatifs, puisque
ces lignes sont toujours plus petites que le rayon; il en serait
de même pour les tangentes des arcs moindres que 5o° et pour
les cotangentes des arcs plus grands. Quant aux sécantes et cosé—
cantes, leurs logarithmes seraient toujours positifs, car on a vu
qu'elles sont toujours plus grandes que le rayon; mais ces deux
dernières lignes sont employées fort rarement.
Pour obvier à cet inconvénient, on a conçu le rayon des
tables, qui ne cesse pas d'être l'unité trigonométrique, rap-
porté lui-même à une autre uuité beaucoup plus petite , et l'on

SCD LYON 1
I 12 CONSTRUCTION

a supposé le rayon représenté par 1010, l'unité nouvelle étant


celle des tables de logarithmes ordinaires.
Or, si l'on considère un angle quelconque BOA (fig. 5i) du
sommet duquel on ait décrit deux arcs de cercle a et d avec
les rayons r et r, et qu'on mène les perpendiculaires BP, AT et
B'P', A'T', on aura évidemment la proportion
BP : B'P' :: OA : OA' ou sina : sina' :: r : /;
ce qui démontre que les sinus d'un même angle > correspondant
à deux rayons diffèrenSj sont proportionnels à ces rayons.
Même résultat pour les autres lignes trigonométriques.
D'après cela, soient r = 1 et r'= io'°; il en résulte
sin d — sin a X 1 o10 ; d'où log sin d— log sin a -f-1 o,
cos d — cos a X 1 o10 ; d'où log cos a' = log cos a -f- 1 o,

et ainsi des autres lignés.


D'où l'on voit que, pour obtenir les logarithmes des lignes
trigonométriques dans le cas de r= io'°, il faut augmenter de
1 o unités ceux qui ont été calculés pour r = 1.
Par ce moyen, on est assuré que tous les logarithmes sont
' positifsj quelque petits que soient les arcs. En effet, soit, par
exemple, le plus petit arc de la table, ou 1'.
On a trouvé pour son sinus,., sin i'=o,oooi5707g63...,
d'où log sin 1'— log 15707 ,g63 — 8 •= — 3,8o388oi ;
(on cherche log 15707,g63 dans les tables ordinaires);
donc log sin 1' + 10 = — 3,8o388oi + ìo = -f- 6,196119g.
Tel est le logarithme qui se trouve daas les tables centésimales.
On aurait même pu supposer seulement r= 10* = 10000;
mais on a préféré l'hypothèse r — ìo10, parce que les loga-
rithmes ne sont alors autre chose que les complémens arith-
métiques ordinaires des logarithmes calculés dans le cas de
r = 1 ; et il en résulte de grands avantages dans les applica-
tions , comme nous le verrons plus loin.
83. Seconde remarque. Les Tables centésimales de Callet, que

SCD LYON 1
DES .r
TAEt .S. 1 1 3
nous supposons entre les mains des élèves, ne renferment en
apparence que les sinus, tangentes et cosinus des arcs compris
depuis i'jusqu'à 5o°; mais elles n'en donnent pas moins les si-
nus, tangentes et cosinus des arcs plus grands, aussi bien que les
trois autres lignes trigonométriques.
En effet, pour le sinus et le cosinus, on observe que le sinus
d'un arc plus grand que 5o° est égal au cosinus du complément,
qui est alors plus petit que 5o°, et réciproquement.

C'est ainsi que sin 6g° 4'/ = cos 3o° 53',


cos 780 25' ë=i sin 21° ^5'.
Les logarithmes de ces ligues sont donc compris dans les
tables.
):fí-iha
Í ■ ■ v->'. V'.'. . — t- ' -i ' i
Comme on a cot a = , il en résulte
tang a
log cot a — 2 log r — log tang a = 10 -}- 10 — iog tang a,

et réciproquement, log tang a — 1 o -f- ìo — log cot a.

Cela posé, soit d'abord à trouver log tang 65° 48'; on a

log tang65° 48'= log cot 34°52 = 1 o +10 —log tang 34°52'.
Pareillement, log cot 23°38'= 10 -f-10 — íog tang 23°38'.
Eníin , log cot 570 29' = log tang 420 71''.

Ces logarithmes peuvent donc s'obtenir facilement d'après la


table. Pour avoir la tangente d'un arc plus grand que 5o°, cher-
chez le logarithme de la tangente du complément; prenez- en le
complément arithmétique à 10, et ajoutez 10 unités au résultat.
Même opération pour la cotangente d'un arc plus petit que 5o°;
et le logarithme de la cotangente d'un arc plus grand que 5o°
se trouve immédiatement : c'est le logarithme de la tangente du
complément.
Quant aux sécante et cosécante , comme on a
r2 r2
sec a = et cosec a — —. ,
cos a sina

SCD LYON 1
7 1 4 KÊSOLUf ION

i! en résulte log séc a = i o -f- « o — log cos a,


log coséc 0 = 104-10 — log sin a ;
c'est-à-dire qu'il faut ajouter 10 unités j soit au complément
de log cos a, soit au complément de Ióg sin a, pour avoir les
logarithmes de la sécante et de la cosécante.
Au moyen de ces explications , les commençans peuvent ai-
sément résoudre ces deux questions, qui constituent l'usage
des tables :
i°. Un arc étant donné en degrés et minutes j trouver le loga-

rithme de l'une quelconque de ses lignes trigonométriques,


2°. Réciproquement, le logarithme de l'une de ces lignes étant
donné j trouver l'arc correspondant en degrés et minutes. Si l'on
demandait un plus grand degré d'approximation, il faudrait
entrer dans de nouveaux détails qui nous entraîneraient beau-
coup trop loin.

§ II. Résolution des Triangles. Applications des


Tables trigonométriques.
On a vu, en Géométrie, que des six choses qui composent
un triangle , savoir : les trois angles et les trois côtés, trois quel-
conques étant données (pourvu que parmi les choses données
il y ait au moins un côté ) , l'on peut toujours obtenir graphi-
quement les trois autres. Actuellement, nous nous proposons
de traiter la même question par le calcul, en commençant par
les triangles rectangles.

Des Triangles rectangles.

La résolution de ces triangles repose sur quelques principes


que nous allons d'abord démontrer.
84. PREMIER PRINCIPE. Dans tout triangle rectangle, le rayon
des tables est au sinus de l'un des angles aigusj comme Vhypo-
ténuse est au côté opposé à cet angle; ou bien, le rayon des
tables est au cosinus de l'un des angles aigus, comme lJhypo-
ténuse est au côté de l'angle droitj adjacent à cet angle.

SCD LYON 1
MS TRIANGLES QTTEf.CONQUeíS. Il5

En effet, soit un triangle BAC (jig. 5i) rectangle en A. (Sui- F'S- 52.
vant les notations dont nous sommes déjà convenus n° 35,
nous appellerons A, B, C les trois angles, et a, b, c les côtés
respectivement opposés à ces angles; A sera l'angle droit et a .
l'hypoténuse.)
Cela posé, du point B comme centre et avec un rayon BD
égal à celui des tables, décrivons un arc de cercle; et du
point D , abaissons le sinus DE de l'angle B ; B£ en est le
cosinus.
On a évidemment les proportions
BD : DE :: BC : CA, ou r : sin B :: a : b, (i)
BD : BE :; BC : BA, OU r : cos B a : c-, — (2)
::

ce qui démontre les deux parties du principe ci-dessus.


Corame on a B == ioo° — C, U en résulte sinB = cosC, et
cos B = sin C ; et les deux proportions deviennent
r : cosC :: a : b,
r : siuC :: a : c,
lesquelles s'énoncent de la même manière , par rapport à
l'angle C
85. N. B. Lorsqu'on suppose r — i, les relations (i) et (2)
fournissent les égalités b — a sin B , c = acosB, qu'on peut
traduire ainsi : l'un quelconque des côtés de l'angle droit est
égal à l'hypoténuse multipliée par le sinus de l'angle opposé à
ce côté j ou par le cosinus de l'angle adjacent.
Nous aurons souvent occasion de rappeler le principe sous
cet énoncé, qui est le plus concis.
86. SECOND PRINCIPE. Dans tout triangle rectangle, le rayon
des tables est à la tangente de l'un des angles aigus j comme le
côté de l'angle droitj adjacent à cet angle est au côté opposé.
Eu effet, menons au point G (fig. 52) la tangente GH de
l'angle B; on a la proportion
BG : GH :: BA : AC, on r : tangB ;: c : b,^.. (3)
c'est le principe énoncé.
S..

SCD LYON 1
1 I 6 RÉSOLUTION

On aurait pareillement r tang C : : b '. c.


cS "u zaaarnvì > ttnttió» í-íioa Inoo £iKMls)oa t >î
r
87. Soit r = 1 ; la relation (3) donne b =c tang B, ou

tang B = -, c'est-à-dire que l'un des côtés de l'angle droit est

égal au second côté multiplié par la tangente de l'angle op-


posé au premier côté ; ou bien encore, ce qui est plus concis,
la tangente de l'un des angles aigus est égale au côté opposé di-
visé par le côté adjacent.
;• ' . ' ' ' íaoilTotj! ta) ìítaautfshlyh s nO
88 Ces principes suffisent pour la résolution de tous les cas
relatif.} aux triangles rectangles.
PREMIER CAS. On donne l'hypoténuse a et l'angle aigu B ;

il faut trouver l'angle C et les côtés b, c.

On a d'abord évidemment C = ioo° — B.

Ensuite, les relations (1) et (2) donnent

j a sinB a cos B

d'où, en appliquant les logarithmes,

log b = log a -f- log sin B — 10,

loge = loge + log cosB — 10.

mí !
Soient, pour exemple, a — lfi "< pZ ; B = 34°45'.

i°. On a C = ioo° — 34°45' = 65°55'.

Les tables ordinaires de logarithmes donnent

log a ou log 45,23 = 1,6554266,

et les tables centésimales, log sin 34°45' = 9,7119024;

donc log 45,23 -f- log sin 34°45' — 1 o, ou log b = 1,3673290 ;

et par conséquent, b = 23,298 à 0,001 près.

SCD LYON 1
DES TRIANGLES QIJEkCOKQUES. ' > 7
2°. loga, ou log 45,23 = 1,6554266,

Oa a d'ailleurs , d'après les


tables centésimales, log cos 34°45' = 9,9330428;
donc log 45,23-f log cos 34°45' — 10, ou log c = i ,58846g4 ;
et par conséquent, c == 38,767.
SECOND CAS. On donne un des côtés de l'angle droit b, et
l'un des angles B ; on demande C, a et c.
On a premièrement C = ioo° — B.
Les relations (1) et (3) donnent ensuite
br br
sin B ' tang B '
,V , .-\ \ .., loea=loaè-f 1 o—log sin B,
d ou, appliquant les logarithmes, , , ,• , =-
logc^logó-f-io—íogtangB.
Soient è = 23,298, B=34°45'; d'où C = 65°55\
i°. On trouve dans les tables ordinaires,
log 23,298 = 1,3673186,
et dans les tables centésimales,
log sin 34°4^' = 9,71190^4,
d'où 10 — log sin 34°45' = 0,2880976;

donc log 23,298 + 10 — logsin34°45', ou log a = 1,6554162;


et par conséquent, a = 45,228, ou 45,23 à 0,01 près.
C'est la valeur de a supposée dans l'exemple du premier cas.
20. Onatoujours log 23,298 = I,36^3I.86.

Les tables centésimales donnent d'ailleurs


log tang 34°45' = 9,7788596;
d'où 10 — log tang 34°45' = o,22ii4o4;
donc log 23,298+1 o—log tang 34°45', ou log c = 1,58845go,
et par conséquent, c = 38,7667, ou 38,767 à 0,001 près.

SCD LYON 1
I I 8 BÉsOIiUTlOX

Les légères différences qui existent entre ces valeurs de a, c


et celles du premier cas, tiennent à ce que les tables ne donnent
jamais des valeurs rigoureusement exactes ; mais elles suffisent
dans la pratique.
N. B. Les expressions i o — log sin B, i o — log tang B, ne
sent autre chose que les complêmens arithmétiques de log sin B
et de log tang B, complêmens que l'on peut obtenir d'après l'ins-
pection seule de ces logarithmes.
Nos»avons cru devoir traiter un exemple de chacun des cas
précédens, pour montrer aux commençans la manière de se
servir des tables ; mais pour les suivans , nous nous contente-
rons d'établir les formules.
TROISIÈME CAS. On donne l'hypoténuse a et l'un des côtés
de l'angle droit b; on demande B, C et c.
Oa a d'abord , d'après la relation ( i),

log sin B = logé -f- Io — log a j.

ensuite, C = ioo° — B;
et enfin , la relation (2) donne

log c = log a-f-log'cos B—10.

Si l'on voûtais obtenir' directement c , d'après les données a


et 6 , il faudrait a\oir recours à la relation ca = a*—b*, qui

donne c— j/ct"■■— b*, ou bien c = )/(a + l>), (a —. b) ; d'où,

appliquant les logarithmes, logc=- [log (a-f-è)-f-log (a — b)].

On peut du moins employer cette dernière formule à la véri-


fication des calculs.
QUATRIÈME CAS. On donne les deux côtés de l'angle droit b
et c; on demande B, C et a
Le second principe donne d'abord

log tang B — log b + 10 — log t.

SCD LYON 1
DES TfUANOLES Qt'EhCOSQUES. 1 19

On a ensuite C==ioo°— B;

et de la relation (1) on déduit log a — log ô-f- ìo — log sin B.


La relation (2) donnerait aussi log a — log c + 10 — logcosB.

89. Première remarque. Comme les questions relatives aux


triangles rectangles se réduisent à celles-ci : deux des cinq
choses, B, C, a, b, c, étant données, trouver les trois autres,

et que 5 quantités combinées 2 à 2 ou 3 à 3, donnent ■——3

ou 10 combinaisons, il s'ensuit que cette question générale


présente en apparence dix cas différens; mais en les analysant,
on reconnaît qu'ils rentrent dans les quatre cas que nous ve-
nons d'examiner.
En effet, il faut d'abord faire abstraction de celui où l'on
donne les deux angles B et C , puisque, «lans ce cas, le triangle
est indéterminé; c'est-à-dire qu'il y a une infinité de triangles
( tous semblables entre eux ) qui satisfont à la question.
Quant aux autres cas, ils sont compris sous deux hypothèses
principales : on donne un côté et un angle, ou bien, deux côtés.
DAMS LA PREMIÈRE HYPOTHÈSE, le côté donné peut être Vhypo-

ténuse, ce qui offre les deux combinaisons a, B | a, C, qui


rentrent évidemment dans l'énoncé du premier cas.
Si le côté donné est un côté de l'angle droitj on a les quatre
combinaisons ò,B|&,C|c,B|c,C, qui sont comprises dans
l'énoncé du second cas.
DANS LA DEUXIÈME HYPOTHÈSE,l'un des côtés donnés peut être
Yhypoténuse_, ce qui donne les deux combinaisons a, b | arc;
et celles-ci rentrent dans le troisième.
Enfin, on peut donner les deux côtés de l'angle droitj ce qui
n'offre qu'une seule combinaison correspondante au quatrième
cas , savoir , b, c.
90. Seconde remarque. En réfléchissant sur ces mêmes ques-
tions , on reconnaît facilement qu'un triangle rectangle est,
toujours possible avec les données de chacun des cas examinés
n" 88, à l'exception du troisième. 11 faut, dans cs cas, pour

SCD LYON 1
120 RESOLUTION

que le triangle soit possible, que le côté de l'angle droit ait une
valeur numérique moindre que l'hypoténuse. Si le contraire
avait lieu, la construction géométrique serait ressortir l'impos-
sibiîité du triangle; or , je dis qu'il en est de même de la réso-
lution par la Trigonométrie.
En efl\ t, !a formule qui donne, dans ce cas, la valeur de
l'angle B, étant log sin B = log b -f- 10 — log a; si l'on a
b^> a , il s'ensuit log b ^> íog a ; d'où log b — log a ]> o ;
et par conséquent, log sin B >■ ìo; ce qui est impossible , puis-
qu'un sinus doit toujours être moindre que le rayon.
Dans les trois autres cas, il est aisé de voir que les formules
donnent des valeurs toujours admissibles.
En général, ìes expressions
sina^>r, cosa^>r, séca<[r. cosec a<^r,
oulogsina^>io, Iogcosa> 10, logséca<^io, log coséca< ìo,
sont, en Trigonométrie , des symboles d'absurdité, comme le
sont en Algèbre, les expressions telles que \/— a.
C'est une remarque que nous avons déjà faite dans le u" 5g,
où nous avons observé que les tangente et cotangente n'oíl'rent
pas de caractère semblable, parce que ces lignes peuvent passer
par tous lestétats de grandeur.

Des triangles quelconques.

La résolution des triangles quelconques repose également sur


deux principes dont voici les démonstrations.
91. PREMIER PRINCIPE. Dans tout triangle, les sinus des angles

sont entre eux respectivement comme les côtés opposés à ces


angles. •
Soit ABC (fig. 53 ) un triangle acutangle ou obtusangle en C.
Du point B. abaissons la perpendiculaire BD sur le côté op-
posé AC, prolongé si cela est nécessaire.
En appliquant aux deux triangles rectangles ADB, BDC, le
principe du n" 84, on a les deux proportions

SCD LYON 1
DES TRIANGLES QUELCONQUES. 131

r:sinA:: c:BD,1 csinA asinC


. • r<. > d ou 1 oa tire BD = , Cf = ;
) :sinC :: a: BD;/ r ' r '
et par conséquent , sin A : sin C a '. c,

Lorsque l'angle G est obtus, c'est l'angle BCD qui entre dans
la seconde proportion; mais comme (n° 52) deux angles sup-
plémens l'un de l'autre ont même sinus , il en résulte
sin BCD = sin BCA = sin C; et la troisième proportion n'en
subsiste pas moins.
En considérant les deux angles A, B, et abaissant du point C
une perpendiculaire sur AB, on trouverait encore
sin A : sin B V. a b.

Cette proportion et la troisième peuvent être réunies ainsi,

sin A : sin B : sin C :: « : b : c; (i)

ce qui démontre le principe énoncé.


92. SECOND PRINCIPE. Dans tout triangle, le carré de l'un
quelconque des côtés est égal à la somme des carrés des deux
autres, moins le double produit de ces deux côtés et du cosinus
de l'angle opposé au premier côté. ( Le rayon est ici supposé
égal à Y unité.")
Considérons la même figure (Jig.53); on a, d'après un
théorème connu,

AB ="BC2+ ÂC"~— 2AC X CD;


ou c2 = aa + b" — ib X CD ;
mais dans le triangle rectangle BDC, on a (n° 85), CD = a cosC ;
donc, en substituant, c2 = a"' + b2 —- lab X cos C. . . . (2)
Si l'angle C était obtus, on aurait d'abord

Tff = Bcf-f- ACS+ 2AC X CD,


ou c2 = a1 + i1 + 2& X CD.
Or, le triangle rectangle BDC donnerait CD = aX cos BCD;
mais comme BCD = 200°—BCA = 2000—C, il en résulte

SCD LYON 1
122 IIKSU1.UTI0N

(11*52) cos BCD =É— cos C (tleux angles supplémens l'un de


l'autre ont des cosinus égaux et de signes contráires); ainsi,
CD = a X — cos C = — a X cos C ; et par conséquent,
c' = a* -f- 6a — iab cos C; d'où l'on voit que le principe
énoncé est vrai, quelle que soit la nature de l'angle C.
Si le rayon était différent de î'unité, il faudrait le rétablir
dans la formule, et l'on aurait, d'après la règle relative à
Fliomogénéité,

r
mais c'est principalement sous la première forme que nous
serons usage de cette relation.
De même que c est exprimé dans cette formule, au moyen
de a et b, on pourrait également chercher b en fonction de a
etc,ouízen fonction de b et c; ce qui donnerait les deux
nouvelles relations
b2 = a* + c" —' 7.ac X cos B,
a' = b2 -f- c2 —1 2Ìc X cos A.
g3. Avant de passer à l'examen des différens cas relatifs à la
résolution des triangles quelconques, commençons par en dé-
terminer le nombre.
Or, la question générale ayant pour but de déterminer irois
quelconques des six choses A, B, C, a\ b, c, connaissant les
trois autres, comme 6 quantités combinées 3 à 3 donnent
(5x5 x á-
5—ou 20 combinaisons, il s'ensuit que cetle question

offre en apparence vingt cas différens , mais une analyse suc-


cincte les réduit à quatre, comme nous allons le voir.
Nous devons d'abord faire abstraction de celui où l'on donne
les angles A, B, C, et qui est indéterminé.
Maintenant, on peut donner
l°. Un côté etdeux angles, ce qui offre les 72e;í/"combinuisons
a. A, B, b, A, B, c, A, B,ì
0, A, c, c„ c, A, C
a, B, c, b, B, c, r, B, c]

SCD LYON 1
DES TRIANGLES QUELCONQUES. !23
U est d'ailleurs indifférent que les deux angles donnés
soient A et B, A ejt C, ou B et C, puisque la relation
A -f- B -f- C as 200°, fait connaître immédiatement le troi-
sième. II suffit seulement que la somme des deux angles soit
donnée moindre que 2000;
2°. Deux côtés et l'angle opposé à Vun de ces côtés ; ce qui
présente six combinaisons

{
a, b, A ! a, c, A I b, c, B ì
a, b, B I a, c, C | b, c, C",/

et les calculs effectués pour l'une d'elles doivent s'appliquer aux


cinq autres;
3°. Deux côtés Ht ù angle compris; ce qui donne les trois
combinaisons «, b, C | a, c, B | b, c, A;
4°. Enfin, les trois côtés; ce dernier cas n'offre qu'une seule
combinaison.
On a donc en tout ig combinaisons, qui se réduisent à
quatre cas différens. i
g4- PREMIER CAS. On donne un côté a et deux angles Ae/B,
il faut trouver C, b et c.
On a d'abord pour l'angle C, C = 2oo°—(A+B).
Ensuite, les proportions sin A : sin B a b
et sin A 1 sin C " a l c, donnent

log b = log a -f- log sin B — log sin Ay


et log c = log a -}- log sin C — log sin Aj

ces formules font connaître log b, log c, et par suite b, c.


g5. SECOND CAS. Étant donnés deux côtés a, b et l'angle A
opposé à l'un d'eux, trouver B, C et c.
On obtient d'abord l'angle B par la proportion

sin A : sinB a '. b,

qui donne log sin B = log sin A -f- log b — log a.

Connaissant les deux angles A et B, on en déduit

SCD LYON 1
124 RÉSOLUTION

C=2oo°—(A + B),
puis, pour déterminer c, l'on a
log c = log a -f- log sin C — log sin A.
Discussion. Ce second cas offre diverses circonstances qu'il
est important d'examiner.
Comme l'angle B est ici déterminé par son sinus, et que
deux angles supplèmens l'un de l'autre ont même sinus, il s'en-
suit que, log sin B étant calculé d'après la formule ci-dessus,
on peut prendre pour valeur correspondante de l'angle cher-
ché, soit l'angle aigu B qui se trouve dans la table, soit son
supplément 2000 — B.
Ces deux valeurs étant transportées dans les formules qui
donnent C et c, fourniront également deux valeurs pour cha-
cune de ces grandeurs. D'où l'on voit que la question est, en
général, susceptible de deux solutions.
En effet, la construction géométrique donne lieu aux deux
triangles ABC, AB'C (fig. 54) , dont l'un est acutangle en B, et
l'autre obtusangle en B'.
L'indétermiriation cesse lorsqu'on sait d'avance de quelle es-
pèce est l'angle inconnu B, c'est-à-dire s'il est aigu ou obtus.
Dans le premier cas, on prend pour valeur correspondante à
log sin B, l'angle aigu de la table; et, dans le second cas, on
prend son supplément.
II n'y a d'ailleurs qu'une solution dans deux circonstances
principales :
i°. Lorsque, l'angle A étant aigu, on donne a ^> b ; car
alors, comme au plus grand côté doit être opposé le plus
grand angle, il est clair qu'on doit avoir A]>B : on ne peut
donc prendre pour B, que l'angle aigu de la table;
2°. Lorsque l'angle A est obtus; car, dans ce cas, B ne peut
être qu'un angle aigu.
Enfin, il est deux autres circonstances particulières où la
question n'est susceptible que d'une solution, ou n'en admet
aucune. C'est lorsqu'on trouve pour log sin B,
logsinB=io, ou log sin B ^> ìo.

SCD LYON 1
DES TRIANGLES. QUELCONQUES. 125
Pour savoir si cela peut arriver, et quand cela arrive, reve-
nons sur la construction géométrique {fig. 54).
II peut se faire que l'arc de cercle décrit du point C comme

centre, qui rencontre généralement AX en deux points, ne


fasse que toucher cette droite.
Dans ce cas, les deux triangles ABC, AB'C se réduisent au seul
triangle rectangle ADC. Tâchons d'exprimer algébriquement
cette condition. On doit avoir évidemment CB ou a == CD.
Mais le triangle rectangle ADC donne (n° 84)

'í< . ,,GD =t^. . -.


La relation précédente devient donc

b sin A b sin A
a = ou = r.
.(8 — AJ -..uni : f! -,- /-.} --gíi'-îa ... — ■ -r- V
Ainsi,

log b -f- log sin A — log a', ou log sin B = log r == 10.

D'où l'on voit qu'on parvient à log sin B =10, lorsqu'on sup-
1 i 1 i » 1 1 • -N b sin A .
pose entre les données a, b, A, la relation a = ; ou,

géométriquement, le côté a égal à la perpendiculaire abaissée


du point C sur AX.
Enfin, on peut a%'oir

'.j, b sin A b sin A -


a<——, ou -—->n

il en résulte log b -f- log sin A — log a, ou log sin B > 10.

C'est le cas où l'arc de cercle n'atteint pas la droite AX


(fig. 54), puisque alors 011 a a < CD;
96. TROISIÈME CAS. Etant donnés deux côtés a, b, et l'angle
compris C, trouver A, B et c.
On ne peut, pour ce cas, faire immédiatement usage du
ER
I principe, parce que la relation (1) n'existant qu'entre les

SCD LYON 1
130 RESOLUTION

parties opposées du triangle, on aurait toujours doux incon-


nues dans l'une quelconque des proportions qu'elle fournit.
Cependant, ce principe, combiné avec la proposition du n° 76,
donne lieu à «ne formule qui fait connaître en même temps les
deux angles A et B.

En effet, de la proportion sin A : sin B à j b,

on déduit sin A -f- sin B ' sin A — sin B a -f- b la — b;

mais, en vertu du théorème n° 76, on a

sin A-|-sin B : sin A—sin B :: tang ^ (A-f-B) : tang ~ (A— B).

Comparant entre elles ces deux dernières proportions, on


obtient

a + b :a — b:: tang^ (A+B) : tang^(A — B).

Cela posé, comme l'angle C est donné, et qu'on a d'ailleurs

A-f-B = 20o° — C, ilenrésulte ^ (A -f- B) =s too — ~ C;

ainsi, l'angle i (A -f- B) est connu, et l'on a

tang í (A + B) = cot^C.

Les trois premiers termes de la proportion précédente étant


connus, on pourra calculer le quatrième terme, savoir:

tang - (A -f- B), et par suite déterminer l'arc - (A ■— B) ;

la formule logarithmique est

log tang - (A — B) = log (a — b) -f- log cot - C — log (a + b).

Soit donc ^ (A — B) = n,

n désignant un nombre de degrés connu. Comme on a déjà

SCD LYON 1
DES TRIANGLES QUELCONQUES. I27

I(A + B)= .00°-^C,

on obtient, par addition, A= ioo°—-C -f* n,


2

et par soustraction, B = ioo° — ^ G — n.


Connaissant les angles A,B,C, on trouve le 3e côté c par la
formule log c == log a -J- log sin C — log sin A,
ou par celle-ci, log c — log b + log sin C — log sin B.
97. Discussion. La construction d'un triangle dont deux
côtés et l'angle compris sont donnés , est toujours possible; et
en eflét, la formule principale d'où dépend, dans ce cas, la dé-
termination des angles A et B, renferme une tangente comme
inconnue ; or , on sait qu'une tangente peut passer par tous les
états de grandeur.
Considérons le cas particulier de a=b; la formule qui

donne tang ^ (A — B), devient

tang - (A — B) = o ; d'où - (A — B), ou n = o ;


2 2

ce qui réduit les valeurs de A et B à

A=ioo° — -C, B= 100° — - C.


2 3.

Cela doit être, puisque le triangle est isoscèle.

Quant à la valeur de c, l'on a c = U f'n.—; ]


sin A
sinA = sin (ioo° — -C)=cos-C; et (n° 63).
2 2

sin C == 2 sin - C X cos — C.


2 2

Substituant ces deux valeurs, on trouve

c = ta sin - C.
2

SCD LYON 1
128 RÉSOLUTION

C'est ce qu'indique la figure correspondante à ce cas parti-


Fig. 55. culier. Soit ACB (Jig. 55) un triangle isoscèle , savoir : BC = AC
ou a = b; il en résulte A = B; et si l'on abaisse la perpendi-
culaire CD, on a

DCB = BCA = -C; d'où A = B = ioo° - - C. —


2 2

D'ailleurs le triangle rectangle ADG donne (n° 85)

BD, ou -c = BCXsiuBCDc=asin-C: î" 1JO


• <• r. '. — .iiiiS P 53 I.Ì ■ . T-

et par conséquent, c — ia sm - L.
J A9J03

98. Quoique la méthode qui vient d'être exposée pour ré-


soudre le troisième cas, soit très simple, et la seule même dont
on se serve ordinairement, nous croyons devoir en faire con-
naître une seconde, qui consiste à déterminer d'abord le 3e
côté c en fonction des données, et à en déduire ensuite les
angles, parce qu'elle donne lieu à des transformations trigo-
nométriques que les jeunes gens ne sauraient se rendre trop
familières.
La formule du n° 92 donne c = \Za% «-J- b'— zab cos C,

et fait connaître immédiatement c en fonction des données


a, b, C. A la vérité, cette valeur, dans son état actuel, ne se
prête pas à l'emploi des logarithmes ; mais on peut lui faire subir
une transformation ayant pour objet de la ramener à une autre
qui ne contienne que des symboles de multiplication, division
et extraction de racine; ou bien, si la nouvelle expression
renferme encore les signes -f- et —, ces signes ne doivent réunir
que des termes du premier degré.
Dans l'expression ci-dessus, la quantité soumise au radical
renfermant trois termes, il faut d'abord tâcher d'en diminuer Je
nombre.

Pour cela, nous avons recours à la formule sin2 - a= ——°21^,


2 2

SCD LYON 1
DES TRIANGLES QUELCONQUES. 11CJ

trouvée n° 65 : on en déduit cos a = i — 2 sin2 - o.


' 2

ou mettant C au lieu de a, cosC = 1 — 2 sin2 - C.


2

Portons cette valeur dans celle de c; il vient

a2 -f- b2— lab (1 — 2 sin2 - C),


2

expression qui peut se mettre sous la forme

■=sj{a-b)> -j-4a£ sin ^C; a

et déjà, par cette transformation, la quantité soumise au radical


est réduite à deux termes.
Actuellement, multiplions en avant du radical, par a — b,
etdivisons sous le radical, par (a — bf; il en résulte

Aab sin2 J C
et si nous posons — ^ = tang2ip,

,, , 2 sin l C , /—
d ou tang a — =— y ab,
a—b
la valeur de c devient c= (a— ô) t/i + tang" <p ;

mais on a vu (n° 5o) que \/1 -f- tang2 O = séc © =; —-—;


cos ç
donc enfin c=— ~.
cos<p
D'où l'on voit que la valeur de c s'obtiendrait facilement par
logarithmes, si l'on connaissait l'angle <p. Or, l'expression de
tang p, établie plus haut, peut elle-même être calculée par lo-
garithmes; on a

log tang <p = log 2 + log sin ^ C + í log a ■+ ± log b — log (a — b).

SCD LYON 1
130 RÉSOLUTION

L'angle <p étant ainsi déterminé , on trouve pour c,

log c = log (a — Z>) — log cos <p,


ou plutôt, logc=log(a — ô)-f- 10—logcosp,
« ■ a—b ,. ,
parce que 1expression c == ■ ^ int pas h
n etant homogène
cos( f

O — b)r
on doit la rendre telle, ce qui donne cass-
ette <p
( II n'y a rien à changer à l'expression tang ç = a sin
qui est évidemment homogène.)
II est à remarquer que si, dans la valeur
logc = (a — b)— log cos <p, pour éviter la soustraction, l'on
a recours aux complémens, elle devient
log c = log (a— b) -f- comp log cos<p,

qui est identique avec la formule


log c = log (a — b~) -f- i o —■ log cos ç ;

c'est-à-dire qu'en opérant par les complémens, sur la formule


c= , on trouve , sans être obligé
c
de retrancher i o , le
cos <p
même résultat que celui qui correspond à l'expression rendue
homogène.
Le côté c une fois connu, l'on obtient les angles A et B par
les formules log sin A == log sin C -f- log a — log c,
log sin B = log sin C + log b — log c ;

et si les calculs de cette méthode ont été exacts, les trois angles
A,B,C doivent satisfaire à la relation A + B -f Css 2000.
go,. N. B. Nous observerons, à cette occasion, que cette même
relation ne saurait servir à vérifier les calculs de la première
méthode, parce que les angles A et B n'ont pas été déterminés
indépendamment l'un de l'autre, mais au moyen des relations

^ (A — B) = «, ^ (A + B) = 1 oo° - ^ C, dont la dernière

SCD LYON 1
DES TRIANGLES QUELCONQUES. I 3I
h'est autre chose que la relation A -{- B -f- C = 2000.
Ainsi, quand bien même on aurait commis une erreur en
déterminant n, ce qui forme le calcul principal de la méthode,
les angles A, B, C n'en vérifieraient pas moins celte relation.

Les deux expressions A=ioo°— -C-l-ra, B ==100°—-C—n


2 ' ' 2
donnent en effet, par leur addition, A-{-B =200°—C, ou
A -f- B -f- C = 2000, que n soit exact ou inexact.
100. Voyons ce que deviennent les formules de la seconde
méthode, dans le cas particulier de a = b.
2S C
D'abord, la formire tang ç = '" ", \/ab devient

2<i sin \C . . .
tang <p = ; et puisque ia tangente est intime, ç est un
a— b o
angle droit;'on a donccos <p = o, et c ou
cos <p o'
Pour interpréter ce dernier résultat, remarquons qu'afin de
rendre la valeur de c calculable par logarithmes , on a été
conduit à* multiplier cette valeur, haut et bas, par a — b; il
n'est donc pas surprenant qu'on ait c = - , lorsque l'on pose

a = b, d'où a—b = o.

Si l'on veut'obtenir la vraie valeur de c, il faut remonter à


2
l'expression (a—b)' -f- ^ab sin ^ C, laquelle devient,

dans l'hypothèse de a = b, c ~= \J 2
l\a* sin - C = ia sin ^ C ,

comme on l'a trouvé d'après la ire méthode.


ïol. Comme le troisième cas est un des plus importans de la
résolution des triangles, nous allons appliquer les formules à
un exemple particulier que nous traiterons successivement par
les deux méthodes.
Soient a = 45", 49, ò = 34m,58, C = 69°28'.
9-

SCD LYON 1
l32 RESOLUTION

PxEMlÈRli MÉTHODE. Le* foriïlllìcS SOllt

log tang ^ ( A — B) = log (a — b)-\- log cot ^ C — log (a+ 6),

log c = log sin C + log a — log sin A.


Voyons ce qu'elles deviennent dans le cas dont il s'agit :
a-f-3 == 80,07 ; a — 6=10,915

A + B = 2oo°— 69°28' = i3o°72.'; i(A+ B) =-65° 36'.

Cela posé, l'on a log (a — i) = logio,gi = 1,0378248

gcot-C=logtang^(A-f-B)=logtang65°36' = 10,2182093
comp. log {a -f- b) — c. log 80,07 = 8, og653o2

Donc log tang ^ (A — B) = 9,3525643

(On a supprimé la dixaine du résultai, comme


provenant du complément que l'on a pris.)

d'où I(A —B) == Ï4° 10';

mais on a déjà - (A + B) = 65° 36' ;

donc A = 79° 46' et B=:5i°26'.

II reste à déterminer c.
On a logsinC = logsin69°28'= 9,9473431
loge = log 45,49— 1,6579159
comp. log sin A = comp. log sin 790 46' = o, 023007g
d'où logc = 1,6282669;
et par conséquent, c= 42,488 = 42> 49-

SECONDE MÉTHODE. On a pour les formules,

log tang <p = log 2 -j- logsin -C-f-loga-J--logé—îog(a—b),

SCD LYON 1
DES TRIANGLES QUELCONQUES. l33
. *
log c = log (a — b) -f- 10 — log cos ç>,
log sin A = log sin C + log a — loge,
log sin B == log sin C + log b •— log c ,
. A -f B -j- C = 2oo°.

Cherchons d'abord la valeur de log tang ç.

log 2 === 0,3oio3oo

log sio - C = log sin 34° 64' = 9,7i4o5i9

I| ga = ^ log45,49 == 0,8289579
0

^ log b == ^ log 34,58 = 0,7694125

comp. log (a— &) == comp log 10,91 = 8,9621752

donc log tang cp 10,5756275 ;


d'où log cot <p == 20 — log tang <p = 9^243725.

Cherchant dans la table l'arc corres-


pondant , on trouve ç — 83° 47'.

Pour calculer c, l'on a log (a — b) = 1,0378248


comp. log cos <p — c. log cos 83° 41/ = o,5go4983

donc log c =, 1,628323i ;


d'où c — 42,493 = 42,49.

11 reste à déterminer A et B.

i°. log sin C = log sin 69° 28' = 9,9473431

log a — log 4 >49 =


5 1,6579159
comp. log c = c. log 42,49 = 8,3717133

donc log sin A — 9>97697a3"»


d'où A =$3 79° 45'.

SCD LYON 1
134 RESOLUTION

2°. log sin C = log sin 69° 28' — 9,9473431


log b = log 34,58 = %, 538825o
comp log c = c. log 42 49
J — 8,3717133

donc log sin B = 9,8578814,

d'oìi B = 5i° 26'

A -f B + C = 790 45"+ 5i° 26' + 69° 28' = 199° 99'.

Le résultat présente une erreur de 1'.


Quoique la première méthode soit plus simple que la seconde,
celle-ci a toutefois un avantage, c'est de présenter immédiate-
ment uu moyen de vérification. Au reste, rien n'empêche, dans
la seconde méthode, de s'arrêter à la valeur de c, seulement
pour vérifier les calculs de la première.
102. Quatrième et dernier cas. Étant donnés les trois côtés
a, b, c, déterminer les angles A, B, C.
Les trois formules du second principe (n° 92) donnent
1
tf+f—á „ a'+c'—b* _ «s+oa— c1
cosA=: -— , COSrS=- , COS J ( = r—— :
26c . 2oc lau

mais comme ces expressions ne sont pas calculables par loga-


rithmes, il faut tâcher de les transformer en d'autres qui rem-
plissent ces conditions.
6a-f-ca —-a"
Considérons en particulier la première, cos Ar= —j— ,

et ajoutons 1 aux deux membres; il vient

b' + c' — a" (b + c)' — a"


1 + cos A. =
— tl -jí " * —~~7r — »——'
== " ',r-
2bc '2ÙC
__(b + c-\-a) (b -tr è
zbc

On voit déjà que, par cette transformation , le second


membre ne renferme que des multiplications et des divisions
à eíl'ectuer.
Maintenant, si l'on se rappelle ( n° 65) que

SCD LYON 1
DES TRIANGLES QUELCONQUES. I 35

1 . «/'-f- cos A. , ,
cos - A se \/ , et qu on mette dans cette loruiure,
2 V 2 ,
au lieu de i -f- cos A, sa valeur, on trouve

ïí'+ c + á) (îf + c — a)
cos ■ "
2"^V ífic

Posons, pour plus de simplicité ,

a -f- b -f- c == ip : d'oìi b -f- c — a = 2/> — 2a;

i •
on obtient
1
» /2P(.2P
cos-A = \/ — —.
— ùsi
0
;
2 V l\bc

1 sl
■i • . IP\P — )
ou , reduisant, cos-A= \ —— .
2 V 6c
fl C%
T7 ! * de
Jln opérant 1 metne
« sur R sss ' +
cos a — ^«
1 2ac
c1
cos C —■ r
2slÓ
, on trouverait

b l c
»R
cos-B = ,/p(P~
\ —— );, cos - r
L = .V/
/p(p —
= ).
2 V ac ' 2 V aò

Ces trois résultats, qui font connaître les angles A, B, C par


les cosinus de leurs moitiés, sont calculables par logarithmes.
On tire en effet du premier,

log cos r= ~ [ log p + log {p — a) — log b — log c ],

ou, en employant les complémens arithmétiques,

logcos^A=^[log p + log (p — a) -f- c. log b -f- c. log c],

2V. Z?. Quoiqu'on ait pris deux complémens, cette dernière


expression, telle qu'elle est, n'en donne pas moins la vraie va-

leur de log cos- A, c'est-à-dire celle qui correspond à r=io'° ,

ou qui se trouve dans la table.

SCD LYON 1
Î36 RESOLUTION

En effet, pour rendre cos - A ==


I a • i V bc
\ /^Ì£-
hon
on doit multiplier la quantité soumise au radical par r2 ;
ce qui donne
1
A /P (P —

d'où, appliquant les logarithmes ,

log cos ^ A = i [log/) + log (p — a) +1 o — log b +1 o — log c],

résultat identique avec le précédent.


Comme les angles A, B, C sont déterminés indépendam-
ment les uns des autres, il s'ensuit qu'on peut employer la
relation A -f- B -f- C = 2000, pour la vérification des calculs.

i o3. Discussion. Reprenons la formule cos - A= \ —— ,


2 V bc
et observons que l'angle -A étant calculé par le moyen de son

cosinus, sa détermination dépend de deux conditions : il


faut, l°. que la quantité sous le radical soit positive; 2°. que
cette quantité soit moindre que l'unité, puisque l'on a sup-
posé r = i.
Ainsi, l'on doit avoir
p{ a)
P~
bc
>o
,
et S^'<,.
bc
La première se réduit à /

a + b+c *' "


p — sls> o ou >a, ou bien enlin, b+c^>a.

La seconde devient

(^±t^(eâ±L:_a) c

<ic
, ou (.a+b+c) (b+c-á) <4*
c
,
ou (b + cy— aa<4èc, ou (b — c)2<«2;
condition qui se décompose en deux autres, savoir :

SCD LYON 1
DES TRIANGLES QUELCONQUES. IÒ7'

b — c <Z a, d'où b <^ a -f- c, si l'on a b ^> c,


et c — ô <^ «, d'où c <^ a -f- è, si l'on a c ^>
Donc, pour que le triangle soit possible, iî faut que l'on ait
a < b -f- Cj ô •<] o + c, c <^ a -J- i,
ou l'un des côtés moindre que la somme des deux autres. Ce ré-
sultat est conforme à celui que donne la Géométrie.

10/f. Recherche de quelques autres formules pour la résolu-

tion du e cas.4
b* _|_ c* G3
I". De la formule cos A. = -, -, on déduit encore
ibc
b'+rf—a* 2èc—è2—c2-f-sl2 «2—(b—cy
I COsA=I ; ■ == : = i ,
26c 7.ÙC nue
mais a2— {b — c)2 revient à (a -f- b — c) (a—b-\-c);
(a + b~ c) (a—b+c)
donc 1 — cos A = ■ .
a. oc
— cos A
Or , on a trouvé (n° 65) sin - A = ^—
2

mettant dans cette expression la valeur de i — cos Á,


. . . i + ò — c) (a— b + c)
on obtient sm - A = 1/ —'-.
2 V l^bc
Soit fait a -f- b ~J- c = ip, d'où a-\-b — c = zp — 2c,
a-\-c—b — zp — ab; on trouve eníìn, toute réduction faite,

s4A=\/ {p —b)bc(p-c)
Celte formule, qui donne l'angle A par le sinus de sa moitié

est tout aussi simple que la valeur de cos — A, et a l'avantage

d'être plus symétrique; inais nous avons préféré faire connaître


d'abord celle-ci, parce qu'elle se déduit plus simplement de la
valeur de cos A, et qu'elle est d'ailleurs plus commode pour la
discussion.
On obtiendrait de même,

SCD LYON 1
138 nÉsoLtmoN

sin - B =
2
Jk^lSBÈ,
V slc
sin - C== i
2 V
/EH|Sï£3; «y

a°. Si nous divisons

sin
2lA = V ^ éT1— parc0S
2 A==
V7 iT~'
•i - i, sm^A . , . /(p—b) (p — c)
u en resuite
cosjA

t"r ou tangiA = \/ lí—-_'-M_
V p (p — a) ;

et cette nouvelle formule peut être également employée avec


avantage.

" 3°. Enfin , des mêmes valeurs de sin - A et cos * A, on dé-


1 2
duit

ou, simplifiant et observant que (n° 63)

sin A = a sin - A cos - A,


f 2 2
a a b c
sin A = (P "'— ) (P ~ ) (P — )
bc '

résultat auquel on parviendrait également d'après la relation

sin A = y' i — cos2 A, en mettant à la place de cos A sa valeur


_|_ c» fl
a
" (Nous engageons les élèves à faire ce calcul.)

Cette dernière formule est beaucoup moins simple que les


précédentes, puisque l'on a sept logarithmes à chercher, au lieu
de quatre que présentent les autres formules.

io5. Toutefois , elle nous conduit à une conséquence très re~


masquable, dont nous aurons plus d'une fois occasion de faire
usage.
On a trouvé (n° 36) , en désignant par S la surface d'un
triaDgle, et par ap son périmètre,

S= y'p(p-a) ( ^ b) ( -c).
P P

SCD LYON 1
DES TRIANGLES QUELCONQUES. I 3()
Cette valeur de S étant substituée dans celle de sin A, donne
2S 1
sin A==-r- , d'où l'on déduit S = - bc sin A j
bc 2
c'est-à-dire que la surface d'un triangle est égaie à la moitié
du produit de deux des côtés et du sinus de l'angle compris
entre ces côtés.
C'est, au reste, ce qu'on peut vérifier facilement d'après la
l
figure. On a en effet (fig. 53) ABC = - AC X BD == i b X BD ; *%.

mais le triangle rectangle ADB*tdonne (n° 85) BD t= c sin A,

donc ABC = - b X c sin A = - bc sin A.


2 2
106. Nous pouvons maintenant résoudre la question du n° ^5,
qui a servi d'introduction à la Trigonométrie.
II s'agissait de calculer la hauteur CD (f g. 43) dans le triangle Fig.
ACB, connaissant la base AB = c et les angles adjacens A et B.
On a d'abord C = 2000 — (A + B), d'où sin C = si n ( A -f- B) ;
le principe du n" 91 donne ensuite
• ■ 1 1. i 7 c sin B
smC : smB :: c : b; d où b= sin
. (A,t -f-
, —.
B)
Eniìn, on déduit du triangle rectangle ADC, DC = b sin A ;
, ■ c sin A sin B
donc enfin
P DC = -:—— —,
sin (A + B) '
résultat calculable par logarithmes.
Veut».on calculer la surface du triangle au moyen de ces
mêmes données ? On a S = — c X DC ; ou mettant à la
1
1
, , c c2 sin A sin B
piace
1
de DC sa valeur, S=-. —.——
' 2 sin(Af B)
107. Rapprochons ce résultat de ceux du n° précédent,

S = Vpip — a) {p —b) (p — c)\

SCD LYON 1
14° ' RESOLUTION

On voit que ïe premier donne la surface du triangle, en


fonction d'un côté et de deux angles quelconques ; le second, en
fonction des trois côtés, et le troisième, en fonction de deux côtés
et de l'angle compris.
II reste donc, pour avoir la surface du triangle, exprimée au
moyen des données de chacun des cas relatifs à la résolution des
triangles, à trouver cette surface en fonction de deux côtés et de
l'angle opposé à l'un d'eux.
Soient donnés, par exemple, les côtés a, b et l'angle A.

On a d'abord ABC ou S = - c X CD == - c b sin A.


2, 2
Mais la relation cs == Z»a -f- ca — nbc cos A, peut se mettre sous
la forme
c? — ib cos A . c — sla — 6a,

équation qui, résolue par rapport à c, donne

c=ècos Arts/d*coVA -f- a"— b* —b cos Art \/a"—o'sin" A.

Substituant cette valeur dans l'expression de S, on obtient

S = - b sin A (b cos A db l/á2 — òa sina A>


2

Mais cette formule n'est pas, comme les autres, immédiate-


ment calculable par logarithmes, et nous 11e nous arrêterons
pas à la rendre telle. On a d'ailleurs deux valeurs pour S,
parce qu'en effet on a vu (n° g5) qu'il existe en général deux
Fig. 54- triangles qui ont pour données a, b et A (fig. 5^).
Pour que ces valeurs soient réelles, il faut que l'on ait
^ h sin A , , T i
aj> o sm A , ou plutôt, a ^> —, en rétablissant le rayon,
c'est-à-dire CB ou CB' > la perpendiculaire CD.

108. Nous allons joindre à ce qui précède un tableau de


toutes les formules relatives à la résolution des triangles, soii
rectangles, soit obliquangles.

SCD LYON 1
!>ES TRIANGLES QUELCONQUES.

TABLEAU

Des Formules relatives à la résolution des triangles,


Avec l'iiidication des numéros d'où on les a tirées.

Triangles rectangles.
étant sonnés...... trouver

( C = ioo° —B
a, B...C, b, c '!log b = log a + log sin B — 10,
ilog c === log a -j- log cos B — 10.
C = ioo° — B,
b, B.. .C, a, log a = log b + i o — log sin B,
log c == log 6+10 —■ log tang B.

(88) log sin B=^log6+ io — logsl,


C=ioo°—B,
a, b....B, C, c^ log c — log a -(-logcos B — io,

ou log e==-- [log (« + 6) + log (« ~ b)~].

log tang B = log b + io — log c,


C = ioo°—B,

log a = log 6 + io —log sin B.


Triangles quelconques.

r ^
C = 200"
2oo°—(A +B),
—(A.-f-ej,
(94) a, A,B...C,6,cJiog„ 6 = log a +
-f- log sin B — log sin A,
! log c = log a + log sin C — log sin A.

log sin B == log sin A + 'og sin b — log a,

Í C = 2oo°— (A + B),
log c — log a+ log sin C — log sin A.
Ce second cas admet, en général, deux solutions.

SCD LYON 1
I 42 KESOLUTION »

Première méthode.

étant donnés trouver

- (A + B) T=IOO°— -C — m,
2 2
[log tang^(A—B) = log(a—b) +k>gcot^ C
— log (a + b),
(96)a,b,C...k,B,c{

[±(A-B)= ]
n

log c = log a + log sin C—log sin A.

Deuxième méthode.

log tang <p = log 2 -j- log sin ^ C + ~ log á


mente cas.

+ ^îog o—log—

^ I ' log c = log (a—è)+c. logcosip,


log sin A.= log sin C -f- log a —log c,
log sin B =log sin C + log b—log c;
-vérification , A -j- B + C = 2000.

log sin ^ A = i [ log (p — b) -f log Cp — c)


-f c. logÒ+ c. loge],
' T I
jlog sin - B = - [log (p — a) -f- log (p—é)
(io4) a,6,c...A,B,C -j- c. log a -}- c. log c2,

(log sin^C=^[log (p — a) + log (p— b)


+ c. log es-l-c. log Z>] ;

vérification, A -j- B -f- C = 2003;

SCD LYON 1
î)ES TRIANGLES QUEtX'ONQUEf. 143

jlog cos-A = - [ log p + log (p — o)

+ c. log b + c. log c],

Jjogcos-B = - [logp + log (p — b)


ou bien, (102).
4- c. log a -f- c. log c],
|log cos iC = ^ [logp + logCp — )
c

+ c. log a + c. log b ] ;
A -f B 4- C = 2000.

10g. Remarque sur les formules relatives à la résolution des


triangles. Reprenons les trois formules du n° 92.

aa = b1 4- c2 — zbc cos A, 1
è2 = a2 4- c2 — 2slc cos B, k... (1)
c2 = a2 4- i2 — 2aô cos C, ) ,

et observons que, puisqu'elles renferment les six quantités


a, b, c, A , B, C, il doit être, engénéral, possible de déterminer
à l'aide de ces équations, trois quelconques d'entre elles, con-
naissant les trois autres. La résolution de tous les cas relatifs
aux triangles quelconques est donc comprise dans ces formules;
et si, pour les deux premiers cas, on a fait usage du premier
principe, c'est parce que l'emploi des formules qui s'y rap-
portent est plus commode pour les calculs.
Au reste, il est facile de reconnaître que ces dernières for-
mules se trouvent implicitement renfermées dans les précé-
dentes.
è24-c2 — a"
En effet, on déduit de la première, cos A =s
2ÔC

d'où sin A:

ou, effectuant les calculs et réduisant,

sin A =3 \/ za'b" + 2a"cJ-r aó2c2— a*— 6+ — c+.


26 c

SCD LYON 1
l44 RESOLUTION ' v

Soient divisés les deux membres de cette égalité par a; il vient

sin À
= —r- y/ia'b- + aaV-f- 2ÒJcs — a* — 6+ — c*,
zabc i

égalité dont le second membre est symétrique en a, b, c; d'où


il suit qu'en désignant par k ce second membre, on trouverait
de même, en changeant A en B et a en b, b en a, puis A en C
et a en c, c en a,
sin B sin C .
—;— = n et -—- = « ;
b c
, sin A sin B sin C . , . T, -r... .z.
donc = —j— = , ou sin A : sin D. sin C .. a . o . c.
abc

II o. Pour faire ressortir davantage toute la généralité des

formules (i), nous allons nous proposer de déterminer les


côtés a, b, c, connaissant les angles A, B, C.
Nous devons reconnaître que la question est indéterminéej
mais que les côtés a, b, c sont proportionnels aux sinus des
angles opposés.
Ajoutons d'abord ces formules deux à deux ; il vient

a
" -j_ èa = a2 -]- Z>2 + 2c2 — ibe cos A — 2ÍZC cos B,
a2 -f- c° = a2 -f- c2 -(- %b* — zbc cos A — lab cos C,
Z;2 -j- c' = b' -f- c2 -f- 2«2 — 2ac cos B — zab cos C,

équations qui peuvent remplacer ïes précédentes.


Or, si l'on réduit et qu'on supprime respectivement les fac-
teurs 2c, ib, se, ces équations deviennent

o — c — b cos A — a cos B,
o = b — c cos A — a cos C,
o = a — c cos B — b cos C,

résultais dans lesquels les inconnues a, b, c ne sont plus qu'au


premier degré.
[On peut trouver facilement cas résultats parla Géométrie'

, Oa a évidemment AC ou b = AD -f- DC {fig. 53);

SCD LYON 1
DÉS TRIANGI.ES QUELCONQUES.

ìnaìs les deux triangles rectangles ADB , BDG donnent (n° 85)

AD = AB cos A = c cos A, DC = BC cos C = a cos C;


donc h = c cos A -f- a cos C, ou b «— c cos A — a cos C = o ;

c'est le second des deux résultats ci-dessus].


Afin de mettre les inconnues en évidence, et de comparer
plus aisément ces résultats aux équations du IER degré à trois
inconnues, nous remplacerons ai b, c par x, y ,z.
On aura, en ordonnant,
cosB.a: -f- cosA.y — i . z = o, )
cosC.x — i . y -f- cos A.z — o, (2)
i.x — cos C .y — cos B.s s= o, J

équations qui, comparées aux formules

ax -f- bj -f- cz = d,
a'x + b'y -f- c'z — &,
a"x + b"y + c"z = d",
donnent d = o, d' = 0, d",— o ;
puis a — cos B, b — cos A, c =—1;
d = cos C, b' = — 1, c' = cos A;
a" — 1, &" = — cos C, c" = — cos B.

Or, on a vu (-^^ chap. II, n° 78) que, lorsqu'on suppose


nulles à la fois les quantités d, d', í£",les expressions de x ,y, a

sont nulles ou de la forme -, suivant que le dénominateur


o
ab'c" - ac'b" + ca'b" — ba'c" -f- bc'a" — cb'a", est différent
de o ou égal à o.
Cela posé, je dis que, dans la circonstance oíi nous nous trou-
vons, ce dénominateur est nul.
En effet, si l'on y substitue à la place de a, b, c, a!, b'...,
les valeurs ci-dessus, on trouve qu'il se réduit à
cos2 B + 2 cos A cos B cos C + cos2 A -f- cos2 C — 1 ;

mais la relation A -f- B -(- C = 200° donne B -j-C=2oo°—A

SCD LYON 1
l46 RÉSOLUTION

d'où cos (B 4- C) =— cos A,


ou, développant cos (B -f- C) par la formule connue,
cos B cos C — sin B sin C — — cos A,
ou bien encore, cos B cos C -f- cos A t= sin B sin C.
Elevant les deux membres au carré, et remplaçant sin2B,
sin2C par leurs valeurs 1— cos2B, 1 — cos2C, on obtient
cos2Bcos2C -f- 2cosBcosCcos A+cos2 A = ( 1 — cos2B) ( 1 — Cos2C) ;

ou, effectuant les calculs et réduisant,

cos2 A -|- cos2 B -f- cos2 C + 2 cos A cos B cos C — 1=0.

On voit donc que le dénominateur ci-dessus est nul, et que

par conséquent, x, y, z ou a, b, c sont de la forme -. Ainsi,


la question est indéterminée. Mais on peut, conformément à ce
qui a été dit en Algèbre (n° 78), déterminer les rapports de
ces inconnues en fonction des données A, B, C.
Les équations (2) peuvent se mettre sous la forme
x y
cos B . r- COS A .—= I ,
z z
_ x y
cos C . 1 . — = — cos A ,
z z
x y
1 . cos C . =3 cos B.
z z
Multiplions la seconde de ces équations par cos A, et ajou-
tons la première à la seconde ainsi multipliée; il vient
x
(cos B + cos A cos C) — = 1 — cos2 A ;
z
x 1 — cos2 A
d ou
z cos B -f- cos A cos C '
mais on a » — cos2 A = sin" A, et cos (A -f- C) sa — cos B ;
d'où cos A cos C — sin A sin C = — cos B,

SCD LYON 1
DES TRIANGLES QUELCONQUES. l4î
ou cos B -f- cos A cos C = sin A sin C ;
x sin2A sin A
donc enfin,
z sin A sin C sin C
a sin A
c'est-à-dire,
c sin C"
S n
On trouverait également - = j ^.
c sin L. .
Nous retombons ainsi sur le principe du n° 91.

Applications de la Trigonométrie au levé des plans.

m. PREMIER EXEMPLE. On demande la hauteur d'une


tour ABj du pied de laquelle on peut approcher.
On commence par mesurer sur le terrain, supposé de niveau
ou perpendiculaire à AB {Jig. 56) , une base AD qui ne soit ni f'ig. 53.
trop grande ni trop petite par rapport à la hauteur cherchée ;
puis au point D, à l'aide d'un instrument (un graphomètre,par
exemple), on mesure l'angle ECB que forme l'horizontale EC
avec le rayon visuel dirigé du point C au sommet de la tour.
On connaît ainsi dans le triangle rectangle BEC, l'un des
côtés de l'angle droit EC et l'un des angles aigus ECB; ainsi
(n° 88) l'on peut déterminer BE d'après la formule
log BE = log EC + log tang ECB — 1 o.
Connaissant BE, il faut, pour avoir la véritable hauteur de
l'édifice, ajouter à BE la hauteur CD de l'instrument.
ii2. SECOND EXEMPLE. Déterminer la distance AB d'un point
, A où l'on est placé j à un objet B visible^ mais inaccessible j
parce-que les deux points sont séparés par une rivière.
On mesure d'abord sur le terrain une base AC (Jig. 5y), telle Fig. 57,
qu'en dirigeant de ses deux extrémités des rayons visuels AB
et CB, les angles BAC, ACB ne diffèrent pas trop de 5o°.
Après avoir mesuré ces angles, on résout le triangle ABC dans
lequel on connaît un côté et deux angles ; et l'on a
10.,

SCD LYON 1
14^ APPLICATIONS

log AB = log AC + log sin ACB >— log sin ABC.


Remarque. Si, dans le premier exemple, on supposait que le
pied de Fédifice fût visible, mais inaccessibleon déterminerait
AD ou EC {fig. 56), comme dans îe second exemple, et la ques-
tion serait ramenée au cas où le pied est accessible.
113. TROISIÈME EXEMPLE. On demande la distance CD de

deux objets visibles j mais inaccessibles j comme étant séparés par


une rivière du lieu où l'on est placé.
Fig. 58. Après avoir mesuré une base AB (^J. 58) qui ne soit ni trop
grande ni trop petite par rapport à CD, on dirige, à î'aide d'un
instrument, des rayons visuels AC, AD et BC, BD; puis on me-
sure les angles CAB, D AB et DBA, CBA.
On calculera alors, comme dans l'exemple précédent, le
côté AC du triangle ABC et le côté AD du triangle ABD,
puisque l'on connaît, dans chacun de ces triangles, un côté AB
et les angles adjacens. '
On a d'ailleurs CAD == CAB — D AB; ainsi, dans le triangle
CAD, l'on connaîtra les deux côtés CA, AD et l'angle com-
e
pris CAD; dès lors on pourra,calculer le 3 côté CD, d'après
e
l'une des deux méthodes relatives au 3 cas d'un triangle quel-
conque.
Nous ne nous arrêterons pas à des applications particulières
de ces questions, parce que les exemples que nous avons donnes
précédemment suffisent, pour mettre au fait de ces sortes de
calculs; mais nous terminerons par une question assez impor-
tante, qui nous fournira une nouvelle occasion d'appliquer
quelques-unes des formules trigonométriques.
114- QUATRIÈME EXEMPLE. Trois points A, B, C, (jig. 5g) étant
donnés sur la carte d'un pays,, on propose de déterminer la
E
position d'un 4 point M, d'où l'on aurait mesuré les ungles
AMC, CMB. (Les quatre points sont supposés sur un même
plan. )
On peut d'abord donner de ce problème une solution pure-
ment géométrique.
Décrivez sur AC un segment de cercle capable de l'angle

SCD LYON 1
TRIGONOMETMQ.UES. 149
donné AMC., et sur CB un second segment capable de l'angle

donné CMB.
Comme il n'y a que les points du premier pour lesquels les
rayons -visuels menés aux deux points A et C puissent former
entre eux le premier angle donné, et que la même chose a lieu
pour le second segment, il s'ensuit que le point cherché se trou-
vera à l'intersection de ces deux segmens.
Mais on demande la solution par le calcul.
Appelons a, b, c les trois côtés du triangle ABC, et posons
AMC = *, CMB = /3.

i°. Puisque les trois points A, B, C sont donnés de posi-


tion, on connaît les grandeurs de a, b, c; dès lors on peut
e
obtenir par l'une des formules relatives au 4 cas de la résolu-
tion des triangles, la valeur de l'angle ACB que nous désigne-
rons par C.
2°. On connaît, par hypothèse, les angles AMC—st, CMB= S,
/
et par conse'quent, leur somme AMB, ou ct-f-f?- Mais, dans le
quadrilatère AMBC, la somme des angles est égale à 4oo° ;

donc MAC -f MBC == 4oo° — (C -f- « + /3),


MAC -f- MBC .„ C + » + 9,
d ou = 200° — ;

ainsi, la demi-somme des angles MAC, MBC est connue.


3°. Pour avoir leur différence, désignons MAC par o? et
MBC par y; les deux triangles AMC, CMB donnent (n° 91),

MC ". AC :: sinar : sinos ) ., , b sin x csiny


MC : CB :: siny : sin /S / sin a. ' sin j3
. sin a; asïnee as , _ ,, Z>sin£\
donc -r— ~ -,—:— = r>( en posant et calculante = —: ).
sin y o sin ,3 b \ sui«/
\ '
De cette équation qui renfsrme deux inconnues, l'on déduit

sin o; 4" sin^ a


4-^'
sin x — sin y a — b1'

SCD LYON 1
i5o APPLICATIONS TRIGONOMÌTRIQUES.

»V • / „ c\ sin a? + sin y tang \ (x -f- y)


Mais on a (n°
v q6) - -— = ■—9-^)—-^4-.
•* ' uni — sin^* tang f (x—y)

Donc a+b'_ tang {(x-f-y)


a— b' tangi (x—y)'

formule qui fera connaître tang ^ (x — y), dès qu'on aura ob-

S n
tenu la -valeur de b' par la relation b' = ^ ' ^ , qui donne
sin «s ^
log b' — log b -f- log sin fi — log sin a.
Soient maintenant - (x -f- Jy) = 2000 — - * = m,
2 2

i (x—y) = n;

il en résulte x~m-\-nety = m — re.

4°. Connaissant les deux angles MAC, MBC, on pourra cal-


culer les lignes AM, CM, BM, puisque dans chacun des trian-
gles AMC, CMB, l'on connaît un côté et deux angles.

115. SCHOLIE GÉNÉRAL. Nous avons déjà observé (n° 34) que,

dans la résolution des problèmes de Géométrie par le secours


de l'AIgèbre, on devait, en général, préférer le calcul numérique
des résultats aux constructions géométriques, dont le plus ou
moins d'exactitude dépend du degré de perfection des instru-
mens et de l'adresse de celui qui opère, tandis que le calcul
n'a d'autres bornes que celles qu'on veut lui assigner. Cepen-
dant les tables trigonométriques employées d'après les seuls
principes qui ont été précédomment exposés, ne donnent pas
toujours le degré d'exactitude qu'on désire obtenir ; mais il
existe des moyens d'augmenter cette précision, qui se trou-
vent développés dans toutes les tables dont on se sert ordinai-
rement. •

SCD LYON 1
APPENDICE AU CHAPITRE II.

Trigonométrie sphérique.

116. Nous croyons devoir placer à la suite de la Trigonométrie


rectiligne, un précis des formules principales de la Trigonomé-
trie sphérique, non à cause de leur utilité immédiate, puisque
nous n'aurons à en faire usage que dans la troisième section de
cet Ouvrage ; mais parce que les élèves étant exercés à la recher-
che des formules trigonométriques, entendront plus facilement
la détermination de nouvelles formules qui ont beaucoup d'a-
nalogie avec celles de la Trigonométrie rectiligne.
Nous admettrons dans tout ce qui va suivre, la connaissance
e
des dix premières propositions du 7 livre de la Géométrie de
Legendre , ainsi que les définitions placées en tête de ce livre.
Ce sont les seules notions sur la sphère et sur les triangles
sphériques, dont nous ayons besoin pour l'objet que nous nous
proposons.
Des triangles sphériques quelconques.

117. Soit ABC un triangle sphérique tracé sur la sphère dont


le centre est en O (fig. 60) ; nous conviendrons, comme pour les Fig
triangles rectilignes, de désigner par A,B,C les trois angles, et
par a, b, c les côtés respectivement opposés à ces angles.
Comme ces côtés ne sont autre chose que des arcs de grand
cercle, on conçoit qu'ils ne peuvent entrer dans les calculs que
par le moyen de leurs lignes trigonométriques, c'est-à-dire par
leurs sinus , cosinus, tangentes, etc... .
Cela posé, le problème général de la Trigonométrie sphéri-
que a pour but : Etant données trois des six choses qui constituent
un triangle sphérique^ déterminer les trois autres.

SCD LYON 1
/
IÔ2 FOKMUI.ES PRINCIPALES ■

Pour résoudre tous les cas relatifs à cette question, il suffi-


rait d'avoir autant de relations entre quatre des six quantités
A, B, C, c, b,c, qu'on peut former de combinaisons quatre
à quatre avec ces quantités. Or, le nombre de ces combi-

naisons est, comme on le sait, exprimé par 6x - ou i5.


Ainsi, il devrait y avoir en apparence i5 relations différentes
à déterminer. Mais il est facile de reconnaître qu'elles se rédui-
sent à quatre principales.
En effet, si l'on en trouve une

i°. Entre a, b, c, A, on peut en former

de semblables entre { ,,C'


ì a,b,c,C.

«' b> a> b a, c, A,C,


*• {r*; B, C.
a, b,B,C,
a, c, A,B,
3». a, b, A, C { c,c,B,C,
b, c, A,B,
b,c, A,C.

4°- | 2>,A,B,C,
b
a, A, B, C 'f'
B,C.

En tout, quinze combinaisons, dont quatre de nature diffé-


rente.

118. Proposons-nous d'abord de déterminer une relation entre


a,b,c, et A, c'est-à-dire entre les trois côtés et un angle.
Soient ABC (fig. 6o) le triangle sphérique proposé, O le
centre de la sphère; tirons les rayons OA, OB, OC. Au point
A /soient menées AD, AE tangentes aux arcs AC, AB, et joi-
gnons les points D,E où ces tangentes rencontrent OC,OB.
Comme ces tangentes sont l'une et l'autre perpendiculaires au

SCD LYON 1
FORMULES PRINCIPALES. l53
rayon OA, l'angle DAE est la mesure de l'angle sphérique A.
( Leg., 7e livre,• prop. 8. )
Cela posé, les deux triangles ODE, ADE donnent, en vertu
du principe n° 92,

DE~== ÔD + OE — 2OD X OE . cos a ... (DOE B a),


DË= AD + ÂE~— 2AD X AE . cos A;

d'où, en soustrayant et observant qu'à cause des triangles rec-

tangles OAD,OAE,l'on a ÔD — AD==ÔA, ÔË—ÂÊ = OA,

o = 2OA — 2OD X OE . cos a + 2AD X AE . cos A.


Mais du triangle rectangle OAD ; l'on déduit (nos 84 et 85)

D
° = co^D = c^' AD=OA.tang ;
0

pareillement, on a dans le triangle rectangle OAE,


„„ OA OA
OE = —= = , AE = O A. tang c.
cos AOL cos c
a
Donc, substituant et supprimant le facteur commun 2OA,

cos a ,
on trouve 0=1 ; f- tang o tang c. cos A,
cos o cos c
ou, chassant le dénominateur et se rappelant que

sin b , sin c
= tango, = tans c,
cos 0 " cos c

d'où sin b = cos b tang b, sin c — cos c tang c,

o == cos b cos c — cos a -f- sin b sin c cos A.

Donc, enfin, cos a = cos b cos c -J- sin b sin c cos A, (1)

relation qui donne la valeur du côté a en fonction des deux


autres côtés ô, c et de l'angle opposé A.
On a pareillement, par un simple échange de lettres,

SCD LYON 1
1Ô4 V FORMULES PRINCIPALES.

cos b == cos a cos c -f- sin a sin c cos B,.. .(2)


cos c = cos a cos b -j- sin a sin b cos C... .(3).

Ces trois formules sont pour.les triangles sphériques, ce que


sont les formules du n° 92 pour les triangles rectilignes ; et elles
renferment implicitement toutes les autres, comme nous allons
le voir.
119. II faut trouver maintenant une relation entre les côtés
a, b et les angles A, B.
„ , , cos a — cos b cos c
On tire de la formule (1), cos A = :—br—-
sin sin c ,

z — /sin2 ó sin2 e— (cos a — cos 6 cos c)1


sinA=Vi—cos2A=\/ -\, .-; -,
V sin' b sin2 c
2 2
ou, développant les calculs et observant que sin o sin e est
égal à (1—cos2Z>) (1—cos2c),
1 2 2 2
Sin A —; ; l/ C0S ÍZ C0S Ò C0S C -J-2COS a cos b cosc.
sin o. sine
Divisons les deux membres par sin a; il vient

sinA i
:—:— l/1—cos
2
<z-cos2o-cos2c-f-2cos a cos b cos c,
sin a sin a sm usine
résultat dont le second membre est évidemment symétrique en
a, b, c ; d'où il suit que si, à l'aide des relations (2) et (3),
S D S P
on recherchait les valeurs de
] ^, j ^. on trouverait égale-
sin b sm c
. sin B , sinC , , ,, . . .
ment -—T = k, =k ; k designant ce second membre.
sm b sm c
On a donc la relation
sin A sin B sin C
sin a sin b ~~ sin c'

ce qui veut dire que les sinus des angles d'un triangle sphé-
rique sont proportionnels aux sinus des côtés respectivement

SCD LYON 1
r OBMULES PRINCIPALES. l55
opposés à ces angles; cette proposition correspond au prin-
cipe du n° 91 sur les triangles rectilignes; et la manière dont
nous y sommes parvenu est d'ailleurs analogue à celle qu'on
a employée n° iog.
On pourrait également obtenir ce résultat, en éliminant sin b
et cos b entre les équations (i) et (2) , et substituant leurs va-
2 2
leurs dans la relation sin b -\- cos b = 1 ; mais ce moyen se-
rait beaucoup plus long, comme on peut s'en convaincre.
La proposition ci-dessus donne lieu aux trois égalités sui-
vantes :
sin b sin A = sin a sin B,... .(4)
sin c sin A sin a sin C,. . , .(5)
sin c sin B == sin b sin C (6)

120. Cherchons actuellement une relation entre les deux


côtés a, b et les deux angles A et C dont l'un est opposé.
II faut, pour cela, éliminer sin c et cos c entre les équa-
tions (1), (3) et (5) qui renferment ces deux quantités et les
quatre parties a, b, A, C.

D'abord, l'équation (5) donne sin c s


sin A
d'où, substituant dans l'équation (1) ,
. . , sin a sin C
cos a = cos b cos c + sin b . :—; . cos A,
sm A
ou cos a cos b cos c -)- sin a sin b sin C cot A,

0à cause de cot A
_ cos A
A\
sin A/

Portons dans celle-ci, la valeur de cos c que donne (3) ;


il vient

cos « == cos2& cos a -f- cos b sin a sin b cos C


-f- sin a sin b sin C cot A,
2
ou, transposant cos b cos a, et divisant les deux membres par
le facteur sin a sin b,

SCD LYON 1
ï56 FORMULES PRINCIPALES.

cot a sin b = cos b cos C + sin C cot A,... . (7)

résultat qu'on ne peut simplifier davantage, et qui ne contient


que les quantités a, b, A, C.
On obtient pareillement, par de simples échanges de lettres,

cot b sin a = cos a cos G -f- sin C cot B,. .. (8)


cot a sin c = cos c cos B -f- sin B cot A,... (g)
cot c sin a ==ç cos a cos B + sin B cot C,. .. (10)
cot b sin c = cos c cos A -f- sin A cot B,... (11)
cot c sin b = cos b cos A sin A cot C.... (12)

121. II ne reste plus qu'à déterminer une relation entre le


côté a et les trois angles A, B, C
Pour y parvenir, nous combinerons entre elles les rela-
tions (4) , (7) et (8) , afin d'éliminer b.
„ , , . , sin b sin B
On a d abord cot asini= cos a, sin
-. a = cos a. —.—-;
sin A.

de raemc,
scot b sin a = cos b . —.—j 7
sm A
L
sm
A
sin b = cos b. —.—-.
sm B

Par cette transformation, les égalités (7) et (8) deviennent

cos a sin B = cos b sin A cos C -f- cos A sin C,


cos b sin A = cos a sin B cos C -f- cos B sin C ;
d'où, substituant dans la première équation la valeur de
cos b sin A, tirée de la seconde,

cos a sin B =cos a sin B cos°C-|-cos B sin C cos C -f- cos A sin C.

Cette équation, qui ne renferme plus que a, A, B, C,


peut encore être simplifiée. Transportons le terme
cos a sin B cos!C dans le premier membre, et mettons à la place
de 1—cos2C sa valeur sinsC, puis divisons les deux membres
par sin C; il vient

cos a sin B sin C — cos B cos C -j- cos A;


d'où cos A = —cos B cos C-j-sin B sin C cos a... (i3)

SCD LYON 1
TRIANGLES SPHÉRIQUES RECTANGLES. 15^
On obtiendrait également, par un simple échange de lettres,

cos B = — cos A cos C -f- sin A.sin Gcosb,... (i4)


cos C = — cos A cos B -f- sin A sin B cos c.. . . (i5)

Ces formules sont, au signe près, pour l'un des termes,


composées en a, A, B, C, ou b, A, B, C, ou c, A, B, C,
comme les formules (i), (2), (3) le sont en A, a, b, c,
ou B, a, b, f,ou C, a, b, c.
Au reste, on peut les déduire de celles-ci, par le moyen de
la propriété des trianglespolaiies. (Leg. 7'm'livre,prop. get 10.)
Cette propriété consiste, 1°. en ce que, si l'on considère un se-
cond triangle A'B'C dont les sommets A', B', C' soient les
pôles des côtés a, b, c, réciproquement, les sommets A, B, C
du triangle ABC sont les pôles des côtés a', b', c' ; 2°. les angles
A', B', C du triangle polaire A'B'C sont les supplémens des
côtés a,b,c du. triangle ABC, et réciproquement, les angles
A, B, C du triangle ABC, sont les supplémens des côtés a'., b'j c'
du triangle A B'C.
Cette seconde partie de la propriété a fait donner aussi le
nom de triangle supplémentaire au triangle A'B'C'.
Cela posé, puisque l'on a, d'après cette propriété,

A'= 200°—a, B' = 200°— b, C'= 200


0
—c, «' = 200°—A,
b' = 2000 — C, c' == 2000 — A, la formule (1) devient, par
rapport au triangle polaire,
cos a' = cos b' cos c' -f- sin b' sin c' cos A',

ou, mettant à la place de a', b', c , A' leurs valeurs, et obser-


vant que cos a = — cos A, cos b' = — cos B,... .
— cos A = cos B cos C — sin B sin C cos a ;

ou, changeant les signes,


cos A = — cos B cos C + sin B sin C cos a.

SCD LYON 1
Ï58 TRIANGLES SVHERIQUES RECTANGLES.

Des triangles sphériques rectangles.

122. Observation préliminaire. Quoique dans un triangle


sphérique, on puisse supposer les trois angles A, B, C, droits
à la fois (ce qui aurait lieu si les plans qui déterminent les
trois arcs de grand cercle étaient perpendiculaires entre eux ),
il est inutile de considérer les cas où le triangle renferme deux
ou trois angles droits. Car supposons, par exemple, que les
Fig. 61. deux angles A et B (_fig. 61 ) soient droits ; les deux plans
AOC, AOB sont perpendiculaires entre eux, et il en est de
même des deux plans COB, AOB. Donc les angles rectilignes
COA, COB sont droits; c'est-à-dire que les côtés a et b sont
chacun de ioo°, ainsi que les angles A et B. D'ailleurs, l'angle C
se mesure par l'angle rectiligne AOB oupar le côté sphérique c.
Fig. 6a. Si les trois angles A, B, C [fig. 62) sont droits, les rayons
OA, OB, OC sont perpendiculaires entre eux ; donc les côtés
a,b,c sont chacun de ioo°.
Ainsi, dans l'un et l'autre cas, il n'y a aucune question à
résoudre.
I2
Fig. 63. 3. Considérons donc un triangle sphérique BAC (Jìg.63 )
rectangle én A, dont les deux autres angles soient aigus ou
obtus en même temps, ou l'un aigu et l'autre obtus. ( On est
convenu de désigner ces angles sous le 110m d'angles obliques;
le côté a est d'ailleurs appelé Yhypoténuse du triangle. )
Pour obtenir les formules relatives à la résolution de ce
triangle, nous allons supposer A = ioo° dans celles des i5 for-
mules déjà trouvées, qui renferment cet angle, en ayant soin
de faire ressortir les formules qui rentrent les unes dans les
autres.

La formule (1) donne. ... cosa=cosè cos c,.. (1)


(4) sinè= sin a sin B,.. (2)
(5) formule analogue.— sin c — sin a sin C,.. (3)
(7) cotasinfc=cosicosC, ou tang Z> = tang a cos C,.. (4)
(g) formule analogue.... tangc = tang a cos B,.. (5)

SCD LYON 1
RÉSOLUTION DES TRIANGLES SPHER1QVES.

fil) Cot b sin c = cot B,. . ou tangè==sine tang B.., (6)


(12) formule analogue. ... tang c = sin b tang C,.. (7)
(13) cos a =cot B cot C,.. (8)
(14) cosBs=sinC cos b,.. . (9)
(15) formule analogue.... cos Cç= sin B cos c... (10)

En tout 10 relations, dont 6 essentiellement différentes.


Ces relations suffisent pour la résolution de tous les cas qui
peuvent se présenter, puisqu'elles renferment toutes les com-
binaisons possibles des cinq quantités a, b, c ,B,C,3 à 3 (le
nombre de ces combinaisons est, comme l'on sait, exprimé par
r 4 3
o X- X 5 ou 10 ).
a3

124. Remarque. La formule (1) relative au triangle sphé-


rique rectangle, s'énonce ainsi : le cosinus de l'hypotènuse est
égal au produit des cosinus des deux cotés de l'angle droit ;
elle correspond à la relation a2 = è2-(-c2 du triangle reetiligne.
La formule (2) veut dire que le sinus de l'un des côtés de
l'angle droit est égal au sinus de l'hypotènuse multiplié par le
sinus de l'angle oblique opposé à ce côté ; ou bien encore, que
le rayon des tables est au sinus de l'un des angles obliques
comme le sinus de l'hypotènuse est au sinus du côté opposé à
cet angle oblique. Elle correspond à la relation b =. a sin B,
du triangle reetiligne.
On énoncerait d'une manière analogue les formules (4) et
(6), qui ont pour correspondantes les relations c = a cos B,
et b = c tang B du triangle reetiligne.
Les formules suivantes (8), (g) et (10) n'en ont point de sem-
blables dans la Trigonométrie reetiligne.

125, Résolution des triangles quelconques. La question gé-


nérale du n" 117 se subdivise en six cas principaux, comme on
peut s'en convaincre.
En effet, on peut se donner
i°. Les trois côtés a, b, c; et l'on demande A , B, C;

SCD LYON 1
í6o RÉSOLUTION

2°. Deux côtés Sj hj l'angle opposé à l'un d'eux, A ; et il s'agit


de trouver c, B, C ;
3°. Deux côtés a.* h, l'angle compris C; et l'on demande
c, A, B;
4°. Un côté Bj les deux angles adjacens B, C; il faut ob-
tenir b , c, A ;
5°. Un côté a., un angle adjacent B., l'angle opposé A ; on
demande b, c, C;
6°. Enfin, les trois angles A, B, C ; il s'agit de trouver les
trois côtés a, b, c.
126. A la vérité, la résolution des trois derniers cas se ra-
mène à celle des trois premiers, au moyen de la propriété
du triangle supplémentaire ; car lorsqu'on donne, par exemple,
le côté a et les angles adjacens B, C du triangle ABC, on donne
par cela même les parties A'= 2000 — a, b' = 2000 — B,
c' = 2000 — C, c'est-à-dire deux côtés et l'angle compris du
triangle supplémentaire A'B'C; et après avoir trouvé, d'après
les formules relatives au troisième cas, les valeurs des parties
inconnues a', B', C, de ce même triangle , on en déduit ensuite
les parties A = 2000 — a', b = 2000 — B', c = 2000 — C, du
premier triangle ABC.
De même, si l'on donne les angles A, B, C du triangle ABC,
on donne, par cela seul, les côtés a', b'} c du triangle polaire; et
après avoir résolu ce dernier triangle d'après les formules du
premier cas, on déduit des valeurs de A', B', C, celles de a, b, e,
puisque l'on a a = 2000 — A', b — 2000 — B', c = 2000 — C.
Ceci nous conduit à une remarque importante, c'est qu'un
triangle sphérique est tout aussi bien déterminé par ses trois
angles que par ses trois côtés; ce qui n'a pas lieu pour les
triangles rectilignes, dans lesquels le cas où l'on donne les trois
angles eát tout-à-fait indéterminé.
127. Nous n'examinerons pas en détail chacun des cas pré-
cédemment énoncés, et nous nous bornerons à cette observation
que, pour trouver les valeurs des trois choses inconnues au
moyen des trois choses données, il faut avoir recours à celles

SCD LYON 1
4

DES TRIANGLES SPHERIQUES. l8l


des l5 formules qui renferment les trois données à la fois et
l'une des parties inconnues séparément.
Ainsi, dans le 3e cas , par exemple, où l'on donne a, b et C,
pour obtenir successivement c, A, B, on prend les formules
(3), (,) et (8).
La formule (3) donne immédiatement la valeur de cos c,

cos c = cos a cos b + sin a sin b cos C ;


col a sin b — cos b cos C
on déduit de (7) cot A =
sin C
cot b sin a — cos G cosC
et de la formule (8), cot B =
sinC

Aucun de ces trois résultats n'est calculable par logarithmes ;


ainsi il faudrait, dans les applications, leur faire subir des mo-
difications. Nous donnerons (n° i3o) un exemple de ces sortes
de transformations.
Nous ajouterons que, lorsqu'une des parties inconnues est
obtenue par le moyen de son sinus * il y a lieu d'examiner de
quelle nature est cette partie inconnue, puisqu'on sait qu'à un
méme sinus correspondent deux angles dilFérens. C'est ce qui
constitue dans la Trigonométrie sphérique les cas douteux^ dont
l'examen ne laisse pas d'offrir quelques difficultés. II n'y a pas
d'ambiguité, toutes les fois que la partie inconnue est déter-
minée par son cosinus , sa tangente ou sa cotangente ; le signe
dont la valeur de l'une de ces lignes est affectée fait connaître
la nature de l'angle.

128. Résolution des triangles rectangles. La question géné-


rale, relative aux triangles sphériques rectangles, a pour objet :
DEUX quelconques des cinq choses a, b, c, B, C étant données >

de déterminer les TROIS autres ; et elle se subdivise également eu


six cas différens, savoir :
Etant donnés, 1". l'hypotènuse etun côté ; 2°. les deux côtés;
3°. l'hypotènuse et un angle oblique ; 4°.
un côté et l'angle obli-
que opposé ; 5°. un côté et l'angle oblique adjacent; 6". les deux
angles obliques,, déterminer les autres parties.
11

SCD LYON 1
lí>2 APPi.TCATIONS.

Pour résoudre chacun de ces cas, il faut prendre successive-


ment, parmi les dix formules relatives au triangle rectangle,
celles qui renferment les deux choses données et l'une des par-
ties inconnues.
Ces formules sont toutes immédiatement calculables par lo-
garithmes; mais il se présente, comme pour les triangles quel-
conques, un assez grand nombre de cas douteuxpuisque quel-
ques-unes d'entre elles font connaître les côtés ou les angles par
leurs sinus.
1 ag. SCHOLIE GÉ.NÉÍIAL. En réfléchissant sur ce qui précède, on
voit que toute la Trigonométrie sphérique repose sur un seul
principe; c'est la proposition du n° 118. Les conséquences que.
l'on en déduit forment autant de nouveaux principes dont plu-
sieurs pouvaient être démontrés directement par la Géométrie;
mais la marche que nous avons suivie nous a semblé préférable,
en ce qu'elle nous a permis de resserrer dans un cadre très
étroit tout ce qu'il y avait d'essentiel à connaître sur celte
partie des Mathématiques.
Nous renvoyons, pour de plus amples détails, aux Trigono-
métries de Legendre et de Cagnoli; ce dernier ouvrage doit être
regardé comme un ouvrage complet sur les deux Trigonomé-
tries reetiligne et sphérique.
Nous terminerons p'ar une application assez importante , qui
nous fournira l'occasion de montrer comment on peut rendre
quelques-unes des formules précédentes calculables par loga-
rithmes.
G4. i3o. Eèduire un angle à l'horizon. D'un point O {fig. 64)
situé dans l'espace, on a dirigé des rayons visuels vers deux ob-
jets Q, R ; et l'on a mesuré l'angle QOll que forment entre eux
ces rayons visuels. On a mesuré également les angles QOP, ROP
que forment ces mêmes rayons visuels avec la verticale OP
abaissée du point O sur l'horizon. Cela posé , si l'on abaisse des
points Q et R les verticales QQ', RR', et qu'on tire les droites
PQ', PR' qui, en_termes de Géométrie descriptive, sont appe-
lées les projections des rayons visuels OQ, OR, on demande la

SCD LYON 1
APPLICATIONS. i63
grandeur de l'angle Q'PIí', qui n'est autre çhose que la projec-
tion horizontale de l'angle QOR.
(Voyezj pour la solution géométrique de cette question, le
Traité de Géométrie descriptive de Monge, n° 22, 9e ques-
tion. )
Solution trigonometrique. Regardons le point O comme le
centre d'une sphère dont les intersections avec les plans QOR,
QOF, ROP soient les arcs AB, AC, EC. On forme ainsi un
triangle sphérique ABC, dans lequel on connaît les trois côtés
AB = c, AC = b , BC=ct, puisqu'ils mesurent respective-
ment les trois angles qu'on suppose connus; et il s'agit de déi
terminer l'angle C de ce triangle ; car cet angle n'est autre
chose que celui des deux plans OOP, ROP, lequel se mesure par
l'angle cherché Q'PR'.
Or, la formule (3) du 11° 118 donne

_ _ cos c — cos a cos b


cos L = cos P ST : :—; ;
sin a sin 6

ce résultat fait connaître P en fonction de c, a, ô, c'est-à-dire


en fonction de l'angle des deux rayons visuels et de ceux que
forment ces rayons avec la verticale; mais il n'est pas calculable
par logarithmes.
Pour remplir cette condition, nous emploierons un procédé
semblable à celui du n° 102; ajoutons l'unité aux deux membres
de cette égalité ; il vient

, „ „ 1 „ sin a sin b —f- cos c—cos a cos &


I -f- COS P, OU 2C0S - P= — : ,
2 sin a sin b

ou, à cause de la formule cos (a -f- b) = cos a cos b — sin a sin b,

1 p cos c — cos (« -f- b)


sin a sin b
,, , 1 „ /cos c — cos (« -f- b)
d ou cos-P = \/ : —T -.
2 V 2 sin a sin b

Posons a-j-b—p, c = q; il en résulte


n..

SCD LYON 1
l64 APPLICATIONS.

cps c — cos (a -j- b)•= cosq — cosp;

mais on a trouvé (n° 74)


cos a ■— cosp sa àsin ^ {p + q) sin — (p — g) ;

donc cosc — cos (a + b) — 2 sin - (a -f- b -f-c) sin -(a -f- Z>—t),

(a+6-f-c) sin j (g+b—c).


et r
par conseq uent, cos - P
* 2
1
= 1V//sin -. :—:
sin « sm o

On aurait pu trouver également P par le sinus de sa moitié, et


l'on serait parvenu à la formule


1
P — /sini(& + c — ")sin {(g + c — b)
Sin r — I / —^—^—— ^ ; r* 5
2 V sin a sin o

résultat tout aussi simple à calculer par logarithmes.

SCD LYON 1
GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
A DEUX DIMENSIONS.

SECONDE SECTION.

CHAPITRE III.

Des Points, de la Ligne droite et du Cercle.

i3i. APRÈS avoir développé les moyens de faire entrer dans


les calculs, soit algébriques, soit numériques, les angles aussi
bien que les lignes, nous pourrions continuer l'application des
méthodes établies, dans le premier chapitre, à de nouvelle*
questions de Géométrie; mais, outre que ces méthodes ne sont
pas assez générales, elles n'offriraient plus aucun intérêt, parce
que nous en avons fait connaître les principales difficultés.
Nous allons donc passer immédiatement à l'exposition de la
méthode générale connue sous le nom d'ANALTSE DE DESCARTES,
l'illustre philosophe qui en a donné la première idée; de cette
méthode qui consiste à exprimer^ par des équations j la position
respective des points et des lignes droites ou courbes faisant
partie de la figure d'une question proposée puis à combiner
ces équations de manière à remplir le but indiqué par l'énoncé
de la. question.
A proprement parler, c'est le développement des principes

de cette méthode qui constitue la Géométrie analytique telle


qu'on l'envisage maintenant. Elle se divise en deux parties dis-
tinctes, Géométrie analytique à deux dimensionsj et Géométrie

SCD LYON 1
1ÍÌG PQUATIONS DU POINT.

analytique à trois dimensions; suivant que les objets que l'on


considère sont situés sur un même plan ou d'une manière
quelconque dans l'espace.
Dans ce chapitre, il ne sera question que de points, de
lignes droites ou de cercles situés sur un même plan.

§ Ier. PRINCIPES GÉNÉRACX.

Manière de fixer la position d'un point sur un plan.

i3a. Pour peu qu'on réfléchisse sur la nature des problèmes


de Géométrie, on voit que la pluparj reviennent, en dernière
analyse, à trouver la distance d'un ou de plusieurs points in-
connus à d'autres points ou à des droites fixes et déjà détermi-
nées de position. Si donc l'on avait un moyen de fixer analyli-
quement la position d'un point par rapport à des points ou à
des lignes connues de position, on serait en état de résoudre
toute espèce de questions géométriques.

%. C5. i33. Soient deux droites rectangulaires AX, AY (fig. 65)


fixes et données de position sur un plan, M un point quelconque
dont il s'agit de déterminer la position sur ce plan.
Si de ce point, on abaisse les perpendiculaires MP, MQ, il
est visible que le point M sera fixéj dès que l'on connaîtra
les longueurs des deux côtés contigus AP, A Q du rectangle
APMQ. Car ces côtés sont les distances du point M aux deux
lignes fixes AX et AY; donc, si l'on mène respectivement à
ces distances, deux parallèles PM et QM aux lignes AX et
AY, le point d'intersection de ces deux parallèles sera le point
demandé.
On est convenu de donner le nom d'axes aux deux lignes
fixes AX et AY.
La distance AP ou QM du point M à l'axe AY, s'appelle
Vulbeisse de ce point, et se désigne algébriquement par x\

SCD LYON 1
ÉQUATIONS DU POINT. 167
La distance AQ ou PM du même point M à Taxe AX, est dite
Yordonnée de ce point, et s'exprime par y.
Ces deux distances portent conjointement le nom de coor-
données du point.
Les deux axes se distinguent l'un de l'autre par les dénomi-
nations d'axe des abscisses ou des x, donnée à la ligne AX
sur laquelle se comptent les abscisses, et d'axe des ordonnées
ou des y, donnée à la ligne AY sur laquelle se comptent les
ordonnées.
Enfin, le point A est ce qu'on appelle Yorigine des coordon-
nèesj parce que c'est à partir de ce point que se comptent ces
distances.
134. Équations d'un point. Le caractère de tout point con-
sidéré sur l'axe des y, est x — o, puisque cette équation exprime
que la distance du point à cet axe est nulle.
De même, le caractère de tout point placé sur Taxe des x
est y = o.
Donc le système des deux équations x=o, y=o, caracté-
rise l'origine A des coordonnées, car elles n'ont lieu en même
temps que pour ce point.
En général, les deux équations x = a, y —b, considérées
simultanément, caractérisent un point situé à une distance a
de Taxe des y et à une distance b de l'axe des x. En effet, la
première appartient à tous les points d'une parallèle à AY,
menée à une distance AP = a; la seconde, à tous les points
d'une parallèle à AX, menée à une distance AQ = b. Donc le
système des deux équations appartient au point d'intersec-
tion M, et n'appartient qu'à lui. Elles en sont, pour ainsi dire,
la représentation analytique.
On les nomme, pour cette raison, les équations du point.
135. Remarque. On doit toutefois considérer, dans les ex-
pressions a et b, non-seulement les valeurs absolues ou nu-
mériques des distances du point aux deux axes, mais encore
les signes dont elles peuvent être affectées, eu égard à la posi-
tion du point dans le plan des axes AX et AY. Car, d'après le

SCD LYON 1
*68 ÉQUATIONS DU POINT.

principe établi 26) , si l'on convient de regarder comme posi-


tives les distanoes telles que AP, comptées sur AX à la droite du
66- point A (fig. 65), on doit regarder comme négatives les dis-
tances telles que AP', comptées à la gauche de ce même point. De
même, si l'on regartle comme positives les distances AQ comp-
tées au-dessus du point A sur AY, on doit regarder comme né-
gatives les distances comptées au-dessous de ce même point.
A la vérité, le principe que nous venons de rappeler a été
établi pour les distances de points situés de côté et d'autre sur
une même droite, par rapporta un point fixe; mais il a lieu
également pour des distances de points à des droites fixes. 11
suffirait, pour s'en convaincre, de prendre une nouvelle origine
et de nouveaux axes parallèles aux premiers, et par rapport
auxquels tous les points considérés lussent situés du même
côté.
Nous avons eu d'ailleurs occasion d'envisager le principe
sous ce point de vue, dans la détermination des valeurs cor-
rélatives des lignes trigonométriques.
D'après cela, si nous mettons en évidence les signes dont a eì
b peuvent être affectés, nous aurons les quatre systèmes d'équations
X = -+- a, x — — a, x — -f- a, x — — a,
y — + b, y = -f b, y = — b, y = — b,

pour caractériser les quatre positions essentiellement différentes


du point, savoir , M, M', M", M".
On trouvera, en vertu de cette remarque,
1°. Que le point dont les équations sont ar=-f*l>. yr=—3,
(jsi- est situe dans l'angle Y'AX (fig. 66) à une distance AP= 1
de l'axe des y, et à une distance PM = 3 de l'axe des x.
2°. Que le point exprimé par x=o, y= — 2, est (n° 134)
situé sur l'axe AY à une distance AM'= 2 (fig. 67).
3°. Que Je point x — —1, y = o, est situé sur l'axe AX
vers la gauche de A, à une distance AM = 1.
i36. Nous avons supposé jusqu'à présent que les axes fus-
sent -perpendiculaires entre euxj parce que c'est la position
la pius simple, et que cela est d'usage. Cependant il y a des

SCD LYON 1
ÍQUATIONS DU rOINT. l6t)

questions dont la résolution exige que l'on considère des axes


faisant entre eux un angle quelconque.
Dans ce cas, les coordonnées ne sont plus des perpendicu-
laires abaissées sur les axes, mais bien des parallèles à ces axes;
c'est-à-dire que les distances AP ou QM, AQ ou PM, se comp-
tent parallèlement aux axes AY, AX (fig. 68). Fig ea.
Du reste, tout ce qui a été dit dans l'iiypothèse où les axes
sont .rectangulaires, s'applique également au cas où ils sont
obliques.

137. Pour compléter la théorie du point, proposons-nous de

rechercher (dans le cas d'axes rectangulaires) Vexpression ana~


lytique de la distance entre deux points donnés sur un plan.
Cette question est d'un usage continuel dans la Géométrie ana-
lytique.
Soient x', y les coordonnées d'un premier point M; x", y",
les coordonnées d'un second point M', en sorte que l'on ait

r~x — x"-] p» --

pour les équations de ces points qu'on suppose connus de po-


sition.
11 s'agit d'exprimer la distance MM' (fig 69), que nous ap- *'E* 69-
pellerons D, en fonction des coordonnées x' ,y',x", y".
Pour cela, menons les ordonnées MP, M'P' de ces deux points,
et tirons M'R parallèle à AX.

Le triangle rectangle MRM' donne


7
MM = MR V M'P'l
mais MR = MP — RP = / —y", M'R = PP' =x' — x" ;

donc MM'" ou D"'=(j'—y"y+(x' — x"y,

et par conséquent, D = y (y' —_y")2 -f- (x' — x'")\


Cette formule est générale, et convient même au cas où les
deux points sont situés en sens contraire j par rapport à l'un
des axes. II suffit d'y introduire les cbangemens de signe qui cor-
respondent aux changemens de position.
Ainsi, par exemple, pour obtenir la distance de deux points ;

SCD LYON 1
170 ÉQUATION

dont l'un M, est placé dans l'angle YAX et dont l'autre M' esC
Fig. 70. placé dans l'angle YAX' (fig. 70), il faut changer le signe de
x", ce qui donne

D = \/(y' —yy-+(x' -y-x-y ; ■

et, en effet, la nouvelle figure donne MM' == MR + MR*;

mais MR = y — y", M'R = AP + AP'= x' + x";

donc D = \/{ f — y*)" + (x' -f- x")\


Si l'un des points donnés, M' par exemple, est l'origine des
coordonnées, comme on a alors x" =0 et y" = o, la formule
devient
D — l/j-'2 + x'\
En effet, le triangle AMP (fig. 70) donne sur-le-champ,
11M = MT+ÂP!
I38. Lorsque les axes sont obliques, la formule est diffé-

Fig. 71. rente. En effet, le triangle MM'It (fig. 71), est obliquangle et
donne, en vertu de la formule trigonométrique n° 92,

, MM'= MR + MÎÎ — 2MR X M'R.cos MRM';


on a toujours MR = y —y", M'R = x' — x" ;
d'ailleurs, cos MRM' = — cos MRK. = — cos Ç> (fi désignant
l'angle MRK qui n'est autre chose que celui des deux axes) ;

donc D2= (/—y"y+(x'—x"y+o.(y'-y")(x'—x").cos,S;

d'oíi D = Vly'—y"T+(x— x")2-f-2(y—y")(x'—x"). cosfi.

Ce. résultat, beaucoup plus compliqué que le précédent, fait


sentir la nécessité de supposer les axes rectangulaires, lorsqu'on
doit faire entrer dans les calculs la distance entre deux points
donnés, et que le choix des axes est arbitraire.

SCD LYON 1
»E LA LIGNE DUOITL.

Manière de fixer analjt.iquem.ent la position d'une


droite.

i3g. Soit une droite LBL' indéfinie et située à volonté dans


un plan. Prenons dans ce plan deux, axes rectangulaires ou
obliques AX, AY (fig. 72 et ^3), par rapport auxquels la Fig. 73
droite soit placée d'une manière quelconque.
Menons d'ailleurs de diflerens points M, M', M".. . pris sur
cette droite, les ordonnées MP, M'P', M"P". . ., et par le point
15 où la droite rencontre l'axe desjy, tirons BH parallèle à AX.
Cela posé, les triangles semblables BQM, BQ'M', BQ"M"...
donnent la suite de rapports égaux

MQ M'Q' _ M"Q"
íïq ~~ BQ' ~~ "BQ"

MP —AB M'P'—AB M"P" — AB


U bie
° "' —ÂP—= AP' = A P" '

ce qui prouve que la différence entre l'ordonnée d'un point quel-


conque de la droite et celle qui passe par l''origine est à l'ab-
scisse du même point j dans un rapport constant.
Désignons donc par x et v les coordonnées d'un point pris
au hasard sur la droite, par b la distance AB (que l'on ap-
pelle y ordonnée à l'origine) , et par a le rapport constant dont
nous venons de parler. Nous aurons la relation

y-b.
y— ax + b,. .. (1)

laquelle sera satisfaite pour tous les points de la droite L'BL,


à l'exclusion de tout autre point. Car so'itTU (fig.r}2) un point pris
au-dessus ou au-dessous de cette droite, comme l'ordonnée JNP
de ce point est plus grande ou plus petite que l'ordonnée MP
correspondante à la même abscisse, et que, par hypothèse, on a
pour le point M, MP = c. AP+ b, il s'ensuit que NP
est plus grand ou plus petit que a . AP -f- b; ainsi l'on a, poul-

ies coordonnées de ce point, y ^ ax -f- b.

SCD LYON 1
1^2 EQUATION

On voit donc que la relation (i) caractérise tous les points


de la droite, et qu'elle en est, pour ainsi dire, la représen-
tation, analytiquej en ce sens, que si, au moyen de cette
équation, l'on veut retrouver les différens points de la droite ,
il suffit de donner à x une série de valeurs que l'on porte
de A en P, P', P" . ; menant ensuite par les points P, P',
P" . des parallèles à AY, et prenant sur ces parallèles des
parties PM, P'M', P"M" égales aux valeurs de y corres-
pondantes et tirées de l'équation (i), on aura M, M', M"... .
pour autant de points de la droite.
On appelle, pour cette raison, la relation (i) l'équation de
la droite L'BL.
Les quantités x et y qui expriment les coordonnées des diffé-
rens points de la droite, sont des variables; et les quantités a
et b qui, pour la même droite, ne changent pas, sont appelées
les constantes de cette équation.

i4o. Le rapport a est susceptible de deux acceptions diffé-


rentes, suivant que les axes sont rectangulaires ou obliques.
i°. Si les axes sont rectangulaires, le triangle rectangle MBQ
íf'g- 72) donne (Trigonométrie, n° 87),

MO tans MBQ

appelons et l'angle MBQ égal à LCX, et supposons, pour plus


de simplicité, le rayon des tables égal à 1 ; il en résulte

a = tang a ;

ainsi, le rapport constant est égal à la. tangente trigonometrique


de l'angle que forme la droite avec l'axe des x.
2°. Lorsque les angles sont obliques, on a,d'après le principe
(n° gi) relatif aux triangles obliquangles (Jig. ^3),

MQ _sjn^^_sinMBQ
U a 5
BQ ° sin BMQ ~ in LBY
s

ou bien ;
désignant par j3 l'angle YAX, d'où LBY = /S —• *,

SCD LYON 1
DE LA LIGNE DROITE.

sin(/2 — «)'
c*est-à-dire que, dans ce cas, le rapport constant est égal à
celui des sinus des deux angles que la droite forme avec les
axes des x et des y.
Cette dernière valeur rentre dans la précédente, lorsqu'on
suppose (8=ioo°j car on a
sin a sin te
= = tans «.
sin (i 00° — u) cos a

Discussion de l'équation

y = ax-\-b.
\^\. Nous considérerons particulièrement, dans cette dis-
cussion, le cas où les axes sont à angle droit, parce que c'est le
bas le plus ordinaire*
Les constantes a et b qui sont fixes et déterminées pour tous
les points d'une même droite, peuvent toutefois, d'après leur
nature, passer par tous les états de grandeur, soit positifSj soit
négatifs j puisque la première est une tangente trigonométrique
et que la seconde exprime la distance du point fixe A, à un
point placé sur la ligne AY. Ces divers états de grandeur dé-
pendent de la position que peut avoir la droite donnée, par
rapport aux axes. Nous allons examiner ces différentes circons-
tances.
142. Considérons, en premier lieu, le cas où la droite passe
par l'origine.
s
Dans ce cas, on a b — o {fig. 74) ; et l'équation devient *' '
ft
y
y — ax, d'où -=a;

ce qui démontre que l'ordonnèe d'un point quelconque de la


droite est à son abscisse dans un rapport constant.
Cette propriété caractérise toutes les droites qui passent par
l'origine; car ce point se trouvant sur chacune d'elles, ses coor-
données (r = o, y=o) doivent vérifier leur équation; ce

SCD LYON 1
1^4 EQUATION

qui exige que le terme indépendant de x et de y manque dans


cette équation.
Faisons actuellement tourner la droite autour de l'origine,
et voyons ce que devient a dans ce mouvement.
D'abord, si la droite est couchée sur AX, l'angle a est nul_, et
l'on a tan g a ou a = o, ce qui réduit l'équation à y=zo,
qui n'est autre chose que l'équation de l'axe des x (n° 134).
Tant que la droite, en tournant au-dessus de l'axe des x,
sera placée dans l'angle YAX, l'angle « sera plus petit que
ioo°, et tang et ou a sera positifj niais augmentera de plus en
plus. II est d'ailleurs évident, d'après l'équation y=ax, qu'à
des abscisses positives AP, ou négatives AP', correspondront
des ordonnées de même signe qu'elles, MP, M'P'.
Si la droite vient à se confondre avec AY, comme on a

alors «=ioo°, il en résulte « = oo et - — o; d'où l'on


a
peut conclure que l'équation, qui peut se mettre sous la forme

x=-.y, seréduità a;=o, qui est en effet l'équation de

l'axe des y (n° J34).


Supposons maintenant que la droite soit placée dans l'inié-
rieur de l'angle YAX', comme L"AL", l'angle « est obtus; donc
tang « ou a devient négatif et diminue de plus en plus, nu—
mériquementj à mesure que la droite se rapproche de AX';
et si l'on met le signe de a en évidence, on a pour l'équation

de la droite L"AL'", y = — ax;


d'où l'on voit qu'à des abscisses positives AP'" correspondent
des ordonnées négatives P'"M'"; et à des abscisses négatives AP"
correspondent des ordonnées positives P"M". Ce résultat s'ac-
corde avec la figure.
N. B. Lorsque les axes sont obliques, le changement de signe
de a correspond au cas où l'angle « ou L'AX (fig. ^5) devient
plus grand que l'angle C des deux axes. En effet, dans l'expres-

sion a = -— r, le dénominateur sin (G—-u) pour

SCD LYON 1
DE LA LIGNE DH01TE. ,7S

« > S, se cliange en — sin (« — ») > et l'on trouve

sin a
^ sin (ï — ac)

Revenons à notre objet. Si la droite, continuant de tourner,


se place sur AX', tang a. redevient nulj et l'équation se réduit
de nouveau à y = o , ou à l'équation de l'axe des x.
La droite passant dans l'angle X'AY', a est ^> 2000, mais
< 3oo°; donc (n° 53) tang « ou a est positif, et l'équation
redevient y=ax.
Et, en effet, la droite étant prolongée au-dessus de l'axe des
x, reprend les positions qu'elle avait prises d'abord dans
l'angle YAX.
Enfin, lorsque la droite passe dans l'angle Y'AX, auquel
cas ona«> 3òo°, mais <^ 400°! tang a ou a redevient négatif,
et l'on reproduit l'équation y = — ax.

i43. Considérons, en second lieu, le cas où la droite passe


par un point B (fg. 76 ) de l'axe des y situé au-dessus de Fi
l'origine.
Dans ce cas, YoYdonnèe à l'origine, ou b, est positif, et l'on a
pour l'équation, y = ax -f- b.
La quantité b est essentiellement positive ; mais il n'en est
pas de même de a. Car si l'on conçoit que la droite tourne
autour du point B, comme dans ce mouvement, elle prendra
nécessairement des positions parallèles à toutes celles qu'elle
avait prises autour de l'origine, il s'ensuit que a sera positif
ou négatif dans les mêmes circonstances. En sorte que l'équa-
tion y =-f- ax-\-b convient à toutes les droites, telles que
LBL', qui forment, avec l'axe des x, un angle moindre que
ioo°, ou plus grand que 200", mais moindre que 3oo°; et
l'équation y = — ax b, à toutes les droites, telles que
L"BLW, formant avec Taxe des x un angle plus grand que
ioo° et moindre que 2000, ou plus grand que 3oo°, mais
moindre que 400°-
Lorsque la droite est assujettie à passer par un point B' situé

SCD LYON 1
' jf> ÉQUATION

au - dessous de l'origine, b est négatif, et l'équation devient

y = -f- ax — b pour toutes les droites telles que L'B'L,

et y — — ax —■ b pour toutes les droites telles que L"B'L"'.

i44- Examinons, comme cas particuliers, ceux où la droite


devient parallèle à chacun des deux axes.
i°. Lorsque la droite est parallèle à l'axe des j,ona évidem-
ment tang« ou sl=o; d'ailleurs , b est positif ou négatif; ainsi
l'équation se réduit à
y = ±b;
«
résultat qui s'accorde avec ce qui a été dit n° i34-
2°. Si la droite est parallèle à Taxe des y, tang a. doit être
infini et de la forme co. II en est, de même de b, qui / expri-
mant la distance de l'origine au point où la droite rencontre
l'axe des y, devient nécessairement plus grand qu'aucune quan-
tité donnée, dan s le cas dont îl s'agit.

Ces deux conditions, introduites dans y = ax -f- b ,

qu'on peut mettre sous la forme ^ x=:-y — -,

co
la reduisent a x= .
co

Pour interpréter ce résultat, remarquons qu'afin d'ohtenir


la droite dans toutes les situations possibles, par rapport aux
axes, nous avons supposé (n° ) 43 ) que la droite tourne autour
du point B regardé comme fixe. Dans cette hypothèse, b a
une valeur íìnie et déterminée, et il est impossible d'en déduire
le cas où la droite devient parallèle à AY.
(On trouve seulement, dans la supposition de a = co, x = o
ou l'équation de l'axe des y.)
Si Ton veut obtenir le cas particulier en question, il faut
changer le centre de mouvement de la droite, et prendre , par
exemple, le point C,où la droite rencontre l'axe des x. Or, si
l'on désigne par c la distance AC, on a évidemment ( n° 87)

SCD LYON 1
DE I.A LIGNE DROITE. î77

AB
tang «e, ou - =a ; d'où c=-) et l'équation devient
AC

x = - y — c.

Supposons maintenant que la droite tournant autour du point


C , devienne parallèle à AY ; tang « ou a devient infini, et c ne
change pas.
Donc l'équation se réduit à x = — c, équation qui ex-
prime eh effet (n° 134) une parallèle à l'axe des y.
Le signe de — c dépend de la position du point C par rap-
port à l'origine A ; le point peut être en C ou G.

L'expression de c, ou - , offre l'exemple d'une fraction qui


reste constante, bien que ses deux termes deviennent infinis.

C'est ainsi qu'une fraction ^, qui se réduit à ^, lorsqu'on sup-

pose «= o, b = o, acquiert dans certains cas (n° 79J une


valeur finie et déterminée.
t #
i45. Nous observerons en passant que la relation a= - ,
introduite dans l'équation y = ax -f- b, la ramène à la forme

y=^x-\-b, d'où cy — bx = bc, équation qui renferme


comme constantes les distances de l'origine A aux points où la
droite rencontre les axes.
En y faisant x = o, on trouve y = b ; ce sont les coor-
données du point B, où la droite rencontre l'axe des y.
Soit encore y = oP on obtient ar = —c; ce sont les coor-
données du point C, où la même droite rencontre l'axe des x.
II j a quelquefois de l'avantage à employer l'équation de la
droite sous cette forme, à cause de l'homogénéité de ses termes.
Elle convient même aux cas où les axes sont obliques; car le
triangle BAC donne (fig. 73) Fig. 73,
sin BCA _ AB b
sinCBA' °U a
~£— c'

SCD LYON 1
ìyS QUESTIONS PRELIMINAIRES

i46. II résulte de la discussion précédente, que l'éqáatíón*


y = ax -f- b comprend implicitement les équations de la
droite considérée dans toutes les situations qu'elle peut avoir
par rapport aux axes. 11 suffit d'y substituer pour a et b les va-
leurs correspondantes à ces diverses situations.

Questions préliminaires relatives à la ligne droite.

i47- Toutes les fois que la position d'une droite sera donnée
par celle du point B où la droite rencontre l'axe des y, et par
l'angle qu'elle forme avec l'axe des x, les constantes a et h
auront une valeur déterminée. Mais on peut imposer à une
droite d'autres conditions, telles, par exemple, que celles de
passer par deux points pris à volonté sur un plan; de passer par
un point donné, et d'être parallèle ou perpendiculaire à une
droite déjà connue de position ; de passer par un point, et de
faire avec une autre droite un angle donné, etc.
Dans ces diíférens cas, a et b doivent être regardées comme
des constantes indéterminées, dont les valeurs dépendent des
conditions imposées à la droite.
La recherche de ces valeurs donne lieu à une série de ques-
tions qui servent de base à la Géométrie analytique, et qutí
nous allons développer successivement.
i48. PREMIÈRE QUESTION. Trouver l'équation d'une droite
assujettie à passer par deux points donnés sur un plan.
( Dans cette question, les axes peuvent être indifféremment
rectangulaires ou obliques. )
69 Soient M et M' (fîg. 69 et 71) deux points fixés sur un plan
par leurs coordonnées x', y et x", y".
L'équation cherchée sera de la forme y = ax + b ;... (1)

a et b étant deux constantes (inconnues pour le moment) qu'il


s'agit d'exprimer en fonction de x', y', x", y", qui sont suppo-
sées connues.
Or, puisque chacun des deux points M et M' se trouve sur
la droite, leurs coordonnées mises à la place de x et y dans

SCD LYON 1
SUIl LA LIGNE DHOITE. 1 ng
l'équation (i), doivent la vérifier. Ainsi, l'on doit avoir les

, , .• f y' = ax +b,... (2)


deux relations < „ „ , ...
I _y = ax -f- o.'. .. (áj

Comme ces équations ne contiennent a et b qu'au premier


degré, on en tire facilement les valeurs de ces inconnues.

D'abord, si l'on soustrait (3) de (2), il vient

r it / r il\ ji * y— y
y — y = a [x — x ) ; d ou a:
x —x

Portant cette valeur dans l'équation (2), on trouve


r n r u / n
r
b — yt y; —y -„.X r__*y-—y*
= ; ,— ;
X ' " X X " ' XT

et substituant ces valeurs de a et b dans l'équation (1), on


obtient enfin
f n f n f 11
,«^.,+í^=£L... (4),
X —x X X

pour l'équation demandée.

Autre méthode. Retranchons d'abord l'équation (2) de l'é-


quation (1) ; il vient y— y = a (x — x'), équation qui con-
tient encore l'inconnue a; mais, en soustrayant (3) de (2) , on
obtient

y'-y = a(x'-x"); d'Où à = [ÙZ£.


X *"

Portant cette valeur de a dans l'équation précédente, on a

y-y'=ï~?>(*-*'),'-- (5)

équation qui, ne renfermant plus que les variables nécessaires


x, y, et les données x', y', x", y", convient encore à la droite
cherchée.
L'identité des équations (4) et (5) peut être établie facile-
ment. En effet, on tire de l'équation (5) ,

12. .

SCD LYON 1
QUESTIONS P ïiE LIMINAIRES
180

y- ^ a; — x x — *
ou réduisant,
y-y
~
X —*
;/ • *x iI 7
x —x
í •

La seconde méthode, qui est sans contredit plus simple et


plus élégante que la première, donne lieu à un résultat dont
l'emploi dans les calculs est, en général, plus commode.
Toutefois, l'équation (4) a l'avantage de laisser en évidence
la quantité b, ou Yordonnée à l'origine.
i4g- Remarque. L'équation y — y'=a(#—x'), qu'on a
d'abord trouvée en employant la seconde méthode , joue un
grand rôle dans la Géométrie analytique. Elle offre un ca-
ractère particulier ; c'est de représenter toutes les droites qui
passent par le point particulier (x', y').
En effet, on y est parvenu par la combinaison de l'équation

générale y = ax -f- b,
avec la relation particulière y'— ax'-\- b,

qui exprime que le point (x',y') se trouve sur la droite.


D'ailleurs , si l'on y fait à la ío-is y c= y', x = x', elle se
réduit à 0 = 0; ce qui prouve évidemment que la droite
passe par le point (x', y'~).
Quant à la quantité» qui subsiste encore dans l'équation,
c'est une constante indéterminée dont la valeur dépend d'une
seconde condition qui peut être imposée à la droite. Dans
la question précédente, cette condition consiste à faire pas-
ser la droite par un second point {x", y"), ce qui détermine
complètement la position de cette droite ; et l'on trouve,
en efTet,
a = — — .
y—y
x —x

i5o. SECONDE QUESTION. Mener par un point donné une


droite parallèle à une autre déjà connue de position.

SCD LYON 1
SUR LA LIGNE DROITE. l8l
Commençons par établir analytiquement la condition de pa-
rallélisme des deux droites.
ty — ax-\-b, 1 les'équations'des deux droites
òoient | < > ) BL et DH {fig. 77). F
y = a x+b t

Puisque ces droites sont parallèles, les angles * et * qu'elles


forment avec l'axe des x sont égaux ; ainsi l'on a
tang &— tang «, ou a' z= a.

Cette relation entre les coefficiens de x, des deux équations, est


indépendante de l'inclinaison des axes ; car de ce que les angles
«'et « sont égaux, on déduit nécessairement
sin *' sin « ,
sin(/3 — *')_ sin (/3 — *)'
La relation d=a peut encore se démontrer par la figure.
Si l'on désigne par Y et y les ordonnées MP, NP des deux
droites DH et BL correspondantes à une même abscisse AP
ou x, on a, d'après les deux équations ci-dessus,
Y—y = {a' — a)x + b' — b.

Mais il est évident que, les deux droites étant parallèles,

MP — NP, ou MN = DB,
M'P' — N'P', ou M'N' = DB,

puisque les parties des parallèles comprises entre parallèles sont


égales. Donc Y —y = b' — b , quantité constante.
Or, pour que cette équation s'accorde avec la précédente,
quel que soit *, il faut nécessairement que l'on ait
a —a=o; d'où a = a.

Réciproquement, si l'on á d = a, ou a' — a — o,

il en résulte Y —y = b' — b, ou MN = DB ;

donc les lignes DM et BN sont parallèles.

SCD LYON 1
l8a QUESTIONS PRELIMINAIRES.

La relation d ~ a est donc une condition caractéristique du


parallélisme de deux droites.

I5I. Reprenons maintenant le problème proposé.


Soient x',y' les coordonnées du point M, par lequel on veut
mener une parallèle DH â une droite donnée BL.

L'équation de cette première droite étant y — ax -f- b,.. (i)

celle de la droite cherchée sera de la forme y = ax -f- b';... (2)

a et b' étant deux constantes qu'il s'agit de déterminer.


Or, la droite DH devant, par hypothèse , passer par le point M,

on a l'équation particulière .*.. . y1'= d'x'-\-b''. . .(3)

Retranchons les équations (2) et (3) l'une delí autre ;

il vient y—y'=d(x — x')... {Voyez le n° i49)-


D'ailleurs, à cause du parallélisme des deux droites, on a

d — a;

donc eiifi a , y — y' = a {x — x').


Telle est l'équation de la droite cherchée ; elle ne diffère de
l'équation (1) que par l'ordonnée à l'origine, qui est ioi_y'—ax .

i5i. TROISIÈME QUESTION. Deux droites étant données sur un


plan, on propose de déterminer, i°. leur point d'intersection;
2". l'angle qu elles forment entre elles.

„ . (y—ax + &,ì les équations des deux droites BL


boient \ , ] ^ gy
y==a x+ V} et DH ffig 7

i°. Pour obtenir es coordonnées de leur point d'intersec-


tion M, et en fixer ainsi la position , il faut remarquer que, le
point se trouvant à la fois sur les deux droites, ses coor-
données :AP et MP doivent vérifier les équations de ces
droites; elles ne sont donc autre chose que les valeurs de x
et de y propres à satisfaire simultanément à ces deux équa-
tions. Ainsi,"en éliminant x et y entre ces équations, les va-
leurs que l'on obtiendra seront les coordonnées cherchées.

SCD LYON 1
SUR LA LIGNE DROITE. l83
Retranchant d'abord la ire équation de la 2% on trouve
£
o= (a—à) x -f- b'— b : d'où #= -7 .
a —a
Portons cette valeur dans la ire équation ; il vient
b—b' , . bd—ab'
t
y—a.—.
J
V-o, ou, reduisant, y=—;
J
.
a'— a ' ' a' — a

b — b' ba' — ab' , .


Donc, x=—, , y—-—; sont les coordonnées
a —
a a —a

du point d'intersection M.
Soit, comme cas particulier, a'=a; il en résulte
b —b' a(b-b')

o J o

c'est-à-dire que ces valeurs deviennent infinies; ce qui doit être,


puisque les deux droites sont alors parallèles (n° i5o).
Si, à la condition a — a, on ajoute la suivante b' =.b, on
trouve

x~-, y=:-, valeurs indéterminées;


o J o
et, en effet, dans ce cas, les deux droites se confondent, puisque
leurs équations deviennent identiques; donc elles se rencon-
trent en une infinité de points.
Les résultats obtenus pour cette première partie du problème
proposé sont vrais, quelle que soit l'inclinaison des axes. Mais
il n'en est pas de même de la seconde partie.
i53. 20. Pour déterminer l'angle des deux droites , dans le
cas d'axes rectangulaires, angle que nous désignerons par V,
observons que le triangle EMG donne

MGX=EMG+MEG ; d'où EMG ou Y=MGX—MEG=*'—<t,

(<*.' et a désignant les angles que les deux droites forment avec
l'axe des x).
Mais on a obtenu (n° 70) ,
tang a — tang b
tang (a — b) :
1 -J- tang a tang 6 '

SCD LYON 1
l84 QUESTIONS PBÍEIMINAIMS

, « / iT tarie a' — tans a , .


donc tang (et — et), ou tang V £== —~% s—... (i)
• ° i-f-tang<* tang*

Cela posé, puisque les axes sont rectangulaires, on a tang*'=a',

tang et = a ; d'où l'on déduit tansr


6
V =— % .... (2)
w
° ' ' 1 + ao'
i54. Lorsque les axes sont obliques, les valeurs de tang
tang a ne sont plus représentées par a , a; et il faut les tirer
, . . sin a , sin et
des relations
sin (fi—u') ' sin (/3 — «)
Or , la seconde relation revient à sin et— a sin (fi — et), ois
développant sin (fi — et) d'après la formule (n° 61) ,
sin et — a sin $ cos et — a sin et cos <3.
Pour m.ettre tang et en évidence , divisons les deux membres
par cos *, et transposons ; il vient

tang0 et (1 -f- a cos 0) = a sin d'où tang


0
a sa —7——-ôj
1 + a cos (3
., , a'sin/3
on obtiendrait de la même manière, tang
0 et = —■—-. -.
• 1 -f- acos/S

Substituons actuellement ces valeurs dans l'équation (1),


a' sin/3 a sin $
,r 1 + d cos /3 1 + a cos (3
on a tang V = , ■ , Y
■ aa sin jea
(1 +a'cos/3) (1 +acos£)

ou,Jréduisant au même dénominateur, simplifiant et observant


que sin2/3 -f. cosai3 == 1,

tan V W
S ~ , + ad + (« + a7co7£

Supposons/S = ioo°, d'où sin£ = 1 et cos(3 = o;


a' ci
la formule se réduit à tans0 V r= , comme ci-dessus.
1 -f- aa r

SCD LYON 1
SUR LA LIGNE DROITE. 185

155. Considérons le cas particulier où les deux droites sont


perpendiculaires entre elles.
Dans ce cas , on doit avoir V = i oo°, d'où tang V = co ; ce
qui donne, lorsque les axes sont rectangulaires,
a' — a i + aa' , . ,
7 = co, ou —-. = o , par conséquent, i-J- aa = o ;
i -1- aa a —a
et lorsque les axes sont obliques, i +aa'-f-(a-j-d) cos/3= o.
La relation i + aa' — o , que nous aurons souvent occasion
de rappeler, peut être démontrée directement au moyen de la
ligure.
Puisque le triangle EMG (fig. 79) est rectangle en M, les Fig. 79-
deux angles MEG, MGE sont complémens l'un de l'autre; et

l'on a tang
0
MGE = cot MEG = ;
(voyez n° 5o).
tang MEG
Mais tang MGX ou d = — tang MGE ; tang MEG=a ;

donc, d — — ^, ou bien, ad + 1 — o.

156. QUATRIÈME QUESTION. D'un point donné hors d'une


droite , on propose , 1°. d'abaisser une perpendiculaire sur cette
droite ; 2°. de trouver la longueur de cette perpendiculaire _,
c'est—à-dire la distance du point donné à la première droite.
(Les axes sont supposés ici rectangulaires.)
Soient BL (fig. 80) la droite donnée, MG la perpendiculaire Fig. 80.
à BL , assujettie à passer par le point M, dont nous désignerons
les coordonnées par x' et y.
Supposons que l'équation de la droite BL soit
y=zax + b (!)
Puisque la droite MG passe par le point x', y', son équation
sera (n° 149) de la formey—y'— a (x — x"),... a' étant une
constante indéterminée.
Mais les deux droites devant être perpendiculaires l'une à
l'autre, on a (n° i55) la relation 1 + ad = o ; d'où
,_ 1
a'

SCD LYON 1
l80 QUESTIONS PRÉLIMINAIRES

Donc i'tiquation précédente devient

y—y'=—-{x—x')... (2)

Telle est l'équation de la perpendiculaire MG ; et cette droite


e,st ainsi déterminée de position.
i57. Maintenant, il s'agit d'obtenir l'expression de la dis-
tance du point M au point H où les deux lignes se rencontrent.
On connaît déjà les coordonnées x', y' du point M ; si l'on
pouvait déterminer celles du point H, il suffirait de substi-
tuer ces quatre coordonnées dans l'expression de la distance
entre deux points donnés , formule trouvée n° i37 , et l'on au-
rait la valeur de M H.
Comme le point H est le point d'intersection de BL et MG,
il faudrait (n° i5z) éliminer x ety entre les équations (1) et
(2) ; mais observons que, d'après la formule déjà citée, ce sont
moins les coordonnées des deux points M et H , que leurs diffé -
renées, qu'il est important d'obtenir; ainsi la question est ra-
menée à éliminer entre (1) et (2) les quantités x — x', y —y',
considérées comme inconnues ; et les valeurs de ces quantités
étant substituées dans l'expression

. D = —x y+(y—fy,
à la place de x — x", y'—y", donneront la distance demandée.
Afin de mettre en évidence ces deux inconnues dans l'équa-
tíon (1), comme elles le sont dans l'équation (2), nous met-
trons la première sous la forme
y —y = a(x — x) —y + ax' -f- b,. . . (3)
ce qui se fait en ajoutant — y aux deux membres, puis ret ran-
çhant et ajoutant ax' dans le second membre.
Cela posé, retranchons l'équation (2) de l'équation (3) ; il
vient
y—ax'—b
o = ^<z-f--^ (x—x')—y'-\-ax'-\-b ; d'où x—x'=-
a+

SCD LYON 1
SUR LA LIGNE DIÎOITE. '87
A . , a(y'—* ax'—b)
011 réduisant, x— x =—= .
aA + i
Cette valeur étant portée clans l'équation (2) , donne

'_ 1 a
(y ~* ax' — ^) — C/ — ' — ^) ax

y y "~ a a'M + 1 a2+ 1

Substituons ces valeurs de x — x', y — y' dans celle de D,

et désignons par P la perpendiculaire ; on trouve

\/a*(y> — ax' — by+{y'—ax' — by


-
Le facteur (y — ax' — b)2 peut être mis en évidence sous le
radical, ce qui donne pour le numérateur (a*-\-i) (y'—ax'—*b)*.
Supprimant le facteur as-f- 1, commun aux deux termes,
puis extrayant la racine carrée.de ces deux termes,
n ±.{y —ax'—b)
on obtient enfin P= :— —;

pour la longueur de la distance MH.

158. Discussion. Le double signe dr dont ce résultat est af-


fecté , a besoin d'être interprété.
En cherchant à traduire géométriquement la valeur de la
quantité y'—ax'—b, on voit que, y désignant l'ordonnée MP,
ax' + i exprime aussi l'ordonnée JNP de BL, correspondante à
l'abscisse x' ou AP (car si l'on fait x—x' dans y=.ax-\- b, on
a y ou AP = ax'-\- b) ; donc_y'— ax'—*■ b représente la distance
MN. Or, cette distance peut être (n° 26) positive ou négative ,
c'est-à-dire o , suivant que le point M est placé au-dessus
ou au-dessous de BL. Par exemple , si le point était en M', on
aurait M'N' = N'P' — M'P' zá axf+b — y'.
D'un autre côté, lorsqu'on demande la distance du point M
à la droite BL, on est censé en demander la valeur absolue; d'où
il suit que, si le point M est placé au-dessus de la droite BL, au-
quel cas, y' rr-ax' —b est .> o, on doit avoir
ax'~
r-/~
t/V-f-i '

SCD LYON 1
l88 QUESTIONS PRÉLIMINAIRES

et si le point M est placé au-dessous > ce qui entraîne la


condition y' — ax' — b <o, on aura
P _
ax' -ì-b—y\

Chacun de ces deux résultats peut être obtenu par la Géo-


métrie.
Én effet, MP, MH étant respectivement perpendiculaires à
AP, BL, il s'ensuit que l'on a angl.NiVIH = angl. BL'X=«s.
Cela posé, le triangle rectangle NMH donne (n° 88)

MH = MN cos u = ~ = = ( voyez n° 5o ) ;
sec « y i + tang' a
mais MN=MP —NP=y'— ax'—b, et tang* = st;
y' — ax' — b
donc MH, ou P — J
\/a* + I
Si le point M était placé au-dessous de BL, on aurait
o,od ■ I J}
M'N' — ax' + b — y, d'où P = T '
i5g. Examinons quelques cas pm-ticuliers :
Fig. 81. i°. Supposons (fig. 81) que le point duquel on veut abaisser
la perpendiculaire soit Porigine des coordonnées.
On a, dans ce cas, x' = o, y'= o, et l'expression devient

P=.
V/a2 + i
résultat positif ou négatif suivant que le point B est placé au-
dessus ou au-dessous de l'origine.
Fig. 82. 20. Supposons que la droite BL (fig. 82) passe par l'origine.
On a alors 6=0; et l'expression se réduit à

160. N. B. Dans la question précédente, nous avous supposé


les axes rectangulaires ; s'ils étaient obliques, il faudrait, pour
la première partie, faire usage de la relation
1 + aa' -f (a -j- a') cos ë = o , qui donnerait

SCD LYON 1
SUR LA LIGNE DROITE." '89

,_ ( i 4- a cos G)
a -j- cos £ '
et substituer cette -valeur clans l'équation y — y — a' (x— x')-
Quant à la seconde partie, après avoir effectué l'élimination
de x—x', y — y', entre les équations des deux droites, on
porterait ces valeurs dans l'expression générale de D (n° i38) ;
et l'on trouverait, tout calcul fait,
p (y' — ax' — b) sin C
V/a2 + 2a cos C -f- 1
Nous laissons aux commençans le soin d'exécuter ce calcul,
qui, quoique assez compliqué, n'offre rien de difficile.
161. CINQUIÈME QUESTION. Par un point donné hors d'une
droite j en mener une seconde qui forme avec la première un angle
donné (les axes sont supposés rectangulaires).
Appelons x', y les coordonnées du point, m la tangente de
l'angle donné. L'équation de la première droite étant y~ax-\-b,
celle de la seconde droi te sera de la forme y—y'=a' (x — x') ;
et puisque ces droites doivent former un angle dont la tangente
est m, on doit avoir (n° i53)
a' — a . . a — a
= m, ou bien,
1 -j-aa' 1 -f- aa'
a — a
Lune et rautre des deux quantités —■ ;
^ 1 -f-ca 1 +aa
sont également propres à exprimer la tangente de l'angle donné.)
On peut comprendre les deux relations précédentes dans une
1 a' — a , a ±m
seule, —: =±m; d ou a = ;
1 -J- aa ; 1 q: am
ce qui donne pour l'équation de la droite cherchée,
, a±m
y—y (x — x').
1 q: am
La question admet donc deux solutions; et cela est évident,
car, de part et d'autre de la perpendiculaire abaissée du point
donné sur la droite y — ax -f- b, on peut mener deux droites
qui fassent avec celle-là l'angle doniié.
Soit cet angle égal à ioo°, auquel cas on a m — 00; il en

SCD LYON 1
IO0 EQUATION DU CERCLE.

a.
zr. i
m I
résulte,

m
;>•.;'

d'où y —y' = — - (x — x') , équation obtenue (n° 156).


■ ,mt tlì 0 , ■U-.
0
.1 ■ ' >:■... ir/iol.o,:
Nous ne considérons pas le cas où les axes sont obliques,
parce que les résultats n'en sont pas assez simples.

162. ÍScholie général. Les différentes questions que nous ve-


nons de résoudre se reproduiront presqu'à chaque instant dans
tout le cours de la Géométrie analytique. Mais, en réfléchissant
sur les résultats auxquels on a été conduit par leur résolution,
l'on doit sentir la nécessité d'éviter, autant que faire se peut, le
système des axes obliques, pour que les calculs soient les plus
simples possibles. II faut toutefois en excepter le cas où l'on
n'a à faire entrer en considération que l'équation d'une droite
passant par deux points donnés, et la condition de parallélisme
de deux droites, résultats qui sont indépendans de l'inclinaison
des axes.

Manière de fixer analyliquement la position d'un


cercle sur un plan.

163. Soit un cercle de rayon quelconque r, dont le centre est


en O. Traçons dans son plan deux axes rectangulaires AX, Al?
83. (fig. 83), et proposons-nous d'eu fixer la position par rapport à
ces axes.
Si l'on désigne par p, q les coordonnées AB, OB du centre f
et par x,y lés coordonnées AP, MP d'un point quelconque M
de la circonférence, on aura, en vertu de la formule du n° 137,
(x-pT+ (y — qy = r\.. (!)
Cette relation caractérise tous les points de la circonférence,
en ce qu'elle est évidemment satisfaite par les coordonnées de
chacun de ses points 5 et qu'elle ne peut l'être que par elles.
En effet, soit N un point quelconque pris à l'êxtérieur 011 dans

SCD LYON 1
ÉQUATION DU CERCLÉ. iQt
l'intérieur de celte circonférence; on a, en désignant toujours
par x et y les coordonnées de ce point,
(x — pY-\- (y — qY pour le carré de la distance ON;
mais il est évident que ON est ou <^ OM, suivant que le point
est extérieur ou intérieur à la circonférence; d'où il résulte né-
cessairement (x — pY -f- (y — qY > ou < r*.
Ainsi, l'équation (i) ne saurait être vérifiée pour un point qui
ne se trouve pas sur la circonférence.
Cette équation est donc Y équation du cercle j en ce sens qu'elle
fixe complètement la position de chacun des points de la cir-
conférence.
Les constantes qui y entrent sont les coordonnées du centre
et le rayon ; et en effet, un cercle est complètement déterminé
avec ces données.
164. L'équation est beaucoup plus compliquée , lorsque les
axes sont obliques (fig. 84) ; car, d'après la formule du n° i38, j,-
on a (x — pY +(y — qY + 2 fec —p) (y — q) eos S = r%
(C désignant l'angle des deux axes).
165. L'équation (1) prend une forme plus ou moins simple,
suivant les diverses positions du cercle par rapport aux axes.
i°. L'origine peut être placée en un point A' (fig. 83) de la j-;
circonférence.
Dans ce cas, on a évidemment entre p, q et r, la relation
p* 4. g»=
r* ;
mais si l'on développe l'équation (1) , elle devient
x1 — ipx -f- p2 + y' — iqy -f- q* = r2,
ou, supprimant les deux quantités égales, pî-|-<7° et r",
x* — zpx -\-y* — 2qy = o... (2)
Telle est, dans ce cas,la forme de l'équation du cercle.
En effet, si l'on pose y == o, dans cette nouvelle équation,
il en résulte x1 — %px — o , ou x (x — np) = o ;
d'où x — o, x = np ;
cequi prouve que le point (x = o, y = o), ou l'origine, se
trouve placé sur la circonférence.

SCD LYON 1
1Q2 ÉQUATION DU CERCLE.
Remarque. Comme à l'hypothèse y = o, correspond encore
l'abscisse x=zp, il s'ensuit que la circonférence coupe Taxe
des x en un second point C, tel que A'C est double de A'D = p ;
ce qui démontre que la corde A'C est divisée en deux parties
égales par la perpendiculaire abaissée du centre sur cette corde.
Cette propriété est connue en Géométrie ; mais on voit com-
ment on la met en évidence, à l'aide de l'équation du cercle.
La démonstration est d'ailleurs générale, puisqu'on peut faire
varier à volonté la direction de Taxe A'X', pourvu que le se-
cond axe A'Y' lui soit mené perpendiculairement.
166. 2°. L'origine peut être placée à l'extrémité A" d'un
diamètre A"G, qui serait lui-même l'axe des x.
Dans cette nouvelle position des axes, on a

p=r et q —o;

ainsi, l'équation (i) devient (x—Í)° -f-y'— r2,


ou réduisant, y' = 2rar — x"... (3)

On déduit encore celle-ci de l'équation (2), en y faisant


p— r et t/ = o.
On démontre facilement, au moyen de l'équation (3), deux
autres propriétés du cercle.
%
Elle peut se mettre sous la forme y z=x (2r— x) ;
mais, d'après la figure, on a

y=MR, a?=A"R; d'où 2r—x = A"G — A"R = GR;


donc MÏU=A"RXGR, ou bien, A"R : MR :: MR : GR;

c'est-à-dire que la perpendiculaire, abaissée d'un point de la


circonférence sur un diamètre^ ou l'ordonnée à ce diamètrCj est
moyenne proportionnelle entre les deux segmens.
La même équation revient à y2 -f- x*= zr.x ;

mais si l'on tire la corde A"M, on a évidemment

1 2
y + a: ou MR*+ FR^I^] 2
r = A"G, x = A"R ;

SCD LYON 1
DES LIEUX GÉOMÉTRIQUES. ig3

donc I"M = A"GXA"R, ou bien, A"G : A"M :: A"M : A"R;

ce qui prouve que la corde menée par l'une des extrémités d'un
diamètre est moyenne proportionnelle entre ce diamètre et le
segment adjacent formé par la perpendiculaire abaissée de
l'extrémité de la corde sur ce diamètre.
167. 3°. Enfin, l'origine des coordonnées peut être placée
au centre.
Dans ce cas, qui est celui que nous aurons à considérer
le plus fréquemment, les coordonnées p et q sont nulles, et
l'équation (1) se réduit à
x*+y*== r\.. (4)
C'est l'équation du cercle rapporté à son centre comme origine.
On y parvient directement d'après le triangle rectangle OMR,
qui donne

ÔR + MR = Òìvf ou oc* + y* = r\
Si les axes sont obliques, on a pour équation
x* + _y" + ixy.cos € = r\
{Voyez le triangle obliquangle OMR,/^. 84.)

Des Lieux géométriques.

168. Avant de passer aux applications des principes précé-


dens, et de montrer comment, à l'aide des équations de la ligne
droite et du cercle, on parvient à résoudre toute espèce de
question relative à ces lignes, nous ferons quelques observa-
tions générales sur les équations des lignes et sur l'usage qu'on
peut en faire.
Nous avons déjà vu que la position d'une droite ou d'un
cercle est fixée sur un plan par le moyen d'une équation entre
les coordonnées x et y de chacun de ses points, et un certain
nombre de constantes^ dont la connaissance suffit pour déter-
miner cette position géométriquement.
Supposons actuellement que x et y désignant toujours les
i3

SCD LYON 1
194 1)ES
LIEUX

distances d'un point à deux axes rectangulaires ou obliques, la


résolution d'une question ait conduit à une équation de la
forme F(x, y) — o. (Le caractère F veut dire fonction de.)
Je dis que, si l'on veut fixer la'position du point qui satis-
fait à l'énoncé de la question , ou dont les coordonnées vérifient
l'équation, on en obtiendra une infinité ; et la série de ces
points formera une ligne droite ou courbej suivant la nature
de l'équation.
En effet, puisque l'on n'a qu'une seule équation entre x et y,
on peut disposer arbitrairement de l'une d'elles (ces quantités
sont, pour celte raison, appelées variables), et l'équation don-
nera les valeurs correspondantes de l'autre variable.
Donnons, par exemple, à l'abscìsse x la suite de valeurs
x= a, a , a , a , a", o"
Si l'équation n'est que du premier degré en y, on en déduira suc-
cessivement pour les valeurs correspondantes de cette variable,
y = b, b', b", b'", b»,
Fig. 85. En portant sur AX [fig- 85) les valeurs de A;, et élevant par
les points P, P', P", P".. .. des perpendiculaires, ou plutôt,
des parallèles à AY, égales aux valeurs de y, on aura différens
points M , M', M", M'" , qui satisferont également à la
question.
Comme rien n'empêche de donner à x des valeurs extrême-
ment peu différentes les unes des autres, et qu'alors les valeurs
de y seront elles-mêmes, en général, très peu différentes les
unes des autres, on doit en conclure que les points M, M',
M" seront très voisins; et l'on pourra ensuite lier ces points
entre eux par une ligne continue MM'M"M™, dont tous
les points seront autant de solutions de la question, parce que
les points intermédiaires sont censés correspondre aux valeurs
àe x, y tirées de l'équation du problème et comprises éntre
celles qui ont été déjà construites.
Cette courbe sera d'autant plus rigoureusement déterminée,
que les points M, M', M". . . seront plus rapprochés les uns
des autres.

SCD LYON 1
GÉOMÉTRIQUES* IO,5

Supposons maintenant que l'équation soit, par rapport à y,


d'un degré supérieur au premier. Comme, dans ce cas, à cha-
que valeur de x il doit correspondre deux ou plusieurs valeurs
de y (fig. 86), il s'ensuit que la courbe est composée de deux *'S- 86-
ou plusieurs branches MM'M".... NN'N".... RR'R"....
169. Soit, par exemple, à construire l'équation y* == zx ;

on en déduit y — ± \/ 0.x.

Ce qui prouve d'abord qu'à une même valeur de x il corres-


pond deux valeurs de y (fig- 87) égales et de signes con- Fig. 87.
traires; en second lieu, qu'à des valeurs de x négatives il ne
correspond que des valeurs de y imaginaires, c'est-à-diie que la
courbe ne peut avoir aucun point situé à la gauche de l'origine
ou de AY.
Cela posé, faisons d'abord x = o , ce qui donne y — o. On
peut conclure que l'origine des coordonnées appartient à la
courbe , ou que la courbe passe par f origine.
Soit maintenant x — 1 ; il en résulte
y = ZÌZ\/2 == zh 1, 4 à 0,1 près.

Après avoir pris sur AX une distance AP égale à l'unité


linéaire, si l'on mèae par le point P une parallèle à AY, et
que l'on prenne au-dessus et au-dessous de AX deux distances
PM, PN égales à 1,4- • • ? M et N seront deux points de la
courbe demandée.
Soit encore x = 2 ; d'où y = zh. 2. Ces valeurs étant
construites comme les précédentes, donnent M' et W pour deux
nouveaux points.
En continuant ainsi de donner à x différentes valeurs , et
construisant les valeurs correspondantes de y, on obtiendra
une courbe de la forme LAH , qui s'étend indéfiniment à la
droite de Taxe des y, puisque, tant que * est positif, les va-
leurs de y sont réelles.
170. Proposons - nous , pour second exemple, l'équation
y"—xl = ^, de laquelle on tire y = ±\/x*-+-4-
On voit, premièrement, qu'à une même valeur do x corres-
i3 .

SCD LYON 1
196 DB LIEUX

pondent deux valeurs de y égales et de signes contraires j se-


condement, que, quelque valeur positive ou négative que l'on
donne à x, on a toujours pour y des valeurs réelles. Donc,
déjà l'on est certain que la courbe s'étend indéfiniment au-
dessus et au - dessous de i'axe des x, à droite et à gauche de
l'axe des y.
Faisons quelques hypothèses :
Fig. 88. Soit d'abord x = o (fig. 88), on tire de l'équation,
j = ±v/4 = ±2.
Prenons sur AY deux distances AB, AC égales à 2 -, les points
B et C appartiennent à la courbe.
Soit, en second lieu,
x—1; d'où y = ± \/5 = ±2,2 à 0,1 près.
Si l'on prend sur AX, AP — 1, qu'on porte sur une parallèle
à AY, menée par le point P, deux parties PM , PN égales à 2
M et N seront deux nouveaux points de la courbe.
Soit encore x = 2 , ce qui donne
y = ±{/8 = =h 2,8. . . à 0,1 près.
En construisant ces valeurs comme les précédentes, on ob-
tiendra les deux points M' et Pi'.
Et ainsi de suite, dans le sens positif de l'axe des x.
Actuellement, pour obtenir les points situés à la gauche
de AY, remarquons que, puisqu'à des valeurs de x positives
ou négatives, mais numériquement les mêmes, correspondent
les mêmes valeurs de y, il suffit, après avoir pris des dis-
tances Ap, A//... égales à AP, AP',... de mener par les
points p, p'... des parallèles à AY, et par les points M,
M',... N, N'... des parallèles à AX. Les points m et m',...
n, n ... seront aussi des points de la courbe, qui sera évi-
demment composée de deux branches distinctes et opposées
LBL', HCH'.
Ces exemples suffisent pour donner une idée de ces sortes
de constructions, sur lesquelles nous reviendrons plus en dé-
tail par la suite.

SCD LYON 1
GÉOMÉTRIQUES. 197
171. La courbe représentée par l'équation F (x, y) = o, est
appelée le Heu géométrique de cette équation.
Réciproquement, une courbe étant tracée sur un plan, si,
par un moyen quelconque, fondé sur la définition ou sur une
propriété caractéristique de cette courbe, on parvient à une
équation qui existe entre les coordonnées x et y de tous les
points de cette courbe, et n'existe que pour ces points, la re-
lation ainsi obtenue est dite l'équation de la courbe. (JToyez
n°s i39, i63.)
Nous terminerons les notions générales sur les lieux géomé-
triques par deux propositions qui seront d'un usage continuel.
172. PREMIÈRE PROPOSITION. On a vu précédemment que
l'équation générale d'une ligne droite est de la forme
y ■= ax -\-b,. . . (1), les quantités a et b pouvant passer
par tous les états de grandeur. Je dis que, réciproquement,
toute équation du premier degré entre deux variables x et y
a pour lieu géométrique une ligne droite.
En effet, quelle que soit l'équation proposée, on peut tou-
jours la ramener à la forme y — mr+ n.. . (2).
Comparons entre elles les équations (1) et (2).
1°. Si les axes sont rectangulaires, on peut poser (fig. 72) p;
a ou tang a —m et b = n.
Prenant alors sur AY une distance AB = n, et menant par
le point B une droite qui forme avec AX un angle et, dont m
soit la tangente trigonométrique, on aura (n° 140) pour l'équa-
tion de cette droite ainsi fixée de position,
y — x tang a. -f- b, ou bien, y — mx-\-n.
Donc, réciproquement, cette dernière équation a pour lieu géo-
métrique une ligne droite.
2a. Si les axes sont obliques, on pose
sin a
a ou —.————: =m et b = 11.
sin (p — a)
Prenant sur AY (fig. 73) une partie AB égale à n, et menant par F;
le point B une droite qui forme avec AX un angle a. tel que l'on

SCD LYON 1
DES LIEUX
sin te
ait in (ft _'Jâ) ~m ' on am a (n° Pour 5011 équation,
sm
sin a ,
y~x7Trn> \+n> ou l)Hîn, Jy — mx+n.

sin (fi a)
Donc, réciproquement, etc
II reste à savoir toutefois si l'angle « peut toujours être dé-
terminé d'après la relation ■. S™ *—— = m.
' ' ' " sm (S — a)
Or, on a reconnu (n° i54) que cette relation donne...
m sin fi
tang a = —- ,—- ; et I on sait qu une tangente peut
i -f- m, cos (3 n o r
passer par tous les états de grandeur,; ainsi l'angle a est tou-
jours susceptible de détermination.
173. Comme deux points déterminent la position d'une
droite, il s'ensuit qu'une équation du premier degré en x et_y
étant donnée, il suffira, pour en construire le lieu géométrique^
de fixer la position de deux de ses points.
Les plus remarquables sont ceux où la droite rencontre les
axes ; et, pour les obtenir , on fait successivement, dans
l'équation, y = o, puis x — o ; les valeurs obtenues pour x,
dans la première hypothèse > et pour y, dans la deuxième, re-
présentent, l'une, l'abscisse du point de rencontre avec l'axe
des x, l'autre , l'ordonnée du point de rencontre avec l'axe
des y.
Si l'équation est de la forme y — mx, comme en faisant
y = o,on obtient x = o, et réciproquement, il s'ensuit que la
droite passe par l'origine; et pour avoir un second point, il
suffit de donner à x une valeur particulière , et de construire la
valeur correspondante de y.
174. Cas particuliers. On propose de construire 2y — 3x= 1
(en supposant les axes rectangulaires).

1. Pour y = o (fig. 89) , l'on trouve x—— ; et pour


1
x — o, y—--

SCD LYON 1
GEOMETRIQUES. 199

Prenant donc sur AX une distance AC=-j^, et sur AY

Une distance AB = - , on obtient CBL pour le lieu géométrique


2
demandé.
Soit encore à construire l'équation 3y -f- 5x -f- 4 — 0
{fig. 90). Fig. 904
4 , 4
Pour y—o, l'ona x=—g; et poUrx = o,.. .y = — g.

Prenons sur AX, AC' = — g, et sur AY, AB' = — |, 011

obtient B'C'L' pour la droite demandée.


On peut avoir besoin de construire la tangente de l'angle te.
Or, la première équation donnant _y = ^a: + -, il en résulte
3
tang « = -.

D'après cela, soit pris sur AY (fig. 89) la distance AB = ^.

Menons par le point B une parallèle Brî à l'axe des x ; prenons


sur BH, une partie BD = 1, et élevons une perpendiculaire
3 3
DE = - ; nous aurons tang EBD == - ; ainsi le point E ap-

partiendra à la droite CBL.


La deuxième équation donne y ~ — ^ x — ^, d'où S
5 $•
tang«=—^. ».

Après avoir pris sur AY (fig. 90) une partie AB' = — ^, si .,

l'on mène B'H' parallèle à AX, qu'on prenne B'D' = 1 , et que


,5
l'on élève une perpendiculaire D'E' == -, on aura nécessaire-

ment tang È"B'D' = | -, d'où tang E'B'X'= — |; et le point

E' appartiendra à la droite C'B'L'.


Toutes les constructions précédentes s'appliquent au cas où

SCD LYON 1
200 DES LIEUX
t t w. («, i ... 3 5
les axes sont obliques. Seulement, les quantités - et — ^
2 3

construites en dernier lieu, n'expriment plus des tangentes,


. ,. , sin «
mais bien le rapport
r
. ,„
[ sin(/2—tt)
175. Soit pour troisième et dernier exemple, l'équation
y = x (les axes étant supposés quelconques ).
Fig- 91- Pòur y = o (fig. 91 ), l'on a x =0; donc la droite passe
par l'origine. Faisons maintenant x — 1, on obtient y = i ;
et l'on aurait de même pour x = 2,... ^ = 2.
D'où l'on voit que la droite ABB' ainsi déterminée, divise
en deux parties égales l'angle des deux axes.
Si les axes sont rectangulaires, l'angle BAX est égal à 5o°.
176. Remarque. L'équation proposée peut être en x seule-
ment, ou bien en y, c'est-à-dire ne renfermer qu'une seule
coordonnée.
Dana ce cas, le lieu géométrique se réduit à une ou plusieurs
droites parallèles à l'un des axesj suivant le degré de l'équa-
tion, et si les racines sont réelles.
3
Soit l'équation 2r — 3 = o , d'où l'on tire x — —.
. 2
3
Fig. 93. Prenons sur AX (fig. 92 ), une distance AB = -, et me-

nons par le point B,BG parallèle à AY; il est évident que tous
les points de cette droite jouiront exclusivement de la propriété
3
d'avoir — pour abscisse, quel que soit d'ailleurs y.

Soit encore l'équation y* -f- y — 2 = 0, qui, étant résolue,

donne y =—^±^/^+2; d'où y = 1 et y = —2.

Fig. g3. Sî l'on prend sur AY (fig. g3) deux distances AB = 1,


AB'= — 2, et qu'on mène GH, G'H' parallèle à AX, ces
droites seront telles qu'on aura toujours y = 1 pour la pre-
mière, et_y = -•— 2 pour la deuxième, quel que soit x.
177. SECONDE PROPOSITION. On a trouvé (n° i63) pour l'équa-

SCD LYON 1
GÉOMÉTRIQUES. 201

tion générale du cercle rapporté à des axes rectangulaires,'

'x—py + 'y—ay = r>;

ou développant, a^+J"2—zpx—2.qy-\-p*-\-q*—r2=o... (i)

Réciproquement, toute équation du second degré, de la


forme a:2 + y" -f- Ax + By+ c = °, • • • (2)> c'est-à-dire
qui ne renferme pas le rectangle xy des variables, et dans la-
quelle les coefficiens des carrés sont égaux à P unité ou égaux
entre eux ( parce qu'on peut toujours diviser l'équation par ce
coefficient commun ) , appartient à une circonférence de cercle.
En effet, comparons l'une à l'autre les équations (i) et (2) ,
et posons —2/7 = A, —2^=B, p2 + S,a — 7-2=C; on
en déduit

P—"' <! = --, r=\/p* + q*—C = \/ ^ C.

Cela posé, soient tracés deux axes rectangulaires AX, AY


(fig. 94)5
et construisons le point O, dont les coordonnées fi
A B
soient — — pour l'abscisse, et — - pour l'ordonnée. Puis, du

/A2 -h B2
point O comme centre, et avec un rayon égal à y ^ C,

décrivons une circonférence de cercle ; elle aura nécessairement


pour équation,
(x—Py + (y — qy=r>;
ou, si l'on remplace p, q, r par leurs valeurs ,

/ , Ay , / , B\2 A2 + B2

ou développant et réduisant, 1

x* -f Ax+y* 4- By + C = o,

résultat identique avec l'équation (2). Donc, etc....


On peut encore démontrer la proposition, ainsi qu'il suit :
Commençons par ajouter aux deux membres de l'équation (2)

SCD LYON 1
202 DES LIEUX

A" Ba
la quantité -r- -j , afin de compléter les carrés ï' + Ax,
4 47
et y* -f- By ; il vient
A" „ B2
x» + Ax + j + y* + By + j=z
A" + W
1 „
C,

A
ou bien, (x + ^ -f- (y -f- = C,... (3)

équation que l'on peut comparer immédiatement aveq

2
A B
r=
/A +B* „
en posant P — — —, q — — —-, \/ ^

d'où il suit que l'équation (3):, et par conséquent, ì'équation (2)


dont (3) n'est qu'une transformée, exprime une circonférence
de cercle qui a pour centre le point déterminé par les coor-

données
2
,
B
— ^-, et pour rayon, y/ J'-
/ Aa -f- B
^ C

La seconde démonstration peut paraître plus simple que la


première, mais elle est moins analytique.

178.Première remarque Les quantités A, B, C étant quel-


A* + B2 *
conques, peuvent être telles , que l'on ait —^ C = o,

ou <^ o.
Dans le premier cas, le rayon, r est nul, et la courbe se
réduit à un point qui est le centre lui-même.
Dans le deuxième, le rayon r est imaginaire, ce qui veut
dire qu'il n'y a pas de courbe ; et l'on dit alors que le cercle est
imaginaire.
Seconde remarque. La proposition précédente suppose que
les axes soient rectangulaires; car on a vu (n° 164) que l'équa-
tion d'un cercle rapporté à des axes obliques, renferme né-
cessairement le rectangle 2rj cos (i, terme qui ne peut dispa-
raître qu'autant que l'on a (S = ioo°.

SCD LYON 1
CrÉOMÉTIUQUES. 2o3
L'équation (2), dans le cas où les axes sont, obliques, est
celle d'une courbe qui, comme nous le verrons plus tard, pré-
sente quelque analogie avec le cercle.
179. Cas particuliers. Soit à construire l'équation

2xs + 2ya — 3jc + 4y — 1 =0;

elle peut d'abord être mise sous la forme


3 1
x
* + y_ - x
+ iy — -,

3 , ,
ou, ajoutant les carrés de la moitié du coefficient — - et de la

q 1 ou
25
moitié du coefficient 2, c'est-à-dire ^+ » Jg»

f 3\a . ; L*. 25 , 1 33

3
Cela posé, construisons d'abord le point O (Jig. g5) qui a ^ F'S- £)5?

pour abscisse, et — 1 pour ordonnée.


Ensuite du point O comme centre, et avec un rayon égal à

71/33 (ou 1,4... à 0,1 près) décrivons une circonférence;

cette courbe sera le lieu géométrique demandé.


Soit, en second lieu, l'équation x* +y — 3y -f- ix=. o,
qui peut se mettre sous la forme

4'
Après avoir fixé la position du point qui a — 1 pour abs-
3
cisse et - pour ordonnée, si de ce point O {fig. 96 ) comme Fig. 96»

centre, avec un rayon égal à ~ \/iZ ou 1,8, on décrit une

circonférence, ce sera la courbe représentée par l'équation.


II faiit observer, toutefois, que, dans cet exemple, comme
l'équation est satisfaite simultanément par x = o, y = o, la

SCD LYON 1
20-4 USAGE DES LIEUX G-ÉOMÈTRIQUFS.

courbe passe nécessairement par l'origine ; d'où il suit que le


rayon se trouve tout construit, et est représenté par OA. En
effet, l'on a

1
OA = Y/ÂB*+BO , ou bien, OAr =y/| + i=r.
On reconnaîtrait pareillement, i°. que l'équation
x
* +y — 3x- + i = o »
3
représente un cercle dont le centre a pour coordonnées - et o,

et qui a pour rayon i [/ 5 ;


2°. Que l'équation l^x* + 4y — 12# — 8y -f- 13 = o repré-
3
sente un point ayant pour coordonnées - et i. En effet, on

x —|-j+fy — i y = o ; et cette
équation, dont le premier membre est la somme de deux car-
rés essentiellement positifs, ne peut être satisfaite qu'en po-

sant (x~î)~0' (.y — 02=o,


ce qui donne x =^ et y = i ;

3°. Que l'équation x" +_y2 -f- 4a: 2



y "4" 7 = 0 ne
repré-
sente rien ; car on peut lui donner la forme
(:c + 2)*+ (y — i)* = _ 2
,

équation dont le premier membre, étant la somme de deux car-


rés positifs , ne peut être égal à une quantité négative.
180. Ces notions générales sur les lieux géométriques étant
bien entendues, voyons le parti qu'on peut en tirer dans la ré-
solution des problèmes de Géométrie déterminés ou indé-
terminés.
Considérons d'abord le cas où la question est indéterminée, et
supposons que cette question revienne à fixer la position d'un
certain point sur le plan d'une figure.

SCD LYON 1
USAGE DES LIEUX GEOMETRIQUES. 2o5
En rapportant le point cherché et les autres parties de la
ligure à deux axes , et désignant les coordonnées de ce point par
x et y, on obtiendra par la traduction algébrique de l'énoncé,
une certaine relation, F(x,y) = o, entre ces coordonnées et les
quantités connues, qui sera dite Inéquation du problème; et si,
conformément aux principes établis précédemment, on cons-
truit le lieu géométrique de cette équation, la série des points
faisant partie de ce lieu géométrique satisfera à l'énoncé de
la question ; et les coordonnées de ces points représenteront
géométriquement tous les systèmes de valeurs de x et de y, pro-
pres à vérifier l'équation F {x,y) = o.
i8i. Non-seulement les lieux géométriques servent à résou-
dre les questions indéterminées ; mais on peut encore en faire
usage dans les problèmes déterminés à deux inconnues.
Admettons en effet que l'énoncé d'une question ait conduit
aux deux équations F(x,y)=a, jF'(x,j-) = o; x et y repré-
sentant les coordonnées d'un certain point. On pourrait d'abord
éliminer x et y entre ces équations, puis construire tous les
systèmes de valeurs que l'on obtiendrait ; chacun des points ainsi
déterminés satisferait à l'énoncé.
Mais, sans effectuer l'élimination qui, le plus souvent, con-
duit à des résultats compliqués, et n'est pas elle-même toujours
facile , pn peut fixer la position de ces mêmes points.
En effet, l'équation F(x,y) = o, considérée seule, représente
une certaine ligne, lieu de tous les points dont les coordonnées
vérifient cette équation. Supposons-la construite, et soit LBH
{fg. 97) ce lieu géométrique.
De même, l'équation F' rx,y) — o est celle d'une seconde
ligne dont tous les points sont tels, que leurs coordonnées véri-
fient cette équation; supposons cette ligne construite par
rapport aux mêmes axes que la précédente, et représentée
par KCI.
Cela posé, il est évident que les points M, M'. .. où ces lignes
se rencontrent, sont ceux qui satisfont à l'énoncé, puisque leurs
coordonnées forment des systèmes de valeurs de x et de y, qui
vérifient en même temps les deux équations. Ainsi les points M,

SCD LYON 1
/

2o6 USAGE DES LIEUX GÉOMÉTRIQUES.

M'. . . sont autant de solutions de la question dont ces équa-


tions sont la traduction algébrique, si toutefois on a eu pour
objet de fixer, sur un plan, la position d'un point d'après cer-
taines conditions.
Lorsque les inconnues x et y n'expriment pas primitivement
des distances à des axes fixes, mais des lignes quelconques, les
coordonnées des points, M, M'... . en représentent alors les
valeurs géométriques.
En substituant ainsi les intersections de deux lieux géométri-
ques à l'élimination entre leurs équations, on parvient souvent
à des constructions simples et élégantes du problème. La suite
de ce chapitre nous en fournira plusieurs exemples.
182. Pour le moment, nous nous contenterons de faire l'ap-
plication de ces principes au problème n° 21, résolu dans le
premier chapitre, par deux méthodes différentes.
Reprenons les deux équations qui ont été obtenues par la
première méthode, savoir:

(4 -xy+'c — y
y = r\.... (1)
2
«(x +y*) = m' (a—ib+zx) (2)

et observons d'abord que ces équations seraient celles qu'on


Fig. 20. trouverait en rapportant le point inconnu D (fig, 20) à deux
axes rectangulaires dont l'un serait AB, et l'autre une perpen-
diculaire élevée au point A.
Gela posé, au lieu d'éliminer x et y entre ces équations qui,
comme on l'a vu n° 21, conduisent à des résultats très com-
pliqués, tâchons de construire les lieux géométriques qu'elles
représentent.
La première est évidemment celle du cercle donné; car r
étant le rayon j b et c sont les coordonnées du centre.
Quant à la secondequi peut se transformer ainsi,

x*+y*-z-x = m* — zb.—,
J a a

SCD LYON 1
USAGE DES LIEUX GEOMETRIQUES.

(
m \ m-7.44 m
x J -f-J"2 = — + m1 — zb . —,
aJ "a? a
elle représente (n° 177) un cercle dont le centre est sur AB, en
al
un point(/íg\ 21) K pour lequel on a AK — —, ^'g- *

, , /W . . , m2
et qui a pour rayon, r— \J — -f- m? — 26 . —.
V
s
Or, le triangle rectangle ACL donne AL ou m = AC—CL
ou bien, m* = è2 -f- ca — r2 ; ainsi l'on a

m?
D'ailleurs, b est égal à KF ; ce qui donne

KC = , (*-?)'.
+

2
Donc enfin r == \^ KC — ?' .

Mais si l'on mène du point K une tangente KD ou RD' au cer-


cle donné, on a évidemment KD ou KD' == KC — r2.
D'où l'on voit que ces deux tangentes donnent non-seulement
le rayon du second cercle, mais encore les points où les deux
circonférences se coupent, c'est-à-dire ceux dont on deman-
dait de fixer la position.
II est remarquable que la première méthode, employée pour
résoudre la question, conduise, par le secours des lieux géo-
métriques, à la même construction que la seconde. Mais il faut
un peu de réflexion et d'habitude pour découvrir ce rapproche-
ment.

SCD LYON 1
208 PROBLÈMES

§ II. Applications des Principes généraux établis


précédemment.
Propositions sur les triangles.

183. i°. Rechercher par l'analyse les points d'intersection


deux à deux des droites menées par les sommets A, B, C d'un
3g. triangle, et par les milieux F, E , D (fig. 98) des côtés opposés.
Prouver que ces trois droites se coupent en un même point.
Prenons deux axes rectangulaires AX , AY , dont l'un, celui
des x, se confonde avec l'un des côtés AB du triangle, l'origine
étant d'ailleurs placée au sommet A. La question consiste à
former les équations des droites AF, BE, CD, puis (n° 148) à
éliminer x et y entre ces équations combinées deux à deux.
Mais auparavant, il est nécessaire d'établir les coordonnées des
points A, B, C, D, E, F.
On a d'abord pour les coordonnées de A, (y = 0, x — o) ;
soit AB ~ c; il en résulte pour celles de B , (y = o, x == c)-,
posons d'ailleurs pour le point— ..... C, (yz=y', x — x').
Maintenant, comme D, E, F sont les milieux de AB, AC, CB,
on en déduit
C
AD = ±? = Î, EI = ií ^ AI=*'
22 22
= 2 ?

FG=^=Ï;GH=-
BH-C-*'
22 2
—x' c+x'
d'où AG= x' +

ce qui donne pour les coordonnées des points

D.... (y-o, * = j),

SCD LYON 1
V
SDR LA LIGNE DROITE* 20g
Connaissant pour chacune des droites A.F, BE, CD, les coor-
données de deux de ses points, nous pourrions obtenir son
équation en substituant dans la formule du n° 148,
y' _ y"

à la place de x', y, x", y", les valeurs correspondantes à la


figure actuelle; mais il est plus élégant d'opérer de la manière
suivante :
Comme AF passe par l'origine, son équation est de la forme
y = ax;

et puisque cette droite passe par le point F, ou J>


on a la relation particulière
y' sc + x\ y
—=a ), d ou a = —^ ;
2 \ 2 / c -f- x ;'
y'
ainsi l'équation de AF est y — —-~—-x.... (1)

La droite BE passant par le point B, ou (o, c), son équation


est de la forme y = a (x— c).
(II faut remplacer dans l'équation y—y'==à (x — x'),
du n° 149, y par o, et x' par c, puis a par a.)
Mais, comme cette même droite passe par le point E, ou

(.2
—, —Y on a la relation
2/
'

A d'où á=-X—-
2 \2 J x' 2C'
/

donc l'équation de BE est y = , ^ (x — c).... (2)

On trouverait de même pour CD, y = (2x — c)... (3)

II reste actuellement à combiner ces trois équations.


Premièrement, on déduit des équations (1) et (2),

SCD LYON 1
PKOJiUiMËS

.x=^2—(x_c),
C -f- X X 2C v

ou, chassant les dénominateurs et effectuant les calculs,


E
x y . x — icy'. x = cy'. x — c y' + x'y . x — cx'y;
i c -\r x'
ou, réduisant, 3cy'. x = cy (c -f- x ); donc x = —j—.

Portant cette valeur dans (i), on trouve.... y— ÔT •

En second lieu, les équations (i) et (3) donnent

V'
—-—
-
; . X= -r V' (nx — c)%. ,
C -\- X 2X' — C- ' '
2
ou ix'y . x — cy . x — icy'. x — c y' + %x'y . x — cx'y',
c-f-x'
ou, réduisant , 3cy'. x = cy' (c-f- x') ; donc x=—^—»

■ 2L
et par conséquent, y- 3

D'où l'on voit que les coordonnées du point d'intersection des


deux droites AF, BE, sont identiques avec celles du point
d'intersection de AF et CD. Ainsi, ces trois droites se coupent
en un même point.
Si du point O commun à ces trois droites, on abaisse l'or-
donnée OP, les deux triangles semblables DCH, DOP donnent

OP : CH :: DO : DC
;
mais on a OP = ^y = ^;
DC
donc aussi DO
3 "

Ce point est connu en STATIQUE , sous le nom de centre de


gravité du triangle.
En réfléchissant sur l'aualyse précédente, on reconnaît aisé-
ment que les calculs sont les mêmes, quelle que soit F inclinai-
son des axes.
Cependant, ils deviennent plus simples, lorsqu'en conservant

SCD LYON 1
Slîfl LA LIGNE DROITE. 211
F
AB (Jlg. 99) , pour axe des x, on prend pour axe des ordonnées
une droite AY parallèle à CD; ce qui est permis, puisque 1a
droite CD est connue de position.
Dans ce cas, il est évident que Pabscisse x' du point C devient

égale à AD ou -, d'où c — zx'; et les équations (i), (a) , Q)


° 2
deviennent, savoir:

L'équation de la droite AF... y = y' x,

celle de la droite BE...J =—^~(x—2x'),

et celle de la droite CD. . . x= x',

(puisque cette dernière droite est parallèle à AY).


Cela posé, combinons la dernière équation x — x' avec
r
la première ; il en résulte J — Yg >

en la combinant avec la seconde, on trouve encore_y = ^r-.


o
Ainsi, les coordonnées des points d'intersection de CD, AF,

et de CD, BE, sont x = x', y = Xr —


o o
Ceci prouve combien le choix des axes peut influer sur la
simplicité des calculs, dans la résolution des questions par le
secours de la Géométrie analytique.

184. 2°. Déterminer les points d'intersection deux à deux des


perpendiculaires abaissées des trois sommets du triangle ABC,
sur les côtés opposés. Démontrer que ces perpendiculaires se cou-
pent en un même point O.
Ici, les axes doivent être rectangulaires {fig. 101), puisque Fi
nous devons faire entrer en considération la relation de per-
pendicularité de deux droites (voyez n° i55).
Prenons encore pour axe des abscisses la ligne AB, et pour
axe des ordonnées la perpendiculaire élevée au sommet A.

.4..

SCD LYON 1
212 FKOBLEMES

En désignant toujours par c la distance ÀB ou l'abscisse du


point B, et par x' , y' les coordonnées du point C, on aura
d'abord pour l'équation de CD, x = x',... (i)
(puisque cette droite est parallèle à Taxe des y).
Avant de rechercher les équations de AF et BE, nous devons
commencer par déterminer celles des lignes CB, AC auxquelles
elles sont perpendiculaires.
Or, la droite CB passant par les deux points (y , x') et (o, c),
son équation est (n° 148), y — y' = a(x— x'), a ayant
y' /
pour valeur —~— , puisque l'on a y"= o, x" = c.

Celle de la droite AC passant par l'origine, est y = mx,

m ayant pour valeur y' puisque le point C se trouve sur

cette droite.
Cela posé, comme AF passe par l'origine, elle a une équa-
tion de la forme y=a'x;
et de ce qu'elle est perpendiculaire à CB, on déduit (n° i55)

la relation aa!-\-1=0; d'où a' — — - = -—r—.


a J
c x' 1
00 2
Ainsi l'équation de AF est y = —~y~ • '• • ( )

La droite BE étant assujettie à passer par le point B ou (o, c),


on a pour son équation, y = m' (x — c) ;
mais puisqu'elle est perpendiculaire à AC , 011 a la relation

mm -f- 1 = o; d ou m = = ,.
m y
x'
Donc enfin l'équation de BE est y = T
[x—c). . . (3)

Maintenant, si l'on combine les équations (1) et (2), on


, (c — x') x'
trouve pour x = x , j — —, •

Combinant de même les équations (1) et (3), on obtient


«2? . , (c x ~)x
pour x = xt , y = — ~r (x r — c) = — .
J J

SCD LYON 1
SUK LA LIGNE DKOITE. 2i3
Donc les coordonnées du point d'intersection des droites CD,
AF, sont les mêmes que celles du point d'intersection des droites
CD, BE; ainsi ces trois droites se coupent en un même point.
i85. 3°. Déterminer les points d'intersection deux à deux des
perpendiculaires élevées par les milieux des côtés d'un triangle
ABC (fig. ioo)j à ces mêmes côtés. Prouver que ces trois per- Fig. 100.
pendiculaires se coupent en un même point.
Pour plus de simplicité, nous prendrons encore pour axe
des x la ligne AB, et pour axe desj la perpendiculaire élevée
au point A.
Soient toujours AB = c, AH = x , CH =y' ; on a déjà
trouvé (n° i83) pour les coordonnées des points D, E, F,

Cela posé, on a pour équation de DL,... x = —,... (i)

puisque DL est parallèle à AY.

La droite EM passant par le point E, ou —sonéqua-

tion est de la forme y — — = a fx J;


et puisqu'elle doit être perpendiculaire à AC dont l'équation est

J
y = —, x , il en résulte a = — —,.
x y'
Ainsi, la droite EM a pour équation,

y : -:■(-:>•••«
on trouverait de même pour l'équation de FN,
y'' c—x'/ c + x'\

Combinons entre elles les équations (i) et (2); il vient pour

—y' _i_
x,i—cx' _ x' + y"—ex'
7+

SCD LYON 1
214 PROBLÌMES SUH LA LIGNE DROITE-

Les équations (i) et (3) combinées de la même manière, donnent

pour
r x = -, y=— + >
17 ,- — => „
2' 2 2_/ ayT
Ainsi, Zes íroís droites se réunissent en un même point.
186. N. B. Si, dans le résultat qu'on vient d'obtenir pour y, on
met à la place de x'2 y'2, sa valeur AC ou b' que donne la fi-
gure, on trouve pour les coordonnées du point O commun aux
trois droites, lequel n'est autre chose que le centre du cercle
circonscrit,
c è2 — cx'
X y
~~V ~ 3/

Calculons maintenant la distance AO ; on a

AO =v/sq^y=\/j+^j^^zj ^y^-c^-c-ôY
ou développant la quantité sous le radical, et ayant égard à la

relation x'
a
-f- y 2 = b% AO=-K ^/b^ + c3 — zcx'.
2y
Or, l'expression \/b* -f- c — 2cx' n'est autre chose, en vertu
1

d'un théorème de Géométrie, que la valeur du côté CB ou a.


Donc enfin, AO = d'où, en posant AO = r,
ir.y = a. b ;
ce qui prouve que le rectangle de deux côtés d'un triangle est
égal au rectangle compris par le diamètre du cercle circonscrit
et la perpendiculaire abaissée sur le troisième côté du sommet
opposé. (Voyez Legendre, liv. III, prop. 32.)
Remarquons encore que la surface du triangle ABC ayant
pour valeur ABC ou S == cy' -îí-, il. en résulte 2y == AS
—.
Donc, l'expression de AO ou r devient
abc
r=4S'

résultat auquel nous sommes déjà parvenus (n° 43).

SCD LYON 1
PROBLEMES SUR LE CERCLE. 215

187. La construction sur la même figure {fig. 102) des Fig. 102.
points de concours relatifs aux trois propositions précédentes,
donne lieu à une circonstance fort curieuse , qui consiste en ce
que ces trois points se trouvent placés sur une même ligne droite.
Pour nous en convaincre par l'analyse, observons d'abord
qu'en général on reconnaît que trois points (x',y'), (x", y")
et (x'",y") sont en ligne droite, toutes les fois que les deux rap-
y> _ y" y' — y"
ports J-, ,—
^, ^ sont egaux.
OC ' 1 cc OC j£
En effet, ces rapports ne sont autre chose (n° 148) que les
coefficiens de x dans les équations des droites qui joignent le
premier point au second et le premier au troisième ; et s'ils
sont égaux, c'est une preuve que les droites sont parallèles
(n° i5o). D'ailleurs ces droites ontdéjà le point commun (x',y') ;
donc elles se confondent.
Si l'un des points tx, y) est l'origine des coordonnées, il
y" y*
suffit que l'on ait ^ = ^j-, ou bien, y"x" — x"y'" =z o.
Cela posé , admettons que les points O, O', O" correspondans
aux trois propositions soient rapportés aux mêmes axes AX,
AY, dont l'un soit la base AB du triangle, l'autre la perpen-
diculaire élevée au point A ; et afin de conserver les notations
employées précédemment pour les points B et C , convenons de
désigner les points O, O', O" par (r, et y,), (xs otj'a), (x3et ys).

La question est ramenée à calculer •y' y


*, ■y' y
—.
Xi X% X, X3

Or, on a trouvé, n0" i83, 184 et i85,

* 3 -f-y — cx'
X3 :
c\
(>3 = - 2y

y te—x')x'

Donc, ,°. OàÌt = í JL__


=
íl±l£l
xa c + x' , (c — 2e')v'
— X • 'r

SCD LYON 1
210 PROBLEMES

y _ y-M'-cx'
o y-> — y* ^ 2y _—ya—3x/a-f-3cx,>
x, — x3 c-j-x' c (2x' — c)y
~3 S
Ces deux résultats sont identiques. Ainsi , les trois points
O , O , O" sont en ligne droite.

Propositions sur le cercle.

188. Rechercher par l'analyse les conditions qui expriment


que deux circonférences de cercle se coupent, se touchent ou
nJont aucun point commun.
Fig.io3. Soient O, O' (fig. io3) les centres de deux circonférences de
cercle, r, r leurs rayons, et OO' = d, la distance des centres.
Prenons pour axe des x la ligne des centres, et pour axe des y
la perpendiculaire OY élevée par le point O.
Le cercle dont le rayon est r, étant rapporté à son centre et
à deux axes rectangulaires, on a (n° 167) pour l'équation de ce
cercle,
y+àf ^r» (1)

Celle du second cercle, dont le centre a pour coordonnées


p = d, q = o, est (n° i63)
y+(x_^==^.... (2)

Cela posé , pour exprimer que les deux circonférences de cercle


se coupent, et obtenir leurs points d'intersection, il faut
(n° 152) établir que leurs équations ont lieu en même temps, et
éliminer x ,y entre ces équations.
A cet effet, retranchons (2) de (1) ; il vient
2ífx —c?a=?-2 — r'*;
„ , „ • r —r' + <ía
a a
d ou 1 on tire x= = .
id

Cette valeur portée dans l'équation (1), donne, toute réduc-


y = ± ^ V'4dV — (r — r' -f- d'f.
2 1
tion faite,

SCD LYON 1
SUR LE CERCLE. 21 7
Discussion. L'inspection seule de ces valeurs prouve d'abord
que, dans ttrypothèse où la quantité sous le radical de la valeur
de y est -positiveauquel cas, les valeurs de x, y, sont réelles et
les circonférences ont deux points communs _, prouve, dis-je,
que les deux points d'intersection ont une même abscisse OP,
mais deux ordonnées égales et de signes contraires.
Donc, toutes les fois que deux circonférences se coupent,
la ligne des centres est perpendiculaire à la corde commune ,
et la divise en deux parties égales (Legendre, liv- II, prop. IX.)
Maintenant, afin de savoir quand y sera réel ou imaginaire
(car x est toujours réel) , nous ferons subir à l'expression ci-
dessus une transformation.
La quantité, sous le radical, étant évidemment la différence
de deux carrés, peut être décomposée dans le produit
(zdr + r* + cZa — /a) (idr — r* —d1-}- /?) ;
mais cbacun des deux facteurs entre parenthèses est lui-
même la différence de deux carrés (r-f-r/)2—Z1 et r'—[r—d)';
et l'on a pour le premier, (^-f-d+r') (r-j- d— r'),

pour le second, (/-/-r — d) (r —r-{-d).


Donc enfin , la valeur de y devient

y~±^ \Z{r+ ' + d)


r
(r + d—r'T{r + r'~d) (r'+d—r).

Sous cette forme , comme le premier facteur soumis au radical


est essentiellement positif j on voit que y sera réelj tant que les
trois autres seront positifs, ou l'un d'eux positif, et les deux
autres négatifs. Mais cette dernière circonstance ne peut jamais
exister, car dès qu'un de ces trois facteurs est négatif,, les deux
autres sont nécessairement positifs.
Soit, par exemple, r-j-d—r<^o, d'où r-f-d<^/;
il en résulte nécessairement r <^r et d<^r ;
donc r — r -j- d et r' — d -f- r sont positifs.
A plus forte raison, les trois facteurs ne sauraient être né-
gatifs à la fois.

SCD LYON 1
2l8 . PROBLÈMES

Ainsi, il ne peut se présenter que deux cas : ou les trois fac-


teurs sont positifs à la fois, et dans ce cas, y est réel ; donc deux
circonférences se coupent toutes les fois que l'on a
r + d>r', r + r>d, r' + d>r; ,
c'est-à—dire chacune des trois chosesles rayons et la distance
des centres, moindre que la somme des deux autres ;
Ou bien, l'un des trois facteurs est négatif et les deux autres
positifs; dans ce cas, y est imaginaire et il n'y a pas de point
d'intersection. Ainsi deux circonférences n'ont aucun point
communj lorsque l'une des inégalités ci-dessus a lieu dans un
ordre inverse.
II peut néanmoins arriver que l'on ait

r-f-á — /=o, ou r-f-r' — d=zo, ou r' + rf — r = o;


c'est-à-dire r -f- d = r', ou r -f- / — d, ou r -f- d — r.
Dans ce cas, les deux valeurs do y se réduisent à o, et les deux
circonférences n'ont plus qu'wra point commun , lequel est né-
cessairement placé sur la ligne des centres, puisque son ordon-
née est nulle.
Donc, deux circonférences de cercle se touchent, toutes les
fois que la distance des centres est égale à la somme ou à la
différence des rayons.
Ces résultats sont conformes aux tbéorèmes établis en Géo-
métrie sur les intersections et les contacts des deux circonr
férences.
189. Cas particuliers. Soit cl — o, auquel cas les deux cir-
conférences sont concentriques ; les valeurs de x et de y devien-
«_y» V/—(r2 —r'2f
nent x—r et Jv = - -,
o o
expressions de forme infinie. Mais observons que la quan-
tité sous le radical de la valeur de y, étant essentiellement né-
gative, cette valeur n'en est pas moins imaginaire ; ce qui doit
être, puisque les circonférences ne peuvent avoir aucun point
commun.

SCD LYON 1
SUR LE CERCLE. 2ICJ

Si cependant, on avait en même temps d=zo et r = r', les


• • 0 °
valeurs de x et de y se réduiraient à x = -, y =- .
' o o
En effet, dans ce cas, les deux circonférences se confondent
et ont une infinité de points communs.
Remarquons encore que les résultats ci-dessus, de forme in-
finiej sont analogues à ceux qui ont été obtenus (n° i52) dans le
cas du parallélisme de deux droites dont on recberebe le point
d'intersection; effectivement, il existe alors une espèce de pa-
rallélisme entre les deux circonférences, puisque leurs points
sont partout également distans.

190. Faire passer une circonférence de cercle par trois points


donnés.
Toutes les fois que l'on connaîtra la position du centre d'un
cercle sur un plan, et la longueur de son rayon, les quantités
constantes p, q, r qui entrent dans l'équation
(X— py+íy — qy = r*,
devront être regardées comme données à priori; et le cercle
sera complètement déterminé par cette équation. Mais on peut,
comme pour la droite, se proposer de déterminer un cercle qui
satisfasse à certaines conditions, comme celles de passer par des
points donnés, d'être tangent à une ou plusieurs droites, à un
ou plusieurs cercles, etc. ; dans ce cas, p, q, r sont des constantes
indéterminées dont les valeurs dépendent de ces diverses con-
ditions ; et comme les indéterminées sont au nombre de troiss il
s'ensuit que l'on peut imposer à un cercle trois conditions dif-
férentes, celles, par exemple, de passer par trois points
donnés.
Soient en général {x', y), {x", y"), (xm, y") trois points
donnés sur un plan par rapport à deux axes rectangulaires, et
appelons p, q, r les coordonnées de son centre et le rayon ; son
équation sera de la forme (x — p)* + (y — qY = r2... (1)
p, q, r étant des quantités qu'il s'agit de déterminer.
Or, puisque chacun des trois points donnés se trouve sur la
circonférence, on doit avoir les relations

SCD LYON 1
220 PROBLEMES

&— PT + & - <?)* = r%


dx"— Py + (y - qy = r%
(x'"- p)2 + (y'"- qy = r-
et la question est réduite à éliminer p, g, ?' entre ces relations,
pour les reporter ensuite dans l'équation (i).
En développant, puis soustrayant successivement la seconde
et la troisième relations de la première , on trouve
x»—x"+y*— y'" — ip {x'-x") - zq (y'—y" ) = o,.. . . (2)
,-+y »_y . _ 2p (*'_ x«) _ 2? {y'-y'") = O , .... (3)
équations du icr degré en p, q, d'où l'on peut tirer facilement
les valeurs de ces inconnues. Après quoi, en les substituant
dans la première des relations ci-dessus , on obtiendrait la va-
leur correspondante de r. Nous n'entrerons pas dans les détails
de ces calculs qui n'offrent aucune difficulté réelle et pré-
senteraient d'ailleurs peu d'intérêt, à cause de leur complication ;
mais nous allons tâcher de traduire, en Géométrie, les équa-
tions (2) et (3) elles-mêmes.
Chacune de ces équations, considérée seule , étant du 1" de-
gré en p et q qui expriment les coordonnées d'un point, re-
présente ( n° 172) une ligne droite; et si on les construit
successivement par rapport aux mêmes axes, le point où ces
lignes se rencontreront sera (n° i52) le centre du cercle de-
mandé.
Occupons-nous d'abord de l'équation (2) ; elle peut être mise
sous la forme
x
' — x" . /«-/^i'1-/'
<7 = ; T,-p-\
3 y—i ÌÌÂ 7
y —y (y —y )
y+y x—x'f x-\-x\ ,A
ou bien encore-; q — —= -, 7
Ax )...(A)
2 y—y \ Z'

Cela posé, soient M, M', M" (fig. io4) ìes points dont les
Fig. 104. coordonnées sont (x',y), (x",y"), (x",y").
L'équation de la droite MM' est (n° 148)

y —y =£ '(*<_*')... (5
)

SCD LYON 1
\

SUR LE CERCLE. 221

D'un autre côté, les trapèzes MM'P'P, MM'R'R donnent,


pour les coordonnées NQ, NS du point N, milieu de MM',

2 * 2

ainsi déjà , l'équation (4) est celle d'une droite passant par le
point N.
y et
En outre , si l'on compare les deux coefficiens
x"

—, des équations (4) et (5), on voit qu'ils satisfont à


y —y
la relation aa'+ i = o, qui exprime (n° i55) que deux droites
sont perpendiculaires entre elles.
D'où l'on peut conclure que l'équation (4), ou l'équation (2),
représente la droite élevée par le point N milieu de MM',
perpendiculairement à cette dernière ligne. Ainsi, sa cons-
truction est facile.
On reconnaîtra de même que l'équation (3) représente la
perpendiculaire élevée au milieu N' de MM" dont l'équation est

y —y
y—y

Le centre se trouve donc déterminé de position , et la cons-


truction que nous venons d'en donner est précisément celle des
élémens de Géométrie.

191. On serait parvenu à des résultats beaucoup plus sim-


ples, en prenant pour origine des coordonnées le point M
{fig. io5), et pour axe des abscisses la ligne MM'.'Cela est per- I'íg.io5.
mis, puisqu'on peut disposer des axes à volonté.
Dans cette hypothèse, on a
x' = o, y=o, y = 0,

et les équations (2) et (3) deviennent

— x"2 + ipx" = o,
_ as* _ y* + 3p3
* + %qy
« _ 0
.

SCD LYON 1
222 PROBLÈMES SUR LE CERCLÉ.

" ■
x
De la première, on déduit p = — , équation qui exprime
évidemment une droite parallèle à MY, menée par le point N
milieu de MM'.
Quant à la seconde, on peut la mettre sous la forme
a* x
«* -fy**

y" * f x'\

équation qui représente une droite passant par le point N', tni-
lieu de MM", et perpendiculaire à la droite MM" ou y = ^x.

Les équations (2) et (3) ne sont si compliquées que parce


que les axes ont été pris dans une situation quelconque par
rapport aux trois points donnés. Qn voit donc encore combien
il est important, pour la simplicité des calculs, de choisir
les axes convenablement.
192. Supposons actuellement qu'il s'agisse de faire passer
un cercle par deux points donnés, en l'assujettissant en outre
à être tangent à un autre Cercle donné de position et de gran-
deur.
En désignant par {x', y'), (x", y") les coordonnées des deux
points, par p, q, r les constantes du cercle cherché, nous au-
rons d'abord les deux relations

-pT + (y'-qY=r*,.... (x"- y + (/- y = r».


P q
D'un autre côté, soient p', q', /Mes constantes du cercle
donné, D la distance des centres des deux cercles; on a^ en
vertu de ce qui a été dit, n° 188, sur le contact des cercles,
Da = (r ± r)a;
donc (n° 137) la condition de contact est exprimée par la rela-
tion
(p'-py + V-qT = (r'±:ry,
qui, jointe aux deux précédentes, renferme tous les élémens
nécessaires à la détermination des inconnues p, q, r.

SCD LYON 1
PROBLÈME DES TANGENTES. 223

Si le cercle devait passer par un point donné (x' ,y'), et


être tangent à deux autres cercles donnés par les constantes
(jo', q', / ) . (p" , q", r"), on aurait les trois relations

(x'-p)* +■ {y'-qf = r% (p'-pY + (q'-qY = sY±r)\


{p"-PY + íq"-qY = (r°±ry.

Toute la difficulté, dans la résolution de ces sortes de


questions, consiste à choisir les axes coordonnés de telle ma-
nière, que les équations et les calculs soient les plus simples
possibles, et qu'on puisse en tirer des constructions faciles et
élégantes.
II nous reste encore à établir les conditions relatives au con-
tact des droites avec les circonférences. Or, la théorie des tan-
gentes est une des plus importantes de la Géométrie analytique.

Problème des tangentes. ,

193. Commençons par fixer le véritable sens qu'on doit atta-


cher au mot tangente.
On définit, en Géométrie, la tangente au cercle, une droite
qui n'a qu'un point commun avec la circonférence; mais il
est aisé de voir que cette définition ne convient pas à toutes les
courbes.
Soit , en effet, une ligne telle que LN'NRMH {fig. 106 ) p-;g, 10Q.
composée de parties, les unes concaves, les autres convexes. Si,
en un point quelconque M, on mène une droite M3NN', qui
semble se trouver, par rapport à la partie KMH, dans la même
situation que la tangente au cercle, cette droite peut être sup-
posée n'avoir qu'un point commun avec cette partie de la
courbe; mais prolongée indéfiniment, elle passera par d'autres
points N, N'.. .. de la courbe. Donc il ne serait pas ëxact de
dire qu'elle n'a qu'un seul point commun avec LN'NKMH.
Pour avoir une définition qui puisse s'appliquer à toutes
les courbes, il faut imaginer qu'une droite MG ayant plu-
sieurs points M , M', M" communs avec la courbe, tourne au-
tour de l'un de ces points, M par exemple, de manière à

SCD LYON 1
224 PROBLÈME

prendre les diverses positions MM'M", m'Mm"m'°.... ; on voit


que, dans ce mouvement, le point M', qui se trouvait d'abord
placé à la gauche du point M, se trouve maintenant à droite
de ce même point, en m. Or, dans le passage de la première
à la seconde position, il doit nécessairement en exister une
intermédiaire où le point M' vient à se confondre avec le point
M; et c'est dans cette position, représentée par MNN', que la
droite est dite une tangente. On doit donc regarder une tan-
gente comme une sécante à la courbe dont deux des points
d'intersection viennent à se réunir en un seul.
II n'est pas absolument nécessaire que le mouvement de la
droite se fasse autour de l'un des points d'intersection ; il peut
se faire autour d'un point quelconque. La droite peut méme,
dans certaines circonstances, se mouvoir parallèlement à elle-
même.
Fig. 87. Reprenons la courbe y* — ix, d'où y ~±i\/%x {fig. 87),
qui a déjà été discutée n° 169.
Comme à chaque valeur de x positive, il correspond deux
valeurs de y égales et de signes contraires, il s'ensuit que toute
parallèle à AY, menée à la droite de cet axe, est une sécante
qui a deux points communs avec la courbe ; mais à mesure
que x diminue, les distances M'N', MN.... entre ces points
d'intersection diminuent ; et lorsqu'enfin on suppose x = o,
auquel cas la valeur de y devient y = ± o, les deux points
d'intersection se réunissent au point A, et la droite AY est
dite tangente.
On reconnaîtrait de même que, dans la courbe discutée
n° 170, et qui a pour équation

y—x *=4, d'où x =±v/y—4,


Fig. 88. la droite IK {fig. 88 ) , parallèle à AX, et située à la distance
y — 2, est une sécante dont les deux points d'intersection se
réunissent au point B.
Une courbe étant ordinairement regardée comme un poly-
gone d'une infinité de côtés, ou comme la trace d'un point qui
change à chaque instant de direction, on peut encore dire que

f
4

SCD LYON 1
DES TANGENTES. 225
ìa tangente à une courbe en un point donné , est Vêlement de la
courbej qui correspond à ce points et qu'on suppose prolongé in-
définiment. C'est ainsi qu'on Fenvisage dans la haute analyse ;
niais ici nous la considérerons comme une sécante dont deux
points d'intersection se réunissent en un seul; et c'est ce carac-
tère que nous allons essayer de traduire analytiquement.

ig4- Soient, en général, F [x , y) — o l'équation d'une


courbe, et y — ax + b l'équation d'une droite rapportée
aux mêmes axes.
Pour déterminer les points communs à la courbe et à la
droite, il faut (n° i52) exprimer que ces deux équations ont
lieu en même temps. En substituant dans la première, pour
y, sa valeur tirée de la seconde, on obtiendra une nouvelle
équation en x, dont les valeurs seront les abscisses des dif-
férera points d'intersection ; et ces valeurs, reportées dans
l'équation y = ax-\-b, feront connaître les ordonnées cor-
respondantes de ces mêmes points.
Actuellement, si l'on veut fixer la position de la droite de
manière qu'elle devienne tangente, il suffit d'exprimer, par
les moyens connus en Algèbre, la condition que deux des va-
leurs de x soient égales ; ce qui, d'après l'équationy — ax-f-b,
entraîne aussi généralement la condition que les valeurs de _y
soient égales. La première condition, exprimée analytiquement,
n'est autre chose qu'une certaine relation entre les quantités a
et b considérées comme des constantes indéterminées; et si, à
cette relation, on joint la suivante , y'— ax'+ b, qui ex-
prime que la droite passe par un point donné, on aura tout ce
qu'il faut pour déterminer complètement a et b.

195. Si l'équation de la courbe est du second degré, la sub-


stitution de ax-\-b à la place de y, dans cette équation, donne
lieu à une équation d u second degré de la forme
mí' -f- nx -f- p == o ;
ce qui prouve, en passant, qu'ziree ligne droite ne peut Jamais
avoir plus de deux points communs avec une courbe du second
degré.
i5

SCD LYON 1
226 PKOBLÈME
Or, on a vu {Alg., chap. III, n° 112) que pour que les
deux racines d'une équation du second degré soient égales, il
2 m =:0
faut qu'on ait entre m, n, p, la relation n —4 P *
C'est donc cette condition qu'il s'agit de développer pour
toutes les courbes du second degré, en commençant par le
cercle, qui n'en est qu'un cas particulier.
196. Par un point donné (x'j y') mener une tangente à un
cerclequ'on suppose rapporté à des axes rectangulaires pas -
sant par son centre.
■ ■ *..'■■ >
1 2
L'équation du cercle étant y -h x* = r , . . .. (1)
celle de la droite cherchée est de la forme
y — y = a (x — x' ) ; (2)
et la quantité b se trouve déjà éliminée (n° i49)-
Pour exprimer d'abord que le cercle et la droite se cou-
pent, il faut combiner leurs équations, en supposant que les
x et les y sont les mêmes. Or , l'équation (2) donne
y — ax -f- y — ax' ;
d'où, substituant dans l'équation (1) et ordonnant,
a 2 r 2
(a -f- i)x -f- za — ax')x-f y' — ax'y — r = o (3)
En attribuant à a des valeurs particulières, on obtiendrait
une série de sécantes à la courbe, dont les deux points d'in-
tersection auraient pour abscisses les valeurs de x tirées de
l'équation (3), et pour ordonnées les valeurs de y déduites
de l'équation (2), après qu'on y aurait mis pour a et x leurs
valeurs.
Maintenant, si l'on veut que la droite devienne tangente, il
faut qute les deux racines de l'équation (3) soient égales ; ce
2
qui donne, en vertu de la relation ?2 — ^mp = o (n° ig5),
2 2 2 - 2 2
4a (y— ax') —4 (st + 1) [(y —ax') —r ] =0 . .. (4)

ou, divisant par 4 et supprimant les deux quantités


a2 (y — a c'y, — a2 (y'— ax'y

SCD LYON 1
DES TANGENTES. 227
qui se détruisent,.. - —{y — ax'y+ (a 4- i)r
a a
= o.

Cette équation développée et ordonnée par rapporta a, devient


2 2
(r>_x' )a*+ix'y . a + r — y'* =o (5),

d'où l'on déduit, toute réduction faite ,

expression qui substituée dans l'équation (2), donnera l'équation


de la tangente demandée.
Le résultat (6) démontre que par un point donné N {fig. 107), Fig. 107.
il est, en général, possible de mener deux tangentes N M, N M'
à la circonférence. Toutefois, comme il faut, pour cela, que
les deux valeurs de a soient réelles et inégales, on doit
avoir

1 a 2
x' -|-y > r", ou, à cause de x' + y* = ON*.. .ON>ÔH ;

donc le point {x', y') doit être situé hors du cercle.


2
Si l'on suppose x'*-\- y* = r , auquel cas le point donné se
trouve sur la courbe, la double valeur de a se réduit à une seule
x V x • . :
a — •' ,„, ou a = ,, a cause de Jy 2=r2—x .
r2—x 2 y
On réconnaît en effet que, d'après cette supposition, l'équa-
2 2
tion (5) devient ay' -f- zax'y -{-x'^ — o, ou (cy-f-x') =:o;
d, oui a = x ,.
y
Pour distinguer ce cas, du cas général, nous conviendrons de
désigner le point donné, qui n'est antre chose que le point de
contact, par {x", y") ; et alors on aura pour l'équation de la
tangente au cercle, en un point de cette courbe,

y-y" = -y{x-x")... a = -^,. \

197. Remarque sur la métbode précédente. En formant a


Paidedes équations (1) et (2) une équation en y seulement, ce

i5..

SCD LYON 1
228 PROBLÈME
y—(y'—ax j
J
qui revient à substituer dans (i) la valeur x==. - ,
•tirée de l'équation (2)^ on trouve

K+ 1) — 2 (/ — ax) y + (/ - ax'Y— a V= o ;
et si l'on veut que la droite devienne tangente, il faut exprimer
que les deux racines de cette équation sont égales; ce qui
donne entre les coefficiens la relation

e
ou, divisant par 4 t supprimant les quantités {y —ax'Y,
2
— (y — «x-') qui se détruisent,
2
a [ (/ — ax'f — ^(a2 1 ) ] = o.

Or cette équation peut être satisfaite de deux manières, soit


J 2
en posant a*=o, soit en posant [y' — ax'Y— ?" (a -f- i) =0.
La dernière de ces deux relations est bien identique avec
la relation (5) obtenue d'après l'équation en x; mais on trouve
en mème temps pour solution, a2 = o.
II y a plus', si nous remontons à l'équation (4) du numéro
précédent, et que, sans avoir égard aux réductions des termes
semblables, nous développions les calculs, nous obtenons une
équation du quatrième degré en a dont, à la vérité, les coefficiens
3
de al et de a sont nuls; maison sait en Algèbre qu'une sembla-
ble équation a deux de ses racines infinies. Ainsi l'équation
(4), outre les deux valeurs que donne l'équation (5), ren-
ferme encore implicitement deux racines infinies, a =00,

a= 00.
Tâphons d'interpréter ces solutions a = o, a — 00 qui sem-
blent étrangères à la question proposée. Pour cela, nous ob-
serverons qu'en prenant un point N' (fig. 107) situé hors du
cercle, et tel que les perpendiculaires abaissées de ce point sur
l'axe des x et Taxe desj" rencontrent la courbe aux points i,
i', l, l', si l'on veut ensuite exprimer que, pour une droite
menée du point N', les deux valeurs de x des points d'intersec-
tion de cette droite avec la courbe, sont égales, sans rien dire
pour y, cette condition ne convient pas plus aux deux tan-

SCD LYON 1
DES T*ANGEN'J'ES. 229
gentes N'm, N'm' qu'on peut mener par ce point, qu'à la
ligne N'»'perpendiculaire à Taxe des x. Ainsi, Panalyse doit
donner, outre les solutions relatives aux deux tangentes, la
solution a = co correspondante à cette perpendiculaire.
L'équation (2), qui revient à x=^ ^ + x', donne en

effet pour a= 00 , x = x', ce qui n'apprend rien pour y. Mais


pour avoir sa valeur, il suffit de remonter à l'équation (1) qui
donne y == ±. l/r2—~xTí.
Telles sont en effet les valeurs de Op, ip, i'p correspondantes
à N'u'.
De même, si l'on exprime que les deux valeurs de y sont
égales, sans rien dire pour x, cette condition convient non-
seulement aux deux tangentes, mais encore à la droite N7Z'
parallèle à l'axe des x. Ainsi Panalyse doit donner à la fois les
solutions relatives aux deux tangentes, et la solution a = o
correspondante à N'/Z'.
L'équation (2) donne pour a = o, y == y', ce qui n'apprend
rien pour x; mais de l'équation (1) on déduit

v
x = ± /r2 — y\

Telles sont en effet les valeurs de Oq , Oq', Iq, l'q'.


Concluons de là que, pour exprimer le contact d'une droite
avec une courbe, il faut écrire à la fois analytiquement les
deux conditions j pour que deux des valeurs de x et deux des
valeurs de y correspondantes aux points d'intersection _, soient,
égales j puis considérer à part la relation commune qui se trouve
implicitement renfermée dans les deux relations générales ètar
blies d'abord séparément.
La remarque qui vient d'être faite fournit un nouvel exemple
d'une question dont les équations sont plus générales que la
question elle-même, et le moyen de dégager le résultat des
solutions étrangères.
198. Nous avons cru devoir résoudre le problème des tan-
gentes de la manière la plus générale, afin défaire voir aux

SCD LYON 1
230 PROBLÈME

commençans comment on interprète certains résultats de Pa-


nalyse; mais comme nous aurons souvent besoin de rappeler
l'équation de Ja tangente, dans le cas particulier où l'on donne
le point de contact, il est bon d'indiquer un moyen direct d'y
parvenir. Cette autre méthode est également susceptible de
s'appliquer à toutes les courbes, quelle que soit l'inclinaison
des axes.
Appelons (x', y"), {x", y") les coordonnées de deux points
de la courbe, dont l'un (x", y") doit devenir un point de
contact.
La droite qui joint ces deux points a pour équation

y'-f
y'-x^"^-*'^---- (I)
(a)
jf yy'*
y* + x'*
X* =— r%...
2
r
f
et si l'on y réunit les deux relations [■ - 's »
ti c (3)
le système de ces trois équations convient à la sécante menée
par les deux points.
Or , en soustrayant (3) de (2), on a

y"-y"\+x'* — x"a = o,.... (4)


équation qui peut remplacer l'une des deux précédentes, (3),
par exemple ; et comme la relation (4) revient à

(/ +y") (/ -y") + O' + = o,


y'-y" x'+x"
d'où
y'+y"
il s'ensuit que là sécante est finalement représentée par le sys-
tème des deux équations

y — y' = — ,~ì'
X X .i x') ety'* + x'* = r\
y +y
Si, maintenant, on veut que la sécante devienne tangente, c'est-
à-dire que les deux points d'intersection se réunissent en un
seul, il suffit d'établir x' = x" et y' = y" ; ce qui donne

SCD LYON 1
DUS TANGENTES. 231

(Ordinairement, on ne considère que la première de ces équa-


tions pour représenter la tangente; mais la seconde est tou-
jours sous-entendue.)
W. B. L'artifice de calcul employé ci-dessus, et qui consiste
à retrancher (3) de (2) , a pour but de transformer le coeffi-
cient —, de l'équation (1), afin d'y introduire ensuite les
X 1 1 X
deux conditions y — y", x' == x" ; car si, avant cette transfor-
mation , on faisait cette double hypothèse, on obtiendrait ^

pour valeur de ce coefficient.


x"
199. L'équation y —y" ~ — y [x— x") peut être ramenée

à une forme beaucoup plus simple, au moyen de la relation


j/'a -f- x"2 = r° qui y est jointe.
Chassons le dénominateur et transposons ; il vient
fy" -f- xx" =y"2 + x"*, - ou bien, yy" -j- xx" — r*.

Cette nouvelle forme est facile à retenir, en ce qu'elle se dé-


duit de celle du cercle j>2 -J- x2 = r", en y remplaçant les
carrés ya et x" par les rectangles yy" et xx".
Soit fait, dans l'équation simplifiée de la tangente, y = o;
r*
il en résulte x = -^; c'est l'abscisse OR (fig. 107) du point
où la tangente rencontre l'axe des x.
D'un autre côté, l'on a PR ==. OR — OP ;

d'où PR = L. — x" — í—

Cette distance PR, comprise entre le pied de l'ordonnée du


point de contact et le point où la tangente rencontre Taxe desx,
est ce qu'on nomme la soutangente ; et sa considération est sou-
vent utile dans la théorie des courbes.

SCD LYON 1
P1ÌOBLEME

iV". B. Puisqu'on obtient sa valeur en supposants = o dans


l'équation simplifiée de la tangente, et retranchant ensuite x"
de la valeur de x correspondante à y = o, il s'ensuit que pour
lavoir directement d'après l'équation non simplifiée de la tan-
gente , il sufiìt d'y fairej/= o, et de chercher la valeur cor-
respondante de x — x".
On trouve, en effet, pourj/ = o, x—■ x" — '^
200. Reprenons également le cas où la tangente doit être
menée par un point pris hors du cercle, et proposons-nous
d'exprimer les coordonnées inconnues x", y" du point de con-
tact , en fonction des coordonnées x', y du point donné.
La tangente devant passer par le point x',y', son équation
est de la forme y —y = a {x — x'); a ayant (n° 196) pour
x"
valeur, a = F
; et la question a pour objet de déterminer

x" et y".
Or, l'équation de la tangente étant aussi (n° 199)
yy" -f- xx" — r0-, comme cette droite passe par le point (x', y'),
on a nécessairement la relation - y y" -f- x'x" = r*.... (1)

D'ailleurs, puisque le point x", y", se trouve sur la courbe,

on a aussi y'"- + x"* = r* (2)

Telles sont les équations à l'aide desquelles il faut calculer


x" et y".
r ' x'x"
On tire de la première y" = -, , — (3)

d'où substituant dans l'équat ion (2) et ordonnant par rapport à x,


(V* -f y'*) x" — 2,-V. x" = r"/a — r*,

ou, résolvant et simplifiant, x"= ^yW ^EÙ.


Remplaçons x" par sa valeur dans l'équation (3) , on obtient,

v J
toute réduction faite , y" =
J
■ ——\/- -.
' xa -f- y 2

SCD LYON 1
DES TANGENTES.
233

*" rx'±y'\/x'*+y"~r>
Donc a = j= , 7= a- -•
y" ry qr * +
j/V *
r* y» —
Pour prouver l'identité de ce résultat avec celui du n° 196,
multiplions haut et bas par ry ±x \/x'* +y"'—r% en obser-
vant que les signes supérieurs se correspondent, ainsi que les
signes inférieurs; il vient
3
rV/±r(y' +*'*) V %
x' + y'* —r'+y'x'íx'+y—r*)
'-— r2
y2_ .' - .'« y2_r»)
a 2( A +

_ _ y W + y") ± r(x' a
+ /') V x" + /' — ^
Cl /a
~~ (** + /') (^ —x ) '
2
,. . C*y iri/^+y — r )
ou bien enfin, a = — —* ~- -•
r': — x a

201. Si l'on voulait fixer géométriquement la position du


point (x", y") , il faudrait construire les valeurs obtenues ci-
dessus. Mais comme elles sont très compliquées, nous aurons
recours aux principes sur les lieux géométriques (n° 181).
Première construction. Reprenons les équations

y'y" + x'x" =r>,.. . (1)


/•■+ x"* (2)

qui ont servi à déterminer x", y".


En retranchant la première de la seconde, on obtient

y"2 -y'y" + x">-x'x" = 0,... (3)

équation que nous pouvons substituer à la première ; et si l'on


construit par rapport aux mêmes axes chacune des équations
(2) et (3), considérée comme renfermant deux variables x",y",
les points d'intersection des deux lieux géométriques seront les
points de contact demandés.
D'abord l'équation (2) représente un cercle ayant son centre
Fi
à l'origine, et pour rayon r (fig. 108); c'est donc le cercle déjà 6',08*
construit.

SCD LYON 1
234 PKOB^ÈME

Quant à l'équation (3) qui est comprise dans la forme géné-


rale du n° 177, comme elle peut être ramenée à celle-ci :

(/-0+(--0=^î--
elle représente une circonférence dont le centre a pour coor-

données — , 2- , et qui a pour rayon - j/x^-l-y' .


2

Or, si l'on joint le point O au point N par lequel on se pro-


pose de mener une tangente, on a évidemment

22
P
OLou° = *', IL = ^=<
22
OI = V^q^-
2 . J

Donc la circonférence décrite sur ON comme diamètre, est


le lieu géométrique de l'équation (3).
Ainsi, les points M, M' où les deux circonférences se coupent,
sont les points de contact ; et en les joignant au point N, on a
les deux tangentes cherchées.
Cette construction est précisément celle qui se trouve indi-
quée dans les Élémens de Géométrie.
202. Seconde construction. On peut opérer directement sur
les équations (1) et (2), dont la construction donne lieu à une
propriété très remarquable.
L'équation (2) représente toujours le cercle donné.
L'équation (1) étant du 1" degré en x", y", représente une
ligne droite; et comme les points où elle doit rencontrer la
circonférence ne sont autre chose que les points de contact, il
s'ensuit que cette droite est la ligue de jonction des points de
contact.
Pour en fixer la position, soit fait successivement dans l'é-
quation (1), y" ~ o, et x" =fc o ; il en résulte

pour y =z o, x = —,
X

SCD LYON 1
DES TANGENTES. 235
r*
Le premier point [y" — o, x" = —,] est le point B (fig. 109) Fig. 109.

où la droite rencontre l'axe des x, et ce point s'obtient par la ■


construction de la 3e proportionnelle x' r :: r : x".

Le second point [x" = o, y" = y] est le point C où la

droite rencontre Taxe desy, et il s'obtient de la même manière.


La droite BC qui joint ces deux points, rencontre la circon-
férence aux points M et M' qui sont les points de contact des
tangentes menées par le point N.
r» . '..M ■
ao3. Remarque. Comme la valeur x" — —, correspon-
dante à y" — o, dans l'équation de la ligne de jonction des
deux points de contact, est indépendante de l'ordonnée y' du
point par lequel on veut mener les deux tangentes, on peut
conclure que, pour un second point quelconque N' pris sur la
perpendiculaire LL', la ligne qui joint les points de contact des
tangentes menées par ce point, rencontre Taxe des x au même
point B.
En effet, soient a;' et y' les coordonnées du point N'; on au-
rait pour l'équation de la ligne M"M", y'y" -\-x'x" — r*;
1 7*
or, en faisant y" = o, l'on trouve x" =—, — OB.
,
x •

Observons d'ailleurs que, Taxe OX étant une ligne menée à


volonté dans le plan du cercle, la droite LL' qui lui est perpen-
diculaire, peut elle-même être regardée comme une droite tracée
d'une manière quelconque dans ce plan , puisqu'on pourrait
d'abord tracer cette dernière ligne arbitrairement, et prendre
ensuite pour axe des x la perpendiculaire abaissée du centre
sur la droite.
On déduit de là le théorème suivant : Si des diffèrens points
d'une ligne indéfinie LL'., on mène des tangentes à un cercle^
toutes les droites qui joignent les points de contact des tangentes
partant du même point, se réunissent en un point commun Bj,
lequel se trouve place sur la perpendiculaire abaissée du centreO
sur la droite LL'.

SCD LYON 1
236 PROBLÈMES

r'
N. B. II résulte de l'expression x" que, toutes les
x
fois que la droite LL' est extérieure au cercle, auquel cas on
a x' ^> r, le point B est intérieur, puisqu'alors x" est <" r.
Fig. 110. Si, au contraire, LL' [fig. 110) est sécante à la courbe, le point B

est extérieur; car on a, dans ce cas, x' <>, d'où -p ou x" ^> r.
Les problèmes suivans se rattachent au problème des tangentes
et donnent lieu à quelques circonstances assez remarquables,
sous le rapport de la discussion.
Fig. 111 204. i°. Etant donnés un cercle OAMB (Jìg. 111 ) et un
point Nj on propose de mener par ce point une droite de telle
manière que la partie MM' interceptée dans le cercle soit égale
à une ligne donnée 2m.
Supposons le cercle rapporté à deux axes rectangulaires OX,
OY, et appelons x', y', les coordonnées du point N. Désignons
d'ailleurs par z la distance de ce point à l'un des points d'inter^
section de la ligne cherchée avec la circonférence.
Nous aurons les équations
x*+y* = r\ . ... . . . (1)
y — y' = a (x — x'), (2)
z
s = (x-xT + (y-y'Y. . . (3)

(x — r', y—y', expriment ici les dhTérences entre les coor-


données du point N et les coordonnées x ,y, propres à vérifier
en même temps les équations (1) et (2) qui sont celles du cercle
et de la droite. )
Cela posé, pour résoudre la question proposée, nous élimi-
nerons d'abord x et y entre ces trois équations, ce qui nous
donnera une équation en z, a, x' ,y , r. Résolvant cette équa-
tion par rapport à z, nous obtiendrons deux valeurs dont la
différence, égalée à zm, conduira à une dernière équation en a
et en quantités connues x', y', m, dont la résolution fera
conuaitre a, et fixera par conséquent la position de la droite
cherchée. Effectuons tous ces calculs.

SCD LYON 1
Stm LA LIGNE DROITE ET LE CERCLE.

Si dans l'équation (3) on remplace y — y' par sa valeur tirée


de l'équation (2) , 011 a z" = {x — xT (1 + a1) ;
d'où l'on déduit
z . , , z
et x = x -J-
V1 + «3 ^ 1 + «2
. , az. , az
donc y—y = ^— -—2 et y—y +
t/i-f-a Vi+a*
Substituant ces deux valeurs dans l'équation (ì) et ordonnant
par rapport à z, on obtient
za + 2
T7 -5
ay =-+• x
=v
y 1 -f- a*
'
^
2
, --
, î = o;
. _ (4)

d'où
z == ; ^(r2—x'2;)aa-j-2ay'x'-f-?-
-± —=====2K 2
—y'\
l/i + aa t/i-l-a ^ ~ ■< T J

Appelons z', z", les distances , N M', qui ne sont autre


chose que les deux valeurs de z qu'on vient de trouver. On a

. V/ C'-3 — a
* + acu/y + r — y",

mais, par hypothèse, on doit avoir z' — z" = zm.


On obtient donc enfin, pour l'équation du.problème,

m y' 1 -f- o2 = v/(r2—a" + 2«x'y -4- f* —y%


ou, élevant au carré et ordonnant par rapport à c,
(x'a + TO2 — T-2) a2 — 2xj'. a + y2 + /ra2 — r2 = o (5)
Comme cette équation est du second degré, il s'ensuit que,
par le point N, on peut mener deux droites NM, NM",qui sa-
tisfont également à la question.
N. B. Le problème des tangentes peut être regardé comme
un cas particulier de celui-ci. En effet, pour établir que la
droite menée par le point N est tangente à la courbe, il suffit
d'exprimer que la partie MM' ou M"M" de la sécante est nulle^

SCD LYON 1
PUOBX.EMES

c'est-à-dire que l'on a m — o; ce qui réduit l'équation (5)


à celle-ci : (x'2 — r2) a2 — zx'y' . a -f-/2 — r2 = o,
résultat identique avec celui qui a été obtenu (n° 196).
2o5. Pour simplifier la construction des valeurs de l'équa-
tion (5) , supposons, ce qui est permis, que l'axe des x passe
Fig.112. par le point donné N (Jìg. 112 ).
Dans ce cas, on a j'-=o, et l'équation devient

(x'2 + m% — r")a* -f- 77i


2
— r2 = o ; d'où
1/V— m,2 ± h
—/ (en posant y r*—m'!=h).
V^V2 + /n2 — r2 \/V2 -
Pour que cette expression de a soit réelle , il faut qu'on ait
premièrement j m <^ r ou 2/n <^ 2r ; ce qui doit être,
puisque 2771 représente une des cordes du cercle donné;
Secondement, x'* — ft2 ou x'" — r2 -J-Tn2 >• o; d'où

Cette dernière condition est toujours satisfaite, tant que le


point N est extérieur au cercle ; car l'on a alors x' ^> r,
d'où, à fortiori j a'2 — r2 -j- fh% ^> o.
Fig. n3. Mais si le point N {fig. n3) est intérieur, comme en me-
nant N K. perpendiculaire à OX . on a KK—_ l/r2—x'*, il
s^ensuit que la ligne donnée 2771 doit être moindre que la
corde KR' ; et en eífet Cette corde est la plus petite de toutes
celles qu'on peut mener par le point N dans le cercle donné.
Admettons que les deux conditions m<^r, m~^> \/r**—x'2
soient satisfaites, et construisons le problème.
Fig. ii2. Décrivons sur OB {fig. 112) une demi-circonférence, et pre-
nons, à partir du point B, une corde BI égale à m ; il en
résulte
01= VV— 77l 2
= h.

Maintenant, sur ON = a/, décrivons une demi - circonfé-


^ rence, et rabattons 01 de O en L,puis tirons la droite NL;
on en déduit
*

SCD LYON 1
SUR LA LIGNE DHOITE ET LE CERCLE.

Je dis, d'ailleurs, que cette droite NLM et la droite NL'M"


placée symétriquement au-dessous de OX , représentent les
deux droites cherchées. Car le triangle rectangle OLN donne

taneLNO=^ == - d'où tang LNX == —jrp==p.

On a pareillement tang L NO = —7=-


* V/*'"— h"
La construction est la même, lorsque le point N (fig. Ii3) Fig.H3Ì
est intérieur. Seulement, la corde BI ou m doit être moindre
que BO ou r, et plus grande que KK ou y'r* — x'*, d'après ce
qui a été dit ci-dessus.
206. Remarque. L'équation (4) , à laquelle on a été conduit
dans la résolution du problème précédent ( voyez n° 204 ), dé-
montre très simplement que deux sécantes sont réciproquement
proportionnelles à leurs parties extérieures, ou bien, que deux
cordes se coupent en parties réciproquement proportionnelles
suivant que le point N est extérieur ou intérieur au cercle,.
En effet, on sait que, dans toute équation du second degré,
le dernier terme est égal au produit des deux racines. On a
donc, en appelant z',z" (fig. m) les racines de l'équation (4) Fig. m.
(n° précédent),
z'Xz", ou NMxM'=i'14.yi-r'.
Le second membre de cette relation étant indépendant de
a, c'est-à-dire de la constante qui fixe l'inclinaison de la
droite NM, il s'ensuit qu'elle serait encore la même pour
toute autre sécante NR menée parole point N. On déduit
de là
NM X N M' a= NR X NR',
et par conséquent, NM : NR :: NR' : NM'.

Si le point est intérieur au cercle, comme N',on a également

SCD LYON 1
l'KOBLÈMES

N'M X N'M' =N'S X N'S',

et par conséquent, N'M : N'S :: N'S' : N'M'. C.Q.F.D.

Le cas où le point est extérieur est caractérisé (n° 196) par


la condition x* + y') — > °i c'est-à-dire que les deux
racines sont positives à la fois ; et le cas où le point est inté-
ì %
rieur, par la condition x' -\-y' — >f<ô$ et, en effet,
les deux racines étant représentées géométriquement par N M
et N'M, doivent être de signes contraires.
0
207. 2 . Deux cercles étant donnés sur un plan j mener
une droite à travers j de manière que les parties MM', NN j
(fig. 114 ) > interceptées parles deu-x circonférences j soient
égales entre elles et à une ligne donnée 2m.
Rapportons les cercles à deux axes rectangulaires dont l'un
soit la ligne des centres, et l'autre passe par le centre de l'un

d'eux.
Prolongeons d'ailleurs la ligne cherchée MN' jusqu'à sa
rencontre en A avec la ligue GO'. II est évident que celte
droite serait déterminée déposition, si l'on connaissait la dis-
tance OA; car tout se réduirait alors à mener par le point A,
une ligne AM telle que MM' fût égal à 2m, et la question
rentrerait dans la précédente.
Cela posé, soient
OA=x', O0'=<2; d'où 0'A=*' —a";
faisons d'ailleurs OB == r, O'B' ±= r', et appelons a la tangente
de l'angle que forme AM avec l'axe des *i
On a trouvé ( n° 2o5 )
±A_
a H ÉTANT ÉGAL 3 M
— j/^r^F J ~~ ')'

D'un autre côté, si l'on nomme a la tangente de l'angle


que forme avec OX une droite AN qui remplisse, par rap-
port au second cercle, la même condition NN' = 2m, et
qu'on désigne O'A ou x' — d par x", \/ r* — TIÍ
1
par h',

SCD LYON 1
SUR LA LIGNE DROITE ET LE CERCLE. 2/{l
on a pareillement,
±H ±y

Mais, d'après l'énoncé de la question, les droites AM, AN


doivent n'en former qu'une seule; ainsi, l'on doit avoir a =a;
et l'on obtient, pour équation du problème proposé,

h ± h'
71
~~ j/V* _ ~ {/(x — dy —H ' .
ou, chassant les dénominateurs et élevant au carré,-
h=[_(x — dy — h'*~\ == h'* (x'* — n"),
Q
ou, supprimant le terme — h h'* commun aux deux membres,

h%x' — dy = fc'V.
On tire de cette équation,

h(x' — d) = ±h'x'; d'où ' -^ ■


x =
h h
et si l'on remplace h et A' par leurs valeurs,

,_ dy/r*^~n~?

Cette double valeur de x' prouve qu'en général) il existe


deux points A et A', par chacun desquels on peut mener deux
droites susceptibles de satisfaire à la question; ce qui donne
en tout quatre solutions diftérentes AM et Am, RA'S et
rA's.
Nous n'insisterons pas davantage sur ce problème, dont la
construction et la discussion résulteront d'ailleurs très simple-
ment de celle du problème qui va suivre.

208. 3°. Mener une tangente commune à deux cercles


donnés.

Soit fait dans le problème précédent, 771 = o, ce qui établit


' la condition que lá droite cherchée soit tangente à la fois

SCD LYON 1
DE LA TANGENTE

aux deux cercles. Comme on a alors


3
h ou \/r* — m = r, et h' ou V'r'* — mï= r,

la double valeur de x' se réduit à


, dr ''
X — - : J-
f+ '
L'expression qui correspond au signe supérieur, étant évi-
demment plus grande que la seconde, correspond au cas où
les cercles sont placés d'un même côté par rapport à la tan-
gente; et celle qui correspond au signe inférieur, au cas où
les cercles sont placés de côtés difTérens. On dit, dans le pre-
mier, que la tangente est extérieure aux deux cercles, et dans
le second, qu'elle est intérieure.
i.i / dr 1 ,
Pour construire le résultat x = ; ou r—r '.r'.'.d'.x
r— r
(fig. IÏ5)J tirez une ligne indéfinie OLy prenez sur cette
ligne j à partir du point K j une partie RH égale à O'B' ou r ;
vous avez ainsi OK=r, OH = r—/. Joignez H et O'j
et par le point K j menez K A parallèle à HO'. Le point A
sera le point demandé.
Car on a
OH :OK::00':OA, ou r— r'ir'.'.d :OA; donc OA=x'.
II ne s'agit plus que de mener par le point A les deux tan-
gentes ANM et Aram, au premier cercle ; et elles le sont né-
cessairement au second.
dr
Quant au deuxième résultat x'—^ ^,, ou r-f-r' '.r'.'.d'.x',
il suffit de prendre j sur la même ligne OL , une partie KH'
égale à O'B'; ce qui donne OH'=r-f-/. Tirant ensuite
H'O'j et KA' parallèle à H'O', on a A' pour seconde solu-
tion de la question ; c'est-à-dire que , si du point A' on mène
A'M' et A'm'tangentes au premier cercle, elles le seront éga-
lement au second.
La construction du problème précédent se déduit facilement
de celle du problème actuel.

SCD LYON 1
COMMUNE A DEUX CERCLES DONNES.

En effet, si l'on inscrit aux cercles donnés deux cordes


CD, cd (fig. II4) égales à 2m, et que des points O, O', on Fig. 114.
trace deux circonférences dont les rayons soient égaux aux
perpendiculaires abaissées sur ces cordes, il est évident que
les tangentes communes à ces nouveaux cercles, seront telles
que les parties MM', NN' et RR', SS', interceptées par les
deux premiers, seront égales à CD ou 2m.
Le problème qui fait l'objet de ce numéro présente, sous le
rapport de la discussion, diverses circonstances qui méritent
d'être développées. Elle complétera tout ce qui a été dit dans
le premier chapitre sur la discussion des problèmes en gé-
néral.
209. Considérons les deux cercles dans toutes les situations
qu'ils peuvent avoir l'un par rapport à l'autre, en supposant
toutefois que le cercle qui a le plus grand rayon soit celui
dont le centre est à gauche, parce que les circonstances rela-
tives à l'hypothèse contraire seraient absolument semblables.
y i°. Soient les cercles tout-à-fait extérieurs l'un à l'autre
(fig. 116). Fig. 116.
Cette circonstance est exprimée analytiquement par la con-
dition d > r 4- r', d'où, à fortiori, d^> r — r'.
/ dr
Dans ce cas, l'expression x =- -,, qui, par la divi-

iiaa ' dr' iHÉ


sion, peut se mettre sous la forme x' == d -f- ?
, est évi-
demment plus grande que d-\-r ou OB'. Donc le point A
correspondant à cette valeur de x' est extérieur à l'un et
l'autre cercles ; et les deux tangentes extérieures peuvent être
tracées.
dr
L'expression x = ^ ^ es£»d'abord plus grande que r
ou OB (à cause de d^>r-\-/).
D'ailleurs, elle peut être mise sous la forme

SCD LYON 1
?-44 DE ÍA
TANGENTE
dr1
et comme on a d ~> r + r , il en résulte ——7 > r';
■ r -f- »
donc r' est moindre que <í— r , ou moindre que OC. Ainsi le
point A' correspondant à la seconde valeur de x', est encore
extérieur aux deux cercles ; et l'on peut mener les deux tan-
gentes intérieures.
La première circonstance offre donc quatre solutions.
Fig.117. Dans le cas particulier de r=r' (fig. 117), l'expression
dr ,. . , , d . , .. ,
x = 7 se reduit a x = -; c est-a-dire que le point
r -f- r 2
A' est le milieu de la distance OO' des deux centres.
L'expression x — -—devient ou infinie ; ce qui

veut dire que les deux tangentes extérieures sont parallèles à


îa ligne des centres.
Ces résultats s'expliquent facilement par la figure. >
U
2 . Les cercles peuvent se toucher extérieurement ; ou ana-
Fig.118. lytiquement, on peut avoir (fig. 118)

d—r-+-r'; d'où d^>r— 7-'.

La valeur x'==^-j^, rs tí-f-,——~p; est plus grande que

d -f- r' ou OB'. Ainsi les deux tangentes extérieures existent,


puisque le point A est extérieur aux deux cercles.
dr se
Mais la valeur x' = réduit à x' — r; ce qui prouve

que les tangentes intérieures se confondent en une seule LL'. ,.


Le problème n'admet donc alors que trois solutions.
3°. Les cercles peuvent se couper. Cette circonstance est
exprimée (n° 188) par les deux conditions a'<V-f-r', (T>r—r
F'g-"9- (fig JI9)-
L'expression x' =, -,=zd-\ ,, est plus grande

que d -f- / ou OB'; ainsi les deux tangentes extérieures


existent.

SCD LYON 1
COMMUNE A DEUX CEHCLES DONNÉS.

est
Mais l'expression x = JTj~p n:oindra que r; donc le
point A' est intérieur au cercle dont le centre est en O; par
conséquent, on ne peut mener les tangentes intérieures.
La question n'admet donc, dans ce cas, que deux solutions.
4°. Les cercles peuvent se toucher intérieurement ; ce qui
exige que l'on ait (fig. 120) d = r—r , d'où «*< r-f-r'. Fig.120.

La première valeur x' = p, se réduit à x'=r ou


ar'=OB; donc les deux tangentes extérieures se confondent
en une seule LL'.
La seconde x — , est moindre que r, à cause de
r -f r
d < r -J- / ; donc il n'existe pas de tangentes intérieures.
Ainsi la question n'est susceptible que d'une seule solution.
5°. Enfin, les cercles peuvent être toul-à-fait intérieurs l'un
à l'autre. Cette circonstance est exprimée par d <[ r— r etr
à fortiori, d <[ r -\-r'.
l I21
Les deux valeurs x = ^ ^ ,, x = ^\ ' W 3' ) sont Fig. 121.
r

l'une et l'autre moindres que r. Ainsi, dans ce cas, il n'y a


aucune solution possible.
II est remarquable que les circonstances dans lesquelles le
problème cesse d'admettre quatre solutions, ne correspondent
à aucun résultat algébrique qui soit absurde en lui—même,
comme le sont les expressions imaginaires dans les équations
du second degré. Cela tient à ce que le problème proposé dé-
pend d'un autre (mener par un point donné une tangente à
un cercle"), qui, pour être susceptible de solution, exige
déjà (110 ig6) que les données satisfassent à certaines conditions.
La discussion du problème n° 207 rentre dans celle-ci, avec
cette seule différence que les rayons r, r doivent y être rem-
placés par les quantités h, h!, ou \/rA — m% l/r'a— m?.
Ces deux dernières expressions prouvent qu'il faut d'abord
que l'on ait m moindre que le plus petit des rayons r et r'. C'est
une condition à ajouter à celles de la discussion précédente.

SCD LYON 1
246 DE LA TANGENTE COMMUNE A DEUX CERCLES DONNES.

210. Nous proposerons, pour exercice de calcul, de trou-


ver la démonstration du théorème suivant :
Trois circonférences de cercle étant tracées sur un plan, si,
en les considérant deux à deux , on leur mène des tangentes
communes tant extérieures qu'intérieures, les points de ren-
contre de ces tangentes avec les lignes des centres seront TROIS
A TROIS en ligne droite.

Fig. 122. Ainsi, soient O, O', O" (fig. 122), les centres des trois cir-
conférences; A, A', A", a, a', a" les points où les tangentes
extérieures et intérieures coupent les lignes des centres ;
i°. A, A', A" sont en ligne droite; 20. il en est de même de

A, a", a' | A', a", a | A", a', a

Voici les élémens nécessaires à la résolution de cette question.


En appelant r , /, r" les rayons des cercles qui ont leurs
centres en O, O', O", et d, d', d" les distances OO', OO", O'O",
on a trouvé (n° 208)

dr'
OA = ——,, d'où O'A = -^—
r— r r — rf •—r"
dr
Oa — —~7> d'où O'a = d —
r+r r 4- r r+r'-

On trouverait de même 1

d'r
HA'-
OA
d r
íY'A'
=—y,, O A ' ÙL 0„'- d T
'
Oti^ j-çp,, Q"a' =
r + r"
et
d"r' d'r" „ „_ d°r' dV
O'A": 0"A"

Avec ces données, on peut fixer la position des points


A , A', A", à, a', a", par rapport à deux axes, pour en déduire
ensuite (n° 187) les rapports des différences entre les coordon-
nées de ces points. Nous observerons, toutefois, que le choix
des axes n'est pas indifférent pour la simplicité des calculs. Nous
avons indiqué dans la figure un des systèmes les plus conve-
nables ; l'axe des abscisses est la ligne des centres OO', et Taxe

SCD LYON 1
PROBLÈMES INDETERMINES. ^7

des ordonnées, une parallèle à O'O", menée par le point ex-


térieur A.
II suffit, en effet, de démontrer la proposition pour les points
A , A', A", et A, ci', a" ; ce qui peut se faire en prouvant que
A'P'__A^O' a^_tf&_
AP' ~ AO' Ap' ~~ AO'-
aï i.'Nous terminerons ce chapitre par la résolution de quel-
ques problèmes indéterminés.
PREMIER PROBLÈME. Deux points A et B étant donnés> on en

demande un troisième M (fig. 123) tel qu'en le joignant aux Fia IÎ 3.


points A et B j la somme des carrés des distances AM_, MB soit
égale à un carré donné m'.
II est d'abord évident que la question est indéterminée; car
en appelant z, z les distances AM , BM, on a pour condi-
tion unique, z2 + z'2 = m2. ,
Ceia posé, donnons à z une valeur quelconque *, il en résulte
pour z' la valeur correspondante z' = \/ m* — «2 ; et si du
point A comjne centre, avec un rayon égal k », on décrit une
circonférence , que du point B comme centre, avec un rayon
égal à l/m2—<*", on décrive une autre circonférence, les
points M, M' où«ces deux circonférences se coupent, satisfont
à l'énoncé.
Soit encore s'=r»'j on déduit de l'équation , z — \/m"—»% ;
et l'on obtiendra deux nouveaux points M", M'"; et ainsi de
suite. D'où l'on voit qu'il existe une infinité de points suscep-
tibles de vérifier l'énoncé.
On reconnaît en même temps que Je lieu géométrique de tous
ces points est une courbe limitée dans tous les sens ; car l'équa-
tion ci-dessus donnant z = \/m* — z'3 et z'= /ma—z2,
aucune des distances z et z' ne peut être plus grande que m.
Actuellement, il s'agit de trouver l'équation de cette courbe^
c'est-à-dire (n° 171), une relation entre les coordonnées de cha-
cun de ses points rapportés à deux axes fixes. Mais afin de choi-
sir le sy3tèrae le plus simple, nous ferons une nouvelle obser-

SCD LYON 1
PROBLEMES

ration; c'est que cette courbe est symétrique par rapport à AB


et à la perpendiculaire OC élevée par le milieu O de cette
droite.
Cela est évident pour AB, d'après la construction indiquée
ci-dessus, car les points M et M' sont situés sur une perpendi-
culaire à AB, et à égale distance de AB.
Quant à OC, soient deux points M et M" situés sur une
même perpendiculaire MM" à OC, et tels qu'on ait MQ=QM".
Abaissons les perpendiculaires MP, M"P". Comme OP=OP"
et AO=OB, il en résulte AP=BP" ; on a d'ailleurs MP=M"P";
ainsi les deux triangles rectangles APM, BP"M" sont égaux et
r
donnent AM=BM". On prouverait pareillement que BM=AM' .

Donc si l'on a AM -}- BM = irf, on doit avoir aussi


Î 2
AM' +BM"= m .
D'après cela, nous prendrons pour système d'axes, les deux
lignes AB, OC.
Appelons x et y les coordonnées d'un point quelconque M
de la courbe, ia la distance AB ; d'où OA = OB = a.
Les deux triangles rectangles APM, BPM dontent

y*-\- (x + af= z2,.... (i)


y+ (.x' — a)2 = z'2

D'ailleurs, on a déjà la relation

z,s + z'2=ma;... (3)

et si, entre ces trois équations qui existent pour un point quel-
conque de la courbe, on élimine z et a', l'équation résultante,
en a;, y, existera elle-même pour ce point et sera par consé-
quent l'équation de la courbe.
2 3
Ajoutant les équations (i) et (2), puis mettant pour z -f-a'
2
sa valeur m , on obtient sur-le-champ,

y2 + (x + af+y* + (x — af = m\
7íl2 . 2£Z2
ou réduisant, y* -f- x* = .... (^)

Cette équation est évidemment celle d'une circonférence de

SCD LYON 1
INDÉTERMINÉS.

cercle dont le centre est à l'origine O, et qui a pour rayon,

/m*—2a2 i ./—-—-l -r
r— yj = -V2{m —2a").
Pour le construire, soit décrit sur OB le carré OBGH; il en

résulte 0& — 201; d'où OG = a\/2. Au point O élevez ON


perpendiculaire à OG, et du point G comme centre avec m pour
rayon j décrivez un arc de cercle qui coupe ON au point Fj puis
achevez le carré OFIK ; le triangle rectangle OFG donne

ÒT =FG — ÒG = m2 — 2«2; d'où OÎ = 2OF = 2(m — 2a )


2 2

donc OL moitié de OI est le rayon cherché; car

OL = - OI = - l/a (m2 — 2a2).


2 2

Donc la circonférence décrite du point O comme centre et


avec OL pour rayon, est le lieu géométrique demandé.

N. B. La ligne donnée m a évidemment pour minimum


a\/2 , ou bien, la diagonale OG du carré décrit sur OB; mais
elle n'a point de maximum j c'est-à-dire qu'elle peut recevoir
une valeur aussi grande que l'on veut. Ainsi, le diamètre DD'
qui, dans la figure actuelle, est moindre que la distance AB,
peut être plus grand dans d'autres cas.
Pour savoir dans quelle circonstance ce diamètre est égal à
1 2
AB ou za, il n'y a qu'à poser - l/asjrè — 2a )=a; ce qui donne

2(m2—2a2)=4al ou
2m2 = 8á2; donc 77i2=4aií et
m = aa.

Soit m — a 1/2; il en résulte r = o, et la courbe se réduit


à un point qui n'est autre chose que l'origine.

212. Étant donnés deux points A, B^ (fig. 124) déterminer Fig. 124.
un autre point M j tel que la différence des carrés des distances
AM j BM soit égale à un carré m2.
Par des raisonnemens analogues à ceux qui ont été faits dans

SCD LYON 1
200 PROBLÌMES

le problème précédent, on prouverait que la question est indè-


lerminèe_, et que le lieu géométrique est symétriquement placé
par rapport aux deux droites AB et OC.
Mais ce lieu géométrique doit être une ligne indéfinie ; car
l'équation de condition étant

Âiví — BM'= m% d'où AM = y/m a


-f ËM",

on peut donner à BM une valeur aussi grande que l'on veut,


et il en résulte toujours pour AM une valeur réelle corres-
pondante.
Cela posé, prenons AB et OC pour système d'axes , et appe-
lons toujours ia la distífcice AB, z, z' les distances AM et BM,
x, y les coordonnées du point M rapportées à ces axes. On a
d'abord, comme dans le problème précédent, les équations
y2 + C* + "Y = *\ ■ ■ • • (0
y + (x — ay = z" (2)

Quant à l'équation de condition ci-dessus, observons que, pour


tous les points situés à la droite de OY, on a AM > BM,
d'où AM — BM > o ; mais que pour ceux qui sont situés à
gauche, on a au contraire AM < BM , d'où AM — BM < o ;
donc la différence des carrés, AM — BM, doit être exprimée
par ±m'; et l'on a i1-ii'1 = ±m1.., (3)
Si, entre ces trois équations qui ont lieu pour un point
quelconque de la ligne cherchée, on élimine z et z', l'équation
en x ,y, qu'on obtiendra, sera l'équation de ce lieu géométri-
que. Or, en retranchant (2) de (i), et remplaçant z" — z'2 par
sa valeur ± 77ia, on trouve t^ax = ± ma ;
±77la
d'où l'on déduit xz= —.—- .

Cette équation ne renfermant pas la variable y, représente


(n° 176) le système de deux droites parallèles à OY, et menées
à égale distance du point O»
Pour les construire, prenez swrOB=a., une dislance OF=—>

SCD LYON 1
INDETERMINES. a5i
t«4
sur la perpendiculaire OY', une distance OH — —. Tirez
ensuite BH., et par le point F menez FG parallèle à BH ; vous

aurez évidemment OG = 7—.


l\a
II ne s'agit plus ensuite que de rabattre OG de O en I et
de O en I', puis de mener par les points I et I les droites IL,
I'L' parallèles à OY.
La quantité m peut recevoir toutes les valeurs possibles de-
puis o jusqu'à l'infini.
Soit m s± o ; il en résulte x — o , et les deux lignes IL , I'L'
se confondent en une seule, qui n'est autre chose que l'axe
des y.
En effet, pour un point quelconque C de cette droite, on a

AC = BC, d'où AC — BC = m? = o.

- ±4a°
Soit m — 2.a\ on trouve x et les
>ft
deux droites se confondent avec les perpendiculaires élevées
aux points A et B.
Pour m > 2£z, ces droites seront placées à droite et à gauche
sur les prolongemens de la ligne AB.
213. TROISIÈME PROBLÈME. Etant donnés deux points A et B_,
trouver un autre point M (fig. 125) tel qu'en le joignant aux Fig. IÎ5.
points A et Bj l'angle AMB formé par ces deux lignes de
jonction^ soit égal à un angle donné v.
Prenons pour axes la ligne AB et la perpendiculaire élevée
par le point O, milieu de AB. Nommons d'ailleurs 2x' la
distance AB.
La droite BM étant assujettie à passer par le point B, dont les
coordonnées sont y = o, x = x', a pour équation,
y = a (.r — x'). ... ( 1 )
On a de même pour l'équation de la droite AM,

y- (x + *')-... (2)

SCD LYON 1
25a PROBLEMES

(puisque l'abscisse OA est exprimée par —x'); et comme, d'a-


près l'énoncé, ces deux droites doivent former un angle donné v,
les quantités a et a' sont liées entre elles par la relation
„ „'
ngv. .. (3)
i -f- aa'
En donnant à a une valeur tout-à-íait arbitraire, ce qui
fixerait l'une des positions de la droite BM, on tirerait de
l'équation (3) une valeur correspondante pour a', ce qui dé-
terminerait aussi une position particulière de la droite AM ;
et le point d'intersection de ces deux droites appartiendrait au
lieu géométrique demandé. Mais si, entre les équations (i), (2)
et (3) qui ont lieu en même temps pour un point quelconque M
du lieu géométrique, on élimine a et a, l'équation résultante
en o; et y sera nécessairement l'équation de ce lieu géométrique.
Or, pour effectuer l'élimination, il suffit de remplacer dans
l'équation (3) les quantités a et a' par leurs valeurs tirées des
équations (1) et (2). On obtient par cette substitution,

y y
0C^~~ OC OC *"^™ OC
~i = tang v ,
1+

d'où, chassant les dénominateurs et réduisant,

équation d'une circonférence de cercle dont le centre a (n° 177)


x
pour coordonnées, p — o , q = ^ ^ , et qui a pour rayon,

r= \J+ ~-
V tang-1 v
= tang v v/i + tang* v:

Mais comme l'hypothèse y = o donne x"1— x'2 — o, d'où


x=,ái x', ce qui prouve que le cercle passe par les points A
et B, il est clair que ie cercle sera tout-à-fait déterminé, de*

SCD LYON 1
INDÉTERMINÉS. 1
253
x'
qu'on aura construit sur OY l'expression q = .
1 1
tang v
puisque le centre sera alors fixé de position
Faites au point B un angle ABL égal à V'angle donné ; puis
élevez en ce même point BI perpendiculaire à BL ; le point I
d'intersection avec OY sera le centre du cercle.
En eífet, le triangle rectangle OBI donne (Trigon., n° 88),
r
OI= OB tang OBI = OB cot OBL =
tang v
Cette construction est évidemment celle qu'on donne dans
les élémens de Géométrie, pour décrire sur une droite un
segment de cercle capable d'un angle donné.
f
. X
DISCUSSION. Tant que l'angle v sera aigu, sera posi-
1
. ° tang v
tif, et le centre du cercle sera situé au-dessus de la ligne AB.
Mais si l'angle v est obtus, comme tang v est alors négatif, il
x'
en est de même de : et le centre se trouve placé au-des-
tang v
sous de AB.
f
x
Soit v = i oo°, d'où tane& v — oc et == o :
' tang v
l'équation (4) se réduit à xa -fy = a/2 et représente une cir-
conférence décrite sur AB comme diamètre.
Soit encore v = o, d'où tang v = o ; les expressions
q — ——— et r — ;— l/1 -f- tang2 v deviennent infinies,
7 J
tang v tang v °
et le cercle est lui-même d'une grandeur infinie.
11 faut d'ailleurs observer que tous les points de la partie
supérieure AMB de la circonférence donnée par l'équation (4)
satisfont à l'énoncé de la question , mais que pour la partie
inférieure AM'B, ce n'est plus l'angle AM'B, mais son supplé-
ment AM'H qui est égal à l'angle donné.
On a en effet pour cet angle, AM'H == M'AB -f- ABM' ;
. „,„ tang M'AB -f- tang ABM'
d'où v(n° 70)
;
taneh AM'H = —2 —~ 2—•
' i — tangM'AB. tang ABM"

SCD LYON 1
254
PROBLÈMES

mais

tangM'AB=— tangKAX——d ; tang ABM'=tangH'BX=c ;


• d -f- a a—d
donc tang AM'H =
1 -f- ad i -f- ad
Ainsi, c'est pour cet angle que l'équation (3) est satis-
faite.
2i4- SCHOLIE GÉNÉRAL sur les problèmes indéterminés.
En réfléchissant sur la manière dont les trois questions pré-
cédentes ont été résolues, on voit que , pour obtenir l'équation
d'un lieu géométrique, il faut commencer par établir des
équations entre les coordonnées x et y de l'un quelconque de
ses points, et d'autres quantités qui varient avec la position
du point. Le nombre de ces équations doit être moindre
d'une unité que le nombre total des variables, y compris x et
y. Ces équations une fois formées, on élimine les variables
autres que x, y , et l'équation résultante est l'équation de-
mandée, puisqu'elle exprime une relation entre les coordon-
nées d'un point quelconque de la courbe, et des quantités
connues.
On doit toutefois avoir le soin de choisir convenablement
les axes, pour que les calculs soient simples et qu'on puisse
construire facilement les résultats.
Si, dans le problème précédent, par exemple, on prenait
les deux axes dans une situation quelconque, par rapport aux
deux points A et B, les équations seraient

y—y'=a{x—x')
i
y—y"=d(x—x"), 7^~^=tang*';
d'où , en éliminant a et a',

y—y y—y"
x-
c—x' x—x"
IF7)¥^ -tan8 r '
{x— x') (x—x")

«•u, réduisant et ordonnant par rapport à y et x,

SCD LYON 1
INDÉTERMINÉS. 255

x'v" v'x"
+ x'x" + J
y'y"
J -f- -% ^ - o-
tang v

On reconnaît bien à l'inspection de cette équation qu'elle


appartient à une circonférence de cercle; mais la détermina-
tion du centre et du rayon ne serait pas facile, et l'on aurait
surtout beaucoup de peine à faire ressortir des résultats la cons-
truction indiquée ci-dessus.
On peut même affirmer que la principale difficulté qui se pré-
sente dans la résolution des questions par les principes de la
Géométrie analytique , consiste dans le choix des axes.
Assez ordinairement, les équations à établir se réduisent,
premièrement j à celles de deux lignes droites ou de deux cir-
conférences de cercle dont les points d'intersection appartien-
nent au lieu géométrique cherché (ces équations renfermant,
outre les coordonnées x, y, deux autres quantités qui varient
avec la position du point ) ; secondement, à une relation entre
ces deux dernières variables, laquelle est fournie imméd iatement
par l'énoncé. Les problèmes précédens en offrent des exemples.
Dans les deux premiers, le point M (Jig. 123 et 124) est Fig- i23
et I2
déterminé par l'intersection de deux circonférences ayant leurs ^"
centres en A, B, et pour rayons z, z'jces variables sont d'ail-
leurs liées entre elles par la relation

z" -H z'2 — m2 ou z2 — z'2 = ± m\

Dans le troisième, le point M est donné par l'intersection de


deux droites passant par les points A, B; et les variables a, d,
qui entrent dans leurs équations, sont liées entre elles par la

relation — —, = tang
0
v.
1-)- ad
Cependant, il peut arriver que le nombre des variables à
éliminer soit plus considérable, comme on va le voir dans le
problème que nous allons nous proposer en dernier lieu.

215. Un cercle et un point B (fig. 126) étant donnés mr Fíg,,ra&

/
SCD LYON 1
2 56 PROBLÈMES

un plan, sij de ce pointj on tire une droite quelconque RR' qui


rencontre la circonférence en deux points M, M'_, et que par ces
points on mène les tangentes MNj M'N, on demande le lieu de
tous les points j tels que N., où ces tangentes se rencontrent.
Nous prendrons pour axe des x la ligne OB menée par le
centre et le point donné, pour axe des y la perpendiculaire
élevée au point O.
Soient x,y les coordonnées du point N, x' et y' les coor-
données du point M, x" ely" celles du point M'; x',y', x",y",
sont des quantités qui varient avec ia position de la droite
RR', et par conséquent avec la position du point N. Nommons
d'ailleurs a la distance OB, et r le rayon du cercle.
Cela posé, on a (n° 200) pour les équations des deux tangentes
dont l'intersection donne un point du lieu géométrique,

yy' + xx' = r2,... (1)


yy" + xx" = r2 (2)

Comme ces équations renferment quatre variables à éliminer,


il nous faut encore (n° 2i4) trois autres équations.
D'abord , les points x', y' et x", y" se trouvant sur le cercle,
on a les relations
y + x' 2
== r2,... (3)
y'2
4- 2 2
x" = r .... (4)

De plus, nous avons à exprimer que la droite RR' passe par le


point B. Or, l'équation de la droite menée par les deux points

**,/, x",y", étant (n° 148) de la forme y—y'= (x—x),

pour écrire que le point B se trouve sur cette droite, il faut


faire y = o et x = a, ce qui donne la nouvelle relation

Telles sont les cinq équations entre lesquelles on doit éliminer


9 f n n
x,y , x,y.

SCD LYON 1
INDETERMINES. Í.5']
Retranchons les équations (1) et (2) l'une de l'autre; il vient

.y(/-y')+*(*'-*")-o; d'où= _ %

y'—y"
D'un autre côté, l'équation (5) donne —,
— y'
-„ = -——-, ;

d'où, égalant ces deux valeurs de \, entre elies ,

x _ —y
ou xx' -f- JJ
yy' — etx = o
y a — x"
mais on a déjà xx' -\-yy =. r1 ;

il en résulte donc r2 — ax = o , et par conséquent,

— T2
a. '

Cette équation, en x seulement, représente une parallèle à


r*
l'axe des y menée à une distance du centre\, marquée par —
a.
Tant que le point B sera intérieur au cercle, la quantité r*
a
sera plus grande que r, et le lieu géométrique LL' sera extérieur
au cercle. Le contraire aurait lieu si le point B était extérieur.
Cette proposition peut être regardée comme la réciproque de
celle qui a été démontrée (n° 2o3).
N. B. II est à remarquer que, dans l'élimination, nous
n'avons fait aucun usage des équations (3) et (4). Cela tient à ce
que les équations (1) et (2) renferment implicitement ces deux
relations. {Voyez n° 197.)

'7

SCD LYON 1
TRANSFORMATION
a58

CHAPITRE IY.
DES COURBES DU SECOND DEGRÉ.

§ Ier. Transformation des Coordonnées.

216. Introduction. NOPS nous proposons, dans ce chapitre et

les deux suivans, de faire connaître la nature et les propriétés


des courbes exprimées analytiquement par des équations du se-
cond degré à deux variables; mais, auparavant, il est nécessaire
de résoudre une question qu'on doit regarder comme une des
plus importantes de la Géométrie analytique ; c'est celle de la
tranformation des coordonnées.
En jetant les yeux sur les équations de la ligne droite et du
cercle, considérés dans les diverses situations que ces lignes
peuvent avoir par rapport à deux axes, on reconnaît qu'une
même ligne peut être représentée par une équation plus ou
moins simple, suivant que sa position à l'e'gard des axes est
plus ou moins simple, et suivant que les axes eux - mêmes
sont rectangulaires ou obliques.
Ainsi, l'équation la plus générale de la ligne droite étant
y = ax + b, celle d'une droite passant par l'origine est
y = ax, a ayant, dans l'une et l'autre équations, une accep tion
différente, selon que les axes sont rectangulaires ou obliques.
L'équation d'une parallèle à l'un des axes est x=a, ouy =b.
De même, l'équation la plus générale du cercle étant
% 2
(x — p) -f (y — q)* -)- 2 (x — o) (y — q) cos £=r , celle du
cercle rapporté à deux axes rectangulaires menés par son
centre , est xa + y2 = r3.
On conçoit donc que, lorsqu'une courbe est déjà fixée de
position sur un plan par le moyen d'une équation , si l'on
s'aperçoit que cette courbe est dans une situation plus simple

SCD LYON 1
Ï)ES COORDONNÉES. 25g
par rapport à deux nouvelles droites que par rapport aux axes
primitifs, il est bon, pour faciliter la recherche de ses pro-
priétés , de chercher à déduire l'équation de la courbe rappor-
tée aux nouveaux axes, de l'équation de la même courbe rap-
portée aux premiers. Tel est l'objet qu'on se propose dans le
problème de la transformation des coordonnées, lequel peut
s'énoncer ainsi : Étant donnée l'équation d'une courbe rap-
portée à deux axes quelconques^ trouver l'équation de la même
courbe rapportée à deux nouveaux axes.
217. Soient AX, AY (fig. 127) deux droites par rapport Fig. 137.
auxquelles une courbe MM'M" est fixée de position, au
moyen de l'équation F(x, y) — 0, et A'X', A'Y' deux nou-
veaux axes dont la situation est reconnue plus simple à l'égard
de la courbe. Nommons x,y les coordonnées AP, MP d'un point
quelconque M de la courbe rapportée aux premiers axes, et x',
y les nouvelles coordonnées A'P', MP'.
Si l'on parvient à exprimer x, y en fonction de x', y' et de
quantités connues, il ne s'agira que de substituer ces valeurs
dans l'équation ci-dessus, et l'on obtiendra l'équation demandée.
Pour trouver ces valeurs, soient menés A'X" et P'H paral-
lèles à AX, puis A'Y" et P'K parallèles à AY, en prolongeant
toutefois A'Y" jusqu'à sa rencontre en B avec AX.
Faisons d'ailleurs AB = a, A'B = b, X'A'X" = et,
Y'A'X"=«', et Y"A'X" = S; a, b sont des quantités con-
nues , puisqu'elles ne sont autre chose que les coordonnées de
la nouvelle origine, qu'on suppose donnée de position par rap-
port aux anciens axes; il en est de même des angles a, a! que
chacun des nouveaux axes forme avec l'ancien axe des x, et de
l'angle G, qui est égal à l'angle YAX des anciens axes.
Cela posé, la figure donne évidemment
AP ou x = AB + BP = a + A'K + FH,
MP ou y = A'B+ ML= b + P'K -f- MH ;
ainsi, tout se réduit à déterminer A'K, P'K, P'H et MH.
Or, on a dans les triangles A'P'K, MP'H, en vertu du prin-
cipe de Trigonométrie, n° 91,

'7-

SCD LYON 1
260 TRANSFORMATION

i°. A'K. f A'P' :: sin A'P'K : sin A'KP';


ou, à cause de A'P'K = P'A'Y"=Í — », et de .,
A'RP'=A'LM = 200' — MLX" == 200° — G,

X sin(g
A'K : x' : : sin (€—):
s
sin C; d'où A'K = ~.fj
' ' sin b
x' sm et
a". P'K:A'P'::sinP'A'K:sinA'KP'; d'où P'K=-^-^-;
sin b

3°. P'H :MP'::sinP'MH:sinP'HM;


ou, à cause de P'MH = Y'A'Y" = G— », et de
P'HM = A'LM = 2oo°— G,
y,S n(g )
P'H : JV' :: sin (£_«'): sinC; d'où P'H=- ' ."^- ;
sin t
v' sin aê'
4°.MH : MP' : : sin MP'H : sinP'HM : d'o ù MH =^- -.
fs

Donc, en portant ces valeurs dans les expressions de x,y,on


obtient
_^_x' sin {G — a)-}-y sin (G—a')
sin b
x sm » y sin a , ,
(0
y= r—-
*^ sin fc

Telles sont les formules les plus générales de la transforma-


tion des coordonnées, dont il est facile de déduire les formules
particulières correspondantes à toutes les positions de la nou-
velle origine et aux différentes directions des nouveaux axes
par rapport aux anciens, en donnant h a, b des valeurs con-
venables positives ou négatives, étaux angles «, » toutes les
valeurs depuis o° jusqu'à 2000.
Quant à l'angle G, il est toujours donné à priori j puisque
c'est l'angle des anciens axes.
Nous nous contenterons d'indiquer ici les cas principaux.
218. PREMIER CAS. Le plus simple de tous est celui où les
deux nouveaux axes sont parallèles aux anciens; c'est—à-dire

SCD LYON 1
DES COORDONNÉES. 261
que les axes conservent la même direction : l'origine seule est
différente.

Dans cas, on a a.—o, et ct'=G; ce qui dor

sin (£_-ct) = sin £, sin — a') = o, snns = o, sin <*' = sin G;

' '":x' I da,j


oc +

{
OC "ì
' -f- è' 1^
On peut les vérifier directement d'après la figure. En effet,
on reconnaît que (fig. 128 ) AP = AB -f- A'F' = a + x'; Fig. 128.
MP = A'B -f- MP'= a + y.
21 g. SECOND CAS. On propose de passer d'un système rectan-
gulaire à un système oblique.
Dans cette hypothèse, il suffit de faire (fig. 12g) G — ioo°; Fig. 129.
d'où sin£=i, sin (G — a)=cos«, et sin (G — <*') = cosa';
. T i • f X=x'cosa-\-y'cos*-\-a, 1
et les formules deviennent < , . ,/■,,, }••• Lá)
l y=x sina-fty smcc >" ■ '

220. TROISIÈME CAS. Passer d'un système rectangulaire à un


système aussi rectangulaire : c'est un des cas les plus usités.
On a, dans ce cas (fig. i3o), G = 100°, Fig. i3o.

« ou Y'A'X" = Y'A'X' 4- X'A'X" = 100° 4- u ;


d'où sin£=:i, sin (G — «) = coset,
sin (G— a') = sin (ioo° — ioo° — et) =— sin si,
sina'= sin (ioo° 4- *.) — cos et;

et l'on obtient pour formules correspondantes,

x = 37'cos a—ysin«e4-û, ) .n
y = x' sin et -j-y' cos cc 4- b. )"' ■

N. B. Ce dernier cas peut être déduit du second, en y faisant


simplement «'= 100° +«, ce qui donne cosa' =— sin*,et
sin a.' = cos ct.
221. QUATRIÈME CAS. Passer d'un système oblique à un sys-
tème rectangulaire.

SCD LYON 1
262 TRANSFORMATION

Fig.i3i. II suffit défaire dans les formules générales (fig. 3


I I)
?

a! ou Y'A'X" = ioo°+ a.; d'où sina'=cos«,


sin (S — «') == sin (£ — 1 oo° — «)
— — sin [ 1 oo° — (£ — «)] = — cos (£ — *)ï
Ces formules deviennent alors

x' sin (g — a) — y cos (g— a)


x:
sin G
a:' sin « -f- y' cos ce , Í5)
sin b

Chacun des trois systèmes précédens peut être obtenu direc-


tement au moyen de la figure; mais nous nous contenterons de
rechercher celui qui correspond au dernier cas.
Soient toujours menées par les points A' et P', A'X" et P'H
parallèles à AX, puis A'Y" et P'K parallèles à AY.
II résulte de cette construction ,

AP ou x — AB -f- A'K — P'H,


MP ou y = A'B + P'K + MH.
On trouve d'abord, comme dans le problème général,

a/sÌnC< )
A'K= sin £
»r* et P'K = Í^.
sin C

D'un autre côté, le triangle MP'H donne

i°. P'H : MP' :: sin HMP' : sin MHP';


ou, comme HMP'=Y'A'Y"=Y'A'X'—Y"A'X'=ioo°—(£— «),

P'H : y
J
:: cos(<?
v
— *) : sin e d'où
;'
P'H —■r'005sin^-")
b
; 7

7
2°. MH : MP :: sin MP'H : sinMHP';

xuais MP'H = MP'A' — HP'A' = 1 oo° — X'A'X" = 1 00° — a ;

ainsi MH : y' :: cos* ; sin S; d'où MH = ^.^g"•

SCD LYON 1
DES COOBDOJSNBF.S. a63
x' sin (ff — *) — y cos (G — *)
s= —3 r"i
sin fe
Donc enfin, < a:, sin
. a -f-
, y, cos a
r — h b.
sin 6

Dans le second et le troisième cas, les triangles A'P'K, MHP',


sont rectangles, et la détermination des lignes A'K, P'R, P H
et MH n'en est que plus facile.
222. Enfin, si, dans les formules générales et celles qui en
ont été déduites, on suppose a = o et b —o, on obtiendra
de nouvelles formules qui correspondront au cas où l'on veut
changer seulement la direction des axeSj sans déplacer l'origine.
.. . x=x'co$* + y'cos*', x=^x'cos*—.y'sinct,
Ainsi, , . . i ì i et f . . i
y=x sin a-f-j sin a , y=x sin a,-j-y cos*,

sont les formules propres à faire passer d'un système rectan-


gulaire à un autre système oblique ou rectangulaire de même
Origine.
En général, on distingue deux espèces principales de trans-
formations de coordonnées, le déplacement de l'origine et le
changement de direction d'axes. Lorsque la question exige cette
double transformation, il y a souvent de l'avantage à ne les
exécuter que successivement; nous en verrons bientôt des
exemples.
2a3. Nous terminerons cette théorie générale par l'examen
de deux cas particuliers : i°. on peut demander de passer d'un
système oblique à un système rectangulaire j l'origine restant
la même j et l'axe des x (fig- i32) restant aussi le même. Fig. i
Dans ce cas, on a o = o, b=o, <*=o, «t'=ioo°; d'où l'on

tire sin«t=o, sin«e'=i, sin(S—*)= sinS, sin (G—«')= — cosff;


x = x' —.y'cot G

! y=
J
Y
-4—i —
sin G
i ■ f
y cosec 6.
J

On fait usage de celles-ci, lorsqu'une courbe étant rapportée

SCD LYON 1
264 THANSFOHMATI0N

à un système d'axes obliques, 011 veut rendre le système rec-


tangulaire.
0
2 . On peut, en conservant le même système d'axes j exiger
que l'axe des y' se confonde avec celui des x, et réciproquement.
Fig-133. Dans ce cas, on doit avoir a —o et a. = S (fig. i33 ); d'où
sin a = sin G, sin a! = o, sin(£— «) = o, sin (G — et') =sin S.
On a, en outre, a = o, b = o ; ainsi, les formules (1) se ré-
duisent à x — y ety = a;'; ce qui est d'ailleurs évident; car
on ne fait ici que changer les dénominations des axes.
On tire de,là cette conséquence : Lorsque les équations de
deux courbes sont telles que la seconde est composée en y et x>
comme la première l'est en x et y, on peut affirmer que les deux
courbes sont identiques puisqu'on passe de l'une à l'autre équa-
tion , en changeant x en y, et, réciproquement,^ en x. II n'y a
réellement, dans ce cas, que la position de la courbe par rap-
port aux axes qui soit renversée.

224. Première remarque. Comme, pour une même ques-


tion, on a souvent besoin d'effectuer plusieurs transfor-
mations de coordonnées, nous conviendrons de supprimer
les accens dans les seconds membres des formules relatives à
ces diverses transformations, c'est-à-dire que nous désignerons
toujours par x et y les anciennes et les nouvelles coordonnées,
quoique leurs valeurs et leurs positions soient différentes; mais
l'emploi successif des formules suffira pour indiquer que la
courbe, étant rapportée à un premier système, se trouve ensuite
rapportée à un second, à un troisième,....' système.
Ainsi, pour passer d'un système oblique ou rectangulaire à
un système de coordonnées parallèles, nous serons dans l'équa-
tion de la courbe, x = x + a, et y —y -f- b, les cr et y du
second membre désignant les coordonnées rapportées aux nou-
veaux axes, dont l'origine a d'ailleurs a et b pour ses coordon-
nées rapportées aux anciens axes.
De même , pour passer d'un système rectangulaire à un sys-
tème oblique de même origine, nous serons usage des formules.

x =; x cos « -f- V cos « , et y — x sin a -f- v sin

SCD LYON 1
DES COORDONNÉES. 265
Cette convention a pour but de simplifier les calculs en évi-
tant la multiplicité des accens.
225. Seconde remarque. Les quantités a, b, a, a' qui entrent
dans les formules, sont des constantes dont les valeurs fixent
la position de la nouvelle origine et les directions des nouveaux
axes par rapport aux anciens dont l'angle est exprimé par G.
Ces quatre quantités doivent être regardées comme connues
et données à priori > toutes les fois qu'on veut rapporter la
courbe à de nouvelles lignes, dont on a reconnu que la position
par rapport à cette courbe est plus simple que celle des an-
ciens axes.
Mais il arrive souvent qu'on exécute une transformation
de coordonnées, avec le dessein d'introduire un changement
déterminé dans l'équation de la courbe; par exemple, pour
faire disparaître certains termes. Dans ce cas, a, b, a, «' sont
des constantes indéterminées pour le moment, que l'on tâche
ensuite de calculer de manière qu'il en résulte les simplifica-
tions exigées. Quant à l'angle G, on ne peut en disposer, puisque
c'est l'angle des deux axes primitifs, lequel est toujours donné
à priori.
Le nombre des termes à faire disparaître de l'équation, in-
dique le nombre des indéterminées à introduire dans le calcul,
et, par conséquent, le système de formules dont il faut faire
usage.
Tout ceci s'éclaircira par les applications nombreuses que
nous aurons occasion d'effectuer par la suite.

§ II. Notions préliminaires sur les Courbes du


second degré.

Afin de présenter la théorie des courbes du second degré


d'une manière simple et tout-à-fait élémentaire, nous com-
mencerons par rechercher les équations de trois courbes
dont chacune jouit d'une propriété qui lui est particulière.
Nous ferons voir ensuite que ces courbes sont les seules que

SCD LYON 1
a66 NOTIONS SUR L'EIXIPSE.

puisse représenter une équation quelconque du second degré à


deux variables. Enfin, nous démontrerons que ces mêmes
courbes sont celles qu'on obtient en coupant par un plan le
cône droit ou oblique, tel qu'on le considère en Géométrie; ce
qui leur a fait donner aussi le nom de sections coniques.

De l'Ellipse-.
226. On demande l'équation d'une courbe telle, que si l'on
3\.Joint chacun de ses points M (fig. l34) à deux points fixes
Ì

F et ¥'_, la somme des distances FM + F'M soit égale à une


ligne donnée 2A.
Cette courbe est ce qu'on nomme une ellipse. Les points F,
F' en sont dits les foyers, et l'on appelle rayons vecteurs les dis-
tances FM, F'M. Nous verrons plus loin la raison de ces déno-
minations.
Pour construire cette courbe d'après sa définition, prenons
h milieu O de la distance FF'., et, à partir de ce point j portons
la moitié de 2A, de O en IL et de O en h ; les points A et
B appartiendront d'abord à la courbe. En effet, il résulte de
cette construction,
OB — OF, ou FB = OA— OF', ou F'A,
c'est-à-dire FB = F'A ; donc,
i°. FB + F'B = F'A + F'B = 2A,
2*. F'A -f- FA = FB ■+■ FA = 2A.

De même, si des points F, F', commme centres, avec un


rayon égal à Aj l'on décrit deux circonférences qui se cou-
pent aux points C, D, ces points appartiendront encore à la
courbe; car on aura évidemment
FC+F'C = 2A et FD + F'D = 2A.

Ces points se trouvent d'ailleurs sur la perpendiculaire élevée


du point O.
Pour obtenir des points intermédiaires, marquez sur AB et

SCD LYON 1
NOTIONS SDK L'EI.LIPSE . 267
entre les points F, F', un point quelconque L; puis des points
F' et F comme centres, et avec des rayons respectivement égaux
à AL, LB_, décrivez deux circonférences qui se coupent en
M, m; vous aurez deux nouveaux points de la courbe. En
effet, la construction donne
i°. F'M-r-FM=AL + LB=2A) 2°. F'm-f-Fm = 2A.

Ces points sont symétriquement placés par rapport à AB.


Réciproquement, si des points F, F' comme centres, et avec
les mêmes rayons AL-, JjB, vous décrirez deux circonférences,
vous obtiendrez deux nouveaux points M', m , qui seront, avec
les points M, m, dans une position symétrique par rapport à
la ligne CD. Cela est évident.
Après avoir ainsi déterminé une série de points suffisam-
ment rapprochés les uns des autres, on pourra les joindre
par une ligne continue ACBDA, qui sera la courbe de-
mandée.
N. B. Pour que la construction précédente puisse s'effec-
tuer, il faut que la distance des centres FF' soit moindre que
M la somme des rayons ou 2A, et en même temps plus grande
que leur différence. Or, je dis que cette dernière condition
exige que le point L soit entre O et F. En effet, prenons, par
exemple, un point L' qui soit placé entre F et B ; on aurait
AL' > AF et L'B<FB;
d'où l'on déduirait
AL'— L'B > AF — FB > AF — F'A, ou > FF' -,

donc la distance FF' serait moindre que la différence des rayons


AL', L'B, et les deux circonférences décrites seraient inté-
rieures l'une à l'autre, sans se couper.
227. On peut encore construire l'ellipse d'un mouvement
continu, ainsi qu'il suit :
Fixez aux points F et F'', par le moyen de deux épingles,
un fil dont la longueur soit égale « 2 A. Faites ensuite glisser un

SCD LYON 1
a68 NOTIONS SUR I/EMJPSE.

style ou un crayon qui tienne ce fil toujours tendu; et la


courbe se troupe tracée quand Vinstrument mobile a fait deux
demi - révolutions, l'une au - dessus de FF', et l'autre au-
dessous.
Enfin, si l'ellipse doit être tracée sur le terrain, on se sert
d'un cordeau d'une longueur égale à 2A et de trois piquets,
dont deux fixent les extrémités du cordeau aux points F,
F', et le troisième sert à tracer la courbe, en tenant le cor-
deau toujours tendu.
228. L'ellipse étant ainsi déterminée de forme et de posi-
tion, recherchons son équation, c'est-à-dire (n° 171) une rela-
tion entre les coordonnées de chacun de ses points rapportés à
deux axes fixes.
Comme, d'après la construction précédente, la courbe se
compose de points symétriquement placés par rapport aux
lignes AB, CD, il convient de prendre celles-ci pour axes.
Soient OP = ar, MP =y, FM = z, F'M = z, FF'=2c,
d'où OF = OF'=c.

On a d'abord, pour les équations des deux circonférences


qui ont leurs centres en F, F', et dont la rencontre déter-
mine le point M,

y +(X — cy = a% (1)
r + (x + cy — z" (2)

En outre, la définition même de la courbe donne l'équation


de condition
z -f z' = 2A; (3)
et si, entre ces trois équations, on élimine z et z', l'équation
résultante en a:,y sera (n° 214) l'équation cherchée.
Pour y parvenir facilement, ajoutons entre elles et retran-
chons l'une de l'autre les équations (1) et (2) ; il vient

2ya-f2x2 + 2ca = a'!! + 2i% (4)

SCD LYON 1
NOTIONS SUR L'ELLIPSE. 269
mais celle-ci revient à

(z,'4- 2.) (s'— z) = fax, ou 2 A (z.'— z) — fax ;

d'où l'on tire z'— s = -r—.


A

Or, on a déjà z' -f- z = 2 A ;

donc 2. = A H—— et 2, = A —•
A A

Substituant.ces valeurs dans l'équation (4) , on trouve


c^x*
y + x>+c> — A' + fj-,

on, chassant le dénominateur et ordonnant,

Ay + (A2 — c°) xa = A" (A3 — cs).

Suivant ce qui a été dit plus haut, on doit avoir FF' ou


ac < 2A ; donc Aa — ca est essentiellement positif, et
si l'on pose
Aa — c* = Ba,

l'équation prend enfin la forme

Ay+BVcrA'B1 (6)

Telle est l'équation la plus simple de l'ellipse.


229. En la résolvant par rapport à y, puis par rapport
à x, ce qui donne

y = ± |i/A -x%
a
x= ±. r,
on reconnaît, en premier lieu, que la courbe est symétrique par
rapport aux axes OX, OY, puisque chacun d'eux divise en
deux parties égales toutes les cordes telles que Mm, MM' me-
nées parallèlement à l'autre.
Secondement, comme pour y=o on trouve 1 = ± A,
et nour 37 = 0 v = dr 13,

SCD LYON 1
2^0 NOTIONS SUR 1,'ELLIPSE.

il s'ensuit que la courbe rencontre l'axe des x aux points A


et B, l'axe des y aux points C, D, pour lesquels on a OG
ou OD=B= V/Aa— C\
En effet, le triangle isoscèle FCF' donne à cause de
FC sa F'C = A ,

OC = \J CF — ÔF = V/CF7 - Ô¥'2r= l/A* — 2


C .

Troisièmement, l'hypothèse x = A ou x =— A,réduisant


la double valeur de y à une seule, y = ±1 o , on peut
conclure (n° ig4) que la courbe est tangente en A et B aux
deux droites RS, R'S' menées parallèlement à l'axe des y.
De même, y = B ou y— — B donnant x—dzo,
la courbe est tangente en C et D aux deux parallèles RR',
SS' à l'axe des x.
II est visible d'ailleurs que, dès qu'on suppose x^>A ou y^>B,
la valeur de y ou de x , correspondante, est imaginaire. Donc
la courbe est tangente aux quatre côtés du rectangle RSS'R' et
est entièrement comprise dans ce rectangle.
Soit encore proposé d'évaluer la distance du point O à un
point quelconque (x , y) de la courbe.
On a poúr expression de cette distance, D = \Zx* -f-y*;
B" *
ou, mettant pour y2, sa valeur — (A2— a;2),

D
= A+^i^- - 2

En faisant x = o, on trouve d'abord D = B ou OC.


A mesure que x augmente, la quantité D augmente, et elle
acquiert son maximum, lorsqu'on donne à x la plus grande
valeur possible, qui est x=A; d'où l'on tire

D= \J B +
2 A B 2
'~ °. A =A, ou OB.

Ainsi la plus petite distance du point O à la courbe, est OC,


et la plus grande, OB ; en d'autres termes, CD est la plus

SCD LYON 1
NOTIONS SUR L'ELLIPSE. 271

petilB corde qu'on puisse mener par le point O, et AB la


plus grande.
Ces diverses circonstances suffisent pour donner aux commen-
çans une idée assez exacte de la forme de l'ellipse.
23o. Les deux lignes 2A, 2B ou AB, CD ont reçu le nom
d'axes principaux ; et l'équation (6) est dite Y équation de l'el-
lipse rapportée à ses axes.
On les appelle encore premier et second axes, ou bien, grand
axe et petit axe. La dénomination de grand axe vient probable-
ment de ce qu'en effet, AB est la plus grande corde qui puisse
être menée dans l'intérieur de l'ellipse.
Car, soit IK une corde quelconque; si l'on joint le point O aux
points I et K, le triangle OIK donne IK. < OI -f- OK; mais on
a vu plus haut que OK est <OB et OI<OA ; donc, à plus
forte raison, l'on a IK < OB -f- O A < AB.
Les points A, B sont dits les sommets du premier axe, et
les points C, D, les sommets du second axe.
Enfin, le point O pris actuellement pour origine des coor-
données , est appelé le centre de la courbe, parce qu'il jouit de
cette propriété que toutes les cordes, telles que Mm.', qui passent
par ce point, y sont divisées en deux parties égales.
Pour le démontrer, combinons l'équation A2y2-j-B2a:2==A2B2,
avec celle-ci : y=sax
qui représente une droite quelconque passant par l'origine.
En mettant pour y sa valeur ax dans la première, on trouve

rh AB
(A2a2 -f B2)x2 = A'B2
V/ÀW-fB2
zfcABa
et par conséquent,
l/AV+B"

Ces valeurs de x et de y qui expriment les coordonnées


M, m' des points d'intersection de la droite avec la courbe,
sont égales et de signes contraires ; donc, les distances OP, OP'
et MP, OT'P' sont égales; et les deux triangles OPM, OP'm'
étant égaux, donnent OM = Om',

SCD LYON 1
i
2*2 NOTIONS SUR L'ELLIPSE.

231. Supposons que dans la recherche d'un lieu géométrique


rapporté à des axes rectangulaires, on soit parvenu à l'équa-
tion
My2 + Nx2 M P,

M, N, P étant des quantités essentiellement positives.


Faisons successivement dans cette équation, y = o et x= o;

il en résulte pour y — o, x = zh^/—,

etpour x = o, y~± \J
/P /P P
Cela posé, soient y/- = A, y' - = B ; d'où N=— ,
2

p
M = g; ; l'équation ci-dessus devient, par la substitution,

a 2 !
|^y -f-^x =P, ou réduisant, A^'+BV=A B'.

D'où l'on voit que l'équation proposée est celle d'une ellipse
/P /P ou en
dont les axes principaux sont 2 y ^ et "y yj[ > »

d'autres termes, sont le double de la valeur x correspondante à


y = 0, et le double de la valeur de y correspondante à x = o.
v /P 2 /P
Connaissant les deux axes 2À, 2B ou 2 y' —, y »
pour obtenir les foyers , on a recours à la relation B2 = À2 — c",
qui donne c = rt ^/ g*.
i35. Soient pris sur deux lignes indéfinies à angle droit (fig. 135),
OB=OA=A, et OC = OD = B. Puis du point C
comme centre avec un rayon égal à A , décrivons un arc de
cercle qui coupe AB en deux points F, F' ; ce seront les deux
foyers, car

OF = \/cv — ÔC = {/ÂT-~B*.
Comme, par rapport à l'équation Mys -f- Nx2 = P, on à

SCD LYON 1
NOTIONS SUR L'ELLIPSE. 2"3
P P
As=^ et Ca = j^, il s'ensuit que

t
/P P _ , /P(M - N)
V W M V MN '

Puisque, dans toute ellipse, on doit avoir 2A ]> 2B ,


P P
il faut supposer jy^jyl' d'où M>N.

S'il en était autrement, c'est-à-dire si l'on avait M<[N,


on changerait (n° 223) y en x et a:en y. Par là, l'équation de-
viendrait Ny + Mx' = P, et représenterait encore une el-
/P
lipse ayant pour premier axe, 2 y et pour second axe,

-ZV. B. Avant la transformation des coordonnées , la courbe


est dans la position indiquée par lu figure i36 ; mais après,
elle prend la position qu'on lui suppose ordinairement
ifig- i34).
232. Soit, comme cas particulier, M = N; l'équation se
P
réduit alors à y -f- a:" = ^,

c'est-à-dire à l'équation d'un cercle ayant y/p— pour rayon ;

. /P(M — N) , . „
la quantité c, ou y , devient WZÍÍÍÍ ; ainsi les deux
foyers se réunissent au centre.
Le cercle peut donc être regardé comme une ellipse dont les
deux axes 2A, 2B sont égaux, ou bien, dont les deux foyers
viennent à se confondre.

233. Comme nous aurons souvent besoin de ramener une


équation telle que Mya-f-Nxs=P, à la forme Asy-r-Bi.r"=AsBî,
nous indiquerons un procédé simple et facile pour y parvenir.
18

SCD LYON 1
2^4 NOTIONS SUR L'ELLIPSE.

Soient multipliés les deux membres de la première équation


1
par un facteur indéterminé h ; il vient Mhy* -f- Wfix = Fh.
Mais, par hypothèse, on doit avoir Vh = Mh X N/z = MN. /z2;
p
d'où l'on déduit h — Donc il suffit de multiplier les deux

membres de la proposée par le quotient du, second membre divisé


par le produit des coefficiens de y2 et de x2.
II vient, en effet, par cette multiplication,

P P P2
1/2 -í- — -E2 = '
N ^ M MN

2 2 2 2 2
ce qui donne A = |, B = ^, c =A -B = ^=^-

2 2
Prenons pour exemple l'équation 5y -f- 3a; = 6.

On trouve, en multipliant par g ^ g ou g,

» i 6 : 12

I 2
donc A = 1/2, B=gl/3o, c = g \/5.

Soit encore l'équation 3ya -f- 4^ = 5.


5 5
Multipliant par - .- ou — , on obtient
J X4 *2

5 5
. , » »5
4^ + 3^=r3'
ou, changeant y eux, et réciproquement,

donc A=|l/i5, B = ^\/5, c = g^/i5.

SCD LYON 1
NOTIONS SUR L'HYPERBOI.E.

De l'Hjperbole.

234. On demande f équation d'une courbe telle , que si l'on


Joint chacun de ses points M (fig- 13^) à deux points fixes F
F,/ F', la différence des distances, F'M — FMsoit égale à
une ligne donnée 2 A.
Cette courbe est ce qu'on appelle une hyperbole y les points
F, F' en sont les foyers, et l'on nomme rayons secteurs, les
lignes FM, F'M.
Commençons par indiquer un moyen de construire cette
courbe.
Prenez à partir du point O, milieu de FF'', deux distances
OA , OB égales à A ; les deux points A et B appartiennent à la
courbe. En effet, il résulte de cette construction,

BF = AF", d'où AF —AF' = AF —BF = 2A,


et BF' —BF = BF' —AF'=aA.

N. B. Les points A, B sont nécessairement situés entre F


et F"'; car autrement, ce serait la somme des distances de chacun
de ces points aux points F et F', et non leur différence, qui
serait égale à 2A. Ceci prouve que 2A doit être donné moindre
que FF'
Pour obtenir d'autres points de la courbe, marquez sur la
ligne OF et à droite du point F, un point quelconque L y
puis, des points F', F comme centres, avec les rayons AL, TiL,
décrivez successivement deux circonférences qui se coupent
en M, m; vous obtiendrez ainsi deux points de la courbe;
car en joignant le point M, par exemple, aux points F', F,
vous avez
F'M — MF = AL — BL = 2A.

Réciproquement, des points F, F' comme centres et avec les


mêmes rayons, décrivez deux circonférences y vous aurez deux
nouveaux points M', m' qui seront, avec les points M, mf
symétriquement placés par rapport à la perpendiculaire OC.
18,.

SCD LYON 1
2j6 NOTIONS SUR 1,'HYPEBBOLE.

Celte construction exigé que le point L soit situé à la droite


du point F; car s'il était en L', comme on aurait BL' <^ BF,
il s'ensuivrait AL' + BL' ou AB -f- 2BL' < AB -f- 2BF, ou
FF'. Ainsi, les deux circonférences seraient telles, que la dis-
lance des centres FF' serait plus grande que la somme des
rayons ; donc elles seraient tout-à-fait extérieures l'une à l'autre
et ne se couperaient pas.
Mais le point L peut être pris vers la droite du point F, à
une distance aussi grande qu'on veut. D'où l'on voit que la
courbe se compose de deux branches égales et opposées, mBM,
m'AM! , qui s'étendent indéfiniment à droite du point B et à
gauche du point A, tant au-dessus qu'au-dessous de la ligne AB.
II existe bien un procédé pour tracer l'hyperbole d'un mou-
vement continu; mais nous le passerons sous silence, parce
que la pratique en est peu commode, et que d'ailleurs on ne
peut tracer la courbe que par parties.
Nous allons maintenant nous occuper de la recherche de son
équation.
235. L'hyperbole étant, ainsi que l'ellipse, symétrique par
rapport à AB et OC, nous prendrons ces deux lignes pour les
axes des coordonnées.
Soient donc
OP = x, MP=y, OF = OF' = c, ' FM = z, F'M = z'.

Ou a d'abord, comme pour l'ellipse, les deux équations

y* + (x — cY = z>,.... (1)
y'+ {x+cf = z'\ ... (2)

auxquelles 011 doit ajouter, d'après l'énoncé, l'équation de

condition z' — z = 2A (3)

Pour éliminer z et z', ajoutons et retranchons (1) et (2) ; il


vient a 2 a
27* + 2* + 2c = z' -f a%... (4)
4e* = z'" — a5;... (5)

SCD LYON 1
NOTIONS SUR 1,'HYPEHBOLE. 277

mais celle-ci donne (z' — z) (z' + z) ou aA (s -f z) =1 4cr,

d'où l'on déduit 2 ~'~Z:=~Â~'

or, on a déjà z' — z = 2A;

donc  Z==
X~~

Portant ces valeurs dans l'équation (4), on obtient

ou, chassant le dénominateur et transposant,


Ay + (A2 — ea):c2 = Aa(Aa — c2).

Mais, comme il a été reconnu précédemment que la dis-


tance FF', ou ic, doit toujours être plus grande que 2A, Î!
s'ensuit que A* — ca est essentiellement négatif. Donc en posant
ca — Aa = B2,

on trouve enfin pour l'équation de l'hyperbole,


Ay — BV = — AaBa... (6)

Cette équation ne diffère de celle de l'ellipse qu'en ce que


B2 est remplacé par — B2. Aussi les deux courbes, quoique étau t
de forme très différente, puisque l'une est limitée en tout sens
et l'autre est illimitée, jouissent-elles de propriétés analogues.
Soit îaily = o dans l'équation; il en résulte x = dz A; cc
qui prouve que la courbe passe par les points A et B, circons -
tance que nous avons déjà reconnue.
Soit encore x = o, on trouve y" — — B2, d'ou
y — — B — i;ce qui fait voir que la courbe ne ren-
contre pas Taxe des y.
Cependant on peut convenir de marquer sur cet axe deux
points C et D dont la distance au point O soit exprimée par
ou V c2 — A2.

SCD LYON 1
2*8 NOTIONS SUll L'iIYPEHBOLE.

Pour fixer la position de ces points, il suffit de décrire du


point B comme centre et d'un rayon égal à c ou OF, un arc
de cercle qui coupe OY aux deux points demandés; car on a

oc = X/ÔF"— ÔB = v/ca— A».


Comme en faisant a; = -f- A, ou # = — A, dans l'équation
résolue par rapport ay,... y — ± — {/x*— A% on
A.
trouve y = rfc o, et qu'en donnant à x des valeurs posi-
tives ou négatives, numériquement plus petites que A, on
obtient des valeurs imaginaires pour y, on peut conclure,
1°, que la courbe est tangente en A et B aux deux paral-
lèles It'S', RS à l'axe desjy; 2°. qu'elle s'étend indéfiniment à
la gauche du point A et à la droite du point B.
On voit enfin que la courbe est composée de deux branches
égales et opposées dont chacune est divisée en deux parties
égales par la ligne AB; en sorte que si l'on pliait la figure, soit
suivant la ligne CD, soit suivant la ligne AB, les quatre parties
de la courbe se couvriraient parfaitement deux à deux.
Presque toutes ces circonstances avaient été reconnues paç
la Géométrie.
236. Les quantités 2A, 2B sont, comme dans l'ellipse, appe-
lées les axes principaux de l'hyperbole, ou l'un, le premier axe ^
et l'autre le second axe. Mais comme il peut y avoir une relation
de grandeur quelconque entre A et B, les dénominations de
grand axe et de petit axe seraient impropres.
On désigne encore le premier axe sous le nom d'axe trans-
verse et le second sous celui d'axe non transverse, parce que
l'un rencontre et l'autre ne rencontre pas la courbe.
On peut avoir A = B, auquel cas l'équation se réduit à
2
y1 — *'.=•— A .
Dans ce cas, on dit que l'hyperbole est équilatère j comme
ayant ses deux axes égaux. U hyperbole équilatère est à l'hy-
perbole quelconque ce que le cercle est à l'ellipse.

SCD LYON 1
NOTIONS SUR ^HYPERBOLE.

Enfin, les points A et B sont dits les deux sommets de la


courbe.
237. Démontrons comme dans l'ellipse, que le point O est
le centre de la courbe, c'est-à-dire que toutes les droites pas-
sant par le point O et terminées à la courbe j sont divisées en
deux parties égales par ce point.
Soit m'M une ligne quelconque menée par le point O ; si l'on
combine entre elles les deux équations
Ay — B"*2 =— A2B2,
y = ax,

on trouve, en mettant pour y sa valeur ax dans la première,


± AB
(\'a*—B2;)x2=— AAB2; d'où l'on déduit x = — T= ;
V/B2—A2Û2
± ABa
et par conséquent, y=
\/B2— A»ÛS*

II résulte de là que OP = OP et MP = m'P' ; ainsi, les deux


triangles OPM, OP'm/ sont égaux, et l'on a OM=On'.
238. En jetant les yeux sur ces valeurs de x et dey, on voit
qu'elles ne sont réelles, c'est-à-dire qu'une droite menée par
le centre ne rencontre la courbe, qu'autant que l'on a

B2 — AV>o, ou

Soit B2 — AV = o, d'où l'on tire a — ±: — ; les va-


leurs de x et de y deviennent infinies; ce qui prouve que les
deux droites correspondantes, qui sont placées l'une au-dessus,
l'autre au-dessous de l'axe des x, ne rencontrent l'hyperbole
qu'à une distance infinie.
B B
Construisons ces deux droites, y = -+- —■ x,y — ri,
A. A.
qui méritent une attention particulière.
Pour cela, soit achevé sur les deux lignes AB = aA,

SCD LYON 1
2.8o NOTIONS SUK L'IIYUERBOI.E.

CD=2B, le rectangle R'BSS'; on a évidemment BR=BS = B;

d'où tang BOR r= ~ = |, tang BOS = — |.

Donc les droites OR, OS menées par le poiat O et par les


points R, S, sont les deux droites demandées.
Nous verrons parla suite quel rôle elles jouent dans la théo-
rie de l'hyperbole. Pour le moment, nous les regardons simple-
ment comme LES LIMITES de séparation des droites qui, passant
par le centre j rencontrent la courbe, d'avec celles qui ne la ren-
contrent pas.
En effet, soit un diamètre m'M, pour lequel on a
B
angle MOX < angle ROX, d'où c < —; les valeurs de x et de

y obtenues précédemment sont réelles ; mais pour un diamètre


tel que K'K, comme l'angle KOX est plus grand que l'angle

ROX, il en résulte a >-r, et les valeurs de x, y sont ima-

ginaires.
Lorsqu'on suppose l'hyperbole équilatère (n° 236) , c'est-à-

dire, B = A, rh—- devient égal à ± i ; donc les angles ROX,


A.
SOX sont chacun de 5o°, et les deux droites OR, OS sont
perpendiculaires entre elles.

239. Supposons maintenant qu'on ait obtenu pour l'équa-


tion d'un lieu géométrique,

My— Nx* == —- P ;
et multiplions (n° 233) les deux membres de cette équation

Pa
par —Pr=; ... P . P
il vient — y2——xs=—-r——,

Cette nouvelle équation comparée à celle de l'hyperbole,

Ay-B'í^-A'B1,
donne

SCD LYON 1
NOTIONS SUR L'HYPERBOLE. 281

A2=4>et Bi=I' á,°h A=±\/^'B=- v/s;


donc la proposée représente une hyperbole dont le premier axe

est 2 y/|^> & ^ secondj 2 ^/—.


e

c=± V^'+ & \


a a
La relation B" = c — A , donne
, /P(M-HN)
d'où, mettant pour A et B leursvaleurs, c = ± y —^—•
Pour íìxer la position des foyers, connaissant les axes,/>ren<?z
/P
sar deux droites rectangulaires j OB = O A — A — W ^ ,

l38
OC = OD = B= (>%■. i38); puis élevez au point B Fig. -

une perpendiculaire BD à B., <?í íir«3 OD. La circonférence


décrííe du point O comme centre avec le rayon OD,coupera AB
en deux points F, F', qui seront les points demandés; car on a

U 1
OF = OF' = \J OBV BD = \ZA -f- B .

II est remarquable que cette construction donne en même


temps la direction OD de l'une des limites de la courbe (n* 238);
quant à la seconde, elle s'obtient en prolongeant DB d'une
quantité BD'=BD, et tirant OD'.
240. Si l'équation était de la forme Mya—Nxa = P, on
changerait jen a;, et x eny ; ce qui donnerait Nys—Mx'=—P;
et l'équation n'en serait pas moins celle d'une hyperbole ayant
/P , /P
pour premier axe, %y et pour second axe, 2y

Avant la transformation, la courbe a la position indiquée


par la figure i3g; mais après, elle reprend la position de la
figure 137.

SCD LYON 1
28a NOTIONS SUR LA PARABOLE.

Multiplions les deux membres de l'équation proposée, par


P . P ; P P3
ÌT==-; u vient —v x"z=—— ,

1 S 2
ou By-AVrrA'B , en posant | = B , ^ = A .

Telle est la forme de l'équation de l'hyperbole rapportée à


son second axe jOaà son axe non transverse comme axe des x.
2
On en déduit y — zh.^ s/x*-^ B ; ce qui prouve que,
quelle que soit la valeur de x, y est toujours réel.
Pour x = o, l'on a y=zhA; et cette valeur est le minimum
de toutes celles que peut recevoir y.

De la Parabole.

241. Trouver l'équation d'une courbe telle, que la distance


Fig. 140. de chacun de ses points M {fig. 1^0) à un point fixe F (appelé
foyer) , soit égale à la distance de ce même point M à une droite
fixe LL', appelée directrice.
Voici d'abord'le moyen de construire par points cette courbe,
connue sous le nom de parabole.
Après avoir abaissé du point F une perpendiculaire sur
LL'j prenez le milieu A de la distance FG / et le point A
appartient à la courbe, puisque les deux distances AF et AG
sont égales.
Ce point est dit le sommet de la parabole.
Pour obtenir d'autres points, élevez en un point quelconque P
pris vers la droite de A, une perpendiculaire à GF; puis du
point F comme centre, avec le rayon GP_, décrivez un arc de
cercle qui coupe la perpendiculaire en deux points M, m; vous
aurez ainsi deux points de la courbe; car il résulte de cette
construction, FM ou Fm = GP = MQ.
D'où l'on voît que la parabole se compose de deux parties
AMM', Ammf symétriques par rapport à GF.

SCD LYON 1
NOTIONS SUR LA PARABOLE. 283
Elle peut être aussi décrite d'un mouvement continu.
Prenez une èquerre dont l'un des côtés de l'angle droit QR
{fig. i40 s°it assujetti à glisser suivant la direction LL'. Fig.
Fixez aux points F et V les deux extrémités d'un fil, dont la
longueur soit égale au second côté QV de Vèquerre. Faites en-
suite mouvoir cette èquerre le long de LL', en ayant soin de
tenir le fil tendu au moyen d'un style ou crayon qui s'appuie
constamment sur QV. La trace de ce style sera nécessairement
une parabole.
En effet, pour une position quelconque QRV de l'équerre,

on a FM + MV = MQ + MV; d'où FM == MQ.

Lorsque l'équerre est arrivée dans une position Q'R'V telle


que Q'V passe par le point F, le fil se replie sur lui-même de
F en A, et le point A est le sommet de la courbe; car l'on a

FA + AV = AQ' + AV ; d'où FA = AQ'.

Pour tracer la partie inférieure de la courbe, il suffit de


renverser la position de l'équerre.
N. B. Cette méthode ne donne qu'une portion de la courbe;
portion d'autant plus grande, que le côté QV de l'équerre a
plus de longueur, etqui se termine au point V", pour lequel on a
FV"= V"Q"=VQ.
C'est probablement ce moyen de description qui a fait donner
à LL' le nom de directrice.

■2^1. Ptecberchons actuellement l'équation de la parabole.


Nous prendrons pour axe des x la ligne GF {fig. i4°) comme Fig
divisant la courbe en deux parties égales, et pour origine le
point A qui appartient à la courbe.
Soient x, y les coordonnées AP, MP du point M, z la dis-'
tance FM, et p la distance FG; d'où

AF = AG = - et GP = £ + x.
2 2

SCD LYON 1
284 NOTIONS SUK LA PARABOLE.

La circonférence, décrite du point F comme centre avec le


rayon FM, a pour équation

mais on a l'équation de condition FM rss PG, ou

z= x+ - (2)
v
2

Éliminant z entre ces deux équations, on trouve pour l'é-


quation de la courbe,

»•+(—ì ;H* +0"-


ou réduisant, y*-=apx (3)

Telle est l'équation de la parabole rapportée à ses axes


principaux. AX est dit le premier axe principal, et AT le
second.

On déduit de cette équation, y = db [/zpx; et comme


pour x~=o, on a y=dzo, il s'ensuit, i°. que la
courbe est tangente en A à l'axe des y ; 2°. qu'elle s'étend in-
définiment à la droite de cet axe, tant au-dessus qu'au-dessous
de cet axe.

243. On nomme paramètre le coefficient de x, 2p, c'est-à-


dire le double de la distance du foyer à la directrice.
Ce paramètre est encore égal à la double ordonnée qui passe
par le foyer; car, d'après la définition de la courbe, la perpen-
diculairejFN doit être égale à NH ou FG.

D'ailleurs si, dans l'équation y"= ipx, on fait x= - = AF,

on trouve y' = ps, d'où y = ±; p.


2
44- Quoique la définition de la parabole n'offre aucune
analogie avec celles de-l'ellipse et de l'hyperbole, 011 peivt
néanmoins établir un rapprochement entre ces courbes, au

SCD LYON 1
LIAISON UES TEOIS COURBES. 2<85
moyen d'une transformation de coordonnées exécutée par rap-
port aux deux dernières.
Reprenons l'équation Ay + BV = A2B2. (i)

et proposons-nous de rapporter l'ellipse au sommet A (sig. i34) Fig. i3-í;


comme origine, en conservant la même direction pour les axes.
Pour cela, il faut (n° 218) faire usage des formules x=x-f- a,
y = y -r-b; et comme a, b expriment ici les coordonnées du
point A, ce qui donne
b = o, a — — A,

îl s'ensuit que les formules se réduisent à


x = x — A, y = y,
c'est-à-dire qu'il suffit de remplacer, dans l'équation ci-dessus,
x par x — A, en laissant y tel qu'il est.
II vient, par cette substitution, Ay -f- Bax2 — 2AB2a: = o;
B1
d'où l'on déduit y' = — (zkx — a:2).... (2) v
A.
C'est l'équation de l'ellipse rapportée à son sommet de gauche,
pris pour origine.
Cela posé, cette équation peut être mise sous la forme
1 2
y = 2^-x — °«bien, _y = 2px— — x^.... (3)

B*
^en faisant = p^.

Or, si l'on suppose que les deux quantités A et B crois-


sent indéfiniment, de manière cependant que la quantité
B2
p ou— reste constante ( cela est permis d'après l'équation
A.
B*
— = p , [dans laquelle , après avoir pris pour p une valeur
íLe et déterminée, on peut donner à A différentes valeurs,

SCD LYON 1
286 LIAISON

et calculer ensuite une valeur correspondante pour B), il est


clair que, dans cette hypothèse, plus A augmente, plus le
terme diminue ; et lorsqu'on suppose A = 00 , il en ré-

sulte ^-=o. Donc l'équation (3) se réduit à y = 2px,

qui n'est autre chose que l'équation d'une parabole.


D'où l'on peut conclure que la parabole est une ellipse
dont le grand axe est infini, ou dont le centre est situé à
l'infini.

245. Le même rapprochement peut être fait entre la para-


bole et l'hyperbole ; mais il faut alors rapporter cette dernière
Fig. 137. courbe à son sommet B {fig. 137), ce qui revient à porter,
dans l'équation Ay— B2x2 =— A2B2, à la place de x,
x + A.

Elle devient Ay — B2xs — 2AB2x = o ;

d'oùy = 5^(2Ax + x ), ou y = apx +


s
x\... (4)
A. A
(en posant, comme pour l'ellipse, ^-=p^.

Actuellement, faisons augmenter A et B de manière que

p reste constant ; il vient pour A = 00, ^ = o, et l'é-


quation (4) se réduit à y1 = 2px.

Dans ce cas, la seconde branche , le centre , le second


sommet disparaissent, ou sont situés à l'infini.

246. II résulte de ce qui vient d'être dit, que les trois


courbes peuvent être, en général, représentées par l'équation

y = 2px -f- qxí.

Lorsque la courbe est une parabole, on a q — o, et l'équa-


tion se réduit à y* = 2px.

SCD LYON 1
DES TROIS COURBES. 287

; , „.
2B* B
2
Si c est une ellipse, on a a.p = ——, q = — —a.

Enfin , dans le cas de l'hyperbole, on a

2B2 , B2

Par analogie avec la parabole , on nomme paramètre de


2B2
l'ellipse ou de l'hyperbole, la quantité 2p ou qui forme le

coefficient de x dans l'équation de la courbe rapportée à l'un


de ses sommets.
4B2
Cette quantité, qui peut être mise sous la forme , ou

e
2B.2B » t hose qu'une 3 proportionnelle aupre-
n est au re c
2A
mier et au second axe.
C'est aussi, comme dans la parabole, le double de l'ordonnée
qui passe par le foyer F ou F'; car si l'on fait
f
x=±c=± l/A2 — B2, dans l'équation A2y-r-B2x2==AïB»,
par exemple, on trouve

Ay + AaBa — B* == A2B2 ; d'où y = zìz~.


A.
Même résultat pour l'hyperbole.
Ce dernier caractère du foyer, dans les trois courbes, sert
souvent à fixer la position de ce point, et à en faire recon-
naître l'existence en tel ou tel lieu du plan de la courbe.

247- Au reste, la liaison qui existe entre ces courbes peut


encore être établie au moyen de la question suivante, dont
celle qui a servi à la définition de la parabole n'est qu'un cas
particulier.
On demande l'équation d'une courbe telle, que la distance
de chacun de ses points M (fig. i42) à un point fixe F , soit à Fi
la distance de ce même point à une droite LL' donnée de po-
sition dans un rapport donné m ; 1 j en sorte que l'on ait

SCD LYON 1
288 MAISON

MF : MQ :: m : i.

Du point F abaissons FG perpendiculaire sur LL', et divi-


sons cette distance FG dans le rapport m : i ; le point A est
un des points de la courbe.
Pour construire d'autres points, marquons un point quel-
conque P surGF, et élevons en ce point une perpendiculaire;
puis du point F comme centre avec un rayon égal à la 4e
proportionnelle i '. m GP '. x, décrivons un arc de cercle
qui coupe la perpendiculaire aux points M et M'; ces points ap-
partiendront à la courbe; car on a, d'après cette construction,

FM ou x : GP.ou MQ :: m : i;

et ainsi de suite.
Afin de déterminer l'équation du lieu géométrique, nous
prendrons pour axe des x la ligne GF, par rapport à laquelle
la courbe est symétrique ; pour axe des y la perpendiculaire
élevée au point A qui appartient à la courbe, et peut en être
regardée comme le sommet.
Soient donc

AP.= a;, MP = r, FM=z, AF= a; d'où AG = —

(puisque l'on a FA '. AG " m : i).

L'équation de la circonférence, qui a son centre en F et


pour rayon FM, est. _y2 -f- (x—*y-=z*... (i)
De plus, ón doit avoir FM : GP : : z : i ;

d'ou z '. x -f- — m '. i, ou bien, z = mx -f- «... (2)

Ainsi, en éliminant a entre ces équations, on obtiendra


(n° 2i4) l'équation demandée. II vient, toute réduction faite,
2
y+(i — m. )** — 2a(ï+m)x =0 (3).
Cette équation est privée du terme indépendant de x et de y;
et cela doit être, puisque, la courbe passant par l'origine, il

SCD LYON 1
DES TROIS COURBES. 289
fout que son équation soit satisfaite, lorsqu'on y faity=o
et x — o.
Examinons successivement les circonstances qui correspon-
dent aux trois hypothèses m<^i,m—i,m^>i.
SOIT D'ABORD, comme le cas le plus simple, m = i.
1
L'équation (3) se réduit à y = 4«x, et est immédiate-
ment comparable à celle-ci, y* = 2px, en posant
4« = 2/J, d'où p — 2«.

mi: Ainsi la courbe est une parabole dont le foyer) est en F,


et qui a pour directrice LL'. Le point A est d'ailleurs le
milieu de la distance FG , puisque l'on a
FG : AG :: i : i.

SOIT ACTUELLEMENT m <[ i, auquel cas le coefficient de x%


est essentiellement positif.
L'équation peut se mettre sous la forme
C

x—x

B2
et en la comparant à celle-ci, yì= -ç, (2 Ax — x*)%
B2
on en déduit A= = i —m'

Bs_«(i -rn2)
d'où T = == 1
A 1—m "C
v + ™)i

«2(i —m) 2
d'où B=±
et B2 =

Ainsi, la courbe est ane ellipse dont les axes principaux


2« 2<x ,
sont , y 1—m2, et le paramètre,
I 7711 771 R

2st(i -f- 7n). .


Le point F est d'ailleurs l'un des foyers dont la définition
se trouve comprise dans celle de l'ellipse (voyez n° 226).

SCD LYON 1
ago LIAISON

En effet, soit posé x — a dans l'équation

f = (« _ m») (-^-- » - *•);


2 2 2
il en résulte y = (i — m) ■ ^ —^= a'C i -f m) ;
B1
d'où y = __ ce(i + m) = —: — ;
or, on a vu (n° 246) que cette valeur est celle de l'ordonnée
qui passe par chacun des foyers.
La construction du premier axe AB se réduit à trouver sur
G F deux points A et B tels, qu'on ait
i°. m : 1 :: FA : AG, d'où i +m : m :: FG : FA;

I°, m 1 :: FB : BG, d'où i — m : m :: FG : FB^

ce sont deux quatrièmes proportionnelles faciles à obtenir.


Quant au second axe, comme on connaît déjà le foyer F, il
suffit de décrire de ce ppint comme centre et avec un rayon OA,
moitié de AB , un arc de cercle qui coupe en deux points C, D,
la perpendiculaire élevée par le point O.
Le second foyer F' s'obtient en prenant OF' = OF.
SOIT ENFIN m ]> 1, auquel cas le coefficient de x* est néga-

tifdans l'équation (3).


Elle peut être mise sous la forme.

t = <m* - 3 B*
fc^T*
+ 4
et comparée à y1 = — (2AX -f- x"),

' u x B*
elle donne A = , — = ■ 7712 — 1,
m — 1 A2
ga
d'où —- = «(m. +1) et B = __ — y/m* — 1;
A. ni — i

donc la courbe est une hyperhole dont le premier axe, ou

SCD LYON 1
I

DES TROIS COURBES. 291


' t.—■ ' ■ '• •■ » 2M , - 2a /—;
t axe transverse, est , le second. • y m*—i,
m — 1 ' m— 1
et le paramètre, 2a (m -f- i).
Soit dans l'équation, x = a ; il en résulte

3
aHi 4- m) 5
-y = (m*— 1) — = « (77l -f- l)*j
•? 1 — m \
B"
d'où y — — a(m + 0 = — ;

ce qui prouve que le point F est un des foyers de la courbé.


La construction des axes s'effectuerait comme pour l'ellipse :
mais il faut observer qu'elle doit s'effectuer de droite à gauche
du point F; car si l'on fait dans l'équation, y = o, il vient

2« , „ / 2* \
x + x* = o, ou x ( (- x ) — 0 ;
m — 1 \m — 1 / '

2a
ce qui donne x — o et x — —
1

Ainsi les sommets A, B' sont situés d'un même coté, par
rapport au point F. Le contraire avait lieu daús l'ellipse.
N. B. On peut trouver dans les caractères m<^ 1,777,= i,
m 1, la raison des dénominations attribuées aux trois
courbes.

L'hypothèse 771 < 1 donne l'ellipse ou la courbe par défaut,


77i = i... . la parabole ou la courbe par égalité,
771 > 1.... l'hyperbole ou la courbe par excès.
On trouve encore ce motif dans les relations y2<^2px,
2
y* = 2px, y*-">2px, déduites de l'équation j/ = 2px -f-qx",
suivant que q est <_ o, =— o, ou > o.
248. Dans l'ellipse et l'hyperbole, comme dans la parabole,
ia droite LL' (fig. 142) porte le nom de directrice. Fig. 147.
Dans la parabole dont l'équation est y2 = 2px, il suffit,
pour obtenir la directrice, de prendre à la gauche de l'origine
19..

SCD LYON 1
3C)?. REDUCTION

une distance AG = AF = -, c'esl.-à-dire une distance écalc


2 °
au quart du paramètre j puis d'élever au point G une perpen-
diculaire.
Dans l'ellipse qui a pour équation k*y* + Wx" = A°B%
B*
comme on a trouvé précédemment, = i — m", on en dé-

B*
duit -, d'où m =
À» A2

Le rapport 771 '. I étant connu, et les poinls A, F étant


d'ailleurs donnés de position, il suffit, pour déterminer le
point G, de construire la quatrième proportionnelle
A :: AF : AG.

B2
On a de même, pour l'hyperbole, m1 — 1 = - d'où

m* _ — f et par conséquent m = —.

Eníin, il est évident que , dans chacune des deux dernières


courbes, il existe deux directrices qui sont situées à égale
distance du centre, sur le prolongement de AB pour l'ellipse,
et entre les points A, B', pour l'hyperbole.

§ III. Réduction, par la 'transformation des coordon-


nées , de ïéquation générale du second degré à deux
variables,
Aja+ Bxj + Cxa+Dj+ Ex -f- F = o.
249. Nous allons faire voir maintenant que l'ellipse, l'hyper-
bole et la parabole, telles que nous les avons définies précédem-
ment, sont les seules courbes renfermées dans une équation
quelconque du second degré à deux variables.
Ií semble, au premier abord, difficile de concevoir qu'il

SCD LYON 1
DE L'EQUATXON DU SECOND DEGRÉ. 293
puissey avoir identité entre toutes les courbes représentées par
une équationaussi compliquée que celle ci-dessus, et les courbes
dont les équations sont de la forme
My+Njca = P, ou y*r=Qx;

la première désignant une ellipse ou une hyperbole, suivant


que M, N, P sont positifs à la fois (n° 23i), ou bien, que M
étant positif N est négatif et P négatif ou positif (n°s 23g, 240);
la seconde étant comparable à l'équation de la parabole
y*= zpx.
Mais observons que, si dans les deux équationsprécédentes,
on met à la place de x et de y, les valeurs
a
x =3 x cos * -f- y cos *' + ì

y = x sin * + y sin «' + b ,

au moyen desquelles (n° 219) on passe d'un système rectan-


gulaire à un système oblique d'origine diflërente, l'équation
qui en résulte est de même forme que l'équation complète.
Or il est évident que cette transformation de coordonnées n'a
pas changé la nature de la courbe; seulement, comme les nou-
veaux axes se trouvent dans une situation quelconque à l'égard
de la courbe, l'équation qui la représente est plus compliquée
que lorsque cette courbe est rapportée à ses axes principaux.
Voyons donc si par des transformations de coordonnées, on
ne pourrait pas simplifier l'équation la plus générale et la ra-
mener à l'une ou l'autre des deux formes ci-dessus.
Telle est la proposition qu'il s'agit de développer.

25o. Remarquons, avant tout, que rien n'empêche de sup-


poser que la courbe soit primitivement rapportée à des axes
rectangulaires; car s'il en était autrement, on pourrait (n° 223),
en conservant la même origine et le même axe des x, les
rendre rectangulaires; et l'équation résultante étant de même
forme que la proposée, serait celle sur laquelle on aurait à
opérer.
Cela posé, reprenons l'équation.

SCD LYON 1
294 RÉDUCTION

Ay'+Bxy + Cx^-i-Dj + Ex -j-F==o,... (i)

et tâchons d'abord de faire disparaître le terme en xy.


Pour cela, nous prendrons les formules

x = x cos. « — y sin a, '^»Mi


y = x sin a -j- y COS a,

au moyen desquelles (n° 220) on passe d'un système rectan-


gulaire à un système de même espèce, l'origine restant la même.
L'angle a, est ici une indéterminée (n° 225) qu'il s'agit de cal-
culer d'après la condition que l'équation transformée soit pri-
vée du rectangle xy, c'est-à-dire que le coefficient de ce terme
soit nul.
En substituant ces valeurs de x et de y dans l'équation (1),
ordonnant et égalant à o le coefficient de xy, on obtient, d'a-
bord pour l'équation de condition,

2À sin et cos « -f- B coss a — B sin2 et — 2C sin a. cos et = o,

et pour l'équation transformée,

Mj^ + Nor' + rly-f- Sx + F — o;. . . (2)

en posant pour plus de simplicité ,

M = A cos1 « — B sin et cos a -j- C sin1 «,


N = A sin2« -j- B sin et cos « -f- C cos3«,
B. = D cos a — E sin et,
S = D sin « -f- E cos et.

[La. quantité F est la même dans l'équation (2) que dans l'équa-
tion (1).]
Traitons maintenant l'équation de condition.

Elle revient à (A—C).2sin a cos et-j-B (cos" a — sin2 et) = o,

ou, à cause de 2 sin«cos«=sin2«) cos2«—sin2et = cos 2«,

(A — C) sin 2« + B cos 2ct = o,

équation d'où l'on tire, après avoir divisé par cos 2« ,

SCD LYON 1
DE L'ÉQUATION DU SECOND DEGHE. 2g5

B
tang 2* :
A —C
Or, comme une tangente peut passer par tous les états de
grandeur possibles et même être infinie, il s'ensuit que l'angle
« est susceptible d'une détermination réelle, quels que soient les
coefficiens A, B, C. Par conséquent, il est toujours possible de
faire disparaître le terme en xy.
Soient AX, AY (ftg. i43) les axes primitifs; pour cons-Fig. 143.
truire les nouveaux, menons par le point A une droite AL qui

forme avec AX un angle ayant pour tangente, — '0 .Q ^


ce

qui revient à prendre une partie AG = 1, puis à élever une


B \
perpendiculaire GH = — — }.
A — C/
Divisons ensuite cet angle LAX en deux parties égales par
la ligne AX' ; cette dernière droite sera le nouvel axe des x, et
AY', perpendiculaire à AX', le nouvel axe des y.

2V. B. De ce que l'expression tang 2* = ——g corres-

pond à deux angles différons 2«, 2O0°-|- 2«, il semble résulter


qu'on peut prendre à volonté pour nouvel axe des a:, la droite
qui divise l'angle LAX ou la droite qui divise l'angle....
200° + LAX en deux parties égales. Mais observons que les

deux demi-angles étant - LAX et ioo°-f--LAX, leur diffé-


2 2

renée est égale à ioo°; done si l'une de ces droites corres-


pond au nouvel aie des x, l'autre doit correspondre au nouvel
axe des yt&t réciproquement.
Ainsi, il n'y a réellement qu'un seul système d'axes rectan-
gulaires par rapport auxquels l'équation de la courbe peut être
débarrassée du terme en xy.

251. Nous reviendrons par la suite sur cette transfor-


mation de coordonnées. Mais il est nécessaire de calculer dès
à présent les valeurs de M et de N, d'après la valeur obtenue

SCD LYON 1
2C)6 RÉDUCTION

pour tang 2et, parce que nous en aurons besoin pour ]e déve-
loppement de notre proposition.

Les formules du n°áq, cos a=— ——,tanga— Mna


cosa
V/i + tang»a
i A —C
donnent cos 2et == — = —; ' ~,
V/i -f-tanga2ít V^CA — Cy-f-B'
—B
sin ia — tana 2* X cos 2« = , _ _. —.
& a
V/(A — C)"+B
D'un autre côté, les équations
M = A cos2 et — B sin a cos <* -f- C sin2 a,
N = A sin2 et -f- B sin a cos «s -f- C coss «,
étant d'abord ajoutées entre elles, on obtient, à cause de la
relation cos2 et -f- sin** — 1
M + N = A + C.
On trouve également en les soustrayant l'une de l'autre,
M — N = (A — C) (cos2«— sin2«) —B. 2 sin a cos*,
2 2
ou, à cause de cos 2* = cos a — sin a, sin la. — 2 sin et cos et,

M — N = (A — C) cos 2et — Bsin 2« ;

ou remplaçant cos 2et, sin 1» par leurs valeurs,

V/(A — G)2 + B1
2
ou bien enfin, supprimant le facteur V^A — C + B ,
2
M — N= /(A —C) + B\
Connaissant les valeurs de M + N et de M — N, on en déduit
successivement
A
M t=
2
-f-1
2
V^' C + B-,

SCD LYON 1
DE INEQUATION DU SECOND DEGRÉ. 297
d'où, multipliant ces deux équations membre à membre et ré-
duisant, *
í.
_
M . N=2
4AC —B*
; .
4
Ce dernier résultat prouve, i°. que les deux coefficiens M et N
sont de même signe ou de signes contraires j suivant que la
quantité Ba — 4^C est négative ou positive; 2°. que l'un de
ces coefficiens est nulj toutes les fois que l'on aB! — 4-^C = o,
et ne peut être nul que sous cette condition.
2V. B. On ne saurait avoir en même temps M = o, N = o;

car il en résulterait M -f- N = o, M — N = o,

et par conséquent
A-f-C = o, (A — C)a + B'=o.

Or, cette dernière condition entraîne les deux suivantes,


B = o, A — C = o,

et celle-ci, combinée avec A -f- C = o, donne


A = o, C = o.

Ce serait donc supposer que l'équation primitive ne renfer-


merait aucun des trois termes en v', xy et x" ; ce qui n'est pas
admissible, puisqu'alors l'équation ne serait que du premier
degré.
202. Revenons à notre objet. L'équation étant déjà débarrassée
du terme en xy, essayons, par une translation d'origine, de
faire évanouir les termes du premier degré en a; et y.
Pour cela, faisons dans l'équation (2) (n° 25o)

x = x -f- a,
y =y +
et égalons séparément à o les deux coefficiens de x et de y qui
résultent de cette substitution.

SCD LYON 1
ag8 REDUCTION

II vient, d'abord pour les deux équations de condition ,

2Mo + R = o, zNa + S = o,

et pour l'équation transformée,


Mya + Nx* F' = o.... (3)

(en posant F' = M/> -fNaa+ R& + Sa -f F).

On déduit des deux équations de condition,

a= b==
~ÏN> ~ÏM-
Or, ces valeurs de a et de b seront toujours réelles et finies 3.
tant que M et N seront différens de o, c'est-à-dire (n° 25i) tant
1
que l'on aura B — ^kC ^ o. On pourra donc , dans ce

cas, transporter l'origine en un nouveau point A' (Jig. i43)


ayant pour coordonnées, — ^, — , et pour lequel
l'équation de la courbe, rapportée aux axes A'X", A'Y" pa-
rallèles à AX', AY', sera de la forme

My + Nxa:=P,

(P désignant ce que devient —F' lorsqu'on y a remplacé a et


b par leurs valeurs).
On pourrait avoir, soit R = o, soit S = o, auquel cas b
ou a serait nul, et la nouvelle origine serait située sur AX'
ou AY'.
Aucun de ces coefficiens R, S ne saurait d'ailleurs être infinis
d'après leur composition (11° 2.5o).
Concluons de là que toutes les fois que, dans l'équation com-
plète du second degré, la quantité B1 — 4^C est différente de
o, il est possible de faire disparaître les deux termes en x et
en y, et, par conséquent, de ramener l'équation primitive à
la forme Mj'2 -f- Nxa = P.
253. Supposons actuellement que l'un des deux coefficiens

SCD LYON 1
DE L EQUATION DU SECOND DEGRÉ. 2gg
M ou N soit nulj ce qui exige (n° 251 ) que l'on ait entre
les coefficiens A, B, C de la proposée la relation

B* — 4AC = o.

Dans ce cas, l'une des valeurs a= %,, b = — , se


2JX 2M
présente sous la forme de Yinfini; et comme on ne saurait
transporter l'origine à une distance infinie, il est impossible
d'exécuter la transformation proposée.
Et en effet, admettons, pour fixer les idées, que l'on ait

N = o.

L'équation (2) du n° 25o se réduit à

JVIy" -f- Ry + Sx + F = o ;

et si l'on substitue dans cette équation les valeurs x—x-j-a,


y=y-\-b, il vient

My2 + (2MÔ + R)y -f- Sx + Mb* + Rb + Sa -f- F = o.


Or, le coefficient de x, clans cette équation, étant indé-
pendant des indéterminées a et b, on ne peut disposer de
celles-ci de manière à faire disparaître ce terme.
Mais ne pourrait-on pas du moins, dans ce cas, faire éva-
nouir le terme en y et la quantité indépendante de x et
de y ?
II suffit, pour cela, de poser les équations de condition,
2Mô + R=o, Mo2+Rè-f Sa + F=o;

d ou I on déduit b= —, a=— p .
2M S

De ces deux valeurs , celle de b est nécessairement réelle


et finie j puisque (n° 25i) on ne peut avoir M=o en même
temps que N = o.
Quant à la valeur de a, si le coefficient S n'est pas nul
cn même temps que N, cette valeur est aussi réelle et finie.

SCD LYON 1
300 RÉDUCTION

Ainsi, lorsque la disparition du terme en xy aura donné


lieu à celle du terme en xa, en laissant subsister le terme
en x, la transformation précédente pourra s'exéjuter, et l'è-
quation| de^la courbe, rapportée aux nouveaux axes, sera ra-
menée à la forme

Mya -f- Sx = o,

ou plutôt à celle - ci,

y=Q* (en posant Q=—

N. B. Dans le cas où l'on aurait M = o et R différent de


o, on reconnaîtrait de même que l'équation pourrait être
ramenée à la forme

Nxa -f Ry = o.
Mais en y changeant y en x et x en y, ce qui revien-
drait (n° 223) à renverser la position des axes, on retombe-
rait sur l'équation
a / R\
Ny + Rx= o, ou y'- = Qx sen posant Q= — ^J.

254. Les deux cas particuliers de N = o, S = o, ou de


M= o, It — o, font exception à la transformation précé-
dente, puisqu'alors la valeur de l'une des coordonnées a, b
de la nouvelle origine se présente sous forme infinie.
Mais remarquons que l'équation (2) du n° 25i se réduit à
l'une des deux formes

M/ + Ry + F=o, Nxa+Sx + F = o;

et comme chacune de ces équations ne renferme qu'une seule


variable, elle représente (n° 176) un système de deux droites
parallèles j soit à Taxe AX'Kfig. 1 ^.3), soit à l'axe AY'.

255. En résumant tout ce qui précède, on doit regarder


comme rigoureusement démontré que toute équation du se-

SCD LYON 1
."1E L'ÉQUATION DU SECOND DEGRE. 3o£
cond degré à deux variables peutj par une double transfor-
mation de coordonnées^ être ramenée à l'une des deux formes
Mya + Nx2 = P, f = Q r,

excepté dans un cas tout particulier, celui où, par la dispa-


rition du terme en xy, le carré et la première puissance
d'une même variable disparaissent également. Mais on sait
qu'alors l'équation ne représente plus une courbe, mais bien,
un système de deux droites parallèles.
On parvient à la première forme d'équation, toutes les fois
que M et N sont différens;de o, c'est-à-dire (n° 25i) lorsque,
dans l'équation primitive , la quantité B2 — ^kC n'est pas
nulle; et à la seconde forme, toutes les fois que les coeffi-
ciens A, B, C sont liésf entre eux par la relation
B2 — 4AC = o.

On a vu d'ailleurs que, suivant que M et N sont de même


signe ou de signes contraires dans ,l'équation My'+Nxs=P,
la courbe est du genre des ellipses (n° 22i) ou du genre des
hyperboles (n° 289). Or, pou r, que M et N soient de même
signe j il faut (n° 251) que l'on ait B1 — ^Á.C<C.o,

et de signes diffèrenSj Bs — ^AC > o.

D'où l'on peut conclure enfin que, dans l'équation générale

Ay2 -f- Bxy + Cx1 + Dy + Ex + F = o ,


la condition B2 — 4ÂC < o caractérise les ellipses,
Ba — ^Á.C ^> o les hyperboles,
et B2 — ^kC = 0 les paraboles.

256. Ces courbes renferment d'ailleurs certaines variétés


qu'il est bon de faire connaître.
Considérons d'abord l'équation

My2 + Nx2 = P,

qui représente en général une ellipse ou une hyperbole, sui-


f
vant les signes des coefficiens M, N, P.

SCD LYON 1
3o2 ) Mff UEDUCTION

On peut toujours supposer M positif, puisque, s'il était


négatif, il suffirait de changer les signes des deux membres.
Cela posé, il peut se présenter dífférens cas, par rapport
aux signes et aux valeurs des autres coefficiens.

ELLIPSES. M et N positifs.

Soit P positif en même temps que M et N.


L'équation My2 -f- Nx2 = P représente ( n° 231) une
eilipse qui, dans le cas particulier de M = N, devient un
cercle (n° 232).
Le cercle est donc une première variété de l'ellipse.
Si l'on a M et N positifs et P négatif, l'équation est évi-
demment impossible; c'est-à-dire qu'à des valeurs de a; réelles
il ne peut correspondre que des valeurs imaginaires pour y,
et réciproquement. Donc la courbe est imaginaire j ou, en
d'autres termes, l'équation n'a pas de lieu géométrique, ou
ne représente rien.
Soit P = o ; l'équation se réduisant à

Mj2 + Nx2 = o ,
ne peut évidemment être satisfaite que par le système
(x = o, y = o). Donc la courbe se réduit à un point.
Ainsi l'ellipse renferme comme variétés, le cercle\, une courbe
imaginaire ou un point.

HYPEBBOLES. M positif N négatif.

P peut être négatif ou positif.


Dans le premier cas, l'équation My* — Njca == — P re-
présente (n° 23g) une hyperbole rapportée à son axe trans-
verse comme axe des x ; et dans le second (n° 2^0) une hy-
perbole rapportée à son second axe.
Le cas particulier de N négatif, et numériquement égal à H,
donne Y hyperbole èquilatère.
Soit P = o. L'équation se réduit à

My2 — Nx2 = 0 ,

SCD LYON 1
DÉ I-'ÉQUATION DU SECOND DEGRE. 3o3

et l'on en tire y — d: x

Donc, dans ce cas, la courbe dégénère en un système de deux


droites qui se coupent.
Ainsi, les variétés de l'hyperbole sont l'hyperbole èquilatère
et un système de deux droites qui se coupent.
Passons à l'équation DES TARABOI.ES :

jT = Q*. •

II peut arriver que Q soit positif ou négatif, 'iijïf V


Dans le premier cas, l'équation représente évidemment une
parabole dont le paramètre 2/) est égal au coefficient Q.
Dans le second , comme en changeant x en — x, l'équation
y* — — Qx devient y" = Qx, il s'ensuit que la courbe
est encore une parabole; seulement, elle est dirigée dans le
sens des x négatifs. Mais en pliant la figure suivant Taxe
des y, on remet la figure dans la situation ordinaire.
Le cas particulier discuté n° 254 > e^ dans lequel on suppose
N = o, S == o ou M = o, R = o, est regardé comme une
variété de la parabole, par la raison que M = o ou îî = o
est le caractère général de cette courbe.

Comme l'équation Mya + Ry + F = o >


correspondante à ce cas, donne par sa résolution

il en résulte que , suivant que l'on a

Ra —4MF>o, =o ou <o,

l'équation représente deux droites parallèles, une seule droite,


ou deux droites imaginaires.
Telles sont les variétés de la parabole.

25^. Remarque sur la discussion précédente.


Dans la double transformation de coordonnées que nous

SCD LYON 1
3o4 REDUCTION

avons exécutée pour ramener l'équation générale du second


(ìegré à l'une ou l'autre des deux formes
ÍMya + Nxa = P, y* = Qx,

nous sommes partis de la supposition que la courbe était d'abord


rapportée à des axes rectangulaires; et le troisième système au-
quel on est parvenu était lui-même rectangulaire. Les trois
genres de courbes du second degré se sont trouvés alors
déterminés d'après des hypothèses faites sur les coefficiens
M, N, P....
Mais si nous supposons qu'une courbe rapportée à des axes
obliques, soit exprimée par l'une des équations ci-dessus,
peut-on affirmer que, pour les mêmes hypothèses faites sur
les coefficiens, la courbe est du même genre que dans le cas
où les axes sont rectangulaires?
Pour répondre à cette question, il suffit d'observer que cha-
cune des trois courbes du second degré offre dans son cours un
caractère qui lui est propre, et qui peut servir à la distinguer
des deux autres.
Ainsi, l'ellipse, telle que nous l'avons définie (n° 226), est
une courbe rentrante et fermée, ou une courbe limitée dans
tous les sens.
L'hyperbole est une courbe composée de deux parties dis-
tinctes, égales et opposées, qui s'étendent l'une et l'autre in-
définiment.
Enfin, la parabole s'étend indéfiniment dans un seul sens, et
elle n'a qu'une seule branche.
Or, ces trois caractères géométriques se reproduisent immé-
diatement par la discussion des deux équations ci-dessus.
En effet, considérons d'abord l'équation

M^ + Nx^P;

et supposons M, N positifs. (On doit aussi regarder P comme


positif, autrement l'équation serait impossible.)
Cette équation, étant résolue par rapport à y, donne

SCD LYON 1
DE ^'ÉQUATION DU SECOND lsEGHÉ, 3o5

et l'inspection seule de ce résultat prouve qu'à des valeurs


de x positives ou négatives, numériquement plus grandes que
y/? , il correspond des valeurs imaginaires pour y. Ainsi, la
courbe est limitée dans le sens des x positifs, et dans celui des
x négatifs, par deux parallèles à Taxe des y {fig. i44) menées Fig. 144*

aux distances OB = + y/ ^, OB'=—\J^.


En résolvant l'équation par rapport à x, on reconnaîtrait de
même qu'elle est limitée, dans les deux sens des y positifs et
négatifs, par deux parallèles à Taxe des x menées aux dis-

tances OC = + y/|, OD ^-^I-


Donc la courbe est une ellipse.
Soient actuellement M positif, N négatif et P négatif ou
positif.
L'équation résolue par rapport à y donne

Dans le premier eas, on voit que pour des valeurs de


...»',. /?
x positives ou négatives, numériquement moindres que "t/ — ,
les valeurs correspondantes dey sont imaginaires.
En donnant à x des valeurs plus grandes que >

on obtient pour y des valeurs toujours réelles, quelque grande


que soit d'ailleurs la valeur de x dans les deux sens. Donc
la courbe n'a aucun point situé entre les parallèles à Taxe

des y {fig- 145 ), menées aux deux distances OB= -f- ' é

OB' = — y/j^ ' ma s


i eMe s'étend indéfiniment à droite et à
gauche de ces deux parallèles.
20

SCD LYON 1
3o6 NOTIONS SUR LES DIAMÈTRES.

Dans le second cas, il est évident que, quelque valeur


qu'on donne à x, on aura toujours pour y des valeurs réelles.
D'ailleurs, si l'on fait x = o , ce qui donne

on doit regarder ces valeurs comme les plus petites de celles


Fig. 14& que peut recevoir y. Donc la courbe {fig- 14^ ) n'a aucun
point compris entre les parallèles à l'axe des x menées aux
mals e e s
distances OB = -f- ^/jjj > OB'= — y/j^ '■> ^ '^~
tend indéfiniment au-dessus et au-dessous de ces deux pa-
rallèles.
Ainsi, dans les deux cas, la courbe est une hyperbole.
Quant à l'équation
y* = Qr, d'où y = zfc^Qx,
Fi
fW47-il est clair qu'elle représente (fig. 14? ) une courbe indéfinie
dans le sens des x positifs, si Q est positif, et dans le sens
des x négatifs, si Q est négatif.
258. Notions sur les diamètres dans les courbes du second
degré.
On appelle, en général, DIAMÈTRE d'une courbe, une ligne,
DROITE.OZÈ COURBE , qui passe parles milieux de toutes les cordes

parallèles entre elles, et menées sous une direction arbi-


traire.
II résulte de cette définition que chacun des axes aux-
quels la courbe My* -f- Nx2 = P se trouve rapportée, est
un diamètre. En effet, puisqu'à une même valeur de x il cor-
respond deux valeurs dey égales et de signes contraires, et ré-
ciproquement, il s'ensuit que l'axe des x passe par les milieux
de toutes les cordes parallèles à l'axe des y ; que celui - ci
passe par les milieux de toutes les cordes parallèles à l'axe
des x.
On donne la dénomination de DIAMÈTRES CONJUGUÉS à deux

SCD LYON 1
NOTIONS SUR LES DIAMETRES. 3oj
diamètres tels que chacun d'eux divise en deux parties égales
toutes les cordes parallèles à jf autre; et, d'après cette défini-
tion , les deux axes ci-dessus forment un système de diamètres
conjugués. On dit, dans ce cas. que l'éqnation
M y* + Nx" = P
représente une ellipse ou une hyperbole rapportée à un sys-
tème de diamètres conjugués.
Quant aux deux axes pour lesquels l'équation d'une courbe
est de la forme ^y2 = Qx , il est évident que l'axe des x seul
est un diamètre; l'axe des y est tangent à la courbe, puisque,
pour x = o , on trouve y* = o.
Le système de ces deux axes s'appelle, dans la parabole, un
système d'axes conjugués.

259. Nous allons faire voir maintenant que, dans les trois '
courbes du second degré, tous les diamètres sont des lignes
droites quij pour l'ellipse et l'hyperbole\, passent par le centre■>
et pour la parabole\, sont parallèles entre eux et à l'axeprin-
cipal.
Pour reconnaître eelte propriété par l'analyse, nous nous
proposerons cette question générale :
Trouver dans l'une quelconque des trois courbes j le lieu
géométrique des points milieux d'une suite de cordes paral-
lèles entré elles et menées sous une direction arbitraire.
Cette question est facile à traiter : elle se réduit à combiner
l'équation de la courbe (rapportée à ses axes) avec celle d'une
droite quelconque , à déterminer les coordonnées des deux
points d'intersection, et à en déduire ensuite les coordon*-
nées du point milieu de la distance comprise entre ces deux
points.
Considérons à la fois l'ellipse et l'hyperbolé dont l'équà—
tioii est ( n°s 226 et 235 )
Ay ± B2x2 = afc A'B" (1)

( Les signes supérieurs se rapportant à l'ellipse et les signes in-


férieurs à l'hyperbolé.)
20.

SCD LYON 1
3 08 KOTIONS Stíll LES DIAMETRES.

Soit MM' une droite quelconque {fig. ilfè, i4g) ayant pour

équation y = ax -f- b (2)

Substituons dans l'équation (1), pour y, sa valeur tirée de


l'équation (2) ; il vient
(AW ± B*)x* + 2 A 'ab. x + A^1 A'B* = o... (3)

Cette équation résolue donnerait les abscisses des deux points


M, M'; mais ce calcul est inutile. En effet, soient x',y' et x",
y" les coordonnées de ces deux points ; on a (n° 190) pour
celles », £ du point milieu N de la droite MM',

B'un autre côté, l'on sait que, dans toute équation du se-
cond degré, le coefficient du second terme, pris en signe con-
traire, est égal à la somme des racines; on a donc
2Aaa6
x' + x"z= —
A'a2 ±. B1'
A'ab
et par conséquent, a = — Aaaa ÌTB1'

Pour obtenir la valeur correspondante de S, remarquons


que, le point («, £) se trouvant sur la droite y — ax-{-b, ce
qui donne la relation Z — aa. -f- b, tout se réduit à mettre
pour ce sa valeur dans cette relation, et il vient

KWb ±B2è
+ b:
A2sla
± B1 ' " A%> 3E B2

Divisant actuellement £ par a, on obtient.

a A2cz

Or, comme ce résultat est indépendant de la quantité b


qui fixe la position de la corde MM' ( « en détermine la direc-

SCD LYON 1
NOTIONS SUR Î.ES DIAMÈTRES. 3og
tion ), il s'ensuit que si l'on désigne par et', par u", .. les
coordonnées des points milieux d'autres cordes parallèles à la
première, on trouverait pareillement

et ~ A*sl ' et" ~~ A*a


■* *

Donc, en représentant'généralement par a;, jr les coordonnées


de tous les points milieux, la relation

convient à chacun d'eux, et représente par conséquent leur


lieu géométrique; mais cette équation est évidemment (n° 173)
celle d'une droite passant par l'origine. Ainsi tous les diamè-
tres de l'ellipse et de l'hyperbole sont des lignes droites pas-
sant par le centre.
Réciproquement, toute droite menée par le centre est un
diamètre; car si l'on désigne par a' la tangente de l'angle
que forme cette droite avec l'axe des x, et qu'on pose la
relation
, ... . + B*
a = -r-— , on en déduit a = . . ;
Ara Ara

et en menant une suite de cordes parallèles qui forment avec


Taxe des x un angle ayant pour tangente cette valeur de a,
on aura, d'après ce qui vient d'être dit ; pour l'équation du
lieu géométrique des points milieux de ces cordes,

— Ba
y—^-x, ou y=za'x,

qui n'est autre chose que l'équation de la droite donnée.


Nous reviendrons tout à l'heure sur cette équation.
260. Passons à la parabole.
Son équation étant y*= zpx, (1)
et celle de la droite MM' {fig. i5o), y = ax -j- b, (2} F,g. l5o
.

SCD LYON 1
3lO NOTIONS SUR LJES DIAMÈTRSS.

pn déduit de celle-ci, x = 2- ;
d'où , substituant dans l'équation (i) ,
2
ay — 2py -f- ipb = o ;
ce qui donne pour la -valeur de l'ordonnée C du point mi-
lieu N,

a a

résultat indépendant de la quantité b, et qui convient, par


conséquent, au point milieu de toute autre corde parallèle
à MM'.
Donc, en appelant y l'ordonnée générale de tous les points

milieux, on a y—- pour l'équation de leur lieu géomé-


trique; mais cette équation est évidemment celle d'une droite
parallèle à l'axe des x. Donc eníìn tous les diamètres de la pa-
rabole sont des droites parallèles à l'axe principal.
Réciproquement, toute droite parallèle à l'axe principal es,t
un diamètre; car soit y' l'ordonnée constante de cette droite.

En posant y' = £, on en déduit a=—l; et si l'on mène


des cordes faisant avec l'axe des x un angle qui ait pour tan-
gente cette valeur de a, l'équation du lieu géométrique de
leurs points milieux sera

y=zaì c'est_à'dii'e y —y>

ou l'équation de la droite donnée.


261. Conséquences de la proposition précédente.
Considérons une suite de cordes parallèles au diamètre II'
Fig. 148 {fig. 148 et i49) > dont l'équation est de la forme
?t 149.
y = ax.

L'équation du lieu géométrique des points milieux de toute

SCD LYON 1
NOTIONS SUR LES DIAMETRES. 3lI
ces cordes est, comme nous l'avons vu (n° 25g),
y = a'x,

— B*
en posant a' = ; ce qui donne la relation
A a
, B*
aa — zc —.

entre les tangentes des angles que forment, avec l'axe des a;, le
diamètre II' et le diamètre LL' passant par les milieux des
cordes parallèles à II'.
Mais si l'on cherche, réciproquement, l'équation du lieu
géométrique des points milieux de toutes les cordes paral-
lèles à LL' ( dont l'équation est y — a'x ) , on obtiendra
pour cette équation,

_j=B*
y = .a , x, et par conséquent, y = ax,
A. a .

d'après la relation 21
A"'

On voit donc que les deux diamètres II', LL' forment un sys-
tème de diamètres conjugués (n° 258).
De là résulte un moyen, connaissant la direction d'un dia-
mètre , de fixer celle de son conjugué :
Soit II' le diamètre donné. Tracez une corde quelconque
MM! parallèle à II', puis joignez le point 0 au point milieu de
MM'. La ligne de jonction LL' sera le diamètre demandé.
262. Comme le diamètre II' a été tràcé arbitrairement, il
s'ensuit que, dans toute ellipse ou hyperbole , il existe une in-
finité de systèmes de diamètres conjugués.
Mais de tous ces systèmes, un seul est rectangulaire,, c'est
celui des axes principaux qui, d'après la forme de l'équa-
tion de la courbe, forment aussi un système de diamètres
conjugués.
Pouf démontrer que le système des axes est en effet le seul

SCD LYON 1
3l2 NOTIONS SUR LES DIAMETRES.

système de diamètres conjugués perpendiculaires entre euXj ne


considérons d'abord que l'ellipse.
Pour que deux diamètres soient perpendiculaires entre
eux, il faut (n° i55) qu'entre a et a' on ait la relation
aa — — I.

De plus, pour qu'ils soient conjugués, on doit avoir



aa=-~.

Or, il est évident que ces deux relations ne peuvent ,


en général, exister simultanément que dans le cas de
B1
— = i, d'où A s=r B ; et cette dernière condition n'est vraie
A.
que pour le cercle.
A la vérité , si l'on fait a = o dans les deux équations, on
trouve pour l'une et l'autre, a' = 00. Ainsi ces équations
s'accordent entre elles pour ce cas particulier; mais alors le sys-
tème se confond avec celui des axes principaux.
Donc ce dernier système est le seul système de diamètres
conjugués qui puissent se couper à angle droit.
Dans le cas tout particulier de A = B, la relation aa'=— 1
est satisfaite, quel que soit le système de diamètres conjugués; ce
qui prouve que, dans le cercle, il existe une infinité de systèmes
de diamètres conjugués perpendiculaires entre eux : et, en effet,
l'équation du cercle rapporté à un système quelconque d'axes
rectangulaires passant par le centre, est toujours de la forme

y2 + z2 = As (A étant le rayon ).

Quant à l'hyperboîe, il est clair que les relations aa'=—ï,


B1
aa'= + — ne peuvent exister simultanément que lorsqu'on y

fait a—o, ce qui donne CÍ'=OO, ou réciproquement,


a' = o, ce qui donne a = 00 ; mais , dans l'un et l'autre
cas, on retombe sur le système des axes principaux.
Dans la parabole, l'équation d'un diamètre quelconque LL'

SCD LYON 1
NOTIONS SUR LES DIAMÈTRES. 3i3
(fig. i5o) étant (n° 260)

= P-, d'où a = 5.
a

pour que les cordes divisées en deux parties égales par ce dia-
mètre, lui soient perpendiculaires, il faut que la tangente a re-
lative à la direction de ces cordes soit infiniej ce qui ne peut
avoir lieu évidemment que pour y — o.
Donc l'axe principal est le seul diamètre perpendiculaire
aux cordes qu'il divise en deux parties égales.

263. La relation aa'=—, obtenue pour Phyperbole entre les

tangentes des angles que forment avec l'axe des x deux diamè-
tres conjugués, conduit encore à d'autres conséquences, qu'il
est bon de faire connaître dès à présent.
Elle nous montre que, si l'un des deux diamètres LL'
(fig. i49) rencontre la courbe, auquel cas a désignant la Fig.i49«
tangente qui lui correspond, on a ( n° 238 )
B
a
< A'

il faut, par compensation, que pour l'autre diamètre, on ait

Donc ce second diamètre ne rencontre pas la courbe.


Ainsi, pour chaque système de diamètres conjuguésj l'un est
iransverse et l'autre non transverse.
B"
La même relation aa' = — prouve encore que les deux
A" r
angles LOX, 10X sont de même espèce, c'est-à-dire tous les
deux aigus j ou tous les deux obtus^ puisque leurs tangentes sont
de rnême signe.
Ainsi leur différence 11e peut jamais être un angle droit, à
moins que l'on n'ait a=.o, d'où a'=co ; auquel cas les
deux diamètres se confondent avec les axes principaux.

SCD LYON 1
31 4 NOTIONS SUR LES ASYMPTOTES.
g
Cette différence devient nulle, si l'on suppose a = —,

B
puisqu'il en résulte aussi a'= —. De même,

B B
a— — — donne a = — —.
A A

Mais alors les deux diamètres se réunissent en un seul OR pour


la première hypothèse, et OS pour la seconde.
264. DES ASYMPTOTES. On donne cette dénomination à des

lignes DROITES OU COURBES dont les branches (supposées infinies)


d'une courbe donnée _, se rapprochent sans cesse et autant que
l'on veutj sans pouvoir cependant lès rencontrer.
On peut aisément reconnaître, d'après cette définition , que
F'g-'49-les deux droites RR', SS' (_fig. 149) qui, dans l'hyperbole,
font avec l'axe des x des angles ayant pour tangentes — et

— —, c'est-à-dire les droites qui ont pour équations


A.

B B
-x_ etf y=-x

sont des asymptotes de la courbe.


En effet, reprenons l'équation de l'hyperbole rapportée à ses
axes, Ay — V2x* = — AaB3,

d'où l'on déduit y—±.\\/^—x>= ± ~\/1— ^,


A. J\, V OC

ou, en ne considérant que la valeur absolue de l'ordonnée,

Br , /

Comme le radical de cette valeur est plus petit que 1, il


, . . , Bx
s ensuit que y est toujours moindre que — , quantité que nous
A.

SCD LYON 1
NOTIONS SUR LES ASYMPTOTES. 3i5
pouvons représenter par Y; ce qui donne

^V^f< d'oíi fevfH?--' (0-


Bx Br / A*
Cela posé, les équations Y — — , y= — W i— —

nous montrent que plus x augmente, plus les ordonnées Y et


y augmentent ; et lorsqu'on suppose x infini, Y et y devien-
nent elles-mêmes infinies.
Cependant nous allons faire voir que le rapport de ces or-
données, qui, d'après la relation (i), est une quantité finie et
généralement moindre que i, a pour limite l'unitè.
A*
Car, à mesure que x augmente, la quantité — diminue et

approche de plus en plus de o ; donc t / i augmente et


approche de plus en plus de devenir égal à ou i. Lors-
A"
qu'enfin on suppose x = co , —- devient nul; et le rap-
y
port se réduit à U unité. C.q.f.d.

D'où l'on voit que la droite y—-^x est telle, que l'ordon-

B
née de la courbe, ou —x. y/ i A2
-, approche de plus en

plus de devenir égale à celle de la droite; et elle lui devient en


effet égale dans le cas de x = oo.
Ainsi la courbe se rapproche sans cesse de la droite RR', et
autant que l'on veutj sans pouvoir jamais Fatteindre autre
part qu'à l'infini.
Comme la même chose a lieu par rapport à la droite SS'.,'
nous pouvons conclure que les-droites RR', SS' sont asymp-
totes à la courbe.
N. B. 11 résulte évidemment de la discussion précédente,
que l'hyperbole est entièrement renfermée dans les deux an-

SCD LYON 1
3 16 NOTIONS SIÍR LES ASYMPTOTES.

gles ROS, R'OS', c'est-à-dire qu'elle n'a aucun point situé


dans les angles ROS', R'OS.
2Ô5. Je dis actuellement que ces droites sont les seules
asymptotes rectilignes qui existent dans le plan de l'hy-
perbole.
Pour le démontrer, il suffit de combiner l'équation de la
courbe
Ay-BV = -A3B',... (1)

avec l'équation générale d'une droite


y=ax + b, (2)

puis, d'exprimer que les points d'intersection de cette droite


avec la courbe sont situés à l'infinî ; c'est une des conditions
inhérentes à la nature des asymptotes.
Substituons dans l'équation (1), à la place de y, sa valeur
tirée de l'équation (2) ; il vient

( — B") X* 4- 2 Aac£>. x+A* + A*Ba = 0... (3)

Or, on sait, d'après la théorie des équations du second de-


gré, que les deux racines ne peuvent être infinies à la fois,
qu'autant que l'on a en même temps
Aaca — B2 = o, Aastô = o.
La première de ces deux conditions donne

Quant à la seconde, comme A et a ne sauraient être nuls*


elle donne nécessairement
6 = 0.

Ces deux valeurs de a et de b, portées dans l'équation (2),


donnent enfin
,15

Fig. 1^9. ce sont les équations des droites RR', SS' (fig. i4'j)-

SCD LYON 1
NOTIONS SUR LES ASYMPTOTES; 3I?
Ainsi ces droites sont les seules asymptotes (rectilignes) que
puisse avoir la courbe.
iV. B. Si l'on avait seulement la condition

AV-B^o,

le coefficient de x étant différent de o, l'une des racines de


l'équation (3) serait infinie* et l'autre se réduirait à une
quantité finie.
L'équation (2) deviendrait d'ailleurs, dans cette hypothèse,

y=± +b

(b restant arbitraire) , et représenterait une droite parallèle à


l'une ou à l'autre des asymptotes RR', SS'", ce qui démontre
que les parallèles aux asymptotes jouissent, de la propriété de
rencontrer la courbe en deux points situés* l'un à une dis-
tance finie* l'autre à une distance infinie.
266. On pourrait demander si la parabole* qui est une
courbe indéfinie dans un sens , a des asymptotes ( recti-
1 ignés ) ?
Pour le reconnaître, combinons l'équation de la courbe

y*= apx (1)

avec l'équation d'une droite y = ax + b... (2)

Cette combinaison donne

a2x2 -f- 2 (<zô — p) x + b2 = o (3)

Or, pour que la droite soit asymptote, il faut que les


deux valeurs de x , tirées de l'équation ( 3 ) , soient infinies*
et, par conséquent, que l'on ait à la fois

a = o, ab —p = o, d'où è=^.

Ce qui démontre que, si la parabole a des asymptotes, elles ne


peuvent être que parallèles à l'axe principal et situées à une dis-

SCD LYON 1
3l8 DÉFINITION ANALYTIQUE

tance infinie du sommet de la courbe; en d'autres termes, cpfelle


n'en a pas* puisque la construction de ces droites sur le plan
de la courbe est impossible.
Dans le cas où l'on aurait seulement a = o , le coeffi-
cient de x restant d'ailleurs quelconque dans l'équation (3),
l'une des deux racines de cette équation serait infinie, et
l'autre une quantité finie.
Donc toutes les droites qui ont pour équation

y = b,

c'est-à-dire tous les diamètres (n° z5o), jouissent de la pro-


priété de rencontrer la courbe en deux points situés, l'un à
une distance finie* l'autre à une distance infinie.
267. Définition analytique des foyers. En recherchant l'é-
quation de chacune des trois courbes du second degré (ncs228,
235 et 242) d'après leur définition géométrique , nous avons
trouvé pour les expressions des rayons vecteurs z et z', sa-
voir :

dans l'ellipse,.... z — A — z'—k.-^-^-,


â. A.

dans l'hyperbole,.. 2.= ^- — A, z' = ^-f-A,

et dans la parabole qui n'a qu'un seul foyer, z= x -f- -.

Ces résultats sont remarquables en ce que chaque rayon vec-


teur est exprimé en fonction rationnelle de l'abscisse du point
que l'on considère sur la courbe.
Les foyers jouissent, exclusivement à tout autre point,
d'une semblable propriété, et pour le démontrer, nous nous
proposerons la question suivante : l'une quelconque des trois
courbes du second degré étant rapportée à ses axes princi-
paux* trouver dans son plan un point tel que sa distance à
un point quelconque de la courbe soit exprimée en fonction ra-
tionnelle de l'abscisse de ce dernier point.
(Cette propriété pourrait servir de définition aux foyers dans

SCD LYON 1
DES FOYERS. 3ig
les courbes du second degré, si l'on supposait que l'on fût par-
venu aux équations Ay ± Baxa = ± A2Ba, y = npx, par
la transformation des coordonnées.)
Traitons d'abord la question par rapport à l'ellipse.
Désignons par x', y' les coordonnées du point cherché, et
par x,y celle d'un point quelconque de la courbe. L'expression
générale de la distance entre ces deux points est, comme on l'a
vu (n° 117),
D=v/ {x—x'r + {y—yy,
ou, développant et mettant à la place de y sa valeur tirée de
l'équation de la courbe Ay + B3x2 = AaBa,

A B2 2 a s
D= y/ "~ x - 2x'g+x' +B»+/'—,2/ . |v/A — X\

Or, puisqu'on demande que la valeur de D soit rationnelle


en x, il faut, à plus forte raison, que son carré soit rationnel,
ce qui ne peut avoir lieu, quel que soit x, qu'autant que le
r B /
terme iy . — ^ A2 —
x2 disparaîtra ; mais on ne peut avoir
A

\/A2 — x2 = o, puisqu'il en résulterait

i=±A, d'où y =o;

et alors ce serait considérer un point particulier de la courbe.


Donc il faut que l'on ait y'= o ; ce qui démontre déjà que
s'il existe des points susceptibles de satisfaire à Pénoncé de la
question, ces points doivent se trouver sur l'axe des abscisses.
La condition y' = o réduit la valeur de D à

D= \J A
' ~
E 2 2
-' x — ax'x -f- x' + B\

Or, on sait déjà que pour qu'un trinôme du second degré,


mx'i-\-nx-\-p, soit un carré parfait, il faut que les coefli-
ciens m, n, p soient liés entre eux par la relation,, .....
712 — 4'nP — °-

SCD LYON 1
Ì20 DEFINITION ANALYTIQUE

Appliquant cette condition à l'expression ci-dessus, on doit

Aa Ba 2 2
avoir 4x' —4. ~ .(x' + B )=o,
A.
équation d'où l'on tire, toute réduction faite,

x'2 — A2 — B2, et par conséquent, x' = =fc l/Â2 —B',


ou, posant pour plus de simplicité A2—• B2 r= c2,

x' == zb. c.

Portons cette double valeur de x' dans l'expression de D ;


il vient

D = \J 2
~x q:2cx-f A ,
2

donc D = ± (~ qr A).

Comme on ne doit avoir égard qu'aux valeurs positives de


cx
D, et que l'on a c<^A, d'où — <[A, puisque x est tout
A.
au plus égal à A, il s'ensuit que si l'on appelle a et z' les
deux valeurs de D correspondantes à x' = -|- c et x' = c, —
on obtient enfin

= A-- .-A+f.
Z

Ainsi l'on voit que les points qui jouissent de la propriété


énoncée sont au nombre de deux* qui se trouvent placés sur le
premier axe, à droite et à gauche du centre, à une distance

v
c = /A2 — B2.

En répétant absolument les mêmes raisonnemens, par rap-


port à I'HYPERBOLE, on serait conduit au résultat

x' = =fcl/A2 -f- B2= ztc (V/A2-T-B2 = c);

et les deux valeurs de D seraient P


à cause de — ^> A,
A.

SCD LYON 1
DES FOYERS. 321

= _A, *= + A.
Z X T

Quant à la PARABOLE, on obtient par la substitution de la va-


leur y =s zh \/a.px dans l'expression générale de D,

D = Vx2 — 2 (a?'— p) x + x^-f-y'^rp ty \/ipx.

Comme le terme iy \/ipx doit d'abord disparaître, il faut


que l'on ait y = o, ce qui réduit D à

D =v/x 2
— 2(x' — p)i + i'a ;

et pour que cette fonction de x soit rationnelle, on doit


avoir la relation

4(x' — pY — 4x'* = o;

d'où l'on déduit x' = -,


2

valeur qui, reportée dans celle de D, donne enfin

iV. B. L'équation de condition étant du second degré en


x', doit donner en apparence deux valeurs ; mais comme les
deux termes en x'2 se détruisent, il s'ensuit que l'une des ra-
cines est infinie* et par conséquent, que le second foyer
est situé à l'infini sur Taxe principal : cela tient à l'analogie
établie (n° 244) entre la parabole et l'ellipse.
On trouvera peut-être que nous nous sommes trop étendu
sur ces premières notions ; mais nous avons cru devoir en-
trer dans tous ces détails, afin de donner aux commençans
des idées nettes sur les élémens des trois courbes du second
degré.

21

SCD LYON 1
32?. DES SECTIONS DU CONE.

§ IV. Identité des courbes du second degré avec les


sections du cône.

268. Les courbes du second degré sont aussi appelées sec-


tions coniques > parce qu'on les obtient en coupant un cône par
un plan, et que ce sont les seules lignes qu'on puisse obtenir.
Pour le démontrer , proposons-nous de rechercher l'équa-
tion de la courbe qui résulte de l'intersection d'un cône droit
F!g. I5I. SADBE {fig. I 5I) par un plan quelconque.
Soient SC Taxe du cône, CD le rayon de la base, LL' la
trace du plan sécant sur celui de la base, et OMO'M' la courbe
d'intersection.
Abaissons du point C, CG perpendiculaire sur LL'; puis,par
SC et CG conduisons un nouveau plan (que nous appellerons
plan principal; c'est ainsi qu'on nomme tout plan qui passe
par l'axe du cône ) ; l'intersection de ce plan avec celui de la
courbe est une droite O'OG perpendiculaire à LL', d'après
une proposition connue des plans, et c'est cette ligne OO' que
nous prendrons pour l'axe des x\ OY parallèle à LL', ou per-
pendiculaire à OO', sera Taxe des y.
Par un point quelconque P de OO', concevons un plan pa-
rallèle à la base, et dont l'intersection avec le cône est, comme
on le sait déjà, une circonférence de cercle. Ce plan coupe le
plan principal suivant IH parallèle à AB, le plan sécant
suivant une ligne MPM' parallèle à LL', et, par conséquent,
perpendiculaire à la fois à OO et IH ( puisque LL' est elle-
même perpendiculaire à GO et à GC).
Maintenant, saisons

OP = x, MP = y, SO=a, angle SOO'= «,

angle OSO', ou ASB ==£; d'oùASC=Í£,

et SAB = ioo° —
2

SCD LYON 1
DES SECTIONS DU CONE. 323
Cela posé, comme MP est une ordonnée commune au cercle
et à la courbe, on a (n° 166)
y = IP X PH,.... (i)

et la question se réduit à déterminer IP, PH en fonction de


x et des quantités données.
Or, le triangle OIP donne
IP : OP :: sin IOP : sin OIP,

ou, à cause de sin IOP — sin SOO' = sin «,

sin OIP s= sin SAB = cos - Q,


2

ÎPt : X sin a : cos - €■ donc IP =


2 cos £ €
Avant de déterminer PH, recherchons la valeur deOO';
on a, d'après le triangle SOO',
oo' : os :: sinoso' :sinOO's, ou oo' : a :: sinê;sin(HK);
d'ou OO = . . .
sin («-)-£)

On en déduit PO' = OO' — OP


, sin (« -f- G)
Actuellement, le triangle PO'H donne
PH : PO' :: sin PO'H : sin PHO',

osin£
ou bien, PH : -
IN(A + G)
—x sin(« + ff) : cosi G ■

donc pH =
asing-^sinÇ1+£)j
cos-G

Substituant les valeurs de IP, PH dans l'équation (i), on


obtient pour l'équation de la courbe cherchée,

a
_ xsina /asin G— xs'm(ct+ G) \
y
~ cos-i G \ cos \G )'

SCD LYON 1
DES SECTIONS DU CONE.

Sin es
ou y = ^Yç-[asmC.x — sin (ct + t).x*] (2)

26g. Cette équation étant du second degré, il s'ensuit


d'abord que toutes les sections coniques sont des courbes du
second degré.
Déplus, en la comparant à l'équation y2 = 2.px -f- qx*,
qui (n° 246) représente une ellipse, une parabole, ou une hy-
perbole, suivant que q est négatif, égal à o , ou positif, on re-
connaît que la section^ est une ellipse ^ toutes les fois que le

coefficient —sin a.S n


^—-r^r— est négatif; une parabole
cosa 5 4
si ce coefficient est nul; et une hyperbole, lorsqu'il est po-
sitif!
Mais remarquons que, dans l'expression de ce coefficient,
2
cos ^ € est une quantité essentiellement positive; il en est de
même de sin a, tant qu'on suppose a. compris entre o° et 2000.
(Or, nous verrons tout à l'heure qu'il est inutile de lui donner
des valeurs plus grandes. ) Ainsi le coefficient de x2 dépend uni-
quement du signe de sin (a -f- C).
Cela posé, afin démettre le plan sécant dans les situations
propres à donner toutes les sections coniques possibles, nous
supposerons que ce plan tourne autour de la ligne OY
{fig. i5i ) comme charnière, en sorte que la ligne OO',
d'abord couchée suivant OS , forme ensuite tous les angles pos-
sibles avec OS.
En premier lieu, la droite OG étant couchée sur OS, la
trace du plan sécant sur la base est une tangente KK' à cette
base, et il est visible que le plan touche la surface suivant
AS; ainsi la section est, dans ce cas particulier, une ligne
droite.
En effet, soit a = o, l'équation se réduit à y'1 = o.
Supposons actuellement que la droite GOO' soit dans une
position telle, qu'elle rencontre les deux génératrices SA, SB

SCD LYON 1
DES SECTIONS DU CONE. 325
d'un même côté du point S; on a évidemment, dans ce cas,
a+ 200°, d'où sin (« + C) positifj et— sin (« -f- £)
négatif; donc, la courbe est une ellipse. En effet, on obtient
alors une courbe rentrante et fermée.
Dans cette même circonstance, l'angle a peut être égal à
l'angle SOR, c'est-à-dire que la droite OO' peut devenir pa-
rallèle à AB ; or, » = SOR = SAB — ioo° — - C, donne

:
: cos - £, et sin (« -f- £ ) in^ioo° -r-^^ :cos- C :
2 2

, sin a sin (et -f- £)


d ou r-r -s — 1 •

L'équation devient alors de la forme y* = nrx — xa ; et


l'ellipse dégénère en une circonférence de cercle, ce que nous
savons déjà.
Lorsque la droite OG, continuant de tourner, vient dans
une position parallèle à la génératrice SB [fig. i52), le plan Fig.iSa.
sécant devient lui-même parallèle à cette génératrice, et le
triangle SOO' cesse d'exister, ou son sommet O' est situé à
une distance infinie; on a, dans ce cas,
« -f- C = 2oo°, d'où sin (*-}-£) =: o.

Ainsi, la courbe est une parabole. C'est en effet une courbe


qui s'étend indéfiniment au-dessous de la charnière OT.
Mais quand la droite OG {fig, i53 ) se trouve dans une Fig. i53.
position telle, qu'étant prolongée au-dessus de la charnière,
elle rencontre la génératrice SB dans son prolongement en O',
on a évidemment alors

« -f- C^> 200°, d'où sin (« -f- ê) négatif j et — sin (et -f-£) positif

La courbe est donc, dans ce cas, une hyperbole. On voit, en.


effet, qu'elle se compose de deux branches opposées qui s'é-
tendent indéfiniment sur l'une et l'autre nappes de la surface
conique.

SCD LYON 1
326 DES SECTIONS DU CÔNE.

La droite OG venant à se confondre avec OA, la trace du


plan sécant redevient tangente en A à la circonférence de la
base ; et la section se réduit de nouveau à une droite.
En effet, <s=200° donne sin «=o, d'où y2 = o.

Lorsque l'angle a devient plus grand que 2000, la droite GO


Fig.I5I. (fig. I5I ) prolongée, reprend les positions qu'elle avait prises
d'abord ; et l'on retombe sur les mêmes courbes. L'angle « doit
donc rester compris entre o° et 200°, comme nous l'avions
établi plus haut.
Soit, comme cas particulier, a—o; ce qui correspond à
la supposition que le plan sécant passe par le point S.
L'équation générale devient alors

sin et sin Q + g)
y
— cos
2
K {à)

et il peut se présenter trois cas :


Ou l'on a (fig. I 5I )

« + £ < 2oo°, d'où sin + o et —sin (« + £) <^o,

ou négatif. Dans ce cas, il est visible que l'équation ne saurait


être satisfaite que par x = o, y=o; ainsi, la courbe se ré-
duit à un point qui, comme on l'a vu (n° 2,56), est une
variété de l'ellipse. Cette circonstance a lieu, lorsque la droite
GO prend une position SN intérieure à l'angle A'SB, puisque

l'on a évidemment A'SN -f- ASB ou « + C <^ 200°.

Fig.i5a. Oubien,l'ona «-f£ = 200°, d'où sin (a-\-£)=:o (fig. i52);

et l'équation se réduisant à y = o, la section devient en-


core une ligne droite qui n'est autre chose que SB. C'est une
variété de la parabole.
Enfin, on peut avoir «s. -|- Q 200° ; d'où —sin («-+-£)
positif.
rit p-■'•,#»» ii 1 t-
x
/sinossin(«s-r-b')
L équation (3) prend a lors fa xovmey \/ ~p >
y COS ^ k

et représente un système de deux droites qui se coupent.

SCD LYON 1
DES SECTIONS DU CYLINDRE. 3&7
Cette circonstance a lieu lorsque la droite OG passant par le
point S {fig. 153), rencontre AB entre les points A et B. II Fig-153.
est visible que le plan sécant détermine alors sur la surface
du cône, deux génératrices SD, SE; c'est un cas particulier
de l'hyperbole.
Nous pouvons conclure de cette discussion, que le cône
droit j par ses intersections avec un planj donne lieu aux diffé-
rentes courbes du second degré et à leurs variétés. Les dimen-
sions de ces courbes dépendent de trois élémens principaux,
savoir : l'angle au centre du cône, ou 6, qui peut être aussi petit
ou aussi grand que l'on veut; la distance a du sommet au point
de la génératrice SA, par lequel on fait passer le plan, et cette
distance peut croître depuis o jusqu'à l'infini; enfiri, l'angle
et qui doit rester compris entre o° et 200°.
N. B. Le système de deux droites parallèles qui est, comme
on l'a vu, une variété de la parabole, semble faire exception
à la conclusion précédente. Mais nous allons reconnaître qu'on
peut également l'obtenir dans la supposition de C = o, sup-
position qui fait dégénérer le cône en un cylindre.

270. Cherchons d'abord l'équation des sections cylindriques.


Avant d'introduire la condition 4*= o dans l'équation (3), il
est nécessaire de lui faire subir une légère modification.
On a trouvé (n° 268), pour la distance OO',

00'=
as[nC
sin (a -f- C) '

Désignant par 2A cette distance, on peut donner à l'équation


(2) la forme suivante :

r—sin etcos
sin (et -4- S);
jta (2Ax—x*)... J (4)
vnv

Cette équation est, en apparence, plus simple que l'équa-


tion (2); mais il n'eût pas été aussi facile d'en déduire toutes
les sections coniques, parce que A devient infini, dans l'hypo-
thèse de la parabole.

SCD LYON 1
3a8 DES SECTIONS DU CYLINDRE.

Faisons maintenant Q—o; ce qui réduit le cône à nn cy-


Fig. i5f lindre (fig. i54).

H en résulte sin (et + 6) = sin « et cos - C = i.


v 2
D'un autre côté, le triangle rectangle OO'K donne

OO ou 2A = . , ^=
sin O OK sin et

(r désignant le rayon de la base); donc l'équation (4) se réduit a


y* = %r sin u. x— x2 sin2 et... (5)

Telle est l'équation générale de l'intersection d'un cylindre


par un plan.
On peut y parvenir directement d'après la figure actuelle.

On a d'abord MP ou j2 = PIxPH;
mais le» triangles OIP, O'PH donnent IP = xsin«,
PH = PO' sin et = (2A — x) sin et;
ou, à cause de 2A = —.—,
sin <e
PH =, ( x) sin et =± 2r — x sin et. Donc,
'\sinct /
3 2 2
y sss x sin a (2r — x sin et) = zr sin et. x — x sin et.
2
Comme dans l'équation (5), le coefficient de x est essentielle-
ment négatif (excepté pour et = o, cas que nous examinerons
tout à l'heure), il s'ensuit (n° 246) que toute section cylindrique
est une ellipse ; et si l'on compare cette équation avec celle
B2
de l'ellipse rapportée a son sommet, y* = — (2Ax — x2), on
2r
reconnaît que le premier axe 2A a pour valeur —. .
1 ' sm a.
B2
Pour obtenir le second, il faut poser -r- = sin2 et ; d'où. ..
A.
B2 = A2 sin2 et = r2; ce qui prouve que le second axe est
constant et égal au diamètre de la base.

SCD LYON 1
DES SECTIONS DU CYLINDRE.

Ainsi, les sections cylindriques sont des ellipses ayant un


axe commun.
Actuellement, il s'agit de déduire de l'équation (5), le cas
particulier du système de deux droites parallèles.
Si l'on fait a. —o dans cette équation, elle se réduit à
y*=o, qui n'est autre chose que l'équation d'une seule droite;
c'est celle de la droite AA'. Tant que l'on supposera que le plan
sécant tourne autour du point O de la génératrice, il est clair
que, dans l'hypothèse de «= o, on ne pourra jamais trouver
que y* = o; mais si l'on fait tourner le plan autour d'un autre
point de OO', le plan donnera évidemment deux génératrices
de la surface, dès qu'on fera a = o.
Prenons, par exemple, le point G pour centre de rotation,
et par conséquent, pour origine des coordonnées.

Soient

CG=Z>, CA=r, d'où AG= b — r, OG=^r-=-^'-;


sin OOA sin et
b— r
nous poserons dans l'équation (5), x = x—• . ^ ; et il

viendra
/ b — r\ f b —■ rV ■ „
■y = 2r sin et l x : J—[ x :
] sin' et,
\ sin a / \ sin a/
ou
s 2 2 2 2
y =2r sin a. x—2r(è—r) —x si n a-f- (f>—0 sin ee. x—(b—r) ,

ou simplifiant, yu~- — x2 sin2 et -J- 2b sin a.. x -f- r2 — ó2.

Telle est l'équation générale des sections cylindriques rap-


portées au point G, comme origine.
Soit fait maintenant a = o , d'où sin et = o;
l'équation se réduit à

y=r2— b", d'où y = ± y/r*—b%.

Ce résultat exprime évidemment la position d'un système de


deux droites parallèles (fig. i55); mais pour que ce système Fig. i55.

SCD LYON 1
330 DES SECTIONS DU CÔNE OBLIQUE.

soit réel, il faut que l'on ait A<r, c'est-à-dire que la dis-
tance CG soit moindre que CA.
Si l'on suppose b = o, l'équation devient y — ± r; c'est le
système de deux génératrices dont le plan passe par Taxe du
cylindre. Dans le cas général, on a deux génératrices quel-
conques, telles que EE', FF'.

De la section anti-parallèle à la base, dans le cône


oblique.

271. Le cône oblique, à base circulaire, donne également


lieu aux trois courbes du second degré; mais il jouit en outre
d'une propriété qui n'appartient pas au cône droit : c'est que
le plan sécant y produit des circonférences de cercle, sous
deux inclinaisons différentes par rapport à la base.
Commençons par rechercher l'équation générale de l'inter-
section.
. i56. Pour cela, nous répéterons sur le cône oblique SADBE(_^-. 156),
la même construction que sur le cône droit (n° 267); seulement,
nous observerons que, comme Taxe du cône, SC, n'est plus per-
pendiculaire à la base, la trace LL' du plan sécant sur celui de
la base est bien perpendiculaire à GC par construction, mais
ne l'est pas nécessairement à GO' ; d'où il suit que la ligne MM'
intersection du plan sécant avec le plan parallèle à la base,
mené par le point P, est perpendiculaire à IH, mais oblique
par rapport à OO'.
D'après cette observation, puisque MP est toujours perpen-

diculaire à IH, on a la relation jya= IP X PH.


, ,, x sin a
Or, on trouvera comme précédemment. TT>
IP = —:—r-,
sin A
, a sin S , a sin C
OO = ,- — , d'ou PO == OO — OP =
ST --s- — x ;
(sm a + C) sin («Î -(- 6)

et par conséquent,

SCD LYON 1
DES SECTIONS DU CONE OBLIQUE. 331

PO' sin (a + G) a sin G — x sin (« -f- G)


~ sin PHO' —
shTlf '
[les angles A, B, formés à la base du cône, sonl liés avec l'angle
G par la relation
A -f- B + G = aoo° ; d'où sin B = sin (A -f £)].

Ainsi, la valeur dey* devient, toute simplification faite,

sin a
* sin (« -f- C)
6) / a sin b ^ _\
y = sin A sin (A -f- G) \sin (« + 0 /"
Cette équation représente une ellipse, une parabole ou une
hyperbole , rapportée à un système d'axes obliques j suivant que
sin (<* -f- G) est positif, égal à o, ou négatif ; ou bien, [suivant
que l'on a
a -f- G •< 200°, = 200°, > 200°.

(Voyez ce qui a été dit nos 251; et 258, en supposant toutefois


l'ellipse et l'hyperbole rapportées à l'une des extrémités d'un
des diamètres conjugués.)
272. Je dis maintenant que la courbe d'intersection peut
être un cercle de deux manières différentes.
Pour le démontrer, mettons l'équation sous la forme

. , sin a sin (a -f- G) a sin et sin G


sin A sin ( A -f G ) ' " sin A sin (A + Q '

Cela posé, soit d'abord « = A , ou le plan sécant parallèle


à la base ; il en résulte

sin « = sin A, sin (« + £) = sin (A -f- G)


„ , sin a sin (a -4- G)
d OU —-: ^-7 ;—~ = L
sin A sin (A -f- t)

Soit encore » = B = 200° — (A + G) ;

il en résulte sin « = sin (A -f- €),


et sin (* -f- G) = sin (200° — A — G + G) — sin A ;

SCD LYON 1
332 DES SECTIONS DU CONE OBLIQUE.

, sin « sin (a -f- C)


d 011
sin (A
f K
-f-
J
£)
/°\ '-f
sin A = 1

Dans ces deux hypothèses, « = A, a = B, l'équation


prend la forme y* -|- xa = Kx de l'équation du cercle
(n° i66), lorsque l'origine est placée à l'extrémité d'un dia-
mètre pris pour Taxe des x.
A la vérité, pour que cette équation représentât réellement
une circonférence de cercle, il faudrait que l'ordonnée PM fût à
la fois perpendiculaire à OO' et à IH; mais il est facile de mettre
le plan sécant dans une situation telle, que cette condition soit
satisfaite.
Fig. 157. En effet, soit ST (fig. 15^ ) la perpendiculaire abaissée du
sommet S sur la base. Joignons le centre C de la base au point
T, puis en un point quelconque G de CT , menons LL' perpen-
diculaire à cette droite, et conduisons un plan sécant quelcon-
que par LL'; il est évident que, pour tous les plans passant
par LL', la condition dont nous venons de parler sera rem-
plie. Si donc on suppose en outre, le plan tellement dirigé que
l'angle SOG soit égal à l'angle B, l'équation _ya 4"x* = ^x
sera celle d'une courbe rapportée à des axes rectangulaires, et
par conséquent représentera une circonférence de cercle.
On est convenu de désigner la section OMO'M' ainsi obte-
nue , sous le nom de section anti—parallèle à la base.
N. B. II est aisé de reconnaître que les hypothèses a. — A,
a = B, sont les seules où le coefficient j *
s n sm
^LÍ*puisse
sin A sin (A -f-G)
être égal à 1.
En effet, posons
sin a sin {a -f- C) , . /'■
= d
sinAsin(A+0 '' °U m
* Sm (" + ^=3m A S'"(A+^
Or, on a trouvé (n° ^4)
cos (ÍZ — ò) — cos (a -f- b) = 2sin a sin b;
et si, dans cette formule, on fait

SCD LYON 1
PROPRIÉTÉS PRINCIPALES DES SECTIONS CONIQUES. 333

a-=cL-\-€, b — », d'où a-f-A=2f, -f-C, a — b=G,


on en déduit 2sin * sin (a -j- £) = cos G — cos (la + G).

On trouverait encore
2 sin A sin (A -f- G) = cos £ — cos (2A -f- £);

ce qui donne l'équation de condition


cos (2« -[-£) = cos (2A -f- G).
Or, cette équation ne peut être satisfaite, à moins que l'on
n'ait
i°. la -f- G — 2A -f- G; d'où a.—h,
2°. 2«-f-é = 400
, 0
—(2A+Q; d'Où *=200° — (A+C) = B.

Donc, etc.
Nous verrons, dans le huitième chapitre, que cette propriété
du cône oblique n'est qu'un cas particulier de celle dont jouis-
sent les surfaces du second degré.

CHAPITRE V.

Propriétés principales des Sections coniques.

Observation préliminaire. ON a vu (n° 235) que, pour


passer de l'équation de l'ellipse à celle de l'hyperbole, il suffit
de changer B en — B ; il résulte de là nécessairement que
2 2

ces deux courbes doivent offrir une très grande analogie dans
leurs propriétés , et surtout dans les démonstrations de ces pro-
priétés. Nous éviterons donc beaucoup de répétitions inutiles,
si, après avoir reconnu une propriété quelconque pour l'ellipse,
qu'on doit regarder comme la courbe la plus simple et celle
dont l'usage est le plus habituel, nous nous bornons à énoncer

SCD LYON 1
DE
334 L'ELLIPSE ET DE L'HYPERBOLE.

la propriété analogue dans l'hyperbole, en ayant soin toutefois


d'insister sur celles qui pourraient offrir quelques différences,
soit dans leur nature, soit dans leurs démonstrations.
Quant à la parabole, qui n'a pas de centre, et dont les axes
principaux ou conjugués sont infinis, comme ses propriétés ne
peuvent avoir qu'une analogie très éloignée avec celles des deux
autres courbes, nous en présenterons une théorie tout-á-fait
distincte.

DE L'ELLIPSE ET DE L'HYPERBOLE.

§ Ier. Propriétés de ces Courbes rapportées à leurs


axes principaux.

2>j3. Caractères analytiques des points pris sur la courbe,

au-dedans ou au-dehors de la courbe. L'équation de l'ellipse


Fig.i58. rapportée à son centre'et à ses axes principaux, étant (fig. i58)

A y -f- BV = A2B2,
A
on a d'abord , pour chacun de ses points M , la relation

Ay + B2** — A2B2 = o.

Maintenant, si l'on considère un point N intérieur à cette


courbe, comme l'ordonnée NP de ce point est moindre que
l'ordonnée MP correspondante à la même abscisse OP, il s'ensuit

que A2.NP est moindre que A2.MP; ainsi, l'on a pour le


point N, Ay + BV — A2B2 < o*
Pour un point N' extérieur^ l'ordonnée ÎN'P est plus grande
que MP, et 1,'on a nécessairement A2^2 -\- B2*2 — A2B2 > o.
N. B. Si le point extérieur avait la position N", pour la-
quelle il n'y a point d'ordonnée de la courbe, correspondante,
comme l'abscisse de ce point serait déjà plus grande que OB,
ou A, il en résulterait By ^> A2B2; d'où, à jortiori,

Ay + B2^2 — A2B2 > o.

On démontrerait de même que, dans l'hyperbole

SCD LYON 1
CARACTÈRES DES POINTS DE LA COURBE. 335

Ay-BV=-i'B1,
le caractère des points pris sur la courbe, est
A*y2 _ B2.r2 -f- %2B2 — o,
au-dedans A2_y2 — B2*2 + A2B2 < o,
au-dehors A2j2 — B2x2 + A2B2 > o.

Les deux inégalités sont évidentes pour des points tels que
N et W, pour lesquels on a NP< M P, et N'P> MP (fig. i5q). Fig.i5g.
Quant au point N" , dont l'ordonnée tombe entre les points A
et B, comme on a OQ"<OB ou A, il en résulte A2B2—B\ï2>o;

d'où, à plus forte raison, Ay — B'ar2 + ASB2> o.*


274. Les définitions de l'ellipse et de l'hyperbole fournissent
encore pour les points pris sur la courbe, au-dedans ou au-
dehors, un caractère qu'il est important de connaître.
Pour chaque point M de l'ellipse, on sait que la somme des
distances F'M-f-FM (fig. i58),est égale à 2A. Fig.i53.
Pour un point R intérieur, comme on a

F'R + RF < F'M -f MF, il en résulte F'R + RF < 2A.

Pour un point R' extérieur, on a, au contraire,


F'R' -f R'F > F'M -f- MF; d'où F'R' + R'F > 2A.

Considérons actuellement l'hyperbole. Pour un point quel-


conque M de la courbe, la différence des distances, F'M—MF,
est égale à 2A.
Soit un point intérieur R(j%. 159); en joignant ce point Fig.159.
aux points F et F, on a F'R = F'M-f-MR, et RF<MF+MR;
d'où l'on déduit F'R — RF > F'M + MR — MF — MR,
ou F'R — RF > F'M — MF > 2A.

Mais si l'on a un point extérieur R', comme la figure donne


F'R' = F'M — MR', et FR' > MF — MR',
il en résulte

F'R' — FR' < F'M — MR' — MF -f MR' < 2A.

SCD LYON 1
336 RELATION ENTRE LES CARRES,

B2
2^5. De l'équation de l'ellipse, on déduit y*~ -rj (A2— a?2) ;
A
j-2 B2
ou bien, ——, m ,, - = 5-2 •
(A -f- 3) (A — x) A
Soient donc M un point quelconque de la courbe, x et y les
coordonnées de ce point; il est évident que A -f- x et A — x
Fig. 158. (fig. i58) représentent les distances AP, BP des sommets de
la courbe, au p:/ /de l'ordonnée MP; ainsi, l'équation précé-
dente devient t

MP* B2 2

ou MF: APxPB :: B2: A2:


AP X PB A2

ce qui prouve que le carré d'une ordonnée quelconque est au


produit des deux distances du pied de l'ordonnée aux sommets
de la courbe j dans un rapport constant; en d'autres termes.,
les carrés des ordonnées sont respectivement proportionnels aux
rectangles des diètances des pieds de ces ordonnées aux sommets
de la courbe.
Si l'on suppose B= A, la relation se réduit à y* ~ A2 — x2,
ou y* — (A-j-x) (A — x); c'est-à-dire que le carré de l'or-
donnée au diamètre d'un cercle , est égal au rectangle des seg-
mens de ce diamètre formés par l'ordonnée ; ou bien, que Vor-
donnée est moyenne proportionnelle entre les segmens du dia-
mètre ; propriété déjà connue.

On a également pour l'hyperbole, — , ryT r. — . ;


(x + A) (x —A)"" A2
Fig. 109. mais x A = AP, x — A = BP (fig. i5g) ;

MP B2
d0 C
" ÂP^PB = Â?-

Ainsi, la propriété ci-dessus a également lieu pour l'hyper-


bole. La seule différence, c'est que dans l'ellipse, le pied de
l'ordonnée est situé entre les points A et B, tandis que dans
l'hyperbole le pied de l'ordonnée est placé sur le prolongement
de AB, soit à droite, soit à gauche.

SCD LYON 1
JÌES ORDONNÉES. 33^
Dàïis ^hypothèse cìe B = A, Ou de l'hjperbole éqnilatère,
ïa relation se réduit à ylt=z(x-\-k') (x—A); ce qui signifie que
le carré de l'ordonnèe est égal au rectangle des segnïens du
premier axe} compris entre les sommets de la courbe et le pied
de l'ordonnèe ; propriété analogue à celle du cercle.
An reste, la propriété précédente n'est qu'un cas particulier
d'une autre plus générale dont jouissent |«Î courbes du second
degré rapportées à des axes quelconques,que nous démon-
trerons dans le 6e chapitre.
276. Décrivons sur le grand axe AB (fig. 160) d'une ellipse F
comme diamètre, une circonférence de cercle; on a pour équa-
tion "de cette circonférence,., y* ~ A2 — ar2.
2
B2 2 2
L'équation de l'ellipse, étant d'ailleurs j/ = — (A — a: ),
îl s'ensuit que, si l'on désigne par y l'ordonnèe d'un point quel-
conque de l'ellipse, et par T l'ordonnèe du cercle, correspon-
dante à la même abscisse x, on a la relation

d'ou £= ou y = ^.Y;

c'est-à-dire que Y ordonnée de l'ellipse est à t'ordonnée du cercle


décrit sur son grand axe ± dans le rapport du petit axe au
grand axe.
De là résulte un moyen assez simple de décrire l'ellipse par
points, lorsque ces deux axes sont connus :
Sur les axes AB., CD, décrivez deux circonférences de
cercle ; élevez en un point quelconque P du grand axe ^ une per-
pendiculaire PM; tirez le rayon OM^ et par le point L où ce
rayon coupe la petite circonférence, menez LN parallèle à AB ;
le point N où cette parallèle rencontre PM, appartient à
l'ellipse.
En effet, on a, d'après la construction,

OM : OL :: PM : PN, OU A : B :: Y : PN;

d'où PN = 4 • Y — y-
A J

SCD LYON 1
338 CONSTRUCTION DE I/ELLIPSE l'AIl POINTS.

Prolongeant ensuite PM d'une quantité P n. égale à PN, on


obtient n pour un nouveau point de la courbe ; les points n
et n symétriques des points N et n peuvent être ensuite faci-
lement déterminés.
Voici un autre moyen de construire l'ellipse par points,
qui est fondé sur la même propriété, et qu'on emploie sou-
vent avec avantage.
•G»- Soient AB, CDff^g. 161) les deux axes de la courbe. Après
avoir marqué sur CD un point K tel qu'on ait OK = A — B ,
prenez un point quelconque I situé entre O «f Kj puis de ce
point comme, centre j avec un rayon égal à A — B_, ou OK., dé-
crivez un arc de cercle qui coupe AB en L et L'y tirez IL_, IL'
et prenez sur ces deux lignes prolongées IM = IM' = A; les
points M, M'appartiennent à la courbe.
En effet, si l'on mène IH parallèle à AB,etMQ perpendicu-
laire à IH, les deux triangles semblables IQM, LPM donnent
MI B
MI:ML::MQ:MP; d'où l'on tire MP = w . MQ=-j-. MQj
jVXJt A,

mais en posant OP «= IQ = x, on a

MQ = \J a
MÎ — IQ = \/ A —~? ;

donc MP = -V/A2 —;

d'où l'on voit que MP est l'ordonnèe de l'ellipse qui correspond


à l'abscisse OP.
En prenant QI' = OI, on déterminerait au-dessous de AB
deux autres points m, m' symétriques des points M, M'par
rapport à AB.
On voit aisément d'ailleurs pourquoi le point I doit être
placé entre O et K.
On ne peut obtenir pour l'hyperbole des moyens de cons-
B2
traction analogues ; car son équation étant _y2=: —(x2—A2),

ne peut être comparée qu'à celle-ci _y'=a;2 — A9,

SCD LYON 1
MESURE DE LA SURFACE DE I-'£lXlFSí:. 339
c'est-.à-dire, à celle d'une hyperbole équilatère décrite surl'axe
transverse de la première hyperbole. II faudrait donc savoir
déjà construire une hyperbole équilatère, pour en déduire en-
suite la construction d'une hyperbole quelconque.
277. Mesure de la surface de l'ellipse. Le rapport constant
•n
—, qui existe entre l'ordonnèe do l'ellipse et celle du cercle
À
décrit sur son grand axe, conduit très simplement à l'expres-
sion de la surface entière de l'eljipse.
En effet, concevons que l'on ait inscrit au cercle un polygone
quelconque dont MM' [flg. 160) soit l'un des côtés. Des som- Fíg. 160;
mets M, M'.... de ce polygone, abaissons des perpendicu-
laires sur le grand axe, et joignons par des cordes les points
N, N'.... où ces perpendiculaires rencontrent l'ellipse; on
obtiendra ainsi un polygone inscrit à cette courbe, dont NN'
sera l'un des côtés.
Cela posé, soient Y, Y' les ordonnées des deux points M, M',
et y,y,les ordonnées des points N, N', correspondantes aux
mêmes abscisses x, x'; les trapèzes MM'PP', NN'PP' donnent

y
MM'Pl s== J+LL (X — x'), NN'PP' , {x — x');
2 2
NN'PP' _ y -f./
d'où l'on déduit MM'PP' Y-f-Y"

Or, on a (n° 276)

B y+y B
.Y', d'e
A Y-f-Y'' A'

NN'PP' B
doue MM'PP': A'

On reconnaîtrait, de la même manière, que chacun des


trapèzes dont se compose le polygone inscrit à l'ellipse, est au
trapèze correspondant du polygone inscrit au cercle, dans le
rapport B : A ; d'où l'on peut conclure que la somme de tous
les premiers trapèzes, ou le polygone inscrit à l'ellipse, est au
22..

SCD LYON 1
34° MESURE DE I.A SURFACE DE I/ELMPSE.

second polygone, dans le tnème l'apport ; ainsi, soient p et P ces


deux polygones, on a || = -5 .
Comme cette relation est vraie d'ailleurs, quel que soit le
nombre des côtés des deux polygones, elle existe encore pour
leurs limitesj qui ne sont autre chose que la surface de l'el-
lipse et celle du cercle. Donc, en désignant par s et S ces
deux surfaces, on a nécessairement

s B " B c

Mais on sait que, ir représentant le rapport de la circonfé-


rence au diamètre, ou la surface du cercle dont le rayon est i,
a
5r.À exprime celle d'un cercle qui a pour rayon A; par con-
B
séquent, sr. A3. — , ou te . A . B, est l'expression de la surface

entière de l'ellipse.

Pour l'hyperbole, où obtiendrait également s = -^ . S';

s désignant Vaire comprise entre la courbe et une corde quel-


conque parallèle au second axe, S, Paire correspondante d'une
hyperbole équilatère décrile sur le premier axe. Mais cette
relation ne peut rien apprendre sur la quadrature de l'hy-
perbole, puisqu'il faudrait d'abord connaître celle d'une hy-
perbole équilatère.

Propriétés des cordes supplémentaires , et de leurs-


relations avec les diamètres conjugués.

ítgíióí. 278. Si des extrémités A et B (Jig. 162) du grand axe, on


mène deux droites à un point quelconque M de la courbe,
ces lignes de jonction sont ce qu'on appelle des cordes suppléa
mentaires. Ces droites font avec le premier axe deux angles
qui ont entre eux une relation remarquable.
D'abord, lá droite BM passant par le point B dont les coor-4

SCD LYON 1
CO«1)Ì:Ï KUI'l'LÉjri'NTAIliF.K. 34i
données sont ^ = o, x = A, a pour équation,
y — a {x— A);

celle de la droite AM, passant par le point (y— o, x=— A),

est y = a! {x -f A).
Cela posé, désignons par x , y les coordonnées du point
M; comme elles doivent vérifier les équations précédentes,
on a

d0Íl sl:
\ > « =
> >, I ,
y'=a\x'+ A^ íi
A) J' =
x ' —A » / -f-A
■ A»

et par conséquent, ad i—
a:'2 — A2
mais puisque le point {x', y') se trouve aussi sur la oom be ,

ou a Ay'+BV'=A!B«; à'oh —=
B*
donc enfin, aa' = — — ( i)
V

Dans le cas de B = A, cette relation devient au' —— i;


ce qui prouve que, dans le cercle, les cordes supplémentaires
sont à angle droit; c'est une proposition connue en Géo-
métrie.
Au reste, la même relation (i) existe entre les angles de
deux cordes supplémentaires partant des extrémités d'un dia-
mètre quelconque EE'.
En effet, soient x", y" les coordonnées du point E; celles
du point E' seront (n° 23o) —x", — y"; et les équations de
deux droites menées des points E, E' à un point quelconque
M' de la courbe, seront de la forme

y — y" = a(x — x"),


y + y" = sl'(.r -f- x").
Comme le point M' ou (x', y') se trouve à la fois sur ces
droites, on a les deux relations

SCD LYON 1
34^ COUDES SUPPLEMENTAIRES.

y 4- y = «'(x + »•) ; / x'a—

Mais les points M', E, E' se trouvant aussi sur la courbe, on a


également

A5/1 -f B'x'2 = AaB% 1 (


y'1—y"1 _ B2
d 011
A»ya -f- Bsx*2 == ASB* ; J x^afi ~~T*>
B2
et par conséquent, oa = —

27e). Reprenons les deux cordes supplémentaires AM, BM,


et proposons-nous de déterminer l'angle qu'elles forment entre
a
elles; il suffit pour cela de calculer l'expression ^ , ; a dési-

gnant la tangente de MBX, et a' celle de MAX.

y' V
Or, on a trouvé plus haut, a =£ ■ -v a' = —- ■
x-,— A x -J- A '

2
a —a' x'—A x'-f-A Ay
d0nC 2
i + aa' ~~ , x'* — A~ ~ x"_A -f- yV ' ' "

Mais l'équation Aay2 -f- B2x'2 = A2B% donne

x'2-A2 —

ainsi l'on obtient


2
a —a' _ 2Ay — 2AB

B2 ^ ^

L'inspection seule de ce résultat prouve d'abord que, si


l'on considère un point quelconque M de la courbe situé au-
dessus de AB, auquel cas y' est positif, la tangente de
l'angle AMB est négative ; donc cet angle est nécesssaire-
ment obtus. Cela doit être, puisque tous les points de l'el-

SCD LYON 1
COUDES iUHPMMENTAiRBS. 343

íipse sont intérieurs à la demi-circonférence décrite sur AB


comme diamètre.
On voit en outre que plus y' est grand, plus la valeur nu-
mérique de l'expression (2) est petite, et, par conséquent,
plus l'angle est considérable ( puisqu'un angle obtus est d'au-
tant plus grand que sa tangente est numériquement plus
petite).
Le maximum de cet angle correspond à celui de y , c'est-
à-dire à y' — B ; ce qui donne pour la valeur correspon-
dante de l'expression (2),
— 2AB2 — 2AB
2 2
ou 2
(A — B ) B' A — B*

Les valeurs de a, a' deviennent d'ailleurs, dans cette hypothèse,

B , B . _ ,
« — — —, a =5 —, puisque y = o donne x = o.

Concluons de là que les cordes supplémentaires menées des


extrémités du grand axe^ forment au point C le plus grand
angle possible.
Dans l'hyperbole, on trouverait, pour la relation entre les
B2
angles des cordes supplémentaires, ad = — , et pour l'ex-

pression de l'angle qu'elles forment entre elles,


2 AB2
(AMTB )/^-
2 163
^ r***
Ce dernier résultat démontre que l'angle AMB ou AM'B
de deux cordes supplémentaires est toujours aigUj et qu'il
diminue de plus en plus à mesure que y augmente. Lorsqu'en-
fin on supposey = col, cet angle devient nul.
B2
C'est ce que prouve encore la relation aa' = —. En eífet,
le produit des deux tangentes a et a' étant positif, il s'ensuit
(jue ces tangentes sont de même signe; donc les angles coi-
respondans MBX, MAX, ou M'BX, M'AX sont tous les

SCD LYON 1
344 RELATION ENTRE LES CORDES SUPPLEMENTAIRES

deux aigus ou tous les deux obtus; la diffères ce de ces angles,


qui n'est autre chose q.ue AMB ou AM'B, est alors nécessaire-
ment un angle aigu.

Soit a = — ; il en résulte aussi a! =?=vS les deux cor-


A A
des supplémentaires devenant à la fois parallèles à l'asymptote
OL, font entre elles un angle nul.

280. Conséquence sur les diamètres conjugué». Si du centre


Fig. i6j. d*une ellipse , on mène deux diamètres GG' ^ HH' {fig. 164 )
respectivement parallèles aux cordes supplémentaires AM,
BM, on a entre les angles que forment ces deux diamètres avec
le grand axe, la même relation aa' =. B" —.
A*
Or, cette relation est précisément (n° 263) celle qui carac-
térise deux diamètres conjugués.
Donc deux diamètres respectivement parallèles aux cordes
supplémentaires d'une ellipse j forment toujours un système de
diamètres conjugués.
D'après cela, connaissant un diamètre quelconque GG', pour
obtenir son conjugué, il suffit de mener du point A une corde
AM parallèle à GG', de tirer la seconde corde supplémentaire
MB, puis de tracer le diamètre HIi' parallèle à MB.
La même conséquence s'applique à l'hyperbole, pour laquelle
la relation des cordes supplémentaires et celle de deux diamè-

tres conjugués, est également ad — —. Toutefois, on ob-

servera que, plus le point par lequel on mène les deux cordes
supplémentaires s'éloigne du sommet, plus les deux diamètres
conjugués, dont l'un est au - dessous et l'autre au-dessus de
l'asymptote (n° 2Ô5), se rapprochent l'un de l'autre; et lorsque
le point est situé à l'infini, c'est-à-dire lorsque les cordes sup-
plémentaires sont (n° 27g) parallèles à l'asymptote, les deux:
diamètres conjugués se confondent en un seul.

281. Remarque. Dans l'ellipse, comme on a vu (n° 278)


nue l'angle AMB {fig- lt>4 ) d« deux cordes supplémentaire^;

SCD LYON 1
ET LES DIAMETRES CONJUGUÉS. 3qS
est toujours obtus, et que cet angle atteint son maximum au
point C, il en résulte que l'angle GOH, formé par les parties
de deux diamètres conjugués, situées du même côté par rap-
port au grand axe, est nécessairement obtus> et que les deux
diamètres conjugués H', LL', parallèles aux cordes AC, BG,
forment entre eux le plus grand angle possible.
Pour un système quelconque GG', HH', l'angle GOH ayant
pour supplément GOH', il est clair que plus le premier angle
est grand, plus le second est petit; ainsi, de même que l'angle
10L est un maximum parmi les angles obtus que forment deux
diamètres conjugués, de même l'angle IOL' est un minimum
parmi les angles aigus que forment ces mêmes diamètres.
D'où l'on peut conclure enfin que Yangle de deux diamètres
çonjugués d'une ellipse quelconque 3 est toujours compris entre
les deux limites IOL' ou BCA' et IOL ou BCA. _
Nous verrons plus loin les autres conséquences qui résultent
de ces propriétés.

Problème des tangentes.

9.82. Proposon:>-nous maintenant de mener une tangente à

l'ellipse ou à l'hyperbole_, par un point donné sur le plan de


Ja courbe.
Pour résoudre cette question, nous emploierons une méthode
analogue à celle du n° 196. Soient x', y' les coordonnées du point
donné; l'équation de l'ellipse étant Ay -f Wx'=A*B%... (1)
celle de ìa droitecherchéesera de la formeje—y'=a(x—a/);... (2)
et il s'agit de déterminer a de manière que la droite, considérée
d'abord corame sécante, devienne ensuite tangente.
On déduit de l'équation (2) ,y == ax -f- y' — ax'; d'où,subs-
tituant dans l'équation (i), et ordonnant par rapport à x,
(A3aH-B2)x2+ 2A'c(/— ax')x + A'{y'— axj—A'B~o...
Cette équation étant résolue, donnerait deux valeurs de x
qui ne seraient autre chose que les abscisses des points dln-

SCD LYON 1
346 PROBLÈME

tersection avec la courbe, d'une droite correspondante à la va-


leur particulière que l'on aurait d'abord attribuée à a.
Mais comme on veut que la droite soit tangente, il faut
(n° ig5) qu'on ait entre les coefficiens de x, la relation

4AV(f— ax'y— 4A2(Aaaa+ Ba) [(/— ax')* — B'] =o,...


ou, supprimant les deux quantités, ^A^a* {y' — ax')1,
— 4A a (y' — ax')', qui se détruisent, et divisant par 4A2B%
4 a

— (y' — ax')' -f- Aaaa +B' = o,

ou bien encore, développant et ordonnant par rapport à ai

(As — x'*)aa + 2x'y' .a -f- B1 —y" = o... (3)

Telle est la condition générale du contact d'une droite


menée par un point quelconque {x',y') , avec l'ellipse.
(La remarque da n° 197 , relative à cette condition, est applicable, mot
pour mot, à la question qui nous occupe; ainsi il est inutile de la rii-
pe'ter. )

On déduit de l'équation (3) , toute «implication faite,


f r •
a
= - jSb* -JF^x^ l/ÂV + BV-A'B»;... (4)

iG5. résultat qui démontre que par un point donné N {fig. i65),
on peut, en général, mener deux tangentes KM, KM'.
Mais pour que la question soit possible, il faut que l'on ait
A
y'a + BVa — AaBa > o, c'est-k-dire (n° 273) que le point N
soit situé hors de la courbe, et non en dedans, puisqu'alors on
aurait Aa/a + Bax'a— A2Ba <[ o, et le radical deviendrait
imaginaire.
Ceci prouve encore que la courbe doit présenter sa concavité
vers le centre; car autrement, il est aisé de voir que la tan-
gente devrait être située en dedans de la courbe.
Si l'on suppose A°ya-|- Bax'a— AaBa = o, auquel cas le
point donné est sur la courbe, en M par exemple, l'expres-
'y' X
sion (4) se réduit à a = — r-; ou bien, convenant

SCD LYON 1
DES TANGENTES.

d'appeler x" ety" les coordonnées du point de contact, et ayant


égard à la relation A / = B2 (A — a:"2),
2 2 2

B x" 2

On obtient donc, dans ce cas, pour l'équation de la tangente,


B2 r"

283. On peut parvenir directement à cette équation par une


méthode analogue à celle du n° 198.
Soient (x', y'), {x",y") les coordonnées de deux points de la
courbe, dont l'un doit devenir un point de contact. La droite
qui joint ces deux points est représentée par le système des

trois équations ; A/
2 2
, 4- B'x" = A'B 2
(2)
l A2y"2+ B2x"2= A2B2 (3)

Retranchant (3) de (2) , on trouve


2
A ( y + y) (/ - Y") + B2(*' + x") {x' - x") = o,... (4)
équation qui peut remplacer l'équation (2).
J y" g» ' _1_ " X X

Or, la relation (4)


v donne —, —, = — —2 . -p—, T, ; donc
x —x A y -r y
la sécante est encore représentée par le syStènie des équations
ET 2
y-S=-T> ■ Jr^á^«#* A^+BV^A'B .

Pour exprimer que cette sécante devient tangente, il faut


poser y' —y", x' ==■ x"; ce qui donne enfin
' B2 x"
y-y =-^-y^~x)
pour l'équation de la tangente, en y joignant toutefois la rela-
tion Ay" -f BV' r= A2B2.2

SCD LYON 1
3i|8 PROBLÈME

OH trouverait par rapport à l'hyperbole,

2 2
y -r y* = ,% (* - **j ■ . • Ay - BV = - A B%

a ayant pour valeur, a = gjjfti'

\ „ B» a.-"
284. Reprenons l'équation y — y" = — ^- . —g (x — x"), et
tâchons de la simplifier. II vient d'abord, par la disparition des
dénominateurs, A°yy" — A2y == — B2xx" + B2x"2 ; mais on
a A1/2 + B2x"2 = A'B2; donc l'équation se réduit à

A'yy" + B2xx" = A'B3.

Les mêmes calculs effectués sur l'équation de la tangente à


l'hyperbole, la réduiraient à A2_y_y" — B3.**" = — A2B2.
Ces équations ne diffèrent de celles de l'ellipse et de l'hyper-
bole qu'en ce que les carrés y% et x2, y sont remplacés par les
rectangles y y" et xx".
Soit fait y = o dans l'équation simplifiée de la tangente à
A"
i65. l'ellipse; on. trouve x= —j {fig- i65); c'est l'expression de
l'abscisse OR du point où la tangente rencontre l'axe des x.
Si de cette distance' OR on retranche l'abscisse x" du point
de contact, il en résulte

OR — OP, ou PR = ^- — X"z=t.-JÍ—
x X
la ligne PR est ce qu'on nomme la soutangente.
Comme son expression est indépendante du second axe 2B,
il s'ensuit que, pour toutes les ellipses construites sur le pre-
mier axe , les soutangentes qui correspondent à la même abs-
cisses sont égales.
En d'autres termes, si d'un point P de l'axe AX, on élève
une perpendiculaire qui rencontre ces ellipses aux points
M, M',.. . et que par ces points on leur mène des tangentes.,
celles-ci viendront toutes aboutir au même point de l'axe des V

SCD LYON 1
ÌDES TANGENTES. 34<)
Or le cercle décrit sur ÀB comme diamètre est une de ces
ellipses; donc la soutangente est la même pour l'ellipse donnée
eí pour ce cercle.
De là résulte un moyen assez simple de mener úne tangente
à l'ellipse par un point donné M: de ce point > abaissez la per-
pendiculaire MPj et au point M' où cette perpendiculaire ren-
contre le cercle décrit sur AB comme diamètre j menez une tan—.
gente qui rencontre en R la ligne AB, et tirez MR; vous aurez
la tangente demandée.
Soit fait également y ss o dans l'équation
Ayy" — B*xx" = — A B ; 2 2

A1
on trouve x === = OR {fig. 166); donc OP — OR, ou Fig.i6tí.

x"' — A2
PR = 5 ; c'est l'expression de la soutangente dans

l'hyperbole ; elle est constante pour tous les points (correspon-


dans à une même abscisse ) dès différentes hyperboles décrites
sur le premier axe 2 A.
a85. Remarque. La valeur de la soutangente peut s'obtenir
directement d'après l'équation non simplifiée de la tangente ;
il suffit de supposer _y = o, et de déterminer la valeur cor-
respondante de x — x".
II vient en effet, par la supposition de y = o, dans l'équa—
A" y"» u
lion relative à l'ellipse, x — x" — "gj^r> ° à cause de.-....

A»/4 = B2(A2 — x"2), x — x'= —

Si, dans l'équation relative à l'hyperbole, on fait y = o, on


A2 — x"1
trouve également a: — x" = —„ -, résultat identique aveò

celui qui correspond à l'ellipse, mais de signe contraire avec


le résultat déjà obtenu dans le numéro précédent.
Pour interpréter cette circonstance, observons que, dans
l'hyperbole,la distance PR est située sur l'axe des or, à la gauche
du point P {fig- 166) , qui doit être considéré comme le point h

SCD LYON 1
35o rUOBl-KMÉ

partir duquel on compte la soutangente ; ainsi, cet te d istance doi t


être exprimée négativement; et, en effet, comme on a toujours
A» x"1
pour l'hyperbole, x" > A, il s'ensuit que l'expression -—

, . . ,
1
.T" — A3
est négative, et revient a —„ .
Concluons de là que le premier moyen employé pour déter-
miner la soutangente, donne sa valeur absolue, mais que
le second fournit cette valeur avec le signe dont elle doit
être affectée j eu égard à sa position par rapport au pied de l'or-
donnèe.
A* x"1
Dans l'ellipse, 5-5 est positif, parce que la soutangente

Fig. i65. est placée à la droite du point P {fig. i65). ,


( Nous supposons ici le point de contact M situé à la droite
de. l'axe des y; s'il en était autrement, les conséquences que
nous venons d'établir auraient lieu en sens contraire. )
286. Soit actuellement proposé de mener par le point de con-
Fig.i66. tact M {fig. 166) une perpendiculaire à la tangente, c'est-à-dire
une normale ; et recherchons l'équation de cette normale, ainsi
que l'expression de la sounormale PS,
Puisque cette droite passe par le point (x", y"), son équa-
tion est de la forme y — y" = a' (x — x") ;
et comme elle doit être perpendiculaire à la tangente pour la-
Bax"
quelle on a a = —5. Ia relation sl«'-f-ii=:o donne
A* y
, _ Ay
a - f?;

et l'équation de la normale à l'ellipse est alors


AV

On obtiendrait de même pour l'équation de la normale à

l'hyperbole, y -y" = -
AV (x - x").
BV

SCD LYON 1
DÉS TANGENTES. 35t
Si, dans 1a première de ces équations, on suppose y—o, et
qu'on tire la valeur correspondante de x — x", il vient
n B2 „
00 ■ 00 ■■ ' ~ * CC y
A'
c'est la valeur de la sounormale PS ; car x — x" représente
évidemment, dans le cas de y— o, la différence des abscisses
du point S où la normale rencontre Taxe des x, et du point de
contact M.
Cette valeur de la sounormale est d'ailleurs négative; ce qui
doit être , puisqu'elle est comptée à partir du point P, dans le
sens négatif.
La même hypothèse y = o, introduite dans l'équation de la
B*
normale à l'hyperbole, donne x — x" = —. x".

La sounormale est ici positive, parce que PS {fig. 166) est Fig, 1C6;
comptée à la droite du point P.
287. Si nous considérons la valeur absolue de la sounormale,
B1

^.x", nous voyons que pour l'ellipse, plus x" augmente, plus
cette valeur augmente.
Soit x" = o, auquel cas le point de contact est à l'extrémité
C du petit axe ; la sounormale devient nulle, ce qui prouve que
la normale correspondante passe par le centre.
Soit x" = A, auquel cas le point de contact est en B ; la
B2A B2
sounormale se réduit à ——- ou —; et comme A est la plus
A A
grande valeur que puisse recevoir l'abscisse x", il s'ensuit que
la sounormale est susceptible d'un maximum qui n'est autre
chose que la moitié du paramètre ( n° 246 ) > ou l'ordonnèe
qui passe par le foyer.
Ba
Dans l'hyperbole, au contraire, — est le minimum de l'ex-

pression de la sounormale ; on l'obtient en faisant x" = A.


Pour toute autre valeur de x", celle de la sounormale est plus
grande , et elle devient infinie quand x" est lui-même infini.

SCD LYON 1
35a PROBLÈME

288. Nous allons reprendre le cas où il s'agit de mener une


tangente à Vellipse ou à Vhyperbolej par un point ddnné hors
de la courbe, afin de déduire des résultats, quelques propriétés
analogues à celles qui ont été reconnues pour le cercle- {Voyez
les n0' 200, 202, 2o3.)
Soient x', y' les coordonnées d'un point quelconque íí
Fig.iGj. {fig. 167) , par lequel on veut mener une tangente à l'ellipse.
L'équation de cette tangente est de la forme y~y'—a(x-^x) ;
2
B x"
a ayant (n° 282) pour valeur, a=—A*'y" '
et la quëstion sé réduit à détérminér x", y", qui représentent
les coordonnées du point de contact, en fonction de x', y qui
expriment celles du point donné.
Or, on a trouvé ( n° 284 ) pour l'équation simplifiée dè la
tangente , A*yy"-\- B"xx"= A'B ; et comme, par hypothèse,
3

elle doit passer par le point {x' ,y), on obtient pour première
relation en x" et y", Ay'y"+ B2x'x" = A'B* (1)
D'ailleurs, le point (x",y") appartient à la courbe; ainsi l'on
a pour seconde relation, Ay*-f-B2x"2= A B ; . . (2)A 2

Èn éliminant x" et y" entre ces deux équations, dont l'une est
du premier degré, on trouve, tout calcul fait,
„_ A3(B2x' ± /y/ly + BVa — A'B»)
x Ay2 + BV!
„ _ B°( A°y x' l/Aay + BV — AAB»)
y 1
~ Ây + BV ~
( les signes supérieurs se correspondent ainsi que les signes
inférieurs).
Bax"
Ces valeurs étant substituées dans a = r—7, dotìnent
A=y"

T
_ — (B V ± / t/Ây2 + B'x7' — A'B"
a 2
Ay + Ay + BV — Â-F '
résultat qui, après avoir été multiplié haut et bas par. .. 1. * •
A"y'±L x'\/AV2 + B2*'a — A'B3 (pour que le dénominateur

SCD LYON 1
DES TANGENTES. 353
devienne rationnel ), se réduit à

_ — x'y' ± y/Ag y + Btf'- A"B


2 2

c'est la valeur obtenue n° 282.


Nous laissons aux commençans le soin d'exécuter tous ces
calculs, qui n'offrent aucune difficulté, et qui d'ailleurs sont ana-
logues à ceux que nous avons exécutés pour le cercle (n° 200).

289. Au lieu d'effectuer l'élimination, on peut (n° 181) cons-


truire séparément les lieux géométriques exprimés par les
équations (1) et (2); x", y" étant considérées comme des va-
riables.
Or, l'équation (2) est évidemment celle de l'ellipse déjà cons-
truite.
Quant à l'équation (1), comme elle est du premier degré,
elle appartient à une ligne droite dont la position peut être
facilement déterminée par ses points d'intersection avec les


axes. On obtient pour y"~ o,.,
x

et pour x"= o,... y"= —.

Après avoir construit sur OX, OT (Jìg. iô'j ) les distances


A2 B2
OI = —;, OH = —-,, on joint les points I et H par une droite
dont les points d'intersection M , m avec la courbe, ne sont
autre chose que les points de contact. Tirant ensuite NM et
Hm, on obtient les deux tangentes demandées.
/ .A1- ' *'
Conséquence. Le résultat x" = —7 étant indépendant de

l'ordonnée y' du point N, prouve que, si l'on considérait un


tout autre point N' sur LL' pa rallèle à OY, et que par ce
point on menât deux tangentes JS'M', N'm', la ligne joignant
les points de contact passerait par le même point I.
23

SCD LYON 1
354 PitOJÍLÈME

La même cliose a lieu par rapport à des points pris sur une
B"
parallèle à Taxe des x, puisque l'expression y" — —, est indé-

pendante de l'abscisse x' du point N.


Cette propriété, analogue à celle qui a été démontrée
(n° 2o3) pour le cercle, sera vérifiée par la suite, pour une
droite située d'une manière quelconque dans le plan de la
courbe.
Les résultats précédens sont également vrais pour l'hyper-
boîe, et la démonstration en serait absolument la même.
290. Pour ne rien laisser à désirer sur le problème des tan-
gentes, nous examinerons ce que deviennent les expressions

Wx" _ B"x"
G
— AV' sl~Ay"

lorsque l'on considère le point de contact (x", y") dans toutes


les positions possibles sur la courbe.
Ellipse. Afin de pouvoir facilement déterminer les variations
qu'éprouve la valeur de a, nous mettrons à la place de y" sa

valeur rb YV^A" — x"*-, ce qui changera l'expression ci-


\\>x"
dessus en a= = , ou bien, supprimant
àz A2. íil/À* — X
«*
A.
les facteurs communs, et divisant haut et bas par x", en
B

Cela posé, si l'on fait d'abord x" = o, auquel cas le point

.163. de contact se trouve en C ou D (fig. i65), la quantité -JJ de-


vient infinie; d'où l'on dé(îùit a — o. Donc, aux points C
et D la tangente est parallèle au grand axe.
A mesure que x" augmente, soit positivement, soit négatt-

SCD LYON 1
»ES TANGENTES. 355
2
A. ... /À
vemenl, -p;, et par conséquent A \J —— i, diminue, et ia

valeur de a augmente de plus en plus numériquement. Lors-


qu'enfin on suppose x"—dz A, auquel cas le point de conftct
se trouve en B ou en A ,1e radical devient nul* et l'on a a = co;
donc la tangente en ces deux points est perpendiculaire au
premier axe.
Si l'on fait passer x" par tous les états de grandeur, depuis
o jusqu'à A, il est visible que la valeur de a passera par tous
les états de grandeur depuis o jusqu'à Vinfini négatif, et de-
puis o jusqu'à Vinfini positif. Ainsi la tangente prend toutes
les inclinaisons possibles par rapport au premier axe; les an-
gles sont aigus pour tous les points situés entre B et D , ou
entre A et C ; ils sont obtus pour tous les angles situés
entre C et B, ou entre D et A.
Veut-on, par exemple, savoir en quel point la tangente à
l'ellipse fait avec le grand axe un angle donné?

Soit í la tangente de cet angle: on pose —- „■■ == í,


Ay
ce qui donne l'équation Aaty" -f- B2x" — o,
que l'on combine avec celle-ci : Ay""-f- B!x"2= A2Ba.

En substituant, dans la seconde équation, la valeur de y"


tirée de !a première, on trouve

B<x"2 -f AsBVx"2 sa A<B2í2 ;


, . . ±AH
d'où l'on déduit x = —- ' —,

résultat toujours réel, quelle que soit la valeur de t.


Cette valeur est nécessairement moindre que A , puisque
J/AT+ B1 est plus grand que Aí. Si cependant l'on avait
t — oo, on trouverait
2
±AH ±A _
A
\/AH >+w' ^A2-J

23.

SCD LYON 1
356 PROBLÈME

B'a*
291. Hyperbole. L'èxpression a = -^—7, devient , lorsqu'on

y remplace y" par sa valeur ± - \/x"1— A%


A

±B

Si l'on fait d'abord x" = ± A, qui est la plus petite

valeur que puisse recevoir x", on obtient a — 00 ;

Fig. 166. donc, aux points B et A (fig. 166), la tangente est perpendicu-
laire au premier axe.
A2
A mesure que x" augmente, le terme diminue; par con-

séquent, lë dénominateur approche de plus en plus d'être égal


B •
à A ; et pour x" = 00 , l'on obtient a = dr - ;
#* A.

ce qui démontre (n° 264) que les tangentes à l'infini font avec
le premier axe les mêmes angles que les asymptotes.
A2
D'un autre côté, si l'on considère l'abscisse, x = —T , du
x
point où la tangente rencontre le premier axe (n° 284), on
voit que, dans l'hypothèse de v"= 00, cette abscisse devient
nulle; donc les tangentes à l'infini passent par le centre.
D'où l'on peut conclure que les tangentes à l'infini ne sont
autre chose que les asymptotes elles-mêmes.
A2
Remarque. Tant que x" est positif, l'expression — reste

positive ; elle se réduit à A pour x"— A, e! à o pour x"— 00 ;


ainsi, pour tous les points de ia première branche de l'hy-
perbole, les tangentes rencontrent le premier axe entre le som-
met B et le centre. Pour tous les points de la seconde branche,
la rencontre a lieu entre les points O et A.
Observons d'ailleurs que, d'après la forme de l'expression

SCD LYON 1
DE» TANGENTES

cette quantité est généralement plus grande


A*
«2
B J A*
que —, puisque le dénominateur A y/ í— est moindre

que A; excepté lorsqu'on suppose je" = oo, ce qui réduit


,,
i expression a, —.
B

II résulte de là que la tangente à l'hyperbole ne peut ja-


mais former avec le premier axe un angle aigu moindre que
l'angle LOX dont la tangente est —, et un angle obtus plus
B
grand que HOX dont la tangente est —

Ainsi, dans l'hyperbole équiíatère dont les asymptotes sont


rectangulaires, ou font avec le premier axe chacune un angle
de 5o°, les tangentes ne peuvent faire avec cet axe un angle
aigu moindre que 5o°, et un angle obtus plus grand que i5o°.
II serait facile de déterminer, comme pour l'ellipse , la po-
sition du point où la tangente à l'hyperbole doit faire un angle
donné avec le premier axe.

De la Tangente considérée par rapport aux


diamètres et aux rayons vecteurs.

292, Soient MB {fig. 168) une tangente en un point quel- Fig. 168.
conque M de l'ellipse, MM' le diamètre qui passe par le
point de contact.
On a trouvé ( n° 282 ) pour le coefficient de x dans l'équa-
tion non simplifiée de la tangente,
B'x"
AY'

D'un autre côté, puisque le diamètre MM', dont l'équa-


tion est de la forme y = a'x, passe par le point M , qui a

SCD LYON 1
358 DE J,A TASsC.ENTE TAU UArL'OJfcT AUX DIAMÈTIÎES.

pour coordonnées x", y", on a la relation

y =ax ; d ou a — —j.

Or, si l'on multiplie ces deux expressions de a et de a l'une

par l'autre, il en résulte c.a = — —.

Mais en désignant par a" la tangente de l'angle que forme


avec Taxe des x le diamètre mm conjugué du diamètre MM',
. B"
on a également (n° 262) la relation a'a"=— —.

Les deux égalités précédentes, comparées entre elles, don-


nent nécessairement a =a"; ce qui veut dire que la tan-
gente, en un point quelconque de l'ellipse, est parallèle au
diamètre conjugué de celui qui passe par le point de contact.
Conséquence. Si par les extrémités M, M', m, m! des deux
diamètres conjugués, on mène quatre tangentes, ces droites
forment un parallélogramme circonscrit à l'ellipse , puisque
les tangentes menées aux extrémités du diamètre MM' sont
parallèles au diamètre mm , et réciproquement.
Dans l'hyperbole, la propriété précédente a également lieu ;
mais comme on a vu (n° 263) que, pour tout système de dia-
mètres conjugués, l'un est transverse et l'autre non transverse,
il s'ensuit qu'on ne peut mener que les deux tangentes TT',
63. íí' {fig. 169).

2g3. Cette propriété fournit un moyen assez simple de mener


une tangente à l'ellipse ou à l'hyperbole, 1°. par un point donné
sur la courbe; 2°. parallèlement à une droite donnée de posi-
tion sur le plan de la courbe.
Dans le premier cas, déterminez, par l'un des moyens indi-
qués nos 261 et 280, le diamètre conjugué de celui qui passe
par le point de contact; puis, par ce point, menez une pa-
rallèle au diamètre ainsi déterminé ; vous obtenez la tangente
demandée.
Dans le second, tracez un diamètre parallèle à la droite

SCD LYON 1
DE LA TANGENTE ET DES RAYONS VECTEURS. ÓÙC)

donnée; puis déterminez son diamètre conjugué ; et par les


deux extrémités de celui-ci, menez deux parallèles au pre-
mier, ou à la droite donnée ; vous avez ainsi les tangentes de-
mandées.
Pour que la seconde construction puisse s'appliquer à l'hy-
perbole , il faut évidemment que la droite donnée fasse avec
Taxe des x un angle aigu plus grand que celui dont la tan-

gente est , ou un angle obtus moindre que celui dont la tail-



gente est . C'est d'ailleurs une conséquence de ce qui
a été dit, n° 291 , sur Pinclinaison de la tangente dans l'hy-
perbole .
2g4- Considérons actuellement les deux rayons vecteurs
menés des foyers F, F' (fig. 170) d'une ellipse, au point de Fi;

contact de la tangente MR, et proposons-nous de calculer les


angles FMR, F'MR que forment ces rayons vecteurs avec la

Soient FMR = V, F'MR = V,


tang MRX = a, tang MFX = a', tang MF'X = a" ;

on a évidemment >d'après la figure,


a — «' a — a"
tang V : ,iangV' =
ad7
í -f- í -f- aa"

Bax"
Or, on a déjà trouvé (n° 282) a

De plus, comme le rayon vecteur FM passe par le point


dont les coordonnées sont y = o, x = c ou V^Â3— B% son
équation est de la forme y = a'(x—c); et puisqu'il passe
en même temps par le point x", y", on a la relation

y" = a'(x"—c); d'oii d=-/--. ■


x- — c
On obtiendrait de même pour la valeur de a" correspondante

SCD LYON 1
36o DE LA TANGENTE

au rayon F'M qui passe par le point (y=zo, x = — c), et


//

par le même point (x", y") a"— -~-—.


x c
Cela posé, si l'on substitue d'abord pour a et a' leurs valeurs
dans l'expression de tang V, on trouve

• B*x" y
V Ay x" — c _ — B2x" + B'cx" — A»y*
aDS

1
_ B'arV.
;
"~~ A x'>"
2
— A cy — B"xV '
2

Ay(* -c)

ou bien, à cause de Ay''3 + BV=i A3B% A2—B2 = c2,

B2cr"~ A2B2 B"(cx" — A2) B2


tang V =
2
.7 ■ A c y" c y" (cx" — A") cy'

Comme, pour passer de tang V à tang V', il suffit de rem-


placer a' par a", et que la valeur de a" ne diffère de celle de a'
qu'en ce que c est changé en — c, il s'ensuit que, tout calcul
B2
fait, on doit trouver tang V' = — -—
°y
De là résulte nécessairement que les angles F'MR, FMR
sont supplémens l'un de l'autre; ou bien, si l'on prolonge F'M,
que les angles GMR , FMR sont égaux.
Donc la tangente à l'ellipse divise en deux parties égales
l'angle formé par l'un des rayons vecteurs FM et le prolonge-
ment MG de l'autre rayon vecteur.
Soit prolongée la tangente MR au-dessus du point M ; comme
on a GMR = F'M R', il en résulte FMR = F'MR'. Ainsi, l'on
peut encore dire que la tangente RR' forme avec les rayons
■vecteurs , de l'un et de l'autre côté du point de contact, des
angles égaux.
Enfin , si l'on mène la normale MK, de l'égalité des angles
FMR, F'MR', on déduit nécessairement celle des angles FMK,
RMF'; donc la normale divise en deux parties égales l'angle
formé par les deux rayons vecteurs.
Ces diverses propriétés sons tellement liées entre elles que,

SCD LYON 1
ET DES BAYONS VECTEURS. 361
l'une quelconqoe étant démontrée, les autres s'en déduisent
immédiatement.
Passons à l'hyperbole. On a, en conservant les mêmes nota-
tions que ci dessus (fig- 170) ,

tang FMR ou tang V = tang (MFX — MRX ) i= ,

tang F'MR ou tang V = tang (MRX — MFX) = ^77-,, •

=
B2x"
Cela posé, l'expression de a est pour l'hyperbole, a ^—»j

on a d'ailleurs, comme pour l'ellipse, d = —%


r* , a"=—£—.
y"
X C X c
Substituant les valeurs de a, a' dans l'expression de tang V,
on trouve
y" _BV

-
tari" V
x"—c AV

AV'2 — BV2+ B'cx"
*s ' -
n
la a
_ B'J'>" _ T A>x"y" — A'cy"+ B*x"y" '
1 ~*~Ay~(x'r— c)

ou , à cause de Ay"2 — BV2=: — A2B% A2 + BA = c2,


V —~ A B +
2
B'cx" _ Ba(cx" — AA)
2
_
ta S
" ~~ ex"y" — ÂFcy" ~cy"{cx"— A") ~ cy" '
Quant à l'expression de tang V , comme on a
, a—a , . ,
tang TT
V = »: valeur qui peut être mise sous la íorme
1 -f- aa
,, (a"—a) a" — a . ..
tangb V7 =— i —, et (iue
1 T, etant calcule, donne-
1 + aa" ' 1 + aa"
B* ' *
rait „, puisqu'il suffiraitde changer c en — c dans le résultat
cy
B2
précédent, il faut nécessairement que l'on ait tang V = —;-,.
Donc les angles FMR, F'MR sont égaux; ainsi, dans l'hy-
perbole , la tangente divise en deux parties égales l'angle formé
par les deux rayons vecteurs eux-mêmes.
2g5. On déduit de la propriété précédente le ruoyeii le plus

SCD LYON 1
3(>3 DE LA TANGENTE

commode fit le plus simple', en général, pour mener une tan-


gente à l'ellipse ou à l'hyperbole , i°. par un point pris sur !a
courbe, 2°. par un point pris hors de la courbe.
Considérons d'abord un point M (fig. 170) donné sur l'el-
lipse. Tirez les deux rayons vecteurs FM et F'M ; prolongez F'M
d'une quantité MG égale à MF ; joignes F et G y puis abaissez
du point M sur FG une perpendiculaire ; vous aurez la tangente,
car, à cause du triangle isosecle MFG, cette droite divise l'angle
FMG en deux parties égales.
On peut démontrer synthétiquement que la ligne MB. qui
divise l'angle FMG en deux parties égales, n'a que le point M
de commun avec la courbe, et est par conséquent tangente.
En effet, soit N un tout autre point de cette ligne, et joi-
gnons-le aux points F', F et G. Le triangle F'NG donne
F'N-f-NG>F'G; mais d'après la construction, NG = NF,
puisque tous les points de MR sont également distans des poinls
F et G. De plus, MG = MF; d'où F'G == F'M -f MFes 2A.
Donc í'inégalité précédente devient F'N -j-KF p> 2 A; ce qui
prouve (n° 274) que le point N est bois de la courbe.
Soit actuellement proposé de mener une tangente par un
point N donné hors de la courbe.
Pour cela, il suffirait évidemment de connaître la position
du point G; car, ce point étant déterminé, il en serait de même
de F'G, et par suite, du point de contact M.
Or, ce point G jouit de la propriété d'être à une distance du
point F' égale à 2A, et à une distance du point N égale à la
distance NF qui est connue. D'après cette observation, il faut,
pour l'obtenir, décrire des points F'., N comme centres, et avec
des rayons respectivement égaux à ik, NF., deux arcs de
cercle qui se coupent au point G, tirer F'G qui rencontre la
courbe en M; la droite N M est la tangente demandée.
Comme les deux arcs de cercle se coupent en un second
point G', si l'on tire F'G', et qu'on joigne le point N au point
M' où F'G' rencontre la courbe, ou obtiendra la seconde tan-
gente qui peut toujours être menée du point N, en tant que
ce point est situé hors de la courbe.

SCD LYON 1
ET DES. RAYONS VECTEURS. '. 363
La construction est absolument la même pour {'hyperbole,
dans chacun des deux cas (fig- 171)- t'S-'yï-
N. B. II est à remarquer que la construction précédente et
la démonstration synthétique que nous en avons donnée, sont
uniquement fondées sur les définitions de l'ellipse et de l'hyper-
bole, c'est-à-dire sur la propriété caractéristique qui á servi de
base à la recherche des équations de ces courbes.
296. Nous pouvons maintenant rendre raison des dénomina-
tions de foyers et de rayons vecteurs, données aux points F, F'
et aux lignes FM, F'M.
C'est un principe de Physique généralement admis, que
tout corps élastique qui rencontre une surface, se réfléchit
de manière à former un angle de réflexion égal à celui d'in-
cidence.
Cela posé , concevons qu'à l'un des foyers F (fig. 172) d'une Fig- '>a-
eliipse, on ait placé un charbon ardent dont les rayons de cha-
leur viennent frapper îa courbe en différens points M, M' ;. . .
ces rayons forment avec les tangentes menées par ces points, des
angles FMT, FMT", ... appelés angles d'incidence. Or, en
vertu du principe de Physique, ces rayons doivent être réflé-
chis suivant des droites qui fassent avec Mí, M Y. . . des angles
( appelés angles de réflexion) égaux à ceux d'incidence; donc
les rayons réfléchis sont tous dirigés vers le point F' pour le-
quel seul, les angles F'Mí, F'M'/... sont égaux aux angles
FMT, FM T'....
Ainsi, qu'on ait placé au point F un foyer de chaleur, et au
point F' une matière inflammable, ce corps s'enflammera
comme s'il était placé au point F lui-même. Les différens points
de l'intérieur de la courbe se ressentiront plus ou moins du
rayonnement de la chaleur; mais le point F' sera le seul où se
concentreront les rayons partis du point F.
Dans l'byperbole, des rayons de chaleur partant du point F
(fig. 173) et venant frapper la courbe aux points M, M', Fig.i^.
se réfléchiraient dans l'intérieur,suivant desdi-oitcsM/JM'/',. . .
qui, prolongées en sens contraire, iraient toutes aboutir au

SCD LYON 1
364 DE LA TANGENTE

point F' ; car de l'égalité des angles FMT , TMF', on Conclut


celle des angles FMT, fMt, elc
297. Conséquences de la propriété du n° 294.
Première. Comme, pour fixer la position de la tangente en
Fig.170. un point donné M (fig. 170), on a pris (n° 2g5) MG = MF,
et qu'après avoir tiré la droite FG, on a abaissé du point M
une perpendiculaire sur FG , il s'ensuit que cette dernière
droite est divisée en deux parties égales au point I. Donc, si
l'on joint le centre au point I qui peut être regardé comme le
pied de la perpendiculaire abaissée du foyer F sur la tangente,
on formera deux triangles semblables FOI, FF'G, puisque l'on
a OF = OF' et IF = IG. Ainsi ces triangles donnent....
F'G : OI : : F'F : OF ; mais OF est la moitié de FF', et
par construction, F'G est égal à 2A; donc OI = A.
D'où résulte la propriété suivante : Si de l'un des foyers
d'une ellipse, on abaisse une perpendiculaire sur une tan-
gente quelconque, la distance du centre au pied de la perpen-
diculaire est égale à la moitié du premier axe • en d'autres
termes, le lieu géométrique des pieds de toutes les perpendicu-
laires abaissées de l'un quelconque des foyers sur les tangentes
à la courbe j est la circonférence de cercle décrite sur 2 A comme
diamètre.
Cette propriété a également lieu pour l'hyperbole, et se dé-
Fig. 171. montre de la même manière (fig. 171 ).

298. Seconde conséquence. Soient abaissées des points F et F'


Fig.170. (fig. 170) les deux perpendiculaires FI, FT sur la tangente
R.B.'; on vient de démontrer que les distances OI, OI' sont
égales à A.
Cela posé, si des points O, F on mène OL, FL' parallèles
à la tangente, on a, d'après la ligure,

I'F'=l''L-f-LF',
1F = l'L'= l'L — LF' ;
a
d'où l'on déduit I'F' X IF = 1'L- LF')

SCD LYON 1
ET DES HAYOHS VECTEURS. 365
mais les triangles rectangles I'OL, F'OL dans lesquels
OI' = A et OF' = c ou V A* — B2, donnent

TT = A a
— "ÔL, FL = e — Ôìî;
on obtient donc
2
FF' X IF = A — ÔL,"— e -f "ÔL = A2 — e> = B\
Donc, dans l'ellipse, le produit des perpendiculaires abaissées
des deux foyers sur une tangente, est égalfiu carré de la
moitié du second axe.

Dans l'hyperbole, on trouve FF' X IF = — B2 (fig. 171), Fig. i3«


parce que les deux perpendiculaires sont placées en sens con-
traire par rapport à la tangente.

29g. Troisième conséquence. Soit mené le diamètre mm'


(fig. 170) conjugué de celui qui passe par le point de contact Fig. 170.
de la*tangente BB'. Tirons d'ailleurs les rayons vecteurs FAÍ,
F'M et la ligne OI qui joint le centre au pied de la perpendi-
culaire abaissée du foyer F sur la tangente.
On a vu ( n° 292 ) que le diamètre mm' est parallèle à la
tangente; d'ailleurs OI est parallèle à F'M, à cause de la simi-
litude des triangles FOI, FF'Gjdonc la figure OIMH est un

parallélogramme, et l'on a MH = OI = A.

Ainsi, dans l'ellipse et l'hyperbole, la partie d'un rayon


vecteur comprise entre la tangente et le diamètre conjugué de
celui qui passe par le point de contact, est égale à la moitié
du premier axe.
Toutes ces propriétés, qui ont été facilement déduites de
celle de la tangente par rapport aux rayons vecteurs, trouve-
ront leur application dans la suite.

SCD LYON 1
DE 1,'EL'LII'SE ET DE l,"llTl>EHBOLE

§ H. Piopriétés de V Ellipse et de t Hyperbole


rapportées à leurs diamètres conjugués.

3oo. La propriété caractéristique de tout système de dia-


mètres conjugués consistant (n° 258) en ce que chacun d'eux,
divise en deux parties égales toutes les cordes de la courbe
menées parallèlement à l'autre, il en résulte que, si l'on rap-
porte la courbe à un semblable système, la nouvelle équation
ne doit renfermer que les carrés des coordonnées et une quan-
tité toute connue, c'est-à-dire doit^être de même forme que
celle de la courbe rapportée à ses axes principaux. Nous pour-
rions donc établir immédiatement, pour l'équation de la
courbe rapportée à l'un de ces systèmes, My2 zt Nr! = dz P,
équation qu'on pourrait ensuite, à l'aide d'une transfor-
mation analogue à celle des nos 233 et 23g, ramener à celle-ci :

A'y ±. B'3x2 = ± A^E'2.

Mais on conçoit que, pour chaque système dont on donne la


direction, les constantes A' et B' qui, comme il est aisé de
le voir, représentent les demi—diamètres, doivent avoir avec
les demi-axes certaines relations. Or, ce sont ces relations
qu'il s'agit maintenant de déterminer.
Pour y parvenir d'une manière générale, nous nous propo-
serons la question suivante : L'équation d'une ellipse ou d'une
hyperbole rapportée à ses axes principaux étant donnée, on
demande de rapporter la courbe à un nouveau système tel,
que la nouvelle équation conserve la même forme. C'est une
simple application de la transformation des coordonnées.
Occupons-nous d'abord de l'ellipse, qui a pour équation

Ay-f-B2x2 = A2B\

Substituons dans cette équation, à la place de x, y, les valeurs

x — x cos a -{- y cos «',


y ~ x sin st -f- y sin

SCD LYON 1
RAPPORTEES A LEURS DIAMKTRES CONIUGUES. 3^7

qui (n° 219) servent à passer d'un système rectangulaire á


un système oblique de même origine.
II vient, par cette substitution,

(AgsinV+B5cos5«'))'2 + 2(Ai!siiì«!SÌn«+B;,cos«cos«')xy+... ..
(A2sina«-f B5cos'«)-t2 == A2B'J.

Mais par hypothèse, l'équation ne doit renfermer que les


carrés des variables et la quantité toute connue; il faut donc
que le coefficient de xy soit égal à o ; ce qui donne

A2sin a sin a <-{- B2cos « cos a' — o, . . . . (i)

et l'équation se réduit à

(Aasin5« -f-B2cos'«']y2-f (A^iu^-f-B'cosV)^ = A'B"... (2)

Si l'on divise l'équation (1) par cos ecoss', elle devient

A2 tanga tang a -f- BS = o; d'où tang a tang «' = —.


A.
Comme on n'a qu'une seule équation pour déterminer les
angles «, a!, il s'ensuit que le nombre des systèmes de diamètres
conjugués est infini. Cetle relation est d'ailleurs identique avec
celle du 110 261 ; et les conséquences qui en ont été déduites
se reproduisent également ici.
Soit fait successivement dans l'équation (2),

y = o,
°» )ì f „/_ A^B
( ., . I ~ AW«+BA cos2«'
> lien resuite. . .< .
ASB
= , J y = A2sin* et'-J-B2eosV

Ces expressions représentent les carrés des distances OM,OT?I


{fig. 168), ou Aesdemi-diamètres conjugués. Donc, en désignant Fig.iGS
par 2A', 2B', les longueurs totales MM', mm , on a 'es relations
a l a
3
♦AB •) sV,-, -, . T.22 , A"B
A = —— , / t A2sur«+B cos'« =
A'sin'ee -f- B cosS'e!
'ft! ( J A'
si2
, d'où <
2 2
B = 7T-^r—A sinV + BW«'=^i-
A stn a -j- a cos'es X ■ t B2

SCD LYON 1
368 DIAMÈTRES CONJUGUÉS.

Substituant ces râleurs dans l'équation (2) , on obtient eníìn

A'y + B'3.ra = A'


a
B'%

pour l'équation de l'ellipse rapportée à un système quelconque


de diamètres conjugués.
Comme pour x — ± A', cette équation donne y* = o, et
que, réciproquement, pour y = ± B', on a x" — o, on
doit conclure que les droites menées par les points M,M', m, m'
parallèlement aux deux diamètres, sont tangentes à la courbe,
propriété qui a déjà été reconnue (n° 292).
Pour î'hyperbole, on obtiendrait les équations

a B3
A sin«sin«'— B3 cos « cos a == o, d'où tang « tang «' = —;

3 a
et ( A
3
SÌTIV—B cosV )y + ( A2sin3<*— Bacos3« )xa = — AaBa,
dont la première exprime que les nouveaux axes forment un
système de diamètres conjugués, et la dernière représente la
courbe rapportée à ce système.
Soit fait successivement dans cette équation,

• AaBa
y
A* sina« — Ba cos3 à
on trouve ) •
— A* B"
y Aa sina «' — Ba cos3 «' '

Mais il faut observer que de ces deux carrés, l'un est positif j
l'autre est négatif; car on a vu (n° 263) que, pour tout sys-
tème de diamètres conjugués, l'un est transverse et l'autre non
transverse; d'où il suit que, si la valeur de x correspondante
à yz=o, est réelle j celle de y correspondante à x = o doit
être imaginaire, ou réciproquement ( voyez d'ailleurs Je
n° suivant ).
Supposons, ce qui est toujours permis, qu'on ait pris pour
axe des x le diamètre transverse ; dans ce cas, l'expression de xa
est positive, mais celle de _ya est négative. Désignant donc la
première par A'3, et la seconde par — B'a, on obtient les
relations • .

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-"DIAMETRES CONJUGUES. 369
A3B3
'Í ) ÍAasina« — B3cos3«=-^a
A =
Aasin3*—Bacosa«' [J>AjJ A
— AaB3 AaBa
—B'! A2sinV—BW«:
"A'sinV—B3cosV ) \ B'3
Reportant ces valeurs dans l'équation de la courbe, on obtient,
toute réduction faite,... A'y — B'ax3 == — A'aB,a.
Si, au contraire, on égalait la première à —B'a, et la seconde
à A'3, on trouverait B'ay3 — A'3xa = A'2B'2 pour l'équation de
Fhyperbole rapportée au diamètre non iransverse, comme axe
des x {voyez n° 240).
3oi. On peut démontrer directement que les deux expres-
sions de x* et y2 sont de signes contraires.
En effet, multiplions-les entre elles; il vient pour leur produit,
A* B*
(A3 sin3 « — B3 cos3 «) (A2 sina a! — B3 cos 3 «')'
Or, si l'on développe le dénominateur, on trouve
A^sinWn3*'+B' cos3* cos2*' — A3B3 (siirVeos3* + sin3 « cosV) ;
mais la relation Aa sin * sin «' — B3 cos « cos a! = o, donne
4 2 2 3 3 2
A sin * sin «' -f- B+ cos * cos *' == 2 A B" sin * sin a cos « cos
donc le dénominateur devient
A2Ba (2 sin «sin u cos* cos* — sin3»' cos3*— sina«cos3*');
expression qui se change encore dans la suivante
— A3Ba (sin*' cos*—sin* cos*')3, ou — AaBa sina («'—*).
A«B<f
Ainsi, le produit ci-dessus se réduit â
—A3B3 sin3 («'—«) '
A3Ba
ou bien enfin, à
sin3 («' —*)'
Ce résultat étant essentiellement négatif, prouve que les
deux valeurs de a:3 et y'1 sont de signet! contraires.
Désignant donc, comme on Fa fait dans le n° précédent, la
valeur de X* par A'3, celle dey* par — B'a, on parvient à cette

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3^0 DIAMÈTRES CONJUGUES.

AB2 2

relation remarquable, —A'2B'2 -=z-


sin2 («'— «) '
;'où A'.B'.sin (*' — «) =A.B.
Les mêmes calculs effectués sur les expressions
2 A B 2 Á B
A' - ' *2 B' = 2 * *
A2sin2 « B cos* « '
-f- A sinV -f- Ba cos2 «' '
relatives à l'ellipse, donneraient pour résultat,
A'sB/a sin* («'— «) = AB2; d'où A'.B'.sin («'—■«)== A.B.
302. Voyons ce que signifie un semblable résultat en Géo-
métrie.
Fie. 168. Soient MM', mm' (fig. 168) deux diamètres conjugués par
les extrémités desquels on a mené des tangentes qui, comme
on l'a déjà vu , déterminent un parallélogramme TT'í'í, le-
quel , d'ailleurs, est évidemment quadruple du parallélogramme
OMTm.
Si du point m, on abaisse mi perpendiculaire sur OM, on
aura évidemment OMT/ra = OM X mi — A' X mi; mais le
triangle rectangle Oim donne mi — O/n.sin mOi, ou bien,
mi = B'. sin TMOM = B' sin ( a — a) ;
<W OMTm = A'.B'.sin(«—*).
D'où l'on peut conclure que le parallélogramme construit
sur les demi-diamètres conjugués OM,, Om est égal au rec-
tangle construit sur les demi- axes.
Ce résultat est tout-à-fait indépendant du système de dia-
mètres conjugués que l'on considère.
Comme la relation A'.B' sin («'—«) = A.B, peut se trans-
former en celle-ci : 2A'.2B'sin («' — a) = 2A.2B, on peut en-
core dire que tous les parallélogrammes circonscrits à l'ellipse,
dont les côtés sont respectivement parallèles à deux diamètres
conjugués j ont une surface constante pour tous les systèmes
de diamètres conjugués j et égale au rectangle construit sur les
axes.
303. N. B. Cette surface constante jouit de la propriété

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DIAMÈTRES CONJUGUÉS. 3^1
d'être un minimum parmi celles des difterens parallélogrammes,
que l'on peut, en général, circonscrire à une ellipse donnée.
En effet, considérons, par exemple, un parallélogramme
UVV'U', dont deux côtés soient les tangentes menées par les
extrémités du diamètre mm , et les deux autres côtés soient
les tangentes menées par les extrémités d'un diamètre nn non
conjugué de mm. Prolongeons d'ailleurs mi jusqu'à sa rencontre
en l avec la base U'V. On a pour la surface de ce parallélo-
gramme, U'V X ml.
Mais le triangle rectangle mlm! donne ml — mm . sin mm'l,

ou ml — 2B' X sin mOM = 2B'. sin («' — «).

D'un'autre côté, il est évident que U'V, qui est parallèle


à MM', est plus grand que MM' ou 2A', puisque les côtés
UU', VV' sont extérieurs à l'ellipse.
Donc U'V' X ml est plus grand que 2A' X 2B' sin («'—a).
Ce qu'il fallait démontrer.
3o4- La propriété du n° 3o2 est également applicable à l'hy-
perbole. Soient MM', NN' deux diamètres conjugués quel-
conques; si l'on suppose que MM' (fig. 16g) représente le Fig.169.
diamètre 2A', et qu'on prenne sur la direction de NN',
Om — Om — B, le parallélogramme OMTm a pour expres-
sion , OM X Om .sin mOM = A'. B'. sin («' — «) ; et le
parallélogramme que forment les tangentes TT', íí' avec les
droites Tí, T'í' menées par les points m, m', parallèlement à
MM', est égal à 2A' X 2B'. sin («' — a).
Or, on a vu (n° 3oi ) que ces expressions sont respectivement
égales à A X B et 2A X 2B; donc, etc.
Les parallélogrammes tels que TT' tt' dont les côtés sont pa-
rallèles et égaux à deux diamètres conjugués, sont dits des
parallélogrammes inscrits à l'hyperbole.
3o5. On peut remarquer, par rapport au rectangle EE'ee'
construit sur les axes, que comme ìes asymptotes OL, OII ont
été déterminées (n° 238) ea prenant sur la perpendiculaire
élevée au point B, deux parties BE , BE' égales à la moitié du
24..

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DIAMÈTRES CONJUGUÉS.

second axe, les sommets E_, E'„ e'_, e de ce parallélogramme


rectangle, sont situés sur les asymptotes.
Or, je dis que cette propriété est commune à tous les paral-
lélogrammes inscrits dont nous venons de parler.
Pour le démontrer, nous rechercherons d'abord quelles sont
les équations des asymptotes rapportées à un système de dia-
mètres conjugués OM,ON, pour lesquels l'équation de la courbe

est A 'V ~ B' 2


;£•*= — A'2 B'2 (1)
Comme ces droites sont les seules qui, menées par le centre,
rencontrent la courbe à l'infini, il suint de combiner l'équation
y= ax (2) avec l'équation (1), puis d'exprimer que
les valeurs communes de x et dey sont infinies.
Or ií résulte de cette combinaison
a 2 2 2
ûz A'B'
A'V - B' cc = — A' B' , d'où a = —— ,

valeur qui devient infinie lorsqu'on suppose B'a —A'2aa = o,


B'
d'où a = ±.^.

Portant cette valeur dans l'équation (2) , on obtient enfin


B'
y = ±-gx.
, B
Donc les asymptotes qui ont pour équations, y = + -r x ,
A

et y ——£ x, lorsqu'elles sont rapportées au système des

axes principaux, sont représentées par


; B' B'
y = + jrx, y—— -g x,

quand on les rapporte à un système de diamètres conjugués.


Fig. 174. Ainsi, soient OM, ON {fig. 174 ) deux diamètres conjugués
B'
auxquels on suppose la courbe rapportée; l'équation y=± -— x
A
représente les deux asymptotes rapportées au même système ,
les x se comptant sur OM et les y parallèl