Vous êtes sur la page 1sur 44

Emplacement réservé

pour une photo

Jean-Pierre Vantelon, Laboratoire de Combustion et de Détonique, CNRS,


ENSMA, POITIERS

État des connaissances


sur la fumée

Plan de l’exposé

- Introduction

- Composition des fumées

- Forces régissant le mouvement des


fumées (flottabilité,ventilation)

- Conclusion

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 2

1
Qu’est-ce que la fumée ?

La fumée peut être définie comme un mélange de produits


gazeux provenant de la combustion de substances organiques,
avec de l’oxygène et de l’azote, mélange dans lequel de petites
particules solides et des gouttelettes de liquide se trouvent aussi
dispersées.

Toxicité → due aux produits gazeux


Opacité → due aux particules solides et aux gouttelettes
liquides

Conjonction des deux effets : responsable du danger pour les


personnes
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 3

Origine des fumées

- Combustion vive dans flamme (liquides et solides)

- Pyrolyse sans flamme (liquides et solides)

- Combustion lente (smouldering) (solides)

Dans tous les cas, le point de départ est une


dégradation thermique du combustible sous l’effet
d’un flux de chaleur.

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 4

2
L’écoulement des fumées est chimiquement peu réactif :
→ les réactions d’oxydation cessent rapidement à quelque distance de la source
(les réactions sont devenues complètes)
→le refroidissement (essentiellement par entraînement d’air) ralentit fortement les
cinétiques réactionnelles.

Température et composition varient depuis le foyer source au cours de


l’écoulement :
→ l’entraînement d’air dilue et refroidit la fumée
→ les échanges thermiques convectif et radiatif avec des parois ou l’environnement
abaissent également la température
→ l’eau issue de la combustion est présente sous forme vapeur lorsque la fumée est
chaude mais se condense en gouttelettes lorsque la fumée se refroidit
→ ces gouttelettes peuvent se déposer
→ les particules solides peuvent s’agglomérer et se déposer

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 5

Les phases de transport des fumées sont régies :


→ par la force d’Archimède ou force de flottabilité
→ par les divers champs de pression qui peuvent régner
au voisinage du foyer

La présence de fumées se traduit :


→ par des odeurs (dues aux produits gazeux organiques)
→ par une chute plus ou moins importante de la visibilité
(du fait de l’interaction rayonnement visible particules)

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 6

3
Les constituants de la fumée

CONSTITUANTS GAZEUX
Dans des conditions de combustion complète, un combustible
est converti en produits gazeux sables : CO2 et H2O vapeur.

En fait, cela est rarement obtenu dans une flamme de diffusion


représentative d’incendie où les flux turbulents, dus aux forces de
flottabilité, induisent de forts gradients de concentration et de
température.

La combustion consomme une partie des molécules de O2


diffusée dans la flamme et extrêmement peu de N2 . Les quantités
de O2 et de N2 ne sont donc pas dans la fumée dans le même
rapport que dans l’air.
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 7

Les constituants de la fumée

Diverses autres espèces gazeuses sont présentes :

- produits de combustion comme CO et les NOx qui viennent


s’ajouter à H2O et CO2 du fait du caractère incomplet de la
réaction.

- de nombreuses espèces plus ou moins oxydées provenant des


zones chimiquement actives de la flamme ou de la dégradation
thermique du combustible, le plus souvent en faible quantité,
comme les hydrocarbures, des aldéhydes, des gaz acides, dont
la nature et la pression partielle dépendent des conditions du feu
et de la nature du combustible.

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 8

4
Les constituants de la fumée

CONSTITUANTS PARTICULAIRES
La formation d’espèces particulaires est le résultat du caractère
incomplet de la réaction

Les particules générées en combustion vive (combustion avec


flamme) sont des petites particules solides appelées suies.

Les particules générées en combustion lente (type smouldering)


résultent de la condensation, au contact de l’air frais, d’espèces de
haut poids moléculaire. Il en résulte la formation d’aérosols
constitués de petites gouttelettes liquides visqueuses riches en
composés aromatiques (diamètre le plus souvent de l’ordre du
micron).
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 9

Nature des particules de suies

COMPOSITION

Elles sont composées pour l’essentiel de carbone.

Mais elles peuvent contenir aussi :


- de l’hydrogène (au moins 1% en masse)
- d’autres éléments qui étaient présents dans le
combustible considéré comme, le soufre, l’azote ou
même l’oxygène

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 10

5
Nature des particules de suies

ASPECT ET STRUCTURE

Les suies sont des agrégats de particules élémentaires


(plusieurs dizaines à plusieurs centaines), plus ou moins
sphériques, de tailles très voisines (10 à 80 nm environ).

Chaque élément de base, appelé sphérule, est constitué


d’un grand nombre de cristallites (103 à 104), chaque
cristallite étant constitué d’un assemblage d’éléments de
base : les composés aromatiques polynucléaires.

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 11

Nature des particules de suies

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 12

6
Nature des particules de suies

De nombreuses recherches ont été menées sur :


- les propriétés et la nature des particules formées
- les quantités formées
en fonction :
- de la nature du combustible
- du type de combustion : prémélange ou diffusion

D’une façon très générale, les propriétés et la nature des suies ne


sont pratiquement pas affectées par le type de combustion et la
nature du combustible.

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 13

Nature des particules de suies

En revanche, les quantités formées varient de façon appréciable


avec le type de combustion et la nature du combustible :
- les flammes de diffusion donnent toujours plus de suies que les
flammes de prémélange
- ce sont les combustibles à caractère non saturé et conjugué qui
donnent le plus de suies

La présence de traces de O2 ou de H2O atténue très


sensiblement les quantités de suies formées.
Enfin, on observe toujours des vitesses de formation très rapides :
10 ms ou moins.

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 14

7
grandeurs physiques
caractérisant les particules de suie

Les particules de suie sont en général caractérisées par trois grandeurs :

fv: la fraction volumique de suies (m3 de suies/m3 de gaz)

d: le diamètre d’une particule de suie (nm)

N : la densité en nombre de particules (nombre de particules /m3 de gaz)

Ces trois grandeurs sont reliées par l’intermédiaire ∞


πd 3
de la fraction volumique moyenne : fv = N∫ P(d )dd
0
6

où P(d) est la distribution en tailles des particules de suie.


πd 3
Dans le cas monodisperse, il vient :
fv = N
6
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 15

processus élémentaire de formation


et de destruction des particules de suie

NUCLEATION ET INCEPTION
La nucléation est la transformation d’un système moléculaire en un
système particulaire.
C’est l’étape fondamentale qui contrôle la production des suies.
Le mécanisme correspondant le plus souvent avancé est le
suivant :
- formation des premiers anneaux aromatiques (molécules
cycliques), derniers produits de la pyrolyse des combustibles. Elle
s’effectue généralement par une réaction entre le vinyl (C2H3) et
l’acétylène (C2H2)
- croissance des HAP à partir de ces premiers anneaux

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 16

8
processus élémentaire de formation
et de destruction des particules de suie

Une fois formés, les anneaux aromatiques grandissent par un


processus à deux étapes :
- ablation d’un atome d’hydrogène qui active les molécules
aromatiques
- addition d’une molécule d’acétylène qui assure la croissance et
la cyclisation des HAP

Ce processus de H-abstraction et C2H2-addition est connu sous le


nom de mécanisme HACA.

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 17

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 18

9
processus élémentaire de formation
et de destruction des particules de suie

CROISSANCE DE SURFACE
C’est un accroissement de la masse de la particule du fait de réactions
hétérogènes entre des molécules gazeuses et la surface des particules
(sites radicalaires libres).
Molécules impliquées :
- acétylène
- polyacétylènes
On a augmentation de fv et de d mais aucune influence sur N.
C’est par ce mécanisme que la plus grande partie de la masse est
produite.
A noter également que la masse volumique des particules subit
également un accroissement relativement important.
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 19

processus élémentaire de formation


et de destruction des particules de suie

AGGLOMERATION ET COAGULATION
Ces processus sont exclusivement interparticulaires.
Lorsque deux ou plusieurs particules entrent en collision, deux cas de
figures peuvent se présenter :
- elles réagissent entre elles et coagulent pour donner une particule
identique, c’est la coagulation ou coalescence.
- elles réagissent et se fixent uniquement en surface pour donner des
particules en grappes ou en chaînons que l’on nomme agrégats, c’est
l’agrégation ou l’agglomération.
Ces deux mécanismes réduisent la densité en nombre de particules N
et augmentent le diamètre moyen d de celles-ci, sans pour autant
accroître la fraction volumique fv ou la masse volumique ρ.
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 20

10
processus élémentaire de formation
et de destruction des particules de suie

OXYDATION
L’émission des suies est très inférieure à la quantité produite dans
la flamme.
La différence provient de la consommation de celles-ci par
oxydation. Au cours du processus de formation, il existe toujours
en effet une compétition entre les étapes de production et
d’oxydation.
Les suies peuvent être oxydées par :
- l’oxygène moléculaire
- l’oxygène atomique
- les radicaux hydroxyles OH
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 21

processus élémentaire de formation


et de destruction des particules de suie

L’efficacité des collisions O2-particules est la plus faible. L’attaque


se fait sur des défauts de structure et il en résulte un
développement de la porosité et des fractures des particules et
des aggrégats.
L’efficacité des collisions OH-particules
Cs+OH→CO+1/2H2 est beaucoup plus importante.
L’oxydation apparaît de façon aléatoire à la surface et un front
d’oxydation se déplace progressivement vers le centre des
particules. L’oxydation réduit le diamètre moyen et la densité
numérique.

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 22

11
forces regissant le mouvement
des fumées (flottabilite, ventilation)

Les fumées, comme tout fluide, peuvent être mises en mouvement sous
l’effet de forces ce qui se manifeste par l’apparition de gradients de
pression.
Plus chaudes que l’air environnant, elles ont tendance à s’élever.
Mais le mouvement des fumées n’est pas seulement ascensionnel,
comme ce que l’on peut observer dans un environnement calme et
vaste, où la force d’Archimède est le seul « moteur ». D’autres
influences se manifestent :
- celles d’autres champs de pression
- celles de la configuration, de la géométrie du bâtiment, qui canalisent
les écoulements (présence de parois, de linteaux, de conduits, de
cages d’escalier, etc.)
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 23

forces regissant le mouvement


des fumées (flottabilite, ventilation)

On peut classer les forces responsables du mouvement des fumées


de la manière suivante :
- les forces de flottabilité (ou d’Archimède) générées par le feu
- les différences de pression entre les volumes du bâtiment en
communication, dues également aux forces de flottabilité
- les champs de pression dus à l’action du vent, en particulier au
niveau des ouvertures
- les différences de pression préexistantes au feu, comme les
différences de masse volumique crées par le chauffage, les
ventilations internes, etc.
Il y aura souvent compétition entre ces différents « moteurs » du
mouvement des fumées.
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 24

12
forces regissant le mouvement
des fumées (flottabilite, ventilation)

CONCEPT DE LA FORCE D’ARCHIMEDE OU FLOTTABILITE

S’il existe une différence de masse volumique entre deux fluides


adjacents, résultant d’une différence de température, la force
d’Archimède conduit le fluide le moins dense à s’élever par rapport
au fluide le plus dense.
La force d’Archimède (par unité de volume) s’exprime par :
g(ρ1−ρ2)
g : accélération de la pesanteur
ρ1 : masse volumique du fluide le plus dense
ρ2 : masse volumique du fluide le moins dense
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 25

forces regissant le mouvement


des fumées (flottabilite, ventilation)
FORCE D’ARCHIMEDE DUE AU FEU
Ainsi, dans le cas d’un feu, les fumées générées par la réaction d’oxydation des vapeurs
combustibles, vont s’élever et ce tant qu’elles seront à température plus élevée que l’air
environnant

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 26

13
DANS UN BATIMENT
Le tirage thermique exprime des différences de pression causées par des
différences de masse volumique entre deux volumes.
Si des ouvertures sont présentes, les différences de pression créent un
mouvement des gaz. Une différence de température entre l’intérieur et
l’extérieur du bâtiment va induire un tirage thermique :

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 27

Considérons maintenant une cage d’escalier ou d’ascenseur de


hauteur H ouverte vers l’extérieur seulement en partie basse
Si la pression extérieure est p0

- la pression à la hauteur H à l’intérieur est :


pi(H)= p0−ρigH
- la pression à la hauteur H à l’extérieure est:
p0(H)=p0−ρ0gH

En haut du bâtiment, la différence de pression entre intérieur et


extérieur sera :
∆p= (ρ0−ρi)gH
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 28

14
Si T0<Ti, la pression sera plus élevée à l’intérieur qu’à l’extérieur
Si le volume présente une ouverture, non seulement en partie basse mais
aussi en partie haute, il y aura un flux net d’air frais vers le haut et un plan
neutre s’établira lorsque p0=pi.
Au-dessus du plan neutre, l’air aura tendance à s’échapper.
Au-dessous du plan neutre, il y aura un flux entrant créant un mouvement
ascendant dans le volume
Si T0>Ti, nous aurons une situation inverse
La différence de pression ∆p qu’engendre le mouvement dans le volume
peut être aisément déterminée en appliquant la loi des gaz parfaits et en
supposant que le poids moléculaire du fluide est proche de celui de l’air
(0,0289 kg/mole)
∆p= 3,46. 103 (1/T0−1/TI)H
si H= 30m, T0= 273K et Ti= 293K ∆p= 26N/m2 ou 26Pa
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 29

DIFFERENCES DE PRESSION GENEREES PAR LE VENT


Le vent peut exercer des pressions sur les façades de bâtiments
susceptibles de jouer sur le mouvement des fumées à l’intérieur de
ceux- ci.
Cet effet dépend de nombreux facteurs :
- la vitesse du vent
- sa direction
- la hauteur du bâtiment
- la configuration du bâtiment
- l’implantation du bâtiment (interaction avec d’autres bâtiments
voisins)
- la proportion plus ou moins grande d’ouvertures
- la taille de ces ouvertures
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 30

15
L’énergie cinétique associée au vent est homogène à une pression :
Ec= 1/2ρairv2
L’impact du vent sur une façade cause une pression dynamique dont
l’amplitude est une fonction positive ou négative de l’énergie cinétique,
traduite par un coefficient C :
P=CEc
Pour une façade au vent→ surpression
Pour une façade sous le vent→dépression
La différence de pression entre ces deux façades est représentée par une
valeur de 0,8 pour le coefficient C.
Exemple : pour une vitesse de vent de 10 m/s, la différence de pression
est ≅ 50Pa

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 31

DIFFERENCE DE PRESSION GENEREES PAR LES SYSTEMES


DE VENTILATION INTERNES AUX BATIMENTS
Les débits d’air générés par ce type d’équipement sont faibles pour
contribuer à l’activation d’un feu. Toutefois, les conduits de ces systèmes
peuvent constituer un réseau de « canneaux » par lesquels les fumées
peuvent se propager sous l’effet des forces qui viennent d’être évoquées.
Cela peut favoriser la propagation des fumées vers d’autres pièces ou
niveaux.
Il conviendra donc :
- de couper ces systèmes de ventilation dès que le départ de feu sera
détecté
- ou bien d’en inverser le sens pour, au contraire, aider à évacuer les
fumées vers l’extérieur

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 32

16
Emplacement réservé
pour une photo

Valérie BOURGHOUD – Architecte–Préventionniste


Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

La réglementation
relative au contrôle de l’enfumage

CCH

Article R.123-2

Constituent des établissements recevant du


public, tous bâtiments, locaux et enceintes
dans lesquels des personnes sont admises soit
librement, soit moyennant une rétribution ou
une participation quelconque, ou dans lesquels
sont tenues des réunions ouvertes à tout
venant ou sur invitations, payantes ou non.

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 2

1
Contrôle de l’enfumage

En cas de sinistre, le désenfumage doit


permettre d’atteindre un double objectif :
- évacuer les fumées et les gaz de manière à
assurer la praticabilité et la sûreté des
cheminements empruntés,
- empêcher la propagation des fumées et des
flammes dans d’autres locaux.

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 3

Contrôle de l’enfumage

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 4

2
Modifications réglementaires

Elles concernent :
- les articles DF
- l’instruction technique 246 (IT 246)
- les dispositions particulières
- les ERP de 5e catégorie
- l’instruction technique 263 (IT 263)

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 5

Les articles DF

DF1 - Objet du désenfumage


DF2 - Documents à fournir
DF3 - Principes de désenfumage
DF4 - Application
DF5 - Désenfumage des escaliers
DF6 - Désenfumage des circulations horizontales
encloisonnées et des halls accessibles au public
DF7 - Désenfumage des locaux accessibles au public
DF8 - Désenfumage des compartiments
DF9 - Entretien et exploitation
DF10 - Vérifications techniques

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 6

3
L’instruction technique 246 (IT 246)

1 - Objet
L’instruction technique 246 a pour objet de préciser
les règles d’exécution du désenfumage en décrivant
les solutions qui permettent d’assurer :
- la mise à l’abri des fumées ou le désenfumage des
escaliers,
- le désenfumage des circulations horizontales,
- le désenfumage des locaux accessibles au public.

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 7

L’IT 246

2 - Terminologie
3 - Dispositions relatives au désenfumage naturel
4 - Dispositions relatives au désenfumage mécanique
5 - Solutions applicables aux escaliers encloisonnés
6 - Solutions applicables aux circulations encloisonnées
7 - Solutions applicables aux locaux accessibles au public
8 - Prescriptions relatives aux approches d’ingénierie du
désenfumage

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 8

4
L’IT 246

5 - Solutions applicables aux escaliers encloisonnés


5.1. Désenfumage par balayage naturel

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 9

L’IT 246

6 - Solutions applicables aux circulations encloisonnées


6.1. Désenfumage par balayage naturel

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 10

5
L’IT 246

7 - Solutions applicables aux locaux accessibles au public


7.1. Désenfumage naturel des locaux :

2 cas
- locaux de superficie inférieure ou égale à 1 000 m²
- locaux de superficie supérieure à 1 000 m²

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 11

L’IT 246

1er cas : locaux de superficie inférieure ou égale à 1 000 m²

Surface utile des évacuations de fumée


= 1/200 de la superficie du local

Exemple : un local de 800 m²


Surf. Ut. Évac. = 800 m² x 1/200
Surf. Ut. Évac.= 4 m²

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 12

6
L’IT 246

2e cas : locaux de superficie supérieure à 1 000 m²


- découpage du local en cantons

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 13

L’IT 246

- détermination de la surface utile des évacuations de fumée :


par type d’exploitation en fonction de la hauteur de référence
(H) et de l’épaisseur de la couche de fumée (Ef).

Elle est obtenue en multipliant la superficie de chaque canton


par un taux α.
9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 14

7
L’IT 246

Hauteur Hauteur Épaisseur Taux α (en pourcentage)


moyenne libre de de la
sous
fumée (m) couche de Classe 1 Classe 2 Classe 3
plafond (m)
fumée (m)
2,50 2,00 0,50 0,23 0,33 0,47

3,00 2,25 0,75 0,23 0,32 0,46


2,00 1,00 0,17 0,23 0,33

1,75
7,00 5,25 2,00
0,53 0,75 1,06
5,00 2,50 0,46 0,65 0,92
4,50 3,00 0,35 0,50 0,71
3,50
4,00 0,27 0,38 0,54
3,50 0,20 0,29 0,41
7,50
5,65 1,85 0,58 0,82 1,16
5,50 2,00 0,53 0,75 1,07
5,00 2,50 0,41 0,59 0,83
4,50 3,00 0,32 0,46 0,64
4,00 3,50 0,25 0,35 0,50
3,75 3,75 0,22 0,31 0,44

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 15

L’IT 246

Exemple : un restaurant d’une surface totale de 2 200 m²,


partagée en deux cantons identiques.
Déterminer la surface utile de l’installation nécessaire pour
assurer le désenfumage naturel du restaurant.
H = 7,50 m
Hf = 2 m
H’ = 5,50 m
Taux α = 0,53

SUE = Scanton x 0,53 / 100


SUE = 1 100 x 0,53 / 100
SUE = 5,83 m2
SUE totale = 5,83 x 2 = 11,66 m2
9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 16

8
L’IT 246

5 - Solutions applicables aux escaliers encloisonnés


5.2. Mise en surpression

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 17

L’IT 246

6 - Solutions applicables aux circulations encloisonnées


6.2. Désenfumage mécanique

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 18

9
L’IT 246

7 - Solutions applicables aux locaux accessibles au public


7.2. Désenfumage mécanique des locaux
- découpage du local en cantons

- débit horaire d’extraction : au moins 12 fois le volume du


canton, avec limite maxi à 3 m3/s pour 100 m3 et mini 1,5 m3/s
par local
9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 19

L’IT 246

8 - Prescriptions relatives aux approches d'ingénierie


du désenfumage
Les cheminements sont considérés praticables si les
conditions suivantes sont satisfaites :
- la hauteur libre de fumée est suffisante,
- le flux de chaleur reçu par les personnes est
supportable.

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 20

10
L’IT 246

L’approche ingénierie doit comporter :


- une présentation exhaustive de l'ensemble des hypothèses,
paramètres et données quantitatives utilisés ;
- la réalisation de simulations mettant en évidence un contrôle
satisfaisant de l'enfumage pour certaines valeurs, bien
identifiées, des paramètres quantitatifs relatifs aux systèmes
de désenfumage pris en compte dans ces simulations ;
- une présentation des résultats de simulation et des
conclusions quant à l'efficacité des systèmes de désenfumage
préconisés.

9 NOVEMBRE 2005 | Illustrations extraites du cédérom "Sécurité incendie", Socotec, éditions du Moniteur PAGE 21

11
Emplacement réservé
pour une photo

Philippe Fromy, François Demouge CSTB & Daniel Sancho, EMOC

Ingénierie du désenfumage :
démarche & exemple d’application
: le Grand Palais

réglement de sécurité contre les risques


d’incendie et de panique dans les ERP

ƒ Articles DF révisés – Arrêté du 22 mars 2004


complétant et modifiant le règlement de sécurité
applicable aux ERP

ƒ Article DF1 : « Le désenfumage a pour objet (...) de maintenir


praticable les cheminements destinés à l’évacuation du public »

ƒ Article DF4 §2 : « Le recours à L’INGENIERIE DU


DESENFUMAGE est autorisé et doit faire l’objet d’une note d’un
organisme reconnu compétent par le ministère de l’intérieur »

ƒ Nouvelle Instruction Technique 246 relative au désenfumage


dans les ERP (cf. arrêté du 22 mars 2004)

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 2

1
Instruction technique 246

ƒ Article 8 : Prescriptions relatives aux approches


d’ingénierie du désenfumage
ƒ définit les critères associés aux objectifs de sécurité :
ƒ « la hauteur libre est suffisante »
ƒ « le flux de chaleur reçu par les personnes est supportable »

ƒ et le contenu de l’étude :
ƒ « présentation (...) des hypothèses paramètres et données quantitatives »
ƒ « la réalisation de simulations »
ƒ « une présentation des résultats et des conclusions quant à l’efficacité
des systèmes (...) retenus »

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 3

Ingénierie du désenfumage :
démarche proposée par le CSTB

ƒ Aide à la décision de l’autorité compétente (SCDSCRIP) pour


l’acceptation de dispositifs de désenfumage les plus adaptés à la
mise en sécurité.
ƒ Cohérence avec les pratiques actuelles
ƒ Association à toutes les étapes de l’étude des acteurs :
ƒ de la construction (MO, BE, BC, ...)
ƒ de la sécurité (SCDSCRIP)
ƒ Éclairage sur les possibilités d’une approche globale de la mise en
sécurité des personnes

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 4

2
Ingénierie du désenfumage :
les étapes de la démarche

ƒ Identification des foyers potentiels


ƒ Position, nature, géométrie, quantité

ƒ Choix des scénarios de feux :


ƒ Dimensionnant
ƒ Les plus sévères

ƒ Définition des critères d’efficacité


de la configuration étudiée
ƒ Réglementaires : hauteur libre, éclairement énergétique
ƒ Autres : présence de particules de fumée, dilution,
concentration,
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 5

Ingénierie du désenfumage :
les étapes de la démarche

ƒ Simulations numériques de l’enfumage


ƒ Outils : modèles de champs (FDS), de zones (FISBA, CIFI)
ƒ Comparaisons entre :
ƒ Etat Sans désenfumage et
ƒ Etats avec extraction mécanique et/ou naturelle
ƒ Résultats
ƒ Grandeurs moyennes caractéristiques :
ƒ Hauteur libre, température de la couche de fumée, débit
volumique extrait.
ƒ Grandeurs locales :
ƒ Film du mouvement des fumées, visibilité, concentrations,
température, ...
9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 6

3
Ingénierie du désenfumage :
exemples de résultat

Hauteur de l'interface

20

15
(m)

10

0
0 300 600 900 1200 1500 1800
temps (s)
meca (55 m3/s) meca (167 m3/s) nat (60 m2) nat (120 m2)

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 7

Ingénierie du désenfumage :
exemples de résultat

Température de la couche chaude

40

35
(°C)

30

25

20
0 300 600 900 1200 1500 1800
temps (s)
meca (55 m3/s) meca (167 m3/s) nat (60 m2) nat (120 m2)

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 8

4
Ingénierie du désenfumage :
exemples de résultat

sans écran de avec écran de


cantonnement cantonnement

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 9

....vers une ingénierie


de la sécurité incendie

ƒ Le CSTB a résolument choisi une démarche ...

ƒ D’aide à la décision des autorités locales de la sécurité des


personnes en cas d’incendie

ƒ Visant à la convergence des points de vue entre les acteurs de la


construction et ces autorités

ƒ Pédagogique en associant à chaque étape tous les acteurs

ƒ Proposant d’examiner les conséquences de feux très sévères...

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 10

5
....vers une ingénierie
de la sécurité incendie

ƒ ... pour construire une pratique de l’ingénierie du


désenfumage et ouvrir la voie à une approche
globale de la sécurité.

ƒ Experts et commissions chargées d’élaborer les règlements et de


les faire respecter

ƒ Organismes susceptibles de proposer une meilleure adéquation


des dispositions et dispositifs aux risques encourus (PN-ISI)

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 11

Ingénierie du désenfumage

Exemple d’application
au Grand Palais :

Daniel Sancho, EMOC

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 12

6
Emplacement réservé
pour une photo

Eric Cesmat, Département Sécurité Structures Feu, CSTB

Évaluation des produits

Composants des systèmes


de lutte contre l’enfumage

Æ écrans de cantonnement des fumées

Æ exutoires de fumées

Æ ventilateurs de désenfumage

Æ conduits de désenfumage

Æ volets de désenfumage

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 2

1
Écran de cantonnement des fumées

Æ fonction & type

Æ exigences de conception

Æ exigences de performance

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 3

Conception : ce qu’il faut éviter !

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 4

2
Exigences de performances

Æ fiabilité : essais de fatigue & temps de réponse

Æ résistance au feu

Æ étanchéité aux fumées

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 5

Résistance au feu

12 0 0
te mp é r a tu r e e n °C

10 0 0

800
classification hautes
températures
600
classification 600 °C
400

200

0
0 30 60 90 12 0

te mp s e n min u te s

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 6

3
Résistance au feu

12 0 0
DH 30 DH 60 DH 90 DH 120
te mp é r a tu r e e n °C

10 0 0

800

600
D 30 D 60 D 90 D 120
400

200

0
0 30 60 90 12 0

te mp s e n min u te s

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 7

Étiquette CE d’un écran


de cantonnement des fumées

0123
Entreprise SA BP 00 75000
05
0123-CPD-001

EN 12101-1
Écran fixe de cantonnement de fumée
Classe de résistance au feu - DH 30
Perméabilité maximale de l’écran - 20 m3/h/m2

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 8

4
Exutoire de fumées et chaleur

Æ fonction

Æ exigences de conception

Æ exigences de performance

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 9

Exigences de performances

Æ fiabilité de fonctionnement

Æ surface utile d’ouverture

Æ résistance à la charge éolienne

Æ ouverture sous charge (neige, vent latéral)

Æ ouverture à basse température

Æ résistance au feu

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 10

5
Fiabilité de fonctionnement

RE 50 RE 1000 RE n

50 cycles 1000 cycles n cycles

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 11

surface utile d’ouverture

Æ SUO = cv x surface géométrique

Æcv : coefficient de débit, déterminé par


des essais en soufflerie

Æcv = 0,4 admis sans essai


pour certaines géométries

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 12

6
Résistance à la charge éolienne

WL 1500 WL 3000 WL n
1500 Pa 3000 Pa n Pa

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 13

ouverture sous charge de neige


et vent latéral de 10 m/s

SL 0 SL 125 SL 250 SL 500 SL 1000 SL n

125 Pa 250 Pa 500 Pa 1000 Pa n Pa

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 14

7
Ouverture à basse température

T (-25) T (-15) T (-05) T (OO) T (A)

ouverture ouverture ouverture pas ouverture


- 25°C - 15°C - 5°C d’essai -A°C

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 15

Résistance au feu

800
température en °C

700
600
500
classe B 600
400
300
200
classe B 300
100
0
0 5 10 15 20 25 30

temps en minutes

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 16

8
Étiquette CE d’un exutoire

0123
Entreprise SA BP 00 75000
05
0123-CPD-001

EN 12101-2
Système pour le contrôle des fumées et de la
chaleur
Aa = 1,80 m2
WL 1500 ; SL 500 ; T(0) ; RE 1000 ; B 300 ; A1
70°C

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 17

Ventilateur de désenfumage

Æ fonction

Æ exigences de conception

Æ exigences de performance

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 18

9
Résistance au feu

1000
Classe F842
température en °C

800

Classe F600
600

Classe F400
400
Classe F300
Classe F200
200

0
0 30 60 90 120

temps en minutes

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 19

Ventilateur de désenfumage

0123
Entreprise SA BP 00 75000
05
0123-CPD-001
EN 12101-3
Ventilateur de désenfumage
F200
Moteur : classe B/classe F

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 20

10
Calendrier

norme harmonisée Produits non


marqués CE : date
limite de mise sur
le marché
Écrans de cantonnement EN 12101-1, non publiée
des fumées (appel de l’Allemagne) ?

Exutoires de fumées EN 12101-2, publiée 1er septembre 2006

Ventilateurs de EN 12101-3, publiée 1er septembre 2005


désenfumage

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 21

site internet : http: //dssf.cstb.fr


email : eef@cstb.fr

Questions / réponses

9 NOVEMBRE 2005 | PAGE 22

11