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3e ÉDITION

GUIDE TECHNIQUE ET PRATIQUE


DE LA CONSTRUCTION

FRANCIS D. K. CHING
ADAPTATION FRANÇAISE I JEAN-FRANÇOIS PERRAULT
3e ÉDITION

GUIDE TECHNIQUE ET PRATIQUE


DE LA CONSTRUCTION
FRANCIS D. K. CHING
Professeur émérite
Université de Washington à Seattle

ADAPTATION FRANÇAISE TRADUCTION

JEAN-FRANÇOIS PERRAULT LÉON COLLET


Enseignant en technologie de l’architecture
Cégep André-Laurendeau PIERRETTE MAYER
CINDY VILLENEUVE-ASSELIN
CONSULTATION SCIENTIFIQUE

SYLVAIN LAPIERRE CONCEPTION ET RÉDACTION


Enseignant en technique du génie civil DES OUTILS PÉDAGOGIQUES EN LIGNE
Collège Ahuntsic

DOMINIQUE LÉPINE VÉRONIQUE BÉLANGER


Enseignante en architecture
Enseignante en design d’intérieur
Collège Montmorency
Cégep Garneau
DOMINIQUE LÉPINE
Enseignante en design d’intérieur
Cégep Garneau
Guide technique et pratique de la construction
3e édition Source iconographique

Traduction et adaptation de : Building Construction Illustrated, Couverture : Franck Boston/Shutterstock.com


Fifth Edition de Francis D. K. Ching © 2014 John Wiley & Sons, Inc.
(ISBN 978-1-118-45834-1)
All Rights Reserved. This translation published under license with the Des marques de commerce sont mentionnées ou illus-
original publisher John Wiley & Sons, Inc. trées dans cet ouvrage. L’Éditeur tient à préciser qu’il
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duites à la demande de l’auteur ou de l’adaptateur en
Conception éditoriale : Éric Mauras vue d’appuyer le propos pédagogique ou scientifique
Édition et coordination : Frédérique Coulombe de l’ouvrage.
Révision linguistique et correction d’épreuves : Nicole Blanchette
Conception graphique : Lise Marceau
Conception de la couverture : Eykel design
Avis aux lecteurs
Les informations contenues dans ce livre sont
données à titre indicatif et sont sujettes à la
règlementation applicable en matière de construction
de votre région. Il est entendu que cet ouvrage ne
remplace pas l’expertise d’un ingénieur, d’un
architecte ou de tout autre intervenant dont
l’expertise pourrait s’avérer nécessaire en cours de
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Ching, Francis D. K., 1943- de toute erreur, inexactitude, dommage à la propriété
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limitative, à toute perte économique ou à tout
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Matériaux. 4. Construction – Ouvrages illustrés. 5. Construction – dessin contenus dans cet ouvrage.
Canada. i. Perrault, Jean-François, 1962- . ii. Titre. iii. Titre : Building
construction illustrated. Français.
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ISBN 978-2-89732-044-7
Dépôt légal : 1er trimestre 2016
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque et Archives Canada
Imprimé au Canada
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Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de
livres – Gestion SODEC.
AVANT-PROPOS
La première édition de ce guide illustré a paru en 1975, initiant les étudiants et les travail-
leurs de la construction aux principes fondamentaux à la base des techniques d’édication
des bâtiments. Cet ouvrage a marqué l’émergence d’une approche visuelle favorisant la
compréhension des liens entre la conception et la construction.
En 1991, la deuxième édition de cet ouvrage présentait une vue d’ensemble plus étendue de
la construction, en traitant notamment de l’acier de construction, du béton armé et des murs-
rideaux en guise de nouveautés. Dans la troisième édition de 2001, qui proposait toujours
une initiation complète aux principes fondamentaux de la construction, les illustrations et
la structure des deux éditions précédentes avaient entièrement été revues et améliorées.
On y approfondissait aussi davantage les questions relatives aux principes, aux éléments
et aux systèmes de construction, tout en reportant le lecteur aux directives pertinentes en
matière d’accessibilité aux personnes handicapées prévues dans la législation américaine et
aux numéros de sections du Répertoire normatif MasterFormatMC élaboré par le Constructions
Specications Institute (CSI) pour l’organisation de l’information sur la construction.
Dans le premier chapitre de la quatrième édition parue en 2008, nous présentions pour la
première fois le système d’évaluation environnementale des bâtiments LEED, pour ensuite
reporter le lecteur à ses critères tout au long de l’ouvrage, lorsqu’ils s’appliquaient. Dans
ce même guide, qui satisfaisait aux normes du Code international du bâtiment de 2006,
les numéros de sections du Répertoire normatif MasterFormatMC du CSI avaient été mis à
jour de manière à correspondre à sa version 2004.
Dans cette cinquième édition, nous avons notamment adopté la vision selon laquelle on
devrait concevoir et construire un bâtiment, et aménager un site, en tenant compte de
l’environnement, et en particulier du contexte et du climat, de manière à réduire la dépen-
dance à des dispositifs de régulation de l’environnement de même que la consommation
d’énergie. Conformément à ce point de vue, nous continuons à faire référence aux critères de
la plus récente édition du système d’évaluation environnementale des bâtiments LEED ainsi
qu’aux numéros de sections de l’édition 2011 du Répertoire normatif MasterFormatMC du
CSI, lorsque cela s’avère pertinent. Bon nombre des modications et des ajouts apportés à
cette cinquième édition, notamment la mise à jour des renseignements sur les technolo-
gies d’éclairage et les moyens de réduire la consommation d’énergie dans les bâtiments, se
veulent simplement complémentaires et parfois subtils, mais dans l’ensemble, ils témoignent
d’un engagement constant à bâtir de façon judicieuse et durable.
Il est presque impossible de traiter de tous les matériaux et de toutes les techniques de
construction, mais l’information contenue dans ce manuel devrait s’appliquer à la plupart
des projets de construction résidentielle et de construction commerciale. Les techniques de
construction évoluent en fonction du développement de nouveaux matériaux, produits et
normes. Mais les principes fondamentaux de la construction demeurent. Ce sont donc eux qui,
dans ce manuel, guident l’évaluation et l’application des moyens s’offrant aujourd’hui à nous
pour la planication, la conception et la construction d’un bâtiment.
Chaque composant, élément et système est décrit dans une perspective fonctionnelle.
La forme particulière, les caractéristiques et la disponibilité d’un élément et d’un com-
posant varient selon le fabricant et le lieu. Il est donc important de toujours suivre
les recommandations du fabricant pour l’emploi d’un matériau ou d’un produit, et
de prendre soin de respecter les exigences des codes en vigueur en ce qui concerne le
bâtiment projeté. Il revient au lecteur de s’assurer de la pertinence de l’information
contenue dans ce manuel et de juger de son application à un problème particulier.
Il est recommandé, le cas échéant, de faire appel à l’expertise d’un professionnel.

Francis D. K. Ching
IV AVANT-PROPOS ET REMERCIEMENTS

Le contenu de ce guide intègre les données provenant des lois, règlements, normes et
codes de construction canadiens et québécois. Certaines méthodes de construction tom-
bées en désuétude ou qui ne sont plus pratiquées au Canada parce qu’inappropriées au
climat ont été conservées. C’est que la connaissance de ces méthodes de construction
pourra se révéler utile pour la planication de travaux de rénovation et de restauration de
bâtiments anciens ou patrimoniaux. D’autres techniques comme la construction en adobe,
utilisée seulement sous les climats chauds, ont été retenues pour leur intérêt culturel, et
aussi parce qu’elles pourront servir à ceux qui œuvrent dans un contexte nord-américain.
Mais, dans tous les cas, le lecteur doit bien faire la distinction entre ces techniques de
construction plutôt inhabituelles et celles couramment employées dans l’industrie, qui
sont conformes aux normes et aux codes canadiens en vigueur.
Ce guide fournit les données numériques selon le système impérial, données suivies entre
parenthèses de leur équivalent dans le système international (SI) d’unités. Il arrive souvent
que ces équivalences ne coïncident pas arithmétiquement. Plusieurs raisons expliquent
cette situation :
l Alors que le système impérial indique des valeurs nominales, notamment pour le bois de
charpente et l’acier structural, le système international indique plutôt les dimensions
réelles.
l Les valeurs en unités internationales sont arrondies aux cinq millimètres près. Pour les
très petites dimensions, elles sont généralement arrondies au millimètre près.
l Des produits fabriqués et dimensionnés en unités internationales, par exemple certains
contreplaqués canadiens, n’ont pas d’équivalents en unités impériales.
l Plusieurs données contenues dans les normes et les codes canadiens sont tirées de
documents américains ou de documents ayant fait l’objet d’un consensus nord-américain.
Ils présentent donc des données numériques qui ont été importées du système impérial
pour être converties en unités internationales et arrondies aux cinq millimètres près.
l La coexistence du système impérial et du système international dans l’industrie de
la construction au Canada provoque certaines incohérences. Par exemple, les codes
canadiens indiquent l’espacement des éléments de charpente en unités internationales
– 400 mm, 600 mm –, alors que sur les chantiers on utilise fréquemment les unités
impériales – 16” et 24”, dont les équivalents réels sont 405 mm et 610 mm.
Ne reste qu’à souhaiter que ce guide remplisse son objet : permettre à quiconque s’inté-
resse à la construction d’acquérir ou d’approfondir des connaissances techniques qui
trouvent leur prolongement immédiat dans un savoir-faire.

REMERCIEMENTS
Cette troisième édition du Guide technique et pratique de la construction a été rendue pos-
sible grâce au travail de nombreuses personnes : Éric Patry, Cégep de l’Outaouais ; Jean-Guy
Bélisle, Collège Montmorency ; Frédéric Bernier, Cégep Garneau ; Jean Forget, Cégep de
Saint-Jean-sur-Richelieu ; Guy Gauthier, Collège André-Laurendeau ; et Larry O’Shaughnessy,
École de technologie supérieure (ÉTS).
Nous tenons également à remercier monsieur Michel L. Saint-Pierre, enseignant retraité du
Cégep de Rimouski, adaptateur des deux premières éditions.
Enn, nous tenons à souligner la contribution des consultants scientiques : Sylvain
Lapierre, enseignant en technique du génie civil au Collège Ahuntsic, et Dominique Lépine,
enseignante en design d’intérieur au Cégep Garneau.
TABLE DES MATIÈRES

Emplacement ______________________________________________________________________________________________________________________ 1

Bâtiment ______________________________________________________________________________________________________________________________ 39

Fondations _________________________________________________________________________________________________________________________ 69

Planchers ___________________________________________________________________________________________________________________________ 95

Murs ___________________________________________________________________________________________________________________________________ 135

Toit _____________________________________________________________________________________________________________________________________ 185

Protection contre l’humidité et isolation thermique ______________________________________ 215

Portes et fenêtres ________________________________________________________________________________________________________ 265

Constructions spéciales ____________________________________________________________________________________________ 303

Finitions ____________________________________________________________________________________________________________________________ 333

Systèmes mécaniques et électriques ___________________________________________________________________ 363

Notes sur les matériaux ___________________________________________________________________________________________ 409

Annexes ___________________________________________________________________________________________________________________________ 431

Glossaire __________________________________________________________________________________________________________________________ 459

Bibliographie _________________________________________________________________________________________________________________ 464

Index _________________________________________________________________________________________________________________________________ 467


EMPLACEMENT
1.1 Contexte _________________________________________________________________________________________________________________ 2
1.2 Construction durable _____________________________________________________________________________________________ 3
1.3 Bâtiment vert _________________________________________________________________________________________________________ 4
1.4 Système d’évaluation des bâtiments durables du LEED Canada ____________________________ 5
1.5 Objectifs d’efcacité énergétique _________________________________________________________________________ 6
1.6 Analyse du terrain _________________________________________________________________________________________________ 7
1.7 Sols ________________________________________________________________________________________________________________________ 8
1.8 Mécanique des sols _______________________________________________________________________________________________ 9
1.9 Topographie ________________________________________________________________________________________________________ 10
1.10 Végétation ___________________________________________________________________________________________________________ 12
1.11 Arbres __________________________________________________________________________________________________________________ 13
1.12 Rayonnement solaire ___________________________________________________________________________________________ 14
1.13 Chauffage solaire passif ______________________________________________________________________________________ 16
1.14 Ombrage solaire __________________________________________________________________________________________________ 18
1.15 Éclairage du jour _________________________________________________________________________________________________ 19
1.16 Précipitations ______________________________________________________________________________________________________ 20
1.17 Drainage du terrain _____________________________________________________________________________________________ 21
1.18 Vents ___________________________________________________________________________________________________________________ 22
1.19 Environnement sonore et visuel _________________________________________________________________________ 23
1.20 Réglementation ___________________________________________________________________________________________________ 24
1.21 Règlements de zonage ________________________________________________________________________________________ 25
1.22 Accès au terrain et circulation sur le terrain _____________________________________________________ 26
1.23 Circulation piétonnière _______________________________________________________________________________________ 27
1.24 Circulation routière _____________________________________________________________________________________________ 28
1.25 Stationnement des véhicules ______________________________________________________________________________ 29
1.26 Protection des pentes _________________________________________________________________________________________ 30
1.27 Murs de soutènement __________________________________________________________________________________________ 31
1.28 Pavage _________________________________________________________________________________________________________________ 34
1.29 Plan d’aménagement ___________________________________________________________________________________________ 36
1.30 Description du terrain _________________________________________________________________________________________ 38
2 1.1 CONTEXTE

Les bâtiments n’existent pas isolément. Ils sont


conçus à des ns socioculturelles, économiques
et politiques et sont érigés dans des milieux na-
turels ou déjà aménagés, assortis de contraintes
et de possibilités de mise en valeur. La concep-
tion et la construction de bâtiments doivent
donc être précédées d’une évaluation précise de
l’environnement du terrain.
La topographie, la végétation et le microclimat
du terrain inuent sur la conception du bâtiment
dès son début. Le concepteur désireux d’optimi-
ser le confort des futurs occupants et d’écono-
miser l’énergie et les ressources s’appuie sur les
qualités du terrain, adapte la forme et le plan
du bâtiment au paysage et tient compte de la
trajectoire du soleil, de la force des vents et de
l’écoulement de l’eau qui caractérisent le terrain.
Outre l’environnement, il faut respecter la ré-
glementation en vigueur en matière de zonage,
qui détermine les utilisations acceptables du
terrain et les activités qui y sont permises, les
dimensions et la forme du bâtiment ainsi que son
emplacement sur le terrain.
De même que l’environnement et la réglementa-
tion inuent sur l’emplacement et la construction
d’un bâtiment, la présence de ce dernier, son uti-
lisation et son entretien imposent inévitablement
des contraintes additionnelles sur les systèmes de
transport et les autres services publics ou privés.
Il est donc essentiel de se demander quelle peut
être l’ampleur maximale de la construction sur
un terrain si on veut éviter d’excéder la capacité
des services, de consommer une quantité abusive
d’énergie ou de causer des dommages au milieu.
Il est toutefois impossible d’examiner les facteurs
environnementaux dont il faut tenir compte lors
de l’aménagement d’un site et de la conception
d’un bâtiment sans parler d’abord brièvement de
construction durable.
1.2 CONSTRUCTION DURABLE 3

En 1987, la Commission mondiale sur l’environnement


et le développement des Nations Unies, présidée par
l’ex-première ministre de la Norvège madame Gro Harlem
Brundtland, a publié le rapport intitulé Notre avenir à
tous. On y dénit notamment pour la première fois le
développement durable, comme suit : « Un mode de dé-
veloppement qui répond aux besoins du présent sans Principes
l Réduire la consommation de ressources
compromettre les capacités des générations futures de
l Réutiliser les ressources
répondre aux leurs. » l Recycler les ressources en vue de leur réutilisation
En raison de l’accroissement de la conscience des pro- l Protéger la nature
l Éliminer les produits toxiques
blèmes environnementaux que posent les changements
l Appliquer la notion de coût du cycle de vie
climatiques et l’épuisement des ressources, la construc- l Mettre l’accent sur la qualité
tion durable joue désormais un rôle important dans le
choix du mode de fonctionnement de l’industrie de la
conception des bâtiments. La construction durable a
nécessairement une large portée. Elle inue autant sur
la gestion des ressources que sur le développement des
quartiers. Elle exige une approche holistique qui tienne
compte des effets sociaux, économiques et environ-
nementaux du développement. Elle requiert l’entière
participation des planicateurs, des architectes, des
promoteurs immobiliers, des propriétaires d’immeubles,
des maîtres d’œuvre et des manufacturiers, de même
que celle des organismes gouvernementaux et non
gouvernementaux.
An de réduire le plus possible les effets négatifs du
développement sur l’environnement, la construction Cadre du développement durable
durable met l’accent sur l’efcacité et sur un emploi En 1994, le groupe de travail 16 de
modéré des matériaux, de l’énergie et des ressources l’International Council for Research and
spatiales. Ce type de construction exige qu’on exa- Innovation in Building a proposé un cadre
mine attentivement l’ensemble des conséquences tridimensionnel du développement durable. Ressources
prévisibles des décisions, des actions et des l Le terrain
événements, et ce, tout au long du cycle de l Les matériaux
vie d’un bâtiment, de la planication à la l L’eau
l L’énergie
localisation, en passant par la conception,
l Les écosystèmes
la construction, l’utilisation et l’entretien,
dans le cas d’un bâtiment neuf, de même
qu’au cours du processus de rénovation
d’un bâtiment existant et du
remodelage d’un quartier ou
d’une ville.

Étapes
l La planication
l Les études préconceptuelles
l La conception
l La construction
l L’utilisation et
l’exploitation
l L’entretien
l La modication
l La déconstruction
4 1.3 BÂTIMENT VERT

On emploie souvent indifféremment les termes « bâtiment


vert » et « conception durable » pour décrire n’importe
quel bâtiment qu’on a conçu en tenant compte de l’envi­
ronnement. Cependant, la construction durable implique
une approche holistique de l’aménagement qui comprend
la notion de bâtiment vert, mais qui prend également en
compte, de façon plus large, des questions sociales,
éthiques et économiques, de même que la collectivité
concernée. En tant qu’élément essentiel de la construc­
tion durable, le bâtiment vert doit fournir un milieu sain
en exploitant les ressources de manière efcace et en
s’appuyant sur des principes écologiques.
Le bâtiment vert est régi par des normes de plus en plus
précises d’évaluation environnementale des bâtiments
durables, comme le système LEED® (de l’anglais Leadership in
Energy and Environmental Design), qui fournit un ensemble
de critères mesurables pour la promotion de la construction
durable écologique. Ce système d’évaluation, mis au point par
le U.S. Green Building Council (USGBC), a fait l’unanimité de
ses membres : organismes de la fédération, des États et des
communautés ; fournisseurs, architectes, ingénieurs, entre­
preneurs en construction et propriétaires d’immeubles. Il est
constamment réévalué et rafné, de manière à tenir compte
de nouveaux renseignements et des réactions des utilisateurs.
En juillet 2003, le Canada a obtenu du USGBC la permission
d’adapter le système d’évaluation LEED® à la réalité cana­
dienne. Le Conseil du bâtiment durable du Canada (CBDCa) a
entrepris un projet de développement échelonné sur plusieurs
années. À l’automne 2014, le conseil a adopté LEED v4 visant
à mettre en application la dernière génération du programme
LEED au Canada par l’intermédiaire de l’Initiative LEED Canada.

LEED® De plus, le CBDCa n’adapte pas le système d’évaluation, mais pu­


An d’aider les concepteurs, les entrepreneurs en construction blie plutôt une liste d’options canadiennes sous le titre : « Autres
et les propriétaires d’immeubles à obtenir la certication LEED® voies de conformité alternatives » (VCA) et le Tableau des subs­
pour des bâtiments d’un type donné, à diverses étapes de leur titutions.
cycle de vie, le USGBC a élaboré différentes versions du système Le système d’évaluation LEED des nouvelles constructions se
d’évaluation LEED®. Le USGBC a récemment modié son pro­ rapporte à sept aspects principaux de l’aménagement.
gramme an de restreindre le nombre de catégories et de viser
le type de travaux plutôt que les usages. 1. L’aménagement écologique des sites
Réduction de la pollution associée aux activités de construc­
LEED v4 : tion, au choix approprié de l’emplacement d’un bâtiment, à la
l LEED­BD+C : Building Design & Construction (LEED C+CB : protection des zones écologiques vulnérables et à la restaura­
Conception et construction de bâtiments) ; tion des habitats endommagés, à la promotion de modes de
l LEED­ID+C : Interior Design & Construction (LEED AI+C : transport de remplacement susceptibles de réduire les effets
Aménagement intérieur et construction) ; de l’utilisation de l’automobile, au respect du bassin hydrolo­
l LEED­O+M : Building Operations & Maintenance (LEED­E+E : gique naturel sur le site et à la réduction du phénomène des
Exploitation et entretien des bâtiments) ; îlots de chaleur.
l LEED­Homes (Maisons) ; 2. La gestion efcace de l’eau
l LEED­ND : Neighborhood Developments (Développement des Promotion de la réduction de la demande en eau potable et de
quartiers). la production d’eaux usées au moyen de dispositifs favorisant
En octobre 2014, le CBDCa adopte les cinq volets de LEED v4. l’économie d’eau, de la capture des eaux pluviales ou du recy­
Des traductions en français sont disponibles sous les titres : LEED clage des eaux ménagères pour le transport des eaux usées, et
C+CB, LEED AI+C et PA LEED E+E. Des traductions de LEED­Homes de systèmes d’assainissement autonomes.
et LEED­ND sont également en préparation.
1.4 SYSTÈME D’ÉVALUATION DES BÂTIMENTS DURABLES DU LEED CANADA 5

3. L’énergie et l’atmosphère des occupants du bâtiment à des particules dangereuses et


Promotion des aspects suivants : l’accroissement de l’efca- à des polluants chimiques, comme les contaminants organiques
cité du bâtiment et du site quant à l’alimentation en énergie volatils (COV) dans les adhésifs et les peintures, et les résines
et à son utilisation ; l’intensication de l’emploi de sources d’urée-formaldéhyde dans les matériaux composites dérivés
d’énergie renouvelables, non polluantes, en vue de réduire du bois.
les effets environnementaux et économiques associés à la
6. Les innovations et les méthodes de conception
consommation d’énergie dérivée de combustibles fossiles ; la
Récompense de ceux qui dépassent les normes établies par le
réduction maximale de l’émission de gaz susceptibles d’appau-
système d’évaluation environnementale des bâtiments LEED-NC
vrir la couche d’ozone et de contribuer au réchauffement
ou qui font preuve d’initiative dans des catégories qui ne sont
planétaire.
pas strictement comprises dans ce système d’évaluation.
4. Les matériaux et les ressources
7. La priorité régionale
Emploi maximal de matériaux disponibles dans la région, qui
Mesures incitatives pour favoriser l’adoption de pratiques
se renouvellent rapidement et se recyclent ; réduction des
axées sur les priorités en matière d’environnement propres à
rebuts et de la demande de matériaux neufs ; préservation des
une région géographique en particulier.
ressources culturelles et minimisation des effets environne-
mentaux d’un bâtiment neuf. À chaque aspect principal est associé un nombre de points selon
5. La qualité des environnements intérieurs des critères déterminés dans la réglementation. Le nombre de
Promotion de l’accroissement du confort, de la productivité points acquis correspond à un niveau de certication :
et du bien-être des occupants du bâtiment au moyen de – de 40 à 49 points : niveau Certié ;
l’amélioration de la qualité de l’air à l’intérieur ; de la maxi- – de 50 à 59 points : niveau Argent ;
malisation de l’éclairage naturel des espaces intérieurs ; – de 60 à 79 points : niveau Or ;
de l’emploi de dispositifs permettant aux usagers de régler – de 80 à 110 points : niveau Platine.
l’éclairage et la température selon la tâche à accomplir ou
leurs préférences ; de la réduction au minimum de l’exposition
6 1.5 OBJECTIFS D’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE

Consommation d’énergie par secteur au Canada – 2010 Administration, les bâtiments seraient responsables de
Source : Ressources naturelles Canada près de la moitié de la consommation d’énergie et des
émissions de gaz à effet de serre en Amérique du Nord
chaque année. D’après monsieur Mazria, cette proportion
serait encore plus élevée à l’échelle planétaire.
Il existe deux approches pour réduire la consommation de
combustibles fossiles d’un bâtiment et, par le fait même,
les émissions de gaz à effet de serre. L’approche passive
tient compte du climat lors de la conception, du choix de
l’emplacement et de l’orientation d’un édice, et en réduit les
besoins énergétiques au moyen de techniques de refroidisse-
ment et de chauffage passifs. L’approche active augmente la
3. Seule une partie du rayon- capacité de l’édice à capter l’énergie dont il a besoin ou à
nement infrarouge qui est la tirer de sources renouvelables (énergie solaire ou éolienne,
émis traverse l’atmosphère : géothermie, énergie hydroélectrique écologique, biomasse et
le reste est absorbé par les biogaz). L’objectif est d’atteindre un juste équilibre entre la
molécules de gaz à effet
conservation de l’énergie et sa production, tout en respectant
de serre et la vapeur d’eau
présents dans l’atmosphère
la rentabilité. Mais il faut d’abord réduire le plus possible la
et qui le retransmettent dans consommation d’énergie, quelle qu’en soit la source.
toutes les directions. Architecture 2030 a élaboré le Dé 2030 an que tous
les nouveaux bâtiments et aménagements soient conçus
de manière à utiliser la moitié moins d’énergie dérivée
de combustibles fossiles, et que les bâtiments existants
soient rénovés chaque année pour répondre aux mêmes
4. La fraction des- normes. Un autre de ses objectifs est de réduire la
cendante du rayon- consommation de combustibles fossiles de 60 % en 2010,
2. La surface de
nement infrarouge de 70 % en 2015, de 80 % en 2020 et de 90 % en 2025.
la Terre émet
est ce qu’on appelle
ensuite l’énergie À compter de 2030, tous les nouveaux bâtiments devront
l’« effet de serre »,
absorbée sous être construits et opérés sans combustibles fossiles.
qui provoque une
forme de rayon-
nement infra-
augmentation de la L’Initiative R-2000 favorise les méthodes et les technolo-
rouge de grande
température de la gies de construction éconergétiques et rentables. Depuis
basse atmosphère plus de 20 ans, la Norme R-2000 est devenue la réfé-
longueur d’onde.
et de la surface rence pour la construction d’habitations au Canada. On y
1. Le rayonnement solaire incident est partiellement terrestre. intègre régulièrement les nouvelles technologies. La
rééchi par la Terre et l’atmosphère, mais la plus grande Norme R-2000 xe un objectif de consommation d’éner-
partie est absorbée, d’où le réchauffement de la surface gie pour chaque maison et établit une série d’exigences
de la Terre et de l’atmosphère. techniques concernant la ventilation, l’étanchéité à
l’air, l’isolation, le choix des matériaux, la consommation d’eau,
Changements climatiques et réchauffement planétaire etc. Ces exigences sont environ 40 % plus sévères que celles des
Les gaz à effet de serre, tels le dioxyde de carbone, le méthane codes du bâtiment. Les maisons ainsi construites consomment
et l’oxyde nitreux, sont des émissions gazeuses qui s’élèvent dans 30 % moins d’énergie que celles de conception traditionnelle.
l’atmosphère. Le CO2 constitue la majorité des gaz à effet de serre En plus de l’Initiative LEED Canada, le CBDCa a lancé l’Initiative
émis en Amérique du Nord, et la principale source de ces émissions sur la performance des bâtiments durables, qui vise à élabo-
est la consommation de combustibles fossiles. rer un outil abordable et accessible de gestion énergétique et
La plus grande partie de la consommation d’énergie associée environnementale pour les nouveaux bâtiments et les bâtiments
à un bâtiment n’est pas liée à la production de matériel ou au existants. Le CBDCa favorise ainsi l’amélioration de la perfor-
processus de construction, mais plutôt aux processus d’exploi- mance écologique de 100 000 bâtiments et de un million de
tation, soit le chauffage, le refroidissement et l’éclairage. Cela maisons partout au Canada, avec une réduction vériée
signie que, si on veut réduire la consommation d’énergie et les de 50 % de la consommation d’énergie et d’eau par rapport à
émissions de gaz à effet de serre attribuables à l’utilisation et l’année de base 2005.
à l’entretien d’un bâtiment tout au long de son cycle de vie, il Le gouvernement du Québec a adopté une stratégie énergétique
faut le concevoir en conséquence, en choisir l’emplacement et la qui dénit les buts à atteindre et les actions à entreprendre de
forme appropriés, et avoir recours à des méthodes naturelles de 2006 à 2015.
chauffage, de refroidissement, de ventilation et d’éclairage. En collaboration avec la Régie du bâtiment, l’Agence de l’efcacité
Le groupe environnementaliste Architecture 2030 a pour mission de énergétique proposera une nouvelle réglementation appropriée
s’attaquer aux changements climatiques mondiaux en fournissant à tous les types de bâtiments neufs en vue d’améliorer de 20 % à
de l’information et en proposant des solutions novatrices dans les 25 % leur performance énergétique. L’Agence met aussi en œuvre
domaines de l’architecture et de la planication. Son fondateur, le programme Novoclimat. En plus d’améliorer d’au moins 25 % la
l’architecte du Nouveau-Mexique Edward Mazria, souligne le performance énergétique des bâtiments, le concept Novoclimat vise
fait que, selon des données de la U.S. Energy Information l’amélioration des techniques de construction.
1.6 ANALYSE DU TERRAIN 7

L’analyse du terrain est l’étude des facteurs qui inuent sur le – Dessiner l’aire et la forme du terrain conformément à ses
choix de l’emplacement d’un bâtiment, l’agencement et l’orienta- limites cadastrales.
tion de ses pièces, la forme et la structure de son pourtour ainsi – Indiquer les reculs, les servitudes et les droits de
que sur ses relations avec le paysage. Elle débute toujours par la passage.
collecte des données physiques pertinentes. – Estimer l’aire et le volume requis pour le bâtiment, les
aménagements et l’expansion future, le cas échéant.
– Analyser les pentes du terrain et l’état du sous-sol pour
désigner les surfaces se prêtant à la construction et aux
activités extérieures.
– Repérer les pentes fortes ou modérées qui seraient
impropres à la construction.
– Localiser les surfaces appropriées pour le drainage, le cas
échéant.
– Dessiner les réseaux de drainage existants (LEED v4,
crédit AÉS : Gestion des eaux pluviales).
– Déterminer le niveau de la nappe phréatique.
– Repérer les surfaces exposées à un ruissellement excessif
des eaux de surface, aux inondations et à l’érosion.

– Repérer les arbres et la végétation indigènes à conserver.


– Représenter graphiquement les espaces aquifères
à protéger : marais, cours d’eau, bassin hydrographique,
périmètre d’inondation, berges, etc. (LEED v4, crédit
AÉS : Aménagement du site – Protéger ou restaurer les
habitats naturels).

– Dresser une carte des conditions climatiques illustrant la


trajectoire du soleil, la direction des vents dominants et
la pluviométrie.
– Évaluer l’incidence de la forme du terrain et des struc-
tures adjacentes sur l’ensoleillement, les vents domi-
nants et les possibilités d’éblouissement.
– Évaluer le potentiel énergétique du rayonnement solaire.

– Déterminer les points d’accès au réseau routier et au sys-


tème de transport en commun (LEED v4, crédit ET : Accès
à un réseau de transport en commun de qualité).
– Relever les trajets que pourraient emprunter les piétons
et les véhicules entre ces points d’accès et les entrées du
bâtiment.
– S’assurer de la présence des services publics : conduites
d’eau, réseau d’égouts, conduites de gaz, lignes élec-
triques, réseaux téléphoniques, câblodistribution,
bouches d’incendie.
– Vérier l’accès aux services municipaux de police et de
protection contre les incendies.

– Repérer les vues désirées et les vues désagréables.


– Énumérer les éventuelles sources d’embouteillages et de
bruits.
– Évaluer si les utilisations actuelles et projetées des
terrains adjacents sont compatibles.
– Faire la liste des ressources culturelles et patrimoniales à
préserver.
– Examiner l’incidence de la nature et de la taille du quar-
tier ou de la région sur la conception du bâtiment.
– Dresser la carte des distances entre le terrain
et les services publics, commerciaux, médicaux
et récréatifs (LEED Canada AÉS, crédit 2 : Densité et
développement).
8 1.7 SOLS

Il existe deux grandes classes de sols : les sols grossiers et les sols ns.
Les sols grossiers contiennent des particules de gravier et de sable rela-
tivement grosses et visibles à l’œil nu, tandis que les sols ns, tels que
le silt et l’argile, comprennent de plus petites particules. Le Unied Soil
Classication System de l’American Society for Testing and Materials (ASTM)
classe les graviers, les sables, les silts et les argiles en différents types de
sols, selon leur composition et leurs caractéristiques physiques ; voir le
tableau ci-dessous.
Gravier Sable Argile
Le sous-sol d’un terrain à bâtir peut être constitué de couches superposées
dont chacune renferme un mélange de types de sols résultant de l’action de
facteurs climatiques et du dépôt de sédiments. Les ingénieurs géotechniciens
représentent cette succession de couches ou strates géologiques, aussi
appelées horizons, à l’aide d’un prol du sol, qu’illustre le diagramme d’une
section verticale du sol sur une certaine profondeur, établi à partir des
données fournies par un puits d’exploration ou de forage.
Le maintien en l’état de la charpente d’un bâtiment repose essentiellement
sur la stabilité et la résistance à la charge du sol ou de la roche sous les
fondations. La stratication, la composition et la densité du sol, la variation
de la taille des particules et la présence ou l’absence d’eau souterraine sont
les principaux facteurs servant à déterminer si un sol peut accueillir des
fondations. Pour toute construction autre qu’une habitation unifamiliale, on
recommande qu’un ingénieur géotechnicien procède à l’analyse du sous-sol.
L’analyse du sous-sol (DCC 02 32 00) comprend l’examen des composantes du
sol qu’aura révélées le creusage d’un puits d’exploration de 10’ (3 m) ou un
forage plus profond, dans le but de connaître la structure du sol, sa résis-
tance au cisaillement et à la compression, sa teneur en eau et sa perméa-
bilité ainsi que l’ampleur et le taux de son affaissement sous une charge.
Ces renseignements permettront à l’ingénieur géotechnicien d’évaluer le
tassement total et différentiel du sol qui soutiendra le bâtiment projeté.

Capacité
portante présuméeb Susceptibilité Perméabilité et
Classement des solsa Symbole Description au gel drainage
2c
lb/pi kPa

Graviers Graviers propres GW Gravier à bonne 10 000 479 Nulle Excellents


6,4 mm à 76,2 mm granulométrie
GP Gravier à mauvaise 10 000 479 Nulle Excellents
granulométrie
Graviers avec nes particules GM Gravier silteux 5 000 239 Faible Mauvais
GC Gravier argileux 4 000 192 Faible Mauvais

Sables Sables propres SW Sable à bonne granulométrie 7 500 359 Nulle Excellents
0,05 mm à 6,4 mm SP Sable à mauvaise granulo- 6 000 287 Nulle Excellents
métrie
Sables avec nes particules SM Sable silteux 4 000 192 Faible Assez bons
SC Sable argileux 4 000 192 Moyenne Mauvais

Silts LL > 50d ML Silt inorganique 2 000 96 Très forte Mauvais


0,002 mm à 0,05 mm CL Argile inorganique 2 000 96 Moyenne Sol imperméable
et argiles LL < 50d OL Silt-argile organique Très faible Forte Sol imperméable
< 0,002 mm MH Silt inorganique élastique 2 000 96 Très forte Mauvais
CH Argile inorganique de grande 2 000 96 Moyenne Sol imperméable
plasticité
OH Argile et silt organiques Très faible Moyenne Sol imperméable

Sols hautement organiques Pt Tourbe Inadéquate Faible Mauvais

a Selon le Unied Soil Classication System de l’ASTM


b Pour connaître les capacités portantes admissibles, consulter un ingénieur géotechnicien et le Code du bâtiment.
c 1 lb/pi2 = 0,0479 kPa
d LL = limite de liquidité, c’est-à-dire teneur en eau, exprimée en pourcentage du poids à sec, à partir de laquelle un sol passe de l’état plastique à l’état liquide
1.8 MÉCANIQUE DES SOLS 9

La capacité portante admissible d’un sol désigne la


pression unitaire maximale que les fondations peuvent
exercer verticalement ou latéralement sur le sol. En
l’absence d’analyse et d’essai géotechniques, les codes
du bâtiment peuvent autoriser l’emploi de valeurs
sécuritaires de capacité portante pour diverses classes
de sols. Les sols à capacité portante élevée présentent
peu de problèmes, mais les sols à capacité portante
peu élevée peuvent imposer le recours à un certain
type de fondations ainsi qu’une répartition très spéci-
que des charges, et ils déterminent même parfois la
forme et le plan du bâtiment.
La densité des sols granuleux est un facteur essentiel
pour en établir la capacité portante. L’essai de péné-
tration standard indique la densité des sols granuleux
et la consistance de quelques argiles au fond d’un trou
de sondage, selon le nombre de coups que donne un
marteau pour enfoncer un échantillonneur de sol stan-
dard. Dans certains cas, le compactage par cylindrage,
damage ou trempage pour optimiser la teneur en eau
peut faire augmenter la densité d’un sol.
Les sols grossiers ont un pourcentage de vides relati-
vement faible et offrent un appui plus stable que le
silt ou l’argile. Les sols argileux, en particulier, sont
généralement instables parce qu’ils se contractent ou
se dilatent beaucoup à mesure que varie leur teneur
en eau. Les sols instables peuvent rendre un terrain
impropre à toute construction, à moins que n’y soit
installé un système de fondations soigneusement
conçu, donc coûteux.
La résistance au cisaillement d’un sol est sa capacité
à résister au déplacement sous l’action d’une force
externe, qui résulte surtout des effets combinés de sa
cohésion et du frottement interne. Le sol non conné l Argile compacte
des terrains en pente et celui des terrains plats, du- l Sable sec
rant une excavation, ont tendance à se déplacer laté- l Mélange d’argile,
ralement. Les sols cohésifs, tels que les sols argileux, de silt et de sable
conservent leur résistance au cisaillement en l’absence Angle d’équilibre l Argile saturée
de connement, tandis que les sols granuleux, tels (angle de frottement effectif) des remblais nus
que les graviers, les sables et certains silts, n’exercent
leur résistance au cisaillement qu’à l’application d’une
force de connement et se caractérisent par un angle
d’équilibre (angle de frottement effectif) relativement
faible.
La surface de la nappe phréatique est le niveau au-
dessous duquel le sol est saturé d’eau souterraine. Le
niveau de l’eau souterraine de certains terrains à bâtir
varie selon les saisons. Toute eau souterraine doit
être maintenue à l’écart des fondations pour que soit
conservée la capacité portante du sol et que soient
réduits au minimum les risques d’inltration dans le
sous-sol du bâtiment. Par rapport aux sols ns, les sols
grossiers sont plus perméables, se drainent mieux et
sont moins susceptibles de geler.
10 1.9 TOPOGRAPHIE

La topographie est la représentation graphique des carac­


téristiques de la surface d’un terrain et sert à déterminer
où et comment sera construit le bâtiment et aménagé
le terrain. On conçoit un bâtiment à partir de la topo­
graphie des lieux en utilisant une série de sections du
terrain ou un plan du site doté de courbes de niveau.
Les courbes de niveau sont des lignes imaginaires joi­
gnant tous les points d’égale élévation au­dessus d’un
point de repère préétabli. La trajectoire de chaque courbe
de niveau indique la forme du relief à l’élévation corres­
pondante. Remarquons que les courbes de niveau sont
toujours continues, ne se coupent jamais et ne coïn­
cident dans une vue en plan que lorsqu’elles traversent
une surface verticale.

L’équidistance désigne la différence d’élévation entre


deux courbes de niveau adjacentes quelconques
d’une carte topographique ou d’un plan de terrain.
L’équidistance utilisée varie selon l’échelle du dessin,
les dimensions du terrain et la nature de la topographie.
Plus le terrain est grand et plus les pentes sont fortes,
plus l’équidistance entre les courbes est élevée. Pour des
terrains très étendus ou à forte pente, on peut utiliser
des équidistances de 20’ ou 40’ (6 m ou 12 m), tandis
que pour de petits terrains à pentes relativement faibles,
des équidistances de 1’, 2’ ou 5’ (0,5 m, 1 m ou 1,5 m)
peuvent être nécessaires.

L’espacement horizontal et la forme des courbes de


niveau illustrent la nature topographique d’un terrain.
l Des courbes largement espacées indiquent un terrain relative­
ment plat ou légèrement en pente.
l Des courbes également espacées dénotent une pente constante.
l Des courbes serrées révèlent une hausse d’élévation relative­
ment prononcée.
l Les courbes de niveau représentent une crête lorsqu’elles
pointent vers les élévations inférieures, et une vallée
lorsqu’elles pointent vers les élévations supérieures.

l Les terrains de pente supérieure à 25 % sont sujets à l’érosion


et se prêtent difcilement à la construction de bâtiments.
l Les terrains de pente supérieure à 10 % sont peu propices
aux activités extérieures et engendrent des coûts de cons­
truction assez élevés.
l Les terrains de pente comprise entre 5 % et 10 % convien­
nent à certaines activités extérieures et présentent peu de
l Pente (%) = (hausse d’élévation [v]/distance problèmes pour la construction de bâtiments.
horizontale [h]) x 100 l Les terrains de pente inférieure à 5 % conviennent à la plu­
La pente d’un terrain entre deux courbes de part des activités extérieures et se prêtent assez facilement à
niveau quelconques est fonction de la variation la construction de bâtiments.
totale de l’élévation et de la distance horizontale
entre ces deux courbes.
1.9 TOPOGRAPHIE 11

Pour des raisons esthétiques, économiques et écologiques,


l’objectif général de l’aménagement d’un terrain consiste à
modier le moins possible ses formes et ses caractéristiques
et à tirer prot de ses pentes naturelles et de son microclimat.
l L’aménagement du terrain et la construction des bâti- LEED v4, crédit AÉS : Gestion des eaux pluviales
ments ne doivent pas avoir d’incidence négative sur les
réseaux de drainage naturels du terrain et sur les proprié-
tés adjacentes.
l S’il faut modier le prol du terrain, on doit procéder au
drainage des eaux de surface et des eaux souterraines.
l On doit veiller à ce que s’équivalent les quantités de
matières enlevées et apportées pour la construction
des fondations et l’aménagement du terrain.
l Il faut éviter de construire sur les pentes fortes, qui sont
sujettes à l’érosion et aux glissements de terrain.
l Les marais et autres habitats sauvages devant être pro- LEED v4, crédit AÉS : Aménagement du site –
tégés peuvent réduire la partie constructible d’un terrain. Protéger ou restaurer les habitats naturels
l On doit bien connaître les restrictions frappant la cons-
truction d’un bâtiment sur un terrain situé dans une
plaine inondable ou à proximité d’un tel endroit.
l La construction d’une structure sur pilotis ou sur poteaux
permet de préserver au mieux l’état naturel du terrain
et de la végétation.
l La construction d’une structure en gradins sur une pente
impose des travaux d’excavation et l’ajout de murs de
soutènement ou d’un terrassement en banquettes.
l L’insertion d’une structure dans une pente ou son
enfouissement partiel réduisent les écarts de
température, l’exposition au vent et la perte
de chaleur dans les climats froids.

Le microclimat d’un terrain dépend de l’altitude, de la


l La température atmosphérique diminue avec l’alti- nature et de l’orientation du terrain et de la présence de
tude d’environ 1 °F (0,56 °C) par élévation masses d’eau.
de 400’ (122 m).
l L’air chaud monte.
l L’air froid, plus lourd, l Le rayonnement solaire réchauffe les pentes exposées au sud
s’accumule dans et crée une zone tempérée.
les zones plus basses.
l Les brises diurnes, qui remplacent les courants ascendants
d’air chaud au-dessus du sol, peuvent engendrer une baisse
de température allant jusqu’à 10 °F (5,6 °C).
l L’herbe et les autres couvertures végétales diminuent la
température au sol en absorbant le rayonnement solaire et
en favorisant le refroidissement par évaporation.
l Les surfaces dures élèvent la température du sol.

l Les surfaces pâles reètent le rayonnement solaire, tandis


que les surfaces foncées l’absorbent et le retiennent.

Les grandes masses d’eau :


– agissent comme des réservoirs thermiques et
modèrent les variations de température locales ;
– sont généralement plus froides que la terre durant LEED v4, crédit AÉS : Réduction des îlots de chaleur
le jour et plus chaudes durant la nuit, et génèrent
des vents à leur surface ;
– sont généralement plus chaudes que la terre en
hiver et plus froides en été.
En milieu chaud et sec, même les petites masses
d’eau sont utiles, sur les plans psychologique et phy-
sique, car elles refroidissent l’air par évaporation. DCC 31 10 00 Déblaiement de l’emplacement
DCC 31 20 00 Mouvement des sols
DCC 32 70 00 Zones humides
12 1.10 VÉGÉTATION

Outre son aspect esthétique, la végétation conserve


l’énergie, encadre ou cache les vues, étouffe les bruits,
freine l’érosion et offre un lien visuel entre un bâtiment
et son terrain. Voici les facteurs à prendre en compte
lors du choix et de l’utilisation de la végétation pour
l’aménagement paysager :
– la structure et la forme des arbres ;
– la densité, la texture et les couleurs saisonnières du
feuillage ;
– la vitesse ou le taux de croissance ;
– la hauteur et l’envergure du feuillage à la maturité ;
– les contraintes relatives au sol, à l’arrosage, à l’enso-
leillement et aux écarts de température ;
– la profondeur et l’étendue des racines.

l Les arbres et les plantes adaptent leur forme au climat.

LEED v4, crédit AÉS : Gestion des eaux pluviales


LEED v4, crédit AÉS : Réduction des îlots de chaleur
LEED v4, crédit GEE : Réduction de la consommation
d’eau à l’extérieur

l Les arbres sains et la végétation qui sont sur place doivent


être préservés le plus possible. Durant la construction et le
réaménagement du terrain, les arbres sur place doivent être
protégés sur une étendue correspondant au diamètre de
leur feuillage. Les racines des arbres plantés trop près d’un
bâtiment peuvent en endommager les fondations et abîmer
les conduites des services publics.
l Pour entretenir la vie végétale, le sol doit pouvoir absorber
l’eau, fournir les nutriments appropriés, favoriser l’aération et
être exempt de sels concentrés.

L’herbe et les autres couvertures végétales :


– font diminuer la température atmosphérique en absor-
bant une partie du rayonnement solaire et en favori-
sant le refroidissement par évaporation ;
– aident à stabiliser les remblais et à prévenir l’érosion ;
– rendent le sol plus perméable à l’air et à l’eau.
La vigne diminue par ombrage la transmission de la
chaleur à travers un mur ensoleillé et refroidit l’environ-
nement immédiat par évaporation.

DCC 32 90 00 Plantations
1.11 ARBRES 13

Les arbres inuent de diverses façons sur l’environnement immédiat


d’un bâtiment.
Ombrage
La quantité de rayonnement solaire capté ou ltré
par un arbre dépend :
– de son orientation par rapport au soleil ;
– de la distance le séparant d’un bâtiment ou d’un
espace extérieur ;
– de sa forme, de son envergure et de sa hauteur ;
– de la densité de son feuillage et de la structure
de ses branches.

l Les arbres situés au sud-est d’un bâtiment ou d’un


espace extérieur offrent un ombrage optimal en matinée
tandis que ceux situés au sud-ouest offrent un meilleur
ombrage en n d’après-midi, lorsque le soleil est bas et
projette de longues ombres.
l Les surplombs exposés au sud offrent un ombrage opti-
mal à mi-journée, alors que le soleil est haut et qu’il
projette de petites ombres.
l Les feuillus font de l’ombrage et protègent contre
l’éblouissement en été, et ils laissent passer le rayon-
nement solaire entre leurs branches en hiver.
l Les conifères font de l’ombrage toute l’année et
réduisent l’éblouissement nival en hiver.

Barrière au vent
l Les conifères offrent une bonne barrière au vent et
diminuent la perte de chaleur d’un bâtiment en hiver.
l Le feuillage des arbres diminue la quantité de pous-
sières soufées par le vent.
l Voir aussi la page 22.

Délimitation de l’espace
l Les arbres peuvent délimiter les espaces extérieurs
consacrés aux activités et aux déplacements.

Encadrement et masquage des vues


l Les arbres encadrent les vues désirées.
l Les arbres cachent les vues indésirables et confèrent un
caractère plus intime aux espaces extérieurs.

Réduction du bruit
l Un assortiment de feuillus et de conifères est des plus
efcaces pour intercepter et réduire les bruits aériens,
particulièrement lorsque des buttes de terre sont pré-
sentes.

Amélioration de la qualité de l’air


l Des particules en suspension nissent par se déposer
sur les feuilles des arbres, puis sont emportées au sol
par la pluie.
l Les feuilles peuvent aussi assimiler des polluants à
l’état gazeux ou autre.
l La photosynthèse métabolise des émanations et
d’autres odeurs.

Stabilisation du sol
l Les racines des arbres stabilisent le sol, le rendent plus
perméable à l’eau et à l’air, et enrayent l’érosion.
14 1.12 RAYONNEMENT SOLAIRE

Diagramme de la trajectoire du soleil L’emplacement, la forme et l’orientation d’un bâti-


ment et de ses pièces doivent maximiser les bienfaits
thermiques, hygiéniques et psychologiques du soleil.
Le rayonnement solaire n’est toutefois pas toujours
bénéque, selon la latitude et le climat du terrain.
La conception du bâtiment doit reposer sur le main-
tien d’un équilibre entre les périodes d’échauffement
moindre, lorsque le rayonnement solaire est bénéque,
et les périodes d’échauffement aigu, lorsqu’il faut éviter
le rayonnement solaire.
La trajectoire du soleil varie selon les saisons et la
latitude du terrain. La plage des angles solaires sur un
terrain donné s’obtient dans un almanach du temps ou
auprès d’un service météorologique, après quoi il est
possible d’établir l’apport potentiel en chaleur solaire et
les besoins en matière d’ombrage en vue de la concep-
l La hauteur est l’élé-
tion des bâtiments.
vation angulaire
du soleil au-dessus
de l’horizon.

O N
l Horizon

l Solstice d’été (21 juin)

l Équinoxe de printemps (21 mars)


S E
l Équinoxe d’automne (22 septembre)

l Solstice d’hiver (22 décembre)


l L’azimut est l’angle d’écart horizon-
tal, mesuré dans le sens horaire,
d’une position par rapport à une
direction sud standard.

Angles solaires
Hauteur à midi Azimut au lever et au coucher du soleila
Latitude nord Ville
21 déc. 21 mars et 21 sept. 21 déc. 21 juin

53° Labrador City 13,6° 37° 48,5° 131,7°


51° Baie du Poste 15° 39° 50,6° 129,6°
49° Dolbeau 17,6° 41° 52,5° 127,6°
47° Montmagny 19,6° 43° 54,2° 126°
45,5° Montréal 21° 45° 54,1° 113,5°
43,7° Toronto 22° 46° 56° 122°
a L’azimut est à l’est du sud au lever du soleil et à l’ouest du sud au coucher.
1.12 RAYONNEMENT SOLAIRE 15

Voici les formes et les orientations recomman-


dées pour un bâtiment isolé, dans différentes
régions climatiques. L’information donnée ici
doit être envisagée à la lumière de toute autre
exigence découlant du contexte ou du pro-
gramme architectural.

Régions froides
La réduction de l’aire d’un bâtiment au mini-
mum nécessaire diminue l’exposition aux basses l Emplacement
températures. l Orientation
l Maximisation de l’absorption du rayonnement
solaire
l Diminution des pertes de chaleur par rayon-
nement, conduction et évaporation
l Protection contre les vents

Régions tempérées
L’allongement d’un bâtiment sur l’axe est-ouest
maximise la surface des murs exposés au sud.
l Réduction au minimum des surfaces exposées à l’est l Emplacement
et à l’ouest, qui sont généralement plus chaudes en
l Orientation
été et plus froides en hiver que les surfaces expo-
sées au sud
l Meilleur équilibre entre l’apport de chaleur solaire et
la protection par ombrage sur une base saisonnière
l Meilleur déplacement d’air par temps chaud et
meilleure protection contre le vent par temps froid

Régions chaudes et arides


L’enceinte du bâtiment devrait comprendre une
cour intérieure.
l Diminution de l’apport de chaleur par rayonnement l Emplacement
solaire et par conduction
l Orientation
l Accroissement du refroidissement par évaporation
grâce à la présence de fontaines, de bassins et de
végétation
l Apport d’ombrage sur les fenêtres et les espaces
extérieurs

Régions chaudes et humides


L’allongement du bâtiment sur l’axe est-ouest
réduit au minimum l’exposition à l’est et à
l’ouest.
l Diminution de l’apport de chaleur solaire
l Utilisation du vent pour le refroidissement par l Emplacement
évaporation l Orientation
l Apport d’ombrage sur les fenêtres et les espaces
extérieurs

LEED v4 : Performance énergétique minimale


16 1.13 CHAUFFAGE SOLAIRE PASSIF

Le chauffage solaire passif désigne l’utilisation de


l’énergie solaire pour le chauffage des pièces d’un
bâtiment sans l’ajout de dispositifs mécaniques néces­
sitant un apport d’énergie. Les systèmes de chauffage
solaire passif reposent plutôt sur le transfert de chaleur
par conduction, par convection et par rayonnement pour
capter, stocker, répartir et régulariser l’énergie solaire.

l La constante solaire est le taux moyen de réception par la


Terre de l’énergie rayonnante émise par le Soleil. Elle est
égale à 430 Btu/pi2­h (1353 W/m2). Au Canada, l’intensité
maximale du rayonnement solaire au sol, qui sert au calcul
de l’effet du rayonnement solaire sur un bâtiment, varie
de 304 Btu/pi2­h (957 W/m2) à 45° N de latitude à
290 Btu/pi2­h (914 W/m2) à 53° N de latitude.

Voici les deux éléments essentiels à tout système de


chauffage solaire passif :
1. Une vitre ou un plastique transparent exposé au sud
pour capter l’énergie solaire.
l L’aire transparente doit représenter de 30 % à 50 % de
l’aire du plancher sous les climats froids et de 15 % à
25 % de l’aire du plancher sous les climats tempérés,
selon la température hivernale extérieure moyenne et les
pertes de chaleur prévues.
l Le matériau transparent doit résister à la dégradation
causée par les rayons ultraviolets du soleil.
l Un matériau transparent à double épaisseur et un isolant
sont nécessaires pour réduire au minimum les pertes de
chaleur nocturnes.

2. Une masse thermique pour le captage, le stockage et


la répartition de la chaleur, orientée pour maximiser
l’exposition au soleil.
l Les matériaux de stockage thermique comprennent le
béton, la brique, la pierre, la tuile, le pisé, le sable et
l’eau ou un autre liquide. Des matériaux à changement
de phase, tels que les sels eutectiques et les parafnes,
conviennent également.

l Béton : 12” à 18” (305 à 405)


l Brique : 10” à 14” (255 à 355)
l Brique d’argile : 8” à 12” (200 à 305)
l Eau : 6” (150) ou plus
l Les surfaces foncées absorbent le rayonnement solaire
davantage que les surfaces pâles.
l Les évents, les régulateurs de tirage, les panneaux iso­
lants mobiles et les dispositifs d’ombrage améliorent
la répartition de la chaleur.

Selon les rapports entre le rayonnement solaire, l’espace


intérieur et le système de captage de la chaleur, le
chauffage solaire passif s’accomplit de trois façons :
l’apport direct, l’apport indirect et l’apport isolé.

DCC 23 56 00 Équipements de chauffage fonctionnant à l’énergie solaire


1.13 CHAUFFAGE SOLAIRE PASSIF 17

Apport direct
Les systèmes d’apport direct captent la chaleur direc-
tement dans un espace intérieur. L’aire de la masse de
stockage, qui est incorporée à l’espace intérieur en
question, doit représenter de 50 % à 66 % de l’aire
totale de cet espace. Durant la saison plus froide, des
fenêtres qui s’ouvrent et des ouvertures dans les murs
sont utilisées pour la ventilation naturelle ou forcée.

l Évent de l Masse thermique constituée


refroidissement d’un plancher et de murs

Apport indirect
Les systèmes d’apport indirect régularisent l’apport
de chaleur à la paroi extérieure du bâtiment. Le
rayonnement solaire atteint d’abord la masse ther-
mique – généralement un mur Trombe en béton ou
en maçonnerie ou encore un mur renfermant des ton-
neaux ou des tubes remplis d’eau – qui est située
entre le soleil et la pièce à chauffer. L’énergie solaire
captée circule dans le mur par conduction, puis se
répand dans la pièce par rayonnement et par convection. l Évent de l Masse thermique : mur capteur (ou mur Trombe)
refroidissement de 12” (305) ou mur d’eau de 6” (150)

Solarium
Un solarium permet également un apport de chaleur
indirect. Le solarium, doté d’un plancher à grande
masse thermique, est séparé du principal espace habité
par un mur de stockage de chaleur qui libère de la
chaleur selon les besoins. Le solarium se refroidit par
un évent tourné vers l’extérieur.
l Évent de l Aire de plancher d’au moins 10’ × 12’ (3050 × 3660)
refroidissement

Toit capteur
Un toit capteur rend aussi possible un apport indirect. l Panneau isolant
Il renferme une masse liquide qui absorbe et stocke mobile
l’énergie solaire. La nuit, un panneau isolant prend l Masse liquide
place sur la masse liquide an que la chaleur stockée
rayonne à l’intérieur de la pièce. L’été, le processus
est inversé pour que la chaleur absorbée à l’intérieur le
jour puisse rayonner à l’extérieur la nuit.

Apport isolé
Les systèmes d’apport isolé captent et stockent le
rayonnement solaire à l’écart de la pièce à chauffer.
L’eau ou l’air dans le capteur est chauffé par le soleil
et monte jusqu’à la pièce à chauffer, ou est stocké l Évent de
dans la masse thermique jusqu’au moment voulu. refroidissement
Simultanément, l’eau ou l’air plus froid est extrait l Montée de l’agent
du bas de l’accumulateur de chaleur, ce qui engendre réchauffé
une boucle de convection naturelle. l Descente de l’agent en l Accumulateur
vue de son réchauffement de chaleur
18 1.14 OMBRAGE SOLAIRE

Les dispositifs d’ombrage protègent les


fenêtres et les autres aires vitrées contre la
lumière solaire directe et diminuent l’éblouis-
sement et l’apport excessif de chaleur solaire
par temps chaud. Leur efcacité dépend de
leur forme et de leur orientation par rapport
à la hauteur et à l’azimut du soleil, selon le
moment de la journée et la saison. Les dis-
positifs extérieurs sont plus efcaces que les
dispositifs intérieurs parce qu’ils interceptent
les rayons solaires avant qu’ils n’atteignent
une fenêtre ou un mur extérieur.
Voici des schémas illustrant les principaux
l Les surplombs horizontaux offrent l Les lames horizontales parallèles au
une efcacité maximale quand ils mur favorisent la circulation d’air dispositifs d’ombrage. Leur forme, leur orien-
sont orientés vers le sud. près du mur et diminuent l’apport tation, leur construction et les matériaux
de chaleur par conduction. employés dépendent du contexte de leur utili-
l Elles sont actionnées soit manuel- sation. Les propriétés visuelles de leur forme,
lement, soit automatiquement de leur texture et de leur ouverture ainsi que
par des minuteries ou des cellules l’ombre qu’ils projettent doivent être prises
photoélectriques selon l’angle en compte au moment de la conception des
solaire. façades du bâtiment.

l Les lames inclinées protègent l Les lames suspendues à un surplomb l Les lames verticales sont particulièrement
davantage que les lames parallèles plein protègent contre les faibles efcaces lorsqu’elles sont exposées vers l’est
au mur. angles solaires. ou l’ouest.
l L’angle d’ouverture varie selon la l Ces lames peuvent obstruer la vue. l Elles sont actionnées soit manuellement, soit
gamme d’angles solaires. automatiquement par des minuteries ou des
cellules photoélectriques selon l’angle solaire.
l Leur éloignement du mur diminue l’apport de
chaleur par conduction.

l Les brise-soleil associent les l Les volets et les rideaux permettent une l Les arbres et les structures adjacentes
caractéristiques d’ombrage des diminution du rayonnement solaire allant apportent un ombrage qui varie selon leur
lames horizontales et verticales, et jusqu’à 50 %, selon leur réectivité. proximité, leur hauteur et leur orientation.
offrent un taux d’ombrage élevé. l Le verre absorbant la chaleur capte
l Les brise-soleil sont très efcaces jusqu’à 40 % du rayonnement qui atteint
sous les climats chauds. sa surface.

DCC 10 71 13 Dispositifs extérieurs pare-soleil


1.15 ÉCLAIRAGE DU JOUR 19

Le rayonnement solaire réchauffe et éclaire les pièces


d’un bâtiment. En plus de ses bienfaits psychologiques,
la lumière du jour a une utilité pratique : elle diminue
la quantité d’énergie consacrée à l’éclairage articiel.
L’intensité de la lumière solaire directe varie selon le
moment de la journée, la saison et le lieu. Cette lumière
est atténuée par la couverture nuageuse, le brouillard et
les précipitations, et elle est rééchie par le sol et les
autres surfaces environnantes.

l Lumière solaire directe


l Lumière ambiante rééchie et atténuée par des molécules d’air
l Réexion extérieure au sol et sur les structures adjacentes
l Réexion intérieure à la surface des pièces

l Les fenêtres orientées vers le nord La quantité et la qualité de l’éclairage du jour dans une
laissent entrer une lumière ambiante
pièce varient selon les dimensions et l’orientation de ses
douce et diffuse.
fenêtres, la transmittance du vitrage, la réectance des sur-
faces intérieures et extérieures, et le volume des surplombs
et des arbres avoisinants.
l Les fenêtres orientées vers l’est et vers l’ouest doivent être
munies de dispositifs d’ombrage pour éviter la pénétration de
lumière solaire vive tôt le matin et en n d’après-midi.
l Les fenêtres orientées vers le sud sont d’excellentes sources de
lumière du jour, dans la mesure où un dispositif d’ombrage horizon-
tal amoindrit le rayonnement et l’éblouissement solaires excessifs.

L’éclairage apporté par la lumière du jour diminue lorsque


celle-ci pénètre dans une pièce. Généralement, plus une
fenêtre est haute et grande, plus la lumière du jour qui
entre est intense.
l Les auvents mettent le vitrage à l’abri de la lumière solaire
directe tout en rééchissant la lumière du jour vers le plafond
de la pièce. Une série de lames blanches, opaques et parallèles
offrent aussi un ombrage et rééchissent une lumière du jour
diffuse vers l’intérieur.
l Voici une règle empirique pratique : la lumière du jour offre un
éclairage utile dans une pièce à une profondeur égale au double
de la hauteur d’une fenêtre.
LEED v4, crédit QEI : Lumière naturelle – Vues de qualité l Le plafond et le mur du fond d’une pièce rééchissent et répar-
tissent mieux la lumière du jour que les murs latéraux et le plan-
cher ; les surfaces pâles rééchissent et répartissent la lumière
davantage que les surfaces foncées, mais de grandes surfaces
luisantes peuvent éblouir.
l Un puits de lumière à vitre translucide donne un bon éclairage
naturel à une pièce sans apport excessif de chaleur.
l Les lanterneaux constituent un autre moyen de rééchir la
lumière du jour dans une pièce.

Une luminosité excessive peut causer un éblouissement


et une diminution des performances visuelles. On atténue
l’éblouissement en installant des dispositifs d’ombrage, en
orientant adéquatement les surfaces de travail et en laissant
l Pour obtenir l’éclairage naturel le entrer la lumière du jour à partir d’au moins deux directions.
mieux équilibré dans une pièce,
la lumière du jour doit y entrer à l La présence de fenêtres contre les murs latéraux intensie la
partir d’au moins deux directions. réectance et l’éclairage.
20 1.16 PRÉCIPITATIONS

Le volume des précipitations saisonnières et


annuelles doit être pris en compte au moment de
la conception et de la construction du toit du bâti-
ment, du choix des matériaux et de l’assemblage
des murs extérieurs. De plus, l’écoulement des eaux
de pluie et la fonte de la neige qui s’accumule sur
le toit et les surfaces pavées font augmenter le
volume d’eau pluviale à évacuer du terrain.

l Les citernes de stockage des eaux de pluie peuvent


servir de source primaire ou auxiliaire d’eau potable ;
l Sous les climats placée sur un toit, une citerne exerce un poids très
froids, les toits plats élevé sur la charpente.
reçoivent de lourdes l Les toits plats doivent être munis de drains de toit
charges de neige. La intérieurs ou de gouttières sur leur pourtour.
couche de neige sert Des drains ou des gouttières auxiliaires de
d’isolant supplémen-
secours sont également nécessaires, au cas où
taire.
une accumulation d’eau causée par l’obstruction
des drains de toit principaux entraînerait un
trop-plein.

l Les toits modérément pentus évacuent facilement les


eaux de pluie, mais peuvent retenir la neige.

l Les surplombs protègent les murs extérieurs d’un bâti-


ment contre les effets du soleil et les intempéries.

l Pour la construction des systèmes de toit,


voir le chapitre 6. l Les toits très pentus évacuent rapidement les eaux de
l Pour l’assemblage du toit, voir le chapitre 7. pluie. Lorsque l’angle de la pente est supérieur à 60°,
la neige peut parfois même ne pas s’accumuler sur le
toit.

l Les gouttières et les tuyaux de descente pluviale


conduisent l’eau à un égout pluvial ou à un déversoir
naturel sur le terrain.

l Il est possible d’ajouter un réservoir de récupération


des eaux de pluie pour arroser les plantes de l’amé-
nagement extérieur (LEED v4, GEE : Réduction de la
consommation de l’eau à l’extérieur).
1.17 DRAINAGE DU TERRAIN 21

Tout aménagement d’un terrain perturbe le réseau de


drainage existant et crée un écoulement d’eau supplé-
mentaire venant des toits et des surfaces pavées. Il faut
drainer le terrain pour empêcher l’érosion et l’accumula-
l Les sols nis doivent être en pente pour que les
tion excessive des eaux de surface ou des eaux souter-
eaux de surface s’écoulent loin du bâtiment.
raines résultant de la nouvelle construction.
Les deux principaux types de drainage d’un terrain sont
le drainage souterrain et le drainage superciel. Le l Les eaux souterraines sont surtout constituées
drainage souterrain se fait par un réseau de tuyaux des eaux de surface qui se sont inltrées dans
qui transportent les eaux souterraines jusqu’à un point un sol poreux.
d’évacuation, tels un système d’égouts pluviaux ou un
déversoir naturel situé à une élévation moindre sur l Réseau de drains des fondations ; voir la page 82.
le terrain. Les eaux souterraines excédentaires font
diminuer la capacité portante du sol et augmenter la
pression hydrostatique sur les fondations du bâtiment,
qui doivent être imperméables lorsqu’elles sont situées
près ou au-dessous de la surface de la nappe phréatique
du terrain.
Le drainage superciel désigne le régalage et le sur-
façage du terrain pour dévier les eaux de pluie et les
autres eaux de surface vers les réseaux de drainage
naturel ou un système municipal d’égouts pluviaux.
Un étang de retenue s’avère parfois nécessaire lorsque
le volume des eaux de ruissellement excède la capacité
des égouts pluviaux. Pentes de drainage superciel
l Pelouses et surfaces gazonnées : pente de 1,5 %
à 10 % recommandée
l Surfaces de stationnement pavées : pente de 2 %
à 3 % recommandée
l Les rigoles de drainage sont des dépressions peu
profondes formées par l’intersection de deux
surfaces en pente. Elles servent à diriger ou à
dévier le ruissellement des eaux de surface.
l Rigoles herbeuses : pente de 1,5 % à 2 %
recommandée
l Rigoles pavées : pente de 4 % à 6 % recommandée
l Les siphons de sol recueillent les eaux de surface
présentes dans un sous-sol ou sur une zone
pavée.
l Les puits secs sont des fosses de drainage chemi-
sées de gravier ou de décombres qui reçoivent les
eaux de surface et les laissent pénétrer dans un
sous-sol perméable.

l On peut placer un drain d’interception


entre une source d’eaux souterraines et
la zone à protéger.
l Le drain à pierres sèches est un type
de drain d’interception qui consiste en
une tranchée remplie de pierres ou l Un bassin collecteur reçoit les eaux de surface qui
de fragments rocheux disposés en vrac s’écoulent. Il comporte un bassin ou un puisard
jusqu’à la surface du sol. qui retient les sédiments lourds avant que l’eau ne
parvienne à un tuyau de drainage souterrain.

l Un ponceau est un drain ou un canal disposé sous


une route ou un trottoir.

l Un bassin de retenue peut avoir la même appa-


rence et les mêmes fonctions qu’un étang ou
qu’un marais.
l Les marais articiels sont conçus et aménagés de
façon à reproduire le traitement naturel des eaux
usées et à améliorer la qualité de l’eau.
DCC 32 70 00 Zones humides
DCC 33 40 00 Réseaux de drainage pluvial
LEED v4, crédit AÉS : Gestion des eaux pluviales
sur l’emplacement
22 1.18 VENTS

l Les entrées d’air élevées dirigent le ux d’air l Pour maximiser le ux d’air, La direction et la vitesse des vents dominants
vers le haut et diminuent donc son potentiel les sorties doivent être au constituent des caractéristiques importantes d’un
de refroidissement. moins aussi grandes que les terrain dans toutes les régions climatiques. La
entrées.
connaissance précise des variations saisonnières et
l La position d’une sortie
inue peu sur la congura­
quotidiennes du vent est essentielle pour évaluer la
tion du ux d’air, mais elle ventilation des pièces et des espaces extérieurs d’un
doit permettre à l’air chaud bâtiment par temps chaud, les pertes de chaleur par
l Les entrées d’air basses
dirigent le ux d’air vers les ascendant de s’échapper. temps froid et les pressions latérales s’exerçant sur
l Haute pression occupants d’un bâtiment. l Basse pression la structure d’un bâtiment.
La ventilation naturelle des pièces facilite la circu­
lation d’air nécessaire pour la bonne santé des
occupants et pour l’évacuation des odeurs. Par
temps chaud, et particulièrement sous un climat
humide, la ventilation favorise le refroidissement
par convection ou par évaporation. La ventilation
l Les surplombs du toit augmentent l Les surplombs au­dessus des ouvertures naturelle fait aussi diminuer la consommation
le ux d’air entrant. dirigent le ux d’air vers le haut, ce qui d’énergie des appareils de ventilation mécanique.
en atténue le potentiel de refroidissement.
La circulation de l’air dans un bâtiment résulte des
différences de pression d’air et de température.
l Les cloisons et les
La géométrie et l’orientation du bâtiment inuent
meubles peuvent pertur­
ber la conguration du davantage que la vitesse de l’air sur les congura­
ux d’air. tions du ux d’air qui en résultent.

l Des fentes dans les surplombs régula­ l Les persiennes facilitent la réorienta­ Il faut ventiler tous les espaces enclavés pour en
risent la pression extérieure. tion et la diffusion du ux d’air. évacuer l’humidité et y prévenir la condensation.
Par temps chaud, la ventilation du grenier réduit
aussi l’apport en chaleur rayonnante.
l Voir la page 261
pour la ventilation Dans les régions froides, il faut protéger le bâtiment
des espaces fermés. contre les vents pour réduire l’inltration d’air froid
et les pertes de chaleur. Un monticule de terre, un
mur de jardin ou une rangée serrée d’arbres peuvent
tous faire ofce de brise­vent. Les brise­vent dimi­
nuent la vitesse du vent et engendrent une zone
relativement calme à l’abri du vent. L’étendue de
l Sillage turbulent cette zone dépend de la hauteur, de la profondeur
et de la densité du brise­vent, de son orientation
l H = hauteur du brise­vent par rapport au vent et de la vitesse du vent.
l Turbulence
de pression l Turbulence d’aspiration

2H à 5H 10H à 15H l Un brise­vent partiellement pénétrable amoindrit la


différence de pression et engendre une grande zone de
l Zone au vent l Zone sous le vent calme du côté du brise­vent situé sous le vent.

La structure, les composants et le parement d’un


bâtiment doivent être ancrés pour résister aux
pressions frontales, ascendantes et latérales de l’air.
Le vent exerce une pression positive sur les surfaces
du bâtiment et du toit ayant une pente supérieure
à 30° qui y sont exposées. Il exerce une pression
négative ou aspirante sur les côtés et les surfaces
sous le vent et une pression normale sur les surfaces
l Toit plat l Pente de toit l Pente de toit du toit de pente inférieure à 30° exposées au vent.
d’au plus 7:12 supérieure à
Pour d’autres renseignements sur la force du vent,
(1:1,7) 7:12 (1:1,7)
voir la page 47.
1.19 ENVIRONNEMENT SONORE ET VISUEL 23

Tout son a une source et emprunte une trajectoire.


Les sons ou bruits extérieurs indésirables proviennent
de la circulation routière, des avions et de diverses
machines. L’énergie sonore que dégagent ces sources
se déplace dans toutes les directions sous la forme
d’une onde en expansion constante. Mais l’inten-
sité de cette énergie diminue à mesure que l’onde
se disperse sur une vaste zone. Le premier moyen à
prendre pour diminuer l’incidence des bruits extérieurs
consiste à placer le bâtiment le plus loin possible des
sources de bruit. Si l’emplacement ou les dimensions
du terrain ne permettent pas un tel éloignement, on
peut recourir à d’autres moyens pour mettre les pièces
du bâtiment à l’abri des sources de bruit.
l Faire jouer un rôle de tampon aux parties du bâtiment où
le bruit peut être toléré, telles que les parties réservées à
diverses machines, à l’entretien et aux services publics.
l Employer des matériaux de construction et des modes
d’assemblage conçus pour affaiblir la transmission des
sons dans l’air et dans la structure du bâtiment.
l Placer les ouvertures des portes et des fenêtres loin des
sources de bruit indésirable.
l Placer des obstacles physiques, tels que des monticules de
terre, entre les sources de bruit et le bâtiment.
l Planter des arbres et des arbrisseaux en rang serré pour
atténuer et disperser les sons.
l Semer de l’herbe ou protéger le sol avec une couverture
végétale, qui absorbe mieux les sons que la surface dure
et rééchissante d’un pavement.

Il est important d’orienter les pièces d’un bâtiment


selon les aménagements et les particularités du ter-
rain. Les fenêtres doivent être placées non seulement
pour favoriser la ventilation et l’éclairage naturels,
mais aussi pour offrir une vue agréable aux occupants.
Selon l’emplacement du terrain, la vue offerte portera
plus ou moins loin. Même quand aucune vue plaisante
n’est possible, on peut souvent créer une perspective
agréable en aménageant un joli paysage sur le terrain.
On peut percer une fenêtre dans un mur de mul-
tiples façons, selon la nature de la vue désirée et la
manière d’insérer la charpente de cette fenêtre dans
la construction du mur. Il est à noter que les dimen- Vue étendue Vue restreinte Vue ltrée
sions et l’emplacement des fenêtres inuent tant sur
la qualité spatiale et l’éclairage naturel d’une pièce
que sur la déperdition ou l’apport de chaleur.
l Les fenêtres orientées vers le sud peuvent être facilement
ombragées tout en laissant passer la lumière du jour.
l Les fenêtres tournées vers le nord sont exposées aux vents
d’hiver sous les climats froids.
l Les fenêtres orientées vers l’est et l’ouest sont des sources
de surchauffe et sont difciles à ombrager.
24 1.20 RÉGLEMENTATION

Les règlements de zonage sont promulgués par une


municipalité ou un organisme chargé de l’aménagement
du territoire dans le but de gérer la croissance, de
réglementer les schémas d’affectation des sols, de maî-
triser la densité immobilière, de diriger le développe-
ment vers des secteurs bien dotés en services publics,
G
H de protéger les secteurs écologiquement fragiles et de
conserver des espaces libres.
F Un règlement de zonage dénit tant les activités per-
E
mises sur chaque terrain à bâtir que l’emplacement
et la forme des bâtiments qui seront construits pour
D la tenue de ces activités. Dans certains cas, un plan
C
A d’aménagement d’ensemble autorise la mise en valeur
B unitaire planiée, en vertu de laquelle un grand terrain
est considéré comme une seule unité foncière an que
le choix de l’emplacement, du groupement, des dimen-
sions et de l’affectation des structures en soit facilité.

l Pourcentage admissible de surface construite = (C × D)/(A × B) Il importe de bien comprendre comment un règlement
l Pourcentage admissible de surface totale de plancher = de zonage peut restreindre l’éventail des dimensions
[(C × D) + (E × F) + (G × H)]/(A × B) et des formes possibles d’un bâtiment. Les caractéris-
tiques essentielles d’un bâtiment découlent directement
des critères régissant les aspects spéciques de ses
dimensions.

l La surface constructible du terrain et la surface totale de


plancher sont exprimées en pourcentages de la supercie du
l Pourcentage admissible de largeur ou de terrain.
profondeur = C/A ou D/B
l La largeur et la profondeur maximales du bâtiment sont
exprimées en pourcentage des dimensions du terrain.
A C l Les règlements de zonage spécient aussi la hauteur
l Marges avant, latérales et arrière exigées maximale d’un bâtiment.
D
l Aire constructible
B Les dimensions et la forme d’un bâtiment sont aussi
déterminées indirectement par les règlements relatifs
aux distances minimales entre le bâtiment et les limites
du terrain. Ces règlements visent à assurer un accès à
l’air, à la lumière et au soleil de même que l’intimité
des occupants.
De plus, des servitudes et des droits de passage
peuvent restreindre la surface constructible du terrain.
l Limites du l Une servitude désigne le droit que possède une partie de
terrain faire un usage limité du terrain d’une autre partie, tel qu’un
droit de passage ou un droit d’accès à la lumière et à l’air.
l Un droit de passage désigne le droit que possède une partie
ou le public de passer sur le terrain d’une autre partie, tel
que le droit d’accès aux conduites des services publics qui y
sont enfouies ou le droit de construction et d’entretien de
ces conduites.
l Toutes les exigences énumérées précédemment ainsi que
toute autre restriction frappant l’utilisation d’un terrain
déterminent le volume maximal qu’un bâtiment peut y
occuper. Pour toute exigence spécique, il faut consulter
les règlements de zonage qui s’appliquent.

LEED v4, crédit AÉS : Évaluation environnementale du site


LEED v4, crédit AÉS : Plan d’ensemble du site
1.21 RÈGLEMENTS DE ZONAGE 25

Les règlements de zonage sont parfois assortis de


clauses d’exception prenant la forme d’autorisations
particulières. Des exceptions aux exigences sur la marge l Marge requise
sont prévues pour :
– les saillies architecturales telles que les surplombs,
les corniches, les fenêtres en saillie et les balcons ;
– les structures auxiliaires telles que les terrasses
l Exceptions possibles
basses, les clôtures, les abris de voiture et les
garages ;
– les précédents créés par des structures avoisinantes
déjà en place.

Des exceptions sont souvent faites dans le cas de


terrains en pente ou de terrains adjacents à des espaces
ouverts publics.
l Des toits en pente, des cheminées et d’autres saillies de
toit peuvent parfois excéder la hauteur maximale généra- l Saillie possible
lement autorisée.
l La hauteur maximale peut être directement liée à la pente
du terrain.
l Une exception aux exigences sur la marge peut être faite
dans le cas de terrains en pente ou de terrains donnant sur
un espace ouvert.

Hauteur autorisée
Pour procurer la lumière, l’air et l’espace adéquats et
pour améliorer l’aménagement routier et l’environnement
piétonnier, des mesures particulières peuvent régir :
l Exception
– les espaces ouverts accessibles au public (LEED v4, possible en
crédit AÉS : Espaces ouverts) ;
l
raison de
– le prolongement de la marge lorsqu’un bâtiment la pente
dépasse une certaine hauteur ;
– l’aspect de la façade d’un bâtiment donnant sur un
espace public ;
– l’accès des véhicules et le stationnement hors rue.
l Marge 1
Les règlements de zonage peuvent aussi comporter des l Marge 2
exigences propres à certaines utilisations déterminées
ainsi que des procédures de demande d’exemption aux
règlements.

Hauteur 2
l Une convention restrictive désigne les dispositions d’un
contrat qui restreignent l’action de toute partie à ce
contrat, comme une entente entre propriétaires d’un bien
Hauteur 1

qui précise les utilisations possibles dudit bien. Les restric-


l

tions à caractère racial ou religieux sont nulles en droit.

D’autres dispositions réglementaires déterminent


l

l’emplacement et la construction des bâtiments.


Généralement rassemblées en un code du bâtiment,
elles dénissent :
– le type d’affectation du bâtiment ;
– la résistance au feu de sa structure et de sa
construction ;
– la hauteur et la surface de plancher maximales du
CODE DU BÂTIMENT
bâtiment, ainsi que la distance devant le séparer
des structures avoisinantes.

l Pour d’autres renseignements sur les codes du bâtiment,


voir la page 43.
26 1.22 ACCÈS AU TERRAIN ET CIRCULATION SUR LE TERRAIN

L’accès et la circulation des piétons, des voitures


et des véhicules publics constituent des éléments
importants de l’aménagement d’un terrain et
inuent tant sur l’emplacement du bâtiment à
construire que sur l’orientation de ses entrées.
Voici les principaux critères qui président à la
délimitation et à l’agencement des espaces réser-
vés aux trottoirs, aux chaussées et au stationne-
ment en surface.
1. Aménager un accès et un déplacement
sécuritaires et pratiques pour les piétons
jusqu’aux entrées du bâtiment à partir des
espaces de stationnement ou des arrêts
d’autobus, et s’efforcer d’éviter aux piétons
de traverser des chaussées.
2. Déterminer le nombre de places de station-
nement exigé par le règlement de zonage
pour le type d’affectation et le nombre
total d’unités ou la surface de plancher du
bâtiment.
3. Déterminer le nombre de places de station-
nement, de trottoirs surbaissés et de rampes
d’accès devant être réservés aux handicapés
en vertu des lois et règlements municipaux,
provinciaux ou fédéraux.
4. Aménager des aires d’embarquement pour les
autobus et les autres véhicules de transport
en commun, le cas échéant.
5. Assurer une séparation entre les aires de
chargement des camions et les trottoirs et
chaussées.
6. Ménager un accès aux véhicules prioritaires
tels que les camions de pompiers et les
ambulances.
7. Établir la largeur et l’emplacement réglemen-
taires des trottoirs surbaissés et la distance
devant les séparer des intersections de rues.
8. Ménager un champ de vision dégagé aux
conducteurs de véhicules qui s’engagent sur
la voie publique.
9. Planier un accès contrôlé aux espaces de
stationnement, le cas échéant.
10. Prévoir un espace pour l’aménagement
paysager ; les règlements de zonage peuvent
exiger que les espaces de stationnement
soient masqués.
11. Incliner les voies piétonnières et les espaces
de stationnement de façon qu’ils puissent
s’égoutter.
12. Aménager un espace de rangement pour
l’équipement d’enlèvement de la neige sous
les climats froids.

Illustration adaptée du schéma de Carré House, conçu par Alvar Aalto

DCC 32 10 00 Couches de base, ballasts et revêtements de chaussée


DCC 32 30 00 Aménagements de l’emplacement
1.23 CIRCULATION PIÉTONNIÈRE 27

Voies piétonnières
l Hauteur libre d’au moins 7’6” (2285)
l Réduire au minimum les croisements avec les
chaussées et les espaces de stationnement.
l Prévoir un moyen de déglaçage pour les
surfaces exposées au gel.
l Prévoir une pente minimale de 0,5 %, et pré-
férablement de 1,5 %, pour l’égouttement.

l Largeur mini- l Largeur minimale de 4’ l Largeur minimale de 6’ (1830)


male de 3’ (915) (1220), et préférablement lorsque la voie est adjacente
pour une voie de 6’ à 8’ (1830 à 2440), à un espace de stationnement
simple pour deux personnes où les voitures peuvent la
marchant côte à côte surplomber
Escaliers extérieurs
l Minimum de trois marches par escalier l Profondeur de marche d’au moins 11” (280)
l Rampe exigée lorsque l’escalier comporte au
l Hauteur de marche d’au moins 4” (100) et d’au plus 7” (180)
moins quatre marches ou que la surface est
exposée au gel l Pour les dimensions proportionnelles adéquates des escaliers,
voir la page 305.

Pistes cyclables
l Prévoir des aménagements tels que des
bancs, des poubelles et des appareils
d’éclairage.

l Largeur minimale de 4’ (1220), l Largeur minimale de 7’ (2135),


et préférablement de 5’ (1525), et préférablement de 8’ (2440),
pour une voie à sens unique pour deux voies

Directives de la norme CSA en matière


d’accessibilité
l Éviter les irrégularités de surface qui pour-
raient gêner la circulation des personnes en
fauteuil roulant.
l Placer des bandes texturées ou de couleur
contrastante signalant aux handicapés
visuels les dénivellations et les zones de
circulation dangereuses.
l Distance minimale de 36 1/4” (920) entre le sommet
l Pour les lignes directrices en matière d’acces-
de la rampe à l’obstacle le plus proche
sibilité aux handicapés, voir la page 433.
l Largeur minimale de 3’ (920), ou de 47 1/4” (1200)
pour les bateaux exposés à la neige
Rampes d’accès l Pente maximale de la rampe de 1:10 à
l Des rampes d’accès sont exigées partout où 1:15, selon la dénivellation
une voie accessible croise une voie publique. l Pente maximale des côtés évasés
l La surface de la rampe doit être stable, ferme de 1:10 à 1:15
et antidérapante.
l Des bords de trottoir sont permis là où
les piétons ne traversent généralement
pas la rampe d’accès.

l Les bateaux rapportés qui se prolongent sur la chaus-


sée ne sont pas recommandés.
l Contre-pente maximale de 1:20
28 1.24 CIRCULATION ROUTIÈRE

Chaussées privées

Rayon de braquage extérieur


l Voiture : 22’ (6705)
l Ambulance : 30’ (9145)
l Espace d’embarquement
l Autobus : 54’ (16 460)
de 10’ à 12’ (3050 à
l Camion de pompiers : 48’ (14 630)
3660) de large et de 35’ à
l Camion semi-remorque/remorque : 50’
50’ (10 m à 15 m) de long
(15 240)

l Rayon de 20’ (6095) ; Rayon de braquage intérieur


minimum de 15’ (4570) l Voiture : 12’ (3660)
l Ambulance : 18’ (5485)
l Autobus : 32’ (9755)
l Camion de pompiers : 34’ (10 365)
l Remorque et camion semi-remorque :
l Une voie : 13’ (3960) ; 28’ (8535)
minimum de 10’ (3050)
l Deux voies : 22’ (6705) ;
minimum de 18’ (5485)

l 15’ (4570) ; minimum


de 13’ (3960) l Pente maximale de 1:6, préférablement
l Rayon de 20’ (6095) ; de 1:10
Rayon de 4’ (1220) l Pente de transition égale à la moitié de
minimum de 15’ (4570) l
la pente principale
l Rayon de 20’ (6095) ;
minimum de 15’
l Voie con-
(4570)
vergente de
11’ (3355)

Entrées résidentielles et garages


l 20’10” (6350) l 11’8” (3555)

l Dégagement minimal de 3’ l 22’ (6705)


(915) devant le butoir de roues
l Minimum de 2’6”
(760)
l Dalle en pente pour
l’égouttement l Minimum de l Minimum de
8’ (2440)
17’4” (5285)
l 24’ (7315)

l 7’ (2135)
l Rayon de 10’ l Minimum de 11’ (3355)
(3050)
1.25 STATIONNEMENT DES VÉHICULES 29

Parcs de stationnement

18’ (5485)
Dimensions des véhicules
Voiture compacte : 5’8” × 16’

Distance totale de 58’ et préférablement


l
(1725 × 4875)
l Voiture standard : 6’6’’ × 18’

de 66’ (18 m et 20 m)
(1980 × 5485 )
Places de stationnement

22’ (6705)
l Voiture compacte : 8’ × 16’
(2440 × 4875)
l Voiture standard : 8’6” à 9’
(2590 à 2745) × 18’ à 20’
(5485 à 6095)
Pente de 1 % à 5 % pour l’égout­

18’ (5485)
l

l
tement ; pente recommandée de l Rayon de 4’ (1220)
2% à 3%
l Largeur libre pour la voie
piétonnière
l 2’6” (760) jusqu’au muret
ou au butoir de roues

13’6” (4115)
l Muret ou butoir de
roues

Distance totale de 54’ et préférablement


de 58’ (16 m et 18 m)
l Largeur du poteau porteur l Prévoir une largeur
accrue pour l’espace

22’ (6705)
Rampes de garage précédant le poteau
l Hauteur libre minimale de 7’ (2135) 10’4” 10’4” 13’
(3150) (3150) (3960)

13’6” (4115)
l 8%

l
l 16 % l 8%

l Tracé du mur
l Pente de transition égale à la moitié de la l 2’6” (760)
pente de la rampe ; longueur de 10’ (3050)

Directives de la norme CSA en matière d’accessibilité


l Largeur minimale de 96”
l Les allées d’accès aux
(2440)
espaces de station­
l Allée d’accès d’au moins 59” nement et d’embar­
(1500), qui peut desservir quement doivent faire
deux espaces de station­ partie du passage acces­
nement accessibles. sible menant à l’entrée
l Indiquer les espaces de du bâtiment ou
stationnement accessibles des installations.
au moyen d’un panneau
et d’un pictogramme sur
l Les lois et règlements munici­ la chaussée représentant
paux, provinciaux et fédéraux sti­ le symbole international
pulent le nombre requis d’espaces d’accessibilité.
accessibles.
l Aménager les espaces de station­ l Les espaces de stationnement
nement accessibles le plus près accessibles pour les fourgon­
possible de l’entrée du bâtiment l Allée d’accès large d’au moins
nettes transportant des per­
ou des installations. 59” (1500) et longue de
sonnes handicapées doivent
Pente maximale des espaces et 19’8” (6000) pour les espaces
l avoir une hauteur libre de
des allées d’accès de 1:50 d’embarquement adjacents
110” (2795) et être dotés
et parallèles aux endroits où
d’une allée d’accès large d’au
s’arrêtent les véhicules
moins 96” (2440).
30 1.26 PROTECTION DES PENTES

Les pentes exposées à l’érosion par ruissellement


des eaux de surface doivent être stabilisées.
La déviation du ruissellement au sommet de la
pente et l’aménagement de terrasses successives
pour ralentir le ruissellement favorisent une telle
stabilisation.

Le principal moyen mécanique de protéger un talus


contre l’érosion consiste à le revêtir d’un enroche-
ment ou de gabions.
l L’enrochement est une couche de pierres aux dimen-
sions irrégulières placées sur la pente d’un talus pour
en prévenir l’érosion.

l L’épaisseur de la couche doit être supérieure à la taille


maximale des pierres.
l La couche de pierre repose sur un géotextile ou sur du
sable et du gravier tamisés servant au drainage.

Un caisson ou un mur de retenue contribuent aussi


à xer le sol et à protéger les talus abrupts.
l Un caisson est une structure cellulaire faite de pièces
carrées de bois, de béton ou d’acier, assemblées en
couches à angle droit, et remplie de terre ou de pierres.

l Un mur de retenue est formé par empilage d’unités


modulaires en béton préfabriqué qui s’emboîtent les
unes dans les autres. Les espaces vides sont ensuite
comblés avec des pierres concassées ou du gravier.

l Les gabions sont faits de paniers en treillis galvanisé ou


enduit de chlorure de polyvinyle (PVC). Ces paniers sont
remplis de pierres et aboutés les uns aux autres pour
former une butée ou structure de soutènement, ou ils
sont disposés en enrochement pour stabiliser un talus.
l Le gabion repose sur un géotextile ou sur du sable et
du gravier tamisés à des ns de drainage.

Un des moyens naturels de stabiliser le sol d’une


pente consiste à y faire pousser des plantes.
Celles-ci empêchent l’érosion en formant une cou-
verture végétale et en développant un réseau dense
de racines qui xent le sol.

DCC 31 35 00 Protection des talus


DCC 31 36 00 Gabions
DCC 31 37 00 Perrés
1.27 MURS DE SOUTÈNEMENT 31

Lorsque la dénivellation aménagée sur un terrain est supérieure à


l’angle d’équilibre du sol (angle de frottement effectif), il faut cons­
truire un mur de soutènement pour retenir la masse de terre située en
amont de la dénivellation.

Le mur de soutènement doit être conçu et construit de façon à résister


à la pression latérale qu’exerce la terre retenue. Nulle au point le
plus élevé du sol, cette pression dynamique augmente graduellement
et atteint son maximum à la base du mur. On peut considérer que la
pression totale, ou poussée, agit au centre de masse de la conguration
de répartition triangulaire, soit à 1/3 de la hauteur du mur mesurée à
partir de sa base.

H’
l La surcharge désigne le poids supplémentaire de la
terre au­dessus du mur de soutènement. La direction
de la poussée est parallèle à la pente de la surcharge.
H

H/3
On suppose que l’angle d’équilibre (angle de frotte­
H/3

l
ment effectif) de la plupart des sols est de 33°. Pour
l’angle d’équilibre des remblais nus, voir la page 9.
W
R W R
l T = 0,286 × SH2/2 l T = 0,833 × S(H + H’)2/2 (pour un mur
l T = pression totale ou poussée de soutènement avec surcharge)
l S = poids du sol retenu ; générale­
ment de 100 lb/pi3 (1600 kg/m3)
l W = poids composé du mur s’exer­
çant dans le centre de masse de la Un mur de soutènement peut se renverser, glisser
section horizontalement ou trop s’affaisser.
l R = résultante de T et de W
l La poussée tend à renverser le mur vers l’avant de sa
W base.
l Pour que le mur ne se renverse pas, le moment de
résistance (Mr) du poids composé du mur et du sol
portant sur l’arrière de sa base (W × d) doit être
supérieur au moment de renversement (M0) créé par la
Mo pression du sol (T × H/3). Si le facteur de sécurité est
H/3

d de 2, alors Mr ≥ 2M0.
l Pour que le mur ne glisse pas, le produit du poids
Mr composé du mur et du coefcient de frottement du
sol supportant le mur (W × Cf) doit être supérieur à la
poussée latérale s’exerçant sur le mur (T). Si le facteur
de sécurité est de 1,5, alors W × Cf ≥ 1,5T.

l La pression statique du sol présent à la base du mur


contribue à atténuer la poussée latérale (T).
l Une bêche augmente aussi la résistance au glissement
W × Cf du mur.
l Coefcients de frottement moyens : gravier, 0,6 ; silt/
argile sèche, 0,5 ; sable, 0,4 ; argile humide, 0,3.
W
l Pour que le mur ne s’affaisse pas, la force verticale
(W ) ne doit pas être supérieure à la capacité portante
du sol (CP) ; ici, W = somme du poids du mur, du
poids du sol portant sur la base et de la composante
verticale de la poussée du sol dans le cas d’un mur
avec surcharge. Si le facteur de sécurité est de 1,5,
CP alors CP ≥ 1,5W/A.

DCC 32 32 00 Murs de soutènement


32 1.27 MURS DE SOUTÈNEMENT

Murs de soutènement en béton armé


Les directives ci-dessous conviennent seulement à
l 8” (205) l 10” (255)
l’étape initiale de la conception. Il faut consulter un
ingénieur en structure à l’étape nale de la concep-
tion, particulièrement lorsque le mur de soutènement
doit être construit sur un sol peu propice à cette n ou
est exposé à une surcharge ou à des charges variables.

Mur-poids
Un mur-poids de soutènement résiste au renver-
sement et au glissement grâce à la grande force
d’inertie de sa masse. Il convient à une structure de
soutènement d’une hauteur inférieure à 10’ (3048).

l 0,6H l 0,5H
(0,9H avec surcharge)
Mur en porte-à-faux de type T
Un mur de soutènement en porte-à-faux fait de béton
armé convient lorsque sa hauteur ne dépasse pas 20’
(6096). Un mur à contrefort convient davantage au-
delà de cette hauteur.

Mur à contrefort
Un mur à contrefort comprend des contreforts trian-
gulaires qui renforcent la dalle verticale et ajoutent
du poids à la base. L’espacement entre deux contre-
forts équivaut à la moitié de la hauteur du mur.

l 0,7H
(1,25H avec surcharge) Mur en porte-à-faux de type L
On utilise un mur en porte-à-faux de type L lorsque
l 0,6H le mur donne sur une limite de propriété ou un autre
(1,0H avec surcharge) obstacle.

l Un réseau de drainage est parfois nécessaire pour faire


l Le fruit désigne l’inclinai- diminuer la pression de l’eau qui s’accumule derrière le
son de la face du mur vers mur.
l’arrière, qui compense l’illu-
sion que la façade s’incline l Membrane de drainage avec géotextile ou remplissage de
vers l’avant. gravier poreux
l Armature d’acier pour con- l Chantepleures (ou barbacanes) de 2” (50) espacées
traintes de température et de centre à centre (c/c) de 4’ à 6’ (1220 à 1830) ou tuyau
retrait dans les murs d’épais- de drainage perforé et en pente jusqu’à la sortie du mur
seur supérieure à 10” (255)
l Armature en acier
l Minimum de 2” (50)
l La semelle du mur doit se l Minimum de 3” (75)
trouver au plus profond des
deux points suivants : sous l Installer des joints de contrôle verticaux espacés de
le seuil du gel ou 2’ (610) 25’ (7620) c/c et un joint de dilatation verticale tous
sous le point le les quatre joints de contrôle.
plus bas du sol.

DCC 32 32 13 Murs de soutènement en béton coulé sur place


1.27 MURS DE SOUTÈNEMENT 33

Un mur de soutènement relativement bas peut être


fait de bois, de béton, de briques ou de pierres.

Mur de bois horizontal

l Lien horizontal l Billots de bois traité sous pression de 4’ × 6’


ou de 6’ × 6’ (89 × 140 ou 140 × 140) assortis
de joints à recouvrement et agrafés ou liés
ensemble avec des tiges d’acier galvanisé
espacées de 4’ (1220) c/c

l Le corps mort est une


structure de bois, de pierres ou de
béton enfouie dans le sol pour jouer
le rôle d’ancre ; il est utilisé pour un
mur de plus de 3’ (915) de haut,
avec un espacement de 6’ (1830)
c/c.

l Drain en gravier pour un mur de plus


de 2’ (610) de haut

l Chaperon en briques ou en pierres


Mur à parement de brique
l Liens galvanisés du mur
l Parement de brique de 4” (100)
l Chantepleures (ou barba-
canes) espacées de 4’ à
6’ (1220 à 1830) c/c
l Tuyau de drainage perforé l Blocs de béton de 8” (205)
et en pente jusqu’à la l Blocs de béton de 12” (305)
sortie du mur
l Seuil de gel

l Semelle en béton de
8” × 24” (205 × 610)

Mur de pierres sèches


2 l Fruit de 2:12 (1:6)
l Pierres inclinées pour assurer la stabilité
12

l 6” (150)

l Procure une base de fondement


granuleuse tassée et bien drainée ; l 1’4” (405)
la base ne s’étend pas jusqu’au
seuil du gel.
l Le bas des murs en pierres liées au mor-
tier doit se trouver sous le seuil de gel.
DCC 32 32 19 Murs de soutènement de maçonnerie d’éléments
DCC 32 32 29 Murs de soutènement en bois d’œuvre
34 1.28 PAVAGE

Le pavage (DCC 32 14 00) constitue un revêtement


propice à la circulation piétonnière ou routière sur un
site. C’est une structure composite dont l’épaisseur et
l’assemblage sont directement liés au type et à l’inten-
sité de la circulation et des charges portées, ainsi qu’à
la capacité portante et à la perméabilité du sous-sol.
l La chaussée supporte la circulation, protège la base et
transfère sa charge à la structure sous-jacente. La chaussée
peut être souple ou rigide.

l La base est une fondation faite d’agrégats à granulométrie


continue qui transfère la charge de la chaussée au sous-
sol. Elle empêche aussi la montée de l’eau par capillarité.
Lorsque la chaussée doit supporter des charges très lourdes,
il est parfois nécessaire d’ajouter une sous-base constituée
d’agrégats plus gros tels que des pierres concassées.
l Le sous-sol, qui doit en n de compte supporter la charge de
la chaussée, doit être homogène ou compacté. Il doit égale-
ment être incliné an que l’eau qui s’y inltre puisse s’écouler.

Une chaussée souple, constituée de pavés de béton, de


briques ou de pierres posés sur un lit de sable, est rela-
tivement résistante et répartit les charges au sous-sol
par rayonnement. Elle nécessite une bordure de bois,
d’acier, de pierres, de maçonnerie ou de béton pour
(LEED v4, crédit AÉS : Gestion des eaux pluviales) contenir le déplacement horizontal des pavés. Certains
pavés spécialement conçus à cet effet permettent de
construire une chaussée perméable ou poreuse qui redi-
rige les eaux pluviales jusqu’à un réservoir souterrain, à
partir duquel ces eaux de ruissellement s’inltrent dans
le sol ou sont évacuées au moyen d’un drain souterrain.
Une chaussée rigide, faite de dalles en béton armé
ou de carreaux liés au mortier sur une dalle de béton,
l Pente minimale de 1 % pour le drainage ; un pavage fortement texturé
répartit les charges en son sein et les transfère au
impose une pente plus forte.
sous-sol sur une grande surface. Il faut la renforcer et
prolonger les unités constituantes sur leurs bords.

Matériaux de pavage

l Pavé de brique de 4” × 4”, 4” × 8” l Carreau en béton : carré de 12”, 18” ou l Pavés emboîtés : épaisseur de 2 1/2”
ou 4” × 12” (100 × 100, 100 × 205 ou 24” (305, 455 ou 610) ; épaisseur de 1 1/2” à 3 1/2” (64 à 90)
100 × 305) ; épaisseur de 1” à 2” (25 à 50) à 3” (38 à 75)

l Pavé alvéolé ou gazonné : épaisseur l Pavé en granit : carré de 4” ou 6” (100 ou 150) ; l Pierre de taille : largeur et longueur va-
de 3 1/2” (90) épaisseur de 6” (150) riables ; épaisseur de 1” à 2” (25 à 50)

l Consulter un fournisseur local au sujet des formes, des dimensions, des couleurs, des textures, du pouvoir absorbant, de la rés istance à la compression
et des recommandations pour l’installation.

DCC 32 10 00 Couches de base, ballast et revêtements de sol


1.28 PAVAGE 35

Motifs de pavage

Panneresse Damier Carrelé Carré tronqué Cabochon Éventail

Assises réglées Chevrons Chevrons emboîtés Carrelé emboîté Pavé alvéolé ou À l’anglaise
gazonné

Base souple
l Pavés avec joints serrés remplis
de sable à la main
l Pavé sur lit de mortier,
disposé sur chant ou à plat l Lit de sable de 1” à 2” (25 à 50)
l Agrégats compactés de 2” à 6”
(50 à 150), dans les zones de
grande circulation ou sur un sol
l Semelle de béton ; mettre du qui se dilate
gravier sous la semelle si le seuil
de gel est plus profond que la l Sous-sol compacté ou sol
semelle. homogène

Base rigide

l Pavé posé verticalement sur


un lit de mortier ; peut saillir l Pavés de brique ou de béton
jusqu’à la moitié de sa hauteur
pour former un muret.
l Lit bitumineux de 3/4” (19)
l Dalle de béton de 4” à 6”
l Semelle de béton
(100 à 150)
l Agrégats compactés, le cas
échéant

l Chant de bois traité sous pression Bordure (ou détail Détails de pavage
de 2”, 4” ou 6” (38, 89 ou 140) de bordure)
d’épaisseur minimale, ou muret
l Couche de 2” (50) de copeaux de
l Pavés gazonnés
bois, de pierres concassées ou de
gravier pisiforme
l Base de 2” (50) de sol et de ciment l Mélange de terre arable pour
mélangés ou de pierres concassées herbe ou couverture végétale
l Lit de sable de 2” (50)
l Pieux de bois traité sous pression l Agrégats compactés de 2” à 6”
de 2 2 ou 2 4 (38 38 ou (50 à 150)
38 89), longueur de 24” (610),
placés tous les 3’ à 4’ (915 à 1220)
c/c
36 1.29 PLAN D’AMÉNAGEMENT

Le plan d’aménagement illustre les traits d’origine


naturelle ou non qui caractérisent un terrain et décrit
la construction proposée en rapport avec ces traits.
Généralement établi d’après l’arpentage effectué par
un arpenteur-géomètre, le plan d’aménagement est un
élément essentiel de l’ensemble des documents sur la
construction projetée. Un plan d’aménagement complet
comprend les éléments suivants :
1. Nom et adresse du propriétaire du terrain ;
2. Adresse du terrain, si elle diffère de celle du proprié-
taire ;
3. Description cadastrale du terrain ;
4. Source et date de l’arpentage ;
5. Description des limites du terrain : longueur des
côtés, leur position par rapport au nord, les angles

A
S
des coins et le rayon des courbes ;
6. Limites prévues dans le contrat ou le projet, si elles
diffèrent des limites du terrain ;
7. Indication du nord et échelle du dessin ;
8. Emplacement et description des repères géodésiques,
qui établissent les points de référence pour l’empla-
cement et les élévations de la nouvelle construction ;
9. Identication et dimensions des rues, allées et
autres droits de passage publics adjacents ;
10. Emplacement et dimensions de toutes les servitudes
G

A
S
ou droits de passage sur le terrain ;
11. Dimensions des marges exigées par les règlements
de zonage ;
12. Emplacement et dimensions des structures exis-
tantes et description de toute démolition antérieure
à la nouvelle construction ;
13. Emplacement, forme et dimensions des structures
à construire, incluant les surplombs et les autres
saillies ;
14. Emplacement et dimensions des voies piétonnières,
des allées et des espaces de stationnement pavés
PLAN D’AMÉNAGEMENT
existants et proposés ;
15. Emplacement des services publics existants : Échelle
conduites d’eau, égouts sanitaires et pluviaux,
conduites de gaz, lignes électriques, lignes télé-
phoniques, câblodistribution, bouches d’incendie et
points de raccordement proposés ;
16. Courbes de niveau existantes, nouvelles courbes
de niveau et nition des allées, des sentiers, des
pelouses et des autres surfaces améliorées après
l’achèvement de la construction ou des opérations
de nition ;
17. Végétation à conserver et végétation à enlever ;
18. Caractéristiques existantes relatives à la présence
d’eau, telles que rigoles de drainage, ruisseaux,
surfaces inondables, bassins hydrographiques et
berges ;
19. Caractéristiques de l’aménagement paysager pro-
posé, telles que clôturage, murs de soutènement et
végétation ; si l’aménagement paysager et les autres
améliorations sont importants, ils peuvent être
illustrés sur un plan d’aménagement distinct ;
20. Références aux dessins et détails associés.
1.29 PLAN D’AMÉNAGEMENT 37
38 1.30 DESCRIPTION DU TERRAIN

La description juridique d’un terrain


indique l’emplacement et les limites
d’une parcelle déterminée de terrain,
établis d’après un arpentage standard,
un système rectangulaire d’arpentage
ou un lotissement enregistré.
l Un plan cadastral est un document l L’arpentage standard détermine le tracé
juridique décrivant l’emplacement, et la longueur de chaque limite d’une
les limites et les dimensions d’une parcelle de terrain, à partir d’un point
parcelle de terrain, incluant les de référence connu et le long de la
autorisations, les servitudes et périphérie du terrain jusqu’au retour
les restrictions dénies par une com- au point de référence.
mission de zonage et d’urbanisme,
et, dans le cas d’une subdivision,
le tracé des rues, des îlots et des
lots ainsi que le numérotage et les
dimensions de chaque lot.

16,09 km
Seigneuries et cantons
À partir de 1626, le partage du sol
en Nouvelle-France se fait selon le
système seigneurial. Inspiré du régime
féodal européen, ce système découpe
le territoire en seigneuries, c’est-à-dire
en grandes étendues de terre généra-
lement situées sur les rives du Saint-
Laurent et de ses principaux afuents.
Le régime seigneurial est ofciellement
aboli en 1854 par les Britanniques, 11 rangs
16,09 km

qui favorisaient déjà depuis 1763


la division du territoire en cantons
(townships).

Seigneuries
La grandeur des seigneuries a varié selon
les époques, la localisation de la terre et
le statut du seigneur. En général, l’unité
de mesure utilisée était la lieue. Ainsi, une
seigneurie pouvait faire 1 lieue de largeur
sur 3 lieues de profondeur (5 km × 15 km).
Le seigneur avait l’obligation de concéder
des lots de 3 arpents × 30 arpents* à tout
colon qui le demandait. 28 lots

Le rang, propre au système de partage du Cantons


territoire originaire de la Normandie, divise Le canton est une portion de territoire
Un lot
la seigneurie en lots longs et étroits, qui d’environ 10 milles × 10 milles
permettent notamment à de nombreux cen- (16,09 km × 16,09 km) divisée en rangs
sitaires (les habitants des lots) d’avoir un et en lots. Au début du régime anglais,
accès direct au cours d’eau. Le seigneur et un canton comptait 11 rangs de 28 lots
son arpenteur suivent la rive du euve pour chacun. Avec le temps, la subdivision du
délimiter le front de la concession, dont canton est passée à 10 rangs de 62 lots.
ils ne délimitent souvent pas l’arrière. Le Au Québec, le canton est devenu la base
territoire divisé selon le système seigneurial de certaines divisions administratives, tel
se retrouve dans toutes les régions habitées l’établissement de territoires municipaux
des rives du Saint-Laurent entre Montréal et en milieu rural (« municipalité du canton
Québec, de la vallée de la Chaudière, de la de… ») ou de territoires cadastraux
vallée du Richelieu et de la Gaspésie. (« cadastre du canton de… »).

* Un arpent est une ancienne mesure de longueur qui équivaut à 58,47 mètres.

DCC 02 21 13 Levés de l’emplacement


BÂTIMENT
2.1 Systèmes du bâtiment __________________________________________________________________________________________ 40
2.2 Systèmes de construction ____________________________________________________________________________________ 41
2.3 Codes du bâtiment _______________________________________________________________________________________________ 43
2.4 Types de constructions ________________________________________________________________________________________ 44
2.5 Charges sur le bâtiment _______________________________________________________________________________________ 46
2.6 Charges dues aux vents ________________________________________________________________________________________ 47
2.7 Charges dues aux séismes ____________________________________________________________________________________ 48
2.8 Forces appliquées à la structure __________________________________________________________________________ 49
2.9 Équilibre d’une structure ______________________________________________________________________________________ 50
2.10 Poteaux ________________________________________________________________________________________________________________ 51
2.11 Poutres _________________________________________________________________________________________________________________ 52
2.12 Portées des poutres ______________________________________________________________________________________________ 53
2.13 Fermes __________________________________________________________________________________________________________________ 54
2.14 Cadres et murs ______________________________________________________________________________________________________ 55
2.15 Dalles ____________________________________________________________________________________________________________________ 56
2.16 Unités structurales élémentaires _________________________________________________________________________ 57
2.17 Portées des éléments horizontaux _______________________________________________________________________ 58
2.18 Grilles structurales _______________________________________________________________________________________________ 59
2.19 Stabilité latérale __________________________________________________________________________________________________ 60
2.20 Bâtiments de grande hauteur ______________________________________________________________________________ 62
2.21 Arcs et voûtes ______________________________________________________________________________________________________ 63
2.22 Dômes ___________________________________________________________________________________________________________________ 64
2.23 Structures en coque _____________________________________________________________________________________________ 65
2.24 Structures à câbles _______________________________________________________________________________________________ 66
2.25 Structures à membrane ________________________________________________________________________________________ 67
2.26 Joints et assemblages __________________________________________________________________________________________ 68
40 2.1 SYSTÈMES DU BÂTIMENT

Architecture et construction d’un bâtiment ne


sont pas nécessairement une seule et même
chose. Pour concevoir et construire un bâti-
ment, il faut connaître les méthodes d’assem-
blage des divers matériaux, éléments et
composants à utiliser. Cette connaissance est
une condition nécessaire mais non sufsante
pour qui se propose de bâtir. En effet, elle ne
suft pas à conférer à l’ensemble un caractère
architectural. Si l’architecture est bien l’art de
la construction, nous devons considérer, en
plus des systèmes physiques de construction,
les systèmes conceptuels suivants :
– dénition, échelle, proportions et organisa-
tion des espaces intérieurs d’un bâtiment ;
– catégorisation des activités humaines selon
leur échelle et leur ampleur ;
– répartition fonctionnelle des espaces
d’un bâtiment selon leur vocation et leur
affectation ;
– accès au bâtiment et voies de déplacement
verticales et horizontales à l’intérieur ;
– qualités visibles d’un bâtiment : forme, espace,
lumière, couleur, texture et conguration ;
– le bâtiment en tant que partie intégrante de
son environnement naturel et construit.

Nous allons examiner en détail les systèmes


physiques qui dénissent, organisent et
étayent l’agencement conceptuel et perceptif
d’un bâtiment.
Un système est un ensemble d’éléments inter-
reliés ou interdépendants formant un tout à
la fois unié et plus complexe, et ayant une
vocation commune. Ainsi, un bâtiment incarne
l’agencement d’un grand nombre de systèmes
et sous-systèmes qui sont nécessairement
interreliés, coordonnés et intégrés les uns aux
autres aussi bien qu’à la forme tridimension-
nelle et à l’organisation spatiale du bâtiment
dans son ensemble.
2.2 SYSTÈMES DE CONSTRUCTION 41

Structure Toit
Chapitre 6
La structure d’un bâtiment est conçue et cons­
truite pour supporter et transmettre au sol, en
toute sécurité, son poids et ses charges laté­
Uniformat II, groupe B :
rales, compte tenu des contraintes admissibles
Superstructure et enveloppe
que peuvent subir ses éléments.
l La superstructure d’un bâtiment désigne la partie
qui s’élève au­dessus de ses fondations.
l Les poteaux, les poutres et les murs porteurs sou­
tiennent les planchers et le toit.
l L’infrastructure d’un bâtiment désigne la structure
Protection
sous­jacente qui en forme la fondation.
contre
Enveloppe l’humidité
et isolation
L’enceinte d’un bâtiment en constitue l’enve­ thermique
loppe. Elle comprend le toit, les murs extérieurs, Chapitre 7
les portes et les fenêtres.
Planchers
l Le toit et les murs extérieurs protègent les espaces Chapitre 4
intérieurs contre les intempéries et modulent
l’humidité, la chaleur et la circulation d’air dans les
éléments constitutifs du bâtiment.
l Les murs extérieurs et le toit amortissent aussi
Constructions
les bruits et procurent sécurité et intimité aux
spéciales
occupants. Uniformat II, groupe C : Chapitre 9
l Les portes assurent l’accès à l’intérieur du bâtiment. Aménagement intérieur
l Les fenêtres laissent passer la lumière et l’air, et Portes et
offrent différents panoramas. fenêtres
l Quant aux murs intérieurs et cloisons, ils divisent Chapitre 8
l’intérieur en pièces distinctes.

Systèmes mécaniques
Les systèmes mécaniques d’un bâtiment four­
nissent des services essentiels pour son occu­
pation.
l Le système d’alimentation en eau procure l’eau Systèmes
Uniformat II, groupe E :
potable nécessaire pour satisfaire les besoins de mécaniques et
Équipement et ameublement
consommation et d’hygiène. électriques
l Le système d’évacuation des eaux d’égout rejette les Chapitre 11
déchets liquides et les matières organiques usées.
l Les systèmes de chauffage, de ventilation et de
climatisation rendent l’intérieur confortable.
l Le système électrique commande, mesure et protège
l’alimentation en électricité, et distribue le courant
Murs
Chapitre 5
en toute sécurité aux appareils électriques et aux
systèmes d’éclairage, de sécurité et de communication. Uniformat II, groupe D : Services
l Les systèmes de transport vertical assurent les
Finitions
déplacements des personnes et des biens d’un
Chapitre 10
niveau à un autre dans les édices en hauteur.
l Les systèmes de lutte contre l’incendie détectent et
éteignent les incendies. Fondations
l Les édices en hauteur doivent parfois être dotés Chapitre 3
de systèmes d’élimination et de recyclage de
déchets.

Emplacement
Chapitre 1

Notes sur les


Uniformat II, groupe A : matériaux
Infrastructure Chapitre 12

Uniformat II, groupe A : Infrastructure


42 2.2 SYSTÈMES DE CONSTRUCTION

Le choix, l’assemblage et l’intégration des divers


systèmes de construction d’un bâtiment sont
déterminés par les facteurs suivants.

Performance
l Compatibilité, intégration et sécurité des structures
l Résistance au feu, protection et sécurité contre
l’incendie
l Épaisseur admissible ou désirable des éléments
constitutifs du bâtiment
l Contrôle de la circulation d’air et de chaleur dans les
éléments constitutifs
l Contrôle du déplacement et de la condensation de la
vapeur d’eau
l Prise en compte des mouvements du bâtiment dus au
tassement, au échissement de la structure et à la
dilatation ou à la contraction découlant des variations
de température et d’humidité
l Atténuation du bruit, insonorisation et intimité
acoustique
l Résistance à l’usure, à la corrosion et aux intempéries
l Exigences en matière de nition, de propreté et
d’entretien
l Sécurité d’utilisation
Qualités esthétiques
l Harmonisation désirée du bâtiment avec son site,
les propriétés adjacentes et le voisinage
l Qualités recherchées concernant la forme, l’équilibre
des masses, les couleurs, les motifs, les textures et
les détails
Contraintes réglementaires
l Conformité avec les règlements de zonage et les
codes du bâtiment
Facteurs économiques
l Coût de construction, comprenant les matériaux,
le transport, l’équipement et la main-d’œuvre
l Coût total, comprenant le coût initial, les frais
d’entretien, les coûts énergétiques, la durée de vie
utile, le coût de remplacement et les frais d’intérêt
sur le capital investi
Facteurs écologiques
l Conservation de l’énergie et des ressources grâce au
choix de l’emplacement et à la conception du bâtiment
l Efcacité énergétique des systèmes mécaniques
l Utilisation de matériaux non toxiques et favorisant
la conservation des ressources
l Voir sections 1.2 à 1.5.

Le gouvernement du Québec a adopté Méthodes de construction


la Loi sur la santé et la sécurité du Des lois régissent la conception des chantiers et
travail, qui a pour objet l’élimination établissent des normes de sécurité relatives à la
à la source même des dangers pour la construction des bâtiments.
santé, la sécurité et l’intégrité physique
des travailleurs. Elle établit les méca- l Exigences de sécurité
nismes de participation des travailleurs l Tolérances admissibles et ajustements appropriés
et de leurs associations ainsi que des l Conformité aux normes et aux assurances en vigueur
employeurs et de leurs associations à l Division des tâches entre l’atelier et le chantier
la réalisation de cet objet. l Division du travail et coordination des corps de métier
l Contraintes budgétaires
l Équipement de chantier nécessaire
l Temps de construction nécessaire
l Dispositions en cas d’intempéries
2.3 CODES DU BÂTIMENT 43

La Commission canadienne des codes du bâtiment et de prévention installations électriques, sous pression, d’équipements pétroliers, de
des incendies (CCCBPI) coordonne l’élaboration des codes modèles plomberie et celles qui sont destinées à utiliser, distribuer ou entre-
pour le Canada. Les principaux codes sont le Code national du poser du gaz. Alors que le Code de construction vise les concepteurs
bâtiment du Canada (CNB), le Code national de prévention des de plans et devis (architectes, ingénieurs, technologues) et les
incendies du Canada (CNPI), le Code national de plomberie (CNP), entrepreneurs, le Code de sécurité s’adresse aux propriétaires des
le Code national de l’énergie pour les bâtiments (CNÉB) et le Code bâtiments, des équipements et des installations.
national de construction des bâtiments agricoles (CNCBA).
En 2000, la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) adopte un ajout
Le CNB vise quatre objectifs : la sécurité, la santé, l’accessibilité au Code de construction du Québec (CCQ) an de réglementer de
pour les personnes atteintes par une incapacité, et la protection façon plus précise les travaux de modications majeures à des
du bâtiment contre l’incendie et les dommages structuraux. bâtiments existants et de simplier le travail des entrepreneurs
et consultants.
Au Canada, l’ensemble des provinces et des territoires pro-
mulguent des législations pour adopter soit les codes modèles Puis, à l’automne 2012, une autre modication est apportée au
nationaux du bâtiment, de prévention des incendies et de la CCQ. La partie 11 qui y est ajoutée vise à intégrer de nouvelles
plomberie élaborés par la Commission canadienne des codes du exigences d’efcacité énergétique pour les bâtiments.
bâtiment et de prévention des incendies, soit des codes provin-
ciaux qui comportent certains ajouts, certaines exemptions ou Ces deux codes sont adoptés chapitre par chapitre et remplacent
certaines modications par rapport aux codes modèles. progressivement les sept lois et la trentaine de règlements qui
étaient appliqués auparavant. Le but de cette démarche est de
Au Québec, la Loi sur le bâtiment prévoit l’adoption d’un Code de simplier la réglementation, mais aussi de mieux dénir les
construction et d’un Code de sécurité pour les bâtiments et les responsabilités des professionnels de la construction et des
équipements destinés à l’usage du public, de même que pour les propriétaires.

La réglementation de la construction au Québec


44 2.4 TYPES DE CONSTRUCTIONS

Les codes du bâtiment sont adoptés et appliqués par les Construction combustible
organismes gouvernementaux locaux pour réglementer la La construction combustible est permise pour la plupart
conception, la construction, la modication et la répara- des petits bâtiments visés par la partie 3 du Code. Dans
tion des bâtiments an d’assurer la sécurité, la santé et le bien des cas, on peut utiliser, sans conditions précises
bien-être publics. dans la partie 3, les matériaux combustibles permis pour
les bâtiments visés par la partie 9 du Code et conformes
Codes modèles aux normes mentionnées en référence dans cette partie.
Les codes modèles sont élaborés par des organismes natio- Ces bâtiments combustibles présentent, en règle générale,
naux regroupant des spécialistes en codes du bâtiment. une structure de bois construite selon les techniques cou-
Une municipalité peut promulguer des codes modèles dont rantes. Pour donner aux poteaux et aux solives un degré
certaines dispositions ont fait l’objet de modications ou de résistance au feu, on les revêt de différentes sortes de
d’ajouts pour respecter des exigences ou des préoccupa- panneaux, généralement des plaques de plâtre. Pour les
tions locales. petits bâtiments de construction combustible, l’évacua-
tion sûre des occupants, par des parcours protégés, est
Si la teneur des codes modèles diffère, leur structure de-
l’objectif primordial à prendre en considération. Dans la
meure analogue. Chaque code modèle dénit d’abord des
mesure où tous les occupants sont en sécurité, le service
catégories d’usage ou d’affectation des lieux et des types
d’incendie pourrait conclure à l’impossibilité de sauver les
de construction variant selon leur degré de résistance au
biens matériels, et s’en tenir à limiter l’incendie.
feu et leur inammabilité. Il détermine ensuite les limites
de hauteur et de supercie applicables en fonction de De plus, dans le but de favoriser l’utilisation du bois
l’affectation ou de l’usage (voir page 45) d’un bâtiment et comme matériau de construction et de mettre de l’avant
de son type de construction (voir ci-après). ses caractéristiques favorisant le développement durable,
des directives pour permettre la construction de bâtiments
Les codes modèles établissent aussi des normes relatives
d’habitation en bois de cinq ou six étages ont été étudiées,
à la conception de la structure, à la construction des
basées sur la réglementation en vigueur depuis 2009 en
murs, des planchers et des toits, aux systèmes de protec-
Colombie-Britannique. Ces directives sont désormais inté-
tion contre l’incendie, aux sorties de secours, à l’éclairage
grées dans le Code de construction.
et à la ventilation naturels, à l’accessibilité pour les per-
sonnes handicapées et à la conservation de l’énergie. Source : Régie du bâtiment du Québec. Construction d’habita-
tions en bois de 5 ou 6 étages. Directives et guide explicatif,
Tous les codes modèles sont axés sur des objectifs et Gouvernement du Québec, 2013, [En ligne], www.rbq.gouv.qc.ca.
précisent le fonctionnement des éléments ou des systèmes
particuliers sans toujours indiquer les moyens à employer Construction en gros bois d’œuvre
pour atteindre ces résultats. Ils renvoient souvent aux Dans le cas d’une construction en gros bois d’œuvre, il
normes établies par les organismes de normalisation com- faut que les dimensions des pièces de bois permettent une
pétents et d’autres corporations professionnelles et asso- résistance d’environ 45 minutes aux effets d’un incendie.
ciations de corps de métier pour indiquer les propriétés Le délai réel avant l’effondrement dépendra de la charge
que doit avoir un matériau ou un élément et les méthodes combustible dans le bâtiment et des dimensions des élé-
d’essai servant à vérier le rendement des produits. ments d’ossature. Dans un bâtiment équipé d’extincteurs
automatiques à eau, il est peu probable qu’un incendie
Le CCQ (Chapitre 1 – Bâtiment) couvre trois types de
progresse au point de menacer l’efcacité structurale des
constructions : les constructions combustibles, dont le
éléments en gros bois d’œuvre.
degré de résistance au feu est très faible, à moins que les
matériaux ne soient protégés ; les constructions en gros Construction incombustible
bois d’œuvre, qui sont faites avec des matériaux com- Dans une construction incombustible, toutes les compo-
bustibles mais dont les fortes dimensions leur procurent santes du bâtiment visé par le Code national du bâtiment
une résistance inhérente aux effets d’un incendie ; les doivent être construites avec des matériaux incom-
constructions incombustibles, qu’il importe souvent de bustibles, exception faite des éléments combustibles
protéger pour en empêcher l’effondrement en situation expressément autorisés. Le Code national du bâtiment
d’incendie, étant donné que la capacité portante de indique clairement que la plupart des matériaux de nition
l’acier de structure ou d’armature est réduite sous l’effet peuvent être combustibles et que beaucoup d’autres
des températures élevées. Le fait que les matériaux éléments non porteurs peuvent être construits avec des
incombustibles n’alimentent pas l’incendie constitue la matériaux combustibles.
différence principale entre les constructions combustibles
et incombustibles. Par conséquent, la structure adéquate- Source : Commission canadienne des codes du bâtiment et de
ment protégée contre les effets thermiques d’un incendie prévention des incendies, Lignes directrices pour l’application aux
devrait empêcher l’effondrement du bâtiment en situation bâtiments existants de la partie 3 du Code national du bâtiment,
d’incendie, de manière à fournir un certain degré de pro- Ottawa, CCCBPI (CNRC), 1993, p. 18-19.
tection aux occupants ainsi qu’aux pompiers. Cependant,
les composantes combustibles, permises dans les construc-
tions incombustibles, alimentent l’incendie.
2.4 TYPES DE CONSTRUCTIONS 45

Si les codes modèles se distinguent les uns des autres par


la description des exigences propres à chaque type de
construction, tous stipulent la hauteur et la supercie
maximales de chaque étage d’un bâtiment selon le type de
construction et son utilisation ou son affectation. De telles
dispositions visent à protéger un bâtiment contre le feu et à
ralentir sufsamment la progression d’un incendie pour que
les occupants évacuent le bâtiment en toute sécurité. Un
bâtiment peut être doté de dimensions maximales supé-
rieures s’il est muni d’un système de gicleurs autonome ou
si des murs coupe-feu le divisent en pièces ne dépassant
pas la limite imposée.

l Des murs coupe-feu sont des séparations coupe-feu incombustibles


qui doivent avoir un degré de résistance au feu pour empêcher qu’un
incendie se propage d’une partie ou d’une pièce à l’autre d’un bâtiment.
Ils doivent s’étendre de façon continue à partir des fondations jusqu’à
un parapet situé au-dessus du toit du bâtiment ou jusqu’au-dessous d’un
toit incombustible. Toutes les ouvertures pratiquées dans un mur coupe-
feu sont restreintes à un certain pourcentage de la longueur du mur et
doivent être protégées par des portes ignifugées à fermeture automa-
tique, des ensembles de fenêtres pare-feu et, dans le cas des conduites
de ventilation, par des registres coupe-feu et des registres coupe-fumée.
l Les séparations coupe-feu entre les usages désignent les constructions
verticales ou horizontales résistant au feu qui retardent la propagation
de l’incendie d’un usage à un autre dans un bâtiment à usages mul-
tiples.

l La distance limitative est l’espace requis entre, d’une part, une


limite de propriété, l’axe d’une rue, l’axe d’une voie de circula-
tion publique ou un bâtiment adjacent et, d’autre part, un mur
extérieur appelé façade de rayonnement dont la résistance au feu
est connue.

Classement des bâtiments ou parties de bâtiments


selon leur usage principal
Groupe Division Description des usages principaux
A 1 Établissements de réunion destinés à la production et à la présentation d’arts du spectacle
A 2 Établissements de réunion qui ne gurent dans aucune autre division du groupe A
A 3 Établissements de réunion de type aréna
A 4 Établissements de réunion où les occupants sont rassemblés en plein air
B 1 Établissements de détention
B 2 Établissements de traitement
B 3 Établissement de soins
C – Habitations
D – Établissements d’affaires
E – Établissements commerciaux
F 1 Établissements industriels à risques très élevés
F 2 Établissements industriels à risques moyens
F 3 Établissements industriels à risques faibles
Source : Conseil national de recherches du Canada, Code national du bâtiment – Canada 2010, Ottawa, CNRC, 2010, tableau 3.1.2.1.
46 2.5 CHARGES SUR LE BÂTIMENT

Délimitant des volumes à des ns d’habitation,


la structure d’un bâtiment doit pouvoir supporter
deux types de charges : les charges statiques et les
charges dynamiques.
l Les charges permanentes
sont des charges statiques Charges statiques
agissant vers le bas sur une Les charges statiques s’appliquent lentement à la
structure. Elles comprennent structure d’un bâtiment jusqu’à ce qu’elle atteigne
le poids de la structure sa valeur maximale sans uctuation rapide de son
elle­même et celui des élé­
ampleur ou de son emplacement. La structure réagit
ments de construction, des
lentement à la présence d’une charge statique ; sa
installations et de l’équipe­
ment permanents déformation est maximale lorsque la force statique
qui y sont xés. est maximale.
l Les surcharges comprennent toutes les charges mobiles
que l’occupation des lieux, l’accumulation de neige et
d’eau et les appareils en mouvement exercent sur la
structure. Une charge variable s’applique généralement
vers le bas, mais elle peut aussi agir horizontalement
en raison du caractère dynamique d’une charge mobile.
l Les surcharges d’utilisation résultent du poids des
occupants, des meubles, de l’équipement stocké et des
autres objets similaires présents dans un bâtiment. Les
codes du bâtiment spécient les charges unitaires mini­
l Les charges dues au tasse­ males uniformément réparties qui doivent être respec­
ment s’appliquent sur la tées pour diverses utilisations et affectations des lieux.
structure et résultent de l Les surcharges de neige proviennent du poids de la
l’affaissement d’une partie neige accumulée sur un toit. Elles varient selon l’empla­
du terrain porteur et du cement géographique, l’exposition du terrain, la nature
tassement différentiel qu’il des vents et la géométrie du toit.
induit sur les fondations. l Les surcharges dues à la pluie résultent de l’accumu­
lation d’eau sur un toit en raison de sa forme, de
l La pression géostatique est son inclinaison et de l’obstruction de son système de
la force horizontale qu’un sol drainage.
exerce sur une structure de
soutènement verticale.

l Les surcharges d’impact sont des charges cinétiques de


l La pression hydrostatique courte durée qui proviennent de véhicules, d’appareils
est la force hydraulique et de machines en mouvement. Les codes du bâtiment
que des eaux souterraines les assimilent à des charges statiques et tiennent
exercent sur les compte de leur nature dynamique en ampliant la
fondations. charge statique à laquelle elles correspondent.

l La contrainte thermique
est la contrainte de com­
pression ou de traction Charges dynamiques
engendrée dans un élément
exposé à une dilatation Les charges dynamiques sont celles qui s’appliquent
ou à une contraction soudainement à une structure et dont l’ampleur et
thermiques. le point d’application varient souvent rapidement.
Si une structure soumise à une charge dynamique
acquiert une force d’inertie proportionnelle à sa
masse, sa déformation maximale ne correspond
toutefois pas toujours à l’ampleur maximale de la
charge appliquée. Les deux principaux types de
charges dynamiques sont les charges dues aux vents
et celles dues aux séismes.
2.6 CHARGES DUES AUX VENTS 47

Les charges dues aux vents sont des forces résultant


de l’énergie cinétique de masses d’air se déplaçant
généralement à l’horizontale.
l La structure, les éléments constitutifs et le parement
d’un bâtiment doivent résister aux glissements, aux
soulèvements et aux renversements que peut causer
l’action du vent.
Renversement

Glissement

l On calcule le total des charges dues aux vents en multipliant


la charge due aux vents par mètre carré par la supercie
des surfaces verticales du bâtiment ou de la structure sur
lesquelles le vent exerce une pression normale.
l On suppose que le vent se déplace à l’horizontale dans
toutes les directions et qu’il exerce une pression normale
sur les surfaces qui y sont exposées. Soulèvement
l Comme le vent peut exercer une pression positive ou
négative, dite d’aspiration, sur un bâtiment, celui-ci doit
pouvoir résister aux forces qui en résultent dans toutes
les directions normales par rapport aux surfaces qui y sont
exposées.
l La pression éolienne de calcul théorique est une valeur
minimale attribuée, lors de la conception, à la pression
statique équivalente qui s’exerce sur les surfaces
extérieures d’une structure lorsque le vent atteint une
vitesse critique. Elle est égale à une pression éolienne
de référence mesurée à une hauteur de 33’ (10 m) et
modiée par plusieurs coefcients reétant l’incidence
de l’exposition, de la hauteur du bâtiment, des coups de
vent ainsi que de la géométrie et de l’orientation de la
structure sur le ux d’air incident.
l Un facteur d’amplitude peut faire augmenter les valeurs
calculées des forces dues aux vents ou aux séismes qui
peuvent s’exercer sur un bâtiment en raison du grand
nombre de ses occupants, de son contenu potentielle-
ment dangereux ou de sa nature indispensable en cas
d’ouragan ou de tremblement de terre.

l Les vibrations sont les oscillations rapides que subissent


un câble ou une membrane souples exposés à la force
aérodynamique du vent.
l Dans le cas d’un immeuble haut et élancé, d’une
structure de forme inhabituelle ou complexe ou encore
d’une structure exible et légère qui est sujette aux
vibrations, il faut procéder à des essais en souferie ou
à une modélisation informatique pour déterminer leur
résistance à la répartition de la pression due au vent.
48 2.7 CHARGES DUES AUX SÉISMES

Un tremblement de terre est une série de secousses longi­


tudinales et transversales qui se produisent dans la croûte
terrestre lors du déplacement abrupt de plaques le long de
lignes de faille. Les secousses d’un tremblement de terre se
propagent à la surface de la terre sous forme d’ondes et dimi­
nuent de façon logarithmique à mesure qu’elles s’éloignent
de leur source. Les déplacements du sol sont tridimension­
nels, mais ce sont leurs composantes horizontales qui sont
les plus importantes pour la conception d’une structure, car
les éléments de la structure qui portent les charges verticales
possèdent habituellement une réserve considérable de résis­
tance aux charges verticales supplémentaires.
l Lors d’un tremblement de terre, la masse supérieure d’une
structure acquiert une force d’inertie, car elle tend à rester
au repos pendant que la base se déplace avec le sol. Selon
la deuxième loi de Newton, cette force est égale au produit
de la masse et de l’accélération gravitationnelle.
l Il est possible de calculer la valeur d’une force latérale
statiquement équivalente, la contrainte de cisaillement de
la base, pour une structure régulière de hauteur inférieure à
240’ (73 m), une structure irrégulière d’au plus cinq étages
l Accélération du sol et une structure exposée à un faible risque sismique.

l La contrainte de cisaillement de la base est la valeur


théorique minimale de la force sismique latérale totale
qui s’exerce sur une structure selon une direction hori­
zontale quelconque. On l’obtient en multipliant la charge
permanente (ou poids mort) totale de la structure par des
coefcients qui correspondent au caractère et à l’intensité
des mouvements du sol dans la zone sismique, au prol du
sol sous les fondations, au type d’affectation du bâtiment,
à la répartition de la masse en fonction de la rigidité de
la structure et à la période propre – soit la durée d’une
oscillation complète – de la structure.

l La contrainte de cisaillement de la base est répartie sur


chaque diaphragme horizontal au­dessus de la base d’une
structure régulière, proportionnellement au poids du plan­
cher de chaque étage et à sa distance de la base.
l La période d’oscillation propre l Une analyse dynamique plus complexe s’impose pour une
d’une structure dépend de sa structure en hauteur, une structure de forme irrégulière
hauteur au­dessus de sa base ou dotée de systèmes de charpenterie et une structure
et de sa dimension selon une construite sur un sol tendre ou plastique qui est susceptible
direction parallèle à celle des de se rompre ou de s’effondrer sous une charge sismique.
forces appliquées. Une structure
relativement rigide oscille rapi­
l Toute charge latérale appliquée à une certaine distance
dement et a une période courte,
au­dessus du sol engendre un moment de renversement à la
tandis qu’une ossature plus
base d’une structure. Pour assurer l’équilibre, on contreba­
exible oscille plus lentement et
lance ce moment par un moment de redressement extérieur
a une période plus longue.
et un moment de résistance intérieur provenant des forces
situées dans les poteaux et les murs de cisaillement.

l La charge permanente d’une structure apporte un moment


de redressement qui agit au point de rotation même du
moment de renversement. Habituellement, les codes du
bâtiment exigent que le moment de redressement soit au
moins 50 % supérieur au moment de renversement.

Le texte qui suit explique brièvement comment un


système structural doit absorber toutes les forces
appliquées à un bâtiment et les canaliser vers le sol.
Pour de plus amples renseignements sur la conception
des structures et l’analyse des bâtiments, se reporter à
la bibliographie.
2.8 FORCES APPLIQUÉES À LA STRUCTURE 49

Une force est une action qui modie la forme ou le


mouvement d’un corps. On l’exprime au moyen d’un
vecteur ayant un module et une direction et on la
représente à l’aide d’une èche dont la longueur
est proportionnelle au module et dont l’orientation
dans l’espace indique la direction. Une force unique
s’exerçant sur un corps rigide agit en tout point
dans sa direction sans modier son effet extérieur.
Des forces multiples se combinent de diverses
façons :

l Des forces équipollentes agissent le long d’une même


droite et leur somme vectorielle correspond à la somme
algébrique de leurs modules, orientée dans la même
direction.

l Des forces concourantes s’orientent dans des directions


différentes à partir d’un point commun. Leur somme
vectorielle produit le même effet sur un corps rigide
que l’application successive de chacune de ces forces à
ce corps.

l La loi du parallélogramme établit que la somme vec-


torielle, aussi appelée force résultante ou résultante,
de deux forces concourantes est la diagonale d’un
parallélogramme dont les côtés adjacents représentent
les vecteurs des deux forces additionnées.

l De la même façon, toute force unique peut se décom-


poser en au moins deux forces concourantes dont l’effet
net sur un corps rigide équivaut à celui de la force
initiale. Dans l’analyse d’une structure, on détermine
habituellement les composantes rectangulaires ou
cartésiennes de la force initiale.
F4 Somme vectorielle
l La méthode du polygone offre une représentation F3
F4
graphique pour le calcul de la somme vectorielle d’un
système coplanaire de plusieurs forces concourantes.
Il s’agit d’abord de tracer à l’échelle chaque vecteur de F2
force en en plaçant l’origine sur la pointe du vecteur F1 F1
précédent, puis de fermer le polygone par un vecteur
représentant la force résultante, qui va de l’origine du
premier vecteur à la pointe du dernier vecteur. F3
F2

l Les forces non concourantes ont des directions qui ne se


d = bras de Moment (M) = F × d
coupent pas. Leur somme vectorielle correspond à
levier du
la force unique qui imprimerait à un corps les mêmes
moment
translation et rotation que le ferait l’ensemble des forces
initiales.
l Un moment désigne la capacité d’une force à imprimer
à un corps une rotation autour d’un point ou d’une
ligne. Il a une ampleur égale au produit de la force
et du bras de levier, et il s’exerce en sens horaire ou
antihoraire.
l Un couple est un système de deux forces parallèles
égales qui s’exercent en directions opposées et qui
tendent à produire une rotation mais non une transla-
tion. Le moment d’un couple est égal au produit d’une
des forces par la distance perpendiculaire entre les deux
forces.
50 2.9 ÉQUILIBRE D’UNE STRUCTURE

En matière de conception et d’analyse d’une struc-


ture, nous considérons d’abord l’ampleur, la direc-
tion et le point d’application des forces, puis nous
envisageons leur combinaison an d’obtenir un état
d’équilibre. L’équilibre est un état de repos résultant
de l’action égale de forces contraires. Autrement dit,
à mesure que chaque élément d’une structure reçoit
une charge, ses parties porteuses doivent exercer
une force égale mais opposée. Un corps rigide est en
équilibre s’il satisfait aux deux conditions suivantes :
l Premièrement, la somme vectorielle de toutes les forces
qui agissent sur lui doit être nulle, ce qui assure un
équilibre en translation : Fx = 0 ; Fy = 0 ; Fz = 0.
l Deuxièmement, la somme algébrique de tous les
moments des forces par rapport à un point ou à une
ligne quelconques doit être nulle, ce qui assure un
équilibre en rotation : Mx = 0 ; My = 0 ; Mz = 0.

l La troisième loi du mouvement de Newton, soit la loi


de l’action et de la réaction, établit que tout corps
subissant une force exerce en retour une force de même
ampleur et de direction exactement opposée.

l Une charge concentrée agit sur une très petite aire ou


sur un point particulier d’un élément porteur de la struc-
ture, comme le font une poutre reposant sur un poteau
ou un poteau reposant sur sa semelle.
l Une charge uniformément répartie est une charge
d’ampleur uniforme s’exerçant sur la longueur ou l’aire
d’un élément porteur de la structure, comme le font une
charge variable sur un tablier de plancher ou une solive
et une charge éolienne sur un mur.

l Un schéma rendu libre est une représentation graphique


d’un système complet des forces appliquées et des
forces réactives agissant sur un corps ou une partie
isolée d’une structure. Chaque partie élémentaire d’une
structure exerce des réactions qui sont nécessaires à son
propre équilibre, tout comme l’ensemble de la structure
produit des réactions à ses supports qui servent à main-
tenir son équilibre général.
2.10 POTEAUX 51

Les poteaux sont des éléments structuraux rigides


et relativement élancés, destinés essentiellement
à supporter des charges de compression axiales
appliquées à leurs extrémités. Les poteaux relative-
ment petits et larges sont plus sujets à la rupture
qu’au ambage. La défaillance survient lorsque la
contrainte directe d’une charge axiale excède la
résistance à la compression du matériau présent
dans la section transversale. Une charge excentrée
peut toutefois engendrer une certaine déforma-
tion ainsi qu’une répartition non uniforme de la l Des forces extérieures en-
gendrent des contraintes à
contrainte dans la section.
l’intérieur des éléments de
l L’aire du noyau est l’aire centrale de toute section la structure.
horizontale d’un poteau ou d’un mur où doit passer
la résultante de toutes les charges de compression,
lorsque seules des contraintes de compression sont
présentes dans la section. L’application d’une charge de
compression à l’extérieur de cette aire fera apparaître
des contraintes de traction dans la section.

Les poteaux longs et élancés sont plus sujets au


ambage qu’à la rupture. Le ambage désigne
l’instabilité latérale ou de torsion que l’action
d’une charge axiale fait soudainement apparaître
dans un élément structural élancé avant que la
limite conventionnelle d’élasticité du matériau ne
r
soit atteinte. Un poteau soumis à une charge de
ambage commence par se cintrer latéralement
et ne peut générer les forces internes qui lui L l Le rayon de giration (r) est la
L

redonneraient sa forme rectiligne. Toute charge distance séparant un axe et le


supplémentaire le fera se cintrer davantage jusqu’à point où se trouve présumément
son effondrement par exion. Plus l’élancement concentrée toute la masse d’un
d’un poteau est élevé, plus la contrainte critique corps. Le rayon de giration d’une
de ambage est faible. Lors de la conception d’un section de poteau est égal à la
poteau, il importe de chercher à diminuer l’élan- racine carrée du quotient du
cement en réduisant la longueur équivalente du moment d’inertie et de l’aire.
r
poteau ou en maximisant le rayon de giration de
sa section transversale.
l L’élancement d’un poteau correspond au rapport entre
sa longueur équivalente (L) et son plus petit rayon de
giration (r). Dans le cas d’une section de poteau asymé-
trique, le ambage se produit généralement près de
l’axe le plus faible ou dans la direction de la plus petite
dimension.

l La longueur équivalente est la distance entre les


points d’inexion d’un poteau sujet au ambage.
Si cette portion d’un poteau ambe, tout le poteau
défaille.
l Le facteur de longueur équivalente (k) est un coef-
cient utilisé pour modier la longueur réelle
d’un poteau selon l’état de ses extrémités an que
sa longueur équivalente puisse être déterminée. Par
exemple, l’encastrement des deux extrémités d’un long
poteau réduit de moitié sa longueur équivalente et l Les deux extré- l Une extrémité l Les deux extré- l Une extrémité libre
multiplie par quatre la charge qu’il peut porter. mités encastrées ; articulée et une mités articulées ; et une extrémité
k = 0,5 extrémité encas- k=1 encastrée ; k = 2
trée ; k = 0,7
52 2.11 POUTRES

Les poutres sont des éléments structuraux rigides conçus


pour porter des charges transversales ou les transférer à des
éléments porteurs. Les forces non concourantes déforment
la poutre et lui imposent une exion, à laquelle s’oppose la
résistance interne du matériau.

l La èche est la distance perpendiculaire de laquelle une travée


dévie par rapport à sa position initiale lorsqu’elle subit l’action d’une
charge transversale. Elle augmente avec la charge et la portée et
diminue proportionnellement à l’accroissement du moment d’inertie
de la section ou du module d’élasticité du matériau.

l Le moment de exion est un moment extérieur qui tend à faire


échir ou courber une partie de la structure. Il est égal à la somme
algébrique des moments autour de l’axe neutre d’une section donnée.
l Le moment de résistance est un moment intérieur égal et opposé
au moment de exion. Il résulte d’un couple de forces et maintient
l’équilibre d’une section donnée.

l L’effort de exion est une combinaison de contraintes de com-


pression (C) et de traction (T) apparaissant dans une section
transversale d’un élément structural pour résister à une force
transversale. Il est maximal à la surface la plus éloignée de l’axe
neutre.
l L’axe neutre est la ligne imaginaire, passant par le centroïde de la
section transversale d’une poutre ou d’un autre élément exposé à
C la exion, où ne s’exerce aucune contrainte de exion.
l Le cisaillement transversal apparaît à une section transversale
T d’une poutre ou d’un autre élément exposé à la exion. Il est égal
à la somme algébrique des forces transversales appliquées à un
côté de la section.
l L’effort de cisaillement vertical oppose une résistance au
cisaillement transversal. Il prend sa valeur maximale à l’axe
neutre et diminue de façon non linéaire en direction des faces
extérieures.
l L’effort de cisaillement horizontal ou longitudinal prévient le glis-
sement horizontal au sein d’une poutre subissant l’action d’une
charge transversale. En tout point, il est égal à la contrainte de
cisaillement vertical en ce point.

On augmente l’efcacité d’une poutre en congurant sa


section transversale de manière à obtenir le moment d’inertie
ou le module de section requis avec la plus petite aire
possible. On y parvient habituellement en créant une section
profonde et en disposant la majeure partie du matériau aux
extrémités, là où les contraintes de exion sont maximales.
Ainsi, si les contraintes de exion sont deux fois moindres
dans une poutre deux fois moins longue ou deux fois plus
large, elles deviennent quatre fois moindres lorsque la
profondeur est deux fois plus élevée.
l Le moment d’inertie est la somme des produits de chaque élément
d’une surface par le carré de sa distance à un axe coplanaire de
rotation. C’est une propriété géométrique qui indique la réparti-
tion de l’aire de la section transversale d’un élément structural,
mais qui ne reète pas les propriétés physiques intrinsèques du
matériau.
l Le module de section est une propriété géométrique d’une section
transversale, qui correspond au moment d’inertie de la section
divisé par la distance entre l’axe neutre et la surface la plus
éloignée.
2.12 PORTÉES DES POUTRES 53

l Une poutre simple repose sur des appuis à ses deux


extrémités, qui sont libres de tourner et n’ont pas de
moment de résistance. Comme dans le cas de tout élé-
ment statique, la valeur des réactions, des cisaillements
et des moments d’une poutre simple est indépendante
de la forme de sa section transversale et du
matériau utilisé.
l Diagramme de
cisaillement

l Un cantilever ou porte-à-faux est une poutre l Diagramme de moment


ou un autre élément structural rigide suspendu
en porte-à-faux et prenant appui sur une
seule extrémité encastrée.
l Une poutre en surplomb est une poutre simple se
prolongeant au-delà d’un de ses appuis. Le surplomb
diminue le moment positif à mi-portée et confère un
moment négatif à la base du cantilever au-dessus de
l’appui. Dans le cas d’une charge uniformément répartie,
le surplomb pour lequel le moment au-dessus de l’appui
est égal et opposé au moment à mi-portée se situe à
environ 3/8 de la portée.

l Une poutre en double surplomb est une poutre simple


se prolongeant au-delà de ses deux appuis. Dans le cas
d’une charge uniformément répartie, les surplombs pour
lesquels les moments au-dessus des appuis sont égaux
et opposés au moment à mi-portée se situent à environ
1/3 de la portée.

l Une poutre encastrée est une poutre dont les deux


extrémités ne sont sujettes à aucun mouvement de
translation et de rotation. L’encastrement d’une poutre se
traduit par un transfert des contraintes de exion, une
augmentation de sa rigidité et une diminution de
sa èche maximale.

l Une poutre à travée suspendue est une poutre simple


supportée par les saillies de deux portées attenantes,
avec des joints de construction articulés aux points de
moment nul.
l Une poutre continue, ou poutre à multiples portées,
s’étend sur plus de deux appuis et acquiert ainsi une
rigidité supérieure et des moments inférieurs à ceux
d’une suite de poutres simples à portée et à charge
similaires. Les poutres encastrées et les poutres
continues sont des éléments structuraux indéterminés
dont la valeur des réactions, des cisaillements et des
moments dépend non seulement de la portée et de la
charge, mais aussi de la forme de la section transversale
et du matériau de la poutre.
54 2.13 FERMES

Une ferme est une structure fondée sur la rigi-


dité géométrique de la forme triangulaire
et composée d’éléments linéaires exposés
seulement à une traction ou à une compression
axiales.
l Les membrures supérieures et inférieures consti-
tuent les principaux éléments d’une ferme ; elles
s’étendent d’une extrémité à l’autre et sont reliées
par des éléments du treillis.
l Le treillis est le système d’éléments reliant les
membrures supérieures et inférieures d’une ferme.

l Par le terme « panneau », on désigne tout espace


dans le treillis d’une ferme compris entre deux
points (nœuds) de jonction du panneau à une
membrure et un joint ou une paire de joints situé
sur une membrure opposée.

l Le talon est l’extrémité inférieure en appui d’une


ferme.

l On appelle nœud tout joint reliant un élément


principal du treillis et une membrure. Une charge
impartie à une ferme doit s’exercer seulement
sur ses nœuds an que ses éléments ne soient
sujets qu’à une traction ou à une compression
axiales. Pour empêcher l’apparition de contraintes
secondaires, les axes centraux des éléments de la
ferme et la charge en un joint doivent passer par
un point commun.

l Théoriquement, les membrures zéro ne portent


aucune charge directe ; leur absence ne modierait
pas la stabilité de la conguration de la ferme.

l Les types et les congurations de fermes sont


décrits à la page 193.

l Les poutres Vierendeel sont des assemblages de


poutres dont les éléments du treillis, verticaux et
rigides, sont reliés à des membrures supérieure
et inférieure parallèles. Les poutres Vierendeel
ne sont pas de véritables fermes puisque leurs
éléments sont sujets à des forces de exion non
axiales.
2.14 CADRES ET MURS 55

Une poutre simple supportée par deux poteaux ne résiste à des


forces latérales que si elle est contreventée. Si les joints qui
unissent les poteaux et la poutre peuvent résister aux forces et
aux moments, l’ensemble est alors qualié de cadre rigide. Les
charges appliquées exercent des forces axiales, des forces de
exion et des forces de cisaillement sur tous les éléments du
cadre parce que les joints rigides empêchent les extrémités des
éléments de bouger librement. De plus, des poussées hori-
zontales apparaissent à la base d’un cadre rigide lorsqu’il est
exposé à une charge verticale. Un cadre rigide est statiquement
indéterminé et n’est rigide que dans son plan.
l Un cadre encastré est un cadre rigide relié à ses appuis par
des joints encastrés. Un cadre encastré oppose une plus
grande résistance à la déformation qu’un cadre articulé, mais
il est également plus sujet au tassement des appuis ainsi qu’à
la dilatation et à la contraction thermiques.
l Un cadre articulé est un cadre rigide relié à ses appuis par
des articulations ou joints cylindriques. Ceux-ci empêchent
la formation de fortes contraintes de exion en permettant
à l’ensemble du cadre de bouger sous l’effet du tassement
des appuis et de se déformer légèrement lorsque apparaissent
des contraintes dues à des variations de température.

l Un cadre à trois articulations est un ensemble de deux


sections rigides reliées l’une à l’autre et à leurs appuis par
des joints cylindriques. S’il est plus sujet à la exion que
le cadre encastré ou articulé, le cadre à trois articulations
est cependant moins exposé au tassement des appuis et aux
contraintes thermiques. La présence des trois joints cylin-
driques rend aussi possible l’analyse du cadre en tant que
structure déterminée statiquement.

Le remplissage du plan déni par deux poteaux et une


poutre donne lieu à un mur porteur qui se comporte comme
un poteau long et mince en transférant au sol les forces de
compression. Les murs porteurs sont plus efcaces lorsqu’ils
supportent des charges coplanaires uniformément réparties,
mais plus vulnérables lorsque les forces sont perpendiculaires
à leur plan. Pour offrir une stabilité latérale, les murs por-
teurs doivent buter contre des pilastres, des murs de refend,
des cadres rigides transversaux ou des dalles horizontales.
Toute ouverture dans un mur porteur en affaiblit l’intégrité
structurale. Un linteau ou un arc doit supporter la charge
s’exerçant au-dessus de l’ouverture d’une porte ou d’une
fenêtre et dévier les contraintes de compression autour
de l’ouverture pour les orienter vers les sections adjacentes
du mur.
56 2.15 DALLES

Une dalle est une structure rigide, plane et habi­


tuellement monolithique dans laquelle les charges
appliquées se dispersent en un réseau multidirec­
tionnel et parviennent aux appuis selon le trajet le
plus court et le plus rigide. Un exemple d’une telle
structure est une dalle en béton armé.
La dalle apparaît comme une série de bandes de
poutre adjacentes et entièrement reliées les unes
aux autres sur toute leur longueur. Lorsqu’une charge
appliquée se transmet aux appuis grâce à la exion
d’une bande de poutre, elle se répartit sur toute la
dalle, car le cisaillement vertical se transmet de
la bande échie aux bandes adjacentes. La exion
d’une bande de poutre entraîne aussi la torsion des
bandes transversales, dont la résistance à la torsion
accentue la rigidité globale de la dalle. Par consé­
quent, si une exion et un cisaillement transfèrent
une charge en direction de la bande de poutre
chargée, un cisaillement et une torsion transfèrent
la charge perpendiculairement à la bande chargée.
Une dalle doit être carrée ou faiblement rectangu­
laire pour se comporter comme une structure bidi­
rectionnelle. Dans le cas d’une dalle plus fortement
rectangulaire, le comportement bidirectionnel
s’amoindrit et un effet unidirectionnel sur la dimen­
sion la plus courte apparaît ensuite, car les bandes
de dalle plus courtes sont plus rigides et portent une
plus grande partie de la charge.
Les dalles plissées sont composées d’éléments
minces et profonds à joints rigides le long de leurs
extrémités. Ces éléments forment des angles aigus
l’un avec l’autre pour se renforcer mutuellement
contre le ambage latéral. Chaque élément se com­
porte comme une poutre en direction longitudinale.
La portée est moindre dans la direction la plus courte
en raison des plis, dont chacun se comporte comme
un appui rigide. Les bandes transversales font ofce
de poutre continue s’appuyant sur les points de pli.
Les raidisseurs verticaux ou cadres rigides rendent
une dalle plissée moins sujette à la déformation de
son plissage. La rigidité de la section transversale qui
en résulte confère une portée relativement grande
aux plaques plissées.
Une grille plane tridimensionnelle est composée de
petits éléments linéaires et rigides qui sont disposés
en triangles et sujets seulement à une traction ou
à une compression axiales. L’unité la plus simple
d’une grille plane tridimensionnelle est le tétraèdre
à quatre joints et à six éléments. Puisqu’une grille
plane tridimensionnelle a un comportement analogue
à celui d’une dalle, sa travée d’appui doit aussi être
carrée ou faiblement rectangulaire pour servir de
structure bidirectionnelle. L’agrandissement de l’aire
porteuse des appuis répartit l’effet de cisaillement
sur un plus grand nombre d’éléments et diminue
l’ampleur des forces qui s’exercent sur ceux­ci. Pour
plus de renseignements sur les structures tridimen­
sionnelles, se reporter à la page 194.

DCC 13 32 00 Structures spatiales


2.16 UNITÉS STRUCTURALES ÉLÉMENTAIRES 57

Les principaux éléments structuraux, à savoir


le poteau, la poutre, la dalle et le mur porteur,
peuvent être assemblés en une unité structurale
élémentaire qui délimite et renferme un espace
l Planches ou platelage
d’habitation. Cette unité constitue le point de
départ de la structure et de l’organisation spatiale l Solives ou poutrelles
d’un bâtiment. l Poutres ou poutres
maîtresses
l Les portées horizontales peuvent être enjambées par
des dalles de béton armé ou par un arrangement struc- l Dalle ou plaque
turé en couches de poutres maîtresses, de poutres et
de solives ou de poutrelles portant des planches ou un l Mur porteur
platelage.
l Les appuis verticaux d’une unité structurale peuvent
être assurés par des murs porteurs ou un assemblage l Assemblage poutres-
poutres-poteaux. poteaux

Les dimensions et les proportions d’une unité struc-


turale élémentaire ou d’une travée inuent sur le
choix du système d’enjambement approprié.
l Les systèmes unidirectionnels de solives ou poutrelles,
de planches ou de dalles sont plus efcaces lorsque
les travées sont rectangulaires – c’est-à-dire lorsque le
rapport entre les dimensions de leurs côtés est supérieur
à 1,5:1 – ou que la grille structurale donne une con-
guration linéaire des espaces.
l Les systèmes bidirectionnels de poutres et de dalles sont
plus efcaces pour les travées carrées ou faiblement
rectangulaires.

l Une dalle bidirectionnelle s’appuyant sur quatre


poteaux délimite un espace à caractère horizontal. La
présence de murs porteurs parallèles favorise le recours
à un système d’enjambement unidirectionnel.

l Étant donné que les murs porteurs offrent une efcacité


maximale lorsqu’ils supportent une charge uniformé-
ment répartie, ils servent généralement d’appui à un
ensemble de solives ou de poutrelles, de planches
ou de dalles unidirectionnelles.
l Un assemblage linéaire de poteaux et de poutres déli-
mite un espace tridimensionnel se prêtant bien à une
expansion horizontale et verticale.
l Deux murs porteurs délimitent simplement un espace
axial bidirectionnel. Des ouvertures pratiquées dans les
murs porteurs confèrent à cet espace des axes secon-
daires perpendiculaires à l’axe primaire.
58 2.17 PORTÉES DES ÉLÉMENTS HORIZONTAUX

La portée des éléments horizontaux


détermine l’espacement de leurs appuis
verticaux. Ce rapport fondamental entre
la portée et l’espacement des éléments
de structure inue sur les dimensions
et l’échelle des espaces que délimite la
charpente d’un bâtiment. Les dimensions et
les proportions des travées sont liées à leur
tour aux ns auxquelles seront consacrés
ces espaces.

Plages de portées
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 pieds
0 10 20 30 mètres

l Planches
Bois d’œuvre

l Solives

l Poutres lamellées-collées

l Fermes
Systèmes unidirectionnels

l Platelage
Acier

l Poutres à large semelle

l Poutrelles à treillis

l Dalles armées selon une


direction

l Dalles nervurées

l Éléments préfabriqués
Béton armé

l Prolés en T préfabriqués
Systèmes bidirectionnels

l Dalles planes

l Dalles et poutres armées selon


deux directions

l Dalles à caissons (planchers-


champignons gaufrés)
2.18 GRILLES STRUCTURALES 59

L’arrangement des principaux appuis ver-


ticaux détermine non seulement le choix
du système d’enjambement, mais aussi les
possibilités d’agencement des espaces et des
fonctions d’un bâtiment.
Les principaux points et lignes d’appui d’une
structure prennent généralement la forme
d’une grille. Les points vitaux de la grille se l Les lignes de référence d’une
situent là où les poteaux et les murs porteurs grille représentent des poutres
reçoivent les charges des poutres et des autres horizontales et des murs porteurs.
éléments de portée horizontaux et d’où ils l Les intersections des lignes
de référence représentent les
dirigent verticalement ces charges jusqu’aux
emplacements des poteaux ou de
fondations. la concentration des poids.
L’agencement géométrique de la grille peut l On peut étendre une unité
structurale élémentaire ou une
servir, lors de la conception, à la mise au point
travée sur un plan vertical, dans
et au renforcement de l’organisation fonction- l’axe des poteaux, et sur un plan
nelle et spatiale du bâtiment. horizontal, dans la portée des
poutres et des murs porteurs.
l On peut disposer les murs non porteurs de façon
à dénir un large éventail de congurations spa-
tiales et à multiplier les ns possibles auxquelles
peuvent être consacrés les espaces du bâtiment.

l L’ajout ou la suppression d’éléments dans une


grille permet de satisfaire des besoins particuliers
tels que l’aménagement de plus grands espaces ou
l’adaptation à des conditions exceptionnelles.

l La disposition d’une grille peut être irrégu-


lière dans une ou deux directions en raison des
exigences dimensionnelles propres à l’utilisation
prévue des espaces.

l Il est possible de séparer une partie de la grille et


de la faire pivoter par rapport à la conguration
initiale.

l Le décalage de deux grilles parallèles l’une à


l’autre fera apparaître des espaces intermédiaires
susceptibles de faciliter les déplacements, de
relier une série d’espaces plus grands ou d’abriter
des services mécaniques.

l La présence d’un troisième élément tel qu’un mur


porteur, un espace intermédiaire ou un système
de portée plus n peut faciliter l’harmonisation de
deux congurations hétérogènes.

l Le recours à des grilles non uniformes ou irré-


gulières reétera la disposition hiérarchique ou
fonctionnelle des espaces d’un bâtiment.
60 2.19 STABILITÉ LATÉRALE

Diaphragme horizontal Les éléments de structure d’un bâtiment doivent


l Une structure de plancher être dimensionnés, congurés et assemblés pour
rigide se comporte comme former une structure qui demeure stable, quelles
une poutre plate et profonde que soient les charges. Il faut donc concevoir une
et transfère les charges laté- structure qui résiste non seulement aux poids ver-
rales à des murs de contre-
ticaux, mais aussi aux vents latéraux et aux forces
ventement ou à des cadres
contreventés
sismiques provenant de toutes les directions. Voici
ou rigides. les principaux dispositifs qui assurent la stabilité
latérale d’un bâtiment.

Cadre rigide
l Un cadre en acier ou en béton armé aux joints rigides
résiste aux variations angulaires.

Mur de cisaillement
l Un mur en bois, en béton ou en maçonnerie résiste aux
variations de formes et transfère les charges latérales
aux fondations.

Cadre contreventé
l Un cadre en bois ou en acier est contreventé avec des
éléments diagonaux.

Contreventement en équerre Contreventement en K Contreventement en treillis


(jambe de force) croisé

l Ce genre de contreventement fait appel à deux câbles


pour stabiliser la structure en présence de forces
latérales s’exerçant dans l’une ou l’autre direction.
Dans chaque direction, un câble est en traction tandis
que l’autre se déforme quelque peu. L’utilisation d’un
entretoisement rigide entraîne une certaine redondance
puisqu’un seul élément parvient à stabiliser la structure.

Chacun de ces systèmes peut être utilisé seul ou


avec d’autres pour stabiliser une structure. Le cadre
rigide est généralement le moins efcace des trois
systèmes verticaux. Il s’avère toutefois bien utile
lorsque le recours à des cadres contreventés ou à
des murs de contreventement ferait apparaître des
barrières non désirées entre des espaces adjacents.
Les forces latérales ont généralement des effets
plus prononcés sur la dimension la plus courte des
bâtiments rectangulaires et c’est pourquoi on y
privilégie les murs de cisaillement ou les cadres
contreventés. Par contre, n’importe quel élément
résistant aux forces latérales peut être utilisé dans
la dimension la plus longue.
l Les portiques sont des cadres contreventés ou rigides
conçus pour porter les charges verticales et latérales
perpendiculairement à la longueur d’une structure
assemblée.
2.19 STABILITÉ LATÉRALE 61

Pour éviter les effets destructeurs de la torsion,


les structures exposées à des forces latérales
doivent être disposées et contreventées de façon
symétrique an que leur centre de masse et leur
centre de résistance soient les plus rapprochés
possible. Dans le cas d’une structure irrégulière à
conguration asymétrique, il faut généralement
procéder à une analyse dynamique des effets de
torsion propres aux forces latérales.
Les structures irrégulières se caractérisent par
leurs diverses irrégularités en plan ou verti-
cales, telles que la disposition asymétrique des
masses ou des éléments de résistance aux forces l Le centre de résistance est le centroïde
latérales, un étage mou ou faible, un mur de des éléments verticaux d’un système
cisaillement ou un diaphragme discontinus. de résistance aux forces latérales, où
s’exerce la réaction au cisaillement des
l L’irrégularité de torsion désigne une disposition
forces latérales.
asymétrique des masses ou des éléments de
résistance aux forces latérales telle que les centres
de masse et de résistance ne coïncident pas.

l Un angle rentrant est une conguration en plan


d’un bâtiment qui a un prolongement s’étendant
au-delà du coin sur une distance sensiblement
plus grande que la dimension en plan dans la
direction donnée. Un angle rentrant donne
généralement lieu à des déplacements distincts
de la part des différentes parties d’un bâtiment
et à des concentrations locales de contraintes à
l’angle. On règle ce problème en installant un joint
sismique pour diviser le bâtiment en des formes plus
simples, en chaînant le bâtiment plus fortement à
l’angle ou en ébrasant l’angle. l Un raidisseur discontinu s’étend sur
un plan horizontal et présente une
l Les joints sismiques établissent une séparation découpure ou une partie ouverte assez
physique entre les masses adjacentes d’un ample. Sa rigidité est nettement infé-
bâtiment, si bien que les vibrations d’une masse rieure à celle de l’étage supérieur
ne se répercutent pas sur une autre. ou inférieur.

l Un étage mou ou faible possède une rigidité ou


une résistance latérale nettement inférieure à
celle des étages supérieurs.

l Un mur de cisaillement discontinu se caractérise


par un grand décalage ou par une forte variation
des dimensions horizontales.

DCC 13 48 00 Protection contre le bruit, les vibrations et les séismes


62 2.20 BÂTIMENTS DE GRANDE HAUTEUR

Les gratte-ciel, bâtiments atteignant une grande hau-


teur, sont particulièrement sujets aux effets des forces
latérales. Une structure rigide offre la plus faible stabilité
latérale et ne convient donc qu’aux constructions basses
ou intermédiaires. Dans le cas d’un bâtiment plus élevé, il
faut contreventer la structure rigide à l’aide d’entretoises
diagonales ou d’un noyau rigide. On peut aussi recourir à
une structure tubulaire dont les systèmes périphériques de
résistance aux forces latérales sont contreventés de l’inté-
rieur par des raidisseurs de plancher rigides. Essentiel-
lement, cette structure résiste aux forces latérales à la
manière d’une poutre-caisson en porte-à-faux.

l Une structure tubulaire assemblée est dotée de poteaux péri-


phériques très rapprochés l’un de l’autre et rigidement reliés
par de profondes poutres de tympan.
l Une structure tubulaire perforée est munie de murs de cisaille-
ment périphériques dans lesquels les ouvertures pratiquées ne
doivent pas couvrir plus de 30 % de la surface.
l Une structure tubulaire contreventée présente une structure
liée par un système d’entretoises diagonales.
l Une structure tubulaire à treillis possède un ensemble de murs
en treillis constitués de poteaux largement espacés et liés
ensemble par des entretoises en treillis croisé.
l Une structure tubulaire à treillis triangulé se caractérise par
une structure périphérique constituée de diagonales très
rapprochées et exempte de poteaux verticaux.
l Une structure tubulaire en faisceau est un assemblage de tubes
étroits directement attachés l’un à l’autre qui forme une
structure modulaire se comportant comme une poutre en
caisson multicellulaire en porte-à-faux hors du sol. La partie
inférieure d’une haute structure comporte parfois un plus
grand nombre de tubes, car elle doit opposer une plus grande
résistance aux forces latérales.
l Une structure tubulaire concentrique comprend un noyau
contreventé situé à l’intérieur du tube périphérique pour en
augmenter la rigidité au cisaillement et donc la résistance
aux forces latérales.

Les mécanismes d’amortissement sont assurés par des dis-


positifs viscoélastiques généralement installés aux joints de
la structure pour absorber l’énergie produite par les vents
ou les séismes, faire diminuer progressivement ou éliminer
les vibrations ou les oscillations et empêcher l’apparition
de résonances destructrices.

l Un amortisseur massif accordé est une lourde masse montée


sur rouleaux et liée à la partie supérieure d’un bâtiment en
hauteur par des dispositifs d’amortissement à ressorts. Par
l L’amortissement interne résulte inertie, il tend à demeurer au repos et ainsi à contrer et à
de la déformation élastique dissiper tout mouvement du bâtiment.
ou plastique que subit tout
bâtiment. Cette déformation
est généralement attribuable l L’isolement de la base d’un bâtiment par rapport au sol
au frottement interne d’un consiste à la doter de mécanismes d’amortissement an que la
matériau contraint (amortis- superstructure se comporte comme un corps rigide libre et que
sement par hystérésis), au la période de vibration propre de la structure soit différente
frottement entre deux pièces de celle du sol, ce qui empêche l’apparition de résonances des-
mobiles (amortissement par tructrices.
frottement) ou à la résistance
visqueuse d’un uide tel que
l’air (amortissement visqueux).
2.21 ARCS ET VOÛTES 63

Les poteaux, les poutres, les dalles et les murs


porteurs sont les éléments structuraux les
plus courants parce qu’ils facilitent la construc-
tion de bâtiments rectilignes. Il existe cepen-
dant d’autres éléments permettant de couvrir et
d’entourer des espaces. Ces autres éléments sont
généralement dits à forme active, c’est-à-dire que
leur géométrie optimise les matériaux utilisés l Pour éliminer la exion
dans une arche, on fait
pour les enjambements. Bien qu’ils ne relèvent
coïncider son axe avec
pas du cadre imparti au présent ouvrage, nous en
la ligne de poussée.
donnons néanmoins une brève description
ci-après.
Les arches sont des structures incurvées qui en-
jambent une ouverture et supportent une charge
verticale, principalement par compression axiale.
Elles transforment les forces verticales d’une
charge supportée en des composantes inclinées et
les transmettent aux piédroits sur les deux côtés
du passage voûté.
l Les arcs en maçonnerie sont constitués de voussoirs
biseautés faits de pierres taillées ou de briques ;
pour de plus amples renseignements sur les arcs,
se reporter à la page 154.

l Les arches rigides sont des structures incurvées et


rigides, faites de bois d’œuvre, d’acier ou de béton
armé et capables de supporter certaines contraintes
de exion.

l La poussée qu’une arche


exerce sur ses piédroits est
proportionnelle à la charge
Les voûtes sont des structures arquées faites de totale et à la portée, et est
pierres, de briques ou de béton armé et desti- inversement proportionnelle
à l’élévation.
nées à former un plafond ou un toit au-dessus
d’une entrée, d’une pièce ou de tout autre espace
entièrement ou partiellement fermé. Puisqu’une
voûte se comporte comme une arche étendue
sur une troisième dimension, les murs porteurs
longitudinaux doivent être étayés pour contrer
les poussées vers l’extérieur qu’imprime l’effet
d’arche.
l Les voûtes en berceau ont des sections transversales
semi-circulaires.

l Les voûtes d’arête ou en arête sont dites composées


et se caractérisent par le croisement à angle droit de
deux voûtes, qui forment ainsi des arêtes diagonales
arquées appelées arêtes de voûte.
64 2.22 DÔMES

Un dôme est une structure à surface sphérique


ayant un plan circulaire et construite par
empilage de blocs, faits d’un matériau rigide
continu comme du béton armé, ou de petits
éléments linéaires, comme dans le cas du
dôme géodésique. Un dôme ressemble à un
arc de rotation, sauf que des forces circonfé-
rentielles y sont présentes, soit des forces de
compression près de la couronne et des forces
de traction dans la partie inférieure.

l Les forces méridiennes agissant le long d’une


section verticale pratiquée à la surface du dôme
sont toujours des forces de compression sous
une pleine charge verticale.
l Les forces circonférentielles, qui restreignent le
mouvement hors plan des bandes méridiennes
dans la paroi d’un dôme, sont des forces de
compression dans la partie supérieure et des
forces de traction dans la partie inférieure.

l La région de transition entre les forces cir-


conférentielles de compression et les forces
circonférentielles de traction se situe à un angle
compris entre 45° et 60° par rapport à l’axe
vertical.
l Un anneau de traction encercle la base d’un
dôme pour contenir les composantes des forces
méridiennes qui sont orientées vers l’extérieur.
Dans un dôme en béton, cet anneau est épaissi
et armé pour résister aux contraintes de exion
résultant de la différence entre la déformation
élastique de l’anneau et celle de la paroi.

l Les dômes de Schwedler sont des struc- l Les dômes en treillis sont des structures l Les dômes géodésiques (DCC 13 33 13)
tures en acier dotées d’éléments suivant en acier dotées d’éléments suivant les sont des structures en acier dotées
les lignes longitudinales et les lignes lati- lignes latitudinales et de deux ensembles d’éléments formant trois ensembles
tudinales, et d’un troisième ensemble de de diagonales formant une série de principaux de grands cercles qui se
diagonales qui complète la triangulation. triangles isocèles. croisent à un angle de 60° et qui sub-
divisent la surface du dôme en une série
de triangles sphériques équilatéraux.
DCC 13 33 00 Structures géodésiques
2.23 STRUCTURES EN COQUE 65

Les coques sont des structures en voile


minces et incurvées, faites de béton armé.
Elles sont prolées pour transmettre les l Il existe également des structures
forces appliquées par les contraintes de en coque cylindrique. Lorsque la
longueur d’une coque cylindrique
compression, de traction et de cisaille-
est au moins trois fois supérieure
ment qui s’exercent dans le plan de leurs à sa portée transversale, la coque
surfaces. Une coque peut supporter des se comporte comme une poutre
charges relativement élevées lorsqu’elles profonde avec enjambement à
s’appliquent de manière uniforme. Ce- section incurvée en direction
pendant, en raison de sa minceur, une longitudinale. Une coque cylin-
coque résiste peu à la exion et ne drique relativement courte se
convient donc pas lorsque les charges comporte davantage comme un
sont concentrées. arc. Des tirants de raccordement
ou des cadres rigides transversaux
l Les surfaces de translation s’obtiennent sont nécessaires pour contrer les
par glissement d’une courbe plane le long poussées vers l’extérieur de l’effet
d’une droite ou sur une autre courbe plane. de voussure.

l Un paraboloïde hyperbolique est


une surface obtenue par glissement
d’une parabole à courbure concave
(vers le bas) le long d’une parabole
à courbure convexe (vers le haut)
ou par glissement d’un segment de
droite dont les extrémités reposent
sur deux lignes obliques. Il est à
la fois une surface de translation et
une surface réglée.

l Les surfaces à courbures opposées


ont une courbure convexe dans une
direction et une courbure concave
dans la direction perpendiculaire.
Dans une structure en coque à
surfaces à courbures opposées,
l Les surfaces réglées s’obtiennent par les régions à courbure concave se
déplacement d’une droite. En raison de sa comportent comme une arche et
géométrie rectiligne, il est en général plus les régions à courbure convexe se
facile de former et de construire une surface comportent comme une structure
réglée qu’une surface de translation ou de à câbles. L’absence d’appuis sous
révolution. les bords de la surface peut faire
apparaître un comportement de
poutre.

l Un hyperboloïde à une nappe est


une surface réglée qui s’obtient par
glissement d’un segment de droite
incliné sur deux cercles horizon-
taux. Ses sections verticales sont
des hyperboles.

l Les surfaces de révolution s’obtiennent par


révolution d’une courbe plane autour d’un
axe et présentent souvent une forme sphé-
rique, elliptique ou parabolique.
66 2.24 STRUCTURES À CÂBLES

Le câble constitue le principal dispositif de soutien


de ces structures. Puisque les câbles opposent une
forte résistance à la traction mais aucune résistance
à la compression et à la exion, on ne les utilise
qu’en traction. Un câble prend la forme de segments
rectilignes lorsqu’il est soumis à des charges concen-
trées, et d’une arche renversée lorsqu’il est exposé à
une charge uniformément répartie.

l Le câble qui se déforme librement et directement selon


l’ampleur et l’emplacement de forces externes adopte
une forme funiculaire. La forme du câble correspond
toujours à un état de stricte traction sous l’action de la
charge appliquée.

l Un câble uniforme et parfaitement exible qui est


suspendu librement en deux points non situés sur
une même ligne verticale dessine une courbe appelée
chaînette. Lorsque la charge est uniformément répartie
sur une projection horizontale, la courbe tend vers une
l Les haubans absorbent la parabole.
composante horizontale de
la poussée dans une struc- Les structures à suspension supportent directement
ture à suspension ou hauba- les charges appliquées à l’aide d’un réseau de câbles
née et transfèrent la force
suspendus et précontraints qui sont situés entre les
aux fondations.
l Un mât est un élément
éléments en compression.
de compression vertical ou l Les structures à simple courbure sont dotées d’une série
incliné d’une structure à de câbles parallèles pour supporter les poutres ou les
suspension ou à câbles étan- plaques formant surface. Elles sont sujettes à des vibra-
çonnés qui supporte tions résultant de l’action aérodynamique du vent, qui
la somme des composantes peuvent être atténuées par l’augmentation de la charge
verticales des forces dans permanente sur la structure ou par l’ancrage
les câbles primaires et les des câbles primaires dans le sol avec des haubans
haubans. Lorsqu’il est incliné, transversaux.
le mât absorbe une partie de
la poussée horizontale dans
l Les structures à doubles câbles possèdent des ensembles
le câble et diminue la force
supérieurs et inférieurs de câbles ayant des courbures
dans les haubans.
différentes et sont prétendus au moyen de jambes de
force d’attache ou de compression an que l’ensemble
de la structure soit plus rigide et résiste mieux aux
vibrations.
l Les structures à double courbure consistent en un
ensemble de câbles croisés de courbures différentes et
souvent renversées. Chaque jeu de câbles a une période
de vibration propre différente de celle des autres jeux
et forme ainsi un système autoamortisseur qui résiste
davantage aux vibrations.

l Les structures haubanées présentent des mâts verticaux


ou inclinés d’où s’étendent des câbles qui supportent
des éléments à portée horizontale disposés selon une
conguration radiale ou parallèle.

DCC 13 31 23 Constructions en toile tendue


2.25 STRUCTURES À MEMBRANE 67

Les membranes sont de minces surfaces exibles


qui supportent des charges principalement par
l’intermédiaire de contraintes de traction. Elles
sont suspendues ou tendues entre des pieux
ou sont supportées par de l’air sous pression.
Les tentes sont des structures à membrane qui
sont précontraintes par des forces extérieures et
maintenues en extension maximale sous toutes les
conditions de charge prévues. Pour éviter les forces
de traction trop élevées, les structures à membrane
doivent présenter des courbures relativement pro-
noncées en directions opposées.

l La membrane et des câbles d’acier trans-


mettent les charges extérieures aux mâts
et aux tirants par des forces de traction.

l Les câbles périphériques raidisseurs


tendent les bords libres d’une tente.

l La membrane est attachée aux appuis


des mâts par un câble raidisseur en
boucle ou est étirée sur un chapiteau
de répartition.
l Les mâts sont conçus pour résister au
Les structures pneumatiques sont des structures ambage sous une charge de compression.
à membrane qui sont érigées en traction et sta-
bilisées contre les surcharges dues à la neige et
au vent par la pression de l’air comprimé qui
y est insufé. La membrane est habituellement
une étoffe tissée ou un tissu en bre de verre
revêtu d’un matériau synthétique tel que le
silicone. Les membranes translucides offrent
un éclairage naturel, captent le rayonnement
solaire en hiver et abaissent la température
intérieure durant la nuit. Les membranes réé-
l Quelques structures supportées par l’air
chissantes diminuent l’apport de chaleur solaire.
sont munies d’un réseau de câbles mis
Une doublure en tissu retient à l’intérieur une
en traction par la poussée de l’air pour
couche d’air qui améliore la résistance thermique empêcher la membrane de prendre sa
de la structure. forme entièrement gonée.
Il existe deux types de structures pneumatiques :
les structures supportées par l’air et les struc-
tures gonables.
l Les structures supportées par l’air consistent en une
membrane unique supportée par une masse d’air
intérieure dont la pression est légèrement supé-
rieure à la pression atmosphérique normale, qui est
ancrée et scellée sur son pourtour pour empêcher
toute fuite. Des sas doivent être installés aux
entrées pour conserver la pression d’air intérieure.
l Les structures gonables sont supportées par l’air
sous pression conné à l’intérieur des éléments de
construction gonés. Ces éléments revêtent une
forme qui leur permet de supporter des charges de
la façon classique, et le volume d’air retenu à
l’intérieur de la construction reste à la pression
atmosphérique normale. La tendance à ballonner
au milieu que manifeste toute structure à double
membrane est contrée au moyen d’un anneau de
compression ou encore d’attaches ou de raidisseurs
intérieurs.
DCC 13 31 13 Constructions gonables en toile
68 2.26 JOINTS ET ASSEMBLAGES

Le mode de transfert des forces


d’un élément structural au suivant
et la tenue générale d’une struc-
ture dépendent largement des
joints et des assemblages utilisés.
Il existe trois types de joints :
le joint d’about, dans lequel
un des éléments se prolonge et
auquel s’ajoute habituellement
un troisième élément assurant
Joint d’about Joint croisé ou chevauchant Joint moulé ou façonné l’assemblage ; le joint chevauchant,
dans lequel tous les éléments se
prolongent au-delà du joint, et le
joint moulé ou façonné, dont la
forme propre permet l’assemblage
des éléments.
Les connecteurs unissant les
éléments structuraux prennent la
forme d’un point, d’une ligne ou
d’une surface. Si les connecteurs
linéaires et superciels résistent
Connecteur ponctuel : boulon Connecteur linéaire : soudure Connecteur superciel : adhésif
bien aux forces de rotation, les
connecteurs ponctuels ne peuvent
offrir une telle résistance que si un
certain nombre d’entre eux sont
répartis sur une grande aire.

l Théoriquement, le joint à rotule ou


articulé permet une rotation, mais
résiste aux forces de translation
dans toutes les directions.

Assemblage de pièces en béton


Assemblage boulonné préfabriqué l Le joint rigide ou encastré maintient
les rapports angulaires entre les
éléments joints, restreint la rotation
et la translation dans toutes les
directions, et procure une résistance
à la force et au moment.

l Le joint à rouleau permet la rotation


mais résiste à la translation en
Assemblage de pièces en acier direction perpendiculaire à la ligne
soudé Béton armé
de contact. Il est employé moins
souvent que le joint articulé ou le
joint rigide pour la construction
de bâtiments, mais il s’avère utile
pour laisser un élément structural se
dilater ou se contracter librement.

l Un ancrage à câble permet la


rotation et ne résiste à la translation
Plaques boulonnées que dans la direction du câble.
FONDATIONS
3.1 Systèmes de fondations _______________________________________________________________________________________ 70
3.2 Types de fondations _____________________________________________________________________________________________ 72
3.3 Reprise en sous-œuvre _________________________________________________________________________________________ 74
3.4 Systèmes d’étaiement d’excavation _____________________________________________________________________ 75
3.5 Fondations supercielles _____________________________________________________________________________________ 76
3.6 Empattements ______________________________________________________________________________________________________ 77
3.7 Murs de fondation ________________________________________________________________________________________________ 78
3.8 Semelles de poteaux ____________________________________________________________________________________________ 84
3.9 Fondations sur un sol en pente ___________________________________________________________________________ 85
3.10 Dalles de béton sur le sol ____________________________________________________________________________________ 86
3.11 Fondations sur poteaux _______________________________________________________________________________________ 90
3.12 Fondations profondes __________________________________________________________________________________________ 92
3.13 Fondations sur pieux ____________________________________________________________________________________________ 93
3.14 Fondations en caissons ________________________________________________________________________________________ 94
70 3.1 SYSTÈMES DE FONDATIONS

Construites partiellement ou entièrement sous la


surface du sol, les fondations forment la partie la
plus basse d’un bâtiment, son infrastructure. Leur
principale fonction est de porter et d’ancrer la
superstructure du bâtiment, et de transmettre en
toute sécurité ses charges à la terre. Puisqu’elles
jouent un rôle vital dans la répartition et la
décomposition des charges sur le bâtiment, les
l Superstructure fondations doivent à la fois correspondre à la
l Pour les charges forme et au déploiement de la superstructure et
sur les bâtiments, s’adapter aux caractéristiques variées du sol, de la
voir les pages 46 roche et de l’eau souterraine, en bref du sous-sol.
à 48.
Les principales charges sur les fondations sont
les charges permanentes et les surcharges va-
riables agissant à la verticale sur la superstruc-
ture. De plus, les fondations doivent ancrer la
l Ancrage de résistance au
superstructure pour qu’elle résiste au glissement,
glissement, au soulève- au renversement et au soulèvement dus au vent,
ment et au renversement aux mouvements soudains du sol résultant d’un
tremblement de terre et à la poussée que le sol
et les eaux souterraines environnants exercent
sur les murs du sous-sol. Parfois, les fondations
doivent aussi contrebalancer la poussée venant
d’une structure cintrée ou sollicitée en traction.
l Infrastructure
l Pression active que le sol exerce sur un mur de
l Fondation sous-sol

l Sol ou roc d’appui


l Pour les propriétés et la
mécanique des sols, voir
les pages 8 et 9.

l Pression passive que le sol exerce en réaction au


mouvement horizontal des fondations

l La présence de fondations peut susciter des forces


latérales imposant une pression non uniforme sur le
sol d’appui.
l Une certaine résistance au cisaillement résulte du
frottement entre les fondations et le sol sous-jacent.

l Poussée venant d’une structure cintrée ou


sollicitée en traction
3.1 SYSTÈMES DE FONDATIONS 71

Le tassement désigne l’affaissement graduel que


subit une structure à mesure que le sol sous ses l Tassement
fondations se consolide sous l’action des charges.
Il faut prévoir un certain tassement pendant la
construction, l’augmentation de la charge sur les
fondations faisant diminuer le volume de l’eau et
de l’air présents dans le sol. Habituellement, cette
consolidation est peu prononcée et survient assez
rapidement lorsque les charges s’exercent sur un
sol dense et granuleux, tel que du gravier et du
sable grossier. Lorsque le sol d’appui est constitué
d’argile humide et compacte ayant une structure
en écailles et une porosité relativement élevée,
la consolidation peut être très prononcée, se
produire lentement et durer plus longtemps.
Des fondations bien conçues et bien construites l Consolidation
assurent une répartition des charges telle que
le tassement demeure minime ou se distribue
uniformément sous l’ensemble de la structure. On
y parvient en déployant les appuis des fondations
de manière à ce qu’ils transmettent une même
charge par unité de surface au sol ou à la roche
d’appui, sans dépasser sa capacité portante.

Le tassement différentiel désigne le mouvement


relatif de différentes parties d’une structure qui
résulte d’une consolidation inégale du sol d’appui.
Il peut provoquer l’inclinaison du bâtiment et
l’apparition de ssures dans ses fondations, sa
structure ou son revêtement. Un tassement diffé­
rentiel très prononcé peut entraîner la rupture
de la structure du bâtiment.
72 3.2 TYPES DE FONDATIONS

Les fondations comportent un ensemble de murs


porteurs et de poteaux qui transmettent les
charges du bâtiment directement au sol. Ces
éléments structuraux forment divers types
d’infrastructures.

l Un sous-sol situé entièrement ou partiellement sous


la surface du sol doit comporter un mur de fondation
continu pour retenir la terre environnante et pour
porter les poteaux et les murs extérieurs de la
superstructure du bâtiment.

l Les vides sanitaires limités par un mur de fondation


continu ou les vides entre les poteaux sous le rez-
de-chaussée offrent l’espace nécessaire à l’installation
des dispositifs mécaniques, électriques et de
plomberie ainsi qu’à leur accès.

l Les dalles de béton sur le sol qui s’appuient


directement sur la terre et qui sont sufsamment
épaisses pour porter les charges des murs et des
poteaux forment un ensemble de fondations et de
planchers peu coûteux pour les structures à un ou
deux étages lorsque le sol gèle peu ou pas du tout.

l Une grille de poteaux indépendants élève la


superstructure au-dessus de la surface du sol.
3.2 TYPES DE FONDATIONS 73

Les fondations se divisent en deux grandes


catégories : les fondations supercielles et les
fondations profondes.

Fondations supercielles
Ces fondations conviennent lorsque le sol
relativement proche de la surface est stable
et a une capacité portante adéquate. Elles
sont construites immédiatement sous la partie
la plus basse de l’infrastructure et transmet­
tent directement au sol d’appui les charges du
bâtiment par pression verticale.
Fondations profondes
Les fondations sont profondes lorsque le sol
environnant est instable ou que sa capacité
portante est insufsante. Elles s’enfoncent
sous un tel sol pour atteindre une couche
d’appui plus appropriée, constituée de roc
ou de sable et de gravier denses se trouvant
bien au­dessous de la superstructure.

Voici quelques facteurs présidant au choix et à


la conception du type de fondations approprié
pour un bâtiment :
– la conguration et l’ampleur des charges
du bâtiment ;
– les conditions du sous­sol et des eaux
souterraines ;
– la topographie du terrain ;
– l’incidence sur les propriétés adjacentes ;
– les exigences des codes du bâtiment ;
– la méthode et les risques de construction.

La conception (ou design) des fondations doit


être précédée d’une analyse et de calculs effec­
tués par un ingénieur en structure. Pour toute
construction autre qu’une maison unifamiliale
sur un sol stable, il est recommandé qu’un ingé­
nieur géotechnicien procède à la reconnaissance
du sol en place et détermine les fondations les
plus appropriées.

DCC 02 32 00 Études géotechniques


DCC 02 32 13 Travaux de forage et de prise d’échantillons du sous-sol
74 3.3 REPRISE EN SOUS-ŒUVRE

La reprise en sous-œuvre renvoie à la reconstruc-


tion ou au renforcement des fondations d’un
bâtiment existant, ou à leur élargissement
lorsqu’une nouvelle excavation effectuée dans une
propriété adjacente est plus profonde que les
fondations existantes.

l Pour assurer un appui temporaire durant la réparation,


le renforcement ou l’approfondissement des fondations
existantes, on insère à travers le mur de fondation des
poutres appelées cales, que soutiennent des vérins
hydrauliques et des étais.

l L’appui temporaire s’obtient également par creusage


de fosses intermittentes sous les fondations existantes
jusqu’au niveau des nouvelles semelles. Après la
construction du nouveau mur de fondation et des
nouvelles sections de semelles, on creuse d’autres
fosses jusqu’à ce que tout le mur atteigne la
profondeur voulue.

l Plutôt que de prolonger un mur de fondation et de


placer de nouvelles semelles, il est également possible
de construire des pieux ou des caissons de chaque
côté des fondations existantes, d’enlever une partie du
mur de fondation et de la remplacer par une semelle
sur pieux, en béton armé.

DCC 31 40 00 Étaiement et reprise en sous-œuvre


3.4 SYSTÈMES D’ÉTAIEMENT D’EXCAVATION 75

Aucune structure d’étaiement n’est nécessaire lorsque


le terrain est assez grand pour que les côtés d’une
excavation soient disposés en gradins ou inclinés
à un angle inférieur à l’angle d’équilibre du sol.
Lorsque les côtés d’une excavation profonde forment
un angle supérieur à l’angle d’équilibre du sol, il faut
consolider ou étayer le sol jusqu’à l’achèvement de la
construction permanente.

l Un rideau de palplanches consiste en des plaques de


béton préfabriquées, d’acier ou de bois dressées verti­
calement côte à côte pour retenir la terre et empêcher l Les étais verticaux ou poutres ver­
l’eau de s’inltrer dans l’excavation. Un rideau de ticales sont des prolés d’acier en
palplanches de béton préfabriquées ou d’acier peut H plantés verticalement dans le sol
être laissé en place pour constituer une partie de pour porter le couchis horizontal.
l’infrastructure du bâtiment. l Le couchis est l’ensemble des
gros madriers en bois placés côte
à côte pour retenir le côté d’une
excavation.

l Le rideau de palplanches et les


poutres verticales avec couchis
sont soutenus par des raidisseurs
de coffrage horizontaux et continus
l Des tirants xés aux ancrages de roche ou de sol s’appuyant sur un contreventement
(DCC 31 51 00) sont utiles lorsque la présence de en acier horizontal ou sur des étais
contreventements ou d’étançons obliques gênerait les diagonaux en acier que portent
travaux d’excavation ou de construction. Les haubans des patins ou des semelles.
sont des câbles ou des tendons d’acier insérés dans des
trous préforés à travers le rideau de palplanches jusqu’à
la roche ou à une couche de sol convenable, puis
cimentés sous pression pour les ancrer dans la roche
ou le sol et mis en traction avec un vérin hydraulique.
Les haubans sont ensuite xés aux raidisseurs d’acier
de coffrage continus et horizontaux pour maintenir
la traction.

l Un mur de coulis ou de boue­ciment (DCC 31 56 00)


est un mur de béton coulé dans une tranchée pour
servir de panneau et souvent de mur de fondation
permanent. On le construit en excavant une tranchée l Nappe phréatique
étroite, en la remplissant d’un coulis de bentonite et existante
d’eau pour empêcher les parois de s’effondrer, puis en
la renforçant et en y versant du béton à l’aide d’une
trémie pour déplacer le coulis.

l Nappe phréatique
après pompage
l L’assèchement (DCC 31 23 19) consiste à abaisser la
nappe phréatique ou à empêcher qu’une excavation ne se
remplisse d’eau souterraine. Il s’agit d’insérer des tubes
perforés, appelés pointes ltrantes, dans le sol pour
capter l’eau environnante et l’évacuer par pompage.

DCC 31 50 00 Étançonnement et protection d’excavation


76 3.5 FONDATIONS SUPERFICIELLES

Les empattements forment la partie la plus basse des


fondations supercielles. Ils s’étendent latéralement de
sorte que leur charge se répartit sur une aire assez grande
pour ne pas dépasser la capacité portante admissible du
sol. L’aire de contact nécessaire est égale au quotient du
module des forces transmises et de la capacité portante
admissible du sol d’appui.

l d pour les murs en éléments de maçonnerie


l d pour les murs de béton
l Sections critiques pour le cisaillement

l Compression
l d = profondeur utile
l Traction

l Béton dont la résistance à la compression minimale est de


2500 lb/po2 (17 MPa) à 28 jours

l Armature de température et de retrait longitudinale


l Une armature de traction est requise lorsqu’un empattement
saille de plus que la moitié de l’épaisseur du mur de fondation
et qu’il est sollicité en exion.
l Minimum de 6” (150) au-dessus de l’armature d’acier
l Dégagement minimal de 3” (75) entre les barres d’armature et
la surface du béton

Voici les proportions que peuvent avoir les empattements


d’une construction à structure légère lorsqu’ils portent
sur un sol non cohérent stable et qu’ils transmettent une
charge continue de moins de 2000 livres par pied linéaire
(29 kN/m).
l Épaisseur (T) du mur de fondation en béton ou en maçonnerie
portant deux planchers : minimum de 8” (205)
l Saillie = 1/2T
l Épaisseur d’empattement = T
l Largeur d’empattement = 2T

Pour réduire au minimum les effets du gonement du sol


résultant du gel et de l’expansion des eaux souterraines
par temps froid, les codes du bâtiment exigent que les
empattements soient placés sous le seuil du gel prévu
pour le terrain à bâtir.
l Le seuil du gel est la profondeur moyenne de pénétration du
gel dans le sol.
l Placer le dessous de la fondation sous le seuil du gel.

Pour contenir le tassement, les empattements doivent


toujours reposer sur un sol stable, non remanié et exempt
de toute matière organique. Dans le cas contraire, il
faut utiliser un remblai spécialement conçu, compacté
en couches de 8” à 12” (205 à 305) et à teneur en eau
déterminée, pour augmenter la profondeur.
3.6 EMPATTEMENTS 77

Les types d’empattements les plus courants sont


les semelles lantes et les semelles isolées.

l Les semelles lantes constituent les empattements


continus des murs de fondation.

l Une semelle isolée est un


empattement soutenant un
Voici d’autres types d’empattements :
poteau autoportant.

l Une semelle continue est une


semelle de béton armé suf­
samment large pour porter une
rangée de poteaux.

l Une poutre au sol est faite de


l Les semelles en gradins ou en paliers sont des béton armé pour soutenir un mur
semelles lantes qui se succèdent à hauteur porteur près de la surface du
variable pour épouser la pente d’un terrain, sol et transférer la charge à des
maintenant ainsi la profondeur requise en tout semelles, à des poteaux ou à des
point autour du bâtiment (voir la page 85 ou la pieux isolés.
section 3.9, Fondations sur un sol en pente).
l Une semelle en porte­à­faux ou semelle à poutre
de rigidité est une semelle en poteau raccordée
par une poutre de rigidité à une autre semelle pour
équilibrer la répartition d’une charge asymétrique.
l Une semelle combinée (semelle continue) est
une semelle de béton armé pour un mur de
fondation ou un poteau qui porte une charge
de poteau intérieur.
l On utilise souvent les semelles en porte­à­faux
et les semelles combinées lorsque les fondations
jouxtent une limite de propriété et qu’il est
impossible de construire une semelle à charge
symétrique. Pour éviter la rotation ou le tassement
différentiel résultant d’une charge asymétrique, on
dimensionne les semelles continues et les semelles
en porte­à­faux de façon à ce qu’elles appliquent
une pression uniforme sur le sol.

l Le radier est une dalle de béton armé épaisse


et lourde qui sert de semelle monolithique pour
un grand nombre de poteaux ou pour tout un
bâtiment. On utilise un radier lorsque la capacité
portante admissible d’un sol d’appui est faible par
rapport aux charges du bâtiment et que les semelles
des poteaux intérieurs seraient si vastes qu’il est
plus économique de les regrouper en une seule
dalle. On peut rigidier le radier à l’aide d’une
grille de nervures, de poutres ou de murs.

l Les fondations ottantes sont utilisées dans un sol


élastique et leur semelle est un radier placé à une
profondeur telle que le poids du sol excavé est égal
ou supérieur à celui du bâtiment.

DCC 03 30 00 Béton coulé en place


78 3.7 MURS DE FONDATION

Les murs de fondation portent la superstruc-


ture du bâtiment et renferment un sous-sol
ou un vide sanitaire situé partiellement ou
entièrement sous la surface du sol. Les murs
de fondation doivent être conçus et construits
pour résister tant aux charges verticales de
la superstructure qu’à la pression active de la
terre et pour ancrer la superstructure contre
les forces dues aux vents ou aux séismes.
l Mur
l Le mur de fondation doit s’élever l Plancher
à au moins 8” (200) au-dessus du
sol ni dans le cas d’une construc-
tion en bois.
l Le sol ni doit être incliné an que
les eaux de surface, eau de pluie ou
neige fondue, soient drainées à l L’ancrage doit être ferme pour résister aux forces
l’écart des fondations. latérales, de soulèvement et de renversement.
l Poids de la superstructure

l Lorsqu’il renferme un espace habitable, un mur


de fondation doit résister à toute inltration
d’eau et de gaz présents dans le sol, tel le
radon, permettre la maîtrise du ux thermique et
se prêter à une gamme de nitions convenables
ainsi qu’à l’aménagement de fenêtres, de portes
et d’autres ouvertures.

l Béton coulé sur place ou éléments de


l Imperméabilisation à
maçonnerie de béton ; pour les murs de
l’humidité et à l’eau selon les
fondation en bois, voir la page 83.
exigences ; voir la page 82.
l Pour l’isolation thermique, voir la page 258.
l Pression active du sol

l Des goujons en acier ou un adent mécanique


ancrent le mur de fondation à la semelle.
l Réseau de drainage du
sous-sol ; voir la page 82.
l Matière de remplissage prémoulée et mastic au
joint de dilatation
l Pour la dalle de béton sur le sol, voir la page 86.

l Les fondations doivent transférer au


sol les charges latérales s’exerçant
sur la superstructure. Le transfert l La taille de la semelle dépend de la charge sur
de la composante horizontale de le mur de fondation et de la capacité portante
ces forces latérales prend essentiel- admissible du sous-sol.
lement la forme d’un frottement du
sol sur le bas des semelles et d’une
pression passive du sol apparaissant
sur les côtés des semelles et des
murs de fondation.
3.7 MURS DE FONDATION 79

Les vides sanitaires délimités par un mur de


fondation continu ou par des poteaux procurent
sous le rez-de-chaussée l’espace nécessaire à
l’installation des dispositifs mécaniques, élec-
triques et de plomberie ainsi qu’à leur accès.

l Mur
l Plancher
l Les solives de plancher portent sur la poutre
maîtresse ou s’y xent.

l Le vide sanitaire non


chauffé doit être ventilé ;
voir la page 261.
l Les ouvertures doivent
l Accès de 20” × 28” (500 × 700) né- comporter une moustiquaire
cessaire pour un vide sanitaire des- l Mur de fondation en empêchant les insectes et
servant un seul logement. 21 5/8” × béton coulé sur place ou les animaux d’entrer.
35 1/2” (550 × 900) ailleurs. en maçonnerie de béton l Minimum de 6” (150)
l Un dégagement est requis pour l Pour les exigences en
faciliter la ventilation transversale isolation thermique, voir
du vide sanitaire. la page 253.
l Minimum de 18” (455) jusqu’au bas l Pare-vapeur pour contenir
de la poutre ou de la poutre maîtresse l’humidité du sol

l Possibilité de couler une


dalle de propreté l La taille des semelles
l Minimum de 24” dépend de la charge sur les
(610) jusqu’au bas murs de fondation et de la
l Un adent mécanique
des solives capacité portante admissible
(clé) ancre le mur de
du sous-sol.
fondation à la semelle.
l La semelle doit reposer sur
un sol non remanié, sous le
seuil du gel.

l Poutre au sol en béton armé


s’appuyant sur des poteaux
en béton coulé

l Il faut proler le fond ou


placer un coussin en mousse l Recouvrement d’au moins
rigide pour que le sol se dilate 6” (150) sur l’intérieur de la
sans soulever les fondations. poutre au sol

l Poteau d’un diamètre de 12”


à 18” (305 à 455) ; armature
calculée par un ingénieur en
structure
l Poteau à base évasée
80 3.7 MURS DE FONDATION

Murs de fondation en béton


Pour la construction de murs de fondation en
béton coulé sur place, il faut prévoir un coffrage
et un accès pour couler le béton.
l Boulons d’ancrage pour les lisses basses d’une structure
légère ; voir les pages 81 et 122.

l L’épaisseur minimale du mur est de 8” (205).

l Armature horizontale et verticale selon l’analyse


technique ; voir la page 140.

l Semelle de béton ; voir les pages 76 et 77.


l Des goujons d’acier ancrent le mur de fondation à la semelle.
l L’adent (clé) augmente la résistance au glissement latéral.

l Dalle de béton sur le sol ; voir la page 86.

Murs de fondation en maçonnerie


de béton
Ces murs sont faits de petits éléments facilement
manipulables et n’exigent pas de coffrage. Puisque
le matériau est modulaire, toutes les dimensions
importantes découlent du module de 8” (205) du
bloc de béton standard.
l Boulons d’ancrage pour les lisses basses d’une structure
légère ; voir les pages 81 et 122.

l Remplissage des cellules de l’assise supérieure avec du coulis


l Grillage de rétention du coulis

l Blocs de maçonnerie posés en panneresse avec du


mortier de type M ou S
l L’épaisseur nominale minimale du mur est de 8” (205).
l Armature verticale dans les cellules remplies de coulis et
dans les poutres de liaison horizontales, conformément à
l’analyse d’un ingénieur en structure
l Pour l’armature des murs de maçonnerie, voir la page 152.
l Dalle de béton sur le sol ; voir la page 86.

l Semelle de béton ; voir les pages 76 et 77.

l Des goujons d’acier ancrent le mur de fondation à la semelle.


l Lit de mortier continu sur une semelle rugueuse

DCC 03 30 00 Béton coulé en place


DCC 04 20 00 Maçonnerie d’éléments
3.7 MURS DE FONDATION 81

Le sommet d’un mur de fondation doit être l Montant de charpenterie murale


aménagé pour recevoir, porter et ancrer les murs l Solive de rive
et les planchers de la superstructure.
l Charpenterie de solives en bois ;
voir les pages 120 à 122.
Solives en bois
l Des pattes d’ancrage de
lisse basse peuvent être nécessaires
pour xer les murs et les planchers
aux fondations an que
l’ensemble résiste mieux
l Lisse d’assise continue de 2” × 6”
aux forces de soulève-
ou 2” × 8” (38 × 140 ou 38 × 184)
ment dues aux vents et
traitée sous pression ; à poser sur
aux séismes.
un ruban d’étanchéité breux
pour lisse an de diminuer
l’inltration d’air ; niveler avec
des cales, au besoin.
l Épaisseur accrue pour un mur
l Boulons d’ancrage de 1/2” (13) de diamètre à cavité ou en placage de
insérés dans le béton ou alvéoles remplies de maçonnerie
coulis des murs de fondation en maçonnerie, l La fondation en maçonnerie ou
distancés d’au plus 6’ (1830) c/c ; minimum en béton peut s’élever au-dessus
de deux boulons par lisse, situés à moins de du sol pour former un mur exté-
12” (305) de chaque extrémité ; exigences plus rieur ; voir les pages 157 à 159.
strictes dans les zones sismiques 3 et 4

Poutres en bois
l Laisser un espace d’au moins 1/2” (13) aux sommets, l Poutre en bois
sur les côtés et aux extrémités des poutres en bois
s’insérant dans un mur de béton ou de maçonnerie,
à moins d’utiliser du bois traité sous pression ;
l’accès à la construction peut
exiger un espace plus grand.
l Un papier de construction empêche
tout contact direct entre le bois
et le béton ou la maçonnerie.

l Cales de nivelage de la poutre


l Appui minimal de 3 1/2” (89)
pour des poutres en bois portant
sur le béton ou la maçonnerie ; un
mur plus épais formant pilastre
l Cavité ou entaille pour recevoir
est requis pour une surface
une poutre en bois
d’appui plus grande.

Poutrelles d’acier à treillis


l La fondation en maçonnerie ou
l Plaques d’assise en acier
en béton peut s’élever au-dessus
ancrées à un mur de fondation
du sol pour former un mur
en béton ou à une poutre de
extérieur.
liaison continue dans les murs
l Poutrelles d’acier à treillis ;
de maçonnerie
voir la page 113.

l Appui minimal de 4” à 6”
(100 à 150) pour les poutrelles
ordinaires ; minimum de 6” à 9”
(150 à 230) pour les poutrelles à
longue portée
82 3.7 MURS DE FONDATION

Il faut un système de drainage Les murs de fondation doivent être protégés contre
du sous-sol pour recueillir l’humidité lorsque l’état du sous-sol est tel que la nappe
et évacuer l’eau à l’écart des phréatique n’exerce aucune pression hydrostatique. Dans le
fondations jusqu’à un égout cas contraire, il faut imperméabiliser les murs de fondation.
pluvial, à un puisard ou à un Certains codes du bâtiment exigent l’imperméabilisation de
déversoir naturel situé plus tous les murs de fondation renfermant un espace habitable
bas sur le terrain. situé sous la surface du sol ; prévoir aussi une barrière
contre les gaz présents dans le sol, tels que le radon.
l Pente minimale de 5 %
s’éloignant du mur de
fondation et de 10 % sur les
premiers 78” (2000) près
du bâtiment pour prévoir le l La membrane de protection contre l’humidité ou
tassement du sol. d’imperméabilisation s’étend du sommet de la semelle
jusqu’à une hauteur de 6” (150) au-dessus du sol.
l La protection contre l’humidité est assurée par un
revêtement bitumineux ou de ciment modié à
l’acrylique.
l Crépir les murs de maçonnerie de béton avec du mortier
de ciment Portland épais d’au moins 3/8” (10) et
enduit d’un revêtement bitumineux de 1/16” (2).

l Une membrane de drainage l La membrane d’imperméabilisation est en bitume


ou un remblai de gravier de caoutchouté, en bitume modié de polymère, en
drainage dirige l’eau jusqu’aux caoutchouc de butyle ou en tout autre matériau
drains de semelle. approuvé qui obture les ssures non structurales.
l La membrane de drainage, de l L’argile bentonite s’étale comme un coulis ou s’installe
quelque 3/4” (19) d’épaisseur, en panneaux dans lesquels l’argile sèche comble les
est une membrane synthétique vides des feuilles de carton ondulé ; la bentonite gone
qui intercepte les nes ensuite au contact de l’eau et devient pratiquement
particules solides, mais qui imperméable.
comporte des saillies formant
un espace sufsant pour laisser l Durant le remblayage, il faut protéger la membrane
passer l’eau. avec un radier de drainage, un isolant en polystyrène
extrudé rigide ou un panneau protecteur fait de bres
agglomérées et imprégné de bitume.
l Créer une pente avec du
mortier ou utiliser une l Bourrage et mastic prémoulés au joint de dilatation
chanlatte non biodégradable. l Utiliser de l’argile bentonite ou un produit similaire
l Recouvrement de gravier pour imperméabiliser le joint entre le mur de fondation
ou de pierre concassée et la dalle.
d’au moins 6” (150)
l Protéger le dessus du conduit l Dalle de béton sur le sol ; minimum de 4” (100)
ou du drain de terre cuite avec
l Pour les exigences générales relatives à l’assise de
un géotextile.
base, voir la page 86.

l Drain de semelle :
conduit ou drain de terre
cuite perforé ; diamètre
minimal de 4” (100)
l La partie supérieure du conduit
l Membrane d’imperméabilisation, au besoin
ou du drain de terre cuite doit
être plus basse que le dessous l Panneau de protection assurant l’imperméabilisation,
de la dalle ; le conduit doit être fait de bres agglomérées et imprégné de bitume ou
incliné pour drainer l’eau vers un fait de polystyrène extrudé
égout pluvial, un puits sec ou un l Une dalle de propreté en béton non armé est ajoutée
déversoir naturel sur le terrain. lorsque la membrane d’imperméabilisation se prolonge
l Minimum de 2” (50) sous la dalle au sol ou qu’une surface de travail sur un
sol instable s’avère utile.

DCC 07 10 00 Revêtements hydrofuges et d’imperméabilisation


DCC 33 46 13 Drainage des fondations
3.7 MURS DE FONDATION 83

Les fondations en bois traité s’utilisent pour la


construction d’un sous-sol ou d’un vide sanitaire. On
construit les sections murales soit sur le chantier, soit
en usine pour gagner du temps. Tout le bois et tout le
contreplaqué utilisés pour la construction de fondations
doivent être traités sous pression avec un agent de
conservation approuvé en vue de leur contact avec le
sol ; le bois coupé sur le chantier doit aussi être traité
avec le même agent. Toutes les attaches métalliques
doivent être en acier inoxydable ou en acier galvanisé
par immersion à chaud.

l La lame de bois traité doit


s’étendre au moins 2” (50)
au-dessus et 5” (125) au-
dessous du sol ni an que
le polyéthylène soit protégé
contre le rayonnement
ultraviolet et la dégradation l Sablière supérieure apposée sur le chantier
mécanique. pour assembler les sections murales ; joints
décalés par rapport à ceux de la sablière
inférieure
l Sablière inférieure clouée aux montants
l Pente protec-
trice ; minimum l Contreplaqué traité sous pression, d’au
de 1/2” par pied moins 1/2” (13) d’épaisseur, collé avec
(1:25) un adhésif pour extérieur
l Joints de 1/8” (3) à calfeutrer

l Montants à 12” ou 16” (305 ou 405) c/c


l Isolation thermique, pare-vapeur et
nition de mur, au besoin

l Polyéthylène de 0,006”
(0,15) ; recouvrement l Lisse basse
de 6” (150) et l Planche d’arase continue
adhésif avec mastic
l Remblai de gravier ou l Dalle de béton sur le sol ;
de pierre concassée voir la page 86.
pour le drainage
l Drain de semelle périphérique
l Mur porteur intérieur
l Double lisse basse s’étendant
au-dessus du sommet de la
l Semelle composite consistant
dalle
en une lisse de semelle et
une couche de gravier, de l Étendre la semelle de gra-
sable ou de pierre concassée ; vier, de sable ou de pierre
minimum de 4” (100) concassée sous les dalles du
l Lisse de semelle de 2D, l 2D plancher du sous-sol, pour
D étant fonction de la charge le drainage.
l 3/4D
sur le mur de fondation et de
la capacité portante du sol
l Un puits d’égouttement peut
être exigé pour les parties
de sous-sol situées sous la
surface du sol an de drainer
la couche poreuse ; diamètre
de 24” (610) ou carré de
20” (510) de côté et situé
au moins 24” (610) sous la
surface inférieure de la dalle.

DCC 06 14 00 Fondations en bois traité


84 3.8 SEMELLES DE POTEAUX

Poteau de béton armé

l Armature verticale NOTE GÉNÉRALE :


l Armature de connement (étrier ou ligature) L’acier d’armature doit être déterminé
l Pour les données relatives aux poteaux par un ingénieur en structure.
de béton, voir aussi les pages 138 et 139.
l Des goujons d’acier ancrent le poteau
l Joint de à la semelle.
construction l Armatures bidirectionnelles
uniformément espacées
l Minimum de 6” (150) au-dessus
de l’armature d’acier A = P/S

l P = charge du poteau,
l d = profondeur utile en livres ou kN

l Couverture d’au moins 3” (75) pour


une armature d’acier lorsque le béton
est coulé contre la terre et y est
toujours exposé
l A = aire de contact
de la semelle
d
l Section critique pour un cisaillement
d/2 unidirectionnel
l Section critique pour un cisaillement
bidirectionnel

l S = capacité portante
du sol (lb/pi2) ;
1 lb/pi2 = 0,0479 kPa

Poteau d’acier
l Une plaque de base en acier
est nécessaire pour répartir
la charge du poteau sur une
Poteau de bois surface assez grande pour que
les contraintes dans le béton
soient inférieures à sa limite
l Il existe plusieurs bases admissible.
de poteau spéciques. Le l Pour les liaisons entre la
fabricant doit être consulté au plaque de base en acier et
sujet de la charge admissible le poteau d’acier, voir la
et des modalités d’installation. page 172.
Des bases de poteau peuvent
aussi être fabriquées en vue
d’usages particuliers.
l Pour les liaisons entre la base
et un poteau de bois, voir la
page 184.

DCC 03 30 00 Béton coulé en place


DCC 03 31 00 Béton structural
3.9 FONDATIONS SUR UN SOL EN PENTE 85

Les bâtiments et les fondations situés sur une pente


supérieure à 100 %, ou adjacents à une telle pente,
doivent être conformes aux exigences suivantes.
l La distance entre le devant
de la semelle et la pente
descendante doit être
sufsamment grande pour
assurer un appui vertical
et latéral à la semelle et
empêcher tout tassement.
l H/3 ou au plus 40’ (12 m)

45°

Le devant d’un bâtiment doit être

H
l
sufsamment éloigné du pied d’une
pente ascendante pour être à l’abri
du drainage et de l’érosion du terrain.

45° l H/2 ou au plus 15’ (5 m)

l Au moins 2 fois la largeur de la semelle


l Pente maximale de 1:2

l 60° pour le roc


l 30° dans un sol

Des semelles rapprochées ou adjacentes qui sont l La surface du sol ne doit pas empiéter
disposées à des niveaux différents peuvent engendrer sur le prisme de portance du sol ou de la
des contraintes se chevauchant dans le sol. roche.

l Surface du sol

Maintenir l’épaisseur (T) de la semelle


T

l
dans la contremarche.
T
l Hauteur (H) = 1/2L ou au plus 2’ (610)
H

l La longueur (L) d’un palier doit être d’au


moins 2’ (610).

l Utiliser des dimensions modulaires pour


L
les murs en maçonnerie de béton.

Lorsque le terrain est en pente, des semelles


placées en gradins assurent le maintien de la
profondeur requise tout autour du bâtiment.
86 3.10 DALLES DE BÉTON SUR LE SOL

Une dalle de béton placée sur le sol ou près du sol peut faire
fonction de plancher et de fondation. La pertinence d’un tel
usage dépend de l’emplacement géographique, de la topogra-
phie et des caractéristiques du sol du terrain à bâtir ainsi que
l Superstructure de la conception de la superstructure.
Le sol d’appui doit être plan, stable, uniformément dense
ou soigneusement compacté, et exempt de toute matière
organique. Si le sol d’appui a une faible capacité portante
ou est fortement compressible ou dilatable, un ingénieur en
l Dalle de béton sur le sol
structure devra l’analyser en détail et donner à la dalle de
l Joints de séparation
béton sur le sol la forme d’une fondation à radier.

l Fondations indépendantes

l Dalle d’une épaisseur minimale de 4” (100) ; l’épaisseur requise


dépend de l’affectation de la dalle et des charges prévues.

l Une armature en treillis métallique soudé est placée à mi-


profondeur de la dalle, ou un peu plus haut, pour contrecarrer
les contraintes thermiques, la ssuration par contraction et les
légers mouvements différentiels du sol d’appui ; une grille de barres
d’armature peut être requise pour une dalle portant une charge de
plancher supérieure à la normale.
l L’ajout au béton d’un adjuvant fait de bres de verre, d’acier ou de
polypropylène diminue la ssuration par contraction.
l Les adjuvants du béton augmentent la dureté supercielle et la
résistance à l’abrasion.
l Membrane de protection contre l’humidité, en polyéthylène et d’une
épaisseur de 0,006” (0,15) ; cette membrane permet aussi de résister
à toute inltration de gaz présents dans le sol, tels que le radon.
l La norme CAS A23.1-14, « Béton – Constituants et exécution des
travaux », recommande de placer une couche de sable de 2” (50)
sur la membrane de protection contre l’humidité pour absorber
l’eau exsudant du béton pendant le durcissement.
l Assise de gravier ou de pierre concassée pour empêcher la remontée
des eaux souterraines par capillarité ; minimum de 4” (100)
l Sol d’appui stable et uniformément dense ; il peut s’avérer
nécessaire de compacter le sol pour en accroître la stabilité, la
capacité portante et la résistance à l’inltration d’eau.

Dimensions du treillis d’armature


Dimensions maxi- Écartement Calibre du l, Aire de la
males de la dalle, des ls, en unités section du l, en
en pieds (m) en pouces (mm) impériales millimètres carrés

Jusqu’à 45 (14) 6 × 6 (152 × 152) W1,4 × W1,4 9,1


De 45 à 60 (14 à 18) 6 × 6 (152 × 152) W2,0 × W2,0 13,2
De 60 à 75 (18 à 22) 6 × 6 (152 × 152) W2,9 × W2,9 18,7

DCC 03 30 00 Béton coulé en place


DCC 03 31 00 Béton structural
3.10 DALLES DE BÉTON SUR LE SOL 87

On peut utiliser trois types de


joints pour faciliter les mouve-
ments plans d’une dalle de béton
au sol : les joints de séparation,
les joints de construction et les
joints de contrôle (ou de retrait).

Joints de séparation
Les joints de séparation, aussi
appelés joints de dilatation,
permettent un certain mouve-
ment de la dalle de béton par
rapport aux poteaux et aux
murs attenants d’un bâtiment.

Joints de construction
Ces joints constituent un endroit
approprié pour interrompre une
construction et la reprendre
ultérieurement. Ils servent aussi
de joints de séparation ou de
joints de contrôle et peuvent être
munis d’une clé ou goujonnés
pour empêcher tout mouvement
différentiel vertical des sections
de dalle attenantes.

l Rayon de 1/8” (3)


l Empêche l’adhérence
l Goujons enduits ou joint à clé
pour empêcher tout mouvement
différentiel vertical

Joints de contrôle (ou de retrait)


Ces joints créent des lignes de
faiblesse, de sorte que toute
ssuration due à des contraintes l Joint scié large de 1/8” (3) et
de traction se produira selon des s’étendant sur 1/4 de la profondeur
lignes prédéterminées. Dans le de la dalle ; remplir d’enduit de
jointoiement.
béton exposé, ils doivent être
espacés de 15’ à 20’ (4570 à 6100)
c/c ou placés en tous points requis
l Bande prémoulée ou métallique de
pour diviser une dalle irrégulière en 1/8” (3) insérée lors de la pose du
sections carrées ou rectangulaires. béton ; araser avec la surface.

l Joint à clé
l Prévention de l’adhérence grâce à
l’utilisation d’un joint métallique ou
plastique prémoulé, ou à l’application
d’un composé durcissant sur un côté
avant son emboîtement à l’autre côté
88 3.10 DALLES DE BÉTON SUR LE SOL

Mur de maçonnerie
Il faut recourir à des semelles isolées ou lantes
pour que les charges de la superstructure se trans-
fèrent au sol de fondation.
l Fondation et mur de maçonnerie extérieurs

l Dalle de béton sur le sol ; voir la page 86


pour une coupe type.

l Isolant en mousse de polystyrène extrudé ;


voir la page 258. l Utiliser une semelle isolée lorsqu’un mur porteur ou
un poteau transmet une charge lourde ou concentrée.

l Utiliser une semelle lante (continue)


lorsqu’un mur est appuyé sur toute sa
longueur et transmet une charge répartie
à la semelle.

Mur d’ossature légère


l Dégagement minimal de 6” (150) entre
toute pièce de bois et le sol ni
l Lisses basses traitées sous pression l Minimum de 12” (305)

l Un isolant en mousse de polystyrène l La largeur et la profondeur


extrudé peut être placé à l’extérieur ou de la semelle de dalle sont
à l’intérieur du mur de fondation. déterminées par l’ampleur
de la charge et la capacité
l Mur de fondation en béton coulé sur place portante du sol.
ou en maçonnerie de béton
l Une dalle de béton sur le sol peut être épaissie pour
porter une cloison porteuse ou un poteau intérieur et
transmettre la charge au sol environnant.

Dalle à bords épaissis

l Dans les climats chauds ou tempérés et


pratiquement exempts de gel du sol, il peut
être moins coûteux d’épaissir les bords
d’une dalle de béton au sol pour qu’ils
servent de semelles intégrantes aux murs
extérieurs.

l Dégagement minimal de 6” (150) entre


toute pièce de bois et le sol ni

l Profondeur minimale de la semelle : 12” (305)


l Sous le seuil du gel
3.10 DALLES DE BÉTON SUR LE SOL 89

Conduits de chauffage

l Revêtement d’au moins 2 1/2” (64)

l Isolant périphérique

l Conduits d’air isolés

l Au moins 2” (50)

Tuyaux de chauffage encastrés l Revêtement de 1 1/2” à 3” (40 à 75)

l Tuyauterie de cuivre ou de polybutylène permettant


un mouvement là où les tuyaux traversent les joints
de construction

l Isolant sous la dalle recommandé

Points d’insertion des tuyaux

l L’isolant en mousse plastique pour les tuyaux assure


l’isolation entre les tuyauteries d’alimentation en eau
et d’évacuation des eaux usées et la dalle de béton.

Dalle en gradins
l Chanfrein ou arête arrondie
l Barre de nez de marche ; recouvrement de 1 1/2” (38)

l Épaisseur minimale de 4” (100)

l Joint de dilatation ou de construction


l L’utilisation de goujons enduits ou d’une clé de
cisaillement empêche tout mouvement différentiel
vertical.

Ouverture sur une dalle

l Pour toute ouverture de plus de 12” (305) sur une


dalle, il faut ajouter une deuxième couche d’armature
en treillis métallique de 2’ (610) sur tous les côtés de
l’ouverture.
90 3.11 FONDATIONS SUR POTEAUX

Les fondations sur poteaux (pilotis) élèvent des structures


de bois au-dessus du sol, requièrent peu d’excavation et
préservent les caractéristiques naturelles et les réseaux de
drainage du terrain. Elles conviennent particulièrement
bien dans les fortes pentes et les milieux souvent inondés.
Les poteaux traités sont habituellement disposés selon
une conguration correspondant à la structure à poutres
et solives retenue. Leur espacement détermine tant
les portées des poutres et solives que les charges verti-
cales qu’ils doivent porter.
l D’un diamètre de 6” à 12” (150 à 305), les poteaux sont traités
avec un produit qui les protège contre la décomposition et les
insectes. Ils sont assez longs pour former la structure porteuse
1/4L
de la superstructure ou s’arrêtent au plancher du premier étage
pour soutenir une charpente classique en plateforme.

l Poutres en bois massif composées ou espacées ; limiter les


surplombs à 1/4 de la portée.
L
l Isoler les planchers, les murs et le toit selon les conditions
climatiques locales.
l Les poteaux sont espacés de 6’ à 12’ (1830 à 3660) et sou-
tiennent des planchers et un toit d’une supercie maximale
de 144 pi2 (13,4 m2).

Les poteaux sont posés dans des trous creusés à la main


ou à l’aide d’une tarière mécanique. Une profondeur
d’encastrement convenable, un remblayage adéquat et des
liaisons appropriées donneront à la structure la rigidité et
la résistance aux vents latéraux et aux forces sismiques
qui sont nécessaires à toute structure à poteaux. La pro-
fondeur d’encastrement requise dépend :
– de la pente du terrain ;
– de l’état du sol sous la surface ;
– de l’espacement des poteaux ;
– de la hauteur non soutenue des poteaux ;
– de la zone sismique.
l Chaque plancher doit être conçu et construit à la façon d’un
raidisseur (contreventement) et assurer la rigidité pour transférer
la rigidité des poteaux en amont à l’ensemble de la structure.
Profondeur d’encastrement dans les pentes raides
l Elle doit être de 5’ à 8’ (1525 à 2440) pour les poteaux en
amont ; ceux-ci se caractérisent par leur plus courte partie non
soutenue, mais ils doivent être encastrés plus profondément
pour rigidier convenablement la structure.
l Elle doit être de 4’ à 7’ (1220 à 2135) pour les poteaux en aval.

Profondeur d’encastrement pour les pentes douces


l 4’ à 5’ (1220 à 1525)

Lorsqu’un encastrement sufsant est impossible, comme


dans le cas d’une pente rocheuse, un contreventement en
croix de Saint-André à tiges d’acier avec des tendeurs à vis
ou des murs de contreventement en béton ou en maçonne-
rie assureront la stabilité latérale.
l Il faut consulter un ingénieur en structure qualié pour conce-
voir et construire une structure à poteaux, surtout dans le cas
d’un terrain à pente raide et exposé à de grands vents ou à des
inondations.
DCC 06 13 16 Construction à poteaux de bois
3.11 FONDATIONS SUR POTEAUX 91

Les poutres espacées sont xées aux côtés des poteaux


traités par des boulons traversants ; les poteaux se prolon­
gent et forment la structure porteuse de la superstructure.

l Poutres de bois espacées ;


pas plus d’une épissure
par poteau

l Une entaille accroît la


capacité portante des
poutres et améliore
le contact avec les l Gousset
l Un gousset en tôle poin­
poteaux circulaires. çonnée et un boulon l Poutre de bois massif ou
l Les entailles, les traversant peuvent composée
coupes et les trous donner une capacité l Les poutres peuvent porter
effectués sur le portante plus élevée directement sur les poteaux
chantier doivent tous qu’une liaison à entaille qui s’arrêtent au plancher du
être traités avec un et boulons. premier étage et y être xées
agent de conservation par des goussets de bois ou
autorisé. des goussets en tôle
poinçonnée.

Les poteaux répartissent leur charge à l’aide d’une semelle


ou d’un collier de béton ou en appui direct sur le roc. En
élargissant la surface de contact des poteaux, les semelles
et les colliers de béton répartissent la charge des poteaux
sur une plus grande supercie.

l Poteaux de bois l Collier de béton


traité
l Tire­fond
l Surface du sol
d’ancrage
l Pas plus de 2’ (610)
l Remblai damé de l Seuil du gel
sable, de gravier
l Des pointes ou ou de pierre con­
des brides de cassée propres l Au moins 1’ (305)
métal galvanisé
assurent un
l Au moins 4’
meilleur ancrage.
(1220)
l Une semelle de
béton répartit la
charge du poteau l Seuil du gel
sur le sol ou le roc. l Au moins 8”
Ses dimensions (205)
sont déterminées
par une analyse l Au moins 1’6”
technique. (455) l Au moins 1’6” (455)
l Le remblayage avec du béton ou un mélange
de sol et de ciment réduit la profondeur
d’encastrement requise ; il peut être exigé sur
les pentes raides à sol moyen ou inférieur à
la moyenne.
92 3.12 FONDATIONS PROFONDES

Les fondations profondes s’enfoncent sous un sol ina-


déquat ou instable pour transférer la charge du bâti-
ment à une couche porteuse plus appropriée, faite de
roche ou de sable et de gravier denses et située bien
au-dessous de la superstructure. Les deux principaux
types de fondations profondes sont les fondations sur
pieux et les fondations en caissons.
l Charge de Une fondation sur pieux (en pointe) comprend des pieux
poteau à extrémité d’appui ou pieux à friction, des chapeaux
de pieux et des poutres de rigidité, qui transfèrent la
charge du bâtiment à une couche porteuse convenable.
l Mur porteur
l Poutre au sol ou poutre de rigidité de béton armé à
chapeaux de pieux intégrants
l Les pieux sont habituellement enfoncés par groupes de deux ou
plus, espacés de 2’6” à 4’ (760 à 1220) c/c.

l Un chapeau de pieux en béton armé joint les têtes d’un


groupe de pieux pour que la charge d’un poteau ou d’une
poutre au sol se répartisse également entre les pieux.

l En fonction de la charge de poteau ; au moins 12” (305)


l 3” (75)
l 6” (150)
l Sous le seuil du gel

l Les pieux sont faits de bois traité ; pour les grands bâti-
ments, on utilise plus fréquemment des prolés d’acier en
H, en tube, des tuyaux remplis de béton, du béton armé
préfabriqué ou du béton précontraint.

l Exemples de congurations
de chapeaux de pieux

l L’efcacité des pieux à extrémité porteuse dépend surtout


de la résistance à la portance du sol ou de la roche au-
dessus desquels ils se trouvent. Le sol environnant procure
une certaine stabilité latérale aux longs membres sollicités
en compression.
l L’efcacité des pieux à friction dépend surtout de la
résistance au frottement du sol environnant. Le frottement
superciel entre les côtés d’un pieu et le sol est atténué
par l’adhérence du sol au pieu et par la résistance au
cisaillement du sol.
l La charge admissible du pieu correspond à la charge
axiale et à la charge latérale maximales qu’il peut porter.
On la détermine au moyen d’une formule dynamique de
pieu, d’un essai de charge statique ou d’une analyse
géotechnique du sol de fondation.
l L’excentricité d’un pieu, c’est-à-dire son écart par rapport
à la verticale ou à sa position sur le plan, en diminue la
charge admissible.

l Couche porteuse du sol ou de la roche

DCC 31 60 00 Fondations spéciales et éléments porteurs


3.13 FONDATIONS SUR PIEUX 93

l Les pieux de bois sont des billots habituellement


enfoncés comme des pieux à friction. Ils sont
souvent assortis d’un sabot d’acier et d’une
frette d’acier pour les empêcher de fendre ou de
se morceler.
l Les pieux composites renferment deux matériaux
distincts, tel un pieu de bois dont la partie
supérieure, située au-dessus de la nappe
phréatique, est faite de béton pour qu’elle ne se
détériore pas.
l Les pieux en H sont des prolés d’acier en H, qui
sont parfois enrobés de béton jusqu’à un point
situé sous la nappe phréatique pour empêcher
toute corrosion. On peut souder bout à bout de
tels prolés lors du foncement pour obtenir un
pieu ayant la longueur désirée.
l Les pieux en tube sont de lourds tubes d’acier
dont l’extrémité inférieure est ouverte ou fermée
par une plaque ou une pointe d’acier et qui sont
remplis de béton après avoir été enfoncés. Il faut
procéder à une inspection et à une excavation
avant de remplir de béton un pieu en tube à
extrémité ouverte.
l Les pieux de béton préfabriqué ont une section
transversale circulaire, carrée ou polygonale, et
leur intérieur est parfois creux. Ils sont souvent
faits de béton précontraint.

l On construit les pieux de béton coulé sur place


en versant le béton dans un puits creusé dans le
sol. Les pieux de béton sont gainés ou chemisés.

l On construit les pieux coffrés en enfonçant un


tuyau ou une gaine d’acier dans le sol jusqu’à
ce qu’il atteigne la couche offrant la résistance
requise, puis on le remplit de béton. Le coffrage
est habituellement un prolé d’acier cylindrique,
parfois ondulé ou conique pour une rigidité
accrue. Un mandrin est un tube ou un noyau
d’acier qui est inséré dans une gaine à paroi
mince pour empêcher celle-ci de s’effondrer
durant le fonçage, puis qui est retiré avant le
versement de béton dans le coffrage.

l On construit les pieux non gainés en enfonçant


dans le sol un tampon de béton en même temps
qu’une gaine d’acier, jusqu’à ce qu’il atteigne
une couche offrant la résistance désirée, puis
en damant le béton en place à mesure qu’on
retire le coffrage.

l Un pieu en piédestal est un pieu non gainé dont


la base élargie augmente la surface portante et
renforce par compression la couche portante du
sol. On forme le pied en poussant du béton dans
le sol environnant la base du pieu.

DCC 31 62 00 Pieux foncés


DCC 31 63 00 Pieux forés
94 3.14 FONDATIONS EN CAISSONS

Les caissons sont des poteaux de béton armé ou


non et coulé sur place. On creuse d’abord un puits,
à la main ou avec une grosse tarière, jusqu’à ce qu’il
atteigne une couche porteuse convenable, puis on le
remplit de béton. Les caissons portent aussi le nom
de pieux caissons ou poteaux forés.

l Caisson

l L’armature dans le haut du puits augmente la résistance


à la exion causée par les forces latérales ou par le
chargement excentré du poteau.

l Le diamètre de forage est généralement de 2’6” (760) ou


plus pour permettre l’inspection du bas.
l Un coffrage temporaire peut s’avérer nécessaire pour
maintenir l’eau, le sable ou la terre à l’extérieur du puits
pendant l’excavation.

l On peut agrandir la base du caisson et lui donner


60° la forme d’une cloche pour en augmenter la surface
porteuse et la résistance au soulèvement issu de la
dilatation du sol. La base en cloche s’excave manuel-
lement ou s’obtient à l’aide d’une tarière munie
d’un godet et d’un jeu de lames rétractables.

l Couche porteuse de sol ou de roche

l Les pieux sont enfoncés par


un engin de battage, composé
d’une grande structure soutenant
l’appareil qui place le pieu en
position appropriée, d’un mouton
et de rails ou de câbles verticaux
pour guider ce dernier.

l Les caissons pour le roc sont des caissons emboîtés


dont le noyau d’acier prolé en H se trouve dans un
coffrage tubé rempli de béton.

l Les caissons emboîtés sont forés dans une couche de


roche dure pour augmenter l’appui de frottement.

DCC 31 64 00 Caissons
PLANCHERS
4.1 Systèmes de plancher _____________________________________________ 96
4.2 Poutres de béton ________________________________________________ 98
4.3 Dalles de béton _________________________________________________ 99
4.4 Béton précontraint ______________________________________________ 102
4.5 Coffrage et étayage de béton _____________________________________ 104
4.6 Planchers de béton préfabriqués ___________________________________ 105
4.7 Éléments de béton préfabriqués ___________________________________ 106
4.8 Liaisons de béton préfabriquées ___________________________________ 107
4.9 Charpente d’acier _______________________________________________ 108
4.10 Poutres d’acier _________________________________________________ 110
4.11 Assemblages de poutres d’acier ____________________________________ 111
4.12 Poutrelles d’acier à treillis ________________________________________ 113
4.13 Charpente à poutrelles à treillis ___________________________________ 114
4.14 Platelage métallique ____________________________________________ 116
4.15 Solives d’acier léger laminé _______________________________________ 117
4.16 Charpente à solives d’acier léger laminé _____________________________ 118
4.17 Solives en bois _________________________________________________ 120
4.18 Charpente à solives en bois _______________________________________ 122
4.19 Sous-plancher de bois ___________________________________________ 126
4.20 Solives et poutrelles préfabriquées _________________________________ 127
4.21 Poutres de bois ________________________________________________ 129
4.22 Appuis de poutres en bois ________________________________________ 130
4.23 Assemblages poutres–poteaux de bois ______________________________ 131
4.24 Charpente à madriers et à poutres de bois ___________________________ 132
4.25 Platelage en bois _______________________________________________ 134
96 4.1 SYSTÈMES DE PLANCHER

Les planchers sont les plans horizontaux qui doivent


supporter les charges variables – les gens, les
meubles et l’équipement mobile – et les charges
permanentes ou poids morts – le poids du plancher.
Les planchers transmettent horizontalement leurs
charges aux poutres et aux poteaux ou aux murs
porteurs. On peut aussi construire des planchers
rigides qui serviront de diaphragmes horizontaux
et joueront le rôle de poutres minces et larges
dans le transfert des forces latérales aux murs de
cisaillement.
Un plancher se compose d’un ensemble de poutres
et de solives ou poutrelles linéaires, recouvertes
d’un platelage ou d’un revêtement plans, ou il
consiste en une dalle de béton armé presque homo-
gène. La profondeur du plancher est directement
liée aux dimensions et aux proportions des portées
qu’il doit enjamber et à la résistance des maté-
riaux utilisés. Il faut aussi prendre en compte les
dimensions et les emplacements des saillies et des
ouvertures dans le plancher lors de l’aménagement
des appuis du plancher. La nature des bords du
plancher et l’assemblage de celui-ci aux fondations
et aux murs porteurs inuent tant sur l’intégrité de
l’ossature que sur l’aspect physique du bâtiment.
Puisque le plancher doit supporter en permanence
les charges mobiles, il doit être relativement
rigide tout en conservant une certaine élasticité.
En raison des effets nuisibles d’une èche et de
vibrations excessives sur les matériaux de nition
des planchers et des plafonds, et par souci pour le
confort des occupants, le facteur critique à maîtri-
ser est la èche plutôt que la exion.

La profondeur du plancher et de ses cavités varie


selon qu’on y installe ou non des conduits ou des
ls électriques. La construction de planchers entre
des espaces d’habitation superposés oblige à préve-
nir la transmission des bruits aériens et des bruits
solidiens, et à vérier le degré de résistance au feu
de l’assemblage.
Sauf pour une terrasse découverte, les planchers
demeurent généralement à l’abri des intempéries.
Mais comme ils sont tous exposés à la circulation,
c’est en fonction de la durabilité, de la résistance
à l’usure et des exigences d’entretien que doivent
être choisis le revêtement de nition et le système
d’appui des planchers.
4.1 SYSTÈMES DE PLANCHER 97

Béton
l On classe les dalles de plancher en béton
coulé sur place selon leur portée et leur
forme; voir les pages 99 à 101.
l Les planchers en béton préfabriqués
s’appuient sur des poutres ou des murs
porteurs.

Acier
l Des poutrelles d’acier supportent le pla-
telage d’acier ou les planchers en béton
préfabriqués.
l Les poutrelles s’appuient sur des poutres
maîtresses, des poteaux ou des murs
porteurs.
l La structure des poutres fait partie inté-
grante d’un système d’ossature en acier.

l Les poutrelles métalliques légères ou à


treillis peu espacées s’appuient sur des
poutres ou des murs porteurs.
l Le platelage en acier et les madriers en
bois ont une portée relativement courte.
l Les poutrelles se prêtent peu à des porte-
à-faux.

Bois
l Les poutres de bois supportent le plan-
chéiage ou le platelage.
l Les poutres s’appuient sur des poutres
maîtresses, des poteaux ou des murs
porteurs.
l La présence de charges concentrées et
d’ouvertures de plancher peut exiger une
structure supplémentaire.
l Le sous-plancher peut demeurer exposé ;
on peut aussi y aménager un plafond.

l Des solives relativement petites et peu


espacées s’appuient sur des poutres ou
des murs porteurs.
l Les revêtements de sous-plancher, de
sous-nition et de plafond ont une portée
relativement courte.
l La forme des structures faites avec des
solives est exible.
98 4.2 POUTRES DE BÉTON

Les poutres de béton armé, les raidisseurs longitudi-


naux et les armatures d’âme sont conçus pour résister
ensemble aux forces appliquées. Les poutres de béton
coulé sur place sont presque toujours mises en forme
et installées en même temps que la dalle qu’elles
l Dégagement minimal de 1” (25) ou d’au supportent. Puisqu’une partie de la dalle est entière-
moins 1,33 fois le diamètre nominal de ment solidaire de la poutre, la profondeur de celle-ci
la barre ou le calibre du gros granulat se mesure jusqu’au sommet de la dalle.

l Revêtement minimal de 1 1/2” (38) l La profondeur de poutre s’accroît par tranches de 2” (50).
requis pour protéger l’armature d’acier l La profondeur d’une poutre de béton correspond à 1/16
contre le feu et la corrosion de sa portée (estimation préliminaire des dimensions).

l Biseau ou chanfrein de 3/4” (19) l La profondeur utile se mesure de la face de compression


au centroïde de l’armature de traction.
l La largeur de la poutre se situe entre 1/3 et 1/2 de sa pro-
fondeur, sa valeur en pouces étant multiple de 2 ou de 3.

l La largeur de la poutre doit être égale ou supérieure à la


largeur du poteau d’appui.
l Il est toujours préférable de modier l’armature d’acier
plutôt que les dimensions de la poutre.
l Les barres d’armature s’étendent jusqu’au bas
de l’appui du poteau pour assurer la continuité l Les barres du haut sont des barres longitudinales servant
structurale et donner la profondeur d’ancrage d’armature de traction dans la partie d’une poutre de
nécessaire. béton exposée à la exion vers le haut d’un moment
l Les poteaux, les poutres, les dalles et les murs négatif (au-dessus des appuis continus). Elles peuvent
doivent être continus pour minimiser le moment s’avérer nécessaires lorsque la profondeur de la poutre est
de exion à leurs jonctions. Puisqu’une construc- peu prononcée et que l’aire de béton est trop restreinte
tion en béton procure facilement cette continuité, pour absorber les contraintes de compression.
les structures continues sur au moins trois portées
s’avèrent habituellement les plus efcaces.

l L’armature d’âme est constituée de barres pliées ou


d’étriers qui sont insérés dans une poutre de béton
pour que celle-ci résiste à la traction diagonale.
l Les barres pliées sont des barres longitudinales
formant un angle d’au moins 30° avec l’axe de la l Les barres du bas sont des barres longitudinales servant
poutre et devant croiser perpendiculairement la d’armature de traction dans la partie d’une poutre de
ssuration qui résulterait de la traction diagonale. béton exposée à un moment positif (en travée).
l Les étriers sont des barres en U ou en anneau l Les barres cintrées sont des barres longitudinales cour-
fermé qui sont placées perpendiculairement à bées vers le haut ou le bas aux points de renversement du
l’armature longitudinale d’une poutre de béton moment dans une poutre de béton.
pour que celle-ci résiste à la composante verticale
de la traction diagonale.

l Un crochet résulte de la courbure


donnée à l’extrémité d’une barre l La traction diagonale résulte des contraintes de traction
de traction pour qu’elle acquière principales qui s’exercent en formant un angle par rapport
une profondeur d’ancrage à l’axe longitudinal de la poutre.
équivalente. L’angle de courbure
standard est de 90°, 135° ou
180°, selon les normes indus-
trielles en vigueur ; le rayon de
courbure dépend du diamètre de
la barre.
4.3 DALLES DE BÉTON 99

Les dalles de béton sont des structures plates ayant été armées
pour enjamber une travée dans une ou deux directions. On doit
s’informer auprès d’un ingénieur en structure qui consultera le
Code du bâtiment pour obtenir les dimensions, les espacements
et les emplacements prévus pour toutes les armatures.

Dalle unidirectionnelle l Armature de traction


Une dalle unidirectionnelle présente une épaisseur uniforme, l L’armature de résistance au retrait et à la tempéra-
est armée dans une direction et est entièrement coulée avec ture (armature de répartition) est perpendiculaire à la
ses poutres d’appui parallèles. principale armature de traction.

l L’épaisseur correspond à 1/30 de la portée pour les


dalles de plancher; elle est d’au moins 4” (100) et
correspond à 1/36 de la portée pour les dalles de
toiture.
l Convenable pour des charges légères ou modérées sur
une portée relativement courte de 6’ à 18’ (1830 à
5490).
l La dalle s’appuie de deux côtés sur des poutres ou des
murs porteurs; les poutres s’appuient elles-mêmes sur
des poutres maîtresses ou des poteaux.

Dalle unidirectionnelle nervurée


Une dalle à solives ou nervurée est entièrement coulée
avec une série de solives peu espacées qui s’appuient
sur un ensemble de poutres parallèles. Conçues à la l L’armature de traction est dans les nervures.
manière d’une série de poutres en T, les dalles à solives l L’armature de résistance au retrait et à la température
conviennent mieux aux longues portées et aux lourdes est dans la dalle.
charges que les dalles unidirectionnelles.

l La profondeur de la dalle est de 3” à 4 1/2” (75 à


115); la profondeur totale correspond à 1/24 de la
portée.
l Largeur de la solive : de 5” à 9” (125 à 230)
l Les coffrages sont des moules en métal ou en bre
de verre réutilisables dont la largeur est de 20” ou
de 30” (510 ou 760) et dont la profondeur varie de 6”
à 20” (150 à 510) par tranche de 2” (50). La présence
de côtés amincis facilite le décoffrage.
l Avec des coffrages d’extrémité à prol aminci, on peut
utiliser des solives aux extrémités plus épaisses pour
obtenir une meilleure résistance au cisaillement.
l La nervure de répartition est perpendiculaire aux solives
pour que les éventuelles concentrations de charges se
répartissent sur une plus grande surface : une seule
nervure est requise pour les portées de 20’ à 30’ (6 m à
9 m); toute portée supérieure à 30’ (9 m) nécessite plu-
sieurs nervures, espacées d’au plus 15’ (4,5 m) c/c.
l La bande de solives est une poutre d’appui large et
peu profonde dont la fabrication est simple, car elle
est de même profondeur que les solives.
l Convenable pour des charges variables légères ou
l Les pages 412 et 413 traitent du béton utilisé comme moyennes sur une portée de 15’ à 36’ (4 m à 10 m);
matériau de construction. la post-tension permet de plus grandes portées.

DCC 03 20 00 Armatures pour béton


DCC 03 30 00 Béton coulé en place
DCC 03 31 00 Béton structural
100 4.3 DALLES DE BÉTON

Dalle bidirectionnelle et poutres


Une dalle bidirectionnelle d’épaisseur uniforme peut être armée
dans les deux directions et entièrement coulée avec ses poutres
et ses poteaux d’appui, placés sur les quatre côtés d’une travée
carrée ou presque carrée. La dalle bidirectionnelle convient aux
portées moyennes et aux charges lourdes et oppose une grande
résistance aux forces latérales. Toutefois, on opte habituelle-
ment pour une construction moins onéreuse consistant en une
dalle et des plaques plates, sans poutres.

l La profondeur de la dalle est d’au moins 4” (100) et correspond


à 1/124 de son périmètre.
l Armature de traction
l Les dalles bidirectionnelles conviennent surtout aux travées carrées
ou presque carrées et peuvent porter des charges moyennes ou
lourdes sur une portée de 15’ à 40’ (4,5 m à 12 m).

l Pour simplier la pose de l’acier d’armature, on divise les dalles


bidirectionnelles en bandes médianes et en poteaux, dans lesquels
on présume que le moment par pied est constant.
l Une dalle continue qui forme un élément d’ossature s’étendant sur
au moins trois appuis dans une direction donnée est exposée à des
moments de exion inférieurs à ceux d’une série de dalles unitaires
à appui simple.

Dalle à caissons
Une dalle à caissons est une dalle de béton armée de nervures
dans deux directions. Elle porte de plus lourdes charges et
s’étend sur une plus grande portée qu’une dalle plate.

l Armature de traction
l La profondeur de la dalle est de 3” à 4 1/2” (75 à 115); sa profon-
deur totale correspond à 1/24 de la portée.
l La largeur des nervures est de 5” ou 6” (125 ou 150).
l Des dômes carrés en métal ou en bre de verre sont offerts en
largeurs de 19” et de 30” (485 et 760) et en profondeurs de 8” à
20” (205 à 510) par tranche de 2” (50), ainsi qu’en de plus grandes
dimensions. La présence de côtés amincis facilite le décoffrage.

l Des dômes de 19” (485) et des nervures de 5” (125) forment un


module de 2’ (610); des dômes de 30” (760) et des nervures de 6”
(150) donnent un module de 3’ (915).
l Pour accroître la résistance au cisaillement et la capacité de résis-
tance au moment, on dote les appuis des poteaux d’une forme en
tête massive plutôt qu’en dôme; les dimensions dépendent de la
portée et de la charge prévues.
l Ce type de dalle convient aux portées de 24’ à 54’ (7 m à 16 m).
La post-tension rend possibles de plus grandes portées.
l Une dalle à caissons offre une efcacité maximale lorsque la travée
a une forme carrée ou presque carrée. Elle peut être mise en saillie
dans deux directions sur une distance ne dépassant pas 1/3 de la
portée principale. En l’absence de saillie, on constitue une bande de
dalle périphérique en omettant la forme en dôme.
l Habituellement, la face inférieure à caissons demeure exposée.
4.3 DALLES DE BÉTON 101

Dalle-champignon plate
Une dalle-champignon plate est une dalle de béton d’épais-
seur uniforme, armée dans au moins deux directions et
s’appuyant directement sur des poteaux, sans poutres ni
poutres maîtresses. Puisqu’elles sont simples à former,
qu’elles exigent une hauteur moindre entre deux étages
et qu’elles offrent une certaine latitude pour placer les po-
teaux, les plaques plates conviennent bien à la construction
d’appartements et d’hôtels.

l Armature de traction
l La profondeur de la dalle est de 5” à 12” (125 à 305) et
correspond à 1/33 de la portée.
l Convient aux charges variables légères ou modérées sur une
portée relativement courte de 12’ à 24’ (3,6 m à 7 m).
l Une grille de poteaux régulière est tout à fait indiquée, mais
il est aussi possible de placer les poteaux autrement.
l Le cisaillement aux emplacements des poteaux détermine
l’épaisseur de la dalle-champignon plate.
l Le cisaillement périphérique renvoie à la contrainte de
cisaillement potentiellement élevée qui résulte de la force de
réaction d’un poteau sur une dalle de béton armé.

Dalle-champignon avec ressauts


Une dalle-champignon avec ressauts est une dalle plate
dont l’épaisseur accrue aux appuis des poteaux en
augmente la résistance au cisaillement et la capacité de
résistance au moment.

l Armature de traction
l La profondeur de la dalle est de 6” à 12”
(150 à 305) et correspond à 1/36 de la portée.
l Le ressaut ou abaque vertical est la partie de la dalle plate
ayant été épaissie autour du sommet d’un poteau pour en
augmenter la résistance au cisaillement périphérique.
l La saillie minimale d’un ressaut vertical correspond
à 1/4 de l’épaisseur de la dalle.
l La largeur minimale d’un ressaut correspond à 1/3 de
la portée.
l Un chapiteau de poteau peut remplacer un ressaut vertical
ou y être ajouté pour accroître la résistance au cisaillement.
l Convient à des charges relativement lourdes sur une portée
de 20’ à 40’ (6 m à 12 m).
102 4.4 BÉTON PRÉCONTRAINT

Lorsque les portées sont très longues, le béton armé


traditionnel nécessite de former des poutres dont les
dimensions de la section sont excessives.
Le béton précontraint a été développé pour permettre
d’allonger les portées sans surdimensionner la poutre.
l Les tendons d’acier sont d’abord étirés entre deux butées dans le banc Il est armé de câbles d’acier à haute résistance préten-
de bétonnage jusqu’à ce que la force de traction atteigne une valeur dus ou post-tendus en deçà de leur limite d’élasticité
prédéterminée. pour résister activement à une charge appliquée. Les
contraintes de traction dans les câbles sont transférées
au béton, ce qui engendre une force de compression
sur toute la section transversale de l’élément échi.
Les contraintes de compression qui en résultent
contrebalancent les contraintes de exion par traction
issues de la charge appliquée. Il s’ensuit que l’élément
précontraint dévie moins, supporte une charge plus
l Le béton est ensuite coulé dans le coffrage, tout autour des tendons élevée ou enjambe une plus grande distance qu’un élé-
étirés, pour y durcir entièrement. Les tendons sont excentrés an que ment armé non précontraint ayant les mêmes dimen-
la contrainte de compression maximale ne dépasse pas la contrainte sions, proportions et poids.
produite par la seule exion.
La précontrainte peut être obtenue selon deux
techniques : par prétension ou par post-tension. La
précontrainte par prétension se fait dans une usine de
préfabrication, tandis que la précontrainte par post-
tension s’effectue habituellement sur le chantier de
construction, surtout lorsque les éléments d’ossature
sont trop volumineux pour être transportés de l’usine
l Lorsqu’on coupe ou relâche les tendons, les contraintes de traction
dans les tendons sont transférées au béton sous forme de contraintes
au chantier.
d’adhérence. L’action excentrée de la précontrainte cintre légèrement
l’élément vers le haut. Précontrainte par prétension
La prétension engendre une précontrainte dans un élé-
ment de béton par étirement des tendons d’armature
avant le coulage du béton.

l Le échissement de l’élément chargé tend à annuler le cintrage vers


le haut.

C T C

CONTRAINTES : C C
T
l Contraintes de charge l Précontraintes l Somme des contraintes
Tension (T)
permanente de charge permanente
Compression (C) et des précontraintes
C C C

C T O ou C
l Contraintes de charge l Contraintes des l Toutes contraintes
permanente et pré- surcharges réunies (zéro tension)
contraintes

l Une certaine partie de la précontrainte initiale se dissipe en raison de la com-


pression élastique (ou uage) du béton, du relâchement des tendons d’acier, des
pertes par frottement et du glissement des ancrages.

DCC 03 38 00 Béton post-contraint


DCC 03 40 00 Éléments préfabriqués en béton
4.4 BÉTON PRÉCONTRAINT 103

l Les tendons d’acier extrêmement résistants prennent la forme l Les tendons d’acier non contraints qui sont drapés dans le
de câbles métalliques, de torons en faisceau ou de barres. coffrage d’une poutre ou d’une dalle doivent être enrobés
ou gainés pour empêcher toute adhérence avec le béton au
moment de sa coulée.

l Après le durcissement du béton, les tendons sont xés à une


extrémité et tendus par un vérin contre le béton à l’autre extrémité
jusqu’à l’obtention de la force désirée.

Précontrainte par post-tension


La précontrainte par post-tension d’un élément de béton
consiste à tendre les tendons d’armature après le durcisse-
ment du béton.
l Les tendons sont ensuite ancrés solidement à l’extrémité du
l Les éléments précontraints par post-tension ont tendance à vérinage, puis le vérin est enlevé. Après la précontrainte par post-
raccourcir graduellement en raison de la compression élastique, tension, on laisse les tendons non adhérés ou on les fait adhérer
du retrait et du uage. Les éléments attenants exposés à ce au béton environnant en injectant du coulis de ciment dans les
phénomène doivent être construits après la précontrainte par espaces autour des torons gainés.
post-tension et isolés des membres précontraints par des joints
de dilatation.

l Le échissement de l’élément recevant une charge tend à annuler


sa courbure vers le haut.

l Pour équilibrer les charges an d’obtenir un échissement


théoriquement nul sous une charge donnée, on précontraint
un élément de béton à l’aide de tendons drapés.
l Les tendons drapés dessinent une parabole qui reète le
diagramme des moments d’un poids uniformément réparti. Sous
tension, les tendons présentent une excentricité qui varie avec
le moment de exion sur la longueur de l’élément.

l Les tendons surbaissés constituent une suite de segments


rectilignes qui prennent une forme analogue à la courbe d’un
tendon drapé. Ils sont employés pour la précontrainte par pré-
tension parce que la force de précontrainte ne permet pas
le drapage des tendons. Les tendons en harpe désignent un
ensemble de tendons surbaissés dont la pente varie légèrement.
104 4.5 COFFRAGE ET ÉTAYAGE DE BÉTON

Il faut mouler et faire tenir le béton frais dans un


coffrage jusqu’à ce qu’il durcisse et se tienne lui-
même. L’ingénieur doit souvent faire de ce coffrage
un système structural distinct en raison du poids
et de la pression de uide très élevés que le béton
l Des systèmes spécialisés
exerce sur le coffrage.
servent à former les dalles
nervurées et les dalles à caissons.
l Il est nettement moins coûteux
d’utiliser les coffrages standard. l Revêtement de dalle en contreplaqué, en panneau dur
ou en planches

l Jambe de force
l Longrine
l Calage l Solives de bois ou poutrelles métalliques
l Butoir l Longerons

Les étais sont des appuis temporaires qui soutien-


nent les coffrages de poutres et de dalles jusqu’à ce
que le béton durcisse et se tienne lui-même.
l Les têtes en T et en L l Les étais réglables sont faits en métal ou en bois et
contreventées portent sont munis de vérins ou de dispositifs à vis pour régler
les coffrages de poutre. la hauteur des étais après leur installation ; diverses
l Il est plus économique attaches peuvent être posées au sommet pour les
d’utiliser des poteaux et des prolongements verticaux, les têtes en U et les têtes
poutres à section constante en T.
et de varier l’ampleur de l Un étai en bois à un poteau est coupé légèrement en
l’armature d’acier pour porter deçà de la hauteur désirée et est ensuite réglé au moyen
les charges appliquées. de cales de bois placées au-dessous ou au-dessus de
l L’étayage doit être renforcé à l’étai.
la verticale et à l’horizontale l Un étai à deux poteaux est doté d’un entretoisement
pour raidir les éléments du croisé pour porter des charges relativement lourdes.
coffrage et éviter leur l L’étayage horizontal est constitué d’éléments métalliques
ambage. réglables qui soutiennent des coffrages de dalles sur des
l Des semelles peuvent être portées assez longues sans étais verticaux. Il nécessite
nécessaires pour répartir la moins d’étais verticaux et laisse plus d’espaces libres
charge d’étayage sur le béton pour travailler, mais chaque étai vertical supporte une
frais. plus grande partie de la charge.
l On enlève le coffrage initial dès que la dalle ou la
poutre a durci sufsamment pour supporter son propre
poids, puis celle-ci est réétayée jusqu’à ce que le béton
acquière sa pleine résistance.

l Au sujet du coffrage requis pour les poteaux et les murs,


voir les pages 141 et 142.

l Les coffrages volants sont de grandes sec-


tions de coffrage, comprenant les fermes, l Procédé utilisé pour la construction de bâtiments à
les poutres ou l’échafaudage d’appui, que plusieurs étages, le levage de dalles consiste à couler les
peut déplacer une grue lors de la construc- dalles horizontales au sol, à les laisser durcir, puis à les
tion des planchers et des toits en béton lever à l’aide de vérins hydrauliques pour les mettre en
d’un bâtiment à plusieurs étages. place.

DCC 03 10 00 Coffrages et accessoires pour béton


4.6 PLANCHERS DE BÉTON PRÉFABRIQUÉS 105

Les dalles, les poutres et les tés structuraux en


béton préfabriqués sont des éléments d’enjambe-
ment unidirectionnels qui peuvent s’appuyer sur
des murs porteurs (de béton coulé sur le chan-
tier, de béton préfabriqué ou de maçonnerie), ou
sur des ossatures (d’acier, de béton coulé sur le
chantier ou de béton préfabriqué). Les éléments
préfabriqués sont constitués d’un béton de den-
sité normale ou d’un béton de construction léger
et sont précontraints pour accroître la solidité
de l’ossature. Il en résulte une diminution de la
profondeur et du poids ou une augmentation de
la portée.
Les éléments sont coulés et étuvés en usine avant
d’être transportés au chantier, où ils serviront de l Portée d’une dalle
composants rigides mis en place au moyen d’une préfabriquée
grue. La difculté de leur transport restreint les
dimensions et les proportions des éléments. La
fabrication des éléments en usine leur confère
une résistance, une durabilité et un ni uni-
formes, et élimine tout coffrage sur le
chantier. En raison de leurs dimensions
standard, ces éléments ne conviennent pas
toujours aux bâtiments de forme irrégulière.

l Une chape en béton de 2” à 3 1/2” (50 à 90) l De petites ouvertures peuvent être
renforcé par un treillis d’acier ou des barres percées sur place.
d’armature adhère aux éléments préfabriqués pour l D’étroites ouvertures parallèles à la
former un élément d’ossature composite. portée de la dalle sont préférables.
l Il faut procéder à une analyse tech-
l Clé de coulis nique avant de pratiquer de larges
ouvertures.

l La chape cache aussi les irrégularités supercielles,


fait augmenter le degré de résistance au feu de
la dalle et permet l’aménagement de conduits de
câblage sous le plancher. l Les dalles préfabriquées peuvent
l Lorsque le plancher reçoit une thibaude et un tapis, s’appuyer sur une ossature de poutres
on peut omettre la chape en béton si la surface des maîtresses et de poteaux de béton
éléments est lisse. coulé sur place ou préfabriqués, ou
sur un mur porteur de maçonnerie,
de béton coulé sur place ou de béton
préfabriqué.

l Lorsque le plancher sert de diaphragme l On peut colmater et peindre la


horizontal et transfère les forces laté- face inférieure d’une dalle préfa-
rales aux murs de cisaillement, une briquée; un ni de plafond peut
armature d’acier, présente au-dessus aussi être appliqué sur une dalle
des appuis et des points d’appui aux ou y être suspendu.
extrémités, doit lier les éléments de
dalle préfabriqués l’un à l’autre.

DCC 03 40 00 Éléments préfabriqués en béton


DCC 03 50 00 Platelages et sous-nitions coulés
106 4.7 ÉLÉMENTS DE BÉTON PRÉFABRIQUÉS

Dalles plates pleines


l 4”, 6”, 8” (100, 150, 205)

l Largeur courante : 4’ (1220)


l Plage de portées : 12’ à 24’ (3,6 m à 7 m)
l La profondeur correspond environ à 1/40 de la portée.

Dalles évidées

l 1’4”, 2’, 3’4”, 4’, 8’ l 6”, 8”, 10”, 12” (150, 205, 255, 305)
l Plage de portées : 12’ à 40’ (3,6 m à 12 m)
(405, 610, 1015, 1220, 2440) l La profondeur correspond à 1/40 de la portée.

Tés simples
l 20” à 48” (510 à 1220)
l 8’ et 10’ (2440 et 3050)

l 1 1/2” (38) l Plage de portées : 30’ à 120’ (9 m à 36 m)


l La profondeur correspond environ à 1/30 de la
l 3” (76)
portée.

Tés doubles
l 12” à 32” (305 à 815)
l 8’ et 10’ (2440 et 3050)

l 2” (50)

l Plage de portées : 30’ à 100’ (9 m à 30 m)


l 4’ et 5’ (1220 et 1525) l Les tés doubles n’exigent pas d’appui l La profondeur correspond environ à 1/28 de la
temporaire pour prévenir l’inclinaison. portée.

Poutres Poutres Poutres


rectangulaires en L en T renversé
l 1’ (305) l 1’ (305)

l 6” (150)
l 24”, 32”, 40”
(610, 815, 1015)

1/3 à 1/2 de la l 20” à 60” l Plage de portées : 15’ à 75’ (4,5 m à 22 m)


l 12” ou 16” l
profondeur totale (510 à 1525) l La profondeur correspond à 1/15 de la portée.
(305 ou 405)

Poutres en I (poutres maîtresses CPCI-AASHTO)

l 3’, 3’9”, 4’6” (915, 1145, 1370)

l 1’, 1’4”, 1’8” (305, 405, 510) l Plage de portées : 36’ à 60’ (10 m à 18 m)
l CPCI : Canadian Prestressed Concrete Institute
l AASHTO : American Association of State Highway and Transportation Ofcials l N’utiliser les plages de portées que pour l’estima-
l Conçues pour les ossatures de pont, mais utilisées dans la construction de tion préliminaire des dimensions et consulter le
bâtiments fabricant au sujet des proportions, des dimensions
l Pour les travaux routiers, on utilise aussi le NEBT (New England Bulb Tee). exactes, des éléments d’assemblage et des tableaux
Ces poutres ont des profondeurs de 3’3”, 4’0”, 4’7”, 5’3”, 5’11” (1000, 1200, de portées et de charges qui sont disponibles.
1400, 1600, 1800) et des portées de 72’ à 148’ (22 m à 45 m).
4.8 LIAISONS DE BÉTON PRÉFABRIQUÉES 107

Dalles préfabriquées
l Panneaux muraux structuraux faits de béton précontraint ; l Le revêtement de béton coulé sur place, armé
voir la page 144. d’un treillis soudé ou de barres, adhère aux dalles
l Enfoncer les goujons d’acier jusque dans le revêtement préfabriquées pour former un élément d’ossature
de béton armé ou dans les clés de cisaillement jointoyées composite ; minimum de 2” (50).
pour assurer la tenue solidaire d’une ossature.

l Cimenter les vides des éléments évidés aux extrémités l Barres d’acier dans le revê­
pour lier dans l’appui de béton ou de maçonnerie. tement de béton ou dans les
clés cimentées pour attacher
l Bande d’appui en plastique de densité élevée les dalles à leurs appuis
l La longueur d’appui doit être d’au moins 1/180 de la l Les étriers dans la poutre de
portée nette, et d’au moins 2” (50) pour les dalles pleines béton ou les goujons sur la
ou évidées. poutre d’acier se prolongent
vers le haut pour se lier au
revêtement de béton.

Dalles préfabriquées

l Plaque d’acier soudée aux plaques encastrées dans les l Cimenter les vides des
dalles préfabriquées et l’appui de béton éléments évidés aux appuis.

l Tirants d’acier dans le revê­


Bande d’appui en plastique l Les clés de cisaillement l Bande
l tement de béton ou dans les
à haute densité cimentées lient entre eux d’appui en
clés cimentées
les éléments adjacents. plastique
l Mur porteur de maçonnerie
de densité
ou de béton armé
élevée
Tés structuraux préfabriqués
l Cornière d’acier soudée aux plaques encastrées dans l Les barres supérieures l Revêtement de béton armé
les tés préfabriqués et l’appui de mur en béton se prolongent au­delà coulé sur place
du poteau.

l Plaque d’acier soudée aux


l Coussinet d’appui, en caoutchouc synthétique cornières encastrées dans la
poutre et le té d’ossature

l La longueur d’appui doit être d’au moins 1/180 de la portée nette, l Coussinet d’appui, en
et d’au moins 3” (75) pour les poutres ou les éléments à membrure caoutchouc synthétique
verticale. l Poutre en T renversée

Poutres préfabriquées
l Cornière d’acier soudée aux plaques d’acier encastrées
dans la poutre et le poteau

l Cornière d’appui en acier


encastrée dans le rentrant
l Coussinet d’appui, en caoutchouc synthétique de poutre ; remplir l’ouver­
l Console coulée avec le poteau de béton ture avec du coulis.
l Gousset d’acier à larges
ailes moulé dans le poteau
de béton
108 4.9 CHARPENTE D’ACIER

Des poutres maîtresses, des poutres et des poteaux


d’acier servent à la construction d’ossatures pour des
charpentes de dimension variable, allant du bâtiment à
un seul étage jusqu’au gratte-ciel. Puisque les éléments
d’ossature en acier sont difciles à modier sur place, ils
sont généralement coupés, façonnés et percés à l’atelier,
selon les spécications de la conception; la construction
d’une charpente métallique peut ainsi s’effectuer avec
précision et assez rapidement. L’acier peut demeurer
exposé dans les ossatures non protégées et incombus-
tibles mais, comme sa résistance diminue rapidement
lors d’un incendie, une ossature doit être dotée d’assem-
blages ou de revêtements pare-feu pour être qualiée
d’ignifuge. L’acier exposé doit également résister à la
corrosion. La page 416 porte sur l’acier en tant que maté-
riau de construction; les pages 442 et 443 traitent des
assemblages d’acier ayant un degré de résistance
au feu.

l La charpente d’acier gagne en solidité lorsque les appuis des


poutres maîtresses et des poutres sont disposés en grille
régulière.
l Pour que l’ossature résiste aux forces latérales dues aux vents
ou aux séismes, elle doit comporter des murs de cisaillement,
des contreventements diagonaux ou une charpente rigide avec
des assemblages résistant aux moments.
l Pour les murs non porteurs et les murs-rideaux, voir la
page 238.

l Platelage métallique avec remplissage de


béton; voir la page 116.

l Poutre d’acier
l Poutre maîtresse
d’acier

l Habituellement, les assemblages l Lorsqu’elles portent sur le béton ou la maçonnerie,


comportent des éléments temporaires les plaques d’appui doivent être en acier pour répar-
tels que cornières, tés et plaques tir la charge concentrée qu’impose un poteau ou une
d’acier. Les assemblages dénitifs poutre; ainsi, la pression d’appui unitaire n’excédera
sont boulonnés ou soudés. pas la contrainte unitaire admissible du matériau.

DCC 05 12 00 Charpentes en acier de construction


4.9 CHARPENTE D’ACIER 109

Système de poutres unidirectionnelles l Des mécanismes porteurs latéraux sont


requis dans les deux directions, mais les
forces latérales sont généralement plus
prononcées dans la courte direction.

l Chaque paire de poteaux extérieurs soutient une poutre ou une


poutre maîtresse à longue portée. Ce système convient aux
bâtiments longs et étroits, surtout pour l’aménagement d’un
espace sans poteaux.

Système de poutres bidirectionnelles

l Poutre maîtresse
l Poutres

l La plage de portées des poutres la


plus courante est de 20’ à 32’ (6 m
à 9 m); au-delà de cette plage, le
recours à des poutrelles d’acier à
treillis devient moins coûteux en l L’assemblage de poutres à des l Le système à deux niveaux impose
raison de leur poids moindre. poutres maîtresses amoindrit la une plus grande profondeur de
l Les poutres sont espacées de 6’ à profondeur du plancher; quelques plancher, mais offre plus d’espace
15’ (1830 à 4570), selon l’ampleur conduits mécaniques peuvent pour les conduits mécaniques.
de la charge appliquée et la portée passer par les trous forés dans l Les poutres maîtresses qui en-
du tablier de plancher. l’âme des poutres, mais les grands jambent le petit axe d’un bâtiment
l La charpente d’acier doit comporter des éléments de travée conduits doivent être installés favorisent la stabilité latérale de la
rectangulaires, avec des poutres recevant une charge relative- dans un espace de plafond sus- charpente.
ment légère et ayant une portée plus grande que les poutres pendu au-dessous.
maîtresses recevant une charge plus lourde.

Système de poutres triples


l Poutres primaires
l Poutres secondaires

l Pour aménager un grand espace sans poteaux, on utilise


des poutres composées à âme pleine ou des fermes à longue
portée an de soutenir la poutre primaire, sur laquelle vient l Éléments à longue portée
s’appuyer une série de poutres secondaires.
110 4.10 POUTRES D’ACIER

l Procurant une plus grande solidité à l’ossature, les


poutres en W à ailes larges ont en grande partie
remplacé les poutres classiques en I (ou prolés en S).
Les poutres prennent également la forme de prolés
en C (en forme de canal), de prolés creux pour char-
l Prolé en S pente (prolés HSS) et de prolés composites.
l La profondeur des poutres correspond à 1/20 de la
portée et celle des poutres maîtresses, à 1/15 de la
portée.

l Largeur = de 1/3 à 1/2 de la profondeur


l L’objectif est d’utiliser le prolé d’acier le plus léger
l Prolé en W ; aussi qui résistera aux forces de exion et de cisaillement
appelé en I ou en H en deçà des limites de contraintes admissibles et sans
échissement excessif pour l’usage prévu.
l Au coût des matériaux s’ajoute le coût de la main-
d’œuvre nécessaire pour la construction.
l Prolé en C ; aussi appelé en U

l Prolé creux HSS l Prolé en L (aussi appelé cornière ou fer angle)


l Tube rond creux (tuyau)

l Les poutres composées à âme pleine sont consti-


tuées de plaques ou de prolés qui sont soudés ou
boulonnés ensemble. L’âme d’une poutre composée
à âme pleine revêt la forme d’une plaque, alors que
les ailes supérieure et inférieure sont des cornières.
On xe des plaques de cisaillement à l’âme de la
poutre maîtresse pour augmenter sa résistance aux
contraintes de cisaillement.
l Des semelles sont xées aux ailes pour augmenter
le module de prolé de la poutre maîtresse dans les
parties exposées à de fortes contraintes de exion.

l Des raidisseurs à cornières sont xés sur chaque côté


de la plaque de l’âme pour en accroître la résistance
au ambement. Des raidisseurs d’appui sont placés
aux points d’appui ou sous les charges concentrées,
et des raidisseurs intermédiaires sont placés entre les
raidisseurs d’appui pour augmenter la résistance aux
contraintes de compression diagonales.

l Les poutres en caisson sont composées de prolés


et présentent une section transversale rectangulaire
creuse.
l On obtient une poutre ajourée lorsque l’âme d’un pro-
lé à ailes larges est coupée en zigzag dans le sens
de la longueur, puis que les deux moitiés formées
sont soudées par leurs sommets. On augmente ainsi
la profondeur de la poutre sans en modier le poids.

DCC 05 12 23 Acier de construction pour bâtiments


4.11 ASSEMBLAGES DE POUTRES D’ACIER 111

On peut assembler les poutres d’acier de nombreuses façons, grâce à


divers dispositifs d’assemblage et combinaisons de boulons et de
soudures. En ce qui concerne les propriétés et les dimensions des
prolés d’acier, les tables des charges admissibles pour les poutres
et les poteaux, et les exigences relatives aux assemblages boulonnés
et soudés, il faut consulter le Handbook of Steel Construction publié par
l’Institut canadien de la construction en acier. La résistance, le degré
de rigidité, le coût des matériaux et de la main-d’œuvre nécessaire à
sa fabrication et l’apparence extérieure lorsque la construction demeure
visible sont les principaux facteurs qui président au choix d’un
assemblage.
La résistance d’un assemblage dépend des dimensions des éléments et
des tés, cornières ou plaques d’assemblage, ainsi que de la conguration
des boulons ou des soudures utilisés. Il existe trois types de charpentes
d’acier, qui se distinguent par les dimensions de leurs éléments et par
la nature de leur assemblage, soit l’assemblage rigide, l’assemblage
exible et l’assemblage semi-rigide.

Assemblages rigides
Les assemblages rigides conservent leur angle initial sous une charge en rai-
son du moment de résistance spécique qu’ils acquièrent grâce aux plaques
soudées ou boulonnées aux ailes des poutres et au poteau d’appui.

l Raidisseurs sou- l Ailes supérieure et infé-


dés au poteau rieure soudées au poteau l Il faut souder les ailes
l Plaque soudée au poteau ou boulonner une plaque
et boulonnée à l’âme de pour enture aux ailes
la poutre supérieures de la poutre
maîtresse et de la poutre.

l Le cisaillement est sup-


porté par des plaques sou-
l Poutre soudée aux rai- dées à l’âme de la poutre
disseurs et boulonnée maîtresse et boulonnées à
à la plaque l Boulons de cisaillement l’âme de la poutre.
l Barre de support l Plaque soudée à l’âme
de la poutre maîtresse
l Raidisseur
et boulonnée à l’aile
inférieure de la poutre
l Raidisseurs soudés au
poteau et boulonnés aux
ailes de la poutre

l Soudure complète
l Poutre
maîtresse l Raidisseurs d’âme soudés

l Plaque de cisail- l La poutre dépasse la


lement soudée au poutre maîtresse; il faut la
poteau et l Cornière
boulonner pour l’empêcher
boulonnée à l’âme d’appui
de se déplacer.
de la poutre
l De petites ouvertures peuvent être percées
dans l’âme; de grandes ouvertures affai-
blissant l’âme en cisaillement, il faut y
adjoindre un raidisseur ou une armature.
112 4.11 ASSEMBLAGES DE POUTRES D’ACIER

Assemblages exibles l Un assemblage assis


est fait d’acier résis-
Les assemblages de charpente simple ne résistent qu’au
tant au cisaillement et
cisaillement et tournent librement sous l’effet d’une charge. s’effectue par soudage
Des murs de cisaillement ou un contreventement diagonal ou boulonnage des ailes
assurent la stabilité latérale de l’ossature. d’une poutre au poteau
l Cornière de d’appui avec une cornière
stabilisation d’appui au-dessous et une
l On obtient un assem-
blage d’acier résistant l Deux cornières cornière de stabilisation
au cisaillement en soudées ou au-dessus.
soudant ou en boulon- boulonnées au
nant l’âme d’une poutre poteau et à l’âme l An que l’assemblage
au poteau porteur ou de la poutre assis résiste aux réactions
à la poutre maîtresse prononcées d’une poutre,
porteuse avec deux on le raidit au moyen
cornières ou une simple d’une plaque verticale ou
languette. l La cornière d’une paire de cornières
d’appui porte placées directement sous
la charge de la partie horizontale de la
cisaillement. cornière d’appui.

l Plaque soudée au
poteau et boulon-
née à l’âme de la
poutre

l Deux cornières soudées à


l’âme de la poutre si c’est
en usine, ou au poteau si
c’est sur le chantier.
l Des boulons maintiennent
l Des cornières sont boulonnées ou sou- la poutre en place jusqu’au
dées aux âmes d’une poutre maîtresse et moment du soudage sur le
d’une poutre; pour que le dessus de la chantier.
poutre soit au ras du dessus de la poutre
maîtresse, on encoche ou on coupe l’aile
supérieure de la poutre.

Assemblages semi-rigides
Les assemblages semi-rigides se caractérisent par le fait que les
charpentes de poutres et de poutres maîtresses manifestent une
résistance au moment qui est à la fois limitée et bien déterminée.

l Plaque d’appui soudée


tout autour de la poutre
et boulonnée au poteau

l Les assemblages entièrement soudés présentent


un aspect plus esthétique, notamment s’ils sont
meulés et polis, mais leur fabrication coûte cher.
4.12 POUTRELLES D’ACIER À TREILLIS 113

Les poutrelles à treillis sont des éléments légers en acier, Au Canada, les ingénieurs de structure utilisent les tableaux fournis
fabriqués en atelier et munis d’une âme en ferme. Aux par les fabricants de poutrelles. Ils indiquent l’espacement, la pro-
États-Unis, selon la norme du Steel Joist Institute, les fondeur, les charges uniformes et spéciales ainsi que les propriétés
poutrelles sont regroupées sous les séries K, LH et DLH. minimales requises pour les poutrelles sur les dessins de structure
L’âme d’une poutrelle de série K consiste en une barre selon les recommandations de l’ICCA et de la norme CSA-S16-F14.
unique pliée qui forme un zigzag entre les membrures Les ingénieurs des fabricants de poutrelles utilisent ces informations
supérieure et inférieure. Les poutrelles des séries LH pour dimensionner les poutrelles et conrmer l’espacement des
et DLH ont une âme et des membrures supérieure et entretoises selon les prescriptions de la norme CSA-S16-F14.
inférieure plus lourdes, et conviennent davantage aux La limite élastique de l’acier utilisé au Canada pour les éléments
charges et aux portées plus prononcées. de poutrelles est de 50 kips/po2 (350 MPa).

l 2 1/2” (64) pour la série K ; 5” (125) pour les séries LH


et DLH; 7 1/2” (190) pour les poutrelles DLH 18 et 19

l Longueur d’appui minimale :


– série K : 4” à 6” (100 à 150) sur la
maçonnerie; 2 1/2” (65) sur l’acier
– séries LH et DLH : 6” à 12” (150 à 305)
sur la maçonnerie; 4” (100) sur l’acier

l Le prolongement de la membrure inférieure l Les fabricants offrent différents


permet la xation directe d’un plafond ; des prolés de poutrelles d’acier à
poutrelles à bout droit sont disponibles. treillis.

Plages de portées des


poutrelles à treillis
(ou poutrelles ajourées)
l Poutrelles standard de série K ; profondeur de 8” à 30” (205 à 760)
8K1 12’ à 16’ (4 m à 5 m)

10K1 12’ à 20’ (4 m à 6 m)

12K3 12’ à 24’ (4 m à 7 m)

14K4 16’ à 28’ (5 m à 8 m)

16K5 16’ à 32’ (5 m à 10 m)

18K6 20’ à 36’ (6 m à 11 m)

22K9 24’ à 42’ (7 m à 12 m)

24K9 24’ à 48’ (7 m à 14 m)

28K10 28’ à 54’ (8 m à 16 m)

30K12 32’ à 60’ (10 m à 18 m)

l Poutrelles à longue portée de série LH ; profondeur de 18” à 48” (455 à 1220)


18LH5 28’ à 36’ (8 m à 11 m)

24LH7 36’ à 48’ (11 m à 14 m)

28LH9 42’ à 54’ (12 m à 16 m)

32LH10 54’ à 60’ (16 m à 18 m)

l Désignation des membrures


l Série des poutrelles
l Profondeur nominale des poutrelles, en pouces
l En ce qui concerne les spécications et l’ensemble des tables de charges des poutrelles
américaines, on doit consulter l’Institut canadien de la construction d’acier (ICCA).
l Des poutrelles profondes à longue portée de la série DLH sont disponibles en
profondeurs de 52” à 72” (1320 à 1830) et en portées allant jusqu’à 144’ (44 m).
DCC 05 20 00 Poutrelles métalliques
DCC 05 21 00 Ossatures à poutrelles d’acier
114 4.13 CHARPENTE À POUTRELLES À TREILLIS

l Le tablier de plancher enjambe les poutrelles.

l Les poutrelles d’acier à treillis s’appuient sur un mur


porteur de maçonnerie ou de béton armé, sur des poutres
d’acier ou sur des poutrelles maîtresses d’acier, qui sont
simplement de plus lourdes poutrelles d’acier à treillis.
l Les âmes ajourées permettent le passage de conduits
mécaniques.
l Le plafond est attaché aux membrures inférieures ou
est suspendu si l’aménagement des conduits exige plus
d’espace; on peut aussi ne pas installer de plafond,
l Le tablier de plancher enjambe et exposer les poutrelles et le tablier du plancher.
les espaces entre les poutrelles. l Le degré de résistance au feu dépend de celui des assem-
l Le tablier de plancher peut com- blages du plancher et du plafond; voir la page 443.
prendre :
– un platelage métallique avec rem- l L’espacement des poutrelles est fonction de l’ampleur de
plissage de béton; la charge sur le plancher, de la capacité d’enjambement
– des éléments de béton préfabriqués ; du matériau de platelage, de la capacité portante des
– des panneaux de contreplaqué poutrelles et de la profondeur du plancher désirée.
ou des planches de bois, devant
comporter une membrure supérieure l Espacement de 2’ à 10’ (610 à 3050); en général, espace-
clouable ou une fourrure boulonnée ment de 4’ (1220) dans les grands bâtiments
à la membrure supérieure. l La portée des poutrelles ne doit pas être plus de 24 fois
supérieure à leur profondeur.

l Un entretoisement horizontal ou diagonal empêche tout


mouvement latéral des membrures de poutrelles.
l Cette charpente relativement légère est analogue à la
charpente à solives de bois.

l En raison de leur profondeur standard et de leur longueur


préétablie en usine, les poutrelles à treillis doivent
enjamber des travées rectangulaires.
l La solidité de la charpente est maximale lorsque les
poutrelles portent des charges uniformément réparties.
l Moyennant une conception appropriée, les charges
concentrées peuvent porter sur les nœuds des poutrelles.
4.13 CHARPENTE À POUTRELLES À TREILLIS 115

l Mur porteur fait de maçonnerie ou de béton armé


l Longueur d’appui minimale :
– poutrelles de série K : 4” à 6” (100 à 150)
– poutrelles des séries LH et DLH : 6” à 12”
(150 à 305)
l Déterminer l’aire d’appui de façon que la
contrainte d’appui unitaire n’excède pas la
contrainte unitaire admissible du matériau
du mur.
l Fixer chaque poutrelle à une plaque d’appui en
acier ancrée au mur.

l Poutre d’acier ou poutrelle maîtresse d’acier


l Longueur d’appui minimale :
– poutrelles de série K : 2 1/2” (65)
– poutrelles des séries LH et DLH : 4” (100)

l Deux cordons de soudure de 1/8” (3) sur 1” (25)


de long ou un boulon de 1/2” (13) de diamètre
l Pour les poutrelles des séries LH et DLH, on utilise
deux cordons de soudure de 1/4” (6) sur 2” (50) de
long ou deux boulons de 3/4” (19) de diamètre.

l Un entretoisement horizontal ou
diagonal est requis pour empêcher
tout mouvement latéral des mem-
brures des poutrelles.
l L’entretoisement est espacé de 10’
à 20’ (3050 à 6095) c/c, selon
la portée des poutrelles et la
taille des membrures.
l Les cornières d’entretoisement
horizontal sont soudées aux mem-
brures supérieure et inférieure.
l Il faut utiliser des cornières
d’entretoisement diagonal avec
les poutrelles des séries LH et
DLH.
l Les entretoises doivent être sou-
dées ou boulonnées aux cornières
d’assemblage xées au mur de
maçonnerie ou à l’entrait d’acier.
l Les petites ouvertures doivent
comporter des linteaux en
cornières d’acier s’appuyant sur l On peut aménager des porte-à-faux grâce au
des poutrelles d’enchevêture. Les prolongement limité des membrures supérieures.
grandes ouvertures nécessitent l Des cornières et des prolés cannelés d’acier
une charpente d’acier. prolongés sont disponibles pour xer de petits
l Chevêtre supportant une poutrelle porte-à-faux. Dans le cas des poutrelles de
boiteuse série K, le porte-à-faux maximal est de 5’6”
(1675), avec une charge admissible de 300 lb/pi2
(1 lb/pi2 = 0,0479 kPa).
116 4.14 PLATELAGE MÉTALLIQUE

l Dalle de plancher en béton Le platelage métallique a une forme ondulée qui en aug-
l En général, de 2 1/2” à 3” (64 à 75); mente la rigidité et la capacité d’enjambement. Le tablier
minimum de 2” (50) métallique du plancher sert de plate-forme de travail
durant la construction et de coffrage à la poutre de béton
coulée sur le chantier.
l Les panneaux de platelage sont xés par des soudures en bains
de fusion ou par des goujons de cisaillement soudés à travers le
platelage jusqu’aux poutrelles ou aux poutres d’appui en acier.
l Les panneaux sont attachés l’un à l’autre par les côtés au moyen
de vis, de soudures ou de poinçonnage des joints debout.
l Lorsque le tablier sert de diaphragme de charpente et transfère les
charges latérales aux murs de cisaillement, tout son périmètre doit
être soudé aux appuis d’acier. De plus, des exigences plus strictes
concernant l’appui et l’attache du recouvrement latéral peuvent
l Une cornière d’appui continue s’appliquer.
supporte le bord du tablier; il faut
ancrer les boulons jusqu’au mur de
maçonnerie.
l Poutrelle ou poutre d’acier
Il existe trois grands types de platelages métalliques.

Platelage en coffrage
l Ce platelage sert de coffrage permanent à une dalle de béton
armé jusqu’à ce que la dalle se tienne elle-même et supporte sa
charge variable.

l 9/16” (14) pour une portée de 1’6” à


3’ (455 à 915)
l 1’ (25) pour une portée de 3’ à 5’
(915 à 1525)
l 1 1/2” (38) pour une portée de 4’ à 10’
(1200 à 3000)
l 2” (50) pour une portée de 5’ à 12’
(1525 à 3660)

Platelage composite
l Ce platelage sert d’armature de traction à une dalle de béton et
est lié à celle-ci par des motifs de nervures en relief. La dalle
de béton et les poutres ou poutrelles de plancher exercent une
action combinée grâce au soudage de goujons de cisaillement à
travers le platelage jusqu’à la poutre d’appui située au-dessous.

l 1 1/2” (38) pour une portée de 4’ à


8’ (1220 à 2440)
l 2” (50) pour une portée de 8’ à 12’
(2440 à 3660)
l 3” (75) pour une portée de 8’ à 15’
(2440 à 4570)

Platelage cellulaire
l Ce platelage s’obtient par soudage d’une tôle ondulée à une
tôle d’acier plate. Il en résulte une série d’espaces ou de cavi-
tés pouvant abriter le câblage électrique et téléphonique; des
coupes spéciales sont offertes pour l’aménagement de prises de
courant au plancher. Le platelage peut servir de plafond inso-
norisant dans la mesure où les cellules perforées sont remplies
de bre de verre.
l 1 1/2” (38) pour une portée de 6’ à 12’
(1830 à 3660) l La profondeur hors tout correspond à 1/24 de la portée.
l 2” (50) pour une portée de 6’ à 12’ l On doit consulter le fabricant au sujet des motifs, des largeurs,
(1830 à 3660) des longueurs, des calibres, des revêtements et des portées
l 3” (75) pour une portée de 10’ à 16’ admissibles qui sont offerts.
(3050 à 4875)

DCC 05 30 00 Platelages métalliques


4.15 SOLIVES D’ACIER LÉGER LAMINÉ 117

Les solives d’acier léger laminé sont fabriquées Types de solives d’acier léger laminé
par formage à froid de tôles ou de feuillards
d’acier. Elles sont plus légères, ont des dimen-
sions plus stables et peuvent enjamber de plus
grandes portées que les poutres de bois, mais
elles sont plus conductrices de chaleur et leur
fabrication exige un plus grand apport d’énergie.
Elles se coupent et s’assemblent facilement avec
des outils de base pour former une structure de
plancher légère, incombustible et à l’épreuve de
l’humidité. Comme la charpente de bois légère,
la charpente d’acier léger laminé contient des
cavités pour les conduits et l’isolation thermique,
et elle se prête à un large éventail de revêtements.

l Profondeur nominale : 6”, 8”, 10”, 12”, 14”


(150, 205, 255, 305, 355)
l Largeur des ailes : 1 1/2”, 1 3/4”, 2”, 2 1/2”
(38, 45, 50, 64)

Solive emboîtable Solive en C Fermeture de solive

Épaisseurs standard d’ossature légère en acier


Épaisseur de Épaisseur minimum du Épaisseur de Calibre d’ossature d’acier
désignation métal de base calcul (à titre informatif
Couleur
seulement)
(mils)1 (po) (mm) (po) (mm)

18 0,0179 0,455 0,0188 0,478 25


33 0,0329 0,836 0,0346 0,879 Blanc 20 – Charpente et cloison sèche
43 0,0428 1,087 0,0451 1,146 Jaune 18
54 0,0538 1,367 0,0566 1,438 Vert 16
68 0,0677 1,720 0,0713 1,811 Orange 14
l Les trous préperforés diminuent 97 0,0966 2,454 0,1017 2,583 Rouge 12
le poids des poutrelles et
offrent un passage aux tuyaux, 1. Un « mil » correspond à 1/1000 de pouce (p. ex. : 30 mils = 0,030 pouce). Source : ICTAB, 2012
aux câbles électriques et aux
tringles d’entretoisement.

Plages de portées des solives d’acier léger laminé

l Solives de 6” (150) : 10’ à 14’ (3050 à 4265)

l Solives de 8” (205) : 12’ à 18’ (3660 à 5485)

l Solives de 10” (255) : 14’ à 22’ (4265 à 6705)

l Solives de 12” (305) : 18’ à 26’ (5485 à 7925)

l La profondeur de la solive correspond à 1/20 de la portée.


l On doit consulter le fabricant au sujet des dimensions
exactes et de l’assemblage des solives, ainsi que des
portées et des charges admissibles. DCC 05 40 00 Ossatures métalliques en éléments prolés à froid
DCC 05 42 00 Ossatures à poutrelles métalliques prolées à froid
118 4.16 CHARPENTE À SOLIVES D’ACIER LÉGER LAMINÉ

l Des raidisseurs d’âme sont requis là où des charges l Les solives peuvent s’appuyer sur un mur
concentrées pourraient disloquer l’âme des pou- à poteaux métalliques ou sur un mur de
trelles, comme aux extrémités d’une solive fondation en béton ou en maçonnerie.
et au-dessus des appuis intérieurs. l Appui minimal de 1 1/2” (38) aux
extrémités d’une solive et de 3” (75)
aux appuis intérieurs
l Béton armé sur platelage métallique ou
sous-plancher en panneaux de bois

Les solives d’acier léger laminé sont disposées et


assemblées comme les solives d’une charpente de
bois.
l Les solives sont espacées de 16”, 24” ou 48”
(405, 610 ou 1220) c/c, selon l’ampleur des charges
appliquées et la capacité d’enjambement du tablier
de plancher.
l L’assemblage s’effectue à l’aide de vis autotaraudeuses
insérées avec un outil électrique ou pneumatique,
ou à l’aide de goupilles à enfoncement pneumatique;
l’assemblage par soudage est aussi possible.

l Un entretoisement de tringles empêche


les solives de tourner et de se déplacer
latéralement ; l’espacement doit être de
5’ à 8’ (1525 à 2440) c/c, selon la portée
l Les saillies et les ouvertures de plancher de la poutrelle.
sont assemblées comme dans une charpente
à solives de bois; voir les pages 119 et 125. l Au sujet des plages de portées des solives
d’acier léger laminé, voir la page 117.
l Au sujet de la charpente murale à poteaux
d’acier, voir la page 174.
4.16 CHARPENTE À SOLIVES D’ACIER LÉGER LAMINÉ 119

Appui intérieur Appui extérieur


l Plancher à panneaux l Mur à poteaux
de bois reposant sur métalliques
un cordon continu l Prolé continu xé à
d’adhésif et vissé à travers le plancher au
l’aile supérieure des prolé en C de
solives fermeture
l Poteaux d’acier l Prolé en C de ferme­
l Prolé continu ture périphérique

l Raidisseur d’âme
l Prolés en C jumelés
l Cornière de xation l Appui minimal de
1 1/2” (38) aux extré­
mités d’une solive
l Solives d’acier l Solive d’acier
l Mur à poteaux l Mur porteur à poteaux
métalliques métalliques

Appui intérieur Appui extérieur


l Plancher à panneaux de
l Mur à poteaux métal­
bois
liques
l La solive d’acier l Prolé continu
chevauche une solive
attenante sur une
poutre ou un appui de l Prolé en C de ferme­
mur ou s’étend sur elle. ture périphérique ; caler
l Appui minimal de 3” et cimenter au besoin.
(75) aux appuis
intérieurs l Raidisseur d’âme
l Raidisseur d’âme

l Solives jumelées sous


l Cornière de xation
des cloisons porteuses
aux fondations

l Solive d’acier

Saillies et ouvertures de plancher Appui extérieur


l Mur à poteaux
métalliques
l Prolé continu
l Boulon d’ancrage

l Béton armé sur plate­


lage métallique
l Cornière d’appui
continu en acier pour
les extrémités du
platelage métallique

l Solives jumelées ou
raidisseur d’âme sur un
appui l Cornière de xation
l Solives jumelées ou l Solive d’acier
emboîtées
l Prolé en C de ferme­
ture périphérique
120 4.17 SOLIVES EN BOIS

Les planchers à solives en bois constituent un sous-


système essentiel d’une charpente légère
en bois. Le bois de construction utilisé pour les
solives se travaille facilement et s’assemble rapi-
dement sur le chantier avec des outils de base. Avec
un sous-plancher ou un revêtement en panneaux
l Les solives sont espacées de 12”, 16” de bois, les solives en bois forment une plate-forme
ou 24” (305, 405 ou 610) c/c, selon de travail adéquate pour la construction. Un plancher
l’ampleur des charges appliquées et la bien conçu peut servir de diaphragme d’ossature et
capacité d’enjambement du sous- transférer les charges latérales aux murs de cisail-
plancher.
lement; pour toute exigence particulière, on doit
l Les cavités servent à l’aménagement
de tuyaux et du câblage électrique et consulter le Code du bâtiment.
à l’isolation thermique. l La charpente de bois légère étant combustible, ce
l On peut placer le plafond directement sont les matériaux de revêtement du plancher et du
sur les solives ou le suspendre pour plafond qui lui confèrent sa résistance au feu.
diminuer sa supercie ou cacher des l Puisque la charpente de bois légère est sujette au
conduits mécaniques perpendiculaires pourrissement et à l’invasion d’insectes, il est néces-
aux solives. saire de bien drainer le terrain, de laisser un écart
convenable entre la charpente et le sol, d’utiliser du
bois d’œuvre traité sous pression et de ventiler les
espaces clos pour y réduire la condensation.
l Les solives situées aux extrémités l Les pages 419 et 420 traitent du bois en tant que
peuvent être jumelées pour matériau de construction.
augmenter l’appui de la char- l Appui latéral requis pour les extrémités des solives
pente du mur périphérique. l Solive de bordure ou de rive

l Au sujet des saillies et des


ouvertures de plancher,
voir la page 125. l Portée de solive; voir la page 121.

l Le revêtement ou le sous-plancher xe et stabilise les


solives pour prévenir leur torsion et leur ambage ;
voir la page 126.
l Le matériau couvre-plancher est posé sur un sous-
plancher de panneaux ou de madriers en bois ; certains
matériaux couvre-plancher exigent un support supplé-
mentaire.

DCC 06 10 00 Charpenterie
DCC 06 11 00 Ossatures de bois
4.17 SOLIVES EN BOIS 121

l Les solives s’appuient sur une ossature de poteaux en l La portée des solives est fonction :
bois, sur des poutres de bois ou d’acier ou sur un mur – de l’ampleur des charges
porteur de béton ou de maçonnerie. appliquées;
– de la taille et de l’espacement
l Appui minimal de 1 1/2” (38) sur du bois ou du métal des solives;
l Appui minimal de 3” (89) sur du béton ou de la – de l’essence et de la catégorie
maçonnerie du bois de construction;
– du échissement admissible
pour l’usage prévu.

Plages de portées des solives en bois

l 2 × 6 (38 × 140) : jusqu’à 10’ (3050) ;


dimensions réelles : 1 1/2’ × 5 1/2’

l 2 × 8 (38 × 184) : 8’ à 12’


(2440 à 3660) ;
dimensions réelles : 1 1/2’ × 7 1/4’
l 2 × 10 (38 × 235) : 10’ à 14’
(3050 à 4265) ;
dimensions réelles : 1 1/2’ × 9 1/4’
l 2 × 12 (38 × 286) : 12’ à 18’
(3660 à 5485) ;
dimensions réelles : 1 1/2’ × 11 1/4’
l La profondeur de la solive correspond à 1/16 de la portée.
l La èche de la solive ne doit pas dépasser 1/360 de la portée.
l La rigidité de la charpente de solives sous contrainte est plus
importante que sa résistance.
l Si la profondeur hors tout de la construction est acceptable,
des solives plus profondes et plus espacées procurent une plus
grande rigidité que des solives peu profondes et plus rappro-
chées l’une de l’autre.
l Au sujet des dimensions et de la portée des solives en
placages de bois lamellés, on doit consulter le fabricant.
l Dans le système impérial, les pièce de bois sont identiées par l Minimum de 2” (50) jusqu’au bord de la solive
leurs dimensions initiales. À la suite du processus de séchage
et d’usinage, ces dimensions sont légèrement réduites. Par l Diamètre maximal = 1/3 de la profondeur
exemple, la mesure réelle d’un 2 × 4 est de 1 1/2’ × 3 1/2’. de la solive

l Maximum de 1/6 de la profondeur de la solive,


à l’extérieur du tiers central de la portée

L’entretoisement est un contreventement en croix de On peut couper les solives de plancher,


Saint-André fait de bois ou de métal ou une cale pleine selon les directives illustrées ci-dessus,
profondeur placée entre les solives à des intervalles de 8’ pour y faire passer des ls électriques
(2440). Les codes du bâtiment exigent parfois un entre- et des tuyaux de plomberie.
toisement lorsque la profondeur des solives est au moins
six fois supérieure à leur épaisseur. Toutefois, l’entre-
toisement n’est généralement pas nécessaire lorsque les
extrémités des solives sont assorties d’un appui latéral
contre la rotation et qu’un revêtement ou un sous-
plancher restreint la rive supérieure en compression.
122 4.18 CHARPENTE À SOLIVES EN BOIS

Charpente à plate-forme
l Construction à ossature de bois; voir la page 177.
l Sous-plancher; voir la page 126.
l Solives en bois

l Des ancrages ou des dispositifs de retenue de


la lisse peuvent être nécessaires pour xer les
murs et les planchers à la fondation an que
l’ensemble résiste aux forces de soulèvement
dues aux vents ou aux séismes.

l Solive de bordure ou rive


l Clous de 3 1/2” (90)
l Clouage en biais, clous de 2 1/2” (64) à 16”
(405) c/c

l Les solives l Appui minimal de 1 1/2” (38)


de bordure l Clouage en biais, trois clous de 2 1/2” (64)
portent entière-
l Lisse d’assise de 2 × 6 ou 2 × 8 (38 × 140 ou
ment sur la lisse
38 × 184) traitée sous pression
d’assise.
l La lisse d’assise transfère aux fondations les
charges s’exerçant sur les planchers et les murs.
l Dans les régions l Clouer en biais les lisses Elle est posée sur du bouche-pores breux pour
sujettes aux invasions d’assise aux coins à l’aide de diminuer l’inltration d’air ; on peut niveler avec
d’insectes, une tôle clous de 3” (75). des cales, au besoin.
continue offre une l La lisse d’assise peut être l Boulons d’ancrage de 1/2” (13) de diamètre et
protection adéquate. posée en retrait pour que le ancrés à au moins 4’’ dans le mur de béton, espa-
revêtement du mur soit au ras cés de 6’ (1830) c/c ; au moins deux boulons par
de la fondation. lisse, dont un à moins de 12” (305) de chaque
extrémité ; les exigences sont plus strictes dans
les zones sismiques 3 et 4.
l La lisse d’assise peut être jumelée pour aug-
menter la rigidité ; clous de 3” (75) posés en
quinconce et espacés de 24” (610) c/c ;
recouvrement aux coins.

Charpente à claire-voie Retraite dans le mur de fondation

l Les poteaux muraux reposent l Laisser un vide d’au moins 1/2” (13) au sommet,
directement sur une lisse d’assise aux côtés et aux extrémités des poutres de bois
jumelée; ils sont cloués de face s’insérant dans un mur de béton ou de maçonne-
aux solives et de biais à la lisse. rie, à moins d’utiliser du bois traité sous pression.
l Sous-plancher
l Entretoise massive servant de l Poutre d’appui pour solives
coupe-feu
l Clou de 3” (75)

l Le papier de construction empêche tout contact


direct entre le bois et le béton ou la maçonnerie.

l Cales pour le nivellement de la poutre


l Appui d’au moins 3” (89) pour les poutres de
l Au sujet de la charpente à
bois s’appuyant sur le béton ou la maçonnerie
claire-voie et de la charpente à
plate-forme, voir les pages 175 l Mur épaissi pour former un pilastre si un appui
et 176. supplémentaire est nécessaire
4.18 CHARPENTE À SOLIVES EN BOIS 123

Les solives en bois peuvent s’appuyer sur des poutres Poutre de bois avec étriers à solive
de bois ou d’acier. Dans les deux cas, l’élévation de l Poutre de bois massif ou
la poutre doit correspondre à la nature des lisses composée
périphériques et à la façon dont la poutre soutient les
l Alignement des solives
solives du plancher. Puisque le bois est plus sujet à la sur les côtés opposés de
contraction dans le sens perpendiculaire à son l, la la poutre
profondeur totale de la construction de bois devrait,
en ce qui concerne tant la nature des lisses que l L’égalisation de la
l’assemblage des solives et des poutres, être égalisée profondeur des solives
pour éviter que le plan d’étage ne s’affaisse. et de celle de la poutre
atténue l’affaissement de
la charpente du plancher.
l N’utiliser qu’avec du bois
d’œuvre bien sec.

l Étriers métalliques à solive

Poutre d’acier avec lisse Poutre de bois avec lambourde


l Des éclisses de bois relient l Éclisse de bois clouée à
les solives, maintiennent chaque solive
l’horizontalité de la char­
l Espace de 1/2” (13) pour
pente du plancher et sou­
le retrait de la solive
tiennent le sous­plancher.
l Clouer l’éclisse à chaque
solive.
l Les brides métalliques lient
l Espace de 1/2” (13) pour ensemble les solives alignées
le retrait de la solive quand le sommet des solives
est au ras du sommet de la
l Une lisse de clouage est poutre de bois.
xée à une tige letée, l Clouer en biais à la poutre
elle­même soudée à une avec des clous de 3” (75).
semelle de la poutre ; la l Trois clous de 3 1/2” (90)
lisse doit être aussi épaisse à chaque solive ; éviter
que la lisse périphérique d’entailler les solives au­
pour assurer un retrait égal. dessus de l’appui.
l Poutre d’acier l La lambourde de 2 × 4
(38 × 89) offre un appui
minimal de 1 1/2” (38).
Poutre d’acier sous les solives Poutre de bois avec solives à
l Solives alignées sur l’éclisse chevauchement ou à éclisses
l Recouvrement minimal
de bois ou la bride métal­
de 4” (100) ; trois clous de
lique d’assemblage
3 1/2” (90)
l Appui minimal de 1 1/2”
l Entretoise pleine entre les
(38)
solives, au besoin
l Une lisse de bois est xée
à une tige letée, elle­
même soudée à une se­
melle de la poutre ; la lisse
doit être aussi épaisse que
la lisse périphérique pour l Solives alignées sur l’éclisse
assurer un retrait égal. de bois ou la bride métal­
l Recouvrement minimal lique d’assemblage
de 4” (100) ; trois clous de l Appui minimal de 1 1/2”
3 1/2” (90) (38)
l Clouage en biais avec des
clous de 3” (75)
124 4.18 CHARPENTE À SOLIVES EN BOIS

Cloison non porteuse perpendiculaire aux Cloison non porteuse parallèle aux solives
solives sans cloison au-dessous sans cloison au-dessous
l Solive double sous la
cloison
l Entretoise de 2 × 4
(38 × 89), à 16” (405)
c/c

l Appui de cloison entre


les solives

l Entretoise pleine

l Construction à ossa-
l Solive double avec
ture de bois
espacement sufsant
l Lisse
pour le passage de
l Sous-plancher conduits mécaniques
l Solives l Entretoise pleine de
2 × 6 (38 × 140), à 16”
(405) c/c
Cloison porteuse perpendiculaire Cloison porteuse parallèle l Lambourdes de 2 × 2
(38 × 38)
aux solives aux solives

l Poteaux muraux conti-


nus dans une charpente
à claire-voie
l Solive double

l Construction à os-
sature de bois
l Lisse
l Sous-plancher
l Solives l Solive double sous la
l Coupe-feu entre cloison
les solives l Entretoise de 2 × 4
(38 × 89), à 16” (405)
l Sablière double de
c/c
cloison au-dessous
l Sablière double de
cloison au-dessous
Cloison porteuse perpendiculaire aux Cloison non porteuse parallèle aux solives
solives sans cloison au-dessus sans cloison au-dessus

l Entretoise de 2 × 4
(38 × 89), à 16” (405)
l Solives c/c
l Planche de 1 × 6
l Coupe-feu entre les
(19 × 140) servant de
solives
surface de clouage pour le
l Sablière double revêtement de plafond
l Sablière double
l Construction à
ossature de bois l Construction à ossature
de bois
4.18 CHARPENTE À SOLIVES EN BOIS 125

Saillie de plancher perpendiculaire aux Saillie de plancher parallèle


solives (en porte-à-faux) aux solives (en porte-à-faux)
l Direction des
solives
l Solive de bordure
double
l Solive boiteuse

l Solive double
l Étrier de solive ou
ancrage de charpente

l Entretoise pleine, qui


peut être décalée de
la lisse pour offrir une
surface de clouage à
la sous-face l Bordure clouée aux solives
l Solive boiteuse avec des clous de 4” (100)
l Solive double
l Les saillies supérieures l Les saillies supérieures à 24”
à 24” (610) doivent (610) doivent être calculées
être calculées par un par un ingénieur en structure.
ingénieur en structure.
l Solive de bordure
l Bordure clouée aux
solives avec des clous
de 4” (100)

Trémie de plancher — longueur Trémie de plancher — longueur


perpendiculaire aux solives parallèle aux solives
l Mur ou poutre d’appui
pour les solives

l Chevêtres et enchevêtrures
l Enchevêtrure double ; doubles pour les portées
clous de 3 1/2” (90) à supérieures à 4’ (1220)
16” (405) c/c

l Chevêtre double l Étrier de solive ou ancrage de


l Les chevêtres de plus charpente
de 10’ (3050) doivent
être conçus comme
des poutres.
l Étrier de poutre

l Solive boiteuse xée


au chevêtre avec
des étriers de solive
ou des ancrages de
charpente
l Poteau ou mur
d’appui de chevêtre
et d’enchevêtrure
126 4.19 SOUS-PLANCHER DE BOIS

l Les panneaux de particules ne sont autorisés comme supports de Le sous-plancher est l’élément d’ossature qui enjambe les
revêtement de sol que pour les maisons construites en usine qui ne solives du plancher et sert de plate-forme de travail durant
sont pas exposées aux intempéries en cours de construction. Dans les la construction, puis de base au revêtement du plancher.
endroits exposés au mouillage, comme les cuisines, les salles de bains L’assemblage des solives et du sous-plancher remplit aussi une
et les entrées, la surface supérieure et toutes les rives des panneaux de
fonction de diaphragme pour transférer les charges latérales
particules doivent être étanchéisées à l’aide d’un matériau reconnu à
cette n.
aux murs de cisaillement, s’il est conforme aux normes en
l Si un revêtement de sol souple est posé directement sur un support vigueur. On doit consulter le Code du bâtiment au sujet des
en panneaux de copeaux orientés (OSB), en panneaux de copeaux, en exigences en la matière.
panneaux de particules ou en contreplaqué, ce support doit être xé
aux appuis sous-jacents au moyen de clous annelés. Le support de Sous-plancher en contreplaqué
revêtement de sol en carreaux de céramique xés à l’aide d’un adhésif Pour un sous-plancher qui n’est pas en contact direct avec le revête-
doit être sufsamment rigide pour que les carreaux ne se ssurent pas. ment de sol et qui est utilisé sous la sous-nition, un parquet de bois
franc ou le béton, le contreplaqué de qualité Revêtement (SHG) suft.
Épaisseur des supports de revêtement de sol
Sous-plancher à couche simple en contreplaqué
Épaisseur minimale, en pouces (mm) Le contreplaqué Easy T&G ou le contreplaqué à rives droites sur
Espacement
supports de clouage peut être posé sur les solives du plancher de
maximal Panneaux
Contreplaqué manière à procurer un sous-plancher à couche simple. Le contrepla-
des appuis d’OSB O-1 et Panneaux de Bois de
et panneaux qué de qualité Select-Tight Face est recommandé pour le sous-
en pouces panneaux de particules construction
d’OSB O-2 plancher à couche simple destiné à la pose de la plupart des moquettes.
(mm) copeaux R-1
Le sous-plancher à couche simple destiné à être recouvert d’un revê-
16 (400) 5/8 (15,5) 5/8 (15,9) 5/8 (15,9) 11/16 (17) tement de sol souple et de certains types de moquettes collées qui
20 (500) 5/8 (15,5) 5/8 (15,9) 3/4 (19) 3/4 (19) nécessitent habituellement une sous-nition est souvent désigné par
24 (600) 3/4 (18,5) 3/4 (19) 1 (25,4) 3/4 (19) l’expression « sous-plancher et sous-nition combinés ». Ce type de
Source : Conseil national de recherches du Canada, Code national du bâtiment sous-plancher n’est recommandé que pour les ouvrages préfabriqués
– Canada 2010, Ottawa, CNRC, 2010, tableau 9.23.15.5.A. ainsi que pour les cas où les panneaux sont totalement protégés des
dommages et de l’humidité avant et après la pose. Pour les appuis
espacés jusqu’à 16” (400), il est recommandé d’utiliser le contreplaqué
nettoyé et taillé Select ou Select-Tight Face de 3/4” (18,5).

Sous-nition en contreplaqué
l Les panneaux de contreplaqué pour sous-planchers et sous-
planchers à couche simple devraient être posés de manière à ce
que le l du parement soit perpendiculaire aux appuis et que les
joints parallèles aux solives soient décalés.

l Clouer ou agrafer les panneaux de sous-nition aux 4” (100) le


long des rives (3/8” à 5/8” [10 à 15] des rives) et aux 6” (150)
sur le reste du panneau. Utiliser des clous annelés de 1” (25) ou
des agrafes de 1 1/8” (28) de long ayant une couronne de 3/16”
(5) et une tige d’au moins 1/16” (1,2) de diamètre.

l Poser des cales sous les rives ou utiliser des panneaux à languette
et rainure (T&G), sauf lorsque les joints de support sont décalés
par rapport aux joints du sous-plancher.
l Il est recommandé d’utiliser le contreplaqué de qualité Select ou
Select-Tight Face de 5/16” (7,5) ou 3/8” (9,5) comme sous-
nition en vue de la pose d’un revêtement de sol souple et de
certains types de moquettes collées pour lesquels le fabricant
recommande une sous-nition. Pour ce qui est des carreaux posés
à l’adhésif, il faut utiliser une sous-nition de 7/16” (11) lorsque
l’espacement des appuis est supérieur à 12” (300).
l Laisser un jeu de 3/32” (2) entre les rives droites des panneaux
jointifs. Les panneaux Easy T&G sont conçus pour s’abouter à la
pointe de la languette de façon à laisser un jeu de 1/32” (0,8) sur
le dessus et en dessous.
Source : Association canadienne du contreplaqué, Manuel du contre­
plaqué, Vancouver, CANPLY, 2009, p. 11-13.

DCC 06 16 23 Support de revêtement de sol


DCC 06 16 26 Couche de pose de revêtement de sol
4.20 SOLIVES ET POUTRELLES PRÉFABRIQUÉES 127

On utilise de plus en plus les solives et les


poutrelles préfabriquées au lieu du bois d’œuvre
dimensionné pour faire des planchers, parce
qu’elles sont généralement plus légères et ont
des dimensions plus stables que le bois d’œuvre
scié. En outre, les unités fabriquées sont plus
profondes et plus longues, et elles enjambent de l Les solives en I sont munies d’ailes en bois
plus grandes distances. d’œuvre scié ou en placage de bois lamellé,
disposées sur les bords supérieur et inférieur
d’une âme en contreplaqué ou en panneaux
de copeaux orientés (OSB).
l Profondeur nominale de 10” à 16” (255 à 405)
l Plages de portées des solives en I :
– profondeur de 10” (255) : portée maximale
de 16’ (4875)
– profondeur de 12” (305) : portée maximale
de 19’ (5790)
– profondeur de 14” (355) : portée maximale
de 22’ (6705)
– profondeur de 16” (405) : portée maximale
de 25’ (7620)
l Profondeurs disponibles pour un bâtiment à
vocation commerciale : 12” à 24” (305 à 610)
l Portées de 20’ à 60’ (6 m à 18 m)

l Membrures et âmes de 2 × 4 (38 × 89)


avec des crampons de liaison métalliques
l Profondeur de 12” à 24” (305 à 610)
l Portée de 40’ à 60’ (12 m à 18 m)

l Membrures et éléments verticaux en bois avec


les éléments diagonaux de l’âme en acier
l Profondeur de 12” à 24” (305 à 610)
l Portée de 40’ à 80’ (12 m à 24 m)

l Membrures en bois avec tubage d’âme de 1”


à 1 1/2” (25 à 38) de diamètre
l Profondeur maximale de 40” (1065)
l Portée de 40’ à 80’ (12 m à 24 m)

l Deux membrures de 2 × 6 (38 × 140) avec


âme d’acier de 2” (50) de diamètre
l Profondeur maximale de 60” (1525)
l Portée de 60’ à 100’ (18 m à 30 m)

l La profondeur des solives et des poutrelles correspond à 1/18 de la portée.


l Les ouvertures dans les âmes se prêtent au passage des ls électriques et des
conduits mécaniques.
l On doit consulter le fabricant au sujet des longueurs et des profondeurs
disponibles, de l’espacement recommandé, des portées admissibles et des
conditions d’appui requises.

DCC 06 17 00 Bois de charpente fabriquée en atelier


128 4.20 SOLIVES ET POUTRELLES PRÉFABRIQUÉES

Si la forme exacte des solives et des pou-


trelles de plancher préfabriquées varie selon
le fabricant, la conguration générale de
Solive en I extérieure Solive en I intérieure
leur assemblage en plancher est analogue à
l Solive en I ou entretoise de 2” (50) celle d’un assemblage classique de solives en
d’épaisseur nominale bois. Les solives et les poutrelles préfabri-
quées conviennent aux longues portées et aux
l Les solives en I doivent être raidies sous planchers simples; l’assemblage de planchers
les murs porteurs ; on doit consulter le complexes est plus difcile.
fabricant et le Code du bâtiment au sujet
des exigences en la matière. l Sous-plancher à panneaux de bois

l Lisse basse continue ou sablière l Mur porteur à l 12”, 16” ou 24” (305, 405 ou 610)
de mur porteur à poteaux poteaux c/c ; l’espacement de 24” (405) est
le plus courant.
l Appui minimal de 3 1/2” (90)

Appui de membrure Appui de membrure supé-


supérieure rieure à l’intérieur
l Les poutrelles doubles supportent
l Les poutrelles reposent sur la
les cloisons porteuses parallèles.
membrure supérieure ou sur
la membrure inférieure.

l Fourrure continue pour l’appui l Poutre de bois ou mur l L’entretoisement diagonal est
latéral des membrures inférieures porteur à poteaux de nécessaire pour conférer un
bois appui latéral perpendiculaire au
l Mur porteur à poteaux de bois ou en plan des poutrelles.
l Les chevêtres ou les murs
maçonnerie
porteurs supportent les
solives aux ouvertures.

Appui de membrure infé- Appui de membrure infé- Appui de membrure inférieure


rieure rieure à l’intérieur en porte-à-faux
l Bande continue au
sommet et en bas
l Bande continue l Appui aux nœuds

l Mur porteur à poteaux de l Poutre en bois l Le porte-à-faux


bois ou en maçonnerie ou mur porteur à doit être calculé
poteaux de bois par le fabricant
des solives ou
des poutrelles.
4.21 POUTRES DE BOIS 129

Bois de construction plein scié l La profondeur de la poutre de bois


correspond à 1/15 de la portée.
Voici quelques critères de sélection d’une poutre de bois :
l Largeur de la poutre = de 1/3 à 1/2
l’essence du bois, la catégorie du bois, le module d’élasticité, de sa profondeur
les contraintes de exion et de cisaillement admissibles et la l Flèche maximale = 1/360 de la portée
èche minimale permise pour l’usage prévu. De plus, il faut
Poutre composée
tenir compte des conditions précises de charge et des types
l Résistance égale à la somme des
d’assemblages utilisés. La bibliographie donne des sources résistances des composants si
comportant des tables détaillées de portées et de charges. aucune lamelle n’est éclissée
l Deux éléments assemblés avec des
clous de 3” (75) à 16” (405) c/c
en quinconce et deux clous de 3”
(75) à chaque extrémité
l Au moins trois éléments assemblés
avec des clous de 4” (100) à 32”
(815) c/c en quinconce et deux
clous de 4” (100) à chaque
extrémité

Poutre caisson Poutre composée Poutre espacée


l Constituée d’au moins deux l Pièces de bois d’œuvre l Entretoisée et clouée à
âmes de contreplaqué ou disposées sur chant et bou- intervalles rapprochés pour
de panneaux de copeaux lonnées par le côté à des que chaque composant agisse
orientés (OSB) collées à des plaques ou à des prolés comme une unité solidaire
semelles sciées ou LVL d’acier
l Peut enjamber jusqu’à 90’ l Conception calculée
(27 m).

Formes non conventionnelles des pièces composées

Pièce de charpente en lamellé-collé (DCC 06 18 00)


On fabrique cette pièce par lamellage de bois de construction classé
selon sa résistance mécanique avec de l’adhésif dans des conditions
contrôlées, et le l de tous les plis est généralement parallèle. Les l Peut enjamber jusqu’à 80’ (24 m).
principaux avantages d’une pièce de charpente lamellée-collée, par l La profondeur d’une poutre lamellée-
rapport à une pièce de bois de construction dimensionnée, sont les collée correspond à 1/20 de sa portée.
suivants : plus grandes contraintes unitaires admissibles, meil-
leure apparence et diversité des formes de prolés. On assemble l Largeur de la poutre = 1/4 à 1/3 de sa
ces pièces par le bout à l’aide de joints à doigts ou de joints par profondeur
entures multiples pour obtenir la longueur désirée, ou on les colle
sur le chant pour en accroître la largeur ou la profondeur.

Bois de copeaux parallèles (PSL)


Ce matériau s’obtient par le collage thermique sous pression de
longs et étroits copeaux de bois à l’aide d’un adhésif imperméable.
Ce bois est un produit spécialisé vendu sous la marque de com-
merce Parallam. Il prend la forme de poutres et de poteaux dans la
construction à poteaux et à poutres, et de poutres, de chevêtres et
de linteaux dans la construction à charpente légère.

Bois en placage stratié (LVL)


Ce matériau s’obtient par le collage thermique sous pression de
couches de placages de bois à l’aide d’un adhésif imperméable.
En disposant le l de tous les placages dans la même direction
longitudinale, on obtient un produit résistant lorsque la charge
s’exerce sur le chant, comme une poutre, ou sur la face, comme
un madrier. Ce matériau est commercialisé sous diverses marques,
comme Microlam, et prend la forme de chevêtres et de poutres,
ou encore de semelles pour les solives en bois en I préfabriquées.
130 4.22 APPUIS DE POUTRES EN BOIS

Il existe un large éventail d’attaches métalliques pour les assem-


blages de bois à bois, de bois à métal et de bois à maçonnerie :
étriers à solive et à poutre, pieds et chapeaux de poteaux, cornières
et ancrages d’assemblage, tirants et pièces de retenue de plancher.
On doit consulter le fabricant au sujet des formes et des dimensions,
Appui sur un mur de maçonnerie ou de béton des charges admissibles et des exigences d’attache spéciques. Les
dispositifs d’assemblage sont cloués ou boulonnés, selon l’ampleur
des charges devant être transférées ou faire l’objet d’une résistance.

l Bonne résistance aux


forces de soulèvement et Appui sur un mur de fondation
aux forces horizontales
l Dégagement minimal de
1/2” (13) au sommet, aux
extrémités et sur les côtés;
l’accès à la construction
peut exiger plus d’espace.

l Cornières de xation d’acier l Pour un bâtiment à


l Plaque d’appui d’au moins charpente légère
1/4” (6,4) d’épaisseur, l Bordure de même pro-
posée sur un lit de coulis fondeur que la poutre
sec l Lisse d’assise
l Boulons d’ancrage
l Appui minimal de 3”
l Appui de poutre préfabri- (75)
qué, facultatif
l Mur de fondation

Appui sur une poutre maîtresse Appui sur une poutre maîtresse
l Au besoin, cornières
l Pour des poutres bien de xation pour des
sèches ou en placage stra- poutres superposées,
tié et des charges légères qui favorisent la stabi-
ou moyennes lité latérale de la
l Tirant métallique de poutre supportée.
traction à travers la poutre
maîtresse
l Étrier à poutre, avec
semelles cachées ou
exposées

l Pour des charges


moyennes ou lourdes
l Étrier à poutre exposé

l La poutre est élevée


au-dessus de la poutre
maîtresse pour que le
platelage dégage le
Flexion positive Flexion négative Flexion positive sabot.

Les portées continues engendrent des contraintes


plus uniformes que les portées simples, ce
qui améliore l’efcacité du matériau. Toutes
Éclisse l Éclissée au point Éclisse en trait les éclisses doivent se situer aux points où la
de moment nul
d’assemblage de jupiter contrainte de exion est minimale, soit environ
en acier à clé de 1/4 à 1/3 de la portée sur chaque côté d’un
appui intérieur.

l Poutre supportée l Clés


l Poutre en saillie
4.23 ASSEMBLAGES POUTRES–POTEAUX DE BOIS 131

La taille et le nombre de boulons néces- Chapeau de poteau exposé Bride en T exposée


saires à un assemblage sont fonction de
l’épaisseur des éléments, de l’essence du
bois, de l’ampleur et de la direction de la
charge par rapport au l du bois, ainsi que
de l’utilisation de dispositifs d’assemblage l Plaque en U ou
métalliques. On utilise des dispositifs sabot d’acier
l Appui
d’assemblage à plaque de cisaillement ou
Plaque latérale minimal de
à anneaux fendus, qui tolèrent des l
pour l’assemblage 6” (150) en
contraintes plus élevées par unité d’appui, direction
au poteau en bois
lorsque l’aire est trop restreinte pour le de la portée
l Boulons traver-
nombre requis de boulons traversants. sants des poutres
Au sujet des dispositifs d’assemblage à l Assemblage lorsque deux
anneaux fendus ou à plaque de cisaillement soudé au poteau poutres
et pour les directives sur l’espacement des d’acier s’aboutent
boulons, voir la page 183. sur l’appui

Poteau continu Poteau continu Poutre continue

l Cornières de
xation en acier l Bande métal-
l Dispositif d’assem- lique d’attache
l Bande métal-
blage à boulons Plaques et
lique d’attache l
traversants ou goupilles de
à goujons et à l Potences d’acier
avec raidisseurs cisaillement
anneaux fendus l Des blocs
l Entretoise, au d’âme et boulons
traversants d’appui direct
besoin augmentent
l Poutre espacée l’aire de
boulonnage.
l Des blocs d’appui
direct augmentent
l’aire de boulon-
nage.

Poteau espacé Assemblage caché Assemblage à emboîtement

l Poutre continue l Plaque d’acier l Dispositif


dans le trait d’assemblage
l Dispositif d’as-
de scie à boulons
semblage à bou- l Tuyau d’acier
lons traversants traversants
avec plaque
ou à goujons et à ou à goujons
porteuse, au
anneaux fendus et à anneaux
besoin
Entretoise dans le fendus
l l Pour cacher le
haut, au milieu et l Poteau
tout, fraiser
dans le bas d’un central
la tête des
poteau espacé ; continu
boulons et des
voir la page 181. écrous, puis l Poutres
boucher. extérieures
continues
132 4.24 CHARPENTE À MADRIERS ET À POUTRES DE BOIS

l Plan du platelage de plancher en bois


l Autres possibilités : contreplaqué CFP ou
DFP, ou panneaux à revêtement travail-
lant préfabriqués

l Les poutres de bois s’appuient sur : l Le dessous du platelage peut demeu-


– des poteaux de bois d’œuvre, d’acier ou de rer exposé en tant que plafond ni.
béton;
– des poutres maîtresses de bois ou d’acier;
– des murs porteurs de béton ou de maçonnerie. Les planchers à madriers et à poutres en
l L’aire d’appui doit être telle que les contraintes bois sont habituellement assortis d’une
de compression de la poutre et du matériau grille d’appui faite de poteaux pour former
d’appui ne dépassent pas les valeurs admissibles. une ossature. L’utilisation d’éléments plus
volumineux et donc moins nombreux,
qui peuvent enjamber de plus grandes
distances, permet de réduire les coûts liés
l Poutre primaire aux matériaux et à la main-d’œuvre.
l Les poutres secondaires peuvent l La charpente à madriers et à poutres
enjamber les poutres primaires ou s’y convient particulièrement bien lorsqu’elle
assembler pour diminuer la portée du supporte des charges moyennes uniformé-
platelage. ment réparties; des charges concentrées
l Espace entre deux poutres = portée des exigent plus d’éléments de charpente.
madriers ou du platelage; générale- l Lorsqu’un tel plancher demeure exposé,
ment de 4’ à 8’ (1220 à 2440) c/c comme cela arrive souvent, on doit porter
une attention soigneuse à l’essence et à la
catégorie de bois utilisé, aux joints, notam-
ment aux assemblages de poutre à poutre et
de poutre à poteau, et à la qualité du travail.
l La charpente à madriers et à poutres est une
construction dite lourde lorsqu’elle s’appuie
sur des murs extérieurs incombustibles et
résistants au feu et que les éléments et le
platelage sont conformes aux exigences du
Code du bâtiment concernant les dimensions
minimales.
l Parmi les inconvénients du plancher à
madriers et à poutres, mentionnons la
transmission des bruits de choc et le manque
d’espaces cachés pour l’isolation thermique,
la tuyauterie, le câblage et les conduits de
ventilation et de chauffage.

l Porte-à-faux possible, limité à 1/4 de la


portée arrière
l La présence d’ouvertures et de charges
concentrées nécessite plus d’éléments de
charpente.
l Un contreventement diagonal ou des murs
de cisaillement sont nécessaires pour
assurer la stabilité latérale.

DCC 06 13 00 Construction en gros bois d’œuvre


DCC 06 15 00 Platelages de bois
4.24 CHARPENTE À MADRIERS ET À POUTRES DE BOIS 133

Dans une telle charpente, la grille de poutres porteuse l Lames de bois perpendiculaires au
doit s’harmoniser parfaitement avec la disposition des planchéiage
cloisons intérieures, pour des raisons à la fois struc­ l Un carrelage mince et résistant
turales et esthétiques. En général, la plupart des cloisons nécessite un support.
de cette charpente sont non porteuses et peuvent être
placées conformément à la gure. Lorsque des cloisons l Poteau de bois
porteuses sont nécessaires, elles doivent s’étendre jus­ l Lisse basse
qu’au mur de fondation ou reposer directement sur des
poutres assez grosses pour supporter la charge imposée.

Platelage de bois l La charge des cloisons non por­


teuses qui sont perpendiculaires au
platelage du plancher est répartie
uniformément sur les madriers.

l Les cloisons parallèles au platelage


sont supportées au­dessous ou au­
dessus du planchéiage.

l La poutre doit être assemblée à des


poteaux ou à d’autres poutres, à
des ns d’appui.
l Des porte­à­faux restreints sont
possibles.

Contreplaqué
CFP ou DFP l Sous­plancher et sous­nition
combinés
l Épaisseur de 1 1/8” (29) ou 1 1/4” (32)
l Bordures à languette et rainure
(embouvetées)
l Portée maximale de 4’ (1220)
l Ce platelage repose en continu sur
deux portées, les plis extérieurs sont
perpendiculaires aux poutres et les
joints d’extrémité sont en quinconce.
l Aucun porte­à­faux possible
Panneaux à
revêtement
travaillant

l Les panneaux à revêtement travail­


lant se composent de planches de
parement en contreplaqué qui sont
collées à chaud et sous pression
aux solives et au contreventement
en croix de Saint­André en bois
d’œuvre. Le parement en contre­
plaqué et les solives se comportent
comme une série de poutres en I.
Le contreplaqué répartit les charges
concentrées et résiste à la quasi­
totalité des contraintes de exion.
l Les panneaux combinent l’isolation
thermique, un pare­vapeur et un ni
intérieur en un seul composant.
l Des porte­à­faux restreints sont
possibles.
DCC 06 12 00 Panneaux structuraux
134 4.25 PLATELAGE EN BOIS

l La profondeur du platelage correspond à


Types de platelages en bois 1/30 de la portée.
l Flèche maximale = 1/240 de la portée du
platelage
l On doit consulter le fabricant au sujet
des dimensions disponibles et des portées
l Plein l Plein l Lamellé
admissibles.
l Nominalement, 2 × 6, 2 × 8 l Nominalement, 3 × 6, 4 × 6 l Nominalement, 3 × 6, 3 × 8,
(38 × 140, 38 × 184) (64 × 184, 89 × 140) 3 × 10, 4 × 6, 4 × 8, 6 × 6,
6 × 8 (64 × 140, 64 × 184,
64 × 235, 89 × 140, 89 × 184,
140 × 140, 140 × 184)
Motifs de surface d’un plafond exposé

Rainure en V Rainure cannelée Languette ordinaire ou moulée Strié

Types de portées

Portée simple Portée double Portée continue


l Les madriers s’appuyant simplement l Utilisation optimale d’un matériau l Les madriers enjambent en continu au
sur chaque extrémité présentent la de longueur donnée moins quatre appuis.
exion la plus prononcée pour une l Le recours à des madriers de longueur
charge donnée. différente diminue les pertes.
l La construction doit être soigneusement
supervisée.
l Minimum de 2’ (610) entre les joints
d’extrémité dans les couches adjacentes
l Les joints dans la même ligne générale
Plages de portées doivent reposer sur au moins un appui.
l Il faut espacer de 12” (305) ou de deux
l Platelage d’une épaisseur nominale de 2” (38) :
rangées de madriers les joints dans les
portée maximale de 6’ (1830)
rangées non adjacentes.
l Platelage d’une épaisseur nominale de 3” (64) : l Un seul joint doit être présent dans chaque
portée maximale de 6’ à 10’ (1830 à 3050) couche entre des appuis.
l Platelage d’une épaisseur nominale de 4” (89) : l Chaque madrier doit reposer sur au moins
portée maximale de 10’ à 14’ (3050 à 4265) un appui.
l Dans les portées d’extrémité, un tiers des
l Platelage d’une épaisseur nominale de 6” (140) : madriers doivent être exempts de joints.
portée maximale de 12’ à 20’ (3655 à 6095)

DCC 06 15 00 Platelages en bois


MURS
5.1 Systèmes de mur _______________________________________________________________________________________________ 136
5.2 Poteaux de béton ______________________________________________________________________________________________ 138
5.3 Murs de béton ___________________________________________________________________________________________________ 140
5.4 Coffrage de béton _____________________________________________________________________________________________ 141
5.5 Surfaçage du béton ___________________________________________________________________________________________ 143
5.6 Murs de béton préfabriqués ______________________________________________________________________________ 144
5.7 Panneaux muraux et poteaux de béton préfabriqués _______________________________________ 145
5.8 Assemblages de béton préfabriqués _________________________________________________________________ 146
5.9 Mise en place par relèvement ___________________________________________________________________________ 147
5.10 Murs de maçonnerie __________________________________________________________________________________________ 148
5.11 Murs de maçonnerie non armés ________________________________________________________________________ 150
5.12 Murs de maçonnerie armés _______________________________________________________________________________ 152
5.13 Poteaux et pilastres de maçonnerie _________________________________________________________________ 153
5.14 Arcs de maçonnerie ___________________________________________________________________________________________ 154
5.15 Linteaux de maçonnerie ____________________________________________________________________________________ 155
5.16 Joints de dilatation et de retrait ______________________________________________________________________ 156
5.17 Coupes de murs de maçonnerie ________________________________________________________________________ 157
5.18 Appareillage de maçonnerie _____________________________________________________________________________ 160
5.19 Bloc d’argile structural ______________________________________________________________________________________ 162
5.20 Bloc de verre _____________________________________________________________________________________________________ 163
5.21 Construction en adobe ______________________________________________________________________________________ 165
5.22 Construction en pisé _________________________________________________________________________________________ 166
5.23 Maçonnerie de pierre ________________________________________________________________________________________ 167
5.24 Charpente d’acier ______________________________________________________________________________________________ 169
5.25 Poteaux d’acier __________________________________________________________________________________________________ 171
5.26 Poteaux d’acier léger laminé _____________________________________________________________________________ 173
5.27 Charpente à poteaux d’acier léger laminé ________________________________________________________ 174
5.28 Charpente à claire-voie _____________________________________________________________________________________ 175
5.29 Charpente à plate-forme ___________________________________________________________________________________ 176
5.30 Construction à ossature de bois _______________________________________________________________________ 177
5.31 Revêtement intermédiaire de mur à ossature de bois ______________________________________ 180
5.32 Poteaux de bois _________________________________________________________________________________________________ 181
5.33 Charpente à poutres et poteaux de bois __________________________________________________________ 182
5.34 Assemblages poutres–poteaux de bois _____________________________________________________________ 183
136 5.1 SYSTÈMES DE MUR

Les murs sont les éléments verticaux d’un bâtiment


qui enferment, séparent et protègent ses espaces
intérieurs. Ils consistent soit en des structures
porteuses faites de matériaux homogènes ou
composites et conçues pour recevoir les charges
qu’exercent les planchers et le toit, soit en une
ossature faite de poteaux et de poutres assortis de
panneaux non porteurs qui sont situés entre eux
ou qui leur sont rattachés. La disposition des murs
et des poteaux porteurs doit être coordonnée avec
l’aménagement des espaces intérieurs du bâtiment.
Les murs extérieurs doivent à la fois supporter les
charges verticales et résister aux charges horizon-
tales du vent. S’ils sont assez rigides, ils peuvent
servir de murs de cisaillement et transférer aux
fondations les forces latérales dues aux vents ou
aux séismes.
Puisqu’ils protègent aussi l’intérieur du bâtiment
contre les intempéries, les murs extérieurs doivent
limiter le passage de la chaleur, de l’air, du bruit,
de l’humidité et de la vapeur d’eau. L’enveloppe
extérieure, qui est ajoutée à l’ossature murale ou en
fait partie intégrante, doit être durable et résister
aux effets du soleil, du vent et de la pluie. Les
codes du bâtiment spécient l’indice de résistance
au feu des murs extérieurs, des murs porteurs et des
cloisons.
LEED v4, crédit ÉA : Optimiser la Les murs intérieurs ou cloisons, qui divisent l’espace
performance énergétique intérieur d’un bâtiment, peuvent être porteurs
ou non. Ils doivent se prêter à l’application des
matériaux de nition désirés, offrir un certain degré
d’insonorisation et faciliter la répartition des ls
électriques et des conduits mécaniques.
Les ouvertures prévues pour les portes et les
fenêtres doivent être aménagées de façon que les
charges verticales soient réparties autour d’elles
et non transférées aux portes et aux fenêtres
elles-mêmes. Les exigences en matière d’éclairage
naturel, de ventilation, de vue et d’accès, de même
que les contraintes propres à la structure et aux
matériaux muraux modulaires, déterminent les
dimensions et l’emplacement de ces ouvertures.
5.1 SYSTÈMES DE MUR 137

Charpentes
l Les charpentes de béton sont rigides, incombustibles et
elles résistent au feu.
l Les charpentes d’acier incombustibles peuvent compor-
ter des assemblages rigides et nécessiter une ignifuga-
tion pour résister au feu.
l Les charpentes de bois d’œuvre doivent être assor-
ties d’un contreventement diagonal ou de plans de
cisaillement pour être stables latéralement. Elles sont
dites en gros bois d’œuvre lorsque leurs éléments sont
conformes aux exigences énoncées dans le Code du
bâtiment au sujet des dimensions minimales ainsi que
de l’épaisseur et de la composition des planchers et des
toits de bois.
l Les charpentes d’acier et de béton enjambent de plus
longues portées et portent de plus lourdes charges que
les charpentes de bois d’œuvre.
l Les charpentes reçoivent et portent un large éventail de
murs non porteurs et de murs-rideaux.
l Pour des raisons d’ordre structural et esthétique, la
composition des assemblages revêt une grande impor-
tance lorsque la charpente demeure exposée.

Murs porteurs faits de béton


et de maçonnerie
l Les murs de béton et de maçonnerie sont incombus-
tibles et tirent leur capacité portante de leur masse.
l Ils résistent bien à la compression, mais ils doivent être
armés pour résister aux contraintes de traction.
l Le rapport entre leur hauteur et leur largeur, leur
stabilité latérale et le bon emplacement des joints de
dilatation constituent les facteurs essentiels présidant
à la conception et à la construction de ces murs.
l Leurs surfaces peuvent demeurer exposées.

Murs à ossature légère


à poteaux métalliques et de bois
l Les poteaux métalliques laminés à froid et les poteaux
de bois sont généralement espacés de 16” ou 24” (405
ou 610) centre à centre (c/c), selon la largeur et la
longueur des matériaux de revêtement courants.
l Les poteaux portent les charges verticales ; le revête-
ment ou le contreventement diagonal rigidie le plan
du mur.
l Les cavités de la charpente murale se prêtent bien à
l’isolation thermique, à la pose de pare-vapeur ainsi
qu’à la répartition des conduits mécaniques, des prises
de courant et des sorties de mécanique.
l La charpente à poteaux peut recevoir un large éven-
tail de nitions murales intérieures et extérieures,
dont certaines exigent un revêtement de base pour le
clouage.
l Les matériaux de nition déterminent le degré de résis-
tance au feu de la charpente murale.
l Les charpentes de murs à poteaux sont assemblées sur
le chantier ou fabriquées par panneaux à l’usine.
l Les murs à poteaux présentent des formes très variées
en raison des multiples possibilités de façonnage
qu’offrent leurs pièces relativement petites et les
diverses attaches disponibles.
138 5.2 POTEAUX DE BÉTON

Les poteaux de béton et les armatures


verticale et latérale opposent ensemble leur
l Des goujons xent le résistance aux forces appliquées. On doit
poteau aux poutres et
consulter un ingénieur en structure et le
aux dalles supportées.
Code du bâtiment au sujet des dimensions,
l La pente maximale
des barres inclinées de l’espacement et de l’emplacement de
est de 1:6. toutes les armatures.

La présence d’une armature verticale dans


un poteau de béton lui permet de porter des
L’armature latérale restreint l’arma-
charges de compression plus lourdes et de
ture verticale et renforce le poteau
résister davantage aux forces de traction
contre le ambage.
lorsqu’il porte des charges latérales, tout en
l Les étriers ont au moins 3/8” (10M) de y diminuant les effets du uage et du retrait.
diamètre et doivent être espacés d’au
l L’armature verticale doit occuper entre 1 % et
plus 48 fois le diamètre d’un étrier,
8 % de l’aire brute de la section transversale ; il faut
de 16 fois le diamètre d’une barre ver-
au moins quatre barres no 5 (15M) dans un poteau
ticale ou de la plus petite dimension
comportant des étriers et six barres no 5 (15M)
de la section du poteau. Toutes les
Poteau rectangulaire : dans un poteau muni d’une armature en spirale.
barres d’angle et les barres longitu- l
largeur minimale de l Des étriers supplémentaires peuvent être néces-
dinales alternantes doivent s’appuyer
8” (205) et aire brute saires aux points d’appui.
latéralement sur le cintre d’une attache
minimale de 96 po2 l L’épaisseur d’enrobage minimale d’une
comportant un angle d’au plus 135°,
(61 935 mm2) armature d’acier est de 1 1/2” (38).
sans qu’aucune barre ne soit à plus de
6” (150) d’une telle barre supportée. l On joint les barres verticales en faisant chevau-
cher leurs extrémités sur une longueur exprimée
en diamètre de barre ou en aboutant leurs
extrémités avant de les assembler à l’aide d’un
l L’armature hélicoïdale comprend une manchon de serrage ou de souder à l’arc leurs
spirale continue uniformément espacée joints d’about.
et les espaceurs verticaux qui la main-
tiennent fermement en place.
l Cette armature a un diamètre d’au
moins 3/8” (10M). L’espacement c/c
entre les spires ne doit pas dépasser
1/6 du diamètre central, tandis que l Poteau circulaire : l Les goujons chevauchent les barres verticales
l’espace dégagé entre les spires doit diamètre minimal de 40 fois le diamètre de la barre ou de 24”
être d’au moins 1 3/8” (35) et d’au de 10” (255) (610) et se prolongent dans la semelle ou le
plus 3” (75) ou équivaloir à 1,5 fois chapeau de pieu sur une longueur qui soit
le calibre du granulat grossier. adéquate à l’ancrage.
l Prolonger la spirale de 1,5 spire pour
l’ancrage aux extrémités. Les poteaux de béton peuvent s’appuyer
sur des semelles isolées, un radier ou une
semelle combinée ou encore sur des cha-
peaux de pieu ; voir les pages 77 et 84.

l L’épaisseur d’enrobage minimale de l’armature


d’acier est de 3” (75) lorsque le béton est
coulé sur la terre et y demeure exposé en
permanence.

l Sous le seuil du gel


l L’aire de contact de la semelle répartit la
charge s’exerçant sur le poteau, de sorte que
cette charge ne puisse dépasser la capacité
portante admissible du sol d’appui ; minimum
de 1’8” (510).
DCC 03 20 00 Armature pour béton
DCC 03 30 00 Béton coulé en place
DCC 03 31 00 Béton structural
5.2 POTEAUX DE BÉTON 139

Les poteaux de béton armé sont habituellement


coulés avec des poutres et des dalles de béton
pour former une ossature monolithique.

l Poteau de béton armé


l Poutre et dalle de béton armé ; voir les
pages 98 et 99.
l Dalle de béton armé dans deux sens ;
voir les pages 100 et 101.

l Espacement entre deux poteaux =


portée de la poutre ou de la dalle
l L’espacement entre deux poteaux
détermine les charges imposées.
l Un poteau de 12” (305) peut supporter
jusqu’à 2000 pi2 (185 m2) de plancher
et de toit.
l Un poteau de 16” (405) peut supporter
jusqu’à 3000 pi2 (280 m2) de plancher
et de toit.
l Un poteau de 20” (510) peut supporter
jusqu’à 4000 pi2 (372 m2) de plancher
et de toit.

l Placer les poteaux en grille régulière


pour rendre moins coûteux le coffrage
des poutres et des dalles.
l Les poteaux doivent se prolonger en
continu jusqu’aux fondations.
l Si c’est possible, modier l’armature
d’acier requise plutôt que les dimen-
sions du poteau ; dans le cas contraire,
ne modier qu’une dimension du
poteau à la fois.

Divers dispositifs d’assemblage d’acier


ajoutés aux poteaux de béton armé
leur permettent de supporter aussi
une grille de poutres de bois d’œuvre
ou d’acier.
l Poutre de bois d’œuvre ou d’acier
l Des dispositifs d’assemblage d’acier sont
nécessaires pour ancrer les poutres de
bois ou d’acier aux poteaux de béton.
140 5.3 MURS DE BÉTON

l Ancrer les murs de béton armé aux dalles de l Les murs d’épaisseur supérieure à 10”
plancher, aux poteaux et aux autres murs (255) requièrent une armature en deux
avec au moins des barres 15M espacées couches parallèles à leurs faces.
de 12” (305) c/c, pour chaque
l Barres 15M ou plus volumineuses espa-
couche d’armature des murs.
cées d’au plus 3 fois l’épaisseur du mur
l Plier l’armature horizontale aux angles et
ou de 18” (455) c/c
aux croisements des murs pour assurer la
l Rapport minimal entre l’armature verti-
continuité structurale.
cale et l’aire brute du béton : 0,0012
l Rapport minimal entre l’armature hori-
zontale et l’aire brute du béton : 0,002
(consulter un ingénieur en structure)
l Épaisseur d’enrobage d’au moins 3/4” (19)
lorsque le béton n’est pas exposé au sol ni
aux intempéries (consulter un ingénieur en Épaisseur minimale des murs :
structure) – Au moins 6” (150) pour les murs porteurs
l Épaisseur d’enrobage d’au moins 1 1/2” (38) ou 1/25 de la hauteur ou de la longueur
lorsque le béton est exposé au sol ou aux non supportée entre des raidisseurs
intempéries ; minimum de 2” (50) pour des – Au moins 4” (100) pour les murs non
barres 20M ou plus volumineuses porteurs ou 1/36 de la hauteur ou de la
longueur non supportée
– Au moins 2” (50) pour les cloisons inté-
rieures non porteuses qui ne sont pas des
éléments de cisaillement
– Au moins 6” (150) pour les murs nus (non
armés) dont le rapport entre la hauteur et
l’épaisseur est inférieur à 22
– Au moins 8” (205) pour les murs de sous-
sol et de fondation, les murs coupe-feu et
les murs mitoyens

l Les murs de béton reposent habituelle-


l Armer les ouvertures de portes et de ment sur une semelle lante continue ;
fenêtres avec au moins deux barres voir les pages 77 et 78.
15M se prolongeant d’au moins 24” l Le mur est lié à sa semelle par des gou-
(610) au-delà des angles de chaque jons pliés dans des directions successive-
ouverture. ment différentes.
l Dégagement de 2” (50)
l Barres diagonales facultatives l Au moins 6” (150) au-dessus de l’arma-
ture
l Épaisseur de recouvrement d’au moins
3” (75) lorsque le béton est coulé sur la
terre et y demeure exposé

l On doit consulter un ingénieur en


structure et le Code du bâtiment au sujet
des dimensions, de l’espacement et de
l’emplacement de toutes les armatures.
l Voir les pages 412 et 413 au sujet
du béton utilisé comme matériau de
construction.

DCC 03 20 00 Armature pour béton


DCC 03 30 00 Béton coulé en place
DCC 03 31 00 Béton structural
5.4 COFFRAGE DE BÉTON 141

Le coffrage de poteaux et de murs de béton


peut satisfaire à des exigences particulières, Coffrage de poteau
mais le recours aux panneaux préfabriqués
l Les coffrages de bres présentent un ni
réutilisables est plus fréquent. La charpente
lisse ou hélicoïdal et sont jetables.
et le contreventement doivent maintenir la l Diamètre de 6” à 60” (150 à 1525)
position et la forme des coffrages jusqu’au l Sonotube est la marque de commerce de
durcissement du béton. coffrages de poteaux cylindriques faits de
papier imprégné de résine et comprimé.

l Coffrage de bois
l Les coffrages réutilisables ont une section
transversale carrée ou rectangulaire.
l Les coffrages de poteau et le sommet du
coffrage de mur sont munis de serre-
coffrages pour prévenir leur dislocation
sous la pression du béton fraîchement
coulé.

Coffrage de mur
l Les étrésillons, habituellement en bois,
maintiennent un certain écart entre les
murs ou les coffrages.
l Attaches de coffrage ; voir la page 142.

l Revêtement en contreplaqué
l La surface interne des panneaux s’imprime
sur le béton.

l Montants en bois
l Les moises horizontales renforcent les
éléments verticaux du coffrage.
l Au besoin, des dos offrent un appui vertical
à l’alignement et au renforcement des
moises.
l Sole

l Étaiement
l La surface de contact des coffrages est enduite
d’un agent de décoffrage – huile, cire ou
plastique –, ce qui les rend plus faciles à
enlever. La forme d’un prolé de béton doit Voici les types de coffrage les plus cou-
aussi faciliter le décoffrage. Il faut utiliser un ramment utilisés. On retrouve aussi sur
prolé conique lorsque le béton environnant est le marché plusieurs autres systèmes de
susceptible de bloquer les coffrages. Les angles coffrage tels que : préfabriqués, isolants,
externes aigus sont habituellement biseautés ou en cadres et poutres d’aluminium, modu-
arrondis pour éviter que les rives se fendent ou laires et autogrimpants.
s’éraent.

DCC 03 10 00 Coffrages et accessoires pour béton


142 5.4 COFFRAGE DE BÉTON

Les étrésillons ou attaches de coffrage sont


nécessaires pour empêcher la dislocation
du coffrage de mur sous la pression du
béton fraîchement coulé. Outre les diverses
attaches spécialisées, il existe ces deux
types de base que sont les attaches à rupture
instantanée et les attaches à boulons.
l Les attaches à rupture instantanée sont
dotées d’encoches ou de moulures permettant
de rompre leurs extrémités sous la surface du
béton après le décoffrage. Des cônes ou des
rondelles maintiennent l’épaisseur adéquate
du mur.
l De petits cônes tronqués faits de bois, d’acier
ou de plastique sont xés aux attaches du
coffrage pour espacer et écarter le coffrage de
mur. Ils laissent à la surface du béton un vide
soigneusement ni qui peut être comblé ou
demeurer apparent.
l Les attaches à boulons sont des tiges
letées circulaires insérées à travers le
coffrage et vissées sur les extrémités d’un
manchon intérieur. Après le décoffrage,
on enlève les tiges circulaires en vue de
leur réutilisation, tandis que le manchon
intérieur reste dans le béton.

l Un large éventail de cales et de dispositifs


à fentes renforcent le coffrage et trans-
fèrent aux moises la force s’exerçant sur les
attaches.

l S’ils sont apparents ou Les trous des attaches peuvent :


visibles, les emplacements l être recouverts pour se confondre au ni
des trous des attaches environnant ;
doivent s’harmoniser avec l demeurer exposés si l’extrémité visible de
la surface du mur. l’attache est enduite d’un époxy ;
l être comblés avec un bouchon en plastique.

l Largeur variable
l 1/8” à 1/4” (3 à 6) l 1 1/2” (38)

l 1/2” à 3/4” (13 à 19)

l Les enfoncements linéaires per-


l Des chanfreins faits de bois ou d’un autre
mettent de créer un motif sur un
matériau sont xés à l’intérieur du coffrage
mur de béton, de séparer divers
an que la rive sur l’angle extérieur d’un
traitements de surface et de cacher
élément de béton soit lisse, arrondie ou
les joints de construction.
biseautée.
l Des bossages faits de bois ou d’un autre
matériau sont xés à la paroi intérieure du
coffrage pour rainurer la surface d’un élément
de béton. Ces bossages sont aussi offerts en
tant que pièces de garniture de plastique d’un
coffrage.

DCC 03 11 16 Coffrages de béton architectural coulé en place


DCC 03 11 16.13 Revêtements de coffrages à béton
5.5 SURFAÇAGE DU BÉTON 143

Le recours aux procédés Choix des ingrédients


suivants permet d’obtenir du béton
un large éventail de motifs l Le ciment et le granulat colorés
et de textures de surface. donnent au béton la couleur désirée.
l Le ni de granulat apparent s’obtient
par décapage au jet de sable, par
attaque avec un acide ou par lavage
de la surface du béton après le dur-
cissement initial. Ces trois procédés
ont pour effet d’enlever la couche
externe de pâte de ciment et d’exposer
le granulat. On peut aussi épandre
des produits chimiques sur le coffrage
pour retarder le durcissement de la
pâte de ciment.

Granulat n apparent Granulat grossier apparent

Empreintes laissées
par le coffrage
l On appelle béton brut le béton laissé
à l’état naturel après le décoffrage,
notamment lorsque la surface du béton
laisse paraître la texture, les joints et
les attaches d’un coffrage en planches.
l Les coffrages en contreplaqué peuvent
être polis, sablés ou frottés à la brosse
métallique pour accentuer le l du
contreplaqué.
l Le bois des panneaux du coffrage
donne une texture de planche.
l La garniture métallique ou plastique
des coffrages donne des textures et
des motifs variés.

Contreplaqué sablé Motif de planches et de lattes Garniture de coffrage nervurée

Le ni à l’époxy donne une Traitement après


surface de béton lisse, polie le durcissement du béton
et plus ou moins rééchis- l Après avoir durci, le béton peut être
sante. Après la cure du peint ou teint.
béton, de l’époxy (avec ou l La surface du béton peut être sablée
sans agrégats) est appliqué (jet de sable), poncée ou meulée lisse.
sur la surface du béton. l Les surfaces lisses ou texturées
peuvent être bouchardées ou passées
au marteau pneumatique pour donner
une texture plus grossière.
l Les nis bouchardés présentent une
texture grossière obtenue par fracture
d’une surface de béton ou de pierre,
qui s’effectue au moyen d’un marteau
pneumatique à tête rectangulaire dont
la face est ondulée, striée ou dentelée.

Surface bouchardée Surface bouchardée et nervurée


144 5.6 MURS DE BÉTON PRÉFABRIQUÉS

Panneaux muraux de béton préfabriqués Les panneaux muraux de béton préfabriqués


sont coulés et étuvés en usine, puis transpor-
Panneau plein Panneau composite Panneau nervuré tés au chantier de construction où des grues
l Hauteur maximale l Hauteur maximale l Hauteur maximale les mettent en place pour qu’ils constituent
de 24’ (7 m) de 24’ (7 m) de 48’ (14 m) des éléments rigides. La fabrication en usine
l Épaisseur de 3 1/2” à l Épaisseur de 5 1/2” l Profondeur de 12” à
leur donne une résistance, une durabilité
10” (90 à 255) à 12” (140 à 305) 24” (305 à 610)
et un ni adéquats, et élimine le recours au
coffrage sur le chantier.
Les panneaux peuvent être armés ou précon-
traints, ce qui a pour avantage d’en augmen-
ter la solidité, d’en diminuer l’épaisseur et
d’en accroître la portée. Leur armature doit
leur donner une résistance non seulement à la
traction, au retrait et à la température, mais
aussi parfois aux contraintes dues au trans-
port et à la mise en place.

l Les panneaux muraux préfabriqués sont pleins,


composites ou nervurés.
l Les ouvertures des fenêtres et des portes, les
porte-à-faux et les dispositifs d’ancrage sont
moulés dans les panneaux muraux.
l On doit consulter le fabricant au sujet des mul-
tiples textures et motifs de surface, de qualité
contrôlée, qui sont offerts.
l Noyau isolant en
mousse rigide
l Des attaches
l Largeur courante de métalliques de
tous les types de cisaillement lient les
panneau : 8’ (2440) ; parois intérieure et
largeur maximale extérieure du béton.
offerte : 12’ (3660)

l Un poteau de 10” × 10” (255 × 255) supporte


Poteaux de béton préfabriqués environ 2000 pi2 (185 m2).
Les poteaux de béton préfabriqués sont
souvent utilisés avec des poutres préfa-
briquées pour former une ossature ; voir
les pages 105 et 106. Puisqu’il est dif-
l Un poteau de 12” × 12” (305 × 305) supporte
cile de fabriquer des assemblages rigides
environ 2750 pi2 (255 m2).
dans une ossature préfabriquée, ce sont
généralement les murs de cisaillement ou
l’entretoisement diagonal qui stabilisent
la structure et la préservent des forces
latérales.

l Un poteau de 16” × 16” (405 × 405) supporte


environ 4500 pi2 (418 m2).
l Au stade initial de la conception, on peut
présumer que les poteaux préfabriqués ayant les
dimensions données ci-dessus supportent les
aires de plancher et de toit indiquées.

DCC 03 40 00 Éléments préfabriqués en béton


DCC 03 41 00 Éléments préfabriqués en béton structural
5.7 PANNEAUX MURAUX ET POTEAUX DE BÉTON PRÉFABRIQUÉS 145

Les panneaux muraux de béton préfabriqués


peuvent servir de murs porteurs sur lesquels
viennent s’appuyer les planchers et le toit
d’acier ou de béton coulé sur le chantier. Avec
les poteaux, les poutres et les dalles de béton
préfabriqués, ils forment une charpente entière-
ment préfabriquée, de nature modulaire et qui
résiste au feu ; voir aussi les pages 105 et 107.
Au sujet des panneaux de béton préfabriqués
non porteurs, voir la page 241.
Pour assurer la stabilité latérale d’une charpente
de béton préfabriquée, il faut que les planchers
et le toit servant de diaphragmes horizontaux
soient en mesure de transférer leurs forces laté-
rales aux panneaux muraux résistant au cisail-
lement. La stabilité des panneaux muraux eux-
mêmes s’obtient grâce aux poteaux ou aux murs
de refend qui transfèrent les forces latérales aux
fondations. Toutes les forces sont transférées
par l’intermédiaire de joints scellés au coulis, de
clavettes de cisaillement, de dispositifs d’assem-
blage mécaniques, d’armatures d’acier et de
revêtements de béton armé.

l La conception du bâtiment
doit tirer parti des dimensions
et des congurations standard
l Dalle de béton préfabriquée ; voir la page 105. des panneaux.
l Poteau et poutre préfabriqués l Coordonner la hauteur des
panneaux muraux et la
hauteur plancher à plancher
désirée.

l Panneaux muraux porteurs


préfabriqués
l Au sujet des panneaux muraux
préfabriqués non porteurs,
voir la page 241.
l Des encorbellements peuvent
être coulés dans les murs et
les poteaux pour fournir un
appui supplémentaire aux
dalles du plancher et du toit.

l Empattement l Semelle continue ou poutre au


sol s’appuyant sur des poteaux
ou des pieux
146 5.8 ASSEMBLAGES DE BÉTON PRÉFABRIQUÉS

Dalle de béton préfabriquée Joints de panneaux

l Cornière d’acier soudée aux


plaques ancrées au mur et l Onglet : 3/4” à 1 1/2”
aux dalles (19 à 38)
l Toiture multicouche ou à
membrane ; voir les pages 228 l Tige d’appui et mastic
et 229. l Joint vertical ; au moins
1/2” (13)
l Mastic discontinu aux
l Bande d’appui en néoprène
joints verticaux, pour le
l L’encorbellement offre la drainage
surface d’appui nécessaire.
l La longueur d’appui doit être
d’au moins 1/180 de la portée
nette ; au moins 2” (50) pour
les dalles pleines ou évidées,
et au moins 3” (75) pour
les poutres et les éléments
comportant une âme ou
des nervures.
Dalle de béton préfabriquée Éclisse de poteau

l Plaque d’assise d’acier encastrée


dans les panneaux muraux supé­
rieurs et xée avec des boulons
d’ancrage encastrés dans les
panneaux muraux inférieurs
l Appliquer un coulis après que
l’assemblage a été boulonné. l Éclisses soudées aux
l Des goujons dans la chape de cornières d’acier
béton armé ou des clavettes l Plaque de base en acier
de cisaillement jointoyées xée à la section du
rattachent les dalles à travers poteau avec des boulons
les panneaux muraux d’appui. d’ancrage
l Boucher à sec avec du
Source : Edward Allen et Joseph Iano, coulis sans retrait après
Fundamentals of building construction, materials l’alignement et le boulon­
and methods, 4e édition, Wiley, 2004, p. 585. nage des poteaux.

Semelle de béton Assise du poteau l Voir aussi la page 107


au sujet des assem­
blages de poteaux, de
l Cornière de xation soudée à poutres et de dalles.
la plaque d’ancrage l Au sujet des exigences
plus spéciques, on
l Boulon d’ancrage doit consulter les
l Cales et coulis sans retrait fournisseurs, un ingé­
nieur en structure et
le Code du bâtiment.
l Semelle lante continue

l Plaque d’assise en acier


xée au poteau

l Tige post­contrainte
l Écrous de nivelage
l Cales et coulis sans retrait l Boulons d’ancrage ; dia­
mètre d’au moins 1” (25)
l Ancrage post­contraint encas­ l Boucher à sec avec du
tré dans la semelle coulis irrétrécissable après
l’alignement du poteau.
l Semelle de poteau
5.9 MISE EN PLACE PAR RELÈVEMENT 147

Un des procédés de construction utilisés l Largeur maximale d’un


consiste en la mise en place nale par panneau de grandes dimen­
relèvement de panneaux muraux de béton sions : 15’ (4570)
armé coulés à l’horizontale sur le chantier. l Les panneaux muraux ayant l Épaisseur : 5 1/2” à
Son principal avantage est l’élimination des assez durci pour offrir une 11 1/2”
coûts de construction des coffrages de mur bonne résistance sont levés (140 à 290)
par une grue, dressés sur leurs
verticaux et des coûts de leur décoffrage ; il
semelles ou leurs poteaux,
faut toutefois considérer les coûts liés au
puis contreventés jusqu’à
recours à une grue pour effectuer la mise leur assemblage au reste
en place. de l’ossature.
l Les panneaux muraux doivent
l Les saillies et les dispositifs de être conçus pour résister aux
levage sont coulés dans la face contraintes de levage et de
supérieure. déplacement, qui sont parfois
l La dalle de béton sur le sol du bâti­ supérieures aux charges
ment en construction sert habituelle­ s’exerçant sur eux une fois
ment de plate­forme de coulage, mais en place.
on peut aussi utiliser des moules en
terre, en contreplaqué ou en acier.
La dalle doit être conçue de façon
à résister à la charge que la grue
mobile sur camion exerce lorsqu’elle
doit être placée sur la dalle.
l La plate­forme de coulage doit être
nivelée et lissée à la truelle ; l’usage
d’un agent antiadhésif assure un
levage sans bavures.
l Des plaques de jouée et des plaques
de retrait en acier peuvent être
encastrées dans le dessous des
panneaux.

l Des éléments de tympan


peuvent être en porte­à­faux et
enjamber des ouvertures d’une largeur
maximale de 30’ (9145).
l Les assemblages de plancher et de
toit sont similaires à ceux présentés
aux pages 107 et 146. Des assem­
blages courants de panneaux muraux
aux semelles et aux panneaux adja­
cents y sont représentés.

Fondation Assemblages de panneaux

l Onglet : 3/4” à 1 1/2”


l Cette partie de dalle est mise (19 à 38)
en place après le montage des
murs.

l Angle chevauchant
l Au moins 24” (610) l Au moins 1/2” (13)
l Les goujons des éléments muraux l Tige d’appui et mastic
sont soudés aux goujons de la dalle. l Panneau mural préfabriqué
l Jointoyé après la pose du mur
l Grâce à la rainure dans la semelle l Chanfreins de 3/4” (19)
continue, les panneaux muraux sont aux joints de panneaux
mis de niveau avec des cales. l Au moins 1/2” (13)
l Les panneaux muraux préfabriqués l Tige d’appui et mastic
s’appuient sur des empattements,
des semelles lantes ou des poteaux
isolés.
DCC 03 47 13 Éléments de béton mis en place par relèvement
148 5.10 MURS DE MAÇONNERIE

Les murs de maçonnerie sont constitués d’éléments


modulaires liés ensemble avec du mortier pour
former des murs durables et résistants au feu, à la
solidité éprouvée sous compression. Les éléments de
maçonnerie les plus répandus sont le bloc d’argile,
durci thermiquement, et le bloc de béton, durci
chimiquement. Le bloc d’argile, le bloc de verre et la
pierre naturelle ou articielle font partie des autres
éléments de maçonnerie utilisés. Les pages 414 et
415 traitent de la maçonnerie en tant que matériau
de construction.

l Un mur de maçonnerie est massif, creux ou plaqué.


l Au sujet du parement de maçonnerie, voir les pages 242
et 243.

l Un mur de maçonnerie peut être armé ou non.


l Un mur de maçonnerie non armé, aussi appelé mur ordi-
naire, comprend un chaînage horizontal et des attaches
murales métalliques qui lient les parois d’un mur massif
ou creux ; les différents types de murs non armés sont
présentés aux pages 150 et 151.
l Une paroi est une section verticale continue d’un mur
de maçonnerie ayant l’épaisseur d’une brique ou d’un
bloc de béton.
l Un mur de maçonnerie armé comprend des barres d’ar-
mature en acier, enrobées dans des joints et des creux
remplis de mortier liquide, qui augmentent la résistance
aux contraintes du mur ; le mur de maçonnerie armé est
décrit en détail à la page 152.
l Les murs de maçonnerie porteurs sont généralement
disposés en parallèle pour supporter les systèmes d’enjam-
bement en acier, en bois ou en béton.
l Parmi les éléments d’enjambement courants gurent les
poutrelles d’acier à treillis, les poutres de bois d’œuvre
ou d’acier et les dalles de béton coulées sur place ou
préfabriquées.
l Les pilastres assurent les murs de maçonnerie contre les
forces latérales et le ambage en les rigidiant, et
offrent un appui pour les charges importantes concentrées.
l Les ouvertures sont cintrées ou enjambées par un
linteau.
l Dimensions modulaires

l Un mur de maçonnerie extérieur doit résister aux intem-


péries et retarder la déperdition de chaleur.
l Pour prévenir l’inltration d’eau, on doit recourir aux
joints de parement, au mur creux, aux solins et au
calfeutrage.
l Un mur creux (mur à cavité) offre une résistance accrue
l L’emploi d’éléments à l’inltration d’eau et un meilleur rendement thermique.
relativement petits l En raison des mouvements différentiels des murs de ma-
permet de créer des çonnerie que suscitent les variations de température et
formes curvilignes d’humidité ainsi que les concentrations de contraintes,
ou irrégulières. on doit y aménager des joints de dilatation et des joints
de retrait.
l Au sujet de la pose de l’isolant thermique, voir la
page 258.
l Au sujet des degrés de résistance au feu des murs de
maçonnerie incombustibles, voir les pages 442 et 443.

DCC 04 20 00 Maçonnerie d’éléments


DCC 04 21 00 Maçonnerie d’éléments en argile
DCC 04 22 00 Maçonnerie d’éléments en béton
5.10 MURS DE MAÇONNERIE 149

Appui latéral d’un mur de maçonnerie Épaisseur minimale du mur


Type de maçonnerie L/é ou H/é max l Épaisseur nominale d’au moins 8” (190) pour :
– un mur de maçonnerie porteur
Mur porteur – un mur de cisaillement en maçonnerie
Massif ou creux rempli de coulis 20 – un parapet de maçonnerie, dont la hauteur ne doit
Autre 18 pas dépasser le triple de son épaisseur
Mur non porteur l Épaisseur nominale d’au moins 6” (140) pour :
Extérieur 20 – un mur de maçonnerie armé porteur
Intérieur 36 – un mur de maçonnerie plein dans un bâtiment à
rez-de-chaussée d’au plus 9’2” (2800) de haut
l La hauteur d’un mur de maçonnerie assurant la
résistance aux charges latérales ne doit pas dépasser
é 36’ (11 m).

l L/é = rapport entre la longueur du


mur et son épaisseur ; l’appui latéral
L Mortier
est assuré par des murs de refend, des
poteaux ou des pilastres.
Le mortier est un mélange plastique associant du
l H/é = rapport entre la hauteur du mur ciment ou de la chaux, ou une combinaison des
et son épaisseur ; l’appui latéral est deux, à du sable et à de l’eau, et qui sert d’agent
assuré par des planchers, des poutres de liaison dans une construction en maçonnerie.
ou un toit.
l Le mortier de ciment est issu d’un mélange de
l Les exigences sont plus contraignantes
ciment Portland, de sable et d’eau.
dans les zones sismiques 3 et 4.
l Le mortier de chaux est issu d’un mélange de chaux,
l Au sujet des exigences relatives à la
de sable et d’eau. Il est rarement utilisé en raison
construction de tout mur de maçonne-
H de son durcissement plutôt lent et de sa faible résis-
rie, on doit consulter un ingénieur en
tance à la compression.
structure et le Code du bâtiment.
l Le mortier de ciment et de chaux est un mortier
de ciment auquel est ajoutée de la chaux pour en
é accroître la plasticité et la capacité de rétention
d’eau.
l Le ciment de maçonnerie est un mélange spécique
de ciment Portland et d’autres ingrédients tels que
de la chaux hydratée, des plastiants, des entraî-
neurs d’air et du gypse, auquel il suft d’ajouter du
sable et de l’eau pour obtenir un mortier de ciment.

Contraintes de compression admissibles dans l Le mortier de type M, très résistant, est recommandé pour la maçonne-
un mur de maçonnerie non armé (lb/po2 a) rie armée située sous la surface du sol ou demeurant en contact avec
la terre, notamment pour les murs de fondation ou de soutènement
Type de mortier exposés au gel ou à de fortes charges latérales ou de compression ; sa
Type de maçonnerie
Type M Type S Type N résistance à la compression est de 2500 lb/po2 (17 238 kPa).
l Le mortier de type S, à résistance assez élevée, est recommandé
Maçonnerie de brique pleine
pour la maçonnerie dont l’adhérence et la résistance latérale sont
Plus de 4500 lb/po2 250 225 200
plus importantes que la résistance à la compression ; sa résistance
De 2500 lb/po2 à 4500 lb/po2 175 160 140
à la compression est de 1800 lb/po2 (12 411 kPa).
Maçonnerie de béton pleine l Le mortier de type N, à résistance moyenne, est recommandé pour
Qualité N 175 160 140 un usage général dans la maçonnerie exposée au-dessus du sol
Qualité S 125 115 100 lorsqu’il n’est pas nécessaire que la résistance à la compression et
Maçonnerie jointoyée la résistance latérale soient très élevées ; sa résistance à la com-
Plus de 4500 lb/po2 350 275 Non pression est de 750 lb/po2 (5171 kPa).
De 2500 lb/po2 à 4500 lb/po2 275 215 permis l Le mortier de type O, peu résistant, convient aux murs et aux
cloisons intérieurs non porteurs.
Mur creux
l Le mortier de type K, très peu résistant, convient seulement aux
Éléments pleinsb 140 130 110
murs intérieurs non porteurs dans les cas prévus par le Code du
Éléments creuxc 70 60 50
bâtiment.
Maçonnerie à éléments creux 170 150 140 l Eforescence : dépôt de sels minéraux en surface d’un matériau
Pierre naturelle 140 120 100 de construction causé par la migration de l’eau vers la surface, au
travers des éléments. Ces sels minéraux sont normalement présents
a 1 lb/po2 = 6,89 kPa dans plusieurs matériaux de construction (brique, béton, mortier).
b Les éléments de maçonnerie pleins ont une aire nette équivalant à C’est un phénomène normal qui s’estompe avec les années. On
au moins 75 % de l’aire brute de la section transversale qui est parallèle pourra nettoyer l’élément contaminé pour accélérer sa disparition.
au plan de stratication. Si l’eforescence revient sans cesse, elle est un symptôme d’un pro-
c Les éléments de maçonnerie creux ont une aire nette équivalant à blème plus grave lié à la présence d’humidité dans la construction.
moins de 75 % de l’aire brute de la section transversale qui est parallèle
au plan de stratication.
150 5.11 MURS DE MAÇONNERIE NON ARMÉS

Maçonnerie pleine
Les murs de maçonnerie pleins sont
faits d’éléments pleins ou creux posés
en contiguïté et dont tous les joints
sont massivement remplis de mortier.
Les murs à paroi simple sont généra­
lement constitués d’éléments de
l Attaches continues
maçonnerie de béton (EMB) liaisonnés
en ferme ou en par un chaînage horizontal.
échelle (chaînage) l Éléments de maçonnerie de béton
l Le chaînage horizontal est entièrement
enrobé dans le mortier du lit d’assise.
l L’espacement vertical du chaînage
horizontal ne doit pas dépasser 16”
(405).

l Les cellules verticales des blocs de béton


peuvent être armées de barres d’acier
enrobées dans du coulis.

Un mur de maçonnerie plein peut aussi


être constitué de multiples parois
liaisonnées par du coulis, par des
attaches murales métalliques résistant
à la corrosion ou par un chaînage
l Les parois sont liaisonnées horizontal.
par des boutisses ou des
attaches métalliques.
l Les boutisses doivent
constituer au moins 4 % l Un mur mixte est un mur de maçonnerie
de la surface exposée, avec plein dont les parois de parement et les
un espacement vertical et parois de fond ne sont pas faites des mêmes
horizontal d’au moins 24” éléments de maçonnerie pleins ou creux.
(610). l Paroi de parement
l Les attaches métalliques
doivent être conformes aux l Paroi de fond
exigences relatives aux murs
creux.

l Enrobage de mortier d’au moins 5/8”


(16) entre les attaches ou le chaînage
horizontal et toute face exposée
l Épaisseur de mortier d’au moins 1/4” (6)
entre la maçonnerie et les attaches ou le
chaînage

DCC 04 20 00 Maçonnerie d’éléments


DCC 04 05 23 Accessoires de maçonnerie
5.11 MURS DE MAÇONNERIE NON ARMÉS 151

Maçonnerie remplie de coulis


Tous les joints intérieurs des murs de maçonnerie l Au moins 3/4” (19) pour le remplissage
avec du coulis par basses levées
jointoyée doivent être entièrement remplis de
l Le remplissage par basses levées est d’au
coulis à mesure que le travail progresse. Le coulis
plus 6 fois la largeur de l’espace pour le
utilisé pour solidariser les éléments contigus en coulis, jusqu’à concurrence de 8” (203)
une masse compacte est un mortier de ciment au moment de la construction du mur.
Portland qui s’écoule facilement, sans que se
l Au moins 3” (75) pour le remplissage par
séparent ses ingrédients.
hautes levées
l Le remplissage par hautes levées s’effectue
un étage à la fois, par levées n’excédant
pas 6’ (1830). Le remplissage par hautes
levées exige un plus grand espace pour le
l Tous les joints intérieurs sont coulis et l’emploi d’attaches métalliques
entièrement remplis de coulis. rigides pour lier les deux parois ensemble.
l Attache métallique résistant à la corro-
sion d’au moins 3/16” (5) de diamètre
par 2 pi2 (0,19 m2) d’aire murale
l Espacement vertical d’au plus 16” (405)
entre deux attaches
l Seuls les mortiers de type M ou S sont
utilisés.

l Isolant
Mur creux (mur à cavité)
l Largeur du creux d’au moins 2” (50) et
Un mur creux comprend une paroi de parement et
d’au plus 4 1/2” (115)
une paroi de fond faites d’éléments de maçonnerie
pleins ou creux qui sont entièrement séparés par
un espace vide continu et liés par des attaches l Éléments de maçonnerie pleins ou creux
murales métalliques ou un chaînage horizontal. l L’épaisseur nominale des parois de
Un mur creux offre deux avantages par rapport aux parement et de fond est d’au moins 4”
autres murs de maçonnerie : (100). Aux ns du calcul du rapport entre
l’épaisseur et la hauteur ou la longueur
1. La présence du creux accentue le caractère calo-
non supportée, l’épaisseur est égale à
rifuge du mur et permet l’installation d’autres la somme des épaisseurs nominales des
matériaux isolants. parois intérieure et extérieure.
2. L’espace vide empêche l’inltration d’eau, à
condition que le creux demeure dégagé et que
des solins aient été pratiqués. l L’attache métallique résistant à la
corrosion doit avoir au moins 3/16” (5)
de diamètre par 4 1/2 pi2 (0,42 m2) d’aire
murale pour un creux d’au plus 3” (75)
de large ; pour un creux plus large, il faut
installer une attache métallique par 3 pi 2
l Attache en boucle (0,28 m2) d’aire murale.
réglable l Croiser les attaches dans les couches
l Boucle d’attache en en alternance et laisser une distance
échelle verticale d’au plus 16” (405) entre les
l Larmier empêchant attaches et un espacement horizontal
l’eau de s’écouler d’au plus 36” (915).
le long de l’attache l Placer des attaches supplémentaires à
jusqu’à la paroi au plus 3’ (915) c/c autour des ouver-
intérieure tures et à au plus 12” (305) du bord des
ouvertures.
l Enrobage de mortier d’au moins 5/8”
(16) d’épaisseur pour le chaînage
l Isolant

DCC 04 05 16 Coulis à maçonnerie


152 5.12 MURS DE MAÇONNERIE ARMÉS

Un mur de maçonnerie armé comporte des barres


l Les barres d’armature en acier sont entièrement
enrobées dans du coulis de ciment Portland.
d’armature en acier xées dans le creux ou dans les
joints épaissis avec un coulis uide fait de ciment
l Enrobage de maçonnerie d’au moins Portland, de granulats et d’eau, an d’augmenter sa
3/4” (20) d’épaisseur pour l’armature, résistance aux charges verticales, au ambage et aux
de 1 1/2” (40) si le mur est exposé forces latérales. Un fort liaisonnement entre l’acier
aux intempéries et de 2” (50) s’il est d’armature, le coulis et les éléments de maçonnerie
exposé au sol est essentiel.
l Épaisseur d’enrobage d’au
moins 5/8” (16) pour
le chaînage horizontal Maçonnerie armée avec remplissage de coulis
l Cette maçonnerie doit être conforme aux exigences relatives
à la maçonnerie remplie de coulis ; voir la page 151.
l Attaches murales métalliques
l Au moins 1/4” (6) entre l’armature et la maçonnerie pour
un coulis n ; recouvrement d’au moins 1/2” (13) d’épaisseur
pour un coulis grossier

Maçonnerie à éléments de béton armé

l Poutre de liaisonnement horizontale

l Toutes les cellules armées sont remplies massivement de


coulis.
l Les cellules sont alignées verticalement pour former un espace
vertical, continu et dégagé d’au moins 2” × 3” (50 × 75).
l L’armature se prolonge jusqu’à une semelle de béton armé.

l Chaînage horizontal

l Coulis pleine hauteur aux murs d’extrémité et aux parois


intérieures transversales pour former des cellules remplies
de coulis ; seuls les mortiers de type M ou S sont utilisés.
l Lorsque la levée de coulis dépasse 4’ (1220), prévoir des
regards au bas de l’assise des cellules à jointoyer avec du
coulis ; inspecter et sceller avant de jointoyer.

Exigences générales
l Il doit y avoir une armature horizontale :
– au sommet des parapets ;
– aux assemblages d’appui des planchers et des toits ;
– au sommet des ouvertures de mur ;
– au sommet des fondations.

l Espacement d’au plus 10’ (3050)


l Armature verticale d’au moins 3/8” (10) de diamètre, avec
un espacement d’au plus 4’ (1220) c/c
l La somme des armatures verticales et horizontales doit
représenter au moins 0,002 fois l’aire brute de la section
transversale du mur.
l Il doit y avoir deux barres 10M autour des ouvertures, se
prolongeant d’au moins 24” (610) au-delà des angles.
l On doit consulter un ingénieur en structure et le Code du
bâtiment au sujet des exigences relatives à la construction
d’un mur de maçonnerie armé.

DCC 04 20 00 Maçonnerie d’éléments


5.13 POTEAUX ET PILASTRES DE MAÇONNERIE 153

Poteau de maçonnerie
l Largeur nominale d’au moins 12” (305)
l Longueur nominale d’au moins 12” (305)
et d’au plus 3 fois la largeur du poteau
l Appui latéral d’un poteau = 30 fois la
largeur du poteau
l La plus petite dimension d’un poteau de
maçonnerie armée doit être de 12” (305) et l Noyau vertical de coulis de
sa hauteur non supportée ne peut dépasser ciment Portland
20 fois sa plus petite dimension. l Les barres d’armature ver­
ticale se prolongent vers
le bas et sont xées aux
l Au moins quatre barres 10M avec des goujons enrobés dans la
attaches latérales espacées d’au moins semelle du poteau.
18” (455) c/c ou de 0,005 fois l’aire l Attaches latérales
utile de la maçonnerie l Enrober les attaches supplé­
l Armature d’au plus 0,03 fois l’aire utile mentaires ou une partie de
de la maçonnerie l’armature latérale requise
l Armature latérale d’au moins 0,0018 fois dans les joints de mortier.
l’aire utile de la maçonnerie

Pilastre de maçonnerie

l Bloc de pilastre
l Noyau vertical de coulis de ciment Portland
l Armature verticale dans le
l Les barres d’armature verticale se prolon­ noyau rempli de coulis
gent vers le bas et sont xées aux goujons
enrobés dans la semelle du pilastre. l Attaches latérales
l Attache latérale

l Éléments de maçonnerie
de béton

l Assises alternées

l Un pilastre est un poteau rectangulaire


engagé dans un mur et saillant légèrement
d’une ou des deux faces de ce mur. Il porte
les charges concentrées verticales et procure
un appui latéral aux murs de maçonnerie.
l Armature verticale dans un
noyau rempli de coulis
l Attaches métalliques
latérales enrobées dans
les joints de mortier
154 5.14 ARCS DE MAÇONNERIE

Les arcs de maçonnerie tirent parti de la ré-


l Un arc segmentaire jaillit d’un centre sistance à la compression de la brique et
sous la ligne de naissance. de la pierre pour enjamber des ouvertures en
transformant en composantes inclinées les
forces verticales d’une charge supportée. Les
poussées vers l’extérieur produites par l’effet
de voûte, qui sont proportionnelles à la charge
totale et à la portée et inversement proportion-
nelles à la montée, doivent être annulées par
les butées adjacentes à l’ouverture ou par les
poussées égales mais opposées que produisent
les arcs contigus. Pour éliminer la exion d’un
l Un arc gothique est une ogive à deux arc, les lignes de poussée doivent coïncider
centres dont les deux rayons sont
avec l’axe de l’arc.
généralement égaux.
l Un arc à lancette (arc en ogive l Un arc de maçonnerie peut consister en des assises
surhaussée) est une ogive à deux de brique ou en des voussoirs de pierre distincts.
centres dont les deux rayons sont l Assises alternées d’éléments debout et d’éléments
supérieurs à la portée. de chant
l Un arc surbaissé est une ogive à l Deux ou trois assises d’éléments de chant
deux centres dont les deux rayons
sont inférieurs à la portée. l Un sommier est une pierre ou une assise de
l Un arc plein cintre a des intrados maçonnerie ayant une face inclinée sur laquelle
semi-circulaires. repose l’extrémité d’un arc segmentaire.
l L’écoinçon désigne l’aire triangulaire
située entre les extrados de deux arcs l La clef de voûte est le voussoir en forme de cale,
adjacents ou entre l’extrados gauche souvent embelli, qui est situé au sommet d’un
ou droit d’un arc et l’ossature rectan- arc et qui sert à verrouiller en place les autres
gulaire l’entourant. voussoirs.
l Les voussoirs sont les éléments en forme de cales
qui constituent un arc de maçonnerie et dont les
côtés taillés convergent vers l’un des centres de
l’arc.

l Sommet
l L’extrados est le cintre extérieur ou la limite supé-
rieure de la face visible d’un arc.
l Un arc en anse de panier est un arc l Axe d’un arc
à trois centres dont le sommet a un
rayon beaucoup plus grand que celui l L’intrados est le cintre intérieur de la face visible
de la paire de cintres extérieurs. d’un arc ; la sous-face est la surface intérieure d’un
l Un arc Tudor est un arc à quatre centres arc formant le dessous concave.
dont la paire de cintres intérieurs a un La naissance est le point d’appui à partir duquel
l Portée l La èche ou montée l
rayon beaucoup plus grand que s’élève un arc, une voûte ou un dôme.
est la hauteur d’un arc
celui de la paire extérieure.
calculée à partir de
la ligne de naissance
jusqu’au point le plus
haut de la sous-face ;
elle doit être d’au
moins 1” par pied de
portée (1:12).

l Un arc en plate-bande présente une


sous-face horizontale à voussoirs
qui rayonnent d’un centre situé plus
bas et qui sont souvent légèrement l Angle du sommier de 1/2” par pied de portée (1:24)
cambrés en raison du tassement et par tranche de 4” (100) de profondeur de l’arc
ultérieur. l Cambrure = 1/8” par pied de portée (1:100)
5.15 LINTEAUX DE MAÇONNERIE 155

Charges sur un linteau


l Charge de plancher ou de toit l Charge concentrée
superposée l Charge de
plancher
l Aire de charge murale du l Ouverture
linteau

l 45° l 60°

l L’effet de voûte que produit la l Le linteau porte une charge l Le linteau doit porter une charge l La poussée horizontale résultant de
maçonnerie au-dessus de l’ouver- murale moindre que le triangle supplémentaire si une charge tout effet de voûte doit être annu-
ture reporte la charge murale à de charges normal. concentrée ou une charge de lée par la masse du mur de chaque
l’extérieur du triangle de charges. plancher ou de toit retombe sur côté de l’ouverture.
le triangle de charges normal.

Dimensions des linteaux d’acier, en pouces (mm) Linteau à cornières d’acier


Portée Angle Angle l Le linteau peut être visuellement
nette extérieur intérieur articulé à une assise en panneresse
Mur de 8” (sans charge (avec charge debout.
(205) de plancher) de plancher) l Solin
4’ (1220) 3 1/2 × 3 1/2 × 5/16 3 1/2 × 3 1/2 × 5/16 l Angle intérieur
(90 × 90 × 8) (90 × 90 × 8)
l Angle extérieur
5’ (1525) 3 1/2 × 3 1/2 × 5/16 5 × 3 1/2 × 5/16
l Appui d’au moins 6” (150)
(90 × 90 × 8) (125 × 90 × 8)
6’ (1830) 4 × 3 1/2 × 5/16 5 × 3 1/2 × 3/8 Linteau de brique armé
(100 × 90 × 8) (125 × 90 × 10)
l Armature d’acier complètement enro-
l À conrmer auprès d’un ingénieur en structure
bée dans du coulis de ciment Portland
l Flèche limite = 1/600 de la portée nette
l De quatre à sept assises de haut

l Largeurs de 8”, 10” et 12” (205, 255


Armature de linteau dans un mur et 305)
de maçonnerie de 8” (190)
Sans charge superposée Linteau de maçonnerie
Type de Portée Quantité de béton
linteau nette et taille
l Bloc de linteau ou poutre de liaison-
Béton armé carré 4’ (1220) 4 no 3 (10M) nement avec remplissage de coulis de
de 7 5/8” (195) 6’ (1830) 4 no 4 (15M) ciment Portland et armature d’acier
8’ (2440) 4 no 5 (15M)
Linteau d’EMB nominalement 4’ (1220) 2 no 4 (15M) l Appui d’au moins 8”
de 8” × 8” × 16” 6’ (1830) 2 no 5 (15M) (205) sur une maçonne-
(190 × 190 × 390) 8’ (2440) 2 no 6 (20M) rie pleine ou jointoyée

l À conrmer auprès d’un ingénieur en structure. Linteau de béton préfabriqué


l Un linteau de béton armé préfabriqué
peut enjamber une ouverture dans un
mur de briques ou un mur de maçon-
nerie de béton.
156 5.16 JOINTS DE DILATATION ET DE RETRAIT

Les joints de mouvement doivent être Les matériaux de maçonnerie se dilatent ou


placés tous les 100’ à 125’ (30 m à 38 m) se contractent selon les variations de tempé­
le long des murs continus et : rature et d’humidité ambiantes. En général,
1) aux endroits où se modie la hauteur les éléments de maçonnerie d’argile absorbent
ou l’épaisseur d’un mur ; l’eau et se dilatent, tandis que les éléments
2) aux poteaux, aux pilastres et aux de maçonnerie de béton se contractent habi­
intersections de murs ; tuellement lors du durcissement suivant leur
3) près des angles ; fabrication. Les joints de mouvement, qui
4) sur les deux côtés d’une ouverture > 6’ compensent ces variations de dimensions,
(> 1830) ; doivent être aménagés de façon à ne pas com­
5) sur un côté d’une ouverture < 6’ promettre l’intégrité du mur de maçonnerie.
(< 1830).
Joint de dilatation
l Mur creux (mur à l La maçonnerie de
cavité) brique se dilate ; Un joint de dilatation est une fente
l Corps de joint le joint se referme continue et libre, conçue pour se refermer
compressible un peu. légèrement an de compenser la dilata­
prémoulé l Au sujet des tion des surfaces de maçonnerie de brique
dimensions des et de pierre résultant de l’humidité. Il
l Attache métallique joints de rupture,
réglable
doit assurer la stabilité latérale dans son
voir la page 262. milieu et être scellé pour empêcher l’inl­
l Fond de joint et tration d’air et d’eau.
mastic d’étanchéité

l Attache métallique l Rejeteau de


cuivre avec atta­
l Mastic d’étanchéité ches d’ancrage
l Fond de joint l Fond de joint et
compressible mastic d’étanchéité
prémoulé

l Le mortier de rem­ l La maçonnerie de Joint de retrait


plissage solidarise béton se contracte ; Un joint de retrait est conçu de façon à
les sections de mur le joint s’ouvre
s’ouvrir légèrement pour compenser la
adjacentes. légèrement.
l Au sujet des dimen­
contraction d’un mur de maçonnerie de
sions des joints béton résultant de son séchage après
l Feutre de construc­
tion antiadhésif sur de rupture, voir la la construction. On peut aussi contrer la
un côté page 262. ssuration due au retrait à l’aide d’éléments
de maçonnerie de béton à humidité contrô­
lée et de joints d’armature horizontaux
l Blocs à châssis l Blocs à joint de (chaînage).
retrait
l Bande d’étanchéité l Fond de joint et Les joints de retrait doivent être scellés
préformée mastic d’étanchéité pour empêcher l’inltration d’air et d’eau,
l Racler le joint et imbriqués pour prévenir tout mouvement
de 3/4” (19) et
hors plan. Il faut interrompre les joints
calfeutrer.
d’armature (chaînage) pour permettre les
mouvements dans le plan.

l Pour les bâtiments de grande hauteur (trois étages ou Espacement des Espacement vertical des
plus), des joints de mouvement horizontaux et verticaux joints de retrait joints d’armature
sont aussi nécessaires pour empêcher que le échisse­ 16” (405) 8” (205)
ment d’une ossature d’acier ou de béton impose une
contrainte à un mur ou à un panneau de maçonnerie Longueur du mur (L) 50’ (15 m) 60’ (18 m)
supporté. Les joints horizontaux permettent également Rapport L/H 3 4
de réduire les pressions sur les éléments de maçonnerie
en transmettant les charges du parement directement à
la structure (voir la page 243).
5.17 COUPES DE MURS DE MAÇONNERIE 157

Cette page et les deux Mur porteur en maçonnerie de béton Mur porteur en maçonnerie composite
suivantes montrent com- l Assemblage de toit plat ; voir
ment les planchers et les la page 226.
toits de béton, d’acier l Poutrelles d’acier à treillis
et de bois s’appuient sur
divers types de murs de
maçonnerie porteurs et y
sont liés. L’aire d’appui de l Chevrons ou solives de bois
la maçonnerie doit être l Sablières traitées sous
dimensionnée de façon à pression à ancrer avec des
ce que la contrainte de boulons de 1/2” (13) de
diamètre espacés d’au plus 6’ l Longueur d’appui minimale de
compression admissible du
(1830) c/c 4” à 6” (100 à 150) pour les
matériau de maçonnerie ne poutrelles de série K, de 6” à
soit pas dépassée. Tous les l Boulons d’ancrage enrobés à 12” (150 à 305) pour les pou-
planchers et tous les toits au moins 15” (380) dans les trelles des séries LH et DLH
qui offrent un appui latéral cellules remplies de coulis l Fixer chaque poutrelle à une
à un mur de maçonnerie ou soudés à une armature de plaque d’appui en acier ancrée
doivent être xés au moins poutre de liaisonnement dans une poutre de liaisonne-
tous les 6’ (1830) c/c par l Treillis en métal supportant ment d’éléments de maçon-
des ancrages enrobés dans le coulis dans les cellules nerie de béton continue et
d’éléments de maçonnerie armée ; voir la page 152.
un élément armé et join-
de béton
toyé du mur. l Solives de plancher en bois
l Éléments de maçonnerie de avec des extrémités coupe-
béton feu, c’est-à-dire des coupes
l Chaînages horizontaux angulaires qui permettent aux
espacés de 16” (405) c/c éléments de tomber sans en-
l Barres d’armature verticale dommager le mur s’ils brûlent
dans des noyaux remplis de l Solive de plancher en bois complètement jusqu’à un cer-
Étriers métalliques de solive tain endroit sur leur longueur
coulis l
l Brides d’attache torsadées
l Au sujet de l’isolation ther- l Lambourde d’au moins 3 × 8
en acier de 1 1/4” × 3/16”
mique, voir la page 258. (64 × 184) xée par des bou-
(32 × 5) à au plus 6’ (1830) c/c
lons, au besoin
l Appui d’au moins 3” (75)
l Remplir de coulis les cellules
d’éléments de maçonnerie de l Éléments de maçonnerie de
l Au sujet des linteaux, voir béton. béton remplis de coulis ou
la page 155. poutre de liaisonnement
d’éléments de maçonnerie
l Appui en boutisses de béton armée
sur chant l Fixer les solives parallèles au
l Pour liaisonner les surfaces, mur au moyen d’attaches en
on doit poser les éléments l Solin continu et acier à au plus 6’ (1830)
de maçonnerie de béton chantepleures c/c ; prolonger sur au moins
à sec, sans mortier, puis trois solives et poser une
enduire chaque côté d’un fourrure entre les solives à
composé de liaisonnement chaque ancrage de bride.
de surface, soit un composé
de ciment à courtes bres Maçonnerie mixte
l Solin et chantepleures à 32” l
de verre.
(815) c/c l Paroi de parement
l Deux lisses traitées sous pres-
sion à ancrer par des boulons
aux cellules remplies de coulis l Paroi de fond
l Solive de plancher en bois
l Joints retroussés de 3/4”
(19) ; remplir de mortier ou
de coulis.
l Attaches de mur métalliques,
à 16” (405) c/c
l Au sujet de l’isolation ther-
mique, voir la page 258.
l Mur de fondation élargi
fait d’éléments de maçon-
nerie de béton
158 5.17 COUPES DE MURS DE MAÇONNERIE

Mur porteur creux (mur à cavité) Mur porteur creux (mur à cavité)
l Parapet de maçonnerie
l Au sujet des chaperons et des
l Chevrons ou solives de bois solins, voir la page 233.
l Poutrelles d’acier à treillis

l Deux sablières traitées


sous pression
l Boulons d’ancrage de 1/2”
(13) de diamètre à au plus
6’ (1830) c/c, enrobés l Longueur d’appui minimale de 4” à
à au moins 15” (380) 6” (100 à 150) pour les poutrelles
l Solin avec des chante- dans la maçonnerie et de série K, de 6” à 12” (150 à 305)
pleures à 2’ (610) c/c soudés à une plaque pour les poutrelles des série LH et
l Linteau à cornière d’acier ; d’acier de 3” × 6” × 1/4” DLH
voir la page 155 au sujet (75 × 150 × 6) l Fixer chaque poutrelle à une plaque
des linteaux. l Isolant d’appui en acier ancrée dans une
poutre de liaisonnement d’éléments
l Appui en boutisses sur chant ; de maçonnerie de béton armée et
pente d’au moins 15° continue ; voir la page 152.

l Solin continu avec des


l Appui de béton préfabriqué avec un
chantepleures
coupe-larme
l Isolant l Solin avec des chantepleures
l Attaches murales métalliques
l Solives de plancher en
l Au sujet des exigences bois munies d’extrémités
relatives aux murs creux, l Dalle évidée préfabriquée
coupe-feu
voir la page 151.
l Remplir avec du coulis.
l Largeur nette du creux d’au
moins 2” (50) l Bourrage de papier

l Attaches murales métal-


liques à espacement vertical
de 16” (405) c/c ; attaches
l Brides d’acier torsadées de l Bande d’appui en néoprène
murales réglables pour des
1 1/4” × 3/16” (32 × 5) à
lits d’assise mal alignés l Longueur d’appui d’au moins 1/180
au plus 6’ (1830) c/c
de la portée nette, et non inférieure
à 2” (50)
l Appui d’au moins 3” (75)
l Éléments de maçonnerie de l Éléments de maçonnerie de béton
l L’isolant thermique rigide
béton jointoyés ou poutre remplis de coulis ou poutre de
peut être placé dans le
de liaisonnement liaisonnement
creux du mur, inséré dans
l Voir aussi la page 152.
les noyaux d’éléments de
l Isolant
maçonnerie de béton ou
xé à la face intérieure
l Tablier métallique avec un
de la paroi de fond.
remplissage de béton ; voir la
l Voir la page 258.
page 116.
l Dalle de béton sur le sol ;
l Solin voir la page 86.
l Remplissage de mortier l Joint de dilatation de 1/2”
l Chantepleures à 2’ (610) (13)
c/c ; diamètre d’au
moins 1/4” (6)
l Membrane d’imperméabilisa-
tion l Poutrelles d’acier à treillis
l Mur de fondation en béton
armé
l Isolation périphérique
5.17 COUPES DE MURS DE MAÇONNERIE 159

Mur armé en maçonnerie de brique Mur de maçonnerie en béton armé


l Assemblage du toit plat ; voir la
l Chevrons ou solives
page 226.
de bois
l Poutrelles d’acier à treillis

l Deux sablières avec des boulons


d’ancrage de 1/2” (13) de
diamètre à au plus 6’ (1830) l Longueur d’appui minimale de 4” à
c/c et enrobés à au moins 15” 6” (100 à 150) pour les poutrelles de
(380) dans la maçonnerie série K, de 6” à 12” (150 à 305) pour
l Poutre de liaisonnement armée les poutrelles des séries LH et DLH
l Coulis de ciment Portland
l Armature verticale l Fixer chaque poutrelle à une plaque
d’appui en acier ancrée dans une
poutre de liaisonnement armée et
continue ; voir aussi la page 115.

l Solives de plancher en bois l Dalle évidée préfabriquée


l Ancrages métalliques de l Enfoncer les goujons d’acier dans la
solives à 4’ (1220) c/c chape ou les clés remplies de coulis
pour ancrer les éléments de dalle au
mur.

l Lambourde d’au moins 3 × 8 (64 × 184)


xée par des boulons, au besoin
l Poutre de liaisonnement avec l Longueur d’appui d’au moins 1/180
armature horizontale de la portée nette, et non inférieure
à 2” (50)
l Des encorbellements ne peuvent être
aménagés que dans un mur plein l Bande d’appui en néoprène
d’au moins 12” (305) d’épaisseur. l Poutre de liaisonnement armée
l Voir aussi la page 152.

l Saillie totale d’au plus 1/4 de l L’isolant en mousse de plastique


l’épaisseur du mur rigide peut être xé à la surface
intérieure ou extérieure du mur.
l Assise supérieure de boutisse
l Saillie d’au plus 1” (25) à
chaque assise l Au sujet des exigences relatives aux
murs de maçonnerie armés, voir la
page 152.

l L’armature verticale che-


vauche les goujons d’acier
pour xer le mur aux
fondations de béton.
160 5.18 APPAREILLAGE DE MAÇONNERIE

Terminologie de la maçonnerie
l Paroi : section verticale continue
d’un mur de maçonnerie ayant
un élément d’épaisseur
l Assise : rangée horizontale
continue d’éléments de l Panneresse : élément de maçonnerie
maçonnerie posé horizontalement dont la longue rive
est visible ou parallèle à la surface
l Joint arrière : joint vertical entre
deux parois de maçonnerie l Boutisse : élément de maçonnerie posé
horizontalement dont la petite extrémité
l Lit d’assise ou joint de lit : joint
est visible ou parallèle à la surface
horizontal entre deux assises
l Boutisse sur chant : brique posée hori-
de maçonnerie. Le terme « lit »
zontalement sur la longue rive dont la
peut aussi désigner le dessous de
petite extrémité est visible
l’élément de maçonnerie (face de
lit) ou la couche de mortier sur l Panneresse debout : brique posée verti-
laquelle l’élément est posé. calement dont la longue rive est visible

l Joint montant ou joint de tête :


joint vertical entre deux éléments
de maçonnerie, qui est perpendi-
culaire à la façade du mur.

Joints de mortier Hauteurs d’assise

l L’épaisseur d’un joint de mortier peut l Briques de 2 1/4” (57) ;


varier de 1/4” à 1/2” (6 à 12), mais elle 3 assises = 7 7/8” (200)
Joint concave est généralement de 3/8” (10). l Joint de 3/8” (10)
l Brique modulaire
l Le joint lissé est un joint de mortier l Brique normande
comprimé et formé avec tout outil autre l Brique métrique standard
qu’une truelle. L’outil comprime le mortier
Joint en V et l’appuie fermement contre la surface
des briques, ce qui assure une protection
optimale contre l’inltration d’eau dans
les régions exposées à de grands vents ou
à des pluies abondantes. l Briques de 2 3/16” (70) ;
5 assises = 15 3/4” (400)
Joint chanfreiné
l Brique ingénieur
l Les joints façonnés à la truelle sont nis l Brique norvégienne
par enlèvement à la truelle du mortier
en excès. Le joint chanfreiné est le plus
efcace de ces joints parce qu’il ne laisse l Briques de 1 5/8” (40) ;
Joint chanfreiné pas passer l’eau. À noter que la truelle 4 assises = 7 7/8” (200)
inversé
sert aussi bien à couper le mortier qu’à l Brique romaine
l’enlever.

l Briques de 3 5/8” (90) ;


Joint afeuré 2 assises = 7 7/8” (200)
l Le joint chanfreiné inversé, le joint
l Brique géante (jumbo)
afeuré, le joint débordant et le joint
raclé sont utilisés seulement à l’intérieur
d’un bâtiment.
l Les hauteurs d’assise relatives renvoient à des dimensions nomi-
Joint débordant nales qui comprennent l’épaisseur des joints de mortier.
l Le joint raclé s’effectue par enlèvement de l Au sujet des types et des dimensions de briques, voir la page 414.
mortier, jusqu’à une profondeur donnée, l L’épaisseur du mur varie selon le type de mur de maçonnerie ; voir
avec un outil avivé d’équerre avant le les pages 148 et 149.
durcissement.
Joint raclé l Au sujet des types de mortiers, voir la
page 149.

DCC 04 05 13 Mortier à maçonnerie


5.18 APPAREILLAGE DE MAÇONNERIE 161

l L’appareil en panneresse (ou à assises l L’appareil commun, ou appareil américain, l L’appareil en damier présente des assises
réglées), communément utilisé pour les comprend une assise de boutisses entre successives de panneresses dans lesquelles
murs creux et les parements, est composé cinq ou six assises de panneresses. tous les joints sont des joints montants
de panneresses qui se chevauchent. verticalement alignés. Comme les éléments
ne se chevauchent pas, il faut ajouter un
chaînage horizontal tous les 16” (405)
c/c dans un mur non armé.

l L’appareil amand se caractérise par une l L’appareil amand en croix est un appareil l L’appareil amand diagonal est une
alternance de boutisses et de panneresses amand modié dans lequel une assise de variante de l’appareil amand en croix
dans chaque assise, chaque boutisse boutisses et de panneresses alternantes dans laquelle les assises sont décalées
étant centrée au-dessus et au-dessous succède à une assise de panneresses. pour former un motif en losange.
d’une panneresse. Des boutisses évasées
aux extrémités plus foncées sont souvent
visibles dans les briquetages à motifs.

l Pour réduire au minimum le taillage de


briques et rehausser l’apparence des
motifs d’appareillage, les grandes dimen-
sions d’un mur de maçonnerie doivent
être établies en fonction des dimensions
des éléments modulaires utilisés.

l L’appareil de mur de jardin, utilisé pour l L’appareil anglais est constitué d’assises
des murs de clôture légèrement chargés, de boutisses et d’assises de panneresses
présente une séquence d’une boutisse et en alternance dans lesquelles les boutisses
de trois panneresses dans chaque assise, sont centrées sur des panneresses et les
chaque boutisse étant placée vis-à-vis joints entre les panneresses sont verticale-
une autre boutisse toutes les deux ment alignés dans toutes les assises.
assises.
162 5.19 BLOC D’ARGILE STRUCTURAL

Le bloc d’argile structural est un bloc creux fait d’ar-


gile cuite et comportant des cellules ou des creux
parallèles. Il sert habituellement à la construction
de murs et de cloisons.
l Qualité LB : désigne un bloc d’argile porteur convenant
aux murs de maçonnerie non exposés au gel ou aux
murs de maçonnerie exposés mais protégés par un
parement d’au moins 3” (75) fait de pierres, de briques,
de terre cuite ou d’un autre élément.
l Qualité LBX : désigne un bloc d’argile porteur conve-
nant aux murs de maçonnerie exposés aux intempéries
ou au gel.

Le bloc de parement est un bloc d’argile à surface


glacée qui sert au parement de murs et de cloisons,
en particulier dans des endroits exposés à une
l Panneresses
détérioration rapide, sous l’action de l’humidité
l Angles et montants par exemple, et qui se trouvent donc soumis à des
l Appuis et chapeaux exigences sanitaires strictes.
l Doucines l Qualité FTS : désigne un bloc de parement convenant
l On doit consulter le fabri- aux cloisons et aux murs de maçonnerie intérieurs et
cant au sujet des types, extérieurs exposés, lorsqu’une absorption modérée, une
des dimensions, des cou- légère variation dimensionnelle des faces, de légers
leurs et de la nomencla- défauts du ni de surface et une gamme moyenne de
ture spéciques. couleurs sont acceptables.
l Qualité FTX : désigne un bloc de parement lisse conve-
nant aux cloisons et aux murs de maçonnerie intérieurs
et extérieurs exposés, lorsqu’une faible absorption et
une bonne résistance aux taches sont exigées et qu’une
l 1’4” (405) grande perfection mécanique, une faible variation
l Les dimensions nomi- dimensionnelle des faces et une gamme étroite de
nales comprennent couleurs sont recherchées.
l’épaisseur des joints
de mortier.
l Les prolés 6T ont des faces l Les prolés 8W ont
nominales de 5 1/3” × 12” des faces nominales de
(135 × 305). 8” × 16” (205 × 405).

Coupes de murs types


l 9 3/4” (250) l 7 3/4” (200) l 5 3/4” (145) l 3 3/4” (95)

Mur creux de 10” (250) Mur de 8” (200) Mur de 6” (145) Mur de 4” (95)
l Paroi intérieure de 4” (100) l 7 3/4” (200) l 5 3/4” (145) l 3 3/4” (95)
de bloc de parement avec l Deux parois de 4” (100) l Une seule paroi de 6” (150) l Une seule paroi de 4” (100)
paroi extérieure de brique avec des attaches métal- ou une paroi de 2” (50) et ou deux parois de 2” (50)
liques une paroi de 4” (100) avec avec des attaches métal-
des attaches métalliques ; liques
chaque côté peut être d’une
couleur distincte.
l Au sujet des exigences générales relatives aux murs de maçonnerie, voir les pages 148 à 152.

DCC 04 21 23 Maçonnerie de blocs en argile structuraux


5.20 BLOC DE VERRE 163

Un bloc de verre est translucide et creux, présente des


faces claires, texturées ou à motifs et résulte de la
fusion de deux demi-blocs renfermant un vide partiel.
Il convient aux murs extérieurs et intérieurs non
porteurs et aux ouvertures de fenêtre à encadrement Dimensions de la face* :
classique. Il est posé dans du mortier de type S ou – 6” × 6” (146 × 146)
N, et les joints doivent avoir de 1/4” à 3/8” (6 à 10) – 8” × 8” (197 × 197)
d’épaisseur. En général, un panneau mural est lié par – 12” × 12” (299 × 299)
du mortier à la lisse et est muni de joints de dilata- – 4” × 8” (95 × 197)
tion sur le sommet et les côtés en prévision du mouve-
l On peut choisir parmi un large éventail de
ment et du tassement éventuels.
textures, de motifs insérés dans le bloc et
de revêtements pour contrôler la transmis-
* Les dimensions en pouces sont nominales. La dimension sion de chaleur, l’éblouissement et la
réelle est inférieure de 1/4” à la dimension nominale.
brillance.
l Des blocs d’extrémité et d’angle spéciaux
sont également offerts.

l Épaisseur d’un élément creux : 4” (98)


l L’appui latéral est assuré par
l Épaisseur d’un élément plein : 3” (76)
des ancrages de panneaux
ou un prolé en U continu.

l Le détail au sommet et
aux montants ne doit pas l Les panneaux muraux extérieurs ne doivent
entraver le mouvement et pas couvrir plus de 144 pi2 (13 m2) dans le
le tassement. cas d’un mur non supporté ni s’étendre sur
plus de 15’ (4570) dans toute direction.
l Les panneaux muraux intérieurs ne doivent
l Ancrages de panneau xés à pas couvrir plus de 250 pi2 (23 m2) dans le
la construction adjacente cas d’un mur non supporté ni s’étendre sur
l Chaînage horizontal, au plus de 25’ (7620) dans toute direction.
besoin
l Des raidisseurs verticaux et des tablettes
horizontales facilitent la division de
l Les panneaux sont conçus grandes aires murales en panneaux aux
pour recevoir le mortier à dimensions voulues.
leur lisse.

l Joint intérieur de 3/16” (5)

l Joint extérieur de 5/8” (16)

l Les panneaux muraux curvilignes doivent


Rayons minimaux : être munis de joints de dilatation à
chaque incurvation.
– Bloc de verre de 6” (146) :
4’ (1220)
– Bloc de verre de 8” (197) :
6’ (1830)
– Bloc de verre de 12” (299) :
8’ (2440)

DCC 04 23 00 Maçonnerie d’éléments en verre


164 5.20 BLOC DE VERRE

Vues détaillées relatives au bloc de verre

Coupe du linteau Coupe du linteau Coupe du linteau

l Poutre ou prolé l Prolé d’acier en U l Linteau avec poteau


d’acier en U ancré au linteau de bois ou de métal
l Chambranle
l Blocage plein
l Cornières d’acier l Fond de joint et
mastic d’étanchéité Mastic d’étanchéité
l Fond de joint et l

mastic d’étanchéité l Flexion possible ; au


l Flexion possible ; au moins 3/8” (10) l Ancrages de panneau
moins 3/8” (10) l Bande de dilatation l Bande de dilatation
l Bande de dilatation
l Recouvrement d’au
moins 1” (25)
l Recouvrement d’au
moins 1” (25)

Coupe du montant Coupe du montant Coupe du montant

l Les ancrages de pan- l Prolé d’acier en U l Ossature à poteaux


neau se prolongent ancré au mur de bois ou de métal
dans le mur. l Blocage plein
l Chambranle
l Mastic d’étanchéité l Fond de joint et
mastic d’étanchéité l Ancrages de panneau
l Bande de dilatation
l Bande de dilatation xés au montant

l Recouvrement d’au l Bande de dilatation


moins 1” (25)
l Mastic d’étanchéité

Coupe de lisse Raidisseur vertical Appui de tablette horizontale


l Chaînage horizontal
l Mortier
l Ancrages en queue l Émulsion d’asphalte
d’aronde galvanisées,
soudées au tube ou l Appui de tablette en
l Mortier au poteau d’acier acier
l Fond de joint et
l Émulsion d’asphalte
mastic d’étanchéité
l Espace pour la
l Lisse de béton ou l Bande de dilatation exion possible ; au
base de maçonnerie l Espace pour le mou- moins 3/8” (10)
vement différentiel l Appui latéral assuré
possible ; au moins par un recouvrement
3/8” (10) d’au moins 1” (25)
l Fond de joint et ou des ancrages de
mastic d’étanchéité panneau
5.21 CONSTRUCTION EN ADOBE 165

La terre non cuite stabilisée constitue le principal ma­


tériau employé dans la construction en adobe et la l Solin de parapet ; voir la page 233.
construction en pisé. Les exigences relatives à ces l Couverture multicouche sur isolant thermique
modes de construction varient selon les codes du rigide ; voir la page 228.
bâtiment en vigueur. L’utilisation de la terre comme l Platelage bouveté (à rainure et languette)
matériau de construction représente une nécessité
économique dans de nombreuses régions du monde,
car la construction en adobe et la construction en pisé
y demeurent souvent les seules solutions de rechange
bon marché.
L’adobe est une maçonnerie d’argile séchée au soleil, l Vigas, ou poutres de bois dégrossi traditionnelles
utilisée traditionnellement dans les pays à faible plu­ qui supportent le toit d’une construction en adobe
viosité. Presque tous les sols dont la teneur en argile l Poutre de liaisonnement continue en bois de
se situe entre 15 % et 25 % se prêtent au mélange de charpente ou en béton d’au moins 6” (150) de
boue ; lorsque la teneur en argile d’un sol est plus éle­ profondeur ; poutre de béton armé avec au moins
vée, on doit ajouter du sable ou de la paille pour faire deux barres 15M
des briques. Le gravier ou un autre granulat grossier
peut constituer jusqu’à 50 % du volume du mélange. l Solin en métal galvanisé lorsque le détail du
L’eau servant au mélange ne doit pas contenir de sels sommet l’exige
dissous ; dans le cas contraire, ceux­ci pourraient se l Linteaux en bois de charpente ou en béton armé ;
recristalliser et abîmer la brique durant le séchage. appui d’au moins 9” (230)

La brique d’adobe est généralement fabriquée près l Les blocs de clouage en bois sont montés avec
du lieu de son utilisation, avec la terre excavée ou la le mur pour que soient xés les montants des
terre excédentaire issue d’un terrassement. La boue portes et des fenêtres.
est mélangée manuellement ou mécaniquement et est
coulée dans des coffrages de bois ou de métal posés l Tablette d’appui en briques, en blocs d’argile ou
sur le sol et humectés pour faciliter la séparation des en bois avec drainage effectif
l Lisse de béton de 4” (100)
éléments. Après le séchage initial, les éléments sont
empilés sur le chant jusqu’à leur durcissement complet, l Les briques d’adobe sont posées avec du mortier
avant lequel ils demeurent extrêmement fragiles. fait du même matériau, et les joints coulés ont
l’épaisseur minimale nécessaire pour combler les
irrégularités des briques. Du mortier de type M, S
ou N peut aussi être utilisé.
l Liaisonnement d’au moins 4” (100) de longueur

l La surface extérieure de tous les murs extérieurs


non traités doit être enduite d’une couche de
stuc de ciment Portland d’au moins 3/4” (19)
d’épaisseur pour empêcher que l’eau s’écoulant
l Les dimensions d’une brique d’adobe varient sur le mur ne l’abîme et en diminue la résistance.
d’un endroit à l’autre, mais sont habituellement
de 10” × 14” × 2” à 4” (255 × 355 × 50 à 100)
d’épaisseur. Les briques minces sèchent et l Armature en treillis en métal galvanisé
durcissent plus vite que les briques épaisses.
Chaque brique pèse de 25 lb à 30 lb (11 kg à
l Enduit intérieur
14 kg).
l L’adobe stabilisé ou traité contient un mélange
de ciment Portland, d’émulsion d’asphalte
et d’autres composés chimiques qui atténue
l Clé mécanique
l’absorption d’eau dans les briques.
l Charges admissibles pour des poteaux d’adobe l Membrane humidifuge qui empêche l’ascension
supportés par le dessus ayant une hauteur de capillaire de l’eau
10’ (3050) : l Les murs de fondation doivent être au moins
– 10” × 28” (255 × 710) : 12 000 lb (5400 kg) aussi épais que les murs qu’ils supportent.
– 14” × 20” (355 × 510) : 13 000 lb (5900 kg)
– 24” × 24” (610 × 610) : 28 000 lb (12 700 kg) l Au moins 6” (150) au­dessus du niveau dénitif
du sol

l Au sujet des exigences générales relatives aux constructions en adobe et en pisé, voir la page 166.

LEED v4, crédit MR : Matériaux régionaux DCC 04 24 00 Maçonnerie d’éléments en adobe


166 5.22 CONSTRUCTION EN PISÉ

Le pisé est un autre matériau de construction tradition-


nel. Il s’agit essentiellement d’un épais mélange d’argile,
de silt, de sable et d’eau qui est comprimé et séché
dans des coffrages pour la construction de murs. Le
mélange doit contenir moins de 50 % d’argile et de silt,
et la taille du granulat ne peut dépasser 1/4” (6). Il ne
faut jamais ajouter d’eau salée au mélange.
l L’adobe et le pisé
opposent une assez faible
l Les murs de pisé sont construits à l’aide de coffrages
résistance à la traction,
glissants d’une hauteur de 24” à 36” (610 à 915) et d’une
mais une résistance à la
longueur de 10’ à 12’ (3050 à 3660).
compression d’au moins
l Les angles sont formés en premier au moyen de coffrages spéciaux.
300 lb/po2 (14 kPa).
l La résistance des l Le mélange humide de sol (teneur en humidité d’environ
constructions en adobe et 10 %) est tassé manuellement ou mécaniquement en couches
en pisé s’explique par la d’au plus 6” (150) de haut, avant le placement de la couche
masse et l’homogénéité suivante. Chaque couche doit être liaisonnée fermement à la
du mur ainsi construit. couche précédente.
l Les murs d’adobe et de l Toute charge de construction ne peut être imposée qu’après
pisé offrent un rende- le séchage et le durcissement complets du mélange.
ment thermique inférieur
à celui d’autres maté-
riaux isolants, mais ils
conservent tout de même
assez bien la chaleur.

Exigences générales
LEED v4, crédit MR : Matériaux régionaux Les exigences relatives aux constructions en adobe et en
pisé sont semblables.
l Des poutres de liaisonnement assurent la répartition des
charges de toit et stabilisent le sommet des murs porteurs.
Elles sont également nécessaires à chaque étage et à inter-
valles réguliers pour maintenir le rapport approprié entre
l’épaisseur et la hauteur des murs non supportés.
l Les poutres de liaisonnement doivent être armées en trac-
tion, en particulier aux angles.

l Les ancres de bois servant à xer les cadres des portes et des
fenêtres sont moulées avec le mur de terre.

l Des fondations solides et d’amples débords de toit, qui pro-


tègent les murs extérieurs contre la pluie, allongent la durée
de vie des ossatures de terre.

Épaisseur minimale des murs :


– 8” (205) pour les murs intérieurs non porteurs
– 12” (305) pour les murs porteurs d’au plus 12’ (3660) de haut
dans un bâtiment à un seul étage
– 18” (455) pour les murs porteurs d’au plus 22’ (6705) de haut
situés au rez-de-chaussée d’un bâtiment à deux étages, et
12” (305) pour les murs porteurs situés à l’étage
l Installer des appuis à travers les murs, au plus tous les 24’
(7315) c/c
l Les ouvertures des fenêtres et des portes doivent être situées
à au moins 2’4” (710) de tout angle.
l La longueur totale des ouvertures de mur ne doit pas dépas-
ser 1/3 de la longueur du mur.
5.23 MAÇONNERIE DE PIERRE 167

La pierre naturelle est un matériau de


construction durable qui résiste aux intem-
péries. À l’instar de l’argile et des éléments
de maçonnerie en béton, elle peut être
posée dans du mortier en vue de constituer
des murs porteurs ou non porteurs. Elle
s’en distingue toutefois par la forme et les
dimensions irrégulières des moellons bruts,
par les assises inégales de la pierre de taille
et par la diversité des propriétés physiques
des différents types de pierre utilisés dans l Un mur de moellons non assisés (opus l Un mur de moellons assisés est un mur
la construction de murs. incertum) est un mur de maçonnerie fait de de maçonnerie fait de pierres de grosseur
pierres de grosseur différente dont les lits ou différente dont les lits sont approxima-
La pierre naturelle peut être liaisonnée avec les assises discontinus sont approximative- tivement de niveau et qui présente par
du mortier et posée de la façon tradition- ment de niveau. Habituellement, les joints intervalles des assises de niveau continu.
nelle pour former un mur porteur à double de mortier sont façonnés en retrait pour l Joints de parement de 1/2” à 1 1/2”
souligner la forme naturelle des pierres. (13 à 38)
façade, mais elle sert davantage de pare-
ment à un mur de fond en maçonnerie ou
en béton. Pour empêcher la décoloration
de la pierre, on doit utiliser du ciment non
tachant ainsi que des attaches, des ancrages
et des solins non corrosifs. Dans certaines
conditions, le cuivre, le laiton et le bronze
produisent des taches.
l Au sujet des murs de parement de pierre,
voir la page 244.
l La page 418 traite de la pierre en tant que
l Un mur de moellons équarris est un mur l Un mur de pierres de taille tout-venant
matériau de construction.
de maçonnerie fait de pierres équarries présente des assises discontinues.
de grosseur différente, assisées toutes les
troisièmes ou quatrièmes pierres.

l La pierre de taille est une pierre de construc- l Un mur de pierres de taille à assises réglées l Un ouvrage à assises irrégulières est
tion équarrie dont toutes les faces adjacentes se caractérise par la hauteur identique des une maçonnerie de pierres de taille qui
à celles des autres pierres ont été nement pierres d’une même assise, mais aussi par la sont disposées en assises horizontales
taillées pour recevoir des joints de mortier hauteur variable de chaque assise. de hauteur variable, où chaque assise
très minces. peut être divisée par intervalles en au
moins deux assises.

l Les bossages se retrouvent dans une


maçonnerie dont la face visible des
l Joints de parement de 3/8” à 3/4” (10 à 19) pierres taillées est haussée ou contrastée
autrement au moyen des joints horizon-
taux et souvent aussi des joints verti-
caux, qui sont feuillurés, chanfreinés ou
biseautés.

DCC 04 43 00 Maçonnerie de pierre


168 5.23 MAÇONNERIE DE PIERRE

Maçonnerie de pierre sur mur de fond


l Les chaperons en biseau l Les pierres de couronnement forment
s’inclinent dans une le chaperon, c’est­à­dire l’assise
seule direction. protectrice ou de nition d’un mur
extérieur. Elles sont habituellement
l Larmier de chaque côté inclinées ou incurvées pour faciliter
l Au moins 1 1/2” (38) l’écoulement de l’eau.
l Goujon central
l Solin
l La pierre­larmier est une pierre façon­
née faisant ofce de larmier, souvent
l Les chaperons en dos placée en corniche au­dessus d’une
d’âne s’inclinent de fenêtre ou d’une porte.
chaque côté du faîte
central.

l Deux goujons verticaux


par pierre

l Solin en gradins
l Parement de pierre ; au moins 4” (100)
l Éléments de maçonnerie de béton ou
paroi de fond en béton armé
l Remplir les vides avec du mortier
pour un mur plein ou créer un espace
continu pour un mur creux.
l Le béton peut être imperméabilisé pour
éviter la coloration.

l Attaches ou ancrages métalliques


résistant à la corrosion dans les fentes
en queue d’aronde

l Au sujet des murs à parement de


pierre, voir la page 244.

l La chaîne d’angle désigne les


pierres de l’angle extérieur
d’un mur de maçonnerie. Elle
se distingue habituellement
des pierres adjacentes par
son matériau, sa texture, sa
couleur, ses dimensions ou
sa position en saillie. l Le bandeau, ou assise de ceinture, est
une assise de maçonnerie horizontale
placée au ras de la façade d’un bâti­
ment ou faisant saillie. Il est souvent
mouluré pour marquer une division
dans le mur.

l Le rejeteau est un bandeau en saillie,


une moulure ou une pièce d’appui qu’on
place de manière à ce que l’eau de pluie
l Un long et court ouvrage est
ne s’écoule pas sur le bâtiment.
un arrangement de pierres
d’angle ou de pierres à feuil­
lure rectangulaires posées en l Le soubassement ou socle continu
alternance à l’horizontale et à est une assise continue de pierres,
la verticale. habituellement en saillie, formant
la base ou la fondation d’un mur.
5.24 CHARPENTE D’ACIER 169

Les charpentes d’acier classiques sont constituées


de poutres et de poteaux laminés à chaud, de pou­
trelles à treillis et de tabliers ou platelages. Puisque
l’acier se travaille difcilement sur le chantier, il
est généralement coupé, prolé et percé en usine
selon les particularités de la conception retenue
et se prête bien à une construction relativement
rapide et précise.

l La charpente d’acier est plus solide lorsque


des poteaux supportent une grille régulière de
poutres maîtresses, de poutres et de poutrelles.
l L’espacement entre les poteaux est égal à la
portée des poutres ou des poutres maîtresses.

l Orienter l’âme des poteaux parallèlement au


petit axe de la charpente ou à la direction dans
laquelle la charpente est la plus exposée aux
forces latérales. Vue en plan
l Orienter les ailes des poteaux périphériques vers
l’extérieur pour faciliter la xation des murs­
rideaux à la charpente.

Vue en élévation

l L’utilisation de plans de cisaillement, de


contreventements diagonaux ou de cadres
rigides munis d’assemblages résistants aux
moments confère à la charpente sa résistance
aux forces latérales dues aux vents et aux
séismes.

l Des assemblages résistants au feu ou des


enduits ignifuges sont requis, car la résis­
tance de l’acier diminue rapidement lors d’un
incendie ; voir la page 442. La charpente
d’acier d’une construction incombustible non
protégée peut demeurer visible.
l Au sujet des poutres et des ossatures de plan­
chers d’acier, voir la page 108.
l La page 416 traite de l’acier en tant que maté­
riau de construction.

DCC 05 12 00 Charpentes en acier de construction


170 5.24 CHARPENTE D’ACIER

Puisque les poteaux d’une charpente d’acier


transfèrent les charges verticales et laté-
rales aux fondations, les murs extérieurs
sont essentiellement des murs-rideaux non
porteurs.
Il existe trois façons principales de lier une
charpente d’acier et le mur-rideau ou le
parement qu’elle supporte :
– le poteau est devant le plan du mur ;
– le poteau est dans le plan du mur ;
– le poteau est derrière le plan du mur.

L’ossature ou les panneaux d’un mur-rideau


sont supportés d’une des deux façons
suivantes :
l par les poteaux seulement ;
l par les poteaux et par des poutres de tympan
ou les rives des dalles de plancher.

l Les panneaux muraux d’un étage de haut


peuvent être suspendus au plancher supérieur.
l Sinon, ils peuvent s’appuyer sur le plancher
inférieur.

l Les éléments muraux de taille


inférieure à la portée entre deux
poteaux ou deux planchers doivent
être assortis d’une ossature secon-
daire à meneaux et traverses.
l L’ossature ou les panneaux des murs-
rideaux, d’une part, et l’ossature
d’appui, d’autre part, réagissent
parfois différemment aux variations
de température et aux charges
verticales ou dues au vent. Les
pièces d’assemblage ne doivent pas
entraver le mouvement différentiel
du mur et de la charpente, ni celui
des éléments muraux eux-mêmes. Les murs de tympan sont supportés par un
l Le mur peut être exposé à la pres- seul plancher. Pour en assurer la stabilité,
sion et à la dépression dues au vent. on les contrevente :
l La présence de contreventements l soit au-dessous du plancher,
diagonaux dans la charpente a une l soit au-dessus du plancher.
incidence sur la conception des
éléments muraux.
l Les pages 238 à 240 donnent des
renseignements généraux sur les
murs-rideaux.
l Au sujet des murs-rideaux vitrés,
voir la page 295.
5.25 POTEAUX D’ACIER 171

Le prolé en W est le plus répandu pour Prolés de poteau


les poteaux. Il convient aux assemblages
avec des poutres dans deux directions, et
toutes ses surfaces sont accessibles en vue
d’un assemblage boulonné ou soudé. Les
poteaux d’acier présentent aussi parfois un
prolé creux rond, carré ou rectangulaire.
Ils peuvent également arborer un prolé
particulier correspondant à leur utilisation
prévue.
Prolé en W Prolé creux HSS à Prolé creux HSS à section
section ronde rectangulaire ou carrée
l Les poteaux composés sont des poteaux
d’acier enrobés dans une couche de béton
d’au moins 2 1/2” (64) d’épaisseur et armée
d’un treillis métallique.
l Les poteaux composites sont des prolés
d’acier complètement enrobés dans
du béton armé avec de l’armature
verticale et de l’armature en spirale. Plaques soudées Cruciforme Plaques soudées
La charge admissible s’exerçant sur un (4 cornières)
poteau d’acier est fonction de l’aire de
sa section transversale et de son rapport
d’élancement (L/r), dans lequel L est la
longueur non supportée du poteau expri-
mée en pouces et r, le plus petit rayon
de giration de la section transversale
du poteau.
Guide d’évaluation des poteaux d’acier
l Un poteau d’acier creux HSS de 4 × 4
(101,6 × 101,6) supporte au plus 750 pi2
(70 m2) de plancher et de toit.
l Un poteau d’acier creux HSS de 6 × 6
(152,4 × 152,4) supporte au plus 2400 pi2
(223 m2) de plancher et de toit.
l Un prolé en W de 6 × 6 (152,4 × 152,4)
supporte au plus 750 pi2 (70 m2) de
plancher et de toit.
l Un prolé en W de 8 × 8 (203 × 203) sup-
porte au plus 3000 pi2 (279 m2) de plancher
et de toit.
l Un prolé en W de 10 × 10 (256 × 256) sup-
porte au plus 4500 pi2 (418 m2) de plancher
et de toit.
l Un prolé en W de 12 × 12 (308 × 308) sup-
porte au plus 6000 pi2 (557 m2) de plancher
et de toit.
l Un prolé en W de 14 × 14 (352 × 352)
supporte au plus 12 000 pi2 (1115 m2) de
plancher et de toit.
l L’espacement entre deux poteaux est égal à la
portée d’une poutre ; voir les pages 109 et 110
l Les poteaux sont censés avoir une longueur
utile de 12’ (3660).
l Les poteaux doivent être plus gros ou plus
lourds lorsqu’ils supportent de lourdes
charges, qu’ils s’élèvent plus haut ou qu’ils
contribuent à la stabilité latérale de la
charpente.
l On doit consulter un ingénieur en structure
au sujet des exigences relatives aux détails
de conception.

DCC 05 12 23 Acier de construction pour bâtiments


172 5.25 POTEAUX D’ACIER

Assemblages de poutre

l Poutre de bois jumelée l Au sujet des assemblages


l Dispositif d’assemblage d’acier de poutre d’acier, voir les
soudé au poteau pages 111 et 112.

Entures de poteau

l Des ailes d’épaisseur diffé-


rente peuvent être utilisées à
l’assemblage de poteau à poteau
lorsque s’amoindrit la charge
s’exerçant sur un poteau.
l Lorsque les dimensions l Une plaque d’appui l Une plaque maintient
nominales d’un poteau comble la différence l’alignement des poteaux
varient, on doit souder une d’épaisseur entre deux jusqu’au moment des
plaque d’about épaisse aux ailes à l’assemblage soudures.
deux prolés du poteau boulonné. l Assemblage d’about soudé
pour assurer le transfert de
la charge.

Assises de poteau l Coulis sans retrait


l Boulons d’ancrage

l Le poteau est soudé à sa l Des raidisseurs peuvent l Les plaques d’assise d’un l Un assemblage de fondation
plaque d’assise d’acier après s’avérer nécessaires grand poteau sont xées par résistant aux séismes comprend
que la plaque a été mise au lorsque la plaque d’assise des écrous de nivellement des raidisseurs et des boulons
niveau sur un lit de coulis du poteau est mince. avant la pose du coulis. d’ancrage xés dans une fonda-
sans retrait. tion de béton.

l Une plaque d’assise d’acier est nécessaire pour que la


charge concentrée qu’un poteau exerce sur la fondation
de béton soit répartie sans que les contraintes admis-
sibles du béton soient dépassées.
5.26 POTEAUX D’ACIER LÉGER LAMINÉ 173

Les poteaux d’acier léger laminé ou montants de


tôle d’acier sont fabriqués par façonnage à froid
de tôles ou de feuillards d’acier. Ils se coupent et
s’assemblent facilement à l’aide d’outils simples
pour former une ossature murale légère, incombus-
tible et étanche à l’eau. Les murs à poteaux d’acier l Prolé en U pour le contre-
ventement horizontal
léger laminé font ofce de cloisons non porteuses
ou de murs porteurs sur lesquels s’appuient des l Mur d’au plus 10’ (3050) de haut :
– deux rangées à 1/3 de la hauteur
solives d’acier léger laminé. À l’instar de l’ossature
pour les charges verticales
de bois légère, l’ossature à poteaux est munie
– une rangée à mi-hauteur pour
de creux pour l’aménagement des services et de les charges dues au vent l Sablière continue en
l’isolation thermique, et se prête à un large éventail prolé en U
l Mur de plus de 10’ (3050) de haut :
de nitions. l Poteaux de tôle d’acier
– au plus 3’4” (1015) c/c pour les
à 12”, 16” ou 24” (305,
charges verticales
405 ou 610) c/c
– au plus 5’ (1525) c/c pour les
charges dues au vent
l Assemblage des poteaux de tôle
d’acier aux angles

l Écharpe d’acier soudée aux


poteaux et aux lisses
l Le contreventement est xé
au poteau et à la lisse par
un gousset d’acier ou des
soudures.

l Cornière d’assemblage
soudée au poteau et
boulon née à la
fondation

l Hauteur maximale d’un poteau de


3 5/8” (92) : 12’ (3660)
l Hauteur maximale d’un poteau de
6” (152) : 20’ (6100)
l Hauteur maximale d’un poteau de
8” (205) : 28’ (8535)

l Poteau en U
l Éclisser les prolés de
Les poteaux d’acier léger laminé lisse avec un prolé
l Poteau en C l
sont habituellement prépoin- de poteau.
çonnés pour laisser passer les l Les murs à poteaux d’acier léger laminé
conduits, les ls et les contre- sont assemblés, revêtus, isolés et nis
ventements. de la même façon qu’une ossature de
l On doit consulter le fabricant au bois légère.
sujet des prolés particuliers et l Les assemblages sont exécutés à l’aide
des dimensions et calibres offerts. de vis autotaraudeuses, qu’on insère
l Épaisseur : 1”, 1 3/8” (25, 35) avec un outil électrique ou pneu-
matique, ou de chevilles entraînées
l Largeur : 2 1/2”, 3 1/4”, 3 5/8”, pneumatiquement.
4”, 6” (64, 85, 90, 100, 150)
l Au sujet des charpentes à solives en acier
léger laminé, voir les pages 117 à 119.
l Épaisseur : 1 5/16” (33) l Au sujet des divers revêtements muraux
et de l’isolation thermique, voir respec-
tivement les pages 180 et 258.
l Largeur : 1 5/8”, 2 1/2”,
3 5/8”, 6” (41, 64, 92, 152)

DCC 05 40 00 Ossatures métalliques en éléments prolés à froid


DCC 05 41 00 Ossatures porteuses à poteaux métalliques
174 5.27 CHARPENTE À POTEAUX D’ACIER LÉGER LAMINÉ

Coupe de mur extérieur Mur extérieur Cloison

l Poteau d’acier léger laminé l Poteau d’acier léger laminé l Placer des raidisseurs
l Lisse continue en prolé en U l Lisse continue en prolé d’âme aux solives d’acier
en U léger laminé qui se
prolongent sur l’appui ;
l Solive d’acier léger laminé ; l Béton armé sur tablier voir la page 119.
au sujet des pièces métallique (platelage) l Solive d’acier léger
d’assemblage de plancher, laminé
voir les pages 118 et 119.

l Raidisseur d’âme l Prolé en U jumelé


l Porte-à-faux l Lisse continue l Poutrelles d’acier à treillis l Lisse continue en
possible l Prolé en U périphérique l Poutre d’acier ou mur prolé en U
porteur à poteaux de tôle l Mur porteur à poteaux
d’acier d’acier léger laminé
l Au sujet des linteaux,
voir ci-dessous.
Assemblage de Assemblage de poteaux
poteaux au coin à l’intersection d’une
extérieur cloison

l Revêtement et l Poteaux d’acier léger laminé


nition de mur tous les 12”, 16” ou 24”
extérieur (305, 405 ou 610) c/c

Structures des baies


l Contreventement en prolé
en U horizontal ; au sujet des l Gousset
exigences, voir la page 173. d’acier

l Prolé en U périphé- l Lisse continue en prolé en U


rique attaché aux l Solive d’acier léger laminé
raidisseurs d’âme
l Raidisseur d’âme
et aux cornières
d’assemblage l Solives en C l Prolé en U d’acier de
l Linteau triangulé jumelées structure

l Ancrage de cornière
d’assemblage boulonné
au mur de fondation en
béton

l Entretoisement triangulé aux l Poteaux jumelés ou emboîtés


angles adjacents des ouvertures
5.28 CHARPENTE À CLAIRE-VOIE 175

Dans la charpente à claire-voie, les poteaux s’élèvent sur toute


l Toit plat ou en pente ; voir
sa hauteur, de la lisse basse à la sablière de toit, et les solives
le chapitre 6.
clouées aux poteaux s’appuient sur des lisses ou des lambourdes
posées dans les poteaux. Cette charpente est rarement utilisée
de nos jours, mais son retrait vertical minimal favorise les ni-
tions à parement de brique et à stuc.

l Sablière ou sablière de
toit, jumelée

l Poteaux de 2” (38) d’épaisseur


espacés de 16” ou 24” (405 ou
610) c/c et s’élevant sur toute la
hauteur du mur, de la lisse basse
à la sablière