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UNIVERSITÉ MONTESQUIEU – BORDEAUX IV

UFR des Sciences Économiques et de Gestion

Année universitaire 2008 – 2009

Analyse des contributions


économiques aux fonctionnalités
délivrées par les marais littoraux et
estuariens, ainsi que les mangroves

Mémoire présenté pour l’obtention du Master 2 d’économie de l’environnement

Préparé sous la direction de Patrick POINT, directeur de recherche au CNRS

Présenté et soutenu publiquement


Par
Bruno PENISSON

Jury composé de Mme Sylvie FERRARI et M. Patrick POINT


AVERTISSEMENT AU LECTEUR

L’université n’entend ni approuver ni désapprouver les


opinions émises dans ce document. Elles doivent être
considérées comme propres à leur auteur.

2
Sommaire

AVERTISSEMENT AU LECTEUR ..................................................................... 2

Sommaire .......................................................................................................... 3

Introduction ...................................................................................................... 5

I. Définition du cadre de base.......................................................................... 8


A. Une multiplicité de définitions des zones humides ............................................ 8
B. Prolégomènes à l’étude économique des fonctionnalités des zones humides
estuariennes, littoraux et des mangroves .............................................................. 13
C. Les services offerts par les zones humides pour la Convention de Ramsar 18
D. Les spécificités des mangroves, marais littoraux et estuariens ..................... 20
E. De la difficulté à définir correctement les services délivrés par une zone
humide estuarienne, littorale, ou les mangroves .................................................. 25

II. L’Analyses des données des contributions économiques aux


fonctionnalités des zones humides .............................................................. 28
A. Analyses au moyen de la statistique descriptive.............................................. 29
B. Analyse de données ............................................................................................. 33
C. Analyse économétrique........................................................................................ 37

III. Lecture critiques de deux articles ........................................................... 38


A. Net ecosystem services value of wetland: Environmental economic
account : critique d’une mécanique ........................................................................ 38
B. Use of environmental functions to communicate the values of a mangrove
ecosystem under different management regimes ................................................. 40

Conclusion ...................................................................................................... 44

Annexes .......................................................................................................... 49

Bibliographie .................................................................................................. 55

Table des matières ......................................................................................... 59

3
Résumé :
Cette analyse résulte d’une réflexion sur l’implication de la recherche en
économie dans le domaine de l’évaluation des contributions économiques aux
fonctionnalités des zones humides et plus particulièrement celles des marais
estuariens, littoraux ainsi que des mangroves. Il s’agit d’identifier la littérature
parue sur le sujet et de constituer une base de données qui fera l’objet d’une
exploitation statistique. Par ailleurs, nous essayerons de montrer les bases
théoriques qui sous-tendent ces évaluations. Nous présenterons aussi les
lacunes de ces évaluations et nous proposerons des pistes de réflexions pour
remédier à ces lacunes.

Abstract
This analysis follows a reflection on the implication of research in economics in
the assessment of contributions to the economic features of wetlands and
especially estuarine marshes, coastal marshes and mangroves. It acts to
identify the published literature on this subject, to establish a database to make
a statistical exploitation. We try to show the theoreticals underpinning these
assessments. We also present the shortcomings of these assessments and we
propose ways of thinking to remedy these gaps.

Mots –clés : analyse statistique, zones humides, services écosystémiques, marais estuariens,
mangrove, littoral

Keywords: statistical analysis, wetlands, ecosystem services, estuaries’ marsh, mangrove,


coastal

4
Introduction

« Les primevères et les paysages ont un défaut grave : ils sont gratuits.1» C’est
toute la question de la valeur de la biodiversité qui est posée là car donner une
valeur au vivant est une des conditions d’une économie verte.

La nature offre à la société une vaste gamme de bienfaits tels que la nourriture,
les fibres, l’eau potable, une terre saine, la filtration du carbone et beaucoup
d’autres avantages encore. Même si notre bien-être dépend entièrement du
flux ininterrompu de ces « services rendus par les écosystèmes », ces derniers
sont en grande partie des biens publics dépourvus de marchés et de prix, et ont
longtemps été considérés comme un don.

Ainsi pour les physiocrates, si la terre était le fondement de toute richesse, la


nature n’avait pas de prix. Avec l’émergence de la société industrielle, les
économistes (classiques, marxistes et néoclassiques) ont considéré que la
valeur provenait davantage du travail et du capital que de la terre.

En outre, avec l’augmentation sans précédent des capacités de production on


aurait pu croire que les progrès de la technologie auraient supplanté la nature,
mais les hommes, en exploitant de plus en plus la nature, ont découvert que
certaines de ressources de ce patrimoine naturel ne sont pas illimitées. A
émergé l’idée que l’air frais, l’eau potable ou la terre de bonne qualité, doivent
avoir une valeur économique, le monde a alors compris que protéger la nature
avait un coût. De plus, cette nature peut aussi rendre de nombreux services
qu’il a fallu estimer financièrement.

Enfin aujourd’hui ; de plus en plus de décisions collectives tiennent compte


l’écologie2 ; celles ci doivent alors être évaluées en termes économiques. Mais
l’environnement n’est pas une marchandise comme une autre et l’évaluer n’est
pas chose aisée.

1
Aldous Huxley, Le meilleur des mondes
2
Le Monde 28/12/08 ; le Monde 04/06/92

5
Les écosystèmes des zones humides font partie de ces environnements qui
doivent faire l’objet d’une évaluation. Costanza et al ont ainsi chiffrés à 33 000
milliards d’USD la valeur des écosystèmes naturels, et pour les zones humides,
ont avancé le chiffre de 14 900 milliards d’USD, soit 45 pour cent du total.3

Ces chiffres ne sont pas donnés au hasard ; si les civilisations humaines se


sont installées dans les vallées fluviales et leurs plaines d’inondation depuis
plus de 6000 ans c’est que nombre de systèmes de zones humides contribuent
de façon déterminante au développement et à la survie des communautés
humaines. C’est ainsi l’expression du rôle majeur que jouent l’eau et les milieux
humides dans notre vie. « En réalité, notre propre survie reste tributaire des
écosystèmes naturels »4.

Aujourd’hui, nous comprenons de mieux en mieux les nombreux rôles des


écosystèmes des zones humides et leur valeur pour l’humanité. Depuis
quelques années, des sommes colossales sont consacrées à la restauration
des fonctions hydrologiques et biologiques, perdues ou dégradées, des zones
humides, pas toujours à bon escient et ce à cause de mauvaises appréciations
du milieu humide étudié.

Les milieux humides sont par, ailleurs, extrêmement divers ; mais qu’il s’agisse
d’étangs, de marais, de récifs coralliens, de tourbières, de lacs ou de
mangroves, ils ont en commun une caractéristique fondamentale: l’interaction
complexe entre leurs éléments de base - le sol, l’eau, les animaux et les
plantes - qui remplissent de multiples fonctions et fournissent les nombreux
produits qui ont assuré la survie de l’homme au fil des siècles. Bien entendu,
toutes les zones humides ne remplissent pas toutes les fonctions - mais la
plupart d’entre elles en ont plusieurs. Dans le cadre de cette étude, nous nous
concentrerons sur les marais littoraux et estuariens et les mangroves qui
présentent tous la caractéristique d’être des zones humides côtière, ainsi, nous
pourrons plus aisément analyser les contributions économiques aux
fonctionnalités délivrées par ces environnements.

3
Costanza et al.1997. The value of the world’s ecosystem services and natural capital. Nature 387, 253-
260.
4
Id.

6
On entend par « évaluation économique » une tentative d’attribuer une valeur
aux biens et services fournis et aux fonctions que procure la zone humide
étudiée. Nous pouvons, pour ce faire, nous appuyer sur les prix du marché.
Toutefois, une telle définition reste incomplète. Lorsqu’une ressource de
l’environnement existe purement et simplement et nous fournit des produits et
services sans aucun frais, c’est notre disposition à payer seule qui traduit la
valeur de la ressource fournissant le bien en question, qu’il y ait paiement ou
non.

Nous nous proposons ici d’effectuer un cadrage méthodologique inhérent à


toute tentatives de détermination de la valeur, puis d’examiner les différentes
études qui ont essayé de monétariser les services, enfin, nous essayerons, par
l’analyse de deux articles de dégager les problèmes que l’on peut rencontrer
lors d’une analyse de la valeur des services offerts par les marais littoraux et
estuariens ainsi que des mangroves.

7
I. Définition du cadre de base

Vouloir étudier les marais littoraux et estuariens ainsi que les mangroves,
suppose que l’on ait préalablement une compréhension la plus complète
possible de que l’on entend par zone humide, de ce que l’on entend par
services et fonctions que ces zones humides offrent et proposent.

Enfin, nous aborderons les multiples facettes qui se cachent derrière le terme
de mangroves, marais littoraux ou estuariens.

A. Une multiplicité de définitions des zones humides

Biologiquement, une zone humide, dénomination dérivant du terme anglais


wetland, est une région où le principal facteur d'influence du biotope et de sa
biocénose est l'eau. On distingue généralement les zones humides côtières et
marines différentiées par la proximité de la mer.

Savoir ce qu’offrent les zones humides ne sert à rien si préalablement, nous ne


sommes pas capables de définir correctement ce qu’est le sujet d’étude.
Malheureusement, il arrive que les définitions diffèrent même si un travail
important d’homogénéisation a eut lieu.

Beaucoup de définitions proposent une liste de zones humides souvent basées


sur les formations végétales en ce qu'elles reflètent la particularité du biotope.

La difficulté de ces définitions est d'établir des listes répondant à tous les cas
de figure existant de part le monde.

1. Des définitions nationales ou locales très diverses

Selon l'article 2 de la loi sur l'eau française de 1992, « on entend par zone
humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau

8
douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation,
quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins
une partie de l'année. »

L’analyse de la définition française d’une zone humide permet de préciser les


choses. Tout d’abord ce texte indique qu’une zone humide dont le mode
d’exploitation va masquer ou altérer le caractère hygrophile, en terme de
végétation, reste bien une zone humide au regard de la loi. Ensuite qu’il ne faut
pas confondre une zone inondable (terme relatif aux risques d’inondation) avec
une zone humide. Si toutes les zones inondables sont bien des zones humides,
l’inverse n’est pas vrai et le champ d’application de la définition dépasse
largement les seules zones d’expansion des crues. Enfin ce texte montre que
les zones humides peuvent être des territoires littoraux ou marins tel que les
vasières, les estrans.

Mais en plus de cette définition légale des zones humides, chaque institution,
auteur, a sa propre définition.

Ainsi, selon l'UICN, Union Internationale pour la Conservation de la Nature et


de ses ressources (1973), les zones humides sont des «milieux aquatiques,
aussi bien marins que côtiers ou continentaux, pour autant qu'ils soient de
faible profondeur, partant des terres temporairement inondées et de tourbières
tout juste imbibées, sans surface d'eau permanente, elles vont jusqu'aux lacs et
étangs d'une profondeur n'excédant pas six mètres.»

Pour le groupe «zones humides» du Programme Biologique International (MAB


UNESCO, 1974) c’est «une zone dominée par des plantes herbacées
particulières, dont la production se situe surtout au-dessus du niveau de l'eau
tandis qu'elles reçoivent des quantités d'eau qui seraient excessives pour la
plupart des végétaux supérieurs présentant des organes aériens.»

L'Unesco, d'après le PBI (1975), nomme zone humide, «toute zone de


transition entre les systèmes terrestres et aquatiques où la nappe phréatique
est proche de la surface du sol, ou dans laquelle cette surface est recouverte
d'eau peu profonde, de façon permanente ou temporaire.»

9
Pour le Canadian Wetland Registry :«une zone humide est définie comme un
terrain ayant un sol soit avec la nappe phréatique proche ou à la surface, soit
saturé pendant une période assez longue pour permettre le développement de
processus caractéristiques de zones humides ou aquatiques se traduisant par
la présence de sols hydromorphes, d'une végétation hydrophyte et d'activités
biologiques variées adaptées à un environnement mouillé.». Le Comité
Canadien de Classification Écologique quand à lui définit les zones humides
comme «des terres saturées d'eau assez longtemps pour favoriser les
processus de milieux humides ou aquatiques : sols mal drainés, végétations
hydrophytes et diverses formes d'activités adaptées à ce milieu.» Les
définitions sont donc même diverses au sein de grandes institutions d’un même
pays.

C’est aussi le cas en France ; nous avons vu la définition donnée par la loi,
mais cette définition est différente pour Manaud et Monbet5. Pour eux, «les
zones humides maritimes occupent des zones estuariennes ou lagunaires
abritées, périodiquement recouvertes par la marée ; elles évoluent
généralement en marais saumâtres par fermeture naturelle des cordons
littoraux.» Les zones humides d'eau douce comprennent «les lits majeurs,
zones basses situées en bordure des cours d'eau, périodiquement inondées
par les crues, à boisement dominé par le peuplier et le saule ; les marécages
occupant des dépressions mal drainées dans lesquelles les débris végétaux
s'accumulent sous forme de tourbe et à la surface desquels flotte un tapis
végétal.»

Touffet, quand à lui, dans son dictionnaire essentiel d'écologie, propose sa


propre définition d’une zone humide ; ce sont «tous les milieux où le plan d'eau
se situe au niveau de la surface du sol ou à proximité. Ils se trouvent ainsi
saturés d'eau de façon permanente ou temporaire par des eaux courantes ou
stagnantes, douces, saumâtres ou salées. Il s'y développe une végétation
adaptée à un engorgement plus ou moins permanent. On comprend dans les
zones humides : les zones halophiles et saumâtres, les marais arrière-littoraux,
les marais continentaux, les tourbières, les bordures d'étangs et les berges des

5
Évaluation des zones humides (MANAUD F. / MONBET Y.), Centre National pour l'Exploitation des
Océans, 1980

10
eaux courantes, les prairies, landes et bois humides établis sur des sols
hydromorphes.»

Deux autres définitions d’auteurs français ne font qu’accentuer les risques


d’égarement. François Ramade dans son dictionnaire encyclopédique de
l'écologie écrit que le terme de zone humide est un «terme général désignant
tous les biotopes aquatiques marécageux ou lagunaires continentaux. Ces
derniers sont particulièrement menacés par les drainages et les assèchements
pour leur mise en culture. La conservation de ces écosystèmes constitue un
des problèmes majeurs concernant la protection de la nature dans la plupart
des pays dits développés et même du tiers monde à l'heure actuelle.»

Cette définition se concurrence avec celle, scientifique, de Barnaud où «les


zones humides se caractérisent par la présence, permanente ou temporaire, en
surface ou à faible profondeur dans le sol, d'eau disponible douce, saumâtre ou
salée. Souvent en position d'interface, de transition, entre milieux terrestres et
aquatiques proprement dits, elles se distinguent par une faible profondeur
d'eau, des sols hydromorphes ou non évolués, et/ou une végétation dominante
composée de plantes hygrophiles au moins pendant une partie de l'année.
Enfin, elles nourrissent et/ou abritent de façon continue ou momentanée des
espèces animales inféodées à ces espaces. Les zones humides correspondent
aux marais, marécages, fondrières, fagnes, pannes, roselières, tourbières,
prairies humides, marais agricoles, landes et bois marécageux, forêts alluviales
et ripisylves marécageuses, mares y compris les temporaires, étangs, bras-
morts, grèves à émersion saisonnière, vasières, lagunes, prés-salés, marais
salicoles, sansouires, rizières, mangroves, etc. Elles se trouvent en lisière de
sources, de ruisseaux, de fleuves, de lacs, en bordure de mer, de mer, de baies
et d'estuaires, dans les deltas, dans les dépressions de vallée ou dans les
zones de suintement à flanc de collines.»

L’échelon européen n’est pas en reste et pose, pour le service de la


conservation de la nature européen que l'expression zones humides «désigne
globalement des milieux tant côtiers que continentaux où l'eau engorge le sol
ou le recouvre d'une épaisseur inférieure à six mètres : vasières salées des
rivages marins, et des estuaires, marais, tourbières, étangs, marges des lacs,

11
bras morts et zones de faible courant des rivières de plaine et boisements
inondables.»

Au niveau régional on peut enfin noter la définition du groupe de travail du


CESTA «On appellera ici zone humide un milieu ou ensemble de milieux dans
lequel l'abondance de l'eau se traduit par un intérêt du point de vue de
l'environnement, et/ou par des difficultés particulières d'aménagement rural.»

Les définitions précédentes ont été rédigées par des acteurs issus de différents
domaines (environnement, droit...) et de différents pays. Elles n'ont pas toutes
un aspect formel. Aussi, leur portée est-elle variable en fonction de l'usage
qu'on veut en faire.

2. Un consensus international

En 1971 est signée à Ramsar6, en Iran, la convention du même nom. L’objectif


est de donner une définition de référence. Pour se faire elle se doit d’être
ratifiée par un grand nombre d'États.

Cette convention a retenu dans sa définition les zones littorales «où l’eau est
stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues
d’eau marine dont la profondeur à marée basse n’excède pas six mètres».

Son article 2 ajoute : «les limites de chaque zone humide devront être décrites
de façon précise et reportées sur une carte, et elles pourront inclure des zones
de rives ou de côtes adjacentes à la zone humide et des îles ou des étendues
d'eau marine d'une profondeur supérieure à six mètres à marrée basse,
entourées par la zone humide, particulièrement lorsque ces zones, îles ou
étendues d'eau, ont de l'importance en tant qu'habitat des oiseaux d'eau.»

En outre selon l'article premier de cette même convention, « les zones humides
sont des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d'eaux naturelles ou
artificielles, permanentes ou temporaires, où l'eau est stagnante ou courante,
douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d'eau marine dont la

6
L’appellation officielle est Convention relative aux zones humides d'importance internationale
particulièrement comme habitats des oiseaux d'eau ; elle est adoptée le 2 février 1971 et est entrée en
vigueur le 21 décembre 1975.

12
profondeur à marée basse n'excède pas six mètres ». (Cette définition de droit
international s'impose aux États plus qu'aux particuliers, sauf si une clause
particulière précise l’effet direct du texte pour ces derniers).

L'énoncé de Ramsar reste la définition de référence car reconnue par un grand


nombre d'États qui ont ratifié la convention. Elle sert de base pour la protection
des zones humides remarquables existantes de par le monde. Elle est
notamment retenue par les spécialistes des oiseaux car la présence d'eau libre
ou liée au substrat et à la végétation ainsi que le caractère temporaire de
certaines zones humides leur semblent essentiels.

Le traité international pour la conservation et l'utilisation durable des zones


humides part de cette définition pour reconnaitre des fonctions fondamentales
aux zones humides ainsi que des valeurs économiques, culturelles, et
récréatives. Mais avant de voir plus en détail ce que sont ces fonctions, il
convient de définir précisément ce que l’on entend par service, fonction, ou
valeur.

B. Prolégomènes à l’étude économique des fonctionnalités des


zones humides estuariennes, littoraux et des mangroves.

S’interroger sur les fonctionnalités délivrées par les marais littoraux et


estuariens, ainsi que les mangroves, présuppose que l’on a défini correctement
les concepts de fonction, service, valeur, bénéfice marchands et bénéfice non
marchand.

En effet, bien déterminer ce qu’est une fonction permettra de connaître les


grands domaines dans lesquels œuvrent les zones étudiées, savoir ce qu’est
un service permettra de délimiter avec précisions les fournitures de biens
immatériels, avantages ou satisfactions fournis au public, enfin la notion de
bénéfice (marchand ou non) est essentielle quand on s’interroge sur la valeur
de ces services délivrés

13
1. Les fonctions

Si nous prenons la définition donnée par l’OECD7 « Environmental services


refer to qualitative functions of natural non—produced assets of land, water and
air (including related ecosystem) and their biota. There are three basic types of
environmental services, disposal services which reflect the functions of the
natural environment as an absorptive sink for residuals; productive services
which reflect the economic functions of providing natural resource inputs and
space for production and consumption, and consumer or consumption services
which provide for physiological as well as recreational and related needs of
human beings”.

De cette définition on peut retirer quatre grandes fonctions.

Les fonctions biologiques. Les zones humides sont des milieux de vie
remarquables pour leur biodiversité ; grâce à cela nombreuses espèces
végétales et animales y sont dépendantes. Par exemple, les zones humides
hébergent un tiers des espèces végétales remarquables ou menacées, la
moitié des espèces d'oiseaux et la totalité des espèces d'amphibiens et de
poissons. Nous voyons donc qu’il d’agit là de lieux d'abri, de nourrissage et de
reproduction pour de nombreuses espèces, indispensables à la reproduction
des batraciens. Par ailleurs, ces zones constituent des étapes migratoires, des
lieux de reproduction ou d'hivernage pour de nombreuses espèces d'oiseaux
aquatiques et de poissons.

Les fonctions hydrologiques. Nous entendons par là que les zones humides
participent à la régulation du débit des cours d'eau (atténuation des crues,
prévention des inondations et soutien d’étiage). Par leurs capacités de stockage
et de restitution progressive de grandes quantités d'eau, elles permettent
l'alimentation des nappes d'eau souterraines et superficielles. De plus, elles
favorisent l'épuration grâce à leur riche biocœnose, et participent ainsi à la
préservation de la qualité de l’eau.

7
Organisation for Economic Co-operation and Development (ou en français l’OCDE pour Organisation de
coopération et de développement économiques)

14
Les fonctions économiques. Les zones humides offrent la possibilité d’exercer
de nombreuses activités économiques, telles l'élevage de crustacés, de
mollusques ou de poissons, la pêche ou la production d'osier, de sel ou de
tourbe.

Enfin des fonctions sociales et culturelles puisque, de par leur grande qualité
paysagère, les zones humides sont des lieux de détente, de découverte et de
loisirs, propices à de nombreuses activités récréatives, telles la navigation, la
chasse ou la pêche.

2. Les services environnementaux

Si la définition d’un service est aisée, voir par exemple celle de l’INSEE qui peut
faire figure d’autorité « il se caractérise essentiellement par la mise à disposition
d'une capacité technique ou intellectuelle » celle de services environnementaux
et sujette à variation entre les auteurs.

En effet, chacun adapte la définition à ses besoins, à ses contraintes, ce qui fait
qu’in fine il n’y a pas de définition générale mais une multitude de petites qui
rendent les comparaisons beaucoup plus difficiles.

Nous pouvons néanmoins utiliser la définition du Milliennium Ecosystem


Assessment (Ecosystems and Human Well-being: A Framework for
Assessment ; p3), il s'agit des bienfaits que les hommes obtiennent des
écosystèmes (un écosystème étant un système où des organismes vivants
interagissent avec leur environnement physique ; ses limites sont assez
arbitraires et dépendent de ce qui retient l'attention ou du thème de l'étude, il
peut se limiter à un espace très réduit ou s'étendre à toute la Terre).Ces
services comprennent les services d'approvisionnement tels que la nourriture et
l'eau, les services de régulation tel que la régulation des inondations et des
maladies, les services culturels tels que les bénéfices spirituels, récréatifs et
culturels, et les services de soutien qui maintiennent des conditions favorables
à la vie sur Terre, tels que le cycle des éléments nutritifs.8

8
« Ecosystem services are the benefits people obtain from ecosystems. These include provisioning
services such as food and water; regulating services such as regulation of floods, drought, land

15
3. La valeur

Plusieurs conceptions de la valeur pour l’économie ont été proposées


historiquement.

Ainsi Thomas d'Aquin, les Scolastiques espagnols, les classiques français dont
Turgot et Say, et enfin les marginalistes, considèrent la valeur comme
l'expression du désir qu'un agent économique éprouve pour un bien ou un
service. C'est alors une appréciation subjective non mesurable, liée aux
préférences de la personne, compte tenu de sa situation actuelle. Cette
conception est celle de la grande majorité des économistes contemporains.

D'autres auteurs, notamment les physiocrates, les classiques anglais dont


Smith et Ricardo, et les marxistes, pensent au contraire que les biens ont une
valeur qui peut être déterminée de façon objective. Les marxistes définissent
ainsi la valeur d'un bien comme l'expression d'un certain type de rapport social
de production déterminé par l'état des forces productives. Ils réservent le terme
valeur d'usage pour dénoter l'utilité subjective d'un bien.

Il convient de ne pas confondre la valeur avec le prix. Le prix d'un bien ou d'un
service est un taux d'échange entre ce bien et la monnaie, qui est établi sur le
marché par l'offre et la demande ou fixé par une autorité. C'est un chiffre
directement constatable de façon objective. Quand il est établi par le marché, il
résulte de la confrontation des valeurs que les différents agents accordent au
bien en question, et peut donc être utilisé comme expression de la valeur que
l'ensemble des agents accordent à ce bien, ce qui explique la fréquente
confusion des deux notions.

Dans le cadre des zones humides retenues par les études de notre analyse ; si
la valeur d’un territoire peut naturellement être évaluée selon sa valeur foncière
ou selon la valeur de sa production agricole, d’autres valeurs doivent être
considérées dans une perspective d’approche globale.

Il convient donc de préciser ce que les économistes entendent par valeur.

degradation, and disease; supporting services such as soil formation and nutrient cycling; and cultural
services such as recreational, spiritual, religious and other nonmaterial benefits »

16
La valeur économique de tout bien ou service est généralement mesurée
d’après ce que nous sommes disposés à payer pour un bien, moins ce qu’il en
coûte pour fournir ce bien.

Il est souvent dit que l’évaluation économique a pour but de mesurer les
variations de bien-être. Il s’agit là d’un abus de langage, car par définition la
valeur économique n’est que la traduction en terme d’allocation du budget
de la hiérarchisation des choix de l’individu 9. L’idée qu’une telle traduction
est assimilable a une mesure de bien-être est probablement à la source
de la plupart des débats - idéologiques - qui opposent partisans et
opposants de l’évaluation économique.

La valeur des services offerts par les mangroves, marais estuariens et littoraux
est alors déterminée par les services qu'ils fournissent aux humains.

Mais cette valeur peut revêtir différentes formes ; la valeur d’usage que l’on
peut observer et en déduire de façon plus ou moins correcte la valeur ; la valeur
de préservation que l’on ne peut observer ; la valeur d’usage actif induit qui
entre indirectement dans la fonction d’utilité (à l’exemple du pétrole) ; la valeur
d’option pour les usages futurs et la valeur de non usage qui indique que même
si on est plus usagé on accorde de l’importance à ceux qui en sont encore10.

4. Le bénéfice marchant et le bénéfice non marchand

Le bénéfice « marchand » est le bénéfice qui peut être estimé par les circuits
économiques existants. Il peut s’agir, par exemple, de coûts moindres de
traitement de l’eau pour l’alimentation en eau potable. En revanche,
l’augmentation de valeur ajoutée de certaines activités (notamment touristiques)
n’est pas prise en compte, car des diminutions en parallèle d’autres activités
font qu’il n’y a pas de réel bénéfice net ou cumulé.

9
Sachant que le cadre au sein duquel est bâti le concept de valeur économique, est toujours le modèle
de maximisation de l’utilité.
10
Cf. Annexe 1 pour une meilleure présentation des valeurs économiques attribuées au patrimoine
naturel

17
Le bénéfice « non marchand » ne peut pas être, quand à lui, directement lu à
travers les flux économiques existants. Il repose sur la valeur que la population
accorde à l’accroissement de bien-être issu du changement de qualité
environnementale (exemple des pêcheurs à pied qui retirent une satisfaction de
la diminution du risque sanitaire de consommation des coquillages). Il peut
notamment être mesuré par le consentement à payer de la population pour
l’amélioration de la qualité d’un bien environnemental. Un grand nombre des
services offerts par les marais littoraux ou estuariens et les mangroves entrent
dans cette dimension.

C. Les services offerts par les zones humides pour la


Convention de Ramsar

La Convention de Ramsar s’est évertuée à dégagée et à définir clairement les


nombreux services que l’on peut s’attendre à trouver dans une zone humide.
Cette classification est reprise dans toutes les études.

Le premier de ces services est la maîtrise des crues. Les zones humides ont la
faculté de retenir les fortes pluies, empêchant des inondations possibles en
aval. De plus, en stockant l’eau dans le sol ou en la retenant à la surface des
lacs, des marais, etc., les zones humides peuvent remplacer les structures
artificielles, construites souvent à grands frais (digue, barrage, etc.). Par
ailleurs, la végétation des zones humides joue aussi un rôle en ralentissant le
débit des eaux de crue vers l’aval.

Un second service est la capacité de recharge des eaux souterraines. Les


zones humides se situent dans des aquifères qui sont des couches de terrain
ou de roches, suffisamment poreuses et perméables pour contenir une nappe
d'eau souterraine. Par ailleurs, du fait d’une grande complexité dans les
relations entre les eaux souterraines et les zones humides, les zones humides
peuvent recharger l’aquifère lorsque la nappe phréatique est basse mais
l’aquifère recharge la zone humide lorsque la nappe phréatique est haute. Cette
capacité de recharge permet aussi le prélèvement direct d’eau dans l’aquifère
pour l’agriculture se pratique. Mais outre un rôle dans le maintien de

18
l’agriculture, les zones humides offrant ce service permettent l’existence des
pêcheries et de l’exploitation forestière. Enfin une utilisation à des fins
domestiques peut être faite de cette eau.

La stabilisation du littoral et la protection contre les tempêtes est un service qui


peut être offert par les zones humides. Ces dernières, par leurs présences,
contribuent à atténuer les effets des tempêtes en réduisant l’action du vent, des
vagues et des courants tandis que les racines des plantes maintiennent les
sédiments en place.

Un service de rétention et d’exportation des sédiments et nutriments a aussi été


dégagé. Les zones humides atténuent la force de l’eau, favorisant le dépôt des
sédiments en suspension et qui pourraient, en aval, bloquer les cours d’eau.
Par ailleurs cette capacité de rétention permet d’augmenter de manière
significative la productivité des zones humides.

La Convention de Ramsar a aussi montré le double rôle des zones humides


dans l’atténuation des changements climatiques. Les zones humides jouent un
rôle de capacité de piégeage du carbone ainsi qu’un rôle de défense du littoral
et de l’arrière-pays face aux effets des changements climatiques.

Les zones humides offrent en outre un service d’épuration de l'eau. Les plantes
et les sols des zones humides y jouent un rôle crucial en épurant l’eau. De
grandes quantités de matières nutritives, telles que le phosphore et l’azote qui
proviennent généralement du ruissellement agricole, sont ainsi efficacement
éliminées par les zones humides. Celles-ci préviennent en plus l’eutrophisation
en aval, et empêchent ainsi la croissance rapide de plantes et d’algues et
entraînant un appauvrissement du taux d’oxygène qui affecte d’autres espèces.
Cette fonction d’épuration peut également empêcher que de fortes
concentrations de ces matières nutritives n’atteignent l’eau souterraine ou
d’autres sources d’eau de consommation.

Un réservoir de diversité biologique. Les zones humides offrent une diversité


biologique qui fait que les animaux et les plantes des zones humides
permettent à une part importante de la population mondiale, qui dépend de la
médecine traditionnelle, de recevoir des soins de santé primaires. En outre la

19
biodiversité des zones humides est un important réservoir génétique au
potentiel économique considérable pour l’industrie pharmaceutique et la culture
de plantes commerciales.

Un service de produits des zones humides a aussi été constaté. Ces zones
fournissent une variété d’avantages à l’homme sous forme de produits qui
peuvent être exploités et ce à tous les niveaux, subsistance, industrie
communautaire et échelle commerciale, partout dans le monde.

Les loisirs et le tourisme entrent pour une part importante dans l’évaluation des
fonctionnalités des zones humides. En effet, de nombreuses zones humides
sont des endroits rêvés pour le tourisme; certaines des plus belles sont
protégées dans des parcs nationaux, des biens du patrimoine mondial, des
sites Ramsar ou des réserves de biosphère. Beaucoup génèrent grâce à cette
activité touristique un revenu local et national considérable.

Enfin, les zones humides offrent un service culturel. Nombres d’entre elles ont
une valeur religieuse, historique, archéologique, etc. importante pour les
communautés locales et représentant un élément du patrimoine national.
Souvent cette fonction est mal connue.

D. Les spécificités des mangroves, marais littoraux et


estuariens

Pour réaliser un tour d’horizon complet, il est nécessaire de définir correctement


les lieux géographiques qui feront l’objet d’une évaluation. En effet, une
mauvaise définition entraine l’inclusion dans l’analyse de données qui altèrent
plus ou moins gravement les conclusions de l’étude.

Ainsi la mangrove est un groupement de végétaux principalement ligneux qui


se développent dans la zone de balancement des marées appelée estran des
côtes basses des régions tropicales.

En géographie, un marais est un type de formation paysagère, au relief peu


accidenté, où le sol est recouvert, en permanence ou par intermittence, d'une
couche d'eau stagnante, en général peu profonde, et couvert de végétation. Si

20
celui-ci s’étend sur toute la zone de balancement des marées, c’est à dire entre
les niveaux de la marée basse et la marée haute des vives eau, alors on parle
de marais littoral. Les marais estuariens sont, eux, dans les marges des zones
intertidales et supratidales11 des estuaires.

1. Les mangroves

La mangrove est souvent définie comme étant l'ensemble de la végétation (les


palétuviers) qui se développe dans la zone de balancement des marées des
régions littorales intertropicales.

Figure 1 Carte mondiale de la répartition géographique des mangroves

Une acception plus large considère la mangrove comme l’ensemble de


l’écosystème colonisé par cette végétation.

On trouve aussi des marais à mangroves à l'embouchure de certains fleuves.


Ces milieux particuliers procurent des ressources importantes (forestières et
halieutiques) pour les populations vivant sur ces côtes. Les mangroves se
démarquent des autres types de zones humides par leur taux très élevé de
sel12.

La mangrove colonise des zones alimentées en eau douce et à l'abri des


courants marins, comme les estuaires, les systèmes lagunaires, c’est-à-dire
des zones calmes et peu profondes. Dans les régions tropicales, la mangrove
occupe près de 75% du linéaire des côtes et deltas. Selon les estimations, elle
recouvre 14 à 23 millions d’ha à travers le monde.

11
Zones de marnages (les niveaux d'une pleine mer et d'une basse mer consécutives) et zones situées
immédiatement au dessus du point le plus haut atteint par la marée
12
L’eau pouvant contenir jusqu'à 90%, et dans certains cas jusqu'à 97% de sel

21
On distingue en outre, trois types de mangroves. Les mangroves côtières, qui
ont la particularité d’être mobiles, en fonction des déplacements des bancs de
vase qu’elles colonisent, les mangroves estuariennes, fixes, situées à
l'embouchure et dans les deltas des fleuves et enfin les mangroves de récifs
coralliens.

2. Les marais littoraux

Ces marais sont dit littoraux car ils se sont formés par proximité avec le littoral.

Ils s’étendent sur toute la zone de balancement des marées, c’est à dire entre
les niveaux de la marée basse et la marée haute des vives eaux. Ils constituent
des espaces de nourrissage et de repos pour de nombreux oiseaux, surtout lors
de la période de migration.

Les marais littoraux comportent deux parties, la "slikke" (du néerlandais "slijk" =
"boue") qui est la partie basse, immergée à chaque marée et le schorre (du
néerlandais "schor" = "pré salé") qui commence au-dessus des marées de
morte-eau. La fréquence et la durée des inondations varient en fonction des
coefficients de marée et du niveau topographique.

Le cycle des marées détermine largement les conditions de vie dans les marais
littoraux. Les espèces y sont exposées à des cycles de submersion et
d’émersion par l’eau de mer. Au cours d’une journée, la teneur en sel dans le
sol peut ainsi varier de façon importante. En période de submersion, la teneur
en sel correspond plus au moins à la teneur en sel de l’océan. En période
d’émersion, la teneur en sel peut être variable : en période estivale, la salinité
du substrat peut être très élevée car on assiste à une concentration du sel dans
les interstices du substrat suite à l’évaporation de l’eau ; des précipitations
pendant la période d’émersion ont pour suite la dessalure de la vase.

Ces conditions ne permettent que rarement une alimentation en oxygène des


racines des plantes.

Néanmoins en dehors de ces contraintes, les marais littoraux sont des milieux
riches en éléments nutritifs et par conséquent très productifs. Ils sont alimentés

22
en matière organique par les rivières débouchant sur les côtes ainsi que par le
milieu marin.

Dans un tel habitat extrême, peu d’espèces peuvent survivre, mais celles-ci se
développent, en absence de concurrence par d’autres espèces et grâce à la
richesse en éléments nutritifs, souvent de façon abondante. Les espèces
capables de survivre sur des sols salés sont appelées "halophytes". Dans la
plupart des cas, elles disposent de mécanismes de régulation leur permettant
de supporter des concentrations de sel élevées dans le sol.

3. Les marais estuariens

Les marais estuariens sont dans les marges des zones intertidales et
supratidales des estuaires. Les niveaux d’eau changent selon les marées, mais
pas autant que dans d’autres marais non estuariens (par exemple les marais
littoraux). Ces marais reçoivent de grandes quantités d’eau douce, ce qui rend
les eaux des marais estuariens de saumâtres à douces. La végétation se
développe dans les secteurs en réaction aux variations de l’inclinaison, à la
profondeur de l’eau et à son degré de salinité.

Quatre sous-formes de marais estuariens sont communément reconnues :

Le marais estuarien de baie : Ils se forment au niveau ou sous le niveau


des marées basses, le marais estuarien de baie est inondé
régulièrement par des marées d’eau salée ou d’eau douce.

Le marais estuarien de delta se forme dans les régions deltaïques à


l’embouchure des rivières et des ruisseaux coulant dans les estuaires.
Les niveaux d’eau connaissent des inondations ponctuelles d’eau salée
et d’eau saumâtre pendant les plus fortes marées, vidangées par les
courants de déversement d’eau douce lors des marées basses.

Le marais estuarien de lagune se trouve dans les échancrures, les


lagunes et les bassins ouverts des zones supratidales et intertidales des
estuaires. De gigantesques changements de niveau d’eau s’y
produisent. L’entrée d’eau douce y est importante.

23
Le marécage estuarien de rivage forme quant à lui des bandes linéaires
le long du rivage des estuaires sortis de la principale côte extérieure.

4. Fonctions et valeurs communément associées aux mangroves, aux


marais littoraux et estuariens

L’objectif de cette partie est de présenter succinctement les fonctions et valeurs


que la littérature, dans son ensemble s’accorde à associer aux mangroves,
marais littoraux et estuariens.

Il ne s’agit pas encore de procéder à une méta-analyse, mais de procéder, à


partir des différentes définitions vues précédemment, à des associations entre
les types de zones humides étudiés et les services et fonctions retenus par la
Convention de Ramsar.

De part la composition même de ces marais, on peut exclure des fonctions


telles que l’alimentation des eaux souterraines, ne serait-ce que parce que ces
zones humides sont composées d’eaux salée dont la présence est tout sauf
bénéfique aux nappes d’eau.

Par contre, la littérature s’accorde à attribuer à ces marais ainsi qu’aux


mangroves des fonctions de prévention des inondations, de stabilisation du
littoral ainsi que de lutte contre l’érosion ; et ce grâce à la présence de
nombreux végétaux. La végétation permet aussi la rétention de sédiments, de
produits toxiques ainsi d’éléments nutritifs.13

Par contre, là où les mangroves permettent aux microclimats de se stabiliser,


les marais littoraux et estuariens n’y arrivent pas. Néanmoins, toute ces zones
autorisent l’installation de voies de communication permettant le
développement tant des activités récréatives, de loisirs ; que des activités
professionnelles.

En outre, au vu des définitions et fonctions des marais littoraux, estuariens et


mangroves, on peut s’attendre à y trouver différents produits. Ainsi la présence

13
Rey et al., 2004

24
d’une végétation abondante et variée, combinée à la capacité de rétention des
nutriments et sédiments font que l’on peut s’attendre à trouver dans ces zones
d’importantes ressources halieutiques, fourragères ainsi qu’en espèces
sauvages. A l’inverse, la capacité de rétention des toxiques combinée à la forte
salinité de ces eaux rend les marais estuariens, littoraux et les mangroves non
efficients pour la ressource en eau ainsi que comme ressource agricole.

Mais là où les mangroves constituent une importante ressource forestière, il


n’en va pas de même pour les marais littoraux et estuariens. En effet, nous
avons précédemment vu que les mangroves sont, par définition, situées dans
des zones tropicales ; or, c’est en ces zones que l’on compte le plus d’essences
d’arbres ayant une valeur marchande élevée.14

E. De la difficulté à définir correctement les services délivrés


par une zone humide estuarienne, littorale, ou les
mangroves.

Il s’agit dans cette partie de montrer, avant même l’analyse des données, les
limites qui sont imposées par le cadre de recherche que nous avons retenu.

Selon les textes de la convention de Ramsar elle-même ; il n’existe pas de


méthode scientifique universelle pour tracer les limites des marais ou des
mangroves. Cela doit se faire à partir de cartes de la superficie couverte par les
eaux d’inondation, des sols, de l’agriculture et de la végétation, et ce avec les
problèmes inhérents à la cartographie.

Par ailleurs, si il est aisé de calculer facilement la valeur d’une zone humide
pour de nombreux produits tels que le poisson ou le bois d’œuvre ; de même
que la valeur de fonctions telles que l’amélioration de la qualité de l’eau, peut
être calculée d’après le coût de construction d’une station d’épuration qui
rendrait le même service ; il est beaucoup plus difficile d’évaluer la diversité
biologique ou la beauté des mangroves par exemple. En effet, le marché, pour
ce genre de biens, est beaucoup plus impalpable et il est loin d’être aisé d’en

14
http://www.fao.org/DOCREP/V5200F/v5200f09.htm

25
faire une évaluation économique avec les méthodes traditionnelles. Un autre
grand problème vient de ce que les pays en développement rencontrent des
obstacles de taille lorsqu’ils souhaitent s’approprier les avantages liés à la
conservation des marais estuarien, littoraux ou des mangroves telle que la
diversité biologique15.

En outre, définir précisément une mangrove ou un marais et ce à l’aide de


toutes les connaissances disponibles est ardu devant l’incroyable diversité de
ces types de zones et la complexité des problèmes rencontrés pour tracer leurs
limites. Combien de fois et pendant combien de temps un territoire doit-il être
inondé pour qu’on l’appelle «marais estuarien» ? Nous avons vu précédemment
les tentatives de définition mais l’inconvénient de ces définitions, souvent non
scientifiques, est le fait qu’elles laissent à l’appréciation du chercheur la
délimitation de son sujet d’étude.

La situation se complique encore du fait que de nombreux marais ou


mangroves évoluent avec le temps ; au début les eaux sont libres puis elles se
comblent de sédiments et se couvrent de végétation pour finalement
s’assécher. Ce qui est clair, cependant, c’est que ces zones occupent l’espace
de transition entre un milieu humide en permanence et un milieu généralement
sec. Elles possèdent alors des caractéristiques des deux milieux sans pour
autant pouvoir être étiquetées, sans ambiguïté, zones aquatiques ou zones
terrestres. C’est la présence prolongée de l’eau qui modifie les sols, les
organismes microscopiques qu’ils contiennent et les communautés de plantes
et d’animaux, de sorte que le fonctionnement de ce milieu est différent de celui
d’un milieu soit aquatique, soit sec. Mais tout cela n’est pas tangible et est aussi
laissé à l’appréciation de chacun, en l’occurrence à l’appréciation de celui qui
réalisera l’étude.

Par ailleurs ; dans les pays en développement, il est extrêmement difficile de se


procurer l’information requise pour évaluer les valeurs de protection ou de non-
usage.

15
Pearce et Morane, 1994

26
En outre, il convient de souligner que les services rendus se mesurent mieux
lorsqu'on les perd ou qu'on les a perdus ; en conséquence c'est souvent trop
tard que les valeurs apparaissent.

Il arrive par ailleurs que les services rendus produisent des valeurs
économiques spectaculaires surtout lorsqu'ils sont associés à des usages
économiques puissants tels que les inondations, le tourisme, etc. Lorsqu'il n'y a
pas d'usage, il n'y pas beaucoup de chiffres économiques crédibles à proposer.
De ce fait, il faut veiller à ne pas utiliser ces résultats pour définir des priorités
dans la préservation de l'environnement, on ne définirait comme prioritaire que
ce qui est déjà le mieux identifié comme utile et on négligerait les zones
remarquables, mais sans usage notable.

En outre, on peut évoquer l’évaluation de la beauté de ces zones. L'évaluation


économique ne peut pas faire grand-chose pour rendre justice à cette
« beauté », sans compter la subjectivité liée à cette notion.

De plus, il est extrêmement difficile d’évaluer les valeurs de non-usage à moins


d’appliquer des techniques telles que l’évaluation contingente. La démarche
générale implique de recueillir des informations sur ce que les intéressés sont
prêts à payer pour que les attributs de ces zones soient préservés ou encore
combien ils sont prêts à accepter en compensation pour la perte de certains de
ces attributs, voire de tous.

Enfin, il est peu aisé d’évaluer et de chiffrer toute valeur d’option associée à la
protection. En général, on estime que les valeurs d’option (y compris les valeurs
de quasi-option) attachées à la majorité des mangroves ou des marais peuvent
être très élevées car elles représentent des atouts uniques et irremplaçables
qui fournissent d’importants avantages pour l’environnement. On ne saisit pas
toujours, de prime abord, la valeur totale de ces avantages mais celle-ci peut
apparaître avec le temps, à condition que les marais ou les mangroves soient
préservées. Et c’est précisément parce que les valeurs d’option naissent de
l’incertitude qui plane sur d’éventuels avantages futurs des zones humides
qu’elles sont difficiles à estimer.

27
II. L’Analyses des données des contributions
économiques aux fonctionnalités des zones
humides

Nous avons vu dans la partie précédente le cadre qui sert à l’évaluation


économique des fonctions et services des zones humides. Dans cette partie
nous présenterons succinctement une réflexion sur l’évaluation économique,
puis nous opèrerons une analyse par la statistique descriptive des données,
puis une analyse de données, enfin nous expliquerons pourquoi nous n’avons
pas procédé à un traitement économétrique.

La Convention de Ramsar sur les zones humides d’importance internationale


est née de la volonté de promouvoir la conservation des zones humides ainsi
que leur utilisation et leur gestion rationnelle.

En effet, nous savons intuitivement que ces ressources peuvent être


importantes mais cela ne suffit peut-être pas pour garantir leur utilisation
rationnelle. Beaucoup de ressources naturelles sont complexes et
multifonctionnelles et la manière dont la myriade de biens et services fournis
par ces ressources affecte le bien-être de l’homme n’est pas forcément
évidente. Dans certains cas, il peut valoir la peine d’épuiser ou de dégrader les
ressources naturelles; dans d’autres, il peut être nécessaire de «s’accrocher» à
ces ressources. L’évaluation économique est un outil qui aide à prendre les
décisions difficiles qui s’imposent.

La réflexion autour de l’évaluation économique est ainsi liée aux services et


aux marchandises que les zones humides fournissent et qui ont été identifiés
comme étant vital à nombre de personnes sur cette Terre16.

Mais il faut garder en tête que l’évaluation économique n’est qu’un volet des
efforts déployés pour améliorer la gestion des ressources naturelles telles que
les zones humides. Lorsqu’ils choisissent la meilleure utilisation possible des
zones humides, les décideurs doivent également tenir compte de nombreux

16
Millennium Ecosystems Assessment, 2005

28
intérêts concurrentiels. L’évaluation économique peut éclairer ces décisions de
gestion mais uniquement dans le cas où les décideurs ont conscience des
objectifs généraux et des limites de l’évaluation.

A. Analyses au moyen de la statistique descriptive

La définition utilisée pour ne retenir que les études, entrant dans le cadre de
recherche préalablement établie, est celle donnée par le Convention de Ramsar
et communément admise. Si cette dernière n’était pas explicitement citée dans
les articles, il était procédé à une analyse plus approfondie afin de déterminer si
les zones humides étudiées répondaient bien à la définition donnée par la
Convention. Dans le cas contraire l’étude était écartée afin d'éviter l'inclusion
des écosystèmes qui ne sont pas généralement considérés comme des
mangroves, des marais littoraux ou estuariens.

Les données retenues par Woodward et al. (2000) ont servies de point de
départ à l’analyse. Les données originelles ont été complétées par de
nombreuses observations provenant des plus récentes études disponibles,
mais aussi en allant chercher des études plus anciennes ; et ce afin d’avoir une
image la plus large possible. Dans le but de réduire les biais résultants de la
prise en compte de données uniquement issues des publications scientifiques
reconnues, il a été procédé à des recherches du coté de la « littérature grise »,
telle que celle provenant des institutions publiques ou privées, ainsi que des
études de consultant ou cabinets-conseils.

Sur les 15 études collectées on a extrait 36 évaluations de la valeur des zones


humides retenues initialement. Le nombre maximum d’observations tiré d’une
étude est de 6 pour une moyenne de 2,4

Un historique des publications (cf. Figure 2 : Historique des publications)


permet de voir une augmentation significative des publications relatives aux
domaines d’étude ces dix dernières années ; il faut néanmoins nuancer cela par
le fait que la collecte principale de données s’est faite à partir de sites internet

29
tels que « Science Direct » où plus nous remontons dans le temps, moins nous
trouvons d’articles complets référencés.

Figure 2 : Historique des publications

En sus du nombre important d’observations concernant l’Amérique du Nord, on


note une concentration des études portant sur le continent asiatique, en
particulier la Chine et la Thaïlande.

Les études mettent plutôt l’accent sur une échelle locale d’étude (Figure 3 :
Répartition des échelles d'analyse). Cela peut être la résultante des
fonctionnalités et des environnements que l’on cherche à analyser et qui sont
plus facilement identifiables et analysable à une échelle locale plutôt que
régionale.

30
Figure 3 : Répartition des échelles d'analyse

Nous nous sommes aussi servis de la nomenclature donnée par la Convention


de Ramsar pour extraire les fonctionnalités (des marais estuariens et littoraux
ainsi que des mangroves) des différentes études, leur ventilation est donnée
dans la Figure 4 : Fonctionnalités établies par les études.

Figure 4 : Fonctionnalités établies par les études

On note une nette domination des fonctions hydrologiques, suivie par les
fonctions économiques, biologiques et enfin culturelles.

Un large panel de méthodes d’évaluations est disponible pour déterminer la


valeur des zones humides. Le nombre d’observations pour chaque méthode est
31
disponible dans la Figure 5 : Nombre d'observations pour chaque méthode
d'évaluation.

Figure 5 : Nombre d'observations pour chaque méthode d'évaluation

La méthode la plus communément utilisée est la méthode d’évaluation


contingente, elle permet de mesurer indirectement la valeur des fonctionnalités
au moyen de l’enquête.

De plus, une méthode est rarement utilisée pour déterminer au plus une
fonctionnalité, on voit même que certaines techniques sont quasiment utilisée
pour déterminer la valeur d’une unique fonctionnalité. En outre, les méthodes
d’évaluation contingente, des prix hédonistes et des coûts de déplacement sont
utilisés pour déterminer la valeur des aménités mais aussi la valeur récréative
des zones étudiées.

La méthode des coûts de remplacement est assez utilisée pour déterminer la


valeur des fonctions hydrologiques. Enfin la méthode des fonctions de
production sont plutôt utilisées pour mesurer la valeur des fonctions
biologiques.

32
Il n’est pas possible de déterminer de valeur moyenne pour chaque
fonctionnalité étant donné le fait que toutes n’utilisent pas les mêmes unités de
mesure.

Figure 6 : Ventilation des valeurs des contributions des études par plages

Néanmoins on note sur la Figure 6 : Ventilation des valeurs des contributions


des études par plages la présence de deux valeurs négatives indiquant que le
milieu considéré ne rend aucun service ou plutôt un « service négatif » qui
serait coûteux, pour la collectivité, d’en atténuer les effets.

B. Analyse de données

Après avoir procédé à une analyse statistique descriptive des données, nous
allons procéder à une analyse des données. Par cette méthode nous allons
essayer de convertir notre tableau de donnée17 en images synthétiques
dégageant de grandes structures et ce, en extrayant les données les plus
marquantes, les hiérarchisant et éliminant les aspects marginaux ou ponctuels
qui pourraient perturber la perception globale des faits.

Si nous avons choisi comme analyse de données, l’analyse des


correspondances multiples, c’est parce que cette dernière, en tant que

17
Le tableau de Burt rassemblant l’ensemble des informations est présent en annexe 2

33
généralisation de l’analyse factorielle des correspondances, permet de croiser
des individus à des variables qualitatives.

Par rapport aux modalités retenues initialement, nous posons différentes


hypothèses et l’ACM nous permettra de juger de l’existence ou bien de
l’absence dont nous avons fait l’hypothèse. Ainsi nous pouvons avoir comme
hypothèse qu’il existe une corrélation entre le(s) type(s) de fonctionnalité(s) qui
ont été associés à une zone et les méthodes d’évaluation de leur valeur. Nous
pouvons aussi nous interroger sur une possible corrélation entre les années et
la valeur que l’on attribue aux zones humides ; en effet avec l’importance
croissante de l’écologie dans la société ces dernières années on peut se
demander si avec les ans, la valeur des fonctionnalités augmente aussi.

Après analyse de la répartition de la variance, on ne retiendra que les quatre


premiers axes factoriels. En effet, une lecture du diagramme en bâton18 montre
un premier décrochage après le second axe et un second décrochage après le
quatrième.

Avec les R2 calculés et les p-value correspondantes19, nous pouvons observer


qu’il existe une dépendance entre les lignes et les colonnes.

Les axes 1 et 2 (Cf. Figure 7 : Graphique symétrique (axes F1 et F2 : 23,1%))


sont des axes à dominance géographique puisqu’ils incorporent des modalités
des variables échelles de l’étude, le continent où se situe l’étude ainsi que le
type de zone humide qui a fait l’objet de l’étude.

En outre, sur ces deux axes factoriels se trouve des modalités des variables
valeur de la zone humide ainsi que l’unité de mesure de la valeur de la zone
humide étudiée.

Deux grands groupes semblent se dégager de l’analyse, tout d’abord le groupe


d’études situant leurs analyses en Asie et privilégiant, à l’échelle régionale, des
valeurs élevées dans l’évaluation des contributions des mangroves ; évaluation
qui se mesure par hectare ainsi que par an.

18
Le diagramme est reproduit dans l’annexe 3
19
Le test d’indépendance complet est reproduit dans l’annexe 4

34
À l’inverse, nous trouvons dans l’autre groupe les études réalisées à l’autre
bout du monde, en Amérique, celles-ci regroupant les zones littorales et
estuariennes et où les contributions économiques évaluées sont beaucoup plus
faibles puisque comprises entre 0 et 40 USD, sans spécification de superficie
(ha) ou de temporalité (an).

Figure 7 : Graphique symétrique (axes F1 et F2 : 23,1%)

Les troisièmes et quatrièmes axes (Cf. Figure 8 : Graphique symétrique (axes


F3 et F4: 15,6%)), même si ils ne rassemblent pas les 23,1% de l’information
comme c’est le cas pour l’axe un plus l’axe 2, rassemblent tout de même 15,
8% de l’information.

Trois groupes semblent se détacher si nous observons le graphique, ces trois


groupes sont conditionnés par les fonctionnalités que les études ont dégagées
des zones humides étudiées mais aussi des méthodes qui ont été utilisées pour
évaluer ces fonctionnalités. Ces groupes indiquent en associant ainsi
fonctionnalité et méthode, la ou les méthode(s) qui ont été utilisée(s) pour
évaluer une ou des fonction(s) spécifique(s).

On ne peut se prononcer sur l’efficacité de telle ou telle méthode d’évaluation


pour des fonctions précises mais la présence de ces groupes peut indiquer qu’il

35
s’agit des méthodes les plus pratiques à mettre en œuvre pour obtenir des
résultats probants. Ainsi on peut supposer la fonction d’épuration de l’eau n’a
besoin que d’une analyse coût-bénéfice pour être évaluée car il s’agit là d’une
fonction hydrologique qui peut être aisément comparable avec des techniques
industrielles d’épuration ; avec néanmoins tous les problèmes qui sont posés
par cette méthode20.

Figure 8 : Graphique symétrique (axes F3 et F4: 15,6%)

Par contre, nous n’avons pas décelé de corrélation entre l’année et la valeur ; la
prise de conscience par l’opinion publique et par la société en général ne
semble pas influencer positivement ou négativement la valeur des fonctions des
marais littoraux, estuariens ou des mangroves. Et ce, même pour les types
d’évaluation qui font directement appel aux individus ; par exemple dans le
cadre des méthodes d’évaluation contingentes.

20
Voir à ce sujet les critiques qui sont apportés envers certaines études dans la troisième partie de ce
travail.

36
C. Analyse économétrique

Initialement il était prévu de procéder à un traitement économétrique des


données, et ce afin de dégager les facteurs explicatifs du modèle, montrer
comment une variable endogène (la valeur des services) évoluait par rapport à
une variable exogène (la méthode d’obtention des résultats par exemple) et ce
pour les marais estuariens et littoraux ainsi que les mangroves.

Mais l’échantillon obtenu était peu pertinent du fait du faible nombre


d’observations, et ne pouvait offrir in fine au modèle (logit ou probit) un pouvoir
explicatif satisfaisant.

Néanmoins, il serait plus qu’intéressant de réaliser ce travail qui pourrait offrir


de nombreuses pistes de réflexions intéressantes.

37
III. Lecture critiques de deux articles

Dans cette troisième partie nous allons essayer de porter un regard critique sur
la littérature que nous avons eu à analyser

Nous allons aussi nous attarder sur la pertinence des concepts et


nomenclatures qui peuvent, à partir d’une même base de données, offrir des
résultats très différents. Enfin nous nous pencherons sur le problème de
cohérence des indicateurs utilisés

A. Net ecosystem services value of wetland: Environmental


economic account : critique d’une mécanique21

Les auteurs se fixent comme objectif de réaliser une analyse coût-bénéfice


environnementale sur les zones humides estuariennes de la région de Pékin
(Beijing), et de réaliser une autre évaluation dans la région du Sanyang,

Tout d’abord les auteurs posent la variable Va, symbolisant la valeur perdue
résultant de l'accumulation de déchets. Une valeur négative se produit lorsque
l'accumulation de déchets dépasse la capacité de purification de l'écosystème.
Pour les auteurs, cette variable est nulle, pour eux, les capacités d’absorption
de la pollution du milieu sont suffisamment efficaces pour qu’il n’y ait pas de
pollutions dans les effluents. Nous pouvons douter de cette affirmation, en effet,
des cas de pollutions de zones humides font chroniquement la une des médias
généralistes22.

Par ailleurs, il nous est présenté une méthode de dépollution par les boues
activées, mais nulle part il n’est fait mention des capacités réelles de traitement,
de leur efficacité. En outre, dans la construction du coût de traitement via les
boues activées ; les auteurs ne comptent pas les frais de collecte des eaux
usées, ainsi que la mise en place des infrastructures telles que les
canalisations, nous sommes donc confrontés à une estimation beaucoup plus

21
Chen, Z. M., G. Q. Chen, et al. (2009)
22
Les zones côtières de la Chine sont gravement polluées (09/06/2008) ; http://tinyurl.com/n2qdqg

38
faible que le coût réel du traitement. Enfin ; si nous pouvons supposer que la
méthode par les boues activées n’est pas la seule façon qui soit mise en place
aux environs de Pékin pour dépolluer les eaux, cette précision n’est présente
nulle part, de même que l’importance qu’elles occupent vis-à-vis de la méthode
par les boues révélées. Cela pourrait in fine avoir une incidence s’il s’avère que
les coûts, dans leur ensemble, sont à même d’inverser le raisonnement des
auteurs et de rendre meilleure la qualité de l'eau des effluents, en comparaison
avec les zones humides de Pékin

On ne peut remettre en cause la méthode de calcul de la valeur des produits


des zones humides ; néanmoins on peut s’interroger sur la prise en compte
d’une seule ressource comme étant parfaitement représentative de l’ensemble
des possibilités qui sont offertes par la zone. Par ailleurs, se fixer uniquement
sur les quantités déclarées ainsi que sur le prix du marché pour déterminer
toute la valeur peut laisser de côté une partie de la production qui ne suit pas
les circuits traditionnels de distribution.

Lorsque les auteurs s’interrogent sur la façon d’attribuer une valeur au service
de gestion des gaz à effet de serre on peut s’interroger sur l’utilisation du prix
du marché pour l’oxygène ou pour la tonne de carbone. En effet, l’air, ou la
pollution, sont des biens publics, et à ce titre leurs utilisations sont non-rivales
et non-exclusives. A ce titre laisser au marché la liberté, in fine, de fixer la
valeur de la dépollution offerte par les zones humides est sujette à caution (voir
à ce sujet toute la littérature sur la fixation des coûts de dépollution offert par la
nature)

Par ailleurs, cette simplification du calcul par l’utilisation d’une seule espèce
végétale en guise de moyenne de tout ce dont on peut trouver dans les zones
est peut être une simplification peut être exagérée ; en effet, il n’est que peu
préciser ce qui a présidé à ce choix ; on aurait aimé avoir une ventilation plus
précise des espèces végétales que l’escompte trouver dans ces zones afin de
savoir plus précisément comment peut s’opérer la dépollution. Certaines

39
tendent à montrer qu’il exister une grande diversité biologique au sein des
mangroves chinoises et il est réducteur de tout résumer à un seul facteur.23

On peut s’interroger sur la pertinence à reprendre les résultats d’une autre


étude pour le calcul pour la valeur de l’habitat avec, certes, un réarrangement.
Quel est l’intérêt de reprendre une étude, faite dans un cadre particulier dont
on ne sait pas grand chose, pour l’appliquer dans un autre contexte en partie ou
complètement différent.

Cette interrogation se retrouve d’ailleurs tout au long de cette étude, et


l’observation précédente s’applique ici aussi. Ainsi il n’est pas précisé beaucoup
de chose par rapport à cette réutilisation.

On peut aussi reprocher aux auteurs le fait de ne pas avoir poussé très loin leur
analyse (comparer leur théorie avec une vraie étude de terrain)

Cette étude se veut par trop mécanique dans le programme qu’elle avance pour
s’adapter aux spécificités des zones humides littoraux, estuariennes, et des
mangroves.

B. Use of environmental functions to communicate the values


of a mangrove ecosystem under different management
regimes24

Gilbert et Jansen proposent une méthode pour inclure les données obtenues
par les écologistes dans l’analyse économique, et ce pour permettre une
gestion plus efficace et efficiente des forêts des mangroves.

Mais leur méthodologie n’est pas exempte de tous défauts.

1. Pêcheries

Ainsi, ces auteurs s’intéressent aux pêcheries ; ils posent que la variable
productivité est la résultante de l’agrégation des stocks ainsi que des flux

23
Li (1997)
24
Janssen, R., A. Gilbert, et al. (2000)

40
associés avec la fixation du carbone, ainsi que du stockage et du recyclage du
carbone et des nutriments. Néanmoins on peut s’interroger sur l’absence, dans
cette estimation, de l’inclusion de la prévision des stocks ainsi que le fait que
cette estimation soit basée sur un échantillon incomplet.

De plus, si on en croit Ong et Padilla (1997), les pêcheries situées dans les
mangroves entrent pour 98,8% du revenu total de toutes les pêcheries. Or
Gilbert and Janssen assurent que 87.75% du prix du poisson couvre les coûts
d'exploitation et représente 12,25% de la valeur in situ. Ce coût d'exploitation
est basé sur le rapport de 1996 du National Statistical Coordinating Board sur
les ressources issues de la pêche marine aux Philippines. Selon ce rapport, sur
les 207 établissements de pêche de l’étude, la majorité, 47.3%, sont des
exploitations piscicoles (aquaculture), 40.1% vont aussi pêcher de façon
conjointe en mer, près de la côte et dans les eaux intérieures, et 12.6% ont
d’autres activités de pêche. Les réflexions de Gilbert & Janssen, sur la valeur
brute des produits de la pêche, s’appliquent alors à l'aquaculture ou à la pêche
commerciale, mais pas aux mangroves.

Par ailleurs, Gilbert and Janssen échouent à reconnaitre l’apport conséquent


des mangroves à la pêche au large en la qualifiant de « minimale ». En effet,
de nombreuses études ont montré qu’il y avait corrélation entre le rendement
de la pêche en mer et l’état des mangroves. Bien que les mécanismes derrière
ces corrélations restent peu clairs, les écologistes montrent l’importance des
détritus et des éléments nutritifs produits ou stockés dans les mangroves qui
servent d’abris mais aussi de ressource alimentaire aux poissons.

En outre, ni Gilbert, ni Janssen, ne tiennent compte dans leurs calculs des


estimations de la productivité et ainsi que la valeur des mollusques qui pullulent
en ces lieux. Et même si leur récolte constitue une importante place dans
l’économie des mangroves, les interactions qui peuvent exister entre les
mangroves et autres écosystèmes côtiers, comme les herbiers et les récifs
coralliens n’apparaissent pas dans cette analyse.

Tout cela contribue, de la part de Gilbert et Janssen à une importante sous


estimation de l'effort de pêche et donc à une sous-estimation de sa valeur.

41
D’une manière plus générale, la pêche au large, les interactions mer-côte, la
collecte des autres produits de la pêche sur le site ne sont pas reconnus ni
valorisés.

2. Services

Une autre lacune importante dans cette étude est le fait que les services
écologiques ne soient pas évalués et, par conséquent, que le coût d'opportunité
de la perte de services est ignorée dans le cas de la conversion des mangroves
en quelque chose d’autre.

Une objection, peut, par ailleurs, être apportée quant au fait que les auteurs
refusent d’attribuer une valeur d'élimination des déchets de la mangrove sous le
prétexte que la pollution de l'eau n'est pas un problème à l'heure actuelle. 25 Et
même si on peut supposer que Pagbilao ne connaisse pas actuellement une
crise aiguë de l'eau ; les futurs dépôts de nutriments et de polluants provenant
des activités humaines associées à une vaste suppression des mangroves
existantes pourrait conduire à de graves problèmes environnementaux. Par
conséquent, le principe de précaution devrait être appliqué, et une valeur
devrait être attribuée à ce service.

Pour généraliser on pourrait dire que la valeur des mangroves est largement
sous-estimée, alors que la valeur des solutions de gestion de la conversion de
la forêt est surestimée, car le coût d'opportunité de la perte de services
écologiques est ignoré.

3. Aquaculture

L’étude de l’aquaculture par les auteurs amène différentes critiques.

Tout d’abord les coûts externes à la société issus de la libération par


l'aquaculture de déchets ne sont pas comptabilisés, ensuite le risque de
pollution et l'auto-effondrement de systèmes d'aquaculture n'est pas reconnu.

25
« Since water pollution is not a problem in Pagbilao this value cannot be attributed to waste disposal
in Pagbilao » (p339)

42
En effet, Gilbert et Janssen posent que les alternatives de gestion actuelles
sont durables26. On peut contester cette affirmation. En effet, il n’est pas
ubuesque d’imaginer que les ressources collectées sur de grandes surfaces,
sont introduites et utilisées dans le site de production de l'aquaculture puis
relâchées dans l'environnement dans des formes concentrées de nutriments et
de polluants, ce qui provoque divers problèmes

En appliquant le principe pollueur-payeur et l'internalisation des coûts


environnementaux, l'aquaculture aurait à payer à la société les coûts externes
résultants de l'impact sur l’environnement des déchets libérés.

L'étude de Gilbert et Janssen a sous-estimé la valeur des mangroves à soutenir


la production de la pêche en supposant un coût d'exploitation élevé à tort pour
la pêche sur place, en ne reconnaissant pas l'importance commerciale des
autres types de pêche pratiqués dans la zone, et en excluant de l’analyse les
autres pêches soutenues directement ou indirectement par les mangroves. En
outre la valeur des services écologiques n'a pas été quantifiée, et ce alors
même qu’elle constitue la principale valeur des mangroves. En conséquence, le
coût d'opportunité de la perte de ces services n’est pas intégré dans l'évaluation
de la valeur des mangroves.

En conclusion, en sous-estimant nettement la valeur des mangroves, et en


surestimant la valeur et la durabilité de la gestion des solutions de rechange les
résultats et les conclusions de l'étude s’en trouvent grandement changées.

26
« wastes released by the ponds into the nearby environment do not overload the system’s capacity
for self-purification and so good water quality is maintained »

43
Conclusion

Nous avons essayé de fournir un bref aperçu de la littérature et évaluation des


zones humides estuariennes, littorales ainsi que des mangroves et tenté
d'identifier l'importance du physique et du socio-économique et d'étudier les
caractéristiques qui déterminent la valeur des zones humides.

Nous avons vu que cette évaluation des zones humides par la littérature est
quelque chose d’extrêmement varié en termes de valeurs estimées, de types
de zones humides considérés et de méthodes d'évaluation utilisées.

Les méthodes d'évaluation économique utilisées sont également diversifiées et


englobent des méthodes directes comme l'étude des préférences exprimées,
des méthodes indirectes comme l'étude des frais de déplacement et de la
valeur de production ou l'évaluation de la rentabilité nette, et des méthodes
d'évaluation approximative comme l'examen des coûts de remplacement et
l'évitement des dommages. Même pour un site ou un avantage donné, un
chercheur peut parvenir à des conclusions fortes différentes selon la méthode
d'évaluation qu'il utilise.

De plus dans le cadre d’une évaluation contingente, les individus sont


interrogés sur leur capacité à payer pour, par exemple, la mise en place d’un
programme de réhabilitation d’un marais estuarien, mais, bien souvent lors de
la présentation dudit programmes aux individus, les mécanismes qui le
régissent sont souvent assez flous. Nous ne savons souvent pas si les individus
comprennent réellement l’état est le marais et ce qu’on ambitionne qu’elle
devienne, ou bien le statut juridique, la procédure utilisée pour la réhabilitation.
Par ailleurs, il n’est souvent pas précisé quel degré de précision est nécessaire
dans la distinction des habitats (par fonction, par région, etc.) et des espèces
(menacées ou vulnérables) auxquels il faut attribuer une valeur et aussi ce que
l’on souhaite mesurer exactement. Enfin, nous ignorons souvent quelles
ressources humaines et financières sont disponibles pour accomplir le
programme et quelles institutions étatiques, régionales, sont concernées par
l’application de ce programme. En outre quand il est question de durée ; il n’est
que peu souvent précisé combien de temps va prendre la réhabilitation,

44
combien de temps les individus devront payer, ou encore la durée de vie de la
réhabilitation que l’on escompte.

Par ailleurs, si les études montrent plus ou moins clairement qui devra payer la
réhabilitation, à l’inverse, ces études sont beaucoup moins prolixes quand il
s’agit de préciser qui est le destinataire final de ce consentement à payer. En
effet, lors de la détermination du consentement à payer, l’étude se concentre
presque toujours sur les individus qui sont directement touchés ou situés dans
la zone humide que l’on étudie. Cela emmène à se poser la question de
comment faire la différence sur des usages actifs des services délivrés et les
usages passifs que ceux ce fournissent. De plus, il est délicat dans ces
situations de tracer la limite d’influence des services délivrés et il apparait
relativement logique de penser qu’au final le nombre des utilisateurs passifs soit
supérieur à celui des utilisateurs actifs avec toutes les conséquences que cela
induit.

Il peut être utile d’identifier au sein de l’échantillon la distribution des capacités


à payer pour les usagers et les non usagers des zones humides. Néanmoins
l’évaluation directe des capacités à recevoir n’est pas favorisée par les auteurs
car elle tend à encourager les comportements stratégiques pouvant
s’apparenter à de la recherche de rente.

En outre, il convient de rappeler que pour la notion de valeur, l’argent seul ne


suffit pas à la donner. Les êtres humains ne peuvent pas se passer de la
nature pour lui fournir l’air, l’eau et l’énergie indispensables à la vie. Les
écosystèmes participent à la diversité du monde, façonnent sa culture et son
identité, apportent de la beauté, de la poésie, des lieux de calme ou de
méditation, etc. Autant d’aspects qui n’ont généralement pas de prix et qui, par
conséquent doivent faire l’objet d’une évaluation spécifique.

L'emplacement de la valeur des sites reflète un changement dans le champ


d'application géographique des études d'évaluation qui a eu lieu au cours de la
dernière décennie. En ce qui concerne les précédents examens dans la
littérature des valeurs des zones humides, l'ensemble des données est
beaucoup plus orientées vers l'Amérique du Nord et inclut un grand nombre

45
d'études provenant d'autres régions, en particulier d'Asie, moins d’Europe.

Nous avons vu que les milieux humides produisent simultanément un certain


nombre d'avantages allant de l'épuration de l'eau et du recyclage des éléments
nutritifs à la prévention des inondations et aux occasions de loisir.
Contrairement à ce qu’il se passe avec de nombreux avantages économiques
classiques, un certain nombre de personnes peuvent jouir de ces avantages
sans que leur valeur pour chaque individu en souffre le moindrement. Par
exemple, alors que toute une collectivité profite de l'eau pure produite par un
milieu humide, seules quelques personnes peuvent profiter des unités de
logement érigées sur un milieu humide remblayé. Le fait que les milieux
humides non perturbés soient une source d'avantages multiples, contrairement
aux avantages économiques courants, est souvent passé sous silence.

Il n'est pas toujours approprié d'attribuer une valeur économique aux avantages
fournis par les milieux humides. L'évaluation économique doit être perçue
comme un outil pour ceux qui doivent décider où et quand protéger des aires
naturelles. Cette approche peut se révéler particulièrement utile lorsqu'une
nouvelle utilisation proposée présente une grande valeur économique perçue. Il
est cependant important de veiller à ce que l'évaluation économique d'un milieu
humide ne soit pas bâclée, toute analyse précipitée menant inévitablement à
une grossière sous-évaluation d'un système

Bien que les évaluations économiques des aires naturelles permettent une
meilleure mesure de l'efficience économique globale, elles ne constituent qu'un
facteur dans la plupart des processus décisionnels. Le choix le plus rentable au
plan économique n'est pas nécessairement le choix le plus acceptable au plan
social ni le plus avantageux pour l'environnement.

La science de l'évaluation économique des milieux humides est encore


relativement jeune et en pleine croissance, et des améliorations sont
constamment apportées aux méthodes proposées à ce jour. En raison de la
complexité des écosystèmes des milieux humides, il est difficile d'établir une

46
valeur globale. C'est pourquoi de nombreux chercheurs se sont appliqués à
évaluer un ou deux avantages particuliers. Dans certains cas, une évaluation
partielle convient; dans d'autres, il peut être préférable d'établir une valeur
globale. La détermination de la valeur de services naturels comme la filtration
de l'eau, la prévention de l'érosion ou le piégeage des sédiments est un
concept beaucoup plus récent que l'établissement de la valeur d'activités
traditionnelles fondées sur l'exploitation ou l'extraction des ressources comme
la pêche et la chasse. Toutefois, il est maintenant établi que de nombreux
habitats naturels, en particulier les milieux humides, ont une très grande valeur
économique. Dans certains cas, une évaluation partielle convient; dans
d'autres, il peut être préférable d'établir une valeur globale.

Il faut enfin noter une chose qui ne transparait pas dans les études ; c’est le fait
de savoir si les utilisations actuelles d’un marais estuarien ou d’une mangrove,
par exemple, sont durables. À long terme, les utilisations directes, telles que la
pêche et la récolte du bois d’œuvre peuvent affecter profondément les relations
écologiques. Les rapports entre les utilisations directes actuelles et la viabilité à
long terme d’importantes fonctions écologiques ne sont pas forcément visibles
dans l’immédiat. Il faut donc s’efforcer de déterminer le «rendement durable»
des ressources des zones humides en rapport avec les utilisations directes
actuelles. Il faut tenir compte, dans l’analyse, des taux de récolte ou
d’exploitation actuels lorsqu’il est clair qu’ils dépassent le rendement durable
des ressources de ces zones. Pour ce faire, on peut introduire un autre
scénario de durabilité dans l’évaluation et conduire une analyse comparative. Si
cette analyse révèle que ce scénario apporte des avantages sociaux plus
élevés que le scénario d’utilisation actuelle, il est clair que le premier est,
socialement, un meilleur choix. Une deuxième méthode consiste à incorporer
dans un «portefeuille» de projets au moins un projet de compensation pour
l’environnement afin d’atténuer la dégradation de l’environnement causée par
d’autres projets et de garantir la durabilité globale des systèmes naturels27.

De manière générale, et dans quasiment l’ensemble des études que nous


avons eu à analyser, la présentation de l’objectif à atteindre se fait d’un bloc.

27
Barbier, Markandya et Pearce, 1990

47
Nous entendons par là que les individus que l’on consulte ont des préférences
identiques pour l’ensemble des services et fonctions offerts par les zones
humides. Nous pouvons nous interroger sur ce caractère d’homogénéité, il est
tout à fait possible que les agents ait un classement de leur préférence envers
les services offerts par les zones humides et une évaluation « monobloc »
parait peu efficiente. Pour remédier à cela, nous pouvons imaginer la
construction de différents offres ou packages présentant à l’individu différents
classements d’importance qu’il peut accorder aux services de la zone humide.
Si on souhaite mettre en application cette façon de procéder, on peut ensuite
déduire du classement des différents packages un coût de substitution. Un
dernier intérêt à cette méthode est qu’elle n’oblige plus l’individu à se prononcer
sur la protection ou la réhabilitation complète, par exemple, d’un service
particulier mais juste sur le niveau de service correspondant à ses préférences.
Enfin, cette approche permettrait de ne plus avoir le problème selon lequel les
services ne sont pas forcément compatibles entre eux, puisque dans la
construction même de l’évaluation nous tiendrions compte de ces impératifs.

Tel que mentionné, cette analyse se veut être une première étape dans une
plus large démarche. Elle essaye de montrer les limites théoriques de la
détermination des contributions économiques des services des marais littoraux,
estuariens et des mangroves. Elle essaye de montrer l’importance des
compétences humaines impliquées dans la mise en œuvre de ces méthodes
d’évaluation. Enfin elle pose un certain nombre de questions d’ordre plus
pratique, dont les réponses théoriques et pratiques, justes esquissées ici,
peuvent enrichir considérablement l’analyse.

48
Annexes

Annexe 1 : Ventilation de la valeur économique totale des zones


humides

Usage Futur
Usage Non Usage

Valeur économique totale

USAGE NON USAGE

Valeur d’usage Valeur d’usage Valeur d’usage Valeur d'option Valeur Valeur
direct indirect actif induit d’héritage d'existence

Prestations Avantages Facteurs de Usage potentiel Conservation Valeur placée sur


directement fonctionnels production futur pour générations le non-usage
consommables futures

• Nourriture • Fonction de •Fonction de • Conservation, • Habitats et • Habitats,


protection production durabilité écosystèmes écosystèmes
• Bois
• Fonctions • Alimentation • Production • Changements • Espèces en
• Biomasse
écologiques de l’irrigation et de la diversité irréversibles danger
• Externalités de l’industrie biologique
• Fonction • Paysage
hydrologique • Conservation
d’habitats

• Paysage

49
Echelle Méthode Méthode
Random
utility
model;
Contingent Cost- Travel Discrete
valuation benefit Hedonic cost choice Replacement Opportunity Production Damage-cost Épuration
Locale Régionale method analysis
Market prices pricing method model cost method cost function approach de l'Eau
Locale 25 0
Echelle Régionale 0 11
Contingent valuation method 9 4 11 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Market prices 0 4 0 4 0 0 0 0 0 0 0 0
Cost-benefit analysis 4 0 0 0 4 0 0 0 0 0 0 0
Hedonic pricing 3 0 0 0 0 3 0 0 0 0 0 0
Travel cost method 3 0 0 0 0 0 3 0 0 0 0 0
Random utility model; Discrete choice model 2 0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0
Replacement cost method 2 0 0 0 0 0 0 0 2 0 0 0
Opportunity cost 2 0 0 0 0 0 0 0 0 2 0 0
Production function 0 2 0 0 0 0 0 0 0 0 2 0
Méthode Damage-cost approach 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1
Épuration de l'Eau 5 3 1 1 2 0 0 1 2 0 0 0 8
Produits des Zones Humides 3 2 1 0 0 0 0 0 0 2 2 0 0
Loisirs et Tourisme 3 2 3 1 0 0 0 1 0 0 0 0 0
Réservoirs de Diversité Biologique 4 0 2 0 0 0 2 0 0 0 0 0 0
Atténuation des Changements Climatiques 2 1 2 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0

50
Recharge des Eaux Souterraines 2 1 0 1 2 0 0 0 0 0 0 0 0
Stabilisation du Littoral et Protection contre les Tempêtes 2 1 0 0 0 1 1 0 0 0 0 1 0
Maîtrise des Crues 2 1 1 0 0 2 0 0 0 0 0 0 0
Rétention et Exportation des Sédiments et Nutriments 1 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Fonctions Valeur Culturelle 1 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Estuaire 21 2 11 0 2 2 2 2 2 2 0 0 5
Annexe 2 : Tableau de Burt

Type de zone Littorale 0 2 2 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0


humide étudiée Mangrove 4 7 0 4 2 1 1 0 0 0 2 1 3
Amérique du Nord 9 2 8 0 1 0 1 2 0 0 1 0 3
Europe 2 1 3 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1
Asie 13 6 2 4 2 3 2 0 2 2 1 1 3
Continents Océanie 1 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 1
Années 80 1 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0
Années 90 4 3 3 0 2 0 0 2 0 0 0 0 5
Année de publication Années 2000 20 8 10 4 2 2 2 0 2 2 2 1 4
Dollar/personne/an 2 1 3 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1
Dollar/ha/an 15 5 2 4 4 3 2 0 2 2 1 0 5
Dollar/menage/an 5 1 5 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0
Dollar/an 3 1 1 0 0 0 1 2 0 0 0 0 2
Unité de mesure Dollar 0 3 2 0 0 0 0 0 0 0 1 0 1
Valeur négative 2 0 1 0 0 0 0 0 1 0 0 0 1
De 0 à 40 euros 10 1 8 0 0 0 1 2 0 0 0 0 2
De 41 euros à 1000 euros 9 3 2 0 2 2 1 0 1 2 1 1 2
Valeur_PPA Plus de 1000 euros 4 8 2 4 2 1 1 0 0 0 1 0 4
Méthode Fonctions Type de zone humide étudiée Continents Continents Année de publication
Stabilisation
Produits Réservoirs Atténuation du Littoral et Rétention
des de des Recharge Protection et Exportation
Damage-cost Épuration Zones Loisirs Diversité Changements des Eaux contre les Maîtrise des Sédiments Valeur
approach de l'Eau Humides et Tourisme Biologique Climatiques Souterraines Tempêtes des Crues et Nutriments Culturelle Estuaire Littorale Mangrove Amérique Europe Asie Océanie Années 80
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0 8 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 5 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 4 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 4 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 3 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 3 0 0 0 0

51
1 0 0 0 0 0 0 3 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 2 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1
0 5 3 3 4 2 2 0 2 1 1 23 0 0
0 0 0 1 0 0 0 0 1 0 0 0 2 0
1 3 2 1 0 1 1 3 0 0 0 0 0 11
0 3 2 2 1 0 0 1 1 1 1 7 2 3 13 0 0 0
0 1 0 2 1 0 0 0 0 0 0 4 0 0 0 3 0 0
1 3 3 1 2 3 3 2 2 0 0 12 0 7 0 0 19 0
0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 1
0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 1 1 0 0 0 1
0 5 0 1 0 0 0 0 1 0 0 3 2 2 6 0 0 1 0
1 4 5 3 4 3 3 2 2 1 1 20 0 8 6 3 19 0 0
0 1 1 1 1 0 0 0 0 0 0 3 0 0 5 2 0 0 0
0 5 3 1 2 3 3 1 2 0 0 12 0 8 1 0 10 1 0
1 0 0 1 1 0 0 1 0 1 1 5 0 1 1 0 1 0 0
0 2 0 1 0 0 0 1 0 0 0 3 0 1 3 1 0 0 1
0 1 1 0 0 0 0 0 1 0 0 0 2 1 3 0 0 0 0
0 1 0 0 0 1 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 2 0 0
0 2 1 3 3 0 0 0 0 1 1 11 0 0 7 3 1 0 0
1 2 3 0 1 1 2 1 2 0 0 10 0 2 1 0 11 0 0
0 4 1 1 0 1 1 2 1 0 0 0 2 9 5 0 5 1 1
Continents Année de publication Unité de mesure Valeur_PPA
De 41 euros
Dollar/pers Dollar/ha/a Dollar/men Valeur De 0 à 40 à 1000 Plus de
Océanie Années 80 Années 90 Années 2000 onne/an n age/an Dollar/an Dollar négative euros euros 1000 euros

années 2000 52
valeurs négatives

années 80
années 90
0 à 40€
41 à 1000€
1 000 €
0
0
0

Légende des abréviations


1
0 1 0 0
1 0 7 0
0 0 0 28
0 0 1 2 3 0 0 0 0
1 0 2 18 0 20 0 0 0
0 0 0 6 0 0 6 0 0

val1
val2
val3
val4
ann1
ann2
ann3
0 1 2 1 0 0 0 4 0
0 0 2 1 0 0 0 0 3
0 0 0 2 0 2 0 0 0 2 0 0 0
0 0 2 9 2 1 5 3 0 0 11 0 0
0 0 1 11 1 11 1 0 0 0 0 12 0
1 1 4 6 0 6 0 1 3 0 0 0 11
Annexe 3 : Données de l’analyse

percentage of variance percentage of variance


dim 1 12,0811706 dim 18 1,606000667
dim 2 11,02200257 dim 19 1,410162635
dim 3 7,961819296 dim 20 1,19771802
dim 4 7,634938185 dim 21 0,947063104
dim 5 6,463801496 dim 22 0,786084469
dim 6 5,904889376 dim 23 0,44015671
dim 7 5,649997123 dim 24 0,425411878
dim 8 5,365964156 dim 25 0,185202437
dim 9 4,795350803 dim 26 0,171806755
dim 10 4,621380811 dim 27 0,13159738
dim 11 3,794879966 dim 28 0,094544939
dim 12 3,436567129 dim 29 0,054038862
dim 13 3,22801623 dim 30 1,99E-31
dim 14 3,03030303 dim 31 1,95E-31
dim 15 3,018756213 dim 32 1,72E-31
dim 16 2,584836109 dim 33 6,97E-32
dim 17 1,955539041

53
Annexe 4 : Test d’indépendance
Dim 1
quality R2 p,value
Continent 0,7368 0
Valeur_PPA 0,7198 0
Méthode 0,8391 0
Unité de mesure standardisée 0,7163 0
Type de zone humide étudié 0,336 0,0012
Fonctionnalités 0,4781 0,0253
category Estimate p,value
val2 0,9535 0
Contingent valuation method 0,8786 0
Random utility model_Discrete choice model 1,3654 0
Europe 0,8337 2,00E-04
Amérique 0,4585 0,0023
Dollar/personne/an 0,4877 0,0211
Dollar/an 0,3719 0,0462
Océanie -0,6145 0,0208
Recharge des Eaux Souterraines -0,8432 0,0177
val4 -0,3438 0,0169
Mangroves -0,651 0,0068
val3 -0,3637 0,0044
Market prices -0,6424 6,00E-04
Asie -0,6777 0
Dollars/ha/an -0,9163 0
Dim 2
quality R2 p,value
Type de zone humide étudié 0,7733 0
Valeur_PPA 0,6466 0
Échelle étudiée 0,4204 0
Unité de mesure standardisée 0,5667 0
Année de publication 0,4301 1,00E-04
Continent 0,2772 0,0145
category Estimate p,value
Littorale 1,1344 0
val4 0,9318 0
Dollar 1,3224 0
Régionale 0,4745 0
Dollar/personne/an -0,4911 0,0466
val3 -0,276 0,0375
val1 -0,5518 0,0235
ann3 -0,6754 0,0183
Dollar/ménage/an -0,5032 0,0096
Dollars/ha/an -0,4451 0,0088
Locale -0,4745 0
Estuaire -1,0203 0

54
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58
Table des matières

AVERTISSEMENT AU LECTEUR ..................................................................... 2


Sommaire .......................................................................................................... 3
Résumé : .........................................................................................................................4
Abstract...........................................................................................................................4
Introduction ...................................................................................................... 5
I. Définition du cadre de base ...................................................................... 8
A. Une multiplicité de définitions des zones humides ....................................................8
1. Des définitions nationales ou locales très diverses ...................................................... 8
2. Un consensus international......................................................................................... 12
B. Prolégomènes à l’étude économique des fonctionnalités des zones humides
estuariennes, littoraux et des mangroves. ...................................................................... 13
1. Les fonctions................................................................................................................ 14
2. Les services environnementaux .................................................................................. 15
3. La valeur ...................................................................................................................... 16
4. Le bénéfice marchant et le bénéfice non marchand .................................................. 17
C. Les services offerts par les zones humides pour la Convention de Ramsar ................ 18
D. Les spécificités des mangroves, marais littoraux et estuariens ................................. 20
1. Les mangroves ............................................................................................................. 21
2. Les marais littoraux ..................................................................................................... 22
3. Les marais estuariens .................................................................................................. 23
4. Fonctions et valeurs communément associées aux mangroves, aux marais littoraux
et estuariens ........................................................................................................................ 24
E. De la difficulté à définir correctement les services délivrés par une zone humide
estuarienne, littorale, ou les mangroves. ........................................................................ 25
II. L’Analyses des données des contributions économiques aux
fonctionnalités des zones humides .............................................................. 28
A. Analyses au moyen de la statistique descriptive ...................................................... 29
B. Analyse de données ................................................................................................ 33
C. Analyse économétrique .......................................................................................... 37
III. Lecture critiques de deux articles ....................................................... 38
A. Net ecosystem services value of wetland: Environmental economic account : critique
d’une mécanique ........................................................................................................... 38

59
B. Use of environmental functions to communicate the values of a mangrove ecosystem
under different management regimes ............................................................................ 40
1. Pêcheries ..................................................................................................................... 40
2. Services........................................................................................................................ 42
3. Aquaculture ................................................................................................................. 42
Conclusion ...................................................................................................... 44
Annexes .......................................................................................................... 49
Annexe 1 : Ventilation de la valeur économique totale des zones humides ...................... 49
Annexe 2 : Tableau de Burt ............................................................................................ 50
Annexe 3 : Données de l’analyse .................................................................................... 53
Annexe 4 : Test d’indépendance ..................................................................................... 54
Bibliographie .................................................................................................. 55
Sites web: ............................................................................................................................ 58
Table des matières ......................................................................................... 59

60