L'alliance Renault-Nissan
L'alliance Renault-Nissan
Renault-Nissan
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Sommaire
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En 1999, Renault est le 4e constructeur de véhicule à moteur en Europe
Occidentale, derrière Volkswagen, PSA et Ford. Depuis le 27 mars 1999,
l’entreprise est associée au japonais Nissan dans le cadre d’une alliance
stratégique sous forme de participations croisées. Cette coopération entre les
deux constructeurs automobiles fera l’objet d’une analyse approfondie dans ce
dossier. Renault est également partenaire de constructeurs locaux en Inde ou au
Brésil, ce qui lui permet d’être présent dans les économies émergentes.
Cependant, son principal débouché reste l’Europe qui représente plus de trois
quarts de son chiffre d’affaires. Comme ses concurrents, Renault doit faire face à
un environnement économique en mouvement et à l’accroissement des tensions
concurrentielles. A court terme, l’entreprise vise à une amélioration de sa
trésorerie en réduisant ses stocks. Renault compte aussi réduire ses couts de
production, notamment en approfondissant les synergies avec Nissan. Renault
souhaite également accroitre un peu plus sa présence dans les pays émergents
pour tirer parti de la croissance de ces régions.
ACTEURS PRINCIPAUX
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production de véhicules automobiles (constructeurs, équipementiers,
fournisseurs).
En Europe, le premier d'entre eux est Volkswagen, qui, avec une part de
marché de 18,2 % au premier semestre 2000, devrait subi un certain
tassement de ses ventes suite à la contraction du marché automobile
allemand. De plus, le groupe n'a prévu de lancer que deux nouveaux
modèles, représentant de faibles volumes. La principale force de
Volkswagen c’est qu’elle bénéficie d'un " effet plate-formes " (c'est-à-dire
que de nombreuses pièces sont communes à plusieurs modèles)
particulièrement positif à la productivité du groupe.
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10,8 %. Cependant, le groupe poursuit ses opérations stratégiques en vue
d'accélérer ses perspectives de croissance : l'alliance avec Nissan doit
avoir des retombés positifs dans l’année ou les deux ans à venir.
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Parmi les grands groupes mondiaux, on retrouve en tête de liste General
Motors, Toyota, Daimler-Chrysler ou encore Honda.
Nombre de véhicules
Constructeurs Rang
produits (en milliers)
General Motors 1 8 326
Ford 2 6 729
Toyota 3 6 626
Groupe Volkswagen 4 5 017
Daimler-Chrysler 5 4 456
PSA 6 3 262
Honda 7 2 988
Nissan 8 2 719
Hyundai-Kia 9 2 642
Renault 10 2 329
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des parties de moteurs, des pneumatiques, des organes mécaniques, etc.
Ces produits sont destinés aux marchés de la première monte (véhicules
neufs) et de la seconde monte (pièces de rechange). Dans ce secteur, les
très petites entreprises sont largement majoritaires, représentant plus de
70% du tissu économique. Parmi les imposantes entreprises, on retrouve
Michelin dans le secteur du pneumatique, les secteurs peinture (BASF) ou
encore les entreprises présents dans la verrerie, l’acier ou le plastique.
PRODUITS
Les activités du groupe Renault, qui emploie plus de 159 000 personnes en
1999, sont réparties entre trois branches.
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La branche véhicules industriels : Cette branche du groupe Renault (dont
le chiffre d’affaires représente 17 % du total consolidé) assure le
développement, la production et la distribution en Europe et en Amérique
du Nord, d’une gamme complète de camions. Aux États-Unis, Mack occupe
la troisième position avec 13,1 % du marché de la gamme haute. Renault
V.I. représente 10,7 % du marché européen des camions de plus de 5
tonnes. Le groupe Renault V.I. Mack est également présent dans le
transport de personnes par le biais de sa filiale Irisbus (détenue à parité
avec Iveco). En 1999, celle-ci affirme son leadership sur les marchés des
autocars et autobus en France, en Italie, en Espagne et en République
tchèque.
STRUCTURE DU SECTEUR
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L’industrie automobile mondiale est devient de plus en plus concentrée.
Les dix premiers groupes assemblent 73 % de la production. Depuis le
début des années 2000, l’Europe n’est plus la première zone mondiale de
montage de véhicules. Elle est supplantée désormais par l’Asie - Océanie,
en croissance constante, grâce essentiellement à la Chine qui a produit 2
millions de véhicules en 2000. Cette production chinoise est réalisée pour
moitié pour le compte de constructeurs étrangers qui travaillent en joint-
venture avec des acteurs locaux. Pour leur production de modèles
nationaux, seize groupes chinois figurent dans les cinquante premiers
constructeurs mondiaux.
SYSTÈME CONCURRENTIEL
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Europe de l’ouest et en Amérique du Nord est exacerbée en raison de la
maturité de l’activité. L’enjeu pour les groupes porte alors sur l’innovation
de produit et sur la réduction des coûts de production.
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De ce fait, l’investissement en Recherche et développement est un facteur
clé de la conquête de nouveau nouvelles parts de marché pour les
constructeurs.
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2. Analyse externe
2.1. PESTEL (Opportunités / Menaces)
POLITIQUE :
La France dans la fin des années 90, début des années 2000, est une
France stable. Gouvernée par la droite depuis 1995, la cohabitation à
partir de 1997 avec la gauche n’a pas bouleversé cet équilibre. C’est un
élément clé pour la France, car cela facilite les investissements étrangers
et ainsi l’économie.
L’imposition sur les sociétés est à hauteur de 33,33 %, néanmoins, en
fonction de la taille de l’entreprise, du chiffre d’affaires réalisé il peut
exister certaines variantes.
On ne peut pas négliger l’Union Européenne qui permet, aux Etats
adhérents, de s’imposer et de profiter des différents accords. On peut
penser aux accords de Schengen par exemple ou encore la monnaie
unique, l’Euro (€), qui auront permis une facilité d’échange que ce soit en
termes de personnes ou encore des capitaux.
ECONOMIQUE :
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SOCIAL :
La France, entre les années 1999 et 2004 a gagné environ 1,7 millions
d’habitants soit une croissance d’environ 0,6 % par année.
Le revenu minimum français, en termes de montant horaire est 6,21€ en
1999 et 6,41€ en 2000. Ce revenu minimum est en constante
augmentation.
Les transports en commun sont mis en second plan pendant cette période,
les français préférant utiliser leurs voitures que ce soit par gain de temps
ou par confort. Il n’y a pas que le côté pratique, comme dans tous pays, le
choix de la voiture est aussi la manière par laquelle on se représente dans
la société, il évoque le rang social. Pendant cette période l’accent mis sur
la pollution n’est pas aussi important qu’aujourd’hui.
TECHNOLOGIE :
ENVIRONNEMENT :
Bien que moins important que de nos jours, on constate tout de même
dans ces années d’accords voire de législation au niveau de
l’environnement. On pense notamment aux accords de Kyoto vers 1997,
ou le sommet de la Terre en 1992 à Rio.
Les grandes agglomérations françaises commencent à essayer de faciliter
l’accès aux transports en commun afin d’éviter une population citadine qui
nuit de plus en plus.
LÉGAL :
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Les accords européens auront permis de mettre en place des dispositions
communes entre pays, que ce soit pour l’environnement, la sécurité, la
législation routière ou encore les permis de conduire.
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2.2. Les 5 forces de Porter + 1
PRODUITS DE SUBSTITUTION :
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NOUVEAUX ENTRANTS :
L’ETAT :
Le pouvoir de l’Etat est plutôt élevé car il peut avoir son mot à dire lors de
fusions par exemple, lorsqu’il la juge trop compliquée. De plus, l’Etat va
dicter un certain nombre de normes ou de règles à suivre, tout comme
obliger une lire concurrence.
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2.4. Synthèse analyse externe
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Il faut aussi être capable de proposer un « service plus » qui
permettra de distinguer de la concurrence et de fidéliser le client
actuel (garanties, service après-vente etc.)
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3. Analyse interne
Dans la croissance interne, l’entreprise se développe à partir de ses
propres ressources, par création de nouvelles unités de recherche et
développement, de production ou par le développement de la force
commerciale. La croissance interne repose en priorité sur les facultés
d’innovation de l’entreprise, sur sa capacité à développer et à imposer sur
le marché de nouveaux produits, à élargir sa gamme et ses réseaux de
distribution. Ce mode de développement à l’international consiste en une
première étape d’exportation puis une seconde étape d’implantation.
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motorisations 16 soupapes sur l’ensemble des modèles. Confort, avec
climatisation pour répondre à une demande en forte croissance, habillages
de qualité et rangements additionnels, ainsi que de nouveaux
raffinements technologiques dans les équipements, notamment le guidage
satellite, qui permet dorénavant de se diriger dans les plus grandes villes
européennes, et Odysline pour l’assistance d’urgence. Sécurité enfin, avec
l’introduction d’un nouveau concept de dispositif de retenue adaptatif
(l’airbag à deux niveaux de gonflage et la ceinture à double
prétensionneur) qui traduisent le souci de protéger toujours mieux les
passagers de nos véhicules.
FAIBLESSES
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que le recours à l’achat de concurrents permet de se développer sans
créer une surproduction qui ferait chuter les prix.
De plus, Renault doit innover sur le plan des délais que se soit en termes
de livraison ou en termes de développement de nouveaux modèles. La
motorisation haut de gamme peine également à se distinguer des
concurrents tels que Mercedes, BMW, etc. La R&D de Renault devrait se
pencher sur la question afin de mieux répondre aux attentes des clients.
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3.2. Compétences clés (Chaine de valeur)
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constructeur d’automobiles est de vendre une marque avec un minimum
de participation à la manufacture de la voiture.
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La chaine de valeur ci-dessous met en avant tous les niveaux sur lesquels
Renault avait besoin d’un partenaire comme Nissan pour dégager des
marges en passant par toutes ces activités. On distingue notamment que
plus le nombre de stades couverts est élevé, plus les partenaires sont
imbriqués et mutuellement dépendants.
Production
Logistique Logistique externe
Commercialisation etServices :
Ventes
Interne
Echange de licence de fabrication,
Echangeet plateformes
de services
Accord decommunes
logistique
commercialisation
Services
croisée
joints
Filiale commune de transport
Filiale commune de distribution
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4. Stratégie internationale de Renault
4.1. Objectifs de Renault
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marché Européen est saturé, et n’offre qu’un potentiel très limité. D’un
autre côté, les pays émergents d’Amérique du Sud et d’Asie s’ouvrent de
plus en plus aux entreprises internationales, ce qui annonce un avenir
prometteur pour n’importe quel constructeur automobile. Renault n’étant
principalement qu’en Europe, l’internationalisation est cruciale pour le
développement de l’entreprise. La firme au losange avait bien entendu un
objectif financier pour soutenir la croissance et l’innovation de la
compagnie, et aussi pour autoriser une prise de risques plus importante.
Un des derniers objectifs de l’entreprise française était d’améliorer les
process internes, et cela vient compléter la volonté de devenir le premier
constructeur européen.
Nissan est le partenaire idéal pour Renault car le groupe Japonais est tout
simplement l’inverse du groupe français. Ses forces sont basiquement les
faiblesses du constructeur au losange. De plus, non seulement les deux
entreprises se complètent mais elles partagent des objectifs communs. Par
exemple, le constructeur Japonais souhaite améliorer ses processus
internes de décision, améliorer sa position financière. Tout cela fait partie
des objectifs de Renault en 2000. Nissan veut accélérer son expansion à
l’international, et il en est de même pour le groupe français qui est
principalement présent en Europe.
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Unis, il est déjà bien présent (37% des ses ventes). Il est aussi bien sur
très bien placé dans le marché japonais (28% de ses ventes). Ce sont des
marchés où Renault n’est pas présent, et donc où le groupe français
pourrait bénéficier des connaissances et du savoir faire de Nissan. Les
véhicules de Nissan sont réputés pour leurs qualités, et bénéficie aussi de
l’image « made in Japan » qui véhicule des valeurs de savoir faire
technologique. Le constructeur japonais est aussi très présent en Europe,
ce qui pourrait aider Renault à atteindre son objectif de leader du marché
Européen. Ses délais de production de nouveaux modèles est très bon, et
son niveau d’innovation et technologique sont élevés. Ce sont des qualités
qui font défaut au groupe français. Nissan enregistre la meilleure
production mondiale.
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4.2.2. Facteurs de complémentarité
Renault Nissan
Offre principalement middle Offre principalement entrée et
gamme haut de gamme
Volonté de changer image Savoir faire dans l’entrée de
familiale à image « jeune, gamme (jeune) et haut de
forte et innovante » gamme (forte)
Veut accélérer sa politique Veut accélérer sa politique
d’internationalisation d’internationalisation
Déjà forte présence aux USA
et Japon
Veut améliorer la qualité de Nissan est réputé pour sa
ses véhicules qualité (« made in Japan »)
Souhaite améliorer la Productivité la meilleure
productivité de ses usines au monde
A pour objectif d’améliorer sa Doit améliorer sa
position financière position financière
Stratégie globale de plate 27 plates formes
forme d’achats (efficace et différentes (coûts élevés,
peu coûteux) organisation et
coordination difficile)
Très bonne maîtrise des coûts Mauvaise maitrise des
coûts
Veut améliorer les processus Veut améliorer les
interne de décision processus interne de
décision
Peu de savoir faire dans la Très bonne connaissance
motorisation haut de gamme de la motorisation haut
de gamme (large offre
haut de gamme)
Délais de développement de Courts délais de
nouveaux véhicules trop long développement de
nouveaux véhicules
Trésorie disponible Endetté
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Souhaite devenir leader Très forte présence en
incontesté de l’Europe Europe (19% des ventes
du groupe)
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4.2.3. Facteurs de contingence
La différence de culture entre les deux régions du monde n’est pas le seul
aspect à prendre en compte. La culture d’entreprise est aussi très
différente entre les deux groupes. Chaque entreprise a ses propres règles,
ses propres valeurs, ses propres usages. Et cela peut poser des problèmes
de communication et coopération au sein de la nouvelle alliance, d’autant
plus que les deux groupes sont aussi éloignés physiquement (Europe et
Asie Pacifique !).
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surement des remous au sein de la société japonaise (et donc du groupe)
car rupture de contrats etc… Ces restructurations (pour Nissan comme
pour Renault) auront des impacts non négligeables sur l’économie
mondiale.
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Un des facteurs qui peut aussi contraindre la réussite future de l’alliance
Nissan-Renault est le déséquilibre financier entre les deux parties. Renault
a une position financière très stable et surtout positive. Nissan quant à elle
est une entreprise qui est lourdement endetté lors de la signature de
l’alliance. Même si les modalités de l’alliance annoncent un redressement
financier du constructeur japonais, cela implique une grosse prise de
risque de la part du groupe français (alliance considérée comme
dangereuse pour Renault).
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de redressement pour effacer les dettes très importantes du groupe
Japonais. Toute alliance bien managé se voit aussi attribuer un organe de
liaison entre les différentes parties, pour assurer la transition, la
communication etc… C’est aussi une des modalités de l’alliance.
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5. Références
Johnson, G., Scholes, K., Whittington, R., (2008), Exploring Corporate
Strategy. 8th edition, Financial Times: Prentice Hall.
http://www.renault.com/fr/Lists/ArchivesDocuments/Renault%20%20Synth
%C3%A8se%20du%20rapport%20annuel%201999.pdf
http://www.sam-mag.com/archives/secteurautomobile.htm
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