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UNIVERSITE NATIONALE D’AGRICULTURE

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CYCLE D’AGRONOMIE GENERALE


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COURS DE
ZOOTECHNIE GENERALE
LICENCE PROFESSIONNELLE (L1)

Dr. Isabelle SACRAMENTO - ATEGBO


Maître-Assistant des Universités
Spécialiste en Physiologie Animale

ET

Dr. Sanni DOKO ALLOU (Ph.D.)


ZOOTECHNICIEN
Maître de Conférences des Universités
Spécialiste d’Etude des Trypanosomoses animales africaines

Année académique 2020-2021


Vocabulaire

Zootechnie : science qui étudie les conditions, les méthodes


d’élevage et de reproduction des animaux domestiques.

Elevage : action d’élever et d’entretenir des animaux.

Elever : l’art de faire naître les animaux, de veiller à leur


croissance et à leur développement.

Général:
▪ qui prend en compte plusieurs domaines;
▪ qui intéresse plusieurs aspects;
▪ qui se rapporte à plusieurs espèces.

Le Petit Larousse compact, 2004


PLAN DU COURS
Le déroulement des enseignements se fera principalement autour des ruminants domestiques, (bovins, ovins
et caprins), des porcins, des lapins et de la volaille (poule, dindon, canard, pintade). Chaque enseignement
comprendra des cours magistraux en salle, des TD, des TP et des sorties pédagogiques à effectuer dans des
élevages, des laboratoires ou des abattoirs selon le cas et les possibilités. Le choix des espèces animales est
fait à dessein car il s’agit ici d’animaux dont :

- les produits et ou les productions sont les plus utilisés ;


- la conservation de leurs produits permet de régulier et de stabiliser le marché (offre et demande) ;
- la vente en l’état non/transformation de leurs produits constitue le plus souvent un manque à gagner
pour le producteur.

1. Objectif du cours

Donner à l’apprenant, des notions, des concepts et des principes de base de la zootechnie. Ainsi, les chapitres
qui seront exposés devront lui permettre d’internaliser et de s’approprier ces connaissances nécessaires pour
aborder plus tard la problématique des productions animales. De façon spécifique, il faut amener l’apprenant à :

▪ comprendre des définitions, des concepts, des principes de base et des champs d’application de la
zootechnie;
▪ comprendre les différentes pratiques et méthodes d’élevage des animaux domestiques ;
▪ percevoir l’importance des infrastructures et des équipements d’élevage pour animaux domestiques ;
▪ mieux cerner l’importance de l’hygiène et les mesures prophylactiques dans le circuit de production des
aliments d’origine animale destinés à la consommation humaine ;
2. Résultats attendus
A l’issue de ces enseignements, l’apprenant :
✓ s’est approprié les termes, les concepts et les principes de base pour suivre un élevage de bétail
domestique;
✓ a compris les différentes pratiques et méthodes d’élevage d’animaux domestiques;
✓ a su l’importance de l’hygiène et de la prophylaxie dans les élevages ;
✓ a mieux perçu l’importance de l’alimentation, des infrastructures et des équipements d’élevage.
3. Public cible
Ce cours de Zootechnie générale s’intéressant à des animaux domestiques d’élevage est destiné aux
apprenants inscrits au second semestre d’un cycle d’agronomie générale niveau licence.
4.. Eléments de plan et contenu du cours
Ce cours de zootechnie générale est bâti autour d’un ensemble cohérent de deux chapitres à savoir :
• Les pratiques d’élevage et la santé animale’’. Les subdivisions contiennent:
- les différents modes d’élevage– l’importance et le rôle de l’alimentation et de l’abreuvement
- l’hygiène et la prophylaxie - les maladies courantes du bétail et les traitements usuels - la
reproduction (bovins, ovins, caprins, porcins, lapins, volaille) - définitions et concepts – gestation –
mise bas – les anomalies de la mise bas.
• La physionomie des animaux domestiques d’élevage. Les subdivisions comprennent
Bovins – ovins – caprins – lapin – volailles. des éléments de la reproduction – l’alimentation
des animaux domestiques – des performances zootechniques des animaux d’élevage –
les pathologies dominantes des animaux d’élevage - des mesures d’hygiène et de prophylaxie
des animaux d’élevage - des infrastructures et les équipements d’élevage.
5. Méthodes d’enseignement/apprentissage

• Exposé interactif/cours magistral


• Travail en équipes avec rapport
• Discussion en plénière
• Sorties pédagogiques avec rapport (à organiser)

6. Matériel pédagogique (selon le cas)

Avant les différentes séquences des cours, dès le premier contact, les apprenants sont informés de la méthode
de déroulement des cours ainsi que des conditions d’évaluation.

• Notes de cours/polycopiés
• Flipchart
• Vidéoprojecteur/rétroprojecteur,
• Tableau noir

7. Evaluation

Il s’agira d’un système de contrôles continus au cours duquel, l’apprenant sera évalué au moins deux fois. Les
travaux pratiques et ou sorties pédagogiques seront également évalués sur la base des rapports y afférents.
Chaque évaluation sera sanctionnée par une note.

7.1 Moyens d’évaluation

• évaluation formative;
• évaluations sanctionnées par une note :
o questions à traiter individuellement sur table
o rapport de sortie pédagogique ou séances d’épreuves orales si possible.
Un barème est incorporé dans chaque épreuve.

7.2. Types de questions

- Au choix
- Synthèse
- Analyse
- Compréhension.
Les évaluations interviennent à la fin des cours théoriques et éventuellement des TD, des TP et des sorties
pédagogiques si possible.

7.3. Critères d’évaluation

A travers ses réponses aux questions, l’apprenant doit pouvoir raisonner et prouver qu’il a compris les principes
directeurs (définitions, concepts…) de la matière. Il doit démontrer qu’il a acquis des connaissances et des
aptitudes à faire valoir en tant que de besoin.
Chapitre 1 : LES PRATIQUES D’ELEVAGE
ET LA SANTE ANIMALE

L’élevage est l’ensemble des activités qui assurent l’entretien et la multiplication des animaux souvent
domestiques, parfois sauvages, pour l’usage des humains.

L’élevage traditionnel est basé sur la quantité et non la qualité. Dans l’élevage traditionnel les vaches étaient de
race locale, à plusieurs fins, alors que de nos jours les vaches sont de race moderne, exotique. Elevées en race
pure, ces vaches de race moderne sont de grande taille et produisent plus que les vaches de race traditionnelle.
C’est le fruit des mutations imputables à la sélection.

Dans l’ensemble, l’élevage des ruminants a connu trois pratiques successives : pastorales, agricoles et
industrielles. Le pastoralisme originel se réfère aux pratiques de populations qui vivent des produits de leurs
troupeaux.

I. NOTE SUR LA FAUNE (ANIMAUX SAUVAGES)


La faune ne fait pas partie des chapitres ci-dessous. Toutefois, elle joue un grand rôle dans :
▪ l’équilibre et la préservation de la biodiversité (animaux, végétaux) ;
▪ la production de biens et de services pour l’homme, pour la nature et pour les animaux eux-mêmes.

Ainsi, tout comme les animaux domestiques d’élevage, les animaux sauvages jouent un rôle important et
diversifié suivant les régions. De nos jours, ces animaux appelés faune, s’attirent les principaux rôles ci-après :
▪ la chasse : source de protéines à travers les oiseaux, les rongeurs, les primates, le gibier dont la viande
peut être préférée à celle du bétail domestique. Les ruminants sauvages ont fait l’objet de chasse dans
les forêts et les savanes ;
▪ le tourisme : source de revenus monétaires dans certains pays d’Afrique qui accueillent de nombreux
touristes chaque année (Kenya, Ethiopie, Afrique du Sud, Burkina Faso, Niger, Bénin….).
Les animaux sauvages ont une biologie très souvent adaptée à leur milieu. Ils sont beaucoup plus productifs
que les animaux domestiques (productivité élevée, production de viande au km2 plus importante).

II. NOTE SUR LES PRINCIPAUX ANIMAUX D’ELEVAGE


Très tôt, les hommes ont domestiqué les espèces animales qui sont actuellement élevées. Cette domestication
aurait profondément modifié les cycles biologiques, les performances, le comportement, l’alimentation et même
l’apparence des animaux actuellement domestiqués. Au nombre de ces animaux figurent :
▪ Les bovins : deux grands types : les taurins (Bos taurus) et les Zébus (Bos indicus).
- Les taurins dominent le monde. Ils se montent sensibles aux parasitoses des régions chaudes et
humides à l’exception de certaines races trypanotolérantes: N’Dama, Baoulé, Lagunaire, Somba. Ils
sont bons producteurs de lait.
- Les zébus sont très répandus sous les tropiques. Ils sont adaptés aux climats chauds et secs. En
revanche, ils supportent mal le climat humide. Les zébus se montent très sensibles aux trypanosomoses
animales, aux tiques et aux maladies transmises par celles-ci.
▪ Les buffles : essentiellement présents en Asie, en Afrique, en Thaïlande. Ce sont des animaux lourds,
résistants aux hautes températures (42°C). Ils sont utilisés pour la traction animale. La bufflonne donne
un lait d’excellente qualité.
▪ Les ovins : les femelles (brebis) sont plus fécondes que les bovins. Dans les pays tempérés, les ovins
sont surtout élevés pour la viande et la laine. Ils valorisent au mieux les pâturages pauvres.
▪ Les caprins : ce sont de précieux fournisseurs de viande et accessoirement du lait. Ils sont très capricieux.
Les caprins craignent l’eau.
▪ Le cheval : c’est un meilleur ami de l’homme : source de prestige et de fierté. C’est un animal très rapide
et intelligent. Il est bon pour le transport, la traction animale.
▪ L’âne : c’est un animal de transport, de traction animale, il est sobre. Il résiste à la privation d’eau mais un
peu moins que le chameau. L’âne est rustique et se montre peu exigent pour la nourriture.
▪ Le chameau (deux bosses) et le dromadaire (une bosse) sont des animaux adaptés aux zones arides,
désertiques et montagneuses. Les chameaux résistent à la privation d’eau, à la chaleur grâce à une
adaptation physiologique.

▪ Le porc : surnommé usine à viande domestique, le porc est une des espèces domestiques les plus
répandues dans le monde. Sa viande est grasse. La femelle est très prolifique. Le porc valorise aux mieux
les sous-produits et divers produits avariés. Il a une croissance rapide. Il est un omnivore.
▪ Les volailles : poules, canards, dindons, pintades, oies sont répandues dans différentes parties du globe.
Leurs résistances aux maladies sont variables et leur élevage tient plus à la production de viande. A
l’exception de quelques élevages industriels, ce sont de petits élevages familiaux (Afrique).
▪ Le lapin fait partie de la basse-cour. Originaire de la méditerranée, le lapin est élevé pour la viande et
accessoirement pour la fourrure (race angora).

III. DE L’ALIMENTATION DES ANIMAUX D’ELEVAGE


L’alimentation sur parcours naturels dans les régions chaudes est caractérisée par de fortes variations des
ressources tant en quantité qu’en qualité au cours de l’année, et d’une année sur l’autre. Cela tient
principalement à la variabilité géographique et temporelle des précipitations. Il en résulte un disponible en
matière sèche plus ou moins important selon les saisons et les zones. Par ailleurs, si les fourrages ont une
bonne valeur alimentaire en début de végétation, leur qualité diminue au fur et à mesure que l’on évolue vers la
fin de la saison des pluies. Toutefois, la diversité de la flore sur des parcours sahéliens riches en dicotylédones
herbacées ou ligneuses, utilisées permet aux animaux de sélectionner certaines plantes et d’avoir un régime
dont les teneurs en énergie et en matières azotées permettent un Gain Moyen Quotidien (G.M.Q) voisin de 50
g/jour en saison sèche pour des ovins. Cette diversité végétale est exploitée différemment selon les espèces
animales. Ainsi, sur les parcours dominés par les graminées, les bovins arrivent à exploiter les ressources et
peuvent en conséquence assurer un minimum de production alors que les ovins ont des performances faibles
et ne peuvent gagner du poids qu’à condition de recevoir un complément alimentaire (résidus de récoltes, sous-
produits agricoles, tourteaux, par exemple).
En zone tropicale, les insuffisances d’apports alimentaires sont fréquentes et conduisent parfois à des carences
qui entraînent des pathologies. Dans cette région, les fourrages sont souvent insuffisants en énergie, en azote
et en phosphore. Ceci est aggravé par les feux de brousse. Pour les ruminants, la qualité et surtout la quantité
de fourrage grossier ingéré sont un gage d’une bonne rumination.

• La complémentation alimentaire en milieu paysan


Les sous-produits agricoles sont obtenus à partir par exemple de la paille de riz récolté, des fanes d’arachide.
Les sons de céréales et les épluchures de tubercules, notamment du manioc subissent également les mêmes
traitements pour leur conservation. L’ensemble de ces précautions vise à réduire autant que possible le taux de
pourrissement et ou de moisissures.
Le taux de consommation des fanes d’arachide peut franchir la barre des 90%. La conservation et l’utilisation
de ces fanes d’arachide séchées sont des pratiques courantes dans la complémentation alimentaire des
ruminants, notamment des ovins.
En dépit de son faible taux de production au niveau artisanal (19%), le son sec de maïs, de par sa richesse en
MPD (80g/kg de MS) et de sa valeur énergétique (0,85 UF/kg de MS), constitue un bon complément dans
l’alimentation des ovins. De même, malgré leur faible taux de production environ 8,70%, les épluchures sèches
de manioc sont très utilisées en milieu paysan.
Au total, sur pâturage, il est conseillé de concéder au moins 8 heures de pâture par jour et environ 16 heures
de stabulation pour un troupeau de brebis et d’agneaux, avec une complémentation et une supplémentation
minérale sous forme de pierre à lécher.
• L’alimentation et le rationnement
Au total le bétail, mieux nourri, produit plus de viande, de lait, de laine, d’œufs, de fumier et fournit plus de travail.
Quelle que soit la spéculation envisagée, l’alimentation est un poste budgétaire important du coût de production
d’un animal puisqu’elle représente 45 à 55% des charges opérationnelles. Ainsi, la maîtrise de l’alimentation
aura une influence sur les performances de production et de reproduction. Il est nécessaire de connaître
quelques besoins essentiels des animaux :
L’énergie : exprimée en unité fourragère (U.F.) ;
L’azote : il s’agit des protéines vraies digestibles ;
Les minéraux : essentiellement au calcium (Ca) et au phosphore (P) et parfois au magnésium (Mg).Toute
carence en phosphore se répercute sur la digestion de la cellulose du rumen, sur la fertilité ;
L’eau : pas d’eau, pas d’élevage.

IV. DE L’ABREUVEMENT DES ANIMAUX D’ELEVAGE


Pas d’eau, pas d’élevage. L’eau est indispensable pour l’entretien et les diverses productions des animaux. Les
animaux doivent être abreuvés régulièrement, ou au moins deux fois par jour (matin et soir). Cette eau doit être
fournie en quantité suffisante particulièrement quand il s’agit de vaches laitières et des animaux de trait. De
l’eau propre et limpide doit être mise à disposition ad libitum pour les animaux de basse-cour. Ainsi, il est
important de faire des aménagements autour des retenues d’eau, des barrages, des puits et des forages pour
faciliter l’accès aux sources d’eau, pour la conservation de la qualité de l’eau et pour éviter le développement
de certains parasites gastro-intestinaux qui ont besoin de l’humidité pour assurer leur cycle. On parle de politique
d’hydraulique pastorale. On estime à 25-30 litres par jour la quantité d’eau nécessaire à un taurin adulte et à
40-50 ceux d’une vache zébu en lactation ou d’un taureau Zébu reproducteur. Pour les brebis en lactation, il
faut 8 à 10 litres d’eau par jour. Les éléments suivants sont susceptibles d’influencer les besoins en eau des
animaux :
- état physiologique de l’animal ;
- les activités de production ;
- le poids et ou l’âge de l’animal ;
- la zone d’élevage ;
- la saison ;
- la disponibilité ou l’accès à l’eau.
Les besoins en eau des animaux augmentent avec leurs poids et le niveau de transpiration. Ces besoins en eau
des animaux sont inversement proportionnels à la teneur en eau du fourrage ingéré. Ainsi, en saison pluvieuse
les animaux boivent un peu moins d’eau qu’ils n’en boivent en saison sèche. Pendant cette saison, l’eau est
abondante et disponible partout dans les marres, les cours d’eau, les rigoles. En saison sèche par contre, on
assiste à une raréfaction des points d’eau suivie d’une lignification des pâturages. On a recours aux forages,
aux puits, aux surcreusements de mares temporaires avec comme conséquences, la fréquentation des galeries
forestières qui sont des gîtes des glossines ou mouche tsé-tsé, agents vecteurs des trypanosomoses animales
et de la maladie du sommeil chez l’homme.

V. DU LOGEMENT DES ANIMAUX D’ELEVAGE

D’une manière générale, le logement des animaux d’élevage doit être adapté pour fournir des conditions
favorables d’alimentation, de repos. Il doit constituer un environnement sanitaire convenable.
Les logements des animaux d’élevage sont très divers. Ils correspondent à la nécessité de garder les animaux,
de les mettre à l’abri de prédateurs, de les protéger contre les intempéries, de les garder en stabulation ou
d’organiser une production intensive. Ils doivent correspondre également à la taille moyenne des individus et à
l’importance des troupeaux. Dans le cas des bovins, ils peuvent aller des parcs constitués de piquets ou
d’épineux à des étables. Dans le cas des volailles, la variabilité des poulaillers est également très grande selon
le mode de production et les moyens mis en place.
Dans le cas des élevages extensifs, les logements sommaires souvent observés sont destinés à garder les
veaux ou le bétail en entier la nuit. Dans certains cas, ces logements peuvent être améliorés pour protéger les
animaux des vents dominants. Ils doivent se situer dans un endroit relativement surélevé, pas dans des endroits
boueux ou inondables, et faciles d’entretien. Dans certains milieux, les éleveurs changent les emplacements à
intervalles réguliers pour limiter les risques d’infestations parasitaires.
Un logement plus élaboré va de pair avec la sédentarisation. On le rencontre souvent dans les systèmes de
production associant l’élevage et l’agriculture. C’est le cas pour les animaux de culture attelée, les vaches
laitières, les bovins et ou mouton en engraissement. Ce type de logement dispose d’un toit, et il est construit en
matériaux locaux et demande un investissement léger.
Les plus gros investissements se retrouvent dans le cas des étables, bergeries ou écuries pour des élevages
intensifs. Là, il s’agit de bâtiments construits en matériaux définitifs dont les plans permettent de faciliter les
manipulations, les déplacements d’animaux. Ils sont construits en tenant compte des conditions climatiques, du
sol, de la conduite aisée de l’exploitation, et de l’environnement. En régions chaudes, il est essentiel que les
bâtiments soient bien aérés pour éviter une chaleur excessive et un air confiné nuisible à toutes les espèces.
On doit prévoir des dépendances pour isoler les animaux, pour assurer la quarantaine des animaux étrangers,
un magasin pour le stockage des aliments et du matériel d’exploitation.
• Les principes généraux pour la construction d’un bâtiment d’élevage
Un bon bâtiment d’élevage doit satisfaire les exigences suivantes :
✓ être adapté aux animaux et être fonctionnel pour l’éleveur ;
✓ être d’un coût peu élevé et pouvoir s’intégrer dans le milieu.
Il convient alors de faire respecter les dimensions en fonction du format de l’animal, de la race, de la catégorie,
de son état physiologique. Les sols de l’étable doivent être en béton pour faciliter le nettoyage. Pour les murs,
la charpente, l’éleveur doit faire son choix en fonction de sa situation géographique et du coût. Le bâtiment doit
être orienté Sud-Est ou Sud-Ouest et il est plus indiqué d’avoir un local pour veaux pour réduire les risques
d’accident.
D’accès facile, les abreuvoirs et les mangeoires doivent être prévus pour satisfaire tous les animaux.
Un système de contention est requis en raison des nombreuses manipulations et de la main d’œuvre qui se
réduit de plus en plus. De même, la construction d’un parc d’attente et d’un couloir de contention reste toujours
d’actualité. Une fois réalisées, ces infrastructures doivent faire l’objet d’hygiène en permanence.

• Les orientations générales pour construction de bâtiments d’élevage pour bétail


Il s’agit ici, d’indiquer les lignes directrices devant permettre de construire et ou d’aménager des bâtiments
d’élevage. Ainsi, tout bâtiment d’élevage de bétail domestique doit tenir compte de:
- la région et du climat ;
- l’implantation et de l’environnement de l’exploitation ;
- la nature des matériaux de construction ;
- la densité des animaux ;
- la ventilation ;
- l’éclairement ;
- l’hygiène.

VI. DE L’ANIMAL ET DE SON ENVIRONNEMENT :


Tout ce qui entoure l’animal est susceptible de jouer un rôle de cause déterminante ou favorisante des affections
qui le frappent. Ainsi, quelle que soit la spéculation envisagée, il est nécessaire d’opérer dans un environnement
qui :
- assure le maintien des animaux en bonne santé ;
- facilite la tété, la traite ;
- permet une bonne surveillance des animaux ;
- assure une bonne organisation du travail.
Un bon environnement tient compte de la température, de l’aération, de l’humidité, de la lumière.
L’environnement naturel comprend :
▪ la température: la norme de confort thermique d’un veau par exemple se situe entre 13 et 25°C. Chez
l’adulte, elle est fonction du stade physiologique et du niveau alimentaire. Les températures élevées
supérieures à 25°C sont néfastes ;
▪ l’humidité de l’air: l’humidité souhaitée est comprise entre 70 et 80%. Inférieure à 70%, elle a un effet
néfaste sur la respiration et supérieure à 80%, elle renforce l’action du froid;
▪ la vitesse de l’air: un vent froid et humide provoque des mortalités importantes, surtout en élevage
extensif de plein air. Il est judicieux de prévoir des abris, des haies, des appentis ;
▪ l’eau : elle peut être un vecteur de maladies ;
▪ l’environnement artificiel: il s’agit de parcs de stabulation insalubres, de bâtiments d’élevages dont les
constructions n’ont pas respecté les normes requises pour donner le minimum de confort aux animaux.
La présence d’agents pathogènes liée ou non à l’inobservance de l’ensemble de ces éléments entraîne le plus
souvent au niveau des élevages des coûts directs, notamment la diminution de la production laitière, la mortalité,
le déclassement des carcasses, les saisies à l’abattoir, la chute des pontes, les avortements que l’éleveur
pouvait éviter ou réduire. Même si ces conséquences s’avèrent difficiles à évaluer, elles peuvent occasionner
également des coûts indirects à savoir :
• la diminution des performances des animaux (croissance) ;
• la réforme ou la vente prématurée des animaux ;
• la perturbation du métabolisme ;
• la diminution des performances de reproduction (fécondité et fertilité).

VII. DE LA PLACE DE L’HYGIENE ET DE LA PROPHYLAXIE DANS LES ELEVAGES


L’hygiène représente un ensemble de mesures ou d’actions préventives pour réduire ou limiter les risques
sanitaires et assurer de bonnes conditions d’entretien et de production des animaux. Il s’agit de l’hygiène des
locaux, de l’alimentation et de l’abreuvement et de l’hygiène sur les conditions de travail et de le harnachement.
L’hygiène peut s’appliquer sous diverses formes et à tous les modes d’élevage. Plus le système d’élevage est
intensif, plus les règles d’hygiène doivent être respectées.
Dans les élevages en voie d’intensification ou intensifs de monogastriques par exemple, avec très souvent de
fortes densités animales, de nombreuses mesures doivent être prises pour limiter l’entrée de germes
susceptibles d’entraîner des pathologies. C’est indispensable vis-à-vis de certaines maladies pour lesquelles
les moyens de lutte sont limités. C’est l’exemple de la peste porcine africaine qui ne peut être évitée qu’en
isolant systématiquement les porcheries. Dans les élevages avicoles, il est nécessaire d’assurer une
désinfection des poulaillers entre deux bandes, quelle que soit la taille de l’élevage. De même, pour ces cas
évoqués plus haut, la mise en place de pédiluve avec une solution contenant des acaricides est un impératif de
production.
D’une manière générale, le maintien de la santé d’un troupeau passe par la prophylaxie. Celle-ci se définit
comme l’ensemble des mesures destinées à empêcher l’apparition ou la propagation d’une ou de plusieurs
maladies. Ici encore, on distingue la prophylaxie médicale (vaccination) qui vise à améliorer la résistance
(immunitaire surtout) de l’organisme et la prophylaxie sanitaire (traitement) qui tend à diminuer les forces
d’agression. La réalisation des prophylaxies relève maintenant de la responsabilité des éleveurs et non des
services vétérinaires. Ainsi, lors de l’achat d’animaux pour la reproduction, l’acquéreur doit mettre le ou les
animaux en quarantaine. Il mettra en outre à profit ce temps pour effectuer les différentes interventions pour
détecter la présence éventuelle de maladies chroniques ou en phase de latence. Pendant cette période, toute
réaction positive entraîne l’élimination systématique du ou des sujets.
Rappelons que le mode d’action des agents pathogènes varie d’une espèce à une autre. Il peut agir par
spoliation - traumatisme - inoculation - perturbation du métabolisme. La présence d’agents pathogènes dans un
organisme peut occasionner des coûts directs ou indirects.

VIII. DU SUIVI SANITAIRE DES ANIMAUX D’ELEVAGE


Le suivi de troupeaux de ruminants et l’analyse des coûts montrent qu’en régions tropicales et ce en termes
d’avantages comparatifs, la rentabilité de ces troupeaux tient beaucoup plus à l’hygiène des locaux, des
matériels d’exploitation, de la prophylaxie sanitaire qu’à beaucoup plus d’autres mesures que pourraient être la
vaccination et l’emploi de substances médicamenteuses seules (Doko et al., 2012).
En zone soudanienne, les pertes liées au parasitisme gastro-intestinal chez les ovins et les caprins et même la
volaille sont 4 à 5 fois supérieures à celles liées à la pathologie infectieuse. Les calculs des taux de rémunération
des dépenses en vaccins et en anthelmintiques montrent une légère supériorité de la vaccination, liée
principalement à son faible coût d’acquisition, sans doute parce qu’il a été pendant longtemps subventionné
pour obtenir l’adhésion d’un plus grand nombre d’éleveurs.

Aujourd’hui encore, l’élevage de petits ruminants (mouton et chèvre Djallonké), des porcs et des volailles est
caractérisé par un fort taux de vagabondage autour des villages. Ce vagabondage les voue parfois à
l’écrasement par les véhicules, ou encore à une certaine forme de maraude pratiquée par de véritables
professionnels opérant la nuit. A cela, il y a des épidémies qui viennent annihiler périodiquement les progrès du
troupeau.

Au niveau de la reproduction, la gestion de la lutte permet un raccourcissement du cycle de reproduction des


brebis, un regroupement des sevrages consécutifs à un regroupement des naissances durant les périodes les
plus favorables du point de vue alimentaire et sanitaire.

IX. DES MALADIES COURANTES DES ANIMAUX D’ELEVAGE


Le bétail domestique est sensible à de nombreux troubles dont les origines sont multiples. On peut classer ces
troubles ou maladies en plusieurs groupes :
• les maladies métaboliques ou nutritionnelles ;
• les maladies infectieuses ;
• les maladies parasitaires ;
Tout comme l’alimentation, la maîtrise de ces maladies est un facteur essentiel pour la conduite de l’élevage.
Les maladies du bétail domestique bovin, ovin et caprin surtout, dépendent des environnements naturel et
artificiel
a. Maladies métaboliques ou nutritionnelles ou troubles métaboliques.
Une maladie métabolique est une altération de l’homéostasie déterminée par un changement anormal dans
l’intestin d’un ou de plusieurs processus métaboliques indispensables. Les maladies métaboliques peuvent avoir
plusieurs origines liées à l’alimentation, à la génétique, à la production, à l’environnement etc.

b. Maladies infectieuses
Elles sont dues à des agents pathogènes non visibles à l’œil nu (bactéries, virus…). Dans ce groupe nous avons
des maladies contagieuses. Les maladies contagieuses sont un fléau pour l’élevage, car elles sont sournoises
dans un premier temps et il est généralement trop tard dès les premiers signes de leur extériorisation. Dans les
pays d’élevage, ces maladies sont réputées légalement contagieuses et font l’objet de prophylaxie obligatoire.
C’est l’exemple de la rage, de la fièvre aphteuse, de la fièvre charbonneuse, de la tuberculose et récemment de
l’Encéphalite Spongieuse des Bovins (ESB) couramment appelée maladie de la vache folle. Les maladies
contagieuses ont une grande incidence économique et présentent le plus souvent un danger pour la santé
humaine.
c. Maladies parasitaires.
Encore appelée parasitose, une maladie parasitaire est un ensemble de troubles provoqués par des organismes
généralement pluricellulaires qui vivent aux dépens de l’animal dont ils tirent leur nourriture. On distingue deux
types de parasites :
- les parasites internes ;
- les parasites externes.
Le parasitisme provoque d’importantes pertes économiques. En l’absence de traitements adéquats, il peut
perdurer tout au long de la vie d’un animal, de la naissance en passant par la croissance, l’âge adulte pour finir
à l’abattoir.
Pour l’ensemble de ces parasites, la prophylaxie repose essentiellement sur l’hygiène des bâtiments, du
logement, de l’alimentation qu’il convient d’adapter à chaque type d’exploitation. D’une façon générale, la lutte
contre ces agents infectieux intéresse aussi bien le milieu extérieur pour rompre leur cycle de développement
que l’animal hôte en vue de détruire le parasite.

De même, pour réaliser au mieux les interventions courantes sur son cheptel, l’éleveur doit disposer d’un
minimum de matériel d’exploitation ainsi que des produits vétérinaires de première nécessité. Après chaque
utilisation, il faut nettoyer et désinfecter le matériel avant de le ranger dans une armoire ou dans un magasin
prévu à cet effet.

Il est également judicieux de placer à l’entrée de l’étable ou de l’exploitation un pédiluve contenant une
solution désinfectante pour que tous les visiteurs puissent désinfecter leurs bottes, chaussures, pneus
d’automobile etc… avant d’entrer dans l’exploitation.

Chapitre 2 : LA PHYSIONOMIE DE L’ELEVAGE


DES ANIMAUX DOMESTIQUES
Ce chapitre introduit les notions et les principes de base pour l’élevage de bétail domestique. Il doit permettre à
l’apprenant d’identifier les forces et les faiblesses du sous-secteur de l’élevage aux fins de promouvoir la
production et l’exploitation de ces animaux dans un esprit de développement durable.

I. QUELQUES DEFINITIONS
La fécondité : nombre de naissances vivantes par rapport au nombre de femelles en âge de reproduire.
L’expression de ce résultat en pourcentage donne un taux de fécondité. Ce taux est différent selon les races
d’animaux, les types d’élevage, les conditions du milieu, l’alimentation et les soins aux animaux. Les principales
composantes de la fécondité sont la fertilité et la prolificité.
La fertilité : la fertilité est égale au nombre de mises bas par nombre d’animaux à la lutte. Elle est influencée
par la race, l’alimentation, le mode d’élevage et l’environnement.
La prolificité : la prolificité est égale au nombre de fœtus pour 100 mises bas. Elle indique le nombre de
naissances multiples.
La mortalité : considérée comme le total des décès, la mortalité est un élément important de la dynamique du
troupeau. Elle conditionne le rendement numérique du troupeau.
La puberté : C’est l’âge où l’animal devient apte à produire des gamètes fécondants (1 ière chaleurs chez la
femelle et 1ère éjaculation chez le mâle).

II. LES BOVINS


Le cheptel bovin élevé est composé de taurins (Bos taurus), de zébus (Bos indicus) et de divers métis.
Les taurins que l’on trouve actuellement dans les régions chaudes ont trois origines :
➢ Les races locales : il s’agit des races trypanotolérantes d’Afrique de l’Ouest, comme N’Dama (Guinée,
Bénin), Somba (Bénin), Lagunaire (Bénin), Baoulé (Côte d’Ivoire surtout);
➢ les bovins descendants des animaux introduits par les européens, qui se sont acclimatés, rustiques,
tolérant certaines maladies véhiculées par les tiques ; on les trouve en Amérique, aux Caraïbes ;
➢ les animaux de races européennes, introduits dans de nombreux pays, ont souvent posé des problèmes
d’adaptation aux conditions sanitaires et alimentaires en milieu tropical.

2.1. Quelques races taurines d’Europe


La race Charolaise : d’origine française, la race charolaise a été sélectionnée pour la production de bœuf de
trait. C’est une race de boucherie à très fort potentiel de croissance. Le poids moyen du mâle à l’âge adulte est
de 1000 à 1400 kg.
La race Limousine : d’origine française, la Limousine est un animal de grande taille, très rustique. Elle possède
une conformation bouchère exceptionnelle. Poids moyen à l’âge adulte est de 1000 à 1300kg.
La race Bleu Blanc Belge : elle se caractérise par un développement extraordinaire de sa musculature, sa
docilité, un vêlage facile en croisement. Le poids moyen à l’âge adulte est de 1060 à 1100kg.
La Holstein Pie Noire (HPN) : sélectionnée pour la production laitière, la HPN est une race répandue un peu
partout en Europe surtout en France. Assez légère, elle est très docile et a une bonne production de lait. Le
poids moyen à l’âge adulte est de 800 à 950 kg.
La Brune des Alpes : la Brune des Alpes est conseillée aux exploitations ayant une bonne production fourragère.
Elle donne à la fois viande et lait. De robe cendre, son élevage pour la production de lait a été essayé au Bénin.

2.2. Quelques races taurines d’Afrique


En Afrique occidentale les seuls élevages bovins d’origine sont constitués de taurins. Les taurins d’Afrique
peuvent porter des appellations diverses, parfois considérés comme de véritables races différentes. La
stratification géographique adoptée pour localiser les bovins d’Afrique occidentale s’accompagne de type de
paysages particuliers et montre une adaptation des races à des milieux différents. Le N’Dama du Fouta-Djalon
se situe en zone soudano-guinéenne. Dans la majeure partie de la zone, le milieu est favorable à des mouches
tsé-tsé encore appelées glossines.
La race N’dama : est une race trypanotolérante, bien adaptée au milieu tropical humide et aux conditions de
l’élevage extensif traditionnel. Elle a un format à l’âge adulte moyen de 118 cm et 350/450 kg pour les mâles,
de 113 cm et 200/300 kg pour les femelles. La robe est de couleur froment ou fauve. La N’Dama est un animal
de boucherie.
La race Baoulé : est à fin double : viande et lait, mais avec une plus grande aptitude à la production de viande.
La robe est de couleur variable, mais plus souvent pie-noire.
La race Lagunaire : rustique, la race Lagunaire présente un intérêt particulier du fait de sa tolérance très forte
aux infections à trypanosomes. La race lagunaire est une race en voie d’extinction qui se rencontre en zone
côtière et forestière. La hauteur au garrot est d’environ 0,90 m à 1,08 pour un poids moyen à l’âge adulte oscillant
entre 200 kg et 250 kg. Elle a une aptitude à la production de viande.
La race Borgou : c’est un métis stabilisé issu du croisement taurin à courtes cornes d’Afrique de l’Ouest X Zébu
(probablement White Fulani). Elle est rustique et plus docile que les races N’Dama, Lagunaire. La race Borgou
est plus apte à la production de viande qu’à la production de lait. Le poids moyen à l’âge adulte est de 280–
350kg. Elle a une tolérance intermédiaire vis-à-vis des trypanosomoses animales et de certaines pathologies
tropicales. Elle a une prédisposition pour être un bon animal de trait.

2.3. Quelques races de Zébu


Les Zébus sont numériquement très représentés en Afrique. Le Zébu est en grande majorité du type peul
sahélien, très adapté à la marche, très résistant aux stress thermiques mais il se montre sensible aux parasites
de la zone tropicale humide. Il a un format moyen de 120/125 cm et 400 kg pour le mâle, 115/120 cm et 300 kg
pour la femelle. Le Zébu se distingue des taurins par sa maturité sexuelle très tardive et une période d’inter-
vêlage très longue. Il a un fanon très développé et une grande bosse. Les principales races de zébu sont :
✓ Races d’origine asiatique : Kankrej et Ongole, sont à la fois productrices de viande et de lait et plus
encore du travail pour la race Gir,
✓ Races d’origine africaine : Zébu sahélien, peulh, malgache ;
✓ Races de création récente : elles sont introduites aux Etats-Unis, en Amérique Latine, en Australie : Il
s’agit du zébu Brahman, Indobrasil.
Notons également la présence du Zébu Azawak (Niger), du Zébu Boran (Kénya), du Zébu Sahiwal (Brésil).
2.4. Les métis
Les métis sont issus des croisements entre zébus et taurins. Tous les degrés de métissage peuvent se
rencontrer. Ils occupent les zones de contact entre ces deux types de bovins et reçoivent des appellations
diverses selon les régions : Sanga en Afrique de l’Est, Afrikander en Afrique du Sud, Ankole au Rwanda, Djakoré
au Sénégal, Borgou au Bénin et au Togo, Muturu et Keteku au Ghana et au Nigeria, bétail Capsiki, bétail
Bambara. Leurs caractéristiques sont intermédiaires :
- bosse plus ou moins marquée et parfois absente ;
- femelles meilleures productrices de lait par rapport aux femelles zébu ;
- moins trypanotolérantes que les taurins ;
2.5. Les éléments de la reproduction chez les bovins
La puberté : chez le mâle les signes extérieurs de la puberté sont très discrets. Cependant, on note une légère
augmentation de la taille des testicules. Chez la femelle par contre, les signes extérieurs sont nets et se
caractérisent par l’apparition des chaleurs et par un début de développement de la mamelle. L’âge de la puberté
est influencé par plusieurs paramètres, notamment
✓ la race,
✓ l’alimentation,
✓ l’environnement,
✓ l’état sanitaire des animaux.
Les chaleurs et le cycle sexuel : le début des chaleurs marque le 1er jour du cycle, période pendant laquelle
la femelle accepte le chevauchement. La période entre deux cycles ou chaleurs est appelée cycle oestral ou
oestrien.
La durée du cycle oestral : la durée moyenne des cycles est de 21 jours avec de légères variations aussi bien
entre les individus qu’entre les races. Chez la femelle Zébu, la durée du cycle oestral varie généralement entre
19 et 23 jours.
La détection des chaleurs : la surveillance doit se faire tôt le matin et le soir. En l’absence de chevauchements,
il faut observer d’autres signes extérieurs qui accompagnent normalement ce comportement à savoir :
- l’écoulement de la glaire cervicale : un liquide clair et translucide qui s’échappe de la vulve ;
- la nervosité ;
- la perte d’appétit ;
- l’inquiétude, le beuglement ;
- la tuméfaction de la vulve.
L’accouplement : encore appelé saillie, lutte, l’accouplement est favorisé par le comportement et l’odeur des
femelles en chaleurs qui excitent le mâle. Il faut veiller à ce que l’accouplement se réalise au moment de
l’ovulation en tout cas peu avant ou peu après.
L’insémination artificielle (I.A): celle-ci doit intervenir le soir si les femelles sont vues en chaleurs le matin. Si
elles ont été observées en chaleurs le soir, l’insémination intervient dès les premières heures du lendemain.
L’insémination artificielle est perçue comme une révolution des mâles et de leur mise en valeur. Elle permet une
multiplication rapide et à grande échelle des produits d’animaux de très grandes valeurs zootechniques à travers
plusieurs femelles.

2.6. La gestation
La gestation est la période pendant laquelle le nouvel individu ou le veau va naître. La durée moyenne de la
gestation est de neuf (09) mois. Elle varie selon :
▪ les races ;
▪ le numéro de lactation
▪ la taille de la portée : les portées jumelaires raccourcissent la durée de la gestation.
La durée de la gestation est variable. Elle est caractéristique de chaque espèce.
La gestation est une période qu’il faut mettre à profit pour réaliser certaines prophylaxies médicales
(vaccinations) et sanitaires (thérapie et hygiène des locaux). Ces vaccinations assureront une protection des
jeunes après absorption des anticorps produits et qui sont contenus dans le lait surtout le colostrum, le tout
premier aliment du nouveau-né. Il est également très riche en vitamines.

2.7. La mise-bas
Encore appelée parturition, part, accouchement, travail, vêlage (bovin), agnelage (ovin), la mise bas est
précédée de modifications anatomo-physiologiques caractérisées par la montée de lait dans les mamelles, le
gonflement des lèvres vulvaires, l’écoulement d’un liquide glaireux. La mise-bas est suivie quelques heures plus
tard de l’expulsion des enveloppes fœtales. La mise-bas représente donc l’ensemble des phénomènes qui
aboutissent à l’expulsion du fœtus et de ses annexes.

2.8. Les éléments de performances zootechniques des troupeaux d’élevage


L’objectif du contrôle est de mesurer ou d’évaluer les performances, la croissance, l’aptitude au vêlage, la
reproduction et la conformation des animaux. Les résultats obtenus permettent de caractériser le potentiel
génétique des parents et de comparer les animaux entre eux, au sein du troupeau ou par rapport à l’ensemble
des animaux de la race. Parmi les documents de travail il faut avoir :
- une fiche de suivi individuelle du veau contenant son numéro d’identification, sa date de naissance, son
poids à la naissance etc ;
- un bilan de croissance ;
- la fiche individuelle de la mère allaitante ;
- la fiche individuelle du père (taureau géniteur).

2.9. Les performances brutes


Le poids à la naissance : il est doit être pris dans les 24 heures qui suivent la mise bas. C’est un des critères
les plus importants de la sélection ;
Le poids à 120 jours : dans un élevage laitier, ce critère sert à estimer la valeur laitière des mères ;
Le poids à 210 jours : c’est le poids au sevrage. Il sert à estimer le poids au sevrage, à évaluer les taureaux
sur la production des veaux sevrés.

Ces pesées permettent de 1-disposer des courbes de croissance par période, de 2- calculer les poids à âge
type (il y a souvent une corrélation entre le poids à l’âge adulte et la mise à la reproduction des femelles), 3-
comparer les animaux d’un même élevage et 4- estimer la valeur génétique des jeunes veaux à partir de leurs
performances en ferme jusqu’au sevrage ainsi que celle de leur ascendance.

III. LES OVINS


L’élevage de petits ruminants mouton et chèvre Djallonké est caractérisé par un fort taux de vagabondage ou
divagation autour des villages. Les animaux se nourrissent d’herbes du bord des chemins et des ordures
ménagères, mais ils se montrent aussi friands des plantes vivrières des potagers voisins.
En Afrique, le cheptel ovin des petits ruminants est composé principalement de mouton Djallonké, qui est une
race de petit format (40 à 60 cm et 20 à 30 kg pour la brebis, 25 à 40 kg pour le bélier), à poils ras et oreilles
courtes.

3.1 La conduite du troupeau et l’alimentation


En Afrique, les ovins accompagnent les bovins et sont plus représentés en Afrique du Nord et en Afrique du
Sud, mais très peu à Madagascar. Traditionnellement, dans les zones forestières, les petits ruminants vivent
autour des habitations et divaguent à longueur de journée dans le village et dans ses alentours à la recherche
de nourriture, herbes et déchets ménagers.
Le mouton peul sahélien, haut sur pattes, présente toute proportion gardée les mêmes caractéristiques
alimentaires, conformation générale ou silhouette que les races bovines Zébu. Ils sont très peu exigeants en
nourriture et peuvent se contenter en saison sèche de feuilles sèches, de brindilles, de gousses et d’épineux
sous forme de pâturage aérien.

3.2. La reproduction
• L’effet mâle
L’effet mâle est beaucoup plus intéressant chez les petits ruminants et les porcins. Lorsqu’on retire les mâles
du troupeau pendant au moins 3 à 4 semaines puis qu’on les remet/réintroduit dans le troupeau, beaucoup de
femelles viennent en chaleurs ensemble: c’est l’effet mâle.
• L’accouplement
Encore appelé coït, monte, saillie, lutte, saut, copulation, l’accouplement est favorisé par le comportement et
l’odeur des femelles en chaleurs qui excitent le mâle. Il faut veiller à ce que l’accouplement se réalise au moment
de l’ovulation en tout cas peu avant ou peu après. En cas de chaleurs silencieuses, les chances de fécondation
sont réduites. Ainsi, quand les mâles et les femelles sont séparés, c’est à l’éleveur que revient la charge de
s’assurer que l’accouplement se produit au moment opportun.

3.3 La gestation chez les ovins


La durée moyenne de la gestation chez les brebis ou les chèvres est de 150 jours (environ 05 mois). A 100
jours, le fœtus ne pèse pas encore plus du quart de son poids à la naissance. La formation du fœtus est accrue
pendant les 50 derniers jours de la gestation. C’est pourquoi il est recommandé de distribuer des aliments très
riches et surtout mieux équilibrés à la mère d’autant qu’au-delà de la couverture de ses propres besoins, il faut
la préparer à une production élevée de lait pour le futur né.

3.2 Quelques performances zootechniques des ovins


Les adultes sont de format et de poids variables. Les femelles sont plus fécondes que les vaches. En région
tropicale, le cycle oestrien n’est généralement pas saisonnier, à la différence des races des régions tempérées
dont le déclenchement de l’oestrus dépend de la longueur du jour.

3.4 Les aptitudes


L’aptitude est la capacité d’un animal à produire. Dans le cas présent, cette production peut être soit de la
viande, soit du lait, ou encore de la laine. C’est ainsi que :
- le mouton Djallonké est exploité pour sa viande ;
- le mouton sahélien élevé pour le lait et accessoirement la viande.
Les ovins ont une bonne aptitude à mieux valoriser les pâturages pauvres, qu’ils coupent au ras du sol. Les
races à laine peuvent produire 3 à 4 kg de laine par an.
Elevé en milieu villageois, le rendement moyen du mouton Djallonké à l’abattage, à l’âge adulte oscille entre 40
et 45%. En élevage intensif ce rendement peut atteindre 48 à 57% grâce à une alimentation bien équilibrée.

IV. LES CAPRINS


Les caprins sont essentiellement du type "chèvre naine locale". C’est un animal relativement léger et de petite
taille (50 cm de hauteur pour 20 kg de poids adulte). Il est très précoce et prolifique qui par ailleurs se reproduit
toute l’année tout comme chez les ovins. La durée moyenne de la gestation est également de 150 jours.
Les caprins sont de précieux fournisseurs de viande sauf dans certains pays d’Europe et d’Afrique centrale où
certaines races sont élevées beaucoup plus pour le lait que pour la viande (Belgique, Rwanda).
Les caractéristiques des chèvres ressemblent beaucoup à celles des moutons avec un poids moyen voisin, une
prolificité légèrement plus élevée. Les caprins sont encore plus rustiques que les ovins. Ils se nourrissent de
préférence de feuilles d’arbustes, d’écorces d’arbres, de gousses, d’épineux.
Les chèvres sont très liées aux élevages bovins en Afrique soudano-sahélienne. Les chèvres craignent
l’humidité. Elles doivent être parquées dans des abris couverts en régions humides pour éviter les maladies.

➢ Actions d’amélioration de l’élevage de petits ruminants


Pour une meilleure exploitation du cheptel, entreprendre d’une manière générale les actions ci-après:
- pratiquer le flushing ;
- grouper les mises-bas ;
- pratiquer le sevrage ;
- faire les soins antiparasitaires ;
- améliorer davantage l’hygiène de l’alimentation des locaux et du matériel d’exploitation.
- mettre à la disposition des animaux en permanence pendant la saison sèche des blocs de pierre à
lécher susceptible de combler le manque à gagner;
- castrer les agneaux non retenus pour la reproduction et reformer les femelles âgées, les femelles
stériles ou non productives ;

V. LES PORCINS
La réussite de l’élevage porcin repose dans la maitrise du logement, de la reproduction, de l’alimentation et de
la santé. Le porc est un monogastrique omnivore : il mange tout. Il est capable de transformer une gamme
variée de produits et de sous-produits agricoles non destinés à la consommation humaine pour produire de la
viande. Il a une croissance rapide. En Europe par exemple, 8 à 9 mois suffisent pour amener un porcelet de 1,2
kg à la naissance à 90-120 kg.et le livrer à la boucherie. Il est appelé ‘’industrie à viande’’.

5.1. Quelques races de porc élevé


Il est nécessaire de connaître les races existantes ainsi que leurs performances avant d’entreprendre l’élevage.
✓ Races locales.
Il existe plusieurs souches selon les régions. Les races locales sont rustiques et de petit format. Elles ont de
bonnes qualités maternelles mais leur prolificité est faible: 4 à 6 porcelets à la mise bas. Le poids à l’âge adulte
est d’environ 40 kg pour la truie et de 60 kg pour le verrat. Leur caractéristique fondamentale est la rusticité et
la résistance à la plupart des maladies tropicales.
✓ Races améliorées : quelques races améliorées couramment rencontrées en Afrique :
Large White ou Yorkshire : d’origine anglaise, très rustique, 10 à 13 porcelets à la naissance. Le poids moyen
à l’âge adulte est de 150 à 250 respectivement pour la truie et le verrat.
Landras : porc blanc d’origine danoise. Grande qualité maternelle mais plus sensible aux maladies que la
Large White.
Duroc Jersey : porc marron d’origine américaine, très prolifique avec 10 à 12 porcelets à la naissance. Le
poids à l’âge adulte est de 250kg pour la truie et 350 kg pour le verrat. Les qualités maternelles sont
médiocres :
5.2 La reproduction
Il faut un verrat pour un effectif compris entre 5 et 20 truies. Deux verrats sont toujours nécessaires quel que
soit l’effectif du troupeau.
La puberté : apparait très souvent vers l’âge de 3 à 6 mois mais il est recommandé d’attendre l’âge de la
maturité sexuelle (7 à 8 mois) avant la mise à la reproduction.
Le cycle sexuel : la durée moyenne du cycle sexuel ou cycle oestrien est compris entre 19 et 23 jours.
Les chaleurs : c’est la période pendant laquelle la truie accepte le mâle et peut être fécondée. Il est possible
de faire un test d’immobilisation.
La gestation : elle dure 3 mois 3 semaines 3 jours soit 112 à 116 jours avec une moyenne de 114 jours.

5.3 L’alimentation
Les éléments pour la formulation d’aliments pour porc reposent sur l’énergie, les protéines et les minéraux.

5.4 La santé
• Hygiène : mettre l’accent sur la prévention à travers l’entretien quotidien des locaux, des infrastructures,
des équipements et des matériels d’exploitation;
• Maladies infectieuses dominantes : la peste porcine africaine, les gastro-entérites qui est aussi une
maladie virale, les colibacilloses néonatales ou diarrhée blanche du porcelet, la pneumonie, le rouget
du porc causée par une bactérie, les Métrites – Mammites– Agalactie (MMA) : il s’agit d’infections
bactériennes ;
• Maladies parasitaires :
- Parasites externes : gales, tiques, poux et puces ;
- Parasites internes : ascaridiose surtout.
VI. LES LAPINS
Le lapin est un petit animal qui, à l’âge adulte pèse entre 2 et 4 kilos. Il peut vivre 6 à 7 ans. Mais, en élevage,
on l’abat vers un an pour les lapins de chair, entre 3 et 4 ans pour les reproducteurs. Il a les oreilles longues et
mobiles. C’est un rongeur.
La fourrure du lapin peut avoir des couleurs variées selon les races. Le petit du lapin s’appelle un lapereau. Bien
conduit, un élevage de 05 femelles et 01 mâle peut donner 100 lapereaux par an. L’élevage de lapin s’appelle
cuniculture ou cuniculiculture.
Quelques exemples de lapins de races spéciales : Géant des Flandres, Fauve de Bourgogne, Blanc du Bouscat,
etc. ces races coûtent très chères pour le producteur.
Remarque : Pour saisir un lapin, on le prend par la peau du dos, jamais par les oreilles.

6.1 L’alimentation des lapins


Tout en restant économique, l’alimentation doit être variée, régulière, équilibrée. Le lapin est un animal
herbivore. Il se nourrit de :
- fourrage, vert et sec : herbes, feuilles de choux, salade, carotte, manioc, patate douce, amarante,
arachides, troncs de bananiers et de papayers coupés en morceaux ;
- racines et tubercules : carottes, ignames, patate douces, manioc ;
- grains et son : maïs, mil, riz, sorgho ;
- tourteaux : d’arachide et de soja ;
- fruits et épluchures de fruits ;
- lait : surtout pour les lapines fécondées ou qui allaitent;
- composés minéraux : poudre d’os, sel ;
- charbon de bois : favorise la digestion, on le met dans la mangeoire en morceaux très petits;
- branchages : le lapin est un rongeur ; certaines de ses dents poussent continuellement ; il faut lui
donner de petites branches à ronger : de quoi user ses dents.
L’alimentation des lapins doit toujours contenir une part de verdure mais jamais d’aliments fermentés à savoir
fruits et légumes pourris, herbes non fraîchement coupée. L’herbe mouillée est responsable d’accidents de la
santé. On trouve dans le commerce des aliments composés préparés soit pour les mâles et pour les femelles
au repos (aliment « reproducteurs »), soit pour les lapines pleines ou suitées (aliment « gestation-lactation »).
Le lapin adulte doit faire deux repas par jours : un le matin et un le soir. Pour les lapines pleines ou suitées, il
faut ajouter un repas à midi.
Les lapins peuvent avaler une partie de leurs excréments : c’est la coprophagie. Ils utilisent ainsi des éléments
nutritifs non assimilés dans une première digestion.
Enfin, l’eau est nécessaire aux lapins. Il faut veiller à ce qu’il y en ait toujours de propre dans l’abreuvoir. Le
manque d’eau ralentit la croissance.
NB : comme chez les autres espèces animales, la qualité ainsi que la quantité de l’alimentation du lapin
d’élevage dépend grandement de son âge, du stade physiologique.
6.2. Le râtelier et l’abreuvoir
Si l’on dépose la nourriture directement sur la litière des cases, elle est vite salie par les déjections des lapins.
Il faut placer dans chaque case une mangeoire, un râtelier et un abreuvoir. La mangeoire reçoit les graines et
le son. Dans le râtelier, on met la verdure, les tubercules, les racines. On peut fixer la mangeoire et le râtelier
sur un des côtés de la case ou sur la porte, à l’extérieur, ce qui permet de nourrir les lapins sans avoir à ouvrir.
De même, pour éviter que les lapins renversent l’abreuvoir et qu’ils salissent l’eau, il faut le fixer à la paroi,
légèrement en hauteur, assez loin de la mangeoire.

6.3. Le logement/habitat du lapin : le clapier


Prévoir un habitat confortable. Le clapier doit être installé dans un endroit assez calme. Il doit être bien isolé, à
l’abri de la pluie des courants d’air et de la chaleur. Lors de l’achat, le choix peut porter entre :
- les clapiers en bois, qui demandent un traitement spécifique du bois, un renouvellement de la peinture
et du vernis d'extérieur pour un logement de longue durée ;
- les clapiers en béton, faciles à installer et à nettoyer, les habitations en béton ont tendance à voir les
portes grillagées se rouiller ; il faudra alors les traiter et repeindre le tout.
Dans un cas comme dans l’autre, il convient de maintenir le clapier propre. Il faut le nettoyer au moins une fois par
semaine pour écarter tout risque de maladies.

6.4. L’hygiène dans la cuniculture


L’hygiène des locaux, des aliments, de l’eau, des abris et du matériel d’exploitation est un gage pour la réussite
d’un élevage de lapins. Beaucoup de malaises et de maladies sont évités si l’éleveur prend des précautions
simples et très efficaces.
✓ Chaque jour, enlever les restes des aliments, nettoyer mangeoire et abreuvoirs ;
✓ Chaque semaine, rafraîchir la litière par une nouvelle couche de paille ou la renouveler totalement.
Nettoyer les mangeoires et les abreuvoirs, les laver et les laisser sécher au soleil ;
✓ Tous les 3 mois, laver entièrement les cases à l’eau très chaude additionnée d’eau de Javel à 10 % ou
de crésyl à 5 % ou de phénol à 2 % ou d’ammonium quaternaire à 2 %.
Laisser les nouveaux venus dans une case indépendante pendant 1 mois pour s’assurer qu’ils sont en bonne
santé, avant de les introduire dans le troupeau avec les autres lapins. Séparer sans attendre, les animaux qui
paraissent en mauvaise santé, brûler leur litière, désinfecter leur case..

6.5. La reproduction
La femelle est capable de produire vers 6 mois. Les races légères sont plus précoces. Mais il vaut mieux attendre
8 à 10 mois. Ne pas appliquer le mâle à la reproduction avant 10 à 12 mois. L’accouplement et la fécondation
réussissent quand la femelle y est disposée. On dit alors qu’elle est en chaleurs. Une femelle en chaleurs devient
agitée ou sa posture est allongée quand elle est au repos. L’odeur du mâle favorise la mise en condition de la
femelle. Pour cette raison, le lieu de la saillie est la case du mâle. Si la femelle refuse le mâle, il vaut mieux la
ramener dans sa case. Après 4 à 5 jours, on la représente au mâle. Si elle l’accepte, c’est qu’elle n’était pas
fécondée. Une seule saillie suffit.
La durée de la gestation varie de 29 à 31 jours. Le nombre de portées annuelles pour une lapine ne doit pas
dépasser 4 ; sinon, on fatigue les mères et les petits sont moins beaux. On peut adopter le rythme suivant :
gestation : 30 jours ; l’allaitement : 50 jours ; repos : 10 jours. Cela fait 1 portée tous les 3 mois. Les animaux
reproducteurs doivent être rustiques et à croissance rapide. Si l’élevage est bien tenu, il est rentable.

6.6. La mise-bas
Quelques jours avant la mise bas, la lapine fait son nid. Il faut assombrir la case et la laisser ainsi jusqu’à 7 jours
après la mise-bas. Veiller à ce qu’elle ait toujours de l’eau à boire. Sinon, elle risque de tuer ses petits pour
apaiser sa soif. La visite du nid se fait 2 ou 3 fois par jour après la naissance. De façon pratique, on déplace la
mère dans une autre case pendant ce temps-là. Il est bon de se frotter les doigts avec la litière de sa case pour
que l’odeur humaine ne reste pas sur les lapereaux. Remettre le nid bien en place, puis ramener avec douceur
la mère dans sa case. Sur une fiche fixée à la case de chaque lapine, inscrire les renseignements suivants :

Date de la saillie………………………………… xx/02/06


Nom du mâle……………………………………. YAGO
Date de la mise-bas……………………………. Yy/6/06
Nombre des lapereaux…………………………. 06
VII. AVICULTURE : (EXEMPLES : POULE, DINDON, CANARD, PINTADE)

L’aviculture est l’élevage des oiseaux, des volailles (Le petit LAROUSSE compact, 2004).
L’aviculture est, au sens étymologique du terme, l’art de faire naître des oiseaux, de veiller à leur
développement, leur entretien, leur reproduction. C’est une activité économique qui pourrait fournir aux
populations, des protéines et leur procurer des revenus appréciables. Mais dans la plupart des pays d’Afrique,
les techniques d’élevage sont en général sommaires.
L’eau et les aliments abondent en saison pluvieuse alors que pendant la saison sèche, on assiste très souvent
à un manque quasi-total des aliments. L’aviculture traditionnelle a été pendant longtemps une véritable
cueillette.
Enfin, la gamme variée de maladies que les oiseaux doivent affronter en permanence, certaines mentalités, le
poids des pratiques socio-culturelles sont autant d’obstacles que notre aviculture devra surmonter.

Des mesures immédiates à prendre par l’aviculteur en cas d’épidémie ;


Les principales mesures à prendre en cas d’épidémie sont :
1. Alerter les services vétérinaires ;
2. Isoler les oiseaux malades en les classant si possible en trois lots à savoir :
▪ oiseaux effectivement malades ;
▪ oiseaux suspects de la maladie ;
▪ oiseaux sains à tenir strictement à l’écart des deux premiers lots.
3. Abattre les oiseaux malades, surtout pour les cas suivants :
▪ maladie à issue fatale comme la maladie de Newcastle, (90 à 100% de mortalité) ;
▪ maladie n’atteignant que peu d’oiseaux ;
▪ maladie dont l’introduction est récente dans la région ;
4. Désinfecter les locaux et tout le matériel d’élevage. Pour ce faire il faut :
▪ évacuer les oiseaux ;
▪ enlever soigneusement la litière ;
▪ laver à l’eau bouillante ou au mieux avec une solution de carbonate de soude à 10%- le sol,
les murs, les mangeoires, les abreuvoirs en frottant énergiquement avec une brosse ;
▪ rincer à grande eau, puis arroser d’une solution désinfectante (ex 10kg de chaux dans 100
litres d’eau, eau de javel à 2-3%, crésyl à 5%) ; Laisser sécher ;
▪ badigeonner les murs si possible.
Au-delà de toutes ces mesures, les dispositions légales suivantes doivent être observées en cas d’apparition
de maladie contagieuse :
▪ la mise en interdit du foyer d’infection : tout déplacement d’oiseaux entre cette zone, ce village ou ce
poulailler et l’extérieur est interdit ;
▪ l’interdiction éventuelle de consommer de la viande provenant d’oiseaux malades ou morts ;
▪ la réalisation d’une ceinture vaccinale tout autour du foyer ;
▪ la vaccination obligatoire des effectifs des régions voisines ;
▪ l’abattage d’animaux malades. Pour le réaliser il faut prendre des précautions à savoir :
- ne pas abattre un oiseau malade dans un poulailler collectif ;
- ne pas ouvrir le cadavre ;
- éviter de transporter le cadavre ;
- détruire le cadavre (creuser une fosse, le mettre, asperger de pétrole et brûler) ;
- désinfecter l’aire d’abattage.
A RETENIR

La rusticité est une des qualités des espèces et races locales autochtones. La plupart de ces espèces et races
peuvent subsister, même sans soins, dans des régions où les conditions sont extrêmement précaires, pénibles
pour l’élevage.

Les espèces et races locales ont acquis une très bonne immunité naturelle antiparasitaire. Cette immunité va
s’installer chez la plupart des descendances, notamment les jeunes qu’il faudrait aider par la mise en œuvre
d’un programme de prophylaxie sanitaire rigoureux qui implique un déparasitage interne, au moment du
sevrage par exemple.

Les races locales peuvent vivre, produire et se reproduire dans leur environnement souvent peu favorable aux
activités de production. Elles ont une adaptation assez bonne aux conditions du milieu. Tout apport de sang
étranger leur fait perdre cette aptitude.

Au point de vue zootechnique, de grands progrès peuvent être réalisés dans des élevages pour améliorer les
performances de nos espèces locales qui possèdent déjà d’assez bonnes aptitudes à la production et à la
reproduction. En race pure, elles sont les seules à s’adapter au climat tropical humide. Il suffira d’un
encadrement adéquat pour améliorer considérablement leurs rendements.

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