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Republique du Burkina Faso Rapport de pré diagnostic des filières Bétail – Viande et sésame

Republique du Burkina Faso Rapport de pré diagnostic des filières Bétail – Viande et sésame

Rapport de pré diagnostic des filières Bétail – Viande et sésame Consultante : Félicité TRAORE Mai

Consultante :

Félicité TRAORE

Mai 2012

1
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Tables des matières

SIGLES ET ABREVIATIONS

4

INTRODUCTION

6

I-

Généralités et contexte de l’étude

6

II-

Objet de l’étude

7

III-

Méthodologie de l’étude

7

PARTIE I : LA FILIERE BETAIL – VIANDE

9

Caractéristiques générales

10

I-

La cartographie de la filière bétail-viande

11

I.1.

Le cadre politique et règlementaire

11

I.1.1.

Le cadre politique

11

I.1.2.

Le cadre règlementaire

12

I.2. Les principaux produits

13

I.2.1.

Le bétail sur pied

13

I.2.2.

La viande

13

I.2.3.

Le lait

14

I.2.4.

Les autres produits issus de la transformation

15

I.3. Les fonctions

15

I.3.1.

Approvisionnement en intrants (alimentation, soins vétérinaires)

15

I.3.2.

Production :

16

I.3.3.

Transformation :

19

I.3.4.

Commercialisation :

19

I.4. Les acteurs :

21

I.4.1.

Les acteurs de la production

21

I.4.2.

Les acteurs de la transformation :

21

I.4.3.

Les acteurs de la commercialisation

22

I.4.4.

Les projets privés d’envergure

23

I.4.5.

Les structures d’appui

23

I.5. Les contraintes et les forces majeures de la filière bétail – viande

27

II-

L’importance géographique et les pôles potentiels de croissance de la filière

29

II.1.

Le

bétail sur pied

29

II.2.

La viande

29

II.3.

Les produits de charcuterie

29

III-

Recommandations finales

30

III.1.

Sur les approvisionnements et la production primaire

30

III.2.

Sur la transformation

31

III.3.

Sur la commercialisation

33

III.4.

Sur les acteurs

33

III.5.

Eléments de contenu d’un projet ONUDI dans la filière

34

IV-

Annexe

36

2
2

PARTIE II : LA FILIERE SESAME

37

Caractéristiques générales

38

I-

La cartographie de la filière sésame

40

I.1. Le cadre politique et règlementaire

40

I.1.1

Le

cadre

politique

40

I.1.2 Le cadre règlementaire

40

I.2. Le produit

 

41

I.2.1. Le sésame brut :

41

I.2.2. Les produits transformés :

41

I.3. Les fonctions :

 

42

I.3.1.

Approvisionnement en intrants

42

I.3.2.

Production :

42

I.3.3.

Transformation :

43

I.3.4.

Commercialisation :

43

I.4. Les acteurs :

 

45

I.4.1.

Les acteurs de la production

45

I.4.2.

Les acteurs de la transformation :

46

I.4.3.

Les acteurs de la commercialisation

47

I.4.4.

Les projets privés d’envergure

47

I.4.5.

Les acteurs d’appui :

48

I.5. Les contraintes et les forces majeures de la filière sésame

53

II-

L’importance géographique et les pôles potentiels de croissance de la filière

54

II.1.

Le sésame brut

54

III-

Recommandations finales

55

III.1.

Sur les approvisionnements et la production primaire

56

III.2.

Sur la transformation

56

III.3.

Sur la commercialisation

57

III.4.

Sur les acteurs

57

III.1.

Eléments de contenu d’un projet ONUDI dans la filière

57

IV-

Annexe

 

60

3
3

SIGLES ET ABREVIATIONS

3ADI

:

Africa’s Agribusiness and Agro-industries Development Initiative

AFO

:

Abattoir Frigorifique de Ouagadougou

AIEPO

:

Association des importateurs exportateurs de produits oléagineux

APEAH

:

Association pour la Promotion de l’Agriculture, de l’Élevage et de l’Hydraulique

APEX

:

Agence pour la Promotion des Exportations

ARFA

:

Association de Recherche et de Formation Agro-écologique

BAD

:

Banque Africaine de Développement

CBPCA

:

Centrale Burkinabè des viandes et Produits Carnés

CEDEAO

:

Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest

CFC

:

Common Fund for Commodities

COPROLAIT :

Coopérative de Production de Lait

DDI

:

Direction du Développement Industriel

FAO

:

Food and Agriculture Organization of the United Nations:

FBDES

:

Fonds Burkinabé de Développement Economique et Social

FIDA

:

Fonds International de Développement Agricole

GIZ

:

Deutsche Gesellschaft fuer Internationale Zusammenarbeit

KIT

:

Royal Institute for the Tropics

GV

:

Générale des Viandes

GPC

:

Groupements de Producteurs de Coton

INERA

:

Institut de l'Environnement et de Recherches Agricoles

LWR

:

Lutheran World Relief

MRA

:

Ministère des Ressources Animales

OCADES

:

Organisation Catholique pour le Développement et la Solidarité

OMC

:

Organisation Mondiale du Commerce

ONG

:

Organisation Non Gouvernementale

ONUDI

:

Organisation des Nations Unies pour le Développement Industrielle

PAFASP

:

Programme d’Appui aux Filières Agro Sylvo Pastorales

PAPISE

:

Plan d’Actions et Programme d’Investissement du sous-secteur de

PIB

:

l’Elevage Produit Intérieur Brut

PME

:

Petites et Moyennes Entreprises

PNDEL

:

Politique Nationale de Développement Durable de l’Elevage

PPA

:

Peste Porcine Africaine

PPCB

:

Péri Pneumonie Contagieuse des Bovidés

SAFCOD

:

4
4

SACS

:

SCADD

 

:

SOFAB

:

SOGEAO

:

SOPROLAIT

:

SPAI

:

TAA

:

SPFBV

:

TDR

:

UEMOA

:

UGPPK/S-Z

 

:

USADF

:

Société Africaine de Charcuterie et de Salaison Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable

Société de Fabrique d’Aliment de Bétail Société de gestion des abattoirs de Ouagadougou Société de Production de Lait Sous Produits Agro industriels

Trypanosomoses Animales Africaines Société de Promotion de la Filière Bétail Viande Termes de Références Union Economique et monétaire Ouest Africaine

Union des Groupements de Productrices des Produits du Karité des Provinces de la Sissili et du Ziro United States African Development Foundation

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INTRODUCTION

I- Généralités et contexte de l’étude

Le programme Africa’s Agribusiness and Agro-industries Development Initiative (3ADI) est une initiative de l’ONUDI en collaboration avec la FAO et le FIDA. Dans le processus qui a conduit à la mise en place de ce programme, ces 3 Institutions Internationales ont organisé une série de consultations internationales sur l'agribusiness comme un moyen pour répondre aux préoccupations de sécurité alimentaire et de réduction soutenue de la pauvreté dans les pays à faibles revenus.

La première consultation a ainsi réuni en avril 2008 à New Delhi, Inde aux représentants d'une centaine de pays en développement, dont 44 africains. Elle a été suivie de consultations régionales ciblant les besoins spécifiques de l’Asie, l’Amérique Latine et en Mars 2010, de l'Afrique avec la Conférence de haut niveau pour le développement de l'agribusiness et des agro-industries en Afrique (Abuja, Nigeria).

La conférence d’Abuja a fait l’objet d’une déclaration, la Déclaration d’Abuja laquelle stipule que la FAO, le FIDA et l’ONUDI devraient entamer une action conjointe dans le domaine des chaînes de valeur agricoles; la sécurité alimentaire; les politiques publiques; le financement et le commerce.

L'initiative, dénommée 3ADI, invite les partenaires d'exécution à tirer parti sur l’intérêt qui est actuellement prêté à l'agriculture pour le développement en Afrique, afin d’accélérer le développement des secteurs de l’agribusiness et des agro-industries générant de la valeur ajoutée aux produits agricoles de l’Afrique; et de soutenir un effort coordonné afin de partager leurs connaissances et d'harmoniser les programmes de façon à retenir les synergies, éviter la fragmentation des efforts, renforcer les effets sur le développement et soutenir un programme d'investissement visant à augmenter de manière notable la proportion de la production agricole en Afrique qui est transformée en produits à haute valeur ajoutée.

Par ailleurs, la Déclaration d’Abuja recommande à cette fin quatre domaines d’appui principaux:

politiques favorables et provision de biens publics ;

compétences et technologies dans la chaîne de valeur ;

services et institutions de post production ;

et renforcement des mécanismes de financement et d'atténuation des

risques. Suite à la Conférence d'Abuja, l'ONUDI présenta un programme d’assistance technique orienté dans un premier temps sur 12 pays (Haïti, Sierra Leone, Libéria, Ghana, Nigéria, Soudan, République Démocratique du Congo, Rwanda, Tanzanie, îles Comores, Madagascar et Afghanistan) où un ou deux produits agricoles clés seraient choisis par les autorités locales. Chaque produit formerait la base d'une

6
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analyse de chaîne de valeur détaillée qui tracerait la création de valeur à toutes étapes de l'activité économique, de la ressource jusqu’au marché.

Les activités du programme ont commencé en août 2010 avec des missions sur le terrain dans tous les pays ciblés. L'analyse qui est conduite dans chaque pays permet de circonscrire les principaux intervenants dans la ou les chaînes choisies, mettre en évidence les contraintes de développement et recommander des solutions techniques pour les surmonter. Pour la mise en œuvre des solutions proposées il sera nécessaire d’engager des ressources dans trois domaines : secteur privé, accompagnement du secteur public et assistance technique. Le secteur privé doit être la force motrice pour qu’une faiblesse dans la chaîne de valeur puisse être transformée en opportunité d’entreprise rentable.

C’est dans ce contexte que des missions ont été menées à Ouagadougou au Burkina Faso en Juin 2011 (du 13 au 18) et en décembre 2011 (du 18 au 23) et qui ont permis de valider l'engagement et la ratification du Burkina au programme du 3ADI. Ces missions ont également été l’occasion de rencontrer un très grand nombre d’acteurs et d’intervenants de plusieurs filières. A l’issue de ces missions, un certain nombre de filières ont été pressenties pour faire partie de deux filières à implémenter dans le cadre de l’initiative 3ADI. Ces filières sont : pour les filières végétales le sésame, le soja, le haricot vert et pour les filières animales la volaille locale, le lait, le bétail –viande et les cuirs & peaux.

C’est pour permettre de sélectionner deux filières parmi ces sept (7) et de disposer d’un niveau d’informations suffisantes sur la chaîne de valeur de ces filières que la présente mission a été envisagée.

II- Objet de l’étude

L’objet de cette étude, comme l’indique les TDR joints en annexe, est de réaliser une étude de préfaisabilité pour la sélection de deux filières qui seront soutenues dans le cadre du programme 3ADI. Il s’agit surtout de compiler et d’analyser des données recueillies sur la base de documents existants et de conduire des rencontres avec les acteurs et les personnes ressources des différentes filières concernées.

III- Méthodologie de l’étude

Tel que l’a recommandé les TDR, l’approche méthodologique s’est appuyée principalement sur une recherche bibliographique et une étude documentaire à partir de documents collectés auprès des directions et des structures techniques intervenant dans les filières concernées. Il a été également conduit des entretiens ciblés avec les principaux acteurs des deux filières sésame et bétail/viande pour approfondir l’analyse de ces deux filières, mieux connaître leurs capacités, échanger sur leurs contraintes et identifier leurs besoins d’appui.

7
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Ces différents éléments ont permis dans un premier temps d’élaborer des fiches filières et des synthèses sur l’état des lieux des différentes filières (sésame, soja, volaille, produits laitiers, et bétail-viande). Sur la base de ces premiers éléments, des échanges ont été engagés avec l’ONUDI et la partie nationale, ce qui a conduit au choix définitif des filières sésame et bétail – viande qui font l’objet de ce rapport d’étude de préfaisabilité. Rappelons que la filière bétail-viande a été retenu à cause du fait que c’est : (a) une filière à fort potentiel au Burkina Faso, grand pays d’élevage ; (b) une attention particulière et volonté des politiques à développer la filière surtout à promouvoir les exportations de viandes ; (c) contexte de réflexion en cours sur la gestion privé de l’abattoir de Ouagadougou (d) contribution au développement économique rural ; (e) une faible valorisation industrielle du produit et une grande exportation d’animaux sur pieds ; (f) potentiel de collaboration avec le secteur privé (demande forte du secteur minier en viande) ; (g) expertise de l’ONUDI dans la filière.

La filière sésame a été retenue à cause de (a) du niveau de production en croissance continue d’année en année ; (b) l’intérêt et la motivation des acteurs ; (c) accès aux intrants ; (d) quasi absence d’activités de transformation ; (e) haute rentabilité ; (f) impact pro vulnérables (femmes) ; (g) adéquation aux milieux ruraux à faibles précipitations ; (h) potentielles sources de financement à travers le cadre intégré et la coopération japonaise.

Il est à noter que l’analyse globale s’est inspirée de l’approche ONUDI de l’analyse des chaînes de valeur industrielle. Cependant, la non disponibilité de certaines informations chiffrées surtout au niveau du maillon transformation peut être considéré comme un facteur limitant à ce travail. Néanmoins certaines entreprises rencontrées ont bien voulu donner plus d’informations sur leur capacité de production, mais pas forcément leur production réelle.

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PARTIE I : LA FILIERE BETAIL – VIANDE

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Caractéristiques générales

L’activité d’élevage occupe une place sociale et économique majeure au Burkina Faso. Elle est pratiquée par plus de 80 1 % des ménages qui en tirent l’essentiel de

leurs revenus. Pourvoyeur d’emplois (il occupe environ 80% de la population active), le sous-secteur de l’élevage contribue :

pour plus de 18 2 % au PIB ;

aux exportations totales à hauteur de 26 3 % en valeur, ce qui fait des produits d’élevage le 3 ème poste pourvoyeur de devises après l’or et le coton ;

à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations par un apport de produits de haute valeur nutritive (viande, lait, œuf) ;

à la lutte contre la pauvreté par une augmentation des revenus des éleveurs de

l’ordre de 3% l’an. Par ailleurs, l’élevage constitue un facteur d’intensification des systèmes de production agricoles par la traction animale et la fertilisation des sols. Le sous-secteur de l’élevage recèle d’énormes potentialités au regard de l’importance et de la diversité du cheptel avec 8,233 millions de bovins, 20 millions de petits ruminants, 36,4 millions de volailles et 2,1 millions de porcins (Sous statistiques Ministère des Ressources Animales, 2009). Il se caractérise aussi par un système d’exploitation dominant extensif mais bien adapté à la variabilité saisonnière et interannuelle des ressources pastorales.

1 Source : MRA, 2010. Plan d’Actions et Programme d’Investissements du Sous-secteur de l’Elevage (PAPISE) 2010-2015 2 Source : CAPES, cité dans MRA, 2010. PAPISE 2010 - 2015 33 Source : INSD/Douanes, cité dans MRA, 2010. PAPISE 2010 - 2015

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I- La cartographie de la filière bétail-viande

I.1. Le cadre politique et règlementaire

I.1.1.

Le cadre politique

Le Burkina Faso s’est doté de deux outils cadre qui contiennent les orientations politiques et stratégiques claires aux yeux de tous les acteurs de la filière élevage en général et bétail - viande en particulier. Il s’agit du document de Politique Nationale de Développement Durable de l’Elevage (PNDEL) qui sert de cadre de référence des actions à moyen et long termes et dont la vision est de faire de l’élevage burkinabè « un élevage compétitif et respectueux de l’environnement autour duquel s’organise une véritable industrie de transformation et qui contribue davantage aussi bien à la sécurité alimentaire qu’à l’amélioration du niveau de bien-être des burkinabè » ; et du Plan d’Actions et Programme d’Investissement du sous-secteur de l’Elevage (PAPISE) qui est un outil d’opérationnalisation de la PNDEL à l’horizon 2015. Dans ce dernier document, il ressort que l’option stratégique retenue est le développement des filières de l’élevage en vue de permettre au sous-secteur de contribuer non seulement à l’amélioration de la sécurité alimentaire, mais aussi à l’accroissement des revenus, tout en préservant les ressources naturelles. La réalisation de cette vision prend en compte les principaux enjeux et défis du sous- secteur de l’élevage au Burkina Faso, que sont :

Faire de l’élevage un des piliers essentiels du développement rural et du développement économique pour le bien-être des ménages et pour le développement ;

Assurer une croissance durable de l’offre nationale de produits de l’élevage pour la sécurisation des besoins alimentaires des animaux, la maîtrise et la gestion du patrimoine génétique, de la santé animale et des conditions d’élevage ;

Faire en sorte que l’élevage contribue durablement à la sécurité alimentaire en mettant à la disposition de la population des produits animaux de qualité et à moindre coût ;

Accroître et améliorer la compétitivité des produits et des filières d’élevage en agissant tant sur le maillon production que sur les autres maillons des filières d’élevage à travers le renforcement des capacités des producteurs pour l’optimisation technico-économique de l’utilisation des facteurs de production, ainsi que pour la sécurisation de (i) l’accès aux informations utiles relatives aux prix et aux marchés des intrants et des produits et (ii) d’une juste interprétation et exploitation de ces informations. En aval de la production, il s’agit de permettre aux filières de commercialisation et de transformation de s’adapter aux opportunités de marchés ;

Gérer de manière durable les ressources naturelles exploitées par le secteur de l’élevage pour retrouver un équilibre entre le système d’élevage et les ressources naturelles ;

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Promouvoir un système plus efficient de commercialisation tant au niveau national, sous-régional qu’international ;

Promouvoir la transformation secondaire par des initiatives orientées vers la transformation au détriment de l’exportation de la matière brute ;

Appuyer le développement d’entreprises de production d’emballages ;

Appuyer le développement de technologie appropriée ;

Appuyer l’élaboration de normes notamment sur la viande fraiche (et séchée) et la gestion des résidus post production ;

Développer des normes sur les systèmes d’emballages et de conditionnement afin d’atteindre un label reconnu au niveau international ;

Améliorer la collecte et la connaissance des statistiques de la filière ;

Réexaminer les taxes d’importation des intrants zootechniques et vétérinaires ;

Rationaliser l’exploitation des ressources par une meilleure dotation, organisation et formation des acteurs des maillons de la filière ;

Améliorer la compétitivité de la filière par une incitation à l’utilisation des produits locaux ainsi qu’à l’introduction de nouvelles technologies de traitement des animaux ;

Mettre en place des abattoirs de qualité répondant aux normes internationales ou appuyer les abattoirs existants à se mettre à niveau

Valoriser les produits résultant de l’abattage des animaux (cinquième quartiers, cuir, cornes…).

Le Fonds de Développement de l’Elevage (FODEL) mis en place avec le soutien de

l’Etat permet de financer des actions en faveur des acteurs de la filière. Notons aussi que d’autres actions d’appui sont mise en œuvre par d’autres programmes comme le Projet de Dynamisation des Filières Agro Alimentaires (PAFASP) qui prendra fin en

2012.

I.1.2.

Le cadre règlementaire

L’Agence de Promotion des Exportations (APEX), Ex ONAC est chargé de la définition des normes de la filière bétail-viande. Au niveau de l’APEX, l’accent est mis sur la promotion de la qualité et la promotion des exportations. Pour la réalisation de sa mission, l’APEX s’appuie sur la Stratégie Nationale d’Exportation (SNE) nouvellement élaboré pour aider à apporter des solutions au maillon commercialisation à travers la recherche de marché et le respect des normes de qualité. Une structure interne dénommée FASO NORM a en charge ce département. A ce jour, nous notons l’élaboration de 29 normes sur les produits de la filière bétail-viande. Toutefois, des insuffisances sont à révéler car il n’existe pas de normes pour la viande fraiche et séchée qui constitue pourtant les principaux produits issus de la transformation au Burkina Faso. La question d’élaboration de normes pour le conditionnement et l’emballage des produits reste une préoccupation majeure. Il est important de noter que l’APEX manque de moyens pour intensifier les actions en faveur de la diffusion des normes. Les quelques soutiens apportés aux acteurs se

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sont limités jusque là à des actions d’information et de sensibilisation sur les normes au niveau de deux principales villes que sont Ouagadougou et Bobo Dioulasso. Beaucoup reste à faire dans ce domaine.

I.2. Les principaux produits

Les produits de la filière bétail – viande sont principalement le bétail sur pied, la viande fraiche et les produits transformés à base de viande par les grilleurs/rôtisseurs et les unités de charcuterie.

I.2.1.

Le bétail sur pied

L’élevage constitue la seconde activité économique au Burkina Faso après l’agriculture. Les principaux produits 4 de cet élevage sont selon les statistiques de 2009 du MRA se présentent ci-dessous :

Les bovins, estimés à 8 233 845 têtes ;

Les ovins, estimés à

8 003 164 têtes ;

Les caprins, estimés à

11 982 987 têtes ;

Les porcins, estimés à

2 124 769 têtes ;

Les asins, estimés à 1 029 788 têtes ;

Les équins, estimés à

38 168 têtes ; 16 653 têtes.

Les camelins, estimés à

I.2.2.

La viande

Le principal produit de transformation de la filière bétail-viande est la viande fraîche. Elle représente l’écrasante majorité des produits carnés vendus sur le marché national.

Les produits de charcuterie moderne préparés dans les supermarchés sont les pâtés, les boudins, les merguez, le chawarma,…. Ils gagnent progressivement du terrain dans les deux principales villes du pays (Ouagadougou et Bobo Dioulasso) et quelques villes secondaires (Ouahigouya, Koudougou), mais la production reste encore faible.

On note également une forte transformation artisanale dans la catégorie des aliments de rue et des restaurants de la place. Principalement à partir de la viande fraiche pour obtenir soit de la viande grillée, au four ou fumé, soit simplement des plats à base de viande.

On peut donc conclure qu’il y a très peu de transformation de type industrielle proprement dite au-delà de la viande fraîche issue des abattoirs. Cela résulterait d’une part, de la maîtrise insuffisante des techniques par les professionnels, mais aussi d’autre part, des habitudes culturelles et culinaires locales.

L’exportation concerne très peu la viande au Burkina Faso, l’essentiel des exportations se faisant sous la forme d'animaux vivants.

La viande commercialisée au Burkina Faso provient pour une très grande part sinon presque en totalité des abattages du cheptel national. On peut distinguer deux types d’abattages : les abattages contrôlés et les abattages non contrôlés. Les

4 Source : MRA, 2010. Politique Nationale de Développement Durable de l’Elevage au Burkina Faso

13
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abattages contrôlés sont ceux enregistrés par les services d’élevage, après inspection des viandes et des abats dans les abattoirs.

Les abattages non contrôlés comprennent :

Les abattages non contrôlés par les services de l’élevage et qui rentrent dans le circuit de la commercialisation (abattages clandestins) ; Les abattages domestiques non contrôlés par les services de l’élevage et qui sont réalisés dans le cadre des fêtes ordinaires (fêtes de fin d’années), des fêtes coutumières (funérailles, intronisation etc.), des fêtes religieuses (Tabaski, ramadan, Pâques, Noël etc.) et des manifestations diverses constituées par les baptêmes, les mariages etc. Les carcasses en gros sont gérées par des chevillards qui confient la vente au détail à des bouchers-détaillants ; lesquels revendent la viande au niveau des boucheries plus ou moins aménagées ou tout simplement au niveau d’étalages sommairement aménagés en bordure des marchés.

Les nombreuses études menées dans le domaine s’accordent à dire que seulement un tiers de la viande consommée au Burkina Faso provient des abattages contrôlés ; l’autre partie de la viande consommée provenant des abattages familiaux (filière directe).

La production nationale de viande serait de l’ordre de 130 000 tonnes par an. En 2009, la quantité de viande produite et contrôlée sur le territoire était de 1 597 788 animaux confondus, soit 39 720 tonnes et se repartit comme suit :

confondus, soit 39 720 tonnes et se repartit comme suit : I.2.3. Le lait Les vaches

I.2.3.

Le lait

Les vaches adultes représentent 40% des effectifs du cheptel, en 2008 environ 1 779 363 litres de lait a été collecté sur le plan national et 823 860 litres pasteurisé.

De plus en plus la production laitière est entrain de prendre de l’ampleur à cause de multitude d’unités laitières et de laiteries plus ou moins modernes installées dans les différentes villes du Burkina Faso.

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I.2.4.

Les autres produits issus de la transformation

Il n’existe pas encore de produits issus d’une transformation industrielle locale (production de conserves et autres dérivées). Les principaux produits qui existent sont issus de la transformation artisanale ou semi-industrielle ; ce sont les charcuteries, les grillades et les viandes séchées avec différents assaisonnements.

À côté de la transformation alimentaire, la filière génère par ailleurs des sous produits non alimentaires tels que les cuirs, les peaux, les cornes et onglons, les excrétas gastriques (fumier), etc

Les cuirs et peaux

En ce qui concerne les cuirs et peaux, une société burkinabè « le groupe Tan-Aliz » est leader et presque seul opérateur dans la collecte et la commercialisation sur l’ensemble du territoire national. Une part substantielle des cuirs et peaux est également transformée en produits d’artisanat traditionnel et exportés vers le Ghana et le Nigeria pour la consommation humaine. D’autres marchés potentiels comme l’Espagne et l’Italie bénéficient de ces produits secondaires de la filière bétail- viande.

Les cornes

Au plan national, il n’existe aucun suivi de la production en cornes ou onglons des ruminants, tant par les grands abattoirs frigorifiques que par les aires d’abattage. On estime toutefois à près de 400 tonnes par an la production de cornes. Ce produit est essentiellement utilisé pour l’artisanat d’objets utilitaires, d’objets de décoration et de bijoux.

La traction animale et les déjections (fumier) font parti de la chaine des sous-produits de la filière assez valorisé dans les exploitations agricoles du pays. En 2005, on a dénombré environ 1 715 077 bœufs de trait.

I.3. Les fonctions

I.3.1.

Approvisionnement en intrants (alimentation, soins vétérinaires) L’alimentation :

L’alimentation du bétail est un élément central de la chaîne car elle affecte la santé et la productivité des animaux. Elle est une des contraintes majeures de l’élevage du bétail au Burkina. Les éleveurs burkinabés alimentent leur bétail avec des aliments traditionnels comme les pâturages naturels (fourrage sur pied, fourrage conservé, résidus de récoltes ou sous produits agricoles et fourrage), et les Sous Produits Agro industriels (SPAI) à forte valeur énergétique et/ou protéique (aliments de bétail, tourteaux de coton, sons et farines basses, drèches de canne à sucre, mélasse de bière sous-produits de rizerie, etc.). A cela s’ajoute la ressource Eau.

Il faut noter qu’en termes d’utilisation de ses ressources pastorales, on observe que les paysans et les petits producteurs nourrissent leurs animaux en fonction des saisons et des aléas climatiques. Les aliments traditionnels constituent donc l’essentiel de l’alimentation du cheptel au Burkina. Le fourrage des parcours naturels existe

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essentiellement pendant la saison hivernale et sa disponibilité varie selon les zones. Les sous produits agricoles constituent une partie importante de l’alimentation du cheptel durant la saison sèche. Ce sont essentiellement les tiges et feuilles de céréales, les rafles et fanes des légumineuses qui restent après les récoltes. Les SPAI (tourteaux de coton, sons et farines basses, drèches de canne à sucre et mélasse de bière) sont surtout utilisés par les producteurs qui font l’élevage d’embauche comme compléments de l’alimentation des animaux. Mais le coût de cette alimentation réduit son utilisation par un grand nombre d’éleveurs.

Les soins vétérinaires :

Les intrants vétérinaires sont surtout les médicaments et les vaccins. Selon certaines sources, les pertes annuelles de bétail pour cause de maladie représentent environ un quart de la valeur totale de la production animale du pays. Les soins vétérinaires sont donc nécessaires pour diminuer l’impact très négatif des maladies animales. Les maladies qui frappent le plus les animaux au Burkina Faso sont : la Péri Pneumonie Contagieuse des Bovidés (PPCB), le charbon symptomatique, les pasteurelloses, les Trypanosomoses Animales Africaines (TAA), la maladie de Newcastle, la peste porcine africaine (PPA).

La gestion de la santé animale se fait à travers des campagnes de vaccination organisées périodiquement en plus du suivi régulier du cheptel. En 2009 par exemple, la vaccination contre la PPCB (Péripneumonie Contagieuse Bovine) a touché 2 039 562 têtes, et la vaccination contre la Pasteurellose a concerné 1 978 893 têtes.

Afin de protéger les consommateurs des viandes insalubres, des saisies d’inspection sont menées par les services compétents. Les taux de carcasses saisies sont de 0.48% pour les bovins, 0.28% pour les bovins et 0.12% pour les caprins (DSA, 2007).

I.3.2. Production :

Le Burkina Faso est un pays sahélien qui jouit d’un avantage comparatif naturel à produire des bovins, des petits ruminants et dans une moindre mesure des camelins exportables. L'élevage constitue après l’agriculture la deuxième activité du secteur primaire au Burkina.

Systèmes de production

La typologie de production reste majoritairement le système d’élevage traditionnel (pastoral et agropastoral) qui dépend fortement de l’accès aux ressources naturelles (disponible alimentaire et d’eau) et aux intrants vétérinaires et zootechniques (sous- produits agro industriels et, médicaments vétérinaire). On peut distinguer trois systèmes d’élevage bovin et ovin 5 :

5 CILSS/ Pr. Yalacé Y. KABORET – Juillet 2010

16
16

(1)

Système pastoral

Le système pastoral, avec des troupeaux relativement importants de bovins et de petits ruminants, est basé sur l’exploitation extensive des ressources naturelles sans recours aux intrants zootechniques, à l’exception des années avec déficit fourrager

critique. Ce type d’élevage repose sur la mobilité ou transhumance des éleveurs et des troupeaux à la recherche de l’eau et des pâturages pendant la longue période de saison sèche (8 à 10 mois) et sur une faible utilisation d’intrants vétérinaires (vaccination en partie des bovins, chimio-prophylaxie contre la trypanosomose). Dans le contexte sahélien et du changement climatique, le pastoralisme apparaît comme la seule forme appropriée de mise en valeur des espaces naturels et de gestion des terres fragiles, et de conservation des écosystèmes du Sahel. La productivité de ce mode d’élevage est supérieure à celle de l’élevage sédentaire, car il exploite au mieux la variabilité géographique et temporelle des pâturages et des ressources en eau6. En revanche, il est très rigide car il ne s'adapte pas très facilement à l'évolution du contexte des marchés régionaux et internationaux. La transhumance pastorale est aujourd’hui menacée par:

une progression du front agricole (au rythme de 3% au Burkina Faso) privant les troupeaux de l’accès au pâturage et au point d’eau ; l'inégale répartition des points d'eau dans l'espace, qui ne permet pas une valorisation optimale de la ressource en pâturage ; une réduction globale des terres de parcours ; une obstruction des pistes à bétail ; de nombreux conflits de cohabitation entre éleveurs et agriculteurs, du fait de l’insécurité foncière et la difficulté de gestion des parcours ; difficultés quant à l'accès et à l’utilisation des ressources partagées pour la transhumance transfrontalière.

difficultés quant à l'accès et à l’utilisation des ressources partagées pour la transhumance transfrontalière.
difficultés quant à l'accès et à l’utilisation des ressources partagées pour la transhumance transfrontalière.
difficultés quant à l'accès et à l’utilisation des ressources partagées pour la transhumance transfrontalière.
difficultés quant à l'accès et à l’utilisation des ressources partagées pour la transhumance transfrontalière.
difficultés quant à l'accès et à l’utilisation des ressources partagées pour la transhumance transfrontalière.

(2)

Système agropastoral

Il utilise un mode sédentaire basé sur une exploitation extensive des ressources

fourragères avec des troupeaux de bovins et d’ovins de plus petite taille qui bénéficient pour certains d’une alimentation complémentaire. Les paysans nourrissent leurs animaux en fonction des saisons et des aléas climatiques.

Lors de la saison des pluies, les animaux sont nourris à base d’herbes (graminées, légumineuses) et de sous-produits artisanaux (son). Tout au long de la longue saison sèche (8 à 10 mois), les éleveurs font preuve de rationnement et de bonne gestion afin de maintenir la santé de l’animal à son plus haut niveau car les ressources fourragères sont insuffisantes en termes de quantité et de qualité et l’eau devient une ressource extrêmement rare. La base de l’alimentation du bétail est alors composée de pailles, de résidus de cultures (fanes de niébé, d’arachide et de dolique) et de suppléments issus de sous-produits (son de mil, de maïs et de sorgho ; tourteaux et parfois concentrés pour les ovins notamment).

6 GIRAUd P.-N

37p cité par cité par Pr. Yalacé Y. KABORET

Une évaluation économique des programmes d’hydraulique pastorale au Tchad .Paris-CERNA, mai 2005 :

17
17

(3)

Système intensif ou semi-intensif d’embouche (stabulation permanente ou

temporaire durant quelques mois), La production intensive de bétail se rencontre principalement dans les zones urbaines

ou périurbaines mais également dans certains villages. Ce système utilise en grande quantité des sous produits agricoles et agro-industriels et d’intrants vétérinaires achetés pour soutenir les productions animales. Les coûts de production sont donc relativement élevés. Le mode d’exploitation est tourné vers le marché.

Il est à noter que dans ce système de production, on peut distinguer l’embouche paysanne pratiquée par les agro-éleveurs en milieu rural (1 à 5 moutons ou 1 à 3 bovins) et l’embouche commerciale pratiquée par des fonctionnaires, des commerçants et des professionnels

Techniques et équipements :

Les équipements de production sont artisanaux. Les acteurs qui font l’embouche utilisent des charrettes, des brouettes, des mangeoires, des abreuvoirs, et du petit matériel (dabas, râteaux, pelles, etc.).

Contraintes de production :

Les principales contraintes au niveau de la production sont entre autres :

la faible productivité et la prédominance du mode d'élevage extensif ;

la précarité de l’alimentation du cheptel qui est une des causes majeures de

la faiblesse de la productivité animale ;

le manque de parcs d’élevage, d’embouches périurbaines, d’entrepôts (pour

le fourrage et les autres intrants d’embouche industrielle) ;

l’amenuisement des ressources pastorales du fait des crises climatiques

(sécheresses) ;

le renchérissement des prix des aliments concentrés, les sous-produits agro-

industriels tels que le tourteau de coton en l’occurrence les maladies animales qui

ont pour conséquence, des pertes annuelles qui représentent environ un quart de la valeur totale de la production animale ;

la faible valorisation du potentiel génétique des races locales qui limite leur

performance ;

le manque de connaissance des techniques d’embouche ; la faible liaison

production – marché ;

le manque de contrôle des normes sanitaires.

la faible structuration et professionnalisation des acteurs ;

la faiblesse du financement public du sous-secteur de l’élevage.

l’inondation, l’urbanisation galopante et la progression du front agricole (5 %

par an) ;

des conflits récurrents, quelque fois meurtriers, entre agriculteurs et éleveurs et

le climat de tension permanente entre les deux (2) communautés qui remettent en

18
18

cause la cohabitation nécessaire entre ces principales catégories d’acteurs du développement rural ;

l’insécurité qui tend à se généraliser et à s’aggraver en milieu rural, avec des

agressions visant à délester les populations entre autres de leur bétail et des recettes provenant de la vente du bétail. Cette insécurité est de nature à entraver

l’exécution normale des actions de développement de l’élevage dans certaines régions du pays.

I.3.3. Transformation :

Au Burkina Faso, les systèmes agropastoraux assurent près de 60% des carcasses bovines produites au niveau national et fournissent plus de 40% des exportations nationales. Le détail des effectifs abattus en 2008 par espèces permet de constater une prédominance des caprins (55%), suivie de loin par les ovins (18%) et les bovins (13%). En 2006, la production nationale de viande a été de l’ordre de 130 000 tonnes. On note deux types d’abattages : les abattages contrôlés et les abattages clandestins. Pour ce dernier type d’abattage, il n’existe pas de données fiables. En 2008, les abattages contrôlés ont permis de mettre à la disposition de la population 38 972 tonnes de viandes (contre 31 425 tonnes en 2006) dont 33 000 tonnes de ruminants et camelins.

Il n’existe pas de transformation industrielle (production de conserves et autres dérivés) de viande au Burkina Faso. La viande elle-même est le premier produit de transformation dans la chaîne de la filière bétail – viande. Des activités de transformation artisanale et semi-industrielle sont réalisées par des bouchers, rôtisseurs/grilleurs et charcutiers. Les principaux produits que ces différents acteurs sont les carcasses de viandes (abattoirs), les viandes traitées (boucheries modernes), les charcuteries (boucheries/charcuteries modernes), grillades et viandes séchées (boucheries/charcuteries traditionnelles).

On constate depuis ces trois dernières années que le secteur de la charcuterie est en pleine croissance avec l’implantation et le développement d’unités semi- industrielles notamment dans les grandes villes. On en dénombre une dizaine à Ouagadougou dont la plupart sont en lien avec les supermarchés ; en plus de quelques charcuteries de petites tailles.

I.3.4. Commercialisation :

L’offre

Depuis 1999, la production mondiale de viande bovine oscille entre 49 et 51 millions de tonnes. Concernant l’offre de viande au niveau nationale, des statistiques fiables ne sont pas disponibles mais en 2006, le Burkina a produit 130 000 tonnes de viandes ; ce qui est bien en deçà des besoins internes et externes de viande du Burkina Faso.

19
19

L’offre de bétail du Burkina, est estimée en 2009 à 3 537 260 7 têtes. De façon plus détaillée et sur ces dernières années l’évolution des offres du bétail dans les marchés est la suivante

Espèces

 

2003

 

2004

2005

2006

2007

2008

 

2009

Bovins

505

499

307

971

546

720

529

712

535

145

540

539

568

195

Camelins

   

876

 

936

 

823

 

549

 

718

3 685

Caprins

1 973 937

472

110

711

896

716

981

708

850

717

196

818

912

Ovins

645

725

524

675

771

877

911

188

694

033

647

611

693

862

Ensemble

3 125 161

1 768 338

2 733 437

2 743 877

2 769

2 765

3 537 260

 

372

 

299

Il est à noter que l’offre pour les exportations est variable (comme l’illustre le tableau ci-dessus). Elle est étroitement liée au déstockage des animaux tenant lui-même au croit naturel des espèces, aux incitations économiques (forte demande), mais aussi à la pluviométrie, à la quantité de fourrage produit et au prix des céréales. L’année suivante est marquée par une reconstitution du stock, donc une diminution des mises en vente et des exportations. L’offre de bétail dépend également des prix pratiqués sur les marchés. Malgré ces chiffres, la marge de manœuvre du potentiel de l’offre de bétail du Burkina est toujours énorme même avec un faible degré d’amélioration des conditions et des techniques d’élevage et d’embouche.

La demande

La demande en bétail – viande du Burkina est une demande aussi bien interne qu’externe. La demande interne est essentiellement composée de celle des transformateurs (bouchers, les abattoirs, les charcuteries, etc.) et des exportateurs.

La demande externe est surtout dominée par celle de la sous-région avec les pays comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et maintenant le Nigeria qui tirent la demande régionale globale. L’évolution des exportations de 2004 à 2009 se présente comme suit :

des exportations de 2004 à 2009 se présente comme suit : Depuis 2009, le Ghana s’avère

Depuis 2009, le Ghana s’avère être le premier pays importateur de bovins sur pied du Burkina. En dépit des fluctuations enregistrées sur les échanges de ces dernières

7 MRA/DGPSE, 2009

20
20

années, le commerce régional du bétail reste en pleine expansion 8 . Selon les statistiques du Ministère des Ressources Animales (MRA) du Burkina, les exportations du bétail ont progressé de 26% pour les bovins et les ovins 31% chez les caprins au

cours des cinq dernières années 9 . En 2008, la valeur FOB des exportations d’animaux

a également augmenté de 118,94% soit plus de 10,355 milliards de FCFA contre

4,7milliards de FCFA en 2007 10 .

I.4. Les acteurs :

I.4.1.

Les acteurs de la production

La production de bétail est assurée par près de 80% de la population du Burkina Faso. Elle est réalisée dans une large mesure par de petits producteurs. On peut scinder toutefois ces acteurs en deux groupes en lien avec les systèmes d’élevage. On a ainsi :

les pasteurs, les agropasteurs les agro-éleveurs comme principaux acteurs au niveau des systèmes traditionnels d’élevage ;

les fonctionnaires, les retraités, les commerçants, les hommes d’affaires, les

décideurs politiques comme nouveaux acteurs qui opèrent surtout au niveau des systèmes d’élevage améliorés (semi-intensifs ou intensifs). Concernant la structuration de ses acteurs, de nombreuses organisations de base existent sous forme de groupement, de syndicats ou de coopératives. Le PAFASP a aidé à la création d’une interprofession bétail-viande et d’une interprofession volaille locale.

I.4.2.

Les acteurs de la transformation :

Au niveau du maillon de la transformation, les principaux acteurs qui y évoluent sont les chevillards, les bouchers abattants et les bouchers détaillants. Les chevillards sont de grands bouchers qui sont capables d’abattre un tonnage important et qui livrent de la viande à des apprentis bouchers généralement à crédit. Ces derniers revendent la viande aux consommateurs, aux grilleurs ou rôtisseurs. Les bouchers abattants, opèrent pour leur propre compte en abattant cependant une faible quantité d’animaux et se chargent de la vente sur les marchés de consommation. Il existe également un autre groupe d’acteurs qui sont ceux des activités de transformation artisanale et semi-industrielle réalisées par des bouchers, rôtisseurs/grilleurs et charcutiers (sacs, la Générale des viande, etc.).

En plus de ces acteurs, le Burkina compte trois abattoirs frigorifiques (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Dédougou) et 45 abattoirs séchoirs de brousse. La réhabilitation de l’abattoir de Ouagadougou a permis une réorganisation complète de ce secteur

et une amélioration de sa capacité de traitement de 11 000 tonnes de viandes par

8 Guibert B. et coll, 2009 : Etude régionale sur les contextes de la commercialisation du bétail/accès aux marchés et défis d’amélioration des conditions de vie des communautés pastorales. IRAM, Paris, 2009 – cité par Pr. Yalacé Y. KABORET 9 Burkina-Ministère des Ressources animales Burkina, 2009. Statistiques du secteur de l’élevage au Burkina Faso. Direction des statistiques animales, 2008 10 Burkina Faso –MAT- Direction Générale de la Douane, 2008

21
21

an. La gestion de l’abattoir de Ouagadougou est mise sous la tutelle de la Société de gestion des abattoirs de Ouagadougou (SOGEAO). Un processus est en cours pour la privatisation de la gestion de cet abattoir. Un appel d’offre a été lancé une première fois et est resté infructueux. Le processus vient d’être relancé à travers des études en cours en vue de s’assurer cette fois que les conditions de base seront réunies pour intéresser un éventuel privé.

En plus des acteurs de l’abattage d’animaux, la filière compte des milliers de grilleurs et restaurateurs professionnels. Et de plus en plus des PME de transformation de la viande dont les plus connues sont la Gnérale des Viande, SACS, CPBK installées à Ouagadougou.

I.4.3. Les acteurs de la commercialisation Les acteurs de la commercialisation du bétail sont principalement les collecteurs de bétail, les commerçants de bétail et les exportateurs. Ces deux derniers intervenants achètent généralement les animaux auprès des collecteurs sur les marchés de regroupement. Mais il arrive que les commerçants négocient directement les animaux auprès des éleveurs. Les transporteurs sont également des acteurs importants de ce maillon. Les transactions commerciales régionales du bétail sur pieds passent progressivement par cinq catégories de marchés :

Les marchés de collecte dans les principaux bassins d’élevage et constituant le lieu de collecte primaire des animaux et d’échange par excellence entre les éleveurs et les collecteurs forains et autres demi-grossistes ;

Les marchés de regroupement constituant le lieu par excellence du rassemblement des groupes d'animaux collectés et de la constitution des lots destinés à être convoyés vers les marchés frontaliers ou terminaux de consommation intérieurs. Les collecteurs amènent les troupeaux aux commerçants qui procèdent à une certaine homogénéisation des animaux en procédant à un rangement par âge, par sexe et par état corporel (niveau d’engraissement) ;

Les marchés dit relais (ou marchés de transit) étant des centres situés généralement dans les zones plus ou moins proches de la frontière et constituant des centres de remise en forme des animaux avant leur acheminement vers les marchés terminaux de distribution et de consommation ;

Les marchés de distribution ou d’éclatement des animaux étant des marchés urbains ou frontaliers qui canalisent plusieurs flux avant de les répartir en direction de plusieurs autres localités, notamment en direction des marchés de consommation ;

Les marchés terminaux de consommation, situés dans les grandes agglomérations urbaines des pays côtiers, comme sahéliens et dont les acteurs réceptionnent les camions provenant des centres de regroupement ou de relais et assurent la revente des animaux aux bouchers.

Au niveau du volet viande, les acteurs de la commercialisation sont les exportateurs de viande mais également les bouchers et les charcutiers.

22
22

I.4.4. Les projets privés d’envergure Nous notons aussi que dans cette filière, des initiatives privées (portées par des promoteurs privés Burkinabé à travers une coopérative) d’envergure ont été initiées ces dernières années dans la filière au niveau des trois (3) maillons (production, transformation et la commercialisation). Il s’agit principalement de celle portée par COPROLAIT à travers deux unités industrielles :

La mise en place d’une Société de Fabrique d’Aliments de Bétails (SOFAB) avec une capacité de 100 000t/an. Cette usine devrait produire des produits diversifiés (aliments destinés à la consommation des animaux en vue de booster la production de bétail pour la viande, la production du lait, la production d’œufs de volaille, …). L’unité industrielle en cours d’installation à Koubri dans les périphériques de Ouagadougou à un cout global de 5 milliards entièrement financé par un fonds de développement burkinabè, le FBDES. Les constructions sont au stade actuel bien avancées avec plus de 70% des équipements mis en place (équipements d’importation américaine). La mise en place d’une Société de Production de LAIT (SOPROLAIT) visant une capacité de 30 000 litres/an de type UHD. Ce projet bénéficie d’un financement de la Banque Islamique de Développement (BID) à hauteur de 15 milliards. Il n’a pas encore démarré, mais l’accord de financement est semblerait il déjà signé. Ces usines de production d’aliment et de production laitière seront mise en place dans le futur pôle développement industriel, sise à Koubri, une localité situé à environ 35 km de Ouagadougou. Il n’est pas sans doute que si elles sont bien conduites, ces deux entreprises vont impacter très positivement sur le potentiel de production dans la filière Bétail/viande au Burkina.

I.4.5.

Les structures d’appui

Tableau résumé des organismes et les services apportant un appui à la filière :

Nom de l’organisme

Services

1

PAFASP

Appui à la mise en place de l’interprofession ; soutien à travers le financement de micro projet ; facilitation de l’accès au financement ; appui à la maîtrise des techniques d’embouche ; soutien à la mise en marché et à l’exportation

2

APEX/FASO NORM

Appui à la promotion des exportations sur l’approche filière ; recherche de marché pour les exportateurs ; appui à la professionnalisation des exportations au Burkina ; Elaboration et promotion des normes de qualité.

3

FODEL

Appui au développement du secteur de l’élevage ; financement de micros-projets de renforcement des unités d’élevage en fonds de roulement

4

SOGEAO (en cours de privatisation)

Gestion de l’Abattoir de Ouagadougou ; Assure

23
23
   

la gestion des approvisionnements et des abatages sous contrôle sanitaire ; livraison auprès des entreprises de transformation.

5

Ordre National des Vétérinaires du Burkina

Organisation des interventions des vétérinaires

6

Organisations associatives :

Appui à l’organisation de leurs membres ; Recherche de marché ; recherche de partenariat d’accompagnement et de faciliter de financement

- L’association des éleveurs et exportateurs de bétail du Burkina Faso Ouagadougou (ASSELEXBO)

- L’union départementale des éleveurs de Gorom-Gorom ;

 

- Le groupement des éleveurs et producteurs filière embouche de Bidi(TOTOBO) ;

- L’UNION régionales des éleveurs de la Boucle du Mouhoun ;

- Le groupement des éleveurs exportateurs de Koupéla/GEK.

24
24

Le

tableau

suivant

récapitule

l’intervention

des

acteurs

suivants

les

différents

maillons

de

la

filière

MAILLON

FONCTION

AGENTS

PRODUITS

PRODUCTION

Elevage (nourriture, soin…) et mise en place sur le marché d’animaux

-

Vendeurs propriétaires (éleveur, emboucheur, agro pasteur, vendeurs détaillants) ;

Bovins, ovins et caprins sur pied

-

-

Fumier

 

-

Traction animale

Associations/groupements professionnelles (PAFASP, PAPISE, FODEL, Ordre des Vétérinaires…)

-

   

- Vendeurs collecteur ;

Bovins, ovins et caprins

COMMERCIALISATION

Achats d’animaux avec les producteurs aux marchés de collecte, puis aux marchés de regroupement et en fin aux terminaux pour l’exportation ou pour approvisionner les aires d’abattage, les abattoirs séchoirs, les abattoirs frigorifiques; Les animaux sont conduits soit à pied, soit en camion ou en train

- Acheteurs (commerçants locaux, démarcheurs) ;

sur pied

- Commerçants- exportateurs/pied

- Commerçants exportateurs de carcasses

Associations/groupements professionnelles (SOGEAO, APEX/ FASO NORM, PAFASP, PAPISE, …)

-

 

Boucherie de gros

Achat d’animaux sur pied, abattage dans les aires d’abattage ou dans les abattoirs frigorifiques et cession de la viande en gros

- Chevillards ;

-

Viande chaude,

- Bouchers abattants ;

réfrigérée ou

- Exportateurs.

congelée de bovins,

TRANSFORMATION

 

(SOGEAO, APEX/ FASO NORM, Ordre des Vétérinaires, …)

ovins et caprins ; -Cornes, cuirs et peaux

Boucherie de détail

- Achat d’animaux sur pied, abattage dans les aires d’abattage et les abattoirs frigorifiques et cession de la viande au détail ;

Bouchers détaillants (SOGEAO, APEX/ FASO NORM, Ordre des Vétérinaires, …)

Viande chaude de bovins, ovins et caprins

- Achat de la viande avec les grossistes et vente au détail

cornes, cuirs et peaux

-

 

Grillade

Achète et fait cuire la viande pour la consommation

Grilleurs ( APEX/ FASO NORM, Ordre des Vétérinaires, …)

Viande grillée de bovin, ovin et caprin

La carte de la chaîne de valeur du bétail -viande

PRESTATAIRES DE FONCTIONS ACTEURS SERVICES Production Eleveurs pratiquants l'élevage extensif (pasteurs;
PRESTATAIRES DE
FONCTIONS
ACTEURS
SERVICES
Production
Eleveurs pratiquants l'élevage extensif (pasteurs; agropasteurs);
Eleveurs pratiquants l'élevage intensif (fonctionnaires; retraités; commerçants; hommes d'affaires).
(élevage du
bétail)
Fournisseurs d’intrants
vétérinaires et
zootechniques
Transforma-
teurs
Transporteurs
Collecte de bétail
artisanaux
Petits commerçants et
collecteurs forains
Demi-grossistes
Associations
Transformation
Chevillards
Bouchers abattants
Niveau 1
Les abattoirs
frigorifiques ;
Transporteurs ;
Services vétérinaires
Transformation
Rôtisseurs/ Grilleurs
Charcutiers
Laboratoire national
de Santé Public
Niveau 2
Distribution/
Commercialisation
pour le client final
Exportateurs
Détaillant s
Exportateurs
de bétail sur
pieds
de viandes
APEX, Transporteurs
Institutions
financières
Marché national

Marché international

26

I.5.

Les contraintes et les forces majeures de la filière bétail – viande

Les contraintes :

Les principales contraintes au développement de la filière, surtout au secteur de la transformation sont entre autres :

La faible productivité des races locales ;

Les pénuries alimentaires en saison sèche (foin et eau) ;

La faiblesse des fonds de roulement des acteurs ;

Les difficultés d’accès au crédit ;

Le coût élevé et les conditions inappropriées de transport ;

L’existence de distorsions sur les marchés ;

L’absence de diversification des produits de la transformation ;

La forte valorisation du 5ème quartier dans les pays côtiers qui pénalise l’exportation de la viande sur pied ;

La compétitivité limitée de la viande burkinabè en raison entre autres du coût très élevé et de la faiblesse de la chaîne du froid ;

La multiplicité des taxes dans les différents pays ;

La faible utilisation d’intrants (concentrées, vaccinations) ;

La multiplicité des intermédiaires ;

L’inorganisation notoire qui tend à s’accentuer ;

Le manque de synergie et de mise en réseau entre les différents acteurs (producteurs, les transformateurs et les exportateurs) ;

La capacité de production très limitée des quelques unités transformateurs qui existent (insuffisance d’équipements, dispositif de financement non adapté)

L’insuffisance et insalubrité des abattoirs ;

Le niveau de facturation insuffisant pour atteindre équilibre budgétaire ;

Le manque d’entrepôts et de moyens de transport adéquats ( camions frigorifiques) ;

La faiblesse de la commercialisation ;

L’absence d’un centre de formation de bouchers au Burkina ;

L’insuffisance de compétences techniques (personnel des abattoirs, bouchers et autres professionnels) ;

L’absence de normes pour certaines composantes de la filière notamment les normes sur la viande fraiche ;

L’absence de normes sur le système de conditionnement et les emballages ;

L’inaccessibilité des emballages pour la viande, généralement importées de l’Europe (France, Italie, Belgique,…) ;

La méconnaissance des normes (existante, soit 29 normes) par les acteurs de la filière ;

Le manque de suivi- contrôle des normes sanitaires définies.

Les forces Les opportunités de la filière en lien avec la transformation sont entre autres :

la volonté politique de plus en plus forte de soutenir le sous-secteur de l’élevage considéré comme un des piliers de l’économie nationale ;

L’abondance de la matière première : la présence d’un cheptel numériquement important et diversifié ;

l’importance socio économique de l’élevage ;

l’engagement de plus en plus fort des partenaires techniques et financiers à soutenir le sous-secteur de l’élevage ;

l’existence d’importantes marges d’améliorations;

l’existence d’un marché domestique potentiel réel et en croissance continue du fait de l’urbanisation et de l’enrichissement national (PIB) offrent de bonnes perspectives de croissance de la demande en produits animaux sur le marché national (25.000 tonnes de viande et 256.387.000 litres de lait) ;

la structuration d’espaces d’échanges sous régionaux (UEMOA et CEDEAO) de plus en plus dynamiques ;

le déficit en produits animaux (800.000 tonnes de viande sur les bassins nigérian et ivoirien) ;

Le secteur minier qui est en forte boom au Burkina et qui constitue un véritable pôle de développement de la filière en termes de potentialité de marché.

II- L’importance géographique et les pôles potentiels de croissance de la filière

II.1.

Le bétail sur pied

La répartition géographique du cheptel 11 varie selon les espèces animales. Ainsi :

L’espèce bovine est plus représentée dans les régions du Sahel, des Hauts-

Bassins, et de l’Est avec respectivement 20,6%, 16,6% et 11,4% de l’effectif total.

Les régions du Sahel (14,0 %), du Centre-Ouest (11,1%) et du Centre-Nord

(11,1%) détiennent les effectifs les plus importants d’ovins.

Pour l’espèce caprine, les effectifs les plus importants sont enregistrés dans les

régions du Sahel (16,8 %), du Centre-Ouest (12,1 %) et de l’Est (12,1%).

Les effectifs porcins sont plus importants dans les régions du Centre-Ouest

(19,5 %), du Sud-Ouest (13,3 %) et du Mouhoun (11,5%).

Les effectifs asins sont plus importants dans les régions du Centre-Ouest (13,4

%), du Mouhoun (12,5%) et de l’Est (10,2 %).

Les régions du Sahel (29,3%), du Nord (20,5%) et de l’Est (12,3%) détiennent les

effectifs les plus importants d’équins.

Les effectifs camelins se retrouvent presqu’exclusivement dans les régions du

Sahel (83,3%) et du Nord (12,5%) suivi de la région de l’Est (2,5%).

II.2.

La viande

La viande est produite sur tout le territoire burkinabé pour satisfaire à une partie de la demande interne en viande. La production est plus forte dans les zones urbaines, notamment à Ouagadougou et à Bobo Dioulasso, et dans une moindre mesure à Dédougou et à Ouahigouya, quatre (4) villes qui possèdent des abattoirs équipés dont les capacités sont respectivement de 20 000, 7 5000, 5 000 et 5 000 tonnes par an.

II.3.

Les produits de charcuterie

Les produits de charcuterie sont presqu’exclusivement produits et consommés dans les grandes villes, notamment à Ouagadougou et à Bobo Dioulasso.

11 MRA, 2007.

III-Recommandations finales

Au regard donc de ces éléments de stratégie globale et de la volonté de l’ONUDI à travers 3ADI de stimuler l’émergence d’unités structurantes de la filière Bétail-Viande au Burkina Faso on peut avancer les recommandations suivantes :

III.1.

Sur les approvisionnements et la production primaire

L’approvisionnement des marchés en bétail et viande ne peut être durable que par une augmentation de la productivité des élevages au delà la croissance et le développement naturel des troupeaux. Une telle intensification n'est envisageable que par une meilleure maîtrise des facteurs limitants, singulièrement les aliments de bétail et autres intrants zootechniques et vétérinaires, l’intensification de l’embouche et un redéploiement stratégique des aires de commercialisation.

Amélioration de la sécurité alimentaire du bétail : Plusieurs pistes sont suggérées par le PNDEL qui vont dans le sens de la sécurisation de l’alimentation du bétail. Ces pistes sont l’intensification des actions de fauche, de conditionnement et de conservation des fourrages naturels, la défense et la restauration des espaces dégradés, la valorisation des sous-produits agricoles dans l’alimentation animale, l’intensification de la production fourragère, la sécurisation de l’approvisionnement en aliments concentrés. 3ADI pourrait quant à lui favoriser plutôt l’implantation et le développement d’industries de production d’aliments pour bétail qui permette d‘améliorer la sécurité alimentaire du cheptel national.

Appui spécifique au développement de l’activité d’embouche (bovine, ovine, caprine et porcine). Un des grands axes du PNDEL est l’accélération de la transformation des systèmes de production pastoraux et agropastoraux extensifs vers des systèmes intensifs à travers la sédentarisation et la sécurisation des activités pastorales et l’appropriation formelle des espaces et des ressources. A ce niveau, il faut dire que le soutien que peut envisager l’ONUDI au niveau aval de la filière, partira principalement des acquis du PAFASP au niveau de l’intensification de la production de bétail et de volaille. Ainsi le PAFASP à travers principalement un fonds de subvention qui a permis de financer 1200 micros projets d’embouche (bovine et ovine) pour 2,3 milliards de F CFA à travers une approche de grappes. Au niveau de la volaille le projet a investi pour 800 millions de F CFA à soutenir la production. Au niveau de la volaille, le projet a aidé à l’amélioration de la couverture vaccinale contre la maladie du Newcastle à travers la mise à disposition de 10 millions de doses de vaccins et la formation de vaccinateurs villageois.

Appui à la recherche et l’amélioration génétique

En matière de soutien à l’amélioration génétique, le PAFASP a investi pour 167 millions de F CFA dans ce domaine. Il a ainsi accompagné la rénovation complète de l’animalerie (taureaullerie) de la station d’amélioration

génétique et mise en route du générateur de production d’azote liquide. Il a aussi facilité l’approvisionnement en semences et en hormones de synchronisation et formé les inséminateurs. Plus de 600 vaches ont été ainsi inséminées entre 2009 et 2011. Le projet a aussi mis l’accent sur la construction d’infrastructures telles que les parcs de vaccination et les marchés d’animaux.

Mais ces actions restent très insuffisantes pour impacter positivement la filière au vu de la forte demande avec le développement des nouveaux créneaux de marché tant au niveau local (les mines) qu’au niveau international. Le programme de l’ONUDI pourrait donc inscrire un volet d’appui à la recherche et à l’amélioration des espèces afin de doter le maillon production d’animaux adaptés en termes de rendement et de résistance soit pour la production de viande ou pour la production de lait.

Appui à l’organisation et au renforcement des capacités techniques des producteurs. Pour assurer une meilleure productivité et améliorer la qualité de la production animale, un accompagnement à la structuration des producteurs et la mise en ouvre d’un plan de renforcement de leurs capacités techniques de production ainsi que la vulgarisation éventuelle des nouvelles espèces s’avère indispensable pour la filière.

III.2.

Sur la transformation

Le souci actuel du Burkina est de travailler à promouvoir l’exportation de viande vers les pays de la sous région pour progressivement remplacer l’export sur pieds. Les essais d’exportation réalisés par le PAFASP ont montré un problème de compétitivité de prix du principalement aux capacités des acteurs à maîtriser la chaine d’exportation. Il y a probablement de la place pour une intervention de l’ONUDI à ce niveau, pour promouvoir de la viande Made in Burkina. Pour cela, des propositions ont déjà été faites dans le sens de- la minimisation des coûts de la chaîne de production et de la chaîne de logistique ; le développement des infrastructures d’élevage, de transformation et commercialisation de la viande selon les normes internationales ; l’amélioration de la qualité des produits basée sur un système de contrôle sanitaire et de salubrité, ainsi qu’un système de traçabilité; et l’amélioration du taux d’exploitation du bétail actuellement bas de l’ordre de 12% à 14% pour les bovins et 32 à 34% chez les petits ruminants. On peut également entreprendre les actions suivantes :

La sensibilisation des acteurs sur l’importance et l’opportunité d’exporter la viande de qualité (atelier avec les acteurs avec une place de choix accordée aux exportateurs de bétail sur pied). Le Burkina compte trois abattoirs frigorifiques (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Dédougou) et 45 abattoirs séchoirs de brousse dont les volumes de production actuels sont bien en deçà de leurs capacités réelles. La réhabilitation de l’abattoir de Ouagadougou en 2004 a

permis une réorganisation complète de ce secteur et une amélioration de sa capacité de traitement de 11 000 tonnes de viandes par an.

Renforcer les niveaux de production des entreprises existantes afin de passer à un système de transformation industrielle à grande échelle. Cela permettra d’augmenter considérablement l’offre de produits transformés et limitera les importations de la viande de l’extérieur (au niveau des mines surtout). En effet les unités existantes compte tenu de leurs capacités de production très limitées n’offrent que des produits quasi-artisanaux et manque de professionnalisme. Le Burkina compte principalement trois (3) unités de transformation concentrées dans la capitale à savoir : la Centrale Burkinabè des viandes et Produits Carnés (CBPCA), la Générale des Viandes (GV), la Société Africaine Charcuterie et de Salaison (SACS). Ces trois sociétés ont une offre moyenne de 143 tonnes par an (SACS : 75t/an, GV : 72 t/an, CBPCA : 96 t/an). Suivant la demande et le nouveau marché minier chaque structure souhaite disposer de capacités performantes et industrielles de grandes capacités d’environ 40 à 50 t/mois, soit entre 480 à 600 t/an. La spécialisation des abattoirs : Vue que l’exportation de la viande exige certaines normes et un certain niveau de traçabilité de la viande, il serait stratégique pour le Burkina de spécialiser les abattoirs de Ouaga, de Ouahigouya et Bobo qui possèdent déjà un niveau d’équipement assez performant (sur pour celui de Ouaga) et si possible un à Fada pour les exportations et les autres pour alimenter le marché intérieur en viande.

Le développement d’un réseau de transport et de distribution des viandes au niveau de Ouaga et de Bobo serait indispensable pour améliorer la qualité et la distribution de la viande à partir des abattoirs.

Appui ou aider à la mise en place de plusieurs unités de transformation et de découpe hors abattoir par des promoteurs privés. l’émergence de PME de transformation des produits d’origine animale (découpe et transformation des viandes) peut en effet servir de modèle pour les opérateurs ayant la capacité d’investir. Un accent particulier pourra être mis sur l’appui aux moyennes entreprises de charcuterie qui existent actuellement. Réorientations des grandes aires (marchés à bétail) de commerce de bétail : au Burkina Faso la plupart des grands centres de rassemblement du bétail sont en zone frontalière ce qui facilite la tâche des exportateurs des animaux sur pieds au détriment de ceux qui exportent la viande. Cette stratégie d’investissement dans des centres de ventes d’animaux sur pieds à proximité des marchés régionaux (Togo, Nigéria, Ghana, Côte d’Ivoire et Bénin) semble aller en contradiction de la volonté du pays à promouvoir l’export de la viande, Mettre en place des mécanismes de facilitation d’accès au financement aux acteurs de la transformation notamment accroitre leur capacité financière afin de faciliter l’approvisionnement en matières auprès des producteurs et les fournisseurs.

III.3.

Sur la commercialisation

Concernant le volet commercialisation, il faut noter de prime à bord la nécessité de remplacer au fur et à mesure le système de commercialisation qui consiste à « produire avant de vendre » et qui s’appuie sur une stratégie à court terme, un système de commercialisation qui privilégie la manière « vendre avant de produire » et qui est une stratégie à long terme portée sur le marché et dépendant du consommateur. En outre, il ressort que la compétitivité de la viande dépend beaucoup du coût et la qualité des services, des délais et de la fiabilité de la chaîne logistique de transport en direction des centres urbains et des pays côtiers. Les recommandations faites un peu plu haut concernant notamment l’appui à la création d’outils structurants comme les marchés à bétail, les abattoirs et le réseau de transport sont de nature à améliorer la fonction commerciale. En outre, les recommandations suivantes peuvent aider à y parvenir également :

Identifier les débouchés commerciaux et leurs exigences; Appuyer les acteurs à réaliser eux-mêmes des prospections commerciales dans d’autres pays et région, en lien avec la Maison de l’Entreprise et la Chambre de Commerce et d’Industries et l’APEX ; Faciliter l’accès au crédit pour les exportateurs compétents mais manquant de garanties pour accéder au crédit bancaire ; Initier les exportateurs de bétail sur pied voulant se convertir au commerce international de la viande ; Former les acteurs en commerce international après identification précise des besoins en formation ; Appuyer l’APEX dans la mise en œuvre d’une politique de promotion efficace de la filière bétail viande. L’APEX souhaite aussi appuyer l’élaboration des normes essentielles sur la viande fraiche et séchée, les emballages, les systèmes de traitements des résidus (protection de l’environnement),…et assurer une meilleure vulgarisation des normes auprès des acteurs. Appuyer les exportateurs dans la sécurisation des contrats et des paiements.

III.4.

Sur les acteurs

Les actions qui seront entreprises à ce niveau doivent permettre de professionnaliser les acteurs. Ces actions peuvent prendre la forme de :

Le renforcement des interprofessions que le PAFASP a aidé à mettre en place et la responsabilisation plus grande des acteurs à prendre en charge les problèmes de leur filière ; Une politique de formation professionnelle et d’information des acteurs du secteur ; Le développement d’une offre de service logistique adaptée aux produits animaux, notamment les opérateurs de logistiques par la route, le train ou l’avion ;

Une politique incitative pour les partenariats d’entreprises avec des entreprises étrangères capables de transférer le savoir-faire surtout au niveau de la transformation et de l’exportation de la viande.

III.5.

Eléments de contenu d’un projet ONUDI dans la filière

L’expertise de l’ONUDI au niveau de la viande peut être d’un apport important au Burkina Faso. La filière a bénéficié d’appuis soutenus au niveau de la production, mais il semble que les solutions au niveau de la valorisation de la transformation et la problématique de l’exportation de la viande tardent à se concrétiser.

Les efforts semblent se concentrer sur la réhabilitation de l’Abattoir Frigorifique de Ouagadougou –AFO) dont le processus de recherche de partenaire en vue d’un contrat d’affermage est en cours. Un cahier de charge a été élaboré pour une proposition de convention d’affermage avec un privé. Le dossier d’appel d’offre en vu du lancement de l’avis est élaboré.

Dans le cadre du Programme de mise à niveau des industries, l’Abattoir de Ouagadougou a fait l’objet d’un diagnostic et d’un plan de mise à niveau. Ce plan recommande un investissement de 653,6 millions de F CFA essentiellement à travers :

(i) le rétablissement de l’équilibre financier (ii) le renforcement des capacités organisationnelles et en ressources humaines ; (iii) la mise à niveau de l’outil de production ; (iv) l’amélioration du management et de la gestion.

Vu l’action du PAFASP dans le soutien à la production primaire, il n’est pas forcément opportun pour l’ONUDI d’intervenir à ce niveau. Par contre une intervention de l’OUNDI serait souhaitée au niveau de la mise à niveau de l’Abattoir de Ouagadougou et de l’appui à l’entreprise bénéficiaire de l’affermage principalement au niveau de la maîtrise de la chaine d’exportation. Le problème majeur est de savoir quand est-ce que cette société sera enfin recrutée ?

Au niveau des petites et moyennes entreprises de transformation, l’ONUDI pourra aussi apporter un appui conseil au développement technologique et aux capacités de transformations. Il pourrait s’agir d’entreprises existantes, ou d’unités nouvelles. Pour les entreprises existantes, l’accent étant mis sur la relocalisation des certaines d’entre elles dans des sites plus appropriés, l’apport en équipements, en formation et le soutien à la mise en marché ainsi que la recherche de financement. Au total l’appui pourraient concerner une bonne dizaine de PME à Ouaga, et 5 autres dans les régions.

Problèmes à résoudre La demande intérieure en produits transformés est forte et l’offre est encore très faible du fait du faible niveau d’investissements privés au niveau de l’aval de l’abattage et de la faiblesse (en nombre et en professionnalisme) des acteurs. L’exportation des animaux sur pieds domine, alors que le pays gagnerait à développement l’export de la viande (les produits transformés); La demande des marchés sous régionaux quoique forte, n’est pas connue des acteurs Burkinabé qui ont du mal à proposer une offre qui convient ;

L’abattoir frigorifique de Ouagadougou rénové, demande une seconde rénovation et pourrait présenter une vraie opportunité pour le développement de l’export de la viande ; La restructuration de l’abattoir frigorifique de Ouagadougou nécessitera un programme spécial de soutien/relocalisation des bouchers et autres acteurs installés anormalement au niveau du site de l’abattoir ; La mise en place d’un centre de formation d’agents et de personnel de la boucherie et d’abattage ; L’élaboration de normes sur la viande fraiche/séchée et sur le système d’emballage et de conditionnement des différents produits transformés.

Finalité du projet Accroître la compétitivité de la filière bétail-viande au Burkina Faso à travers le développement de la transformation et le soutien à l’exportation de la viande sur les marchés régionaux.

Objectifs du projet Améliorer l’offre (diversité) et la qualité des viandes transformées au niveau du marché intérieur (Ouagadougou et Bobo Dioulasso) ; Accroître les quantités de viandes de qualité exportées sur les marchés des pays voisins ; Appuyer le gouvernement Burkinabé à disposer d’une vision et d’un plan d’action cohérent de développement des exportations du bétail et de la viande ; Aider à la formation professionnelle et au développement de compétences dans le domaine de la transformation de la viande.

Résultats attendus Accroître le nombre et les performances des PME de transformation de viande ; Accroitre le volume de viande exportée (quasiment nulle à ce jour) ; Appuyer la mise en œuvre d’un plan de développement des exportations du bétail et de la viande ; Aider à la formation de professionnels du métier de la transformation de la viande ; Accroître les revenus des acteurs notamment les petits producteurs et éleveurs.

Activités à réaliser Appui à l’élaboration d’une stratégie de commercialisation et d’exportation de la viande ; intégrant un business modèle pour l’export et des modules de centre de transformation pour le marché intérieur ; (i) Introduction de nouvelles technologies et de nouveaux savoirs faire de la transformation ; (ii) Formation et sensibilisation des acteurs à la maîtrise de la qualité et des conditions d’hygiène ; (iii) Formation et accompagnement des acteurs pour la connaissance et la maîtrise des marchés ; Elaboration et soutien à la mise en œuvre du plan d’affaire de la société d’affermage ; Actualisation du plan de mise à niveau de l’abattoir de Ouagadougou et soutien à la mise en œuvre du plan (expertise en équipement, en process, en management et gestion) ;

Soutenir le développement de 15 PME de transformation (plan d’affaires, recherche de financement, mise à niveau et soutien à la commercialisation) ; Appui à la mise en place d’un système de qualité par l’élaboration de normes de qualité et de conditionnement de la viande fraiche, la viande séchée et les emballages. Former des professionnels de la viande.

Acteurs visés Société d’affermage de l’abattoir de Ouagadougou Trois PME existantes (i) La générale des viandes ; (ii) ; CBPCA ; (iii) SACS Onze autres PME à créer (car il y a des manifestations pour des initiatives de transformation à Ouaga, Bobo, Koudougou et dans d’autres régions du Burkina). Un centre de formation au métier de la viande soutenu (en lien probablement avec la Chambre de Commerce).

Partenaires impliqués PAFASP, financement Banque mondiale ; dans sa phase additionnelle pour le soutien aux PME et à la privatisation de l’exploitation de l’abattoir ; BAD ; privatisation de l’exploitation de l’abattoir ; il semblerait qu’elle soit intéressée à soutenir le projet de mise en affermage de l’abattoir. Chambre de Commerce et d’Industrie ; Interprofession Bétail-Viande ; Interprofession Volaille.

Conditions critiques Le bouclage de l’appel d’offre pour l’affermage de l’abattoir ; Le grain de compétitivité prix de la viande Burkinabé sur les marchés régionaux.

IV-

Annexe

a. Fiche filière bétail - viande

b. Rapport synthèse revue documentaire de la filière : Bétail - Viande

c. Liste bibliographique filière bétail -viande

d. Personnes rencontrées

PARTIE II : LA FILIERE SESAME

Caractéristiques générales

Au Burkina Faso, l’agriculture constitue la principale source de revenus des populations rurales. En plus de cultures vivrières destinées à la consommation des ménages, l’accent est aussi mis sur plusieurs cultures de rente dont le sésame qui connait une croissance importante ces dernières années.

Les chiffres sur la production se présentent comme suit :

REGION

2 000

2 001

2 002

2 003

2 004

2 005

2 006

2 007

2 008

2 009

2 010

Production

                     

CASCADES

 

208

1

109

1

617

 

490

 

964

 

306

 

221

1

096

5

365

6

283

 

CENTRE

   

24

   

6

 

6

 

40

 

36

 

39

 

218

 

482

 

CENTRE-EST

 

31

 

219

 

174

 

85

 

96

 

24

 

22

 

532

 

271

 

469

 

CENTRE-NORD

 

285

2

542

 

954

 

853

 

807

2

187

1

590

 

225

 

647

 

634

 

CENTRE-OUEST

 

25

 

436

 

394

 

110

 

488

 

216

 

197

 

345

2

043

1

353

 

CENTRE-SUD

 

103

 

106

 

277

 

215

 

270

 

522

 

420

 

579

2

524

2

791

 

EST

 

39

1

874

1

859

 

701

2

233

2

698

2

058

1

778

5

647

3

963

 

HAUTS-BASSINS

 

517

3

851

 

984

1

360

 

348

 

382

 

438

 

800

6

182

 

10

 
                 

421

MOUHOUN

5

925

 

19

7

816

13

859

6

076

16

065

 

16

 

12

 

27

 

25

 
 

725

       

541

293

389

291

NORD

 

36

 

319

 

275

 

562

 

157

 

651

 

412

 

444

 

385

1

448

 

PLATEAU

 

64

 

311

 

237

 

72

 

286

 

618

 

327

 

154

 

751

1

638

 

CENTRAL

                   

SAHEL

 

150

 

276

 

119

 

136

 

22

1

324

 

598

 

443

 

318

1

389

 

SUD-OUEST

 

7

 

439

   

24

 

42

 

27

 

28

 

73

 

186

 

93

 
 

7 390

 

31

14

706

18

472

 

11

25

060

 

22

 

18

 

51

 

56

90 649

230

   

794

 

887

802

924

255

Superficies

                     

CASCADES

 

945

1

696

2

760

 

639

1

397

 

775

2

399

2

531

 

11

8

997

 
               

056

 

CENTRE

           

-

 

137

 

23

 

356

 

926

 

CENTRE-EST

       

8

 

26

 

19

 

-

 

50

 

359

 

480

 

CENTRE-NORD

 

79

 

807

 

258

 

246

 

359

 

296

 

24

 

287

 

400

 

431

 

CENTRE-OUEST

   

82

 

24

 

78

 

177

 

41

 

76

 

740

2

934

2

394

 

CENTRE-SUD

 

19

 

120

 

6

 

12

 

262

 

174

 

646

1

274

3

486

3

788

 

EST

 

173

 

413

 

269

 

415

2

342

5

482

9

459

2

924

7

165

4

763

 

HAUTS-BASSINS

1

183

6

516

1

429

3

409

 

947

1

178

1

411

2

159

 

10

 

13

 
               

810

383

MOUHOUN

 

22

 

48

21 136

25

841

 

18

36

536

 

31

 

43

 

52

 

53

 

030

580

 

487

 

654

967

282

703

NORD

 

119

1

136

 

156

 

171

 

521

 

558

1

306

 

594

 

960

1

072

 

PLATEAU

   

503

 

38

 

29

 

317

 

516

 

26

 

191

1

445

2

556

 

CENTRAL

                 

SAHEL

 

9

 

5

   

53

 

33

 

553

 

77

 

75

 

234

 

664

 

SUD-OUEST

 

30

1

062

   

43

 

46

 

165

 

124

 

245

 

509

 

227

 
   

24

 

60

26

076

30

945

 

24

46

294

 

47

 

55

 

91

 

93

125

587

921

   

913

 

337

058

997

384

471

Source Ministère de l’Agriculture.

De l’analyse de ces chiffres il apparait clairement que la production de sésame est passée de 7 000 tonnes en 2000 à 25 000 tonnes en 2005, pour faire un bon considérable à plus de 50 000 tonnes en 2010. Pour la campagne 2010, la production est estimée à 90 000 tonnes. Cet intérêt grandissant pour la culture du sésame s’explique par les tendances favorables des marchés mondiaux, mais aussi par le fait que le sésame reste une des cultures accessible par les plus pauvres. On peut donc comprendre que la filière constitue une source de revenus importante pour les populations rurales, principalement les femmes. La recherche a pu mettre au point une variété à cycle court, la S42 qui résiste aux aléas climatiques (saison des pluies de plus en plus courtes) et à la pauvreté des sols. Le sésame est cultivé dans presque toutes les régions du Burkina. Trois zones de production concentrent cependant 45% de la production. Il s’agit de la Boucle du Mouhoun, des cascades et des hauts bassins.

Le système de production du sésame reste majoritairement extensif, bien que dans certains cas, et particulièrement dans les zones cotonnières, la culture bénéficie d’apport de pratiques intensives et/ou des arrières effets de la production du coton surtout du coton biologique pour lequel le sésame est principalement recommandé dans la rotation des cultures.

L’utilisation du sésame varie en fonction de sa couleur. Ainsi le sésame bigarré est essentiellement utilisé par les industries pour l’extraction de l’huile, tandis que le sésame blanc sert aussi bien pour l’huile, que pour la pâtisserie. Mais dans une large part, le sésame est surtout produit au Burkina pour l’exportation. La consommation intérieure est en effet très marginale par rapport aux quantités exportées. Au niveau intérieur, le sésame est utilisé principalement pour la préparation de sauce, la transformation en biscuits sucrés, croquants et huile. Mais l’huile de sésame apparait comme peu compétitive en prix, comparée aux autres huiles moins chères et plus accessibles par les populations locales. Au niveau international le sésame est utilisé dans l’extraction d’huile et pour d’autres formes d’utilisation, notamment dans les pâtisseries (sésame dépéliculé pour les pains et croquants) et différents mets comme le "tahiné" pour produire une pâte de sésame utilisée dans les pays du Proche et Moyen-Orient, qui entre notamment dans la composition du traditionnel "houmous". En Asie le sésame est également largement utilisé pour son huile très appréciée. La demande japonaise accorde une attention particulière aux variétés à fort teneur en huile. L’huile de sésame est également utilisée en cosmétique. Les acteurs de la filière se sont constitués en noyau et tendent progressivement vers la création d’une interprofession qui aura la charge d’assurer sa dynamisation. L’Etat Burkinabé a également retenu le sésame comme filière prioritaire dans le cadre global de sa politique de diversification agricole. Un plan d’action de la filière a été adopté et est en cours de mise en œuvre. Ce plan a retenu comme vision d’accroitre surtout la production et les capacités commerciales des acteurs.

I- La cartographie de la filière sésame

I.1. Le cadre politique et règlementaire

I.1.1 Le cadre politique

Conscient de la potentialité de la filière, le Gouvernement a accompagné les acteurs de la filière a élaboré un plan stratégique et un plan d’actions spécifique pour la filière sésame 12 (2009-2015) qui prévoient la professionnalisation et l’organisation de la filière sésame. Ce plan stratégique vise la réalisation des objectifs suivants :

(1) Développer une filière burkinabé de sésame coordonnée dans laquelle tous les partis impliqué dans la production, le marketing et traitement de sésame reçoivent un bénéfice équitable et des recettes adéquates ; (2) Développer des technologies et des pratiques de gestion de production ainsi que les opérations de transformation qui assurent l'efficacité et la compétitivité internationale de la filière burkinabé de sésame ; (3) Développer une gamme de produits afin de répondre aux besoins de certains marchés Spécifiques. (4) Etablir un système de marketing compétitif et effectif, qui est sensible aux besoins des producteurs, des transformateurs, promoteurs (commerçants/exportateurs) et consommateurs, d’une part et d’autre part garantit pour sésame du Burkina une réputation nationale et internationale de haute qualité ; (5) Assurer la disponibilité adéquate de financement pour couvrir les coûts de recherche et développement, de promotion et de communication. (6) Etablir un cadre réglementaire (conditions cadre) adéquate qui facilitera une évolution cohérant de la filière.

La Direction Générale de la Promotion de l’Economie Rurale (DGPER) soutient particulièrement le développement de la filière. L’INERA aussi apporte un appui soutenu au niveau de la recherche et la mise à disposition de semences.

I.1.2 Le cadre règlementaire

L’APEX apporte également son soutien aux acteurs de la filière par la recherche d’informations et les circuits commerciaux pour les exportateurs. Pour certifier la qualité des produits exportés, l’agence intervient en outre dans l’élaboration la vulgarisation des normes. Pour la filière sésame, deux (2) normes sont élaborés et en cours de diffusion auprès des acteurs. Mais l’APEX manque de moyens pour assurer une large diffusion de ces normes.

12 « Plan stratégique filière sésame » , Rapport Final, Tome 1, Tidiane Traoré et Bakiéné Son, Mai 2009 « Plan d’action filière sésame », Rapport Final, Tome2, Tidiane Traoré et Bakiéné Son, Mai 2009

I.2. Le produit I.2.1. Le sésame brut :

Les données de production distinguent le sésame conventionnel et le sésame biologique. Le sésame conventionnel représente une bonne part de la production Au-delà de cette distinction, le sésame cultivé au Burkina Faso est principalement un sésame de couleur blanche et blanc crème. La S42 est la variété retenue et promue par les différents programmes d’appui à la filière sésame. L’argument principal est que cette variété possède un rendement à l’hectare très supérieure aux variétés locales (750 Kg voire 1t/ha contre 300 à 350 Kg/ pour les variétés locales 13 ) et sa couleur blanche et blanc crème est très appréciée en pâtisserie et pour leur utilisation sur les pains pour hamburger. Mais la recherche est entrain d’envisager de mettre au point de nouvelles variétés à forte teneure en huile, pour répondre à la demande mondiale pour ce type de produit également. Cette préoccupation est aussi partagée par certaines ONG qui s’investissent activement dans l’appui à la recherche de nouvelles variétés de semence et développement des initiatives d’accompagnement des acteurs. Nous avons principalement la GIZ, la coopération allemande au Burkina, qui a un département d’appui à la promotion de la filière sésame et qui travaille avec les acteurs des différents maillons. Nous avons également l’ONG Suisse Helvetas qui dans le cadre du programme CFC (Common Fund for Commodities) en partenariat avec l’organisme hollandais KIT ( Royal Institute for the Tropics) et le Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat met en œuvre un pilote d’appui à la compétitive de la filière sésame pour une durée de trois (3) ans avec à ce jour deux (2) ans de mise en œuvre. Au-delà de l’appui à la commercialisation, ce projet s’intéresse à la qualité du sésame et l’introduction de nouvelles variétés plus productives.

I.2.2. Les produits transformés :

La transformation au Burkina Faso du sésame est marginale 14 et essentiellement artisanale et semi-artisanale. Les principaux produits transformés localement à ce jour sont l’huile de sésame et les biscuits de sésame. Le sésame est aussi utilisé en boulangerie et aussi en pâte pour les sauces dans les ménages. Selon certaines estimations, les quantités transformées localement ne dépasseraient pas 50 tonnes par année. La plus grande part du sésame produit au Burkina est surtout nettoyée et exporté. Le nettoyage consiste principalement au soufflage en vu d’extraite les cailloux, la poussière et autres impuretés. On dénombre environ 6 unités de nettoyage de capacités différentes installées principalement à Ouagadougou et à Bobo Dioulasso. Le Burkina ne dispose pas d’unité de dépéliculage du sésame. Les produits issus de la transformation seraient principalement:

L’huile de sésame

Les biscuits de sésame ;

Le sésame nettoyé.

13 MAHRH/SP-CPSA : Plan stratégique filière Sésame - mai 2009

14 Selon certaines sources (Plan stratégique de la filière sésame, MAHRH 2009), les quantités de sésame graine concernées par la transformation semi-artisanale est faible et ne dépassent guère 60-70 tonnes par an.

I.3. Les fonctions :

I.3.1.

Approvisionnement en intrants

Les intrants habituellement utilisés sont les semences, les engrais et les produits phytosanitaires pour ce qui est du sésame brut et d’autre part, du sésame brut pour les produits transformés.

Au niveau de la semence, la variété actuellement vulgarisée est la S42, qui a un cycle de 90 à 100 jours. Le rendement moyen est de 1000 à 1500 Kg/hectare avec une teneur en huile de 53 à 58%. L’INERA, le principal centre de recherche en agriculture du pays fournit les producteurs en semences de base. La semence de base est multipliée en milieu paysan pour produire la semence certifiée vendue aux producteurs. Plusieurs partenaires offrent des formations et le soutien à ces producteurs semenciers.

On dénombre plusieurs sites de multiplication de semences dont les plus importants sont ceux de Koro à l’Ouest, de Bani, Pobbé Mangaa au Nord.

La disponibilité des semences en qualité et en quantité suffisante demeure une des principales difficultés des producteurs de sésame.

Au niveau des engrais, les intrants utilisés sont le NPK et l’Urée pour la plupart des producteurs. L’utilisation de la fumure organique est également répandue car cela aide principalement à l’amendement des sols et à l’amélioration des rendements.

I.3.2.

Le système de production : Le sésame est de plus en plus cultivé en pur, du fait de la demande et des marchés de plus en plus intéressants pour les producteurs. En zones cotonnières, la culture du sésame bénéficie d’apport de pratiques intensives et/ou des arrières effets de la production du coton.

Les producteurs disposent en général de champs individuels, mais sont également organisés en groupements et en unions. 3 grandes unions de producteurs ont été créées récemment dont celle du Mouhoun, du Nord et de l’Est.

Les équipements : Les équipements utilisés en milieu paysan sont encore rudimentaires. Pour la plupart, il s’agit de la daba. Les paysans les mieux nantis utilisent la charrue à traction asine et pour certains la charrue à traction bovine. La culture du sésame demande également l’utilisation en milieu paysan de certains équipements post récolte tels que petits équipements de battage et de nettoyage tels que les bâches.

Production :

Contraintes de production : les principales contraintes sont :

L’insuffisance de semences malgré les efforts de l’INERA dans ce sens ;

Manque d’équipements de production adaptés pour de grandes superficies culturales ;

Absence d’équipements de nettoyage et de stockage au niveau des producteurs,

La faible maîtrise des techniques de production et de conservation des produits,

la faiblesse des capacités techniques au niveau post récolte ce qui occasionne des pertes importantes ;

le problème d’accès au financement pour assurer correctement les opérations de semis et de laboure.

Absence de synergie entre les producteurs et les exportateurs pour une meilleure orientation de la qualité des produits suivant les exigences du marché Les faibles capacités des paysans au niveau post récolte sont surtout sources de nombreuses impuretés (ex : cailloux, graines d’autres plantes, sable, etc.) et de germes pathogènes (ex : salmonelle, aflatoxine…) qui ternissent la qualité du sésame mis sur le marché.

I.3.3.

Transformation :

L’activité de transformation du sésame est marginale au Burkina Faso. En milieu rural, le nettoyage traditionnel des graines et de mouture sont faites, en général, à la main et au moulin du quartier, tandis que l’extraction de l’huile est faite grâce à des équipements artisanaux fabriqués sur place par des artisans locaux.

Concernant la production industrielle, le nettoyage du sésame reste l’opération fondamentale et la plus réalisée. Le nettoyage est fait en vue de l’exportation du sésame sur les marchés internationaux.

La production d’huile de sésame se développe de plus en plus, mais elle reste une activité de certaines associations de femmes, qui sont présentent dans le beurre de karité et offrent l’huile de sésame comme complément de lots à l’export à leurs clients.

La production de biscuits de sésame est l’œuvre de quelques micros entreprises familiales ; la ville de Boromo à 160 km de Ouagadougou sur l’axe Ouagadougou- Bobo est réputée pour son savoir faire particulier dans la production de biscuits de sésame.

I.3.4.

Commercialisation :

On retiendra surtout que la production nationale est caractérisée par un grand déséquilibre entre l’offre et la demande. Les producteurs arrivent à peine à satisfaire la demande des clients.

L’offre

L’offre mondiale de sésame est évaluée à 3 710 000 tonnes en 2006. Cette offre est dominée par cinq pays : l’Ethiopie (187 577 t exportées), l’Inde (186 316 t exportées),

le Soudan (100 159 t exportées), le Nigéria (63 427 t exportées) et la Chine (45 274 t exportées).

Les exportations du Burkina se présentent comme suit :

Années

Qté Export Net en Kg

 

Valeur CAF

2005

 

8 762 015

2

614 410 332

2006

17

974 392

4

911 540 550

2007

29

887 512

10

095 540 975

2008

20

686 137

11

028 469 555

2009

49

355 247

22

416 850 488

2010

59

994 710

27

619 290 006

Les chiffres ci-dessous indiquent que les exportations du Burkina Faso sont passées de 8 000 tonnes en 2005 à près de 60 000 tonnes en 2010. Le Burkina Faso serait le 12 ième pays exportateur. Il se situerait au 2e rang des pays exportateurs au niveau de la sous région ouest africaine après le Nigeria.

La demande

Le sésame burkinabé est presqu’exclusivement destiné aux marchés extérieurs. Les pays de destination du sésame du Burkina sont par ordre d’importance en 2010 : le Singapour, la Suisse, le Japon, Israël, la Turquie, les Pays Bas, la France et l’Allemagne. Une bonne partie de la production transite vers le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Togo, probablement réexportée vers d’autres destinations du monde.

L’exportation du sésame est soumise à l’arrêté N°06-053/MCPEA/SG/ONAC du 11 mai 2006, portant homologation de la norme sur les spécifications du sésame et de son application obligatoire. Les produits concernés sont les graines et l’huile de sésame. Au niveau des graines de sésame, deux types de produits sont concernés :

le sésame biologique et le sésame conventionnel.

La demande s’exprime en termes de sésame conventionnel (S42 blanc et du sésame bigarré) et de sésame biologique. Actuellement, environ cinq (5)gros exportateurs sont présents sur le territoire national. Ils collaborent avec des commerçants grossistes pour la collecte du sésame. Les statistiques moyennes annuelles de ces structures se présentent comme suit

Les Etablissements Veledga (en moyenne 35 000t/an soit 10 000t de sésame S42 blanc et 25000t de sésame conventionnel bigarré) ; Maxigrana (a réalisé environ 2 300t de sésame conventionnel la campagne

25000t de sésame conventionnel bigarré) ; Maxigrana (a réalisé environ 2 300t de sésame conventionnel la

2011)

Bisma (environ 6000t/an avec 2000t de sésame conventionnel blanc et 4000t de sésame bigarré) Burkinature qui intervient dans le biologique commercialise en moyenne 600 t/an de sésame biologique.

Il faut noter aussi l’existence de l’Union Régionale des Producteurs de la Boucle du Mouhoun qui commercialise en moyenne 300t de sésame conventionnel et 50 t de sésame certifié à travers le regroupement des producteurs de la région. Notons que cette région du Burkina (Boucle du Mouhoun) produit 1/3 de la production nationale de sésame. D’autres unions de producteurs ont été accompagnées à se structurer ces deux dernières années. Il s’agit de l’Union des producteurs de sésame de l’Est et de celle du Nord. D’autres structures exportatrices existent aussi sur le marché tel que : OLAM, SUCOTRAP et des particuliers (commerçants burkinabè et des expatriés).

Pour ce qui est de la demande intérieure, elle s’exprime sous forme de graine de sésame, de pâte, d’huile et d’autres dérivés alimentaires (gâteaux, beignets, produits des pâtisseries, etc.) essentiellement pour la transformation en vu de la consommation finale des ménages.

Les quelques sources disponibles signalent de très faibles quantités (ex : 2 – 4 tonnes/an pour la transformation artisanale, environ 20 tonnes/an/unité semi- industrielle pour la transformation en huile). Les chiffres s’accordent sur le fait que la transformation locale (commerciale et celle des ménages) ne dépasserait pas 50 tonnes par an. L’huile est en partie exportée.

I.4. Les acteurs :

I.4.1. Les acteurs de la production La production de sésame est pratiquée par des producteurs atomisés sur l’ensemble du territoire burkinabé. Ces producteurs sont peu organisés. Les femmes représentent environ 43% (300 000 à 400 000 femmes) et sont particulièrement actives dans les régions de l’Est, du Centre-Sud et du Centre-Nord où les taux atteignent 55 à 76% des producteurs.

Les producteurs sont souvent organisés en groupements. On en dénombre plusieurs dont les plus gros se trouvent dans la Boucle du Mouhoun (254 groupements composés de 4 195 producteurs). Ces organisations ont souvent pour fonction de faciliter l’accès de leurs membres aux intrants, notamment la semence et les engrais. Ils assurent également la collecte, le regroupement et la commercialisation du sésame de leurs membres.

On note également au niveau de la production, des institutions de recherche comme l’INERA qui assurent la mise à disposition de semences de base. On note aussi un nombre importants de producteurs, multiplicateurs de semences.

La GIZ a mis au point un paquet d’outils visant la promotion de la culture du sésame. Elle a aussi favorisé la production par la mise à disposition des producteurs de plus de 12 tonnes de semences S42. Elle vient d’appuyer la recherche à importer des variétés d’Ethiopie et est entrée d’aider au test et à la multiplication de nouvelles semences. Tout ceci a contribué à améliorer la qualité des produits et accroître les volumes.

L’ONG HELVETAS appuie les producteurs dans la formation de techniques de production à travers un système de capitalisation appelé « champ école » qui vise à former des producteurs formateurs qui en retour assurent une restitution/formation aux autres. Selon le principe un producteur formateur formé à l’obligation de former deux (2) champs école. Chaque champ école est composé de 25 à 30 producteurs. A cette date de mise en œuvre (juin 2012, au total 50 formations ont été réalisé avec 87 champs école, soit plus de 2 175 producteurs formés). L’ONG intervient aussi dans la recherche de nouvelles variétés en collaboration avec l’INERA. En termes de résultats deux (2) nouvelles variétés sont identifiées et testées. Il s’agit de la variété Wolega et Humera. Une phase de vulgarisation des semences est en cours dans huit (8) régions du Burkina.

I.4.2. Les acteurs de la transformation :

Le maillon de la transformation est encore très jeune. Il est animé par trois (3) grandes catégories de transformateurs : les transformateurs artisanaux et semi- artisanaux, les transformateurs semi-artisanaux/semi-industriels et les exportateurs avec leurs installations de nettoyage.

Les petites unités de transformations artisanales et semi-artisanales

Ce sont en général des individus, des sociétés (ex : Pharmacie Comoé à Banfora), des associations de femmes qui offrent des sous produits transformés (biscuits, pâte,…). Les femmes sont les plus nombreuses (des milliers) dans ce maillon et s’adonnent principalement à la transformation artisanale notamment la production de biscuits de sésame.

Les unités de production d’huile de sésame

La transformation en huile est encore embryonnaire. En effet nous identifions principalement deux (2) structures associatives qui ont intégré la production d’huile de sésame dans leur ligne de produits. C’est notamment l’Association Song Taaba installée à Ouagadougou et l’Union Nunuma (ex UGPPK/SZ) installée à Léo dans la Sissili.

L’association Song Taaba et l’Union Nunuma dispose chacune d’un équipement semi-industriel composé de presse d’au moins 500l/jour, de filtre et des outillages de conditionnement. L’équipement de Song Taaba est français, tandis que celui de Nunuma est Indien.

Les unités de nettoyage

Environ cinq (5) unités de nettoyage à caractère industrielle existent sur l’ensemble du territoire national. Les chiffres réels sur leurs capacités de production ne sont pas connus. Les plus connues sont :

L’unité de soufflage des Etablissements Velegda qui dispose de quatre (4) souffleuses à Ouagadougou d’uns capacité de 50 tonnes jour chaque soit 200tonnes/jour ;

Le groupe OLAM qui dispose de deux (2) souffleuses respectivement à Ouagadougou et à Bobo Dioulasso respectivement de 6000 tonnes et 2000 tonnes par an ; Maxigrana qui dispose d’une souffleuse installée à Ouagadougou avec la capacité de 4000 tonnes an ; BISMA qui dispose de deux souffleuses de 6000t/an avec une capacité de 15t/jour chacune, soit 30t /jour au total ; Burkinature qui dispose d’une unité de nettoyage « sésame net », installée à Ouagadougou d’une capacité de 2000 tonnes. Nous avons aussi une structure installée à Bobo –Dioulasso, SAFCOD, qui a un caractère particulier. Cette dernière société à la différence des autres unités ne réalise pas la collecte de sésame ni la commercialisation, mais se positionne comme une unité de prestation de nettoyage pour certains exportateurs. Elle a une capacité d’environ 2 000 tonnes.

I.4.3.

Les acteurs de la commercialisation

Concernant les acteurs de la commercialisation, sont constitués essentiellement des commerçants locaux qui assurent la collecte pour le compte d’exportateurs ou de courtiers. Les commerçants sont organisés autour de deux grandes associations qui sont ASIECRU (Association des importateurs exportateurs de produits du cru) et AIEPO (Association des importateurs exportateurs de produits oléagineux).

Les unités de soufflage appartiennent aussi à des exportateurs, qui pour la plupart sont en lien d’affaires avec les commerçants. Les principaux exportateurs sont ceux cités au point I.3.2.

Un seul exportateur se spécialise dans la production du sésame biologique. Il s’agit de Burkinature dont les exportations sont estimées à 600 tonnes environs par an.

D’autres acteurs interviennent au niveau de ce maillon, il s’agit principalement des collecteurs qui sont localisés dans les chefs lieux de provinces ou de départements et s’occupent du regroupement primaire du sésame avant son acheminement au magasin du commerçant grossiste. Chaque collecteur dispose d’un réseau de "pisteurs" qui est chargé d’identifier les producteurs agricoles disposant d’une quantité de sésame à commercialiser dans les villages.

I.4.4.

Les projets privés d’envergure

Au niveau de la filière sésame, les initiatives privées d’envergure que l’on peut signaler sont essentiellement la volonté de presque tous les acteurs du nettoyage et de l’exportation, d’augmenter leur capacité de traitement vue la production et la demande de plus en plus croissante des marchés. On a dénombré également des intentions de passer à la vraie transformation à travers l’installation d’unité de production d’huile de sésame.

I.4.5.

Les acteurs d’appui :

Plusieurs acteurs soutiennent le développement de la filière. Mais la plupart d’entre eux interviennent au niveau du maillon production. Il s’agit surtout :

De la Direction Générale de la Promotion de l’Economie Rurale, qui soutient les producteurs dans les régions à mieux se structurer pour répondre aux attentes des marchés. De la coopération allemande à travers le Programme de Développement de l’Agriculture de la GIZ. Ce programme apporte un appui aux producteurs de sésame dans la région de l’Est et de Centre Est. De l’ONG Helvetas qui dans le cadre du programme CFC (Common Fund for Commodities) en partenariat avec l’organisme hollandais KIT ( Royal Institute for the Tropics) et le Ministère Burkinabè du Commerce pilote un projet d’appui à la compétitive de la filière sésame pour une durée de trois (3) ans avec à ce jour deux (2) ans de mise en œuvre. De l’INERA qui apporte un appui soutenu et niveau de la production de la semence de base et de la certification des multiplicateurs semenciers qui assurent la multiplication des semences. De l’unité Nationale de mise en œuvre du Cadre Intégré ; cette unité est en phase de négociation finale d’un projet de soutien à la filière sésame sur financement de l’OMC. Le projet visera principalement l’intensification de la production du sésame par le renforcement des capacités des acteurs à la base et le soutien à la commercialisation. D’autres ONG internationales telles que USADF (mis en œuvre par le cabinet ICDE), LWR, OCADES appuient les producteurs dans différentes régions. Des ONG locales telles que ARFA, TINBA, APEAH, SERACOM, ARFA