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Une odeur de gaz sur la vitrification de Gaza L’Allemagne, un géant économique en danger Sarkozy et Dray, frères en “bling-bling”

RIVA R O L
“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”
N° 2889

Etat protecteur ou Etat destructeur ?

HEBDOMADAIRE DE L’OPPOSITION NATIONALE ET EUROPÉENNE

23/1/2009

E

ST-CE par pente naturelle ou pour ne pas se laisser trop éclipser par le tonitruant sacre de Barack Hussein Obama qu’avant et après le 20 janvier, Nicolas Sarkozy aura occupé avec tant de frénésie le devant de la scène ? Profitant des vœux du Nouvel An pour sillonner la France et intervenir pêle-mêle sur le salaire des banquiers et les grèves à la SNCF, sur le taux du livret A et la résolution de la crise de Gaza, en coprésidant samedi dernier avec l’Egyptien Moubarak le sommet euroméditerranéen (et impromptu) de Charm el-Cheikh. Une gesticulation d’ailleurs inutile puisque le principal protagoniste du conflit, le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, promoteur de l’agression sans doute afin de faire oublier ses mises en examen pour corruption et terminer son mandat sur une « page de gloire », a dédaigné d’y participer bien que dûment invité. Entre-temps a eu lieu le remaniement du 15 janvier. Pour la plupart des media, ce ne fut qu’un ajustement, les choses sérieuses (avec changement de Premier ministre) étant renvoyées au lendemain des élections européennes, et le seul élément d’importance serait la “trahison” du socialiste Eric Besson qui, après avoir en 2007 lancé de sanglantes philippiques contre la politique migratoire d’un ministre de l’Intérieur nommé Sarkozy, a accepté le ministère de l’Immigration et accessoirement de l’Identité nationale en remplacement de Brice Hortefeux lui-même parachuté au superministère des Affaires sociales abandonné par Xavier Bertrand au profit du

(Dessin de CHARD.)
secrétariat général de l’UMP. Aux fins bien évidemment d’assurer en 2012 une confortable réélection au chef de l’Etat qui, il y a un an, assurait ne pas vouloir briguer un second mandat. Cependant, si trahison il y a, est-ce celle de Besson ou de l’Elyséen ? Il est apparu en effet que le ministère dont hérite l’ancien (?) socialiste est une formidable imposture : sur les 29 000 clandestins que le “national” Hortefeux s’est targué d’avoir expulsé en 2008 au grand scandale des lobbies immigrationnistes feignant l’indignation, 10 000 sont en effet des Tziganes bulgares et roumains qui, à peine encaissée leur « prime au retour », sont revenus en France. Besson n’aura donc aucun mal à malmener ses convictions pour remplir la tâche qui lui est désormais impartie puisqu’il s’agit d’une simple mystification du peuple souverain. mitisme et de lʼarabophobie », tels ceux qui se sont multipliés depuis l’offensive de l’armée israélienne contre le Hamas. Mais quid de la francophobie, combien plus répandue mais jamais réprimée alors même que Sarkozy a « tenu à dire aux Français que lʼEtat est là pour les aider, pour les protéger » ? Les commerçants des “quartiers” continuellement rackettés et cambriolés, les gardiens des « cités sensibles » tabassés et souvent contraints de quitter leur emploi et leur domicile après avoir déposé plainte à la police ou dénoncé un trafic, auront sans doute apprécié l’humour présidentiel. Il est vrai que l’Etat est de plus en plus démuni dans sa mission de protection. Malheur aux flics trop consciencieux ou employant des méthodes trop musclées, l’Elysée hurle avec les loups médiatiques à la moindre “bavure” ! Quant à l’armée… Le jour même où le président de la République s’érigeait en champion des plus faibles, on apprenait que se multipliaient les cas d’engagés de confession musulmane refusant de partir en Afghanistan pour y com-

N° 2889 du 23 JANVIER 2009

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battre « leurs frères ». C’est le cas — balayé comme simple “micro-phénomène” par le ministricule Bockel — notamment au 1er Régiment d’Infanterie de Sarrebourg (1) mais bien d’autres unités seraient touchées. Evolution logique puisque, même si la Commission Informatique et Libertés interdit toute statistique fondée sur la race ou la religion (ce qui rend évidemment ces statistiques inutiles), on évalue à 30 % le nombre d’allogènes parmi les engagés. Aujourd’hui, ils refusent de partir en Afghanistan où nous n’avons certes que faire. Mais s’il advenait par malheur que le territoire national fût envahi par des “frères”, ces soldats refuseraient-ils aussi de le défendre ? Si disert sur les sujets les plus divers, le chef de l’Etat, également chef des Armées et qui, en cette qualité, vient de proposer le concours diplomatique mais aussi militaire de la France pour le respect du cessezle-feu à Gaza, s’est refusé à aborder celui-ci, pourtant crucial. Et le ministre de la Défense Hervé Morin est également resté muet, lui qui, après s’être tant agité contre le fichier EDVIGE, depuis abandonné, vient d’écrire au PDG de la RATP pour s’inquiéter… des données enregistrées dans le « passe Navigo » ayant remplacé la Carte orange, jugeant la conservation de ces données attentatoire « aux libertés publiques » ! Faut-il en rire ou en pleurer — de rage ?

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<galic@rivarol.com>.

RIVAROL,

L

EQUEL bon peuple aura sans doute été ébloui par la mâle détermination du chef de l’Etat proclamant le 14 janvier d’Orléans, où il présentait ses vœux aux forces de sécurité, l’instauration de la « tolérance zéro » pour les « actes relevant de lʼantisé-

(1) « Ayant depuis longtemps prévenu des risques dʼune accession non contrôlée à la nationalité française », le Front National de Moselle demande dans un communiqué que « lʼArmée française fasse toute la lumière sur ces cas de désertion » et adresse ses vœux aux « soldats du 1er R.I. de Sarrebourg, en partance pour cette mission dangereuse ».

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N° 2889 — 23 JANVIER 2009 — RIVAROL
nation de l’Iran à acheter des pièces pour ses missiles et son programme nucléaire. Les banques iraniennes Saderat et Melli ont été exclues du système financier américain en raison de leurs liens avec, respectivement, le terrorisme et le développement du nucléaire. Elles ont été citées nommément dans les dernières sanctions décrétées contre l’Iran par le Conseil de sécurité de l’ONU [résolutions 1803 et 1835, adoptées en mars et septembre 2008]. Mais, pendant de nombreuses années, la Lloyds et d’autres établissements financiers ont aidé ces banques iraniennes peu scrupuleuses à s’infiltrer aux Etats-Unis. » Ces “banques” blanchisseuses ne sont-elles pas dirigées indirectement par Israël ? Etonnant, NON ? comme l’aurait si bien dit le regretté Pierre Desproges.

● De J.-X. DUPUIS : SELON QUE VOUS SEREZ BEURS OU BRETONS…
Il y a quelques jours, les actualités relataient l’accident qui avait coûté la vie à deux  jeunes Rennais. Le conducteur conduisait sans permis. Poursuivis par les gendarmes, après avoir forcé deux  barrages, ces jeunes allaient se précipiter dans un étang, où deux d’entre eux périssaient noyés. Question : était-il judicieux de donner la chasse à ces jeunes dont on avait à coup sûr identifié le véhicule, cette poursuite ayant de grandes chances de se terminer en catastrophe ? Maintenant je ne peux m’empêcher de faire un rapprochement entre ce drame et cet autre qui avait en octobre 2005 coûté la vie à deux  jeunes z’issus des banlieues, poursuivis par la police et qui s’étaient réfugiés dans un transformateur, avec les conséquences que l’on sait. Je contribue à la peine des parents de ces jeunes Bretons, Leurs fils n’auront droit à aucune stèle. Leur mort tragique n’a causé aucune manifestation. Il n’y a eu à ma connaissance aucune voiture brûlée. Deux ou trois jours après, on ne parlait déjà plus d’eux. Ce n’était que des Français après tout.

● De Gautier SERRIÈRE : SILENCE, ON ASSASSINE
A Gaza, les bouchers de Tsahal assassinent en toute impunité, bénéficiant du silence complice de nos antiracistes. Durant trente ans, le Front national et ses électeurs ont été traités en racistes par les sionistes de passage en France alors qu’Israël a commis tous les trois jours un Oradour-sur-Glane dans le ghetto de Gaza. Enfin, le masque tombe !

● De Bernard V. (Annecy) : VICTIMISME
Merci pour vos différents articles sur la nouvelle agression israélienne contre Gaza, qui tranchent avec l’odieux Politiquement Correct ambiant. Seul bémol : le Hamas savait qu’en reprenant les tirs sur les implantations juives (totalement illégales et dont nul n’a jamais pu obtenir le démantèlement), il s’exposerait à des représailles. Pourquoi n’avait-il pas profité de la trêve pour construire des abris suffisants à l’intention des civils ? Sans doute voulait-il ses martyrs, comme Israël exhibe les siens. Nous vivons l’ère du victimisme.

Hébreux ont été chassés par les Romains et n’est-il pas judicieux qu’après tant de temps ils aient retrouvé et récupéré leur pays d’origine avec Jérusalem ? J’ai enseigné l’histoire de ces pays suffisamment longtemps pour m’inscrire en faux sur certains de vos propos : « Un pays qu’ils occupent depuis 2 000 ans. » Disons qu’ils ont recommencé à envahir. Je n’ai rien de juif, je suis un authentique sous-chien du Poitou qui vote populiste depuis Pierre Poujade mais comme le  FN tient à peu près les mêmes propos que vous, il ne me restera plus aux prochaines élections qu’à mettre un bulletin de vote dans les toilettes car rien ne m’irrite plus que les contrevérités du Politiquement Correct. Je serais étonné de renouveler mon abonnement prochain mais ce n’est pas grave face à la formidable invasion qui est en cours.

● De Gérard K. (Iteuil) : AU PIED DU MUR
J’adresse tous mes vœux à l’indispensable RIVAROL et à toute son équipe. Je n’en formule aucun pour les Français. Ils n’ont que ce qu’ils méritent. Je n’éprouve aucune fierté à fréquenter mes “concitoyens”, et si Brel à l’étranger n’osait se dire Flamand, moi c’est le rouge au front qui me vient lorsque je dois avouer que je suis Français. Mes vœux, je les adresse à la Droite de conviction, Radicale, Identitaire, Prolétarienne. Qu’enfin elle s’unisse et redevienne une force véritable. Nombre de ces chapelles ont souhaité ouvertement la disparition du FN qui faisait obstacle à la véritable « Droite Nationaliste » en refusant le pouvoir. Alors, camarades, puisque le FN est à genoux nous vous attendons. Vous êtes au pied du mur pour enfin être les catalyseurs de la renaissance. Mettez en application vos théories. Ne nous décevez pas. A force d’être agressé, l’Espoir peut mourir.

● De Henri P. (Paris) : MÉTISSAGE OBLIGATOIRE ?
Un seul peuple sur la terre a le droit et même le devoir de ne pas se métisser, a le droit et le devoir de rejeter l’assimilation ! Pour ne pas disparaître, affirme-t-il fièrement et à haute voix. Un seul. Et c’est celuilà même qui a l’outrecuidance de nous imposer l’ordre d’avoir à nous métisser ! Le peuple, lui, ne se mélange pas. D’où sa supériorité. Il connaît les lois de la vie, qu’il utilise à son seul profit. Ce peuple unique, contrairement à ceux qui ont dû effectuer une “décolonisation”, ce peuple a fait, lui, l’opération inverse. Au prétexte qu’il était dans le coin il y a deux ou trois mille ans, il a réinvesti un territoire en en chassant les habitants. Mais, c’est peut-être après tout une interprétation unilatérale du mot de Soljenitsyne : « Le droit aux racines est plus vital que les droits de l’homme. » Les droits de l’homme, c’est bon pour les autres.

● De Maryvonne S. (Cherbourg) : LES MAINS SALES
Beaucoup des gens de gauche qui condamnent — à juste titre — l’agression israélienne reprochent aussi toujours à l’armée française l’usage de la “question” pendant la Bataille d’Alger en 1956. Evidemment, si, pour éradiquer le terrorisme, les paras de la Xe DP avaient écrasé la Casbah sous les bombes comme le font aujourd’hui les juifs, ils n’auraient pas eu à « perdre leur âme » en recherchant et en torturant les poseurs de bombes pour éviter de nouveaux massacres… Mais qui a les mains les plus sales ?

● De Guillaume RODIEN : SCÈNE DE LA VIE MARSEILLAISE
Dans une galerie marchande dépeuplée (d’un quartier de très bonne tenue), vers 19 heures, un groupe de cinq ou six jeunes gens : l’un d’eux a des chaussures très sonores : « Il faut que j’aille faire ôter ces fers, s’exclama-t-il, ça fait gogoy ! »

● De M. CANDAU : L’HORREUR DU TECHNICISME
Dans le n° du 26 décembre, Jérôme Bourbon a signé un article d’une grande hauteur de vues, s’appuyant sur des citations puisées dans Bernanos. Cet article magistral, au-dessus des divergences d’opinion, résume en une seule page la cause de dégénérescence de notre civilisation, et honore votre publication. Le grand penseur indien Tagore (prix Nobel de littérature en 1913, mort en 1941) faisait lui aussi le constat que les conceptions de la civilisation contemporaine ne représentent qu’une aberration due à l’incompréhension de la vraie nature du monde.

● De Jean C. (Ste-Geneviève des Bois): AUCUN SOUTIEN AUX BARBARES !
La lecture de l’éditorial de J. Bourbon sur Gaza (n° 2887) me désole. Comment peut-on prendre parti pour des barbares, égorgeurs potentiels d’hommes et d’animaux  et qui depuis 622 ont envahi les peuples de l’océan Pacifique à l’océan Atlantique en passant évidemment par l’Egypte ancienne et le Moyen-Orient ? Jusqu’en 622, leur seul pays était la Péninsule arabique, sans Etat constitué d’ailleurs alors qu’au Moyen-Orient il y avait depuis 5 ou 6 000 ans des peuples et des Etats organisés et civilisés – Sumériens, Phéniciens, Assyriens, Chaldéens et Hébreux. Ces gens-là, bien que sémites pour certains, n’étaient absolument pas arabes. Hélas, les

● De Xavier B. (Gordes) : BRAVO
Mes plus vives félicitations à Jérôme Bourbon pour son article dans le n° 2887 sur Le Pen, Dieudonné et Faurisson.

Economie numérique ou familiale ?
Afin de masquer un peu le marasme actuel et l’inefficacité criante du gouvernement Fillon, a eu lieu la semaine dernière un jeu de chaises musicales au sein de l’équipe Sarkozy. Seul élément remarquable de ce microévénement, l’évident conflit d’intérêts que représente le passage ou plutôt la rétrogradation (sans doute exigée par Jean-Louis Borloo, qu’elle avait durement critiqué) de Nathalie Kosciusko-Morizet du secrétariat d’Etat à l’écologie à celui chargé de l’Economie numérique. En effet, le frère de la jeune ministre est le PDG de Price Minister, l’un des principaux sites de vente en ligne, et préside également l’association de l’économie numérique (Acsel), lobby des entreprises de ce secteur. Naturellement, interrogé par la presse, Pierre Kosciusko-Morizet a déclaré ne pas voir « dans quel cadre il y aurait conflit d’intérêts » puisque sa sœur n’est pas actionnaire de Price Minister et qu’il « semble peu probable » que « son secrétariat d’Etat pousse un projet qui soit bon pour Price Minister et pas pour les autres ». « Peu probable », mais pas impossible, et c’est bien cela qui rend plus que discutable cette proximité entre la ministre et l’un des principaux pontes du secteur dont elle aura la charge. Côté UMP, on murmure qu’il aurait été préférable de donner le poste au sénateur villiériste Bruno Retailleau, ce qui, d’une part, aurait évité cette polémique et, d’autre part, aurait donné des gages à un électorat “droitier” se sentant de plus en plus cocufié par la fameuse « ouverture à gauche » menée par le président de la République. Mais l’Elysée aurait été confronté au refus catégorique de Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF) qui tient absolument à cultiver sa différence en vue des élections européennes. Quoi qu’il en soit, entre journalistes épouses de ministres et grands patrons frangins de secrétaires d’Etat, le moins que l’on puisse dire c’est que la fameuse transparence, brandie comme un étendard à chaque campagne électorale, est de plus en plus mise à mal dans « la France d’après »… Xavier EMAN.

● De Andrée F. (Epernon) : SINUSOÏDES
Les Euréliens de la région drouaise ont été étonnés de lire dans leur journal local les propos de l’ancien attaché parlementaire de Marie-France Stirbois (du temps où le FN avait un député à l’Assemblée nationale, ce qui remonte loin). Après avoir discrédité avec véhémence les Identitaires aux dernières élections municipales de Dreux et appelé les électeurs à voter Hamel (l’actuel maire UMP), cet individu refait surface. Toujours affublé de son titre d’ex-attaché parlementaire, mais cette fois dans un registre différent, il dit avoir voulu adhérer au monde associatif multiculturel par le biais de l’UNICEF, mais à cause de son passé au FN en avoir été rejeté. Il dit vouloir combattre de toutes ses forces l’intolérance et surtout les options de Dieudonné. In fine, il préconise le ralliement à Carl Lang. Un discours aussi incohérent laisse pantois !

Nice : Estrosi a perdu la bataille de Gaza
Les samedis 10 et 17 janvier, les Niçois ont été les victimes de voyous ethniques exploiteurs de la haine suscitée par le drame de Gaza. Le 10 janvier, lors d’une manifestation de soutien au peuple palestinien, quelques centaines de casseurs se sont livrés à des débordements inouïs dans la principale artère commerçante de la ville, très achalandée en raison des soldes. Le centre commercial Nice Etoile a donc dû être fermé, l’avenue JeanMédecin étant transformée en champ de razzia et abandonnée par les forces de sécurité aux voyous, certainement pour éviter tout incident majeur. Des centaines de personnes prenant le nouveau tramway sont descendues au centre-ville sans être informées des la situation et se sont retrouvées dans la nasse. La semaine suivante, rebelote mais cette fois la manifestation pro-palestinienne était interdite. Cela n’a cependant pas empêché quelques groupes de Jeunes de venir semer la pagaille et plastronner devant des caméras de télé, pour bien montrer qu’ils « niquaient les interdictions ». Ce n’est toutefois pas cette violence qui a révolté le maire Christian Estrosi, mais la volonté des “Identitaires”, fortement implantés dans sa ville, d’organiser à Nice une manifestation “niçoise” sur le thème « Maîtres chez nous ». La manif a été interdite, ses promoteurs étant l’objet de toutes les sollicitudes policières car, prétend Estrosi, « ils étaient prêts à l’affrontement, ils voulaient faire du grabuge ». Et le sarkomaniaque d’ajouter : « Ce mouvement est complètement inacceptable dans cette ville. Il représente tout le contraire de ce que je peux tolérer. » On sait en tout cas parfaitement ce que le maire tolère : le déchaînement en centre-ville des “racailles” pour reprendre l’expression de son idole. Ce qui est sûr, c’est que les otages du 10 et du 17 clients, commerçants badauds et promeneurs, apprécieront. Quant aux identitaires niçois qui ont recueilli plus de 5 000 voix aux dernières municipales avec des scores supérieurs souvent à 3 % et à plus de 10 % chez les moins de 25 ans, ils ont renforcé leur image auprès des habitants, et pas seulement des méchants fascistes.

● De Patrick B. (courriel) : ETONNANT, NON ?
Je découvre cet article fort intéressant dans Courrier international : « La banque Lloyds a reconnu avoir procédé à des transferts illégaux d’argent iranien vers des banques américaines. Cette annonce, faite le 9 janvier, mérite une attention particulière, car il s’agit d’une preuve supplémentaire de la détermi-

DES TUEURS DE FLIC BLANCHIS
Après le verdict si indulgent prononcé par le tribunal de Paris en faveur des “adolescents” ayant tué le policier Reynald Caron le 9 avril 2007 à la Foire du Trône, on aurait pu s’attendre à voir les familles en liesse. Sous prétexte qu’ils auraient causé la mort du policier « sans intention de la donner », l’un des mineurs n’a-t-il pas été relaxé tandis que son copain, auteur principal du méfait, s’en est tiré avec cinq ans d’emprisonnement… dont quatre et demi avec sursis, autrement dit un acquittement ? Or, pas une image n’a été diffusée par les différentes chaînes de télévision qui n’ont montré que les proches et les collègues du malheureux Caron, scandalisés par ce jugement — dont le Parquet a fait appel, évidemment sous pression policière. Cette discrétion s’explique sans doute par le fait que “Kevin” et son pote, les deux coupables si bien blanchis, sont de « jeunes Blacks » comme, à l’époque du crime, avait seul osé le préciser le présentateur — noir — de LCI. Une omerta qui dure encore.

N° 2889 — 23 JANVIER 2009 — RIVAROL

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Juju et Nico, copains et coquins
strass et ses paillettes et on ne s’étonne pas que son père ait récemment reconnu dans VSD que son plus grand rêve eût été que l’un de ses fils devînt président des EtatsUnis d’Amérique.

UN MÊME CULTE DU BLING-BLING
On comprend qu’avec une telle mentalité Sarkozy s’entende à merveille avec Julien Dray qui affiche le même rapport malsain à l’argent et qu’il ait voulu faire de l’ancien vice-président de SOSRacisme un ministre du Logement ou de l’Intérieur. En effet, sans doute mis au parfum par les petits camarades “martinistes” de la rue de Solférino plus proches de l’Union nationale lycéenne (UNL) que de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), L’Est républicain a publié le 14 janvier le rapport des enquêteurs de Bercy sur les comptes bancaires du député de l’Essonne. Un mois après avoir été inquiété par la justice, il va devoir s’expliquer sur des flux financiers plus que suspects. « Il n’y a rien de pire que de voir son honneur livré en pâture à la vindicte de l’opinion, chacun lançant sa petite pierre, insinuation malhonnête ou allégation mensongère. Rien de pire que de voir des bribes de dossiers instrumentalisées pour instruire des procès à charge, au nom d’un prétendu devoir de vérité et d’information, qui n’est souvent que la pudeur du désir bien plus prosaïque de vendre du papier » s’étrangle Julien Dray qui a enfin rompu le silence qu’il s’imposait depuis le 19 décembre dernier, date de la perquisition à son domicile et à son bureau de l’Assemblée nationale par la brigade financière. L’ex-porte-parole de Ségolène Royal, qui avait refusé de s’exprimer sur l’affaire de corruption dans laquelle il est personnellement mis en cause ainsi que son entourage le plus proche, ayant compris que la meilleure défense c’est l’attaque, accuse la presse et évoque une manipulation. Mais il se garde bien de démontrer en quoi les accusations portées contre lui sont infondées ou exagérées. Il refuse en effet de fournir la moindre explication sur le fond du dossier résultant d’une enquête de Tracfin, la cellule antiblanchiment du Ministère des Finances. Or, après avoir détecté et mis en relief des flux financiers douteux entre, d’un côté, les associations SOS-Racisme et la FIDL et, d’autre part, Nathalie Fortis et Thomas Persuy, deux proches de Julien Dray, les fonctionnaires de Bercy ont saisi le parquet de Paris. Depuis près de trois ans, le montant des sorties suspectes des caisses de ces deux associations serait estimé à plus de 350 000 euros, dont 94 000 euros en liquide. Selon les investigations menées à partir des comptes bancaires des différents protagonistes, le député de l’Essonne aurait été destinataire de près de la moitié de ces sommes. Le reste aurait profité aux proches du cofondateur de SOS-Racisme. L’enquête préliminaire, ouverte pour « abus de confiance » et confiée depuis septembre à la brigade financière, a ainsi mis au jour une structure permettant le versement de fonds à des associations, ces fonds étant ensuite reversés à des intermédiaires qui se seraient chargés d’en faire bénéficier Julien Dray pour une grande

(Dessins de CHARD.)

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ON, ce n’est pas un gag, alors que notre pays connaît une douloureuse récession économique à laquelle s’ajoute une grave crise financière, Nicolas Sarkozy a très officiellement décidé de tripler le budget de l’Elysée et d’augmenter ses émoluments de près de 150 % alors même qu’à peine élu à la magistrature suprême, il s’était empressé de se faire voter une augmentation de 140 %. Insuffisant ! Le passage de 3 500 à 8 300 euros bruts mensuels n’est pas digne de lui. Dans une note interne révélée par Profession politique, Emmanuelle Mignon, chef de cabinet du chef de l’Etat, a donc recommandé, à la demande expresse de l’Elyséen, de faire passer le salaire présidentiel de 8 300 à 20 000 euros.

de l’enveloppe destinée au Faubourg Saint-Honoré.

… ET DOUBLEMENT DU SALAIRE DE SARKOZY
S’agissant du salaire de Sarkozy, cette augmentation doit officiellement permettre de hisser sa rémunération au niveau de celle du Premier ministre et des chefs d’Etat étrangers, afin, nous dit-on, de lui assurer une indépendance financière privée. Mais là encore, de qui se moque-t-on puisque la quasi-totalité de ses frais personnels sont pris en charge par l’Etat ? Quand il voyage, quand il invite des personnalités à sa table, lorsqu’il reçoit des visiteurs, le président de la République n’a pas un centime personnel à débourser comme tout un chacun le sait. Ce quasi-triplement de son salaire est donc totalement injustifiable. On essaie néanmoins de défendre cette initiative en arguant du fait qu’ainsi les riches amis du président n’auront plus à lui payer ses luxueuses vacances, là sur un yacht, ici dans une villa de multi-milliardaire aux Etats-Unis. Mais outre que dans l’avenir rien n’empêchera Martin Bouygues, François Pinault, Vincent Bolloré ou un quelconque autre grand patron d’offrir des vacances de rêve à Sarkozy et à sa tribu recomposée, est-il normal, est-il sain que le chef de l’Etat français fasse étalage d’un tel luxe, d’une telle débauche d’argent ? Le président de la République française doit certes bénéficier de moyens lui permettant de tenir son rang et de recevoir ses pairs comme il convient mais une telle démesure dans la gestion des deniers publics et dans l’affichage d’une vie de milliardaire est profondément corrosive pour la morale publique et radicalement contraire au civisme et à la modestie chrétienne. Las, on ne changera pas Sarkozy. On se souvient de cet entretien télévisé où il arborait à son poignet une énorme Rolex ! Cet homme sans éducation (« Il ne fait pas président », déplorait son ex-épouse Cécilia), qui tutoie les chefs d’Etat et de gouvernement étrangers, les tient par l’épaule et les tripote — ce qui, d’après la presse, a suscité l’effarement d’Angela Merkel, de Vladimir Poutine et même de Barack Obama — qui, quittant l’Elysée alors qu’il était encore candidat à la Maison-Blanche, aurait fulminé devant la familiarité déplacée de Sarkozy à son endroit : « Mais qu’est-ce que c’est que ce mec ? » — est une honte pour notre pays et notre peuple. Le successeur de Jacques Chirac est fasciné par le modèle américain, ses

partie (voir RIV. du 26 déc.). « Personne n’a volé un centime dans cette affaire », répète à l’envi son avocat Léon-Lev Forster dont le client assure qu’il est en mesure d’expliquer « à plus de 80 % » ces flux financiers. Mais pour l’heure il s’est contenté d’annoncer la constitution d’un « jury d’honneur composé de personnalités indépendantes, d’un haut niveau de respectabilité, afin d’étudier son patrimoine et ses comptes ». Le député Frédéric Lefebvre, l’un des porte-parole de l’UMP, va-t-il figurer dans ce jury ? Dès le début de l’affaire, ce sarkozyste de choc avait en effet dénoncé le “déchaînement” contre le sympathique “Juju” et réclamé en sa faveur « un strict respect du principe de la présomption d’innocence ». Les fonctionnaires de Bercy auraient par ailleurs constaté que Dray n’aurait effectué aucun retrait en espèces sur ces nombreux comptes bancaires ces dernières années mais qu’en revanche, les chèques encaissés par l’élu à concurrence de 113 890 euros proviendraient « de particuliers actifs dans la sphère socio-économique », tels des chefs d’entreprise ayant leur siège dans l’Essonne ou obtenu des marchés publics octroyés par le Conseil régional d’Ile-de-France. Vous avez dit bizarre ? Et Tracfin a également mis en évidence le côté « acheteur compulsif » de Dray, rongé par sa dévorante passion pour les magasins de luxe, son goût certain pour les horlogers les plus réputés et pour les palaces (les enquêteurs ont ainsi retrouvé une note de 6 000 euros d’hôtel à Monaco en seulement deux jours). Quand on pense que, via SOS-Racisme, Dray et ses amis n’ont eu de cesse de culpabiliser les Français de souche, les condamnant pour leur racisme, leur bêtise, leur manque de générosité et d’ouverture à l’Autre et qu’ils ont sciemment détruit leurs défenses immunitaires en leur faisant un lavage de cerveau quotidien à la télévision, à l’école, à la radio, on voit ce que valaient ces professeurs de morale et de vertu. Car ce n’est pas la première fois que SOS-Racisme et ses organisations satellites sont incriminés pour des détournements de fonds, des flux suspects, des abus de biens sociaux.

TRIPLEMENT DU BUDGET DE L’ELYSÉE…
On a du mal à ne pas se pincer tant cette initiative est incongrue au moment où le chômage repart en flèche, où des millions de nos compatriotes ont le plus grand mal à boucler leur budget et où les grands froids actuels font une nouvelle fois apparaître le nombre de Français de souche complètement démunis, les SDF — dont 340 sont morts de froid — connaissant une croissance exponentielle. Un cynisme et une inconscience insupportables ! Mais ce n’est pas tout. Ayant le goût du faste, du luxe et la démesure propre à sa race, Sarkozy a obtenu que la loi de finances 2008 qui prévoyait initialement d’allouer 32 millions d’euros à l’Elysée, accorde finalement à la présidence de la République la bagatelle de 100 millions d’euros. Qui dit mieux ? Certes le candidat Sarkozy n’avait pas caché pendant la campagne présidentielle que le budget de l’Elysée allait très sensiblement s’accroître s’il était élu. Non, affirmait-il, pour améliorer son train de vie mais par souci de transparence. Un souci qui trop souvent couvre toutes les ignominies ! Il est vrai que la majorité du personnel travaillant à l’Elysée est pour l’heure rémunérée par son ministère d’origine, ce qui rend opaques les finances du Palais, comme l’avait fort justement dénoncé dans différents rapports, sous la présidence de Jacques Chirac, le député socialiste René Dosière. Mais même en réintégrant dans le seul budget élyséen les dépenses affectées jusque-là à différents ministères, rien ne justifie un triplement

A NOUS LES MONTRES DE LUXE !
Mais tout cela n’indispose en rien le cosmopolite Sarkozy qui se sent plus proche du cofondateur de SOS-Racisme que du Front national même si, pendant sa campagne présidentielle, il est allé cyniquement à la pêche des voix lepénistes. Julien Dray et Nicolas Sarkozy ont en effet en commun le côté bling-bling (mode lancée, rappelons-le, par les rappeurs noirs américains) et tout particulièrement le goût des montres de luxe, notamment de chez Philippe Patek, une marque mondialement connue et qui est extrêmement dispendieuse. C’est l’un des premiers cadeaux qu’a offert Carla Bruni à son compagnon : une Patek en or gris sur bracelet en alligator, le modèle 3940G, avec calendrier perpétuel. La toquante coûte la bagatelle de 45 000 euros. Dray ne possède pas ce modèle mais un autre, légèrement moins onéreux comme le prouve l’étude de ses (folles) dépenses. Le 3 mars 2007, avec sa carte Centurion, il aurait retiré 15 000 euros chez le seul horloger Bernardini !

AUTRE TEMPS, AUTRE MŒURS…
Voilà ce que sont les politiciens de notre époque. Il n’en fut pourtant pas toujours ainsi. Il fut un temps où l’on avait le souci du bien public. Sous la IIIe République, Mme Fallières, lorsqu’elle accompagnait son président de mari, voyageait en deuxième classe, sur ses deniers personnels. Philippe Pétain, lorsqu’il était chef de l’Etat français, ne percevait à Vichy que sa retraite de maréchal. De Gaulle lui-même, lorsqu’il recevait ses petits-enfants à goûter à l’Elysée, payait de sa poche les frais occasionnés. Nous avons décidément changé d’époque. Il n’y a certes pas lieu de s’en féliciter ! Jérôme BOURBON, <jeromebourbon@yahoo.fr>.

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N° 2889 — 23 JANVIER 2009 — RIVAROL

Réforme du permis de conduire : une belle hypocrisie !

E

NCORE une réforme ! Après celles de la justice, de l’hôpital, des lycées, voici le tour du permis de conduire. Lors d’un Comité interministériel à la Sécurité routière qui s’est tenu à la mi-janvier à Matignon, François Fillon a annoncé, après plusieurs reports, l’adoption de quinze mesures qui entendent répondre à trois objectifs : « un permis moins long, moins cher et plus sûr ». Pour écourter les délais, le gouvernement prévoit la création sur trois ans de 370 000 places d’examen supplémentaires, dont 120 000 dès 2009. Cinquante-cinq inspecteurs du permis de conduire seront par ailleurs recrutés. De plus, le délai réglementaire d’un mois d’attente entre l’enregistrement du dossier du candidat et la présentation à l’épreuve du code n’aura plus cours à partir du mois d’avril. En outre, le « permis à un euro par jour » est instauré pour les jeunes gens en difficulté qui sont exclus du système bancaire et inscrits dans une formation ou demandeurs d’emploi. Dès le second semestre, le fonds de cohésion sociale prendra en charge la caution du prêt pour financer ce permis. Par ailleurs, de nouvelles aides financières sont instaurées, parmi lesquelles la « bourse au permis » délivrée

par les collectivités territoriales si le futur jeune conducteur accepte de s’acquitter d’une activité d’intérêt général. Mais concernant le coût du permis en lui-même, il n’est nullement diminué. Obtenir son permis, à condition de le décrocher du premier coup, coûte actuellement entre 1 200 et 1 500 euros. La réforme Fillon ne change rien à cette situation qui empêche de nombreux jeunes gens désargentés de s’inscrire en auto-école.

CRITÈRES “CITOYENS”
Les épreuves, tant théoriques que pratiques, du permis sont également revisitées. Les cours de code, tout d’abord, seront modernisés, avec la révision complète des questions dans les prochains mois. L’épreuve devrait s’effectuer sur ordinateur individuel d’ici à deux ans pour éviter les tricheries et d’autres langues que le français pourront être choisies, concession évidente aux allogènes qui sont chez eux chez nous. L’épreuve de conduite, enfin, ne sera plus un simple décompte d’erreurs, mais, assure Fillon, un « véritable bilan de compétences et de comportement » dès le

début de 2010. La prudence, le respect des règles, une conduite écologique moins gourmande en carburant, nouveau dogme de notre modernité, seront ainsi des critères “citoyens” pris en considération lors de l’épreuve dite pratique du permis. Les examinateurs pourraient également être plus indulgents pour les apprentis conducteurs qui auraient du mal à stationner ou à longer proprement un trottoir. Mordre un peu sur la ligne blanche du milieu ou s’arrêter quelques mètres après un stop ne serait plus forcément éliminatoire, à condition de ne pas trop mettre en danger usagers de la route et piétons. Par ailleurs, le gouvernement souhaite encourager la conduite accompagnée, dispositif sous-utilisé alors qu’il garantit un taux de réussite de 70 %. Les jeunes apprentis ou les chercheurs d’emploi sont encouragés à y recourir plus souvent. Les plus de 18 ans ayant échoué à l’épreuve pratique sans s’être révélés dangereux auront désormais le droit de conduire le temps de repasser l’examen, accompagnés d’un adulte référent, qui ne sera plus obligatoirement quelqu’un de la famille et qui ne devra plus forcément avoir

28 ans minimum. Le gouvernement souhaite que ces mesures permettent d’augmenter de 15 % le taux de réussite, actuellement proche de 50 %, ce qui est très peu.

SÉDUIRE LES JEUNES… ET LES OCCUPANTS
Que penser de tout cela ? L’Automobile Club, association dont la priorité consiste à défendre les droits des automobilistes à la mobilité et à la sécurité, considère que le Premier ministre devrait « revoir sa copie » car « force est de constater que le coût du permis reste inchangé et qu’annoncer une augmentation de 50 à 65 % du taux de réussite est soit une incantation, soit peu crédible par rapport au souci d’améliorer la formation ». La volonté d’écourter les délais, si elle se vérifie vraiment dans les faits, est certes une bonne chose tant c’est actuellement le parcours du combattant de passer ou de repasser le permis. Sans doute, par cette mesure, l’exécutif entend-il réveiller le secteur automobile actuellement dans un état comateux, mais surtout séduire la jeunesse, Sarkozy ayant relativement peu de partisans chez les 18-30 ans. Ce sont en effet les seniors qui l’ont plébiscité lors de la dernière présidentielle. Par ailleurs, le gouvernement fait un clin d’œil aux allogènes. Qui ne voit que le « permis à un euro par jour », c’est à eux d’abord qu’il est destiné ? Même chose quant au choix de la langue pour le code, ce qui est un scandale absolu, le français se trouvant une nouvelle fois sacrifié pour complaire aux occupants. C’est à ce genre d’abdications que l’on mesure à quel point les gouvernements de la Ve République sont directement complices de l’immigration-invasion.

Incriminer la SNCF ou l’immigration ?
Après la fermeture inopinée d’une gare (Saint-Lazare en l’occurrence, le 13 janvier), est-ce vraiment le rôle du président de la République d’intimer l’ordre à celui de la SNCF d’indemniser les voyageurs et de « s’excuser auprès de ses abonnés » car « le public est prioritaire et les Franciliens ont droit à des explications » ? La sommation de Nicolas Sarkozy venait d’ailleurs un peu tard car, dès le matin à l’auybe, le PDG Guillaume Pépy s’était rendu gare Saint-Lazare pour reconnaître que la SNCF avait « manqué à ses devoirs » de service public et annoncer une baisse substantielle sur le « passe Navigo » en février. De plus, depuis le 14 décembre, la plupart des trains sont supprimés au départ et à l’arrivée de Saint-Lazare — dont les horaires d’hiver ne conviendraient pas aux syndicats —, ce qui a lésé des millions d’usagers et qui est sans doute à l’origine de nombreux accidents, les voyageurs étant contraints de rouler sur des routes verglacées pour rejoindre leur lieu de travail puis rentrer chez eux. Pourquoi l’Elyséen avait-il attendu le communiqué de Marine Le Pen dénonçant cette intolérable situation, qui s’éternise, pour s’émouvoir de la détresse des abonnés de la SNCF ? Sans doute préférait-il qu’on oubliât son imp(r)udente saillie de juin dernier : « Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit. » Mais, surtout, si la deuxième gare de France avait dû être fermée, était-ce la faute à la SNCF ou bien plutôt aux syndicats et notamment à SUD-Rail qui avait lancé une grève surprise et totale pour protester contre l’agression d’un contrôleur dans les Yvelines ? Agression dont les auteurs, identifiés grâce aux caméras de surveillance, ont été arrêtés et mis en examen. Ce sont des Jeunes d’une « cité sensible ». Or, de tous les syndicats, le très gauchiste SUDF est le plus fanatiquement opposé à tout contrôle de l’immigration. Il est donc très mal placé pour s’indigner quand l’un de ses adhérents est victime de cette immigration, et c’est ce qu’aurait dû lui rappeler d’emblée le chef de l’Etat. Ajoutons d’ailleurs que les banlieusards des régions parisienne et marseillaise (celle-ci également affectée par des grèves sauvages après l’agression d’un employé) admettraient plus volontiers les arrêts intempestifs de travail si, au lieu de condamner rituellement la “violence” et les « mauvaises conditions de travail » non moins rituellement attribuées à un « manque de moyens », les salariés attaqués et leurs mandants syndicaux désignaient clairement les auteurs de ces comportements inadmissibles. Florent DUNOIS.

« un risque, et ce risque est trop élevé ». « Ce n’est pas une option philosophique, a cru devoir s’excuser Bachelot dans les colonnes de Libération, c’est une question de sécurité transfusionnelle. Actuellement, on ne peut pas faire courir ce risque aux malades. » Après le scandale d’Etat que fut, Fabius étant à Matignon, l’affaire du sang contaminé qui fit des milliers de victimes parmi les hémophiles et les transfusés sous prétexte que, afin de « réinsérer socialement » les taulards (dont beaucoup de drogués sidaïques), le garde des Sceaux Badinter avait organisé des collectes de sang dans les prisons, le moins qu’on puisse faire est en effet d’observer une extrême prudence dans ce genre de pratiques. “Actuellement”… et plus tard.

INCOHÉRENCE
Enfin, plus fondamentalement, comment ne pas être frappé par l’incohérence des pouvoirs publics en matière de sécurité routière ? D’un côté, en effet, l’on veut assurer une plus grande réussite à l’examen du permis et, de l’autre, l’on est toujours plus impitoyable envers les automobilistes. 100 000 personnes ont ainsi vu leur permis invalidé en 2008 à la suite de retraits de points, le plus souvent pour des excès de vitesse ou l’utilisation du téléphone portable. Comment peut-on à la fois multiplier les radars (plusieurs milliers sont désormais en fonction) pour traquer les conducteurs, démultiplier police et maréchaussée au bord des routes, appliquer une politique ultra-répressive fondée sur la tolérance zéro et, parallèlement, se plaindre du nombre insuffisant de détenteurs du permis ? Car il ne suffit pas de décrocher le précieux sésame, encore faut-il pouvoir permettre aux impétrants de le conserver. Ce qui n’est pas chose aisée vu les chausse-trapes que les gouvernements successifs s’emploient à multiplier depuis quelques années. Au nom d’une folle politique qui consiste à traiter l’automobiliste comme un souffre-douleur et une vache à lait, sinon comme un suspect, voire comme l’ennemi public numéro un de leur République. Fabienne BALLARIN. 1, rue d’Hauteville, 75010 Paris www.rivarol.com COURRIELS : Rédaction : galic@rivarol.com Administration : contact@rivarol.com
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DRAMES A CALAIS
La semaine dernière, les media relataient avec les trémolos d’usage le nouveau drame de Calais où, le 7 janvier, un Afghan d’une trentaine d’années était mort sous le couteau non d’un méchant raciste mais d’autres migrants lors d’une rixe opposant des Afghans à des Africains. Rixe dont, bien entendu, les mêmes media ont rendu responsables la France et le Royaume-Uni, coupables de ne pas accorder l’asile et les avantages y afférents à ces malheureux clandestins. On aurait aimé que, quelques semaines plus tôt, bénéficiât de la même compassion le jeune routier français stationné au terminal ferry de Loon-Plage près de la même “jungle” de Calais et poignardé par d’autres clandestins qu’il avait surpris en train de tenter de forcer la remorque de son camion.

LE CRAYON DANS L’ŒIL
Certains ont le compas dans l’œil, d’autres s’y mettent un crayon de maquillage. C’est le cas de Martine Aubry qui, en raison de ce « problème oculaire », a dû reporter en catastrophe les vœux qu’elle comptait présenter le 14 janvier à la presse. Il ne s’agirait donc pas d’une maladie diplomatique, ce rendez-vous intervenant, hélas pour Mme le premier secrétaire du PS, au lendemain de la démission d’un des poids lourds du parti, le député Vallini, spécialiste des problèmes de justice et que “Titine”, qui ne peut le souffrir, avait fait court-circuiter, sur ces questions justement, par une de ses affidées, l’avocate Marie-Claire de La Gontrie.

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DISCRIMINATION “HOMOPHOBE” DANS LES COLLECTES DE SANG?
Insupportable discrimination “homophobe” ou élémentaire principe de précaution ? La polémique est déclenchée sur le fait de permettre les dons de sang aux homosexuels. En effet, de l’aveu même de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, pourtant très favorable aux Gays puisqu’elle avait été l’une des seules, à droite, à avoir défendu le PACS, le taux de contamination par le sida est « de 10 à 18 % chez les homosexuels contre 0,2 % dans le reste de la population ». Ce qui constitue

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Suffrage universel : marché de dupes pour gogos

L

E désastre financier (et bientôt économique) mondial ne cesse d’être analysé par les beaux esprits, les plus sévères étant comme à l’habitude ceux qui en furent les zélés serviteurs, tel JeanMarie Messier qui fait un retour fulgurant sur nos petits écrans et dans l’édition. Mais il est une dimension que nul n’ose aborder de manière frontale : quid de nos dirigeants ? Leur remarquable nullité à anticiper les crises ne signe-t-elle pas les limites du principe qui les a fait rois ? Si l’on adopte le postulat que « gouverner c’est prévoir » (Emile Girardin), que penser d’une élite qui se serait gobergée aux frais de la princesse sans jamais rien voir venir ? Qu’ont fait nos valeureux élus depuis trente ans ? Les sociétés occidentales sont toutes devenues surendettées, malades et dangereuses, avec une spécificité française en cadeau Bonux : la substitution progressive et non consentie d’une population ancestrale par une autre, exotique et peu désireuse de renoncer à ses coutumes. Ce résultat calamiteux impose une réflexion sur les conditions qui ont permis l’éclosion d’une telle hydre. La démocratie n’a pas prouvé, en réalité, qu’elle était le meilleur système possible : une décision “démocratique” n’est pas forcément une bonne décision pour l’avenir d’une société. Disons tout de suite, d’ailleurs, qu’il est chimérique d’en appeler à un avis consensuel : le prix Nobel d’économie Kenneth Arrow a démontré mathématiquement dès 1951 que connaître les préférences des citoyens sur tous les sujets se révèle impossible, ce qui relègue la démocratie au rang d’utopie (on appelle ce théorème le paradoxe d’Arrow). Par surcroît, il existe une déconnexion de fait entre le consensus populaire et son expression ensuite, ce qu’a parfaitement montré en son temps, par exemple, l’abolition de la peine de mort par des députés qui s’éloignèrent à grandes enjambées du sentiment de leurs électeurs — majoritairement opposés, eux, à cette mesure si discutable. Le passage aux 35 heures, projet pataphysique de Strauss-Kahn et Aubry, fut également adopté malgré un rejet par tous les sondages à l’époque, passés en profits et pertes, et surtout d’études démontrant formellement sa nocivité potentielle. Et si tout le monde connaît le mot de Winston Churchill sur la démocratie (« pire de tous les systèmes, à l’exception de tous les autres »), le Britannique bourru prononça aussi ce diagnostic, moins connu : « La meilleure critique de la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen. » Certes, la noblesse du suffrage universel se fonde sur le fait que chacun pèse d’un même poids — fini, par conséquent, castes et privilèges. Mais, à revers de ce noble dessein, il convient de tempérer les enthousiasmes ; constatons sans joie excessive qu’une partie de l’électorat, bien que n’ayant pas la moindre compétence dans quelque domaine, donne son avis : l’idiot du village est promu expert international, et le demeuré fait jeu égal avec le fin lettré. Voilà qui ne garantit pas une bonne tenue des affaires… Il y a également une partie de l’électorat dont le jugement paraît

d’emblée biaisé : quatre adultes sur dix sont rémunérés directement (fonction publique) ou indirectement (membres d’associations, pensionnés, RMIstes, etc.) par l’Etat Français ; ont-ils intérêt à remettre en cause leur bailleur de fonds et les privilèges que celui-ci leur accorde ? Non bien sûr, et ils votent de manière continue pour la gauche — socle inébranlable de voix en quelque sorte achetées. Et ils ne sont pas seuls : il a été démontré qu’une écrasante majorité des Français de fraîche date (plus de trois millions d’Algériens, Marocains, etc. ont été naturalisés ces vingt dernières années) se répartissent entre PS, PC et extrême gauche. La conjugaison de la télévision et du vote par acclamation est en outre mortifère ; on élit non pas celui qui sera le meilleur pour diriger, mais celui qui passe le mieux l’épreuve cathodique, au cours d’épreuves dignes de la Star Ac’. Et plus le candidat cynique promet, mieux il sera récompensé : un Obama roué fait figure de sauveur, quant au fond nul n’aura eu la plus petite idée de ses compétences supposées avant le 20 janvier. Et que dire des douze années miteuses d’un Chirac ? Ses électeurs espéraient un chêne, ils eurent un gland. Par là-dessus, que penserait-on d’une jeune fille qui fréquenterait assidûment la paroisse le jour et se transformerait en insatiable catin la nuit ? Or, le système démocratique français, s’il présente les apparences immaculées de l’équité, écarte volontairement une partie de son électorat par divers tripatouillages : découpage savant des territoires, refus obstiné de la proportionnelle, alliances et mésalliances, etc. Le résultat ? La mouvance dite de droite nationale, qui a représenté jusqu’à un électeur sur cinq, et qu’on tient pour un ramassis de citoyens de seconde zone, est absente des instances démocratiques depuis vingt-cinq ans. Même si l’on est adversaire de ce camp, comment justifier un tel apartheid ?

FRANCE : INFLATION DES ÉLUS
On le voit, l’élection au suffrage universel ne garantit nullement que le pays soit gouverné au mieux. Mais surtout ce système, présenté comme parfait, est à l’usage coûteux et redondant, avec une spécificité française d’obésité administrative démultipliée et de surreprésentation, ce que nous allons découvrir. La décentralisation a-t-elle permis

d’augmenter l’efficacité de l’administration ? Non évidemment, elle a modifié la mise en œuvre des décisions sans que le transfert des compétences n’en ait amélioré l’efficacité. Plus grave : l’éparpillement démocratique a conduit à la déresponsabilisation des différents niveaux de décisions, en raison du nombre de niveaux d’administration et du chevauchement des compétences. Souvent des responsabilités sont absurdement partagées entre l’Etat et les collectivités dont le droit est régi par le Code général des collectivités territoriales. Les niveaux s’empilent donc, entraînant des paralysies multiples et surtout des coûts de fonctionnement démultipliés. On distingue en effet (que le lecteur attache ici sa ceinture) : les collectivités territoriales ou locales, la commune, le département, la région, les Collectivités à statut particulier (Corse), les Collectivités territoriales spécifiques à l’outre-mer, les départements et régions d’outre-mer, la Nouvelle-Calédonie (gouvernement autonome), les structures de coopération, les Établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, la communauté urbaine, la communauté d’agglomération, les communautés de communes, le syndicat d’agglomération nouvelle, les Etablissements publics de coopération intercommunale, les syndicats de communes, les syndicats mixtes, soit plus de 17 niveaux d’instance de décision ! Au 1er janvier 2005, la France comptait 2 525 regroupements intercommunaux à fiscalité propre qui rassemblaient 32 311 communes, soit 52,2 millions d’habitants, ce qui représente 84 % de la population française. Plus précisément, 14 Communautés Urbaines, 162 Communautés d’Agglomération et 2 343 Communautés de Communes et 6 Syndicats d’Agglomération Nouvelle. Les différentes strates administratives, communes, départements, régions, nation, Europe engendrent pour la seule France métropolitaine 552 députés, 304 sénateurs, 1 880 conseillers régionaux, 4039 conseillers généraux, 36 572 maires, 514 519 conseillers municipaux, 78 députés européens, soit au total plus d’un demi-million d’élus, auquel il conviendrait d’ajouter les centaines d’élus spécifiques aux chambres des Dom-Toms, Nouvelle-Calédonie et autres… Avec un élu pour 108 habitants, la France possède un taux de représentation quatre fois et demi supérieur à celui des Etats-Unis, et

si l’on s’en tient au seul échelon parlementaire, la France entretient environ sept fois plus de parlementaires que les EtatsUnis, alors que le droit européen s’impose et que 80 % du travail parlementaire consiste aujourd’hui à transcrire dans le droit français ce qui a été promulgué par d’autres à Bruxelles. Mais il y a pis : par manque de moyens (et surtout de volonté) de connaître un tel chiffre, il ne paraît pas possible d’évaluer le coût total d’un tel démocratisme triomphant. Vous ne trouverez nulle source statistique vous indiquant le coût total de ce demi-million d’élus. C’est tabou. On dispose toutefois de renseignements fiables pour le Budget du Parlement (Assemblée nationale et Sénat confondus). Il s’élevait en 2002 à 757 millions d’euros. En 2006, il était passé à 811 millions d’euros, 54 millions de plus en quatre ans, soit plus de 7 % de hausse. Remarquons au passage que nos députés ont voté — toujours en 2006 — une loi permettant aux battus de recevoir 417 120 euros (6 952 euros net sur 60 mois) puis 1 390 euros net par mois, et cela à vie. Quant aux députés européens, ils gagnent environ 15 000 euros par mois. N’est-ce pas un dédommagement exagéré pour tous ces héros modernes, dont la fierté de servir constitue en théorie la première des récompenses ? La France croule sous des déficits dangereux, mais des politiciens professionnels attirés par l’appât de gains substantiels, de plus en plus nombreux dans tous les partis, n’utilisent le mot “réformes” que pour mieux s’en détourner. Sans verser dans un antiparlementarisme primaire, on remarquera que certains bénéficiaires des prébendes d’Etat ne s’appliquent qu’avec parcimonie la rigueur qu’ils préconisent aux autres. Finissons-en : le lecteur ne sera pas surpris de constater que, en fin de compte, pataquès, lourdeurs et dépenses extravagantes sont  commis au nom de la déesse Urne, sans que cette dernière garantisse en quelque façon probité, fidélité à des principes ou efficacité. A l’heure où une refonte complète du système occidental s’impose à chacun, car il a failli, le volet “représentatif” ne doit pas être oublié. Grégoire DUHAMEL.

Guerre des noms, guerre des chiffres
La délinquance, la violence, la barbarie ont pris racine dans notre dissociété, à tel point que le media systémique ne sait plus vraiment comment diluer l’information afin de maintenir dans sa torpeur et sa routine un peuple abandonné à son vice consumériste et abruti par l’idéologie progressiste qu’il avale quotidiennement comme il respire l’air putride de Edouard ou Eddine ? Et une autre quesParis ou de Strasbourg. En Mayenne, le tion nous tarabuste : pour le prix d’une 12 janvier, un lycéen de 18 ans perturbé cigarette, l’assassinat commis par “Eddy” psychologiquement a poignardé son prosera-t-il comptabilisé par Alain Bauer fesseur d’électronique. Les journaleux dans la colonne des crimes gratuits (vioont indiqué que l’aliéné se prénomme lence gratuite) ou dans celle des crimes Antoine. Même zèle pour le compte crapuleux ? Voilà une question, à laquelle rendu du crime de Rouen au cours duquel il devra répondre, qui justifie à elle seule une jeune adolescente parfaitement franle salaire de Monsieur Trois Points. çaise (faudra-t-il comprendre) massacra, encore au couteau, une malheureuse François-Xavier ROCHETTE. qu’elle considérait comme une rivale amoureuse. Pour l’affaire CHARLIE-HEBDO FÊTE NOËL de Saint-Max (près de Nancy) cependant, la presse utilisa une Bons commerçants à défaut d’être bons journaautre technique. Le 12 janvier, listes, les rédacteurs de Charlie-Hebdo ont produit le à l’aube, dans la cave d’un 10 décembre un numéro sous cellophane comporimmeuble situé dans un quartier tant un CD pour Noël. Ils y interprètent divers cou« très ethnique », Franck plets parodiques, sous la direction de José Artur. Baranbo dit “Franky” était Intransigeants sur le respect de la loi Gayssot, ils le retrouvé mort, le corps lardé de sont moins sur le respect des femmes, puisque Charb coups de couteau (décidément, chante, en rap : « On va chez Sarkozy lui niquer sa m…/ une funeste mode…) et en parSpécial sodomie à maman ». Le président sera-t-il plus tie brûlé. C’est d’ailleurs indulgent que pour sa poupée vaudou ? Ou défenl’odeur de la chair grillée qui dra-t-il sa maman comme Pompidou avait défendu réveilla les locataires turcs du son épouse en portant plainte contre un album de bâtiment, qui alertèrent la Cabu ? police. On retrouva très rapideLe fameux Dr Pelloux, si débordé aux urgences ment l’assassin du malheureux. qu’il rédige parfois la moitié de Charlie à lui tout seul, Un jeune homme de 18 ans qui participe au CD en interprétant une goualante de sa devint meurtrier pour une cigacomposition qui se termine par : « Ma mère tapinait rette mais sur l’identité duquel sur le boulevard/ Elle est morte de la petite vérole ». Comme les journalistes ne seront guère la plupart des médecins d’aujourd’hui, il ignore que prolixes : « On le surnomme la petite vérole (dont mourut Louis XV) n’est pas une Eddy dans le quartier ». Mais maladie vénérienne (une MST comme ils disent), s’appelle-t-il réellement mais désignait tout simplement la variole.

DELANOË VERSUS DIEUDONNÉ : GUERRE SANS MERCI
Voilà qui va consoler les vieux Parigots mal logés : menacée de mort par des extrémistes musulmans et contrainte à l’exil, l’écrivaine bangladaise Taslima Nasreen a enfin trouvé refuge dans la Ville Lumière dont le maire Bertrand Delanoë, sensible à l’appel de détresse qu’elle lui avait lancé, vient de lui trouver un somptueux appartement dans l’un des immeubles de la Ville, dont le même édile l’avait faite citoyenne d’honneur le 7 juillet 2008, assurant alors à cette « combattante de la liberté » : « Vous êtes ici chez vous, dans la ville où il fut proclamé que les hommes naissent et demeurent libres et égaux, et que nul ne peut être condamné pour ses opinions. » Simultanément, Delanoë déclarait une « guerre sans merci » à Dieudonné (coupable d’avoir fait acclamer Robert Faurisson pendant son spectacle du Zénith — voir RIV. du 9 janvier), annonçant qu’il mettrait « tout en œuvre» pour tenter d’empêcher l’artiste de « rééditer son abjection » dans la capitale car « la négation de l’histoire est une faute contre l’intelligence et une faute contre l’humanité ». « Je prendrai tous les moyens que le droit me donne pour empêcher que cela recommence, y compris dans un théâtre privé, et si je n’y arrive pas je le ferai sanctionner », à affirmé le maire au Parisien, éventuellement en portant plainte pour « incitation à la haine raciale ». A part ça, Tartuffe Delanoë est maire d’une ville où, affirme-t-il, « nul ne peut être condamné pour ses opinions ».

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N° 2889 — 23 JANVIER

2009, annus horribilis pour Angela Merkel ?

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A PRÉSIDENCE française a porté un sacré coup au prestige d’Angela Merkel. La chancelière de la « Gross Koalition » de moins en moins solidaire est apparue en contre-emploi. Sa solidité un peu terne a passé pour de l’effacement frileux. Elle est restée constamment sur le frein pour ralentir la course un peu folle du bolide Sarkozy, quitte à faire capoter le véhicule. Alors qu’elle avait souvent raison sur le fond, la chancelière a paru inconsistante face à l’hyperactif français, maladroite dans ses prestations et hésitante dans ses décisions. Certains louent un flegme presque britannique au cœur d’une agitation stérile mais pour d’autres, plus nombreux, elle n’en a pas assez fait et a laissé la conduite de l’Europe à l’agité de Paris. Résultat : l’Allemagne, pays le plus puissant de l’Europe, a semblé ne pas avoir l’ambition de ses moyens et sa dirigeante n’être pas à la hauteur de la crise, ce qui pourrait lui coûter cher. Toutefois, la tempête Sarko étant passée, elle devrait tenter de reprendre la main dans une année électorale qui s’annonce bien délicate. Est-ce un hasard si c’est au lendemain de la fin de la présidence française que Berlin annonçait un nouveau plan de relance ? Les partis de la coalition gouvernementale allemande se sont entendus, le 5 janvier, sur un plan d’un montant de 50 milliards d’euros, sur deux ans, qui doit être présenté en conseil des ministres. Des désaccords demeurent cependant sur certaines dispositions, notamment sur l’opportunité d’accorder des réductions d’impôt. La question est d’importance dans la perspective des élections fédérales de septembre qui opposeront Angela Merkel, à la

(Dessin de CHARD.)
tête des chrétiens-démocrates, au ministre des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, à la fois membre de sa coalition et chef de file du SPD. Cette question pourrait provoquer une crise. Le gouvernement allemand avait déjà approuvé un plan de relance de 31 milliards d’euros fin 2008, mais il a été jugé insuffisant pour relancer une économie entrée en récession au troisième trimestre et qui pourrait enregistrer sa plus forte contraction depuis l’après-guerre. Il n’est pas certain dans ces conditions que la coalition résiste jusqu’aux dernières élections de 2009, les législatives de septembre prochain. Seize scrutins vont en effet rythmer l’année politique allemande, entre janvier et septembre : élections régionales, présidentielle, européennes, municipales. Et pour conclure donc, ultime duel, les législatives du 27 septembre. Mme Merkel et M. Steinmeier sont officiellement tombés d’accord : la campagne officielle ne débutera qu’à l’été, trois mois avant le scrutin. Pour les grands partis, l’enjeu est en effet de tout faire pour donner l’impression de s’occuper de la crise et des Allemands et pas des élections. Mais cette posture sera vite intenable. M me Merkel et M. Steinmeier savent le risque qui les guette à l’issue des législatives : celui d’une nouvelle cohabitation entre l’Union des conserva-

teurs et les sociaux-démocrates. C’est-àdire, une fois de plus, l’absence d’un vainqueur incontestable et donc d’un cap identifié à droite ou à gauche. Chaque parti spécule d’ailleurs sur la possibilité de mettre sur pied de nouvelles alliances. Notamment des alliances à trois, ce qui serait une nouveauté dans la République fédérale. Parmi les combinaisons possibles, celle d’une coalition entre les conservateurs, le FDP (libéraux) et les Grünen (Verts, pourtant très à gauche) est régulièrement évoquée. Côté SPD, M. Steinmeier s’est montré favorable à une constellation tricolore avec les Verts et les libéraux également. Tout cela reste bien improbable cependant, car les différences entre les partis sont considérables. Quant à une coopération avec la gauche radicale, Die Linke, le candidat du SPD la refuse tout net. Mais le débat risque de rebondir à la faveur des élections régionales. En particulier, fin août, en Sarre, où le candidat de Die Linke n’est autre que leur chef de file, Oskar Lafontaine, ancien… président du SPD ! Dans les sondages, celui qu’on appelle le Napoléon de la Sarre, en raison tout à la fois de sa petite taille et de son autoritarisme, talonne son adversaire social-démocrate, lequel s’est dit ouvert à la constitution d’une coalition rouge-rouge. D’ici au 27 septembre, les différents scrutins constitueront autant de tests pour les partis. Le coup d’envoi a été donné dimanche dernier par la Hesse où la CDU l’a largement emporté. L’Allemagne est en campagne électorale en pleine récession et en pleine crise mondiale. Malgré la victoire du 18 janvier, le nouveau plan de relance sera pour Frau Merkel une première épreuve dans une année qui ne s’annonce pas comme une croisière tranquille sur le Rhin. Hermann TRAPIER.

D e s “ c r i m e s i m puni s ”  ? Parl ons - e n
Décision “scandaleuse” du tribunal d’Aix-la-Chapelle qui a estimé le 7 janvier que Heinrich Boere, un ancien SS de 87 ans d’origine néerlandaise, condamné à la prison à vie aux Pays-Bas pour le meurtre de trois résistants en 1944, ne pourrait être jugé en Allemagne du fait de son âge, et de son état de santé, extrêmement dégradé. Ce qui constitue « un obstacle définitif et non surmontable » à sa comparution en justice. Immédiatement, le Centre Simon Wiesenthal a exprimé sa « frustration la plus profonde ». « Le cas Boere est un exemple typique des négligences de la justice allemande dans la poursuite des criminels nazis », a fulminé Efraim Zuroff, le directeur du Centre à Jérusalem, bien que le tribunal ait admis qu’il était « non satisfaisant » que les crimes de Boere « restent impunis ». Mais tant d’autres crimes commis pendant et à l’issue de la Seconde Guerre mondiale restent eux aussi impunis… On peut ainsi se demander si l’indulgence des juges d’Aix-la-Chapelle ne s’explique pas par l’exhumation la veille en Pologne des corps de 1 800 civils allemands — hommes, femmes et enfants en bas âge — morts de froid ou tués d’une balle dans la tête pendant l’hiver 1945 et enterrés nus à Malbork, ex-Marienburg, la citadelle des chevaliers teutoniques en Prusse-Orientale. Ces corps ont été découverts par hasard, lors d’excavations préparatoires à la construction d’un hôtel de luxe. Le parquet de Malbork a lancé une enquête dans cette affaire qui pourrait d’ailleurs prendre une grande ampleur. « On risque de trouver d’autres corps encore », redoute en effet le procureur Waldemar Zduniak qui a dit « attendre la fin des investigations pour avancer ses hypothèses » mais pour la presse polonaise, le doute n’est pas permis : ces habitants allemands de Malbork ont été victimes d’exécutions massives commises par l’Armée Rouge. La découverte du gigantesque charnier a suscité une profonde émotion en Allemagne où, malgré la normalisation idéologique, beaucoup n’auraient sans doute pas compris que Boere fût jugé et emprisonné pour le crime de guerre que fut l’exécution de trois résistants alors que les massacreurs des civils de Malbork non seulement n’ont jamais été poursuivis mais ont peut-être été célébrés et pensionnés comme Héros de l’Union soviétique. J . L.

Italie : la nouvelle

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L EST très difficile de faire un bilan de l’actuel gouvernement Berlusconi. Comme toujours chez « Il Cavaliere », il y a un peu de meilleur au milieu du pire. L’année pour lui ne s’annonce pas facile ; l’Italie est sévèrement touchée par la crise et une certaine impuissance malmène une image d’affairiste habile, très exagérée mais qui plaît à nombre de ses compatriotes.

A ROME AUSSI, RÉFORME DE LA JUSTICE EN VUE
L’Italie est officiellement en récession depuis novembre et en ce début d’année, l’inquiétude règne dans la péninsule comme dans le reste de l’Europe. Chacun sait que le pire est encore à venir dans un pays où le chômage est mal indemnisé pour ceux qui ne travaillent pas dans de grandes entreprises. Bien sûr, les Italiens s’appuieront aussi sur l’épargne et la solidarité familiale, restées importantes, et sur la flexibilité du travail — quand il ne s’agit pas tout bonnement de travail au noir. Mais la pauvreté, déjà considérable, va toucher davantage de familles. Silvio Berlusconi, faute de pouvoir ouvrir les vannes de la dépense publique, exhorte ses compatriotes à consommer. La crise politique s’ajoute à la crise économique, mais fait plutôt les affaires du président du Conseil de droite… A la chute de l’activité économique se superpose la multiplication des scandales politiques. Ceux-ci frappent avant tout le Parti démocrate : corruption à Naples, à Florence, à Sienne… La nouvelle formation dirigée par Walter Veltroni, ancien maire de Rome, peine à démontrer qu’elle est à même de rénover la politique en Italie. Le Cavaliere fait donc diversion et profite du vide politique pour proposer des réformes taillées à sa mesure. Ses priorités sont la réforme de la justice et celle des écoutes téléphoniques. Ces dernières étaient devenues un moyen de délation au profit d’une véritable justice privée.

Contrairement au président français (voir éditorial du 16/1), Berlusconi ne veut pas supprimer le juge d’instruction, mais limiter considérablement ses pouvoirs. Cette réforme de la justice dans un pays qui a connu un temps une véritable tentative de prise du pouvoir politique par les juges de gauche est considérée comme une des tâches les plus importantes de la législature. Gianfranco Fini, président de la Chambre des députés et président de l’Alliance nationale, ex-MSI, y est très largement partie prenante. Il faudra réformer la Constitution pour augmenter l’autonomie de la police judiciaire par rapport aux juges. Les jeunes magistrats seront soumis à une période probatoire. Berlusconi a toujours voulu réformer une justice qu’il juge politicienne et qui a tenté en vain à plusieurs reprises d’avoir sa peau, même si parfois « Sua Emittenza » — autre surnom du ”Caïman” — a tendu la crosse pour se faire battre.

DE NOUVEAU BATTISTI
Cette image d’une justice reprise en mains a sans doute joué dans la solidarité du Brésil vis-à-vis du criminel gauchiste Cesare Battisti. Le ministre brésilien de la Justice a demandé le 13 janvier que l’asile politique soit accordé à l’ancien activiste poursuivi en Italie pour quatre assassinats auxquels il aurait participé en 1978-79 pendant les « années de plomb ». Toutefois, la décision finale sur le sort de Battisti reviendra à la Cour suprême. Ce dangereux individu s’était évadé de prison en 1981 avant sa comparution pour quatre assassinats, commis alors qu’il appartenait au groupe des Prolétaires armés pour le communisme. Il avait refait sa vie en France où, accueilli par Mitterrand et chouchouté par l’Intelliguentsia, il écrivit des romans policiers paraît-il géniaux. Pour échapper finalement à une extradition vers l’Italie, il avait pris la fuite en août 2004. A l’issue de trois ans de cavale, il avait été

ROUTARD… ET DIFFAMATEUR
Du temps du fondateur, le très opportuniste Philippe Gloaguen (il était à la manifestation gaulliste du 30 mai 1968), le Guide du Routard s’était signalé par ses diatribes haineuses contre Jeanne d’Arc et Barrès (Guide Lorraine), de petites délations (contre le musée Abbé Bergey à Saint-Emilion), etc. Sans parler de ses hypocrisies pour Bo-Bos, comme ce Guide Vietnam qui recommande l’architecture coloniale de Hanoï tout en crachant sur les colonisateurs. Aujourd’hui, le Guide Autriche 2008-2009 fait plus fort, puisqu’il n’hésite pas à jeter l’opprobre sur « les Faurisson, Haider (ce dernier récemment disparu), lepénistes et mégrétistes de tout poil » (sic), coupables de ne pas assez pleurer sur les horreurs du camp de Mauthausen… parmi lesquelles le Guide Autriche renonce toutefois à mentionner les chambres à gaz. Comprenne qui pourra… Philippe Gloaguen ayant pris sa retraite pour écrire ses mémoires (où il nous assure qu’une sienne arrière-cousine a fait de la Résistance), les responsables du Routard sont désormais les rédacteurs en chef Pierre Josse, Amanda Keravel et Benoît Lucchini, ainsi que leur kyrielle de collaborateurs « de tout poil ».

VIER 2009 — RIVAROL

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Allemagne : chute spectaculaire de l’économie
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OUR la première fois depuis 1945, l’Allemagne est menacée par une grave récession. Quels en sont les symptômes ? Chaque jour, plus de 1 500 camions et 50 wagons fournissaient de l’acier, des vitres, des pneus, des carrosseries, des phares et des sièges à l’usine de Mercedes-Benz à Sindelfingen (Bade-Wurtemberg), cependant qu’au même rythme, 36 000 employés fabriquaient 1 500 autos. Or, plusieurs unités de production (des ateliers de peinture, de soudage, de montage, les robots et les chaînes de montage) ont été fermées. A l’instar de Ford, Opel, BMW et du premier constructeur automobile européen Volkswagen, Daimler a également ralenti sa production. L’industrie automobile allemande, qui emploie un salarié sur sept, est plongée dans un état de coma artificiel. Glos, le ministre de l’Economie CSU, accuse pour sa part la chancelière Angela Merkel (CDU) de ne pas concevoir d’aides financières assez importantes. Ces dissensions trouvent en outre leurs raisons sur le champ politique. En septembre 2007, la CSU avait perdu aux élections régionales de Bavière la majorité absolue qu’elle détenait depuis quarante ans. Son président Horst Seehofer avait tenu la CDU pour responsable de cet échec. matières plastiques, de l’industrie chimique qui a réduit sa production de naphte et sa consommation issue des produits dérivés pétroliers et sidérurgiques. A Leverkussen, le fabricant de freins TMD Friction a perdu de nombreux contrats.

LA RFA DÉTRÔNÉE PAR LA CHINE
Se pose alors la question de la vulnérabilité de la plus grande puissance économique européenne à laquelle, entre autres, les politiciens français prétendaient naïvement s’accrocher pour sortir de la crise, mais qui vient de perdre au profit de la Chine son rang de troisième puissance économique mondiale derrière les Etats-Unis et le Japon. Henrik Enderlein reconnaît que « l’exportation est le talon d’Achille de l’économie allemande » après en avoir été la force motrice. Ces quinze dernières années, la part des exportations de la République fédérale avait pratiquement doublé, réalisant un bond de 24 à 47 % de son économie. A présent, à Hambourg, les flèches des grues restent immobiles, les containers ne sont plus qu’à moitié chargés. Dans le port de Brême, le plus important centre de transbordement de véhicules, le fret s’est interrompu. 90 000 voitures neuves, soit plus du tiers, attendent d’être embarquées. La Banque mondiale prévoit pour l’année en cours une atrophie des échanges commerciaux. Une première depuis 1973, année de la crise pétrolière. Les entreprises allemandes notent déjà une diminution du quart des contrats par rapport à 2007, et les exportations vers les pays membres de l’Union européenne ont chuté des deux tiers. Cette crise se confirme aussi avec les marchés outre-Atlantique. Le surendettement ne permet plus aux États-Unis d’acheter des produits « made in Germany ». Les « Etats BRIC » (Brésil, Russie, Inde et Chine), pays

26 000 MILLIARDS DE DOLLARS DE PERTES
Se dirige t-on vers une répétition du scénario de 1929 où le crash de Wall Street entraîna une dépression mondiale qui prit fin seize ans plus tard avec la Seconde Guerre mondiale ? A Eisenhüttenstadt, ville industrielle bordant la frontière polonaise, les habitants s’attendent au pire. A Arcelor Mittal, le plus grand producteur mondial d’acier, 1 600 employés sur 2 700 sont au chômage partiel et 300 postes ont été supprimés. L’ingénieur Jürgen Schmidt a résumé : « Si nous toussons, tout Eisenhüttenstadt s’enrhume ». Depuis quinze ans, l’entreprise était en perpétuelle croissance mais en octobre 2008, changement radical, « comme un train rapide qui a bloqué ses freins ». Les entreprises clientes, surtout l’industrie automobile, ont annulé leurs contrats. La demande a diminué d’un tiers et certains hauts-fourneaux ne fonctionnent même plus. Ces données ne laissent présager rien de bon. La récession touche un Etat après l’autre. Sur les marchés mondiaux, les titres ont en moyenne baissé de moitié, accumulant une perte de 26 000 milliards de dollars pour 2008. La crise n’épargne aucun secteur d’activité. Le malaise du secteur automobile, fleuron de l’économie allemande, paralyse les sous-traitants de l’industrie du plastique qui commande moins de granulats en

L’ENVOLÉE DU CHÔMAGE.
Pour l’année en cours une croissance de 0,8 % est prévue. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’attend à une évolution de 700 000 chômeurs d’ici fin 2010. Dirk Schumacher, économiste à la banque d’investissement Goldman Sachs, est le plus pessimiste, allant jusqu’à formuler l’hypothèse “incroyable” de 6 millions de chômeurs, soit le double par rapport à octobre 2008 qui marqua un record dans la diminution des chiffres du chômage depuis seize ans (Der Spiegel du 15/12/08). Résultat : l’indemnisation des nouveaux chômeurs amplifiera le déficit fédéral qui devrait passer au cours de la nouvelle année de 0 à 3 % du Produit intérieur brut (PIB). Dans le cadre du budget 2009, l’Allemagne sera donc obligée de modifier sa politique fiscale. En prime, seize scrutins devant avoir lieu cette année (voir ci-contre), chaque composante tente d’aiguiser son profil. Le ministre des finances SPD Peer Steinbrück s’oppose à la baisse de l’impôt sur le revenu. Michael

année d’“Il Cavaliere”
arrêté à Rio de Janeiro en mars 2007. Condamné en 1990 par contumace par la justice italienne à la réclusion criminelle à perpétuité pour deux meurtres et sa complicité dans deux autres. Si la Cour suprême décide de l’extrader, Rome devra s’engager à ce qu’il n’écope pas de plus de 30 ans de prison, la peine la plus lourde permise par la loi brésilienne. Ligue du Nord semble vouloir réellement les réformes nécessaires, si bien qu’elle cherche un minimum d’accord avec l’opposition. Elle sait en effet qu’une réforme votée par les seuls parlementaires de la majorité risquerait fort de capoter sur l’écueil du référendum populaire… Paradoxalement, c’est donc ce parti réputé rigide qui fait aujourd’hui des efforts en faveur du consensus, tandis que le chef de la majorité cultive ses penchants naturels pour la polémique. voqué la mobilisation du système. Le maire de Rome, Gianni Alemanno, l’exchef des Jeunesses MSI a condamné l’initiative comme d’inspiration hitlérienne et s’est rendu auprès des commerçants pour les rassurer. De son côté, le président de la communauté juive de Rome a indiqué qu’il allait porter plainte contre Flaica-UnitiCub pour incitation à la haine raciale, ce qui paraît tout de même excessif. Ainsi, le boycottage de commerçants serait moralement plus grave que le blocus d’une population ? La riposte de Flaica paraît pourtant tout sauf “disproportionnée”. De plus, on ne se souvient pas que les organisations qui appelaient naguère au boycottage des produits sud-africains en protestation contre l’apartheid (bien plus clément) aient jamais été poursuivies. Au contraire, elles bénéficiaient de l’estime générale. Enzo MARSALA.

à forte croissance sur lesquels reposaient bon nombre d’espoirs, subissent les contrecoups de la crise. En Inde, les attentats de Bombay repoussent les investisseurs. La Chine a investi 600 milliards de dollars contre la récession. Des contrats chiffrés en milliards de dollars passés avec Airbus sont révisés à la baisse. En Russie, le rouble s’effrite et les réserves en devises fondent comme neige au soleil. Pour protéger son industrie, Moscou veut augmenter ses droits de douane sur l’importation des voitures. Selon l’économiste berlinois Michael Burda, nous assisterions à une grande vague de protectionnisme susceptible de porter l’estocade à l’industrie automobile allemande qui fabrique la moitié de son parc automobile à l’étranger. Ajoutons que les exportations continueraient de s’effondrer si le creusement de la dette américaine provoquait une dépréciation massive du dollar. Le plan de relance de 775 milliards de dollars annoncé par Barack Obama et d’ailleurs critiqué par Lawrence Summers, pourtant futur directeur du Conseil économique national, et David Axelrod, conseiller du nouveau locataire de la Maison-Blanche, pourrait lourdement contribuer à ce scénario catastrophique. Pour 2009, le patron de Volkswagen Martin Winterkorn table sur un recul des ventes mondiales de 10 % pour son groupe, et de 20 à 25 % pour l’ensemble de l’industrie automobile de son pays alors que, ces dernières années, les ventes de ce secteur d’activité suivaient une ascension de 5 à 10 %. Opel connaît des difficultés depuis que la crise a ébranlé le grand constructeur General Motors. BMW a supprimé plus de 8 000 postes. Mercedes-Benz est au bord de la faillite. A Wolfsbourg, siège de VW, une partie des 18 000 employés et des 25 000 intérimaires vont être licenciés. Le 7 décembre dernier, les responsables de la branche de Hanovre déploraient : « Certains jours, nous ne recevons aucune visite et le téléphone ne sonne pas une seule fois. » Pour éviter la faillite de Mercedes-Benz, Daimler a attribué une aide financière de 53 millions d’euros, car les banques n’octroient guère de crédits, sauf à des taux élevés. L’effondrement du crédit à l’immobilier aux Etats-Unis s’étend au secteur bancaire lié à l’industrie automobile. M. Burda demeure très pessimiste et affirme que « la globalisation de l’industrie financière ira beaucoup plus loin ».

UNE CRISE TRÈS OPPORTUNE
Cette ambiance de méfiance crispe toute l’économie. Les banques stockent leurs capitaux à l’exemple de la Banque centrale européenne qui conserve jalousement un magot de 130 milliards d’euros. Cela signifie que les moyens de production meurent, parce que les banques n’enrayent pas le manque de liquidité. Seul celui qui possède un important matelas financier a de bonnes chances de survivre à la crise. Les grands groupes insolvables comme Hertie, Junghans et Wehmeyer pourraient faire faillite. D’après le Franfurter Allgemeine Zeitung du 9 janvier, le nombre des sociétés menacées augmenterait de 18 % en 2009. Par conséquent, le rapport annuel du ministère fédéral des Finances mentionne qu’« un faible développement mondial de la demande étrangère doit être compensé dans le pays pour qu’il n’y ait pas d’effets négatifs sur le marché de l’emploi ». Berlin cherche à relancer la croissance pour éviter un chômage endémique. Pour ce faire, le gouvernement fédéral compte requérir une marge de manœuvre par le biais du contrôle des dépenses et des moyens d’imposition. Aux Etats-Unis, les crédits à la consommation ont maintes fois fait leur preuve mais cette procédure a peu de chance de réussir en Allemagne, moins consumériste. Berlin a opté le 5 janvier pour un plan de relance de 50 milliards d’euros qui seront injectés dans l’économie en 2009 et 2010, mais cette initiative risque d’être inopérante dans un contexte économique supra-mondialiste et de contribuer plutôt à creuser dangereusement la dette de l’Allemagne. Décidément, cette crise, qui ruine la première économie d’Europe, affecte les nouveaux “Grands” asiatiques et affaiblit une Russie renaissante, ne doit sans doute rien au hasard. Laurent BLANCY, <Laurent-Blancy@neuf.fr>.

LA FIN DU FEUILLETON ALITALIA ?
La rentrée italienne, c’est aussi un camouflet pour Berlusconi avec, semble-t-il, la fin du feuilleton Alitalia. Les premiers vols de la nouvelle compagnie, désormais privatisée, sont partis le 13 janvier, mettant fin à plusieurs mois d’incertitudes sur son avenir. Mais en raison de manifestations de salariés mécontents à Milan et à Rome, certains vols ont été annulés, et d’autres retardés. Le président du Conseil avait, lors de la campagne électorale, promis une solution italienne et refusé l’offre d’Air France/KLM. La participation de ce groupe (qui, désormais, aurait aussi des vues sur la compagnie scandinave SAS) à hauteur de 322 millions d’euros, soit 25 % du capital, est pour lui un échec politique, car Alitalia est bien sous tutelle. Cette anschluss continue d’ailleurs à être très critiquée en Italie, notamment par la Ligue du Nord. Pour la Ligue, et c’était aussi le sentiment profond de Berlusconi, Alitalia devait choisir Deutsche Lufthansa AG (LHA.XE) comme partenaire étranger. Dans un communiqué, le parti a affirmé que Lufthansa était la seule compagnie aérienne susceptible de maintenir le statut de plateforme aéroportuaire internationale de Malpensa, à Milan, et de Fiumicino, à Rome. La Ligue du Nord est du reste très active en cette rentrée. Son chef Umberto Bossi, peu arrangeant d’habitude, s’est montré à plusieurs reprises dans le rôle du sage prêt à négocier avec l’opposition. Il sait en effet qu’il ne pourra obtenir l’instauration du fédéralisme fiscal sans un accord de tous les partis. En ce début de 2009, seule la

LE BOYCOTTAGE PIRE QUE LE BLOCUS ?
Enfin, cette année est marquée également par l’impact de Gaza sur l’opinion publique. L’appel de Flaica-Uniti-Cub, syndicat autonome de commerçants, à boycotter des magasins juifs à Rome pour protester contre l’extrémisme de Tsahal a pro-

Noël 2008
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N° 2889 — 23 JANVIER 2009 — RIVAROL

L’hiver meurtrier
Un homme et son double
Le 26 décembre est mort à Paris, dans sa centième année, Georges Belmont, présenté comme « ancien normalien, journaliste, éditeur, écrivain. » Il avait été tout cela successivement ou en même temps. Entré rue d’Ulm en 1928-29 il n’y resta pas longtemps et dut démissionner parce qu’il avait épousé en 1930 une Irlandaise et qu’à cette époque, cela était considéré par l’administration comme une rupture du contrat le liant à l’Ecole. Il s’en consola. Enseignant le français à Dublin, il y fit la connaissance de Samuel Beckett dont il fit connaître l’œuvre. Excellent angliciste, Belmont traduisit aussi après la guerre (pour les éditions Laffont) de grands auteurs comme Joyce, Waugh, Burgess, Greene. Revenu à Paris, il fonda une école franco-britannique à Neuilly, expérience dont il tira un livre, De l’école à la nation, qui ne fut publié qu’en 1941 car il avait déplu au ministre de l’Education du Front Populaire Jean Zay. Se situant dans la mouvance des non-conformistes des années 1930, il avait aussi créé en 1936-37 la revue Volonté et publié un recueil de poèmes sous le titre “Connaissance”. Journaliste il le fut aussi dans les années 1950 et au-delà à Jours de France (Marcel Dassault), Marie-Claire, Paris Match, publications très grand public. Cependant dans son parcours il y a comme un trou. Que devient Georges Belmont entre 1940 et 1944 ? Car Belmont est un pseudonyme (c’est le nom d’un village de l’Ain — il était né à Belley). Son véritable patronyme était Pélorson et il eut droit à une notice dans L’Histoire de la Collaboration de Dominique Venner — annexe « Dictionnaire des acteurs » page 633. On découvre un homme très engagé dans les organisations de jeunesse de Vichy au point d’être nommé en 1942 secrétaire général de la Jeunesse en zone nord. La véritable histoire de Vichy, on le sait, révèle des conflits internes précisément dans tout ce qui touche la jeunesse. Entre une tendance (dont relevait Pélorson) que l’on peut qualifier de “national-révolutionnaire” prônant « une vision musclée de la Révolution Nationale », soutenue par Paul Marion et Abel Bonnard (dont le chef de cabinet était notre cher Maurice Gaït, camarade de Pélorson rue d’Ulm) et celle, antagoniste, adoptée par le secrétaire général de la Jeunesse Georges Lamirand, le cabinet du Maréchal et la hiérarchie ecclésiastique. En août 1942, Pélorson avait patronné la fondation des Equipes Nationales. Des jeunes (entre 15 et 25 ans) chargés de s’occuper des populations civiles éprouvées par les bombardements et autres événements tragiques mais dont certains éléments, armés et anticommunistes, participeront en août 1944 à la garde et à la défense de l’Hôtel-de-ville de Paris, munis de brassards à croix celtique ! Georges (alors surnommé Baldur von) Pélorson avait quitté ses fonctions en mars 1943. Arrêté à la Libération, il fut condamné (peu sévèrement) par la cour de Justice de la Seine fin 1947. Il aurait été intéressant d’avoir des détails sur cette période. Certes, il a écrit (signé Belmont) ses Souvenirs d’Outre Monde. Histoire d’une naissance (Calmann-Lévy 2001), très intéressants pour l’évocation des personnalités littéraires des années 1930 (Vailland, Paulhan, Queneau ou Artaud) mais s’arrêtant prudemment avant 1940. Certains passages étaient pénibles sur Robert Brasillach et Maurice Bardèche également côtoyés rue d’Ulm ainsi que pour Thierry Maulnier (qui l’avait pourtant aidé dans un moment difficile), soupçonné d’une sournoise « allégeance maurrassienne ». Concession au conformisme actuel ou esquisse d’une repentance ? Seule la parution d’un second livre annoncé nous renseignera sur la personnalité et le curieux itinéraire de Georges Pélorson-Belmont. Jean-Paul ANGELELLI.

Disparition d’un chef barbouze
Pierre Lemarchand est décédé le 30 décembre 2008, âgé de 82 ans. Pour ceux qui ont de la mémoire, son nom évoque un des épisodes les plus sombres de la guerre d’Algérie. Pour combattre l’OAS, par tous les moyens même les plus illégaux, l’envoi en Algérie de militants gaullistes inconditionnels aidés par des éléments très suspects qui furent médiatisés sous le nom de “barbouzes”, terme tiré des romans publiés dans la Série noire par Antoine Dominique Ponchardier, luimême mêlé à cette entreprise. Ce fut, on le sait, une lutte affreuse et meurtrière où Pierre Lemarchand, dans son autobiographie très complaisante, Barbouze du Général (Le Cherche Midi 2005), reconnaît avoir perdu une centaine d’hommes, le tiers de son effectif. On aimerait ne plus revenir sur ces pénibles souvenirs qui relèvent de l’histoire. A la limite dire que, comme dans toutes nos guerres civiles, il a pu arriver que la conviction voire le courage aient été partagés. Mais Pierre Lemarchand, dans ce qu’il a écrit et dans sa déposition devant la Commission d’Enquête sur le SAC, après la tuerie d’Auriol, n’a aucune indulgence pour ses adversaires. Ses hommes se seraient bornés à faire de l’autodéfense, n’auraient commis aucun excès (comme l’enlèvement, la torture et l’assassinat de l’ingénieur Petijean). Mais il admet, sans y attacher une grande importance, qu’il recevait des renseignements très précis sur l’OAS du FLN qui les recueillait le plus souvent du personnel domestique arabe servant dans les familles européennes. Lemarchand se bornait à les transmettre aux policiers “officiels” de la mission “C” qui en faisaient le meilleur usage. Cette pratique (désormais prouvée par des historiens comme Jean Monneret) ne relevait-elle pas de l’« intelligence avec l’ennemi » ? A noter que Pierre Lemarchand, pour se couvrir, revient souvent sur son passé (honorable) de jeune résistant, établissant la comparaison, à l’époque courante, entre l’OAS (qui ellemême dénonçait la « Gestapo gaulliste ») et le nazisme. Après l’Algérie, l’avocat connut beaucoup d’ennuis. Compromis (à tort selon lui) dans l’affaire Ben Barka, il fut radié à vie du barreau par le Conseil de l’ordre (ce n’est pas rien), peine ensuite réduite à trois ans. Selon lui, il était devenu un bouc émissaire, victime des attaques de la presse de gauche (L’Express surtout), d’extrême droite (Minute et RIVAROL), des avocats ex-Algérie française et pro-OAS comme Tixier-Vignancour, et même de MarieFrance Garaud. Et voilà-t-il pas que son nom resurgit après l’affaire Markovic, scandale sordide où certains ultras du gaullisme voulurent compromettre Georges Pompidou pour lui barrer la route de l’Elysée ? Pompidou lui-même, dans un livre (inachevé) posthume, Pour rétablir une vérité (Flammarion 1982), le désigne nommément comme « un avocat rendu tristement célèbre par l’affaire Ben Barka ». C’est d’ailleurs à cause de cette affaire que Pompidou alors Premier ministre avait refusé de renouveler l’investiture gaulliste à Pierre Lemarchand pour les législatives de 1967. Bien introduit dans le haut milieu gaulliste, il avait alors une grande ambition. “On” lui aurait promis un secrétariat d’Etat. Mais son ambition se fracassa sur le scandale Ben Barka, resté à ce jour très mystérieux, même si De Gaulle président de la République le minimisa en le qualifiant de “subalterne”. De Gaulle auquel Lemarchand rendait constamment hommage dans son livre, notamment pour l’avoir invité à une réception à l’Elysée après sa radiation du barreau. En reconnaissance évidemment des éminents services rendus en Algérie. J.-P. A.

Indispensable Solot
Décédé à Paris le 26 décembre, François Solot (1933-2008) était plus connu sous le nom de Solo. Il avait signé d’innombrables dessins de personnalités politiques, littéraires, artistiques. Inventant un style très particulier où les visages étaient réduits à des lignes géométriques déconstruisant la réalité mais d’un effet saisissant. Il avait été aussi affichiste, maquettiste, publiciste. Il ne cachait pas ses opinions très à gauche, collaborant dans les années 1950 au Canard Enchainé, à L’Humanité ou à Témoignage Chrétien. Mais il n’avait pas d’œillères. Passionné du dessin de presse, il fonda en 1988 la revue Caricatures et Caricaturistes, consacrant des numéros spéciaux à Sennep, à notre ami Pinatel et même à Ralph Soupault, le plus célèbre caricaturiste d’extrême droite, notamment sous l’Occupation quand il collaborait à Je Suis Partout. Condamné après 1945, Soupault, sous le pseudonyme de Leno, signa dès sa sortie de prison et jusqu’à sa mort en 1962 d’innombrables dessins dans RIVAROL. La même indépendance d’esprit de Solot se retrouve dans la bible des amateurs de dessins de presse et de caricatures, le Dico-Solo. Une somme de plus de 900 pages présentant « plus de 5 000 dessinateurs de presse et 600 supports de Daumier à nos jours ». Un dictionnaire sans équivalent dans le genre, érudit, illustré. Où n’étaient pas omis les dessinateurs nationaux, passés et surtout actuels, comme Ben (autre collaborateur de RIVAROL disparu en 1966), Pinatel, Aramis, Miège et notre Chard. La première édition de 1996 publiée par Te Arte (65 rue Blomet, 75015 Paris) avait été suivie d’une réédition (cartonnée et complétée) en 2004 chez Aedis (Vichy). Les deux furent signalées et commentées dans notre hebdomadaire qui salue la mémoire du disparu, « chercheur infatigable » comme il se définissait lui-même. J.-P. A.

Mystification : pour l’icône Obama, un faux Lincoln

A

INSI le fabulous métis a marché dans les pas de Lincoln. Il a singé la “montée” de son idole vers Washington et la Maison-Blanche, placé son destin dans cette trace conduisant inéluctablement à Michael dit Martin Luther King. Mais l’inculture de la canaille journalistique est telle qu’on peut dire n’importe quoi, elle

gobera sans broncher, avec le peuple des veaux du 20-Heures, la bouillasse servie dans l’auge cathodique. Alors, voyons ce que disait et écrivait Abraham Lincoln, il y a un siècle et demi, du temps où la vérité éclairait les grands personnages qui ont fait l’Histoire de l’Amérique.

“LA PIRE CALAMITÉ : L’ASSIMILATION DU NÈGRE”
On commence à comprendre que ce qui sépara « le Grand Emancipateur » des Sudistes — qu’il extermina — fut que lui voulait abolir l’esclavage à seule fin de renvoyer les Noirs en Afrique tandis que les Confédérés entendaient les garder dans leurs plantations. L’Histoire falsifiée — celle que brandit aujourd’hui Obama — n’a rien à voir avec la vérité historique. Lincoln, qui détestait l’esclavage autant que les Noirs, fut un solide partisan de la “Colonisation” consistant à installer ceux-ci dans cinq ou six Etats créés pour eux en Afrique. Certains historiens, comme Eric Foner, vont même jusqu’à parler de « nettoyage ethnique ». Il n’a jamais cru en l’égalité raciale. Pour lui comme pour son prédécesseur Jefferson, la ségrégation allait de soi. Il prit même publiquement position en faveur d’une loi qui, dans l’Illinois, faisait un crime du mariage mixte ! A une Députation de Nègres Libres qui, en 1862, lui réclame l’émancipation totale, Lincoln conseille de retourner en Afrique. Puis ajoute : « Vous et

Portrait officiel du nouveau président : Obama l’espoir. Un espoir qui risque d’être très vite déçu.

moi sommes de races différentes. Il y a entre nous plus de différences qu’il n’en existe entre aucune autre race du monde… Votre race souffre grandement à vivre parmi nous. Et nous souffrons de votre présence. Votre race, à mon opinion, endure les pires maux infligés à quiconque. Mais même lorsque vous ne serez plus esclaves, vous serez loin d’être placés à égalité avec les Blancs. » Et il va jusqu’à dire :  « Pas un seul homme de votre race n’est l’égal d’un seul de la nôtre. » Même lors de la proclamation de l’Emancipation, en 1863, il justifie celle-ci par la “colonisation” africaine, précisant :  « Je ne puis concevoir de pire calamité que l’assimilation du Nègre dans notre vie sociale et politique, comme notre égal. Nous ne pourrons jamais atteindre l’union idéale à laquelle révèrent nos pères avec, au milieu de nous, des millions d’individus appartenant à une race étrangère et inférieure, dont l’assimilation n’est ni possible ni souhaitable ». On ne portera pas ici de jugement de valeur sur des événements survenus et des propos tenus il y a 150 ans. Mais le rappel de ce qui fut dit et écrit renvoie les désinformateurs — les Bacharan, les Durpaire, les Kaspi et autres autocrates de Media qui ont soutenu en France la mystification obamienne — à leur récriture d’une Histoire orwellienne totalement falsifiée. Et que l’on verra dans les tout prochains mois s’effondrer à mesure que la manipulation à laquelle ils ont collaboré éclatera au grand jour. Jim REEVES.

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Ce que cache le siège de Gaza : Blocus aussi sur les hydrocarbures de Palestine

L

E SACRE d’Obama — qui n’a pas une fois évoqué le Proche-Orient dans son discours d’investiture — ne devant en aucun cas être obscurci par les fumées des dévastations de Gaza, Israël décrétait un cessez-le-feu à la veille du grand événement et procédait le 20 janvier à l’évacuation de ses blindés. Ce qui ne change rien au fond du conflit, qui est le refus de l’entité sioniste de voir se constituer un Etat palestinien viable. Et pour cause. Selon Oil & Gas Investing, le gouvernement palestinien parvenait à la fin des années 90 du XX e siècle à un accord avec le groupe British Gas (BG) afin d’effectuer des forages de pétrole et de gaz en Méditerranée.En 1999, Noble Energy, société basée à Houston, découvrait, pour le compte d’Israël, du gaz au large d’Ashkelon, dans les eaux territoriales israéliennes. Au même moment, BG annonçait que d’importantes réserves énergétiques venaient d’être repérées au large de Gaza. Pour les Palestiniens, cette découverte ouvrait la porte à l indépendance économique et à la stabilité financière. Elle ne provoqua pourtant qu’envie et convoitise car une Palestine riche en énergie, véritablement autonome, n’était pas dans les intérêts des dirigeants sionistes. Aussi, en 2005, Israël devait porter un coup fatal à l’industrie palestinienne en choisissant l’Egypte comme fournisseur de gaz pour ses besoins. Pour expliquer ce geste hostile, l’Etat hébreu parla de « sa crainte de voir l’argent versé à la Palestine employé plus tard à financer le terrorisme ». Une manœuvre qui devait détruire complètement l’espoir d’une industrie florissante à Gaza, par la création d’emplois et la perception de taxes par le gouvernement palestinien. « Cette réserve, 0,4 trillion de mètres cubes de gaz naturel, affirmait Triple Diamond Corporation, aurait non seulement permis à la Palestine de couvrir amplement ses besoins énergétiques mais

aussi de profiter à l’expansion de son commerce. » Pour parer à cet événement funeste et tenter de faire fructifier ces nouvelles ressources, le gouvernement palestinien approcha British Gas qui obtint du gouvernement égyptien la permission d’exporter ce gaz —pour une période de 50 ans — via le pipeline de Gaza-Al Arish. Hélas, cette fois, ce fut le gouvernement britannique qui mit son veto, demandant à British Gas d’offrir une autre chance à Israël  pour l’obtention d’un nouvel accord avec son voisin… Mais Tel Aviv refusa de nouveau tout compromis et l’espoir des Palestiniens s’effondra. L’accord fut abandonné. On connaît la suite : colonisation sauvage, expulsions sans états d’âme et finalement blocus de Gaza. Fait navrant : entendre certains comparer hâtivement cette situation à l’apartheid sud-africain car, comme peuvent seuls en témoigner ceux qui ont vécu cette période dans la Republik, y étaient alors inconnus les destructions d’habitations au bulldozer, l’arrachage de plantations et de vergers centenaires, la volonté insidieuse d’annihilation de l’autre qui semble aujourd’hui prédominer au Proche-Orient. Cela doit être dit et répété. On apprenait finalement fin 2007 qu’une plainte était portée devant la Haute Cour de Justice israélienne (HCJ 91 32/07) contre l’Etat sioniste, concernant la baisse de fourniture d’électricité — et de gaz — par Israël à Gaza. Dans le même temps, une pétition était déposée par Noble Energy [Méditerranée] à propos de l’approvisionnement d’énergie en sens inverse, c’est-à-dire de la bande de Gaza en Israël. Cette requête HCJ 5547/07, qui faisait état d’un certain nombre de multinationales se disputant le droit d’exploiter le gaz situé dans les fonds marins palestiniens — gaz approvisionnant donc le marché de la demande israélienne —, passa étrangement quasi inaperçue. Le 25 décembre 2007, la juge Beinish de la Haute Cour rejetait la plainte, affirmant que l’Etat d’Israël n’était pas tenu

de transférer une quantité illimitée de gaz et d’électricité à la bande de Gaza « dans des circonstances où certaines de ces ressources continuent d’alimenter des organisations terroristes dans le but de cibler des civils israéliens ». La résolution 3005 (XXVII) de l’Assemblée Générale de l’ONU confirme, quant à elle, « le principe de la souveraineté de la population des territoires occupés sur leur richesse nationale et leurs ressources ». De même, la résolution 3336 (XXIV) de l’AGONU affirme que l’exploitation « humaine, naturelle et de toutes les autres ressources et richesses des territoires occupés est illégale ». Avec la résolution 32/161 de

l’AGONU, Israël est appelé à cesser son exploitation des ressources naturelles dans les territoires occupés palestiniens, réaffirmant que ces ressources appartiennent au « peuple dont les territoires sont encore sous occupation israélienne ». Au regard de cette évidence choquante, n’est-il pas incroyable que depuis rien n’ait changé ? Le gouvernement d’Ehoud Olmert se croit-il vraiment au-dessus des lois ? N’est-il pas temps pour lui de faire preuve d’un peu moins d’intransigeance, et de plus d’équité, à l’égard d’un peuple qui réclame depuis soixante ans de vivre enfin libre sur sa terre ? Michelle FAVARD-JIRARD.

Article 12 : Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille,

son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. Extrait de l’album de CHARD :

Ma Déclaration des Droits de l’Homme
10 e l’exemplaire (12 e franco) ou 25 e les 3 (29 e fco). Dédicace sur demande. Chèques à Editions des Tuileries, 1 rue d’Hauteville, 75010 Paris.

Tribune libre Un épouvantable moment de vérité
Depuis la Seconde Guerre mondiale, ses vainqueurs veulent faire croire qu’ils ont été des belligérants exemplaires, et que les vaincus se seraient conduits en barbares, notamment par l’« extermination de masse » des juifs par l’Allemagne nazie. Dans les années qui suivirent les hostilités, les populations européennes, témoins des événements, n’ont pas pris au sérieux cette version. Des déportés, de retour des camps allemands, témoignaient que la réalité ne correspondait pas à ce qu’ils entendaient, copie d’un bobard utilisé sans succès pendant la Première Guerre mondiale. La tentative d’intoxication aurait dû s’arrêter là. Cependant elle était capitale pour la domination mondiale visée par ses auteurs. Ils investirent des moyens considérables pour contrôler les centres de pouvoir et d’influence susceptibles de donner un peu de crédibilité à leur thèse. Cette opération fut facilitée par la « Guerre froide ». La peur (légitime) de l’Ours soviétique poussa l’Europe dans les bras d’Oncle Sam. Depuis, la classe politique anxieuse d’accéder aux Palais nationaux est prête à tout pour obtenir son visa délivré par la « Police juive de la pensée unique ». Elle est imitée par les magistrats, journalistes, universitaires, enseignants, intellectuels, saltimbanques, etc. Les exceptions insuffisantes, trop isolées, donc vulnérables, s’opposent à cette vague de démission, rendue possible par l’effondrement de l’Eglise catholique qui n’a pas défendu ses valeurs. Les éléments destructeurs infiltrés dans les séminaires sont souvent aux postes clés. Cette abdication des “élites”, dépassant les prévisions les plus optimistes, permit de passer de l’invitation à croire l’incroyable à l’obligation de croire. Des pseudo magistrats, sans états d’âme apparents, opposent à ceux qui dénoncent, preuves à l’appui, l’imposture, l’ahurissant principe « Vérité n’est pas défense » dont le corollaire est probablement : Accusation est Mensonge. Pendant ce temps, Israël accumule depuis soixante ans, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre chez ses voisins, s’acharnant sur le peuple palestinien pour prendre sa terre, son eau, ses ressources et détruire son identité, sa dignité. Une centaine de résolutions de l’ONU condamnent Israël qui les ignore superbement, soutenu par les Etats-Unis, la plus importante de ses colonies, placée sous l’étroite tutelle de la diaspora. ● Depuis quatre semaines à Gaza, les lois internationales et la Convention de Genève ne sont que des confettis sous les chenilles des chars. Pourquoi ? Les Israéliens sont incommodés, à leur frontière Sud, par des engins artisanaux faisant plus de bruit que de mal, tirés en représailles des promesses non tenues et des raids israéliens meurtriers et dévastateurs. Cette violence aveugle est un grand moment de vérité que même les plus sourds

peuvent saisir, s’ils en ont le courage. Les valets de la communauté juive, jouant l’autruche pour faire carrière, vont-ils, toute leur vie, refouler les valeurs chrétiennes qui leur ont été léguées et que leurs ancêtres s’efforçaient de mettre en pratique ? Vontils enfin se demander si des gens capables de tels massacres depuis soixante ans pourraient être également capables d’imposer le dogme auquel il est obligatoire d’adhérer depuis la CM2 jusqu’à la mort ? Peut-on espérer voir un jour les politiques au pouvoir représenter leur peuple et non ses ennemis ? Les multiples responsables en tous genres vont-ils oser prendre leurs distances avec cette hypocrite dictature par des opérations collectives ? Si ce vœu était exaucé, le cours des événements prendrait rapidement une autre tournure. Il est permis de penser que ce serait un bien pour l’humanité entière. Louis CASTAY.

Ecrits de Paris
AU SOMMAIRE DE JANVIER 2009
Jérôme BOURBON : Sarkozy est-il là pour dix ans ? — DOCUMENT : La “communication” de Carl Lang et la “réponse” de Marine Le Pen — Pierre PERALDI : Le Plan de la relance ou l’argent des autres — Jim REEVES : Obama à la Maison-Blanche, nouveau Kennedy ou Oncle Tom ? — Laurent BLANCY : La cigarette, la face cachée d’un lobby aux ventes record — Jean-Luc LEOPOLDI : Manuels scolaires, Ubu président — José CASTANO : “La question”, pitoyable cécité ou criminelle lâcheté ? — Carrefour des lecteurs — Patrick LAURENT : Espions en tous genres — J.-G. KERLEAU : Céline dérange toujours — Notes de lecture. 1 rue dʼHauteville, 75010 Paris. Prix : 6 e (8,20 e fco). Abt un an : 53 e. Chèques à lʼordre dʼEditions des Tuileries Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97 ou <contact@rivarol.com>.

TOURISME A L’EAU
La mobilisation aura payé : devant l’avalanche de protestations — et peut-être de menaces —, la direction de l’hôtel Intercontinental qui devait accueillir le 15 janvier à Paris un Salon du Tourisme israélien a préféré annuler cet événement qui, ici et maintenant, aurait revêtu une certaine obscénité.

BIBLIOPHILIE
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minutieusement, ont été décevants. De l’Espagne (des sympathies mais un donnant-donnant avec la France) au Portugal (accueil réservé) en passant par l’Italie (des complicités) ou la Belgique (des amitiés). Quant aux Etats-Unis, il y aurait bien eu une livraison d’armes (de la CIA ?) mais la diplomatie américaine jouait à fond le FLN. Après 1962, le droit d’asile accordé aux proscrits s’effondra devant la pression diplomatique gaullienne et les intérêts d’Etat (exemple de l’Allemagne avec l’enlèvement à Munich du colonel Argoud et l’exil de Georges Bidault). L’OAS fut d’ailleurs très divisée, même à son apogée (octobre- décembre 1961), sur la stratégie vis-à-vis de l’extérieur. Salan estimait, contre le clan OAS de Madrid (autour d’Argoud), que l’urgence du combat était d’abord sur le sol algérien et ensuite en Métropole. Jean-Bernard Ramon fait justice de ce qu’il nomme « les grands fantasmes » : l’OAS responsable de l’élimination du fameux magnat italien du pétrole Mattei, voire de… l’assassinat de Kennedy ! Par contre, d’anciens OAS ont participé aux activités du contre-terrorisme espagnol (le Gal) contre l’ETA. Et on a retrouvé des « soldats perdus » (oubliés dans le livre) au Yémen, en Angola, aux Comores… En conclusion le témoignage d’un militant de l’OAS-Métro qui nous paraît discutable. Il affirme que l’attentat meurtrier d’Issy-les-Moulineaux (mars 1962) est le résultat « d’une erreur de réglage et d’appréciation d’un de nos militants ». Si c’est exact (exprimons notre doute), c’est l’exemple même de ce que Raoul Salan et son principal représentant en France, le capitaine Pierre Sergent, avaient interdit de faire. Car cela ne pouvait que radicaliser contre l’OAS une opinion déjà massivement conditionnée. _____ J.-P. A. Elisabeth VAILLÉ-NUYTS

MALLET du PAN

CONSIDÉRATIONS SUR LA NATURE DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE et sur les causes qui en prolongent la durée
Publiciste, agent secret à la Cour, porteparole des émigrés — qu’il tient au demeurant en piètre estime —, ce précieux témoin oculaire des événements se distingue des innombrables analystes qui commentèrent le phénomène révolutionnaire par la précocité et la justesse de son jugement. Edité à Bruxelles dès 1793, l’ouvrage livre les réflexions d’un observateur lucide pressentant que la « philosophie de Paris » et Le Contrat social révéré par « les grands et les femmes du bel air », à la sourc e du dévoiement sanguinaire des réformes politiques qui s’imposaient en 1789, auraient des conséquences incalculables. « La carrière des crimes s’ouvrit en même temps que celle des erreurs (…), dans un moment d’effémination où des esprits sans vigueur, des caractères déformés par l’épicurisme, des mœurs qui n’étaient plus que des mauvaises modes, donnaient le champ libre à la Révolution. Pour la consommer, il suffisait de déchaîner les vices féroces contre les vices lâches et de mettre aux prises les passions amollies avec les passions brutales et énergiques de la multitude. » La seconde partie du titre justifie la démonstration de l’auteur pour qui les révolutions engendrent les guerres, les unes et les autres se nourrissant réciproquement. Jacobinisme et bolchevisme

sont taillés sur un modèle identique, sécrétant la tyrannie confiscatrice des libertés, selon Jean-Gilles Malliarakis qui réédite les Considérations de Jacques Mallet du Pan, lesquelles méritent d’être méditées par nos contemporains en raison de leur caractère prémonitoire. _____ Marie-Gabrielle DECOSSAS.

LA GRAMMAIRE STRUCTURANTE
Essentiellement à l’usage des parents, des instituteurs et autres éducateurs ou rééducateurs, lesquels trouveront là l’outil idéal pour dispenser une discipline qui, bien au-delà des règles à mémoriser mécaniquement au seul service de l’orthographe, se révèle « indispensable à l’épanouissement de la personne humaine. » La réflexion d’E. Vaillé-Nuyts — se référant à la phrase de Montaigne reprise en exergue de l’ouvrage : « La plupart des occasions des troubles du monde sont grammairiennes » — l’a déterminée à élaborer une technique qui serait un remède souverain pour corriger les dysfonctionnements engendrés par les méthodes aberrantes d’apprentissage de la lecture et de l’écriture en vigueur depuis des décennies. Il s’agit dès l’abord, en associant le mime à la parole, de révéler à la conscience du sujet son identité propre contenue dans le “je” et à inciter l’enfant, l’adolescent et même l’adulte déresponsabilisé à assumer son moi intrinsèque avant d’identifier un semblable à reconnaître et à aimer. Si le propos de l’auteur, ainsi résumé, parvient d’emblée à l’entendement du premier venu, un solide bagage intellectuel et une attention soutenue semblent requis pour suivre les développements de sa démarche — très savante malgré sa simplicité apparente — dont seuls les pédagogues de métier apprécieront leçons et exercices à leur juste valeur. _____ M.-G. D.

132 pages,15 e. Editions du Trident — 39 rue du Cherche-Midi 75006 Paris.

Jean-Bernard RAMON

L’OAS ET SES APPUIS INTERNATIONAUX
Chercheur indépendant, l’auteur s’est attaqué, non sans courage, à un sujet difficile. On ne peut accéder, pour l’instant, aux archives officielles, si bien qu’il faut s’appuyer sur des articles,livres et témoignages personnels. Les dirigeants de l’OAS ont, à divers moments, cherché des soutiens dans des pays qui auraient compris leur action pour empêcher que l’Algérie indépendante ne tombe dans l’orbite soviétique. Un argument fort dans le contexte de la guerre froide. Les résultats, ici étudiés

410 pages, 36 e. Editions Godefroy de Bouillon, 40 rue de la Croix-Nivert 75015 Paris.

AGENDA
☞ 24 janvier à Nice (Librairie du Paillon, 2 rue Georges Ville, à 16h). Conférence-dédicace de Gabriele Adinolfi au sujet de son dernier livre : Pensées corsaires, abécédaire de lutte et de victoire. Tél. : 04-93-56-19-59. ☞ 24 janvier à Paris 11e (La Licorne bleue, 3 bis rue Jules-Vallès, tél. 01-46-59-18-20, de 15h à 18h). Gérard Le Tailleur dédicace « Agartha, les chevaliers de l’invisible ». 31 janvier, mêmes heures. Eddy Florentin dédicace : « Quand les A lliés bombardaient la France » (9,5 e). ☞ 25 janvier à Paris 10e (Place de la République, 14h30). Départ de la 5e Marche pour la Vie. ☞ 25 janvier, messes de Requiem pour Louis XVI. A Paris 8e (Place de la Concorde, 15h). à l’initiative du Cercle Hugues Capet. A Nancy (chapelle du Sacré-Coeur, 65 rue Oudinot, 11h). A Angers (chapelle Saint-Pie X, 109 bis, rue Jean Jaurès à 10h30), ous l’égide de la Vendée Militaire (2 avenue de la Gare, 49123 Ingrandes-sur-Loire). A Nice (Chapelle de la Visitation, place Sainte Claire, 10h. A 12h déjeuner. Rens. 04-93-81-22-27 ou 06-34-47-67-03). ☞ 25 janvier dans la région de Carpentras-Nord (16h.) Projection d’un film suivi de la conférence de Gabriele Adinolfi et d’un buffet campagnard à 20 h. Part. 15 e. Tél. : 06-22-47-82-53 et <loufaro@gmail.com>. ☞ 26 janvier à Paris 14e (esplanade de la gare Montparnasse, 20h). Distribution de soupe de l’association Solidarité des Français avec concert du chœur Montjoie-Saint-Denis. ☞ 27 janvier à Paris 5e (“Les Ronchons” 25 quai de la Tournelle, 20h). Dîner de Faits & Documents avec l’ancien banquier Jean-Pierre Rondeau qui parlera de la crise. Part. 40 e Rés. oblig. au 01-46-34-50-99. ☞ 28 janvier à Paris 16e (19h45). Grand dîner et remise du Prix Renaissance 2009 à Ghislain de Diesbach pour son Petit Dictionnaire des idées mal reçues. Part. 95 e. Chèque et renseignements sur le lieu du dîner à Cercle Renaissance, 138 rue de Tocqueville, 75017 Paris. Tél. 01-42-27-48-22. ☞ 31 janvier à Saint-Saturnin lès-Avignon (« Salon de l’Enchanteur », route D28 entre St-Saturnin et Pernes-les-Fontaines, 14h30). Grand Gâteau des rois et conférence-débat avec Marine Le Pen organisé par le FN-84. Part. 15 e. ☞ 1er février à Saintes (« Le Vegas », 12h) Conférence autour d’un buffet sur « L’Europe des nations avec la Sainte Russie » part. 19 e. Rés. au 05-4584-90-92. ☞ 1 er février en Bourbonnais. Galette des Rois du FN-03. Rés. 06-82-31-59-28. ☞ 4, 5, 6, 7 et 8 févier à Paris 11e (Théâtre du Temps, 9 rue du Morvan, à 20h30). « Entretiens avec le professeur Y » de L.-F. Céline, version de Julien Bal, par la Chromos Compagnie. Tél. 01-43-55-10-88. ☞ 6 février à Paris 6e (place St-Germain des près, 20h) Marche aux flambeaux « A bas les voleurs » organisée par l’Œuvre française et le Renouveau français. ☞ 6 février à Rosny-sous-Bois (ADLCF, 43/45 Côte-des-Chênes, 19h30) Dîner « au fond du jardin » suivi d’une causerie de Marine Le Pen. Part. 24 e. Rés. 01-45-28-40-01. ☞ 7 février à Paris 20e . RV sur le parvis de St-Germain de Charonne, place St-Blaise, à 11 h, puis rassemblement sur les tombes de Robert Brasillach et de Maurice Bardèche à l’initiative de l’Œuvre française et du Cercle Franco-Hispanique. ☞ 7 février à Paris 11e (Taverne de Maître Kanter, 6 place de la République de 15h30 à 18h). Galette MILITANT. Part. 15 e. Rés. à Militant, BP 154, F75463 Paris cedex 10. ☞ 8 février au Faou (à partir de 16h). Galette des Rois de l’amitié et de REAGIR. Part. 10 e. Rés. au 02-98-90-64-87.

143 pages, 18 e (plus 3 e de port). Atelier Fol’fer. (Collection Xénophon), BP 20047, F28620 Anet. Tél. 06-74-68-24-40.

Cinéma

De la tristesse et des prouesses
visage raviné par l’âge et la maladie. Quand il apparaît à l’écran, on ne voit plus que le Belmondo en pleine décrépitude physique au lieu de son personnage, Monsieur Charles, un ancien marin, mis à la porte de la chambre de bonne qu’il occupait par sa logeuse, une ex-maîtresse, veuve en passe de se remarier. Commence alors la descente aux enfers de la déchéance sociale de ce nouveau sans-abri, qui va faire face à l’adversité avec une dignité à toute épreuve, trouvant des raisons de survivre dans l’amour qu’il porte à son fidèle compagnon à quatre pattes. Il va jusqu’à envisager le suicide comme porte de sortie, mais il ne veut pas quitter cette vallée de larmes avant d’avoir trouvé à son chien un foyer accueillant. Les amis des bêtes seront plus émus par la performance de l’adorable petit cabot, le meilleur acteur du film sans conteste, que par les situations. Huster, contrairement à De Sica, les tire en effet vers la sensiblerie et le mélo. Un homme et son chien suscite certes une réelle émotion dans certaines scènes assez réussies, le final en particulier, mais il distille aussi un malaise insidieux en raison de sa complaisance morbide matérialisée par la réunion autour de Bébel d’une pléiade de comédiens connus, « Ils sont venus, ils sont tous là », comme pour rendre un dernier hommage à un cher disparu. Un film en forme de veillée funèbre. ● L’Anglais Danny Boyle se montre un maître manipulateur des émotions du public d’une autre trempe artistique sinon morale dans Slumdog millionaire tourné entièrement dans les bas fonds de Bombay (désormais : Mumbai) où il retrouve la verve et l’inspiration tonitruantes de son célèbre et controversé Trainspotting de 1996. Adaptée par le scénariste Simon Beaufroy (celui de Full Monty) du roman Aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire de Vikas Swarup (Belfond), l’intrigue est abracadabrante mais nous ne sommes plus ici dans le domaine du réalisme, néo ou autre. Il s’agit en fait d’une pure fantaisie avec pour héros un émule d’Oliver Twist mis à une sauce Bollywood très épicée. Jamal Malik, orphelin de 18 ans, sans le sou et sans éducation, est en passe de gagner 20 millions de roupies à la version indienne du jeu télévisé « Qui veut gagner des millions ? » Le soupçonnant de tricherie, le présentateur Kumar le fait arrêter par la police qui l’interroge d’une façon brutale proche de la torture, mais Jamal soutient que s’il a pu répondre à toutes les questions avant la grande finale, c’est grâce à son vécu d’enfant des rues et à toutes les épreuves qu’il a traversées dans les sordides bidonvilles de Bombay, d’une violence et d’une cruauté à faire passer Dickens pour un écrivain sans imagination. L’occasion de retours en arrière systématiques sur son passé, suite de malheurs et d’horreurs en tous genres mais aussi leçons de courage et de survie entre son frère aîné Salim et son amour d’enfance, la douce Latika. Ensorcelé de toute évidence par l’exotisme et les contrastes forcenés de Bombay où s’entrechoquent misère noire et richesses, archaïsmes et modernisme arrogant, Boyle se livre à un festival de prouesses techniques racoleuses et de mauvais goût pour les uns, superbes et fascinantes pour les autres, qui occultent quelque peu les aspects humains de l’histoire. En tout cas ce Slumdog Millionaire, grand vainqueur des derniers Golden Globes à Hollywood, est un ébouriffant feu d’artifice visuel et sonore qui ne laisse pas un moment pour souffler, ou pour penser. Si vous vous sentez d’attaque ! Patrick LAURENT.

Préparez vos mouchoirs ! Des larmes à tire-larigot cette semaine dans les salles obscures avec d’une part Un homme et son chien de Francis Huster et de l’autre Slumdog millionaire de Danny Boyle. L’acteur gaullo-chiraquien Francis Huster n’avait pas particulièrement brillé derrière la caméra lors de son coup d’essai en 1986, On a volé Charlie Spencer, avec lui-même et Béatrice Dalle. A défaut de talent, il ne manque pas de culot, ou d’inconscience, car avec son deuxième opus Un homme et son chien, il ose s’attaquer, véritable profanation, au remake de l’un des plus beaux films de l’histoire du cinéma, Umberto D de Vittorio De Sica (1951), chef-d’œuvre du néo-réalisme italien. L’histoire poignante d’un vieux Romain se retrouvant à la rue avec son petit chien parce qu’il ne peut plus payer son loyer avec sa maigre retraite. Un classique inaltérable d’une virulence critique inouïe sur la dureté de la société italienne de l’après-guerre qui, malgré son sujet, ne sombrait jamais dans le pathos et l’émotion facile par la grâce du réalisateur, du scénariste Cesare Zavattini et de l’acteur, non professionnel, Carlo Battisti. Ce qui n’est pas le cas, hélas, dans Un homme et son chien que Huster a conçu avant tout non pas comme une charge politique sur les problèmes du logement et des SDF dans notre beau pays, mais comme un hommage ému et (trop) respectueux à l’interprète du rôle-titre, Jean-Paul Belmondo, icône populaire du cinéma français, dont c’est le grand retour à l’écran après des années d’absence consécutives à un grave accident vasculaire. Celui qui fut le Magnifique du regretté Philippe de Broca est devenu en quelque sorte ici le Pathétique avec ses mouvements rares, son élocution difficile et son

N° 2889 — 23 JANVIER 2009 — RIVAROL
rielle le parfum enivrant de l’aventure. Une attitude éminemment aristocratique. Bref, Daniel, qui partage pourtant le sentiment de révolte des paysans laminés par une civilisation négatrice de leurs valeurs ancestrales, peu de la vraie civilisation, vision aristocratique de l’existence — comme celle de certains détails, lieux ou types de personnages, signe la part de l’autobiographie. Transposée, il va sans dire. L’œuvre n’en est que plus attachante. D’autant que Mata s’y révèle, une fois encore, un maître du récit, au style d’une pureté toute classique, mais vibrant de lyrisme dès lors qu’il

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mettant en scène le roi Varr le Vert, son druide, Brett, son barde, Ric, Brouss, le fidèle conseiller, Mir, le forgeron aux bras puissants, Olaf le fier et Barr le Bâtard, né d’une des nombreuses conquêtes du souverain. Sans compter Léa, la belle étrangère plus ou moins sorcière (un avatar de la Violaine de Mata ?), ramenée par le roi d’une par-

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ON, le titre de cette chronique n’a rien à voir, en dépit des apparences, avec l’œuvre de Louis-Ferdinand Céline. Il se trouve que les deux auteurs dont il sera question évoquent des châteaux. Plus ou moins métaphoriques, sans doute, à l’instar du « château de l’âme » dont parle Thérèse d’Avila. Mais on n’en saurait jurer. Ce qui est certain, c’est qu’entre David Mata et Serge Ayoub, existent des lignes de convergence allant bien au-delà du goût pour les vieilles pierres — et d’abord parce qu’elles témoignent de civilisations abolies dont l’un et l’autre éprouvent la nostalgie —, qu’ils excellent, chacun dans son registre, à faire revivre. ● L’œuvre romanesque de David Mata repose sur des piliers qui assurent la solidité de son assise. Elle est parcourue de thèmes récurrents, leitmotive subissant d’infimes variations, garants de cette harmonie interne qui fait que chaque nouvel ouvrage ajouté à l’édifice procure au lecteur l’impression de se mouvoir en pays connu. Cette connivence déjà ancienne — Le Bûcher espagnol (Julliard) remonte à 1971 — ajoute à la découverte un plaisir supplémentaire. Ainsi de Violaine en son château (1). L’action se situe dans la ville de T. qui a déjà servi de décor à d’autres romans et que ceux qui connaissent le sud-ouest de la France identifieront sans peine. Le héros principal, Daniel, présente plus d’un trait commun avec ses devanciers. Issu d’une famille modeste, il est passionné d’art, de littérature. L’Histoire et le latin l’ont façonné au point de lui fournir les moyens de sortir de sa condition. De refuser l’emploi de gratte-papier, considéré pourtant comme un summum pour un fils d’ouvrier. De préférer à la sécurité maté-

D’un château l’autre…
enclin, toutefois, à hurler avec les loups, est un traître à sa classe sociale. Ainsi le jugeraient les marxistes. Et pas seulement les idéologues, mais ses amis d’enfance, Laurent, Gaston, demeurés, eux, dans l’horizontalité, dépourvus de toute perspective autre que matérielle. « La ferme était un ermitage, Daniel un clerc. Passer de l’enfance à l’adolescence ç’avait été passer de la chevalerie à la cléricature. On pouvait bien incriminer la vie, la prétendre dépourvue de sens, à Daniel elle apparaissait d’abord comme un Ordre, et y entrer avait été se découvrir lié à une règle, étrange celle-ci dans sa rigueur. » C’est justement le latin qui va le mettre en contact avec Violaine, fille du châtelain du pays. Une créature singulière, fantasque, en qui cohabitent les qualités les plus contradictoires. Une sauvageonne à sa manière, écuyère accomplie et passionnée d’étude, à la fois ingénue et perverse. Belle, il va sans dire, et dotée d’un charme auquel Daniel ne saurait demeurer insensible. Violaine incarne l’initiatrice. Celle qui entrebâille pour Daniel les portes d’un monde jusqu’alors inaccessible, où la tradition malmenée a trouvé un refuge précaire. Un monde demeuré à l’abri d’une modernité aussi niveleuse qu’avilissante. En quelque sorte, la Dame et son chevalier servant, adoubé comme tel. La récurrence de ces thèmes – amour de la nature autant que de l’étude, nostalgie évoque les paysages et les thèmes qui lui tiennent à cœur. ● Dans Conte barbare (2), Serge Ayoub, qui fut Batskin dans une vie antérieure (cette précision pour ceux de nos lecteurs à qui ce pseudo parlera davantage), prône sensiblement, mais par des voies autres, semblables valeurs. A cette différence près que la forme du conte lui autorise sinon une envergure plus large, du moins des libertés interdites au romancier. Et qu’au Sud chanté par David Mata, il préfère le Septentrion, le pays des Normands et le territoire des Celtes, comme on peut le déduire des noms portés par ses personnages et de l’idéal qui les anime. Ici encore, un château. Ou plutôt une « sombre citadelle (…) sertie de mille tours carrées. Elle brille d’un éclat froid aux rayons du soleil couchant ». C’est là que le lecteur est d’abord convié, mais pour mieux s’en évader, sur les pas d’un narrateur tissant pour son fils les mille intrigues d’une histoire merveilleuse. L’identité de l’un et de l’autre, tard révélée, éclairera l’allégorie et permettra de mieux saisir les intentions de l’auteur. On se gardera d’insister sur les nombreuses péripéties de ce poème épique tie de chasse. Autant de personnages chargés chacun d’un rôle ou d’une mission spécifiques, campés avec assez de vérité pour acquérir une personnalité crédible sans perdre leur statut exemplaire. Encore faudrait-il leur adjoindre, entre quelques autres, Sverr le Tueur, « les yeux peuplés d’étoiles et du sang sur les lèvres »… Tel est le ton, tel est le style. Nous sommes dans un temps immémorial, celui des légendes qui façonnent l’inconscient collectif des peuples. La longue migration, pleine de batailles et de fracas, du « Peuple qui ne recule plus », ces nomades au cœur rude, est chargée de symboles que chacun pourra à sa guise interpréter. A moins que le lecteur, retrouvant son âme d’enfant, ne préfère se laisser simplement bercer par la magie du conte. Car la magie opère, et dès le début du récit. Elle s’accroît au fil des pages, au fur et à mesure que l’épopée prend de la densité, que s’esquisse avec une précision accrue le sens profond de la parabole. _____
1. Violaine en son château. Editions Alexipharmaque (www.alexipharmaque.net), coll. « Les Narratives », 150 pages, 18 e. 2. Conte barbare. Editions Scribedit (33, avenue Philippe Auguste, 75011 Paris ou www.scriptoblog.com), 184 pages, 16 e.

Un fasciste debout
Gabriele Adinolfi se veut anticonformiste. Non seulement apparaît-il ainsi aux yeux de la clique dirigeante mais également au sein du microcosme d’extrême-droite. Et force est de constater que son dernier ouvrage, Pensées corsaires, abécédaire de lutte et de victoire, vient consolider cette réputation de franctireur pensant. A tel point que d’aucuns pourront légitimement considérer ce militant “ouvertement” fasciste comme le fondateur d’une idiosyncrasie, ou d’une Weltanschauung toute personnelle. Ses textes sur la virginité (dénués ici de sa comparaison symbolique, chose étonnante de la part d’un auteur qui, habituellement, n’est pas avare en la matière), sur la papauté d’une manière générale, et principalement sur la tradition catholique expriment en effet davantage un anarchisme épidermique que son indiscutable nationalisme. Certains ne lui pardonneront pas l’expression de cette singularité. Mais encore faut-il lire attentivement son ouvrage intégralement pour apprécier une pensée complexe emplie de mythes et de héros, de principes et de valeurs qui viennent largement tempérer ses propos relativement iconoclastes. Par ailleurs, beaucoup d’articles sont empreints d’une forte émotion laissant entrevoir sa révolte contre l’hypocrisie des “vainqueurs”, ces vrais exterminateurs de peuples fiers. Celui consacré à Géronimo constitue une vraie métaphore de l’ignominie américaine. « Les aigles, là-bas, on les met en cage et ensuite on ose les utiliser comme emblème national ! » lance-t-il à propos. Mais cette colère n’est pas une couverture destinée à taire des sujets fâcheux qu’il, au contraire, prend le parti d’analyser en profondeur. Sur la question juive, notre fier Européen rentre dans le vif du sujet slalomant via l’ironie entre les écueils posés ça et là par la justice ripoublicaine : « De l’antisémitisme allemand, je ne parle pas, écrit-il malicieusement, puisque la vérité est désormais codifiée. Je ne vois donc pas comment je pourrais parler des rapports suivis entre les autorités juives et les plénipotentiaires du Reich pendant la guerre. J’attends, confiant, des instructions juridiques en la matière. Peut-être qu’elles permettraient de faire la lumière sur les rapports entre les activités d’Eichmann et le réarmement juif. » Certes Adinolfi se révèle plus prudent devant la sulfureuse thématique révisionniste. S’il fait preuve d’une belle audace dans l’analyse symbolique du fait religieux holocaustique en montrant que la Shoah est diabolisée non en elle-même mais parce que commise par les nazis, il se montre circonspect sur l’attitude à avoir devant le sujet brut. Une position alambiquée qui ne satisfera ni les affirmationnistes, ni les révisionnistes d’ailleurs. « On a fait passer

le révisionnisme historique pour une entreprise répugnante et opportuniste, ce qui a entraîné sa neutralisation, au moins temporaire, dans la mesure où il est désormais conu comme une volonté de banaliser le massacre en question dans l’attente fébrile d’un massacre futur. Morale de la fable conclut-il sur ce point avec témérité, si vous voulez aider le révisionnisme historique, ignorez-le. Si vous voulez le détruire (ainsi que ceux qui y adhèrent), soutenez-le. » Mais qui sont ceux qui y adhèrent ? Bref un vaste débat… Néanmoins l’œuvre de Gabriele Adinolfi ne se cantonne pas à ce genre de spéculation. Elle constitue en premier lieu une ouverture sur un monde enchanté et héroïque, une lecture autre de l’idéosphère qui nous entoure. Aussi entend-il rendre hommage au peuple Karen de Birmanie (pourtant très catholique !) qui lutte dans l’indifférence des « grandes nations » contre la tyrannie et la mafia internationale de la drogue avec un courage sans pareil. Un

symbole tragique de la liberté. L’article consacré à Saddam Hussein (écrit par l’anti-impérialiste Fulvio Grimaldi), poignant, retrace parfaitement les raisons de son martyre. Il faut le lire, le relire et le faire lire tant il résume fondamentalement le combat entre le bien et le mal. A l’aune de ces exemples, d’autres sujets peuvent sembler plus futiles comme celui sur Albator, le corsaire de l’espace, ou celui sur Daltanius, un robot avec une croix de fer sur la poitrine. Ils ne le sont évidemment pas pour Adinolfi, ce fin connaisseur de la métapolitique. Enfin nous ne pourrions conclure cette recension sans évoquer l’article que l’auteur consacre à notre journal après avoir félicité dans sa préface Camille Galic pour son talent et son travail « RIVAROL. Cet illustre journal hebdomadaire de l’opposition nationale et européenne, riche d’un long passé et toujours très lucide, est un des plus intéressants de la planète. J’ai entendu dire qu’il souffre, lui aussi, du passage à l’ère informatisée en perdant, comme tout autre support papier, beaucoup de jeunes lecteurs, ce qui pourrait provoquer à terme sa disparition. RIVAROL constitue un précieux atout dans notre monde globalisé : alors abonnez-vous et faites abonner vos amis. On ne peut imaginer une France sans RIVAROL. » Des propos qui en disent long sur la culture politique de ce fier pirate ! Valentin BARNAY. _____
Gabriele Adinolfi, Pensées corsaires, abécédaires de lutte et de victoire, traduit de l’italien par Bruno Cariou et Pascal Lassalle, Editions du Lore, La Fosse, 35250 Chavaigne, tél/fax 02-99-66-13-50 ou<www.ladiffusiondulore.com>. Préface de Pascal Lassalle, 424 pages, 26 euros.

Chronique des censures acceptées
L’Evénement du Jeudi puis de Marianne élargit le débat en expliquant l’instauration et la persistance des tabous par l’absence de tout « pluralisme dans la presse ». « Aujourd’hui, constate Kahn, il n’y a plus PRÉSENTANT le 13 janque deux sensibilités qui s’expriment : la vier à Nîmes ses vœux gauche bobo bien-pensante et la droite “décentralisés”, cette fois libérale. La droite nationale, la droite aux cultureux, gaulliste, la gauche répuNicolas Sarkozy a blicaine n’ont plus de posannoncé la création prochaine sibilité de s’exprimer. On d’un musée de l’Histoire de n’est plus habitués à cette France, situé « dans un lieu expression et du coup, emblématique de notre histoire, quand on l’entend, elle un lieu qui reste à choisir ». A devient scandaleuse… Peu charge pour la calamiteuse à peu se sont constitués non ministre Albanel, l’agrégée qui ne seulement une espèce sait pas écrire, le soin d’« experd’idéologie commune à la tiser le projet de créer un centre classe journalistique mais de recherche et de collections aussi un rejet, comme permanentes dédié à l’histoire inconvenant, de toute ce civile et militaire de la France ». qui sort de ce qu’Alain Minc appelait « le cercle de la raison » — ce qui (…) MUSÉE DE LA FRANCE sous-entend que ceux qui OU DE LA REPENTANCE ? ne pensent pas comme lui Histoire déjà présente, ce que sont fous ! (…) Cette prosemble ignorer un Elyséen fréduction de normes idéoloquentant plus volontiers le Fougiques (…) est un mixte de quet’s que les Archives, dans de ce que le terrorisme de très nombreux musées, francîliens droite a imposé et de ce que notamment, de St-Germain-enle terrorisme de gauche a Laye aux Invalides en passant par imposé. Il y a une cogestion Cluny. de la pensée unique par la Le lendemain, France Info orgadroite et la gauche… » Ce nisait sur ce projet (ou ce gadget ?) qui explique la férocité sans (Dessins de CHARD.) un débat, si l’on ose dire puisqu’ils égale avec laquelle la étaient d’accord, entre les histopseudo droite a toujours riens Jean-Pierre Azéma et Jean-Noël appliqué la loi Gayssot — la « répression l’« invisible ligne jaune » : c’est « l’insupJeanneney. Pour le premier, le futur musée foudroyante » réclamée en 1993 par le fréportable police juive de la pensée », n’aura de sens que s’il n’a « surtout pas nétique arracheur de dents Gaubert qui dénoncée par Annie Kriegel dans d’approche identitaire », car la France ne n’était pas encore président de la LICRA Le Figaro en 1990, qui fut à l’origine de se limite plus aux Français, « il y a ni, par la grâce de Sarkozy, du Haut ces “censures” avant qu’Alain Finkielkraut d’autres mémoires » (celle par exemple Conseil à l’Intégration, et se contentait et Eric Zemmour n’en soient à leur tour des Sarrazins odieusement humiliés par le d’être l’âme damnée du terrible M. Pasqua, victimes. Le philosophe pour s’être gaussé fascistoïde Charles Martel en 732 à Poicréateur avec la commissaire Sarah Ouakdans le quotidien israélien Ha’aretz de tiers ?). Quant au second, il préconisa nine des « cellules contre le racisme » au l’équipe de France de foot, ces “Bleus” où comme modèle à suivre le… « remarministère de l’Intérieur et dans les préfecle noir domine, et le journaliste pour avoir quable musée de la Shoah à Washingtures. tout uniment constaté lors d’une récente ton » ! Voilà bien parti le projet Sarkozy, émission de télévision que oui, « les races surtout quand l’on sait que le « président existent » — sans quoi, comme nous LA SÉCURITÉ NATIONALE de la rupture » a choisi le producteur de l’avions aussitôt écrit ici, le miraculeux SACRIFIÉE A LA “DIVERSITÉ” cinéma judéo-roumain (et ci-devant métis Obama n’existerait pas, CQFD. maoïste) Marin Karmitz pour constituer et C’est ainsi sous un président nommé animer son autre grand œuvre : un Conseil Sarkozy, disciple et dauphin de Pasqua LA COGESTION pour la création artistique, lui aussi à créer dans les Hauts-de-Seine (et intime de GAUCHE-DROITE DU et que présidera le chef de l’Etat en perGaubert avec lequel il partit souvent en TERRORISME IDÉOLOGIQUE sonne. vacances), qu’a eu lieu le 12 janvier un procès surréaliste : celui intenté par SOSRacisme, qu’a suivi servilement le ParIl est d’ailleurs symptomatique que parmi “ON NE PEUT PLUS RIEN DIRE !” quet, à deux anciens cadres de Cegetel toutes les formes de censure énumérées LA FAUTE A QUI ? qui, voulant recruter un ingénieur habidans le dossier et dont certaines sont en Crise de la presse oblige, RIVAROL n’a lité secret-Défense, exigeaient très logieffet insanes — comme celle qui, sur pas été le seul cette année à sauter le quement des candidats intéressés qu’ils plainte de l’association Droits des nonnuméro du Jour de l’An. Les richissimes fussent « impérativement français et de fumeurs, a conduit à la condamnation par newsmagazines ont eux aussi observé une préférence de parents français, nés en la cour d’appel de Paris d’un journal où semaine de pause, en commençant par France ». Une insupportable « discrimil’acteur Kad Merad avait avoué son faible L’Express, Le Nouvel Obs’ et Valeurs nation à l’embauche », même compte pour un bon cigare —, le magazine néoactuelles qui, ayant préféré observer quant tenu du « contexte, où il y avait l’urgence conservateur ignore celle, ô combien à lui la trêve de Noël, a reparu le 2 janvier de trouver un expert face à la vulnérabiimplacable, qui frappe le révisionnisme en titrant sur « les nouvelles censures ». lité de nos systèmes ». Qu’importe donc historique — prudence est mère de sûreté. « On ne peut plus rien dire ! », s’indigne la sécurité nationale au regard de l’indisEt que les deux seules interviews qu’il en première page l’hebdo qui évoque « la pensable “diversité” ! Le procureur publie à l’appui de ses thèses soient celles hantise de franchir une invisible ligne Roland Banton est bien de cet avis, qui a de Zemmour et de Jean-François Kahn. jaune, d’autant plus redoutable qu’on ne demandé de retenir la culpabilité des Au demeurant fort intéressantes, notamsait pas trop qui l’a fixée ni où elle se deux hommes et de ment la seconde. En effet, le fondateur de Cegetel (rebaptisé SFR) et requis des amendes de 1 000 et 3 000 euros pour les deux prévenus, dont l’un est d’ailleurs A Nîmes, lors de ses vœux aux représentants de la Kulture, Nicolas Sarkozy ne s’est pas au chômage (jugement contenté d’annoncer la création d’un musée de l’Histoire de France, il a aussi exalté la le 16 février). nécessité « d’un peu d’ambition, de grands projets, de réflexion sur ce que peut être la ville de demain » Le même procès risque car « on ne peut pas simplement être dans une gestion un peu au jour le jour » — pierre jetée dans le d’ailleurs d’avoir lieu jardin de Delanoë auquel il veut se substituer pour « imaginer la ville de demain ». Ainsi le prochainement, cette chef de l’Etat juge-t-il “accablant” le débat sur la hauteur des tours dans la capitale. Chaque fois contre la police époque devant selon lui « porter des gestes architecturaux », il a vanté l’exemple de la « Grosse nationale coupable Pomme » : « Si vous allez à New York, y a-t-il un débat sur les tours ? Pourtant New York est une ville d’avoir annulé l’habiliabsolument magnifique. En général, les lieux architecturalement les plus appréciés sont les endroits où il y tation de deux de ses a le plus de densité. » officiers maghrébins, A cette aune, Bombay ou les favelas brésiliennes devraient être des lieux magnifiques dont l’un est un salafiste mais on soulignera le tropisme américain de Sarkozy pour lequel il n’est bon bec que des enragé et l’autre a pour States, ainsi qu’il l’avait déjà révélé en assurant que « toutes les familles françaises rêvaient d’enfrère un militant djihavoyer leurs enfants dans les universités américaines ». Son rêve serait-il donc de hérisser la capitale diste. La République, qui n’a jamais fait de gratte-ciel, de ceinturer la Sainte Chapelle et le Louvre de « Twin Towers » ? Outre repentance pour l’« affaire des Fiches » que New York est construite sur du granit, ce qui n’est pas le cas de Paris dont le sous-sol dressant au début du XX e siècle la liste mouvant et sablonneux devrait interdire toute débauche de hauteur, ce n’est pas faire noire des officiers catholiques, tricards de injure à l’ex-Neue Amsterdam que de constater qu’elle est très loin de posséder le patripromotion ou carrément limogés (une moine légué par les « quarante rois qui ont fait la France ». Une France que le cosmopolite épuration sauvage qui, selon les experts, Sarkozy, ce nouveau barbare, s’acharne à défaire. provoqua du reste les revers des armées

par Claude LORNE

trouve ». Exact, cher confrère, mais cela fait une éternité — près de vingt ans, la loi Gayssot-Fabius-Rocard datant du 13 juillet 1990 — que ça dure, avec procès, condamnations, amendes et éventuellement peines d’inéligibilité s’abattant sur les déviants sans que Valeurs s’en soit jamais beaucoup ému. Et l’on sait très bien qui a fixé

françaises au début de la Grande Guerre), et qui écarte encore les cadres militaires jugés trop réacs, ne saurait en revanche procéder à la moindre purge parmi les allogènes. Quitte à mettre en péril la collectivité nationale dont, il est vrai, SOSRacisme se moque comme de sa première kippa.

A QUAND LA BOMBE A SUR GAZA ?
En revanche, je ne sache pas que l’organisation dite antiraciste, un temps présidée par Malek Boutih, ait condamné le tabassage le 8 janvier, par les nervis de la Ligue de Défense juive, de deux élèves tunisiens du lycée Janson-de-Sailly qui avaient commis le crime de jeter à terre des tracts exaltant le droit imprescriptible d’Israël à disposer des peuples qui n’ont pas l’heur de lui plaire. Et silence sépulcral également sur l’ahurissante injonction du député Avigdor Lieberman, chef du parti Israël Beitenou et ancien ministre des Affaires stratégiques dans le gouvernement d’Ehoud Olmert s’il vous plaît, de « combattre le Hamas comme les Etats-Unis ont combattu les Japonais pendant la Deuxième Guerre mondiale », c’est-à-dire en ne rechignant pas à l’usage de la bombe atomique comme ce fut le cas à Hiroshima et à Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. « La conquête du Japon alors n’avait pas été nécessaire », a souligné Lieberman, dont les propos pousse-au-crime — et d’ailleurs absurdes puisque toute bombe atomique lancée sur Gaza annihilerait les colons juifs de Sdérot et jusqu’aux hassidiques de Mea Sharim — rapportés le 12 janvier sur le site du Jerusalem Post, ont quelque peu gêné aux entournures le Premier ministre Olmert mais aussi “Bibi” Netanyahou qui compte sur Israël Beitenou pour revenir au pouvoir à l’issue des prochaines législatives. Mais, après tout, qui s’indigne réellement de l’utilisation à Gaza, par les valeureux soldats de Tsahal qui s’en étaient déjà servis contre le Hezbollah lors de leur invasion du Liban en juillet 2006, des terrifiants explosifs DIME (Dense Inert Metal Explosive) déchiquetant leurs cibles humaines, y compris dans l’hôpital du Croissant Rouge ou les bâtiments de l’ONU et contenant des particules de carbone et un alliage de métaux lourds et de tungstène ? Ce qui devrait en interdire l’usage aux yeux des écologistes-humanistes, en commençant par le moraliste Obama, que devrait également épouvanter le bilan de ce que l’éditorialiste de Ha’aretz a qualifié de “folie”  bien que cette folie soit approuvée par 90 % de ses compatriotes (et on reprochera ensuite aux Allemands du début des années 1940 d’être restés solidaires du IIIe Reich et de la Wehrmacht !) : au 15 janvier, on déplorait 1 054 morts palestiniens, dont 338 enfants, contre 4 tués israéliens.

GAY-GAY, PACSONS-NOUS !
Mais celui qui nous fera peut-être regretter George W. Bush était trop occupé à préparer sa cérémonie d’investiture à la MaisonBlanche, dont la vedette américaine devait être Mgr Gene Robinson, évêque épiscopalien, c’est-à-dire anglican, mais surtout sodomite flamboyant. Il est vrai que l’homosexualité ne s’est jamais mieux portée. Le 11 janvier, dans le “Carnet” du Monde où la petite famille d’un certain « papy JeanPierre » lui souhaitait un joyeux anniversaire car il a « 69 ans, âge érotique », des parents exprimaient ainsi leur « joie d’annoncer le pacs de leur fille ». On respire ! En cette matière au moins, toutes les censures ont sauté, Anastasie est au tapis. <claude.lorne@yahoo.fr>

Paris bientôt nouillorkisée ?

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