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Le
retour
des
Hussards,
par
P.‐L.
Moudenc

Interpol, bras armé du Nouvel Ordre mondial Sondages,
Taxe
professionnelle :
Sarkozy
s’enlise

R I VA R O L

“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir

N° 2929

HEBDOMADAIRE DE L’OPPOSITION NATIONALE ET EUROPÉENNE

27/11/2009

L’Europe croupion

S I le nez de Cléopâtre… Si le match retour France-Irlande, au cours duquel la main du

footeux Thierry Henry toucha le bal- lon, donnant indûment la victoire au

XI “tricolore”, avait eu lieu avant le

2 octobre, les Irlandais eussent-ils

ce

jour-là, à la suite des pressions

de

Nicolas Sarkozy, plébiscité par

67 % des voix le traité de Lisbonne rejeté par 53,4 % de non le 12 juin 2008 ? Sans doute pas, tant l’île

verte a été ulcérée par cette injus- tice. Mais on ne refait pas l’histoire.

Le

verrou irlandais a sauté, prélude

au

revirement des présidents polo-

nais puis tchèque. Le traité est donc entré en vigueur et, depuis le 20 novembre, l’Europe s’est donné un président du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement. En l’occurrence le chrétien-démo- crate flamand et Premier ministre belge Herman van Rompuy qui prendra ses fonctions le 1 er janvier 2010, flanqué d’un ministre des Affaires étrangères, la travailliste britannique Catherine Ashton (qui, elle, entrera en fonctions dès le 1 er décembre) et d’un secrétaire général du Conseil des ministres. Le choix de M. van Rompuy (pronon- cer Rommpeuille) et de M me Ashton a déclenché un flot de critiques, le monde politique et la presse les consi- dérant comme des “inconnus”,

d’ailleurs “insignifiants”. C’est vrai pour

la Britannique, apparatchik du New

Labour ayant accédé à la Pairie, c’est

plus discutable pour son ”patron”, qui avait réussi à rendre un semblant de

N° 2929 du 27 NOVEMBRE 2009

www.rivarol.com

Belgique, Luxembourg :

Canada :

. Port. Cont. :

Suisse :

3,75 e

6,52 $ CAN

5,80 FS

4,00 e

4,00 e

480 XPF

2500 CFA

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DOM avion. :

TOM avion. :

Afrique avion :

. . . . . . . . . DOM avion. : TOM avion. : Afrique
(Dessin de CHARD.)
(Dessin de CHARD.)

cohésion au gouvernement belge et dont la succession sera difficile, raison pour laquelle il a d’ailleurs obtenu un mois de délai. Pour nos confrères, il aurait fallu des personnalités “charis- matiques”. Mais combien compte-t-on réellement en Europe de telles person- nalités ? Et combien de ces phéno-

mènes ne doivent leur supposé cha- risme qu’à la Mediaklatura ? Sous la présidence de Herman van Rompuy, fervent catholique et ancien élève des Jésuites (cas aussi, il est vrai, du tyran zimbabwéen Robert Mugabé… ) l’Europe se souviendra-t- elle qu’elle était naguère un « club chrétien » ? Et verrons-nous du moins évitées ou retardées certaines dérives mortifères en matière de mœurs — institutionnalisation de l’euthanasie, de l’homoparentalité ou accueil débridé aux réfugiés politiques, économiques et maintenant climatiques qui mena- cent l’existence même de nos peuples et de nos civilisations ? Rien ne permet de l’espérer réellement. Situation angoissante à l’heure où l’Afrique vient de passer le cap du milliard d’habitants et où il naît chaque année dans le seul Nigeria plus d’enfants que dans toute l’Europe.

De toute manière, quel que soit le nouveau président, les diplomaties, les souverainetés et les intérêts nationaux auront encore moins d’importance même si, nous rassure Bernard Kouchner, « l ʼ Europe des Etats ne va pas disparaître ». A supposer qu’il dise vrai, que pèsera cette Europe des Etats, déjà si affaiblie ? Nous venons d’assister à la célébra- tion grandiose du vingtième anniver- saire de la chute du mur de Berlin, et nul doute qu’à Noël, celui de l’écroule- ment du régime Ceausescu en Rou- manie sera lui aussi prétexte à rétros- pectives. Mais la mémoire du Prêt-à- Penser est très sélective. Ainsi un autre anniversaire a été totalement occulté : celui de la guerre d’agression menée au printemps 1999 contre la Serbie-Monténégro, guerre voulue par l’OTAN, et donc par l’Oncle Sam, pour instaurer son protectorat sur le Kos- sovo et l’Albanie musulmans et priver la Serbie non seulement de son « foyer national » mais aussi, la sécession du Monténégro étant en germe dans ce conflit, de toute façade maritime. Les ports en eaux profondes de Bar et de Kotor échappant ainsi à Belgrade, Rule America dans le mare nostrum !

De toutes ses forces, l’Union euro- péenne aurait dû s’opposer à ce hold-up. Non seulement elle le toléra malgré la fallace des justifications avancées (et qui préfiguraient le fameux « arsenal de destruction massive » imputé en 2003 à Saddam Hussein), mais elle tint à honneur d’y participer, la France chiraquienne se distinguant dans l’hallali même si, les carottes étant cuites pour les Serbes, le successeur de Mitterrand feignit de regretter les bombardements aveugles sur Belgrade. Mais qu’était- il allé faire dans cette galère ? Et, avant lui, pourquoi François Mitter- rand s’était-il laissé convaincre par Bernard Kouchner, André Glucks- mann et autres Bernard-Henri Lévy d’intervenir en faveur des musulmans bosniaques dont on sait maintenant qu’ils ne rechignaient ni aux exécu- tions sommaires, ni aux provoca- tions, quitte à mettre en danger leurs propres coreligionnaires comme ce fut le cas lors des explosions sur le marché de Markale (plusieurs dizaines de victimes en juillet 1993) ? Mais « nos péchés ont de longues ombres ». C’est lors de ces opérations en Bosnie que furent fait prisonniers par les Serbes deux pilotes français dont, Chirac ayant succédé à Mitter- rand, la libération ne fut obtenue qu’au moyen d’une partie de billard à cinq bandes impliquant, outre la Republika Serpska, Moscou, l’Angola, l’oligarque russo-israélien Gaydamak et l’Elysée. Pasqua jouant les bons offices et les porteurs de valises de billets sortis des fonds secrets, comme il l’a rappelé lors de sa conférence de presse du 12 novembre où il accusa Chirac « de ne pas avoir assumé ses responsabili- tés », ajoutant : « Il en est de même pour Dominique de Villepin. Tous deux ont manqué à leur devoir » dans ce que Pasqua appelle « une affaire d ʼEtat » Une affaire d’État, oui. Mais d’État croupion. Et ce n’était que le début du processus d’abaissement et d’abdica- tion. La « main cachée » qui voulait absolument obtenir la ratification du Traité de Lisbonne savait ce qu’elle fai- sait.

RIVAROL,

<galic@rivarol.com>.

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N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL

Au rendez-vous de la France et de l’Europe réelles

Au rendez-vous de la France et de l’Europe réelles Eric Delcroix et Ghislain de Diesbach entourant

Eric Delcroix et Ghislain de Diesbach entourant Anne Brassié

L E 21 novembre, le réchauffement cli-

leur qui régna à l’Espace Dubail, pour

la réunion annuelle couplée avec l’assem- blée générale ordinaire des « Amis de RIVA- ROL ». Pourtant avait été annoncée une « très mauvaise nouvelle » : la démission de ses fonctions de présidente d’Anne Brassié, non point pour des raisons politiques puis- qu’elle reste une adhérente ô combien fidèle de l’Association, mais parce que, de moins en moins présente à Paris depuis que son mari et elle passent une bonne partie de l’an- née dans un petit paradis varois — elle annonce d’ailleurs régulièrement sur Radio Courtoisie que telle ou telle de ses émis- sions, « Trésors en poche », a été pré-enre- gistrée —, il lui était devenu difficile de rem-

matique n’était pour rien dans la cha-

AGENDA

27 novembre à Cossé (salle St-Clément, 20h30).

Veillée de l’association Vendée Militaire avec Domi- nique Lambert. Entrée libre. Verre de l’amitié.

Du 27 au 29 novembre à Aix-en-Provence (Mai-

son du Maréchal Juin, 29 avenue de Tubingen). 4 e

Salon du livre et de l’image. Dédicaces, stands d’édi- teurs et d’associations (Acuf, Adimad, UNP, Veritas). Rens. 06-80-00-90-35.

28 novembre à Lyon 6 e (Pavillon du Parc de la Tête

d’Or, de 10h30 à 19h). XIII e Forum de la Nation « La conquête de l’Etat, pour rendre la France aux Fran- çais » avec Y. Benedetti, P. Sidos, B. Gollnisch… Part. 9 . Banquet nationaliste à 20h. Rés. <contact@jeune-

nation.com>. Tél. 06-50-36-32-56.

28 novembre à Carpentras (Restaurant du Mar-

ché-Gare, route de Velleron, 12h). Grand déjeuner

populaire avec Jean-Marie Le Pen. Part. 10 . Rés. FN- 84, 112 rue Moricelli, 84200 Carpentras. Tél. 06-21-

50-41-60.

28 novembre à Neuilly-Plaisance (librairie

Neuilly-Plaisance, 15 av. Foch, de 15 à 19h). J.-P.

Chayriques de Olmetta signe « L’Almanach du Mar- quis 2009 » (260 p., 28 ).

28 novembre à Paris 6 e (4 place St-Germain-des-

Prés, Salle Lumière, de 14h30 à 18h). Conférence de l’abbé Francesco Ricossa sur « la nouvelle messe et les choix qu’elle impose aux catholiques ». Rens. 0039-0161-939-335 ou <www.sodalitium.eu>.

30 novembre à Versailles (Salle Montgolfier,

Hôtel de Ville, 4 avenue de Paris à 20h30). Confé- rence de Jean-Marie Le Méné sur « La crise de conscience bioéthique ». Part. libre. Rens. 01-46-62- 97-04 ou <www.renaissancecatholique>.

1 er décembre à Paris 9 e (Fondation Dosne-

Thiers, 27 place St-Georges, 19h). Remise du Prix

Lyssenko à l’économiste marxiste Bernard Maris. Cocktail. Part. 10 . Avec apéritif : 16 . Rés. Club de l’Horloge, 4 rue de Stockholm, 75008 Paris. Tél.

01-42-94-14-14.

5 décembre à Paris 1 er (« Les Fontaines St-

Honoré », 200 rue St-Honoré, 12h30). Banquet Mili-

tant sur les régionales de mars 2010. Part. 31 . Etud.

23

. Rés. Militant, BP 154, F-75463 Paris cedex 10.

5 décembre à Dijon (La Grande Taverne, 1 er étage,

20

av. Maréchal Foch, 18h). Conférence de Pierre Hil-

lard sur « Vers la gouvernance mondiale ». Part. 2,5 .

6 décembre à Paris 16 e (Salons Etoile, 79 bis av.

Marceau, de 13 à 18h). 6 e Salon du Livre d’Histoire avec plus de 50 écrivains, dont Anne Brassié et Ghis-

lain de Diesbach, dédicaçant leurs œuvres. Rens. <www.parthenonfrance.com>.

12 décembre à Paris 6 e ( Centre Sèvres, 35 bis

rue de Sèvres, 15h). Conférence de Philippe Ploncard d’Assac sur « Sarkozy et la destruction programmée de la France ». Part. 10 .

13 décembre à Villepreux (Grand’Maisons, de 12h

à 18h). Fête du livre de Renaissance Catholique. Plus

de 100 auteurs, livres d’occasion et pour la jeunesse. A 11h : messe chantée. Dans l’après-midi, interventions de Jean Madiran, Jean-Marie Le Méné et Jean-Louis Harouel. Restauration rapide, garderie d’enfants avec spectacle. Part. 7 . Rens. 01-46-62-97-04.

14 décembre à Paris 7 e (ASIEM, 6 rue Albert de

Lapparent, 18h30). Sous l’égide du CLE, conférence du Pr d’économie Bertrand Lemennicier sur « Pour- quoi la démocratie est tyrannique ? ». Part. 10 .

plir sa tâche avec la disponibilité souhaitée. Une tâche qu’elle a accomplie, depuis qu’elle accepta en 2001 la difficile succes- sion de Jean-François Chiappe, avec un panache, un dynamisme, un courage et un désintéressement, voire un sens du sacri- fice — car rien n’est plus compromettant dans le monde des lettres où elle exerce qu’un compagnonnage avec le sulfureux RIVAROL — que nous n’avons cessé d’ad- mirer au fil des années.

“RÉVOLUTIONS”

Mais il y eut aussi une très bonne nou- velle : proposé à l’assemblée comme nou- veau président des “Amis”, Eric Delcroix fut littéralement élu par acclamations, les pré- sents ayant tous à l’esprits ses combats pour la liberté de la pensée et de la presse — il fut l’avocat de maints maudits, dont Robert Faurisson et notre journal —, menés avec une pugnacité et une détermination qui, on

le sait, l’ont scandaleusement privé de l’ho- norariat. Eric Delcroix n’est donc pas avo-

cat honoraire, la LICRA et autres Ligues en

ayant décidé ainsi, mais c’est pour nous un immense honneur de le voir présider une association dont il était depuis 1975 un

membre bienfaiteur.

La passation de pouvoir à la tête des “Amis” ne fut d’ailleurs pas la seule “révo- lution” annoncée. Les Editions des Tuileries éditant RIVAROL vont bientôt déménager,

en principe dans le même immeuble (bâti-

ment A, premier étage surélevé, porte gauche) du 1 de la rue d’Hauteville, mais dans des locaux plus exigus et donc moins

chers — d’où la formidable braderie de

livres que nous avions organisée. Dans son rapport moral et financier de 2008, notre tré-

sorier Jean-Paul Angelelli (qui a été recon-

duit, ainsi que la secrétaire Camille Galic qui, avec son complice Jérôme Bourbon, répondit aux questions politiques des pré-

sents, faisant ainsi le point sur l’actualité

politique) avait indiqué l’an dernier qu’« en progression constante depuis une quinzaine d’années, la diffusion de RIVAROL s’était

ralentie depuis le printemps 2007, les mau-

vais résultats électoraux ayant entraîné une grande déception, provoquant elle-même une nette démobilisation et donc un fléchis- sement des ventes ». « Nous avons le plaisir

de vous informer, dit-il au contraire samedi

dernier, qu’en dépit d’une morosité écono-

mique sans précédent, la situation s’est

redressée, en grande partie grâce aux efforts

de prospection que finance l’association ».

Une meilleure santé financière, donc,

comme le montre depuis quelques semaines le retour à un papier de meilleure qualité. Détail sans importance pour certains abon-

nés de longue date, mais qui compte dans la

conquête de nouveaux lecteurs sensibles à la présentation.

LE PACS, TROP RINGARD

Egalement reconduit avec enthou- siasme, le vice-président Ghislain de Diesbach enchanta l’assistance par des

« tableaux de ce temps » brossés avec

l’ironie corrosive et le goût du paradoxe qui sont qui sa marque. Ainsi reprocha-t- il au PACS d’être ”ringard” : « En effet,

que veut copier le PACS ? Le mariage entre deux êtres, sans certains de ses inconvénients. L’idée du couple est pré- éminente alors que la tradition française, au théâtre du moins, c’est le mariage à trois. On devrait donc pouvoir conclure un PACS à plusieurs, ce qui était d’ailleurs une idée du maréchal de Saxe selon lequel tout homme avait besoin, pour vivre agréablement, de cinq épouses légitimes… Se borner au cercle étroit du couple est donc un défaut du PACS et j’imaginerais volontiers plusieurs hommes et femmes vivant en commu- nauté, comme au temps des phalanstères de Fourier, voire des saint-simoniens. Il est vrai qu’en général ces expériences se terminaient mal… Le naturel reprenait vite le dessus et les vrais hommes se com- portaient en maîtres, voire en maris jaloux… » Mais le PACS n’est pas le seul fléau de notre époque, la dictature du confor- misme est pire encore, comme il ressort de cette anecdote également racontée par l’éminent historien, qui en garantit l’au- thenticité : un haut fonctionnaire, par ailleurs grand bourgeois, alla voir en famille le spectacle sur le procès de Marie-Antoinette monté par Robert Hos- sein et Alain Decaux et à l’issue duquel le public votait « soit l’acquittement ou la déportation, soit la mort ». Le lende- main, le personnage, « un peu embar- rassé quand même », avoua à une col- lègue : « J’ai voté la mort, pour faire plaisir aux enfants. » Comment résumer plus cruellement l’agonie d’une société ?

LES COMBATS DE BRUNO GOLLNISCH

Aucun conformisme bien sûr chez Bruno Gollnisch qui, après un exposé brillantissime sur l’Europe comme elle va, mal, mais aussi sur les quelques raisons d’espérer créées par la fondation de l’Alliance des Mouvements nationaux euro- péens dont il est l’un des plus actifs artisans (voir RIV. du 13 novembre), raconta ses com- bats contre les lois liberticides, en France comme à l’Europarlement où le vice-prési- dent du FN chargé de l’international lutte sans relâche pour le droit des peuples à disposer réellement d’eux- mêmes, en étant d’abord maîtres de leur pensée et en restant maîtres du génie propre de leur race. S’insurgeant quelques jours plus tôt à Bruxelles contre « la politique européenne systématique de libéralisation des visas qui est une entreprise idéologique de destruction des frontières extérieures de l’Union euro- péenne, après en avoir abattu les fron- tières intérieures avec les conséquences que l’on connaît : explosion des flux migratoires et des trafics transfronta- liers, sans même parler des facilités extraordinaires offertes aux terroristes de toutes obédiences », il avait ainsi dénoncé l’exemption de visas accordée

aux Albanais et aux Bosniaques et bien- tôt aux Kossovars. Et Gollnisch de ton- ner alors : « Faut-il rappeler en outre les conditions de la prétendue indépendance du Kossovo, par une déclaration unilaté- rale ? Faut-il rappeler que cette indépen- dance n’est même pas reconnue par tous les pays de l’Union européenne ? Faut-il rappeler enfin le sort dramatique des Serbes du Kossovo, persécutés sur leur terre ancestrale aujourd’hui coloni- sée ? » Un torrent d’applaudissements accueillit l’intervention du vice-président du FN qui devait ensuite s’attarder avec nos lecteurs et s’entretenir longuement avec le nouveau président des Amis de RIVAROL — auprès duquel il était venu plaider, en robe d’avocat, dans notre pro- cès dit « du pitbull », procès (et condam- nation) dont l’Histoire retiendra peut-être l’absurdité haineuse. Ainsi s’acheva une réunion mémorable au cours de laquelle s’étaient retrouvées, autour d’un verre et pour nous encoura- ger, plusieurs personnalités du monde politique : Annick Martin, secrétaire général du MNR, l’ancien député Pierre Descaves, membre du Bureau politique du Parti de la France, Pierre Sidos, prési- dent de L’Œuvre Française, Roland Hélie, l’un des dirigeants de la Nouvelle Droite Populaire, le conseiller régional de Lorraine François Ferrier, Marx Fredrik- sen, ex-président de la FANE, Gianni Corridori, secrétaire général du mouve- ment italien Fuerza Nuova, Claudine Dupont-Tingaud, présidente de Résister et Agir Pour la défense de nos identités, invitée à la tribune pour y évoquer les poursuites engagées à son encontre par trois anticolonialistes forcenés, Meddhi Lallaoui, Olivier Lecour Grandmaison et René Vautier, à la suite d’un de ses

articles, et le procès en appel qui s’en est

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novembre, etc. Parmi les nom- breux confrères journalistes et écri- vains présents, on reconnaissait aussi l’équipe du cher et feu Libre Journal de la France Courtoise avec Danièle de Beketch, Patrick Gofman et le mar- quis Jean-Paul Chayrigues de Olmetta, Emmanuel Ratier de Faits & Documents, Martin Peltier, Paul-Eric Blanrue auteur de Sarkozy, Israël et les juifs, Christian Brosio de Spectacle du monde, François Foucart bien regretté par les auditeurs de France Inter, Laurent Glauzy, Françoise Monestier, « Max l’impertinent » venu spécialement de Suisse où il étrille la Nomenklature dans Le Pamphlet, ou encore Yann Clerc, ancien secrétaire général du Figaro aujourd’hui secrétaire général de l’Asso- ciation pour la Défense du Maréchal — et sans doute en oublions-nous… En tout cas, que tous, en commençant par les bénévoles, soient remerciés pour avoir fait de cet après-midi, dans la foi et la bonne humeur, le rendez-vous de la France et de l’Europe réelles.

Jacques LANGLOIS.

suivi

le

France et de l’Europe réelles. Jacques LANGLOIS. suivi le Une réedition très attendue Lucien REBATET LES
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Lucien REBATET

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Ed. de la Reconquête, 178 pages, 24 ou 28 port compris. Egalement en vente à nos bureaux (chèque à Editions des Tuileries, 1 rue d ʼ Hauteville, 75010 Paris).

N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL

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Sondages de l’Elysée : l’UMP veut étouffer le scandale !

C IRCULEZ, il n’y a rien à voir ! Le

17 novembre, la commission des

lois de l’Assemblée nationale à

Cette explosion du nombre d’études com- mandées par la présidence de la Répu- blique date de l’accession à l’Elysée de l’ex-maire de Neuilly, ce qui prouve, comme le note le journaliste de gauche Laurent Joffrin, que « le sarkozysme n’est pas tant une idéologie qu’une méthode de vente, réfléchie et sophistiquée, ajustée au jour le jour dans un carrousel permanent d’interventions médiatiques, de petites phrases et d’images mises en scène ». « Jusqu’en 2007, sur dix enquêtes qui nous étaient commandées par l’exécutif, neuf l’étaient par le gouvernement, une seule par l’Elysée, aujourd’hui c’est l’inverse » confie à Libération un professionnel des sondages.

LA PRÉSIDENCE ANNEXE DE L’UMP

Quatre à cinq fois par semaine en moyenne, l’Elyséen fait donc passer ses faits et gestes au crible de l’opinion. Opinion- Way a mis en place « un baromètre des déplacements et des initiatives du prési- dent » qui a donné lieu à 68 “vagues” de son- dages (à près de 10 000 euros l’unité) entre début 2008 et

tion d’une minute de silence dans les éta- blissements scolaires en hommage au der- nier poilu », « la création d’une nouvelle promotion dans l’ordre de la Légion d’honneur » ou encore — comme le lui conseillait Camille Galic dans son édito du 13 novembre ! — « la suppression du jour férié du 8 mai ». Outre le prix exorbitant de ces sondages et leur nombre exponentiel, se pose le pro- blème du financement sur fonds publics de sondages préélectoraux commandés par l’Elysée et concernant l’UMP. Jusqu’au printemps dernier, la présidence de la République a sollicité des enquêtes sur « les têtes de liste pour les élections euro- péennes », « le premier tour des élections municipales », « l’analyse des résultats du premier tour des cantonales » ou encore « le climat politique en Ile-de-France ». Or, l’on ne sache pas que l’Elysée soit un parti politique, en tout cas pas officielle- ment. On mesure à quel point l’hyperpré-

sidentialisation du régime renforcée par le quinquennat et une médiatisation extrême

a des effets délétères.

forte majorité UMP a empêché la création d’une commission d’enquête parlemen- taire, réclamée par les socia- listes, sur les sondages de l’Elysée. Les députés sarko- zystes ont estimé « que la proposition de résolution était manifestement, et pro- bablement volontairement, contraire à la Constitution et qu’il n’y avait donc pas lieu de poursuivre ses tra- vaux ni de présenter un rapport ». Pour justifier son refus, la commission des lois ose invoquer « la spécificité du régime de responsabilité du président de la Répu- blique ». Or, ce régime défini à l’article 67 de la Constitution portant sur la Haute Cour concerne la responsabilité pénale du chef de l’Etat et nullement sa responsabi- lité politique. « Est-ce que l’Assemblée nationale, qui représente le peuple fran- çais, a le droit de regarder ce qu’on fait de l’argent des contribuables quand cet argent sert à manipuler l’opinion ? » s’in- surge ainsi François Bayrou.

DES MILLIONS

D’EUROS DILAPIDÉS

Car le scandale est réel. Epinglé l’été der- nier par la Cour des comptes (voir RIV. du

UN BUISSON D’ARGENT

D’autant plus que les factures payées par l’Elysée (donc par le contribuable) sont des plus curieuses. Le conseiller spécial de Sar- kozy, le publiciste Patrick Buisson, a porté plainte le 9 novembre pour diffamation et injures contre Libération qui s’était étonné des marges très confortables prises par l’an- cien directeur de Minute. Par l’intermédiaire

de ses deux sociétés, Publifact, puis Publio- pinion, Buisson s’est fourni massivement en sondages auprès de l’institut Opinonway. Or,

le patron de la chaîne Histoire a facturé près

de 1,1 million d’euros à l’Elysée en 2008 110 études que les dirigeants d’Opinionway avaient vendues 190 000 euros au cabinet de Buisson. Lequel « aurait donc réalisé un

bénéfice de près de 910 000 euros, soit une marge de 83 % ». Pour se défendre, le conseiller de Sarkozy explique qu’il ne se contentait pas des enquêtes d’Opi- nionWay et qu’il se livrait à une étude beaucoup plus approfondie pour le président. De toute façon, il fallait bien que Sarkozy remerciât d’une manière ou

d’une autre l’homme qui lui a donné les clés, les codes, le langage, les slo- gans lui permettant de mordre forte- ment sur l’électorat frontiste. Car désormais les hommes politiques ne gouvernent plus en fonction de prin- cipes directeurs, d’une doctrine mise en application, ne recherchent nulle- ment le bien commun, l’intérêt géné- ral, il s’agit d’adapter son discours et son action à des sondages manipulés et manipulateurs, il s’agit de flatter le grand public pour mieux le séduire et l’abuser. Au profit des puissances d’argent qui nous asservissent et nous détruisent.

Jérôme BOURBON.

qui nous asservissent et nous détruisent. Jérôme BOURBON. (Dessin de CHARD.) 31 juillet), l’Elysée a communiqué
(Dessin de CHARD.)
(Dessin de CHARD.)

31

juillet), l’Elysée a communiqué les fac-

l’automne 2009. A ces

tures à l’Assemblée nationale , après l’au-

études s’ajoutent les

dition par la commission des Finances le

traditionnels tests de

13

octobre de Christian Frémont, directeur

popularité et de

de cabinet de Nicolas Sarkozy. Le budget sondages de l’Elysée s’est élevé à 3,281 millions d’euros en 2008, à 1,989 million en 2009 et il est estimé à 1,424 million pour 2010, dit un rapport du député socialiste Jean Launay publié le 5 novembre sur les crédits de l’Elysée. Trois millions d’euros pour les sondages en 2008, cela veut dire que l’Elysée a fait réaliser des enquêtes tous les jours ouvrables !

confiance, les sondages préélectoraux et les Politoscopes. Dans son rapport, Jean Launay nous apprend que, début 2008, l’Elysée a payé 10 000 euros pour comprendre « les déçus de Nicolas Sarkozy ». Mieux, le Château a fait tester « l’observa-

Le “virus” Ségolène viendra-t-il à bout du PS ?

Heureusement que la dame du Poitou est là pour redonner du cœur à un président malmené dans l’opinion et contesté par une partie de sa majorité ! Selon Le Canard enchaîné, le 16 novembre, lors de la réunion hebdomadaire avec ses collaborateurs à l’Elysée, Sarkozy aurait glissé : « Merci, Ségolène » à propos du clash intervenu à Dijon entre la ci-devant candidate à la pré- sidentielle et son ex-premier lieutenant Vin- cent Peillon. Et d’ajouter : « Ségolène est un virus que les socialistes n’ont pas fini d’in- cuber. » En perte de vitesse dans les son- dages où elle arrive loin derrière DSK, Delanoë, Aubry et même Hollande, Royal est en mauvaise posture. Elle a atteint son… zénith lors de la campagne présidentielle de 2007 et ne s’est pas remise de sa très courte défaite en novembre dernier face à Martine Aubry. Comme elle n’imaginait pas de perdre alors qu’elle avait largement dominé les primaires en 2006 face à DSK et à Fabius, elle n’a pas préparé la suite, se désintéressant fort imprudemment de la ges- tion de son courant confiée à l’arriviste Peillon. Depuis un an, la présidente de la région Poitou-Charentes ne sait plus quoi inventer pour exister. Pour éviter le cumul des mandats, elle n’est pas à l’Assemblée et n’administre pas non plus de municipalité. Aussi gesticule-t-elle à intervalles réguliers pour que les media s’intéressent à elle.

UN “PASS CONTRACEPTION” QUI NE PASSE PAS

A la différence de la direction du PS, elle juge ainsi tout à fait légitime le débat engagé par Sarkozy et Besson sur l’identité nationale. Et, pour montrer qu’elle agit à la tête du conseil régional de Poitou-Charentes et qu’elle prend des initiatives progressistes, avant-gardistes, elle a eu l’idée saugrenue d’envoyer 1 400 « pass contraception » à une centaine de lycées de sa région pour une distribution gratuite à toutes les filles

mineures (voir page 12). Mais à vouloir agir dans la précipitation et faire n’importe quoi, Royal s’est brûlé les ailes une fois de plus. Non seulement le ministre de l’Education nationale s’est prononcé contre cette initia- tive car, selon lui, « l’Education n’a pas à se substituer au Planning familial, seul autorisé à prescrire des contraceptifs à un enfant mineur », mais Béatrice Cormier, la rectrice de l’académie de Poitiers, a été encore plus incisive, déclarant au journal de France 3 Poitou-Charentes avoir « demandé par courrier aux proviseurs de lycées de ne pas distribuer les pass contraception envoyés dans les établissements par le conseil régional ». Cela pour « des raisons juridique, comptable et morale », la rectrice étant « garante de ce qui se passe dans les établissements ». Difficile d’être plus cinglant. En tout cas, cette action de l’ex-candidate du PS montre que, contrairement à ce que croyaient cer- tains naïfs, y compris à droite, Royal n’est pas moins fanatique que ses petits cama- rades quand il s’agit de détruire la morale et la famille traditionnelles et d’exhorter la jeunesse à la débauche. N’oublions pas que, ministre délégué à l’Enseignement scolaire sous Jospin, elle fut déjà à l’origine de la « pilule du lendemain » distribuée gratuite- ment dans les lycées sans que les parents puissent s’y opposer alors qu’il s’agit d’un produit carrément abortif ! L’ex-compagne de François Hollande n’est pas plus inspirée dans la gestion de son courant. Alors qu’au congrès de Reims, elle avait réuni sur son nom au premier tour quelque 30 % des militants, faisant de sa “sensibilité” la première au PS, elle n’a pas su en récolter les divi- dendes. Le tandem qu’elle avait formé avec le sémillant Peillon, un de ces quin- quas du PS avides de pouvoir et de recon- naissance, n’a pas résisté au temps. Depuis un an, cette collaboration s’est peu à peu dégradée, avant de voler en

éclat à Dijon. Après sa défaite face à fifille Delors, Royal commet l’erreur de se détourner de l’appareil. Peillon en pro- fite pour prendre le contrôle du courant. Il fonde l’association « L’Espoir à gauche » et met la main sur la motion. Il lance dans la foulée un site internet où ne figurera bientôt plus la photo de Ségolène Royal en page d’accueil. En août, l’euro- député rassemble des élus écologistes, centristes et communistes autour de lui. Courroux de “Ségo” qui supplie vaine- ment ses proches de ne pas y assister. A partir de ce moment-là, elle prépare une contre-offensive pour reconquérir le ter- rain perdu. Ce sera l’opération Dijon, marquée par la venue surprise de la pré- sidente de la région Poitou-Charentes.

GUERRE PICROCHOLINE ROYAL-PEILLON

Depuis, le bras de fer tourne à la querelle de chiffonniers. Royal appelle de ses vœux une consultation militante après les régio- nales pour en finir avec l’intrus. Lequel pro- pose un vote avant mars. Pas question rétorque Royal : « Peillon ne doit pas oublier qu’il y a une échéance nationale et régionale ; c’est pourquoi, pour apaiser les choses, Ségolène a désigné un sage, Jean- Louis Bianco, à l’animation du courant », explique le ségoléniste Guillaume Garot. Pour Peillon, Royal s’est complètement décrédibilisée pour 2012 et son comporte- ment relève de la « psychiatrie lourde ». Elle juge quant à elle que son ex-lieutenant agit comme un “coucou” qui lui vole son bien. Cette guerre picrocholine amuserait les autres courants du PS, et notamment sa direction, si le spectacle ne rejaillissait pas sur l’ensemble du parti à la rose qui n’avait pas besoin de cela à quelques mois des régionales, alors même que les socialistes doivent faire face à forte concurrence au premier tour avec les

Verts qui, grisés par leur succès des euro- péennes, sont bien décidés à avoir la peau de la rue de Solferino, le Front de gauche de Buffet et Mélenchon, le MoDem de Bayrou et le NPA de Besancenot.

LES LIMITES DE LA DAME DU POITOU

Ce dernier épisode montre en tout cas les limites de Ségolène et sa gestion exécrable des rapports humains, beaucoup de ses proches ayant pris leur distance, du maire de Lyon Gérard Collomb aux responsables de la puissante fédération des Bouches-du- Rhône. Elle a pu s’imposer en 2006-2007 grâce à la dictature des son- dages et à son physique. Aujourd’hui le charme s’est évanoui : elle est inquiète devant l’ascension de DSK qu’elle avait humilié lors des primaires de novembre 2006 (savoir qu’Anne Sinclair puisse devenir première dame de France doit lui hérisser le poil !), agacée par la résistance de Martine Aubry qui semble plutôt bien tenir l’appareil alors même que son ex- concubin Hollande, aussi consensuel qu’elle est cassante, est lui aussi en lice pour 2012. Avec le recul, ce qui étonne, ce n’est pas la déconfiture actuelle de “Ségo”, ce sont les succès qu’elle a pu engranger, alors même qu’elle est totalement dépourvue d’épaisseur et que, lorsqu’elle est en diffi- culté, sa stratégie consiste invariablement

à souligner la prétendue misogynie de son

interlocuteur. Ainsi, alors que, pendant la campagne présidentielle, un journaliste lui demandait son avis sur une question de politique étrangère, elle avait rétorqué tout de go : « Poseriez-vous cette question à un homme ? ». Tout Royal est là !

J.B.,

<jeromebourbon@yahoo.fr>.

de go : « Poseriez-vous cette question à un homme ? ». Tout Royal est là

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N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL

Taxe Professionnelle : les maires en colère

N UL doute que si Nicolas Sarkozy

mitivement promis, au Congrès des

Maires de France qui se tenait le 17 novembre à Paris au lieu d’aller soi- gner son éternel bronzage chez le roi Abdallah d’Arabie séoudite, il aurait été copieusement conspué comme l’a été Fran- çois Fillon. Réforme territo- riale, réforme du mode de scrutin des conseillers régio- naux et généraux, recentralisa- tion rampante mais accrue, les élus locaux sont excédés. Et la suppression de la Taxe professionnelle est la goutte d’eau qui a fait déborder l’urne de leurs revendications négligées. Les maires des banlieues de nos grandes villes n’eurent jamais les moyens de s’opposer aux préfets dont l’obsession reste de construire le maximum d’im- meubles pour accueillir les populations nouvelles. Quand on bâtit des logements (et tout ce qui suit est à la charge de nos

communes), il faut aussi penser aux crèches, aux maternelles, aux écoles, stades et espaces verts qui vont avec. Sans compter les services sociaux. Quand on n’est pas sur le terrain, on a du mal à croire ce que peut coûter une école. Pour développer ces infrastructures, les com- munes ont dû s’endetter et, fatalement, partir à la recherche de ressources nou- velles. Les préfets eurent beau jeu alors

avait assisté, comme il l’avait pri-

beau jeu alors avait assisté, comme il l’avait pri- de dire : « Transformez vos terres

de dire : « Transformez vos terres agri- coles appelées à disparaître en Zones d’Activités Économiques, accueillez des industriels sur ces Zones et vous aurez les ressources de la Taxe Professionnelle générée par ces activités. » Effectivement, les tranquilles banlieues qui cédèrent aux chants des sirènes et aban- donnèrent leur calme bucolique et espaces verts au profit de ces activités virent, dans l’assiette des impôts alimentant leurs bud- gets, la part de la Taxe professionnelle prendre une importance de plus en plus grande. Chez Catherine Mégret, maire de Vitrolles, la T.P. représentait même les trois quarts des revenus de la ville ! Curieuse- ment, cela ne l’empêchait pas de réclamer, au côté de Jean-Claude Martinez — qui s’était fait l’avocat de la suppression de l’impôt sur le revenu —, la suppression de la Taxe Professionnelle ! On peut considérer que dans la strate des villes de 20 000 à 50 000 habitants, la T.P. représente le quart de leurs reve- nus. Il y a, comme on le sait, quatre taxes qui alimentent les budgets de nos villes et nul ne peut modifier le taux de ces taxes (en plus ou en moins) sans toucher de la même manière aux trois autres. La Taxe d’Habitation (payée en principe par tous les habitants de la ville) arrive avec la T.P. en tête de ces revenus. Puis, il y a le Foncier bâti, acquitté par les proprié- taires, et enfin, le Foncier non bâti sur les champs ou ce qui en reste. Cette taxe ne

procure plus qu’un revenu modeste et en diminution constante. Les maires de ces villes disent : « Nous avons écouté les promesses gouverne- mentales et sacrifié une grande partie de notre foncier disponible au profit d’acti- vités souvent sources de pollutions. Nous avons dû accepter la dégradation de nos chaussées et de nos cadres de vie pour obtenir les ressources nécessaires à notre expansion et au remboursement de nos dettes. La suppression de cette taxe fait donc peser sur nos budgets une menace considérable. Le gouver- nement promet (mais on sait ce que valent les pro- messes gouvernemen- tales) des compensations (jusqu’à une certaine date, d’ailleurs) mais ces compensations ne cou- vriront pas l’intégralité du manque à gagner. Il faudra bien trouver des ressources pour rétablir l’équilibre. Si les entreprises ne paient plus, qui paiera ? » Comme d’habitude : les particuliers. Après la Taxe Carbone acquittée en fai- sant le plein, après les augmentations de nos impôts locaux de plus de 4 % l’an dernier et de 8 % à la prochaine échéance, jusqu’où M. Sarkozy a-t-il l’intention de charger le baudet ?

Léon ARNOUX.

a-t-il l’intention de charger le baudet ? Léon ARNOUX. Du beau monde : Gaubert & Cie

Du beau monde : Gaubert & Cie

Le 14 novembre, Le Monde consacrait un long article a l’ordonnance de renvoi (signée du juge d’instruction Pallain) devant le tribunal correctionnel de Nan- terre d’un « ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy », Thierry Gaubert. Qui sera donc jugé pour « abus de confiance », « prise illégale d’intérêt », “escroquerie”, « recel d’abus de biens sociaux » et “faux” dans le cadre d’une affaire liée au « 1 % logement » qui remonte aux années 1980 et 1990. En 1999, des rapports de l’inspection

générale des Finances, de l’instance de contrôle du « 1 % logement » et de la Mission interministérielle d’inspection du logement social avaient en effet « per- mis de révéler de nom- breuses irrégularités dans le fonctionnement d’un collec- teur du “1 %”, Habitation française, et d’une associa- tion satellite, Habitation pour tous (HPT) », M. Gaubert étant « notamment

soupçonné d’avoir tiré profit d’opérations immobilières illé- gales lorsqu’il présidait ces deux entités (de 1984 à 1998 pour la première et de 1992 à 1994 pour la seconde) : Habi- tation française a, en effet, financé des programmes de construction ou d’acquisition- amélioration qui avaient été proposés par des sociétés pri- vées dans lesquelles les dirigeants du collecteur, dont M. Gaubert, détenaient des intérêts. » En mars dernier, considérant que M. Gaubert pouvait seulement être poursuivi pour « prise illégale d’intérêt » dans une opération immobilière, le parquet avait obligeamment requis un non-lieu général à son égard. Le magistrat instructeur est donc beaucoup plus sévère, qui renvoie en correctionnelle l’escroc présumé ainsi que ses complices, MM. Philippe Smadja, ancien directeur général d’Habi- tation française, et Didier Lamy, commis- saire aux comptes d’Habitation pour tous. Le quotidien de référence précise que M. Gaubert « fut chef adjoint de cabinet de M. Sarkozy lorsque celui-ci était ministre du Budget (1993-1995) ». Il omet de rappeler en revanche que ce playboy, époux de la princesse Hélène de Yougoslavie et qui, grâce à son asso- ciation, menait grand train selon Libéra- tion — « salaire annuel de 500 000 francs (76 000 euros) versé par une filiale de droit privé +70 000 francs de frais de cocktails +28 000 francs d’amendes de stationnement + un poste “pourboires et dons” de 30 000 francs », etc. — est aussi et surtout le frère de Patrick Gaubert. Président fondateur de Décider et Agir Avec Vigilance pour Israël (D.A.V.I.D.), membre de 1993 à 1995 du cabinet de Charles Pasqua où il prônait (et menait) une « répression ful- gurante » contre l’« extrême droite », et depuis 1999 président de la LICRA. Volontiers compagnons de vacances, Sarkozy et les frères Gaubert sont intimes. En 2004, c’est sous l’influence de l’actuel président que le chirurgien- dentiste Patrick fut propulsé tête de liste UMP aux élections européennes avant, Sarkozy ayant accédé à l’Elysée, d’être promu président du Haut Conseil à l’In- tégration. Du beau monde, on vous dit…

Florent DUNOIS.

tégration. Du beau monde, on vous dit… Florent DUNOIS. UN DROIT DE RÉPONSE DE GUILLAUME FAYE

UN DROIT DE RÉPONSE DE GUILLAUME FAYE

« Dans le numéro 2926 de RIVAROL, vous avez publié un article intitulé “Arche

d’Alliance” dans

lequel vous expliquez que M. Jean-François Touzé vient de fonder l’Alliance pour les Libertés , dite aussi “alliance occidentaliste”, nouveau mouvement politique dont je serais « membre du Bureau » et dont je diri- gerais le futur organe de presse Libres. Vous affirmez ensuite que la Charte de ce mouvement, auquel j’ad-

hérerais comme un de ses dirigeants, “se félicite de la réintégration pleine et entière de la France au sein de l’OTAN (…), affirme son attachement à la communauté euro-atlantique et sa totale solidarité à l’égard de l’État d’Israël”, et enfin “condamne le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme et toute vision ethnique de la société”. Or ces informations sont inexactes. En effet :

« 1) Je ne suis ni membre du Bureau ni adhérent de cette Alliance pour les libertés, comme je ne suis

membre d’aucune association politique ou parti, car je demeure idéologiquement libre et indépendant. Et je ne dirigerai jamais aucun journal que je n’aurais pas fondé.

« 2) J’apporte mon concours à tout colloque ou publication de tout mouvement, dans la mesure où mes

opinions ne sont pas censurées. Je partage avec M. Touzé un certain nombres d’idées (refus de la colonisa- tion ethnique de l’Europe, de l’islamisation, etc.) mais nous divergeons sur d’autres (atlantisme, notam- ment).

« 3) Il serait étonnant que je puisse approuver les passages de la “Charte” que vous citez puisque je

déplore l‘alignement européen sur Washington, la réintégration de la France dans l’OTAN et surtout que je penche bel et bien, comme tous mes livres le démontrent, pour une vision ethnique de la société et de l’his- toire.

« 4) En revanche (voir mon dernier ouvrage), je récuse l‘antisémitisme (ou antijudaïsme), l’impolitique

négationnisme, et l’anti-sionisme ; car je soutiens qu’un effondrement d’Israël serait une catastrophe pour l’Europe.

« Pour conclure, je participerai donc éventuellement à certains colloques ou écrits de ladite Alliance,

comme à ceux d’autres mouvements, mais pour y développer mes idées et non celles de ces derniers. » Nous maintenons bien entendu les informations données le 6 novembre puisque sur le site <www.drzz.info/article-france-lancement-de-l-alliance-pour-les-libertes—38278346.html> (tou- jours consultable sur Google), on pouvait lire le 26 octobre le communiqué de « lance- ment de l’Alliance pour les libertés » par Jean-François Touzé ainsi que la liste des « Membres du Bureau » : « Guillaume Faye, Jean-Claude Chaine, Pascal Delaunay, Michael Stone, Jean Lachaze, Etienne Lévy, Sacha Moscovici ». Etait (et est toujours) également annoncé que « le premier numéro de la revue trimestrielle de l’Alliance paraîtra dans les premiers jours de janvier 2010. Elle aura pour titre “LIBRES” et sera dirigée par Guillaume Faye ». Nous sommes heureux d’apprendre qu’ultérieurement à notre article, M. Faye s’est offi- ciellement du moins, retiré de ce mouvement qui, sur un autre site actuellement consul- table, <www.alliancepourleslibertes.com/> ne mentionne plus en effet M. Faye au sein de son Bureau directeur. Figurait en revanche l’appel à un grand « rassemblement de protestation et de soutien à Israël, le dimanche 22 novembre à 18h00 au théâtre du Gymnase, à l’appel du collectif “Jus- tice pour Israël” ».

Inutile INSEE

L ’INSEE (Intitut national de la sta- tistique) publiait le 12 novembre son bilan annuel portant sur l’état

de la France en 2008. Grande préoccupation de l’organisme public : la baisse de l’utilisation de l’au- tomobile et du temps passé sur la route par les Hexagonaux puisque l’usage de la voiture stagne depuis le boom des années 1982-1994. Une information qui n’est accompagnée d’aucune explication alors que tout est fait politiquement pour enquiquiner les conducteurs (zones urbaines “infranchissables”, PV tous azi- muts, retraits du permis de conduire…) Ce constat apparaît en tout cas pour les statisticiens du système comme autre- ment plus important que l’étude de la situation économique des Français. Si l’INSEE met bien en avant la disparité continue entre les plus riches (qui aug- mentent leurs revenus en moyenne de 3 % par an alors que le salaire médian ne croît que de 0,65 % par an) et les plus pauvres (+30 % de chômage en un an et demi), il ment également, par omission, en prétendant que le RSA a permis une diminution de la pauvreté en France alors même que les normes pour évaluer le seuil de pauvreté ont été récemment modifiées par le pouvoir sarkozyste, à son profit bien sûr ! Nous savions le travail de l’INSEE qua- siment inutile. Nous découvrons qu’il peut aussi être grotesque. Comme son étude sur l’éducation, remarquable par son extrême subjectivité si ce n’est son hypocrisie, dans laquelle les auteurs pré- sentent les Souchiens comme des fai- néants et des nantis. « Au sein des bache- liers de première génération, écrivent-ils, on peut distinguer les enfants d’immigrés (environ 15 %) : à milieu social compa- rable, ils ont des aspirations bien plus ambitieuses que les autres, et leurs parents croient davantage en la vertu des diplômes. » Ce n’est pas tout mignon, ça !

F.-X. R.

DALONGEVILLE EST SORTI DE PRISON

Il se passe toujours quelque chose à Hénin-Beaumont. Après une quinzaine de demandes de remise en liberté, l’avo- cat de l’ancien maire DVG Gérard Dalongeville vient d’obtenir la libération de son client détenu depuis sept mois dans une enquête sur des détournements de fonds. Deux complices présumés arrê- tés au même moment, Claude Chopin, son ancien premier adjoint, et l’homme d’affaires Guy Mollet, avaient été libérés dès cet été. La libération décidée par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Douai s’assortit évidemment d’un contrôle judi-

ciaire : le suspect devra pointer toutes les semaines au poste de police ou de gen- darmerie de son domicile. Et ce sera dans les Vosges, où l’ancien maire possède une maison de famille. Fait inhabituel, la chambre de l’instruction a demandé à Gérard Dalongeville de fournir une garantie de 30 000 euros sur ce bien, afin que l’argent d’une éventuelle revente n’échappe pas à la justice, si besoin. Simple coïncidence ou pas, la libération de Dalongeville s’est faite

le jour même où Marine

Le Pen lançait officielle-

ment sa campagne pour

les régionales dans le

N o r d - Pa s - d e - C a l a i s

depuis Hénin-Beaumont, ville où elle installe son QG. Pour l’occasion, a été montrée à la presse son affiche 4 par 3. Marine Le Pen est représentée sur scène à la façon d’une rockstar avec pour slogan « La voix du peuple ». À l’évidence un clin d’œil à la célèbre affiche de son père créée en 1990 : « Le Pen, le peuple ».

de son père créée en 1990 : « Le Pen, le peuple ». DIVERS  Des

DIVERS

Des prêtres indépendants luttent contre les réformes issues du concile Vatican II et le modernisme. Pr obtenir les lieux et horaires de messes en France, en Europe et dans le monde, tél. au 04-78-44-89-21.

N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL

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Le plus sidérant dans ce long discours est la dénonciation, par un des principaux responsables avec ses amis du RPR puis de l’UMP, des maux qui accablent notre pays. Citons-les en vrac : l’échec de l’école, l’affaiblissement de la valeur tra- vail, le renoncement à l’autorité, ou la contestation de l’autorité de la Police et de l’Etat. Mais, preuve que le président n’avait pas lu son discours avant de le prononcer, comment peut-il énoncer cette phrase : « En laissant croire que tout se vaut, (…) que tous les comporte- ments (…) se valent, on a porté un coup très rude à l’idée de civilisation et même à celle de société. Car dans une société civilisée, tous les comportements et tous les actes ne se valent pas » sans penser à Frédéric Mitterrand ?

… ET PAR YAZID SABEG

Le Président et la France

dans la transmission entre générations, par- tager les idées présidentielles quant à l’ori- ginalité et à la richesse de la culture fran- çaise. Néanmoins, la limiter ou insister sur la littérature nous paraît réducteur : la France manquerait-elle de peintres, de sculpteurs, de musiciens, d’architectes ? Quant à la relance d’une politique cultu- relle, nous demandons à voir… Il en est de même pour l’enseignement de notre langue et en générale pour l’enseignement, des classes primaires à l’Université et aux Grandes écoles. Les vraies réformes tar- dent à venir. Quel ministre mettra au pas ceux qui revendiquent le statu quo et plus particulièrement les situations acquises ? S’il est vrai qu’au cours des siècles la France a subi les conséquences des inva- sions — des Romains aux Arabes, des Francs aux Huns, des Magyars aux Nor- mands, des troupes étrangères qui ont tra- versé ses provinces —, les peuples puis les rois se sont acharnés à les en chasser ; elle a aussi assimilé les mercenaires issus de toute l’Europe qui ont servi dans les régi- ments étrangers de la monarchie et qui ne sont pas ensuite retourné dans leur patrie. Elle a également assimilé les Italiens, Espagnols, Portugais, Polonais, etc., venus travailler dans les mines, les aciéries, les chantiers, mais aussi les Arméniens fuyant les massacres perpétrés par les Turcs au

S ANS posséder de réels dons de comédien ou, suivant les circons- tances, de tragédien, aucun homme

politique ne réussirait à rendre crédible l’expression de convictions qu’en fait, il ne possède intimement pas, et qui lui sont soufflées par des rédacteurs de talent, mer- cenaires de plume comme d’autres l’ont été au risque de leur vie. Les convictions affichées dans le discours que Nicolas Sar- kozy a prononcé à La Chapelle-en-Ver- cors, le 12 novembre, dont j’ai écouté de longs extraits et lu les neuf pages, sont à l’évidence de celles qui lui sont le plus étrangères (lire édito du 20 nov.). On verra pourquoi dans la conclusion. D’ailleurs, les quelques centaines d’invi- tés présents étaient si peu convaincus que les applaudissements polis, timides et rares, n’ont véritablement éclatés qu’à l’af- firmation présidentielle selon laquelle « la France est un pays où il n’y a pas de place pour la burqa. » Démonstration éclatante du refus populaire d’une immigration à la fois ostentatoire, provocante, revendica- trice et éloignée de notre civilisation et de nos mœurs. Dans l’émouvante évocation des maquis du Vercors et des sacrifices consentis, Nicolas Sarkozy a cherché à exalter ce sen- timent indéfinissable qui donne (donnait ?) un sens à la vie et à la mort. En passant, il aurait pu rappeler que les promesses d’as- sistance des Alliés et du chef de la France Libre n’avaient pas été tenues, que les insurgés ne reçurent pas les armes et les munitions qu’ils espéraient, qu’ils furent abandonnés, sacrifiés face à l’armée alle- mande. Par contre, et il se sent obligé d’insister,

« je veux le dire parce que je le pense », les

longues tirades sur la « nation » sont de simples formules conventionnelles bien loin du vent d’épopée que Jean-Marie Le Pen, il y a quelques années, faisait souf- fler dans ses discours quand il parlait de la France. Comment Sarkozy le pourrait-il, d’ailleurs, quand la souveraineté de la France se dilue dans la Constitution euro- péenne ou son clone le traité de Lisbonne qu’il a imposé alors que les citoyens avaient rejeté la soumission de la France et sa dispersion dans un magma sans iden- tité ? Se rendant compte que la perspective de l’abandon de l’indépendance et de la souveraineté de la France peut rassembler, il accuse de façon caricaturale ses partisans d’“extrémisme” prônant la haine de l’autre plutôt que l’amour de la patrie.

DÉSIDENTITÉ :

LA PREUVE PAR LELLOUCHE…

Comme nous voudrions croire à ses affir- mations exaltées quand il évoque ce qui

constitue l’identité nationale ! Cette France formée de petites patries, de terroirs, de coutumes, de traditions, de croyances, d’architectures originales, de paysages, d’un art de vivre incomparable, de climats particuliers. Comme nous aimerions le croire quand il affirme « Pas un libre-pen- seur, pas un Franc-maçon, pas un athée qui ne se sente au fond de lui l’héritier de la Chrétienté qui a laissé tant de traces profondes dans la sensibilité française et dans la pensée. » Mais alors, qui ne voit l’extraordinaire contradiction avec la nomination de Pierre Lellouche au poste de secrétaire d’Etat aux affaires euro- péennes ? Alors secrétaire général adjoint de l’UMP, n’avait-il pas déclaré en 2004

« On serait fou de dire non à la Turquie »,

ajoutant : « L’objectif de l’Union n’est pas de fabriquer un club chrétien ni un club de riches mais de réunifier l’Europe dans la paix et la prospérité » ? Et, comme on n’est jamais mieux desservi que par ses amis, Egemen Bagis, ministre turc chargé des Affaires européennes, commentait en ces termes la nomination de Pierre Lel- louche : « Si Nicolas Sarkozy qui le connaît bien l’a nommé à ce poste, c’est pour une bonne raison. Je crois qu’il va influencer les autres membres du gouver- nement, qu’il va les convaincre des avan- tages de l’adhésion de la Turquie et qu’ainsi le bon sens va prévaloir à la fin. Pierre peut être un bon catalyseur. » Çà, nous n’en doutons pas ! Nous ne pouvons qu’adhérer aux déve- loppements relatifs au rôle essentiel que prend le travail et toutes ses riches variétés

début du XX e siècle. S’il est de bon ton aujourd’hui, pour les besoins de la cause, de dire que ces derniers venus ont subi les railleries ou les violences de certains, essentiellement pour des raisons écono- miques, ils se sont assimilés très rapide- ment. L’école, le catéchisme, le service militaire, le travail, les mariages ont fait de ces Européens — tous chrétiens, il est vrai — des Français à part entière. Aussi Nicolas Sarkozy utilise-t-il improprement le mot “métissage” qui, rappelons-le, se définit comme « l’union féconde entre hommes et femmes de groupes humains présentant un certain degré de différencia- tion génétique ». Si métissage il y a, il ne date que de moins de quarante ans — depuis que, théoriquement, l’immigration est stoppée mais que s’y est substitué le regroupement familial. Merci Giscard, merci Chirac. En dehors des coups de menton et des affirmations d’estrade, nous sommes curieux de savoir quelles mesures seront prises pour faire disparaître la burqa du paysage de nos villes et de nos villages ? Et d’apprendre comment les parasites seront exclus du bénéfice de la Sécurité sociale et autres prestations généreuse- ment octroyées à ceux qui, sans titre, se donnent simplement le mal de s’installer en France.

Enfin l’hymne à la nation, à la souverai- neté de la nation, à l’Etat national est de pure convention. Il est destiné, à quelques mois des élections régionales, à convaincre les électeurs nationaux qui avaient cru, lors des élections présidentielles, qu’enfin, un candidat du Système possédait des convic- tions conformes à l’intérêt de la Nation, de ne pas abandonner le parti majoritaire. Quand Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité, conteste la montée des communau- tarismes, quand Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires est chargé par le gouvernement d’une mission de lutte contre le racisme et le communauta- risme, quand la HALDE continue à recevoir des subventions alors que cette instance ne cesse d’encourager les minorités qui récla- ment toujours plus de passe-droits — qui ne voit que le discours de Nicolas Sarkozy est vain, mais qu’il peut néanmoins séduire des naïfs ? Enfin, quand Philippe de Villiers démen- tira publiquement les propos à lui tenus par Nicolas Sarkozy « Tu as de la chance, Phi- lippe, toi tu aimes la France, son histoire, ses paysages. Moi, tout cela me laisse froid. Je ne m’intéresse qu’à l’avenir », propos que le vicomte a rapportés à ses biographes Eric Branca et Arnaud Folch dans « Mystère Villiers » paru aux éditions du Rocher, nous croirons en la sincérité du président de la République.

Pierre PERALDI.

sincérité du président de la République. Pierre PERALDI. (Dessin de CHARD.) Après le plombier, l’Élysée veut

(Dessin de CHARD.)

Après le plombier, l’Élysée veut des journaliers polonais

Alors qu’à l’approche des élections régionales, le Machiavel au petit pied de l’Elysée a ressorti sa belle panoplie identi- taire et les pompeux discours aux accents péguystes, les solutions à la crise proposées aux agriculteurs français par l’entourage du pré- sident sont, elles, très loin d’être patriotiques. Elles lais- sent même littéralement pantois par leur indécence et le cynisme apatride qu’elles témoignent. En effet, dans le but d’alléger leurs coûts de production, un conseiller de Nicolas Sarkozy aurait pro- posé aux agriculteurs français de recruter des intérimaires polonais et roumains rémunérés au tarif en vigueur dans leur pays d’origine — soit 2 à 4 euros de l’heure — pour travailler dans l’Hexagone. L’Elysée a immédiatement nié qu’il

s’agisse d’une véritable “proposition”, affirmant vouloir seulement étudier la situation dans les pays qui font appel à cette main-d’œuvre faiblement payée, sans “nécessairement” l’importer en France. Pourtant, selon le syndicat « Légumes de France », cette idée scandaleuse a bien été formulée à Angélique Delahaye, présidente de l’organisation, par Christophe Malve- zin, conseiller de Nicolas Sarkozy pour l’agriculture. La suggestion aurait même été réitérée devant un responsable agricole du Vau- cluse reçu récemment à l’Elysée. Le gouvernement souhaiterait ainsi pous- ser les agriculteurs à créer des structures d’intérim à l’étranger pour faire venir des salariés, rémunérés aux conditions de leurs pays d’origine. Ce projet, derrière lequel on retrouve l’ombre de la directive Bolke- stein et du fameux « plombier polonais »,

directive Bolke- stein et du fameux « plombier polonais », scandalise évidemment la profession agri- cole

scandalise évidemment la profession agri- cole qui s’est toujours opposée à ce type d’exploitation et réclame une TVA sociale applicable à l’ensemble des productions agricoles, nationales et importées. Une telle TVA permettrait de partielle- ment corriger les distorsions de concur- rence, notamment vis-à-vis de l’Alle- magne où les employeurs bénéficient d’une exonération totale des charges sur la main d’œuvre saisonnière sans être tenus de respecter un salaire minimum. Mais l’Elysée ne paraît pas l’entendre de cette oreille et, à l’heure où le travail

local devrait être l’une de ses principales priorités, il préfère inviter les employeurs français à recourir à une main-d’œuvre étrangère bon marché, démontrant par là que, dans le cadre l’Union Européenne, c’est toujours le moins — disant en matière sociale et salariale qui tend à s’imposer aux autres et non l’inverse. Avec Nicolas Sarkozy et son aréopage de libéraux forcenés au pouvoir, le « dumping social » a, semble-t-il, encore de beaux jours devant lui.

Xavier EMAN.

UN RÉCIDIVISTE NOMMÉ GREMETZ

Qu’eût-on dit si Jean-Marie Le Pen avait tenté de s’introduire de force dans les studios de France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur, comme le député communiste “dissident” Maxime Gremetz l’a fait le 13 novembre dans ceuxs de France 3 Picardie ? Ce qui a d’ailleurs provoqué selon Le Parisien une « mêlée confuse », où Gremetz a fait un malaise après avoir tenté de distribuer quelques horions. Ce n’est pas la première fois que le camarade Maxime recourt à la force. En 1998, lors de l’inauguration d’une rocade près d’Amiens, il avait pénétré avec sa voiture dans un lieu interdit aux véhicules, bousculant au passage un officier de gendarmerie, le président du conseil régional de Picardie Charles Baur et le maire d’Amiens Gilles de Robien. Condamné pour coups et blessures, il fut gracié par son copain Chirac en 2002. Mais le 28 avril 2008, rebelote : lors d’une séance du conseil régional de Picar- die, il moleste un conseiller régional socialiste qui, de santé fragile, tombe à terre. Gre- metz nie, mais l’incident, qui a été filmé à l’aide d’un téléphone portable vidéo, fera les beaux soirs du site Daily Motion. Si l’on ajoute que le même a été poursuivi en 2006 devant le Tribunal des Prud’hommes par trois de ses collaborateurs (également communistes) pour harcèlement moral, propos injurieux et violences verbales, on admettra que l’homme a un riche palmarès. D’où le refus du PC de l’investir à nouveau lors des législatives de 2007, où il se présenta donc comme candidat indépendant… et fut réélu avec 59 % des voix ! Il est vrai que la presse locale comme nationale n’a jamais été bien méchante à son égard, lui passant tous ses caprices. Dissident ou pas, un coco a droit à tous les égards !

été bien méchante à son égard, lui passant tous ses caprices. Dissident ou pas, un coco

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N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL

6 N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL  Nous avons le plaisir de dédier

Nous avons le plaisir de dédier ce numéro à M. Rémi T., de St.-Rémy- L’Honoré « ami de RIVA ROL » dont la générosité nous permet de vous offrir ce Spécial 16 pages.

De Fernand BONAMY :

PRURIT BÂTISSEUR

Dans RIVAROL n° 2926, le Furet parle d’un long article du Figaro (5/10) dont pas moins de 5 journalistes étaient allés recueillir la bonne parole de Freddy Mitterrand. Le Furet a raison de parler du scandale des jeux vidéo et des « marques de noblesse qui leur manquent ». Mais il ne dit rien du prurit bâtisseur présiden- tielle. C’est tout un paragraphe qui y est consacré sous le patro- nage (« l’autorité morale ») de Jack Lang :

« Les grands chantiers sont l’expression du pouvoir régalien, chaque présidence veut porter les siens… » « Pour moi, le projet sera plutôt la future maison de l’histoire de France (…), je veux un lieu qui incarne tout cela (…), je chercherai la manière de le financer au mieux… ». Propos directement inspirés des arguments (faux) de Boumier, déjà à l’œuvre auprès du ministre pour pacser son projet de (fausse) reconstruction des Tuileries avec le projet de Sarkozy qui, non content d’interférer dans l’Histoire de France, veut apprendre aux « Français d’après » sa propre vision de l’histoire de France.

d’après » sa propre vision de l’histoire de France. ● De Claude SOREL : PINCE PRÉSIDENT

De Claude SOREL :

PINCE PRÉSIDENT

Notre “pince-président” ne se voit-il pas en pire, depuis qu’il lui fut rapporté qu’un jeune général Bonaparte avait adopté son style diabolisant et sa stratégie déconcer- tante « d’homme de génie » se muant en « petit caporal » pour les jeunes “gro- gnards” des cités, l’oreille pincée ? Je repose la question, ayant entendu sur l’agora le témoignage inverse, en toute conviction et sérénité d’esprit de la part d’honorables bourgeois de notre non moins honorable République, qui couronna trois empires français avant la Cinquième de Monarque-star. Dominique de Villepin, qui connaît bien les «cent jours» d’un nou- veau jeu de rôles napoléonien, n’apparaît pas à l’origine de cette indiscrétion…

De S. FORTEL :

ET LE DROIT DE L’ENFANT ?

L’adoption d’un enfant par un couple homosexuel apparaît de nos jours tout à fait normal ! Le défaut de l’Homme occidental en ce début de millénaire est de trop souvent uti- liser son intelligence au détriment des Lois naturelles. En effet si l’observation primait, nos dirigeant sauraient que seul un couple naturel, un couple instinctif composé de deux individus de sexes opposés peut assu- rer l’éducation et le développement moral d’un enfant. Le moment le plus propice au développe- ment physiologique, physique et moral de l’individu est la période menant jusqu’à la maturité ! N’oublions pas que l’homme a l’instinct et donc le devoir de perpétuer sa race. Il est donc impératif que l’enfant grandisse dans des conditions saines. Dans ce pays où le droit de chaque indi- vidu est mis en exergue en toute circons- tance, pourquoi oublie-t-on en l’occurrence le droit de l’enfant ? Si l’Eglise appliqua dès son début des règles de morale, c’est justement pour que l’homme n’agisse pas par envie, cupidité ou par égoïsme pour satisfaire des besoins qu’il ne peut réfréner. Confiriez-vous l’avenir de vos enfants à Frédéric Mitterrand ?

De G. RISTE

(<gaston.riste@laposte.net>) :

ANGLO-AMÉRICAIN

ET ESPÉRANTO

Deux titres sur la page 5 du n° 2923 :

d’une part le fac-similé du colloque “French-Turkish” organisé par le MEDEF et qui montre comment l’anglo-américain envahit l’espace linguistique français. D’autre part, “Université espérantiste”. Certainement il y a des paumés parmi les gens qui s’intéressent à l’espéranto, puis- qu’un journaliste le dit, mais il y a aussi parmi eux des linguistes qui ont apprécié expérimentalement l’efficacité de l’espé-

ranto comme propédeutique des langues nationales. Zamenhof se voulait le prophète d’une religion œcuménique, qui n’a eu aucun succcès. Mais quand il a lancé son projet de langue construite (qui est devenue par la suite une langue vivante), il a renoncé à tous ses droits, et il a précisé que

l’espéranto peut être utilisé « dans n’im-

porte quel but ». L’espéranto n’est pas une idéologie, c’est une langue internationale auxiliaire. Les espérantophones couvrent toute la gamme des opinions politiques. Aujourd’hui, le tsunami de l’impérialisme linguistique anglo-américain est le couron- nement de l’impérialisme économique et militaire US. Et la doctrine du multilin- guisme prôné par l’Union européenne n’est que le faux-nez de l’anglo-américain. Effec- tivement, seul l’espéranto y fait obstacle. Démonstration sur demande.

De Pierre JURVILLIER :

PLUS LE DROIT DE PARLER

Si j’ai bien compris, j’ai encore le droit de dire que les Bretons ont des chapeaux ronds, qu’en Alsace on trouve beaucoup de blonds aux yeux bleus, et que les gens du Midi se distinguent facilement grâce à leurs accents. Mais je n’ai plus le droit de parler de la couleur de l’équipe de France de football, je ne dois pas dire que les douaniers vien- nent surtout des îles, et que les marchés de banlieue sont très colorés. Alors, à tous ces censeurs autoproclamés qui pensent que ces gens-là sont chez eux chez nous, je voudrais leur rappeler cette devise pleine de bon sens, de mon grand-

père, à une époque où on faisait encore le

pain à la maison : « Ce n’est pas parce que une chatte fait ses petits dans un four qu’on les appelle des petits fours. » Bon courage à tous, entraînez-vous pour les combats de libération qui approchent, nous ne serons pas seuls en Europe.

De H. TRICOT :

POINCARÉ AVANT EINSTEIN

Dans votre n° 2925, un correspondant évoquait la place d’Einstein dans la décou- verte des théories de la relativité. Il semble bien que ce modeste employé du Bureau des Brevets à Berne ait beaucoup profité des recherches d’Henri Poincaré, mathémati- cien génial (il fut reçu à l’Ecole Polytech- nique en résolvant à l’oral un problème que l’examinateur jugeait insoluble !) et modeste. Son ennemi acharné Max Planck,

Prix Nobel et rédacteur des “Annales” de

physique, n’aimait ni la France ni ses savants, époque oblige. Il prit sous son aile A. Einstein et le dirigea dans ses recherches, sans faire attention à Poincaré. Noter d’ailleurs que le jury Nobel ne fut jamais dupe, puisqu’il décerna son prix à Einstein pour d’obscures recherches sur l’effet photo-électrique et non pour ses théories sur la relativité. Tout cela a été parfaitement expliqué dans un ouvrage passionnant écrit par un poly- technicien. Il y a quelques années, le livre a été analysé dans la revue de l’X, La Jaune et la Rouge, et votre lecteur pourra lui écrire pour obtenir le nom de l’auteur et de l’éditeur. Merci encore à RIVAROL et à ses lecteurs qui, chaque semaine, permettent d’aborder des sujets que l’on ne discute nulle part ailleurs.

De Jean BERNARD :

SUJET TABOU

A propos du « sujet tabou » évoqué par Jean-

Christophe M. dans RIV. du 30 oct. Les États-Unis ont écrit l’histoire de la recherche nucléaire de manière égocentrique en mettant en avant Einstein et Fermi. En fait d’autres pays ont fait avancer la recherche — la France avant 1940 et surtout l’Allemagne jusqu’en 1945. Des savants allemands travaillant en parti- culier pour le Kaiser Wilhelm Institute : Hei- senberg, Hoffmann, Otte Hahn, Strassmann, Flügge, C.F. von Weizsäcket, Mattauch, Wirtz, Geiger, Bothe, Fleischmann, Clusius, Dickel, Harteck et Stetter ont exploré toutes les pistes de l’énergie atomique. Mais leurs travaux n’ont pas eu la priorité, les dirigeants nazis croyant d’abord à une guerre courte (cam- pagnes de la guerre-éclair). De plus, ces tra-

vaux étaient couverts par un secret militaire. Enfin, au moment de l’effondrement de l’Al- lemagne, une unité spéciale des Forces améri- caines, la « mission Alsos », a eu l’ordre de se saisir de toute réalisation des savants alle- mands dans le domaine du nucléaire ; les sites en question étant, en dehors de Berlin, surtout basés dans le sud de l’Allemagne, partie de la zone américaine rétrocédée aux Français. Le tout expédié aux Etats-Unis, et couvert à nou- veau par le secret militaire. Je peux mentionner deux ouvrage sur ce sujet : « La Maison des Virus » de David Irving (R. Laffont 1968) et « La Bombe de Hitler » de Rainer Karlsch (Calmann-Levy, 2007).

De Pierre B. (Frontignan) :

UN PRÉCURSEUR

A la question “des rivaroliens peuvent-ils

m’indiquer des textes sur ce sujet tabou ?”, voici au moins une réponse, concernant Henri Poincaré : un article détaillé se trouve dans le n° 931 la revue Science & vie (avril 1995). Signé Renaud de La Taille, il s’intitule : “Relativité - Poincaré a précédé Einstein”.

Il est illustré par les propos de prix Nobel de physique comme lorentz (1902) et Feynman (1965) qui attestent bel et bien l’antériorité et la paternité des travaux d’Henri Poincaré.

De Jean-Paul T. (Flavigny) :

LONGUE AGONIE

Je vous prie de croire à mon attachement à

RIVAROL, même si vous lire n’est plus hélas pour moi que prendre connaissance du bul- letin de santé de la longue agonie d’un mou- rant, qui au fil des ans s’est vu amputer de ses membres un à un et aujourd’hui, sur ce corps grabataire et tronqué, pullulent les chancres et les mouches à viande. Je termine par une confidence. On m’a affirmé que l’Oncle Joseph hurlait et cognait au cercueil, empêchant le repos des autres camarades, depuis que la rumeur lui était parvenue qu’en France, les prolétaires ne luttaient pas pour sauver l’usine et l’outil de travail mais pour l’obtention bassement capitaliste d’indemnités considérables.

De Patrick B. (Le Mans) :

VICE ET SCHIZOPHRÉNIE

Le vice et la schizophrénie de nos gouver- nants sont désespérants. Dans le même temps où ils enjoignent à la gendarmerie de traquer sévèrement les collectionneurs d’images pédophiles, ils exonèrent de tout

Noël 2009 Pour faire plaisir, pour nous aider, pourquoi ne pas (vous) offrir un abonnement
Noël 2009
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Ecrits de Paris + 30 cartes postales de Chard :
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Tarif spécial (France uniquement) réservé jusqu’au
31 JANVIER 2010 aux lecteurs n’ayant jamais été abonnés

reproche les magistrats qui libèrent précoce- ment les délinquants sexuels même récidi- vistes et ils demandent à l’opinion, sous menace de la taxer de fascisme, de dispenser de toutes poursuites et même de tous remords des criminels sexuels avérés au motif qu’ils sont réalisateurs de cinéma ou

ministres… entre autres. Nous ne devrions toutefois pas en être sur- pris, puisqu’en 1977 déjà, Kouchner et Lang

réclamaient pour tous la liberté totale avec

les enfants mineurs “consentants”. Qu’on relise donc, ne serait-ce que dans votre courrier des lecteurs cette fameuse pétition affichée dans les colonnes “Le Monde” du 26 janvier 1977 ! [Cette pétition a été citée dans « Droit aux lettres » du 23/10]

De Yves Le F. (Le Beausset) :

COMBAT PERDU D’AVANCE ?

Il est grand temps de renouveler mon abon- nement si je ne veux pas être privé de ma « drogue hebdomadaire ». A cette occasion je salue amicalement les collaborateurs : la vieille garde d’abord bien sûr, mais aussi la brillante cohorte des « petits nouveaux » qui, à la suite de Jérôme Bourbon, ont donné un nouveau “punch” à notre hebdo. Je lis dans le courrier des lecteurs (que j’af- fectionne particulièrement) du 9/10/09 les lettres de MM. Bernard B. de D. qui pense que “R” est inféodé au FN et de M. Martin S. qui pense, de son côté, que “R” est hostile au FN. Quelle triste querelle byzantine ! Sur le fond, je crois que la seule chance (bien que mince !) de s’en tirer serait de se placer, sans ambiguïté, en dehors du système. Malheureusement, les uns et les autres jouent le jeu électoral. Or, on ne peut pas être à la fois contre le système (qui n’est absolument pas amendable) et en profiter (en se faisant élire député européen par exemple !)

On sait depuis 2002 que nos idées sont tota- lement exclues du débat politique, et sans espoir d’être acceptées dans les conditions

actuelles — donc l’élection est un combat

perdu d’avance et inutile. Seul pourrait nous sortir de cette situation un cataclysme financier qui conduirait à un cataclysme politique, mais cela se fera dans le sang… et le résultat reste incertain. Maintenant, il est à craindre que les 3 ou 4 petites formations d’extrême droite pas- sent, ensemble, difficilement, la barre des 10 % de l’électorat et c’est absolument sans intérêt — sauf pour se faire plaisir peut- être !

De Jean-Marc V. (Montauban) :

VIVE LA CHINE !

Je ne renouvelle pas mon abonnement à RIVAROL à cause de l’article intitulé « Chine populaire : 60 ans, 65 millions de morts » et publié dans le n° 2922.

De J. G. (Saint-Pourçain) :

RIEN

La phrase d’Attali (RIV. n° 2925) : « Je suis parti de rien et y suis arrivé. » est savoureuse. Il est arrivé où ? Il répond : « A rien. » Attali n’est-il pas le fondateur de la BERD, banque européenne de développement qu’il a lais-

sée dans la “…erde” ?

développement qu’il a lais- sée dans la “…erde” ? ● De Marc L. (courriel) : LA

De Marc L. (courriel) :

LA TAXE CARBONE :

UN HOLD-UP FISCAL

La taxe carbone qui sera prélevée dès 2010 va certainement peser lourd et rendre la vie plus difficile à beaucoup de nos compatriotes comme le souligne M. Grégoire Duhamel dans votre édition du 25 septembre 2009. Mais l’un des aspects les plus pervers et qui pourrait “métastaser” complètement le pou- voir d’achat des ménages n’a pas été évoqué. Je serais en effet fort surpris si chaque acteur économique (transporteur, grande surface, industriel, pêcheur, etc.) ne répercu- tait pas ce nouveau racket fiscal directement sur les ménages, lesquels paieront donc le nouvel impôt plusieurs fois. Les imposteurs qui nous gouvernent depuis des décennies et nous conduisent à notre dis- parition totale de même que les idiots utiles qui les servent se sont juste bornés à indiquer que le pétrole serait taxé une fois de plus, se gardant bien d’annoncer que par voie de conséquence les produits qui en sont issus allaient eux aussi augmenter. Il semblerait que ce hold-up fiscal soit une nouvelle TVA bis qui va sans doute relancer l’inflation. Mais aucune des officines au service de la dictature qui ont en charge le formatage des cerveaux ne s’est élevée contre ce racket des- tiné à éponger la gabegie et le gaspillage de l’argent public. J’aimerais ne pas avoir raison. Encore une fois, toutes mes félicitations pour votre courage et la pertinence de vos arguments.

N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL

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Juifs et Arabes ou l’illusion d’un antagonisme politique

par Eric DELCROIX

mune avec un grand concours de peuple bigarré. Moment de hourvari consensuel où même l’évêque est accepté, en fait comme pénitent : tout cela n’est-il pas imputable au racisme des Français de souche, chrétiens ou postchrétiens ? Sans problème, l’évêque il aime ça… Shalom, salaam, paix ! Enfin, ce n’est pas un hasard si l’associa- tion de vertu antiraciste la plus prompte à saisir la justice, lorsque les Arabes ou les musulmans sont critiqués par un “Sou- chien”, est la LICRA. Guillaume Faye en sait quelque chose puisqu’il dut en son temps payer son écot à cette organisation sioniste subventionnée pour avoir écrit La Colonisation de l’Europe (2000), livre essentiellement anti-islamique. En effet, la LICRA est l’une des associations les plus extrémistes en matière d’immigration, fût- elle islamique ; elle est de ce point de vue certainement la première. La LICRA veut que les Arabes puissent s’installer partout où ils le veulent à travers le monde. Sauf en Palestine ! Et ce n’est toujours pas par hasard si le recteur de la mosquée de Paris, le cauteleux M. Boubakeur, est commen- sal habituel du dîner annuel du CRIF… Il peut y parler arabe, non seulement avec des séfarades accueillants et diserts, mais aussi avec les ambassadeurs des princi- paux pays arabo-musulmans. Viande casher ou hallal — même rituel, même cruauté superstitieuse —, où est la différence ? Kadmi Cohen avait raison, dans son livre Nomades (1929), de souli- gner les traits psychologiques profonds qui unissent, au-delà des vicissitudes sociales et politiques, Juifs et Arabes — immi- grants nés — par opposition à nous, les “Roumis”. Notre patrimoine doctrinal, la lecture de nos auteurs de référence, per- mettent de se prémunir contre certaines naïvetés. Puissent les militants nationaux y revenir.

* Guillaume Faye a rejoint brièvement l’Al- liance pour les libertés, annexe de l’ultra-sio- niste Nouvelle Droite Républicaine de l’inénar- rable Jean-François Touzé (NDLR. Voir dans le n° du 6/10/09 l’articulet « Arche… d’Al- liance »), et dont l’emblème comporte l’image de la statue de la Liberté… (Voir son droit de réponse page 4)

J E SUIS sidéré par la

nombre de militants

naïveté avec laquelle

(Dessin de CHARD.)
(Dessin de CHARD.)

pourtant alliés indéfectibles et incondition- nels de l’Israël ! Illustration saisissante de la pertinence de l’opinion de Renan sur l’indifférence levantine au principe de non- contradiction cher à Aristote… Et quand les États-Unis ont entrepris deux guerres

contre l’Irak, essentiellement pour satis- faire aux desiderata de l’Etat sioniste, l’Arabie séoudite s’est empressée de leur servir de porte-avions. Non, les F16 de

Ryad ne combattront pas les F16 de l’avia- tion israélienne ; non, les rapports entre Arabes et Juifs, à Wall-Street, cette sou- pière à pétrodollars, ne sont nullement ten- dus. Ils sont cordiaux, et c’est tant mieux pour eux et pour la Bourse ; et c’est tant pis pour les Palestiniens. Mais enfin, me dira-t-on, les guerres israélo-arabes ont tout de même bel et bien existé ! Certes, mais elles furent essentiel- lement conduites par des régimes arabes laïques, aspirant à une renaissance arabe inspirée par des modèles occidentaux. Ces États furent — outre la Jordanie géogra-

phiquement acculée sur le champ de bataille — l’Égypte de Nasser, l’Irak d’avant la chute de Saddam Hussein et la Syrie. Seul demeure le régime syrien, mais privé de pétrole ainsi que de l’appui de la défunte URSS, il n’a plus qu’une marge de manœuvre très ténue. Bref, il ne reste plus grand-chose des ennemis arabes de l’Etat d’Israël. Quasi plus rien… A l’échelle nationale, comment croire à une réelle hostilité entre Juifs et Arabo- musulmans ? La cohabitation judéo-arabe dans les banlieues du chaos ethnique, par- fois réelle comme à Sarcelles, se passe plu- tôt bien. Elle se passe certainement mieux qu’avec le prolétariat gaulois, qui n’aspire qu’à s’esbigner, à fuir la Seine-Saint- Denis, fuir le “9-3” et sa mixité “sociale”. Bien sûr, de loin en loin un adolescent beur paumé tague une synagogue, symptôme caractéristique de l’« âge bête »… Alors, immanquablement, rabbins et imams se mobilisent et, main dans la main, organi- sent incontinent une manifestation com-

et cadres nationaux, tels ceux du Bloc Identitaire, de la Nouvelle Droite Républicaine ou encore

Marine Le Pen ou Guillaume Faye*, s’ima- ginent qu’il existe un antagonisme réel entre Juifs et Arabes. L’illusion tient probablement au mépris traditionnel que nourrissent réciproque- ment les basses classes de ces deux communautés ; mais cette agitation récurrente et superficielle tient simplement à un manque d’urbanité codé qui ne doit pas tromper l’observateur européen attentif. Il ne s’agit là que d’un jeu déroutant entre sémites. Au surplus, comme l’avait noté déjà Ernest Renan, le décalage entre le dis- cours et la réalité est particulièrement cou- rant et normal dans les civilisations sémites où l’on est peu regardant sur le principe de non-contradiction.

Il est pourtant facile d’illustrer mon pro-

pos sur le caractère illusoire de l’antago- nisme judéo-arabe avec l’actualité, à

l’échelle tant internationale que nationale.

A l’échelle internationale, comment peut-

on croire à une réelle hostilité entre l’Etat d’Israël et ses voisins arabo-musulmans ? C’est seulement entre Israéliens et Palesti- niens que perdurent la haine et la guerre. Mais les Palestiniens sont bel et bien lâchés par leurs “frères” arabes, du point de vue tant politique que militaire, en dépit du sort toujours pénible et souvent atroce qui leur est fait par les Israéliens. Il ne faut pas oublier que le verrouillage du sud de la bande de Gaza, ce vaste camp de concen- tration, est assuré par l’armée égyptienne, en collaboration avec la Tsahal. Au Moyen-Orient, les États arabes soutiennent les Palestiniens par le discours, mais guère de façon tangible. Tout au plus leur octroient-ils quelques chèques pour les œuvres sociales, encaissés vraisemblable- ment via la banque Leumi Israël… Car les médecins volontaires norvégiens ou cana- diens qui soignent les victimes palesti- niennes et leurs ONG réclament un mini- mum de médicaments… Les fleurs de rhé- torique et les sérums antitétaniques n’em- pêchent pas l’armée sioniste de persécuter et de tuer des Palestiniens. L’Israël est environné par plus de 130 millions d’Arabo-musulmans (Arabie, Égypte, Émirats, Irak, Jordanie, Liban, Syrie et Yémen), ce qui n’est pas rien, d’autant plus que leur sphère d’influence islamique va très au-delà et jusqu’en Indo- nésie — les musulmans sont environ un milliard ! Les pays arabo-musulmans de la région disposent au surplus d’atouts straté- giques formidables. Ils commandent l’un des principaux robinets du pétrole mondial et possèdent une gigantesque manne finan- cière subséquente. Or, à l’exception notable et résiduelle de la Syrie, tous ces pays se veulent les amis des Américains,

Identification obligatoire pour le souchien, désidentification massive pour l’Autre

Les termes d’identification et de désiden- tification sont des concepts psycholo- giques et sociologiques d’une éternelle actualité. D’une brûlante actualité, ajoute- rions-nous, en ce qui concerne la vie des sociétés occidentales. L’identification est un processus conduisant un acteur social à considérer comme l’un des siens tel ou tel membre grâce à des points communs qu’il décèle dans celui-ci ou dans celui-là. La propagande stato-médiatique explique au Souchien depuis une quarantaine d’années (et d’une manière intensive depuis trente ans) que l’immigré africain est son frère, qu’il fait partie de la même communauté que lui, du

même groupe : l’Humanité. Son sang est rouge comme le sien et, comme lui, il est sus- ceptible de souffrir. Ainsi, depuis des lustres, le petit homme blanc est invité à considérer l’Autre comme un membre du groupe, comme un insider et non comme un outsider. Adulte, il y est contraint, sous peine d’amendes et de disqualification sociale ful- gurante. On connaît le sort réservé à tous les Dupont Lajoie en puissance… Et l’image peu reluisante qu’on leur inflige. Nous pourrions donc dire sans crainte que, au sein de la société blanche, le processus de désidentifi- cation s’applique exclusivement à l’encontre des résistants à l’identification obligatoire ! Une personne bien élevée, objectivement humaine, ne pourra être l’ami d’un outsider d’extrême-droite. C’est d’ailleurs cette idée lancinante qui a autorisé une abondante créa- tion cinématographique dirigée contre ces nouveaux untermenschen, à l’instar du navet Comme une bête dans lequel plusieurs skin- heads sont brûlés vifs dans une parfaite allé- gresse : cette tuerie doit être vue par le spec- tateur comme logique, positive, naturelle. Le point paroxystique de la désidentification ! L’ennui est qu’au sein de la population allogène, la population blanche est, elle, vue d’une manière globale, comme le montrent les multiples attaques de petits Blancs perpétrées (voir la dernière Techno Parade) par une foule homogène de Blacks. Il est d’ailleurs normal que dans une société multiethnique comme la France, l’ultime conséquence de la dési- dentification inéluctable soit la violence de masse. L’éminent sociologue néerlandais

Abram De Swaan énumère les conditions de la naissance de cette violence : 1) quand les néo-barbares « croient que leur action est justifiée », 2) quand leurs supérieurs ou dominants « les soutiennent dans cette croyance », 3) « quand ils pensent qu’ils ne seront pas punis pour ces actes », 4) « quand ils s’attendent à en retirer un butin, du sexe ou de l’honneur ». Toutes ces conditions existent, sont connues ou ressenties par les jeunes allogènes qui sont chez eux chez nous. De Swaan (lui, le grand sociologue européen respecté !) ajoute qu’il existe certains êtres humains qui « portent en eux le potentiel d’un com- portement violent qui pourrait bien être inscrit dans leur code génétique » (dans Violences et sociétés, conférence pronon- cée lors du Congrès de l’Association fran- çaise de sociologie, le 14 avril 2009). Y aurait-il ainsi une race plus encline que les autres à se comporter violem- ment ? Ce qui est sûr, c’est que le kung foutre (c’est-à-dire le tabassage des Blancs pour le plaisir dans le jargon afro- djeun’s) devient avec le temps « une source d’ivresse fulgurante, avec un sen- timent de puissance et de contrôle surhu- main sur la vie des autres, un sentiment d’invulnérabilité et d’invincibilité. » Espérons que nos frères indigènes vont très prochainement cesser leur apnée iden- titaire en engageant leur propre processus de désidentification afin d’échapper à leur assujettissement moral et physique.

François-Xavier ROCHETTE.

Ecrits de Paris AU SOMMAIRE DE NOVEMBRE 2009 Jérôme BOURBON : Traité de Lisbonne, une
Ecrits de Paris
AU SOMMAIRE DE NOVEMBRE 2009
Jérôme BOURBON : Traité de Lisbonne, une ratification à marche forcée —
Pierre PERALDI : Pittsburgh, la montagne accouche d’une souris — Laurent
BLANCY: Caucase, la Russie sur plusieurs fronts — Marc ROUSSET : L’Europe
doit changer sa vision de la Russie — Jean-Louis OMER : En souvenir, le destin
tragique d’Anne-Lorraine — Georges DILLINGER : L’anti-art, une des straté-
gies du nihilisme — Jacques-Marie URVOY : Bloc-notes d’un catholique — Jean-
Luc LÉOPOLDI : Chronique de la dissolution — Thomas SCHROEDER : “Apo-
calypse”, questions sans réponse — Jean SILVE de VENTAVON : A l’écoute de
Clio — Patrick LAURENT : Horreurs, erreurs et bonheurs.
1 rue d ʼHauteville, 75010 Paris. Prix : 6 e (8,30 e fco). Abt un an : 53 e .
Chèques à l ʼ ordre dʼ Editions des Tuileries
Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97 ou <contact@rivarol.com >.

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N° 2929 — 27 NOVEM

Etats-unis : (maigre) bil

Ron Noble, du carnage de Waco à la présidence d’Interpol

L E VACARME fait autour du

Hadopi ou du recueil de don-

nées Eloi sur les clandestins et la feinte indignation des défenseurs autoproclamés de la liberté de penser sont indécents au pays de la Loi Gays- sot. Et n’ont d’égal que le silence médiatique sur le brutal renforcement planétaire d’Interpol, incontrôlé et incontrôlable, au prétexte de pour- suivre le crime international, le terro- risme, la corruption ou la pédophilie transfrontières. Depuis huit ans, Inter-

fichier Edvige, de la Loi

pol est dirigé par Ronald K. Noble, celui qui précipita l’holocauste des 80 Davidiens brûlés vifs le 19 avril 1993 à Waco (Texas) parce qu’ils en savaient trop sur les agissements de ses commanditaires.

en savaient trop sur les agissements de ses commanditaires. groupes religieux rebelles, protégés par la Constitution,

groupes religieux rebelles, protégés par la Constitution, ne se comptent plus. Mais on le sait aujourd’hui, respectueux des lois, les Davidiens surveillaient depuis des mois, au su et au vu de tous, un aéro- port datant de la Seconde Guerre mondiale, limitrophe de leur site et à partir duquel la CIA se livrait au transport d’armes, de drogue, d’argent sale, etc. Tous ceux qui trempèrent dans l’organisation et l’exécu- tion de l’opération ne pouvaient ignorer ces faits. Le 28 février 1993, un détachement du FBI et du BATF (Bureau du Tabac, de l’Al- cool et des Armes à Feu) prétendant déte- nir un mandat de perquisition tenta d’en- trer en force, tuant six Davidiens et en

1993 : ASSAUT CONTRE LES DAVIDIENS

La Branche Davidienne des Adven- tistes du 7 ee Jour, ou “Davidiens”, est issue d’une série de schismes com- mencés en 1893 chez les protestants de cette dénomination. Installés à Waco dans les années 1930, bien que clas- sés “secte” et à ce titre pourchassés, ils étaient honorablement connus dans la région où beaucoup d’entre eux, cultivés et diplômés, travaillaient. David Koresh, 33 ans, de son vrai nom Vernon Wayne, avait pris la tête de la communauté en 1992 et supervisé la construction en bois du cou- vent du Mont Carmel au nord-ouest de Waco. Il y avait entreposé un arsenal, régu- lièrement contrôlé par le shériff de la ville, en prévision de l’Apocalypse ou d’une attaque du gouvernement fédéral, l’ennemi des Davidiens. L’histoire des Etats-Unis n’est-elle pas un interminable bras de fer entre citoyens et pouvoir central ? Les mouvements séditieux initiés par des

Le premier “exploit” du général Clark

Les rapports du FBI et du BATF sur le siège de Waco au Texas sont des tissus de mensonges, tout comme ceux instruits par Noble ou par la Commission parlementaire Danforth, sévèrement critiquée. Notam- ment par l’avocat de David Koresh, Dick DeGuerin, qui se trouvait à l’intérieur des bâtiments pendant le siège, et par l’ancien procureur général Ramsey Clark : « Cette attaque de l’Eglise du Mont Carmel restera comme la plus grande tragédie du maintien de l’ordre dans l’Histoire des Etats-Unis ». Pour la journaliste Carol Moore, dans son livre Overview of Davidian Massacre, « il est vraisemblable que les agents du FBI ont délibérément saboté les négocia- tions avec les Davidiens pour les empêcher de sortir du Mont Carmel. Leur but était de détruire le bâtiment et d’effacer les preuves même si cela impliquait le massacre de douzaines d’hommes, de femmes et d’enfants, témoins de la brutalité de l’attaque ». Alors que la Constitution améri- caine interdit expres- sément l’utilisation de l’armée sur le ter- ritoire des États- Unis, l’exception- nelle gravité du drame de Waco s’ex- plique par la partici- pation d’unités mili- taires — détache- ment héliporté de la Delta Force de Fort

Bragg, 10 chars Bradley M3, 5 chars

M728, 5 tanks de dépannage M88, 1 char Abrams de 55T à canon de 120 mm. Tous appartenant à la Division Blindée du

III e Corps de l’Armée US, commandé par

Wesley Clark. Le même général Wesley

Clark qui, six ans plus tard et sous prétexte

de libérer le Kossovo, allait mettre la Ser-

bie à feu et à sang avant de s’en justifier ainsi : « Il n’y a plus place dans l’Europe moderne pour des États ethniquement purs. C’est une idée du XIX e siècle et nous, nous préparons la transition vers le XXI e siècle où nous aurons des États polyethniques. »

J. R.

siècle où nous aurons des États polyethniques. » J. R. (Dessin de CHARD du 2 avril

(Dessin de CHARD du 2 avril 1999).

blessant plusieurs dont Koresh, grièvement touché au ventre. La riposte fut brutale :

quatre agents, dont trois ayant appartenu à la garde rapprochée de Bill Clinton, furent tués et seize blessés. La troupe reflua. S’ensuivit un siège de 51 jours. Le 19 avril, l’attaque fut menée par l’US Army. Pendant plusieurs heures, par des brèches pratiquées dans le mur d’enceinte, le site fut saturé de gaz lacrymogènes inflammables, puis les chars pénétrèrent, déclenchant un incendie général. 74 per- sonnes, dont vingt enfants, une majorité de femmes et Koresh, furent tués dans l’at- taque. 9 assiégés parvinrent à s’échapper. Condamnés à 40 ans de prison, ils furent libérés en 2007.

LE RÔLE MORTIFÈRE D’HILLARY CLINTON

Ministre de la Justice de Clinton, Janet Reno est tenue pour responsable du crime. Toutefois, depuis, les langues se sont déliées. Webb Hubbell, qu’on dit être le père biologique de Chelsea Clinton, et Vince Foster, l’amant d’Hillary — qui « se suicida » dans les mois suivants —, auraient à l’instigation de celle-ci contraint Reno à en finir avec une affaire qui, s’éter- nisant, révoltait l’opinion publique et monopolisait les media alors même que la présidente avait besoin de leur soutien pour faire voter sa réforme de la Santé. Hubbell, procureur général adjoint, était le véritable ministre de la Justice. Mais, impliqué dans de nombreux scandales qui lui valurent d’être condamné à trois reprises, il n’aurait pas reçu l’agrément du Sénat. On a peu parlé en revanche d’un autre acteur capital. Ron Noble, alors secrétaire d’Etat Adjoint au Trésor en charge de l’ap- plication — “enforcement” — des lois, dirigeait les services secrets, le BATF, les Douanes et une kyrielle d’organismes fédéraux chargés de l’exécution de ces lois. De ce fait, il supervisa toute l’opéra- tion Waco, et dirigea l’Equipe d’Enquête Administrative qui, ultérieurement, publia un rapport disculpant toutes les agences d’Etat. Sur la proposition de Janet Reno, Noble, qui est de mère allemande et de père africain-américain, fut promu au poste de secrétaire général adjoint d’Interpol. Puis élu président à Athènes en 2000 et reconduit en 2005 à Berlin. Sous sa direction ont été réalisés la pre- mière banque de données de documents volés, en particulier de passeports, le seul

système de communication électronique planétaire policière, le I/24-7, la première base de données ADN automatisée ainsi

qu’un instrument informatique destiné à combattre l’exploitation sexuelle des enfants sur Internet, assimilée à la lutte contre les sites dits « racistes et néo-nazis ». « Désormais, expliqua-t-il, les agents seront entraînés et équipés différemment et ils auront les moyens. Quand ils arrêteront quelqu’un grâce aux bases de données glo- bales, ils sauront qui ils arrêtent. » Par le Système appelé MIND/FIND, ces technolo- gies sont à disposition policière à toutes les frontières, aux aérodromes et dans les ports du monde entier. Noble a considérablement renforcé les liens entre l’ONU et Interpol. Sous couvert de « lutte contre Al Qaïda et les Taliban », il a encouragé le développe- ment de l’Académie Anti-Corruption de Vienne, ouvert une antenne à Bruxelles, renforcé le secrétariat général d’Interpol de Lyon et trouvé encore le temps de se faire remettre la Légion d’honneur par Sarkozy. Sauf qu’on ne compte plus les hauts respon- sables d’Interpol incarcérés pour trafic de drogue. Le dernier en date étant Ricardo Guttierez, son représentant au Mexique. Au prétexte de lutter contre le crime et la corruption, Noble a forgé un outil de coerci- tion planétaire extraordinaire. Mais combien savent qu’il doit sa position à un massacre destiné à réduire au silence les témoins gênants des crimes commis par ses maîtres ? Depuis huit ans, Interpol est le bras armé

discret d’un pouvoir policier global. Noble voudrait d’autres fichiers : pour les prison- niers évadés, pour les corps retrouvés lors de catastrophes naturelles. Son inventivité semble ne devoir s’arrêter que lorsque toute l’humanité sera enregistrée. Son der- nier projet : la mise de tous les voyageurs en fichiers biométrique et “facial” reliés à des micropuces glissées dans les passe- ports. Selon le New York Times, il serait aussi question de fournir à ses agents des coupe-file électroniques leur permettant de se déplacer librement dans les 188 pays affiliés. N’est-il pas inquiétant de savoir qu’à la tête d’une telle machine se trouve le net- toyeur de Waco ? Ronald K. Noble, « The Enforcer ».

Jim REEVES.

SAUVÉ PAR LE “9-11” !

En septembre 2005, lors du discours qu’il prononça à Berlin à l’occasion de sa réélection à la tête d’Interpol, Noble laissa échapper une fort intéressante réflexion. A l’entendre en effet, alors qu’Inter- pol « était devenu d’une telle lenteur et si irres- ponsable que pour de nombreux cercles poli- ciers du monde il était dénué d’intérêt », il aura pu retrouver sa fonction de véritable police interna- tionale grâce à la « croisade contre le terrorisme » et à la guerre déclenchée contre Al Qaïda. « On pourrait dire, conclut-il, qu’Interpol est re-né le 11 septembre 2001. »

qu’Interpol est re-né le 11 septembre 2001. » Prix N I L Y A un gros

Prix N

I L Y A un gros avantage à n’être de nulle part : on est chez soi partout. Le Kényan d’Indonésie, né prétendument

à Hawaï, est dans ce cas. En rappelant qu’il était né à Honolulu et avait grandi à Dja- karta avec le second mari de sa mère, Barack Hussayn Obama s’est présenté comme le premier pré- sident américain issu du Paci- fique lors de son périple asia- tique. Le seul continent qui manque finalement au palmarès de l’universel mulâtre de la Mai- son-Blanche, c’est le nôtre. Mais cela ne lui pose aucun problème. S’il a peu d’affi- nités avec le monde blanc de la vieille Europe, il sait que celui-ci est totalement inféodé aux USA et en tout cas en admira- tion quasi religieuse devant sa personne. Il n’en est certes pas de même de l’Asie. C’est là que se situe l’incontournable par- tenaire chinois, rival aujourd’hui et adver- saire demain. C’est là que menace la Corée du Nord alors que le Japon tente de se libé- rer du joug issu de la guerre. C’est là que le sud-est du continent prolongé par l’In- donésie, la plus populeuse nation musul- mane du monde, ressemble à un chaudron de sorcières avec ses dragons économiques ambitieux et ses islamistes menaçants. C’est une banalité de constater que l’ave- nir du monde se joue sur les mers et les océans et que l’histoire navigue de la Méditerranée à l’Atlantique et de l’Atlan- tique au Pacifique. Le Pacifique, océan du XXI e siècle qui sera le siècle de la Chine comme le XX e fut celui des USA après les suicides de l’Eu- rope ? On peut le penser et, en tout cas, on ne peut écarter cette perspective. Voilà qui justifie pleinement la première tournée asiatique d’Obama, du 13 au 19 novembre avec comme étapes Tokyo, l’allié soumis mais de plus en plus rétif, Singapour, le poumon du Sud-Est asia- tique, la Chine du grand défi avec Shan- ghai Pékin et Séoul, là où s’éternise une guerre plus que demi-séculaire. L’espace Asie-Pacifique fait partie de

ghai Pékin et Séoul, là où s’éternise une guerre plus que demi-séculaire. L’espace Asie-Pacifique fait partie

BRE 2009 — RIVAROL

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an d’un an de “miracles”

pas à discréditer le mage Barack auteur de la bévue, voilà qu’une terrible nouvelle vient frapper les esprits : l’espoir que le racisme entre Noirs et Blancs puisse « éventuellement s’estomper » (sic) est retombé aux États- Unis, un an après l’élection du premier pré- sident black du pays, et ce selon un fort sérieux sondage Gallup publié début novembre. Au lendemain de l’élection du 4 novembre 2008, 67 % des Américains pensaient en effet qu’une “solution” pouvait être trouvée pour améliorer les relations entre Noirs et Blancs, soit le pourcentage le plus élevé depuis que l’institut Gallup avait commencé à poser la question en 1963. Las ! La proportion d’optimistes est tombée à 56 % ce mois-ci, à peine un point de plus qu’en 1963, en pleine lutte des Rosa Parks et autre Martin Luther King… C’est parmi les Noirs que les déceptions sont les plus grandes : seuls 42 % estiment désormais une solution possible. Le sondage fait aussi apparaître une baisse notable du nombre de personnes estimant que le racisme envers les Noirs est répandu : 72 % des Noirs et 49 % des Blancs sont de cet avis. A l’in- verse, le nombre de personnes jugeant très répandu le racisme visant les Blancs progresse, lui, très nettement. Résumons-nous : la venue d’un messie de couleur n’a, contraire- ment aux espérances, rien arrangé, sur aucun plan, au pays de John Doe. Vite, envoyons une délégation de la HALDE à la rescousse !

Grégoire DUHAMEL.

Faillite + racisme = Obama

filiales pouvant poursuivre leurs activités. Après l’accord obtenu in extremis par le

financier Carl Icahn, plus de 76 % des créan- ciers soutiennent en effet le plan de restruc- turation, qui doit encore être approuvé par le tribunal des faillites de New York… Ce plan devrait permettre de « réduire l’endettement total d’environ 10 milliards de dollars, de réduire nettement les besoins en liquidités au cours des trois pro- chaines années, d’améliorer les ratios de capitalisation et d’accélérer le retour à la rentabilité » précise un communiqué laco- nique de CIT. L’une des principales consé- quences de ce dépôt de bilan retentissant sera

la

perte complète pour

le

gouvernement amé-

ricain (dirigé par le vendeur de remèdes miracles kényan) des 2,3 milliards de dollars qu’il avait sottement injectés peu de temps avant dans le groupe. Cette erreur énorme entrait dans le cadre du plan de sauvetage du secteur bancaire. Quant à l’action CIT Group, elle ne sera plus cotée à la Bourse

U N an après son accession à la Mai-

confronté le 4 novembre à une jour-

née électorale difficile. Les Républicains ont conquis les postes de gouverneurs de Virgi- nie et du New Jersey (voir RIV. du 13 novembre). Des résultats qui ne modifient pas l’équilibre du pouvoir à Washington mais qui sont interprétés comme un change- ment de cap de l’électorat (voir RIV. du 13 nov.). L’an prochain, en 2010, un tiers du Sénat, toute la Chambre des Représentants et plus des deux-tiers des gouverneurs vont être reconduits dans le cadre des élections de mi- mandat (midterm), cruciales pour le prési- dent américain. Quel en sera le contexte ? Nul ne peut le prédire, mais d’ores et déjà le paysage radieux s’assombrit pour le mulâtre, et le beau temps vire au frisquet. Après des mois de suspense, le prêteur américain CIT Group a finalement déposé son bilan fin octobre. Acteur incontournable du financement des Petites et Moyennes Entreprise aux USA, CIT Group devient la cinquième plus grosse faillite du pays en termes d’actifs (65 milliards de dollars de dettes) après celles de Lehman Brothers, Washington Mutual et de General Motors, tous survenus en 2008. Cette nouvelle déroute n’est toutefois pas une surprise : elle a été âprement négociée depuis des semaines par les créanciers et devrait être suivie d’une restructuration drastique en vue d’une sortie rapide du statut de failli. Pour la période immédiate, la procédure ne concerne que la maison-mère, les agences de CIT et ses

son-Blanche, Barack Obama a été

de New York… Le résultat de tout ceci : des milliards d’actifs sont partis en fumée pour les petits porteurs !

OLD MAN RIVER

Comme si une telle déconvenue pour le contribuable et le citoyen lambda ne suffisait

(Dessin de CHARD.)
(Dessin de CHARD.)

obel de la Paix… et président du Pacifique

l’histoire américaine. Il y a eu tout d’abord les guerres contre l’Espagne, qui permirent la mainmise sur la Californie (dont Richard Nixon, premier à reconnaître la Chine communiste, était originaire) puis d’instau- rer un protectorat sur les Philippines. Il y eut bien sûr les tentatives de colonisation de la Chine aux côtés des Européens et des Japonais. L’événement majeur reste la guerre contre le Japon, qui a un temps dominé toute la façade pacifique de l’Asie, de la Mandchourie à la Birmanie britan- nique. Un Japon vaincu mais qui, devenu deuxième puissance mondiale, n’accepte plus son effacement politique et militaire ni son recul économique. Il y a tou- jours les deux Corées et une guerre non achevée avec, au nord, un régime communiste incontrôlable et mena- çant.

nord, un régime communiste incontrôlable et mena- çant. UN HAWAÏEN À PÉKIN Obama a tenu à

UN HAWAÏEN À PÉKIN

Obama a tenu à affirmer que son pays ne se désintéressait pas de l’Asie du Pacifique et de l’aire chinoise, malgré ses engage- ments militaires et énergétiques dans le monde arabo-musulman — Irak-Afghanis- tan, Moyen-Orient et ex-Républiques soviétiques d’Asie centrale. Le président américain a donc beaucoup parlé de nouvelle alliance et de coopéra- tion, mais c’était évidemment pour impo- ser l’Amérique, à qui l’aurait oublié, comme grande nation du Pacifique aux intérêts asiatiques. Précision d’autant plus nécessaire que la Chine est indispensable aux USA. C’est vrai pour l’économie, le climat, la monnaie, l’Iran et la Corée. Washington a rappelé à Pékin que les États-Unis n’étaient pas à l’autre bout de l’océan mais bien présent sur les pourtours en raison de leurs liens privilégiés avec Tokyo, Séoul et Singapour. Si ce n’est pas de la stratégie de l’endiguement, ça y res- semble beaucoup. Le sommet de l’APEC à Singapour les 14

et 15 novembre a montré que Washington se méfiait du yuan dont elle déplore la sous-évaluation, aussi importante que déli- bérée, par Pékin. La grande guerre com- merciale entre les deux pays ne devrait tou- tefois pas avoir lieu, estimait le China Daily, aucune des deux parties n’ayant intérêt à ce que les choses dégénèrent en ce moment, mais le combat est sans doute remis à une date ultérieure. Sur le plan militaire, il y a quelques mois, des incidents navals se sont produits en mer de Chine méridionale et Pékin exhorte l’US Navy à mettre fin à ses missions de “surveillance” devant ses côtes… et sans doute celles de Taiwan. De son côté, Washington continue à dénoncer l’opacité en la matière de la Chine, dont le budget de la défense croît à un rythme nourri et à deux chiffres depuis deux décennies :

14,9 % encore pour l’année 2009 à la mi- octobre. Pékin veut renforcer sa coopéra- tion avec l’Iran et laisse entendre qu’elle ne souhaite pas compromettre ses relations économiques avec Téhéran, notamment dans le pétrole, à cause de l’épineux dos- sier nucléaire. De la même manière, la

Chine fait la sourde oreille sur les droits de l’homme. Mais Obama est resté sur ce sujet dans les clous, c’est-à-dire très en- deçà de ce qu’espéraient ses partisans démocrates. D’ailleurs, devenu Nobel de

la Paix, n’avait-il pas refusé de recevoir un

“collègue” également nobélisé, le Dalaï

Lama, afin de se concilier Pékin ?

QUAND TOKYO REGIMBE

Le voyage a cependant commencé par Tokyo, qui met en cause de plus en plus vivement la présence militaire américaine. Yukio Hatoyama, dont le Parti démocrate

a mis fin lors des législatives du 30 août dernier à un demi-siècle de quasi-hégémo- nie du Parti libéral démocrate au Japon, avait promis pendant sa campagne qu’il

au Japon, avait promis pendant sa campagne qu’il n’y aurait plus de base américaine à Oki-

n’y aurait plus de base américaine à Oki- nawa, qui abrite plus de la moitié des forces américaines au Japon, soit 25 000 hommes. De nombreux habitants d’Oki- nawa se plaignent en effet de la délin- quance, du comportement sexuel, du bruit et de la pollution provoqués par les GIs. Hatoyama s’était en outre engagé devant les électeurs à donner au Japon une diplo- matie plus indépendante, moins alignée sur les États-Unis. À propos d’un autre sujet sensible, le chef de l’État américain a évo- qué une possible visite à Hiroshima et Nagasaki, les deux villes japonaises détruites par des bombes atomiques améri- caines à la fin de la Seconde Guerre mon- diale, les 6 et 9 août 1945. Le Japon s’était rendu le 15 août. « Je n’ai pas le projet de m’y rendre immédiatement, mais c’est quelque chose qui serait justifié selon moi », a déclaré Barack Obama, ajoutant qu’il serait « certainement honoré » d’ef- fectuer ce voyage. On rappellera qu’au contraire des Alle- mands multiplicant les repentances pour les persécutions antisémites, les États- Unis n’ont jamais présenté d’excuses pour les 140 000 morts d’Hiroshima, ni pour les 75 000 victimes de Nagasaki. Mais quel président s’y risquerait ? Pour s’être simplement incliné devant le couple impérial nippon, comme le protocole l’y oblige et comme il l’avait d’ailleurs fait en Arabie séoudite devant le roi Abdallah (en esquissant même une génuflexion à cette

occasion), Obama a déclenché un véritable scandale aux States, qui ont pourtant déjà avalé de lui tant de couleuvres.

LE CACTUS CORÉEN

Mais le Japon est gêné dans sa volonté de reprendre le large par la menace coréenne. Comme par hasard, le 10 novembre, s’est produit un incident naval en mer Jaune

entre les deux Corées. Les autorités de Séoul ont affirmé avoir infligé d’impor- tants dégâts à un bateau nord-coréen qui venait de franchir la frontière maritime en

passant outre les tirs de semonce et qui avait répliqué en ouvrant le feu sur un bateau sud-coréen. L’armée du nord a dénoncé « une grave provo- cation armée », affirmant que des navires sud-coréens avaient tiré alors que son navire nord-coréen se trou- vait au nord de la frontière maritime, théâtre de batailles navales meur- trières en 1999 et en 2002. Mais on aurait tort de s’inquiéter des mis- siles et des bombes du régime Kim et consorts. Mandaté par Nicolas Sarkozy pour s’informer de la situation de la Répu- blique populaire démocratique de Corée (RPDC) et explorer les possibilités de nor- maliser les relations avec la France, l’an- cien ministre socialiste Jack Lang a achevé, le vendredi 13 novembre, une visite de cinq jours à Pyongyang. Déplacement qualifié de “fructueux” par les deux parties. L’émissaire de Sarko a reçu l’assurance que la RPDC ne se livre pas à des activités de prolifération nucléaire. Ses interlocuteurs se sont de surcroît déclarés disposés à nouer avec la France un dialogue sur la « question du respect des droits de l’homme ». Si, après cela, Obama n’est pas rassuré, c’est à désespérer…

Pierre-Patrice BELESTA.

rassuré, c’est à désespérer… Pierre-Patrice BELESTA. ERRATUM. Une note a sauté dans l’ar- ticle de Lionel
rassuré, c’est à désespérer… Pierre-Patrice BELESTA. ERRATUM. Une note a sauté dans l’ar- ticle de Lionel

ERRATUM. Une note a sauté dans l’ar- ticle de Lionel Placet sur les royalistes ira- niens (n° 2928), à propos du Shahnameh ou Livre des rois, poème épique écrit aux alentours de l’an 1000 par Ferdousi et retraçant l’histoire de l’Iran depuis la créa- tion du monde jusqu’à l’arrivée de l’islam.

10

N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL

France-Irlande : la victoire de la racaille

« LA balle a heurté (sic) ma main. Je l’ai jouée. L’arbitre l’a permis. ». Capitaine du XI “tricolore”, l’An-

tillais Thierry Henry ment : il a bloqué la balle qui allait sortir, l’a placée sur son pied et renvoyée sur Gallas. Puis il a parti- cipé avec ses complices à la sarabande bouffonne des footeux. Le sélectionneur Domenech, triomphal, n’y aura vu qu’une “péripétie”. Rama Yadé, solidaire de son congénère antiraciste, fait l’ânesse : « Je ne pense pas que l’on puisse parler de triche. » Cohn-Bendit excuse Henry : « (Sa) main est le summum de la chance. » Quant à Sarkozy, présent au Stade de France lors de ce match retour contre l’Irlande, il ose commenter : « L’es- sentiel est là : la France est qualifiée. » Mentalité de racaille !

LES 400 000 DENIERS DE LA TRICHE

Pourtant dans tout ce tohu-bohu il manque l’essentiel : la véritable direction du football français se trouve dans les bureaux de la LICRA. Le président Esca- lette, pitoyable de couardise après ce match volé aux Irlandais, a été choisi, comme l’entraîneur et ceux qui les entou- rent, pour leur complaisance envers le message métis incarné par les Bleus — qui, à l’issue du match, ont chacun palpé une prime de 400 000 euros en récom- pense de leur “victoire”. L’équipe de France de football, qui a déjà joué en Afrique du Sud avec dix Noirs, seul le gardien de buts étant blanc, pou- vait-elle être absente de cet événement eschatologique que sera la Coupe du Monde au pays “arc-en-ciel” de saint Nel- son ? Après le match, l’entraîneur des

Irlandais, l’Italien Frappatoni, s’interro- geait sur les consignes que l’arbitre aurait reçues de la FIFA.
Irlandais, l’Italien Frappatoni, s’interro-
geait sur les consignes que l’arbitre aurait
reçues de la FIFA.
La fabrication purement médiatique du
goal Mandada, natif du Congo Kinshasha,
n’avait pas d’autre objectif que d’amener
une équipe noire à Johannesbourg et seule
l’exceptionnelle virtuosité de Lloris nous
aura épargné l’ultime humiliation. Ni la
FIFA ni la Fédération Française de Foot-
ball, placées sous la coupe de la LICRA,
ne conçoivent un Mundial en Afrique du
Sud sans la seule équipe africaine d’Eu-
rope. Ce qui explique qu’on
ait
changé
les
règles
de
répartition des “poules” pour
que la France ne soit pas éli-
minée
par
le
Portugal
et
qu’on s’apprête à le faire à
nouveau pour qu’elle ne soit
pas sortie prématurément.
Sur les sites Internet de la
LICRA,
et
aussi
de
la
LICRA-Sport, est développée une straté-
gie d’investissement du football européen
par l’idéologie métisse qui implique la dis-
parition
d’équipes
strictement
euro-
péennes.
Sous l’égide de la LICRA-Sport sort en
ce
moment
un
film
long
métrage
de
Mohand Ait-Habbouche
et Pascal Blan-
chard, “historien” et spécialiste patenté de
la haine anticoloniale, « Des Noirs en Cou-
leur ». On y définit une vision globale du
football français centrée sur la présence
massive de joueurs africains et caribéens,
et l’occultation magistrale
Vision raciste, chère au
des
Blancs.
père spirituel
d’Henry, l’entraîneur alsacien d’Arsenal
Arsène Wenger selon lequel les « footbal-
leurs noirs seraient biologiquement supé-
rieurs
aux blancs ». Ce
que
le football

Bibliothèque RIVAROL

— Maurice BARDÈCHE : Sparte et les sudistes

.

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. 23 e

Cajus BEKKER : La Kriegsmarine lutte et meurt

.

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. 25 e

— Francis BERGERON : Dictionnaire du collectionneur politiquement incorrect

 

31 e

— Edouard BERTH : Les méfaits des intellectuels

.

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. 25 e

Abel BONNARD : Écrits politiques

— Anne BRASSIÉ : Brasillach ou encore un instant de bonheur

.

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25 e . 27 e

— Jean-Pierre BRUN : J’étais dans l’OAS Métro Jeunes (1961-1962)

.

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. 25 e

Le “Moi” du Général

25 e

.

— CHARD : Brève histoire d’un épouvantail

10 e ou 12 e franco

10 e ou 12 e franco

10 e ou 12 e franco 10 e 31 e 21 e

20 e

24 e

31 e

31 e

— François GAUCHER : Notes politiques écrites en exilLe fascisme est-il actuel ? 35 e

Louis-Christian GAUTIER : Le Secret de l’anti-gravité :

Ma déclaration des droits de l’homme

Sarko prézydent

— CHARD/G. FAYE : Chirac contre les fachos

— Jean DALUCES : Le III e Reich

.

.

— DÉMOCRITE : Sarkozy le tout-à-l’égo

— Ghislain de DIESBACH : Petit Dictionnaire des idées mal reçues

Gare Saint Charles

.

— Edouard DRUMONT : De l’or, de la boue, du sang

Sur le chemin de la vie

à l’ombre du III e Reich et de la NASA

23 e

— Pierre GILLIETH : L’Epuration

.

.

15 e

— Olivier GRIMALDI : Présence de Jose Antonio

.

21 e

Dr Jacques-Michel LACROIX : Quelques vérités sur la médecine française

. 12 e

P.-Ph. LAMBERT et G. LE MAREC : Vichy 1940-1944 Organisations et mouvements

.

 

39 e

— Alain LAUBREAUX : La Terreur rose

28 e

— Marc LAUDELOUT : RIVAROL, l’hebdomadaire

.

23 e

Éric LEFÈVRE : La Division Brandebourg. Les commandos du Reich

 

31 e

— Michel LESPART : Les Oustachis, terroristes de l’idéal

 

26 e

— Gustave LE BON : Immigration chance ou catastrophe ?

 

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18 e

Pierre LE VIGAN-JACQUES MARLAUD : La patrie, l’Europe et le monde

23 e

Jean MADIRAN : Histoire de la messe interdite (2)

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17 e

Sylvain MARCOU : La Vendée militaire en 100 questions-réponses

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— Vic MARTELL : France blanche, Europe blanche

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25 e

— P.-L. MOUDENC : Livres propos

35 e

— Dr Bernard PLOUVIER : Hitler une biographie médicale et politique.

 

6 tomes (L’essor, La Conquête du pouvoir, Les Triomphes des années de paix, Les

 

Triomphes d’un homme pressé, Crimes et amorces du désastre, La fin de l’aventure).

Chaque tome

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31 e

Controverses sur le national-socialisme

 

12 e

— Lucien REBATET : Les tribus du cinéma & du théâtre

 

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— Paul SÉRANT : Dictionnaire des écrivains français sous l’Occupation

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22 e

Elena TCHOUDINOVA : La mosquée Notre-Dame de Paris année 2048

20 e

— Jean-Claude VALLA : Jacques Doriot

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12 e

La nostalgie de l’Empire

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18 e

Le pacte germano-sioniste (1933)…

12 e

Pierre VIAL : La bataille du Vercors (1943-1944)

31 e

Le sang des Glières (été 1944)

27 e

— Francis VERDAVOINE-BOURGET : Surpeuplement : un drame planétaire !

 

45 e

Trois quarts de siècle nous contemplent (Contes)

 

18 e

— Marc WEBER : La face cachée de Nuremberg

20 e

Port et emballage : 4 e par titre, 6 e à partir de 2 livres. Règlement :

Editions des Tuileries 1, rue d’Hauteville, 75010 Paris. CCP Paris 4532-19 K.

moderne contredit totalement. L’attaquant français, intouchable, est un des acteurs centraux de cette formidable opération de décérébration culturelle. Pourtant, grâce à l’émotion soulevée, on se met à parler. Les échecs subis depuis dix ans seraient dus autant à la médiocrité de l’entraîneur qu’à celle des joueurs. Seuls surnagent de la débâcle Lloris, Toulalan, Gourcuff et Gignac. Les rares Blancs sélectionnés. Henry, depuis qu’en 2004 l’entraîneur espagnol Aragones, le mentionnant, parla de « nègre de merde », s’est mué en mili- tant de l’antiracisme. Arrogant, donneur de leçons, le capitaine de l’équipe de France — nommé « ambassadeur de la FIFA contre le racisme » — devance Thu- ram dans le militantisme “noir” qu’on aura peine à différencier du militantisme anti- blanc. « Le racisme, braille-t-il, c’est le problème le plus grave du foot aujour- d’hui. » Pour rien au monde il n’aurait manqué l’apothéose métisse d’Afrique Australe, fût-ce au prix d’une énorme tri- cherie. Dont tout le monde espère qu’elle aura été oubliée dans deux mois. Au demeurant, les maillots au nom de Thierry Henry ne s’arrachent-ils pas chez les dépo- sitaires de l’équipementier Adidas ? Reste l’admirable correction des footbal- leurs irlandais, pendant et après les ren-

contres. Pas un mouvement d’humeur contre les arbitres. Comment ne pas com- parer avec les supporters maghrébins d’un pays étranger ? Que celui-ci gagne où qu’il perde. On souhaite que la France et l’Al- gérie se retrouvent dans la même poule en Afrique du Sud et que le duo Henry-Gal- las réitère son exploit. Juste pour voir la tête des “Marseillais”…

René BLANC.

www.rivarol.com

Chaque jeudi, vous pouvez consulter notre site Internet pour vous assurer que notre hebdomadaire a bien paru et en connaître le sommaire. Pour toutes les correspondances administratives, utiliser l’adresse <contact@rivarol.com>, l’adresse <galic@rivarol.com> étant réservée au courrier rédactionnel. Les lecteurs internautes qui souhaitent faire figurer leur adresse électronique doivent le spécifier et les autres peuvent nous demander de transférer leur message au correspondant choisi.

“Jean-Marie” devient une insulte

On a beau savoir que l’URSS s’est transférée chez nous, certaines nouvelles laissent quand même pantois. Tout com- mence par un match de foot de Ligue 2,

en octobre dernier, entre le club d’Arles- Avignon et celui de Laval, dans lequel évolue un certain Ulrich… Le Pen. Vainqueur de la Coupe de la Ligue en 2005 avec Strasbourg, ce milieu de ter- rain breton, âgé aujourd’hui de 36 ans, a fait une longue et belle carrière, entamée lors de la saison 1990-1991. Il aurait pu postuler une place en équipe dite « de France ». Mais il avait un nom lourd à porter. Pour être sélectionné chez les “Bleus”, peut-être aurait-il fallu qu’il proclamât sa haine à l’égard de son célèbre homonyme et des idées d’icelui. Ce qu’Ulrich n’a jamais fait. Revenons au match. À plusieurs reprises, l’entraîneur d’Arles-Avignon a appelé Ulrich Le Pen… « Jean-Marie ». Non pas méchamment, mais plutôt pour le “chambrer” : « Jean-Marie, relève- toi ! », « Jean-Marie, arrête ton cinéma… » Que s’est-il passé alors ? L’arbitre a adressé un rapport à la Ligue de football professionnel, expli- quant que l’entraîneur avait insulté (sic !) un joueur. L’en- traîneur a été convoqué à Paris afin de s’expliquer. Il est tombé des nues : « S’il s’était appelé Bové, je l’aurais appelé José, s’il s’était appelé Sarkozy, je l’aurais appelé Nicolas… Qu’y a-t-il de bles- sant ? » demande-t-il au quoti- dien La Provence. De blessant, rien. Simplement, il ignorait que Jean-Marie Le Pen est le Diable, et que l’on ne doit même pas prononcer son nom. Le hasard a voulu qu’il soit convoqué, pour répondre de son crime, au lendemain de la pitoyable qualification des “Bleus” pour la Coupe du monde, obtenue grâce à un bal-

lon poussé de la main par un joueur. L’arbitre n’ayant pas vu cette faute, il n’a ni refusé le but, ni sanctionné le joueur fau- tif, en l’occurrence Thierry Henry. Beau message envoyé aux jeunes et aux “Jeunes”: la triche paie. Gageons que les ronds-de-cuir de la Ligue de football profes- sionnel, qui ont applaudi à une

qualification obtenue de la sorte, sauront se montrer intraitables face à un entraî- neur qui a commis le crime d’humaniser le Diable…

Luc DELONCLE.

ORANGE :

C’EST MALIN

C’est le quotidien La Provence qui a levé le lièvre : les affiches annonçant le marché de Noël d’Orange sont décorées de petites — mais bien visibles — croix… gammées ! Et pas une : cinq ! A la mairie, dirigée par Jacques Bompard, et à l’office de tourisme on se retranche derrière des « motifs de broderie », « quelque chose d’épuré et de tendance », « tout simplement récupéré dans une base de données de logiciel ». Et de conclure : « Il faut vraiment chercher la petite bête. » Oui, mais lorsque le moindre de ses actes est scruté par des individus qui font profes- sion de débusquer la bête… immonde, il faut redoubler de vigilance.

180 pages, 20 e ou 24 e franco Du même auteur : GARE  SAINT-CHARLES Souvenirs
180 pages, 20 e ou 24 e franco
Du même auteur :
GARE  SAINT-CHARLES
Souvenirs 1949-1957
226 pages, 24 e ou 28 e franco
En vente à nos bureaux,
1 rue d’Hauteville, F-75010 Paris
Chèque à l’ordre des Editions des Tuileries

N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL

11

Télévision

Échec d’une imposture

S UR France 3, le 17 novembre à 20h35, heure de grande écoute, fut présenté « Le Commissariat ». Il ne

s’agissait pas d’une émission policière mais d’un document sur fond historique, le Commissariat en question étant le Com- missariat Général des Questions Juives (CGQJ) créé par l’Etat français en mars 1941 pour appliquer et traiter le statut des Juifs.

TIR A VUE SUR XAVIER VALLAT

Son premier titulaire fut Xavier Vallat, d’avril 1941 à mai 1942. C’est évidem- ment lui qui a été la cible de ce téléfilm caricatural. Car, surtout sur cette période, comment oser affirmer que Vallat était au service des autorités allemandes ? Le film montrait d’ailleurs les accrochages ver- baux qui, à plusieurs reprises à Paris, le mirent aux prises avec le capitaine Dan- necker de la Gestapo. Mais à d’autres moments, on campe un Xavier Vallat hypocrite pratiquant un double jeu, faisant des promesses quant la protection des juifs « bien nés » (assimilés et en priorité les anciens combattants de 14-18) qu’il ne tenait pas. Tout ceci était simplifié à l’ex- trême, comme la politique de Vallat sur l’“aryanisation” des biens juifs où il veilla avec une grande rigueur à la nomi- nation des administrateurs chargés d’appli- quer la loi ; écartant les douteux, il avait aussi soutenu la position de Vichy contre l’extension de l’étoile jaune à la Zone Sud et rejeté un projet privant de leur nationa- lité les juifs français naturalisés après 1927 (voir la notice Xavier Vallat dans le Dic- tionnaire historique de la France sous l’Occupation, Tallandier 2000). Il fut ainsi très attaqué par les antisémites ultra de Paris, évoqués dans une séquence gro- tesque où Céline vocifère. Enfin, mais ce n’était pas assez souligné,

c’est sur pression des autorités allemandes le suspectant de tiédeur qu’il fut mis fin à ses fonctions, où il fut remplacé par Dar- quier de Pellepoix, plus docile. La séquence finale montrait des jeunes “Fifis” hommes et femmes (dont la secrétaire par- ticulière de Vallat, qui protégeait un jeune

juif français) montant à l’assaut lors de la libération de Paris du QG du Commissariat rue de Bellechasse, presque vide. Toutes les lègendes au rendez-vous !

Ce qui est curieux, c’est que le metteur en

scène et scénariste Michel Andrieu avait pour conseiller un universitaire, Laurent Joly, qui en 2001 avait publié une biogra- phie de Xavier Vallat (« Du nationalisme chrétien à l’antisémitisme d’Etat », Gras- set — livre analysé dans RIVAROL du 8 juin 2001), critique certes mais bien docu- mentée et où il y avait ça et là un effort de compréhension. Vallat était exonéré

d’avoir participé à la « solution finale » et même de l’avoir souhaitée. Étaient aussi mentionnés ses efforts pour intervenir « au cas par cas » afin de traiter avec humanité des cas douloureux.

Je ne sais si Laurent Joly a été très satis-

fait de l’adaptation de son livre à l’écran. En tout cas le verdict populaire a été bru- tal. L’émission n’est arrivée qu’en qua- trième position dans les mesures d’au- dience, ne réunissant que 1,7 million de téléspectateurs soit 10 % du public. Un échec tant on nous avait tympanisés avant sa diffusion. Ce qui témoigne d’une lassi- tude devant le ressassement télévisuel « des heures les plus sombres de notre his- toire », et toujours dans le même registre.

A noter que le procès de Vallat en

décembre 1947 fut à peine signalé alors que le verdict fut plutôt modéré pour l’époque : dix ans de prison plus l’indi- gnité nationale, cette mort “vivante”. Il n’alla pas jusqu’au bout de sa peine puis- qu’il fut libéré en décembre 49, le garde des Sceaux étant René Mayer. En prison à

Clairvaux, il avait retrouvé son grand et vieil ami Charles Maurras.

L’ACHARNEMENT

DES COMMUNISTES

L’évocation de ce procès aurait été inté- ressante car elle aurait permis de com- prendre les actes et les positions de Xavier Vallat sur ce qu’il nommait le problème juif. C’est la Haute cour qui le jugea début

décembre 1947. Les 27 jurés étaient aussi députés — communistes en nombre, socia- listes, MRP, etc., autant dire de redoutables adversaires. Immédiatement après sa condamnation, les actes du procès furent publiés dans un livre (épuisé) paru aux Editions du Conquistador en1948. Fran- çois Brigneau en a donné en 1997 des extraits commentés dans l’un de ses Der- niers cahiers, « Xavier Vallat et la question juive », lui aussi épuisé. Reste l’évocation des débats par Laurent Joly au début de son ouvrage, mais il la fait commenter par Maurice Kriegel-Valrimont, surnommé par Antoine Blondin Kriminel-Valrimont,

député de Meurtre-et-Moselle. Faisant par- tie du jury, il dressa un demi-siècle après un réquisitoire anti-Vallat. Il est vrai qu’au mépris de toute pru- dence, le vieux royaliste s’en était pris à cet élu stalinien dès les débuts du procès :

Maurice Kriegel-Valrimont (père de Blan- dine Kriegel-Adler, ancienne présidente du Haut Conseil à l’intégration et membre du Comité consultatif national d’éthique) l’ayant insulté à l’Assemblée, Vallat le pré- vint qu’il n’avait pas de leçons de patrio-

tisme à recevoir, lui, le brillant combattant de 14-18 revenu mutilé à 100 %, d’un naturalisé ultra-stalinien, et qu’il ne répon- drait pas à ses questions.Vallat put aussi s’expliquer longuement sur son antisémi- tisme d’Etat et la distinction entre juifs français et étrangers qui avaient été la base de sa politique. Le président du tribunal, le

Cinéma

Du décapant et de l’intense

Parmi les nouveautés les plus intéressantes à l’affiche, deux fictions dans lesquelles, ce n’est plus si fréquent, toute res- semblance avec des évé- nements et des person- nages réels est tout à fait volontaire : In the Loop d’Armando Iannucci et Rapt de Lucas Belvaux. Ecossais, comme son nom ne l’indique pas, Iannucci, 45 ans, s’est forgé outre-Manche une solide réputation de tru- blion tirant sur tout ce qui bouge, y compris les ambulances, dans ses émissions satiriques très populaires sur la BBC. Pour ses débuts sur les grands écrans, il frappe d’emblée un grand coup avec In the loop (qu’on peut traduire par « dans le coup », ou « dans la confidence »), plongée féroce et décapante dans les coulisses du complot anglo-américain ayant mené à la seconde guerre d’Irak. Le film évoque sur le ton de l’humour caustique le plus débridé le déroulement, mouvementé, les tractations ultrasecrètes entre les diplomaties anglaise et américaine avant l’adoption programmée à l’ONU d’une résolution leur donnant le feu vert pour l’invasion d’un pays du Moyen-Orient. L’Irak n’est jamais mentionné dans le cours du récit car Iannucci a voulu, en évi- tant une plate reconstitution historique, donner une résonance universelle et intem- porelle à sa satire qui traite avant tout du rôle essentiel des faiblesses humaines — ambition, fanatisme, aveuglement, dupli- cité, et j’en passe — dans l’origine des conflits, quelles que soient la région du globe et l’époque où ils se déroulent. Nourri cependant des témoignages (anonymes)

se déroulent. Nourri cependant des témoignages (anonymes) (Dessin de CHARD.) d’anciens séides de Tony Blair et

(Dessin de CHARD.)

d’anciens séides de Tony Blair et de George

W Bush, le scénario écrit par Iannucci et

quatre complices présente une galerie de

politiciens et de fonctionnaires rivalisant d’incompétence, de bêtise et de perversité avec les veules diplomates anglais de Whi- tehall soumis servilement aux ordres de Washington où s’affrontent colombes et faucons, aussi grotesques les uns que les autres. Le personnage pivot de l’histoire, Malcolm Tucker, conseiller à la communi- cation du Premier ministre, est une charge

au vitriol d’Alistair Campbell qui occupait

cette fonction sous Tony Blair. Agressif, grossier, hystérique, proférant insultes et obscénités à chaque fois qu’il ouvre la bouche, ce machiavélique homme de l’ombre pète les plombs quand Simon Fos- ter, ministricule du Développement mondial aussi nigaud qu’ambitieux, fait une décla- ration intempestive à la BBC sur la prévisi- bilité du conflit. Tucker va tomber de Cha- rybde en Scylla tandis que Foster, paniqué,

multiplie les propos contradictoires, à double et à contre sens. Au point qu’ex- pédié aux Etats-Unis, il est sollicité aussi bien par les pacifistes du général Miller (lire Colin Powell) que par les va-t-en-guerre néo-cons de l’infâme sénateur Barwick (caricature à peine déguisée de Donald Rumsfeld) qui voient en ce British benêt un atout pour leur cause respective. Tous les coups bas sont permis dans ce jeu de massacre au rythme effréné sans un temps mort, porté au zénith de

l’efficacité comique par des joutes verbales d’une crudité effarante et par une équipe de

comédiens anglais épatants avec à leur tête Peter Capaldi (Tucker) et Tom Hollander (Foster). Dans le camp américain, James Gandolfini, le Tony Soprano de la fameuse série télé, fait une composition savoureuse dans le rôle du général Miller, un brave type pas très francophile comme en témoigne une des répliques les plus hilarantes de cette comédie politique dévastatrice aussi drôle qu’effrayante, comme le fut en son temps le Docteur Folamour de Kubrick.

Ça ne rigole plus du tout avec Rapt, le 7 e long métrage du Belge Lucas Belvaux inspiré de très près par l’affaire de l’en- lèvement du baron Empain. Là aussi, s’il a conservé les grandes lignes de ce fait divers qui défraya la chronique en 1978, Belvaux a fait le choix de le transposer de nos jours. Pour des raisons écono-

socialiste Louis Noguères, le laissa d’ailleurs s’exprimer, au grand effarement des journalistes de la presse judiciaire dont la “hyène” Madeleine Jacob. Comme l’écrit Brigneau, « l’époque était plus san- glante mais moins sectaire que la nôtre ». Il y eut aussi des témoignages en sa faveur dont celui du chirurgien Gaston Nora, compagnon de combat en 14-18 de Vallat qui l’avait averti de la date des grandes rafles. Grâce à lui, affirma-t-il, « 10 000 israélites avaient été sauvés ». Mais Vallat tint à préciser que cela était impossible car, comme tant d’autres, lui-même n’avait pas été informé, il n’avait connu cette rafle qu’après coup. Mais il ajouta qu’il avait souvent conseillé la prudence à ses amis. Vallat en principe ne risquait pas la peine de mort, n’étant pas poursuivi pour trahi- son. Le procureur Jodelet mit surtout en cause son idéologie antisémite et Vichy mais convint qu’il ne s’était montré « ni bas ni intéressé » (son intégrité financière avait été prouvée) et demanda néanmoins une « peine sévère ». 13 jurés sur 27 auraient voté la peine de mort. C’est à une voix près que Xavier Vallat y échappa, bénéficiant peut-être d’un certain rejet du PC.

DU STATUT DES JUIFS A L’ADMIRATION D’ISRAËL

Les communistes avaient été éjectés du gouvernement en 1947 et la guerre froide commençait. La clémence de ce verdict fut aussitôt dénoncée par le Parti et certaines organisations juives. Xavier Vallat devait poursuivre ses réflexions sur les Juifs et l’Etat d’Israël, dont il approuva la créa- tion… et salua la victoire en 1967 ! Posi- tion défendue dans Aspects de la France dont il fut le directeur et que Joly estime « spéciale et dérangeante » mais qui ne calma pas une vindicte poursuivie jusqu’à sa mort en 1972. Constatons, le téléfim le démontre, que les Vengeurs n’ont pas désarmé.

Jean-Paul ANGELELLI.

miques, étant donné un budget limité ne lui permettant pas une reconstitution d’époque suffisamment convaincante, mais aussi et surtout parce que le contexte actuel de crise du capitalisme sert de toile de fond idéale à ce film intense dont les ressorts dramatiques tournent autour du pouvoir et des méfaits de l’argent-roi. Après les pauvres hères de son précé- dent opus La Raison du plus faible, Bel- vaux s’attaque cette fois au monde des très riches via le calvaire de l’arrogant capitaine d’industrie Stanislas Graff (Yvan Attal dans sa meilleure prestation jusqu’à présent). Enlevé, amputé d’un doigt par ses ravisseurs (une séquence assez pénible), cet alter ego fictionnel d’Empain va subir une longue et trauma- tisante séquestration dans la première partie du film avant de vivre dans la seconde un cauchemar d’un autre genre à sa libération et à son retour dans sa famille qui a découvert, étalé à la une de la presse à scandales, tous les secrets inavouables de ses mœurs dissolues révé- lées au cours de l’enquête policière. Graff outragé, brisé, martyrisé mais Graff libéré (copyright Général de G), le financier flambeur et donjuanesque va opérer dans la douleur sa révolution cul- turelle intime, remettant en perspective ses anciennes valeurs. Construit en deux temps bien distincts, l’enfermement et la “liberté”, Rapt est une œuvre captivante de bout en bout dans laquelle le réquisitoire anticapita- liste de ce cinéaste — qui n’a jamais fait mystère de son idéologie d’extrême gauche à l’instar de Ken Loach, chantre anglais du social-réalisme — se double d’une dénonciation de l’influence perni-

cieuse des media sur l’opinion publique. Les aspects humains de l’histoire, notam- ment les rapports entre Graff et son épouse (Anne Consigny) ne sont pas trai- tés par-dessus la jambe et donnent lieu à des scènes dramatiques, déchirantes et sans pathos. Laissez-vous enlever par Lucas Belvaux !

Patrick LAURENT.

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N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL

L’amère désillusion des “Pieds-Rouges”

Le sous-titre « Des rêves de l’indépen- dance au désenchantement (1962-69) » correspond au contenu du livre Algérie. Les années Pieds-Rouges (1) écrit par Catherine Simon, ancienne correspondante du Monde à Alger. Son récit est un mélange d’une certaine honnêteté et d’une évidente sympathie pour ses “héros”, si l’on peut dire, dans leur grande majorité d’ex-communistes, trotskistes, chrétiens progressistes, déserteurs et autres membres du réseau Jeanson qui affluèrent après 1962 dans la nouvelle terre promise et révolutionnaire. Il ne leur fallut que peu d’années pour com- prendre leur méprise. Les « frères des frères », comme ils se dénom- maient eux-mêmes, ont cru à une certaine

liberté de la presse, à la révolution agraire,

à l’émancipation des femmes, à la laïcité,

à la moralité des anciens moudjahidine

s’étant emparés du pouvoir. Certains vou- lurent aider les opposants (notamment kabyles) au régime de Ben Bella, jusqu’à participer à un maquis monté par certains services algériens. D’où, de la part du pou-

certains services algériens. D’où, de la part du pou- voir en place, une campagne orchestrée sur

voir en place, une campagne orchestrée sur fond d’antisémitisme qui révolta les Pieds- Rouges juifs, assez nombreux. Quand, par courtisanerie, d’autres collègues dénon- çaient ces “provocateurs”. On est en plein stalinisme… Le pire leur tombe dessus quand Houari Boumediène renverse Ben Bella sans que le fameux peuple ne se soulève. Est déclenchée une chasse impi- toyable aux gaouris (terme méprisant) avec enlèvements, arrestations, tortures et dispari- tions. Même le citoyen franco- algérien Hervé Bourges goûta les méthodes de la Sécurité Militaire… Pour pas mal d’entre eux, prévenus à temps (comme Maurice Alleg), ce fut le sauve-qui-peut et le retour dans leur pays renié fut amer. La gauche anticolonialiste

installée (Le Monde entre autres) qui les

avait encouragés ou applaudis ne voulut pas entendre leurs (rares) témoignages sur la dictature FLN… Comme l’avoue une ancienne porteuse de valises, « personne ne voulait savoir les pratiques policières, la torture, l’absence totale de démocratie

policières, la torture, l’absence totale de démocratie sauf la droite et l’extrême droite ». Merci !

sauf la droite et l’extrême droite ». Merci ! Les absents furent rapidement remplacés par de nombreux coopérants techniques, les CT « que de méchantes langues traduisaient par “Course au Trésor” » tant leurs avan- tages financiers étaient éloquents (+63 % du salaire de base). Mais attention, « quand on est français on doit fermer sa gueule ». Et Catherine Simon a raison de noter la com- plicité du pouvoir gaulliste. A condition que l’on ne touchât pas aux clauses militaires (certaines secrètes) des accords d’Evian et au pétrole, il était infiniment complaisant et généreux pour le gouvernement d’Alger. Octroi par exemple d’un milliard d’anciens francs par jour de 1962 à 1964 pour que l’Algérie benbelliste ne s’effondre pas. Alors que l’immigration algérienne, au nom de ces mêmes accords d’Evian, dou- blait entre 1962 et 1965 (et au delà) au rythme de plus de 300 000 individus par an. Au Conseil des ministres, si l’on en croit le livre d’Alain Peyrefitte : « C’était de Gaulle », celui-ci s’exclama : « Encore des harkis ! » De l’humour noir… et rouge sang. Parmi d’autres, une révélation cocasse. En mars 1965, les femmes d’Alger, bien encadrées, sont conviées à une manifesta-

Le Devoir d’Histoire de Pierre Vial 21 novembre 1831 : A Lyon comme ailleurs, la
Le Devoir d’Histoire de Pierre Vial
21 novembre 1831 :
A Lyon comme ailleurs,
la révolution de 1830 avait
C’EST NOUS LES CANUTS !
fait naître de grandes espé-
rances. Mais les Canuts
(ouvriers tisserands lyon-
nais) durent vite déchan-
ter, car le régime de Louis-
Philippe avait été mis en
place pour assurer un
plein pouvoir à la bour-
geoisie, et rien d’autre :
« Les richesses naissantes
de la société industrielle
demeurent accaparées par
une minorité inféodée aux
puissances financières, les-
quelles entendent tirer un
profit exclusif du dévelop-
pement du machinisme et
des voies ferrées ainsi que
des progrès techniques »
(Dictionnaire d’Histoire de
France, Librairie acadé-
mique Perrin, 1981).
L’industrie de la soie, spécialité de
Lyon, était prospère, dopée par
d’abondantes commandes américaines
favorisées par le nouveau « roi des
Français » : la production annuelle
s’élevait à 80 millions de francs. Mais
les maîtres fabricants, inquiets de voir
monter la concurrence suisse et alle-
mande et voulant assurer l’importance
de leurs bénéfices, avaient trouvé un
moyen, évident à leurs yeux : baisser,
de façon systématique et continue, les
salaires des Canuts. Le niveau moyen
de ceux-ci était moitié moindre que
sous l’Empire, perçu désormais par les
ouvriers comme ayant été « le bon
temps ». Du coup, la vie quotidienne
est dure : pour dix-huit heures de tra-
vail, le Canut gagne moins de 30 sous
par jour, ce qui le condamne à ne se
nourrir que de pain et de soupe claire.
Et lui, qui a assuré de tout cœur la
réussite de la Révolution de Juillet, n’a
pas son mot à dire sur le plan politique
puisque le suffrage censitaire, qui ne
donne le droit de vote qu’aux riches, le
tient à l’écart. Humilié, trahi, réduit à
la misère, il a le sentiment d’avoir le
dos au mur.
C’est pourquoi en octobre 1831,
quelque 6 000 Canuts se réunissent
place de la Croix-Rousse, sur cette col-
line qui est leur bastion, dominant le
quartier bourgeois des Terreaux. Ils
demandent que le préfet intervienne
pour obtenir une augmentation des
salaires (le travail est payé à la tâche)
et élisent des délégués pour porter
D.R.
leurs revendications. Le préfet, décla-
rant vouloir assurer « une bienveillante
justice », réunit représentants des
patrons et des ouvriers (ceux-ci sont
soutenus par une imposante manifes-
tation de rue) et, non sans mal, obtient
que soit décidé un tarif minimal.
Le calme revient dans la ville, car
beaucoup de fabricants appliquent le
nouveau tarif. Mais d’autres (ils sont
104) refusent. Pour eux le préfet est
sorti de son rôle en se mêlant de leurs
affaires et en prenant scandaleusement
parti pour les ouvriers. Dans un mani-
feste publié le 10 novembre, ils s’indi-
gnent que « les ouvriers demandent des
tarifs exagérés parce qu’ils se sont créé
des besoins factices ». Refusant désor-
mais de donner du travail aux Canuts
qui n’acceptent pas de se plier à leurs
tarifs, ils font appel au ministre de l’In-
térieur, pour que celui-ci désavoue le
préfet du Rhône. Il leur donne satisfac-
tion, confirmant ainsi la doctrine du
pouvoir orléaniste (le ministre rappelle
que la loi interdit toute action concer-
tée des ouvriers).
Cela met, évidemment, le feu aux
poudres. Le journal des Canuts,
L’Echo de la Fabrique, appelle à la
mobilisation. Le 19 novembre, les
Canuts s’assemblent à nouveau à la
Croix-Rousse, sous la surveillance de
la garde nationale, dans les rangs de
laquelle se retrouvent nombre de fabri-
cants prêts à garantir leurs intérêts au
besoin par les armes. L’ambiance
devient tendue, puis des coups de feu
retentissent, tirés par des gardes natio-
naux. Des ouvriers gisent à terre.
Le 21 novembre surgit un drapeau
noir où les Canuts ont mis en lettres
blanches leur devise : « Vivre en tra-
vaillant ou mourir en combattant ! »
Dans tous les ateliers le travail a cessé
et de la Croix-Rousse une colonne d’ou-
vriers armés de couteaux et de barres
de fer descend vers le centre de la ville,
tandis que la garde nationale reflue.
Le 22, après de durs combats (les
Canuts ont 300 blessés, soignés à l’Hô-
tel-Dieu), les autorités civiles et mili-
taires abandonnent l’Hôtel-de-ville
aux insurgés qui mettent en place un
gouvernement municipal provisoire
dont le mot d’ordre immédiat est
« Point de pillage ! » Les Canuts orga-
nisent la protection des métiers à tis-
ser… et même des coffres-forts des
fabricants.
Mais le gouvernement réagit et
envoie une imposante armée, comman-
dée par le duc d’Orléans, fils du roi, et
le maréchal Soult qui entre dans Lyon
le 5 décembre. Le préfet est destitué, le
tarif minimal supprimé et de nom-
breux Canuts arrêtés. Casimir-Périer,
le président du Conseil, déclare : « Il
faut que les ouvriers sachent bien qu’il
n’y a de remède pour eux que la
patience et la résignation. » Bien des
Canuts vont en tirer la leçon : pour
obtenir la justice sociale, il faut faire la
révolution politique.
Pierre VIAL.

tion de solidarité pour leurs congénères du Tiers-Monde. Cela dérapa en revendica- tions féministes hostiles au pouvoir et, quand elles arrivèrent au port, « les femmes jetèrent, pratiquement toute, leurs voiles à la mer ». En mai 1958 d’autres musul- manes avaient brûlé leurs voiles sur le Forum au nom de l’Algérie française. Un affront alors dénoncé par le FLN et qui serait encore moins toléré de nos jours. L’Histoire a parfois de ces ironies !

J.-P. A.

Editions La Découverte. 286 pages avec biogra- phies, notes et index. 22 .

Quoi de neuf ?

biogra- phies, notes et index. 22 € . Quoi de neuf ? ● Le Deutscher Kalender

Le Deutscher Kalender de notre bon

confrère bavarois la National Zeitung est tou- jours très attendu. L’édition 2010 est parti- culièrement réussie, avec un panorama de l’histoire germanique depuis le Valeda jus- qu’au Front de l’Est en passant par le héros tyrolien Andreas Hofer et Schubert. Gra- vures, affiches et reproductions de tableaux alternent au fil des mois. Une réussite à commander à FZ-Verlag Gmbh, D-81238 München ou <www.fz-verlag.de> au prix de 14,90 euros.

Dossier : « On n’est pas sorti de la

crise » dans le n° 133 d’Eléments. « Le communisme, le socialisme et nous » par Michel Marmin, « Le pape prône la mon- dialisation » par Alain de Benoist. Articles également sur Malraux, Fitzgerald, Tarentino et présentation des textes poli- tiques (entre 1919 et 1945) de Drieu (édi- tions Krisis). 5,50 . Siège social et cour- rier : 242 boulevard Voltaire, 75011 Paris ou <contact@revue-elements.com>.

Organe de l’A.D.M.P. (5 rue Larribe,

75008 Paris. Tél. 01-43-87-30-54), Le Maréchal présente dans son n° 230 un dossier sur l’achat par l’association du bureau du Maréchal Pétain à Vichy (abon- nement : 28 ).

Pour savoir ce qui se passe en Espagne,

surtout à la droite de la droite, La Lettre des Amitiés Franco-Espagnoles, bul- letin du Cercle Franco-Hispanique (4 bis rue Caillaux, 75013 Paris. Cotisation :

25 ), animé par Olivier Grimaldi, est un incomparable outil.

Inauguration d’une rubrique sur les

« grands Européens » dans le bulletin du Cercle des Amis de Léon Degrelle adressé aux adhérents et qui rappelle que le terme “bankster” ô combien actuel fut inventé par le Grand Léon. L’association (Les Amis de LD, BP 30811, 21008 Dijon cedex ou <www.degrelle.de.vu/>) s’est créée le 4 avril 2009 avec une cotisation à partir de 5 . Il serait dommage de s’en priver.

Au sommaire du n° de novembre du

Bulletin Célinien (BP 70, B-1000 Bruxelles 22) : Céline à la télé (mars 1969) par Marc Laudelout — Roger Vailland l’affabulateur (d’après J.-F. Rol- land) — Le souvenir de Robert Denoël — Hommages à Pol Vandromme et L.-F. Céline contradictoire et pas- sionné. Abonnement 1 an : 47 .

N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL

13

La cuisine de notre Europe

Notre pays européen du soleil levant. Österreich !

« Si un jour je mange un croissant, va- t-on crier au racisme antiturc ? » (Jean-Marie Le Pen)

P IERRE GAXOTTE avait coutume de dire que la cuisine était un bon promontoire pour embrasser la

grande Histoire ; c’est particulièrement frappant lorsqu’on étudie la cuisine autri- chienne. Ainsi, le café viennois ou café- crème fut inventé par le Polonais Kol- schitsky lorsqu’il hérita de 500 kilos de café qu’il n’arrivait pas à écouler, les consommateurs de notre continent appré- ciant modérément la boue asiate, dite « café à la turque » (devenu en Grèce café helleniko). Il eut alors l’idée de le filtrer et d’y adjoindre de la crème. Par suite, il inventa le croissant qui lui rappelait ses

exploits militaires contre les Turcs lors du siège de Vienne, en 1683. Cette pâtisserie fut introduite en France par « l’Autri- chienne » Marie-Antoinette en 1770. C’est l’Histoire qui nous fait apprécier, aujourd’hui encore, les influences culi- naires espagnoles au pays d’Ostara** (l’empereur d’Autriche est, pendant près de deux siècles, roi d’Espagne), d’où le Zwiebelrostbraten (grillade aux oignons), le Cocido (macreuse, jambon cru, patates, potiron, ail et piment fort) et le Schulters- cerzel mit Wurzelgemüse (paleron aux bulbes). « La cuisine est la seule internationale qui vaille », écrivait Léon Daudet. Voici l’apport du paprika de Hongrie (tout ce pays était autrichien jadis) et des lamelles de salami de Bohême, de Silésie et d’Ita- lie du nord, Trentino-Alto Adige, d’Istrie (slovéno-croate de nos jours) et quelques fines tranches de bœuf séché (brési en Franche-Comté, viandes des Grisons en Suisse) délicieuses avec des cornichons à l’aigre-doux, pareils à ceux de Mora- vie, de Silésie ou d’Alsace. Le seul anschluss qui ait tenu le coup est gastro- nomique et l’influence allemande demeure avec les boulettes ou Dampfnüle en Alsace — voir RIV. n°s 2779 & 2920. On les prépare à la mode céréalière de Bohême et de Moravie, à partir de sept produits de base : farine, patates, semoule, pain, fromage blanc et autres, levure. Il en existe de toutes sortes dont celles au fromage blanc, à pâte levée enveloppant compote de prunes ou fruits tels que l’abricot ou la fraise, que l’on poche à l’eau bouillante salée. La plus pit- toresque est appelée Serviettenknödel ou boulettes en serviette que l’on apporte sur la table en boudin entier afin que chaque hôte s’en coupe lui-même une portion (grillez 1 oignon avec 50 g de lard haché fin, mélangez avec 6 petits pains, 12 cl de lait, 3 œufs, 150 g de beurre fondu et battu en mousse, 1 bouquet de persil haché, 1 cuiller de farine, 1 pincée de sel, formez un boudin fariné et beurré, déposez dans un torchon, fermez, ficelez et pochez 45 mn dans une grande quantité d’eau). Si les Allemands goûtent fort le cochon, la viande préférée ici est bovine, à tel point du reste que, dans certains “Gasthaus” de Vienne, on ne sert, quasiment, que du veau et du bœuf (24 plats différents de bœuf chez Meissl & Schaden, avant guerre). Les morceaux roturiers participent à la

fricassée de salon ou Salonbeushel (mou et cœur de veau avec carottes, céleri, poi- reau, oignon, concombres au vinaigre, câpres, anchois), aux Wiener Tafelpitz (culotte de bœuf à la viennoise en pot-au- feu, qui sert d’illustration au site internet du célèbre restaurant “Plachutta” (<www.plachutta.at>), au Schulterscerzel

Zipfer, Puntigamer, Wieselburger, Schloss- gold, Edelweiss, Zillertaler…

TIENS, VOILÀ DU BOUDIN

Mais puisque le vin est entré dans les sauces, qu’il coule aussi dans les verres ! Ausg’steckt is ! (Il est tiré !) Tout le vignoble est oriental et les cépages pareils à ceux d’Alsace, de Suisse, de Hongrie, de Sarre et du Kaiserstuhl : Müller-Thurgau (riesling, sylvaner), chardonnay, muscat, même si l’agaçant Grü- ner Veltiner domine (37 % de la surface cultivable). Les rouges sont valables (Blauer Portugieser, Blauer Wildbacher existant en rosé). Lorsque c’est la saison du vin nouveau (Heuriger ou “sif- fleur”, ainsi dénommé pour son effet sur le système digestif), à Grinzing, Heiligenstadt, villages voisins et viticoles de Vienne, c’est la fête ! Musique légère (au début), chants sonores et grise- ries, un tant soit peu calmées par des collations populaires, dignes des meilleurs « kiosques à sau- cisses » de Vienne, Würstelstand im Würsteland. Tiens, voilà du boudin (pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains) ; il est servi en tranches marinées (Saure Blunzen) dans du vinaigre au miel et aux herbes, qu’on trouve en France sous la marque “Mel- for” et des Geselchtes à la saveur sauvage (lard paysan), du Lip- tauer au paprika et du Quargel aux oignons (en Alsace, on appelle ça du « fromage de jeune fille ») et des fritons, des crépinettes fumées (Sau- meise) et des Würtz, en veux-tu-en-voilà- Oh-la-la ! Leberkäse (pâté de chaires cuites de veau, porc, lard, épices, entériné en Souabe, Bavière, Alsace, Franconie), et appétissantes Häuterl ou saucisses de

Francfort grillées, puisque c’est bien connu, en Autriche on grille. Pas plus de fromage que de « chevauchée des vache-qui-rit », sinon quelques rares Tiroler Almkäse (de pâturage), Tiroler Bergkäse (de montagne), ou Tiroler Graukäse (fromage gris). Quand un maçon se pique de réaliser des pâtisseries, il nous sert un plat de son métier ; aussi, bien que l’Osterland (c’est sous ce vocable que la contrée est désignée dans le chant des Nibelungen) soit composé de 75 % de catholiques, toutes les viennoiseries sont des étouffe-chrétiens authentiques. L’Ap- felstrudel ou Stroudel aux pommes a beau réclamer pour sa fabrication, une sorte de pâte (à pâtes) très fine, il en résulte une sorte de bande garnie de pommes, de noix, de chapelure, de raisin sec et de cannelle, à la saveur délicieuse, mais dont la texture est dense. Les Nusskrone (courrones aux noix), Topfenschnitte, Topfengolatsche et Kardinalschnitte (au fromage blanc), Mohntorte et Mohnstern (au pavot), Schaumrolle (corne à la crème fouettée), Linzer Torte (tarte Linz) jusqu’au Wachauer Kipferl (croissant de la Wachau) sont de même farine, au point d’implorer le bon secours, après le café (Einspänner, Fiaker, Kleiner Schwaerze) d’un digestif à base de gen- tiane, de noix (Nujuki), ou mieux d’abri- cots de la Wachau.

Franck NICOLLE,

< nicollefranck@hotmail.com>.

* Austria est imperare orbi universo. Il appar- tient à l’Autriche de commander tout l’univers. ** Le nom Autriche dérive d’une racine dési-

gnant le « pays de l’Est » et ne renvoie donc pas

à la déesse germanique du printemps, Ostara.

On peut en revanche considérer que la liaison s’est opérée « dans l’autre sens », la déesse Ostara étant une divinité du printemps, qui est l’aurore de l’année, en même temps que de l’au- rore, qui est le printemps de la journée. (Les traditions d’Europe. Alain de Benoist. Le Labyrinthe. 1982.)

d’Europe. Alain de Benoist. Le Labyrinthe. 1982. ) mit Wurzelgemüse (paleron aux carottes, céleri, poireaux,

mit Wurzelgemüse (paleron aux carottes, céleri, poireaux, persil, ciboulette), au Rindsgulasch (paleron, oignons, paprika, purée de tomate, bouillon). Les morceaux nobles sont cuisinés à l’italienne en Wie- ner Schnitzel, recette rapportée en 1848 par le maréchal comte Radetzky (piccata milanese ou escalope de veau très fine, martelée, aplatie à l’extrême, panée d’œuf battu et de mélange farine/chapelure que l’on sert frite avec une salade de pommes sautées, rondelle d’orange, airelles, salade verte) ou en cima genovese (poitrine de veau farcie accompagnée idéalement d’une Kartoffelsalat ou salade de pommes de terre). Les antidreyfusards patentés se régaleront d’un Zwiebelrostbraten amé- lioré, ou Rostbraten Esterhàzy, moins canaille que l’autre (grillade de rosbif reve- nue en sauce aux carottes, céleri, poireaux, persil, oignon, paprika, farine, bouillon, jus de citron et crème acidulée). Dans ce pays de forêts et de montagnes, le gibier foisonne et offre aux chasseurs bien du plaisir pour leurs agapes, avec au menu : Fasan in Speckhemd ou faisan bardé de lard, servi avec raisin noirs, chou rouge, croquettes de pommes de terre. Marcassin à la mode de Lainz escorté de filets de cerf en sauce foie gras aux petits légumes, riz de veau, champi- gnons. Gamsschlegel in Weinsauce ou cuissot de chamois au vin rouge. Au vin de Madère : Côtelettes de cerf aux cèpes et filets de lièvre. Mes gourmandises à moi, mes préférences sont celles des montagnons, à base d’agneau et de

pommes de terre à l’oignon (Bauern- schöpsernes) et de porc (rôti à l’ail et au cumin ou délicieux Schweinebraten). C’est pas le tout de manger à l’euro- péenne ! Faurait p’tet voir à bouère pareille- ment ! Une tite bière Jean-Pierre ? C’est le pays ! Faut honorer nos hôtes (103 litres par habitants et par an et 127 brasseries !) Elles portent des noms bien sympathiques :

Kaiser, Gösser, Stiegl,

De Gaulle, le Moi et les mots

Pour son livre intitulé Le “Moi” du Général (1), Jean-Pierre Brun propose deux sous-titres, « Genèse et analyse d’une imposture » et « Charles de Gaulle par lui- même ». A la vérité, il est à peine besoin d’analyse tant les « mots du Général », gla- nés aux meilleures sources comme en témoigne l’importante bibliographie publiée in fine de cette passionnante étude, se suffisent à eux-mêmes. Originaire de Souk-Ahras, dans les Aurès, c’est bien entendu à l’Algérie que l’auteur réserve la meilleure part, la dupli- cité du premier président de la V e Répu- blique s’étant pleinement déployée dans cette tragédie. Par exemple quand il affirma noblement, lors de sa conférence du 5 septembre 1960 : « Pour qui me pren- nent ceux qui imaginent que je pourrais converser avec les chefs de la rébellion tant que les meurtres continuent ? » alors qu’il avait déclaré à un conseiller en juin à propos de ces même chefs FLN : « Qu’ils viennent [négocier à Melun] en pirogue ou en traineau ! Par l’Équateur ou par le pôle Nord ! Mais qu’ils viennent ! » Il est vrai qu’il devait affirmer en novembre 1960 :

« Je peux faire ce que je veux. Je suis seul

capable de tout faire accepter par l’Armée

et par le pays, soit l’Algérie française, soit l’Algérie algérienne ». Ce sera la seconde solution, car « c’est mieux ainsi », les Algériens musulmans, « qui seront vingt millions dans quelques années », ne pouvant plus accepter de « vivre dans les mêmes conditions qu’avant avec le million d’imbéciles que sont les Européens d’Al- gérie ». Mais les musulmans fidèles à la France (d’autres imbéciles, sans doute ?)

« Ils seront sacrifiés », tranche le Guide,

impérial. Car la perte de l’Algérie, pour

lui, « c’est une bonne affaire. Cela nous rapporte. » Quarante ans plus tard, on a pu mesurer le coût humain (des millions de déçus du FLN immigrant en France) et financier de cette « bonne affaire ». Mais il n’y a pas que l’Algérie. Le 6 juin 1942, alors qu’il ne serait rien sans les Anglais et les Américains, le « Général Micro » demande très sérieusement au camarade Bogomolov, émissaire de Staline à Londres, si, dans le cas d’une détérioration de ses relations avec les Anglo-Saxons, « le gouvernement sovié- tique accepterait de m’accueillir, moi et mes hommes ». Et le 13 décembre, s’adres- sant à l’ambassadeur soviétique au Royaume-Uni : « Les Soviets sont seuls à comprendre. C’est avec eux que je rebâti- rai la France… De tout mon cœur, je sou- haite que vous soyez à Berlin avant les Américains. » Pour De Gaulle, « l’armistice ne pouvait être évité », reconnut-il le 3 février 1942 devant le général Odic, stupéfait. Mais

pour ajouter aussitôt : « Le maréchal Pétain est un traître et je le ferai fusiller. Le général Weygand est un traître et je le ferai fusiller. Je ferai de même pour les autres. » Pour les autres, dont Robert Bra- sillach et Pierre Laval, il devait hélas tenir parole. Pour une fois.

J. L.

Laval, il devait hélas tenir parole. Pour une fois. J. L. (1) Le “Moi” du Général

(1) Le “Moi” du Général par J.-P. Brun, 240 pages, 25 . Ed. Dualpha. Egalement en vente

à nos bureaux, commande (29 port compris)

à Editions des Tuileries, 1 rue d’Hauteville, 75010 Paris.

Retrouvez Franck NICOLLE en livres Mots et Mets (168 pages, 9,90 e) Saveurs et Paysages de Franche-Comté (96 p., 9,90 e) — Nouveau Saveurs et Paysages d’Alsace (96 p., 9,90 e) Saveurs et paysages des Vosges et d’Alsace du Nord (96 p., 9,90 e) Pains d’épices (88 p., 9,90 e)

Dédicace sur demande. Frais de port : 3 e par titre (gratuit pour 3 livres commandés) Editions CARALSOL. Site <caralsol.com> 97 avenue des Tilleuls, F-88800 Vittel.

14

14 Alain Fournier (A.D.G.) et Martine Joulié lors de leur mariage A.D.G. QUELQUES IDÉES[PAS] TROP TRANQUILLES
14 Alain Fournier (A.D.G.) et Martine Joulié lors de leur mariage A.D.G. QUELQUES IDÉES[PAS] TROP TRANQUILLES

Alain Fournier (A.D.G.) et Martine Joulié lors de leur mariage

A.D.G.

QUELQUES IDÉES[PAS] TROP TRANQUILLES

L’Association Les Amis d’A.D.G. a choisi cette année de réunir en volume les six chroniques qu’A.D.G. écrivit pour la très anticonformiste revue Item, fondée en 1976 par Philippe Héduy et qui, « trop intelligente pour vivre vieille », comme le dit Jean Bourdier dans la préface de ce recueil, cessera de paraître en 1978. Durant ces deux ans, A.D.G. livra six chroniques (sur la droite, l’ordre, la liberté, la patrie, la tradition et la reli- gion), rédigées dans un style d’une légè- reté qui contraste avec le sérieux de son propos. C’est qu’il n’était pas très facile

d’être de droite dans ces années-là… « Eh bien voilà qu’il va me falloir réfléchir ! Peut-être même plusieurs minutes de suite ! Et il n’est pas exclu qu’on attende de moi des pensées, fulgurantes au mieux, intelligentes au pire », écrivait ainsi notre ami (disparu le 1 er novembre 2004) en pré- ambule de sa première contribution au numéro consacré à la droite. Une facette méconnue du talent d’A.D.G., dont on découvre ici que l’œuvre ne se résume pas à ses romans policiers (Pour venger Pépère, Le Grand Môme, La Nuit des grands chiens malades…)

C. B.

48 pages format 12 x 18 cm. Prix public : 12 port compris (ou gratuit avec l’adhésion à l’as- sociation, 20 par an). Commande à adresser à Association Les Amis d’A.D.G., 2 rue d’Hau-

ou

teville, 75010

Paris

<www.pourvengeradg.com>.

CUSTOS

PRISONS FRANÇAISES ? L’ÉTAT DES LIEUX

C’est un constat de faillite qu’annonce Jacques Trémolet de Villers dans sa pré- face. Celui qui l’établit est un excellent spécialiste du terrain, bien connu des lec-

Une carte postale et un tableautin chrétiens et identitaires, c’est ce que nous offre Chard

Une carte postale et un tableautin chrétiens et identitaires, c’est ce que nous offre Chard avec sa dernière œuvre en couleur : “732”, la victoire de Poitiers, que nous avons fait tirer à la fois en carte et en format 21x29,7 cm sur beau papier couché de 135 grammes, idéal pour en faire des sous-verre très décoratifs. Un cadeau très original pour vos proches. La carte : 2 E ou 3 E franco. Les 5 cartes, 10 E port compris. Le grand tirage : 4 E ou 5 E franco. Les 3 : 12 E port compris. Commandes à Editions des Tuileries, 1 rue d’Hauteville, 75010 Paris.

N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL

teurs de Présent. Avec réalisme et sans démagogie, il répond à toutes les ques- tions que l’on peut se poser sur l’univers carcéral. Celui-ci est d’abord globalement surpeuplé : 62 000 écroués (dont 16 000 prévenus) pour 52 000 places. Tous les problèmes sont évoqués, souvent très pénibles — la sodomie trop courante, les viols nombreux et la loi du silence — mais aussi l’insuffisance de la formation pro- fessionnelle, la domination de l’islam et son prosélytisme, l’enseignement difficile et dépassé — 20 % des prisonniers sont analphabètes. Combien d’étrangers détenus ? Officiel- lement, l’estimation était en 2007 de 20 %. Chiffre trompeur puisqu’il ne tient pas compte des naturalisés et des binatio- naux, si bien qu’on arrive à 50 % de musulmans dans les établissements entourant les métropoles, et jusqu’à 80 % dans le Nord, à Paris et en Provence. Combien de personnels ? Il y a 23 500 surveillants sur un effectif de 32 000 pour toute la pénitentiaire. Avec un problème récent : la proportion croissante de femmes surveillantes (plus du tiers). Or les détenues ne constituent que 4 % du total. Ces matonnes sont donc affectées en majorité dans des prisons masculines… avec des résultats divers. Evidemment, il est question dans ce livre de la violence en détention, du désespoir et des suicides. L’auteur a une formule terrible « La peine de mort est abolie. Mais cette année, comme les précé- dentes, on a mis à mort clandestinement une centaine de prisonniers » malgré l’hu- manisation des parloirs. Au-delà de ce voyage dans le bourbier carcéral, “Custos” remet en cause les idéo- logues du XVIII e siècle comme Beccaria, « le Rousseau italien », et Bentham rejoint Me Trémolet de Villers qui pense que « le système carcéral doit être radicalement transformé ». Oui mais comment, quand et pour qui ? La question paraît insoluble tant que ne sera pas jugulée l’immigration avec son corollaire, la déculturation, par nature criminogène

J.-P. A.

75 pages, 12 . Atelier Fol’fer Editions, BP 20047, F-28 260 Anet. Tél. 06-74-68-24-40.

CAMUS AU PANTHÉON ? PESTE SOIT DE L’ÉLECTORALISME !

Après Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, Victor Hugo, Émile Zola et Alexandre Dumas — retenu par Chirac en 2002 en raison non de son talent mais de sa cou- leur, ce qui l’aurait grandement vexé —, Albert Camus fera-t-il prochainement son entrée au Panthéon à l’occasion du

50 e anniversaire de sa mort, le 4 janvier prochain ? C’est le (nouveau) souhait le plus cher de Nicolas Sarkozy qui y voit

un symbole extraordinaire », « un choix parti- culièrement pertinent » et, explique l’entou- rage présidentiel, un geste « très consen- suel ». En effet, si sa pièce « Les Justes » est peu jouée « L’É- tranger » et « La Peste » restent parmi les livres les plus étudiés en classe et les plus lus — davantage en raison de la brièveté que de la profondeur de ces romans démontrant l’absurdité de

la vie et traduisant le pessimisme consub-

«

de la vie et traduisant le pessimisme consub- « stantiel de l’auteur. D’origine très modeste,

stantiel de l’auteur. D’origine très modeste, l’écrivain natif

d’Algérie et nobélisé en 1957 avait pris la défense des “indigènes” puis celle de ses compatriotes européens et sa mort pré- maturée, dans un accident de voiture, lui

a évité de prendre au moment de la fin de

l’Algérie française des positions qui auraient peut-être scandalisé ses anciens amis Sartre, Beauvoir, Leiris et autres. Et puis, n’oublions pas les régionales, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur : quelques voix “rapatriées” sont toujours bonnes à prendre comme l’a aussitôt souligné Jean-Marie Le Pen :

« C’est un choix électoraliste. Celui d’un écrivain pied-noir à quatre mois des élections régionales où probablement la majorité va subir une lourde défaite, je crois que c’est assez évident. » En tout cas aux yeux de Jean Camus qui

a dénoncé la “récupération” que constitue- rait la panthéonisation de son père.

Théâtre

UN ESCALIER

FOLDINGUE

Retour de voyage un beau soir de 1936, un gentleman désœuvré traîne son ennui dans un minable théâtre londonien où deux énergumènes ébauchent un spectacle mal défini, troublé par les gesticulations intem- pestives d’une créature tonitruante qui pré- tend détenir un secret d’Etat que deux indi- vidus patibulaires tentent de lui subtiliser. Le sujet de Sa Gracieuse Majesté, vampé par l’explosive messagère, l’emmène dans sa garçonnière où les truands la poignar- dent, son hôte s’enfuyant pour échapper et aux tueurs et à la police qui va l’inculper de meurtre. S’ensuit une cavale échevelée vers Les 39 marches de John Buchan et Alfred Hit- chcock, mystérieux domaine écossais où Éric Métayer, metteur en scène et inter- prète de l’infortuné British, entraîne son monde aux fins de décrypter cette sombre histoire d’espionnage fomentée par les nazis. Rassurons-nous, l’allusion à « la montée des périls » n’est qu’une incidente dans cette comédie-pastiche hilarante dénuée de toute idéologie mais qui, par contre, regorge d’idées loufoques servies par des comédiens pluridisciplinaires (danseurs, chanteurs, cascadeurs…) et multiformes :

Jean-Philippe Beche et Christophe Lau- bion, pourvus d’un assortiment invraisem- blable de couvre-chefs, sont à la fois espions, contre-espions, policiers, auber- gistes des deux sexes — l’accent proven- çal incongru du couple d’hôteliers écossais est d’une drôlerie inénarrable —, automo- bilistes, parachutistes et davantage encore. Andréa Bescond, la femme fatale assassi- née, se métamorphose tout de go en demoi- selle effarouchée qui succombe finalement au charme irrésistible d’Éric Métayer. Lequel, s’il ne joue qu’un seul personnage, insuffle tout au long le rythme endiablé soutenu par ses compagnons de scène. C’est à la même cadence que d’ingénieux décors de Nils Zachariasen — assortis de voiles lumineux animés de marionnettes en ombres chinoises — s’adaptent aux situa- tions les plus burlesques. Une soirée en tous points réjouissante.

M.-G. D.

Les 39 marches de John Buchan et Alfred Hit- chcock, adaptation française de Gérald Sibley- ras. Théâtre La Bruyère, 5 rue La Bruyère 75009 Paris. Rés. 01-48-74-76-99.

1, rue d’Hauteville, 75010 Paris www.rivarol.com Rédaction : galic@rivarol.com Administration : contact@rivarol.com

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la Vigerie, F. Pichard. Gérante : Francine Deliège.

CPPAP n° 0213 C 82763, ISSN n° 0035 56 66.

N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL

N° 2929 — 27 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL C ONSERVONS l’appellation de “Hussards”, faute de mieux.

C ONSERVONS l’appellation de “Hussards”, faute de mieux. Ils ne se reconnaissaient pourtant guère

dans ce terme géné- rique, emprunté au titre du roman le plus célèbre de Roger Nimier. Ni celui-ci, ni Antoine Blondin (voir ci-contre), ni Michel Déon, ni Jacques Laurent (j’omets quelques satellites tel Kléber Haedens, qui ne sont cependant pas des astres de seconde grandeur) n’ont jamais, à proprement parler, formé la pha- lange imaginée en 1952 par Bernard Frank dans Les Temps

modernes. Trop épris de liberté. Trop farouchement opposés à « l’engage- ment » — encore un terme militaire — prôné par Sartre. Engagement à sens unique, il va sans dire. D’où leur attrait pour des écrivains tels que Paul Morand, Jacques Char- donne, André Fraigneau, marqués politi- quement. Catalogués, à tort ou à raison,

à droite et même pire. Quant à leur propre

engagement politique, sujet à évolution, déterminé souvent par l’atavisme, le tem- pérament autant que par la réflexion, il les situe tous aux antipodes du consensus mou qui suivit l’immédiat après-guerre. Des rebelles, des vrais. Bref, leur conjonction fut liée aux cir- constances. Ils ne constituèrent jamais un groupe homogène. Encore moins une école. Le seul terme leur eût donné des haut-le-cœur. Tous, en revanche, étaient excédés par le sort réservé aux “maudits” ayant choisi le mauvais camp et livrés à la vindicte des épurateurs. Tout cela est désormais bien connu. Comme les liens tissés entre eux, l’estime et l’amitié que se portaient ces hommes venus d’horizons différents, chacun sui- vant sa trajectoire, mais partageant la même conception d’un art dégagé de toute soumission à l’idéologie. En com- mun encore, l’humour dont étaient si cruellement dépourvus tous les pions gauchisants. La légèreté, mais apparente. Tous étaient, peu ou prou, des enfants tristes — c’est le titre d’un autre roman de Nimier.

Plus d’un demi-siècle après l’étiquetage qui devait leur coller à la peau, alors que plusieurs ont rejoint l’autre monde, la juste évaluation de ce qu’ils ont apporté

à notre littérature reste à faire. Un ton,

assurément. Le retour du pamphlet (ceux de Jacques Laurent, Paul et Jean-Paul, Mauriac sous De Gaulle restent des modèles du genre). Une technique roma- nesque accordant toute sa place à l’ana- lyse psychologique, à la densité des per- sonnages. Réhabilitant le style. Avec panache.

Elle les situe d’emblée aux antipodes du Nouveau roman auquel Kléber Haedens consacra en son temps des lignes cin- glantes. Le Hussard bleu de Nimier a paru en 1950, trois ans avant Les Gommes d’Alain Robbe-Grillet. Du reste, pas plus que les Hussards, leurs contem- porains néo-romanciers n’ont constitué une école au sens strict. Mais ce goût de la taxinomie est une caractéristique bien de chez nous.

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Bien entendu, nombre d’amis sont évo- qués dans ces pages, souvent au travers d’anecdotes révélatrices. Fraigneau, Blon- din, les Chardonne, Pierre Boutang, Chris- tian Millau, Jean d’Ormesson. Bien d’autres hôtes et commensaux, compa- gnons de littérature et de politique, souvent les deux. Des familiers, sa fille Alice, son fils Alexandre. Campés avec une étonnante sûreté de trait et l’humour qui sied à un

fêlure secrète, dissi- mulée sous les pirouettes. Elle transparaît chez le romancier et le nou- velliste aussi bien que dans les textes du journaliste. On la devine, au détour d’une confidence, jusque dans les articles les plus hilarants. Ou même ceux dans

vain. Pour reprendre une métaphore que cet amateur de rugby n’eût pas désa- vouée, il botte constamment en touche. C’est le clown triste, jusque dans les plai- santeries parfois égrillardes échangées avec Nimier. Le seul auquel le lie une intimité de potaches. Seule valeur intangible, l’amitié et ses mille nuances. « Inquiète et nostal- gique », comme il l’écrit à l’un de ses

et nostal- gique », comme il l’écrit à l’un de ses Actualité des Hussards correspondants. Deux

Actualité des Hussards

correspondants. Deux qualificatifs qui conviennent aussi à un écrivain que sa fragilité même rend particulièrement attachant.

Michel Déon, pour sa part, est, Dieu merci, toujours gaillard. Il fête cette année ses quatre-vingt-dix ans. A l’inverse de celle de Blondin, sa trajectoire personnelle est brillante. Elle l’a conduit, de l’engage- ment de jeunesse au côté de Maurras, rejoint au lendemain du 6 février 1934 et dont il fut le secrétaire de rédaction à L’Ac- tion française, jusque sous la Coupole où il siège depuis 1978. Après une vie vouée au nomadisme cosmopolite (la Grèce, l’Ir- lande, l’Italie, le Portugal, Vancouver, d’autres contrées plus exotiques encore) et une œuvre romanesque dont les sommets demeurent Les Poneys sauvages et Un taxi mauve. J’y ajouterais, mais c’est un avis très personnel, Les Trompeuses espé- rances. Un délicieux petit roman en demi- teinte qui n’obtint pas, lors de sa publica- tion, le succès mérité. A cette œuvre, il faut ajouter maints articles de presse, du théâtre et divers autres écrits où se manifeste son talent. Voici que paraît son Journal 1947- 1983 (2) . Plus exactement, car le titre est un tantinet fallacieux, des extraits que l’au- teur a lui-même sélectionnés selon les cri- tères dévoilés dans la préface : « Ces pages choisies — beaucoup de hasard a joué — ont au moins le mérite de n’appartenir pas au genre de la confession. (…) A chacun son intimité. Fermons la porte, il n’y a rien à voir. Partageons les images, les livres, le théâtre, le cinéma et surtout les amitiés qui sont le bonheur d’une vie comme les détestations qui l’ont pimentée. » Puisés, donc, dans un Journal que l’on devine infiniment plus copieux — celui-ci comporte des ellipses, parfois de plusieurs années, comme entre 1952 et 1960 —, ces fragments sont exemplaires de la palette de l’écrivain. Le terme n’est pas employé au hasard, s’agissant d’un amateur éclairé de peinture. Sous sa plume, les paysages acquièrent un relief et des couleurs aussi saisissants que sous le pinceau d’un aquarelliste. Et la même acuité de vision, cet art de dévoiler l’essentiel en quelques mots, se retrou- vent dans ses portraits. Ah, ses portraits ! Peu de phrases suffisent à camper dans leur vérité quelques femmes qui croisèrent sa route. Ainsi Eva Peron qui refuse l’in- terview mais laisse au journaliste une forte impression. Ou encore Mae West, Cécile Sorel, Edwige Feuillère, croisée à Venise et reprenant à son compte, sans guillemets, des phrases de Ruskin fraîchement découvertes. Toutes percées à jour sous leur maquillage. D’autres, moins célèbres, rencontrées en Suisse, en Amérique ou dans le métro pari- sien. Furent-elles les héroïnes d’aventures amoureuses, même brèves ? Fidèle à sa promesse, le diariste n’en dévoilera rien. Peu importe. Sauront-elles jamais que, grâce à sa plume, elles sont passées à la postérité ?

grâce à sa plume, elles sont passées à la postérité ? lesquels son implica- tion personnelle

lesquels son implica- tion personnelle était moindre, comme ses savoureuses chro- niques sportives. Il tenta de la combler dans l’alcool, cette fêlure. Au risque de se détruire — et pas seulement de façon métaphorique. Ainsi se révèle-t-il, tel qu’en lui-même, dans A mes prochains (1) , sa correspon- dance demeurée jusqu’ici inédite. Elle couvre la période 1943-1984, du STO à l’“exil” limougeaud. Du jeune homme lancé dans la tourmente qui lui inspirera en 1949 L’Europe buissonnière à l’homme blasé, diminué physiquement, frappé par l’incapacité à poursuivre une œuvre digne de lui. Retiré, bon gré mal

gré, dans le Limousin, lui le Parisien habitué des bars de nuit. En quête d’une improbable paix. D’une impossible réconciliation avec lui-même. Entre les deux, pas de véritable change- ment. Certes, l’adolescent prolongé écri- vant depuis l’Allemagne à ses parents, avide de tendresse et de reconnaissance, conscient de témoigner, avec le plus d’exactitude possible, des conditions faites aux travailleurs français réquisi- tionnés, adopte-t-il un ton différent de celui qu’il utilisera, dans les années sui- vantes, pour s’adresser à ses amis, son éditeur Laurent Laudenbach et son épouse Catherine, Klé- ber et Caroline Haedens qu’il ne manquait pas de visiter lorsque le Tour de France passait dans le Sud-Ouest, les Déon, le complice fraternel Roger Nimier. Autant d’amitiés dont chacune conserve sa coloration propre et qui perdurent au cours des années, jalon- nées de deuils — Roger Nimier, à qui il écrivait en 1960 « Ne conduis pas trop, trop vite », Caroline Haedens, entre autres. Sans compter le deuil des illu- sions. Avec chacun de ses correspon- dants, Blondin entretient une relation par-

ticulière. Si bien que se dessine à petites touches, à travers ces missives le plus souvent brèves mais denses, une person- nalité à la fois riche et pudique. Antoine s’y livre à mi-voix, de préfé- rence par allusions. On y lit en filigrane la difficulté d’être, le désabusement croissant. Il lutte contre l’addiction à l’al- cool, célèbre ses victoires éphémères, s’accuse des rechutes. Il peine à écrire, tient pour piètre son œuvre romanesque, se lasse des contraintes imposées par son rôle de chroniqueur sportif tenu de remettre son article quotidien. Même le Tour de France lui pèse, ce qui ne trans- paraît guère dans l’allégresse de ses billets. Non seulement il se tient en piètre estime, mais il donne souvent l’impres- sion d’être mené par la vie plus qu’il ne la dirige lui-même. Mené et malmené, le

plus souvent. Tout cela, qui exhale un parfum de mélancolie (c’était déjà la tonalité domi- nante de Monsieur Jadis), révèle la vul- nérabilité d’un homme dont la vie s’ap- parente à une fuite perpétuelle. Fuite devant ses responsabilités de mari et de père. Fuite devant ses obligations d’écri-

gentleman britannique, fût-il d’adoption. Le lecteur aura le plaisir de la découverte. En revanche, comment ne pas citer quelques phrases témoignant que le cari- caturiste n’est jamais très loin et que les

traits du polémiste sont acérés ? En font les frais Roger Stéphane, « petit homme qui tortille ses grosses fesses en mar- chant et arbore un nez de gnafron » (Sacha Guitry, que Worms-Séphane fit arrêter à la Libération, l’avait quant à lui surnommé « capitaine de forfanterie »). Ou encore Alfred Fabre-Luce, décrit avec plus d’indulgence et dont la condamna- tion, en juin 1949, provoque son indigna- tion. Et puis Mauriac, Léautaud dont nous est rapportée une étonnante conver- sation avec Julien Benda. Paulhan, qui a fini par prendre au sérieux « les macula- tures goudronneuses et merdiques de Dubuffet. » La place me manque pour citer tous les sujets abordés, arts, cinéma, théâtre, séances fastidieuses de l’Académie. Litté- rature, évidemment. Dans le panthéon de Michel Déon, « Proust et Céline, oui, mais c’est oublier Giono, Aymé. Et où ranger Larbaud, Chardonne, Morand, Cen- drars ? » Il apprécie Alphonse Boudard, « grand mal-aimé, lyrique qui cache ten- dresse et sensibilité sous sa goguenar- dise » et Le Mont analogue de René Dau- mal. Il place Les Deux étendards de Lucien Rebatet au niveau du Voyage, prône, en septembre 1960, un roman, passé inaperçu, d’André Lavacourt, Les Français de la décadence, remarqué aussi par Nimier et Rebatet. Sur Robert Poulet, avis nuancé. « Nous lui accordons tous d’avoir peu de jugeote et pourtant parfois, dans son article heb- domadaire, d’aborder un livre ou un auteur par un biais intéressant. » Je me bornerai à souligner pour finir que le style de ce Journal est unique. Etince- lant de naturel, si on me pardonne cet oxy- more. Et que, loin de se borner à ce flori- lège, l’actualité de Michel Déon s’enrichit de Lettres de châ- teau (3) où il célèbre, en plus des écrivains déjà cités, Apollinaire et Toulet, Conrad et Stendhal. Il y parle aussi de son amour des peintres, dont Poussin, si cher à son cœur, voyageur comme lui (Blondin prête au peintre des Bergers d’Arcadie ce mot, à propos de ses voyages :

« il faut bien sortir de sa coquille »). Pour finir, un ouvrage collectif, Michel Déon (4) , aux Cahiers de l’Herne, avec des témoignages multiples et divers, selon le principe de la collection. On connaît la qualité de celle-ci. Inutile de commenter plus avant, sinon pour souligner le carac- tère indispensable de ce Cahier.

pour souligner le carac- tère indispensable de ce Cahier. 1. A mes prochains. Lettres 1943-1984 .

1. A mes prochains. Lettres 1943-1984. Edi-

tion établie et présentée par Alain Cresciucci. La Table Ronde, 220 pages, 20 .

2. Journal 1947-1983. L’Herne, coll. “Car-

nets”, 139 pages, 12 .

3. Lettres de château. Gallimard, 176 pages,

15,90 .

4. Michel Déon. Cahiers de l’Herne, 272 pages,

39 .

J’avoue pour Antoine Blondin une ten- dresse particulière. Non tant parce qu’il fut des nôtres, à ses débuts dans le jour- nalisme, avant de cingler, sur la fin, vers d’autres rivages politiquement plus sûrs. Plutôt parce qu’on décèle, à le lire, une

Chronique des fessées qui se perdent

Chronique des fessées qui se perdent par Claude LORNE (Dessin de CHARD.) “ article ” qui

par

Claude LORNE

Chronique des fessées qui se perdent par Claude LORNE (Dessin de CHARD.) “ article ” qui

(Dessin de CHARD.)

article” qui « serait lu aux parents lors du mariage » — si tant est bien sûr que les géniteurs actuels ou potentiels se sou- cient de passer devant M. le maire, ce qui est de plus en plus rare. Malheureusement pour l’élue pari- sienne — qui eût elle-même mérité une bonne dégelée pour avoir laissé son ex- mari, Robert Regard, ponctionner de

151 992 euros la caisse de la branche fran- çaise de l’Association mondiale des amis de l’enfance (AMADE) qu’elle présida de

2003 à 2007 (1) —, les par-

lementaires sont réticents. Le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand a balayé sa proposition au motif que « des lois sur tout, partout, ça va bien… » et la socialiste Aurélie Filippetti, député PS de Moselle, a pris la chose à la blague en déclarant le même lundi sur France Inter qu’« à l’heure où il y a une proposition de loi déposée pour

interdire la fessée, peut-être qu’il faudrait

pour interdire la fessée, peut-être qu’il faudrait grossesses précoces sur les 6 000 recensés en France

grossesses précoces sur les 6 000 recensés en France en 2008, le Poitou-Charentes détient un triste record. Mais avant d’incri- miner le « manque d’information » des adolescentes, celle qu’on n’ose plus appe- ler la madone du Poitou serait-elle bien inspirée de s’interroger sur les causes réelles de cette dépravation dans des dépar- tement qui, récemment encore, étaient fort respectueux des bonnes mœurs.

LE KNOUT POUR SARKOZY, BESSON ET FILLON

Au demeurant, ce n’est pas seulement rue de Solferino qu’il faudrait rétablir la fes- sée : Eric Besson et Nicolas Sarkozy méri- teraient d’avoir le fondement à vif pour avoir institué comme grand idéologue de leur fameux débat sur l’identité nationale le Grand Orient de France qui, bien sûr ravi de l’invitation, a fait savoir le 17 novembre que ses Loges vont « prendre toute leur part dans le débat national en cours » puisque, « profondément attaché aux valeurs de la République et en particulier à la laïcité et à la solidarité » , il « fonde en permanence sa démarche philosophique sur l’unité de la nation dont l’identité répu- blicaine française est illustrée par l’article 1 er de la Constitution : la France est une

République indivisible, laïque, démocra- tique et sociale ». Le GOdF planche donc sur « un certain nombre d’initiatives pour faire de l’identité nationale un espace d’ou- verture et de fraternité dans lequel chacun pourra s’épanouir », étant entendu que ce “chacun” sera le moins national possible. Alors que sera bien accueilli le rappeur Hamé qui, dans une tribune libre du Monde (n° des 15-16 novembre), tranchait souve- rainement : « Etre français, c’est avoir sa vie en France et rien de plus », en rejetant toutes les contraintes. Et encore une fessée bien sentie pour l’Elyséen qui, après avoir exigé en juin dernier le « gel total » de la colonisation en Israël, n’a pas pipé devant la décision prise le 18 novembre par Benyamin Neta- nyahou d’autoriser la construction de 900 nouveaux logements dans le quartier de Gilo, situé à Jérusalem-est, partie de la Ville trois fois sainte annexée par l’Etat hébreu en 1967 mais où vivent encore 270 000 Palestiniens dont l’espace vital

se réduit chaque jour comme peau de chagrin. Faut-il rappeler que Sarkozy avait le 11 novembre reçu Bibi à l’Elysée où il était censé lui avoir fait la leçon ? Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’avait guère su se montrer convaincant. Pour que la bastonnade soit équitable, n’oublions pas François Fillon qui, m’apprend le Front national de l’Isère, s’est rendu le 13 novembre dernier au Mausolée de Hô Chi Minh à (l’ex)Saigon pour s’y recueillir longue- ment et y déposer une gerbe, renouvelant ainsi l’hommage qu’il avait rendu la veille porté à l’Oncle Hô en lui portant un toast, et pas au cyanure qu’aurait mérité l’ancien allié des Japonais, ennemi implacable des Fran- çais et persécuteur des catholiques vietna- miens.

Fran- çais et persécuteur des catholiques vietna- miens. ORANGE OU CITRONS AMERS ? Mais c’est peut-être

ORANGE OU CITRONS AMERS ?

Mais c’est peut-être à France Télécom que devrait être administrée la fessée de l’année, sa filiale Orange ayant adressé à un commerçant du Valenciennois une fac- ture de 45 923 euros (oui, vous avez bien lu) pour le seul mois d’août, alors qu’il possédait en théorie un forfait “illimité” de 95 euros hors taxes, avec une clé 3G pour Internet et la téléphonie fixe. Désespérant de se faire entendre d’Orange, le malheu- reux prit un avocat, lequel alerta aussitôt les media. Devant l’ampleur prise par l’af- faire, Orange a reculé mais n’a pas annulé la facture ; il l’a simplement “gelée” en proposant généreusement un échéancier. Proposition également faite à un médecin urgentiste qui, lui, est en contentieux avec Orange depuis six mois après avoir reçu une facture de… 159 212 euros pour le mois de mai alors que sa note ne s’élevait qu’à 53 euros en février par exemple ! L’opérateur, qui refuse de reconnaître sa faute, affirme avoir averti ses clients de ces extravagants dépassements par un courriel mais comme il en envoie une bonne dizaine par jour pour vanter tel ou tel de ses services, on conçoit qu’un commerçant ou un médecin, assez occupés par défini- tion, s’empressent de supprimer ces mes- sages publicitaires sans même les lire. Un coup de téléphone n’aurait-il pas été le bienvenu ? On a beaucoup parlé des sui- cides de salariés des Télécom ; annoncera- t-on bientôt le suicide d’abonnés pris à la gorge par Orange qui fait saisie-arrêt sur leur compte bancaire ? C’est bien là le danger d’Internet et la nuisance de ses damnés opérateurs. Quand tout va bien, parfait, mais en cas de pro- blème, celui-ci s’aggrave démesurément sans que le lésé puisse obtenir le moindre interlocuteur puisqu’il est baladé à grands frais sur des messageries vocales où il serait bien en peine d’exposer son cas. Mais, me direz-vous, c’est également la situation de l’électeur lambda. Il peut bien clamer dans le désert ses attentes et sa détresse, nul ne l’écoute, et si par miracle il obtient une oreille semble-t-il attentive, il n’en reçoit qu’une réponse truquée. Tel le grand débat sur l’identité nationale où il sera question de tout, sauf de la France et de ses racines.

<claude.lorne>.

(1) Par arrêt du 7 mai 2008 de la Cour d’appel de Paris, Edwige Antier a été relaxée de tous les chefs d’accusation retenus contre elle en pre- mière instance (détournement et recel de dons), le mauvais Regard écopant en revanche de douze mois de prison avec sursis.

CELA vous avait sans doute échappé mais la France a connu le 13 novembre un sensation- nel événement : la première édition hexagonale de la Journée mondiale de la gentillesse, lancée à l’origine par Mouvement mondial pour la gentillesse, à Singapour en 2000 et qui, depuis, a essaimé un peu partout dans le monde. Grâce à un argument-massue avancé par

d’éminents chercheurs suédois : contraire- ment à l’opinion commune selon laquelle

la méchanceté conserve, être une bonne

pâte vous aiderait à développer de meilleures défenses immunitaires et donc

à vivre plus longtemps. Dommage que n’aient pas été informés de cette bonne nouvelle les Jeunes qui, le lendemain 14 novembre, ont mis à sac le centre de Marseille et le quartier huppé du Champ-de-Mars à Paris pour exprimer leur frustration, les uns de n’avoir pu voir gagner au Caire leur bien-aimée équipe algérienne de foot, et les autres pour n’avoir pu récolter les biftons de 5 à 500 euros que leur avait promis par Inter- net une banque en ligne — sur ces deux péripéties couleur d’époque, voir notre dernier n°.

HARO SUR LE MARTINET…

Est-ce sous l’effet pacificateur de cette Journée que, le 16 novembre, la pédiatre Edwige Antier, député UMP de Paris depuis l’entrée au gouvernement de Pierre Lellouche dont elle était la suppléante, a déposé une proposition de loi visant à interdire la fessée, dont certains parents usent encore quand dix-huit de nos voisins pénalisent cette odieuse pratique ? En 2008 déjà, le Conseil de l’Europe — qui a apparemment des loisirs — avait mis

son veto à ce châtiment corporel, finançant même richement à cet effet une campagne intitulée (admirez la finesse) « Levez la main contre la fessée ». Nonobstant, les bourreaux d’enfants avaient persévéré. Enfin, bourreaux… Dans une de ses plus jolies « Histoires comme ça » intitulée

L’enfant d’éléphant », Rudyard Kipling montre Oncle Rhinocéros, oncle Zèbre,

«

rétablir la fessée au Parti socialiste pour nous rappeler à la réalité ».

Tante Girafe, Tante Hippopotame et toute

Mlle Felipetti, qui avait elle même

la

grande famille de la savane dérouillant

déposé plainte le 6 février dernier contre

le

pauvre éléphanteau à la moindre bêtise,

son compagnon, l’économiste Thomas

à

la suite de quoi, et de quelques aventures,

Piketty (encore un ancien fessé ?), pour

il

y gagnera une trompe. Fort utile appen-

«

violences entre conjoints », visait-elle

dice dont son espèce était jusqu’alors dépourvue et que lui envieront tous ses

semblables. La morale de l’histoire est claire : rien de tel pour faire des progrès que quelques tapes ou coups de martinet judi- cieusement appliqués. Moi qui vous parle, je fus un enfant d’éléphant et si j’en étais alors fort marrie, et rancuneuse, je ne m’en porte pas plus mal. Il me semble même que si l’on avait laissé leurs parents fouetter tous leur saoul les Jeunes massaliotes et autres susdits, comme ils le faisaient au bled, la voyoucratie juvénile serait moins impu- dente.s e m b l a b l e s .

… MAIS BONNE DÉCULOTTÉE POUR LE PS

Telle n’est évidemment pas l’opinion de

M me Antier. Pour le pédiatre qu’elle est,

c’est au contraire « la violence faite à l’enfant qui le rend violent à son tour »; d’où « des rixes dès la maternelle, des jeux cruels à l’école primaire, des petits caïds qui font régner la terreur au col- lège, et des bandes à la sortie qui violent les filles ». Tous phénomènes qui, à mon humble avis (et à celui des 87 % de Fran- çais qui pensent qu’une correction est faite pour corriger), ont d’autres causes, exogènes notamment… Mais non, « il faut interdire la fessée », soutient le Dr Antier, et même « faire inscrire cette interdiction au Code civil », dans un

Ségolène Royal qui, suivie d’une horde de journalistes, s’était spectaculaire invitée au rassemblement organisé à Dijon (et auquel elle n’était pas conviée) par Vincent Peillon ? Ou bien ce dernier qui avait réagi avec virulence à l’irruption de l’ancienne candidate à la présidentielle ? Sans doute les deux mon Général, le ridicule épisode et ses séquelles non moins grotesques ayant fait s’esclaffer toute la France.

QUAND LA MADONE DU POITOU PERD SON AURÉOLE

Quant à Ségolène qui a profité de l’occa- sion pour reprendre son rôle favori, celui de Jeanne au bûcher, elle mérite en effet qu’on lui botte le train, et même plutôt deux fois qu’une. Moins toutefois pour son numéro dijonnais que pour sa dernière ini- tiative : l’envoi dans une centaine de

lycées de la région Poitou-Charente et pour un montant de 400 000 euros de « chèques

contraception » accompagnés de tickets permettant aux gamines, pour le premier

«